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Librairie Générale et Internationale G. F1CKER PARIS — rue de Savoie, 6 — PARIS GEORGES PINÇON La FIN DU CHRISTIANISME Volume 18/12’ cm Broché .. .. . : 3 fr. 50 DUCASSE-HARISPE ' ■ L’AMOUR lit:/L’AUTEL. ; : Roman Volume 18/12 cm. Broché. .. . . . . 3 fr 50 L.A.
CLEF MYSTÉRIEUSE de - Chrétienne et Gabbalistique divine et magique, universelle, tri-unité Établie par Henri KHUNRATH (1609) • Nouvelle édition de luxe, comprenant la reproduction en gravure . des 12-planches originales, par les docteurs PARUS et MARC HAVEN Un volume de grand luxe : 1O fr. ..
On. reconnaît la rareté et l’intérêt dés planches hermétiques et magiques de Khunrath jjus.qu’à. présent ces planches étaient sans valeur, p.u'isqu’elles n’étaient .pas accompagnées de leur texte. Les docteurs Papus et Marc Haven ont remédié à cet état de choses en publiant; chez M. G. Ficker, une- édition de luxe donnant ^explication de chaque figuré. ' Paris. — Imprimerie E. A rravlt et C”, 9, rue Notre-Dame-de-Lorettc
;X*ïFjrwSr publiee m 91“« VOLUME. — 24^ ANNÉE SOMMAIRE DU N° 8 («ai 1911) PARTIE PHILOSOPHIQUE - , L'Initiation christiqùe (p. 9.7 à 127). . ; , ... Sédir. . ' 'Thèse (ésotérique 128 à 140). . . . . . , Catinella. La médecine transplahtatoire (p. 146 à • C. B. Société'd*Études philosophiques et psychiques de Tours (suite) (p; 157 3.167) . , . . . . .. X... Les derniers jours de Jésus (p. 168 à 170) . . . . L. B.
SECTION ARCHÉOMÉTRIQUE Triangle des Saints anges (inédit) (p. 171 à 174). Saint-Yves d’Alveydre.
Ordre martiniste. — La. naissance et la mort, — Pronostications per pétuelles-. des- laboureurs,, r- Philosophie' et métaphysique.Une - é fillette'.t-uée :par une auto'.. —- ' L’occultisme en. justice. — BibÜogra- ' ' phie. — Société des conférences spiritualistes. — Un nouvel- ouvrage du docteur Ghazarin sur les matérialisations, —■ Livres nouvelle ment parus. — Erratas.
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PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont W"'- abouti qu’à de. vaines et stériles négations. La Science expéri- - mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distancé.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal dé cette renaissance spiritua*. . liste dont les efforts tendent : Dans la Soience, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des Anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs, contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte à.’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l'initiation adhère au programme dé toutes les revues et sociétés qui défendent. F arbitrage contre l’arbitrairé, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin ¡’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et dé.la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans-l’Inde.. L’Initiation expose les opinions de toutes, les écoles, mais n'appartient'exclusivement à aucune.
Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études^ La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques- ' tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits.
Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà 'familiarisés avec les études de Science Occulte. ' L'Initiation paraît régulièrement à la fin de chaque mois et compre déjà vingt années d’existence. — Abonnement : io francs par an. (Les collections des huit premières années sonr absolument épuisées.)
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Rite Ancien et Primitif de la Franc-Maçonnerie (Chapitre et Temple INRI). Rite National Espagnol (Loge symb.-. Humanidad).
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. L’INITIATION CHRISTIQUE Matth., XVIII, 12, i3; XIX, 1-12; i6-3o. — Marc, X, 1-12; 19-34. — Luc, XII, i3-2i, 35-5o, 54-57; X, 38-42 ; XIII, f-27; XIV, 1-16, 22-3o ; XV, i-3a ; XVI, i-3i ; XVII; XVIII, 1-17. — Jean VIII, 1-2.
LE DISCIPLE ET LE TEMPOREL Lorsque, d’autre part, Jésus refuse de trancher un différend d’héritage, Il rappelle un phénomène com mun à tous les plans d’existence ; mais visible surtout dans la vie sociale : les lois que les hommes ou les dieux instituent laissent toujours à la liberté indivi duelle de la place pour passer entre leurs mailles.
Ce sont ces interstices qui constituent l’épreuve du Ubrearbitre ; le Ciel se borne à nous indiquer, par une parole intérieure, sinon par une extérieure, quel est le parti licite. En tous cas, une constatation générale peut nous guider : c’est que l’ordre de la Nature est le mouve ment.
Tout passe dans un perpétuel transformisme. (ï) Extrait du 3* volume des Conférences sur V Évangile, de Sédir (Beaudelot, éditeur, 36, rue du Bac; prix : 7 francs). 7
l’initîation 98 L’immobilisation de quoi que ce soit est donc contre nature. Par conséquent, il faut travailler : avec l’in telligence, avec le cœur, avec le corps ; ne vous refu sez à aucune dépense d’énergie ; n’accumulez pas pour les soleils et les dieux.
La connaissance suit en nous le progrès de la sagesse : nous ne sommes donc tou jours conscients que de la partie du monde que nous pourrions être assez sages, si nous le voulions, pour diriger avec rectitude. Par suite, une formule de notre devoir qui embrasserait nos charges conscientes et inconscientes, serait de dire qu’il faut être toujours prêt à accomplir l’acte juste et opportun, quelque effort que cela puisse nous coûter.
Etre prêt à subir le choc de la mort est le signe de cette maîtrise ; c’est pour cela que le Christchoisitl’exemple quel’on vient de voir. Et Sa parole est à comprendre littéralement lorsqu’il affirme « en vérité que le Seigneur établira * sur tout ce qu’il a, l’économe qu’il aura trouvé va- * quant avec fidélité à son intendance. » Le Père, en effet, ne nous demande que de Lui être'des intendants probes.
La durée totale des incarnations d’une âme se chif frerait-elle, comme le disent aujourd’hui les Brahma nes, par des centaines de milliards d’années terres tres, — et cela n’est pas, parce que d’abord il n’y a qu'une seule âme qui reste présente du commence ment à la fin d’une création, et parce qu’ensuite les existences ayant lieu un peu partout, la durée du temps change avec les planètes où il est subi, — ce chiffre, qui dépasse notre compréhension, ne vaut pas un cen tième de seconde en face de l’éternité. Or, l’homme
l’initiation CHRISTIQUE 99? qui se montre fidèle pendant ce clin d’œil divin, est fait ensuite libre, c’est-à-dire réellement, pratiquement, maître des créations futures et participant au Trésor de Lumière. Il a servi son Dieu pendant une duréeminuscule, son Dieu le sert à son tour tout au long; de l’éternité.
Il ne s’agit donc pas pour l’homme de satisfaire sespropres désirs, de quelque nom pompeux que les sages de ce monde les habillent ; l’histoire de la mystique: conventuelle abonde en traits qui montrent que l’or gueil, la complaisance, Fauto-admiration engendrent des états extatiques et thaumaturgiques; le solitaire d’une tour d’ivoire n’est sage que pour la courte sagesse humaine.
Il est tout logique que, plus on connaît dans sesdétails la volonté de son Maître, et plus on a reçu en dépôt de richesses, d’auxiliaires, de facultés, d’intel ligence, de volonté, plus on est responsable ; plus lemérite ou le démérite seront grands.
Ainsi, comme on ne sait rien, ni sur soi-même ou sur les autres., que des apparences et des approximations, commetout ce que l’on sait faire peut être encore mieux fait, ij est prudent de prier avant chaque travail, avant: chaque acte, avant toute étude.
On appelle ainsi cet Etre surhumain, venu sur terre et dans tous les plansde la vie terrestre, qui alluma Son feu régénérateur,, sépara la lumière de la ténèbre, et fut baptisé de ce> baptême unique, inédit, inimitable, qui est Sa propre: mort par holocauste. Appelons-le donc, à tout instant, à tout propos, par l’acte et par le désir, afin qu’il soit le véritable ouvrier
100 l’initiation de notre œuvre, l’accent dans notre parole, le regard dans nos yeux, la vie dans tout notre être. Ce feu, dont nous parlions tout à l’heure devait être allumé par Jésus, modifie les courants généraux des mers fluidiques sur lesquelles nagent les mondes.
Ainsi, l’Estet le Nord étaient, autrefois, les directions cardi nales bénéfiques et sacrées ; depuis le Christ c’est le Sud et l’Ouest qui ont reçu les propriétés des deux points précédents ; l’un comme centre des réalisations divines sur terre, l’autr^comme centre des réalisations humaines; mais les vingt siècles qui vont finir n’au ront été dans ce plan qu’une période de transforma tion dont les résultats ne seront nettement percep tibles que plus tard. *> * QUI SONT LES DISCIPLES Les Galiléens exécutés par ordre de Pilate, les dixhuit sur qui tomba la tour deSiloé. n’étaient pas, dit Jésus, plus grands pécheurs que le reste du peuple : parole dont certains prédicants terroristes devraient bien se souvenir.
Il y a, en effet, une moyenne éthi que pour une collectivité donnée; très peu restent en deçà ou vont au delà ; c’est une raison pour être indulgents les uns envers les autres ; et pour se guérir de la manie cléricale de voir le doigt de Dieu, la co lère de Dieu, le châtiment de Dieu, dans toute catas trophe. Dieu nepunit jamais.
Ce sont les hommes qui par certains actes provoquent des réactions climatéril'initiation CHRISTIQUE 10] ques, météorologiques, géologiques, des accidents, des épidémies ; mais c’est là un processus naturel, du même ordre que celui par lequel l’homme coléreux qui frappe sur une table peut se fouler le poignet. Jésus exprime bien d’ailleurs la longanimité du Ciel.
Le figuier, c’est l’homme ; son propriétaire, c’est Dieu; le vigneron, c’est le Messie. L’homme ne donne pas le fruit qu’il devrait; il est stérile avec une ténacité et une obstination effrayantes ; mais le Christ intervient, et grâce à lui la Clémence du Père s’émeut, et de nouvelles existences nous sont accordées pour un amendement toujours possible.
Nous avons déjà eu l’occasion de nous renseigner sur la doctrine de Jésus relative à l’observance étroite et superstitieuse du Sabbat. La nature des ma ladies qu’il guérit : paralysie et hydropisie, avait d’ail leurs un certain rapport avec le 7. Mais obéir aux lois est bien plus sûr que d’en instituer.
C’est pourquoi on doit donner une extrême attention à sa conduite ; car tout le monde est un peu législateur, de plus ou moins vaste envergure, et tout le monde a une ten dance innée à imposer au voisin sa fantaisie, sa ma nière de voir, pour prendre commodément ses aises. Il faut donc surveiller cela, apprendre à se gêner, chercher cette porte étroite par où peuvent passer ceux-là seuls qui furent humbles et charitables.
Sans quoi, au jugement de la race, nous serions laissés hors de la maison du Seigneur, c’est-à-dire hors de la planète, ou du continent où son règne sera établi ; alors toute supplication sera veine. Aucune religion ne donne avec certitude le privL
502 l'initiation Sège d’être admis chez le Père ; les préséances, même les hiérarchies ontologiques ne seront pas observées, ..car on y verra des âmes de tout âge.
En effet, tous les hommes qui doivent habiter un univers, ou un .astre, , ou un pays, n’y descendent pas en même temps; les, uns prennent des routes plus longues, mais douces ; d’autres sont dirigés par des chemins ■¡raccourcis, mais escarpés; de sorte qu’il se peut que ies premiers'descendus aient fourni moins de travail, ■et soient classés bien après ceux qui, venus beaucoup plus tard, ont eu un énorme effort à fournir.
C’est -ce qu’explique aussi la parabole des ouvriers de la dernière heure. Étudions un peu plus avant.
Le père a invité à sa maison le genre humain tout ^entier ; mais les convives sont pris par leur affaires, par leur famille, par toutes sortes de préoccupations ■terrestres, par l’argent, par la science, par la sensua lité ; alors le Père envoie ses serviteurs chercher ceux -qui n’ont ni argent, ni honneurs, ni famille, ceux enfin qui vagabondent par les chemins.
Ainsi l’homme riche, l’homme savant ne sont donc pas -exclus du royaume de Dieu à cause de leur fonction sociale, ou de leurs qualités mentales, mais parce qu’ils n’ont pas su quitter ces choses fragiles pour -obéir à l’appel du Père. Un pas de plus enfin. Ce roi, à qui ses invités -font affront, remarque parmi les passants qui les rem placent un homme sans habit de noces, et il le fait ¿jeter dehors incontinent. Il s’agit donc ici de pauvres antérieurs, de cette indigence mystique indépendante
l’initiation christique io3 des privilèges matériels, que nous avons étudiée en semble à propos du Sermon sur 7a montagne, et d’un vêtement spirituel qui la caractérise. La vie du monde est dîiïérente selon que son Sei gneur en est absent ou y est présent.
Dans le premier cas, les créatures se disputent les bonnes places, en décorant leurs convoitises des noms de savoir-faire, ingéniosité, activité, volonté, intelligence, sens des affaires, etc., etc.; mais quand le Seigneur arrive, Il replace les convives selon leurs mérites réels ; ainsi ne faisons pas comme les commensaux de Jésus, qui choisissaient à table les meilleures places ; prenons plutôt, en toute occasion; ce que les autres refusent: l’emploi obscur, l’anonymat, le travail difficile.
Le Ciel abaisse qui s’est élevé de soi-même, et il élève quiconque s’est abaissé de son propre gré. La sagesse des hommes recommande de fréquenter ceux qui sont plus riches, plus célèbres ou plus puis sants que nous, dans l’espoir que quelque chose de leur splendeur rayonnera sur nous. La sagesse divine dit au contraire : Cherche les pauvres, les infirmes; les abandonnés, qui ne peuvent que recevoir, dont tu rie peux tirer aucun profit.
Et cela parce qu’il est écrit dans le Livre de Vie que les anges ne visitent que ceux qui sont d’abord allés vers leurs inférieurs.
Ces deux paraboles sont applicables à tous objets ; à la chute des anges, aux jugements, à l’illumination individuelle, à la préparation du mercure philoso phique : pour recevoir cette Eucharistie intérieure qui est le repas mystérieux de l’âme à ia table divine, il faut tout d’abord, dans les maisons delà Nature, s'être
l’initiation 104 ' mis aux dernières places, — avoir donné aux infé rieurs, et de la nourriture, et de l’argent, et de la sympathie, et du savoir; — avoir su tout quitter au moindre appel de Dieu, — et enfin s’être tenu dansle détachement intime des richesses créées de tout ordre. Jésus résume tout cela en quelques traits d’une vigueur surnaturelle.
Essayons de comprendre ces aphorismes paradoxaux qui sont autant de défis lan cés à ce qui paraît être le meilleur de la nature hu maine. Pour être disciple il faut quatre choses : Venir à Lui, haïr sept sortes d’êtres, porter notre croix, Le suivre. La première condition s’entend d’elle-même; ne nous y arrêtons pas. Mais la seconde ? 11 faut haïr 1 Et qui ? Le père, la mère, la femme, les enfants, les sœurs, les frères?
Tout ce qui fait la vie digne d'être vécue, tout ce qui la rend aimable, honorable, et c’est ce même Dieu qui ordonne cela dont on pense qu’il bénit les nombreuses familles ? Ne cherchons pas quelque signification mystérieuse, soit dans le psychique, soit dans le pneumatique, à assigner à ces sept termes ; contentons-nous du sens commun.
Avezvous jamais senti que vous aimiez votre famille pour vous-même et non pas pour elle?Vous êtes-vous aperçu • que ces affections étaient en nous ancrées par toutes les racines obscures de la chair et du sang ; elles ne sont donc pas méritoires, puisque les souf frances mêmes qu’elles nous occasionnent prennent un caractère d’indispensable ; tout ce qui dans le monde, nous attache, tout ce dont l’attrait peut nous faire oublier la Loi, tout cela, quelque sublimes qu’en
SSWgSSB?? l’inxtiation christique io5 soient les motifs au point de vue humain, il faut non seulement s’en détacher, mais encore le repousser : « Renoncer à soi et à toute propriété en se confiant aveuglément à Dieu, recevoir tout ce qui arrive comme venant du Créateur, et non de la créature, être patient et doux », telle était la maxime de maître Eckart.
Voici celle de son initiateur Jean Fugger : « La plus grande douleur du juste et la plus méritoire, est de se trouver abandonné de Dieu, de s’oublier soimême, de se faire violence au point de se résigner par amour à rester privé de Dieu autant qu'il Lui plaira. » Enfin, pour indiquer une formule plus familière que celles de ces deux grands protagonistes de la vie spirituelle du moyen âge, disons, si vous voulez, que le disciple de Jésus est celui-là seul qui, en toute circonstance, prend, avec un cœur souriant, le parti qui lui est le plus antipathique.
Haïr ses parents et sa propre vie, cela ne veut pas dire qu’il faille être mauvais fils, ou mauvaise mère, ou qu’il faille se suicider : la vie du corps, la vie pas sionnelle, n’est pas la vie véritable : c’est la vie du moi, c’est la volonté propre, c’est la faim égoïste qu’il faut haïr, dans toutes ses manifestations.
La troisième condition est de porter sa croix: qu’est-ce que notre croix, sinon l’instrument de notre supplice expiatoire, le paiement de nos dettes, la répa ration du mal antérieurement commis. La formule ici est : patience et résignation. La dernière condition, enfin, est de suivre Jésus: non plus seulement subir, mais encore agir d’après ses actes, entreprendre comme II a fait, rayonner
io6 l’initiation dans notre sphère infime, comme II a rayonné sur l’orbe universel. Car, les paraboles suivantes du bâtisseur et du guerrier le démontrent, il ne s’agit pas de désirer Jésus et de rester passif : le disciple est,'au sens profond du mot, un constructeur et un soldat ; une part lui est réservée dans l’édification de la Cité divine, un poste l’attend dans la bataille cosmique.
Or, qui veut la fin veut les moyens ; avant de bâtir, il faut des pierres; avant de combattre, il faut de la force : nous amassons celle-ci et celles-là par l’observance des deuxième et troisième règles précitées, mais tout se résume dans la renonciation à ce que l’on possède.
Quand nous avons tiré à nous les cellules que nous avions entassées sur le sable des désirs naturels, les soldats qui se bat taient pour la conquête des idoles, alors seulement il est raisonnable de construire la maison spirituelle, ou de s’enrôler parmi les soldats du Ciel. On voit ici la différence avec ce que les ExtrêmeOrientaux ont laissé transparaître de leur éthique se crète.
Leurs ascètes du plus haut degré rappellent bien d’abord à eux toutes celles de leurs forces et de leurs puissances que la vie familiale, sociale et intel lectuelle avait jusqu’alors absorbées. Mais ils se ser vent de ce noyau, qui est bien à eux, pour attirer de nouvelles forces afin de devenir purs et parfaits et d’ai der ensuite les autres plus efficacement.
Ils ne sem blent pas sé rendre compte que, quelle que soit la bonté de l’objectif en vue duquel on prend de ce qui ne nous appartient pas, la Nature nous force toujours à rendre Findûment acquis. Tandis que l’Evangile
L* INITIATION CHRISTIQUE XO7 ^net l’homme à l’œuvre dès qu’il a prouvé son bon vouloir.
La force de propagation du sacrifice rayonne ,'ainsi aussitôt que possible ; le disciple se trouve sous le rayonnement central de son Maître dès qu’il peut en .-supporter l’éclat, et il n’engage pas son avenir dans /de nouvelles complications. * ¥ LA BONTÉ DU PÈRE Le berger qui a plus de joie d’avoir ramené une ’brebis perdue que d’avoir gardé les quatre-vingt-dixneuf autres, la femme qui se réjouit plus d’avoir re trouvé un drachme que d’en avoir conservé neuf, le père de famille qui fête l’enfant prodigue tandis qu'il ne donne rien de spécial à ses autres fils vertueux, .sont des exemples de l’amour du Père pour l’homme.
Ce n’est pas juste, diront les métaphysiciens ; non, ce n’est pas de la justice, c’est de l’amour. Nous n’avons ■rien en-nous dont le prototype ne préexiste dans le ■Ciel ; si nous étions traités suivant une justice mathé matique, jamais nous n’arriverions à réparer nos ■fautes, encore bien moins nous ne pourrions termi ner notre travail.
L’homme vertueux ne s’acquiert pas de mérites, selon la Justice, puisqu’il ne fait que -son devoir; mais l’Amour lui en reconnaît et le •récompense comme il fait fête au pénitent. 11 est incompréhensible, il paraît inouï que l’Être «dont une partie infime suffit à remplir l’immensité de.
l’initiation 108 la création, s’occupe de nous avec plus de sollicitude que la plus tendre des mères, qu’il se penche pour écouter nos prières balbutiantes ; sait-on ce qu'est le péché, dans son essence intime? Sait-on ce que c’est que le mal dans sa racine spirituelle? A côté de com bien d’abîmes ne passons-nous pas tous les jours?
Mais peu d’hommes ont la tête assez solide pour scru ter certains mystères ; contentons-nous de savoir que le Père nous aime ; si nous pouvions répondre à la millionième partie de cet amour, nous serions tous des saints extraordinaires. Les docteurs de l’Église, saint Irénée et saint Am broise entre autres, enseignent que les quatre-vingtdix-neuf brebis représentent les bons anges, et la cen tième l’humanité.
C’est elle aussi que symbolise le dixième drachme et. l’enfant prodigue ; la femme est la communauté de la cour céleste, Sion ; le père de famille, c’est Jésus ; mais le fils aîné marque une race d’êtres inconnus à toutes les mythologies, qui vit ce pendant tout à côté de nous, qui travaille, mais pas selon le même mode que nous.
Bien qu’il nous aime, ou plutôt parce qu’il nous aime, le Père veut que nous travaillions ; c’est ce se cond aspect de son amour que nous montre la para bole de l’économe infidèle. L’homme riche, c’est le Père ou la Providence vivante.
L’intendant, c’est l’homme, à qui des orga nes pour agir dans tous les plans ont été confiés, afin qu’il fasse croître la vie, qu’il fasse fructifier les graines spirituelles, déposées soit dans son être inté rieur, soit dans le domaine extérieur qui lui a été
l’initiation christique 109 attribué dès l’origine. En se conduisant mal, il gas pille ses forces,.et n’ensemence point. Pour échap per à la punition, il cherche des arrangements avec d’autres êtres, qui ne dépendent pas de lui, bien que sujets du même Maître. Ces contrats qu’il passe, soit par force, soit par ruse, quoique illégitimes, de viennent obligatoires.
De sorte que ses créanciers, les dieux de la richesse, de la gloire, de la science, par exemple, gagnent toujours quelque chose à ce com merce. Telle est, en général, la conduite des humains. Mais elle n’est pas conforme à la vraie sagesse.
De là le conseil : « Faites-vous des amis avec les richesses injustes, etc. » Selon le plan primitif de la Création, les bonheurs temporels devaient con corder avec le vrai mérite, spirituel ; mais les diables et les hommes ont faussé cette correspondance. De sorte que les prérogatives précitées sont des écueils, où la vertu des hommes sombre presque toujours.
Richesse, santé, réussite, gloire, sont détenus injus tement par Mammon, si on administre fidèlement ceuxd’entre ces biens que les Moires nous distribuent ; je veux dire si on les regarde comme n’étant ni notre acquit, ni notre propriété, comme de simples dépôts : nous en ferons profiter fraternellement les autres.
Si même le disciple est courageux, il cherchera l’épreuve, l’adversité. pourl’éviterà l’undeses frères; maisil ne doit tenter cela que par amour, car « qui veut sau ver son âme la perd ». Les amis que l’on se fait ainsi sont les serviteurs invisibles au Ciel, non seulement ceux que l’Église
110 ^INITIATION appelle les bons anges, mais bien d’autres êtres en core, dont l’Esotérisme ignore l’existence.
Ces épreuves, quelque terribles qu’elles peuvent: paraître à notre point de vue, sont « de petites cho ses », gloire et richesse et science terrestre ne sont: rien en effet ; notre fidélité dans ces modestes travaux:, nous permettra d’être consciencieux quand l’Ami nous confiera « de grandes choses » plus tard, c’est-à-direun pouvoir, un secret, ou une mission.
Ce sont là les « véritables richesses », à la distribution desquelles, nous sommes tous appelés: comprenons-Ie bien :: « ce qui est à autrui », c’est tout ce que nous pos sédons, dans tous les plans ; « ce qui est à nous »,.. c’est l’étincelle de Lumière divine.
Là, il faut choisir ; vouloir être à la fois de la Lu mière et des Ténèbres, c’est chercher le clair obscur,, l’équilibre ; or rien dans la Nature ne demeure en/ équilibre stable, s’il n’est immobile. Et l’immobilité, , c’est l’état anti-vital, c’est le véritable Enfer, c’est la. porte du néant.
Eloignez-vous des hommes qui prêchent cette im mobilité et qui prétendent y être parvenus pour s’as surer par là la possession des prérogatives les plus élevées qu’il soit possible de conquérir.
Ecoutez l’au teur de Y Eglise intérieure : * Nous pouvons, en contrariant notre propre vo lonté et en la subjuguant même, n'avoir d’autre but qu’à y trouver un aliment à notre orgueil spirituel' et un puissant agent pour accomplir nos propres dé sirs. On en voit aujourd’hui un exemple frappant dans ces plus habiles opérateurs du magnétisme. Ils.
.1 l’initiation CHRISTIQUE I î I vous disent... de se tenir dans une parfaite inaction. Mais qui ne voit qu’ils se servent de cette inaction même pour arriver au but qu’ils s’étaient d’abord pro posé? C’est ce but-qui les rend plus actifs, dans le temps même qu’ils ne prétendent être que passifs. L’histoire de Lazare et du mauvais riche montre que les frontières des mondes sont infranchissables.
La tradition ecclésiastique enseigne que de lacirconférence de la terre à son cfentre, se trouvent les limbes des saints de l'ancien temps que le Christ a libérés, puis lepurgatoire, puis les limbes des enfants non baptisés, puis l’enfer; il n’y a pas que de l’imagination dans cette cosmographie, de même que dans les doctrines occultes des différents peuples.
Mais nulle part on ne trouvera une description exacte et complète du pays des morts et des autres mondes invisibles avoisinant notreplanète. Aussi bien, ces connaissances n’auraient guère, pour notre culture, d’utilité réelle.
On peut dire toutefois que le paradis, le purgatoire et l’enfer des catholiques existent; comme existent le scheol, le puits de l’Abîme des hébreux, les quatorze lieux cos miques des brahmanes, les innombrables cîeux et en fers bouddhistes ; une théologie est toujours l’histoire naturelle d’un aspect de l’invisible, et non pas un simple symbole philosophique. * * ¥ RÈGLES SPÉCIALES AUX DISCIPLES Ici Jésus traite de quelques cas de morale au point de vue du disciple.
112 l’initiation "Un scandale. est, en somme, un mauvais exemple inattendu et à qui son caractère exceptionnel donne une gravité particulière : on est responsable non seu lement de l’acte, et deses conséquences directes, mais aussi des autres actes qu’il suscite chez ceux qui en ont été témoins ; le caillou jeté sur l'océan du monde détermine des rides qui se propagent jusqu’aux rives les plus éloignées.
De plus, une sorte de surprise se produit au fond du cœur de celui que l’on scandalise, qui le blesse mystérieusement, ou mieux qui l’empoi sonne, viciant l'influx de la Lumière, et la Vie spiri tuelle à sa source. C’est cette corruption qui charge le scandaiisateur et le voue à une implacable fatalité. Le faux mendiant qui vole l'argent du vrai pauvre se forge un boulet aussi lourd.
Et celui qui ne vainc pas ses rancunes fait quelque chose d’analogue. On ne sait pas assez que tous nos actes ont une contre-partie invisible. A nos côtés se tiennent jour et nuit notre ange gardien et notre dé mon, qui sont nos témoins constants et un guide temporaire qui change de temps à autre ; ils perçoi vent non pas la forme physique de nos actes, mais les sentiments qui en sont les sources.
Ils se souviennent de tout malgré les morts et les renaissances. Une con versation, une dispute ne se passent pas entre deux in terlocuteurs, mais bien entre quatre: les deux hommes et leurs deux guides. Le bon et le mauvais ange in terviennent dans notre conseil intérieur ; mais notre décision une fois prise, les deux guides la suivent ; comme nous en changeons plusieurs fois par exis tence, si nous rencontrons notre ennemi quelque
l’initiation christique I 13 tempsaprès, lui et nousn’avons plusles mêmes guides, et la réconciliation que nous tenterions alors ne peut être complète.
Il faudra donc attendre, parfois /plu sieurs vies, pour que chacun des adversaires retrouve le guide qu’il avait au moment de la dispute, et qu’ils se retrouvent eux-mêmes en présence sur ce plan phy sique; on aperçoit de suite combien il importe défaire la paix entre nous, au plus tôt et sans se lasser. Donner le bon exemple et pardonner ne constituent pas tout le travail du disciple.
Il faut encore qu’il de vienne intermédiaire entre la foule et son maître ; que ses demandes soient entendues, qu’il guérisseet soulage les infortunes par la prière, quand il ne peut pas le faire matériellement. C’est pour ce dernier em ploi que les apôtres demandent à Jésus d’augmenter leur foi, et II leur répond en leur expliquant la diffi culté de leur souhait.
On a l’habitude de voir dans les vertus morales des abstractions sans influence biologique, sans forme organique; en particulier, trois d’entre elles, que l’Église qualifie de théologales, semblent n’être que des états psychiques assez vagues, ne produisant que des opinions personnelles, et des résultats raisonnables.
La foi, l’espérance et la charité sont bien plus que cela ; ce sont les puissances spirituelles que l’homme mysti quement régénéré, au même titre de la sensibilité, l’intelligence et la volonté, sont, pour la psychologie classique, les facultés de l'homme ordinaire. De même que celles-ci se localisent dans certains organe du corps physique, celles-là se situent, dans d’autres parties de ce corps ; et leur développement réactionne 8
f 14 l’initiation íes germes d’organes matériels futurs inconnus aux ésotérismes les plus savants. Le Père, le Fils et ¡’Es prit ne sont qu’un seul Dieu, de même ces trois ver ías ne sont qu’une seule vertu ; et si l’on veut conti nuer cette interprétation théologique, on peut direque h foi correspond au Père, la charité au Fils et l’espé rance à l’Esprit. Vertu signifie puissance, ne l’oublions pas.
La foi a’est donc pas un état d’âme, mais une force de l’âme, un organe du corps glorieux; et ce que nous appelons, la foi, même la plus ardente que l’on puisse nourrir, n’est qu’un désir vague, incertain, impuissant; Jésus n’employait point une figure de rhétorique quand il disait : « Si vous aviez seulement de la foi gros comme iint grain de sénevé, vous pourriez dire à cet arbre : Déracine-toi et va te planter dans la mer, et il obéi rait. » Il exprime là une simple et positive réalité; c’est justement l’impossible, l'inouï, l’inédit, l’incon cevable, qui sont le domaine de la foi.
Dire, avec .Bœhme, quelle est la force opérante essentielle de la volonté n'est pas suffisant. J’ai une famille, un commerce, des amis. Mais la faillite arrive, et je m’affole : c’est que je n’ai pas la foi; mes enfants tombent malades; et meurent; je jperds courage : c’est que je n’ai pas la foi; une épouse bien-aimée succombe, et toute énergie, toute dignité m’abandonnent : c’est que je n’ai pas la foi.
Toutes ces épreuves, si je les subissais sans me plaindre, ce ne serait pas encore la foi ; plus même, je serais une espèce de saint, et je serais heureux que tous ces maux soient abattus sur moi, plutôt que sur
l’initiation CHRISTIQUE 11 5 un autre : alors seulement je pourrais me dire que d’ici une ou deux existences passées dans les mêmes traverses, sans défaillir, peut-être sentirai-je dans mon cœur le premier frémissement d’un minuscule germe de foiMaintenant de quelle façon une tenue d’âme peutelle influer sur le cours de la Nature ? Quel est le mécanisme de la thaumaturgie évangélique ?
Prenons un exemple, nous pourrons ensuite raisonner par analogie sur tous les autres cas imaginables. Je suis dans les affaires; un concurrent déloyal me ruine; mais il n’a reçu, de l’un de ces dieux que les brah manes appellent les seigneurs du Karma, la permis sion et le pouvoir de ne faire de tort que parce que je m’en suis autrefois rendu coupable.
Si je supporte le choc avec courage et résignation, je suis libéré d’une souillure; mais rien de spirituel n’a germé en moi à cause du mal ancien.
Un autre malheur me frappe, que je n’ai pas appelé dans une vie antérieure; il m’est venu par les soins d’un être visible ou invisible, commis spécialement pour éprouver ma force de caractère; si je le subis avec cette joie intime du sol dat courageux, toutes les forces, tous les fluides, toutes les pensées, tous les élans que je dépense dans la lutte, qui naissent des chocs intérieurs et extérieurs, font un chemin à ma volonté, et attirent les forces et les êtres de même tendance disséminés dans le monde.
Dans la sphère de mon individualité, je sortirai donc de la bataille avec toutes sortes de vigueurs en plus. D’autre part, si la situation où je me trouve est réelle ment sans issue, si aucun ami, aucune aide humaine
116 l’initiation ne peut m’en sortir, et que je conserve, malgré tout, la certitude inébranlable de la présence du Père, toutes les énergies que je déploie perceront à travers les cer cles de la Nature jusqu’à la porte du Ciel, et ma foi y prendra ce dont j’ai besoin: idée, intuition, dynanisme thérapeutique ou thaumaturgique.
La foi n’est point, comme l’enseignent à tort cer taines écoles d’occultisme, la volonté gigantesque d’un adepte; la volonté n’est que le moyen de l’obtenir par la réalisation de la confiance en Dieu et du courage. Une volonté, si haute qu’elle soit, n’est jamais qu’une force naturelle ou humaine. La foi est, par définition, surnaturelle et surhumaine.
La magie donne les moyens de produire des choses extraordinaires ; mais elle n’agit que par la mise en œuvre de lois naturel les inconnues. La foi dépasse la création; elle n’a besoin ni d’études, ni de rites, ni de lieux, ni d’heures ; elle opère n’importe où, n’importe comment, parce que, venant de l’Absolu, elle participe de la sponta néité, de la liberté de l’Absolu.
Cependant le disciple qui exécute ces trois im menses travaux doit encore remplir une condition indispensable pour faire œuvre durable ; il faut qu’il demeure humble jusqu’au néant en face de la toutepuissance du Père.
Jésus l’exprime énergiquement : « Vous êtes des serviteurs inutiles, parce que vous n’avez fait que ce que vous étiez obligés de faire. » Le Ciel ne nous doit aucun salaire ; les récompenses qu’il nous donne sont de pures faveurs; et le signe le plus évident de Sa sollicitude particulière pour l’un d’entre nous, c’est quand celui-là ne reste pas un jour
^INITIATION CHRIST1QUE 117 sans une épreuve à subir. C’est pourquoi l’homme ne peut espérer devenir un soldat de la Lumière que quand il parvient à faire plus que son devoir. Tout ce que je vous dis là, ce sont en réalité des choses que nous savons, mais que nous ne prenons jamais la peine d’extraire des limbes de notre mé moire.
Il faut prendre garde à toutes ces connais sances spirituelles que nous avons reçues, que nous laissons sans emploi; combien d’hommes autour de nous, peut-être parmi ceux que notre orgueil de caste ou notre fanatisme de religion méprise, désireraient avoir ces lumières ? Voyez les dix lépreux que Jésus guérit; un seul revient sur ses pas pour Le remercier et celui-là était un Samaritain honni de l’Israélite orthodoxe.
L’homme est désespérément ingrat; la preuve en est dans l'acuité'de la piqûre que nous fait l’ingrati tude d’autrui. Et cependant ne sommes-nous point, à toute minute, ingrats envers le Père? Nous ne pen sons jamais au Ciel : sauf quand nous sommes en détresse.
Ah 1 que la prière, dans ce cas, est chose piteuse et piètre 1 Si certains initiés obtiennent des résultats si étonnants par la concentration de la pen sée, que ne pourrions-nous obtenir dans le plan social, scientifique, artistique, ou moral, par la con centration du cœur, ce foyer primitif de qui le men tal reçoit sa vie ? On ne saurait trop ramener et ras sembler ses désirs, ses sentiments, son centre affectif vers et sur Dieu.
On y gagnerait cette santé spirituelle qui est la source de toutes les autres santés. On comprendrait que « le règne de Dieu est au mi
l’initiatíon ii8 lieu de nous. » Non pas, comme disent aujourd’hui certains faux mystiques de grande renommée, que Dieu n’existe que dans l’âme de l’homme, et que celuici n’a qu’à s’exalter pour devenir un véritable Verbe divin.
Le règne dé Dieu est réellement, objectivement au milieu de nous; il nous est imperceptible de la même façon que les esprits nous sont invisibles, bien qu’ils remplissent l’espace où nous nous mou vons; si on désirait voir ce royaume avec autant de constance et de logique qu’on en use pour se mettre en rapport avec des esprits, on le verrait et plus facilement encore. Car le Berger cherche ses brebis avec une ardeur inextinguible.
Le lieu spirituel où est notre cœur est presque toujours un district de l’enfer; il ne tient qu’à nous que ce soit un coin du Ciel.
Si nous atteignons ce résultat, il sera bien inu tile en effet de chercher çà et là des enseignements secrets, de courir après des thaumaturges; car, de même que l’adorateur de Mammón rencontre et se réunit à d’autres adorateurs de Mammón, le servi teur du Ciel, par la suite des circonstances communes de sa vie; se trouve immanquablement un jour, face à face, avec la personne physique de son Maître béni.
Ou plutôt, ce serviteur n’a pas besoin de cette pré sence extérieure ; il en possède une, intérieure, cons tante par la foi. Ainsi, que par extraordinaire vous soyez témoins des catastrophes et des paniques qui annonceront les temps derniers, demeurez, tout en prodiguant vos secours aux malheureux, dans le calme immuable de vos certitudes spirituelles. Le Ciel fait bien ce qu’il fait; et si vous êtes désigné
L’INITIATION CHR1STIQUE I ï 9 pour prendre telle ou telle direction, Ses anges sau ront bien vous trouver, dans quelque mansarde ois dans quelque hameau que vous demeuriez.
Car ce jugement arrivera soudain en dépit de tous ses signes précurseurs; mais l’horreur surnaturelle ■ des cataclysmes ne devra ni altérer notre sang-froid.P ni ralentir notre travail ; car tout sera prévu et réglé,, dans les moindres détails; et cela aura lieu dans le pays le plus corrompu, car « les aigles s’assemblent là où est le cadavre ». * * * LE DISCIPLE INTERCESSEUR La parabole du juge inique nous fait comprendre qu’il faut de la persévérance dans la prière; ce qu’on n’a pas obtenu en une semaine, on l’obtiendra peutêtre au bout d’une année; si notre voix n’a pas été entendue au bout d’un an, elle le sera peut-être au? bout de trente.
Les vieux rishis indous pour prendre la place d’un simple dieu faisaient pénitence durant, des dizaines de siècles; nous qui sommes certains que le Maître des dieux lui-même s’incline à notre voix, nous pouvons bien, après une distraction ou tiédeur, recommencer notre demande, dussions-nous nous priver de sommeil cette nuit-là.
Une autre condition de la prière est cette humilité que nous savons déjà si nécessaire; dès qu’on l’a fait par ou avec orgueil, l’acte le plus beau, le plus hé roïque, le plus sublime, devient un recul, au liera
120 l’initiation d’être un progrès ; le Ciel' abandonne l’orgueilleui complètement à lui-même; l’homme qui s’enfle, qui croit agir et vaincre, — en quoi que ce soit, — par son propre mérite, s'aveugle, ferme son horizon, s’imagine bientôt n’avoir plus rien à faire, et finit par tomber dans les plus piteuses chutes.
Il y a plusieurs sortes d’orgueils, puisque chacune de nos qualités peut nous rendre vaniteux ; le moins dangereux est celui de l’homme qui aime la gloire, car la roche tarpéienne est près du Capitole. Le plus dangereux est celui de la fausse humilité. Il y a encore d’autres formes ; mais il n’est pas très utile de décrire ces choses.
En somme, ne regardons pas, comme le pharisien, le bien que nous avons fait; regardons, comme le publicain, celui que nous n’avons pas fait, et le mal que nous avons commis : c’est là un bon exercice pour apprendre à se connaître. C’est ce que Jésus enseigne aux accusateurs de la femme adultère, en écrivant leurs péchés sur le sable, et en pardonnant la pécheresse.
La publicité de sa faute l’en déchargeait, à cause du mépris de ses con citoyens ; c’est là un mécanisme fort curieux, qui explique la confession auriculaire, et dont l’ancienne coutume de la confession publique était une excel lente application.
Comme certains monstres habitants des cavernes et des lacs souterrains, qui, traînés au grand soleil, ne sont plus que des masses aveugles et impuissantes, le mal perd son venin lorsqu'il est connu ; il ne se développe et ne se propage que dans l’ombre; c’est pour cela que nous devrions toujours
L’INITIATION CHRISTIQUE 121 le commettre publiquement ; nous en aurions d’abord un peu plus de honte ; et les spectateurs, qui nous jugeraient, diminueraient ainsi notre opprobre. L’observation que Jésus fait à la ménagère Marthe n’est pas, comme l'ont répété à la suite les uns des autres les écrivains religieux, une critique de la vie active et un éloge de la vie contemplative. Jésus vou lait dire qu’il faut faire chaque chose à son heure.
Marthe s’affairait évidemment pour faire honneur à son hôte et le mieux traiter, quoiqu’elle eût des ser viteurs pour les besognes domestiques. Il y a un temps pour agir, un temps pour penser, un temps pour la matière, un temps pour l’Esprit. Et comme c’est ce dernier qui est le maître, c’est à lui d'abord qu’il faut se donner ; une heure plus tard, Jésus pou vait partir, sans que la trop inquiète Marthe ait pro fité de la divine conversation.
C’est toujours le défaut de simplicité qui alourdit l’existence; et le Christ donne une grande leçon quand il nous propose en exemple l’ignorance des lis et l’innocence des petits enfants. Dans le langage ésotérique de l’ancienne synago gue, on appelait « petits enfants », les initiés. Les Egyptiens, les Jaunes, les Hindous et lés Grecs assi milaient aussi l’initiation à une nouvelle naissance.
En effet, il n’y a pas d’initiation sans mise en rapport avec un second plan de conscience ; le mot sanscrit dwidja, traduit d’ordinaire par « deux fois né », signi fie, paraît-il, pour les adeptes : « vivant sur deux plans ». Toute religion est le produit d’une hiérar chie, d’un monde invisible spécial; le commun de
122 l’initiation ses fidèles n’est conscient que de son aspect visible^ rationnel, physique, et ne reçoit de son invisible que; des lueurs intermittentes ; les initiés perçoivent en outre une partie plus ou moins grande de son collec tif invisible ; mais il a fallu que, soit par eux-mêmes,, soit avec l’aide d’un supérieur, soit avec l’aide de leur dieu, soit, la plupart du temps, par la coopéra tion de ces trois facteurs, le germe d’une certainelumière (la connaissance ésotérique, la dévotion, par exemple) déposée dans leur esprit, y grandisse, et parvenu à son terme, sorte de sa matrice fiuidique1 pour aller vivre consciemment dans l’atmosphère seconde de l’eggrégore religieux dont cet initié fait, partie.
Ceci est une véritable parturition. Remarquez,en passant,qu’aucun système'religieux n’embrasse dans son enceinte spirituelle la totalité de là Nature invisible; toutefois, le catholicisme est. celui qui est le plus rapproché du Centre, et qui, par suite, contient la plus grande part de vérités.
Tous les entraînements de l’initiation servaient a. nourrir ce germe spirituel; les existences innom brables de la monade humaine servent de même à nourrir ce qui, à l’heure du salut final, sera notre corps de gloire. De même que le néophyte ne peut franchir sans aide le fossé qui sépare le visible de sa religion de son invisible, de même le disciple du Verbe divin ne peut franchir sans l’aide du Maître l'abîme qui. sépare le Créé de l’Incréé.
Le royaume de Dieu est donc bien accessible à« ceux-là seuls qui sont nus, comme le petit qui vient., de naître; il faudrait, après avoir tout étudié, tout:
l’initiation christique I2Î expérimenté, tout souffert, renoncer à tout, — mieux encore, — oublier tout. Comme la racine de la mé moire est dans le corps, .on ne peut pas oublier; quel que chose d’extérieur à nous doit enlever le souvenir; ce quelque chose est l’eau du baptême de l’Esprit.
Ainsi, pour recevoir avec fruit l’enseignement de I’Évangile, et la force vive qu'il émane, il faut être dépouillé de toutes autres théories, de tous autres dé sirs, de tout jugement préalable, de toute préoccupa tion divergente; il ne suffit pas d’avoir fait table rase dans le mental, on devrait avoir aussi nettoyé son cœur et ses sens ; c’est à cause de la difficulté de cette préparation que, bien souvent, l’homme ne vient à Jésus qu’après de nombreuses expériences matérielles, sentimentales, philosophiques ou religieuses; après toutes sortes d’échecs et de désillusions, qui débarras sent son interne des oripeaux et des idoles : comme nous n’aurions jamais le courage de rejeter de sangfroid toutes ces choses que nous avons passionnément recherchées, c’est le Ciel qui nous en détache et nous en montre peu à peu le vide.
De toute façon, pour comprendre la doctrine du Christ, pour recevoir le royaume de Dieu, il faut s’y donner corps et âme; l’étude intellectuelle, le dilet tantisme, l’attitude expectante du philosophe éclec tique, ne procurent pas cette connaissance; une sim plicité candide, une ardeur totale, une spontanéité d’admiration, voilà ce qu’il faut pour ressentir la fraîcheur convaincante de la parole divine. Mais, laissez-moi insister encore sur la différence essentielle qui distingue les initiations humaines de
l’initiation 124 l’initiation divine. Les premières ne peuvent donner accès que dans des plans plus ou moins sublimes de la Nature: la seconde seule nous ouvre le royaume de Dieu.
Sans parler ici de la Yoga hindoue, que l’on vou drait nous faire croire très ancienne, mais qui ne remonte sans doute pas plus haut que Krishna, et qui procure non la liberté, mais l’évasion, les mé thodes de l’antique brahmanisme, de l’osirisme, des mystères mithriaques et orphiques ri’agîssentque sur les facultés naturelles; aucun être avant le Christ n’avait pu, dans ses investigations, dépasser notre zodiaque; aucun maître n’avait donc pu enseigner plus qu’il n’en savait.
C’est ce que les amateurs d’Occultisme ne veulent pas comprendre; il faudra bien qu’ils se rendent à l’évidence le jour où leurs sens astraux et mentaux seront arrêtés dans leurs recherches. * * * COMMENT REDEVENIR ENFANT? Tout ceci, et bien d’autres choses encore, nous viennent par Jésus. L’homme fuit Dieu ; Jésus va tout de même vers lui, et le suit en secret dans tous les égarements de sa marche incertaine.
Pourquoi ne veut-Il donc pas qu’on L’appelle bon ? Pour nous donner une leçon d’humilité et d’union. Le Fils se considère toujours comme un néant vis-à-vis de son Père ; Il ne fait rien que par son ordre, ou d’après sa
L’INITIATION CHRISTIQÜE 125 permission, Il rapporte à lui tous Ses triomphes et toutes Ses souffrances. Il veut être comme s’il n’exis tait pas ; Il veut rester simple intermédiaire entre nous et son Père, et l’effacement si absolu du Seigneur de la Création doit nous dire combien notre propre humilité est indispensable, et à quelles profondeurs il ne faut pas craindre de descendre en nous-mêmes.
La conquête d’un paradis est humainement fai sable; l’observance de cinq préceptes y suffit : pas d’adultères, ni de meurtre, ni de vol, ni de faux témoi gnage, et enfin la piété filiale. La conquête du Ciel demande deux autres conditions : être pauvre, et suivre Jésus.
Cela est tellement difficile que le Christ répond à Pierre à ce sujet : « Ce qui est impossible à l'homme, est possible à Dieu. » Car la richesse n’est que l’ex pression de notre égoïsme; est riche, non seulement le titulaire d’une grande fortune, mais celui qui a beaucoup d’honneurs, que beaucoup d’amis chéris sent, qui possède une vaste intelligence, qui sent en lui des passions vigoureuses et âpres, qui est pourvu de facultés extraordinaires, ou enfin dont la volonté est toujours maîtresse des autres; à condition bien entendu que le bénéficiaire de ces différentes richesses y soit attaché de cœur, les considère comme son ina liénable acquit, et croie en elles.
Tout cela occupe dans son interne, des facultés, des organes, des chambres, et dans son externe, des cellules physiques; les lumières du Royaume ne trouvent pas de place disponible, et ne peuvent être assimilées. C’est pourquoi le disciple doit se faire nu
32Ô l’initiation comme un pauvre, et simple comme un petit enfant. Ensuite, il faut qu’il purge sa peine, qu’il répare le mal commis autrefois, par la résignation dans l’épreuve ; enfin qu’il remette de la Lumière là où ses mauvaises actions avaient mis des ténèbres : ainsi on porte sa croix et on suit le Verbe. Quand on peut prendre ce chemin, ou plutôt quand le Ciel nous juge assez résistants pour nous y mener, il y a des récompenses.
Celui qui a quitté maison, ou parents ou enfants pour le royaume de Dieu, « reçoit en ce monde déjà le centuple ».
En effet, rappelonsnous que ce n’est pas le fait de posséder un mètre cube de titres qui nous immobilise dans le spirituel, c’est de croire à ce paquet de papier, d’y avoir mis notre cœur et le plus profond de nous-même ; or, le travail du disciple nécessite la collaboration constante d’une armée d’auxiliaires invisibles; il ne pense pas, il n’agit pas en vertu d’un système préétabli smais il faut qu’à chaque pas il connaisse le Vrai du moment, actuel, opportun, — qu’il puisse agir l’Acte du mo ment, le meilleur, le plus fécond.
Il a donc besoin, — puisque lui-même se tient pour un zéro — de mes sagers, d’aides, dé serviteurs, de courriers, de chas seurs, qui le renseignent, et qui travaillent selon sa prière.
Il lui faut des parents invisibles, c’est-à-dire la présence secrète de ses ancêtres; il lui faut une épouse invisible, c’est-à-dire une étincelle de la Sa gesse incréée, il lui faut des enfants invisibles, c’est-àdire des œuvres qui soient le rayonnement de la Force dont il est le siège; il lui faut des trésors invisibles, c'est-à-dire des mérites pour payer les dettes des
l’initiation christique 127 „autres, pour secourir tel malheureux, pour chan ger des chemins; il lui faut une maison invisible, pour se reposer de temps à autre ; il lui faut des champs invisibles, c’est-à-dire de quoi nourrir son corps spiri tuel surmené; il lui faut des frères et des sœurs invisibles, c’est-à-dire rencontrer quelquefois un tâcheron du grand Fermier, un soldat du grand Koi.
Après cette dure existence, son Seigneur lui donne la vie éternelle. Une dernière remarque pour finir. L’homme de -bien qui est dans la voie magique, volontaire, person nelle, dans la Nature, en un mot, voit ses bonnes actions automatiquement récompensées par ce jeu du choc en retour, dont Éliphas Levi nous a démontré le mécanisme.
Mais si cet homme est dans la voie divine, il ne se considère pas comme ayant droit à une récompense; et lorsque le Père lui offre une faveur, par pure grâce et par amour, l’humilité de ce soldat lui donne la force d’abandonner sa part de butin au bénéfice de la collectivité pour laquelle il a 'déjà subi tant de fatigues.
Cet ultime sacrifice lui vaut alors un privilège extraordinaire, dont il nous -est, pour le moment, impossible de comprendre la /nature et le mode. {Novembre-décembre 1907.)
THÈSE ÉSOTÉRIQUE | SUR LE Ier DEGRE MART [ Le besoin de fixer ineffaçablement les perceptions | rudimentaires psychiques qui s’étaient rendues sení sibles aux physiques par un lieu analogique a suggéré ï à l’homme primitif (dans le sens strictement maté- \ rialiste) l’usage de- tracer des incisions particulières 1 sur les roches ; et ce furent les premiers symboles de ¡ lignes abstraites, i C’est ainsi que surgit spontanément l’adoption du I symbole, surtout pour les phénomènes abstraits, i comme sont les différentes attitudes de l’esprit ou de ¡ l’âme, puisque, avec une expression graphique réelle, j on réussit à reconstituer avec sollicitude la trame de > la psyché individuelle, ou à en relever un des états importants.
Pour cette raison le symbole est un moyen de réin tégration. Dans le grand nombre de lignes qui se présentent à l’intelligence dans un rapport analogique entre le Moi et les perceptions physiques sensibles, il est néces saire de confier au symbole la synthèse d’un tel arran gement pour pouvoir empêcher la dispersion d’un
THÈSE ÉSOTÉRIQUE 129 travail intellectuel déjà accompli. Et puisque le sym bole est la simplification d’un long travail intellec tuel, dans ce cas il doit être aussi, et il est en effet, une conquête et un perfectionnement du progrès humain.
INITIATION Du latin Initio, signifie, dans son vrai sens et sa valeur, s’approcher à l’origine; et, par conséquent, dans notre cas particulier, il signifie s’approcher de Ja source du Vrai qui est la base de toutes les causes : Dieu.
La connaissance d’une telle vérité était gardée jalousementparles anciens prêtres égyptiens qui la tenaient cachée; et ces prêtres, pour conserver intégralement le patrimoine de leurs connaissances, durent néces sairement recourir à l’adoption de symboles spéciaux auxquels ils donnèrent trois significations différentes, selon que les mêmes signes devaient réflecter l'ensei gnement de l’une des Hiérarchies trinitaires : Divine, Humaine et Naturelle, et ils donnèrent ainsi origine aux trois écritures particulières : la démotique, la jératique et la hiéroglyphique.
C’est par le moyen de l’initiation et de l’enseigne ment de la philosophie ésotérique, qu’ils donnaient le temps aux néophytes de connaître la signification occulte des trois écritures, de manière que, selon son développement intellectuel, il pût apprendre les vingtdeux tri-analogies symbolisées par des peintures sacrées 9
l’initiation i3o dans les Temples de Memphis et de Thèbes, et des quelles on trouve encore des traces dans les cartes qui composent le jeu des Tarots. Par cette voie on arrivait à la connaissance de la Vérité Unique, comme elle nous fut décrite et trans mise par Moïse, Pythagore, Orphée et d’autres grands Maîtres qui étaient initiés à la discipline ésotérique.
Ceci nous est clairement révélé par le pythagoricien Lysis dans les soixante et onze vers qui sont connus sous le nom de Vers dorés de Pythagore, et qui com mencent ainsi : « Rends aux Dieux Immortels le culte consacré. Garde ensuite ta foi. » C’est la synthèse d’un vulgaire polythéisme auquel le sage, dans son coeur, oppose et reconnaît l’existence de l’Unique Essence Universelle, et par conséquent il adopte le Monothéisme.
L’Unité est Puissance et Mouvement, comme on peut le déduire de la racine hébraïque <■; ar ». d’où aour qui signifie toute synthèse de puissance et mouvement: soit la terre, l’eau, l’air, le feu, l’éther et la lumière, et dans le langage ésotérique on appela Lumière cette Unité ou Cause de toutes les causes.
Et de la même manière que n’importe quelle concrétatîon de matière, soumise à rinfïuenced’une source lumineuse quelconque, unique dans son essence, nous 'montre trois différents états de lumière ; c’est-à-dire la partie entièrement illuminée, ou le royaume de la lumière, la partie illuminée de la pénombre, et la partie qui reste dans l’ombre, de même la lumière unique en son essence, est triple dans sa manifesta tion.
Par le moyen de l’analogie nous pouvons étaTHÈSE ÉSOTÉRIQUE l3l blir que les trois rayons lumineux par lesquels la vraie Lumière se manifeste donnent origine à une triple hiérarchie : le royaume de la Lumière ou Divin, le royaume de la pénombre ou humain, et le royaume de l’ombre ou de la matière.
Etant admis que la Lumière renferme en elle-même l’idée de Puissance ou Mouvement et qu’un ensemble quelconque de Puissance et Mouvement ne peut agir que dans un espace et conséquemment dans un temps pour parcourir cet espace, voyons à trouver un sym bole graphique qui serve à fixer d’une manière con crète cette idée abstraite.
Et puisque la figure la plus simple qui puisse délinéerune surface même abstraite, c’est le triangle qui, par les trois côtés et par les trois sommets qui le composent, nous donne par analogie l’idée de la Hiérarchie ternaire et des trois rayons lu mineux qui émanent d’une source unique de Lumière, adoptons-le donc, sans crainte de nous tromper, sur tout dans ce cas particulier.
Mais puisque la triple manifestation de la Vraie Lumière s’accomplit dans un tout harmonique équi libré et juste, il est nécessaire que ce triangle soit équilatéral pour réveiller en nous la perception d’équi libre d’harmonie et de justice de cette Puissance en Mouvement qui est la Vraie Lumière.
Donnons donc un signe graphique aux trois rayons lumineux qui constituent la triple manifestation de ces rayons dans les trois triangles qui symbolisent la Hiérarchie trinitaire et nous aurons : R. t : La Lumière. R. 2 : La Pénombre.
132 l’initiation R. 3 : L’Ombre. !j A présent donnons une régulière disposition de ces | trois rayons lumineux dans les trois triangles équilah térauxqui symbolisent là Hiérarchietrinitaire, comme il résulte de la fig. I, domaine ou royaume de la £ Lumière ou Divin; fig. IIt royaume de la Pénombre Ü ou Humain; fig. III, royaume de l’Ombre ou Ma- ■ tîère. !i :■ J Fig.
I. — Domaine de la Lumière ou de Dieu. ( La disposition des trois rayons lumineux dans le i royaume de la Lumière, nous pouvons l’apprendre dans les Saintes Écritures et plus particulièrement ‘ par la lecture et la méditation de la Genèse de Moïse, ; où il est dit que AELOHIM, les Dieux, dans la créa tion de l’Univers, s’est servi de l’idée pour concevoir, i de la volonté pour décréter, et de la parole pour que i * chaque chose de l’état de puissance passât à celui d’essence.
Nous pouvons ainsi établir la disposition i . suivante : î Rayon i : L’Idée ou Pensée. Rayon 2 : La Volonté ou Puissance. Rayon 3 : La Parole ou Mouvement. r.! Fig. II. — Royaume de la Pénombre ou de l’Homme. : Rappelons-nous que AELOHIM, les Dieux, créa la Puissance Adamique, ou le domaine de l’Homme, ;comme ombre de son action assimilatrice (Voiroh. Ier, verset 26 de la Genèse de Moïse).
THÈSE ÉSOTÉRIQUE l33 Dans tout ceci on doit comprendre que la Puis sance Adamique,comme ombrede celle Divine, même ¿manant d’un corps périssable et sujet à la décompo sition (l’ombre), puisse traverser l’espace, peut-être même le gouverner, et remonter à l’Ètre de tous les êtres sous forme de prière, autant de fois et en sui vant l’action assimilatrice du Principe, cette prière porte avec elle la synthèse des vertus humaines uni verselles : synthèse d’évolution en analogie avec les vertus de la Lumière Universelle : Equanimité — Justice — Charité.
La disposition constitutionnelle des divers sièges de la sensation dans l’homme nous enseigne que audessus de l’Ombre, constituée par le ventre, siège de la sensitivité purement matérielle, il y a la poitrine, siège des affections et qui constitue la pénombre ; et au-dessus de celle-ci et de tous les deux sièges précé dents, il y a la tête qui correspond au domaine de la Lumière et qui loge l’intelligence.
Et c’est l'intelli gence unie à la contemplation et à la méditation libre de tout préconçu, qui développe en nous cet état de la Sagesse humaine que la philosophie- ésotérique appelle : Cresios et qui correspond à la droite raison.
Dans cet état l’homme ou la Puissance Adamique retrouve la loi d’adaptation et peut manifester sa propre Puissance, parce qu’en développant son acti vité naturelle entre la Liberté et la Nécessité, il obtien drait sur la base d’un triangle, le sommet dans lequel réside la Puissance. Pour cette raison dans la fig. Il nous avons : Rayon i: Intelligence—Contemplation — Nécessité.
134 l’initiation Rayon s : Vouloir — Méditation — Puissance. Rayon 3 : Savoir — Raisonnement — Liberté. Mais Phomme jouit du libre arbitre et pour cette raison il peut tracer le triangle de son domaine de deux manières différentes; avec le sommet en haut, s’élevant vers le royaume de la Lumière; ou avec le sommet tourné en bas se dirigeant vers le royaume de I’Ombre ou de la Matière.
Dans le premier cas on peut expliquer la Loi de FÉvolution, dans le second celle de Plnvolution : Lois qui sont toutes deux le produit de tout mouvement monadique. Fig. III. — Domaine de I’Ombre ou de la Matière. La disposition des rayons du royaume de FOmbre n’a besoin d’aucune explication.
On doit remarquer seulement que, tandis que le royaume de la Lumière est ineffable, impérissable et éternel et que celui de la Pénombre peut convoiter l'éternité, le royaume de FOmbre reste toujours celui de la matière périssable et putrescible. Rayon j : Principe. Rayon 2 : Mouvement. Rayon 3 : Matière.
LE MASQUE Comme parmi les éléments cosmiques, l’eau est le symbole de la passivité universelle, de même nous pouvons reconnaître, dans le masque, le symbole de la passivité humaine, parce que le masque s’adapte à
THÈSE ÉSOTÉRIQUE 135 toutes les ligures.. Le masque est le cadavre, et seule ment l'intelligence peut donner au cadavre la per sonnalité qui le distingue.
De même que la vue des lumières qui brillent dans le ciel, comme manifestation de la Puissance Intelli gible, réveillent en nous le désir de connaître la Cause de toutes les causes — causa causarum — ainsi c’est seulement dans notre intelligence que nous devons chercher la force de nous enlever le masque, et acquérir une individualité raisonnante ou puis sante, qui, du royaume de la pénombre, doit nous faire passer dans celui de la Lumière, étant l’ombre de cette Lumière.
Mais on ne peut arriver à cela sans avoir soin con stamment d’imprimer à nos actions libres la partie la plus pure de notre conscience, en obéissant aux lois de la Nécessité. La passivité en elle-même est une faute; nous devons rendre à Dieu le culte qui lui est dû. et diriger nos actions vers tout ce qui est beau et bon.
Ayant la jouissance du libre arbitre, la faute de nos actions retombe sur nous, et il n’y a pas de fatalité ou destin que l’homme n’en puisse corriger les conséquences,, en se servant de l’intelligence, du raisonnement et de la Volonté; et en développpant sa propre activité, selon le bien, le beau, le juste. LE MANTEAU Le manteau est le symbole du secret qui est fils de la Sagesse. Et de la même manière que la Nature
l’initiation i36 cache les lois de la Vie Universelle, lois qui s'accom plissent en dehors des Lois connues, de même le sage doit revêtir le manteau du secret et dans les plis de la méditation et de la droite raison, il doit se rendre insensible aux préjugés et aux préconçus des autres hommes.
C’est dans cet isolement que l’homme puise la con stance pour retrouver la Voie au-dessus de toute pas sivité, préjugé ou passion; coefficients tous d’une phase involutive et non évolutive comme celle que la Puissance Adamique a la mission de développer. 12 Septembre 1907.
THÈSE ÉSOTÉRIQUE SUR L’UNITE En étudiant la Lumière dans le premier degré, nous conclûmes que, tout en étant trine dans sa manifes tation, elle est unique dans son essence, comme unique est la Vraie Lumière et unique est la Vérité.
Ayant établi cela, nous en déduirons que toutes les formes de culte, les différentes écoles philosophiques et tout le patrimoine des lois que peut acquérir le savoir humain, ne sont que des manifestations de la Vraie Lumière Incréée Éternelle. Cette certitude nous vient de la recherche du terme équilibrant entre lés deux contraires vulgairement apparents : la science et la foi, qui toutes deux sont unies dans la Tradition. Analogiquement en nous basant sur cette tradition nous pouvons retrouver cette Unité, dans le royaume
THÈSE ÉSOTÉRIQUE 13y de la pénombre ou de l’homme. Mais qu’est donc le royaume de l’Homme ? La Genèse de Moïse nous apprend que Aelohim — les Dieux — créa en puissance d’être (en principe) dans la sixième manifestation phénoménique la potentialité Adamique (germe dans un germe) comme une ombre réflectée de sa potentialité assimilatrice.
On doit remarquer la signification sacrée du nombre 6 en hébreu, pour pouvoir se rendre compte de l’im portance qui en découle. On sait qu’en hébreu tous les nombres ont des signi fications différentes, et souvent très profondes, et que le nombre 6 chez les Hébreux donnait l’idée d’égalité, d’équilibre et de proportion entre les choses ; en sorte qu’il était le symbole de toute mesure proportionnée et relative.
Cette signification a-t-elle un rapport logique avec la Tradition de la création de l’Adam Androgyne en potentialité? Oui, certainement. La potentialité Adamique étant l’ombre de la poten tialité assimilatrice de Aelohim, elle devait accomplir un travail d’assimilation équilibrante et de transfor mation égalisante de n’importe quelle substance végé tative existant aussi en cette dernière puissance.
Dans ce temps-là, l’Adam Androgyne était la partie la plus sublime de la faculté intellectuelle Universelle. Dans l’existence potentielle, il n’existait aucune distinction dans la potentialité intelligible Adamique, mais seulement dans le passage de l’état de puissance à celui d’essence, Jhoâh lui donna la similitude de l’Ame vivante Universelle, en lui concédant la dis-
. l’initiation tinction d’une enveloppe organique convenable pour retenir une telle puissance fluidique, pour élaborer et servir l’élément Adamique. Et ainsi on reconnaît que la Puissance Adamique ou Ame Universelle n’est qu’une parcelle de l’Ame Divine.
Dans ce premier état d’essence organique Adam, cet être substantiaüsé dans la plus haute manifestation intèllective, par une énergie innée, entoura et pénétra la vie élémentaire potentielle, qui s’éloignait de la source d’émanation glorificatrice en se dirigeant vers le Chaos qui renfermait dans son sein la partie la plus sublime qui constitue toutes les choses.
Par con séquent à l’Être substantiaüsé dans la plus haute ma nifestation intellectuelle, s’accoupla l’organisation de ce sens, enveloppant et donnant ainsi siège (ou base) à la puissance du Principe intellectuel de l’Homme Universel.
Ensuite vint s’ajouter la puissance expressive de l’émanation spirituelle et la puissance reproductive; et de cette manière Adam accomplit son adaptation quaternaire qui signifie de transformation et de régé nération toujours équilibrante de la substance végé tative Universelle.
Or, cette transformation et régénération de la subs tance végétative Universelle est l’œuvre de la Poten tialité Adamique; la Nature avec son symbole a 6 pointes des deux triangles entrelacés avec les som mets tournés, un vers le royaume de la Lumière, l’autre vers celui de l’Ombre et qui forment le sym bole de notre Ord. Telle était la synthèse des doctrines qu’enseignait
THÈSE ÉSOTÉRIQUE l3ç 3e plus grand philosophe de l’Unité : Pythagore.
C’est-à-dire que puisque la Potentialité Adamique devait servir de transformation et d’équilibre comme Ame Universelle, entre la matière élémentaire en élaboration, on en déduisait que l’Univers est indes tructible et que la matière des corps particuliers se généralise en matière Universelle et, par analogie, les intelligences particulières, c’est-à-dire les indivi dualités, se généralisent dans une Ame et une Intelli gence Universelle.
Et le Genre Humain, qui fait partie de cette Ame Unique des Choses, doit ressentir par cette Unité d’ori gine le devoir de la solidarité fraternelle, et est obligé, comme rayons de la Lumière Unique, de s’unir dans les liens de cette Divine parenté, et avec la Fraternité de faire de la civilisation une harmonie d’œuvres vertueuses.
Dans ce cas l’amélioration individuelle se répandra sur la famille, et de celle-ci sur la collectivité Humaine et sur l’Ame Universelle. C’est l’idée de la vraie Fra ternité, et la raison d’être d’un tel lien. Les initiations maçonniques mettent sous les yeux des néophytes le triple nom de Fraternité, Liberté, Égalité. J’ai expliqué le premier terme de ce triple nom, et il est nécessaire que je donne l’explication des deux autres.
Liberté. ■— Nous avons dit que Jhoâh, voulant faire passer Adam de l’état de puissance à celui d’es sence, à ressemblance de FAme Vivante Universelle, lui donna une enveloppe organique apte à retenir
140 l’initiation une telle puissance fluidique. Nous avons dit aussi que cet Être substantialîsé dans sa plus haute manifestation intellective, par énergie naturelle, entoura et pénétra la Vie élémentaire potentielle, laquelle s’éloignait du centre d’émanation, et visait au Chaos qui renfermait dans son sein la partie la plus sublime constitutive de toutes les choses.
Arrivé à ce point, Jhoâh permit et même recommanda à FAme vivante Universelle de l’Homme de s’assimiler et de se nourrir de la partie la plus parfaite de la ma tière, c’est-à-dire de sa partie spirituelle; lui défen dant absolument de s’alimenter de la substance phy sique qui renferme en elle-même le binaire de l’oppo sition : le bien et le mal, c’est-à-dire l’instinct de conservation, et le désir de jouissances des plus ma térielles sensualités.
Mais l’Ame vivante de l’Homme Universel (Adam) était inactive, parce qu’il lui manquait une force auxïHatrice efficace pour transformer et régénérer la ma tière élémentaire ; il lui manquait la Faculté Volitive que Jhoâh lui donna comme compagne (Aïshah), en la retirant du principe élémentaire d’Adam même.
De telle manière s’accomplit l’individualisation de l’Homme Universel qui passe à l’état d’Essence Intel lectuelle, et moyennant sa propre Volonté, réfléchis sant dans cette dernière sa propre Intellectualité, se rend indépendante, et donne origine à la force Créa trice, au moyen de laquelle il réalise ses conceptions, en les faisant passer de puissance en action. Et pour cela nous avons la certitude de la Liberté toute-puissante que l’Homme Universel eut de Dieu;
THÈSE ÉSOTÉRIQUE 141 parce que tout ce que cet Homme voulait, était quand il le voulait et comme il le voulait puisque la puissance et l’action étaient inséparables dans sa volonté. Mais l’usage de cette Volonté libre fut ce qui occa sionna la chute del’Homme intellectuel.
Jhoâh défendit expressément, sous peine de perdre l’état glorieux et immortel dans lequel il était, de pouvoir s’assimiler et de se nourrir de la substance physique élémentaire; mais l’Homme Intellectuel, avec le conseil de la Faculté Volitive Principiante, s’éloignantde la source glorieuse d’émanation, voulut s’assimiler et se nourrir, par Orgueil et par Cupidité, de la partie la plus subtile de la substance physique élémentaire; tellement qu’il changea d’état et, de celui d’immortalité glorieuse, il passa dans celui matériel temporaire, qui ne lui laissa plus voir directement la Vraie Lumière.
Dans cet état Adam, l’Homme Intellectuel, perdit sa puissance, au moyen de laquelle la Faculté Volitive faisait passer directement ses conceptions de l’état de puissance en action sans aucun intermédiaire; mais dès ce moment il trouva de nombreuses déviations et des obstacles de toutes sortes, et qu’on ne peut supérer qu’à force de travail et de temps 1 Et à cette Existence Elémentaire, fruit de sa Faculté Volitive même, comme compagne de sa propre Intellectualité, il donne le nom de Eve; et de cette manière, eut origine le Genre Humain sur la Terre !
Et nous-mêmes, comme fils de l’Adam-Eve, nous portons avec nous la Liberté de Vouloir et de Choisir; et par conséquent toutes les initiations recommandent
142 l’initiation la connaissance de nous-mêmes pour réflecter et éva luer la valeur de ses actions avant d’agir, parce que la Faculté Volitive de Faire et de Choisir est liée à notre Vouloir.
C’est par la jouissance du Libre Arbitre que la res ponsabilité de nos actes et les effets de nos actions retombent sur nous; mais en instruisant notre Cons cience au Bien pour le Bien nous pourrons, par bonté de la Divine Providence, aspirer à la réintégration dans le royaume de la Vraie Lumière toutes les fois que nos intentions et notre Volonté sont pour toujours conformes, aux lois de la réconciliation avec Dieu I Telle est l’idée que doit avoir chaque Initiation de la Liberté ; Liberté se développant en rapport avec les droits et les devoirs qui s’interposent entre chaque individu et l’individualité Collective ; droits et devoirs renfermés dans les limites les plus précieuses de l’Ordre, qui est l’Harmonie de toutes les Manifesta tions Universelles.
Égalité. — Frères par l’origine, tous libres dans l’action, nous serons tous égaux dans lé prix de nos souffrances et dans le continuel travail douloureux pour nous approcher de cette perfection qui nous rendra dignes de la réintégration, à travers les diffé rentes réincarnations.
C’était là le sens de la métempsycose Pythagori cienne, et tel était le sens des mots Nemesi, Maira 0 Karma par lesquels on la désignait auprès des diffé rents peuples, ce qui nous explique le pourquoi des inégalités apparentes qui nous frappent dans la vie humaine.
THÈSE ÉSOTÉRIQUE I-4-3 Et la Maira, Nemesi o Karma n’est que la consé quence de Fusage du libre arbitre de FÊtre, qui est l’artisan du propre Destin, parce que en exerçant sa propre Volonté, F Être se prépare de lui-même, ses propres joies et ses propres douleurs, la conséquence, est que, suivant Fusage bon ou mauvais que nous faisons du Libre Arbitre, nous pourrons presser ou retarder, accroître ou diminuer le nombre des réin carnations expiatoires.
Mais nous serons tous égaux dans la Réintégration du grand Royaume de la Vraie Lumière I Cela étant admis, la déduction qui en découle est que la pratique de la Vraie Morale est celle qui hâte la période de Perfectionnement et qui en accélère la Réintégration : c’est le but de l’initiation.
La compréhension et l’application du triple mot de Liberté, Égalité et Fraternité, qui est en définitive la synthèse du Code Humain, qui est l’ombre des principes divins, est le devoir que chaque Initié doit s’imposer soit dans ses actions extérieures que dans la formation de ses propres pensées 1 ** ¥ LES DEUX COLONNES Le Caducée Hermétique, les deux colonnes, les deux triangles entrelacés avec les sommets opposés, et la ligne verticale ( positive ) avec l’horizontale (négative) qui forment la croix, sont des symboles
144 l’initiation qui, différents comme les pensées, ont la même signi fication des contraires. Mais de la même manière que dans le croisement des deux lignes du positif et du négatif, nous avons le point constitutif de réquilibre(originede l’éternité); de même dans les autres figures symboliques, du binaire de l'opposition, il est nécessaire de chercher le terme équilibrant qui nous donne la clef du Prin cipe Éternel des Lois Naturelles.
Avec un tel raisonnement nous trouvons qu’entre le Bien et le Mal (deux termes apparemment opposés) celui qui les équilibre est l’Amour ; de même entre la Vie et la Mort nous avons l’individualité ; l’Essence et la Substance ont en commun les Eléments Consti tutifs; la Justice et l’Harmonie forment l’équilibre entre l’Esprit et la Matière.
Et ceux-là sont les termes qui équilibrent toute manifestation de la Vie Universelle ! — Dans la Vie Humaine, l’homme fut créé pour la nécessité d’élaborer la matière élémentaire, en se soumettant aux Lois de la Nature ; mais pour faire cela, il lui fut donné l’individualité volitive, c’est-àdire la Liberté.
Et c’est dans ce binaire d’opposition apparente de Nécessité et de Liberté que l’Homme doit trouver le terme équilibrant, duquel il doit déduire sa propre Puissance ; Puissance qui est la synthèse la plus pure d’Amour, de Sagesse et de Justice qui sont les trois rayons plus purs émanant de la volonté humaine ; rayons qui se dirigent, non seulement vers la matière, ■mais remontent à Dieu. Mais cette volonté pleine
THÈSE ÉSOTÉRIQUE 14$ d’Amour, de Sagesse et d’Harmonie ne peut remonter à Dieu que si elle est unie au désir le plus pur, et fluidifiée sous forme de prière ! Prière pleine de Respect, d’Amour, de pur Désir, de Sagesse et d’Harmonie ; prière intimement ressentie par notre essence la plus spirituellement pure: fluidi fication de nos désirs les plus purs.
Cela doit être sujet d’une étude soignée de tout ce qui nous entoure, de toutes nos actions et de toutes nos idées. Seulement de cette manière la Divine Providence interviendra en notre faveur toutes les fois que nos désirs les plus purs s’identifieront dans les limites du Beau, du Bon et du Juste 1 G. Catinella. S.*. I.\
MÉDECIÍE TRAHSPLAHTATOIBE Le présent article fera suite à celui que nous avons publié il y a environ un an sur V opothérapie et la médecine des signatures. Il comprendra en plus une étude sur les rites magiques du sang, et son applica tion en médecine occulte.
Les ouvrages des médecins spagyristes sont pleins de récits merveilleux se rapportant à la médecine transplan tato ire dont les procédés sont encore de nos jours pratiqués, soit sous leur forme primitive, soit sous la forme d’apparence plus scientifique connue sous le nom de transfert.
Cette pathogénie primitive, nous dit le'docteur Cabanes (1), qui consiste à consi dérer le mal en général comme une entité, une bête méchante, qui vous étreint et dont il faut, par tous les moyens, se débarrasser, remonte, est-il besoin de le dire, à l’antiquité la plus haute.
Dans les races inférieures, cette croyance en cours : qu’une maladie ou une influence mauvaise se trans forme en un être personnel, qui n’est pas seulement transmissible par un objet dans lequel il se trouve bien que cette pensée soit sans doute au fond de la (j) Bulletin général de Thérapeutique.
LA MÉDECINE TRANSPLANTATOIRE 147 croyance, mais qui peut encore être enlevé du corps du malade et transféré dans quelque autre animal ou dans quelque autre objet. Avant de citer les exemples, examinons d’après l’occultisme le côté théorique du transfert. Nous sommes heureux de constater que l'occultisme seul a conservé la véritable clef de ces doctrines bien délais sées de nos jours.
Ici nous mettons A con tribution le travail du maître Sédir, dont la haute compétence sur les mystères de la médecine occulte est depuis longtemps reconnue. Voyons ce qu’il dit sur la transplantation, dans son livre initiatique sur les Plantes magiques.
« Les maladies peuvent être transportées de la personne souffrante à n’importe quel autre être vivant; pour cela on prend une mumia quelconque du malade, du sang, etc., on en arrose la terre contenue dans un pot, et on y plante une graine de même signature que la maladie ; lorsque la plante a crû, on la jette dans une eau courante, s’il s'agit de fièvres ou d’inflamma tions ; mais s’il s’agit d’affections humides, il faut la réduire en fumée. » Pour les ulcères et les blessures, on emploie Polygonum persicaria, Symphytum officinal., Botanus europeuS' etc. On doit mettre quelque temps la plante en contact avec l’ulcère avant de la brûler. » Pour les maux de dents, frotter les gencives jus qu’au sang avec la racine de Senecio vulgaris, puis la replanter. » Pour la menorrhée utérine, prendre la mumie des groins ; la planter avec Polygonum persicaria.
148 l’initiation » Pour la menorrhœa difficîlis, Mentha pulegium. » Pour la phtisie pulmonaire, le chêne ou le cerisier* » Je ne donne ici que des exemples isolés, l’étudiant pourra les multiplier à loisir selon les lois des signa tures. » Nous avons déjà parlé dans un précédent article (La Foi qui guérit) de la mumie et de son rôle dans la transplantation d’après Fludd, et aussi d’après le grand Paracelse (voir l'initiation^ juin 1908).
Nous avons également cité de nombreux exemples sur les quels nous ne reviendrons pas. Pline rapporte comment on peut guérir les maux d’estomac, en faisant passer le mal du corps de celui qui en est atteint, dans le corps d’un petit chien ou d’un canard qui y succombera ; et du même coup le malade sera sauvé. Ces mêmes idées se retrouvent dans les traditions populaires modernes.
L’ethnographie, a fait observer Teylor, peut encore en effet étudier la magie blanche des paysans européens ; l’art de guérir la fièvre ou le mal de tête en les transférant à une écrevisse ou à un oiseau ; l’art de se débarrasser de la fièvre intermit tente, de la goutte ou des verrues, en communiquant ces maladies à un saule, à un sureau, à un pin ou à un frêne : il va sans dire qu’il faut pour cela pro noncer certaines formules incantatoires.
Une brave femme, nous dit le docteur Régius, me contait l’histoire d’un nommé Lucet, meunier au moulin qui est au pied du Pont du Gard. Lucet était possédé du diable à certains moments. Cela lui valait d’avoir toutes les filles qui l’approchaient, quand
LA MÉDECINE TRANSPLANTATOIRE 14g il les désirait. Il avait le pouvoir de guérir les malades à condition de porter une malédiction sur un arbre. C’est ainsi que Lucet guérit un enfant atteint de crises convulsives, à condition que le père de l’enfant porterait la malédiction sur un pêcher qui fut indiqué par lui. L’enfant guérit et Farbre mourut dans l’année.
Et cette bonne femme avait un argument irréfu table : « Puisque au temps de Jésus-Christ il y avait des hommes possédés du démon, pourquoi n’en seraitil pas de même aujourd’hui ? » Les femmes sont en médiocre estime dans la Lozère.
En effet, si une femme rencontre une per sonne allant au marché pour vendre les produits de la ferme, il faut qu’elle donne un objet, un gage (généralement c’est une épingle), sans cela le vendeur aurait la malechance et ne trouverait pas un seul acheteur. On redoute aussi beaucoup, dans maints pays du Midi, l’influence de la femme à un certain moment du mois, sur les arbres fruitiers qui périssent tous, si elle y grimpe.
L’abbé Couture, curé de Miramas, a, dans un ouvrage sur l’olivier, un long chapitre qui le prouve péremptoirement. L’influence du flux cata ménial sur les arbres fruitiers écrite par un abbé ne manque pas de piquant. Dans les environs de Marseille, le pêcher, par sa seule présence, guérit les fièvres. Après avoir attendu assez longtemps pour que la fièvre puisse être coupée sans danger, le malade doit s’endormir à l’ombre
îù t-. îSO L’iMTIATlON d’un pêcher, le dos appuyé au tronc de l’arbre : deux | ou trois heures suffisent. Le malade se réveille guéri | de sa fièvre, mais le pêcher commence à jaunir,, j perd ses feuilles et finît bientôt par mourir.
D’ailleurs, le pêcher est l’arbre maudit des sorciers I' ceux-ci, paraît-il, ne peuvent guérir leurs malades | qu’à la condition de porter leur malédiction sur un pêcher. [ Dans la Lozère, pour faire tomber les verrues, on i prend deux pommes de deux qualités différentes ries couper au milieu, frotter les deux moitiés avec du | sel fin, les passer souvent sur les verrues et, quand il f ne reste que la peau de la pomme, l’enfouir dans la ; terre.
Alors les verrues tombent. î Pour les verrues également, on va la nuit dans les f champs, on tord le {rameau d’un arbre, mûrier, coignassier, etc,, et au fur et à mesure que le rameau se j : dessèche, les verrues se flétrissent et tombent. ; Dans le midi, on applique la moitié d'une figue sur ; : les abcès des gencives.
On rencontre encore de nos jours, à Aubignan, ! une singulière pratique : on enterre le placenta au pied d’un figuier afin de rendre excellente nourrice la U femme qui vient d’accoucher. On voit là une rémi- ; ; niscence de la doctrine des signatures, le figuier arbre lactescent.
A Anduze, quand un sort a été jeté sur des animaux domestiques, on leur fait traverser trois portes qui se suivent en ayant bien soin d’étendre, sur le seuil de i ■ a chacune, une veste tournée à l’envers. Pendant la ; f cérémonie il faut frapper de grands coups sur le sol
LA MÉDECINE TRANSPLANTATOIRE 151 avec un bâton de figuier sauvage, l’arbre maudit, et en prononçant des paroles magiques que les initiés seuls connaissent. Le figuier est un arbre maudit dont on ne doit pas brûler le bois. Judas, après sa trahison, se serait pendu à cet arbre. 11 faut s’attendre à de tristes évé nements, dît-on, si on voit un figuier dans ses rêves.
J’ai vu à Arles couper une tomate en deux et ap pliquer chaque fragment sur les yeux atteints d’in flammation. Le cataplasme avec de l’urine contre la sciatique dont voici la formule est encore très em ployé dans la région.
Il faut faire bouillir de la racine de consoude ratissée dans l'ûririe du malade et, lorsqu’elle est réduite en pulpe, il la faut appliquer chaudement sur le haut de la cuisse couvrant le tout d’une compresse, et l’entourant d’une bande. 11 faut de plus que le malade reste vingt-quatre heures, couché sur la cuisse douloureuse, après quoi on ôte le cataplasme que l’on enfouit sous terre.
Pour le mal de dents il est une'recette très ancienne en usage aux confins de la Brie et de la Champagne: Munissez-vous d’an ruban et vers la brume allez vous asseoir le long d’une haie d’aubépine : touchez la joue malade avec le ruban et attachez l’étoffe le plus vite possible à une branche, en récitant quel ques mots. Si l’opération est bien exécutée le mal de dent disparaîtra.
Le capitaine Burton pense que les chiffons, les boucles de cheveux, et les mille objets suspendus aux arbres, près des lieux consacrés par tous les peuples superstitieux du Mexique, aux Indes et de l’Éthiopie, en Irlande, ne sont déposés là que
l'initiation iSa com me des réceptacles de certaines maladies ; et il cite comme preuve de cette coutume, qui persiste encore dans certains pays civilisés, les arbres du dé mon en Afrique et les arbres sacrés du Sindh, char gés de chiffons auxquels les habitants ont transféré leurs maladies.
Dans la Thuringe, si un malade touche un chiffon ou un petit objet et qu’on place cet objet sur un buisson, le long d’un sentier fréquenté, la personne qui, en passant, se trouvera en contact avec cet objet, attrapera la maladieet en débarrassera le malade.
E.Teylor, cité parCabanès, nous dit qu’il est funeste pour une femme hindoue de devenir la troisième femme d’un homme; en conséquence, on a soin de ma rier d’abord le fiancé à un arbre qui meurt, aux lieux et place de la femme ; de même aussi, après la nais sance d’un enfant chinois, on pend dans la chambre qu’il habite la culotte de son père retournée à l’envers de façon que les influences mauvaises entrent dans la culotte au lieu d’entrer dans l’enfant.
Les sauvages plus ou moins bas placés sur l’échelle sociale, tels que les Australiens et les Polynésiens, des nations barbares, telles que les nègres de la Guinée, vivent dans une crainte mortelle de cet art malfaisant qu’est le transfert ou envoûtement par les rognures des ongles et des cheveux ; aussi est-il prescrit aux Parsis, dans leur rituel, d’enterrer les rognures de leurs cheveux et de leurs ongles de peur que les démons et les sorciers en fassent mauvais usage contre eux. En Australie, nous dit encore le docteur Cabanès,
LA MÉDECINE TRANSPLANTATOIBE 153 les médecins indigènes attachent le bout d’un cordon à la partie malade et prétendent, en suçant l’autre bout, attirer le sang de façon à soulager. Sur la côte d’Orissa, la sorcière djeypoure jette une pelote de fil à travers le plafond de la maison de son ennemi et elle s’imagine pouvoir sucer son sang en mettant une des extrémités du fil dans sa bouche.
Quand un renne est sacrifié à la porte de la tente d’un malade ostyack, celui-ci doit tenir la corde qui attache la victime offerte à son intention. Dans le nord-est de l’Ecosse, si un animal domes tique devient malade, on tresse à contre-sens une corde de paille, on en réunit les extrémités et on fait passer au travers l’animal et un chat ; la maladie est transférée dans ce dernier; il meurt et l’autre guérit. C.
Fossey, dans son livre sur la vie assyrienne, nous dit que les Assyriens s’imaginaient que, par un con tact plus ou moins prolongé avec la partie malade, le lien s’imprégnait du mal et l’emportait avec lui ; la destruction du lien coupé et jeté dans le carrefour, avait alors pour effet assuré le rétablissement du ma lade: « Lie sa tête..., au soir coupe le lien, jette-le dans le ■ carrefour, et que son mal de tête soit en levé »...
Au lieu d’être transmis à un lien, le mal ou lepéché peut être transmis à une image, non plus au moyen des eaux qui ont servi aux ablutions, mais par un contact avec le malade... L’image du patient peut être substituée au patient lui-même, le démon trompé par la ressemblance
154 l’initiation laissera le corps du possédé. Pour mieux assurer la substitution, il arrive que le malade doive se placer sur sa propre image dessinée par terre : le charme pas sera ainsi de l’homme dans l'image; Enfin les ani maux servent de la même façon à la guérison ou à la purification de l’homme. Tout le monde connaît le rite hébreu du bouc émissaire.
Et Aaron, mettant ses deux mains sur la tête du bouc vivant, confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d’Israël et tous' leurs forfaits, selon tous leurs péchés, et les mettra sur la tête du bouc, et l’enverra au désert par un homme exprès, » D’après Saint-Foiy, les Juifs s’arment aussi d’un couteau, ils prennent un coq, le tournent trois fois autour de la tête et lui coupent la gorge en lui disant: «Je te charge de mes péchés, ils sont à présent à toi ; tu vas à la mort et moi je suis rentré dans le chemin de la vie éternelle. » Les anciens Arabes coupaient l’oreille à quelque animal et le lâchaient au travers des champs en ex piation de leurs péchés.
Dans quelques cas de maladies graves les Gaulois immolaient une victime humaine par le ministère des druides pour apaiser les dieux ; le rite était fondé sur cette croyance qu’on pouvait racheter la vie d’un homme avec celle d’un autre homme (voir les textes de César relatifs à ces rites et aux sacrifices hu mains). Dans l’Inde, le transfert des maladies se pratiquait d’homme à homme de la façon suivante. On faisait asseoir dos à dos les deux personnes, le malade
LA MÉDECINE TRANSPLANTATOIRE 155 tourné vers l’Orient, sur une jonchée de rotin ; avec deux rotins, on tournait sur la tête du malade une bouillie de farine et on la donnait à manger à l’homme bien portant : le tour était joué. Ou bien on les enveloppait tous deux d’un même vêtement et ils mangeaient ensemble la bouillie. Chez les Romains, la bizarrerie des procédés n’est pas moins curieuse.
Avait-ori été piqué par un scor pion, on n’avait qu’à aviser un âne, à s’approcher de lui, à lui conter son cas à l’oreille avec des formules appropriées et le mal passait à l’animal. Étiez-vous affligé d’un coryza rebelle, vous embras siez une mule sur le museau en faisant un certain geste et la bête prenait votre rhume.
Pour guérir les rages de dents : tête nue et déchaussé, les pieds sur la terre nue, debout, vous preniez une grenouille, vous lui ouvriez la bouche, vous lui cra chiez dedans et vous la priiez d’emporter avec elle votre douleur; puis vous lui donniez la liberté; et aussitôt votre souffrance s’apaisait. Pour rendre muet un ennemi, il suffisait à une sorcière de coudre la bouche d’un poisson et de lui transpercer la tête d’une épingle.
Souvent le sorcier prend au malade sa maladie dont il se débarrasse ensuite lui-même, en la donnant soit à un arbre, soit à un buisson. Cette transplantation est fréquemment pratiquée. La transplantation des maladies est également pra tiquée en Sicile d’une façon plus directe comme nous l’avons déjà dit autre part. Dans la nuit de l’Ascen sion, à minuit précis, le goitreux mord l’écorce d’un
ï 56 . l’initiation pêcher. Ainsi, dit-on, la salive se mêle à la sève de l’arbre, dont les feuilles ne tardent pas à se flétrir et à se dessécher à mesure que le malade recouvre la santé. De même, dans la nuit du 12 au 13 janvier pour la fête de sainte Lucie, les gens atteints de maux d’yeux mordent l’écorce du grenadier dans l’espoir qu’ils vont guérir. (A suivre.)
Société d’études philosophiques et psychiques de Tours Année 1909-1910 {Suite.) On discute toujours avec un parti pris évident sur des sujets qu’on connaît très mal. Les raisons qui poussent à dire du mal d’une pièce de théâtre connue par ouï-dire tombent devant les impressions que chacun éprouve après lecture de cette pièce. De puis Zola, le théâtre était devenu psychologique : après avoir endossé un habit, ou une robe de soirée, on allait voir jouer une pièce embêtante, qui se pas sait comme dans la vie réelle. L’impression ressentie était celle exprimée par un homme de la campagne écoutant la pièce, à qui on demandait ensuite s’il l’avait trouvée intéressante, et qui répondait que les acteurs parlaient de choses qui ne le regardaient pas. Avec les pièces psychologiques, le vide s’est bientôt fait dans la salle. Avec Chantecler, le monde revient au théâtre* parce que l’idée de types psychologiques a été remplacée par celles des symboles. Rostand a fait une pièce savante, il a cherché à représenter sur la scène des idées qui évoluent, des figurations de types qu’on rencontre dans la vie, il est vrai, mais
158 l’initiation avec un extérieur tout autre; il a tenu à enlever tout caractère humain dans sa pièce, tout en représentant symboliquement ces caractères humains.
La portée du symbolisme est celle du remplacement de quel qu’un par une image qui remplace ce quelqu'un (symbole, remplacement, image, d’après l’étymologie du mot). tin cocher de fiacre se croit insulté et appelle le passant : «Vieille tourte ! » — Pourquoi ?— Le pas sant a jeté un regard sur le cocher et celui-ci a fait du symbolisme sans le savoir, il a comparé le passant à une image.
Ce langage symbolique est, du reste, bien français ; il est même la caractéristique d’un peuple. Bien souvent, cette injure, ce symbole reste incom pris des étrangers. Nous, Français, ne comprenons pas toujours l’injure des autres peuples. En Angleterre, un cocher (cabman) s’écrie : « Mauvais» (evîl) ; on lui répond : «Vous, sanglant, empoisonné, allez à l’en fer I»( Ybw, bloody^ poisoned, go to hell).
Injure la plus terrible que puisse dire un Anglais. Les peuples du Midi ont des injures imagées. Donc, le symbolisme consiste à prendre une qualité et à représenter un être humain par cette qualité : Vieille tourte signifie un aspect de l’être à quion s’adresse. Un cocher laid en rencontre un autre qui lui dit : « Dieu 1 que tu es laid, je voudrais que tu meures. » La phrase n’est pas symbolique mais natu raliste.
Rostand représente donc des qualités en action ; il incarne ces qualités ou défauts dans un être animal. Il y a divers symbolismes évoqués dans Chan celer : l’histoire du coq de ferme, très campagnard,
SOCIÉTÉ d’études philosophiques de TOURS 159 qui se figure qu’il fait lever le soleil parce qu’il chante, sa conquête par une faisane, signifient que l’homme ne fait pas de conquêtes, il est conquis et la femme fait croire à l’homme qu’il a conquis.
Le coq est soumis à la faisane, à l’étrangère, venant de la forêt, du pays de la liberté, qui tombe tout à coup dans ce monde de gens aux habitudes étroites, qui ont des idées reçues, comme dit Flaubert. On y voit le chien Patou attaché, un merle, des poules, des canards, voilà pour la ferme et derrière, au fond, la forêt, où habitent les gens étrangers, qui font peur aux gens de la ferme.
Quand quelque chose les con trarie, les hommes cassent tout, font du bruit; les femmes sont plus douces mais plus méchantes. Cette poule faisane, blessée par unchasseur, coquette, élan cée, arrive dans la cour de la ferme, voit le coq qui commande, entouré de poules habituées à l’obéis sance (symbolisme de l’être dévoué). La faisane se prend d’amour pour le coq; le devoir du coq est de chanter pour faire lever le soleil.
Une idée fixe de la faisane est d’empêcher le coq de chanter pour voir si le soleil ne se lèvera pas. La faisane use de stratagème (rosserie féminine) et parvient à empêcher le coq de chanter.
Les symboles humains qui apparaissent sont ceux du poète, de l’homme qui chante, en butte dans la vie à toutes les embûches, à tous les ennuis ; le coq est en butte aux pièges des oiseaux de nuit qui décident de faire tuer le coq pour l’empêcher de faire lever le soleil, dont ils ont peur. 11 y a également une récep tion chez la pintade, chez la femme mondaine. A
l’initiation iÓo Paris, il y a des castes, des femmes du monde qui reçoivent certaines personnes et pas d’autres, castes qui s’accentuent de plus en plus. Il faut présenter aux invités quelque chose de nouveau, d’inédit, afin qu'on puisse dire : J’étais à la soirée de Mme Une Telle. Il faut donc présenter un singe savant dans ces soi rées, dans ces sortes de music-halls. Des ennemis, des jaloux se soulèvent contre Rostand.
En effet, un membre de l’Académie est représenté par un paon, il dit des bêtises et tout le monde lui décerne du génie. Le paon a amené avec lui une série d’étrangers, de rastaquouères ; Rostand présente à cette soirée mondaine des coqs à deux têtes, à trois pattes, cochinchinois, etc., tous phénomènes et quand le vrai coq arrive, il dit au valet : « Annoncez simple ment Le Coq 1 » et les autres s'éclipsent. C’est une idée symbolique.
Rostand a voulu être gai, a voulu faire des calembours, d’où sa déconvenue au milieu du pédantisme de ses auditeurs. La pintade pose, veut épater et annonce qu’elle a un orchestre tzigane, c’est-à-dire quelque chose qui sort de l'ordinaire. On ne peut raconter toute la pièce. Dans Cyrano, celui-ci ne reçoit jamais de volée, mais Chantecler reçoit la volée.
Dans son combat avec un vieux coq de com bat, vieux ferrailleur, qui a tué déjà cinq ou six adver saires, et qui se met des lames à ses ergots, Chante cler est sur le point d’être tué, mais le vieux coq se coupe la patte avec son ergot-couteau et Chantecler n’est pas tué. La faisane emmène alors Chantecler en forêt, où on voit des lapins, où le rossignol se fait entendre. Tout est nouveau pour Chantecler, il entend
société d’études philosophiques de tours 161 le chœur des crapauds-critiques, qui, les jours sui vant la première, se sont reconnus et ont fait siffler la pièce.
Les crapauds disent à Chantecler : « Tu chantes bien, tu vas nous débarrasser du rossignol I » Chantecler répond : « Mais son chant est très beau et vous êtes trop méchants. » Le rossignol meurt, les insectes viennent pour l’enterrer et un autre rossignol se met à chanter sur un arbre au-dessus de la tombe du premier.
Finalement, le coq lâche sa faisane et retourne à son poulailler, mais pour sauver son coq qu’elle aime, la faisane le sauve d’une dernière embûche en se faisant prendre dans un filet pour aller vivre près de son coq. Chaque symbolisme est à signaler dans la pièce de Rostand. C’est la renais sance au théâtre des idées symboliques, des études curieuses et intéressantes qui ont trait au symbolisme.
Questions. — Pourquoi les prêtres se servent-ils du latin dans les offices ? La religion catholique (universelle) se dit aposto lique, parce qu’elle vient des apôtres, romaine, parce qu’elle a été établie à Rome au début. Donc, tout membre officiel doit parler romain, c’est-à-dire latin ; elle est, d’ailleurs, romaine, parce que saint Pierre est censé avoir été le premier pape.
Lorsde la Réforme, Luther, sentant Pim portance des offices, a voulu que ceux-ci se fissent dans la langue du pays où la Réforme s’exerçait. Mais, parmi les religions chrétiennes, il y a aussi la russe, l’ortho doxe, qui a gardé le pur symbolisme ; les mystères de la religion symbolique y sont exprimés en russe de même qu’ils sont exprimés en grec dans la Grèce. II
16a l’initiation Ainsi, la langue adoptée dépend de là classe supérieure du pays où elle est adoptée. Que sont les élémentals en occultisme ? Les élémentals sont les âmes des animaux. Au con cile de Nice, l’âme n’a été donnée à la femme qu’à deux voix de majorité ; les animaux sont considérés comme n'ayant pas d’âme ; on leur a accordé tout au plus de l’intelligence. Pour nous, occultistes, un chien a une âme qui évolue dans le plan astral.
Dans l’invisible, on trouve les âmes des végétaux et des minéraux ; ce sont les élémentals. Certains magiciens utilisent les âmes de ces élémentals. Les occultistes ont été accusés de dire que l’être humain devient un animai dans l’astral, dans l’invisible, ce qui n’est pas vrai. Mais les animaux dans l’invisible sont des esprits. Le Kamaronna est le fond de l’invisible.
XXI De rart d'être heureux sur terre. — Le bonheur existe dans les trois plans : physique, astral, divin. Notre causerie de ce soir comprendra : le bonheur terrestre ; 2» des projections sur les dernières décou vertes des sciences psychiques. La première ques tion estde savoir comment on peut réaliser le bonheur sur terre. Nous avons la prétention de voir avec vous comment on peut envisager cette question et la ré soudre.
Nous avons vu comment s’opérait la Réincarnation ; nous avons admis qu’on peut revenir sur terre et y retrouver, soit le paradis, soit l’enfer. Supposons
SOCIÉTÉ d’études philosophiques de tours ï6$ aujourd’hui un être humain revenu sur terre. Pour quoi sommes-nous revenus sur terre ? Chacun peut répondre à la question. Pour nous ennuyer le moins possible I L’être humain cherche, court après le bonheur. Imaginons-nous un pauvre baudet fatigué^ qui n’en peut plus et refuse de marcher. Un voyageur» pressé, a besoin du baudet ; il l’enfourche et place une carotte devant le nez du baudet. Aussitôt l’âne marche. Les Écoles philosophiques disent que le bonheur offert aux hommes est représenté par cette carotte. Tous courent après sans jamais l’atteindre. Le bonheur est placé en dehors de nos contingences ; on ne peut y arriver. Donc, le mieux est de ne pas empoisonner sa vie. Pour être heureux, il ne faut pas s’occuper du bonheur des autres. Le bonheur est envisagé diffé remment par chacun de nous et la comparaison ne peut qu’apporter un aperçu faux. Nous avons déter miné le premier point, c’est-à-dire que tout est analogue sur terre ; il faut d’abord rester sur le terrain; pratique. Le bonheur qui nous intéresse tout d’aboni est le bonheur physique. Chacun s’aborde avec les mots : « Comment ça va ? Et cette santé ? » Le corps* se voit. Le bonheur pour le corps physique est de ne pas avoir d’histoires. Le corps est une machine qui marche au moyen d’organes et qui marche bien? lorsque les organes vont bien. Lorsqu’on se blesse au doigt, la réparation se fait d’elle-même, sans qu’on s’en occupe, par l’ouvrier caché, disait Paracelse.- Quand tout marche bien, on n’en a pas conscience mais si, par une faute quelconque, on fait une erreur
164 l'initiation (trop manger, ou manger trop de viande, ou boire trop de vin), il y a alors quelque chose de dérangé dans la machine.
Alors l’appel de la machine humaine à la conscience se fait par la douleur. L’individu s’adresse à lui-même ou à un médium (médecin) pour remettre les rouages de la machine en place. Mais la douleur seule nous intéresse ici : elle est accompagnée d’une contraction. Par contre, le plaisir, petit ou grand, se manifeste par une extension ou plutôt par une expansion. D’où, la recherche de cette expan sion.
Il n’y a pas de travail continu possible dans l’être humain. Les classes sociales réclament les 3X8 ; 8 heures de travail, 8 de repos, 8 de sommeil. Il en est de même pour le cœur ; le cœur se repose une fois et demie entre trois mouvements. Tout travail est alterné avec un repos ; rien sur terre n’est continu ; l’expansion n’est pas continue non plus, non plus le plaisir. Eugène Nus raconte un voyage du Père Éter nel dans le Ciel.
Il arrive dans le monde éclairé par le Soleil et gouverné par un préfet de troisième classe, à qui il demande comment se comportent ses adminis trés. Le préfet répond : « Ça va mal ! Il y a cette petite planète, appelée Terre, qui nous fait enrager.
Ils se figurent là-dedans qu’après la mort, ils vont tous venir auprès de vous pour jouer de la musique pen dant deux mille ans, — Fais-leur en jouer pendant deux cents ans, dit le Père Éternel, et ils en auront assez. » Donc le bonheur n’est pas continu.
Le bonheur astral est l’état dans lequel l'être vit pour plusieurs êtres, se dévoue pour d’autres êtres, tel l’amour filial, l’amour paternel, l’amour materSOCIÉTÉ d'études philosophiques de TOURS 165 nel, etc. Deux fiancés réalisent le bonheur parfait.
Mais les nécessités de la vie forcent ces deux êtres à dormir ; il y a une interruption physiologique néces saire; Ceci nous montre que, pour cultiver le vrai bonheur, il faut sortir de l’égoïsme : pour le corps physique, le bonheur est la santé ; pour le moral, le bonheur est la gaieté ; pour le plan astral, le bonheur réside dans T amour.
Prenons le moral ; la gaieté est une qualité connue de la Touraine, où elle est cultivée, parce qu’on se porte bien et qu’en général on n’y a pas ou peu de préoccupations morales. La gaieté répand son charme sur ceux qui nous entourent, donc la gaieté est nécessaire pour se bien porter.
II y a bien les pé dants qui disent le contraire, qui proclament qu’il vaut mieux se mortifier, voir tout en noir, mais il n’en est pas ainsi en Touraine, patrie de Rabelais et de Balzac, ces deux grands rieurs. Bien entendu, le bonheur moral est dans l’équilibre ; la gaieté doit se mesurer. Il est évident que passer sa vie à dire des calembours n’est pas être équilibré. Crions donc : Vive’ le moment présent et ne nous occupons pas des autres.
La Touraine est un pays envié par les êtres des autres pays ; sa tranquillité, sa sérénité ne se trouvent pas ailleurs. Dans le Midi, par exemple, on rencontre des agités, des envieux. La deuxième qualité sur terre est de ne pas empoisonner son corps par le trop manger; de même, on doit éviter l’empoi sonnement de l’être psychique et moral par l’ennui et par l’envie. Pas un être n’est complètement heu reux sur terre ; même les plus enviés ont des peines
l’initiation et des ennuis. Certains êtres humains placent le ¿bonheur dans l’argent; L’argent est nécessaire mais •ne fait pas le bonheur. Qu’on se rappelle la fable du Savetier et du Financier. Le riche est gêné pour con server son argent au milieu des requins qui cherchent â le lui prendre; De là, des luttes, des batailles, des appels au pouvoir judiciaire. Lé troisième point est de savoir où placer son idéal de bonheur.
Tel père place le bonheur dans le développement de l’intel ligence de ses enfants, tel vieillard place le bonheur dans la bonté, dans l’extériorisation de soi-même. Les dames seraient heureuses de ne pas vieillir ; elles sae vieillissent pas, en général, mais elles vieillissent -quelquefois.
En plaçant le bonheur dans l’âme de deux êtres l’un pour l’autre, l’âme ne vieillit jamais et ■on reconnaît là le rayonnement qui rattache au cieL C’est là le vrai bonheur terrestre et même ultra-ter restre. On a voulu montrer que le problème du bonheur est possible à résoudre. Le bonheur consiste à vivre le temps présent, et à placer le bonheur dans l’amour des autres. Telle est la solution vraie du problème.
Les Chinois sont peut-être les êtres les plus sages delà terre; ils font des concours de philosophie et donnent une somme d’argent à l’élu, au gagnant, pour aller se perfectionner chez les Barbares. Les Barbares, c’est nous, les civilisés. Le concours eut Sieu une fois sur la question du Bonheur.
Le <meïlleur candidat répondit que les Chinois n’étaient pas heureux parce qu’ils enviaient les autres hommes, et que le bonheur parfait n’existait pas sur la terre.
SOCIÉTÉ d’études philosophiques de tours 167 Le rapport fait de son voyage dit qu’il a passé en Amérique, qu’il a vu les douleurs des pauvres qui végètent autour de la richesse. Il décrivit les ÉtatsUnis comme un immense baobab qui mange les petits végétaux éparpillés autour de lui. La fortune accumulée sur un petit nombre ne s’opère qu’en fai sant des malheurs autour de ce petit nombre.
De la France, le Chinois écrivit que c’était un pays intelli gent, mais qui se croyait beaucoup. « Sur les routes de France, dit-il, j’ai vu une grand’mère et sa petitefille qui mendiaient. » — Donc, il ne peut, y avoir de bonheur tant qu’il y aura des malheureux. Ne nous concentrons pas en nous-mêmes, cherchons, au contraire, à sortir de nous-mêmes par la lutte contre l’égoïsme, par la lutte pour l’altruisme.
La deuxième partie de la conférence montre des vues photographiques des dernières expériences iné dites faites sur le fluide vital ; différents objets métal liques se maintiennent seuls dans l’air sous l’influence des mains du médium placées à une certaine dis tance. (A suivre.}
LES DERNIERS JOURS DE JÉSUS Au lendemain du Triomphe des Palmes à Jéru salem, le Christ vit clairement qu’il entrait dans le dernier plan de sa vie terrestre, et, se retirant à l’écart, 11 employa les quelques jours qui le séparaient de la mort à méditer sur la mission dont son Père l’avait investi.
Cette mission avait nécessairement deux caractères bien distincts, correspondant aux deux natures qui étaient en Jésus, la nature divine et la nature hu maine; elle était ésotérique et exotérique. Les foules qui suivaient le Maître partout où il faisait entendre sa parole, ne voyaient en Lui que le caractère exoté rique de sa mission.
Grossiers et charnels comme la plupart des Juifs, ces hommes ne concevaient pas que le « Prophète » pût leur donner une doctrine qui ne fût, comme leur Religion, tout extérieure. Et c’est à cause de cette sorte de matérialisme, à cause de la « dureté de leurs cœurs » qu’il fit tant de mira cles, qu’il multiplia les pains et les poissons et que, la veille de son supplice, Il changea le pain en son Corps.
A des hommes charnels, il fallait de la chair. Et parmi ses disciples eux-mêmes,combien furentils ceux qui comprirent la partie ésotérique de sa docLES DERNIERS JOURS DE JESUS 169 trine? Il y en eut un, un seul: Jean. Mais il était 1*Aigle, le Génie qui devait écrire l’admirable Apo calypse. Pierre est au-dessous de lui, il n’a pu s’élever si haut. Jésus en a fait la pierre sur laquelle il bâtira Pédifice dont Jean sera la clé de voûte.
En d'autres termes, Pierre aura avec lui, dans la constitution de F Église, tous les exotériques, c’est-à-dire la majorité, la masse des croyants ordinaires, de ceux dont les conceptions ne peuvent dominer les réalités contin gentes, mais les adeptes deJean seront les ésotériques, C’est-à-dire les vrais croyants, les raffinés, les imma tériels, les adorateurs en esprit et en vérité.
Jésus vit tout ce qui devait arriver, pendant les jours de recueillement qui précédèrent le drame du Golgotha ; Il eut une vision exacte de l’avenir, et II éprouva de cruels tourments à la pensée que si peu d’hommes comprendraient le vrai « pourquoi » de sa venue en ce monde. Sa douleur fut telle que, agoni sant au Jardin des Oliviers, une sueur de sang s'échappa de son corps, symbole éclatant de ce feu ésotérique qui l’embrasait.
Et, parvenu au terme de sa carrière, cloué sur le Tau où II allait exhaler son dernier soupir, Il voulut encore, dans un suprême effort, répandre en ceux qui l’entouraient et le regar daient mourir, l'influx de son divin enseignement.
Peine perdue I A part sa Mère, Jean, Madeleine, le bon larron, et deux ou trois autres spectateurs, aucun des assistants ne comprit pourquoi Jésus dit: J'ai soif — Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font — Tout est consommé. Et le Sauveur rendit l'esprit, reddidit spiritum.
iyo l’initiation sans que cette foule eût une compréhension véritable de toutes les péripéties du drame qui venait de se dé rouler à ses yeux. Et si un grand nombre de témoins du déicide furent touchés et se convertirent, c’est parce que « la terre trembla » et que « le voile du Temple se déchira »; mais ils ne surent découvrir la signification des épines tressées en couronne sur la tête de Jésus expirant; ni trouver le secret que ren fermait son cœur au moment où le fer de la lance l'ouvrit et le vida... L. B. Mars igji.
SECTION ARCHEOMETRIQUE Triangle des saints anges"’ TRIGONE DE l’ÉTHER Il a son sommet à l’Equinoxe d’automne et au signe 4e la Balance. SIGNIFICATION DES LETTRES L. 3o L. Cette lettre, la première du Trigone de PÉquisioxe Ouestou d’Automne, celui des Anges etdel’Ether, préside à ce que les mystères antiques des Patriarches •appelaient le Conseil et le Tribunal des Anges. Elle traverse le milieu de l’Espace compris entre j’M et l’Z. De là le nom que le premier Zoroastre donne à sa puissance céleste : Mitra. — Tra dérive du sanscrit Tri, traverser. — Le sens du nom de •cette puissance est donc : celle qui traverse l’M et 17 : MiTra. Tous les cultes dérivés des débris plus ou moins .altérés de l’ancienne sagesse renferment parmi leurs .arcanes celui du Jugement du Tribunal des Anges : Égypte, Kaldée, etc. (i) Voir la planche du numéro précédent.
l’initiation 172 Ressuscitant la traduction Orphique, Eschyle avait fait sur ce jugement une tragédie intitulée : La Pen sée des Ames. Le nombre de cette lettre est 3o, sa couleur est le vert émeraude, son signe zodiacal la Balance, sa planète Vénus nocturne, la Miséricorde voilée, son archange Michael, sa note fa dièze. Dans l’année liturgique elle correspond à l’époque des Saints Archanges et Anges. LES LETTRES ZODIACALES UNE A UNE L. 3o.
L. — La puissance exécutive, celle qui tranche, résoud, dissoud et liquide. Sanscrit. La. — La puissance qui récompense ou punit. Sanscrit. La. — L’acte sans fin et la fin de l’acte, la Puissance qui renvoie à PÊtre ou au Néant. Hébreu. aL. — La puissance qui contient et retient, orne et dépouille. Sanscrit. aL. — La puissance qui élève dans ¡’Étendue, Lui, Celui, le Pronom divin pris pour le nom de Dieu.
Arabe. âLa. — La grandeur de l’Espace éthéré, sa puis sance angélique constitutive. Sanscrit. K. 100. X". — Tout objet mobile matériel ou spirituel, corps ou âmes, sur lequel l’air ou l’éther ont action. Sanscrit.
TRIANGLE DES SAINTS ANGES i?3 K. — La Puissance révulsive. Hébreu. aK. — Le mouvement en spirale. Sanscrit. aK. •— La Puissance qui évulse. Hébreu. Za. 7. Ça. -— Le bonheur. Sanscrit. Ça. — Le Rayon lumineux. Hébreu. Aça. —- L’Élément alimentaire. Sanscrit. ■— L’ordination. Ethiopien. A«. ■— La Principiation. Arabe. LES LETTRES ZODIACALES DEUX PAR 1DEUX KâÇa. — La Translucidité, le Cristal. Sanscrit. KaZ. — La Translation. Hébreu. La Transfiliation et le transfilage ou tissage. Arabe. ÇaK. — Pouvoir. KaLa. — Le dépouillement des apparences, la table rase. Sanscrit. KaL. — La légèreté, l’impassibilité. Hébreu. LaX. — La visibilité, le signalement, le signe des Etres. Sanscrit. LaG. — L’impondérabilité. id. LaKa. — La face, le front quî signale l’âme, id. ZaK. — La diffusion dans le temps ou dans l’espace, lafluidité et ce qui ûue.Hébreu. LES LETTRES ZODIACALES TROIS PAR TROIS KoeÇaLa. — La Prospérité, la bonne fortune. Sanscrit. ÇaKaLa. — La Dyalyse, la désintégration du corps
174 l’initiation physique et la transfluidité de la formeorganique. Hébreu. L-âKâÇâ. — La Puissance de l’éther. Sanscrit.. LaKs. — Le premier mot signifie Trône, le second délégation. Hébreu. Les prêtres antiques appelaient l’Ether le char ou le trône de Dieu; le mot. dèlega ti on de la souveraineté con vi en t. au pronom lieutenant du nom, à l’Ether, lien du Monde de la Gloireet des forces du Monde Astral, à la Puissance vivante de l’Ether dont l’Archange, chef des Anges, saint Michel indique encore une déléga tion, celle du verbe : MIChaEL.. Reflet de Dieu.
ORDRE MART1N1STE Le Rituel Martiniste, dressé par Teder, sur l’ordre du Suprême Conseil et d’après les Archives secrètes de l’Ordre, les Cahiers de Papus et les Formules rituéliques de Sédir, est en ce moment sous presse.
Les Souverains Délégués Généraux et Inspecteurs Prin cipaux, les Délégués Généraux et Inspecteurs Généraux, les Délégués spéciaux et Inspecteurs spéciaux, les Prési dents de Loges et les Initiateurs, sont invités à se faire inscrire dans le plus bref délai, pour l’envoi de ce nouveau Rituel, rendu obligatoire dans l’intérêt de l’unification de l’enseignement martiniste. S’adresser à M. Lecomte, i5, rue Séguier, Paris.
Prix net, franco de port : 5 francs, payables à la réception du volume. LA NAISSANCE ET LA MORT Par le KHODJA OMER HALEBY Le mystère de la naissance explique, ai-je dit, le mystère de la mort. Qu’est-ce, en effet, que la naissance d’un être, d’un enfant, sinon une résultante d’un travail destructif dont le résultat est ce que le vulgaire appelle la mort ?
Voyez, ô vous qui m’écoutez 1 ce qui se passe à l’instant de la procréation : l’œuf femelle a été atteint et traversé par l’homnicule (i) microscopique, à forme de. têtard allongé, que l’homme a émis à la fin du coït; l’homnicule s’est logé dans l’œuf, et, dès son installation, l'œuvre de (i) L’homnicule du Khodja est ce que nous appelons spermatozoaire.
l’initiation 176 sa transformation commence.
Mais pour que celle-ci s’opère conformément à sa destinée, il faut, et c’est là une condition absolue, qu’il soit en contact direct, sans inter médiaire aucun, avec le sang et la vitalité de la future mère. — Pour arriver à ce but, l'œuf, sous l’influence de i’homnicule, que Dieu a béni par l’intermédiaire de l’ange blanc (1), le transforme en un corps que les médecins appellent placenta; or, c’est par ce corps, à l’aide du cordon qui prend sa base au nombril de l’enfant, que celui-ci reçoit de sa mère les éléments indispensables à la formation en chair, en os, en nerfs, en artères et en veines.
Dans l’ordre ordinaire des choses et des destinées, l’homnicuie, devenu garçon ou fille, suivant la loi que j’expliquerai plus tard, arrive à la fin de son œuvre le neuvième mois lunaire.
Pendant ces neuf mois, il lui a fallu vivre et se développer au sein de ce corps placenta sans lequel il n’eût pu être en communion avec sa mèreet recevoir d’elle les éléments constitutifs de sa destinée. — Mais voici que l’enfant est mûr pour une vie autre ment plus large, plus mouvementée, plus incidentée, plus complète, que celle qu’il vient de vivre dans le sein de sa mère.
Mais voici aussi que son corps fœtal, sans lequel, je le répète à dessein, il n’aurait pu terminer son œuvre de constitution, devient une cause d’empêchement pour l’accomplissement de l’existence terrestre pour laquelle il est destiné. Et alors, que se passe-t-il ?
Il se passe ceci.; le placenta ayant rempli sa mission, et devenant un obstacle à la vie du petit corps qu’il renferme, se déchire, meurt et... laisse la liberté à son prisonnier de neuf mois.
Oh ! ce n’est pas là une destruction s’opérant sans souffrance pour la future mère : tous les dangers l’entourent, et la naissance du fruit de ses entrailles entraîne trop souvent, surtout chez les civilisés, le décès de la femme dont le sang a fourni les éléments constitutifs du petit être. Un effort suprême, un dernier cri, et voici que l’enfant apparaît sur le seuil de cette vie, où il manifeste sa venue par un cri de douleur et de délivrance. Et le placenta que devient-il ? Expulsé hors de la matrice» (i) V. El Ktab des lois secrètes de l'amour.
LA NAISSANCE ET LA MORT J 77 expulsé naturellement ou forcément, il meurt, se décom pose et voit ses éléments constitutifs retourner à la terre, à i’air et à l’eau, suivant les différentes attractions. — Eh bien, quand l’être à la naissance duquel nous venons d’assister a terminé normalement sa carrière ter restre ; quand il a vécu sa destinée, quand l’heure est venue pour lui de participer à une vie supraterrestre, qui est à celle qu'il vient de vivre comme celle-ci a été à son existence fœtale, le corps matériel qui lui a été indispen sable pour subir les influences des milieux terrestres, sans lesquels son cerveau n’eût répercuté ni la joie, ni la souf france, ni aucune des photographies de la vie, ce corps devient à son tour un obstacle semblable à celui qu'avait présenté le placenta. — Pour suivre sa nouvelle destinée, il faut que l’être meure et revive une seconde fois ; il faut que son corps cesse de l’emprisonner pour qu’il puisse s’en échapper, être spirituel, comme il s’est échappé, être terrestre, du sein de la mère.
Et alors s’accomplit le second mystère : L’être meurt à la vie matérielle pour naître à la vie spiri tuelle, comme il est mort à la vie placentaire pour naître à la vie terrestre. Et ainsi le mystère de la naissance explique celui de la mort. — L’être, a dit l’antique sagesse des Mages, se revêt POUR DESCENDRE ET SE DÉPOUILLE POUR MONTER.
Eh bien, cet aphorisme contient dans son admirable laconisme toute la science de la vie placentaire, terrestre et supraterrestre, dont les mystères du devenir sont pour l’être terrestre aussi obscurs qu’ils l’étaient pour l’être pla centaire.
Or, quand l’être s’est dépouillé, c’est-à-dire quand il a quitté ce corps matériel, sans lequel il n’aurait pu vivre sur cette terre, il ne peut pas plus y revenir dans son inté grité qu’il n’aurait pu, être terrestre, revenir dans le sein de la mère pour y revivre sa vie fœtale. — Cette doctrine de l’antique science occulte donne donc un démenti formel à la vieille théorie populaire de l’existence autour de nous des âmes ayant déjà vécu icibas. 12
l’initiation î78 Ce que certains philosophes occidentaux disent des relations que l’on peut avoir avec ces âmes, ou ces esprits comme ils les appellent,-constitue des mirages trompeurs, •comme en ont tous les déséquilibrés et tous les fous.
Ces philosophes prennent .les propres phénomènes de leur cerveau pour des réalités en dehors de leur imagination. — Qu’ils soient opérateurs ou ce qu’ils appellent mé diums, c’est-à-dire ce que nous nommons voyants et éprouvants, ils constituent des organismes décoordinés, •dans lesquels se reflètent les idées, les images, ou des per sonnes qui les entourent, ou des choses, ou des êtres qui les ont frappés ou suggestionnés avant leurs opérations.
Leur cerveau est semblable au verre que les photogra phes préparent pour recueillir l’image qui va se présenter sous la forme de la personne désireuse de se faire photo graphier ; mais, encore plus sensible que cette plaque, leur cerveau reflète instantanément, plus ou moins nettement, tout ce qui les frappe. — Quand ils disent voir des esprits, quand ils s'identi fient aux êtres qui ont vécu ou qui vivent encore, ils ne voient et ne s’identifient qu’aux effluves, aux images, aux pensées qui ont constitué, ou constituent l’être dont ils croient subir l’influence.
Et c’est parce qu’il en est ainsi qu’aucun de ces soi-disant ■esprits ne se montre plus intellectuel, plus savant, plus avancé dans Ja connaissance des choses qu’il ne l’était dans sa vie terrestre. — Si vous vous souvenez, ô hommes 1 de ce que je vous ai dit concernant la vie, les formes, les couleurs et- les vêtements, des pensées et des images que nous émettons <ou que nous recevons, vous comprendrez d’autant plus facilement ce qui précède que vous savez maintenant que tout ici-bas est amour et vie.
Qu’il n’y a ni matière comme on l’entend, ni esprit comme on l’entend encore. Il n’y a que des groupements infinis d’êtres, plus que microscopiques dont l’essence est éternelle. Oui, tout dans notre univers et dans î’omniversel de {’univers est en proie à une vie incessante dont l’amour est le pôle actif et la haine le pôle négatif. C’est là ce que nous verrons plus clairement et plus scientifiquement dans les chapitres ou portes qui suivront.
PRONOTISCATIONS J79 * < . Au nom du Dieu puissant et miséricordieux dont l'être est l'indéfinissable, qui est partout et dans tout, et parson essence échappe à toutes les définitions de notre imparfait langage. Traduit par P. de Régla. Extrait de l’Almanach pour l’An M.DCC.XGI ou pronostications perpétuelles des laboureurs. Avec les pronostications de Pytagoras en ses circules et angles, de Joseph le'juste, Daniel le prophète et autres.
Avec l’Alma nach des vignerons, par Me Antoine Maginu dit rfïermite solitaire. Jours de Crise pour les personnes qui tombent malades avec les fours qui sont heureux. JOURS DE LA LUNE Celui qui tombe malade le premier jour de la lune, le dit jour sera mauvais. Deux, bon. Trois, le malade fera seize jours. ' Quatre, malade longtemps. Cinq, mauvaise augure s’il tarde à guérir. Six, il faut craindre. Sept, bon. Huit, il n’y a pas de danger.
Neuf, il y a à craindre la mort. Dix, mauvais. Onze, il guérira ou mourra bientôt. Douze, il y a péril de mort jusqu’au i5. Treize,il souffrira grandes douleurs. Quatorze, courte maladie. Quinze, s’il n’amende en quatre jours il y a à craindre la mort. Seize, il guérira. Dix-sept, il y a péril de mort avant quatre jours. Dix-huit, longue maladie, mais danger. Dixneuf, dans quatre jours il guérira. Vingt, il y a péril de mort jusqu’au i5.
Vingt et un, bon. Vingt-deux, peu à peu il se guérira. Vingt-trois il y & du danger. Vingt-quatre, il guérira le 10 ouïe 12. Vingt-cinq, si dans quatre jours il ne meurt, il en réchappera. Vingtsix, mauvais. Vingt-sept, péril de mort. Vingt-huit, mau vais. Vingt-neuf, peu à peu il aura la santé. Trente, d’une maladie il tombera dans une autre.
i8o l’initiation PHILOSOPHIE ET MÉTAPHYSIQUE Je désire entretenir mes lecteurs d’une œuvre peu connue, parce que l'auteur est un savant modeste qui fuit la réclame et la productive publicité; d’une œuvre d’une telle importance qu’elle mériterait d’être mieux divulguée et mieux comprise, surtout par les spiritualistes qui glane raient à sa lecture bien des faits précieux et substantiels ; par des lettrés qui savoureraient avec joie la quintessence de cette haute philosophie.
Je dois à l’amabilité de M. Paul'Auvard, publiciste et philosophe sérieux autant que savant, ce livre qui m’a impressionné et vivement ému. Et j'ai encore en mémoire l’étonnante et vigoureuse sincérité du Saint-Dietamen dont je veux faire profiter mes lecteurs.
Je sais que je m’adresse à des esprits éminents, cultivés, à des spiritualistes pour qui l’existence de l’âme est un fait positif, tout aussi positif que le fait d’avoir un centre cérébrospinal. C’est ce qui m’encourage à publier ces quelques lignes, certain d'être compris, Tout d’abord, il me semble que faire apprécier au lecteur futilité d’un livre comme le Saint-Dictamen est une chose aussi recom mandable que nécessaire.
Comme je l’ai dit plus haut, on ne connaît pas assez l’importance de cet ouvrage, on ne connaît pas assez l’auteur de ce maître livre. Je me suis donné la tâche de réparer l’un et l’autre de ces oublis regrettables. M. P. Auvard, qui a mis plusieurs années à élaborer le Sainl-Dictamen, à le corriger et à le remanier, pour le publier en igo3, est un homme sincère dans ses opinions, courageux et érudit dans ses écrits.
Ce m’est pas un mince mérite : il faut avoir une certaine élévation de jugement et de conscience pour avouer nettement ses idées, surtout lorsque ces idées, surtout lorsque ces idées ne sont pas admises par le plus grand nombre.
Car il y a un fait qu’il serait puéril de contester, de nier: le matérialisme fait d’énormes progrès, malgré les nombreuses publications spiritualistes qui tendent vers un idéal meilleur, plus con solateur et surtout plus rationnel.
UNE FILLETTE TUÉE PAR UNE AUTO l8l C’est contre ce matérialisme néantiste et athée que s’élève l’œuvre vigoureuse du Saint-Dictamen.
C’est donc une œuvre spiritualiste, et, comme telle, nous ferons tout notre possible pour qu’elle apporte sa bonne parole, sa raison saine, sa haute intellectualité à tous ceux qui voient que sur la terre il n’y a pas que la matière, la vile matière, mais encore un principe moral et immortel, ce principe que les philosophes de l’antiquité et ceux de nos jours, de Platon à Victor Cousin, appelaient le Vrai, le Beau et le Bien, l’Amour, la Charité, la Bonté, ternaire symbolique et vraiment tout divin.
M. Paul Auvard a donc droit à toute notre reconnais sance pour le culte très haut et très noble qu’il relèv.e de toute la puissance de sa plume féconde et enthousiaste. A le lire, une immense joie nous envahit: le spiritualisme est encore en bonnes mains.
La philosophie, mieux encore, la métaphysique, les rapports de Dieu et du monde, l’on tologie, l’éthique, l’esthétique et même les sciences phy siques et naturelles, enfin tant de chapitres curieux et rares de ce livre, se coudoient, se confondent pour faire un tout remarquable, qu’il est nécessaire de lire et de méditer, de méditer surtout. Puisse notre vœu se réaliser, pour le plus grand bien du spiritualisme. A.
Porte du Trait des Ages. (en Savoie}. {Bibliothèque idéaliste de Lyon.) Reproduit par ¡’Express du Midi, et huit autres journaux, dont trois de Brive.
Extrait du Journal : UNE FILLETTE TUÉE PAR UNE AUTO En traversant la chaussée pour rentrer au domicile de ses parents, i33, avenue de Paris à Saint-Denis, une fillette de sept ans, Marie Quéré, a été renversée, hier soir, à sept heures, par l’automobile de M. Jean Moreau, architecte à Paris, 43, rue du Rocher. Les roues du lourd véhicule
182 l’initiation passèrent sur le corps de la malheureuse gamine, qui fut tuée sur le coup. Je cueille pour ceux qu’intéresse l’influence occulte du nombre, cet entrefilet du journal; on y verra la répétition du chiffre 7, répétition réellement extraordinaire et sortant du calcul des probabilités. Ce nombre 7 dont l’influence est en général bonne, peut cependant être mauvaise pour certaines personnes comme dans ce cas. G. Phàneg.
Extrait du journal Le Matin, 14 mai 1911. L’OCCULTISME EN JUSTICE Un substitut est d’avis qu’il faut prendre au sérieux les esprits. On sait que la première chambre du. tribunal, que préside M. Gibou, est saisie d’une demande en nullité de testa ment basée sur ce fait principal que la testatrice, Mme Nio1 et, qui laisse une fortune de 400.000 francs environ, s'adon nait au spiritisme.
M. le substitut Gail, appelé à donner son avis sur le procès, a prononcé hier de curieuses conclusions dont voici les passages essentiels : « ... Ici nous abordons la partie la plus délicate de la question. « Que faut-il penser des sciences occultes ? On conclut que par cela seul que Mme Niolet se livrait à la recherchedes problèmes de l’au-delà, elle était atteinte d’aliénation mentale.
Prenez-y garde 1 Si la forme bizarre, étrange, enfantine des communications des esprits peut amener sur vos lèvres un sourire quelque peu sceptique, gardez-vous de le transformer en un anathème, jeté à la face de ceux qui croient à l’occultisme, et de briser, sous cette. seule impression, les dispositions dernières d’un mort.
S’il s’est trouvé des personnages peu scrupuleux qui, abusant de la crédulité des gens, se servent du spiritisme pour escro quer leurs semblables, devons-nous jeter la même répro
BIBLIOGAPHIE J 83 bation sur ceux qui, honnêtement, en toute loyauté, se livrent à la recherche de l’avenir ? « La science apporte, chaque jour, une surprise nouvelle. On eût traité de fous, il y a quelques siècles, ceux qui auraient affirmé pouvoir converser, à travers l'espace, avec des amis, habitant à des centaines de kilomètres, sans que rien révélât aux yeux du public le mode de transmission.
Sous l’inquisition, on les eût brûlés, pour l’édification de leurs semblables I Gardons-nous de tomber dans de tels excès.
« S’il m’était permis de vous donner une impression per sonnelle, après celle de savants dont on a invoqué les noms et l’autorité, je vous dirais qu’estimant qu’un ma gistrat doit tout connaître, j’ai eu autrefois la curiosité de me rendre compte de ce que pouvaient être les sciences occultes, et ce, dans des conditions de sincérité et de loyauté absolues.
« J’ai gardé de ces expériences l’impression très nette qu’il y a là quelque chose de troublant qui échappe encore à la plupart de nos intelligences, insuffisamment affinées, maisqu’un esprit large et éclairé ne saurait méconnaître sans parti pris. Toujours est-il que j’en ai vu assez pour con cevoir et admettre que dlautres, mieux préparés que moi,, s’occupent activement de l’étude des sciences occultes.
« J’en ai vu assez pour dire que nous ne pouvons nier certains phénomènes, qui échappent encore à l’explication de notre intelligence, et c’est assez pour que nous puissions affirmer que le fait de se livrer à l’étude du spiritisme nesaurait équivaloir à une diminution, à un affaiblissement de l’intelligence. » M. le substitut Gail a conclu à la validité du testament de Mme Niolet.
BIBLIOGRA BELIE La philosophie occulte de Corneille-Agrippa Chacornac, éditeur. L’Éditeur Chacornac, qui a réédité déjà plusieurs oeuvres classiques de la Tradition occulte et qui se prépare encore
l’initiation 184 à faire connaître un des Maîtres anciens, Paracelse, vient de donner au public lettré une très belle est très claire traduction d’un des livres les plus utiles à tous ceux qui essaient d’échapper aux bornes étroites que la science officielle trace à la pensée humaine, à tous ceux qui veu lent tenter de demander aux traditions des Races anté rieures à la nôtre le Secret de la Vie, des possibilités hu maines et du Devenu Mystérieux.
Cette oeuvre colossale est divisée en trois livres où l’on trouvera, fortement étu diés, la division occulte de l’univers en trois mondes ; l’astrologie, les arts divinatoires, les influences astrales, la Kabbale numérique, la pratique et l’entraînement ma gique. Le quatrième livre, qui est seulement attribué à l’auteur, donne sur la pratique les détails les plus circons tanciés.
Les chapitres les plus intéressants sont ceux sur la magie naturelle, c’est-à-dire sur les Influences et propriétés secrètes des corps ; leur origine, leurs correspondances — on remarquera les paragraphes relatifs aux poisons, aux Philtres, aux divinations, aux Rêves,— les enseignements sur les Nombres sont aussi de grande valeur et on les com parera avec fruit à ceux de M. Martin, réédités dans le « Voile d’Isis». — La lecture attentive de toutes les théo ries convaincra le lecteur avisé, que Agrippa a su, très souvent, voiler sa pensée et qu’il est absolument indispen sable de ne pas en considérer seulement la lettre mais l’Esprit; car pour les débutants qu’attirent les Pouvoirs — Agrippa, comme tous les Initiés véritables, a appuyé sur le fait que la pratique ne doit pas être essayée avant de longues années d’études, avant d’avoir renouvelé son Être Intérieur, et dompté tous les réflexes.
« C’est le sentiment de tous les mages, dit-il (Livre III) que si PEsprit et la pensée ne sont en bon état le corps ne peut pas l’être et nous ne pouvons avoir la fermeté ¿’Esprit que par la pu reté de la Vie, la piété, la Religion Divine ; les mauvais daimons (Esprits) trompent ceux qui négligent la /Reli gion... qui que vous soyez, qui voulez-vous donner.à cette science (la Magie), gardez sous un religieux silence dans le fond de votre cœur une doctrine sacrée... vous^ui méprisez les lois sacrées, retirez-vous, Profanes 1 etc. -»'’‘''y L’étudiant retirera donc un grand profit de ce livre, s’il
BIBLIOGRAPHIE i85 sait en reconnaître l’Esprit véritable. — Il y apprendra a se mieux connaître et à sentir plus profondément com bien tout est vivant dans la Nature, combien le but fixé à l’homme est beau, combien grandes sont ses possibilités. Les connaissances intellectuelles acquises lui seront de la plus grande utilité et serviront à forger les armes aux quelles l'invisible donnera plus tard la Vie.
Je considère donc comme très bonne l’œuvre d’Agrippa et j’en conseille très volontiers la lecture et l’étude à tous les étudiants sincères. G. Phaneg. * ¥ ¥ Conférences sur l’Évangile, t. III, par Sédir. Beaudelot, éditeur. Le troisième tome des études sur l’Évangile, de Sédir, vient de paraître. Ainsi que je le disais en présentant à nos lecteurs le premier et le deuxième volume, on n’ana lyse pas une telle œuvre.
Je préfère dire seulement qu’à mon avis elle apparaît colossale, tout à fait originale, et entièrement différente des travaux innombrables publiés dans le passé, sur le Livre Évangélique. Il y a plusieurs raisons à cela. En voici, je pense, la plus extérieure: Sédir n’appartient à aucune religion officielle.
N’étant ni catho lique, ni protestant, ni orthodoxe, il n’a pas cherché, comme presque tous les auteurs, a trouver dans les paroles de Jésus la preuve de la supériorité de telle ou telle forme de culte. Il n’est pas exégète et ne perd pas comme eux un temps précieux à disséquer les pages évangéliques, à les discuter, sachant qu’ainsi se perd la Vraie Lumière.
Sim plement Chrétien, dégagé de tout dogme, de toute École, Sédir a considéré ces textes précieux à un point de vue plus central que ses prédécesseurs, plus universel aussi — sachant, à n’en pouvoir douter, que les Amis du Christ chargés de laisser une trace matérielle de ses enseignements n’auraient pu écrire une erreur, que le Livre était gardé par les Anges, qu’il était écrit non seulement sur la terre mais dans les Cieux.
Sédir a examiné successivement les Principes lumineux, les Vérités essentielles contenus dans l’Évangile et chacun de ces Principes, chacune de
186 l'initiation ces Vérités est devenue, pour lui, une mine inépuisabîed’idées, d’adaptations à la vie,que désirent mener sur terreceux qui ont senti l’Appel du Père. De plus, Sédir a réalisé en lui, et autour de lui un grand nombre des commandements du Maître; il a donné sans compter son temps, ses forces, son intelligence, et, ainsi,, des lumières spéciales lui ont été données, que peu d’hommes sur terre ont .reçues.
C’est pourquoi on trouvera dans ces Études la.solu tion de beaucoup de mystères, l’explication des apparentes* contradictions qui se rencontrent parfois; c’est pourquoi encore, il faut le dire, devant la profondeur, l’universalité des conceptions ; devant le nombre de plans ^d’existenceapparaissant la complexité de l’Homme réel ; les milliersd’Etres inconnus, dont l’existence est révélée ; devant aussi l’effroyable difficulté de la Voie indiquée, beaucoup reculeront, ne pouvant comprendre qu’il y ait tant dechoses dans l’Èvangile — que ce livre renferme, ainsi la clef de toutes les énigmes. — Peu d’Êtres pourront suivre cette pensée, qui nous mène dans un vol audacieux aux confins de l1 Absolu.
Mais que tous se rassurent; si l’Évangile nous réserve tant de lumières, longtemps trop éblouis santes, il contient aussi toute la douceur, toute la simpli cité, d’un livre réservé à des Enfants.il faudrait à l’Homme pour comprendre ce Livre, un Cerveau de Génie, un cœur d’Enfant.
Eh bien ! lisons-le donc avec la simplicité néces saire car nous sommes des Enfants devant la splendeur de l’invisible, et plus tard, devenus hommes, nous pourrons approfondir ses troublants mystères avec une intelligence ferme et sûre. — Voilà dans quel Esprit ont été écritesces études de Sédir. — On comprendra qu’une analysesèche des chapitres aurait été impossible et inutile.
Que tous le lisent donc, car chacun y trouvera la nour riture nécessaire pour son degré d’évolution spirituelle. G. Phaneg.
UN NOUVEL OUVRAGE DU'DOCTEUR CHAZARIN l8y SOCIÉTÉ SES CONFÉRENCES SPIRITUALISTES Salle des Sociétés savantes, 8, rue Danton. Le quatrième jeudi de mai tombant le jour de l’Ascen sion, la Conférence a été renvoyée au premier jeudi de juin. Jeudi ier juin ign., à 8 heures et demie. CONFÉRENCE ÉSOTÉRIQUE* SOIRÉE EXCEPTIONNELLE Programme. i° L’Occultisme et. la Renaissance. Rabelais. Agrippa. Occultation de la section mys tique des Sciences.
Science patente et Sciences occultes. Albert le Grand et les Grimoires attribués à son influence. Les Philtres d’Amour, les Forces pen sées et la Magie. Conférence par le docteur Papus. 2° Expériences pratiques d’extase magnétique et faits magnétiques. L’influence de la musique sur un sujet endormi. Avec le concours du professeur Ascagne.
Mme de Bezobrazow nous informe qu’elle fera prochai nement une conférence sur les Grandes Initiations fémi nines; cette conférence, dont la date sera fixée ultérieure ment, aura lieu à l’A. S. dans la grande salle de la rue Serpente.
Un nouvel ouvrage du Docteur Chazarin sur tes matérialisations (!) Nous sommes heureux de pouvoir annoncer à nos lec teurs que M. le docteur Chazarin^ bien connu dans le (i) En vente à la Librairie Spirite au prix de 3 fr. 5o franco. France : 3 fr. 8o. Etranger : 4 fr. 20.
l’jnitiation 188 monde spirite par les curieuses expériences qu’il a faites avec différents médiums et par les phénomènes médiumniques observés par lui au cours de ces trente dernières années, vient de publier à la librairie des Sciences Psy chiques, 42, rue Saint-Jacques (Paris), un volume, qui nous paraît venir à son heure.
Il doit, selon nous, com pléter la compréhension de phénomènes on ne peut plus intéressants dont la réalité, mille fois constatée, est encore niée par la plupart des savants, parce que l’obscurité est nécessaire le plus souvent à leur production.
Le dit volume paraît sous le titre de Matérialisations peu connues, observées à Paris avec, pour quelques-unes, vue simultanée du médium et des formes matérialisées et très belles communications, écrites par ces dernières sous les yeux des assistants.
C’est un livre que tous les spirites,- voulant appuyer leur opinion sur des faits réels, bien observés, clairement et sobrement exposés, devront lire attentivement et con server avec soin dans leur bibliothèque.
Ils y trouveront des preuves multiples de l’existence dans l’homme d’un organisme fluidique, dit corps astral, susceptible de se détacher momentanément du corps ma tériel dont il est le canevas, de devenir visible et tangible, de se transporter au loin malgré tous les obstacles maté riels, ce qui explique comment l’être humain peut, dans certaines conditions (pendant le sommeil), agir intelligem ment en dehors des limites corporelles.
C’est là un pou voir surnormal qui est la preuve positive de l’indépendance de l’âme d’abord, et de sa survivance ensuite. Ainsi se trouvent révélées par l’observation la véritable nature de l’homme et sa destinée.
Or, rien n’importe plus à l’homme que cette connais sance acquise expérimentalement, car de là naîtra pour lui une conviction profonde de la persistance de sa person nalité après la mort, qui lui fera régler sa vie présente en yue d’une vie future.
OUVRAGES NOUVELLEMENT PARUS 189 OUVRAGES NOUVELLEMENT PARUS Fernand Divoire. — Metchnikoff philosophe, 1 fr, 20. Falque, éditeur, 86, rue Bonaparte. * * * Revue du psychisme expérimental. — Directeur: G. et H. Durville fils. — Numéro d’avril. Gaston Durville. — Expérimentation magnétique et hypnotique : Procédés dits des anciens magnétiseurs, les passes. — Procédés des magnétiseurs polaristes. — Les actions magnétiques à distance, travaux de P.
Janet, Ch. Richet, g grav. Emile Magnin. — Etude comparative des dangers que présenteraient le magnétisme et l’hypnotisme au point de vue social. A.-P. — Baguette divinatoire et baguettîsants. Réponse à une note parue dans le Larousse mensuel. Henri Durville fils. — Trucs de la prestidigitation ‘ Comment on truque la transmission de pensée à l’aide de compères. L. Tournier. — Un cas de double personnalité chez un dipsomane.
A travers les sociétés : Le jury du prix Fanny Emdem. — Influence de l’orientation sur l'homme, travaux de Mme Agache Schlœmer. — A l’Académie des sciences. Le Mois psychique : Lecture de la pensée par les mouve ments inconscients. Expériences récentes de BellinL Le dispositif imaginé par M. le docteur d’Allones.
Opinion de MM. Janet, Dumas et Manouvrier (3 grav.). — La répression du charlatanisme : la Préfecture de Police vat-elle agir. — Les trucs de Pikmann : La lecture de la pensée. Le couteau magnétisé. — Les tribunaux : Affaire Lalloz, sa condamnation à la dixième chambre, son acquittement à Versailles (Le numéro : 1 franc 3o, bout, de Strasbourg, Paris.)
l’initiation igo ERRATAS Mon cher directeur, Voudriez-vous avoir l’obligeance de porter à la connais sance de nos lecteurs ces errata relevés dans mon article Orphée et les Orphiques,paru dans le numéro de mars 1911. Page 26 î. Texte : ligne 5, enseigne au lieu d,'enseigné. Même page. Note : ligne 3, « Traité sur les hiéro glyphes ». Ligne i2, Beauté au lieu de billette. Page 203. Note : ligne 2, nous l'indiquons.
Même ligne, le symbolisme de la plume et non ou la plume. Ligne 5, Hiérogrammes et non Hièragr arrimes. Page 264. La première note portant le n° 7 doit être rattachée à la note 6. Avant-dernière ligne, Thoouth {marche des)... Thoouth doit être en italique. Page 205. Note 8. Cet hiéroglyphe et non cette hiéro glyphe- ■ Page 266, ligne 4, Hisoris et non Hésorès.
Note : ligne 4, JProscynémes et non Proscyrémes. — q, Nouterou et non Noutepou. — 20, Pierret et non Pierrat. Page 267, ligne 7, Çippes et non Cypes. Avant-dernière ligne : Passage omis. Le voici : « Thoth le 9 de Choiak (18 décembre, Victoire du début du solstice d’hiver) vainc en effet Set-Typhon. Papyrus Sallier IV, p. io, l. 8 et ïo. » Dernier livre, Ounoiidé; Note : ligne 9, Çippes et non Cyprès. Page 268, ligne, Maaxeru et non Maaxero.
Ligne 3. Voici ce passage qui a été tronqué : < Vad jectif Mââkheru signifie, en égyptien, la Vérité, la Jus tice, le Droit ou ! Autorité de la Parole, c'est-à-dire la Persuasion ou la faculté de persuader (par le Verbe, l'intelligence, la Raison : Thoth). L'homme qui possède cette qualité dans toute sa perfection est essentiellement « véridique et persuasif ». Il a l'art de persuader des
ERRATAS IQI ennemis comme « l’Osiris Ounowie * par la sagesse élo quente dont Thoth ou Hermès lui donna le secret. T. Deveria. Même page 268, ligne 11... des champs d’Ialou (A AL ü), •ajouter ce passage...
« parce que Thoth le dieu de l'ini tiation (à la Mort : Am ex), comme nous le verrons plus loin, lui a donné l'art de la Sagesse éloquente de la Rai son éclairée qui le font triompher (comme !Osiris-Dieu) des ténèbres du Monde Nahashique (Set-Typhon) pour goûter aux joies paradisiaques des champs d'Ialou. » Ligne i3 ... bienheureux, ajouter ; mais sans en bien saisir le sens occulte, du moins rien dans leur écrit ne .nous le révèle.
Page 26g, ligne 9, ce que dit et non ce qu'en dit. Note : ligne 3, nous en avons jaite. — ligne 6, Voir la note 16 ci-dessous et non 15. Page 270. Note 16, Atoumou et non Aloumou. Note 17, Jour du Viens-à-moi et non des Viens-à-moi, Poimander et non Pormander. Page 271, ligne i5, Maître de la Vérité. Ajouter *. Sei gneur de la Justice, chef du Grand Tribunal, Seigneur de la Sagesse, Père des commencements. Ligne 17.
Comme Phtah, Thoth s'était incarné et non était incarné. Note : ligne g, gîte et non geste. — 11, Moisiaque et non Morsiaque. — 12, sort et non dort. — i5, Krishna et non Kreshna. Page 272. Note : Ligne 3, On et non Qu. Page 274, ligne 7. Céléhêe et non célèbre. — 8. Kmounou et non Knoumott. .Note : ligne 3, Celle des eaux, Shaït. C. L.
192 l’initiation APPAREILS D’OCCULTISME — ..w ‘ , ■■ Boules hypnotiques. — Miroirs hypnotiques. — Disques d’entraînement. — Appareil système frontal. Planchettes à médium extra-légères de tous modèles. — Couronne aimantée du Dr Encausse.
Miroirs planétaires. — Miroirs magiques. — Baguettes magiques. — Objets pour autel magiques. — Appareils contre l’envoûtement, du Dr Papus. — Appareils pour donner ou renforcer la médiumnité. — Biomètres, sténomètres, etc. Construction d’appareils sur une idée donnée ou sur un plan. LÉONIS, Ingénieur-Constructeur {breveté S. G. D. G,)t 3g r, rue des Pyrénées, Paris (20*). Librairie Générale et Internationale G.
FICKER PARIS — 6, rue de Savoie, 6. — PARIS L’ÉVAHGILE DE CAGLIOSTRO Retrouvé, traduit du latin, et publié pour la première fois avec une introduction Par le Dr MARC-HAVEN Un volume petit in-8. sur beau papier vergé, orné d’un portrait et du sceau de Cagliostro. Tirage à 5oo exemplaires................................... 5 Ir. Dix exemplaires sur japon impérial, numérotés 1 à 10 . ♦..................................{Épuisés). 12 fr. Le Gérant ; Encausse. Paria. — Imprimerie E. Arrxult et Cie, 9, rue N.-D.-de-Lorctte
Librairie Générare 'ef ] nteii’nàtibnak ' ■ '6\ xue^è'‘-''Saùoiê^.6 - y^ht-d^pàraître j: ' J ?
Ou Roman vécu dans jes .mystères de TocÇûItisine . ■': ' Préface par lé poctèur'PÀPÜS ■ '- '. , ' ■ /C’estunvolumeabsolumentindispensabie pourrons ceux s’intéressant .■■auxj-soencesoccuîtes.et à tous ceux voulant s’initier et étudier ces'scierices-.- 'L’édition anglaise est depuis Longtemps épuisée ;-elle sépaye 5o fr. environ si l’on .trouve .un' exemplaire.- IT en sera’ de mêmede l’édition 'française. ■ /Un fort volume.
5 fr. îgfep, i§W ï.' fcws*>#« 5 . ■ fe’W,. y.,- .- aBæsis’i. y REDEMPTION ROMAN SATANIQUE ' Par Raymond MA^GRÎER - . - -Très'connu des Spirites’et des Occultistes,-!,’auteur, dans son- nouveau.roihan.de , ■. '•‘ Bédempitloïl’', nous initie au culte-ihystérieux-æt réel-du Satanisme.
'< Il nous niontrei en''des -scènes émouvantes et'très dramatiques, son 'héroïne, ■'•esclave d’abord du vice etde Satan,-s'acheminant à la’Rédemption àia faveur d’un ’■ :* âmour'chaste et-haïr.' - ' .
' ■ ' Dàns Rédeiùption/M. Raymoo'd Maygrier.évoque,' sous une. forme, saisissante, i - «là.piiçte'infêrnal;'les pratiques de-i-Enyoûtcmsnt.il-intérvenüon-.dés-.démonssuccubes-..-:. r ¿èt;\ehnnŸ la- possession démoniaque. „ , - , -'Ce roman, vraiment nouveau et sortant de la banalité 'courante, est appelé à un vtrès grand-succès. ' Prix. . . . . ■ . 3 fr. 50 J-B. PeiRSON . «‘üV-.”’ .-yy £::■’?
"■ s.sJ|OQyVERTE- DE..;LWE' Eh. soi-mêmeRarlaliberté ÿ' ' ’i - _ -, ? fcrèlÎ^'î'i'jr?? ■' - ' - ' ~ ‘ , ' ■• attein.t'ispn' but, qui ést de- se-faire reconnaître par son .chef, ‘ • une-carrière dont on. ne verra .pas la-fin. Si,-’par suite ' ' rèjété; if sera l'ennemi dé'toût’le monde, ¿ar. - ^^yj?^ëîè^ué>Î;É^rit' Humain au -'second-plan, et: qu'y, a-t-il 'de plus'féroce ^^f.t^^,i’^irioü^foprèibÎèÿsë.'?,ÈiÎ-attendant, il à un. mérite.
C’est.que dans >'. ^^lylaiThéblp’gie'.-iqt-ia;,'P-hilosqphie',lesspIus hautes,^il; n’est pas -employé un-, prisé par elle-même,-' ne -soit .duiplus .vui- • vient rque?du ‘choc.d’expressions: simples; 1 y/'.,■. \3.'fç;-'5,ô ‘ y; .’
Librairie Générale et Internationale G. FI CHER PARIS — 6, rue de Savoie, 6 — PARIS AM ¡CUS* PLATO SEP MAGïS AMICA. VERITAS PENSÉES ET MAXIMES Philosophiques, Médicales et Sociologiques ï” sérié : Le Pape de la Libre Pensée. Prix . , . . 2 tr. 2* — Religion Moniste. Prix .. . . . . . , , . , . 2 Cr. r 3* — Profession de Foi. Prix 2 fr. 4* — L'Accident d’Abélard, Prix. .,.................................... 2 fr.
Lettre d’Érasme à son ami Martin Oorpitis : « Nous avons voulu instruire, non . < offenser, contribuer au bien des mœurs, « non y donner atteinte. ► Voilà une série de volumes qui vient à son heure. Le docteur T.-J.-J. Gourdannec’h, médecin distingué/physiologiste et philosophe, ce qui ne nuit pas, envisage et étudie les bêtes d'une façon originale, très neuve, qui plaira certainement à tous les esprits curieux et cultivés.
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Maximes et pensées du'io° plan, révélations nouvelles dues-au spiritisme. Un fort volume in-8 de 3oo pages ....... 3 fr. 50 J BE OIE BB Lfi TK par Blanche SARI-FLÉGIER Si l’auteur atteint son, but, qui est de se faire reconnaître par son che., ce livre commence une carrière dont on ne verra pas là fin. En attendant, il a un mérite.
C’est que dans [la Théologie et la Philo7 Sophie les plus hautès, il n’ait pas employé une expression qui, prise en elle-même, né soit du. plus vulgaire langage. Sa clarté ne vient que du choc d’expressions simples. Un beau volume de 184 pages. . . . . . ■ 3 fr.
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