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#>- » (Janvier 1911) 24me ANN ÉE PARTIE PHILOSOPHIQUE ' -.¡ENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION LE 5F» -A. JE=* HT S VOLUME, La Gnose et l'Église gnostique moderne (p. i à n). J. Bricaud. Ecole hermétique (p. 12 à 20)...................................... V. Blanchard. Société d'Ètudes philosophiques et psychiques de Tours (p. 21 à 33)..................................................... Beneyton.
« Tu es petrus.l. » (p. 34 à 49)................................. X... « 0 quanta sunt quae nescimus ! » (p. 5o à 5y). . . JeanSiprel. SECTION ARCHÉOMÉTRIQUE L’Archéométrie de Saint-Yves d'Alveydre (p. 58à 71). Le Triangle de Jésus................................................Gravure. L’Œuvre conciliatrice de l'Universalisme. — L’Œuf d’or. — Physio gnomonie. — Musique. — Bibliographie. — Revue des Revues.
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A A \ V K *■ • X JL.VUL JL—I Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mar.. -Iles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La c • expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le > • ¡ne des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la uon à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres v les Matérialistes en arrivent à les nier. L'Initiation est l’organe principal de cette renais m, . dua liste don: les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la Synthèse en. a . la méthode analogique des Anciens aux découvertes an ah i des expérimentateurs contemporains. Dans la Religion, à donner une base solide à la Mot. • par la découverte d’wn même ésotérisme caché au fond de tous le cuites.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent V arbitrage contre ■ arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses ôo rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie {Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L'Initiation paraît régulièrement à la fin de chaque mois et compte déjà vingt années d’existence. — Abonnement : io francs par an. (Les collections des huit premières années sont absolument épuisées.)
1888-1911 L’ÏNÎTIATION J ses Rédacteurs, A ses Abonnés. A ses Lecteurs.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Celte partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. <£a gnose J et L église gnostique moderne Il est une vérité que les antichrétiens et la plupart des chrétiens ignorent, c’est qu’il n’y a sur la terre qu’une seule religion : la religion universelle ou ca tholique qui existe non pas depuis la venue de JésusChrist, mais depuis l’origine de l'humanité. Saint Augustin nous l’apprend : « Ce qu’on appelle aujourd’hui la religion chrétienne, écrit-il, existait 1
2 l’initiation depuis l’origine du genre humain, jusqu’à ce que le Christ lui-même étant venu, on a commencé d’appe ler chrétienne la vraie religion qui existait déjà aupa ravant. » Les premiers hommes jouissant de l’intégrité de toutes leurs facultés intellectuelles, élevées au plus haut degré, possédaient la vraie religion conforme à la pure vérité.
Mais, à mesure que les hommes s’éloignèrent de leur berceau, ils dégénérèrent intel lectuellement de degré en degré jusqu’à l’abrutisse ment de quelques races sauvages, et la religion s’altéra dans les mêmes proportions. L'influence des milieux apporte encore un nouvel élément de différenciation; de là ce qu'on nomme à tort les religions. Voilà du moins ce que nous enseigne la science des religions comparées.
Nous n’ignorons pas que les déductions de la science des mythologies comparées sont autres. La mythologie comparée enseigne que l’origine des reli gions les plus transcendantes est l’ignorance des peu ples primitifs. Cette idée est en faveur aujourd'hui, •en France surtout.
Maisnous objectons que si l’on examine d’une façon générale et sans opinions préconçues les formes reli gieuses, qui ont apparu dans l’humanité à travers les âges, on reste frappé du fait de la réapparition con stante, dans toutes ces diverses formes diverses, d’une doctrine identique quant au fond et que l’on désigne sous les noms d’ésotérisme, de doctrine secrète, de Gnose. La science des religions comparées nous enseigne
LA GNOSE ET L’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE 3 encore que cette doctrine secrète, cette gnose ne serait autre que la vraie Religion, qui a été défigurée par les religions. A mesure de la réascension de l’esprit humain, des sages, des prophètes, des initiés se sont élevés chez différents peuples, et ont restauré d’une manière imparfaite la Religion primitive.
Jésus est le dernier de ces restaurateurs antiques : il est venu rappeler et compléter la religion primitive. Ainsi la Gnose constitue la doctrine ésotérique de toutes les religions anciennes.
Elle n'est pas un produit spécifiquement chrétien, comme on le croit généralement; ses fils conduisent bien loin en arrière dans l’antiquité jusqu’aux, cultes des mystères égyp tiens, babyloniens, persans, védiques (lemot Wrfaveut dire connaissatice, Gnose).
Notre but, dans cet article, n’étant pas de montrer l’existence de la Gnose dans les religions anciennes, nous ne nous étendrons pas plus longuement sur ce sujet, et nous en arriverons de suite au christia nisme.
L’enseignement de Jésus, comme d’ailleurs celui de tous les grands sages et prophètes de l’antiquité, était divisé en deux parties : l’une exotérique, comprenant les préceptes moraux qu’il enseignait aux foules sous forme de paraboles et qui constituait la foi élémen taire; l’autre ésotérique, réservée aux apôtres et qui constituait la science profonde ou Gnose.
Nous savons, en elìci, qu’en outre de sa prédication populaire relative à la préparation et à la venue du r royaume du ciel, consignée dans les Evangiles, Jésus, dans ses entretiens avec ses disciples, leur enseignait
l’initiation 4 sa doctrine sur le royaume du ciel, sur le chef qui l’établissait, etc... Ainsi, l’enseignement de Jésus a etc un enseigne ment purement oral (car il n'a rien écrit), réservé dans ses parties les plus importantes à ses seuls apôtres, dont l’assemblée a constitué la première Eglise. Cette doctrine qu'il enseigna secrètement à ses apôtres, fut tenue cachée par eux et transmise à voix basse à leurs disciples.
L’évangéliste Marc nous apprend, en effet, que « lorsque Jésus était en particulier, ceux qui étaient autour de lui avec ses dou^e apôtres, l'interrogeaient touchant le sens de ses paraboles.
Et il leur dit : II vous est donné, à vous, de connaître le mystère du royaume de Dieu, mais pour ceux qui sont de hors, tout se traite par des paraboles. » Et plus loin : « Il leur annonçait ainsi la parole par plusieurs similitudes de cette sorte, selon qu'ils étaient capa bles de l'entendre.
Et il ne leur parlait point sans similitudes ; mais lorsqu'il était en particulier, il expliquait tout à ses disciples (i). » Dans ces entretiens secrets avec ses apôtres, Jésus leur enseignait ce que depuis on a appelé le dogma tique en leur faisant cette recommandation : «Ceque je vous dis dans le secret, vous le crierez du haut des toits; mais prenez garde de ne pas jeter les perles devant les pourceaux. » Même secrètement, Jésus n’a pas enseigné à ses disciples toute la doctrine : « J’aurai encore, dit-il, (i) Marc, IV, 10, n, 33, 34. Voyez aussi Mathieu, XIII, 11, 34-36 et Luc, VIII, 10.
LA GNOSE ET L’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE 5 beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pour riez pas les comprendre maintenant. Lorsque l’esprit de vérité aura envahi le monde, il vous enseignera toutes ces choses. » Cependant une partie de cette tradition fut écrite par portions et à des époques successives, à mesure que les circonstances permirent de les révéler sans péril. y Ce furent les trois premiers Evangiles.
Saint Paul, _ y dans ses Epitres fit connaître aux fidèles des points de doctrine qui ne se trouvaient pas dans les Evangiles précédents. Vers le commencement du onzième siècle apparut l’Evangile selon saint Jean, qui divulguait une très grande partie des enseignements de Jésus à ses disci ples, dans l’intimité. Aussi, le langage de saint Jean est-il bien diflérent de celui des trois premiers Évanr giles ou Evangiles synoptiques.
Mais, malgré tous ces écrits, il y avait toujours des points de doctrine tenus secrets et qui étaient l’apa nage de quelques initiés: les gnostiques. Saint Basile dit, en effet : « Nous recevons les dog mes qui nous ont été transmis par écrit et ceux qui nous sont venus des apôtres sous le voile et le mystère d’une tradition orale. Ce qu’il est défendu aux noninitiés de contempler, comment conviendrait-il de le répandre dans le public?...
C'est pour cela que plu sieurs choses ont été transmises sans écritures?... » Saint Clément d’Alexandrie, dans un ouvrage intituléS?ro»iata,ouvrage qu’il a défini lui-même comme une « réunion de notes gnostiques conformes à la
6 LÌMITI ATI ON vraie philosophie » dit : « Le Seigneur nous a permis de communiquer ces mystères divins et cette sainte lumière à ceux capables de les recevoir. Il n’a certes pas révélé à la masse ce qui n’appartenait pas à la masse ; mais il a révélé les mystères à une minorité à laquelle il savait qu'ils appartenaient, minorité capa ble de les recevoir et de s'y conformer.
Les choses secrètes se confient oralement et non par écrit, et Dieu fait de même. Et si l’on vient me dire : il n’y a rien de secret qui ne doive être révélé, ni rien de caché qui ne doive être dévoilé, je répondrai, moi, qu’à celui qui écoute en secret, les choses secrètes elles-mêmes seront manifestées. Voilà ce que prédisait cet oracle.
A l’homme capable d’observer secrètement ce qui lui est confié, ce qui est voilé sera montré comme vérité ; ce qui est caché à la masse sera mani festé à la minorité...
Les mystères sont divulgués sous une forme mystique, afin que la transmission orale soit possible... » Parlant des symboles, et après avoir fait remarquer que les personnes ignorantes et sans instruction sont incapables d’en saisir le sens, il ajoute : « Mais le gnostique comprend.
Il ne convient donc pas que tout soit indistinctement montré à tous, ni que les bienfaits de la sagesse soient accordés à des hommes dont l’éime ri a jamais, même en rêve, été purifiée ; les mystères de la parole ne doivent pas davantage être expliqués aux profanes. » Plus loin, saint Clément déclare que la Gnose « communiquée et révélée par le Fils de Dieu, est la Sagesse ; or, la Gnose elle-même est un dépôt qui est
LA GNOSE ET t’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE 7 parvenu par transmission à quelques hommes; elle avaitétécommun iquée oralement par les apôtres ( i ). » Origène, disciple de Clément d’Alexandrie, vient à son tour nous apporter son témoignage : Celse ayant allégué que le christianisme était un système secret, Origène déclara que si certaines doctrines étaient secrètes, bien d’autres étaient publiques et que ce sys tème d’enseignement exotérique et ésotérique, adopté par les Chrétiens, était répandu de même parmi les f philosophes.
Il ajoute que F Eglise conserve les ensei gnements secrets de Jésus ; il invoque, en termes pré cis, les explications données par Jésus à ses disciples dans ses paraboles : « Je n'ai pas encore parlé de l’observance de tout ce qui est écrit dans les Évan giles, car chacun d'eux contient de nombreuses doc trines difficiles à comprendre, non seulement pour la masse, mais aussi pour certains esprits plus intelli gents : par exemple une explication très profonde des paraboles adressées par Jésus à ceux du dehors, para boles dont il réservait l’interprétation complète aux hommes qui avaient dépassé le stage de l’enseigne ment exotérique et qui venaientvers lui en particulier dans la maison. » On le voit, il est impossible de mieux dire que si le christianisme est ouvert aux ignorants, il ne leur est pas entièrement réservé ; pour les esprits «cultivés et plus capables » il y a des enseignements plus pro fonds. Ces enseignements profonds, on l'a vu, étaient (1) Stromata, L. I, 13. Traduction del'Antt’ Nicene library de Clarke,
8 l’initiation désignés par plusieurs Pères de l’Église sous le nom de Gnose. Ceux qui étaient en possession de la gnose étaient nommés gnostiques ; en sorte que les premiers chrétiens initiés étaient des gnostiques.
Depuis la fondation du royaume grec d’Égypte, s’accumulaient à Alexandrie tous les livres scientifi ques et philosophiques de l’Orient et de l’Occident; et les intellectuels de l’époque, animés d’un large esprit éclectique, cherchaient à faire la synthèse de toutes les connaissances contenues dans ces livres.
Plusieurs chrétiens, et non des moins illustres, essayèrent d’expliquer et de développer la doctrine chrétienne, ou la gnose, à l’aide de ces connaissances.
Il s’établit alors un double courant composé : i° de ceux qui ne voulaient trouver les antécédents de la doctrine chrétienne que dans la Bible hébraïque, c’est-à-dire dans la tradition du peuple hébreu; 20 de ceux qui reconnaissaient les antécédents du christia nisme dans les traditions des divers peuples.
Dans la suite, les premiers abandonnèrent la déno mination de gnostiques pour se désigner uniquement sous le nom de chrétiens ou judéo-chrétiens. Leur doctrine expliquée et développée à l’aide de la philo sophie grecque a pris, dans la suite, le nom de théolo gie. Grâce à une forte discipline, ils ont réussi à maintenir parmi eux l’unité de doctrine. Ils forment aujourd’hui ce que l’on appelle les catholiques grecs et romains.
Les seconds conservèrent le nom de gnostiques, mais en faisant prédominer dans la doctrine chré tienne, tantôt certaines idées particulières à l’Égypte,
LA GNOSE ET L’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE 9 tantôt certaines idées d’origine perse. Ils divisèrent de bonne heure la Gnose en deux grands rameaux : i° celui dont Valentin est le plus illustre représen tant ; 20 celui qui est connu dans l’histoire sous le nom de Manichéisme.
Mais plus tard, par suite du dévergondage d’imagi nation d'un grand nombre de sectaires sans valeur intellectuelle et morale, il surgit une foule dedoctrines absurdes qui prétendaient se rattacher à la Gnose, et ces doctrines ont été et sont encore confondues avec la Gnose sous une même appellation, celle de gnosti cisme. On sait comment le courant judéo-chrétien finit par triompher du courant gnostique.
Ce ne fut point au nom de la raison, mais par la force. Alliés au prince de ce monde, représenté par l’empereur romain, les judéo-chrétiens obtinrent par son ordre la ferme ture des écoles gnostiques. Les gnostiques furent con sidérés comme de dangereux hérétiques; et par le mensonge, la calomnie et la force,les judéo-chrétiens les forcèrent à disparaître et à se cacher.
Une à une s’éteignirent les lumineuses clartés qu'avait projeté le gnosticisme. Ce fut la longue nuit du moyen âge. La gnose ne disparut cependant pas pour cela. Les gnostiques se réunirent en secret jusqu’en 1208, époque à laquelle le patriarche gnostique Guilhabert de Castres, réunit les évêques gnostiques cathares en un concile à Montségur, où furent fixés les détails de la liturgie et les principaux points de la doctrine gnostique albigeoise.
L’Église romaine s'émut. Elle envoya des mission10 l/initia i ion naires dans le but de ramener à elle ceux qu’elle appe lait des hérétiques. Mais ses efforts furent vains. Alors elle déchaîna l’inquisition. Lutte longue, épouvantable, acharnée, atroce, dans laquellelesAlbigeois furent dispersés, traqués, pendus, brûlés. On croyait qu’il ne restait plus rien du gnosticisme, Erreur !
Les Templiers en avaient fait leur religion. r Au commencement du quinzième siècle, l’Eglise romaine anéantissait les Templiers en meme temps que le Concile de Vienne condamnait leur doctrine. La Gnose fut néanmoins conservée par la Société des Rosicrucians ainsi que par quelques Templiers qui avaient réussi à échapper au bûcher, et dont les descendants s’allièrent avec la Franc-Maçonnerie.
Ainsi la Franc-Maçonnerie est d'origine gnostique: mais le gnosticisme qui s’abrita derrière les sym boles des ouvriers maçons ne fut pas un gnosticisme très pur. Il n’y a, d’ailleurs, rien d’extraordinaire à ce qu’avec le temps il se soit corrompu.
C’est pourquoi, aujourd’hui des maçons instruits et des spiritualistes initiés, armés des magnifiques dé couvertes de la science moderne, se sont donné pour tâche de recommencer avec plus d’espoir de succès, le travail entrepris par les premiers gnostiques chré tiens.
Au lieu de se servir de la philosophie et de la science moderne pour démolir la doctrine chrétienne, ils veulent au contraire s’en servir pour rajeunir et développer cette doctrine vénérable entre toutes et par sa haute antiquité et par les services qu’elle a
LA GNOSE ET L’ÉGLISE GNOSTIQUE MODERNE I I rendus à la société aussi bien avant le Christ-Jésus qu'après lui, et pour le trésor des vérités qu’elle con tient. Ils veulent reconstituer la doctrine chrétienne inté grale, c’est-à-dire une religion appuyée aussi bien sur la science contemporaine que sur la tradition con stante de l’humanité civilisée.
Cette religion qui existe déjà depuis quelques années et dont les adhérents sont restés jusqu'à ce jour sans liens, dispersés ça et là, en France et en Europe, arrive maintenant à la phase de son histoire où elle doit les associer et les rassembler autour de son centre épigénésique qui se trouve à Lyon.
Elle doit » former une vaste association ou Eglise, qui a déjà pris le nom d'Église gnostique universelle et réuni des anciens gnostiques johannites, Valentiniens, carmeldens, et chrétiens modernes.
Son but essentiel, outre la reconstitution de la doctrine et du culte gnostique, est de faire : i° L’unité par les moyens de la raison et de la science moderne entre toutes les églises chrétiennes et entre les divers systèmes philosophiques ; 2° L’unité du christianisme ¿ejpu/s Jésus-Christ et du christianisme d'avant Jésus-Christ et mériter par là d’ctre vraiment catholique ou universelle. J. Bricaud, Patriarche de l’Église gnostique universelle.
ECOLE HERMÉTIQUE Le peu de place dont nous disposons ici ne nous permet pas de publier in extenso les cours si intéres sants de MM. Papus, Sédir, Phaneg et Dace.
Nous ne donnerons donc qu’un compte rendu analytique des principales conférences auxquelles nous pourrons assister et nous débuterons, aujourd’hui, par la char mante et suggestive causerie du docteur Papus «sur l’esprit. » L’ESPRIT L’esprit est un principe essentiellement métaphy sique qui, survivant à la décomposition du corps ter restre, préside à diverses incarnations. C’est la partie vraiment divine de notre être.
Il y a de grandes dis cussions entre écoles philosophiques au sujet du ca ractère de cet esprit. Généralement on voudrait trou ver des êtres qui, sur terre, fussent des anges. Cet idéal se réalise fort peu car l’esprit se teinte plus ou moins de matière en se manifestant ici-bas. La loi qui régit les activités de l’esprit dans le plan physique a été formulée en ces termes par le Créateur: « Tu enfanteras dans la douleur. » Cette loi s’applique
ÉCOLE HERMÉTIQUE l3 aussi bien à la femme qu’aux créations de l’esprit humain. On ne peut exprimer une idée sans éprouver certaine peine et la difficulté d'expression augmente en raison même de la grandeur de l’œuvre entreprise. Ne faut-il pas, en effet, dompter la matière ? Le poète, le musicien, le sculpteur, le peintre ne réalisent la Beauté qu’au prix d’efforts incessants. A ce propos, beaucoup d’étudiants croient atteindre l’évolution intégrale par l'ascétisme le plus rigide. Erreur '. Cela convient plutôt à la vie monastique qu'à la vie maté rielle telle que le Christ lui-même l’a comprise. NotreSeigneur s’est-il enfermé dans une tour d'ivoire, se contentant de former des disciples et de les envoyer y ensuite, dans le monde, prêcher l'Evangile? N’a-t-il pas vécu comme ses contemporains ? N’est-ce pas les pauvres moraux et les opprimés qu’il accueillit tout d’abord ? Son plus grand acte de charité ne fut-il pas d’admettre Marie-Madeleine au nombre de ses dis ciples bien-aimés ? Efforçons-nous donc d’imiter cet exemple toujours vivant. Certes, nous sentons très bien que l’acquisition de certaines facultés inconnues exige la purification totale de notre être. Mais cette perfection ne s’obtiendra pas uniquement par le jeûne, les mortifications et le végétarisme. N’avalons-nous pas à chaque inspiration quantité de microbes ? Notre corps, il faut ledire,ne vitque d'assassinats absolument comme la planète qui nous supporte. La destruction de l’égoïsme peut seule favoriser l’évolution humaine. L’organisme dont nous faisons partie comprend une multitude de cellules : minéraux, plantes, ani maux, etc. L’esprit vient tout illuminer; il nous fait
l’initiation 14 participer au plan divin et nous permet de supporter courageusement les épreuves.
De là l'importance de son étude. Ici se pose une question. Est-il nécessaire de connaître le corps pour savoir ce qu’est l'esprit ou peut-on connaître l'esprit sans le corps ? Transposons cette interrogation et demandons-nous si, pour aller de Paris à Bordeaux en train direct, nous devons con naître l’anatomie et le fonctionnement de la locomo tive qui nous y conduira. C’est inutile, car nousn’arriverons pas plus vite.
Ces connaissances techniques ne nous serviraient qu’au cas où le mécanicien, succom bant en cours de route, nous prendrions la direction du convoi. De même pour l’esprit. L’anatomie et la physiologie du système nerveux ne nous avanceront pas, car, dès la naissance terrestre, notre esprit fonc tionne instinctivement.
Rappelons pour mémoire que l’organisme physique est un animal fabriqué par la terre dans le but de mettre de la force nerveuse à la disposition de l’esprit. Réservons à plus tard les détails physiologiques et recherchons simplement l’action de l’esprit chez l’homme, comment il évolue et acquiert des facultés réellement spirituelles. Divers êtres, plus ou moins spiritualisés, existent sur terre. L’image suivante nous en donnera l’idée.
Représentons le corps par un triangle la tête en bas V et l’esprit, par un triangle la tête en haut L’in carnation consiste justement dans l’union de ces deux principes, — corps et esprit — au moyen de l’astral. On obtient ainsi diverses classes d’êtres selon la prédominance de l’un ou l’autre de ces triangles.
Chez les uns, le triangle inférieur ou la matière domiÉCOLE HERMÉTIQUE l5 nera; chez les autres, il lisparaîtra presque entière ment pour faire place au triangle supérieur ou esprit.
Selon la pénétration de l’esprit dans la matière, L.-C. de Saint-Martin désignecesêtrescomme suit: l’homme du torrent, l'homme de d sir, le nouvel homme et l’homme-esprit. L'homme du torrent st l'homme normal ou im pulsif. Les passions l'ent aînent sans qu'il cherche à réagir. On peut le comparer au fétu de paille emporté par l’eau d'un torrent. L’homme de désir incarne l’esprit jusqu’à la limite du cœur.
Telle la fem-’ e qui vit si peu du cerveau. Le cœur se développe instinctivement chez les amou reux. Une sorte de fusion cardiaque s’effectue au cours de leurs longues et silencieuses promenades. C’est le début de la solitude à deux qui, sur d’autres plans, donne de si merveilles résultats. Malheureusement, l’éducation contemporaine tend à remplacer la reli gion par la science posi ive et détruit le sentiment au profit de la raison.
On traite de chimères les rêves prophétiques de la jeune fille et les notions spirituelles sont remplacées par ces connaissances phvsiques, naturelles, chimiques ni lutres très intéressantes, mais inutiles au développement de notre spiritualité. N’agissons pas ainsi, développons notre cœur le plus possible. Alors l'intui s éveillera et nous pénétre rons réellement l'inv rbie. Le nouvel homme . ni it vraiment l’invisible.
Il peut dire d’où vient tel œ qui se présente à lui. Cha cun de nous émet, en il, le retlet de sa personna lité la plus intime q C peut cacher à l’homme du
i6 l’initiation torrent et à l’homme de désir mais jamais au nouvel homme. L’homme-esprit vit sur divers plans et produit les phénomènes relatés dans les vies des saints de toutes les religions. Cette évolution-là comprend de nom breux échelons sur lesquels nous n’insisterons pas. Des lois que nous n’avons pas assez approfondies régissent donc l'esprit. Cherchons à les déterminer. La première de toutes, c’est l’activité.
Nous L’étudie rons particulièrement ici. La matière qui est en nous, a besoin de repos ; l’esprit, au contraire, est essentiellement actif. Plus un être se spiritualise, moins il lui faut de sommeil. L’enfant qui n’est qu’un jeune animal, dort plus que le vieillard dont les facultés intellectuelles sont très développées. Les auteurs qui traitent de la mort, s’oc cupent plutôt de phénomènes physiques que de faits intellectuels.
Toutefois, ces derniers méritent d’atti rer notre attention. Quand, après une longue carrière, nous désirons jouir tranquillement de nos rentes, c’est que, peut-être, nous sommes bien près de perdre notre matière. Le commerçant enrichi, qui se retire des affaires pour vivre à la campagne, en est un exemple frappant. Il s’en va en parfaite santé; puis, au bout de quelques mois, tombe malade et meurt.
Ainsi la nature reprend tout corps physique non uti lisé par un esprit, Les molécules matérielles retour nent à la terrezpour entrer, plus tard, dans de nou velles combinaisons ; quant à l’esprit, il commence une nouvelle phase d’existence. Les ouvrages spi rites parlent beaucoup de la réincarnation. Le temps
ÉCOLE HERMÉTIQUE 17 n’existant pas pour l’esprit, tout homme peut revenir plusieurs fois sur le plan physique. La méditation des enseignements astronomiques et occultistes montre que la doctrine de la réincarnation n’a rien d’immo ral, comme certains le prétendent. La vivacité de l'esprit se conçoit à peine. Cepen dant, les rêves et la mémoire en témoignent. Que d’actes n’accomplissons-nous pas, en effet, pendant notre sommeil’... Habituellement, nous ne nous rap pelons que d’un petit nombre de choses. Lors de la mort, notre mémoire dynamisée se souvient des moindres faits de l’existence terrestre. Les noyés reve nus à la vie nous l’affirment. Maintenant, supposons que nous changions de plan. Souffrirons-nous? Eh bien ! le passage en astral n’est pénible que pour les suicidés. Ajoutons qu’il y a différentes classes de sui cidés. Tous ne ressentent donc pas les mêmes dou leurs. Ecartons ici toute idée d’expiation. Le suicide est un arrêt dans l’évolution de l’être. Jusqu’à la date de sa mort normale, le suicidé assistera à la lente dé composition du corps dont il s’est violemment séparé. Quand l’homme n’a pas violé les lois naturelles, il n’éprouve aucune sensation douloureuse et, 80 fois sur 100, se figure voyager en express. L'esprit emporte un certain nombre de souvenirs dans l'au-delà. Ne croyons pas toutefois que, de l’autre côté, nous nous préoccupions encore des taquineries de notre concierge ou du nombre de mouchoirs remis à notre blanchis seuse. Cela ne nous sert plus et appartient à l’intelli gence de la Terre. Mais ce qui nous semble négligeable ne l'est pas pour les êtres inférieurs de la nature.
i8 l’initiation Par exemple, un animal ne s'assimilera tel de mes. souvenirs qu’au bout de six mille ans d’évolution.
La. terre emmagasine tous les faits apparemment ridicules de la vie quotidienne. Et toutes ces idées servent, tôt ou tard, à la nourriture intellectuelle des animaux. De même, notre esprit doit se nourrir pour croître. Lorsque nous venons sur terre, e'est pour y subir différents ennuis : embarras d’argent, maladies, pri son. Nous choisissons même le genre d’épreuves auquel nous serons soumis pendant notre incarnation.
Mais à quoi servent les épreuves? Tout simplement à développer la spiritualité de l’ètre humain. Quatrevingt-dix-neuf esprits sur cent préfèrent les ennuis d'argent. Le gain n’est-il pas le grand mobile de nos actions? Prenez un artiste et enrichissez-Ie, il remettra toujours au lendemain l'exécution de son chef-d’œu vre. Tout homme n'agit que pressé par le besoin.
Nos facultés ne se développent que par le travail ; de plus, il leur faut un terrain social convenable. Soit la fille soumise. Plaçons cet être souvent délicat parmi des apaches. Que d’efforts ne lui faudra-t-il pas déployer pour se jouer de ces brutes humaines!... Mais de puissantes facultés de ruse et d’audace se développe ront chez cet animal sauvage.
Et, plus tard, cette femme pourra contribuer au progrès de telle civilisa tion encore dans l’enfance. Au contraire, nos mon daines, nourries d’art et de lettres, fourniront desêtres merveilleux pour les sociétés déjà avancées. On s’est demandé si, dans des futures incarnations, les fem mes pouvaient devenir des hommes et les hommes, des femmes. Jusqu’ici personne n'a résolu ce proÉCOLE HERMÉTIQUE ig blême.
Dans l’au-delà, le sexe d’un esprit ne se re connaît qu’à sa façon de concevoir les choses. Tout esprit féminin cherche à encercler les êtres et objets qu'il considère; ensuite, il sait se taire. L’homme n’agit pas ainsi.
La femme veut posséder pour aimer ; l’homme n’aimera que s'il se sent libre. De là de nombreuses luttes qui se terminent presque toujours à l'avantage de la femme. C’est une loi que Fabre d’Olivet a découverte et dont nous trouvons de mer veilleux développements dans la psychologie de mes modernes littérateurs. La femme observe beaucoup mieux que l’homme.
Faites entrer un homme dans un appartement luxueux et demandez-lui, à sa sortie, ce qu’il a vu. Il ne se rappellera que vaguement de tel lit, de telle armoire, etc. Au contraire, une femme nous donnerait d'amples détails sur tous les objets aperçus. Ces remarques ont leur utilité. Si nous les méditons, nous verrons que cette merveilleuse faculté d’observation a demandé certainement bien des siècles pour se développer.
L’esprit féminin se différencie donc nettement de l'esprit masculin. Les Anciens attribuaient à chacun d’eux une origine dif férente. En Dieu, disaient-ils, se manifestent deux courants : l’un, positif ou masculin; l’autre, négatif ou féminin. L’union de ces deux aspects de la Divi nité produit, en outre, de nombreux intermédiaires. En conséquence, les Anciens faisaient élever le cœur de l’enfant par la femme, et son cerveau par l'homme.
La première éducation donnée par la mère avait pour but de féminiser l’enfant qui, dès lors, devenait un être méditatif et sacerdotal. Les Musulmans ont con
20 l'initiation servé cette coutume. A ce propos, on ignore généra lement que les constitutions des jésuites proviennent de l’Islam. Alors qu'il était officier, Ignace de Loyola fut initié à une société secrète musulmane dont il prit les statuts, pour son Ordre, sans y rien changer. Les jésuites sont ainsi une transplantation musul mane dans la chrétienté. Notre intelligence est faite d’apports considérables. Les matérialistes l’ont bien compris. On peut bien affirmer qu’il y a une évolution de la matière et de l’esprit. Avant de terminer, disons quelques mots du rôle des sensations. Autrement dit, les idées sont-elles innées en nous ou dérivent-elles uniquement des sensations ? L.-C. de Saint-Martin a fort bien tranché la question. D’après lui, le germe seul des idées est inné en nous, comme l’épi est en germe dans le grain de blé. La sensation vient agir sur chacune de ces graines et les fait fructifier, de même que l’eau et la chaleur promettent au gland de devenir un chêne majestueux. Cette théorie hermétique concilie l’idéa lisme et le matérialisme. Victor Blanchard.
Société d’études philosophiques et psychiques de Tours Année 1909-1910. COMPTE RENDU DES TRAVAUX I Aimantation. — L’aimant naturel est formé d’un minerai d'oxyde de fer, dit magnétique, qui a la pro priété d’attirer la limaille de fer, dechrome, de cobalt, de nickel. La propriété magnétique peut être commu niquée à des barreaux de fer et d’acier (aimants arti ficiels). En plongeant un aimant allongé dans de la limaille de fer, on constate que la limaille s’accumule aux extrémités, d’où l’on déduit un pôle positif, un pôle négatif ei un pôle neutre.
Si on place de la limaille de fer sur une plaque de verre et un aimant au-dessous, on voit se dessiner des lignes particulières formées par la limaille autour des deux centres d’attraction, on voit le champ magné tique. Les lignes de force de ce champ se trouvent matérialisées par les houppes de la limaille de fer. La masse terrestre a aussi une action spéciale sur les corps magnétiques.
Un aimant suspendu libre2 2 l’initiation ment autour d’un pivot prend toujours la même posi tion, une extrémité dirigée vers le nord, l’autre vers le sud, d’où diverses applications : boussole, galva nomètre, etc. Questions. — Une personne demande s’il lui serait possible de voir son fils mort depuis un an.
Papus dépeint le visage, l’âge du disparu, la maladie dont il est mort, tel qu’il le voit dans le plan astral et annonce que la mère reverra son fils en rêve. A la mort, le corps physique, explique-t-il, retourne à la terre, mais l’âme, l’esprit retourne dans l’astral. L’âme ne quitte pas le corps aussitôt après la mort, mais peut rester deux, trois et même quatre jours encore dans son enveloppe charnelle.
Le mort peut ressentir, voir, entendre tout ce qui se passe autour de lui. IL Dégagement d'un fluide des corps. — Dans la nature, tout dégage des effluves (une aura) qui ser vent à distinguer les divers corps. Ainsi, le plomb, l’argent, l’or, l’étain, le mercure, le cuivre, émettent une aura caractérisée par une odeur sui generis.
De même l’homme a son aura, non seulement avec son odeur mais aussi avec sa couleur sui generis, laquelle permet de déterminer la mentalité et la moralité du sujet. Ainsi, dans le plan astral, chacun a sa couleur qui démontre ce qu’il est et non ce qu’il veut paraître.
Donc, les corps minéraux et animaux dégagent une force, une effluve, un rayonnement analogue à l’élecSOCIÉTÉ d’études PHILOSOPHIQUES DE TOURS 23 tricité, invisible dans le plan physique, mais visible et mesuré, dans l’astral. Cette force est puisée dans l’atmosphère; les personnes qui ont la main chaude la dégagent avec plus de facilité ; le contraire existe pour une main froide.
Une main chaude peut magné tiser, une main froide peut être magnétisée. Fluide vital \ force psychique. — Cette force entre par la main droite et sort par la main gauche, mais ■avec une puissance moitié moindre, c’est-à-dire qu’il en reste la moitié dans le corps humain.
Cette force peut être rendue visible par l’expérience suivante : Un fétu de paille a b traversant un cylindre de papier (pour éviter les agitations de l'air) est main tenu en équilibre sur la pointe d’une aiguille. En approchant légèrement l’intérieur de la main, on voit l’aiguille dévier de sa position d’équilibre.
Le corps humain est partagé entre trois principes. i° Le corps physique et matériel ; 2° un principe intermédiaire, le corps astral, parce qu’il tire son essence de la substance interplanétaire ou astrale: 3° l’esprit immortel, le principe spirituel.
Les trois parties du corps humain, le ventre, la poi trine, la tête, correspondent à chacun de ces trois principes, et chacune d’elles a son aura particulière; aura physique, aura astrale, aura spirituelle. En accu mulant la force psychique dans l’une ou l’autre de ces parties, on observe des phénomènes différents.
L’esprit, grâce à la volonté servie par la force ner veuse, peut porter sa force soit dans le cervelet, soit dans le cœur, soit dans le corps physique. Par » l’intermédiaire d'un médium, on pourra faire naître
l’initiation 24 des effets céphaliques, des effets cardiaques, des effets solaires.
Grâce à ce rayonnement des prin cipes de l’être humain, on peut expliquer beaucoup de phénomènes tels que les sympathies ou les anti pathies subites lors de la première rencontre de deux êtres, les intuitions et les prévisions dites incon scientes, etc. L’occultiste entraîné, c'est-à-dire qui a développé ses facultés de perception de l'invisible, se rend compte à première vue de la valeur d’un être humain, non d’après son aspect extérieur, mais d’après son rayon nement invisible.
Questions. —Chacun peut soulager un malade par un effort de volonté. Les soins doivent être donnés avec le cœur et non de façon indifférente. Il faut soi gner le malade comme si on soignait son propre enfant, avec amour et non avec brusquerie. Si votre pouvoir magnétique est développé, il ne faut pas brusquer les passes, par exemple, en lançant le poing, car alors on fait plus de mal que de bien au patient.
Tout s’inscrit dans l’invisible, les bons et les mau vais procédés. La personne, citée plus haut, n’a pas vu son fils dans ses rêves; d’ailleurs, elle ne se rap pelle pas le lendemain de l’objet de ses rêves. Papus dit qu’avec un effort de volonté, le résultat sera obtenu. III Le fluide magnétique que chacun possède naturel lement et peut développer par entraînement, donne
SOCIÉTÉ d’études philosophiques DE TOURS 25 lieu à diverses expériences d’hypnotisme, de sugges tion, très intéressantes. L’influence du magnétiseur s’exerce sur un sujet de médium. Pour endormir un sujet, on fait des passes verticales de haut en bas ; pour le réveiller des passes longitudinales. Il faut prendre garde de ne pas brusquer les passes, car on pourrait faire du mal au sujet.
Les passes les meilleures se font de la façon sui vante : Concentrer sa volonté sur le sujet, lui dire menta lement : « Vous obéirez à ma volonté, vous voulez bien m'obéir, vous m’aimerez. » Faire alors les passes comme si on prenait une poignée de son imaginaire de la main droite, de préférence, et qu’on veuille asperger de son la tête du médium, sans en laisser tomber à terre pendant le mouvement d'aspersion.
Commencer les passes parle cerveau du sujet en des cendant les mains légèrement ouvertes jusqu'à la poi trine, jusqu’au cœur, et s’arrêter pour recommencer une nouvelle passe en ayant soin de fermer la main en remontant jusqu’au cerveau (pour éviter la passe contraire, le réveil). On peut endormir également par le regard en inter posant un objet brillant (lumière d'une bougie, par exemple) entre les yeux du sujet et ceux de l'opéra teur.
Certains opérateurs agissent sur certains sujets par la volonté seule, sans passes. Le F.’. G. endort un sujet et lui demande s’il peut voirie F.’. Erbaudier, mort depuis deux mois. Le sujet répond aux diverses questions qui lui sont posées:
2Ó l’initiation il voit le F.'. Erbaudieren tenuede ville, placé debou auprès de Papus, il est heureux, mais ne peut parler. Papus lui fait dire d’apparaitre dans les trois jours à sa femme qui le réclame. Le sujet restant éveillé, on peut hypnotiser un membre, le petit doigt, par exemple.
Au moyen de passes filées sur le petit doigt de la main gauche, ce petit doigt s’écarte des autres et s ecarte d’autant plus qu’on dit à la personne de le serrer contre les autres. Pour faire cesser l’expérience et éviter toute souffrance au sujet, faire les passes contraires, longitudinales, en frottant la main et le bras jusqu’au coude, tout le long du nerf. IV Séance blanche; pas d’ouverture ni de fermeture des travaux.
Le docteur Papus explique qu’il a amené avec lui un sujet pour montrer la différence qu’il y a entre le magnétisme et l’hypnotisme. Il endort le médium par de longues passes de haut en bas; il est même obligé, à diverses reprises, d’atté nuer les passes par d’autres longitudinales et des insufflations fréquentes, par suite de la sensibilité du sujet. Magnétisme. — ir° Expérience. — Marchez, dit le docteur Papus.
Le médium obéit, puis par des passes attractives, il le force à s’arrêter et à revenir en arrière. L’expérience est faite également sur un signe donné par un spectateur, qui indique à quel moment doit se faire l’arrêt ou le retour en arrière.
SOCIÉTÉ d'études philosophiques de tours 27 2° Expérience. — Vous allez compter, dit le doc teur au sujet, après l'avoir fait toucher par un spec tateur ; et lorsque monsieur le pensera mentalement, vous sauterez un chiffre. Le médium obéit et annonce les différents nombres ordinaux en ne parvenant pas à articuler les nombres qu’il lui est interdit de pro noncer. Insensibilité. — 3e Expérience. — Un spectateur donne la main au médium.
Un papier enflammé est passé sous les deux mains. Le spectateur finit par retirer la sienne sous l’action de la brûlure; la main du médium reste insensible. Suggestion. — 4e Expérience. Deux personnes se placent devant le sujet. Le docteur Papus fait écrire sur un morceau de papier vers laquelle des deux per sonnes on désire que le médium se porte de préfé rence. Celui-ci obéit à la suggestion.
5" Expérience. — Après avoir fait tourner le dos au sujet, Papus trace sur le parquet, à l’aide d’un morceau de craie, un mur imaginaire. Arrivé à la marque, le médium s’arrête et ne peut plus avancer. 6° Expérience. — Papus trace une autre limite imaginaire, en disant : « Ceci est un ruisseau. » Le sujet, parvenu à l’endroit indiqué, s’arrête.
« Quelle sensation éprouvez-vous, demande Papus. — Réponse « Il fait froid ! » Hypnotisme. — 7* Expérience, dite du colonel de Rochas. — Avec de nouvelles passes, Papus dédouble le sujet, l’extériorise, et fait ensuite le simulacre de le chatouiller à distance. Le sujet éprouve la sensa tion du chatouillement.
28 l’initiation 8° Expérience. — Une carte de visite ayant été pressée entre les mains du sujet en état d’extériorisa tion, Papus retire cette carte et la gratte légèrement à distance. Le médium éprouve une sensation pénible. Cette expérience est celle de l’envoûtement du moyen âge, expérience très difficile à conduire pour ne pas faire de mal au sujet. Extase. — 9e Expérience.
Un harmonium joue : le médium exprime, parle geste, l’attitude et les poses, la béatitude dont il est imprégné. Ses yeux sont ouverts, maisune allumette enflammée, passée devant eux, montre que le sujet ne voit pas et ne ressent pas la chaleur du bois en ignition.
V Spiritisme. — Le spiritisme, communication du mondevisible avec le monde invisible, est une science peu connue, sujette à erreur, à trucage, niée des savants qui lui ont donné des noms plus ou moins bizarres^ tirés du latin ou du grec, mais qui a toujours frappé les esprits simples, le peuple en général. D’ailleurs, pour produire des effets magnétiques spi rites, il n’est pas nécessaire d’avoir fait des études approfondies.
Le spiritisme n’exclut aucune croyance religieuse, mais s’élève au-dessus de celles-ci dans une forme plus étendue vers la Vérité. Chacun s’assimile les principes éternels dans la mesure desa compréhen sion. Dans toute doctrine, il y a des parcelles de vérité, mais aucune ne la contient entièrement, celleci étant plus vaste que l’esprit humain. 11 n’y a pas
SOCIÉTÉ d’études philosophiques de tours 29 antithèse entre la science et la vraie religion. La science et la croyance marchent parallèlement et se rencontrerontun jour. La science est l'analyse, la reli gion la synthèse. La prochaine séance sera publique et payante pour les profanes, afin de couvrir les frais occasion nés par la location d’une salle plus vaste.
Des vues photographiques seront exposées à cette séance, pour montrer différentes scènes de spiritisme qui ont eu lieu avec l’aide des médiums Eglington ; Eusapia Paladino, Miller, etc. On pourra ainsi se rendre compte de soulèvements de tables, d’apparitions, de dédoublements, etc., et s’assurer en même temps qu’aucune supercherie n’a pu se produire et qu’un contrôle incessant aétéexercé pendant les expériences.
VI État actuel des études psychiques en France. — La conférence du docteur Encausse sur l’état actuel des études psychiques en France, qui eut lieu le 6 avril 1909, comprenait trois parties : i° Historique de l’étude des faits psychiques. 20 Que faut-il penser du spiritisme, de la médium nité et des études annexes. 3° Exposé et conclusions. Le but de la conférence est d’étudier la conscience humaine.
Déjà, dans l’antiquité, l’occultisme était pratiquée : Ulysse se sert d’un médium ; Tiranias, pour sa descente aux enfers (in inferna); Moïse domine les Chaldéens par des effets magnétiques ; la
3o l’initiation résurrection de Lazare par Jésus est une autre appli cation de la science occulte ; les Druides croyaient à des vies successives de l’âme. Les Gaulois faisaient partir l’âme de l’abime Anncofn, règne minéral, pour la faire entrer dans Abred, le cercle des voyages, règne végétal, animal, et humanité, avant d’entrer dans Gwynfyd, le ciel.
Au moyen âge, les faits de sorcel lerie, d’envoûtement, de magie, d’alchimie, sont très répandus. Dans les temps modernes, au dix-septième siècle, les sciences ésotériques se poursuivent avec Mesmer et son baquet électrique ; Cagliostro lit l'ave nir ou le passé dans un verre d'eau ou dans une carafe d’eau. Au dix-neuvième siècle, le véritable rénovateur des études spiritualistes est l’Anglais W.
Crookes, suivi par les expériences d’Allan Kardec, Flammarion, le colonel de Rochas, Le Bon, le commandant Darget, etc. L’Académie n'a jamais voulu admettre l’occultisme. Cela se comprend : elle commence seulement à admettre la vapeur, les che mins de fer, l'électricité. Il faut donc attendre le vingt et unième siècle pour qu’elle prenne ces études en considération.
Quoi qu’il en soit, les projections ' photographiques montrent des lévitations de tables, de morceaux de bois, avec ou sans contact, des effets de sommeil magnétique où le médium s’extériorise, se dédouble (apparition du corps astral, du fantôme du sujet). Ce dédoublement est un fluide qui part de la rate, se développe, grandit et prend la forme fantomale.
L’apparition sur la plaque photographique des esprits, des êtres chers qui sont disparus (parents, ancêtres, amis) se succède avec fidélité et évidence.
SOCIÉTÉ d’études philosophiques de tours 3i Le double apparaît même sur certaines photogra phies ; on devrait conserver avec soin les clichés mal venus, obscurcis, ratés, afin d’en tirer d’utiles ren seignements sur les phénomènes de dédoublement, d’extériorisation ; peu nets, à première vue, ces néga tifs peuvent aider puissamment aux études psy chiques. Eglington dans ses transes.
Eusapia Paladino et ses lévitations, Miller et ses matérialisations, les phé nomènes de télépathie étonnent par la fidélité de la reproduction ; l’esprit conduisant Miller au milieu des spectateurs, l’enfant venantannoncersa mort à ses pa rents la veille du jour où la réception d’un télégramme les avise du décès, la lévitation du sujet, etc., inté ressent vivement les assistants.
Ainsi, de la sugges tion à l’état de veille, à la transmission de la pensée, à l'hypnotisme, à la télépathie, on passe au phéno mène médiumnique. Certains médiums, outre leur propre énergie nerveuse, en soustraient encore des personnes liées avec eux par la chaîne. Cette subs tance n erveuse est accumulée à la périphérie du corps en quantité suffisante pour produire une extériorisa tion de la sensibilité et de la motricité.
Pendant le plus profond sommeil médiumnique, l'extériorisation de l’énergie nerveuse est à son maximum et on peut alors obtenir la matérialisation qui se manifeste sous une forme visible. Le double, le corps astral, le fan tôme du sujet contient de même des rayons sensitifs et mécaniques, qui lui viennent du corps du médium ou par la suggestion ou l'influence des spectateurs ou même de personnes éloignées.
32 l’initiation Les médiums sont des êtres humains, et, par suite, sujets à erreurs, à la jalousie entre eux, au mensonge. Il y a beaucoup de faux pour un peu de vrai dans les expériences; il faut donc étudier avec soin, appro fondir les phénomènes psychiques avant de se former une opinion. Tel est l’exposé de la conférence : on est amené à conclure aux réincarnations successives, à la bonté infi nie du Créateur.
VII Papus explique que le nombre des adhérents à la Q est suffisant pour fonder à Tours une société d’études philosophiques et psychiques : le bureau composé de 22 membres est déjà constitué; la cotisa tion mensuelle sera de 0 fr. 5o; les statuts sont élaborés. Dès leur impression terminée, chacun en aura un exemplaire. Le dépôt à la Préfecture va se faire incessamment. Il n’y a plus qu’à souhaiter longue vie et prospérité à la nouvelle société.
Une partie des conférences sera consacrée à l’étude du spiritisme; l’autre partie à l’étude de la maçon nerie. Questions. — Un des frères a vu en rêve, pour la première fois, sa petite fille morte depuis plusieurs' mois. Papus dit que l’enfant vient de se réveiller et que sa première pensée a été pour son père.
Après la mort, les enfants restent plus ou moins longtemps dans le sommeil et ne se réveillent que pour prendre une nouvelle réincarnation. Il dépeint l’enfant (tache
société d’études philosophiques de tours 33 blanche sur la joue droite, âgée de 4 à 5 ans, forte, etc.). Un assistant demande comment il peut voir tous ces détails : « J’ai des amis qui me renseignent », ré pond Papus. Un autre assistant, ouvrier illettré, mé dium dessinateur, présente un cahier de dessins qu’il a faits sous l’influence d'un esprit. Ces dessins auto matiques représentent des figures de saints et de saintes, des descentes de croix, des Jeanne d’Arc, etc. Plusieurs lignes d’écriture très fine accompagnent toujours ces dessins. Le Secrétaire-Trésorier, Beneyton. (A suivre.) r
Tu es Petrus..o La première fois que Jésus aperçut Celui que r l’Evangile nomme le premier en énumérant les douze, il lui dit : «Tu es Simon, fils de Jean; tu seras ap pelé Céphas, c'est-à-dire Pierre. »(Jean, I. 42.) Il lui donne donc un nom nouveau. Mais pourquoi ce nom nouveau, ce surnom ? Quelle en est la valeur et la portée ? En venant fonder ici le Royaume de Dieu, qu'il ap pela aussi son Eglise, Jésus ne chercha pas à faire des recrues chez les puissants du jour. Venu pour détruire le règne tyrannique et oppresseur des bas instincts, de l’orgueil et de la domination brutale, incarnés et per sonnifiés dans César et dans ses suppôts, il ne pou vait pas demander à ceux-ci de concourir à son œuvre libératrice. Ce fut chez les opprimés et non chez les oppresseurs, chez les misérables et non chez les heureux, chez les faibles et les tout petits qu’il alla trouver des auxiliaires pour détrôner l’orgueil et le vice couronnés.
Les riches et les puissants n’étaient pas aptes à entrer dans le Royaume et Jésus leur disait : « Il est plus difficile à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu qu’à un chameau de passer par le trou d’une aiTU ES PETRUS 35 guille. » Et il répéta cette sentence et la reproduisit souvent et sous bien des formes en divers endroits de l’Évangile. Elle fut encore réitérée par les apôtres dans les livres canoniques du Nouveau Testament.
Le passage le plus troublant à cet égard est sans contre dit l’épitre de Saint-Jacques : « Malheur aux riches. » A part une ou deux exceptions, comme Lazare par exemple, qui considéraient les richesses dont ils étaient sitaires comme une charge et non comme un avantage, Jésus semble avoir évité autant que pos sible de fréquenter dans l’intimité les pharisiens et les riches orgueilleux et il ne craint pas d'infliger des remontrances sévères à tous ceux dont le cœur, en durci par les faveurs de la fortune, est devenu insen sible aux maux du genre humain qu’il veut guérir.
Ce qui n’empêche pas à bon nombre de ceux qui ont prétendu et prétendent encore avoir le droit de le re présenter à l'exclusion de tous autres, de s'autoriser de son amitié bien connue avec Lazare le riche, pour excuser leurs faiblesses et leurs ménagements envers les puissances d'argent.
En quoi ils com prennent mal l’exemple qui leur a été donné et s’exposent à laisser porter contre eux des jugements sévères et nuisibles à la cause qu’ils représentent. Quant au pauvre Simon, pêcheur de son état, il n’avait rien qui put le faire remarquer, ni faire dési rer sa société par les gens sélects de son époque et il n’éprouvait vraisemblablement nul besoin de flatter ceux là pour leur plaire et obtenir leurs faveurs.
C'était un inconnu, profondément ignoré de tout le monde d’alors, s’appliquant de son mieux aux tra36 l’initiation vaux de son métier, pour vivre et faire vivre sa famille. C était un humble parmi les humbles et ce fut pourquoi Jésus ne manqua pas de le distinguer et de le reconnaître pour un des siens.
Donc, la pre mière fois qu’il le vit, pour bien marquer la préfé rence qu’il lui accordait sur tant d’autres et la raison de cette préférence, il lui dit : « Tu t’appelleras Pierre. » Pierre ! Quelle profonde et symbolique expression ! Y a-t-il en ce monde terrestre quelque chose de plus bas, de plus méprisé que la pauvre pierre qui roule dans le chemin, que chacun repousse du bout de son pied ou bien foule et écrase sous ses talons ?
C'est le dernier état de la matière; c’est le degré le plus avili, le plus abaissé de l’être : le point où il est le plus complète ment enfoui, dans l’inertie, dans la mort et dans le néant !
Et c’est le nom de ‘cet être misérable et profondé ment anéanti que Jésus donne à celui qui devait être le premier de ses apôtres et auquel il devait plus tard, après une demande bien humaine, faire cette réponse si peu comprise des chrétiens : « Dans le royaume des Cieux, les derniers seront les premiers. » Mais cette pierre à qui nul ne prend garde, le rocher si dédaigné de tous, ne joue-t-il pas, tout vil et tout méprisable qu’il paraisse, le rôle principal dans les monuments que les hommes bâtissent et dont ils font des palais ou des chaumières ?
N’est-elle pas, cette pierre, la force de résistance des grands édifices, comme des humbles demeures ? N'est-ce pas elle qui en supporte tout le poids depuis la base jusTU ES PETRUS 37 qu'au faîte et qui en assure la solidité et la durée ?
Et le sol que nous foulons aux pieds, l'écorce de notre globe terrestre, n’est-ce pas elle qui en constitue les assises ? Pouvait-il, notre Christ, choisir un plus merveil leux et plus expressif emblème de cette vertu sublime qui devait être le fondement inébranlable du grand œuvre qu’il était venu restaurer en ce monde?
Ce temple, cette église, cette société d'élus, le Royaume de Dieu, pouvait-il les asseoir sur une base plus sûre et plus durable que cette vertu vraiment surhumaine appelée l’Humilité, la plus méconnue et la plus dé’ daignée de toutes les vertus, si bien signifiée par la pauvre pierre que le passant dédaigneux heurte et foule aux pieds sans même la voir ?
N’est-elle pas, cette divine vertu, la pierre symbo lique et réelle, la véritable assise, la grande force de résistance de l’Eglise universelle des élus, contre la quelle les puissances infernales de l’orgueil, de l’en vie, de l’avarice, de la luxure, de la gourmandise, de la colère et de la paresse viendront se briser et ne pourront jamais prévaloir ?
Pouvait-il, Notre Sau veur, faire appel aux orgueilleux et aux vaniteux pour détruire la vanité et l’orgueil ? Aux riches pour détruire le luxe et la luxure, la gourmandise, la pa resse et tous les autres vices ? Non ! non !
Pour cela, il lui fallait des hommes nouveaux, simples et droits, dont l’esprit dégagé de toute corruption mondaine, libéré de toutes les va nités en honneur chez les dirigeants, fut prêta recueil lir et à garder son extraordinaire enseignement, tout
38 l’initiation fait d’abnégation, de dévouement et d’amour.
« On ne met pas le vin nouveau dans de vieilles outres, disait-il, parce qu’il les ferait éclater, » Et ailleurs en montrant de tout petits enfants : « Si vous ne deve nez pas comme l’un de ces plus petits, vous ne pour rez pas posséder le Royaume des Cieux. » C’était les humbles et les petits en effet et ce n'était que ceux-là, dont Simon était le Type, qu'il pouvait introduire dans le Royaume de la Vérité totale, parce que rien ne les retenait enchaînés aux mensonges d'ici-bas.
« Je vous rends gloire, disait-il en parlant d’eux, ô mon Père, Seigneur du Ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents et de ce que vous les avez révélées aux simples et aux petits. » Et un jour que Simon, dans la simplicité et la can deur de sa foi ardente, ayant reçu en son àme le rayon illuminateur d’en haut, avait dit à son Maître : « Tu es le Christ et le Fils du Dieu Vivant », Jésus s’écria : « Tu es heureux, Simon, fils de Jean, car ce n'est pas la chair (vaniteuse), ni le sang (orgueilleux) qui te Font révélé, mais mon Père qui est dans le Ciel.
Et moi je te dis que tu es Pierre, et que sur cette r Pierre, je bâtirai mon Eglise. » « Ce n’est pas la chair ni le sang qui t’ont révélé ces choses. » Quelles significatives paroles si on les rapproche de ces autres : « Il est écrit dans les pro phètes: Ils seront tous enseignés de Dieu.
Tous ceux donc qui ont ouï le Père et ont été enseignés de Lui, viennent à moi. » (Jean, VI, 45.) Combien elles sont propres à rendre modestes et tolérants tous ceux qui
TU ES PETRUS 3g sont chargés d’enseigner ! Combien de nature à leur apprendre la patience, quand leur enseignement tout extérieur ne paraît pas produire immédiatement l'effet qu’ils en attendent ! Et comme cela devrait nous guérir tous de la fureur que nous avons de dé créter des dogmes et de condamner sans pitié ceux qui ne pensent pas comme nous !
Simon avait beau voir Jésus de ses yeux, il avait beau l’entendre de ses oreilles de chair, il avait beau constater ses miracles journaliers, ce n’était ni ses yeux, ni ses oreilles ni le sang ni la chair qui avaient pu lui apprendre l’étonnante vérité qu'il venait de pro clamer, mais le Père qui est dans les Cieux. Cela ne veut pas dire que l’action de ceux qui en seignent, action toute extérieure, soit nulle et qu’il faille s’abstenir.
Bien loin de là, puisque Jésus luimême enseignait extérieurement et qu’il a dit aux siens : « Allez et enseignez. » Mais cela laisse claire ment entendre que le Père seul peut donner de la valeur à cette action, l’évertuer; que seul il peut faire germer et fructifier la semence comme il lui plait, où il lui plait et quand il lui plait. Le semeur sème, mais c’est le soleil qui fait germer, lorsque la semence tombe dans un terrain bien préparé.
Quant à nous., quand nous avons accompli en conscience tout ce qui nous est commandé nous n’avons plus qu’à nous dire « que nous sommes des serviteurs inutiles. » Il ne nous sert donc de rien de nous mettre en co lère, ni de fulminer des anathèmes et des excommu nications contre ceux qui entendant la parole exté rieure ne la comprennent point ou la comprennent à
l’initiation 40 rebours et à contre sens. Ce n'est pas aux docteurs terrestres qu’il appartient de rectifier ni de développer l’entendement des enseignés, c'est au Père Céleste à les enseigner et à les « mener au Fils ». Car lui seul connaît les esprits et les cœurs prêts à recevoir la Vé rité et lui seul sait à qui il doit communiquer cette Vérité « sans bruit de paroles ».
Les enseignants de la parole extérieure n’auront donc jamais assezd'amour, de tolérance etdepatience envers les enseignés, même et surtout si ceux-ci se montrent réfractaires et rebelles. La Vérité ne se laisse pas imposer par la contrainte, ni parla force, mais par la persuasion. Elle veut se donner elle-même et elle brille où elle veut. Le Verbe de Dieu n’est pas enchaîné et ne dépend pas de l’homme.
Dans cette autre parole du Christ : « Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise », les igno rants, les incrédules et les sots, croient faire tout bonnement un mauvais calembour et ils affirment que c’est sur le calembour que repose tout l’édifice de l’Église universelle.
Il est vrai que leurs adversaires, les partisans de la foi aveugle, ont peut-être aussi tiré des mêmes paroles, des conséquences excessives quant à l’application qui en a été faite dans le cours des siècles, ce qui a provoqué la remarque désobli geante et malséante des premiers.
Mais si les uns, à cause de leur ignorance et de leur incrédulité, n’ont pu voir là qu’une misérable plaisanterie, les autres ne paraissent pas en avoir compris un des sens les plus intéressants et les plus instructifs pour l’huma nité et qui semblerait être ceux-ci : Il faut que
TU ES PETRUS 41 l’homme en arrive à reconnaître toute la bassesse et tout le néant de son état actuel; il est indispensable que cet homme déchu sente vivement tout le poids et toute la profonde misère de sa déchéance; qu’il éprouve sûrement et efficacement le sentimént qu’il n'est pas plus par lui-même que la pauvre pierre du chemin de laquelle le Père peut faire sortir des enfants d’Abraham ; il est d’une urgence extrême, d’une nécessité inéluctable qu’il éprouve, qu’il voie et qu’il sente tout cela, qu'il se fasse humble, petit, le dernier de tous, pour que son Dieu daigne dire à son âme anéantie : toi aussi tu es la petite pierre avec laquelle r je bâtirai mon Eglise.
Oui, s’est sur l’humilité profonde que le Christ a voulu bâtir, lui qui disait : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. Il a bâti son Église sur l’humilité delà Vierge, sa mère, sur l’humilité de Joseph, le pauvre charpentier, sur l’humilité de Simon, de Jean, et de tous les autres chrétiens passés et à venir qui parviendront ou sont parvenus à leur ressembler et à lui ressembler.
C’est là le roc inébran lable qui défie tout l’Enfer.
Quant à l’organisation vénérable et séculaire, mipolitique, et mi-religieuse, plus ou moins imprégnée de l’Esprit de Domination Césarienne, selon les hommes et selon les temps, qui a succédé à l'Empire Romain d’Occident et que des hommes sincères et de bonne foi, mais ignorants et mal inspirés, ont subs tituée dans l’esprit des peuples à ce roc inattaquable, à cette pierre angulaire de l’humilité, il n’est pas impos sible, avec de l’attention, de voir que cette institution
L INITIATION 4a nécessaire peut-être en son temps, n’est qu'une œuvre purement humaine et temporelle, donc indéfiniment modifiable et perfectible jusqu'à la fin des temps. Ce ne peut être là cette vraie barque de Pierre sur laquelle l’humanité doit traverser les siècles. C’est tout au plus un radeau improvisé en attendant que soit construite la vraie barque qui doit conduire jus qu’au port la société humaine.
II fut, en effet, très hâtivement construit ce radeau, sous la pression des événements, par des ouvriers fort mélangés, dont beaucoup étaient impropres au travail entrepris, après des succès rapides, inespérés, trop faciles et par cela même suspects; après les conversions en masse pro voquées plutôt par la politique et le désir de plaire aux puissances du jour, par besoin de suivre le mou vement que par conviction sincère et profonde.
Par suite, ce ne pouvait être qu’une grossière ébauche de l’œuvre sociale dont le Christ avait révélé, posé les principes, tracé les grandes lignes, jeté les fondements, œuvre lente et laborieuse, s’il en fut, se refusant aux improvisations hâtives ; œuvre de patience divine, combinée avec les efforts, les souf frances et les sacrifices de tous les hommes.
Toutefois, ce radeau ainsi improvisé, il ne saurait être question de l’anéantir : mais il s’agit de l’utiliser, de le transformer, en employant tous ses matériaux grossiers, mal agencés, mal liés, pour en faire, après avoir été polis et travaillés selon les règles du grand art, la vraie barque de l’humble et pauvre pêcheur Simon, sur laquelle le Seigneur pourra dormir pen dant la traversée, mais qui ne pourra sombrer, parce
TU ES PETRUS 45 que le Seigneur sera toujours là, prêt à répondre au moindre signe de détresse, au moindre cri d’alarme Qu’on veuille bien lire, avec toute l’attention requise, les œuvres si remarquables, si profondes et encore si peu connues de M. de Saint-Yves d'Alveydre ; qu’on fasse cette lecture sans parti pris, sans préjugé, en toute indépendance d’esprit et de cœur, en toute bonne foi et on verra clairement, lumineuse ment expliqués, les motifs pour lesquels jusqu'à nos jours, les Sociétés Chrétiennes n’ont pas pu se con stituer selon les vrais principes sociaux inclus dans les livres de Moïse et divinement interprétés dans les Évangiles et les autres livres du Nouveau Testament.
On verra que si le Royaume du Ciel est semblable à un grain de sénevé qui, mis enterre, se développe lentement et sans bruit pour produire un grand arbre, l’arbre planté par Constantin et ses successeurs, sur lequel s’est greffée l'administration non pas ecclésias tique mais cléricale, a poussé avec une rapidité peu ordinaire, a produit presque subitement et avec un éclat bruyant tout son développement, et que depuis longtemps déjà il ne fait plus que se dessécher et dé périr après avoir ébloui le monde de sa grandeur éphémère.
On verra que si l'arbre se reconnaît à ses fruits, celui qui a été planté à la conversion de Constantin a produit jusqu’ici plutôt des fruits de division que des fruits d’union; des fruits de guerre et de discorde plutôt que des fruits de paix et de concorde. Cela suf fira pour le faire connaître et pour faire comprendre sa décadence. Car cette décadence est un fait notoire.
l’initiation 44 contre lequel toutes les protestations et toutes les explications plus ou moins ingénieusement déduites, ne peuvent rien. Quant à l’œuvre colossal du Christ, il n’est pas atteint le moins du monde. Devant durer éternelle ment, il ne peut être fondé que sur la charité, sur l'humilité et sur la bonne volonté libre de tous ses fidèles, pour progresser lentement, mais sûrement.
Jésus avait dit que dans son Royaume, les derniers de tous, les plus humbles et les plus modestes seraient les premiers et il en avait donné la preuve en ne crai gnant pas, lui, le Maître de tous, de rendre aux siens les soins les plus vulgaires. A qui échappe-t-il que cet ordre hiérarchique ait été souvent interverti ?
Ne l’eût-il été qu’une fois, cela suffirait pour mettre en garde contre l’institution et lesystèmeque les hommes ont instaurés après lui dans le monde. La société du Christ est bien une hiérarchie; mais elle ne peut jamais être une hiérarchie politique into» lérante et dominatrice.
Les modernes pharisiens amis du cérémonial pompeux en honneur à la cour de César, ne peuvent comprendre ni goûter la hiérar chie qu'autant qu’elle est couronnée par un pouvoir absolu et sans contrôle, par suite arbitraire, rehaussé par le luxe extérieur et l’apparat orgueilleux des cours□ Pour eux le jour où la pompe et le cérémonial en usage chez les princes de ce monde disparaîtra, l’Eglise du Christ aura disparu, et après avoir long temps gémi sur la perte du pouvoir temporel, ils sont à la veille peut-être de pleurer sur la déchéance défi nitive de cette église. Mais que les vrais chrétiens se
TU ES PETRUS 45 rassurent.
Le jour où les pharisiens seront vraiment en deuil et pousseront des lamentations sur la perte de la religion et de l’Église, l’Eglise de Dieu aura repris dans le monde la place qui lui est due, et elle pourra alors faire accepter par les esprits et par les coeurs l’autorité toute divine de son fondateur, auto rité qui sera d’autant plus efficace qu’elle s’éloignera davantage des façons vaines et orgueilleuses du césa risme.
Et qu’on ne se trompe pas ici sur le sens de ce qui vient d’être dit. Il ne s’agit nullement de diminuer ou d’amoindrir les cérémonies si belles et si tou chantes, si expressives du culte extérieur. Les céré monies ont leur raison d’être, mais elles ne sont pas tout et il n’y a nul rapport entres elles et le cérémo nial politico-administratif qui plait si fort aux phari siens et à beaucoup peut-être de princes des prêtres.
Ceux-ci établissent facilement une confusion voulue entre les cérémonies du culte et le cérémonial des cours. D’après eux, il n’est permis de toucher ni aux unes ni à l’autre, parce que le tout est d’institution divine. Et ils croient se le prouver par des textes.
Cette précaution leur permet, quand on censure le luxe et le cérémonial d’une certaine cour, de dire qu’on veut détruire le culte et la religion et qu’on per sécute l’Église : ce qui ne manque pas défaire impres sion sur les simples. Pour en revenir à Simon Pierre, il n’a certes jamais r songé, lui, à introduire dans l’Eglise d’autre hiérar chie que celle basée sur l’humilité, la patience et la douceur.
l’initiation 46 Après des fautes réitérées, du temps que son Maî tre était encore sur la terre, et pour lesquelles il fut par lui maintes fois réprimandé et traité même de Satan, il paraît s’être, depuis la mort et la Résurrec tion de Jésus, laissé ceindre et conduire comme un enfant.
Nulle trace, nul indice dans toutes les écri tures qu’il ait jamais cherché à s’imposer lui-même, ni à imposer à qui que ce soit ses idées, ni qu’il ait jamais mis en avant son infaillibilité personnelle. Sa rencontre avec Corneille, rapportée au chapitre X des Actes, témoigne surabondamment du contraire : « Lorsque Pierre fut entré, Corneille vint au-devant de lui et, se jetant à ses pieds, il l’adora. Mais Pierre le releva disant : Levez-vous.
Je ne suis qu’un homme comme vous. » (Actes X. 25-20). Et un peu plus loin, il dit encore : « En vérité, je vois bien que Dieu n'a point d’égard aux diverses conditions des per sonnes. » (Ibid. 34.) Il n'a jamais tenu rigueur à Paul qui n’a pas tou jours été soumis à son autorité et lui a résisté en face.
F Loin de le rejeter hors de l’Eglise, il a montré envers lui une charité admirable et touchante, car il a rendu publiquement hommage à ses écrits, qu’il déclara inspirés par la sagesse et pas toujours faciles à en tendre. La leçon est bonne pour nous tous, et il serait infi niment désirable que nous puissions en profiter pour rétablir parmi nous la paix, la concorde et l’unité.
Cette unité, tout le monde l’appelle, tout le monde la désire, mais chacun met pour condition qu’elle triomphe au profit de son propre système, de ses
TU ES PETRUS 47 propres idées à l’exclusion de tous autres : et cela en tout bien et tout honneur. Car en tout bien et tout honneur, chacun de très bonne foi se croit en possession exclusive de la Vérité totale. Comme si l’infini, la Vérité infinie pouvait être possédée exclusivement par les pauvres esprits ou quelques-uns des pauvres esprits, bornés et finis que nous sommes en ce monde de la déchéance !
Comme si la voyant, cette Vérité, sous un angle spé cial, quelqu'un pouvait dire aux autres: Elle estfaite de telle manière et elle ne peut pas être autrement 1 Comme si quelqu’un ne percevant qu’une seule des * sept couleurs de la lumière solaire, pouvait dire que les autres couleurs n’existent pas et condamner au bagne perpétuel ceux qui diraient le contraire.
Tous tant que nous sommes, individus, familles, Églises, sectes, sociétés, nous faisons l’ascension d'une très haute montagne : la Vérité. Mais sur la route montante nous sommes tous placés à des degrés divers, les uns plus haut, les autres plus bas, d'autres au milieu. Au fur et à mesure que nous montons, nos yeux découvrent des aspects et des horizons nou veaux.
Est-il raisonnable que ceux d'en haut repoussent ceux d’en bas parce que ceux-ci ne voient pas comme eux? Est-il raisonnable que ceux d’en bas traitent ceux d’en haut de menteurs et de charlatans parce qu’ils ne peuvent voir les mêmes choses qu'eux ? Estil raisonnable que ceux du milieu se séparent de ceux d’en haut et de ceux d’en bas pour les mêmes causes et que tous se querellent et se disputent, les uns parce
l’initiation 48 qu’ils veulent aller trop vite et les autres parce qu’ils ne veulent plus avancer ou marcher trop lentement? Et personne ne se doute combien tout cela est opposé à cette unité si désirée et si souvent invoquée ; à cet état bien heureux où ceux d'en haut tendront une main fraternelle et secourable à ceux d’en bas et où ceux d’en bas saisiront avec bonheur les secours qui leur seront offerts !
Personne ne songe que l’unité ne peut se réaliser que sous une même Foi en un seul Dieu Rédempteur de tous ; dans une même et invincible Espérance de cette Rédemption et dans la Charité qui est l’accom plissement et la réalisation de la Foi et de /Espé rance.
Mais c’est aux chefs, à ceux qui dirigent, à ceux qui voient de haut (Episcopoi) qu’il appartient non pas d’exciter l’ardeur des passions, mais de donner l’exemple de la tolérance envers les opinions et les idées d’autrui même fausses. On tolère les erreurs et l’ignorance des enfants que l’on redresse en les ins truisant et en les détrompant progressivement.
La méthode est bonne pour tous les éducateurs, car il y a des enfants même parmi les grandes personnes. Certes il y aura toujours des discussions et des diver gences d’opinion parmi les hommes ici-bas. Il n’est pas possible qu’il en soit autrement, pour la raison donnée plus haut que tous ne sont pas placés au même degré d’ascension sur la montagne du vrai, et que par conséquent ils n’ont pas tous le même point de vue. Mais c’est à ceux qui voient d’en haut (Epis copoi) qu’il revient, non pas d’exciter ni d’irriter,
TU ES PETRUS 49 sous prétexte que la Vérité ne saurait pactiser avec l’erreur (ce qui est évident), mais de calmer, de prê cher l’apaisement et comme fit le Maître « Pierre », de recommander de remettre l’épée dans le fourreau. C’est à eux de calmer les impatiences, Jes irritations, les ardeurs inquiètes, en apprenant à tous que chaque chose vient à son heure et que tout vient à point à qui sait demander et attendre. Telle doit être la marque du véritable Amour qui fera cesser peu à peu les divisions entre les individus, comme entre les Églises du Christ, qui, hélas ! ont trop bien imité les soldats de la Passion partageant sa robe sans couture et la tirant au sort ! X. 4
0 quanta sunt quae nescimus Î (A M. Papus, amicalement.) RÉCIT HERMÉTIQUE. Tu désires, mon cher, écrivit quelqu'un à son ami, que je te fasse le récit de la vie et de la mort de mon bienfaiteur Benjamin Jesse et que je te parle de l’héri tage qu’il a laissé et de ses héritiers ? J’accède bien volontiers à ton désir. Mon bienfaiteur était d’origine juive, mais chrétien de religion, car il reconnaissait Jésus-Christ comme le Sauveur et Le confessait en secret et publiquement. C’était un homme plein d’une foi ardente, distri buant secrètement beaucoup d’aumônes, aimant la vertu plus que toute autre chose au monde. Il était resté célibataire. En ce qui me concerne, je dois te dire qu’il me retira de la maison des orphelins alors que j’avais environ dix ans, car je suis un enfant abandonné. Il m’enseigna d’abord la langue latine et en même temps, par nos conversations, j’appris l’hébreu. Il m’employait suivant mes forces à ses beaux travaux
O QUANTA SUNT QUAE NESCIMUS ! 5 F de laboratoire, car il connaissait très bien la méde cine et guérissait des maladies réputées incurables. Lorsque j’eus atteint l’âge de 25 ans, il m’appela un jour dans la salle à manger et me fit prêter ser ment de ne pas me marier sans lui demander aupa ravant conseil ; je lui fis cette promesse et la tins.
J’avais 29 ans accomplis, lorsque un matin, de très bonne heure, il m’appela près de lui, dans la salle à manger et d’une voie amicale, il médit : «Mon fils, le baume de ma vie touche à sa fin (il avait alors 88 ans environ), ma vie s’éteindra bientôt et la mort viendra.
Mon testament est prêt, il est fait au nom de mes parents et au tien et se trouve sur la table de mon oratoire, où ni toi ni nulle autre per sonne vivante n’est jamais entrée et à la porte duquel tu ne pus jamais frapper pendant que je priais. » Me conduisant alors à la porte à double battant deson oratoire, il en cacheta l'interstice avec certain mastic d’aspect cristallin, qu’il pétrissait dans ses doigts comme il le voulait.
Prenant alors son cachet gravé sur or, il l’appliqua sur cette matière qui se solidifia aussitôt, de sorte que le moindre attouchement à la porte aurait brisé le cachet.
Il mit alors les clés de la porte de son oratoire dans une boite, qu’il scella de la même manière avec le cachet de sa bague, et qu’il me remit ensuite en me disant de ne la confier à nulle autre personne qu’à ses deux parents : Abraham Jesse et Salomon Tchelsqui se trouvaient en Suisse et dont le dernier étail marié.
52 l’initiation Revenant avec moi dans la salle à manger, il laissa tomber son cachet dans un vase rempli de cette même matière cristalline, matière dans laquelle le cachet se fondit en quelques instants comme de la glace dans de l’eau chaude et se déposa au fond sous la forme d'une poudre blanche alors que l’eau, c’est-àdire cette matière cristalline, prenait une légère teinte rosée.
Enfin, toujours avec cette matière cristalline, il scella l’ouverture du vase qu’il me confia en me priant de la remettre à M. Jesse. Quand il eut terminé ces apprêts, il se mit à genoux et lut en hébreu quelques psaumes du roi David, puis il se rendit à son fauteuil dans lequel il avait l’habi tude de sommeiller quelques instants après dîner, il s’assit et me pria de lui servir du vin de Malvoisie dont il prenait chaque jour quelques gouttes.
Après avoir bu, il m’attira près de lui et posant sa tête sur mon épaule, il s’endormit d’un sommeil calme et tranquille ; il dormait ainsi depuis une demiheure environ, lorsqu’il poussa un grand soupir et à mon grand effroi rendit ainsi son âme à Dieu.
Selon la promesse que j’avais faite à mon bienfai teur, j’écrivis à ses parents en Suisse pour les aviser de sa mort; mais le jour suivant je reçus une lettre de M. Jesse me priant de lui faire savoir si mon bien faiteur vivait encore ou s’il était mort, comme s’il eût su que quelque chose s’était passé chez nous. Je lus cette lettre avec beaucoup d’étonnement, j’en mon trerai la cause plus tard : certain instrument fort artistement combiné.
O QUANTA SUNT QUAE NESCIMUS ! 53Quand les parents furent arrivés, je leur racontai exactement tout cela, et M. Jesse, après m’avoir écouté, se mit à sourire, tandis que son compagnon manifestait la stupéfaction la plus profonde.
Après mon récit, je voulus immédiatement leur remettre le vase en verre renfermant la matière cris talline, mais ils ne voulurent pas l’accepter, désirant pour l’instant se reposer d’abord des fatigues de leur long voyage.
Le lendemain, de bon matin, lorsque nous étions encore seuls, toutes les-portes de la maison étant encore fermées, M. Jesse se fit remettre le vase ren fermant l’eau cristalline et le brisa au-dessus d’un plat en porcelaine, afin d’en recueillir le contenu.
Ceci fait, il prit quelque peu decette eau, en humecta le cachet apposé sur la caissette et le dissout, M. Jesse retira les clés de la boîte, se dirigea vers la porte de ¡'oratoire dont il fit fondre le cachet de la même façon et qu’il ouvrit ensuite. Nous entrâmes et il referma à clé la porte après lui, puis il s’agenouilla et nous suivîmes son exemple.
Notre prière terminée, nous nous dirigeâmes de cette chambre vers une autre et, après en avoir encore fermé derrière nous la porte à clé, nous vîmes des choses merveilleuses.
Au milieu de cette chambre se trouvait une table ronde en bois d’ébène décorée d’ornements en or; au centre de cette table se trouvait une machine d’un travail merveilleux, le pied en était tout rond et d’or pur, le milieu était creux et de pur clair cristal et ren fermait le feu inextinguible qui émettait des rayons éblouissants; la partie supérieure en forme de tasse
l’initiation 54 était également d’or pur. Au-dessus de cette tasse, suspendu à une chaînette d’or, était un œuf de cristal par le moyen duquel le feu inextinguible était retenu dans sa prison. A droite de cette machine se trouvait une petite cuillère en or placée à côté d'une boîte également en or et remplie de poudre de couleur rouge.
A gauche se voyait un pupitre tout en or sur lequel était posé un livre formé seulement de 12 feuilles d’or mais d’un or flexible comme une feuille de pa pier. Le centre et les coins de ce livre étaient garnis de figures et de lettres et le bas des pages de prières. Au-dessous du pupitre nous trouvâmes le testa ment de notre bienfaiteur.
Quand nous arrivâmes près de cette table, mon compagnon s’agenouilla sur un petit tabouret placé près de la table et lut quelques prières dans un livre d’or, après quoi prenant avec la cuillère une pincée de poudre rouge il la versa dans la machine placée à côté de lui; aussitôt il s’en dégagea une fumée d’une senteur très agréable qui littéralement nous vivifia et, ce qui est plus étrange, cette vapeur, en s’élevant, excita le feu caché dans l’œuf en cristal suspendu au-dessus de la tasse et il en dégagea une clarté éblouis sante comme des éclairs.
Quand tout fut terminé. M. Jesse lut le testament : mon bienfaiteur lui léguait tous ses livres et ses instru ments et partageait le reste par moitié entre ses deux héritiers; pour ma part il m’échut 6.000 ducats d’or. Les deux héritiers commencèrent à ranger les livres et les instruments dont j’ai parlé.
55 0 QUANTA SUNT QUAE NESC1MUS ! A droite de cette chambre je remarquai une boîte en ébène doublée entièrement à l'intérieur defeuilles d’or et dans laquelle se trouvaient douze instruments en or pur d’un très beau travail, garnis tout autour de lettres et de signes gravés.
Plus loin nous trouvâmes une autre caisse, mais plusgrandedans laquellenoustrouvâmes. douzeglaces non pas de verre, mais d’une matière inconnue claire et pure, au centre desquelles étaient dessinés des figures étranges et des lettres, les cadres étaient aussi d’or pur.
Nous passâmes ensuite dans une autre chambre plus grande que la présente, dans laquelle se trouvait une grande glace qui, d’après M. Jesse, était le miroir de Salomon, la plus grande merveille du monde parce qu’il pouvait y représenter réunies toutes les choses du monde. Je vis ensuite une armoire en bois d’ébène dans laquelle se trouvait un globe composé d’une matière inconnue.
M. Jesse m’expliqua que ce globe renfer mait le feu ou l’âme de la terre, c’est pourquoi il était doué du mouvement perpétuel, il tournait de luimême comme le fait notre globe. Au-dessus de cette armoire était suspendu une armoire plus petite, semblable à une pendule, avec des aiguilles et un cadran garni de lettres tout autour.
M. Jesse me dit que chez lui, en Suisse, il possé dait une machine semblable, par le moyen de laquelle le défunt l’avait averti de sa mort prochaine. Nous trouvâmes enfin les livres renfermant le secret de la sagesse, mais M. Jesse ne les ouvrit pas.
56 l’initiation Auprès de ces livres se trouvait une boîte en or rem plie d’unepoudre rouged'untrès grand poids. M. Jessc plein de joie, souleva cette boîte mais la reposa aussi tôt. A côté de l’oratoire se trouvait un petit cabinet dans lequel nous trouvâmes quatre malles de grandeur moyenne remplies de lingots d’or. De cet or, les héri tiers me remirent ce qui me revenait tablant sur le poids de douze ducats.
Du reste des lingots, M. Jesse ne voulut pas prendre la part qui lui revenait, disant que ce qui lui avait été légué, était de beaucoup plus précieux et que d’ailleurs, il n’en avait nul besoin connaissant égale ment l’art que pratiquait mon bienfaiteur, c’est pour quoi il me confia ‘le soin de distribuer sa part aux pauvres fiancées qui n’avaient rien pour se mettre en ménage.
Moi-même, sur les conseils de mes hôtes, je me mariai avec une pauvre jeune fille juive qui s était convertie au christianisme aussitôt qu’elle eut reçu sa part de l’or qui était distribué, laquelle, grâce à Dieu, vit encore à l’heure actuelle. M. Josse emballa soigneusement ce qui lui était revenu de son héritage, mais au lieu de se rendre ehez lui, comme le faisait son parent, il prit la route des Indes où il vit encore à l’heure actuelle.
L’année dernière il m’écrivit pour me proposer d’adopter pour fils et de prendre chez lui, son aîné, ce à quoi je consentis. Au moment où je me trouvais dans l’oratoire je fus témoin de véritables miracles produit par cette maO QUANTA SUNT QUAE NESCIMUS ! 5 7 chine des sages dont j’ai parlé plus haut, mais ces miracles, je ne peux ni ne dois en parler et ce que je t’écris, je ne le fais que parce que tu es mon meilleur et plus sincère ami. Je ne puis que te dire adieu. L’original a été écrit en hollandais le 3o-i-I73i. Jean Siprel.
L’Archéomètre de Saint-Yves d’Alveydre (BREVETÉ ET DÉPOSÉ) AUTOLOGIE DES TRIANGLES i° Triangle du Verbe, de Jésus. Trigone de la TERRE du Principe et de l’Immanation en Lui. Il a son sommet au Solstice d’Hiver, NOËL, point de départ de l’année astronomique. Signification des lettres. Ce bouquet d’Étymologies a été cueilli par moi dans les dictionnaires usuels.
Selon les sujets à étu dier sur l’Archéomètre, les étymologies devront être classées sous les chefs suivants : i° Théogonie Di vine et Angélique; 2° Cosmogonie; 3° Androgonie ; 4° Faits et Sciences cosmiques, physiques et natu rels. L’Herméneutique et les Mystères sont réservés. Y, I, J — io
LARCHÉOMÈTRE DE SAINT-YVES D ALVEYDRE 5g Cette lettre est la première de la Terre des vivants, Elle commande le Trigonc solsticial nord, celui du Verbe et de l’Immanation des Vivants en lui. CZ est la Royale du système archéométrique des Anciens patriarches et de leurs alphabets solaires etsolaro-lunaires. Elle appelle le Verbe : IA, JE.
Elle correspond à la Sagesse de Dieu, à la Reine du Ciel des Anciens Patriarches et des Litanies de Marie Assomptionnée. C'est la première lettre des Noms du Père et du Fils. Ils sont consubstantiels en elle. Sa note est SOL fondamental, sur lequel nous avons constitué toute la sonométrie et tout le système musical del’Archéomètre.
Son nombre est io, sa couleur est le Bleu, son signe zodiacal, la Vierge; sa planète, Mercure; son Archange, Raphaël Trismégiste, nommé aussi Hamaliel par les Chaldéens. Dans l’Année liturgique, elle correspond à l’époque de l’Assomption du 15 au 2i août. Les lettres zodiacales une à une. Y, I, J — io YA. — La puissance divine se manifes tant. Hébreu. Dieu entrant en acte par son Verbe. Id. L’Affirmation Divine. Id. La Puissance Lïnitive.
Sanscrit. La Puissance Donatrice. Id. L’Émissive de l’Aller et du Retour. Id. La Puissance de la Méditation sa crée. Id.
6o l’initiation La Puissance Féminine. L’organe sexuel Féminin id, YAJ- — Le saint Sacrifice. Id. Celui qui se donne au Sacrifice. Id. I. — L’Élan de la Prière et de l’Adoration. Id. L’action de commencer, d’aller et de revenir. Id. î. — L’action de Prier et d’Adorer. Id. Sacorrespondanceavec l’étrequ’on prie et qu’on adore. IJYa. — Le Maître spirituel. Id. Sa Correspondance. LaConscience. Id. P.
Ph — 80 Cette lettre surmonte l'Angle du Solstice Nord de la Terre des Vivants Immortels. Sa Forme de trian gle équilatéral indique qu’elle commande le Trigone du Verbe. Elle correspond à la Puissance de Dieu en acte par son Verbe.
Son nombre est 80, sa couleur est le Jaune pur, son Archange est Hamael,son signe zodiacal est le Capricorne, Porte de Dieu dans la cité céleste, sa planète est Saturne nocturne, sa note mu sicale est Si naturel quand on divise la corde de Sol en 100, SIb quand on divise cette corde en 96, nom bre total des lettres zodiacales du premier trigone, le SIb se rapporte à l’amour divin.
Dans l’année liturgi que cette lettre correspond à Noël, à notre 24 décem bre, c’est-à-dire au point où le soleil renouvelle l’an née en remontant sur l’écliptique. Il est bien entendu une fois pour toutes, que sur l’Archéomètre, l’année
l’aRCHÉOMÈTRE DE SAINT-YVES D’ALVEYDRE 6l astrale et les signes astraux ne sont qu’une consé quence de l’année typique et éternelle du Verbe et du Monde de la Gloire. P, Ph, — 80* PHa. — La Puissance mâle qui déploie, en veloppe, manifeste, fertilise, en semence, féconde, évoque la flo raison des êtres et des choses. Sanscrit. Le souffle animateur, et, dans l'Ordre physique, le Vent, la Brise.
PH. — Sa manifestation, ce qui frappe la vue ou l'ouïe, la face, la bouche. Hébreu. L’ouverture par où l’on apparaît, la Porte, le Portique, ce qui révêle, la bouche, la Parole. Arabe. PH A. — La Manifestation du Verbe par la lumière et par le son. Hébreu. PA. — La puissance qui règne et gou verne, le souffle animateur. Sanscrit. Pd. — La puissance qui protège, défend et sauve.
Id. aPH. — La puissance de la parole, le Prin cipe déployant les finalités, la Cause développant les effets. Hébreu. âP. — La Puissance qui fait exaucer et obtenir. Sanscrit. dBâ. — Lumière, Splendeur, Rayon,Cou leur, Beauté, Gloire, Ressem blance, Image, Apparition. Id.
62 l’initiation O. V. — 6 Cette lettre est la troisième de la Terre des Vivants, du nom du Verbe et du nom de Jésus, de même que 1’1 appartient à la sagesse du Père, le PH et le Sh au Fils, 1’0 se rapporte au Saint-Esprit. Il est la troisième lettre du nom de IFIOH, la troi sième également des noms de Jésus Verbe: IShO, . IPho, et la deuxième lettre des noms du Saint-Es prit : rOuaH-ALAHIM.
Le fait précédent répond à un mystère du Credo de saint Athanase. Mais nous nous bornons à exposer Tautologie de TArchéomètre. Cette lettre est conjonctive ou conjugale dans toutes les langues solaires, de même son nombre : 6 que les écoles antiques appelaient le Marieur. De même, sa couleur Rouge est expérimentalement conjonctive du Bleu et du Jaune. Nous traiterons de ces expériences dans les pages consacrées à la chronologie archéomé trique.
Il est curieux de remarquer que la simple ins piration a toujours attribué la couleur bleue à la robe de la Sainte-Vierge, Assomptionnée, le Blanc et le Jaune à celle de Jésus enfant, et enfin le rouge aux sept langues de feu du Saint-Esprit et à la Colombe Ionique, celle de l’Union conjugale des Sexes dans TAmour Psychique et dans le Dieu vivant, Le FA est la note, la corde et le mode de cette let tre.
Son signe Zodiacal est le taureau, dont Fange est Asmodel, sa planète Vénus diurne dont l’ange est Haniel, l’intelligence Hagiel, l’esprit Nogael. Dans l’année liturgique, elle correspondrait à la
l’archéomètre de saïnt-yves d’alveydre 63 période de l’Assomption et de la Pentecôte, si cette année pouvait être réglée sur les entrées du Soleil dans les Signes. O. V —6 O. —La Puissance conjonctive, la Sensi bilité, dans son Principe Divin et ses correspondances dans les différentes hiérarchies des êtres créés.
Hébreu et Egyptien. aO. — La passion psychique et sa force ac tive : l’affection, le Désir embras sant la Sensibilité et sa forceactive, la tendresse. L’attraction de la Vie interne à travers le temps et l'Espace et sa force active : le rayonne ment vital.
Arabe. aV. — La sensibilité active qui fait désirer, aimer, demander, atteindre, saisir, embrasser, protéger, conserver, écouter au-dedans, entendre à tra vers l’espace, pénétrer,comprendre, connaître, maîtriser, posséder. A tous ces sens, le dictionnaire ajoute encore ceux de pouvoir, d'être, de générer, d’être embrasé et d’em braser, de créer. Sanscrit.
Va. — La force vive, la Puissance incondi tionnée, le soulfle moteur, l’Esprit et, au sens physique, le vent. Id. Va. —Le mobile et le Mouvement, Id.
l’initiation 64 Vi. — La Puissance fluidique, tout milieu fluidique de réfraction, tel que l’at mosphère et tout organe à fluides dynamisés, comme l’œil, l’oreille, etc. Védique et Sanscrit. Và. — Dans JA-VA. La pénétration instan tanée la rapidité dans JI-VA, lame vivante, Universelle ou Indivi duelle. Id. Va. — Dans Và-ha. Le mobile se mouvant, le vent, le véhicule, ce qui imprime le mouvement. Sanscrit. La lettre planétaire de Jésus.
Sh — 3oo Cette lettreest la planétaire de la zodiacale Ph, Elle est spéciale au nom de Jésus comme la première au nom du Verbe. Toutes deux sont un Trigone, ce qui indique quelles se rapportent à la Trinité et au Trian gle fondamentaux et qu’elles doivent occuper la posi tion où je les ai laissées se ranger d’elles-mêmes, autologiquement.
Mais, en plus de sa congénère zodiacale, la plané taire porte une bisectrice déterminant l’aplomb et Taxe nord-sud du Monde. Elle représente donc l’acte défini dont sa zodiacale est la Puissance ; son nom bre est 3oo. Les nombres des lettres archéométriques renferment tant de mystères importants qu’ils néces siteraient à eux seuls des volumes.
Pour le faire com prendre par un exemple, et en ce qui regarde l’astrol’archfzomètre de saint-yves d’alveydre 65 nomie seulement, nous prendrons les deux lettres du Verbe et de Jésus : Ph = 80 Sh = 3oo. Total.. 38o. L’année physique de la Terre actuelle est comptée aujourd’hui en terme moyen 365 j. 5 h. 48' 47" (Année tropique) 365 j. 6 h, 9' 10" 7"' (Année sidérale du So leil.) L’Archéomètre va nous prouver que l’année de 365 j.
25 p. 100, était parfaitement connue de l’Université patriarcale adamique et antédiluvienne à la quelle nous attribuons nos lettres morphologiques. Soit, par exemple, un cycle de ig ans, très employé dès la plus haute antiquité. Nous l’adopterons ici parce qu’il concorde avec les 19 lettres que nous avons utilisées, 12 comme zodiacales et 7 comme planétaires. En 19 ans, l’année de 365 j. 25 donne 6.939 j. 75.
Or, 14 années harmoniques de 36o j. plus 36o X 14 = 5.040 5 de 38o donnent : 38o X 5 = 1.900 19 ans 6.940 jours La légère différence entre 6939 jours 75 et 6.940 jours, accuserait peut être la diminution de l’Année solaire entrevue par Bailly. Du même coup, elle per mettrait aux astronomes de déterminer la date de l’année antédiluvienne. Archéomètre^212 — 365 j. 6 h. 18' 5" 34’'. 19 Année sidérale actuelle : 365 j.
6 h. g' 10’ 7'", au trement dit, notre année serait plus courte de 9' 39'”' 27"'. Mais l’année solaire anomalistique. le temps mis
l’initiation 66 par le Soleil partant du périgée pour y revenir, est comptée par les astronomes 365 j. 6 h. 18' 5i'' 34". Il y a bien d’autres choses à méditer encore dans le nombre 38o, c’est-à-dire Ph : 80, Sh : 3oo. En multipliant ces deux nombres l’un par l’autre on a le cycle harmonieux de 24.000 ans de toutes les anciennes Universités Asiatiques.
Ce cycle viserait donc, non seulement la pécission des Équinoxes, mesurée musicalement, mais aussi un certain rap port de Saturne dans le i5° degré du Capricorne, rap port cosmique très mystérieux, dont je ne trouve pas de traces dans l’astronomie moderne. Il y avait d’autres nombres que les nombres har moniques employés à la mesure de la grande année. Par exemple, le Van des anciennes Universités tarîares : 180.
Si on le multiplie par le carré de 12 : 144, donne 25, 920, l’un des chiffres des modernes, l’autre est 26.000. Il nous reste à dire la raison qui nous a déterminés à placer le point de départ de l’Année à Noël et au Solstice d’Hiver, et à mettre les planètes au i5° degré de leurs maisons diurnes et nocturnes.
Le plus ancien calendrier des Grecs, qui est certai nement venu de l’Asie par les Phéniciens, place les points cardinaux du ciel au i5° des constellations.
Le Solstice d’hiver est au i5 degré du Capricorne, le f Solstice d’été au i5e du Cancer, l’Equinoxe de Prin temps au milieu de Bélier, l’Equinoxe d’automne au milieu de la Balance : Achille Tatius, chap. 33, Eudoxe Hipparque, etc. Les Suédois antiques fai saient partir leur année solaire du Solstice d’Hiver,
L’ARCHÉOMÈTRE DE SAINT-YVES d’aLVEYDRE 67 les Chinois également. Il correspond chez les Hin dous à la fête de-Krishna. Or le Soleil au i5c degré du Capricorne ne répondaitau commencement de l’annéeastronomique qu’en i353 avant J.-C. Il n’est" pas admissible quel’Archéomètre ait été inventé à cette époque où l’on trouve, au contraire, toute la Science et toutes les données archéométriques bouleversées partout.
Si cet instru ment plus qu’Humain de la Synthèse des organicités et des harmonicités universelles, rattachées au Verbe créateur a jamais été révélé aux hommes, dans son intégrité, il faut tourner la roue de la Grande Année au moins une fois. Si on la fixe à 24.000 ans, il faut compter 24.000 + 1.353 = 25.353 avant J.-C. ou 28.606 auj. Si on la fixe à 25.920 ans, il faut compter 25.920 -|- 1.353 = 27.273 avant J.-C. ou 3o.52Ô auj.
Si on la fixe à 26.000’ans, il faut compter 26.000 -|- 1.353 — 27,353 avant J.-C. ou 00.606 auj. Revenons à la lettre Sh.
Elle correspond à la Puis sance royale du Fils ; sa couleur est le rayon photogé nique, celui du « Fiat Lux », le Jaune, son signe nocturne le Capricorne, sa planète Saturne, son ange Zaphkiel, son Intelligence Agiel, son Esprit SabbathielSib est sa note, sa corpe et son mode et dans l’année liturgique, elle correspond à Noël, et. dans l’Astronomique, au 24-25 décembre. Sh................... .... 3oo Sha. = Le Repos Eternel, le Paradis. Sanscrit L’Amour. Arabe
68 l’initiation Id. Sanscrit Id. Id. Hébreu La Puissance motrice du Tour billon Universel.
Hébreu Sa. — Le globe Universel, la Circon férence. ça. — Le Bonheur Suprême. çdSa. — L’Adoré et P Adoration, Saç. — La Puissance donative qui ac cueille, honore et prodigúela Grâce. aSh. — Le Principe Mâle universel, le Phlogos divin, l'énergie inal térable, la Réalité fondamenr taie, la Majesté, l’Eclatrayonnant. aS. — La Terre du Principe, la Réa lité éternelle, d’où le nom d’Asie. aSi. — Le Sauveur, le Réparateur et, dans un sens restreint, le Guérisseur, le Médecin.
Kaldaique Syriaque, Samaritain, Ethiopique. Les Lettres Zodiacales deux par deux. IPh. — La manifestation parfaite de la grâce et de la beauté. Phi. — La Parole de Dieu. La Bouche de Dieu. PhO. — Le Souffle de la bouche et par suite la Voix et la Parole. Sanscrit et Hébreu. PhO. — La Lumière : Phos et la Voix Phoné. Grec Arabe Heb et Ara Hébreu Arabe I
l’aRCHÉOMÈTRE DE SAINT-YVES d’aLVEYDRE 69 PaVa. — La purification des Ames. Sanscrit OPh. — La manifestation glorieuse. Arabe La Vision divine. Grec VaPa. — Le Principe spécifiant espèces et Germes, l’action de semer et d’engendrer. Sanscrit Vapuna : Dieu engendré de Dieu. Id. VaJ. — La Réintégration de la Voix Divine, la Reddition de l’hommage, de la Puissance et de la Gloire. Védique ZO. — Le Mouvement rémissif de la Lumière Vitale. Hébreu YaO. — La Puissance Divine de cette Rémission. Id. Va Ta. — Le Mouvement du Retour. Sanscrit La Lettre Planétaire avec les Zodiacales, deux par deux. Iça. — Le Maître Suprême, le Souve rain Surnaturel. Sanscrit Yaç. — La Gloire Souveraine. id. ISh. — La Pensée vivante en Acte vi vant. Hébreu SL — La Terre des Vivants. Védique La Substance Pure, celle de l’immanation et de l’imma nence en Dieu. Id. ShO. — L’Homme en Dieu. Éthiopien
l'initiation 70 La Similitude du Principe. Hébreu Su. — L engendré qui règne, le Bien, le Bon, le Beau vivants. Sanscrit OS h. — L’Homme Divin. Égyptien La Diffusion des Rayons lumi neux. Arabe Les Lettres Zodiacales trois par trois. Y-PhO. — Le Verbe de Dieu, Dieu Verbe. Hébreu PhO-Y. — id. Id. Oph I. — La Gloire de Dieu. Id. Y-OuPa. — Le trophée divin, la Croix, le Poteau sacré sur lequel on attache la Victime. Sanscrit La Lettre planétaire avec les Zodiacales, trois par trois. Y-ShO. — Le Dieu Homme, le Dieu Sau veur, le Dieu de l’Humanité, Jésus. Hébreu PaçU. — Le bouc émissaire, le bouc de l’Acwameda, la Victime. Védique L’Ame Universelle se don- et nant dans le sacrifice. Sanscrit IçWa. — Le Seigneur. Sanscrit ShOu-Y. — L’Homme Dieu. Ethiopien SWaJa. — Le Fils. Sanscrit çlVa. — Le Bienheureux, le libérateur final. Id. OShI. — L’Homme-Dieu. Égyptien
L’ARCHÉOMÈTRE DE SAINT-YVES D’ALVLYDRE 71 Wiç-Wa — L’Univers. Sanscrit SaVYa. — Le Nord, l’Orientation, l’Adoration des Aryas : face à l’Oricnt, la Gauche au Nord. Id. La Lettre planétaire avec les Zodiacales, quatre par' quatre. SOPhYa. — La Sagesse de Dieu.
Hébreu et Grec YOShePh — La Sphère lumineuse de Dieu, le livre de Lumière, le livre montré à Moïse sur la Mon tagne, le livre évident dont parle Mahomet qui déclare n'en pas connaître les Mys tères. Hébreu UPâSê. — La Reddition à Dieu de l’Hommage, de l’Adoration et du Service divin. Sanscrit
ORDRE MARTINISTE T La réunion de la grande loge Marliniste a eu lieu le lundi 26 décembre dernier avec un très grand succès. Une nouvelle réunion aura lieu le 4e lundi de chaque mois. ★ * * Les séances d'Éiudes archéométriques qui ont lieu le jeudi se poursuivent avec un grand succès. L'œuvre conciliatrice de l’Universalisme A Papus, à Léon Combes.
L’universalisme offre l’avantage de rapprocher les indi vidus et les écoles en dégageant les points vrais, les élé ments essentiels, et en arrière, l’âme commune qui les fait vibrer. Il agit en provoquant l’éclosion, l’épanouissement de leurs meilleures tendances, l’élimination et l’oubli des autres. II laisse aux groupements une autonomie complète et une liberté entière.
Il unit par la pensée, la sympathie pour un même idéal étant la force par excellence, surtout quand l’enthousiasme provient d’une vision nette de l’idéal, d’une sensation pro fonde et pénétrante de la Vérité, d’une divination de l’Amour absolu. La synthèse universaliste, pressentie par toutes les écoles, vient à son heure.
Le professeur Charles Richet nous écrit : Veuillez croire que ma très vive sympathie pour votre belle œuvre vous est entièrement acquise, » et il la qualifie de « hardie et généreuse ». Le professeur Dumas, de la Sorbonne, est du même avis : « je porte un intérêt très vif aux tentatives
L'iNl riATION 74 comme la vôtre. » C’est la synthèse intégrale, vivante, con ciliatrice des synthèses partielles. Elle fera germer la fleur de l’ésotérisme au cœur même de la pensée humaine et de la vie sociale. Cette œuvre ne pourra pas être l’œuvre d’une école ni d'une nuance spiritualiste ou matérialiste. L’Universalisme propose, persuade, sans poser de dogme, sans nuance particulariste.
11 offre à tous les chercheurs : savants, philosophes, artistes, économistes, religieux éclai rés le point de contact qui unit et qui vivifie leurs travaux et leurs pensées, fusionne leurs tendances et harmonise leurs aspirations, en les orientant vers l’Équitéet la Vérité. Chaque courant d’effusion spirituelle continue, indépen damment, à creuser plus profondément son sillon.
Tous convergent et se réunissent dans le grand fleuve dévolu tion (confédération spiritualiste et universaliste'. Mais, jusqu’ici cette grande effusion spiritualiste glisse trop au-dessus de l’humanité sans l’influencer. L'Univer salisme l'a fait pénétrer sur notre sol, l’épand sur l’humus terrestre, la répand dans la foule, l’infuse dans l’àme hu maine.
D’autres aspirations, venues de la masse, les élans d’é volution humanitaires font écho depuis longtemps à l’ap pel d’en haut, bien qu’imparfaitement encore.
Quoi qu'il en soit, l’idée humanitaire est plus vivante, plus avancée que le spiritualisme dont la formule reste vague et sans substratum concret, mais nous voyons les deux nuances se rejoindre dans ¡’Universalisme pour se généraliser, l’é volution et l’involution se faisant écho plus immédiate ment. Tous mouvements spirituels sont naturellement et taci tement unis. Ils le savent : l’œuvre à faire n’est pas là.
Ce serait faire une doublure de la papauté, plus néfaste que celle du Vatican qui a l’excuse de l’ignorance et de la cupi dité orgueilleuse et dominatrice. L’Universalisme affirme cette union et surtout il la prouve et s’efforce de faire pénétrer, d’involuer l’idéalisme dans le matérialisme de la vie et de la science moderne.
11 le prouve comme il convient à notre époque qui n’a cure de religion, de toutes ces petites églises dissidentes, ves tiges falots d’un passé heureusement agonisant.
l’œuvre conciliatrice de l’universalisme 75 L’initiation de l’Occident doit surgir ex imo du fond de l’àmc occidentale et sa formule doit être positive, scien tifique, économique, philosophique et enfin esthétique. Sa formule, animé du souffle de l’Esprit, est d’un rationa lisme idéaliste. Avec l’Universalisme, la « chimère » Idéaliste, la poésie prend racine profondément dans la vie morale et sociale et la féconde.
Sa base est scientifique et positive et l’idéal devient la plus haute réalité. L’heure est venue de dire certaines choses au public en dehors des courants spirituels, forcément indiqués et spé cialisés. Il y a eu jusqu’ici deux classes tellement séparées que leurs adeptes, les spiritualistes et les matérialistes, vivent en quelque sorte dans deux univers différents.
Grâce à TUniversalisme, ils se font d’abord face sans hostilité, au lieu de se tourner le dos, puis ils se rapprochent et se ré concilient dans l’unité de la vérité, un peu étonné peutêtre de leur si long malentendu et tout joyeux desereconnaître frères. Un matérialiste pourra évaluer vers l’ésotérisme. On « devient » ésotériste, mais le matérialiste se laissera bien difficilement persuader.
Le spiritualiste n’a d’autre mé thode, en dehors des écoles déterminées (théosophe ocultistes, psychistes, spirites, magnétiseurs) que de se poser en adversaire du matérialisme, d’attaquer alors qu’il s’agit de convaincre. C’est encore de l’atavisme clérical. Madame Annie Besant nous dit dans « les iMaîtres » que la Société Théosophiq’ue est « la plus récente des effu sions spirituelles» qui passent malheureusement au-des sus de l’Humanité.
D’autre part, le docteur Papus nous dit (L'Occultisme et le Spiritualisme, pp. 8-9, Alcan): « Si l’on ne peut placer la philosophie occulte dans la section de l’idéalisme pur, à cause de ses tendances primordiales à déduire l’invisible du visible on ne peut davantage la rattacher au réalisme ou au positivisme, à cause de ses en volées purement mystiques. ». Paul Nord. (A suivre)
76 l’initiation L’ŒUF D’OR C’est dans l’Inde qu’a pris naissance la naïve légende de l'œuf d’où seraient sortis le ciel est la terre, D’après le code indien de Manu, (Manou) le monde n'existait que dans le fond de la pensée divine. Plustard, cet élément pensée créa les choses visibles avec cinq élé ments, il réalisa sa propre idée et dissipa les ténèbres.
En créant les eaux, il déposa en elle un germe lumineux qui se transforma en œuf d’or, aussi brillant que l'astre du jour, duquel naquit le même dieu suprême, sous la forme de Brahma, ancêtre de tous les êtres. Après être demeuré dans l’œuf une année de Brahma (environs trois billions d'années), Pradyapathi, le Seigneur des créatures, divisa avec sa seule pensée l’œuf en deux parties.
D’une d’elles il forma la terre, de l’autre le ciel, et au milieu il colloqua, avec l’atmosphère, les huit régions célestes et le dépôt des eaux. Il paraîtrait également que l'œuf générateur du monde, flotta sur la mer lactée (eaux primitives) jusqu’à ce que la voix divine « Watcht » l’obli ger à se rompre.
C’est alors que Brahma s’exclama : « Qui sera le gardien de ce que j’ai créé? » et à ce moment sur git de sa bouche un esprit azuré, qui répondit : « Moi » et Brahma donna à son Verbe le nom de « Vishmé » (Vishnou) c’est-à-dire « Providence ».
Le ciel, selon les croyances indiennes, serait divisé en sept régions : celle des nuages, qui va jusqu'au soleil, celle des planètes, depuis le soleil jusqu’à l’étoile polaire, où Dhruva se trouve assis dirigeant le mouvement des pla nètes, ensuite viennent les autres régions, la dernière étant la coquille de l’œuf.
Entre les eaux et la terre, la cosmogonie indienne nous dit que l’on y trouve jusqu’à vingt-huit enfers pour tour menter les pécheurs. El Boquete 13 novembre 1910. Taty
PHYSIOGNOMONIE 77 PMYSÎ0GN0M0NIE Lorsqu’un individu se présente à nous, nous avons à notre disposition divers moyens de reconnaître sa person nalité. Ce§ moyens, sauf ceux traitant de l’aspect extérieur de l’individu, offrent quelquefois des difficultés, car ils né cessitent un certain contact avec cette personne.
Demander à un passant qu’il nous montre sa main pour compléter notre étude première, serait un peu téméraire et on nous demanderait, à juste titre, si par hasard nous ne perdrions pas la raison. Dans ce cas alors, il faut nous contenter de ce que nous voyons, examiner l’individu dans ses infimes détails et nous ne tardons pas à percevoir des enseignements sup plémentaires et se corroborant avec nos premières données.
Je m’explique : Tous les signes extérieurs de l’homme sont le résultat du mouvement intérieur, de son âme; de là ce penchant qui nous fait apporter une attention toute particulière au centre qui nous influence.
Ainsi, l'intellectuel, dont l’esprit domine, aura une cer taine recherche pour tout ce qui a rapport à la tète; nous pourrions remarquer aussi que bon nombre d’intellectuels se coiffent de chapeaux malléables, ceci pourrait s’inter préter comme une adaptation des forces qui nous couvrent (Destin) à la volonté.
Les autres centres Animique et Instinctif étant couverts par un même vêtement, nous verrons dans les premiers un apprêt tout spécial, capable d’éveiller un sentiment, quant aux derniers, nous voyons ce même vêtement, mais, mis sans goût, sans apprêt. Les cravates que nous portons, nous dévoilent nos pen chants pour la couleur et par l’influence planétaire qui nous régit.
La montre, signe du temps, marque la vie de notre indi vidu, et la chaîne, l’union de cet individu avec un des centres cosmiques. La montre placée dans une poche de gauche du gilet (Esprit masculin) ayant le mousqueton de la chaîne attaché I
l’initiation 78 à un bouton supérieur,signifie : Intellectuel; soit pur idéa liste ou intellectuel réaliste, ce dernier attachant sa montre non comme les premiers, mais simplement à dépasser de quelques centimètres le niveau de la montre.
Le mousqueton se trouvant de niveau : Sensitif, s’il est un peu en dessous : Positiviste; beaucoup plus bas : Ma térialiste, mais, s'il descend très bas, passe le gilet et vient s’attacher à un bouton du pantalon, nous avons dans l’ins tinctif : le grossier personnage.
Lorsque la chaîne forme sur le gilet, un cercle assez prononcé, nous pourrions voir là un caractère ouvert et en tous les cas très franc; si au contraire, la chaîne se rap proche de la ligne droite, nous aurions caractère fermé, qui ne laisse rien échapper de lui-même: mais si cette ligne droite a été obtenue par un repli de la chaîne, soit dans la poche du gilet, soit dans la boutonnière, nous au rions là : Timidité.
De même, si nous voyons s’étaler sur un ventre repu, une chaîne qui décore tout le gilet, nous pourrions dire sans nous tromper que cette personne jouit de la vie avec orgueil et satisfaction. Des breloques sont-elles pendantes à ces chaînes : Vanité. Ces pendentifs pourraient être aussi un sujet d'étude, sui vant le caractère représenté et aussi suivant la couleur desdits.
Tout ceci en synthèse bien entendu, on y remarquera que les penchants seront plus ou moins prononcés, que la cause qui Jes dévoile est accentuée. FAITS DE VISION Je soussigné Delteil, contremaître à la manufacture des tabacs de Paris-Reuilly. Viens attester par ces quelques lignes, les facultés puis santes et tout à fait exceptionnelles de Mme Régnier, (2 t, rue Vallette).
Les facultés, plutôt les dons, que Mme Régnier possède, m’avaient été signalés par une personne qui, comme moi, s’occupe beaucoup des phénomènes psychiques. J’ai donc assisté à trois des séances intimes, que donne
FAITS DE VISION 79 ce médium remarquable. A chacune de ses séances, nous étions cinq ou six personnes, peut-être sept. Ces séances ont lieu dans un petit cabinet; on ferme portes et fenêtres, pas de lumière, chacun se recueille et au bout de quelques instants, 5 ou 6 minutes environ, Mme Regnier a des vi sions. Ces visions sont très diverses et très variées, événe ments futurs tels que catastrophes, calamités, accidents publics ou personnels.
Cette catégorie de visions, n’offre au chercheur qu’un contrôle ultérieur, et peut, sur le mo ment lui laisser un doute.
Mais, aux trois sé mces auxquelles j'ai assisté, et où j’ai rencontré une douzaine de personnes que je ne connaissais nullement, ma femme et moi, nous pouvons affirmer qu’à la fin de chaque séance, Mme Régnier nous a annoncé le désastre des inondations de t<»io: elle disait principale ment qu’elle voyait l’ea i envahir le chemin de fer, que c’était horrible, qu’il y aurait des malheurs et qu’elle était très affectée de la vue de ces malheurs.
Cette insistance d’une prédiction très lugubre à la fin de chaque séance, ne m'avait pas personnellement convaincu, non pas que je ne croie pas à la possibilité de ces sortes de révélations, mais plutôt parce qu’elles peuvent être à longues échéances, et puis et surtout parce qu’une prédiction de ce genre, peut ne pas s'accomplir, diverses causes pouvant parfois en détourner le cours; mais, hélas ! mon scepticisme n'a rien changé aux événements, j’aioute que la dernière fois que cela nous a été annoncé, c’était le premier dimanche de janvier 1910 à 8 heures et demie du soir.
Mais Mme Ré gnier donne à ses consultants des preuves de ses facultés autrement convaincantes, et d'un ordre plus éclairé que celles dont je viens d'affirmer l’authenticité. J’ai eu le bonheur d’en être personnellement gratifié, je vais donc exposer les faits, d’abord à titre de reconnais sance et de remerciements envers Mme Régnier, et aussi pour les faire connaître à qui voudra me lire.
Car, ces phé nomènes, si souvent constatés et toujours contestés, fini ront, nous devons l’espérer, par cette répétition opiniâtre, par s'imposer à la foule des humains dont le plus grand nombre croit que tout finit à la tombe. Première séance, après les préparatifs précités, Mme Ré gnier nous dit : je vois une fille de trois ans à trois ans et
So l’initiation demi, elle me montre son cœur, elle a dû mourir d’une affection de cet organe, elle s’appelait Suzanne (tout est absolument exact) elle est avec une dame âgée qui s’ap pelait Elisabeth, nom absolument exact de la mère de ma femme, et qui en effet, sa principale occupation a été jusqu’à la mort de garder notre enfant.
A une autre séance, ma mère m’a été dépeinte, avec une telle abondance de détails, que malgré le caractère presque religieux de ces sortes de séances, nous en étions tous souriants; mais ce n’est qu’à la dernière qu'elle m’a donné son nom de Françoise. Le nom d’un cousin, et la nature de la maladie dont il est mort, m’a été donné de la même manière.
Enfin le nom d'un sous-officier qui n’existait plus dans ma mémoire, m’a été donné avec cette particularité qu’il était très grand. Depuis vingt-quatre ans que j'ai quitté le régiment, j’ignore si mon ancien collègue est mort ou vivant, mais sa taille minima était très bien de i m. 80.
Je suis donc très heureux d'apporter ces divers témoignages à Mme Ré gnier et je la remercie infiniment de m’avoir fourni une fois de plus quelques preuves nouvelles de cette survie, si peu connue et si peu recherchée et cependant si consolante.
Je souhaite donc que Mme Régnier puisse continuer long temps encore à nous donner de pareilles séances, que le bruit s’en répande et que d’autres médiums surgissent, afin de ne plus laisser aucun doute sur ces manifestations.
Le jour où il en sera ainsi, ce sera le plus grand progrès en faveur de l’humanité, qui, connaissant mieux quel est son rôle ici-bas, aura plus d’énergie pour accomplir ses devoirs et plus de courage pour supporter les peines et les luttes, qui sont le lot de tous les êtres sur la terre. Delteil, Jeanne Delteil.
MUSIQUE Une œuvre symphonique de Mme Rita-Strohl, collabo ratrice à l’Initiation, a été jouée hier aux Concerts Lamou reux. Je connais trop les idées (toutes faites d’un mépris bienMUSIQUE 81 veillant), que professe Mme Rita-Strohl à l’égard des cri tiques pour vouloir, par des appréciations personnelles sur son œuvre, être considéré comme tel et passer dans les rangs des néfastes « aiguilleurs de la mort ».
Je voudrais seulement dire ce qu’est l’œuvre, sans m’inquiéter de l’effet d'un mi bémol à la trompette ou d’un fa dièze à la contrebasse, etc... Cette œuvre est ce qu’elle est, mais elle est initiatique.
Cette symphonie, esquissée en 1900, parachevée en 1903, intitulée La Forât, évoque les mystérieuses harmonies de la nature, nature faite de subtilités de plans, de tons pro ches, de valeurs qui passent et s’estompent, constituant l’unité synthétique de l’œuvre. Cette symphonie est en trois parties : Le Soir, La Nuit et Le Jour. Déjà sont imposés les trois plans. « Les étangs » au crépuscule évoquent Le Soir. Dans La Nuit erre « l’âme en peine ».
Le Jour est à la fois partie et tout. Partie de la sympho nie, il en est l’apothéose. Tout, par lui-méme, intégral, il se divise en trois centres parfaitement déterminés et adé quats aux plans qu’ils représentent. La « Chasse à l’au rore » qui ouvre Le Jour, nettement descriptive, est le centre physique et instinctif de la Symphonie. « Amour > centre animique, est la période à la fois plus subtile et plus subjective.
Enfin, le « Lever de Soleil » est le centre intel lectuel, là où la nature bruisse et s’épand, joyeuse de la lumière reconquise. Mme Rita-Strohl dira ici certainement ce qu’elle sent, désire et veut musicalement.
Elle dira les symboles de son art, les correspondances harmoniques, et les analogies métaphysiques qui sont dans son Œuvre.
La notice du programme dit : « Mme Strohl, tout en développant ses formes esthétiques, n’a point changé l’essence même de son art. Ses œuvres sont édifiées par grandes synthèses, fresques émotives, où les thèmes employés restent nette ment caractérisés par leurs valeurs respectives. » Moi j’ai seulement voulu dire des pensées qui me sont venues en écoutant. Bu RG. 9 janvier 1911. 6
82 l’initiation BIBLIOGRAPHIE Nous recevons un nouvel almanach très bien présenté et très complet pour l’année 1911. C’est le véritable Almanach du Merveilleux publié par A. Leclerc, éditeur. Il débute par un calendrier ordinaire agrémenté de courtes notices sur l’Astrologie de chaque mois (présages trouvés en octobre 1910).
Puis le lecteur, ira commodément sans quitter le coin de son feu, faire une visite intéressante aux voyantes pari siennes les plus connues. Il étudiera, guidé par E. Star, les attractions occultes de chaque signe zodiacal et s’ini tiera aux mystères de l’Hyprose en suivant les conseils expérimentés du docteur Joiré.
Il trouvera, du reste, un peu de tout dans ce charmant petit livre et même de véritables petits traités complets de chiromancie, de graphologie et d'astrologie. Toutes nos félicitations à l’éditeur. G. Phaney. * ♦ ♦ Le devoir spiritualiste, par Sédip; Beaudelot, éditeur.
Continuant son labeur qui devient de plus en plus con sidérable, Sédir fait paraître une sorte de réédition d’un travail antérieur, plus résumée mais contenant en sub stance tout ce qui est nécessaire pour aider un spiritua lisme libre à comprendre sa mission, à voir clair au dedans de lui-même sur bien des points difficiles Basé sur les mêmes principes que le Bréviaire mystique et les « Evan giles », écrit dans la même langue prismatique et élégante, précise et pure; ce petit livre en moins de 100 pages exa mine i32 idées du plus haut intérêt, et jette sur chacune d’elle une lumière vive, quoique synthétisée, en trop peu de mots parfois.
Le recommander à nos lecteurs et amis est inutile; le nom de Sédir suffit pour que tous, ils se le procurent et le méditent, si ce n’est déjà fait. G. Phaneg.
BIBLIOGRAPHIE Je tiens à signaler à nos lecteurs une très intéressante nouveauté. La vue à distance dans le temps et dans « l’Espace », enquête sur des cas de psychométrie par M. Duchatel (Leymarie, éditeur).
Ce livre très consciencieux est intéressant pour l’occul tiste d’abord parce qu’il constatera une fois de plus com bien, sans la théorie de l’Astral et du double, tous les faits de voyance à distance, de pressentiments, etc., sont difficiles à expliquer, ensuite parce qu’il y trouvera réunis un grand nombre de faits qu'il n’aurait pas toujours le temps d’étudier.
M. Duchâtel a passé en revue presque toutes les expé riences possibles et a reconnu la très grande analogie qui existe entre les impressions causées à plusieurs sensitifs différents par le même objet.
La conséquence la plus im portante de ces recherches, c’est qu’il est arrivé à pouvoir affirmer que la transmission de la pensée n’est pas indis pensable pour la réussite des expériences et que les sensi tifs ne sont ni des malades, ni des dégénérés. M. Duchâtel n’a pas abordé l’étude de la clairvoyance sans objets physiques servant de base, ni celle de la clairaudience.
Je souhaite qu’il le fasse un jour et arrive à recon naître que seules les théories de la tradition occulte peuvent expliquer tous les cas de voyance de pressentiment, de même que ceux plus compliqué de dédoublement d’appa ritions, de télépathies, etc. G.
Phaneg. ★ ¥ * La fin du christianisme, par Georges Pinçon, Préface dePapus — i vol. 3 fr. ¿0 — Librairie Leymarie, 42, rue Saint-Jacques et librairie de la Vie Mystérieuse, 25, rue Notre-Dame de Recouvrance.
Se livrer à la critique d’un livre préfacé, voilà quasi deux ans, avec autant de sympathie que d’indépendance par notre directeur, et qui mérita à l'écrivain, car c’en est un, l’épithète de Missionné de l’invisible, peut à première vue, sembler au moins tardif.
l’initiation 84 Il n’en est rien pourtant, car outre que les événements fournissent un regain d’actualité à son titre formant par lui seul, dans le mental de qui de droit, une prédiction ; une autre circonstance allait rappeler notre attention sur cet ouvrage dont, et pour si invraisemblable qu’il puisse paraître aux contempteurs de l’occultisme mais, d’autant plus précieux pour nos avertis lecteurs, l’entière bonne foi ne saurait être mise en doute.
Aussi bien, M. Pinçon ayant eu l'idée originale de résu mer son œuvre, d’une étude attrayante même pour les profanes, par un graphique; et le plus court des deux cycles y figurés, venant de s'achever sur l'officielle recon naissance de la haute valeur de l’invention qui, pour re prendre sa propre expression, lui servit « d'homéopathie de la pensée »; il convenait, dès lors, d’examiner si l'autre cycle, contre son gré parcouru, durant la terrible épreuve de neuf années — 1899-1908 — que dévoile ce livre de souf france, n’était point, lui aussi à la veille de se clore.
C’est dire toute l’opportunité d'une analyse détaillée, que la division de ce substantiel volume en chapitres méthodiquement séparés, va du reste nous faciliter.
Dans le premier d’entre eux, l'auteur, un positif que sou dain l’adversité rendit poète, expose l’état d’âme dans lequel il se trouvait, quand et à sa stupéfaction, il devint l’objet des phénomènes surnaturels composant son récit; et d'une Epitre à Dieu, sorte d’examen de conscience fortement versifié, nous devons immédiatement retenir que ne croyant nullement aux démons, il ne savait absolument rien du ^Merveilleux au point, écrit-il, d’en sourire.
Le suivant très court et il convient d'en louer M. Pinçon, fait connaître, du moins selon lui, la cause de ces diverses manifestations; cause qui, pour avoir peut-être des racines plus profondes, paraît cependant fondée.
Avec le chapitre III, nous entrons dans le vif du sujet; mentionnons donc d’abord la classification d’après l’auteur qui s’excuse de son ignorance des sciences occultes, des multiples phénomènes dont il fut et continue d’être, sans suggestion préalable, l’involontaire objet, à savoir : i° Songes ; 20 Visions ; 3°Menaces et coups ; 40 Matéria lisations. La différence entre ce qu’il nomme uniproprement des
BIBLIOGRAPHIE 85 visions et les matérialisations, provenant à ce que les pre mières se déroulent les yeux fermés mais l’intelligence éveillée; tandis que les secondes naturellement plus rares, s'accomplissent de jour ou de nuit, les yeux grands ou verts.
La longue réponse d’un mage distingué, à une première lettre retient ensuite l’attention, car cette réponse constitue, oserons-nous dire, la vertèbre initiale de l’ossature de l’ou vrage qui, de la sorte, s’appuie et s’enchaîne sur une base documentaire d’une incontestable authenticité, lui confé rant, par là même, le caractère d’une œuvre scientifique.
Le lecteur y trouvera, d'autre part, la relation des pré monitions ayant motivé ce premier échange de correspon dance ; prémonitions dont l’une s’est depuis longtemps réalisée, et dont une autre est si joliment rimée, que nous prenons plaisir à l'intégralement recopier. Soudain, je vis descendre à pic. bloc floconneux.
Un bel ange bouclé, la robe immaculée, Sur le sommet de l’Arc (i); rapide et lumineux Sillage qui zébrait la nue, en faisant place A la clarté céleste : Alors, couronnement Tel que mon esprit qui, pour n’être point de glace, N’eût pu l’imaginer, m’apparut vivement, En la splendeur de sa chrétienne apothéose, Le Fils de Dieu fait Homme appuyé sur la croix : Comme un géant en sentinelle, Couvrant la ville de son aile.
Dans quelque attitude éternelle De génie et de majesté! Agenouillée à ses pieds, dans une humble pose, La Vierge, de blanc seul vêtue, avait, des droits Que lui conféra sa maternelle souffrance. Tendrement invoqués non sans verser des pleurs, Obtenu chez son fils, le pardon de la France, Que ses gloires couvraient de lauriers et de fleurs.
Mais, va-t-on objecter : comment peut-il se faire qu'un livre qui débute de la sorte porte un semblable titre ? C’est que dans une vision de mai 1908, soit mois pour mois, à neuf années de distance, l’auteur, spontané médium (1) L’Arc-de-triomphe de l'Étoile.
86 l'initiation et récepteur tout à la fois, assistait à une nouvelle descente au tombeau qui l’amena à modifier son en-tête primitif, lequel ainsi que nous en avons la preuve écrite, devait être : dieu ; LE CHRIST ; SATAN. Or, par cette simple réponse, nous fixons implicite ment les limites entre lesquelles se déroule tout un drame psychique à qui ne manquent ni les provocations, ni les attentats.
Si le chapitre IV explique le compréhensible pourquoi -de ce livre étrange, le suivant qui nous transporte en pleines machinations sataniques, contient un portrait ré vélé du Christ, appelé sans doute à être controversé ; encore qu’il soit bon de se souvenir que ce fut le concile de Constantinople (691) qui, dans son quatre-vingtdeuxième canon, ordonna : « qu’à l’avenir, on peigne Jésus-Christ sous la forme humaine, comme plus conve nable que celle d’un agneau que saint Jean montre au doigt » ; sans d’ailleurs fournir d’indications sur sa per sonnalité physique. x\vec la série des songes à écueils et précipices, l’auteur poursuit la narration des obstacles, symboliquement par lant, qui entravèrent comme à plaisir, une voie qui sem blait définitivement tracée ; ce dont il avait déjà fourni trois exemples justifiant le proverbe : Nul n’est prophète en son pays, inscrit en quelque sorte comme épigraphe en tête de la préface.
Pourtant, la lecture de ces rêves, se pro duisant toujours dans le sommeil léger du matin, donne l’impression que le sujet, pour ne point écrire la victime, parviendra un jour que nous souhaitons proche, à enfin surmonter les embûches qui lui sont dressées de toutes parts.
Les chapitres XVIII et XX, complétés par le neuvième dans le plan matériel, et qui s’appuient sur des lettres adressées à deux personnalités de l’Occultisme, renferment des prophéties si personnelles et si graves pour l’avenir de la France, que nous préférons laisser au lecteur, le soin de former lui-même une opinion.
BIBLIOGRAPHIE 87 Toutefois, le dernier d’entre eux ajoute au vif intérêt des précédents, en ce que l’on peut y constater la complète exactitude des vaticinations concernant des hommes en vue têts que: MM. Loubet, Déroulède, Delcassé, ainsi que l’annonce de la restauration du trône de Bulgarie ; ce qui a du reste amené l’auteur à logiquement prédire l’avenir politique réservé au duc d’Orléans.
Nous pénétrons ensuite dans la Grande-Trappe, où un songe correspondant à la catastrophe du Métropolitain (igo3). conduisit le mois suivant et alors qu’il n’y pouvait humainement penser, M. Pinçon qui, et pour si cruelle qu'en fut la cause, allait avoir à se louer deux fois de « cette fuite en Normandie ».
Non seulement, en effet, il y trouva le remède à une in visible quoique apparente blessure satanique dont son beau sonnet : Les larmes, évoque l’horreur, en perpétuant éga lement le souvenir d’un véritable prodige que d’aucuns taxeront de miracle ; mais il devait encore y gagner une amitié précieuse ; celle du distingué médecin du Monas tère qui s’est traduite par un témoignage des plus flatteurs, et conséquemment des plus suggestifs.
Le chapitre intitulé Satan, constitue le point culminant de l’ouvrage; et en nous décrivant tout un faisceau de ma nifestations réellement extraordinaires, même pour des initiés, il nous fait assister à la lutte décisive entre le Christ et Belzébuth, dont l’esprit de l’auteur, pour nous servir de ses termes, fut le champs clos, et son corps la cible ; lutte qui se termina par le triomphe du roi de l’in version, lequel, hâtons-.nous de l’ajouter, doit, toujours d’après M. Pinçon, être vaincu à son tour par I’Archange saint Michel.
Si ce chapitre porte à supposer que nous nous trouvons actuellement à la limite de la deuxième période du Zend Avesta qui, nos lecteurs le savent, est celle du règne du prince des Ténèbres ; par contre, il n’en soulève pas moins une divergence d’interprétation entre l’auteur et son érudit préfacier.
En. effet, si dans sa droiture innée, qui a fait de lui un logicien qu’aucune conclusion n’effraie, M.Georges Pinçon a été amené à synthétiser, en un titre lapidaire, la brutale conclusion de son officielle souffrance ; nous pensons
88 l’initiation toutefois avec Papus, et chacun reconnaîtra que les événe ments qui se déroulent au sein de l’Église catholique, don nent à notre manière de voir, une singulière force ; qu’an noncer — en concordance d’ailleurs avec la célèbre pré diction, dite de saint Malachie, qui désigne le successeur de Pie X sous la devise religio depopulata. — La fin du catholicisme seulement, eût été plus vraisemblable, sinon plus exact.
Enfin, qui vivra verra, comme l’écrivait si judicieuse ment notre bienveillant directeur, en adressant ses vœux « pour la réussite des efforts opiniâtres de l’auteur de ce volume », que nous sommes personnellement heureux de pouvoir assurer de tous les nôtres, à commencer par son élection à l’Académie Française. ★ * ¥ Vers le credo universel (i). — Sous ce titre suggestif Mme de Bezobrazowa a fait au cercle de la Française une remarquable conférence.
Avec une éloquence faite de poésie et d’expressions d’une haute portée occulte, elle a dans un coup d’œil général sur le passé de l’histoire, montré les éternelles luttes de la vérité et de l’erreur dans l’humanité ; elle nous a rappelé la lutte sourde de la Théo gonie occulte et de la Théologie, la lutte entre la magic noire des savants inférieurs qui n’ont laissé dans le monde que le souvenir de leurs crimes.
Puis arrivant à l’époque romaine, elle nous montre la tolérance de Rome qui, 27 ans avant l’ère chrétienne, promulgue un décret qui ad met tous les dieux, créant une véritable anarchie religieuse. Elle termine par une vision d’avenir,, disant : « Quel sera le nautonier qui nous conduira vers le rivage où se réalisera le monde de lumière promis, qui nous rendra la vérité perdue, qui osera la faire accepter ?
Et le public transporté avec elle par la pensée dans cet avenir idéal, électrisé par la parole de l’oratrice, lui té moigna par ses applaudissements toute son admiration. * * La Magie et la Sorcellerie en France, par Th. de Cauzons. Tome III, un volume in-8 écu de 55o pp., chez DorBIBLIOGRAPHIE 89 bon-Ainé, 53 ter, Quai des Grands-Augustins, Paris. Prix : 5 francs.
Ce tome III de La Magie 'et la Sorcellerie en France, tout en ne le cédant en rien aux précédents sous le rapport de la documentation, se lit comme un véritable roman, tantôt dramatique, tantôt comique.
En effet, rien n’est plus dramatique que ce long martyrologe, que cette hécatombe de sorciers qui va de la Réforme au Siècle des Philoso phes : c'est d’abord le procès intenté aux Dominicains de Berne à la suite des visions du frère Ietzer, les épidémies démoniaques du seizième siècle, la férocité des juges qui, tels que les Boguet, les Remy, les De Lancre, nous ont laissé ces traités juridiques spéciaux sur la répression de la sorcellerie. — De Lancre même n’avait-il pas l'incons cience de déclarer au titre même de son ouvrage « que l’on voit combien l’exercice de la justice en France est plus iuridicquement traicté et avec de plus belles formes qu’en tous autres empires ». — C’est ensuite le Mal des Nonnains, les Prophètes Camisards, les Messes Noires et l'Affaire des Poisons.
Puis la justice se fait plus clémente, bien que le peuple soit toujours aussi crédule : Les Con vulsionnaires de Saint-Médard en sont un exemple. Un des chapitres les plus intéressants du livre est celui qui a trait à la Franc-Maçonnerie, à ses différents rites, et à son influence sur les destinées du monde.
Quant aux cent dernières pages du livre elles sont con sacrées à l’histoire du somnambulisme et du magnétisme animal : c’est d’abord, dès la fin du seizième siècle, l’Ir landais Valentin Greatrakes et le Suisse Gassner qui gué rissaient, l’un par simple imposition des mains, l'autre par des exorcismes, le « Docteur de la Lune » Weisleder, qui, par des prières et en présentant les malades aux rayons de la lune, réduisait les fractures, le professeur d’astronomie Viennois, le P.
Flell, qui soignait par des barreaux ai mantés, puis enfin Mesmer qui, avec son fameux baquet, fut le véritable premier magnétiseur. Rien n’est curieux à lire comme les luttes qu’il eût à soutenir, tant contre ses élèves devenus ses concurrents, tels Deroux et Delson, (¡) Les conférences de Mme Bezobrazowa, paraissent chez Dargeon.
l’initiation 9° que contre les corps savants de l’époque. Après, c’est cet extraordinaire aventurier Joseph Balsamo connu sous le nom de Cagliostro, tour à tour alchimiste, magnétiseur, fondateur d’une Grande Loge Maçonnique dont il se dé clara le Chef suprême sous le nom de Grand-Copte, dépo sitaire des antiques secrets de la Sagesse égyptienne, pour enfin finir misérablement dans les prisons de l'inquisition romaine.
Puis après viennent les véritables créateurs scientifiques du magnétisme, les frères de Puységur avec les « Sociétés de l’Harmonie », le chevalier de Barbarin, le docteur Pétetin, l’abbé Faria, Deleuzé, Du Potet, etc...
Le volume se termine enfin par une courte étude sur le somnambu lisme et le sommeil provoqué, qui servira ainsi d’amorce au4e volume consacré à l’hypnotisme et au merveilleux contemporain. * ¥ * Docteur Encausse (Papus). — Précis de Physiologie à l’Usage des Magnétiseurs, des Masseurs et des gens du Monde. Cours professé à VÉcole pratique de Magné tisme et de Massage, i vol. relié toile de 226 pages, avec Portrait de l’Auteur et 54 figures.
Prix 5 francs, à la Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri. Paris. Le Précis de Physiologie, qui est le Cours de Physio logie professé pendant seize ans à VÉcole pratique de Ma gnétisme et de Massage, par le docteur Encausse (Papus), est impatiemmeni attendu depuis longtemps, non seule ment par les élèves de VÉcole, mais aussi par les gens du monde, qui ont de plus en plus besoin de connaître les éléments des sciences officielles.
On sait avec quelle étonnante facilité l'auteur impro vise ses Cours et ses Conférences; on sait également com bien il est facile à comprendre dans ses démonstrations, grâce à son langage simple et familier.
Les ingénieuses comparaisons qu’il emprunte souvent à la mécanique et au mécanisme des faits connus de tous, font admirable ment comprendre la constitution et le fonctionnement de l’organisme, c’est-à-dire ce que l’on est convenu d’appeler la Physiologie.
OUVRAGES NOUVELLEMENT PARUS gi Le plus grand nombre des professeurs et des confé renciers n’écrivent généralement pas comme ils parlent. En écrivant, ils recherchent les qualités du stvle; ils corrigent leur composition en la relisant, et suppriment les répétitions — qui ont pourtant, par elles-mêmes, une très grande importance pour achever de graver dans la mémoire les démonstrations du professeur.
C’est ce qui fait qu'en général, les auditeurs d’un Cours parlé comprennent plus facilement que les lecteurs de ce même Cours qui a été écrit spécialement pour être lu ; car, en parlant à ses élèves, le professeur qui sait se mettre à leur portée, se rend compte que telle ou telle démonstration, pour être bien comprise, doit être expliquée plusieurs fois, et sou vent de plusieurs manières différentes.
Pour obvier à cet inconvénient, et laisser au lecteur du livre tous les avantages du cours improvisé, les leçons du professeur Encausse ont été minutieusement recueillies par un habile sténographe.
Les comparaisons simples et ingé nieuses qu’il fait à chaque instant pour bien se faire com prendre, son langage familier, dans un style simple, presque enfantin, ses répétitions et jusqu'à ses défauts de classement dans l'ordre régulier des matières qu'il traite, tout a été respecté, de telle façon que le lecteur en lisant ce Précis apprendra la Physiologie avec la même facilité que s’il assistait au Cours parlé du professeur.
Cinquante-quatre figures, dont le plus grand nombre sont la reproduction des schémas familiers à l’auteur, qu'il dessine au tableau, achèvent de faire du Précis de Ph)‘siologie un véritablé traité populaire qui permettra l'étude du fonctionnement de l’organisme humain à tous ceux qui le désireront.
OUVRAGES NOUVELLEMENT PARUS M. Lafuma lauréat de l'institut vient de terminer la publication de l'ouvrage considérable qu’il avait entrepris de la traduction du Zohar nous ne saurions trop recom mander cette œuvre considérable à tous les étudiants sérieux de l'occulte.
★ * * 92 l’initiation Comment on devient Hypnotiseur. — Librairie nouvelle populaire. 76 R. de Rennes o fr. 75. ★ * * * Contributions à l’étude de certaines facultés cérébrales méconnues, par le D. W. C. de Sermyet, Félix-Alcan, 108 Boulevard Saint-Germain. 7 fr. 5o.
REVUE DES REVUES La Repue spirite attire tout particulièrement l’attention de ses lecteurs sur un fait médianimiqueque lui a rapporté Mme Bardélia, le célèbre médium, et qui offre un haut intérêt.
II y a trois ans, Mme Bardélia, se trouvant de passage à Saint-Pétersbourg, fut invitée par le directeur de l’IIôtel de France, où elle était descendue, à lui accorder une séance de table, (coups frappés), afin, disait-il, de forcer une conviction encore très indécise, La réunion eut lieu, et le même jour, à 4 heures de l’après-midi, on commença la séance.
M. R... (le directeur de l’Hôtel), pensait à l'esprit de son père mort récemment, et désirait ardemment obtenir une communication de lui. Aussi, sa déception fut-elle grande lorsque, les premiers coups donnés en s’aidant de l’alphabet, le prénom qui sortit fut tout autre que celui auquel il avait songé.
Le nom de famille suivit et M. R... sursauta d’étonnement: « C’est le nom de mon meilleur ami, s’écria-t-il ; mais, il n’est certainement pas mort, il est employé dans un hôtel de Moscou, et j’ai eu de ses nouvelles tout dernièrement ». Mrne Bardélia, non moins étonnée que M. R..., pria l’entité de s’expliquer.
Les assistants obtinrent alors cette étrange réponse : « Je ne suis pas mort, mais dans le coma ; je mourrai cette nuit. » M. R... demanda: « Es-tu dans ton hôtel? » On lui répondit: « Non, hôpital ».
REVUE DES REVUES 93 La table étant redevenue muette, M. R... s’empressa de téléphoner à Moscou afin d’être fixé sur ce qu’il venait d’entendre. Il revint une heure après, très impressionné. De l’hôtel où il avait téléphoné, demandant à parler à son ami, on lui avait répondu que celui-ci, en proie au délire et mourant, avait été transporté à l’hôpital le matin même, où l'on croyait qu’il ne passerait pas la nuit, ce qui se réalisa en effet.
Nos lecteurs ont sans doute remarqué qu’ici, et c’est ce qui donne un caractère spécialement étrange et émouvant à cette communication, ce n’est pas l’esprit d'un mort qui s'est manifesté par la table, mais celui d’un homme vivant encore, quoique bien près du trépas. L’Écho du Merveilleux nous donne, sous la signature de M. Jules Bois, un article intitulé: Un grand guérisseur en Belgique.
Il semble que cet écrivain, qui est aussi un érudit, s'attache de plus en plus au scepticisme, non en ce sens qu'il n'éprouve pasle besoin de constater des faits extra ordinaires et qu’il nie ceux qui se produisent, mais parce que, uniquement par plaisir et à dessein, il leur donne une interprétation qui en atténue la portée et en change totalement le caractère.
Autrefois, si nous ne nous trom pons, nous l'avons connu plus apte à accepter comme certaines les causes de phénomènes, inexpliqués souvent, mais indiscutables pour un esprit tel que le sien. Aujour d’hui, il doute, et il veut trouver à ces mêmes phénomènes une raison d’être plus rationnelle et moins solide: c'est son affaire.
Mais il fait erreur en allant jusqu’à affirmer à qui veut l’entendre que «c'est la foi qui guérit. » Ce qui revient à dire, dans la secrète pensée de M. Jules Bois, que le guérisseur redonne la santé non à un malade, mais à un auto-suggestionné. Il ne veut pas reconnaître que lorsqu’un homme opère une guérison, c’est qu'il s’échappe de lui, réellement, objectivement, une vertu qui guérit.
11 serait facile, par ce procédé, de réduire à néant les miracles pourtant authentiques du Christ. Comment M. Jules Bois peut-il prétendre, ne fut-ce
l’initiation 94 qu’une seconde, qu'un jeune enfant, difforme, incapable de marcher, rachitique, en un mot, s’électrise et se mette à courir au contact de la main du père Louis Antoine — c’est le nom du guérisseur belge — s’il ne sort pas de cette main une vertu curative? L’auto-suggestion par la foi d’un petit garçon, en admettant qu’un enfant puisse se sugges tionner, ne peut produire un pareil résultat.
Un magnéti seur lui-même n’aurait pas assez de son pouvoir pour faire agir de pareils membres, et Al. Jules Bois veut qu’ils fonc tionnent par suggestion !
Tout observateur non prévenu est bien obligé d’avouer, dans le cas présent, que si le guérisseur redonne la santé, c’est par une cause effective, qu’il ne nous appartient pas d’analyser ici, mais qui émane du thaumaturge et, en s’extériorisant, produit réellement, objectivement, comme nous le disions plus haut, un effet curatif dans l’organisme malade.
M. Jules Bois, en manière de conclusion, insinue que Charcot, se basant sur le système de « la foi qui guérit », envoyait à Lourdes des malades désespérés chez qui il avait découvert « cette faculté de croire, vraiment efficace et capable de guérir, surtout si elle est aiguisée par le con tact d’autres convaincus. » Il ne nous reste plus alors qu’à demander à M. Jules Bois pourquoi, d’après les annales catholiques, tant de malades non croyants trouvent la guérison à Lourdes.
Ils n’ont pourtant pas « la foi qui guérit », ceux-là ! La même Revue, par la plume de M. George Malet, qui aime aller chercher dans les brumes du passé — ou plutôt, dans les mers du passé — ses sujets merveilleux et mytho logiques, nous raconte la touchante histoire d’une jeune sirène qui vivait en l’an de grâce 1823.
Elle fut apportée à Londres, et la Société Royale des Sciences de ceite ville, désireuse de voir si elle pourrait se reproduire, voulut la marier. Singulière fiancée que celle qui desinit in piscem. Mais elle avait un joli visage et des yeux! Des yeux vert d’eau... On lui trouva un futur dans la personne d’un jeune débauché qui, las d’avoir la bourse plate, consentit contre la forte somme à ce mariage bien assorti.
Mais la sirène, qui était une fille sage et vertueuse, mourut avant son union, tant elle avait de répulsion pour un homme
REVUE DES REVUES g5 perdu de vices et dont l’haleine empestait la boisson. Pauvre sirène ! ♦ » » Un Missionnaire, c'est ainsi qu’est signée dans la capti vante revue Le Voile d’Isis, un très intéressant article qui a pour titre : La Messe et les anciens sacrifices. C’est une sorte de parallèle entre le sacrifice chrétien du Corps et du Sang de Jésus-Christ et ceux de l’antiquité païenne.
L’au teur y découvre diverses ressemblances : Les mouvements et les gestes de l’officiant trouvent leur origine dans les temps les plus reculés; les brahmanes et les bonzes les observent. Le plain-chant est un souvenir de l’incantation magique.
Comme dans les sacrifices anciens, les quatre formes de la vie terrestre y sont sanctifiées : L’élément terre, par l'hostie; l’élément eau, l’élément air, représentés par le vin; et l'élément feu, par l’encens.
Il y a encore dans ce travail bien d’autres remarques intéressantes à faire, mais la place nous manque pour les indiquer. ★ * * La Vie Mystérieuse, fidèle à son programme, se plaît à faire suivre de légendes qui vous font courir des frissons dans le dos, une étude approfondie de M. Durville sur les Théories et Procédés du Magnétisme, étude qui renferme une doctrine très serrée à laquelle l’auteur mêle des faits servant à appuyer sa thèse.
Parmi les légendes à frissons qui forment la partie fan tastique de la Vie mystérieuse, nous remarquons celle de la Dame Blanche. Cette dame, sinistre fantôme, se mon trait en Allemagne, dans les siècles passés, chaque fois qu’un événement triste et important allait se produire, comme la mort, en 1667, de la princesse Louise-Henriette.
La Dame Blanche (La Weisse-Frau) avait été aperçue glis sant mystérieusement dans les galeries du château; trois jours après, la princesse mourait. On assure que la Dame Blanche apparut à Napoléon Ie? pendant son séjour au château de Bayreuth, et le grand empereur la craignait plus qu'une armée de Cosaques. Ghimel.
l’initiation APPAREILS D’OCCULTISME Boules hypnotiques. — Miroirs hypnotiques. — Disques d’entrainement. — Appareil système frontal. Planchettes à médium extra-légères de tous modèles. - Couronne aimantée du I)r Encausse.
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