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I i.- J. U Librairie Générale et Internationale G. FICKER PARIS — 6, rue de Savoie. 6 — PARIS SCIENCES OCCULTES AU PAYS DES ESPRITS Ou Roman vécu dans les mystères de l’occultisme Préface par le Docteur PA PI «S C'est un volume absolument indispensable pour tous ceux s'inlé essant aux sci< nces occuitis et à tous ceux voulant s’initier et étudier ses sciences.
L’édition anglaise est depuis longtemps épuisée ; elle se paie 50 fr. environ si l’on trouve un exemplaire II en sera de même de l’rdition française. Un fort volume................................
5 francs rédemption ROMAN SATANIQUE ParRaymond MAYGRIER Très connu desSpiriteset des Occultistes, l’auteur dans son nouveau roman, de Rédemption, nous- initie au culte mystérieux et réel du Satanismé.- II nous montre, en des scènes émouvantes et trè< dramatiques, son héroïne esclave d’abord nu vice et de Satan, s’acheminant à la Rédemption à la laveur d'un amour chaste et naïf.
Dans Rédemption, Al Raymond Maygrieï’ évoque, sous une forme saisissante le pacte infernal, les pratiques de l’Envoùtement, l’intervention des démons succubes et, • nfin la possession démoniaque Ce i-oimin vraiment nouveau et sortant de la banalité courante, est appelé à un très grand succès. Prix. . . 3 fr. 50 J.-B.
POIRSON DÉCOUVERTE DE L’AME En sot-mi-me par la liberté Si l'auteur alt-inl son but qui < st de se faire reconnaître par son chef, ce livre commence une carriè'e dont on ne verra pas la fin. Si, par suite d’er reur involontaire, il est rejeté Usera l’ennemi de tout le monde, car il relègue l’Esprit Humain au second plan, et qu'y a-t-d de plus féroce que l'AmourPropre blessé? I- n attendant, il a un mérite.
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——— ; - Page Astrologique (p. 1) PARTIE PHILOSOPHIQUE Fabre d'Olivet G. Wilfrid Papus.
De Gleichen Tout ce qui concerne la Rédaction et les Echanges doit être adressé 15, Rue Séguier, Paris (VIe) J — Téléphone 816-09 Tout ce qui concerne l’Administration : SOMMAIRE DU N” 7 (AVRIL 1912) Partie littéraire : Un Roman occulte. — Littérature occulte. — Laissez venir à moi les petits enfants. — Victoire des Sourciers. — Ordre Martiniste. — Bibliographie. nÏDiiri.Tr'ii^ j,„r•' - =---- »----- :----- — ----- -------- -- -»J.■ ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit etre adresse à la lïibrairie Générale et Internationale G.
FIGRER PARIS— 4 fl (i, rue de Savoie — PARIS B ' T . f oe ri * xt i 10 francs pour la France. Le numéro : 1 fr. 25 — Un AN 1 1 2 francs pour 1 Etranger. L’Alchimie (p. 2)................................................. Saint-Germain (p. 13).................................. . Théodox'e Universelle : Examens de la Cosmogonie (P- 26) ... ............................... .....
Les Plantes magiques (La Belladone et la Mandragone) (p. 52).................................................C. B. Philosophie moderne (p. G3) ....... A. PorteduTraitdes Ages Théorie i(e la Grande Mère ou de T Epouse divine (p. 72)...............................v . . . . . Karl Nissa. Méditation sur T Épisode de la « Samaritaine » (p. 75)
k ' " •’ - 1 L’Irritation paraît Octobre 1888. 4 ■ 1 F W sans interruption depuis. Cette Revue a puissamment contribué à la renais sance, en France, du Spiritualisme scientifique. Mais U Initiation, ainsi que son titre l’indique, n’est pas une Revue consacrée spécialement à la dif fusion des premiers éléments et des expériences de début concernant la Science psychique. L’Initiation est une Revue complémentaire de toutes les revues exotériques.
C’est l’organe des études approfondies de l’Esotérisme dans toutes les Écoles, et elle est établie pour compléter les recherches de tousceux qui s’intéressent, au psychisme, aux sociétés occultes et à la traditionin initiatique. La collection de V Initiation forme le compendium le plus complet des recherches occultes dans toutes les branches possibles. Fidèle à sa ligne de conduite.
IInitiation est orga nisée pour faire paraître une foule d’études inédites de Saint-Yves sur l’Archéomètre. ainsi que des publications de manuscrits inédits de Fabre d’OIivet et d’autres auteurs qu’elle possède dans ses archives. Deux manuscrits d’Eckarthansen attendent aussi leur apparition. On voit que !Initiation est toujours prête à justi fier son antique réputation.
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AVRIL Signe Zodiacal : LE TAUREAU 2LZE æ.A-’U-rRZK.A.'Cr IJ», TAUHEAV . /•• PARTIE X« Ï/-»A~ 1 ***** I Z*e /¡r«wZ< Ze /kXZ. 1. Z<hIîa«)UC du l*«»rü<jar <luU>And Truiplr d'Eaiir . S I ■«fet r 2 Zodiaque du Porüijue do Temple nu b<n*d dF.»jir . ta » R 3 Zodiaque du Purüqur dn («r*nd "¡ni^lr b Dcmlrrah. h< k 1 IJ 4Zodiaque Cnruliüe? A Pondéral). 3. Hiuutnhrre de SrUalta publie par ‘ Kjrrî.er. W- t? iG ( Sphère \rubr 4 Abd*Arra!uiuùi » VS ; Sphrrr Moderne •*?>* //f PARTIE ' 1 Z<>d>n<|tivii Green ou Uomainn. à- ® ÊN 2 ZodiMipien Indien« 5 Zodiaqur« (»olhitjiie» fi 1
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toutes Ecoles san5 aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. L’Alchimie La séparation entre l’alchimie et la chimie date de la Renaissance. A ce moment, toute la partie philosophique de la science fut laissée de côté et devint l’occupation des philosophes hermétiques, tandis que la partie pratique devenait l’occupation des garçons de laboratoire et des contremaîtres constituant plus tard les chimistes. A notre époque et sous l’influence de Berthelot et des disciples, d’une part de Louis Lucas, d’autre part, un rapprochement est en train de s’établir entre les chimistes et les alchimistes. Les chimistes ayant découvert que les alchimistes possèdent seuls la philosophie de la chimie. Pour faire de l’alchimie, il faut connaître et avoir pratiqué au moins élémentairement la chimie, comme pour faire de l’astrologie, il faut connaître les éléments généraux de l’astronomie. Nous ne voulons pas faire de critique, mais nous devons reconnaître qu’il y a à notre époque une foule d’alchimistes amateurs qui n’ont jamais tenu
l'alchimie 3 un creuset ni allumé un four et qui se croient de profonds praticiens. Les élèves de polytechnique, bien qu’étant d’émi nents théoriciens, ont cependant fait des épures, comme le dernier des contremaîtres mécaniciens.
Ils ont fait aussi de la chimie pratique dans les la boratoires avant de faire de la philosophie transcen dante ; c’est une leçon que les étudiants qui veu lent pratiquer sérieusement l’alchimie ne doivent pas perdre de vue. La physique, dont la magie est la section hermé tique, s’occupe des rapports des corps et des forces entre eux, mais sans s’intéresser à la décomposition ou à la recomposition de ces corps.
La physique fait de la physiologie des forces naturelles. La chimie, au contraire, tue les corps, étudie les’ organes éléments dont ils sont composés, puis constitue au moyen de la synthèse l’être chimique qu’elle a ainsi disséqué. C’est donc de l’anatomie de la matière avec application biologique que fait le chimiste. Citons un exemple.
Voici de l’eau, de l’eau vulgaire, telle qu’elle tombe du ciel (courant artériel de la terre) ou telle qu’elle coule dans la rivière (courant veineux de la terre. Si nous chauffons cette eau, nous formons, par l'alliance du feu et de l’eau, de la vapeur, mais l’eau n’est pas décomposée pour cela; nous faisons de la physique. De même, si nous congelons cette eau, nous faisons encore de la physique.
Mais si, au moyen de la pile électrique, avec ad7 la manière dont les alchi - corps qu’ils ont a étuexiste une force première jonction d’un acide, nous tuons cette eau et nous mettons dans deux éprouvettes les deux organes éléments qui constituent cette eau, l’hydrogène et l’oxygène, alors nous faisons de la chimie.
De même si toujours au moyen du feu électricité nous réunis sons brusquement les deux atomes d’hydrogène et l’atome d’oxygène constituant-cette eau, nous res suscitons 1 être chimique que nous avions tout à l'heure disséqué et nous faisons encore de la chimie non plus de dissection ou analytique mais, bien de résurrection, de reconstitution ou synthétique.
Ces premiers éléments étant bien compris, di sons quelques mots de miste conçoivent les dier. Pour 1 alchimiste, il dont tout ce que nous voyons est une condensation à différents degrés. Cette force, qui s’appelle l’âme du monde, est déversée sur notre terre par le soleil. Le soleil est donc pour nous la source de toutes les forces, les forces envoyées par les planètes n étant que des modifications des colorations dynamiques de la force solaire.
Pour être clair, il faut donc laisser de côté l’ori gine de cette force solaire et raisonner comme si le soleil était réellement la source de toutes les forces de la nature. La terre, avec tout ce qui est dessus, c’est du soleil refroidi. Les actions naturelles se bornent donc à l’influence du soleil vivant et chaud sur le soleil refroidi.
l’alchimie 5 Pour éviter des complications inutiles, l’alchi miste appelle substance tout ce qui est formé de so leil refroidi et force tout ce qui peut modifier la constitution ou les états de cette substance.
Remarquons que les chimistes sont arrivés exac tement à la même théorie, avec Mendeeleef; ils con sidèrent que tous les corps chimiques sont des conden sations plus ou moins intenses de 1 hydrogène, dont la densité égale 0,068 à peu près. Plus un corps est dense, c’est-à dire lourd, plus il s’éloigne de la force primordiale pour se rapprocher du froid de la mort.
L'or, qui a pour densité 19,5, le mercure mé tallique, qui a pour densité ij, 6, et enfin le pla tine, qui a pour densité 21,5 sont donc des corps où la matière est extrêmement condensée. C’est l’état solide dans tout ce qu’il y a de plus absolu.
Il existe une progression mathématique depuis l’hydro gène jusqu’au platine, qui a permis de déterminer exactement la place des corps chimiques connus, d’après leur constitution atomique et de découvrir des corps qu’on ne connaissait pas encore et qui ap paraissaient dans la spirale de Mendeeleef. Pour revenir à l’alchimiste, tous les corps ter restres sont en définitive de la terre, avec plus ou moins de soleil.
L’alchimiste recherche les moyens d’augmenter la quantité de soleil dans un corps pour l’ouvrir, le dilater ou l’évoluer. C’est ce qu’il appelle la dissolution {solve). Où l’alchimiste cherche le moyen d’augmenter la densité de la substance par un ferment c’est ce qu'il appelle la compression, la congulation {coagula).
L’INITIATIUN 6 La substance se présente pour l’alchimiste sous quatre aspects, en partant de l’état où il y a le plus de matières. Ces quatre aspects sont : l'aspect terre, que les chimistes appellent l’état solide; l’aspect eau, que les chimistes appellent état liquide; l’aspect air que les chimistes appellent état gazeux et l’aspect feu, que les chimistes appellent état de force et les alchimistes, état solaire.
Quand nous brûlons une bûche dans la chemi née, le soleil qui est contenu en elle sort sous forme de chaleur et de lumière et la terre que l’arbre avait fixée, reste sous forme de cendres. C’est une des plus belles expériences alchi miques. A côté des états de la substance, nous avons ses fonctions, qui sont différentes selon la quantité de soleil ou de terre qui entre dans un corps.
Il y a un état de la substance où elle fixe tout ; ainsi si nous prenons de l’huile et de l’eau, nous ne pouvons pas les unir, nous ne pouvons que les juxtaposer. Si nous ajoutons de la soude ou de l’ammoniaque à l'huile et à l’eau, nous les fixons. Cette propriété de tout fixer est caractéristique de ce que l’alchimiste appelle le sel. La soude ou l’ammoniaque sont donc un sel dans le langage des alchimistes.
On peut sans grande' erreur donner ce nom de sel alchimique à tous les alcalins. La seconde fonction de la substance c’est de tout brûler. Si nous versons une goutte d’acide chlol’alchimie 7 l'hydrique (en alchimie: esprit de sel) sur du fer, le fer sera mangé, l’âme gazeuse renfermée dans l’acide sera libérée et le fer fixera le corps de l’acide. Dans ce cas, l’acide brûle, mange, libère et il agit selon le terme soufre des alchimistes.
A côté de ces deux fonctions de la substance, sel ou soufre, il en existe une troisième, c’est de tout lier sans pour cela avoir besoin de le fixer. Ainsi, prenons de l’huile et du vin : pour en faire un tout homogène, nous aurons de la difficulté. Ajoutons-y de l’eau glacée; cette eau, en condensant l’huile, va lier le vin et nous allons obtenir une sorte de pom made qui est le baume du Samaritain de la Bible.
Or, l’eau glacée a fait, dans ce cas, la fonction que les alchimistes appellent mercure. Un corps chimique peut donc agir successivement comme sel, comme soufre ou comme mercure selon le corps avec lequel il se trouve en rapport. Les chimistes actuels n’ont fait que reprendre les idées des alchimistes, mais ils ont appelé alcalin, acide ou base(i), ce que les alchimistes appelaient sel, soufre ou mercure.
A côté de ces qualités chimiques de la substance d’être alcaline, acide ou basique, il se trouve des •qualités physiques qui sont les suivantes : la subs tance coagule tout, comme un métal auquel on in corpore un sel ; la substance est alors dite de tem pérament froid, ou maigre. (1) Nous donnons le nom de base à tout corps qui n’agit en rien sur le Lupin de Tournesol. Il y a en effet en chimie des bases al calines.
rien. L INITIATION La substance, au contraire, attire le gras et le fixe; elle est dite de tempérament sec. La substance dissout, volatilise tout ce qui l'ap proche; elle est dite de tempérament chaud. Enfin, la substance repousse énergiquement le gras; elle est dite de tempérament humide.
Ces qualités de la substance ont été attribuées par les anciens non seulement aux corps chimiques, mais encore au tempérament de tous les êtres vivants, minéraux, végétaux, animaux, hommes ou astres. Une fois les qualités de la substance bien établies, nous allons voir comment on y fait rentrer la force (coagulation) ou comment on en fait sortir la force (fermentation).
Pour l’alchimiste comme pour le chimiste, la ma tière et la force se pénètrent réciproquement, et le jeu de pénétration de la force dans la matière ou de départ de la force hors de la matière, constitue toute l’étude des phénomènes physiques ou chimiques. Quand la force domine la matière, cette dernière réduite au rôle de support de vibration semble avoir presque entièrement disparu.
C’est le cas de la pro duction des forces physiques, qui sont d’autant plus dynamiques que la vibration est plus lente. Ainsi, le son peut briser le verre dans lequel chante le ténor ou la vitre sur laquelle il agit, parce que les vibrations du son sont lentes et qu’un grand se cret est renfermé dans l'emploi du son comme force dynamique; tandis que la lumière, bien que maté rielle, traverse la vitre sans l’abîmer en
l’alchimie 9 Cet état de la matière dominé par la force corres pond à ce que l’alchimiste appelle les forces dissol vantes (soZwl C’est dans cette section que l’alchi miste étudie l'ouverture des corps., c'est-à-dire leur pénétration par la force solaire ou ses dérivés, d'où dépend l’évolution appelée par l’alchimiste : fermen tation.
Cette ouverture des corps a plusieurs degrés : depuis la putréfaction jusqu’à la sublimation, en passant par le chauffage double (ventre de cheval), le chauffage fort (bains de sable), le chauffage vio lent de l’athanor pour arriver à la sublimation et à la distillation. Lorsque la matière domine, au contraire la force, il y a augmentation de densité, matérialisation, coagulation, et cela répond à la pratique (coagula) des alchimistes.
Cette matérialisation est grossièrement produite par le froid. Le froid peut être très doux, comme celui qui précipite le matin la rosée dans les prés. Il peut être fort, comme celui produit par la glace et il peut être très fort, comme celui produit par l’éva poration brusque de l’air liquide ou des corps for tement comprimés.
La technique chimique actuelle donne aux alchi mistes de précieux moyens d’action, qui manquaient à tous leurs devanciers. Si nous voulions résumer le problème alchimiste d’après les idées ci-dessus, nous dirions ceci : il faut d’abord obtenir la fixation dans la matière d’une très grande quantité de force, ce qui constitue le ferment minéral ou pierre philo sophale. Ce ferment, mis en contact avec une
l'initiation 10 substance minérale, produit dans le métal une ouver ture des atomes, suivie d’une détente brusque qui libère une partie de la force encore concentrée dans le métal et coagule ce dernier de manière à le faire descendre brusquement dans la série des densités, à le rendre plus lourd et à involuer le mercure (13,6) vers l’or (19,5).
Le problème alchimique, au point de vue minéral, se compose donc de deux temps : un temps d’évolution ou établissement du ferment, et un temps d’involution ou action du ferment dyna misé comme source de détente de la force atomique contenue dans le métal. ( Au point de vue végétal, le problème suit exac tement les mêmes lois; il y a d’abord dynamisation des végétaux par l’action du soleil unie à la fermen tation, d’où putréfaction.
Il y a ensuite condensation, coagulation des élé ments ainsi libérés par la distillation ; il y a enfin action du résultat de cette distillation sur une masse ■de matière inerte. Donnons un exemple : Voici un amas de feuilles de roses.
Si nous les distillons, telles qu’elles sortent de la fleur, nous durons une essence inférieure; si, au contraire, nous les laissons fermenter, la putréfaction ouvre les pores des pétales de roses, et, en distillant ou en re prenant par l'éther et en congelant l’essence, nous obtenons un produit qui est véritablement la pierre philosophale, végétale de la rose, sous le nom d’essence de rose. Une goutte de cette essence transmue en parfum 500.000 gouttes d’esprit de vin
........ l’alchimie -11 ou de grain dans lequel cette goutte est placée. Le cycle de l’eau fera bien comprendre aussi l’action des deux lois alchimiques {solve) et {coagula). Voici de l’eau liquide : c’est le mercure aquatique. Nous insinuons dans cette eau de la force chaleur. Nous faisons un mélange qui commence à l’eau chaude et qui peut aller jusqu'à la vapeur à haute pression, source d’un dynamisme formidable.
A l’état de vapeur, l’eau sert simplement de support à la vibration chaleur. Aussi, traverse-t-elle facilement un linge sans le détériorer comme la lumière tra verse le verre sans le détériorer. Mais nous commençons l’opération inverse. Le mercure aquatique était devenu soufre aquatique par l’adjonction de la chaleur. Nous précipitons cette vapeur dans un récipient extrêmement refroidi.
La force contenue dans ce mélange de chaleur-eau se sépare brusquement de son support. L’eau se coagule en glace ; au point de vue alchimique, c’est le sel aquatique, et la force retourne à son origine solaire. Ces deux exemples sont assez clairs pour mériter d’être étudiés de près par tous ceux qui voudront comprendre la pratique alchimique. L’alchimiste se sert beaucoup de symboles et d’allégories.
Il a à sa disposition comme éléments symboliques généraux quatre images correspondant aux quatre formes de toute matière. Ces images sont : le soleil, correspondant au feu et à l’origine; c’est le père universel. La lune, correspondant à l’eau : c’est la mère des
12 l’initiation eaux vives, du ciel (maha, maya, Marie la vierge ou Isis). Le vent ou atmosphère, correspondant à l’élément « air » et matérialisation sur terre des principes astres; enfin, la terre, correspondant au solide et à la matérialisation et qui nourrit toutes les créations.
On pourra retrouver ainsi la fameuse substance universelle, que les Egyptiens, par la plume d’Her mès Trismégiste, appellent « Thélème » et dont ils exposent ainsi la génération : Le soleil en est le père, la lune en est la mère, le vent l’a porté dans son ventre et la terre en est la nourrice. Tels sont les premiers éléments d'alchimie qu’une étude plus complète permettra maintenant de développer facilement. Papus.
Saint^Germain Le penchant pour le merveilleux inné à tous les hommes en général, mon goût particulier pour les impossibilités, l’inquiétude de mon scepticisme habi tuel, mon mépris pour ce que nous savons et mon respect pour ce que nous ignorons, voilà les mo biles qui m’ont engagé à voyager durant une grande partie de ma vie dans les espaces imagi naires.
Aucun de mes voyages ne m'a fait autant de plaisir; j’ai été absent pendant bien des années, et suis très fâché de devoir maintenant rester chez moi.
Bien persuadé qu’on ne peut être constamment heureux qu’en poursuivant de près un bonheur, qui s’échappe sans cesse, sans jamais se laisser atteindre, je suis moins fâché de n’avoir rien trouvé de ce que je cherchais, que de ne plus savoir où aller et de n’avoir plus ni conducteur ni compagnon de voyage Je suis seul, sédentaire dans les châ teaux en Espagne, que j’élève et que je détruis comme un enfant qui bâtit et renverse ses châteaux de cartes.
Mais pour varier mes plaisirs, et pour rafraîchir mon imagination, je vais me retracer les souvenirs de quelques-uns des personnages principaux que j’ai
14 l'initiation rencontrés dans mes voyages, qui m’ont guidé, logé, nourri, et qui m’ont procuré des jouissances pas moins réelles que tant d’autres qui sont passées et qui n’existent plus. Je commence par le célèbre Saint-Germain, non seulement parce qu’il a été pour moi le premier en date, mais aussi le premier dans son genre.
Revenant à Paris en 1769, je fis une visite à la veuve du chevalier Lambert, que j’avais connu pré cédemment, et y vis entrer après moi un homme de taille moyenne, très robuste, vêtu avec une sim plicité magnifique et recherchée.
11 jeta son chapeau et son épée sur le lit de la riiaîtresse du logis, se plaça dans un fauteuil près du feu et interrompit la conversation en disant à l’homme qui parlait : « Vous ne savez ce que vous dites, il n’y a que moi qui puisse parler sur cette matière, que j’ai épuisée tout comme la musique que j’ai abandonnée, ne pouvant plus aller au-delà » Je demandai avec étonnement à mon voisin qui était cet homme-là, et il m’apprit que c’était le fa meux M. de Saint-Germain, qui possédait les plus rares secrets et à qui le roi avait donné un appar tement à Chambord, qui passait à Versailles des soi rées entières avec Sa Majesté et Madame de Pompadour, et après qui tout le monde courait, quand il venait à Paris Madame Lambert m’engagea à dîner pour le lendemain, ajoutant avec une mine glorieuse, que je dînerais avec M. de Saint-Germain, lequel par parenthèse faisait la cour à l’une de ses filles et logeait dans la maison.
SAINT-GERMAIN 15 L’impertinence du personnage me retint longtemps dans un silence respectueux à ce dîner; enfin, je hasardai quelques propos sur la peinture, et m’é tendis sur différents objets que j’avais vus en Italie.
J’eus le bonheur de trouver grâce aux yeux de M. de Saint-Germain; il me dit : «Je suis content de vous, et vous méritez que je vous montre tantôt une douzaine de tableaux, dont vous n’aurez pas vu de pareils en Italie. » Effectivement il me tint presque parole, car les tableaux qu’il me fit voir étaient tous marqués à un coin de singularités ou de perfections, qui les rendait plus intéressants que bien des. morceaux de la première classe, surtout une Sainte Famille de Murillo, qui égalait en beauté celle de Raphaël à Versailles; mais il me montra bien autre chose, c’était une quantité de pierreries et surtout des diamants de couleur, d’une grandeur et d’une perfection surprenantes.
Je crus voir les trésors de la lampe merveilleuse. 11 y avait, entre autres, une opale d’une grosseur monstrueuse et un saphir blanc de la taille d’un œuf, qui effaçait par son éclat celui de toutes les pierres de comparaison que je mettais à coté de lui.
J'ose me vanter de me connaître en bijoux, et je puis assurer que l’œil ne pouvait découvrir au cune raison pour douter de la finesse de ses pierres, d’autant plus qu’elles n’étaient point montées. Je restai chez lui jusqu’à minuit et le quittai son très fidèle sectateur, je l’ai suivi pendant six mois avec l’assiduité la plus soumise, et il ne m'a rien appris, sinon à connaître la marche et la singularité
L INITIATION de la charlatanerie. Jamais homme de sa sorte n’a eu ce talent d’exciter la curiosité et de manier la crédu lité de ceux qui l’écoutaient. Il savait doser le mer veilleux de ses récits, suivant la réceptibilité de son auditeur.
Quand il racontait à une bête un fait du temps de Charles-Quint, il lui confiait tout crûment qu’il y avait assisté; et quand il parlait à quelqu’un de moins crédule, il se contentait de peindre les plus petites circonstances, les mines et les gestes des interlocuteurs, jusqu’à la chambre et la place qu ils occupaient, avec un détail et une vivacité qui faisaient l’impression d’entendre un homme qui y avait réellement été présent.
Quelquefois, en ren dant un discours de François 1er ou de Henri VIII, il contrefaisait la distraction, et disant : « Le Roi se tourna vers moi »... il avalait promptement le moi et continuait avec la précipitation d’un homme qui s’est oublié, « vers le duc un tel. » 11 savait, en général, l’histoire minutieusement, et s’était composé des tableaux et des scènes si natu rellement représentés que jamais témoin oculaire n’a parlé d’une aventure récente, comme lui de celles des siècles passés.
« Ces bêtes de Parisiens, me dit-il un jour, croient que j’ai cinq cents ans, je les confirme dans cette idée, puisque je vois que cela leur fait tant de plaisir, ce n’est pas que je ne sois infiniment plus vieux que je ne parais, » — car il souhaitait pourtant que je fusse sa dupe jusqu’à un certain point.
Mais la bêtise de Paris ne s’en tint pas à lui donner quelque peu de siècles : elle est allée jusqu’à en faire un conSAINT-GERMAIN 17 temporain de Jésus-Christ, et voici ce qui a donné lieu à ce conte. Il y avait à Paris un homme facétieux, nommé mi lord Gower, parce qu’il contrefaisait les Anglais mer veilleusement.
Après avoir été employé par la guerre de sept ans, à la Cour comme espion à l’armée • anglaise, les courtisans se servaient de lui à Paris pour jouer toutes sortes de personnages déguisés et pour mystifier les bonnes gens.
Or, ce fut ce milord Gower, que les mauvais plaisants menèrent dans le Marais sous le nom de M. de Saint-Germain, pour satisfaire la curiosité des dames et des badauds de ce canton de Paris plus aisé à tromper que le quartierdu Palais-Royal ; ce futsur cethéâtre que notre faux adepte se permit de jouer son rôle, d’abord avec un peu de charge, mais, voyant qu’on rece vait tout avec admiration, il remonta de siècle en siècle jusqu’à Jésus-Christ dont il parlait avec une familiarité si grande, comme s’il avait été son ami.
« Je l’ai connu intimement, disait-il ; c’étaitle meilleur homme du monde, mais romanesque et inconsidéré ; je lui ai souvent prédit qu’il finirait mal. » Ensuite notre acteur s’étendait sur les services qu’il avait cherché à lui rendre par l’intercession de Madame Pi late, dont il fréquentait la maisonjournellement.il disait avoir connu particulièrement la sainte Vierge, sainte Elisabeth et sainte Anne sa vieille mère. » Pour celle-ci, ajoutait-il, je lui ¿ii rendu un grand service après sa mort.
48 l’initiation plusieurs des cvêques qui le composaient, je les ar tant priés, leur ai tant répété que c'était une si bonne femme, que cela leur coûterait si peu d'en faire une sainte que son brevet lui fut expédié. » C’est cette facétie si absurde et répétée à Paris assez sérieuse ment, qui a valu à M. de Saint-Germain le renom de posséder une médecine qui rajeunissait et rendait immortel; ce qui fit composer le conte bouffon de la vieille femme de chambre d’une dame, qui avait caché une fiole de cette liqueur divine: la vieille sou brette la déterra et en avala tant, qu’à force de boire et de rajeunir, elle redevint petite enfant.
Quoique toutes ces fables et plusieurs anecdotes débitées sur l’âge de M. de Saint-Germain ne méri tent ni la croyance ni l’attention des gens sensés, il est pourtant vrai que le recueil de ce que des per sonnes dignes de foi m’ont attesté sur la longue durée et la conservationpresqu’incroyabledesafigure, a quelque chose de merveilleux.
J’ai entendu Rameau et une vieille parente d’un ambassadeur à Venise assurer y avoir connu M. de Saint-Germain, en 1710, ayant l’air d’un homme de cinquante ans.
En 1759, il paraissait en avoir soixante, et alors M. Morin, depuis mon secrétaire d’ambassade, de la véracité duquel je puis répondre, renouvelant chez moi sa connaissance faite en 1755 dans un voyage en Hol lande, s’est prodigieusement émerveillé d,e ne le pas trouver vieilli d’une année.
Toutes les personnes qui l’ont connu depuis, jusqu’à sa mort, arrivée à Schlesvig, en 1780, si je ne me trompe, et que j'ai ques tionnées sur les apparences de son âge, m'ont tou
SAINT-GERMAIN 19 jours répondu qu’il avait eu l’air d’un sexagénaire bien conservé. Voilà donc un homme de cinquante ans qui n’a vieilli que de dix ans dans l’espace de soixante-dix ans, et une notice qui me paraît la plus extraordi naire et la plus remarquable de son histoire. 11 possédait plusieurs secrets chimiques, surtout pour faire des couleurs, des teintures et une espèce similor d’une rare beauté.
Peut-être même était-ce lui qui avait composé ces pierreries dont j’ai parlé, et dont la finesse ne pouvait être démentie que par la lime. Mais je ne l’ai jamais entendu parler d’une médecine universelle. Il vivait d’un grand régime, ne buvait jamais en mangeant, se purgeait avec des follicules de séné qu’il arrangeait lui-même, et voilà tout ce qu’il conseillait à ses amis qui le questionnaient sur ce qu’il fallait faire pour vivre longtemps.
En général, il n’annon çait jamais comme les autres charlatans des connais sances surnaturelles. Sa philosophie était celle de Lucrèce ; il parlait avec une amphase mystérieuse des profondeurs de la nature, et ouvrait à l’imagination une carrière va gue, obscure et immense sur le genre de sa science, ses trésors et la noblesse de son origine.
Il se plaisait à raconter des traits de son enfance, et se peignait alors environné d’une suite nombreuse, se promenant sur des terrasses magnifiques, dans un climat délicieux, comme s’il aurait été le prince héréditaire d’un roi de Grenade du temps des Maures. Ce qui est bien vrai, c’est que personne, aucune
20 l’initiation police n’a jamais pu découvrir qui il était, pas même sa patrie. Il parlait fort bien l’anglais et l’allemand, le fran çais avec un accent piémontais, l’italien supérieure ment, mais surtout l’espagnol et Je portugais sans le moindre accent.
J’ai oui dire qu’entre plusieurs noms allemands, italiens et russes, sous lesquels on l’a vu paraître avec éclat dans différents pays, il avait aussi porté anciennement celui du marquis de Montferrat.
Je me rappelle que le vieux baron de Stosch m’a dit à Florence avoir connu, sous le règne du régent, un marquis de Montferrat, qui passait pour un fils na turel de la veuve de Charles II, retirée à Bayonne, et d’un banquier de Madrid. » M. de Saint-Germain fréquentait la maison de M. de Choiseul et y était bien reçu; nous fumes donc bien étonnés d’une violente sortie que ce mi nistre fit à sa femme au sujet de notre héros.
Il lui demanda brusquement pourquoi elle ne buvait pas?
Et elle lui ayant répondu: qu'elle pratiquait, ainsi que moi, le régime de M. de Saint-Germain avec bon succès, M. de Choiseul lui dit : « Pour ce qui est du Baron, à qui j'ai reconnu un goût tout particulier pour les aventuriers, il est le maître de choisir son régime, mais vous, madame, dont la santé m’est précieuse, je vous défends de suivre les folies d’un homme aussi équivoque. » Pour couper une conversation qui devenait embarrassante, le Bailli de Solar demanda à M. de Choiseul s’il était vrai que le gouvernement ignorait l’origine d’un
SAINT-GERMAIN 21 homme qui vivait en France sur un pied si distingué.
« Sans doute que nous le savons, répliqua M. de Choiseul (et ce ministre ne disait pas vrai) : c’est le fils d’un juif portugais, qui trompe la crédulité de la ville et de la cour ; il est étrange, ajouta-t-il en s’échauffant davantage, qu'on permette que le roi soit souvent presque seul avec un tel homme, tan dis qu’il ne sort jamais qu’environné de gardes, comme si tout était rempli d’assassins. ,> Ce mou vement de colère provenait de sa jalousie contre le maréchal de Belle-Isle, dont Saint-Germain était l’âme damnée, et auquel il avait donné le plan et le modèle de ses fameux bateaux plats qui devaient -servir à une descente en Angleterre.
La suite de cette inimitié et les soupçons de M. de Choiseul se développèrent peu de mois après. Le maréchal intriguait sans cesse pour se faire l’auteur d’une paix particulière avec la Prusse, et pour rom pre le système de l’alliance entre l’Autriche et la France, sur lequel était fondé le crédit du duc de Choiseul. Louis XV et madame de Pompadour dé siraient cette paix particulière.
Saint-Germain leur persuada de l'envoyer à la Haye au duc Louis de Brunswick dont il se disait l’ami intime, et promit de réussir par ce canal dans une négociation dont son éloquence présentait les avantages sous l’aspect le plus séduisant. Le maréchal dressa les instructions, le roi les re mit lui-même avec un chiffre à M. de Saint-Germain qui, étant arrivé à la Haye, se crut assez autorisé pour trancher du ministre. Son indiscrétion fit que
-■ ; ræ« % ------------- **. • ' r'.\: </•' l’initiation M. d’Affry, alors ambassadeur en Hollande, pénétra le secret de cette mission et fit, par un courrier qu’il envoya, des plaintes amères àM. de Choiseul, de ce qu’il exposait un ancien ami de son père et la dignité du caractère d’ambassadeur à l’avanie de faire négocier la paix, sous ses yeux, sans l’en ins truire, par un étranger obscur.
M. deChoiseul renvoya le courrier sur-le-champ, ordonnant à M. d’Affry d’exiger avec toute l’énergie possible des États généraux que M. de Saint-Ger main lui fût livré, et, cela fait, de l’adresser, pieds et poings liés à la Bastille. Le jour d’après, M. .de Choiseul produisit au Conseil la dépêche de M. d’Affry.
11 lut ensuite la réponse qu’il lui avait faite, puis, promenant ses regards avec fierté autour de ses collègues, et fixant alternativement le roi et M. de Belle-Isle, il ajouta : « Si je ne me suis pas donné le temps de prendre les ordres du roi, c’est parce que je suis persuadé que personne ici ne se rait assez osé de vouloir négocier une paix à l’insu, du ministre des Affaires étrangères de Votre Ma jesté! » Il savait que ce prince avait établi et tou jours soutenu le principe que le ministre d’un dé partement ne devait pas se mêler des affaires d’un autre.
Il arriva de là ce qu’il avait prévu : Le roi baissa les yeux comme un coupable, le maréchal n'osa pas dire le mot, et la démarche de M. de Choiseul fut approuvée. Mais M. de Saint-Germain lui échappa. L. H. P., après avoir fait valoir beaucoup leur con descendance, envoyèrent une garde nombreuse pour
SAINT-GERMAIN 23 arrêter M. de Saint-Germain qu'on avait averti se crètement et qui s’enfuit en Angleterre. J'ai quel ques données qui me font croire qu’il en repartit bientôt pour se rendre à Pétersbourg. De là, il ap parut à Dresde, à Venise et à Milan, négociant avec les gouvernements de ces pays pour leur vendre des secrets de teintures et pour entreprendre des fabri ques.
11 avait alors l’air d’un homme qui cherche fortune, et fut arrêté dans une petite ville du Piémont pour une lettre de change échue; mais il étala pour plus de cent mille écus d’effets au porteur, paya surle-champ, traita le gouverneur de cette ville comme un nègre, et fut relâché avec les excuses les plus res pectueuses.
En 1770, il reparut à Libourne, portant un nom russe et l’uniforme de général, traité par le comte Alexis Orlof avec une considération que cet homme fier et insolent n’avait pour personne, et qui me paraîtavoir un grand rapport avec un propos du prince Grégoire, son frère tenu au margrave d’Anspach.
Saint-Germain s’était établi quelques années après chez ce dernier, et, l’ayant engagé à aller voir ce fa vori fameux de Catherine 11. qui passait à Nurem berg, celui-ci dit tout bas au margrave, en parlant de Saint-Germain, à qui il faisait le plus grand ac cueil : « Voilà un homme qui a joué un grand rôle dans notre résolution. » Il était logé à Triesdorf, et y vivait à discrétion avec une insolence impérieuse qui lui allaità merveille, traitant lemnrgrave comme un petit garçon. Quand il lui faisait humblement des questions sur sa science,.'la réponse était: «Vous
24 L’INITIATION êtes trop jeune pour qu’on vous dise ces choses-là. » Pour s’attirer encore plus de respect dans cette pe tite cour, il montrait de temps en temps des lettres du Grand Frédéric : « Connaissez-vous cette main et ce cachet ? » disait-il au margrave, en lui mon trant la lettre dans son enveloppe. « —Oui, c’est le petit cachet du roi. »— « Eh bien, vous ne saurez pas ce qu’il y a dedans. » Et puis il remettait la lettre dans sa poche. Ce prince prétend s’être assuré que les pierres précieuses de M. de Saint-Germain étaient fausses, ayant trouvé moyen d’en faire toucher une par la lime de son joaillier, qui fut apposté au passage du diamant qu’il s’agissait de montrer à la margrave, qui était au lit, car Saint-Germain avait grand soin de ne pas perdre ces pierreries de vue. Enfin, cette homme extraordinaire est mort près deSchleswig, chez le prince Charles de Hesse, qu’il avait entièrement subjugué et engagé dans des spé culations qui ont mal réussi. Durant la dernière an née de sa vie, il ne se faisait servir que par des femmes, qui le soignaient et qui le. dorlotaient comme un autre Salomon, et, après avoir perdu insensiblement ses forces, il s’est éteint entre leurs bras. Toutes les peines que les amis, les domestiques et même les frères de ce prince, se sont données pour arracher de lui l’origine deM. de Saint-Germain ont été inutiles ; mais, ayant hérité de tous ses pa piers et reçu les lettres arrivées depuis au défunt, le prince doit être mieux instruit sur ce chapitre que
>T-.f ' SAINT-GERMAIN , 25 nous vraisemblablement n’en apprendrons jamais da vantage, et une obscurité si singulière est digne du personnage. Baron de Glei chen {Souvenirs).
THEODOXIE UNIVERSELLE Examens de la Gosmogonie contenue dans le premier livre de SEPHER DE MOÏSE appelé Bera’shith (Suite) IIIe EXAMEN Mais la Terre n'était qu’une puissance contingente d’être dans une puissance d'être ; l'Obscurité, formeastringente et compressive enveloppait l'abime, source infinie de l’existence potentielle et ï Esprit divin, souffle expansif et vivifiant, exerçait enî core son action génératrice au-dessus des eaux, image de T Universelle passivité des choses.
C’est-à-dire que non seulement la Terre, telle ' qu’elle frappe nos regards, n’existait pas au mo ment où, selon la pensée de Moïse, Dieu avait dé terminé la possibilité de son existence ; mais qu’il était nécessaire, pour qu’elle existât, que plusieurs autres existences eussent précédé la sienne, selon le cours de la nature, soumis aux lois du Destin; car
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 27 c’est encore ici le lieu de répéter que la cosmo gonie que nous examinons n’est pas le narré d’une histoire positive et chronologique, ainsi qu’on l’a cru, mais l’énoncé d’un Décret divin, conçu par l'éternelle sagesse du Créateur, dans la profondeur de l’Eternité.
Les paroles que le théosophe hébreu ajoute ici à celles qui peignent l’état de la Terre, dont l’existence, quoique formellement décrétée ne devait passer en acte qu'après plusieurs vicissitudes, con tiennent précisément l’énumération de ces vicissi tudes dont elles caractérisent les principales avec une admirable clarté.
«Mais la Terre, » dit-il, pour paraphraser en français les termes hiérographiques qu’il employé, « la Terre, loin d’être ce qu'elle pa- « raît à présent à nos yeux, n’existait pas même « en principe prochain.
L’élément terreux qui la « constitue était enseveli dans un autre élément, « et celui-ci dans un autre ; de manière qu’il fallait « pour que son principe, se développât que plu- « sieurs autres principes dans lesquels il était ren- « fermé, se fussent développés.
Parmi ces prin- « cipes.deux sont surtout remarquables, parce qu’ils « résultent de là séparation des principes infé- « rieurs des supérieurs, et manifestement ainsi des « éléments prochains de la Terre et des Cieux.
Or « ces deux principes primordiaux qu’on peut ap- « peler aussi des forces ou des puissances, sont les « ténèbres qui enveloppent Vabîme, source infinie de « toutes les existences matérielles, et les Eaux ani- « mées par l’Esprit divin, qui, en se séparant des té- « nèbres, deviennent, par l’action génératrice de cet
28 l’initiation « Esprit la source de toutes les existences spirituelles. «Les cieux tirent donc leur origine des eaux, séparées « des ténèbres par l’Esprit divin, et la terre résulte «des ténèbres privées de ces eaux. Les ténèbres sont « astringentes, et la forme compressive reste en « elles.
Les eaux sont dulcifiantes et cèdent à la « force expansive qui réside dans l’esprit divin qui « fait la séparation des unes d’avec les autres ; et « sans l’Esprit divin, Tout ne serait qu’un abîme « infécond. » Voilà bien des choses, judicieux lecteur, si vous voulez y faire attention.
Moïse, avant même d’entrer dans les détails du Décret divin qui constitue l’Univers, vous découvre le mystère de sa constitution, en considérant ce décret dans son ensemble, et en s’élevant, pour vous en décrire la forme, au delà même de son principe temporel.
Car regardez bien que ce théosophe, qui va tout à l'heure faire parler l Etre des êtres lui-même, quand ce Décret commen cera, n’a encore parlé qu'en son propre nom pour vous expliquer quand et sur quoi l’Etre des êtres porta ce décret.
11 vous a montré quels étaient les principes primordiaux qui devaient se mouvoir les premiers: les Ténèbres et les Eaux (i) ; et vous a (1) Les ténèbres sont exprimées en Ebreu par le mot troshech, ce mot est un singulier, et pour le bien rendre, il faudrait dire le ténèbre, si le génie de la langue irançaise le permettait. En cet état, il traduirait bien l’Ebreu.
Ce mot français issu du latin tenebrœ, est composé de deux racines distinctes, l’une celtique tan ou tèn, qui caractérise le feu, et l'autre atlantique hebre, qui veut dire, exilé, passé outre : de manière qu'on doit entendre par ténèbres l’obscurité
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 29 dit que c’étaient deux forces opposées, l'une com pressive et l’autre expansive, sortant toutes les deux de l’abîme au moyen de VEsprit Divin, pour donner naissance à toutes les choses inférieures et supé rieures.
Or, il vous a dévoilé en peu de mots l'ori gine de toutes les existences, en laissant pourtant voilée l’origine des trois êtres qui les provoquent toutes ; savoir: l'Être des êtres qui porte le Décret, l'Esprit divin qui l’exécute, et V Abîme sur lequel cet Esprit l’exécute (2).
Or, l’écrivain hiégrographe vous dira plus tard, si vous voulez le comprendre, quel est cet Esprit et quel est cet abîme ; mais il ne vous dira pointquel est cet Etre des êtres, parce qu’il ne s’occupe ici que de la cosmogonie, et que pour pour connaître sa pensée sur l’essence même de Dieu, il nous faudrait avoir sa théogonie que nous n’avons pas.
Avant d’aller plus avant dans cette exploration, je crois qu’il est bon de nous arrêter ici pour méditer un moment sur ce commencequi suit l’extinction ou l’absence du feu. — Les eau-: sont expri mées en hébreu par le mot Maint, que les grammairiens hébreux considèrent comme un duel et non comme un pluriel.
La racine du met français qui est d'origine celtique est ebb ou ew ; elle caractérise l’élément acqueux sous le rapport de son évaporisation ; de son mouvement extensif aussi bien que le fait la racine hébraïque mêh, qui pourtant renferme p'us positivement l’idée de fécondité. (2) Ces trois mots sont rendus en hébreu par les mots Æfohim, Lui les Dieux, l'Etre des êtres Rouah-Æloliim, le souffle de Lui les.
Dieux, l’Esprit divin, et tli’honi, ¡’Existence potentielle infinie l’Abîme. J’ai analysé les mots hébreux et je les ai expliqué en leur lieu. J’analyserai et j’expliquerai les mots français qui leur correspondent à mesure que l’occasion s’en présentera. à
l'initiation 30 ment de cosmogonie, en recherchant ce que les autres théosophes en ont pensé. Je vais signaler ce repos par le titre de Concordance,, et je le signalerai toujours ainsi par la suite.
CONCORDANCE Comme toutes les nations antiques ont eu des' Cosmogonies sacrées, et que par conséquent, elles ont admis une création du Monde, semblable par le fond à celle des Hébreux, quoiqu’elle avait pu dif férer par quelques formes et par quelques circons tances particulières, on sent bien qu’il serait trop long d’entrer ici dans tous les détails de ces diverses Cosmogonies ; et que ce dernier article des Concor dances dépasserait de beaucoup les bornes qu’il doit avoir, et tomberait même dans la diffusion, s’il fallait y signaler d’abord tout ce qui se présente à l’esprit d’utile ou d’intéressant.
Qu’il suffise donc pour le moment de dire au Lecteur attentif que nous allons trouver, à mesure que nous avancerons, des preuves non équivoques de tout ce que j’ai dit dans ma Dissertation Introductive, touchant les trois foyers centraux de révélation divine et de civilisation humaine, et que je prendrai soin de mettre ces preuves dans tout leur jour, en montrant les concor dances des trois Cosmogonies centrales, de l’Egypte, de l’Inde et de la Chine, toutes les fois que j’en trouverai l’occasion et que je pourrai le faire sans trop amonceler les citations. Car ce n’est point ici
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 31 les matériaux qui me manqueront, mais souvent la place propre qui leur conviendra. D’ailleurs, mon intention est de coordonner avec les Cosmogonies Centrales que j’ai nommées les Cosmogonies secondaires qui s’y attachent; et ces Cosmogonies sont très nombreuses, surtout parmi celles qui sont issues du foyer égyptien.
A cause des Phéniciens qui les ont d’abord interprétées les ont ensuite portées en Europe chez les Thraces et Etrusques et les Vasques, où elles se sont encore divisées en une infinité de rameaux.
Mais, pour recommencer cette exploration , j’affirme donc que l’idée de Création, telle qu’elle est renfer mée dans le Sepher de Moïse, et que je l’ai expliqué par celle d’un Décret divin se trouve identique, im plicitement ou explicitement exprimé dans toutes les Cosmogonies sacrées des Nations.
On la sent dans 1 a Sanchoniation qui avoue l'avoir copiée del'Antique Thaôth (i), dans Bérose qui la tenait du Premier Zoroastre (2), dans fo-hi (3), mais surtout dans le Manava sastra, un des Livres sacrés des Hindoux, attribué à Manou (4), où cette idée est exposée avec une sublime simplicité. Je vais traduire ici le pas- (1) Fragm. Sanchon., § 3; Apud Eusebe, prop. Evang., 1.1, c. 10. (2 Oracul zoroast., p. 20 et fragm. Bcros, Apud fabric.
Bibli Græc., t. XIV., p. 187. (3) Mem. concern. les C/iin., t. II, p. 26 et suivant. (4) On doit entendre par !e mot Menou, dans son acception cosmologique, et quand ce n’est pas le nom propre et positif d’un homme, l’expression de la Loi providentielle, qui, par l’eflet d’un déluge à l’autre.
I « « , « « « « « « « « « « « « 4 « « « « « L INITIATION sage remarquable où elle est consignée. J’espère que le lecteur ne le lira pas sans quelque intérêt. « L’Etre dont la puissance est sans bornes ayant été supplié par les plus antiques sages de leur ré véler le Mystère de l'existence de l’Univers, leur répondit en ces mots que ces sages écoutèrent avec attention et qu'ils transmirent à leurs disciples.
« Cet Univers n’existait d’abord que dans la pre mière pensée divine, non encore développée comme s’il eût été plongé dans les ténèbres du Néant, imperceptible, indéfinissable, inaccessible à l’en tendement, et cette pensée, non encore développée était comme entièrement absorbée dans un profond sommeil.
« Mais, enfin l’Unique Pouvoir existait par luimême, ce Pouvoir qui ne se laisse pas voir au Monde, mais qui s’y fait sentir dans les Principes de la Nature et dans la force des éléments, se ma nifeste avec une gloire à laquelle rien ne pouvait porter atteinte, et émit sa Pensée.
« Alors, cet être, que l’espoir seul peut apercevoir dont l’escence échappe aux organes extérieurs qui n’offre rien d’accessible aux sens qui existent de toute Eternité, cet être l’âme de tous les êtres, qu’aucun être ne peut comprendre, parue en per sonne, et voulant produire des différent êtres de « de sa propre substance divine, créa d’abord les « eaux, avec une pensée, et y plaça un germe pro- « ducteur universelle(i) or, les eaux ont été appeI (1) Les commentateurs ont comparé ce germe universel à un œuf ; et de là sont venues toutes les allégories qui ont eu cours B ’ • * ■ 1 ?. ¿i _______ î________ _______ _ V
; 1 I 33 f: « « A « « EXAMENS DE LA COSMOGONIE lées Nârâ à cause qu’elle ont été la production de Nârâ l’Esprit divin ; et comme elles ont été son premier ayana, c’est-à-dire sa première place de mouvement, il a été lui-même nommé Narâyana se mouvant sur les Eaux...
« Cependant, le germe producteur universel placé dans les Eaux, par l’Esprit divin, s’y reposa inactif pendant une longue période ; et quand le moment de son prit divin opéra sée. » « Et de ces deux ) I « « « « développement fut arrive, l’Essa division par sa seule pen- « « « « et les subtil récepparties ainsi divisées, il créa le Ciel et les choses supérieures, la terre choses inférieures, et remplit le milieu du Ether pour être dans les huit régions le tacle de tous les germes particuliers (i). » On n’aura point de peine à reconnaître dans ce texte du Manava-Sastra les principaux points que j’ai fait remarquer dans celui du Sepher: d’abord, l’Etre des êtres y est clairement désigné par celui dont la puissance est sans borne; on y trouve le Décret divin que porte cet Etre pour la création de l’Univers caractérisé par cette première pensée non développée qui se détermine l’existence potentielle I dans la suite et qui se sont glissées dans le texte sacré.
De là l’œuf placé en Egypte dans la bouche de Kneph, l’œuf que le tau reau brisa avec la corne au Japon ; l’œuf Orphique si fameux en Grèce, l’œuf de Dercete en Syrie, l’œuf de Lédà, etc., etc... (1) On peut voir la traduction de ce même morceau remar quable dans les ouvrages de W. Joncs : Instit. of hindu-Lau'S, t. III, p 66. 3 ***** j
34 l’initiation dans les ténèbres du néant. Enfin, on y voit nommé ' par son propre nom l’Esprit divin qui opère l’exécu tion de ce Décret : c’est celui qui existe de toute éter nité, l’âme de tous les êtres ; celui qui crée les eaux, les féconde et tire de leur division l’existence des Cieux et de la Terre ou des choses supérieures et in férieures.
Tout se trouve dans ce texte précieux, même le fameux th’hom de Moïse, cet Abîme ténébreux, source infinie de toutes les existences. 11 n’y est pas, il est vrai appelé par son propre nom. L’auteur du Manava Sastra se contente de le désigner par les Ténèbres du Néant; mais nous pouvons suppléer à son silence en invoquant un autre texte où ce nom se trouve clairement exprimé.
« L’esprit divin, y est dit, Narayan, ou celui qui se meut sur les eaux, est le principe de toute la Nature. Au commencement la nature était enveloppée dans le Tamas, elle y était inerte et appelée Pracriti(x'). »Les académiciens de Calcuta qui me fournissent ce passage, l’expliquent en disant qu’il, faut entendre par Ahmas ce que les Grecs exprimait par Chaos l’Érêbe primitif appelé Thaumas par les Egyptiens.
Or on sent combien ce Tamas des Indous, analogue au Thaumas des Egyp tiens, est voisin du Th’hom de Moïse. On ne peut douter de l’identité de la racine. Arrêtons-nous un moment sur ce point fondamen tal, et faisons-en l’objet du premier article de ces concordances cosmologiques. (1) Asiat. Pesear, p. I/I, p. 359.
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 35 Ce que Moïse appelle Th’bom, ce que nous tra duisons par Abîme, ce que les Grecs entendaient par Chaos, dont nous avons plus particulièrement adopté l’expression, est, comme l’expliquait les sages Indous. un néant ténébreux, un Erèbe, une chose infinie, immense, imperceptible, indéfinissable, inac cessible à l’entendement.
Cette chose ou cet être in connu se rencontrent au commencement de toutes les Cosmogonies et souvent s’y rencontrent person nifié, sous les formes, ou plutôt sous les rapports les plus capables de frapper d’étonnement et d’épou vante (i), car ce qui caractérise sa forme c’est tou jours de n’en pas avoir.
« Avant l’Onde et la Terre et la voûte des Cieux, « Une nature informe emplissait l’étendue, « Et s’appelait chaos (2), dit Ovide ; et auparavant Epicharme avait dit : « Et même avant les Dieux le chaos exis tait (3). » Le Chaos a précédé toutes choses, disait Hésiode, c'est du chaos que sont nés même l’Erébe et la Nuit obscure (4). « Le chaos est de tout l’inépuisable force », di- « sait Orphée (5).
Au commencement, continuait ce « théosophe, Dieu forma l’hther ou les Cieux ; mais (1) Ovid fast., 1. I., p. 103. (2) Ante mare et Terras et quod tegit omnia cœlum, (3) Unus eratoto naturae Vultus in orbe. (4) Quod dixere chaos. ■(5) Hériod. Théog., p. 116.
—. ■ ----- l’Ether était plonge dans le chaos qui l’end abord veloppait de toute part. « Ainsi le chaos existait avant tout et la Terre était invisible dans le sein de la Nuit. Cependant la lumière étant née avec l’Ether pénétra le Monde et lui donna la Forme ». Thimothée qui rapporte ces idées d’Orphée, as sure que ce Théosophe avait composé un ouvrage dans lequel il enseignait que toute chose avait été tirée du chaos et créée par un seul Dieu, qui avait trois noms (i) ces idées étaient exactement celle des Chaldéens. Bérosequi nous a transmis leur Cosmogonie nous apprend qu’ils donnaient au Chaos le nom expressif d’Omoroka; c’est-à-dire, comme l’exprime assez bien le traducteur Grecs des oracles de Zoroastre, la Mère, ou la Matrice qui contient toutes choses (2). Ces antiques sages, qui, selon le récit ds Flavius Joseph, avaient eu soin de conserver dès les temps les plus reculés, les traditions les plus remar quables (3), placées d’ailleurs très près du premier foyer centrale de la révélation divine, avaient con sacré dans leur temples des Sableaux représentant sous des formes effrayantes, cette Omoroca, domi nant au sein des ténèbres sur une foule infinie de monstres hideux et bizarres. Ils disaient que l’Esprit divin sous le nom de Bel (4) s’étant approché de ces (1) Timothée, cité par Banier, Myth., t. I. L II, ch. 5. (2) Oracl. Zoroast.. § 1, p. 60. (3) ?. Joseph contr. Appion. (4) Il ne faut pas confondre ainsi qu’on l’a fait sans examen ou ignorance, le nom deBêl donné à l’Esprit divin qui débrouille
I z y EXAMENS DE LA COSMOGONIE A • ' A-, 37 ténèbres chaotiques les auraient pénétrées et dis soutes; et que la division opérée sur elle avait for mé les Cieux et la Terre (i).
Manesse, un des plus puissants hérésiarques qu’ait vu naître le christianisme dans son sein avait adopté toutes les idées des Chaldéens et les avait préférées à celles des Hébreux.
Telles qu’il les voyait expri mées dans la Version des héllenistes (2) : ce qu’il n’aurait sûrement pas fait, s’il les eut examinées dans le texte original ; mais le Sepher était alors à peu près inconnu, et les Juifs eux-mêmes, ayant perdu leur antique idiome ou se livraient a des pa raphrases syriaques, dans lesquelles le sens était défiguré ou s’attachaient à des versions fautives qui ne le rendait pas.
Mais sans répéter ici ce que j’ai assez prouvé ailleurs (3), continuons notre explora tion. C'était, comme le l’ai dit, un principe constant chez toutes les nations de l’antiquité, parmi tous les sages et tous les philosophes que le chaos avait été I •• 'V au Ce en de le Chaos, avec celui do Bahl donné d’abord aux monarques sudéens qui aflectaient la suprématie universelle et, enfin par extension, au Très-haut.
Ces deux noms ne portent pas du tout sur les mêmes racines. J’ai déjà expliqué plu sieurs fois le nom de Bahl qui vient de l’antique sudéen. Celui dont il s’agit ici se forme de la racine Bel, qui caractérise ; propre toute idée de distention, d'expension, de spiritualité, I mot pris dans un sens générique a désigné l’âme universelle i shaldaïque. Nous en avons tiré l’idée de magnificence et < beauté. (1) Fabric. bibli. grœc., t.
XIV, p. 187 ; G.Syncell., p. 28. (2) St-August. contr. faust. (3; Langue hébraïque reste., t. I. diss. Int.. § 3. ( .138 > l’initiation l’origine du Monde. Aristote l’avouait formelle ment (i'i.
Il disait en s’appuyant d’un passage d’Hé siode que presque tous les philosophes étaient en effet convenus que le chaos avait existé avant toute chose, que tout avait été fait du chaos et que le chaos n’avait pas non plus été fait de rien (2) ici, sans doute, se présentait une haute et grande ques tion sur l’origine même du chaos et sur la possibi lité de sa création, hors de quelque chose ou de rien.
Cette question terrible avait dès longtemps partagé les Esprits.
Quelques Théosophes, effrayés à l’aspect de ce formidable mystère et reculant de vant le danger de le percer avaient déclaré qu’il était impénétrable (3), quelques-uns plus hardis, croyant l’avoir percé, s’imposaient un silence sévère sur l’essence et même sur le nom du Principe chao tique ; et c’est ce qui faisait dire à un poète latin en parlant de ce principe : c’est là l’Être inconnu Prin cipe ces trois mondes.
« Qu’on défend de connaître et dont je sais le nom (4) »... Mais d’autres, aussi hardis, et plus téméraires, ajoutaient à l’audace d’avoir arraché le voile qui couvrait ce principe redoutable, celle encore plus grande de le nommer... je dirai plus loin le succès (1) Aristol. Melaph., L. XIT, 6. (2) Ibid., contr. dogm. .Xanoph.. (3) Thcondonlius, cité par Rocace. Genealog. des Dieuær 1. I. c, 3. (4) Stat. Theb., 1 IV, v. 316. Et tripli mundi sommimi, qucn» scire ne fastum est, Ilium soceo...
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 39 • de leurs entreprises à cet égard. Terminons cet ar ticle par énoncer de quelle manière on l’a désigné en Chine ; car dans ce foyer centrale, comme dans les deux autres, on l’a également connu.
Kemfer assure même que la description que les historiens japonais font du chaos avant la naissance du Monde, est tout à fait semblable à celle qu’on trouve en tête des autres mythologies. (i) Le nom que les théosophes chinois ont donné au principe dont tout a été fait et celui de Tay-Kie, c’est-à-dire suprême principe physique (2).
Ils disent que c’est l’Esprit absolu appelé Ki, agissant au centre de Tay-Kie par une suite des immuables lois du Li ou de la Providence divine, qui opère la sé paration et donne naissance aux deux forces Yang et Yn l’une expansive, l’autre compressive, l’une principe du mouvement, l’autre principe du re pos ; des quelles résultent toutes choses (;).
Ainsi voilà dans les trois foyers centraux le chaos parfaitement caractérisé et nommé, et toujours placé en tête de toutes les cosmogonies. Cette première concordance est faite. Considérons, avant de l’aban donner, que les Phéniciens auteurs du schisme le plus violent qui ait éclaté dans le principal de ces foyers, dans celui qui dominait les deux autres, les Phéniciens qui ébranlèrent l’Empire universel de (1) Bœmpf, hist. Japon, 11 III, c.
1. (2) La racine tai, qui développe toutes les idées de suprématie s’attache à la racine Ta, qui signifie grand, immense. La racine Ki, annonce un principe, un premier moteur ; et aussi un esprit. (3) Mem. conccm. les Çhin., t. II, p. 26 et suiv., t.II etsuiv.
40 l’initiation Ram et causèrent sa ruine, quoiqu’ils changeassent la plupart des dogmes, n'osèrent pas toucher à celui-là. On voit dans le fragment qui nous reste de la sanchoniation, ce que souverain Pontife pose pour principe de toutes choses, un Espace Ténébreux que son traducteur qualifie du mot grec Chaos (i), mais que lui-même nomme plus loin Babou, et qu’il donne pour épouse à l’Esprit divin appelé Colpiab (2).
11 est digne de remarquer que le mot Babou est précisément le même dont Moïse se sert pour exprimer l’état de la Terre, tandis que son exis tence, encore en puissance d’être, n’était pas passée en actes (3). Au reste, c’est aux Phéniciens qu’on doit ces qualifications d’Epoux et d’Epouse, et ces idées de mariage entre les Ténèbres et l’Esprit divin, la Matière et l’Amour, la Terre et le Ciel, dont on a tant abusé par la suite.
C’était une conséquence iné vitable de leur schisme. Et, à cet égard, il y a ici une singulière observation à faire : c’est que l’Abîme Tb’bom tient en hébreu à une racine qui entraîne avec soi l’idée du genre masculin (4), et que ce (1) Fragni.
Sanchon., § 1 lit supra. (2) Ib.d., § V. (3) Ce mot Bahou, a été expliqué dans mes notes sur la Cos mogonie de Moïse, p. 29, le mot Colpiah, qui vient lui opposé par sanchoniation, signifie, comme l’a dit Fourmon, La Parole divine, kol-ph-Iah. C’est le logos de Platon. (4) C’est la racine hou, qui, caractérise l’être absolu. Le pronom masculin houâ. 11 lui en dérive ainsi que le verbe absolu hoiléh, être.
Cette racine régie par le signe initial de la réciprocité mutuelle dans Théou, exprime une existence contingente, une puissance
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 41 même genre se retrouve donné aux mots analogues Thaumas et T ani as, et même au mot Chaos qui en est la traduction ; tandis que les Phéniciens ont ap pliqué le genre féminin à leur Bahou, et ont ainsi travesti le premier principe de ¡’Univers en une femme qu’ils ont ensuite rendue épouse et mère.
C’est de là qu’est venu le mot A’Omoroca que lui donnèrent les Chaldéens, et celui A’Omoïsi qui lui fut appliqué par les Egyptiens lorsque ces deux peuples eurent subi le joug phénicien. Le premier de ces mots signifie la Mère de l'immensité ou de ¡’Etendue infinie, et le second, la Mère des êtres (i).
Ces mots, d’abord rendus en Grèce par celui de Demeter la Mère absolue, tombèrent dans l’oubli à d’être et revêtue du signe final collectif, dans th’hom, désigne une puissance d’être universelle.
C’est à tort que les grammairiens arabes à leur exemple les hébraïsant ont voulu faire sortir ces mots du verbe arabe lhahm, qui signifie être frappé d’étonne ment, ce verbe ainsi que l’ébreu thamah, ou même le chaldéïque thahah, qui ont le même sens dérivent au contraire des mot primitifs thohou ou th’hôm, qui caractérisant un principe inconnu insondable, immense, ont entraîné avec eu le sens d’étonnement, d’admiration et même d’épouvante.
C’est de là que sont venus les mots Grecs et thambos et Thaûma, un étonnement mêlé de craintes une chose étonnante, qui frappe de stupeur ; ainsi que les verbes qui en découlent et thambein et Thaumazein, s’étonner, éprouver un sentiment de crainte ou d’admiration. (1) Le chaldéïque Onwroca, est composé des mots Aôm-haRalciah, la Mère ou la Matrice de l’étendue, l’Egyptien Ornoïsi se forme des mots Aôm-ha-ishs, la mère ou existences maternelles.
Le grec Dêmeter se compose du mot dê, tout ce qui est radical, au mot chaos, il tient de câlin hoa, dont j’ai déjà qui caratérise mère. Quant intégral et du mot la racine d’où dérive le pronom masparlé dans la note précédente. Cette la matrice des
l’initiation l’avénement d’Orphée et furent remplacés par celui de Chaos, qui rendit à la faculté masculine la préé minence qui lui avait été longtemps ravie. Ce mot, qui tient à la racine primordiale de l’existence mas culine, signifie exactement l’Etre en puissance d’être.
Quant au mot français Abîme il renferme la même signification que les analogues latin et grec abyssus et abyssos ; et caractérise une profondeur infinie, une étendue immense dont on ne saurait trouver ni le commencement ni la fin.
Après avoir démontré l’existence du chaos pri mordial, en tête de toutes les cosmogonies, et prou vé ainsi l'universalité de l’idée de Moïse à cet égard, continuons à examiner le texte sacré de cet écri vain théodoxe. IVe EXAMEN Or, il avait dit, Lui-les-Dieux, la Lumière sera, et la Lumière avait été. Et, considérant cette excence lumineuse comme bonne, Il avait déterminé un moyen de séparation en tre la lumière et l’Obsctirité.
C’est ici que commence le Décret divin qui a. posé les principes de l’Univers. Non encore que racine régie par le signe de la puissance assimilative ch, déve loppe l’idée que j’ai exprimée. Les mots qui suivent Abissos, abyssus abîme, sont tous les trois l’expression d’une privation de fond ou de terme. Les deux premiers dérivent du grec « .une profondeur, et le dernier du latin imus, qui a le même sens.
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 43 Moise entre d'abord dans aucun détail touchant l’exécution de ce Décret. Il donne à connaître seu lement quel avait confié cette exécution ; et il le signale sous l’emblème de la Lumière.
Mais cette Lumière n’est point celle qui émane ou du Soleil ou de la Lune, ' puisque ni le Soleil, ni la Lune n’existait pas encore ; c’est une lumière purement intelligible, qui, pour devenir sensible, a besoin, comme cet habile théosophe le dira plus loin, de concentrer ses rayons immatériels dans des foyers convenables et de les y réfléchir, afin de pouvoir affecter des organes mortels (i).
Considérons cela ; et voyons que ce qu’énonce ici l’Ecrivain hiérographe se lie intimement avec ce qu’il avait énoncé ; en disant quel’Esprit divin exer- (1) Le nom par lequel Moïse désigne l’Esprit divin est, comme je l’ai dit, celui de Rouah-Aelokim, Le souffle de lui des Dieux. Mais le mot Rouah, ne signifie pas simplement souffle. 11 signifie aussi un mouvement vers la dilatation et l'expansion.
C’est au sens figuré et hiérogliphyque la puissance expensive opposée à celle des ténèbies qui est compressive. On trouve dans l’expres sion de' ces deux puissances, le système universel des deux forces opposées que les sages et les savants de tous les siècles, depuis Parménide et Pvthagore jusqu’à Descartes et Newton, on vu dans la nature, et qu’ils ont signalées par des noms diflérents le mot hébreu n’a pas une signification aussi simple.
Comme issu du verbe latin spirare, respirer, il annonce toujours bien un principe de mouvement et de vie, mais au lieu de dépendre d’une seule racine comme l’hébreu, il se compose de trois aeshpi-rouah. dont le sens est exactement, prendre par la bouche le souffle vital : de manière que dans notre mot Esprit se trouve l'idée complexe d’un souffle vital pris par là'bouche. Cette idée complexe disparait néanmoins dans l’idée simple que nous en. avons.
--1 -'-m ■' t. V J 44 l’initiation çait encore son action génératrice au-dessus des eaux. Or ne fallait-il pas, pour que tout ce qui pou vait être connu du lecteur initié le fût, qu’on lui apprît quelle était l’origine de cet esprit, et sous quelle forme sensible il paraissait à ses yeux? Voilà ce que fait Moïse avec une sublimité qui a été sentie de tous ceux auquels la magnificence de ses paroles est parvenue (i).
Il déclare que cet Esprit se mani feste sous la forme de la Lumière, et que son ori gine est dans la volonté même de Dieu, qui le fait passer de puissance en acte dans le moment indivi sible de l’émission de sa pensée. Voyez qu’il n’est point question ici d’aucune période temporelle, d’Etre des êtres qui agit encore hors de son décret, agit hors du temps. Il veut que la Lumière soit, et la Lumière a déjà été.
Elle a été de toute éternité ; mais de toute éternité intelligible, elle n’a pas été sensible de toute éternité.
Cependant, Dieu qui a conçu de toute éternité la possibilité temporelle de sa sensibilisation, a posé le’mode possible de cette sensibilisation qu’il a considérée comme bonne, à cause de son but qui devait être le Bien, et il a déterminé de quelle manière elle s’effectuerait par la dissolution des Ténèbres et le mélange des deux Principes.
Ainsi donc, pour continuer à paraphraser les paroles mystérieuses de l’Ecrivain sacré, je dois ajouter, après avoir dit que sans l’Esprit divin tout ne serait qu’un abîme infécond, ce qui est néces- (1) Longim. ... ------- UX-----;------------------------------
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 45 sairement dans la pensée du lecteur et dans celle de Moïse : « Mais quel est cet Esprit qui .crée les Eaux en « les tirant ainsi du sein des ténèbres? C'est la « Lumière intelligible dont la source intarissable « est dans la volonté divine : C’est la Parole toute- « puissante du Très-Haut. Dieu a voulu, de toute « éternité que la Lumière soit et la Lumière a été.
« Cependant, cette Lumière intelligible, existant de, « toute éternité, peut devenir sensible dans le « temps, et néanmoins l’Etre des Etres la considère « toujours comme bonne dans cet état temporel, à « causedeson butqui estde changer les ténèbres, en « les dissolvant; et de les rendre lumineux en leur « communiquant sa propre nature.
C’est pourquoi « il détermine un moyen d’opérer cette dissolution, « en donnant à l’esprit lumineux la force dépensive « nécessaire pour séparer les Eaux des Ténèbres. » Ve EXAMEN Désignant Lui-l es-Dieux, cette Lumière élémentisation intelligible sous le nom de jour, manisfestation phénomèniqueuniverselle, et cette Obscurité, existence sensible et matérielle, sous le nom de Nuit, manifes tation négative et mutation des choses : et tel avait été l'Occident, et tel avait été l’Orient, le but et le moyen, le terme et le départ, de la première manifes tation pbénoménique. Mais l’Esprit divin, considéré sous la forme d’une
/ ; ~ ■.. ■ --------------------------- — ■1 »’ « 46 l’initiation lumière intelligible, cessera désormais d’être pure ment intelligible, et deviendra sensible, dès le moment que le Décret qui doit constituer l’Univers, aura pris un commencement d’éxécution. Alors la lumière, jusqu’à ce moment inaltérable et toujours la même, éprouvera des modifications, des vicissi tudes, et s’appelera jour : c'est à dire manifestation.
Ce sera une période lumineuse quelconque, un mouvement de sa puissance, une réitération de ses effets,- un acte enfin, s’il est permis de s’exprimer ainsi, du grand drame qu’elle doit représenter, sur la scène de l'univers, en présence du Très haut.
Ce nom qui lui est attribué par Moïse ne peut ab solument pas être restreint dans l’espace qu’on en tend vulgairement par un jour; et il faut être entiè rement aveuglé par le préjugé pour vouloir l'y res treindre. Car, comment le Temps dans l’enfance de la Nature, et tandis que le premier moteur reçoit à peine son premier ébranlement peut-il se mesurer?
Existe-t-il un Soleil qui promène ses rayons sur la Terre, y dispense les saisons, et dessine ainsi le cours des années? Une lune qui renouvelle les mois, et coupe par ses phases la monotonie des nuits? Une terre même qui reçoive leur clarté, et se couvre alternativement des feux de l’aurore et des ombres du soir? Pas du tout, il n'existe encore rien de tout cela.
La lumière s’appelle jour, parce qu’elle est sensible, et qu’elle n’est plus immuable. Elle s’ap pelle jour, parce qu’elle manifeste la volonté de l’Être des êtres. Un jour est pour elle l’accomplisse ment d’un article de son Décret, un acte de sa toute
EXAMEN DE LA COSMOGONIE 47 puissance. Un jour dans ce sens, n’a point de lon gueur déterminée. Il se mesure, comme l’a dit Moïse par le commencement et la fin d’une Mani festation phénoménique ; et il est plus long ou plus court selon que les obstacles qui s’opposent au développement du Bien, sont plus ou moins nom breux : mais leur longueur ne fait rien à leur inten sité.
La Lumière intelligible sortie d'un état immua ble, y doit rentrer; et quelque soit le temps qu’elle emploie à parcourir un nombre fixe de révolutions, ce temps est toujours nul pour l’Eternité (i).
Mais, si la Lumière intelligible changede nom en devenant sensible, et en prend un qui marque ses (1) Considérez que ces idées qui sont parfaitement exprimées par le sens des mots hébreux Aôr, la Lumière et tôm, le jour, le ■sont beaucoup moins dans les mots français qui n'ont rien conservé hiéroglyphique. Il faut donc qu’ici la pensée supplée à ■ce que l’expression n’a plus d’assez distinct.
Le mot hébreu Aôt, annonce dans sa racine un élément pure ment intelligible, une clarté intellectuelle, et le mot iôm, une manifestation phénoménale universelle.
Ces deux mots peuvent s’opposer l’un à l’autre dans la langue de Moïse ; mais en français cette opposition ne peut avoir lieu ; attendu qu’il se trouve jjar uu singulier contraste, que le mot Lumière s’attache ainsi que le latin lumen à la racine iôm, régie par le signe de l’extension lioum ; et que le mot Jour, ainsi que le latin diurnus, sortent de là peut cependant observer, malgré cet échange de racine, que la puissance expansive est toujours dans le mot Lumière, et l’action manifestante dans le mot Jour ; à cause des signes ajoutés.
Quant au mot Nuit, en hébreu laîlah, il exprime une négation, une opposition à l’extension, un nœud. L’Ebreu est composé d’après le même principe que le français, mais dans des idiomes diflérents, dans le premier idiome issu du judéen lod, caractérise la négation ne, qui dans le second issu du Celte, tient a la racine nec, d’où se forme le latin nox. ... -------------------------------------------------------------------------------------:
------------------ , : « « « « « CONCORDANCE § 2 EXAMEN DE LA COSMOGONIE 49 plement passives, prennent le nom de Nuit. Et de la fin au commencement de cette révolution, s’écoule la première période lumineuse, le pre mier Jour, ou le premier acte de la création uni verselle.
Parmi les premiers Pères de l'Eglise chrétienne, ceux qui eurent la volonté et la force d’examiner dans la cosmogonie des hébreux contenue dans le Sepher de Moïse, ce qu’ils appelaient le Creatum du Monde, virent bien que cette création devait être considérée sous deux aspects différents, et divisée en deux époques très distinctes.
Sous le premier aspect, ils considéraient la création comme instan tanée, déterminée par la volonté toute puissante de Dieu, dans un moment indivisible ; mais alors ils concevaient le monde comme purement intelligible, et ne pouvant être saisi que par l’intelligence. Cette première époque de la création, ils la voyaient clai rement énoncée dans les premiers versets de la Ge nèse.
Sous le second aspect, ils regardent la création comme graduelle, s’effectuant dans le temps, et produisant un monde sensible qui n’était que l’imi tation des existences archétypes contenues dans le premier. Ils plaçaient dans cette seconde époque, ce qu’ils lisaient de la distinction des six jours dans la version des hellénistes. Cette méthode d’explication n'avait pas été inconnue aux Rabbins juifs comme 4
j ■... ' ■ • • L INITIATION l’insinue le Savant Maimonide (i). Philon s’en était servi dans l'exposé de sa doctrine (2) et il avait été suivi par Calcidius (3). On cite au nombre des Pères qui avaient adopté ce sentiment. Saint Basile et même St Jérome (4). Le Père Petau et Thomas Burnet qui le partageaient, quoique dans dans des vues différentes, citent une foule d’autorités en faveur de ce système (5).
Selon Clément d’Alexandrie, un grand nombre de philosophes anciens avaient connu cette distinction et l’avaient faite (6). Ils avaient attribué le Monde intelligible à la Monade, ou à l’Unité ; et le monde sensible au nombre six, à cause que ce nombre était dans la science arithmologique, celui de la division de la génération (7).
Saint-Augustin fort instruit dans la philosophie de Platon, à laquelle il attribuait même de l’avoir ramené à l’ortodoxie du christia nisme dont il s’était d’abord écarté (8). Saint-Augus tin lui-même se servit de cette idée pour expliquer la création du Monde sensible, en six jours, telle qu’illa lisaitexposéedanslestraductions vulgaires(9) ; (1) More nev. P. Il, suivant. (2) De Opif Mundi. (3) Chalcid. in.
Tim., n°275. (4) Basil in heyam. hom. I hieromjm. in Epis, ad TU., c. 1» (5) Pelau de Opif in Proem, p. 118 ; Th. Burnet, archeol.^ 1. II, 8. (6) Clem. Alex. Strom., 1. V. (7) C’est à cette idée mistique qu’on doit rapporter l’étymo logie du mot sexe, en latin sexus, dérivant du mot sex, six. (8) August Sonf., 1. VII, ch. 9, 10. (9) Ibid., de Civil, dei, 1, XI, 30.
«---------- ----------------------------------------■— EXAMENS DE LA COSMOGONIE car un génie aussi élevé que le sien ne pouvait point admettre que l’Etre des êtres que la puissance est absolue, eut employé un temps quelconque à la com position de son ouvrage (i).
D’accord en celà avec Origène qui avait ouvertement déclaré qu’on ne pou vait prendre l’histoire de la création dans le sens restreint et littéral, sans tomber dans des contradic tions absurdes (2', il convenait qu’il n’y avait pas moyen, en effet, d’admettre ce sens rigoureux sans blesser la piété, sans attribuera Dieu des choses indignes de sa majesté et de sa justice (3).
C’est alors que dans une exaltation admirable de sa pensée, ce savant docteur que l’Eglise a mis justement au rang de ses Saints et de ses plus grands hommes, ren contra la vérité, et soulevant le voile que, selon l’ex pression de Saint-Paul, Moïse avait jetté sur ses écrits, (4) s’écria : «11 est dit: Dans le principe, Dieu « fit le Ciel et la Terre', Non pas que celà fut ainsi «jen acte, mais parce que cela était en puissance « d’être car il est écrit que le ciel fut fait ensuite.
« C’est ainsi que considérant un arbre, nous disons qu’il y a là des racines, un tronc, des rameaux, le fruit et les feuilles ; non pas que toutes ees choses « y soient formellement, mais virtuellement et des- « tinéesà en éclore. De même, il est dit, Dans lePrin- « cipe Dieu fit le Ciel et la Terre’, c’est-à-dire la (1) Beausobre, hist, du Manich., t. II, 1. VI, ch.l. (2) Origen philocal., p. 6, 7 et 12. (3) August. Çontr. Faust. 1. XXXII, 10, De geneo contr. Manich., 1. II. 2. (4) Epist. orinth., II, c. 3.
52 l’initiation « matière du ciel et de la terre était alors dans un « état de confusion. Or, comme il était certain que « de cette matière devait sortir le Ciel et la Terre, voilà pourquoi cette même matière était potentielle- « ment appelée le Ciel et la Terre (i) ».
Si Saint-Augustin eut continué sur ce ton, la cos mogonie des hébreux aurait été dès longtemps expli quée, et je n’aurais pas eu besoin de me livrer à des travaux si pénibles et si longs pour la tirer de l'obs curité où elle était tombée, en restituant la langue de Moïse: mais le père de l’Eglise suivit plutôt en écrivant les paroles remarquables que je viens de citer, un éclair d’enthousiasme qui lui donnait le sen timent de la vérité, que l’éclat d’une réflexion plus calme qui lui aurait montré la science.
Comme il ne savait pas l’Hebreu et que le texte où il aurait pu l’étudier était inconnu de son temps ainsi qu’il l’avoue (2) et que d’ailleurs la tradition le prouve (3) il ne pouvait pas remonter à des principes fixes qui l’auraient soutenu à la hauteur où il s’était élevé; de sorte que ne trouvant rien dans la version des hellé nistes qui lui servit formellement de point d’appui, il se trompa sur la nature de ses idées, et les jugea allégoriques, tandis qu’elles étaient les seules posi tives et les seules vraies. (zf suivre.) Fabre d’Olivet. .1) Augusl de Genes.
Çonlr. Muni., I. I., c. 3, niun. II. f2) Ibid., J. III, c. 25. (3) Wallon. Prolop. IX, horœ iblicœ, § 2, Richard Simon, hist, erit. 1. I , c. 17 -----------------------------------------------------------------;----------- -- - -
Nous terminerons par quelques notes sur la Man dragore sœur ainée de la Belladone, complétant un autre article sur le même sujet publié précédem ment (voir Initiation avril 1909). Comme nous l’avons dit ailleurs la Mandragore avait encore au siècle dernier l’étonnante réputation que lui avaient fait l’antiquité et le moyen-âge.
Par la forme bizarre de sa racine (les anciens y voyaient la reproduction du corps humain ; par ses principes narcotiques et stupéfiant elle servait d’anesthésique dans les opérations chirurgicales), herbe magique par excellence et puissamment aphodisiaques ; elle guérissait la stérilité, entrait dans la composi tion des philtres d’amour ; mais on connaissait éga lement ses propriétés toxiques ; on savait que le simple contact de ses feuilles provoquait des acci dents, que l'ingestion de la plante était très dange reuse, et c’est bien à ce titre qu’on retrouve parmi • • ■ • % .-S
——-— --------------------------- ... ___ ... .. s 54 l’initiation les poisons employés à l’époque : Sorciers et em poisonneurs utilisaient ses propriétés particulières avec un grand succès. Au quinzième siècle elle servait de talisman, elle devait éloigner les maléfices et procurer richesses et bonheur à ceux qui la portaient sur eux soigneuse ment enveloppée. L’usage de la mandragore comme amulettes, est fort ancien.
La Genèse rapporte que Ruben trouva des mandagores à la campagne et les porta à sa mère Léa. On leur attribuait sans doute alors la faculté de pro curer la fécondité, dont les femmes des Hébreux étaient si jalouses.
Rachel, qui comme Léa, sa sœur, était femme de Jacob, demanda ces mandra gores avec instance, Léa les refusa d’abord; mais lorsque Rachel eut déclaré quelle lui permettait de passer la nuit suivante avec Jacob, si elle voulait les lui accorder à ce prix, et, pour coucher avec ce patriarche, elle donna ses mandragores. Voici d’ailleurs le texte en question {Genèse, chap. xxx vers 14, etc. 14.
Et Ruben étant allé aux champs,au temps de la moisson des blés, y trouva des mandragores, et les apporta à Léa : donne-moi, je te prie, des mandragoresi de ton fils. 15, Et elle lui répondit : Est-ce peu de chose que tu m’aies oté mon mari, que tu veuilles encore prendre les mandragores de mon fils? EtRachel dit: Que Jacob dorme donc cette nuit avec toi, pour les mandragores de ton fils.
LES PLANTES MAGIQUES 55 16. Lors donc que Jacob revint des champs au soir, Léa alla au devant de lui, et lui dit: tu vien dras vers moi, car je t’ai loué pour les man dragores de mon fils ; et il dormit avec elle cette nuit-là. 17. Et Dieu exauça Léa, et elle conçut et enfanta à Jacob un cinquième fils, » Le culte des mandragores fut en vigueur dans toute l’Europe.
On accusa même le Templiers d’ado rer en Palestine une figure appelé mandragore ; ce qui est exprimé dans un interrogatoire manuscrit des religieux de cet ordre (1). Un cordelier nommé frère Richard fit, en avril 1429 contre l’amulette mandragore un vigoureux sermon. Il convainquit les hommes et les femmes de son inutilité, en fit brûler plusieurs qu’on lui remit vo lontairement.
« Les Parisiens dit un écrivain du temps, avaient si grand foy en certe ordure, que, pour vray, ils croyoient fermement que, tant comme ils Lavoient, mais qu’il fut bien nettement en beaux drapeaux de soie ou de lin enveloppé, que jamais jour de leur vie ne serait pauvre. » L’auteur dit ensuite que ces mandragores avaient été mises en vogue « par le conseil d’aucunes vieilles femmes qui trop cuident sçavoir, quant elles se boutent en telles meschancetez qui sont droites sorceries et hérésies » {Journal de Paris sous Charles vi et vu).
C’est sans doute dit Dulaure des Mandra- (1) Ch. Clervoy, Comment on défend sa santé par l’homœopathie. --- ------------ f ■ ï h
_____.—.— 56 L'INITIATION gores que veut parler un poète chroniqueur du quinzième siècle, dans la strophe suivante : J’ai puis vu sourdre en France, Par grande dérision, L» racine et la branche De toute abusion, Chef de l’orgueil du monde Et de lubricité ; Femme où tel mal liabonde Rend povre utilité. (1) Les expressions de cette chronique en vers, se raient une véritable énigme, sans le passage du journal de Charles vi que je viens de citer.
Ces cita tions de deux ouvrages écrits à la même époque s’expliquent mutuellement. La nature ne faisait pas tous les frais de cette composition phallique; l’art venait a son secours, pour en former des simulacres ressemblant aux figures humaines des deux sexes. La plante ellemême ne possédait, dans l’opinion des anciens, ces vertus magiques, qu'autant qu’elle était préparée par des cérémonies mystérieuses.
Voici ce que raconte Jacque Grévin, médecin, sur les préparations et falcifications que l’on fait subir à ce petit homme, formé de la racine de man dragore : « Les imposteurs engravent en icelles (plantes), pendant qu’elles sont encore vertes, la forme d’un homme ou d'une femme, et fichent de la graine de millet ou de l’orge en parties esquelles, (1) Dulaure. Des Divinités Génératrices.
I > - LES PLANTES MAGIQUES 57 ils veulent que le poil naisse.
Puis, ayant fait un trou en terre, ils l’enfouissent et la recouvrent de sablon, jusqu’à ce que les petits grains aient jeté leurs racines, ce qu’ils disent être parfait en l’espace de vingt jours tout au plus : lors ils la retirent de rechef, et avec un couteau bien tranchant, ils ro gnent les petits filaments des grains, et les açcomodent si bien qu’ils ressemblent à la barbe, aux che veux et autres poils du corps.
Il font accroire, au simple peuple sot et niais, que ces racines qui re présentent la figure d’un homme, ne peuvent être tirées de la terre qu’avec un très grand péril et danger de la vie, et que pour les tirer ils y attachent un chien : qu'ils s’estoupent les oreilles avec de la poixe, de peur qu’ils n'entendent les cris de la ra cine; lesquels entendus les feraient tous mourrir, sans qu’il en put échapper un seul.
Les vertus que l'on raconte être en ce petit homme ainsi fait et for gé, sont étranges ; ils disent qu’il est engendré, dessous un gibet, de l'urine d’un larron pendu, et qu'il a de grandes puissances contre les tempêtes et je ne sais quelles autres calamités. Toutefois ce ne sont que folies. » (Jacques Grévin, De l’imposture des Diables}.
L’auteur de la Maison rustique, au mot mandragore, dit qu'il y en a de mâle et de fe melle ; qu’on leur donne facilement les formes des deux sexes féminin et masculin. « Une de ces raci nes ajoute-t-il, est nommée main de gloire. Renfer mée précieusement dans une boîte, elle fait doubler tous les jours l’argent qu’on a. Ces racines passent pour être un remède assuré contre la stérilité. »
58 l’initiation « J’ai vu, dit l’abbé Rosier (Cours complet d’Agri culture) des mandragores qui représentaient assez bien les parties de l'homme et de la femme ; et cette ressemblance tient à un tour de main. On choisit à cet effet une mandragore à forte racine, laquelle après quelques pouces détendue, se bifur que en deux branches.
Comme cette racine ‘est molle, elle prend aisément l’empreinte qu’on veut lui donner, et elle la conserve en desséchant » cet auteur décrit le même précédé pour faire pousser le poil que nous citons plus haut.
Le Petit Alber^ nous a conservé la formule d’Avicenne pour la confection d'une sorte de man dragore : < Prendre un gros œuf de poule noire, le percer, en faire sortir la grosseur d’une fève de blanc et, l’ayant rempli de semence humaine, en bouchant le pertuis bien subtilement en y collant un petit morceau de parchemin humecté ; puis le mettre couver au premier jour de la lune de mars dans une heureuse constellation de Mercure et de Jupiter •et, au bout du temps convenable, l’œuf venant a écloré, il en sort un petit monstre, on le nourrit dans une chambre secrète avec de la graine d’aspic et des vers de terre.
S’il vient à mourrir, on le met dans un bocal de verre avec du bon esprit-de-vin bien bouché. ». « Un croquis nous disent les Docteurs Laurent et Nagous a qui nous empruntons cette note : à la main datant du xve siècle et conservé au musée de Nuremberg a pour sujet un chien déterrant une
LES PLANTES MAGIQUES 59 mandragore ; seulement, au lieu d’avoir bouché les oreilles du chien, son maître sonne du cor comme dans une chasse, tant afin d’exciter l’animal que pour étouffer les cris de la malheureuse plante.
Sui vant les rites coutumies, il fallait, — grave pré caution que nous allions presque oublier, — dit cet auteur que le chien fût noir, couleur chère au sor ciers. » D’Herbelot, dans sa Bibliothèque Orientale, assure d’après les mages Persans, entre autre Listhfallahal-Halimi, qu’il y a péril à couper ou arracher 1’ « abrousanan » (nom arabe de la mandragore), et que le meilleur système à employer est d’atta cher à la plante un chien que l’on frappe à coups redoublés et qui accomplit la dangereuse besogne sans autre risque quepour lui-même(i).
Théophraste dans son Histoire des Plantes, raconte en ces termes la récolte de la mandragore.
« Ils tracent autour d’elle trois cercles avec une épée et la coupent en regardant vers l’oc cident, ils dansent en cercle autour de la racine, en tenant des propos relatifs surtout aux plaisirs de Vénus. » Plusieurs commentateurs de la Bible ont affirmé que la légendaire pomme qui perdit notre aïeuel commune Eve n’était autre que la pomme de man dragore appelée aussi pomme d’amour.
A titre de simple curiosité et pour bien fixer la (1) Georges Chastelain, llecollection des choses merveilleuses advenues en noire terne.
LES PLANTES MAGIQUES 61 laisseras reposer tranquillement trois jours entiers. Puis, après le troisième jour, tu la prendras et tu la baigneras dans de 1 eau chaude, avec l’eau de ce bain, tu aspergeras ton bétail et le seuil de ta maison. Ton sort changera et tu reviendras certaine ment à ton ancienne fortune, si tu prends conseil de ta mandragore.
En outre, chaque année, il te faudra la baigner quatre fois, et, chaque fois, après le bain tu la revêtiras de tes habits de soie et tu la coucheras au milieu de tes plus beaux vêtements, tu n’as pas besoin d’en faire d’avantage. ...
Si tu as besoin de conseils et de directions tu n’as qu’à placer ta mandragore sous ton aisselle droite et tu sauras incontinent si la chose que tu as en vue est opportune ou non. » De nos jours le culte de la mandragore n’est pas encore déracinée. En Russie les charlatans la débi tent couramment aux moujicks comme talismans extraordinaires. Elle porte là-bas le nom de « tête d’Adam », Adamova golova.
En chine on paye les mandragores d’autant plus cher qu’elle se rappro chent d’avantage de la figure humaine, il y a vingt ans, on en payait couramment jusqu’à 6.000 francs ffièce. » Debrio (Disquisitions magiques) nous dit qu’un jour une mandragore osa se montrer à la requête d’un sorcier qu’on tenait en justice, le juge ne crai gnit pas de lui arracher les bras et de les jeter au feu. Fodéré rapportant sa propre observation nous dit « j’avais cueilli dans la campagne une belle (leur une
- -------- .— ■--------------------------------------------------------. ■ . . L . . . . ■ . L INITIATION mandragore, que je plaçais par inadvertance sur la table de mon cabinet de travail, après être resté quelque temps à travailler dans le local, portes et fenêtres fermées, je fus pris de vertige, de faiblesse, puis d’une langueur telle que j’avais peine à me soutenir.
Je ne songeais plus à la mandragore; mon premier mouvement fut d’ouvrir la fenêtre, ce que je fis en m’appuyant, par hasard, sur la plante, qui exhala une odeur fortement nauséabonde.
Je recon nus alors la cause des accidents que j’éprouvais, lesquels se dissipèrent aussitôt que j'eus jeté la plante vénéneuse par la fenêtre. » En Egypte nous voyons Ra en butte à l’impiété et à l’ingratitude des hommes charger sa fille Hâthor (la lionne) du châtiment pendant plusieurs jours elle massacre les hommes et piétine dans leur sang.
La déesse ivre de meurtre, aurait tout exterminé ; mais le Dieu, dans sa pitié, arrêta le carnage par un stratagème. Sept milles cruches furent emplie de mandragores macérées dans le sang des hommes ; la boisson, répandue sur les champs, détourna la déesse elle se mita boire à satiété et ne vit plus les hommes.
Philosophie moderne (l) I LES DEUX COURANTS Les divers systèmes philosophiques qui préten dent expliquer la création de l’Univers et de l'homme peuvent facilement être ramenés à deux : le sys tème spiritualiste, qui fait naître les cosmos d’une volonté divine, et le système naturaliste, qui expli que la création en se passant de Créateur.
Une étude attentive de l’histoire de la philosophie nous montrerait une plus grande variété de systèmes; mais les uns et les autres n’ont guère d’intérêt pour nous, puisque aussi bien on peut les cataloguer dans les deux principaux que nous venons d’énu mérer.
En effet, quelle que soit l’école philosophi que qui nous occupe, on peut la ranger immédiate ment, d’après ses tendances, dans le premier ou dans le deuxième système, puisque les philosophes anciens et modernes n’ont expliqué la création que grâce à une intervention intelligente, divine par conséquent, ou grâce à un heureux concours de (!) Extrait d’un ouvrage sous presse intitulé : Philosophie moderne, par G. de Tromelin et A. Porte du Trait des Ages.
— — _____ ■ 64 l’initiation circonstances, d’événements, par conséquent, sou mise à un hasard d’où toute pensée ou volonté su périeure serait exclue. De là deux grands courants principaux : le spiritualisme et le matérialisme, l'un et l’autre pris en son sens absolu, sans tenir compte des divergences qui peuvent exister dans chacun de ces systèmes.
Il est bien évident, par exemple, que le spiritualisme a vu naître un nombre considérable de courants secondaires, lesquels se flattent de déte nir chacun la vérité. Ainsi, le christianisme explique la création à sa manière, par la Volonté toute puis sante d’un Dieu créateur; mais Platon qui vivait avant l’éclosion de cette théogonie a pu expliquer d’une autre manière la création, et cependant ces deux systèmes sont éminemment spiritualistes.
La religion de l’Inde, appelée bouddhisme, a expliqué la formation du Cosmos d’une manière toute diffé rente, et néanmoins, comme le premier principe est un Dieu, ce système cosmogonique est encore spi- • ritualiste. Nous pourrions multiplier ces exemples -• et prouver que le nombre des systèmes est infini, mais que tous sont plus ou moins spiritualistes puisqu’ils admettent un créateur conscient et intel ligent.
Ces légères différences s’accusent aussi dans les divers systèmes dits matérialistes ; mais tous peuvent se ramener au matérialisme pur et simple, qui est la négation de toute cause supérieure et in telligente. Donc, pour nous, l’étude de la philosophie, ou mieux de la création se ramène à l’étude des deux systèmes dont nous venons de parler. On voit im______
PHILOSOPHIE MODERNE médiatement que ces deux systèmes sont diamé tralement opposés dès le principe, et que c'est cette antinomie catégorique qui doit retenir toute l’atten tion du chercheur. Lequel possède la Vérité inté grale, si toutefois l’un des deux la possède à l’ex clusion de l’autre? Longtemps la spiritualisme a brillé d’un vif éclat, et ses théories étaient acceptées comme articles de foi par l’universalité des savants.
Puis cet éclat s’est atténué, affaibli par les premiè res lueurs du matérialisme naissant. Aujourd’hui, c’est le dernier venu des deux grands systèmes qui triomphe, aux dépens de son prédécesseur. Les savants sont presque tous matérialistes, et le spiri tualisme voit avec mélancolie le commencement de son déclin.
Un jour viendra sans doute où il re prendra sa place prépondérante, car c'ést une loi de l’histoire que les systèmes naissent, vivent et meu rent, pour revivre ensuite sous une forme presque analogue et recommencer le. processus de leur évo lution suivant les noms du cosmos et les rythmes mystérieux de l’humanité. Ne crions pas trop cependant que le spiritua lisme a vécu.
Il succombe sous la harde envahis sante des matérialistes, mais il donne dans ses der niers soubresauts un spectacle réconfortant. Et nous ne serions pas surpris outre mesure que cette ago nie ne fût que le prélude d’une incomparable re naissance.
Ainsi le moyen âge était plongé dans son sommeil séculaire et son ignorance ténébreuse lorsque soudain il fut reveillé par les érudits qui portèrent le flambeau de la science jusque dans les 5 _____ ;---------------- —---------------------- ------- —
l’initiation 66 antres les plus obscurs. Cette renaissance ne fait aucun doute pour le philosophe averti, surtout si les sciences métapsychiques tiennent toutes leurs promesses. Or nous sommes convaincus que les efforts des pionniers du « métapsychisme » ne se ront pas vains et qu’ils feront triompher une fois de plus la vérité philosophique.
Leur système satisfait mieux l’intelligence humaine, et de plus leurs dé couvertes ruineront à jamais les théories et les so phismes dont se berce le matérialisme contempo rain.
C’est donc le spiritualisme qui nous donnera la clef des phénomènes d’ordre psychique qui nous plongent actuellement dans une angoissante impuis sance scientifique : c’est encore lui qui nous expli quera le mystère de la vie et de-la mort et le mys tère plus troublant de la ^création.
II L’HOMME « L’Etude de l’homme ouvre la Voie à l’étude du Cosmos » Au début de ce livre, et avant de poursuivre l’ex plication des systèmes philosophiques nous étudie rons l’homme, car la sentence Socratique : « Connais-toi toi-même » doit être l’objet de nos premiè res spéculations, si nous voulons arriver à la cause suprême, qui est Dieu. D'ailleurs l’étude de l’hom me nous donnera de précieux enseignements sur
PHILOSOPHIE MODERNE •î’Univers, puisque l’homme, est au dire de certains philosophes, un petit monde, un microcosme, c’està-dire la réduction du Cosmos. Pour les matérialistes, l’homme est bien peu de chose : un corps formé de chair, d’os, de muscles, de nerfs, etc. Ce corps possède un cerveau, centre de l’intelligence, et la pensée n’est qu’une sécrétion de ce cerveau. Le langage n’est qu’une vibration des cordes vocales.
Cet homme naît, se développe ■et meurt. Sorti du néant, il retourne au néant, et •c’est tout. Pourquoi est-il venu sur la terre? Pour Templir sa fonction, pour être un chiffre du nombre infinitésimal qui mesure l’éternité : rien de plus. Mais ce cœur qui a aimé, ce cerveau qui a produit des chefs-d’œuvre, cette chair qui a palpité et souf fert, est-ce l’homme tout entier?
Oui diront les par tisans de ce système, c’ést l’homme tout entier : il «n’a pas d’âme, comme le prétendent les spiritua listes, car aucun médecin n’a rencontré cette entité sous son scalpel, aucun physicienne l’a pesée ni photo graphiée, donc elle n’existe pas et ne saurait exis ter. Tout se borne pour nous à n’être qu’un simple .agrégat de cellules vivantes. Ces cellules mortes, Têtre humain a cessé d’exister.
N’ayant pas d’âme, le principe de l’immortalité qui en découle est ré duit à néant, et du même coup l’homme ne peut prétendre à une existence extra-terrestre. Tout finit au tombeau et le trépas mystérieux n’est que l’éva nouissement de nos facultés et la désagrégation totale de nos cellules vitales. La mort, c’est le ■néant. I
68 L’lN'ITIATfON La théorie spiritualiste est moins simpliste et plus noble aussi. Elle est enfin plus humaine, plus consola trice, parce qu’elle nous laisse espérer, au delà du tombeau, une vie nouvelle dans laquelle nous conti nuerons à évoluer vers un idéal plus élevé sans cesse à mesure que l’Etre se perfectionne. Elle distingue dans l’être humain plusieurs éléments, et l’on verra que ces éléments ne sont pas tous périssables.
Certaines religions admettent en nous deux prin cipes : le corps et l’âme, le corps mortel et l’âme immortelle, celle-ci étant le moteur de celui-la. L'Egypte en admettait un troisième, appelé Ka, prin cipe moins grossier que le corps physique, moins spirituel aussi que l’âme à qui il servait d’envelop pe.
C’est ce troisième élémentque le philosophe Andworth appelait « médiateur plastique » et que beaucoup d’auteurs désignent sous le nom de fan tôme des vivants. Ainsi nous voyons que déjà l’homme n’est plus l’être simple des matérialistes, mais un composé ternaire dont une partie au moins ne périt pas.
Dès la plus haute antiquité la philoso phie a affirmé cette trinité dans l’homme, et on en trouva aisément la trace dans les écrits des pères de l’Eglise qui ont fréquenté l’école néo-platonicienne d’Alexandrie. Toutefois cette théorie ne parle que des trois corps principaux, par simplification ; en réalité la tradition nous enseigne que l’être humain possède sept corps, dont quatre seulement habitent sur les trois plans de la Nature (i).
Nous ne nous (1) C’est la théorie théosophique que nous nous coiitentons d’effleurer, sans entrer dans des détails qui nous entraîneraient trop
PHILOSOPHIE MODERNE 69 occuperons que des quatre premiers corps, ceux que nous pouvons étudier scientifiquement et d’une manière vraiment rationnelle. Le plus grossier de nos quatre corps est incontes tablement le corps physique, que nous voyons et que nous touchons. C’est le siège des fonctions de la vie ; circulation, aspiration, digestion, etc. Nous avons ensuite le corps éthérique ou double éthé rique,qui est le siège de la vitalité.
En troisième lieu, noue avons le corps astral, qui est le siège des ins tincts, des désirs et des passions.
C’est le principe mystérieux que les spirites dé signent sous le nom de périsprit (auteur de l’esprit) et certains philosophes et savants sous les termes de inconscience, subsconscience, conscience sublimate, etc. Enfin le quatrième et dernier de nos corps (sur les plans de la nature) est le corps mental, siège de l’intelect (mens) qui renferme le principe immortel appelé âme.
Voici d’ailleurs un petit tableau qui résume la composition de l’homme et qui synthétise à mer veille la théorie que nous tentons d’expliquer. 1. Corps physique 2. Corps éthérique 3. Corps astral 4. Corps mental Sur les trois plans de la nature. A l’état de veille, ces quatre corps sont unis et n'en loin Rappelons toutefois que les théosophes sont les héritiers des doctrines des boudhistes indous. ------- - -------------------- -
70 l’initiation forment qu’un, qui paraît indivisible. Mais pendant le sommeil, le corps astral abandonne le corps phy sique, entraînant à sa suite le corps mental, et voyage sur un autre plan astral (i), tandis que le corps physique, demeure dans le plan physique ou terrestre. Au réveil, le corps astral réintégré son en veloppe charnelle, et la vie unique en apparence recommence, sur le plan physique.
Le phénomènede la mort (sommeil définitif fera encore mieux comprendre l’existence des divers plans. Lorsque1 commence l’agonie, le double éthérique quitte le corps charnel du mourant et demeure auprès de lui quelques jours encore après la cessation de la vie. Puis il meurt à son tour et laisse l’astral libre de prendre son essor vers d’autre régions plus élevées.
Plus tard, ce corps astral meurt, et le corps mental passedans son plan (dans le plan mental ou Manos infé rieur). (1) L’homme, avons-nous dit, est formé de sept corps ou plans. De même l’Univers, et chaque plan du microscome a sa demeure,. pourrait-on dire, dans le plan correspondant du macrocosme.
Donc, à ce moment, l’homme a abandonné suc cessivement ses quatre corps, ses quatre cadavres, , et, son âme, quittant le corps mental, est libre de toute entrave. Elle peut continuer son ascension ou. désirer une réincarnation qui se ferait alors dans le sens inverse, mais nous n’avons pas à nous en oc cuper pour le moment. l . . '■
—r — t * ‘ ‘ ' _____________ PHILOSOPHIE MODERNE Cette étude pour etre fructueuse, ne borner aux spéculations, aux théories ou aux affirma tions : elle doit être expérimentale ; elle doit s’ap puyer sur des méthodes scientifiques. Le philo sophe soutient une hypothèse, échafaude une théorie, construit un système.
Tout cela restera purement spéculatif jusqu’au jour où le savant prouvera par des expériences rigoureuses que l’hypothèse estjuste la théorie confirmée et le système logique. En un mot, il est nécessaire que le savant soutienne le phylosophe, sans quoi ce dernier n’est qu’un chercheur de chimères ou un métaphysicien condamné à l’ouA. Porte du Trait des AgesM suivre.}
THÉORIE DE LA GRANDE MÈRE ou de l’Epouse Divine Le Logos créateur, c’est-à-dire l’Éternel Masculin, s’oppose éternellement à soi-même, et ce renverse ment du Seigneur constitue. l’Epouse divine, la Grande Mère, Dêmêtêr. Dêmêtêr est la Substance plastique universelle, qui, sous l’action de l’Essence première, affecte des Aspects et des Formes variés à l’infini.
Ces Aspects infiniment variés, ces formes toujours nouvelles, constituent les Créatures. « Sur le plan divin », dit Anna Kingsford dans la Voie Parfaite, « toutes choses sont personnelles ». Chacun des Aspect, effectués par Dêmêtêr, chacune des Formes prises par elle, devient donc une créa ture.
Mais, aux yeux de son époux lui-même, il n'y a point de créatures : il n’y a que Dêmêtêr seule, la Vierge sacrée, la femme mystique, la quelle ne fait qu’un avec lui. Elle est son Epouse et sa Sœur docile et vibrante sous le regard d’amour du Mâle éternel, Dêmêtêr revêt toutes les expres sions de la beauté : elle sourit, elle tressaille, elle frissonne, elle pleure, elle se pâme, elle chante, elle resplendit.
Semblable à un diamant merveilleux dont un habile artiste ferait chatoyer les facettes à vos yeux, de manière à vous éblouir par des jeux tou
THÉORIE DE LA GRANDE MÈRE 73 jours nouveaux de lumière, ainsi Dêmêtêr tourne har monieusement dans l’infini; et chacun de ses mou vements révèle une grâce nouvelle, chacun de ses sourires met au jour une beauté inconnue, chacune de ses larmes manifeste un nouveau tressaillement de splendeur. Dêmêtêr est véritablement la Femme pantamorphe, mère de tous les êtres passés, pré sents et à venir. THÉORIE DE LA CRÉATION par l’Oubli de l’Unité L’Etre Unique réfléchit sans cesse en soi-même les aspects de sa Beauté infinie. 11 les contemple avec amour, et, dans cette contemplation divine, il s’iden tifie véritablement avec ceux de ses Aspects qu’il contemple, Et ainsi, il oublie son Essence suprême, il s’oublie lui-même pour s’identifier avec son re flet ainsi imprégné de la Conscience divine, devient une Créature. THÉORIE DE LA CRÉATION par l’Union de l’Unité avec elle-même Un est le seul nombre qui, multiplie par lui-même C’est donc l’Etre Primordial s’affirmant dans son activité créatrice et se répétant dans ses œuvres. \
l’initiation 74 Si, d’autre part, on considère que 2=i-|-i, on voit que l'Unité s’unit à elle-même pour engendrer sa propre Épouse et que ce n'est que par cette union qu’elle peut l’engendrer. S’unir à soi-mêpie, c’est se contempler, c'est ce posséder. L’Unité, en se contemplant, crée son Épouse di vine. La partie contemplante, reste toujours l’Unité, mais la partie contemplée, étant passive, devient Deux, la Grande femme céleste. Une fois que par la contemplation ardente et en thousiaste de toi-même, tu aura créé en toi la Vierge céleste, unis-toi à elle avee toutes les forces de ton amour. Et ainsi tu réaliseras en toi, autant, qu’il est possible dès cette vie, le divin Monde des. Splendeurs. Karl Nissa.
meme » n’aver Méditation sur Quittant la Judée pour retourner en Galilée. Jésus arriva dans une petite ville de la Samarie. Etant assis au bord d’un puits, il vit venir une femme et lui demanda à boire. La Samaritaine ré pondit : « Comment, vous qui êtes Juif, me de mandez-vous à boire, à moi qui suis une femme de là Samarie?
Les juifs n’ont aucun rapport avec les Samaritains. » — « Si tu savais le don de Dieu, reprit Jésus, si tu savais qui est celui qui te dit : « Donne-moi à boire ! » tu lui aurais peut-être adressé la demande et il t’aurait donné d’une eau vive. — « Mais, Seigneur, dit la femme, vous rien pour en puiser et le puits est profond. D’où pouvez vous donc avoir de l’eau vive?
Etes vousplus grand que notre Père Jacob qui nous a. donné ce puits et qui en a bu lui-même, aussi bien que ses enfants et ses troupeaux? » Jésus lui' répondit : — « Quiconque boira de cette eau aura encore soif, mais celui qui boira d? l’eau que je lui donne76 l’initiation rai n’aura jamais soif.
Car l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissante pour la vie éternelle. » — « Seigneur, repartit la femme, donnez-moi de cette eau, afin que je n’aie plus soif et que je ne vienne plus ici pour puiser. » Plus loin, nous remarquons encore ce passage d’un si profond ésotérisme : — « Femme, dit Jésus, crois-moi! L'heure est proche où ce ne sera ni sur cette montagne, ni à Jérusalem que vous adorerez.
Vous adorez, vous, ce que vous ne connaissez point; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs Mais l’heure arrive, et déjà elle est venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en Esprit et en Vérité ; et ce sont de tels adorateurs que veut le Père.
Dieu est esprit et ceux qui l’adorent doivent l’adorer en Esprit et en Vérité. » Les Samaritains avaient construit un Templeen oppositionàcelui de Jérusalem et la Samaritaine croyait, en reconnaissant un juif en Jésus, n’avoir devant elle qu’unhomme aux idées opposées à ceux de sa secte. 11 est, dans les paroles de Christ, un exemple frappant que nous ne devons oublier.
A quelque religion qu’un être appartienne, quelles que soient ses idées, son degré dans l’échelle sociale, rien de cela ne doit compter pour nous. Nous sommes tous des parcelles du Grand Tout qui devront y retourner. Nous découlons tous de la même cause, tous frappés des peines de la chute. Le Mal existe, dit Cl. de Saint Martin, nous voyons :...... .....................................:'
EPISODE DE LA SAMARITAINE 77 tout autour de nous ses traces hideuses quels que soient les efforts qu'on a fait pour user sa difformi té. Or, si ce mal ne vient point du bon Principe, comment donc a-t-il pu naître ? Nos souffrances nous viennent justement de ce qu’à l’origine l’homme n’a pu se maintenir près de ce bon Principe. Le Mal n’a pu être créé par Dieu, essence de toute Bonté : il est uniquement la résul tante des œuvres de l’Homme.
Le Pèra ne nous a pas laissés sans secours et nous a donné entre tous un moyen : la Fraternité. C’est par ce sentiment que prêcha sans cesse le Divin Maître, que nous hâterons notre réhabilitation : la Voie, dirait le Phi losophe Inconnu I Lorsqu’un être vient vers nous, nous demandant un secours, lorsque nous voyons une souffrance morale ou physique notre devoir est de mettre tout en jeu, sans oublier la Prière, pour pouvoir la soulager.
Rappelons nous la réponse du Seigneur, car ce don du Seigneur nous l’avons tous en nous à des degrés différents. Comme ils sont loin ceux qui, ayant dû garder la tradition, ne connaissent que l’anathème, n’ont de bonté que pour les leurs, ceux dont la maxime est devenue : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi. » O mon Maître, ce n’est pas ce que vous vouliez pourtant !
Chaque homme créé par la volonté du Père, ne fait-il pas partie de la Grande Fraternité? Notre cœur n'est-il pas justement le puits dont il est question ? Nous n’avons rien c’est vrai, mais il nous suffit de demander au Père avec toute la sin cérité de notre cœur, un élan suprême de notre
78 l’initiation -âme, pour qu’il nous soit donné pour autrui, que les autres nous occupent plus que nous-mêmes, le Ciel se chargera de nous ensuite. L’eau vive, dont parle Jésus, c’est justement cette bonté divine, qu’il est quelquefois possible de faire descendre en nous. Ce sont les rayons bienfaisants de la Foi, ce sens du cœur, qui nous seront prodi gués.
« Celui qui boira de cette eau, disait Jésus, n’aura jamais soif. » C’est effectivement par la Foi, que nous élèverons notre cœur vers le Père. Nous acquérerons la connaissance de ce que nous sommes, aussi de ce que nous avons été et où nous allons. Nous n’aurons plus soif car nous trouverons là, la Consolation, la Sagesse, la Con naissance.
La mansuétude divine nous sera prodi guée, nous saurons que nous ne sommes jamais seuls, mais qu’un guide est toujours près de nous, non pas un maître inflexible, irritable comme l’a fait l’Eglise — dérision ! — mais un Maître bon, doux comme l’était son fils Jésus, un Vrai Père veillant sans cesse sur nous. Les Pharisiens n’admettaient pas que des doc teurs puissent conserver et s’entretenir des choses sacrées avec une femme.
Les disciples de Jésus l’ayant vu s’entretenir avec la Samaritaine. Le Maître, en conversant ainsi, leur donnait une leçon d’humilité. A notre avis, dans l’invisible, la question de sexe n’existe pas. Si elle a son impor tance pour l’entretien de la vie. sur la planète à laquelle nous avons été destinés, il n’en est pas de
EPISODE DE LA SAMARITAINE même de l’autre côté. Chacun de nous a droit à-la •connaissance de la Vérité et nous ne saurions en faire état pour la refuser à celles de nos sœurs quj la demandent. Chaque être a le droit d’élever ses aspirations à la Connaissance Divine. 11 est pénible qu’une vérité aussi simple ne fût •comprise des premiers Papes, il est navrant de constater qu’un Concile dût se réunir pour accor der à la femme une âme !
Reprenant notre épisode nous remarquons que Jésus spécifie bien que la Vérité, l’adoration du Père seront et proclamée et exercée à n’importe quel endroit de la Terre Le Christ s’exprime claire ment : « Ce ne sera ni sur cette montagne, ni à Jéru salem que vous adorerez le Père; l’heure arrive où vous l’adorerez en Esprit et en Vérité. » Cette re marque est très importante. Il n’est pas de lieu ni d’endroit pour aimer Dieu.
Ou plutôt il en est un et celui là c’est notre cœur. Là seulement est le vérita ble autel que nous dressons pour notre Père, là seu lement nous le servons en raison de la pureté des sentiments qui l’habitent.
« Celui,‘qui moissonne, dit le Christ, reçoit sa récompense et recueille pour la vie éternelle ! » Il est bien certain que Dieu doit mieux aimer notre Prière faite sans aucun cérémo nial si ce n’est tout l’Amour de la créature au créa teur, l’ardente Foi que nous y mettons. Bien pau vres sont ceux qui ne savent prier! La moisson pour nous c’est le choix bon ou mau vais que nous auront fait de nos biens, des connais sances acquises.
Notre récolte sera ce que nous l’auG. Wilfrid. ; L’INITIATION rons faite et l'eau vive dont parlejésusqui la fera gran dir sera la bonté du Père toujours largement dispen sée aux petits, très petits enfants que nous sommes.
6 .•t 3: Î.A...- fH ’■.fri a 'J I 1 • x«£•' * ' • . •"■V O . ; '■ r’ ■fc'.:/ • PARTIE LITTERAIRE Un Roman oeeulte Notre secrétaire de la rédaction, Léon Combes, dont nos lecteurs connaissent le talent littéraire comme prosateur et comme poète et la profonde science initiatique, publie dans le journal spiritualiste Le Fraterniste, de Douai, un grand roman d’occultisme intitulé l'Evolution d'une âme.
Dans ce roman, notre collaborateur, parmi la trame d’une action passionnément dramatique, a mis un prêtre chrétien initié en face du clergé ignorant et dogmatique. C'est ce prêtre qui donne son titre au roman de Léon Combes : L'Evolution d'une âme. Transporter l'Occultisme et la Science Initiatique dans le domaine social et religieux, tel est le but que s’est pro posé notre collaborateur dans ce roman que tous les occul tistes voudront lire.
Voici en quels termes le Fraterniste annonce ce roman (25 avril) : « Nous commençons aujourd'hui la publication de notre grand roman psychosique écrit par l'éminent occultiste qu’est Léon Combes. Notre collaborateur joint à une haute culture une rigoureuse impartialité dans l’étude des phéno mènes occultes et une impeccable tenue littéraire.
Son autorité en matière d’occultisme est incontestable, et nos lecteurs, nous en sommes certains d’avance, seront enthou siasmés de la beauté de cette œuvre nouvelle entre toutes, puisqu’elle aborde un sujet que personne encore n’avait suffisamment entrevu : la Psychose (déterminisme du Plan Invisible). »
82 L’INITIATION Les Annales du Progrès, ancienne Semaine de Paris* commencent à publier un beau travail de Léon Combes sur : La Science sur la terre du Sphinx. L’Initiation et le Génie initiatique de l’Egypte. Nous reparlerons de ce travail de science archéologique et initiatique que notre secrétaire de la rédaction — nos lecteurs ont pu s’en rendre compte ici même — connaît à fond.
Littérature Oeeulte Le Secret de Michel Hoppenheim. — Un volume in-16 de 128 pages. —Prix: 1.59. — Durvillr, éditeur,. 23, rue Saint-Merri, Paris-IV. De tout temps, le problème des origines a passionné les savants et le public. De tout temps, on s’est demandé si l’homme est un être d’essence divine ou un simple mortel, supérieur à tous les autres.
Des chercheurs, au moyen âge,, ont tenté de créer la vie humaine en dehors de l’acte génésique, et Paracelse, dont la figure d’hermétiste illu mine singulièrement cette époque trouble, s'est flatté d'avoir trouvé ce secret millénaire ; il s’est flatté d’avoir fabriqué un homunculus.
Ce secret, malheureusement, il l’a emporté avec lui dans la tombe, et d’autres savants adonnés aux sciences occultes, en dépit de leurs longues et minutieuses investigations, n'ont pu le retrouver. Aujour d'hui, il excite de nouveau la curiosité et la recherche ardente des expérimentateurs. Naguère, l’un d’eux a créé une cellule artificielle qui lui a donné des animaux-plantes, des zoophites.
Unautre savant plus ambitieux a fait éclore, ; grâce à des procédés qui relèvent de la chimie, des cen taines de têtards qui ne demandent qu’à vivre : ce savant ne désespère pas de perfectionner sa méthode et d’arriver . ainsi à produire des êtres plus élevés dans l’échelle de la. génération.
LITTÉRATURE OCCULTE 83 Le problème presque impossible est donc en voie d’ache minement vers une solution plausible ; et comme en science rien n’est absolument impossible, en dehors des mathéma tiques pures, il faut prévoir le jour où l’homme pourra dire orgueilleusement, en montrant son œuvre merveilleuse : « J’ai créé mon semblable en dehors des lois connues, en dehors de la loi commune qui nécessite le rapprochement des sexes. » Ce problème formidable ne devait pas laisser indifférent ¡es occultistes, puisque, somme toute, il est un des pivots de la science traditionnelle.
C’est d’ailleurs ce qu’a pensé l'un des plus érudits d’entre eux, M. Porte du Trait des Ages, bien connu dans ce milieu savant par ses nombreux travaux tant scientifiques que littéraires. Ce jeune auteur a déjà publié plusieurs romans occultes qui ont tous connu le succès : aujourd’hui il nous présente un nouvel ouvrage, très remarquable, qui aborde franchement le problème de l’origine de la vie et qu’il intitule le Secret de Michel Oppen heim.
Dès les premières pages de ce livre étrange, dont chaque ligne évoque une scène de magie, nous sommes captivés par l’intérêt poignant qui se dégage du sujet et des situa tions. On suit avec une curiosité palpitante, intense et soutenue, les théories hermétiques et les expériences occultes du savant docteur Oppenheim — Paracelse mo derne né au pays de cet autre magicien appelé Faust — et l’on se demande avec angoisse ce qui en résultera.
Oppenheim arrivera-t-il à pénétrer l’arcane secret des alchimistes et hermétistesde l'antique Egypte et du sombre moyen âge, ou échouera-t-il dans cette entreprise surhu maine ? — C’est ce que l'on veut savoir, solution impa tiemment attendue qui vous fait parcourir le livre — merveilleux roman — jusqu’à la dernière ligne.
Nous nous garderons bien de déflorer ce mystère en violant le secret de Michel Oppenheim.... mais nous conseillerons à tous les amateurs de merveilleux scientitifique, à tous les occultistes et même à ceux pour qui le
84 l’initiation problème de la vie n’est pas chose négligeable, de lire ce petit roman qui ne peut manquer d'intéresser tout le monde. H. Durand. baissez venir à moi les petits enfants Au docteur Papus, hommage très respectueux. En un pauvre logis, cabane dénudée, Avec ses père et mère le jeune Amedh vivait, Près de Jérusalem, la ville de Judée, Barrant tout l’horizon comme un étang de lait.
L’enfant, enveloppé dans sa gandourha grise, Jalousait la fortune et les brillants destins Des riches dédaigneux de la loi de Moïse, Epuisant chaque jour leurs trésors en festins. En ce temps-là, Jésus et ses fervents disciples Cités par saint Mathieu parcouraient le pays, Attirant à leur voix des auditeurs multiples, Nombreux comme les grains des épis de maïs.
Sur le mont, au milieu de la foule assemblée, Les miracles divins en grand nombre étaient vus : L'enfant se tient debout, intéressé d’emblée Par l'occulte pouvoir du verbe de Jésus. ★ * ♦ Dans le cœur du bambin pénètre la lumière. « Les tout petits enfants laissez venir à moi, Dit le Galiléen ; par la sainte prière Et par la charité vous comprendrez ma loi:
. VICTOIRE DES SOURCIERS 85 Ne soyez pas jaloux du pouvoir du monarque, Ni du chef, ni du prince aux karmas enviés : La pauvreté pour l'homme est la divine marque, Les pauvres en Eden seront tous conviés. » Jésus de Nazareth, au geste lent et digne, Attire près de lui le jeune inconscient ; De ses deux doigts levés, Il fait le divin signe Transmis à ses élus, sur le front de l’enfant...
Alors Ahmed sentit le bienfait du symbole : De son âme à jamais le malin fut banni, Car, ayant entendu les divines paroles, 11 est initié, Jésus-Christ l'a béni. Tarnava.
VICTOIRE DES SOURCIERS Malgré des expériences probantes et peut-être auss parce que le charlatanisme s’est introduit là comme par tout, la rabdomancie, qui est l’art de découvrir les sources cachées par le moyen de la baguette, compte de multiples adversaires, et, jusqu’à présent, n’a point été considérée comme une chose sérieuse.
Cette injustice va cesser, grâce au gouvernement alle mand, qui a demandé à son Ministère de l'Agriculture, à la suite de constatations étonnantes, une enquête sur la question. Ces constatations viennent des concessions africaines allemandes, où l'on a besoin d’eau. N’en trouvant pas, on s'est décidé, en désespoir de cause, à essayer de la ba guette.
Or, sur 148 emplacements qui ont été indiqués par elle, et où des sondages approfondis ont été faits, 117 renL’INITIATION fermaient une source souterraine.ee qui constitue une pro portion, vraiment troublante, de 80 0/0 environ, qui ne peut être l'effet du hasard.
Il a paru au gouvernement allemand que des résultats semblables rendaient nécessaires des travaux officiels, et qu’on ne pouvait pas repousser avec dédain, uniquement parce qu’il est encore impossible d'en expliquer la nature, une méthode capable de rendre fertiles des contrées in cultes.
L’exemple pourrait être suivi en France, où nous avons un assez grand nombre de bons « sourciers », se servant très bien, et souvent avec succès, de la fameuse baguette. Des expériences, faites avec leur concours, offriraient intérêt capital. Elles seraient, dans tous les cas, plus pratiques que recherches de cette devineresse qu’on autorisa, il y a quart de siècle, à fouiller la basilique de Saint-Denis, pour y retrouver un problématique trésor.
Une histoire du même genre eut lieu à Bordeaux, vers 1897. Un vieil escroc obtint la permission de creuser le sol de la Char treuse, afin de mettre à jour un caveau, dans lequel avait été caché un veau d’or d’une grosseur prodigieuse. On ne découvrit pas plus le veau d’or de Bordeaux que les richesses de Saint-Denis^ En revanche, on peut indiquer l’existence des sources.
Ceci n’est pas discutable; mais, pour le faire admettre, il a fallu les heureux effets des fouilles africaines, où la victoire des rabdomanciens a été complète. Il semble donc que les sourciers soient à la veille d’une revanche brillante, qui les consolera des amertumes passées et de toutes les railleries des sceptiques.
Ne nous en plaignons pas, car nous n’aurons jamais trop de bonne eau pure, en un temps où les rivières sont si facilement empoisonnées, — conséquence singulière, mais fâcheuse, des progrès de l’industrie !
ORDRE MARTINISTE * - ’î ORDRE MARTINISTE ORIENT DU CAIRE MEMPHIS l’installation d’une deuxième L * *' * Une nouvelle Loge martiniste (INRI) vient de se fonder à Bruxelles, sous l’obédience du Suprême Conseil de France. Une ten.‘. funèbre en l’honneur de J.-B. Villermoz, a eu lieu, le 21 février, dans la R;*; L*’/Temple d’Essenie, à i'O:’: du Caire. Dans cette ten.\, à laquelle assistaient de nombreux F:’; et S:’: d'Europe et le F.-.
Zagrel, Insp.‘. Gén.1., lecture fut donnée d’une charte nommant le F:’; E. D., Inspecteur spécial pour l’Egypte. Le 24 mars, eut lieu Mart.:’:, sous le titre distinctif de « Memphis »; l’installa tion fut faite par le F:’: Hadj’ Amr, Inspecteur spécial, assisté des F;*; Selaït-Ha Phitin-’’- de la L;’; Temple -d’Essenie, et du F;’: Michael Philtin, de la L:’: Memphis. Le F;’: Michael, obligé de quitter momentanément l’Egypte, a remis ses pouvoirs à un F;': agréé par le Sup:’: C:’:
88 l’initiation Discours prononcé par le F:’: Zagrel en Ten:’: IVIart.:? dans la R. L. Temple d’Essenie, O.-, du Caire.
T:j C.\: F:j F:j En entrant parmi nous, vous avez ajouté de nouveaux maillons à la chaîne spirituelle reliant, dans l’invisible, les hommes de désir qui, épris d'idéal et de fraternité et connus, sur ce plan, sous des noms divers, suivant les époques et les lieux, ont transmis, jusqu’à nous, l’enseigne ment ésotérique des révélations divines.
Ce sont ces hommes que nous voyons actuellement lutter à la fois contre le flot matérialiste qui menace de submer ger la race latine et la tradition occidentale et contre le fanatisme aveugle d’un sacerdoce, qui, oublieux de l’esprit et ne prenant que la lettre des écritures et des dogmes, prétend annihiler le libre arbitre, et, après 3.0C0 ans, re lever le veau d’or.
Ce sont ces hommes qui, à la face du monde, affirment leur croyance en l’existence, la puissance et la miséricorde de l’Ètre des êtres, de l’Ancien des jours que les religions nomment Dieu. Pour votre évolution spirituelle, une seule règle doit vous guider : l'amozir du prochain.
Aimez-vous les uns les autres, telle est la maxime que Celui que nous reconnaissons comme G A et pour maîtie, donna à ses adeptes, il y a 2.000 ans dans les plaines de la Judée. Pratiquez la Charité, l'Altruisme, le Pardon des offenses ! Spiritualisez-vous, en rejetant la peau de bête dont, suivant la tradition, Adam fut recouvert après la chute.
Quand vous aurez conquis une puissance suffisante sur ce corps qui vous emprisonne, l’Etincelle Divine, illuminant tout être venant en ce monde, se changera en une flamme ardente, qui, suivant le symbole d'INRI, vous régénérera
ORDRE MARTIN1STE 89 et fera de vous un nouvel être spirituel. Vous serez alors deux fois né et mériterez le titre d'initié. Et vous, F:’:, S:': I:*:, vous qui avez le devoir sacré de transmettre nos enseignements et d’amener de nouveaux F:’; à notre cause, je suis persuadé que vous accomplirez sans hésitation votre devoir de Mart. Que vous importeront les sarcasmes, les sourires iro niques qui vous seront prodigués !
Ramenant sur vous les plis du manteau protecteur, vous passerez au milieu de la foule ignorante et souvent hostile, stoïques sous l’injure, inébranlables dans votre foi, semant les enseignements des Maîtres Vénérés de notre ordre. Qu’aucun de vous, F;/, ne redoute pièges ou embûches : un guide est toujours là, sûr et fidèle.
Telle l’étoile guidant les mages vers le berceau du Fils de l’Homme au milieu des plus profonds ténèbres, au sein du plus grand des chaos, cette étoile vous conduira, lumineuse, vers la lu mière Spirituelle. Vous la connaissez, mes F;’;, son nom brille ici, à 1’0rient, et sur tous les documents officiels de l'Ordre. Chevalier de l’illuminisme chrétien, que votre devise soit dans ces mots: « Pour le Christ ! par le Christ ! » Vers le Christ.
Michael ZAGREL, S:’: I:’: • » LOGE OSIRIS Nü 31 8 Il est rappelé que la loge Osiris se réunit tous les ven dredis à 8 heures 1/2 précises, dans l’une des salles de l’Écule hermétique, I5, rue Séguier (de 8 n.à 10 h). M. Ch. Teder y fait un cours d'hermétisme complet et très documenté.
■T’ H? ••• . v • . . 1 ■ .■ . '90 l’initiation ' • Prs /.A . ; 1 Librabius, directeur de la Loge, traite de la magie scien- ■ 3 tifique et pratique. . • n Les mercredis, aux mêmes heures, cours préparatoire l<- ■?. r';' 1. ! .public: Alchimie et hermétisme par Ch.
Teder. | k' ‘ ’ Sciences pratique par Librabius : dont actuellement : les ■ 1 { j • ; [ '• h plantes au point de vue scientifique, médical, toxicolo- - iJE H : gique, industriel, hermétique, hestétique, mythologique ou g 1 légendaire.
Pour être admis aux tenues du vendredi, adresser une p B?z. demande d’admission à la loge Osiris, à M. Loiselle, 15, rue ■ M ■' ’ Séguier. î B Conférences Sédir ' i15« ■ 1 j; |1 De retour d’une série de conférences en province et dar^ r ‘1 • l’Europe orientale, M. Sédir donnera, dans sa salle, 32, rue ■ -4« ¡¡o ' Cardinet (au fônd de la seconde cour, à droite, rez-de- ■•’.ï hr~ ••' chaussée), quatre causeries, le soir, à S heures 1/2 très précises.
Entrée libre. Le Vendredi l4 juin : Le Mysticisme ; Le Vendredi 21 juin : Les Tentations du Christ; Le Vendredi 28 juin : Le Maître ; ? Le Vendredi 5 juillet : Le Disciple. * En outre, les Mardis, 18 et 25 juin, 2 et 9 juillet, dans le ** ’ 4 même local, à la même heure, séances de consultations théoriques et pratiques.
Entrée payante. ■ ’■ Les conférences que M. Sédir a faites à Nice cet hiversont en vente chez Beaudelot, 36, rue du Bac : Les Forces Mys- ‘ 'Ma ik i; ’ * Z .tiques et la conduite de la vie. Vol. in-8, 6 fr. VIENT DE PARAITRE : ■ ' 'Ri Mi * * ■ ¡Pour combattre l’envoûtement, par le Dr Papus. {■•ji — Envoûtements conscient et inconscient, avec 20 fig. / > ‘iA ‘ ' ran ik. • ■ ■ •.- • A * ' - f . : ' ' ■ ■ ■ <
. BIBLIOGRAPHIE 91 explicatives. — MM. Hector et Henri Durville, éditeurs, 23, rue Saint-Merri, Paris. — Prix : 1 franc. Ouvrage extrêmement curieux, entièrement inédit et «donnant sous une forme très concise des enseignements pratiques dont les effets sont indéniables. L’envoûtement — au dire des occultistes — serait l'em poisonnement du corps astral ou double d’une personne, par la haine d’une autre.
11 serait quelquefois inconscient, mais dans la majorité des cas il serait parfaitement .conscient. Toutes ces actions occultes qui constituent l’en voûtement seraient pratiquées dans les campagnes, même •dans les villes, par des individus détenteurs de pouvoirs psychiques et de secrets redoutables dans leurs effets et qui espèrent tirer de l’argent ou semer le malheur terrestre par la pensée ou l’action.
Papus, le grand maître de l’oc cultisme, était seul qualifié pour traiter un tel sujet et pour y apporter une solution satisfaisante. En effet, le lecteur trouvera, dans son ouvrage, non des indications vagues, ■mais de puissants moyens de défense contre les influences psychiques, moyens à la portée de tous, essentiellement pratiques, presque tous inédits et qu’on chercherait vaine ment ailleurs.
La défense contre l’envoûtement, comprend, d’après Papus, trois étapes : 1° La mise du mental en état -de propreté ; 2° l’augmentation des forces psychiques ; 30 enfin la dynamisation de ces forces. L’ouvrage est enrichi de 20 figures explicatives remarquables qui, à elles seules, sont d’un intérêt capital. ★ * * Swédenborg, par Charles Byse. — Léon Martinet, édi teur, 3, rue de Bourg, Lausanne. — Deux volumes in-16 de 370 pages. — Prix : 3 fr. 50. Emmanuel Swédenborg fut un des savants les plus illus tres du dix-huitième siècle et « une des plus fortes têtes
L INITIATION que la nature humaine ait jamais produites >. Admiré par d’éminents écrivains de différents pays, il est encore peu connu parmi nous. Ingénieur métallurgiste à Stockolm, il rendit à sa patrie toutes sortes de services. Il publia, no tamment, beaucoup d'ouvrages très remarqués sur les ma thématiques, la cosmologie, les divers règnes de la nature et la philosophie.
A une érudition encyclopédique et prodi gieuse, il joignait une intelligence géniale, qui lui fit anti ciper, sur plusieurs points, les découvertes de notre époque. Parvenu à l’âge de cinquante-sept ans, il se démit de sa charge d'assesseur au Collège des Mines et se lança dans un domaine tout différent.
Il fut, à ce qu’il prétend, favorisé d’apparitions surnaturelles et entretint, dès lors, pendant vingt-sept années, des relations suivies avec le inonde invisible. Quoi qu’il en soit de ce point, il se plongea tout entier dans l’étude des questions religieuses.
Ayant la plume extraordinairement facile, il écrivit une seconde série de livres latins, qui présentaient à l'élite de ses con-* temporains un protestantisme profondément amendé. * Traitement mental et Culture spirituelle. La Santé et l’Harmonie dans la Vie humaine, par Albert L. CailleT, ingénieur civil. — Vigot frères, éditeurs, 23, place de l’Ecole-de-Médecine, Paris, 1912. — 1 vol. in-18 raisin. — Prix : 4 francs.
Ce k“vre curieux et intéressant, le premier de son genre, en France, expose, de la façon la plus claire et la plus pratique, ces doctrines toutes modernes qui jouissent d'un si grand succès en Amérique et en Angleterre, sous les noms de Christian Science et de Neiv Thought. On connaît l’efficacité de ces méthodes, efficacité qui est prouvée actuellement par des milliers d’observations, im possibles à nier. Il n’existait pas encore d’ouvrages en' français pour vul gariser leur pratique : cette lacune est maintenant comblée,
BIBLIOGRAPHIE &3 et dans le livre ci-dessus on trouve non seulement la théorie et la pratique complètes de tous les modes de traitement psychique, mais encore une étude historique très sérieuse ment documentée de leurs manifestations diverses dans tous les siècles et dans tous les pays.
C’est un livre qu’il faut lire, autant au point de vue pra tique, dans son propre intérêt, qu'au point de vue histo rique et documentaire, afin de pouvoir juger sainement et en toute connaissance de cause, ces troublants problèmes psychiques qui sont maintenant, plus que jamais, à l'ordre du jour. * ♦ Le Secret de Michel Oppenheim, roman .occulte, par A. Porte du Trait des Ages.
Un volume broché. — Hector et Henri Durvillh, éditeurs, 23, rue SaintMerri, Paris-IV®. — Prix : 1 fr. 50. ★ * * Croquis Scientifiques et Philosophiques, par Joli 1VET Castelot, président de la Société Alchimique de France. — Un vol. in-18 de 454 pages. Prix : 3 fr. 50. — Hector et Henri DüRViLLE, 23, rue Saint-Merri, Paris-IV®.
L’auteur a réuni en ce volume alerte et varié, de fond très solide et de lecture attachante, une série de chroni ques et d’études sur l'hermétisme, l’occultisme, le psy chisme et sur les questions philosophiques scientifiques et sociales. Les principaux sujets qui captivent notre époque avide de synthèse sont envisagés avec sincérité, talent et une indépendance absolue.
Voici d’ailleurs quelques-unes des matières abordées par M Jollivet Castellot dans son nouvel ouvrage que le pu blic instruit accueillera avec un vif plaisir: La Clef de la Magie Noire. — Stanislas de Guaita. — L’Astrologie. — Origine et Histoire des Races Humaines. — La Pluralité
________ L INITIATION des Mondes Habités. — Le Magnétisme et la Médecine Spagyrique. — Le Radium. — L’àme de la Plante. — Libre Arbitre et Déterminisme. — L’Homme dans la Nature. — Le Transformisme Zoologique. — La Cellule. — Les théories modernes de l’électricité. — Le Socialisme. — Futura. — Essai syr la Morale. —Enquête sur les phé nomènes médianiques. — La Méthode en Occultisme. — Les syndicats. — L’Elixir de longue vie du docteur Doyen.. ♦ Des Recettes magiques pour et contre l’Amour par René Schwaeblé. — Un vol. in-18, chez DorbonAinéJ 19, boulevard Haussmann, à Paris. — Prix : 2 fr. côtés les plus singuliers de la Sorcellerie est trait au grand facteur de la Vie Humaine i L’un des celui qui a l’Amour.
En tout temps, en tout pays, l’on a cherché à forcer par des moyens magiques un amour qui vous fuit, ou à enlever à une rivale le cœur de l’homme qu’on aime. Pour parvenir à ce double résultat, on utilisait des philtres, des formules d’envoûtement.
C’est le recueil de ces divers secrets magiques qu'a assemblés M. Schwaeblé, en les extrayant de grimoires depuis des siècles en usage dans les campagnes et de vieux manuscrits dormant sur les rayons ‘des bibliothèques. — Il les a, en outre, rapprochés des préceptes qu’Ovide donnait dans son Art d'aimer, de documents divers faisant partie des Archives de la Bastille (comme les fameuses Messes noires auxquelles Mme de Montespan demandait l’amour du Grand Roi) et des recettes orientales qu’on rencontre dans les livres sacres des Hindous ou dans des livres médicaux. — En résumé, cet ouvrage d’occultisme, Folk-lore. est non seulement un intéressant ouvrage mais encore un appoint sérieux à l’étude ,du.
96 l’initiation Nous signalons à nos lecteurs l’apparition, chez Dorbon, 19, boulevard Haussmann, Paris de deux ouvrages appe lés croyons-nous, à un grand succès. D’abord Cag liostro, le maître inconnu, par le Dr MarcHaven, ouvrage admirablement écrit et contenant des révélations remarquables sur les sociétés secrètes et l’exer cice des pouvoirs magiques. Ce volume est accompagné de plusieurs rares illustra tions. La Réincarnation, par Papus, ouvrage entièrement inédit avec 8 planches hors texte. 3 fr. 5O. L’ARCHÉOMÈTRE DE SAINT-YVES Cet important ouvrage est encours d’impression ; les 2OO premières pages sont tirées ; nous rappelons à nos lec teurs que ce volume est en souscription au prix de 25 francs payables d’avance, chez Dorbon, I9, boulevard Haussmann, à Paris. Ce prix sera porté à 30 ou 35 francs dès l’appari tion de l’ouvrage. Le Gérant : G. Encausse. Imprimerie de l’initiation, 15, rue Séguier, Paris. 1 1
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50 Phénomènes VUS, racontés par le médium, suivi d'un Guide pour les 'expériences, par Mmc Marie Mercier, médium. — Un volume 18/12 c. m. Broché......................................... 1 fr. 50 Une Séance de Spiritisme chez J.-K. *Huysmans, par Gustave Boucher, — Un volume 19/14 c. m....................... 1 fr. 50 Les Prophéties sur Lyon, la France et le Monde Entier, par Laurent de Brindes. — Un volume 22/14 c. m . . . . ................ 1 fr. 50 Dorotchim ou la Gloire de Sodome, par Kamidel. — 3 volumes 18/12 c. m . . 1 franc
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On reconnaît la rareté et l’intérêt des planches hermétiques et magiques ‘ de Khunrath; jusqu’à présent, ces planches - étaient sans valeur, puisqu’elles . n’étaient pas accompagnées de leur texte. Les docteurs Papus et Marc Haven ont remédié à cet état de choses en : publiant, chez M, G. Fickér, une édition de luxe donnant l’explication de chaque gravure ç-