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; Page Astrologique ( p. 97). PARTEE PHILOSOPHIQUE Le Maitre inconnu Cagliostro (p. 98).............................Papus. La Réincarnation et la Transmigration des Ames (p. 114).................................. ................................. C. B. Philosophie moderne (p. 118).................................. A.Port©dllTraîtdôSAges Au Maître Papus (p. 155)........................................ Pierre Rimori.
A CInitié (p. 162)....................................................Eiram-Amour. Pensées Cosmologiques (p. 164)............................ Emile Schaub. Le Massage (p. 165). Syndicat des Médecins Masseurs de France (p. 169). G. Encausse. A nos Lecteurs. — Nécrologie (p. 172). Partie littéraire : Peut-on connaître l'avenir ? — Chronique de la Médecine. — Bibliographie. — Lettre à l’initiation.
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L’initation paraît sans im irruption depuis Dctobre 1888. Cette Revue a puissamment c • ué à la renais sance, en France, du Spirituali dentifique. Mais l’initiation, ainsi qut titre l’indique, n’est pas une Revue consacrée - • ment à la dif fusion des premiers éléments ki t J *■- périences de début concernant la Science psj < nque. L’Initiation est une Revue complémentaire de toutes les revues exotériques. C’est l’organe des études approfondies de l’Esotérisme dans toutes les Écoles, et elle est établie pour compléter les recherches de tous ceux qui s’intéressent, au psychisme, aux sociétés occultes et à la traditionin initiatique,, La collection de l’Initiation forme le compendium le plus complet des recherches occultes dans toutes les branches possibles. Fidèle à sa ligne de conduite, l’Initiation est orga nisée pour faire paraître une foule d’études inédites > de Saint-Yves sur l’Archéomètre, ainsi que des publications de manuscrits inédits de Fabre d’OIivet ■ et d’autres auteurs qu’elle possède dans ses archives. Deux manuscrits d’Eckarthansen attendent aussi leur apparition. * On voit que ! Initiation est toujours prête à justi fier son antique réputation. î
MAI igne Zodiacal : LES G-EMEAUX I_.ES g-emeaux /*• r.inrn: l ZutljRíJur <lu Purd'i'M» <lu (ii /vj J Tcuiptr «I F.mr I 2 Zu«l|R<pii dll l*<M‘U«|Ur Triupjr <m Naril el K»i»i* i Zodiaquc Circuliúrr A DendpHth rrF <!r S< Lulin jj. 'Jie par Kireliei J Abrf -Arraliiiiñu, bpllvi <• Vubv Üplirrr »«ir ruc //* P.tHTtK I Zo<li(Mpic« (irri-H ou Kouiain* ludirn* (iodiupn*«
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toutes Ecoles sans Aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. Le Maître Inconnu CRGkIOSTRO Docteur Mare I grand volume in-S. — Dorbon, éditeur. — g francs. Un ouvrage de Marc Haven est toujours un régal pour le lecteur studieux.
Marc Haven produit peu, niais chacun de ses travaux est toujours écrit d’un style aussi agréable que châtié et est toujours pré senté accompagné d’une très forte documentation. Dans ce nouveau volume, trois buts ont été pour suivis et réalisés par l'auteur : i° Un traité d’occultisme pratique, avec une étude vivante de toutes les adaptations magiques et de la réalisation des divers pouvoirs étranges que peut posséder un Maître sur la terre.
2° Un acte de justice, qu’on pourrait appeler Cagliostro vengé, autrement dit la réhabilitation par b s faits et par les témoignages contemporains d’un jiaitre indignement calomnié par les révérends pères jésuites et les écrivains à leurs solde. 3° Une évocation permanente, à travers toutes les pages du livre de la vie d’un Maître, d’un véritable
LE MAITRE INCONNU CAGLIOSJRO 99 envoyé du Père dans ses diverses actions sociales : cette évocation rappellera de bien doux souvenirs et causera une profonde émotion à tous ceux qui, une fois dans leur vie, ont pu approcher un véritable Maître.
Nous allons essayer non pas d'analyser, mais au moins de donner une idée générale de ce gros volume de 350 pages in-8. i° L'occultisme pratique. — Marc Haven a divisé son ouvrage en onze chapitres et un épilogue. Cha*- cun de ces chapitres présente Cagliostro sous un aspect particulier et permet à l’auteur de passer en revue des éléments d'occultisme qui ont bien peu souvent été présentés d’une façon aussi lumineuse et aussi pratique.
Nous allons d’abord parier de ce point.
Le chapitre III renferme une étude précieuse sur l’application des mathématiques aux calculs des lote ries et une analyse extrêmement curieuse de l’intui tion des voyants et de ses diverses adaptations en arrivant à la précision dans cet ordre défaits, Cagli- * ostro démontrait à la fois le non-sens du mot hasard, l’enchaînement logique et parfait des phénomènes en apparence les moins déterminés et la possibilité d’un savoir dont nos connaissances techniques et nos méthodes scientifiques ne sont que de pauvres ébau ches (page 47).
Dans le chapitre IV, consacré à la Russie, nous voyons une analyse des évocations théurgiques, des apparitions d’esprits et de la clé de ces évocations. A Lyon, Cagliostro fit voir à toute une salle de m^-
L’INITIATION 100 çons stupéfaits l’ombre de leur frère, le vénérable Prost de Royer, magistrat éminent qui venait de mourir. « On voit combien ces phénomènes gagnent en généralité, en extension, au fur et à mesure de leur production ; il ne s’agit plus là d'un petit cas isolé d’hydromancie ou de christallomancie, produit in consciemment dans un être anormal.
Il s’agit de l’é closion, delà mise en œuvre de facultés nouvelles révélées aux hommes par l’application du seul pou voir de Cagliostro. Le maître commande et l’œil spi rituel du disciple, de l’indifférent même, s’ouvre, comme sa main agirait si le maître l’avait ordonné. Pouvoir effrayant et qui faisait tomber à ses genoux bien des gens I » La distinction entre la théurgie et le magnétisme est ici présentée très clairement.
La fin du chapitre commence les révélations sur la maçonnerie et donne les premiers éclaircissements sur la médecine théurgique. A partir de la page 83, nous trouvons une étude substantielle sur l’alchimie, avec les trois aspects de ses adeptes en bas, le souffleur ; au dessus, l’alchi miste mystique et social et au dessus encore, le philosophe hermétique.
Les expériences alchimiques de Cagliostro sont analysées et justifiées de telle fa çon que la lumière se fera en les lisant, dans bien des cerveaux d’alchimistes contemporains. Au chapitre V, nous abordons la médecine mys tique et l’application des pouvoirs secrets à la gué rison des malades. Nous voyons la lutte éternelle
LE MAITRE INCONNU CAGLIOSTRO 101 entre le théurge non diplômé et les médecins officiels « Une de ses premières guérisons fut celle d’un offi cier du dragons, déclaré incurable, rongé par une mauvaise maladie et réduit à l’état « de cadavre hi deux ». Cet officier, dit le baron de Gleichen, m'a été montré par son capitaine : il était gros et gras et parfaitement rétabli par Cagliostro (page 97).
Plusieurs pages sont consacrées a des analyses de guérison, toutes plus extraordinaires les unes que les autres. C’est à partir de la page 100 que commencent les lumières sur les pouvoirs théurgiques. « Il criti quait sévèrement les médecins, gens superficiels pour la plupart; qui croient avoir examiné un malade quand ils lui ont tâté le pouls.
A l’école où il avait été formé, on lui avait appris que rien n’était isolé dans la nature, que tout être avait des liens l'unis sant intimement au centre ; que la série des faits formant une chaîne interrompue, tout acte doit s’ac complir d’abord dans le monde spirituel, avant de se réaliser dans la matière. Toute la médecine, l'a chimie, pour ses dissolutions et ses compositions doivent s’appuyer sur cette connaissance de la vie.
La science donne tous pouvoirs; mais pour la pos séder, et avant même de la posséder, pour en être * jugé digne, il faut être régénéré physiquement et mo ralement. La lettre contre les médecins et les disciples deve nus des traîtres, comme Sachi, commence à la suite d’une cure retentissante. Ces pages (120 et suivantes) sont à recommander à tous les «Initiés à la manque»
102 L’INITIATION qui rêvent de tuer leur initiateur et qui finissent gé néralement par se tuer eux-mêmes.
Les médecins apparaissent toujours semblables à eux-mêmes et on trouve dans leurs écrits des mots exquis comme celui-ci, que je cite de mémoire: « Guérir les malades que nous avons abandonnés ce n'est- pas une raison puisque le caractère des charlatans est justement de rendre à la santé par leurs moyens empiriques ces gens que nous avions scientifiquement condamnés à mort. » •Le chapitre VI (Lyon) nous donne des renseigne- •ments du plus haut intérêt sur la franc-maçonnerie au ’XYIIi** siècle.
Il est à lire en entier, ainsi que la savoureuse analyse de l’esprit lyonnais (page i 37) : «Vesprit lyonnais estunsingulier mélange : un mys ticisme très profond, qui a survécu à toutes les révo lutions, se cache danstoutes ses vieilles maisons aux portes peu accueillantes, aux corridors sombres, aux fenêtres étroites; la vie intérieure semble se dévelop per davantage dans les villes, où le ciel brumeux et maussade éloigne l’homme de la place publique et f engage à se renfermer près de son feu, pour lire, méditer ou prier. » L’essai de réformes de la franc-maçonnerie par la maçonnerie égyptienne est analysé très clairement, [^développement des pouvoirs humains par l’homme régénéréestsavammentdéveloppé «Lorsque l’homme triplement régénéré possède une âme saine dans un corpssain, Dieu consacre en lui la maîtrise par fin aux desa Grâce. H devient alors un Maître, un élu ; fï zjouit des connaissances de tout le pouvoir que
LE MAITRE INCONNU CAGLIOSTRO 104 Dieu, en principe, avait accordé à l'homme et les conserve tant qu’il se conforme scrupuleusement aux lois de sa nouvelle charge: il n’a plus besoin de h protection ni du secours d'aucun mortel et on le re connaît à ses œuvres. » En note, nous trouvons les deux renvois suivants : Extraits d'un manuscrit de Cagliostro appartenant a notre bibliothèque.
« La grâce s’obtient surtout par des actes: vivre de la vie de tous dans la société ou le Ciel nous a placés, en respectant les lois et surtout se consacrer au bonheur et au soulagement de son prochain, voilà le premier devoir d'un philosophe et l'œuvre agréable à Dieu. » « On reconnaîtra l'élu à sa patience, à sa candeur, à la réalité de ses faits, a son succès età sa manière d'opérer qui ne doit être que celle d’implorer le grand Dieu et de commander aux sept anges primi tifs, sans jamais recourir à une voie superstitieuse ou idolâtre >>.
Tout ce chapitre est à étudier par tous ceux qui veulent comprendre quelque chose à la vie mystique. Le chapitre VII étudie Cagliostro à Paris. Ce chapitre est surtout consacré à l’étude de l’ini tiation de la femme.
«La femme, disait-il, ne devaitelle pas aussi s'élever à la conception du vrai et du bien, participer à l’œuvre de régénération; n’était-ce pas < lie qui devait la première mettre le pied sur la tête du serpent : n'était ce pas dans le clair miroir de de son âme que devaient se réfléchir d’abord les pre miers rayons de la sagesse. » Nous laisserons de côté l’étude de l’affaire du
104 l’initiation collier et des roueries de Mme de La Motte ; nous en reparlerons sans doute à propos de Cagliostro, considéré comme homme. Ce qui nous intéresse au point de vue ésotérique, ce sont les effets de l’envoyé du ciel dans le monde des lois.
« Lorsqu’un être de lumière vient à vous, lorsqu’il vous offre, avec des preuves d une puis sance grandiose, les témoignages d’une bonté sans égale, est-il admissible qu'un sentiment mesquin de méfiance puisse amener un être intelligent à jouerau plus fin avee l’envoyé de Dieu ». ♦ ♦ • « Or, le ciel est aux violents ; il ne se donne pas auxtièdes; encore moins s’impose-t-il de force aux récalcitrants.
Il faut, pour qu’il fasse sa demeure chez un homme, non pas les apparences mais la réa lité d’une paix intérieure, d’un bon vouloir sincère.
U n‘y a pas de partage: celui qui veut servir Dieu, et qui se repose après avoir mis la main à la charrue, n’est pas digne du salaire. » Nous trouvons, dans les quelques lignes suivantes, l’énoncé d’une loi qui fera méditer bien des esprits évolués: « En supportant, lui, innocent, pour la cause de la vérité, pour la défense du dreit et de la dignité hu maine, l’injustice et l’arrestation arbitraire, les vio lences de la police, le pillage de ses biens, les tor tures physiques et morales de la séquestration, les blessures de la calomnie, il augmentait la responLE MAITRE INCONNU CAGLIOSTRO 105 sabilité des coupables, leur faisant atteindre le terme extrême de leurs abus et déterminait ainsi dans le temps la fin de leur criminelle carrière.
Une chose frappe dans la vie de Cagliostro : c'est que, partout où il a dû subir quelque injustice, delà part d’un homme ou d une loi, homme ou loi sont tombés immédiatement, comme si la coupe d’iniquité était pleine, du jour où la persécution de Cagliostro y avait mis la dernière goutte ».
Au chapitre VIII, nous retrouvons Cagliostro à Londres et nous assistons à la lutte d’un envoyé contre une puissance formidable qui se lève : le jour nalisme. La victoire reste à l'envoyé,mais après quels cruels combats ! Le chapitre IX nous initie très finement à l’état d’âme des disciples, brûlant d’amour pour le Maître quand il est là, se refroidissant peu à peu lors de son abscence et finissant par devenir des ennemis et des adversaires.
Page 224, nous assistons à l’arrivée du Maître à Rome, à ces tenues du rite égyptien, et à l’arrivée de Cagliostro devant le Tribunal de la Sainte Inqui sition.
11 faut lire ces pages où l’envoyé révèle aux inquisiteurs des vérités qu’ils devaient entendre sur terre avant d’aller payer leur dette spirituelle de l’autre côté : « Je crois, disait-il, que l’homme créé à Limage de Dieu peut, par sa protection spéciale, parvenir à la connaissance et à la domination des esprits, qui, eux, procèdent d’un autre mode de création, parce que
106 L'INITIATION Jésus, avant sa mort, nous a laissé et donne la vision beatifique, comme en témoignent ses propres paroles : « bgo claritatem quam dedisii mibi. dedi eis. » Pour ne pas allonger outre mesure ce compte rendu, nous sommes obligés de renvoyer les lec teurs au livre original. * * * II Nous venons de passer en revue quelques points seulement des enseignemente ésotériques contenus dans le livre de Marc Haven.
Il nous faut mainte nant parler du personnage lui-même, qui fait le sujet du livre : Cagiiosiro. L’auteur évite toute obscurité en prenant le per sonnage au moment précis où il apparaît dans 1 his toire.
Avec une grande loyauté, Marc Haven pose d'abord dans chaque chapitre la calomnie évoquée contre Cagliostro, puis, il prend des faits certains énoncés ..par des contemporains et par des témoins des actes du calomnié et, à 1’aid.e de ces faits, par le simple jeu de la lumière venant se placer où régnait jusque-là l’ombre., la vérité apparaît, et le comte de Cagliostro devient plus sympathique et plus lumi neux à mesure que sa vie se déroule devant nous.
Ainsi, nous voyons s’effondrer successivement l’aventurier, l’imposteur, l’escroc, le sorcier, l’empi rique, le charlatan, le faux prophète, l’exploiteur de la crédulité publique; le profanateur du seul culte
LE MAITRE INCONNU CAGLIOSTRO 107 vrai; l’esprit des ténèbres. De tous ces fantômes, créés par l’envie, l’ignorance ou la calomnie, un seul, être subsiste : Le Maître inconnu. Nous ne pouvons analyser, chapitre par chapitre, la vie de Cagliostro sans répéter le travail de l’au teur. Nous renvoyons donc le lecteur à 1 ouvrage entier, en l’assurant que bien des lumières éclaire ront l’esprit à cette lecture.
Lorsque le Cardinal de Rohan offrit son appui à Cagliostro, celui-ci lui répondit : « Vous m'offrez votre protection, j’en suis touché, Monsieur le Car dinal; eh bien. moi. en retour, je vous prends sous la mienne », et Cagliostro se fait arrêter avec le car dinal et le sauve de toute condamnation par son calme et sa puissance secrète devant le Parlement.
Ses guérisons, le partage de sa bourse avec les pauvres, le sacrifice constant de sa .personne appa raissent à chaque page de sa vie et l’on comprend cette phrase mystérieuse, évoquée par Cagliostro, dans un de ses mémoires : « Si, poursuivant le cours heureux de ses voyages, quelqu’un d’entre vous aborde un jour à ces terres d’Orient qui m’ont vu naître, qu’il se souvienne seulement de moi, qu il prononce mon nom, et les serviteurs de mon père ouvriront devant lui les portes delà ville sainte.
Alors, qu’il revienne dire à ses frères si j’ai abusé parmi vous d’un prestige mensonger, si j’ai prisdans vos demeures quelque chose qui ne m'appar tenait pas ! »
108 l’initiation Nous ne voulons pas quitter ce personnage mys térieux sans faire quelques réflexions. Les hommes du Torrent, les profanes ceux qui ne savent pas ou les arrivistes, comme on voudra bien les appeler, ne voient dans la vie que le plan matériel et ses grossières lois.
Ils se figurent que gagner beaucoup d’argent, être constellés de décora tions, avoir des places honorifiques ou exercer un pouvoir social, sont les buts les plus ele és que doit rechercher l’être humain sur terre. Ils forment des coteries, des camarillas, plus ou moins bien organisés, et pensent barrer la route à tout effort sincère, à toute grande intelligence qui se manifeste en dehors de leurs petites combinai sons.
Mais derrière ce plan visible, existe le monde du Jugement, le pays des esprits, le centre de toute création et l’origine lumineuse de tout pouvoir réel. Tôt ou tard, la fausse gloire de l’arriviste vient se briser dans le coup de tonnerre du jugement spi rituel.
Et lorsqu’un être de lumière, le fils du Dieu vivant, a vu ses pouvoirs et ses enseignements mo nopolisés par une Église quizse dit universelle, il est terrible pour les membres de cette Église de se ran ger dans le camp de Jules César en niant la puis sance spirituelle de Jésus-Christ. Si le Christ revenait au Vatican, est-on sûr qu’il serait reçu ? Le Ciel a envoyé un des siens devant le Tribunal de l’inquisition. 11 a été torturé d’une façon épou-
' MAITRE INCONNU CAGLIOSTRO 109 vantable ; il a été mis à mort au moment où les troupes françaises venaient le délivrer et, ce jour-là, la papauté a assumé personnellement une dette, qu elle dévia terriblement payer. Jadis, Philippe le Bel uni à un pape, a retardé la civilisation de plusieurs siècles, en massacrant les Templiers , plus tard le Temple s'est ouvert comme prison pou* l’inconscient successeur de Philippe le Bel.
Le pape i été une première fois arraché au Vati can. à la suite de l’assassinat de Cagliostro.
Mais les temps s'approchent où le Vatican va de venir vide car le pape et ses saints tribunaux de vront hâti ement se réfugier à bord d’un navire (pastor et nauta Alors, le fantôme de l’assassiné se dressera de vant les assassins ; la franc-maçonnerie, libératrice de l’esprit humain opprimé, fera entendre une fois de plus un chant de triomphe et l’œuvre patiente, le tissu de calomnies et d’infamies tissé par les révérends pères jésuites autour de Cagliostro, se ront détruits au nom et sous les auspices du Grand Architecte de l’Univers.
III LE MAITRE INCONNU Nous avons pu suivre dans le travail de Marc Ha ven d’abord les adaptations de l’occultisme dans tous ses plans ; ensuite, la vie publique d'un en-
•111) l’initiation voyé avecson cortège de faibles joies et de nombreux déboires. Or, à côté de cette vie publique, dans le plan matériel, Cagliostro avait une vie cachée dans le monde invisible. Marc Haven a réalisé un véritable tour de force, en exposant point par point la vie secrète d'un « Maître inconnu » si bien que cette existence éso térique se rapporte exactement à la manifestation sur terre de tous les êtres du même appartement.
Nous sommes obligés ici de paraître obscur, car ce que nous écrivons dans ces lignes ne peut être compris que par ceux qui ont été une fois dans leur vie en relation avec un envoyé de ce plan.
Pour ceux qui comprendront, nous dirons que tout envoyé manifeste sur terre la loi de l’apparte ment dont il est issu; les envoyés de l'appartement du Christ sont amenés à traverser le monde phy sique des astres à des dates fixes et déterminées de puis la création de la terre. Le soleil visible est le fournisseur de leur astral et leur vie physique est strictement attachée à la marche du soleil.
Un en voyé de cette appartement qui ne naîtrait pas à fin décembre et dont la vie terrestre ne reproduirait pas la marche du soleil dans le ciel ne serait pas un véritable envoyé. De même, un missionné de l’ap partement de la foudre dont Jupiter était dans l’an tiquité le symbole, a également des attaches parti culières dans le monde invisible, s’il a des manifes tations spéciales dans le monde visible. Le caractère de ce genre d’existence est de pa raître hors nature au public profane, qui se partage
LE MAITRE INCONNU CAGLluSTRO 1'11 généralement en deux sections : les uns accusant le missionné de charlatanisme éhonté, les autres se dé vouant corps et âme à celui dont leur esprit a senti le rayon divin unissant l’être mystérieux avec les dieux cardiaques de ses disciples.
Entre ces deux extrêmes, il y ala masse des tièdes qui necondamnent pas, mais n’approuvent pas non plus riant aux plai santeries des adversaires, et se recueillant quelques instants, devant les apologies des disciples. Dans les livres de Marc Haven éclate, à chaque page, mais seulement pour ceux qui savent, /in fluence du Maître inconnu qu’ont pu approcher cer tains des occultistes contemporains.
Cette influence est certaine et elle est d’autant plus foi te qu’aucun nom n’est prononcé dans le cours du volume. C est une véritable bénédiction d’un appartement cher à quelques cœurs contemporains et aucun compte rendu ne peut indiquer cette influence : II faut .ire et, entre les lignes, l’impression se dégage et devient de plus en plus intensive.
Lorsque Cagliostro, à Strasbourg, reçoit les ma lades dans une grande salle, qn’il leur parle indivi duellement en thaumaturge autant qu’en médecin, lorsqu’il dit, dans certains cas désespérés : H me plaît que la maladie disparaisse », lorsqu’il annonce qu’il a le pouvoir de commander aux esprits dans tous les plans et qu'il prouve ce pouvoir par des faits, alors certains d'entre vous comprendront et seront délicieucement émus.
C'est là le jardin secret de notre esprit ; c’est là le refuge où. loin des trahisons et des vilenies terres112 l’initiation / très, nous aimons nous renfermer pour vivre un peu de la vie réelle. Nous ne saurions trop remercier l’ami Marc Haven de nous avoir donné cette impres sion dans son livre et il nous comprendra quand nous dirons que nos remerciements remontent, grâce à lui, plus haut et plus loin. Mais revenons sur terre.
Cagliostro représente plusieurs années de labeur et nous devons rendre grâce à l'éditeur qui a su pré senter ce livre dans un cadre digne du travail qu’il manifestait: Beaucoup de gravures, reproduisant des portraits de Cagliostro, des maisons habitées par lui ou des signatures ou documents rarissimes. Un très beau papier et un tirage soigné indiquent la maison d édition tenant à justifier sa réputation.
Une biblio graphie tout à fait complète, dans tous les plans ; justification dans toutes les affirmations par des ren vois nombreux établissant, pour l’auteur, la loyauté, le sérieux de son labeur. On sent que l’auteur s’est transporté lui-même partout où il y avait des docu ments nouveaux ou inédits à consulter.
Tout cela fait de ce volume une œuvre véritable, nous rend nous-même un peu jaloux (pourquoi ne pas l’avouer?) de n’avoir jamais produit un travail aussi beau que celui-ci et ce serait banal pour nous de recommander simplement ce volume à nos lecteurs. L’ouvrage de Marc Haven doit figurer dans la bibliothèque de chaque occultiste digne de ce nom ; il figurera par ses
LE MAITRE INCONNU CAGLIOSTRO 113 qualités mêmes dans toutes lesgrandesbibliothèques et il constitue une mine précieuse pour les érudits des divers plans. Souhaitons à l’auteur detre largement pille (sans citation d’origine, bien entendu') par les arrivistes du monde des lettres et des arts. La vente assurée de ce volume sera la récompense de l’éditeur.
Nous savons que l’auteur déjà si pro tégé et si justement « illuminé » dans l’invisible, à dès maintenant, un peu plus de lumière autour de lui et qu’il sait que son travail dissipera aussi pas mal de ténèbres.
Ce sera pour lui, maintenant et plus tard, le juste salaire de ses épreuves et de ses efforts, et nous terminerons en citant l’épi graphe choisi par l’auteur lui-même « Vous avez mis a mort le Prince de la vie, mais Dieu l’a res suscité de> morts ; ce dont lions sommes témoins» Papus.
la Réincarnation et la Transmigration DES AMES Notes docunientaires. (Suite) CHEZ LES PARSIS Le dogme de Zoroastre nous présente la vie comme un combat sans trêve et sans relâche, où l-homme, potîr se défendre contre un ennemi aussi rusé que méchant, est obligé de faire usage de toutes ses facultés. A cette idée, qui fait de la vie un combat et une épreuve, vient nécessairement se rattacher la croyance à l'immortalité.
L’âme au sortir de ce monde est jugée. Si le nombre des bonnes actions l'emporte sur lés mauvaises, elle entre dans le behescbt, c’est-à-dire dans le séjour des élus; l’op posé a-t-il lieu, elle descend près des démons dans l’abîme subir une nouvelle épreuve en se réincar nant, les Ferouers sont.ses guides.
Aa dogme de l’immortalité de l’âme, le Zend Ayesla ajoute celui de la résurrection des corps; mais cette résurrection, qui, selon la loi de ZaraRÉINCARNATION ETTR\NS MIGRATION DES AMES 1 1Â thushtra, doit s'étendre à toute la nature, loin d’éter niser les supplices, a pour but, au contraire, d’y mettre un terme, en faisant disparaître du même coup le mal physique et le mal moral.
Les Férouers, nom francisé parAnquetil. sont les Fravashis ou les Mânes. Précisons : L homme se compose de cinq éléments : corps, vie, âme, forme et fravashi ; quand l’homme meurt, le corps retourne à la terre, 1 < vie l’haleine) au vent, la forme se dis sout dans le soleil; mais 1 âme s'attache indissolu blement à la Fravashi, qui est l’élément immortel, en sorte qu’elle non plus ne saurait périr, et qu’unies elles vont vers Ahura.
En d’autres termes, la Fra vashi est une substance divine qui retourne à sa source, et l'âme ne survit, c'est-à-dire la personna lité ne subsiste outre-tombe, qu’à la faveur d’une fusion intime avec elle; autrement, sans doute, le vivant ne cesserait pas de vivre, mais sans souvenir, sans conscience individuelle. La Fravashi, en tant que telle, préexiste à la naissance. Lorsqu'il eut créé les Fravashis. bien avant la création matérielle.
Ahura leur donna le choix, ou de demeurer à jamais dans le monde spirituel avec les autres anges, ou de prendre corps et d’aller lut ter sur terre avec la puissance du Démon: vaillam ment, elles choisirent la lutte où elles sont engagées aujourd’hui, et qui, grâce à leurs efforts, doit se ter miner un jour par le triomphe du bien(i). Parmi les éléments spirituels de l'homme, il y a (I) V. Henry, Le Parsisme.
116 L’INITIATION également X'urvan; l’urvan est, si je puis m’expri mer ainsi, l’âme responsable de ses actions (quelque chose comme le Karma des Indous), celle qui, sui vant ses œuvres, reçoit la récompense de ses mé rites ou le châtiment de ses crimes. La fravashi est une conception propre au Zoro astrisme moyen et moderne.
C’est la compagne de l’urvan, la forme spirituelle de l’être, indépendante de la vie matérielle; elle est antérieure à l’homme, son prototype divin, ce semble, et elle lui survit. Les hommes ne sont pas seuls à posséder une fra vashi; les saints immortels, Ormusd lui-même, pos sèdent leur fravashi.
Les fravashis des hommes justes et des femmes saintes sont également honorées, et, chaque année, pendant dix jours (le Mouktad), le Parsi se souvient des âmes de ses ancêtres et entre en communion avec elles (i). J. Darmesteter, dans son livre Orma^d et Abriman, nous dit : « Les Ferouers sont la forme spiri tuelle de l’être, indépendante de sa vie matérielle et antérieure à elle.
Ormazd offre le choix aux Ferouers des hommes de rester dans le monde spirituel, ou de descendre sur terre pour s’incarner dans des corps humains. (1) M. D. Menant, Parsis el Parsisme,
RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 11 7 CHEZ ISRAEL ET SES DESCENDANTS En vérité, en vérité, je te dis que,si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume des cieux. Nicodé'me lui dit : Com ment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître une seconde fois ? Ne t’étonne point de ce que je t’ai dit : Il faut que vous naissiez de nouveau. Saint Jean, III, 3, 4, 7).
Bossuet ü dit quelque part que lame des Hébreux était trop grossière et barbare, que les dogmes de l’immortalité étaient inaccessibles à leurs sens, et pour cela aucun enseignement ne leur a été donné; cependant les écrits hébraïques semblent attester la croyance de ce peuple à la réincarnation et la plura lité des existences. C’est ce que nous essayons de démontrer par les notes suivantes.
D’abord le Talmud nous dit que l’âme d’Abel passa dans le corps de Seth et de là dans celui de Moïse ; pour ceux qui prennent les textes sacrés au pied de la lettre, l'idée de la réincarnation des âmes était donc admise chez les Hébreux ou, du moins* chez les prêtres initiés aux mystères « En finissant les jours de mon existence ter restre, dit Job, j’attendrai, car j’y reviendrai de nou veau. » (Job, XIV, Version grecque.)
i!8 {.'INITIATION Mais c’est surtout dans le Zohar que nous trou vons les origines de l’àme et de nos destinées futures. « L’homme, dit le Livre des splendeurs. <-st à la fois le résumé et Je terme le plus élevé de la création : c’est pour cela qu il n’a été formé que le sixième jour. Sitôt que l'homme parut, tout était achevé, et le monde supérieur et le monde inférieur, car tout se résume dans l'homme, il réunit toutes 1< s formes.
Mais il n’est pas seulement l image du monde, de l'universalité des êtres, en y comprenant ¡’Être absolu; il est aussi, il est surtout l’image de Dieu considéré seulement dans l'ensemble de ses attributs infinis. » « Ne va pas croire que l’homme soit seulement de la chair, une peau, des ossements et des veines; loin de là! ce qui fait réellement l’homme. c’est son âme, et les choses dont nous venons de parler, la peau, la chair, les ossements, les veines, ne sont pour nous qu’un vêtement, une carapace, un tégu ment, mais elles ne sont pas l’homme et ne sauraient le constituer.
Quand l’homme s’en va de celte terre misérable, il se dépouille peu à peu de tous les vices qui le couvrent. » « Toute forme, dit encore le Zohar, dans laquelle on ne trouve pas le principe mâle et le principe fe melle, n’est pas une forme supérieure et complète. Le Saint (béni soit-il ’J n’etablit pas-sa demeure dans un lieu où ces deux principes ne sont pas parfaite ment unis: les bénédictions ne descendent que ta où cette union existe. Comme nous l’apprenons par ces paroles, il les bénit, et il appela leur nom le
RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES <19 jour où il les créa: car même le nom d’homme ne peut se donner qu'à un homme et à une femme unis comme un seul être. » Avant de venir dans ce monde, chaque âme et chaque esprit se composent d’un homme et d’une femme réunis en un seul être ; en descendant sur h terre, ces deux moitiés se séparent et vont animer des corps différents.
Quand le temps du mariage est arrivé, le Saint (béni soit-il!), qui connaît toutes les* âmes et tous les esprits, les unit comme auparavant, et alors ils forment comme auparavant, un seul corps et une seule âme .. Mais ce lien est conforme aux œuvres de l’homme et aux voies dans lesquelles il a marché.
Si l'homme est pur et s’il agit pieuse ment. il jouira d’une union tout à fait semblables celle qui a précédé sa naissance. » «De même avant la création, toutes les choses de ce monde étaient présentes à la pensée divine, sous les formes qui leur sont propres; ainsi toutes les âmes humaines, avant de descendre dans ce monde, existaient devant Dieu, dans le ciel, sous la forme qu’elles ont conservée ici-bas; ettout.ee qu’elles apprennent sur terre, elles le savaient avant d’y ar river.
Tous ceux qui font le mal, dans ce monde, ont déjà commencé dans l’univers à s’éloigner du Saint (dont le nom soit béni !) ; ils sont précipités à L’entrée de l’abîme, et ont devancé le temps où ilsdevaient descendre sur la terre. Telles furent les âmesavant de venir parmi nous. » Ici le paragraphe tou chant directement à notre sujet : « Toutes les âmes, dit leZohar,sont soumises aux
120 L’INITIATION épreuves de la Transmigration. Les hommes ne con nussent pas les voiesdu Très-Haut, vis-à-vis d’eux ; iis ignorent par combien de souffrances et de trans formations mystérieuses Us doivent passer et com bien nombreux sont les esprits qui, venant en ce monde ne retournent pas au palais de leur divin roi.
Les âmes doivent finalement s’immerger de nouveau dans la substance d’où elles sont sorties ; mais, avant -ce moment, elles doivent avoir développé toutes les perfections dont le germe est planté en elles ; si ces conditions ne sont pas réalisées dans une existence, elles ont à renaître jusqu'à ce qu’elles aient atteint le degré qui rend possible leur absorption en Dieu ».
Les trois éléments essentiels qui constituent l’homme et qui lui sont indispensables dans ses pé régrinations à travers les vies avant d’arriver à la réin tégration finale, sont ici exposés avec une grande clarté par le saint Rabbi Schimeon-Ben-Jochaï.
Dans ces trois-choses : l’esprit, l’âme et la vie des sens, nous trouverons une fidèle image de ce qui passe en haut ; car elles ne forment toutes trois qu'un seul être où tout est lié par l’unité (Nephesch). La vie de ces sens ne possède par elle-même aucune lumière ; c’est pour une raison qu’elle est si étroiment liée avec le corps auquel elle procure les jouis sances et les aliments dont il a besoin.
On peut lui appliquer ces paroles du Sage: « Elle distribue la nourriture de sa maison, .et marque la tâche de ses servantes. La maison, c’est le corps qui est nourri, et les servantes sont les membres qui obéissent. Audessus de la vie des sens s’élève l’âme (Nichema),
RÉINCARNA'? ¡ON ET TRANSMIGRATION DES AMES {21 qui la domine. lui impose des lois et l’éclaire autant que sa nature l'exige. C’est ainsi que le principe ani mal est le siège de l’âme.
Mais ce qui l’unit, en défi nitive, à toutes les humanités, le principe qui peut le faire éclater dans tous les séjours, c’est le R.ouabt l’esprit des vies, de toutes les existences, de toutes les pérégrinations auxquelles l’âme est assujettie, avant de monter vers celui d’où l’on ne redescend que volontairement, et que pour des missions ac ceptées et briguées; voilà les hautes maximes de cet enseignement tout spirituel. » «Le Christ n'a pas tout dit à ses disciples, dit saint Jean, parce qu'ils ne pouvaient porter le poids de certaines vérités» (Chap.
XVI, v. 12k « 11 y a plusieurs demeures dans la maison de mon-' Père. Si cela n'était, je vous l’aurais dit; je m’en vais pour vous préparer les lieux» (Chap. XIII).
Origène. cité par Pezzani, commente ce passage : « Le Seigneur, dans l'Evangile, a fait allusion aux stations différentes que les âmes doivent occuper après qu’elles ont été dépouillées de leurcorps actuel et qu’elles en ont revêtu de nouveaux. » Lorsqu’il a dit : « 11 y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père », ce sont les stations nom breuses qui mènent au Père, et dans ces habitations diverses quel secours, quel appui, quel enseignement, quelle lumière l’âme reçoit-elle F C’est ce que con naît seul le Seigneur, quand il a dit de lui-même : «Je suis la voie, la vérité, et nul n’arrivera au Père que par moi. » C'est le Seigneur, qui, dans chacune de ses stations, est la voie par laquelle l’âme passe;
122 L'INITIATION c’est par lui que l’on entre, que l’on sort, que l’on est nourri, que l’on est transporté à une autre de meure, et de là encore à une autre, jusqu’à ce que l’on arrive enfin au Père lui-même. » (Homelies, 27) (1). L’Islamisme, à l’exemple du Christianisme, semble avoir gardé jalousement le secret de la réincarnation des âmes pourles seuls initiés et fondateurs du culte.
Mais, en lisant attentivement le Koran, bien des versets laissent entrevoir que cette doctrine se trouve nettement exprimée dans l’œuvre du Prophète ; nous citerons sans commentaires quelques versets du Ko ran affirmant notre dire. « 26. Pourquoi 11e croyez-vous pas en Dieu ? Vous étiez morts, il vous a donné la vie ; il éteindra vos jours, et il en rallumera le flambeau. Vous retour nerez à lui » (La Kacbe, chap. Il, v. 26). « 5.
Si leur infidélité t’étonne, quelle doit être ta surprise, lorsque tu les entends dire : Se peut-il que la poussière de nos corps devienne une créature nouvelle? » (Le Tonnerre, chap. XIII. v. 5). « 52. Se peut-il, disent les incrédules, qu’aprês que nous serons devenus os et poussière, nous soyons ranimés de nouveau? » « 5j.,Dis-leur : Fussiez-vous pierre, ter ou ce qu’il plaira, vous ressusciterez. Qui nous fera retourner à la vie !
Celui qui vous a créés la première fois. Ils secouent la tête, et demandent quand cet événement (1) A. Pezzani, La P lu t'alité des existences de l’âme,
RÉINCARNATION et TRANSMIGRATION DES AMES 123 arrivera. Réponds-leur : Peut-être qu'il n'est pas éloigné. 54. Un jour Dieu vous appellera du tombeau. Vous lui répondrez en publiant ses louanges. Il vous semblera n'y avoir demeuré qu'un instant. » (Le Kovage Noctitne, chap. XVII, v. 52 à 54.) « 56. lis n'éprouveront plus la mort, et seront à jamais délivrés des peines de l'enfer. » Fumée, chap. XL1V, v. 56.) S.
Guyard, dans ses Fragments relatifs à la doc trine des Ismaélis. cite des textes des écrivains mys tiques relatifs a notre sujet. Suit l’extrait : « Sache, ô mon frère, que les âmes incrédules ne cessent de s'agiter dans le monde delà naissance et de la mort, de la croissance et delà décrépitude, jusqu'à ce qu'elles y aient appris les sciences théologiques, j’entends reconnu l’imân de l’époque et du temps » « ..
Donc tant que l’âme n’aura point reconnu l’imân de l'époque et du temps, elle reviendra dans le monde des corps et séjour des douleurs, jusqu a ce qu’elle ait reconnu l’imân de son époque et se soit soumise à lui. Aussitôt quelle l’aura reconnu, elle se purifiera, sera sauvée et s’élèvera. Mais, si elle ne le reconnaît pas, elle ne cessera d’aller et venir, jusqu'à ce qu’elle l’ait reconnu après une longue duréede siècles.
Un certain sage disait à son enfant: « O mon fils ! efforce-toi de délivrer ton âme par un seul séjour dans le corps et non par un second séjour dans un nouveau corps. >'
124 l’initiation DANS L'EGYPTE ANCIENNE Chez les Egyptiens aucune trace sur la réincar nation proprement dite ne nous est parvenue jusqu’à ce jour. Ce peuple pour qui les mystères de l’audelà n’avaient rien de caché, n’ignorait certainement pas cette grande loi si consolante pour tous les .êtres. Secrets réservés aux Initiés sans doute?
Hérodote enl’an 455 avant Jésus-Christ fit connaî tre aux Grecs que les Egyptiens croyaient à l'immor talité de l’âme et voici ce qu’il dit : Les Egyptiens prétendent que Cérès et Bacchus régnent sur les morts. Or ils sont les premiers qui aient parlé de cette doctrine selon laquelle l’âme de l’homme est immortelle et, après la destruction du corps, entre toujours en un autre être naissant.
Lorsque, disentils, elle a parcouru tous les animaux de la terre et de la mer et tous les oiseaux, elle rentre dans un corps humain ; le circuit s’accomplit en trois mille années; il y a des Grecs qui se sont emparés de cette doctrine, comme si elle leur était propre, les uns jadis, d'autres récemment; je sais leurs noms, mais je ne les écris pas.
L’auteur veut sans doute parler de Pythagore et de Phérécy, de ce premier a qui on attribua faussement l’invention de la doc trine de la Métempsycose; d’ailleurs, nous savons qu’Hêrodote fut plus d’une fois mystifié par les prêtres Egyptiens, et qu'il ne faut ajouter qu’une valeur relative à ses écrits souvent fantasques.
RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 125 Les Egyptiens, qui savaient que la transmigration s’opérait seulement lorsque l ame était complètement ' séparée du corps, faisaient tous leurs efforts pour éloigner la destruction absolue de celui-ci par l’em baumement ou la momification.
Servius nous dit clairement ce qu’il en était : « Les Egyptiens, renom més parleur sagesse, prolongent la durée des cada vres, afin que l’existence de l’âme, liée à celle du corps, soit conservée et ne passe pas si prompte ment à d'autres. Au contraire, les Romains brûlent les cadavres, afin que l’âme, reprenant sa liberté, rentre tout de suitedans la nature (AdAeneid., lib. III).
La science égyptologique moderne étudiant ces problèmes nous dit, par la voix autorisée d'un de de ses maîtres, A. Moret, que les Egyptiens définis saient la mort par une suspension de vie apparente et momentanée; avec les soins et les ressources delà magie, on pouvait éviter au corps des gens tombés en cette fâcheuse condition les inconvénients d’une interception de vie prolongée.
L’essentiel était d’em pêcher la décomposition ; de là, des pratiques dont les plus connues sont celles delà momification, et les rites magiques, dits « ouverture de la bouche » qui rendent au cadavre la possibilité de mouvoir son corps et d’user de tous ses organes.
Le corps mis. de cette façon, dans une condition telle qu’il est in définiment apte au réveil, et, par conséquent, à une nouvelle vie, est déposé, dans une tombe solide, pour l’éternité ; sauf accident, la vie, en lui, ne s’é puisera plus. Il y a, en effet, dans le corps des hommes, des
L INITIATION 126 êtres et des choses, un élément permanent, indes tructible qui survit éternellement tant que les corps conservent leurs formes et leurs organes non putré fiés. C’est ce que nous appellerions une âme corpo relle. Les Egyptiens lui donnaient le nom de Ka, c’est-à-dire de « génie ». On le désigne habituelle ment par une périphrase : le Double.
Le Double est comme un deuxième exemplaire des êtres; c’est un corps matériel par l'aspect, spirituel par la nature; il est semblable au corps humain, mais invisible aux yeux du corps. Pour se matérialiser, il a besoin d'un support, qui n’est autre que le corps ou le cadavre non corrompu, ou une image (statue, basrelief, peintures) du corps vivant.
Afin de survivre, malgré toutes les apparences de décès, il faut qu'une momie ou une statue, image ressemblante, attire à elle le Double, comme pouvait le faire le corps en vertu du principe magique ; le semblable appelle le semblable. Le Double semble être la conception la plus an cienne et la plus populaire de Lame chez les Egyp tiens.
De là une première théorie de l’immortalité qui les a amenés à construire ces innombrables tombes, où, à toutes les époques, on s’est efforcé d'assurer aux défunts la vie éternelle du Double. Cette vie est absolument matérielle et humaine. Dans l’autre monde, l’homme qui se survit par son Double mènera une existence analogue à celle des vivants. Mais, comme il est naturel, on fixera sa vie de Double au moment le plus heureux. 11 sera représenté avec les titres les plus flatteurs, au point
RÉINCARNATION’ ET TRANSMIGRATION DES AMES 127 culminant de sa carrière, s’il est fonctionnaire; dans le sein des délices corporels et des joies du cœur, s’il est simplement un bon vivant et un bon père de famille.
En somme, avec cette conception toute physique de l’âme, et cette idée tout humaine de la vie future, le Paradis c'est un beau tombeau, où le Double trouve une maison fraîche en été, chaude en hiver, bien meublée, bien approvisionnée, pleine d’amis, de femmes et de fleurs (1).
Chabas, le traducteur des papyrus magiques, nous revele la croyance aux revenants ou morts revi vifiés dans l’Egypte ancienne. xs Les Egyptiens, dit-il, rapportaient les maladies à l’influence des divinités secondaires et distinguaient entre l’influence des divinités mâles et celle des di vinités femelles.
Les Khous ou morts revivifiés des deux sexes étaient aussi regardés comme investis de la faculté de s’introduire dans le corps des vivants et d’y occasionner des maladies. Un autre papyrus hiératique traduit également par Chabas est fort curieux.
Il consiste en une épître déprécative adressée par un homme veuf à son épouse défunte, à laquelle il donne le nom de Ko (esprit), parfaite et vivante; on sait que quelquesunes des prières et des cérémonies du Rituel funé raire avaient pour objet de faire attribuer ces quali fications essentielles à leur bonheur d’outre-tombe. L’époux se plaint des mauvais procédés de l’épouse (i) A. Moret, i$ et Dieux d’Egypte.
128 L'INITIATION défunte dont à ce qu’il paraît la mon ne l'a pas suf fisamment débarrassé. 11 l’adjure au souvenir des bons procédés qu’il a eus pour elle, pendant tout le temps de leur union et rappelle quelques détails biographiques favorables y à son thème. L’écriture est brouillée et de plus en plus négligée vers la fin.
On sait que les Kus (Kous), ou morts revivifiés, se comportent quelquefois comme les revenants et comme les esprits possesseurs. C’est probablement sous l’une de ces formes que l’épouse venait tour menter son mari.
Ailleurs Maspero nous dit (i) : « Tandis que le couple formé par le corps et le Double s'attardait dans le monde où avait vécu l'homme, le couple formé par l’âme et l’intelligence émigrait dans l’autre monde, je ne saurais dire, comme on le ré pète sans cesse, que l’âme égyptienne fût immor telle.
Son existence était identifiée au cours du so leil et en suivait les phases : elle naissait à la vie, comme le soleil à la journée, mourait à la vie comme le soleil à la journée, passait de même que le soleil à travers les ténèbres de la nuit pour re naître au matin d’un jour nouveau. La vie terrestre n’était, à proprement parler, qu'un jour de l’âme, un des devenir (c’est l’expression égyptienne) qu’elle subissait sans cesse. ' K I (i) Maspero, Histoire des Ames dans l’Egypte ancienne. Bibliothèque Egyptologique.
RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 129 Lame mourait d’une vie dans l'autre, et chacune de ses vies avait devant elle un infini de durée, comme elle avait un infini de durée derrière elle. L’âme était éternelle plutôt qu’immortelle; ce qu’elle devenait au-delà de notre mort, les prêtres avaient la prétention de le savoir et même de le repré senter.
Pendant les douze heures de la nuit, le soleil navi guait sous terre dans de longs couloirs sombres et dans des chambres de flammes où les démons tor turaient les damnés. L'âme s'embarquait avec lui à l’occident d’Abydos, à la fente du Pegart, par laquelle on se glisse dans le domaine des ténèbres.
Les sculptures et les légendes qui couvrent les grands sarcophages d’époque ptolémaïque, et celui de Téos ou celui de Psanictik sont la reproduction du monde inférieur. On y voit la barque du soleil et son cor tège des dieux célestes protégeant l’âme du défunt, les génies des régions souterraines, les damnés, tous les monstres et toutes les terreurs de l’enfer.
Selon d’autres textes, Pâme avait une destinée plus sereine: elle prenait à son gré les formes qui lui plaisaient le mieux, rendait visite à son corps et à son double, montait au ciel ou descendait sur la terre, sans que rien l’en empêchât. Au fond, je crois bien que chaque Egyptien se créait un paradis à sa convenance dont la description variait selon le temps et selon les conditions de l’individu.
Comme nous l’avons déjà dit plus haut, aucun do cument se rapportant directement à la réincarnation n'ayant été découvert en Egypte jusqu’à ce jour,
130 l’initiation nous donnerons un aperçu de. l’état de l’âme après la mort, ses ‘repentirs, la confession de ses fautes que le défunt adresse à Osiris et les sanctions di verses qu’il doit subir dans l’autre monde. Le jour de l’enterrement, le défunt s'adresse à Osiris en ces mots: « O taureau del’Ameni, c’est Thoth, le roi éternel, qui est là. Je suis le grand dieu dans la barque di vine, j’ai combattu pour toi.
Je suis l'un des dieux, les puissances qui rendent Osiris victorieux sur ses ennemis, le jour où l’on pèse les paroles (c’est-àdire le jour du jugement). Je suis de ta famille, Osi ris ; je suis l’un de ses dieux, enfant de Nout, qui tuent les adversaires d’Osiris et qui enchaînent ses ennemis, pour sa défense. Je suis de ta famille, Horus, j’ai combattu pour toi, je me suis avancé en ton nom.
« Je suis Thoth qui rend Osiris victorieux sur ses adversaires, le Jour où l’on a pesé les paroles dans la maison du prince qui est à Héliopolis. Je suis Didou, le fils de Didou, conçu à Didou et né àDidou ; Didou est mon nom. « Je suis avec les pleureuses qui mènent deuil « sur Osiris àRekhit, et qui rendent Osiris victorieux « sur ses ennemis.
« C’est Ra qui a commandé à Thoth de rendre « Osiris victorieux sur ses ennemis; cet ordre, Thoth l’a exécuté en ma faveur. » Jusqu’à présent le défunt s’est donné comme étant lui-même Thoth ou l’un des enfants de Nout, ou même Didou, c’est-à-dire Osiris. Maintenant il va
RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DESAMES loi prophète à Abydos le jour nous dire qu'il est prêtre, et qu’il (i) s’acquitte des divers offices que prescrit le culte {Papyrus de Tur in ). v Je suis avec Horus, lejouroùl'on célèbre les fêtes d’Osiris, et, quand on fait de grandes offrandes à Ra. a la fête du sixième jour du mois et à la fête du septième jour à Héliopolis. «Jesuisle prêtre de Didou, et j'exalte celui qui est sur la hauteur.
Je suis le où la terre est soulevée. «Je suis celui qui voit les mystères de Restau. «Je suiscelui qui lit les liturgies de l’esprit qui est à Didou.
« Je suis le prêtre Sem, dans tout ce qui tient à son office. » Puis vient une invocation: « O vous qui amenez les ¿¡mes bienfaisantes dans la maison d’Osiris, amenez avec vous l’âme du défunt dans l;i maison d’Osiris ; qu’il voie comme vous voyez, qu'il entende comme vous entendez, qu’il se tienne debout comme vous vous tenez debout, qu’il s’asseye comme vous vous êtes assis dans la maison d’Osiris...
« Vous qui ouvrez les voies et qui préparez les che mins aux âmes bienfaisantes dans la maison d’Osi ris, ouvrez les voies et préparez les chemins à l’âme du défunt qui est avec vous; qu’il entre hardiment, et qu’il en sorte, en paix, sans qu’on s’oppose à lui et sans qu’on le repousse. Qu’il entre quand il lui plaît, et qu’il sorte comme il veut, car il est victorieux avec vous ; et qu’on fasse ce qu’il ordonnera dans la maison d’Osiris. On n’a pas trouvé chez lui de
132 l’initiation transgression ; la balance est libre de tout ce qui le concerne. » Les papyrus récents ajoutent à ce chapitre la rubri que suivante : «Celui qui sait ce livre sur terre, ou à qui on l’a écrit sur son cercueil, il sort du jour quand il veut, et il peut rentrer dans sa demeure sans qu’on le re pousse ; on lui donne du pain, de la bière, beaucoup de viande sur l’autel de Ra ; il est doté de champs dans le jardin d'Alou, on lui donne du grain ; puis il reverdit, pareil à ce qu’il était sur la terre. » On voit quelle est l’efficacité de ce livre ; il suffit de l’avoir connu sur la terre ou de l’avoir fait pein dre sur son sarcophage pour que le défunt entre en possession des privilèges et de la vie heureuse qui l’attendent dans les jardins d’Alou.
C’est là la vertu magique des paroles qui y sont contenues et dont les anciens Egyptiens attribuaient la composition a Thoth. Voici du Livre des Morts le chapitre d’ouvrir la tombe à l’aine de l’ombre, de sortir le jour, d'être en possession de ses jambes. Le tableau représente : Le défunt qui ouvre un édicule dans lequel l'âme est enfermée. « i. J'ouvre parce qu'on m’a ouvert ; j’ai enfermé parce qu’on m’a enfermé, couché.
J’ouvre (parce qu’on a ouvert) à mon âme qui vient de moi. L’œil d’Horus est « 2. Délivré. Osiris Ounnofré établit sa splendeur au front de Ra. Les jambes s’allongent, les cuisses se soulèvent ; je fais le grand chemin, mes chairs
yr RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 133 ont la vigueur. Jé suis Horus vengeur de son père, à qui on apporte « 3. La couronne divine, à sa voix, pour sa tête. J’ouvre le chemin à mon âme, je suis en possession de mes jambes. Je vois le Dieu grand dans la barque du soleil, le jour de juger les âmes; mon âme « 4. Y est à l’avant, parmi ceux qui font le compte des années. Allons 1 j’ai délivré mon âme (i).
L’œil de Ra affermit son éclat (2) pendant que les ténèbres sont sur la face de ceux qui sont dans les mains d’Osiris. N’emprisonnez pas « 5. Mon âme ; ne gardez pas mon ombre pour que j’ouvre le chemin à mon âme, à mon ombre et à mon intelligence, pour que je voie le Dieu grand dans son naos, le jour de juger les âmes, et que Je répète les paroles d’Osiris, mystérieux par sa de meure. Vous qui gardez « 6.
Avec vos mains, gardez lésâmes des mânes, enfermez-les loin des morts, loin de ceux qui me fe raient du mal ; qu'ils ne me Lissent pas de mal, que soit détournée leur marche vers mon double, vers mon âme et mon intelligence « 7.
Protégées contre leur passage; que je m’asr (1) A la ligne i et à la ligne 4 il y a parallélisme entre la déli vrance de l’âme, qui permet l’accomplissement d’une nouvelle existence et la délivrance de l’œil solaire, éclipsé pendant la nuit, qui permet une nouvelle évolution. (2) Il y a dans le texte « ion ornement », Khakeru-f ; mais l’ornement de l’œil solaire ne peut être que son rayonnement, c'està-dire son éclat.
434 l’initiation soie parmi les chefs dans leur demeure ; que je ne sois pas enfermé par les gardiens d’Osiris, gardiens des âmes, geôliers des ombres et des morts. Est-ce que mon enceinte « 8. N’est pas au ciel? Etant su ce chapitre, on sort le jour ; l’âme n’est pas emprisonnée dans la divine région inférieure. »(Notes de P.
Pierre!, tra ducteur du Livre des Morts.) (Notes du chap. XCII.) Lascène du jugement compose le chapitre CXXVdu Livredes morts ; c’est l’un des plus étendus etl’unde ceux qu’on retrouve le plus fréquemment. En effet, c'est celui qui avait le plus de valeur pour le défunt ’ et qui à lui seul résume le livre. Il se trouve fré quemment à la suite du chapitre i, ou plus souvent encore vers la fin.
Il est formé de trois parties: d’a bord d’une introduction qui porte différents titres, dont voici l’un : « Paroles prononcées lorsqu’on approche de la salle des deux vérités ou des deux justices.
Afin que le défunt soit délivré de ses pé- . chés, et qu’il puisse voir les faces des dieux. » II-est curieux que la vérité, ou, comme traduit Renouf, la justice, soit représentée par deux déesses absolument semblables, et l’un des textes nous ap prend qu’il y en a une à l’est et l’autre à l’ouest. Elles gardent donc les deux bouts de la salle où siège Osiris. Il y a là un singulier mélange d’idées cosmiques,, nous dit E.
Naville, relatives à la course du soleil, et de cette scène qui est tout humaine et qui porte sur tout un ordre d’idées qui n’a rien à faire avec la nature. Le défunt approche avec sa femme ; ils ont
RÉINCARNATION El' TRANSMIGRATION DES AMES 135 tous deux les bras levés en signe d’adoration : avant d’entrer, il s’adresse déjà à Osiris qui est dans la salle et il lui parle ainsi : « Salut à toi, dieu puis sant, seigneur de ’.a justice, je suis venu vers loi, mon seigneur, pour contempler tes beautés, je te connais, je connais le nom des quarante-deux dieux qui sont avec toi, qui dévorent ceux qui méditent le mal, qui boivent leur sang le jour où l’on rend compte de scs actions devant Onnofris.
Vraiment ton nom est : Celui dont les deux yeux sont ceux delà justice. Me voici, je suis venu vers toi, je t'apporte la vérité, et j’écarterai toute fausseté. »Et il commence une confession qu’il répétera plus tard lorsqu'il sera entré dans la salle : « Je n’ai fait de mal à aucun homme, je ne suis pas de ceux qui tuent ceux de leur famille; je n'ai pas dit un mensonge à la place de la vérité...
Je n’ai pas fait ce qu’abhorrent les dieux, je n’ai pas fait de tort à un serviteur auprès de son maître, je n’ai pas causé de famine, je n’ai pas fait pleurer, je n’ai pas tué, je n’ai pas ordonné le meurtre,jen’ai pas causé de souffrances aux hommes, je n’ai pas réduit les offrandes dans les temples, je n’ai pas diminué le pain offert aux dieux ; je n’ai pas volé aux morts leurs offrandes funéraires, je ne suis pas un adul tère, je n’ai pas diminué la mesure du grain, je n’ai pas raccourci la longueur du palme...; je n’ai pas pesé sur le bras de la balance, et je n’en ai pas faussé l’aiguille, je n’ai pas ôté le lait de la bouche des enfants ; et je n’ai pas chassé le bétail de ses pâturages. »
136 l'initiation Voici des péchés qui ont un caractère strictement égyptien : « Je n’ai pas arrêté l’eau à son moment, je n’ai pas détourné un ruisseau de son cours. » Il est certain que l’eau, étant en Egypte ce qui donne la vie, est l'objet d’une vénération et d’un respect qu’elle n’aurait pas dans un pays qui ne dépend pas entièrement d’un grand fleuve et de l’inondation. 11 y a aussi des péchés à l’égard des dieux.
Nous avons déjà vu que le mort se défend d’avoir diminué ou volé les offrandes; d’autres péchés por tent sur les cérémonies, comme celui-ci qui est le dernier : « Je ne me suis pas mis devant un dieu au moment de son apparition, » c’est-à-dire lors qu’on le promène dans le temple à sa fête.
Après cela le défunt s’écrie : « Je suis pur, je suis pur... qu’aucun mal ne m’arrive sur cette terre, dans la salle de la justice, car je connais le nom de tous les dieux qui s’y trouvent. » Ceci n’est qu’une confession préliminaire pronon cée à la porte ; elle ne suffit pas pour la justifica tion du défunt. Anubis vient le prendre par la main et le conduit dans la salle de la justice.
Au fond, sous un pavillon, est assis Osiris, le juge suprême ; quelquefois auprès de lui sont quatre juges asses seurs, les dieux des points cardinaux. Devant le juge est une balance dont le dieu Thoth vérifie l’aiguille,et tout autour sont les quarante-deux divi nités dont le défunt a parlé comme étant celles qui dévorent les coupables et qui boivent leur sang.
Ces dieux sont bien propres à lui inspirer de la terreur ; quelquefois aussi il y a l’ennemi par excelRÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 137 lence, celui « qui dévore les morts, » un monstre fait du corps des trois animaux, le crocodile, le lion, l’hippopotame.
Mais ce qui achève déglacer d'effroi le défunt, c’est qu’il ne sent plus en lui son coeur, il le voit dans un des plateaux de la balance, et dans l'autre la déesse de la justice.
Son premier cri s'adresse à lui : « Coeur de ma mère, cœur de ma naissance, cœur que j'avais sur la terre, ne t’élève pas en témoignage contre moi, ne sois pas mon adversaire devant les puissances divines ; ne pèse pas contre moi, devant le gardien de la ba lance : ne dis pas voilà ce qu’il a fait, en vérité il fa fait, ne fais pas surgir des griefs contre moi devant le grand dieu de l'Ameni. » Puis il l’invite à revenir, à se joindre de nouveau à lui.
Le cœur écoutera ce qu’il lui demande, et il ne sera trouvé ni trop lourd, • ni trop léger. Mais il faut que le défunt présente sa défense.
Pour cela il interpelle nominalement cha cune des quarante-deux divinités qui assistent au jugement, celles qui sont prêtes à le dévorer s’il est coupable, et il prend chacune à témoin qu’il n’a pas commis l’un des quarante-deux péchés qui en traîneraient sa condamnation : O toi qui marches à grands pas et qui parais à Héliopolis, je n’ai pas fait de mal. O toi qui gardes le feu et qui parais à Kheraha, je n’ai pas volé.
O toi le dieu au long bec qui parais à Eschmoun (Thoth) je n’ai pas été mal intentionné », et ainsi de suite. Il reprend avec un peu plus de détails la con fession qu’il a faite à la porte sous forme d’invoca tion aux quarante-deux assesseurs d’Osiris.
l’initiation 138 ' TABLEAU DU CHAPITRE CXX V DU LIVRE DES MORTS Pèse meut du cœur au Psycbostasie Ce tableau représente ce que les textes appellent « la grande salle de la Vérité», où le défunt va être jugé: elle est soutenue par deux colonnes à chapi teau de lotus. Au-dessus de l’entablement sont fi gurés, comme ornementation, douze groupes formés M - des hiéroglyphes de la vérité et du feu, et d'un' urœus.
Entre le sixième et le septième groupe, le dieu Shou agenouillé étend les bras au-dessus des deux yeux sacrés symbolisant le sud et le nord : c’est une allusion à la course diurne du soleil, une piomesse implicite de résurrection ; aux deux extrémités de cette rangée emblématique, un Cynocéphale symbolisant le dieu Thot équilibre une balance.
Audessous de la frise figurent les quarante-deux asses seurs d'Osiris qui viennent d’être invoqués dans les pages précédentes; leur tête d’homme ou d’animal est surmontée de l’emblème delà vérité. Le défunt leur adresse, agenouillé, l’invocation aux quarantedeux assesseurs. La scène est présidée par Osiris représenté au fond » • delà salle, assis dans un naos.
Il est coiffé de X'atef et tient dans ses mains croisées sur sa poitrine le • pedum et le flagellum. Devant, le dieu est un autel chargé d’offrandes au-dessus duquel figurent les quatre génies funéraires.
réincarnation et TRANSMIGRATION DES AMES 139 Près de l'autel on voit assise sur un socle en forme de pylône une bête fantastique à la gueule béante, appelée « celle qui détruit les ennemis en les dévorant, la dame de l’Amenti, la bête de l’Amenti ».
Un peu au-dessus d’elle sont assis les deux Génies de la destinée, Shaï et Ranen, dont les noms peuvent se traduire par Fatalité et Bonheur; ils sur montent un groupe hiéroglyphique signifiant Re naissance. A l’entrée de la salle, le défunt est introduit par la Vérité : Il dit : « Je me présente devant le maître de l’Etcrnité. Il n’y a pas de mal en moi. Personne ne m’accuse, je n’ai rien fait pour cela.
Ce que j’ai fait, les hommes le proclament, les dieux s’en réjouis sent. Salut à toi, résident de l’Amenti, dieu qui es le bien, seigneur d’Abydos.
Accorde que je traverse le chemin des ténèbres, que je me joigne à tes ser viteurs qui sont dans le Tiaou, que j’entre et sorte dans Ro-sta et dans la Salle de la Vérité et que je traverse Ammach. » La Vérité, « Régente de l’Amenti, accorde que le double du défunt soit dans sa demeure, qu’il re joigne sa retraite d’éternité ».
Ensuite Horus et Anubis procèdent au pèsement dans une balance du cœur de l’homme qui doit faire équilibre à l’image delà Vérité. Anubis annonce que « le cœur fait l’équilibre par son maintien et que la balance est satisfaite par I’Osiris N ». Alors Thot. seigneur d’Hermopolis, seigneur des paroles divines, dieu grand résidant à Hesert, enregistre cette sentence et ajoute : « Que le cœur soit remis à sa place dans la
140 l’initiation personne de l'Osiris N. » Le retour du cœur dans la poitrine est le signal de résurrection. Le résumé de l’article qui suit (i ) de Ed. Schuré cité par de Rochas, donnerait une explication ésoté rique des croyances égyptiennes aux vies successives.
« Aprèsla mort, dit cet auteur, l’âme serait attirée en haut par Hermès, son génie-guide, et retenue en bas par son ombre encore rivée au corps matériel. » Si elle se décide à suivre Hermès, elle arrive à la limite du monde sublunaire ou Amenii, limite qui est appelée Muraille de fer.
La sortie en est gardée par des esprits élémentaires dont la fluidité revêt toutes les formes animales et qui assaillent aussi bien l'homme vivant qui veut pénétrer dans l'invisible par la magie que l’âme défunte qui veut sortir de l’Amenti pour entrer dans la région céleste. Ces gardiens du seuil sont représentés dans la mytholo gie égyptienne par les Cynocéphales ; Anubis à tête de chacal est leur maître; les Grecs en ont fait Cer bère.
Quand l’âme est en dehors de l’Amenti, elle a complètement le souvenir de ces vies précédentes qu’elle n’avait encore repris que partiellement à sa sortie du corps. Elle voit alors ses fautes passées, et, éclairée par son expérience, elle va où elle doit aller et rentre dans la sphère d’attraction de la terre.
Ceux qui se sont endurcis dans le mal jusqu’à perdre tout sens de la vérité ont tué en eux-mêmes jusqu'au dernier souvenir de la vie céleste : ils ont coupé le lien avec (I) Ed. Schuré (Revue des Deux Mondes, icr février 1895).
RÉINTÉGRATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 141 l'esprit divin, ils ont prononcé leur propre anéantis sement, c’est-à-dire la dispersion de leur conscience dans les éléments. — Ceux en qui le désir du bien subsiste, mais, dominés par le mal, se sont condam nés eux-mêmes à une nouvelle et plus laborieuse incarnation.
Ceux, au contraire, en qui l’amour de la vérité et la volonté du bien l’ont emporté sur les . instincts d’en bas, sont prêts pour le voyage céleste, malgré leurs erreurs et leurs fautes passagères. Alors l'esprit divin recueille en lui tout ce qu’il y a de pur et d’immortel dans les souvenirs terrestres de l’âme, tandis que tout le faux, l’impur et le péris sable se dissolvent dans l’Amenti avec l’ombre vaine.
Ainsi l’âme, à travers une série d'épreuves et d’incarnations, se détruit ou s’immortalise faculta tivement.
CHEZ LES GRECS Toute l’antiquité, auteurs, philosophes ou histo riens ont attribué l’opinion d’une métempsychose animale à Pythagore; Dacier proteste et nous dit : « Une marque sûre que Pythagore n’a jamais eu l’opinion qu’on lui attribue, c’est qu’il n’y en a pas le moindre vestige dans les symboles qui nous restent de lui, ni dans les préceptes que son disciple Lysis a recueillis, et qu’il a laissés comme un précis de sa doctrine. » Mais il est évident que, malgré l’opinion si logique de cet auteur, Pythagore dut enseigner publique ment ce dogme et que ses disciples l’admirent dans I
142 l’initiation leur école ; nombreux sont les témoignages des élèves, du maître. Mais le grand philosophe, de même que Timée de Locres, n’ajoutaient pas foi à ce dogme tout exotérique qui ne servait qu’à conte nir le peuple par la crainte des punitions dans une autre vie.
D’ailleurs, voici ce que dit Timée de Locres, le maître de Platon, d’après Cicéron : « Si quelqu’un est vicieux, et qu’il viole les règles de l’Etat, il faut qu’il soit puni par les lois et par les reproches : on doit encore l’épouvanter par la crainte de l’enfer, par l’appréhension des peines continuelles, des châtiments du ciel, et par les ter reurs et les punitions inévitables, qui sont réservées aux malheureux criminels sous la terre.
« Jelouebeaucouple poète ionien (Homère) d’avoir rendu les hommes religieux par des fables anciennes et utiles; car, de même que nous guérissons les corps par des remèdes malsains, s’ils ne cèdent pas aux remèdes les plus salutaires, de même nous répri mons les âmes par des discours faux, si elles ne se laissent pas conduire'par les véritables.
C’est par la même raison qu’il faut établir des peines passagères de la transformation des âmes; en sorte que les âmes timides passent dans le corps des femmes, exposées aux mépris et aux injures (les temps ont bien changé 1) et les âmes des meurtriers dans le corps des bêtes féroces, pour leur punition; celles des impudiques dans les porcs et les sangliers ; celles des inconstants et des évaporés’dans les oiseaux qui volent dans les airs ; celles des paresseux, des fai néants, des ignorants et des fous, dans les formes
RÉINTÉGRATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 143 des animaux aquatiques.
C’estla déesse Némésis qui juge toutes ces choses dans la seconde période, avec les démons, vengeurs des crimes, qui sont les inqui siteurs terrestres des actions humaines, et à qui le Dieu conducteur de toutes choses a accordé l’admi nistration du monde, lequel a été rempli de dieux, d’hommes etd’autres animaux, produits selon l’image excellente de la forme improduite et éternelle. » Empédocle, disciple de Pythagore, qui composa, par ses divers ouvrages médicaux,, le K7.-7.pp01 ou Purification, le plus long de ses poèmes qui s’occupent de transmutation ou incarnation succes sive des âmes jusqu’à ce qu’elles arrivent à l’immor telle félicité du Spherus, dit sur la métempsycose : « 11 est une loi fatale, un antique décret des dieux, à jamais confirmés par leurs sermentsimmuables : Si quelqu’un par sa faute souille sa main d’un meurtre ou s’il ose violer un serment, pendant 30.000 sai sons il errera loin des bienheureux, revêtant succes sivement les formes mortelles les plus variées, pas sant de l’un dans l’autre des douloureux sentiers de la vie.
Tel je suis aujourd’hui, exilé loin des dieux, errant, soumis aux fureurs de la Haine...
Car j’ai déjà été garçon, fille, arbrisseau, oiseau et, dans la mer, un muet poisson. » Les Commentaires d'Hiéroclès sur les vers dorés de Pythagore, traduit par Dacier, cité plus haut, sont encore plus précis sur cette doctrine : L’ordre des êtres corporels et incorporels étant bien connue, l’es sence de l’homme aussi très exactement connu ; on connaît ce qu'elle est et à quelles passions elle est
144 L’INITIATION sujette, et l’on sait qu’elle tient le milieu entre les êtres qui ne tombent jamais dans le vice et ceux qui ne peuvent jamais s’élever à la vertu.
Voilà pourquoi elle a les deux penchants que ces deux liaisons lui inspirent, tantôt vivant la d une vie intel ligente, et tantôt prenant ici des affections toutes charnelles; ce qui fait dire avec beaucoup de raison, par Heraclite, que notre vie est la mort, et notre mort, la vie; car l’homme tombe et se précipite de la région des bienheureux, comme dit Empédocle le Pythagoricien : — Banni du céleste séjour, Errant et vagabond, agitée des furies.
De la discorde en feu. Mais il y remonte et recouvre son ancienne habi tude, s’il fuit les choses d’ici-bas et cet aftreux sé- » jour où demeurent, comme dit le même poète, Le meurtre la colère, et mille essaims de maux, et dans lequel ceux qui y tombent Errent à l’abandon dans les noires campagnes, De l’injure et du deuil.
Celui qui fuit ces tristes campagnes de l’injure est conduit par ce bon désir dans la prairie de la vé rité; et', s’il la quitte, la chute de ses ailes le préci pite dans un corps terrestre, Où il boit à longs traits l’oubli de son bonheur. Et c’est à quoi s'accorde le sentiment de Platon,
RÉINTÉGRATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 145 qui, en parlant de cette chute de l’âme, dit : Mais, n’ayant plus la force de suivre Dieu, elle ne voit point ce champ de la vérité ; que par quelque malheur, remplie de vice et d’oubli, elle s’appe santit; et qu’appesantie, elle vient à perdre ses ailes et à tomber dans cette terre, alors la Loi l’envoie animer un animal mortel.
Et sur le retour de lame dans le lieu d’où elle est descendue, le même Platon dit : L’homme qui a surmonté par sa raison le dé sordre et le trouble qui lui viennent du mélange de ki terre, de l’eau, de l’air et du feu, reprend sa pre mière forme, et recouvre sa première habitude,, parce qu’il retourne sain et entier à l’astre qui lui avait été assigné. » Platon dans le Phédon fait dire à Socrate : « C’est une opinion bien ancienne que les âmes, en tant ce monde, retournent à la vie après avoir passé par la mort.
Si cela est ainsi et que les hommes après la mort reviennent à la vie, il s’ensuit nécessairement que les âmes sont dans les enfers pen dant cet intervalle, car elles ne reviendraient pas au monde si elles n’étaient plus, et ce sera une preuve suffisante qu’elles existent, si nous voyons claire ment que les vivants ne naissent que des morts.
Plotin, le philosophe néo-platonicien de l’Ecole d’Alexandrie, dans son knnéades, commente la doc trine de Platon sur l’âme; malgré la grande valeur philosophique des écrits de cet auteur il ne s’était pas affranchi encore des croyances à la métenpsycose animale, comme le fit Porphyre à son disciple.
« C’est un dogme reconnu, dit Plotin, de toute anti14B L’INITIATION quité et universellement que si l’âme commet des fautes, elles est condamnée à les expier en subissant des punitions dans les enfers ténébreux, puis elle est admise a passer dans de nouveaux corps, pour recommencer les épreuves. » « Quand -nous nous sommes égarés dans la mul tiplicité, nous en sommes punis d'abord par notre égarement lui-même, puis quand nous reprenons des corps nous avons une condition moins heu reuse. » Voici le commentaire sur la doctrine de Platon: «Uâme fait le tour du ciel, en prenant suc cessivement des formes diverses. » Ces formes sont la forme rationnelle, la forme sensitive, la forme végétative.
La partie qui domine dans l'âme remplit la fonction qui lui est propre ; les autres restent inactives et lui semblent en quelque sorte extérieu res. Dans l’homme, ce ne sont pas les puissances inférieures de T âme qui dominent; elles existent seulement avec les autres ; ce n’est pas non plus la meilleure puissance qui domine toujours ; les puis sances inférieures ont également leur place.
Aussi l’homme est-il encore un être sensitif, parce qu’il possède les organes des sens, il est également un être végétatif sous beaucoup de rapports, car son corps se nourrit et engendre comme une plante. Toutes ces puissances agissent donc ensemble chez l’homme; mais c’est d’après la meilleure d’entre elles qu’on qualifie la forme totale de cet être. « L’âme, en sortant du corps, devient la puis sance qu’elle a développée le plus. Fuyons donc d’ici-bas et éievons-nous au monde intelligible, pour
RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 147 ne pas tomber dans la vie purement sensitive, en nous laissant aller a suivre les images sensibles, ou dans la vie végétative, en nous abandonnant aux plaisirs de l'amour physique et à la gourmandise ; élevons-nous, dis-je, au monde intelligible, à l’in telligence de Dieu. Ceux qui ont exercé les facultés humaines renais sent hommes.
Ceux qui n'ont fait usage que de leurs sens passent dans des corps de brutes, etc. « Souvent, m'éveillant du sommeil du corps pour revenir à moi, et détournant mon attention des choses extérieures pour la concentrer en moi-même, j’y aperçois une admirable beauté, et je reconnais que j’ai une double condition, car je vis alors d’une vie excellente.
Je m'identifie' avec Dieu, et, édifié en lui, j’arrive à cet acte qui m'élève au-dessus de tout intelligible.
Mais, si, après m’être reposé au sein de ki Divinité, je redescends de l’intelligence à l'exer cice du raisonnement, je me demande comment je puis ainsi m'abaisser actuellement et comment mon âme a pu jadis entrer dans Un corps, puisque, quoi qu’elle soit actuellement dans ce corps, elle possède encore en elle-même toute la perfection que j’y dé couvre. » C. B. (^/ suivre.)
Philosophie moderne(,) (Suite) A-t-on pu étudier indépendamment l'un de l'autre les plans humains et prouver irréfutablement leur existence? 11 est permis aujourd’hui de répondre par l’affirmative.
Nous sommes en mesure de répondre aux détracteurs du spiritualisme et aux matérialistes qui ne voient dans l’homme que l'Etre simple et mortel dont il a été question que l’étude des sciences psychiques est sortie du domaine des idées pour entrer dans celui des faits ; que l’expérimen tation a remplacé la discussion et que la science a soutenu presque toutes les affirmations des philo sophes spiritualistes. z * L'expérimentation méthodiquement dirigée a dé montré qu’il y a en nous deux principes que l'on peut séparer, deux principes qui ont la forme de la vie, c’est-à-dire le corps et l’âme : le premier, maté riel et périssable ; le second, spirituel et immor tel.
Nous n’avons pas la prétention d’écrire un traité scientifique où nous établirions, avec preuves à l’appui, des expériences qui ont été faites en vue deprouver cette dualité de l’être. Cet ouvrage a été
PHILOSOPHIE MODERNE 149 écrit par plus compétent que nous-même, et nous y renvoyons le lecteur désireux d’approfondir la ques tion. comme d’ailleurs aux ouvrages spéciaux qui traitent en détails de tous les sujets que nous effleu rons.
Nous voulons simplement donner un coup d'œil sur les dernières recherches expérimentales faites dans ce domaine, afin de prouver que la théo rie que nous présentons n’est pas une pure hypo thèse dénuée de tout fondement. Le premier expérimentateur qui ait pu constater l’existencedu double éthérique et le séparer du corps physique de l'homme, est le Colonel de Rochas, an cien administrateur de l’Ecole polytechnique.
Il se servit de sujets plongés dans le sommeil hypnotique et put se rendre compte par lui-même de la réalité de ce phénomène mystérieux. Il constata d’abord que la sensibilité rayonnait par couches concentriques autour du sujet, puis que le rayonnement se continuait et formait une colonne vaporeuse de chaque côté du sujet.
En poursuivant son expérience, il se rendit compte que ces demi-fantômes se rejoi gnaient pour n’en former qu'un seul et que ce der nier planait au-dessus du sujet. Dans cet état l'homme endormi était donc privé de son corps éthé rique (de son double), et son corps physique n était plus qu’une « coque », vide, si ainsi l’on peut dire.
Ce qui le prouve bien, c'est que M. de Rochas peut piquer le corps physique du sujet sans que celui-ci en ressentît la moindre douleur, ni même la plus lé gère sensation. Toutefois, en piquant une plaque photographique imprégnée de substance éthérique,
150 l’initiation le sujet manifesta sa sensibilité, et une érosion se dessina sur son corps physique, qui pourtant n’avait pas été touché (i). Durville a repris et complété ces expériences, qu’il a consignées dans son remarquable ouvrage : « Le Fantôme, des Vivants. Pour cet expérimentateur, le fantôme du sujet dédoublé est composé de plu sieurs corps qui se dédoublent encore.
Ainsi, le corps physique est animé par le corps éthérique, et celui-ci par le corps astral, lequel est animé à son tour parle corps mental; chacun de ces corps peut être dédoublé, et chacun peut vivre de sa vie propre, à condition toutefois que le lien qui les unit ne soit pas rompu, ce qui entraînerait des accidents et la mort immédiate du sujet (dans le plan physique).
D’ailleurs, lorsque le sujet est plongé dans le som meil hypnotique, on peut le faire vivre successive ment sur chacun des quatre plans de son être, et il peut arriver à ne plus exister, en apparence, que sur le plan mental, le plus élevé dans les plans de la nature.
On a pu photographier des sujets dont le double était extériorisé, et le cliché obtenu montre bien, à côté du corps physique du sujet endormi, le « double éthérique » de celui-ci (2).
Au surplus la science officielle elle-même admet aujourd’hui que le corps humain émet des radiations : les professeurs Blondot et Charpentier de Nancy ont fait à ce sujet (I) A. de Rochas, Extériorisation de la Sensibilité. (¿)Voir également les expériences concluantes à cet égard de MM. Léon LefraDc et Fernand Girod.
PHILOSOPHIE MODERNE IM des études concluantes et ont adressé des rapports très affirmatifs à l’Académie des sciences (t). Nous ne nous engagerons donc pas trop en répé tant que la science a confirmé expérimentalement quelques-unes des plus anciennes et des plus auda- (1) La discussion a été ouverte entre les diverses écoles de paychistes et les savants sur ce point très important, base des écoles spiritualistes et animistes.
Quand un médium, tel que Eusapia Paladino, par exemple, a.âfit sur la matière et nous stupéfie par la réalisation de merveilles médiumniques, la question qui se pose tout d’abord, est de savoir quel est l’auteur réel des phénomènes accomplis par le médium. Est-ce un Esprit indépendant an médium qui emprunte à ces derniers les substances psychiques nécessaires pour agir sur îa matière ?
Ou bien cette action sur la matière est-elle due à un Esprit, à une Entité intérieure logée dans le corps du médium, et que M. de Troinelin a nommé mansprit, pour distinguer les Esprits des vivants de ceux qui seraient dans notre ambiance terrestre ?
Pour résoudre cette grosse question, M. de Tromelin a indique dans son imposant ouvrage sur le Fluide humain et la Force biolique tout un programme permettant, sinon, d’être fixé complé ment, du moins d’acquérir des données positives sur les facultés des fantômes des vivants.
Il a résumé son programme nouveau en cette indication générale : < Pour s’en assurer il faudrait, dit-il, que les opérateurs qui ont la chance de posséder à leur disposition des sujet« sensitifs ou des « sujets a dédoublement » s’assurent jusqu’à quelle limite on peut reproduire les actes merveilleux d'Eusapia, par exemple, au moyen d’un fantôme dédoublé auquel les expérimentateurs ordonneraient d’agir sur la matière et de répéter le plus possible des actes accomplis par Eusapia en état de transe*.
De plus, dans l’ouvrage cité, on trouvera un programme scien tifique très développé et en grande partie original pour réussir à photographier les Esprits des vivants au moyen, par exemple, de grands paravents recouverts de substances radio-actives ou d’en duits phosphorescents tels que monosnïfure de calcium, etc.
L INITIATION 2 152 cieusesthéories delà philosophie spiritualiste, qu’elle aprouvéen effet, d’une façon irréfutable, que l’homme est loin d’être simple et matériel comme le prétend le matérialisme, mais bien plutôt un mystérieux réceptacle de forces inconnues et immatérielles.
Cette seule affirmation ruine déjà la base du dogme maté rialiste : nous verrons par la suite d'autres arguments spiritualistes qui ne laisseront rien subsister des théo ries rationalistes et naturalistes, IV LE COSMOS Nous connaissons maintenant la nature de la consJ • titution de l’homme, et nous savons, par hypothèse, qu'il est la réduction du Cosmos, du macrocosme.
Cette affirmation, disent les spiritualistes, est entiè- 'fement justifiée, puisque l'homme contient en lui la matière physique du règne animal, la vitalité du végé tal, la sensation et le désir de l’animal, le simple intellectcorrespondant aux animaux supérieurs actuel lement disparus, etl’âme qui seule constitue l’homme (wr) et.qui se tient dans le ciel (c’est-à-dire dans le plan .mental)..
Nous pouvons donc en conclure que la série des principes corrélatifs de l’homme correspondent aux différents principes de l’Univers. Ainsi l’élément physique de l’homme correspond à la matière solide, liquide et gazeuse qui nous entoure, et notre principe éthérique correspond à
PHILOSOPHIE MODERNE 153 l’éther ou principe vital universel. Ensemble, la matière et l’éther constituent le plan physique de ¡’Univers. Le principe de la sensation (Kama) corres pond au même principe universel; l'astral ou plan astral, et enfin le corps mental, siège de l’intellect et enveloppe de lame, correspond au plan mental du Cosmos.
Nous pouvons donc tracer le tableau suivant, qui synthétise la composition du microcosme et du ma crocosme : Corps physique, | Corps éthérique, ( physique. Corps astral: plan astral. Corps mental : plan mental. Ces plans de ¡‘Univers, comme ceux de l’homme, ne sont pas superposés, mais se pénètrent les uns et les autres étroitement.
De même que le liquide peut pénétrer le solide, le gaz peut pénétrer le liquide ; ainsi l’éther pénètre toute la matière et s’étend bien au-delà de notre atmosphère terrestre. Le principe ou matière astral, à son tour, pénètre l’éther et tout ce qui est au-dessus de lui (en substance, non en situation) et ainsi de suite.
Comme tous ces prin cipes s’interpénétrent mutuellement, il en résulte que l’homme vit contemporainement sur tous les différents règnes ou plans de l’Univers qui corres pondent à ses principes. Ce que nous avons dit précédemment nous a montré que les sept principes de l’homme existent en réalité seulement sur cinq plans de l’Univers, que l’homme synthétise l’Univers et qu’il n’a pu être appelé un microcosme.
154 L’INITIATION Nous comprenons maintenant pourquoi l’étude de l’homme ouvre la voie à l’étude du cosmos. Quand nous connaîtrons mieux la nature de l’être humain dans ses différents aspects et dans ses différentes phases, nous connaîtrons aussi les sphères corres pondantes de l'ilnivers, sphères auxquelles appar tiennent ces facteurs de l’homme. Finalement, arri vant aux deux principes supérieurs, nous connaîtrons également les deux derniersplans de l’Univers,alors nous saurons qu’il existe sept règnes dans 1 Univers. Les Divinités qui président à ces sept règnes sont les « Sept Esprits autour du trône », dont parle l’Apo calypse, et ils nous permettront de comprendre en -quoi consiste la « cause suprême » que nous nom mons Dieu. Fabre d’Olivet.
flu Maître Papus Mais Jésus lui dit : « Re mettez au fourreau votre épée ; car quiconque se servira de l'épée, périra par l’épée. » (Saint Mathieu. XXVJ-5a.) 1 Elle sembla banale comme beaucoup d’histoires •d’amour, celle de Julien; elle fut, cependant, pour lui, atroce : « C’était un pauvre gars qui aimait celle qui ne l’aimait pas. » Et lorsque, nettement, Hélène de T... lui signifia son congé, lorsqu’elle lui démontra péremptoirement ses assiduités, odieuses, lui, habitué à voir tout céder à une volonté qu’il estimait irréductible, il s’affola. Son tempérament aux brusques efforts, mais aux défaillances promptes, lui fournit une haine plus voulue que réelle et qui était de l’amour vicié. Pourtant il conçut une vengeance. Dans son igno rance presque absolue des lois de l’au-delà et sans se douter que sa volonté de nuire lui donnait une forte part de responsabilité, il chercha à atteindre par les actions occultes celle qu’il désespérait d’avoir à jamais.
Il s'aboucha donc avec une vieille boutiL’INITIATION 156 quière de la rue de Venise qui complétait en profits malhonnêtes les trop minimes bénéficesde son com merce de « curiosités ».
Et, tous les jours, il y allait afin de surveiller et de parachever plus méthodiquement cette sombre ma chination. ♦ ♦ Ainsi qu’il l'avait, la veille, promis, Julien repassa ce soir-là et, pour la dernière fois, chez l'antiquaire. — 11 pénétrait dans l'arrière-boutique.
« Les volets sont prêts », lui dit la vieille en le re connaissant;'« avez-vous, de votre côté, ce qu’il faut? »Julien sortit de sa poche un papier plié qui contenait une mèche de cheveux blonds: « Il y en a assez? » demanda-t-il, en les donnant à la dégoû tante magicienne. Elle se retourna à peine, en lan çant un regard méprisant, tandis qu’un rictus tor dait sa bouche édentée : «'Oui, c’est suffisant...
Comment s’appelle-t-elle?— Hélène ! —Ha! ha! il paraît qu’elle ne se soucie point de toi. Mais je te garantis qu’à l’avenir elle y pensera! » La vieille ricana, et sa face caduque et creuse, aux rides pro fondes, au nez croche, aux yeux chassieux, s’illu mina du hideux reflet de la méchanceté. Elle ouvrit un placard, prit, sur une tablette, un objet oblong et le posa sur la table.
La lumière terne du bec de gaz qui éclairait la chambre exiguë mon tra une statuette de femme en cire jaune, aux carac tères fortement accusés, d’un travail barbare et puéAU MAITRE PARUS 157 ril, mais d'une expression sinistre. Une assiette fut également apportée ; quelque chose de vague, une masse rouge et lisse, y baignait dans le carmin d'un liquide visqueux, à demi-caillé.
Julien regretta presque d’être venu, lorsqu’il vit la sordide femme pétrir, en y mêlant les cheveux blonds qu elle avait reçus, le chef informe de la fi gurine, puis y graver le nom. Il s’excusa : « 11 le faut, pensa-t-il, et puis, elle l’aura bien voulu. » — Tout en murmurant d’inintelligibles formules, la vieille continuait d’opérer. Elle chauffa dans le papil lon de la flamme une longue tige de fer amenuisée.
Et, lorsqu'elle fut brûlante, la tendant à l’homme : « Tiens! petit, perce-lui le cœur; ce cœur qui n’a pas voulu du tien... enfonce l’aiguillon; là! »... Et, grésillant, l’aiguille forait la cire, fumait en ex halant une âcre senteur; la matière fondait, coulait, noire et ambrée, de la plaie béante, cerclée de suie. La statuette déformée semblait brisée, dans un spasme de douleur. « Plus loin !
Plus fort ! » hurlait la sorcière, et, saisissant l’assiette, elle la culbutait, renversant sur la table un morceau de viande crue qui n’était autre qu’un cœur de veau préparé, répandant le sang en flaques de pourpres grumeleuses qui s’égouttaient sur le pavé avec un bruit sonore.
La mégère tendit à l’homme un stylet: « Frappe! » s’écria-t-elle; il recula, épouvanté, tant son accent était féroce: « Tu n’oses pas; ajouta-t-elle, eh bien! tiens ! » et brandissant l’arme. — préalablement em poisonnée — elle cribla de coups le cœur, le déchirant
158 l’initiation en lambeaux, en arrachant des loques sanglantes, faisant voler des esquilles de bois de la table, redou blant sa fureur bestiale jusqu’au moment où le bout de chair, déchiqueté, ignoble, décrivit dans l'air une trajectoire, avec un bruit flasque.
Aveuglée de haine, la sénile boutiquière ne dé sarmait pas, poussant des cris rauques, gutturaux, bizarres; hagarde et échevelée, baveuse, elle conti nua de cogner, en vociférant, le meuble, aspergeant tout à l’entour du jus décoloré et souillé, qui giclait ; puis elle s’écroula sur le sol, en proférant d’im mondes menaces, et s’évanouit.
Julien, horrifié, la releva, la traîna, à peine rani mée, jusqu’à un siège, dans la boutique et s’en fuit. Il Dehors, la nuit était tout à fait venue ; il brui nait. Julien reprit, à la fraîcheur de l’air, le cours nor mal de ses idées ; il songea à ce qu’il venait de faire : « Quelle dégoûtante lâcheté! » Il s’écœura., un malaise général le gagnait; il rentra chez lui.
Les idées fuyaient, des images confuses, trou blés, des apparences indistinctes s'interposaient... En un éclair, quelques figures se précisèrent, puis s’effa cèrent, puis reparurent, plus durables, en des êtres étranges, à physionomies inconnues, à formes in convenables. Il y eut un murmure faible, des bruits vagues, des chuchotements.
AU MAITRE PAPUS 159 Julien se sentit glacé de terreur, « Y a-t-il quel qu’un ici ? »Aucun écho à sa voix angoissée... Un silence parfait, profond, vivant, et les formes s'avé raient toujours plus nettes, et bientôt furent, autant que les objets environnants, « réelles », cependant qu’elles semblaient éclairées en elles-mêmes.
Plein d’effroi, les yeux exhorbités, les tempes bourdonnantes, la face congestionnée, gémissant, Ju lien regardait, écoutait, les nerfs tendus ; des enti tés fantastiques, aux contours imprévus, des choses extraordinaires, des minéraux animés, des végétaux mobiles, des animaux impassibles, s’agitaient, sans émettre aucun son fuyaient, couraient, voltigeaient, impondérables et volontaires, sans cesse renouvelés, dans un éther qui semblait, lui aussi, une volonté.
Julien ne voyait plus, il les savait.
Un point rouge parut, grossit, augmenta de vo lume, devint énorme : c’était un cœurimmense dont l'enveloppe charnue se navrait d’une large et pro fonde blessure de laquelle coulait, abondamment, du sang ; et ce coeur vivait d’une vie intense, respi rait en de brusques contractions, en de brèves sac cades, souffrait atrocement, sanglotait sans bruit et, par sa douloureuse entaille, pleurait des ruisseaux infinis de sang.
Peu à peu, la masse de chair écarlate s’estompa dans un brouillard, tandis que, sans cesse, montait comme une mer de pourpre. Julien ne la voyait pas/ il la sentait. — Et comme il sentait les bonds désor donnés de son cœur et l’étreinte morbide de ce sang qui l’engluait en un voile poisseux, les horrifiques
160 L’INITIATION images accélérèrent leurs courses, multiplièrent leurs mouvements, puis, comme d’une même volonté, en une commune fascination, orientèrent leurs forces et fondirent sur Julien, qui se sentit sombrer. Brusquement, tout cessa de lui être distinct, ou se dispersa. Une blancheur limpide se répandait; une faiblesse immense le saisit.
Avec mille détails oubliés, de fraîches images d’enfance se succédèrent rapidement ; c’était un grand va-et-vient de sensa tions et d’idées; mais cela dura peu; une stupeur l’engourdit; — il « vit » qu’un Ange était là, et attendait... . 111 Hélène de T... revenait par les ruelles sombres du populeux faubourg. C’était le crépuscule. Une tris tesse sans cause, insurmontable, tenace,l’envahissait. — La nuit s’appesantissait dans les rues.
Au détour de l'une d’elles, humble, se présenta une très vieille église; Hélène y entra et s’agenouilla dans l’ombre. Elle se plaisait dans ces sanctuaires sombres dont l’atmosphère quiète et lénitive la réconfortait. Et ce soir-là, plus qu’aucun autre jour, elle éprouva, en y entrant, un véritable soulagement. L’aura mystérieux de ses bonnes actions,—son but dans la vie, —l’ac compagnait. Elle pria.
Elle pria pour tous: pour les siens et pour elle, pour ceux qu’etle aimait et pour ses ennemis sur tout, tant cela est agréable au Père ; elle pensa à
\U MAITRE PAPUS ISd Julien, dont les brutales propositions l'avaient révol tée, et elle pria pour lui. C’était le « Salut ». Dans le crépitement argentin de la clochette, le prêtre élevait au-dessus de l’as semblée éployée l’étincelant ostensoir. Hélène priait toujours ; une grande lumière se faisait en elle, sereine et radieuse. Elle se sentait trans portée légère, éthérée, dans la divine Ambiance, tandis qu’elle répétait encore, l’âme aux lèvres, les vivantes paroles d’Amour et de Pardon. Pierre Rimori.
A l’initié La lumière de l’audace doit briller dans le cœur de l’initié: plus on ose, plus on obtient; plus on craint, plus la lumière pâlit, et seule elle peut guider car, lorsque l’ombre paraît, la terreur saisit et arrête. 11 faut absolument renoncer à sa forme passagère, qui est seule la cause de sa chute. 11 faut livrer une vraie bataille excessive entre le moi inférieur et le soi supérieur, la bataille suprême afin de voir à tout jamais la Lumière Eternelle. Le corps devient l’esclave et les tentations sont enchaînées, quand on a vaincu l’armée des pensées tentatrices qui se glissent dans le brillant sanctuaire de l'Ame. Pour ne pasêtre-tuépar elle, il faut rendre inoffen sives toutes ses propres mauvaises créations, les enfants de sa propre pensée, toujours invisibles impalpables, mais tourbillonnant autour du genre humain. Ils sont les descendants et les héritiers de l’homme et de ses dépouilles terrestres, Faire l’expérience de ce qui est plein et semble être vide. Comme on perçoit l’être visible, il faut tâcher de voir le soi invisible. Si on ne le voit pas, il faut attendre patiemment.
A L'INITIÉ 163 Les murs dei’âme sont purs et blancs : il faut une paix parfaite, une tranquilité absolue de l’esprit. Le moindre souffle causé par les sensations inférieures du dehors ne doit venir agiter ou remuer celte subs tance qui relie l’esprit au soi. L’Eternel ne connaît pas de changement. Que tous les hommes soient heureux. Ainsi soit-il. Eir am-Amour. 22 Août 1911.
Pensées Cosmologiques A Monsieur Oscar Peyer. I. — Chaque exaltation spirituelle contribue a la subtilisation des sens. II. —Les sensations sont ces impressions que, l’homme reçoit par des corps présents ou par la similitude. III. — Changement des sens courants, change ment de réalité. IV. — Le savoir illumine et la volonté exalte. V. —La volonté est l’électricité de lame. VL — Un effet est toujours le résultat de la force. Vil. — Les qualités occasionnelles des choses dé coulent de la proposition de la forme. VIII. — La force peut causer des changements, mais elle ne détruit pas la matière. IX. —L’amour a la volonté, la sagesse a l’intel ligence comme objet de transformation. Emile Schaub, Professeur.
Le Message Le massage a été employé de toute antiquité pour aider ou pour remplacer l’action des médicaments. Dans ces dernières années, les agents physiques ont été l’objet d’une étude soutenue de la part de médecins éminents, et leur emploi se généralise de plus en plus dans la pratique médicale.
Mais les moyens d’appliquer le massage sont très nombreux, et une étude expérimentale semble nécessaire pour bien se rendre compte du genre de massage qui convient a chaque affection. A cet effet, plusieurs docteurs en médecine se sont réunis et ont constitué le syndicat des Mé decins Masseurs de France, ayant pour but de créer une ou plusieurs cliniques destinées à l’étude pratique et à l’application des divers genres de mas sages.
Dans ces cliniques, tout sera dirigé et surveillé par les docteurs en médecine, membres du syndicat; un bulletin spécial pourra être créé qui rendra compte des principales guérisons obtenues. Les médecins s’entoureront des aides nécessaires pour l’application des traitements ordonnés ; ces aides seront autant que possible diplômés des différentes écoles de massage actuellement existantes.
•166 l’initiation On pourra ainsi suivre méthodiquement les ac tions produites, surtout dans les maladies chroni ques, par les traitements suivants : i° — Massage manuel. — Le massage ma nuel ou avec adjonction des boules de bois (système japonais) pratiqué sur les muscles, sur les articula tions et les effleurages sur les veines seront appli qués dans les cas utiles.
2° — Massage vibratoire. — Dans ces der niers mois, plusieurs appareils destinés au massage vibratoire ont vu le jour; ces appareils peuvent ren dre de grands services, lorsque leur emploi est con trôlé par un médecin ; ils peuvent, au contraire, être dangereux, lorsqu’ils sont maniés par des mains inexpérimentées.
La clinique du syndicat est pour vue de chacun des genres d’appareils actuellement en usage, et chacun d'eux est destiné à des applica tions parfaitement caractérisées. Ces appareils de massage vibratoire sont employés de deux façons : tout d’abord/directement et même à travers les vê tements.
3° — Massage vibratoire combiné avec les douches de vapeur. — En plus des appli cations simples, le massage vibratoire rendra de grands résultats combinés avec la douche de vapeur soit simple, soit médicamenteuse ; la rapidité de guérison des rhumatismes chroniques est particuliè rement intéressante avec cette double combinaison.
4° — Des transferts. — Lorsqu’il s’agit de maladies nerveuses ou d’affections intéressant les centres psychiques, il est utile d’ajouter au massage
LE MASSAGE 167 * le traitement par les aimants et les transferts. Ce traitement, étudié d’abord à la Salpêtrière par Charcot et par Babinski, a été étendu et perfectionné par le docteur Luys, à la Charité, et par son chef de laboratoire, le docteur Encausse. Le transfert par contact, dans lequel le malade à traiter donne les mains à un sujet placé en état léthargique (procédé classique), a été étendu à des cas plus généraux.
5° — Transfert par couronne aimantée. — 11 résulte d’une communication des docteurs Luys et Encausse à LAcadémie de Médecine que le trans fert peut être réalisé par une couronne aimantée (procédé Luys), ou par une couronne de fer doux aimantée seulement par intervalles au moyen d'un courant électrique (procédé Encausse).
6° — Le docteur Encausse, poursuivant depuis plus de quinze ans des expériences pratiques à sa clinique de Paris, est arrivé a constater la possibilité du transfert par influence. Comme dans toutes ces études, la théorie est laissée de côté ; s’agit-il d’une simple action suggestive, s'agit-il d’une action physique de l’aimant? Peu importe : la théorie sera déterminée plus tard par des hommes de science.
L’important, c’est d’obtenir des cures dans des cas considérés comme incurables par les procédés ordi naires, et les résultats déjà obtenus font prévoir l’extension de guérisons considérées généralement comme très longues ou impossibles.
Le transfert par influence consiste à placer le malade à côté d’un sujet endormi ou d’un opéra168 l’initiation teur choisi d'après des procédés spéciaux, sans con tact, de prier le malade de bien se recueillir, de devenir neutre et de laisser se produire normale ment le transfert. Sous cette influence, il y a une sorte de dynami sation des centres nerveux qni donne des résultats pratiques fort intéressants.
7° — Synthèse des divers traitements. — Chacun des traitements précédemment énumérés peut être combiné avec les autres comme le massage vibratoire avec le transfert ou le traitement par couronne aimantée, la douche de vapeur avec le transfert par contact, etc., etc... ; les médecins qui président au traitement font les combinaisons les plus utiles à l’amélioration rapide du malade.
Syndicat des Médecins Masseurs DE FRANCE 16, rue Rodier, PARIS Monsieur et cher Confrère, J’ai ¡‘honneur de porter à votre connaissance la constitution, à Paris, d’un Syndicat de Médecins Mas seurs. Ce syndicat est composé exclusivement de docteurs en médecine.
11 a pour but l’étude pratique et expérimentale de toutes ces méthodes de mas sages et de transferts par lesquelles on provoque l'émotion du grand public et qui sont souvent ap pliquées par des mains si inexpérimentées. Nous avons voulu que l’application des appareils de massage vibratoire, lancés avec grand fracas, fût ordonnée et surveillée par des médecins.
La clinique de notre syndicat est organisée de telle sorte que les malades sont toujours soigneusement examinés par un des docteurs de service, avant tout traite ment. Nous éviterons ainsi d’appliquer les appareils vibratoires à des cardiaques ou à des malades chez lesquels l’ignorance pourrait provoquer de graves complications. Les praticiens qui appliquent le traitement pres crit par nous ont tous fait des études élémentaires
170 L’INITIATION au point de vue médical, mais sérieuses au point de vue du massage professionnel. Ils sont pour la plupart / diplômés de notre Ecole supérieure libre des sciences médicales appliquées, école régulièrement inscrite à la Sorbonne comme établissement d'instruction su périeure libre et dont l’enseignement est dirigé et surveillé par des docteurs en médecine.
Les masseurs sortant de cette école ont pris l’en gagement de ne jamais opérer aucun traitement sans une ordonnance médicale, restant ainsi dans leur rôle d’aides éclairés des médecins et ne venant pas faire à ces derniers une concurrence aussi ridicule qu’inopérante. Notre clinique est organisée surtout pour traiter les cas désespérés ou chroniques.
Si les malades viennent avec une ordonnance de leur médecin, le traitement ordonné est immédiatement appliqué sans que le malade ait à voir aucun des médecins du syndicat. De plus, un bulletin de traitement est adressé directement au confrère qui a bien voulu nous envoyer ledit malade. Les traitements appliqués à la clinique sont les suivants : III. Massage simple d’après les indications du mé decin ; IV.
Massage vibratoire par un des trois appareils actuellement en usage ; V. Massage simple ou vibratoire sous la douche de vapeur, vapeur simple ou vapeur chargée de mé dicaments (procédé L. Encausse); VL Traitement des maladies nerveuses par les transSYNDICAT DES MÉDECINS MASSEURS 471 ferts, les aimants ou la couronne aimantée (procédés Charcot, Babinski, Luys et G. Encausse) ; VII.
Transfert par influence avec ou sans aimant, selon l in iication du médecin (procédé du docteur G. Encausse). Il suffira aux confrères d’indiquer le numéro du traitement, sans autres détails, pour que le traite ment soit appliqué d’après le tableau ci-dessus.
Le malade est renvoyé tous les quinze jours à son médecin, pour faire constater par celui-ci les pro grès accomplis et pour qu'il reste exclusivement sous la direction scientifique de son docteur.
Vous voyez, mon cher Confrère, que nous nous sommes efforcés d’étudier pratiquement et d’appli quer au mieux des intérêts de notre corporation ces pratiques du massage qui, employées sans direc tion médicale, causent tant de tort à notre corpora tion et aux malades eux-mêmes.
Avant donc d’abandonner un de vos malades, de le renvoyer, désespéré, aux soins des empiriques et des non-diplômés, faites une dernière tentative et envoyez-le à la clinique du Syndicat des Médecins Masseurs de France. Le malade restera sous votre direction et, s’il est amélioré, vous aurez, par votre intervention, tout le mérite à ses yeux des bienfaits qu’il aura pu obtenir.
Recevez, mon cher Confrère, l’assurance de notre confraternel dévouement. Pour le Syndicat : Le Président, Dr G. Encausse.
■172 l’initiation fl nos Leeteurs Un changement d’imprimeur ayant apporte quel que perturbation dans nos services, nous avons égaré la suite du roman de notre éminent collaborateur A. Porte du Trait des Ages . Ames païennes, dont nous avons publié la première partie dans le numéro d’Oc labre 19il. Nous nous excusons auprès de nos lecteurs et les informons qu’ils pourront se procurer ce beau roman cbe{ notre éditeur G.
F1CKER, 6, rue de Savoie, Paris, au prix de 1 franc le volume. La Direction. NÉCROLOGIE Au moment de mettre sous presse, nous apprenons la mort de Jean-Jacques BOURCART, qui fut un modeste bien qu’un grand initié. Sous le pseudo nyme deJ.-J. Jacob il a écrit une Esquisse du tout uni versel véritablement remarquable. Nous reparlerons du reste de lui prochainement.
PARTIE LITTÉRAIRE Peut^on connaître l’avenir ? Oui. Nous vivons dans une époque singulière, où les formes de la société, les idées qui mènent le monde, le décor terrestre, la conscience humaine changent prodigieusement vite. Des inventions incessantes surgissent. Des concep tions oubliées renaissent. Il est bien clair que nous n’habi tons plus, moralement ni physiquement, l’univers d’il,y a vingt ans à peine.
Une seule règle, dans ces conditions, paraît s’imposer à l'observateur sincère : ne rien repousser, a priori, au nom d'un dogme, quel qu’il soit. Tout est dou teux, tout est possible Et l'on peut regarder hardiment les hypothèses les plus bizarres, — en attendant qu’une synthèse future s’édifie sur des bases nouvelles. De ces hypothèses controversées, je n'en sais guère de plus passionnante que celle-ci : Peut-on connaître l’avenir ?
Des sages et des peuples l’ont cru. Des civilisations puis santes vécurent avec cette notion. Mais elle s'est éclipsée, peu à peu, des soucis de la science moderne. Et c’est le Grand Roi, si je ne me trompe, c’est Louis X1V lui-même qui supprima les fonctions officielles du dernier astrologue français, Morin de Villefranche, alors célèbre. Aujour d’hui, quelques rares esprits déclarent que ce procès-là doit être révisé, comme bien d’autres. Mais ils se heurtent, en général, au scepticisme et à l’ironie qui condamnent
174 l’initiation les croyances défuntes — parce qu’il y a chose jugée Eh bien, tant pis pour les sceptiques ! xNon, il n’y a pachose jugée. On peut connaître l'avenir. Il y a, pour cela, des méthodes. Il y a des faits et des preuves. Il suffit, si l'on veut s’en convaincre, de se mettre à la besogne — comme je l'ai fait, il y a quelques années de cela — sans parti pris et avec patience, pour arriver infailliblement à la certitude absolue.
Je ne dis pas que cette entreprise soit sans inconvénient ni danger, précisément parce que j'y crois. Il faut se résigner d’avance à heurter mille choses funèbres, je ne dis pas non plus qu’elle soit aisée : ces royaumes sont gardés, en effet, par la chimère et par la fraude, par mille charlatans misérables. Mais cela ne fait rien à l'affaire.
Je dis que tout homme sensé, de volonté froide et de raison saine, peut acquérir, si cela lui plaît, la conviction que j'ai acquise, et que les écueils du chemin sont compensés, en fin de compte, par un gain, le plus magnifique : un élargissement de l’esprit. On peut connaître l’avenir. D’abord par un don : la voyance. Certains êtres, surtout des femmes, ont, éveillés ou endormis, la faculté de discerner des images qui devien dront des réalités.
On pourrait citer de cela — M. Flam marion s'en occupe — mille histoires saisissantes et vraies. Je ne doute point que, parmi mes lecteurs, un sur deux n’en ait connaissance. Car s’il est malséant de le dire, il est fort ordinaire d’y croire. Les coulisses de la divination sont encombrées, j’en ai eu la preuve, par les plus notoires figures du théâtre, du Parlement, de l’aviation, de la Bourse.
Les mémoires de telle devineresse en vogue seraient, à ce point de vue, aussi pittoresques et bien plus extraordinaires que ceux d'une femme de chambre. Mais ces dons, pour certains qu’ils soient, sont intermittents et faillibles. Us semblent être le résultat d’une évolution mor bide, et ne s’épanouir tout à fait, dans une glorieuse cons cience, que chez de très rares adeptes d’écoles occultes et mystiques. Ceux-là n’en font point le commerce et se dé robent à l’examen, ayant d’autres tâches plus hautes... La
PEUT-ON CONNAITRE L’AVENIR ? 175 voyance est un phénomène extrêmement remarquable et curieux. Il faudra qu'il soit étudié, dirigé, cultivé avec soin (comme jadis il le fut dans les temples) pour obtenir des résultats décisifs, continus et probants. Cela viendra quelque jour. Tout arrive. La reine des sciences divinatoires — la seule qui mérite ce nom — est, sans conteste, l’astrologie.
De cette mer veilleuse étude, la plus ancienne peut-être, qui fleurit en Egypte, en Chaldée, nous n'avons recueilli que des bribes. Elles suffisent à faire un festin. Une légion de chercheurs acharnes, en Angleterre et en Allemagne, s occupent à la remettre en honneur. En France même, des esprits distin gués, polytechniciens d'ordinaire, M. Paul Flambart, M. Bailet, le capitaine E. C., se sont voués à la même tâche.
Je leur renvoie ceux que tenteraient les discussions théoriques. Pour le brave homme d’amateur qui se con tente, comme moi, de voir prouver le mouvement par la marche et veut une proie immédiate, je lui dirai qu'un peu d’effort peut l’initier, lui aussi, à ces perspectives tentantes. Il peut prouver, par lui-même, que l'horoscope n'est pas un vain mot, une pittoresque amusette, mais une émou vante analyse de l’homme et de sa destinée.
Il peut véri fier inlassablement, par cent prévisions répétée?, qu’il n'est pas la dupe d'un mirage, mais en présence d’un mystère, dont toutes les coïncidences du monde ne peuvent suffire à rendre compte. Et cela le mènera, peut-être bien, en des régions imprévues. Où il pensait n’aborder qu’un jeu, il trouvera d’augustes problèmes. Le seuil de l’occulte est ouvert pour lui. C’est un sport qui en vaut beaucoup d’autres...
On peut connaître l’avenir. Cette notion, qui paraît incongrue, redeviendra tôt ou tard évidente. Elle donne à ceux qui l’acceptent la joie rassurante et profonde de ne plus pouvoir croire au hasard — fût-ce en présence de catastrophes comme celle du Titanic — mais à aine loi sou veraine. Et elle rend au drame de la vie ce mystère dou loureux et sacré, mais toujours ordonné par un rythme,
176 l’initiation qu’ont naguère connu les Hellènes. Il tne semble que c'est quelque chose. Gabriel Trarteux. (Journal Le Matin, ni ruai 1912.) Chronique de la Médecine Le végétarisme. — La question des albumines La réhabilitation du cannrbaie Une fort intéressante conférence du professeur Gley, donnée ces jours derniers à la Sorbonne, remet en cause la grave question du végétarisme.
Les végétariens constituent un groupement puissant, une secte, oserai-je dire, surtout dans les pays anglosaxons, où, quand on est doctrinaire, on l’est jusqu'au bout ; et il faut convenir que la médecine, en l’état actuel de l’hygiène générale, ne peut se garder, à leur endroit, de quelque complaisance.
Il est bien établi que la plupart des maladies de la nu trition qui usent l’homme moderne avant l’âge et oppo sent à la longévité normale, que les progrès de la méde cine et de l’hygiène le mettaient en droit d’espérer, la barrière de l’artériosclérose, de l’albuminurie, du diabète, de l’arthritisme, l’auteur de multiples dégénérescences, y compris peut-être le cancer, — ces maladies relèvent d’une intoxication chronique par des poisons fabriqués dans notre gros intestin, à la faveur d’un régime beaucoup trop riche en viande et en alcool.
Comment en vouloir à des généreux missionnaires qui prêchent en faveur d’une alimentation reconnue comme donnant naissance au minimum possible de ces poisons
CHRONIQUE DE LA MÉDECINE 177 lents et redoutables, par qui, suivant la formule trop clas sique de Sénèque, l’homme se tue lui-même chaque jour! Donc le végétarisme nous est apparu comme une salu taire réaction contre l'abus certain du régime carné, qui se développe partout parallèlement à l’accession d’un plus grand nombre au bien-être général.
L’habitude prise au jourd’hui dans beaucoupde familles, habitude à laquelle la ménagère trouve d’ailleurs son compte, par ce temps de cherté croissante, de ne manger de viande qu’à un seul repas par jour, est certainement, en matière d’hygiène domestique, le commencement de la sagesse.
Mais il existe un végétarisme intégral, principalement anglo-américain, comme je l’ai dit, pour qui la doctrine reste absolue, proscrivant de l’alimentation toute parcelle empruntée au règne animal et imposant ce régime comme le seul compatible avec le salut.
Ceux-là sont-ils dans le vrai, au regard même de la médecine? * Il y a aussi, il faut le dire, des hérétiques qui tolèrent certains tempéraments à la loi, les œufs, le lait et tout ce qu’on peut préparer avec lui, quelques petits éléments aussi, dont la chair ne saurait, pensent-ils, être appelée viande, par exemple les grenouilles. Les solitaires du désert n’admettaient-ils pas la sauterelle?
Je me demande même si la grenouille n’est pas, de la part de nos amis d’outre-Manche, une simple concession à l’entente cordiale, car vous savez que beaucoup d’Anglais, — semblables à leur compatriote qui, après un simple coup d’œil jeté par la portière de son wagon, écrivit froi dement : « Toutes les Françaises sont rousses » — croient dur comme du fer, que nous nous alimentons principale ment de vol-au-vent — dont le nom les amuse, symboli sant bien à leur yeux notre légèreté nationale — et de pattes de grenouilles. ♦ ♦ Eh bien, le végétarisme intégral, après avoir eu ses
478 L INITIATION hérétiques, rencontre maintenant des contradicteurs for mels. En Angleterre même, un médecin, dont le nom n'ar rive pas immédiatement sous ma plume, s’y soumit, à titre d’expérience, de la façon la plus intransigeante, p1 ndant six mois. Au bout de ce temps, sa santé était si délabrée qu’il lui fallut y renoncer.
D’où il faut conclure sagement que le régime ne convenait pas à son tempérament, ce qui vaut mieux que d’insinuergrossièrenient que les apôtres se permettent, a l’occasion, en cachette, de menusbifteckr, pris en soupirant, telle une pénible drogue, quand ils se sentent malades. Le docteur Gley vient de donner cette expérience à l’appui du raisonnement scientifique.
Toute la question repose sur ce principe : les albumines sont nécessaires dans le régime de l’homme. Elles seules renferment l’azote in dispensable au renouvellement de celui de ses tissus, em porté à chaque instant dans des combinaisons chimiques vouées à l’élimination : ammoniaque, amines, acide uri que, urée, etc. Sans azote, donc sans albumine, nous ne pourrions pas vivre. Les végétariens en sont parfaitement convaincus.
Mais ils prétendent que les albumines fournies par leur régime ont la même valeur que celles de la viande, ce qui permet de se passer de cette dernière, dont l’aptitude à engen drer des poisons ne fait de doute pour personne. Le végé tarien, sans nul doute, a le teint plus frais que les gens intoxiqués, le sommeil plus calme, le caractère plus doux : il fabrique moins d’acide urique et se met plus sûrement à l’abri de l’arthritisme.
Sa vigueur musculaire, plus lente à mettre en train, est certainement plus soutenue, et beau coup d’athlètes, qui en ont fait l’expérience, s’abstiennent de viande.
Le travail intellectuel est plus libre, plus régu lier : en lui la logique régulière prend place sur les idées impulsives, voire même sur l’imagination.
La première critique qui se présente est celle-ci : les végétaux renfermant une proportion beaucoup moindre d’albumine que la viande, il est nécessaire, pour mainteCHRONIQUE DE LA MÉDECINE 179 nir la ration journalière au quantum indispensable, d’aug menter beaucoup la masse des aliments ingérés.
Le travail digestif demandé à l’estomac est donc plus considérable, et il est de toute nécessité qu’une mastica tion longue et méthodique, comme celle des ruminants, prépare ce travail, brise les fibres végétales, en mette à nu les albumines, ici emprisonnées et non plus quasiment libres comme dans la viande. Ce travail digestif prolongé amène la stase gastrique, les fermentations stomacales acides et la dilatation rela tive de l’estomac.
L’intestin, à son tour, trop surchargé de besogne, se dilate, grâce aux fermentations gazeuses, qui abondent. Ce n'est pas vainement que la nature a pourvu les herbivores d'un énorme cæcum pour loger cet excédent de matières, lent à épuiser de tous ses sucs, alors que les carnivores ont un tube digestif infiniment plus court.
L’appendice, qui n’a plus chez nous d’autre rôle que de préparer des appendicites, est un résidu gé néalogique, témoin d’âges anciens où le plan de notre or ganisme était celui des herbivores. Même ainsi réduit, soit dit en passant, notre tube di gestif est encore trop long pour les clients du régime carné ou mixte que nous sommes.
Des chirurgiens anglais ont gravement parlé de nous en débarrasser, et, en fait, l'ope ration a été réalisée déjà un certain nombre de fois, sup primant la plus grande partie du gros intestin, ce cloaque à fermentations vicieuses où s’élaborent les poisons qui, selon Metchnikoff, empêchent seuls l'homme de vivre cen tenaire. Mais ici il faut choisir. Pour un carnivore, notre cæcum est trop long ; pour un végétarien strict, il est trop court.
C’est l’inconvénient du régime mixte. Les sujets que le doc teur Ashburnot Lane et son école ont débarrassés de leur cæcum ont ainsi droit à une prédominance incontestable du régime carné. Le régime végétarien leur est formelle ment interdit, à moins de se condamner à absorber une quantité d’aliments équivalente au 10« ou au 8« de leur
180 L’INITIATION poids, pour ne pas mourir de faim. Les autres, c'est-à-dire à peu près tout le monde, doivent s’accommoder de leur anatomie actuelle, et ne point trop forcer leur alimentation en végétaux, c’est-à-dire en aliments tenant, à pouvoir nu tritif égal, beaucoup trop de place. ★ * ¥ Cependant, est-il certain que ces albumines végétâtes ont tout à fait la même valeur que les autres? M. Gley pense que non. Il y a albumines et albumines.
Toutes sont, pour nous, de nécessaires génératrices de pro duits azotés. Mais, selon la constitution moléculaire de l’al bumine en cause, les formes sous lesquelles elle se désa grège sont assez différentes : du moins, et c'est ce qui im porte ici pour nous, ces dérivés de la destruction chimique de la molécule d’albumine sont loin d’avoir tous la même valeur nutritive. Or là est l’essentiel.
L’albumine ingérée par l'alimenta tion, une fois disloquée, se divise en deux parts: l'une sert à former les produits à éliminer, type ammoniaque, gua nine, produits uriques, etc. L’autre, reprise par nos tissus, sert à reconstituer de nouvelles albumines du même type que celles qui entrent dans leur composition.
C’est avec une part de cette albumine d’apport que nous fabriquons de l’albumine humaine toute neuve, destinée à remplacer la nôtre, qui s’use sans cesse. Pour cela, il est de toute nécessité que cette albumine d’apport renferme tous les élé ments nécessaires à notre albumine de reconstitution. S'il en manque un seul, on ne saurait dire que la première suffit aux besoins de fabrication de l’autre.
C’est précisément ce qui se passe pour l’albumine végé tale. En vous faisant grâce des formules chimiques très complexes que la démonstration du fait nécessiterait, nous vous dirons de suite qu’entre autres éléments l’albumine des végétaux ne peut fournir le triptophane, un des élé ments nécessaires à la reconstitution de l’albumine animale.
CHRONIQUE DE LA MÉDECINE 181 La question est donc jugée, chimie en main. Le régime végétarien strict est insuffisant à entretenir la vie : c’est un régime de dénutrition, et très sages sont les esprits plus tolérants qui y adjoignent le lait et les œufs. Il faut de l’albumine animale pour refaire d’autres albu mines animales. Allons plus loin.
Le type d'albumine qui convient le mieux à la réfection d'une albumine neuve, chez un animal donné, — car il y a des variétés encore dans les albumines animales ; il y en a une spéciale, pourrait-on dire, pour chaque espèce, si l’on fait entrer en compte celle du sérum sanguin, — ce qui lui convient le mieux est celui qui se rapproche le plus du sien propre.
Plus l’espèce de l’animal mangé est voisine de celle de l'animal mangeur, plus la substitution de leurs albumines est facile. Ce qui revient a dire que la viande idéale est celle des congé nères, et c’est, hélas ! vrai. Ce qui convient le mieux au chien, c'est la viande de chien; et pour l’homme... Mon Dieu, oui, c’est l’homme, et les anthropophages, s’il en existe encore, sont de très experts chimistes biologiques sans le savoir.
C’est à quoi aboutit, poussée à l'extrême, bien entendu, la théorie de savants physiologistes comme Magniet-Lévy, Bosquet, Billard et d’autres.
Ceux-ci, démontrant que la viande des congénères est la plus favo rable à la nutrition, ont établi que des grenouilles, par exemple, prospèrent bien davantage quand on les nourrit avec de la chair d'autres grenouilles qu’avec de la viande de maTnmifères, et surtout qu’avec de l’albumine végétale Tout ce que je souhaite, c’est que cet article, s'il est lu en Polynésie, où le Journal pénètre sûrement, ne tombe pas sous les yeux de quelques cannibales syndiqués, capa bles d’en faire l’application à un de nos braves mission naires.
Je ne me le pardonnerais de ma vie. 11 ne faut rien exagérer, La viande d'espèces voisines équivaut très suffisamment, au point de vue alimentaire, à celle de l’espèce elle-même, etle porc, le bœuf, le mouton, conviennent très honorablement aux exigences de notre chimie intime.
182 L’INITIATION » * «■ La conclusion de tout ceci, c'est qu’il ne faut rien exa gérer, même les bonnes choses, et le végétarisme pur, c’est affaire entendue, n’en est même pas une. Notre régime doit être celui que nous commande notre constitution, et la nature s’est chargée de nous renseigner là-dessus. Il suffit d’examiner notre dentition. Nous sommes des omnivores, à qui il faut de la viande et des légumes.
Tout est ici affaire de proportions. Je crois qu’il nous faut beaucoup moins de viande que nous n'avons pris, par goût, l'habitude d’en manger. Une très faible quantité suffit à nos besoins réels. Il est imprudent de tomber au-dessous de celle-ci en poussant à ses extrêmes conséquences une théo rie qui a du bon en soi. Cette quantité varie, tout naturellement, avec les indi vidus.
Ceux dont les tissus brûlent peu doivent se contenter de peu d’albumines, sous peine de voir s’accumuler des réserves inutiles et même dangereuses, qui s'appellent acide urique, xanthine, etc,, sous peine aussi de voir s’éla borer en eux de graves poisons qui les intoxiqueront len tement.
Même ceux qui brûlent beaucoup, à la faveur du travail musculaire, trouveront leurs véritables éléments de force plutôt dans les hydrates de carbone, les féculents et les sucres que dans la viande. albuminisme reste donc un danger moderne ; c’est in contestable. Mais la suppression de toute albumine ani male en est un autre, qui, pour être plus rare, surtout chez nous, n’en doit pas moins être dénoncé. Dioscoride.
BIBLIOGRAPHIE 183 BIBLIOGRAPHIE Notre confrère Fernand 1IAUSER qui, on ne l'a pas oublié, d< buta dans les Lettres par deux volumes de vers très re marqués : Le Château des Rêves et la Maison des Souvenirs, publie chez l’éditeur Messein, 19, quai Saint-Michel, à Paris, un nouvel ouvrage poétique : Le Mystère des Mois.
Ce livre, dont il sera beaucoup parlé, n’est pas un simple recueil devers; c’est un poème philosophique, en douze chants, dans lequel est exposée la Religion de la Réincar nation des Ames. Il faut louer, dans ce livre, qui est un véritable Acte de Foi, la haute et noble inspiration du poète, qui, pour expo ser ses idées philosophiques, a employé une langue d'un lyrisme soutenu, et composé des vers d'un métal sonore et harmonieux.
La Libertéd’opinion, études trimestrielles — Directeur: Jacques Bonzon, avocat à la Cour; — Administrateur : Léon Michel, 233, rue C'iampionnet, Paris. — Abonnement : 4 francs par an. — Le numéro : 1 franc.
La Liberté d'Opinion, qui, fondée en 19 7, est par con séquent dans sa cinquième année, a publié de nombreuses études sur les sujets sociaux et politiques, des souvenirs de voyage, par M. Bonzon, des notes sur la persécution de la pensée et les procès d'opinion en France et à l’étran ger, enfin une bibliographie synthétique.
184 L’INITIATION Force vitale, par Ag. Schlœmer. — Magnétisme ani mal.— MM. Hector et Henri Durville, éditeurs, 23, rue Saint-Merri, Paris, — Prix ; 1 franc. ★ ♦ * Pour l’enseignement du Magnétisme, par Hector Durville. — Mémoire pour la Défense de l’Ecole pratique de Magnétisme et de Massage devant la Jus tice, adressé aux Malades, au Public, aux Bons Méde cins et aux Magistrats.
Précédé d’une Adresse aux Mé decins des Syndicats par le Docteur Gaston Durville.
In-16 de 48 pages. — MM. Hector et Henri Durville, éditeurs, 23, rue Saint-Merri, Paris. — Prix : 1 fr. ♦ ♦ * « Pharaslus, philosophe Allan-Kardéciste, reçoit le « mercredi de 4 h. à 7 h. et le dimanche de lo h. à midi, « 14 et 16, boulevard Barbés, Paris, toute personne s’inté- « ressant à la « philosophie des Esprits ». * * 4 Trilogie Astronomique, par Jollivet Castelot, Pré sident de la Société Alchimique de France. — Publica tions de psychisme expérimental, Hector et Henri Dur ville, Editeurs, 23, rue Saint-Merri, Paris (IV). — Bro chure in-16 de 80 pages. — Prix, 1 franc.
Cette brochure, très substantielle sous un format réduit, a pour but d’exposer au public la philosophie astronomi que.
L’auteur étudie les origines de la Terre, sa formation et son apogée, puis il envisage la Pluralité des Mondes habités, esquissant une vue générale des questions astronomiques, enfin il ¿¿montre l’Evolution de PUnivcrs vers un but rationnel, conclusion qui lui fait proclamer, au nom de la Science la plus rigoureuse, un Spiritualisme large et haut, à la fois réconfortant et logique, ♦ ¥ ¥ BIBLIOGRAPHIE Les Livres Nouveaux. — La Voie du chevalier, éduca tion ésotérique, par Victor Morgan. — MM. Hector et Henri Durville, éditeurs, 23, rue Saint-Merri, Paris.
Prix : 5 francs. * ¥ ¥ Ce livre est unique en son genre. C’est une philosophie et, en même temps, une méthode pratique.
C’est l'œuvre d’une âme forte qui s'est formée elle-même dans le creuset de l’épreuve, a eu le bonheur, après des années de recher ches, de trouver pour la guider de véritables maîtres, a grandi par eux et par son propre effort tt comme en té moignage de gratitude pour les bienfaits qu’il a reçus de la source suprême, montre aux autres la Voie à suivre pour s’élever graduellement et s’avancer vers les plus hautes espérances humaines. * ¥ ¥ Le Chevalier, c’est l’Zmtô qui emploie les pouvoirs su périeurs développés en lui par l’initiation et une discipline continuelle, à tous les champs de l’action moderne.
Ce livre est, en effet, dédié «aux hommes d’action, aux cher cheurs d’idéal, pour les aider à résoudre les problèmes de la société d’aujourd’hui ». ♦ ¥ ¥ I
186 L’INITIATION Révélation d’outre-tombe, par André de Lor. — Un volumein-18. Prix : 3fr.5o. — Librairie des sciences phy siques, P. Ley marie, éditeur, 42, rue Saint-^facques, Paris. Schopenhauer. Mémoires sur les sciences occultes. Traduit par G. Platon. Un vol. Prix : 6fr., franco pour la France ; Etranger, 6 fr. 50. — Ouvrage contenant la traduction de trois Mémoires du grand phi losophe allemand Schopenhauer sur l’Occultisme.
VIENT DE PARAITRE : L’Égalité sociale, par Pharasius. — Leymarie, éditeur, 42, rue St-Jacques, Paris. — In-8 Jésus de 228 pages. — Prix : 2 francs. * * * Le Journal du Magnétisme et du Psychisme expérimenta! Directeurs: MM. Durville Sommaire du numéro de mai 1912 Docteur Gaston Durville. — L" Art de vivre longtemps. La Vieillesse n’est qu’une maladie guérissable. Les Elixirs de longue vie.
La Pierre philosophale. (Deux Gravures.) Marcel Mangin. — Les Médiums sont-ils des anormaux l Les Photographies de Fantômes de M. le Docteur Imoda. Opinion de M. G. d; Fontenay. Enrico Morselli. — Un « Médium écrivain » à personnalités multiples. Contri bution à l'étude critique du Spiritisme. Docteur Gaston
BIBLIOGRAPHIE 187 Durville — Ce que peuvent le Magnétisme et la Psychothé rapie. Comment on fait un Miracle. Henri Durville. — Trucs de la Prestidigitation. L’armoire mystérieuse et les liens spirites (6 gravures). Docteur Michaud. —Lelivre du Mollis ¿Société Magnétique de France. Ecole Pratique de Magnétisme de France. Ecole Pratique de Magnétisme et de Massage. Grande souscription internationale.
ECHOS PSYCHIQUES Un Succès de la Rabdomancie {Une gravure]. 2e Congrès international de Psychologie expérimentale (Paris, Pâques 1913). Thèmes de discussion : Docteur G. de Régarre. Milliam Stcad est mort. Comment fonctionnait son « Bureau Julia » (4 gravures). — Un fait de lucidité remarquable. — Toujours... et toujours le Comte deSarake. Informations.
Les Livres nouveaux. (Le Numéro, 1 franc. — 23, rue St-Merri, Paris, IV.) * * * Le Renouveau (Messein, 19, quai St-Michel, Déposi taire: Leymarie, 4 i, rue Saint-Jacques; Beaudelot, 36, rue du Bac, principaux dépositaires) est le titre commun d’une série de conférences faites par Mme de Brezobrazow, l’auteur justement apprécié des Batailles de l'idée, de l'idée et VAmour, des Femmes et la Vie, des Poèmes mystiques, etc., etc. ; c’est l’essor vif et soutenu d’une nouvelle doc trine religieuse expliquant le christianisme ésotérique et dont la femme consciente, éducatrice à tous les degrés, doit assurer le libre et plein épanouissement.
Mme de Brezobrazow donne dans son «Introduction surla Méthode du féminisme spiritualiste » (œuvre de propagande fondée par Mme de Brezobrazow en i896) tous les témoignages de l’excellence de la pensée, s’appuyant sur cette citation du Zohar :
188 l’initiation « Toute forme dans laquelle on ne trouve pas le prin cipe masculin et féminin n’est pas une forme supérieure et complète. » L’éminent écrivain a pensé qu'elle se devait à ellemême de ne rien cacher de ce qu’elle pense « sur la conci liation de l’enseignement laïque et de l’enseignement re ligieux p^r la force éducatrice à tous les degrés » (confé rence faite au Congrès Spirite Universel de Bruxelles) pour la Renaissance spiritualiste « qui est la Mission de la femme au XX« siècle» et donnant, d'une façon lumi neuse et lyrique, une interprétation de cette pensée, dans « Les grandes initiations féminimes et leur symbolisme» (conférence faite à Paris dans la grande salle des sociétés savantes) MmedeBrezobrazow s’écrie : «C'est la femme qui vaincra le mal parla lumière de.la foi... pareille à la co lombe de l’arche rapportant au monde, au soleil, à la vie, le rameau ineffable et suprême de l’alliance sacrée du Ciel et de la terre. » Quant aux poésies qui terminent ce volume, elles sont des perspectives admirables du beau, avec au centre le Grand Soleil de l’inspiration dardant les rayons de la foi(Cieux innombrables).
Cette série nouvelle d’un auteur connu est donc une revue des idées s’offrant à tout esprit épris de vérité, de grandeur, de visions émouvantes, qui, voulant servir ces idées modernes, cherche à ¿savoir ce qu’il y a d'universel dans la base même de leur édifice. Julien Hersant, Président du Congrès de VHumanité, * * » Les Remèdes divins pour l’âme et le corps, par Alphonse Saltzmann, avec portrait de l’auteur. —
BIBLIOGRAPHIE 189 Bibliothèque Saltzmann : 5?, rue Denfert-Rochereau, Paris. — Prix; 3 fr. 50. Alphonse Saltzmann est un disciple du Christ ; au lieu d’avoir vécu jadis en Palestine, il vit aujourd'hui à Paris. Cet homme possède une faculté merveilleuse. Il guérit les malades en leur imposant les mains. Ce faisant, il de mande mentalement à son maître Jésus de vouloir bien lui accorder cette guérison.
Quand il l'a obtenue, au lieu de s’arrêter, il court à un autre malade ; c'est sa seule joie. Cette joie ne lui suffit plus. Ne pouvant être partout, il voudrait que tous ses frères et toutesses sœurs en humanité puissent faire comme lui. Pour atteindi e son but, il avait publié un volume: le Ma gnétisme spirituel dont l'édition s’est rapidement enle vée. Encourage par ce succès, le voici qui veut ¡faire mieux encore.
Il a refondu et complètement transformé son ouvrage ; c’est le nouveau travail qui va paraître sous le titre de : Les Remèdes divins pour l’âme et le corps. C'est par milliers que s’amoncellent chez lui les attestations de ceux qu’il a guéris. Il l’a toujours fait gratuitement et le fera toujours ainsi. Cest un gronpe d’amis qui a décidé de fonder sous son nom : « La Bibliothèque Saltzmann».
Quant aux deux volumes de M. Heibling, les révélations qu’ils contiennent vont faire sensation dans tout le monde entier. Les personnes qui s’intéressent à ces publications sont priées de prendre rang, car le nombre d'exemplaires est limité.
490 l’initiation Le Mystère antique est découvert ! Voûte la science sacrée !! par Joseph Heibling, ingénieur. — Bibliothèque Saltzmann, 87, rue Denfert-Rochereau, Paris. — Prix : 3 fr. 50. Table des Matières * r Première partie : 1. Les Origines, sociétés primitives, sciences, religions et langages. — 2. Le Mystère antique et la philologie hébraïque. — 3. La Chimie, il y a cinq mille ans. Deuxième partie : 4. La Science sacrée. — 5.
Réfle xions sur la Pâque. — 6. L’homme, son passé et son len demain. — 7. Jésus-Chist et le Nouveau Testament. ★ 4 4 L’Apocalypse dévoilée par la fin du ^ègne Hu main, par Joseph Heibling, ingénieur, avec un por trait de Jésus, connu des Apôtres. — Prix : 3 fr. 50. — Bibliothèque Saltzmann, 87, rue Denfert-Rochereau, Paris. • -vJk Table des matières. — Notions préliminaires. — 1, Le passé, chap. I-V. — 2. Le présent, chap. VI et VIL — 3.
Au siècle prochain, ch. VII à XIV. — 4. Fin du règne de l'homme, chapitres XV et XVI. — 5. Détails rétrospectif sur la Fin, chap. XVII à XIX. — 6. La pé riode de Transition, ch. XX. — 7. L’Ère nouvelle, ch. XXI et XXII fin. — 8. Dieu. —9. L’homme, son rôle et son avenir.
BIBLIOGRAPHIE 491 Lettre à l'initiation Cher docteur, I Permettez à un cœur épris de lumière de venir rendre hommage publiquement au livre Eternel qui vient de pa raître. J’appelle ainsi le livre sur le Maître Inconnu du Docteur Marc Haven.
Ceux qui connaissent la vie de l’auteur savent qu’elle est toute consacrés aux recherches des mystère de l’Esprit, qu’un zèle inlassable le pouse sans cesse à en retracer les manifestations précises des faits, à découvrir des preuves par un travail ardu. Ceux qui connaissent Dieu savent qu’il est un fils du Maître Inconnu.
Celui-là seul qui a travaillé dans les durs sillons de l’ensemencement des âmes pour comprendre et compatir à ces efforts d’amener la lumière à la portée des aveugles, peut voir et admirer les résultats obtenus. La simplicité, la pureté d’énonciation auxquelles sont réduites les plus vastes et les plus éclatantes lumières pour raient rendre jaloux maint autre écrivain habile.
Il se trouvera sans doute des personnages savants et qualifiés pour cela qui diront, en appréciant comme elle le mérite, toute la valeur littéraire et scientifique de ce beau volume ; je voudrais, moi, pouvoir trouver des mots pour attirer l’attention du lecteursur toute l’immensité de lumière qu’il contient.
Elle y vibre, elle y vit, telle qu’aucun autre ouvrage ne la contient, parce que toute l’âme compréhensive de l’au teur l’ayant faite sienne, s’y est déversée, parce que toute son intelligence puissante s’y est employée au service du Dieu Fort!
102 L’INITIATION Cet être si fin, si actif, si bon, se reflète tout entier dans son œuvre, et je souhaite de toute mon âme qu’elle se ré pande parmi des lecteurs attentifs et désireux de lumière qui sauront y trouver plus encore que le charme, intellectuel et la saveur d’érudition, ce fil mystérieux et conducteur quoi voudrait animer (aussi bien qu'il rend à nos yeux la personnalité du Disparu) l’âme de celui qui tiendra le vo lume entre ses mains.
Croyez, cher Docteur, à mes sentiments d'amitié. T horav Le Gérant : G. Encausse. Imprimerie de l'initiation, 15, rue Séguier, Paris.