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«• Revue pDilosophique des Hautes Études ! PUBLléE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE _æl_ zf» S L- - ■» ■'’•■ - ----------------------- *-*-c--------------------------------- » Jr 9^° J C L U ME.. — 24““ ANNÉE SOMMAIRE DU N° 10 (Juillet 1011) PARTIE PHILOSOPHIQUE La Carte de ! Atlantide et la tradition ésoté rique (p. i à ig) . . ......................... Discours initiatiques (p. 20 à 26)........................
Les Mystères de l'univers (p. 27 à 3o) .... De !'Elaboration du Moi (p. 3i à 34) . . Société d'Éludes philosophiques et psychiques de Tours (suite et fin) (p 35 à 46) .... La Vie et son but (p. 47 à 62).............................. Le Livre rouge (suite) (p. 53 à 61).................... SECTION ARCHÉOMÉTRIQUE L'Archéomètre de Saint-Yves (p. 62 et 63) . Synarchie européenne (suite) (p. 64 à 79). . .
PARTIE LITTÉRAIRE Contes de fées (p. 80 et 81).................................. Ecole Hermétique. — École des Sciences médicales appliquées. — L’Aiguille enfilée dans la nuit. — Les Grandes initiations féminines et leur symbolisme. — Le Banquet du Syndicat de l’Occultisme. — Un liquidateur d’autrefois. — Bibliographie. — Correspondance. Papus. Papus. A. Porte du Trait des Ages. Karl Nissa. X... J. Lire. Hortensius Flamel.
Les Amis de Sr-Yves St-Yves d’Alveydre. X... Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 15, rue Séguier, à Paris-VIc. Téléphone — 816 09 Tout ce qui concerne P Administration : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO. ANNONCES doit être adressé A la Librairie Générale et Internationale G. FIC^ PARIS — 4 et 6, Rue de Savoie, 4 et 6 — PAZ . .. 1 10 francs pour I--
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PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Celte partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de scs idées. LA CARTE DE L'ATLANTIDE et la tradition ésotérique Il est peu de questions intéressant davantage Ls occultistes de toute école que celle de l’Atlantide et de sa tragique disparition.
Les historiens modernes se croient très avancés et fort érudits quand ils commencent l'histoire de l’hurestres des données positives et qui son: chéolog* v cette tr hauts plateaux de l’Asie, après quelques digressions sur l’homme des cavernes et l’âge de pierre. Or. la tradition ésotérique nous fournit sur les races humaines ter chaque jour confirmées par les découvertes giques les plus récentes.
Résumons les points les plus curieux de dition : 1 La terre est formée de continents ayant chacun une individualité propre et marquant sa Hore. sa ratine et sa race humaine de signes particuliers : 2° Chacun de ses continents a sa phase d évolution, 1
l’initiation puis ¿e progrès et de maximum de civilisation, puis de déclin ; 3° Il y a sur terre à date fixe des déplacements des pôles terrestres, accompagnés de déluges et ¿’effon drements de certains vieux continents, en même temps que d’apparition de continents nouveaux. Or, le dernier de ces déluges a eu pour effet la dis parition en quelques heures d’un grand continent situé à la place de l’Océan atlantique actuel : de là le nom d’« Atlantide » donné par Platon et les anciens à ce continent. Nous allons nous efforcer d’établir la carte de l'At lantide en puisant aux sources suivantes : i° La Géologie ; 2° Les Profondeurs de l’Océan et les courants qui leparcourent ; 3° Les colonies laissées par les Atlantes et leur en seignement Astronomique ; 4° Les rapports de l’Atlantide avec les ébauches des continents futurs et les restes des civilisations con temporaines (Monuments Protoscythes dits Druidi ques Armes de pierre et de bronze, ce qui nous ramè nera à la géologie.
LA CAPTE DE L’ATLANTIDE 3 SOLEIL BLANC ET SOLEIL NOIR Les astres décrivent une ellipse dont le soleil occupe un ¿es Foyers (Kepler.) L’autre Foyer est occupé par le Soleil Noir formé de matière à l’état central et qui s’allume quand l’autre soleil s’éteint. Tout rayon parti d'un soleil passe dans l’autre. Il existe peu de travaux un peu complets sur cette question de l’Atlantide. Le meilleur ouvrage et celui auquel nous ferons les plus larges emprunts pour notre travail est celui de Roisel, intitulé : Les Atlantes. et éditéà Paris, chez Germer-Baillère en 1874. L’auteur a résumé,dans ce volume, à peu près tous les renseignements épars un peu partout sur l'Atlan tide. Il y a ajouté ses idées personnelles et le résultat de ses recherches qui sont du plus haut intérêt.
l’initiation JL Chaque pla été renferme à la base de son cône d'ombr- un cône de matière astrale qui forme l’astre noir(Osiris est un Dieu noir . — C'est YErèbe, le séjour des âmes soutirantes. Géologie. Avant la naissance d’un continent, scs terrains pri maires et ses roches éruptives anciennes émergent hors de la mer d’où le continent surgira au prochain déplacement des pôles.
On peut se rendre compte de ce fait en considérant l’état actuel des îles du Pacifique, reste de l’antique continent Lémurien et racine d’un futur continent terrestre. La tradition ésotérique, nous enseigne en effet que dans chaque hémisphère terrestre (ou planétaire) un continent est en fonction hors de l’Océan pendant qu’un autre continent est immergé.
C’estainsique l’Océan Pacifique remplace l’ancienne LémurieetqueTOcéanatlantique remplace l’ancienne Atlantide. Les îles qui subsistent sur les Océans sont, en généLA CARTE DE L’ATLANTIDE 5 ral, des restes des anciennes montagnes les plus éle vées desdits continents.
Si Pon établit la carte des terrains primaires de l'Europe on verra avec étonnement que cette carte re présente presque complètement les points où se rencontrent des Dolmens et des restes du culte drui dique. Si nous supposons donc un continent occupant la place actuelle de POcéan atlantique, nous aurons à ajouter à ce continent une série d’îles formées des terrains primaires de l’Europe pour rappeler l’Atlan tide et scs principales colonies.
Au sujet des quatre temps ou saisons qui se suc cèdent sur la terre, d'un déluge à l'autre-, dans ce cycle organique que la Science Indienne appelait Me nou, voici dans sa pureté la tradition antique, diffé rente de l’idée actuelle des Brahmes qui en rétrogreste l'ordre.
La pire saison est la première, celle qui succède immédiatement à chaque déluge. C’est la Satya Youg, Page de Seth des Égyptiens de f Saturne des Etrusques et des Grecs, 1 age de pierre, de plomb, de fer, l’àge de Siva.
Puis vient le Tetra Youg, Page de Brahma, d’Horus, de Iao, de leve, de Jupiter, de la vie sociale nais sante, initiation religieuse, subjugation des espèces animales, appropriation des terres habitables, réin vention des Sciences et des Arts : c’est l’àge d’ai rain.
Ensuite le Douapar Youg amène une régularisa tion, une extension systématique de la période précé6 l’iNIÌ ÌATION dente, c'est le temps des grands travaux planétaires, endiguement des fleuves, percement des isthmes, construction des grandes routes, des aqueducs : c’est l’âge de l’initiation féminine, des Sciences naturelles, des arts poussés à l'extrême, de Saravasti, de Ccrès. d’Osiris, l’âge d’argent.
Enfin, le dernier âge, l’âge d’or, ouvert devant nos temps est le Kali Ycug, saison des grandes moissons spirituelles, des grandes récoltes de tous les biens so ciaux, de Vichnou, d’Osiris, le temps de l'accomplis sement de toutes les Promesses sacrées, de la Science totale de la constitution d’une alliance universelle entre tous les cultes et toutes les Sociétés de la terre. (St-Yves, Mission des Juifs, p. 6.) ATLANTIDE ET LÉMURIE Dans chaque hémisphère terrestre il y a un continent sub mergé : Lémurie à droite et Atlantide à gauche ; un continent émergé : Amérique à gauche, Europe, Asie à droite. C’est le continent visible et le continent noir ou invisible.
LA CAPTE DE l’aTLANTIDE 7 ÉTAT ACTUEL DE L’OCÉAN Les Açores effleurent au-dessus de l’Océan entre le 40* degré de latitude et le 3oe de longitude. Ce plateau de faible profondeur descend le long du 40e degré de longitude jusqu’au Massif Brésilien de l’Amérique du Sud. Le continent submergé se laisse facilement devi ner. Entre le Tropique du Cancer et l’Equateur à FOuest des îles du Cap vert existe une fosse de 6.000 mètres de profondeur. De meme entre les Antilles et les terres immergées entre le 20e degré de latitude et le 80e de longitude existe une fosse de 6.000 mètres dite fosse des Antilles Nous sommes ainsi amenés à faire un groupe de terres dont les Açores, Madère et les Canaries les îles du cap vert indiquent les restes en longitude et dont les îles Bermudes, les Bancs de Terre-Neuve indi quent les traces en latitude. Nous supposons l’existence d'un grand golfe sinon d’une mer intérieure entre F Équateur et le 3 oe de gré de longitude. Nous supposerons aussi que l’Atlantide était formée de deux grandes îles, la première, dont nous venons de parler et la seconde, située à l’Ouest de la fosse des Antilles et dont les Antilles, la Merdes Antilles et le Plateau du Mexique, surtout la province de Yucatan, formaient la masse. Si nous étudions les courants marins, notre opi nion recevra une sérieuse confirmation.
Les courants marins montrant la trace du continent Atlante. f Rocher et lerrain. Primaires de l’Europe (emplacement de la presque totalité des monuments druidiques et t '^niev il tide).
io l’initiation En effet, le GulfStream entourant la Mer des Sar gasses longe le 40" degré de latitude et remonte au delà du 60e de longitude en contournant un plateau sous marin occupant la place que nous avons assignée au continent disparu.
Le courant de Floride, le courant Nord Équator? d et le courant des Canaries délimitent parfaitement les terres immergées. (Voir Atlas Vidal-Lablache, p. 58.) De l'autre côté de la Mer des Sargasses à l'Ouest un courant spécial indique les limites de la seconde partie du continent disparu. Toutes ces indications géographiques sont corrobo rées par les traditions orales ou écrites.
ÉTUDES DES COURANTS DE L’ATLANTIQUE NORD DÉDUITES DE LA DÉRIVE DES ÉPA VES FLOTTANTES.
Les épaves des navires abandonnés en mer four nissent de très précieuses indications sur l’allure des courants;elles présentent sur les bouteilles un double avantage : i° elles subissent moins l’influence du vent et renseignent mieux sur les courants parce quelles plongent dans des eaux plus profondes ; 20 comme les navires qui passent en repèrent soi gneusement la position, il est plus facile d’établir leur itinéraire,et par suite, la marche des eaux qui les entrainent qu’avec les bouteilles, dont on ne connaît que le point de départ et le point d’arrivée.
D’après un récent travail des Pilots Charts, américaines, inLA CARTE DE L*ATLANTIDE I I terprétées par M. Hautreux, on peut tirer de la clérive de 157 carcasses de navires observées au cours de 23 années (1886-1909 les conclusions suivantes: les courants appelés courant des Canaries, courants nord équatorial et Gulf stream constituent par rap port à la mer des Sargasses un véritable circuit fer mé.
Le Gulf stream proprement dit, une fois qu’il a quitté la côte américaine au cap Hatteras, ne se di rige pas, comme les cartes l’indiquaient, vers le nordest et vers l’Europe, mais vers l'est et les Açores. Par venu près de ces îles il subit l'influence des vents du Nord et s'infléchit au sud est et au sud.
Les courants tièdesqui effleurent les côtes d'Irlande et de Norvège ne sont que des prolongements adventices du Gulf stream devant leur origine aux vents d'Ouest et du Sud-Ouest et non pas à la masse des eaux qui pro viennent des abords de la Floride.
Le parcours des épaves révèle en outre un faitque nul carte ne signale : l'existence d'un contre-courant du Gulf stream situé sur sa rive droite entre les Bermudes et les Bahamas, se dirigeant vers le sud-ouest avec une vitesse variant de 4 à 10 mille en vingt-quatre heures.
La marche de ces courants est plus compliquée qu’elle ne paraît : elle ne s’opère pas de manière continue, les coups de vents et les bourrasques sont cause de déviations con sidérables, d’arrêts, de reculs qui causent des zigzags très compliqués.
Aussi la vitesse de mouvement des eaux est beaucoup plus grande que ne le feraient croire les bouteilles flottantes ; dans le centre de l’Atlantique nord elle a été pour les épaves de navires quatre à cinq fois supérieure à celle qu'on déduisait
12 l'initiation des petits flotteurs. Cette vitesse est variable suiv. nt les saisons. Autour de la mer des Sargasses clL est minima en hiver et maxima en été. Pour le Guf stream elle oscille aux abords du cap ¡ {altéras entre io et 70 milles: dans le centre nord de 1‘Allai. tique la moyenne est de 18 milles avec des minima de 10 et des maxima de 3o milles.
Le courant nord équato rial se meut à raison de 10 milles en hiver et de 20 milles en été. Ainsi la plus grande vitesse se pro duit au moment des alizés vers le nord (Mouvement Géographique, 7 mai). TRADITION Un jour que Solon s’entretenait avec les prêtres de Sais sur l’histoire des temps reculés, l'un d’eux lui dit : «O Solon,vous autres Grecs, vous êtes toujours enfants.
Il n’en est pas un seul parmi vous qui ne soit novice dans la science de ¡’Antiquité. Vous igno rez ce que fit la génération de héros dont vous êtes la faible postérité... Ce que je vais vous raconter re monte à neuf mille ans. « Nos fastes rapportent que votre pays a résisté aux efforts d’une puissance formidable, qui, sortie de la mer Atlantique, avait envahi une grande partie de l’Europe; car, pour lors, cette mer était navigable.
Près de ses bords était une île, vis-à-vis de l’embou chure que vous nommez les colonnes d’Hercule. On dit que de cette île, plus étendue que la Lydie et que l’Asie il était facile de se rendre sur le continent. « Dans cette Atlantide, il y avait des Rois célèbres
par leur puissance qui s'étendait sur les îles adja centes et sur une partie du continent. « Ils régnaient outre cela d’un côté sur la Lydie LA CARTE DE L’ATLANTIDE Tvrrhénic... Mais il survint des tremblements de terre et des inondations, et, dans l’espace de vingtquatre heures, l’Atlantide disparut.
« Plato.x, Timée. » Dans l’Yucatan, où ne coule pas un fleuve, et où la végétation est si rare, une couche d’humus de 40 cen timètres recouvre d’antiques routes fréquentées pen dant des siècles. Des arbres de 3 mètres de diamètre ont poussé sur les ruines même de Palanqué : et, dans une des cours du Palais, l’accumulation de la terre végétale est de dix pieds.(Roisel, Opd cit. p.40.
M. de Bourbourg a recueilli dans l’Amérique cen trale une tradition précieuse et qui jette sur ce mys tère une vive clarté : L’empire de Xibalda, nous dit-il, était jadis gou verné par deux rois, juges suprêmes de l'Empire. Ils avaient sous leurs ordres dix autres rois, toujours nommés deux par deux, souverains chacun d’un grand royaume, et formant entre eux une sorte de Conseil.
Peu à peu ils étendirent leur domination sur le monde entier : mais une inondation soudaine arriva, et ils disparurent tous (Roisel, p. 41.). Neptune, roi de l’Atlantide eut dix enfants, dont l’aîné, Atlas, donna son nom au pays et qui régnèrent, eux et leurs descendants, pendant une longue suite de générations. Le plus âgé de la race laissait le trône
l’initiation ritaalmexicain) H au plus âgé : et ils conservèrent ainsi le pouvoir dans la famille pendant un grand nombre de siècles. Cha cun des dix rois était maître absolu de son royaume : mais ils devaient se rassembler comme leurs ancêtres, à des époques fixes pour délibérer en commun sur la guerre et sur les autres affaires importantes, en lais sant toutefois l'autorité principale à la branche direc tement issue d'Atlas. (Platon-Cretios, cit. par Roisel, 41.) * C’est dans ces livres mystérieux (Ionalamatl ou qu’on découvrira à côté du système de l’astrologie judiciaire des Mexicains, et du rituel ecclésiastique,les documents historiques les plus an ciens, toutes les origines des cérémonies mystiques d'un culte qui s’était perpétué à travers les révolutions des nations et des cités, en conservant dans l’ordre chronologique le plus parfait, le récit des souvenirs antédiluviens et des catastrophes naturelles, qui à diverses reprises avaient bouleversé le monde, depuis que Dieu y avait placé l’humanité (Brasseur). Le peuple civilisé le plus ancien du monde semble avoir été le peuple Care d’Amérique, qui habitait au Mexique, les environs et l’emplacement actuel du Darien, comprenant le Yucatan, le Guatémala, etc., ce peuple, très industrieux, très commerçant, bon marin, particulièrement savant en astronomie, et d’une habileté incomparable dans le travail des mé taux et des pierres précieuses, avait les relations les plus étendues avec le reste du monde. (Colonel Du saert, La Carte Américaine, p. 16.)
Carte schématique de l'Atlantide, par Papijs. Cette carte montre la situation probable des deux îles formant l'Atlantide et les plaques noires indiquant les îles colo nisees parles Atlantes (Terrains Primaires).
i6 l'initiation L’histoire des soleils de la tradition mexicaine si gnale trois grandes catastrophes correspondant pro bablement aux trois cataclysmes de l'autre partie du monde, à savoir : le déluge asiatique relaté dans la bible et les déluges partiels d'Ogygèset de Deuca'io". (Dusaert, 16.
Popol Vuh Livre sacré des Quiches : Voici le récit comme quoi tout était en suspens : tout était calme et silencieux, tout était immobile et paisible et vide était l’immensité des cieux. C’est au milieu des Ténèbres de la nuit que le monde a été formé, car la Nature de la Vie et de F Humanité sont l’œuvre de celui qui est le cœur du ciel et dont le nom est Kurakan.
Admirable est le récit du Temps auquel acheva de se former tout ce qui est au ciel et sur la terre, la quadrature et la quadrangulation de leurs signes, la mesure de leurs angles, leur alignement et l’établis sement des parallèles au ciel et sur la Terre, aux quatre extrémités, aux quatre points cardinaux, comme il fut dit par le créateur et le formateur, la ¡Mère. le Père de la Vie, de l’existence, celui par qui tout agit et respire, père et vivificateur de la paix des peuples, de ses vassaux civilisés, celui dont la sagesse a médité l’excellence de tout ce qui existe au ciel, sur la terre, dans les iacs et dans les mers.
Nous avons vu que les astrologues mexicains ont donné à la tradition des destructions et régénérations du monde, un caractère historique en désignant les jours et les années des grandes catastrophes d’après le calendrier dont ils se servirent au seizième siècle.
LA CARTE DE L ATLANTIDE 1/ Un calcul très simple pouvait leur faire trouver ¡'hié roglyphe de l’année qui précédait de 3206 ou de 4804 ans une époque donnée. C’est ainsi que les as trologues Chaldéens et Égyptiens indiquaient self n Macrobe et nonnus, jusqu'à la position des planètes à l’époque de la création du monde et à celle de 1 inondation générale.
DATE DE LA DISPARITION DE L’ATLANTIDE D’après les Égyptiens, la vallée du Nil était coloni sée depuis 1896 ans quand se produisit le cataclysme qui fit disparaître l’Atlantide. Cela nous permet de fixer à l'année 9370 av. J.-C. la date de l’effondrement du pays Atlante. Il va dore 11. 481 ans que cette transformation terrestre s'c:t accomplie. Nous sommes à peu près à la moitié eu temps nécessaire au retour d'un nouveau déluge.
PREUVE DES RAPPORTS ENTRE LES ÉGYPTIENS ET LES ATLANTES i° La même culture dans les deux pays de l’astro nomie et de l’astrologie ; et des souvenirs précis, par des méthodes semblables, de faits remontant à l'an tiquité la plus reculée ; 20 Des pyramides de même forme, érigées dans le même but, objets de la même vénération, et beau coup plus nombreuses en Amérique qu'en Égypte ; 3° Dans les peintures et les sculptures des monu ments, ce qui ne se rencontre chez aucune autre nation, les mêmes types et les memes défauts de figures ; la même couleur de peau, rouge ou cuivrée; »>
i8 l'initiation les mêmes costumes collants ; la même absence de barbe chez les hommes ; et, detail tout à fait caracté ristique, la présence du sarigue,petit animal apparte nant exclusivement à l’Amérique ; F 4° Dans l'Amérique centrale comme en Egypte, le Dieu créateur, le Dieu du ciel est en même temps la tempête ; il a des deux cotés des symboles presque identiques; et il en est de même de la puissance royale, relativement à ses emblèmes ; r 5° Le démiurge des Egyptiens et celui des Mexicains considérés comme générateurs de l’espèce humaine, sont les mêmes et portent le même nom : Pan , ils donnent lieu aux mêmes exhibitions et aux mêmes démonstrations obscènes, soit comme attributs, soit comme pratiques du culte ; 6° Les canopes égyptiens sont, sous la même déno mination et avec des emblèmes presque pareils, les dieux pénates du Pérou ; 7° Les quatre mystères, auxquels étaient initiés les esprits avancés, étaient sous les mêmes noms, et avec les mêmes symboles, identiques en Égypte et dans l’ordre de la chevalerie mexicaine ; F Le Ah7, le neuve bienfaisant en Egypte,est un cours d'eau considérable dans le Guatemala; et ce nom qui, en Amérique,signifie paisible, tranquille, n’a d’étymo logie dans aucune langue de l’ancien monde ; g" La gynécocratie est en honneur dans l’Amérique centrale comme en Egypte, et donne lieu aux mêmes pratiques et aussi aux mêmes désordres et aux mêmes abus monstrueux ; io* Dans les deux pays, il en est de même du culte
LA CARTE DE L’ATLANTIDE IQ du chien, auquel se rattache, par Sirius, l'heu reuse compensation du calcul des temps : i !° Le caïman est dieu au Mexique, comme le cro codile l’est en Egypte ; i2° Dans les deux pays existe le culte des dieuxsinges et des pontifes-singes ; [3° La théogonie américaine a, suivant les lieux, le démiurge Quet^alcohnatlou Kukulcan.Q^ Zamna T', etc., qui est l'inventeur des arts graphiques, le pro pagateur des sciences et des arts, le civilisateur par excellence.
La théogonie égyptienne a le démiurge Thoth qui répond exactement aux précédents ; r iq.°Les anciens Egyptiens n'avaient rien de com mun, ni pour le langage, ni pour les moeurs, ni pour l'aspect physique, avec les peuples asiatiques leurs voisins, dont ils auraient pu sortir; ils détestaient les Orientaux, les étrangers, et montraient l’Occident. comme la patrie de leurs ancêtres, comme l’Amenti, où les âmes des morts allaient rejoindre leurs pères : » i5° Ils ne sortent pas non plus de l'Ethiopie r d’Orient ; ils ne sont pas autochtones, et les Ethio piens sont, d’après la Bible, d’après Hésiode et d’après Homère qui, dans l'Odyssée, les partage en deux St/ôa, les habitants de l’extrémité du monde à l'Orient et à l’Occident, c’est-à-dire les habitants des bords de la mer Rouge, ou bien les Américains, les Atlantes et les Libyens. (i) La Carte Américaine, p. 18,par le colonel Pusaert.
Discours d’initiation pour une Société Hermétique. i Homme. Tuas voulu connaître notre foi, tu as voulu être des nôtres. Notre porte n’est pas fermée, elle est ou verte à tous ceux qui savent pénétrer dans le temple. Nous n’avons pas de prêtres et tu peux aussi bien ar river à la foi seul que par les secours d’un adepte. No tre devoir se borne à te montrer la route. Tu dois la suivre seul après. Ecoute. Tu ne sais rien et tu veux apprendre.
Pourquoi ? Tu es malheureux et tu veux être heureux. Tu crois que la science te donnera ce bonheur que tu convoites, tu crois par le travail vaincre l'ennui qui t’oppresse. Écoute. Tout cela est vrai. Tu pourras être heureux ; mais il ne faut pas ¿croire que la science, la vraie science te rendra heureux par l’argent, il ne faut pas venir vers nous si tu;veux une science qui te conduise aux honneurs.
DISCOURS INITIATIQUES 2 I Si tu comptes sur iascience pour« arriver».va dans les facultés. Là on t'apprendra tout ce qu'il faut pour être beaucoup de choses si tu veux travailler; parlàtu parviendras aux dignités, mais jamais au bonheur. La jalousie,l’ambition t’accapareront,tu passeras ta vie dans une colère continuelle ne sachant pas contre qui ni contre quoi t’insurger.
Tu souffriras autant qu’on peut souffrir dans ton esprit car tu professeras. Si tu es indépendant,tu seras malheureux car tu sentiras que ce qu'on te fait dire est faux. Si tu es soumis tu seras malheureux, car tu verras qu’arrivé aux honneurs les plus hauts tu es aussi malheureux qu’auparavant.
Ce bonheur que tu cherchais étant jeune, tu le chercheras encore étant vieux et perdu dans les dé dales de la science actuelle ; tu sentiras toujours en voyant la nature qu’il te manque quelque chose. Ecoute. Le véritable adepte doit être indépendant. L’Alchimie ne te donnera pas la fortune corpo relle : elle te donnera une fortune plus durable, une fortune que les malheurs ne peuvent ébranler : la fortune spirituelle.
Pour autant que tu souffres tu seras toujours plus heureux que le savant rongé par la jalousie ou par l’orgueil et que le riche rongé par l’ennui. L’ennui, l’ambition et l’orgueil fuiront loin de toi et par là tu seras supérieur à tous les hommes. Si tu n’es pas fortuné,tu vivras en travaillant mais tune dévoileras pas les secrets que tu auras saisis. Chaque jour t’apportera un nouveau lot de richesse
22 L'INITIATION intellectuelle et ton travail te semblera chaque jour plus aisé. Bientôt tu arriveras à travailler moins pour les hommes et plus pour la foi et tes goûts seront assez modestes dans le bonheur pour te contenter de peu. Ne crois pas que mes paroles soient dénuées de fondement.
A l’appui de mon dire je te citerai l'exemple de plus de deux mille des nôtres ayant vécu calmes et modestes au milieu des guerres les plus cruelles,au milieu des siècles les plus bouleversés et toujours le bonheur souriait à leurs vœux.
Alors arrivé à cet apogée du bonheur intellectuel, quand tu verras Dieu se manifester à toi, quand tu seras juste et sage pour quelque modeste que soit l'emploi que tu occupes parmi les hommes tu seras toujours supérieur au savant officiel. Les deux routes te sont ouvertes, tu peux choisir. Je te répète que nous ne pouvons te donner aucun bienêtre matériel, nous ne pouvons que t'accorder le bonheur spirituel. rEcoute.
Avant d’entrer dans le livre de Dieu il te faut regar der les hommes. Regarde cet ami qui vend son ami pour de l'or, regarde ces hommes qui s’entre-détruisent pour l’or,, regarde les prêtres qui sont rongés par l’ambition des honneurs, regarde ce médecin qui tue les hommes pour gagner plus et ne pas s’avouer impuissant, re garde autour de toi tu ne verras partout que la chasse à l’or. Toi-même tu es venu vers nous croyant être plus vite riche.Crois-tu donc, insensé, que nous aussi
DISCOURS INITIATIQUES 2 3 nous soyons lancés dans le courant qui conduit au désespoir ? crois-tu donc que les alchimistes sont aussi malheureux que les autres hommes? Je te dis que nous sommes heureux au milieu de tous les malheureux enfiévrés d’aujourd'hui, ne crois donc pas que nous pensons à l’or.
Et les véritables adeptes qui ont trouvé ce secret comme le témoignent les pièces d'or exposées encore aujourd’hui dans les musées étrangers, ces adeptes dis-je, sont morts sans léguer leur secret ; car ils con naissaient trop les hommes. — Si, la transmutation existe, l’adepte ne la rêve pas pour la richesse qu’elle lui procurera. Il la rêve parce que c’est une occasion de plus pour lui de se trouver près de Dieu et de le prier.
Si tu étudies la nature, n'oublie pas que tes dé couvertes ne doivent pas être raconté à tous indiffé remment. Vois que les adeptes se méfient des hommes et qu’aussitôt qu’ils ont donné quelques conseils à celui qui leur en paraît digne, ils le laissent seul dans la nature. L’adepte doit être solitaire dans ses travaux et quel ques élèves seulement doivent en avoir connaissance.
Si tu veux léguer tes travaux aux descendants, suis les conseils de nos maîtres. Hermès, le trismégiste, qui savait l’histoire de la lune et du soleil, Jehan deLondres qui savaitexpliquer les signes hermétiques et nos autres grands maîtres recommandent tous de ne parler que par paraboles. L’orgueilleux ne doit pas connaître notre langue, il doit en rire et c’est là sa punition.
24 l'initiation L'ambitieux ne doit pas être des nôtres car tant qu'un homme est ambitieux il est attaché par quel que lien au phegme des humains et il ne doit pas comprendre Hermès. Ne t’emporte jamais quand l’ignorant raillera no • maîtres devant toi, quand on les traitera de fous ou de mystiques; observe, prie et tais-toi. Enfin s ! t'arrive quelque malheur de la part des hommes tu sauras l'endurer quand tu auras entrevu la grande loi de Dieu.
Le premier éclat de l’or pur te fera oublier bien des injustices et si quelque jour tu as le coeur gonflé par l’ingratitude d'un ami, l'exaltation de l'air par Je feu saura te montrer la voie de la sagesse. Mon fils tu as entendu, réfléchis bien et si tu te décides tu entreras résolument dans la voie de Dieu.
Nous avons tenu nos promesses, mon fils, nos con seils t'ont montré la route du bonheur, c'est à toi de la parcourir et par là nous verrons si tu es digne d'être un adepte. Si, après avoir examiné la nature, tu trouves le che min de la vérité, sois persuadé que nous ouvrirons tes yeux et alors je serai heureux car j’aurai un adepte à qui confier mes découvertes.
Alors confiants tous deux dans la loi de la nature nous verrons s’agiter les hommes autour de nous et nous attendrons dans le bonheur le moment de nous mêler au concert sublime de la Divinité. Juillet 1883. Papus.
DISCOURS INITIATIQUES 25 Discours prononcé par le Fr:’: Selaït-Ha A l'occasion de l'Initiation au r-r D-gré Martiniste du Fr:': /.
M. en la Tr:\: et R:: Loge Temple d'Essenie IIIà l'or:': du Caire le 17 juin iqij. étendu sur 1 Vous venez d'entendre l'initiation donnée à ce nouveau F;*: et vous avez remarqué que je me suis té absolue : Ainsi mes frères unissons-nous en une parfaite unité morale et spirituelle afin que notre oeuvre soit sanctifié par le G:’: A:': D:’: L;’: U:": Fraternisons ! et par cet acte, nous mettrons en application les enseignements réels de l’Unité, nous les accomplirons. — Vous avez tous entendu pen dant l’initiation que vous reçûtes de moi, que nous sommes réunis en ce lieu pour un oeuvre déterminé: pour la réussite de cet oeuvre notre Union par l’Ame et l'Esprit est indispensable.
Dans le plan physique comme dans les plans Astral et Intellectuel formons la chaîne fraternelle indestructible, et, ayant réussi à cette Union, marchons Inconnus dans la Voie du Grand Œuvre. — Soyons inconnus c’est là le Grand Art du Vrai Martiniste. — Soyons Inconnus, car nos Grands Maîtres nous y exhortent par l'édifi cation du Symbole Sacré du Masque.
Mais prenons garde! car les lignes de notre corps trahiront notre personnalité si nous ne jetons sur nos épaules le Mystérieux Manteau qui confondra les
26 l'initiation vils curieux. — Et quand cela sera accompli, nous pourrons réellement nous intituler Inconnus Supé rieurs, Inconnus Philosophes. Protégés par le Masque et le Manteau, nous devenous l'Enigme etle Sphinx en face du mal qui, inca pable de toucher la bordure de nos révérés symboles s’enfuira, toujours pris de crainte,car il reconnaîtra la grande puissance par laquelle se révèle Celui qui est Inconnnu.
Frf:. — Vous vous êtes engagés par votre serment au plus grand Silence sur les Enseignements que vous recevez ; ce Silence, gardez-le respectueusement jusqu'au jour où vousserez à votre tour appelés à en seigner: il créera autour de vous un champ dans le quel vous cultiverez ces précieux Enseignements, que l'Ordre par ses profonds Symboles et par ses su blimes Traditions présente à vos Esprits. —Culti vez le silence parce qu’il vous apprendra à méditer — Obscurs !
Inconnus !
Silencieux ! vous pourrez réa liser l’œuvre de la Méditation et quand le jour vien dra où l'Ordre vous demandera de donner à des Élus, la Lumière que vous reçûtes de moi, alors, sor tant du Cercle du Silence qui, jusqu’à ce jour vous entourait, vous vous envelopperez encore de votre Manteau protecteur et toujours Inconnus, vous mar cherez dans laVoiedel’Enseignement et vous donne rez au peuple ignorant, au peuple assoiffé, vous don nerez à boire à son Désir, l’Ambroisie Divine de la Vérité.
Que votre devise soit aujourd’hui : Inconnus en silence ! demain elle sera : Inconnus à l’CEuvrel INCONNUS TOUJOURS INCONNUS
PHILOSOPHIE OCCULTE Les Mystères de l’univers Les dix dernières années qui viennent de s’écouler sont singulièrement suggestives pour l'œil exercé de celui qui observe les phénomènes de la vie, pour ceux qui. voient avec quel acharnement, quel parti pris les savants officielsnient les résultats de certaines découvertes qui ruinent le laborieux édifice qu’ils ont élevé!
La chimie est complètement bouleversée par les expériences récentes de Curie, qui, en somme, donnent raison aux alchimistes du moven âge. Et un jour viendra, sans doute, où l’on étudiera les corps, non plus d'après la méthode psittaciné des facultés, mais en s’aidant des données numériques et de rap ports harmoniques qu’enseigne la Kabbale.
Mêmes phénomènes s’observent dans le domaine de la phy sique, vieille comme le monde, et toujours nouvelle. On s’apercevra enfin que les pythagoriciens avaient saisi certains rapports mystérieux qui ignorent nos physiciens modernes et que l’on commence à aper cevoir. La méthode psychologique fournira à ces savants des aperçus nouveaux dont ils s'émervedleront sans pouvoir comprendre par quel sortilège ils
l’íNUIA I ION les avaient négligés jusqu’alors. Les expériences de Camille Flammarion, de Albert de Rochas, de Delanne, des frères Durville, et de tant d'autres encore, feront luire une aurore magnifique dont rhumari-c sera éblouie — tellement éblouie qu’elle ne voudra plus retomber dans les ténèbres de l'ancienne phy sique, de l’ancienne chimie, sciences qui seront dé daignées et mises au rang des vieilles lunes.
Chaqu. millénaire fait avancer d’un pas la paralytique huma nité : combien de stades avons-nous parcourus et combien encore en devons-nous parcourir pour arri ver à l'ultime aperception, pour arriver à la connais sance intégrale ? Nous y arriverons cependant, bien que lentement.
Dans F Univers, tout se tient, tout s'enchaîne, il n'y a jamais de lacune dans le processus de notre évolu tion, et ce qui nous surprend aujourd’hui nous pa raîtra extrêmement naturel demain. Peu à peu les phénomènes sont expliqués par des causes naturelles et le mystère recule pas à pas.
Durville a écrit un livre où il prouve que notre corps char nel recèle un fantôme, le fantôme des vivants, et le comte de Tromelin, bien connu ici-même par ses nombreux articles, a fait des divulgations pour le moins stupéfiantes dans son nouvel ouvrage intitulé: Les Mystères de L'Univers.
Un tel livre ne s’analyse pas, car il faudrait le commenter page par page ; et d’ailleurs, c’est un journal, mais combien suggestif, combien original et curieux 1 L’auteur semble admettre la théorie des plans dans l’invisible, et si l’on sait quechaqueplande l’Univers,
LES MYSTÈRES DE l’CNIVERS 2q du Macroscome, au dire des Kabbalistes, est peuplé d’entités intelligentes — êtres éthériques ou autres — on comprendra dès lors que le comte de Tromelin a des sujets de croire à l'existence d’un autre monde inconnaissable pour les profanes que nous sommes. C'est une opinion discutable, et pour beaucoup in soutenable même, parce qu’elle ruine bien des préju.géset bien des dogmes scientifiques.
Et cependant de Tromelin est si précis, si affirmatif, comme il appartient de l'être au témoin oculaire des phéno mènes décrits dans ce curieux ouvrage, que malgré le parti pris que nous avons de nier ce qui ne tombe pas sous nos sens, nous ne pouvons nous empêcher de poser à la vie un formidable point d'interroga tion.
Le Cogito, ergo Sum de Descartes n’a plus qu’une valeur toute relative en présence de pareils phénomènes, si déconcertants pour notre pauvre lo gique. Platon, avec son idéal de métaphysicien, au rait peut-être compris davantage que nous cette cos mogonie, qui certes n'est pas nouvelle, puisqu'elle fut affirmée dès la plus haute antiquité.
Mais c’est surtout dans la seconde partie de son ouvrage que le comte de Tromelin nous intéresse le plus, car elle est plus particulièrement philosophique et l'auteur y expose des idées absolument originales sur l’Univers.
Lui-même le dit en épigraphe : « Le monde matériel n'est qu’une image grossière du monde éthéré» et, dans la dédicace qu’il a bien voulu m'écrire en page de garde, il explique : « J’aibasé mon système de créa tion des êtres sur les derniers progrès et recherches expérimentales des sciences physiques. C’est en cela
3o l’initiation que mon système me paraît satisfaire mieux l’intel ligence humaine, pour ceux qui croient à la préexis tence et à l'existence des Esprits, zoosprits, etc. » Pour conclure cet article déjà long, nous ajoute rons encore quelques mots.
L’ouvrage du comte de Tromelin sera lu et discuté, très discuté meme, et, malheureusement pas toujours compris.-Car de même que les livres ont leur destinée, ils ont aussi leurs lecteurs, et il n'y a guère qu’une élite intellectuelle qui puisse tirer d'un ouvrage toute la substance spi rituelle que l’auteur y a mise. Mais en somme n’estce pas pour ceux-là que nous écrivons ? Pauci sed boni... Juin 1911. A Porte du Trait des Ages.
j)e f'Slaboration du jYfoi De quelle manière s’opère l’élaboration du « moi » humain, et, par voie de généralisation, l'élaboration de tous les « moi » créés ? Cetteélaboration nous paraît procédert/e l'extérieur à l'intérieur. Je dis « nous paraît », car je me place ici au point de vue des apparences illusoires, je m’en réfère à l’appréciation superficielle faite du phénomène par le sujet qui le subit.
Suivant cette appréciation les contours de notre corps sont impressionnés, ébranlés, sensationnés par les forces extérieures. Nous recevons ces sensations, nous les emmagasinons, et elles se transforment pour nous en Expérience. C’est donc le Dieu macrocos mique qui travaille, martèle et cisèle la Statue, pour lui insuffler les rudiments de sa conscience.
Oui c'est par la naissance, par la douleur, par le plaisir, par la chasteté, par la luxure, par la vie et par la mort, que lui, le Seigneur, le Grand Ouvrier des Mondes, nous sculpte et nous pétrit. En définitive, sa main s’appelle : la Douleur. Et qui donc pourra nous dire les sensations douloureuses du bloc de marbre, au moment où le Sculpteur fait jaillir son corps en
l’initiation éclats, au moment où le ciseau s'enfonce dans scs veines pour y imprimer l’idée créatrice ! Aucun ccup de ciseau ne porte à faux et n’est inutile ; aucune vi bration, aucune sensation, aucune douleur ne se perd.
Seulement, il est vrai de dire qu'il y a des marbres plus durs les uns que les autres : sur ceux-là le Grand Statuaire frappera à coups redoublés, sur ceux-là il frappera fort et longtemps, car il faut que son œuvre se fasse, et son œuvre se fera nécessairement.
Sou li rez donc, souffrez dans la périphérie de votre corps, souffrez dans votre chair, souffrez au fond de votre cœur, souffrez au fond de votre âme, Faunes, Satyres, Héros, Demi-Dieux, Apollons du Belvédère, Vénus de Milo !
Souffrez donc, ô Statues mes sœurs, puis que votre souffrance est nécessaire à votre Apothéose, puisque vos cris d’agonie ne sont que les vagisse ments prophétiques du marbre qui, sous la main qui le presse, se sent en travail de devenir un Dieu !... Et c'est une œuvre lente, patiente et incessante, que cette élaboration de la forme sculpturale.
A chaque instant elle se fait, elle se continue, elle se poursuit: l’individu se transforme perpétuellement, et toujours plus avant dans le sens divin, car perpé tuellement le Ciseau divin meurtrit ses contours im parfaits, pour en harmoniser la forme et l’imprégner de spiritualité. Mais une heure arrive où la statue, exaspérée et lasse de souffrir, finit par rechercher et par trouver la cause de ses souffrances.
Elle comprend enfin qu’on la travaille et qu’on la sculpte ; elle comprend que ses douleurs proviennent de la résistance de sa passivi é
33 / DE L’ÉLABORATION DU MOI aux efforts créateurs de l’Esprit divin. Alors, vou lant ne plus souffrir, elle se prête docilement et acti vement au Ciseau qui la meurtrit ; elle devient intel ligente ; elle cherche à pénétrer la volonté du Sta tuaire ; et, par l’ébauche de ses propres contours, elle tâche de pressentir la perfection finale de l'Œuvre.
C’est donc dans ce sens quelle se mouvra désormais ; elle se contemplera elle-même, elle se mirera dans sa conscience grandissante, elle recherchera son point central, c’est-à-dire l’idée divine qui préside à sa créa tion ; elle facilitera, en un mot, par ses propres efforts, le travail du Grand Statuaire.
A mesure que la Statue, devenue docile, active et intelligente, unit consciemment ses efforts à ceux du Statuaire ; à mesure que la Vierge, abandonnant sa pudeur et cessant sa résistance instinctive, se livre, pleine d’émoi, aux baisers de son Époux, l’amour de celui-ci devient plus tendre et plus pressant. Enfin, le Statuaire va donc, son dernier coup de ciseau donné, pouvoir contempler son œuvre et être con templé par elle !
Enfin, l’Epoux va donc, le dernier voile étant tombé, pouvoir presser sa bien-aimée dans ses bras, et, posant sa bouche sur la sienne, l'initier au mystère sacré ! Et voici : le ciseau du Statuaire tombe de sa main ! Le voile du Temple se déchire! Un immense cri de joie retentit, une lumière resplen dissante rayonne dans le Saint des Saints... La Statue est parfaite, elle est illuminée de gloire, elle resplendit de beauté...
Le Statuaire la contemple avec ferveur, et s’écrie : «Os de mes os, chair de ma chair, substance de ma substance, ô ma Bien-Aimée, je 3
34 l'initiation t’aime !... » Et la statue répond : « O mon Seigneur,, moi aussi je vous aime et je vous appartiens ! » Un long baiser, un baiser céleste, tel que les humainsn’en connaissent pas et n’en connaîtront jamais.,, une joie indicible, à laquelle rien ne peut être compare... un spasme infini qui fait tressaillir tous les monr des... Le mariage divin est consommé, l’Epouse est f désormais unie à l’Epoux, et rien désormais ne pourra, les séparer ! Karl N issa.
Société d’études philosophiques et psychiques de Tours Année 1909-1910 (Suite.) Calomnies sur les médiums. — Nous revenons aujourd’hui sur la question de la calomnie lancée par certains savants contre les médiums. Les savants officiels ont nié les phénomènes psychiques, puis, devant les faits indubitables, con trôlés, ont été obligés d’admettre ces phénomènes. Ils ont pris ensuite le parti de démolir les médiums en disant qu'ils avaient triché. Les médiums vivants sont sujets à erreurs, mais les faits produits par W. Crookes ne peuvent être niés. Une infamie vient d’être commise. Quand on n’a aucun titre scienti fique à sa disposition et qu’on veut être quelqu'un, on nie ce que les autres avancent, ou ce qu’on a vu soi-même. Tel le directeur des Annales psychiques, Devèze, qui a assisté à des séances, a vu des phéno mènes, a dit « oui » devant Darget et Papus, et une fois dehors a nié, prétextant une hallucination. Un savant peut très bien nier un fait dont il n’a pas été le témoin, mais il n’est pas possible de nier après avoir constaté un fait physique. Si on raconte qu'un.e
36 l’initiation sardine a bouché le port de Marseille sans y être allé voir, on est un fumiste ; mais si on a réellement vu le phénomène, on est bien obligé de l’admettre. Le Bon avait lancé un défi, ofirant un prix de 5oo francs à qui soulèverait un objet en plein jour sans contact. L'expérience a été faite vingt fois de puis, mais Le Bon a retiré son prix.
Puis il a prétendu que le médium de M. Crookes, miss Cook, avait dit qu’il s'étiit trompé. Voilà la calomnie que Le Bon a publiée, sans avoir écrit à Crookes, sans se renseigm r auprès de lui sur ce qu’il en pensait. Papus, lui, a écrit à Crookes pour lui demander si miss Cook l’avait trompé. Crookes a répondu par une lettre qui paraî tra dans l'initiation.
On a voulu faire passer Crookes pour mort, afin d’étayer plus fortement la calomnie, mais Crookes est bien vivant. Crookes a déjà affirmé, en 1900, qu’il n’avait ja mais été trompé. C’est lui qui a formé les premières apparitions, il est le premier à les avoir photogra phiées. Ainsi, on traite Crookes comme Jésus. Les Israélites ont prétendu d’abord que Jésus n’avait pas 9 existé.
Les Ecritures ont fait la preuve indéniable de son existence Ils ont dit qu’il n’avait pas fait de mi racles, etc., et ils ont été confondus. Il en sera de même pour les hommes de science qui veulent se faire remarquer par une négation systématique. On a fait passer Crookes pour fou. Depuis, il a fait des travaux curieux sur le radium ; donc il n’était pas fou comme on le prétendait. Le commandant Darget lit une réponse qu’il a déjà fait paraître dans la presse en 1908 ctqui sera
SOCIÉTÉ d’études PHILOSOPHIQUES DE TOURS 3/ de nouveau reproduite et complétée dans Y Initiation. Questions. — Comment peut-on reconnaître un médium dans une société de plusieurs personnes qui ne se connaissent pas? — Il suffit de donner un crayon et du papier à chacun des assistants; le mé dium trace des signes. Le moyen du docteur Boutin consiste à mettre les deux mains dans le dos, sur les omoplates.
En retirant ensuite les mains le sujet suit, Dans des réunions de ce genre, il ne faut pas poser de questions bêtes; il ne faut pas d’êtres qui disent des bêtises, car on peut arriver à des accidents men taux, surtout lorsqu’on est nombreux. Ainsi, dans une réunion chez Mme Bablin, le jour des Morts, le docteur dit de penser aux morts. Il se produisit alors des apports, des attouchements froids et visqueux.
Dès qu’on fit de la lumière, on aperçut des morceaux de cadavres, de suaires ayant appar tenu à des morts physiques. Alors que Papus voyait une matérialisation pour la Dremière fois, il dit mentalement à une boule blanche apparue au plafond :« Si tu n’es pas une blague, viens me tirer la barbe? » La boule s’est ap prochée de sa figure, s’est formée en un visage et un buste et lui a tiré la barbe.
Miller a fait apparaîtreun enfant de trois ans, qui a ri, chanté, puis a disparu. Le médium Fabre de la Conciergerie avait un en fant dont le bras était coupé, qui éprouvait la sen sation de se brûler les doigts, dit Darget. Le docteur Gibier a dit à Papus qu’il avait soigné un ouvrier à qui il avait dû couper la main. Après l’accident, l’ouvrier se plaignait de sa main coupée,
38 l’initiation comme si elle était traversée par des clous. Le chi rurgien fit rechercher la main qui avait été enterrée dans une boîte fermée avec des clous, dont deux tra versaient la chair coupée. Dargetdit de ne pas jeter dans le feu les excréments des enfants, parce que l’enfant peut ressentir l'apport astral qui subsiste entre les ordures et le corps de l'en fant, et en éprouver de la douleur.
Après certaines séances, Mme Bablin crachait du sang pendant quinze jours. Ce médium commençait la séance par tricher, surtout lorsqu’il y avait un invité, inconnu d’elle; mais ensuite, sure de sou pu blic, elle donnait de très belles séances. Un atta ché d’ambassade avait perdu sa femme qu’il aimait beaucoup et qui était enterrée à Melun, dans un parc privé.
Mme Bablin, sollicitée par lui, vient à son do micile à Paris, s’endort, et aussitôt un paquet de fleurs tombe sur la table (apport). A la lumière, on reconnaît les fleurs rares des pays exotiques, violem ment arrachées d’un bouquet. Le mari prend aussitôt le dernier train de nuit pour Melun, se rend sur la tombe de sa femme et contrôle que les fleurs qu’il a apportées ont été arrachées d’un bouquet qu’il avait mis lui-même sur la tombe.
Un directeur des Postes de Montréal, magicien, cherchait des trésors pour les donner aux hôpitaux. Un jour.il trouve un pot de terre plein de crottes de bique; il l'emporte, éprouve plusieurs accidents en route, et, arrivé chez lui, il trouve le pot plein de pièces d’or. Une personne avait acheté une ancienne abbaye
SOCIÉTÉ d’études philosophiques de tours 3g où, prétendait-on, un trésor était caché dans un cer cueil de plomb. On fait des fouilles très coûteuses, et on trouve le cercueil, on le touche, on le palpe, mais chaque fois qu'on veut s’en emparer, le cercueil s’en fonce sous terre devant tout le monde ; une pioche s’enfonce dans le plomb et se casse net. Le cercueil disparaît.
XXVI Faust: effets magiques. — La conférence de ce soir est un sujet d’été, faite pour ne pas fatiguer l’au ditoire et pour reposer le conférencier. Papus a choisi le chef-d’œuvre de Gœthe, Faust, moins connu en France qu’en Allemagne, où nous ne connaissons que l'adaptation intéressante de l'opéra de Gounod. On se rendra compte ainsi de l’idée maîtresse de l'œuvre ; on verra comment elle se rattache à nos idées magiques.
Tout d’abord, le rideau se lève sur le côté vulgaire, exotérique, du personnage. Faust, vieillard, savant officiel de son temps,seul dans son cabinet de travail, s’avoue que la connaissance des sciences ne conduit qu’à la vanité; il ne croit plus à rien. Cependant une idée persiste, s’il ne croit plus à Dieu, il a un doute sur l’existence du Diable.
Pour voir s’il existe, il prend un livre de magie, fait quelques évocations et voit apparaître Méphistophélès, qui lui demande de lui livrer son âme en échange de la jeunesse de l’amour. Faust accepte, et sous l’influence de Satan, séduit une jeune fille qui devient folle, tue son en fant et est jetée en prison. Au moment où Méphisto
l’initiation 4° croit avoir fait coup double, avoir entraîné deux âmes dans les enfers, lame de Marguerite s’envole au ciel, tandis que celle de Faust descend aux enfers. Les êtres physiques ont en eux trois principes : un principe matériel sur lequel Satan peut exercer son pouvoir, un principe raisonneur, qui veut tout con naître, qui arrive à nier toutes les connaissances, et enfin une partie féminine qui est l’idéal divin.
Les histoires mystiques, comme celle de Faust ne peuvent être écrites par une femme, mais bien par un homme qui y a introduit le principe féminin. Ainsi donc, nous sommes en présence de trois forces : la raison représentée par Faust, le destin représenté par Méphisto et enfin l’étincelle divine qui existe sur chacun de nous, qui fait que nous pleurons pour les autres, c’est Marguerite.
Dans le prologue de Goethe, Méphisto se présente devant Dieu et lui demande la permission de tenter l’âme de Marguerite ; Dieu le lui permet, sachant bien qu’à la fin, cette âme sera tout de même sauvée. On va développer chacune de ces scènes devant vous et vous montrer que la magie ne perd jamais ses droits. Au premier acte, Faust étudie dans son cabi net de travail et s’écrie : « En vain j’interroge en mon ardente veille... Je ne vois rien.
Je ne sais rien. En core un jour qui luit. O mort ! quand viendras-tu m’abriter sous ton aile ? » Le gramophone donne une traduction musicale de cettepremière idée. Mais le personnage de Faust ne serait pas complè tement représenté si, après avoir rempli de liqueur
SOCIÉTÉ D*É EUDES PHILOSOPHIQUES DE TOURS 41 empoisonnée la coupe de scs aïeux, il ne maudissait pas tout ce qu’il y a de beau sur la terre et ne s’écriait: « A moi î Satan, à moi ! » Legramophone rend cette pensée.
L'Invisible apparaît à Faust qui l a demandé et qui, étonné de le voir apparaître, ne veut déjà plus voir Satan et lui dit : « Va-t’en ! » Beaucoup d’hommes de science, émus par les faits psychiques qu’ils ont constatés,font de même.Quand l’apparition sollicitée vient, leur étonnement se tra duit par une rage épouvantable et ils lui disent : « Vat’en ! » Mais les forces inconnues ne s’en vont pas comme cela, Méphisto connaît le cœur humain î « Fi, est-ce là ta reconnaissance?
Fallait-il me faire venir d’aussi loin pour me mettre ensuite à la porte ? Regarde ! » et il montre à Faust l’apparition d’une jeune fille. Faust s’écrie : Donne-moi la jeunesse ? » C’est la nature humaine. Metchnikoff, de nos jours, poursuit cette chimère ; rendre jeunes les vieillards.
Voilà Faust redevenu jeune homme; il va retrou ver les étudiants, au milieu desquels Méphisto fait quelques tours de prestidigitalion et chante la ronde du Veau d’Or, reproduite par le gramophone. Papus ne peut tout reproduire. Il y a l’acte de la magie de l’amour. L’être féminin a toutes les qualités, sauf un petit coin de faiblesse, la puissance qu’a l’amour sur la femme.
Marguerite, jeune fille très sage, reçoit néan moins les bouquets du pauvre Siebel. Mais Faust ar rive en séducteur, inspiré par Méphisto. « Ne per mettrez-vous pas, charmante demoiselle, qu’on vous donne la main? » Marguerite se sauve. Le pauvre
l’initiation Faust dit à Méphisto : « Elle m’a envoyé promener.— Tout va bien»,répond Méphisto. Celui-ci envoie des bijoux à Marguerite. L’amour féminin s’exalte alors. Cet acte mériterait à lui seul une conférence complète. Voici la romance de Faust, chantée par Carusso. C’est une nouveauté du gramophone. Carusso a touché une prime de douze mille francs pour l’avoir chanté devant l'appareil, pour son ut de poitrine exceptionnel.
Il est bon de rappeler ici que Gounod a vendu son œuvre cinq mille francs à son éditeur qui, pour sa part, en a retiré deux millions. La pureté du chant de Carusso est reproduite avec une fidélité étonnante. L’acte suivant où les passions se heurtent n’est pas moins beau. Le frère de Marguerite revient de la guerre (chœurs des soldats), se bat en duel avec Faust, est tué par traîtrise de Méphisto, et avant de mourir maudit Marguerite.
Celle-ci, délaissée par ses com pagnes, se rend à l’église où Méphisto, caché dans un pilier, lui crie : « Souviens-toi du passé. » Marguerite s’évanouit, puis est jetée en prison pour avoir tué son enfant dans un moment de folie, puis vient la vision de lame de Marguerite remontant vers Dieu, tandis que Faust arrive trop tard pour la sauver. Le gramo phone reproduit le fameux trio du dernier acte.
Les projections viennent à l’appui de la musique pour mieux faire comprendre l’œuvre de Goethe et laissent l’auditoire sous le charme de celte magni fique conférence.
SOCIÉTÉ d’études PHILOSOPHIQUES DE TOUPS 43 XXVII (Novembre.} Nous ouvrons aujourd’hui, dit le doc teur Encaussc, une nouvelleannéed‘études publiques des sciences psychiques. Nous allons nous efforcer d’étendre le champ des conférences de l’an dernier: nous ferons quelques conférences avec expériences intéressantes. /Aujourd’hui, nous allons expliquer ce que c’est qu’un médium.
Je vous rappellerai, tout d'abord, que tous ceux qui s’occupent des questions psychiques passent pour fous, et ils ont toujours été traités comme tels à travers les âges. Mais aujourd'hui, ces questions peuvent être considérées comme scien tifiques.
Pour arriver à désarmer la malveillance, nous montrerons que ces questions sont aussi scien tifiques que la chaleur, l'électricité, l’aviation, etc. Des savants comme Crookes, Aksakoil, etc., ont étu dié les questions psychiques et ont fait faire un grand pas dans l’étude de ces questions. Ainsi, par lons des maisons hantées.
Une personne voit tout à coup les meubles de son appartement remuer sans cause visible, les piles d’assiettes tomber à terre. les vitres se briser ; des bruits se faire entendre sans qu’on sache d’où ils proviennent. Les âmes simples attribuent ces phénomènes aux esprits ; mais les hommes de science ont découvert qu’une personne nerveuse se trouvait dans le voisinage, un sujet venait en aide à la production' de ces phénomènes.
Lors qu'on a voulu sauver la France, sous Charles VII, l’opération s’est faite par l’intermédiaire de Jeanne d’Arc et, des guerriers dynamisés de psychisme par
l’initiation 44 Jeanne d’Arc. Un médium est donc un intermédiaire entre plusieurs plans, un intermédiaire entre k plan visible et le plan invisible. Il y a des médiums inconscients : la jeune bonne qui, dans une maison hantée, voit ses casser-k s hap per contre leur support, ignore qu’elle est elle-même médium. Une jeune fille voit sa mère en apparition et l’en tend lui parler; elle ignore qu’elle est médium.
On peut aujourd’hui examiner scientifiquement ce que c'est qu’un médium. L’être humain est semblable à un jardin ensemencé avec des graines; il suffit de faire germer ces graines dans l’être humain. Pour Claude de Saint-Martin, la vérité, placée entre deux sensations, va faire germer ces graines. On arrive donc à la médiumnité par l’exercice.
Cependant toutes les sociétés tendent à empêcher le développement de ces facultés : un enfant voit un vilain diable dans ses rêves; on lui dit de se taire, de ne pas parler de ces choses-là. C’est un tort, car ces facultés pourraient lui être utiles plus tard. L’intuition permet de sentir à distance si les gens aimés sont heureux ou malheureux.
Pendant les fian çailles, l’un des fiancés sent si l’autre est heureux ou non, même à de grandes distances l’un de l’autre. Nous ne parlons pas, bien entendu, d’un mariage de raison, qui est une punition infligée à ceux qui préfè rent l’argent à l’amour éternel. Il arrivera un moment où on développera ces facul tés dans des écoles. L’être heureux possède un pouvoir
SOC!É1É D’ÉTUDES PHILOSOPHIQUES DE TOURS 45 rayonnant qu’il peut utiliser. Une maîtresse de mai son conserve un poisson pour le repas du lendemain. Dans la nuit, on peut voir ce poisson dégager de la lumière, lumière due aux émanations de phosphore et d’hydrogène qui se dégagent du poisson. La même chose se passe dans les endroits où se trouvent des matières en décomposition : ce sont les feux follets. Nous possédons tous cette matière.
Si nous avons la patience de rester deux heures tranquilles, dans l'obscurité et que nous regardions nos doigts, nous les apercevons lumineux, ainsi que les fleurs, les plantes qui peuvent se trouver dans l’appartement. Ces études ont été poursuivies de nos jours par de Rochas, Richet, Durville. Dans l’obscurité, un être humain dégage de la lumière et même une force, force qui a la faculté de remuer une sonnette à distance.
Des expériences ont été faites pour démontrer l’exté riorisation de la motricité. Il ne s’agit là ni de folie ni d’hallucination. On a remplacé dans ces essais, le cerveau humain par la plaque photographique. Si l’œil humain peut être halluciné, l’appareil photogra phique n’est pas hallucinable. On a donc photogra phié des apparitions.
Certaines personnes ont alors prétendu que ces faits étaient truqués, que la plaque photographique était truquée. La réponse scientifique consiste à réfuter ces assertions par l’expérience. Les savants qui s’occupent de ces questions sont arrivés à démontrer que les pho tographies sont bien positives. On a ainsi constaté qu’un sujet endormi produit une force qui a été pho tographiée.
46 l’initiation Ainsi donc, un médium est tout sujet qui pendant le sommeil, ou à l'état de veille, produit des phéno mènes psychiques; un médium à matérialisation est celui qui peut développer des forces qui peuvent agir à distance ou se manifester de toute autre manière.
Ces études progressent tous les jours comme les autres branches de la science, électricité, magnétisme, motricité dans l’air, sous l’eau, sur route, etc. Les principales photographies qui représentent l’état actuel des sciences psychiques sont ensuite dé veloppées devant, ies spectateurs. On voit successive ment les photographies de Julia, journaliste, \V.
Stead et le bureau Julia; une scène de psychisme par Apol lonius de Tyane, une autre chez les Mongols (ani maux soulevés), une apparition plusieurs fois renou velée dans une famille de Naples, un objet suspendu entre les mains d’un médium, sans contact; l’appa rition du capitaine Benton auprès de Miller ; une plaque photographique sur laquelle la figure du sujet est couverte de points noirs, photographie obtenue quelques jours avant que la personne soit atteinte de la petite vérole, c’est-à-dire avant que les boutons ap paraissent visibles à l’œil nu.
L’étude de ces sciences de demain, favorisées par l'attrait du mystère, sera poursuivie dans les causeries mensuelles à suivre. De chaleureux applaudissements prouvent au con férencier toute la sympathie qu’il inspire à son audi toire et avec quel intérêt sa parole est goûtée.
LM VIE ET SON BUT Tous les systèmes philosophiques qui ont entre pris d’expliquer la vie peuvent se ramener à deux grandes divisions : spiritualisme et matérialisme. Pour ceux-ci la vie est un but. L’homme vient sur la terre, pourquoi, ils ne sauraient le dire, y passe un certain nombre d’années, puis y meurt, ou plutôt se décompose et tout est fini.
L'âme n’existe pas, ils n'en sentent pas le besoin pour expliquer les phéno mènes les plus immatériels : la sensibilité, ce sont les objets extérieurs qui viennent imprimer dans l’organe leur image en petit, comme sur une plaque photographique ; la volonté il n’y en a pas ; nous nous cr oyons libres parce que nous ne voyons pas les causes qui nous déterminent, mais au fait nous ne dépen dons entièrement des circonstances extérieures : éduca tion, climat, nourriture,circonstances, entourage ou e ncore de notre tempérament ou de notre caractère, et encore le caractère qu'est-ce au fond pour eux ? la bile, le sang, les nerfs.
Il n’est pas jusqu’à l'intelli gence elle-même qui ne soit matérielle : le cerveau secrète la pensée comme le foie secrète la bile et l’estomac le suc gastrique. Quant à Dieu il n'existe pas non plus : les lois d'attraction, de gravitation expliquent les mouvements des astres; la vie
48 l’initiation s’explique par les lois de la chimie, ce sont des décompositions ou des mélanges.
Il y a bien, il est vrai, des faits que ces lois astrologiques ou chimiques ne peuvent expliquer par les propriétés de la matière seule, mais les matérialistes ne sont pas emb -rrassés pour si peu et les fameuses « forces inconnues» de la matière sont pour eux « l’imagination » des néga teurs du magnétisme et autres forces occultées, le « mystère » des théologiens catholiques.
Un tel système de philosophie amène nécessaire ment à un épicuréisme abject en morale. Puisque la vie humaine est le but de l’homme et que, en défini tive, nous avons droit au bonheur, il faut le chercher ici-bas, chacun suivant ses goûts, son idéal, ou plutôt, puisque nous ne sommes pas libres, il faut suivre nos instincts, les satisfaire à tout prix et trouver dans cette satisfaction le bonheur ici-bas.
Les phénomènes que le matérialisme ne peut expliquer, les consé quences déplorables que ce système donne en morale quand on a le courage d’être logique, conduisent tôt ou tard le chercheur sincère à une autre explication, le spiritualisme. Les spiritualistes ne voient plus dans la vie un but final mais un moyen d'y atteindre, une route qui y conduit, route bordée de précipices où ils peuvent tomber, de chemins de traverse qui peuvent les égarer.
Cette vie leur apparaît comme une période d’évolution leur permettant de se rapprocher de l’Absolu ; pour cela ils doivent évoluer, perfectionner leurs facultés, leurs modes de vie dans l’ordre où ils se présentent à lui.
LA VIE ET SON BUT 49 C'est d’abord la vie animale ou faculté végétative avec ses tondions de nutrition, de relation et enfin de reproduction. C'est là le terme de la vie animale ; désormais elle ne fera plus aucun progrès et même, peu à peu. son intensité diminuera. C’est que la vie intellectuelle est apparue et devient à son tour domi natrice.
On dirait que la somme de force qui est en nous ne peut suffire à augmenter parallèlement la vie animale et la vie intellectuelle. En effet, plus nous donnons à l'une, plus nous prenons à l’autre.
Le paysan illettré est vigoureux; son estomac, ses mus cles, ses poumons ont une force incomparable; il ne connaît point les souffrances du savant à la recherche de la science : sa digestion n’est point troublée, son sommeil n'est point interrompu par la fièvre intel lectuelle. cette soif de savoir qui jamais n’est ras sasiée et, plus terrible encore que celle de Tantale, augmente toujours en découvrant un champ toujours plus vaste à nos recherches, en éloignant de plus en plus la coupe de la science quand nous croyons pou voir y boire à longs traits.
Voyez le savant au con traire, son corps est décharné, son cerveau, appelant à lui toutes les forces nerveuses, laisse végéter le corps miséralement et souvent même hâte sa fin; car si l'on trouve encore quelques paysans centenaires, les Chevreul sont rares, les pionniers de la science meurent relativement jeunes et le Sphinx dévore les téméraires qui veulent lui ravir son secret.
Et ne sentons-nous pas tous que, à chaque moment de la vie, il y a lutte entre ces deux vies : pendant la diges tion, surtout si un copieux repas réclame toutes les 4
5o LiMTlATlON forces nerveuses, l'intelligence semble frappée de stupeur, parfois même un sommeil complet vient laisser à l’estomac toute la vie qui lui est alors néces saire pour accomplir son travail. Au contraire quand l’œuvre est achevée, qu’un sang nouveau circule dans nos artères l’intelligence reprend son empire et l’homme semble être moins animal pour devenir plus raisonnable.
Mais peu à peu la vie intellectuelle elle-même semble diminuer.
La mémoire perd d’abord sa récepti vité; elle fournit bien encore les matériaux jadis accumulés par elle et gardés dans ses mystérieuses retraites; elle les livre à l'intelligence qui en dispose pour composer et produire ; mais elle ne peut plus ou quetrès difficilement en acquérir de nouveaux sur tout sur des sujets jusqu’alors inconnus d'elle et dont elle n’a pas au moins les éléments.
C’est la période de création, de synthèse ; c'est le moment où l’homme riche des acquisitions de sa jeunesse en jouit et en fait jouir les autres.
Mais ce n’est plus le moment d’entreprendre des études sur un sujet nouveau, ce n’est pas à 40 ans que l’on apprend la musique, le dessin, une langue étrangère, que le peintre change son pinceau pour le scalpel du chirurgien, ni l’écrivain sa plume contre la cornue du chimiste, il faut suivre la voie que l’on a choisie ; il est trop tard pour en changer; on est au sommet de la montagne, il faut y rester le plus longtemps possible, contemplant le chemin parcouru et recueillant le prix de ses fatigues jusqu’au moment fatal où il faudra descendre l’autre versant, courbant peu à peu le dos et baissant vers la
LA VIE ET SON BUT D1 terre la tète que nous portions si haute en gravissant en fier conquérant le sentier de la montée. Bientôt ce moment arrive, la force créatrice dimi nue à son tour, l’âme se dépense moins en dehors, elle ne regarde plus autour de soi, baissant les yeux, elle rentre en elle-même ; après avoir étudié la nature, elle veut mettre en pratique le « yvauTt çEauTov ».
Sans doute elle l’a essayé déjà plusieurs fois ce retour sur elle-même ; mais elle n’était pas encore assez libre, assez dégagée des passions et d'ailleurs son activité ne lui eût pas permis cette concentration. Maintenant elle est vraiment maîtresse d’elle-même ; les passions animales sont éteintes, les passions intellectuelles elles-mêmes: l’orgueil, l’ambition sont calmées: c’est la vie morale maintenant qui domine.
Souvent alors l’homme change de conduite. L'étude de la na ture qui lui en avait montré les forces immenses avait pu lui faire oublier le Créateur, les affaires le détourner de son étude, les passions l’empêcher d’en tendre sa voix : le retour sur soi-même lui rappelle alors que la vie a un but, qu’il doit se perfectionner, tendre de plus en plus vers T Absolu vers l'idéal qu'il entrevoit à des hauteurs infinies.
11 commence à com prendre que la vie, avec ses mille événements, n'est pas un but mais un ensemble de circonstances dont il doit se servir pour se perfectionner, de luttes dans lesquelles chaque défaite est un pas en arrière dans la vie de l’évolution, de l’ascension vers l’Absolu, et chaque victoire un pas en avant.
11 comprend que lorsque son âme a quitté le corps, tout n'est pas fini pour elle, que les sanctions terrestres sont trop insuf5-2 l’initiation lisantes, que la justice humaine peut se tromper mais que la Justice absolue est infaillible.
Il sent qu’il lui faudra dans une autre existence subir les conséquen ces de celle-ci et il travaille à rendre cette nouvelle vie plus heureuse jusqu’au jour où son âme ne pouvant plus se servir de ses organes vieillis, de son corps usé le rend à la terre et s’en va dans le royaume des esprits commencer à recueillir les fruits de la vie qu’elle vient de parcourir. J. Lire.
LE LIVRE ROUGE Résumé du magisme, des sciences occultes et de la philosophie hermétique D’après Hermès Trismégiste, Pythagore, Cléopâtre, Artéphius, Marie l’Égyptienne, Albert le Grand, Paracelse, Cornélius Agrippa, Cardan, Mesmer, Charles Fourrier, etc. PAR HORTENSIUS FLAMEL (Éliphas Lévï} {Suite) LIVRE PREMIER CHAPITRE PREMIER. ALBERT LE GRAND Albertus Theutonius, de la famille des comtes de Bollston, naquit en 1193, à Laccingen en Souabe.
L’étendue des connaissances d’Albert, si étonnante pour son siècle, motive assez 1 épithète que ses con temporains ont ajoutée à son nom. On peut placer hardiment cet homme prodigieux au rang des pre miers philosophes. Il fit ses premières études à Pavie, où il surpassa tous ses condisciples.
La rapidité de ses progrès a été consacrée par une histoire mysté rieuse, la voici : « Découragé, dit la légende, par les difficultés qu’il trouvait dans la carrière des sciences,
54 l’initiation il méditait de l’abandonner, quand il fut honoré d'une visite de la Sainte Vierge qui dessilla les yeux de son entendement, et lui promit qu'il serait un jour une des plus grandes lumières de son siècle. Le célèbre dominicain Jordanus le décida à entrer dans l'ordre de Saint-Dominique en 1221. Il se rendit ensuite à Paris et y commenta Aristote avec un grand succès.
La réputation d’Albert s’accrut tellement dans son ordre, qu’on l’éleva en 1254 à la dignité de provincial des dominicains en Allemagne. En cette qualité, il fixa sa résidence à Cologne, ville qui of frait alors plus que la plupart des autres des res sources à l’homme studieux et au savant qui avaitdu goût et du talent pour l’enseignement.
Aussi conserva-t-il une prédilection marquée pour Cologne pendant tout le cours de sa longue et laborieuse vie. Ni les bonnes grâces du pape Alexandre IV qui l’ap pela à Rome et lui donna l'office de maître du sacré palais, ni sa nomination en 1260 à l'évêché de Ratisbonne, qu’il ne garda que trois ans, ne purent l’en éloigner pour longtemps.
C’est à Cologne qu’il fit son Androïde, ce fameux automate doué du mouve ment et de La parole, que saint Thomas d’Aquin, son disciple, brisa à coups de bâton à la première vue,, dans l’idée que c’était un agent du démon.
Ce fut aussi à Cologne qu’Albertdonna au roi des Romains, Guillaume comte de Hollande, ce fameux banquet dans un jardin de son cloître où, au cceur de l’hiver, la parure du printemps se montra tout à coup et dis parut après le repas ; toutes choses fort extraordi naires et qu’il appelle lui-même opérations magiques.
LE LIVRE ROUGE 55 Ce fut à Cologne qu’il mourut, en 1280, âgé de 87 ans, et laissant plus d’écrits qu’aucun philosophe n'en avait composé avant lui. Ses ouvrages compren nent 21 volumes in-folio. Voici les titres de ceux dans lesquels nous avons puisé: De licilis et illicitis ; Spéculum astronomicuni ; De vegetalibus et plantis ; De morte et vita ; De mineralibus ; De alcliimià libellas. ; De animalibus; De mirabilibus.
En voici un extrait qui donne l'opinion d'Albert sur la puissance de l’homme. Nous conserverons le style et la forme sans rien changer.
« 11 est chose manifeste que l'homme est la fin de «toutes choses naturelles et que toutes sont pour lui « faites, et qu’il vient à bout de tout, et a toutes « choses obéissantes à lui, et que celui homme tant « not-able est plein de toute merveille et vertu, car « en lui sont toutes conditions; c’est à savoir toutes « les qualités et vertus des choses qui obéissent à « humaine nature.Tous arts secretsoccurrent au corps « humain, et de lui toute chose admirable. » CHAPITRE II PARACELSE Paracelse (Philippe-Auréole-Théophraste Bombasí de Hohenheim), fameux alchimiste du seizième siècle, naquit en 1493, à Einsüdeln, petit bourg du canton de Schwitz, à quelques lieues de Zurich. Pa racelse subit, dit-on, la castration à l’àge de trois ans;
56 l’initiation d’autres disent qu'il perdit sa virilité par suite de la morsure d’un cochon ; ce qu’il y avait de certain c’est qu’il n'avait point de barbe et qu’il se vêtait en femme.
Initié aux opérations d’alchimie et de magie par l'abbé Tritheim et plusieurs évêques allemands, il visita dans ses voyages les Universités d’Allemagne, de France et d’Italie. — Il travailla longtemps chez le riche Sigismond Fugger de Schwaltz, pour ap prendre de lui le secret du grand-œuvre.
Paracelse voyagea dans les montagnes de la Bohême, en Orient et en Suède, pour voir les travaux des mineurs, se faire initier dans les mystères des adeptes orientaux, observer les merveilles de la nature et la célèbre mon tagne d’aimant. Il parcourut aussi l'Espagne, le Por tugal, la Prusse, la Pologne et la Transylvanie.
Il f poussa ses voyages jusqu’en Egypte et en Tartarie, et il accompagna le fils du Khan des Tartares à Cons tantinople pour apprendre le secret de la teinture de Trismégiste d’un Grec qui habitait cette capitale.
Un inventaire fait dix ans après sa mort constate que les seuls livres qu’il laissa furent la Bible, la Concor dance de la Bible, le Nouveau Testament, les Com mentaires de saint Jérôme sur les Evangiles, un vo lume de médecine imprimé et sept manuscrits. On ignore à quelle époque il revint en Allemagne.
On sait seulement que vers l’âge de trente-trois ans plu sieurs cures éclatantes qu’il opéra sur des personnages éminents, lui donnèrent une telle célébrité qu’il fut appelé, en 1520, d’après la recommandation d'Œcolampade, à l’Université de Bâle, pour y remplir une chaire de physique et de chirurgie. Il s'enfuit de
LE LIVRE ROUGE 57 Bâle vers la fin de 1627, craignant d'être puni pour avoir insulté un magistrat ; il se réfugia en Alsace où il fit venir son secrétaire Oporin avec tous ses appa reils chimiques. Il recommença sa vie de théosophe ambulant qu'il avait menée pendant sa jeunesse.
Ainsi il se trouvait à Colmar en 1528, à Nuremberg en 152g, à Saint-Gall en 1531, à Pfeffer en 1535, à Augsbourg en 1536 ; de là, il passa en Moravie, en Hongrie, puis, en 1558, à Villach, où il dédia sa Chronique aux Etats deCarinthie, en reconnaissance de toutes les bontés dont ils avaient honoré son père.
Enfin de Mindelheim, où il était en 1540, Paracelse alla mourir à Saltzbourg dans l’hôpital de SaintEtienne, le 24 septembre 1541 ; il avait alors qua rante-huit ans. ABRÉGÉ DE SON SYSTEME PHILOSOPHIQUE ET MÉDICAL Paracelse prend d’abord pour appui la religion et les livres saints.
La contemplation des perfections de la divinité suffit pour procurer toutes les lumières et la sagesse. — L’Ecriture Sainte conduit à toutes les vérités. — La Bible est la clef de la théorie des maladies. — On doit interroger l’Apocalypse pour con naître la médecine magique.
L’homme qui obéit aveuglement à la volonté de Dieu et qui parvient à s’identifier avec les intelligences célestes, possède la pierre philosophale, il peut guérir toutes les maladies et prolonger sa vie à volonté parce qu’il tient en sa possession la teinture dont Adam et les patriarches se servaient avant le déluge pour prolonger jusqu'à huit ou neuf siècles le terme de leur existence ; tous
58 L INITIATION les êtres, même les minéraux et les fluides prennent des aliments, des boissons et expulsent des excré ments. Sa théorie physiologique est fondée sur l'ap plication des lois de la cabale à la démonstration des fonctions du corps humain. — La force vitale est une émanation des astres. — Le soleil se trouve en rapport avec le cœur, la lune avec le cerveau, Ju piter avec le foie, Saturne avec la rate.
Mercure avec les poumons, Mars avec la bile, Vénus avec les reins elles organes de la génération. Le médecin doit con naître les planètes du microcosme, son méridien, son zodiaque, son orientet son occident. C’est à l'aide de ces connaissances qu’il parvient à la découverte des secrets les plus cachés de la nature. Le corps est formé parle concours du sel de soufre et du mercure sidériques, c’est-à-dire immatériels.
Chacun des ali ments peut admettre toutes les qualités. — L’Archée ou esprit architecte n’est autre chose, d'après les paracelsistes, que la nature ; elle entreprend de son au torité privée, tous les changements et guérit toutes les maladies. L’or potable, la teinture des philosophes, la quintessence, le mithridate, la pierre philosophale.
Les maladies sont dues à cinq causes générales ou entités, lesquelles se rattachent au système astrolo gique. L’entité peut être divine ou astrale, ou natu relle, ou spirituelle, ou vénéneuse. En thérapeutique et en matière médicale sa théorie est toute cabalis tique. Le sang menstruel possède des qualités véné neuses et les propriétés les plus extraordinaires. L’or est un spécifique dans tous les cas où le cœur est le siège primitif du mal ; parce que ce métal précieux
LE LIVRE RO CGE 59 se trouve en harmonie avec l’importance de l'organe malade. Pour découvrir les vertus des végétaux on doit étudier l'anatomie et la chiromancie: car les feuilles sont leurs mains et les lignes qui s’y remar quent (signatures) font apprécier les propriétés qu’elles possèdent. Avant d'user d’une médecine, il est indispensable d’observer l'influence des constel lations et de s’assurer si elle est favorable.
Il em ployait beaucoup l’aimant contre les hémorragies, l’hystérie, l’épilepsie et la plupart des affections spas modiques. On lui doit la découverte des préparations antimoniales, mercurielles, salines et ferrugineuses qui ont sur nos organes une action si efficace. Para celse publia très peu d’ouvrages de son vivant.
Comme ceux qui lui sont attribués présentent de nombreuses contradictions, on est porté à croire que plusieurs ont été composés par ses élèves. CHAPITRE III AGRIPPA, SA VIE, SES ECRITS, Agrippa (Henri-Corneille), un des hommes les plus savants du seizième siècle,, naquit à Netesheim, dans le territoire de Cologne, le 14 septembre i486', et professa toutes les conditions.
Il fut soldat, homme politique,, homme de lettres, philosophe, théologien, alchimiste, pyrrhonien, médecin, érudit astrologue ; riche, pauvre, considéré, méprisé, que sais-je quoi encore 1 Ce fut la vie la plus accidentée, la plus ex traordinaire qu’il soit possible de trouver... Il fut
6o L INITIATION d’abord au service de l’empereur Maximilien, puis il se fit recevoir docteur en droit et en médecine {utriusque juris ei medicinarum doctor)', il con naissait et il parlait huit langues. Il mourut en ï 536, après avoir beaucoup couru, beaucoup étudié, beau coup invectivé, beaucoup souffert et peu vécu. PHILOSOPHIE OCCULTE d'AGRIPPA. EXTRAITS. Il y a trois mondes: l’élémentaire, le céleste, l'in tellectuel.
Chaque monde subordonné est régi par le monde qui lui est supérieur. Il n est pas impossible de passer de la connaissance de l’un à la connaissance de l’autre, et de remonter jusqu’à l’archétype : c’est cette échelle qu’on appelle le magisme {Magie).
La magie est une contemplation profonde qui em brasse la nature, la puissance, la qualité, la sub stance, les vertus, les similitudes, les différences, l’art d’unir, de séparer, de composer, en un mot, le tra vail entier de l’univers. Il y a quatre éléments, principes de la composi tion et de la décomposition : l’air, le feu, l’eau et la terre. Ils sont triples chacun.
Le feu et la terre, l’un principe actif, l’autre prin cipe passif, suffisent à la production des merveilles de la nature. Le feu par lui-même, isolé de toute matière à la quelle il soit uni, et qui serve à manifester sa préLE LIVRE ROUGE 6l sence et son action, est immense, invisible, mobile, destructeur, restaurateur, porté vers tout ce qui l'avoisine, flambeau de la nature dont il éclaire les secrets.
La terre est le suppôt des éléments, le réservoir de toutes les influences célestes; elle a en elle tous les germes et la raison de toutes les productions : les vertus d’en haut la secondent. Les germes de tous les animaux sont dans l’eau. L’air est un esprit vital qui pénètre les êtres et leur donne la consistance et la vie : unissant, agitant, remplissant tout, il reçoit immédiatement les in fluences qu’il transmet.
Il s’échappe des corps des simulacres spirituels et naturels qui frappent nos sens. 11 y a un moyen de peindre des images, des lettres qui, portées à travers l’espace immense, peuvent être lues sur le disque de la lune qui les éclaire, par quel qu’un qui sait et qui est prévenu. (A suivre.}
SECTION ARCHÉOMÉT L’Archéomètre de Saint-Yves Tous nos amis nous pressentàqui mieux mieux pour la publication de l’Archéomètre. Nous tenons à expliquer pourquoi cette publication s'avance nor malement mais pourquoi aussi il faut laisser le temps nécessaire à mettre sur pied un ouvrage de cette im portance. Quand la famille de Saint-Yves, Mme la comtesse et Al. le Comte Alex.
Relier ont choisi le docteur Encausse pour continuer et mettre au point l’œuvre de Saint-Yves,l’Archéomètreétait en fragments,mais rien n était terminé. Or Papus tient avant tout à ce que l’ouvrage publié soit de Saint-Yves lui-même et non de commentateurs plus ou moins érudits. En ce mo ment il paraît de tous les côtés des commentaires de l’Archéomètre. Chacun se hâte d’exposer ses idées. Ce n’est pas là notre méthode.
Nous désirons que Saint-Yves expose lui-même ses idées avec la hauteur de vues, le style ardent qui le caractérisent. Le commentaire de l ’Archéomètre que nous publie rons sera celui de l’auteur lui-même et chaque fois
L’ARCHÉOMÈTRE DE SAINT-YVES 63 que les nécessités de l’exposition obligeront un des « Amis de Saint-Yves» à se mettre en avant, des ca ractères typographiques spéciaux seront employés. C’est ainsi que notre ami Saïr, après un an de tra vail acharné, a pu mettre sur pied toute la section de l’Archéomètre consacrée à l’histoire des Religions et formant le fameux chapitre sur Jésus de la Mission des Juifs.
Nous avons de même pu rétablir toute la section consacrée au Brahmanisme et formant plus de 3oo pages in-8°. Saint-Yves a laissé une table complète destinée au classement des matières de son Archéomètre. Nous ferons les plus grands efforts pour suivre à la lettre les indications de cette table. Pour le reste nous incitons vivement nos confrères pressés à publier le plus de commentaires possibles sur l’œuvre de notre maître.
C’est un excellent moyen de diffusion et de publieité pour l'ouvrage original qui sera de Saint-Yves luimême et non pas d’un de ses disciples. Nous sommes en organisation pour savoir si cet ouvrage sera publié par fascicules ou par volumes. , Nos lecteurs seronttenus au courant de nos décicions.
« LES AMIS DE SAINT-YVES. » En tète de l’ouvrage paraîtront les portraits et les noms de tous les membres de la société « Les amis de Saint-Yves », ainsi que les portraits des membres de la famille du Maître.
Synarchie €uropéem Extrait de la Mission des Souverains, par Saint-Yves d’Alveydre. {Suite.) Si un pape, Léon XIII ou un autre, part de là 1 n’aura pas une seule ville libre pour y abriter en paix la plus haute dignité sociale de la terre, mais toutes les capitales de la chrétienté d’Europe, selon qu'il voudra choisir, en y comprenant Constantinople et Jérusalem, aussi bien que Londres, Saint-Pétersbourg ou Paris.
Enfin, comme l’oeuvre, dont je me suis fait l’ini tiateur, est une création et non une destruction d’ordre social, si, dans le conseil Européen des Eglises, le Souverain Pontificat n’était pas momentanément ad mis, j’aurai soin d’indiquer comment et pourquoi il doit être organiquement conservé, quoique avec un autre régime que l’élection. Il me reste à aller au-devant de plusieurs interro gations. J’ai exposé le but à atteindre et la grandeur de ce but pourra sembler irréalisable, à cause de sa gran deur même. i
SYNARCHIE EUROPEENNE 65 Le Conseil des Communes, par exemple, la fédé ration économique des Capitales, est le but premier qu’il faut atteindre, mais le point de départ et les commencements sont et doivent être plus simples.
Soit que l’on choisisse tout d’abord une seule ville que l’Europe entière ait intérêt à neutraliser, soit que trois capitales se fédèrent entre elles, sous l’initiative r de leurs Etats nationaux, il importe surtout que l’ins titution fondée soit une institution ouverte et que r tous les Etats puissent librement s’y rallier.
J’ai indiqué les mesures à prendre vis-à-vis de VIslam : il y en a d’autres toutes différentes que le conseil des Églises devra adopter à l’égard d’Israël. Ce dernier, mêlé, mais non régulièrement associé à toutes les œuvres de la Chrétienté, n’ayant pas, comme l’Islam, de corps politique armé à lui opposer, ne saurait dans une dangereuse iniquité, être traité comme l’état social musulman.
Je vaisentrer ici dans quelquesdétails spéciaux pour répondre, non à ceux des lecteurs que l’esprit de la civilisation chrétienne suffit à convaincre, mais à ceux chez lesquels la dogmolatrie à besoin d’être éclairée. Sans prêtres consacrés, sans grand prêtre consécrateur, les hébreux n’ont plus de pouvoirs sacerdotaux.
Au terme même de leur loi périmée, ils ne peuvent plus avoir de sacerdoce en Abraham, dans l’ascen dance de leur race, mais seulement un Melchisédec, c’est-à-dire dans un sacerdoce voisin. Ils sont, en un mot, dans la situation d’Abraham payant la dîme d’obédience à Melchisédec.
t)h l’initiation Quant il a fallu établir un droit biblique, la situa tion sacerdotale de Jésus-Christ, à côté du sacerdoce conservé dans la tribu de Lévi, saint Paul s’est tppuvé sur ce précédent, pour marquer, l’histoire des hébreux à la main, que Jésus-Christ bien que n'étant pas issu de la tribu sacerdotale abrahamique, reprenait directement le pontificat, devant lequel Abraham lui-même s’était incliné.
C'est ainsi que saint Paul a conclu en disant que Jésus-Christ était Grand-Prêtre et Souverain Pontife, selon l’ordre de Meichisédec. Cet ordre, n’est aujourd'hui, régulièrement cons titué, dans le Dieu vivant, dans le Dieu social, que par Jésus-Christ, dont les pouvoirs sacerdotaux, transmis aux Apôtres vivent actuellement dans les évêques.
Au contraire, depuis la dispersion des tribus, les pouvoirs sacerdotaux en Abraham,sont interrompus, sans pouvoir être repris dans cet ordre de l’ascendance de la race. L’esprit religieux et social des pouvoirs épiscopaux ne répugnent nullement à l’association des Israélites, comme traducteurs de l’Ancien Testament, aux églises nationales de la nouvelle chrétienté catholique ortho doxe.
Cette association sera, au contraire, la conclusion et l’accomplissement de l’ancienne et de la nouvellealliance, et l’un des signes annoncés de l’avènement du règne de Dieu. 11 faudra toutefois se garder, en parlant aux rab bins, comme aux pasteurs protestants, de confondre
SYNARCHIE EUROPÉENNE 67 la Domination avec l'Autorité, cette dernière étant inséparable de la tolérance intellectuelle et de la Charité-morale. Les oiseuses controverses, les dogmes soi-disant théologiques, que même que les grimoires talmudi ques, n’ont rien à faire dans cette grave question de droit théocratique pur et de paix sociale.
On devra se borner à reconnaître solennellement, de part et d’autre, que les Israélites étant de fait et de droit membres civils des nations de la chrétienté, s’associent religieusement à ses œuvres sociales.
Ainsi, le Catholicisme orthodoxe s'ouvrira sacerdotalement comme les bras de Jésus-Christ, le grandprêtre en Melchisédcc, s’ouvrant à tous les hommes de cette terre, à tous leurs cultes, à toutes leurs races, non pour les confondre dans une même domination, mais pour les unir dans le même Esprit social.
Le résultat de cette solennelle reconnaissance devra être la proclamation sacerdotale de la troisième Alliance, celle la paix religieuse en Iod-hé-Van-Né par l’esprit social de Jésus-Christ. On m’objectera en vain, que Caïphe et le peuple de Jérusalem ont crucifié Jésus.
Ce crime national est expié en Jéhovah par des conséquences sociales : ruine de Jérusalem, mort du corps de la nation israélite, séparation de ce corps d’avec son âme organique qui était le sacerdoce en Abraham, dispersion des membres et des tribus de ce corps national à travers toutes les nations de la terre.
Comme ces membres dispersés n'ont plus, aujour68 l’initiation d'hui, comme force organique de ralliement, que la civilisation chrétienne, dont l’Europe est la tête et le centre, pour corps central que les nations de la chré tienté, l’expiation d’Israël accomplie selon les lois sociales de Jéhovah, ne peut encore une fois, être arrêtée que par le sacerdoce chrétien.
Ainsi les Juifs, aujourd’hui à découvert, sans ga rantie de paix sociale et religieuse, seront couverts et garantis définitivement, comme membres ecclesias tiques et nationaux de l’Église universelle, transfir guration d’Israël de l’Etat social chrétien, forme _ 9 sociale de cette Eglise, de l’empire de la civilisation, forme juridique de cet état social.
Si cette mesure est de bonne prévoyance et de sage prudence pour les Israélites, elle est telle aussi pour les chrétiens. Une force sociale, même éparse,comme l’archaïque Israël, ne saurait être laissée errante, cherchant ellemême ses garanties et ses supports dans l’état social européen, sans déterminer des jeux de mouvements r imprévus.
Or, comme le conseil suprême des Eglises n’aura nullement qualité, en droit théocratique, pour être l’exécuteur des lois de Jéhovah, mais seulement le pacificateur, au nom de Jésus-Christ, il fera oeuvre de sagesse de science gouvernementale en Europe, en appliquant aux Israélites cette loi de Paix, qui résume et conclut l’union des trois termes de la Trinité par ce mot sémitique: Amen ou Aman, vérité, pardon. J’ai de très fortes raisons pour parler ainsi aux synagogues et aux églises, aux communes hébraïques et aux États.
SYNARCHIE EUROPEENNE 69 Mais, je ne dois exposer ici que ce qui peut être entendu par le niveau le plus éclairé des intelligences et des bonnes volontés religieuses et sociales, en Moïse, comme en Christ en Sem, comme en Japhet désormais possesseur des tabernacles de Sem. En résumé : Israël est un majeur rallié de fait à l'empire de la Civilisation, l’Islam est un mineur armé contre cet empire.
Il faut oilrir au premier la jouissance régulière et assurée de son droit; il faut lier le second, de gré ou de force à la paix chrétienne sur toute l’étendue de l’Afrique et de l’Asie. En ce qui concerne le rapport des questions reli gieuses et des questions de races, je n’ai plus qu'un mot à dire au sujet des Tatars.
Deux oeuvres théocratiques sont au centre de ces masses humaines, dans des tribus que je pourrais désigner, et d'où part, depuis des milliers d’années l’inspiration terrible qui suscite périodiquement un empereur radical et un déluge humain.
Je ne nommerai qu’une de ces œuvres citées par Moïse dans son Sepher Boershith: c’est le livre des guerres de Jéhovah, dont il avait sous les yeux un exemplaire appartenant aux archives sacerdotales de l’Égypte.
Il y aura, vis-à-vis de ces tribus, qui se ramifient soit dans l’Islam et le Wahabitisme, soit dans les associations chinoises des mesures à prendre, il ne faudra pas oublier que la dynastie chinoise actuelle est tatare, et le prince héritier Khong anti-européen.
70 l’initiation SYNARGHIE NATIONALE La Constitution sociale des sommets gouvernementauxdel’EuropeentroisConseils suprêmes,des Églises, » des Etats, des Capitales ou Communes, entraînera dans les bases nationales des conséquences et des concordances que je déduirai plus loin. Il nous faut tout d’abord nous résumer pour ladernière fois sur 1 état de siège européen actuel.
Dans cette république athée et antisociale, des états Chrétiens, chaque nation subit, à l'intérieur d'une manière déductive et inévitable, les consé quences, le poids de l'état de siège supra-continental, de la loi de ruse et de violence, guerre militaire et diplomatique, qui lient seul aujourd’hui nos états entre eux, par voie de contrainte et d’opposition.
Ce gouvernement général aussi antisocial, aussi naturaliste que celui des tribus anthropophages, pèse sur chaque nation de la manière suivante : i° Dans l'armée permanente entretenue contre l’Europe ; 2° Dans les finances qu’engloutit cette armée ; 3° Dans le gouvernement forcé du dehors à tout • acrifier à la centralisation militaire par le Struggle for life de la nation ; 4° Dans l’étouffement organique des intérêts intellectuels, sociaux et économiques, que broie au dedans cette construction de boa, avant d’être forcée de les jouer au dehors ; 5° Dans les déchirements antagonistes des sectes, des partis, des classes, résultat de cet écrasement ;
SYNARCHiE EUROPÉENNE 71 6» Dans la division de l’intelligence de la con science et de l’instinct nationaux,qui s’opposent entre eux, dans ce malaise, sans savoir d’où il vient, ni pouvoir s’opposer à sa cause, cause extérieure de la nation.
7° Dans la Révolution enfin, c’est-à-dire dans la protestation antigouvernementale,contrainte d’avance à n’arriver au gouvernement, dans chaque nation, que pour y perpétuer, elle-même toutes les causes secondes des conséquences relevées ci-dessus. Quant à la cause première, aucune nation isolée ne peut l’atteindre par la force, comme a voulu le faire la Révolution française, pour la perpétuer etl’invigorer en suscitant des coalitions armées.
Cette cause n’est ni dans une nation, ni dans une dynastie, ni dans une forme quelconque de gouver nement, ni dans un état, ni dans un groupe partiel d’États, mais uniquement dans cette loi primordiale et totale, qui asservit, en Europe, toutes les nations, toutes les dynasties,tous les gouvernements quelle que soit leur forme, tous les États à cette fatalité générale: la brutalité; à cette cour d’appel féodale : le jugement des procès internationaux par les armes ; le gouver nement européen : la République athée et antisociale des états dits Chrétiens.
Je sais que cette ornière sanglante semble à beau- ■coup d’esprits devoir conduire l’Europe à la constitu tion des États-Unis d’Amérique ; mais je sais aussi qu’entre ces deux mondes, il y a une différence aussi étendue et aussi profonde que l’Atlantique qui les ¡sépare.
l’initiation 72 On ne peut franchir cette démarcation que par deux moyens pratiques : l’émigration des Européens en xÀmérique, ou l’invasion armée de l’Europe par les Américains.
L’Europe actuelle s'élève sur des bases historiques qui ont plus de vingt siècles de profondeur et qui im posent à ses sommets la majesté de leur hauteur, si l’on y porte la vie sociale, ou le cataclysme et la lugu bre magnificence des ruines, si on y laisse longtemps encore, régner la mort féodale. Ethnographiquement, l’Amérique, autrefois anglosaxonne est vouée à se remplir par le confluent des races blanche, jaune et noire.
Historiquement, ses bases récentes, sont, dans le sens géométrique une platitude, un plan, encore sans étages, comme sans sommets, sur lequel se répand une allusion politique et sociale en voie de formation.
En religion, les disciples de Fox et de Penn,en poli tique, les élèves de Franklin ont tout appris, tout reçu d’Europe, qui demeure et demeurera leur continent métropolitain. * L’Edifice théocratique que nous constituerons ici, sur nos nations, d’après leurs assises séculaires, devra laisser en paixles États-Unis d’Amérique s’acheminer à leur gré, de la République sans esclave à l’empire sans despotisme d’une irréalité politique à une autre.
Chez nous, Européens, il s’agit de clore l’ère de la politique irréelle. Et comme Jésus-Christ, vivant dans la puissance morale de l’opinion publique y réprouve aussi bien l’esclavage que le meurtre, ce n’est ni la République
SYNARCHIE EUROPÉENNE 73 ni la monarchie radicale, ni la destruction, ni la con servation de l'Europe de 1648 et de 1815 qui nous feront franchir nos temps de transitions, mais la théocratie avec sa puissance religieuse et sociale.
11 ne s’agit aujourd’hui ni de détruire ni de conser ver sur les sommets de nos nations, au-dessus des États et des chefs monarchiques ou républicains de ces États, un ordre social quelconque, puisqu’il n’y en a pas : il faut donc le créer. Or, on ne le créera pas sans puissance créatrice, et cette puissance n’estdans aucun gouvernement politique, quel qu’il soit, mais danslathéocratie, seul gouvernement qui soit directe ment social.
Cette théocratie ne se constituera pas, si elle n’émane pas de nos nations mêmes, si elle ne consacre pas tout ce qui constitue leur vie intérieure, si en un mot, elle n’est pas catholique orthodoxe dans toute l’accep tion d’Universalité, de tolérance intellectuelle, de charité morale, que j’ai indiquée.
Cette théocratie appuyée sur les trois conseils euro péens, que ceux-ci se réunissent dans une seule ville neutre, ou, tour à tour, dans toutes nos capitales, formera au-dessus de nos nations, de nos états, de nos gouvernements, quelle que soit leur forme, un gou vernement général purement scientifique dont le nom caractéristique est : Synarchie.
Lesconséquences de ce gouvernement dans chaque nation seront exactement le contraire de celles qu’en traîne la loi publique athée et antisociale de 1648 sous la pesée brutale de laquelle, asservis à la politi que illusoire et irréelle, conservateurs et destructeurs
74 l’initiation r souverains, présidents, Eglises, états, nations, nous saignons tous, impuissants à l’abroger. Chacun de nos états européens est bâti sur le même modèle que nous a légué la civilisation romaine ; hiérarchie des cadres civils, centralisés au sommet dans les départements ministériels de l'intérieur, de la Justice, de l'instruction publique et des Cultes. Tel est l’état politique et son organisme est bon en soi.
Ministère de la marine marchande, du Commerce, de F Agriculture, des Finances, des Travaux publics, et des Communications, tel est l’état économique et son organisme est également bon en soi.
Ministères des armées de terre et de mer, des affaires dites étrangères, telle est dans chaque état la repré sentation de l’état général européen du gouvernement Supra Continental gouvernant despotiquement le gouvernement intérieur, toute la vie politique, toute la vie économique de la nation.
Les hommes d’état sérieux de cette Europe sont ceuxqui,sachant bien cela, s’y conforment rigoureuse ment et se font l’implacable et inhumaine incarnation de cette fatalité publique, s’appuient uniquement à l'intérieur sur un militarisme despotiquement exclu sif de toute liberté, et écrasent la nation entière sous la nécessité d’en faire une manufacture de guerre.
A* Etes-vous sans voisins comme l’Angleterre et l’A mérique, ou réduits au rôle de petites puissances, vous pouvez jusqu’à un certain point, échapper à ce gou vernement forcé de votre propre état. Vous pouvez vivre votre propre vie nationale,
SYNARCI-IIE EUROPÉENNE 7 5 comme autrefois les villes neutres ou libres d'Italie d’Allemagne, ou de Flandre vivaient leur propre vie municipale et vaquer librement à vos affaires, avec une sécurité relative, dans laquelle, toutefois, vous ferez bien de ne pas vous endormir, si vous avez de grands biens fonds et mobiliers européens ou colo niaux.
Faites-vous, au contraire, partie du continent, et voulez-vous que votre nation y garde le premier, le second, le troisième rang, et, avec son rang, qu’elle conserve ses terres et sa bourse; je vous défie d’échap per au gouvernement exclusif de votre meilleur homme de guerre et d’un ministre des affaires étran gères éprouvé et absolument soumis au premier.
Changez l’étiquette de votre état, mettez à la place d’un Souverain, un soi-disant républicain, une chambre républicaine tout entière, si vous voulez, la bouche pleine de soi-disantes réformes intérieures ; à mesure que ces citoyens feront leur éducation politi que à vos dépens, vous les verrez, s’ils ont assez de patriotisme, se borner à conserver précieusement l’outillage des monarchies, et il suffira parmi eux d’un patriote de bon sens, pour qu’ils laissent gouverner un ministre de la guerre, ayant aux affaires étran gères un secrétaire, qui pourrait être avec avantage un officier d’état-major suffisamment instruit.
Ainsi, par amour de la patrie vos ci devant répu blicains devront conduire la nation à la cour féodale du carnage tout en l’endormant dans l'illusion d'une détente politique d’une décentralisation administra tive, d’une amélioration sociale intérieure, que les
l’initiation 76 plus malins savent le mieux ne pouvoir s’accomplir, sans guerre au dehors ou révolution au dedans.
C'est ainsi que la soi-disant république fonction nant, moins les écoles, comme une simple monarchie continuera à maintenir dans le gouvernement, dans rétat, dans la nation, la centralisation armée avec toutes ses conséquences, la guerre et la révolution y comprises, et elle agira ainsi pratiquement, patrioti quement*, car si elle ne le fait pas elle est perdue, et la patrie n'est pas loin de l'être. f Au lieu d’un Etat soi-disant républicain, mettez en deux à côté l’un de l’autre, deux dont l’un ne soit pas comme la Suisse, couvert par des traités généraux, c'est-à-dire par des coups de fusil et des coups de cat non; mettez deux Etats dits républicains qui aient des intérêts rivaux, continentaux et coloniaux, un bon appétit et une bonne armée permanente ; mettez une pseudo-république italienne^ côté d’une pseudo république française, et vous verrez ce que deviendront les programmes humanitaires, l’universelle fraternité politique des peuples, des blocs enfarinés, les parades à la Plutarque, les boniments à la Brutus, les poses à la Caton, les machines électorales, les promesses anathématisant les errements des tyrans.
Et, si vous supprimez par la pensée toutes les dynasties d’Europe, si, du boyau du dernier des prêtres étranglant le dernier des rois, vous supposez l’Europe ornée d’autantde républiques quedenations, vous pouvezcompter sur des carnages, auprès desquels les guerres puniques, celle de Gaule et de Germanie, celles du moyen âge et des temps modernes, celle
SYNARCHJE EUROPEENNE 77 enfin du siècle dernier et de celui-ci n’ont été que des jeux d’enfants. Les États-Unis d’Amérique ont été possibles comme période première de la Constitution d’un peuple de même race, sur un sol colonial assez grand pour que les Anglo-Saxons ne s’y étouffassent pas entre eux. Ils ont cependant trouvé le moyen de s’y dévorer en supprimant Tunique garantie de la République réelle: l'esclavage des noirs.
Mais il faut avoir la tête pleine d’archaïsme athéologique de dogmolatrie universitaire, pour croire, ou vouloir faire croire à de malheureux ignorants, qu’un pareil gouvernement élémentaire soit possible en Europe, ou la politique frappée d’irréalité par la morale n’est plus possible elle-même. ?
Douze ou quatorze Etats politiques, appartenant à cinq ou six races distinctes, celte, Scandinave, ger maine, slave, grecque, finnoise, latine, que les lois animales des races poussent à s’entre-dévorer, dans un espace où elles débordent les unes sur les autres, ne désarmeront jamaispour faireplaisir àunepolitique quelconque, ni républicaine, puisque c’est la Répu blique athée des États d’Europe, qui les arme jusqu’aux dents, ni monarchique, puisquece sont les monarchies qui, faute de Gouvernement général, religieux et social ont été forcées par la politique de régler ainsi,féodalement, leurs rapports.
Deux seuls ordres de motifs, sont assez puissants, assez universels en Europe pour amener le désar- » mement partiel et l’association des Etats :
7« l’initiation i° La civilisation chrétienne, faite de science et de religion ; 2° L’intérêt économique de toutes nos nations et de chacune sur notre Continent et dans ses colonies.
En deux mots, c'est à l’essence et à la substance même de notre civilisation qu’il nous faut faire appel et avoir recours, parce que c'est là notre véritable religion européenne, notre vrai lien intellectuel et social, notre salut soit général, soit national, soit indi viduel. La synarchie européenne aura pourtant pour con séquence dans chaque pays, la synarchie nationale.
La violence et la ruse, ces lois féodales qui gou vernent l’Europe actuelle, cesseront de gouverner le gouvernement intérieur des Nations. Neutre, libre, sacrée, garantie contre le despotisme et la révolution, contre l’état de siège européen, contre les maux nationaux qu’elle engendre, chaque capitale pratiquera dans chaque nation, un gouvernement purement social, ou, si l’on veut la réassociation de tous les intérêts publics.
Partout, dans chaque nation chrétienne, la dé tente se fera d’elle-même, entre la conservation et la destruction politique, parce que partout la création de la paix sociale sera nonseulementpossible,maisla seule chose possible : Ce sont les intérêts intellectuels, moraux et maté riels du dedans, qui deviendront le seul objet réel, le seul objectif pratique du gouvernement délivré des fatalités militaires et despotiques du dehors. Au lieu de se heurter dans le dualisme de deux
SYNARCHIE EUROPEENNE 79 institutions parlementaires illusoires, ces intérêts se spécifieront d’après leur nature même dans trois conseils nationaux. Dès lors, nul antagonisme, ne sera possible entre eux, car toujours l’un des trois viendra arbitrer le dualisme des deux autres et empêcher la désunion. Synthèse de l'esprit public de la nation, le clergé par émulation même en sera le porte-flambeau et deviendra forcément le porte-parole des réformes. Se touchant au coude dans une même chambre représentative avec tous les corps enseignants de la nation, il prendra d’eux l’esprit réel et pratique de la science ; et ils prendront de lui l’esprit universel et social de la religion. (A suivre.)
PARTIE LITTÉRAIRE CONTES DE FÉES Dit par Mlle Durieux de la « Comédie Royale ». Il était une fois... Un roi... Le roi Cabasse — pardon — Cabasse-Leroy Qui fît rencontre, un jour, dans un charmant jardin D’une enfant à l’œil mutin... — Qui es-tu ? — dit-il à l’enfant qui dormait ; — J’ai nom, répondit-elle — Occultisme ! (Nom rempli de dillettantisme !) — Très incomprise, j’attends toujours, Protection, aide discret, secours... — Je serai ton Mentor, dit Leroy et, tremblante, 11 emmena I’Enfant — comme Achille — en sa tente... Cependant, ses moyens n’étant pas assez grands, Pour veiller sur I’Enfant, Dare dare, il se mit en route Voulant trouver coûte que coûte Un Cénacle ou un Syndicatqui l’élevât. Et, souhaitant, dans ses bois, mettre I’Enfant blonde, Il courut, de ci, de là, le monde. Si tant et tant... qu’il en maigrit terriblement... Cela lui valut une médaille d’argent, De l’Ac...hosede Médecine Pour sa méthode si divine Qui fait, — ou maigrir, — ou engraisser — Les gens, « sans drogue ni danger ».
81 CONTES DE FÉES Vite — en aéroplane — Sans panne — Il s’en fut (au trot), chez Papus. Il n’en fallait pas plus Pour que... mis en cause, le Maître du papusisme Lui dit : — Viens dans mon sein (dit Cat) d’occultisme Mais voilà : Sombre et noir embarras Papus était sans vice... Sans vice-présidents — (et. sur ce fait je glisse!) Il voulait. — à la seconde — En avoir deux... comme tout le monde...
Fabius de Champville accepta, gentiment Et rondement ! A l’occultisme de consacrer tout son temps; Il promit — sans leurre — D’accorder, pleine et entière, l’heure... Qui lui restait à disposer (je crois)... Le premier lundi de chaque mois... c — Vous êtes — dit le chef de VEcho du neuvième Bien — qui me sollicitez — le six cent... septième !
Ensuite, sur-le-champ, Télépathiquement, On offrit l’autre siège, dans ce ministère, A Henri presque Mage, puisqu’) Henri Mager...r, Qui répondit : — Un Syndicat ?... ... Çà me va ! Puis il ajouta, en hochant la tête : — Ma baguette Qui découvre de tout... et même des trésors Me dit que l’occultisme vaut mieux que de l’or...
Mais il fallait, encore, à cette pauvre fille, Un garde, à ses papiers de famille... — Monroc y veillera — dit une voix qu’on aime (La voix, vous devinez, de dame Josselme) On entendit : — « Très bien »... c’était — sans mystère — Borgnis (le vrai), le Père. Pour finir, Prunier dit : — « maintenant... buvons à l’Avenir » Sans courir... au Righi chercher une merveille On obtint... Aurigo... le savant de Marseille!
Albert, qui se rit des dangers De la rue des Martyrs, vint son appui donner. Il fallait un homme — un vrai — comme lanceur On prit — (c’était trouvé) un Mann... pour Editeur Et la banque fournit un homme sans manières : c>
§2 l'initiation Sérieux, côté, de poids, quoi — de Lest... Taudière. Et la foule accourait... hommes, femmes, enfants...
Tous — séduitset conquis parles mystères troublants Que n’avait pu dévoiler le père Dulac Et que sut exalter le... professeur Dulac... Si, dans ces vers torturés, Nombreux sont les oubliés, Sur le dos de la Rime, vous mettrez cela Et vous direz — en chœur : — « Vive le syndicat » !
École Hermétique École des Sciences médicales appliquées Les cours de ces deux écoles sont suspendus pendant les vacances. Les examens de l'École médicale ont eu lieu le 12 juillet. Cinq élèves ont été admis. Nousdonnerons dans le numéro de septembre les pro grammes des cours et des conférences pour l’année 1911- [yi2. L’AIGUILLE ENFILÉE DANS LA NUIT Une nouvelle expérience d’occultisme. Si l’expérience dont il va être parlé, et qui est attestée par un grand nombre de témoins — et le commandant Darget qui nous la signale — pouvait être répétée devant des maîtres incontestés de la science, une preuve de la puissance psychique de la volonté serait faite. On sait que les phénomènes occultes se produisent sur tout dans les ténèbres, et c’est pour les faire très justement taxer d’imposture. Qu’est-ce qui prouve qu’une main fraudeuse ne transporte pas les objets, ne frappe pas les coups, ne promène pas des corps lumineux, ne gratte pas la guitare, ne frôle pas les touches du piano ? Qu’est-ce qui prouve qu’Allan Kardec ne se double pas de Robert Houdin ? C’est ce qui a donné au commandant Darget l’idée d'es sayer une expérience semblant écarter l’idée de fraude : faire enfiler une aiguille dans les ténèbres. Cette expérience, il l’a réalisée dans les termes du pro cès-verbal suivant. La scène se passe chez Mme Vallée : «En arrivant le 10 juin 1911, à 9 heures du soir, chez Mme Vallée, je trouvai dix personnes réunies devant un
l’initiation 84 thé que Mme Vallée a l'habitude d’offrir avant sa séance. Je montrai une aiguille à coudre et du fil blanc, et j’énon çai la proposition de faire enfiler le fil dans l'aiguille en pleine obscurité.
Tout d’abord, je priai Mme Vallée de tenir le fil dans sa main pendant un instant, en lui disant qu’il s'imbiberait de son fluide vital, ce qui le rendrait plus apte à pénétrer dans le trou de l’aiguille. Puis, je pi quai mon aiguille sur le tapis de la petite table.Peu d’ins tants après, je pris le fil des mains de Mme Vallée et le plaçai près de l’aiguille. « On fit la pleine obscurité.
« Alors commencèrent les phénomènes habituels pen dant une durée d’une heure. « Le fait culminant, auquel j'arrive, a été ce que j’avais demandé. « M. D. tenait, à droite, la main de Mme Vallée, et de sa main gauche, la main de Mlle Jeanne Vallée. La chaîne n'a pas été un seul instant interrompue. « Les phénomènes avaient cessé, et nous étions dans le silence, en position d’attente, lorsque M. D. dit qu’on le piquait dans le dos.
« On a rendu la lumière, et on a vu trois points faits, à 5 centimètres les uns des autres, en forme de V, au dos de la jaquette de M. D...,ainsi que « l’aiguille enfilée » qui était piquée dans le drap. « J’ajoute que le fil était marqué à o m. 10 d’un des bouts par un point noir fait à l’encre, et à o m. o5 de l’autre bout par un deuxième point, ce que j’ai annoncé en défaisant moi-même la couture et ce que j’ai vérifié.
« Donc, il devient incontestable qu’une aiguille a été enfilée en pleine obscurité. » Cette expérience a été renouvelée ces jours-ci. Le fil avait été marqué au préalable ainsi que l’aiguille. Et c’était bien l’aiguille marquée qui était enfilée avec le fil marqué. Nous nous bornons à signaler cette expérience. Elle a le mérite d’être un peu plus neuve que les autres.
Il reste à souhaiter, pour la curiosité du fait et les déductions qu’on en peut tirer, que cette expérience s’accomplisse dans des garanties d’absolue certitude, avec un contrôle rigoureux^ et en présence de témoins dégagés de tout mysticisme spiLES GRANDES INITIATIONS FEMININES 85 rite. Jusque-là les sceptiques, et nous en sommes, auront beau jeu.
“ Les G* Initiations iémiolnes et leur Symbolisme ” Tel est le titre de la conférence que Mme de Bézobrazow a faite dans la grande salle des Sociétés savantes le ï8 juin. On disait d’avance de cette conférence; « Ce sera un coup de cloche » et, en effet la cloche qui annonce le siècle de la Femme tinte si rarerement que ce fut une bonne fortune pour les esprits clairvoyants d'avoir l’occa sion d’entendre exposer des idées vraiment rénovatrices.
Mme de Bézobrazow rappela d’abord combien fut lon gue la période matriarcale qui précéda le règne de l’homme, les trente siècles de l’ère d’isis qu’aucune masculine n’a égalée en longueur et en éclat ; puis elle nous a montré la lutte contre cet anciien régime et les efforts faits pour faire sombrer l’ancien Matriarcat et pour lui substituer le régime du Patriarcat.
Et c’est alors que naquit la nécessité de ca cher la Vérité perdue dans les Mystères. Cette question a un intérêt très grand et nous pourrions dire un intérêt d’actualité (i) car nous sommes arrivés à la période de temps annoncée comme étant celle qui doit restituer la vérité perdue. Mais hélas que de difficultés pour la faire connaître...
Aussi devons-nour remercier les militantes comme Mme de Bézobrazow qui apportent leur concours à cette œuvre de restitution.
Elles ont d’autant plus de mérite que les esprits ne sont pas encore préparés à comprendre ces idées nouvelles et que, dans une salle comble comme était celle de la grande salle des Sociétés savantes, le 18 juin, on se rend très bien compte que les trois quarts de l’auditoire ignore la question ou la comprend mal.
Certains hommes prennent l’attitude du scepticisme, la grande majorité des (i) Pour l’appréciation sociale de ces idées lire ; Les Batail les de l'idée de Mme Bézobrazow, 42, rue Saint-Jacques, Leynaarie, éditeur, 2 vol.
86 l’initiation femmes ne comprend pas encore, une petite minorité seu lement sait que là est l’œuvre de l'avenir, que c’est par l’eûort de l’esprit féminin refaisant le sacerdoce que l’hu manité reprendra sa marche en avant interrompue depuis si longtemps par les erreurs entassées sur le monde. Saluons en Mme de Bézobrazow une apôtre de cette glorieuse ascension vers l’idéal nouveau. Céline Renooz.
Le BANQUET du SYNDICAT de L’OCCULTISME Le jeudi i5 juin dernier, dans le grand salon de la bras serie Gruber, boulevard Saint-Denis, le Syndicat de roccultisme fondé par M. Cabasse-Leroy, lauréat de l'Académie de médecine, fêtait, en un banquet amical et confra ternel, sa première année d’existence.
En l’absence du docteur Encausse, président du Syndi cat (que ses obligations professionnelles avaient forcé, au dernier moment, de s’excuser par télégramme), M. Fabius de Champville, vice-président dudit Syndicat, présidait, assisté de M. Henri Mager, second vice-président.
M. Cabasse-Leroy, délégué général, après avoir remercié les convives de leur présence en aussi grand nombre, le conseil d’administration, la presse, aussi bien la grande, que celle de province, que celle occultiste, que celle de quartier, et aussi que celle de l’étranger, du concours dé voué apporté par tous à cette belle œuvre, manifeste sa joie de l’extension considérable prise par ce groupement.
11 signale le chemin parcouru par l’Occultisme, au point qu’on l’a vu, récemment, en plein prétoire parisien, dé fendu par... un substitut ! Il ajoute qu’il a le sentiment que proche est l’heure où l’on ne rira pas plus de ces sciences qu’on ne plaisante- la télégraphie sans fil.
M. Henri Mager, en d’éloquentes paroles, fait ensuite ressortir combien de questions passionnent aujourd’hui le public, et le modeste et distingué savant est chaude ment applaudi. En des termes vibrants d’érudition et de conviction, à>
LE BANQUET DU SYNDICAT DE LOCCULTISME 87 son tour, M. Fabius de Champville célèbre aussi les louanges des sciences occultes, lesquelles, dit-il, ne sem blent si mystérieuses que parce qu’on ne les connaît pas et qu’on ne veut pas se donner la peine de les étudier sé rieusement. Son spirituel et intéressant discours, que le défaut de place nous prive du plaisir d'analyser en entier, est couvert d’applaudissements chaleureux.
Une fine satyre, en vers, due à la collaboration d’un de nos plus jeunes rcvuistes (pourtant souvent applaudi cet hiver, sur nos scènes boulevardiéres d'avant-garde} : Max Eddy, et de M. Cabasse-Leroy, est dite par la charmante et talentueuse ex-pensionnaire de la Comédie-Royale : Mlle Durieux. Les convives rient de bon cœur et ovation nent la fine diseuse. On termine, naturellement, par des expériences.
Le professeur Cabasse-Leroy opère sur un sujet d’une virtuosité inouïe : Mme Viviana. C’est un défilé de nom breux et déconcertants numéros, pendant près d’une demi-heure.
Ensuite, le professeur Dulac, avec une maîtrise vraiment remarquable, se livre sur de nombreux assistants à des expériences d’hypnotismequi obtiennentle plus vif succès; de même que celles qu'il exécute avec le concours de Mme de Rambaud, une jolie femme doublée d’une excellente sensitive. 11 est alors minuit... On se sépare en disant : « Déjà ! .. » tant les heures ont semblé courtes... L’assistance était des plus sélect.
Beaucoup de repré sentants de la presse ; remarqué, au hasard de la plume .* Le Matin, qui avait envoyé un représentant spécial; le rédacteur en chef de l'Ècho du /Xe (qui pendant les expé riences d’extases de Mme Viviana, conduites par M. Ca basse-Leroy a tenu le piano au pied levé en déployant de vériables qualité de virtuose et de mélomane) ; le directeur de la Revue de l'Avenir et ceux de nombreux autres or ganes : Mme Lalloz,. cette victime et cette apôtre du ma gnétisme curatif ; Mme Perrot, la célèbre voyante; Mme Albane de Siva, si compétente dans les principales bran ches de l’occultisme; et tout un essaim de jolies femmes« en chatoyantes toilettes.
88 l’initiation S étaient notamment fait excuser : Le professeur Mann (encore une victime de l’occultisme}; le distingué docteur Moutin ; le bien connu Pau! de Ré glas; M. de Fontenay ; le comte et la comtesse de l’Estandière; le commandant Darget, chevalier de la Légion d’honneur, président d’honneur de la S. S.
E. de F.; Mme Josselme-Monroc, la distinguée archiviste du Syndicat : M. Ladureau, etc., etc. Un liquidateur d’autrefois Comment Philippe le Bel liquida les Templiers aux XIIIe et XIVe siècles. Philippe le Bel fut un roi très moderne ; il multiplia les fonctionnaires et connut le Budget et son déficit. Il était en proie àla même maladie que Panurge : faute d’argent, c'est douleur non pareille.
S’il n’eut pas, comme le héros de Rabelais, « soixante et trois manières d’en trouver toujours à son besoin, dont la plus honorable et la plus commune était par façon de larcin furtivement fait », du moins ne fut-il jamais embarrassé par les scrupules en matière de finances.
Bien entendu, il pressura le contri buable, qui était déjà taiilable et corvéable à merci : il tira du clergé, sous forme de décimes, plus de 400 mil lions de notre monnaie en vingt-neuf années de règne. Mais ce sont là des façons ordinaires. Il dépouilla à plu sieurs reprises les Lombards et les Juifs, mais le profit de l’opération fut assez maigre pour son avidité.
Il fit mieux et son coup de maître fut, comme nous l’allons voir, la liquidation de l’ordre du Temple. Les Templiers étaient les plus célèbres, les plus fastueux et les plus riches de ces moines-soldats qui, du onzième au treizième siècle, furent en Palestine comme l’armée permanente de la Croisade.
Après le siège de Saint-Jeand’Acre, en 1291, ayant perdu toutes leurs forteresses en Orient, ils abandonnèrent la lutte et se retirèrent dans leurs domaines d’Europe, où une vie oisive et dissolue ne tarda pas à fournir un prétexte à leur ruine.
UN LIQUIDATEUR DAUTREFOIS 8g Depuis longtemps la faveur des rois leur avait assuré, particulièrement en France, des possessions considérables. A Paris même, ils possédaient, outre de nombreuses mai sons et moulins, tout ce qui forme aujourd’hui le quar tier du Temple et le Marais. Non loin des portes de la ville s'élevait leur Maison-mère, le célèbre Enclos du Tem ple, avec son église et son donjon, moitié couvent, moitié forteresse.
Dans toutes les provinces, enfin, ils détenaient des fiefs avantageux et des propriétés en plein rapport. Outre ces biens territoriaux, les Templiers abritaient sous les voûtes de la tour du Temple un trésor financier comme aucun gouvernement d’alors n'en possédait. C’était le butin d’un siècle et demi de combats. C’était aussi le fruit de leur rare habileté financière. Le Temple, en effet, était devenu une véritable banque.
On y faisait des prêts souvent considérables aux particuliers et même aux rois : So.ooo livres tournois à saint Louis, 40.000 à Philippe III 200.000 florins d’or à Philippe le Bel. Leur crédit était si bien assis que seigneurs et bourgeois n’hésitaient pas à déposer leurs fonds chez eux. Les rois de France sui virent cet exemple.
Pendant le onzième et le treizième siè cles, une grande partie, sinon la totalité du trésor royal était déposée au Temple, et c’était un Templier qui rem plissait pour ainsi dire les fonctions de ministre des Finances. L’imagination populaire multipliait encore cette fortune. Selon Pierre Dubois, publiciste renommé à cette époque, le revenu annuel de l’ordre du Temple aurait représenté plus de 5o millions de notre monnaie.
Tout en tenant compte de l’exagération probable, la proie était encore belle, même peur un gouvernement plus scrupuleux que celui de Philippe le Bel, Or, le roi en était réduit aux ex pédients. Les recettes ordinaires rendaient peu. Les juifs étaient dépouillés. Les protestations du clergé contre les décimes avaient provoqué la bulle Clericis laïcos, premier acte d’hostilité entre Philippe le Bel et Boniface VIII.
De cette lutte, le roi était sorti vainqueur, mais ses finances n’y gagnaient rien. Le peuple, enfin ruiné par les variations incessantes des monnaies, grondait si fort que le roi avait dû, un jour, en i3o6, reculer devant l’émeute et cher cher un abri, précisément dans la tour du Temple.
l'initiation 90 On connaît les accusations, en partie justifiées, en par tie inventées pour les besoins de la cause, qui furent por tées contre l’ordre du Temple. Philippe le Bel, par une sorte de coupd’Etat, fit arrêter les Templiers dans tout le royaume, le ¡3 octobre 1307.
11 fallut une longue campa gne d'intimidation et de chantage pour arracher au pape Clément V,qui pourtant n’avait rien à refuser au roi, non pas la condamnation, mais la suppression de l’ordre du Temple au concile de Lyon, en i3i 2. A la suite d’un long et obscur procès, un grand nombre de Templiers, parmi lesquels le grand-maître Jacques de Molay, furent livrés au dernier supplice.
Philippe le Bel atteignait enfin son but : la liquidation des Templiers était ouverte. 11 avait du reste pris les devants, ce qui montre bien sa véritable intention dans toute cette affaire. Deux mois après l'arrestation des Templiers, le roi avait fait mettre leurs biens sous séquestre. Comme c’étaient des biens ecclésias tiques et que le pape pouvait protester, Philippe annonça qu’il en emploierait le revenu à la défense de la Terre Sainte.
Il chargea des officiers royaux de régir les biens confisqués. Les liquidateurs de ee temps-là, les Duez du quatorzième siècle, n’étaient pas, sans doute, très scru puleux, car leurs agissements donnèrent lieu à des abus et à des protestations sans nombre. Au mois d’août i3o8, le pape réclama la restitution des biens à l’Eglise en se plaignant vivement des exactions des agents du roi.
Ce dernier n’eut garde de se dessaisir d’une opération si avan tageuse, mais il accepta que des commissaires nommés par les évêques fussent adjoints aux liquidateurs officiels. Le pape, néanmoins, demeurait intransigeant. C’est pourquoi, en i3r 1, Philippe, voyant qu’il lui serait impos sible de garder dans leur totalité les biens des Templiers, proposa à Clément V de les attribuer à un ordre analogue.
En effet, le 2 mai i3i2, le Souverain Pontife donna les biens du Temple à l’ordre des Hospitaliers ou de SaintJean de Jérusalem. Le roi ratifia ce transfert le 24 août i3i2. Il ne pouvait cependant se résigner à laisser échap per cette proie sans y prélever la part du lion. La dévolu tion des biens n’alla pas sans difficultés. Dans une première composition avec les Hospitaliers, le
UN LIQUIDATEUR D’AUTREFOIS QI 21 mars i3i3. Philippe exigea d’abord le paiement de 200.000 livres, sous prétexte que les comptes du Trésor royal déposé au Temple n'étaient pas réglés, ce qui était faux : le roi avait fait enlever son trésor dès le début du procès, et il semble bien avoir enlevé en même temps celui des Templiers. Le Temple était d’ailleurs son créan cier pour 5oo.ooo livres prêtées pour la dot de la sœur du roi.
L’ordre de l’Hôpital céda, mais il n’en fut pas quitte à si bon compte. Philippe le Bel étant mort, son fils, Louis X le Hutin, voulut avoir sa part de la curée. Il com mença par se faire payer 60.000 livres pour les frais du procès; frais qui avaient déjà été payés par les Templiers.
Puis il imposa aux Hospitaliers une deuxième composi tion (14 février i3î6).Les nouveaux possesseurs abandon naient tout ce qui avait été prélevé par les liquidateurs depuis la confiscation ; la totalité des dettes du feu roi et des princes, les deux tiers des créances sur les particuliers les deux tiers des revenus perçus par les liquidateurs de puis l'arrestation des Templiers ; enfin, les deux tiers des meubles des maisons de l'ordre, sauf rachat à dire d’ex pert.
Le 6 mars 1017, le grand prieur de France obtint du roi Philippe V une troisième composition qui devait mettre fin aux exigences sans cesse renouvelées du pou voir. 11 renonçait à tout contrôle sur les comptes des liqui dateurs, donnait quittance à tous ceux qui s’étaient enri chis aux dépens du Temple et promettait de payer 5o.ooo livres en trois ans.
La liquidation du Temple était enfin terminée, ou à peu près, car, en 1325, Charles IV le Bel se fit donner encore une rente viagère de 1.200 petits tournois, une misère, à côté de ce qu’avaient obtenu ses prédécesseurs. Le résultat de cette opération fut, comme on le voit très appréciable pour Philippe le Bel et pour ses succes seurs.
Pour certains articles, nous avons des chiffres pré cis r Philippe le Bel prélève 200.000 livres et en devait par ailleurs 5oo.ooo dont quittance lui fut donnée. Les frais du procès, payés une seconde fois, fournissent 60.000 livQuant aux deux tiers des revenus pendant la confiscation, nous avons des documents officiels. Les Templiers étaient taxés 6.000 livres pour les décimes du clergé ; leur re—
l'initiation 92 venu annuel était donc de 60.000 livres, dont les deux tiers, pendant cinq ans représentent 200.000 livres. Enfin, les Hospitaliers paient 5o.000 livres. Total : 1.010 000 liv. tournois. Des évaluations de la livre tournois par les di vers historiens donnent une moyenne de 20 francs.
D’un autre côté, on accorde généralement à fargent.unc valeur cinq fois plus grande au quatorzième siècle que de nos jours, ce qui donne un total de 101 millions de francs. Pour le reste, nous sommes réduits aux hypothèses. Le trésor des Templiers subtilisé par Philippe le Bel était as surément considérable, comme le démontrent les prêts qu’ils étaient en mesure défaire.
Une serait peut-être pas exagéré de le fixer à 5oo.ooo livres (5o millions d’aujour d’hui). Quant aux produits des inventaires et aux dépré dations des liquidateurs royaux, on sait qu’il est toujours difficile d’en évaluer le montant. La liquidation des Templiers, la première en date et la plus fructueuse des opérations de ce genre, a donc rap porté au gouvernement d’alors 101 millions et peut-être plus de i5o millions de francs.
C’est mieux que le milliard des congrégations qui s’est réduit à 3o millions par le fait des Duez du vingtième siècle. E. Grospelier. (La Liberté.) BIBLIOGRAPHIE Vient de paraître: Le mal métaphysique roman occulte, par A. Porte du trait des ages. — Un volume in-18, broché, de 320 pages...........................................................
3.5o Malgré son titre déconcertant, ce nouveau roman du jeune auteur a obtenu et obtient encore un magnifique succès auprès des occultistes et même des profanes.Comme dans ses précédents ouvrages, l’écrivain s’est emparé d’une théorie occulte et l’a développée sous la forme plus acces sible et plus attrayante du roman. Ici, il décrit les dan gers de suggestions solitaires qui créent dans l’astral de
BIBLIOGRAPHIE 93 redoutables élémentaux. Ces élémentaux reviennent en suite obséder leurs créateurs et en abusent odieusement. Le moyen âge avait caractérisé ces fantômes fluidiques ; il les appelait des incubes et des succubes...
Celte sèche analyse ne peut donner qu’une idée très vague et très imparfaite de ce magnifique roman ; mais elle est sufisante pour en faire apprécier l’intérêt palpitant, et nous sommes persuadés que tous les occulistes vou dront lire cet essai d'érotisme transcendant. Envoi franco contre mandat. La vie universelle Organe mensuel de culture intellectuelle. APERÇU DES MATIÈRES TRAITÉES Cosmogonie, revue des principales hypothèses cosmo goniques : Les Sages de l'Inde, Moïse.
Pythagore, Des cartes, Spinoza, Newton, Leibnit\, Buffon, Kant, Laplace, Faye, etc. — Cosmogonie nouvelle. — L'espace et l'infini. — La substance, infiniment petit de la sub stance, son principe unique.— La monade, sphère d’ac tivité de la monade, ses groupements, son évolution. — La matière, matière pondérable, matière impondérable. — La matière et l'esprit. — Monisme et dualisme. — Evolution et involution. — Le wourewen/, vibrations, rayonnement, ondulations. — L'énergie, les agents de la nature, la radio-activité, les ondes hertziennes, les rayons X,N, V, etc. — Ostwald, Gustave, Lebon, Wil liam Crookes, Becquerel, Curie, Hert\, Rœntgen, Char pentier, Baraduc, Darget. — Embryologie, le proto plasma, la montre ou cellule, ses groupements, élabo ration des formes. — Le transformisme ou évolution des formes, établi par la géologie, la paléontologie» l’anatomie comparée, l’embryologie,la physiologie com parée, etc. — Lamarch, Richard, Wallace, Darwin, erreur et vérité du Darwinisme. — La vie, premiers germes de vie, les infusoires, le principe vital dans les règnes minéral, végétal, animal. — Evolution de la vie, vie inférieure ou inorganique, vie organique, vie supél’initiation •94 Heure. — L'âme, sa nature, son immortalité. — Evolu tion de l’âme dans et par les règnes de la nature. — Le conscient et le subconscient. — Libre arbitre et déterminisme. — Magnétisme et Hypnotisme. — Le somnambulisme. — Dédoublement de la personnalité.
Personnalité et individualité. — Le phénomène psy chique. — Astronomie et Astrologie. — Universalisme. — Sociologie. — Aristodème et Aristodémie. — etc., etc.
DÉCLARATION Les soussignés, de croyances, conceptions et conditions diverses, dans l'intérêt supérieur de la vérité et de I’Humanité et sans abdiquer aucunement leur manière de voir et façon de penser, recommandent chaleureusement la sous cription au « Fonds de propagande pour la fondation de La Vie universelle ».
Après lecture des pages qui précè dent, le but éminemment utile et humanitaire de cette publication n’a pas besoin d’être autrement démontré. Les sources d'informations, la méthode de travail, les moyens d’investigation énumérés, tout au long, sur la couverture et dans l'Aperçu des matières » sont une garantie du sérieux de la présente tentative de solutionnerscientifiquement les grands problèmes de l’Univers.
Les sentiments exprimés par Jehan Desnain dans sa « Lettre ouverte» et dans « Notre programme » caractéri sent l’homme et nous paraissent, d’ores et déjà, nous réserver d'agréables surprises.
Ceux qui, comme nous, ont pu le voir à l’œuvre, peu vent affirmer, que le seul mobile qui le guide ici, est le désir ardent défaire profiter l’humanité de ses vastes con naissances, qui représentent un effort intellectuel très remarquable et une somme de travail considérable.
Quoi qu’il advienne de cet essai, la société n’a pas le droit de refuser d’examiner la synthèse nouvelle qui lui est proposée, elle a, au contraire, le devoir de lui faciliter les moyens de se produire, car, c’est elle seule, somme toute, qui, en cas de succès, en bénéficierait. MM. Paul Nord, sec. gén. de la Conféd. Huma nitaire Internat. « Union Eclectique Univer saliste ». — Th. Darel. — G. Phaneg. —
CORRESPONDANCE 95 Edmond Dace. — Sophie Rosen-Dufaure, Président de la Société d'Etudes Psychiques de Genève. — Constantin Mayer. — Amédée Francq. — J. Luti. — A. Delille. — Ch. Magnin, avocat. — E. Audéoud, chi miste. — Raoul Capt de la Falconnière. CORRESPONDANCE CHER CONFRÈRE, Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir an noncer dans votre journal la prochaine publication de 17 nitif bulletin mensuel du culte antoiniste.
Comme son nom l'indique, il a pour but de réunir les hommes en l’amour pur. Antoine le Généreux, par son abnégation et sa foi, a rassuré nos âmes torturées par le doute. Il nous a révélé dans son temple le mystère de la conscience uni verselle dont chacun de nous possède une parcelle voilée par la matière.
En nous efforçant de nous améliorer et de nous aimer les uns les autres nous surmonterons l'imagination qui nous divise et nous nous sentirons bercés dans l’harmo nie divine. Heureux les cœurs qui ont pu approcher celui qu’un pieux entourage a honoré du nom de Père et qui se sont unis sous sa douce influence !
Touchés de l’amour qu’ils ont ressenti, ils voudraient faire connaître à tous les hommes, leurs frères, les sublimes révélations où ils ont puisé du réconfort et les appeler sans distinction de par tis ni de cultes au travail moral qui peut nous régénérer.
L'enseignement d’Antoine le Généreux qui est basé, nous ne dirons pas sur la croyance, mais bien sur la conscience est une science fondée surson expérience des êtres et inté ressant le matérialiste comme le croyant. Il parle à la rai son et au cœur. Aussi nous ne doutons pas qu’il ne
96 l’initiatîon rencontre bon accueil et nous le souhaitons ardemment pour la paix sociale. Veuillez agréer, cher confrère, l’expression de nos sen timents. Les adeptes d'Antoine le Généreux. Librairie Générale et Internationale G.
FICKER PARIS — 6, rue de Savoie, 6. — PARIS Retrouvé, traduit du latin, et publié pour la première fois avec une introduction Par le Dr MARC-RAVEN Un ,volume petit in-8 sur beau papier vergé, orné d’un portrait et du sceau de Cagliostro. 1 Tirage à 5oo exemplaires..................................... 5 lr* Dix exemplaires sur japon impérial, numérotés 1 à 10............................................... (Épuisés). 12 fr. Le Gérant : Encausse. ' ---------r------------------ ---------— Paris. — Imprimerie E. Akrault et Cie, 9, rpc N.-D.-de-Lorcttc