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PARTIE EXOTÉRIQUE Un étudiant étranger nous ayant demandé de vou loir bien le diriger sur la voie initiatique, nous avons prié notre frère .-.Jean Siprel, de Moscou, de vouloir bien s’intéresser à cet étudiant, le temps nous faisant actuellement défaut pour le conduire nous-même vers l’initiation. Voici l’enseignement donné par Jean Siprel.
Nous le publions espérant qu’il pourra servir à d’autres frères qui y puiseront des éléments sérieux et tout préparés au cas où un étudiant leur deman derait des notions sur l’initiation. C. L. Monsieur, La tâche que vient de me confier mon ami et frère, M. Combes est une tâche délicate et difficile entre toutes, néanmoins je l'accepte avec joie et je tâcherai de m’en acquitter du mieux que je pourrai.
Devenir un initié ! cela dépend de vous seul; mon rôle n’est et ne peut être un rôle de professeur dans l’acception donnée à ce mot par la science dite «exacte », mais d’indicateur, de guide. C’est à moi qu’il importe de bien vous faire comprendre que, si le titre d’initié est un noble titre, il n’a de valeur que 7
98 l'initiation pour celui qui le porte, il assigne, à celui qui le porte vis-à-vis de la foule profane des devoirs, mais pas dedroits et comme seule récompense, celle de sa con science satisfaite.
C'est donc une charge de plus que vous assumez, une charge vis-à-vis de vous-même, puisque vous devez prendre l'obligation de devenir meilleur, et visà-vis des autres, puisque vous avez le devoir de faire rayonner autour de vous, mais avec prudence, la lumière dont vous serez porteur. J’ai dit plus haut que faire un initié est une tâche difficile.
Je vais vous expliquer ces mots ne voulant rien affirmer qui ne soit clair et expliqué autant qu’il est possible pour un pareil sujet. Je vous engage d'ailleurs à relire ma lettre et à me demander sans crainte des explications sur les points qui ne seraient pas bien clairs pour vous. Et surtout ne commettez pas l’erreur de me doter de l’omnipotence. Je ne suis comme vous qu'un simple étudiant de la vérité.
Ceci dit, revenons à notre sujet : Vous savez, par la pratique, que les individus ne se ressemblent pas et que les dissemblances qui se rencontrent dans leur physique correspondent à des. dissemblances psychiques et intellectuelles Je n’ai pas besoin, je crois, de vous parler de la loi de réin carnation par laquelle s’expliquent ces dissemblances, résultats de l’acquit fait dans le passé.
Le point sur lequel je désire insister c’est la différence d’apprécia tion des choses, des objets matériels, par des êtres.
PARTIE EXOTERIQUE 99 dissemblables comme intellectualité, appréciation qui est toujours adéquate à la perfection de chaque indi vidu, c'est-à-dire en rapport avec l’échelon d’évolu tion, sur lequel il se trouve placé. Prenons un objet très simple, par exemple : une table.
Faites comprendre l’idée de table par sa langue propre à différents individus : à un sauvage, à un pauvre charbonnier, à un paysan, un ouvrier, un bourgeois, un richard, un poète, un occultiste et chacun d’eux, selon sa mentalité, se représentera différemment la chose exprimée : la table. Chez le sauvage l’idée éveillée sera celle du grossier bloc de pierre sur lequel le sorcier fait les sacrifices en usage dans sa religion primitive.
Le charbonnier se figurera quatre pieux fichés en terre supportant plusieurs planches grossièrement assemblées. Le paysan verra dans sa pensée la grosse table en bois blanc autrefois, maintenant noircie par les géné rations. Pour l’ouvrier ce sera la table proprette. Pour le bourgeois, la table bien garnie. Pour le richard, la table de style. Pour le désœuvré le tapis vert.
Le poète y verra le symbole de la famille, parce qu’autour d’elle tous les membres s’y réunissent le soir, il y verra les différentes sortes de tables dont j’ai parlé ci-dessus et toutes les idées corollaires. Pour l’occultiste, ces idées s’étendront encore davantage, dans les trois mondes avec tous les déve loppements qu’elles comportent.
100 l’initiation Vous voyez par cet aperçu que l’idée, la pensée est la seule réalité et qu'il est aussi difficile d’incarner en paroles, en sons une idée représentant, désignant un objet matériel, il est à plus forte raison, bien plus difficile d’incarner, d’exprimer les idées spirituelles et d'arriver par le moyen du son à la faire comprendre à son auditeur.
Du même coup, vous comprendrez l’importance des symboles qui ne représentant pas à l’auditeur un sens concret bien défini, se plient à sa mentalité, et lui donnent l’idée adéquate à son déve loppement spirituel. C’est donc à l’étude des symboles que doit com mencer votre éducation.
Lisez le traité élémentaire de Science occulte de Papus, lisez-le et le relisez sans cesse et vous verrez combien de développements l'on peut tirer d'un simple chiffre qui pour le profane ne signifie presque rien. Pour la façon d’appliquer les symboles et d’en trouver l’explication, voyez mon article paru dans {'Initiation de juin 1908.
Appliquez vos efforts à vous améliorer, à chasser les pensées mauvaises qui pourraient vous assaillir, à faire votre devoir avec patience et du mieux que vous pouvez. Priez surtout et aye^ confiance, votre développement se fera peu à peu, insensiblement, sans que vous vous en aperceviez.
Ne vous attachez pas à des questions insolubles et gardez toujours une grande simplicité de jugement; évitez les discussions ; faites d’abord, l’harmonie en vous, puis dans votre famille, après nous verrons. N’essayez de convertir
PARTIE EXOTERIQUE IOI - personne, vous seriez cruellement désillusionné et vous commenceriez à douter, le doute est un poison mortel. Le plus difficile est d’apprendre à se taire. La foule est influencée par des actes, jamais par des paroles. Lorsqu’une chose vous est incompréhen sible, laissez-la de côté, lorsqu’elle deviendra utile à votre évolution, vous en acquerrez la connaissance naturellement et sans peine.
Beaucoup font cette faute de s'attaquer à la solution de problèmes insolubles, c’est-à-dire d'un ordre intel lectuel beaucoup plus élevé qu’eux-mêmes et il arrive deux choses : I. Ils comprennent mal le problème et tombent dans l’erreur et en même temps induisent en erreur ceux qui les suivent. II. Ou bien ils comprennent bien le problème et l’expliquent dans une langue adéquate à leur niveau et ceux qui les suivent ne le comprennent plus.
Tout cela parce que l'idée, l’esprit se matérialise difficilement. Mais tout cela, vous en acquerrez la connaissance plus tard lorsque vous saurez équilibrer les idées, que vous apprendrez à comprendre et à manier les sym boles.
Voilà un symbole : i — 2 C’est la loi des contraires, de l’équilibre, loi bien simple, mais qui vous donnera lorsque vous la com prendrez bien une clé pour résoudre une foule de problèmes, insolubles par les moyens ordinaires.
102 l’initiation L'équilibre, la vie, résultent de l’opposition de dctlx contraires. Voilà le développement du symbole ci-dessus: A + le bien. le haut, la lumière, l’affirmation. la foi. le futur, l’esprit. le sommet. la providence, unité, l’humilité. l’Absolu. □ 0 le mal, le bas. les ténèbres, la négation, la science. le passé, la matière. la base, le destin. la multiplicité, l’orgueil. le relatif.
Ces deux colonnes avec les idées qu’elles renfer ment peuvent fournir à un occultiste le sujet de plu sieurs volumes, mais mon but n’est pas là. De lon gues dissertations m’égareraient ; le mieux est de tou jours s’en tenir aux principes et de savoir appliquer judicieusement la loi, de façon à obtenir des réponses exactes. Un occultiste veut-il savoir ce qu’est le mal.
Il dresse aussitôt ce petit tableau qu’il peut faire aussi long qu’il veut en groupant les idées de la même façon, il obtient alors les réponses à sa question :
PARTIE EXOTERIQUE Iû3 « Le mal est la négation du bien, il est le résultat du passé, de la force négative ou d’inertie qui s'op pose à notre évolution, il a pour base la matière qui sent les ténèbres, négation de la lumière, mais il est le Relatif et en-terme absolu, il n’existe pas ou s'en délivre en pratiquant le bien en s’attachant à l’esprit, par la foi, en se confiant humblement à la Provi dence. » N’oubliez pas que la loi que je vous donne plus haut exprime des rapports dont les termes peuvent être pris soit dans un sens absolu, soit dans un sens relatif.
C’est ainsi, par exemple, que la base d’une chose peut être le sommet d’une autre. Les termes qui doivent donner une réponse à une question posée doivent donc être choisis et groupés judicieusement.
Prenons un autre exemple La question de la divinité de Jésus-Christ est-elle •article de foi ou une question que puisse résoudre la science ? , Cette question se résout à ceci : Jésus est-il plus élevé que n’importe quel homme composant notre humanité actuelle ? La réponse à cette question n’est pas douteuse; oui ! car aucun homme n’a fait et ne fait les œuvres qu’a faites Jésus. Donc Jésus est plus élevé que nous.
Donc si quelqu’un affirme que Jésus est le Fils de Dieu, vous pouvez le croire ou en douter, mais vous ne devez pas le nier, le tableau ci-dessus vous le prouve.
l’initiation 104 Cette loi que je vous explique est la base de la Cabale. Vous n’en comprendrez peut-être pas du pre mier coup, ni l’importance, ni les développements, cela importe peu. Le côté science n'est pas celui que vous devez développer, je ne vous le conseille pas.
Attachez-vous plutôt à la foi, car la Providence peut tout vous donner, elle seule renferme l’absolu, elle seule est l’esprit qui console, soutient et procure le bonheur que ni la science ni la matière ne peuvent donner. Attachez-vous donc à l’esprit de ma lettre, à l'idée qu’elle renferme et rejetez la matière comme une chose inutile et vile. Je réponds à votre question sur la F.-. M.’. dite régulière.
Les loges maçonniques ne peuvent rien vous donner, elles ont perdu l’esprit de leurs signes, il n’est rien que vous ne puissiez acquérir par votre travail. Souvenez-vous donc que le mal sert à la manifes tation du bien, comme les ténèbres manifestent la lumière. Vos fautes ne servent donc qu’à votre avan cement, si vous savez bien tirer la leçon qu’elles por tent en elles-mêmes. Voilà tout ce que je puis vous dire pour l’instant.
Fraternellement à votre service, Jean Siprel. Un dernier conseil : Les femmes doivent se développer du côté du cœur, bonté, compassion, tendresse, ce que vous donnerez vous sera rendu, car qui donne reçoit et cela en vertu de la loi de l’équilibre.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. VOLONTÉ Par expérience personnelle, tout le monde sait ce qu’est la volonté. Nous voulons tous les jours et à chaque instant du jour.
Si tout le monde a la connaissance sensationnelle de la volonté, il n’en est pas de même de la connais sance intellectuelle, réfléchie. Pour acquérir celle-ci, il faut philosopher et le nombre des philosophes, qui sont les philosopheurs systématiques, n’est pas con sidérable dans le monde.
Le vouloir en action produit des actes; les actes, dans l’ambiance physique, sont des phénomènes, des changements de rapports entre les objets de cette ambiance. Le vouloir qui produit la construction d’une ligne de chemin de fer change les rapports des éléments composant les terrains sur le sol où la ligne s’étend.
Pour que ces changements de rapports soient pro duits, il a fallu le travail préparatoire du tracé de la ligne, travail produit par des séries de volitions, puis le travail conceptionnel de la construction de la ligne, puis avant la connaissance acquise de la possibilité de construire des lignes de chemins de fer, connaisl’initiation 106 sance résultant de nombreux travaux, de longues et complexes séries de volitions.
Avant qu’il y eût des chemins de fer. Pinte ' ligence humaine ne contenait pas les idées nécessaire: à leur conception; l’acquisition de ces idées et leur n ise en rapports nécessaires pour obtenir la conception du chemin de fer, furent le résultat d’un travail, d une série de volitions.
On trouve la Volonté partout et ce n'est pas à tort que Schopenhauer en a fait l’essence universelle. » Les mots Force, Energie, Mouvement employés aujourd’hui dans les sciences sont des substituts pour la Volonté, substituts n’ayant pas la valeur de l'idée qu’ils représentent. Les idées que représentent ces mots sont le produit d’une réflexion insuffisamment prolongée.
Une volition a pour antécédent la mise en rapport de certaines idées, plus ou moins nombreuses. Nous n’agissons que par volitions; pour marcher, il faut vouloir marcher; pour manger, il faut vouloir man ger; nous ne pouvons vouloir que ce que nous con cevons et la conception est la mise en rapport d’idées qui ne se trouvaient pas auparavant dans ces rapports ; c’est le résultat d’un travail, d’un changement dans la position des idées.
Les idées elles-mêmes sont aussi le résultat d’un travail, d’un changement; avant d’avoir telle idée notre mentalité n’était pas dans le même état qu’après qu’elle la possède; il y a donc eu changement, travail, volition pour que l’idée soit apparue. C’est ce que n’ont pas vu ceux qui mettent la Pensée
VOLONTÉ IO7 comme antécédent à la Volonté. C'est ce que com prend aujourd’hui un peu vaguement encore la phi losophie des Sciences qui dit : la Force est la base, l'essence première de toute existence. La Force est ce qui produit les changements, ce qui modifie les rapports des choses, aussi bien des choses invisibles que des choses visibles.
L'apparition d’une idée dans une mentalité où elle n'était pas est un changement, donc l’effet d’une force, le résultat de son action. Rien de nouveau ne peut apparaître que par changement, ce qui veut dire que rien ne peut apparahre sans une force qui agisse pour le produire.
Pour notre action sur le monde physique, la volition est la force par laquelle nous agissons; nous appelons volonté notre aptitude à vouloir, à être actifs par volitions ; nos volitions ont pour antécédents des idées mises en certains rapports ; elles sont mises en rapports par l’effet d'un vouloir agissant dans l’am biance mentale; et, en remontant toujours ainsi, on arrive à trouver que la Volonté est antécédente à tout, même à la Pensée (1) dont les produits sont des chan gements, par conséquent des effets de l’action d’une force.
Avant le Logos qui pense l’univers, il y a la Vo lonté qui le fait penser. Schopenhauer a été un bon métaphysien. La Force des savants, la Volonté de Schopenhauer, c’est le Grand X, le Parabrahm des Hindous, l’Absolu (1) Ceci répond à la critique de M. Erny dans V Initiation de février 1899, page i3g, quoique écrit avant la lecture de cette critique.
l’initiation 108 des métaphysiciens d’Occident.
Etant le Grand X, on n’en peut rien dire, on n’en sait que son élance, je ne dis pas son existence, ce dernier mot exprimant une conception insuffisamment étendue qui jette les pen seurs en de grands embarras. * ¥ ¥ Les choses existantes ont des rapports entre elles ; un arbre est en rapport avec le sol dans lequel il a poussé ; avec l’air de l’endroit où il étale sa ramure ; avec le soleil, la lune, les étoiles, avec les arbres en vironnants avec tous les objets de la terre et du sys tème solaire; il est déterminé, tel qu'il est, par la somme de ses rapports avec toutes choses ; on peut dire qu’il est une somme de rapports.
Par la modifi cation de l’un quelconque de ces rapports, l’arbre se trouve modifié, changé, est devenu autre qu’il était auparavant. On en peut dire autant de toutes choses. Les êtres et les choses sont donc des sommes de rapports et tout changement dans la somme des rap ports qu’ils sont, fait devenir autres les êtres et les choses. On appelle fait un des rapports constitutifs des êtres et des choses.
Cet arbre est sur telle colline, voilà un fait; il est situé à telle hauteur au-dessus du niveau de la mer, voilà un autre fait; il est au nord de telle maison, voilà encore un fait; il est à l’ouest de tel ravin, c’est un fait encore. Les faits sont donc perçus isolément, les rapports des choses et
VOLONTÉ ÎOÇ des êtres, rapports que nous avons trouvés les cons tituants de l’être et de la chose. Un rapport est une idée, une chose mentale; les Idéalistes du moyen âge n'avaient donc pas tout à fait tort de penser que la réalité des choses était dans les idées. Ceci revient à dire que la mentalité est an térieure à la physicité, que choses et êtres existent mentalement avant d’exister physiquement.
Il y a une science des rapports, bien incomplète mais réelle quand même, on la nomme la Mathéma tique. Pythagore disait que le nombre, élément mathéma tique, est la racine de tous les êtres et de toutes les choses. Cela devient clair lorsque l'on a compris qu’êtres et choses sont essentiellement des sommes de rapports.
Les changements du monde qui font sa vie, sont des modifications de rapports, ces modifications sont produites par des volitions; tout rapport nouveau est une modification de rapports antérieurs ; tous les rap ports sont donc des effets de la Volonté ; celle-ci est donc bien le producteur premier de toute existence.
Arrivé là, une question se pose : Y a-t-il eu un temps où la volonté était seule, sans rapports produits, par conséquent sans activité? Les partisans de la création le prouvent et ils ima ginent un commencement pour l’existence. Le Bouddhisme n’admet pas de création, mais la coéternité de la Volonté et de son activité. Ni com mencement, ni fin ; toujours des rapports qui vont se modifiant sans cesse.
T 10 l’initiation Remarquons l’ironie latente qui se trouve dans les termes de la question : Y a-t-il eu un temps où rien n’existait, où l’Absolu seul était. Qu'est-ce que le temps? C'est la modification continue des rapports, Cherchez à imaginer un état où il n aurait pas de modilication de rapports et vous n’y trouverez pas de temps, il n’y aura là ni hier, ni aujourd’hui, ni demain; ni avant, ni après; il y aura seulement tou jours.
Ce toujours est la négation du temps. « Qu’un seul instant rien ne soit, éternellement rien ne sera », a dit Bossuet, pensant au même sujet d’un autre point de vue. Que la volonté soit inactive et il n’y aura jamais que la Volonté inactive, rien, le Néant, car Volonté inactive est contradictoire ; une volonté inactive n’est pas de la Volonté. Les créationnistes sont condamnés même par les nécessités du langage.
La Volonté est l’Etre, l’Absolu et la Volonté agit toujours ; son action n’a jamais commencé, ne finira jamais. C’est là son éternité. Le Temps est la modification incessante des rap ports constitutifs des êtres et des choses ; tout coule, tout change, parce que les rapports constitutifs de toute chose sont modifiés. Pour qu’une chose cesse d’exister il faut et il suffit que ses rapports constitutifs disparaissent.
Il s’agit de savoir si tous les rapports constitutifs d'une chose peuvent disparaître ; c’est une question que le Matérialisme ne se pose pas.
VOLONTÉ I 1 I Pour lui, quand les rapports des éléments phy siques d’un être ont disparu, l’être est anéanti ; il faudrait, pour que cela fût certain, la démonstration, pas encore faite, que l'être n ’est constitué que par les rapports de ses éléments physiques.
Jusqu’ici cette conception est encore une hypothèse et n’a, comme hypothèse, aucun droit de primauté sur l’hypothèse des spiritualistes qu’un être est constitué par d’autres rapports que ceux de ses éléments physiques. 11 n’est pas démontré que les rapports physiques constitutifs d’un être disparaissant, ses rapports men taux disparaissent également.
Les croyants à l’exis tence au delà du tombeau pensent que les rapports constitutifs d’un être dans le monde mental restent groupés après la disparition des rapports le consti tuant dans le monde physique et il en est même qui pensent que ce groupe de rapports mentaux qui constitue l’être se modifie avec plus de rapidité, une fois débarrassé delà nécessité de se modifier synchro niquement avec le groupe des rapports physiques, ce qui veut dire que l’existence après la mort leur paraît devoir être plus intense que pendant la vie ter- ‘ restre. Guymiot.
CONVERSATIONS ENTRE UN IGNORANT ET UN SAVANT PREMIÈRE CONVERSATION En présence du bouleversement de la pensée hu maine, en présence des notions qui s’altèrent de l’honnêteté, de la bonne foi, de la justice, de l’injus tice, en somme de tout ce que l’on résumait autrefois dans cette expression : — la Morale ! je viens, mon cher Savant, moi parfait ignorant, vous demander ce que vous pensez de la Morale ? — Je cause, mais' entre nous ; la Morale est chose purement conventionnelle; il y a cent, mille morales et je ne suis pas éloigné de croire que chacun a la sienne — ce qui en augmenterait le nombre considé rablement. — Quant à vous en dire davantage, je ne puis, c’est affaire de « Sentiment»; et, sachez-le, mon bon ami, le Sentiment n’existe pas pour la Science.
Alors, mon cher Savant, si je vous suis c'est pour tituber un peu plus, et pour faire les plus folles em bardées. Tout, vraiment, réside dans le piquant de la sauce pour faire avaler le poisson !
CONVERSATIONS ENTRE UN IGNORANT ET UN SAVANT 1 13 C'est curieux, vous allez dire que je suis simpliste, mais je crois qu’il peut exister une formule unique pour donner lieu à des résultats infiniment variés suivant les données du problème. Et puis, je me souviens d'un fait que vous démon trez.
Dans le vide tous les corps tombent avec la même vitesse, soumis à cette loi d’attraction qui dans d’autres conditions présente des résultats infi niment variés, contradictoires même. Or, vous en avez fait une Loi ! de cette attraction, malgré ces apparences qui vous troublent pour vous permettre de conclure de même au Moral. Pourquoi ?
Votre réponse n’est pas très convaincante, et je suis obligé de conclure que votre affirmation surprise par le « Sentiment » qui reste toujours en vous comme en tous, est sujette à caution; et qu’il serait bon par conséquent qu'un autre « Sentiment » s’opposant au vôtre puisse le guider, le redresser... Allons mon cher ami, vous allez un peu loin, vous oubliez... — Pardon, cher savant.
J’ai encore un petit mot à vous dire : Le « Sentiment» que vous rejetez n’est pas analysé mais il est et restera toujours un moyen s’adaptant à « F Hypothèse » inséparable de toute science — vous le concéderez, car il en est parmi vous qui ont écrit sur ce sujet— PHypothèse et non pas le sentiment. Eh bien, moi je crois, — et dans une prochaine conversation nous pourrons nous entretenir sur ce 8
L INITIATION sujet — que le Sentiment appartient et dépend d'une Loi d’attraction universelle, qu'il s'y relie par des phases que vous voudrez suivre. Au revoir ! A. Berger-Bit, 8o, Avenue Ledru-Rollin. * M DEUXIÈME CONVERSATION Voyons, mon cher Savant, nous sommes assez unis parles circonstances, assez lié d'amitié pour nous causer librement, eh bien, dites-moi ce que vous pensez très sincèrement du Sentiment ?
Le Sentiment, mais vous le savez comme moi, c'est... c’est la bagatelle, cette chose frivole, question surtout féminine, distraction de jeunes gens, jeunes filles... et puis l’âge survenant, une erreur, une bêtise monstrueuse : voilà le Sentiment.
Mais à mon tour, positiviste, je vous dis : — /Xlors, la Sensation, cette impression mieux sentie, plus goûtée, plus attentive aussi, cette Sensation a bien le même but que le Sentiment... hein ? bien entendu au point de vue que vous avez choisi, hein !... dites? Eh, oui farceur ! répond souriant au souvenir peutêtre, le bon Savant. Alors... Sensation ?... Sentiment?... c’est même chose ?... Mais pourquoi me demandez-vous cela? Biffant l’un, pourquoi celui-ci plutôt que celui-là?...
CONVERSATIONS ENTRE UN IGNORANT ET UN SAVANT 115 les mots existent, sont-ils synonymes? l’un doit-il disparaître plutôt que l’autre ou tous deux ont-ils la prétention d’analyser le même Fait! de points de vues opposés, différents ?
Le Sentiment, voyez-vous est une idée préconçue qui doit s’effacer devant la Réalité! — Or, le Senti ment, — l’étude nous le démontre — nous a tou jours soufflé l’erreur : la terre immobile, — le ciel en haut, — les quatre coins de la terre, etc., etc. Le Sen timent est l'erreur incarnée. Vous comprenez qu’on ne peut pas l’admettre pour guide ! Alors, cher Savant, vous vous appuyez sur la Sen sation !
Ah, la Sensation—la Vérité incarnée ! l'exac titude rigoureuse : on mesure son temps de galop, on connaît ses moyens, on les suit : les nerfs, le système nerveux, l’encéphale, l’irradiation neurique, etc., etc. Parfait! puis l’on contrôle par des instruments inertes,passifs pour déjouer encore les illusions d’opti que, d’acoustique, du toucher, etc., car l'on ne se méfie nullement de cette Sensation donnant à la sensibilité la même commotion par le froid et par le chaud ! etc., etc. Eh, oui, l’on cherche la Certitude I on aspire à la certitude.
Hélas, nous sommes enveloppés, baignés non par le radieux soleil, mais par la sombre nuit, par le rayonnement du Doute ! il nous enserre de toutes parts. Enfin, voici l’état des choses : nous, nous tenons à la Sensation... et puis Aristote, c’était son sentiment comme celui de tous ces philosophes la pléiade ayant chanté la Sensation.
116 l’initiation Pourquoi ? Parce que... » Ecoutons une autre chanson : L’être qui paraît insensible est cependant «mal léable», soumis à ['Impression par la pression que l’on exerce sur lui ayant sa réaction en lui. Plus dé veloppé, il est soumis à la Sensation par son sys tème nerveux, et toujours par la pression déterminant l’impression en lui et pour qu’il comprenne le sens de l’action, en d’autres termes pour qu il devienne «conscient » de la « Fonction » à laquelle le prédis posent ses organismes. Puis, c’est tout ? Non pas. Le « Sentiment — prescience ou hypothèse vient jouer vis-à-vis de la Sensation le rôle que les sens physiques jouent par rapport à la pression qui déter mine l’impression, c’est-à-dire l’écriture en nous de ce qui constituera la «Mémoire »! ouïe monde men tal — non figuré, mais réel! — nous le verrons. Et la chaîne suit : — après le sentiment, par les moyens précédents, réunis agissant tous les uns sur les autres et réagissant par solidarité, le sentiment nourri par la Pensée, ce sentiment plus fort, plus élevé en soi, correspondant à une Fonction supé rieure, nous conduit à constater un autre degré : Vidée flottant en l’air, l’idéal qui nourrit la Pensée comme la Pensée entretient le Sentiment. Et l’idée par le Dévouement mène àl’Attraction universelle,W Amour des Astres supérieurs qui entretiennent la vie et sont sa Cause «Consciente ».
CONVERSATIONS ENTRE UN IGNORANT ET UN SAVANT 117 Mais, pardon, la question vaut qu’on y revienne ; et vous acceptez la discussion qui donne une Raison à l’Evolution, l’idée émanant de la Science de ses nobles travaux. A. Berger-Bit.
Le Temps humain et la Réincarnation Pourquoi nous figurons-nous qu’une seule exis tence terrestre est assez longue pour déterminer notre avenir spirituel? Parce que nous avons une notion toute humaine du temps. Une journée nous semble courte, et cependant elle suffit à la naissance, à la vie, aux luttes, aux souf frances, aux joies et à la mort d’un éphémère.
Or, devant l’Éternel, les 60 à 80 ans d’une existence terrestre humaine, sont comme une seconde pour nous. Le cœur humain bat à raison de 60 pulsations à la minute soit une par seconde. En une minute, l’être humain respire 20 fois en moyenne. Toutejournée humaine est marquée par une période de veille et une période de sommeil. Tels sont les prin cipaux éléments du Temps humain.
La Terre, qui est un être vivant possède une notion personnelle du Temps. Une rotation terrestre complète, qui demande vingt-quatre heures, permet à la Terre de faire une aspiration et une expiration de fluide solaire, et pen dant ce temps, le cœur terrestre, sous l’action de qui
LE TEMPS HUMAIN ET LA REINCARNATION I ig se font les marées, a eu une pulsation de montée et une de descente. Une heure pour la Terre correspond à un jourpour l'homme. Un jour terrestre marqué par le passage de la Terre d’une ligne à l'autre ou par une révolution lunaire complète. Cela fait un mois pour l'homme.
Un mois terrestre comprend quatre phases: Prin temps ou matin de la Terre, Été ou midi de la Terre, Automne ou soir de la Terre, enfin Hiver ou nuit de la Terre. Le mois de la Terre répond donc à un an de l’homme.
Le soleil met, en chiffres ronds, 28 jours à tourner sur lui-même, c’est-à-dire que le Temps du soleil est 28 fois plus long que le temps terrestre pour l’homme et 28 fois plus court pour l’habitant du soleil, qui malgré les apparences et les dires des savants de la Terre, ne supporte pas une température supérieure à 58° centigrades. Un jour pour l'homme est une minute pour le soleil. Un mois pour l’homme est une heure du soleil.
Un an humain est un jour de soleil ou un jour et une nuit des Dieux. Enfin un an du soleil correspond à 36o années hu maines et forme l’unité de l’année divine. Les Indous ont calculé des temps encore plus con sidérables. L’année solaire comprend, nous l’avons dit, 36o an nées humaines, et ce nombre donne l’année divinç.
120 l’initiation Un jour de Brahma comprend 12.000 années di vines ou 4.320.000.000 (4 milliards 820 millions d’années humaines). Un jour et une nuit de Brahma comprend le double c’est-à-dire 24.000 années divines ou 8.640,000.000 d’années humaines. Cette période forme un Kalpa (un jour et une nuit de Brahma). Le Kalpa se divise en 4 périodes ou âges : Krita-Youga, Treta-Youga, Duapara-Youga et KaliYuoga de durées différentes.
L’année de Brahma comprend 36o nuits et jours de Brahma, Comme Brahma vit cent ans, cela donne le joli chiffre de 311.040.000.000.000 d’années humaines. Et cependant ce nombre d’années humaines repré sente un clignement de l’œil de Vichnou 1111 On voit tout de suite ce que sont les 80 ans de la vie d’un homme pour un être de l’appartement de Brahma, et ces êtres existent,!
Chacune des grandes périodes est accompagnée de transformations des continents planétaires, dont le détail serait intéressant, mais sortirait de notre sujet. La loi de réincarnation enseigne la patience. Nous avons assez de temps devant nous pour ne pas trop nous presser. L’important est de bien faire dans chaque existence ce que nous ne voulons pas être ohligés de venir achever dans une existence ultérieure. On ne peut fixer un terme à la réincarnation comme on ne peut fixer un terme positif à la Vie humaine.
LE TEMPS HUMAIN ET LA REINCARNATION 121 Il est des êtres humains qui passent deux ans sur la Terre avant de repartir et d'autres qui y passent cent ans. De même il est des esprits qui se réincarnent tout de suite après la mort et d'autres qui attendent i .000 ans pour le faire avec toutes les données intermédiaires.
Il est donc inutile de fixer des chiffres, et ceux qui affirment qu'on est i.5oo ans avant de se réincarner disent une erreur dont ils se rendront compte plus tard. J’ai pu voir un petit-fils qui était la réincarnatio n de son grand-père, lequel avait dit: « Après moi, la fin du monde». Il venait, comme petit-fils, récolter l'intérêt des ennuis qu’il avait causés à sa famille antérieurement.
Mais un voile est placé sur les yeux des incarnés et il est interdit de savoir qui l’on a été. De la méconnaissance de cette loi découlent une foule d’erreurs. Les pauvres êtres terrestres qui étudient cette loi de réincarnation prennent souvent pour des souvenirs réels les mirages de leur imagination. Un enfant mort peut revenir dans sa famille à la demande de l’enfant et des parents, et nous en con naissons beaucoup d’exemples.
Ces quelques notions sur la réincarnation permet tront de ne jamais trouver le temps long puisque nous ne savons pas ce qu'est le Temps et il y a comme cela beaucoup de choses que nous ignorons. Parus.
Le Magnétisme dans tas les Plans (École Hevxxiéticjne) PREMIÈRE CONFÉRENCE Le Magnétisme, auquel, bien à tort, les Anglais donnent le nom de Mesmérisme, a existé dès la plus haute antiquité et s’est perpétué, sous diverses appel lations, à travers les âges et dans tous les pays.
A l'origine, ce que nous appelons la Médecine se bornait à quelques remèdes simples, et la pratique du Magnétisme, ainsi que nous l'indiquent une foule de monuments et d’écrits anciens, entrait pour beau coup dans l’art de guérir.
Sûrement, il en était alors comme il en est aujour d’hui chez les peuples où ce qu’on appelle la civili sation n’a pas encore pénétré : leur médecine est le plus souvent magnétique, les frictions, les insuffla tions, les gestes de toute espèce sont employés dans toutes les maladies, et comme ces procédés sont tou jours, je ne dirai pas accompagnés, mais précédés d’une ferme volonté de faire le bien, il n’est pas éton nant de les voir souvent réussir.
Il pourrait paraître singulier que nos fameux doc teurs en médecine d’État, qui ont tant décrié et nié le Magnétisme, lui dussent la moins mauvaise partie de
LE MAGNÉTISME DANS TOUS LES PLANS 123 leur art. C’est pourtant ce que disent textuellement les anciens auteurs : ils disent que la médecine ne vient que des prescriptions ordonnées en songe, et que les premiers médecins ne furent que des vaticinateurs, au point que les mots médecin et devin étaient synonymes dans les premiers temps, comme ils le sont encore à présent chez les nègres du centre de l'Afrique. Dans De Mysteriis Ægypliorum.
Jambliquenous apprend que, dans le temple d'Esculape, on recevait des songes indiquant les remèdes nécessaires pour la guérison des malades, et il ajoute : «Et T art de la Médecine lui-même ne s'est formé que par les son ges». Philostrate dans sa Vie d'Appolonius, nous dit: «L’art du devin rend aux hommes de grands ser vices, dont le plus grand est la médecine.
Car les sa vants fils d'Esculape n’auraient jamais connu l’art de guérir, si Esculape, qui était fils d’Apollon, n’eût com posé ses remèdes conformément aux vaticinations de son père. Esculape montra ces remèdes à ses enfants. Ceux-ci les firent connaître à d’autres, et de là est né l’art de la médecine... Qui pourra nier qu’on nedoive ces connaissances à l’art d\idevin...
Or, les révélations communiquées à Esculape par son père se faisaient au moyen du somnambulisme, ce qui n'est pas contestable ; et nous savons, par la lettre d’Aspasie à Périclès, un des procédés par les* quels cette femme célèbre put être endormie. C’était principalement dans les Temples d'Égypte que le magnétisme s’exerçait en grand et avec solen nité. Parlant des Temples d’Isis, Diodore de Sicile
Ï24 l’initiation » s’exprime ainsi : « Les Egyptiens assurent qu’Isisa rendu de grands services à la médecine par les re mèdes salutaires quelle a découverts... Elle prend plaisir au culte des hommes et s’occupe principale ment de leur santé; elle vient à leur secours dans des songes où elle manifeste toute sa bienfaisance...
Elle indique dans les songes à ceux qui souffrent les re mèdes propres à leurs maux, et l’observation fidèle de ses amis a sauvé contre l’attente de tout le monde des malades abandonnés des médecins»... Strabon nous enseigne qu’il en était de même aussi dans le temple de Sérapis, et, par le fameux Galien, nous apprenonsqu’il en était de même aussi dans le temple de Vulcain, appelé Hephestium, près de Memphis.
Tantôt, c’était le malade lui-même qui, en dor mant, voyait et indiquait le remède qui lui conve nait; tantôt, c’était les prêtres qui recevaient-les songes, et qui, pareils aux médiums de nos jours, prescrivaient en dormant les remèdes nécessaires au malade. Suivant le docteur Ennemoser. les anciens admet taient « que toute guérison procède de Dieu et que toute vertu curative opère en nous par le ministère de ses serviteurs ».
Aussi, ajoute cet auteur, «consi dérait-on la Foi comme le prélude nécessaire de la cure, et fut-il de croyance que les pouvoirs magiques étaient transmis ou opéraient par le moyen de la pa role, de la prière et des rites sacramentels. Or, les guérisons opérées par l’attouchement, par l’imposition des mains et par le souffle de la bouche se ratta chaient à cette mystérieuse influence»...
LE MAGNÉTISME DANS TOUS LES PLANS 125 Le docteur Sprengel,dans son Histoire de la Méde cine, nous fait connaître toutes les précautions que prenaient les prêtres pour que leur secret ne fût pas dévoilé : « Les prêtres, dit-il, étaient les seuls méde t cins de l'Egypte ; ils exerçaient Lartde guérir comme un culte divin et voilaient les noms des médicaments naturels dont ils se servaient, sous un langage allé gorique.
C'est ainsi que l’art de guérir resta un mys tère que les dieux ne révélaient qu’aux prêtres, leurs favoris... Ce que nous avons dit des Egyptiens, il le faut entendre également des Grecs... On trouvait ordinairement dans les vestibules des Temples d’Esculape des statues de la Prospérité, des Songes et du Sommeil... On employait tout ce qui pouvait exciter l’imagination et disposer à une ferme confiance.
De longs jeûnes, des bains, des purifications réitérées, des veilles prolongées au milieu des ténèbres, des prières ferventes pour obtenir des révélations divines. Sou vent, on ajoutait à cela des musiques mélodieuses. Les bains que l’on prenait étaient toujours accom pagnés de frictions, de fumigations...
C’était après toutes ces préparations que les malades, étendus sur des peaux de béliers qu’on avait immolés, dormaient près du sanctuaire et y attendaient les songes et les visions prophétiques... Il y avait aussi une classe de prêtres, appelés oneiropoles, qui se livraient aux songes et donnaient des révélations».
Dans De Medicina Ægyptiorum, le docteur Pros per Alpini, qui ne se doutait peut-être pas que les fric tions purement mécaniques produisent à elles seules peu d’effet thérapeutique, a é:rit : « Les frictions.
Î2Ô l’initiation médicales et les frictions mystérieuses étaient les remèdes secrets dont les prêtres se servaient pour les maladies incurables ».
Le véritable secret n’était pas dans les frictions, mais il nous suffit de constater, pour le moment, qu'elles étaient en usage, de même que les passes, car, dans son Amphytrion, Plaute, qui insinue la vérité en riant, s'exprime ainsi : « Oui, dit Mercure, je lui fais des passes très lentes, jusqu'à ce qu'il tombe endormi ».
Il est certain qu’Asclépiade s’en servait, qu'il arri vait à endormir ses malades par ce moyen, et qu’il les plongeait quelquefois, au dire de Celse, dans une véritable léthargie. Je nem’étendraipas davantage sur les innombrables preuves, fournies par l'histoire, que le Magnétisme et le Somnambulisme étaient pratiqués dans les Temples.
Mais, à côté des procédés d’opérer qui de meuraient un mystère, il y avait des tablettes de re mèdes et de guérisons qu’on exposait à la vue des profanes et qui devinrent le fondement de la Méde cine ordinaire, quand les gens du dehors, en indus triels habiles, jugèrent profitable pour eux de s’en emparer. Dans son Histoire du Somnambulisme, A.
Gauthier nous dit ceci : « Du temps d’Hippocrate, il y avait abus de la divination, et c’est pour y remédier qu’il porta les bases de la Médecine ordinaire, en regard de la Médecine occulte » . La vérité, dépouillée d’artifice de langage, c’est qu’Hippocrate s’empara simplement, pour en tirer
LE MAGNÉTISME DANS TOUS LES PLANS 127 profit, des remèdes dont la liste lui était fournie par les tablettes sur lesquelles les malades guéris dans les sanctuaires inscrivaient, avec le nom de leur maladie, celui du remède qui leur avait été salutaire après leur avoir été indiqué en songe.
Au reste, Strabon et Pline s’accordent parfaitement pour dire que les œuvres d'Hippocrate furent formées en grande par tie des Tables d'inscriptions qui existaient dans le Temple de Cos. De son côté, Galien affirme queluimème tira grand bénéfice des prescriptions données en songe, et qu'Hermas de Cappadoce obtint beau coup de recettes d’un temple situé près de Memphis.
Coringius, dans sa Médecine hermétique, ne doute pas que ce ne soit par les malades qu’on a connu l’énumération des médicaments employés à les gué rir, et il dit que l’énumération faite par Hermas dans Galien le démontre péremptoirement,aussi bien que celle que l'on voit dans Celse, Paul d’Égyne et autres.
Il s'ensuit donc que le fameux génie d’Hippocrate et de Galien se réduirait à avoir réuni dans leurs li vres les recettes qu’ils avaient copiées ou fait copier dans les Temples. Mais ces recettes, indiquées par le moyen des son ges et qui, pour une même maladie, devaient forcé ment varier selon le tempérament des malades, n’étaient pas toute la médecine.
Le principe d’impul sion qui procurait les songes indicateurs, et qui, par conséquent, constituait un des grands secrets des Ini tiés, n’était pas dévoilé comme on dévoilait les re mèdes indiqués, et restait soustrait aux curiosités
128 l’initiation malsaines, afin d’échapper à un usage profane ou cri minel. Les descendants d’Esculape formaient en Grèce, » comme les prêtres en Egypte, une espèce de caste ou d’association qui excerçait la médecine et qui n’en révélait les mystères qu’à ceux qui, liés par un ser ment solennel, se faisaient initier.
On retrouve les traces de ce serment et de ces initiations au commen cement des œuvres d’Hippocrate, lequel, non content des’être approprié beaucoup de recettes des Temples, s’était fait une école à lui, absolument exotérique, mais modelée sur le système mystérieux des centres initiatiques.
La formule de serment qu’il donne porte entre autres choses : «Je ferai part des préceptions del’art,et engénéral de toute ladiscipline médicaleà ceuxdemes disciples qui, par le serment médical, se seront solen nellement liés. Nul autre ne sera admis. »Dans le chapitre qui suit, intitulé Loi, il est dit à la fin : « Et attendu qu’il s’agit de choses sacrées, elles ne sont démontrées qu’aux personnes sacrées.
C’est un sacri lège de les montrer aux profanes, avant qu’ils n’aient été initiés aux mystères delà science sacrée. » En parlant ainsi de choses sacrées, de personnes sacrées, de science sacrée et de profanes, Hippocrate a pu se donner pour Initiateur; mais il n’était sûre ment pas un Initié, puisque les seuls mystères qu’il connaissait se réduisaient à la connaissance des re cettes exposées publiquement dans les Temples.
En dehors de ces recettes, la seule chose qu’il ait pu ré véler en secret à ses élèves, est ce que tout autre inLE MAGNÉTISME DANS TOUS LES PLANS I2Ç dustriel aurait pu leur révéler à sa placera savoir qu’il fallait, pour avoir des chances de réussir dans les affaires, travailler l’imagination du client et impo ser à celui-ci une confiance aveugle en même temps que la drogueà prendre.
Caries vrais mystères, que les prêtres gardaient jalousement et au fond desquels se trouvait le magnétisme, il les ignorait. C’est bien pourquoi, d’ailleurs, il ne donne aucun aperçu de la médecine magnétique, ressemblant en cela forcément aux vrais Initiés qui, eux, n’ignorant rien, n’ont pas écrit sur elle, à cause du silence qui leur était imposé.
L'art de guérir n’opérait et n’opère encore que par les remèdes ou par les procédés que l’on appellera comme on voudra — magnétiques, théurgiques ou mystiques.
Or, les remèdes, qui changeaient selon le tempérament des malades et suivant les indications fournies parles songes, étaient publiés sans crainte dans les Temples, où Hippocrate put en dérober aisé ment les listes ; donc c’était les procédés magnétiques qu’on cachait — et ceux-là, ce modèle des usurpa teurs ne les a pas connus.
Cependant, au sujet des procédés magnétiques, il existait de son temps des monuments, dont la trace n’a pas été perdue pour nous, et qui auraient pu le frapper, s’il avait accordé quelque attention aux em blèmes dont ils étaient décorés. Pour nous en convaincre, ouvrons par exemple l'Antiquité expliquée du bénédictin Montfaucon ; nous y trouverons, à chaque page, des reproductions gravées qui corroboreront pleinement ce que j’avance. D’abord, nous voyons un tableau représentant une 9
13o L IMTlA'i ION sorte de lit sur lequel est couché un homme vêtu* d’une espèce de camail bleu retombant sur ses épaules et sur sa poitrine, et d’un habit brun en for me de pantalon descendant jusqu’aux pieds.
A côté de ce patient, dont les yeux sont ouverts, se tient un personnage vêtu de la même manière, mais dont le costume est noir, et qui porte un capuchon avec un masque de chien — le masque d’Anubis.La tète de ce personnage est tournée vers le malade.Sa main gauche est posée sur la poitrine de ce dernier, au-dessus de la tête duquel sa main droite est étendue, dans la pasition d’un homme qui magnétise.
Aux deux extrémités du lit se trouvent det x femmes nues jusqu’ala ceinture; le reste de leur corps est couvert d’une jupe brune. L’une a la main droite levée, l’autre la main gauche. Sous le lit sont quatre canopes , le premier a une tête d'IsisT le deuxième, une tête d’épervier, le troisième, une tète de chien, et le quatrième, une figure humaine — symboles des quatre divinités guérisseuses, Isis, Osiris, Anubis et Orus.
Ce tableau n’est pas le seul qui nous soit fourni. Dans les autres scènes représentées, le prêtre au mas que d’Anubis se rencontre toujours, avec ses mains sur le malade, mais dans des positions qui varient.
Ainsi, sur une reproduction, on le voit, une main placée aux pieds et l’autre au-dessus de la tête du pa tient ; sur une deuxième, il a une main sur le ventre et l’autre sur La tête ; sur une troisième, les mains sont sur les reins ; sur une quatrième, elles sont po sées sur les cuisses. Et toujours les yeux de l’opéra teur sont fixés sur ceux du sujet.
LE MAGNÉTISME DANS TOUS LES PLANS 13l Les mêmes scènes se retrouvent aussi sur des abraxas, qui étaient des amulettes et des talismans contre les maladies, et dont plusieurs modèles nous sont donnés par Montfaucon.
Toutes ces représentations, qui exposaient à la vue de l’initié plusieurs manières de magnétiser, devaient rester et restèrent effectivement des énigmes pour les savants exotériques, jusqu’au jour où le magnétisme fut, non pas découvert à nouveau, mais rendu public par quelques envoyés des centres initiatiques.
Si nous songeons maintenant à ce fait que Moïse, élevé à la cour de Pharaon, fut,comme dit l'Écriture, profondément instruit et versé dans la science des Egyptiens, nous comprendrons pourquoi les procé dés magnétiques de ses maîtres, Jamnès et Mambrès, ont pu passer entre les mains des grands prêtres juifs.
L’Ancien Testament est d’ailleursrempli de choses qui concourent à prouver que tel a été le cas : on y voit des révélations divines et des révélations diabo liques par les songes — les divines sont juives, les diaboliques sont égyptiennes — et cependant c'est bien Dieu qui permet les songes parmi tous les êtres humains qu’il a créés. On y voit aussi l’imposition des mains, l'approche des doigts et même d’un seul doigt.
On y parle à chaque instant delà main de Dieu — qui n’a pas de main ; mais l’auteur sacré dit que cette main provoque l’état d’inspiration prophétique, sans doute parce qu’il sait que la main étendue est le signe de la puissance agissante, et que des hommes, au moyen de la main, peuvent provoquer, ainsi que
132 l’initiation cela se passe de nos jours, le somnambulisme et l’état de prévision.
Il est dit dans la Bible que Daniel et ses compa gnons, qui expliquèrent le songe de Nabuchodonosor, se trouvèrent dix mains plus sages que tous les mages et devins du pays — ce qui signifie évidem ment qu'ils avaient été inspirés comme par dix mains à la fois,tandis que les mages ne l’étaient que par une seule — expression qui n’aurait pas de sens, si elle ne faisait allusion au fait que les mages ne parvenaient à la clairvoyance nécessaire à l’intérprétation des songes que par l’imposition des mains.
Un autre effet de la main dans le magnétisme est d’opérer des guérisons, et il ne faut pas perdre de vue que, partout dans le monde, chez les Egyptiens comme chez les Juifs et ailleurs, on a toujours admis — ainsi que l’a observé le docteur Ennemoser — que toute guérison procède de Dieu, et que toute vertu curative opère en nous par le ministère de ses servi teurs.
Or, le Nouveau Testament montre encore l'im position des mains, les insufflations, etc., comme moyens curatifs. Le Christ communique même son pouvoir à ses apôtres. Mais reportons-nous encore une fois aux Egyptiens et, pour nous aider dans notre recherche, continuons à consulter le bénédictin Montfaucon, qui, à présent, nous décrit des mains de bronze chargées de figures demeurées pour lui des mystères.
Toutes les mains égyptiennes, bien antérieures à l’ère chrétienne, ont invariablement les trois pre miers doigts étendus et les deux derniers fermés.
LE MAGNÉTISME DANS TOUS LES PLANS 133 Une d’elles, entre autres, porte, la figure de Sérapis entre les deux premiers doigts, et, au bas, vers le poignet, une espèce de ceintre, sous lequel se voit une femme à demi couchée avec un petit enfant; à côté d’elle est un ibis ; sur le dessusde la même main, on voit un serpent et plusieurs symboles hiéroglyphi ques, tels que la tortue, le crapaud, le lézard, la ba lance, un vase, etc. On ne peut douter que cette main n’ait été consa crée à Sérapis et à Esculape, car la première de ces divinités y est représentée avec une face humaine, et Esculape y est désigné par le serpent.
Or, ces deux divinités procuraient les guérisons par les songes, c’est-à-dire par le somnambulisme. Chose curieuse : toutes les mains de bronze sont des mains droites et toujours les doigts ont la même disposition.
En fait, lorsqu’on magnétise, la main droite est ouverte, etsouvent on n’use que des trois premiers doigts, qui sont considérés comme ayant la plus grande influence, bien que, généralement, on ne magnétise pas avec trois doigts seulement.
Il est possible que les prêtres égyptiens aient em ployé la méthode des trois doigts dans certains cas ou qu’elle ait pu être pour eux d’un usage constant ; ce qui est certain, c’est que l’usage des trois doigts de la main droite pendant que la main gauche repose à plat sur le sommetde la tête, est excellent et d’un ef fet rapide, dans une disposition particulière, pour la production du somnambulisme.Ce qui est non moins vrai, c’est que les mains de bronze reproduites par Montfaucon ont dû être dédiées aux deux ou trois f
134 l’initiation divinités dont les temples étaient affectés au traite ment des maladies. Nous trouvons aussi, dans le même auteur, la re production de doigts mystiques qui paraissent avoir eu la même signification que les mains.
Ces doigts sont également en bronze et se terminent à leur base par un long clou, ce qui semble indiquer qu'on les destinait à être fichés dans les murs ou portés processionnellement, au bout d’un bâton, dans les fêtes d’Isis ou d’Esculape, de la même manière que l’on y portait les autres emblèmes consacrés à ces divi nités. Pierrius Valerianus nous apprend qu'on donnait à l'index le nom demedicus— ou doigt médical.
Or, tous ces doigts de bronze étaient des index. Est-ce parce que c’était avec ce doigt qu'opéraient les prêtres d’Esculape en certaines occasions ? C’est possible ; et, à ce sujet, il est permis de faire un rap prochement avec ce qui se passe de nos jours, où l’index est souvent employé, notamment dans les crampes, la surdité, etc., et sur les centres nerveux de la tête.
N’est-il pas remarquable que la position de chaque main de bronze égyptienne soit précisément la même que la position de la main des prélats et des papes bénissant le peuple, et que la position donnée par les peintres et les sculpteurs à la main du Christ ?
En vérité, la main mystérieuse n’est pas limitée aux » antiquités de l’Egypte, car on la voit encore, en Eu rope, dans les cérémonies du sacre des rois chrétiens, et, à certaine époque, elle apparaît comme symbole
LE MAGNÉTISME DANS TOUS LES PLANS l35 du don royal de guérir les écrouelles par attouche ment.
Dans un tableau représentant Charlemagne comme Patrice, on voit une main descendant du ciel sur sa tète; et, dans deux images du.temps de Charles le Chauve, on voit encore une main dont quatre doigts envoient vers la tête de ce prince des rayons sem blables aux eflluves que les sensitifs disent voir émaner des doigts de leurs magnétiseurs et que le commandant D.trget est parvenu, en effet, à pho tographier de nos jours.
Sur le tombeau de Dagobert, tombeau disparu pendant la tourmente révolution naire, une main pareille — ainsi que nous l’apprend le F.-. Lenoir dans sa Nouvelle Explication des hiéro glyphes — était représentée sortant d’un nuage, les trois premiers doigts étendus, les deux autres repliés, tandis que le roi, nu, mais couronné, était élevé sur une draperie par deux évêques, et que deux anges portant des encensoirs semblaient s’approcher de lui.
Suivant Montfaucon, ces mains, toujours avec trois doigts étendus, se voyaient aussi quelquefois sur les médailles des Empereurs de Constantinople, vers l’époque de Charlemagne. Quelques écrivains, parmi lesquels on compte le docteur Ennemoser, ont donné une origine toute di vine à ce symbole, c’est-à-dire que, pour eux, il s’agis sait de la main de Dieu, si souvent mentionnée dans les Écritures.
Mais, outre que les mains de bronze égyptiennes n’ont rien eu de commun avec les Écri tures, la signification symbolique de la main, dans
136 l’initiation es exemples fournis par Montfaucon, est difficile à concilier — en dehors de la question magnétique — avec la signification de la main de Dieu dont il est parlé dans la Bible. C’est une chose bien singulière que la consécration soit exprimée en hébreu par le terme «offrande des mains». Ainsi,dans les livres mosaïques, on lit «em plissez vos mains» pour « consacrez vos mains».
Et cela correspond au « bélier d’offrande» qu on traduit par « bélier de consécration ». Des commentateurs ont expliqué cette façon de s’exprimer par la coutume que l’on avait de tenir une partie du sacrifice dans les mains, et ont trouvé là un rapport avec ce fait que, dans les contrées orien tales, on portait toujours des présents au monarque qu’on visitait.
Vraie dans un sens, cette explication ne nous éclaire pas sur la relation de tels passages avec d’autres où la main est mentionnée dans un sens magique, notamment quand elle communique la faculté de vision et de prophétie, ou quand elle est appelée la « main du Seigneur ». Sur ce point, on peut consulter tous les prophètes et spécialement Daniel, où cette expérience est très minutieusement décrite.
Pour moi, il est évident qu’avoir la main remplie d’un don sacré n’est rien moins qu’une figure indi quant le pouvoir manifesté dans l’acte de magnétiser : «Et Josué fut rempli de sagesse, parce que Moïse lui avait imposé les mains (i)»... Peut-être même que, ( i) Deut., c. 34.
LE MAGNÉTISME DANS TOUS LES PLANS I dans les temps reculés, l’inauguration n’a pas été autre chose qu'une réelle introduction et illumina tion. Pour en finir avec cette question de la main, je dirai qu’il existe au British Muséum de curieuses ta blettes relatives à la magie et à la sorcellerie de Babylone.
Ces tablettes furent réunies entre l’an 629 et 625 avant notre ère, par le scribe d’Assurbanipal, roi d’Assyrie ; et ce qui les rend plus particulièrement intéressantes pour nous, c’est qu’elles ont pour titre : « Prières de l’élévation des mains ».
Or, qu’on se rappelle ce passage de Y Exode : « Lorsque Moïse tenait ses mains élevées, Israël était victorieux» —ce qui montre bien que ce grand initié avait su mettre à profit les leçons de Jamnès et Mambrès, chefs des magiciens de Pharaon, et qu’il connais sait le secret de se concentrer dans les prières effi caces.
De l’action magnétique des mains, passons à celle des yeux, c’est-à-dire à la fascination, qui a été un des articles du Credo populaire à toutes les époques » et dans toutes les contrées, à commencer par l’Egypte.
Il est facile de constater l’influence des yeux, non seulement sur soi-même, mais encore sur les autres ou sur l’animalité qui nous entoure, depuis le chat qui fascine la souris et joue avec elle, jusqu’au ser pent qui attire l’oiseau au point de le faire entrer à reculons dans sa gueule. Qui d’entre nous n’a jamais éprouvé les effets d’un œil fier, imposant, dédaigneux, froid, méchant, las cif, langoureux, chargé de haine, ou rempli de bonté
138 l’initiation et d’amour? Les regards de l’amour ou de la haine se manifestent d’une manière subtile ; l’œil de la per sonne qui veut du bien produit sur l’esprit des effets bienfaisants, l’œil de celle qui veut du mal infecte réellement l’esprit et le rend malade.
S’il est vrai que les phtisiques et les ophtalmiques, même sans le vouloir, blessent autrui par la conta gion au moyen de l’œil, quel mal ne peuvent pas causer avec leurs yeux les malades psychiques qui ont le dessein de nuire ?
A ce sujet, saint Thomas d’Aquin, qui fut l’élève d’Albert le Grand, a dit : « Par un ellort de 1‘imagi nation, il se fait un changement dans les csorits animaux, dont les plus subtils se portent surtout aux yeux, qui infectent l’air voisin jusqu'à une certainedistance... Lorsque l’âme se trouve violemment agi tée de quelque maligne passion, les regards deviennent comme des traits empoisonnés (i)».
Un médecin, Jean Fracastor, grand ami du Pape Paul 111, a dit à son tour : «L’imagination, quand elle est fortement tendue, peut causer la fascinationTout le monde n’aura pas cette faculté, mais seule ment quelques individus, dont les humeurs et les es prits' sont si. différents de la nature des autres hommes, qu’on, peut les considérer en quelque sorte comme des poisons.
Ces individus donc, ayant conçu de la haine contre un enfant, en fixant leurs regards sur lui, lancent de leurs yeux, et de tout leur visage, comme certains esprits qui, s'appliquant à ceux plus (î) Saint Thomas, part.. I,.Quaest. ri7, art. 3 ..
LE MAGNÉTISME DANS TOUS LES PLANS 13(> faibles de l’enfant, les absorbent, les consument comme ferait un véritable poison. Or, plusieurs expériences démontrent qu'il s’évapore effectivement des yeux et de tout le corps des corpuscules insen sibles (i) »... Agrippa a dit également: «Les sorciers, en regar dant fixement les hommes, les ensorcellent d’une manière très pernicieuse ».
Un autre initié, élève d’Agrippa, Jean Wier, atta ché comme médecin à la personne du duc deClèves, écrivait vers la même époque : « Il n’y a point dans tout le corps humain d’organe qui réunisse une si grande abondance d'esprits, et qui en fasse jaillir les étincelles avec plus de force, que la prunelle de l'œil (2) »...
Regardez maintenant le dompteur : est-ce que ce n’est pas au moyen de la fascination, qu’il fait trem bler et ramper à ses pieds les fauves les plus dange reux ? Et le charmeur de reptiles, est-ce que ce n’est pas par le regard, qu’il parvient à les charmer? Quant au charmeur d’oiseaux, qu’on se rappelle, entre mille exemples, l'histoire de Jacques Pélissier.
Cet homme, qui ne connaissait rien du magnétisme, étendait la main vers un oiseau, et aussitôt celui-ci, fût-il à cin quante mètres, fermait les yeux, battait des ailes, et se laissait prendre. A ce propos, le docteur H. d’Al ger a écrit : «J’examine l’oiseau, ses yeux sont her métiquement clos et son corps est d’une raideur ca- (1) Fracastor, Desympatia, cap. 23. (2) De Praestigiis et incantationibus, lib. 2. cap. 4g.
l’initiation 140 davérique, quoique les pulsations du cœur soient bien distinctes : c’est un vrai sommeil de ctttalepsie, et tous ces phénomènes prouvent incontestablement une action magnétique...Quatorze petits oiseaux sont pris dans l’espace d’une heure ;.. tous ont présenté le sommeil cataleptique, sommeil qui, du reste, cesse à la volonté du charmeur »... A volonté aussi, Jacques Pélissier, qui était atteint de phtisie tuberculeuse, tua par fascination des oiseaux que le docteur lui dé signa et qui se trouvaient, au milieu d'autres, à vingtcinq ou trente pas de distance. Une simple imposition de sa main sur un oiseau, jointe à l’intention, suffi sait pour le faire mourir presque instantanément. Feder. (A suivre,}
Une Synthèse générale Occulte i° L'Inconnu. Dieu non manifesté. Dieu, considéré dans l’absolu de son Être, est pour nous incompréhensible et ineffable. L’Inconnu est pour nous, Dieu non manifesté, ou l’Être en puis sance, ne pensant pas, n’agissant pas, qui tend à pas ser à l’acte et qui contient dans son Unité la multi tude possible des êtres à venir. Nous ne pouvons, hélas! nous faire une idée de cet Inconnu qu’en essayant de le comparer analogi quement à l’homme qui, dit-on, est créé à l’image de Dieu. Or, pendant la nuit, lors du sommeil de l’homme, l'étude de ce dernier est plus simple que lorsqu’il est à l’état de veille. Pendant que l'homme dort, son corps physique continue d’exister, de vivre, sous la poussée de l’âme vitale, laquelle participe de la vie générale de l’Univers, qui ne s’arrête jamais. Mais cet homme ne pense pas, n'agit pas ; les ma gasins plexus répartis dans son corps physique en profitent pour se recharger des différents fluides prêts à agir lors du réveil.
142 l’initiation Analogiquement, nous pouvons prendre, comme point de départ de l’étude de l’inconnu, le sommeil de Dieu pendant ce que nous appelons la nuit de Parabrahm : Dieu sommeille! son Corps Infini, rcnfermantTout, continue de vivre éternellement bien qu’il soit plongé dans les ténèbres de la nuit ; la Pensée Divine, agent de la Volonté Divine, s’est comme concentrée en un lieu, cerveau de son Corps Infini, prête à entrer en action, lors du réveil Divin, lorsque Dieu voudra passer de la puissance à l'acte.
Dans Dieu en sommeil, nous pouvons dès lors discerner trois Êtres : i° un Être-Volonté en puissance ; 2° un Etre-Pensée en puissance; 3° un EtreVie, en Corps, substance Lumière. C’est là ce qu’cn peut appeler la Trinité ontolo gique. 2° Dieu se manifeste. La Trinité. Le Quaternaire. La Nuit de Parabrahm s’achève !
Dieu s’éveille ! le Jour de Parabrahm commence à poindre : ainsi que cela se produit pour l’homme s’éveillant, Dieu com mence à prendre conscience de Lui-même; rien n’em pêche alors i’Ètre-Voîonté de passer de la puissance à l’acte en employant d’abord sa Pensée, qui s’était concentrée pendant le sommeil.
Mais l’acte n’est com plet et perceptible que si, à la Pensée, succède la Pa role, le Verbe, le Geste ; car un homme peut penser sans que sa pensée soit connue, tant qu’il ne l’a pas fait connaître par son verbe ou son signe. Sa pensée
UNE SYNTHÈSE GENERALE OCCULTE 1^3 peut bien s’extérioriser invisiblement du corps phy sique, mais il n'y a que le verbe et le geste qui font visiblement agir ce corps. L'homme et Dieu ne peuvent se comparer analo giquement qu’en remarquant que l'homme pense in térieurement et agit extérieurement, tandis que Dieu pense et agit tout intérieurement puisque rien n’existe en dehors de Lui !
Ainsi nous pouvons dire que lors du réveil Divin : i° l’Etre-Volonté passe de puissance en acte, c’est le A Père ; 20 l’Etre-Pensée passe de puissance en acte en se répandant dans tout le Corps infini de Dieu, c’est le Souffle Divin, le Saint-Esprit; 3° l'Être-Volonté, A uni à l’Etre-Pensée, passant en acte à l'intérieur du Corps infini Divin produisent le Fils-Verbe. Ces trois aspects de Dieu forment la Trinité Di vine.
Le Fils-Verbe se manifeste à l’intérieur du corps Infini Divin. Ce Corps, rempli de la substance Pen sée Divine, est l’Épouse Divine, la matrice éternelle dans laquelle doit se former Tout le Possible futur, selon la Volonté-Père, la Pensée-Saint-Esprit, le Verbe-Fils. f r Père, Saint-Esprit, Fils, Epouse Nature Eternelle, tel est le grand Quaternaire : i -g 2 + 3 T 4 = Total Dix — Grand Tout. r e A 3° Emanation et déchéance des premiers Etres.
Au fur et à mesure que le jour de Parabrahm s'éten dait, la Pensée Divine, Saint-Esprit, Lumière pure, remplissait, éclairait, fécondait l’intérieur de l’Épouse
l’initiation 144 éternelle; puis enfin Dieu voulant se contempler dans ses œuvres, dans ses enfants, employait son Verbe pour former, à son image, les premiers Êtres dans le sein Épouse. A Ces premiers Etres, purs enfants de Dieu, étaient androgynes puisqu’ils tenaient à la fois de leur Père F Dieu et de leur Mère, l’Epouse.
Chacun d’eux était constitué en quaternaire sem blable au grand quaternaire ; il tenait de son Père : i° la Volonté-Père ; 20 l’Intelligence-Pcnsée-Saint-Esprit; 3° la Raison, l’Amour, la Vie-Verbe ; il tenait de sa Mère: 4° la Sagesse et le corps de substance glo rieuse, Chacun d’eux, ayant sa Volonté propre, jouissait de son libre arbitre et servait de trait d'union entre l’amour du Père et la sagesse de la Mère.
Un certain nombre d’entre eux, oubliant ce rôle de trait d’union, perdirent le contact avec le Père et se rejetèrent entièrement du côté de la Mère. Perdant ainsi l’Amour, ils devinrent égoïstes et voulurent acf caparer à leur seul profit la substance de l’Eternelle Épouse.
Puis ne s’entendant même plus entre eux, chacun voulut se faire centre particulier au détriment des autres, en attirant à lui le plus possible des par celles du royaume Épouse. Chez eux l’Orgueil sucr céda à l’Egoïsme : ce sont ces deux grandes calamités qui ont donné naissance au Mal total.
La Tradition nous enseigne que, dans la Nature * * A Eternelle, il y a eu de ces premiers Etres qui ont fait le mal à des degrés différents, tandis que d’autres sont restés dans la bonne voie.
UNE SYNTHÈSE GENERALE OCCULTE 145 Aussi nous parle-t-elle du combat entreles premiers et les seconds et de la victoire remportée finalement par les Esprits fidèles, conduits par Mikaël, sur les rebelles, conduits par Lucibel. 4° La Création temporelle. L'Œuf de Lumière. Le Grand Homme Adam.
Pour faire cesser le trouble et le désordre survenus * F au sein de la Nature Eternelle Epouse, du fait de la révolte des Grands Esprits, il devenait indispensable de parquer les dissidents, de façon à mettre un terme à leurs déprédations. C'est pourquoi le Verbe Divin organisa la Création temporelle pendant six jours ou six périodes, chacune de plusieurs milliers de nos années terrestres.
La Tradition dit que le premier jour, le Verbe créa la Lumière! Cette Lumière, en forme d’œuf im mense, se détacha comme un œuf sombre sur le fond lumineux composant la substance intérieure de la r Matrice Eternelle. Analogiquement à ce qui se produit pour un œuf ordinaire, l’Œuf de Lumière, ainsi fécondé par le Verbe au sein de l’Épouse Éternelle, se segmenta en trois parties et donna finalement le jour au Grand Homme Universel.
La Lumière Universelle, qui remplissait l'CEuf, r étant tirée de la substance Epouse vivifiée par le Père, est aussi bien vivante : elle se compose d’une infi nité d’infiniment petits êtres à constitution quater naire analogue au Grand Quaternaire. Chacun de ces petits êtres est constitué : i° d’une volonté, 10
146 l’initiation 2° d’une pensée, intelligence; 3° d'une force vie. verbe, sentiment ; 40 d’un corps, parcelle de substance 9 Epouse, sensation. Les petits êtres de la Lumière Universelle, segmen tée en trois divisions, formèrent les trois parties ou ou trois Natures temporelles du Grand Homme : i° Monde ou Corps spirituel; 2Ü Monde ou Corps astral ; 3° Monde ou Corps physique.
Dans chacune de ces trois Natures : spirituelle, as trale, physique, les petits êtres sont eux-mêmes sub divisés en trois fractions : de sorte qu'ils forment neuf subdivisions ou classes de petits êtres dans l'immense corps ou Nature Temporelle du Grand Homme.
Ces neuf classes ont été finalement placées sous l’autorité de F Es prit du Grand Homme, Adam Kad9 mon, que le Verbe Divin a émané de F Epouse Divine pour lui confier la royauté de la Nature Temporelle organisée en vue de servir de demeure, dans le Temps et l'Espace, aux Grands Esprits déchus relégués loin, du Centre Divin.
De sorte que le Grand Homme, macrocosme, est analogiquement constituée comme le petit homme, microcosme : i° d’un Esprit-Volonté, souverain gé néral ; 20 d’un Monde ou Corps spirituel; 3° d’un Monde ou Corps astral ; 40 d’un Monde ou Corps phy sique.
Autrement dit, le Grand Homme comprend : trois Natures matérielles ou physiques ; trois Natures vitales, astrales, intermédiaires; trois Natures célestes, spirituelles : soit neuf Natures temporelles couronnées par F Esprit Adamique, Nature Éternelle : Total Dix, analogue au Grand Tout.
UNE SYNTHÈSE GENERALE OCCULTE H7 Les trois classes de petits êtres de Lumière qui com posent le Corps céleste ou spirituel du Grand Homme, sont les agents de la Volonté d’Adam, de sa PenséeIntelligence, se transmettant dans tout son immense corps et formant ce fluide invisible aux sens matériels que l’on nomme Magnétisme Lniversel-Aour, cause de l’amour des astres ou de l’Attraction Universelle.
Les trois classes de petits êtres de lumière qui com posent le Corps vital ou astral du Grand Homme, forment le sang-vie de i' immense Corps : ce sont des courants de lumière baignant les astres et contenant les forces actives de la Nature Temporelle. Les trois classes de petits êtres de lumière qui com posent le Corps physique du Grand Homme forment les astres et le mobilier qu’ils contiennent, c’est-àgazeux. à l’état radiant.
De sorte que dans le Grand nomme, comme dans le petit homme,on trouve : une Volonté, une PenséeIntelligence, une Force-Vie, un système nerveux, un système sanguin et une matière. On y trouve meme analogiquement tous les autres organes que l’on rencontre chez le petit homme et servant à des fonctions analogues, ainsi que l’indique le grand illuminé Louis Michel, de Figanières.
Le Grand Homme Universel, issu de l’Œuf de Lu mière, s’est ainsi complètement et admirablement organisé pendant la longue période des six jours de la Création. Pendant le premier jour de la création la Lumière du grand Œuf fut divisée en trois parties : Lumière
l’initiation 148 spirituelle, Lumière astrale, Lumière physique ; puis les Grands Esprits déchus furent lancés du Monde f Devin, Epouse Eternelle, dans l'Œuf de Lumière.
Ils roulèrent dans cet immense Espace, à la façon des boules de neige, amassant autour d'eux d’abord des petits êtres de Lumière spirituelle, puis des petits êtres de Lumière astrale, mais surtout, en dernier lieu, une énorme quantité de petits êtres de Lumière phy sique fortement agglomérés autour de chaque centre occupé par un des Grands Esprits.
Chacun de ces Esprits amassa d’autant plus de pe tits êtres autour de lui qu'il fut chassé avec plus de colère par la Divinité, selon le degré de culpabilité, et qu’il roula plus longtemps.
Nous avons un exemple de cette chute impression nante dans ce que nous appelons une comète : un Esprit brillant lancé à travers l'immensité, dont la lueur diminue au fur et à mesure qu'il traverse des couches de Lumière de plus en plus denses et qui finit par devenir invisible à nos yeux, lorsque finale ment il a centré autour de lui une telle quantité de petits êtres, qu’il en est devenu un monde materiel compacté.
Chaque Grand Esprit déchu devint ainsi le centre d’un monde du monde physique ; chaque globe phy sique est ainsi un être vivant à constitution quater naire, toujours analogue au Grand Quaternaire. Au centre : i° l’Esprit déchu ; autour : 20 un corps formé de petits êtres de Lumière spirituelle ; 3° un corps formé de petits êtres de Lumière astrale ; 40 enfin, à l’intérieur et à l’extérieur, un immense corps formé
UNE SYNTHESE GENERALE OCCULTE 149 de petits cires de la Lumière physique, fortement agglomérés les uns contre les autres en ce que nous appelons matière à l’état solide.
C’est là le royaume qui a été octroyé à chaque Es prit déchu, royaume d’autant plus massif, plus énorme, plus dense, que l’orgueil et l’égoïsme de cet Esprit ont été plus grands; royaume dont il s’efforce de maintenir l’intégralité en retenant fortement vers son centre tous les êtres qui composent son mobilier permanent, ou les êtres qui y sont seulement de pas sage.
Du fait que les Esprits déchus subjuguèrent un grand nombre de petits êtres de Lumière physique, afin de s'en constituer des royaumes particuliers, il s’en suivit que les petits êtres non subjugués devin rent très clairsemés et qu’il exista des vides au sein du ¿Monde ou Plan physique autour de chacun des globes compactés : vides destinés à se combler au fur et à mesure que se poursuivra, dans le Temps et l’Espace, la dématérialisation de ces globes parce que ces vides attirent, en les sollicitant à la séparation, les petits êtres matérialisés.
Car Dieu, dans son Infinie ¿Miséricorde, n’a pas voulu que les Grands Esprits déchus fussent éternel lement exilés loin de Lui. Il a, à leur punition, assi gné un certain Temps dans l’Espace de la Création Temporelle.
C’est le Grand Adam qui a reçu de Dieu la mission d’aider à la dématérialisation des Grands Esprits pri sonniers, en se servant à cet effet des petits êtres de la Lumière spirituelle d’abord, puis de ceux de la Lul’initiation i5o mière astrale ensuite ; les premiers dirigeant les se conds dans leur travail immédiat au contact des globes du Monde physique.
Afin de pouvoir commencer cette dématérialisation il a fallu, pendant les 2e, 3e et 4e jours de la Création Temporelle, mettre un peu d’ordre dans ce chaos produit par la chute des Grands Esprits au sein de la Lumière physique. Les globes compactés furent groupés en un certain nombre et placés autour d'un astre formé de petits êtres de la Lumière astrale.
L'astre fut un soleil chargé par le Verbe Divin de présider à la dématérialisation, à l’évolution des globes compactés placés autour de lui et qui devinrent ses planètes, ses satellites, ses pupilles. Chaque soleil a arrêté ses planètes dans leur course roulante au sein du Monde physique pour les forcer à prendre, en les attirant, un mouvement régulier autour de lui.
Il en est résulté la marche et la vie générale de chaque système solaire, la succession des jours et des nuits, la force centripète et la force cen trifuge, etc Chacun de ces soleils de tourbillon planétaire fut lui-même placé sous la tutelle d’un plus Grand soleil fait de petits êtres de Lumière astrale encore plus purs, soleil qu’on nomme soleil d’Univers.
Chaque soleil d’Univers fut lui-même placé sous la tutelle d’un plus pur et plus grand astre qu’on nomme soleil central. Puis tous ces systèmes furent arrangés de manière à former tout l’immense corps du Grand Homme:
UNE SYNTHÈSE GENERALE OCCULTE l51 ces globes compactés en devinrent le squelette ; les autres globes liquides, gazeux, radiants, éthcrés, etc., -en devinrent les chairs, les graisses, les vaisseaux, les nerfs ; les petits êtres de la Lumière astrale en le sang et le fluide nerveux ; les petits êtres de la Lu mière spirituelle en furent les agents de la PenséeVolonté du Grand Esprit Adam chargé, par le Verbe Divin, de présider à la marche générale de tout le système, de manière à amener progressivement la dématérialisation générale et la réintégration des Esprits déchus.
Quand tout fut ainsi organisé, le travail de déma térialisation et d’évolution put commencer dans chaque tourbillon planétairesous l'influence du soleil de tourbillon, A ce moment chaque planète formait un globe très compact, en roc à sa surface extérieure, tandis qu'à l’intérieur, se tenait au centre, l’Esprit déchu enve loppé de couches concentriques : fluidiques, gazeuses incandescentes, liquides incandescentes, pâteuses, solides et finalement rocheuses à l’extérieur.
A ce moment, chacun de ces globes était un œuf que le soleil allait couver pour le faire éclore et seg menter en trois parties, terre, eau, air.
Sous les efforts des courants de lumière astrale, partis du soleil, les petits êtres de lumière physique, formant la coque rocheuse de l’œuf planétaire, com mencèrent à tressaillir, à secouer leur torpeur, à se heurter ; puis la Lumière astrale solaire pénétrant jusqu’au centre de l’œuf planétaire y ralluma la cha leur. La chaleur intérieure unie à la chaleur extéI 52 l’initiation rieure mit tout en action dans l’œuf.
Les métaux se formèrent à l’intérieur de la croûte, et leurs pilons devinrent le système nerveux de la planète. Ce système formé donna plus d’écoulement aux fluides, issus de la chaleur astrale. Ces fluides, unis aux petits êtres qui se détachaient de la croûte extérieure sous l’influence solaire, commencèrent à former une atmosphère autour du globe.
Cette atmosphère s’élevant pendant le jour, s'abaissait pen dant la nuit et se forma en rosée, puis en pluie : l’eau apparut à la surface du globe.
Ce jeu continuant, l'at mosphère s’augmenta, les mers se formèrent ; les pluies plus considérables désagrégèrent davantage le roc, qui fournit la terre meuble ; le système de fleuves et de rivières, de montagnes et de plaines, s’organisa et devint le système chylifore de la planète, etc. En somme, les petits êtres de Lumière physique^ qui étaient très compactés à la surface du globe, pas sèrent de l’état solide à l’état liquide, puis à l'état gazeux, c’est-à-dire qu’ils commencèrent à recouvrer, en partie, leur liberté subjuguée par le grand Esprit Central.
La vie naissait dans l’œuf planétaire, maintenant divise en trois sections, une partie solide, une partie liquide, une partie gazeuse. A ce point, le soleil pouvait entamer plus énergi quement la dématérialisation générale de la planète.
Il fit appel aux petits êtres de la Lumière, physique qui n’avaient pas été subjugués par les Esprits déchus et qui étaient restés libres dans le Plan physique les petits êtres devaient agir sous la direction d’esprits
UNE SYNTHÈSE GENERALE OCCULTE 153 solaires de la Lumière astrale, qu'on nomme âmes, centres de forces, corps astral.
Ces petits êtres, qui ne demandaient qu’à voler au secours de leurs malheureux frères agglomérés en matière compacte, furent organisés en formes fluidiques de végétaux par les esprits solaires, puis lancés dans les courants de Lumière astrale partis du soleil, arrivèrent parmi les petits êtres atmosphériques de la planète qu'ils entraînèrent jusqu'au fond des terres meubles.
Là, ces esprits des éléments, lancés par le soleil, unis aux petits êtres solides, liquides et gazeux de la planète, organisèrent le règne végétal « qui apparut enfin sur tout le globe» dirigés qu’ils étaient par les âmes végétales ou vitales.
Les esprits des éléments s'exercèrent à leurs fonc tions dématérialisantes en composant des végétaux de plus en plus parfaits, et ils devinrent les corps fluidiques des âmes vitales ou végétales, c’est-à-dire des groupements fluidiques de petits êtres ayantformé un corps physique de végétal sous la direction d’un de ces petits êtres de l’astral (âme végétale) plus déve loppé en volonté et en intelligence que ceux placés sous ses ordres.
Chaque végétal, avant de mourir, enfermait dans ses graines ou ses racines sa forme fluidique resserrée prête à reformer d’autres corps de végétaux semblables’ « lors de la fécondation prochaine dans le sein de la terre »sous l’action du soleil, et au moyen des petits êtres solides, liquides, gazeux de la planète.
Lorsque le règne végétal fut formé, la dématérialil’initiation 154 sation devint plus active ; les parties solides de la surface planétaire furent plus vivement attaquées : la terre s’augmenta; d'utiles végétaux se formèrent pour servir de nourriture au règne animal qui allait appa raître pendant la cinquième époque de la Création temporelle.
Les matières organiques des végétaux, entraînées par les pluies au fond des mers primitives, y ont formé des granulations alcalines et colloïdales qui finalement se sont réunies en globules ou cellules sous l'influence et la direction des petits esprits des éléments apportés par les courants de Lumière astrale venus du soleil. Le règne animal était apparu dans son état le plus simple, en morula ou gastrala.
Pius tard, les esprits solaires, organisant les formes fluidiques des divers types d'animaux au moyen des petits êtres de Lu mière astrale ayant déjà évolué dans les formes les plus perfectionnées du règne végétal, lancèrent ces formes au contact de la planète afin qu’elles groupent les cellules nées dans les eaux et en bâtissent les corps physiques des animaux qui nagent dans les eaux, puis qui volent dans l’air, qui rampent ensuite sur terre avant d’y marcher et de s’y mouvoir à leur aise.
Les types et les dimensions des végétaux et des animaux se modifièrent, s’affinèrent au fur et à me sure que l’atmosphère et la surface de l’être planétaire offrirent de meilleures conditions d’habitabilité. Des âmes vitales et animales avaient suffisamment évolué pour donner des formes d’animaux se rapprochant du type singe.
UNE SYNTHÈSE GENERALE OCCULTE 155 Pendant la sixième époque, de la Création Tempo relle, les Esprits solaires, organisant les formes fluidiques de l’homme et de la femme au moyen de groupes d’âmes ou êtres de Lumière astrale ayant parcouru les cycles d'évolution à travers les règnes végétal et animal, greffèrent ces formes sur celles des protover tébrés.
L'être complexe qui résulta de cette greffe progressa dès lors rapidement, et l'embranchement des verté brés finit par donner à la Terre un animal mammi fère, à forme tout à fait humaine, que l’on nomme I humanimal, le précurseur, l'homme et la femme du règne animal, couronne de le création temporelle; la forme intermédiaire entre le singe et cet hommeanimal a disparu !
Il est facile maintenant de saisir la composition de l'homme et de la femme animal : Cet être est composé de cinq Principes: i° Au sommet, comme directeur général, se trouve une âme astrale, groupement de petits êtres de Lumière astrale ayant développé leur volonté, leur intelligence, leurs idées à la suite de longs stages dans les diffé rents types végétaux et animaux apparus sur le globe ; 2° Une âme animante, groupement de petits êtres de Lumière astrale, pas aussi évolués que les précé dents, n’ayant développé dans leurs stages que l’in tuition, le sentiment, la sensibilité, l'imagination, la passion, la conscience subliminale: ils forment le corps du désir et dirigent la motricité de l'être ; 3° Une âme vitale, groupement de petits êtres de Lumière astrale chargée de diriger la construction et
156 l’initiation la vie des végétaux et possédant surtout l’instinct et la sensation. Ce sont ces petits êtres ]ui, réunis sous formes de corps fluidiques, deviennent le double astral exact du corps physique végétal ou animal qu’ils sont chargés de bâtir sur leur moule. Ils sont donc les architectes, les constructeurs, les conserva teurs des corps physiques.
L’ensemble de ces trois groupements d âmes, ou centres de force, forme ce que l’on nomme le corps astral, corps indépendant du corps physique, comme Lumière astrale est indépendante de la Lumière physique sur laquelle elle a mission d’agir; aussi ce corps astral peut-il se montrer en dehors du corps physique dans les phénomènes d’extériorisation et de dédoublement ; 4° Sous les ordres de ce corps astral, un corps éthé rique fait de petits êtres de la Lumière physique ayant passé par les différents états solide, liquide, gazeux et arrivés à l’état radiant.
Ce corps éthérique est le double et l’aura du corps physique ; ce sont ces petits êtres qui forment les courants nerveux et les diverses émanations fluidiques que l’on rencontre chez l’homme: ils peuvent donc aussi s’extérioriser en dehors du corps physique avec le corps astral pour produire le fantôme des vivants.
Le corps astral est la véritable personnalité de l’être végétal et animal; il en est l’historique, la mémoire dans ses pérégrinations à travers les corps physiques qu’il est chargé de conduire à la dématérialisation, à l’évolution, tant qu’il y aura de la Lumière physique compactée en matière solide, liquide, gazeuse.
UNE SYNTHÈSE GENERALE OCCULTE IO7 Aussi, pour continuer sa mission, se condense-t-il en molécules-germes vitales, quand l’être devient apte à la reproduction pour se retirer dans la graine, dans l’œuf, dans le sperme ; prêt à de nouvelles évo lutions à la suite de la fécondation ; l’œuf et la graine renferment surtout la forme fluidique, tandis que le fécondant renferme surtout les âmes vitales.
Le corps astral a aussi son aura, c’est-à-dire que, tout en étant contenu dans le corps physique, il rayonne à l’extérieur pour se tenir au contact de la Lumière astrale générale avec laquelle il reste en relations.
Si le corps astral persiste, il n’en est pas de même du corps éthérique qui se dissout en partie dans la Lumière physique à la mort de l’être, l’autre partie reste un temps avec le corps astral ; 5° Enfin, tout à fait en dessous, se trouve le corps physique composé des petits êtres de la Lumière phy sique, subjugués par l’Esprit déchu et qui sont pro gressivement appelés à retrouver leur liberté en pas sant de l’état matériel très compacté, le roc, la pierre, à l’état fluidique libre en traversant les diffé rentes formes végétales et animales pour arriver enfin à garnir la forme fluidique astrale de l’hommeanimal sur laquelle ils se plaquent comme sur un canevas.
De là ces petits êtres, qui y sont arrivés comme nourriture alimentaire solideetliquide, comme nourriture atmosphérique respiratoire gazeuse, évo luent à travers le double fluidique en devenant sang, en devenant cellules nerveuses diverses, etenfin, ayant suffisamment évolué, quittent l’homme comme le courant électrique quitte la pile qui lui a donné nais
158 l'initiation sance lorsque cet homme s’agite, travaille, pense, se reproduit. A la mort de l'être, quand le double a totalement disparu, les petits êtres physiques, n’ 'tant plus main tenus assemblés, se séparent en solides, liquides, gaz, pour continuer leur évolution interrompue momen tanément.
En résumé, pour nous mettre d’accord avec l’occultisme, nous dirons que l’homme-animal est composé de cinq Principes : i° Un corps physique, petits êtres des trois natures matérielles ; 2° un corps fluidique, radiant-vitalité; 3° uneâme vitale dirigant la vie ; 4° une âme dirigeant le mouvement ; 5& une âme astrale directrice générale de tout l’être animal.
Ces trois âmes forment le corps astral, c’est-à-dire .la Force qui agit sur la matière solide, liquide, gazeuse, radiante. L’âme astrale a son siège dans le cerveau ; là, comme un télégraphiste, elle reçoit des dépêches de sensations et transmet des ordres de mouvement au moyen de ses appareils du système nerveux.
L’âme animante a son siège dans la poitrine ; là, elle usine le sang et le transforme en force nerveuse à l’aide de la respira tion atmosphérique. L’âme vitale a son siège dans le ventre;là,elle usine la nourriture et la transforme en chyle et en sang sous le fonctionnement du système grand sympathique.
Pendant le sommeil de l’homme-animal, lame astrale et l’âme animante entourées de quelques petits êtres de l'astral sous leurs ordres quittent le corps physique pour aller se reposer dans le Plan astral,
UNE SYNTHÈSE GENERALE OCCULTE 15g d où elles proviennent. Seule l’âme vitale continue so n travail dans tout le corps physique, meme dans les appareils du cerveau dont elle ne sait pas bien se servir, ce qui amène les rêves incohérents, les clichés mal lus, les sons mal entendus, etc., jusqu’à ce qu'au réveil les âmes astrale et animante reviennent prendre leurs postes.
Ces deux dernières âmes peuvent être dirigées consciemment par les adeptes pendant leur sortie du corps physique et peuvent agir sur les petits êtres de Lumière astrale parmi lesquels elles se rendent pen dant que le corps physique reste en place. C’est ce que l'on nomme la sortie en corps astral.
Enfin le sixième jour de la création Temporelle, Dieu créa le Grand Esprit Adam, qui devait siéger dans le cerveau du Grand Homme Universel pour diriger toute la création que le Verbe lui confiait et devait présider à la dématérialisation générale, d’a bord des petits êtres de Lumière subjugués par les Grands Esprits déchus, puis de ces grands Esprits eux-mêmes.
Au Grand Esprit Adam, Dieu avait adjoint un grand nombre d’Esprits tirés de la Lumière Divine de r r l’Epouse Eternelle. Ces agents formaient l’Ame d'A dam et avaient pour mission d’agir directement dans toutes les parties du Corps du Grand Homme Uni versel pour y porter la Pensée dirigeante d’Adam. De sorte que finalement le Grand Adam, Homme Universel, se trouvait composé : i° d’un Esprit,. Adam ; 20 d’une Ame, la réunion des purs Esprits qui lui avaient été adjoints; 3° d’un corps de Lumière
16o L’iNITJATiON Universelle spirituelle : 4° d’un corps de Lumière as trale Universelle; 5° d'un corps physique, mondes physiques à l'état solide, liquide, gazeux, radiant. Adam et les purs Esprits, son âme, sont de la Nature Eternelle de l’Epouse ; tout! reste du Grand Homme est de Nature Temporelle. ?ranlac. (A suivre.)
ROUGE Résumé du magisme, des sciences occultes et de la philosophie hermétique D’après Hermès Ti’ismégiste, Pythagore, Cléopâtre, Artéphius, Marie L’Égyptienne, Albert le Grand, Paracelse, Cornélius Agrippa, Cardan J Mesmer Charles Fourrier, etc. PAR HORTENSIUS FLAMEL {Èliphas Lévi) {Suite) Dans le monde archétype tout est en tout : propor tion gardée, c’est la même chose dans celui-ci. Les éléments, dans les mondes inférieurs, sont des ! formes grossières, des amas immenses de matière. Au ciel, ils sont d’une nature plus énergique, plus subtile, plus active : vertus dans les intelligences ; ; idées dans l’archétype. Outre les qualités élémentaires que nous connais sons, les êtres en ont de particulières, d’inconnues, d’innées dont les effets nous étonnent : ce sont ces dernières que nous appelons occultes. Les vertus occultes émanent de Dieu, unies en lui, multiples dans Pâme du monde, infuses dans les es prits, unies ou séparées des corps, faibles ou fortes, selon la distance de l’être à l’archétype. il
IÔ2 l'initiation Les idées sont les causes de l’existence et de la spé cification ; c'est d’elles que naissent les quantités qui passent dans la matière en raison de son aptitude à les recevoir. Dieu est la source des vertus : il les confie aux anges, ses ministres; les anges les versent sur les cieux et les astres ; les astres les répandent sur les hommes, les plantes, les animaux, la terre, les élé ments.
Voici l’ordre d'émanation des vertus: les idées, les intelligences, les cieux, les éléments, les êtres. Les idées sont les causes premières de la forme et des vertus. Les vertus ne passent point des êtres su périeurs aux inférieurs sans l'intermède de l'âme du monde qui est une cinquième essence. Il n’y a pas une molécule dans l'univers à laquelle une particule de cette âme du monde ou de cet esprit universel ne soit présente.
Distribuée en tout et partout, elle ne l’est pas éga lement. Il y a des êtres qui en prennent, les uns plus,, les autres moins. Il y a antipathie et sympathie en tout, de là une infinité de rapports,d'unions et d’aversions secrètes. Les êtres en qui la vertu, la particule divine, est moins embarrassée de matière, ne cessent pas de pro duire des effets étonnants après leur destruction.
Les choses inférieures sont dominées par les supé rieures; les moeurs des hommes dépendent des astres. Le monde sublunaire est gouverné par les planètes,, et le monde planétaire par celui des fixes. Chaque astre a sa nature, sa propriété, sa condition,.
LE LIVRE ROUGE 163 ses rayons qui vont imprimer sur les êtres un carac tère, une signature distincte et particulière. Quelquefois les influences se confondent dans un meme être; elles y entrent selon des rapports déter mines par un grand nombre de causes, entre lesquelles la possession est une des principales.
Il y a une liaison contenue de lame du monde à la matière; c’est en conséquence de cette liaison, que lame du monde agit sur tout ce qui est. On peut remonter des choses d'ici-bas aux astres, des astres aux intelligences, des intelligences à l'ar chétype. C’est une corde qui, touchée à un bout, frémit à l’autre ; et la magie consiste à juger de la correspondance de ces mouvements qui s’exécutent à des distances si éloignées.
C’est une oreille fine qui saisit des résonnances fugitivss, imperceptibles aux hommes ordinaires. L’homme ordinaire n’entend que dans un point. Celui qui a la science occulte en tend sur la terre, au ciel et dans l’intervalle. L’imagination, violemment émue, peut changer le corps, lui donner de l’empire, de l’action et de la passion, l’approprier à certaines maladies, à certaines impressions.
La contention violente de l’âme humaine l’élève, l’unit aux intelligences, l’éclaire, l’inspire, porte dans ses actions et ses coups quelque chose de divin et de surnaturel. L’âme humaine a en elle la vertu de changer, d’ap procher et d’éloigner, de lier ; elle peut dominer et les choses et les esprits, par une énergie particulière de sa vertu ou de ses passions.
l'initiation 164 Les noms des choses ont aussi leur pouvoir. L'art magique a sa langue; cette langue a ses vertus: c’est une image des signatures. De là, l'effet des invoca tions, évocations, adjurations, conjurations et autres formules. Il paraît que le nombre est la raison première de l’enchaînement des choses. Les nombres ont leur vertu, leur efficacité bien ou malfaisante.
L’unité est le principe et la fin de tout ; elle n'a ni fin, ni principe. Le nombre binaire est mauvais. Le ternaire représente Dieu l’ame du monde, Des prit de l’homme. Le quaternaire est la base de tous les nombres. Le quinaire a une forme particulière dans les ex piations sacrées ; il est tout. Il arrête l'effet des ve nins. Il est redoutable aux mauvais génies. Le septénaire est très puissant, soit en bien, soit en mal. Dieu est la monade.
Avant qu’il ne s’étendît hors d’elle-même et ne produisît les êtres, il engendra en elle le nombre ternaire. Le nombre denaireest la mesure de tout. Les caractères des mots ne sont pas leurs vertus; on en peut tenir la connaissance des propriétés et des événements. L’harmonie analogue au concert des cieux en pro voque merveilleusement l’influence. L’homme a tout en lui, le nombre, la mesure, le po:ds, le mouvement, les éléments, l’harmonie.
LE LIVRE ROLGE I 65 11 y a une cause sublime, secrète et nécessaire du sort. Il peut conduire à la vérité. Le monde, les cieux, les astres ont des âmes ; ces âmes ne sont pas sans affinité avec la nôtre. Le monde vit. Il a ses organes, il a ses sens. L’âme du monde a ses opérations intellectuelles, elle tient de la nature divine. Les imprécations ont leurs efficacités. Elles s’atta chent sur les êtres et les modifient.
La liaison universelle des choses constate la réalité et la certitude de la magie. La magie est un art sacré qu’il ne faut pas divul guer. Elle suppose une suspension ducommerce de l’âme avec le corps ; une absence entière de toutes distrac tions, une union intime avec les intelligences.
Il faut avoir surtout la foi, l’espérance et la vo lonté : ce sont ces vertus qui lèventle voile qui couvre le miroir divin, et qui permettent à l’œil de l’homme de recevoir par réflexion la connaissance des états, des effets et des causes. L’intelligence de Dieu est incorruptible, immor telle, insensible, présente à tout, influant sur tout. L'aspect des planètes au moment de la naissance de l’homme indiquera la nature de son génie tutélaire.
Les caractères des esprits et leurs signatures ne sont pas intelligibles à tous les yeux, c’est une lecture réservée à quelques hommes privilégiés. L’esprit humain est corporel, mais sa substance est très subtile et d’une union facile avec la particu larité qui est en nous.
i66 l’initiation L'âme qui est de Dieu, ou qui émane du monde intelligible, est immortelle et éternelle. Peu d’individus ont compris son traité de philoso phie occulte. Car il y avait une clef, et cette clef il la gardait pour ses amis du premier ordre, ig épist. lib. v.
Hœc est ilia vera et mirabilium operum ocultissima philosophia ; davis cjus intellectus est: quanto enim altiora intelligimus, tanto sublimiores invenimus virtutes tantoque majora et facilius et ef~ ficacius operamur. — Agrippa fait mention de cette clef dans deux lettres qu’il écrivit à un religieux qui s'occupait de sciences occultes.
Il lui représente que tout ce que les livres apprennent touchant la vertu de la magie, de l’astrologie et de l’alchimie est faux et trompeur quand on l’entend à la lettre ; qu'il y faut chercher le sens mystique: sens qu'aucun des maî tres n’avait encore développé, et qu'il était presque im possible de découvrir sans le secours d’un bon inter prète à moins d’illuminisme; ce qui arrivera à très peu de gens.
O quanta sequentur scripta de inexpugnabili magicce artis potentiâ, de prodigiosis, astrologorum imaginibus, de monslrificâ alchimistarum metamorphosi, deque lapide illo benedicto, quo, Midœ instar, contracta aéra mox otnnia in aurum argentumve, permutentur : quæ omnia comperiuntur vana,ficta etfalsa quoties ad litteram praticantur. — Il ne faut pas chercher hors de nous-mêmes, ajoute-t-il, le prin cipe de ces grandes opérations.
C’est un esprit inté rieur... mais je ne vous écrirai point sur cela, car ce ne sont pas des choses qu’il faille confier au papier,
LE LIVRE ROUGE 167 l'esprit les communique à l'esprit en peu de mots sacrés. L’entendement, ajoute-t-il ensuite, est la clef de cette philosophie, mais pour être uni avec Dieu il doit être détaché de la matière et mort au monde, à la chair, à tous les sens et à tout l’homme animal.
Mori enim oportet, mori, inquam, mundoet carni et sensibus omnibus et ioti homini animali, qui relit ad hæc secrelorum penetralia ingredi : non, quod corpus separetur ab anima : sed quod anima relinquat corpus. De quà morte Paulus scripsit Colossensibus. (A suivre.]
Synctrchie Extrait de la Mission des Souverains, par Saint-Yves d’Alveydre. {Suite.) Et comme, dans un corps constitué, il s’établit forcément une moyenne de raison commune, qui est l’esprit de corps, la synarchie des doctrines et des enseignements s’établira, peu à peu, sans acrimonie, r le terrain n’étant point politique, l'Eglise étant ouverte au monde laïque, et parce que la grandeur pratique de l’œuvre, aura relevé toutes les intelli gences et élevé ensemble les cœurs, au niveau de leur tâche sociale.
D’ailleurs, les règlements même de cette chambre devront prévenir toutes discussions inutiles. Le primat, comme le ministre de l’instruction pu blique, comme le ministre de la Guerre donnera facilement la mesure et le ton des délibérations que les intérêts même de la première chambre et la cons titution synarchique des pouvoirs publics de la nation, restreindront à la pratique seule.
La seconde chambre nationale, chargée des intérêts juridiques, la troisième, représentant les intérêts écoSYNARCHIE EUROPÉENNE 169 nomiques s’expliquent d'elles-mêmes, si on veut bien se reporter à ce que j’ai ditplus haut des trois Conseils Européens.
Ces trois chambres intérieures siégeant dans la capitale neutre, libre et sacrée de la Nation, seront » inviolables comme la nation elle-même,comme l’Etat et le chef de l’Etat, et placées comme eux sous la sau vegarde de la synarchie européenne.
Dès lors, de même qu’aura cessé au-dessus des États européens, le règne de cette politique anarchiste de cette opposition mutuelle par les armes, de même aussi la politique intérieure, l’anarchie résultant delà guerre civile des esprits, cessera dans chaque État, et sera réduite à l'équilibre réel des intérêts de tout ordre.
Dans les bases nationales, comme sur les sommets associés des États d’europe, la seule politique possible sera celle qu’Aristote nomme la science magistrale, et que je permettrai d’appeler d’une manière plus précise, la science de l’État social.
Cette science est doublée d’un art créateur et orga nique, dont je ne veux indiquer dans ce livre que le premier moyen : la synarchie; et ce moyen aboutit inévitablement à cette fin : la Synergie sociale.
Cette science, cet art, ce moyen, cette fin, peuvent f seuls prévenir la ruine commune de nos Eglises, de nos états, de nos dynasties, comme de nos nations, et conjurer l’écroulement de notre civilisation chrétienne d’Europe, dans le déluge de la barbarie révolution naire, dans les guerres civiles et étrangères et dans l’asservissement de notre continent, après la perte de nos colonies.
l’initiation ■170 Le gouvernement que je propose est une création, mais elle ne détruit rien de ce qui existe, permet de tout conserver et, en innovant quelques organes indispensables, de tout transformer, sans secousse, d’assurer un progrès incessant en réassociant tout dans la circulation universelle de la vie civilisée. Ce gouvernement s’appelle la Théocratie. J’ai osé le dire, ceux qui m’ont compris n’en seront pas effrayés.
J’ai attendu l’heure exacte avant de le proposer, et pour la première fois, depuis Jésus-Christ les faits historiques permettaient de le comprendre et de le réaliser, sur des bases réelles en consacrant tous vos souvenirs, toutes vos réalités présentes, et en dépas sant toutes vos espérances. Si le mot théocratie, vous effraye encore, c'est que vous ne comprenez pas bien sa signification.
Relisez mes définitions de forme de gouvernement, tout ce que j’ai osé dire de l’histoire de l’Eglise, ainsi que de la papauté et vous verrez que la politique seule est responsable de ce que vous imputez, à tort, à la Religion.
Demandez-vous ensuite, si la Monarchie radicale, ou la république pure, ayant pour garanties inévi tables, l’une le meurtre, l’autre l’esclavage sont possi bles dans la chrétienté, si le combat de la conservation et de la destruction politiques, si la guerre européenne ■et la révolution internationale peuvent être arrêtées autrement que par l’effort, l'œuvre et les moyens que je vous propose.
Relisez alors mes conclusions et consultez longueSYNABCHIE EUROPEENNE I7I ment votre conscience intellectuelle et morale, avant de les repousser ; car c’est l'Esprit social du christia nisme que j’ai interrogé à travers l’histoire, avant de vous parler ainsi. Adieu au lecteur.
Nous avons parcouru ensemble l’histoire d'Europe depuis Jésus-Christ, et dans aucune de ces périodes organiques, nous n’avons vu la religion Chrétienne s’exercer en dehors de l'évangélisation des individus. Sur les Etats, l’impérialat clérical des papes y com pris l'action thcocratique du Christianisme a été nulle et subordonnée au caractère exclusivement politique de tous les gouvernements Européens.
C'est pourquoi ces derniers ont été livrés aux anta gonismes interminables de leurs principes rivaux: l’énergie du monarque, la volonté populaire, qui, tour à tour, ont essayé de dominer exclusivement, en se saisissant des formes des cultes chrétiens. Ces formes, monarchiquesdansl'orthodoxiegrecque comme dans le catholicisme latin, républicaine dans le protestantisme luthérien et calviniste, ne sont point religieuses, mais politiques.
Admises pour le salut des individus, leurs divi sions même et leurs oppositions ont fait qu’il est assez difficile de faire comprendre que la religion chrétienne puisse et doive exercer une action réelle sur les gou vernements et les subordonner, tandis que c’est le contraire qui a lieu depuis près de dïx-sept cents ans.
9 C’est pourtant dans le salut des Etats que la pensée de Jésus-Christ ferait éclater toute sa puissance intell'initiation 172 lectuelle et morale, toute sa force médiatrice et so ciale, si l’ignorance et les passions permettaient aux hommes politiques une science et une sagesse assez grande pour le comprendre et le vouloir. Les monachistes ne considèrent la Religion qu’ils confondent avec le culte que comme un moyen de gouvernement.
Les républicains imbus de préjugés et d’erreurs aussi considérables, quoique en sens contraire, cher chent à isoler le culte et à le soumettre entièrement à la volonté des individus, les libéraux louvoient entre ces deux manières de voir.
Cependant, quoique réduite à une action virtuelle sur l’opinion et la morale publiques des chrétiens, la Religion de Jésus-Christ déjoue tous ces projets chir mériques et entraîne l’Etat social tout entier vers une universalité de rapports, dont les conclusions précé dentes ne sont que la somme et le total.
Ces conclusions aboutissant, en Europe, à la Synarchie religieuse, juridique et démocratique de toutes les unités nationales et, dans chaque nation, à la Synarchie nationale, de l’Église, de l’Êtat et de la Nation même, sauteront aux yeux des hommes suffi samment instruits, comme pratiques et réalisables.
Mais, comme il faut compter avec l’ignorance du plusgrand nômbre, il est nécessaire d’indiquer com ment elle peut, et doit être progressivement éclairée. D’ici à un an ou deux, tous les esprits reliés à la Synarchie devront et se concerter en vue d’adopter un programme et des moyens d’action et de propagande.
De même que dans les grandes périodes de l’UniSYNARCHIE EUROPÉENNE ^3 versclle Eglise, des ordres nouveaux sont venus, à leur heure, répondre à de nouveaux besoins sociaux, de même aussi, entre les conservateurs et les révolu tionnaires européens l'ordre des Synarchistes devra planter son drapeau d'arbitrage et de paix sociale.
Ses organes de propagande seront, dans chaque pays, un journal et une revue ayant pour titre la Synarchie nationale d’Angleterre, pour les Anglais d’Allemagne pour les Allemands, etc., etc.
Et tous ses organes réunis formeront un journal synthétique, une revue Universelle ayant pour titre la Synarchie européenne. Ainsi justifiée par tous les événements qui s’accom pliront par toutes les guerres, par toutes les révolu tions qui ne manqueront pas d'éclater, notre lumière éclairera, et dissipera peu à peu, les ténèbres intellec tuelles, et une fois les principes semés, le temps fera son oeuvre comme dans toutes les créations.
En relisant mon travail d’un bout à l'autre, autant je sens, plus que jamais, la justesse des principes qui me l’ont fait entreprendre, autant aussi, je voudrais, pouvoir le refondre et lui donner une forme moins imparfaite.
Je prie le lecteur de suppléer à toutes les défectuo sités de mon œuvre, et surtout de croire que, si dans sa sincérité toute scientifique, elle n’a pas hésité à si gnaler le mal social, partout où elle l’a rencontré, elle l’a fait sans aucune autre passion que celle du Règne de Dieu dans l’Humanité. Saint-Yves d’Alveydre.
LES DEUX HÉ Les deux Hélène, poème dramatique en un acte de M. Jules Bois a été représenté au Théâtre Antique à Orange le 7 août, sous la chorégie de MM. Antony Béal et Ange Chambon. L’antique légende, qui a inspiré M. Jules Bois pour sa nouvelle tragédie les Deux Hélène, a été accréditée par Hérodote qui dit l'avoir reçue des prêtres Egyptiens.
Au dix-septième siècle avant notre ère, le poète Stésichore y fait allusion et Platon n’eut ensuite qu’à l’enregistrer. La véritable Hélène n’aurait jamais été à Troie. Pendant la guerre, qu’a chantée Homère dans l’Iliade, l’épouse de Ménélas lui serait restée fidèle et aurait vécu dans l’ile de Pharos, sous la protection du Pharaon Sétès, que les Grecs appelèrent Proteus.
Dans un drame romanesque intitulé Hélène, Euripide a mis en scène cette étrange histoire. Il a supposé que Grecs etTroyens avaient été abusés par un fantôme qu’avait créé Junon à la ressemblance de la reine de Sparte. De retour de Troie, Ménélas, avant de rentrer de Grèce, aborde en Egypte; là il retrouve la véritable Hélène et la ramène dans leurs foyers, tandis que le fantôme de la fausse Hé lène s’évanouit dans l’éther.
M. Jules Bois a donné à ce fantôme une réalité con crète. Sachant bien que les spectateurs d’aujourd’hui ne peuvent plus accorder foi à des rêveries mythologiques, il a imaginé que, pour tromper Pâris, qu’elle n’aime pas, Hélène, dans la nuit, a substitué à elle-même une prêtresse
LES DEUX HÉLÈNE 1/5 d’Aphrodite, lui ressemblant de corps, mais coquette, voluptueuse et perfide. Lorsque, comme dans la pièce d’Eu ripide, le roi de Sparte débarque à l’île de Pharos, il est accompagné encore de la fausse Hélène, qui a su lui faire croire à son authencité et en plus se faire aimerde lui. Les deux femmes sont en face l’une de l’autre.
Comme l’écrit dans une lettre érudite et spirituelle M. Paul Girard, de l’institut, qui récemment rectifia la légende de Phryné devant l'aéropage, c’est « la trouvaille » principale de M. Jules Bois que d’avoir opposé en une forte scène les deux Hélène. Chacune représente un type de femme aussi général et aussi réel l’un que l’autre et en quelque sorte antagoniste. Dumas fils les a appelées : « la femme de foyer et la femme de rue ».
M. Jules Bois reste ainsi dans la vérité grecque et dans la vérité humaine; car le roi de Sparte, comme la plupart des hommes, s’attache surtout à celle qui l’a fait soutfrir. Au delà de cette observation, à la fois juste et cruelle,, l’auteur des Deux Hélène s’est attaché à exprimer ure, idée plus haute et dont la noblesse a aussi son exactitude et sa vérité.
La beauté, qu’elle soit pure ou impure, crée des désas tres autour d’elle ; car elle est surhumaine. Au même titre que le génie, elle dépasse l’univers. L’humanité ne la com prend pas, tout en s’irritant, s’enthousiasmant et se com battant à propos d’elle. La fausse Hélène a fait verser à flots les larmes et le sang. La vraie Hélène est malheureuse et elle rend malheureux.
M. Jules Bois a créé la sympa thique et douloureuse figure du jeune Pharaon Théonoos, épris de la vraie Hélène et digne d’être aimé d’elle. Mais celle-ci ne l’aime pas. Ce Roméo égyptien, plus infortuné encore que celui de Vérone, se tue, ne pouvant supporter le dédain de celle qu’il adore. Que fera la vraie Hélène ?
Elle est abandonnée de tous; mais la déesse Isis, qui console tous les blessés de l’âme, couvrira d’un voile sacré les yeux trop beauxde cette reine et lui donnera pour abri ses sanctuaires mystérieux. Dé nouement austère et mélancolique et qui se résume dans le dernier vers de cette tragédie : Laisse^ passer Hélène, elle appartient aux Dieux !
l’initiation 176 Voici les dernières scènes des Deux Hélène, l’œuvre nouvelle de M. Jules Bois, qui a été représentée au théâtre antique d’Orange le 7 août. Elle renferme la moralité de l’œuvre qui peut se résumer en ces mots : la beauté est surhumaine, elle est divine. Sur terre elle doit porter un voile.
SCÈNE XII (A peine Ménélaos a-t-il disparu avec Hélène de Troie et les soldats grecs que le jeune pharaon sort du palais. — Il triomphe, la joie illumine son visage, il croit que Ménélaos chassé, c'est son amour accepté enfin. — Fa rouche, sans couronne, son voile rabattu sur le visage, Hélène demeure immobile comme une statue du Dé sespoir.} théonoos, à Hélène. Ne vous l’avais-je pas prédit en des mots fous ?
Ménélaos était trop indigne de vous. Vous l’aimiez. C’est fini. Vous ne pouvez, ô Belle, Encor vous souvenir de ce lâche infidèle. Vous me l’aviez promis, sur moi jetez vos yeux. (Il s'avance vers Hélène suppliant et tout exalté de son espoir.} Hélène, lui répondant durement, face à face. Enfant, tu tombes mal en ce jour odieux ; Crois-tu donc que l’amour ou commence ou s’apaise Tout à coup?
L’amour est une horrible fournaise, Où l’on se tord, dans un supplice, que n’éteint Ni le mépris, ni le refus, ni le destin ; J’ai chassé Ménélas; mais son fantôme auguste, Celui que j’adorais autrefois, le robuste, Le fervent, le jaloux, le fort, le courroucé, Celui-là de ma chair ne peut être chassé. On ne l’arrachera, pas même dans la tombe, A mon cœur obstiné, même après qu’il succombe. Et, quant à toi, jeune homme aimable et puéril, Toi qui pour de tels jeux n’est pas assez viril,
LES DEUX HÉLÈNE I?? Toi que la vie enivre en un trouble vertige, Toi qu’avec désespoir je repousse et j’afflige, Sache que je ne puis t’aimer, je ne le puis.
Tu ne me verras plus jamais, car je m’enfuis ’ [Elle s'élance et va quitter la scène ; devant elle se dresse, le glaive haut, le jeune pharaon. — Hélène va passer quand même, mais l'arme s'abaisse. — Ce n'est pas elle qui i i touchée, c'est le jeune pharaon qui s'est frappé lui-même. — Théonoos tombe sans un cri, sanglant, inanimé.) Hélène, regardant avec terreur ce spectacle de meurtre, tombe à genoux devant la dépouille de Théonoos.
Il est mort! Qu'ai-je fait ? Les dieux me soient propices I Je ne lui souhaitais pourtant que les délices Que sa jeunesse méritait dans sa candeur. Je ne lui savais pas cette fatale ardeur. Je le traitais comme un enfant. O malheureuse 1 {Elle se dresse. — Rumeurs parmi les soldats indignés du suicide de leur roi à cause d'Hélène.) un officier, à Hélène.
Tu mérites la mort, ô femme monstrueuse, Car c’est toi qui tuas, par ton refus mortel, Le pharaon. HÉLÈNE C’est vrai. L’instant est solennel. C’est moi qui méritais la mort; je la demande I Et qu’à Théonoos monte, comme une offrande, Mon âme, qui ne fut, pure et tendre pourtant, Que motif de désastre et de deuil éclatant. La beauté de la fausse Hélène fut funeste. Son crime extermina des peuples.
Moi je reste Fidèle à la vertu que rien ne peut fléchir, Pourtant je fais aussi souffrir, je fais mourir 1 La beauté dans le monde est comme un anathème. Tuez-moi donc, soldats, tuez-moi. 12
iyS l’initiation SCÈNE XIII Les Mêmes et en plus THÉONOÉ {Entre- Théonoé, la voyante, suivie par les prêtres d'Isis.) THÉONOÉ Quel blasphème! Moi la sœur de l’exquis Théonoos fauché Dans sa fleur par la mort et sans avoir péché, ’ordonne à. ces soldats de retenir leurs lances. Hélène, ta beauté n?est pas ce que tu penses.
Elle est un don des dieux, redoutable ici-bas, Parce que les humains ne la comprennent pas, Tu n’es pas faite pour ce monde misérable. Viens avec nous, Isis t’appelle, secourable. {Hélène s'incline devant Théonoé, les prêtres l'entourent, l'enveloppent d'un immense voile noir, argenté d'étoiles.
Théonoé continue àlui parler.) Prends ce voile qui cache et pour jamais tes yeux. (Hélène est couverte du voile, elle marche en tête du cor tège et rencontre les rangs serrés des soldats égyp tiens.) théonoé, aux soldats qui se séparent pour laisser passer Hélène. Laissez passer Hélène, elle appartient aux dieux! Jules Bois.
ÉGLISE GNOSTIQUE UNIVERSELLE Entre les pouvoirs soussignés: i° Le suprême Conseil de l'ordre martiniste, siégeant à Paris ; 2° Le suprême Conseil du Haut Synode de l'Eglise Gnos tique Universelle, siégeant à Lyon.
Représentés parleurs délégués munis des pouvoirs néces saires, il a été convenu ce qui suit : i° Un traité d'alliance est signé entre les deux Puis sances; 2° L’ordre martiniste ne reconnaît comme Patriarche régulier de l’Êglise Gnostiqueque Jean II, quia été consa cré régulièrement, muni de tous les pouvoirs de consécra tion et reconnu comme seul Patriarche; 3° Les évêques Gnostiques consacrés par Jean II seront admis à titre de membres honoraires du suprême Conseil martiniste.
Les membres titulaires du suprême Conseil martiniste seront admis à titre de membres honoraires du suprême Conseil du Haut Synode de l’Êglise Gnostique Universelle; 4° Un centre de l’Eglise Gnostique Universelle sera orga nisé à Paris, sous l’obédience du Patriarche Jean II, de Lyon. La revue {'Initiation devient l’organe officiel de ¡’Église Gnostique Universelle. Le présent traité a été ratifié par les deux Puissances ci-dessus énoncées.
A la suite de cette alliance fraternelle tous les délégués martinistes qui voudraient faire partie de l’Êglise Gnostique Universelle sont priés de s’adresser au suprême Conseil martiniste, Papus. Jean II Bricaud.
18o l’initiation ORDRE MART1NISTE i Délégation générale de Normandie. Nous avons le plaisir d’enregistrer la création d'une loge martiniste dans la région rouennaise. Cette loge porte le titre distinctif de Vesta, n° 315. Son président est le F:’: Édouard Febvre, ex-maître associé de la R:’: L:’: Melchisédech, n° 208, à l'Or:j de Paris.
Nous publierons prochainement le compte rendu de l’inauguration de la R:’: Lf : Vesta, inauguration faite, le 23 avril dernier, sous la présidence du T-* *• 111:’: F\: Victor Blanchard, Inspecteur Général pour la Normandie et Membre du Suprême Conseil. Le Délégué général, Signé : Albert Legrand. II Inspection générale de Normandie.
Du procès-verbaldeladernière tenue de la R:*: L:*: Vesta, n° 315 — tenue au cours de laquelle leVénf : Phil:*: Inc:*: Edouard Febvre a fait une causerie fort intéressante sur YVnité mathématique — il résulte que le cadre des offi ciers de ladite loge est ainsi fixé : Président d'honneur: Docteur Simon Ginsburg, Adepte libre, 33e Ec.\ ; Sublime-Commandeur ; Directeur honoraire : Albert Legrand, Adepte Libre, 33e Ec.*.; Sublime-Commandeur et Délégué Général Mar tiniste ; Directeur : Edouard Febvre, Adepte Libre, 32e Ec.\; Su blime-Commandeur ; Maître Initié: Albert Pichard, Adepte Libre, 33e Ec.*.; Royal—Initié ; Maître Associé: Henri Gressent, Supérieur Inconnu, 19e Ec.-.;
ORDRE MARTINISTE i Si Grand-Expert: Fernand Laloy, Initié Martiniste, Maît.’. Sec.’. ; Maître des Cérémonies : Fernand Avenel, Initié Marti niste, Maît.*. Sec.*. ; 1er Introducteur : Charles Audray, Initié Martiniste, Maît,-. Sec.-. ; 2* Introducteur: René Avenel, Initié Martiniste, Maît.-. Sec.’.. L'Inspecteur Général, N\ctok Blanchard, Membre du Suprême Conseil. III R:’: L:‘: Melchisédech, n° 208.
Les travaux de l’année 1910-1911 ont été des plus bril lants. Et nous sommes tout particulièrement heureux de remercier, ici même, le T:’: 111:’: F:’: Teder des conférences si documentées qu’il a bien voulu nous faire sur le Magnétisme, l’Occultisme et la Kabbale chrétienne.
Nous ne voudrions pas non plus oublier les T:’: III:’: F:’: Victor Blanchard, Carette-Bouvet et Librabis, qui nous ont vivement intéressés par leurs causeries et con férences sur l'hermétisme, le Symbolisme maçonnique et les rapports de la Science officielle avec le Magnétisme et l’Occultisme. D’autres collaborateurs et collaboratrices ont beaucoup aidé de diverses façons le Suprême Conseil dans la diffu sion des idées martinistes.
Nous citerons notamment : les T:’: 111:’: S:’: Vercély et Détré, les S:’: Anna de Woinowich, Dizerens, Ginsburg, Cécile Béligard, et H. Berger ; les F:’: Arthur Régnier, Liehrmann, B. Bonnet, A. Magnet et Leroy. Aussi n’est-il pas étonnant que de nombreuses initiations et affiliations aient été le résultat d’une telle propagande.
Mais certaines vacances d’officiers s’étant produites et le nombre des membres ayant plus que doublé, le cadre actif et le cadre honoraire des officiers ont été profondé ment modifiés et se trouvent ainsi fixés pour le moment :
I 82 l’initiation CADRE ACTIF. Président d'honneur : Teder, 33e Ecos.’. :90e Mizraïm ; g5e Memphis ; Rose-Croix Martiniste, Sublime-Comman deur, Inspecteur Principal et Membre du Suprême Conseil • Directeur : Victor Blanchard, Adepte Libre, 33e Ec.'. ; Rose-Croix Martiniste, Sublime-Commandeur, Inspecteur Général et Membre du Suprême Conseil ; Maître Inconnu et Orateur: B. Bonnet, 33” du Rite Ecos.'.
Français ; Adepte Libre et Sublime-Commandeur ; Maître Initié et Secrétaire Archiviste : Librabis, Adepte Libre 33e Ec.'., Rose-Croix Martiniste, Sublime-Com mandeur et Délégué Martiniste ; Maître Initié adjoint et Trésorier : Cornélius, Adepte Libre, 33e Ec.'., Sublime-Commandeur; Maître Associé et Architecte Vérificateur : Docteur Ginsburg, Adepte Libre, 33cEc.-.,Sublime-Commandeur ; Maître Associé adjoint : baron Coronelli, Adepte Libre, 33e Ec.\, Royal-Initié ; Grand Expert : H.
Brouilloux, Adepte Libre, 33e Ec/., Sublime-Commandeur; ier Expert, Chef des Gardes : Auguste Magnet, Adepte Libre, 33e Ec.-., Sublime-Commandeur ; 2e Expert : Liehrmann, Adepte Libre, 33e Ec.*., ParfaitAdepte; ier Garde: Leroy, Adepte Libre, 33e Ec.*. ; 2e Garde: Forhan, Adepte Libre, 33e Ec. 3e Garde: René Laumaille, Supérieur Inconnu, 19e Ec.'. ; Maître des Cérémonies : Arthur Régnier, Adepte Libre?
33e Ec.'., Royal-Initié; Maître des Cérémonies adjoint : Dizerens, Adepte Libre, 33e Ec.'. ; Maîtresse des Cérémonies : Dizerens, Adepte Libre, 33e Ec.'. ; Maîtresse des Cérémonies adjointe : Anna de Woinowich, Supérieure Inconnue, 19e Ec.*. ; Hospitalière: Détré, Libre, 33e Ec.’., Parfaite-Adpete ;. Hospitalières adjointes: Forhan et Cécile Béligard, Supérieures Inconnues, 190 Ec.’.; Introductrices: Ginsburg et H. Berger, Supérieures In connues, 19e.'..
RAPPORT ANNUEL AU SYNDICAT DE L’OCCULTISME l83 CADRE HONORAIRE.
Maître Initie honoraire : Albert Legrand, Adepte Libre, 33e Ec.’., Sublime-Commandeur et Délégué Général Martiniste ; Maître Associé honoraire : Edouard FebvFe, Adepte Libre, 33e Ec.-., Sublime-Commandeur et Directeur de la R:*: L:‘: Vesta ; Maître des Cérémonies honoraire: Albert Pichard, Adepte Libre, 33e Ec.-., Royal-1 nitié, Maître Initié de la Ri’: L:‘: Vesta; icr Expert, Chef des Gardes honoraire: A.
Noyer, Adepte Libre, 33e Ec.-.; Parfait-Adepte et Délégué martinistc ; 2e Expert honoraire: E. Combe, Adepte Libre, 33e Ec.-., Royal-lnitié et Délégué maïtiniste ; Maîtresse des Cérémonies honoraire : Vercély, Adepte Libre, 33e Ec.-., Sublime-Commandeur, Directrice de la R:*: L:': Confiance. • • Orateur honoraire ; Carette-Bouvet, Adepte Libre, 33e Ec.-., Sublime-Commandeur, Délégué martiniste.
Les Inspecteurs Secrets de la R:f L:\: Melchisédech Anaël et Yesir, Adeptes Libres, 33e Ec.-. et Sublimes-Commandeurs. RAPPORT AOUEL AU SYNDICAT DE L’OCCULTISME (43, rue de Trévise, Paris). Par H. Cabasse, Secrétaire général. Mesdames, Messieurs-et Chers Collègues, En 1910, j’eus l’idée que la constitution d’un Syndical de l'occultisme s’imposait, et j’en fis part, publiquement, au cours d’un banquet, le 3 mars de la même année. Je consultai : les chefs, les maîtres des ¡principaux
l’jnitiation 184 groupes des différentes Ecoles, de la plupart desquels ¡’étais inconnu ; et après de très nombreuses démarches de ma part, et quelques réunions préparatoires, le 24 juin, vous nommiez un Comité régulier.
Après que les Statuts, longuement élaborés, discutés, corrigés, furent établis, je faisais, en votre nom, A îa Préfec ture de police, la déclaration de constitution du Syndicat de roccultisme, le 10 novembre, et le 20 décembre, il pa raissait à l'Officiel.
Le rapport financier qui vient de vous être lu vous ayant fourni des chiffres éloquents et précis, au point de vue pécuniaire, je serai bref et ne passerai en revue que les faits principaux qui touchent à la vie intime de notre Syndicat.
11 fallait d’abord pourvoir aux premiers frais : la Société spirite expérimentale de France, qui a à sa tête, comme Président d’Honneur, le commandant Darget, chevalier de la Légion d’Honneur, fit, dans la mesure de scs moyens, ce qu’elle put ; mais, jeune elle-même, ses ressources étaient restreintes. La plus grosse dépense, d’une importance capitale (celle de l’impression des Statuts), était difficile à exécuter.
L'un des membres de votre Comité, M. Mann, voulut bien nous faire éditer, à ses frais, deux mille exemplaires de ces Statuts. Avec ces premiers outils, nous pouvions jeter la bonne semence. La propagande restait à faire : la presse nous v aida de la meilleure grâce.
Non seulement l'Échodu IX* arrondissement (dirigé par l’un de nos sympathiques vice-présidents, M. Fabius de Champvilie) ; la Revue de l'Avenir (ayant à sa tête l'un des membres de votre Comité : M. Prunier) ; la Vie Nou velle (de notre ami : M. Stowe) nous ouvrirent leurs co lonnes, mais, encore, nous remirent, en grand nombre, gracieusement, des numéros de leurs estimables feuilles.
Presque toute la presse occultiste et un très grand nombre d’organes divers, aussi bien de Paris, que de la province, et même que de l’Etranger furent nos porte-paroles ; et ce, à tel point, qu’aujourd’hui on sait, à peu près partout, qu’il existe un Syndicat de l'occultisme. Je n’en veux pour preuve que le très grand nombre de lettres et de visites que j’ai le plaisir (sinon le loisir) de recevoir chaque jour...
RAPPORT ANNUEL AU SYNDICAT DE L’OCCULTISME l85 Si nos adhésions n’ont pas atteint un chiffre plus élevé, c’est surtout parce que beaucoup d'occultistes se sont de mandé si nous tiendrions (passez-moi l’expression), étant donné que des essais similaires avaient déjà été tentés. Mais aucun n’avait atteint une vitalité aussi grande que la nôtre et n’était arrivé à un âge aussi avancé.
Une dépend que de vous, maintenant, mes chers Col lègues, que nous prospérions considérablement: pour cela, faites individuellement des adhérents. Tous, plus ou moins (plutôt plus que moins) vous avez de grandes relations parmi les Occultistes ; c’est à vous de leur faire violence, si besoin est, pour les enrégimenter sous notre drapeau.
Vous connaissez mieux que moi les raisonnements à tenir : A ceux qui sont susceptibles d’avoir besoin de notre appui, le leur faire ressortir’, et leur faire comprendre qu’une épée de Damoclès est constamment suspendue sur leur tète, et que la plus élémentaire délicatesse leur interdit d’attendre d'être poursuivis pour venir à nous...
A ceux (et ils sont nombreux) qui, tout en partageant nos idées, n'exercent pas, et n’ont donc rien à craindre, faire appel à leurs sentiments de généreuse confraternité. Car, il ne faut pas nous le dissimuler : le péril est grand et nous n’en viendrons à bout que si nous sommes la force, c'est-à-dire le nombre.
Nous avons obtenu, votre premier vice-président et votre serviteur, le concours, en qualité de défenseurs, de deux des plus illustres avocats de l’époque, tous deux députés, ce qui leur donne encore plus de poids.
Je termine, mes chers Collègues, en vous affirmant du plus profond de mon cœur que j'ai la conviction absolue que si vous voulez bien y apporter seulement un peu de bonne volonté, avant quelques mois le Syndicat de l'oc cultisme sera une force avec laquelle on comptera.
Pour cela, il est indispensable, non seulement que nous marchions tous la main dans la main, mais encore que vous nous aidiez de votre appui, de vos conseils, de vos observations même, lesquels seront toujours pris en con sidération et bien accueillis du moment qu’ils seront for mulés dans l’intérêt unique de notre groupement.
i86 l’initia i ion C’est ce que votre Secrétaire général souhaite de tout son cœur et, .en dehors du petit effort individuel qu’il vous de mande à chacun, il vous assure de son dévouement absolu à l’œuvre qu’il a entreprise et qu’il eût été incapable de mener à bien sans vos précieux et éclairés concours.
Ce rapport lu à l'assemblée générale tenue le 7 juillet dernier, dans les bureaux de l'Echo du IX" arrondisse ment a été couvert d’applaudissements. BIBLIOGRA PHIE Volonté et force psychique, par Maurice R. Gattefossé, ingénieur-chimiste. Un vol. in-4 raisin, préface de G. Renaudet, directeur de la station Biologique de -Vibraye, chez Legendre, 14, rue Bellecordière, Lyon,.2 fr.
L’auteur applique à l’homme les dernières théories de la Physique Moderne sur la constitution électro-magnétique de la matière et il démontre que le développement de la Volonté permet l’utilisation rationelle des forces peu con nues dont l’homme est la source. La force personnelle est l’indispensable élément de la réussite dans la Vie, elle crée du bonheur pour celui qui la possède et pour son .entourage.
Cet exposé est complété par des exemples d’exercices pratiques et gradués, sans dangers, formant un précis d’éducation pouvant être mis entre toutes mains et qui sera d’un.précieux secours pour les Débutants de la Vie, comme pour les faibles et les.désillusionnés.
Par un enchaînement logique, l’auteur explique ensuite la nature fort simple des phénomènes occultes, il démontre que les faits les plus extraordinaires du somnambulisme, du spiritisme expérimental.: ^télépathie, -télévision, tables tournantes, prémonitions, etc., peuvent être éclaircis par la théorie matérialiste de l’Energétisme.
Il rejette toute intervention surnaturelle d’esprits ou .d’entités mon .hu maines comme incompatibles avec d’état actuel de la Science et comme inutiles.
BIBLIOGRAPHIE La lecture de cette brochuretranquillisera ceux que tour mente la peur de l’Au-delà. L’auteur conclut à la nécessité du développement de la Volonté et conseille l'étude des manifestations curieuses de Forces de la Vie. Il déduit en outre les conceptions phi losophiques qui en découlent et qui sont la base d’une morale très pure et très élevée.
LES LIVRES NOUVEAUX Eduardo Frosine — Massoneria Italiana, Tradizione Iniziatica, Pescara 1911. En Rico dê Goes. — Os symbolos Nacionaes, Estudo sobre abandeirae as armas do Brasil e as Escolasprofissionaes Salesianes Sao Paulo. ★ * ♦ DOCTEUR PAPUS. LE TAROT DES BOHÉMIENS Clef absolue Le plus ancien de la Science Occulte Livre du Monde A Fusage exclusif des initiés Deuxième édition.
Illustrée de plus de 200 gravures dont de très nom breuses entièrement inédites et augmentée du Tarot de Court de Gébelin et d’une importante partie sur le Tarot philosophique. Prix : 10 francs. MM. Hector et Henri Durville, éditeurs, 23, rue SaintMerri, Paris. Cette deuxième édition est sous presse et va paraître le 1er octobre au plus tard.
î88 l’initiation Tous nos lecteurs doivent connaître cette œuvre maî tresse du maître Papus dont la première édition eut un succès considérable. Stanislas de Guaita dans son ouvrage: Au seuil du Mystère analysa ainsi la première édition: « Papus vient de fonder à jamais sa réputation d’adepte par la mise au jour d’un monumental ouvrage sur le Tarot.
Nous ne pensons pas exagérer en estimant que ce livre —- où est révélée jusqu’en ses profondeurs la loi pivotale du Ter naire universel — constitue, dans toute la valeur du terme une Clef absolue des Sciences occultes. ■■ « Le titre, écrivait Barlet dans l’Initiation, à la même époque, ne dit rien de trop en annonçant une Clef ab solue de la Science occulte à l’usage des inities.
C'est là, en effet, un livre dont l’étudiant en occulte ne pourra se passer, il ouvre, il explique ce livre d’Hermès que les Mages de l’Egypte antique mettaient entre les mains du néophyte dès le début de son initiation, lui laissant la tâche de le méditer et de l’apprendre. La clef n’en était plus conservée qu’en secret par les Initiés inconnus et rares qu’il est toujours si difficile de rencontrer.
La voici reconstruite et divulguée, à l’étudiant maintenant d’ap prendre à s’en servir. Voici le premier manuel de science occulte qui peut lui faire ouvrir le sanctuaire, que le Jeu de Tarot en mains, maître de toutes les explications, il s’exerce à comprendre, à développer les profondes com binaisons, les questions transcendantes dont ces 78 images populaires lui réservent la solution.
C’est là qu’il peut dé rouler les trésors de science et de sagesse qui ont illuminé les plus grandes intelligences de tous les temps. Voici le dictionnaire du langage occulte, à l’étudiant de traduire et de commenter les merveilles du texte sacré. » Nous ajouterons que la première édition était cotée de 65 à 70 francs avant cette 2e édition.
Le tirage de la deuxième édition a été très limité, aussi conseillons-nous à tous les occultistes désireux de possé der cette Clef absolue de la Science occulte, d’écrire im médiatement aux éditeurs : »MM. Hector et Henri Durville, 23, rue Saint-Merri, Paris. L’envoi du livre est fait franco, par retour du courrier, contre montant.
LES LIVRES NOUVEAUX 189 DOCTEUR PAPUS LE TAROT DIVINATOIRE Clef du tirage Le Livre des Mystères d--s Cartes et des Sorts et les Mystères du Livre .lue.- la reconstitution complète des 78 lames du Ta rot égyptien et de la méthode d'interprétation. Les 22 Arcanes majeurs et les 56 Arcanes mineurs. Reproduction de planches rares ou inédites d’Eteilla et d’Èliphas Lévi. Deuxième édition. Prix (Jeu de Tarot compris) 6 francs.
MM. Hector et Henri Durville, éditeurs, 23, rue SaintMerri, Paris. Le Tarot, nos lecteurs le savent, est un ensemble de cartes et de nombres, un des plus purs chefs-d’œuvre de l'initiation antique dont l’étude a tenté bien des cher cheurs.
Papus, le grand maître de l’Occultisme contem porain, il y a plus de 20 ans, a retrouvé la clef générale de sa construction, telle qu’elle était indiquée par Guillaume Postel et Eliphas Lévi, qui n’en avaient pas donné la construction. Cette construction, Papus l’a déterminée très exactement.
Il nous faut faire une remarque capitale.La plupart des écrivains occultistes modernes qui se sont occupés du Tarot, manifestent un amour intensif pour l’étude des arcanes majeurs et un mépris non moins intensif pour les recherches concernant les arcanes mineurs, d’où sont issus nos jeux de cartes. Il existe une foule de faux systè mes d’explication du Tarot basés sur les seuls 22 arcanes majeurs sans tenir compte des 56 arcanes mineurs.
Lé Tarot est un tout merveilleux et le système qui s’applique à la tête doit s’appliquer au reste du corps et réciproquement. L’étude des arcanes mineurs est de la.
l’initiation rgo plus haute importance et, seul, Papus expose ce que l’on en peut tirer. Le Tarot est susceptible d’une foule d’applications. 11 permet de résoudre les plus grands problèmes de la phi losophie. Mais ce qui fait qu’on a recours à lui très fré quemment c’est qu'il sert à tirer les cartes puisqu’il per met, au dire des occultistes, de déterminer certaines lois du hasard.
Le chercheur apprendra bien des choses cu rieuses en étudiant le Tarot divinatoire, notamment le temps attribué à l’antique Egypte à chaque carte. La i1® édition du Tarot divinatoire fut épuisée en très peu de temps.
Cette seconde édition est conforme à la précédente et ses chapitres sont les suivants : Constitu tion du Tarot, les 78 lames et toutes leurs correspon dances, tirage et lecture des cartes, établissement du sort, manière d'opérer pour obtenir des oracles, méthode ita lienne, méthode d’Etteilla, les rencontres des arcanes et des nombres, étude détaillée du sens divinatoire des 78 cartes.
Nous ajouterons que ce livre contient les 78 cartes dessinées par Goulinat et imprimées sur béai papier et qu’il suffit de les détacher et de les coller pour constituer un jeu de Tarot qui, à lui seul, vaut déjà 5 ou 6 francs. En outre, il contient la reproduction des travaux encore inédits d’Eliphas Lévi et les commentaires de chaque lame par Christian.
Le Tarot divinatoire est le livre le plus pratique qui existe pour l’étude rapide et complète de la cartomancie, aussi intéressera-t-il tous ceux que le mystérieux avenir tourmente. * 4 4 Le Goarant de Tromelin. — Nouvelles recherches sur le fluide humain ou force biolique. Son origine. Sources de la vie. Génération du fluide vital ou fluide humain. Son action sur les corps légers. Sa réalité.
Mo teurs girateurs mis en mouvement de rotation par le fluide magnétique sans aucun contact du corps ni des mains avec les appareils, ni avec la table supportant ces moteurs bioliques. Brochure in-8°, 136 pages avec 7 figures. M. Hector et Henri Durville, éditeurs, 2 3, rue Saint-Merri, Paris-4®. Prix : 1 franc.
LES LIVRES NOUVEAUX IQI Cette brochure complète les précédents travaux de M. de Tromelin sur le Fluide humain et la démonstra tion de son action sur la matière. Elle intéresse tous ceux qui veulent avoir des preuves irrécusables de la réalité de la force magnétique.
Dans ce nouvel ouvrage, M. de Trom.lin décrit de nouveaux appareils qu’on construit soimême et sans aucun frais et qui tournent avec une grande rapidité rien qu’en se plaçant debout ou en face de la tabk supportant ces appareils et sans aucun contact du corps ni des mains, soit avec l’appareil, soit avec la table le supportant.
M. de Tromelin répond à toutes les objec tions et il prouve que c’est bien une force s’échappant du corps humain, force magnétique, fluide humain ou force biolique, qui est la cause du mouvement de rotation ob tenu. En conséquence ce travail est de nature à intéres ser tous les chercheurs.
En outre, M. Tromelin aborde le passionnant problème du Mystère de Vie, et à titre d’Àypothèse très probable, il donne d’excellentes raisons pour f tire supposer que cette force magnétique — ou biolique c imme il préfère l’appeler — est produite par les organes pulmonaires.
Cette oeuvre nouvelle, unique en son genre, est appelée à un grand succès. * • 4 Docteur Gaston Durville, ex-interne de l’Assistance pu blique de Paris. — Le sommeil provoqué et les Causes qui le déterminent. Étude étiologique de l’hypnose (thèse). In-8° de 67 pages, avec 2 figures. MM. Hector et Henri Durville, éditeurs, 23, rue SaintMerri, Paris. Prix : 3 francs.
Ce livre très remarquable est la thèse en doctorat que M. Gaston Durville vient de soutenir à l'Université de Montpellier. L’auteur étudie avec la rigoureuse méthode d’un clinicien les causes capables de provoquer le som meil.
Son style est clair, simple, à la portée de tous puique sans grands mots scientifiques, c’est non seule ment un ouvrage scientifique mais aussi un livre pratique qui sait apprendre même au novice ce qu’est très exacte ment la question du sommeil provoqué. Le docteur Gaston Durville établit d’abord le rôle de la
l’initiation 192 Suggestion dans les phénomènes hypnotiques, indiquant d'une façon détaillée comment on s’y prend pour faire de bonnes suggestions, puis il montre que la suggestion ne peut expliquer tous les phénomènes du sommeil provoqué. Il traite ensuite de ['Hypnotisme proprement dit (som meil provoqué par les agents physiques : lumière, son, etc.).
Il fait méthodiquement l'exposé des difl ¿ rentes manières d’opérer, puis fait voir que les actions hypnotiques ellesmêmes jointes aux actions suggestives sont encore incapa bles d’expliquer tous les phénomènes du sommeil pro voqué. Il établit enfin, et d’une façon irrécusable, le rôle des Forces encore mal définies émises par i Homme—force magnétique, fluide magnétique des magnétiseurs dans la production du sommeil.
Cette partie est tout particu lièrement curieuse car l'auteur y démontre que l’organisme humain émet des forces qui agissent sur les êtres inférieurs (microbes); à ce propos il cite ses intéressantes expériences sur l’action de ces forces sur le bacille delà fièvre typhoïde. Il montre que l’homme peut également agir sur les végé taux et accélérer considérablement leur croissance.
A ce propos il cite ses expériences faites sur un végétal à crois sance rapide : le cresson alénois. Des végétaux il passe à l’homme et montre que les forces émises par l'organisme peuvent provoquer le sommeil indépendamment de toute suggession et de toute action hypnotique.
Ce livre qui met au point une des questions les plus dif ficiles du Psychisme expérimental contemporain, est ap pelé à un très grand retentissement, étant données l’auto rité de son auteur et la valeur de ses travaux antérieurs. Le Gérant : Encausse. Paris. — Imprimerie E. Arrault et Cie, 9, rue N.-D.-de-Lorette