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X U)0 Mes Eludes i r ' ì T ’ r S« US I A DIRECTION DE TP -¿’Ä. JP XJ* v ..U !' • — 24"’“ ANNÉE S0MMA1RI i o ■< PARTIE PHILOSOPHIQUE La Croix et la Pyramide • • £• Schiessen. Le Coran, Moise cl le ' ■ ' 8 à 27).................................................................................Encausse. Le Coq universel p. 28 à 3o) . • Emman. C.-V.
V.-R, Sur quelques modes divinatoires et augurales (suite) (p. 3 1 à 5g)..........................................................C. B. Théorie des dieux immortels (p. 60 a 62) . . . Karl Nissa. Société d'Études philosophiques et psychiques de Tours (suite) (p. 63 à 79)................................... X... SECTION ARCHÉOMÉTRIQUE Le triangle de C Agneau et du Bélier (p. 80 ¿82 . Saint-Yves d Alveydre.
'L'Archéométrie et les Catholiques p. 83) . . . Gravure. Société des conférences spiritualistes. — L’archéométre de Saint-Yves. — La Momie variolée et ses microbes. — La loi au père Bugeaud. — Justice africaine. — Sensibilité du médium Régnier. — Correspon dance. — L’œuvre conciliatrice de l’universalisme. — Bibliographie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 15, rue Séguier, à Paris-VIc.
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PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes ère c sont l’essence de la Société, de la Politique et de la R. M . nais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négaiio 'cience expéri mentale a conduit les savants malgré eu domaine des forces purement spirituelles par l’hypn' o ■ • ■ suggestion à distance. Effrayés des résultats de leurs p expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier.
L'Initiation est l’organe principal de cet'..'. <nce spiritua liste dont les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la c ; appliquant la méthode analogique des Anciens aux déc ou analytiques des expérimentateurs contemporains. Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte.d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l'initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent Arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L’Initiation parait régulièrement à la fin de chaque mois et compre déjà vingt années d’existence. — Abonnement : 10 francs par an. (Les collections des huit premières années sont absolument
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. LA CROIX ET LA PYRAMIDE La croix est le symbole de la puissance et de la vérité révélatrice qui se dégage de n’importe quelle création. Renversée, la croix représente une épée.
L’homme — une image réflectée du centre d’en haut — lorsqu’il joint les pieds, et en écartant les les bras horizontalement, représente parfaitement une croix qui correspond aux images supérieures. L’étre humain se compose de trois croix, qui sont superposées les unes aux autres dans la même ma nière, comme dans l’image de la Grande Personne Macrocosme d’un système solaire supérieur.
La croix de la religion universelle se compose éga lement de trois principes, qui sont : Soleil ; Lune ; Croix. Ces trois principes divins sont l’agent révélateur d’en haut, qui nous donnent toutes les clefs des mys tères religieux et des créations. 1
2 l’initiation Les cycles planétaires de notre système fantôme forment dans leurs ensembles également une croix, lorsque nous relions les centres par des lignes droites. Nous avons tort lorsque nous disons que la planète Mercure est plus vive dans sa marche que la planète Saturne. La vitesse de toutes les Planètes est la meme, seu lement la distance à parcourir est différente. Le cycle de Saturne est 135 fois plus grand que le cycle de Mercure.
La Planète Saturne, en ayant la même vitesse que Mercure, met environ 1.200 journées terrestres pour accomplir son trajet. Supposons que nous mettions Saturne dans le cycle de Mercure, Saturne ferait alors le trajet en 88 jours. Au dessus des cycles planétaires, se trouve le cycle solaire.
Ce cycle est partagé en douze parties, ou divisions, qu’on appelle : « Les maisons zodiacales solaires»; ne pas confondre avec les douze Étoiles Divines, qui forment les maisons zodiacales Divines. Un degré, ou une maison solaire, équivaut à la dis tance du cycle de la Planète Saturne. Le cycle du soleil forme avec le cycle de la comète supérieure solaire également une croix, en ce qui con cerne leur positions.
En prenant comme point de repère la Cellule Di vine Six, le cycle du Soleil est posé horizontalement, tandis que le cycle de la comète est posé verticalement.
LA CROIX ET LA PYRAMIDE 3 Le soleil — en gardant la meme vitesse pour tour ner autour de son cycle, comme ses Planètes — fait son trajet dans 129.600 années terrestres. Onze millions 664.000 années terrestres tormentune année solaire. Lorsqu’un soleil actif a fait 24 années, il s’efface et donne la place à un nouveau soleil. Le cycle solaire nous donne une vue assez claire pour comprendre l’immense grandeur de la Fleur Céleste.
Lorsque le Soleil pendant la révolution du Miroir Transparent évolue, la Lune Divine, qui entoure le soleil, devient alors la nouvelle Cellule Divine Six, tandis que le Soleil proprement dit, une fois purifié, forme avec ses six cellules solaires planétaires, éga lement purifiées, la nouvelle Comète solaire du pre mier ordre.
Nous avons l'habitude de dire que le Soleil se trouve au mois de juillet dans le signe du Lion, et, nous agissons dans ce cas, comme le voyageur qui se trouve dan^ un train de chemin de fer, en prenant les arbres et les maisons pour des choses mar chantes.
Il nous est impossible de voir marcher le soleil, car nous marchons continuellement avec Lui, mais nous pouvons constater que nous marchons, en pre nant comme point de repère les signes des maisons divines. Si nous disons que le cycle de Mercure marche plus vite que le cycle de Saturne, là, oui, nous disons vérité.
4 l’initiation Le système de la Planète Mercure est beaucoup plus dynamisé que le système Saturnien, qui ne bouge presque pas de sa place, et, cette chose est produite, non parce que Mercure se trouve tout près du Soleil, mais parce qu'il est dans un cycle qui transpire — si vous me permettez cette expression — et cette transpiration est causée par le mouvement, par le frottement contre les cellules rigides du Miroir Transparent.
Faisons une comparaison avec un être humain pour comprendre ce que je veux vous dire. Lorsqu’un homme reste tranquille et immobile, son sang se calme et son système également, mais lorsqu’il commence à courir, son système et son sang se chauffent et, comme résultat, il y a transpi ration, mais, au lieu de transpirer notre sang, nous transpirons du sang de la planète.
Dans la Création il y a trois sangs principaux purs et subtiles, qui sont : Sang Divin ; Sang Solaire ; Sang Astral. Le sang divin est une substance absolument pure, qui constitue Êtres et Cellules Divines. Un être divin, lorsqu’il se déplace, produit une transpiration divine, et cette transpiration se compose des parcelles excessivement pures et lumineuses.
Un être, ou une cellule solaire, c’est-à-dire un être du septième ordre divin, en se déplaçant, transpire des ondes dynamiques, qui sont les rayons d’un soleil.
LA CROIX ET LA PYRAMIDE 5 Un être, ou cellule planétaire, lorsqu’il se déplace, lorsqu'il se donne du mouvement, transpire de l’eau, qui est le sang matérialisé de l’astralité d'uni vers d’un système fantôme. Le Soleil, avec ses cycles planétaires, tourne autour du cycle solaire, comme les aiguilles d’une montre tournent autour du cadran.
Le Soleil marque les heures et les journées ; la Pla nète Saturne — la grande Lune du Soleil — les mi nutes. Une année de Saturne — c'est-à-dire à peu près 3o années terrestres — correspond à une minute so laire et 36o années de Saturne, à une heure solaire, ou a peu près 10.800 années terrestres. Douze heures solaires forment une journée solaire. Une année solaire se compose de 36o journées solaires, ou de 11.664.000 années terrestres.
Le Soleil fait : Six années solaires, évolutions infé rieures : six années solaires, évolutions constitutives ; six années solaires, agent créateur; et six années so laires, règne septième ordre divin. Après ça il s’efface et fait place à un nouveau Soleil, et à un nouveau système fantôme. Nous ne devons dans aucun cas confondre les années solaires, avec les rondes évolutives planétaires de la cellule solaire.
Une ronde «cellule solaire » se compose à peu près de i8.5oo années terrestres. Dans ces calculs il y a des inexactitudes, qui sont produites par les inclinaisons, par les plans pyrami daux.
6 l’initiation Ni dans la Création Réelle, ni dans la Création Fantôme l’exactitude existe, de ce que nous appelons « temps ». Seul dans le Royaume Divin Suprême, où il n’y a pas de « temps » existe l'exactitude et l’harmonie. Cette chose est assez difficile à comprendre pour notre petite intelligence, pourtant c’est ainsi. Dans un système solaire auxiliaire, c’est la Planète qui porte le signe de Saturne qui indique l’heure du Soleil.
Dans ce système le Soleil est passif, c'est-à-dire qu’il ne marche ni transpire, par conséquent les ondes dy namiques solaires n’existent pas. A côté de la croix est la Pyramide qui joue un rôle important dans la constitution des êtres macrocosmes et microcosmes. La Pyramide a comme symbole un « œil » qui projette une volonté ferme et puissante, et qui se voit dans lui-même.
Les deux créations — Réelle et Fantôme — se composent de trois Pyramides principales, qui sont.: i° Pyramide solaire ; 2° Pyramide du signe zodiacal ; 3° Pyramide astrale. La pyramide solaire est formée par les lumières qui sortent du centre Réel. La Pyramide zodiacale dans notre système est for mée par le Lion Rouge, et contient les formes et le caractère de ce signe. En même temps elle révèle les secrets de la nature du pôle positif.
LA CROIX ET LA PYRAMIDE 7 La Pyramide Astrale contient la Grande Vierge Astrale, qui forme, avec ses six principes, substances astrales, les secrets de la nature du pôle négatif. Le sommet de chaque pyramide correspond à un œil. Chaque œil est un centre dynamique, qui, en regar dant, projette une volonté et, celle-ci, en se mariant avec les cellules rigides du Miroir Transparent, forme une substance semence propre à elle et indé pendante.
L'oeil positif et négatif, sous la direction de l’œil supérieur, donne naissance à 21 cellules qui sont reliées entre elles. Chaque cellule donne naissance à une substance, qui est nécessaire aux autres. Ces substances sont les mères, principes de toutes choses, qui vivent et qui existent, du degré le plus subtil jusqu’au degré le plus grossier, et qui influencent même les cellules rigides du Miroir Transparent, car le néant ne saurait exister. E. Schiessen.
Le Coran, {Conférence ésotérique de janvier igi 1) {Suite.) Nous élevâmes les prophètes les uns au-dessus des autres. Les plus élevés sont ceux à qui Dieu ¿1 parlé. Nous avons envoyé Jésus, fils de Marie, accompagné de signes évidents, et nous l'avons fortifié par l'esprit de la sainteté. Si Dieu avait voulu, ceux qui sont venus après eux et après l’apparition des miracles ne se seraient point entre-tués.
Mais ils se mirent à disputer ; les uns crurent, les autres furent incrédules. Si Dieu l’avait voulu, ils ne se seraient point entre-tués, mais Dieu fait ce qu'il veut. (Le Coran, chap. II, La Vache, verset 25q.) MOÏSE : PENTATEUQUE Nous avons fait descendre le Pentateuque. Il con tient la direction de la bonne voie et la lumière. Les prophètes, vrais croyants résignés à la volonté de Dieu, devaient juger les Juifs selon ce livre. Les doc teurs et les prêtres devaient juger selon les parties du livre de Dieu dont ils avaient la garde ; ils étaient
LE CORAN, MOÏSE ET LE CHRIST g comme témoins de la loi vis-à-vis des juifs. O Juifs ne craignez point les hommes, craignez-moi, et ne donnez pas mes signes en échange d’un prix infime. Ceux qui ne jugeront pas conformément à la vérité que Dieu a fait descendre d’en haut sont infidèles.
Le Coran, chap. V, La Table, verset 48.) Dans ce code nous avons prescrit aux Juifs : âme pour âme, œil pour œil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent. Les blessures seront punies par la loi du Talion. Celui qui, recevant le prix de la peine, le changera en aumône, fera bien, cela lui servira d’expiation de ses péchés.
Ceux qui ne juge ront pas d’après les livres que nous avons fait descen dre d’en haut sont infidèles. (Le Coran, chap. V, La Table, verset 49.) JÉSUS : ÉVANGILE Sur les pas des autres prophètes nous avons en voyé Jésus, fils de Marie, pour confirmer le Pentar teuque. Nous lui avons donné l'Evangile,qui contient la direction et la lumière ; il confírmele Pentateuque.
L’Évangile contient aussi la direction et l’avertisse ment pour ceux qui craignent Dieu. (Le Coran, chap. V, La Table, verset 5o.) t r Les gens de l’Evangile jugeront selon l’Evangile. Ceux qui ne jugeront pas d’après un livre de Dieu sont infidèles. (Le Coran, chap. V, La Table, verset 5i.ï Nous t’avons envoyé le Livre contenant la vérité
10 l’initiation lequel confirme les Ecritures qui font précédé et les met à l'abri de toute altération. Juge entre eux tous selon les commandements de Dieu, et garde-toi, en suivant leurs désirs, de t’éloigner de ce qui t’a été donné spécialement.
Nous avons assigne à chacun de vous un sentier, un chemin frayé. (Le Coran, chap. V, La Table, verset 52.) Si Dieu l’avait voulu, il aurait fait de vous tous un seul peuple ; mais il a voulu éprouver votre fidélité à observer ce qu’il vous a donné.
Courez à l’envoi les uns des autres vers les bonnes actions ; vous retour nerez tous à Dieu ; il vous éclaircira lui-même la matière de vos disputes. (Le Coran, chap. V, La Table, verset 53.) Il (Dieu) dira à Jésus, fils de Marie : Souviens-toi des bienfaits que j’ai répandus sur toi et sur ta mère, lorsque je t’ai fortifié par l’esprit de sainteté, afin que tu parlasses aux hommes,enfant au berceau et homme fait. (Le Coran, chap. V, La Table, verset 109.) Je t’ai enseigné le Livre, la Sagesse, le Pentateuque et l’Evangile ; tu formas de boue la figure d’un oiseau par ma permission ; ton souffle l’anima par ma per mission ; tu guéris un aveugle de naissance et un lépreux par ma permission ; tu fis sortir les morts de leurs tombeaux par ma permission.
Je détournai de lui les mains des Juifs. Au milieu des miracles que tu fis éclater à leurs yeux, les incrédules d’entre eux s’écriaient : Tout ceci n’est que de la magie 1 (Chap. V, La Table, verset 110.)
11 LE CORAN, MOÏSE ET LE CHRIST Lorsque j’ai dit aux apôtres : Croyez en moi et à mon envoyé, ils répondirent : Nous croyons, et tu es témoin que nous sommes résignés à la volonté de Dieu. (Chap. V, La Table, verset ni.) O Jésus, fils de Marie ! dirent les apôtres, ton Sei gneur peut-il nous faire descendre des cieux une table toute servie? — Craignez le Seigneur, leur répondit Jésus, si vous êtes fidèles. (Chap.
V, La Table, verset 112.) Nous désirons, dirent-ils, nous y asseoir et y man ger ; alors nos cœurs seront rassurés, nous saurons que tu nous as prêché la vérité, et nous rendrons témoignage en ta faveur. (Chap. V, La Table, verset 113.) Jésus, fils de Marie, adressa cette prière : Dieu, notre Seigneur, fais-nous descendre une table du ciel ; qu’elle soit un festin pour le premier et le der nier d'entre nous, et un signe de ta puissance.
Nourris-nous, car tu es le meilleur nourrisseur. (Chap. V, La Table, verset 114.) Le Seigneur dit alors : Je vous la ferai descendre, mais malheur à celui qui, après ce miracle, sera incrédule ! Je préparerai pour lui le châtiment le plus terrible qui fut jamais préparé pour une créature. (Chap. V, La Table, verset 115.) Dieu dit alors à Jésus : As-tu jamais dit aux hom mes : Prenez pour Dieux moi et ma mère, à côté du
12 l’initiation Dieu unique? — Par ta gloire! non. Comment aurais-je pu dire ce qui n’est pas vrai ? Si je l’avais dit, ne le saurais-tu pas ? Tu sais ce qui est au fond de mon âme, et moi j’ignore ce qui est au fond de la tienne, car toi seul connais les secrets. (Chap. V, La Table, verset 116.) Je ne leur ai dit que ce que tu m’as ordonné de leur dire : Adorez Dieu, mon Seigneur et le vôtre.
Tant que je demeurai sur la terre je pouvais témoi gner contre eux, et, lorsque tu m’as recueilli chez toi, tu avais les yeux sur eux, car tu es témoin de toutes choses. (Chap. V, La Table, verset 117.) Si tu les punis, tu en as le droit, car ils sont tes serviteurs; si tu leur pardonnes, tu en es le maî tre, car tu es puissant et sage. (Chap.
V, La Table, verset 118.) Le Seigneur dira alors : Ce jour-ci est un jour où les justes gagneront à leur justice ; les jardins arrosés par des fleuves seront leur séjour éternel. Dieu sera satisfait d’eux et ils seront satisfaits de Dieu. C’est un bonheur immense. (Chap. V, La Table, verset 119.) A Dieu appartient la souveraineté des lieux et delà terre, de tout ce qu’ils renferment. Il a le pouvoir sur toute chose. (Chap.
V, La Table, verset 120.) Nous lui avons donné Isaac et Jacob, et nous les avons dirigés tous deux. Antérieurement, nous avions
LE CORAN, MOÏSE ET LE CHRIST 13 déjà dirigé Noé. Parmi les descendants d’Abraham, nous avons dirige aussi David et Salomon, et Job et Joseph, et Moïse et Aaron. C'est ainsi que nous ré compensons ceux qui font le bien. (Chap. VI, Le Détail, verset 84.) I Zacharie, Vahia (saint Jean), Jésus et Elie, tous ils étaient justes. (Chap. VI, Le Détail, verset 85.) Les Juifs disaient : Ozaïr est fils de Dieu.
Les chré tiens disent: Le Messie est fils de Dieu. Telles sont les paroles de leurs bouches. Ils ressemblent, en les disant, aux infidèles d’autrefois. Que Dieu leur fasse la guerre. Qu’ils sont menteurs ’. (Chap. IX, L’Immunité ou le Repentir, verset 3o.) Ils ont pris leurs docteurs et leurs moines, et le Messie, fils de Marie, plutôt que Dieu, pour leurs seigneurs.
Et cependant il ne leur a été ordonné que d’adorer un seul Dieu, hormis lequel il n’y a pas d'autre dieu. Loin de sa gloire, les divinités qu’ils lui associent ! (Chap. IX, L’Immunité ou le Repentir, verset 3i.) Dis : La vérité vient de Dieu ; que celui qui veut croire, croie ; que celui qui veut être infidèle, le soit. Quant à nous, nous avons préparé pour les impies le feu. qui les entourera de ses parois.
Quand ils im ploreront du secours, on leur donnera de l’eau ar dente comme le métal fondu, qui leur brûlera le vi sage. Quel détestable breuvage ! Quel détestable lieu de repos ! (Chap. XVIII, La Caverne, verset 28.)
l’initiation H Ceux qui auront cru et pratiqué le bien... Certes, nous ne ferons pas périr la récompense de celui qui a agi le mieux. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 29.) A ceux-ci les jardins de l’Eden ; sous leurs pieds couleront des eaux ; ils s’y pareront de bracelets d'or, se vêtiront de robes vertes de soie forte et de satin, accoudés sur des sièges. Quelle belle récompense! Quel admirable lieu de repos ! (Chap.
XVIII, La Caverne, verset 3o.) Propose-leur en parabole ces deux hommes : A l'un d’eux nous donnâmes deux jardins plantés de vignes. Nous entourâmes ces jardins de palmiers, et entre les deux nous plaçâmes des champs ensemencés. Les deux jardins portèrent des fruits et ne furent points stériles. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 3i.) Nous avons fait couler une rivière au sein même de ces jardins.
Un homme a récolte quantité de fruits, et a dit à son voisin en conversation : Je suis plus riche que toi et j’ai une famille plus nombreuse. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 32.) Il entra dans son jardin, coupable envers luimême, et s’écria : Je ne pense pas que ce jardin périsse jamais. (Chap.
XVIII, La Caverne, verset 33.) Je ne pense pas que l’heure arrive jamais, et si je reparais devant Dieu, j’aurai en échange un jardin encore plus beau que celui-ci. (Chap. XVIII. La Caverne, verset 34.)
LE COBAN, MOÏSE El LE CHRIST 15 Son ami lui dit. pendant qu'il était ainsi en con versation : Ne crois-tu pas en celui qui t’a créé de terre, puis de sperme, et qui, enfin, t'a donné les pro portions parfaites d'homme? Chap. XVIII, La Caverne, verset 35.) Quant à moi. Dieu est mon Seigneur, et je ne lui associerai qui que ce soit. (Chap.
XVIII, La Caverne, verset 36.) Que ne me dis-tu plutôt, en entrant dans ton jardin : Il arrivera ce que Dieu voudra, il n’v a point de force si ce n’est en Dieu. Bien que tu me voies plus pauvre et ayant moins d’enfants. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 37.) Il se peut que Dieu m’accorde quelque chose qui vaudra mieux que ton jardin ; il enverra quelques traits du ciel, et tu seras un beau matin réduit en pous sière stérile. (Chap.
XVIII, La Caverne, verset 38.) Les eaux qui l’arrosent peuvent disparaître sous terre, où tu ne saurais les retrouver. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 3g.) Les possessions de l'incrédule furent enveloppées dans la destruction avec tous ses fruits.
Il se tordait les mains, regrettant ses dépenses, car les vignes se tenaient sur des échalas, dépouillés de leurs fruits, et il s'écriait : Plut à Dieu que je ne lui eusse associé aucun autre dieu ! (Chap. XVIII. La Caverne, verset 40.)
16 l’initiation Il n'avait point de troupe armée qui l’eùt secouru contre Dieu ; il ne trouvera aucun secours. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 41.) La protection n’appartient qu’à Dieu seul, le Dieu vrai ; il sait récompenser mieux que personne et pro curer la plus heureuse fin à tout. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 42. Propose-leur la parabole de la vie de ce monde.
Elle ressemble à l'eau que nous faisons descendre du ciel ; les plantes de la terre se mêlent à elle, le lende main elles sont sèches, les vents les dispersent ; car Dieu est tout-puissant. (Chap. XVIII. La Caverne, verset q3.) Les richesses et les enfants sont les ornements de ce monde ; mais les choses qui restent, les bonnes œuvres, produiront plus auprès de ton Seigneur, comme récompense et comme espérance. (Chap.
XVIII, La Caverne, verset 44.’ Le jour où nous ferons marcher les montagnes, tu verras la terre nivelée comme une plaine ; nous ras semblerons tous les hommes, sans en oublier un seul. (Chap. XVIII, La Caverne, verset q5.) Ils paraîtront devant ton Seigneur rangés en ordre. Dieu leur dira: Vous voilà venus devant moi tels que je vous avais créés pour la première fois, et vous pensiez que je ne remplirais pas mes promesses. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 46.)
LE CORAN, MOÏSE ET LE CHRIST 17 Le livre où sont inscrites les actions de chacun sera mis entre ses mains ; tu verras les coupables saisis de frayeur à cause de ce qui y est écrit : Malheur à nous ! Que veut donc dire ce livre? Il ne reste ni petite action, ni grande ; il les a comptées toutes, les hommes les retrouveront là présentes à leurs yeux. Ton Seigneur n'agira injustement envers qui que ce soit. ^Chap.
XVIII, La Caverne, verset47.) Quand nous dîmes aux anges : Prosternez-vous devant Adam, ils se prosternèrent tous, à l’exception d’Eblis, qui était un des génies; il se révolta contre les ordres de Dieu. Prendrez-vous donc plutôt Eblis et sa race comme patrons que moi? Ils sont vos ennemis. Quel détestable échange que celui des méchants ! (Chap.
XVIII, La Caverne, verset 48.) Je ne les ai point pris pour témoins quand je créais les deux et la terre, et quand je les créais; et je n’ai pas pris pour mes aides ceux qui s’égarent. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 49.) Un jour, Moïse dit à son serviteur : Je ne cesserai r de marcher jusqu’à ce que je sois parvenu au con fluent des deux mers, ou je marcherai pendant plus r de quatre-vingts ans. (Chap.
XVIII, La Caverne, verset 59.) Lorsqu’ils furent arrivés au confluent des deux mers, ils s’aperçurent qu’ils avaient perdu leur pois son, qui prit tout droit la route de la mer. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 60.) 2
18 l’initiation Lorsqu'ils passèrent en avant, Moïse dit à son ser viteur : Sers-nous notre repas, nous avons éprouvé beaucoup de fatigues dans ce voyage. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 61.) Qu’en dis-tu, reprit son serviteur. Lorsque nous nous sommes arrêtés près de ce rocher, je n'ai fait aucune attention au poisson.
II n’y a que Satan qui ait pu me le faire oublier ainsi, pour que je ne te le rappelasse pas ; le poisson a pris son chemin vers la mer, c'est miraculeux. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 62.) C’est ce que je désirais, reprit Moïse. Et ils retournèrent tous deux sur leurs pas. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 63.) Là ils rencontrèrent un de nos serviteurs que nous avons favorisé de notre grâce et éclairé de notre science. (Chap.
XVIII, La Caverne, verset 64.) Puis-je te suivre, lui dit Moïse, afin que tu m’ensei gnes une portion de ce qu’on t’a enseigné à toi-même par rapport à la vraie route ? (Chap. XVIII, La Caverne, verset 65.) L’inconnu répondit : Tu n’auras jamais assez de patience pour rester avec moi. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 66.) Et comment pourrais-tu supporter certaines choses dont tu ne comprendras pas le sens ? (Chap. XVIII, La Caverne, verset 67.)
LE CORAN, MOÏSE ET LE CHRIST J g S'il plaît à Dieu, dit Moïse, tu me trouveras persé vérant. et je ne désobéirai point à tes ordres. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 68.) Eh bien ! si tu me suis, dit l’inconnu, ne m'inter roge sur quoi que ce soit, que je ne t’en aie parlé le premier. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 69.) Ils se mirent donc en route tous deux, et tous deux montèrent dans un bateau.
L’inconnu l’endommagea. — L’as tu brisé, demanda Moïse, pour noyer ceux qui sont dedans ? Tu viens de commettre une action étrange. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 70.) Ne t’ai-je pas dit que tu n’auras pas assez de patience pour rester avec moi ? (Chap. XVIII, La Caverne, verset 71.) Ne me blâme pas, reprit Moïse, d’avoir oublié tes ordres, et ne m’impose point des obligations trop dif ficiles. (Chap.
XVIII, La Caverne, verset 72.) Us partirent et ils marchèrent jusqu’à ce qu’ils eus sent rencontré un jeune homme. L’inconnu le tua. — Eh quoi ! tu viens de tuer un homme innocent qui n’a tué personne! Tu as commis là une action détestable. (Chap. XVIII, La Caverne, verset73.) Ne t’ai-je point dit que tu n’auras pas assez de patience pour rester avec moi ? (Chap. XVIII, La Caverne, verset 74.)
20 l’initiation Si je t’interroge encore une seule fois, tu ne me permettras plus de t’accompagner. Maintenant, excusemoi. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 75.) Ils partirent et ils marchèrent jusqu'à ce qu’ils fus sent arrivés aux portes d’une ville. Ils demandèrent l’hospitalité aux habitants, ceux-ci refusèrent de les recevoir. Les deux voyageurs s'aperçurent que le mur de la ville menaçait ruine.
L’inconnu le releva. — Si tu avais voulu, lui dit Moïse, tu aurais pu te faire donner une récompense. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 76.) Ici nous nous séparerons, reprit l’inconnu. Je vais seulement t’apprendre la signification des choses que tu as été impatient de savoir. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 77.) Le navire appartenait à de pauvres gens qui tra vaillaient sur mer.
Je voulus l’endommager, parce que derrière lui il y avait un roi qui s’emparait de tous les navires. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 78.) Quant au jeune homme, ses parents étaient croyants, et nous avons craint qu’il ne les infectât de sa perversité et de son incrédulité. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 79.) Nous avons voulu que Dieu leur donnât en retour un fils plus vertueux et plus digne d'affection. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 80.)
21 LE CORAN, MOÏSE ET LE CHRIST Le mur était l’héritage de deux garçons, orphelins, de cette ville. Sous ce mur était un trésor qui leur appartenait. Leur père était un homme de bien. Le Seigneur a voulu les laisser atteindre l’âge de puberté pour leur rendre le trésor. Ce n’est point de mon propre chef que j’ai fait tout cela. Voilà les choses dont tu n’as pas eu la patience d’attendre l’explication. (Chap.
XVIII, La Caverne, verset <81.) On t’interrogera, ô Mohammed ! au sujet de Dhoul Karnein. Réponds : Je vais vous raconter son his toire. Chap. XVIII, La Caverne, verset 82.) Nous affermîmes sa puissance sur la terre et nous lui donnâmes les moyens d’accomplir tout ce qu’il désirait, et il suivit une route. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 83.) Il marcha jusqu’à ce qu’il fut arrivé au couchant du soleil.
Il vit le soleil se coucher dans une fontaine boueuse. Auprès d’elle, il trouva établie une peu plade. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 84.) Nous lui dîmes : O Dhoul’ Karnein ! tu peux châtier ce peuple ou le traiter avec générosité 1 (Chap. XVIII, La Caverne, verset 85.) Nous châtierons, répondit-il, tout homme impie ; ensuite, nous le livrerons à Dieu qui lui fera subir un supplice affreux. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 86.)
22 l’initiation Mais quiconque aura cru et pratiqué le bien ob tiendra une belle récompense, et nous ne lui donne rons que des ordres faciles à exécuter. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 87.) DhouF Karnein, de nouveau, suivit une route. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 88.) Jusqu’à ce qu’il arrivât à l’endroit où le soleil se lève; il se levait sur un peuple auquel nous n’avons rien donné pour se mettre à l’abri de son ardeur. (Chap. XVIII.
La Caverne, verset 89.) Oui, il en était ainsi, et nous connaissons tous ceux qui étaient avec lui (DhouF Karnein). (Chap. XVIII, La Caverne, verset 90.) Il suivit de nouveau une route. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 91.) Jusqu’à ce qu’il arrivât entre les deux digues au pied desquelles habitait un peuple qui entendait à peine quelque langue. (Chap.
XVIII, La Caverne, verset 92.) Ce peuple lui dit : O DhouF Karnein I voici que ladjoudj et Majouj commettent des désordres sur la terre. Pouvons-nous te demander, moyennant une récompense, d’élever une barrière entre eux et nous ? (Chap. XVIII, La Caverne, verset, 94.) Apportez-moi de grandes pièces de fer, autant qu’il en faudra pour combler l’intervalle entre les deux montagnes. Il dit aux travailleurs : Soufflez le feu
LE COBAN, MOÏSE ET LE CHRIST 23 jusqu'à ce que le fer devienne rouge comme le feu. Puis il dit : Apportez-moi de l’airain fondu afin que je le jette dessus. ^Chap. XVIII, La Caverne, verset 95.) Iadjouj et Madjouj ne purent ni escalader le mur, ni le percer. Chap. XVIII, La Caverne, verset 96.) Cet ouvrage, dit Dhoul’ Karnein, est un effet de la miséricorde de Dieu. (Chap.
XVIII, La Caverne, verset 97.) Quand l'arrêt du Seigneur sera arrivé, il le réduira en pièces; les promesses de Dieu sont infaillibles. \Chap. XVIII, La Caverne, verset 98.) Le jour viendra où nous les laisserons se presser en foule comme les Ilots les uns sur les autres. On son nera la trompette, et nous réunirons tous les hommes ensemble. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 99. Ce jour-là, nous disposerons la géhenne pour les infidèles. (Chap.
XVIII, La Caverne, verset 100.) Pour ceux dont les yeux étaient couverts d'un voile pour ne pas voir nos avertissements, et qui n’ont pas su nous écouter. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 101.) Les infidèles ont-ils pensé qu’ils pourront prendre pour patrons ceux qui ne sont que nos serviteurs ?
l’initiation 24 Nous leur avons préparé la géhenne pour demeure. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 102.) Vous ferai-je connaître ceux qui ont le plus perdu à leurs œuvres ? (Chap. XVIII, La Caverne, verset io3.) Dont les efforts dans ce monde ont été en pure perte, et qui croyaient cependant avoir bien agi ? (Chap. XVIII, La Caverne, verset 104.) Ce sont les hommes qui n’ont point cru à nos signes, ni à leur comparution devant leur Seigneur.
Leurs actions sont vaines, et nous ne leur donnerons aucun poids le jour de la résurrection. (Chap. XVIII, La Caverne, verset io5.) Leur récompense sera l’enfer, parce qu’ils ont fait de mes signes et de mes apôtres l’objet de ieur risée. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 106.) Ceux qui croient et font le bien auront pour de meure les Jardins du Paradis. (Chap.
XVIII, La Caverne, verset 107.) Ils les habiteront éternellement et ne désireront au cun changement à leur sort. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 108.) Dis : Si la mer se changeait en encre, pour décrire les paroles de Dieu, Ja mer se tarirait avant les paroles de Dieu, quand même nous y emploierions une autre mer pareille. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 109.)
LE CORAN, MOÏSE ET LE CHRIST 2 5 Dis : Je suis un homme comme vous, mais j’ai reçu la révélation qu’il n’y a qu’un Dieu. Quiconque espère paraître un jour devant son Seigneur, qu’il pratique le bien, et qu’il n’associe aucune autre créa ture dans l’adoration due au Seigneur. (Chap. XVIII, La Caverne, verset 110.) Après la mort (Jugement).
Nous avons créé l’homme, et nous savons ce que son âme lui dit à l'oreille; nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire. (Chap. L, Kaf, verset i5.) Lorsque les deux anges chargés de recueillir les paroles de l'homme se mettent à les recueillir, l’un assis à sa droite et l’autre à sa gauche. (Chap. L, Kaf, verset 16.) 11 ne prononce aucune parole sans qu’il y ait un observateur tout prêt à la noter. (Chap.
L, Kaf, verset 17.) L’étourdissement de la mort certaine le saisit. Voici le terme que tu voulais reculer. (Chap. L, Kaf, verset 18.) On sonne la trompette. Voici le jour promis. (Chap. L, Kaf, verset 19.) Toute âme s’y achemine, et avec elle un conduc teur et un témoin. (Cl\ap. L, Kai, verset 20.)
2Ô l’initiation Tu vivais dans l’insouciance de ce jour, lui dirat-on. Nous avons ôté le voile qui te couvrait les yeux. Aujourd’hui, ta vue est perçante. (Chap. L, Kaf, verset 21.) Celui qui l'accompagne lui dira : Voilà ce que j’ai préparé contre toi. (Chap. L, Kaf, verset 22.) Jetez dans l’enfer tout infidèle endurci. (Chap. L, Kaf, verset, 23.) Qui s’opposait au bien, violait les lois et doutait. (Chap.
L, Kaf, verset 24.) Qui plaçait à côté de Dieu d’autres dieux, précipitez-le dans le tourment affreux. (Chap. L, Kaf, verset 25.) Celui qui l’accompagne dira à Dieu : Seigneur, ce n’est pas moi qui l’ai séduit, cet homme était dans une fausse route, bien éloignée de la vérité. (Chap. L, Kaf, verset 26.) Ne disputez pas devant moi, dira Dieu, je vous avais bien menacés avant ce jour-ci. (Chap.
L, Kaf, verset 27.) Ma parole ne change pas, et je ne suispointl’oppresseur des hommes. (Chap. L, Kaf, verset 28.) Alors nous crierons à l’Enfer : Es-tu rempli ? Et il répondra : En avez-vous encore ? (Chap. L, Kaf, verset 29.)
LE CORAN, MOÏSE ET LE CHRIST 27 Non loin de là est préparé pour les justes le Jardin des délices. (Chap. L, Kaf, verset 31.) Voilà ce qui a été promis à tout homme qui fai sait la pénitence et observait les lois de Dieu. (Chap. L, Kaf, verset 3i.) A tout homme qui craignait le Clément et qui vient avec un cœur contrit. (Chap. L, Kaf, verset 32.) Entrez-y en paix, voici le jour de l’Éternité. (Chap.
L, Kaf. verset 33.) Vous y aurez tout à votre gré, et nous pouvons augmenter encore ses bénédictions. (Chap. L, Kaf, verset 34.) Combien n’avons-nous pas anéanti dépeuples plus forts que les habitants de la Mecque? Parcourez les pays et voyez s’il est un abri contre notre colère. (Chap. L, Kaf, verset 35.) Avis à tout homme qui a un cœur, qui prête l’oreille et qui voit. (Chap.
L, Kaf, verset 36.) Nous avons créé les cieux et la terre, et tout l’es pace qui les sépare, en six jours. La fatigue n’a pas eu de prise sur nous. (Chap. L, Kaf, verset 3y.) Supporte avec patience leurs discours et récite les louanges du Seigneur avant le lever du soleil et avant son coucher. (Chap. L, Kaf, verset 38.)
LE COQ UNIVERSEL Nombre de Philologues, ¿’Archéologues et même de Théologiens, tant anciens que modernes, se sont efforcés de nous expliquer les raisons qui font placer le Coq sur la grande majorité des édifices catholiques. Ce coq était pour moi le sujet de nombreuses ré flexions philosophiques sans que je fusse arrivé cepen" dant à acquérir la certitude que la signification sym bolique que je lui prêtais était exacte.
Lorsqu’un jour, consultant le dictionnaire Hébraï que de Buxtorf, Johannis Buxtorfii : Lexicon Hebraïcum et Chaldaïcum (Bâle 1645), un seul mot me donna l’explication claire et précise de cet emblème. Page 8o3 au mot vcœ (sacvi) on trouve, Mens, esprit, Intellectus, intellect (imaginant et figurant) parce qu’il examine et connaît toutes choses. Inter prétation appuyée sur ce passage de Job.
Ch 38 : « Qui a donné à l’Esprit l’intelligence ? ■»d pj nj’Q que la version latine traduit : « Qui a donné au Coq l’intelligence ? Ce dernier sens du mot sacvi est tiré des anciens Hébreux qui l’employaient dans cette acception.
LE COQ UNIVERSEL Rabbi Schiméon, fils de Lakis dit : « Je voyageais en Afrique, j’ai entendu qu'on appelait, l'épouse (nbs) un nymphe et le coq (b'iM'lîi) Esprit ». D’où le mot (■’Utu) signifie aussi bien un coq que l’Esprit.
C’est bien certainement ce qui fait que les Juifs, dans leurs prières matinales, disent : « Que soit béni le Seigneur, qui a donné au coq (ww) l’intelligence. » Les Paroles du Christ à Pierre : « Pierre je te dis que le coq ne chantera point aujourd’hui que tu n’aies nié trois fois me connaître. » Le fait ne pouvant être contesté, les Paroles de Jésus auraient donc été à la fois prophétiques et symboliques puisque au chant du coq, l'esprit de Pierre lui a rappelé et reproché son reniement.
Je compris alors l’importance hiéroglyphique de ce symbole dominant le temple de la divinité. L’Esprit le principe et la cause de tout, dont tout procède et dans lequel tout sera résorbé, ayant reconquis son trône de gloire au-dessus de toutes choses. Voyez !
Ce coq est toujours fixé sur une croix latine (le quaternaire symbole de la Création), ce qui donne < à comprendre le Sacrifice suprême de l’Espritdescen dant dans la matière pour lui donner la forme, la vivib*- ■ fier, la féconder. Symbole de Dieu dans l’univers, de Dieu dans l’homme, c’est l’emblème du Grand Cru cifié du Golgotha, dont le ministre catholique perpé tue tous les jours à l’autel le divin sacrifice. En effet, l’Esprit est le Père du Verbe Et le Verbe a été fait chair. >- i
3o l’initiation Il y aurait encore beaucoup à dire sur la racine et les diverses autres significations du mot hébraïque sacvi mais je laisse aux Paléologues Hébraïsants ces recherches très intéressantes. La Kabbale est la science du Verbe et sans celui-ci il nous est impossible de nous élever jusqu’au Père. Emmanuel CV VR.
[Suite.} Mais passons à l'interprétation du rêve selon la méthode de M. Sédir. « L’importance et la véracité du rêve, nous dit cet auteur,dépendent, comme d’ail leurs l'importance et la véracité de toutes les mani festations de notre vie, de la profondeur du plan in visible qu'habite notre esprit. » Il y aura donc deux grandes classes qualitatives des rêves: ceux qui appartiennent à l’un quelconque des plans innombrables de la Nature; ceux qui proviennent de ce plan central, cœur et colonne du monde, où la sollicitude divine rayonne d’un éclat constant, sous la forme de l’ami qui est l’alpha et l’oméga de tous les univers. Ceux qui ne se sont pas voués corps et âme au service de Dieu auront des rêves de la première classe, dont Je symbolisme dé pendra de leur préoccupation dominante, de leur tempérament, de leur généalogie unimatérielle. On trouve dans la tradition des sciences occultes pas mal de méthodes interprétatives des images onéirologiques. Tous les peuples ont des données sur cet art; mais les seuls documents arabes, israélites et autochtones nous sont parvenus. Les Arabes ont
32 l’initiation laissé bien des livres d’onéiromancie, bien que tous empiriques, sans système, sans clavicule. Pourtant, ils avaient une méthode secrète d’interprétation, basée sur l’astrologie, que les Rose-Croix d’Égypte leur avaient enseignée et dont on peut reconnaître les traces dans l’ouvrage de Jean Belot, curé de Mil monts.
Cette méthode consistait dans l’érection du thème astrolo gique de l’heure où le rêve a été fait; les douze mai sons doivent donner toute l’histoire de l’événement matériel que prédit le songe. Les maisons 1 et IX du thème généthliaque du sujet indiquent les qualités générales des rêves dont il pourra être favorisé (i).
Si l’on a la date exacte, l’heure et le lieu du rêve, on peut, en érigeant un thème onomantique, combi ner les renseignements qu’il donnera avec ceux du thèmegénéthliaque, et obtenir comme par le procédé ci-dessas un diagnostic assez certain. Ces méthodes ont l'inconvénient d'exiger un travail long et minutieux. En voici une autre plus rapide. £ Etant donné un rêve, on examine d'abord s’il a été de terre, d’eau, d'air ou de feu.
On prendra en consé quence les arcanes mineurs d’un jeu de tarot de soixante-dix-huit lames; on séparera les deniers si c’est un rêve de terre, ou d’argent; les coupes, si c'est un rêve d’eau, ou d’amour ; les épées si c’est un rêve d’air, ou de bataille; les bâtons, si c’est un rêve de feu, ou d’entreprises, ou de grands personnages.
On battra ces quatorze cartes, on les fera couper, en pen sant au rêve au sujet duquel on interroge, et on les fera (i) Cf., pour tout ce qui concerne l’astrologie divinatoire, l’excellent Traité de Gulevno, 2 vol., Paris, 1908.
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 33 tirer sept cartes, que l’on disposera comme ci-dessus : 6 i 72 35 4 Et on lira les oracles en faisant attention de combi ner le sens des cartes i. 6 et 7; — 4, 2 et 7; — 3, 4 et 5; — 1, 5 et 6 ( 1).
11 est préférable, à tous les directement le songe en ne points de vues, d’étudier faisant appel qu’au sens intime, en écoutant en soi parler la vie, en regardant d’un œil clair les tableaux nocturnes ou se meut notre imagination. Notons quelques points généraux. Et d’abord il n’y a pas de clé universelle des songes; telle scène aura un sens différent pour vous et pour votre voisin, parce que votre esprit n’habite pas les mêmes lieux que le sien.
Cependant, il peut se faire que les membres d’une famille très unie, ou d’une communauté contemplative parfaitement soumise à son ange, aient des rêves dont la clé soit la même pour tous. Mais dans l’état actuel de notre développe ment, ce sont des cas très rares. En second lieu, il (1) Papus, le Tarot divinatoire, Paris, 1908. faut distinguer si le rêve est un ressouvenir du passé ou une prémonition.
Si les personnages qui y figurent n’ont que des têtes et pas de corps, c’est presque tou jours une scène d’existence antérieure. Les rêves sont généralement de l'avenir. Plus ils ont lieu vers le ma3
34 ' l’initiation tin, plus leur réalisation est proche, parce que l’esprit du dormeur s’enfonce le soir du dehors vers le dedans du monde et revient apres minuit du dedans vers le dehors. C’est pour cela que certaines écoles de sa gesse antique conféraient une importance toute spé ciale aux prières et aux contemplations nocturnes (i ).
Achmet Apomazar, onéirocrite arabe du neuvième siècle, nous a laissé un livre sur l'interprétation des songes suivant la doctrine orientale: l’original a été perdu, dit-on, mais Rigault fit imprimer la traduction grecque et la latine à la suite de l’onéirocritique d’Artémidore (Paris, in-4, i6o3).
11 y a également une traduction du grec en latin par Leunclavius, ayant pour titre, dans la traduction fran çaise par Denis Duval, Significations et événements des songes (Lyon, Ben. Rigault, i58i, in-16 . Nous citons de ce curieux volume les quelques in terprétations suivantes : « Tout ce qui est compris dans le ventre signifie richesse, et tout ce qui est mis hors signifie perte de richesse.
« Si quelqu’un songe avoir uriné sur ses habits, et que cela a été aperçu par d'autres, il sera surpris en paillardise. « Si quelqu’un songe avoir uriné dans quelques vaisseau, si le dit vaisseau est le sien, il s’essayera d'avoir lignée avec sa femme; s’il n'est pas sien, il aura affaire à une autre femme que la sienne. « Semblablement, si quelqu’un songe qu’il con- (1) Sédir, les Rêves, Paris, 1910.
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 35 damne quelque autre à estre pendu s’il est roy ou prince du peuple, premièrement il se courroucera contre celui qui est condamné; mais, par après, il le mettra en honneur et dignité : lequel, ayant été ainsi honoré, commettra péché envers Dieu. « Si quelqu’un songe avoir mangé de la chair d’un pendu, il sera enrichi par quelque grand personnage.
« Si quelqu'un songe avoir emporté de la fiente d'homme, il gaignera de l'or; mais il sera infâme, a raison de la puanteur de la chose qu’il a songé avoir trouvé. « S’il songe qu'ayant ses vestements souillez de la dite fiente, il s'est trouvé en la présence de quelquesuns, il gagnera les biens d’autruy, et sera surpris en son forfait, etc. « Si quelqu'un songe avoir uriné du sang, il aura lignée qui luy apportera infamie et opprobre.
« S'il luv est advis qu'il a uriné dans un vaisseau de verre, s'il est roy. il perdra accointance et aura affaire avec une femme indignedesov et l’engrossera, mais l'enfant mourra devant l’accouchement. » l'Onéirocrite musulman, traduit sur le manuscrit arabe par Pierre Vattier (Paris, 1664), n’est pas moins curieux par ces interprétations bizarres qne nous transcrivons.
« Si quelqu'un songe qu’il luy vient du poil au vi sage et aux joues, ou ailleurs, où il n a pas accou tumé d’en venir, cela signifie des debtes dont il sera chargé et qui lui donneront beaucoup de peine et de tourment. « Quant au poil qui se rase aux aisselles et au pénil,
36 l’initiation sa diminution signifie augmentation de foy et de dé votion ; quelquefois aussi l'augmentation du poil du pénil signifie une charge où il ne s’agit point de reli gion, etc. « Si quelqu’un songe qu'il mange de sa propre cervelle, il vivra à ses propres dépens ; s'il songe qu’il mange de la cervelle de quelque autre, soit d’un homme ou d'un autre animal, il vivra de ce que cet autre gaignera.
La chair humaine, quelle qu’ellesoit, signifie de l’argent, quand elle est bouillie et rostie; mais quand elle est crue, c'est méfiance contre celuy à qui elle est. « L’oreille signifie la femme ou la fille de l’homme. Si quelqu’un songe qu'il perd une oreille, il répudiera sa femme, ou bien elle mourra, ou bien il mariera sa fille.
S’il songe qu’il a une oreille plus grande que l’autre, il arrivera du bien à sa femme ou à sa fille. » Voici un aperçu de la méthode du curé Bélot, dont nous parle Sédir, basée sur l’influence des astres : « S’il se rencontre, en la maison des songes, qui est la neufiesme, Fortuna major, qui a pour signe Aquarius, maison de Saturne, en la première par nos points sera Rubens, qui nous présente Gemini, séjour pre mier de Mercure en la troisième via, ou Cancer, l’unique maison de la Lune : le tout dénote l'homme mercurialiste, d’une grande taille, un poil plus noir que chastaigné, les yeux roux et hagards, enfoncez en la teste, une couleur plombée, les mains longues et maigres, qui renverse ses doigts en derrière et eslève les tubercules ou montagnettes, fait paroître ces veines et lignes faisant cette action, lesquelles sont
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 'ij estroiltes et livides : donc il faut tirer par conséquent que ces songes ne sont que des trésors cachés, fleuves d'or, que travail, que recherche de minéraux, qu’il ne voit que choses sortir des mines d'or et d’argent... » Parmi les diverses observations sur les songes à travers l’histoire, nous ne citerons qu’un exemple des deux genres de songes dont nous avons parlé plus haut, celles-ci clam innombrables; surtout s’il faut rattacher les rêves prémonitoires et télépathiques comme faisant partie de l’onéirocritie, nous renverrons nos lecteurs aux ouvrages traitant le sujet scientifi quement, tels que l'inconnu et les Problèmes psychi ques Flammarion'. les Hallucinations télépathiques, traduction française de M. L.
Marillier, abrégé du grand ouv age anglais Phantasm of IheLiving^xiïiïïtà. Londres en 1886 par MM. Gurney, Myers et Podmore.
De Louis Guyon (diverses leçons): « Le roy Henri 111 trois jours avant qu’estre tué à Saint-Cloud, par Jacques Clément, Jacopin, le pre mier jour d'aoust i58q, avoit veu en songeant tous les’ornements royaux, comme camisoles, sandales, tuniques, dalmatiques, manteau de satin azuré, la grande et petite couronne, le sceptre et la main de Justice, l’espée et les espérons dorez, tout ensanglan tez et foulez au pieds par des moines et du petit peu ple et qu’il s’en estoit aprement courroucé contre le secrétaire de l’abbaye de Saint-Denis.
Combien qu’on luy eut donné avis sur ce songe de se tenir en gardes, si est que comme chose forcée du ciel, ce sembloit, ne put éviter qu’il ne fust tué, quelque bonne garde qu'on fît autour de lui. »
38 l’initiation Dans son Traité sur les apparitions des esprits, dom Calmet nous raconte le songe curieux qui suit: « Un sçavant de Dijon, après s'être fatigué tout le jour sur un endroit important d'un poëte grec sans y pouvoir rien comprendre, se couche tout rempli de sa difficulté.
Durant son sommeil, son génie le transporte en esprit à Stockholm, ¡’introduit dans le palais de la reine Christine ; le conduit dans la Biblio thèque et lui montre un petit volume qui étoit préci sément celui qu’il cherchoit; il l'ouvre, et y litdixou douze vers grecs qui levoient absolument la difficulté qui l’avoit arrêté si longtemps; il s’éveille et met sur le papier les vers qu'il a vus à Stockholm.
Le lende main, il écrit à M. Descartes, qui étoit alors en Suède, et le prie de voir dans tel endroit et dans un tel tremeau de la Bibliothèque si le livre dont il lui envoie la description s’y trouve, etsi les vers grecs qu'il lui envoie s’y lisent.
M. Descartes lui répondit qu’il avoit trouvé le livre en question et les vers qu'il lui avoit envoyés, à l’endroit indiqué ; qu’un de ses amis lui avoit promis un exemplaire de cet ouvrage, et qu'il le lui enverrait par la première commodité. » Encore un dernier cas, celui-ci est plutôt plaisant, cité par MM. Laurent et Nagour (T Occultisme et f i Amour).
Larché rapporte qu’un jeune Egyptien, qui n’avait qu’une fortune médiocre, éperdument épris d’Archidice (une des plus fameuses courtisanes égyp tiennes), mit à sa disposition, pour une nuit d’amour, tout ce qu’il possédait. Archidice dédaigna son offre Notre amoureux, au désespoir, sollicita Vénus de lui donner en songe les faveurs que la belle lui refusait
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 3g en réalité. Ses vœux furent exaucés, mais l’avide courtisane, ayant appris la chose, assigna son soupi rant devant les juges en paiement du prix de ce vo luptueux s nge. Les magistrats les renvoyèrent dos à dos, en conseillant sagement à la belle Archidice de demander à la même déesse de voir en songe l’argent quelle réclamait à son fictif amant.
Voyons maintenant l’art de rêver ou de se procu rer des songes selon ses propres désirs. Jérôme Cardan va nous initier au pourquoi des rêves tristes ou joyeux. « Ainsi, dit-il, le cerveau de la poule aide l’enten dement et la mémoire, en sorte qu’elle a fait retour ner aucuns en leur bon sens, qui avoient jà com mencé de fol 1er et n’user plus de raison.
Mais, outre ces choses, la mélisse donne une qualité d'esprit et rend l'homme joyeux, en chassant dehors chagrin et riote. Semblablement mangée après le repas, elle faict les songes joyeux, comme les choux les rendent tristes, comme les phaséoles les rendent turbulents; les aulx et les oignons les font terribles.
De ce vient l'opinion d’aucunes femmes qui sont dites Lamiœ (on peut les appeler fées), lesquelles, nourries du suc de pavot noir, dit opium, de chastagnes, fèves, oignons, choux et de phaséoles, semblent, en songeant, voler en di verses et plusieurs régions, et illec estre tourmentées en diverses manières, selon la température de cha cune. » Cardan nous donne aussi la recette du fameux onguent des Lamiœ ou fées auquel elles étaient rede vables de leurs songes. « Elles sont aidées contre tel
l’initiation 4° songe d’un onguent dont elles s'oignent tout le corps. Cet onguent, comme on estime, est composé de la gresse de petits enfans, tirée hors et prise aux sepul chres, du suc de persil et de réagal ; aussi du noir faict de l’herbe quintefeuille, dicte pentaphyllas.
C’est chose incrédible combien et quantes choses ces femmes se persuadent voir: aucunes fois choses joyeuseSf théâtres, jardins, pescheries, vestements, ornements, danses, beaux jeunes enfans, et se cou cher avec ceux de telle gerre quelles désirent ; elles pensent voir les rois, les magistrats avec leurs satel lites, toute gloire et pompe du genre humain. et autres plusieurs choses excellentes, comme l’on voit aux peintures, plus grandes que nature ne peut faire ne donner; au contraire, quelquefois elles pensent voir choses tristes, corbeaux, prisons, déserts, tourmens.
Et ceci n’est de merveille quoi qu’il soit vénéfique, car on peut le réduire aux causes naturelles.
« Certainement j’ay expérimenté l’onguent, qui est appelépopuleum pour les branches de peuplier, ap pliqué aux artères des pieds et des mains (et est, selon aucuns, appliqué sur le foye et aux artères des tem pes), provoque le dormir et monstrer songes joyeux en la plus grande partie de ces choses, pour ce que le suc des branches et feuilles nouvelles du peuplier réjouit l’esprit et démontre quelques images repré sentées par sa clarté et couleur; car il n’est aucune couleur plus délectable que la verde. » Cardan dit encore comment sont guéris les som nambules : « Aucuns récitent que les dents d'un che val non chastré, pendues au col ou au bras dextre,
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 41 guarissent ceux qui ont coustume de voir mauvais songes. Et ceux qui se lèvent pour tels songes en dormant sont délivrés du mal en ostant la cause. « Je suis d'advis que l’on ait grand soing du dormir, lequel, jaçoit qu'il est nécessaire à la santé de l’homme, occupe la troisième partie de la vie... Les songes terribles souvent précèdent ou ensuyvent grandes calamités.
Comme s'ils viennent pour cause de la mémoire, l’infortune a précédé; s'ils sont faits pour cause des humeurs, ils signifient la mort ou grieve maladie : car la cause est au corps. Et si les songes viennent par l’influence des astres, ils signifieront prisons, injures, bannissements et périls du corps. Car la signification de l’impression est cause impri mante, et la signification ou chose signifiée est en l'homme.
Si les choses adviennent de l’esprit, ils sont excitez par consens, et pour ce, ils signifient la mort d’une personne chérie et aimée. » Plus loin, une théorie des songes on ne peut plus bizarre : « De cecy il appert pourquoy c’est un signe mortifère aux malades, s’ils voient les morts avec radotement et reverie; car il est patent que l’imagination est tant grande, que l'esprit transporté à l’œil retient l’espèce qu’il avoit conceue de l’imagination.
Et ce peut ad venir, sinon par songe, quand les sens reposent, ou par les sens trop débilitez : pour cause de la maladie, ou pour trop grande cogitation et force d’imaginer... Voicy un argument de la présente narration que les hommes, fort rarement ou jamais, n'ont de visions, pour ce qu’ils imaginent telles choses trépides pour
l’initiation 42 cause de la crainte; car, coustumièrement, la crainte nous rend les imaginations fermes par les autres af fections : après l’amour ce faict. Pourtant.ee sont les privilèges premièrement de ceux qui aiment. Les an thropophages, hommes très forts, voient les monstres de nuict.
C'est le vice et la faute des régions et de vaine crédulité, veu que les autres qui ne mangent les hommes voient mesmement tels monstres et visions nocturnes. Les Scvtiens aussi sont forts, et de nature et d’institutions, et ausquels c’est sacrifice de tuer les hommes, ne voient morts ni lougaroux.
«Semblablement les latrons ne les voient; car tels maux ne semblent estre tels par nature, veu qu’aucuns poissons mangent les autres de leur genre, mesme ment les rats et autres bestes, et ce par les droits des gentils. » Enfin, Cardan le visionnaire nous raconte ses im pressions d’un rêve ou vision journalière à l'état de veille, qui lui serait advenu à l’âge de quatre à sept ans.
« Le second genre de veillance est, dit-il, auquel la seule opération est blessée et la vertu de l'esprit de meure : et croy cecy estre de telle sorte que j’ay sou venance m’estre advenu partrois anscontinuellement.
Cecy m’advint depuis quatre jusqu’à sept ans et tou jours depuis la seconde heure du jour jusqu’à la qua trième, où, si plus tard je me levois ou je m’esveillois, je pensois voir quelques figures depuis le bas du lit, faites comme de petits anneaux de cuivre, lesquelles estoient des arbres, bestes brutes, hommes, des villes, des gendarmeries en bataille, d’instrumens de guerre et de bataille, et d’autres choses telles qui
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 43 descendoient et montoient les unes après les autres. Et entendu que je me déiectois grandement de ces visions comme estant petit enfant et que je les re gardois attentivement, Claire, ma mère et Marguerite, ma sœur, nïinterrogeoient diligemment, si je ne voyois pas quelque chose.
Quant à moy, néanmoins que je fusse petit enfant, je sçavois bien que c’estoit quelque ostentation prodigieuse : pour ce, j’asseurois ne voir aucune chose, craignant que si je le révélois, ceste vision ne me laissas! ou qu’il ne m’advint quelque mal pour avoir révélé tel secret. » Voyons maintenant les recettes et procédés pour obtenir les songes favorables.
D’un manuscrit de Pierre Mora(Zekerboni, Biblio thèque de l'Arsenal) : « Mettez dans une espèce de bandeau le pentacule du samedy ou quelques autres faites sous les auspices de Saturne, ajoutez-y de la vervaine, et vous appli querez ce bandeau sur votre front et le lierez modéré ment avec ces attaches, ensuite vous metterez une petite branche de laurier sous le chevet du lit où vous devez dormir, et, en vous couchant, vous direz l'oraison suivante aux intentions que vous aurez au sujet des révélations : ORAISON « Deus deorum, Dominas temporis, magister inlelligentiarum, semen profunditatis, autor altis simarum, et volo ut mulhim nisi ab influentia tua cupias, etc. x
l’initiation 44 « Pour les garçons qui voudront connoître en songe la femme qu’ils épouseront : « 11 faut qu’ils ayent du corail pulvérisé et de la fine poudre d’aiman, qu’ils délayeront ensemble avec le sang d’un pigeon blanc, et ils en feront une paste qu’ils enfermeront dans une large ligue après l’avoir enveloppée dans du taffetas bleu, le penderont au col et en se couchant mettront sous leur chevet le pentacule du samedy, en disant une oraison spé ciale. » Un anonyme (l'Art de se rendre heureux par les songes, c'est-à-dire en se procurant telle espèce de songe que l'on voudra, Francfort et Leipsig, 1746, in-12) donne les recettes suivantes « pour rever que l’on voit des femmes toutes nues, et particulièrement telle ou telle femme que l’on connaît et dont on a vu le portrait » : «Prenez demi-once de priape de cerf ou plutôt de nature de biche calcinée, trois onces de crâne de loup aussi calciné, une once de terre sigillée et deux drachmes de bol d’Arménie, de la noix muscade et de la racine de grande consoude, trois drachmes de tragacanthe, avec une demi-drachme de sel de nitre.
Melez le tout et pulvérisez-le bien dans un mortier. «Manière de s'en servir : Il faut ou s’en saupoudrer le sommet de la tête ou le distribuer en saquets d'une demi-once. » Autre recette : « Prenez la poudre de la recette pré cédente et joignez-y un égal poids de graisse d’ours femelle et cinq onces d’huile de baleine. Faites bouillir le tout pendant un demi-quart d’heure et
SUE QUELQUES MODES DIVINATOIRES p versez-le dans un vase de verre que vous laisserez exposé au soleil pendant quarante jours d’été. « Manière de s'en serr/r: Frottez-vous decetonguent ki plante des pieds, le creux de l’estomac, le nombril et la nuque du col. » Du meme auteur : « Pour rêver qu’on couche avec une femme et qu’on en obtient les dernières faveurs»: «.
Prenez deux onces de racine de scammonée et de camomille romaine calcinées, trois onces d'arrêtés de morues et d’écailles de tortues aussi calcinées. Mêlez le tout dans cinq onces de graisse de castor mâle, et ajoutez-v deux onces d’huile de fleurs de scammonée bleue, cueillies le matin dans les premiers jours de printemps. Faites bouillir cette composition avec une once de miel et six drachmes de rosée recueil lie sur la fleur de pavot.
Vous pouvez à cet onguent ajouter une sixième partie d’opium, et après l’avoir versé dans une bouteille de verre qu’il faudra ensuite sceller hermétiquement, vous le laisserez exposé au. soleil pendant deux grands mois d’été, au bout duquel temps vous serrerez la bouteille dans un ca veau frais et vous la laisserez tout l'hiver enfoncée dans du sable; vous l’en retirerez au printemps et vous casserez la bouteille pour en retirer l’onguent que vous garderez en pot de grès pour votre usage.
11 n’est pas mal d’en faire plusieurs bouteilles à la fois; c'est le précieux onguent auquel j’ai dû mon repos, ma tranquillité, mon innocence, et tout le système ou l'art nouveau de félicité, dont j’ai le bonheur de pou voir faire présent au genre humain. » Du Petit Albert (Pour/es songes amoureux) : Une
l’initiation 46 petite lame de plomb appliquée sur l’estomac sert de remède contre les amoureuses inquiétudes et empêche que l’amour, se mêlant parmi nos songes, ne travaille nos corps en dormant. Dans l'Inde, on exorcise le cauchemar de la ma nière suivante : Si l’on a eu en rêve une apparition on s’essuie le visage.
« Nous connaissons tes parents, ô Sommeil : tu es le fils des épouses des dieux, le bras droit de Yama : tu es le trépas, tu es la mort.
Tel nous te connaissons,ô Sommeil, tel, ô Sommeil, défendsnous du cauchemar;comme on se libère d’une dette par quarts et par huitièmes, ainsi nous renvoyons à notre ennemie tout chauchcmar. » Si le fantôme a été tout particulièrement effroyable, il faut faire oblation d’un gâteau, ou, pour plus de sûreté, l’enfouir dans un champ appartenant à un ennemi. Si l’on a rêvé de mangeaille, le cas est fort grave, car il présage disette.
On récite cette stance amphigourique : « L’aliment que je mange en rêve et qui au matin ne subsiste pas, qu’il me soit tout entier propice, car le jour ne le voit pas. » Une autre pratique salutaire, c’est de se retourner sur le flanc opposé à celui où l’on a rêvé.
Secret pour gagner à la loterie. — Il faut avant de se coucher réciter trois fois l'oraison qui va suivre ; après quoi, vous la mettrez sous l’oreiller, écrite sur du parchemin vierge sur lequel vous aurez fait dire une messe du Saint-Esprit ; et pendant le sommeil le genre de votre planète vient vous dire l’heure où vous devez prendre votre billet, et vous révéler en songe les numéros. Voici la prière : « Seigneur Jésus-Christ qui avez dit : « Je suis la voie, la vérité et la vie, » car
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 47 vous avez chéri la vérité et vous m’avez découvert les secrets de votre sagesse, qui me révélera encore cette nuit les choses inconnues qui ne sont révélées qu’aux petits, et qui m'apprendra lies autres choses futures, afin qu'elles puissent me servir.
Montrez-moi donc un mort mangeant de bonnes viandes, ou un beau pommier, ou de l’eau courante, tous bons signes; et envoyez-moi les anges Uriel, Rubiel, ou Barachiel, qui m'instruisent des nombres que je dois prendre pour gagner, par celui qui viendra juger les vivants et les morts et le siècle par le feu. » Dites alors trois Pater et trois Ave pour les âmes du purgatoire, et tout ira bien.
Voici quelques sujets de rêves correspondant aux numéros à prendre comme étant les gagnants. Si vous rêvez abattis de volaille, n’q-S; — absinthe, 7; - agate arborisée, 24; — alun de roche, i3; — amant fidèle, 63; — Anglais, 72 ; —Anglaise, 70; — bac: le passer à cheval.
11 ; — bitume ou goudron, 90;—blan chisseuse, 67 ; — cigognes, bandes de cigognes, 57 ; — citerne, 80; — claie à punaises,90; — cul ou culotte, 9; — engourdissement quelconque, 81 ; — enjamber des fossés, 9; — frétillement quelconque, 20; — forme de cordonnier, 38 ; — hanneton, ou une quantité, 28 ; — harengs quelconques, 32 ; — jardinière, 5i; — jansé niste, 37; — Jésuites, 59; — Juif ou des Juifs, 46; — lunettes, de quelque espèce que ce soit, 3 ou 60; — pousse-cul ou bande de pousse-cul, 80; — tonsure, 32 ; — torche-cul, 35 (1). ( 1 ) L'Oniroscopie ou Application des songes et rêves aux numéros de loterie, in-16, Paris, Demos (vers 1780).
48 l’initiation Les Chaldéens et les Assyriens avaient une telle foi dans le caractère fatidique et divin des rêves, nous dit A. Laurent, qu’ils leur donnaient place dans l’his toire.
Dans presque toutes les relations officielles des guerres qu’ils entreprenaient contre les peuples enne mis ou révoltés, les monarques assyriens emploient à l'instant l’expression : « Sur l’ordre de tel ou tel dieu », ce qui indique que les dieux étaient consultés par eux, avant qu’ils se décidassent à entrer en.campagne, et cela même lorsque les astrologues déclaraient le moment favorable.
Parmi les récits des songes qui sont arrivés jusqu’à nous, nous en citerons deux ra contés par Aschar-bani-abla, dans les annales de son règne.
Tê-Umman, roi d’Élam, sachant par sa propre ex périence combien dangereux pouvaient être des com pétiteurs à la couronne, avait résolu de massacrer les trois fils de son frère et prédécesseur Urtaki, que luimême avait fait assassiner; le même sort devait être réservé aux deux fils de l’ancien roi Umman-Aldaschu IL Ces cinq princes s’enfuirent en Assyrie et se réfugièrentauprèsd’Aschur-bani-abla,qui leur accorda sa protection et refusa de faire droit à la demande d’extradition que lui fit Tê-Umman par le canal des deux ambassadeurs envoyés spécialement à Ninive.
Le roi d’Élam déclara alors la guerre au monarque assy rien. D’abord ce fut, entre les deux rois, une guerre à coups de présages: le soleil s’éclipsa peu après son le ver, la lune ne se montra pas, etc. Ces phénomènes sidéraux et d’autres de même nature furentinterprétés en sa faveur parTê-Umman; tandis que, terrifiés par
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 49 ce qui leur paraissait être des prodiges surnaturels et des avertissements du ciel, les Assyriens n’osaient s’engager plus avant dans cette guerre. Les circons tances étaient assez graves pour que Aschar-bani-abla fît un sacrifice extraordinaire à sa déesse favorite, Ischtar, dans le temple d’Arbèles. D’ailleurs, Tê-Umman, dans sa jactance, avait dit: « Tê-Umman sera plus fort que Ischtar...
Je ne m’arrêterai pas que je ne sois venu livrer batailleavec lui (Aschur-bani-abla). » Ischtar écouta la prière du roi d’Assyrie: « Ne crains pas, répondit-elle... L’Élamite ne se tiendra pas debout devant toi et ne t’imposera point son joug... » « Dans la nuit même qui suivit [le jour où] je l'avais invoquée, un voyant dormait et il eut un songe noc turne.
Au milieu de la nuit, Ischtar se montra à lui. et il me [le raconta ainsi: « Ischtar, qui habite Arbèles, est venue devant moi. A droite et à gauche, Elle avait autour d’Elle une nuée éclatante; Elle tenait l'arc dans sa main, et Elle était sur un char, comme pour combattre. Tu te te nais prosterné devant Elle.
Elle avait de la compas sion pour toi: telle une mère pour son enfant, Elle te souriait, Ischtar, la grande Dame parmi les dieux, et Elle fit ses décrets pour toi, ainsi: « Marche pour faire du butin de guerre; le pays est « ouvert devant toi. Je marcherai, moi aussi. »Tu lui «dis: Souveraine des Souveraines, partout où tu iras, « puis-je aller avec toi ? » « Elle te répondit : « Je te protégerai. Reste ici, dans «le temple de Nabu ; prends-y ta nourriture et bois du 4
5o l’imtiation «vin, au son des instruments; chante ma gloire, jus- «qu’à ce que j’arrive. [Alors] ton désir sera accompli « et tu connaîtras levœude mon cœur. Ton visage ne «pâlira pas, tes pieds ne trébucheront pas, tu ne per- «dras pas ton honneur au milieu de la bataille. » Dans la bonté de sa bienveillance, elle te protège et elle est entréecn fureur contre tous ceux qui n'accep tent pas ton joug...
Elle se tourne contre Tê-Umman, £ roi d’Elam, qui est odieux à sa face ( i). » Aschur-bani-alba suivit ponctuellement les ins tructions de sa déesse favorite et sa victoire sur le roi d’Elam fut complète. L’autre songe, dont nous avons parle, est celui qu’eut Gygès,roi de Lydie, et qui décida ce prince à se consti tuer le vasal du monarque ninivite.
En voici la traduc tion : «A Guggu (Gygès) roi de Luddi (Lydie), pays d’au delà de la mer, lieu éloigné dont les rois mes pères n’avaient pas connu l’énonciation du nom, la renom mée de mon nom dans un songe, Aschur, le Dieu mon créateur, lit connaître ainsi : « Embrasse les « piedsd’Aschur-bani-abla, roid’Assyrie, etpar l’énon- «ciation de son nom conquiers tes ennemis. » Le jour [où] il eut ce songe, il envoya son messager pour me saluer.
Ce songe, qu’il eut par l’intermédiaire de son messager, il me le manda et me fit connaître. «Avec l’aide d’Aschur et d’Ischtar, les dieux mes Seigneurs, parmi les gouverneurs desGimirraï (Cim- (1) A. Laurent, la Divination che% les Chaldéo-Assyriens.
SIR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 5l mériens ,qui avaient fait prisonniersdeuxgouverneurs avec des grelots, des chaînes de fer, des liens de fer, il les attacha et avec ses lourds présents il fies] envoya devant moi. » • • • • • • • • • • •••••••• Galien dit : On rêve feu et flammes quand on a une bile jaune; on rêve fumée et ténèbres quand on a une bile noire, on rêve eau et humidité, quand on a des glaires et des pituites.
Comme dans la doctrine d’Hippocrate, la médecine des correspondances est ici des plus évidentes. Quant à la valeur médicale des rêves, la médecine hippocratique n’était pas indiffé rente à l'utilisation clinique de ceux-ci : mais, de nos jours, il est bien rare qu’on s’en préoccupe.
M. Etigter (de Leyde), dans un travail récent mentionné par le Bulletin de thérapeutique, a démontré que les rêves ne méritent pourtant pas ce dédain : chez les malades, le rêve prend souvent une forme en rela tion avec l'affection dont ils souffrent. Les affections de l’estomac s'accompagnent très fréquemment de songes où le malade croit boire ou manger quelque chose de bon ou de mauvais.
Chez les sujets atteints de troubles cardiaques ou respira toires, le motif habituel du rêve est l'angoisse : le malade s’imagine être écrasé par un poids à court de place dans un lieu étroit ou dans un souterrain. Une vision assez commune est celle du sang ou d’une scène sanglante quelconque chez les personnes en imminence d’hémorragie. On a aussi remarqué que les personnes souffrant d’affections de la vessie rêvent facilement d’eau, de
52 l’initiation bain, de ponts. Chez une jeune fille atteinte d'une affection vésicale, M. Stigtcr, ayant observé que les rêves avaient quelques rapports avec ceux des épilep tiques, prescrivit le traitement de l’épilepsie et guérit sa patiente. Elle ne présentait pourtant aucun symp tôme pouvant faire penser à l’épilepsie.
Les observations précédentes aident à comprendre des faits qui, au premier abord singuliers, ont facile ment passé jadis pour miraculeux. Un excmpleancien et classique est celui de cette femme grecque qui s’en dort dans le temple d’Esculape et rêve que le dieu lui perfore l’abdomen d’un coup d’épée : quelque temps après, cette femme présentait effectivement une tu meur de l’abdomen.
Cette coïncidence bizarre s’ex plique par une douleur subite précoce ou prémo nitoire survenant aux lieu et place du foyer patho logique. On peut expliquer de la sorte le rêve de malades localisant leurmalavec plusd’exactitude que le médecin, l’état du rêve facilitant l’auto-voyance du sujet, état analogue à celui de nos somnambules voyantes.
Quelques extraits du Traité des songes du père de la médecine ne seront pas ici déplacés ; nous donnons seulement les préliminaires introductifs et le chapi tre IV donnant suffisamment un aperçu de la doctrine hyppocratique. Préliminaires sur les songes. — Quiconque veut connaître les signes qu’on peut tirer des songes trouve d’abord qu’ils ont des rapports avec beaucoup de choses de la veille: l’àme durant le sommeil veille librement. Mais tandis qu’elle est distraite par le
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 53 service du corps, son existence est comme partagée; elle n’est point entièrement à elle-même: se don nant en partie aux besoins du corps, elle sert les sens, tels que la vue, l’ouïe, le tact, la faculté des mouvements volontaires : elle digère les diverses opé rations que demande le soin des affaires, elle se prête à tout ce qui exige quelque intelligence de la part du corps, en sorte qu'elle ne peut en quelque manière penser par elle-même.
Quand le corps durant le sommeil, la laisse en paix, s’étendant alors égale ment sur toutes les parties du lieu qu’elle habite, elle visite sa demeure, elle en règle toutes les diverses fonctions. Le corps est dans le sommeil; mais elle veille, elle possède toute son intelligence, elle voit les choses visibles, elle entend celles qui sont du res sort de l’ouïe, elle touche, elle marche, elle s’afflige, elle s’irrite.
Bref, lame fait durant le sommeil tout ce qui concerne et le corps et lame. Celui qui saurait la juger en cet état posséderait une grande partie de la sagesse.
On voit des personnes fort adonnées à cet art, qui disent reconnaître et distinguer les songes envoyés par les dieux, pour annoncer d’avance les biens ou les maux dont sont menacés les villes ouïes particuliers, souvent sans que ce soit par la faute de ces villes ou par celle des particuliers.
Ces personnes disent même connaître quels changements dans le corps sont annoncés par lame, dépendants d’excès de réplétion ou d’évacuation de choses naturelles, ou dépendant même d’habitudes, non d’excès. Quelquefoison rencontre juste, d’autres fois on se trompe.On ne sait, cependant, ni pourquoi cela arrive, ni pourl’initiation 54 quoi on s’est mépris.
On dit qu'il y a à se garantir de certains maux; et sans en connaître les moyens, on ordonne des prières aux dieux. Il est sans doute bon de prier les dieux, c’est toujours à propos. Mais il faut de plus concourir avec la divinité et s’y aider en l’invoquant. Voici, quant à ce sujet, ce que je pense. » Introduction qu'on peut tirer des songes pour con naître le bon ou mauvais état du corps, quand les songes sont naturels.
Toutes les fois que, durant la nuit, l'âme repasse dans les songes les choses de la journée, et qu’elle les voit de la même manière qu’on les a faites, se les représentant dans leur ordre et à propos, c’est un signe de bonne santé, parce que l'âme, persistant dans les actions du jour, manifeste qu’elle n’a été surmon tée ni par excès, ni par défaut dans le corps, ni par rien d'étranger.
Mais quand les songes sont en con tradiction avec ce qu’on a fait dans la journée, que cela occasionne un combat extérieur, s’il est violent le mal est grand ; si le combat est médiocre, le mal du corps l’est aussi. Quant à l’action faite, était-elle juste ou injuste ; dans le dernier cas, comment doiton la réparer ? Ce n’est point ce dont j'ai à m’occuper. Je ne donne de conseils que relatifs au maintien de la santé du corps.
Il doit y être arrivé quelque réplétion qui a donné lieu à des séparations d'humeurs, dont l’âme a été troublée. Lors donc que le combat qu’elles occasionnent est violent, il convient de pren dre un émétique et de s’en tenir pendant cinq jours
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 55 à des aliments légers, de faire beaucoup de prome nades, allant peu à peu d'un pas plus vif. On se livrera à des exercices médiocres, à mesure qu’on reprendrai les aliments accoutumés. Quand le combat intérieur est médiocre, on supprimera l'émétique; on prendra un tiers moins d’aliments, pour revenir insensiblement à la quantité ordinaire, dans l’espace de cinq jours.
On fera beaucoup de promenades; on fera beaucoup les exercices de la voix. On doit aussi invoquer les dieux. « Quand on voit des feux dans le ciel. — Quand en songe l'on voit dans le ciel des feux et de la chaleur, c’est un signe d’excès de bile. Si on voit ces feux s’éteindre, c'est un avant-coureur de maladie mortelle.
Si on les voit s'avancer, mettre en fuite la personne qui croit dans son songe s’échapper et cou rir, laissant derrière elle les feux qui la poursuivent, on est menacé de quelque maladie qui jettera dans la manie.
Il faut, dans chacun de ces deux cas, com mencer par prendre l’ellébore; sinon, il faut du moins se mettre à un régime aqueux, supprimer entièrement le vin, à moins qu’on en boive du blanc, léger, en petite quantité, qui soit mou et bien trempé. On s’ab stiendra des choses piquantes, desséchantes, échauf fantes, salées. On se livrera beaucoup à des exer cices analogues à sa constitution. On fera les courses vêtu.
Point de frictions, point de luttes, point de se rouler sur le sable. On dormira le plus tranquille ment qu’il sera possible, et l’on se tiendra dans le repos, à la réserve des exercices analogues à la cons titution de son tempérament. On se promènera après
56 l'initiation souper. Il sera même bon de prendre des fumigations humides et un émétique d’abord après, on laissera passer trente jours avant que d’en venir à toute la quantité ordinaire d’aliment. Lorsqu’on y sera par venu, on vomira deux fois dans le mois, après avoir avalé un mélange de choses douces, aqueuses, légères.
Quand on voit les feux errer sans cause manifeste qui les entraîne, c’est un signe de troubles dans l’àme, causés par des soucis. Il faut alors divertir l’àme par des spectacles, aller surtout à ceux qui font rire; si on le peut, l’on fera et l’on verra tout ce qui peut faire le plus de plaisir. Il suffit quelquefois de deux ou trois jours pour faire passer le chagrin.
Dans le cas contraire, l’on a à craindre quelques maladies. » Divination par les clefs et les livres. Un genre de divination analogue au crible ou tourniquet est bien la divination par la clef ou Clédo- ?nanciedes anciens encore employée en Russie. Debrio, Dclancre, Belot en ont parlé dans leurs oeuvres, don nant tous les détails sur ce mode divinatoire.
Belot nous dit : « La clidomencie se faisoit avec une clef, autour de laquelle on escrivoit le nom de celuy qui estoit soupçonné et suspect de larrecin, ou d’autre chose, laquelle clef estoit liée à un livre de l’Écriture sainte, et le tout estoit soustenu sur l’ongle du doigt du Soleil d’une fille vierge, qui tenoit le tout sus pendu avec un filet qu’elle avoit filé exprès, et disoit bassement par trois fois ce verset: Exurge, Domine, adjuvanos,etredimenospropternomensanctum tuum;
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES ?7 et ces choses faites, si cette clef et livre tournoient, on tenoit la chose véritable et commise par l’accusé; s'il n’y avoit aucune volubilité c’estoit son inno cence. » On devine encore d'une autre manière parla cléidoniancie.
On attache étroitement une clef sur la pre mière page de l’évangile de saint Jean : Au commen cement était le Verbe ; on ferme Je livre avec une corde, de façon que l'anneau de la clef soit dehors; la personne qui a quelque secret à découvrir par ce moyen pose le doigt dans l’anneau de la clef, en pro nonçant tout bas le nom quelle soupçonne.
S’il est innocent, ledei reste immobile ; s'il est coupable, elle tourne avec une telle violence qu’elle rompt la corde qui attache le livre. Les Cosaques et les Russes emploient souvent cette divination; ils en font usage surtout pour découvrir les trésors ; ils sont persuadés que la clef tourne dans les maisons où un trésor est caché.
On les a vus plusieurs fois en France re courir à cet oracle de la clef sur l’évangile de saint Jean, durant les brigandages de l’invasion de 1814.
Quand les Russes vinrent en France, nous dit Collin de Plancy, lorsqu’ils voulaient découvrir les cachettes des paysans et bourgeois, ils prenaient un livre où se trouvait l’évangile de saint Jean, y mettaient une clef, surl’évangile : In principio erat Verbum, et, laissant dehors l’anneau de la clef, ils liaient le livre, posaient les deux index sur les deux côtés de l’anneau, et de mandaient s’il y avait là quelque chose de caché, si la maison était riche, si leur femme se comportait bien en leur absence, si leur père vivait encore, etc.
58 l’initiation La clef se retournait pour répondre affirmativement, et restait immobile pour la négative. Dans le Bourbonnais les vignerons d’Ainay-le-Château interrogent l’Évangile au moyen de la clef, pour connaître à l’avance si la récolte du vin sera bonne et abondante. On consultait encore la destinée ou le sort en ouvrant la Bible avec une épingle d’or et en tirant présage du premier mot qui se présentait.
Il y avait aussi une sorte d’épreuve pour recon naître les sorciers. Elle consistait à mettre dans un des côtés d’une balance la personne soupçonnée de magie, et dans l’autre la Bible ; si la personne pesait moins, elle était innocente ; si elle pesait plus, elle était jugée coupable; ce qui ne manquait pas d’arri ver, car bien peu d’in-folio pèsent un sorcier.
P. de l’Ancre nous parle également des fameux sorts Virgiliens, mentionnés aussi par Rabelais dans la visite de Panurge à la sorcière de Panzoult.
« La Stichomancie, nous dit de l’Ancre, se faisoit en ouvrant Virgile ou Homère et en prenant garde au sens du premier vers se présentant à la vue, appelé aussi à cause de cela sort Virgilian ou Prenestant. » Chez les Célestes, le Yz-Tungestle plus ancien livre delà Chine, livre très obscur, dont tous les philosophes, les astro logues, voire les maîtres en politique, se sont efforcés d’expliquer le sens, sans du reste parvenir à se mettre d’accord, et qui n’est peut-être tout simplement qu’un vieux dictionnaire des diverses significations des soixante-quatre combinaisons des Koua, premiers caractères ou idéogrammes de langue chinoise. En aison de son antiquité et de son incompréhensibilité,
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 5q de temps immémorial on en a fait un livre de divi nation, qu’on consulte en l’ouvrant à l’aide d’une la melle de bois ou d’ivoire. La réponse se trouve dans la première phrase, sur la page de droite (i). (.4 suivre.) C. B. (i) L. de Millocé, Con férences au Musée Guimet 1891 à 1901, t. XIV.
Théorie des dieux immortels L’Ame qui a réalisé en elle la Pensée, ou, plus exactement l'idée divine, échappe pour toujours aux cycles douloureux de la naissance et de la mort, et prend place parmi les Dieux, dans l’ineffable Monde des Splendeurs. Sa mission est accomplie, son ini tiation parachevée, et sa béatitude ne saurait finir. Mais l’Unique, dans le cœur duquel elle étincelle, continue toujours à engendrer des formes nouvelles F de beauté, car la fécondité de l’Eternel Père est infinie comme lui. Ainsi, le Monde des Splendeurs, le Monde des Dieux, c’est l’état superessentiel où les Ames par faites s’abreuvent de leur propre béatitude et contem plent réciproquement leurs mutuelles beautés. Mais tous ces Dieux, toutes ces Ames divines, toutes ces Flammes béatifiques, toutes ces Splendeurs spirituel les, ne forment réellement qu'un seul Dieu. Et c'est en tant que conscients de leur Unité divine, que les Dieux constituent l'Eternel Père, et créent perpétuel lement dans leur Sagesse pour soutenir harmonieu sement le Système universel. L’Unité est une couronne vivante dont les Dieux sont les fleurons.
THÉORIE DES DIEUX IMMORTELS 6l Comme Dieu est éternel et infini, qu’en lui ni le Temps ni l’Espace ne sauraient se concevoir, les Fins dernières de toutes les Créatures, passées, pré sentes et à venir, se trouvent contenues en Dieu. Par conséquent, les Dieux sont en Dieu de toute éterniic: le Dieu que chacun de nous doit réaliser resplendit déjà dans le Monde de l'Unité, et ce Dieu constitue notre Idéal suprême et notre suprême Per sonnalité.
Et ainsi, il est évident que, dans le Monde Divin, il n’y a point et il ne saurait point y avoir de création, car toutes choses y sont éternellement et radicalement parfaites dans l’Unité absolue de l’Étre. Le Monde matériel est le reflet de ce Monde divin tout plan, tout être, tout état ne pouvant subsister sans son antithèse, qui lui sert de base et de point d'appui.
L'Unité du Monde Divin s’appuie sur le bi naire illusoire du Monde matériel, et c’est-ce Binaire qui est le Créateur de tous les êtres, dans le Temps et dans l'Espace. L’Ame humaine, durant sa période dévolution, fait oeuvre d’une volonté qui lui semble propre, c’està-dire qui lui semble émaner d'elle-même. Mais quand l’heure de l’illumination spirituelle a sonné, elle comprend enfin que sa volonté n’est autre que la Volonté de l’Éternel.
Alors elle se réfugie dans une abnégation complète, et elle laisse à cette éternelle Volonté le soin de la diriger doucement vers la béa titude de l’Unité. L'homme qui est parvenu à cette phase de la Connaissance n’a plus besoin de vouloir, de souhaiter, de désirer, car l’Eternel l’attire comme un invincible aimant, et l’Ame n’a qu’à obéir, dans
Ô2 l’initiation une passivité intelligente, à cette attraction céleste. Une Ame peut ctre dite parfaite, lorsqu’elle a pris conscience du Monde divin de telle façon qu'elle s'est, pour ainsi dire, identifiée avec lui, et que c’est en l’Unité divine quelle trouve sa joie, son bonheur etsa plénitude.
L’Ame qui a cette conscience est affranchie à jamais des tourbillons de l’existence, elle ne doit plus renaître, mais prendre place, après la mort, dans les rangs lumineux des Dieux Immortels. Dans le Monde des Splendeurs, il n'y a ni temps ni espace. Tout est éternel et infini. 11 n’y a pas de nombre, il n’y a que l'Homogénéité. Il n'y a pas de sexe: les Dieux sont au-dessus des sexes.
Chaque Dieu étant une Idée divine spéciale, il suit de là que chacun des Dieux est une « personne » spé ciale, c’est-à-dire un «centre » spécial de conscience Mais ce centre trouve son bonheur et sa joie à s’unir à tous les autres centres. Ils n’ont qu’une seule et même volonté, la grande Volonté divine. Chacun se donne à tous, et tous à chacun. Chacun com munique sans réserve sa béatitude aux autres. Tous vivent en un, et un vit en tous.
Ils vivent donc les uns dans les autres, les uns par les autres, d’une vie mutelle et pourtant propre. C’est l’Amour éternel se mouvant dans son propre domaine sans rien rencon trer qui ne soit lui-méme. C’est véritablement l'Age d’Or,la Mutualité parfaite, la Réciprocité indéfectible, la Communauté absolue, les divines Saturnales : ce sont les serviteurs qui se conduisent comme des maî tres, et les maîtres comme des serviteurs. Karl Nissa.
Société d’études philosophiques et psychiques de Tours Année 1909-1910 (Suite.) XVI M. Martin, vice-président, rend compte du résul tat de la délibération prise relativement à la scission en deux parties delà Société. Qu’est-ce que les Martinistes ? Beaucoup se posent cette question. On ne nous connaît pas; on ne veut pas connaître notre iniluence, nos conseils. On n’ose pas venir à nous. Il y a donc intérêt à scinder notre groupe.
Il y a toujours les adeptes de Claude de SaintMartin. qui forment un groupe fondé pour nous aider mutuellement, pour être dirigé par «en dessous», pour former des hommes de désir. Nous essaierons, par ailleurs, de nous former par nous-mêmes, car le directeur n’est pas éternel. Nous examinerons si nous, Martinistes, pouvons arriver au 2° et 3e degré. Les réunions auront lieu dans un local moins spacieux ; une cotisation de o fr. 25 ou o fr.
5o par membre et par mois nous permettra de pourvoir aux frais occa sionnés par le déplacement de conférenciers, tels que
l’initiation 64 Phaneg, Sédir, etc. Les statuts de notre Société vont être tirés à plusieurs exemplaires et seront remis à cha cun de nous. Les admirateurs de Claude de Saint-Mar tin formeront une société scientifique comprenant des membres stagiaires, titulaires, directeurs, honoraires. Les membres stagiaires seront admis sur la pré sentation de deux membres titulaires, après agrément d’un membre expert.
Les membres titulaires seront admis par les membres directeurs. Le bureau sera renouvelable chaque année. Des séances d’études, des séances publiques à fixer par le bureau, des séances complementaires, auront lieu chaque mois. Les séances publiques pourront ainsi aider puis samment au recrutement de nouveaux Martinistes. Tradition ancienne. Suite de la vie de Moïse. — Pour faire suite à la conférence sur Moïse.
Papus tient à faire connaître la raison pour laquelle les /Egyptiens faisaient des momies de leurs morts et pourquoi ils leur vouaient un culte profond et vénéré. r Les Egyptiens prononçaient des paroles cabalis tiques, faisaient des cérémonies compliquées autour de leurs momies et les déposaient dans des Temples, les Pyramides, où leur conservation était soigneuse ment entretenue.
Nous avons étudié, au point de vue de la réincar nation, la division du corps humain en trois prin cipes : le corps physique, le corps astral et l'esprit ou le péresprit. Les Égyptiens avaient adopté la même division : le principe inférieur en physique, appelé le
SOCIÉTÉ d’études philosophiques de tours 65 K/iou ; le principe médium ou astral, dénommé le Kha, et le principe supérieur ou spirituel, désigné sous le nom de Khi. Ce qui les intéressait surtout, c'était le Kha, prin cipe médian.
Parvenus à un degré de civilisation très avancé, ils tenaient à conserver leur supériorité intellectuelle et, pour cela, momifiaient les êtres les plus intelligents après leur mort, afin de la conserver dans l’astral le plus longtemps possible. C’est par erreur qu’une tombe transportée à Turin, a été dénommée tombe de la famille Kha par des savants qui ne s’étaient pas rendu compte de l’éty mologie du mot Kha, écrit sur la tombe.
En résumé, que voulaient les Égyptiens ? Oue les êtres ne se réincarnent pas, parce qu’ils avaient des lois découlant de ce principe que tout peuple réin carné s’éteint très vite, dans un espace de 460 ans environ.
La stabilité de la haute civilisation n’a pas encore été éteinte, mais le peuple égyptien a duré 5.ooo ans, parce que les individus ne pouvaient pas se réincarner dans l’élément physique, puisqu’on s’appliquait à les conserver en astral. Qui momifiait-on? Le roi, le prêtre, le ministre, ceux qui avaient appris la science.
Les prêtres entou raient le corps du mort de bandelettes de toile, les viscères étaient remplacées par des plantes odorifé rantes, la figure était dorée ou peinte et on l’empor tait alors vers la ville des morts. Les tombeaux étaient la demeure de l’esprit du mort resté sur la terre. Les mausolées afiectaient la forme pyramidale et servaient de points où la Mort s’unissait à la vie. Les Pyrami
69 l’initiation des sont toutes construites tournées vers l’Orient. La momie, avant d’être déposée dans une chambre, était transportée dans 7 chapelles, où des cérémonies se faisaient pour empêcher l'astral de s’en aller. On mettait même de la nourriture près du tombeau pour nourrir l'astral. Cette garde sacrée, cette masse de corps astraux, de péresprit, empêchaient le pôle magnétique de se déplacer vers l'Ouest.
Pendant plus de 3.000 ans, les Égyptiens sont parvenus à ce résultat. Donc, les sciences psychiques étaient très connu .s en Egypte; donc, des milliers d’êtres invisibles formaient une barrière formidable contre la magie, des forces astra les formidables étaient à la disposition de ceux qui savaient les utiliser; donc ce peuple voulait domi ner sur terre et y a réussi pendant de longs siècles. XVII Réincarnation publique. — M. Albert, V.
P., fait une causerie sur le Spiritisme et la Réincarnation. — Le Spiritisme est vieux comme le Monde : Moïse se sert du magnétisme, Ulysse, Socrate, Numa, communiquent avec les esprits, saint Jean f l’Evangéliste fut un Initié. Au moyen âge, la voix des Invisibles est un peu étouffée ; elle se montre tout à coup avec Jeanne d’Arc. Dans les temps modernes, c’est aux Erats-Unis, dans la famille Fox, que des phénomènes spirites se dévoilent. Transporté en Europe, Allan Kardec,
SOCIÉTÉ d'études philosophiques de tours 67 en 185;, condensa les communications qui se répan daient de tous côtés ( 1). Aujourd’hui, le spiritisme compte 200 journaux et 3o millions d’adeptes, parmi lesquels se rencontrent les plus grands savants des deux mondes. « Ceux qui sont des Invisibles ne sont pas des ab sents », a dit Victor Hugo. Pour se mettre en rapport avec l’au-delà, on se sert d’un medium (2).
L’être humain possède un corps physique, une âme immortelle et un corps fluidique qui enveloppe le corps physique et sert d'in termédiaire entre les deux. Le péresprit, l’astral se développe dans le sommeil magnétique, dans la transe, dans l’extase du médium. Le dégagement des molécules du péresprit se mélange avec les fluides des désincarnés, qui agissent sur le médium, être sensible.
Les coups frappés, les signes répondent par fois d’une façon intelligente. Le fluide du médium peut s'extérioriser et faire mouvoir une table, aidé par le fluide des assistants. Que la table vienne à don ner des communications plus grandes, plus intelli gentes que les facultés du médium, ces phénomènes semblent bien venir des esprits.
Si les communica tions sont données par un être récemment décédé, il y a là un phénomène spirite et on a affaire à un être humain désincarné. On a vu un nourrisson de 20 mois 1 2 (1) Le Livre des esprits, le Livre des médiums, la Revue spirite. (2) Un médium est une personne douée de1 certaines qua lités physiques qui permettent aux esprits de se servir d’elle comme d’un moyen pour se manifester. C’est en quelque sorte le Messager des âmes.
68 l’initiation prendre un crayon et écrire; un crayon, placé entre deux ardoises mises sous scellés, écrit sur lesdites ar doises plusieurs phrases en plusieurs langues. Wil liam Crookes, avec son médium, obtient la matériali sation d’un fantôme indien. Une balance sert pour connaître le poids du fantôme; le médium est luimême pesé avant et après l’expérience. Les fraudes sontécartées autant que possible.
Qu’est le spiritisme devant la science ? Le polygone de Gras set n’explique pas ces phénomènes. On peut donc conclure que les lois expérimentales du spiritisme sont établies : i° par les lévitations, 2° par les commu nications, 3° par les apparitions. Ce sont là les preuves de la survivance de l'esprit, de ¡’immortalité de l’âme.
De ces manifestations, des principes de morale et de philosophie qui en découlent et de l’application de ces principes, il résulte que le spiri tisme n’est pas une religion, c'est la doctrine qui con duit à l'idéal de justice, de bonté et de fraternité. Papusajouteque la question qui vient d’être traitée est une des plus troublantes de l'esprit humain.
Parmi - les doctrines différentes préconisées par les penseurs, il n’en est pas une qui semble plus étrange que la réincarnation. Cette question a préoccupé tous les hommes de pensée. Une seule existence suffit-elle à l’être humain ou faut-il plusieurs existences pour permettre à un être d’évoluer vers le bien. La question delà réincarnation se relie à la mort, à la maladie, aux souffrances physiques et morales.
Il existe dans les Indes une légende disant que Cakiamouni, fils du roi, n’était jamais sorti du palais de son père, qui ne
société d'études philosophiques de tours 6g voulait pas lui montrer la souffrance. Elevé dans un palais luxueux, il n’avait jamais vuni un malade, ni un malheureux, ni un mort. Pour lui, tout était bonheur sur terre. Un jour, cependant, il s’enfuit de la de meure royale et rencontra successivement un men diant. un malade et un enterrement. Son étonnement fut grand. Dès ce moment, il rechercha une solution à ces problèmes.
Telle est la légende Bouddhique. Déjà, 6.000 ou 12.000 ans avant Jésus-Christ, de vieux prêtres, les Vedas, avaient un code, une croyance. Ces sages enseignaient que tous les êtres humains n’avaient pas le même âge sur terre. Ainsi, deux hommes de trente ans, dont l’un est égoïste, personnel, et l'autre a été malheureux et pardonne à son prochain les faiblesses qui peuvent l’attendre.
L'esprit du premier a bien trente ans d’existence, mais l'autre à plusieurs siècles d’existence devant lui. Celui-ci est revenu déjà plusieurs fois sur terre, tandis que le premier commence une existence. Tel est le principe de la rein carnation. On peut pré senter une objection : si on revient sur terre, pourquoi ne conserve-t-on pas le souvenir de ses vies anté rieures.
Rappelons-nous nos études classiques : Vir gile appelle les ombres qui se précipitent en foule pour revenir sur la terre, mais après avoir bu l'eau du fleuve de l’oubli, du Léthé.
Supposons que nous sommes en bicyclette, si nous apercevons une côte devant nous, nous ne pouvons la monter sans con trainte : c’est de l’auto-suggestion ; tandis que si nous pédalons dans la nuit, nous montons la côte sans nous en apercevoir, c'est pour une raison analogue
l’initiation 70 qu’on nous a mis dans la nuit avant de revenir sur la terre. Cependant, les esprits étudient cette question du souvenir; ils agissent par folie ou par orgueil. Les esprits peuvent dérailler. En s’occupant îrop de ces idées, l’orgueil s’empare de quelques-uns. Dans une réunion spirite, il y en a toujours qui croient avoir été un personnage dans une vie antérieure.
L’un d’eux prétendait avoir été Henri IV. î n voisin lui répondit: « Comment! Tu ne m’embrasses pas! Mais j’étais la belle Gabriellc ! » Evitons l'orgueil et demandons-nous si l’esprit retourne sur terre comme le corps physique, par les cellules du corps physique. Après la mort, les cellules physiques deviennent des cellules minérales, végétales. La nature reprend son bien; la nature se renouvelle.
Le bœuf mange l’herbe, le boucher tue le bœuf qui est, à son tour, mangé par les êtres humains, d'où résulte la réincar nation physique. On a confondu cette transformation physique avec le retour de l'esprit sur terre, la métempsychose avec la réincarnation; on a prétendu que Pythagore enseignait la métempsychose, parce qu’il avait dit qu’il était précédemment un coq.
Il n'en est rien : un jour, devant ses disciples qui croyaient avoir été des hommes supérieurs, il leur dit qu’il avait été un coq, c’est-à-dire très peu de chose et non grand comme eux, dans une précédente réincarna tion. Les catholiques et les protestants se demandent si la réincarnation a été condamnée. Elle ne l’a jamais été.
Dans un Concile de ConSOCIÉTÉ d’études philosophiques de tours 71 stantinople, il en a été question, mais pas complète ment. Le Christ répond que cet homme est aveugle » parce qu’il a péché dans ses vies antérieures. Elie a disparu, mais Jean s'est réincarné. La réincarnation est enseignée dans les Évangiles. Mais si nous reve nons sur terre, pouvez-vous demander, pourquoi faire? Darwin montre plusieurs évolutions dans la nature.
La nature traite les humains par le Temps pour les évoluer. Donc nous sommes sur terre pour fabriquer ce qui sera notre Futur. Devons-nous avoir le mépris de l’argent qui, cependant, est une force sociale. Toutes les religions disent que l’homme est chargé de distribuer l'argent et non de le garder pour lui. L'argent et l'injustice engendrent la lutte des classes, mais la lutte des passions est plus intéres sante.
Nous devons rendre heureux nos contempo rains. La diffusion de la doctrine de la réincarnation montre que nous serons riches de l’autre côté si nous donnons dans cette vie. Ces pensées ont été dites de puis 20.000 ans en dehors de toute religion. On peut donc discuter ces idées, et en tirer profit. Question. — Une personne demande :« Docteur, quelle a été votre première apparition ?
La première apparition qui a été faite devant moi a eu lieu dans un cercle intime et a fortement impressionné les as sistants. Le fantôme d’un enfant s’est jeté sur une personne en disant :« Père, c’est moi, je suis mort hier! La mère, présente, s’est évanouie en reconnaissant son enfant, qui, après renseignements, était bien mort la veille à 1 âge de 5 ans. Le plus bizarre est que l’ap parition était venue sous les traits d’un premier en
72 l’initiation fant, habillé en collégien, qui, lui, était mort 12 ans avant l’événement ». XVIII Le sujet de la prochaine conférence publique rou lera sur la divination du caractère des gens d’après l’écriture. Cette conférence sera faite dans un but de propagande. La salle du Manège sera réservée aux séances publiques; une salle dans un appartement privé sera réservée à la tenue de la loge. Différents phénomènes de la médiumnité.
Médium nité du dessin. — Le spiritisme donne naissance à certains phénomènes de médiumnité qui se mani festent par le dessin. Un des membres de la loge, M. Picard, dont on a déjà parlé à la vnc conférence, remarquable à ce point de vue, a apporté plusieurs dessins, en assez grand nombre même qui méritent l’attention (1). Comment ces dessins sont-ils obtenus? Pourquoi y a-t-il des médiums dessinateurs en rela tion avec des êtres invisibles ?
Après la mort, nous gardons nos idées, nos défauts, qui ne changent que peu à peu. De l'autre côté, il y a, comme de ce côté, des artistes, des penseurs, en petit nombre, et des êtres quelconques en grand nombre. Ceux qui savaient parler, parlent et cherchent à s’in carner.
D’autres êtres spirituels, artistes, cherchent à (I) Sous l’influence d’un esprit, M. Picard a sculpté sur bois dilïérentes pièces, dont une tête de Christ et un tableau repré sentant « Jésus guérissant les malades », qui sont des œuvres remarquables.
SOCIÉTÉ d’études PHILOSOPHIQUES DE TOURS 73 reproduire leurs impressions par le dessin. Supposez que vous soyez transporté tout d'un coup en Chine où vous ne comprenez ni la langue, ni l’écriture. Vous dessinez un jambon, un cochon. On compren dra que vous avez faim, que vous désirez manger. L’invisible peut envoyer de même un rêve, une image, qui s rt de langue universelle et que chacun peut comprendre.
Les dessinateurs agissent de même; ils ont un rôle important dans les sciences psvehiques. Le dessin est conçu par un esprit et exécuté par une main matérielle. Des formes, des fleurs intéressantes comme ornements, des enseignements sur les organes des corps invisibles, se voient dans ces dessins. De plus, les forces psychiques qui trouvent des organes pour se faire comprendre, forment une médiumnité du dessin qui est très intéressante.
Le médium doit être dirigé par deux ou trois esprits différents : spiritisme, symbolisme, mysticisme. Ces dessins, en effet, parlent tantôt par lesymbole, tantôt par l'ornementation mystique. De l'influence des comètes (1 g 10). — Papus tient à dire un mot sur les influences astrales qui se dévoilent en ce moment, sur le rapport des comètes avec les inondations. Ces considérations ne sont pas étran gères au phénomène de la médiumnité.
Un astre connu, étudié, classé, nous a révélé son poids, sa com position, son volume. L’astrologie est la physionomie de l’astronomie; elle nous permet de connaître l'influence des astres sur la destinée humaine. Tout ce qui doit arriver, dépendant du domaine des astres, est écrit dans
l’initiation 74 l’invisible. Au contraire, quand une chose vient du plan divin ou spirituel supérieur, elle n’est jamais annoncée dans le plan astral qu’elle traverse brusque ment sans formation de clichés. Donc aucun pro phète, aucun voyant n’a pu apercevoir les inonda tions. De même, aucun astronome n’a examiné la comète au point de vue de ce qu’il pourrait advenir de la terre si celle-ci passait à proximité.
I lammarion dit qu’une comète n’a aucune influence sur l'atmos phère, mais d’autres savants ont soutenu qu’une comète peut dégager des rayons X, avoir une influence sur la vapeur d’eau et donner naissance aux inonda tions. D’année présente doit voir six comètes; il pourra donc se produire d’autres phénomènes. Les comètes ne sont pas dangereuses par elles-mêmes, mais elles sont intéressantes par les influences qu’elles laissent derrière elles.
De plus, il y a une cause secrète à 1 inon dation. Paris, la ville consciente de ses lumières, se liant à la science de ses ingénieurs matérialistes, se moquait du monde invisible.
On a vu tout à coup la Séquana, la Tranquille, la Seine enfin, éteindre tout à coup l’électricité, le téléphone, le gaz ; la nature a donné une leçon brutale à la science des ingénieurs infaillibles. lien est toujours ainsi avec l’invisible; il n est jamais bon des’en moquer. Notons qu’aucune voyante n’avait prédit ces inondations, parce que leur concep tion venait du plan supérieur.
Laissons chaque chose en son plan et l’invisible diriger la nature comme il l’entend. Si ces avertissements ne sont pas enten" dus, d’autres plus terribles et aussi difficiles à prévoir se produiront, à Paris même, avant la fin de l’année.
SOCIÉTÉ d’études philosophiques de tours 75 XIX (publique) Du caractère des humains: d'après leurs gestes. — La détermination du caractère d’un être humain d’après les gestes extérieurs fait l’objet d’une science peu étudiée. Les Américains,gens pratiques,ont fondé des • .'des dans lesquelles ils prétendent procurer le bonheur à tous leurs élèves. Ils partent d’un principe excellent : le développement de la volonté.
Cette ques tion peut, en effet, avoir une grande importance dans li vie. En France, les choses ne se passent pas ainsi. L’homme, en général, n’étudie pas le caractère des personnes avec lesquelles il est en relation. C'est à la femme qu'est laissé le soin de déterminer le caractère de l’ùtre avec lequel elle va se marier, le fiancé ne s'occupe pas de ce soin vis-à-vis de sa fiancée.
Si, après une causerie avec dix hommes, on demande au dixième quel est le caractère des neuf autres; il n’en sait rien. Une femme, au contraire, connaîtra celui de chacune des personnes avec qui elle aura été mise en rapport. L’homme, sortant d’un salon, ne peut dire quels sont les meubles ou les tableaux qu’il a remarqués; la femme saura toujours direquelsmeubles il y avait et s’ils étaient à leur place.
Un lutteur, un colosse répondra parfaitement : «Je ne puis faire cela, parce que ma femme ne le veut pas. La femme est une petite personne qui a dompté le colosse. La femme a pour elle l’intuition, elle a instinctivement le sens de la divination du caractère. En général, les êtres humains ont deux caractères : un extérieur, de façade, l’autre intérieur, qu’ils ne montrent que chez
l’initiation eux. Ce dernier est le véritable. Il est donc utile de connaître ses contemporains. Dès l’antiquité, on fai sait la synthèse de cette connaissance par le Sphinx d'Egypte. Lorsqu'on demandait le summum des con naissances, on montrait le Sphinx à tète d'homme, à corps de taureau, à griffes de lion et à ailes d'aigle. Ces quatre animaux représentent en effet les quatre caractères de la race humaine.
Ils correspondent éga lement aux quatre races qui se sont succédé dans l’antiquité: blanche, noire, rouge, jaune. Un poète a dit que l’homme avait toujours dans son cœur un animal qui sommeillait. Trois animaux peuvent se reconnaître dans l’homme : l’instinct, représenté par le bœuf,\a. passion, représentée par le lion, le jeu, représenté par Yaigle. Ces symboles sont importants. La parole divine l'a révélé dans chacun des caractères humains.
La forme d'un animal a été donnée à cha cun des quatre Evangélistes, des quatre révélations de la parole du Christ. Cette digression était nécessaire pour déterminer les caractères. L’être humain a quatre façons de se produire d’après la physionomie: le volontaire ou entêté, le nerveux ou mélancolique, le sanguin ou actif, le lymphatique ou paresseux.
Le ¿’¿r«/'symbolise le bon tranquille, le propriétaire campagnard, pessi miste, content de son sort, c'est un lymphatique. Le soldat, pressé, actif, sanguin, volontaire, dominateur, c’est le lion. Le poète, l’imaginatif aux traits tirés, c’est le nerveux, le méditatif, V aigle. Pour reconnaître chacun de ces caractères, il suffit de regarder la main. Prenez une feuille de papier,
société d’études philosophiques de tours 77 posez-y votre main et auprès d’elle, la main de la per sonne à juger. Si votre main sur le papier paraît noire, la deuxième main n'aura pas la même couleur ; si elle est rouge, c’est le dévouement; si elle paraît noire, c'est une nature bilieuse comme la mienne, dit Papus); si elle paraît jaune, c'est une nerveuse. La peau blanche dénote la tranquillité d’une personne, qui ne se presse pas.
La peau rouge indique l’activité, la dé cision, la rapidité; la peau noire est celle d’un volon taire, d’un ambitieux; la peau jaune, celle d’un ner veux. d'un timide, d’un rêveur, d’un imaginatif. A quelle forme animalecorrespondlevisagehumain. Le Sphinx des .Anciens s’est transformé, s'est moder nisé : le taureau est devenu le générateur des bas instincts, c’est le porc. Au-dessus, ce n’est plus le lion, mais le chien, prêt à se dévouer.
Le sanguin est rarement l'aigle, mais bien le perroquet qui a la voix, la mémoire surchargée de connaissances scien tifiques ou autres et qui les débite sans intention de faire de grandes choses. Enfin, l’ange devient un sage, qui pense et agit comme son voisin, sans au cune initiative propre. Tel est le Sphinx moderne.
2° D’après leur écriture. — Le caractère des gens ressort également de l’écriture : w, i jambage plus élevé, caractère dominateur; m, contraire, esprit qui se laisse dominer facilement; o non fermé, caractère volage, confiant ou indifférent ; o bien fermé, impé nétrabilité, constance, attachement; i avec le point bien au-dessus, pondération, ordre; i avec point à droite ou à gauche, indifférence; t barre droite, dé cision, t barre en l’air, ambition, orgueil; t barre
7<S l’initiation tombante, manque de décision; ¿Z avec boucle bien fermée, simplicité; d avec deux boucles, suffisance, vanité: d sans boucle, dissipation, prodigalité. On peut rattacher à cette question une autre science des plus intéressantes, l’histoire du ¡ci: de cartes, du Tarot, parvenu jusqu’à nous par les Initiés et connu déjà des Anciens. Le jeu de cartes n’a pas été inventé sous Charles VI, comme on l’a dit.
Les jeux de cartes chinois sont bien antérieurs; les Bohémiens s'en ser vaient déjà en Égypte treize siècles avant J.-C. Le jeu de cartes servait alors à enseigner l'astronomie. Les Prophètes annonçaient déjà que tout allait crouler et que tout le monde allait être anéanti. Cer tains ont voulu sauver les écrits des .Anciens, les feuil lets d’or des Initiés. C'est à une phalange qu’a été confié le livre de la Science.
Afin de mieux le conser ver, un vieux prêtre a dit : « Qu'on le donne au vice plutôt qu’à la vertu, parce que les hommes vertueux se seraient fait tuer pour le défendre, tandis que les gens vicieux sont immortels sur la Terre. » On a donc pu ainsi conserver un livre, le Tarot, confié à des Bohémiens qui font mis en pratique. Le Tarot est un jeu qui contient tout ce qu’on a pu conserver de la Science Antique.
Les symboles expliqués par ce jeu sont ainsi parvenus jusqu’à nous, bien que dé chiquetés et incomplets. C’est l’Histoire antique ra contée par nos voisins de droite.
société d'études philosophiques de tours 7g XX La prochaine séance des amis de Claude de SaintMartin aura lieu dans un nouveau local avec tenue symbolique, sur présentation de leur carte. Une série de cartes sont à la disposition des membres de la So ciété pour les invités aux séances publiques; ces car tes ne porteront pas les mots « Amis de Claude de SaintMartin ». Le Symbolisme.
« Chantecler » de Rostand. — Un sujet qui a amené bien des discusssions est celle du Symbolisme. Un exemple nous en est donné par la nouvelle pièce de Rostand, Chantecler. Cette pièce a surtout été discutée vivement par des personnes qui ne 1‘avaient ni lue, ni entendue. <
Triangle de l'Agneau ou te Bélier TRIGONE DU FEU VIVIFIANT 9 Il a son sommet à l’Equinoxe du Printemps et au signe du bélier. SIGNIFICATION DES LETTRES. He 5. Cette lettre, la première du Trigone oriental du Printemps, celui des Anges comme son homologue, maisdesAngesdu Feu Créateur, estune divine comme 17, le Ph, le Sh et 1’0.
Elle est propre au nom du Père, et par son analo gue, celle qui répond au Signe du Cancer ; elle entre aussi dans la composition du nom du Saint-Esprit, ROuaH-ALAHIM. Ce signe l’H douce, s’ajoute à la plupart des hiérogrammes importants pour les rendre effectifs ou cor respondants du Monde physique dans celui de la Gloire. Mais il est inutile de dévoiler davantage ce Mys tère. Cette lettre est une vitale animatrice.
Son nombre est 5, sa couleur est l’Orangé reuge, son signe le BéSi LE TRIANGLE DE L’ANNEAU lier ou l’Agneau, trône du Soleil, sa planète Mars nocturne ou le Centurion. Son Ange est Kamael. Le Aé diè^e est sa note, sa corde et son mode.Dans l'Année liturgique, elle cor respond à l’époque de Pilqucs. LES LETTRES ZODIACALES UNE A UNE lie 5. — Le souffle vital, Expiration de Dieu, As piration de l’Homme. L’Être Suprême, L’Union psychique des sexes.
La Volupté divine. Le Frémissement céleste. Le Feu vital. Sanscrit. IV, Ou. 70. W. Ou. — La Puissance latente de la profondeur et de toute intériorité non manifestée, comme le son grave non défini, le feu qui couve, etc. Védique. T- 9 Ta. — Le Nectar ou l’Ambroisie, la Matrice cé leste de la Vie. Sanscrit et Védique. TaT. — L’Essence Suprême, la Réalité absolue, l’intelligence, l’Esprit dans leur réalité immortelle. Sanscrit. aT. — Le Mouvement indiscontinu,l’infatigabi lité. Sanscrit. TiTa. — Le Feu, l’Amour, le Temps. id. b
82 l’initiation LES LETTRES ZODIACALES DEUX A DEUX HOu. — Offrir le sacrifice divin. Sanscrit. HOuH. — Révéler, manifester ce qui était ca ché. Hébreu. LES LETTRES ZODIACALES TROIS A TROIS HOT. — Le Feu, la Chaleur. Celtique. HOuDOu. — Le Bélier, Trône du Soleil. Sanscrit.
L’ARCHÉOMÈTRE ET LES CATHOLIQUES » Prière au lecteur de remettre PAQUES sous le signe du Bélier ou, mieux, entre le Bélier et le Taureau. Les autres fêtes sont normale ment composées.
Société des Conférences Spiritualistes Salle des Sociétés savantes, 8, rue Danton. Salle comble jeudi 3o mars à la confère; :e du docteur Papus, le programme était en effet des plus attrayants. Le sujet de la conférence, Jeanne d' 1; -, aurait seul suffi pour réunir une si nombreuse assemblée mais on devait entendre Mlle Dudlay, de la Comédie-Française, qui avait bien voulu promettre son concours. Pendant quelques instants trop courts elle a, dans des fragments de Jeanne d’Arc de Saint-Yves et quelques poé sies de Victor Hugo et Sully-Prud’homme tenu l’auditoire sous le charme captivant de sa diction magistrale. Le professeur Ascagne a comme toujours remporté le plus grand succès sur son violon magique. L’ARCHÉOMÈTRE DE SAINT-YVES La publication intégrale de V Archéomètre se prépare. Cet ouvrage magnifique comprendra cinq planches en cou leurs et plus de deux cents planches en noir sans compter deux cents pages d’adaptations musicales. La société civile « Les amis de Saint-Yves » est seule propriétaire des marques et des clichés de V Archéomètre déposés par Saint-Yves au cercle de la librairie. Toute reproduction faite en dehors de la Société expose à des poursuites dès que la Société en prendra la décision. Jusqu’à présent la Société laisse paraître les planches connues de V Archéomètre qui ne peuvent que faire pour l’ouvrage futur une bienfaisante publicité.
LA MOMIE VARIOLÉE ET SES MICROBES 85 Nous extrayons de la très belle et très intéressante Re vue Æsculape l’article suivant qui, nous le croyons, inté ressera beaucoup nos lecteurs. LA MIE VARIOLÉE ET SES MICROBES En faisant ses recherches sur la momification, M. le professeur G.
Elliot Smith a rencontré une momie, appar tenant à l'époque de la vingtième dynastie des Pharaons (1.2 o ans avant notre ère), dont le corps était le siège d'une éruption ayant grande ressemblance, tant par sa forme que par sa distribution, avec la variole. Deux médecins égyptiens, M. RufTer, d’Alexandrie, et M. Fergusson, du Caire, firent un examen histologique d’une parcelle de peau où se trouvait plus manifestement l'éruption.
L’étude microscopique de cet épiderme d’une momie varioleuse vient d’être publiée par le Journal of pathology and bactériology. Elle prouve qu’il s’agissait' bien, en l'espèce, d'une variole puisqu’on y retrouve tous les caractères de la vésicule variolique et des détériorations qu’elle occasionne dans les éléments de la peau.
En colo rant les coupes de la peau par le procédé de Gram, MM. Rufier et Fergusson purent mettre en évidence un grand nombre de microorganismes. Ces microbes se ren contraient dans le derme, tantôt sous la forme d’amas, tantôt disséminés. Parfois, on les voyait disposés le long de ce qui avait pu être un petit vaisseau sanguin. A l'aide du bleu de méthylène, on put aussi constater la présence de microorganismes dans les débris de l’épi derme.
Dans le voisinage des vésicules, les microbes, parmi lesquels prédominait un bacille court et trapu, sou vent renflé à l’une de ses extrémités, paraissaient plus nombreux que partout ailleurs. Sans vouloir prétendre que ces microorganismes aient joué un rôle quelconque pendant l’évolution de la maladie, .MM.
Rutfer et Fergusson, après avoir soigneusement exa miné un grand nombre de coupes, arrivent à conclure que les microbes en question étaient déjà présents dans le corps au moment de la mort, mais qu’ils se sont vraisem86 l’initiation blablement multipliés dans des proportions considérables après la mort.
Quoi qu’il en soit, le fait même de la conservation de la forme des infiniment petits, pendant une période aussi longue, et la possibilité de mettre en évidence les microbes dans des tissus momifiés, à l’aide de nos procédés actuels de coloration, méritaient d’ètre signalés. LA LOI AU PÈRE BUGEAUD Le Vieux-Major eut un maître, dans le temps et dans la hiérarchie, en la personne du maréchal Bugcaud.
L'In termédiaire des Chercheurs et des Curieux nous rap porte la formule exacte de la loi météorologique décou verte par cet homme de guerre. Le temps se comporte onze fois sur douze, pendant la durée de la lune, comme il s’est comporté au cinquième jour de la lune, si le sixième jour est resté le même qu’au cinquième. Et neuf fois sur douze, comme le quatrième jour, si le sixième ressemble au quatrième.
M. Bugeaud, ravi de cette découverte, fit l’épreuve de cette loi et la vit, paraît-il, se vérifier avec une régularité extraordinaire. Agriculteur de i8i5 à i83o, il la mit souvent en prati que : elle lui fit éviter, à l’époque de la fenaison et des vendanges, des pertes auxquelles aucun propriétaire voisin ne sut échapper.
Gouverneur de l’Algérie, il ne faisait en trer les troupes en campagne qu’après le sixième jour de la lune; s’il se trouvait en expédition et que le mauvais temps lui fût prédit par la lune, rien ne l’empêchait de chercher un abri. C’est ainsi que toujours il préserva les colonnes placées sous ses ordres.
On attribuait à la chance le résultat d’observations et de calculs. Partant de l’heure exacte de la lune, il tenait compte, en outre, de la différence des trois quarts d’heure environ entre le temps de la révolution de la terre autour de son axe et le temps de la révolution de la lune autour de la
JUSTICE AFRICAINE «7 terre, c’est-à-dire qu’il ajoutait cinq heures au sixième jour écoulé, avant de se prononcer sur le temps qu'il de vait craindre ou espérer. Cette formule s’appelle la loiBugeaud. JUSTICE AFRICAINE Les procédés juridiques employés en Afrique pour obtetenir des aveux, et que relate M. R.
Pettazzoni dans la Rivista italiana di Sociologia, différent, sinon par le fond, du moins par la forme, de ceux dont usent nos juges d’instruction. Nous avons apporté beaucoup plus d’urbanité et de raffinement dans la façon de torturer les pauvres gens. C’est un des bienfaits de la civilisation. Les naturels de l’Afrique pratiquent encore aujourd’hui la justice comme faisait l’Europe au moyen âge.
Tout se régie par ordalies, c’est-à-dire par épreuves. Il y a celle du poison pour les inculpés de meurtre, celle de l’huile bouil lante et de l’eau pour les voleurs. Une zone limitée parla côte septentrionale du golfe de Guinée appartient à ces coutumes dans l'Afrique occidentale. La région d’Accra, qui est aux Anglais, en fait partie.
Pour découvrir l’auteur d’un vol, le sorcier fait remplir un seau d’eau au-dessus de laquelle il opère ses gestes de conjuration en laissant plonger dans le liquide une queue de vache ou de cheval. Tous les suspects doivent se laver avec cette eau. Les in nocents n’éprouvent aucun mal mais le coupable à les yeux tuméfiés et ressent d’atroces douleurs.
Un usage analogue existe parmi les indigènes de la Côte des Escla ves, où l’on emploie le poison. Si l’accusé qui l’a bu le rend, il est hors de cause; si le poison agit, il trahit sa culpabilité. Pour un simple délit on ne boit pas le poison mais on s’en frotte les yeux, si l’on a commis le méfait on devient aveugle, si l’on n’a aucun mal on est absous.
Au Yoruba, à l’ouest du bas Niger, et dans les pays d’Abeokuta, le sorcier prépare une infusion d'herbes auxquelles il ajoute un grain de poivre mâché, il en asperge les de l’accusé et si celui-ci pleure c’est qu'il avoue. Au yeux Ténin
88 l’initiation on sème à terre un certain nombre de grains de poivre l'inculpé doit les ramasser avec la bouche ; s’il en manque un, la preuve du méfait est manifeste. SENSIBILITÉ DU MÉDIUM RÉGNIER io juillet 1899. — Je n’ai pas l’honneur d’être bien connue de vous, et cependant je me permets de vous don ner le compte rendu d’une séance intime, donnée chez moi, le 21 juin dernier en la présence d’une amie; ce récit mérite tout intérêt.
Très croyante, j’avais entendu parler de Mme Régnier, somnambule et voyante, qui habite rue Maître-Albert, 20. Je la fis venir. Avec elle nous avons eu les manifestations suivantes : Plusieurs entités viennent nous visiter; Mme Régnier les voit, nous lesdépeintde telle sorte, qu’il n’y a aucun doute que les moi de mon père, de ma tante et d’un enfant que j’ai perdu, sont là.
Mais chose plus surprenante, il se présente un autre moi; la voyante a beau me le dépeindre, je ne le recon nais pas, malgré les gestes de toute façon qu’elle charge le médium de me transmettre pour se faire reconnaître. Nous lui demandons son nom, il manifeste le désir que j’aille près du médium; il parle une langue qu’elle ne peut comprendre, et je la prie de me répéter ce qu’elle a entendu : « Olhe qui estou », dit-elle.
J’étais loin de m’attendre à semblable merveille, j’ai habité pendant six ans le Portugal et l’esprit d’une per sonne que j’y ai connue me disait : « Regarde, je suis là ! » Mme Régnier ne me connaissait pas, elle ignorait que j’eusse habité ce pays étranger.
La séance ne fut pas terminée; la voyante s'endormit, se leva, chercha, ouvrit des boîtes, des tiroirs; ne trouvant ce qu’elle voulait, elle s’impatientait; elle vint à l’armoire qui était fermée et avec ses ongles chercha à l’ouvrir. Je plaçai le trousseau de clefs sur un meuble, sans bruit; elle le trouva, ce trousseau a cinq clefs. Sans hésit
CORRESPONDANCE 89 elle prit la bonne, ouvrit l'armoire pour y prendre une liasse de lettres, choisit, chercha et finit par en sortir une, qu’elle garda dans la main, en disant le nom de la per sonne qui l’avait écrite et qui est vivante. Puis elle me donna des conseils et me cita des particularités connues de moi seule. ('es deux cas sont tellement remarquables que je n’hé site pas, Monsieur, à vous en faire part.
Nous avons eu, depuis, plusieurs autres séances, toutes 1; s intéressantes qui classent Mme Régnier au nombre des sujets remarquables et pouvant rendre de grands services dans bien des cas. Ce compte rendu mérite-t-il d’étre inséré dans votre revue spirite ? J’en serais heureuse, d’autres personnes seront enchantées des manifestations dues à Mme Régnier. Cl. Di planque, boulevard Saint-Germain, 41, et Mme J. Martin.
Mme Régnier habite à présent rue Valette 21, Paris. Mon cher Maître, Je viens de lire dans le journal Esculape un article de vous sur les faits psychiques et en particulier sur les phéno mènes de lévitation et l’accumulation de la force nerveuse dans les ganglions du sympathique.
Cette lecture m’incite à vous communiquer, dans l’espoir qu’il vous intéressera, un phénomène dont j’ai été le sujet, il y a quelques mois, que je n’avais communiqué à personne, dans la crainte de passer pour un détraqué. Voici de quoi il s'agit : Tout d’abord,je vous dirai que je suis un sujet excessi vement impressionnable, au point même que très souvent les moindres bruits me sont un sujet d’exaspération et d’irritation.
Il y a quelques mois donc, étant couché et complète ment endormi, les mains posées l’une sur l’autre et cellesci sur la poitrine, je fus brusquement réveillé par la sensa tion d’une assez violente décharge électrique se produi sant entre mes deux mains. Ce qui me prouve que ce fait n’était pas un rêve ni une hallucination, c’est que non
l’initiation 90 seulement j’ai ressenti très nettement la commotion mais encore j'ai entendu fort bien le bruit de la décharge. Ce fait est-il explicable scientifiquement ? La lecture de votre article tend à le prouver, aussi ai-je pensé à vous le communiquer, très heureux s’il peut vous intéresser. Inutile de vous dire que je serai fort intéressé moi-même d’avoir votre avis à ce sujet.
Je vous prie, mon cher maître, d’agréer l’assurance de mes sentiments les plus distingués. Le docteur N. Mars 1911.
Monsieur et honoré Maître, Puisque le bienveillant critique chargé d’analyser, dans le numéro de janvier dernier, mon livre : La Fin du Chris tianisme, a été conduit à citer la devise religio depopulata par laquelle saint Malachie, originaire d’Armagh dont il devint l’évêque (1094-1148), est censé désigner le successeur de Pie X, permettez-moi de vous signaler la divergence existant entre : Une Prophétie ou la Vision d'un religieux irlandais, consignée sous la signature don Pablo, dans le numéro de novembre 1910 de la Revue spirite, et la nomenclature de la prédiction dite des Papes, donnée par le F.-.
Oswald Wirth sous le titre : L'Avenir de la Papauté dans le numéro de juillet-août 1910, de la revue maçon nique l’Acacia. On lit, en effet, dans la Revue spirite : « Il (Pie X) se fixera à Armagh, en Irlande, où il finira ses jours. « Sous le pontificat de son successeur, dont la devise, fixée par saint Malachie, est religio depopulata, la reli gion catholique subira une grande éclipse sur le conti nent.
CORRESPONDANCE 91 « Enfin viendra d’outre-mer un pape désigné par la devise venit de limine, qui rentrera triomphalement au Vatican... Et pour terminer cet article suggestif, la phrase sui vante : « Dans une page célèbre, Newman a déjà prophétisé l’exode de la papauté vers l’ile des Saints et le rétablisse ment du catholicisme sur le continent européen par un pape insulaire, que désigne la devise renzV de limine. Or, chose curieuse, Oswald Wirth, caractérisant de son côté par les apophtegmes de l’évêque irlandais, les derniers successeurs de Pie X, cite ceux-là dans l’ordre suivant; soit sans employer à l'égard d’aucun d’eux les mots de venit de limine, ainsi qu'il est aisé de s’en convaincre. 1. Religio depopulata : religion décimée: 2. rides intrepida : foi intrépide. 3. Pastor angelicus : pasteur angélique. 4. Pastor et nauta : pasteur et matelot. 5. Flos florum : fleurs des fleurs. 6. De medie tate lunœ : de la moitié de la lune. 7. De labore solis : de l’oeuvre du soleil. 8. Gloria olivœ : gloire de l'olivier. g. Petrus romanus : Pierre romain, neuvième et der nier pape. Comme, d’autre part, il ne saurait être question d’oubli, l’on se trouve par conséquent amené à penser: qu’au moins deux versions différentes de la séculaire prédiction circulent ; et de se demander dès lors, laquelle des deux reste la bonne. Si donc, vous estimez que cette question puisse offrir quelque intérêt pour les érudits lecteurs de ['Initiation, m’en remets à vous du soin de la poser, non sans vous exprimer tous mes remerciements pour votre nouvelle marque de flatteuse sympathie. Georges Pinçon.
92 l’initiation L'Œuvre conciliatrice fc l'Universalisme /I Papus, Léon Combes. L’Occultisme est donc, sur notre plan, un reflet du monde sans formes. Il a toujours été.
Il constitue la gamme d’ascension dont les modalités si manifestent sous les diverses formes d’occultisme, depu:- l’intuition du savant matérialiste, les recherches analytiques des magné tiseurs, spirites, psychistes jusqu’aux envolées synthé tiques des artistes et des initiés qui ont pris conscience de la filière évolutionnelle qu’ils ont suivie sous des formes variées. Toutes ces nuances se fondent dans une mosaïque d’en semble.
Tous les courants spirituels viennent se confondre dans le grand fleuve dont Mme Guyon avait jadis, avec son quiétisme {les Torrents), la très vague et fort lointaine intuition. Concilions toujours. C’est ainsi que l’on peut dire que le fils de l’homme est le Verbe incarne qui se souvient à chaque instant (humilité) de l’homme évolué.
Il est pour nous l’axe de cette montagne du vrai que nous escaladons tous en contemplant des horizons de plus en plus har monieux et enchanteurs. C’est aux cardiaques initiés (les vrais Episcopoi) qu’il est réservé de deviner le monde sans formes, de pressentir les régions de la prière où se fait entendre l’écho du Verbe répondant à ceux qui frappent pour qu’on leur ouvre, qui cherchent pour trouver.
On a objecté que l’absolu ne peut se particulariser. Reste à savoir si l’involution de l’absolu dans le relatif est une particularisation de l’Absolu et s’il n’est pas préférable d’admettre, avec l’Universalisme, que le relatif n’existe qu’en apparence, mais pas en essence.
Pour ceux dont Végo évolue vers la naissance spirituelle, le relatif seul semble exister, mais dès que le fils de l’homme, qu’est chacun de nous, devient fils de Dieu par le baptême spil’œuvre conciliatrice de l’universalisme g3 rituel de la Connaissance, sa conscience tnvoliie de plus en plus, jusqu’au moment où il aura épuisé sa gamme d’évolution dans ce plan, notamment par l’approche des êtres angéliques complémentaires, par leur mariage, par la fusion archangélique et rayonnante des couples séra phiques.
En réalité, la matière, le relatif, n’existe que comme l’< nbrc de l'Absolu, de l’Esprit. Le domaine des vraies réalités est le plan des choses éternelles. Et il n’y a qu'un éternel présent. Les occultistes connaissent toute la vacuité du relatif. Il est l’abîme du néant, cette im possibilité, cette illusion suprême. Parmi les nombres qui constituent la trame du relatif et de l’absolu, le zéro est lui-même une quantité mathématique.
Il est le reflet occulte de l'unité intégrale dont la plus haute formule fut le : « Je pense, donc je suis » de Descartes. Je suis un, comme le Père est Un. Créé à son image, je suis par Lui, en Lui et pour Lui. Et tous nous sommes frères en Dieu. L’humanité va être mûre pour prendre conscience de cotte solidarité profonde, de sa grandiose unité. Ce sera l’aboutissement de l’œuvre conciliatrice de l’Universalisme, dont J.
Bricaud, patriarche de l’église gnostique univer selle, signale des efforts précurseurs dans l'initiation de janvier dernier. « Les intellectuels de l’époque », dit-il en parlant de ['Ecole d'Alexandrie, « animés d’un large esprit éclec tique, cherchaient à faire la synthèse de toutes les con naissances contenues dans ces livres ».
L'Universalisme entreprend cette tâche en s'aidant de toutes les découvertes de la science moderne. (V. L'Essor Moderne, chez Chacornac.) De grandes doctrines ont régné sur le monde. Mais aucune d’elles n’a réussi, dans notre cycle, à prendre sur la pensée humaine une emprise suffisante pour la guider définitivement vers la Vérité intégrale, capable de satis faire à la fois le double besoin d’analyse et de synthèse qui est en nous.
Celui-ci est resté jusqu’ici trop souvent scindé en deux parts, en quelque sorte étrangères l’une à l’autre, presque adverses et hostiles, conformes en cela aux vues trop spéciales des orthodoxies religieuses et athées.
l’initiation 94 Les générations nouvelles sont un peu lasses des contra dictions que leur offrent leurs devancières qui, en leur mon trant le résultat de recherches longues et patientes n’abou tissant qu’au doute, leur disent : « Toute la science est là. ■» Pourtant si l’on s’arrête à l’une de ces doctrines parti culières, elle se présenteavec un ensemble d’arguments qui l'étayent suffisamment pour lui donner raison.
En réalité, chacune d’elles a raison, mais partiellement, et il faut s’élever au-dessus de toutes pour juger le rôle que cha cune de ces méthodes joue dans la recherche de la vérité intégrale, dans l’ensemble de la connaissance, dans l’I.Jniversalisme.
C’est donc aux esprits libres de toute contrainte étroite, affranchis de tout sectarisme obstiné, libérés de tout en doctrinement invétéré, c’est en particulier à l’élite occul tiste qu’il appartient de collaborer à l’œuvre conciliatrice de l’Universalisme. (A Paris : par Isis). L'humanité se prépare à comprendre l'Evangile d'amour et de Vérité. Les forces d'en haut sont immenses.
Bientôt elles briseront le mur fluidique que les préjugés et lessuperslitions ont tissé au-dessus de l'Europe. Prochaine ment, Papus le sait, cet obstacle séculaire sera brisé; l’appel d’en haut a été entendu ; des âmes, prédestinées à ce rôle par leur passé, ont préparé et continuent à prépa rer la liaison des aspirations d'en bas, la jonction de l’évo lution et de l’involution. L’éveil des âmes est tout proche.
'La Rénovation qui s’ensuivra, et dont l’Universalisme sera le Credo, se réalisera en grande partie dans le cours de ce siècle. Les siècles, comme les êtres, ont leur rôle. La Rénovation est la mission du vingtième siècle (i). On le pressent de toutes parts. Les haines mêmes s’adoucissent. Nous espérons qu’il n*y aura plus de guerres de peuple à peuple. L’Allemagne n’échappera proba blement pas à une prochaine Révolution.
Les lois de (i) Tout ce programme est prédit depuis longtemps. Nous approchons de la réalisation, de l’avènement du règne de l’Esprit, annoncé par les secousses sociales, les catastrophes dernières et prochaines. Là-haut tout est prêt. Ici-bas la réa lisation est prochaine.
BIBLIOGRAPHIE q5 l’évolution sont écrites là-haut et ne dépendent pas du caprice des hommes. (.1 suivre) Union Eclectique Universaliste. BIBLIOGRAPHIE Revue du psychisme expérimental, directeurs : MM. G. et Durville fils.
Sommaire du numéro de mars. — Docteur Michaud. — Recherche systématique de la suggestibilité che^ les malades : Diagnostic de la sug gestibilité aux ier, 2° et 3e degrés.— Henri Durville, fils. — Beilini est-il un « Phénomène télépathique » ?Relation de ^expériences et leur examen critique (i portr.). — Gaston Durville. — Expérimentation magnétique et hypnotique.
Procédés de sommeil et de réveil de l’Ecole suggestive (Ecole de Nancy). — Toujours à propos du Mage prestidigitateur « Docteur comte de Sarak ». 'foujours des documents nouveaux. Quelques-uns de ceux qui déposeront. — Henri Durville fils. — Un in cident à la clinique du Magnétisme U portr. et 2 grav.).
Henri Mager. — La Foudre : Peut-on espérer sa suppression grâce aux résultats qu’obtiennent les baguettisants dans la découverte des Sources et des Masses métalliques ? (5 grav.) — Henri Durville fils. — Com ment on truque la Transmission de Pensée à l’aide du téléphone. — Z.
Bissky. — Thérapeutique empirique che\ les Ukraniens (i grav.). — Le Mois psychique : Les Morts. — Experts en Psychisme. — A l’Académie des Sciences. — Conférences. — A travers les Revues : Esprits et médiums, opinions de MM. Th. Flournoy et G. Delanne. — Les Tableaux médiumniques de Mlle H. Smith. — Docteur Carmelo Samona. Un cas de Réin carnation ? — Revue des livres. (Le numéro i franc, 3o, boul. de Strasbourg, Paris).
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