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r î I « \ • L"V »T.T. I ,1 IT *11 SOMMAIRE nu v6 (MARS 1912) Page Astrologique (p 193) PARTIE PHILOSOPHIQUE Tltêodoxte Universelle : Examens de la Cosmogonie (p. 19b. ..................................Fabre d’Olivet. .1 propos de la Réincarnation (p. 219) . . Papus. La Vallée de Josaphat............................ Heibling. Les Plantes magiques (Les Fèves) (p. 23!). — La Belladone et la Mandragone) (p. 237) . . C. B.
Du Zéro et de V Unité (p. 250)................................. Karl Nissa. Essai sur les planètes supérieures (p. 255). . . Patria Genty. Eglise gnostique universelle : Profession de foi des membres du Haut-Synode (p. 26 i). Un" religion d'amour, le Behaisme (p. 268). Unité et Unification (p. 271)................................. Paul Nord.
Partie littéraire : Les Embaumements et les Momies. — Un incendie évité. — Ordre Martiniste : Loge Osiris ; Grande Loge Melchisedech — Conférences ésotériques. — Conférences sur l’hermétisme. — Demandes et offres. — Bibliographie. — Livres nouvellement parus.
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L’initation paraît sans interruption depuis Octobre 1888. Cette Revue a puissamment contribué à la renais sance, en France, du Spiritualisme scientifique. • s Mais l’Initiation, ainsi que son titre l’indique, n’est pas une Revue consacrée spécialement à «a anfusion des premiers éléments et des expérience- Je début concernant la Science psychique. L’Initiation est une Revue complémentaire de toutes les revues exotériques. C’est l'organe des études approfondies de l’Esotérisme dans toutes les Ecoles, et elle est établie pour compléter les recherches de tous ceux qui s’intéressent, au psychisme, aux sociétés occultes et à la traditionin initiatique. La collection de VInitiation forme le compendium le plus complet des recherches occultes dans toutes les branches possibles. Fidèle à sa ligne de conduite, ! Initiation est orga nisée pour faire paraître une foule d’études inédites de Saint-Yves sur l’Archéomètre, ainsi que des publications de manuscrits inédits de Fabre d’Olivet et d’autres auteurs qu’elle possède dans ses archives. Deux manuscrits d’Eckarthansen attendent aussi leur apparition. On voit que V Initiation est toujours prête à justi fier son antique réputation.
MARS Signe Zodiacal : LE BÉLIER LE BELIER /*' partie I Zwdinqu«- «lu P.irtHIUf «luGlAA'l Trutplr il F viir 2 ZmllAjp»* «lu PvrU’jnr dnTruipb ■n Sur«! «iTattr a ZoHiatpv «lu PurUqur «In 1 muid Iruipli a Driulrrali 4 Zixl>aqu< Ctrruliui ■■ n Drndrrnb J l'ItüMVpürre dr ->rluiliApublic prit I Kit «•)»*! 6 bphvvr Vuliv «1 Xlxl-arialimrùi L — i I------------------ -- 7 Splirrr Madritiv //' PARTIR I_______ _____ 1 I Zutlifiqtie* <»r<u*K ou Rnuianut
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toutes Ecoles sans aucune distinction, et chacun d’eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. THEODOXIE UNIVERSELLE Examens de la Gosmogonie contenue dans le premier livre de SEPHER DE MOÏSE appelé Bera’shith AVERTISSEMENT (Commencé le 1»’’ février 1823). Avant de m’engager dans les examens qui vont suivre la Cosmogonie des Hébreux, je dois dire un mot sur le texte qui va servir de base à ces examens. Ce texte est celui que j’ai appelé Traduction cor recte de la Cosmogonie de Moïse, et que j’ai placé à la fin de mon ouvrage sur la Langue hébraïque restituée. Cette traduction correcte, qui est comme le corollaire de cet ouvrage, quoique contenue dans un petit nom bre de pages, n’en est pas moins le résultat de deux volumes in-quarto de près de 800 pages. Tout ce qu’il été possible de rassembler de preuves physiques et
I 9v c*4- Ota^Vt 9â ¿X»V i . c^A— c* S— &rn &ru$r~ c^Ca^. X / à a ''fj'l-O-ri > <vZ)xx cyCt^o^y. ¿~O~YY'£- cJÎl~j~^**''— Æ41_^mzmXQ y a£- K^JrnEcritur« de Fabre d'Olivet. _ Reproduction eu grandeur exacte d'après sou uranuserit
196 I/INITIATION morales a été employé pour en démontrer la recti tude.
Il est inutile que je répète ici à quelle occasion je me suis engagé dans ce travail, j’ai assez dit ailleurs comment, cherchant à rassembler des monuments pour composer l'Histoire de la Terre, je me trouvai en présence du plus admirable de tous, de celui qui remonte le plus haut dans la profondeur des temps, et qui énarre avec le plus de force et de clarté le décret éternel qui a déterminé le Principe des choses et l’origine de I’Univers : Le Sepber de Moise.
Mais ce n’était pas assez, comme je l’ai dit encore (i), d'avoir trouvé ce monument et d’en avoir senti toute l'importance : il fallait le présenter de manière à ce que chacun pût le voir et le juger comme moi, indé pendamment de tous les préjugés qui pouvaient en traîner un enthousiasme aveugle ou rebuter une or gueilleuse ignorance. L’entreprise était certainement difficile et périlleuse.
Depuis longtemps, ainsi que je l’ai exposé, et que c'était d’ailleurs une chose connue de tous les savants, on regardait la langue hébraïque comme perdue, c'est-à-dire comme isolée de toutes les autres et ne présentant aucun principe fixe d’après lequel on pût, avec certitude, déterminer le sens de ses termes les plus importants.
Le judicieux Richard Simon, auteur d’une excellente histoire critique de la Bible, avait (1) Voyez principalement VE lut social de l’homme, Disserl. Iatrod.(p .4). et la Nolionsur le sens de l’ouïe: Eclaircis, prélim. (p. 19).
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 197 rassemblé sur ce sujet un nombre infini de recherches, et il avait prouvé, avec la dernière évidence, que la perte de cette langue antique et célèbre remontait, d'après la Bible elle-même qui le prouve, jusqu’à la captivité de Babylone, en sorte qu'il résultait de ses assertions, non encore démenties, que près de six siècles avant notre ère, les hébreux eux-même ne comprenaient plus la langue de leurs aïeux et par laient une sorte de jargon mêlé de chaldaïque, de persan, de syriaque, dans lequel on était obligé, dans la synagogue, de leur paraphraser le livre de la loi (t).
Sans entrer ici dans les détails de tous les travaux auxquels je fus obligé de me livrer pour parvenir au but que je m'étais proposé de restituer la langue hébraïque, afin de rétablir ainsi que sa base l’admi rable monument que nous ont transmis les Hébreux, qu'il me suffise de dire que le résultatdeces travaux, qu'aucune difficulté ne put ni ralentir ni rebuter, pendant le cours de plusieurs années, fut de mettre enfin entre mes mains les principes de cette langue, et de me rendre possesseur du génie même qui avait présidé à sa formation.
Une fois maître de ces principes, leur application me devint facile.
Convaincu de la fécondité et de la solidité de leurs résultats, je les présentai même aux savants philologues, non seulement comme don- (i) C’est dans ce jargon informe, qualifié très mal à propos d’hébreu, et plus tard enrichi de quelques mots grecs et latin, que sont écrits l’un et l’autre Thahnucl et la plupart des livreskabbjdistiques des juifs modernes tels que Zoliar, le Jezirah, etc...
198 L'INITIATION liant la clef de la langue hébraïque, en particulier, mais encore comme pouvant être d’une grande uti lité pour l’étude des langues en général.
Je dis alors dans un prospectus que je publiai, guidé par la seule théorie, ce que je répète ici, instruit par l’expéri ence : que ces principes n'étaient pas difficiles à com prendre, et que je Redoutais pas qu’une personne studieuse qui aurait vaincu la première difficulté atta chée à la lecture des caractères, ne pût les posséder en six mois au plus (i).
A cette époque, quelques savants orientalistes ayant entendu parler de la res titution de la langue hébraïque, regardèrent, il est vrai, cette restitution comme une chimère; et pen sèrent que c’était à l’aide delà Kabbale rabbinique et des livres de la Gemarre, que j’étais parvenu a quel que supposition gratuite ; mais je pris soin de leur dire, dans ce même prospectus dont je répandis un grand nombre d’exemplaires en Europe, que c'était une erreur de leur part ; que mes principes, dont l’ex trême simplicité faisait la force, étaient irrésistibles, en cela même qu’ils étaient tirés de l’essence même de la chose qu’ils prouvaient ; que ce n’étaient point des conjectures, des hypothèses plus ou moins heu reuses, des opinions remplaçant d’autres opinions; (r) C’est précisément ce que j’ai vu, et dont les preuves irrécu sables sont entre mes mains.
M. Lasonnerie instituteur, ayant donné ma grammaire hébraïque à étudier à un de ses professeurs, M. Txxx, celui-ci apprit l’hébreu tout seul, en suivantpasà pas la marche de mes principes, et, en moins de six mois, me présenta une traduc tion du XIe et du XIIe chapitre du Berashitte, telle qu’il m’aurait été impossible de la mieuî concevoir ni la mieux exécuter moimême. . \
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 199 mais la langue hébraïque elle-même grammaticale ment restituée à l’aide des langues analogues, qui, telles que la samaritaine, la chaldaïque, la syriaque, l’arabe, l’éthiopique, la copte, tiennent évidemment aux mêmes éléments, je leur disais de plus, que je n’avais consulté de près ni de loin aucun livre kabballistique, que j'avais même rejeté de mon ensei gnement tout ce qui tient aux minutiers de la Massorre ; et que les points voyelles, admis seulement pour faciliter la lecture, n’entraient pas fondamen talement dans mes moyens.
Je les assurais qtfe ces moyens purement grammaticaux étaient renfermés dans des formes grammaticales, et pouvaient être enseignas même aux enfants, en suivant les métho des ordinaires, ajoutant que tout ce que ces moyens avaient de nouveau, en effet, c’était de faire considé rer les langues du côté moral au lieu du côté phy sique auquel on s'était borné jusqu’alors, en présen tant les mots qui les composent, non comme des pro ductions fortuites ou conventionnelles, mais comme des développements nécessaires d’un principe moral.
C'était donc le système de Platon opposé à celui de Hobbes que je leur offrais : système d’après lequel les mots doivent être considérés comme le résultat des idées, et non comme le résultat des mots.
D’apres la fermeté et l’étendue de cet exposé, les savants devaient certainement attendre avec une sorte d’impatience la publication de mon ouvrage, soit pour en adopter les principes, s’ils les jugeaient utilesetvrais, soit pour lescombattre,s’ilslesjugeaient inutiles et faux : car un ouvrage de cette importance,
200 l'initiation touchant à des connaissances d’un ordre si élevé, ne pouvait point passer inconnu sous leurs yeux, ni les laisser à son aspect dans une injurieuse ou coupable indifférence. Quoi qu’il en soit, l’ouvrage où J’ai restitué la langue hébraïque, dans ses principes grammaticaux, composé de deux volumes in-40, parut en 1815 et 1816 aux frais même du gouvernement qui a bien voulu sacrifier une somme assez considérable à sa publication.
Cet ouvrage a présenté à l’examen des savants : i° une dissertation introductive sur l’origine de la parole, l’étude des langues qui peuvent y con duire et le but que l’auteur s’est proposé; 20 Une grammaire hébraïque, fondée sur de nou veaux principes, et rendue utile à l’étude des langues en général. 3° Un vocabulaire radical, où toutes les racines hébraïques, ramenées à leurs principes constitutifs, se classent et s’expliquent.
Ces trois divisions qui composent la première partie de l’ouvrage sont destinées à préparer et à soutenir la seconde qui est la plus importante. Cette seconde partie contient, après un discours prélimi naire où je montre l’état exact de la question, la traduction que j’ai appelée la Cosmogonie de Moïse, contenue dans les dix premiers chapitres du Berashith.
En traduisant ces dix chapitres, je les ai con sidérés comme formant une décade forcée, dans la quelle le législateur théocratique a renfermé l’ori gine de l’Univers, celle des premiers êtres, depuis la principe élémentaire jusqu’à l'homme, leurs prin
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 201 cipales vicissitudes, l’histoire générale et théosophique de la Terre et de ses habitants. 11 n’était pas nécessaire d’en traduire davantage, puisque je ne voulais m'occuper que du principe des choses. J’ai placé dans cette seconde partie le texte hébraï que en original, et c'est là que je renverrai le lecteur toutes les fois que le sens de mes examens le rendra nécessaire.
Il pourra les consulter, s’il juge à propos de ne pas s’en rapporter entièrement à moi, sur les diverses interprétations que j’en pourrais tirer. Ce texte est celui de la Polyglotte de Paris. J’en ai conservé tous les caractères sans en altérer un seul sous prétexte de le réformer.
Je l'ai considéré comme correct, et me suis bien gardé de m’embarrasser l’esprit du paradoxe tout à fait étrange de ceux qui ont prétendu que les juifs avaient à dessein falsifié les écritures. Quand on sait avec quel soin religieux, avec quel scrupule, avec quel excès d’attention les juifs copient le texte du Sepher, et le conservent, on ne saurait admettre une pareille idée.
Mais, avant de donner en français la traduction correcte de ce texte, il m’avait paru convenable d’en approcher le plus près possible par un mot à mot littéral, qui fît d’abord connaître la valeur exacte de chaque terme de l’original avec ses formes gramma ticales, suivant le génie de la langue de Moïse ; cela était très difficile, non à cause de la construction ora toire, qui, suivant constamment la marche directe, s’écarte très peu de la construction française ; mais à cause de la signification des mots, qui, presque tou jours métaphorique et ne se trouvant point renfer202 L'INITIATION mée en français dans des termes analogues et simples, exige ordinairement la périphrase.
Pour obvier autant qu’il était en moi à cette diffi culté, je me résolus à composer deux versions litté rales, l'une en français et l’autre en anglais, afin que, le mot à mot de l une éclairant le mot à mot de l’autre, elles se soutinssent mutuellement et conduisissent ensemble le lecteur au but désiré.
Ces deux versions, ainsi mises en regard, furent appuyées de notes nom breuses dans lesquelles, appliquant les principes dé veloppés dans la grammaire, je prouvai la significa tion donnée à chaque mot de l’original de la manière la plus forte: c’est là que, prenant un à un chacun de ces mots, je l’ai analysé par sa racine, réduit à ses principes élémentaires, décomposé, recomposé, et confronté, toutes les fois que cela a été nécessaire avec l’analogue samaritain, chaldaïque, syriaque, arabe et même éthiopique et grec.
Ainsi j’effectuai la traduction correcte de la Cosmo gonie que je me propose d’examiner dans cet ou vrage.
J’ose me flatter, ainsi que je l’ai énoncé ail leurs (i), qu’il était difficile de préparer ce résultat par des moyens plus propres à en démontrer la vé rité; de l’asseoir sur des bases plus solides et d'y arriver après desefforts plus soutenus et moins sujets à l’illusion. / (i) Dans le prospectus de la langue hébraïque restituée, duquel j’ai reproduit ici quelques autres phrases. Ces répétitions ne pou vaient pas être évitées, puisque j’avais à dire exactement les mêmes choses.
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 203 F^us de six ans se sont passés depuis la publica tion de cet ouvrage, dont près de 500 exemplaires ont été répandus dans le monde savant. Ce temps a suffi, je pense, pour le faire connaître, et pour le porter entre les mains de ceux qui auraient pu en combattre les principes, s’ils les avaient cru suscep tibles d’être combattus.
Mais jusqu’ici aucune oppo sition savante, aucune critique raisonnée n’est par venue jusqu'à moi.
Au milieu d’une foule d’hono rables suffrages, quelques opinions dissidentes se sont bien élevées, il est vrai ; mais ces opinions émises dans l'ombre, dénuées de point d’appui, et pour la plupart partant de personnes ne sachant point l’hébreu, même vulgaire, ou, le sachant, igno rant le véritable point de la question posée par Maimonide, par Richard Simon et par un grand nombre d’autres savants, tant juifs que chrétiens, duquel il résulte que cet hébreu vulgaire n’est point du tout celui de Moise ; ces opinions, dis-je, n’ont pu faire aucune impression sur moi.
J’ai été plus attentif, sans doute, au désir que plusieurs person nes impartiales m’ont manifesté d’avoir un com mentaire sur la Cosmogonie de Moise, dont le sens, tel que je l’ai donné dans ma traduction verbale ou correcte, leur a paru trop abstrait et trop éloigné des notions communes pour être facilement saisi. Ce désir était assurément très raisonnable, et j’y ai accédé au moment où il m’a été connu.
Seulement, j’ai voulu attendre, pour le remplir, que le temps eût aflferni sur sa base ma Grammaire hébraïque, et que cette base, ou plutôt ces principes de toutes
204 l'initiation les langues de l’Univers, fussent demeurés inaccessi bles aux atteintes, ou qu’ils en eussent triomphé. Ils y sont demeurés inaccessibles. C’est en vain que, pour éluder cette démonstration de la force de ces principes grammaticaux, les sa vants de l’Europe viendraient me dire qu’ils ne s’en sont pas occupés.
Je ne croirais pas à cet aveu, et j’aimerais mieux penser, qu’étonnés à l’aspect de ces principes, si simples et si puissants, doutant s’ils devaient les accepter ou les rejeter, ces savants n’ont su faire ni l’un ni l’autre. Ils ont laissé au temps le soin de les détruire s’ils étaient mauvais, ou de les illustrer s’ils étaient bons, ne voulant ni risquer un combat douteux, ni accorder une victoire facile.
Eh bien,le temps les a illustrés; car le silence même des savants a été une illustration. Un ouvrage de cette nature, comme je l’ai dit, ne peut être l'ob jet de l’indifférence ni du dédain : n’en rien dire, c’est en dire beaucoup.
Mais on m’objectera peut-être que, si les savants n’ont pas attaqué mes principes de front, c’est qu ils n’ont su comment s’y prendre, à cause de leur ex trême nouvauté qui ne permettait aucune comparai son qui pût les mettre à la portée du public, au tri bunal duquel il faut toujours finir par soumettre ses critiques.
Je comprends : eh bien, je vais moi-même montrer au public lui-même comment on peut atta quer mes principes, et comment on peut les ren verser, s’ils sont renversables. J’espère que c’est porter une extrême bonne foi dans les relations scientifiques, et que si, je ne suis pas bien sûrde la
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 205 vérité, c’est jouer un jeu bien désavantageux avec mes adversaires. Je consens à tout. Je parle ici à tout le monde, il est seulement question d’avoir l’esprit juste pour m’entendre: la science n’est nullement nécessaire.
Voyez : j’ai dit que le signe est le principe de la . parole : c’est-à-dire qu'avant de parler une langue quelconque les hommes se sont communiqué leurs idées au moyen désignés; comme font encore au jourd'hui les hommes qui ne parlent pas la même langue ; comme fait un muet par nécessité, comme fait par accident un Chinois à l'égard d'un Russe, un Russe à l’égard d’un Persan, etc..
J’ai dit que les signes qui constituent la langue primordiale du Genre Humain sont identiques pour tous les hommes, et qu’un Lapon qui fera signe oui ou non, sera parfaitement entendu d’un Hottentot qui, s’il lui répond, lui répondra par le même signe.J’ai affir mé que tous les signes qui sont radicaux sont dans le même cas, et s’expriment partout de même: ainsi, aimer ou haïr, menacer ou accorder, appro cher ou fuir, boire ou manger, s’expriment par des signes analogues, en Chine comme en Angleterre, au Mexique comme au Japon.
Tel est le principe que j’ai d’abord posé dans ma Grammaire hébraïque et que j'ai ensuite développé dans mon livre de l’Etat social de ïHomme (i), en montrant de quelle manière les divers signes s’étaient (1) Voyez la Grammaire hé’>raïquet d’un bout à l’autre, et l’Etat Social, t. J, v. I, chapitre iv, p. 87, in fine.
l’initiation accompagnés de l’inflexion vocale, s’étaient trans formés en mots de diverses espèces, en avaient cons titué ki multitude des langues parlées d’un bout à l’autre de la Terre; les mots n’étant pour ainsi dire qu'une substitution de signes, une transformation d’une chose immuable en une chose infinie dans ses modifications.
Cela bien entendu, J’ai enseigné que chaque lettre de l’alphabet hébraïque avait représenté, dans l’ori gine de cette langue, un signe radical, dont j’ai mon tré le sens générique, en posant les vingt-deux lettres de cet alphabet, en attachant à chacune d'elles le sens générique qui lui est propre, en tant que signe. Ces vingt-deux signes étant ainsi fixés tant par la forme que pour l’expression, je suis allé en avant.
J’ai affirmé que deux signes réunis forme raient toujours une racine verbale, portant le carac tère distinct des signes dont elle était formée, et que chaque racine verbale, monosyllabique, donnerait,en s’adjoignant à un nouveau signe ou à une autre ra cine, un mot composé ou dérivé polysyllabique.qui participerait au sens de la racine verbale, et à celui de la nouvelle adjonction qui y serait faite.
Or, c’est ce qui doit arriver constamment pour que mon sys tème grammatical soit juste ; et c’est aussi ce qui arrive. Il suffirait pour faire crouler mon système de me prouver que cela n’arrive pas.
J’ai montré, en expliquant les dix premiers chapi tres du Sepbter, que tous les mots qui le composent ont pu être analysés d’après mes principes gramma ticaux, et, sans aucune exeption ramenés à la raEXAMENS DE LA COSMOGONIE 207 cine verbale, monosyllabique, et celle-ci à ses signes constituants. Pourquoi n’a-t-on pas essayer d’infir mer ma démonstration? c'est parce qu’on ne l’a pas pu. C’eût été pourtant un excellent moyen de me combattre.
Mais peut-être il était trop difficile. En voici un plus court et non moins sûr. Je le livre à mes adversaires, quels qu’ils soient, en les assurant qu’il est infaillible s’ils viennent à bout de l'emplo yer. J'ai expliqué tous les mots hébreux qui entrent dans la composition de la Cosmogonie de Moïse, en appliquant à leur analyse les principes gramma ticaux posés d’avance.
On peut dire, si l’on veut, que le sens que j'ai trouvé, d’après cette analyse, est le produit de ces mêmes principes, et que, par con séquent, il est faux comme eux. C’est bien.
Mais il y a parmi ces mots une foule d’expressions fixes et irréfragables, dont le sens ne peut être douteux; comme par exemple, celle de aôr (la lumière); ârt{ (la terre), sbamain (les cieux), etc., etc., dont les analogues se trouvent en chaldaïque. en arabe, en syriaque, en éthiopique ou dans d'autres idiomes tenant à la même souche. On sent bien que je ne puis pas les changer.
Eh. bien qu’on me prouve qu’une seule de ces expressions, ou telle autre qu’on voudra choisir, dont le sens soit aussi authentique, n’est pas explicable dans ce sens par mes princi pes, et que son analyse leur résiste; alors, je me regarderai comme battu. J’en porte ici le défi positif à tous les savants du monde ; et pour rendre leur position encore meilleure, j’ajoute ce second défi au
l'initiation 208 premier.
Qu’ils prennent un mot hébreu, dont le sens ne soit ni fixe ni irréfragable, et que j’ai tra duit autrement que ne le fait la version hellénique, ou la vulgate, commecelui de(Rakîwha)parcxemplc, que l’une rend par Siérêoma, et l’autre par firtnamentmn, le firmament; ou bien celui de nabasb, que l’on trouve rendu ici par serpent, et là par opbis (un serpent); et qu’ils me prouvent ou que mes princi pes peuvent s’y appliquer dans ce sens, ou que ce sens peut être démontré par des analogies irrécusa bles prises dans les idiomes analogues; qu’ils mon trent, comme ils pourront, enfin, que le premier mot renferme en effet l’idée de fermeté, et l’autre celle de serpent et que j’ai eu tort en suivant mes principes de voir au contraire l’idée d’expension ou d’espace dans rakiwba et celle d’attraction ou de cu pidité dans nabast.
En attendant que les savants répondent à ce défi si simple et si concluant, je persisterai à croire à la bonté de mes principes grammaticaux, et je regar derai comme inattaquable la traduction de la Cosmo gonie, dont je vais faire le commentaire dans une suite d’examens. ❖ :1c
FXAMENS DE LA COSMOGONIE 209 PREMIER EXAMEN Sepber Beroesbitb Le nom que l’ouvrage de Moïse porte en hébreu est celui de Sepber, c’est-à-dire le livre par exellence. Celui de Bible que nous lui donnons vient du grec Biblos ou Biblion. Nous l’avons emprunté à la tra duction hellénistique, dite Version des Septante.
Le mot grec signifie également un livre, mais il a moins de force et d’étendue que l’hébreu ; d'ailleurs, il paraît être formé d’après un autre ordre d’idées. On doit entendre par Sepber une production de la sagesse éternelle, et par Bible, seulement une introduction à la science de la Nature.
Le mot latin Liber, dont nous avons tiré le français Livre, a encore moins de force que le grec Biblos, puisqu’il ne signifie qu'une pro duction quelconque ou plutôt une chose émanée ou séparée d’une autre chose(f). Il paraît que les anciens ( l) L’étyiuologie du mot Sepher se trouve dans la dissertation introductive, p. il. Ce serait une répétition inutile d’y revenir ici.
Les mots grecs Biblos ou Biblios ont été apportés en Grèce par les Phéniciens. Ils sont composés de mots judéens « Babhyleh ou Bab-hylion » c’est à dire Bal, la porte ou l’entrée Hyley ou hylion de tout ce qui est élevé par l'esprit, élaboré par le travail de la Nature ; proprement la matière, le principe matériel appelé de ce même mot « Hyleh » par les Grecs.
Quant au mot latin Liber, il s’attache à la même racine que le verbe Liberarc, qui exprime l’action de porter du dedans au dehors de mettre en liberté, de produire. Cette racine estégalement celtique; et delà, le chaldeique « bnr » une création, un fils, le verbe hébreu * barâ » créer; et le saxon Baban, enfanter; l’anglais to be born, naître, etc.. 9
210 L'INITIATION peuples de race judéenne ou atlantique se servaient des deux mots Sepber et Biblos ou Biblion, pour dé signer un livre, mais en y attachant une signification différente : regardant plus particulièrement le sepber comme dévolu aux sciences intellectuelles spéculati ves, et le Biblos comme destiné aux sciences natu relles et positives.
Ce qui prouve cette assertion, c’est qu’on trouvait dans les contrées, anciennement soumises à l’empire Judéen, et particulièrement en Phénicie, des villes qui portaient l’un ou l’autre nom, soit qu elles se fussent consacrées aux diverses scien ces que ces noms exprimaient, soit qu’elles possé dassent des sanctuaires ou des collèges dans lesquels on gardait avec un soin plus particulier qu’ailleurs les monuments scientifiques appelés Sepber ou Biblos.
On connaît assez la célèbre ville de Biblos, située sur les bords de la Méditerranée au-dessus de Beryte. Cette ville passait pour une des plus anciennesdu monde renouvelé, après le désastre de l’Atlantide. La Byblos d’Egypte, non moins fameuse était sur le Nil, à la naissance du Delta. Les noms de Sz/m/ïz et de Sipani, qui sont analogues à celui de Sepber se trou vent communément dans les anciennes géographies.
On pent se rappeler ce que j’ai dit dans ma disser tation introductive ( i ). touchant cette contrée ou cette ville de la Palestine, appelée Sepber, qui, ayant été conquise par Caleb et donnée à l’un de ses descen dants, fut décoréedu nouveau nom de Dabir (2), pour (1) § v (2) Josué, ch. XV, v. 15.
EXAMENS DE LA COSMOGONIE ¿1'1 exprimersansdoutequ’elle continuerait dans lenouvel ordre des choses qui allait s’établir, à être considérée comme un sanctuaire ou un lien sacré destiné à conserver le dépôt des oracles divins.
Ainsi, il est hors de doute que le nom deSepber, que Moïse donna pour titre à son ouvrage, était connu avant lui. et qu’il exprimait, comme je l’ai prouvé par la traduction et par l’étymologie, une production de la sagesse éternelle.
Mais est-il aussi certain que le nom de Berasbitb, qui s’applique au premier livre du Sepber, contenant la Cosmogonie des Hébreux, et que l’on traduit par celui de Genèse a cause du grec Genesis, qui le rend dans la version des Septante, ait été également donné par Moïse à cette division du Sépher, et qu’il ait été de même connu avant lui comme titre d’ouvrage Cosmogonique?
Non ; cela n’est pas aussi certain, quoique plusieurs savants l’aient pensé (i).
Les pas sages que l’on cite ordinairement pour appuyer cette pensée, n’étant pas puisés dans des écrivains anté rieurs à Moïse, ne peuvent pas servir de preuve; tout ce que l’on peut en inférer raisonnablement, c’est que le mot Beroesbith étant le mot initial du iivre et renfermant un sens très profond destiné à éclairer le sens général de l’ouvrage, ce mot a été choisi d’abord pour désigner l’ouvrage tout entier et lui servir de titre ainsi qu’on en a usé ensuite à l’égard des autres mots par lesquels commencent les quatre livres sui- (1) Kirch : Sedip. Aegypt. T. II. P. II. p. 355. Hottinger, iïist. créations, quœst. 7.
l/l.'.'l'l I ATI OS’ vanls du r«'iilat(’(i(|iic ( i de manière qu’on s’est accuuté à considérer ces mots, et particulièrement le mol Henisbilb comme exprimant un sens que réel lement ils n’exprimaient pas. C’est donc par une sorte d’extension et de métaphore que quelques écrivains hébreux d’une haute importance, tels que Samuel et Jerémie (2), et plusieurs Rabbinsont pris le mot Berasbitb, dans le sens de création (5).
Ce sens ne lui appartient qu’entant qu’il est conçu comme l’expres sion du Livre tout entier qu’il caractérise. Le mot qui exprimait la création proprement dite, ou la loi crétrice qui constitue la Nature, est toujours rapporté dans le fragment qui nous reste de sanchoniaton. C’est le mot berytb, que le traducteur grec ayant confondu avec un être du sexe féminin, a donné pour épouse au Très Haut (4).
Ce mot écrit Berith ou Beriâh, est employé par Moïse pour signifier un status, un décret, ou une chose statuée ou décrétée(5). (1; Les cinq livres qui composent le S’ep/ter ou le Pantateuque de Moïse, commencent par les cinq mots suivants qui leur servent de titre en hébreu : l,r livre, (Beroeshilh). — 2er livre (Shemolh). — 3cr livre (wikrâ).— 4er livre (bemadebar).— 5er livre, (Aeleh-ho-Debarim). — Nous connaissons ces cinq livres sous les noms de Genèse, Exode, Lévitlque, Nombres.
Deuteronome : Mais ces titres tirés du grec ou du latin hébreux, servant de titre, que le seul mot Beroeshith qui puisse nous inté resser pour le moment, c’est sur lui seul que je dois m’arrêter . car ce n’est plus un ouvrage grammatical que j'écris, mais des examens que je fais sur un texte déjà grammaticalement expliqué, comme je l’ai dit. (2) Jérém. 28. 29. I fam. 23 c. (3) R. hammai, cité par Kircher ; Oedip vl supra. (4) Eusel Prop. Evang. c. (5,i Berœshith, ou Genes., IX, 13,16. — Numb., XVI, 30.
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 213 Tel était le sens secret et mystérieux sous lequel cet écrivain hiérographe étendait ces mots que nous tra duisons aujourd'hui par Création ou Créature.
Je prie le lecteur de faire une grande attention à ce que je viens de dire: car c’est dans le sens secret et mysté rieux des mots Béritb et Be'riâb dont la racine intime est la même que celle du mot Beraesbitb. que réside toute la difficulté de la cosmogonie des hébreux. Cette racine sur laquelle repose le fameux verbe Barâ, créer contient, je le déclare, tout le mystère de cette cosmogonie.
Je vais tâcher d’exposer ce mys tère avec autant de clarté et de précision qu’il me sera possible, et j’espère me mettre à la portée de l’intelligence du lecteur, s’il daigne me suivre avec l’attention que mérite et qu’exige une matière de cette importance. ♦ * ♦ IIe EXAMEN Dans le principe, /telobim, Lui-les-Dieux, l'Etre des Etres, avait créé en principe ce qui constitue l'existence des deux et de la terre.
Je ne puis trop répéter que c’est ici que réside toute la difficulté de la cosmogonie. Si je parviens à éclaircir cette difficulté, et que le lecteur la saisisse bien, je lui proteste que rien ne l’arrêtera plus dans la suite; et que ce premier pas une fois fait et affer mi, tous les autres s'y enchaîneront facilement. Je le prie donc de me suivre avec attention, mais sans
- 21 i l’initiation faire aucun effort d’intelligence ; ca c'est dans la simplicité de la pensée que consiste la force, et non dans sa complexité. C'est pourquoi il ne faut, pour la comprendre, que de la liberté et de la justesse d’esprit.
Moïse dit ici que l’Etre des Etres, qu’il appelle Aelobim, d’un nom générique, au pluriel, pour ex primer que cet être ineffable comprend dans son in sondable unité l’infinité des Dieux ou des Intelli gences, avait, dans le principe, créé en principe tout ce qui constitue l’existence des Cieux et de la Terre, c’est-à-dire qu’il avait déterminé en puissance d’être, qu’il avait décrété l’existence possible des choses supérieures et inférieures, spirituelles et matérielles J en sorte que, selon les lois de sa Providence pre mière, ces choses, déterminées en principe, devaient se développer au moment où ce développement de viendrait necessaire, et constituer par suite de ce développement nécessaire, une série de conséquen ces également nécessaires, d’où résulterait une Pro vidence Seconde, nécessitée dans toutes ses produc tions, qui serait non pas opposée à la Providence première, mais différente d’elle, en ce qu’au lieu de procéder selon des lois intelligentes et libres, elle procéderait par des lois fatales et forcées.
C’est cette seconde Providence que les hommes ont appe lée Nature (i) : c’est-a-dire puissance de laquelle (i) Le latin natura, d’où dérive le mot français, s'attache au verbe nascinailre par le facultatif finis natures. Le verbe Nasci indique dans sa acine asc, un passage de la cause à l’effet, un. mouvement opéré de l’Unité à la diversité.
1 \AMENS DE LA COSMOGONIE 215 toutes les choses reçoivent la naissance et le déve loppement : et la Loi qui régit cette nature, ils l’ont appelée Destinée ou Destin (i ), c’est-à-dire ordre stable statué d'avance, et qui ne peut être que ce qu’il est. Aussi, on ne doit voir, dans le texte cosmogoni que qui fait l’objet de cet examen, autre chose que l’énoncé d’un décret.
11 n’y a rien d’historique:, rien de positif dans les termes qui le composent.
L’écri vain hiérographe ne dit pas, comme on le lui a fait dire, que Dieu lit, au commencement, le Ciel et la Terre, mais bien qu’il créa dans le principe le prin cipe même duquel devait dépendre leur existence, qui décréta ce principe, afin que toutes les conséquences qui pourraient en découler en découk si cela était nécessaire. ssent, Le narré de la Cosmogonie des Hébreux n’est donc pas celui d’une histoire, mais l’énoncé simple d’un Décret.
Et remarquez, je vous en prie, que le verbe créer dont on se sert avec juste pour exprimer cet acte divin s'attache à la racine que le mot décret et qu'il ne signifie pas, pur et raison même comme on a voulu le faire croire, en forçant le sens, faire quelque chose de bien, mais décréter une (1) La racine de notre mot destin indique, dans le latin sto,son plus prochain dérivé, un état fixe, une manière d’étre stable.
De là, notre mot état lui-même qui vient du latin status, ce qui ex prime tout ce qui est déterminé, arrêté, tel qu’il doit être d’après ses antécédents.
216 L'INITIATION chose (i), toutes les conséquences qui devront suivre ce principe, ou tous les effets qui découleront nécessairement de cette puissance d’être en tant que cause efficiente.
Si j’ai été aussi simple et aussi cl de l’être, le Lecteur doit savoir à présent que la Cos mogonie que nous examinons est un decret divin, porté par l’Etre des Etres, de toute éternité ; décret que Moïse rapporte comme ayant eu un commen cement d’exécution, au moment où son exécution est devenue nécessaire : moment terrible sans doute, puisque c’est alors que le temps s’est distingué de l’éternité,et qu’une Providence secondeappeléeM7/t//Y. adonné naissance, sous les lois fatales du Destin à un ordre de choses qui n’avait jamais existé aupara vant, du moins de la même manière.
Or, Moïse, en contemplant ce décret divin que la Providence daignait déployer à ses yeux, le voyait dans toute son étendue; il voyait même plus que cette étendue; ses regards pouvaient embrasser du même aspect l’éternité antérieure dans laquelle ce décret avait pris son commencement, et l’éternité (l) Le verbe latin creare, d’où vient le facultatif fini et absolu creatum, et le dérivé decreatum, écrit par syncope dccretum, signifie proprement; déterminer une chose à être, selon l’ordredes choses.
Sa racine Be, qui, dans un sens général, exprime le mou vement naturel qui porte de puissance en acte, désigne en parti culier une chose, de manière qu’on rendrait bien le verbe latin creare par le français choser, s’il était admis. Il est remarquable que la racine du verbe latiu est la même que celle du verbe hé breux (bará), mais, comme elle est revêtue en hébreu d’un signe plus expressif, elle y a plus de force.
EXAMENS DE LA COSMOGONIE 217 postérieure dans laquelle il trouverait sa fin : mais c'eût été bien en vain que ce puissant théosophe aurait voulu exprimer tout à la fois, en langage hu main, l'immensité de cette vue. Cela lui eût été impossible. 11 fut donc obligé,pour se faire entendre des hommes, qui ne voyaient pas comme lui cet admirable tableau, de se placer quelque part pour commencer a le décrire.
Il se plaça à cet effet le plus convenablement qu'il put, hors du tableau en lui-même ; et, s’élevant avec une grande hardiesse de pensée, au sein même de l’éternité antérieure, découvrit le grand mystère de l’Univers, en disant en des termes admirablement choisis dans sa langue ce qui pourrait être pinsi paraphrasé en français : « Dans le principe de son éternelle Pensée, l’Etre « des êtres avait créé le principe des Cieux et de la « Terre, et décrété la possibilité de leur existence.
Mais, sentant aussitôt que, malgré la clarté de ses paroles, l’élévation et la nouveauté de sa pensée pourraient éblouir le vulgaire, qui, frappé des mots de Cieux et de terre (i), qu’il avait été obligé d'employer s’imaginerait peut-être ces choses en (i) Les mots hébreux sont : « Shamain ». les cieux, et « artz » la Terre, c’est-à-dire, comme je l’ai expliqué fort au long dans mes notes sur la cosmogonie de Moïse, les eaux exaltées et l’élément primitif précité et rendu compact par la compression.
Le mot français Ciel, issu du latin Ccelunt. tient à la racine atlantique « hael » et caractérise une chose élevée, divine. Le mot Terre, également issu du latin Terra, tient encore à la racine atlantique » âr b qui exprime l’élément primitif : mais, au lieu que le signe compressifatz a se soit placé après comme dans le mot hébreu (artz) ou dans le tudesque Erd, le Belge
218 L’INITIATION actes et telles qu'il les voyait, se hâta d’ajouter ces paroles remarquables qui vont faire l’objet de notre prochain examen. t. I Aert, le saxon Eord, l’anglais Easth, etc, il s’est placé au com mencement, comme dans le celte Dar ou Dor ; quelquefois ce signe a ¿té omis, comme dans le grec, l’antique celte 1 r, le tartare Ier etc. Fabre d'Oliv et. (/? suivre.)
â propos de la Réincarnation Cette question de la réincarnation est toujours passionnante. Dans quelques jours va paraître un volume que j’ai consacré à l’étude d’une série de problèmes se rattachant à cet angoissant mystère. Mais je voudrais appeler dès maintenant l’attention sur quelques faits énoncés dans l’article de C.B. paru dans cette Revue.
Une école d'occultisme se rattachant à la tradition orientale a énoncé l’affirmation qu’il s’écoulait un temps très long, en général de 900 à 1100 ans entre chaque retour d’un esprit sur la terre. Je n’ai pu découvrir l’origine de cette affirmation au point de vue des textes, bien entendu, car dans des questions sérieuses, il faut laisser de côté les enseignements plus ou moins secrets de loges éga lement aussi secrètes que haut perchées.
Nous avons l’habitude, en effet, dans nos écoles occidentales, d’aimer la clarté autant que les réfé rences techniques, et, l’orsqu’il s’agit de données se rapportant à des livres sacrés, il est clair que c’est à ces livres et aux pratiquant du culte issu de ces livres qu’il faut nous adresser.
Cette opinion de 1100 ans qui s’écoulent entre chaque incarnation est en opposition avec Vensei220 l’initiation gnement ésotérique et exotérique du lamaïsme, qui forme une des sections les plus importantes du bouddhisme actuel, tel qu’il est pratiqué au Thibet. La réincarnation du Dalaï-Lama se fait immédiate ment après la mort physique de ce dernier.
On peut nous objecter qu’il s’agit ici d’un des Boddhi-Satvas, c’est-à-dire un Dieu et que, pour les Dieux, il y a des conditions spéciales. Mais on trouvera, dans l'ou vrage même de M. Sinnet sur le Bouddhisme, une affirmation se référant encore à une réincarnation divine et qui dit que « Sankarakarya est une réin carnation de Cakyamuni né 60 ans après la mort du fondateur du Bouddhisme » {Bouddhisme ésotérique, p. 220).
Inutile de dire que cette affirmation est une grossière erreur historique. Quant à la doctrine, cela est hors de notre sujet. On trouvera dans l’article de notre collaborateur C.B. deux faits du plus grand intérêt, que nous nous permettons de rapporter. « Beaucoup d’enfants, disent les Birmans, se souviennent de leurs vies antérieures.
A me sure qu’ils grandissent, leurs souvenirs s’effacent et ils oublient, mais tant qu’ils sont petits, ils ont la mémoire très nette des choses passées. J’ai vu moi-même beaucoup de ces enfants-là. Il y a quelque 50 ans, deux enfants naquirent dans un village appelé Okshitgon, un garçon et une fille. Ils vinrent au monde le même jour, dans des mai sons voisines, grandirent ensemble, jouèrent ensem ble et s'aimèrent. Ils s'épousèrent donc et fondèrent
A PROPOS DE LA RÉINCARNATION 22'1 une famille, cultivant, pour vivre, les champs arides qui entourent Okshitgon. Ils étaient connus par leur profond attachement l'un pour l’autre, et moururent comme ils avaient vécu, ensemble. La même mort les enleva le même jour, on les enterra ensemble hors du village, puis on les oublia, car les temps étaient durs. C’était l’année après la prise de Mandalay, et la Birmanie en-tière était soulevée.
Le pays était plein d'hommes armés, les routes étaient dange reuses, et les nuits s'éclairaient des flammes qui dévoraient les hameaux. Triste temps pour les hom mes pacifiques, et beaucoup d’entre eux, fuyant leurs demeures, se réfugiaient dans des lieux plus habités et plus rapprochés des centres d’administra tions.
Okshitgon était au milieu d’un des districts les plus éprouvés et bon nombre de ses habitants s’enfuirent; parmi eux un nommé Maung-Kan et sa jeune femme. Ils s’établirent à Kabu. La femme de Maung-Kan lui avait donné deux fils jumeaux, nés à Okshitgon peu avant la fuite du ménage. L’aîné se nommait Maung-Gyi, c’est-à-dire FrèreGrand-Garçon, et le cadet, Maung-Ngé ou Frère-Pe tit-Garçon.
Les enfants grandirent à Kabu et se mirent bientôt à parler. Mais leurs parents remar quèrent avec étonnement qu’ils s’appelaient pendant leurs jeux, non pas Maung-Gyi et Maung-Ngé, mais Maung-San-Nyem et Ma-Gyroin. Ce dernier nom et au nom de femme, et Maung-Kan et sa moitié se souvinrent que ces noms étaient ceux du couple mort à Okshitgon vers l’époque où les enfants étaient nés.
222 l’initiation « Ils pensèrent donc que les âmes de cet homme et de cette femme étaient entiees dans le corps de leurs enfants et les emmenèrent à Okshitgon pour les éprouver. Les enfants connaissaient tout à Oks hitgon : routes, maisons et gens — et reconnurent même les vêtements qu’ils avaient portés dans leur vie antérieure. Il n’y avait aucun doute à avoir.
L’un d’eux, le plus jeune, se rappela aussi qu'il avait une fois emprunté 2 roupies à une certaine Ma-Thet sans que son mari le sût, alors qu'il était Ma-Gyroin, et que cette dette n’avait pas etc payée Ma-Thet vivait encore, on l'interrogea et elle se sou vint qu’en effet elle avait prêté cet argent. Je n’ai pas entendu dire que le père des enfants ait rendu les deux roupies. « Je les vis peu après cette occurrence.
Ils ont main tenant six ans accomplis. L’aîné, dans le corps de qui l’âme de l’homme entra, est un petit bonhomme gras et dodu, mais le jumeau cadet est moins fort et il a une curieuse expression rêveuse, plutôt celle d’une fille. Ils me racontèrent beaucoup de choses de leurs vies passées.
Ils dirent qu’après leur mort, ils vécurent pendant un temps, sans corps du tout, errant dans les airs et se cachant dans les arbres, Et cela à cause de leurs péchés. Puis quelques mois après ils naquirent de- nouveau comme jumeaux, « C’était si net autrefois, me dit l’aîné, je pouvais me souvenir de tout ; mais cela devient de plus en plus effacé et maintenant je ne peux pas me rappe ler comme avant. » C. B.
A PROPOS DE LA RÉINCARNATION 223 Il résulte de l'étude ce ces faits curieux deux ques tions importantes. i° Que le retour des esprits sur la terre suit les mêmes lois pour les pauvres gens comme ces deux' amoureux, que pour les Dieux eux-mêmes, c’est-àdire que la question du temps n’intervient pas et que l'esprit peut se réincarner tout de suite ou très longtemps après la mort physique du corps précé dent.
2° Il y a là aussi un des rares faits de solution expérimentale de ce problème captivant de savoir si l’on change de sexe d'une incarnation à l’autre. Platon prétendait que les femmes étaient des hommes qui s’étaient mal conduits dans une exis tence antérieure et qui revenaient femmes parce qu’on souffre beaucoup plus dans cette existence que les hommes.
Or, nous voyons, dans l'histoire précédente, la femme fidèle d’un mari également amoureux et fidèle jusque dans la vieillesse (nous sommes dans une population presque primitive d'ExtrêmeOiient) revenir comme le frère jumeau de son mari. On ne peut pas se baser sur un seul fait pour établir les lois générales, mais nous attirons l’atten tion de nos lecteurs sur cet intéressant problème se référant à la réincarnation. Papus.
Au Maitre Papus. La Vallée de Josaphat La Bible hébraïque a été rédigée par les Grands Initiés de la haute antiquité; elle contient, minutieu sement décrit, ce que nos religions mettent à la base de leur enseignement sous le nom de la Révé lation. Les circonstances, tout en permettant que le texte sacré nous fût intégralement transmis, n'ont pas voulu que la langue hébraïque nous parvint dans son entier.
On en connaît, avec une approximation suffisante, un cinquième environ de ses mots ; le reste est traduit à tâtons dans le seul but de mettre sur pieds une traduction présentable. Malheureuse ment le résultat final est faux ; si bien que personne actuellement, dans les textes sacrés, ne peut lire et voir l’immensité des vérités que ces écrits sont chargés de nous transmettre. Or vous savez que le Livre vient d’être ouvert ! Vous savez également, par saint Jean, que le Livre doit être ouvert à la fin des temps, pour le triomphe de l’agneau...
LA VALLÉE DE JOSAPHAT 225 Puisque vous avez le courage d'attaquer de face, pour le déchirer, le voile d'obscurantisme qui masque aux yeux des hommes une des vérités les plus grandioses, en leur affirmant la réalité de la Réincarnation, je tiens, en témoignage de gratitude pour la défense que vous avez toujours apportée à la bonne cause, à vous montrer jusqu'à quel point vous êtes en accord avec l'enseignement occulte de nos religions actuelles.
Les religions, dans notre enfance, nous ont ensei gné la résurrection générale, en chair et en os, dans la vallée de Josapbat au jour du jugement dernier. Cette phrase, à elle seule, contient la grande Vé rité, et prise à la lettre elle est fausse d’un bout à l’autre. Comment élucider la question ?
Simplement en traduisant la Bible hébraïque par ki méthode qu’enseigne le Pentateuque lui-même, ce qui nous permettra de voir que/j nature agit tou jours conformément à ses lois immuables. Considérons d'abord la lettre de notre phrase.
La vallée de Josaphat, ou du Cédron, est située à Lest et en contre-bas de la ville de Jérusalem ; elle représente le bassin supérieur du Cédron, la partie où le torrent, longeant le plateau qui porte la ville, coule dans la direction Nord-Sud. Sa largeur mo yenne n’atteint deux cents mètres que si l'on fait des emprunts aux flancs de coteau et sa longueur ne dépasse pas trois kilomètres.
Sa surface totale peut donc s’évaluer à soixante hectares ! Pour servir de lieu de pèlerinage à quelques voyageurs, par une 3
226 L’INITIATION belle journée d’été, remplacement est largement suffisant. Mais combien serions-nous si toute l’hu manité y recevait rendez-vous le même jour ? La science, basée sur l’observation, en remontant jusqu’à l'âge de la pierre polie, assigne à l’homme sur la terre une origine remontant à un minimum de trente mille ans, soit trois cents siècles : et c’est un minimum !
La population actuelle de la terre se chiffre d’autre part par un milliard et demi d’habitants. Admettons que jadis la population moins dense n’ait atteint que la moitié de ce chiffre, et que la durée de la vie moyenne ait été de cinquante ans pour une génération ; le nombre des humains ayant vécu sur le globe dans l'espace d’un siècle se rait représenté de nouveau par le chiffre de un mil liard et demi.
Pour trois cents siècles nous aurions la formidable armée de quatre cent cinquante milliards d’êtres hu mains. Donc, en prenant le texte à la lettre, il faudra lo ger au moins quatre cent cinquante milliards d’hommes sur un petit terrain de soixante hec tares ! N’est-ce pas de la folie ?
Nos jeunes cerveaux d’enfants se sont curieuse ment inclinés devant cet enseignement ; voilà pour quoi, depuis lors, notre raison, guidée par des maîtres inexperts, a rejeté, telles des perles dans les balayures, les plus belles et les plus nobles des vé rités naturelles.
LA VALLÉE DE JOSAPIIA'T 227 Revenons aux livres sacrés et consultons à leur tour les Ecritures Saintes tant délaissées. Tout change ! La vallée de Josaphat, ou du Cédron, a reçu ces noms pour commémorer un fait important, de meme qu’à Paris les rues de Londres ou l'avenue Victor-Hugo ont reçu leurs noms sans qu’il y ait jamais eu aucun rapport direct entre ces rues et le nom qu’on leur a donné. Restent les noms eux-mêmes.
Le Pentateuque nous enseigne comment il faut s’y prendre pour les traduire. Josaphat signifie : ce qui réalise un jugement porté. Cédron signifie : le déchargement. Prises isolément ces traductions ne parlent pas à la pensée. Il faudrait la traduction de tous les pas sages contenant ces noms, ce qui nous ferait sortir de notre cadre ; c’est cependant le contexte de ces phrases qui en ferait clairement ressortir l’emploi.
Deux mots de commentaire en feront comprendre à tout le monde la valeur. Lorsque, dans notre quotidien, nous lisons qu’un homme a été envoyé à Cayenne, ou qu’un enfant a été envoyé dans une maison de correction, les mots Cayenne et Maison de correction évoquent, chacun dans un sens particulier, l’idée de ce qui réalise un jugement porté.
Quant à la Vallée, ce n'est pas plus spécialement une vallée qu’une plaine ou un coteau ; c’est simplement la terre, cette terre que nos poètes eux-mêmes ont dénommée : la Vallée des Larmes. Le mot •' déchargement (Cédron) est une traduc228 l’initiation tion exacte mais brutale; c’est un hébraïsme qu’il nous faut remplacer par un gallicisme ; nous dirons donc, selon l’usage français : Libération avec le sens de Délivrance.
Quelle est la nature de cette Délivrance ? Celle de la mère qui a mis au monde un enfant auquel elle a fourni un corps en chair et en os. Cet enfant est un réincarné. II a été réincarné à sa demande parce qu’il a cédé à la tentation de la matière, commettant ainsi luimême son propre péché originel : il n’y en a point d'autre. Dans les milieux invisibles, où il a vécu d’abord, il était heureux, à l’abri de toutes nos misères.
11 pouvait y rester des siècles et des siècles, car le temps pas plus que les distances n'existent dans le monde psychique. Mais il était las de son bonheur trop calme, trop doux et trop lent, sachant qu’il y avait mieux plus haut.
L’appas de l’inconnu, l’appas du progrès possible, l’attrait des sciences inhérentes à cette matière, si pleine de mystères pour les invisibles, l’a emporté et, malgré les conseils qu’on ne lui ménageait guère dans l’au-delà, il a cédé à la tentation, d’où : son péché originel. L’arbre charnel l’a séduit dans l’Eden ; il a été happé ; la mort seule désormais pourra lui rendre la liberté 1 Ce n’est pas tout. Si peu que l’on sache des contingences brutes du monde matériel dans l’au-delà, on en sait assez pour
LA VALLÉE DE JOSAPHAT 229 pouvoir discerner la valeur qualitative d'un milieu désirable pour une réincarnation. Mais : halte-là ! On ne passe pas comme on le voudrait ! Si l’on était libre, chacun ferait son choix avec un discernement merveilleux.
C’est ici qu’interviennent ces facteuis que nous négligeons si volontiers sur terre quand il s’agit de nous-mêmes : le développement moral, le développe ment intellectuel, le développement psychique, tous, résultats de nos efforts personnels, de nos luttes et de nos souffrances au cours d’existences anté rieures !
Quand nous avons 'été réincarnés, chacun de nous l’a été dans sa vallée de Josapbat, c’est-à-dire dans le milieu qui réalisait le jugement porté sur chacun de nous, d’après notre état de progrès ou de dé chéance ! Cette vallée est donc simultanément celle dejosaphat pour celui qui renaît, et celle du Cédron pour la mère qui a fourni le corps en chair et en os.
Ce jugement sans appel est le dernier que nous avons subi ; à nous d’en mériter un meilleur dans notre stage actuel en ce monde.
Voilà comment quatre cent cinquante milliards d’êtres humains ont pu revenir sur notre terre après leur dernier jugement, chacun d’eux trouvant la vallée de Josaphat dans un tout petit berceau ; et ce n’est pas des berceaux garnis des plus fines den telles que sont sortis les plus grands génies et les meilleurs guides de l’humanité.
230 l’initiation Conclusions Ne jetons pas la pierre aux maîtres inexperts qui ont guidé nos premiers pas sur la terre : ils ont agi suivant leur conscience. Soyons-leur reconnaissants de nous avoir trans mis le peu qu’ils savaient sur les Livres saints : le faisant ils ont attiré notre attention sur ces textes. A nous maintenant le devoir sacré de faire jaillir les flots de cette lumière éblouissante qui doit gui der les derniers pas de l’humanité sur cette terre ! • Puisse votre livre apporter un peu d’espoir et de courage à ceux qui cherchent, ouvrir les yeux à ceux dont la vue a été faussée et jeter quelque se mence dans l’âme à ceux qui cèdent, innombrables, au tourbillon de la vie ! Votre effort n’aura pas été stérile! Heibling.
bes Plantes Magiques LES FÈVES (Faba) Quand les fèves sont en fleur, Les fous sont en vigueur. (Ancien proverbe.) Cette légumineuse, que l’on appelle vulgairement Jère de matais, est, dit-on, originaire de l’Egypte, selon les uns, ou des confins de la Perse, selon les autres ; on ne sait pas au juste quelle est sa véri table patrie, mais là n’est pas ce qui nous intéresse, pour le moment : voyons le côté historique de notre plante. Divers auteurs ont dit que Pythagore défendait absolument ce légume à ses disciples; d'autres ont prétendu que, bien loin de le défendre, il en man geait lui-même. 11 faut prendre ce précepte au figuré, nous dit M. Dacien ; en quoi ces derniers sont encore partagés, une partie assurant que, par les fèves, Phythagore entendait les emplois civils, les magis tratures, parce qu’aux élections et aux jugements, on donnait les suffrages avec des fèves noires ou blanches, — et l’autre partie soutenant que par les
l’initiation 232 fèves le philosophe n’a entendu que l’impureté. L’auteur cité plus haut donne un moyen de concilia tion pour mettre d’accord ces opinions diverses. « Premièrement, dit-il ; il est certain que les Égyp tiens avaient en horreur les fèves.
Hérodote nous l’apprend formellement : « Les Égyptiens, dit-il, ne sèment point de fèves, et n’en mangent ni crues ni cuites ; et les prêtres n’osent seulement pas les regarder, parce qu’ils tiennent ce sorte de légume pour im monde (i). » L’impureté de ce légume n’était pas la seule raison f qui portait les Egyptiens à s’en abstenir ; ils ne man geaient point de fèves, parce qu’ils en connaissaient la nature, telle qu’Hippocrate nous la signale dans son Livre delà diète.
« Les fèves, dit-il, resserrent et causent des vents. » Il n’en fallait pas davantage pour les décrier chez des peuples aussi soigneux de f leur santé que les Egyptiens, qui se purgeaient trois r fois le mois par des vomitifs et par des lavements et qui croyaient que toutes les maladies des hommes ne viennent que des aliments dont ils se nourrissent, Pythagore avait donc pris cela chez les Egyptiens.
Et, comme toutes les abstinences de ces peuples, et celles des Hébreux, avec le sens propre ou littéral, avaient un sens figuré (ou caché), il est très vraisem blable que, sous cette ordonnance de s’abstenir de fèves, il y avait un ordre caché de ne pas se mêler des (l)Tci même le maître Papus dans un récent article : Premiers e'/émenfs de Lecture de la Langue Egyptienne (Initiation, 1912), nous donne la clef de cette aversion du peuple Egyptien pour les fèves.
LES PLANTES MAGIQUES 233 affaires civiles, et renoncer à toute impureté. Tous les symboles de Pythagore avaient ce double sens, que les pythagoriciens observaient avec la dernière exactitude. Voici ce que dit Hiéroclès à ce sujet : « Dans les préceptes symboliques il est juste d'obeir au sens littéral et au sens caché: ce n’est même qu’en obéissant au sens littéral que l’on obéit au sens mystique, qui est le principal et le plus impor tant.
Le sens littéral de ces symboles, comme toutes les cérémonies légales, regardait la santé de lame, l’in nocence et la pureté. Voilà les raisons de l’aversion que les pythagori ciens avaient pour les fèves ; aversion si grande, dit-on. qu’ils se laissaient tuer plutôt que de marcher sur un champ qui en était semé.
Empédocle, dis ciple de Pythagore. qui fut exclu de l’école pythago ricienne pour avoir dérobé des discours, nous dit Timée, avait une peur atroce des fèves, « Malheureux, malheureux que vous êtes, sécrie-t-il, que vos mains ne touchent pas aux fèves ! » Pythagore défendait à ses élèves de manger des fèves, dit Collin de Planay, légume pour lequel il avait une vénération toute particulière, parce qu’elles servaient à ses opérations magiques et qu’il savait bien qu’elles étaient animées.
On dit qu’il les faisait bouillir; qu’il les exposait ensuite quelques nuits à la lune, jusqu’à ce qu’elles vinssent à se convertir en sang, dont il se servait pour écrire sur un miroir convexe ce que bon lui semblait. Alors opposant ces lettres à la face de la lune, quand elle était pleine,
234 l’initiation il faisait voir à ses amis éloignés, dans le disque de cet astre, tout ce qu’il avait écrit sur son miroir. Nos Démonologues prétendent que les Anciens offraient des fèves noires aux divinités infernales ; on s’imaginait qu’elles servaient de refuge à certaines âmes.
11 y avait aussi en Egypte, au bord du Nil, de petites pierres faites comme des fèves, lesquelles, appliquées sous le nez des possédés, mettaient en fuite les démons. Festus prétend que la Heur de fève a quelque chose de lugubre, et que le fruit ressemble exactement aux portes de l’enfer.
Delancre nous la baille plus belle : il dit qu’en promenant une fève noire, avec les mains nettes, par une maison infestée, et lajetant ensuite derrière le dos en faisant du bruit avec un pot de cuivre, et priant neuf fois les fantômes de fuir, on les force à vider le terrain. Les jeunes filles de Venise pratiquaient, avec des fèves noires, une divination qui n’est pas encore passée de mode.
Quand on veut savoir de tous les amants quel sera le plus fidèle, on prend plusieurs fèves noires, on leur donne à chacune le nom d’un des jeunes gens par qui on est recherchée, on les jette ensuite sur le carreau ; la fève qui se fixe en tombant annonce l’amant certain ; celles qui s’écar tent avec bruit sont des amants volages.
Les femmes de l’Atharva-Véda, à l’instar des enchanteresses romaines, disposent de trois petites hymnes pour se faire aimer d’un homme. Le con tenu en est fort banal, et non moins, le charme qui
LES PLANTES MAGIQUES ,‘?35 s’y joint : la femme sème des fèves — la fève est éro tique en tant qu’emblème du testicule ou du gland et des s niara, plante inconnue dont le nom signifie « souvenir » ; contre une figure d'argile elle lance, de toutes les directions de l’espace, des pointes de roseau enflammées Théocrite et Virgile nous en ont appris davantage sur les philtres et les incantations de l’antiquité.
Voici, d’aprèsScdia, les diverses influences astrales, dont notre plante est soumise et leurs principales ver tus occultes : Cancer, Saturne, et Mercure, — Cueillies à la fin d’octobre, elles sont soumises au Scorpion, avec Mercure. Le fruit est saturnien et lunaire. La décoc tion de fèves grillées est bonne contre la gravelle el la pierre; l’emplâtre de leur farine résout les tumeurs des parties sexuelles et fait passer le hâle du visage.
Les fleurs portent la marque de l’enfer d’apiès l’école de Pythagore. Cependant Rabelais nous dit : « Le monde donc ensagissant plus ne craindra la fleur des febves en la prime vere. » La farine de grosses fèves blanches, appliquée sur le sein, dissout les abcès. Les fèves sont très nutritives, mais un peu lourdes et échauffantes, et portent au sommeil. On croyait même autrefois qu’elles pouvaient provoquer l’hébé tude.
De là l’expression : « il a traversé un champ de fèves, » appliquée à quelqu’un dont le raisonne ment laissait à désirer. C'est une nourriture à recom mander aux personnes atteintes de diarrhée chro nique, mais la plupart s’en lassent vite. Cahagnet
236 l’initiation dit que leurs robes seulement sont très bonnes en décoctions, contre la gravelle. Elles font évacuer le sable de la vessie ; on en met une poignée sur un litre d’eau; on en boit trois ou quatre verres par jour.
Lemery les préconisait déjà comme apéritives, « Leurs tiges, dit-il, leurs feuilles et leurs gousses sont apéritives prises en décoction ; la fleur de fève est adoucissante, rafraîchissante, etc. On en tire par la distillation une eau fort estimée pour décrasser et adoucir la peau, La gousse de la fève-est appelée en latin Tbeca fâbarum\ elle est bonne, étant prise en décoction, pour la pierre, pour la gravelle, pour la néphrétique. » La coquette Romaine se servait d'une pâte, com posée avec de la farine de fèves et de riz, pour pâlir la peau et faire disparaître les rides.
La farine de fèves servait encore à effacer les vergetures que détermine la grossesse sur la paroi de l’abdomen. C’est surtout quand elles devaient aller au bain qu'elles s’enduisaient le ventre de cette farine ; cela se comprend sans autre explication. - Théophraste assure que les fèves rendaient les femmes stériles; il l’avait, disait-il, constaté chez les poules !
Saint Jérome dit, parlant des fèves : in partibus geniialibus tiiillationemproducuni.,. Voilà pourquoi il les interdit aux religieuses. Quant aux légumineuses, écrit Cadet, plusieurs espèces sont venteuses et distendent ainsi les parties voisines des organes sexuels; et de là vient qu’elles sont indirectement aphrodisiaques. C’est peut-être
LES PLANTES MAGIQUES 237 pour cette raison que Pythagore défendait de manger des fèves !!! C. B. LA BELLADONE et LA MANDRAGONE (Atropa Belladona, Atropa Mandragora) (Suite) Cette solanéc, si célèbre au moyen âge, estnommée indifféremment Belle dame, Tue belle dame, P arman- % tant, Mor elle furieuse, Mandragore baccif'ere, Bouton noir.
Dioscoiïde lui avait donné le nom de strycbnos maníaos d’où l’expression de strychnomanie employée pour désigner l’espèce de délire produit par la bella done. La plus active de la famille des solanacées, elle croît dans les lieux ombragés légèrement humides et les bois montueux des pays'chauds et tempérés.
Elle est assez commune en France, dans les fossés ombragés, le long des haies, des murs, dans les décombres et les taillis ; on la trouve également dans l’Asie moyenne et occidentale ; elle a été transportée dans un grand nombre de pays tempérés, notam ment aux Etats-Unis où elle est cultivée pour l’usage médical. Mais n’oublions pas que la belladone sau vage est beaucoup plus active que celle que l’on cul tive.
On cueille les feuilles en juillet avant la floraison complète, les baies en août avant maturité complète (celles-ci produisent une bjlle couleur verte employée surtout par les peintres en miniature) ; les racines
238 L’INITIATION en septembre de deux ans au moins, les feuilles et les baies doivent être soigneusement desséchées à l’étuve lentement. Les racines doivent être coupées en morceaux et mondées avant la dessication a l’étuve. Nous ne ferons pas ici la description botanique de la plante que l'on trouvera facilement dans les livres techniques, sa valeur occulte et médicinale étant d’un plus haut intérêt.
La belladone et son principe actif, l'atropine, sont des poisons redoutables ; toutefois, cette toxicité varierait avec la place que l’animal occupe dans l’échelle zoologique et serait d’autant plus violente que l’appareil nerveux de l’individu est plus compliqué: une dose de 10 milligrammes est presque sûrement toxique pour l’espèce humaine, tandis que 50 centi grammes injectés à un lapin déterminent à peine la dilatation de la pupille.
Les limaçons qui rongent souvent les feuilles de la belladone ont déterminé parfois des accidents chez l’homme et les animaux qui se nourrissent de leur chair. Les chèvres, les lapins peuvent se nourrir impunément de cette plante sans en être incommodés. Flourens prétend qu’elle rendrait les oiseaux aveugles.
Les empoisonnements parla belladone, assez fréquentsdans les campagnes, ne sont jamais occasionnés par les tiges ou les feuilles de cette plante, car elles exhalent une odeur forte et repoussante et possèdent une saveur très âcre qui écarte tous ceux qui seraient tentés d’y goûter ; les baies, au contraire ont une saveur un peu douceâtre. C’est ce qui explique que
LES PLANTES MAGIQUES 239 les enfants et même les grandes personnes igno rantes les confondent si souvent avec celles de l'ai relle mystifie, ou même avec des guignes. Elles sont cependant très faciles à reconnaître, avec un peu d'attention: plus grosses que les baies d’airelles, d’un noir luisant au lieu d’un noir bleuté etpruneux, elles conservent toujours à la base le calice vert persist ml de la fleur qui leur a donné naissance.
Enfin, ce qui les différencie des guignes, c’est que les guignes, comme les autres cerises, ont un noyau, tandis que les baies de belladone ne renferment que des petites graines reniformes. En 179g le trompette d'une compagnie d’artillerie cantonnée près du lac de Zurich trouva sur le mont Albis un certain nombre de pieds de belladonne dont il rapporta les fruits à ses camarades.
Tous ceux qui en mangèrent en ressentirent les plus terribles effets et ne durent la vie qu’aux soins intelligents que leur prodigua le médecin du régiment. On cite également le cas de 1 50 soldats campés dans les bois de Pirna qui furent victimes d'une semblable méprise. A la guerre on a quelquefois, assure t-on, employé le suc de cette plante pour empoisonner les boissons.
Buchanan rapporte que les Ecossais vainquirent l'armée danoise après l’avoir jetée dans un état de délire avec de la bière et du vin où ils avaient mis le suc de la belladone qui croît abondamment en Écosse. Le Dr Breyne, relate dans les Annales de la Société de médecine de Gand, un cas d’empoisonnement par la belladone des plus curieux. « Un officier supérieur,
210 l’initiation pour combattre les suites d'un mal de gorge, reçoit par ordre de son médecin une forte décoction de belladone pour fumigation. Au lieu d’en aspirer la vapeur, il la boit en guise de thé.
Quelques heures après douleurs Violentes à la gorge, qui semblait en feu ; mal à l'estomac et au ventre ; la langue à demi paralysée, les paroles incohérentes et mal articulées, une faiblesse considérable dans les jambes, de vains efforts pour uriner, malgré la plénitude de la vessie; une énorme dilatation des pupilles, d’étranges hal lucinations et exaltations mentales. Mais laissons parler le malade lui-même.
« En me voyant, dit-il, dans mon lit disposé d'une manière nouvelle et placé dans le sens de celui d’un de mes amis qui avait la cuisse cassée, et près duquel je venais de passer plusieurs jours, je m’imaginais que j’étais cet ami. Dès lors, je donnais à chacun de ceux qui m’entouraient les noms des personnes qui soignaient mon ami.
A l’une, que j’appelais ma mère, je la rassurais sur mon état, lui disant (ainsi que le faisait mon ami) que je me sentais le courage de passer six semaines dans mon lit. A un autre je donnais divers ordres sur l’intérieur de la maison (de mon ami).
Mais lorsqu'on s’avisait de remuer mon lit je me révoltais, à l’idée qu’on allait déranger l’appareil de ma jambe, Tout ce que je voyais me semblait ravissant; les personnes qui m’approchaient étaient toutes belles à mes yeux ; une femme de soixante ans, qui m’apportait à boire, m’apparut tout à coup comme une femme magnifique ; à (a fraîcheur que je remarquais sur son visage, elle joignait une tournure
LES PLANTES MAGIQUES 2il parfaite, et sa taille svelte était, selon moi, d’une grande beauté, etc. Toujours dans le même état d’extase, mes yeux étaient frappés de la beauté des couleurs du papier de ma chambre... Je vis une foule de petits individus faire leurs évolutions par un ingénieux mécanisme...
Un autre objet vint attirer plus spécialement mon attention: c'était la pendule qui était sur la cheminée; il me sembla qu’elle ren fermait la mécanique la plus compliquée, et je crus la voir s'ouvrir en deux; puis je remarquais trois ou quatre automates qui exécutaient une pantomime dont je devinais tout le sujet, tant leurs mouvements étaient naturels et expressifs. Un de mes amis entra au moment de cette vision.
Je me hâtai de lui faire la description de ce que je voyais, et cela en termes précis, en expressions correctes, employant les mots techniques, joignant à ces détails les calculs sur les forces motrices, le nombre des dents que chaque roue devait avoir, etc.!
Enfin,, m’assura plus tard mon ami, je lui fis l’effet d’un être doué d’une science prodigieuse en mécanique. » De Riols cite le cas du docteur Dumont chez une femme qui portait au bras un ulcère cancéreux; on applique sur cet ulcère une feuille de belladone; à finstani la malade croit apercevoir des milliers de rats sortant de la muraille, du plancher voisin, et s’élancer sur son lit pour la dévorer, la feuille enlevée; sur-lechamp l’illusion s’évanouit.
La belladone jouit longtemps d’une triste vogue; c’est, on le sait, avec la belladone que Médéeobtenait ces hallucinations de la vue qu’elle savait si bien 4
L’INITIATION oao exploiter. Elle se servait aussi de colchique pour opérer ses sortilèges. Les baies de belladone, disent quelques auteurs, prises comme aliment, produisent sur certains tempérament une folie furieuse, suivie d'un sommeil qui dure vingt-quatre heures.
Comme nous l’avons vu plus haut, l’extrait, le suc, et même les feuilles fraîchesdebelladoncpeuvent, appliqués sur une plaie, causer du délire accompagne de visions; une faible goutte de ce suc, si elle touche l'œil, jette aussi dans le délire en produisant la diplopie ou duplicité des images.
« Un autre de ces poisons, dit Michelet {La Sorcière), la belladone, ainsi nommée sans doute par la reconnaissance, était puissante pour calmer les convulsions qui parfois surviennent dans l’enfantement, qui ajoutent le danger au danger, la terreur à la terreur de ce suprême moment.
Mais quoi! une main maternelle insinuait ce doux poison, endormait la mère et charmait la porte sacrée ; l’en fant, tout comme aujourd’hui, où l’on emploie le chloroforme, seul opérait sa liberté, se précipitait dans la vie. » La belladone guérit de la danse en faisant danser.
Audacieuse homœopathie, qui d’abord dut effrayer : c’était la médecine à rebours, contraire généralement à celle que les chrétiens connaissaient, estimaient seule, d’après les Arabes et les Juifs. Plus loin, cet auteur parle de l’épidémie de la danse de SaintGuy en 1350. L’Europe couverte de fous.de furieux, d’idiots ! On ne dit point comment ce mal fut traité et s’arrêta. Le remède qu’on recommandait, l'expé dient de tomber sur ces danseurs à coups de pieds
LES PLANTES MAGIQUES 243 et de poings, était infiniment propre à aggraver l’agitation et la faire aboutir à l’épilepsie véritable. 11 y eut. sans nul doute, un autre remède, dont on ne voulut pas parler. Dans le temps où la sorcellerie prend son grand essor, l'immense emploi des solanées. surtout de la belladone, généralisa le médica ment qui combat ces affections.
Aux grandes réunions populaires du sabbat, /’forbe aux sorcières mêlée à l’hydromèle, à la bière, aussi au cidre, au poiré (les puissantes boissons de l’ouest) mettait la foule en danse, une danse luxurieuse, mais point du tout épileptique.
La belladone domi née par la planète mars, zodiaque scorpion, est froide et humide, stupéfiante, utile dans les contrac- » tions spasmodiques, facilite la sortie du corps as tral si elle est sciemment appliquée, sans que le moi conscient parvienne à se ressaisir. Contraire ment au cannabis indica où la lucidité est plus nette, avec la belladone le sujet est submergé par une ivresse fortement déréglée.
Le docteur Nynauld cité par Sedir la mentionne comme faisant partie des drogues qui entrent dans la composition des onguents dont on s’oignait pour aller au sabbat. « Le diable persuade aux sorcières, aprez s'en estre oingtes, pouvoir, en mettant un balai ou bâ ton entre les jambes, chevaulcher en l’air, et aller en leurs synagogues d’une vitesse incrédible en pas sât par la cheminée...
Il faut remarquer qu’en la compositio de cest onguent, il n’entre point de simples narcotiques : mais seulemêt qui ôt vertu
~'ii l’initiation de troubler les sens en les aliénant, comme par exemple le vin pris demesuremèt, la cervelle de chat, la Bella-dône, et autres choses ie tai ray, de peur de donner occasion aux méchans de faire mal. La belladone était employée comme exhilarant chez les Syriens, et Prosper Alpin rapporte que les égyptiens s’en servaient comme hypnotique.
Ces divers usages lui valurent, ainsi qu’à la mandragore, le nom d’herbe aux sorciers quelle conserva durant le moyen âge. C’est vers la fin du xvne siècle que la bellabone est employée comme médicament. D'après le docteur Thierry de Maugras elle tirait son nom de l’usage que les femmes d'Italie faisaient de son eau distillée pour se laver le visage et se ga rantir de la scarlatine et d’autres maladies de la peau.
Lemery dit également que les Italiens ont donné le nom de belladone à cette plante, à cause que les Dames s’en servoient autrefois pour l’embellisse ment de la peau ; car belladona signifie belle dame. (En effet l’eau distillée et même le suc de ses feuilles étaient employés autrefois comme cosmé tique par les dames italiennes ; le fruit donnait une espèce de fard dont on se servait pour relever les teintes rosées du visage et c’est de ce dernier emploi que lui vient dit on le nom bella dona).
« Elle est narcotique, dit cet auteur, propre pour les inflammations, pour calmer les douleurs, pour ré soudre les tumeurs : on ne s’en sert qu’extérieurement, et l’on n’en doit jamais faire prendre par la bouche, parce qu’elle exciteroit un dormir mortel. » I
LES PLANTES MAGIQUES 245 Le docteur Saffray(i) résume à la perfection les nombreuses vertus de la belladone au point de vue médical. Voici un extrait de son précieux ouvrage. « La belladone semble être le remède par excel lence des névralgies.
Lorsque l’affection est superfi cielle. il suffit d'appliquer sur le siège de la douleur un cataplasme de feuilles fraîches contusesou mieux de racine écrasée; dans les autres cas, on donne par jour à la dose de 30 à 60 grammes, avec précau tion et progressivement, l'infusion préparée avec 2 à 3 grammes de feuilles par litre d’eau.
C’est un re mède excellent pour calmer la douleur, émousser la sensibilité, prévenir ou arrêter les convulsions, les spasmes qui accompagnent les crises nerveuses ou le tétanos; il compte de nombreux succès dans les coliques sèches, les vomissements nerveux, la toux, les palpitations, l’asthme, l’angine de poitrine, les constrictions spasmodiques, les hernies étranglées, l'incontinence d'urine.
Entre les mains des oculistes, il rend de grands services pour dilater la pupille et contribue, par ses vertus sédatives, à la guérison des ophtalmies. Dans la coqueluche, la belladone est peut-être le remède sur lequel on peut le plus comp ter.
Aussitôt que la période catarrhale et inflamma toire est dissipée, on administre de quatre en quatre heuresde 2 à 5 centigrammesdepoudre de racine, aug mentant, suivant l’âge et les circonstances, jusqu a 25 centigrammes. Ce traitement, qui modère promp tement la quinte, amène souvent la guérison au bout (t) Les remèdes des champs.
246 L'INITIATION de trois ou quatre septénaires. Enfin il semble prouvé que l’usage de petites doses de belladone, 2 ou 3 gouttes de la teinture pour des enfants de deux à quatre ans, préserve de la scarlatine. » 11 arrive, pour ce médicament comme pour beau coup d’autres, que l’on n’en retire pas tout le bien possible, ou même que l’on échoue dans son emploi, faute d’en continuer assez longtemps l’usage ou d’arriver à des doses assez fortes.
Lorsque les symp tômes à combattre sont graves, il est nécessaire d’augmenter ou de rapprocher suffisamment les doses pour produire ce que Ton appelle l'effet physiolo gique du médicament, c'est-à-dire les troubles qui précèdent les accidents auxquels des quantités trop fortes pourraient donner lieu.
Nous verrons plus loin les merveilleux services que peut rendre la belladone par la méthode homéopathique, la seule à notre avis qui soit constante. Contre les empoisonnements par la belladone, on a employé, après les vomitifs et les contre-poisons généraux, des alcaloïdes : café, tannin, iodure de potassium, l’opium, la strychnine et surtout le sulfate de quinine. La Saignée locale est quelquefois néces saire.
Les affusions froides sur la tête calment tou jours l’agitation et le délire furieux. A propos de l’opium comme antidote, Raspail nous dit : <\ La médecine par les poisons, comme antidote des poisons, semble vouloir adopter l’opium contre l’empoisonnement par la belladone. Elle est un peu niaise, la médecine : l’opium endort et par conséquent il suspend l’effet de la belladone. Mais si
LES PLANTES MAGIQUES 247 la dose du poison est trop forte, vous serez forcé de porter la dose de l'opium si haut que vous endor mirez le malade pour toujours. » Ici Raspail peut avoir raison, quand il s’agit de combattre les effets du poison par le poison admi nistré à doses élevées. Mais en vertu du similia similibus curantur, l'homéopathie triomphe avec la dose infinitésinale par la loi de guérison par l’opposi tion des symptômes semblables.
A propos d’empoi sonnement. voici la description symptomatique (d'après Des Guidi) de la belladone dynamisée qu’on devra employer contre la rage : î° Sensation de sécheresse ou sécheresse réelle et étouffement, dans la bouche et dans la gorge, avec irritation de l’esprit; 2° Salive visqueuse, épaisse, blanchâtre, gluante, amoncelée dans la bouche et dans la gorge, qui coule de la bouche, grincement des dents; 3° Endolorissement, pesanteur de la langue, écume devant la bouche, accumulation et écoulement de sa live, langue enflée, parole faible et traînante; 4° Rétrécissement et constriction douloureuse du gosier : sensation dans la gorge, comme si elle était trop étroite, resserrée, et qu’elle ne pût rien laisser passer; Horreur de tous les liquides, qu’on repousse avec des yeux terribles; on entre en fureur si on est aspergé d’eau ; 6° En avalant, sensation de resserrement qui ne peut rien laisser passer; 7° Impossibilité d’avaler le moindre liquide, et
218 L'INITIATION besoin continu d’avaler, avec sensation comme si on allait suffoquer en n’avalant pas ; 8° Soif ardente, excessive, insupportable, souvent avec horreur de toutes les boissons, ou bien avec envie continuelle de boire et impossibilité d’avaler une seule goutte de liquide, ou même nul désir de boire; 9* Manque d’appétit, dégoût pour les aliments, ou faim insuportable ; io° Fureur et rage avec envie de frapper, de cra cher, de mordre et de tout déchirer, quelquefois avec grondement et aboiement comme ceux d’un chien.
Horreur du travail, faiblesse de corps et d’esprit, il lusions, visions effrayantes, perte de la raison. Toujours homéopatiquement la belladone, qui couvre i .440 symptômes, agit surtout sur le système nerveux central : cerveau et moelle épinière, et re tentit sur le système circulatoire, dont elle corrige les troubles caractérisés par le gonflement, les fluxions, surtout du côté de la tête.
Elle est le spécifique de toutes les éruptions en plaques rouges ou groseille de la peau, et des engorgements des glandes. Elle s’applique aux spasmes, aux crampes, surtout aux congestions à la tête, aux hémorragies, aux fièvres de lait, à la coqueluche (1). Elle agit également contre les inflammations des yeux, angines avec gonflement des amygdales, im pressionnabilité des organes, insomnie avec efforts (1) J. Daudel, Doctrine, 'médicale déduite de la métaphysique pure.
LES PLANTES MAGIQUES 249 inutiles, pour dormir, surexcitation morale et délire, congestion utérine ; convient aux gens qui ont fait abus du mercure, de la valeriane ou de l’opium, etc. Plusieurs antidotes : aconit, hepar sulfuris, mercurius, chamomilla ( i ).
L’auteur de la Pronostication (le divin Paracelse) façonnait, nous dit Peladan, un membre à l'image du malade et appliquait, sur ce simulacre, des re mèdes énergiques qu’il n’eût pu employer sur le corps vivant et patient. C'est donc l’esprit qui était médicamenté et qui réagissait sur le double.
L'homéopathie, et son dérivé le mattei, n’a pas d’autre nature d’action; la dose*infinitésimale, la dixmillième dilution de la camomilla, par exemple, ne saurait agir sur le corps organique, particule invirluelle au milieu des éléments beaucoup plus carac térisés de l’alimentation : mais l’esprit vital est assez subtil pour recevoir une impulsion aussi délicate et la transmet au double ou corps astral, et l’astral opère sur les organes.
Cette explication est neuve, je crois, à force d’ancienneté ; elle mériterait du dé veloppement, et je la signale comme une clef im portante du mystère hnmain; je l’ai trouvée au mu sée de Gizeh et je la livre à tous comme un déter minisme qui était perdu (La terre du Sphinx). I C. B, (z4 suivre.) (I) Ch. Clervoy, Comment on défend sa santé par VJiomœopaIhie.
Du Zéro et de l’Unité Nous désignons très ordinairement Dieu par ce mot : « L'Unité ». C’est là une commodité de lan gage, mais rien de plus. Dieu, en effet, ne peut être considéré comme l'Unité que par rapport à nous, par rapport à ses manifestations créatrices. Consi déré en soi, Dieu est réellement Zéro; car Dieu ne saurait être nombré : et Un est un nombre, tandis que Zéro est au-dessus de tout nombre.
Un n’en gendre pas Zéro, mais Zéro engendre Un : o : o = i Zéro, c’est, par rapport à nous, le royaume infini de toutes les potentialités; Un, c'est le prin cipe créateur de toute existence. Mais. Zéro, en soi. est réellement le divin monde des Splendeurs, puis que dans ce monde toutes choses sont radicale ment et éternellement parfaites, et que la Potentia lité s’y confond intimement avec l’Etre pur. Zéro n’est donc Zéro que pour nous.
Ce que nous concevons comme le Néant, c'est l’Absolu de toutes choses, l’Etat pur et parfait de l’Etre en soi, l’Apothéose éternelle de tous les êtres. L’Unité, c’est au contraire l’extériorisation du Zéro dans le
DU ZÉRO ET DE b’UNITÉ 251 Temps et dans l’Espace ; c'est la source de toute vie manifestée et de toute création. Ainsi, suivant le point de vue auquel on se place, Dieu est tout à la fois Zéro et Un : en lui-même, il est Zéro; dans son Verbe créateur, il est Un.
Actuellement, nous sommes régis par l’Unité di vine : nous effectuons notre analyse douloureuse, et nous la poursuivrons jusqu’au moment où, le mouvement analytique s’étant détruit par ses pro pres armes, nous entrerons dans l’ère nouvelle de la Glorieuse Synthèse.
Et quand enfin nous parvien drons au sein du Monde des Dieux, au sein du Monde des Splendeurs, nous serons émerveillés de voir que nous ne l'avons jamais quitté un seul ins tant, et que ce qui nous semblait être naissance, vie, mort, renaissance, etc., n’était pas autre chose que ¡’Analyse, dans le dynamisme de l’Existence, de nos propres et éternelles splendeurs !
A L'Absolu, c’est-à-dire l’Etre pur en Soi, constitue pour nous, je viens de le dire, le monde infini des Potentialités. Mais pour lui-même il constitue vraiment la plénitude de l’Etre. La Potentialité, en effet, c'est la possibilité d’être, la puissance d’être. Or pouvoir être, c’est être déjà, car c'est posséder l’être dans son essence suprême : la Puissance.
Et cette vérité trouve son évidence absolue dans le di vin monde du Zéro, où, toutes choses étant éter nelles et parfaites, la Puissance d’être ne se dis tingue pas d’avec l’Etre pur. Voilà pourquoi les anciens Sages représentaient Ja Divinité suprême et irrévélée sous une forme
252 l’initiation potentielle, sous la forme d'un œuf. Voilà aussi l’explication profonde de l’Œuf Orphique, et l'in terprétation secrète de l’Hymne Orphique à Prôtogonos « sorti de l’œuf ». Avec cette théorie, enfin, on comprendra sans peine toute la portée du mythe persan de « l’Œuf du Monde », que le Taureau sa cré brise avec ses cornes.
L’Œuf, c’est le Monde des Splendeurs; c’est le mode suprême et l’absence de mode ; c’est « l’Obscurité translumineuse » deDenys l’Aréopagite ; c’est « la Lumière voilée dans ses propres splendeurs »’ que chante Synésius ; c’est le Zéro éternel, c’est l’Absolu.
Prôtogonos, au contraire, c’est l’Unité créa trice, le Taureau révélateur, le Verbe de toute existence, qui, s’unissant à Deux, la Grande Mère, sortie de sa propre union avec lui-même, donne naissance à toutes les créatures. « Le Zéro, dit Lao-tze, est l’Unité suprême. L’Un qui vient après n’en est que le reflet,car il ne peut pas être conçu sans Deux.
Cet Un là, c’est le Ciel, le Père; Deux, c’est la Terre, la mère, » Ainsi, Zéro étant le monde divin. Un le grand principe mâle, et Deux le principe féminin. Trois sera donc l’Union féconde d’Un ? et de Deux, œuvre génératrice universelle. Enfin Quatre désigne l’état originel de tous les êtres créés, lequel est un état d’ignorance absolue. Quatre, c’est le monde élémentaire, que le Sephen Bereschit appelle « l’Eden ». Comme de jeunes biches enfermées dans un parc où elles seraient nées et où tout leur serait à
DU ZÉRO ET DE I/UNITÉ 253 souhait, arriveraient à vouloir connaître ce qu’il y a au delà du parc; de même, les Ames ori ginelles, nées dans l'Eden du Quaternaire élémen taire, désirent connaître le mystère de l’Au-delà et la cause pour laquelle elles se trouvent ainsi plongées dans cette félicité inconsciente.
11 y a là une voix tentatrice et insidieuse, belle et majestueuse, qui s'élève du profond du jardin d’Eden, et qui parle avec l'attrait du Mystère. C’est la voix de l'inconnu, de l'Au-delà prestigieux. Alors les Ames originelles deviennent tristes : leur tristesse s'accentue tous les jours davantage; elles se séparent peu à peu de leurs compagnes qui n’ont point entendu la Voix, et l’exil de l'Analyse commence.
Les premières mani festations de l’Exislence sont toujours sublimes, car elles sont encore trop proches de la Divinité pour affecter des formes dépravées, et la douleur n’existe pour ainsi dire pas encore. Ces premières manifes tations sont celles qui résultent de la condensation de l’éther sous la forme des minéraux : les pierres précieuses et les métaux précieux en constituent les phases initiales.
Progressivement involution suit son cours : la lumière des formes primitives s’obs curcit graduellement, la beauté antique s’éteint peu à peu; la banalité, la laideur et la monstruosité finis sent par apparaître, avec leur cortège de bêtise, de lâcheté, de cruauté et de douleurs.
Enfin, après des avatars sans nombre, après de longs cycles de trans formations, voici resplendir la forme humaine, et, avec elle, la lumière de la Raison, l’étoile de l’Espérance, le flambeau de l’intuition.
l’initiation 254 La phase humaine constitue, dans la Création, le degré le plus bas de l'Involution et le point de dé part de l’Evolution rédemptrice.
En effet, la méchan ceté de l’homme peut dépasser et dépasse effective ment en horreur la pire cruauté des animaux les plus féroces; il y a en elle un élément vraiment diabolique, pour me servir de ce terme, et cet élé ment diabolique démontre à l’évidence que la tin de l’Involution est arrivée, c’est-à-dire que l’égoïsme et la méchanceté ont atteint leurs dernières bornes.
Par contre, l'Homme est susceptible d’avoir une in telligence et une bonté telles, qu elles révèlent, sans contestation possible, la présence réelle de la Divinité ; car on sent se manifester par elles un élément qui échappe à la terre et ne peut relever que du domaine céleste.
Les Ames qui en sont arrivées à ce dernier point s’affranchissent de plus en plus des illusions et des ambitions terrestres et se réfugient chaque jour davantage dans la lumière éclatante de la volonté divine. Enfin elles abordent triomphalement dans la céleste Patrie, où elles dé couvrent leur Archétype éternel,- avec lequel elles se confondent et s’identifient dans l’infinie jubilation de l’Amour. Kaki. Nissa.
ssai sur les Planètes Supérieures La découverte d’Uranus et de Neptune, le pres sentiment de Pluton, est une des choses qui ont le plus gêné les astrologues modernes. On a essayé bien des hypothèses pour faire entrer les nouvelles venues dans le septénaire des causes secondes.
L'idée générale des astrologues qui tiennent compte de la tradition est que ces trois planètes font partie d'un autre septénaire, reproduisant l’an cien sur un plan différent. Mais, cela admis, l'accord cesse complètement. Pour les uns, le septénaire se reproduit dans l'ordre astrologique : Uranus corresponda Saturne; Neptune correspond à Jupiter. Pour d’autres, c'est dans l'ordre inverse : Uranus reproduit la Lune; Neptune reproduit Mercure.
Pour d’autres encore, c’est dans l'ordre astrono mique à partir du Soleil : Uranus reproduit Mercure ; Neptune reproduit Vénus. Or, quiconque étudie, muni de ces données, l'action de ces planètes, remarque qu’il y a du vrai dans chacune de ces hypothèses, mais qu'aucune ne répond à la généralité des cas,
256 l’initiation Les astrologues traditionnistes essayent de se tirer de ce mauvais pas en disant que notre système est partagé en sept couches successives, dans les quelles sont distribuées les planètes, et qu’il im porte peu qu’il y en ait une, deux ou trois par couche. C’est vrai.
Mais, étant donné que la plus antique tradition établit des rapports très étroits entre les sept planètes et les sept causes secondes, il faudrait nous apprendre à laquelle ou auxquelles de ces causes se rattachent les trois planètes supérieures.
D’autres tournent la difficulté, en déniant toute valeur à l’astrologie, et en donnant ce nom au système de Christian, bonne méthode de divination, mais qui, pas plus que la chiromancie, par exemple, n’est une méthode astrologique.
D’autres éliminent carrément la difficulté en di sant (interprétant mal une parole de Papus, qui a dit que ces trois planètes ne sont pas du même m onde que les sept autres), en disant que ces planètes ne tournent pas autour de notre soleil. Je leur répon drai simplement ceci : Uranus a été découvert il y a-environ i3o ans. Comme la durée de sa révolution est de 84 ans, s’il ne tournait pas autour de notre soleil, ça se saurait.
Ceux des astrologues modernes qui ne s’occupent pas de la tradition arrivent à des résultats qui conr firment l’une ou l’autre des opinions ci-dessus, prin cipalement la première citée. Quant aux astrologues anglais, ils sont nos maîtres . en astrologie. Mais, empêtrés dans leurs sept plans
ESSAI SUR LES PLANTES SUPÉRIEURES 257 théosophiques, ils y ramènent les planètes d’une façon bien simple (je parle de quelques-uns qui n’admettent pas une des théories exposées plus haut). Ils disent que nous ne sommes pas sensibles à l’influence de Neptune et de Pluton. Quant à Uranus, ils disent que son influence a remplacé celle d’une autre planète. Ils en suppriment donc une, au choix.
C'est fort simple, Je me suis demandé si une autre hypothèse n’ex pliquerait pas tout cela. Les quelques travaux (bien peu nombreux malheureusement) que j’ai pu faire, m’ont amené à celle que je vais exposer et qui peut-être mettra de plus compétents que moi sur la voie de l'explication définitive.
Si les sept planètes connues correspondent aux sept causes secondes, les trôis planètes supérieures ne correspondraient-elles pas aux trois causes pre mières? Ne seraient-elle pas la synthèse des sept autres? En un mot, il y a une correspondance entre les sept planètes et les sept lumières Sephiroth. Les 3 planètes supérieures ne correspondent-elles pas aux trois premières Sephiroth?
Une phrase de la lumière d’Egypte semblerait l’indiquer : « Les Orbes planétaires correspondent aux Sephi roth delà Kabbale. » Dressons donc le tableau des. Sephiroth avec les correspondances planétaires (Kabbale de Papus), pla çons les trois planètes supérieures, et voyons ce que cela nous indique : 5
258 L* INITIATION Nous voyons que, par un canal, Uranus est en communication directe avec Saturne, et Neptune avec Jupiter. Cela vient confirmer la conclusion pratique de la plupart des astrologues modernes, quelle que soit leur théorie. Uranus semble être « chez lui » dans le Verseau, domicile de Saturne, et Neptune dans les Poissons, domicile de Jupiter.
Quant à Pluton, nous voyons qu’il est sur la ligne centrale, dont chaque planète est, à un point de vue, la synthèse des autres. En résumé, Je crois qu’on peut considérer les trois planètes supérieures comme la synthèse, le résumé des sept autres. Je crois, de plus, qu’elles ne peuvent être traitées de la même manière que les autres dans l’horoscope, et que, par exemple, il ne faut pas chercher à les domicilier.
Je n’ai pas eu le temps de faire des recherches dans ce sens, Je crois qu’il faut les domicilier dans les éléments, non dans les signes. Je n’ai pas d'ailleurs, je le répète, la prétention de solutionner le problème, j’essaye de donner une indication qui permettra peut-être aux astrologues initiés d’y arriver. Je vais maintenant essayer de donner diverses cor respondances de ces trois planètes.
En astrologie sociale, Nebo identifie la bourgeoi sie à Uranus, et les révolutionnaires à Neptune. 11 faut les rattacher, je crois, à des principes plus gé néraux. Pluton : Les directeurs, les régulateurs très occul tes des peuples, représentants de Dieu.
ESSAI SUR LES PLANÈTES SUPÉRIEURES 259 Bénéfique : Ceux qu'on appelle les 1 utopistes, les rêveurs; Neptune Maléfique : Les révolutionnaires, 1 qui veulent transformer brusquement la société. Bénéfique : Les logiciens, qui veu lent une meilleure société, mais pro gressivement ; Uranus ( Maléfique : Ceux qui sentent que 1 tout j) est pas pour le mieux, mais I disent qu’il en sera toujours ainsi, et ! ne veulent rien changer.
Pluton représente encore la Providence ; Neptune, la volonté; Uranus, le Destin. Au point de vue de l'évolution : La généralité des hommes est gouvernée par les sept planètes (à la Terre, si l’on veut). L’associé correspond à Uranus; L’initié, à Neptune; L’adepte à Pluton. Quant aux sorciers et magiciens noirs, ils sont du domaine du satellite sombre. Pluton peut représenter la voie mystique, équili brée, spirituelle, cardiaque, si l’on veut.
Neptune sera la voie passive, sentimentale; Uranus la voie active, intellectuelle, mentale; La disposition du tableau séphirothique: O Pluton Uranus o O Neptune
260 l'initiation montre que la voie mystique est supérieure, et que les deux autres sont égales. Elles ont des moyens différents d’arriver au même but. ♦ ♦ ♦ DANS L’INDIVIDU Inutile de chercher les signatures physiques de ces trois planètes. Le monde matériel est dominé par les sept planètes. Les trois autres dominent le monde immatériel.
C’est dans ce sens, je crois, qu’il faut entendre la parole de Papus : « Ces pla nètes ne sont pas de notre monde. » L’Uranien est Mercurien comme signature physi* que, Martien au point de vue sentimental, Satur nien au point de vue intellectuel, Solaricn au point de vue spirituel. Mercure et Saturne très développés, Mars et le Soleil bien moins.
Mais ce qui lui donne le type Uranus, c’est ceci : Une grande indépen dance, surtout au point de vue intellectuel. Peu lui importent les idées des autres. Il n’admet que celles qui, après raisonnement, lui paraissent justes, et en tire les conséquences avec une logique implacable. Il se trompe d’ailleurs souvent, car la logique va en ligne droite, et tout dans la nature va en ligne courbe.
Et il agit d’après ce qu’il pense, sans s’in quiéter de ce que font les autres. Aussi passe-t-il pour un excentrique et un bohème. Tranquille, peu emballé, prenant son temps, toujours en
261 ESSAI SUR LES PLANTES SUPÉRIEURES avance sur son époque, il a un profond mépris des formes, des usages établis, des conventions. Natu rellement, le monde ne peut le comprendre et le blâme, ce qui est pour lui une raison de plus pour persévérer. Le monde ne l’apprécie pas le traite de fou, le persécute. C’est en pure perte, il ne s’en occupe pas. Le Neptunien est un sensitif, un médium dans le sens le plus large du mot.
11 est rêveur et imagina tif, mais sa caractéristique est d'être doué de facultés psychiques plus ou moins grandes. Le monde en général l’ignore, parce qu'il s’en cache, ce que l’Uranien ne prend pas la peine dn faire. Quant au Plutonien, c’est la synthèse des qua lités des deux autres avec leurs défauts en moins. C’est un adepte, c’est dire qu’il y en a encore moins que d’Uraniens et de Neptuniens.
11 me reste à donner quelques renseignements as tronomiques sur Pluton. Mars paraît rouge dans le télescope, Jupiter orangé, Saturne jaune, Uranus vert, Neptune bleu. 11 est donc possible que Pluton soit violet. Quant à sa distance du Soleil, Flammarion a montré, par une étude sur les aphélies des comètes périodiques à aphélies transneptuniennes, que la distance probable de Pluton au Soleil est de 48 envi ron, celle de la terre étant 1.
La durée de sa révolu tion serait de 330 à 340 ans environ ; ce qui serait le double de celle de Neptune qui est elle-même double de celle d’Uranus. Les cycles astraux de Nebo, correspondant à des
262 L’INITIATION périodes historiques, renforcent encore la probabilité de cette durée de 336 ans. Et maintenant, l'astrologie permet-elle de déter miner la place approximative de Pluton ? Sans hésiter, je réponds oui. N’étant pas le Le Verrier de l'astrologie, je ne présente pas la solution du problème, mais seule ment une idée.
Je crois que ce que Nébo appelle la rotation des régions d’air et de feu (ce qui n’est pas exact mais quicorrespond à un autre phénomène) et qu’il rattache à tort à la rotation des conjonctions et oppositions de Saturne et de Jupiter, je crois, dis-je, que les effets observés par lui se rapportent à Pluton, et non à la rotation des éléments, qui sont fixes.
Par exemple, dans le thème de la Saint-Barthélemy (1 572), Saturne et Neptune sont favorisés. Oi, un trigone de Pluton adoucirait l'influence mauvaise de Saturne, une quadrature la contrarierait. La con jonction au contraire l'aide et se trouve au trigone de Neptune, qu’elle bénéficie. Pluton serait donc con joint avec Saturne, dans le Scorpion.
Actuellement ( 1908) au contraire, l’influence de Sa turne est adoucie, cellesde Neptune et d'Uranus sont favorisées, mais Neptune plus qu’Uranus. Un tri gone de Pluton, qui concilie tout cela, le placerait encore dans le Scorpion. Or de 1372 à 1908, il y a 336 ans, durée proba ble de la révolution de Pluton. Dans cette hypothèse, le 16 août dernier, Pluton se serait trouvé en quadrature avec la conjonction du
« ESSAI SUR LES PLANÈTES SUPÉRIEURES 263 Soleil et d’autres planètes dans le Lion, ce qui expli querait que, contrairement aux prévisions, la royauté ne fut pas rétablie en France, Il serait nécessaire de travailler sur d’autres thèmes ; le temps m’a manqué, et plus encore la compétence. Je laisse à un astrologue initié le soin d’y arriver. Patrîa Genty.
Eglise Gnostique Universelle PROFESSION DE FOI des Membres du Haut-Synode 1. — Nous croyons au divin Proarcbè et Propator éternel, être infini et tout-puissant, passé de la puis sance à l’acte en un être parfait, Dieu un et triple ; 2. — En un premier tridyname le Père, suscitateur et attracteur de tous les êtres visibles et invi sibles; 3. — En un second tridyname le Fils, logos divin manifesté par Christos, lumière intellectuelle et phy sique, vrai Dieu comme le Père et consubstantiel à lui, sans qui aucune chose n'a été faite; 4. — Qui s’est concentré sur la terre dans la per sonne de Jésus, esprit supérieur descendu ici-bas pour nous, où il s’est uni à une âme et à un corps semblables aux nôtres, dans le sein de Marie ; 5. — Qui s’est manifesté en Jésus depuis le moment de son baptême jusqu’au moment de sa passion; 6. — Qui nous a parlé par sa bouche et nous a enseigné la gnose et la vie sainte, afin de nous délîPROFESSION DE FOI 265 ♦ vrer de l’esclavage du Démiurge et de son Archen terrestre, et ainsi de permettre notre retour au monde pneumatique notre patrie, comme lui-même y est retourné après sa mort : 7. — Nous croyons en un troisième tridyname, V Amour, qui procède du Père parallèlement au Fils et se manifeste par pneuma-agion(ïEsprit-Saint)\ 8 — Qui donne l’amour avec la vie, qui nous met sur la voie de la vérité et de la sainteté, qui unifie tous les êtres, et qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils; 9. — Nous croyons en un univers pneumatique, Eglise immense des esprits, aussi ancienne que Dieu lui-même et antérieure à l’univers hylique, mais dont une colonie est venue habiter la périsphère de notre globe et d’où sont descendus les hommes en tantqu’esprits ; 10. — Nous confessons les deux baptêmes et les trois autres mystères pour la purification et la trans mutation de l’homme ; 11. — Nous attendons sur terre l’établissement du royaume du ciel et le rétablissement de l’homme dans son état primitif ; 12. — Et, à la fin, la réapparition des mortsavec Jésus, chef de ¡’Eglise terrestre; l’ascension et la réintégration de cette assemblée dans le ciel ; la dis solution des esprits réfractaires à toute conversion, en même temps que la dissolution de l’univers hylique, œuvre du Démiurge. * ♦ ♦
266 l'initiation L'Eglise gnostique universelle (catholique gnostique) a pour but de restituer à l’humanité son unité religieuse primitive, c’est-à-dire, en lui faisant rejeter les erreurs d’où sont sorties les différentes religions, d’établir et de répandre une religion conforme à la tradition universelle’ et par là véritablement catho lique. Elle s’adresse à toutes les personnes qui ont con servé des croyances spiritualistes et sont restées persuadées qu’une religion est nécessaire à l’huma nité ; aux personnes qui, par suite des notions scien tifiques et philosophiques qu elles ont acquises, sont convaincues que les explications de la doctrine chré tienne, que donnent les théologiens catholiques grécoromains ou protestants, sont incompatibles avec le savoir moderne. A ces personnes nous proposons de se rallier à une religion rationnelle en accord avec la science con temporaine, aussi bien qu’avec la tradition constante de l’humanité civilisée. Nous faisons donc appel à tous les spiritualistes, réincarnationnistes, occultistes, chrétiens ésotériques qui font implicitement partie de notre Eglise et les prions les uns et les autres de s’y rattacher explicitement L’Eglise gnostique est large et tolérante. Elle respecte les coutumes et les lois de tous les peuples, ce qui lui permet d’admettre tous les hommes, de toutes nationalités, de toutes langues, de toutes races, nés et élevés dans n im porte quelle religion. ★ » ♦
PROFESSION DE FOI 267 Pour tous renseignements concernant l’Eglise gnostique, écrire à la direction du Réveil gnostique, 8, rue Bugeaud, Lyon.
Une Religion d’flmour LE BEHAISME Le passage du prophète persan Abd-oul-Baha en Europe a produit une impression si forte que nous sommes tout naturellement conduits à lui consacrer quelques lignes. Le médecin ne peut en effet demeurer étranger au retour présent qui se fait sentir à l’idéa lisme. Les phénomènes de psychologie religieuse ont un intérêt capital pour qui sait y attarder son esprit.
Chacun de nos lecteurs connaît notre libéralisme d’opinions. Les lignes qui suivent sont d’ordre pure ment documentaire. Les idées pour lesquelles le beau vieillard persan a entrepris son long voyage par le monde ne sont pas celles du fondateur d'une simple secte nouvelle, mais d’un véritable et important « embryon de Religion Universelle.
Ses aspirations sont non seulement des plus élevées, mais aussi sus ceptibles d’une réalisation pratique et immédiate. Depuis la disparition du douzième Iman, dit M. Revel dans le Tbéosophe, c’est-à-dire le douzième envoyé de Dieu sur terre, en 940, les Persans appar tenant au rite Chiite se désolaient de n’avoir plus parmi eux de représentant divin. Toutefois, en 1844, un jeune homme s’annonça comme étant Liman
UNE RELIGION D’AMOUR 269 attendu et prit le nom de Bab. Le nombre de ses disciples ne tarda pas à augmenter, mais sa parole d’amour fut au début combattue au point qu'il fut emprisonné et mis à mort. Sa doctrine lui survécut et, notamment, dans la personne de Baha-oul-Lah, lequel prit bientôt une influence considérable sur ses coreligionnaires. En 1869. il était, lui et les siens, exilé dans l’enceinte fortifiée de Saint-Jean-d’Acre. C’est de là que le Bahaïsme se développa et s’étendit dans le monde entier Baha-oul-Lah mourut en 1892, et ce fut son fils Abd-oul-Baha qui lui succéda, celui même que nous entendîmes à Paris en novembre dernier. C’est une belle physionomie de patriarche, au cœur pur, à la parole réfléchie et imagée. Abd-oul-Baha est aussi un simple, et nous enten dons par la qu'il est loin de s'imposer comme un mage tout-puissant ; il ne se donne ni pour un sage ni pour l’unique intermédiaire entre Dieu et les hommes, il accueille chacun avec une bonhomie cordiale. 11 défend avec chaleur les doctrines de Bahaoul-Lah, c’est-à-dire la fraternité des races et des religions. La guerre doit être abolie, un conseil international et permanent doit régler les différends entre les nations. Tout homme doit travailler. Toute œuvre effectuée dans le but de servir est un acte d’adoration envers le Créateur. Mendicité et demande de secours doivent être strictement interdites, l’occasion de travailler doit être fournie à tous.
270 l’initiation Les pratiques ascétiques et la vie d'ermite sont défendues. La monogamie est de rigueur. L’éducation égale pour tous, garçons et filles, est de rigueur comme étant un devoir religieux ; lesaînés doivent instruire les jeunes. Egalité de droits pour l’homme et la femme. (Extrait de Esculape, janvier 1912).
UNITÉ ET UNIFICATION Nous sommes heureux de donner ci-dessous à nos lecteurs un article de notre collaborateur Paul Nord, article paru dans le journal de psychologie : Le Fraterniste Nos lecteurs verront ainsi que nos idées pénètrent peu à peu dans un public qui, jusqu’ici, était demeuré éloigné de nos conceptions occultistes. La Rédaction. Nil novi sub sole... « Rien de nouveau sous le soleil », a-t-on dit depuis longtemps.
Et pourtant cette légendaire formule, ainsi présentée, reste insuf fisante. Ne serait-elle pas assez heureusement com plétée en y ajoutant : omnia tamen sempernovissima... « et pourtant tout apparaît toujours sous un aspect de plus en plus nonveau » ?
En effet, si wows h inventons jamais rien qui ne soit déjà, nous découvrons, autour de nous, et sur tout en nous-même, des aperçus inconnus aupara vant, au fur et à mesure de notre évolution indéfinie.
Et si nous considérons l’évolution en général, nous voyons se dégager de grandes lois fondamentales, qui se précisent à mesure que se dissipent les ombres, les brumes de l’ignorance, si longtemps fixées sur l’écran indéfini, sur la trame des choses, dont le
l’initiation mystère attire étrangement la pensée humaine, qui projette dans l’inconnu ses perspectives hardies. L’une de ces lois est vieille comme le monde. C’est la LOI D’UNITE. On la retrouve à l’abri de tous les climats, dans toutes les philosophies qui sont le par fum des civilisations.
Après avoir été l’âme des grandes philosophies du passé, nous la retrouvons chez les modernes, exprimée par Lamartine : Le monde en s’éclairant s’élève à l’unité. La loi d’unité se trouve aussi enseignée au p, entier degré d’initiation des Martinistes. Le rite Catholique lui-même expose en termes précis l’unité du Ternaire (vera et una Trinitas, una et summa Deitas, sancta et una Unitas).
Le Monisme lui-même est une autre face de la doc trine de l’Unité. Mais, ainsi que le dit le général Fix, dans son article sur l’Universalisme.
Religion Scientifique de F Avenir (Tribune Psychique de Novembre, p. 1196 et s.), l’Universalisme ne doit pas inscrire sur son drapeau : « seul l’unitarisme possède la vérité et hors de lui point de salut. » — Car il ne suffit pas de dire : unité ! il faut faire l’unification qui réa lise effectivement l’unité dans le chaos de la pensée moderne intégrale.
Et c’est l’œuvre du Panmonisme Universaliste, qui fait comprendre et saisir tout ce que contient l'unité panmoniste, c’est-à-dire tout le Fraternisme éclairé et conscient du grand avenir.
Telle est I’œuvre d’unification, de synthèse uniUNITÉ ET UNIFICATION 273 versaliste qui est à l’unité ce que le chêne est au gland, le jour éclatant à la nuit sans étoiles, l'adulte à l’embryon, l’amour conscient à l instjnct aveugle, le Fralernisnie à l'E^oisme. Paul NORD. S’adresser, pour toute communication, à M. Paul Nord, secrétaire de 1 l'iiion panmoniste Universaliste, <86, boulevard du PortRoyal, Paris. 6
PARTIE LITTERAIRE lies Embaumements et les Momies L’art d'embaumer remonte aux temps les plus reculés. L’Égypte, pays du silence et de la mort, si confiante dans la double immortalité des âmes et des corps, devait forcément donner un soin particulier à ses sépultures. Hérodote, qui a longuement écrit sur ce sujet, rapporte qu’il y avait trois classes d’individus spécialement affectés au métier « d’embaumeur ».
Le peuple les appelait les « redoutés », et il n'était pas rare de les voir lapidés par la foule. Le procédé d’embaumement le plus simple, qui était appliqué à la basse classe, consistait en un simple « rin çage » des intestins au moyen d’un grand lavement. Puis on plongeait le corps dans un bain de natron (sesquicarbonate de soude) pendant 70 jours exactement.
L’opération était de beaucoup plus complexe lorsqu’il s’agissait d un personnage de la classe riche. L’embaume ment consistait d’abord dans l’extraction de la cervelle par les narines avec une tige de fer recourbée, le reste devant sortir par la suite avec les liquides balsamiques in jectés dans le crâne.
Cela fait, à l’aide d’une pierre tran chante d’Ethiopie, on pratiquait une large entaille dans le flanc, pour vider le ventre ; puis, avec du vin de pal mier, on nettoyait la cavité abdominale, qu’on bourrait ensuite de divers aromates, notamment de myrhe de la plus pure essence; après quoi on cousait les bords de la plaie. Le corps était alors plongé durant les 70 jours voulus
LES EMBAUMEMENTS ET LES MOMIES 275 dans le bain de natrón. Au bout de ce délai, il était retiré et entouré minutieusement de fines bandelettes de toile sa turées de gomme arabique. Parfois la toilette suprême comportait d’autres apprêts d'un raffinement curieux. Les cheveux du mort étaient suc cessivement frisés et tressés. Ses yeux naturels étaient remplacés par des yeux d'émail, tandis que le visage était entièrement doré.
Pour compléter l’arrangment, on ornait le défunt de bra celets et de colliers en verroterie, ou de pendentifs formés par des figurines de divinités. Au commencement du siècle dernier, le docteur Chaussier indiqua, le premier, une méthode rationnelle et scien tifique. Il fallait, d'après lui, après avoir parfaitement vi dé et lavóle corps agrande eau, le plonger dans un bain de sublimé corrosif.
Le sel, se combinant peu à peu avec la chair, lui donne, en effet, de la fermeté, la rend impu trescible tout en la garantissant des attaques des vers et des insecctes. C’est peu de temps après que le doc,eur Gannal, dont le nom a fait école, publiait sa formule, encore employée au jourd’hui, non seulement pour les embaumements, mais aussi dans la conservation des préparations anatomiques : b.-s injections intra-veineuses au sulfate d'alumine.
Mais, depuis, la science a progressé et, de nos jours, les procédés d'embaumement sont régis par la loi et par des règlements rigoureux. Eu vertu de l'article 77 du Code civil, on ne peut pro céder à aucun embaumement, à aucune inhumation, avant un délai de vingt-quatre heures depuis le décès.
S’il s'agit d’un embaumement, il faut absolument en faire au préalable une déclaration au commissaire de police, auquel un échantillon du liquide ayant servi à l’opération sera remis. De nos jours on emploie une solutionde chlorure de zinc additionné d'alcool. Les injections artérielles doivent se faire par l'artère
276 l' initiation sous-clavière, ou mieux encore (pour laisser intact le haut du corps) par la fémorale. 11 faut dénuder l’artère, commj pour une ligature, puis faire une petite incision. La canule doit être toujours di rigée vers le cœur. Bien entendu, il ne faut pas négliger de lier l’artère au-dessous pour empêcher le reflux...
Il importe, avant d’introduire le liquide conservateur, d’in suffler, avec la seringue à vide, plusieurs fois d ■ l’air, de façon à distendre sensiblement les vaisseaux. Ceci fait, injecter lentement et avec une prudente habileté la solu tion chlorurée. Il sera sage, au tiers de l’injection (id est après avoir fourni un litre), de faire quelques piqûres aux extrémités, afin de s’assurer de la régularité de la distribution du li quide.
Cette précaution empêchera, en outre, l’éclatement passif des vaisseaux. Dès qu’on a retiré la canule.il faut oblitérer l’artère par une forte ligature, et puis recoudre la peau avec soin, pour laisser le moins de traces possible. La diffusion lente du liquide dans les tissus exige en suite de 6 à a heures.
En ce qui concerne les viscères abdominaux, on pra tique une ouverure au trocart : celle-ci laisse échapper les gaz, et par elle on effectue une injection de i8o grammes de zinc colloïd. La même pratique est à employer pour le crâne : on se sert alors d’une longue aiguille qu’on fait passer par l’orifice nasal. Après quoi on fixe les paupières au moyen de sutures à la soie ; on en fait autant pour les lèvres.
Tous les orifices sont enduits de zinc en pâte, cette même préparation doit imprégner les bandes dans lesquelles le corps sera enve loppé. Seules les mains et la face doivent rester libres. Quoi qu’il en soit, et qu’il s’agisse du temps des Ptolé mées ou de nos jours, il est certain que l’humanité a tou jours vu dans la mort quelque chose de grand et de mys térieux. Par le souci dont les vivants ont entouré les morts,
LES EMBAUMEMENTS ET LES MOMIES 277 on sent bien que l'homme a considéré dans la perte des siens tout autre chose que la disparition banale de la ma tière brute. C’est une consolation. Dr Lanteîrès.
I Le Journal] Un Incendie évité Le rédacteur du Buen Sentido, de Ponce, Puerto-Rico, a reçu de Cabo Rojo, la lettre suivante: « Fransisco Limon, concierge du Casino de CaLo Rojo, sortit de cet établissement, le 15 novembre, vers minuit, après l’avoir visité et fermé.
A une heure et demie, comme il était couché, il entendit prononcer ces mots: « Paco, va au Casino: le quinquet des cabinets est enflammé et l’édifice est en danger. » Paco, surpris de ces paroles, en fit part à sa femme, qui lui répondit que c’était une illusion.
Il se rendormit; mais bientôt une seconde fois, une voix frappa son oreille, en disant : « Paco, lève-toi, et va au Casino. » Cette fois Paco se leva, obéissant à cette injonction, et sa femme, Dona Carmen Abrante, qui est spirite, l’accom pagna pour constater le fait. Ils arrivèrent au Casino et quelle ne fut pas leur surpri se de constater l’exactitude des affirmations de l’Esprit !...
C’est grâce à l’intervention de cet invisible que nous avons évité les émotions, les pertes, les ennuis de tout genre. Il nous a surtout fourni la preuve indiscutable, évidente d’un
278 l’initiation excellent phénomène, et un témoignage de la réalité de son existence. Que pensez-vous de cela? Invoquera-t-on le hasard'-., « Signé: Lino J. VEGA. » I)r Dusart. (Revue scientifique du spiritisme). ORDRE MARTIN8STE LOGE OSIRIS Librabius, directeur de la loge Osiris n" 318, porte à la connaissance de tous les intéressés que sa loge entrera en fonctionnement effectif à dater du 21 mars 1912.
En ce qui concerne l’enseignement théorique, il conti nuera à apporter son concours dans la loge Melchisedec, réservant la partie pratique pour sa propre loge, et ce pour les mois de l’année scolaire qui restent à courir. En conséquence, il va être procédé à la création d’un laboratoire suffisamment outillé, permettant d’entreprendre des recherches sérieuses, notamment en ce qui concerne le magnétisme et la magie.
Il est fait appel à toutes les bonnes volontés, à tous ceux qui s’intéressent à la recherche de la vérité, sans distinction aucune. Le directeur de la loge répondra à toutes les demandes , de renseignements qui lui seront adressées, quant à l’adORDRE MARTINISTE 279 mission ou sur tout autre sujet, que les demandes provien nent de la France ou de ¡'étranger. Le directeur de la loge OS7RJS, L1BBAB1US.
Adresser toutes les lettres à l’adresse profane suivante : Loisei if, 15, rue Séguier, Paris. GRANDE LOGE I¥ï ELCHISEDECH Le comité directenr de la Grande Loge Melchisedech se fait un devoir de ne pas attendre plus longtemps pourremercier toutes les sœurs et frères de l’accueil qu’ils ont réservé à son programme.
Il rappelle que les sujets les plus intéressants et les plus divers ont été traités au cours de ces quatre derniers mois, comme on peut le voir en jetant les yeux sur le court ré sumé qui suit, résumé des travaux exécutés: Conférence sur la cristallogénie, par V. Blanchard. De l'esprit scientifique en matière d'occultisme, par Librabius.
La science de la main, par Thargélius ; L’univers transcendantal, par Téder ; Vers la béatitude éternelle, par V.
Blanchard; Le massage à travers les âges, par Magnet; Christianisme et franc-maçonnerie, par Targélius ; Magnétisme et spiritisme, par Téder ; La Théosophie Martiniste, par Thargélius; A ces sujets traités, au cours de onze conférences diver ses, il y a lieu d’ajouter: 12 causeries sur la chimie pratique, par Librabius ; et 3 autres par le même sur :
280 l’initiation La télégraphie sans fil; La téléphonie ; La photographie. Le tout avec adaptations hermétiques. Depuis trois séan ces, notre frère Kruper développe son cours d’espéranto, avec une précision que tous se plaisent à reconnaître.
Enfin, pendant ces quelques semaines, de nombreuses questions ont été posées et résolues au mieux tant en ce qui concerne les sciences positives qu'en ce qui a trait au mar tinisme, au spiritualisme et a l'occultisme. Le comité directeur adresse le témoignage de sa grati tude à tous ceux qui l’ont aidé de leurs moyens, intellec tuels autant que matériels. Il souhaite devoir grossir encore nos rangs, par de nom breuses et bonnes recrues.
Pour le comité directeur : Le secrétaire général, Librabius. CONFÉRENCES ÉSOTÉRIQUES Très brillante réunion, le jeudi 28 mars à la salle des Sociétés savantes, pour la conférence mensuelle du D1 Papus. Le programme était en effet comme toujours des plus attrayants : I. Enseignement initiatique de l’Inde.— Le Karma et la Réincarnation. — Thorah. — Nombres et rapportsavec la Tradition orientale. — Les points de contact des deux Traditions.
CONFÉRENCES 281 2 Le Cinéma et l'Ésotérisme. Avec l’aide gracieux de la célèbre Maison Gaumont, 59, rue Saint-Roch, ont été projetés deux drames qui indi quent les adaptations possibles du Cinéma et de !Occultisme. Gros succès pour la maison Gaumont. La conférence du jeudi 25 avril aura pour sujet: Le ciel visible et le ciel invisible. — L’âme et les astres.— Les charmes astraux. — L'amour et les mystères astrolo giques. — Secrets des couleurs et des sons. — Archéomè tre et science astrale. CONFÉRENCES SUR L’HERMÉTISME Nous sommes heureux d'informer nos lecteurs que M. Dace, de la Faculté libre des sciences hermétiques de Paris, va donner une série de conférences, sur l'JLermétisme, au « Palais des Etrangers», 36 bis, avenue de l’Opéra, à partir du 14 avril, tous les dimanches a 9 heures du soir. Ces conférences seront suivies d’une partie de concert. Exceptionnellement la première aura lieu en matinée à 4 heures. Les personnes qui désirent être invitées à ces causeries n’ont qu’à en faire la demande à M de Tommaso, 36 bis, avenue de l’Opéra. DEMANDES ET OFFRES On demande à acheter un ou plusieurs exemplaires du numéro d’octobre 1911 de l’initiation. Adresser les offres à la librairie Ficker, 6, rue de Savoie, Paris, 6e.
-282 L’INITIATION BIBLIOGRAPHIE La Médecine spagyrique, pàr Joli ivet Castelot. — H. Durville et fils, éditeurs, Paris, 1912. — 5 francs. Le nouvel ouvrage de M.
Jollivet Castelot procède des œuvres de trois spagyristes anciens : Oswald Crollius, Joseph du Chesne et Jean d’Aubry — L’auteur débute par un judicieux résumé de la Thérapeutique occulte où l’on trouve une analyse assez complète des correspondances planétaires avec le monde organisé, selon l’ancienne astro logie — Vient ensuite la composition chimique des gemmes, ainsi que leurs vertus occultes.
Le chapitre suivant concerne la métallothérapie, laquelle examine les grands arcanes de la Spagyrique, tels que la pierre philosophale et l’elixir de longue vie. A ce sujet l’auteur cite les travaux d’illustres savants modernes, sur la médecine des métaux, les comparant à ceux des anciens.
Le quatrième chapitre est consacré à la médecine spagy rique proprement dite, d’après les maîtres de l'art. Ce chapitre abonde en aperçus comparatifs entre la Spagy rique et la science contemporaine, qui sont fort intéressants.
Puis l’auteur s’empare de la Royale chimie de Crollius, dont il fait un exposé synthétique qui se termine par une apologie de l’hermétisme faite en un style vibrant, noble et poétique, qui décèle la sincérité des sentiments de M. Jollivet-Castelot. Suit une exposition assez détaillée de la médicamentaticn de Paracelse, d’après Crollius ; les formules y sont claires et l’on y trouve la vraie préparation de famumie.
C’est maintenant le Traité des signatures, que l’auteur publie intégralement pour la joie du lecteur, l’ou vrage de Crollius étant devenu fort rare : signature des plantes, des maladies, des remèdes, défilent sans interrupBIBLIOGRAPHIE 283 tion, curieuses et suggestives ; ce long et rare discours se termine par la cure des maladies vénéneuses selon lew'wnlia simili bus, et par une étude des correspondances analo giques qui lient le microcosme au macrocosme.
Mais voici venu le tour de Joseph du Chesne. L'auteur ne considère que ses préparations spagyriques concernant les métaux, pierres précieuses et végétaux ; il en fait une consciencieuse analyse et termine ce chapitre en reproduisant la judicieuse réponse que Du Chesne fit à Aubert, à propos de ses cri tiques sur la Spagyrique.
La dernière partie de l’ouvrage est consacrée à Jean d’Aubry relativement à la médecine universelle, à l’or potable et à l’azoth parfait dans la composition duquel il entre de l’or, des pierres précieuses et plus de quatre-vingt plantes diverses. Ce chapitre prend fin par la composition des quatre arcanes correspondant aux quatre ruhumes principes, origines des quatre tempéraments.
Nos sincères félicitations à M. Jollivet Castelot pour avoir publié ce pré cieux ouvrage, lequel est élaboré avec conscience, érudi tion et littérature. — La place nous fait défaut pour parler davantage des Croquis scientifiques et philosophiques, pré cieux recueil où l'auteur a renfermé de curieux et rares aperçus sur de nombreux ouvrages. Il y a là le travail de plusieurs années d'observation.
Jean Mavéric. * ¥ ¥ La Méthode générale et scientifique et les mé thodes rationalistes etfidéistes, par Jacques Brieu. — Librairie Sansot et C»e, g, rue de l’Eperon. — Prix 3 fr. 50. Avant-propos, par J.
284 l'initiation qui, à mon avis, n’avaient pas été assez élucidés par Strada, montré les conséquences scientifiques, religieuses, politiques et sociales qu’entraîne l’adoption de telle ou telle méthode ou de tel ou tel critérium.
J’ai dit un mot de la phase quan titative à laquelle sont parvenues les sciences expérimen tales proprement dites et étudié le spiritisme, l’occultisme et la théosophie au point de vue méthodique • ce que per sonne n’avait encore tenté. J’ai dit la valeur réelle de leurs méthodes et les conséquences qui en découlent relativement à la valeur de leurs propres doctrines.
J'ai aussi comparé l’occultisme et la théosophie à la science, noté leurs diffé rences essentielles et montré la possibilité, pour ceux-là, d'entrer dans celle-ci, en adoptant résolument la méthode générale. J’ai fait voir ensuite que les théories de la con naissance ne pouvaient en rien, s’opposer à la méthode générale, mais qu’au contraire, elles relevaient de sa cri tique.
J’ai dit enfin que Strada avait donné, pour point de départ à la métaphysique, le fait antinomique, auquel j’ai cru devoir ajouter le fait analogique. Ce dernier point sera développé dans un prochain livre. Strada devait publier une métaphysique. Il aurait été probablement amené à parler du fait analogique, puisque — ainsi que je l’ai expliqué — il est impliqué dans le fait antinomique lui-même.
Strada devait publier aussi un traité de morale et un autre de psychologie, ainsi que d’autres ivres dont il donne les titres, en divers endroits de ses ouvrages. Il avait laissé des écrits. Y avait-il, parmi ses papiers, des ouvrages manuscrits terminés, des fragments ou seule ment de simples notes? Je l’ignore.
On ne le saura jamais d’ailleurs, puisqu’à sa mort, ses héritiers ont brûlé tout ce qu’ils ont tiouvé, voire les lettres que lui avaient adressées ses amis et admirateurs. Ils auraient même détruit, s’ils l’avaient pu, tout ce qui avait déjà paru de son œuvre.
BIBLIOGRAPHIE 285 VIENT DE PARAITRE : Les Jésuites, la classe ouvrière et la révolution, * par E. IIureau. — Paris, lqll. — Jules Rousset, édi teur, 12, rue Monsieur-le-Prince (VIe).— Un vol. in-18 jésus de 150 pages. — Prix. 1 fr. 50. E. I lureau qui, cette même année, nous a donné le Secret de l'Univers devant la Science officielle, aborde aujourd’hui l’imbroglio social.
Il expose, par citations, documents, faits, comment le catholicisme procède actuellement pour pré parer la déchéance de la France, tâche qui lui est facilitée par la naïveté, l’incompétence ou la perfidie des partis qui s'accaparent le peuple.
Pour l’auteur, « on nous conduit tête baissée dans une révolution gaponienne habilement préparée »; un complot infernal, facilité par les équivoques des organes considérés comme révolutionnaires, se trame, au sein même de tous les partis, sous les yeux aveugles ou complaisants des chefs socialistes de tous les horizons. EtM.
Hureau supplie les apôtres sincères, instruits et conscients, de ne pas tomber dans le piège d’une révolution avortée qui, comme les fausses révolution russe et émeutes espagnoles, a pour but de se débarrasser des hommes que craint le catholi cisme international.
L’ouvrage nous démasque les dessous dusillonnisme, du modernisme, de Française, de l’anticléricalisme, de la loi de séparation, de la grève des Cheminots ; d’autres chapitres traitent de Loyola devant Malthus, des compo sants du jésuitisme, Hervé et Jaurès, les catholiques et la y finance, les mesures à prendre, etc. » ♦ *
286 l’initiation Les vies successives {Documents pour l'étude de cette question), par Albert de Rochas. — Bibliothèque Chacornac, 11, quai Saint-Michel, Paris (Ve). — Un volume in-8 carré, avec portraits et gravures. — Prix, 6 fr. M. Albert de Rochas est un des rares savants français qui s’occupe d'une façon scientifique des forces encore peu connues de la Nature et de l’Homme. aussi ses ouvrages sont toujours des succès de librairie.
Son dernier ouvrage Les Vies successives. peut être con sidéré comme le digne couronnement d'une œuvre magis trale, où le talent et la probité de l'auteur forment un fais ceau de preuves indiscutables, dont, peut-être, on peut nier les conséquences, mais dont on n'a pas le droit de récuser le témoignage. M .
A. de Rochas, dans la première partie de ce livre, nous montre que l’hypothèse des vies successives avait été adoptée, dans tous les temps et dans tous les pays, par la plupart des sages, qui se sont préoccupés de notre avenir après la mort.
Dans une seconde partie, la plus importante de l’ouvrage se trouvent relatées un grand nombre d'expériences, ou sous l’influence des passes magnétiques des sensitifs dont l’âme, se trouvant plus ou moins dégagée du corps, revi vent ces vies déjà vécues, ou vivent des vies futures, des phénomènes se présentent sous des formes diverses suivant les individus ; chez les uns, les diverses transformations ont l’apparence de la réalité absolue et se répètent tou jours identiques et dans le même ordre à plusieurs mois d'intervalle; le sujet les vit d’une façon saisissante avec les états physiques et intellectuels qui les carctérisent ; chez les autres, elles varient quelque peu et ressemblent à des souvenirs.
Cependant, une constante se reproduit dans toutes ces manifestations, c’est V expiation dans les vies suivantes des faiites commises dans les précéentes. /
BIBLIOGRAPHIE 287 Dans la troisième partie, on verra que tous ces phéno mènes déterminés par des procédés magnétiques ont été observés séparément dans des circonstances diverses. C’est ainsi que certaines personnes ont vu se dérouler rapide ment toute leur vie actuelle passée sous un danger de mort. D'autres ont spontanément des souvenirs d’existen ces antérieures.
D’autres enfin ont pu prédire d'une façon certaine quelques points de leur avenir, ce qui soulève le problème troublant de la fatalité.
Enfin, dans la 4e partie, M. de Rochas rappelle que des changements de personnalité présentant la même appa rence frappante de réalité que ceux décrite dans la2<-' par tie s’observaient très facilement par des simples sugges tions verbales, dans des conditions telles qu’il est impossiblede les attribuer à une autre cause qu’à l’imagination hyperesthésiée des sujets.
Les conclusions de ce remarquable travail seront appré ciées par toute personne s’occupant soit de magnétisme, d'hypnotisme ou de spiritisme, car chacun y trouvera de quoi glaner pour sa satisfaction personnelle.
Livres nouvellement parus Nous recommandons tout spécialement à nos lecteurs le nouvel ouvrage de M. Albert Caillet : Traitement mental et culture spirituelle, ouvrage éminemment spiritualiste et utilitaire au premier chef. — En vente : Librairie Vigot frères. — Prix : 4 fr. / * 4 4 La Gnose, Étude philosophique et religieuse, par P. Vmrdad-Lessard. — Nantes, J. Lessard, libraire.
288 l’initiation ♦ ♦ ♦ L’Ether vivant et le réalisme supra-nerveux, par Paul Richard.— Librairie H. Daragon. — Prix:3fr. 50. ★ * * Contribution à l’étude de certaines facultés céré brales méconnues, par le D> W.-C. de Sermyn. — A Lausanne, chez Payot et Cie, éditeurs. * « ♦ Le prêtre peut-il faire des miraclesPpar G. A. Mann. — Librairie G. A. Mann, 15, rue du Louvre. — Prix,2fr.5O. * ♦ * Profonds mystères de la Cabale divine, par J.
Gaifarel. — Chez Beaudelot, 36, rue du Bac. — Prix, 3 fr. * * ¥ L’anneau et l’épée dans la tétralogie de Richard Wag ner, par le Dr Georges Celos. — Jouve et Cie, éditeurs, 15, rue Racine. — Prix, 2 fr.
« * » La photographie et l’étude des phénomènes psy chiques, abrégé de trois conférences données par l’auteur à la Société universelle d’études psychiques en 1910 et 1911, par Guillaume de Fontenay, avec une préface de A. d’Arsonval. —Volume in-8 (lç-12) de X-142 pages avec 2 figures et 16 planches, 1912. — Prix, 3 fr. 25. Le Gérant : G. Encausse. Imprimerie de l'InitiatioD, 15, rue Séguier, Paris.