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PW'.'CZ MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION LE & '■ VOLUME. — 24“ ANNÉE XJ" S PARTIE PHILOSOPHIQUE L'Ange de rArchéomèlre ........ Gravure. Jésus de Nazareth et J Esotérisme (p. tq3 à 209). Papus. Expériences magiques d'Eliphas Léri. avec au tographes et gravures fp. 2 ¡0 à 218). . . . Doctrine des Druides sur l'Au-delà (p. 2193224). A. Erny. L'Alchimie psychique, suite (p. 225 à 240) . . Sédir.
Impressions sur le mécanisme expérimental des visions (p. 241 à 246).................................................................... • . Burgsthal. La retraite de Léon Tolstoï (p. 247 à 25o) . . Pierre Abran. La Médecine et l'amélioration de l'homme (p. 25i à 255).............................................................................................................................................• Raoul Gauchat.
Astronomie et conscience (p. 256 à 209) . . . Marius Tirât. SECTION ARCHÉOMÉTRIQUE L'Archéomètre et la fête de Noël (p. 260 a 263). St-Yves d'Alveydre. Mesure du temps che\ les Indous (p. 264). . .
Ordre Martiniste. — École supérieure libre des sciences médicales appli quées. — L’affaire Lalloz. — Faits miraculeux communiqués par Saltzmann.— L’œuvre conciliatrice de l’universalisme.— Prédictions de Mme Nau. — Société d’études psychiques de Nice. — Confé rences de Scdir. — Bibliographie. — Revue des Revues. — Musée Saint-Yves d’Alveydre. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 5, rue de Savoie, à Paris-VI0.
Téléphone — 816 09 Tout ce qui concerne l’Administration : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adressé à la Librairie Générale et Internationale G. FICHER PARIS — 4 et 6, Rue de Savoie, 4 et 6 — PARIS . z a c na ». »m francs pour la France. Le numéro : 1 fr. 25. — Un AN f r ( 12 francs pour 1 Etranger
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui son* l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dan . le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme e- suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L'Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des Anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’wn même ésotérisme caché au fondée tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement phvsiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l'initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent 1’arbitrage contre l'arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune.
Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. , La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits.
Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. L*Initiation paraît régulièrement à la fin de chaque mois et compte déjà vingt années d’existence. — Abonnement : io francs par an. (Les collections des huit premières années sont absolument épuisées.)
L’ange de l’Archéométre. LA MARQUISE DE SAINT-YVES née le jour de Noël.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. Jésus de Nazareth et ['Ésotérisme(l) (1) Nous republions dans notre « Numéro de Noël » des réponses antérieurement faites à des questions toujours d’actualité. — N. [). L. R. i° La personnalité de Jésus a-l-elle existé sur terre ? Supposons que nous parlions à des profanes pour lesquels il faut des preuves de plan physique ; car il est impossible à un initié digne de ce nom de nier ce qui illumine le plan divin, autant qu’il est impos sible à un non-aveugle delà terre de nier le soleil. Nous allons donc faire appel aux preuves histo riques et nous nous efforcerons d’être plus difficiles que les plus exigeants des critiques. On a réfuté, avec raison, un article de Mme H.-P. Blavatsky sur la personnalité de Jésus, dont elle niait l’existence physique. C’est à la suite de cet article que j’ai eu le plaisir de faire la connaisance de cette femme extraordinaire qu’était Mme Blavatsky et que j’ai eu 13
194 l'imtiation l’occasion de discuter de longues heures à ce sujet avec elle à Londres. ant étudié l’ésotérisme chrétien avec un moine du mont Athos, Mme Blavatsky a parfaitement posé la différence des deux principes Chresios et Christos qui sont une des clefs de cet ésotérisme.
Mais elle raison nait autant avec ses passions qu’avec des arguments, et la discussion courtoise que j’ai eue avec elle venait justement de ce fait que, comme martiniste, j’avais sur le Christ des opinions tout à fait différentes de la plu part des membres de la Société Théosophique d'alors.
Or, pour affirmer l’existence de la personnalité du Christ, nous allons éliminer, en tant que critique : r i° LesEvangiles, dont nous ne tiendrons pas compte au point de vue critique pour ce sujet, alors que nous les considérons comme la lumière vivante pour tous les autres ; r 2° Les théologiens et les Pères de l’Eglise avec tous leurs arguments métaphysiques ; 3° Les œuvres des gnostiques et de tous les chré tiens intéressés à soutenir l’existence terrestre du Verbe.
Qu’est-ce qui nous reste ? Les œuvres des païens et celles des ennemis du Christ : les Juifs. On peut citer Josèphe (p. 67), Tacite (p. 69), Sué tone (p. 70). S’appuyant sur ces auteurs, on peut affirmer l’existence terrestre de Jésus. Ce sont là des arguments sérieux ; mais il ne faut pas oublier que cer tains critiques de mauvaise foi ont prétendu que ces passages étaient interpolés !
JÉSUS DE NAZARETH ET LÉSOTERISME iç5 L’interpolation est un argument très usité dans les académies. Je ne me rappelle plus quel était l’égypto logue qui, ne pouvant pas expliquer avec son système un hiéroglyphe, alors 'que tous les autres du monu ment s’expliquaient facilement, se demandait si ledit hiéroglyphe n’était pas interpolé? Une interpolation gravée à io mètres de hauteur sur un obélisque! Comme cest beau !
Or, je signalerai un texte peu connu qui ne peut pas être considéré comme interpolé puisqu’il ne figure que dans les œuvres des ennemis de Jésus : les Talmudistes, et que ledit texte se réfère uniquement à une question de jurisprudence.
Voici ce texte : «Talmud de Babylone(Synhédrin, p. Ô7),Talmud de Jérusalem (Sanhédrin, VII, XVI, p. 26) traitent de ce mode de ce témoignage dans les procès criminels et, en les représentant comme loi traditionnelle, ils citent seulement le procès de Jésus dans lequel il a été mis en usage. » (Graet{, Sinaï et Golgotha, p. 338, cité par Hippolyte Rodrigues, le Roi des Juifs, p. 245.) Ce texte a une importance capitale, car il prouve péremptoirement l’existence du personnage qui a été l’objet de cette jurisprudence toute spéciale.
Outre ce document, il y a celui sur lequel s’appuie Eliphas Lévi qu’on croit essénicn. C’est un livre écrit par les rabbins de la synagogue contre le Christ et il s’appelle « le Livre de l'imposteur », Sepher Toldos Jeschouah. Il est tout à fait pharisien et absolument antichrétien. Toutes les histoires ignobles et les ca lomnies portées contre Jésus et sa famille sont puiig6 l’initiation sées dans ce recueil.
Mais, tout mauvais qu’il soit, il affirme, de par le témoignage des ennemis mêmes du Christ, deux faits importants : i° L’existence en tant qu’individu du Christ : 2° La réalité de ses miracles.
En résumé, si nous abandonnons aux critiques les Évangiles, les théologiens, les Pères de ¡’Eglise et les gnostiques ainsi que tous les chrétiens, il nous reste la preuve absolue de l’existence historique de Jésus fournie : ie Par les païens; 2° Par les rabbins contemporains ; 3° Par le Talmud. Cela nous suffit. ★ * 4 2° Jésus est-il un homme évolué ou le Verbe in carné ?
Dans toutes les écoles rattachées de plus ou moins loin à la tradition orientale et, par suite, non chré tienne, de même que dans beaucoup de centres pytha goriciens, on dit aux néophytes ceci : «Tout homme possède en lui une étincelle divine venue du Logos ou Verbe divin. Il suffit de dévelop per cette étincelle pour devenir Christ. Jésus a fait ainsi et il est un homme évolué à son maximum. Voilà tout ».
On dit aussi que c’est en Orient que Jésus aurait été chercher un centre capable de lui développer son étincelle divine. A notre avis, et d’après tous les renseignements des
JÉSUS DE NAZARETH ET l’ÉSOTERISME 197 véritables Rose-Croix et des Fraternités occidentales, c’est une erreur. Pour les Hermétistes illuminés comme pour Jacob Boehm Swedenborg et Claude de Saint-Martin, Jésus est le Principe-Verbe involué, c'est-à-dire venu en chair et non pas une chair humaine divinisée.
Leur opinion, outre le résultat des visions directes dans l'invisible dont nous ne parlons pas ici par principe, est établie sur ce fait que, seul de tous les révélateurs venus sur terre, Jésus a passé à travers la mort et est revenu dans le même corps qui avait subi la mort terrestre, montrant ainsi le néant des terreurs humaines concernant ce passage d’un plan à l'autre.
Ni Bouddha, ni Moïse, ni aucun de ceux qu’on a voulu mettre en parallèle avec le Réparateur et qui étaient, eux, des hommes évolués, aucun de ceux-là n’a pu franchir la porte des morts et revenir dans la même enveloppe charnelle.
Par la réincarnation, par la substitution des corps, il est possible de continuer une vie physique comme le fait le Dalaï-Lama; mais le principe del’existence peut seul animer de nouveau un corps blessé et torturé, car il ne s’agit pas ici d’une léthargie volontaire comme ont essayé de l'insinuer les critiques déconcertées par cette résurrection.
Le fait énoncé, il est nécessaire de parler de cette objection que l’Absolu ne peut pas se particulariser et que le Verbe ne peut s’incarner dans un point de l’espace et dans un cycle du temps. Cette objection aurait peut-être quelque valeur si le temps et l’espace, tels que les conçoivent les hommes incarnés, existaient par l’Absolu et si Jacob Boehm
l’initiation 198 lui-même n’avait pas insisté pour expliquer que tout ce qu’il décrivait avec les formes de temps et d’es pace terrestres ne s'acomplissait sans aucun de ces facteurs en l’Absolu. Le Verbe peut venir manifester son Principe dans un point de l’espace sans cesser en rien d’être en FAbsolu, puisque ce point particulier se confond à tous moments avec lui-même.
Claude de Saint-Mar tin a consacré bien des pages à montrer que l'homme de chair matérialisé par la chute de l’Adam Kadmon ne pouvait être réparé en son essence que par un Principe non humain venant se fondre avec sa nature. Et par cette fusion, le Principe accepte toutes les con ditions d'existence terrestre, y compris l'oubli du plan divin et l’angoisse de l’abandon du Père.
Pour bien résoudre ce problème, il faudrait savoir si un seul corps physique suffit à la force et à l’activité d’un homme, et cela, nous ne le savons pas. Nous répon drons plus tard à l’objection tirée de l’histoire de Krishna, objection dont l’archéomètre de Saint-Yves d’Alveydre montre toutes les clefs.
A l’école de Lyon, le docteur Philippe a fait l’expé rience suivante pour montrer l’inanité du temps et de l’espace dans un certain plan : il a fait tirer un coup de fusil vers un arbre où il n’y avait rien et un oiseau qui se trouvait assez loin derrière le tireur a été at teint comme si on avait tiré dans le sens diamétrale ment opposé.
Le même maître m’a permis, lors d’un de mes derniers voyages, de faire toucher à une jeune fille le front de sa sœur malade qui se trouvait à 2 ki lomètres de distance et de la guérir par ce procédé.
JÉSUS DE NAZARETH ET iJÉSOTERISME 199 Cette action au loin est connue de beaucoup de ma gnétiseurs et c'est un pouvoir des plus rudimentaires. Sa théorie est seule intéressante pour le sujet qui nous occupe. ★ ¥ ¥ « Jésus a-t-il une existence métaphvsique ou est-il un Principe vivant et actuellement agissant par rapportà nosactions terrestresetà l'histoiredespeuples?
Beaucoup de personnes se figurent le Verbe comme un Principe placé au-dessus des nuages, auquel en parle rarement en se mettant à genoux et en lui di sant des paroles qu’on récite par cœur sans les penser et surtout sans vérifier si elles correspondent bien à nos pensées.
D'autres, fréquentant assidûment les églises, pensent qu’il a délégué, depuis sa venue sur terre, tous ses pouvoirs aux prêtres et particulièrement aux prêtres catholiques et que désobéir à ceux-ci, c’est désobéir à Dieu. Enfin, les esprits plus éclairés ad mettent bien une action du plan divin sur les bonnes actions et les bonnes pensées, mais ne vont pas plus loin.
Le lecteur studieux devrait avoir commenté Tou- % vrage de Lacuria sur les Harmonies de l'Etre ex primées pa?' les nombres ». Il y aurait trouvé des éclaircissements très importants sur la Personnalité de Jésus. Il y aurait vu surtout que le Verbe créateur est un Principe intimement lié à toutes les manifes tations vivantes de la nature et que rien, dans aucun plan, ne recevrait la vie sans un sacrifice permanent
200 l’initiation du Père, rien ne recevrait la faculté d’action et de ré flexion créatrice sans un sacrifice permanent du Verbe, et rien ne recevrait la lumière de la sensibilité et de l'intelligence sans une action constante de l’es prit divin.
Et qu'on ne vienne pas ici nous accuser de pan théisme, car ces actions et ces assistances du divin se font en dehors de sa personnalité propre, comme la mère qui allaite son enfant n’est pas forcée d’être l’intelligence de cet enfant, tout en lui donnant la vie et la faculté de croître.
Il découle de là qu'être chrétien ce n’est pas seule ment écouter un prêtre ou un pasteur une fois par semaine et faire consciemment mourir ses frères par la faim ou par la calomnie les six autres jours. Ce n’est pas non plus marmotter des prières en faisant les yeux blancs dans une église.
C’est vivre effective ment les enseignements du Christ écrits dans la lu mière invisible de la terre depuis sa création et c’est les vivre autant individuellement que socialement. La femme du peuple qui n’a qu’une soupe et qui la partage avec les enfants de sa voisine qui crient famine est plus chrétienne que la mondaine, qui va écouter la messe pour montrer une belle toilette et qui donne un sou en sortant au pauvre officiel de l'église.
Et comme tout est vivant, nos actions comme nos pensées et nos désirs, l’enfant de la femme du peuple, s’il est malade, sera guéri à la moindre demande, tandis que l’enfant de la mondaine sera presque im possible à sauver malgré les neuvaines, les bénédic201 JÉSUS DE NAZARETH ET L ESOTERISME tions d’évêque et les consultations des professeurs de médecine.
Car le Principe qui est incarné en Jésus de Naza reth n'a pas quitté le plan physique, qu'il soit terres tre ou autre, et il est toujours là pour guérir la femme du peuple qui, ne sachant rien du tout, vient toucher son vêtement. Il en est de même en social. Un peuple qui en égorge un autre est un cambrio leur social qui assume une responsabilité terrible devant la vie principe.
Mais les peuples qui laissent égorger le faible sans intervenir sont aussi coupables presque que l'assassin, et chacun des habitants de ces peuples sera responsable dans sa santé, dans celle de ses enfants et dans sa fortune, car le Ciel ne con naît pas l'hypocrisie qui se croise les bras derrière l'apathie des gouvernants.
Quand la guerre fera chez nous les ravages qu'elle a fait dans l'Afrique du Sud, il sera trop tard pour se plaindre, et c’est nous tous, Européens, qui l'auront voulu, en croyant gagner du temps et jouer un bon tour à son voisin.
« Que ceux qui ont des yeux pour voir » regardent et ils verront quel est le nom dans l'invisible du prin cipe qui a permis à une poignée de paysans chrétiens de résister aux soldats et aux canons des financiers d’Europe et de répondre par la clémence et la prière aux barbaries et aux blasphèmes des envahisseurs.
« Que ceux qui ont des oreilles pour entendre » écoutent dans l’invisible, et ils entendront la voix du Seigneur de la terre appelant les puissants et les forts au secours ou au jugement.
202 l'initiation Mais laissons Là ces choses ; nous avons voulu non pas démontrer, mais faire sentir l’action constante de ce principe. C’est un peu de la vie ésotérique réelle de Jésus. « Qu'est-ce que la vie ésotérique de Jésus et que peut-on dire sur sa vie non publique?
Quand la terre a été créée et est devenue capable d etre peuplée par l’humanité, chaque race a reçu la promesse d’une libération de ses chaînes et de ses voiles de chair —par l’intervention du principe créa teur. Claude de Saint-Martin a mystiquement exprimé ce fait par sa figure dans laquelle i représente Dieu, 4 l’homme et o la matière.
Dans l’invisible le nom du principe réparateur est écrit depuis la constitution de notre planète, et l'ar chéomètre de Saint-Yves d’Alveydre détermine exac tement que ce nom, dans toutes les civilisations, est celui de Jésus. Dans l’Inde, l’archéomètre nous montre que le Prin cipe s’est appelé Ishwa^ le Sauveur, d’où Ishwa-ra, le Sauveur-Roi, qui, plus tard, est devenu par analogie des contraires Shavi et Shiva.
En Égypte, il a été appelé Oshi, le Seigneur, Oshi-ri, le Seigneur-Roi. Les païens le connaissaient sous le nom de Laccos; et nous arrêterons là ces digressions pour ne pas être indiscrets vis-à-vis du travail admi rable que le marquis de Saint-Yves a mis au point pendant plusieurs années et qui constituera vraiment la clef du Verbe en action. Il était donc impossible à un véritable voyant ou à
JÉSUS DE NAZARETH ET l’ÉSOTERISME 203 un vrai prophète de n’importe quelle religion de lire dans « l’âme » invisible de notre planète, sans voir apparaître le nom du Sauveur, du Réparateur et de l'histoire de son sacrifice rédempteur. Chaque race a traversé son cycle d’initiation qui la conduisait à la connaissance de ces mystères du Verbe devant s’incarner.
Ce cycle comprend trois phases : i° La phase d’initiation instinctive par les voyants ; 2° La phase d’initiation cérébrale par les prophètes et les légistes; 3" La phase d’initiation cardiaque par un envoyé de l’appartement du Verbe, ou par le Verbe venu en chair. Enfin, hors du cycle, la reprise, par une autre ini tiation, des éléments qui n’ont pas été capables de participer à la révélation précédente.
Ces trois phases sont vraies parce qu’elles se repro duisent partout, même dans le développement du corps humain ou embryologie, où nous voyons l'ecto derme et l’endoderme naître avant le mésoderme, et le bras et la main naître avant l’avant-bras, ce qui indique bien que le cycle intermédiaire ou cardiaque naît le dernier, dans toutes les phases.
Si nous considérons seulement deux races : la jaune et la blanche, nous verrons que pour la pre mière le cycle instinctif est enfermé dans la période prévédique, le cycle intellectuel dans la période vé dique avec les lois de Manou (Manou-Nu ma-MinosMoïse-Emmanuel, noms divers de ce cycle), et le cycle de la révélation du Verbe dans la période de Krishna e-t du dernier Bouddha.
l’initiation 204 Dans la race blanche, le cycle de révélation directe a été celui des patriarches avec Abraham et Melchissedec, le cycle intellectuel celui de Moïse, et le cycle verbal celui de Jésus. Mahomet et l’Islam sont venus reprendre en sousœuvre les éléments placentaires de toutes les races, noires, jaunes, blanches, qui étaient désorbitées oi qui doivent rentrer plus tard dans le cycle du Verbe.
Nous jugeons inutile de montrer que chaque sec tion de race a vu se reproduire pour elle les lois géné rales, comme chaque cellule voit se reproduire en elle les lois embryologiques générales.
C’est le cas F pour les druides, les Etrusques, etc. C’est donc en ignorant l’existence de ces cycles et en confondant l’évolution d'une race avec celle d'une autre qu’on en arrive à chercher à établir un paral lèle ou une hiérarchie entre les divers révélateurs et à se disputer pour savoir si Manou est supérieur à Numa ou à Moïse.
C’est là une question absurde pour l’initié qui sait que le même principe, celui du Père, a envoyé ces diverses manifestations de son appartement. De même pour Jésus qui s’est révélé progressive ment aux diverses races, jusqu’au moment où il s’est manifesté en personne dans la race synthétique ou blanche.
Considérer Jésus comme un homme évolué jus qu’au centre verbal et ayant fait ce que d’autres ont fait ou ce que d’autres feront sur terre, c’est agir en philosophe profane, en amateur de Sophie plus que de Sophia, c’est faire de l’exégèse enfantine, car cela
JÉSUS DE NAZARETH ET l’ÉSOTÉRISME 205 conduit à enseigner mystérieusement que Jésus ayant réfléchi s’est réincarné pour venir diriger, dans un corps de jaune, une société d’Anglo-Américains. C’est de la dégénérescence et de l’enfantillage, car le Répa rateur de la race blanche n’a pas à involuer pour faire encore une œuvre antérieurement faite par un envoyé de son plan.
L'histoire nous montre, en effet, que chaque révé lation cyclique s’est faite en même temps pour toutes les races terrestres, car nous voyons un premier cycle manifester en même temps Krishna, le premier Zoroastre, Fo-Hi, Abraham et Sanchoniaton, un second cycle produire Foe (Sakya), le deuxième Zoroastre, Moïse et Orphée, et un troisième produire Son-Mou au Japon, Lao Tzée et Konz Tzée en Chine le qua trième Bouddha (Gautama) dans l’Inde, Daniel et Esdras chez les Hébreux, Pythagore en Grèce, et Numa à Rome.
Les historiens peuvent ignorer ces coïncidences, les Fraternités initiatiques les connais sent, et cela suffit. Seul le cycle de Jésus est personnel : aucun autre révélateur ne vient en même temps dans les autres races; quand le Roi vient lui-même, la multiplicité des ambassadeurs devient inutile. Que ceux qui ont les yeux et les oreilles ouverts regardent et écoutent dans l’invisible, et ils compren dront.
La lumière générée par Jésus dans « l'aura de l'Lïnivers matériel » est si grande, son action d'avoir ou vert un chemin aux Esprits dans les barrières zodia cales est si évidente pour tout « illuminé »que chaque
206 l'initiation race a voulu accaparer un peu de cette action, comme venant d’elle-même. De là, la prétention des jaunes que Jésus est allé s’initier chez eux ! Qu’ils racontent cela à des histo riens ou à des amateurs d’exégèse, mais pas à des membres d'écoles où l’on apprend à vérifier l’histoire dans l’invisible, où l'on réduit les affirmations des hommes vivant sur un seul plan à leur seule valeur terrestre.
La vérité est que les lois d’évolution sont person nelles à chaque race et que chaque race est attachée à un continent, dont elle suit les phases de vie et de sommeil.
Quand un continent s’effondre en Occident, un autre naît en Orient, et ce n'est pas pour faire seulement plaisir aux poètes que le soleil éclairechaque moitié de la terre séparément; c'est pour répondre d’avance aux prétendues révélations dites « ésoté riques » qui voudraient nous faire avaler des fois faites pour d’autres.
Oui, les jaunes ont été les initiateurs terrestres sous la conduite directe de Jésus : Iswha-Ra, il y a vingt mille ans, quand les noirs et les rouges, venant d’être supplantés par les blancs, naissaient à la lumière. Oui, à cette époque, l’Asie était la grande initiatrice et c’est sur elle que reposait le pôle magnétique de la terre. Mais, depuis, ce pôle s’est déplacé et, avec lui, le centre véritable de la révélation.
Est-ce une illusion ou est-ce de la magie noire, produite par cette « Loge - des invisibles »de bouffonne invention, que de croire que depuis les plateaux de l’Inde on a vu le pôle de
JÉSUS DE NAZARETH ET LESOTERISME 207 f lumière s’arrêter successivement en Perse, en Egypte, en Grèce, à Rome et en France? Il est dirigé en ce moment vers l'Amérique. Est-ce une illusion de croire que les Indous sont en période de Kali-Youg, d’âge noir puisqu’ils sont sous le joug des blancs et que leur pays est occupé par « les barbares d’Occident » ?
Et, comme le soleil n éclairé pas en même temps l’Orient et l'Occident, ainsi les lois d’évolution y sont dilhérentes. Nous sommes en évolution grâce au Christ, nous nous élevons vers la lumière et l’esprit à travers les meurtres, les guerres et les luttes, mais nous ne sommes pas soumis aux lois des jaunes, dont je respecte la sagesse et le musée intellectuel, mais dont je dénie absolument toute influence sur notre race.
Voilà pourquoi Jésus n’avait rien à faire chez eux. Le principe de toute forme, de toute lumière, de toute parole, n’avàit pas à aller reprendre contact avec son essence, à trouver les races antérieurement évoluées par lui. Il avait à parcourir les divers centres ter restres habités par la race blanche, et il l’a fait pen dant sa période d’existence, non encore révélée his toriquement.
Je n’ai pas le droit d’en dire plus long, car j’ai peut-être déjà été trop bavard, mais je serais heureux de voir ceux qui prétendent lire les clichés « kamamanasiques » continuer ma démonstration. Ils verront alors comment un Occidental peut avoir de vrais maîtres et comment il peut être chrétien sans être forcément clérical ni jésuite. J’ai tenu à développer assez longuement les raisons
208 l'initiation de mon opinion concernant les prétendues origines « orientales » du christianisme. 11 y aurait, comme complément de ces idées, à voir si l’influence de Jésus ne s’est pas continuée sur le plan physique par des esprits venus de son plan (ou de son appartement) d’une part, et par des humbles et des modestes incarnés, élevés jusqu'à lui par la voie de l’angoisse et de la douleur.
Nous aurions à voir ce que peut être un vrai chevalier du Christ en dehors de tout cléricalisme, et cela nous amènerait à voir pourquoi toutes les initiations de Rose-Croix ont un rituel strictement chrétien, bien que déclarant que le Pape est plus souvent la représentation de l’Anté-christ que de tout autre principe. Mais tout cela allongerait par trop cette étude.
Il est défendu à un soldat de laisser confondre les ennemis avec ses propres troupes, et il doit donner l’alarme, sous peine d’une grosse responsabilité per sonnelle. Aussi nous avons été forcé d’expliquer aux lecteurs de l'initiation nos idées bien nettes sur ce sujet brûlant... et vivant.
En terminant cette étude, nous tenons à déclarer que les idées que nous avons exposées nous sont personnelles et que, seul, nous devons en porter toute la responsabilité en dehors de toute société ou fraternité. L’Ordre martiniste tend à faire des che valiers du Christ ; mais il n’est pas dogmatique, et chacun y développe librement sa conscience et son cœur. Mais nos lecteurs doivent comprendre pour quoi ! Initiation, organe des fraternités chrétiennes d’initiés, n’aurait plus de raison d’exister si elle
JÉSUS DE NAZARETH ET l’ÉSOTERISME 20g ne cherchait pas de toutes ses forces à faire rendre au Réparateur, au Conducteur de l’Humanité \ers le Père, au Christ de gloire, l’honneur et le mérite qui lui sont dus dans tous les plans. En faisant cela, nous ne faisons qu'un peu de notre devoir, car nous n’avons le droit ni de juger, ni de condamner les contradic teurs, nous ne pouvons que les amener dans le plan de lumière, et le Ciel fera le reste. Papus. u
EXPÉRIENCES MAGIQUES d’Eliphas Lévi Nous avons en notre possession le carnet sur le quel Eliphas Lévi écrivait le résultat de ses expé riences quotidiennes. r Du 20 au 26 juillet Eliphas a fait des expériences de Magie pratique à Londres (Dans le laboratoire de Lord Lytton). Pendant ses expériences il a eu plusieurs manifes tations sensibles et il a vu apparaître Johannes (saint Jean) et Apollonius de Thyane. Eliphas a dessiné sur son carnet ces apparitions ainsique celle du Sauveur. Nous ne saurions trouver une meilleure occasion de reproduire pour nos lecteurs cette dernière et sainte Figure. Nous faisons précéder la gravure du récit autographié de l'expérience d’Éliphas Lévi.
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(Inédit de A. Erny). César nous apprend le premier que les druides enseignaient non seulement l’immortalité de l'âme, mais la transmigration de ces âmes.
Les corporations bardiques qui se maintinrent dans le pays de Galles, à travers les invasions successives des Romains, des Anglo-Saxons et des Anglais, sous la forme d’une espèce de franc-maçonnerie, conservèrent avec la ténacité celtique, les débris traditionnels des vieilles croyances druidiques. Et les triades bardiques tra duites par M. Pichet en sont la dernière expression.
Ce qu’il y a de curieux, c’est que le système drui dique et bardique n’oftre aucune trace positive des dogmes chrétiens. En effet, pas la moindre allusion ni à la trinité, ni à la rédemption, ni à la personne du Sauveur, ni aux traditions sacrées de l’Ancien et du Nouveau Testament; rien qui rappelle Jes idées du moyen âge sur l’enfer, le purgatoire et le paradis. Voici maintenant des extraits de quelques triades les plus intéressantes.
« Dieu est nécessairement trois choses; la plus grande part de vie, la plus grande part de science, et la plus grande part de force.»
220 l’initiation « Trois causes (originelles) des êtres vivants : L’amour divin (en accord) avec la suprême intelli gence; la sagesse divine, par la connaissance parfaite de tous les moyens ; et la puissance de Dieu (en accord) avec la suprême volonté.
« 11 y a trois cercles de l’existence : Le cercle de la région vide, où, excepté Dieu, il n'y a rien ni de vi vant, ni de mort, et nul être que Dieu ne peut le tra verser; le cercle de transmigration, où tout être animé procède de la mort et l’homme l’a traversé; le cercle de la félicité, où tout être animé procède de la vie, et l’homme le traversera dans le ciel. » Un écrivain anglais, Turner, a signalé la coïnci dence remarquable de ces cercles d’existence avec la disposition circulaire des vieux monuments drui diques.
Il y a trois états d’existence des êtres animés : L’état d’abaissement dans l'abîme, l’état de liberté dans l’humanité; l’état de félicité dans le Ciel. Trois phases nécessaires de toute existence par rap port à la vie; le commencement dans l’abîme; la transmigration dans Abred, le chaos qui renferme les germes de toute vie, et la plénitude dans le ciel.
Cette idée d’une région des ténèbres, qui sert comme de fond au monde des existences réelles et qui ren ferme la matière de toutes choses, se retrouve sur tout dans les doctrines gnostiques, dont le Butos ou ou A Bussos répond pour le sens à l'annonce des bardes. Trois causes de la nécessité du cercle d'Abred". le développement de la substance matérielle de tout
222 l’initiation être animé; le développement de la connaissance de toute chose ; et le développement de la force morale pour se délivrer du mal. Trois calamités primitives du cercle d’Aôrei/ : la nécessité, la perte de la mémoire et la mort. Pichet commente ainsi cette triade : Au point le plus profond, la nécessité règne exclusivement avec les ténèbres.
En arrivant à la connaissance de luimême, l’homme devient un être libre; mais il est voué à la mort et s’il ne s’est pas élevé assez haut pour échapper aux liens d'Abred, il ne meurt que pour y renaître sous une autre forme et en perdant la mémoire de son existence passée.
Cette mémoire des transmigrations accomplies n’est rendue à l’homme, que lorsqu’il a réussi à se délivrer du cercle d’Abred, et alors seulement il embrasse d'une seule vue rétrospective les divers termes de sa vie indivi duelle. Il est à remarquer qu’à peu de choses près, le sys tème d'Allan Kardec au sujet des réincarnations, sur la terre ressemble quelque peu au système druidique.
Une triade très importante est celle-ci : « Par trois choses, l'homme tombe sous la nécessité d’Abred (ou de la transmigration). L'absence d'ejfort vers la connaissance ; le non-attachement au bien; et rat tachement au mal. Si je ne me trompe, il y a un commentaire très curieux à faire de cette triade.
Le voici : L’homme n’est forcé de se réincarner, que s’il ne cherche pas à augmenter ses connaissances, s’il reste indifférent au bien, c’est-à-dire cultive l’égoïsme; ou s’il deDOCTRINE DES DRUIDES SUR L’AU-DELA 223 meure quand même attaché au mal. D'où il suivrait que ceux qui ont cherché à élever leur esprit et leurs connaissances, et ont évité de faire le mal, n’ont nul besoin de la réincarnation.
11 y a aussi à remar quer dans le système de transmigration des drui des de curieuses analogies avec la métempsycose des Hindous.
Autre triade curieuse : « Trois différences inévi tables entre l'homme, ou tout autre être, et Dieu : l’homme est limité et Dieu ne saurait l’être, l’homme a son commencement et Dieu n’en saurait avoir ; l’homme doit nécessairement passer par des change ments d'état successifs dans le cercle de Gwynfyd à cause de son impuissance à supporter l’éternité du Cengani.
Dans le cercle de Gwynfyd, dit M. Pichet, l’homme demeurera avec sa personnalité propre, et là il passeraégalement par des états divers d'existences déplus en plus heureuses (i) Le cercle de Cengant où toute existence d’un être fini s’anéantirait au sein de l’absolu, lui restera inabordable à jamais. Dieu seul y règne dans son éternité. Trois avantages principaux du cercle de Gwynfyd : absence de mal, absence de besoin, absence de mort.
Dans une autre triade il est dit aussi que l'homme recouvrera la mémoire primitive dans Gwynfyd. (i) Il est curieux à ce sujet de remarquer que le Christ a dit : Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon père, ce qui ferait supposer qu’il y a plusieurs cercles d'existence dans le Paradis.
l’initiation 224 De plus, les liens des affections pures et sacrées de la famille et de la société, toujours brisés par la mort, se renoueront dans Gwynfyd. L’amour éthéré ira toujours en se concentrant sur Dieu. En retrouvant mémoire de ses existences passées, l’homme ressaisira l’unité de sa nature personnelle. Autre triade importante.
Trois choses que Dieu a données à tout être vivant : la plénitude de sa nature propre; la distinction complète de son individualité; et l'originalité de son intelligence primitive par rap port à toute autre. C’est là ce qui constitue la person nalité propre et complète de chaque être... L'homme ne s’arrêtera pas dans une monotone éternité de bonheur.
Un champ indéfini d'activité in tellectuelle et de progrès lui restera ouvert dans l'étude inépuisable des œuvres de Dieu. La dernière triade clôt dignement la doctrine bar dique sur la vie future. Trois nécessités de Dieu : être infini en lui-même : être fini par rapport au fini : et être en accord avec chaque état des exigences dans le cercle de Gwynfyd. Cette doctrine, dit M. Pichet, n’a pu être créée par les bardes gallois du moyen âge. Tout dans ces triades, idées, fond et forme, indique une origine à part.
L’ALCHIMIE PSYCHIQUE (Suite.) LES TÉMOINS DE J.-C. Ce sont d’abord ceux qu’il a sauvés, ceux qu’il a guéris, ceux qu'il a jugés. Le Père semble, dans Son amour, prendre conseil de nous pour l'ordonnance de notre destin.
Dans l’esprit de l’homme, s’agite une foule qui tend vers l’idéal ses bras suppliants; nous désirons toutes les forces, toutes les candeurs, toutes les beautés ; nous crions vers la science, vers l’harmonie, vers l’amour : nos angoisses reçoivent leur apaisement dans la per sonne du Fils. De sorte que c’est nous qui Lui don nons le droit de nous juger.
C’est pourquoi il est descendu dans tous les do maines de la mort, en y apportant la Vie à ceux qui veulent bien la prendre. Ces derniers sont choisis d’avance par Lui, à chacune de Ses visites, en toute connaissance de cause; c’est de Lui qu’ils tiennent la faculté d’écouter, sans cesse, profondément, de toute leur attention ; c’est Lui qui prolonge en eux Sa Lu mière, jusqu’aux limites de leurs individus, jusqu’à l’acte. 15
22Ó l’initiation Cette vie qu’il dispense aux mourants, matériels et spirituels, c'est l’aspect compréhensible du Père, ré pondant à l’idéal de l'humanité ; c'est pour cela que Jésus s'intitule Fils de l’homme, et qu’il est le canon d’après lequel on nous apprécie, ou nous juge.
Si l’on considère le Verbe dans l’universel, I! en est la loi, et par suite II règle la marche des créatures ; si on Le regarde dans l’individuel, Il en est la perfection ; c’est donc d'après lui que se mesurent les progrès accom plis. Ces versets, que nous étudions, ne sont pas allégo riques ; ils retracent des phénomènes réels ; c'est d’ail leurs ainsi que les comprend la foi du charbonnier, et que le regard du voyant les vérifie.
Toute parole du Verbe est un acte; chacun de Ses actes est une parole. Écouter, c’est plus qu’une sensation auditive ; le mot entendu doit s’incorporer à notre esprit comme un morceau de pain se transforme en cellules orga niques; il faut, en cela, une parfaite maîtrise de soi, car tout parle autour de nous, et tout a des oreilles en nous.
Et si le bruit des éléments émeut parfois le voya geur jusqu'à déchirer des voiles dans son intime, combien plus la voix de Jésus, faite de toutes les har monies, palpitante de toutes les douleurs, sonnante de toutes les audaces, ne peut-elle pas faire jaillir la flamme qui couvait, presque éteinte, sous les cendres de nos vieilles idolâtries? Et voici vingt siècles que cette voix, toujours ac tuelle, nous adjure.
l’alchimie psychique 227 Aujourd'hui, personne ne mérite le titre de vivant. Notre existence est faite de mille morts, et nous n’y pouvons rien — sauf nous rendre accessibles à la guérison. Le corps meurt et renaît sans cesse, jusqu’à ce qu’il aille à la grande nuit, pour revenir ensuite où son Juge lui a donné l'ordre de reprendre le travail.
Chaque déception est la mort d’un de nos sentiments jusqu’à ce que notre cœur, ayant épuisé les cultes des dieux, se rende enfin au joug léger de son véritable maître Notre intelligence ne s’agrandit que par des morts innombrables ; dans les livres, il y a l’erreur de conception propre à l'écrivain, la trahison de la plume qui presque jamais n’exprime juste la pensée, l’incompréhension de l’étudiant qui mêle toujours son équation personnelle à l’opinion de l'auteur; les acquis cérébraux demeurent provisoires jusqu’à ce que nous soyons capables de regarder en face le so leil du vrai, l’auguste stature de Jésus.
Pour cela, il faut s'habituer à l’air de ce pays, soit sentir avec sin cérité et agir avec vérité : les erreurs et les illusions s’évanouissent alors d’elles-mêmes, comme les va peurs du marais au lever de l’aurore. Ce que nous appelons le mal, c’est tout de même une créature du Père. Quels sont les vrais morts, quels sont les autochtones des ténèbres, sinon les pé cheurs et les diables ? Et c’est surtout pour eux que le Christ est venu.
Ce sont des êtres consumés d’une ardeur dévorante ; ils sont affamés de tout ; et leur violence les revêt d’un éclat qui éteint les trop pâles vertus des honnêtes gens. Qui dompte le vertige des abîmes peut affronter le vertige des étoiles. Qui s’en
228 l’initiation fonce très bas dans le mal, pourra s’élever très haut dans le bien. Le Christ aux yeux doux va donc vers ceux-là.
Et ils L’assaillent, ils se revêtent de Sa robe, ils Lui arrachent Sa science et Son charme, ils Le traînent pour inspi rer la terreur autour d’eux : et Lui se laisse faire ; Il sait que les gouttes de Son sang qui arrosent ces révoltés vont agir à leur insu, Il sait que le parfum de Ses vête ments adoucira à la longue leur colère ; Il a l’éternité pour Lui. Ainsi la voix du Verbe ressuscite les morts.
Quant à notre vouloir, tout ce qui ne lui est pas une agonie, le diminue. Que je conquière, par exem ple, de vive lutte une place lucrative, si je m’y attache, j’en deviens l’esclave ; si je la dédaigne pour une am bition plus haute, je reste esclave en changeant de maître. Ainsi le triomphe de la volonté se célèbre par le total renoncement ; ce n’est plus la créature qui veut alors, c’est Dieu qui agit par ell-e.
Tels sont, en ébauche, quelques-uns des modes selon quoi le Verbe donne la Vie royale à ses tenants ; chacun d’eux la reçoit au complet, selon l’entière capacité de son esprit et même de son corps. Rien de ce que fait le ciel n’est tronqué ; ses faveurs aboutis sent toujours au plan physique, et il y aura réelle ment une résurrection des morts, une levée de pous sières, une réorganisation de squelettes et de tissus.
Nous connaissons un peu la matière ; c’est pourquoi la difficulté apparente de ceci nous effraie ; la conver sion d’un cœur est un miracle bien plus compliqué, mais il ne nous étonne pas, parce que nous ne savons rien de l’esprit de l’homme.
l'alchimie psychique 229 Retenez que la résurrection est promise à tous. Or, tout est partout; si les plans de la Nature, du créé, ne s’interpénétrent que dans certaines limites, dont les données de la géométrie à n dimensions nous procu rent un symbole, les plans de l’Esprit, les états du cœur humain, sont imbus d’une liberté pour laquelle il ne se trouve ni barrières, ni voiles, ni précipices. L’Enfer est donc partout où domine le moi.
Le Ciel est partout où règne le sacrifice. Et après les jugements, les êtres sont répartis selon leurs convenances individuelles et selon les conve nances, au milieu, en dedans ou en dehors de l’es-. pace, plus ou moins haut. Mais, à la fin, toutes les créatures seront admises dans les palais du Père.
Tout le monde peut devenir un auxiliaire du Verbe ; cette collaboration, qu’il sollicite de nous, constitue l’essence de notre travail, et porte avec soi sa récom pense; car Jésus est partout, Il revêt toutes les formes et les modes de Son activité se multiplient infini ment.
Rendez-vous compte que les pages les plus subli mes qu’on ait pu écrire et qu'on écrira jamais sur le Christ, ne valent que comme de très vagues approxi mations : c’est l’enquête de l’astronome qui tient une étoile au bout de sa lunette, mais qui ne peut rien savoir de vrai sur l’être de cette étoile.
Il est tout simple de dire : le Verbe est descendu sur terre et II y aide Ses amis; mais quel travail effrayant ces mots ne représentent-ils pas ! Qu’un empereur décide de remplir à fond tous ses devoirs, il lui est matérielle ment impossible de tout examiner par lui-même. Et
23o l'initiation Jésus fait cela non plus pour une poignée d’hommes, mais pour les peuplades sans nombre des créatures.
Purifier toutes les formes de la matière, remettre chacun à une meilleure place, rectifier les ordres des astres, des comètes et des événements, distribuer les sciences, les arts et les inventions, ouvrir des routes plus commodes entre les villages et les villes cosmi ques, guérir, répandre l’espérance, nourrir le dieu et le vermisseau, retenir les démons ou leur rendre la main, célébrer ces fêtes zodiacales qui marquent les périodes des cycles universels, combiner les nais sances et les morts, faire les semailles dans toutes les terres, dans tous les fluides, dans tous les esprits ; voilà le travail du Christ ; nul n’y peut suffire que Lui.
Car II n’œuvre pas de son propre mouvement; Il répète dans la Nature ce qu’il voit effectuer par le Père dans l'Absolu ; et par suite, Il ne violente aucune liberté; Il laisse les êtres agir, même de travers; Il se contente de les retenir quand ils glissent sur le flanc de la montagne : Son bras secourable se nomme l’ange gardien.
Quant à lui, Il ne veut pas avoir de volonté : c’est pour cela que tous Lui obéissent ; Il n’est pas curieux, c’est pourquoi la voix des choses ne peut pas ne pas Lui dire la vérité; et II aime toute créature, d’une tendresse égale et sapiente : en conséquence, Il a le droit de tout juger; sans cesse, Il remet de l’ordre dans cet Univers, sans découragement, sans colère, sans mépris. Voyez ici, une fois de plus, l’opposition radicale entre les procédés humains et les divins du savoir et de l’agir.
l’alchimie PSYCHIQUE 23 I Or, qui prouvera la légalité spirituelle de la mis sion christique ? En tant qu'homme, le divin mission naire subira la critique et la discussion ; en tant que Dieu, Son témoignage serait irrésistible, mais Sa ten dresse lui clôt les lèvres, pour ne pas écraser les in crédules. Jésus cite trois témoins.
Le premier est le Précurseur, dont les déclarations furent sincères puis qu'il les cimenta de sa pénitence et de son sang. En outre, elles étaient véridiques parce que si, en Israël, il ne se rencontra qu'une fois avec son Maître, son esprit L’avait accompagné bien souvent au cours de Sa lon gue et douloureuse descente. La voix du Baptiste s'adressait à la foule, en général.
Le second témoignage, c'est les œuvres que le Christ déclare avoir reçu du Père la puissance d'accomplir. Qu’Il enseigne, qu'il guérisse, ou qu’il prophétise. Il ne manque jamais de rendre grâces à Son Père, au préalable, — parce qu’il est certain de la réussite, — pour donner l'exemple, et pour souligner l’original de Son action.
Mais tous ne peuvent pas comprendre ce caractère de souveraine maîtrise que possèdent les œuvres de Jésus; Il est roi, Il n’a qu’à commander pour être obéi ; toute créature Le sert, toute force est malléable entre Ses mains. Maisla plupart des hommes ne voient pas la force de Sa parole; ceux-là seuls s’en doutent chez qui l’Amour a développé sa seconde vue. Le troisième témoin du Fils est le Père lui-même.
Cependant aucune créature n’a jamais entendu la voix de Dieu ni contemplé Sa face ; en toute créature il y a une racine ténébreuse qui ne pourrait subsister
232 l’initiation devant la Lumière absolue. Aussi Jésus invite-t-il ses auditeurs à rechercher le témoignage de Son Père r dans les Ecritures puisqu’elles transmettent les décla ration reçues par quelques privilégiés. Celte preuve s'adresse à l'intelligence ; c’est par elle que les Anciens recevaient de l’espoir, et quand la flamme intérieure vacille, c'est par elle que I’Esprit l'avive de son souffle.
Or, ce n’est pas pour une satisfaction personnelle que le Christ s’inquiète des suffrages humains: Il sait que ce que nous glorifions dans nos grands hommes, c’est nous-mêmes; sans nous douter que ceux-là que nous portons en triomphe deviendront bien des fois nos accusateurs.
Il sait que si nous ne venons pas à Lui, c’est par incompréhension ; le sens des choses du Ciel ne se développe dans le mental, puis dans le fluidique, puis dans le physique, que lorsque l’amour de Dieu existe déjà dans le cœur; et cette dernière flamme ne s’engendre que d’une trans formation de la charité. Ces chefs-d’œuvre de l’archi tecture intérieure sont le couronnement de très longs travaux, mais ceci n’est rien.
L’essentiel c’est de rendre possible la collaboration divine; comprenez bien qu'une plante ne vit que si elle a des racines; nos facultés, nos pouvoirs, nos vertus sont des graines, et leur sol nourricier, c’est cette existence terrestre. Ainsi contraignez-vous d’agir. Ne laissez aucune pensée, aucun élan, aucune intuition à l’état de rêve rie; donnez-leur corps, si ce n’est par l’action tout au moins par la parole ou par l’écriture. Un initiateur religieux ordinaire, un Krishna, un
l’alchimie PSYCHIQUE 2 33 Lao-Tse, un Bouddha, un Moïse, quoique dépassant de loin la stature commune, reste une créature, un être circonscrit. Le trésor qu’il apporte est donc limité, et réclame en échange des efforts de la part de ses bénéficiaires; c'est, peut-on dire, une transaction commerciale, un contrat. Si le fidèle, qui a reçu sa part, ne s'acquitte pas des devoirs qu'implique ce don, il est passible d’une pénalité.
Tandis que le Verbe apporte un trésor sans limites. C'est pourquoi quand il juge, il n’accuse pas; au contraire, les autres protagonistes religieux, qui ne sont, après tout, que des hommes, accusent mais ne peuvent juger. Aucune illumination n'est soudaine qu'en appa rence; regardez un à un les innombrables phéno mènes de la Nature, ils sont tous les résultats d'un travail occulte long et lent.
Seule, une descente du Verbe peut être parfois subite. Mais si toute la création avait compris le Christ instantanément, que d’êtres en seraient morts ! C’est pour cela que Jésus spécifie à Pierre que ce n’est pas les facultés naturelles qui lui ont permis de Le reconnaître, mais bien la grâce divine.
Cependant les catholiques ont eu tort de se préva loir si tôt de la promesse faite, à cette occasion, au chef des apôtres ; et les protestants ont également tort de la rejeter. Le Christ dit : « Je te donnerai les clefs du royaume»; pouvait-Il les confier à celui qui, quel ques jours plus tard, Le reniera ?
La fonction et le pouvoir qu’il promet à cet homme lui seront dévolus sûrement, mais plus tard, quand les matériaux de la véritable Église seront déjà rassemblés. Cette Église
l’initiation 2Û4 idéale n’existe pas encore; Jes sanctuaires de toutes confessions ont servi à trop de crimes pour que l’Esprit s’y puisse reposer. Et l’Église intérieure, prévue par certains Pères, par les Rose-Croix, par Lopoukhine, Swedenborg, Eckartshausen, n'est que la pré paration de l’assemblée sainte par quoi notre terre sera un jour une dépendance du Ciel.
Avant que les fondations de ce temple ultime pus sent être creusées, il fallait que le sol même en soit lavé, par le sang innocent du Prince très pur, par la mort de Jésus.
Avant qu'une planète soit rédimée, il est indispensable que tous les êtres qui la constituent et qui l’habitent, depuis ses abîmes souterrains jus qu’à ses cieux psychiques, reçoivent la visite de la Lumière; et celle-ci ne peut entrer dans les ténèbres sans souffrir; c’est pourquoi la vie de Jésus ne fut qu’une suite de douleurs bien plus nombreuses que le récit évangélique ne le dit, couronnées par le martyre de la Passion.
D’ailleurs, il est promis à Pierre d’être la base de cet édifice vivant, et non pas le sommet. Le fronton, tour le monde le voit ; il resplendit au soleil, et c’est bien ce que seront les successeurs temporels de l'humble pêcheur galiléen. Mais les assises, enfouies dans la terre froide et obscure, personne ne s'en occupe, et elles supportent cependant tout l’édifice.
Ne serait-ce pas là le vrai travail de ce robuste esprit, grâce à l’invisible dévouement duquel, pendant vingt siècles, tout ce qu’il y a de beau et de grand dans le catho licisme, a pu tout de même resplendir et se répandre, malgré les clergés avides et les prélatures orgueilleuses ?•
LALCHIMIE PSYCHIQUE 235 Je vous l'ai dit bien des fois, tout est vivant ; ce que l’on appelle abstractions, idées, psychismes, ce sont là par excellence des personnes vivantes. Toute forme terrestre est le vêtement d'un génie ; et l’être du Christ accueille tous les êtres.
Ainsi la fin de Sa mission n’est pas la douleur en soi ; Il a subi toutes souffran ces, connues et inconnues, pour nous apprendre de quelle façon il faut les recevoir, et pour que le génie universel de la douleur puisse, lui aussi, un jour, entrer dans le Royaume. * * * LA RENONCIATION Plus un esprit est vieux, plus il est vaste plus il est sensible, plus il souffre; à mesure qu’il approche de la purification finale, la lutte, en lui, devient plus dou loureuse; l’action, hors de lui, devient plus âpre.
Il semble que, comme le boulet que l’hélice des rayures fait tourner de plus en plus vite à mesure qu’il approche de l'extrémité du canon, l’homme sent s’exaspérer en soi toutes les résistances et toutes les énergies lorsqu’il touche à la seconde où, comme un projectile, il sera lancé des obscures prisons de la Nature, vers les radieux paysages du divin. Quand le travail s’intensifie, le courage doit s’exal ter.
Chez l’homme à qui le Ciel est sensible, toute épreuve est une joie dans l’intime, si elle est une souffrance dans ses organes; car chaque douleur est un pas vers l’idéal. C’est pour cela que Jésus, dont le
2 36 l’initiation cœur brûle, consumé parla passion du sacrifice, lan guit après l’heure du martyre; la mort physique et les affres morales qui doivent l’accompagner, ne sont à Ses yeux que les visiteurs passionnément attendus, qui Lui fournissent le moyen de parachever Son œuvre rédemptrice. Au vœu de Pierre que ces heures douloureuses n’arrivent pas, le Christ répond comme si Satan avait parlé.
Nos souffrances indiffèrent au Diable ; mais, pour amollir notre énergie, il essaie d'introduire une fausse compassion. Celui qu’on sait désigné pour accomplir une œuvre divine, ne doit pas nous faire pitié, mais envie; ce spectacle doit dresser en nous l’émulation, l’ardeur, l’enthousiasme.
Car si cet esprit, ce corps, cette intelligence ont reçu le noble privilège de la torture, soyez certains que leur âme est sereine, et sa flamme jette un éclat chaleureux qu’il faut que vous sentiez. Il est écrit : Bienheureux ceux qui souf frent. En vérité, la béatitude se rencontre parfois au mi lieu des tourments, car il y a en l’homme du naturel et du surnaturel.
Ainsi voilà une peinture correcte, soignée, savante, impeccable, c’est l’œuvre d’un homme de talent, c’est agréable à regarder, un élève peut y apprendre beaucoup; voici, à côté, quelques taches de couleur et quelques lignes : c’est à peine une ébauche, cela ne se tient pas, on a jeté cela en cinq minutes : et le frisson du beau vous passe dans la poitrine.
L’être de l’homme est ainsi : il comprend une quantité de rouages savants, délicats, d’un foncl’alchimie PSYCHIQUE 237 tionnement merveilleux, qui jouent sans heurts, que l'on peut analyser, étudier, et quelquefois reproduire ; muscles, nerfs et viscères, — fluides, électricités et sensations— idées, mémoire,raisonnement,— désirs, instincts, volontés, — bien d’autres mécanismes en core : tout cela tourne, marche, engrène, depuis le petit cercle de la vie vulgaire, jusqu'aux présences cosmiques qui siègent dans les étoiles; et tout cela devient, pour se parfaire, le sujet d’une douleur et d’une agonie.
Mais que passe un souffle de l’Esprit, la marche de ces machineries merveilleuses ne paraîtra plus qu’un jeu; toute souffrance perdra son angoisse et tout dé sespoir son déchirement, parce qu'il sera venu une pâle petite lueur, informe, sans gloire apparente, mais au travers de laquelle s’aperçoit le halo vibrant du radieux abîme de l'incréé. Voyez ici l’inestimable joyau qui repose au fond de nous.
Qu'importe toute pénurie, toute ignorance, toute persécution, puisque notre véritable Moi, vaut infiniment plus que les trésors des princes du Cosmos. Comprenez comme la science, le talent, le maniement des forces occultes, n’importe quelle prérogative ne sont rien en face de notre âme.
Tout dans cette Nature peut s’acheter;le plus borné des hommes aujourd'hui, sera peut-être dans quelques millions de siècles, — demain, — régent d’une cohorte planétaire. L'âme est seule libre, inconditionnée, indicible, sans prix, imperceptible, incommensurable. Enfants pusillanimes, pourquoi donc craindre de mourir? Soyez des hommes, en sachant jauger les
238 l’initiation choses à leur valeur; — ou redevenez des tout petits, qui n’ont peur de rien parce qu’ils ne connaissent rien.
C'est avec raison que les Brahmanes avaient attri bué le rôle de grand hiérophante à l’une des formes de Shiva le destructeur, et que Matthieu répète par deux fois le précepte de la renonciation : « La mort e^t l’initiatrice universelle. » Elle est le moyen fatidique du progrès; et cependant, malgré cette autocratie, un jour viendra où, nous aussi, nous la vaincrons. Il faut, tout de même ici, du discernement.
Si vous professez, avec le vieux LaoTse, que, le mépris d’une chose mettant l’homme au-dessus de cette chose, le mépris des efforts per sonnels doit rendre la volonté omnipotente, vous transposez dans les plans de l’orgueil spirituel, le précepte du renoncement. Nos psycho-physiologistes actuels en sont là.
Krishna donne une maxime plus saine en com mandant d’agir sans s’inquiéter du fruit des actes : l’orgueil est moindre ici, mais on y trouve une pru dence plus inquiète de se ménager un avenir sans trouble que d’aider les autres.
Le conseil du Christ est triple; il embrasse les trois périodes du temps, les trois pôles de toute existence, les trois modes de notre vie humaine, les adversaires intérieurs, les ennemis extérieurs, et la résistance de la matière. Le plus important, c’est d’abord d’arracher les mau vaises herbes; le diable ne s’attaque qu’à une élite; moins il y a de plantes vénéneuses, plus les bonnes graines ont de terre pour se nourrir.
l’alchimie PSYCHIQUE 239 « Si l’homme devient un néant pour les créatures et pour lui-même, Dieu s’y verse. » (Maître Eckart.) Subir les épreuves que nous nous sommes attirées par nos fautes antérieures rétablit nos rapports avec tous les êtres liés à nous; cela restaure la paix.qui est la condition indispensable d’un travail fructeux; cela donne une base solide à l’action proprement dite, par quoi on peut « suivre » le Verbe.
La complexité du composé humain est telle, en effet, que son perfectionnement a lieu par à-coups. Cette fois-ci, tel groupe d’organes s’améliore; une prochaine existence en purifiera un second groupe.
L’homme devient ainsi graduellement libre, dans chaque sphère dont il a supporté toutes les charges ; jusqu’au jour où, net de toute la souillure, riche de toute l’expérience, lavé par toute la douleur, il entre dans le royaume de l’autonomie parfaite. On ne comprendra jamais assez intimement que rien de nous-même n’est à nous.
Un homme se con sume pendant des mois à la poursuite de telle faculté, à la conquête de tel avantage : mais il ne possède ni ce pouvoir, ni cette suprématie; c’est ce après quoi on court qui nous tient; et nous sommes les esclaves des dieux de qui nous parvenons à nous faire en tendre. Et de plus, comment être certain de la pérennité de nos prérogatives ?
Celui que la Nature dote d’une belle intelligence et des moyens de l’enrichir, ne re çoit ce privilège que pour le progrès collectif, bien qu’il puisse de plus en retenir une joie personnelle.
l’initiation 240 Mais rien ne prouve qua sa prochaine incarnation cet homme retrouve sa cérébralité d’antan : les di recteurs des existences considèrent les ensembles; le favoritisme existe peu dans l’administration des âmes; la richesse et le pouvoir psychique sont mis entre les mains de qui peut en répandre les bienfaits sur l’humanité. Et quant au bénéfice individuel que l’on doit espérer pour une bonne gestion, le fruit de nos travaux se distribue à toute la Nature; nousmêmes, notre âme ne se voit attribuer, dans l’Absolu, que la lumière qu’elle a régénérée en accomplissant ces travaux avec une volonté pure et un cœur rempli d’abnégation. (A suivre). Sédir.
IMPRESSIONS SUB LE Mécanisme expérimental des Visions La vision, c’est la clef de voûte de l'œuvre d'art. C'est par elle que se développe l’immense clavier qui va de la sensibilité à l'imagination en passant par la raison, le cérébralisme et le symbolisme. Intégralement elle est l’àme de la pensée et la rai son d’être de l’artiste. Cependant, le voyant peut ne pas être artiste, mais l’artiste, lui, ne peut pas ne pas avoir de visions. La « voyance » et la vision sont deux « yeux » absolument opposés, parce que la voyance est objec tive, et la vision, subjective. Le voyant voit les aspects des choses en eux et l’artiste les voit en lui. Et c’est par la transposition de la vision en œuvre que l'artiste donne aux aspects des choses les stig mates de l’éternité. Que l’esthétique soit hindoue, égyptienne ou grecque, de l’Angelico, de Rembrandt ou de Durer, l'œuvre n’est d’aucun temps parce que la vision a subjectivement conduit les aspects des choses à la source d'éternité qu’est la pensée de l'artiste. 16
l’initiation 242 C'est par la vision que l’artiste pense. Et si, contemporainement, on ne pense presque plus, c'est que la vision n’existe presque plus ; et l'art en est réduit à mendier son pain au réalisme. Coteaux de l'Hymette : Roses d’Ispahan : Silencieux moustiers ! Castels austères : Ah ! qu’êtes-vous devenus?
L’aveugle du pont des Arts est plus qu’un sym bole. * * ¥ La vision physique, la plus sensible, la moins « vision », n’est que la reconstitution de l’aspect vu, par l'instantanéité de la compréhension cérébrale. Par le cerveau, équilibré des lois fondamentales et adhérentes au plan, la mentalité intelligente s’adapte à la pensée, en conception de la chose vue, par l'har monie des affinités qui sont en l’être.
Il est facile d'avoir la vision d’un aspect de choses vu. C’est une transposition par le sentiment qui donne à l'artiste une sorte d’originalité personnelle, sans plus. Parfois, la poésie intérieure illusionne l’imagina tion. Trop souvent, c’est un procédé conventionnel qui domine. ¥ ¥ L’impossibilité fréquente de la vision astrale vient
I ’.PRESSIONS SUR LE MECANISME DES VISIONS 243 du cerveau qui refuse de comprendre et de cohésionner les aspects des choses vus. On « voit » en astral par le développement des potentialités de l'œil astral. L’énergie motrice de ces potentialités est annihilée lorsque l’œil physique et les contingences dont il émane ne sont pas anesthésiées. C’est par le miroir magnétique du « vide », attirance irrésistible, que, peu à peu, se perd la conscience de la relativité des aspects des choses physiques et des lois qui en dé coulent ; Que le cerveau libre, libéré, neutre, conçoit les as pects des choses les plus inacceptables aux lois éta blies de sa constitution. Alors le monde astral s'ouvre. Ainsi, dans la vision astrale, la difficulté la plus grande pour fixer cette vision du monde des astres, est la compréhension de ce que l'être voit. Après l’anesthésie de l’œil physique, après que l’œil astral a « vu », il faut immédiatement renvoyer l’aspect vu, non plus au cerveau, mais à l’état per manent de conscience. Le cerveau, lui, y mettrait ses lois physiques et par cela modifierait la vision. L’état permanent de conscience, plasticité vierge, garde inviolée la vision. L’artiste alors, pour transformer sa vision en œuvre, va puiser son inspiration dans ce tabernacle. C’est le cerveau qui met tous les bâtons dans les roues de la vision. La stupidité de certains rêves n’a pas sa cause ail leurs.
l’initiation 244 Lorsque l'être sommeille, œil physique clos, ses principes supérieurs évoluent et voient dans les plans de vision adéquats à leurs affinités. L’œil astral, grand ouvert, prend comme point d’appui pour l’ordonnance de ses visions, ce qui sera plus tard le centre de conscience astrale cohésionné.
Au réveil, tout se disloque par l’intrusion du cer veau et des lois à lui assujetties. 11 s’ensuit des mélanges, des tiraillements d’affi nités. Bref, une vision hybride s’édifie, faite de morceaux d’astral cimentés de lois physiques, dont l’ensemble fait paraître le réveillé fou. * ♦ * La vision mentale est bien déterminée par l’abstrac tion cérébrale. C’est le cerveau seul qui agit par l'abstraction de lui-même contre les sens.
Et le cerveau a deux modes d’action : l’abstraction pure et la vision générale, l’abstraction relative et la vision particulière. L’abstraction pure d’où dérive la vision mentale généralisée, est l’abstraction en l’être cérébral, des idées allégoriques, pour ainsi dire plastiques.
Les visions mentales de la beauté, la bonté, etc... sont dénaturé abstraite pure, puisqu’elles embrassent tout ce qui peut-être beau, bon, etc... sans distinction particulière de telle ou telle qualité de beauté ou de bonté. L’abstraction relative d’où dérive la vision menIMPRESSIONS SUR LE MÉCANISME DES VISIONS 245 taie particularisée, est l’abstraction en l’être cérébral des idées caractéristiques, pour ainsi dire expressives.
Les visions mentales ont alors le point d'appui littéraire, le point d’appui d’un fait, d’un acte, même d’un sentiment comme fondamentales et elles n’en trent dans la généralité allégorique du fait, de l'acte ou du sentiment dont elles découlent, que par la vé rité de la vision et la justesse de l'expression. La vision mentale n’est encore que le reflet de la vision abstraite, parce qu’elle reste équilibrée malgré tout par des formes proches. Elle est à la fois très lointaine et très proche. Lointaine dans son essence abstractive.
Proche par les fondamentales expressives. « ¥ * La vision abstraite est celle qui s’accorde avec la conscience pure sans autre appui contingent. C’est, pour ainsi dire, l’au-delà de l’au-delà. Elle est la seule qui mérite le mot création, si toute fois créer peut se faire dans la relativité où sont les êtres. C’est elle qui transporte en notre cercle inférieur, les apports énergiques du cercle supérieur; et cela, par les symboles.
Elle ajoute à ce cercle inférieur, une vision, une expression, une vibration en dehors des lois de ce cercle, et qu’il ne peut à lui seul, ni concevoir ni réaliser. J’entends par cercle inférieur, les visions physi ques, astrales et même mentales. Les visions as246 l'initiation traies et mentales semblent un au-delà évidemment, mais c’est l’au-delà relatif encore.
La vision abstraite est l'au-delà absolu, puis qu’elle apporte par les symboles des formes, le côté permanent de la conscience pure. C'est la conscience qui s’exprime directement par la vision abstraite. Ces deux cercles, dérivés des deux principes, sont bien distincts lorsque l’examen les analyse. L’un, thème réincarnant, avec ses lois, ses dimen sions son temps rythmé, microcosme. L’autre... sa durée, macrocosme.
La vision abstraite vient de « l’autre ». 11 n’y a que l’être lui-meme qui sait si la vision est du cercle supérieur. il peut contrôler sa vision par le cérébralisme, si elle s'est édifiée par la sur-montée intellectuelle et l’identification de la compréhension à une vibration sur-naturelle. Par l’amour, si c’est l’extase. Par la connaissance, si la pensée conçoit ensemble dans le symbole, le général et le particulier, la syn thèse et le détail. La vision abstraite est au-delà d’un caractère, d’une expression, d’un art ou d’une sagesse.
Elle synthétise à la fois ce caractère, cette expres sion, cet art, cette sagesse qui, peu à peu, se fondent et s’effacent à mesure que grandit la connaissance qui est la conscience pure illuminée des symboles.
Richard Burgsthal La Retraite de Léon Tolstoï Nous avons tous appris dans les journaux com ment le grand penseur russe désirait concilier les dernières années de son existence avec les théories émises durant sa longue carrière d’écrivain et de philosophe. 11 ne cessa de prêcher l’humilité et toutes les vertus chrétiennes ; il se plaisait au milieu des pauvres gens et sa vie n’était qu’un éternel remords d’avoir connu l’opulence.
Il quitta, ces jours passés, richesse, fa mille, affections, pour se consacrer, dans un monas tère, entièrement à la méditation et demeurer dans cette pauvreté, objet de ses désirs. Son action fut différemment interprétée.
Les uns, ceux qui aiment la vie pour ses plaisirs, ses charmes n’ont vu que l’obsession d'un cerveau fatigué par soixante années de labeur, et, s’ils ne l'ont pas pro noncé, le mot qui certainement venait à leur pensée était décrépitude morale. D'autres n’ont envisagé que le côté religieux et ont pleinement approuvé Tolstoï dont l'acte n'était pour eux qu’un tardif repentir et l’abjuration de ses idées ;
24.8 l’initiation pour son salut des prières furent ordonnées dans toutes les Russies. Sans nous arrêter à ces considérations qui évidem ment sont discutables, mais ont toutefois leur raison d’être dans l’état d'esprit des approbateurs ou des critiques, il existe peut-être une manière de juger pleinement le fait ou tout au moins d’avoir sur lui une opinion raisonnée.
Le cas qui nous intéresse peut-être généralisé et se traduire par la question suivante : A-t-on le droit ou non d’abandonner son foyer, sa famille, ses intérêts pour suivre, comme Tolstoï ses idées ou comme certaines autres personnes, donner libre cours à une vocation ?
Il est idéalement beau de se consacrer à la défense des humbles, au soulagement des déshérités : mais cette tâche incombe-t-elle à celui qui a des charges ou des devoirs à remplir dans son intérieur ou vis-à-vis d’autres individus ?
Il semble bien que la première entre toutes choses morales est de ne point créer de peine de sujet d’af fliction parmi son entourage : avant de rayonner il faut, dans notre petite sphère à gouverner que le bonheur existe avec le plus d'ampleur possible et il est certain que Dieu ne donne pas une mission à des êtres s’il doit en résulter des larmes.
Dans notre chemin à parcourir, c’est de cette reflexion qu’il faut s’inspirer pour l’accomplissement de nos actions d’altruisme. Il ne suffit pas, en effet, de faire le bien, de s’évertuer à soulager l’humanité en conservant le bandeau que
LA RETRAITE DE LÉON TOLSTOÏ 249 Dieu a mis sur les yeux des hommes; il faut voir, savoir où l’on va et surtout peser les conséquences de nos gestes. Regardons Tolstoï. Dans le monde entier, sa dé cision noble et belle en elle-même a recueilli des suf frages de piété plutôt que d’admiration, et les tentatives de suicide de sa compagne ont jeté une ombre sur ce géant de la pensée. Il n’a jamais été dit que Dieu nous commandait de rester pauvre.
S’il nous a donné l'épreuve de la richesse, ce n’est point pour nous y soustraire, c’est au contraire pour accomplir le mieux possible tous les devoirs qu’elle comporte.
AEtre détaché des biens de ce monde ne signifie aucunement les abandonner, car dans cette dernière façon de voir, on peut aller fort loin et on ne pour rait guère opposer d’arguments à celui qui, trouvant la vie trop pleine de débauche, en prendrait dégoût et manifesterait l’intention d’en sortir.
Point n’est besoin d’être physiquement pauvre pour suivre les sentiers d’austérité et de vertu et c’est jus tement par là que Dieu a voulu mesurer nos forces Nous sommes riches, soit, restons-le, mais vivons seulement dans la certitude qu’un jour il nous sera demandé compte de notre richesse et, soyons-en per suadé, ce n’est pas suivant les faits eux-mêmes que nous serons jugés mais sur le rapport existant entre le cadre matériel et moral de notre vie et les actions accomplies. Que dirait Tolstoï si pour avoir abandonné sa ma nière de vivre il avait à répondre du suicide de sa
25o l’initiation femme et des pleurs versés dans son entourage ? Non ! à notre avis il n’a pas eu la notion exacte de ses obligations et on est en droit de croire qu’il a dû confondre la voix divine avec l’impulsion humaine qui, hélas! nous fait si souventtomber dans l’erreur. Si vous avez prononcé des vœux, soit, restez prêtre, mais si les circonstances de la vie ont fait de vous un chef de famille, remplissez jusqu’au bout cette noble tàchequi ne cessera qu’au moment où Dieu la jugeant suffisante vous montrera un autre chemin en vous rappelant à lui. Pierre Abran.
La médecine et l’amélioration de l’homme Un médecin a fait justement observer « qu’en France on se préoccupait beaucoup plus de l’élevage des races animales destinées à l’alimentation que de l’élevage de la race humaine »; et il ne manquait pas naturellement, de faire ressortir qu’en Angleterre, les deux « élevages » étaient pratiqués au moins au même degré. Sans nous préoccuper davantage de la supériorité possible des Anglo-Saxons sur la race latine, nous sommes obligés, pourtant, de reconnaître qu'ils ont beaucoup plus fait que nous autres pour ce fameux élevage. Depuis plusieurs années, cependant, les pra tiques hygiéniques anglaises, avec les sports, se sont diffusées en France, et il est plus que probable que nous avons dû en retirer un grand bénéfice sous le rapport de la Santé, de la force, et de l’amélioration. (Il est vrai de dire, par parenthèse, que ces pratiques n’ont guère pénétré que les cervelles aristocratiques, et surtout les aristocratiques de l’intelligence.) Et puisque, à propos de santé et de force, nous nous
2 52 l’initiation trouvons amenés à l’idée d’amélioration — terme employé couramment quand il s’agit de la race che valine par exemple, et qu’on voudra bien excuser ici — nous pourrons nous demander tout de suite en quoi cette amélioration consiste.
Pour une race quel conque, il est clair qu’elle consiste, non seulement en une augmentation de vigueur, de résistance à la mala die, de beauté, mais aussi en un accroissement de toutes les qualités qui distinguent cette race et qui s’amplifient peu à peu, ne laissant qu’un minimunde place auxdéfauts et aux tares. Pour ce qui est de la race humaine, en quoi peut-elle bien consister?
Mon Dieu ! sans nous ravaler au niveau de nos pauvres frères inférieurs, comestibles ou autres, et si dignes d’inté rêt nous pouvons bien prendre pour nous ce que nous leur avons si généreusement octroyé, ce qui ne serait déjà pas si mal — en attendant mieux. N’avons-nous pas un corps physique, et même ne peut-on pas dire métaphoriquement qu’un animal est en chacun de nous, apparent, d’ailleurs (Cf. Papus : « La brute à face humaine ») ?
Mais nous sommes de race divine et nous aspirons ou du moins nous de vrions aspirer à des qualités et à un perfectionne ment supérieurs à celui de la bête.
Nous les avons, d’ailleurs, à un degré plus ou moins élevé, quelque fois seulement en germe, et c’est justement cela qu’il faut retenir quand on a égard à l'entraînement au développement et à la perfectibilité de la race humaine^Et puisque nous envisageons ce qui a lieu pour les diverses races animales, c’est-à-dire en somme, le rendement supérieur que l’homme a su
LA MÉDECINE ET L’AMELIORATION DE LHOMME 253 en tirer, nous sommes obligés de constater, à moins d'un sentimentalisme stupide qui nous conduirait à nier jusqu’à l’évidence même, nous sommes obligés de constater qu'un même point de départ, que des procédés à peu près identiques, peuvent aboutir et aboutissent, dans la réalité, à un rendement supérieur et des plus instructifs si l’on veut bien se donner la peine d'en étudier le mécanisme.
Ce n'est pas, même, tomber dans un matérialisme grossier, que d'envisager ainsi la question.
La science occulte ne nous enseigne-t-elle pas que tout se tient dans la nature, et, par conséquent, que toutsetientégalement dans l’homme qui est un microcosme, un uni vers en petit ? que l’homme aussi est ternaire et qu'en lui se trouvent un physique, un astral et un spi rituel, que des mêmes influences astrales président, dès l'instant de sa naissance aussi bien aux tares phy siologiques qu’aux tares morales, notamment?
Il n'y a donc pas de parti pris possible au sujet de 1’ « éle vage », de l’éducation d’un être humain, même si l’on s’attache àla question de l’hérédité. Si les médecins,en effet, nous montrent l’hérédité facteur manifeste de certaines maladies, l’astrologie nous fait voir qu'il y a une hérédité astrale, indéniable.
Il ne peut donc y avoir de ligne de démarcation à établir, au point de vue qui nous occupe, entre les « maladies » morales, les maladies mentales, et toutes les manifestations morbides que peut présenter un homme. A la lumière de la science occulte, ceci semble évidemment un lieu commun. Mais si l’on observe attentivement les faits et gestes des éducateurs — je ne dirai pas des
l’initiation 254 éleveurs — de tous ceux qui sont chargés, suivant l’expression très juste, de faire un homme, que cet homme soit leur progéniture ou non, si l’on observe tous ceux qui ont pour mission ou qui s'arrogent la mission « d'élever» des hommes, de petits hommes si vous voulez, et qui sont souvent imbus d’une quantité d’idées, systèmes ou théories, et si Ton scrute avec quelque minutie ces différents systèmes plus ou moins solidement échafaudés, on est surpris de la somme d'idées fausses et préconçues, de préjugés insanes et de théories boiteuses qui président au trai tement de la maladie, de la faiblesse, de la petite tare dont on a en vue la guérison.
Et si l’on a égard surtout au côté moral de l’homme, on s’apercevra vite que c’est surtout, et malheureusement, dans le clan des idéalistes, des artistes et des sentimentaux que les traitements institués sont mauvais, parce qu'ils découlent justement d'un jugement faussé et avant tout parce qu'ils ont pour mère l'ignorance, Leur jugement est faussé d’autant plus facilement que, dans notre race latine, notamment, nous avons tout ce qu’il faut pour étouffer les germes bienfaisants d'une « thérapeutique »’à peine naissante chez nous étant donné, de plus, que cette ère nouvelle — le mot, ne peut nous sembler trop fort —aurareçu son impul sion de races qui, mal comprises, seront devenues à certains égards, odieuses à certaines sentimentalités, justement parce qu’elles ont une mentalité différant de la nôtre.
C’est ce qu’on appellera couramment «l’âme », qui sera beau ou laid, bon ou mauvais, et qui présidera à toutes les tendances, à toutes les maniLA MÉDECINE ET L’AMELIORATION DE L’HOMME 2 55 festations morales de l’être.
Dès lors la nature d'un homme pourra recevoir tel ou tel attribut, comme celui, par exemple, de nature perverse, et il ne sera, par suite, rien fait pour l’amender et le corriger, ou les moyens employés pour arriver à ce but seront in suffisants, voire même inefficaces. (A suivre). Raoul Gauchat.
L’homme est essentiellement curieux. Son désir de savoir est illimité. Des questions, en nombre in fini, se dressent sans cesse dans son esprit et, impé rieusement, avec un plaisir âpre et tenace, il demande et veut les solutions — les vraies : celles qui lais sent enfin en repos, sur les points éclaircis, sa con science inquiète.
Il est tout naturel, hâtons-nous de le dire, que l’homme soit curieux et, cette faculté qui, dans certaines circonstances, prend le caractère fâcheux de l’indiscrétion, n’est, au fond, qu’une qualité excellente, de premier ordre même, qui répond au besoin le plus essentiel de son organisation. L’homme est, en effet, le résultat final, sur la terre, de l’énergie cosmique.
On l’a souvent dit, il est le couronnement, le faîte de la longue sqrie animale qui s'est déroulée, accrue et perfectionnée depuis l’apparition de la vie organique. C’est lui que la nature amène à la surface du globe, pour prendre enfin conscience d’elle-même, c’est-à-dire de son uni versalité. Il semble, évidemment, que l’univers entier, avec son nombre infini d’astres, serait une création
ASTRONOMIE ET CONSCIENCE 257 sans but, parfaitement inutile, s’il n’était pas conçu, discuté, apprécié et goûté par les êtres conscients, également en nombre infini, dans lesquels il se reflète et se reconnaît. A proprement parler, on voit que l’homme et l’uni vers ne font qu'un, quoique différenciés par les relativitésde l’apparence.
Le point qui reliele microcosme au macrocosme est la conscience, c’est elle qui les unit et les rapproche l'un vers l’autre, pour une com munion grandiose, de plus en plus intime, de plus en plus vaste. Et la voie naturelle de cette pénétra tion irrésistible et sans fin, c’est la science univer selle ou astronomie. L’homme a besoin de savoir parce qu’il est créé non seulement pour la terre mais aussi pour la con quête du ciel.
Un jour viendra où la conscience ter restre, encore si vague, si imprécise pour des millions d'hommes, s’agrandira jusqu’aux aires infinies de la conscience universelle. Et ce jour sera le premier pour l’Esprit définitivement libéré de la matière, la communion sera enthousiaste et sans retour. L’Esprit planera sur les choses dans la jouissance divine des • vérités conquises à jamais.
Tout le monde sait que, lorsque notre besoin de savoir s’est assouvi par l’explication des causes et des effets, par la comparaison, par l’expérience, par la preuve, par tous les autres moyens rigoureux d'in vestigation que s’est créé l’esprit humain, l'homme arrive à une conclusion : il conçoit la vérité ! L'en semble des vérités constitue le savoir ou la science. Notre esprit s’alimente donc sans cesse de nou17
258 l’initiation velles vérités qui viennent s’ajouter à celles déjà connues pour constituer et agrandir la conscience jusqu'à la compréhension de l'univers. De même que celui-ci est Un, infini, la vérité aussi est Une, c'est-à-dire que la vie dans ses manifesta tions prodigieuses est rigoureusement déterminée par une logique invulnérable. Il n'y a pas de con tradictions réelles dans l'évolution des astres et des êtres.
Tout s’enchaîne, se lie et se tient. Par une analogie qui s'impose sans conteste, notre esprit re cherche la logique de cette chaîne infinie, il cherche l’ensemble des vérités qui se relient l'une à l'autre et nous conduisent à juger de l'ensemble de la création dans son concept le plus précis sinon le plus défi nitif. Ainsi la curiosité crée la Science, la Science ali mente, nourrit, développe la conscience.
L'homme qui ne veut pas savoir redescend l’échelle des âges, il s’enfonce dans l’obscurité des instincts inconscients. Pas d’homme sans la science. La conscience est li mitée au savoir que nous possédons et elle est la seule richesse véritable. Pour augmenter jusqu’à la con science universelle notre patrimoine spirituel, il taut nous attacher à nous nourrir de science universelle. Or cette science, c’est l’Astronomie !
Elle embrasse, en effet, dans ses investigations, tous les astres qui peuplent l’espace, mais elle contient, dans son essence même, toutes les autres sciences. Elle est la mère des sciences, la source unique et intarissable du savoir. On peut dire parfaitement que la science physique, la chimie, la géologie, etc..., etc... ne sont que des
ASTRONOMIE ET CONSCIENCE 25ç embranchements, très importants sans doute, de la science universelle qu'est l’astronomie et on pourrait les appeler plus exactement : l’astronomie physique, l’astronomie chimique, l'astronomie géologique, etc. Donc, pour tout homme qui veut mériter ce nom et que les joies ineffables d’une conscience profonde des choses attirent, l'astronomie est le chemin qui ne trompe pas. Du reste, la contemplation de l’univers étoilé est un spectacle suffisamment digne d'attention, il nous semble, pour que les humains s'arrêtent un peu dans leurs luttes sauvages pour puiser dans la pro fondeur paisible d'un ciel pur la paix qui calme les blessures et les haines les plus vives. Car le firma ment a une image si pure, soit que le jour il nous caresse les yeux et l’âme de son âme bleue, soit que la nuit il nous transporte d’enthousiasme à la vue de la vie éternelle qu’il recèle, pour que son étude soit à la fois pour nous, et un baume puissant et le guide le plus sûr pour atteindre les suprêmes altitudes de la conscience universelle. Marius Tirât Président-Fondateur de la Société Astronomique (Flammarion} de Montpellier.
L’Archéoniètre et la Fête de loi On peut voir avec l’Archéomètre, non seulement la clef de divisions astronomiques, mais encore les cor respondances de ces divisions avec les noms sacrés de chaque religion. * Pour illustrer notre numéro de Noël nous donnons trois figures tirées de f Archéomètre. i° Le Triangle de Jésus; 2° Le Triangle de Marie; 3° Les quatre triangles donnant la correspondance des 12 lettres zodiacales. Nous avons placé autour de cette dernière figure les correspondances astronomiques.
Archéomètre de Saint-Yves £,E TRIANGLE DE JÉSUS ou de la Terre des Vivants NOEL Les trois caractères de la Langue Adamique I Sh O
Archéomètre de Saint-Yves Les trois caractères de la Langue Adamique Ma Ri Hâ
Archéomètre de Saint-Yves Références archéométriques des Fêtes catholiques et des Dates astronomiques. Noël - Décembre Juin - St-Jcan Les Douzes Zodiacales de l’Alphabet Adamique.
Mesure du Temps chez les Indous UNITÉS VALEURS INDIENNES VALEURS EUROPÉENNE* EN ANNÉES TERRESTRES Nlmesha........... 2Óe/3 Trutis............................. 8/45 de seconde. Kastha............. 18 Nimeshas 8 Vipalas.. 3 secondes 1/5 Kai a................. 30 Kabitas 4 Palas... o 1 minute 3/5 hiakurta........... 30 Kalas 2 Gharia... 18 minutes Jour etune nuit (terrestres)... 3° Makurtas 60 Gharis... 24 heures Jour et une nuit des Pitris.... 30 Jourset nuits terrestres. Un mois terrestre Jour et une nuit des Devas 12 Mois terrestres............ Un an (365 jours) Linde des Devas.... 365 Jours et nuits des Devas.... 365 ans Kali Youg..... 1200 ans des Devas. ............ 438.000 aDS Dvapars Youg. 2400 ans des Devas ............ 876.000 » Treta Youg.... 3600 ans des Devas. .......... 1.314 000 » Satya Youga... 4800 ans des Devas. ........ 1.752.000 » Chatin Youga ^Yougas)... 12.000 ans des Devas. ........ 4.380.000 » Yuga des Devas.. 12.000 chatu Yugas.. . 51.560.000.000 » i Jouretune nuit de Brahma.... 2.000 YuyasdesDevas...................... 105.120.000.000.000 » 1 LMéi d» Brabwa.. 365 Jours et nuits de Brahma. 38.468.800.000.000.000 » t Manvantara... 71 Yugas des Devas.................... 3.731.760.000.000 » i Cbatur Yuga de Brahma... 12.000 anst de Brahma.. 463.625.600.000.000.000.000 » 1 Jour et une nuit Parabrahm... 200 Yugas Brahma. 92.725.120.000.OÛO.000.00.0 000 •
ORDRE MARTINISTE La réunion de toutes les Loges de la région parisienne aura lieu le lundi 25 décembre.
Nous rendrons compte de la fête et de ses résultats. École supérieure libre Ses sciences médicales appliquées 15, rue Séguier, Paris Section de massage. Le succès de cette première section a dépassé toutes nos espérances. Toutes les places disponibles sont occupées et les nouvelles inscriptions d'élèves masseurs sont reçues seulement pour la seconde session (mars-juin). Les travaux pratiques variés et nombreux enchantent les élèves.
Voici un mois que l’École des science médicales appli quées a ouvert ses portes. Il nous paraît intéressant de jeter les yeux en arrière et de voir le chemin parcouru. Le développement naturel et prévu s’est normalement poursuivi. La section de massage est en plein fonctionne ment et la section médicale ouvrira probablement ses portes en janvier 1911. Fidèle à son programme l’enseignement de l’école vise avant tout la pratique.
Aussi les cours professés sont-ils régulièrement suivis par les vingt-cinq élèves qui se sont inscrits pour la première session. Ces cours embrassent toutes les connaissances pratiques nécessaires à l’instruction complète d’un masseur et d’un infirmier. L’anatomie y est largement représentée, pro fessée par le docteur Liehrmann et Blanchard.
Non pas les vagues notions d’anatomie générale habituellement servies aux élèves par petites tranches, mais un cours vrai2ÔÔ l’initiation ment utile où toutes les pièces anatomiques passent sous les veux des élèves et fixent leurs détails moins comme une nomenclature inutile que comme un ensemble de choses vues et touchées. Le cours de Physiologie générale est brillamment pro fessé par le président de l'école, le docteur G. Encausse, à Laide de ces mêmes pièces anatomiques.
Ces deux cours se complètent donc à merveille dans leur marche parallèle et forcent l’élève à s’appesantir longuement sur les détails des organes humains et sur le fonctionnement de ces mêmes organes qu’il leur faudra plus tard journellement manier.
Le docteur Proust professe avec une science incontes table — et un génie de l’adaptation remarquable — le cours si nécessaire de « petite chirurgie », cet ensemble de connaissances pratiques que l’infirmier n’apprend, en général qu’après des années de profession. Quant au massage médical, la plus large place lui est faite naturellement.
Chaque élève après le professeur — spécialiste diplômé et expérimenté — répète les mouve ments enseignés jusqu’à ce qu’il se soit rendu maître de sa technique. Prochainement commenceront les cours de massage orthopédique sous la direction du professeur Démé. l’un des plus habiles praticiens de Paris. Cet ensemble est complété par des conférences fort inté ressantes qui ont lieu l’après-midi.
Le mois dernier le doc teur Schaüb a traité du massage dans les cas de diabète et dans l’obésité. Enfin, l’après-midi également nos élèves assistent à des cours pratiques de désinfection sous la direction de M. Diolé, à des cours de balnéation, etc... L’AFFAIRE LALLOZ Une adepte du magnétisme, Mme Lalloz, était pour suivie dernièrement à Paris sous l’accusation d’exercice illégal de la médecine. Le docteur Encausse, cité comme témoin par la défense a prononcé les paroles suivantes :
l’affaire lalloz 267 Monsieur le président, Messieurs les juges. 11 me semble que le terme d’exercice illégal de la méde cine, appliqué au cas actuel, dépasse singulièrement la limite des faits.
Je suis médecin et j’ai trop l’amour et le respect démon art pour ne pas distinguer l’action du praticien qui, après dix ans d’études, résout au lit du malade un problème difficile de clinique, puis de thérapeutique, et l’action du mystique qui dit au malade : « Jette tes béquilles et marche ». Dans le premier cas, il y a usage d’une science véritable qui. comme toutes les sciences,peut donner d'admirables résultats ou tomber dans l’erreur.
Dans le second cas, il y a mise en action d’une force encore peu connue, jadis uti lisée par les prêtres égyptiens, puis par les prophètes juifs et qui relève du domaine de la Foi. Poursuivrait-on comme exerçant illégalement la méde cine le prêtre qui, dans tout le respect dû à sa croyance, impose les mains sur l’eau, prononce les paroles rituelles et transforme l’eau vide en miraculeuse eau bénite ?
Oserait-on voir en lui un médecin illégal quand il apporte au chevet du moribond le Saint-Chrême auquel il attribue le pouvoir de sauver les malades au nom de celui qui jadis les guérissait par l’imposition des mains ? Messieurs, il y a là un 'problème obscur qu'on vous propose de trancher et qui, bien souvent, a déjà été traité dans les prétoires.
Et ces confrères syndiqués auraient dû faire ce que j’ai fait depuis de longues années, aller visiter ces centres mystiques où des malades viennent demander la santé à jamais disparue. Quels sont ces malades ? Sont-ce les malades qui d’habitude appellent leur médecin ou vont à sa consultation ? Non,certes.
Ce sont les désespérés de la médecine, ceux que la science a condamnés à mort et qui, dans la mélancolie permanente causée en leur être par cette condamnation, vont demander une lueur d’espoir à la Foi quand la Science se déclare incapable de leur faire entrevoir autre chose que le sombre tombeau. Et l’on reste stupéfait quand on songe au nombre de
268 l’initiation ces désespérés qui recouvrent la santé sous cette influence dont nous ne connaissons pas encore tous les mystères. iMessieurs les juges, je ne veux pas abuser de votre trop grande bienveillance.
Quel que soit votre jugement actuel, je sais que vous jugerez en toute impartialité, mais je sais aussi qu'un avenir prochain se chargera de rendre vraiment justice aux pionniers de la nouvelle vérité dont l’accusée d’aujourd’hui est une des représentantes. ★ « ♦ Les journaux se sont spécialement occupés de cette affaire. En voici quelques extraits. Le Figaro du 6 décembre. Gazette des Tribunaux. Tribunal correctionnel (10e Chambre) : Le Miracle.
« Les prêtres égyptiens, les prophètes hébreux guéris saient des malades. Je cherche depuis vingt ans l'explica tion de ces phénomènes et ne l’ai point trouvée», disait hier aux juges de la 10e Chambre M. le docteur Papus, cité comme témoin dans un procès d’exercice illégal dé médecine. L’inculpée, Mme Lalloz, d'après les témoins, ferait tout simplement des miracles.
Elle guérit les malades, les incu rables, par la seule imposition de ses mains. Elle dit aux sourds : « Entendez! » et les sourds entendent. Elle a guéri des aveugles, des paralytiques. M. le président Gallois qui juge Mme Lalloz paraît scep tique : — Je suis, dit-il, un peu comme saint Thomas. Et pourtant nous entendrons à l’audience certifier les exploits de Mme Lalloz.
Elle guérit en imposant simple ment les mains sur le front ou sur la partie malade. Par fois elle aurait fait des massages, d’après la prévention. Au début de l’audience, on commença par rire, lorsqu’on entendit Mme Lalloz une petite femme agitée, parler de son « fluide » et de ses miraculeuses guérisons. — J’ai fait entendre une jeune fille sourde qui avait un tympan perforé.
l’affaire lalloz 269 — Ohl réplique le président Gallois. Alors vous feriez voir quelqu’un qui a un œil crevé. — J’ai fait voir des aveugles. Puis, peu à peu, le rire fit place à l’étonnement en entendant le récit de véritables miracles rapportés par des témoins très dignes de foi. M. Micholin est employé au commissariat de police d’Asnières. Sa femme était malade, son bras gauche était ankylosé.
Pendant de longs mois elle consulta des méde cins et des chirurgiens— et ceux dont M. Micholin nous donne les noms sont des plus connus — elle fut soignée dans différents hôpitaux et ne guérit point. Elle alla voir Mme Lalloz. Celle-ci lui imposa les mains sur le bras ; le soir même, le bras pouvait remuer; le lendemain il était guéri.
Et c’est, à l’audience, le défilé de toutes les douleurs; tel témoin avait sa femme atteinte d’anémie cérébrale, si ma lade qu'elle ne put aller voir Mme Lalloz. « Soit, dit la magicienne, je la soignerai à distance. » Et,le lendemain, la malade se levait et marchait. Tel autre, d’après l’avis de médecins spécialistes, devait faire enfermer sa femme qui était folle. Mme Lalloz lui passe les mains sur le front, la folle recouvre la raison.
Et ces témoins sont reconnais sants. — Je pouvais à peine parler. Je n'articulai pas, dit M. Vion et Mme Lalloz m’a guéri. Les médecins au lieu de la persécuter feraient mieux d'étudier son cas. Elle a un fluide ; vous ne pouvez pas le nier, car ce serait nier la lumière ! — Soyez tranquille, monsieur, répondit M. Gallois, les médecins étudient ces phénomènes. — Non ! non ! pas assez. (Rires).
Mme Lalloz ne prescrit point de médicaments, point de traitement 1 Exerce-t-elle donc la médecine ? On lui re proche bien des massages, mais il était fait, nous dit-elle, avec de l’huile « magnétisée ». Et aux bains turcs, à Paris, nous dit un témoin, on se fait masser sans ordon nance. M. le docteur Papus qui a été cité par la défense a, dans les termes les plus heureux, résumé le « cas » de Mme Lalloz :
l’initiation 270 — Je suis médecin, et j'ai trop de confiance en la science médicale pour la confondre avec celui qui dit simplement : « Jetez vos béquilles et marchez ! » Mais, à côté de la science actuelle, il ya celle de demain. Il y a la foi qui fait le miracle, il y a des forces aussi que nous ne connaissons point.
Et M. Papus nous parle de tous les désespérés de la médecine, de ceux qui ont consulté tous les médecins, fré quenté tous les hôpitaux, et qui, se croyant, se sachant condamnés à mort, s’adressent à ces « forces inconnues » qui parfois les font vivre. — Docteur, demande M. Gallois, peut-on entendre quand on a un tympan perforé ? (Le président est resté sceptique sur la cure de Mme Lalloz). — Le tympan peut se réformer; d’ailleurs, les chirur giens, parfois, le perforent volontairement dans les opé rations. — Mme Lalloz ferait-elle de l’hypnotisme ? — Pas du tout, répond au président M. Papus.
L’hyp notisme est une science parfaitement connue, parfaite ment étudiée. Le magnétisme est tout autre chose, ce n’est pas une science, c’est un ensemble d’études sur une force qui n’est pas connue. Avec Mme Lalloz nous sommes dans un autre domaine, nous sommes dans le mystérieux et l’inconnu. Et, cette fois, ni les juges ni le public ne rient. On songe au mot d’Hamlet : « Il y a bien des choses dans le ciel qui échappent à notre philosophie ».
Les débats continueront à huitaine. La Dépêche du 12 décembre : Les faiseurs de miracles. Dans le domaine du mystère. — Une interview avec le docteur Papus. — Les Sorciers modernes. — Placier en alcool et guérisseur. — Nous restons incrédules. Paris, 11 décembre. — On vient de juger à Paris une faiseuse de miracles, une dame Lalloz inculpée d’exercice illégal de la médecine. 1
l’affaire lalloz Les magistrats ont demandé un délai de huit jours pour rendre leur sentence, pour condamner ou absoudre la moderne sorcière. C’est un métier ingrat que celui de guérisseur. Certes, quand il opère une cure miraculeuse, il reçoit les remer ciements du malade. Mais quand il ne réussit pas à rendre la santé au patient, celui-ci, furieux, le dénonce à la vindicte pubiique. C’est l’avatar qui survint à Mme Lalloz.
On lui amena un enfant tuberculeux jusqu’à la moelle. Elle ne réussit pas à lui rendre la vie. La maman du petit n'hésita pas à remettre aux mains des juges l’infortunée guérisseuse. Voici quelle trouva en la personne du docteur Papus un éloquent défenseur. Mais, vraiment, existe-t-il des faiseurs de miracles ? Un fluide mystérieux émanant de certaines personnes agit-il réellement et efficacement sur les pauvres humains en proie aux souffrances ?
C'est la question que, fort sceptique, avouons-le. nous allâmes poser au docteur Papus, bien connu pour ses travaux sur les phénomènes psychiques et les sciences occultes. Le docteur croit aux guérisons miraculeuses. Nous ne partageons pas sa conviction, mais nous reproduisons fidèlement ses déclarations. Le Policier et la Guérisseuse. — Dans l’antiquité, nous dit-il, les prêtres égyptiens opéraient des cures par l’imposition des mains.
De nos jours, des hommes et des femmes, usant du même pro cédé, rendent la santé aux malades. Ils s’aperçoivent tout enfant de leur pouvoir. A l’âge de six ou sept ans, le hasard veut qu’ils se trouvent en présence d’un malheu reux qui, par exemple, a le bras ankylosé. L’enfant étend les mains, concentre sa pensée, sa volonté sur le patient. Le miracle opère.
Le bras de l’homme sort de l'immobilité, et c’est ainsi que s’affirme le pouvoir du sujet. Mme Lalloz, il y a quelques années, fut l’objet de pour suites. Le commissaire de police d’Asnières fit une enquête sur son cas. Un inspecteur recueillit les témoignages de
l’initiation 2 72 ceux qu’elle avait soignés. Cet homme, ce policier, chargé somme toute de sévir contre Mme Lalloz, la consulta au sujet de ses enfants malades. Elle les guérit. Elle fut acquittée. Les Grands Maîtres du miracle. De nos jours, les guérisseurs sont nombreux. Je pourrais vous citer mon ami Saltzmann, neveu de l’ancien évêque de Strasbourg. Saltzmann est placier en vins et en alcools. Il est aussi guérisseur habile.
Il a fait recouvrer la vue à un homme qui avait reçu deux coups de fusil dans les yeux. Il a traité heureusement 180 malades en trois semaines. Il y a également Antoine, le fameux guérisseur de Bel gique, qui reçoit 3oo malades par jour. Il y avait mon maître, Philippe, de Lyon, qui fut appelé à la Cour de Russie, et qui opéra, notamment dans la région lyonnaise, de véritables miracles. Il recevait 200 malades par jour et en guérissait 5o.
Je pourrais encore vous nommer le zouave Jacob, et Pradier, et Vignes, cultivateur en Savoie. La femme de ce dernier l’obligea à renoncer à sa mission de guérisseur : alors la ruine s’abattit sur sa maison, le bétail périt et les récoltes furent détruites. Il ouvrit de nouveau sa porte aux malheureux qui imploraient son aide et la prospérité revint au logis.
Dans tous les centres où l’on s’occupe de phénomènes psychiques, vous trouvez des guérisseurs, des gens ayant une foi profonde qui agit efficacement. Vous trouvez en Algérie des prêtres musulmans qui, au nom de Mahomet, opèrent des guérisons miraculeuses. Tous agissent parla transfusion de la force vitale qui se dégage sous l’influence de la pensée concentrée.
Je crois qu’il est des forces encore inconnues qui seront un jour utilisées par la science. Mais remarquez que nos guérisseurs ne portent plus actuellement préjudice aux médecins, car les malades qui s’adressent aux premiers sont des désespérés, des incurables abandonnés de tous. Ainsi parla le docteur Papus. Devons-nous ajouter, au risque de passer pour un disciple du grand saint Thomas, que, hclas ! il ne nous a pas convaincu I — B.
I l’affaipe lalloz Gil-Blas, 9 décembre : Antoine le guérisseur. Il semblerait que plus une époque est vouée au triomphe du matérialisme et à la domination de l’argent, plus les réactions mystiques se font actives et se multiplient. La médecine devient une science véritable, avec les laboratoires qui éclairent le clinicien et les multiples appa reils qui aident le traitement.
Mais à coté de la science médicale il y a toujours eu des manifestations mystiques venant rendre la santé brusque ment à des malades désespérés, abandonnés par les plus grands médecins et scientifiquement condamnés à mort.
Nous ne parlerons pas des centres religieux,, mais seule ment des laïques ayant voué leur existence au soulagement des affligés et des malades.il y a quelques années le paysan Vignes, en Savoie, guérissait une vingtaine de malades par jour, malades amenés de fort loin en de rustiques char rettes. Nous ne citerons que pour mémoire feu notre maître Philippe, de Lyon, dont les guérisons ne se comptent plus.
Nous ne parlerons pas davantage de Saltzmann, rendant la vue à des aveugles dont les yeux auraient été brûlés par des coups de fusil.
Nous voulons parler aujourd’hui d’un mystique exer çant en Belgique et dont les guérisons multiples ont tant frappé ses contemporains qu’une véritable religion semble vouloir se créer réunissant les fidèles d’Antoine le Guéris seur en un culte qui aurait son centre dans le temple de Jemmapes-sur-Meuse, près de Liège.
Antoine le Guérisseur est un homme simple, un mo deste ouvrier qui fut amené à pratiquer la guérison mys tique sous l’influence des doctrines spirites. Au nom des « esprits supérieurs », Antoine recevait des centaines de malades à chacune de ses séances. 11 avait pour chacun d’eux un mot de consolation ou un appel à la guérison qui s’effectuait très souvent.
Un avocat de grand talent, des hommes de haute valeur intellectuelle s’intéressèrent à lui. Une riche cliente, miraculeusement sauvée de la mort, lui fit bâtir un peu malgré lui « le Temple », une modeste salle en briques ayant des ten18
l'initiation 2 74 dances à la chapelle, et les malades continuèrent d’affluer. Antoine reçoit chaque malade pendant une seconde, deux au plus, il leur dit ce qu’il voit sur eux et leur demande en général de croire en l’influence divine, en la grandeur des enseignements évangéliques, et de purifier leur orga nisme par le végétarisme.
De cet ensemble d’enseignements et de pratiques, il s’est formé un culte qui groupe près de 3o.ooo adeptes, les quels ont pétitionné pour faire reconnaître en Belgique leur nouvelle religion où les doctrines pythagoriciennes de la réincarnation se mêlent à l'appel des influences des « grands esprits ». En France, il existe des groupes de disciples d’Antoine le Guérisseur.
A Paris il compte des fidèles; à Tours il existe un groupe assez nombreux qui voit les « envoyés » d’Antoine prêcher la bonne parole du salut nouveau.
Les disciples d’Antoine le Guérisseur, comme les adeptes anglais ou américains de la « science chrétienne », Chris tian Science, comme les défenseurs de la guérisseuse fran çaise Mme Lalloz ou de ses collègues, tout cela prouve qu’il existe en l’humanité un ardent besoin de croire en dehors des affirmations positives de la science, froide ment dédaigneuse de ces contingences.
Les sceptiques s’amusent et croient à l’exploitation de la naïveté humaine; les tribunaux, mis en mouvement par des médecins sans clientèle, acquittent le plus souvent, comme ce fut le cas pour Antoine, et le philosophe se souvient du Galiléen qui guérissait les aveugles et les désespérés... même le jour du Sabbat. Docteur Papus. Faits miraculeux communiqués par Saltzman Le ier juin, à 3 heures de l’après-midi, j’étais monté à mon petit oratoire.
Je m’arrêtai, selon la coutume, près de la porte, à l’in térieur, et, levant les bras au ciel, je prononçai la formule habituelle : Laudetur Jésus Christus !
FAITS MIRACULEUX Au même instant, tout ce qui était sur le gradin audessus de l’autel, poussé par des mains invisibles, s’abattit sur la table meme de l’autel, avec une admirable symé trie. Les deux lourds chandeliers des extrémités s’abattirent les premiers, puis les deux reliquaires, puis les deux chan deliers du centre, et enfin le crucifix pesant qui dominait le tabernacle. II ne resta absolument rien sur le gradin.
I ne petite llcur qui était posée sur le tabernacle ne trouva même pas grâce devant l’invisible. Les objets en tombant affectèrent la forme suivante : Les canons de l’autel furent eux-mêmes couchés et le grand brisé à l’endroit du Credo. Tout ce travail ne demanda pas une seconde. J'en étais effrayé; mais, ce qui mit le comble à ma stu peur, vous comblera sans doute de joie. J’avais déposé au pied du crucifix l’image que vous m’aviez envoyée.
Elle devait donc tout naturellement tomber la première. Eh bien ! pas du tout. Elle parut voltiger, et quand je m’ap prochai de près pour contempler la scène, je fus tout sur pris de la trouver posée à plat, sur le tabernacle, à la place même qu’occupait le lourd crucifix. Je ne vous cacherai pas que je fus très impressionné de voircette manifestationextraordinaire.
Je pensai toutd’abord que notre maître abandonnait ce petit sanctuaire, où il avait daigné déjà manifester visiblement sa présence. J'en conçus un chagrin intense à en mourir. Quelques minutes plus tard, vers 3 heures et demie, une dame vint me rendre visite. Elle amenait avec elle une personne douée d’une médiumnité peu commune. Nous montons au petit oratoire.
L’Invisible me rassure immédiatement, en disant que cette manifestation si bru tale en apparence, avait pour but, tout d’abord de réfuter par avance toute idée d’hallucination.
Ensuite, que le côté matériel du culte, qui tenait beaul’initiation 276 coup trop de place actuellement dans la pratique religieuse devait être jeté bas, pour laisser la place à la religion d’amour, figurée par votre image. Et comme je me plaignais de l'ignorance où l’on me tenait du nom de mon guide, quand tant d’autres de nos frères et de nos sœurs connaissent le leur, l’invisible garda le silence.
« L'heure n’est sans doute pas arrivée pour qu’il daigne se faire connaître. — Non — Alors en écrivant je ne suis pas toujours sûr de dire la vérité, et je ne sais pas qu’elle est l’entité qui me domine parfois au point de m’écraser et de me brûler. » Alors avec une majesté que je ne puis reproduire ici, il nous fut répondu : « Lui ! » Vivons toujours en union avec notre Maître. L’Eglise in visible prépare quelque chose de grand.
Merci à nouveau de votre belle surprise, et croyez tou jours à mes sentiments fraternels. Abbé J.-A. Petit. L’œuvre conciliatrice de l’universalisme Au docteur Papus. A Léon Combes En dehors de nos groupements initiatiques, et d’une certaine élite, on vit presque au hasard des intérêts et des passions, sans connaître, sans chercher la raison de ¡'exis tence. L’être ignore ses destinées.
La pensée moderne est actuellement désorientée, sans idée maîtresse, divisée à l’infinie. Et pourtant, le progrès conscient, le bonheur ne se gagnent qu’avec la perception des lois de l’évolution qui tentent toutes vers l’harmonie. Les êtres sont naturelle ment solidaires à un point que la foule ne soupçonne guère et il est vrai de dire qu'une injustice faite à un seul est une menace faite à tous.
Or, l’injustice et l’incohérence semblent départager les rôles et caractériser l'inorganisme social dont nous souf frons et dont nous souffrirons longtemps encore.
l'œuvre conciliatrice de l’universalisme 277 Dans le domaine intellectuel et moral, le caractère chao tique de l’économie sociale actuelle se reflète fidèlement. Nous assistons à un véritable désordre de la pensée hu maine. Les sciences ne donnent pas de profonde notion d'ensemble sur la vie. Les philosophies se contredisent. Les religions divisent et agonisent. L’art lui-même est décadent. On sent le besoin d'une Renaissance, d’une Rénovation.
La société moderne cherche avec inquiétude un idéal nouveau qui lui donne les certitudes dont le cœur a soif, tout autant que la raison. Pourquoi sembla-t-il longtemps informulable ? C’est que les notions fondamentales faisaient défaut, en l’ab sence d’un terrain de conciliation. Les obstacles, mis à l'essor du progrès universel par les dogmatismes et les superstitions de toute nature, entravent encore notre épo que.
La lettre morte se perpétue à travers les vestiges des traditions dont l'esprit est perdu. Chaque peuple, chaque race a son génie. Mais il doit se développer lui-même, par une lente et consciente évolu tion. Les greffages que l’on tente sur la mentalité occiden tale conserveront toujours la nuance factice de ce qui est artificiel.
Pourquoi les sciences psychiques bénéficient-elles dans nos élites intellectuelles, d’un accueil destiné à s’amé liorer de jour en jour ? C’est que nous y trouvons un écho profond du lointain passé de notre cycle et comme un pressentiment de son devenir, bien plus : un souvenir confus, mais certain, de la part active que nous y avons prise dans nos vies antérieures, avec la vision émouvante de nos destinées futures.
La France, l’ancienne Gaule, a été et restera l’émanci pation de cette humanité. Grâce aux efforts généreux de la grande pensée libre, grâce aux aspirations du progrès, l’œuvre conciliatrice de l’Universalisme rayonnera peu à peu, pour s’étendre universellement dans l’avenir. Il n’y a ni privilégiés, ni réprouvés. L’évolution de cha cun est très étroitement liée à celle de la masse.
Tant que l’humanité n’aura pas atteint la Justice, nous subirons les chocs de l’ignorance et de l’injustice. La France, émancipatrice sociale, deviendra l’initiatrice,
l’initiation 2/8 l’inspiratrice dans le plan moral. L’Humanité est la grande patrie, synthèse vivante, fondée sur la floraison harmo nieuse et non sur l’écrasement des patries constituantes. Aussi bien, c’est vers l'avenir que nous devons nous orienter. « Le moment où je parle est déjà loin de moi », dit-on. L’espérance, ce sentiment si fort au cœur de l’homme, est orientée uniquement vers l’avenir.
C’est aussi pour l’avenir que nous travaillons à l'œuvre conciliatrice de l’Universalisme. C’est dans ce but qu’a été organisée la Confédération Encyclopédique des Spiritualistes et des Matérialistes dans l’unité de la vérité : Union Éclectique Universaliste.
La Société Universaliste est un woupeweni d'idées as sociant les bonnes volonté et groupant les bonnes forces pour l’organisation de la paix sociale, une Confédération de penseurs libres et de croyants sincères pour le progrès général, un centre de relations sympathiques, susceptible de faire naître d’utiles initiatives pour lutter contre les superstitions et les misères intellectuelles, morales et maté rielles, en préconisant l’association du capital, du travail et du talent.
La Société Universaliste est une fédération d’arbitrage intellectuel réalisant la Confédération générale de la Pensée. L’association fondée en 1848 par des Fouriéristes et des Saints-Simoniens, sous le nom de « l’arc-en-ciel », a ¿té déclarée le 6 octobre 1906.
Elle comprend le groupement pour l’action commune des humanitaires (Confédération Humanitaire interna tionale) des spiritualistes (Confédération Spiritualiste Universaliste) s'alliant »aux évolutionnistes (positivistes, monistes, transformistes) dont les doctrines convergent vers l’Universalisme.
U Universalisme a pour but de faire pénétrer les notions spiritualistes dans la mentalité matérialiste, en conciliant les deux nuances, qui ne sont que deux modalités d’ex pression pour une même vérité fondamentale. L'Universalisme pénètre dans les milieux hostiles aux doctrines spiritualistes et les conquiert par la logique. Il fait disparaître des barrières si hautes entre les deux écoles qu’on pouvait les croire inébranlables.
SOCIÉTÉ D’ÉTUDES PSYCHIQUES DE NICE 279 L’adhesion sympathique est gratuite. Une souscription permanente est ouverte au secrétariat, 86, boulevard de Port-Royal, pour les personnes désireuses de participer à l’action conciliatrice. Le secrétaire, Paul Nopd.
Prédictions de Mme Nau 20 novembre. — La Seine se maintiendra à un niveau très élevé pour remonter encore; les inondations ne vont pour ainsi dire pas cesser; des tempêtes vont sévir par tout causant ruines et destructions; les récoltes sont anéanties, les terrains ravagés rendus improductifs ; la ruine et la terreur seront si grandes que l’anarchie régnera jusqu’à complète disparition de ce qui existe. — Sans crainte de se tromper annonce que les évènements qui vont survenir vont causer une grande surprise. — Les royalistes soutenus par les séides de Jaurès vont se mettre en mouvement ; ils renverseront le gouvernement sur une interpellation des plus suspectes. — Briand sera tué. — Jaurès est le fléau dont Dieu se sert pour punir la France de ses erreurs. — Il aura son tour, mais pas en ce moment : sa personne est indispensable pour entraîner et maintenir le-s rebelles.
Société d’études psychiques de Nice M. Sédir, que nous avons eu le plaisir d’entendre l'année dernière, vient passer l’hiver sur la Côte d’Azur. Il veut bien nous consacrer une série de conférences ayant pour titre général : L'Invisible et la Vie quoti dienne. Nous sommes heureux d’annoncer cette bonne nouvelle à tous ceux qui s’intéressent à ces études. L’éloge des beaux travaux de AL Sédir, où la pensée
280 l’initiation mystique s’élève à des hauteurs inconnues, n’est plus à faire. C’est pour nous une bien grande satisfaction de pouvoir faire entendre à nouveau la parole si simple et si persua sive de l’auteur des Conférences sur l'Évangile. Les conférences de M.Sédir auront lieu tous les lundis, à 4 heures et demie, au siège de la Société d’études psy chiques, 7, avenue de la Gare. CONFÉRENCES DE SÉDIR Hiver 1910-1911.
L’Invisible et la Vie quotidienne. Lundi 12 décembre. — i° Notions générales. — De l’hygiène. Lundi 19 décembre. — 20 Le travail professionnel. Lundi 26 décembre. — 3° Les repas, la physiologie occulte. Lundi 2 janvier. — 40 Le Home, la famille. Lundi 9 janvier. — 5° Les relations mondaines. Lundi 16 janvier. — 6° La vie civique et religieuse. Lundi 23 janvier. — 70 Les êtres inférieurs, la nature invisible.
Lundi 3o janvier. — 8° Les études et les plaisirs, l’art et la science. Lundi 6 février. — L’amour et le mariage. Lundi i3 février. — io° Les enfants, l’incarnation des âmes. Lundi 20 février. — ii° La prière vraie et la charité. Lundi 27 février. — 120 Le sommeil, les rêves. Lundi 6 mars. — i3° La mort, le paradis, l’enfer. Lundi i3 mars. — 140 Récapitulation : le but de la vie.
BIBLIOGRAPHIE 281 BIBLIOGRAPHIE Yosef Yankowski. — Nowosci Okultyzmu, in-18, 35 illustr. —Varsovie, chez S. Sadowski, 1, rue Zlota. Excellente brochure de propagande donnant les rensei gnements les plus complets sur les différentes écoles du spiritualisme contemporain, l'École hermétique, les alchi mistes, les astrologues, les psychistes, etc. C’est le 4e fas cicule de la Bibliothèque Hermétique polonaise. Yosef Yankowski. — Obowiazek Duchowy.
Fasc. 5 de la Bibl, hermét. ; à la même librairie, 80 kop. Ceci est la traduction polonaise du Devoir spiritualiste de notre ami Sédir; M. Yankowski s'est excellemment acquitté de sa tâche au double point de vue de la forme et du fond. Sédir a écrit une lettre-préface spéciale pour cette traduction, qui aura certainement un grand succès : le mysticisme christique est compris d’instinct par le peuple de soldats et de poètes que sont les Polonais.
Toutes nos félicitations à M. Yankowski. * * ¥ Sédir. — Uvaha oPisni pisni. Prague, Nove Rozhledy, 1910. Ceci est la traduction tchèque de [’Essai sur le Cantique des Cantiques, cette petite brochure où se trouve si profon dément fouillé un des sens les plus mystérieux du mysté rieux poème du Roi-Mage.
Cette traduction due à la plume de Tabris, est également tirée à 3oo exemplaires, numé rotés et signés de l’auteur. ★ ¥ ¥ Paul Flambart, ancien élève de l’École polytechnique. — La Chaîne des harmonies. La Spirale et llenchaîne ment des harmonies. La Spirale, processus de l'énergie
I 2$ 2 l'initiation vitale. Son rôle biologique dans les formes vivantes et dans les lois qui les régissent. Un vol. in-8 carré, avec figures. Prix : 3 francs. Cette étude, qui se rattache également à Ja Science, à l’Art et à la Philosophie, a pour but principal d'expliquer le rôle de la Spirale dans la nature. Elle s’appuie sur la théorie dynamique des vibrations et ondulations, admise aujourd’hui comme l’hypothèse la plus conforme aux faits.
On sait que, d’après elle, il n’y a pas des énergies distinctes, mais bien l'énergie unitaire qui se transmue à travers toutes les échelles de vibrations, correspondant aux divers agents de la nature universelle. Le côté surtout nouveau du livre est une étude des lois d'harmonie transposées à travers toutes les modalités vibratoires des agents universels.
C’est cet essai de trans position qui a conduit l'auteur à expliquer la raison d'être de la courbe spirale dans la nature entière.
D’après les propriétés mathématiques de la spirale, on démontre, en effet,que le seul mode de rayonnement de l'énergie transmuable convergeant vers un foyer, est une spirale repré sentant sa transposition vers les modes de plus en plus élevés,— cette marche en spirale étant nécessaire à la conservation des lois d'harmonie, sans quoi l’énergie transmuée serait à l’énergie reçue ce que le bruit est à la musique. — La Spirale, avec ses rayons, figure une sorte de clavier de résonnance théorique, où toutes les moda lités représentées par des cordes vibrantes peuvent trouver leur place; elle donne, en outre, l’image très nette de la chaîne illimitée des harmonies.
De la Spirale on peut passer à la Conque, sorte de cornet acoustique illimité, ayant comme définition générale : un cône élastique déformé, dont l'axe serait enroulé en spi rale.
On démontre que la Conque est le processus normal de tout flux d’énergie transmuabie à travers la matière; c’est, par conséquent, aussi le processus de l’involution et de l’évolution de V énergie vitale, — celle-ci étant envi sagée comme énergie unitaire se transmuant à travers toutes les modalités en conservant ses harmonies. Il est d’ailleurs facile de montrer comment cette forme de la Conque se retrouve plus ou moins morcelée dans
BIBLIOGRAPHIE 283 tous les aspects sans exception de la substance vivante; tout organe de substance vivante étant composé de frag ments de conques, peut être assimilé, d’après les lois de l’acoustique, à un ensemble de cordes vibrantes les plus diverses : c’est donc un véritable instrument de transpo sition (ou transmutation harmonique) de l'énergie vitale.
De plus, la Spirale peut servir de courbe figurative aux lois fondamentales de la physique. On voit par là le lien qui relie le fait visible au principe invisible.
L’étude de la chaîne des harmonies, à travers toutes les modalités, aboutit à des correspondances telles qu'on est autoriséà conclure que la nature, dans ses formesconcrètes, comme dans les lois qui les régissent, travaille en spirale; autrement dit, que tout être animé apparaît comme une machine plus ou moins complexe destinée à /ransmuer l'énergie unitaire, en tendant à lui conserver ses lois d'harmonie.
Le travail de la nature est comme un perpé tuel essai de transposition musicale vers les modes les plus variés et les plus élevés. L’étude se termine par des correspondances métaphy siques, où la spirale fournit des images de conception qui éclairent certaines définitions philosophiques et qui mon trent en même temps la valeur des systèmes qui s’y rat tachent.
Si l’on songe en effet aux zones très restreintes de la spirale figurative qui correspondent aux agents naturels pour lesquels nos organes des sens sont faits, on peut admettre tout un monde invisible, d’agents naturels, — ou mieux surnaturels, — qui correspondent aux autres zones inconnues et infinies, inaccessibles à nos sens...
On con çoit alors par quelle voie le positivisme intégral peut mener au spiritualisme le plus pur, les mondes invisibles pouvant être envisagés par une transposition de l’énergie vitale à travers les modalités vibratoires, depuis celles de notre plan matériel jusqu’aux modalités illimitées pour les quelles nos sens ne sont pas faits.
284 l'initiation REVUE DES REVUES LE VOILE D’ISIS Les Invisibles, par Sédir. L’Occultisme à la Cour d’Angleterre. LE PROGRÈS SPIRITE Au sujet de l’évolution de l’âme, Kervvenc. Manifestations spirites {Suite /). L’ÉCHO DU MERVEILLEUX ier Novembre. Un problème de haute psychologie. Hantés ou Hau teurs ? Article très intéressant de Jules Bois. Le spiritisme en Chine, Paul d’Enjoy. i5 novembre. Enquête sur le destin, Mme Maurecy.
La définitive exécution d’un charlatan. Les voyantes du passé, docteur Rooky. Les prodiges de la lucidité. Historique des phénomènes anormaux. LA VIE MYSTÉRIEUSE 10 novembre. Le mouvement psychique. Un nouveau confrère. Le spiritisme et le mystère de la mort, J. Naudin. Les arts de la divination, Charles Vérax. Les influences planétaires, docteur Élie Star. Maisons hantées, par E. Carrence. 25 novembre. La double vue, G. Wilfrid.
Maisons hantées, par E. Carrence. L’incarnation, par J.-E. Varem. Les clefs du succès, par Stellata. La lumière astrale, par Tanibur.
REVUE DES REVUES 285 LA REVUE SPIRITE Lettre à Mme Louise B... à Saint-Nicolas, Claire Galichon. Une maison qu’on a crue hantée, P. Verdad-Lessard. L’image sanguinolente de Buenos-Aires. Chronique religieuse. La vision d'un religieux irlandais, Don Pablo. Un nouveau médium extraordinaire, Vit. Dumond. Un essai de résurrection. (Extrait du Matin). Matérialisation d’animaux (Traduction). Curieuse révélation d’un secret après décès (Traduc tion).
LUCE E OMBRA Quattro sédute con la médium Sordi à Roma, par G. Senigaglia. La filosofia critica e lo spiritismo, Bruers. Manifestatione spontanée misteriose, Zingaropoli. Sulla viosine sopranormale o Psicottica, Cagalli. Le grandi promesse di una nuova médianita. Figurazioni radioattive nella médianita. La médianita nel sogno, G. Reghent. La Porta Ermètica, A. Bruers. THE THRESHOLD Spirit and Thought. Force and Matter (Adapted by John Orna).
FILOSOFIA DELLA SCIENZA Lo spiritismo et l’Ipotési. Article très intéressant de Luigi Nola Pitté. Soluzione di un difficile problèma médianico. Il mistero dei sogni, Francesco Graus. Le Prove, C. Pecorella. Per un nuovo media, F. de Limosin. Rassegna delle riviste, L. R.
286 l’initiation MUSÉE SAINThYVES D’ALVEYDRE BIBLIOTHÈQUE Classement par noms d'auteurs. Cahen. — La Bible Hébraïque, 17 volumes. Campos-Leyza (de). —Analyse étymologique des racines hébraïques. Cassini M. (Antoine). — Libro dell Amore, 3 volumes. Carre (L.). — Ancien Orient, 4 volumes. Carteron (E.). — Analyse des recherches de AI. Letrome. Monuments astronomiques. Castaigne (R. P. G. de). — Œuvre. Chimie.
Médecine, Cassini. — Éléments d’astronomie. Caudemberg (G. de). — Monde spirituel. Cecil Reddi. —- John Bull, his origin and character. Chabas (F.). — Voyage d’un Égyptien en Syrie. Réponse à un critique. Chabrier. — Idées nouvelles sur le système solaire. Chako (A.) — Paroles d’un voyant. Chaignet (Ed.). — Pythagore et sa Philosophie, 2 volumes. Champollion. — Système hiéroglyphique des anciens Égyptiens.
Chantepie de la Saussaye. — Histoire des Religions. Charencey (Comte de). — Annuaire Athénée oriental. Chasles (P.). — L’antiquité. Charma (A.). — Essai Philosophie Orientale. Chauffard (A.). — Prophéties anciennes ou modernes. Chesne (André du). — Histoire générale d’Angleterre, Écosse, Irlande. Chevalier. — Trésor des sciences et des arts. Chevalier (Valda). — Extraction de la teinture de l’âme et de l’esprit des 7 métaux (manuscrit).
Chevrillon (A.). — Dans l’Inde. Chimphilj (J.). — Offenbahrung der chimifchen Weisheit. Chiniac (de). — Histoire des Celtes, 2 volumes. Christophe Cellarii. — Testament Syriaci »
287 e). twingiants, MUSÉE SAINT-YVES DALVEYDRE Christian (P. . — Magie (Histoire de la Magi Chrismas (Henry). — The cradle of the volumes. 2 Clave (Estienne de). — Paradoxes des pierreries. Clavel(B. ). — Histoire pittoresque des religions. CoLOMBEL Gabourd. — Vie de saint Charles Borromée. Collangf (Gabriel de). — Polvgraphie. Collin de Plancy. — Dictionnaire Infernal, 2 volumes. Comte. — Manuel des Sorciers. Comte. — Sorciers ou Magie blanche.
Combes Dounous. — Dissertations de Maxime de Tvr, 2 volumes. Constantjni Albanie — Magia Astrologica. Coore (de la). — Destinées de l’âme. Cormiliolle (Abbé). — Thébaïde de Stace. CossÉ (E.). — Dette publique et droits de l’État. Court de Gebelin. — Monde primitif, 9 volumes. Creuzer (F.). — Religions de l’antiquité, 2 volumes. Crosset de la Haumerie. —Secrets de philosophie des Anciens. Curci Sac. — Socialismo cristiano.
Curzon (H. de). — Maison du Temple de Paris. Cust (R.). — Religions et langues de l’Inde. (A suivre.) M. Yram Singh, astrologue indou, 5, rue St-Augustin,. Paris, établit, pour trois francs en mandat, des horoscopes à toute personne qui lui envoie une date de naissance. Le nom est inutile.
288 L INITIATION APPAREILS D’OCCULTISME Boules hypnotiques. — Miroirs hypnotiques.— Disques d’entraînement'. — Appareil système frontal. Planchettes à médium extra-légères de tous modèles. - Couronne aimantée du Dr Encausse.
Miroirs planétaires. — Miroirs magiques. — Baguettes magiques. — Objets pour autel magiques. — Appareils contre l’envoûtement, du Dr Papus. — Appareils pour donner ou renforcer la médiumnité. — Biomètres, sténomètres, etc. Construction d’appareils sur une idée donnée ou sur un plan. LÉONIS, Ingénieur-Constructeur {breveté S. G. D. G.), 3g i, rue des Pyrénées, Paris {20e). Librairie Générale et Internationale G.
FICKER PARIS — 6, rue de Savoie, 6. — PARIS L’ÉVANGILE DE CAGLIOSTRO Retrouvé, traduit du latin, et publié pour la première fois avec une introduction Par le Dr MARC-RAVEN Un volume petit in-8 sur beau papier vergè, orné d’un portrait et du sceau de Cagliostro. Tirage à 5oo exemplaires.................................... Dix exemplaires sur japon impérial, numérotés 1 à 10.................................................... {Épuisés). 12 fr. Le Gérant : Encausse. Paris. — Imprimerie E. Arrault et Cie, 9, rue N.-D.-de-Lorette.