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Initiation Bevus piiilcsopfilfliie des Hanies Études PUBIJ'F. ■ iF.NSl i I j yvj.NT SOUS LA DIRECTION DE JF» A. tf» cj s G 90"” VOLUME. — 24" ANNÉE SOMMAIRE DU Nu (Mars 1911) PARTIE PHILOSOPHIQUE Des Symboles cl de leurs sens p. i<i? à 210 Teder. L'occultisme en Russie (p. 2 t à 220)...................Punar-Bhava. Vers l'unique synthèse des traditions initiatiques (p. 221 à 245).....................................................0 de Bezobrazow.
Société d'Etudes philosophiques cl psychiques de Tours (suite) (p. 12g à 1.40)........................X... Les tableaux de MUe Hélène Smith (p. 251 à 25g). Henry Pattay. PARTIE INITIATIQUE Orphée et les Orphiques (suite (p. 260 à 271). . Combes Léon.
École supérieure libre des sciences hermétiques. — Formules dont j’ai constate personnellement l’exactitude. — Préface pour un ouvrage de M. Donato. — École hermétique. — Bibliographie. — Revue des Revues. — Ouvrages nouvellement parus.— Une prédiction réalisée. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 15. rue Séguier, à Paris-VI0.
Téléphone — 816 09 Tout ce qui concerne l’Administration : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adresse à la Librairie Générale et Internationale G. FICKER PARIS — 4 et 6, Rue de Savoie, 4 et 6 — PARIS : 10 francs pour la France. 12 francs pour l’Étrangcr. Le numéro : 1 fr. 25. — Un AN z
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et L -u¿gestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L'Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent : Dans la Soience, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des Anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d'un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l'initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent Varbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue {Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L'Initiation parait régulièrement à la fin de chaque mois et compte déjà vingt années d’existence. — Abonnement : 10 francs par an. (Les collections des huit premières années sont absolument ipuiiéas.)
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d eux conserve la responsabilité exclusive de scs idées. Des Symboles et de leurs sens A la Tenue du 27 février, présidée par 1’111.•. F/, docteur Papus, 1111.-. F.-.
Teder a donné la confé rence suivante, qui a produit une très grande im pression : DES SYMBOLES ET DE LEUR SENS Pour chercher la vérité, il faut être libre de toutes les passions; le malheur est qu’on nous en inspire dès l'enfance, qui donnent, comme disait Bernardin de Saint-Pierre, la première entorse à notre raison. On y pose pour base fondamentale de nos actions et de nos opinions, cette fameuse maxime : Faites fortune.
Il arrive de là que nous ne voyons plus rien que ce qui a quelque relation avec ce désir. Les vérités naturelles même disparaissent pour nous, parce que nous ne voyons plus la nature que dans des machines ou dans des livres.
« Vivons d'abord, vienne ensuite la sagesse. » Alors pour vivre, on recourt à tous les moyens, et partout, les hommes, répandus dans le commerce, l’iul’initiation 194 dustrie, la finance, les administrations, etc., y parais sent comme autant de punaises dans un bois de lit. Il faut vivre ! Si, pour beaucoup d’entre ces hommes, la religion est un prétexte, pour beaucoup d'autres la Maçonnerie est devenu un moyen.
Ne leur parlez pas morale, c’est de la blague; ne leur parlez pas symbole, vous les bassinez. Je me rappelle avoir vu, il y a quelques mois, cinq ou six mac.*. attablés dans un café et absorbés dans une partie de manille. Arrive un autre qui serre la main à tous, et qui, avant de s’asseoir, dépose sur la table une revue maçonnique que je ne désignerai pas autrement. — Tiens ! dis l’un, tu lis ça ?
Eh bien, je t’en sou haite... — Mais... — Allons, rnets-toi là, et joue avec nous. Tout en jouant, ces messieurs parlèrent de la Revue en question. Pour eux, elle était assommante, et son directeur était un bonhomme qui n’avait qu’un tort: celui de raser son monde. Je pliai mon journal, me levai et m’en allai.
Ce directeur était pour moi un adversaire, mais j’éprouvai un serrement de cœur en entendant parler ainsi d'un écrivain estimable, instruit et réfléchi, qui consacrait sa vie à instruire ses frères. Vous allez croire que cet exemple devait refroidir mon zèle. Eh bien, non. J’ai le caractère si mal fait, que je vais raser à mon tour ces messieurs s’ils sont ici, en abordant la question des symboles, si assom mante pour les joueurs de manille.
ü.i SYMBOLES ET DE LEURS SENS i(j5 « Le seul but de la religion, a dit le F.*. Priestley, est de rendre les hommes meilleurs afin de les rendre plus heureux. » A cela, le F.-.
Volney a répondu : « 11 n’v a réellement dans le monde que deux religions : celle du bon sens et de la bienfaisance, et cclic de la malice et de l’hypocrisie. » Si Volney avait donné quelque attention à l’his toire des religions et en particulier à l’histoire des premiers temps du christianisme, il n’aurait pas parlé ainsi, et il ne serait pas venu dire, comme le F.'.
Dupuy l’a dit dans son Origine de tous les cultes, que la religion était une folie et une monstruosité.
Pour démontrer cela, ces deux écrivains ne se sont pas attardés à examiner les doctrines , ils se sont con tentés de gratter un peu l’écorce des symboles, et en opérant ce grattage ils sont arrivés à découvrir que le Vichnou des Indiens n’était que l’un des mille em blèmes du soleil en Égypte, et que les incarnations de ce dieu en poisson, en sanglier, en lion, en tortue, etc., n’étaient que les métamorphoses de l’astre radieux passant successivement dans les signes des douze ani maux.
Le taureau japonais qui brise l’œuf du monde n’était que celui du ciel qui, jadis, ouvrait l’âge de la création, l’équinoxe du printemps. Ce taureau, c’était encore l’animal qui, sous le nom de Bœuf Apis, était adoré en Égypte, et que les Juifs adorèrent aussi dans l’idole du Veau d'Or. Ce taureau, c’était également celui qui, sacrifié dans les mystères de Mithra, versait un sang fécond pour le monde.
C’était également le bœuf de l’Apocalypse, avec ses ailes, symbole de l’air; et VAgneau des chrétiens, comme le taureau de Mil'initiation 196 thra, immolé pour le salut du monde, n’était toujours que le même soleil au signe du Bélier céleste, lequel dans un âge postérieur, ouvre à son tour l’équinoxe, délivre le monde du règne du mal, c’est-à-dire de la constellation du serpent, de cette grande couleuvre, mère de l’hiver et emblème de l’Arhimane, le Satan des Perses.
Enfin, toute la base des systèmes religieux était le culte du soleil. C’était le soleil qui,sous le nom d’Orus, ou de Jésus, naissait au solstice d’hiver, dans les bras de la vierge céleste.
C’était le soleil qui, sous le nom d'Osiris, présenté par Typhon et les tyrans de l'air, était mis à mort, renfermé dans un obscur tombeau, emblème de l’hémisphère d’hiver, et qui, ensuite, se relevant de la zone inférieure, vers le point culminant des cieux, ressuscitait, vainqueur des géants et des anges destructeurs.
La tonsure du prêtre catholique n’était que le disque du soleil, l'étole son zodiaque, le chapelet l’emblème des astres et des planètes. La mitre, la crosse, le manteau des pontifes et des prélats, n’étaient que ceux d’Osiris.
La croix chrétienne, était celle de Sérapis, tracée par la main des prêtres égyptiens sur le plan d’un monde figuré, et cette croix, passant par les équinoxes et les tropiques, devenait, comme l’autre, l’emblème de la vie future et de la résurrection. Les 12 travaux dTIercule, les 12 tribus d’Israël, les 12 apôtres, tout cela, c’était encore les 12 signes du zodiaque, les 12 mois de l’année, les 12 heures de la journée. C’est ainsi qu’à grands coups d’érudition, les FF.*. Dupuy et Volney ont cru démontrer la folie et
DES SYMBOLES ET DE LEURS SENS IÇ7 la monstruosité des religions en les rattachant toutes au culte du soleil : or, ils ne se sont pas aperçus qu’en s'évertuant à donner aux religions une commune origine, ils montraient par cela meme que leurs fon dateurs avaient tous lu dans le même livre de la na ture — ce livre admirable qu’il n’est pas donné à tout le monde de comprendre, et dans lequel Saint-Yves d’Alveydre a su découvrir l’absolu, en même temps que la base scientifique de son Archéomètre.
C’est une faute bien grave, quand on interprète mal le symbolisme d'une religion quelconque, que de la décrier au moyen de cette interprétation, de la con vertir en folie ou en monstruosité, et de lui attribuer ensuite tous les maux du genre humain.
Si, par toute la terre, on s’est souvent servi des re ligions pour faire le mal, il n’en est pas moins vrai qu’elles ont été instituées pour faire le bien, et qu’au cune d’elles n’enseigne ce qui est tenu pour mauvais par la conscience humaine. C’est donc une grande inconséquence que de leur reprocher d’avoir répandu le sang, alors qu’elles défendent précisément le meur tre.
Les troubles qui ont désolé et désolent encore la terre ne sont nés que de la loi du plus fort, et quand l’orgueil, l'intérêt, l'égoïsme, l’envie de jouir, sont devenus des motifs de faire fortune et la base de toutes les conditions humaines. Comment donc accu ser les religions précisément de ce qui n’aurait pas lieu, si leurs principes étaient gravés profondément dans tous les cœurs ? Quant à la malice et à l’hypocrisie, dont le F.’. Volney a fait une religion, elles sont justement les armes
L'iNl 1 ! A Tl ON ï ()S du plus fort; mais le plus fort a beau se couvrir du masque de la religion, il ne saurait faire que ta reli gion puisse être confondue avec le masque, ni l’abus avec l’institution elle-même. Cependant Volney et Dupuv ont fait celte confusion et, en voulant détruire l’abus, ils ont cherché à imiter l’ours delà fable qui, lui, pour détruire une mouche, écrasa d’un coup de pavé 1a tête de son maître.
Un de nos plus illustres frères, le F.•..Montesquieu, a dit ce sujet dans son Esprit Ses Lois : «C’est mal raisonner contre une religion que de rassembler dans un livre une longue énumération des maux qu’elle a produits lorsqu'on a mcc.nnu son es prit, si on ne fait de même celle des biens qu’elle a faits lorsqu'on ci suivi ses maximes.
Si je voulais ra conter les abus des institutions les plu necessaires, je dirais des choses effroyables; et certainement plus le tempsde ces institutions aurait duré, plus il serait facile d’accumuler les choses effroyables que l’on en pourrait dire. » Sous une autre forme, le F.-.
Voltaire a dit, à la page i3 du tome XLV de scs œuvres : « Une fausse science fait les athées, une vraie science prosterne l’homme devant la divinité. » Ce qui fait le fond de toutes les religions, c’est ta morale, qui leur est commune. Toutes concourent au meme but, lequel, ainsi que l’a dit le F.-. Priestley est de rendre les hommes meilleurs pour les rendre plus heureux.
Que la morale des religions soit gravé, dans tous les cœurs, il n’y a plus de loi du plus fort, l’exploitation de l’homme par l’homme n’existe plus,
DES SYMBOLES ET DE LEURS SENS IQQ tous les maux qui ont affligé et affligent la terre disparaissent. Dans l'antiquité, toutes les religions étaient reliées entre elles par une chaîne invisible d’initiés, profon dément instruits dans toutes les sciences. Ce sont eux qui surveillaient l'éducation des rois, des grands et en général de tous ceux qui devaient remplir quelque charge dans l'Etat.
Mais, à la longue, la corruption se glissa un peu partout, et l'on vit des rois qui, pour se débarrasser de toute tutelle, pour se soustraire au joug salutaire imposé par leur initiation, ne reculèrent devant rien au nom du droit du plus fort, quand ils voulurent être absolus.
Le sort terrible des Gymnosophistcs de Méroï est un de ces exemples qui viennent naturelle ment à l’esprit, lorsque l’on veut montrer les raisons pour lesquelles les initiés, à certaines époques de l’his toire, ont dû se résoudre à vivre en secret au milieu de l’anarchie prenant naissance parmi les hommes.
Car, du moment que le prince ne voulait plus de la censure de l'initié, le seigneur ne tardait pas à sc moquer de celle du prince, le bourgeois de celle du seigneur, et l'artisan de celle du bourgeois. Comme dans toutes les religions, le système de morale des initiés — lesquels se sont perpétués jusqu'à nous sous diverses appellations — était voilé par dos symboles.
Et ici j’arrive à notre institution qui, bien certaine ment, a été une rénovation, une continuation des anciens mystères et qui, elle aussi, a ses symboles par lesquels les adeptes, en les introduisant dans la
200 l.'iMTIATION Maçonnerie, ont exprimé les grandes vérités que la prudence leur défendait de rendre communes. On m’accordera bien qu'un symbolisme profond et philosophique, comme l’est celui de notre ordre, n’a pas pu être imaginé par des ouxriers illettrés.
Ces ou vriers, si habiles fussent-ils comme maçons, n'étaient ni des alchimistes ni des hermétiques, et n'avaient pas les connaissances voulues pour comprendre même les doctrines renfermées dans ce symbolisme. Mon opinion est que le sens philosophique qu’il renferme n’a été connu que de ceux qui se livraient à certaines études, et que les symboles, longtemps avant ¡717, ont dû avoir d’autres explications pour les maçons ouvriers.
Il est possible que ceux-ci aient attaché quelque sens moral symbolique à leurs outils, et même qu’ils aient eu quelques symboles particu liers, car les hommes les plus grossiers ont, dans tous les temps, employé des figures et des signes pour ex primer quelque idée morale.
Ce qui est plus certain, c’est que, dans nos pays d'Europe, ont existé de bonne heure des philosophes consacrant leur temps à l’étude des sciences alchimi ques ou hermétiques, et employant des termes spé ciaux et des chiffres particuliers afin de cacher, dans leurs écrits, des dogmes que, seuls, les hommes supé rieurement doués pourraient arriver à découvrir.
Elias Ashmole, écrivant sous son nom et aussi sous le pseudonyme de John Hasolle, fut un de ces philoso phes et avait eu, de même que ses contemporains, une longue suite de prédécesseurs dont la trace remonte très haut dans l’histoire.
DES SYMBOLES ET DE LEURS SENS 201 Or, plusieurs des symboles en usage parmi eux pour exprimer leurs doctrines se retrouvent aujour d'hui dans la Maçonnerie, notamment le compas et l’équerre, comme on les retrouve aussi dans le qua rante-septième problème de Pythagore. Ace dernier, la Maçonnerie n’attache aucun sens, et aux autres elle accorde seulement des significations morales: mais il est d’autres symboles dont le sens est très supérieur. Comme ces symboles, communs à la Maçonnerie et à l’hermétisme, ont été usités en hermétisme long temps avant de l’être en Maçonnerie, nous sommes forcément amenés à conclure que, du moment qu'Ashmole fut un Maçon, la Maçonnerie a dû les recevoir de l’IIermétisme. Nous avons la preuve irrécusable qu’au dix-sep tième siècle quelques philosophes hermétiques se joignirent à la Maçonnerie. Il est même probable qu'Ashmole n'a pas été le premier. Que pouvaient-ils apprendre parmi des ouvriers illettrés ? Rien. N’ayant pas d’organisation ouverte, il est possible qu’ils aient eu l’idée de se réunir dans les Loges de la Maçon nerie dite opérative; mais il est bien certain que les ouvriers ne connaissaient alors ni le secret ni les doc trines des Philosophes. Ce qui est aussi hors de doute, c’est que, dans une des quatre Loges de Londres qui fondèrent — régu lièrement ou irrégulièrement — la Grande Loge d’An gleterre, il y avait des bourgeois, des nobles, des offi ciers, des ministres protestants, des savants, des phi losophes, ayant fait des étudesspéciales et poursuivant quelque but, et qui n’étaient pas venus là, simplement
202 !. IN! NATION pour fumer des pipes, boire du pale ale, ci parler de plâtre et de mortier avec des ouvriers, quelques hon nêtes ou distingués que fussent ces derniers.
Il est donc probable que, parmi ces hommes, il y en a eu qui ont introduit alors dans la Maçonnerie les symboles hermétiques, imaginé ensuite un ensei gnement en trois parties dans lebut de communiquer leurs doctrines, voilées sous Durs symboles particu liers, à ceux qui étaient aptes à les recevoir, et donné à tous les autres des explications moralescommunes, les seules qu'ils pussent comprendre.
Bien des choses concourent à prouver que le sens des symboles a différé entre le petit nombre et le grand nombre.
D'abord, l’attrait que la Maçonnerie a exercé sur les personnages considérables et les sa vants; ensuite la Préface remarquable du livre de Samber, dont je parlerai tout à l’heure; puis la signi fication réelle de ce qu'on a substitué au mot du maître, le soleil, la lune, etc.; enfin ce fait tenu pour certain que le mot « Géométrie » prit un jour le nom de Maçonnerie.
Tout cela est renforcé par le lien traditionnel rattachant la Maçonnerie à la doc trine secrète de Pythagore, et aussi par l'obligation de garder les secrets de la Chambre du Milieu.
J’accorde que l’obligation au secret maçonnique est très ancienneet que le symbolisme a existé en Maçon nerie longtemps avant 1717; mais la classe ouvrière des maçons n’en avait, n'en pouvait avoir aucune connaissance, cette connaissance étant réservée aux intelligences supérieures qui, d’une autre classe, s’unissaient aux Loges. Otez ces intelligences supéDES SYMBOLES ET DF.
LEURS SENS 2ü3 rieures des Loges, le symbolisme n’y est plus com pris ou n’a plus de raison d’être. Ce sera comme dans une école communale, où les enfants ne sauront atta cher aucune importance aux signes algébriques qu’un maître aura placé sur un tableau.
Et ceci est si vrai que, même parmi les intelli gences su. érieures. il s'en est trouvé qui, attendant des autres des explications qu'on doit découvrir par soi-même, ont été incapables de devenir des initiés parfaits. Il y a vingt-trois ans, on a eu un exemple frappant de ce fait. I n Maçon, avocat très distingué, qui fut même préfet de police, avoua qu’il ignorait les dogmes, les rites maçonniques, et les sens des sym boles.
Après cet aveu, il démissionna et écrivit pu bliquement : « Très chers Frères, si vous me permettez de vous parler avec cette franchise à laquelle les Pontifes, pas plus que les Princes, ne sont accoutumés, je vous dirai : L’heure de la réforme est venue: laissez entrer dans le Temple l'esprit de critique et de libre examen ; vos Rites et vos Mvstères sont suraimés et démodés. •• Soyez de votre temps... » Le petit garçon qui se cabre devant l’algèbre qu'il ne comprend pas ne s'exprime pas mieux quand il dit que c’est de la blague.
Lui aussi, il est de son temps. L'art de construire, auquel sont assujettis les autres arts, a eu à son service les plus brillantes intelligences et les plus grands artistes. Le vieux symbolismea été incorporé dans les églises et les cathédrales, et quell’initiation 204 ques-unes de celles-ci ont été ornées de devises et de figuresqui n’auraient jamais été tolérées, si le clergé avait su ce qu’elles signifiaient pour les adeptes.
Il y a donc tout lieu de croire que c’est au Moyen Age, et non pas après que la Maçonnerie eut com mencé à décliner, que les Philosophes, devenant libres-maçons, ont introduit dans la Maçonnerie leur symbolisme. fEvidemment ces nouveaux venus n'ont pas dû rapporter des symboles dont ils n’auraient pas com pris le sens. Évidemment, ils n’ont pas dû les ré véler à des ouvriers peu aptes à les comprendre.
Quand donc, afin d’assurer l’existence à leur asso ciation, les Philosophes formèrent et formulèrentl’enseignement maçonnique que nous connaissons, et confièrent leurs vieux symboles à la garde des Loges, il est bien clair qu’ils ont du garder pour eux-mêmes le sens philosophique de ces symboles, en donnant aux ouvriers la seule explication morale qu’ils pou vaient saisir.
Telle est la raison pour laquelle l’ignorance pré vaut encore dans la plupart de nos Loges, où la lettre a le pas sur l'esprit. Considérez, par exemple, le 47e problème que l’on voit parmi nos symboles. Nulle explication : ce n’est donc plus un symbole. Il eut pourtant un sens pro fond pour Pythagore, et nous savons ce qu’il était, parle Gâthâs du Zend-Avesta. Mais Plutarque ne l’a pas su. Ce sens était déjà perdu de son temps et l’ex plication qu’il en donne est aussi sotte qu’insigni fiante.
DES SYMBOLES ET DE LEURS SENS 205 Voyez maintenant les nombres 3 et 4, qui consti tuent le nombre 7. Les Philosophes hermétiques se servent du 4, représenté par le carré, pour symbo liser la terre, ou la nature, ou les 4 éléments, feu, air, terre et eau.
Mais, pour Zarathrustra, 4 représen tait, comme les 4 bras de la croix, les 4 énergies masculines de la Divinité, c’est-à-dire la Sagesse Divine, le Mot Divin, la Puissance Divine et la Souveraineté Divine; et 3, les Potentialités féminines de la Divinité à travers la nature, c'est-à-dire le Désir de propager, la l'orceou Virilité et la vitalité.
Le fait que le sens de beaucoup de symboles ait été inconnu de la masse des Maçons ne prouve pas qu’ils l’ont possédé et qu’ils l'ont perdu.
Il est plus raisonnable de penser qu'ils ne l’ont jamais connu, parce qu'ils étaient incapables de le pénétrer, et que, lorsque les symboles firent partie des degrés maçonniques, l’explication qu’on en donna fut seulement celle que nous avons aujourd’hui et qui en masque une autre, à laquelle, bien certainement, n’ont pas songé les FF.'. Dupuyet Volney.
J’ai dit tout à l’heure qu’entre le petit nombre et le grand nombre le sens des symboles différait, et, à ce sujet, j’ai donné comme preuve la préface d’un livre écrit, en 1721, parle F.'. Robert Samber. J’y arrive.
Tous ceux qui, parmi vous, s’occupent d’occultisme, savent que le nom de Philalèthes, adopté plus tard par un Rite maçonnique fondé à Paris, fut mis en usage, comme nom de plume collectif, par une longue série de philosophes hermétiques.
Ainsi Eugenius Philalèthes a été le pseudonyme du célèbre Thomas Vaughan; Eireneus Philalèthes, celui de Georges Starkey ; Irenaeus Philalèthes, celui de William Spang, de Burckhard, de Louis Du moulin, de Samuel Prypkowski, etc. Eh bien, en 1722, juste une année avant la publica tion des premières Constitutions de la Grande Loge d’Angleterre parut à Londres, sous la signature Eugenius Philalèthes junior, Membre de la Société Royale, un petit opuscule intitulé «Long Livers», Dédié au Grand-Maître, Maîtres, Surveillants et Frères de la Très Ancienne et Très Honorable Fra ternité des Francs-Maçons de Grande-Bretagne et alrlande.
Ceci est d’une très grande importance, comme vous ailez le voir, car Eugenius Philalèthes junior,n’était autre qu’un écrivain assez connu, le F Robert Samber, membre de la Société Royale et intimement lié avec le F duc de Montagne, Grand-Maître de la Grande Loge d’Angleterre, auquel, d'ailleurs, il a donné dans un autre de ses écrits signé de son nom réelle titre de « meilleur des maîtres, meilleur des amis et meilleur des bienfaiteurs ». .
Dans la préface de son livre dédié au Grand-Maître, son ami, voici donc comment s’exprimait le Philo sophe hermétique Eugenius Philalèthes, autrement dit F.-. Robert Samber : « Hommes, Frères, « Je m’adresse à vous de cette manière, parcequ’elle est le véritable langage de la Fraternité, et parce que
DES SYMBOLES ET DE LEURS SENS 2Oy les Frères chrétiens primitifs, de même que ceux qui furent dès le commencement, en ont fait usage, comme nous l'apprenons des Saintes Ecritures et d’une tradition ininterrompue. « Je vous présente les feuillesqui vont suivrecomme vous appartenant plus proprement qu’à tous autres.
Dans ce que je dis ici, ceux d’entre vous qui sont peu illuminés, qui demeurent dans la place du dehors. qui ne sont pas capables de regarder derrière le voile, trouveront un divertissement qui ne sera ni désa gréable, ni sans profit pour eux ; mais ceux qui sont assez heureux de posséder une plus grande lumière, découvriront, sous les ombres que j'emploie, quelque chose de vraiment grand et noble, digne de l'attention du génie le plus élevé et le plus sublime: le cube cé leste spirituel, seule base et fondement véritable, so lide et immuable de toute science, de la paix et du bonheur...
« Rappelez-vous que vous êtes le Sel de la Terre, la Lumière du Monde et le Feu de l’Univers. Vous êtes des pierres vivantes, édifiées en maison spirituelle, croyant et reposant sur la première Lapis angularis...
Vous êtes appelés des Ténèbres à la Lumière... » Après quelques considérations indiquant claire ment que l’idée de la Maçonnerie a été tirée de l’her métisme et de la Rose-Croix, l’auteur reprend : « Et à présent, mes Frères de la haute classe, per mettez-moi quelques mots, puisque vous n’etes que quelques-uns ; et ces quelques mots, je puis vous les dire en énigmes, puisqu'il vous est donné de connaître ces mystères qui sont cachés aux indignes.
2O8 l’in I I IA I ION « N’avez-vous pas vu, mes chers Frères, ce Bain prodigieux rempli d’une eau la plus limpide.’. .-. Sa forme est un carré placé d’une manière sublime sur six autres, tous brillants de joyaux célestes et dont chaque angle est supporté par un lion.
Ici reposent notre puissant Roi et notre puissante Reine. (Je parle follement, n’étant pas digne d’être parmi vous.) Le Roi, éclatant sous son glorieux appareil d’or transpa rent et incorruptible, est entouré de saphyrs vivants.
Il est beau et vermeil et se nourrit parmi les lys ; ses yeux sont deux charbons ; .’.sa grande chevelure flotte plus noire que le noir le plus profond ; .'. sa royale épouse est vêtue d’un tissu d’argent immortel, par semé d’émeraudes, de perles et de corails... O mys tique Union ! O commerce admirable !...
« Jetez maintenant vos yeux à la base de cette struc ture céleste, et vous découvrirez devant elle un large bassin de marbre de porphyre, recevant de la bouche d’une grande tête de lion, une fontaine verdâtre de li quide de jaspe. Méditez bien cela et considérez.
Ne fréquentez plus les Bois et les Forêts (je parle comme un fou); ne chassez plus le lièvre qui fuit ; laissez s’en voler l’aigle sans l’observer ; ne vous occupez pas plus longtemps de l’idiot qui danse, des crapauds qui s’en flent, et du dragon qui se dévore la queue, aban donnez cela comme éléments à vos tirones.
« L’objet de vos souhaits et de vos désirs (quelquesuns d’entre vousl’ont peut-être obtenu, je parle comme un fou), est cette admirable chose dont la substance n’est ni trop ardente, ni entièrement terrestre, ni simplement humide.-. .’.En résumé, cette seule Chose
DES SYMBOLES ET DE LEURS SENS 2OQ Une, au-delà de laquelle il n'y en a pas d’autres, le sujet béni et le plus sacré du carré des hommes sages, c’est... J’allais presque le dire et commettre un par jure, un sacrilège.
J’en parlerai donc au moyen d’une circonlocution encore plus obscure, afin que, seuls, les fils de la science, et ceux qui ont l’illumination des mystères les plus sublimes et des secrets les plus profonds de la Maçonnerie, puissent comprendre — cette seule Chose Une, dis-je, c’est... ce qui vous con duit, mes chers Frères, au palais diaphane des véri tables et désintéressés amis de la Sagesse, à cette py ramide transparente du Sel pourpre, plus rayonnant et plus étincelant que le rubis d’Orient le plus fin, et dans laquelle repose inaccessible la Lumière épitomisée, ce feu céleste incorruptible, flamboyant comme le cristal qui brûle et plus brillant que le soleil danssa pleine gloire méridienne, ce feu qui est le Syropos éternel, immortel, roi des Gemmes, d’où procède toute chose qui est grande, et sage, et heureuse.-.
« Beaucoup sont appelés, peu sont élus. Amen. Eugenius Philaléiijes, Jen. F. R. S. i"p mars 1721. Par cette préface, s’adressant à deux catégories de Frères, vous pouvez constater qu’au moment où la Maçonnerie redevint le lien rattachant entre eux tous les cultes dans l’invisible, il y a eu, dans notre Insti tution, comme dans toutes les religions, deux lan gages, et des sens différents appliqués à de mêmes symboles. 14
210 l'initiation Voilà une chose qui aurait mis en grand désarroi la sagacité des Dupuy et des Volney, s'ils l’avaient sue, et qui attirera, je n’en doute pas, toute votre at tention.
Pour trouver le chemin dangereux qui peut con duire à la vérité, le maçon intelligent doit se résoudre à travailler par lui-même, étudier les symboles, ob server, comparer, méditer ; s'aider.dans sa recherche, de l’étude des sciences occultes, et fréquenter les écoles où, comme dans le Martinisme, ces sciences sont en seignées.
Mais, pour arriver au secret sublime du GrandŒuvre, il faut, comme je vous l'ai dit au début et comme n’ont jamais cessé de le répéter les Maîtres de ¡’Hermétisme, s’affranchir auparavant de toutes les passions et reconnaître que la base fondamentale de toutes nos actions doitêtre l’amour de notre prochain, et non pas cette affreuse maxime que l’égoïsme a gravé partout : Faire fortune.
L’OCCULTISME EN RUSSIE Par Punar-Bhwa S.-. 1.*. M.-. S/. C.\ (r) Les mouvements martinistc et occultiste prennent des proportions immenses. Nous assistons aujour d'hui à un nouveau courant évolutif dans l’histoire de la Russie. Les timides essais des personnalités il lustres dans sa littérature tels que Aksakoff, Budisco.
Solovieft, Datschenko, Galitzine, premiers pionniers de la vérité, ont trouvé des prosélytes et aujourd’hui le courant spiritualiste devient permanent et univer sel. L’étendard de l'Occulte, arboré par ces envoyés de l'invisible, voit se grouper autour de lui des sa vants sérieux, des cercles d’études, des sociétés d’étu des psychiques, des groupes, des fraternités entières.
Une voie, grâce aux efforts persévérants des chefs du mouvement, s’établit entre les mondes des Uni versités et le monde spiritualiste, les matérialistes d'hier deviennent les plus fervents adeptes de la Science. Cette voie, d’abord simple piste, difficile à passer, s’élargit peu à peu, s’est améliorée depuis plusieurs années, et la route large de la science, plantée des (i) CreslafT von Erynski.
2 I 2 L INITIA I ION cantonniers établis par Papus, Maître Philippe, de puis Aleksandrovo, à la frontière allemande, jus qu’aux confins de la Russie asiatique, montre aux adeptes le chemin à suivre.
Tout observateur impartial reconnaît que l’école philosophique positiviste a fait son temps, que sa mo rale, prétendue scientifique et qui n’est qu’erronée, poussait l’homme au crime pour la nécessité de la lutte pour la vie, et qu’elle ne vivote que dans un cercle restreint de chauve-souris. Le doute que cette ergoteuse a soulevé dans nos âmes confiantes dispa raît.
Elle fait ses malles un peu légères, et n’assistera plus à la crise et à la transition qui n’auront pas lieu, l’esprit slave s’accommodant avec la paix, fuyant le rêve et les horreurs de la discussion oisive.
Les martinistes et les occultistes haïs, en butte à toutes les persécutions des lâches pamphlets, et à la perfidie de quelques louvetons éconduits ou déser teurs, se fortifient par leurs « éloges » préparent la voie aux convictions de demain, à la foi intelligente, éclairée, scientifique, qui brûle déjà dans les coeurs de notre immense empire.
Les luttes que nous soutenons préparent le terrain pour la semence, les sillons intellectuels couvrent la surface 1 Mais combien y aura-t-il de stériles, com bien d’avortés ? Mais le germe y restera et nos suc cesseurs verront le triomphe complet de nos idées si répandues. La nation russe, jeune encore, divisée par l’immen sité de son territoire, par le climat, les mœurs, les conditions sociales, commence pourtant à prendre
L’OCCULTISME EN RUSSIE 21 3 conscience de sa force latente : Les antagonismes po litiques, religieux, font place à des groupements d’in telligence, de la foi, de la vérité. Les adeptes affluent dans les rangs des mystiques ! Nos femmes aimantes, nos belles sœurs, nos frè res audacieux, hantés des memes problèmes, aiguil lonnés par les mêmes soucis, tous inspirés de l’invi sible, travaillent avec nous pour le triomphe de la vérité.
Ce n’est pas sans lutte, ce n’est pas sans froisser quelques susceptibilités, ce n’est pas sans avoir vu plusieurs de nos frères déserter lâchement la cause, que nous préparons l’avènement d’une science psy chologique et d'une croyance en l'immortalité uni verselle, croyance qui de plus en plus s’étend et se fortifie, grâce à notre persévérance et notre courage puisés dans la chaîne magique du martinisme.
Et c’est avec raison que le Maître Papus m’assurait, il y a quelques années, qu'il voit en Russie, dans f étude sérieuse des sciences hvperphysiques, une évo lution scientifique s’opérer qui changera bientôt la face de l’Europe !
A mesure que nos idées mûrissent, que le cercle de nos initiations s’étend dans l’Empire, des mission naires de toutes les branches de l’occultisme viennent provoquer l’attention, peut-être seulement la curio sité des hommes.
Ce sont les conférenciers en occultisme qui surgis sent dans la capitale, c’est Asgarlha qui tâche d'ex poser de son mieux ses petites connaissances ; c’est Tsvictkoft qui parle de l’àme humaine et de son imI 214 l’initiation mortalité; c’est Smolenski qui agace les matérialistes par des déductions logiques ; c'est Mme Rochester Krzvranovska, l'inspirée, qui. dans des romans bien mouvementés, bien documentés, propage, avec suc cès, l’existence de la science occulte.
Ses chefsd'œuvre ont accaparé les esprits même les plus rébar batifs. C'est l’érudit savant P. O. M.. docteur en her métisme de Paris, qui professe l’occultisme dans son cycle des conférences basées sur le programme de l’Ecole hermétique. Cet cminent professeur publie ses cours dans les journaux scientifiques à Pétcrsbourg.
Les provinces les plus éloignées du centre suivent l’exemple de la capitale et nous recevons tous les jours des comptes rendus qui réjouissent noire âme versant un baume dans nos coeurs meurtris par les calomnies, les persécutions de l'envie.
Des centaines de journaux à Moscou, Varsovie, Odessa, Kieff et dans toutes les villes de l’immense Russie, propagent l’idée de l'occultisme; même en critiquant les chefs du mouvement ils sèment le grain, que récolteront bientôt les masses. Nous assistons, je le répète, au prélude d'une de ces rénovations qui à pas de géant envahit le$ âmes, ennoblit les cœurs, une rénovation profonde plus grande que celle des guerres religieuses.
Dans les cabinets des hypnotiseurs, des magnéti seurs, les malades sont traités par les systèmes du docteur Encausse, de Durville, de Luys, de Bar-leDuc. Les médiums guérisseurs font des cures mer veilleuses. Les simples soldats de l'occultisme, les chiromanciens, les médiums, les tireuses de cartes,.
L'OCCULTISME EN RUSSIE 2 1 5* les écrivains à la planchette de Léon,les clairvoyants, attirent une foule de curieux qui les raillent, les ridi culisent, mais quand même affluent. Les séances de spiritisme avec notre Jean Gouzik ont converti beaucoup d'incrédules, et dans presque chaque maison on trouve des spirites. Un cabinet d’astrologie monté par un adepte de Star attire l'at tention des gens sérieux.
Le fakirisme est représenté par le sympathique S. qui ne peut réussir à se couper la gorge, dans ses expériences fakiriques, au gré de quelques amis '? . Nous avons aussi rencontré un m lium professionnel, Miss C., qu’on dit qu’elle est dirigée par des esprits inspirateurs. Sur tous les points un nouveau spiritualisme appa raît.
Les journaux scientifiques, tels que Isida, à Pétersbourg, le Rébus, le Spiritualiste, les Emiele Mysii, à Moscou, et d’autres sont les liens qui unis sent les deu.x mondes matériel et spiritualiste. Nous autres, les martinistes, nous nous adressons surtout aux âmes évoluées, aux esprits libres qui veu1 -nt trouver par eux-mêmes la solution des grands problèmes qui tourmentent l'humanité.
Nous leur offrons dans notre fraternité les moyens « de l’initia tion » dans les trois mondes, où ils trouveront la conception, l’interprétation des vérités et des lois uni verselles, enseignées par la sainte Kabbale, en sus nous leur fournissons, à ces « appelés » dont l'élite grossit considérablement, des données, basées sur notre expérience personnelle, sur la raison et l’ensei gnement de nos maîtres, du Visible et de l’invisible Nous jubilons, car graduellement nos frères nom216 l’initiation breux s’éclairent dans les problèmes les plus obscurs.
Par ces adeptes de Pasqualli, de St-Martin, de Papus. l’au-delà s’entr’ouvre, le côté divin des êtres et des choses se révèle dans la compréhension des trois mondes.
Par la force des enseignements fournis par les œuvres de Papus, d’Eliphas Levi, de St. de Guaïta, de St-Yves d’Alveydre (que les industriels littéraires traduisent, compilent, hachent à tort et à travers), la propagande des idées de ces Maîtres se manifeste d’une façon extraordinaire.
Des articles dans les jour naux les plus répandus, des brochures apparaissent, des livres en langue russe, polonaise, française, alle mande, oukrainienne, espérantiste, des compilations des auteurs de l’antiquité et du moyen âge, même avec illustrations, se trouvent en masse; des traités de chiromancie et d’autres arts divinatoires pullulent dans les boutiques et les magasins.
Des éditions bien soignées se voient dans les librairies de Wolfï, de Souvorine, etc. Les salons regorgent d'occultistes pratiquant les arts divinatoires, et provoquant les phénomènes d’hypnotisme.
Lentement, bien lentement, la concorde s'établit entre tous les soldats de l’occulte, et bientôt le jour arrivera où les spirites, les théosophes, les métaphy siciens s’allieront aux occultistes et aux martinistes, abandonneront leurs petites rivalités étroites et vieil lies, se fonderont en une vaste association, embras sant tout l’Empire !
Je vois poindre le jour où sciences, philosophies, religions aujourd’hui divisées, se ré pandront dans la lumière sous le pentacle de IehaLOCCULTISME EN RUSSIE 21 7 shouah, et ce sera la vie, la splendeur de l’esprit, l’avènement de Malkout, le royaume de la Science’. Les occultistes en Russie ont passé les temps de la crise.
Mais hélas, de nouvelles crises apparaissent, de nouveaux malheurs prévus par vos Maîtres, Philippe, Papus, catastrophes que j’ai lues dans le cliché astral, il y a deux années et prévenais de la désastreuse ar rivée dans les journaux Novoie Wremie, Birchevi Wiedomosti, et dans les brochures (i). L’avertisse ment des cieux ne fut pas écouté par les incrédules !
Les épidémies de suicide, les ravages du choléra, le fléau de la peste, les incendies, les tremblements de terre, les inondations, tous phénomènes occultes, causés par les élémentaux instruments du Karma, ra vagent le pays. il a fallu à cette pauvre grande nation russe, des dures leçons de l’adversité pour la rappeler au principc-Principe, à Dieu '.
11 me semble que la nation russe hypnotisée par des forces ténébreuses suivait une route bordée de pré cipices. L’alcoolisme, le crime, l’anarchie, le nihi lisme dans les sciences et les arts exercent encore leurs ravages. A chaque instant des scandales écla tent, des procès, des révisions éveillent des curiosités malsaines, remuent la vase où fermentent les élémen taux delà corruption, de la haine, de la vengeance?
Et le fléau de la peste, de la mort noire, que j’avais prédit encore une année avant son éclosion '. Elle en- (1) Dans un desprochains numéros de l'initiation, nous don nerons la liste des prédictions vérifiées de Punar-Bhava (La Rédaction).
2 l8 l'iNI I IA 1 ION lève des milliers et milliers de victimes, et étendra son parcours hideux des confins de la Russie asiatique jus qu’au centre de l’Europe ! Veillez. mes frères.’ Nous au tres, martinistes russes, nous veillons sur nos frères sur pris par ce fléau, par le tourbillon des élémentaux per nicieux. La peste est une maladie astrale du corps astral delà Terre et du corps physique et astral de l’homme.
La guerre contre ce fléau doit se passer dans les trois mondes. i° C’est parle traitement psychique, adressant nos prières ardentes, le meilleur de nous à la Terre-Prin cipe toute-puissante pour que Sa miséricorde unie à notre volonté psychique, transmette des ordres aux habitants de l’astral pour nous aider dans la lutte contre ces agents nuisibles, les mauvais élémentaux.
Dieu exaucera nos ferventes prières et la Providence voudra notre bien et notre évolution. 2° Connaissant lelémental, lesadéptes, les élus fer vents, les bons, les charitables et les pauvres d’esprit, devront engager la lutte avec eux, leur commander d'arrêter l’œuvre nuisible, féroce.
Ces ennemis de l’homme, voulant évoluer dans leur plan ou ré-évoluer à tout prix, s’incarnent trop vite dans le corps astral de la Terre, de l'Homme mort ou de l’ètre vi vant passif, soit dans les règnes végétal, minéral ou animal, brisant la vie matérielle, retardent en même temps l’évolution physique et astrale, se complaisant dans l’œuvre démoniaque.
Pour attaquer, pour prendre l’offensive, il ne faut pas donner prise à leurs agressions, ce qui demande une pureté morale ou physique.
i.'occt LiibME i n sig ílelas, ce moyen n'est pas facile, puisque l’homme ne donne prise aux attaques de nos ennemis naturels, les élémentaux, que dans l’évolution dans le plan as tral supérieur, le corps astral pouvant cire encore leur proie <7 in? le plan astral inférieur.
Maisà notre consolation, disons que pour passer dans ce plan, on n’a pas besoin d’étudier, mais il suffit d’un seul effort de notre volonté, pour s’y élever, c’est celui de vou loir le bien d’autrui, aimer son prochain et Dieu par dessus toutes choses. 3 Pour le traitement du corps physique et de la vi talité, la Nature y a pensé et nous prodigue comme toujours tous les trésors enfouis dans le sein de la Terre-Mère!
Dans les remèdes que j’ai prescrits dans les journaux russes et dans une brochure apparue ré cemment, se trouve une liste de plantes magiques ayant des propriétés occultes pour enrayer la marche évolutive pernicieuse et morbide des élémentaux ma térialisés dans le corps physique de la terre et de l Homme !
Le corps astral de la Terre-Mère ayant été attaqué par les élémentaux, instruments du Karma historique, le corps astral de l’homme en ressentses atteintes. Le système de la nutrition physique, morale et intellec tuelle doit être changé, remplacé par l’Amour uni versel. La Terre souffre, le peuple souffre’, l'àme de la Russie souffre!
Elle souffre cette âme qui doit être l’initiatrice des peuples slaves, cette âme noble qui invoquant le Dieu Sabbaoth doit être la libératrice du joug odieux de l'Allemagne exécrée ’ cette âme gêne220 l'initiation reuse qui doit être le guide dans la voie sacrée du de voir, des lois prescrites par la Providence, cette grande âme russe souffre avec scs organes corporels de se sentir vivre dans un corps possédé par les esclaves de Samael, du prince de ce monde; les élémentaux delà haine, de la vengeance, de la désespérance ’ O âme immortelle de la Russie, inspire-toi de ton gJnie protecteur saint Jean, invoque-le !
Prie-le qu'il invoque les puissances divines, pour t’aider dans la résurrection de ton génie slave ! Inspire-toi, nation russe des paroles inspirées de notre maître Saint-Yves d’Alveydre (i) ; Ah Satan est fort I mais... l’Aigle (2J a bien com battu ! Anges! Saints ! Héros purs ! Et toi, (leur de vertu ! Reine des âmes, sois Bénie, Pour ce Miracle tel, que ces cieux éclatants N’en ont vu de pareil peut-être en aucun temps !
Et nous les successeurs du grand Maître, les martinistes en Russie, nous joindrons avec Lui nos voix jubilantes (3). Et sur terre, dans l’air, au ciel, dans l'infini, des voix chantent, disant: Bojé! Tsara Krani ! (1) Saint-Yvls d’Alveydre, ! Empereur Alexandre III. Paris, Lahure, 9, rue de Fleurus. (2) Le génie protecteur de la Russie, saint Jean. (3) Saint-Yves d’Alveydre, rEmpereur Alexandre III.
Vers Fuñique synthèse des traditions initiatiques {Contenant le Credo Universel.) Saint Augustin disait : « La chose que l'on nomme aujourd'hui religion chrétienne existait déjà chez les antiques, elle n’a cessé dès l’origine d’assister le genre humain, jusqu’à ce que le Christ lui-même s’y in carnât. » Comme vous le voyez, les Pères, cette sève première de l'Église primitive, cette dernière expression de l’éloquence gréco-latine de l’École d’Alexandrie, les Pères étaient des initiés qui fixaient leur regard sur cette fin des religions, l’unité.
Oui, les Pères, et principalement ce groupe inspiré de Pères grecs, qui subordonnaient la théologie à la philosophie occulte, suivaient dans la libre voie du raisonnement caractérisant l’ère commençante de l’Église, le même enchaînement d’idées, que suivirent (i) Différemment dites dans deux centres differents. Au cercle de la Française à Paris, à la Société Théosophique à Nice. Ce texte réunit les deux versions parlées, et les complète l’une par l’autre.
r 222 L’iM ri \T10N les adeptes de l’antiquité, et que suivent aujourd'hui de toutes parts, les esprits essayant à remonter aux origines dispersées de Yunique synthèse, qui d’éche lon en échelon construit les deux piliers fondamen taux, les deux colonnes saintes du Temple de la Re ligion Universelle, la tradition religieuse orientale et la tradition religieuse occidentale, fondement néces saire de la Doctrine absolue et symbolique.
Toutes ces raisons font voir que le but de l’évolu f tion spiritualiste actuelle est précisément de faire tou cher, de faire sentir, de faire savoir, par quels liens l’humanité se rattache à elle-même dans l’acte d’une conscience éveillée à une crovance affranchie, renouant la chaîne vive des connaissances occultes, qui passent sur la spirale commune des memes principes: d’une harmonieuse synthèse admettant, impliquant même les cultes particuliers, se succédant ou s’enrou lant autour du fait infiniment certain, de la certitude humaine, du témoignage de la divinité dont l’huma nité trouve la vision dans son berceau.
Et ceci n’est pas un fait d’imagination, mais un fait parlant à toute intelligence équilibrée, rattachant sa droiture, à l’impartialité de la preuve irréfutable.
Faut il le redire sans cesse, ce sont les doctes mem bres des Facultés, ce sont des hommes occupant de hautes situations dans le monde scientifique, poli tique, administratif, qui viennent nous attester la réalité des communications avec l’au-delà, des rap ports entre le visible et l’invisible, qui, par induc tion et déduction, par l’analyse et la synthèse posent la main sur le point de jonction des forces subtiles de
VERS L’UNIQUE SYNTHÈSE 22 J l'esprit, interpénétrant les forces subtiles de la nature, perçues par la science, heureux qui voit cette Lumière Comme vous le savez, c’est à partir de l'alliance de la Science et de la Religion, par les sciences occultes, que l’insomnie du matérialisme commence (ij.
Si nous voyons clairement que la nature des fa cultés psychiques est distincte de celle de la nature physique, comment concevoir que l’homme doute des rayons de la Foi en l'au-delà parce qu’il a devant lui les confins de la terre? D’ailleurs tous les progrès de l’homme dans le beau, le vrai, le bien, tournent son regard, ramènent son esprit vers la recherche de la certitude qui réside dans la Foi.
Un peut même aller plus loin et dire que la vie n’est perfectible qu'à la condition de considérer un idéal, sur lequel rayonne la souveraine et grande lumière de la Foi, sortant de l’essence divine et y re montant, comme à son royaume; ce que la science cherche, la Foi l'a trouvé, oui, plus haut que les ef fets et plus haut que les causes, la Foi est la clôture à laquelle la Pensée aboutit.
Donc, gardons entière la tradition de la théogonie occulte, d’une religion uni verselle que l’enseignement conventionnel cause même de l'athéisme — les enfants aujourd’hui ne veulent pas des légendes de la Bible — amoindri et amorti, car sans son action et sans la relation morale qu’elle exprime, tous les progrès de la civilisation se raient comme des pierres sans ciment. (i) Car si même il existe, le cas de fraude ne détruit eue la fraude et non la réalité du phénomène circonscrit.
224 l’initiation N’en doutez pas, nous sommes unis ensemble par les liens intimes de la foi, et consultez là-dessus le grand précepte de la Société tout intérieure des âmes, l’idée entre toutes auguste et vénérable, c’est d’ouvrir au travail régénérateur des cerveaux et des coeurs, les organes des âmes, les convictions immortalistes, ren versant les frontières de la mort, qui n'est pas la mort mais la survivance, une phase de la vie; c'est de ren dre populaire, ce qui avait été le privilège de quelques initiés, c’est de répandre cette force des forces, cette science des sciences, la science du soi divin, la science de l’àme, résultant lumineuse d'une certitude.
Eh bien, pour ne pas m’égarer dans un aussi vaste sujet, c’est la trace de cette théogonie occulte, de cette religion universelle que je vais suivre, parce que c'est à elle seule que dans l’enchevêtrement des causes et des effets on peu toujours se fier; ce que je veux vous prouver en la suivant et vous prouver rigoureusement, c’est, d’abord, qu'il faut considérer toutes les reli gions particulières comme faisant partie du système de la religion universelle; comme autant de degrés des modifications transitoires de l’évolution des peu ples, qui en somme ont toujours marché vers l’idéal d’une Foi éclairant les esprits et agrandissant les cœurs; ensuite que si on ne peut pas toujours faire concorder le christianisme ésotérique, du sens caché de la doctrine intérieure, avec le christianisme exotérique, extérieur, officiel, c’est parce que l’un cons titue la réalité de l’enseignement du Christ.
« Les pa roles que je vous dis sont esprit et vie » et l’autre son illusion, c’est parce que l’un s’appelle l’ouvrage de
225 VERS l’üNIQL’E SYNTHÈSE l’homme, de la violence de la lettre qui s’use elle même, alors que l’autre s’appelle l’œuvre de Dieu, de l'Esprit qui vivifie et qui fait jaillir de la bouché con vulsée de l’humanité comme un hosanna de paix, la lumière mondiale du « Credo » universel. ★ « » Les grandes idées évoquent les grands faits, l'an 27 avant notre ère, à l’occasion de la victoire d'Actium, Rome complétait son triomphe par ce fait mé morable : franchissant le seuil de la tolérance, le peuple romain dédia le Panthéon, à tous les dieux incarnant et résumant les innombrables expressions de l’idéal humain, rapproché sous sa protection.
Eh bien, que ce grand geste qui donne la même âme. qui crée une fraternité de la croyance, faisant passer l’âme antique d’une profonde obscurité à une lumière manifeste, nous instruise de ceci : oui, ayons toujours présent à l’esprit quand nous parlons des paganismes, que les dieux symbolisant les pouvoirs de l’unique divin différenciés par le multiple, ne sont que les administrateurs de la nature.
« Nous adorons sous mille modes divers,nous invo quons sous des noms divers », écrit le rhéteur Maxime de Madaura à un Père de l’Église (saint Augus tin) « les vertus de Dieu, répandues dans l’univers.
Réfléchissez encore à cette pensée des hiéroglyphes déchiffrée par l’illustre égyptologue Mariette Bey « La société des Dieux se totalise en un seul cœur » et vous reconnaîtrez un même esprit, coordonnant le fond des rites les plus opposés; oui les symboles for22Ó l’initiation mulés sur les terrasses superposées des édifices de la Chaldée et de l’Assyrie, sur les hiéroglyphes finement gravés des nécropoles thébaines, sur les colonnades des hauts pylônes, des hiéroglyphes, des hypogées r d'Egypte, sur les métopes des frontons grecs, parmi les blancs portiques de temple romain, tous ces sym boles épars, nettement gravés dans la pierre et dans le marbre, ne sont autre chose — ai-je besoin de vous le faire observer — que des représentations de la sub stance au moyen de laquelle l’univers est formé, et du pouvoir par lequel il se maintient ; mais ce qui est plus nécessaire de vous faire remarquer, parce que cette observation concentre le sujet meme de cette conférence, c’est que les anciens savaient que les mer veilles de l’univers physique pâlissent devant celles de l’univers métaphysique, que le monde physique et le monde moral sont solidaires, et que c’est la Pensée qui affranchit la terre.
Si nous traitons peut-être d’une façon plus mathé matique les lois de la gravitation et de l'attraction, les forces en soi indestructibles et inexpliquées qui gou vernent le monde, la sagesse antique, les mystères psycho-cosmiques de POrient classique, malgré que nous neconnaissions que les vestiges du Pythagorisme et de la Kabbale, comme des secrets révélés par les papyrus magiques, les lois des données intellectuelles des anciens, enfin, nous apparaissent aussi fermes que celle des lois physiques des temps modernes, des JS lois fondamentales de l’Etre, base de la nouvelle socio logie, oui, en effet, fondée sur les correspondances plus étroites entre les principes humains ou naturels.
vers l'unique synthèse 227 et ceux du cosmos, sur une démonstration plus mé thodique des faits adéquats à la sphère physique, nu mérique, ou psychique, la tradition antique liait entre elle, d’un lien plus commun la loi du mondeet la loi de Dieu, la réunion de la partie au tout, le proces sus allant du macrocosme au microcosme gestation analogique entre les principes et les nombres, aux corrélations infinies.
Chose digne d’attention le caractère essentiel de l’antiquité, qui par la triple voie du Logos, faisait du Temple le centre de la purification des âmes, était de ramener toutes les contingences aux principes nu mériques de l'Occulte, régi par le nombre, image sensible et vivante de l'Être principe, pour s’en convaincre il suffit de se rappeler que le plan des Temples de l’Inde est septénaire. Pourquoi ?
Parce qu’il symbolise le septénaire des forces natu relles, parce qu’il s’inspire du septénaire du cercle primordial, parce que le Logos manifeste est septuple, et n’oubliez pas que les sept hiérarchies des pouvoirs créateurs correspondent à leur tour à l’échelle septé naire des formes, des sons et des couleurs se péné trant, se confondant, se répondant dans la sublime et profonde unité, indivisible, éternelle, d’où sort l'uni verselle Harmonie, ou seul le Pré-antinomique, l’ab solu ne se représente pas. ★ ¥ ¥ Certes l’initié savait ce qu’il faisait lorsqu’il mettait l’adepte mystérieux face à face, avec le mystère su228 l’initiation prême de l’épreuve initiatique et ses périls physiques et moraux, qu’il devait braver d'un âme forte, par la science et par la pensée.
Lorsque le visage éclairé d’on ne sait quelle aurore, au moyen des quatre éléments, l’eau, le feu, la terre et l’air, il lui faisait passer leur série ténébreuse, va riant selon les grades correspondant aux petits et aux grands mystères et enfantant la conquête des attributs parfaits, universels, absolus de l’existence, des forces divines qui fécondent les espaces infinis et s’enve loppent de mystères comme l’éclair de nuées.
Lorsque l’œil fixé sur les symboles accumulés de la con naissance raisonnée et scientifique des choses di vines, il apprenait à l’adepte attentif s'élançant vers la vie cosmique, dont la force vitale est une ré suivante, à polariser ses forces nerveuses par la triple purification, celle de la pensée, celle de la parole, celle de l’action ; à vaincre le Dragon de l’astral dans la haute lutte du Bien, caria limite hostile du mal, c’est la raison pour laquelle le moi supérieur de l’homme, son subconscient reste voilé, jusqu'au temps déterminé ou couvrant ses mutilations par son rayonnement, la conscience de l’homme psychique qui doit monter jusqu’au zénith, la conscience de l’homme spirituel émanation de l’absolu qui doit y remonter, livrant l’assaut au pouvoir divin, substi tuera à l’action désordonnée des passions, l'action calme et pacifique, l’action libératrice de l’union avec le Divin, du pouvoir organisateur de la transmuta tion des forces d’un plan à l’autre, du moi humain dans sa relation du moi divin, de Dieu au monde et
vers l’unique synthèse 229 du monde à Dieu, car la lin étant à Dieu, elle est à la lumière, par la lumière, qui triomphante, vaincra.
Vous le voyez nous saluons dans l’initié des loges égyptiennes des hypogées et de leur Panthéon mys tique, des sanctuaires de Belus, des Temples dTIéliopolis et de Pcrsépolis célébrant le plus grand des mys tères de ¡'Occultisme, celui du drame solaire, histoire de la divinité - 1) non seulement l’initié de la Théurgie divine, basée sur une géométrie secrète, résumant les phases successives et multiples de l’univers, mais nous saluons dans cet Initié l’interprète d’un puis sant intérêt moral, d’une discipline empoignant for tement l'occulte qui en connaissait l’ordre mieux que nous, par l’entraînement des principes moraux les plus élevés ; oui, nous saluons dans le mage de Babylone le gymnosophiste des Indes, l'astrologue d'E gypte, un interprète des grands dialogues des univers, répondant à la question de l’esprit et cette réponse qui vient de loin dit : que lame est débitrice d’une céleste patrie, qu'elle la paye avec son exil terrestre, que l’âme plongée dans le cercueil solitaire de l’obscu rité matérielle, et l’âme nageant dans les radiations de la lumière, sont l’une l’esclave et l’autre l’affran chie de la même nuit et de la même aurore, car nul n’accomplit sa destinée en dehors de la loi de gravi tation des âmes, nul n’échappera au châtiment exter minateur du mal, qu'il n’ait payé sa dette jusqu’à la (1) Le soleil, manifestation divine du corps de Dieu, figuré par Amon-Ra.
l'initiai ion dernière obole, il n’y a pas d'insolvable pour la Jus“ tice Suprême et voilà pourquoi la vertu est nécessaire à la marche du monde, le but de l’évolution étant de subjuguer la matière à l’esprit, à la pensée divine, au grand souflle, qui passe à perpétuité sur les mondes et d’où l’on voit sortir dans une sorte d’abaissement d'autres clartés, d’autres vérités, d’autres mystères dans l’ombre profonde de J’abîme des siècles ouvrant brusquement la porte à l’inconnu, où rouleront peutêtre à jamais les humains dans les vagues de l’in fini.
Dédalesdes nécropoles,montagnes depierre rigoureusementorientés despyramides, cavernes aux profonds détourssculptésdans le Dekan, galeries aux chaos con fus des collines d’Ellora, sanctuaires brillants à travers les blancs péristyles des colonnes, c’est vous, sombres souterrains, vous parois des monuments éclatants, vous Temples superbes répandant vos harmonies sur tout un peuple frémissant, vous qui avez vu passer la vaste connaissance ardemment cachée du vieux magisme, de la doctrine secrète, c’est vous qui pourriez nous dire, ce qu’il a fallu de force à la foi, pour vous enfermer dans les entrailles delà terre cité souter raine, ou vous lancer dans l’espace, jet sacré des co lonnes, ou bien faire surgir devant des temples aux formes inconnues, la ligne infinie des allées deSphinx, gardant la clef du suprême mystère, c’est vous qui pourriez nous dire ce qu’il faudra encore que l’hu manité use d’énergie à apprendre, avant que la desti née de notre race s’accomplisse et que la synthèse brisée de la Religion-science renaisse au milieu de la
b vers l’unique synthèse a3i société moderne, plus pénétrante de pensée, plus puis sante de formes, plus subtile de savoir, sortant naturellement de projections techniques des forces incon nues, dont nous trouvons l'explication dans la plus haute antiquité, dans l'alphabet sacré image de l’al phabet astral, vérités occultes voilées dans le cœur d'une tradition, qui pour souder ensemble les frag ments rompus d'une synthèse unique, à la spirale in finie, doit nourrir sa sève dans les lieux d’unité des choses étcrnelies, des radieuses essences par lesquelles l’homme atteint l'absolu. * ¥ Mais avant d'aller plus loin, entendons-nous sur le double sens du mot magie: la concentration bien faisante, le fluide blanc, c’est la magie blanche, la concentration malfaisante, le fluide noir, c’est la magie noire.
Disons-le bien haut, la magie noire c'est l’abus du Bien, c'est la pensée artificielle, opposée à la pensée pure, ayant recours aux forces divines, non pour ob tenir d’elle ce qui est utile et favorable aux hommes, mais par l’injonction et la conjonction par la pra tique de la même science, aux manifestations con- -•f’- traînes, s’exerçant à l’escamotage de ces forces évo luant les grands principes vitaux de la nature; à la manœuvre des clefs phénoménales du m âgisme uni versel pour la satisfaction de celui qui l'emploie et qui au lieu d’apporter les éléments bons de l’astral ; en apporte les mauvais; car la magie, le magnétisme universel, dont le pôle terrestre repose sur la grande
232 l'initiation initiation de la race la plus évoluée, la plus synthé tique qui est aujourd'hui la race blanche, ne subju guant pas les forces bonnes, subjugue les forces mau vaises; et n’oubliez pas que les grandes lignes forces traversant les mondes, les forces éthériques, sont les forces des forces, radiations qui influencent par leur vibration l'humanité sensitive ; oui, en effet qu'cst-ce que l’astral, des atomes restés à l’état fluide, et dont les flux plus perpétuels, positifs ou négatifs, font ou défont, peut-être les mondes dans l'univers impéris sable.
Si les tablettes de Ninive, du Musée Britannique, nous font pleinement savoir, que les mages, baby loniens d’origine, s’appliquaient à une caste de peuple mède, celle qui était apte à exercer les cérémonies du culte, celle qui menait une vie austère et dure qui lui valait une autorité sans limite aussi longtemps que dura la suprématie de la race iranienne.
Si les parois des chambres funéraires des pyra mides, nous révèlent encore la magie comme une forme de la théurgie divine, c’est-à-dire de la loi des correspondances qui nous révèlent l'invisible, nous savons, depuis que le papyrus nous a rendu quantité de grimoires mystérieux, que le monde gréco-romain a peu connu la classe élevée des Mages.
On peut même dire qu’Athènes et Rome n’ont surtout connu que les pratiques de la basse sorcellerie; ainsi la magie égyp tienne et les nécromanciens Chaldéens, jouissaient d’une vogue réelle, qui se prolongea pendant la durée de l’empire romain et du bas-empire.
Notez ceci : les mages des degrés inférieurs s'appelVERS L*UN1QUE synthèse 233 lent des savants, car être un savant n'était pas assez, il fallait être un esprit pour devenir un Initié, donc, seuls, certains membres de la catégorie des mages et précisément les Initiés du neuvième degré avaient le droit d'étudier et de pratiquer la magie, mais lorsque nous arrivons aux gloires aveugles de Rome, tout est ombre autour de la Doctrine intérieure.
Je me bornerai à rappeler que quand Appolonius de Tyane dans ses entretiens avec les brahmanes évoque les secrets magiques, qui comme les peuples avaient soumis les rois au sacerdoce, la Doctrine se crète dépouillée de ses rameaux, regardait en frisson nant le passé où se mouraient les dernières lueurs de la Révélation première dont la grande voix parlait à la grande voix des univers ; ainsi lesoracles n’étaient plus qu’un nom, et qu’un mauvais nom autour du quel se faisaient de mauvaises choses ; oui, malgré le mur gardien du secret exigé de l'initié, malgré le caractère redoutable de son serment, appuyait les de grés de l’initiation sur la loi de l’univers, silence exigé de l’initié la méthode symbolique des âmes fut dévoilée avant les temps pouvant la contenir, carie secret de l’initiation était exigé par l’infériorité des temps dont la maturité ne se décrète pas devant ce qui est éternel.
Voilà ce que nous savons, le culte de la plus ca chée, de la plus épurée des religions, celle de l'Absolu actif du Feu éternel entretenu par les Initiés, que vit encore Strabon s’affaiblit par l’influence de l’impos ture et devint un écueil, que dis-je une pierre à scan dale, contre laquelle s’élevèrent de toute leur force,
* l’initiation les adeptes de la philosophie néo-platonicienne, qui, comme Pythagorc basaient leur profonde philosophie, sur les abstractions vulgarisées des Initiés ; oui, Plotin, Porphyre, et particulièrement Jamblique, cet adversaire déclaré du christianisme, ne pouvaient assez détester, ne pouvaient assez maudire la magie phénoménale et sa coalisation des ténèbres, contre partie de la magie blanche et prisme manifeste de ses illusions, car il n’y a de vrai dans la magie noire que ses crimes. ♦ ¥ ¥ Souvenez-vous de ces paroles de saint Paul : « Nous ne luttons pas contre la chair et contre le sang, mais contre la domination, contre les puissances, contre les seigneurs des ténèbres, et contre la méchanceté des esprits dans la région de Fempyréc, et voilà com ment s’accomplit l’oracle de Delphes, à Auguste qui, vieillissant à l’ombre de ses trophées, interrogea les dieux, dans l’intérêt de sa succession.
« L’enfant hé breu, à qui tous les dieux obéissent, me chasse d’ici et me renvoie aux enfers. » Et qu'on ne dise pas, que ce sont là, de ces retours de la destinée dont on ne saurait rendre raison ; qu’il me suffise de rappeler que lorsque Julien, ce souverain devin et sophiste, qui considérait le paganisme de son temps, comme une corruption de la véritable théurgie, dont il cherchait les origines dans Ja plus obscure antiquité, quand ce fanatique du passé, voulut rétablir le paganisme, non seulement il échoua dans son entreprise, mais encore il précipita les ruines des anciennes croyances.
Pourvers l’unique synthèse 235 quoi ?
Parce que l’àme de la religion était sortie de ce grand corps, parce que le mal que le paganisme avait fait, il fallait que le paganisme l'expie, parce que le génie de la magie noire errant sur les décombres, em plissait de ses nuées, la scène d'une société vieillie, d'un monde finissant, tressaillant sous la main de Dieu, qui se couchait dans son cercueil cerné de cor ruption car le sol de la certitude morale, se dérobait sous ses pas, oui, c'est l’incertitude sur la nature di vine qui a fait l’affaiblissement de la société romaine, comme elle fait la nôtre.
Ressouvenez-vous que le monde ne peut accepter l'amoindrissement de la foi sans ouvrir son tombeau et à l’heure où la lampe de la l oi intérieure s'éteignait petit à petit dans la société romaine, l'empire déchiré s’inclinait devant les bar bares mais Dieu seul est grand, et la Foi révélatrice n’était pas morte, puisque le christianisme fortifiant le monde dans ses malheurs par les douleurs delà croix en sortait l'auréole au front. • 4 Reconnaissons ceci, le christianisme ne pouvait opérer l’étendue de sa révolution qu’en détruisant la cause occulte de la déformation des âmes, c’est ainsi que la jeune Eglise pénétra et brisa l’initiation de venue satanique.
Mais quelle que soit cette prescription, quelque forme qu’elle prenne, sous cette élimination la forr mation de l’Eglise demeure initiatique, comme les origines de l'Evangile, puisque les Esséniens, ces gardiens de la clef constructive de la Kabbale, placés
236 l’initiation entre ce grand passé le niosaïsme et ce grand avenir le christianisme, étaient des initiés, qui préparèrent la voie à l’involution du Verbe Principe, de la Lumière du Monde dressant devant l'humanité l’échelle for midable de l’infini ascension : « Soyez parfait, comme votre Père aux cieux est parfait », et ne perdez pas de vue que les Clément d’Alexandrie, les Origène, les saint Augustin, ces hautes individualités que leur génie isole, puisèrent l’indépendance de leur pensée, et le caractère universel de leur enseignement dans la LZZ1 Alexandrins, qui sut retrouver dans un effort mémorable tous les grands niveaux de l’initiation an tique, de la tradition orientale.
Quant à l’Église, appliquant sa puissance de com pression à l’esprit, elle n’avait cessé de souffrir que pour persécuter.
Ainsi les conciles des états généraux du monde chrétien, par haine du paganisme et aussi comme je viens de vous l’indiquer sous le coup des dérègle ments qui les y contraignirent, confondirent la théo gonie avec la théologie, ils diminuèrent la science, c’était amoindrir la lumière, ilsentravèrent la Pensée, c’était attenter aux droits même de l’esprit, ils impri mèrent enfin aux sciences cultivées naguère avec tant de gloire par les Alexandrins, le mouvement rétro grade d’un déclin prématuré, préparant le recul du Moyen Age.
Oui, les Scribes et les Pharisiens de la loi, qui se scandalisaient autrefois à cause des malades que Jésus guérissait le jour du Sabbat, les scribes et les pharisiens de la lettre, trompant le peuple par les
VERS LUN1QUE SYNTHÈSE 237 astuces de l’hypocrisie, substituèrent partout les fic tions aux réalités, prenant pour base l’ignorance et pour sommet le despotisme, ils firent esclave la raison que Dieu avait fait libre, et créèrent ainsi un ordre faux, sur les assises de la violence, mais la violence n’est jamais le fait de l'esprit et tous les penseurs ont senti cette rupture d’équilibre et constatés que la lu mière soudaine qui avait changé le monde, se relire petit à petit des actions et de l’activité de l’Église triomphante de l’Eglisedominatrice.
Remarquez ceci, en effet, le souffle pur des inspi rations primitives, n’anime plus le retour des gran deurs accordées à la ville éternelle, c’est ainsi que la gnose, la théogonie occulte, dépositaire de la vérité totale, succomba momentanément sous la fausse science, car c'est la lettre morte qui fait le symbole! * » • Oui, les enseignements de la Foi sont occultes, parce que leur sens doit être voilé.
Sans doute, il y a un christianisme ésotérique, ou bien le christianisme seul, entre toutes les religions de la terre serait dépourvu des clefs indispensables de l'initiation.
J'en atteste toutes les libres intelligences qui m’écoutent, la société navigue irrésistiblement, vers ce port-là; vous le savez, vous le prouverez par votre généreux exemple, le droit de l'àme implique le droit de la raison d’aborder, de pénétrer la vérité li bératrice, car la terre s’affranchit par la pensée, la chaîne des peuples se brise par la pensée, la tâche de la Pensée est d’imposer l’examen de ses convictions,
et voici que cette Pensée sondant les destinées, de mande aux Scribes et aux Pharisiens de la lettre quelles sont les causes que l'Eglise renient sous le rayon grandissant de l’Evangile, de 1 Esprit ! Est-ce celles qui retranchent l’incapacité fatale de la lettre ses fautes, ses contre-sens, sa politique de compression, barrant le passage de F Esprit par le fait humain.
Mais le Christ lui-même n’a-t-il pas ex primé la relativité de sa perfection au point de vue de l'absolu — Dieu. « Pourquoi m’appelez-vous bon, Dieu seul est bon a dit le Maître. » Est-ce celles qui développent un fait de logique qu’on n’usera jamais, auquel on se heurtera toujours. Lequel ? Celui qui affirme que les preuves dogmatiques de l’existence de Famé de son œuvre qui blessent la raison ne sont pas des preuves. Pourquoi ?
Parce qu’elles sont inexactes, oui, en vérité le seul point de vue exact pour juger de l’évolution d'un être im mortel et de ses destinées, c’est le point de vue de l’éternité impliquant l’accomplissement des étapes, des divers cercles, de l'enchaînement enfin des vies successives «assurant», comme dit Plotin X(i), à chacun le sort qui lui convient, qui est harmonique avec ses antécédents, selon ses existences successives. » Ne l’oubliez pas, l’Evangile enseigne que lame progresse dans ce monde, et dans plusieurs mondes : « Il ya plusieurs maisons dans la demeure de mon Père » disait celui qui vivait dans les secrets de
vers l’unique synthèse 23q l’amour divin, que nous ne connaissons point. « Sou venez-vous de cette apostrophe énergique lancée par le Christ, dévoilant aux Pharisiens la doc trine secrète de la préexistence de l’àme : «En vérité, en vérité je vous le dis, avant qu’Abraham fût, j'étais ». Cette déclaration mit les Juifs dans une telle fureur, qu’ils voulurent lapider Jésus.
Eh bien ! si on est obligé de s’étonner de l’aveugle ment des Juifs à nier la préexistence de l’Esprit, à la vie involuée dans la chair, en rappelant que le lan gage figuratif de la Bible symbolise déjà en maints endroits cet enseignement, ainsi la mère de Jérémie r déclare, que la Parole de l'Eterncl lui fut adressée disant : « Avant que je te formasse dans le sein de ta mère, je t’ai connu et sanctifié ».
Que dire des chré tiens, qui ignorent ce qui leur a été expliqué et dé montré dans l’Evangile; qui ignorent ce qu’ils ont sous les yeux depuis des siècles, des chrétiens qui sourient de pitié, au seul nom impérissable de laDoctrinc intérieure, des chrétiens enfin qui ne savent pas r que le domaine de l’Evangile, c’est l’initiation : Ai-je besoin de vous rappeler les similitudes par lesquelles le Sauveur annonçait la parole aux foules, aux peuples, mais lorsqu’il était en particulier, il expliquait tout à ses disciples et encore lorsque les douze l’interrogeaient sur le sens caché de ces simi litudes, il leur répondit « qu’il vous a été donné de connaître le mystère du royaume de Dieu, mais pour ceux qui sont dehors tout se traite par paraboles». Chacun sait combien curieusement Nicodème, un
l’initiation 240 théologien instruit parmi les principaux redoutant d’être dénoncé par toutes les superstitions et tous les fanatismes Juifs, arrive la nuit auprès du Maître, alors à Jérusalem, chacun sait de quelle manière le Christ tient cette âme palpitante, qui cherche à con cilier les commandements de Dieu et ceux des hommes, sous ces grandes et pénétrantes paroles : « Si un homme ne naît d’eau et d’esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu », eh bien si chacun savait que la matière infiniment transformable, se symbolisait dans l’ésotérisme antique par l’eau comme l'unité indissoluble de l’Esprit signifiait le feu, alors sans conteste, chacun apercevrait devant soi, hors de » la lettre, le fait éternel et intérieur de l'Evangile de l’Esprit, du Christianisme ésotérique qui est comme un second Christianisme, qu'on peut dire, est encore sous terre, tant il y a des ténèbres au-dessus de lui. t Enfin, remontez, vers les premiers âges de l’Eglise, vous verrez toujours l’initiation, comme le fondement de la Parole révélée.
Ainsi faisant œuvre d’initiateur saint Paul recommande avec persistance à Timothée, après que le collège des anciens lui a imposé les mains (Timothée, XII, 14) de songer aux dons que lui a conféré l’initiation, et dans sa première aux Corin thiens, le même apôtre écrit : « Vous êtes le Temple de Dieu et son Esprit habite en vous.
Qu’ainsi l’on nous tienne pour des ministres du Christ et des dispensateurs des mystères de Dieu. » Considérez encore que les fidèles de l’Église primi tive se soumettaient aux plus dures épreuves et don naient leur sang pour revêtir le Christ ; oui, qu’incarVERS L’UNIQUE SYNTHÈSE 2Æ1 nant en eux les douleurs du Sauveur du monde, par un crucifiement mystérieux, ils pouvaient dire comme qui vit en moi » et vous comprendrez que le livre scellé des sept sceaux ne s'ouvre qu'à l’esprit pur qui entrevoit le secret des choses, car comme écrit Inno cent I " à l'évèquc Décence : « Le christianisme a des choses d’une grande force et d'un grand poids, qui reposent dans leur sanctuaire et ne sont ni écrites, ni ne peuvent être jamais écrites. » * Je dis en terminant, et ceci résume tout, le chris tianisme ne se fonde ; non, sur l'autorité du dogme, mais sur la claire vision de deux faits médiumnimiques, la résurrection du Christ, du principe Verbe, franchissant la porte de la mort, et la descente de l'Esprit, revêtant les apôtres de la force divine de leur apostolat; d'ailleurs le Christianisme n’existerait pas sans médiumnité, puisque l’Esprit est vraiment le Dieu caché qui demeure en nous.
Il y ¿1 là une vérité qui fait taire toutes les allégations, oui, ce n'est qu’après la résurrection, alors qu'en son corps spirituel, il se montre à scs disciples, que le Maître leur dévoile le rayonnement du suprême mystère, qui couve, éclate et s’épanouit dans l’éclosion magnifique des vérités spirituelles du règne de l'Esprit qui viendra et renouvellera la face de la terre. Est-ce que chacun n’est pas dans l’attente de ce re nouvellement. Est-ce que chacun ne voit pas que désormais le but de l’évolution religieuse est là, dans IG
■242 l’initiation ce travail de reconstruction de la Doctrine intérieure, adaptant la vérité aux lois unissant ce que la vie a de plus puissant, la force d’évolution accélérant son mouvement par tous les éléments nouveaux de véri tés qui y sont continuellement ajoutés, pour préparer l’heure où tous les peuples éclairés par le soleil de la même conscience, consommeront dans l'unité de la foi, l’unité de l’Esprit humain en Dieu : Déjà la foudre intérieure d’une foi nouvelle jaillit et serpente de l’arbre chancelant des anciennes croyances, mais où sont les soldats de Dieu, où sont ceux qui pensent, où sont ceux qui aiment, ceux qui enseignent, par exemple, que tout progrès de douleur sur soi doit être un acte de charité pour les autres, où sont ceux qui debout à l'horizon dominent le monde égoïste, l’état inférieur de l’être qui porte avec lui son enfer, où sont enfin, ceux qui ouvrent leurs bras à la patrie céleste pour servir l’humanité, c’est-à-dire pour la dominer par les mystères de l’immolation dont les cieux tressaillent en silence, oui, où sont les apôtres, où sont les fervents invincibles, les martyrs inconnus dont le rayonnement survit, qui prodiguèrent leur foi aux aurores évanouies ?
Qui. des hauteurs du jour éternel, retombera avec la pauvre humanité dans les régions du temps et de l’ombre, pour lui montrer la beauté du sacrifice; s’appuyant sur la loi morale qui seule reforme ce qui a besoin d'être reformé? Est-ce que vous ne voyez pas que sous les vagues débordées de ses vices, sous le bouleversement des flots, la société est comme un radeau qui sombre,
vers l’unique synthèse 243 et qu’on entend craquer à chaque mouvement, quel est le pilote, qui tranquille dans la formidable vision de sa puissance, jetant un regard de défi à l’écueil des convoitises brutales, à l’âpre entassement des appétits se ruant dessus, apaisera les vents, calmera les flots et emportera le radeau à travers les obstacles vers le Port de 1'1 lumanité-Une qui doit prendre le monde, mais attend son triomphe de notre propre perfectibi lité, vivante unité de la loi de Dieu, dans l’écroule ment du mal et la construction du Bien.
Messieurs, Mesdames, aux fonds des profondeurs du fourmillement des merveilles aboutissant à SaintMarc de Venise, derrière le grand Autel, qui luit d’un si pur métal, se dessine une figure gigantesque et inoubliable, un géant Christ qui voit tout l'horizon, et dont les yeux éclairant le chemin du lointain idéal lancent une flamme, portant la mérité ci nourrissant les âmes.
« Comme Jupiter Olympien », dit Théophile Gau tier, « ce Christ s’il se levait emporterait la voûte de son temple.
Eh bien, ce Christ, l’être le plus élevé de la hiérarchie spirituelle, ce Christ, frère de l'homme et témoin de Dieu, le Christ ésotérique, le Christ de la connaissance totale sur tous les plans, le Christ de ses propres fautes, ce Christ se meut, et tout s’ébranle et tout change d’aspect dans le Temple qui tressaille parce qu’il sent le haut Dieu vouloir dans le temple qui ne peut contenir toute l'immense lumière car la
l’initiation 244 partie n’embrasse pas, ne domine pas le tout, ici le monde et là le Verbe : c’est l’équilibre.
J’en pourrais dire davantage, mais pour vous faire entendre les pas du Seigneur s’approchant jusqu’au bord des cieux, avec le bruit des armées célestes, des flammes et des voix se hâtant, je ne voudrais pas d'autres témoignages que la parole de Celui qui ayant fait le monde chrétien saura le conserver, de Celui qui a oflert aux foules pour les éclairer et les élever à la fois, alors que les chemins couverts de l’initiation n’étaient que le privilège du petit nombre, la lumière rédemptrice du « sermon sur la montagne » nourrir ture et substance de l’Eglise universelle.
Et ra massant dans ce spectacle l'histoire des traditions concordantes passant les unes dans les autres et se pénétrant soudainement dans leur magnifique unité, témoignage de la victoire cachée, mais finale de Dieu sur les passions humaines, je conclus par où j'ai com mencé : l’œuvre pour laquelle le Christ a été mis en croix c’est celle de l’ascension sans fin delà vie de l’Esprit s'ouvrant à tous les devenir aussi insondables que cette vie même.
C’est celle des conquêtes sans termes de l’Esprit développant ses variétés innombrables, se nourrissant d’une sève qui jamais ne s’épuise. C’est celle de la dilatation sans limite, de cette vie de l’Esprit qui dégage des entraves terrestres, va de pensée en pensée, et perdu dans les merveilles de la puissance, de la sagesse et de l’amour s’élançant enfin en plein vol vers l’unique révélation. Et le mortel qui attentivement s’est penché sur
vers l’unique SYNTHÈSE 2a5 cette révélation se relève avec la clarté de la certitude dans les yeux, avec la vision de l’infini dans les yeux, se relève croyant, il a entendu parler le Maître. « Vous êtes héritier du souffle de mon Père. Dé truisez mes autels je les fonde plus beaux ». Pour le libre entretien du ciel et de la terre. J’ai élevé les deux bras à Dieu sur le Calvaire. Le Christ victorieux bénit les temps nouveaux. O. de Bezobrazow, fondatrice du féminisme spiritualiste et initiatique.
Société d’études de Tours Année 1909-1910 (Suite.) f il serait bon de séparer la Société des Etudes psy chiques et philosophiques de la Société des amis de Claude de Saint-Martin. Les nouveaux adhérents seraient ainsi appréciés pendant plusieurs mois avant leur admission dans la Société Symbolique. Une commission, est nommée afin d’étudier la question et de soumettre ses idées à la prochaine réunion, il en est ainsi décidé à l’unanimité des membres pré sents. Tradition ancienne. Vie de Moïse. — La confé rence de Papus roule sur la Vie de Moïse. On a vu l'état des races de la Terre, l'état de la civi lisation de l'Egypte à l’arrivée de Moïse. Cette civili sation étaitanalogueà la nôtre; d’ailleurs, cette partie de 1'1 iistoire ne se trouve pas dans les livres. Il existe sur Moïse des documents traditionnels, autres que ceux de l’Histoire : la Tradition et les enseignements propres. D’après la Bible, Moïse était très versé dans
SOCIÉTÉ I)'ÉTUDES PHILOSOPHIQUES DE TOURS 247 les sciences connues des Égyptiens. Aujourd’hui., pour apprendre, il faut des facultés intellectuelles et non physiques. Dans l’antiquité, il en était autre ment, il fallait subir des épreuves physiques avant d'être admis à la connaissance des choses intellec tuelles.
Il fallait d’abord n’avoir peur de rien, Les peureux pouvaient obtenir des fonctions civiles ou commerciales, mais pour les Initiés, on avait institué des épreuves physiques pour éprouver leur courage, l'n esclave qui avait surmonté ces épreuves pouvait devenir un homme libre. Ces épreuves étaient dures. Le nom de Moïse est un symbole; il signifie « sauvé d > eaux». Elevé dans le temple d’Osiris, Moïse y ap, -rit toutes les sciences égyptiennes.
A vingt ans, il était considéré comme un savant; il assistait aux cérémonies du Temple en compagnie d’un autre jeune homme blond, appelé « La Parole Lumineuse», ( )rphée. Ces deux camarades, étudiaient ensemble les sciences de l’époque, extrêmement développées, et se divisant en quatre catégories : le magnétisme, la mé decine, la justice et l'armée. Mais occupons-nous d’abord des Pyramides.
Les Pyramides, masses cu biques énormes, érigées pour tombeaux, exigeaient des travaux considérables. Aujourd'hui, on élève des tombeaux aux riches qui coûtent très cher et on y met dedans un cadavre, mais la prière n’est pas pratiquée auprès de ce cadavre: le tombeau du pauvre est seul un objet de prière. Les Égyptiens retenaient ie plus longtemps possible rivé au corps physique, l'astral, le péresprit du disparu. Mort, le corps était embaumé, transformé en momie; par une cérémonie magique.
L1NITIA I ION on fixait l’esprit, le double du mort sur son image. Donc, dans les Temples, appelés Pyramides, on en tretenait la vie avec les Morts. Le tombeau était un lieu où des forces psychiques étaient entretenues dans un réceptacle formidable. Moïse avait pour fonctions de fixer les astraux sur les corps physiques. Ce culte de l’esprit n’existe plus de nos jours.
De f plus, Moïse avait pour grade dans l'Etat, celui de faire de la Statistique: c’était alors une fonction. Comment l'Etat rendait-il la justice à cette époque ? Aujourd’hui, un architecte, un ingénieur un mé decin, etc., est payé par le client. En Égypte, moyen nant un impôt de 10 p. ioo, on avait gratuitement à sa disposition, le théâtre, le médecin, l’ingénieur, l’avocat, etc. Ces fonctions étaient directement rétri buées par l'Etat.
Il existait, nous l’avons dit. plusieurs races en Egypte, races venues d’ailleurs sous Sésostris. Parmi elles, les Israélites venus d'Asie, étaient surnommés gens à tête de bois ou de cochons, parce qu’ils ne se pliaient à aucune des coutumes égyptiennes. En parti culier, ils avaient horreur de la statistique.
Les Égyp tiens étaient soumis à la statistique pour les travaux, corvées, etc. Les Israélites ne voulant pas s’y sou mettre, on tapait sur eux et, comme étrangers, on les faisait payer plus cher que les autres. Or, Moïse, d’origine juive, est alors nommé Statisticien. Un jour, un soldat égyptien maltraite un Juif devant lui; Moïse tue le soldat. Représentant de l’État, Initié, il n’avait pas le droit de tuer, surtout un agent de l’État. Selon la loi, il n’avait plus qu’à choisir entre le suiI ï
SOCIÉTÉ b’ÉTUDES PHILOSOPHIQUES DE TOURS 24C) eide conscient ou inconscient. On le ramène au Temple, où le tribunal lui dit : Vous avez le droit d’être tué ou de vous suicider, ou enfin de vous rendre au Temple d’Osiris, Temple à renommée teirible, d’où on ne revenait jamais. Moïse essaya de se suicider; mais dans sa cellule, une vision mystique lui apparut. Il se vit conduisant les Hébreux dans le désert.
Alors il choisit d’aller dans le Temple d’Osiris, situé au milieu du désert. II part et se pré sente au chef de ce Temple, dans lequel se trouvait cachée la Magie Noire.
Une fille du chef Jéthro, Zephora, négresse soudanaise, s’amourache de lui, l’aide à truquer les épreuves et dans le choix de la coupe de poison, une tapisserie se soulève et le doigt de Zephora lui indique la coupe qu’il fallait boire : Moïse épouse Zephora, passe à travers toutes les épreuves, r et, reconnu savant, il revient en Egypte.
L’étonne ment des Egyptiens fut grand de le revoir vivant : c’est alors qu’il accomplit les prodiges décrits dans l’IIistoire Sainte. On accepte la demande qu’il fait d’emmener avec lui les Israélites dans le désert. A cette époque, les jeunes prêtres, initiés dans le Temple, se répandaient sur toute la Terre. Ils étaient en rapport entre eux par des Courriers initiés qui r avaient le droit de loger chez les chefs d’Etat, où ils se trouvaient.
Moïse avait assisté au retour des Ini tiés et appris qu’une invasion devait avoir lieu en Égypte. Il avait donc chargé les Israélites de porter ses livres et les livres sacrés dans le désert, afin de les soustraire et de les mettre à l’abri de cette inva sion. Moïse avait une arche d’alliance, réservoir de
25o l'ixti IA 1 IO.\ forces magnétiques très puissantes. Attaqué par âo.ooo hommes, resté seul pour défendre l'arche sacrée, il force ses ennemis à reculer à coups d'élec tricité. Avec le serpent d'airain. Moïse guérit ensuite les blessés, ceux qui avaient le mal électrique. Enfin, il monte sur une montagne et nul ne sait ce qu'il est devenu. Son œuvre fut le salut de la Science égyp tienne qui devait parvenir jusqu'à nous.
La vraie traduction de la Bible n'a jamais été faite. Ceux qui possédaient cette traduction, les Esséniens, juraient sous peine de mort de ne jamais la livrer. Les Esséniens Initiés Juifs, au nombre de 70. mis par l'Empercur dans l’obligation de donner une tra duction de la Bible, en ont fait une traduction savante.
Ils ont gardé avec soin tous les noms mys tiques de Moïse pour les retrouver plus lard et ont fait une réduction incomplète qu’ils ont envoyée à l’Empereur. Seuls, certains Initiés ont pu retrouver depuis cette époque la traduction complète. Parmi eux, nous pouvons citer Fabre d’Olivet, Saint-Yves d'Alveydrc. La conférence publique du commandant Darget a pour objet la photographie de la pensée. (zl suivre.)
Les Tableaux de n,,e Hélène Smith U« point d’interrogation (?) Depuis longtemps j'entendais vanter les merveilleux t bleaux de Mlle Hélène Smith, le médium bien cou.ni, dont parle M. Flournoy dans son volume Des Indes à la planète Mars, quand un article élogi "ix de M. Hugues Le Roux, paru dans le Matin du 16 mai 1910, me décida à aller visiter cette expo sition .
J'écrivis à Mile Smith pour la prier de me recevoir et après quelques jours d'attente (car il y a foule chaque jour et c’est à chacun son tour d’être élu) je fus eniin reçu. Par un bel après-midi ensoleillé, je me rendis au chemin Lio’ard ; en route, je me figurais que j’allais me trouver en présence d’une femme vivant d'une vie d’anachorète qui me citerait la Bible atout propos.
Tout au contraire, je fus introduit dans le salon par une personne respirant la santé à faire envie et après quelques minutes d’entretien je fus conquis par le charme tout simple de mon interlocutrice. Aille H. Smith est une personne comme une autre.
25'2 l’initiation rien ne décèle en elle les curieux phénomènes qui se produisent; seuls, peut-être ses grands yeux noirs ont un « je ne sais quoi » de troublant pour ceux qui la voient pour la première fois, mais la connaissance faite, on s’aperçoit que ses yeux sont un miroir tran quille, où se reflète une âme droite, sincère, âme qui passe sans crainte au milieu des luttes de la vie, grâce à la foi inébranlable qui la soutient.
Ses veux noirs, dis-je, sont d’une rare éloquence et quand elle se tait en vous regardant, il semble que la conversation con tinue et qu’elle devine vos pensées, tout comme ces portraits de famille, peints de la m in d’un maître, vous forcent à baisser les yeux, tant ils donnent l’im pression qu’ayant lu au fond de votre âme, ils vont raconter ce qu’ils ont découvert.
Avant de parler des tableaux, je vous avouerai, lec teurs, que, depuis ma première entrevue avec Hélène Smith, j’ai souvent repris le chemin de la Servette, toujours plus épris de l’œuvre, y découvrant chaque fois quelque chose de nouveau et apprenant maintes anecdotes sur le médium.
Hélène Smith n’a pas été une enfant banale; dès sa plus tendre jeunesse, elle s’est imposée à ses pa rents par son caractère ferme et par sa manière origi nale de voir les choses. A ce sujet, laissons-lui la parole sur quelques-unes de ses impressions enfantines. «Nous avons gardé bien des années à notre ser vice la nourrice de mon frère aîné; c’était elle qui toujours me menait à la promenade. J’étais une ori ginale petite fille aimant toutspécialement les nuances
LES TABLEAUX DE Mue HELENE SMITH 2 53 roses et rouges et ne voulant sortir qu'avec une robe de ces teintes. Je ne voulais m'asseoir dans la Prome nade des Bastions, que sur les bancs les plus propres, et si je n’en trouvais aucun à mon goût, je m’asseyais par terre sur mon mouchoir. Pour rien au monde, je n’aurais ramassé un objet dans la rue.
Je n'aimais pas les enfants sales ou laids et si leurs vêlements étaient déchires, je refusais de jouer avec eux ou de touchera un de leurs jouets, tant et si bien qu’on m'avait surnommée la Petite Princesse. Je ne faisais aucun cas de ce titre et lançais des regards fou droyants à ceux qui m’interpellaient de la sorte.
Dans le musée d’histoire naturelle je n’aimais pas la salle des pièces anatomiques et des squelettes humains, mais seulement les animaux empaillés, les oiseaux et les papillons. J’adorais faire des robes à une série d'animaux de bois, que me sculptait un ami de mon père.
J’ai toujours eu une préférence très marquée pour les belles peintures et ma bonne a enregistré plusieurs scènes de larmes lorsque le peu de temps ne lui permettait pas de me faire entrer au musée Rath.
Je pouvais rester longtemps à contempler une belle statue ou un beau tableau, je ne les quittais qu’à i egret et il fallait m’arracher de la place où je m’étais presque incrustée. » Toute petite, Hélène Smith eut des visions et en tendit des voix mystérieuses.
Quand elle en parla chez elle, sa mère crut qu’elle « rêvait »et si au matin elle racontait ce qu'elle avait vu ou entendu pendant la nuit, ses parents pensaient qu’elle avait eu un cau chemar ou le délire.
l’initiation Souvent elle renferma dans son cœur de petite il lie les douces images qui la hantaient ou les veix qui la prévenaient d’un danger, et cela de peur d’être grondée. Il y avait pourtant là une question d’atavisme, qui ne devait pas étonner ses parents. Son arrière grand’- mère avait eu des visions et était tenue dans son temps presque pour une sorcière. De sa grand’n ère on ne sait rien, car elle mourut fort jeune.
Sa mère eut une seule vision, à la mort d’une petite fille, sœur cadette d’Hélène. Je laisserai Mlle Smith nous raconter brièvement une de ses visions merveil leuses : « Un jour j’étais assise à côté de ma mère et nous cousions toutes deux. Je levai tout à coup la tète et me mis à la fenêtre. Je vis distinctement arriver sur le chemin une-amie de la maison qui portait une gerbe de Heurs.
Je dis à maman: « Regarde donc, voici Mme V. qui arrive et t’apporte de belles fleurs». .Ma mère se leva, regarda à la croisée, mais 11e vit pointMme V.«Décidément tu « rêves », me dit-elle, et je m’aperçois que cela t’arrive fréquemment, mon enfant; voyons, sois à ton ouvrage et ne t’occupe pas dece qui sepasse dehors. »Je baissai la tête etmereinis à mon travail un peu honteuse d'avoir « rêvé ».
Quel ques heures après un coup de sonnette retentissait et on annonçait la visitede Mme V.qui tenait une belle gerbe de fleurs sur son bras. « L’heure à laquelle j’avais c. rêvé » comme tendait ma mère, était celle même pendant laquelle les fleurs avaient été cueillies. »
LES TABLEAUX DE Mn° HÉLÈNE SMITH 255 Arrivons maintenant aux tableaux. L'œuvre religieuse actuelle de Mlle Smith en com prend cinq, quatre du Christ et un de la Vierge. L’œuvre entièreen comptera sept et le dernier lui res tera en souvenir de son merveilleux travail, auquel elle a déjà consacré quatre années de sa vie. Toutes ces peintures sont à l’huile et sur bois; elles sont exécutées au moyen des doigts et des ongles, rare ment le pinceau intervient. Les deux premiers ta bleaux représentent, l’un une tète du Christ encore jeune, l’autre la tète de la Vierge. Les cadres ont aussi été faits d'après les visions. Celui du Christ est une reproduction du fronton du temple de Jéru salem ; celui de la Vierge est semé de fleurs de lis que lancent trois anges. Ces deux peintures ressem blent étrangement aux icônes que les Russes placent dans des niches et devant lesquelles ils viennent ré citer leurs prières. Sur un fond bleu clair se déta chent les deux têtes qui n’ont rien du type juif. Le nez est droit, la bouche petite, les beaux yeux de la Vierge sont calmes et pourtant vous pénètrent jus qu’au fond de l'àme. Le regard du Christ est magné tique; il est si expressif que j'ai vu une jeune fille ayant sur le cœur, je pense, quelque peccadille, se détourner et déclarer qu'elle ne pouvait soutenir la puissance de ces yeux troublants. Un détail qui a donné prise à beaucoup de critiques est le collier de pierres bleues que la mère de Jésus porte autour du cou. On croyait que la Vierge ne devait pas avoir d’ornements. Il ne faut pas oublier, et sur ce point beaucoup d’écrivains qui ont voyagé dans ces pays
256 l'initiation l’affirment, que les femmes galiléennes portaient toutes des colliers et quelquefois des ornements com posés de coquillages multicolores.
Le troisième tableau est plus grand, il représente, grandeur naturelle, le Christ à genoux au Jardin des Oliviers. Sur un ciel d'un dégradé merveilleux, pas sant du rouge-sang par toutes les teintes exquises d’un superbe couchant, se détachent le vert-foncé des feuilles d’un figuier, place près de Jésus. L’attitude de ce Christ en prière est saisissante.
Dans ses yeux se lisent une tristesse et une angoisse impossibles à décrire, sinon par les paroles qu’il a dit à ses apôtres: « Je suis las comme vous, veillez et priez avec moi». Mais les apôtres, fatigués, se sont endormis... et il reste là tout seul.
Son regard est un reflet de son état d’âme, il crie combien son cœur souffre et quand vous contemplez ce visage calme pourtant, quandvousdevinez la lutte intérieure, il vous semble alors que les yeux s'emplissent de larmes.
Ce tableau a pour lui un détail curieux : quand Mlle Smith en avait eu la vi sion, elle l’avait vu plus petit et, de ce fait, avait com mandé une planche trop courte, si bien qu’après une de ses séances, elle s’aperçut en s’éveillant que le bas du paysage était peint sur le chevalet : elle fit rap porter ce qui manquait et dans la dernière séance de ce troisième tableau le paysage fut terminé. Le quatrième comme le cinquième a 2 m.
60 de haut sur 1 m. 60 de large et nous montre le Christ cru cifié. Jésus va mourir... et il est là sur la croix, les pieds presque à niveau du tertre du Golgotha. Sa tête couLES TABLEAUX DE M1Ie HELENE SMITH 2 5y ronnée d’épines est penchée légèrement, à son front calme perle une sueur sanglante. Les yeux sont ceux d’un moribond, les dents sont serrées, seul le bas du visage est contracté par la souffrance.
Outre les clous qui le rivent à la croix, une corde passe sur sa poi trine et une autre est enroulée deux fois à mi-jambes. Derrière lui, la tempête est à son paroxysme: le ciel roule ses gros nuages noirs, il est zébré de longs éclairs. L’unique vêtement du Christ, enroulé autour de son torse, flotte, à moitié arraché par le vent vio lent.
La lutte des éléments déchaînés est terrible et ces nues embrasées, auxquelles l’œil attentif donne un mouvement, semblent se précipiter sur la terre pour l’anéantir et la punir du lâche meurtre qu’elle vient de laisser commettre. Quand vous passez au cinquième et dernier tableau, après la vision cruelle du Calvaire, un apaisement se fait en vous. Jésus est ressuscité et se trouve au bord du lac de Tibériade.
Il descend d'un sentier qu’on soupçonne aller se perdre dans les bois voisins et s’avance vers la grève dont les pierres blanches ont ce blanc mat des galets lavés et séchés par le soleil. Le paysage s’étend au loin entre quatre ou cinq vallon nements dorés par un coucher de soleil merveilleux.
Le ciel est d’un fondu touchant au parfait: l’œil es saie en vain de saisir une transition quelconque dans ces teintes, qui se marient si intimement, il ne peut y arriver. La mosaïque de ce tout est si subtile et siharmonieuse qu’on dirait vraiment un magnifique coin du ciel descendu dans une humble chaumière.. A la droite du Christ, au premier plan, une barque 17
258 l’initiai ion est amarrée au rivage, on n’en voit que l'avant. Dé tail bizarre: la corde qui tient la grande voile trace un large sillon sombre sur le magnifique ciel d’Orient. Je crois que jamais un peintre n’aurait eu Vidée de couper ainsi un beau paysage, bien qu’ici ce cordage ne dérange aucunement l’harmonie du tableau. Le Christ de cette cinquième peinture est tout à fait dif férent des autres.
La tête de Jésus, le Crucifie, le Christ à Getsémani portent tous trois la barbe, le Christ sur la route d’Emmaüs est imberbe, et c’est une raison très plausible, pour laquelle les disciples qui le rencontrèrent, ne le reconnurent pas au premier abord. Le regard n’a plus rien d’humain, on est frappé par quelque chose de supra-terrestre ; son corps meme semble immatériel. A gauche du Christ se détache un superbe profil de saint Luc.
Il est assis à l’orientale sur le bord du sentier d’où descend Jésus. Il a reconnu le Maître et appelle les autres disciples qui doivent être ou dans la barque ou sur le rivage. Avec saint Luc, nous avons un pur type juif : le nez est légèrement arqué, le teint est olivâtre, une belle barbe noire lui allonge le visage.
L’expression est radieuse : il esttout joyeux d’avoir le premier reconnu le Christ et d’une main, d’un modèle parfait, il fait signe à ses amis d’arriver plus vite. De ce tableau, comme nous avons pu le remarquer, se dégagent une paix et une tran quillité sereines ; tout y est poésie et amour.
Avant de déposer une plume malhabileà dépeindre le charme mystique qu’on éprouve devant cette œuvre, je veux être le sincère interprète de tous ceux qui l’ont vue et remercier Mlle Smith de sa cordiale hospitaLES TABLEAUX DE Mh’J HELENE SMITH 25fj lité. Sa maison est ouverte à tout le monde; elle ne perçoit rien pour sa peine, se trouvant bien payée quand elle a pu faire plaisir àquelqu'un.
Ils sont nom breux ceux qui sont venus frapper chez elle pour se reposer quelques heures dans cette oasis délicieuse et y respirer son atmosphère de réconfortante sérénité. Henry Pattay.
Orphée et les Orphiques (Suite.) La Théogonie Orphique. LA CRÉATION ELEMENTAIRE L'Évolution (Thoth-Hermès) r — Logos Egyptien — THOOUTH Nous avons vu que l’Hermès Orphique avait été calqué sur l’Hermès égyptien Thooulh. Nous consacrerons cet article à l’étude de cette di vinité, dont le rôle et les attributs ont un rapport très étroit avec la science initiatique. Thoth (ou mieux THO-OUTH) était chez les »Egyptiens le symbole de VIntelligence universelle
ORPHEE ET LES ORPHIQUES 2Û1 manifestant l’Amour (i), la (La Science divine). Le Dieu Thoouth était, en Justice et la Vérité : effet, représenté hiéroglvphiquement par un ibis noir (2) juché sur une enseigné terminé par une plume d’autruche. (il L'Amour idéal, sentiment qui porte lame vers le beau, le vrai, le jusie et en fait l’objet de son culte.
Horapollon, dans son traité sur les hiéroglyphes, nous donne une curieuse explication du symbolisme de l'ibis relatif au cœur; mais n’oublions pas qu'Horapollon était grec, comme Hérodote, et que, comme lui, il ne fut jamais initié à la sagesse des sanctuaires d’Égypte •’ « Cet oiseau est le symbole du cœur, dit-il, puisque quand il cache sa tète et son cou dans les plumes qui sont sous estomac, il a la ressemblance d’un cœur, ressemblance qui fournissait aux Égyptiens matière a bien des raisonnements 1 (XXXVI* Hiéroglyphe.) La divinité égyptienne qui présidait à l’Amour corporel, au plaisir des sens, à la joie, à la billette, à la danse, à la musique, était Hâthor, adorée à Dendérah (Tentyris = Aa-Tekhou, la Cité des messes), la Corinthe égyptienne. (2) Le Temple deThoth à Hermopolis (Knoumou ouSesoun, voir la note 6 ci-dessous) renfermait encore à l’époque grecoromaine un ibis sacré, incarnation du Dieu que le sacerdoce local disait être immortel.
Les gardiens du temple (pastophores) l’avaient montré au grammairien Apion qui rapporte le fait tout en ne croyant pas> à cette incarnation éternelle. (Apion, Oasita iragm. II dans Muller-Didot. Fragmenta historicum grœcorum, t. III, p. 5i2.)
2Ô2 l’initiation L’Ibis sacré, l’oiseau sacré par excellence Ibis rchgiosa), en caractères phonétiques égyptiens : ou par abréviation f prononciation (Thouth — Thoouth était l’emblème de l'intelligence et du cœur (i), de l’esprit et de l’âme. L’enseigne ques. remplis celle de la li dans les textes hiëroglvphisait la fonction analogue à gne que nous traçons sous un mot pour le mettre en évidence.
Ce même signe v. était celui indiquant le caractère de la divinité et plus rarement une distinction honorifique. Quant à la plume d’autruche l’emblème de 1’1 de Vérité avec le : Tmé, elle était dée de Justice et sens de Science divine parce que « l’autruche a des ailes plus élevées.
ORPHEE ET LES ORPHIQUES 203 plus droites et plus égales que celles de tout autre volatile (3) » Les mots Tmé et Ma désignaient également la déesse Je la érité Science divine), de la Justice et du droit ( +)• (3) Champ illion le jeune, se fiant sans doute à Horapollon, explique comme nous indiquons le symbolisme ou la plume d’autruche. Voir Horapollon. Traité des hiéroglyphes (CXl* hiéroglyphe . Dictionnaire égyptien : Champollion le jeune.
P Hiéragcammes divers de la déesse ou Màa : (en copte) .. f-zt. = ZZD -- m, •J g e avec les vjycilcs e ou a non écrites. (Voir pour les élisions des voyelles en langue égyptienne une de nos notes du pro chain numéro.) « La langue égyptienne n’a pas deux mots pour dire Jus tice et Vérité.
Ces deux idées sont tellement les mêmes pour les Égyptiens que non seulement le même mot servait à les rendre, niais encore la même déesse servait à les représen ter. Ceux qui ont tant calomnié l’Egypte et ses vieilles institu tions verront dans ce simple fait une preuve de plus de son antique sagesse. » Marietfe-Bey. Bibliothèqite égyptologique, t. XVIII, p. 21. J’ai parlé du mot : MA que je crois dangereux de traduire par Vérité à cause du sens précis que la langue française
264 l’initiation On l’écrivait encore Mâa. Thoth était, en effet, le scribe de la Vérité qui fait prévaloir les paroles des dieux et des hommes, em preintes de scs accents, comme nous le verrons plus loin ; il était celui qui apporte la Vérité (5).
Le Dieu Thoouth ou Thoth ibiocéphale (THoTH PeHo en HiB = Thoth qui a une face d’ibis) est ap pelé par les hiéroglyphes « le deux fois grand »Seigneur de Sesenou (6) » (Voir le Sha-i en-sinsin ou Livre des respirations. Traduction : Bibliothèque égyptologique, t. XVII, pp. 1 10 et suivantes). « L'Aker » (l’instruit, le sage, le judicieux); « Le Seigneur des divines paroles (7) »; le basilicogramconfère à ce mot.
Le sens précis du mot MA serait plutôt Règle, par suite Vérité, Justice, Art, Science et surtout Science DivineLe Temple d'Apet. Bibliothèque égyptologique, t.
III, p. 2/3L’acte par lequel Thoouth pesait les âmes des morts, des « Osiris » (suivait le nom du décédé) était appelé par les Papyrus : Pesage à la balance exacte et juste de Thoouth. (5) Papyrus de Berlin, numéro VIII (« Hymne — admirable — consacrée à Phtah « Créateur Unique » Ligne 87 : O Dieu qui s’est procréé lui-même, incréé, Dieu grand dont l’image est cachée, dieu unique aux millions de formes...
Tu triomphes par la vérité, Thoth l’apporte en toi... Tu reposes en elle. Il est parmi les hommes (les incarnés), il est auprès des dieux. Sans cesse il donne la main à leur existence, ils sont en lui éter nellement. (6) Les Grecs ont dit ♦ le trois fois grand » (roiaurfiTto;). (7) Seigneur de Sesenou ou Sesoun. Champollion a traduit l’hiéroglyphe représentant ce nom de ville par Sesoun;d’autres égyptologues l’ont traduit par Sesenou.
Brusch et certains égyptologues, notamment Maspero, ont adopté pour ce même hiéroglyphe la prononciation Kmounou (huit).
« Les huit » étaient les huit dieux qui,avec Thoth,formaint l’ennéade hermopolitaine plus l’Unité, ce qui faisait une décade identique aux dix sephiroths hindouesorphiques et kabbalistiques. (Voir la note 10 ci-dessous.) (7) Thoouth neb neterou schaou-Thoouth maître des divines paroles ou divins secrets (Antiquités égyptiennes du musée
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 205 male ou scribe (8) de Justice (9) de Le (\u\)-les-dieux THOOUTH AN N MA N PA (10) N Thoouth N LITER U dieux scribe de Justice de NAEN NLJTER des dieu le de inversion grammaticale, de Lyon, 2' registre.Partie inférieure, 3. Statues A.-76. Galerie des Antiquités égyptiennes du Louvre.
Statue de l’intendant des greniers, seigneur des approvisionnements (Neb-Zcwaou) de la Haute et la Basse Égypte. (8) Certains égyptologues ont traduit l’hiéroglyphe égyptien représentant un pinceau (ou style : Kalam); un vase (à encre ou contenant de l’eau pour délayer la couleur); une palette (Kanon) portant les pains de couleur noirs et rouges, le tout lié en semble signifiant : scribe, graminate, par le mot copte SXA.
Or la phonétique véritable de cette hiéroglyphe est AN ou NA, c’est, du moins, la dernière adoptée par les égyptologues mo- ; .mes. Ajoutons toutefois, au sujet de l’hiéroglyphe du pinceau, de la palette, et du godet liés ensemble que d’autres égypto logues ont entrevu un autre sens que celui de « scribe s» ou * grammate » appliqué généralement à ce signe.
Voici en effet ce que M. Champollion le jeune, écrivait le 3 juin 1824 à M. Champollion Eigeac à ce sujet : « Je commence à croire aussi que ce signe (ici, l’hiéroglyphe en question) ou autres variantes analogues pourraient fort bien se rapporter à quel ques titres de confréries (centres initiatiques) établies dans les emples et ne signifier qu’inscrit (admis, reçu, initié). » (9) « Après la Constitution ancienne qui fut faite, selon la tra dition. sous le règne des dieux et des héros, le premier qui en gagea les hommes à se servir des lois écrites fut Menés, homme remarquable par sa grandeur d’àme et digne d’être comparé à ses prédécesseurs. (Les dieux et les Héros.
On sait que Âlénès Menou était un prêtre hindou émigré.) Il fit répandre que ces lois q îi devaient produire tant de bien avaient été données par Her mès (Thoth). Diodore de Sicile, livre 1, chap. LXXVII.
Indiquons ici que l’emblème de Thoth était le globe solaire ou disque rouge (symbole du Verbe, du Logos) aux ailes bril lantes déployées décoré des cornes de taureau (symbole de la rapidité du verbe fécondateur) et de l’Urœus (symbole de la Toute Puissance). Quelques mots sur la Galerie égyptienne du Musée de Boulogne. Œuvres diverses d’Auguste Manette. (10) Pa. Quoiqu’en dise Renan [Histoire d'Israël, t. 1) c’est
2ÔÛ l’initiation dans la salle de Tmé (antiquités égyptiennes du Muséede Lyon, deuxième registre. Partie inférieure 3. Stèles hiéroglyphiques, t. IV, p. 87); le chef des divins secrets; le dieu qui réside à /lesores.seigneur de (KAAMAl) Penbès THOOUTH Thoouth KAAMAI , , surintendant des choses Pcnbes N NEB de Seigneur sacrées PSOaux Égyptiens que les Hébreux ont emprunté l’idee de leur ALHOIM. Lui-les-dieux.
Lire, à ce sujet la remarquable étude de Av. Auguste Mariette, Mémoire sur une représentation gravée en tète de quelques proscyrèmes de Serapis qui démontré l’étroite parenté existant entre le Pa Nouterou égyptien : Lui les dieux {Nouterou est le pluriel de Nouter : dieu) et l'Alhoim hébreu; Pa et AL. Lui, NOUTEPOU et HOIM : les Dieux.
Le Pa Nouterou est le Dieu Inconnu engendrant tous les dieux ¡'Unité primordiale qui extériorise Jes neufs dieux, l’ennéade, 9 4- 1 = ,0) de la théogonie, identiques au losephiroths hin doues, orphiques et kabbalistiques. « Z’.l. c’est l’essence de la Divinité, la substance divine, étant formée du participe PA du verbe être (essej essence. Cf. de Rougé. Étude sur le rituel, p. 4.3.
M. Gerbaut, dans sa remarquable étude sur un hymne à Ainon, du musée de Boulaq, s’attache à démontrer (pp. 99 et sq.) que les dieux du Panthéon égyptien 11e sont que les rôles personne divins de ¡’Être Unique, « l’ensemble des dieux », dit il, le pa neterou ou la colleclion des per sonnes divines dans lesquelles réside le Dieu-Un. Études Egyptologiques. Stèles, t. 1, p. 55. P. Pierrat.
Ajoutons néan moins que la lettre P en égyptien étant le signe de l'article. Exemple : PRA, le soleil, Pie, RA soleil, Al. P. Pierret, con servateur du musée égyptien du Louvre a pu faire erreur en faisant rapporter le P (a) Nou Te Rouau participe PA. On peut parfaitement admettre que le P (a) Nou Te Pou est l’article LE suivi du mot LES DIEUX LE LES DIEUX en hébreux D1Fî5n AL OHIM ; (Le) lui-les-dieux.
Quelle que soit du reste l’inter prétation du P (a) Nou Te Pou traduit par LE-LES-DIEUX ou ÉTANT-LES-DIEUX, l’Unité de la Divinité chez les Égvpticns était un des premiers enseignements de l’initiation. Consulter à ce sujet la Bibliothèque égyptologique, t. L.p. i5: t. IL pp. i85, 200, 445; t X, p. 141 ; t. XVI, p. 13: t. XVIII, p. 27.3 et le Recueil des travaux relatifs à la philologie et à ¡’archéologie égyptienne et assyrienne, t. L pp. 88-g3-i20.
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 267 TEM, etc. Un des plus illustres égyptologues du siècle dernier, M. Théodule Deveria, conservateur des antiquités égyptiennes du Louvre 18601870) a écrit dans scs Mémoires ce passage au sujet de Thoth. Nous l'extrayons d’une monographie sur Les Cypes d'IIorus : « Dans le sens philosophique Osi ris représente toute force régulière ou impulsion orga nisatrice et I'hoth toute raison (11).
Ces deux forces ne constituent en réalité que deux attributs de la puis sance divine, mais le symbolisme égyptien, séparant les attributs divins, en a fait deux personnages mvtholo ;iques qui s'associent dans son œuvre cosmique. Osiris ayant le premier rôle, Toth est son complé ment nécessaire. Si au point de vue le plus élevé, ()siris est la force génératrice et productive, il est con seillé, modéré et dirigé par Thoth ou la Raison.
Leur union constitue celte loi physique qui fait dominer le bien sur le mal, la Vie sur la Mort, la production sur la destruction par la reproduction; en un mot tous les principes osiriens sur les principes typhonicn .
Sous l’influence de Thoth, Osiris devient O/.'.’i-on-re l’Etrc essentiellement bon) et l’épithète :i) On remarquera que Thoth la Raison est un principe primordial non engendré comme Ra (AMoN-RA= Occulte soleil) et Seb la Matière (la substance) éternelle tandis qu Osi ris la force productive appartient à la première génération des dieux : il est le fils de Nout = l'éther (ou plus exacte ment : Nouit, le Chaos : Neith, Nou l'eau primordiale, mère des dieux, la grande lymphe) et de Seb, la Matière (la subs tance) éternelle ou de Ra, la première manifestation divine. Les Cyprès d'IIorus, Théodcle Deveria. (Les mots entre paren thèses sont de l’auteur d'Orphée et les Orphiques.)
l’initiation 2 68 Mââkheru ou Mââxero 12) lui est particulièrement appliqué. » Théodule Deveria. L’adjectif mââkheru signifie en égyptien : certifié la vérité, justifié, affirmé son droit ou son autorité.
Nous trouvons au premier et au dix-huitième chapi tre du Livre des Morts : « Thoth qui fait prévaloir \es paroles d'Osiris. » (Brugsch, Bas Todtenbuch der alten Ægypter, dans le Zeitschrift, 1872, p. 129.) Mâkheru était surtout une épithète funéraire. 11 s’appliquait au mort (à l’Osiris) glorifié, digne des paradisiaques joies des champs d’hilou (AALU).
Les Grecs ont fait de ce mot : makherou 1 eur uaxastoç : bienheureux. (Recueil des travaux relatifs à la philo logie et à iarchéologie égyptienne et assyrienne, vol. I, p. 10. Bibliothèque égyptologique, t. V).
« Considéré au point de vue cosmogonique égyptien, Thoth fut le grand organisateur de l’Univers, car au dire d’un hymne de Turin, dont M. Deveria m’a communiqué quelques passages, c'est le dieu de l’intelligence qui a établi l’harmonie des deux, qui a fait tout ce que con tient le monde et qui l’a éclairé lorsqu’existaient les ténèbres (i3) et que l’astre solaire n’y était pas en core (14)........ (i5).
Ce texte qui nous parle d’une (12) Lire Maakherou ou Màâxerou, l’U, comme en latin, se prononçait O(J chez les Égyptiens. Il était figuré tantôt par un poussin, tantôt par un lituus enroulé de droite à gauche, tan tôt par un lapin accroupi.
Le Tohou-Bohou du Sepher Bereshit de Moïse. (14 11 est intéressant de constater que la même idée est déve loppée dans le Sepher Bereshit, que l’Aor, la lumière spirituelle, l’intelligence fut avant le soleil et les étoiles. (Verset III, chap. I.) Voir La Langue hébraïque reconstituée, de Fabre d’Olivet. (i5) Ici figure dans le texte de F.
Chabas le passage hiéroORPHÉE ET LES ORPHIQUES 269 époque de chaos et d’obscurité, qui aurait précédé la création du soleil, mérite une attention particulière.» (Sur un texte égyptien relatif au mouvement de la Terre. F. Chabas.) Comment Thoth a-t-il organisé l'Univers ? f Au moyen de l’Encrgie Intelligence que l’antiquilé symbolisait en la Parole, le Verbe. Thoth était donc le Logos égyptien.
Voici du reste ce qu’en dit à ce sujet M. Maspero dans son Histoire ancienne des peuples de l'Orient, t. I, p. 146, mais il ne faut pas oublier que le savant égyptologue, n'étant pas initié, n’a su pénétrer la con ception du Logos de la Science traditionnelle et a interprété littéralement l’acte de la Création par la Parole.
Je cite le passage et mets entre parenthèses les notes explicatives initiatiques : « La Création n’avait pas été pour lui (Thoth) un effort musculaire auquel les autres dieux (forces cosmiques) avaient dû de naître ; il l'avait accomplie par la formule ou même par la voix seule « la pre- « mière fois qu’il s’était éveillé dans le Nou ». (Eveillé dans le sens de manifesté.
Le Nou : Les Eaux Supé rieures, la GrandeLymphecéleste, leseauxeosmiques.) La parole articulée et la voix exerçaient en effet une glyphique dont il parle. L’imprimeurnepossédantpas l’alphabet hiéroglyphique, nous en donnons la transcription française que nous avons faite : S DJ RA S O(J OON KK T (osli) TI RA AN OUN OU A TN RA MA M W (oué).
Nous en donnerons la traduction explicative dans un autre travail sur Les Livres d'Hermès (Poimandèr, Le Songe d’Hermès. Voir la note i5 ci-dessous.
Q.'jQ L’INITIA I k)N puissance créatrice que rien ne dépassait, elles ne demeuraient pas immatérielles en sortant des lèvres vivantes, mais elles se prenaient pour ainsi dire en substances tangibles, en corps animés eux-mêmes de vie et de vertus créatrices, en dieux, en déesses qui vivaient et qui créaient à leur tour.
« Déjà Toumou (16) (théogonie héliopolitaine) avait mis en branle les dieux ordonnateurs (OsirisThoth-Phtah) par une phrase très courte : le « Viens à moi ! » (17) qu’il avait lancé à plein gosier le jour de la Création et qu’il avait évoqué le soleil (A M (0; N-RA. Occulte Soleil. Invisible Soleil) du Lotus (sym bolique) (18). » (16) Toumou. Aloumou. Toum. Analogue à Kopri (le scara bée). Le Créateur.
« Son nom (Toumou) peut se rapprocher de deux radicaux : tem est une négation, on y peut voir l’inaccessible, l'inconnu, (analogue à l’Ainsoph kabbalistique.) Comme à Thèbes. Amoun (AM(o)N) signifiait mystère (occulte, cache).
Atoum est en elïet désigné comme « existant seul dans l'abîme (Nou les eaux cosmiques) avant l'apparition de la lumière. » C’est dans cette période obscure qu'Atoum fait le premier acte de la création, ce qui permet de rapprocher également son nom du copte : -jqj.'co : cnwe. Eu. de Rougé. Élude sur le rituel funéraire, p. 76. Dans le texte du chapitre XVII du Livre des Morts, Toumou est rem placé par Osiris dans ce rôle créateur.
C’est-à-dire que 'foumou s’identifie à Osiris qui, lui-même, crée l'Univers invisible d’abord. (17) Le « Viens à moi » était, pour les Egyptiens, identique au SiXin1’ : léï Aôr du Sepber Bereshit : Que soit Lu mière C'est à cause de cela que les Egyptiens donnaient au premier jour (manifestation universelle: lomi du Monde le . nom de « Jour des Viens-à-moi »! Ed. de Rouge, Éludes du rituel funéraire, pp. 5q, 5 5.
Dans notre prochain travail sur les livres d'Hermès (Pormander) nous démontrerons que le Viens à moi est une fausse inter prétation du texte hiéroglyphique. (18) Comme Krishna, Amon-Ra naît donc d’une fleur de
ORPHEE ET LES ORPHIQUES Îhoth a donc organisé l’Univers par le Verbe, la le verselle. Or tout occultiste sait que le Verbe, c'est la Raison. Voir Eliphas Levi : « La Raison, c'est le Verbe -» Clef des Grands Mystères-, et Plutarque, dans son traité d’/sis et d'Osiris, chapitre 5q.
« Mais il (Osiris) triompha par le secours d’Hermès (Thoth), c’est-à-dire le Logos ¡la Raison) qui atteste (ma-axeru = qui donne pour vrai) et qui prouve que la Nature (Isis) a formé le Monde à l’image de la Substance intelligible ».
Thoth, dieu de l’intelligence et Organisateur de l’Univers était donc également un aspect de Phtah, le démiurge qui était suivant les textes égyptiens euxmêmes : Maître de la Vérité, Créateur de l'œuf de la Lune (—) et du Soleil (-|-), Seigneur de la Vie des Mondes. Comme Phtah. Thoth était de toute éter nité (19), « formé de lui-même, sans avoir été engenlotus, iXekheb. en égyptien, qui flottait sur les eaux primor diales du Nou.
Le lotus était l’emblème des Régions supé rieures sur les trois régions qui sont la matrice universelle de la Création, de chaque création ou manifestation universelleLes fleurs du lotus, en effet, se ferment le soir, au coucher du soleil, et leur tige, en se rétractant, les fait disparaître sous l’eau.
Au matin, avec le lever du jour, la tige se distend, la fleur reparaît à la surface et s’ouvre à nouveau, rendant la li berté aux insectes aquatiques qui en ontfaitleur gested’unenuit.
Cette fleur qui rentre sous l'eau avec la nuit (symbolisant le « Pralaya boudhique », le « Tohou-Bohou » morsiaque, les « Té nèbres égyptiennes » et qui dort quand le jour reparaît (Manvatara nouveau) était bien faite pour figurer la matrice uni verselle occulte (les doubles eaux) d’où s'élance pour une ma nifestation nouvelle le Verbe Universel : Kreshna, Ra ou Horus. (19) «Je suis Thoth faisant prévaloir la parole d'Horus (Ma nifestation équilibrée universelle) contre ses ennemis (SitI.’lKI I 1ATI0N 272 dré » Birch, dans l’ouvrage de M. Bunsen, Egypfs Place in Universal History. t. i, p. 353) ; mais tan dis que Phtah se manifestait dans la Création phy sique,cosmique,Thoth se manifestait dans la Création spirituelle et intellectuelle.
Dans la Création spiriiuclle-intellectuelle, il était alors identique à Knouphis, aspect supérieur de Phath {Bibliothèque Egyptologiqtie, xxxi, p. 264).
Knouphis, que les textes appellent « Celui qui fait ce qu’il y a », «Créateur des êtres », « premier existant», « père des pères », « mère des mères », « père des dieux », Typhon: La lumière astrale en involution matérielle: Nahash): ce jour de l'appréciation des paroles dans la Grande De meure de Ou (Lui, Dieu).
Je suis Dad (La Durée perpétuelle, la perpétuité, l'Éternité) fis de Dad ; j'ai été conçu à Dadou (Demeure symbolique de l’Éternité) et je suis né à Dadou (L'Éternité).
Je suis avec les deux pleureuses (Isis et Nephtys, symboles de l’éternelle rénovation de la Nature), gémissant sur ¡’Osiris (Mort, pour le Ciel, par le déchirement de son corps par Set-Typhon : l’Unité divisée en d’innombrables multiples par Set-Nahash ; mythe analogue à celui de Dionysos lacéré par les Titans) faisant prévaloir la parole d'Osiris (Le Verbe, la Création harmonique sur le Set-Typhon-Chaos) dans la région du lieu des deux couveuses (incubation mystérieuse qui fait naître Horus des restes d'Osiris.
C’est la nature, dans sa rénovation éternelle, faisant surgir, pour l’évolution, au terme de l’involution (involution: Osiris mort), les principes spiri tuels (Ilorus) d’Osiris ressuscité) faisant prévaloir la parole d'Osiris contre ses ennemis.
Le Soleil (Force positive univer selle, la Lumière) repousse ceux-ci (les ennemis de la lu mière : Typhon, force négative, la Mort, les ténèbres) vers Thoth (la Raison, l’intelligence) que fait prévaloir Osiris contre ses ennemis et leur expulsion est opérée par Thoth. (Thoth les vainc. Le changements de la première personne verbale en la troisième est fréquente dans les papyrus.) Livre des Morts, chapitre ier, traduit par T. Déveria.
Recueil des travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyp tiennes et assyriennes Tome I. « L’Expression Maaxeru » (pages 16-17.)
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 2y3 [Bibliothèque égyplologique, t. XVIII, p. 293). Champollion le jeune ' Bibliothèque égyptologique,t.WW, pp. 231-264. Lettres et journaux de Champollion le jeune) nous dit que « Knouphis (forme secondaire d’Amon-Ra, Occulte Soleil) était l’esprit créateur de ¡'Univers, principe des essences diverses, soutien de tous les mondes.
Thoth étant donc un aspect de Knouphis (Essence Spirituelle universelle') et de Phtah [Essence astrale universelle) nous ne serons pas étonné d’apprendre que le taureau Apis (et non le bœuf), vivante incarnation de Phtah, du Principe fécondateur Universel (ésotérisme égyptien et grec) était solennellement reçu dans le temple de Phtah à Memphis (surnommée : demeure du Ka, ou double, de Phtah = Phtah-Ka-Ha) le premier jour du mois consacré à Thoth, mois qui était le premier de l’année vague égyptienne.
Ainsi donc le taureau Apis, né dans l’année, n’était consacré définitivement dieu (ou plu tôt comme représentant de la Divinité dans sa faculté génératrice) que le ior du mois Thoth, premier de l'année.
Ce premier jour de Thoth correspondait pour les uns. au 27 septembre (Œuvres, d’Emmanuel de Rouge, Mémoire sur quelques phénomènes célestes), pour les autres au 10 septembre (Œuvres, de Chabas : Traduction d'un Papyrus de Berlin, d’un Calendrier des jours fastes et néfastes de l'année égyptienne), pour Maspero les premiers jours d'août (Histoire An cienne des Peuples de l'Orient, 1.1, p. 207), dernière opinion à laquelle il faut se ranger (20), croyons-nous. (20) ... « Le Nil montait, se répandait sur les champs, ren trait dans son lit, les travaux de la culture succédaient aux 18
l’initiation 274 Ajoutons que ce jour premier de Thoth était un jour trois fois heureux (NOFRÉ III) si l’on doit en croire le triple signe hiéroglyphique du luth, symbole de tout ce qui est harmonique, bon, heureux, beau, que nous relevons dans le Calendrier des jours fastes et néfastes dont il est parlé ci-dessus.
La fête de Thoth (Thoth-Heb) lui-même était célèbre le 19 de ce mois à Knoumou(ou Sesenou, voir notre note 6), ville des huits (Hermopolis). C’était également un jour tri plement « nofré » ou faste suivant l'expression égyp tienne du Papyrus de Berlin. Combes Léon. péripéties de l’inondation, les temps des récoltes à ceux des semailles ; c’étaient dans l’année trois moments distincts, de durée égale.
Thoth en fit les trois saisons, celle des eaux de S/ntiï, celle de la végétation Pirouït, celle de la moisson Shôniou dont chacune comportait quatre mois numérotés de un à quatre, i°, 20, 3°, 40 de Shaït ; i°, 20, 3°, 40 de Pirouït, etc. Les douze mois épuisés, une nouvelle année commençait dont le lever de Sothis (Sirius) marquait la naissance vers les pre miers jours daoùt.
Le mois initial de l’année égyptienne coïn cidait donc avec le huitième de la nôtre, Thoth l’avait pris sous son patronage et lui avait imposé son nom. » (Maspéro.)
École supérieure libre des Sciences médicales appliquées 15, R. Seguier. L’École supérieure libre des sciences médicales appli quées a ouvert sa première session d’examen le 15 mars, le succès en a été très vif et le Jury a été très flatté du savoir réel des élèves. Dix-sepl élèves sur 3o inscrits ont reçu le diplôme de maitre masseur. La nouvelle session de massage ouvrira le lundi 3 avril. Formules dont j’ai constale personnellement l’eWWe i° Ici, au Paraguay, comme dans beaucoup de contrées de l’Europe, les femmes portent toutes les fardeaux sur la tête en interposant un rouleau de chiffons plus ou moins sales entre leur tête et l’objet qu’elle y pose. Or. quand, pour une raison quelconque, elles veulent faire disparaître à tout jamais l’eau d'un puits, elles y jettent ce rouleau de chiffons en prononçant une imprécation et l’eau disparaît. Ce casa été observé plusieurs fois ; 2° Les animaux sont infestés assez souvent surtout pen dant la saison chaude, par des vers qui se développent avec une rapidité effrayante, même chez l’homme, sur la moindre écorchure et arrivent assez rapidement à tuer l’animal ou à produire de graves désordres si on n’y re médie vite. C’est un gros travail pour combattre ces ter ribles parasites et on n’arrive pas toujours à les détruire par les moyens ordinaires. Mais par contre magiquement on les détruit facilement:.
276 l'initiation i° Pour cela, on prend trois poils de la queue de la bête et une petite plante de Chardon étoilé (chausse-trappe). On coupe la tète et la racine de la petite plante, puis on fait sur la section de la tige du côté de la racine une inci sion en croix dans laquelle on introduit les crins en croix puis on pend le tout suspendu avec le 3’ crin, au-dessus du foyer de la cuisine.
Quand le chardon est sec, les vers sont tombés et l’animal guérit; 2° On suit l’animal malade et l’on remarque l’empreinte de ses pieds sur la terre.
Dès qu’on en trouve une bien nette, on la découpe avec un couteau et on retourne la terre sens dessus-dessous, puis on l’aplatit avec le pied : les vers tombent et la plaie se guérit; 3° On prend trois brins d’herbe, on fait une boucle avec chacun et on regarde la plaie par l’ouverture de la petite boucle, puis on serre comme pour étrangler le mal ; enfin, on jette le nœud ainsi formé par-dessus l’épaule gauche.
Il faut répéter trois fois cette opération avec cha cun des brins d’herbe et le mal est conjuré. Ces troi moyens sont certains et ont été essayés toujours avec réussite complète. Mais pendant l’opération, il faut tou jours dire trois Pater noster et trois Ave maria-, 3° Les animaux sont assez souvent atteints de verrues qui leur couvrent parfois une partie du corps, même un œil ou toute autre partie essentielle.
On les fait disparaître aussi nombreuses qu’elles soient en coupant la pointe de la corne gauche de l’animal et les verrues tombent toutes rapidement ; 4° Quand une personne se trouve dans une mauvaise situation d'affaires et qu’il craint d’être inquiété, il suffit pour détourner l’orage menaçant d’allumer dans un coin obscur un petit morceau de bougie (3 doigts environ) en ayant soin d’allumer ce morceau de bougie renversée, c’est-à-dire par le bout qui, dans l’esprit du fabricant était destiné à être le pied, et ce faisant penser fortement au but que l’on veut atteindre.
Le résultat est certain; 5° Pour faire revenir un amant perdu, mettre dans chaque coin d'une pièce une chandelle ou bougie allumée et la femme doit faire trois fois le tour de la maison où habite l’amant; 6° Pour obliger une personne à abandonner une habitaPREFACE POUR UN OUVRAGE DE M. DONATO 277 lion, on prend une bonne poignée de terre dans un cime tière sur une fosse que l’on est en train de combler.
On en fait deux boules que l'on jette en croix par-dessus le toit de la maison que l’on veut faire évacuer et le locataire est obligé de s'en aller ; 70 Pour rendre une personne insensible au point de pouvoir en faire ce que l’on veut, il suffit cette personne étant couchée, de placer par terre sous sa tète deux cou teaux en croix et la personne devient totalement inerte et on peut en taire tout ce que l’on veut. Le résultat est cer tain.
Il y a aussi une prière pour éloigner les insectes qui nuisent aux plantations. N’ayant pu la retrouver pour le moment, je vous l’enverrai plus tard dès que j’aurai mis la main dessus. Préfaça pour un ouvrage de Kl. Donato M<,n cher Confrère, Vous publiez une nouvelle étude sur le magnétisme et l’hypnose et vous me faites le grand plaisir et le grand honneur de me demander de présenter votre travail à vos nombreux et enthousiastes lecteurs.
C’est une véritable joie pour un amateur de science de voir exposer claire ment les procédés d’hypnose qui conduisent le chercheur aux révélations du somnambulisme, du dédoublement astral et des actions à distance. Vos leçons sont parfaites à ce point de vue. 11 est en effet curieux de constater combien ces faits magnétiques ont de peine à recevoir droit de cité dans la science.
Après le positiviste Mesmer qui fut surtout un physicien, Puységur fut le véritable Père intellectuel des magnétiseurs spiritualistes dontChardel et Dclaage furent les grands théoriciens et dont Lafontaine Du Potct, Robert, Auffingcr, Durville, une foute d’autres et vous-même furent les apôtres réalisateurs.
La lutte du magnétisme et des savants matérialistes ne s'est pas cantonnée seulement sur le terrain des expérien2/8 1/INITIATION ces de lucidité. Le magnétisme est encore un puissant agent thérapeutique, mis par la nature à la disposition de tout chercheur de bonne foi. C’est un moyen de guérir sans médicaments et aussi (disons-le tout bas) sans diplôme.
A notre époque où les médecins après dix-huit examens et cinq à huit ans de travail soutenu obtiennent enfin un diplôme chèrement acquis, il leur semble injuste de se voir frustrer d’un rap port matériel ardemment convoité parles multiples mani festations de ce qu’ils appellent la « Médecine illégale ». Vous savez, mon cher confrère, que j’ai scandalisé bien des médecins en leur exposant franchement mes théories à ce sujet.
Ma longue pratique médicale m'a permis de constater qu’il y a deux sortes de praticiens diplômés : ceux qui guérissent et ceux qui ne guérissent que peu ou pas. Ceux qui guérissent ont plus de travail qu'ils n’en peuvent four nir et ils ne songent jamais aux poursuites et à la méde cine illégale. Ceux qui ne guérissent pas cherchent par tout ailleurs qu’en eux-mêmes la cause de leur manque de clients.
Ils s’en prennent aux pharmaciens, aux herboristes, aux sages-femmes, puis aux magnétiseurs, aux rebou teurs et aux paysans manieurs des « simples ils se grou pent en syndicats et en sous-syndicats et parlent toujours de juges, de condamnations et de dommages-intérêts.
Ils feraient mieux d’apprendre à guérir au lieu de jouer à la jeune fille outragée. J’ose dire franchement ma pensée devant vos lecteurs parce que j’aime ma profession de médecin qui me per met de vivre et que je sais qu’il y a des hommes de grand savoir et de haute valeur intellectuelle et morale parmi ces docteurs devenus sceptiques par manque de résultats positifs dans leur poursuite de la guérison des cas difficiles.
Ce sont eux, nos ennemis d’aujourd’hui, que je vou drais voir convaincus par expérience personnelle. Qu’ils lisent votre livre et qu’ils se lancent franchement dans la voie expérimentale que vous ouvrez pour tous. Qu’ils essayent sans parti pris le maniement de ces forces mystérieuses qu’ils ignorent aujourd’hui et alors ils de viendront des guérisseurs vrais quoique diplômés et ils verront leur clientèle devenir nombreuse et dévouée.
ÉCOLE HERMÉTIQUE 279 La guerre n’est pas une solution, au civil comme au social et la force des répressions judiciaires ne prime le droit des chercheurs de bonne foi que pour bien peu de temps. C'est parce que après onze ans d'hôpitaux’à Paris, j’ai personnellement constaté qu'on faisait de nous des clini ciens éminents, mais de bien piètres thérapeutes, que j'ai voulu faire plus.
J’ai demandé des procédés thérapeutiques à toutes les écoles que j’ai pu fréquenter en mes nombreux voyages à l'étranger. La médecine arabe, la dosimétrie, l’homœopathie, aussi bien que les procédés du magnétisme, des guérisseurs populaires et des rebouteurs, tout a été pour moi une source de fructueuses études complémentaires et a contribué à me donner celte foi thérapeutique qui est une des plus grandes consolations de ma vie.
J’ai appris en étudiant avec respect au lieu de narguer et de calom nier ce que je ne savais pas, j’ai appris la tolérance scien tifique et la charité pour les dons dispensés par la nature aux hommes de bonne volonté. Voilà pourquoi je me crois le droit de dire à mes con frères médecins: Voyez vos intérêts véritables au lieu de suivre les conseils des exaltés et des avoués.
Ne condam nez pas ce que vous ignorez. .Apprenez le magnétisme et le maniement des forces psychiques, apprenez fart du re bouteur et le ciel se révélera à vos cœurs quand vous aurez remplacé la haine par la bonté: Geburah par Gedulah... pour ceux qui comprendront. En attendant, croyez-moi, mon cher confrère, votre bien dévoué. Docteur G. Encaisse (Papus , Docteur en médecine de la Faculté de Paris. Programme pour avril. Jeudi 6 : Papus. Jeudi i3 : Papus.
28o l’initiation Vendredi 14: Phaneg, Loges Hermanubis, r. Seguier. Vacances du i5 au 27. Vendredi 28: Phaneg, Loge Hermanubis, r. Seguier. BIBLIOGRAPHIE Les Apparitions matérialisées des Vivants et des Morts, par Gabriel Delanne. Le titre de cet ouvrage et le nom de son auteur si connu et si justement apprécié de tous ceux qui s’occupent de questions psychiques, doivent attirer d'une façon toute spéciale l’attention de nos lecteurs.
AL Gabriel Delanne vient de faire paraître à la Librairie Spirite Leymarie le tome 11, qui traite des Apparitions matérialisées des Morts. C’est un superbe volume de plus de 800 pages, qui offre un travail vraiment intense et un intérêt tout particulier par les preuves incontestables d’apparitions de personnes mortes, et par les attestations nombreuses d’hommes émi nents et dignes de toute confiance dont il est plein.
Tous trouveront profit et plaisir à lire ce remarquable ouvrage. Ceux qui ne croient pas à l'immortalité de lame, d’abord, y trouveront, après l’avoir lu et médité, la certi tude qu’il y a, au delà du trépas, prolongement de l’exis tence du meilleur de notre être, existence qui ne doit plus jamais finir. Est-il malheur plus grand que le scepticisme ou le désespoir ?
Les pages si consolantes de M. Gabriel Delanne jettent des rayons d’espérance dans le cœur des désespérés de vivre pour mourir à jamais et un baume sur la plaie du doute et de l’incrédulité. Les croyants, eux aussi, ont besoin de se retremper dans la lecture de ce beau livre, afin de conserver leur foi en l’autre vie et trouver des forces qui les rendront aptes à lutter contre le doute qu’on voit s’insinuer partout.
Aux hommes d’étude, aux psychologues, aux occul tistes, qui sont de la « partie », nous recommandons éga lement cette lecture. On le sait, car l’expérience en a déjà été faite, les arguments dont disposent l’écrivain ou le conférencier ne sont pas toujours convaincants et le verbe
BIBLIOGRAPHIE 281 est parfois impuissant à traduire exactement la pensée. C’est alors qu’apparaît le besoin d’une aide. Mais où la trouver ? Le penseur l’aura certainement dans l’ouvrage de M. Delanne où il n’a qu’à prendre quelques-uns des m faits », certaines attestations de phénomènes vus dont fourmille ce volume, et en faire la conclusion probante de sa thèse.
A tous les hommes enfin qui ont pitié de leurs frères et qui souffrent de les voir limiter leurs ambitions au trou de la tombe, nous conseillons instamment de lire et de faire lire les Apparitions de Dclanne, ils feront une bonne œuvre. Pour donner à nos lecteurs un aperçu de l'intérêt qu’offre l’ouvrage dont nous les entretenons, nous repro duisons ci-dessous les titres principaux des chapitres : Chapitre premier.
Les apparitions de défunts plus ou moins longtemps après la mort. — Chap. IL Les mains qui apparaissent pendant les séances. — Chap. III. Preuves objectives de la réalité des apparitions complètement maté rialisées. — Chap. IV. Les apparitions ont une personna lité indépendante de cHle du médium. — Chap. V. L’identité des apparitions matérialisées. — Chap. VL Les recherches des savants. — Chap. Vil.
La question de la fraude dans les séances spirites. — Chap. VIII. Quelques remarques sur la genèse, l’anatomie et la physiologie des fantômes. — Chap. IX. Revue générale et conclusion. La sexologie, parSiRius, 1 vol. in-18, H.Daragon, éditeur. Prix : 2 fr. 25. La Sexologie c'est l'art de prédire le sexe des enfants avant leur naissance ; c’est en quelque sorte l’Oracle des Sexes et le Manuel des Mères et des Epouses.
Mais com ment l’auteur peut-il renseigner les familles avec précision sur un point qui déconcerte souvent la médecine. C’est tout simplement en se basant sur les influences astrales ! Pour connaître les présages de génération il faut ériger les ligures astrologiques des deux époux et les comparer entre elles. A l’appui de certains tableaux très pratiques et très clairs, l’auteur indique le moyen de connaître : La durée de la grossesse. Calcul du jour de l’accouchement. Nombre
282 l’initiation et sexe des enfants. Procréation du sexe masculin ou féminin à volonté. Cet ouvrage est basé sur de longues expériences scienti fiques absolument précises et exactes. Il rendra service à toutes les familles et nous ne saurions trop le recomman der à cause du bonheur qu’il peut répandre. Le Hasard. Ses rapports avec notre mentalité, de M. Albert d’ANGERS, Durville, éditeur.
M. Albert d’Angers, le sympathique magnétiseur, bien connu de nos lecteurs, professeur à l'Ecole de Magnétisme de Paris, dont, on se rappelle l'intéressant procès intenté contre lui par les médecins de la région nantaise à cause de ses nombreuses cures magnétiques et l'affluence consi dérable qu’elles amenaient chez lui. vient de publier chez Durville un petit opuscule : Le Hasard et ses rapports arec notre mentalité.
En un style clair, sans longueur et redites, l’auteur expose ses conceptions ésotériques sur le Hasard et les phénomènes d'ordre divers qui le font naître.
Après avoir exposé ce qu’est le hasard dans son sens absolu, puis relatif, M. Albert d'Angers étudie les circon stances qui entourent les elïets dits du hasard en les clas sant avec soin, puis il démontre fort judicieusement la part de l’activité humaine qui s’y rattache et qui peut jus qu’à un certain point réagir contre ses effets.
L’Auteur indique ensuite les circonstances qui déter minent ce que l’on appelle la Chance ou Veine et fait res sortir le rôle que l'homme y joue suivant qu'en face de ces circonstances l’homme prend positivement et négati vement position.
Le Hasard n'est pas un acte de la fatalité ; Une Volonté supérieure s’appuyant sur les potentialités des individus régit ses lois et l’auteur termine en exhortant ses lecteurs à affirmer par la Volonté une attitude qui ne peut qu’être utile à faire dévier les effets maléfiques du hasard.
Ce petit travail fort intéressant est un excellent Manuel pour ¡’enchaînement psychique dans le domaine du Vou loir, c’est un véritable cours, clair et concis de développe ment de la Volonté.
BIBLIOGRAPHIE 283 On trouvera à la tin de ce petit livre un court résumé des conceptions de l’Antiquité sur le hasard, la fatalité, dû à la plume de notre érudit collaborateur Combes Léon, extrait d’une élude parue dans le Voile cPIais sous le titre la loi du Kayna.
Combes Léon démontre en s'appuyant sur les écrits des philosophes grecs et latins que les Anciens — tout au moins les intellectuels de l’Antiquité — ne con sidéraient pas la totalité comme une Force Supérieure incohérente. Et il conclut par une citation de l’initié Pro clos qui vient corroborer en tous points les judicieuses conclusions de M. Albert d’Angers sur le Hasard. Lexit.
Le Dante ou la Main d’Aïdjé, drame en deux actes, par Henri Grégois, théâtre Charras. Acte 1. — Chez Saunières à Toulouse. Un officier d’artillerie, Saunières, ingénieur et physicien, étudie les forces avec sa méthode d’observatiou ration nelle. Il fait des expériences de spiritisme... Un médecin Deforge,qui s’est convaincu de la réalité des phénomènes occultes, et sa maîtresse Gilbcrte, qui est médium, suivent les séances.
Au lever du rideau Saunières a préparé une plan chette écrivante... et un biomètre pour révéler le dyna misme nerveux. Lorrain, un normalien, professeur, explique les phéno mènes par l’illusion et la suggestion. Arrivent Det'orges et Gilbcrte, accompagnés de Becker, étudiant en médecine et leur voisin. La planchette écrit. Communication. Becker demande si l’esprit veut nommer un object qui est dans sa poche.
Descriptions en termes mystérieux Becker donne la clef. C’est une main momifiée, qui a été coupée deux ans avant à Alger, — elle a conservé une sorte de vitalité. — A son contact les sujets hypnotisés s'identifient à la morte et manifestent une haine violente pour Becker. Expérience. La main influence le biomètre. Deforges endort Gilberte, Becker approche la main de sa nuque, sa figure devient sombre et terrible; elle tourne la tète
/ l’initiation vers Becker : Rentre dans ta chambre mets « ma » main sur ta table à côté ton poignard algérien. Un ami t'atta chera sur ton lit ; il éteindra la lampe et s’en ira, après avoir fermé la porte à clef. Becker dit : Soit. Deforges va pour réveiller Gilberte. Becker, comme malgré lui — touche sa main — avec la main momifiée. Gilberte tombe inanimée. — Deforges la soigne et la réveille, Gilberte et lui s’en vont... Becker les suit.
« Acte II. — La chambre de Becker. Obscurité, feu, lueur rouge, des pas. Entrent Becker, Gilberte et Deforges. Becker demande les roses de Gilberte, elle les refuse ins tinctivement. Deforge exige qu’elle les donne. Mauvais pressentiment, elle va se coucher. Deforges a deviné que Becker veut tenter l’expérience. Il cherche à l’en dissuader. Becker avoue son secret.
A la faculté d’Alger, il a coupé la main d’une jeune fille arabe du nom d’Aïdjé, morte à l’hôpital. Puis il a appris qu’Aïdjé était en catalepsie et qu’elle est morte après des tortures atroces. Depuis, il sent qu’Aïdjé l’enveloppe de haine et qu’elle est toujours à ses côtés. Impossible de se séparer de sa main. Une terrible malchance pèse sur sa vie. C’est l’ob session qui le mène à la folie.
Donc, il doit tenter l’expérience pour se convaincre qu’il est victime de son imagination et faire cesser l’ob session. Deforges fait l’impossible pour le dissuader de tenter l’expérience. Becker s'obstine. Becker place sur la table la main, les roses, le poignard. Deforges l’attache sur son lit. Mais il refuse de laisser la main sur la table, il l'enferme à clef dans l’armoire malgré la colère de Becker.
Deforge éteint la lampe et sort en fermant la porte à clef... Silence. On entend dans l’armoire le frottement d’une main sur le bois... craquements, une lueur livide filtre par la fente de l’armoire. Les battants s’ouvrent avec un bruit sec. Une main radiante sort de l’armoire et se dirige vers la table.
BIBLIOGRAPHIE 285 Terreur de Becker. La main saisit le poignard. Becker est paralysé par la peur, il appelle Deforges, mais sa voix est muette. La main armée se lève sur lui, il s’écrie : Aïdjé! Le bras s’abaisse sur sa poitrine, il pousse un cri terrible. La forme disparaît. Des pas précipités, une clef dans la serrure. Deforges entre avec sa lampe, suivi de Gilberte. Becker évanoui, tout en place, sauf l’armoire ouverte... Conjectures...
Une petite rougeur sur la peau au niveau du cœur. Un stigmate. II a été foudroyé par le fluide nerveux. Il est mort. Deforges se tourne vers l’armoire et regarde. La Pologne. — IL Ferreyrol. Libraire-éditeur, i et 3, rue Vavin, Paris. Bien ne peut nous laisser indifférents dans l'histoire de la Pologne, ce pays qui survit à son démembrement et qui aime la France.
La Pologne déchirée semble pressentir vivement — ainsi que l’Alsace-Lorraine — l'évolution mondiale vers des formes républicaines de moins en moins imparfaites et localisées, grâces auxquelles elles verront se lever l’ère des revanches pacifiques, vers lesquelles nous nous orien tons.
Tout comme les individus, les peuples, les nations, les races ont une âme, faisceau d'aspirations complexes, do minées par un idéal commun qu’en occultisme nous dé nommons égrégore. C'est cette âme de la Pologne que M. Calixte de Wolski a voulu rendre expressive en nous découvrant sa gloire, ses souffrances, ses évolutions et la survivance de scs es poirs. Notons que les légendes, issues de faits psychiques, n’y sont pas rares. Ce livre est « un pieux hommage rendu par un Polonais à son pays infortuné ». Paul Nord.
28(5 l’initiation REVUE DES REVUES Le Voile d’Isis donne comme article de tète un curieux récit de M. Sédir, intitulé : « La Terre et le Corps hu main », dont la conclusion est qu’il y a un rapport, une sorte d’attirance mutuelle entre les divers éléments que renferment la terre et le corps humain. Elle peut l'influen cer, et s’il est atteint de quelque maladie, lui procurer la guérison.
C’est du moins ce qu’il est permis de conclure de l’article très philosophique et tout à fait « hermétique » de M. Sédir. De la même revue, une étude très documentée sur les Prophéties modernes.
L’auteur jette un long regard sur les voyants des cinq derniers siècles et signale les nom breux ouvrages d’occultisme ou de prophétie parus pen dant cette période. ★ * ♦ A propos de la peste qui sévit en Extrême-Orient, M. George Malet fait dans VEcho du Merveilleux une recherche très intéressante et fort documentée sur le « Mer veilleux » de cette épouvantable maladie et le trouve dès l’antiquité sous la plume de Plutarque écrivant, dans son Traite des Oracles qui ont cessé, cette phrase : « Toutes ces pestes sont l’œuvre de grands et de violents Esprits. » Longtemps après, Ambroise Paré, une des célébrités médicales en France au seizième siècle, vit réellement ces esprits « pestiférés », dont Plutarque avait soupçonné l’existence.
Il les vit si bien qu’il en dessina les formes étranges et vraiment fantastiques dans son ouvrage les Monstres du Ciel. Voilà un docteur spirite, si je ne m'abuse.
Le pape Grégoire le Grand, qui compte parmi les plus illustres successeurs de saint Pierre, rappelle dans ses Dia logues adressés à la chrétienté que trois ans avant la peste qui désola Rome au sixième siècle — en l’année 590 — « on voyait de ses yeux corporels des flèches tomber d’en haut et frapper chaque victime ».
REVUE DES REVUES 287 En 1048, la peste fit d’innombrables victimes. Effrayé, le roi Philippe VI réunit les membres de la Faculté de Paris pour prendre des mesures contre le fléau.
Les doctes per- » sonnages eurent tôt fait d’adresser un Mémoire au roi dans lequel ils déclaraient que pour retrouver l’origine de cette peste, il fallait remonter à trois ans, à l’année 1345, pen dant laquelle il y avait eu conjonction des trois planètes supérieures dans le signe du Verseau : Maxima conjonctio trmm planetarum superiorum in Aquario.
Et ceci avait été déjà avancé dans les temps anciens par Aristote qui affirmait que la conjonction de Saturne et de Jupiter suffi sait pour causer la dépopulation des États. C’est l’astro logie de la peste. Ces quelques lignes suffisent à prouver que de tout z temps on a attribué et reconnu à cet épouvantable fléau une part de merveilleux.
Et vraiment, les hommes et les siècles ont eu raison, puisque toujours, l’apparition de la peste fut précédée de phénomènes extraordinaires, que ¡’Histoire nous a légués. ♦ * * Sous la signature Paul Nord, les Nouveaux Horizons de la Science et de la Pensée contiennent une belle page phi losophique et surtout très altruiste dont le titre : France et Humanité n'est pas sans faire rêver. Est-il possible d’accorder ensemble ces deux mots ?
Oui, pense l’écrivain et le jour viendra où l’évolution, dans sa marche irrésis tible achèvera pacifiquement et de façon intellectuelle l'œuvre entreprise depuis 1789, et qui paraît se résumer en ces deux mots : L’apostolat humanitaire. L. B. OUVRAGES NOUVELLEMENT PARUS Víctor Delfino. Fisiología é Higiene de la Voz. Buenos-Aires. Maucci Hermanos et Hijos Rivadavia 1435. V
288 l'ini i IA'I ion UNE PRÉDICTION RÉALISÉE Nous recevons de M. le D’ Creslatf Czynski, de SaintPétersbourg (Punar Bhava), la lettre suivante : Cher Maître, Nous devons nous féliciter, car l’occultisme a triomphé. Mes prédictions faites en 1910, 27 décembre, se sont véri fiées et le Ministre Stolypine, malgré toutes les intrigues, resta à son poste.
Voici la lettre que je lui ai envoyée sous la date de 12 23 mars 1911 : « Excellence, « Veuillez me permettre de vous présenter mon recueil de prévisions faites pour l'année 1911-1912, où la crise du Cabinet est pressentie. « Même quand tous vos amis politiques croyaient à la réussite des intrigues, je ne perdais pas confiance dans les avis des invisibles, qui m'avertissaient que votre mission ne faisait que commencer.
« Je ne demande qu’une faveur, c'est celle de vouloir donner suite pour la vérification complété de la prédiction. Et il acceptera le titre de Comte et celui de Chancelier du grand Etat russe. u Veuillez agréer, Excellence, l'assurance de mon humble dévouement. « Signé : D1’ Creslaff Czynski. « Pétersbourg, le 12 mars 1911. » Je crois, Cher Maître, que cette lettre est un témoignage de l’existence de notre chère science occulte. Bien à vous. D1' Czynski. Le Gérant : Encausse. Paris. — Imprimerie E. Arraült et Cie, 9, rue N.-I>.-dc-Lorcttc.
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On reconnaît la rareté et l'intérêt des planches hermétiques et magiques de Khunrath ; jusqu’à présent ces planches étaient sans valeur, puisqu’elles n'étaient pas accompagnées de leur texte. Les docteurs Papus et Marc Haven ont remédié à cet état de choses en publiant, chez M. G. Ficker, une édition de luxe donnant l'explication de chaque figure. Paris. — Imprimerie E. Arrault et 0,9, rue Notre-D»me-de-Lorcuc