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R A o A I Ay > 4 rz LÊ1JEE MENS TELLEMENT SOUS LA DIRECTION ,47. ,4'f _ •' - V ‘ t—W. I’ M Ki VOLUME. ction DE/ — 24rae ANN EE JARTE E PHÍLOSOPHIQUE Le Gi an, M< ï x et le (Jn ist (p 97 à 106). . . Le Martinisme dan sBal^ac (p. 107 à 117). . . Sur quelque s modes divinat ares et augurâtes (suite) (p. j 18 à 128)..............................................
Société d'Études philosophiques et psychiques de Tours suite) (p. 129 à 140).......................... Verseau et poissons (p. 141 à 145).......................... On récolte ce qu'on sème (p. 146 à 14g) . . . . Le Pardon (p. i5o à 15a)......................................... Papus. Ferdar. C. B. X... Karl Nissa. Vincenzo-Majulli. Pierre Abran. SECTION ARCHÉOMÉTRIQUE L’Archéométre de Saint-Yves d'Alveydre (suite).
Triangle de Marie (p. 153 à 161). Ecole supérieure libre des sciences hermétiques. — Phénomènes psy chiques. — Les prédictions de Maya la' voyante. — Médecins et magnétiseurs. — Une expérience avec Watkins. — Notre courrier. — Société des Conférences spiritualistes. — Revue des Revues. — Bibliographie. — Syndicat de l’occultisme. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 15. rue Séguier, à Paris-VIe.
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PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes eternels qui sont l’essence /de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’oia ?houti qu’à de vaines et stériles négations i . Science experi mentale a conduit les savants maigre eus ’ le domaine des iorces purement spirituelles par l’hypnotisme ei la suggestion :■ distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L'Initiation est l'organe principal de cette renaissance spiritua liste don: les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des Anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la decouverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l Initiation adhère au programme de t )utes les revues et sociétés qui défendent V arbitrage contre 1 arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà v onnus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses ûo rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à t .us les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L1 Initiation parait régulièrement à la fin de chaque mois et ¿ompte déjà vingt années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. (Les 'collections des huit premières années sonr absolument épuisées.)
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. oran, Moïse et le Christ {Conférence Esotérique de janvier i g 11) L’Islam est aujourd’hui une puissance réelle dans l'évolution future de l’humanité. Le musulman, en effet, n'a pas d’autre patriotisme réel que celui de sa religion.
Qu'il soit Indou, Arabe, ou nègre d'Afrique, il est avant tout et par-dessus tout musulman. La religion musulmane est une des plus élevées qui existent sur terre. Elle a été ou incomprise ou calomniée par les sectateurs des autres cultes et elle mérite qu’on lui rende justice. L’Archéomètre montre que Mahomet ne fut pas un imposteur ni un menteur. Enlevé en extase dans le plan de Gabriel l’Elohah des Elohim, il a vu et il a entendu.
Les couleurs qu’il a vues : le Vert qui deviendra la couleur de son oriflamme et le Rouge dont se coiffe ront ses sectateurs sont les correspondantes archéomé triques, avec le Blanc, du nom ALLAH, le Pronom LUI. entendu par le Prophète.
98 l’initiation Aucune religion n'a fait de plus rapides progrès en si peu de temps que la religion musulmane, et cela sans apôtres et sans missionnaires spéciaux, sans prêtres et sans couvents.
Voici comment se répartissent les 175.000.000 de musulmans : Turquie...........................................................22.000.000 rEgypte..................................................................5.000.000 Nord de l’Afrique...........................................
18.000.000 Soudan...........................................................ii.5oo.ooo Arabie................................................................ii.5oo.ooo Inde................................................................40.000.000 Perse..................................................................8.000.000 Malaisie......................................................3o.000.000 Chine............................................................15.000.000 Mongolie...................................................... ...
Tartarie......................................................... > 14.000.00 Afghanistan................................................ La vie de Mohammed ou Mahomet mérite une étude spéciale, que nous ferons peut-être plus tard mais qui sortirait de notre sujet aujourd’hui.
Disons seulement que Mohammed, né en 570 après Jésus-Christ et descendant d’une haute famille arabe de la Mecque (El Koreich) a été élevé à la campagne et soupçonné d’avoirété épileptique pendantson enfance. A l’âge de 14 ans, il est emmené par un parent en Syrie en accompagnant une caravane. Un moine chrétien s’approche de son parent et, après avoir regardé le jeune Mahomet, il dit : « Cet enfant a le don de Prophétie, veillez sur lui. »
LE CORAN, MOÏSE ET LE CHRIST QÇ A 25 ans, Mahomet épouse Khalidja, la riche veuve pour le compte de laquelle il avait fait plusieurs expé ditions commerciales. C’est à ce moment que les esclaves de sa femme voient un jour deux anges veillant sur Mahomet endormi. Vers 28 ans. Mahomet fait partie d'une société secrète arabe chargée de veiller sur les pauvres marchands souvent victimes des brigands de grande route.
A 35 ans, Mahomet, qu'on appelait à cause de sa sagesse : El Emin (le Loyal), est pris comme arbitre dans la reconstruction de la Casbah et le replacement de la fameuse Pierre Noire. C'est à Z|O ans d’àge que Mahomet a sa première vision.
Pendant le mois de Rhamadan, sur la mon tagne de Hira, près de la Mecque, en 611, l’ange lui apparaît et lui dit : « Au nom de Dieu qui a créé toutes choses, qui a créé l'Homme de sang coagulé, LIS, par le nom de ton Seigneur qui est généreux. C'est lui qui a ensei- » gné l’Ecriture, il a appris à l’homme ce qu'il ne savait pas.
« O Mohammed, tu es l'envoyé de Dieu et je suis Gabriel. » L’ange Gabriel révèle à Mahomet les trois points principaux du culte : i° La prière précédée des Ablutions ; 20 L’Unité absolue de Dieu. 3° La nécessité de maintenir sa mission secrète un certain temps (trois ans).
ioo l’initiation C’est sur l’ordre formel de Dieu que celte mission devint ouverte. Restons en là de la vie de Mahomet. INFLUENCES ANTERIEI R ES. Les critiques qui ne connaissent rien de l'Astral et des visions spirituelles directes, cherchent toujours les influences intellectuelles anterieures ayant pu influencer un mouvement religieux.
La religion de Mahomet n’a rien d’astronomique Elle ne présente ni les quatre annonciateurs des quatre étoiles des points cardinaux : les Evangélistes correspondant aux adaptations du Sphynx. Elle ne montre pas davantage les 12 Apo-Stolles ou Révélar teurs des 12 Etoiles du Zodiaque Apôtres), ni les 72 Vieillardsapocalyptiquesadaptatcurs du Verbe, etc. L’Islam a horreur des complications mystiques ou scientifiques.
Cette religion veut l'Unité et rien que l’Unité partout. Dans ses voyages en Syrie, Mahomet avait entendu parler du Mosaïsme et du Christianisme. Il avait eu à la Mecque même des entretiens avec des Juifs et des Chrétiens. L’Arabe Waraka, cousin de sa femme et fort érudit, était un de ses instructeurs religieux préférés.
Mais, à notre avis, le véritable instructeur de Maho met fut un être invisible de l’appartement de Gabriel, pour employer le style des révélateurs. Une religion a des raisons invisibles, une philosophie n’en a pas. Et lorsqu’on songe aux défaites multiples essuyées
LE CORAN, MOÏSE ET LE CHRIST IOI par Mahomet lors de ses premières batailles pour pro pager sa foi, lorsqu’on se rend compte des épreuves ' de ce prophète qui a vu mourir tous ses enfants sans désespérer de Dieu, on sent bien que l’invisible pro tège l'Islam et veille à sa conservation. Et disons de suite que l’Islam a rendu de grands services à l’humanité.
C'est l’Islam qui a sauvé la Science et l'Art des initiations antiques et c’est après avoir été initié à une société occulte de l'Islam que Loyola a calqué son ordre des Jésuites sur l’organisa tion musulmane, n’en déplaise à ces messieurs. Voyons ce que dit Saint-Yves de l’Islam : ISLAM ET ISRAËL Titus détruira le Temple. Adrien s’acharnera à la ruine du Sanhédrin,Théodoseanéantira le Patriarche.
Toute la chrétienté, hélas! traitera les Juifs comme jam is les Nabuchodonosor et les Sargin ne l'ont fait et les Arabes musulmans que nous taxons d’infidèles et de fanatiques se comporteront au contraire en vé ritables disciples de Jésus-Christ, en Synarchistes du passé et de l’avenir. Osman, avecleRESH GALODTA,avecl'exilarchat, rendra à toutes les assemblées juives de la Terre l’illusion d’un gouvernement libre, une sorte de royauté de l’Exil.
Ali, en créant pour ces infortunés le Gaonat, leur rendra en outre l’équivalent du Sanhédrin, une Aca démie et une cour de cassation doublée d’un Conr seil d’Etat. Ce sont bien là les nobles enfants des anciens
102 l’initiation Boddhones, des alliés et des défenseurs de la Synarchie trinitaire de Ram, de la Théocratie de F Agneau, de l’Empire arbitral du Bélier, de la promesse des NeoRamides. Du haut des cieux, Jésus-Christ les verra abriter sous leur pavillon sa race écrasée par le Nemrodisme et il les bénira dans les rayons vivants du Dieu de la Totale connaissance.
C’est en effet des Écoles Arabes de l’Orient que par tira le réveil de la science Antique : c'est là que les Sages des Ordres et des Temples anéantis par le Nem rodisme assyrien, persan, grec et romain, viendront apporter quelques richesses de leur vieux trésor; c’est de là que les Chrétiens de la Crucifixion rece vront par les kalifats d’Espagne, le premier baiser de lumière de la Chrétienté future : celle de la Glorifi cation. (Mission des Juifs, p. 834.) LE CORAN L’instrument d’action intellectuelle de l’islam, c’est le Coran, le livre révélé à Mahomet et écrit ou dicté par lui.
Nous possédons du Coran une excellente traduc tion française due à M. Karminski. Ce qui apparaît au premier abord dans ce livre, c’est l’absence de mé thode. Les Versets se suivent sans ordre et au petit bon heur des communications de l’ange. Mais l’ensemble dégage une impression de spiri tualité. Ce qui frappe surtout les Chrétiens et les Juifs, c’est
LE CORAN, MOÏSE ET LE CHRIST 10 3 la haute opinion du prophète pour Moïse, pour le 9 Christ, ainsi que pour le Pentateuque et les Evangiles. 11 faut noter aussi son respect pour la Vierge Marie, dont Mahomet proclámela Virginité, et il est curieux de trouver dans le Coran un défenseur de l’imma culée Conception.
Nous donnons tout de suite un extrait du cha pitre 43 du Coran (Ornements d’or) et nous recom mandons à la méditation du lecteur le verset 60 où Mahomet désigne Jésus comme celui qui viendra à la fin des temps comme annonciateur : Moïse Nous envoyâmes Moïse, accompagné de nos signes, vers Pharaon et les grands de son royaume : Je suis, leur dit-il, l'envoyé du Maître de l’Univers. (chap. XLIII, Ornements d’or, verset, 45.) Lorsqu’il se présenta devant eux avec nos signes, ils s’en moquèrent. (chap. XLIII, Ornements d’or, verset 46.) Tous ces miracles étaient plus surprenants les uns les autres) Nous leur infligeâmes des châtiments afin qu’ils se convertissent. (chap. XLIII, Ornements d’or, verset47.) Ils dirent une fois à Moïse : 0 magicien, prie ton Seigneur de faire ce qu’il a promis, car nous voilà sur la droite voie. (chap. XLIII, Ornements d’or, verset 48.)
■■■■ I04 l’initiation Et à peine les avons-nous délivrés, du malheur qu’ils ont viole leurs engagements. (chap. XLIII, Ornements d’or, verser 49.) Pharaon fit proclamer à son peuple ces paroles : O mon peuple ! le royaume d’Égypte et ces fleuves qui coulent à mes pieds ne sont ils pasii moi, ne le voyezvous pas ? (chap. XLIII, Ornements d'or, verset 5o.) Ne suis-je pas plus fort que cet homme mépri sable ? (chap. XLIII, Ornements d’or, verset 5i.) Et qui à peine peut s’exprimer. (chap. XLIII, Ornements d’or, verset 52.) Si au moins on lui voyait des bracelets d’or, s’il venait en compagnie des anges. (chap. XLIII, Ornements d’or, verset 53.) Pharaon inspira de la légèreté à ses peuples et ils obéirent, car ils étaient pervers. (chap. XLIII, Ornements d’or, verset 5q.) Mais quand ils provoquèrent notre colère, nous tirâmes vengeance d’eux et nous les submergeâmes tous. (chap. XLIII, Ornements d’or, verset 55.) Nous en avons fait un exemple et la fable de leurs successeurs. (châp. XLIII, Ornements d’or, verset 56.)
LE CORz\N, MOÏSE ET LE CHRIST Iû5 JÉSUS Si l'on propose à ton peuple le fils de Marie comme exemple, ils ne veillent pas en entendre parler. chap. XLIII, Ornements d'or, verset 57.) Ils disent : Nos dieux valent-ils mieux que le fils de Marie, ou le fils de Marie que nos dieux ? Ils ne propo sent cette question que par esprit de dispute.
Oui, certes, ils sont chicaniers. (chap. XLIII, Ornements d'or, verset 58.) Jésus n'est qu'un serviteur (homme) que nous avons comblé de nos faveurs, et que nous proposâmes comme exemple aux enfants d’Israël. (chap. XLIII, Ornements d'or, verset 59.) Si nous avions voulu, nous aurions produit de vousmêmes des anges pour vous succéder sur la terre. (chap. XLIII, Ornements d’or, verset 60.) Il sera l'indice de l’approche de l'heure.
N’en doutez donc pas, suivez-moi, car c’est le chemin droit. (chap. XLIII, Ornements d’or, verset 61.) Que Satan ne vous en détourne pas. car il est votre ennemi déclaré. (chap. XLIII, Ornements d'or, verset 62.) Quand Jésus vint au milieu des hommes, accom pagné de signes, il dit : Je vous apporte la sagesse, et je viens vous expliquer ce qui est l’objet de vos dis putes. Craignez donc Dieu et obéissez-moi. (chap. XLIII, Ornements d’or, verset 63.)
10Ô i; INITIATION Dieu est mon Seigneur et le vôtre, adorez-le, c’es t le chemin droit. (chap. XLIII, Ornements d’or, verset 64.) Les différents partis se mirent à disputer entre eux. Malheur au méchant, le jour du châtiment doulou reux ! (chap. XLIII, Ornements d’or, verset 65.) Qu’attendent-ils donc ?
Est-ce l'heure qui les sur prendra à l’improviste, quand ils ne s’y attendront pas? (chap. XLIII, Ornements d’or. verset 66.) LE CORAN Extrait relatif à Jésus, à Moïse et aux Livres Saints. Nous avons donné le Livre de la loi à Moïse et nous l’avons fait suivre par d’autres envoyés. Nous avons accordé à Jésus, fils de Marie, des signes ma nifestes (de sa mission) et nous l’avons fortifié par l’esprit de la sainteté.
Toutes les fois qu’un envoyé (du Seigneur) nous a apporté une révélation qui ne flattait pas vos passions, vous vous êtes enflés d’or gueil, vous avez traité les uns de menteurs, et vous en avez assassiné d’autres. (chap. II, La Vache, verset 81.) (A suivre.)
Le Martinisme dans Balzac C’est une tendance de la critique moderne de rechercher, dans les grands faits et près des grands hommes, les influences de causes très efficaces aux temps étudiés et depuis tombées dans l’oubli ou même le discrédit. Ainsi l'on a tentéde voir dans Napoléon Ier l’homme des sociétés secrètes, de la franc-maçonnerie notamment. Des chercheurs plus avisés pourraient étudier en lui l'homme des vehmes mystiques...
Balzac, qui se comparait volontiers aux maréchaux de l'Empire, sinon à l’empereur lui-même, a suscité comme le grand capitaine une masse d’études à rem plir des bibliothèques spéciales, et naturellement,après s’être repue des petits ou grands côtés vécus en plein jour, de son caractère, la critique a voulu faire connaî tre ce que, volontairement, l’illustre romancier avait laissé dans l’ombre, sa vie morale ou passionnelle appuyée sur des amours idéales ou réelles.
Ainsi a-t-on écrit des «Balzac ignorés », dont très peu d’ailleurs ont élucidé, défini et même signalé de loin la vraie face de cet homme prodigieux. Nous voudrions, dans cette courte étude, non pas donner un portrait nouveau de Balzac, non pas même
i o8 l’initi \T10N étudier dans son œuvre, et cela à fond, la compréhen sion qu’il avait et le relief qu’il prétendit sculpter du fait martiniste, mais seulement séparer en quelques lignes des autres conceptions métaphysiques ou reli gieuses qu'il a étudiées à travers son œuvre, la con ception, la religion martiniste dont il fui l'un des adeptes.
A ce propos, signalons aux chercheurs que le pos sesseur des archives martinistes détient sur Balzac des documents fort intéressants, qu’un jour sans doute il fera connaître dans la limite autorisée, et tirons de cette espérance des raisons, des excuses à notre désir de laisser de côté dans cette élude tout ce qui est de l’homme, tout ce qui fut réellement rien, pour ne nous attacher qu’à un exposé de l’idée martiniste telle qu’elle ressort des passages écrits où Balzac en a fait la dominante des faits et des personnages imaginaires de quelques-uns de ses romans.
Tout d'abord, il est à noter que, dans l’œuvre de Balzac, la puissance mise par l’invisible au service d’un homme, ou tout au moins à sa disposition, n’est presque jamais employée que pour des buts aimables et même chevaleresques.
Elle améliore les bons demeurés incrédules ou même matérialistes, elle marie les amoureux sincères empêchés par des obsta cles de famille ou de fortune, et par de justes repré sailles elle punit ou réprime les perfidies dirigées contreceuxqu’elleprotège. Les adeptes du martinisme ou du swedenborgisme sont régulièrement, essen tiellement dans Balzac des hommes droits, savants, purs et souvent solitaires. C’est un rôle que d’ailleurs
LE MARTINISME DANS BALZAC 109 Balzac assigne dans toute son œuvre aux apôtres vrais des religions ou des fraternités nées du chris tianisme, encore que les prêtres fourbes, calculateurs, mondains soient nombreux parmi les personnages de la Comédie humaine. On sait que le catholicisme intégrai, et même romain, demeure pour Balzac la loi exotérique nécessaire, inévitable et suffisante de toutes sociétés ou de toutes vies individuelles.
Ceux qui en sont consciemment écartés par des études positivistes, s’y agrègent par le côté moral de leurs actes. Certains types de Balzac, comme son curé de vil lage, Véronique Sauriat, Je médecin de campagne, catholiques pratiquants ou simplement philanthropes, sont modelés cérébralement sur le type de l'honnête homme catholique.
Ces personnages sont exempts de passions, soit dès l'origine, soit par des deuils succes sifs où leur âme s’est épurée et tournée vers l’imma tériel. A première vue, en serait tenté de les considé rer comme les enfants de prédilection du romancier, les types supérieurs de l’humanité qu’il a conçue.
Et pourtant il nous semble, à plus approfondir l’âme de Balzac à travers ses œuvres, que les romans où il a le plus versé d’émotivité, ou qu’il a placés, par leurs dédicaces, sous l’invocation de ses plus chères affections, sont ceux où le martinisme, con sidéré comme règle morale et comme foi vivante, soutient, pénètre, explique et dirige les actions des principaux personnages. Ainsi en est-il de Séraphitus-Seraphita, du Lys dans la vallée, de Louis Lambert, d'Ursule Mirouet...
1 10 l’initiation En écrivant ces lignes, nous n'oublions pas tout ce que le martinisme et le swedenborgisme ont de com mun tant du point de vue doctrinal que du point de vue pratique Et d’ailleurs Balzac accole souvent les noms de deux mystiques, soit dans le catalogue des oeuvres dont il fait les éducatrices intellectuelles de ses héros, soit dans les invocations continues et né cessaires que font, à ces deux maîtres, les initiés que Balzac sème çà et là, laïques ou même religieux, à travers son oeuvre comme autant de dieux bienfai sants. Mais il nous apparaît encore que Balzac se repré sente et figure dans son oeuvre le swedenborgisme et les swedenborgiens plutôt comme des mystiques et des métaphysiciens, fervents des altitudes, au lieu qu’il pose ses initiés de l'ordre martiniste comme autant de cœurs charitables, d’orants toujours exau cés, d’initiés pratiquants et très plongés dans l’efiort social. Ainsi, Seraphitus, l’œuvre suprême de Balzac, nous semble plus représentative de la métaphysique swedenborgienne que de la morale martiniste, encore que le martinisme s’y accuse en traits précis, recon naissables aux avertis, et que les oeuvres philoso phiques de Saint-Martin contiennent les vérités que personnifie et intègre Sei'aphitus-Seraphila. Mais cette œuvre est un sommet qui ne doit pas être con sidéré hors de la chaîne. La nécessaire pénétration, l'enchevêtrement provi dentiellement décrété des unités et des binômes, pour arriver à la formation statique des ternaires, sont écrits
LE MARTINISME DANS BALZAC I I I dans le drame moral de Seraphitus-Seraphila comme au long de l’affreux martyre, si sottement et si humai nement conté par Félix de Vandenesse, de sa maî tresse idéale et pourtant très passionnée, Mme de Mortsauf île Lys dans la vallée).
Au surplus, il est certain que ni Saint-Martin, ni Swedenborg n’ont institué de règles absolument origi nales d’ascétisme ou de conduite pratique.
Ils se ré clament du Christ évangélique, médiatement à travers la série mystique des ésotéristes connus ou inconnus, et l'étude que nous désirons esquisser de l’idée et du tait martinistes dans Balzac n’a pas à se préoccuper de la préexistence du mysticisme martiniste à la per sonnalité du Philosophe Inconnu même.
11 importe seulement d’indiquer le rôle social, hu manitaire, nous devrions plutôt écrire hominal, que Balzac assigne à la théorie d’une initiée du marti nisme.
Pour faciliter, à ceux qui la voudraient pour suivre. cette excursion à travers les pensées les plus secrètes de Balzac, par les sommets les moins accessi blés, les plus volontairement nuageux de son œuvre, rappelons, en quelques traits schématiques, la donnée du roman que nous citions plus haut comme la figu ration allégorique la plus spéciale de l’idée marti niste dans l’œuvre de Balzac.
Mme de Mortsauf, mariée jeune par sa famille à une manière de vieux loup gentillâtre, fort éclopé par la vie,mais que son dévouement instinctif à la monarchie rendit sympathique aux parents delà jeune femme, vit en province, sur les domaines du ménage, avec ses deux enfants malades, d’une existence campa1 12 l’initiation gnarde et monotone que rompent seules, et très mal à propos, d’ailleurs, les accès croissants d'hypocondrie auxquels est sujet M. de Mortsauf.
Précisons, d’ail leurs, que Mme de Mortsauf, catholique pratiquante etmartiniste avouée, de par le chagrin que lui cause sans cesse l’état maladif de ses deux enfants, se refuse à continuer l’état conjugal et contraint son mari, très près de la nature, et fort mécontent de cela, à ré duire sa fièvre amoureuse par un labeur continu de gentleman farmer, équitation, marche, discussions d’intérêts, etc., etc. Survient un jeune homme, Félix de Vandenesse, qui n’a jamais connu de femme et que des événements insèrent dans le livre de ménage des Mortsauf, au point qu'il fait la partie de trictrac avec le mari, cour tise chastement mais passionnément la châtelaine et se fait aimer des enfants et de toute la maison.
L’amour naît entre Vandenesse et Mme de Mort sauf, il est déclaré par l’un à l’autre, mais mis en pénitence et sevré de toutes joies illicites reculées à une date que ni l’un ni l’autre des amants ne veut de sang-froid envisager, et qui est la mort de M. de Mortsauf. Celui-ci tombe malade, mais sa femme et son ami le soignent avec un tel dévouement qu’il en réchappe...
Ceci est la première partie du roman et forme la première hypothèse sociale et morale dont l’idée, la clé martinistes donnent une solution. Les rêves de Vandenesse se ressentent de l’étrange con tinence de sa vie et dans ce plan ombreux du subjec tif extériorisé, Balzac trace, avec la maîtrise d’un psychologue de premier ordre, le déroulement con
LE MARTINISME DANS BALZAC I l3 senti et soutenu de la vie subliminale des êtres mal heureux de par une volonté rigoureuse de demeurer dignes de l’estime et maîtres de leurs rôles mondains. Beaucoup de femmes, moins sévèrement catholiques que Mme de Morstsauf, auraient probablement em ployé, à l’égard d'un tel mari, le truc, si l’on peut dire de la servante concubine que les légendes patriar cales ont fait connaître.
Mme de Mortsauf ne sau rait, ou tout au moins n’avoue pas, dans Balzac, songera ce remède. Son mari, qui paraît fort penaud, étant loup, d'avoir épousé cette lionne, crie, injurie, se lamente, fait souffrir, prétend à la mort et vit tant qu'il enterra sa femme.
Quant à Vandenesse, qui a lu Brantôme, certes, mais tient à conserver la rigidité de ses fibres morales, il évolue à travers ce drame avec l’aisance d'un collégien, sans rien soupçonner ni vouloir connaître. Aussi, Mme de Mortsauf l'expédie-t-elle à Paris, où des protections lui procurent un poste de confiance auprèsdu roi Louis XVIII. Désormais, Vandenesse est un personnage : il sera riche et influent, donc libre.
Il attire l’attention de lady Dudley, femme excen trique et passionnée, dont il devient l’amant heureux de par les vertus de Mme de Mortsauf, qu’il com promet à plaisir, et dont l’âme où il se refugie lui sert d’égide contre les serres d’acier de sa maîtresse. Lady Dudley veut vaincre ce fat inconscient et en faire vivant un holocauste au dieu Femme...
Pour certaines femmes, l'amour est le plus sûr mode d’as sassinat, et c’est pourquoi lady Dudley se livre à Van denesse. 8
l'initiation 114 Il advient que Mme de Mortsauf et Vandenesse et lady Dudley se rencontrent, mais cette entrevue, désirée par Mme de Mortsauf, ne lui procure qu'une injure de la farouche Anglaise, injure dont Vande nesse tâche à tirer vengeance, mais qui blesse mortel lement le pauvre lys de la vallée. Et désormais le lys n'épanchera plus sur le papier et dans ses confessions intimes le parfum délicat et incompris de son pur calice déchiré.
Mme de Mortsauf meurt d’inanition ; son fol mari lui survit, ce qui justifie le traitement que lui avait imposé sa femme, en dépit de la signification pénale de cette mort choisie par Balzac pour son héroïne. Vandenesse est chassé de la maison mor tuaire par la fille de sa maîtresse décédée, malgré le désir de la morte qu’un mariage unisse un jour Félix et l’enfant.
Mais en la jeune fille domine seule la rancoeur des tourments suscités à sa mère par cet amant imbécile, qui n'a voulu ni pu rien deviner, rien oser, rien perdre.
Chacun se rappelle l’émouvant récit de la mort de Mme de Mortsauf, sa confession publique et le pardon qu’elle demande, un peu vainement sans doute, à son mari, qui à cette heure comprend que les mêmes formes charnelles peuvent vêtir des cœurs bien différents, et qu’accepter des mains d’un père une fiancée ignorante et soumise peut être un crime aussi certain que le viol le plus illégalement condi tionné. Par un devoir d’annaliste soucieux de la couleur historique, Balzac entoure des formules et des chants
LE MARTINISME DANS BALZAC I I 5 romains le passage dans l’au-delà de la martiniste Blanche de Mortsauf, mais il est évident par tous ses actes que l’héroïne est beaucoup plus une mystique pure qu'une croyante soumise à la religion romaine. Elle fait, pendant sa vie, un usage continu, et d’ailleurs peu nécessaire, du don de clairvoyance qu’elle possède depuis son enfance.
Elle cite SaintMartin et se réclame de lui avec l’autorisation de son premier confesseur, un martiniste, et l’on peut affir mer que sa soumission aux rites catholiques, à la foi romaine est un servage consenti plus par héré dité et devoir de classe, que par un aquiescement de la conscience.
Cette conscience, elle la soulage par l’offre à son amant de tout ce qu elle n’a pas lié par le serment conjugal, c'est-à-dire de tout ce qui n’est pas strictement son être physique, son état mon dain. Elle donnerait plus, car elle sait que qui veut sau ver sa vie la perdra, elle offre tout même, en une heure douloureuse où ce servage lui paraît odieux et satanique. Il est trop tard.
L’amant imbécile a fui. incapable du sacrifice qui eût libéré sa maîtresse et consoléle mari. Plus tard, alors que la pauvre délaissée a orienté son âme errante vers un autre pôledel’amour, Vandenesse, né sot, défigure le plan rose conçu par ses deux maîtresses, mais dont l’aveu et la réalisation ne peuvent que suivre et justifier l’audace d'un amant, fort.
Éperdue, lame errante troublée de la pauvre Mortsauf se rattache aux ficelles mondaines et rêve d’uneincarnation légitime et posthume dans le flux vitale
116 l’initiation qu'elle essaie de déterminer par l’union caressée de sa fille et de Félix de Vandenesse. Tout échoue... Le roman s’achève comme ia forme de la sirène, in piscem... mais s’il n’est pas complète ment décrit dans le Lys de la vallée, le calvaire de l’àme initiée se relit, et cette fois reçoit une récompense définitive, dans l’immortelle et radieuse transfigura tion de Sei'aphitus-Seraphila.
Balzac était, en dépit de sa vie de galérien, un opti miste robuste. Peut-être avait-il raison. Il ne nous appartient pas d’en juger. Mais, au surplus, sans nous arrêter à tenter la conciliation de ces postulats si con tradictoires d’une réunion voulue de Dieu par la mort des relatifs créés par lui à l’Absolu qu’il demeure Séraphitus-Séraphita, ange et homme, va vers Lui, libéré et radieux...
Qu’ainsi soit de toutes les âmes qui ont souffert assez sur cette terre pour désirer de n’y pas revenir, et réelle ou imaginaire, qu’il en soit ainsi de l’âme totale de Blanche de Mortsauf qui savait, voulut faire connaître et selon la loi, mourut, tuée par celui qu’elle avait désirer d’initier. Balzac ne formule pas cet amen, mais il est logique de le déduire de ses œuvres.
Pour conclure, d’ailleurs, de façon plus explicite et plus strictement littéraire cette brève étude, Balzac, fils d’une mère mystique et même martiniste, a conçu de cette paternité initiatique, qu’il avait fré quentée, une idée respectueuse, fervente qui le porte à faire des maîtres de ce royaume idéal les réels et douloureux représentants en ce monde de cet Invi sible miséricordieux et ardent, où l’amour n’est pas
LE MARTINISME DANS BALZAC Iiy seulement un désir. Sans fuir les joies divines, l’Esprit sait, au surplus, protéger d’abord et suivre partout, en les aidant, les objets souvent ingrats, par ignorance ou par orgueil, de son immense affection née d'une A volonté d’Etre multiple dans l’unité, une dans la multiplicité... éternelle et vivante. Emile Ferdar, 3, rue des Ternes.
(Suite.) Dans une écuelle de bois d’açvattha il étend trois couches de bouse de vache sèche, la place sur le dos d’un éléphant ou sur la tête d’un homme, et y allume un feu où il fait les oblations ordinaires de beurre en marchant et se dirigeant vers l'ennemi ; ensuite, il jette lecuelle à terre ; il est à supposer que ce feu con sacré consumera les forces adverses. Il édifie un autel avec de la terre fouie par le groin d’un sanglier; elle a conservé quelque chose de la vertu de l’ani mal au choc pesant et impétueux; et sur cet autel il accomplit les rites ignés.1 Dans un feu qui a servi à la crémation d’un guerrier tué d’un seul coup de flèche, il verse les libations de beurre au moyen d’une cuiller qui passe par le moyeu d’une roue de char disposée qui a passé par un orifice étroit. Quant à la première indication, elle se conçoit d’elle-même ; il s’agit de donner aux soldats un tir si sûr que chacun de leurs traits tue au lieu de blesser. Il y a une stance, d’ail
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES II9 leurs, parfaitement banale, qui assurera infaillible ment la victoire, pourvu que le chapelain n’oublie pas en la récitant de regarder en face l'armée enne- * mie. Au moment d'engager l'action, il murmure les hymnes au Courroux fougueux (manyu) en planant du regard sur les deux armées ; ainsi il imprime aux siens l'élan formidable qui enfoncera les lignes du front ennemi.
S'il souhaite de réduire en captivité les troupes rivales, il sème, sur leur passage, des lacets de chanvre et de mûnja enduits de beurre d’ingida puis frottés du sâmpata. Si son but est de les anéan tir, il sème de même des tessons d’argile séchés au so leil ; la terre, où gisent les morts, est une substance omineuse; à plus forte raison si elle n’a point passé par le feu, qui en détruit ou en atténue le contage sinistre.
En même temps, pour porter la confusion dans les rangs adverses, il lâche contre eux « une qui a des pieds blancs »: une brebis, disent les commentaires, ce qui ne signifierait pas grand’chose ; une flèche aux blanches pennes, selon M. Caland. « Acérée est ma formule sainte, acérée cette troupe de héros ; acérée et immortelle soit notre seigneurie, vainqueurs ceux que je précède, moi leur chapelain. » Par l'eau. Selon P.
Delancre, Y Hydromancie est de plusieurs sortes : i° par les coups frappés contre les parois d’un verre par une bague suspendue à un fil ; 2° par la ma nière dont se comportent les ronds faits sur la surface
120 l’initiation de l'eau par trois pierres : 3° par la couleur des eaux • 4° par le bouillonnement de l’eau contenue dans une coupe en prononçant certains mots ; 5° par les figures formées par une goutte d’huile versée sur l'eau ; 6° par le bruit des vagues, l’inspection de l’eau de pluie et de fontaine. Un autre genre d’hydromancie se prati quait chez les Anciens pendant les sacrifices.
On con sidérait alors le couleur de l'eau et le goût, le mouve ment et le bruit ou gazouillis et le changement sou dain de l'eau bénite qui servait à laver et cuire les vic times. C’est par la couleur de l’eau que l'on apprit, selon Varron, à Rome, quelle serait l'issue de la guerre contre Mithridate.
Les Germains éclaircissaient leurs soupçons sur la fidélité de leurs femmes en jetant dans le Rhin les enfants dont elles venaient d'accou cher; s’ils surnageaient, ils les tenaient pour légitimes, et pour bâtards, s’ils allaient au fond. Les femmes des Germains consultaient aussi les eaux des fleuves, examinant les tours et détours et le bruit que faisaient les eaux dans les gouffres ou tourbillons, pour devi ner l’avenir.
La Lécanomancie s’opérait au moyen du bassin rempli d’eau. On mettait dans ledit bassin des pierres précieuses et des lames d'or et d’argent, gravées de certains caractères, dont on faisait offrande aux démons, dit Delrio. Après les avoir conjurés par certaines paroles, on leur proposait la question à laquelle on désirait une réponse.
Alors il sortait du fond de l’eau une voix basse, semblable à un siffle ment de serpent, qui donnait la solution désirée.
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 12 I Glycas rapporte que Nectanébus, roi d’Egypte, connut par ce moyen qu’il serait détrôné; et Delrio ajoute que, de son temps, cette divination était encore en vogue parmi les Turcs. Elle était anciennement familière aux Chaldéens, Assyriens et Egyptiens.
Vigenère dit qu’on jetait aussi du plomb fondu tout bouillant dans un bassin plein d’eau ; et par les figures qui s’en formait, on avait la réponse de ce qu’on demandait (Delancre). On écrivait également, nous dit Collin de Plancy, des paroles magiques sur des lames de cuivre, qu'on mettait dans un vase plein d’eau, sorte de miroir magique, et une vierge qui regardait dans cette eau y voyait les événements relatifs à l’oracle attendu.
Ou bien encore on remplissait d’eau un vase d’argent pendant un beau clair de lune ; ensuite on réfléchis sait la lumière d’une chandelle dans le vase, avec la lame d’un couteau ; on y voyait par ce moyen la so lution demandée. Autre miroir magique cité par P.
Delancre (i) : « On prenait une fiole ventrue remplie d’eau, dans laquelle une femme grosse ou un enfant pur voyaient certains nuages et figures au lieu de responce. » On disposait, en général, des torches allumées autour du vase rempli d’eau claire, et l’on invoquait le dieu d’une voix basse, inarticulée, en lui proposant la question à résoudre. Ce miroir a quelque ressemblance avec le fameux miroir de Cagliostro.
« Soit carafe pleine d’eau limpide, nous (i) Pierre Delancre, l'incrédulité et Mécréance du sortilège pleinement convaincue.
122 l’initiation dit Stanislas de Guaïta, ou encore boule de cristal magnétisée ; c'est dans de pareils milieux, très réfrin gents pour la lumière astrale, que Gagliostro faisait longuement flotter le regard de ses colombes. Il nommait ainsi de jeunes garçons encore innocents, ou des fillettes qui jouaient le rôle de Voyants passifs, tandis qu'il les tenait sous l’irradiation de son vouloir magnétique.
Ces petits êtres voyaient alors se dérouler la chaîne des futurs contingents sous forme d’une série d’images évidemment sibyllines, sortes de prophéties concrètes, qui n'attendaient plus que leur traduction en langage démotique.
Les co lombes s’exprimaient par exclamations ; soudain, Cagliostro, d’une voix inspirée et vibrante, improvi sait un commentaire oratoire ou dithyrambique, et les âmes les plus railleuses et les esprits les plus sceptiques étaient subjugués. » {Le Temple de Satan.) La divination par les sources se pratiquait soit en y jetant un certain nombre de pierres dont on observait les divers mouvements, soit en y plongeant des vases de verre, des poteries à goulots, et en examinant les efforts que faisait l'eau pour y entrer en chassant l'air qui les remplissait.
La plus célèbre des Pégomancies est la divination par le sort des dés, qui se pratiquait à la fontaine d’Apone, près de Padoue ; on jetait les dés dans l’eau pour voir s’ils surnageaient ou s’ils enfonçaient, et quels numéros ils donnaient ; sur quoi, un devin expliquait l'avenir. Du côté de Guingamp, quand on ne peut trouver le corps d’un noyé, on met un cierge allumé sur un pain, qu’on abandonne au cours
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 123 de Eeau ; on trouve le cadavre dans l’endroit où le pain s’arrête. Les Égyptiens pêchaient les poissons d’une fontaine sacrée, inscrivaient certains signes sur leurs écailles, puis les rendaient à leurs éléments. L’oracle inter rogé de cette façon répondait par des sifflements ou des murmures qui sortaient de la fontaine.
Au Congo, chez les Ouagangas, le féticheur de l'eau, Monlinoua-maya, rendait ses oracles en observant les mouvements d'une calebasse jetée à la rivière; l'issue des maladies était prédite par le Molonga à l’inspec tion de l’eau bouillante, et par le Moni, auquel elle était communiquée par les idoles. Mais la divination par l’eau existe toujours chez nous et sous toutes les formes.
Oyez plutôt ce cas typique tout actuel, et que notre modernisme à ou trance n’atténuera pas de sitôt : une croyance relative au carreau. Cette maladie spéciale à l’enfance est mal soignée dans le peuple, aussi point de médication à ci ter; mais elle donne lieu à une superstition très ré pandue.
Dans le cours de la maladie, les enfants mai grissent beaucoup, tout en conservant leur appétit, le ventre prend des proportions considérables et devient proéminent, ce qui fait contraster son volume avec l'émaciation du tronc et des membres. On voit alors sur le thorax, à l'intersection des côtes, les attaches musculaires former comme des digitations, et, avec de la bonne volonté, on peut y reconnaître la forme d’une main.
On dit, dans les campagnes, que c’est une âme qui presse la poitrine de l’enfant et cherche à l’étouffer, afin, sans doute, de se réunir à la sienne,
124 l’initiation et, pour preuve, on ne manque pas de vous montrer l’empreinte des mains qui, de chaque côté, serrent le petit malheureux. Dès lors on n'a plus qu’à savoir quelle est l'âme qui veut entraîner celle de l’enfant. Si quelque grand-parent est mort depuis peu, c’est la sienne qui est accusée de cette intention homicide; à défaut de grands-parents, on suspecte quelque autre mort, un voisin ou bien un ennemi.
Dans ces con jonctures, on a recours à l'épreuve de l'eau ; un lange de l'enfant est jeté dans la fontaine réputée sacrée ; si l’enfant doit vivre, le lange surnage; s’il s’enfonce... l’enfant mourra, et dès ce moment il est abandonné à sa mauvaise fortune. Si le lange a surnagé, il reste une difficulté, c’est de savoir de quel lieu, réputé saint, dépend la maladie afin qu’on puisse faire lâcher prise à l’âme, auteur du mal.
C’est la matrone la plus autorisée du village qui décide le cas. Divination par les rêves. Le rêve est souvent significatif et prophétique parce qu’il est une opération de l’âme de la Nature, et repose ainsi sur l’ordre des asso ciations. Il est significatif comme la poésie, mais aussi, à cause de cela même, d’un significatif déréglé, ab solument libre.
No valis {Fragments}. ïdOnéiromancie est peut-être la branche des sciences divinatoires sur laquelle on a le plus écrit. Depuis les temps les plus reculés, l’interprétation des rêves
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 123 a été connue et pratiquée par tous les peuples de la terre. Donc, nous n’apporterons pas dans ce chapitre des documents nouveaux, le sujet ayant été traité par les maîtres de l’occultisme contemporain, notamment M. Sédir dans son récent volume sur les Rêves, qui nous sera d'un grand secours pour présenter les notes préliminaires sur la théorie et la pratique de cette divination si décriée de nos jours.
Néanmoins,comme toutes ces anciennes sciences divinatoires, leurs tra ditions et origines réelles n’ont pas été complètement retrouvées, nous nous attacherons à décrire surtout les curiosités peu connues du public. Les Grecs classaient les songes en trois catégories distinctes : i° Lorsque les dieux ou les esprits se manifestaient aux hommes pendant le sommeil.
2° Les songes de la deuxième catégorie étaient ca ractérisés par les manifestations exactes des événe ments futurs et sous leurs propres formes. La troisième catégorie était les songes propre ment dits ou de formes symboliques ou allégoriques. Arthémidore, philosophe grec du deuxièmesiècle de l’ère chrétienne, qui composa un Traité des songes divisait ceux-ci en deux catégories : les songes allégo riques et les songes spéculatifs.
Les Grecs se préparaient à recevoir les songes par des jeunes et des veilles : ils supposaient que les plus dignes de foi étaient ceux qui se présentaient aux heures les plus voisines du jour, car ils se rendaient compte que souvent les autres étaient dus aussi bien aux suites de leurs repas qu’à l’approche de la divi nité.
12Ô l’initiation Dans les songes obscurs, ils avaient recours à des interprètes (onéirocrites), et lorsque ceux-ci ne pou vaient donner d’explication raisonnable d’un songe, ils n’hésitaient pas à la demander aux dieux euxmêmes. Homère dit que le temple du Sommeil est placé dans une cité où il y a deux portes: l’une de corne, par où viennent les songes véritables, et l’autre d’ivoire, par laquelle passent les songes vains et illu soires.
Nous sommes en droit de concevoir, dit Plytoff, d’après cette distinction,deux sortes de songes: les uns qui proviennent d’en haut, de la divinité; les autres qui sont provoqués par d’autres causes. Cette division des songes en divins et naturels est communeàtous les Anciens et à Hippocrate,dont nous parlerons plus loin.
Les Livres saints ne permettent pas de révoquer en doute le don de prophétie, et les exemples qu’ils en donnent doivent, d’après l'esprit chrétien, faire ad mettre que l’homme le possède pour son plus grand bien, afin de se perfectionner et de faire pénétrer la vérité jusqu’à son âme (i).
« Dieu se sert des songes pour avertir l’homme », dit Job, et Salomon ajoute : « Dieu visite les cœurs pendant la nuit. » « S’il s’élève parmi vous un prophète, je lui appa raîtrai et je lui parlerai dans les songes. » (Nombres, XII, 6.) Ces traditions furent suivies d’autant plus facilement que les Écritures offraient de nombreux (i) G. Plytoff, les Sciences occultes.
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 127 exemples de songes prophétiques expliqués et réalisés. Un évêque, Synésius, composa même un Traité des songes. L'illustre Bacon assurait que notre âme, recueillie et ramassée sur elle-même pendant le sommeil, pos sède une prénation ou sorte de connaissance de l’ave nir comme dans l’état d’extase des prophètes et des autres devins (Divinatio nativa optime cernitur in soinniiS) extasibus et confiniis mortis).
De Bagle, qui fut un incrédule s’il y en eut un, nous dit: « Les songes contienncntinfiniment moins de mystère quelepeuple ne le croit et un peu plus que ne le pensent les esprits forts.
Les historiens de tous les temps et de tous les lieux rapportent, à l’égard des songes, tant de faits surprenants que ceux qui s’obstinent à tout nier se rendent suspects ou de peu de sincérité ou d’un dé faut de lumière, qui ne leur permet pas de discerner la force des preuves. » Ceux qui se sont mêlés de prédire l’avenir, dit Pausanias, étaient les interprètes des songes.
Amphiarüs excellait dans l’interprétation des songes; ceux qui venaient le consulter, après s’être purifiés, s’endormaient sur une peau de bélier, dans l’espé rance d’avoir des songes qui fussent suivis d'une in terprétation favorable. Sur le chemin d'ŒtyleàThalama, dit le même au teur, on voyait un temple d’Isis, célèbre par les oracles qui s'y rendaient.
Ceux qui s’endormaient dans ce temple recevaient des lumières sur ce qui devait leur arriver, et la déesse, par le moyen des songes, leur apprenait ce qu’ils avaient envie de savoir.
128 l’initiation On avait également coutume de faire dormir les malades dans le temple d'Esculape, afin que, pen dant leur sommeil, le dieu leur révélât le remède propre à les guérir. Il y avait des maladesqui fréquen taient journellement les temples: tel fut l'orateur grec Ællius Aristide qui. par son éloquence, détermina Marc-Aurèle à rebâtir Smyrne détruite par un trem blement de terre.
On trouve dans ses discours le long récit de ses maladies et des secours qu'il avait cherché dans les temples où l'on s'endormait pour recevoir en songe les communications divines.
Pour éviter les mauvais présages des songes il suf fisait aux Grecs de les raconter au soleil levant. r r a Enfin les Chaldéens, les Etrusques, les Egyptiens avaient de longues séries d'observations, aussi étaientils arrivés à un tel degré de savoir, que les jeunes Romains leur empruntaient leurs connaissances.
On sait que Xénophon nota tous les songes qu’il eut pendant son expédition avec le jeune Cyrus, et que les événements les ont justifiés. (A suivre.)
ociété d’études philosophiques et psychiques de Tours Année 1909-1910. (Suite.) VIII Papus fait connaître que la Société d’Ètudes Philo sophiques et Psychiques de Tours sera très prochai nement formée ; il sera créé un groupe photographique, un groupe d'études et un groupe d’adhérents. Il y aura réunion publique un mois, et réunion de la loge le mois suivant.
Facultés occultes. — On arrivera ainsi à développer les facultés occultes qui sont en chacun de nous. A ce propos, il est sage de ne pas oublier que pour cul tiver en soi la faculté d’agir, de commander, de se mettre en rapport avec l’invisible, le procédé doit être tout passif, c’est celui de la demande, on est alors dans la voie mystique pure, on s’aperçoit bien vite que, plus on s’abandonne à la Providence, plus on reçoit.
On commence à percevoir le plan divin et à constater que l’homme n’est rien sur terre et qu’il ne peut être réellement quelque chose que si on le guide. Enfin, on prend conscience des êtres de la nature invisible et cela sans aucun danger. Pour arri9
i3o l’initiation ver au but qu’on se propose, il faut d’abord avoir un aide invisible à côté de soi, et il ne faut pas surtout prétendre lui commander. La vraie voie est la voie d'abandon total à la direction de l'invisible, à condi tions toutefois quecette direction vienne réellement du plan divin. Il faut être très prudent en matière de communica tions avec l'invisible.
Les êtres qui se manifestent dans les réunions psychiques ou spiritualistes tour nent autour de nous en sens inverse de leur poids : les suicidés, les révoltés, les évolués, les ardents, lies élémentaires rattachés à la terre par une passion quel conque, les êtres de basse catégorie, sont ceux avec lesquels* on entre bien souvent en relation par le spi ritisme.
Si un esprit se présente à vous et que vous soyez sûrs que ce n’est pas l’esprit du médium, demandez-lui au nom de qui il parle. S’il confesse le nom du Christ, vous pouvez sans crainte correspondre avec lui; s’il cherche des subterfuges, ne vous liez pas avec lui.
Si vous êtes magicien, vous commanderez à tous ces ivrognes de l’Astral; si vous êtes thaumaturge, vous commanderez àdesforcesastrales, eggrégoriques, et vous verrez des êtres lumineux et des autres ; enfin, si vous êtes théurge, vous accepterez par la prière l’intervention des centres divins. Voilà les trois voies qui vous sollicitent sans cesse.
L’humanité n’évolue que par les épreuves, mais l'a nature nous donne du courage pour les supporter et le ciel n’abandonne jamais l’homme. L’être qui, comme Louis-Claude de Saint Martin, fait de bonnes actions autour de lui, arrive, peu à peu, à posséder
SOCIÉTÉ d’études philosophiques de tours i3 1 une force magnétique extraordinaire qui lui servira à opérer de nombreuses guérisons. Il y a des loges martinistes, dites mystiques, où on se réunit pour deman der le soulagement ou la guérison des malades.
Papus cite différentes guérisons et divers cas de thaumatur gie, de vision de l’invisible, opérées par Philippe de Lyon, et invite à pratiquer la tolérance envers tous, la nécessité de ne dire du mal de personne, la con fiance absolue dans le Père, la pitié pour la douleur des autres, le partage des souffrances des autres, en un mot, à pratiquer la Bonté et la Tolérance.
Questions. — Une sœur demande comment on peut aider à la désincarnation aussitôt après la mort. Papus fait lever tout le monde et mettre les mains droites ouvertes au-dessus de la tête. Puis faisant tourner la sienne au-dessus de sa tête, il demande quelles sont les personnes qui ont ressenti une sen sation de fraîcheur dans l’intérieur de la main.
Celleslà n’ont qu’à appuyer légèrement le pouce droit sur le front d’un mort pour faciliter la désincarnation, pour . dégager la sortie en astral. IX Conférence sur Jeanne d'Arc médium.— Séance r publique. Papus annonce que la société d’Etudes phi losophiques et psychiques est fondée; les formalités nécessaires sont accomplies.
Le commandant Darget distribue un certain nombre de clichés photogra phiques que chacun pourra placer sur le front ou l’épigastre, de façon à obtenir une photographie de la pensée ou du double.
132 l’imtiation Saint-Yves d’Alveydre a mis en très beaux vers la vie ésotérique de Jeanne d’Arc. Papus lit quelques fragments de ces pages émouvantes et pleines d’un souffle de l'au-delà. Ignorante, illettrée, d’une simplicité campagnarde, Jeanne a toujours su répondre comme une initiée aux question qui lui étaient posées par le clergé, les plus subtils docteurs, les professeurs de théologie, etc., avec lesquels elle a été mise en présence.
Ses inspirations sont prophétiques : A Vaucouleurs, elle annonce à Baudricourt le combat de la journée des Harengs le jour même où eut lieu cette affaire, sous Orléans. A l’Université dePoitiers, le frère Séguin, Limousin, professeur de théologie, essaie de la confondre par d’insidieuses questions : « Quelle langue parlait cette prétendue voix céleste ? — Meilleure que la vôtre », fut la réponse.
Plus tard, mise en présence du roi, au milieu de sa cour, elle le reconnaît malgré son effacement et son déguisement; elle lui fait connaître tout bas ce qu’il avait pensé, sans en avoir parlé à quiconque, qu’il était le vrai héritier et fils du roi Charles VI.
Partout ou'elle passait, le peuple était pour elle; les capitaines pillards du temps, qui ne croyaient à rien, les La Hire, Gilles de Retz, Dunois, et autres, lui obéissaient comme à un être surnaturel et doué d’un pouvoir invincible. La mort de Talbot, fut prédite par elle quelques heures avant qu’elle n’arrivât. Après son emprisonnement, ses réponses aux scho lastiques, à ses juges implacables, montrèrent quelle
SOCIÉTÉ d’études philosophiques de tours i33 était réellement inspirée. Elle sut toujours faire taire leurs raisonnements devant une raison plus haute. Enfermée au donjon de Crotoy, Jeanne priait ar demment, et sa prière perçait et dissipait l’ennemi à Compiègne, au jour même qu’elle avait prédit. L’évêque Cauchon, tout dévoué aux Anglais, lui disait perfidement.
« Croyez-vous être en état de grâce ?» — « Si je n’y suis, Dieu veuille m’y mettre; si j’y suis, Dieu veuille m’y maintenir? » « Saint-Michel était-il nu? » — « Pensez-vous que Notre Seigneur n'ait pas de quoi le vêtir » — « Promet tez-vous de vous soumettre aux décisions de l’Église? » — « Oui, Dieu le premier servi. » — Jusqu’au bû cher fatal, l’inspiration de Jeanne d’Arc sut en im poser à tous les gens, amis et ennemis, qui l’entou raient.
X Formation du bureau de la Société d’Etudes Philo sophiques et Psychiques de Tours : Président : Docteur Encausse ; vice-présidents, MM. Albert et Martin; orateur : commandant Darget ; secrétaire général : M. Henri Picard ; secré taire-général adjoint : M. Desroches ; administra teur : M. Chevalier ; ^Experts : MM. Denis, Godin ; commissaires : M. Félix Picard, Mme Ferrand, M. Serin, Mlle Mathilde Etienne; bibliothécaire-ar chiviste : M. Ferrand ; adjoint : M. Poulet ; tréso rier : M. Ripault; trésorier-adjoint : M. Benegton. La salle du Manège est mise gratuitement à la dis
l’initiation 104 position delà Société, éclairée et chauffée, les 2eet 3e mercredis de chaque mois : la première réservée aux sociétaires, la deuxième publique. Une quête est faite au profit du bureau de Bienfai sance; produit : 11 fr. 90. Une adresse de remercie ments, signée de tous les membres du bureau, est envoyée à, la Mairie.
Question. — Possession. — Suivant les idées des prêtres du moyen âge, l'esprit d'un être est dominé par la volonté d’un autre esprit. 11 n’a plus sa volonté propre, il est possédé. La possession était due surtout à l'esprit malin. Pour les prêtres, il existe un dogme dont on ne doit pas sortir, auquel il faut ajouter une foi aveugle. Tous ceux qui s’écartent du dogme sont des Possédés.
Les Spiritualistes sont des Possédés Les prêtres ignorants admettent sans réplique cette conception de l’esprit humain, mais certains prêtres instruits ne sont pas aussi intransigeants et discutent avec les Spiritualistes. Il y a aussi des êtres humains, cas extrêmement rare, qui n’ont pas d’esprit; le corps agit sans volonté, comme une machine.
Le docteur Papus a vu un médecin, possédé par l’esprit d’un décapité, prendre un couteau et vouloir tuer tous ceux qui l’entouraient, et, de préférence, le médecin qui disséquait le cadavre du condamné et qui avait dit du mal de lui. XI Bureau Julia. — Conférence a la salle du Ma nège.
SOCIÉTÉ d’études philosophiques de tours i35 On nous écrit : Les grands journaux s’occupent beaucoup, depuis quelque temps, de phénomènes spirites, surtout de puis que le Matin a parlé du bureau Julia, créé par le directeur d’un grand journal anglais, M. Stead.
Or, le docteur Encausse a fait hier, à la salle du Manège, une conférence avec projections lumineuses, très applaudie par les 3oo personnes présentes, au sujet de la communication entre les morts et les vi vants, que l'on peut avoir sans rien dépenser, en écrivant seulement au bureau Julia.
Le bureau, entretenu par le savant en même temps que millionnaire Stead, qui y consacre ?5.ooo francs par an, a une certaine quantité de médiums voyants, auditifs et écrivains qui servent aux communications extra-terrestres. C’est de là que, selon le journal le Matin, l’aviateur Lefèvre, qui venait de mourir, fit prévenir Bolotoff que le moteur de son biplan ne marcherait pas, ce qui arriva. L’aéroplane ne put partir.
Le docteur Encausse a montré ensuite, avec des projections lumineuses, les fluides sortant du corps humain, puis la genèse d’une matérialisation d’esprit, enfin l’esprit matérialisé ayant tous les caractères d’un vivant. Devant la parole entraînante et persuasive du doc teur Encausse, la nombreuse assistance s’est retirée enthousiasmée, se promettant d’assister encore à la deuxième conférence qui aura lieu le 17 novembre prochain. Un spirite.
136 l'initiation XII fiaces Jaune, rouge, noire et blanche. — Les pro chaines conférences publiques seront philosophiques, scientifiques et non spirites. Aujourd’hui nous allons * parler de la tradition ancienne, de l’Egypte et de Moïse. L’histoire de l’Egypte fait partie des grandes vagues d'humanités qui se sont répandues dans le monde.
En effet, quatre races différentes se sont dominées succes sivement: avant la civilisation blanche, il y eût d’au tres civilisations qui ne le cédaient en rien à la nôtre. Ces idées, ne se trouvent, d’ailleurs, dans aucun livre historique : la première race fut la race rouge, dont on retrouve quelques vestiges de nos jours. De l’Angleterre à l’Amérique du Sud, s’étendait un vaste territoire appelé l’Atlantide.
Parmi les colonies asser vies par la race rouge, on peut citer le pays basque, les Étrusques, l’Italie, la Bretagne et l’Égypte (colonia atlante). Les traces des diverses races se retrouvent sur les hiéroglyphes égyptiens : sur dix bons hommes formant ces signes, il y en a deux rouges, deux noirs deux jaunes, deux blancs. Après les Atlantes, la race noire a dominé le monde connu.
L’Atlantide s’est effondrée à cette époque : c’est le déluge de l’Ancien Testament. Quelques Atlantes ont échappé au r désastre et sont restés en Amérique et en Egypte (mer Rouge). La race noire a conquis l’Inde et la Chine (mer Jaune), puis le sud de l’Europe (mer Noire). Puis la race blanche de la mer Blanche a sub jugué les noirs. Le centre de chaque race a donné son nom a une mer. Enfin 2Ô.ooo blancs ont envahi
SOCIÉTÉ d'études PHILOSOPHIQUES DE TOURS i37 l’Inde sous les ordres de leurs chef, Ram, druide aryen, ont habité Ceylan, puis sont revenus dans leur pays d’Europe. Telles sont les connaissancesque révèlent les archives des Hindous. Alors l’Histoire commence telle qu’on l’enseigne aujourd’hui. D’où vient un peuple ?
On le sait d’après ses écrits : les écrits des premiers peuples allaient de la Terre au Ciel, c’est-à-dire de bas en haut (Chinois) puis d’orient en occident comme les Orientaux, les Hébreux et les Arabes.
Puis l’écriture des Ahrias, le sanscrit, va d’oc cident en orient; les langues d’Europe indiquent égale ment leur origine, en allant d’occident en orient. r L’Egypte est une colonie rouge où l’on avait tout d'abord le culte du Nil, surtout à sa source, à Fashoda. Le Nil faisait ensuite un coude et se rendait à Bahr-El-Gazal dans le Sahara, alors lac d’eau douce. Les Atlantes ont détourné le cours du fleuve et l’ont envoyé dans la Méditerranée.
Le premier auteur grec dont les récits sur cette question soient parvenus jus qu’à nous est Manethon qui semble exister cinq mille r ans avant J.-C. Au sud de l’Egypte, on retrouve encore des tombeaux de cette époque.
XIII Étude du ciel. — Ses rapports avec le spiritisme public. — Le sujet à traiter est assez scabreux : il s’agit de faire l’union entre l’astronomie et les affir mations des philosophes sur le Ciel, c’est-à-dire de démontrer qu’il existe quelque chose après la Mort et d’indiquer comment ces idées peuvent s’arran ger avec les données de la Science, de développer la
i38 l'initiation constitution du ciel d’après la Science et de cher cher comment peut être conçu l’esprit humain après la Mort. Lorsqu’un enfant va à l’École, le Ciel est r pour lui sa vie d’Etudiant; pour l’Etudiant, le ciel est la vie du Savant.
Pour l’Hindou, le Ciel se trouve dans une abstraction de sa personnalité; le Nirvana des bouddhistes est un ciel où les âmes se divinisent dans le sein de Brahma; pour le Peau-Rouge, le Ciel est un endroit où existent des chasses éternelles; pour le musulman, c’est un harem immense.
Pour les occidentaux, le Ciel diffère suivant les religions : les catholiques envisagent le voisinage éternel des anges, les protestants se font une idée à peu près ana logue. Pour d'autres, le Ciel est là où on a mis son cœur. Pour beaucoup de gens de nos jours, le Ciel semble être l'endroit où on a beaucoup d'argent. Ce pendant, les riches sont souvent dans un Enfer.
Ainsi, M. Chauchart. le malheureux riche, si envié, passait ses nuits à hurler de douleur, parce qu’un mal le rongeait depuis plusieurs années et je suis sûr qu’il enviait le sort du savetier, gai et chantant, lui, le financier couvert de bijoux. 11 ne peut y avoir un heureux sur Terre tant qu’il y aura un malheu reux sur Terre. Le Ciel peut exister sur la Terre comme ailleurs.
La conception du Ciel par la science est la suivante : supposez une nuit sans nuages, nous r voyons les Etoiles. Ces Etoiles sont des deux ordres : il y a des Soleils et des Astres qui gravitent autour des Soleils. La Terre est un de ces Astres ; la Terre sur laquelle nous nous déchirons les uns les autres res semble par rapport aux Astres à un grain de mil perdu
société d’études philosophiques de tours i3g dans un champ. Il y a des Astres plus grands que la Terre qui n'est qu’au 3e rang. Jupiter est i.3oo fois plus grand; le Soleil est 1.280.000 fois plus grand. Notre système solaire est une pauvre petite étoile perdue dans le Ciel. Nous ne pouvons pas apercevoir les mondes qui tournent autour de chaque 'étoile.
Et pourtant notre orgueil est si grand que nous estimons Etre sur Terre le centre de l'Univers. tandis qu’en réa lité nous ne sommes rien vis-à-vis de l’infini. On essaie de communiquer avec Mars, la planète la plus voisine de la Terre, où doivent exister des êtres plus intelligents que nous.
Flammarion a essayé d’établir l’âge de chaque planète; d’après lui, la Terre paraît un enfant de 12 ans d’âge auprès des autres astres, Saturne et Jupiter ont probablement des habitants; la race humaine doit exister dans chaque planète. Partout, il doit y avoir un centre de souffrance et un centre de joie. Les planètes donnent dans l’espace un cône d’ombre et un cône de lumière.
Les Anciens mettaient la félicité, les esprits blancs, dans le cône de lumière et les esprits noirs dans le cône d’ombre. Si un être n’est pas suffisamment évolué après sa mort, il ne peut passer dans un plan trop éclairé. Après la mort, chaque être humain a une densité spéciale et va dans un plan différent selon ses capa cités, ses mérites, là où il peut rencontrer ses sem blables.
En effet, un charretier, transporté dans un salon, s’ennuierait et préférerait le cabaret, tandis qu’une femme du monde, transportée dans un caba ret, s’estimerait être en Enfer. Il y a une loi de la réincarnation qu’il ne faut pas confondre avec la Mél’initiation 140 tempsychose). Au point de vue physique, le corps est formé par des cellules terrestres qui retournent à la Terre.
Chaque cellule, après la mort, se répand dans la nature, se transforme en herbe, absorbée par les animaux qui sont mangés à leur tour par les humains. Donc l’Homme s'assimile les cellules des ancêtres; il y a un retour physique des cellules, réincarnation, roulement des cellules. Donc la méternpsychose est vraie pour le corps physique, mais pas pour notre Conscience, qui peut revenir sur terre dans un autre corps.
L’esprit peut revenir sur notre plan terrestre et recevoir le prix de ce qu’il a fait antérieurement. Ainsi un grand-père peut être réincarné dans son petit-fils et supporter lui-même les maux que de son vivant, il destinait à ses descendants. Cette loi per met de se rendre compte de la vraie justice terrestre, • où chacun récolte ce qu’il a semé.
Lorsqu’on a un mort dans une maison, on l’entoure de lumières, on ne le laisse pas seul, on le veille, parce que le cône d’ombre des planètes est peuplé d’êtres malheureux et qu’on ne veut pas que l’esprit du mort entre en con tact avec ces êtres. On veille les morts pour leur évi ter les attaques des esprits du cône d’ombre. Ces hypothèses peuvent-elles être éclaircies, démontrées? Notre Société est fondée pour la recherche de ces vé rités. (A suivre)
VERSEAU ET POISSONS Lorsque les lois sacrées de la Nature se trouvent universellement violées ; lorsque le Grand Tao est complètement perdu pour les hommes ; lorsque tout est devenu artifice et mensonge, objet de lucre et de cupidité ; alors, par un décret des Puissancessuprêmes, des pluies torrentielles tombent sans répit, des inon dations surviennent de tous côtés, les terrains s'affais sent, les montagnes s’écroulent, et la mer finit par recouvrir la terre.
C’est l’influence du signe du Ver seau. Nous sommes en ce temps-là. Nous devons donc nous attendre à de nouveaux et incessants cata clysmes, où les éruptions volcaniques et les tremble ments de terre prépareront les voies au règne des Grandes Eaux. Les derniers événements autorisent pleinement cette opinion. Sous les eaux, les iniquités des hommes se nivel lent, se dissolvent et disparaissent.
L’eau est la robe d’oubli où la Grande Nourrice endort ses enfants méchants : c’est la matrice mystérieuse où s’absorbe le mal passé pour se transformer en bien à venir. Voilà pourquoi toutes les civilisations antiques ont successivement disparu, et voilà pourquoi aussi notre civilisation moderne, expression suprême de la lâcheté
I42 l’initiation et de la honte, doit disparaître à son tour. Les eaux en auront raison, les eaux en feront table rase, et, à la place où fut Paris, se promèneront, dans le silence et le mystère, les poissons souverains. Mais tout change. Lorsque la purification parles eaux, dont le baptême est un souvenir lointain, se sera peu à peu accomplie, les eaux peu à peu se reti reront, et les poissons apparaîtront à sec sur le rivage vierge.
C’est le signe des Poissons qui commencera à briller. Le signe des Poissons, signe divin s’il en fût, sym bolise donc à la fois la fin finale d’un cycle arrivé à son plus haut degré de misère, et le commencement d'un cycle nouveau plein des plus radieuses pro messes : Magnus ab integro sœclorum nascitur ordo. Une terre nouvelle et rajeunie, chargée des plus purs arômes de fécondité, sort des Ondes.
VénusAphrodite surgit en souriant de l’écume de la mer et aborde le rivage. C’est la première aube, le premier sourire d’un monde vierge, d’un monde nouveau. Le signe des Poissons est un signe de rajeunisse ment et d’immortalité. C’est pourquoi il est symbo lisé dans le Tarot par deux enfants qui jouent en semble. Par ce que nous venons de dire, on peut facilement déduire le caractère astrologique des individus nés sous les Poissons.
Aspirant à un nouvel ordre de choses, au rétablis sement de l’ordre naturel dans une société corromVERSEAU ET POISSONS 143 pue, ils n’éprouvent aucun intérêt pour tout ce qui touche le commun des hommes; ils ont une répul sion marquée pour les fêtes et les divertissements publics. Quoique doux et polis, ils sont peu « socia bles » et ont horreur de la foule.
Tout ce qu'ils obser vent autour d’eux les attristent et les choquent pro fondément, bien que leur nature intime ne soit pas d’elle-même encline à la tristesse. Très intelligents, mais ingénus et candides, ils sont et ils demeurent enfants, ils aiment en enfants ,avec des mots d’amour puérils et charmants. Ils sont intuitifs et sensitifs, érotiques et chastes à la fois. Ils passent facilement d’un extrême à l’autre.
La bonté, néanmoins, fait le fonds de leur caractère. Ils sont expansifs et aiment à communiquer leurs impressions à leur entourage. Leur imagination est prodigieuse ; ils y trouvent une mine inépuisable d’ingénieuses réflexions ; ils mar chent d’extase en extase, de ravissement en ravisse ment. Ils sont sédentaires, aiment le calme, la médi tation, et les sociétés restreintes où ils peuvent parler librement et à cœur ouvert.
D’une fidélité à toute épreuve, d’un esprit noble et élevé, ils n’abandonne ront jamais leurs amis: ce sont au contraire ces der niers qui les abandonneront et qui les trahiront, sans aucun motif. Ils ont ordinairement la peau grasse, huileuse, comme celle des poissons.
Disons à ce propos que le principe huileux des corps puise son origine dans la vertu générative du signe des Poissons : l’olivier, par exemple, est étroi tement soumis à son influence, et, si le bélier a la
H4 l’initiation laine aussi grasse, aussi huileuse, c’est à sa pro ximité immédiate avec le même signe qu’il le doit. Les maladies propres à ce signe sont celles qui intéressent les yeux, les oreilles et la bouche, car les yeux, les oreilles et la bouche sont ce qu'il y a déplus apparent chez les poissons. Les défauts sont la gour mandise et l’intempérance, car c’est par la bouche que les poissons sont pris.
Les filets qui les capturent aussi nous indiquent avec quelle facilité l’homme soumis à cet influx zodiacal tombe dans les pièges qu'on lui tend : il y va tête baissée, avec la plus par faite candeur, car le calcul et la méfiance sont audessus de ses forces, et, étant lui-même sincère et loyal, il ne veut pas admettre la perfidie, malgré qu’il sache fort bien qu’elle existe.
C’est parmi les individus nés sous le signe des Poissons qu’on trouve les grands poètes mystiques, les philosophes inspirés et les prophètes d’un ordre supérieur. Le mythe de Manou sauvé par un poisson signifie l’humanité régénérée par les eaux. Le culte phénicien de Dagon ou du Poisson est un souvenir du monde rajeuni sorti des eaux. La mitre des évêques est un plagiat de plus fait à la religion des anciens Chaldéens.
Sur les bas-reliefs assyriens, en eflet, on peut voir des pontifes coiffés d’une mitre qui est une vraie tête de poisson : la pointe de la mitre constitue la bouche, et les deux bandelettes les deux nageoires.
Il est d’ailleurs à remarquer que si la religion chrétienne a jeté l’anaVERSEAU ET POISSONS 145 thème sur ce qu’elle appelle « le culte des faux dieux», elle ne s’est fait aucun scrupule pour tirer de ce même culte les plus beaux de ses symboles. C’est ce qui s’ap pelle tuer son adversaire pour mieux le dépouiller. Karl Nissa. 10
On récolte «Ehbien ! Monsieur, — me disait une demoiselle, pendant un entretien de famille, toute prise des mys tères de l'inconnu, toute désireuse d’en apprendre la portée, — est-ce que la pauvre terre et l'humanité qui l’habite seront toujours soumises à ces ravages, à ces malheurs, à ces bouleversements, à ces inquié tudes physiques, psychiques et morales, qui les accablent de tous les côtés ?,..
Est-ce qu’un jour de paix, de tranquillité, de bien-être ne viendra pas sou lager les pauvres mortels ?... Est-ce que les éléments seront toujours aussi furieux contre nous ?... Estce qu’ils ne finiront jamais d'accomplir cette ef frayante moisson de victimes dont on entend parler dans les désastres de tous les jours et de partout?...
Est-ce que la main providentielle et toute-puissante ne dira pas une bonne fois : ?... » L’air d’ingénuité et de foi dont elle parlait me tou chèrent un peu, je l’avoue, moi qui, par entraîne ment, suis loin de toute émotion ! Connaître les choses, c'est toujours une belle chose, disait un des anciens maîtres. En effet, tan dis qu’elle me parlait, je voyais passer devant mes yeux, comme dans un invisible cinématographe,
ON RÉCOLTE CE Qü’ON SEME I47 un horrible tableau qui se déroulait en semouvementant dans l’éternel tourbillon où j’apercevais comme réelles les images qui avaient été évoquées par ma petite amie. Oh !... Mademoiselle, je lui dis alors, à qui la faute’ de tout cela si ce n’est qu’aux hommes, à leur cécité, à l’ignorance qu’ils ont de tout ce qui se passe autour d'eux ?...
La savante modernité, aveugle malgré sa prétendue omniscience, parce qu’il n’est pas dit que les omni scients ne peuvent pas être aveugles, oublie, ou même, a oublié, que chaque pensée, chaque acte, chaque verbe, chaque geste, chaque action bonne ou mau vaise qu’elle soit, ne sont que des créations faites dans cette matrice infinie qui nous enveloppe et quenous appelons atmosphère par un langage exoté- ♦ rique, plan astral ésotériquement.
Voilà donc des êtres réels ayant du dynamisme et' de la vitalité qui agissent et réagissent sur les éléments,, sur la terre, sur nous-mêmes, malgré que nos yeux, organes physiques imperfectes, ne les aperçoivent pas..
Un microscope vous révèle un monde nouveau dans une goutte d’eau, un télescope une immensité de nouveaux mondes dans les cieux... et alors, qui pourrait empêcher à l’homme, l’être synthèse delà création, le petit univers qui réunit en soi par ana logie toutes les forces, toutes les données, toutes les puissances du Grand Tout, de découvrir tout ce qui se cache dans ce qu’on appelle communément ïinvi sible ?... Si, par un essor magique, vous en déchiriez son
. 148 l’initiation voile, le perçant par un appareil singulier, par une vue qui n’est pas l’ordinaire, aussitôt vous en admi reriez, étonnée de merveille, ravie de joie ou même épouvantée de terreur, ce qui se passe invisiblement autour de nous!...
Toute création qu’on fait on la retrouve vivante, prête à pouvoir agir au moment voulu parce que, comme je vous ai dit, toute création, soit dans le do maine de la pensée, soit dans le domaine de la pas sion, soit dans le domaine de l'instinct, est une chose réelle.
Dites-moi, s’il vous plaît, si dans votre joli petit jardin vous semez des roses au délicieux parfum, aux é naillantes couleurs, des pudiques violettes, des can dides jasmins, vous en récolterez, sûrement, des roses, des violettes, des jasmins. Si, au contraire, vous y S2mez de l’ortie, de la jusquiame, de la ciguë, vous en recevrez de la ciguë, de la jusquiame, de l’ortie. Est-ce que n’est pas celle-ci la situation où nous sommes actuellement ?
L’Humanité, sauf la paix des bons, ne fait que semer continuellement des pensées, des actes, des mots de haine, de perversité, de méchan ceté, d'imprécation, de blasphème, de colère, de cour roux, d’égoïsme ; Nahasch, le serpent de la Genèse, se renforce dans son royaume et par sa gueule furieuse nous vomit sur le dos les entités du mal que nous avons créées nous-mêmes. Et alors... alors nous récoltons ce que nous avons semé.
Quoi faire dans ces moments terribles que nous tra versons? Prier, prier, prier continuellement la ProviON RÉCOLTE CE Qü’ON SEME 149 dence divine; agir et travailler absolument pour le bien. Par son amour puissant vers scs créatures, par sa bonté infinie, Elle nous enverra Ionah la colombe aux ailes candides, symbole de la véritable Lumière, pour nous éclairer sur le chemin qui conduit à la Vérité ! Docteur Michèle de Vincenzo-Majulli.
LE PARDON Savons-nous véritablement pardonner? Pouvonsnous totalement oublier l’injure, l'affront reçu sans que rien en nous-même ne vienne le rappeler? C’est dur, plus difficile qu’on le pense généralement. Il ne suffit point de dire : « Je ne vous en veux pas », pour -effacer tout acte mauvais commis envers notre per sonne ; il faut, en effet, qu’un voile descende, fasse la nuit, et que la chose n’existe même plus à l’état de -souvenir.
L’esprit, lui, pardonne facilement, c’est une simple question de volonté, ou plutôt il s’efforce à ne point tirer vengeance d’un méfait; mais quand nous pas sons auprès de celui qui a contracté une dette morale envers nous, et lorsque nous l’abordons, bien que nous la lui ayons remise pleinement, croyons-nous, sommes-nous bien sûrs que rien en notre cœur ne décèle l’existence de ce que nous désirons oublier?
Hélas ! le plus léger battement, la plus petite oppression nous montrent l’inanité de nos efforts, et quand le mot pardon sort de nos lèvres, ce n’est que le premier bégaiement d’une conscience apprenant à lire dans la grande Loi d’Amour. Notre moi conscient pardonne parce que sur la terre il a pu acquérir quelques notions d’un faible
LE PARDON l5l savoir; il a entendu dire qu’il fallait remettre les dettes d’autrui pour qu’on lui remette les siennes, alors il pense à l’oubli des offenses; mais il lui faut encore annihiler un sentiment matériel qui se pré sente, car, à notre insu, l’être subconscient veille, il se manifeste par l’impulsion et souvent sa voix crie ven geance.
Pour que le pardon soit absolu, cette voix ellemême doit le demander ; mais elle se fait rarement entendre dans cette cause. Le mot qu’elle profère est « justice », et si elle s’indigne parfois du droit violé, la pitié pour l’être coupable ne lui est point connue. C'est surtout dans les songes qu’on a le sentiment de cette personnalité subconsciente.
Elle apparaît dépouillée de tous les artifices terrestres, et là nous pouvons quelquefois connaître à quel degré d’avance ment nous sommes réellement; — si, en astral, nous pardonnons comme nous essayons de le faire ici-bas, c’est qu’alors l’essence du pardon nous aura pénétré. Mais que d’efforts, que d’existences même à subir avant de connaître cette perfection !
Le fait suivant en témoigne : Un des maîtres que nous lisons avec respect et dont les écrits ont tant de douceur se reconnut, en songe, en astral. Soudain un monstre, sorte de dragon ter rible, ouvrant une énorme gueule et vomissant des flammes, fonça sur lui, le terrassa ; mais, à cet instant précis, un ange de lumière parut ; rapide comme un éclair, il se précipita sur le monstre qui dut reculer devant l’éclat divin de ce sauveur. Malgré sa frayeur, celui qui venait d’échapper à ce
I 5 2 l’initiation terrible danger dit au monstre : « Va, qu’il ne te soit fait aucun mal, je te pardonne. >» Mais l'émotion avait précipité les battements de son cœur, et, contre toute volonté, une légère émotion persistait. L’ange alors parla : «Tu pardonnes, oui, en esprit, dit-il,vois cependant ton cœur : a-t-il pardonné, lui ? Ainsi, en dépit de nous-mêmc, quelque grand désir qu’on en ait, notre pardon n'est point toujours absolu.
Si, chez ceux dont l’âme atteint le faîte de la douceur et de la bonté, il existe parfois une res triction, que doit-il en être pour nous, mêlés aux passions humaines et leur servant constamment de jouet? C’est à peine si le pardon prend naissance à nos lèvres !
Enfin, espérons qu’un jour se lèvera où nous aurons le droit de pardonner ; demandons par notre fervente prière qu’une aide bienfaisante nous soit donnée dans la lutte contre le vieux levain de matérialité, fruit d’existences sans nombre déjà passées.
Alors, quand nous aurons bien souffert, quand notre être, déchiré, aura laissé maint lambeau aux aspérités du calvaire de l’initiation, lorsque les suites de vies futures égaleront celles écoulées, peut-être, au seuil des sphères infinies, Dieu voudra-t-il nous accorder la faveur du Pardon. Pierre Abran.
ECTION ARCHÉOMÉTRIQUE Méomètre de Saint-Yves d’Alveydre (BREVETÉ ET DÉPOSÉ) AUTOLOGIE DES TRIANGLES 2’ Triangle de Marie. Trigone des Eaux Vives, des Origines ou de la Réfraction du Principe éternel dans VEmbryogénie Temporelle. Il a son Sommet au Solstice d’été. Signification des Lettres. M. Ma. Me. — 40.
Cette lettre, la première du Trigone solsticial Sud, celui des Eaux Vives, est la Royale des Systèmes alphabétiques lunarisés et par conséquent, désarchéométrés. Elle ne répond pas au Ya, au Je, qui com mande le Verbe, mais au Me, au Moi, qui se replie sur lui-même.
Elle correspond non plus au Principe divin ni à la Biologie divine où toute Vie immane pour l'Éternité, mais à l’Origine naturelle et à la Physiologie embryogénique du Monde, d’où toute existence émane temporellement. Les Systèmes Védo-Brahmaniques et tous ceux qui
l'initiation i54 en découlent sont réglés sur cette lettre. Elle ne cor respond plus à la Sagesse de Dieu en qui toute pensée est un être vivant, mais à la Mentalité humaine en qui toute conception est abstraite. C’est la Pallas du Système orphique, la Minerve, le Manou féminin du Système étrusque. Son nombre est 40, sa couleur le Vert de Mer, son signe zodiacal le Scorpion, sa constellation complé mentaire le Dragon des Eaux célestes.
Son Ange est double : Kamael, l'amour physique de l’Espèce prési dant à la génération ; Shamael, présidant à la Mort qui en est la conséquence. Sa Planète est Mars, sa note Ré. £ Dans l’Année liturgique elle correspond à l’Epoque de la Toussaint, et de la célébration des Ames désin carnées, dans l’année astrale au 21 octobre. Les Lettres Zodiacales une à une. M. Ma.
Me. — 40 Ma. — Le Temps, la Mesure, la Lumière réfléchie, la Réflexion, la Mort. Sanscrit. Mâ. — La Négation. Id. Mesurer, distribuer, donner, façonner, pro duire, résonner, retentir. Sanscrit. Ma. — L’eau, Tout ou Rien. Arabe. La Puissance Embryogénique, le développeZ ment dans le Temps et dans l’Espace. Cette même lettre exprime aussi la possi bilité, l’interrogation.
Hébreu* aM. — Adorer, sortir de Soi, AMATA ; le Temps, la Maladie, la Mort conçue comme mutaL’ARCHÉOMÈTRE DE SAINT-YVES D’ALVEYDRE I 55 tion ; AMATI le Temps, l’Année, l'Apparence, l’Extérieur des choses, le Dehors. Sanscrit, AM. — La Puissance réceptive, plastique et forma trice. Hébreu. L’Origine Temporelle, Antithèse du Prin cipe Éternel. La Maternité, la Matrice, la Puissance de l’Emanation. Arabe' R. Ra.
Re. — 200 Cette lettre est la seconde du triangle des Eaux ■vives. Son nombre est 200, sa couleur est l’Orangé composé de moitié de Jaune et moitié de Rouge, son signe zodiacal les Poissons. Son Ange Borhiel, sa Planète est Jupiter nocturne, sa note UT. Dans l’Année Liturgique elle correspond à la Puri fication et aux Cendres, dans l’Année Astrale au 21 février. R. Ra. Re. — 200.
Ra. — Le Désir, le Mouvement, la Rapidité, le Feu, la Chaleur en tant que fluidique et liqué fiante. Sanscrit. Le Mouvement propre, le Rayonnement vi sible et visuel. La Visibilité et la Vision. Égyptien et hébreu. aRa. — Rapidité, Rayon, Roue. Sanscrit, a R. —- Le Mouvement rectiligne, la Force, la Vi* gueur, l’impulsion, l’Ardeur génératrice. Arabe.
156 l’initiation H. Ha. He. — 8 Cette lettre est la troisième du Trigone des Eaux \ ives. Elle occupe le fond de ces eaux, au solstice Sud, qui termine l’année chaude et commence l’an née froide des anciennes cosmogonies. Son nombre est 8, sa couleur est le Violet. Son signe zodiacal : le Cancer, son Ange est Mouziel, sa Planète est, dans le Monde de la Gloire, la lettre B: dans le Monde Astral, la Lune.
Le Cancer, s’appelait dans les Mys tères antiques, la Porte des Hommes. Sa Note est LA. Sa correspondance dans ¡’Année Liturgique serait la Fête-Dieu et dans ¡’Année Astrale le 21 juin. Ha. — L’Eau Vive, le Ciel, Je Paradis, la Mort qui y conduit la Génération qui incarne par op position à la Mort qui désincarné. Sanscrit. L’Aspiration vitale, ¡'Effort humain et son milieu. Hébreu. L’existence temporelle. aHi. — Le Serpent, emblème du Temps.
Sanscrit Les Nuées sublunaires. Védique aH. — La Similitude dans ¡’Espèce, l’identité, la Fraternité, la Parenté, le Foyer. Hébreu. La Lettre Planétaire B seule et combinée avec les Zodiacales. B. Ba. Be. — 2 Celte lettre est la planétaire du fond des Eaux Vives, du Solstice Sud du Monde de la Gloire. Son nombre est 2, sa couleur est le Violet, sa zodiacale
LARCHÉOMÈTRE DE SAINT-YVES ü’ALVEYDRE 137 est l’Ha, son signe le Cancer, son Ange Gabriel, son Intelligence. Elimiel, son Esprit planétaire. Lemanel sa note est LA. Dans l’Alphabet Adamique, elle a la forme d’un cercle avec son diamètre. Son homologue planétaire du solstice Nord : l’Sh a, elle aussi, sa bissectrice.
Ces remarques auront leur utilité dans l’Archéométrie des Religions antiques, dérivées, par altération de la Religion éternelle et universelle du Verbe. B-â. — Lumière réfléchie, Bonté. Sanscrit B-a. --Le Monde planétaire et sa Lumière. Id. Ba. — Le milieu, le lieu, la locomotion, le temporel, l’origine, la durée, l’étendue. Hébreu. Le Mouvement réflexe. Arabe. B'a. — La Terre en tant que milieu et lieu d’évolu tion temporelle.
Comme Verbe : Exister dans un lieu et dans une conditionnalité. Sanscrit. aH. — L'Avoir comme corollaire de l’Ètre, la Pater nité, la Fructification, la Germination, la Végétation. Hébreu. aB. — L’Eau, la Mer. Sanscrit AaB. — L’Eau comme élément organique. Persan. BaHu. — Le fond de l’Amas des eaux, la Multipli cité. Sanscrit BaRH. — Redire, créer par la Parole. Id. B'RâMi. — Substanter, Sustenter, Alimenter. Id. Les Lettres Zodiacales deux par deux. • « MâRa. — La Mort, l’Amour. Sanscrit
158 l’initiai ion Le mot Amour signifie ici l’attraction cos mique, donc fatale, des sexes dans l’Unité banale de l’Espèce. Celle-ci n’a pas pour objet le bonheur des individus mais la reproduction corporelle, et con séquemment, la Mortalité des Règnes végétal, animai et humain. aMRa. — L'Immortalité, l’Amour. Sanscrit. L’Amour signifie ici F Attraction Diviner donc providentielle des âmes bixesuées, à travers le eorps.
Cette puissance n’a en vue que le bonheur des individus par leur libre élection mutuelle. Elle les libère des fatalités héréditaires de l’Espèce. C’est pourquoi Moïse dit : « TU quitteras ton père et ta mère pour suivre ta femme et vous ne serez tous deux qu’un seul être organique.
C’est donc de la suprême individualisation et de l’Autonomie de l’Homme et de la Femme qu’il s’agit ici, et, par conséquent, de leur immortalité dans le Dieu Vivant lui-même. MaRa. — La Mutation, le Transport fugitif des sens externes. Hébreu. RaMa. — La Grâce, la Volupté, le Ravissement constants. Sanscrit. I L’Exaltation, l’Effervescence, la Subli mité, toute création divine, tout acte admirable généré par l’Amour. Hébreu. RaHa. — Le Mystère. •- Sanscrit.
LARCHÉOMÈTRE DE SAINT-YVES D'ALVEYDRE I 5() La Raréfaction aérienne. Hébreu. HaRa. — La Puissance qui ravit. Sanscrit. HéRè. — La Ravisseuse aérienne, Junon. Grec. NfaHa. — Le Sacrifice, l’Oblation, la Grandeur de T Amour. Sanscrit. La Purification. Hébreu. HaNÎ. — L’Ardeur génératrice charnelle, la Passion, la Colère, le Feu, la Chaleur et leur mou vement transitoire. Hébreu. Les Lettres Zodiacales trois par trois.
HaRMya. — Ce qui renferme : Organe, Viscère, Maison, Palais, la Cité céleste. Sanscrit. HaRMa. — L'Œuvre, le Charme enveloppé dans son effet. Védique.. HeRM-es. — Même sens, le Conducteur des Ames montantes et descendantes. Grec. RalIaM. — Électricité en Mouvement, le Tonnerre, la Foudre. Hébreu. MaRH. — La Mer. Etrusque. MaRyâ-H. — La Pureté, la Vertu, la Virginité. Sanscrit* La Lettre Planétaire avec les Zodiacales quatre par quatre.
BRaHMa. — L’une des trois puissances de la Tri- . mourti des Brahmes. On remarquera qu'ils lisent le Triangle de Marie, en partant de la lettre planétaire du
i6o l’initiation Solstice Sud, au lieu de partir de la lettre M, comme le voudrait la lo gique de leur système alphabétique. Leur Trimourti date de Krishna. Pour mettre fin à PAnarchie dont l’Empire universel des Patriarches était ébranlé, depuis le Kaly-Youg, il in versa toute l’Archéométrie primor diale.
Il donna satisfaction aux Na turalistes en subversant la Trinité du Principe, celle du Verbe Y PhO, celle de Jésus Roi : !ShVa-Ra,au pro fit du deuxième Trigone : MARiaH qu’il lut avec la planétaire lunaire : BRaHMa. Ce nom signifie : PElément sacré du Rite, l’Etre dans sa passivité. Le substanteur fluidique.
Il n’y a qu’à ouvrir les lois de Manou refondues par Krishna, pour voir que Brahma a pour milieu originel les Eaux Vives et leur triangle embryogénique. Védique, MaHaBaRa. — La grande création par la parole : son résultat, l’Acte, le poème divin. Sanscrit. aBRaHaM iBRaHiM. — La puissance qui préside à la deuxième naissance, celle de Pâme par la Foi, par la Grâce, Rama le Père des Croyants. Hébreu, persan, arabe, etc.
l’archéomètre de SAINT-YVES d’alveydre iôï \RaHMa. — Le substenteur, le sustenteur. Sanscrit Le patriarche des limbes et du Nir vana d’où descendent et remontent les âmes organiques, origines des Eaux Vives. S’endormir dans le sein d’Abraham signifiait donc retourner dans les limbes des Eaux Vives de la grâce. Tel est en effet la seule finalité des Ames dans ce triangle : attendre dans ¡’Embryogénie cosmique une nouvelle embryogénie terrestre.
Les étymologies fournies par les lettres du Triangle de Jésus ouvrent aux âmes une tout autre finalité : celle de la Terre de Gloire, de la Vie im mortelle consciente à jamais affran chie de la chute dans le Monde Astral et Temporel, celle de l’indi viduation indissoluble, autonome, reconstituée à l’image de Dieu : Homme et Femme, disent Moïse et Jésus. L’Homme n’est pas sans la Femme, en Notre-Seigneur, ni la Femme sans ¡’Homme [Saint Paul). il
15, rue Séguier, Paris En réponse à diverses demandes qui lui ont été adressées •et qui lui sont encore journellement adressées, l'École supérieure libre des sciences médicales appliquées, tient à bien déterminer les conditions d’enseignement et de pra. tique des maîtres masseurs diplômés par ladite École.
Le corps médical désirait depuis longtemps trouver un centre organisé d’enseignement pratique destiné à former des masseurs connaissant bien leur profession. Mais ces masseurs ne devaient jamais sortir de leur rôle d’aides des médecins. Il est en effet regrettable de voir des masseurs jouer au médecin et vouloir entreprendre ou diriger même un.traitement médical qui les rend justi ciables des tribunaux répressifs.
Notre École a vu le succès, et un succès inespéré, ré pondre à ses efforts, mais elle veut que ses élèves, une fois -devenus praticiens, soient exactement instruits de leurs droits et surtout de leurs devoirs vis-à-vis du corps médical. Dans notre École on apprend le massage, et rien que le massage avec les enseignements pratiques les plus com plets. Nos élèves sont des aides devant toujours exercer d’après les indications du médecin.
Il leur est recommandé de ne jamais entreprendre un traitement sans une ordonnance d’un docteur indiquant le traitement convenable. Autant l’École soutiendra ses élèves quand ils se confor meront aux règles qui doivent diriger leurs rapports avec le médecin, autant ladite École n’accordera aucune protec tion à ceux de scs élèves qui voudraient usurper un titre ■ou des fonctions en dehors de leur compétence.
L’exercice de la profession de masseur est des plus honorable et peut •être rémunérateur, mais l’exercice illégal de la médecine
ÉCOLE SUPÉRIEURE LIBRE 163 pratiqué sous le couvert du massage ne conduit qu'à de graves ennuis et à des déboires sans nombre. Voilà pourquoi la direction de l'École a demandé à son avocat-conseil, Mc Bouliech, une consultation écrite que nous sommes heureux de donner aujourd’hui à nos élèves pour qu’ils en tirent le plus grand profit. La Direction de l'École.
Monsieur, Vous désirez savoir dans quelles conditions pourront exercer la profession de masseur les élèves qui sortiront diplômés de l’École des sciences médicales régulièrement aurorisée, sans qu’ils soient amenés à pratiquer illégalement la médecine. Voici les réponses que j’ai l’honneur de vous proposer: L’exercice de la médecine, autrefois régi par la loi du 19 ventôse an XI, est aujourd’hui réglementé par la loi du 3o novembre 1892.
Cette loi, qui définit dans son article 16 l’exercice illégal de la médecine, est muette sur la profession de masseur. Il faut en conclure que l’exercice de cette profession est complètement libre, et que la situation des masseurs, qui aux termes de l’ancienne jurisprudence étaient tolérés du moment qu’ils restaient dans les limites de leur spécialité, n’a en rien été modifiée par la nouvelle législation.
Et ceci résulte non seulement du silence de la loi, mais encore de l’intention même du législateur. En effet, M. Chevandier, dans son rapport du h juin 1892, s’expri mait ainsi : « Récemment un volumineux dossier nous a été remis. Il est formé des protestations formulées par les masseurs et les magnétiseurs.
Où donc ont-ils vu un article qui visât leurs pratiques I Les articles visant et punissant l'exer cice illégal de la médecine ne pourraient leur être appli qués que le jour où ils sortiraient de leurs pratiques habituelles et où, sous le couvert de leurs procédés, ils prescriraient des médicaments, chercheraient à réduire des
l'initiation 164 luxations ou des fractures, jamais notre intention n’a été de les viser. C’est donc mal à propos qu’ils ont pris l’alarme ». (Journ. off., Docum. parlerm, sept. 1802, p. 1187.) Donc la profession de masseur est licite mais elle n’est pas codifiée.
Nous sommes donc obligés de nous adresser à la juris prudence des cours et des tribunaux peu savoir dans quelles limites doit s’exercer le métier de masseur pour qu’il n’empiète pas sur le domaine de la médecine, pour qu’il n’entre pas dans les termes de l'article 16 de la loi de 1892. Et d’abord quelles sont les dispositions de cet article ? « Art.
16. — Exerce illégalement la médecine : « i‘‘ Toute personne qui, non munie d’un diplôme de docteur en médecine, d’officier de santé, de chirurgien-den tiste ou de sage-femme, ou, n’étant pas dans les conditions stipulées aux articles 6, 29 et 32 de la présente loi, prend part habituellement ou par une direction suivie au traite ment des maladies ou des affections chirurgicales, ainsi qu’à la pratique de l'art dentaire ou des accouchements, sauf les cas d’urgence avérés; « 20 Toute sage-femme qui sort des limites fixées pour l’exercice de sa profession par l’article 4 de la présente loi; « 3° Toute personne qui, munie d’un titre régulier, sort des attributions que la loi lui confère, notamment en prê tant son concours aux personnes visées dans les para graphes précédents à l’effet de les soustraire aux prescrip tions de la présente loi.
« Les dispositions du paragraphe premier du présent article ne peuvent s’appliquer aux élèves en médecine qui agisssent comme aides d’un docteur ou que celui-ci place auprès de ses malades, ni aux gardes-malades, ni aux per sonnes qui sans prendre le titre de chirurgien-dentiste opèrent accidentellement l’extraction des dents. » Ce qu’il ne faut donc pas, avant tout, c’est que le mas seur indique et fasse suivre un traitement comme l’indi querait et le ferait suivre un médecin.
Le massage, qui ne peut être considéré par lui-même comme constituant un exercice illégal de la médecine, deviendrait alors délictueux.
ÉCOLE SUPÉRIEURE LIBRE 165 (Mantes, Trib. correct., 28 avril 1897.
Le Droit, du 18 juil let 1897.) Faisantapplication de ce principe, la Cour de Paris, après le Tribunal correctionnel de Versailles, a jugé que « constili tuait des actes d’exercice illégal de la médecine » le fait d’avoir appliqué le massage dans des affections chirurgi cales, notamment en soignant divers individus pour une fracture à l'épaule avec déboîtement de la clavicule, une fracture de la jambe, ou une luxation de l’épaule. (Paris, 16 mai 1900.
Gu^. du Pal. 1900, pp. 2, 14. Gardes Trib., 26 mai 1900.) lit le Tribunal correctionnel de Lyon a rendu une déci sion semblable pour des entorses de la jambe ou du poi gnet. (Lyon, Trib. correct., 9 mai 1905. Dalloz, 1905, 2, 3a6. Mon. de Lyon, 14 juin 1905.) Dans ces divers cas, les tribunaux répressifs ont estimé que le massage devenait un procédé thérapeutique. Ces décisions sont du reste conformes à l’intention du législateur.
Nous avons vu, par la copie du rapport sus mentionné, que les articles visant et punissant l’exercice illégal de la médecine ne pouvaient s’appliquer aux mas seurs que le jour < où, sous le couvert de leurs procédés, ils prescriraient des médicaments, chercheraient à réduire des luxations ou des fractures ».
Toutefois, nous croyons qu’on peut considérer le mas sage, en tant que procédé thérapeutique, comme employé licitement à la condition d’être dirigé ou au moins ordonné par l’homme de l’art, par le médecin (Lyon, Trib. correct., précité. Seine, Trib. correct., octobre 1910.) C’est le seul tempérament qu’on puisse admettre à la règle que nous posions plus haut et qui résulte tant de l’esprit de la loi que de la jurisprudence la plus récente.
Pour nous résumer, nous pouvons poser comme règles (sans leur donner un caractère absolu, car les tribunaux ont un pouvoir souverain d’appréciation pour chacune des especes qui leur est soumise) i° Que la profession de masseur est licite et complète ment libre ; □° Que si on ne doit pas considérer comme exerçant l’art de guérir ceux qui pratiquent les massages dits hygié niques (frictions, pressions, percussions et mouvements
i66 l’initiation méthodiques), il n'en est pas de même des masseurs qui, de leur propre initiative, prescrivent des médicaments, indiquent et dirigent un traitement suivi, notamment prétendent soigner par les pratiques manuelles les affec tions chirurgicales, qui, en un mot, pratiquent des mas sages dits thérapeutiques par opposition aux précédents.
Dans ce dernier cas, ils font de l’exercice illégal de la médecine ; 3* Qu’on peut considérer le massage thérapeutique comme employé licitement, lorsqu’il est dirigé ou tout au moins ordonné par un médecin. Veuillez agréer, monsieur, l’expression de mes senti ments dévoués. Paris, le 3o janvier 1911.
Bouliech. * * Leçons pratiques de ¡ École de médecine appliquée SECTION DE MASSAGE Quinze leçons de petite chirurgie (injections hypo dermiques, ventouses, pansements, etc.), par le docteur Proust. Société de désinfection économique, 3, rue JacquesCœur,, Trois cours pratiques surplace, parM. Diolé, directeur. Bains de vapeurs, douches de vapeur, inhalations, ab sorption cutanée de médicaments. Procédé L. Encausse. Ozone et ozonateurs.
Appareils de L. Noël, maître de conférences. Visite et leçon pratique. Electricité médicale (courants galvanique, faradique, haute fréquence ; les ions et l’absorption électrique des médicaments ; radiographie et radioscopie, etc.). Visite et leçon pratique.
PHÉNOMÈNES PSYCHIQUES 167 PHÉNOMÈNES PSYCHIQUES l/n essai de désenvoûteinent. J'ai été appelé à donner quelques conseils à un de nos frères martinistes de province, pour un cas très grave d’envoûtement; voici sa lettre que j'ai trouvée d’un intérêt général. 11 a obtenu un succès à peu près complet. Je ferai connaître en dernier lieu quelles sont, à mon avis, les causes de la rechute partielle éprouvée.
« Mon cher ami, < Je vais vous décrire exactement tout ce que j’ai fait et tenté pour m’eiforcer de soulager l’envoûtée dont je vous ai parlé. J'avais recommandé de défaire toute la literie et de bien la fouiller méticuleusement; on me répondit qu’elle avait été défaite il y avait quelques mois. Alors, je n’insistai pas.
Je fis placer la malade au milieu d'un cercle tracé au charbon, tournant le dos au nord, et je fis une. première séance de magnétisme. « Après quelques minutes de passes, un fluide très froid" semblait circuler dans la salle (cependant bien chauffée) où j’opérai. Le mari, qui assistait à la séance, se plaignit également du froid.
« Je fis tout mon possible pour dégager la malade et lui créer une cuirasse protectrice, en y imposant les mains, en la magnétisant, en tournant autour d’elle, en récitant mentalement le «Pater» de tout cœur, en appelant à mon aide mes bons guides et l’invisible de notre Ordre, le priant de délivrer et protéger cette créature du Père.
Pour la suggestionner, je lui dis : < Cela ne sera rien, je vais < vous magnétisertous les cinq jours, età lahuitièmeséance, < soit dans quarante jours, tout sera fini; vous serez entîè- <c rement délivrée et il ne vous en restera aucune trace. « Mais tous les jours sans omission il vous faudra ponc- « tuellement faire ce que je vais vous ordonner. » Ce qu’elle fit à la lettre.
Voici ce que je lui avais dit de faire : i'° broyer du charbon de bois, bien le réduire en poudre, le mettre dans une boite avec une mèche de ses cheveux
i68 l’initîation et sa photographie; 20 tous les soirs, mettre un morceau de charbon à chaque pied du lit et trois morceaux des sous, au total sept; 3° en récitant trois fi-s le « Pater» avec ferveur tous les soirs, brûler de l’encens avec des baies de genévrier, et jeter une demi-poignée de sel sur le parquet de la chambre; 40 avoir une veilleuse allumée dans la chambre; 5° changer tous les jours les charbons du lit, les mettre de côté, et tous les cinq jours avec le charbon de la boîte, tantôt les jeter la nuit dans un courant d’eau, tantôt les brûler.
De mon côté, tous les soirs je priais pour elle et invoquais la chaîne magique Mari.*, afin qu’elle la défende. < Tous les cinq jours je faisais une stance de magnétisme.
A la septième séance, je lui dis : « Vous découperez un < carton de forme ovale ayant environ io centimètres de < longueur sur 5 de largeur; sur l’une de ses faces vous < collerez une feuille d’étain, et sur l'autre un morceau < de drap noir, vous le laisserez dans votre chambre, < j’aurai besoin de cet objet. » Le quarantième jour, je me rendis chez l’envoûtée pour ce que je croyais être la dernière séance.
En la magnétisant, je ressentis encore ce courant de fluide très froid, lequel je n’avais ressenti qu’à la première séance; après un quart d’heure de magnétisa tion, je pris dans le creux de la main droite, les doigts dirigés en pointe à environ 3o centimètres de la racine du nez, le miroir magique que je lui avais fait fabriquer, et la priai de regarder fixement le centre, côté étain.
Au bout de quel ques minutes de fixation, elle me dit : « Je vois deux formes « indistinctes se dessiner », puis, regardant toujours : < Tiens l c’est drôle, le grand est un curé, le second plus < petit est un civil. Oh ! oh ! mais ce sont là mes visions « d’il y a dix-sept ans, et ce sont là mes envoûteurs que je « vois.
Je ne puis distinguer leur visage, mais néanmoins je « les reconnais parfaitement à leur tournure. » Au nom du Dieu tout-puissant, créateur et souverain maître de toutes choses; au nom du Père Céleste, à haute et brève voix j-’ordonnai aux entêtés de disparaître, et le sujet les vit dis paraître. Puis j’ordonne au curé de revenir seul.
« Il rede- « vient visible, me dit le médium, le voici, il vient en se « dandinant d’un air arrogant ; il a l’air de me narguer. » Je le sommai de se retirer avec ses mauvais fluides dans le
PHÉNOMÈNES PSYCHIQUES 169 côté noir du miroir, lequel je présentai au sujet. Celui-ci me dit distinguer dans ce côté du miroir comme des nuages noirs se mouvant en cercles concentriques. « Mau- < vaises forces, forces fatales, au nom du Créateur, au nom « du Père Céleste, moi, son humble et indigne serviteur, je « vous enchaîne dans ce côté du miroir », dis-je énergique ment en posant le miroir et en y mettant en imposition la main droite.
Puis, retournant le miroir, mentalement j’in voquai la chaîne de notre Ordre pour me prêter son assis tance et délivrer la malade, à laquelle je présentai de nou veau le côté étain, en la priant de le fixer de nouveau. « Après quelques minutes, elle s’écria : « Dieu ! que c’est « beau, que c’est beau, je n’avais jamais rien vu de si beau, « c’est merveilleux, ce n’est qu’or et pierres précieuses, tout « y luit de mille couleurs admirables !
Puis, je vois des < croix, des croix, dont une grande merveilleusement « belle. » Je cessai l’expérience, remerciai les bonnes forces qui s’étaient manifestées et qui voulaient bien me prêter leur appui dans la tâche que j’avais entreprise, je dégageai le sujet, m’efforçai de lui créer une cuirasse protectrice.
Puis, récitant le Pater et invoquant l’assistance de mes guides, je m’adressai aux mauvaises forces en disant : « Forces fatales et brutales, forces aveugles, forces réprou ve vées du Dieu bon et tout-puissant, cessez de tourmenter « cette humble servante du Père Céleste ; au nom d'Adonaï « je vous l’ordonne, retirez-vous en vos sombres domaines « dans le coin d’ombre et laissez cette créature en paix. » Puis, je me fis remettre le charbon des cinq derniers jours, celui de la boîte et avec le miroir je brûle le tout dans le poêle.
« Durant ces quarante jours, la malade a vécu, m’a-t-elle dit, comme dans un paradis. Plus ni rêves ni visions d'au cune sorte durant toutes ces nuits, si ce n’est la trenteneuvième qu’elle vit un gigantesque serpent s élancer sur elle, mais il ne la toucha pas.
Durant le jour, plus de malaises singuliers, plus de migraines, plus de fortes co liques, etc., plus l’idée du suicide, au contraire des idées gaies, bon appétit, etc. « Depuis dix-sept ans, me dit-elle, je « n’avais passé une seule journée ou nuit aussi calme que < ces quarante jours. » « Je lui avais remis également un sachet de toile ; lequel
l’initiation 170 contenait quelques branches de rue, de thym, de romarin, de sauge, le tout formant une croix; du charbon broyé, et un bout de papier sur lequel j’avais écrit le Pater, dessiné votre pentàcle et un pentagramme. J’avais prié sur ce sachet, l’avais magnétisé, parfumé à l’encens durant cinq jours consécutifs. < Le repos de la pauvre femme devait être de peu de durée.
Quelques jours après, une nuit, le curé lui apparut entouré d’êtres étranges, le tout dans un nuage noir opaque; il s'adressa à elle en lui désignant un billot pour y poser la tète: « Il te faut mourir. » Elle voyait éga lement un grand coutelas et de larges taches d’un sang vermeil sur lequel se jetaient les larves.
Alors, je lui appa rus, lui présentant un breuvage en lui disant : « Buvez, cela < vous fera du bien. > Elle le but, les entêtés de ténèbres dis parurent. Elle s’endormit et dormit d’un seul somme jus qu’au lendemain très tard dans la matinée. (L’invisible de notre Ordre, qui veillait sur elle, avait pris mes traits pour lui apparaître.
A noter également que, dans la nuit de la huitième séance, les parents de la malade, couchés dans une chambre éloignée, avaient entendu un bruit inexplicable de chaînes remuées.) C’est le seul ennui qu’elle eut la -nuit. La persécution a repris le jour, elle commence à 6 heures du matin.
Tous les mêmes ennuis que jadis, sauf l’idée fixe du suicide, sont de nouveau venus l’assaillir et la faire souffrir au physique comme au psychique. < Ayant établi cette coïncidence de 6 heures du matin avec l’heure à laquelle nos curés de campagne célèbrent -leur messe, je me suis dit que peut-être le curé avait-il subi le choc en retour ; et qu’il se défendait, et qu’il cher chait, au moyen de l'éggrégore catholique, à renvoyer la •larve ou l’élémental à l’envoûtée. < Je lui ordonnai de se lever dès 5 heures et demie du matin, de brûler de l’encens et des baies de genévrier sur des charbons ardents, tout en récitant cinq fois le Pater du fond du cœur et de penser à moi.
Et lorsqu’elle se trou verait obsédée dans la journée, de porter la main gauche par trois fois à son front, les doigts-dirigés vers le haut, en pointe, de réciter le Pater et terminer en disant : « Mau- < vaises forces, au nom du Dieu tout-puissant, cessez de < me tourmenter. » Terminer en faisant le signe de croix
PHÉNOMÈNES PSYCHIQUES I7I en face d’elles, en dirigeant la main comme un tranchant d’épée. La première fois qu’elle essaya cette recette vers les 5 heures et demie du matin en se réveillant, sa main gauche refusa d’obéir à sa volonté, elle resta comme para lysée, elle fut obligée de prendre l’avant-bras gauche de la main droite pour en porter la main à son front.
« Pensant que l’invisible avait des points d’appuis pour se manifester ainsi, j'ordonnai de fouiller la literie, de mettre de côté dans une caisse saupoudrée de poudre de charbon tout ce qu'ils trouveraient de suspect ; de passer au four, à une température moyenne, en brûlant de l’encens à l’ouver ture, la paillasse et la plume du lit et de l’oreiller.
Mon attente ne fut pas déçue, ils trouvèrent une grande quantité de cocardes en tout genre (plus de 1 kgr. 5oo), des clous, des pointes, des cailloux, des bouts de bois, des plumets artistement confectionnés. Quelques-unes de ces cocardes pesaient plus de 100 grammes.
Je fis mettre de côté dans un bocal de verre, avec de la poudre de charbon, les plus chargées de fluides: les cailloux et les clous. » Je ferai suivre cette très intéressante lettre des quel ques réflexions suivantes. A mon avis, la rechute, la possibilité qui a été' donnée à l’envoûteur de reprendre contact avec sa victime, vient de ce que notre frère a, malgré lui, fait de la magie.
Or, il ne faut pas mêler dans une action quelconque la magie et le mysticisme. Il faut ou traiter l’envoûté entièrement par les procédés magiques, ou entièrement par la prière. Dans le cas présent, sauf le charbon et le magnétisme passif, qui peuvent être licitement employés, notre ami n’aurait pas dû faire de miroir magique, ni surtout commander de lui-même aux forces mauvaises. 11 faudrait pour cela être un saint, un réintégré.
Alourdis par le poids de nos fautes, conscients de notre faiblesse, nous devons, dans tous les cas, nous adresser humblement au Père, et si notre prière est entend-ue, tout se fait dans les différents plans par l’intermédiaire des êtres spirituels. Écrire le Pater sur du papier ; attacher une importance au nombre des morceaux de charbon, à la disposition en croix des branches de romarin et de sauge> la suggestion, tout cela aurait dû être omis. Notons encore que le miroir magique a soutiré à la
l’initiation 172 malade des forces dont elle avait le plus grand besoin. Je ne doute pas qu’après avoir donné à notre frère tant de preuves de son appui, le Ciel ne finisse par lui accorder la guérison complète de la malade. G. Phaneg. Les prédictions de iaja la spanto faites janvier 1910, real n r Pas de bluff. — Des preuves. Grèves et manifestations nombreuses, ont eu lieu. Affaire d’espionnage, vol mitrailleuse.
Attentat contre Nicolas II, complots découverts. Attentat contre Alphonse XIII, 7 janvier 191 1. Complications au Maroc, (juin)dans la Chaouïa, 1 g tués, 7/ blessés. Tremblements de terre, Midi de la France et Italie, ont eu lieu. Accidents de chemin de fer, tués et blessés. Région Le Mans : (mai) Château-du-Loir, (sept.) Sablé. Banlieue: (mai) Les Moulineaux : (juillet) Villepreux. Sud-Ouest : (août) Saujon.
Nombreux effondrements du sol à Paris, inondations. Accidents au Métropolitain, infiltrations découvertes. Perte d’un transatlantique français, le Général-Chan^y. Morts d’aviateurs, accidents d’aviation, accidents et nombreux décès. Krach financier, banque X. A Paris un homme fera perdre des sommes considéra bles, Due^. Incendie d’une usine en France, voir en tout. Deux aviatrices blessées, Mme de Laroche et Mme Franck.
Accident, grave Latham, heureusement sans gravité. Un officier de paix, 2 agents tués, plus de 2 tués. Plusieurs blessés par les apaches, nombreux blessée Paris et province.
LES PRÉDICTIONS DE MAYA LA VOYANPE 17^ M. Lépine menacé, par G. Levasseur, 6 juillet. Catastrophe dans une mine française, Raismes, 24 jan vier 19M, 1 tué, 6 blessés. Auto 7 janvier. Interviewée, Maya avait vu les acci dents, les morts d'aviateurs. Les monopians ont eu le succès annoncé (Circuif de l'Est.) En juillet communique à 35 journaux : grève des che minots.
Le 16 août, au retour du circuit de l’Est, a été avisée per sonnellement d’un prochain accident : chute Le Havre, 27 aoiîL Tout commentaire serait superflu. Maya la voyante justifie son titre. C. Q. F. D. Aux personnes qui consultent, Mme Maya dit exacte ment leur passé, ce qui est une preuve de l’exactitude de ses prédictions pour l’avenir.
L’année 191 ( sera troublée par des grèves, manifesta tions en Europe, crise commerciale et industrielle, atten tats d’anarchistes sans changement dans le gouvernement. Les prévisions de Maya la voyante pour 1910 A Londres, en Italie, en Espagne. L’empereur de Russie sera blessé légèrement par l’explo sion d’une bombe. Alphonse XIII, menacé, sera blessé en 1911 à Madrid. En Amérique, invention, découverte sensationnelle.
Une impératrice mourra. En Californie, une riche mine d’or sera découverte. Bombe au couronnement du roi d’Angleterre (blessés). En France. M. Briand sera blessé d’un coup de revolver. Grèves et manifestations à Paris, régions Nîmes, Mont pellier, Cette.
174 l’initiation Tremblements de terre dans le Midi, dégâts, tués et blessés. Accident dans une mine du Nord. A Paris, incendie dans une fabrique (chaussures), 5 tués, i5 blessés. Incendie dans une usine de province. Beaucoup de naufrages dans l’année. Un transatlantique français sombrera. Accidents de chemin de fer, tués et blessés : Nord (région Boulogne) ; Sud-Ouest (région Bordeaux ; Centre (région Chartres) ; banlieue nord.
Le plus terrible sera l’accident du Sud-Ouest. Comme je l'avais prédit, l’aviation a fait de nombreuses victimes en 1910. Je vois encore de nombreux décès et accidents en 1911. Un aviateur célèbre, un aviateur mili taire seront tués. Une aviatrice blessée. Plusieurs agents tués et blessés par les apaches. Un officier de paix tué. Un officier compromis dans affaire d’espionnage. Encore des, combats meurtriers au Maroc. Guet-apens en Afrique.
Officiers et soldats tués. A Paris un banquier fera des dupes. Le fils de Louis XVI a été enlevé vivant de la prison du temple, Naundorff. Documents dérobés au ministère de la Guerre. Changement dans le ministère. M. Briand restera prési dent du Conseil.
Souriez, mais contrôlez, s. v. p. Extrait de Comœdia du 28 janvier 1911 : MÉDECINS ET MAGNÉTISEURS Sous ce titre: Les mauvais juges, je défendais la cause d’un vieux brave homme, le zouave Jacob, que les juges correctionnels ont condamné à 200 francs de dommagesintérêts vis-à-vis du Syndicat des médecins de la Seine.
MÉDECINS ET MAGNETISEURS k?5 Je rappelais que ce « guérisseur », absolument inoffen sif, traite les malades sans aucune drogue, par l’imposition des mains et que tous ceux qui désespéraient venaient le trouver sans qu’il les incitât à cette visite par une publi cité quelconque...
J’ai reçu, à propos de cet article, la lettre suivante du professeur Donato, directeur de la Vie mystérieuse, jour nal illustré des sciences occultes, qui compte, parmi ses collaborateurs, des hommes de haute valeur intellectuelle comme le docteur Papus, Léonce de Larmandie, délégué de la Société des gens de lettres, Henri Durville, Jules Lermina, etc. « Monsieur, « Certainement, le vieux Jacob, qui a guéri dans sa vie des milliers de malades, méritait à son âge une trêve de poursuites du Syndicat des médecins de la Seine. <1 Mais ces poursuites ne sont pas les seules.
Hier, c’était le tour de Mann, le guérisseur mystérieux, traité comme un vulgaire escroc; c’était Mme Laloz, une femme d’un dévouement et d’une probité reconnus, dont le docteur Encausse — cet apôtre des sciences mystérieuses — s'est fait le champion devant la justice; c’était Bronner, un masseur que la ville de Saint-Ouen a choisi pour guérir les enfants des écoles, et tant d’autres dont les noms m’échappent.
« Il suffit que les médecins officiels viennent dire au trinal : « Cet homme guérit avec d’autres procédés que les « nôtres. Et quand nous tuons un malade avec des drogues, « il en guérit un autre avec la simple imposition des mains « ou la prière »,pour que les jugqs distribuent force prison et amendes à ces gens qui se permettent de guérir là où les médecins tuent.
« Il y a actuellement un grand mouvement de sympathie envers les guérisseurs, et il faudrait quelques articles comme le vôtre pour faire cesser les poursuites draco niennes contre ceux qui pensent — et je suis de ceux-là — que la suggestion et le magnétisme sont les seuls agents thérapeutiques vraiment utiles. « Croyez, Monsieur, etc. « Donato. »
l’initiation 176 Ce plaidoyer pro domo ne manque pas d’énergie, de vio lence même, comme on peut le constater, mais ce n’est qu’en forçant la note qu’on arrive à se faire rendre justice. Il ressort de cette lettre qu’on poursuit « à boulets rouges» les magnétiseurs — même ceux qm ont une fonc tion officielle comme le masseur de Saint-Cuen. Ils se dé fendent: ils ont raison. Personne ne saurait les en blâmer. Robert Oudot.
Une expérience avec Watkins La Revue scientifique et morale du spiritisme publie la curieuse expérience suivante : Le narrateur est M. Epes Sargent, jurisconsulte et écri vain bien connu aux États-Unis. J’emprunte cette relation au travail de Stainton Moses publié sous le titre de Psycho graphie (1). « L’expérience eut lieu 46, Beach Street, à Boston. M. Sargent avait acheté une ardoise neuve protégée par une couverture en carton.
Il faisait grand jour. M. Sar gent écrivit six noms sur six fragments de papier, en cachant bien à Watkins le mouvement de sa main. Du reste, Watkins lui tournait le dos et ne faisait aucun mou vement pour voir ce qui était écrit. Sans toucher aucun des billets (2), Watkins en les indiquant seulement du bout de son crayon, donna le nom écrit sur chacun d’eux.
M. Sar gent les déroula chacun à son tour et il se trouva que chaque indication était exacte. Cette faculté de clair voyance était réellement très développée et je pense, dit Stainton Moses, que cet état supra-sensible accompagne fréquemment la disposition qui favorise le phénomène de la psychographie. » (t) Voir Revue spirite, janvier 1901, pp. 29 et suiv. Traduc tion deM. le docteur Dusart. (2) C’est moi qui souligne.
UNE EXPÉRIENCE AVEC WATKINS ’77 Nous sommes bien en présence de la vue sans le secours des yeux, quia été si souvent constatée avec les somnam bules. Pour ce phénomène, s’est produite la même obstruc tion tenace que pour les autres manifestations qui démon traient que les facultés intellectuelles ne sont pas attachées indissolublement au fonctionnement normal du système nerveux.
Deleuze (i), le docteur Rostan (2), le docteur Husson (3) dans son rapport à l’Académie de médecine en i83i en citent des exemples dont ils furent témoins. Voici ce que ce dernier affirme : «.M. Petit, le somnambule,avaitles paupières exactement fermées et cependant il lut diverses phrases ou mots dans des imprimés apportés par les membres de la commission.
H annonça même qu'une lettre qu’on lui présentait était écrite en anglais. » La question fut officiellement enterrée, après le rapport du docteur Dubois, parce que celui-ci fit un rapport défa vorable, et de la plus parfaite mauvaise foi, sur ses expé riences avec la fille du docteur Pigeaire. Dans ce cas encore, on voulut mettre tout cela sur le compte de la prestidigi tation, ce qui évite de discuter sérieusement.
Mais au mi lieu du siècle dernier cette explication était déjà caduque, du moins en ce qui concerne les véritables sujets lucides, comme l'était le somnambule Alexis. M. de Mirville vou lut savoir si réellement un homme très compétent, comme l’était Robert-Houdin, ne découvrirait pas la supercherie. Il organisa deux séances chez Alexis.
Voici la lettre que l’illustre praticien écrivit à M. de Mirville pour lui faire connaître son opinion (4): « Monsieur, « Comme j’ai eu l’honneur de vous le dire, je tenais Ji une seconde séance: celle à laquelle j’assistai chez Marcillet (le magnétiseur d’Alexis) a été plus merveilleuse encore que la première et ne laisse plus aucun doute sur la luci- ( 1 ) Mémoire sur la clairvoyance.
Annales du magnét., 1814. (2) Rostan, Dictionnaire des sciences médicales. Article: Magnétisme. (3) Husson, Rapport à T Académie de médecine. (4) Delaage, le Sommeil magnétique expliqué, p. 122. 12
l’initiation 178 dité d’Alexis. Je me rendis à cette séance, avec l’arrière pensée de bien surveiller la partie d’écarté qui m’avait tant étonné. Je pris cette fois de bien plus grandes précautions encore qu’à la première; car, me défiant de moi-même, je me fis accompagner d'un de mes amis, dont le caractère calme pouvait apprécier froidement et établir une sorte d’équilibre dans mon jugement.
« Voici ce qui s’est passé, et l'on verra si des subtilités ont jamais pu produire des effets semblables à celui que je vais citer. < Je décachète un jeu apporté par moi, et dont j’avais marqué l’enveloppe, afin qu’il ne put être changé... Je mêle... c’est à moi de donner... Je donne avec toutes les précautions d'un homme exercé aux finesses de son art. Précautions inutiles !
Alexis m'arrête, et me désignant une des cartes que je venais de poser devant lui sur la table : « — J’ai le roi, me dit-il. « — Mais vous n’en savez rien encore, puisque la retourne n’est pas sortie. « — Vousallez le voir, reprit-il, continuez. Effectivement, je retourne le huit de carreau, et la sienne était le roi de carreau.
« La partie fut continuée d’une manière assez bizarre, car il me disait les cartes que je devais jouer, quoique mon jeu fût caché sous la table et serré dans mes mains.
A chacune de ces cartes jouées, il en posait une de son jeu sans la retourner, et toujours elle se trouvait parfaitement en rapport avec celle que j’avais jouée moi-même. < Je suis donc revenu de cette séance, aussi émerveillé que je puisse l’être et persuadé qu'il est tout à fait impossible que le hasard ou l'adresse puisse jamais produire des effets aussi merveilleux. « Recevez, Monsieur, etc. « Signé : Robert-Houdin. » 16 mai 1847. C’est pendant la trance, que se manifeste généralement la double vue.
Nous verrons que Watkins n’était pas à l’état normal pendant les séances. Ceci dit, je poursuis le récit de M. Epes Sargent : < Watkins me tendit deux ardoises que j’essuyai soigneuUNE EXPÉRIENCE AVEC WATKINS 179‘ sement avec une serviette humide que je me fis apporter.
Les circonstances qui suivirent vinrent démontrer d’unefaçon absolue le mal fondé de la théorie qui soutient que l’on peut, par un procédé chimique, écrire sur une ardoise des caractères qu’un nettoyage ne peut enlever, mais qui redeviennent visibles au bout de quelques minutes. M. Watkins ne toucha pas les ardoises après que je les eus net toyées.
Il se borna à poser entre elles un fragment de crayon et me recommanda de les éloigner de toute la lon gueur de mon bras. Je le fis, après m'être convaincuencore une fois quelles ne portaient pas la moindre trace de lettre quelconque sur l'une ou l'autre de leurs surfaces. Je tins les deux ardoises réunies dans ma main gauche, en les‘éloignant d’une distance de quatre pieds du médium. « Entendez-vous écrire ? » demanda-t-il.
J’y appliquai mon oreille et j'entendis distinctement le léger grincement du bout de crayon. « C’est fini », dit-il, lors qu’un léger coup se fit entendre sur l’ardoise. Je ne vois pas comment on eût pu avoir le temps d’écrire autre chose qu’un seul mot.
Cependant, lorsque j’écartais les ardoises je trouvai à la surface de celles du dessous une lettre de cinquante-quatre mots, signée du nom d'un frère qui n'était pas parmi ceux que j’avais inscrits sur les billets. » Ici, la clairvoyance, si elle est en jeu, revêt un caractèrenouveau.
Autre chose est de lire à travers une enveloppe un mot qu’y s'y trouve écrit, autre chose est d’aller puiser dans le cerveau du consultant un nom qui s’y trouve con servé parmi des milliers d’autres, surtout lorsque l’assis tant n’y songe pas.
La rapidité avec laquelle l’écriture est produite est aussi un des caractères des manifestations spi rites, car les apparitions ou les disparitions de mains, par exemple, ont lieu avec une telle promptitude, qu'elles ne sont visibles parfois que pendant une fraction de seeonde11 est à noter que bien que les caractères du message ne fussent pas un autographe du défunt, ils avaient avec son graphisme une certaine ressemblance générale, qu'il n’a pas été possible d'approfondir.
Voici la suite du récit : « Le caractère de l’écriture était tout à fait particulier, mais ne donnait aucune preuve sérieuse de l'identité de l’écrivain. Cette écriture avait bien quelque ressemblance avec celle de ce frère, mais je n’avais aucun échantillon
i8o l’initiation qui me permît de faire une comparaison avant que l'ardoise fût nettoyée. < Une preuve bien meilleure m’était réservée. La petite ardoise recouverte de carton, que je venais d’acheter une heure auparavant, était restée sans être touchée sur la table, à côté de mon coude droit. M. Wdtkins la prend, enlève la couverture, pose à la surface un fragment de crayon d’ardoise, repose la couverture e‘ me tend l’ardoise ainsi préparée.
Je sais positivement qu’elle n’a subi aucune manipulation et qu’on a eu ni le temps, ni la possibilité de la truquer. Je sais, autant que ma raison peut me permet tre de l’affirmer, qu’il n’y a eu de ma part ni préoccupa tion, ni expectation, comme facteur du phénomène.
J'exa minai l'ardoise sur les deux faces, je m’assurai, quoique dans cette occasion il n’y avait eu aucune possibilité de le faire, qu’on n’avait rien machiné (i) et il se trouva que le nom qui fut écrit était celui d'Anna Cora Montait, plus tard Ritchie, aux funérailles de laquelle ¡'assistai à Kensal Green, à Londres, où je rencontrai MM. Varley, D. D. Home, Harrison, Mme Cox et d’autres spiritualistes.
« Je tins une seconde fois mon ardoise et voici ce qui y fut écrit : Mon cher frère — Votre Li^fe. Ce nom n’avait été ni prononcé ni écrit jusque-là. Lizzie était le nom que nous lui donnions familièrement, quoiqu’elle s’appelât en réalité Elisabeth. > Encore un nom qu’il faudrait supposer emprunté à la mémoire latente de l’expérimentateur, avec l’indication du degré de parenté, et cela sans que M. Sargent y ait songé.
Cette lecture dans l’inconscient par le médium, si elle existe, est un phénomène déjà bien remarquable, qui témoigne que les facultés animiques diffèrent prodigieuse ment de celle que les matérialistes attribuent au fonction nement du cerveau.
Ces faits suffiraient, à eux seuls, à nous montrer l’insuffisance de la psychologie officielle et nécessitent l'élargissement des cadres de la psycho-physio- (i) Notons, en passant, que si M. Davey avait opéré en pré sence de M. Epes Sargent ou de Zoeliner, jamais il n’aurait réussi ses tours, ce qui montre la distance qui sépare l’art de la prestidigitation des véritables phénomènes spirites.
UNE EXPÉRIENCE AVEC WATKINS l8l logie, puisque celle-ci est totalement incapable de les expli quer. Je continue : « Je tins mon ardoise une nouvelle fois et voici les mots que j’y trouvais : « Mon cher fils, que Dieu vous bénisse. Votre père qui vous aime tendrement. Epes Sargent.
« Dans les divers intervalles, l'ardoise ne fut tenue que par moi et il n’y eut aucune possibilité quelconque de faire intervenir aucun truc humain, aucune jonglerie. < La lumière du soleil pénétrait largement dans la pièce; le médium était assis en face de moi et aucune personne que nous deux n'était présente. Il ne serait pas possible, même à MM. Laukaster et Donkin, de réclamer de plus sévères conditions.
Quant au médium, pendant tout le temps que se produisait l’écriture, il se tordait, comme en proie à une torture. Le phénomène s’accompagnait évidemment de quelque puissante excitation de sa part. » II est certain que Wartkins était en trance, comme l’étaient aussi Eglinton et Slade pendant que se produi sait l’écriture directe. Je donnerai plus loin des preuves de son état normal. Voici la fin du rapport de M. Sargent : « M. Ch.- E.
Watkins a 29 ans ; c’est un homme d’un tempérament essentiellement nerveux et sensitif. Au point de vue intellectuel, il est fort différent de ce que j’avais été amené à me figurer. Il montre par moments l’esprit le plus élevé et je regrette de n’avoir pu sténographier quelquesunes de ses réflexions. « Il prit ensuite mon ardoise et après que je l'eus bien examinée (1), il la tint dans sa main.
En moins de dix secondes tout un côté fut couvert par une lettre de ma sœur Lizzie, que je transcris ici : < Pays des Esprits. « Mon cher frère, 4 Je viens à vous ce matin, le cœur plein d’affection pour (1) Malgré les faits déjà constatés, on voit que M. Epes Sar gent n’oublie jamais d’examiner, à chaque Jois, son ardoise.
C’est un modèle à suivre pour ce genre d’investigation, puis que les prestidigitateurs ne peuvent abuser les observateurs que si ceux-ci se relâchent dans leur attention.
18'2 l’initiation < vous et je pense que vous voudrez sans cloute bien croire « que c’est moi, votre sœur, qui se trouve ici. Georges est •« ici avec moi. « Votre sœur qui vous aime, « LlZZlE. « Si vous avez encore des doutes sur les communications < des Esprits, regardez cette ardoise. Votre sœur, « Lizzie. » «Je possède encore cette ardoise, avec son écriture restée intacte.
Il n’y avait aucune trace de ponctuation, mais le mot croire était souligné. Le tout fut écrit en moins de douze secondes. » Ce qu’il est intéressant de signaler, c’est que Watkins n’était pas spirite. Bien qu’il ne pût pas expliquer com ment de l’écriture était produite en sa présence, il croyait que ce phénomène était dû à une faculté inconsciente de son esprit.
Dans ce cas, l’hypothèse que ce fût son double, ou une personnalité seconde qui agissait, est encore plus difficile à supposer que dans les autres exemples, car il faudrait imaginer que l’être subconscient avait des croyances dans la survie, puisqu’il aurait fait parler Lizzie comme elle aurait pu le faire elle-même si elle eût été le véritable auteur des communications.
Si l’on ne veut pas admettre l’intervention des Esprits dans ces phénomènes, on se heurteà chaque instantcontre des faits vraiment incompréhensibles, tandis que tout devient clair si ce sont les âmes défuntes qui se manifes tent.
Je rapporterai encore deux récits d’expériences dans lesquels la connaissance de mots inconnus ne peut guère être attribuée à la clairvoyance pure et simple, en raison des circonstances qui ont accompagné la reproduction des mots.
On peut constater déjà que cette faculté n’est pas une clef qui s’adapte à toutes les serrures et que dans ce domaine, plus que partout ailleurs, il faut se garder soi gneusement de tout parti pris si l’on désire réellement découvrir la vérité. Gabriel Delanne.
NOTRE COURRIER 183 NOTRE COURRIER Adresser toutes les communications concernant Notre Courrier au secrétaire de la rédaction, M. Combes Léon, villa Thoth Hermès, place Rondelet, Montpellier. M. Combes Léon, en présence du nombre considérable des personnes qui lui écrivent à propos de « Notre Cour rier » prie ses correspondants qui désireraient une ré ponse, autrement que par la Revue, de vouloir bien ajouter un timbre pour celle-ci.
Dans le Livre de l'apprenti, publié en 1908 par la loge « Travail et Vrais Amis fidèles, 42, rue Rochechouart », il est dit (p. 3o, note 1), au sujet d’Elias Ashmole, rose-croix et réformateur de la franc-maçonnerie anglaise, qui donna un caractère initiatique aux rituels ouvriers primitifs, « que celle assertion téméraire a été reconnue inexacte ». Un occultiste érudit, tel que notre f.'.
Téder, pourrait-il ici-même réfuter cette note du Livre de l’apprenti, en nous donnant des documents propres à cette réfutation ? Un S.-. I.*. Société des Conférences Spiritualistes Siège social : 8, rue Danton, Paris (Palais des Sociétés savantes). La conférence du jeudi 26 janvier a eu, comme toujours, le plus grand succès.
C’est devant un public nombreux qu’avec son éloquence habituelle le docteur Papus a déve loppé son très intéressant programme : L’Islam et son Ésotérisme. Doriens et Ioniens. Adaptations lunaires d’après V Archéo mètre de Saint-Yves. Monogamie et Polygamie. La Femme
184 l'initiatïon en Islam. La Société future et l'Islam. Rôle de l’Islam dans le passé. Une partie musicale suivait la conférence. A la demande générale, M. le professeur Ascagne, vio loniste virtuose, avait bien voulu consentir à nous faire entendre une seconde fois ses délicieuses compositions. Les applaudissements ne lui ont pas fait défaut.
L’orchestre a joué ensuite quelques fragments de musi que arabe d’une grande originalité et foil intéressante. Le fakir Yram-Sing terminait en nous donnant un aperçu de la musique indoue. La prochaine conférence aura lieu ie 26 février ; en voici le programme : Magie et Sorcellerie au moyen âge. Le Pythagorisme. Les Confréries laïques. La Chute de Constantinople. Invasion des Confréries laïques en Occi dent. Sorciers et Initiés.
Sabbat et Chevalerie. Templiers et Francs-Juges. Le Pape et les Templiers. Le Temple est vaincu. REVUE DES REVUES M. Jousselin, dans la Revue spirite, entretient ses lec teurs du mystère du pain et du vin, qu’il appelle encore la synthèse des idées de Jésus. Ces pages renferment plu sieurs considérations très justes.
M. Jousselin fait tout d’abord toucher du doigt la mission vraie de Jésus, qui était d’apporter à l’humanité une religion toute spirituelle et basée sur l'amour, ce qu’il fit. Le Christ voulait ensuite que chacun, dans la mesure de ses forces, fût à même de posséder la perfection morale, et, pour arriver à la réa lisation de son désir, il répandit la doctrine la plus parfaite et la plus sainte que la terre ait jamais vue.
Si l’homme avait été capable de recevoir intégralement les enseigne ments de Jésus, la religion de l’esprit pur aurait prévalu. Mais, composé de deux éléments différents : l’élément spirituel, d’une part, et l’élément matériel, d’autre part, qui est représenté par le corps, fait d’une pâte lourde
REVUE DES REVUES i85 et grossière, il arriva bientôt que ce dernier subjugua l’esprit. Jésus avait bien prévu cette défaite, et pour spiri tualiser la matière qui est en nous, il matérialisa sa divine doctrine. Oh! si peu... Il prit un rien de pain, un rien de vin, et les changea en son corps et en son sang.
Sacri fice suave et délicat, qui ne ressemblait nullement à ceux de l’antiquité, immondes et charnels avec leurs génisses pantelantes sur les autels souillés de sang. Et cependant, sacrifice suffisamment matériel pour nous mettre en garde contre la rêverie et le vide que nous apporterait la religion de l’esprit pur. Jésus, qui était Dieu, avait vu juste : L'homme ne vit pas que de pain, mais il ne vit pas non plus que de la parole divine...
Et les réformateurs, qui ont voulu renverser les autels parce qu’il n’y avait plus de vic time à immoler, se sont prodigieusement trompés.
Us ont encore des temples — temples muets et vides et ne par iant plus au cœur — mais qu’ils prennent garde que demain ces temples ne tombent aussi pour ne laisser sur leurs ruines que le Livre, emblème sec et froid, et luimême périssable, de la religion de l'esprit pur... ♦ ¥ • Du Voile d'Isis, une judicieuse critique, par M. Sédir, du subjectivisme métapsychique enseigné dans une revue américaine : The Psychic, dirigée par M. Henilworth qui, imbu de la philosophie et de la doctrine bouddhiques, ne tend à rien moins qu’à l’autodéification de l’individu.
Il s’ensuit que l’homme se réfugie dans une sorte de céna cle, et ce cénacle est l’égoïsme — le moi — où il travaille uniquement à se perfectionner, sans songer à son pro chain. M. Sédir oppose à cette doctrine celle de Jésus, qui nous oblige à vivre pour les autres, et non pour nous ; k lutter, à peiner, à soutenir le combat.
C’est en cherchant à détruire l’égoïsme, que nous arriverons à la perfection — Deus caritas est — et non en imitant ce Bouddha qui, plein de lui-même et du désir de sa perfection, reste du matin au soir en méditation, plongé dans la contempla tion de son nombril.
186 l’initiation L'Écho du Merveilleux donne un article de fond de Mme Gaston Méry sur Notre-Dame du Platin, patronne des aviateurs, accompagné de jolies gravures. Quoique l’aviation semble devoir compter plusieurs patrons et pa tronnes, il est juste de la placer sous la protection spéciale de la Mère du Christ qui fut le vaisseau saint et sacré dans les flancs duquel le Fils de Dieu consentit à s’enfermer pour y prendre notre nature.
Et puisque, selon la tradition, cette très pure Vierge s’élança, telle une rapide nef aérienne, dans les champs infinis de l’espace, pour y .retrouver le Sublime Voyageur qui l’avait précédée dans sa mystérieuse ascension, ne convient-il pas que cette Femme •divine, s’étant frayé un chemin à travers l'immensité des cieux, dirige aussi le frêle esquif de l'aviateur perdu dans les nuées ? ?»Ime Louis Maurecy consacre dans la meme revue un .article à la destinée des descendants de Naundorff, où elle étudie l’astrologie, la graphologie, la chiromancie, l’onornancie et la psychométrie des princes Jean et Charles de Bourbon.
Elle signale que la date de naissance du Dauphin, fils de Louis XVI (27 mars 1785, 7 heures moins cinq minutes du soir) fut mystérieusement trouvée par M. Phaneg, l’éminent occultiste.
Mais ce qu'il y a ici de particulièrement merveilleux, c’est que d’après cette date qu’il ignorait être celle de la naissance de l’infor tuné Dauphin, M. Phaneg dressa un horoscope qui fut exactement celui du malheureux petit prisonnier du Temple, le premier Naundorff.
Et dans la suite de l’article, grâce à des documents qu’elle a pu se procurer, Mme Mau recy fait juger, par la savante astrologue qu’est Mme de Silva, les deux princes Jean et Louis de Bourbon.
C’est une curieuse et captivante étude, faite pour ébranler les esprits les plus prévenus contre l’existence des descen dants de Naundorff. * ¥ ¥ La Revue scientifique et morale du spiritisme cite un cas intéressant d’identité d’esprit obtenu par la médiumnité extraordinaire de Mme Agullana. Nous le rapportons brièvement, la place réservée à la Revue des revues étant nécessairement limitée.
REVUE DES REVUES 187 M. P..., de passage à Bordeaux, où se trouvait Mme Agui jaría, alla voir le célèbre médium pour lui porter les ami tiés de plusieurs personnes. (Ceci se passait il y a quelque mois.)M. P... venait de perdre, peu de temps auparavant, une jeune fille de vingt-trois ans qu’il aimait beaucoup.
Pendant sa conversation avec le médium, celui-ci dit tout à coup : « Je vois près de vous une jeune fille de vingtquatre à vingt-cinq ans; elle a un voile sur la figure, une jupe à raies de diverses couleurs. Elle a le teint frais et sourit aimablement. Toutefois, ses dents, qui laissent à désirer, la déparent un peu. » Dans cette description, M. P..., très ému, reconnut sa fille.
Mme Agullana invita l’apparition à s’approcher de la table, mais, effrayée, sans doute, elle ne le fit point. Le médium vit ensuite près de la jeune fille une femme d’une soixantaine d’année, dont elle détailla à M. P... la physionomie et le costume. M. P... très émotionné, avoua au médium que cette dernière appa rition ne pouvait être que sa mère, morte depuis vingttrois ans, et à laquelle il ne pensait pas à ce moment.
Avant de se retirer, le visiteur montra à Mme Agullana le portrait de sa fille en la priant de lui dire si la jeune personne qui s’était manifestée à elle lui ressemblait. « Oui, répondit le médium, mais elle n'avait pas le même costume. » Suffisamment convaincu, M. P... se retira en remerciant la voyante qu’il félicita aussi de son étrange lucidité.
Mais il fut tellement impressionné qu’il ne put prolonger plus ^longtemps cette manifestation. ★» * Les Nouveaux Horizons de la science et de la pensée publient une curieuse étude de Lydie Martial sur < la recherche par la science d’une méthode expérimentale spéciale pour l’étude de la genèse des croyances ».
Lydie Martial voit, dans l’attitude prise par la science vis-à-vis du sentiment religieux et des croyances, la reconnaissance par l’esprit scientifique de l’instinct indestructible de la religio sité dans la mentalité humaine et le prélude d'un ère de paix et de liberté excluant nécessairement les opinions personnelles et le parti pris. Sera-ce ainsi le triomphe de
188 l’initiation l’expérimentation impersonnelle prédite par Strada d’où naîtra la réconciliation de la science et de ¡a religion et, finalement, l’établissement définitif de la religion de l’es prit pur ?... La question se pose. ♦ » ♦ La Vie mystérieuse relate une anecdote intitulée : < Le Talisman de Bonaparte », qui offre un intérêt tout particu lier, vu le personnage célèbre qui en est cause.
Le 12 août 1798, le général Bonaparte occupait, avec un bataillon de grenadiers, la plaine de Giseh où s’élèvent les Pyramides. Le futur empereur, accompagné d’un iman du nom de Muhammed, de quelques officiers de son état-major et de savants attachés à l’expédition d’Égypte, alla visiter ces colossales Pyramides, tombeaux antiques et pleins de mys tères des illustres pharaons.
Bonaparte, qui avait obtenu par faveur spéciale de l'iman de visiter le tombeau du fameux pharaon < Allah-Achem », c’est-à-dire « chéri de Dieu », resta pendant des heures en contemplation devant ce souverain momifié dans cette chambre sépulcrale depuis des milliers d’années, et entouré de ses femmes et de ses ministres. Les statues d’Isis et d’Osiris sc dressaient, gigantesques, semblant veiller sur ces restes sacrés...
Enfin, le général s’arracha aux pensées qui se pressaient en foule dans son esprit devant tant de grandeurs éva nouies, et, suivant l’iman, sortit des Pyramides. Au moment où il allait franchir le seuil du Palais de la Mort, l’iman, s’adressant à Bonaparte, lui dit : « Seigneur, vous êtes, depuis trois mille ans, le troisième guerrier qui ait visité ce tombeau inconnu aux profanes.
Soyez béni et acceptez, pour souvenir de votre visite au grand AllahAchem, cette pièce d’or frappée à son image. » De retour à Paris, Bonaparte la fit monter sur une tabatière d’écaille, comme monnaie précieuse. Tant qu’il la conserva, tout lui réussit, et il fut toujours vainqueur dans les combats. Mais, en 18¡3, pendant la campagne de Saxe, Napoléon perdit sa tabatière dans un incendie.
Adieu la médaille t De ce jour date la première défaite, et les revers vinrent ensuite. C’est que la médaille des Pyramides était un talisman... En la lui remettant, l’iman avait ajouté, aux
REVUE DES REVUES I89 paroles que nous avons déjà citées, ces mots étranges et en quelques sortes magiques: « Cette médaille sera pour vous un talisman et un gage de succès. Tant que vous la porterez sur vous, la victoire vous sera fidèle et tout réus sira au gre de vos désirs. » Combien de fois, au cours de sa captivité sur le rocher de Sainte-Hélène, le grand empereur dut-il déplorer la perte de la médaille du pharaon ! L. B.
P.-S. — La Vie mystérieuse a réuni en un joli volume, que nous avons reçu, les numéros de l’année 1910. Tous nos compliments et remerciements. BIBLIOGRAPHIE Vient de paraître. Ce qu’ils pensent du «Merveilleux », par Georges Meunier, avec une Introduction de Camille Flammarion. Albin Michel, éditeur, 22, rue Huyghens, Paris. Un vo lume de 36o pages. Prix : 3 fr, 5o.
Dans ce nouvel ouvrage, pour lequel M. Camille Flam marion a écrit une élogieuse Introduction, M. Georges Meunier rapporte un certain nombre de conversations qu’il a eues, touchant les phénomènes merveilleux, avec nos plus éminents penseurs : philosophes, poètes, romanciers, historiens, essayistes. Cette enquête arrive à son heure.
En effet, les phéno mènes merveilleux — et l’auteur entend par là les phéno mènes si troublants du spiritisme, de la télépathie, de la divination, etc. — les phénomènes merveilleux sont actuel lement et plus que jamais à l'ordre du jour; le public lit avidement les nombreuses relations de faits de cette nature que publient les revues spéciales et les journaux quotidiens; les savants, qui longtemps avaient tenu en i >
l’initiation 190 suspicion les phénomènes merveilleux, commencent à les étudier. Il était intéressant de savoir ce que pensaient de cette science nouvelle nos grands écrivains modernes, s’ils s’en occupaient, s’ils avaient été témoins de phénomènes. C’est ce qu’a compris M. Georges Meunier.
Il a interrogé MM. Jean Aicard, Maurice Barrés, Brisson, Paul Bourget, Adolphe Brisson, François Coppée, Maurice Donnay, Mme Judith Gautier, MM. Georges Grappe, Paul Harel, Léonce de Larmandie, Jules Lemaître, Frédéric Masson,. Charles Maurras, Octave Mirbeau, Charles Morice, Jules Renard, André Rivoire, Edmond Rostand, de Ségur, Mi guel Zamacoïs.
Il vit aussi M. René Quinton, le savant qui découvrit les propriétés curatives de l’eau de mer; et,met tant à profit l’un de ses séjours à Paris, il recueillit égale ment .l’opinion du célèbre explorateur du Pôle Nord, le voyageur norvégien Roald Amundscn.
Rapportées avec beaucoup de bonne foi et de pittoresque, ces conversations, qui fourmillent d’anecdotes curieuses, contées à l'auteur par nos grands hommes, sont d’une lec ture très attrayante en même temps que très instructive.
Ce qu'ils pensent du Merveilleux est un ouvrage que consulteront avec fruit, non seulement tous ceux qui se passionnent pour l’étude du Merveilleux, mais aussi tous ceux qui sont curieux de connaître, sur une série de phé nomènes étranges et dont il est si fréquemment parlé, l’avis de nos plus illustres contemporains.
SYNDICAT DE L’OCCULTISME Un nouveau Syndicat, régulièrement constitué, s’est formé il y a quelques mois; il a pour objets principaux d’établir un lien entre toutes les personnes s’occupant, en France, d’occultisme à un titre quelconque, et la défense commune et individuelle de leurs intérêts.
Ce Syndicat, dont le siège est : 43, rue de Trévise, à Paris, compte, dans son comité, des savants, des méde cins, etc., et prétend dégager l’Occultisme vrai et scientifiBIBLIOGRAPHIE IQ F que du charlatanisme avec lequel on le confond souvent à tort. Occulte signifie en somme caché, et nombreuses étaient hier les sciences cachées, inconnues qui, aujourd’hui, s'épanouissent librement.
Le Syndicat de ['Occultisme se propose de créer un grand mouvement en faveur des sciences occultes et ce, au moyen de conférences, de livres, d’articles, etc.
192 l'initiation APPAREILS Boules hypnotiques. — Miroirs hypnotiques. — Disques d’entraînement. — Appareil système frontal. Planchettes à médium extra-légéi es de tous modèles. - Couronne aimantée du Dr Encausse. Miroirs planétaires. — Miroirs magiques. — Baguettes magiques. — Objets pour autel magiques. — Appareils contre l’envoûtement, du Dr Papus. — Appareils pour donner ou renforcer la médiumnité. — Biomètres, sténomètres, etc. Construction d’appareils sur une idée donnée ou sur un plan. LÉONIS, Ingénieur-Constructeur (breveté S. G. D. G.), 3g 1, rue des Pyrénées, Paris (20e). Librairie Générale et Internationale G. FICKER PARIS — 6, rue de Savoie, 6. — PARIS L’ÉVANGILE DE Retrouvé, traduit du latin, et publié pour la première fois avec une introduction Par le Dr MARC-HAVEN Un volume petit in-8 sur beau papier vergé, orné d’un portrait et du sceau de Cagliostro. Tirage à 5oo exemplaires................................... 5 RDix exemplaires sur japon impérial, numérotés j à 10.................................................. (Épuisés). 12 fr* Le Gérant : Encausse. Paris. — Imprimerie E. Arrault et Cie, 9, rue N.-D.-de-Lorette.
Librairie Générale et Internationale G. F1CKER PARIS — 6, rue de Savoie, 6 — PARIS MARIE MERCIER PHÉNOMÈNES VUS racontés par le médium suivi d'un Guide pour les expériences Volume 18/12 cm. Broché............................... 1 ir. 50 / UNE SÉANCE DE SPIRITISME Chez J.«K. Huysmans Par Gustave Boucher Volume 19/14 cm. Broché....................... 1 fr. 50 LES PROPHÉTIES Sur Lyon, la France et le Monde entier Par Laurent de Brindes Volume 22/14 cm- .............................1 fr. 50 D0R0T6H1M OU LA GLOIRE DE S0D0ME Par Kamidel (de Lucesset'noc) 3 volumes 18/12 cm............................ 1 franc
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On reconnaît la rareté et l’intérêt des planches hermétiques et magiques de Khunrath ; jusqu’à présent ces planches étaient sans valeur, puisqu’elles n’étaient pas accompagnées de leur texte. Les docteurs Papus et Marc Haven ont remédié à cet état de choses en publiant, chez M. G. Ficker, une édition de luxe donnant l'explication de chaque figure. Pari*. — Imprimerie E. Arrault et C’.g, rue Notre-Damr-de-Loreuc