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Librairie Générale et Internationale G. F1CKÉR PARIS. — 6, rue de Savoie, 6 — PARIS La Librairie Générale et Internationale./burnt? aux meilleures conditions tous les ouvrages et objets divers intéressant les sciences occultes. DUCASSE-HARIPSE L’AMOUR ET L’AUTEL Roman Volume 18/12 cm. Broché.......................3 fr.
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On reconnaît la rareté et l’intérét des planches hermétiques et magiques de Khunrath ; jusqu'il présent ces planches étaient sans valeur, puisqu’elles n’étaient pas accompagnées de leur texte. Les docteurs;Papus et Marc Haven ont remédié à cet état de choses en publiant, chez M. G. Ficher, une édition de luxe donnant l’explication de chaque -ligure. Paris. — Imprimerie E. Arrault et 0,9, rueNotre-Dame-de-Lorette
L’Initiation ■J? Hevue phllosophlQue des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION^^E □F»-A_ JF» XJ S — 24™ ANNÉE SOMMAIRE DU N° 12 (Septembre 1911) PARTIE PHILOSOPHIQUE Matérialisme et Occultisme (p. 193 à 200) . . Papus. La Magie et le Mysticisme (p. 201 à 211) . . G. Phaneg Marquis de St-Yves d'Alveydre et la Papauté (p. 2t 2 à 242).................................... X. Les Plantes magiques (p. 243 à 25o) . > . . C. B.
Le Magnétisme dans tous les plans (suite) (p. 25i à 257)...................................................Teder. Une Synthèse générale occulte (suite) (p. 258 à 265).........................................................'. • Franlac. De la transformation de l’âme après la mort (p. 266 à 268)...................................................Karl Nissa. SECTION ARCHÉOMÉTRIQUE Les Rituels magiques (p. 269-270)....................
St-Yves d'Alveydre. Conférences Sédir. — Là Joconde ” et les Sciences occultes. — La photographie de la pensée. — Hypnotisme et magnétisme. — Mar tinisme. — L’Archéomètre est sous presse. — Société Internationale de Recherches psychiques. — Ordre martiniste. — Bibliographie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 15, rue Séguier, à Paris-VIe.
Téléphone — 816-09 Tout ce qui concerne l’Administration : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adressé à la Librairie Générale et Internationale G. FICKER PARIS — 4 et 6, Rue de Savoie, 4 et 6 — PARIS Le numéro : 1 ft. 25. — Uri AN 10 francs pour la France. 12 franci pour (’Étranger.
* . I ' V ’• r L'Initiation paraît sans interruption depuis . ,. octobre 1888. Cette Revue a puissamment contribué à la re naissance, en France, du Spiritualisme scientifique. Mais PInitiation, ainsi que son titre l’indique, n’est pas une Revue consacrée spécialement à la dif fusion des premiers éléments et des expériences de .début concernant la Science psychique. L'Initiation est une Revue complémentaire de toutes les revues exotériques.
C’est l’organe des études approfondies de l’Esotérisme dans toutes les Ecoles, et elle est établie pour compléter les recherches de tous ceux qui s’intéressent au psy chisme, aux sociétés occultes et à la tradition initia tique. Là collection de l'initiation forme \q comendium le plus complet des recherches occultes dans toutes les branches possibles.
Fidèle à sa ligne de conduite, l'Initiation est organisée pour faire paraître une foule d’études , inédites de Saint-Yves sur l’Archéomètre, ainsi que des publications de manuscrits inédits de Fabre d’Olivet et d’autres auteurs qu’elle possède dans ses archives. Deux manuscrits d’Eckarthausen attendent aussi leur apparition. On voit que l'initiation est toujours prête à jus tifier son antique réputation.
Librairie Générale et Internationale G. F1CKER PARIS — 6, rue de Savoie, 6 — PARIS SCIENCES OCCULTES au PAYS DES ESPRITS Ou Roman vécu dans les mystères de l’occultisme Préface par le Docteur PARUS C'est un volume absolument indispensable pour tous ceux s’intéressant aux sciences occultes et à tous ceux voulant s’initier et étudier ces sciences.
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PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. Matérialisme et Occultisme Communicationpour uneSociétéd'Études psychiques. Plusieurs membres de cette Société nous ont de mandé d’exposer devant vous la raison d’être et les doctrines de l'occultisme contemporain.
Quoique la Société soit surtout destinée à l’étude des phénomènes reliant le monde visible au monde invisible, vous avez bien voulu prendre sur votre temps si précieux quelques moments pour étudier ma doctrine — et notre bureau a mis au programme ma communication sur la lutte de l’occultisme contre le matérialisme.
Je tiens donc avant tout à vous remercier tout par ticulièrement de m’avoir permis d’exposer les points généraux de l’occultisme et j’espère faire justice des calomnies ridicules de M. Léo Taxil qui, dans une mystification désormais historique, a voulu faire de nous des évocateurs de diables et des habitués du sab bat. Vous verrez, je l’espère, que, bien plus modesté is
L’iNLTlA'HON >94 ment, nous sommes des croyants et des philosophes qui, s’ils ne font pas de bien malgré leurs efforts pour en faire, du moins sont sûrs de ne pas faire de mal. Pour se rendre compte de la raison d’être de nos efforts, il faut avoir fréquenté les écoles de sciences contemporaines et avoir passé soi-même par les doutes, les orgueils, les désespérances du matérialisme.
11 faut avoir compris par expérience les dangers, non seulement personnels, mais sociaux de cet enseigne ment qui conduit au scepticisme transcendant, à l’individualisme féroce résumés dans le célèbre Après nous la fin du monde.
Messieurs, quand un jeune homme, dont le senti ment a été écrasé au profit de la raison qu’on lui affirme toute-puissante, entre, bachelier, dans une école de médecine, pour prendre un exemple, il en sortira, en quelques années, armé pour la propagande ardente d’une doctrine qui lui semble d’autant plus vraie qu’elle paraît appuyée sur des faits nombreux, alors que les autres doctrines sont appuyées sur des idées pures et sur des raisonnements métaphysiques qui, pour notre étudiant, n’auront jamais aucune valeur réelle.
On lui montre, ou mieux on semble lui montrer, que le cerveau fabriquant toute idée, comme le rein fabrique l’urine, comme dit Paul Bert, les idées reli gieuses comme les autres idées sont des combinaisons chimico-physiologiques idéalisées par l’imagination humaine. L’anthropologie prétend détruire par des faits les
MATÉRIALISME ET OCCULTISME I§5 enseignements de la tradition révélée de tous les peuples. Et si des faits étranges, comme ceux que vous étu diez tous les jours ici même, si ces phénomènes d'ex tase, de lévitation, de guérisons miraculeuses lui sont rapportés, notre jeune docteur les classera dans la catégorie du charlatanisme, ou de la faiblesse céré brale suivant le cas.
Car ces faits, on les ignore, quand on ne les tourne pas en dérision dans les centres supérieurs d’enseignement.
Et, avec le temps, notre élève philosophe se per suade qu’il faut une sorte de virilité cérébrale pour être matérialiste et athée, et il considère comme des ignorants, des imposteurs ou des faibles d’esprit, tous ceux qui lui semblent assez peu intelligents pour ne pas admettre comme un dogme, les hypothèses enfantines des anthropologistes, des exégètes ou des vivisecteurs.
Messieurs, cet esprit que j’ai cherché à vous mon trer dans un médecin, vous le retrouverez presque partout, chez le diplomate, chez l’homme politique et surtout dans le journalisme, d’où il se répand dans la nation tout entière.
L’étranger en arrive à nous considérer, d’après nos journaux,comme des sceptiques sans attaches élevées, riant de tout sans nous attacher à rien et sur lesquels il est difficile de compter,.. vu leur peu de foi aussi bien politique que religieuse. Or, quand un esprit, élevé d’après ces méthodes, se retrouve et se replie sur lui-même, quand il dé couvre que toute montée dans la hiérarchie naturelle,
ig6 l'initiation toute évolution, comme dit Darwin, est nécessairement précédée de la descente, je dirai plus, du sacrifice, de deux forces supérieures, alors cet esprit se demande : y aurait-il autre chose que la matière dans la Nature ? C’est alors qu'il demande à la science d’aller plus loin. Mais il ne demande rien à la Foi le plus sou vent.
Malgré tout, en effet, toute croyance lui semble une concession à la superstition et ce n’est ni au boud dhisme, ni au christianisme qu’il s’adressera, c'est à la science. S’il s’était trouvé, devant ce déluge du scepticisme, un clergé formé de savants dans la science contem poraine, la lutte aurait été plus facile.
Mais pour des raisons que nous n’avons pas à apprécier, si les cler gés des diverses confessions fonctionnant en France, et surtout le clergé catholique plus nombreux, comp tent des intelligences de premier ordre et des savants remarquables, il faut constater que la majorité échappe à la culture scientifique et, je dirai plus, semble craindre cette science, qui cependant renferme Dieu vivant, comme tout ce qui est vrai.
Voilà, messieurs, quelle était la situation des esprits, il y 4 dix ans, quand les occultistes ont entrepris la tâche de combattre le matérialisme sur son propre terrain. A côté des centres officiels d’enseignement, à côté même des séminaires localisant leurs efforts dans la floraison de belles âmes, plus que dans celle de savants érudits, il nous a fallu créer des centres d’études où l’instruction mutuelle était garantie par
MATÉRIALISME ET OCCULTISME 197 des examens. Tout était gratuit et les fondateurs ont seuls fait face à tous les frais.
Les exégètes allemands s’attaquent à la révélation chrétienne dans ses livres sacrés, nous avons donc dû permettre à nos élèves de pénétrer dans l'intimité de la révélation mosaïque, par la connaissance de la langue hébraïque reconstituée d’après les clefs four nies par l’initiation égyptienne dans laquelle Moïse occupait un grade élevé. — L’étude comparée des traditions sacrées de l’Inde brahmanique, krichnaïte, ou bouddhique, non plus d’après des résumés, mais dans les livres sacrés des Indous, est venue ensuite prouver expérimentalement l’existence authentique d’une révélation réelle dont le christianisme est le divin couronnement.
Cette année même nous avons inauguré l'étude du sanscrit qui nous sera d'un grand secours bientôt. Voilà pour Je côté historique de la révélation. Mais ce côté nous était réservé et donnait ainsi peu d’action sur les intelligences.
Les contemporains, noyés dans le nombre des phénomènes qu’ils ont étudiés et incapables de les classer en une synthèse harmonieuse, étaient prêts à recevoir avec reconnaissance une synthèse scienti fique, d’où qu’elle vînt. Or, cette synthèse, que l'étude des révélations avait fait pressentir, a toujours existé sous divers noms.
A l’époque de la Renaissance, toute la portion vivante idéaliste de cette synthèse a été rejetée des écoles sous Je nom de sciences occultes, en même temps que la théologie était séparée de la science physique. C’est
ig8 l’initiation donc à la science occulte que nous sommes allés demander cette synthèse lumineuse qui permet de se rendre compte de l’influence très grande de Dieu dans l'Univers et de comprendre, scientifiquement et non plus mystiquement, la réalité de la persistance inté grale de notre individualité après cette légère trans formation que nous appelons la Mort.
C’est expéri mentalement que nous étions sûrs de l’existence d’un monde invisible qui nous pénètre de toutes parts, de forces inconnues latentes dans l’homme et qu’on peut développer jusqu’à la production consciente des phénomènes de dédoublement et de double vue.
Ces études étaient délicates et demandaient une surveillance de tous les instants; de là la constitution de nos laboratoires d’études qu’on nous reproche sans en comprendre l'absolue nécessité. L’important est que ceux qui sont venus à nous, sceptiques ou athées, ont été amenés par la science et par l'expérience; non pas à la foi aveugle, mais à la certitude absolue de l’immortalité de l’être humain et de l’existence de Dieu.
Un mot maintenant de notre méthode et des objec tions qu’elle a occasionnées. Toute science comme tout organisme, parceia même que le mot organisation apparaît, est un réceptacle de vie. La loi de la vie doit être aussi simple que pos sible et d’une application aussi étendue que possible.
Elle doit partant relier les deux autres principes de toute création : le verbe et la lumière, et tout doit rayonner autour de ces trois grands Principes énoncés par saint Jean : Vita, Verbum et Lux.
MATÉRIALISME ET OCCULTISME IÇQ Une méthode permet d’établir entre l’induction et la déduction un pont magnifique: c'est l'analogie. Mais l’analogie ne prend toute sa valeur que lors qu’elle vient ou appuyer les deux autres méthodes ou s’appuyer sur elles. Un de nos collègues les plus savants et à la haute valeur duquel je me plais à rendre hommage, le R. P.
Bulliot, a pris la peine d’étudier l'occultisme au point de vue philosophique et a fait prompte justice des insinuations sataniques dont on nous avait écla boussés. Mais le R. P. Bulliot fait, au point de vue strictement catholique, des réserves qu’il nous expo sera, j'en suis persuadé, avec l'autorité de sa parole. Ces réserves demandent à être discutées, mais je suis le premier à reconnaître qu'elles sont nécessaires.
Ainsi que j’ai eu l'honneur de vous le dire déjà, Messieurs, l’occultisme estuneméthodephilosophique et non une révélation religieuse. L'occultisme doit étudier dans les textes toutes les révélations orientales ou occidentales, aussi bien que tous les systèmes de transmission orale, qu’ils se nomment Kabbale, socié tés hermétiques ou systèmes maçonniques. Mais étu dier ne veut pas dire adopter ou s’incliner.
Nous reconstituons la foi basée sur la science; mais il est de notre devoirde nous tenir collectivement en dehors et au-dessus de toute confession politique ou reli gieuse. Individuellement, chacun de nous revêtira sa foi de la manière qu’il le désirera. Personnellement et en compagnie debeaucoupd'occultistes occidentaux je considère le catholicisme comme la plus haute des réalisations divines sur terre car, à mon avis, le
200 l'initiation Christ et la Vierge Marie ouvrent à l’esprit et à l’âme la véritable porte du monde céleste.
Et si, malgré les attaques si courtoises d’ailleurs faites à la méthode analogique, je persiste à pratiquer encore cette application de la synthèse vivante à nos sciences mortes,c’est que, à l’aurore de notre dernière évolution,se dresse J’Èvangileoù la Parabole, établis sant le passage analogique du physique au moral,du social au divin et de la Terre au Ciel, nous montre une voie que l’on peut suivre avec respect et en toute sûreté.
Mais je prends un temps que d’autres rempliront bien mieux que moi-même. J’ai voulu, Messieurs, vous montrer en toute vérité notre situation vis-à-vis * du matérialisme. Si vous le permettez, nous aborde rons à la rentrée l’étude de nos idées sur Dieu, sur l’Homme et sur l’Univers. Papus.
La Magie et !e Mysticisme(l) (1) Résumé de la conférence faite, le ig février >g< 1, à la Société d’Études psychiques de Nancy, par M. G. Phanbg.
Une des meilleures définitions qui aient été don nées de la magie est celle de Papus, dans son traité sur ce sujet, dont la première édition remonte à près de vingt ans : « La magie est l'application de la vo lonté humaine dynamisée à l’évolution rapide des forces vivantes de la nature. » C’est la partie pratique des théories diverses, syn thétisées sous le nom de Science occulte ou de Tradi tion occidentale.
Les procédés mystiques forment le troisième terme de ce ternaire : la Science occulte, la Magie, le Mysticisme. Il est à remarquer que la théo rie restera toujours la même ; seuls, les moyens d’ac tion changeront, selon que l’initié emploiera la vo lonté, les rituels magiques, ou la demande.
Tous les maîtres, entre autres Saint-Yves d’Alveydre, ayant prouvé l’existence dans le passé d’une science formidable, auprès de laquelle la science actuelle, malgré ses efforts réels, ne fait pas grande figure, je ne crois pas utile de faire l’historique de la magie et de ses procédés; je rappellerai seulement que Papus, dès 1890, prédisait aux savants le radium,
202 l’initiation la transformation des doctrines scientifiques sur la matière et les forces intelligentes; que Villiers de l’Isle-Adam décrivait le cinématographe à la même époque, dans \'Ève future, et que, depuis vingt ans, les découvertes sensationnelles nous ont toutes été indiquées à l’avance.
Mon but est simplement, au jourd'hui, de résumer les principes sur lesquels se base ie magiste moderne et ce qu'il peut réaliser ; de faire, en quelques lignes, la critique de ses procédés ; de définir, enfin, la mystique, en indiquant les rai sons pour lesquelles elle constitue, sur la route de l’évolution, un guide infiniment plus sûr et plus sage.
En quelques mots, devenir magiste. c'est d'abord connaître parfaitement toutes les théories de la science occulte sur l’homme, la nature visible ou invisible, l’éther, la matière astrale, la naissance, la vie, la mort.
C’est s'efforcer ensuite de dynamiser, de concentrer et de réaliser la force mystérieuse appelée Volonté, afin de conquérir un empire aussi grand que pos sible sur les réflexes, les habitudes, les manies, sur toutes les sensations, sur tous les sentiments et toutes les idées; c'est enfin soumettre l'être impulsif à l’homme de raison.
Le magiste aura donc à se vaincre d’abord luimême; il devra triompher de son éducation fausse, de son tempérament particulier ; il devra ensuite lut ter contre les êtres humains, ses frères, la nature et tous les esprits qu’elle contient; enfin, l'indépen dance lui sera indispensable. Comment, en effet, faire une expérience de magie, si l'on ne dispose ni
LA MAGIE ET LE MYSTICISME 20Ü de temps, ni d’argent? Les laboratoires, les vête ments, les instruments magiques coûtent relative ment cher ; c’est encore une grande difficulté à vaincre. J’admets cependant que le magiste aura pu surmon ter tous ces obstacles et ceux dont je ne parle pas.
Voici qu’il aura pu comprendre les sous-entendus des classiques, que sa santé aura résisté aux entraî nements et aux contacts avec l’invisible ; voici les principales expériences auxquelles le magiste pourra se livrer (il est à peine besoin de dire que l’on sup pose seulement un homme de bien, dont les inten tions sont pures).
Il peut faire une évocation, déve lopper ses pouvoirs latents de clairvoyance par le miroir magique, réaliser les guérisons magiques à distance par les procédés de Paracelse, faire cesser une obsession en détruisant les larves qui la cau saient.
Il peut changer les idées d une personne mal gré elle, risquer une sortie en corps astral, cueillir magiquement des plantes, changer sa forme, rendre son corps insensible au chaud et au froid par les exercices respiratoires, rajeunir, faire que sa vie soit plus douce, plus facile, pratiquer la lévitation, les précipitations de formes astrales dans une matière physique, connaître les esprits des éléments, étudier la force magnétique par des moyens magiques, agir à distance sur les rêves ou les pensées d’un ennemi, etc. J’insiste encore sur ce fait que le magiste doit être un homme de bien-, cela me permettra de me livrer d’abord à une critique raisonnée de la magie et, patune gradation insensible, d'arriver à faire voir ce
l'initiation 204 qu'on peut en tirer de bon; à indiquer, enfin, ce qu’est le mysticisme et les raisons de son écrasante supériorité. Un des obstacles que le magiste trouve dans ses études, ce sont les sous-entendus des traités clas siques.
En voici un exemple : il y est dit que pour commander aux esprits, il suffit de leur présenter un pantagramme découpé dans un métal, encensé, con sacré, etc. Or le véritable sens de cette instruction est qu’il faut créer en soi le pentagramme pour com mander à la nature ; or, le pentagramme symbolise l'homme, mais l’homme régénéré, non l'être orgueil leux et insoumis qu’est en général un étudiant en magie; le monde spirituel ne s’incline que devant le pouvoir spirituel, et il faut être un saint pour que les esprits obéissent.
Bien que la-puissance intrinsèque du signe soit réelle en astral, les êtres fluidiques se moquent de ce signe, si celui qui le leur présente est lourd de son orgueil, de ses fautes passées, de ses désirs souvent impurs.
Si, au début de ses études, le magiste qui a évolué jusqu’à la voie mystique avait eu soudain les yeux ouverts pendant une de ses expériences, s’il avait pu se voir lui-même dans l’invisible, cela aurait été sous la forme d’un enfant menaçant les passants d’un fusil de bois: il aurait vu la foule des êtres spirituels passer en souriant, mais aussi il aurait entendu les aboiements furieux et senti les attaques des invisibles inférieurs : élémentals ou autres ; puis, son esprit gardien lui serait apparu, le défendant de son mieux et tentant de lui faire comprendre son erreur.
LA MAGIE ET LE MYSTICISME 20 5 Reprenons maintenant une à une les expériences dont j’ai indiqué tout à l'heure la possibilité, et exa minons leur côté faible.
La critique la plus sérieuse que l’on puisse faire des procédés magiques est la suivante : il n'y a peut-être pas deux hommes sur la terre à la fois capables de reconnaître l’origine d’un esprit incarné, le chemin qu’fl a suivi, les fautes qu’il a commises et qui ne sont point encore pardonnées, le but vers lequel il est poussé et qui est le meilleur pour lui. Comment alors agir sur cet esprit, sans l’exposer à des erreurs capitales?
La deuxième objection, très sérieuse, est que l’étude des livres de kabbale et des traités de ma gie n’aura pas indiqué au magiste une seule idée réel lement exacte de la nature invisible des grands anges planétaires, par exemple. Si vaste que soit son intelligence, l’auteur du plus merveilleux des livres n’a pu que refléter un tout petit coin de l’Univers — et l'intelligence de l'étudiant, à son tour, moins encore.
Ce qui devrait donc nous empêcher de faire de la magie, c’est la conscience de notre faiblesse et du peu de portée de nos connais sances, toutes relatives à notre miroir interne parti culier.
Aussi, quelque haute idée que nous nous fassions d’un homme, s’il fait de la magie, c’est-à-dire s’il agit seul et volontairement sur un autre homme ou sur la nature, il est semblable à un enfant qui agite très fort un bâton autour de lui, sans savoir quel sera le résultat de son action inconsidérée. S'il évoque un esprit et que, par condescendance
l'initiation 206 ou autrement, cet esprit lui apparaisse, quel profit réel en tirera-t-il ? Un esprit, même très élevé, a-t-il jamait dit une vérité qui ne soit dans l'Evangile et en nous ?
Lorsqu’il passera de longues heures à des entraîne ments respiratoires ou à regarder dans un miroir magique pour acquérir un pouvoir, que de temps perdu d’abord, et ensuite, a-t-il la possibilité de savoir si les cellules de son cerveau ou de son cœur pour ront supporter la réaction de ce travail et du pouvoir conquis ?
Que maintenant le magiste travaille à changer les idées d’un adversaire ; si c’est dans son intérêt, il n’est qu’un lâche malfaiteur; si même c’est en apparence pour le bien d’un ami, comment peut-il agir en con naissance de cause, puisqu’il ne le connaît pas réelle ment et ne sait rien de lui ? Les procédés de magie n’atteignent d'ailleurs que le cerveau ou au plus l’as tral. Ils n’effleurent même pas l’intangible esprit.
Agir par les procédés de Paracelse, et magiquement, pour guérir une maladie que le médecin ne peut amélio rer, ne vaut guère mieux.
Une maladie est, en effet, la réaction et le paiement d’une de nos fautes ; si donc on vient se mêler de déranger tout un plan patiem ment construit par les directeurs invisibles, le malade guérira peut-être, mais il sera obligé de payer sa dette dans des circonstances probablement moins favo rables — et la maladie ira ailleurs où elle ne devait pas aller. S'ensuit-il que nous ne devions pas soigner un être malade? Bien loin de là, mais pas de cette façon.
LA MAGIE ET LE MYSTICISME 20? Enfin, le magiste peut certainement attirer autour de lui plus de chance, plus d’argent, améliorer sa vie, éviter les épreuves qui se présentent; mais, à quoi bon ! S’il est spiritualiste, il doit savoir que son esprit a choisi lui-même, avant de venir sur terre, les che mins pénibles de son existence future, les souffrances qu’il a jugé indispensables pour arriver au but fixé.
Ne vaut-il donc pas mieux faire de suite ce qui se présente, avaler la pilule, amère aujourd’hui, puis qu’elle se représentera fatalement à nous demain ? Cependant, tout n’est pas à rejeter dans la magie. Si nous n’avons aucun droit sur les autres, nous pou vons et même nous devons cultiver de notre mieux les facultés à nous confiées par la Nature — ainsi tous les enseignements sur l'homme sont-ils à retenir.
C’est l’idée d’agir seul qui est mauvaise. Nous pou vons suivre les entraînements indiqués, à condition de mettre d’avance toutes nos facultés dynamisées au service de l’Esprit .et de ne jamais oublier que le Christ, notre Initiateur, a déclaré que nous ne pou vons rien sans lui. La grande différence entre le ma giste et le mystique est donc dans le fait que le pre mier tente d'arracher de force à la nature ce que le second demande au Ciel.
Pour prendre un exemple familier, imaginons un enfant dans le jardin de son père. Il vient de désirer un beau fruit placé hors de son atteinte. 11 peut faire deux choses : ou prendre avec force peine la lourde échelle du jardinier, l’ap puyer contre l’arbre, et saisir le fruit. Étant si faible, il tombera avant de satisfaire son désir, ou si même il arrive à prendre le fruit inconnu, et que celui-ci
208 l’initiation soit vénéneux, le mal qu’il se fera sera irréparable. Il peut aussi, s'il est sage et s’il a conscience de sa fai blesse, appeler simplement son père, et lui dire son désir. Le père, dont l’essence est la bonté, le père, qui est savant et fort, qui connaît son enfant, verra d’un coup d’œil si le fruit lui est favorable et le lui don nera sans danger. Ainsi fait pour nous le Père de toute la nature.
S'il voit que nous sommes sages et travailleurs, que nous avons en nous la bonne volonté, il nous donne, au moment voulu et sans péril, les pouvoirs qui nous sont nécessaires. Eh bien, la science qui apprend à l’homme cette sagesse salutaire s’appelle : La Mystique. Elle nous guide dans la voie où toute vie véritable est perçue dans son essence.
Elle développe en nous peu à peu des organes nouveaux de perception qui reculent de beaucoup les bornes de notre conscience et centuplent nos possibilités de réalisation sur cette terre. Penché sur l’abîme profond de son être intérieur, éclairé par la lumière spirituelle, le mystique s'étudie, se com prend bien plus complètement que le magiste.
Bien loin de se croire un être extraordinaire à volonté de diamant, dont triomphent du reste les premières difficultés matérielles, celui qui suit la voie du cœur, qui apprend à descendre, sait se placer à son rang véritable dans l’Univers. Plus il reconnaît sincère ment sa faiblesse, plus l’invisible supérieur l’entoure et le guide étroitement.
11 prend conscience des forces vives dans lesquelles l’homme vit sans s’en douter et il sait qu’il peut tout en espérer. La connaissance
LA MAGIE ET LE MYSTICISME 20Q parfaite qu’il a de son être lui permet d’avoir la sen sation nette que son organisme matériel, que son cœur qui souffre, son cerveau qui travaille et doute, tout cela n’est pas lui-même, et il peut en consé quence supporter bien mieux les épreuves de la vie. Il sait aussi qu’il doit rechercher l’équilibre et ne né gliger en rien les organes que la nature lui a prêtés pour son travail.
Par contre, il n’a pas à tenir compte des circonstances de temps et d’espace, d’habille ments spéciaux, de rituels, car il n’agit pas directe ment sur le plan astral, ni sur aucun être. Toutes ses puissances, unies un instant, sont tendues vers le centre de toute chose et implorent un changement dans la dure destinée de celui qui est venu vers lui.
Sa volonté propre n’existe plus, il n’a conservé que le désir de faire la volonté du Ciel. * Si dans ces conditions sa prière est entendue et qu’un malade guérisse, il n'a plus à craindre une réaction nuisible, et tout s’arrange hors du temps et de l’espace, car tout se fait de haut en bas, non de bas en haut, comme par les procédés magiques.
S’il de mande qu’un homme change d'idées, s’améliore, il sera sûr de ne pas agir à la légère, car c’est sur l'esprit que le Plan divin agira, non sur le corps astral ou sur l’imagination. L’homme sera donc évolué réellement, et ses idées changeront, non en apparence, mais pour toujours.
Il ne fera pas d’évocation, celui qui a une seule fois senti la présence en lui d’un rayon de soleil spirituel ; mais le Ciel saura bien l’instruire sans prodiges appa rents, tant que cela ne sera pas nécessaire. Ainsi, 14
210 l’initiation connaissant toutes les théories occultes, le mystique en tentera la réalisation non plus par lui-même, mais en devenant l’instrument conscient de Dieu; ce ne sera plus lui qui agira selon la phrase connue, mais le Ciel qui agira en lui.
Je dois me borner, ne voulant qu’étudier rapide ment les différences qui existent entre le magiste et le mystique; je voudrais signaler cependant, en ter minant, un fait intéressant : c’est que les phénomènes produits par les mystiques élevés, par les hommes régénérés, se ressemblent, quels que soient la race, le pays, la religion.
Et cela se comprend, puisqu’il est bien évident que la Vérité ne peut être qu'une, ses serviteurs doivent donc aussi être élus. Les Initiés réels, les vrais Rose-Croix, les Maîtres spirituels, sont donc ceux qui sont unis complète ment avec le Principe éternel de la vérité, le Verbe, la Parole, qu’on nomme ce principe Ishana-ra, Ashi-ri ou Jésus-Roi.
Arriver un jour à être reçu parmi les serviteurs des serviteurs du Père, telle doit être l’ambition de ceux dont l'heure est venue et qui veulent aller vers Dieu. Pour nous, Européens, il n’y a pas de meilleur guide que la parole du Christ, l’Evangile.
C'est dans ses pages que nous apprendrons le petit nombre de vé rités essentielles dont la réalisation nous coûtera certes des efforts immenses, mais nous donnera aussi tant de joie, de paix et de vrais pouvoirs. Nous y trouverons les lois de l’Amour et, en aimant, nous aurons en nous le secret de la seule grande et pure Magie, et partout où nous entrerons, un peu de
LA MAGIE ET LE MYSTICISME 211 chance, de bonheur ou de lumière entrera aussi. Seulement, n’allons pas trop vite : ne nous croyons pas appelés avant d’en être sûrs. L'Évangile est un grand mystère, dont la compréhension est réservée à un petit nombre, bien que tous nous devions le com prendre à notre heure.
Il faut donc attendre son tour, attendre l’appel certain, tout en travaillant à nous oublier un peu pour les autres, et un jour se lèvera sûrement pour nous tous, l’Aube nouvelle, le jour du Mariage de l'Agneau. G. Phaneg.
Marquis de Saint-Yves d’Alveydre ET LA PAPAUTÉ Depuis des temps et des temps il n’avait point paru dans le monde une œuvre en rien comparable à celle de M. de Saint-Yves d’Alveydre. Ce que nous en connaissons —car tout n’a pas été publié — dépasse toute louange, défie toute analyse et toute critique.
Elle vaut d’être lue. méditée, appro fondie depuis le commencement jusqu’à la fin, car elle projette sur le passé et sur l'avenir une lumière très consolante, mais si vive, que de prime abord elle éblouit, et qu'il faut prendre des précautions pour habituer de pauvres yeux malades à la voir et à la supporter sans fatigue.
L’auteur met à découvert, après l’avoir vérifiée his toriquement et scientifiquement, la loi organique qui régit, ou mieux qui devrait régir la société chré tienne, loi hors laquelle rien de stable ni de durable ne peut s’établir. On y trouve les raisons péremptoires pour les quelles, jusqu’à nos jours, aucun gouvernement, quel qu’il soit, n’a pu parvenir à se maintenir ni à faire quelque chose d’utile au point de vue social.
Il ne paraît pas possible qu’après avoir lu et cornMARQUIS DE SAINT-YVES DALVEYDRE 213 pris les œuvres de cet homme si remarquable et si modeste, de cet auteur hors pair, quelqu’un de bonne foi et sans parti-pris n’en soit pas profondément tou ché, ébranlé.
Il n’est pas possible que si une intelli gence a jamais douté de la Vérité Chrétienne et Évan gélique, elle ne soit pas éclairée, vaincue, et ne dise : La Vérité est dans l’Écriture, et dans l’Evangile que prêche mon curé.
Cette Vérité combattue par les uns qui l’ignoraient a été souvent défendue par les autres avec plus de zèle que de science, et comme le zèle n’était pas éclairé, la défense était aveugle et les défenseurs ont quelquefois frappé sur l’ami en croyant combattre l'adversaire. Certes, le zèle est une belle chose, mais à la condi tion de voir clair.
Sans cela il peut entraîner ceux qui en sont possédés à lancer sur leurs amis incon nus des pavés meurtriers comme l’Ours du bon La Fontaine. Tout cela, et bien d’autres choses encore, ressort lumineusement des constatations de l’auteur, qui ne sont pas des affirmations en l’air, mais fondées sur des bases rigoureusement contrôlables.
Le but que l’auteur poursuit dans ses travaux, ou mieux la « Mission » qui lui a été confiée, est la reconstitution du gouvernement général et particulier des sociétés sur ses bases naturelles et nécessaires, aujourd’hui complètement oubliées et inconnues, mais dont la tradition cependant a été conservée dans les anciens temples, et que Moïse a consignée dans ses livres et adaptée au peuple hébreu.
La méthode qu'il emploie pour sa démonstration est simplement l’expérience et l’observation appli quées à l’Histoire, et l'expérience scientifique dé montre que la Sagesse et la Science n’ont véritable ment part au Gouvernement des Sociétés que dans la Théocratie pure. Voilà un mot dangereux et capable d'effaroucher bien des gens.
Mais l’auteur, dans la Mission des Souverains, après avoir défini ce qu’il entend et ce qu’il faut entendre par la Monarchie Absolue et par la Répu blique pure, donne de la Théocratie une définition nouvelle et inédite de nature à réconcilier les plus difficiles avec le motet avec le système.
La forme théocratique n’ajamais été, dans la chré tienté, appliquée à aucun Gouvernement et dans les Annales du genre humain on ne l’a vue apparaître que très rarement.
Voilà pourquoi on l’a oubliée et elle se trouve de nos jours complètement inconnue Après avoir étudié avec grand soin les origines de TÈglise, ainsi que l’Histoire de l’Europe et de la Pa pauté jusqu’à nous, l’auteur pose ses conclusions sur le Gouvernement général des peuples chrétiens, tel qu’il a été dégagé par lui du passé, et il montre la nécessité de le reconstituer normalement sur la base des nationalités.
Il en étudie particulièrement chez nous le mouve ment et les principes dans la France Vraie. Dans cette oeuvre d'un patriotisme si élevé et si pur, il met à nu la Loi d’Ètat des païens et la Loi judéochrétienne.
MARQUIS DE SAINT-YVES D’aLVEYDRE 215 Voici un résumé succinct du système : Il existe et il a toujours existé, d’après l’auteur, deux Lois gouvernementales et sociales. La première est celle des Grecs et des Latins qu'il appelle « Loi des Gentils » ou « des Païens » ou bien encore « Loi d'Aristote », en vertu de laquelle les Gouvernants avec leurs trois pouvoirs, Exécutif, Judiciaire et Législatif, sont tout, et les gouvernés ne sont rien.
Dans la France Vraie \Pro Patriâ, t. I, p. i8), il cite un passage remarquable et topique du grand philosophe païen à cet égard. Si cette loi joue seule, elle est anti-sociale. Et il constate que dans l'Église comme dans la société civile, c’est la seule loi connue jusqu’à nos jours.
La loi gouvernementale du Christianisme, latradidition judéo-chrétienne, sociale, par laquelle les Gouvernés existent et font contre-poids aux Gouver nants au moyen d’une triple organisation d’Autorité correspondant exactement aux trois pouvoirs des Gouvernants est inconnue. Ce sont ces deux Lois que l’auteur démontre histo riquement et scientifiquement par faits et documents.
Leur action mutuelle et réciproque, harmonieuse, s’exerçant dans l’intérêt de tous, est appelée par lui : Synarchie, ce qui veut dire avec les principes, par opposition à l'Anarchie qui veut dire absence de tous principes. Les Gouvernants., par une habitude contractée de puis de longs siècles, n’ont voulu reconnaître aux Gouvernés que des devoirs. Par une réaction toute
2 16 l’initiation naturelle, les Gouvernés, pour se venger, ont pro clamé les droits de ¡’Homme, mais ils ont oublié ses devoirs. Or la vraie solution, la synthèse de cette antinomie est que si les Gouvernés ont des devoirs, ils ont aussi des droits, balançant exactement les devoirs et les droits des Gouvernants et leur faisant équilibre, ainsi que cela se passe en bonne et saine comptabilité, où le doit se balance par l’avoir.
Dans la loi judéo-chrétienne, la souveraineté poli tique est une fonction de la souveraineté sociale, mais non une abdication de cette souveraineté entre les mains des Politiciens monarchistes ou républi cains, tous plus ou moins anarchistes. Par suite, les Gouvernés (souveraineté sociale) ont un droit de con trôle et une action légitime sur les Gouvernants (pou voirs politiques). Comment s’exerce ce contrôle?
Par des délégués de la souveraineté sociale, choisis d’après leur compétence professionnelle reconnue et proclamée par l’examen. 11 est évident que les Gouvernants doivent être les serviteurs des Gouvernés, leurs minisires selon la véritable acception du mot, dont le sens a tellement dévié qu'aujourd’hui il signifie « Le Maître ».
Les compétences professionnelles reconnues après examen peuvent seules contrôler les Gouvernants, leur donner des indications sur les besoins des Gou vernés et leur proposer les lois nécessaires. Ce n’est plus là l’Etat chaotique créé par le suf frage universel non organisé, par la poussée du nom bre qui agit aveuglément et abdique tous pouvoirs
217 MARQUIS DE SAINT-YVES d’aLVEYDRË entre les mains des maîtres ambitieux, le plus sou vent incompétents et sans moralité qu'il s’est donnés. Mais c’est l’État social restauré, la souveraineté sociale organisée sur ses bases naturelles : chacune exerçant la fonction à laquelle le destinent ses aptitudes, ses travaux, sa science.
Toutes les compétences professionnelles de la na tion, sans aucune exception, depuis les corps ensei gnants, religieux, laïques, militaires, jusqu'au der nier des artisans, sont utilisés pour le bien de l’en semble et forment un tout harmonieux et solidaire dont chacun retire aide, secours, profit.
Artisans, ouvriers, négociants, industriels, savants, etc., tous ont voix au chapitre par leurs représentants choisis, après examen, par des professionnels; et ceux qui exercent les fonctions de la souveraineté sociale, les gouvernants, ne peuvent ni ne doivent se soustraire à leur action.
Ainsi organisée au point de vue social et gouverne mental, la nation ne fait plus qu’un seul corps et une seule âme, agissant et fonctionnant normalement et à l’abri de tout esprit de parti. C’est l’idéal social auquel les clergés, par leur enseignement religieux, ont préparé et préparent encore les individus.
Que cet idéal soit hic et mine, applicable et réali sable, cela n’est pas dans la pensée de l’auteur, qui sait que les mouvements brusques ne sont pas dans la nature, et qui s’en explique dans la France Vraie. Mais sa réalisation progressive ne peut faire l’objet d'aucun doute, car cette réalisation repose dans le principe de la Loi judéo-chrétienne comme l’épi
21 -S l’inTî IAT10N repose en sa tige. Le Césarisme, que l’auteur définit : « un fléau de Dieu comparable à la meule qui brise et égalise par la force les éléments qui ne savent point se légiférer eux-mêmes par la concorde » est fatale ment condamné par cette parole du Sauveur : Prin ceps hnjus mundi ejicietur foras.
Au reste, ses pre miers travaux datent de trente ans déjà, et tout ce qui s'est passé depuis n’a fait qu’affirmer de plus en plus la nécessité impérieuse de la Loi qu’il a mise en évi dence. ♦ ♦ ¥ Il n’y a rien d’aussi difficile pour l’esprit humain que de se délivrer d’une erreur enseignée par igno rance et de bonne foi pendant une longue suite de siècles et qui a été acceptée et transmise de génération en génération comme l'expression de l'immuable Vérité.
Cette erreur exclusivement politique fut le pouvoir temporel des Papes. Faute de savoir, on a appelé ce régime, dans les polémiques courantes, une Théo cratie. Mais la véritable Théocratie étant par-dessus tout et avant tout synarchique, l’auteur n’a pas de peine à démontrer, en passant tous les faits au crible d’une critique sévère, mais modérée et impartiale, que ce Gouvernement n'a jamais eu rien de Théocratique que le nom.
A l’époque oû Constantin, pressentant la foreeque le Christianisme, en se répandant partout, apporterait à la politique impériale et césarienne, adopta publique ment, par intérêt politique, le culte chrétien comme
MARQUIS DE SAINT-YVES d'aLVEYDRE 2 Ig religion d’État et moyen de gouvernement, beaucoup , crurent au triomphe définitif du Christianisme. Cependant les esprits sincèrement et véritablement imbus de la vraie doctrine Évangélique et réellement cultivés, c'est-à-dire l’infime exception, comprirent qu’il n’en était rien. Ils savaient, ceux-là, que le Royaume de Dieu est semblable à un grain de sénevé, qu’il naît tout petit, qu’il grandit lentement.
Ce n'est qu’après de longues années de luttes et de résistances contre les intempéries des saisons que la plante se développe et devient un grand arbre, capable d’abriter les Oiseaux du Ciel. Le triomphe était donc trop sou dain, trop rapide, pour être de bon aloi. L’engoue ment universel avait ébloui beaucoup d’intelligences naïves et sans méfiance, dont l'enthousiasme dépas sait l’expérience.
Se sentant sérieusement menacé par l’esprit nou veau issu de l’Évangile, l'esprit de Domination, par une diversion habile, par son éternelle insinuation : « Vous serez comme des Dieux », avait encore une fois et pour des siècles assis son règne sur les gou vernants pour asservir les gouvernés. Les Papes, lors de la chute de l’Empire d'Occident, furent naturelle ment conduits à ceindre la couronne de César deve nue vacante à Rome.
Leur situation particulière à la tête de l’Église Romaine leur en fit pour ainsi dire une obligation, une nécessité, et le pouvoir temporel, avec tous les inconvénients politiques, sociaux et religieux qui devaient en découler, était né. En nais sant, il avait trouvé dans son berceau la loi politique des Gentils, qui jusque-là avait régi le monde.
220 L’iMTIATION La substitution du Pape à l’Empereur fut d’autant plus facile qu’elle passa inaperçue auprès des gens non informés, c’est-à-dire de l’immense majorité. Les autres, trop peu nombreux, ne purent que consta ter le fait accompli, s'incliner et se taire.
César était souverain Pontife de la Religion païenne, et il parut tout naturel au souverain Pontife de la Religion Chrétienne ainsi qu’à la majorité desChrétiens même, il leur parut tout naturel, utile et pieux de ramasser la couronne et le pouvoir tombés des mains de César. Quel immense avantage pour faire le bien, propager l’Évangile et les bonnes œuvres, les Œuvres, que d’être Maître du monde !
C’était donc là un piège, un gros danger, car Jésus n’avait jamais possédé le pouvoir. Mais le piège ne fut pas évité 1 On peut dès maintenant entrevoir pourquoi la Pro vidence laissa faire.
La Barque de Pierre ne peut pas sombrer. ¿Mais pour montrer que le Seigneur veille constamment sur elle, il fallut qu’elle fût lancée en pleine tour mente sur l’Océan du Siècle et que le Seigneur, pen dant longtemps, parut dormir, afin d’éprouver la foi des disciples et de les laisser libres de diriger leurs efforts comme ils l’entendraient.
On les laissa donc seuls en apparence, aux prises avec toutes les épreuves et toutes les formes de la tentation. La plus terrible tentation ne fut pas la perMARQUIS DE SAINT-YVES DALVEYDRE 221 sécution ni le Martyre, mais l’appât du pouvoir et de la Domination.
Chacun de nous expérimente qu'il est bien plus facile de supporter la privation et la souffrance que de résister aux attraits du plaisir et de la fortune qui s’offrent à la portée de la main. Le fruit défendu eut toujours une saveur particulière pour qui n’en a jamais goûté. Quand la tentation de le savourer se présente avec la facilité d’en jouir, hélas ! et d’en abuser, il est bien difficile que notre pauvre nature ne succombe pas.
Ce qui se produit pour chacun de nous devait se produire aussi pour la Société Chrétienne, en travail de croissance et d'organisation. Il fallait qu’elle fût exposée à la tentation du pouvoir et qu’elle fut mise à même d’en faire, si elle le voulait, l’expérience. L’épreuve eut lieu, et l’Eglise militante a succombé ! Mais elle a acquis en passant par l’épreuve du pou voir Césarien une force prodigieuse et une expérience consommée.
Elle luttera désormais victorieusement contre César. Félix culpa ! Après des siècles de sommeil et un appel suprême de ses fidèles, le Maître se réveille et sa Vigilance commence à se faire sentir. La tempête va bientôt se calmer et la barque va rentrer au port. Les puissances d’en bas ne peuvent prévaloir. 11 résulte de toutes les constatations faites par M. de Saint-Yves qu’on ne peut pas faire de reproches ni
22 2 l'initiation au clergé ni aux laïcs, si les progrès accomplis dans l’État social apparaissent à peu près nuis à beaucoup. Il leur manquait la science nécessaire pour progres ser, car les uns et les autres n’avaient connaissance que d’une seule loi pour définir et asseoir le Gou vernement des Sociétés : La Loi des païens ou d’Aris tote.
L’on enseigne encore dans les Séminaires que : « Les principes de la saine philosophie vous ont été légués par le prince des philosophes, Aristote, et qu’elle a trouvé son plein épanouissement dans les œuvres du prince des Docteurs, saint Thomas d’Aquin ». (Discours de M. l’abbé Bourgoin, profes seur de Philosophie dans un petit séminaire, pronon cé en 191i).
Comme si ¡’Ancien et le Nouveau Testament n’exis taient pas et comme s’ils étaient dénués de toute philosophie.
Comme si encore il n’était pas dit dans l’Évangile de saint Matthieu, chapitre 13 : « Et qu’on ne vous appelle point docteurs, parce que vous n’avez qu’un Docteur et qu’un Maître qui est le Christ. » Il faut lire dans la France Vraie les remarques toutes pleines de respect, mais très indépendantes et très impartiales de l’auteur sur saint Thomas d’Aquin, et aussi ce qu'il dit d’Aristote comme phi losophe païen. (La France Vraie. Pro Patriâ, t.
11. pp. io et 18). Les Jésuites comme les Papes ont cru très sincère ment que la Loi Païenne d’Aristote, la tradition Gréco-Latine des Gentils était identique avec la vraie
222 MARQUIS DE SAINT-YVES d’aLVEYDRE tradition Chrétienne et la même que celle des Pro phètes, de Moïse et de Jésus-Christ. Ils l’ont confon due avec celle-ci, et de cette confusion découlent toutes les conséquences qui nous affligent.
Se plaçant sur le terrain politique, ils ont cru de bonne foi que la Liberté, et l’Autorité qu’ils ont con fondue avec le pouvoir, étaient antagoniques par essence, donc inconciliables : et partant de cette idée, ils ont opposé le pouvoir et l’autorité à la Liberté, alors que leurs adversaires, se plaçant aussi sur le même terrain, opposaient la Révolution à la Domi nation et au pouvoir Césarien, croyant combattre ainsi pour la Liberté.
Mais après avoir triomphé, ceux-ci retombaient eux-mêmes et fatalement dans les abus et dans les excès du même pouvoir. S’ils avaient pu connaître la Loi judéo-chrétienne, ils se seraient convaincus que Liberté et Autorité peuvent et doivent se concilier dans l’Etat social nor malement organisé, et se donner un mutuel appui.
Ils seraient en outre persuadés que, sans la Liberté pour contre-poids, le pouvoir devient tyrannique, de même que la Liberté sans l’Autorité devient la Li cence. « Mais tout Dualisme, quel qu’il soit, dit M. de Saint-Yves, ne s'abroge jamais que par l’action du Trinitarisme.
« C’est pourquoi, ajoute-t-il en s'adressant aux nations d’Europe, il faut qu'au-dessus de vous se dresse une Autorité désarmée de tous moyens vio lents qui, appuyée sur tous les corps enseignants de votre Continent, s’abstenant de tout arbitraire dog
l'initiation 224 matique, ne soit qu’un Arbitrage suprême de vos démêlés mutuels et de vos débats intestins. » Il était donc indispensable et urgent de faire sortir, de l'ombre où les siècles l’avaient reléguée, la Loi qui concilie ces deux principes, car ils sont la Droite et la Gauche du corps social, et ils ne peuvent rester séparés ni en antagonisme sans que tout le corps n’en souffre et périsse. * ¥ » Il n’est pas contestable (et M. de Saint-Yves se garde bien de contester, mais atteste le contraire) qu’au point de vue strictement individuel l'action du Clergé n’ait été salutaire et sainte.
L’Évangile a été prêché partout et les semeurs ont semé le bon grain aux quatre coins du Ciel, grâce aux facilités que ¡’Alliance avec César, qui pensait bien ne travailler que pour lui seul, ont procurées aux missionnaires de la bonne nouvelle. La semence a germé dans les cœurs, elle a grandi sous la rude main de César, en adoucissant de plus en plus les mœurs.
Et il devient aujourd’hui possible de prévoir et même d’entreprendre la fondation d’un État social harmonieux, qui mettra, au service de Jésus-Christ et de l’Humanité tout entière, la force et la puissance que César faisait servir à sa Gloire propre et à sa Do mination sur le monde. Mais dans l’ordre social actuel cette action a paru impuissante et parfois néfaste. Beaucoup d’intelli gences qui cherchent de bonne foi voyant que les
MARQUIS DE SAINT-YVES D'ALVEYDRE 225 faits semblaient condamner l'idée chrétienne telle qu'elle nous avait été transmise par les siècles écou lés, c'est-à-dire incomplète au point de vue social, ont rejeté cette idée.
La raison de ceci est que, sans le savoir et sans le vouloir, le clergé, victime de l’er reur du pouvoir temporel, a cherché à développer avant tout le règne de la loi politique incomplète d’Aristote, croyant travailler dans l’intérêt de la seule Loi chrétienne. Après les travaux de M. de SaintYves on s’explique les causes de cette erreur.
Le clergé lui-même, après expérience faite, commence à comprendre que la politique est très nuisible à son action religieuse sur les individus. Ceux-ci voyant l’État politique et social sorti des mains des Jésuites qui ont été les maîtres incontestés des États chrétiens pendant de longs siècles, sont naturellement portés à en inférer que tout l’enseignement qu’ils ont donné est faux, même au point de vue religieux.
Toutes les entreprises dites cléricales sont souvent maladroites et manquent de mesure.
II n'y a pas jusqu'à l’apologétique si exagérée et si outrée parfois touchant le rôle non pas de l’Église, mais de certains personnages plus ou moins sujets à caution que l'on confond avec l’Église même, parce qu’ils ont été à la tête du Gouvernement temporel des États catholiques, qui ne soit une cause de discrédit pour l’action du clergé sur les individus, et d'échec au point de vue de l’action sociale.
D’épaisses ténèbres régnaient depuis trop longtemps sur l’entendement humain au sujet delà Vérité chré tienne, religieuse et sociale.Cette situation si doulou15
216 l'initiation reuse et si longue n’avait-elle pas été prévue par saint Paul lorsqu’il parlait du mystère d’iniquité qui se préparait déjà de son temps et que l'esprit prophé tique lui laissait percevoir ? Il n’ignorait aucun des ressorts, ni aucune des roueries de la Politique pour conserver sa domination sur le monde. Mais il savait aussi qu’il y aurait une fin.
M. de Saint-Yves est venu pour jeter un faisceau de lumière qui aidera à faire cesser cet état lamentable.
Ses livres si consciencieux et d'inspiration si haute éclaireront beaucoup de chercheurs que le doute tor ture et après les avoir lus et compris, les hommes de bonne volonté et de bonne foi, troublés par les expli cations ou les commentaires partout contradictoires sur les faits historiques les plus importants, recon naîtront vite les causes de leurs incertitudes.
Ils verront que la loi des Gentils n’ayant jamais cessé de régner depuis l’avènement du Christianisme jus qu’à nous, il n'y avait pas de place pour la Loi judéochrétienne dans l’hôtellerie du genre humain.
11 est en effet visible aujourd'hui que partout où, dans les familles et chez les individus, la loi chré tienne est comprise et mise en pratique, les habitudes etles manières d'être sont transformées et le règne de la paix s’établit sans partage. Il est non moins évident que partout où cette loi est inconnue, le désordre et la discorde sont les Maîtres.
MARQUIS DE SAINT-YVES D’aLVEYDRE 227 Or ce qui convient aux individus et aux familles convient aussi aux Sociétés. Dans les familles réelle ment et sincèrement chrétiennes, l’autorité du père et de la mère est toujours vénérée.
Mais loin de vou loir profiter de sa situation pourannihiler les enfants, le père cherche au contraire à faire développer leur intelligence et leur initiative et quand ils ont acquis les connaissances et les forces requises, il ne se fait plus rien en famille sans qu’ils soient appelés à en connaître.
Le père les entend, écoute les observations de la mère, apprécie leurs avis, s'il prend la décision la plus conforme à l'intérêt général, et tout le monde s’incline. C’est la synarchie en miniature.
Quant au rôle politique des Papes en opposition avec la Loi judéo-chrétienne, l’auteur s’attache à le mettre en lumière, mais sans jamais se départir du respect dû au Pontife suprême des chrétiens catho liques dont la mission ne peut et ne doit être que de servir d’arbitre, de lien, de trait d’union entre toutes les nations chrétiennes.
Représentant parmi elles « Celui que l'Evangile appelle le Prince de la Paix », il doit faire régner partout la Paix et la Concorde. « La Paix soit avec vous » telles sont les paroles qui expriment vraiment le rôle et la fonction par lesquels il s’élève au-dessus de tous en étant le serviteur de tous. Pour remplir ce rôle, dira-t-on, il faut que le Pape soit libre et indépendant et pour avoir cette Liberté
228 l’initiation complète, îl lui faut des Richesses et un Royaume terrestres. Ce doit être une grosse illusion. S'il était nécessaire pour être vraiment libre de posséder ces choses, Jésus ne les aurait pas repoussées quand elles lui furent offertes par le tentateur. Ces richesses et ces royaumes sont au contraire la pierre d'achoppe ment qui provoque toutes les chutes.
C’est pourquoi le Christ les a rejetés avec mépris et c'est pourquoi la Papauté, après en avoir été investie et en avoir porté le joug pendant une longue période de siècles, en a été providentiellement délivrée en 1870, pour que désormais elle puisse accomplir sa mission en toute liberté d’esprit et sans attache avec qui que ce soit.
Les plus saints parmi les Papes ne furent pas sans être effrayés eux-mêmes et révoltés parfois du rôle politique auquel les circonstances les avaient enchaî nés. Témoin Grégoire II qui, en apprenant son élec tion, s'enfuit de Rome et se cacha.
« Quand il se vit Pape, dit Al. de Saint-Yves (Mission des Souverains), malgré toutes ses répu gnances de chrétien, il dit ces mémorables paroles qui confirment tout mon chapitre des définitions, tout ce qui précède, tout ce qui va suivre : « L’épiscopat, le mien surtout, est l’office d’un prince temporel plus que celui d’un pasteur d’âmes.
« Le même politicien, ajoute l'auteur, si profondé ment religieux comme individu, devint forcément comme Pape, le premier César déclaré du Clergé latin et commença à exercer d’une manière sanglante cette fonction purement anarchique. »
MARQUIS DE SAINT-YVES DALVEYDRE 220 Après avoir marqué toute l'importance de la Loi synarchique pour chaque nation, M. de Saint-Yves fait sentir la nécessité rigoureuse de son Règne entre toutes les nations chrétiennes d’abord et entre tous les peuples de la terre ensuite.
Les raisons qu’il déve loppe sur la nécessité d'une autorité et d’un tribunal arbitral jugeant et réglant tous les différends entre les nations et écartant toute solution par la force bru tale et aveugle des armes, sont également saisissantes et péremptoires.
Il semble d’ailleurs, si l'on veut bien regarder ce qui se passe autour de soi, que depuis trente ans l’idée d’arbitrage émise pour la première fois dans la Mis sion des Souverains a fait beaucoup de chemin. Elle a conquis l’opinion publique et les gouverne ments s’en émeuvent.
Les conférences de La Hâve, les projets de M. Taft sont des symptômes indéniables que cette idée commence à travailler l’esprit humain, tout au moins dans le monde chrétien. Le reste viendra à son heure.
L’Œuvre de notre auteur est d’ailleurs tellement considérable et tellement supérieure à tout ce que l’on a vu jusqu'à nos jours et— toutes réserves faites pour les Livres Saints — elle a une telle importance que les expressions font défaut pour le dire et pour le faire bien entendre. On ne peut ni résumer, ni analyser. Il faut lire. Il faut lire la Mission des Souverains, ce discours
l’initiation s3o si concis et si condensé, si instructif sur les Annales de l'Europe et de la Chrétienté depuis l’origine jus qu’à nous, et cette critique loyale et impartiale du double rôle de la Papauté depuis la naissance du Pou voir temporel jusqu’à Pie IX, suivie d’un pian de Constitution très remarquable de synarchie natio nale et européenne.
Il faut lire la France Vraie où l’on surprend la Nation française en action d’ébaucher la synarchie dans les Etats généraux et où les destinées de notre Nation dans le passé et dans l’avenir sont étudiées, expliquées et mises au jour, comme il n’a encore jamais été fait nulle part.
Il faut lire la Mission de l'Inde en Europe où se trouvent consignées des révélations tellement inatten dues que l’esprit en demeure troublé et anxieux et qu’il faut ensuite le temps de la réflexion pour se remettre de sa surprise et poursuivre jusqu’au bout l’auteur dans les cryptes de l’Inde.
Comme il le dit lui-même, ce dernier livre va apporter à ses « missions» précédentes le sceau d’une indéniable autorité, ce à quoi on se trouve contraint d’acquiescer lorsqu’on a lu, médité et compris tous les premiers livres. Mais il ne se fait pas d’illusion au sujet de l’effet immédiatque ce livre comme les autres produira en Europe, ni au sujet du scepticisme railleur et narquois qu’il rencontrera d’abord.
Il voit d’avance les sar casmes qui l’attendent et le péril qui menace sa répu tation d’homme, d’auteur et d’écrivain. Mais il ne s’en effraie pas.
MARQUIS DE SAINT-YVES d’aLVEYORE 23 I « Je ne crains rien des hommes, dit-il, parce que je n’en attends et je n’en désire rien pour moi-même. « J’ai dit que je ne craignais rien des hommes. Il en est un cependant que je pourrais redouter. Cet homme ce serait moi si j’avais eu à manquer à ma conscience ou à violer le serment d’une initiation humaine en publiant le couronnement de mes Mis sions. « 11 n'en est rien. Dieu seul, ^travers lescieuxcomme dans les profondeurs de ['Histoire de l’Humanité, est le vivant dont j’ai reçu la loi synarchique dans ma compréhension religieuse de la promesse, de Notre Seigneur Jésus-Christ. » On croira pouvoir peut-être reprocher à l’auteur de vouloir trop concilier et lui dire qu’en cherchant à unir la droite et la gauche, le feu et l’eau, le blanc et le noir, il s’abuse, perd son temps et commet une grave erieur. Si erreur il y a, elle n’est que relative et momenta née et ne porte que sur la possibilité actuelle de réus sir, car l’Humanité dans son ensemble ne peut être constituée autrement que n’est le corps humain tout entier, son unité individuelle, sa cellule primordiale. II n’y a qu’une loi et elle est la même partout. L’Humanitécommecorps comprend donc nécessai rement la droite et la gauche. Si on sépare dans le composé humain la droite de la gauche ou si l'un des côtés devient paralysé, l’individu est incomplet et
232 l’initiation impuissant. II faut la réunion et le concours des deux côtés pour former un être complet. Au point de vue social, il n'en peut être différem ment, sans qu’il y ait trouble et impuissance et le corps social et collectif ne peut pas plus échapper à cette loi universelle que tout autre corps. L'I-Iistoire est là pour l'attester.
C'est la maison divisée contre elle-même et condamnée à périr. 11 est également manifeste que tout corps dans la nature est composé de feu et d’eau. Les corps froids sont ceux où l’eau domine. Les corps secs et brûlants sont dominés par le feu. Les corps tempérés sont ceux où l’eau et le feu se font équilibre. Le même phé nomène se poursuit partout à la surface du globe où l’on trouve la zone glaciale, la zone tempérée et la zone torride.
Il se reproduit dans les saisons où les unes sont brûlantes, les autres glaciales et les autres tempérées. Au printemps, le feu et l’eau se font équi libre, de même à l’automne.
Dans l’âge d'or chanté par les poètes et qui, selon notre auteur, n’est passé que pour revenir, le printemps durait toujours : « Ver erat æternum. » Tout était doux et tempéré : les saisons, les choses, les êtres et les hommes ne subis saient ni le feu de la colère ni la glace de la haine.
Donc pour que tout puisse marcher régulièrement, il faut non pas créer l'antagonisme comme l’ont fait jusqu’ici les pouvoirs politiques sans exception, mais l’accord parfait des hommes de droite avec les hommes de gauche et pour les accorder il faut les unir.
La devise « Diviser pour régner » est une devise infernale, et le règne en ce cas ne peut être que l'asservisseMARQUIS DE SAINT-YVES DALVEYDRE 233 ment des gouvernés par les gouvenants et vice versa. Le Règne du Christ, le Règne de Dieu ne peut être que celui de la Vérité dans les âmes qui crée la Li berté. Et ce règne, c’est l’union et non la division. Qui peut produire cette union sinon l'Esprit de Charité qui unit et concilie tout ?
Voir saint Paul. Or, il est incontestable queM. de Saint-Yves est animé au plus haut point par cet Esprit de Charité et ses Œuvres aussi.
Il n’y aura guère que ceux qui sont encore privés de cet Esprit de Charité et qui ne le connaissent que par ce qu’on leur en a dit ou ce qu’ils en ont lu, qui pourront croire qu’il se trompe. Et en cela ils seront de bonne foi, car cet Esprit de Charité est la seule vraie lumière pouvant éclairer suffisamment tout homme en ce monde, et ils ne l’ont pas encore.
Il se garde donc de toute critique violente et in juste, soit contre les personnes, soit contre les insti tutions quelles qu’elles soient et il suppose toujours jusqu’à preuve irrécusable du contraire, la bonne foi chez ceux qui peuvent ne pas penser comme lui.
Parlant des attaques violenies, néfastes et antireli gieuses des sectaires contre le catholicisme, il écrit ce qui suit : « Lorsque je qualifie cette critique d'antireligieuse, je la prends pour ce qu'elle se donne et non pour ce qu’elle est au fond, car jusque dans le cri de l’athéisme, il y a plus de religion qu’on ne pense et il n'exprime Je plus souvent qu’une protestation politique contre les vices d’une politique exercée par des sacerdoies sectaires. » {Mission des Souverains, p. 200.1
: 234 t/iNITIATION C’est bien en effet — peut-être pas toujours, mais le plus souvent — le cri d’une politique contre une autre politique prise pour la Religion, mais qui n’a rien de commun avec la Religion. La méprise est d'autant plus facile que la politique exercée par le Clergé s’est toujours couverte du manteau de la Reli gion dont elle s’est donnée comme la protectrice née et comme l’unique organe.
C’est pourquoi sans doute il écrit : « Je suis d’autant plus passionné de Religion et d’Ordre Social, de Synthèse et d’Harmonie, de Per fection dès cette terre, que je n‘ai reculé devant aucune audace de la volonté ni de la pensée, dont la liberté absolue est la condition de développement et de fixité par assentiment conscient... ...
« L’Amour de la science donne la science du Divin Amour, et Psyché sut aimer en allumant sa Lampe, I’Amour ne le sut pas et ne fut que Physique en ayant peur de la Céleste lumière et en s’envo lant. » ...
« Plus l’intelligence humaine s’ouvre, déploie son envergure, monte et embrasse scientifiquement de plus vastes horizons, plus l'Esprit divin y resplen dit et s’y fait Vie, en unissant en elle tout ce qu’il y trouve de divisé et en lui montrant l’L'nité de toutes choses... ... « Cela est ainsi non seulement pour les indivi dus mais pour les collectivités intellectuelles et sociales... ... « Pour le montrer à ceux qui ont la responsa bilité des enseignements et le Devoir de redevenir
MARQUIS DE SAINT-YVES D’aLVEYDRE 235 l’Autorité sociale, j'ai dû examiner profondément leurs yeux, en abattre les cataractes et ma pensée qui n’est qu'amour a dû se faire acier pour ne pas trem bler d'opérer pour guérir. » (Mission des Juifs.) Hâtons-nous de dire que le Clergé de nos jours est innocent de ces fautes. Il n’est que l’héritierdes erreurs politiques antérieures et il en est aussi comme tou jours la Victime expiatoire.
Voyez LouisXVI. Le Clergé contemporain instruit sur de vieux erre ments, sans moyen de contrôle, mérite tous nos égards. Car sauf sur les questions politiques où il peut se tromper, il enseigne,comme il a toujours fait, sur le terrain religieux, la pure et saine doctrine. Mais en politique il a une opinion, surtout en ce qui touche le pouvoir temporel, à laquelle il a été formé de jeunesse et qu’il ne sépare pas de la Vérité évangélique.
Confirmé dans cette opinion par l’intolérance aveugle et sectaire de l'esprit purement laïque, il est entraîné à défendre la politique cléricale avec opiniâ treté et à combattre de même la politique adverse. Des deux maux dont il ne faudrait choisir aucun, il est amené par son instruction et son éducation pre mière à choisir celui qu’il croit le moindre et qui pour tant a engendré l’autre dont il ne veut pas. Quand aura-t-il assez de lumières pour les répu dier tous les deux ?
236 l'initiation Il a été parlé ci-dessus de la Chute du Pouvoir temporel en 1870 et cette chute a été considérée comme un événement providentiel. En effet, il semblera à tout Chrétien non prévenu que la proclamation de l’infaillibilité du Pontife Romain comme docteur ayant charge et fonction d'enseigner la Vérité et la Charité Évangéliques, à la veille de cette chute, marque ainsi ostensiblement l’intervention de la Pro vidence.
Avant cet événement il existait en l'esprit humain une confusion des deux rôles réservés en la personne du Pape, ce qui avait créé une discussion très âpre et très ardente entre partisans et adversaires de l’infailli bilité qui ne pouvaient pas parvenir à s'entendre. Les uns en argumentant pensaient au Pontife suprême et à sa fonction pontificale.
Les autres au contraire voyaient surtout le César Romain et les fautes de ses prédécesseurs dans l’exercice du pouvoir temporel. Aucune entente n’était possible et tous étaient de bonne foi. Mais aussitôt après la chute de la Royauté tempo relle la discussion s’est trouvée close et la dispute apaisée comme par enchantement dans le monde catholique.
On s’accoutuma bien vite à trouver tout naturel et tout à fait logique,sans peut-être se rendre bien compte du pourquoi, de croire que le suprême Pontife de la Religion chrétienne, celui qui est ici-bas avant et plus que tout autre le représentant autorisé
MARQUIS DE SAINT-YVES d’aLVEYDRE li’] du Souverain Maître de tous, libre de toute compro mission avec les puissances séculières, reçoit dans l'exercice de sa fonction sacerdotale de Pontife ensei gnant l’Evangile aux nations, toutes les Lumières de l'Esprit de Charité.
Il parut tout naturel de croire que l’Esprit de Charité qui est aussi l’Esprit de Sagesse et d’intelligence l’anime dans son auguste Fonction, ne peut jamais l’induire en erreur et qu’il le dirige sûre ment et le fortifie pour qu’il puisse confirmer luimême ses frères dans le même Esprit de Charité et de Vérité Évangéliques, caria science purement humaine, ni la politique n’ont rien à voir ici.
En matière de sciences naturelles, mathématiques, philosophi ques, etc., le Pape comme tout autre homme est sujet aux faiblesses humaines, et c'est parce que cette distinction n’a pas été faite que les débats ont trop souvent marqué l’absence de l’Esprit de Charité. Le fait d’ailleurs, par le Pape, d’avoir relevé la couronne de César tombée en Occident ne prouve rien contre l’infaillibilité de l’Enseignement Aposto lique et Évangélique.
Car ce ne fut point le Pontife qui fut tenté tout d’abord, mais la nature humaine fille d’Ève. Séduite par l’appàt du Pouvoir, elle le désira et elle le prit sans nul doute pour le bon motif. Puis le Pontife en voyant le fruit le trouva beau, en goûta et le trouva agréable au goût.
Il en mourut, c’est à-dire que sa fonction sacrée en fut pour long temps occultée aux yeux de l’humanité et recouverte par une fonction tout humaine et terrestre qui n’était que l’ombre de la première. Mais après avoir passé par de longues épreuves, la voilà qui va ressusciter
2 38 l’initiation avec son Sauveur qui ne l’avait jamais perdue de vue. Parmi la longue série des Papes il y en eut de bons et de mauvais. Il y en eut un trop grand nombre qui furent indignes des fonctions sacerdotales. Mais on ne peut en citer aucun ayant commis un écart dans l’enseignement de ¡’Évangile.
« Faites ce qu’ils vous disent, s’écriait Jésus, en parlant des Pharisiens assis sur la Chaire de Moïse, mais ne faites pas ce qu’ils font. » {Saint Matth.. chap. XXlll.) Cette page de ¡’Évangile, comme toutes les autres d’ailleurs, est divinement instructive.
On y trouve noté le principede l'infaillibilité dans l’Enseignement de la loi, donc de [’Evangile: « Faites ce qu’ils vous disent; »puisen même temps la fragilité personnelle de ceux qui enseignent : « Ne faites pas ce qu'ils font. » C’est aussi pourquoi, sans doute, on leur défend de se faire appeler Maîtres et Docteurs, parce qu'il n’y a qu’un Docteur et qu’un Maître, Jésus-Christ, à qui seul appartiennent la Gloire, la Puissance et le Règne dans tous les siècles des siècles et au delà. ■it • # Dans la dernière Mission publiée en 1910, après sa mort {Mission de l'Inde en Europe}, M. de SaintYves indique comme point culminant de l’état social européen la Papauté et le Souverain Pontificat.
« Avec Pie IX, dit-il, l’ancienne Papauté est défini tivement morte à la vie politique et à la Révolution féodale du moyen âge.
marquis de saint-yves d’alveydre 2 3g « A partir de Léon XIII, les conditions non poli tiques qui permettent le Souverain Pontificat inaugu rent sa renaissance possible. » 11 considère que, sous un certain aspect, l’in faillibilité est « comme un blanc-seing absolu donné par les Evêques latins à la Papauté romaine, pour libérer le Souverain Pontificat de tout sectarisme afin qu’il les délivre eux-mêmes de leur propre impuissance so ciale, à sa guise, et selon l’inspiration qu’il en recevra de la Chrétienté entière et de Dieu lui-même ».
Dans le dernier chapitre se trouvent de belles lettres adressées à l’Empereur de Russie et à la reine d’An gleterre, ainsi qu’un appel au Président de la Répu blique française.
Puis dans une autre très belle lettre à Léon Xlll « le chef vénéré de mon culte» dit-il, M. de Saint-Yves dépose son œuvre aux pieds du Pontife « comme le plus humble et le plus respec tueux des fidèles, en lui demandant qu'une étude de cette œuvre soit faite « sous l’égide de la Sagesse et de sa lumineuse Charité ».
« Laïque, ajoute-t-il, je n’ai consulté aucun prêtre d'aucun culte, de peur d’engager sa responsabilité disciplinaire dans la liberté que la libération actuelle des enseignements m'invitait à prendre.
« Mais la signification de mon œuvre serait altérée si elle pouvait être interprétée comme une novation quelconque. » Si quelqu'un était tenté de l’accuser de Modernisme, il semble que ces dernières paroles coupent court à toute interprétation de ce genre. .Au reste quiconque le lira sans parti-pris verra qu’entre le modernisme
l’initiation 240 ou ce que l’on est convenu d’appeler ainsi et lui, il n’existe aucun rapport. Certains modernistes passent par l’épreuve terrible du doute. M. de Saint-Yves est passépar là, lui aussi, ainsi qu’il i’explique dans la France Vraie. Mais depuis il n’a cessé de proclamer sa foi la plus sincère et la plus ardente à l’Évangile de Notre-Seigneur Jésus-Chrit comme à l’œuvre de Moïse.
Voici son épilogue: « Tous mes lecteurs, dit-il, à quelques rares excep tions, penseront ou diront ce qui suit : « Cet homme est fou, mystifié ou mystificateur. Dans tous les cas il est bien naïf s’il s'imagine que le Pape.ou les Souverains auxquels il s’est permis de s’adresser comme l’un d’eux sur un insupportable ton d’Apocalypse, vont le prendre au sérieux.
« Le Président de la République lui-même se gar dera bien de se donner le ridicule de le faire venir et d’admettre ainsi publiquement que ce livre puisse être autre chose qu’un conte à dormir debout. « Mais ce n’est pas tout, car si quelques lecteurs mieux informés des sciences et des secrets de l’Inde ont le courage d’élever la voix et de dire que je ne suis pas plus fou que mystifié ou mystificateur, alors on entendra d'autres allégations.
« Sarcasmes sur sarcasmes, insultes sur insultes, calomnies sur calomnies. « Je sais d’avance qui parlera et surtout qui fera parler. « Pourquoi s’en étonner?
« Quel est l’homme qui a jamais apporté à l’HuMARQUIS DE SAINT-YVES d’ALVEYDRE 24I manité une poignée de vérités quelconques sans en être récompensé par bien d’autres persécutions que celles qui ont atteint la Mission des Juifs et con tinueront de plus en plus leur sarabande contre la Mission de l'Inde.
« Aussi loin de me plaindre, je dis d’avance à mes amis : Courage, et à mes ennemis : Merci ! » L'œuvre de M. de Saint-Yves n'est d’ailleurs pas toute connue et ses amis préparent la publication d’une autre partie qu’ils considèrent comme extrême ment importante. Une dernière remarque pour finir. M. de Saint-Yves, comme il le dit lui-même, n’a pas écrit pour tout le monde.
Ceux auxquels suffit la forme d’enseignement pri maire qu’a revêtue le Judéo-Christianisme, grâce aux talmudistes et aux théologiens, n’ont pas besoin de connaître ses œuvres. Mais il y a toute une catégorie d’Esprits sur lesquels cet enseignement reste sans action, et pour lesquels l’anarchie des doctrines reste une semence perpé tuelle d’anarchie politique et sociale.
Il y a là beau coup de chercheurs sincères, épris de vérité et ne demandant qu’à être convaincus par des faits et par des arguments solidement étayés : C’est pour eux que ces livres sont faits. « C’est l'élite enseignante, écrit encore l’auteur, que je veux rapprocher dans une même vue d’universa lité, sur un même plan de synthèse, dans un même but de réforme. « Je crois que chacun doit demeurer dans le culte 16
l’initiation 242 où il est né et rapprochement ne signifie nullement dans ma pensée confusion ni fusion. « Dans un orchestre, l’harmonie existe parce que les parties et les instruments sont différents. « Jusqu’à présent, on a fabriqué les instruments et chacun d’eux s’accorde isolément de son mieux. Mais on ignore la Symphonie Divine que l’on a à jouer ensemble. » Impossible de mieux faire sentir la cause du désac cord profond, du défaut d’Harmonie des différents cultes entre eux, et la nécessité d’une règle universelle, d’un chef d’orchestre qui soit une autorité sociale incontestable et incontestée, acceptée par tous, avec pouvoir et mission de les accorder tous. X.
Les Plantes Moques La Sauge (Salvia officinalis). Qu’a dé Saouvia a soun jardi A pas besoun daou medeci ( i ). 11 y a peu de plantes qui, chez le peuple, jouissent d'une aussi grande réputation. Des proverbes popu laires l’ont consacrée depuis longtemps. Le provençal dit: Sâuvi sâuvo (la sauge sauve), me sâuvi me sâuvi (je me sauve avec de la sauge). Pourtant cette plante sacrée est presque complète ment délaissée par la médecine actuelle. Cet oubli ne date que de ce siècle, car depuis ies temps les plus reculés jusqu’à la fin du siècle passé, elle fut employée en médecine comme un des médi caments les plus actifs dans de très grand nombre de maladies et cependant elle guérissait! Aujourd'hui on la traite de remède rococo, suranné ; c'est vrai, nos médecins allopathes ont des remèdes plus rapides, mais aussi peut-être moins sûrs. (i) Qui a de la sauge dans son jardin N'a pas besoin du médecin (Proverbe Languedocien'
244 l’initiation Chez les anciens Grecs et Romains la sauge était un médicament très apprécié.
Hippocrate s'en servait couramment; ensuite Dioscoride Pédanius, parlant de la valeur thérapeutique de la sauge dans Materia medica, s'exprimait ainsi : « La décoction des feuilles et de la tige pour usage interne possède la propriété de favoriser l’excrétion urinaire, de régler la menstrua tion, decbasser l’embryon de l’utérus: elle teint aussi les cheveux en noir. Elle guérit les plaies, arrête les hémorragies et purifie les ulcères.
Mélangée au vin et employée sous forme de fomentation, la décoction de ses feuilles et de sa tige calme les démangeaisons des parties génitales... » Elle est utile « contre les mala dies des reins, delà vessie, du diaphragme, contre les hémoptysies, la toux, les crampes, les contusions et la menstruation interrompue ».
11 préconisait la sauge sous forme de décoction et de vin de sauge, qui se préparait, d’après lui, en met tant 8 onces de feuilles de sauge dans un vase et en y versant du vin. Dioscorideconsidérait cette plante comme diurétique et emménagogue. Pline, le contemporain du Dioscoride, mentionne la sauge dans son Histoire naturelle, livre XII. Son opinion ressemble beaucoup à celle de Dios coride.
Mais en plus il lui attribue la propriété de « purifier les morsures des serpents et de guérir la dysenterie, quand on l’associe au vermouth »). Galien a à peu près la même opinion que ces deux auteurs. Cinq siècles plus tard, un médecin chrétien. Aétius.se montre grand partisan de la sauge dans les maladies les plus diflércntes.
LES PLANTES MAGIQUES 245 Il a encore élargi le domaine de son action théra peutique, en prétendant qu’elle favorise la conception chez la femme, la sauge et la marjolaine poussent à l'amour. Cet auteur la préconise aussi pour faire dis paraître les furoncles : il avait vu les paysans appliquer les feuilles mâchées de la sauge sur les parties malades, et ce procédé lui paraissait donner beaucoup de succès.
La sauge est originaire du bassin méditerranéen; mais elle s’est vite répandue dans les autres parties de l'Europe. En Allemagne, elle fut importée par les médecins militaires qui accompagnaient les troupes romaines; ils en avaient toujours dans leurs petites pharmacies portatives.
De sorte qu’elle acquit rapide ment dans ce pays la même célébrité que dans sa patrie et en 18(2 Charlemagne lui assignait une place dans son Capitulaire sur les plantes qui devaient être cultivées dans ses biens. Mais c'est surtout l’école de Salerne qui a contribué à la célébrité de la sauge et à son emploi dans les maladies les plus diverses.
L’engouement qu’on avait pour la sauge s’exprime bien par le vers suivant devenu classique : Cur moriatur homo Cui salpia crescit in horlo ? Le poète ajoute qu’elle réconforte les nerfs, arrête le tremblement des mains, chasse la fièvre aiguë et enfin guérit la paralysie des membres.
Platearius, docteur de l’école de Salerne, donne la description de la sauge dans son Livre de la médecine simple et la recommande chez les hommes mordus par une bête venimeuse ou affectés de paralysie.
L INITIATION 246 Au moyen âge, l’idée était commune que la sauge donnée avec les médicaments agissant sur le cerveau, les secondait heureusement dans leur action.
Ce n’est qu’au seizième siècle que Paracelseémet une opinion contraire : « Ce qu’on dit des dirigeants, écritil, c’est-à-dire des drogues complémentaires, qui doi vent conduire le médicament à sa destination, n’a pas de fondement.On ditquela sauge,la lavande,etc., sont capables de conduire avec elles l’autre médica ment de la même façon qu’un guide conduit un voya geur à travers un pays inconnu. — Mais ce n’est pas un fait médical.
Le médicament se conduit lui-même par la force de sa composition. » Agrippa, par exemple, croyait que la sauge prise par une femme enceinte est capable de maintenir le fœtus vivant dans le sein maternel.
Nicandre l’indiquait contre la peste et Matthiole la conseillait comme panacée dans l’épilepsie, étour dissement, paralysie, léthargie, catarrhes des bronches, maladies des jointures, syphilis, etc. Jusqu’à la fin du douzième siècle , on lui attribuait le pouvoir de rompre les enchantements. Au seizième siècle, toujours la sauge occupe la place d'honneur.
En i52O,Ie\wrtHortulusSanitatis,inquinquetraciaius divisus recommande l’emploi des feuilles de sauge séchées et réduites en poudre en application sur les plaies ; tandis que l’eau de sauge, prise chaude, « remet l’intestin à sa véritable place ». Eucharius Ræsselin ( 1533) dit que la sauge doit être préparée par la distillation de l’herbe dès qu’elle a
LES PLANTES MAGIQUES 247 ■commencé à fleurir. On doit prendre cette eau du rant 3o jours, matin et soir, pour combattre la toux et les affections du foie. On frictionne avec aussi les membres paralysés. Comme apéritif, il donne égale ment une préparation avec du vinaigre qu’il loue comme condiment. A.
Venise Mattioli ( t534) dit de la sauge que c’est « une plante noble, utile au médecin, au cuisinier, à la cave, aux pauvres et aux riches, précieuse pour les phtisiques qui toussent constamment, etc. « Celui qui mange le matin trois petites feuilles de sauge avec du sel n’a dans la journée rien à craindre ni du poison, ni du mauvais air. » Au mêmesiècle, la sauge entrait dans la composition de Vaqua cephalica Caroli imperatoris.
Ce liquide s’employait en friction sur l'abdomen des femmes en ceintes, dans les cas où on s’attendait à une dystocie. Jacob-Theodor Tabernæmontanus, célèbre médecin allemand, fait une étude fort remarquable sur la sauge au seizième siècle, publiée dans le Nouveau herbier.
Enfin Lemery, plus près de notre époque, nous dit que « les vertus de la sauge sont céphaliques, nervales, hystériques, stomacales, résolutives, apéritives, etc. » Tournefort, cité par cet auteur, parlant des maladies des plantes, rapporte qu’il a vu dans le Levant de belles espèces de sauge, sur lesquelles des piqûres de très petits insectes font naître des tumeurs qui de viennent des pommes, ayant 9 ou 10 lignes de dia mètre, d’un goût doux et fort agréable; on les appelle Pomme de sauge : on en porte des paniers pleins dans les marchés.
l’initiation 248 Salvia vient de salvus, sain, parce que cette plante, est bonne pour plusieurs sortes de maladies. Avant d’examiner le côté occulte de notre plante voyons ce que la thérapeutique moderne en pense. Reil, dans sa matière médicale, obtient de beaux succès dans l’application de la sauge contre les sueurs nocturnes des phtisiques. Il est certai n que l’ac tion antisudorale de la sauge est incontestable.
Les cas d’insuccès sont très rares. De nos jours, elle est toujours considérée comme stimulant nerveux, céphalique ; dépresseur des sécrétions lactée et sudo rale; agent de substitution contre les blennorrhées. Herbe sacrée, thé de la Grèce ou thé de France, cette labiée se trouve à l'état sauvage dans le midi de la France.
On la cultiveaussi dans les jardins;elle con tient du camphre, une huile essentielle et du tannin, principes actifs par excellence. L’infusion est de 6 à 10 p. 1.000, carminative et sudorifique; dans les affections ataxiques en décoction de 20 à 5o p. 1.000, excitante et tonique dans les affections lentes et les plaies œdématiées.
Dans le Midi, le peuple qui n’a pas lu l’école de Salerne et qui ne connaît pas le Cur moriatur homo, cui salvia, etc., tient pourtant la sauge en grande estime. C’est l’amer dont il se sert quotidiennement soit en infusion, soit sous forme d’ai'g-zz boulida que I on prépare avec de l’eau, une gousse d’ail et un bou quet desauge.
On obtient par l’addition de pain, de sel et d'huile d’olive un potage ne payant pas de mine, mais d’une digestibilité très facile et qui joue un grand rôle dans le régime des convalescents.
LES PLANTES MAGIQUES 24g A Anduze, la décoction de sauge sert à tuer les puces et les punaises.
Cahagnet, le célèbre magnétiste, donne les feuilles de sauge en infusion contre les idées mélancoliques, défaut de circulation, embarras d’intestins, d'estomac, de tête, dépendant plutôt du système nerveux que d’une autre cause, faiblesse générale, insomnie, rai deur des nerfs, des membres : elle peut être employée dans presque tous les troubles nerveux à la manière du thé; une pincée pour un verre d’eau.
La sauge officinale coloricon,— chaude et sèche — signature le Bélier et le Soleil. Son nom vient des deux mots tudesques Sol-heil. Les feuilles sont vul néraires. L’arcane qu’on en peut extraire est revivi fiant et régénérateur. Sa semence, nommée ébel, en infusion, facilite la conception (Sédir).
Pierre d’Espagne, oculiste célèbre, mort en 1276, recommande contre les fistules iacrymales la pratique suivante: on introduit dans la fistule des feuilles de salvinea, et on lie au pied gauche du patient des feuilles de salvia en prononçant trois fois ces paroles magiques, après avoir fait le signe de la croix : Sicut Christus descendit de cœlo in ut erum Virginis, sic fístula de oculo ad pedem.
La sauge, d’après les druides, protège contre les mauvaises influences et ses fumées guérissent les maladies d’yeux. Pour terminer, citons la miraculeuse recette {des admirables Secrets d'Albert le Grand) sur la sauge. « On appelle enchaldéen la douzième colorio coloricon, en grec clamor, en latin salvia et communé25o l’initiation ment en français sauge.
Cette herbe étant pourrie sous du fumier dans une fiole de verre, il s’en forme un certain ver, ou un oiseau, qui a la queue comme un merle; si de son sang on frotte l’estomac de quelqu’un, il perdra le sentiment pendant quinze jours.
«Que si l’on fait brûler ces vers et qu’on en jette la cendre dans le feu, incontinent on entendra comme un horrible coup de tonnerre, ou bien si on met cette poudre dans une lampe qu’on allume ensuite, il sem blera que toute la chambre sera pleine de serpents. On en a fait plusieurs fois l'expérience. » C. B.
Le Magnétisme dans tous les Plans (École Herixié-ticpie) {Suite.) Dans le Traité de la Peste de Van Halmont, on lit ce qui suit : « Si l’on place un crapaud vis-à-vis de soi, dans un endroit d’où il ne puisse sortir, et qu’on le regarde fixement, intentis oculis, il mourra au bout d'un quart d'heure ». Sur ce fait, on a le té moignage de l’abbé Rousseau, qui fut médecin de Louis XIV.
Quatre fois, assure {'Encyclopédie de Di derot, il renouvela avec succès cette expérience ; la cinquième fois, ce fut l'abbé qui fut fasciné. Le cra paud se dressa sur ses pattes, s'enfla outre mesure, regarda à son tour fixement,et l’abbé Rousseau faillit être puni par où il avait péché, car il tomba malade et l’on eut toutes les peines du monde à le remettre sur pied, après un mois de traitement.
Je connais une personne qui, pour vérifier cette expérience, a expé rimenté sur des grenouilles ; mais quand celles-ci étaient agonisantes, la personne en question trouvait plus humain de les faire revenir à elles — ce qui dé montre assez que les effets de la fascination varient ! elon le dessein qu’on se propose.
2Ï2 l’initiation Ce qu'il y a d’étrange dans le pouvoir fascinaleur, c’est qu’il peut arriver à domineras volontés les plus fortes et avoir raison parfois des résistances les plus acharnées.
Qu’on se rappelle, à cet égard, l’expé rience de Donato en 1887 : il obligea un fameux sceptique, Clovis Hugues, qui lui opposait toute la résistance dont il était capable, à s'agenouiller et à rester dans cette attitude jusqu'à ce qu’il lui eût per mis de se relever.
Donato avait pour lui une chose que ne possédait pas l’autre : un certain don naturel, puis l’entralnement de la volonté et du regard, joint à une longue pratique dans l’art de fasciner. Nobili a constaté que l’électricité favorise la germi nation, et le docteur Claude Bernard a reconnu que le corps humain dégage de l’électricité — chose reconnue avant lui sous un autre nom.
Or, nous sa vons positivement que l’on peut hâter la germination par la fixation du regard et l’imposition des mains. Cette expérience, qui a été renouvelée avec succès en 18g8 par M. L. Gravier, professeur d’arboriculture à Alfortville, est d’ailleurs très commune chez les fakirs de l’Inde, et n’est assurément pas plus extraordinaire que de voir les tortues faire éclore leurs œufs par le seul pouvoir magnétique de leurs yeux.
D’autre part, le pouvoir de l’œil peut encore se faire sentir sur des objets inanimés. En effet, le célè bre chimiste Chevreul, dont la France a fêté le cente naire de son vivant, a parfaitement constaté que l’œil, fixé sur un pendule, pouvait le faire osciller au gré de la volonté. Et après cette constatation cent
LE MAGNÉTISME DANS TOUS LES PLANS 253 fois répétée, il a écrit : «Ce fait peut jeter un certain jour sur les causes de fascination. » Les effets de la fascinationétaient tellementconnus jadis, que non seulement Salomon conseillait de ne pas manger le pain de celui qui a le mauvais œil, mais encore, pour se garantir contre l'action perni cieuse du mauvais œil,on avait recours à desremèdes.
D'après Théocrite, un excellent moyen était de cra cher dans son sein : Et afin que mes yeux quelqu'un n'allât charmant, Dans mon sein, par trois fois, je crachai promptement. Horace parle aussi du Mutonium ou Fascinum,qui était une sorte de fétiche qu’on portait suspendu au cou.
Dans son Histoire naturelle, Pline s’exprime ainsi : «Ily a des hommes dont le corps entier a des propriétés extraordinaires et dont le regard est un poison » ; et il ajoute que, pour se défendre contre le mauvais œil, il suffisait de porter sur soi de la peau frontale d’une hyène, ou de la racine dusatvrios orchis, ou de l'hysope, ou du saphir, etc. Naturellement, pour la science d’État actuelle, qui a reçu d'on ne sait quelle Divinité une raison supé rieure à toute autre, ce n’était là que superstition ou auto-suggestion.
Mais la question serait de savoir si, pour le peuple,aussi bien abusé aujourd’hui qu'autrefois, ce genre de superstition ou d'auto-suggestion, qui le défendait efficacement contre la fascination, n’était pas préférable au manque de foi qui, de nos jours, n’empêche pas les esprits forts à la Clovis Hu254 l’initiation gués de succomber sous la prise de regard d’un fasci nateur.
Le regard, dans l’art de magnétiser, est un excel lent facteur qui n'a pas été négligé par les anciens. Le magnétisme par J'œil est souvent plus puissant que par les mains, mais il existe entre les deux cas une différence qu’on ne saurait déterminer que par la pratique.
Peu de personnes sont capables d’exer cer ce pouvoir d’une manière continue, intense et en même temps sans passion ; aussi est-il besoin d'un entraînement spécial qui doit s’unir à la pureté du cœur. L’œil est la fenêtre de l'âme; si l'âme est bonne et charitable, ce sont des rayons salutaires qu’elle communique ; si l’âme est mauvaise, c’est le contraire qui a lieu.
Après tout, la volonté est le réel moyen du magné tisme, et, conséquemment, son influence doit être bonne ou mauvaise, selon l’intention dont elle est imprégnée, ou suivant la santé que l’on a, ou le genre de vie que l’on mène.
L’œil et la main ne sont pas le pouvoir, mais ils servent à lui donner les direc tions variées, lesquelles peuvent être également déter minées par la parole, les nombres, les signes, ou même par la volonté muette— toutes choses qui ont une influence subtile et magique sur le sujet, et dont la pratique a été l’un des secrets des anciennes Initia tions.
L’existence du magnétisme dans l’antiquité donne de la forme et de la couleur à tout l'ancien monde, et elle le sépare du nouveau avec autant de netteté que la vie du visionnaire ou du mage est séparée de celle à
LE MAGNÉTISME DANS TOUS LES PLANS 23 5 laquelle nous contraignent nos occupations d’aujour d’hui. Corrompue à la longue, l’Égypte, soumise par les Perses cinq siècles avant notre ère, est conquise par les Romains trente ans avant la venue du Christ. Alors, partout, comme si un mot d’ordre était parti des vieux centres initiatiques, les oracles se taisent.
Une nouvelle ère va s’ouvrir, marquant une crise très importante dans l’histoire de la magie — de cettemagie à laquelle se rattachait le magnétisme, et qui, se lon Philon Juif, conduisait l'initié à la contemplation des œuvres célestes.
L'avènement du Révélateur,l’envoyé des Esséniens, indique,au point de vue historique, l’époque centrale où le vieux tem ps arrive à sa fin et où le nouveau commence ; où, à la lumière du jour, les ombres des anciens mystères se dissolvent dans la conscience de soi-même et dans l'intention de la vie.
Suivons le Christ, pendant que l’ancien monde ébranlé s’apprête à disparaître : « Et il allait...guérissant toutes sortes de maladies parmi le peuple... et sa renommée se répandit par toute la Syrie , et on lui présentait tous ceux qui étaient malades..., et il les guérissait (i)... » « Et Jésus étendant la main toucha le lépreux et dit : Je le veux, sois nettoyé ; et incontinent il fut nettoyé de sa lèpre (2)... » (1) Matt., V!, 23-24. (3) Mate.,VIII,3.
256 l'initiation « Il impose les mains sur plusieurs aveugles qui ont foi en lui, et ils recouvrent la vue(i)... » « Un muet et un sourd-muet sont guéris sous une imposition de ses mains (2)... » « Il guérit de la même manière la paralysie du ser viteur d’un centenier (3)... » « Dix lépreux, qui ont aussi foi en lui,sont complè tement guéris par une simple parole (4)... » « 11 est amené devant le lit d'une jeune fille qu’on croit morte—etqui n’est évidemment qu’en cata lepsie; il dit qu’elle dort, il lui prend la main, et la jeune fille s’éveille guérie (5).,.
« Il guérit la belle-mère de Pierre, simplement en la touchant (6)... » « 11 guérit la fille de Jairus par une simple imposi tion de main ; une femme est malade depuis douze ans, elle a foi en Jésus, elle touche simplement son habit et elle se trouve guérie (7). « Il guérit par une parole de commandement un homme dont la main droite était desséchée (8) »...
« Un homme de Bethesda, infirme depuis trentehuit ans, est guéri de la même manière {9)»..,. (1) Matt., IX, 29; XX, 29-34. — Marc, VIII, 23 ; X, 46. — Jean, IX, 6 et 7. (2) Matt., IX, 3a.— Marc, VII, 3i-37- (3) Matt., VIII, t6. (4) Luc., XVII, 12. (5) Matt., IX, 25. (6) Mitt., VIII, 15. — Luc, V, 38. (7) Matt. XVIII, 26. — Luc, VIII, 40. 56. — Marc, V, 21-23. (8) Matt. XII, io-i3. (9) Matt. IX, 6. — Marc, II, 10-11. — Luc. V, ej.— Jean, V,g.
LE MAGNÉTISME DANS TOUS LES PLANS 257 « Un individu atteint d'hydropisie est également guéri par une parole de Jésus (i)... « Lazare est dangereusement malade, Jésus reste deux jours auprès de lui ; puis Lazare s’endort et Jésus le quitte ; ensuite le malade, ayant toutes les apparences delà mort, est enterré ; mais Jésus revient quatre jours après,et il rendla vie àcethomme (2)»...
Qui ne voit pas là une catalepsie provoquée dans dans le but de faire disparaître une maladie au ré veil ? Autrement, comment expliquer que Jésus n’ait pas immédiatement guéri Lazare, qu’il soit resté deux jours à son chevet, et qu'il ait pu se décider à quitter le malade au moment même où celui-ci s’endor mait ?
« Jésus, d'un geste, replace l’oreille de Malchus et guérit la plaie (3) »... (1) Luc, XIV, 1-6. (2) Jean, XI. (3) Luc, XXII 5o-5i. (A suivre.) Téder. 17
Une Synthèse générale Occulte (Suite.) Chute d'Adam.
L'Homme-Femme actuel Adam avait pour mission de diriger tout le travail de dématérialisation dans la Création Temporelle, ses Pensées, représentées par les purs Esprits de Lumière Divine, qui formaient son âme, prenaient d’abord un corps spirituel parmi les petits êtres de la Lumière spirituelle avant de descendre au contact des petits êtres de la Lumière astrale,qui étaient, eux. la ForceVie devant agir directement sur la Lumière physi que et sur les différents mondes physiques pour les amener à la dématérialisation progressive dans le Temps et l'Espace.
Mais si Adam devait agir ainsi par le haut d’après son libre arbitre, sa volonté « Ève», les Grands Esprits déchus, qui jouissaient toujours aussi de leur libre arbitre, pouvaient agir par le bas pour essayer de maintenir l’intégralité de l’empire physique qui leur avait été octroyé.
Aussi, de mêmequ’Adam pouvait agirsurles petits êtres de la Lumière astrale pour le bien de la dématé rialisation générale, de même les Grands Esprits déchus essaient d’agir sur la Lumière astrale pour l’attirer et en augmenter leur royaume.
UNE SYNTHÈSE GENERALE OCCULTE 25g De sorte que les petits êtres de Lumière astrale, sollicités par le haut « magie blanche » et par le bas « magie noire », subissent les actions et les réactions continuelles dues à l’antagonisme de ces deux gran des forces-volontés; mais dans cette lutte, les Grands Esprits déchus ont forcément le dessous, car la Lu mière astrale qu’ils peuvent attirer, ne sert qu'à accélérer la libération des petits êtres de Lumière phy sique subjugués par eux.
Les purs Esprits, messagers de la Pensée d’Adam, avant de descendre au contact du monde physique se revêtaient donc : i’ d’un corps spirituel, âme spiri tuelle ; 2" d'un corps astral, âme astrale. Ces deux corps leur permettaient d’agir dansl’intérieur ducorps spirituel et du corps au monde astral du Grand Homme pour la direction et la marche générales de la Création Temporelle.
Cependant ces purs Esprits pouvaient descendre au contact des mondes physiques et se tenir invisibles auprès des précurseurs, hommes, femmes, animaux, pour les diriger dans leur évolution sur les globes qu’ils habitaient : car ces précurseurs quoique étant les plus intelligents des animaux, n'étaient pas l'homme véritable actuel doué de raison, de con science morale, de perfectibilité, etc. L’homme-femme véritable actuel est tout simple ment le greffage d’un de ces purs Esprits, messagers d’Adam, sur le corps astral d’un homme-femme ani mal, précurseur. Le motif qui a déterminé ce greffage, greffage qu’on emploie dans toute la nature en mettant vivre ensem
2Ô0 l'initiation ble uneespèce supérieure avec une espèce inférieure à améliorer, est tout d’abord une imprudence, consé quence du trop grand zèle de quelques Esprits adamiques à vouloir sauver les précurseurs,et ensuite un trop grand attrait pour les femmes de ces précur seurs.
Ces Esprits pensèrent qu’en se greffant sur le corps astral d’un humanimal ils pourraient mieux le per fectionner et le ramener avec eux dans la Lumière spirituelle, terme de l’évolution de la Nature Tempo relle. En cela ils se sont laissé illusionner, attirer par les Grands Esprits déchus, dont ils sont devenus les sujets au lieu de garder leur liberté individuelle.
Ces Esprits lièrent donc amoureusement leur corps astral au corps astral des humanimaux et, dès lors, ils suivirent le sort évolutif de ces êtres à travers les différents mondes physiques.
Mais en s’incarnant ainsi, les Esprits adamiques ne perdirent pas encore de vue le but supérieur qui avait provoqué leur descente ; leur intelligence gardait le souvenir de leur céleste origine; leur volonté forte servait à maîtriser les impulsions qui provenaient de leur être animal.
Leur corps astral d’Esprit adamique, supérieur au corps astral de l’animal avec lequel il était lié, se refléta sur le corps physique dès la naissance des nouveaux êtres humains, et le corps physique se dis tingua de celui de l’humanimal par la supériorité de ses traits, la majesté de son port et par sa luminosité : car les effluves puissants qui rayonnaient en tous sens de son organisme, le rendaient lumineux dans
UNE SYNTHÈSE GÉNÉRALE OCCULTE 2Ô1 l'obscurité et répandaient sur ses traits, pendant le jour, une indicible noblesse, une majestueuse séré nité. Par son attitude, son regard, sa voix, ses gestes, ses effluves, l'homme en imposait à tous les animaux et ils lui étaient tous soumis.
Le corps de l’homme n’était pas, comme mainte nant, un lourd boulet rivé au centre terrestre, il jouissait de certaines propriétés que l’on observe chez certains sujets fort rares, les Fakirs par exemple, s’é lever au-dessus du sol ou glisser avec rapidité à la surface du sol et des eaux, exercer ses sens à dis tance etc.; enfin l'homme pouvait agir puissamment sur la nature et sur ses semblables.
Son organisation, moins lourde que la nôtre, était en équilibre avec le milieu extérieur; l’homme ne connaissait guère la maladie et la vieillesse; il vivait de longues années et la mort était pour lui chose na turelle sans crainte. 11 retournait alors avec les Esprits adamiques non incarnés, entraînant avec lui le corps astral et les âmes de son humanimal ennobli, dont le corps physique restait au globe.
Il se rendait dans le plan astral péri-atmosphérique duglobe qu’il venait de quitter; il devenait alors daïmon, s’intéres sant plus que jamais aux choses du globe et à ses anciens compagnons incarnés, particulièrement à son ancienne famille.
Sur chaque globe il existait donc à un moment, côte à côte, des Esprits adamiques incarnés qui se nommaient Fils du Ciel ou Enfants de Dieu et des humanim'aux hommes-femmes dans lesquels il n’y avait pas eu incarnation d’Esprits adamiques. Les
2Ô2 L’INITIATION deux classes étaient bien distinctes et ne s’unissaient pas entre elles. Les Fils du Ciel avaient fondé des empires florissants, étaient arrivés à une très grande civilisation, habitaient une contrée excellente qui était devenue le paradis terrestre.
Mais cet âge d’or ne dure pas longtemps ; les Fils du Ciel se multiplièrent, il fallut chercher d'autres terres pour subvenir aux besoins; il fallut asservir et leshumanimauxetlesanimaux.il fallut se battre pour vivre, pour défendre ses intérêts de colonie à colonie, de sorte que la barbarie fit son apparition .
Les Fils du Ciel finirent par procréer avec les femelles des humanimaux ; de nouvelles races se créèrent, puis se mélangèrent, si bien qu’au bout d’un certain temps, l'humanité présenta des races offrant au point de vue intellectuel et sentimental tous les degrés, depuis la brute véritable jusqu'à l’homme véritable. L'humanité a donc subi, cà peu près tout entière, une déchéance héréditaire plus ou moins grande.
L’Esprit adamique, au lieu de rester le maître de l’humanimal qu’il était chargé de faire évoluer, est devenu son esclave; l’homme selon l’Esprit devint l’homme selon la chair. La période de déchéance fut assez longue ; elle con sista surtout en la perte des caractères, tant psychi ques que physiologiques, dont l’homme jouissait dans les premiers temps de l’incarnation des Esprits adamiques.
Il perdit l’aptitude de s'équilibrer avec les variations du milieu extérieur, d'où la souffrance, la maladieetla mort prématurée. Sa volonté s’affaiblit, sa raison et sa mémoire s'obscurcirent, sa luminosité
UNE SYNTHÈSE GÉNÉRALE OCCULTE 263 disparut et n'ayant plus d’empire sur les animaux, qu’il maltraitait, ceux-ci devinrent ses ennemis. L’homme d’abord presque spiritualisé, est devenu dans la suite presque un animal encore plus inférieur que l’humanimal précurseur, parce que son Esprit devenu mauvais, lui donnait plus de facultés pour faire le mal.
Dès lors, après la mort, il a suivi le sort des ani maux; c’est-à-dire qu’au lieu de retourner dans le plan astral avec son corps astral humanimal et y vivre de la vie des daïmons heureux, il dut suivre son corps astral d’animal et revenir s’incarner de nom breuses fois dans les humanimaux. — Dès le début de la période quaternaire on voit partout l’humanité dispersée, divisée en tribus sau vages et ennemies les unes des autres, en confusion de langage.
Seules quelques rares tribus non dégéné rées, se réfugiant sur les hauteurs à l’abri des sauva ges, comme les Mahatmas de l’Inde, ont conservé l’antique initiation et ont servi de flambeaux civilisa teurs à notre humanité actuelle. Actuellement il y a, sur notre Terre, des races sauvages encore humanimales, c’est-à-dire des hom mes-femmes dans lesquels il n'y a pas d’Esprits adamiques incarnés.
Les hommes qui naissent chez les races civilisées, en particulier chez la race blanche, ont bien un Esprit adamique, pour la plupart, mais ils n’ont plus leurs facultés primitives : ils ont une nature déchue, enta chée de dégénérescence héréditaire que l’on nomme la tache originelle.
L INITIATION 264 Nous avons vu quelle était la composition de l’homme-femme de la race animale, I’humanimal : il est facile de se rendre compte de la composition de l’homme-femme de notre humanité actuelle, puisque cet être est composé de deux êtres étroitement unis que nous avons étudiés précédemment : un Etre adamique et un être humanimal.
Nous savons que l’Être adamique est composé: i” d'un Esprit immortel, tiré de la nature Éternelle de l’Épouse Divine; 20 d’une âme spirituelle tirée de la Lumière spirituelle de la Création ou Nature Tem porelle; 3° d’un corps fluidique tiré de la Lumière astrale de la Création-Nature Temporelle.
Nous savons que I’humanimal est compoé : 1° d'un corps physique ; 20 d’un corps ou double ou aura éthérique; 3* d’une âme vitale ou végétale; 4° d’une âme animante ; 5° d’une âme astrale, « ces trois âmes extraites de la Lumière astrale et formant ce que nous appelons le corps ou double astral ». — L’homme femme actuel, qui est l'union d'un Esprit adamique avec un être humanimal, est donc par conséquent ainsi composé : i'r principe, corps physique; 2* principe, double éthérique ou vitalité; 3e principe, âme vitale; 4e principe, âme animante; 5° principe, âme astrale inférieure et supérieure ; 6‘ principe, âme spirituelle; 7e principe, Esprit adami que.
C’est la composition de l’homme d’après l’occul tisme ; mais comme cet homme est un tout, un mi crocosme, il est plus rationnel de trouver chez lui les dix Principes que l’on retrouve dans ¡’Univers,
UNE SYNTHÈSE GÉNÉRALE OCCULTE 265 c’est-à-dire : un Esprit immortel, trois natures spiri tuelles ou célestes, trois natures astrales vitales inter médiaires et enfin trois natures matérielles ; ou encore: un Esprit immortel et trois corps emboîtés les uns dans les autres, « Temporels». On a ainsi le quaternaire humain subdivisé en Dix Principes : î" Un corps physique : « trois natures matérielles : i° état solide ; 2° liquide ; 3° gazeux ».
« Etat radiant intermédiaire » ; 20 Un corps astral : « trois natures vitales : 40 âme vitale ; 5° âme animante; 6° âme astrale inférieure, Intelligence » ; 3° Un corps spirituel «trois natures spirituelles ou célestes : 70 âme astrale supérieure ou âme humaine, intellectuelle; 8° âme spirituelle inférieure, sagesse ; 90 âme spirituelle supérieure; io° amour universel. » Franlac. (A suivre.}
De la transformation de l’Ame après la Mort L’Ame d’un individu, prise au moment de la nais sance, est l’expression mathématique de son Idéal antérieur, et la forme du corps matériel de cet individu est le reflet de la tonique spirituelle de son âme. Mais, au cours de son existence présente, l’âme acquiert de nouvelles facultés, des potentialités nouvelles, et cela en vertu de l'expérience qu’elle acquiert chaque jour.
Ces facultés, ces potentialités nouvelles, l’individu pourra bien enavoir conscience, il pourra bien, même les exercer sur le plan idéal : mais il ne saurait les manifester efficacement sur le plan extérieur et maté riel, puisque la configuration de son corps ne s’y prête pas, et que, d’ailleurs, les organes correspon dants font défaut.
De sorte que nous assistons à ce spectacle d’une âme, qui, primitivement, c'est-à-dire au moment de l’incarnation se moulait exactement sur les contours du corps physique, et qui, mainte nant, avec les modifications apportées par l’expé rience, se trouve gênée, trop resserrée dans son corps physique, lequel n’en est plus que la représentation imparfaite, et, quelquefois même, presque contradic toire.
DE LA TRANSFORMATION DE L AME 267 Pour bien comprendre ce phénomène, représentonsnous ràme d’un individu, au moment de son incar nation, comme une statue faite d'une substance élas tique, d’une forme spéciale qui constitue sa tonique spirituelle propre. Cette statue, douée de vie et d’in telligence, se revêt elle-même d’un vêtement de chair, qui en retrace fidèlement les contours.
C'est sous ce vêtement de chair que l’âme va manifester J’idéal dont elle a pris conscience durant son existence anté rieure. Mais voici que, par suite de l'expérience recueil lie au cours de sa vie présente, cette âme se modifie et se transforme lentement : elle perd certains de ses appétits pour en acquérir d'autres, et sa tonique spi rituelle change.
La statue change donc peu à peu de forme; son vêtement de chair ne lui va plus; elle s’y trouve gênée, trop à l’étroit. Néanmoins elle y reste, en attendant le moment propice de se révéler sous un jour nouveau. Enfin, l’heure suprême de la Mort arrive : les habits trop étroits se déchirent et tombent, et la statue, subitement libérée, se dilate naturelle ment, en vertu de l’élasticité de sa substance, et prend ainsi une forme nouvelle.
La métamorphose est opérée, le Grand Œuvre est accompli. La statue transformée va maintenant chercher un nouveau corps, approprié à la forme supérieure dont elle est l’expression, et pouvant lui permettre de manifester des facultés plus parfaites dans l'existence à venir. Cette transformation de l’âme après la mort ex plique pourquoi l'âme perd le souvenir de son exis tence passée en se réincarnant. L'âme transformée a une conscience transformée : c’est à proprement
268 l'initiation parler une autre âme. Et tout changement radical ne se fait qu'à la condition qu’on oublie complètement l'état antérieur, car se souvenir d’un état, c’est encore y être, et la mort est justement un déplacement loin d’un état qui a cessé de nous intéresser. Karl Nissa.
SECTION ARCHÉOMÉTRIQUE dCes Rituels jYfagiques Les Alphi-Kiroubi des Mages Kaldéens sont les Kéroubim de Moyse. — L'Initié passant dans l’Aütre Vie leur adressait des Incantations rituelles, l’une, à gauche, au Sphinx qui mène aux Enfers, l’autre, à droite, à celui qui mène au Ciel. La première, en kaldéen cunéiforme, est en vers rythmiques, non systématiquement rimés : Alph’ilidti Zi aitava,... etc. Tenir compte des hiérogrammes magiques, tels que DI, AN, NIN, ZI, DA et H ou Ê. La seconde, mêmes observations, est : Alpho gallon Alpha ma'h'Ho,kabish Dalt'elletiv... etc.- L’admirable rythme de ces vers de deux fois quatre, puis six syllabes, donne un jeu complet de quatorze. — Le mot à mot rapetissant d’une manière enfantine la pensée aussi bien que l’expression, la traduction du sens dans la forme que permet notre langue évite aux Mages kaldéens cette humiliation imméritée. Incantation de Gauche LE MAGE A L’iNITlÉ Incarne ce verset des Mages à l’oreille Du Taureau de la Gauche, à la Porte d’airain :
270 l'initiation l’initié « O Taureau qu’a créé le Dieu ZOu, toi qui veilles « Au Seuil du Palais Noir de la Mort, Sphinx Ailé ! « Ta Mission terrible est de porter les Ames « Vers le Trône d’Allat, Déesse des Enfers !
« Car Elle t’a sacré ; sa Baguette magique « T’a marqué pour garder pendant l’Éternité « La Pureté d'en-Haut contre l’impureté « Des démons d’Ici-Bas ! — O Force inexorable, « Oppose aux grands Impurs ta Borne du Destin, « Veille à la Double Issue éblouissante et noire, « Défends la Porte d'Or à ta porte d’Airain. ,« Incantation de Droite LE MAGE A L'INITIÉ Incante ce verset des Mages à l’oreille Du Taureau de la Droite et de la Porte d’Or : l’initié « Taureau Sauveur, Taureau du Ciel, étend tes Ailes, « Frappe de ton sabot le Seuil du Saint des Saints !
« Ouvre la Porte d’Or delà Béatitude « Et qu’apparaisse aux Bons leur Soleil Éternel, « Ton Cavalier, le Dieu Nirva, le Roi de Gloire « Bénissant la Moisson de ses Glorifiés ! « Sois propice à l’Encens qu’élèvent des Mains pures « Et reçois l'Èpi d’Or de ma Fidélité 1 » (Inédit.) Saint Yves d'Alvetore.
CONFÉRENCES SÉDIR M. Sédir donnera les vendredis i3, 20, 27 octobre, 3 et 10 novembre t911, cinq conférences sur : L’invisible et la vie quotidienne. La doctrine spirituelle primitive du Christ y sera exposée telle que la tradition orale directe a pu en transmettre le sens depuis vingt siècles. Ayant à remplir des engagements pendant l'hiver, en province et à l’Ètranger, M. Sédir reprendra dès mars 1912 la suite de ce sujet.
Les présentes conférences auront lieu à 8 heures et demie très précises du soir, 32, rue Cardinet, au fond de la deuxième cour, au rez-de-chausée, à droite (Métro Malesherbes ou Monceau). oCîz “ Joconde " et tes Sciences occultes Qui mieux que le mage Papus serait capable de dire si les sciences occultes permettent de retrouver les traces de la Joconde disparue ? Papus nous reçut, hier, dans son cabinet de travail, où rien ne parle d’occultisme.
Bon bourgeois à figure réjouie, le mage n’a rien de redoutable. Nous questionnons : — Les sciences occultes peuvent-elles aider à retrouver la Joconde ? — Absolument impossible sans lien matériel. Les forces utilisées pour des recherches de ce genre ne sont point extraphysiques ; ce sont des forces naturelles qui, en l’es pèce, restent inefficaces. Prononcer « lièvre » devant un
l'initiation 272 bon chien de chasse, il ne trouvera pas un lièvre pour cela. Il n’existe en effet aucun lien matériel entre chien et lièvre. Mais faites-lui sentir les traces d'un lièvre, et le lien- maté riel sera établi; le chien suivra et, généralement, trouvera. Pour la Joconde, le lien a existé ; le voleur a laissé des traces de doigts sur le cadre. Mais ces traces ont été per dues. Un grand nombre de personnes ont palpé le cadre.
Dans l’Amérique du Sud, il existe des chiens de police, spécialement dressés, qui eussent retrouvé le voleur si on les avait amenés dès la découverte du vol dans le salon Carré. Dans certains cas, les somnambules voient un objet égaré, mais il faut que la personne aille elle-même trouver la « voyante ».
Vous pouvez être assuré que les moyens positifs de la Sûreté sont nettement préférables à tous autres. (Exce/sior.) LA PHOTOGRAPHIE DE LA PENSÉE Nous lisons dans VEcho de Paris (compte rendu de la dernière séance de [’Académie des Sciences) : « M. le commandant Darget, dont on connaît la si cu rieuse photographie des rayons émis par les êtres vivants (rayons V), présente sur le même sujet un nouveau travail qui n’aura pas moins de retentissement.
« Partant de l’hypnose qu'a illustrée le célèbre docteur Charcot, et dans laquelle les fluides vivants sont transmis par une personne à un sujet, le commandant s’est demandé s’il ne pourrait pas enregistrer par la photographie les images mentales ; si, par exemple, en pensant fortement à un objet, on pourrait, dans des conditions particulières, en obtenir l’image sur une plaque.
« Poursuivant son investigation, il pensa dans le cabinet noir, à une bouteille, en regardant une plaque posée dans un bain révélateur, où il plongeait également ses doigts. Au bout d’un quart d’heure, la bouteille était reproduite. « Une seconde bouteille fut également obtenue dans les
HYPNOTISME ET MAGNÉTISME 2/3 mêmes conditions, en présence de six témoins. Pois ce fut la photographie d'une canne. « Ces très curieuses photographies des images mentales (photographies de la pensée) pourraient bien être, dit le commandant Darget, les préliminaires d'une science toute nouvelle. Selon lui, la penséedoit avoir une vertu créatrice : c'est le « Fiat lux » de la Bible. » (Touraine, du 16 août.
Séance du 14 à l'Académie.) HYPNOTISME ET MAGNÉTISME Le livre de Donato Sous ce titre Cours pratique ¿'Hypnotisme et de Ma gnétisme un homme qui m’est cher, le professeur Donato, vient de publier un livre qui flamboie. J’ai voulu me pénétrer des rayons qui s’en échappent comme des clartés qui illuminent un coin du monde inconnu des profanes.
Papus, un apôtre, dans la préface substantielle qu’il con sacre au livre de Donato, s'est écrié: « C’est une véritable joie pour un amateur de science de voir exposerclairement les procédés d'hypnose qui conduisent le chercheur aux révélations du somnambulisme, du dédoublement astral et des actions à distance. » L'un des plus grands philosophes du monde, qui vivait 5oo ans avant l’ère chrétienne, a écrit ces lignes profondes comme le devoir : « Quiconque agit toujours et ne médite jamais finira par perdre sa peine.
Quiconque médite toujours et n’agit point sera sujet à l’erreur. C’est en effet s’exercer que d’étudier et d’apprendre ; mais si l’on ne médite pas ce que l’on étudie, si l’on n’y ramène pas souvent ses réflexions, on n’aura qu’une érudition ténébreuse, aussi stérile que l’igno rance. » Papus d’un côté, le grand philosophe de l’autre, m’ont ouvert le livre de Donato.
Je l’ai lu ; j’ai longuement mé dité sur l'œuvre puissante que le maître présenta au public dans un langage plein de clarté et de précision. Nous voilà à mille lieues des anciennes théories nua18
l'initiation 274 geuses et obscures, dont la science s’éloignait presque avec raison, et le grand public presque avec dédain. x Aujourd’hui, le magnétisme et l'hypnotisme ne sont guère discutés que par l’entêtement prodigieux de quel ques-uns et par l’ignorance enracinée de quelques autres. Des moyens thérapeutiques nouveaux ont surgi de cette double force, et des hommes de volonté, tels que Papus.
Durvilleet Donato, l’ont mise au service de ceux qui souf frent! Le cours pratique de Magnétisme et d'Hypnotisme est divisé en vingt-deux leçons. L’apprenti qui s’inspire de la première et poursuit les étapes lumineuses de ces magistrales leçons est, à la vingtdeuxième, le possesseur absolu d’une merveilleuse science dont il n’est plus permis de douter.
La volonté, le sommeil par le regard, le sommeil par suggestion, la catalepsie, la suggestion de l’exemple, le réveil, tout est indiqué, expliqué, présenté simplement, sans enflure officielle, dans une langue nette et sobre, par un homme qui a consacré sa vie à développer cette force naturelle qui est en nous et dont le lecteur d’Hypnotisme et Magnétisme pourra se servir demain.
Comment guérir les maux de tête ? s’écrie Donato dans sa onzième leçon. Écoutons le maître dont l'inaltérable bonté me pardon nera cet emprunt: En dix minutes, il est facile de venir à bout normalement de la névralgie la plus tenace, de la migraine la plus lan cinante, en employant le secours d'un magnétiseur ou d'une personne amie qui veut bien faire office de magnétiseur.
« Cher apprenti, qui non seulement veut développer ta volonté par le magnétisme, mais encore qui rêve d’al truisme, tuas là, en attendant des cas plus graves, un bon moyen de soulager ton semblable.
« Fais placer ton malade sur une chaise, que ta main gauche à plat encercle le front, que ta main droite encercle la boîte crânienne; d’abord, que ton étreinte soit molle, resserre-la plus fortement au bout de cinq minutes, et garde-toi de dire un mot. Seulement mentalement — télépathiquement, devrais-je dire — souhaite le rétablissement de ton malade, ordonne à la céphalalgie de disparaître, que
l’archéomètre EST SOUS PRESSE 275 tout ton esprit, que toute ta volonté soit tendue vers la guérison. Au bout de cinq minutes, tu parleras, et péremp toirement tu annonceras au malade que son mal de tête est sur le point de disparaître. Cinq minutes encore et tu an nonceras que tout est terminé, que la névralgie a disparu. » Et le malade ne ressentira plus rien, en effet, et sera débarrassé pour de longs jours de ce mal horrible!
Le livre de Donato, très élégamment édité parM. Jules Taillandier, contient de nombreuses illustrations d'après nature, en y comprenant le portrait de l’auteur et celui du docteur Encausse (Papus). Son succès est absolument certain, et l’annonce de ses éditions successives sera pour moi un plaisir, sans être une surprise. Je l’ai lu dix fois, et pour le relire et l’étudier encore, j'en veux faire mon livre de chevet. Evariste Carrance.
Nous apprenons la mort de M. F. K.. Gaboriau, fonda' teur et ancien directeur du Lotus Rouge. MARTINISME Une nouvelle Loge Martiniste vient d’être fondée à Paris sous le nom de Loge Osiris n» 318. L’Archéomètre est sous Presse Une bonne nouvelle pour nos lecteurs et tous les Amis de Saint-Yves. L'Archéomètre qui formera un ouvrage considérable est sous presse.
Le premier volume paraîtra en novembre avec trois planches en couleurs et un texte des plus importants. Chaque planche tirée en six couleurs est une merveille d’édition.
l’initiation 276 Le volume est dès à présent en souscription à 2? francs chez Dorbon, éditeur, 53 ter, quai des Grands-Augustins Paris. Société Internationale de Recherches Psychiques Nous apprenons la création, à Paris, d’une société inter nationale de recherches psychiques, dont le but princi pal est de réunir les personnes qui s’occupent pratiquement ou théoriquement de toutes sciences se rattachant au domaine du Psychisme.
Ses efforts tendent à l’étude, à l’avancement et à la propagation des différentes sciences encore peu approfondies ou mal connues, comprises sous la dénomination générale de Sciences Psychiques, ainsi qu'à faciliter les voies et moyens à tous ceux qui désirent entreprendre des études dans cet ordre d’idées.
Cette société créée sous les auspices de MM. Maurice de Rusnack, Papus, Donato, Fabius de Champville, Henri Mager, Evariste Carrance, Marc Mario, Eugène Figuière, Fernand Girod, Alexandre Mercereau, M. C. Poinsot, Jacques Nayral, Georges Siebert, Maurice Duplan, Sylvain Déclantine, Gaston Bourgeat, Frédéric Valette, Barthélemy Bonnet, Jaudon, H. C.
James; Mmes Marie Stahl et Josselme Monroc, a son siège central au bureau du journal la Vie Mystérieuse, 3, rue de l’Estrapade, à Paris, où toutes les demandes et adhésions doivent être adressées. ORDRE MARTINISTE 1 ERRATA A « L’INITIATION » D’AOUT 1911. Page 180. — Lire Edouard Febvre, Adepte Libre, 33e Ec.* 1. ; au lieu d’Edouard Febvre, Adepte Libre, 32» Ec.'..
ORDRE MARTINISTE 277 Page 182. — Lire: 1“ Librabius au lieu de Librabis; 2° Hospitalière: Détrè, Adepte Libre, 33* Ec.-.; au lieu de Dêtré, Libre, 33e Ec,-. Pages 182 et i83. — Lire « ; » après Adepte Libre, Page 183 : t° Après Orateur honoraire..., rétablir l’alinéa suivant ; Orateur-adjoint honoraire : professeur-docteur Emile Schaub, Adepte Libre, 33e Ec.-.; Sublime Commandeur, Délégué Martiniste.
20 Avant la signature des Inspecteurs secrets de Melchisédech, Yesir et Anael, lire ce qui suit : Nota. — Les titres maçonniques de Maître Secret, de 19e et de 33e Ec.-., qui figurent après les grades martinistes d’initié, de Supérieur Inconnu et d’Adepte Libre, ne sont que l'équivalence d’une partie de l'enseignement ésotérique donné par la L;‘; Melchisédech et toutes les formations martinistes régulières. II Rf; L:': MELCHISÉDECH. n» 208.
DISPOSITIONS GÉNÉRALES 1. — Constitution delà Loge et Organisation des Tenues. La R:*: L:': Melchisédech est un Centre d’études théo logiques, philosophiques, sociologiques, scientifiques et hermétiques fondé à Paris, placé sous la dépendance directe du Président du Suprême Conseil Martiniste, ouvert aux dames comme aux hommes, et qui s’interdit formellement toute discussion politique, religieuse ou nationale.
A moins d’avis contraire du Comité directeur, les tenues auront lieu tous les mardis, d’octobre à juillet de chaque année. Elles commenceront à 8 heures q5 précises du soir, La lecture de la correspondance sera faite immédiatement après l’ouverture des travaux, et les questions d’ordre administratif devront être réglées pour neuf heures.
l’initiation 278 Les conférenciers inscrits à l'ordre du jour et qui se trouvent dans l’impossibilité de tenir leur engagement, doivent prévenir aussitôt que possible le Directeur de là Loge ou son délégué. Les travaux de chaque tenue seront ouverts et clos rituéliquement. Ils comprennent des cours, des conférences,des lectures, des causeries et des discussions amicales ou réponses faites par un ou plusieurs membres aux questions posées en Loge.
Jusqu'à nouvel ordre, ces travaux se trouvent ainsi répartis : i° Travaux historiques, maçonniques, hermétiques et théurgiques. — Chef'. Teder; 2° Travaux théologiques, philosophiques, sociologiques et mystiques. Chef-, Thargêlius. 3“ Travaux scientifiques, adaptations de l'Hermétisme et excursions. — Chefs'. Librabics et docteur Ginsburg.
4° Travaux magnétiques, hypnotiques et psychiques. — Chefs: Barthélemy Bonnet et ,J.-A Magnet; Sous-Chejs : Proost et Jeaud. II. — Composition de la Loge.
La R:": L:‘: Melchisédech se compose: i° D’un Président d’honneur; îtD’un Directeur ; 3° De deux Vice-Présidents; 4° D’un nombre illimité d’Ôfficiers honoraires; 5° D’un certain nombre d’Officiers actifs, qui ne pourra jamais être inférieur à trois, ni supérieur à dix-huit; 6° De Membres participants, d’Affiliés actifs ou martinistes faisant déjà partie d’une autre loge régulière, et d’Affi liés libres, admis parla Commission initiatique, consaciés par l'un des Initiateurs ou nommés par le Directeur.
70 D’Initiés par communication, consacrés par le Prési dent d’après un rituel spécial dressé par le Conseil de la Loge; 8° De Membres honoraires,nommés par le Comité direc teur et pris parmi les Martinistes des autres formations ayant contribué à la prospérité de La Loge ou de l'Ordre.
ORDRE MARTINISTE 279 III. — Admissibilité aux Tenues. Ne seront admis aux Tenues d'Associé, d’initié, de Su périeur Inconnu et d'Adepte Libre, que les Officiers de ¡’Ordre Martiniste, les Membres honoraires, les Initiés par communication, les Affiliés libres, les Affiliés actifs et les Membres participants de Melchisédech.
Les Martinistes libres et les Membres des autres Loges régulières ne pourront prendre part à ces travaux qu’après une autorisation écrite du Directeur de Melchisédech ou de l’un de ses délégués. Ne seront admis aux Tenues de Royal-lnitié, de ParfaitAdepte et de Sublime-Commandeur, que les titulaires de ces grades.
Nul ne peut entrer en Loge qu’après tuilage rigoureux et vérification faite de l’authenticité de son certificat d’ini tiation, de sa carte de Membre participant ou d’Affilié actif. IV. — Administration. L’Administration de la R:": L:’: Melchisédech se com pose : i° Du Conseil de la Loge ou Comité directeur et finan cier; 2" De la Chambre d'Administration ; 3° De la Chambre d’Examen; 4° De la Chambre des Maîtres d'Ordre.
Le Comité directeur et financier est constitué : t° Du Président d’honneur, nommé par le Directeur de la Loge et pris parmi les Membres titulaires du Suprême Conseil Martiniste; 2’ Du Directeur de la Loge, nommé par le Président du Suprême Conseil Martiniste: 3° De deux Vice-Présidents, nommés par le Directeur de la Loge, Les fonctions dirigeantes sont inaccessibles à ceux dont les difformités apparentes, la tenue peu favorable ou la profession trop prosaïque, seraient un obstacle permanent au prestige qui est l’un des éléments de succès pour un apôtre. Toutes décisions du Suprême Conseil Martiniste ou du Comité directeur sont immédiatement exécutables.
e8o l’initiation Dans toutes les discussions, le veto du Chef de Loge a toujours la priorité. En cas de contestation grave, le Grand Maître de [’Ordre, Président du Suprême Conseil, juge en dernier ressort.
Les Chambres d'Administration, d'Examen et des Maîtres d'Ordre sont constituées, chacune, par trois membres au minimum et six au maximum, élus ainsi qu'il suit : Le premiers tiers, par le Comité directeur et pris parmi les membres participants possédant l’un des grades de Su blime-Commandeur et de Parfait-Adepte; Le second tiers, par les Membres participants, les Affi liés actifs, et pris parmi les dits martinistes titulaires de l’un des grades de Royal-Initié et d’Adepte Libre; Le dernier tiers, par les deux tiers précédents et pris parmi les Membres participants possédant l’un des grades d’Adepte Libre et de Supérieur Inconnu.
V. — Grades conférés. Nous rappelons à nos lecteurs que les grades martinistes conférés par la R<> L:‘; Melchisédech sont les suivants : Associé, Initié, Supérieur Inconnu, Adepte-Libre, RoyalInitié, Parfait-Adepte et Sublime-Commandeur. Tout grade autre que celui d’Associé ne peut être déli vré qu’après un an de travaux dans legrade immédiatement inférieur.
En outre, parallèlement aux grades de Royal-Initié, de Parfait-Adepte et de Sublime-Commandeur, il existe trois autres grades ainsi dénommés: Bac lie lier-Apprenti, Li cencié-Compagnon et Docteur-Maître en Théosophie chrétienne. Chacun de ces trois titres ne sera délivré qu’après un an de travaux dans le grade martiniste correspondant et un examen spécial.
Le Comité directeur se réserve le droit de délivrer les diplômes de Bachelier-Apprenti, de Licencié-Compagnon et de Docteur-Maître ad honorent en Théosophie chrétienne à tout martiniste qui se sera distingué par des travaux personnels sur [’Hermétisme.
ORDRE MARTINISTE 28l VI. — Commission Initiatique. Pour les sept grades martinistes conférés en Loge, cette commission se compose du Comité directeur et de six membres tirés au sort parmi les titulaires du grade de Sublime-Commandeur appartenant au cadre actif des Officiers de la Loge.
Pour les grades de Bachelier-Apprenti, de Licencié-Com pagnon et de Docteur-Maître en Théosophie chrétienne, cette commission est composée du Président du Suprême Conseil Martiniste, du Comité directeur et des membres nommés par lui et choisis parmi les Sublimes-Comman deurs des trois Chambres de l’Administration de la Loge possédant l’un des diplômes de Docteur-Maître en Hermé tisme, en Kabbale et en Théosophie chrétienne. VIL — Initiations.
Tout candidat à l’initiation doit être âgé de 18 ans révo lus. Toutefois, les fils et filles de membres sont reçus à partir de <6ans. De 16 à 21 ans les trois premiers grades sont seuls conférables. Tout initiateur, quel qu’il soit, doit être âgé de 21 ans révolus. Tout chef de groupe, ou directeur de travaux, doit avoir 3o ans.
Tous les auditeurs, à quelque grade qu'ils appartiennent, sont initiés de droit au grade immédiatement supérieur, s’ils ont suivi assidûment les cours de l’année écoulée.
Cependant, ils ne pourront obtenir les grades de RoyalInitié, de Parfait-Adepte et de Sublime-Commandeur qu’après trois années de présence régulière soit à l’École hermétique, soit dans les loges, à moins qu’ils ne fournis sent un travail personnel sous forme de conférence, cau serie, lecture, dont le sujet et l’interprétation montrent manifestement le degré d’instruction du demandeur et sa parfaite qualité pour posséder le grade qu’il revendique.
Avant que d’atteindre les grades supérieurs, les mem bres doivent passer, sans exception, par tous ies grades primaires et successifs.
2§2 l’initiation Les demandes d’initiation, d’affiliation et d’augmentation de salaire doivent être adressées au Directeur de la Loge. VIII. — Certificat d'initiation, Diplômes et Insignes. Aucune cotisation n'est exigée. Toutes les initiations se font gratuitement et donnent droit à un cerlificat d'initiation. Ce certificat, qui porte le sceau de la Loge, n’est signé que par l’initiateur.
Le diplôme de membre participant n’est remis à l’initié qu’aprèsun versement unique de 3 francs pour le grade d'associé et de 2 francs pour chacun des six autres grades martinistes. Le diplôme d'affilié actif n’est remis à l’initié qu’après un versement unique de 2 francs pour le grade d'associé et de 1 franc pour chacun des six autres grades marti nistes.
Ces diplômes doivent porter le sceau de la Loge ainsi que les signatures ésotériques du Directeur, du Secrétaire et du Trésorier, sous peine de nullité. Ils ne sont pas exigibles à chaque séance, étant remplacés par une carte d’identité dont la non-production peut entraîner le refus d’entrée.
Les diplômes de Bachelier-Apprenti, de Licencié-Com pagnon et de Docteur-Maître en Théosophie chrétienne ne seront remis au récipiendaire qu’après un versement unique de 5 francs pour chacun d'eux; ils porteront le sceau de la Loge ainsi que les signatures ésotériques du Président delà Commission Initiatique ou du Chef de Loge, du Secrétaire et du Trésorier.
Tous les membres, qui assistent aux travaux, doivent être porteurs des insignes correspondant à leur grade; ils sont libres de faire exécuter ces cordons par qui bon leur semble, avec ou sans luxe. IX. — Discipline. L’exclusion temporaire ou définitive peut être prononcée par le Conseil de discipline dans les cas de conduite scan daleuse, malversation, intempérance, discrédit jeté par
ORDRE MARTIN'ISTE 283 paroles ou par écrits, incitations à la discorde ou à la ré volte. Le Conseil de discipline est composé du Comité direc teur et de trois membres tirés au sort parmi les Officiers de la Loge. Les tenues du Conseil de discipline sont dites tenues de jugement et ses décisions sont sans appel. Les membres exclus sont signalés à toutes les Frater nités initiatiques affiliées à l'Ordre Martiniste.
Pour le Comité Directeur : Victor Blanchard. PROGRAMME DES TRAVAUX (octobre igit-juillel 1912). Désireux de marcher toujours de l’avant, tout en restant sur un terrain purement traditionnel et vraiment positif, le sympathique directeur de la R;'; L:': Melchisédech : Victor Blanchard, admirablement secondé par ses dévoués et distingués collaborateurs; Teder, Librabius, R. Bonnet et J.-A.
Magnet vient de terminer le programme des tenues de Cannée 1911-1912. Comme nos lecteurs le verront, ce programme est des plus variés. Aussi, pouvons-nous affirmer que son entière exécution permettra aux martinistes parisiens de s'initier, sans grande dépense de temps et d’argent, aux doctrines les plus avancées de la Science et de la Philosophie offi cielle ainsi qu’aux diverses branches de l'Hermétisme. LES PREMIERS MARDIS Présidence de B.
Bonnet. I. — Librabius: Cours de Sciences pratiques. Ces leçons porteront sur la Physique, la Chimie et l’Histoire naturelle; elles seront accompagnées de projections et de schémas au tableau noir. II. — Thargélius: Dix conférences dont voici les titres: 1. — L’Anatomie cosmique ; 2. — La Science de la »Main ; 3. — Vers la Béatitude éternelle; 4. — Christianisme et Franc-Maçonnerie;
l’initiation 284 5. — La Cause première; 6. — Biologie planétaire; 7. — L’Orthodoxie philosophique de l’Inde ; 8. — L'intoxication par les Essences végétales ; 9. — Les Mystères de l'Alphabet français ; 10. — La Loge Maçonnique. LES DEUXIÈMES MARDIS Présidence deTeder. 1. — Libràbius : Cours de Sciences pratiques. IL — Teder : Cours d’Hermétisme. LES TROISIÈMES MARDIS Présidence de Libràbius. I. — Libràbius : Cours de Sciences pratiques.
II. —Thargèlius; La Theosophie Martiniste (Cours de première année). LES QUATRIÈMES MARDIS Présidence de Victor Blanchard.
I. — Libràbius : Causeries dans l’ordre suivant : 1. — Considérations générales sur I’Hermétisme; 2. — La Technique de la Cosmogonie; 3. — La Reconstitution des Gemmes; 4. — Nouvelle méthode d’Analyse en Chimie végétale; 5. — Essai de nouvelle Nomenclature chimique; 6. — Considérations générales sur la Chimie unitaire ; 7. — De la Méthode dans les Recherches: empirisme, plan raisonné, élégance opératoire; 8. — L’Art de remplir sa vie et de parvenir à la Surpror duction intellectuelle ; g. — Volonté, Organisation, Raison d’État, Réalisation.
II. — Thargèlius: La Médecine Intégrale {Cours de pre mière année). En outre, les conférences suivantes seront faites dans le courant de l'année : i° Le Magnétisme curatif, par B. Bonnet. 2* Le Massage à travers les Ages, par J .-A. Magnet.
ORDRE MARTINISTE 285 Tous ces cours, conférences ou causeries sont gratuits et seront accompagnés de projections s’il y a lieu. Dans ce cas, les conférenciers sont priés d’apporter les vues qu’ils désirent voir projeter. Ces vues doivent être du format courant, c’est-à-dire 8 X fO. Dans le cours de l’une des plus prochaines tenues, il sera procédé à l’examen du projet soumis par le Secrétaire général Librabius, relatif aux excursions susceptibles d’être organisées ; on verra également s’il y a possibilité d'entente pour l’installation d’tîn Temple Magique et la création des Annales de Melchisédec. L’Inspecteur Secret : Yesir. Tenues d’Octobre 1911. Mardi 24 Octobre. I. — Ouverture rituélique des travaux à 8 heures 43 précises du soir. II. — Lecture de la correspondance et communications diverses. III. — Allocution de Thargêlius. IV. — Librabius : Cours de Sciences pratiques. V. — Teder : Cours d’Hermétisme. VI. — Clôture rituélique des travaux. Mardi 3i Octobre. I. — Ouverture rituélique des travaux à 8 heures q.5 précises du soir. II. — Lecture de la correspondance et communications diverses. III. — Thargêlius : Vers la Béatitude éternelle. IV. — Commémoration des Morts, d’après le Rituel spécial dressé par le Comité directeur de Melchisédech, sous la présidence de Thargêlius, assisté des T:j: 111:"; F:‘: Teder, Librabius, B. Bonnet, Cornélius et Arthur Régnier. Les Inspecteurs, les Délégués, les Chefs de Loge, les
2 86 l’initiation Initiateurs et tous les membres de ¡’Ordre Martiniste sont priés de s'unir mentalement à cette cérémonie. V. — Clôture rituélique des travaux. Le Directeur : Victor Blanchard, Membre du Suprême Conseii. Le Ier Vice-Président : Le 2“ Vice-Président : Librabius. B. Bonnet.
BIBLIOGRAPHIE Docteur Papus. — Le Tarot des bohémiens. — La Clef absolue de la Science occulte. Le plus ancien livre du Monde autrefois à l’usage exclusif des Initiés. Deuxième édition revue et considérablement augmentée, ornée dé plus de 200 gravures dont un très grand nombre iné dites et augmentée d'une partie sur le Tarot philoso phique, Hector et Henri Durville éditeurs, 23, rue SaintMerri, Paris. Prix : 10 francs.
Ouvrage indispensable à tous ceux qui veulent étudier la science ésotérique, c’est le seul qui en donne une clef absolue. La deuxième édition du Tarot des Bohémiens, cette œuvre maîtresse de notre cher directeur, tant attendue, est enfin mise en vente. L’ouvrage a été revu et considérablement augmenté. On y trouvera notamment un chapitre sur le Tarot phi losophique.
Papus y expose, ce qui n’a jamais été fait à ce jour, la clef des adaptations philosophiques du Tarot d’après les si remarquables travaux deSaint-Yves d’Alveydre. Cette clef donne les éléments du maniement réel du Tarot, elle n’était jusqu’ici transmise qu’oralement.
En plus de cette augmentation dont tous nos lecteurs apprécieront l’immense importance, l’ouvrage comprend plusieurs chapitres nouveaux d’un grand intérêt, nous citerons des Documents sur le Jeu des Tarots, de la MaBIBLIOGRAPHIE 287 nière dont on joue au Tarot, des Documents inédits sui te Tarot chinois. Ajoutons que de nombreuses gravures nouvelles assu rent à cette deuxième édition un succès certain.
Nos lec teurs y trouveront au complet toutes les gravures du Tarot de Court de Gébelin et celles du Tarot de Papus en plus de celles qui y étaient précédemment : le Tarot de Mar seille, etc.
La nouvelle édition est tirée à peu d’exemplaires, aussi conseillons-nous à tous les occultistes désireux de savoir, de souscrire à cette oeuvre admirable qu'est le Tarot des Bohémiens. Vient de paraître, chez Leymarie, 42, rue Saint-Jacques, Paris, Un coin du voile, Étude philosophique sur la recherche de la Vérité, par Pharasius. In-8’ carré. Prix : 4 fr. 5o.
L’auteur, cherchant un remède contre les souffrances morales des hommes, passe en revue, pour le découvrir, les différentes croyances humaines et en fait la critique philosophique.
Après avoir réfuté le matérialisme, il envisage le spiri tualisme et les religions révélées, et conclut que ces der nières sont impuissantes à consoler celui qui doute et dé sespère : il démontre, en effet, d’après les savants travaux des exégètes et commentateurs des Ecritures, qu’il est impossible de déterminer la doctrine exacte du Judaïsme; que le Catholicisme actuel n’a rien de commun avec la religion des premiers chrétiens, les dogmes ne se trouvant nullement exprimés dans les livres canoniques du Nou veau Testament; que le Protestantisme, en raison de l'in certitude des textes et du principe du libre examen, ne repose sur aucune base positive; enfin, bien que le K.oran soit le seul livre sacré reconnu comme absolument authen tique par la science moderne, que l'islamisme, c’est-à-dire la soumission absolue à la volonté de Dieu, n’explique pas davantage le pourquoi de la vie.
Examinant ensuite le problème de la révélation, il expose les idées de Dupuis et de Fabre d’Olivet sur les mystères, parle des Initiations anciennes et de la cler
288 l’initiation perdue des Symboles que les initiations modernes n'ont point retrouvée. Abordant alors le Spiritisme, il fait une étude de l’œuvre d'ALLAN-K.ARDEC, discute la théorie de l’Animisme d'AttSAkof, et n'admet pas ia réalité des phénomènes spirites dits « transcendants ».
Enfin, ayant trouvé dans la Philosophie des Esprits l'explication rationnelle du problème de l’Être, de la Des tinée et du pourquoi de la Souffrance, il démontre que le principe de la Médiumnité se trouve à la base de toutes les croyances religieuses; que la Philosophie des Esprits est la synthèse de toutes les Religions ; que sa divulgation a été précisément l’œuvre de tous les bienfaiteurs de ¡’Hu manité, et que la connaissance de plus en plus répandue de cette loi naturelle de la Médiumnité doit, fatalement, transformer le monde et le régénérer.
Cet ouvrage, très simplement écrit, est à la portée de tous. M. Jean Belus vient de mener à bien une tâche difficile. Il s’agit, par une méthode astrologique, de pouvoir retrou ver une personne, un objet, un animal, perdu ou disparu. De même, on peut avoir le signalement d’un voleur et savoir où il se cache.
Bien que les anciens aient effleuré cette question, on peut dire que l'idée est nouvelle, origi nale et séduisante, et cela, d’autant plus, qu'elle ne fut jamais traitée à fond. Nos meilleurs vœux au Traité des recherches (5 fr.) dont l’excellent éditeur G. Ficher a fait une très jolie édition. Il ne reste plus qu’à vérifier expéri mentalement cette œuvre en retrouvant l’auteur du rapt de « La Joconde ». Papus. Le Gérant : Encausse. Paris. — Imprimerie E. Akravlt ci Cie, 9, rue N.-U.-de-Lorettc
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L'Initiation de Septembre 1911. L’INITIATION T““) DIRECTION 15, rue Séguier, 15 TÉLÉPHONE - 810-09 F’AFtIS-VI8 DlRBCTEVR : PAUPUS ' Secrétaire de la Rédaction Combes Léon. ADMINISTRATION ABONNEMENTS PUBLICITÉ I VENTE AU NUMÉRO LIBRAIRIE G. FICKER 4 et 6, Rue de Savoie, 4 et 6 PARIS FRANCE, un an. to ir. ÉTRANGER, - u ir. PHIA1E C5-~F1 A’TTTT'TI-i; Leremboursement du prix de l’abonnement à l'initiation est assuré par des primes de librairie.
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Rite Ancien et Primitif de la Franc-Maçonnerie (Chapitre et Temple INRI). Rite National Espagnol (Loge symb.-. Humanidad11
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50 Phénomènes vus, racontés par le médium, suivi d’un Guide pour les Expériences, par Mn,c Marie Mercier, médium. — Volume 18/12. Broché. 1 fr. 50 Une Séance de Spiritisme chez J.-K. Huysmans, par Gustave Boucher. — Vol. 19/14001. Broché................................................... 1 fr. 50 Les Prophéties sur Lyon, la France et le Monde entier, par Laurent de Brindes. — Volume 22/14 cm....................................... 1 fr- 50 Dorotchim ou la Gloire de Sodome, par Kamidel. — 3 vol. 18/12 cm ... 1 franc.