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Pari». — Imprimerie E. AmuuiTet CSg, rue Notre-Dam«-de-Lorette I I I Chrétienne et Gabbalistique divine et magique, universelle, tri-unité Établie par Henri KHUNRATH (tôog) Nouvelle édition de luxe comprenant la reproduction en gravure des 12 planches originales, par les docteurs PAPL'S et MARC HA VEN Un volume de grand luxe : 1O fr. b ! •- F j I i • ïLibrairie Générale et Internationale G.
FICKER PARIS — 6, rue de Savoie, 6 — PARIS ŒUVRES POSTHUMES DE SAINT-YVES D’ALVEYDRE SK i --------------------------- EN VENTE : LES SLEFS DE L’ORIENT (d’après la Kabbale Orientale) Les Mystères de la Naissance Les Sexes et l'Amour Le Mystère de la Mort Un vol. pet. in-8, orné de 7 gravures de Burgsthal Mission de l’Inde en Europe • Mission de l’Europe en fisie La Question du Mahatma et sa solution avec une préface des « Amis de Saint-Yves » Ouvrage orné d’un portrait de St-Yves et d'un portrait d’un initié hindou i.ooo exemplaires sur papier alfa 10 exemplaires sur japon (i à io).
On reconnaît la rareté et l’intérêt des planches hermétiques et magiques de Khûnrath ; jusqu’à présent ces planches étaient sans valeur, puisqu’elles n'étaient pas accompagnées de leur texte. Les docteurs Papus et Marc Haven ont remédié à cètétat de choses en publiant, chez M. G. Ficker, une édition de luxe donnant l’explication de chaque figure. 1
1 L’Initiation 89- VOLUME. — 24”° ANNEE SOMMAIRE DU N° 2 (Novembre 1910) PARTIE PHILOSOPHIQUE La Mission de l’Inde (p. 97 i 104).....................St-Yves d’Alveydre. L'Alchimie psychique (p. io5 à ia5) .... Sédir. Orphée et les Orphiques, suite (p. 126 à 136) . Combes Léon. Sur quelques modes divinatoires et augurâtes (p. 137 à 158)......................................................... C. B. Karl Nissa.
Du Corps idéal et de l Astre futur (p. 15g à 162). SECTION ARCHÉOMÉTRIQUE Empsycose, Métempsycose et Psycostasie (p. 164 •à 167)'.................................................................. Études archéométriques (p. 168 à 174). . . . Saint-Yves d’Alveydre, par Barlet(p. 175 à 177). St-Yves d'Alveydre. Papus. Papus.
Ordre Martiniste. — .Mon ange gardien. — Prédictions de Madame Nau. — Cas de prévision d’un fait d’avenir. — Notre courrier. — École supérieure libre des sciences médicales appliquées. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 5, rue de Savoie, à Paris-VIe. Téléphone — 816-09 Tout ce qui concerne l’Administration : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adressé à la Librairie Générale et Internationale G.
FICHER PARIS — 4 et 6, Rue de Savoie, 4 et 6 — PARIS Le numéro : 1 fr. 25. — Un AN 10 francs pour la France. 12 francs pour l'Étranger,
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politiqüe et de la Religion ; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine dés forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L'Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent : Dans la Soience, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des Anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, ¡ Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique} s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L'Initiation parait régulièrement à la fin de chaque mois et compte déjà vingt années d’existence.—Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des huit premières années sont absolument épuisées.)
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L’Initiation de Novembre igio. L’INITIATION rsEmn) DIRECTION 5, rue de Savoie, 5 TÉLÉPHONE - 816-09 PARIS-V? ADMINISTRATION ABONNEMENTS PUBLICITÉ : VENTE AU NUMÉRO LIBRAIRIE G. FICKER , 4 et 6, Rue de Savoie, 4 et 6 UiRKCTeun : JF* A.JF’tJ e Secrétaire de la Rédaction Combes Léon. PARIS FRANCE, un an. 10 tr. ÉTRANGER, - 1 » tr. IflFtlJXÆES GRATUITE Leremboursement du prix de l’abonnement à l'initiation est assuré par des primes de librairie.
REDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d'être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune, note dans te corps d’un article. Prière d'adresser tous les échanges : 6, rue de Savoie, Paris Manuscrits. — Les manuscrits doivent être adressés à ta rédaction. Ceùx qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial.
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Rite Ancien et Primitif de la Franc-Maçonnerie (Chapitre et Temple INRI). Rite National Espagnol (Loge symb.-. Humanidad).
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Ceite partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées.
SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission de i’Inde en Europe Mission de l’Europe en Asie La question du Mahatma et sa solution (Un vol. in-8’ avec deux portraits, 5 fr.) avertissement C’est avec une véritable émotion que nous pu blions aujourd’hui cette œuvre, inconnue encore, de notre vénéré Maître, le marquis de Saint-Yves d’Alveydre.
La mission des Juifs, cette clef lumineuse de l’his toire universelle, la mission des Souverains, cette prodigieuse mise au point des rouages secrets des États d’Europe, sont l’œuvre d’un chercheur muni des seules clefs intellectuelles. La mission de l’Asie résulte d’une double série 7
g8 l’initiation de recherches, intellectuelles d'abord, astrales en suite. C'est le premier ouvrage de Saint-Yves où les expériences pratiques de dédoublement aient permis à fauteur de pénétrer dans les sanctuaires les plus secrets de la terre pour vérifier des renseignements oraux.
La constitution de l'Agarttha est révélée pour la première fois aux lecteurs d’Occident, et la question non pas « des » mais, « du » Mahatma est rétablie à sa véritable place. Ce n'est pas sans un ineffable sourire que les initiés de l’Église Brahmanique entendaient des Européens ayant essayé d'étudier le Boudhisme parler des « Ma hatmas ».
Après les avoir multipliés, on en a fait un «collège»; on a même, en Amérique, délivré des diplômes issus de ce prétendu Collège de Mahatma ! Saint-Yves, dansun appendiceà son œuvre, Jeanne d’Arc victorieuse, avait publié une courte note à ce sujet. Le titre de Mahatma appartient à l’Eglise Brah manique, et il caractérise la fonction d’un seul indi vidu. 11 n’y a pas plus de collège de Mahatmas que de conciles de cardinaux luthériens.
L’avenir montrera avec évidence que les sources auxquelles a puisé Saint-Yves sont non seulement véritables, mais encore vivantes. Mais il s’agit ici de choses sacrées. La polémique y serait déplacée et notre Maître n’a jamais répondu aux basses injures proférées sur son œuvre et sur son compte. Nous ne saurions oublier de remercier encore le
MISSION DE L INDE EN EUROPE 99 comte Alexandre Relier, qui a eu la délicate pensée de nous transmettre le seul exemplaire existant de cette œuvre précieuse qui ne devait pas voir le jour du vi vant de notre Maître. C’est avec respect que nous recommandons la lec ture de ces pages à ceux qui « veulent savoir ».
Les amis de Saint-Yves. ¡3 février 1910 PRÉFACE Approbations publiques dont les Missions précé dentes ont été l'objet, remerciements, critiques dont les Missions ont été l'objet, réponses. Avant d’écrire ces pages, j’ai longtemps hésité, long temps prié dans l’angoisse, dans l’humilité et dans l’anéantissement de moi-même.
Je me suis relevé avec une indicible résolution, certain du bien que je vais faire, non seulement aux nobles esprits qui ont adhéré à mes œuvres précé dentes, mais aux peuples des deux parties du monde auxquelles je m’adresse ici.
Mais, avant tout, je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance à l’élite des intelligences et des âmes qui ont eu le courage de témoigner publiquement par écrit de leur assentiment à cette loi organique de ¡'His toire et des sociétés humaines: la Synarchie, c’est-àdire le contraire de l’Anarchie.
A tous, j’offre ce livre pour leur prouver la persévé100 l’initiation rance de mes efforts, ce qui est ma meilleure manière de les remercier de leur inappréciable concours. La Synarchie est un terrain de conciliation aussi bien que de salut social dans chaque nation comme entre toutes. C’est une raison pour qu’elle ait eu l’honneur d'at taques assez violentes. Comme le groupe de Carpeaux, ma Mission des Juifs a reçu son coup d’encrier.
Voici le résumé des critiques, comme j’ai donné celui des adhésions : i° L’origine celtique des Aryas et le cycle de Ram sont un roman plagié dans Fabre d’Olivet que je n’aurais même pas cité ; 2° Il n’y avait aucune science réelle dans les tempies antiques; 3° Qui dit religion et théocratie dit ignorance et tyrannie ; 4° L’ésotérisme des textes sacrés de tous les peuples est une imagination des Kabbalistes du moyen âge et ne cache aucune science réelle.
Voilà le réquisitoire, et voici ma réponse : Autant d’affirmations autant d’erreurs. Le cycle de Ram et son origine occidentale sont une réalité historique, dont toute l’Inde, en y joignant l’Asie centrale, est encore témoin et garante. Quant à Fabre d’Olivet, il n’a pas plus fait de roman que moi.
J’ai vérifié ses sources, et je l’ai cité deux fois dans la Mission des Juifs : une fois tout justement à propos du cycle celtique de Ram, qu’il a trouvé lui-même dans les indianistes de l’école de Calcutta.
MISSiON DE L’iNDE EN EUROPE 101 J'ajoute, pour couler à fond cette torpille politi* cienne de plagiat, que l’Histoire Universelle ne peut être réelle qu’à la condition d’être l’universel plagiat des idées et des faits de toute l’Humanîté, dont il n’appartient à personne de réclamer le monopole.
Momentanément, règne un trouble profond dans d'immenses centres d’initiation hermétiquement fer més, où la tradition antiqueest conservée intacte depuis des cycles de siècles, par des millions d’initiés, qui ne s’attendent certes pas à la divulgation que je vais faire.
Aussi, connaissant à fond les réserves de l’Asie et y sentant toute la portée de mon acte, je n’hésite pas à dire qu’il constitue en lui-même un coup d’Ètat au trement important que tous ceux qu’aient jamais accomplis les hommes politiques, depuis que les des tinées de l'Humanité leur sont livrées.
A cette déclaration, la plupart des lecteurs euro péens esquisseront un sourire de scepticisme, mais il n'en sera certes pas de même parmi les millions d’initiés asiatiques qui liront, traduiront ou com menteront ce livre. ils se demanderont avec anxiété l’effet que la pré cision des révélations qui s’y trouvent aura pu pro duire dans les hautes régions des cultes, des univer sités, de la franc-maçonnerie et de certaines cours d’Europe, deux surtout. lis chercheront enfin comment j’ai pu soulever le voile qui recouvre les plus secrets de leurs mystères, alors que tous les efforts réunis des missionnaires et des diplomates n’y sont jamais parvenus.
En effet, ce voile est formé de montagnes im102 L INITIATION menses, de forteresses, de forêts vierges, de déserts, de villes, de temples, de cryptes, de cités souterraines d’une effrayante étendue. Et le secret qu’il couvre est gardé par des millions d’hommes de science et de conscience enchaînés entre eux dans le sein de la divinité par les mêmes serments qu'au temps des Moïse, des Jethro, des Orphée, des Zoroastre, des Fo-Hi.
Aussi, quel que soit le scepticisme que ce livre rencontre en Europe, est-il impossible de décrire la commotion idéo-psychique qui en résultera, visible ou non, à travers toute l’Asie.
Du pic de Ram jusqu’à Pékin, de la mer des Indes à l’Himalaya, de l’Afghanistan aux plateaux de la Haute-Tartarie ; de la Boukharie à Tiflis, mon faible souffle, grandissant avec la distance, se changera en tempête spirituelle, et le remous des âmes refluera encore de Jérusalem au Caire et à la Mecque, du Gaou aux Imans, et du chef des Druses du Liban au Rich-Ammo des Souffas de Badgad, antiques dis ciples esséniens de saint Jean-Baptiste.
A ce vaste océan d’âmes, je répondrai pieusement : « Dieu le veut, car c’est l’heure ! » Quant à moi, je serais le dernier des infidèles, si, gardant pour moi seul de tels secrets, je songeais à mon propre péril, quand le salut général est en jeu Qu’ai-je à craindre des hommes ? Rien. De Dieu ? Une seule chose : faillir à la tâche que sa miséricorde a daigné m’imposer. Je ne crains rien des hommes, parce que je n’appelle point la mort un sujet de crainte.
MISSION DE t’lNDE EN EUROPE io3 Quelque bonheur que Dieu puisse lui accorder en ce monde, tout initié sait que la mort est une indi cible jouissance de l’àme, la plus grande volupté qu'elle puisse ressentir. Il ne faut de courage que pour lui résister. Je ne crains rien des hommes, parce que mes Mis sions ont l'amour divin de l'Humanité pour principe: la synarchie universelle pour fin, et quelles ne font courir de risque qu’à ma seule personne.
Je ne crains rien des hommes, parce que je n‘en attends et n’en désire rien pour moi même. Après ce que je viens de dire, il serait puéril d'ajouter que, résigné au plus, je suis insensible au moins, et que les demi-savants, les athées, les sec taires ennemis de tout culte et de toute foi, qui espéreront atténuer la portée de mes actes par le sifflement de raillerie ou de l’injure, ne pourront émouvoir que ma pitié.
J’ai dit que je ne craignais rien des hommes. 11 en est un cependant que je pourrais redouter. Les initiés asiatiques ne doivent accuser personne d'indiscrétion volontaire. Cet homme, ce serait moi, si j’avais eu à manquer à ma conscience, ou à violer le serment d’une ini tiation humaine, en publiant ce couronnement de mes Missions.
Il n’en est rien ; Dieu seul, à travers les deux comme dans les profondeurs de l’Histoire de l’Humanité, est le vivant dont j’ai reçu la loi synarchique
l’initiatîon 104 dans ma compréhension religieuse de la promesse sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de Moïse, des Abramides, ainsi que de cette communion antérieure des Ramides que saint Paul appelle la société des Primitifs, et que j'ai nommée ailleurs de son antique nom : la Paradésa.
Quand j’ai dit, dans la Mission des Souverains et dans la Mission des Juifs, que tout ce que je réser vais à la reconstitution de l’édifice des sciences dans une chambre de l’enseignement, une fois la synarchie fondée, se trouvait en mains sûres, dans plu sieurs pays différents, j’avais de graves motifs pour être aussi explicite.
Aujourd’hui, après mûre délibération, je corrobore cette promesse, en ajoutant la Paradésa ramide, son temple universitaire, ses traditions ; la quadruple hiérarchie de ses enseignements existe encore, inalté rés, à l’heure actuelle. C’est à son souverain pontife que je me permets de dédier respectueusement ce livre. Saint-Yves d’Alveydre.
L’ALCHIMÎE PSYCHIQUE Olatth. XV, r-31 ; XVI. 1-28 ; XVII, 1-27. — Marc VII. ¡-J;; VIII. n-38; IX, (-32. — Luc. XII, 1-2 : IX, 18-45. — Jean, V. r-47). LE FORMALISME Les règles de vêtement, d’attitude, d'hygiène, de propreté domestique, de tenue qui se multiplient en si grand nombre dans les codes religieux, avaient, à l’origine, le but de faire profiter les fidèles des meil leures conditions physiques et fluidiques.
Les anciens savaient quelques-unes des lois de l’atmosphère se conde ; ils connaissaient ce que nous avons redécou vert sous les noms de magnétisme et d’électricité ; leur hygiène s’occupait de la santé corporelle d'abord, mais aussi de la propreté du double : de là tant d’or dres relatifs au nettoyage des objets, à l'attitude à prendre pour le repas, le sommeil, l’étude, le travail.
L’éducation se trouvait ainsi appuyée sur un ensem ble des faits scientifiques, tandis que la foi des fidèles aiguillait les forces déployées dans l’observance des rites vers le centre céleste de leur forme de religio- (1) Extrait du troisième et dernier tome des Évangiles pu blié chez Baudelot, 36, rue du Bac, Paris.
i ob L INITIATION sité. Une religion est le résultat de la visite d’un dieu, — ou de Dieu. Les hommes à qui elle est destinée cherchent à franchir des portes du royaume de ce dieu. Pour cela, il faut qu'ils se débarrassent de ceux de leurs vêtements qui ne sont pas convenables à ce monde-là, et qu’ils s’en procurent d’autres : qualités organiques, vertus morales, idées intellectuelles.
Les premières s’obtiennent par l’obéissance aux formes canoniques, les secondes par les règles éthiques, les dernièrespar lacom préhension des diverses théologies. Mais la morale est le mot dépassé, le signe de recon naissance indispensables, la clé unique des paradis, parce qu’elle s’adresse au centre psychique, à la vo lonté.
Le formalisme et le culte, comme le savoir, per dent toute valeur s’ils ne sont vivifiés par l’épuration du sentiment. C’est de celui-ci que dérive la valeur éternelle de l’acte, de la parole et de l’idée. C’est lui qui, selon la mesure d’altruisme qu’il recèle, ravale ou exalte les œuvres héroïques et les vulgaires, les préoccupations mesquines et les sublimes.
C’estpourquoi l’homme qui, refusant tout secours et toute dé pendance d’église, s'en tiendrait à la simple prati que de la religion intérieure, pourrait avec certitude espérer la présence divine. Car, dans ce domaine, comme partout, la diploma tie ne sert de rien. 11 faut se donner à un eggrégore, ou rester seul.
Choisir, dans tel système d’observan ces, celles qui nous conviennent, n’aboutit qu'à une perte de forces, et oblige à revenir sur nos pas. On oublie toujours que le vide, que les espaces où se
l’alchimie psychique 107 meuvent les passions, les forces et les idées, sont remplis d'habitants. Un peuple réuni sous l’égide du même idéal n’est que l’arrière-garde, — ou la senti nelle, — de la véritable armée qui combat pour cet être supra-terrestre.
Les religions orientales ensei gnaient explicitement ce fait, et le catholicisme en a retenu le caractère le plus saillant quand il nous re mémore la communion des trois églises : souffrante, militante et triomphante.
Tous ces invisibles, molécules très actives du circulus qui réunit au dieu ses adorateurs terrestres, perçoivent les gestes de ceux-ci, et serviteurs moins indulgents que leur maître, ils sont enclins à punir avec rigueur, à refréner avec violences les incartades des hommes. Si on s’attache à eux, il faut se donner tout à fait; ou bien, qu’on reste en dehors de leur sphère : ils ne s’occuperont pas de celui qui veut être seul.
En résumé, les religions présentent des avantages et des inconvénients. Elles offrent des secours nom breux à la volonté, à l’intelligence et à la sensibilité: je ne vous répéterai pas tout ce qui a été dit sur l’en thousiasme que l’architecture, la musique, les par fums, l’éloquence peuvent faire jaillir chez le fidèle, sur l’aide invisible que dispensent les sacrements, sur les nobles contemplations où peut élever la théo logie.
Le danger lointain des formes religieuses est de distraire de Dieu, au profit de l'un de ses aspects: mais les seuls qui puissent craindre ceci sont de bien rares êtres d’élite. 11 y a un danger plus proche et plus
l’initïation 108 pressant que voici : à force de se tendre pour accom plir les cérémonies et les canons extérieurs, on en arrive à leur accorder de plus en plus d’importance; des docteurs s’élèvent pour proclamer la puissance du rite à produire la vertu qu’il symbolise : peu àpeu, le signe prend la place de la réalité; et la religion tout entière finit par s’embourber dans la supersti tion.
Tel a été le sort du brahmanisme, du taoïsme, du judaïsme ; et le catholicisme a bien failli le subir aussi. Il ne faut pas s’effrayer de ce caractère provisoire que tout revêt dans la Nature. La Terre est un orga nisme ; elle reçoit des autres astres, et leur envoie des forces. Elle se modifie sans cesse dans toutes les ré gions de son individualité.
Car son esprit travaille; puisqu’il est en progrès, il est sensible à des influences extérieures à lui ; les créatures, surtout les hommes, peuvent, par leur vouloir, modifier la vie de cette pla nète, spécialement si elles se groupent en vue de la conquête d’un même objet, comme cela se trouve dans les États et les religions.
Le représentant de Lucifer agit aussi et pèse sur le libre arbitre de la terre ; et le représentant de Dieu exerce son influence, de diver ses manières, mais surtoutparl’organisationdeseggrégores religieux. Les affinités électives existent aussi dans les plans invisibles. Chacun reçoit la vérité comme il peut.
Le simple se l’assimilesimplement, c’est-à-dire purement ; l'in tellectuel la dissèque pour en extraire un squelette qu’il appellera métaphysique ou théologie; l’ambitieux
l’alchimie psychique 109 en forgera des chaînes pour asservirses subordonnés; le moraliste en tirera une casuistique : l’occultiste en bâtira une magie ; le philosophe y trouvera des sym boles.
L’ange porteur de Lumière sait le sort qui l’attend dès qu'il touche l’atmosphère seconde d’ici-bas; toutes ces obscurations, tous ces démembrements sont pré vus; l’Esprit s'en sert pour pénétrer dans les recoins les plus sombres des ténèbres, selon la forme incom préhensible à chaque créature, qui le reçoit dans la proportion où elle a ménagé, en elle-même, une place libre pour le visiteur pressenti.
Car réellement rien ne nous arrive d'imprévu. Tou jours quelque chose nous annonce nos hôtes. Le frémissement d’un muscle, une intuition fugace, une rencontre, un rêve, un pressentiment nous prévien draient si nous étions attentifs; la méditation seule pourrait suffire à cet office, puisque rien ne nous vient que nous ne l'ayons appelé.
Le Verbe seul se lève en nous, sans qu’il soit possible de prévoir l'instant de son aurore; parce qu’il est le seul être libre. Ainsi, nos réflexions et nos passions préparent nos actes; nos actes confient au champ du devenir les germes de nos sentiments et de nos pensers futurs; tout a des racines, en nous et hors de nous, tout est en travail pour des fleurs et des fruits.
Tout est donc important si nous savons y mettre cette gravité que donneleseul sens de l’éternel. C’est ainsi que l’homme se restitue à sa vraie place, puisqu’il est, par son cœur, le centre de l’Univers. Quand le médecin panse une plaie et se trouve tout
I 10 l’initiation éclaboussé de sanies, il n’a pas évidemment obscurci son âme. De même, que l’israélite mange du porc, que l'hindou mange du chien, que le catholique fasse gras le vendredi, s’ils savent partager leur repas et leurs habits et leur chambre avec les pauvres, croyez que Dieu les accueillera tout de même.
Et vous sentez bien qu’un calomniateur, un patron avare, un débauché auront beau accumuler les indul gences et enrichir le denier de Saint-Pierre, s’ils ne s’amendent point, la Lumière qui était en eux fera place à la nuit. On ne peut pas travailler sans se salir; l'établi, le bureau, l’atelier, la chaire, la rue, le champ, le mé nage, tout cela fatigue le corps, produit la crasse et déforme les vêtements.
Mais le cœur qui brûle pour un idéal transforme en lumières toutes les immon dices. Le dieu transfigure l’offrande. LA SOUILLURE L'office de l’homme est triple: c’est recevoir, trans former, répandre. De ce que ia Nature lui apporte, il n’est pas responsable, s’il ne le lui a pas demandé. Ces choses ne peuvent donc point, si basses soientelles, ou si perverses, obscurcir son esprit.
Mais son travail personnel, et par suite sa responsabilité, — commence avec les transformations qu’il fait subir dans les divers alambics qu’il possède : estomac, pou mons, sensorium, mental, cervelet, etc., aux substan ces de toute espèce que le milieu lui envoie.
L’ALCHIMIE PSYCHIQUE III Et il est pleinement comptable de la qualité des for ces, des sentiments et des idées qu'il rayonne; et, si ces oeuvres sont mauvaises, c’est par choc en retour qu’elles rentreront en lui sous une autre forme pour achever de le corrompre. La tentation à laquelle on résiste ne souille pas, mais purifie. Tout voyageur doit être accueilli. Mais l’hôte saura maintenir le bon ordre dans sa maison.
La prudence recommande de chasser les mauvais désirs dès qu’ils se présentent; mais, il est préférable, si on en sent la force, de converser avec eux, de les raisonner, comme on ferait avec un enfant indocile, afin de les convertir en énergies pour le bien.
« L’homme, dit Saint-Martin, est une pensée de Dieu ; il est régénéré successivement dans sa pensée, puis dans sa parole, puis dans son action. » La puri fication, pour être durable, doit donc partir de l’in terne; les yogas, les jeûnes, les réceptions sacramen telles, les entraînements magiques, ne valent dans l’Absolu qu’à cause du sentiment cardiaque qui les vitalise.
Les pouvoirs dont les hommes, ou leurs dieux, sèment les germes en nous, ne sont pas viables, le Père s’occupe de tout, et ce qu’il n’a point ordonné ne dure pas; un adepte qui s’est fait tout seul, peut retenir les privilèges conquis ou achetés pendant cinquante ans, pendant quelques siècles même, mais un jour arrive où il faut qu’il restitue.
Si gigantesque que soit une volonté, elle ne réglemente qu’un petit coin de l'univers; si vaste que soit une intelligence, elle ne reflète qu’une partie du tout: un être qui, de
112 l'initiation [NOVEMBRE son chef, s’institue le directeur de son voisin, est bien exactement un aveugle qui conduit un autre aveugle. Tandis que les places que le destin distribue, dans toutes les hiérarchies, s’accompagnent d’un secours spécial qui permet au titulaire, malgré sa possible incapacité, de remplir tout de même à peu près sa fonction.
Les contempteurs de la morale en font ressortir les variations, dont ils rendent Dieu responsable, tandis que ce sontles hommes les auteursde ces divergences. La formule synthétique de notre conduite est qu’il ne faut faire de tort à aucun être, même à ceux qui, pour le moment, constituent notre personnalité.
Matthieu énumère sept formes de mal, et »Marc treize: mais quel qu’en soit le nombre, tout vice souille parce qu’il résulte de la collaboration de notre volonté avec une puissance ténébreuse, et qu’il cor rompt la vie de l’un de nos organes. Une mauvaise pensée aboutit à un acte mauvais, et détruit l’équilibre mental. Un adultère est une rupture de promesse, un vol, et désorganise l’harmonie des naissances.
La fornication gaspille des forces que la Nature ne nous confie que pour offrir à un plus grand nombre d’âmes la possibilité de l’existence terrestre; elle nour rit, en outre, certaines classes d’invisibles immondes, et facilite parfois de graves désordres dans les plans des incarnations. Le meurtre enlève à un grand nombre d’êtres les possibilités d’avancement quedonne cette vie, et auxquelles ils avaient droit. La méchanceté attire sur nous les tourments qu’elle inflige au prochain ; on est comptable, en effet, des
113 igro] l’alchimie psychique moindres fautes que l’on fait commettre : La médi sance nous isole des protections providentielles, et détourne l’esprit de son chemin normal. L'envie pro voque la discorde et nous signale à la jalousie d’êtres plus forts que nous ; il n’y a jamais lieu de convoiter rien, car la créature la plus misérable possède tout de même quelque chose que personne d’autre ne détient, et on a toujours que ce que l’on mérite.
L’orgueil immobilise et aveugle. Le blasphème évoque le désespoir ; bien qu'il n’at teigne pas Dieu, il détermine dans l’invisible des explosions redoutables. La folie, enfin, rend inutile en grande partie notre présence sur cette terre, étant la suite de désirs trop violents, elle désorbite des organes en nous, et empê che le travail.
Toutes les formes du mal ont ensemble d’étroits rapports ; elles s’engendrent et se tuent tour à tour, pour renaître plus venimeuses. Toutes sont en nous plus ou moins actives, selon la collaboration qu’elles reçoivent de nous.
Mais le Ciel n’attend que notre demande pour les amoindrir et les tourner au bien; et que de fois II ne nous soumet à l’épreuve que pour faire jaillir notre cri de détresse : comme Jésus le marque dans sa réponse à la femme grecque qui Lui demandait le salut de sa fille. Par contre, on n’a pas le droit de mettre le Ciel au défi : ceux qui le font prouvent leur mauvais vouloir et l’adultération de leur esprit.
A un certain point de vue, le résultat de nos actes est un mariage avec l'idéal que nous servons ; or, notre esprit a un époux spiri8
l'initiation 114 tuel qui est le Seigneur de la religion où nous sommes nés ; c’est ce qu’indique la légende de Krishna et des bergères, et l’infidélité des Israélites qui délaissèrent la Shekinah pour les idoles (Zohar, sect. LekhLekha).
Le vrai Dieu ne punit pas les volages ; 11 attend leur retour, pour reprendre avec Lui ceux qui se repentent ; c'est ce que Jésus fait, après avoir vaincu la mort : en remontant au Ciel, Il entraîne dans son sillage tous ceux qui se sont convertis. Quant aux autres, comme le prophète Jonas, entre deux exis tences, ils sont soumis pendant trois jours au spec tacle de leurs erreurs et de leurs crimes.
Jésus est très indulgent ; Il excuse nos erreurs, car le mal grouille en nous avec une vie intense. Les germes des forces spirituelles de toute qualité qui sont mises en nous à l'origine, croissent et portent des fruits à mesure que nous avançons d’existence en existence. Et quand elles ont subi une préparation spéciale, elles servent à nourrir bien des créatures autour de nous.
Cette préparation se fait par un levain, et ce levain c’est ce qu’il y a au fond de notre cœur. Si c'est la sincérité, les fruits de nos oeuvres seront sains malgré nos erreurs et nos maladresses ; si c’est le mensonge ces fruits sont vénéneux, malgré toute notre science, et notre savoir faire. Voilà pourquoi le Christ met ses disciples très en garde contre l’hypocrisie, parce qu’ils ont à faire à la foule versatile et trompeuse.
Se donner l’apparence et l'autorité de la vertu pour satisfaire ses désirs personnels appelle en nous l'illu sion ; le mal que nous allons faire, commis dans
l'alchimie psychique ii5 l’ombre qui est son habitat, y foisonne rapidement ; on profane des gestes de Lumière en les faisant ser vir à des œuvres de ténèbre ; quand la honte de l’hypo crite se découvrira, les hommes et les assistants invi sibles se scandaliseront ; des forces sont gaspillées à émettre dans l’atmosphère seconde des formes vaines, des centres vampiriques quant à l’individu et quant au milieu, des tromperies dans les existences sui vantes : c’est le diable qui a inventé la ruse, la sour noiserie : le Ciel veut que tout se passe au grand jour de son soleil.
Le Christ et Ses amis sont les seuls qu’on ne puisse pas duper, parce que ce sont les seuls en qui habite le Vrai.
En somme, rappelons-nous que tout est vivant: que c’est nous qui nous choisissons notre société d’in visibles; et que toute dette se paie là où elle a été contractée ; si nous nous détournons d'un devoir, la juste Nature nous charge de porter la souffrance que notre paresse aura causée, et sept incarnations ne passeront point qu’elle ne nous ait ramenés, dans le même lieu, dans les mêmes circonstances, dans le même entourage, pour faire l’effort que nous avions autrefois refusé.
Souvenons-nous que rien ne grandit sans travail ; les mauvaises propensions intérieures, les oppositions extérieures sont les résistances utiles à l’entraînement des forces de l’esprit. « Dépense de la vie si tu veux « recevoir de la vie, » disait Saint-Martin.
La sta gnation est interdite ; qui n’avance pas, recule ; qui ne se développe pas, s’étiole, « on est un saint, répon116 l’initiation « dait Ruysbroeck à un hésitant, dans la mesure où « on veut le devenir. » La volonté est réellement-puissante ; il faut qu’on l’emploie, et qu’on apprenne par l’expérience, à en voir la perfection dans sa conformité la plus intime avec la Loi du Père. * LE BIEN-AIMÉ La plupart des actes de Jésus froissaient les préju gés des docteurs et des officiels.
Le scandale, c’est une indigestion spirituelle; de même que l’estomac rejette un aliment inassimilable, de même notre es prit se révolte devant ce qu’il ne comprend pas. Quel quefois cette répugnance vient de ce que la nourri ture est en effet malsaine; quelquefois l’on s’entête dans des préjugés; dans ce dernier cas le scandale est un choc nécessaire qui élargit l’horizon intérieur.
Il est bon de ne pas trop se barricader, de se tenir le jugement assez libre pour accueillir le nouveau après un impartial examen, L’impossible, l'incroyable d'aujourd’hui sont fréquemment l'ordinaire des jours suivants.Tout acte estune graine semée dans le champ du futur.
Les contemporains du Christ n’ont pas compris cette rénovation incessante des choses ; atta chés à la lettre du mosaïsme, ils voulaient croire leur loi éternelle et immuable, et leur obstination est une des formes les plus fréquentes de l’intolérance. Cependant le Sauveur ne perd aucune occasion
l'alchimie psychique 117 pour démontrer les caractères originaux de Son œuvre. Qu’Il délie la langue des muets, qu'il ouvre les yeux des aveugles, qu’il restaure les paralytiques, l’assistant impartial ne peut pas ne pas voir la puis sance souveraine du Thérapeute, libre de tout for malisme, dégagée de toute tradition, commandant sans effort, usant de n’importe quelle méthode.
Et, tout de même, cette sereine invincibilité n’agit jamais sans avoir obtenu la permission du Père. Ce courage indomptable ne verse jamais dans la bravade ; il ose se défendre, il ose fuir quand il le juge utile ; il agit sur le plan physique avec des moyens physiques tant que c’est possible.
Et cette Sagesse ramène toujours tout à l’unité : désignant le péché comme seule cause de toute souffrance, indiquant la lutte comme unique moyen d’évolution, préconisant la foi comme re mède universel, et la charité comme règle parfaite de toute vie. Le Christ s’efface toujours; Il ne veut laisser voir de Lui que l’envoyé du Père.
Le but que les anciens sages proposaient à leurs disciples était l’agrandissement progressif de l’indi vidu ; ils leur faisaient comprendre que la meilleure méthode d’acquérir le bonheur semblait être de dis cerner le plan providentiel de la création et d’y con former sa vie. Tandis que le Christ nous offre comme modèle, non la loi du monde, mais le Législateur; la pratique est mise au-dessus de la théorie, l’acte audessus de la science.
Le Fils imite le Père ; et l'homme imite le Fils, par un effort central, au lieu de circonférenciel, comme dans les polythéismes.
h8 l'initiation Si le Fils faisait quelque chose de lui-même, il ne serait plus le Fils; il est le Père matérialisé ; 11 en est l’acte, il en est la forme ; Il réalise ainsi le sens absolu de l’adage antique: une âme saine dans un corps sain. Et le disciple aussi, qui fait quelque chose de luimême, n’est déjà plus un disciple.
L’homme est la terre; le Fils est l’arbre en qui évolue le minéral; quant au Père, en ce cas, comme partout, il est le Créateur. Le Monde est la matérialisation du Verbe, et Jésus le cœur du monde: c’est pourquoi le Père aime le Fils. Laissez ici les considérants ésotériques qui pré tendent découvrirtrois, cinq ou sept Logos.
La méta physique n’est faite que pour émouvoir certaines vo lontés qui n’ont pas l’énergie de l’amour et de l’action: les promenades où elle nous convie, pour attrayantes qu’elles soient, n’ont pas la valeur vivante de l’effort. Necoutez, pour comprendre un peu notre Jésus, que les simples anecdotes qu’il nous raconte sur Luimême.
«Le Père aime le Fils»; ne trouvez-vous point que cette phrase résonne à notre cœur comme les mots très anciens qui rejettent la pensée du savant à lunettes vers le siècle heureux où il croit se souvenir d’avoir erré, libre et joyeux, dans la forêt hospita lière? Les hommes osent parler d’amour; leur igno rance est leur excuse. Qui sait aimer ici-bas ?
Sur les trois millions d'habitants qu’il y a dans cette ville, sur la trentaine que nous sommes réunis parle Ciel pour nous ressouvenir de Lui; où est le cœur qui ait vécu dix minutes d’amour absolu ?
l’alchimie psychique 119 Le Père projette sur le Néant la pensée du Monde , le Fils est né ; c’est l’Alpha. Sur les millions de mil lions de graines lancées dans ce sol, il faut et il suffit qu’une seule d'entre elles travaille avec perfection pour, qu’avec l'aide du Temps, cette perfection se propage partout : Ceci c'est encore le Fils écrivain du Livre vivant.
Cette graine le Père la soigne et la chérit plus que toutes les autres ensemble, parce qu’elle travaille uniquement pour Lui. Et lorsqu’approche l’époque de l’universelle moisson, lequel des épis apparaît le dernier, le plus fort, le plus beau, parce qu’il a été le plus longtemps enfoui, le plus aimé parcequ’il a choisi le travail le plus obscur : c'est le Fils, dans son aspect d’Oméga. Avant l’aurore ? Tu étais là ?
Tu seras là tard dans la nuit ? Verbe aux yeux toujours ouverts, Serviteur des serviteurs, In connu parmi les inconnus? Infatigable, Martyr d’in nombrables agonies, Médecin du monde, seul Digne d'ètre aimé de notre Père. C'est son Fils que Dieu affectionne, dans le cos mos entier comme dans chaque créature.
Mais, Lui, l'objet de l’universelle adoration, se considère si bien comme néant, qu’il n’ose pas parler de l’amour in fini qui l’attache à Son Père. Ils sont pourtant les délices réciproques l'un de l'autre; ils ne se séparent que pour étendre, approfondir, exalter l’amour dans leurs organes ; or, c’est nous qui sommes les corps du Verbe et les Temples de Dieu. Voilà comment se trouve, chez toute créature, au moins une cellule où habite le Ciel. Cette étincelle du Père, tout de même distincte
120 l'initiation de Lui, est sans cesse immergée en Lui, confondue avec Lui. Là, il n'est plus question de personnalité, de libre arbitre, de démiurgies, de pouvoirs psychiques; c'est un organe obéissant à la volonté qui l’évertue, depuis toujours, sans arrêt, avec une patience, une minutie, une puissance parfaites.
Si l’Univers est le corps du Verbe, l’homme est le cœur du monde, matériel et spirituel : et le Christ est le type de l'humanité idéale. La Nature trouve son ciel dans l’esprit de l'homme, ce dernier trouve sa béatitude à devenir une cellule du corps glorieux de notre Jésus : l’unité se réalise de proche en proche par l’harmonie.
Tout cela, c'est le point de vue externe des rapports du Père et du Fils, selon lequel nous apercevons trois personnes en Dieu. La Trinité est une formule ap proximative, et cependant les plus beaux génies ont brisé leurs ailes à vouloir approcher ce soleil.
Toute fois, nous, qui sommes de simples mortels, pouvons étudier avec profit les explications du ternaire divin qui abondent dans les livres des docteurs de l’Égiise: laissez-moi vous y renvoyer, en vous prévenant tou tefois que la Trinité du catholicisme est une concep tion originale qu’il ne faut pas assimilera la Trimourti hindoue, ni aux différents ternaires du taoïsme, du boudhisme, du mazdéisme, de l'Égypte, des druides ou des hermétistes.
A vouloir que tout concorde, on fausse tout. Les rapports du Père et du Fils, qui sont l’Esprit, regardés du plan divin, nous demeurentinintelligibles.
l’alchimie PSYCHIQUE 121 La distance est énorme entre notre état actuel et la nature humaine parfaite du Christ; entre celle-ci et Sa nature divine la distance est sans mesure. Il n’im porte. Le progrès est indéfini.
Après des périodes dont la longueur déconcerte l’imagination, les pro grès accomplis pourront n’ètre que les préparatifs d'autres états apothéotiques; il n’y a jamais lieu de s’arrêter ; les plus grandes merveilles connues sont les semences de merveilles plus hautes encore : et la force qui conquiert ainsi l’impossible, c’est la foi. #■ * * L'IDÉAL Le Ciel est réellement, comme le célèbre la litur gie, une vierge que les désirs désespérés de l'âme hu maine violent sans cesse ; chaque stupre qu’il subit engendre une forme nouvelle du Verbe ; et l’impos sible redevient vierge s’offrant de nouveau à toutes les audaces de la foi.
Tout ce qu'enseigne le Christ c’est pour affamer notre foi, afin que nous comprenions — en les vi vant — des aspects de plus en plus vastes de ce mystère en lui-même sans fond, qu’on appelle Dieu. Depuis la venue de Motre-Seigneur, le monde pos sède, outre sa force innée, une force nouvelle, qu’il peut, s’il veut, puiser dans l’infini Trésor de la Lu mière divine : il n’y a rien qui ne soit perfectible sans limites. Tout en nous, aujourd’hui, porte les chaînes de
I 22 l’initiation l’espace et du temps ; nos idées les plus hautes sont tout de même prisonnières: si elles étaient libres, ne pourrions-nous pas en suivre plusieurs à la fois? C’est parla matière que nous souffrons cet opprobre, mais Dieu veille, et nous en délivre petit à petit, grâce, à l’infusion de la vie éternelle, de Son Fils en nous.
Jésus est maître du monde ; 11. accomplit Son devoir de roi en se donnant à tous, mais II choisit l’heure de ce don. En ce cas, dit le faux mystique, à quoi sert de se fatiguer, si le temps de l’épreuve est fixe, immuable ment ? Ce n'est pas un serviteur dévoué qui raisonne ainsi, c’est un serviteur vénal.
Et si nous avons la moindre conscience de l’inestimable trésor que Jésus nous apporte, aucune agonie ne nous coûtera pour hâter, ne serait-ce qu’une seconde, l’instant de Sa venue. Ce résultat merveilleux n’exige ni régimes, ni en traînements, ni sciences abstruses ; il suffit que notre vouloir — mieux encore — notre amour soit vers le Ciel ; déplacez le centre de gravité d’un objet, vous en déplacez toute la masse.
Déracinez le cep de notre esprit, replantez-le dans la terre des vivants, et toute la plante se renouvellera. Inutile de changer d'exis tence extérieure ; changeons simplement le but de nos œuvres journalières, cela suffit pour que nous entrions dans l’un des nombreux chemins que le Christ fraya voici deux mille ans, et qui coupent au plus court vers la divine patrie. Seule l’intention qui, du fond du cœur, vivifie nos actes, vaut dans l’éternel, et subit le jugement. Nous
l’ALCHIMIE PSYCHIQUE 123 ne connaissons rien à rien ; il ne serait pas juste que nous soyons responsables du mal que nous commet tons en croyant bien faire, et que nous recevions une récompense pour le bien qui peut ressortir quand nous avons voulu le mal. Il est sage que ce soit le possesseur de la Lumière qui la dispense. Le Christ la donne à ceux qu'il veut, c’est-à-dire à ceux que le Père lui désigne.
La viande qui nourrit un homme peut tuer le nourrisson, si ceux qui désirent la Lumière l’obtenaient sur l’heure, ils endureraient des souffrances atroces. La vie éter nelle est le plus terrible corrosif pour toutes les formes de la vie naturelle.
Combien de gens n’ai-je pas entendu demander un progrès spirituel qui s’éton naient, se désespéraient, et se répandaient en reproches amers, lorsque la pauvreté, la maladie ou le chagrin venaient, le mois suivant, les visiter I Plus le médi cament est actif, plus son effet est violent.
Or, qui nous connaît à fond? qui fut le témoin de nos nais sances et de nos morts sans nombre ? qui a maintes fois arrêté notre bras criminel ? qui nous a soute nus dans la fatigue? Celui-là même, notre Ami. auquel il est juste de laisser le soin de notre avan cement. Tout vit.
Un progrès spirituel s’exprime, dans le cœur du monde, par un drame complet ; on ne peut pas jouir des avantages d’un groupe social sans donner à ce collectif quelque chose en échange. Pour que notre moi ait licence de franchir la fron tière d’un pays plus beau, les gardes exigent qu’il dépose les vêtements salis par le voyage, et qu'il prouve à quoi il sera utile. Cette mundification et
l'initiation 124 cette preuve se traduisent sur le plan terrestre par les souffrances. Encore faut-il que nous possédions la vigueur nécessaire à ces travaux.
Or, un seul connaît notre histoire à chacun ; un seul a suivi toutes les cellules de notre corps, et toutes les forces de notre psyché depuis le jour de leur pre mière naissance ; un seul sait leur avenir ; un seul peut éprouver de quelle tension l'arc du vouloir est capable : celui-là même, l’Ami, qui ne nous quitte jamais. Un jugement exige la comparution du prévenu.
Or, aucune créature ne pourrait subsister devant le Père; pour cette raison, le Fils nous juge, car 11 est l’ange de la Compassion ; ayant souffert toutes nos douleurs, 11 peut les apprécier. D’autre part, la justice veut que le voleur restitue ; il faut donc payer nos méfaits là où nous les avons commis. Et la bonté de Dieu, direz-vous? Voici où elle s’exerce.
Un gamin a déniché des merles, et il s'amuse à leur arracher les plumes ; promeneur indi gné, vous lui faites un sermon; il n’y comprendra rien; « c'est des oiseaux, » dira-t-il. Mais si vous le prenez entre vos genoux, et que vous lui tiriez les che veux, ij se rendra tout de suite compte de la souffrance de l’oiseau ; et encore ne se corrigera-t-il pas, parce que vous ne serez pas présent à ses prochaines cruautés.
L’homme fait ainsi le mal, sans savoir, pour le plaisir; nous sommés un peu des brutes stupides. Nous seuls existons, sentons et souffrons ; les autres ce n’est rien. Alors la Nature nous montre, par l’ex périence, qu’ils existent; et comme elle a des genLALCHIMIE PSYCHIQUE 125 darmes vigilants, chacun de nos méfaits devient im manquablement le thème d’une correction vécue.
L’indulgence du ciel diminue toujours la pénalité; jamais, jamais on ne subit l’équivalent de ce qu’on a fait souffrir aux autres : la différence est payée, selon la formule liturgique, par les mérites de J.-C., N.-S. Nous avons ensemble assez discouru delà foi pour qu’il soit utile de redire l’impavidité que sa posses sion confère.
Celui en qui brûle cette flamme est audessus de l’océan du destin ; il a passé le point mort sur lequel pivotent les univers. La vie éternelle où il séjourne l’immunise ; il est au-dessus de toute loi, puisqu’il fait partie de l’être même du Législateur. Bien plus, il devient l’incarnation vivante de cette loi là où il plaît au Père qu’il redescende. Sédir. (A suivre.}
Orphée et les Orphiques {Suite ) La théogonie orphique. LA CRÉATION ÉLÉMENTAIRE L'évolution {Thoth-Hermès).
Nous avons vu, dans notre précédent article, que, dans la théogonie orphique, l’involution prend fin avec l’hymne à Rhéa : la matière universelle, le prin cipe matériel passif dominant le principe spirituel ac tif (les lions traînant le char de cette divinité qui leur a mis un frein, les tient en rênes), et que le sens occulte de cette hymne correspond parfaitement aux idées renfermées dans le nombre et l’arcane majeur dix-huitièmes.
Mais la chute géante a pris fin dans les fanges De la matière informe où souffre toute chair, Et lentement, issant de leurs terrestres langes, Les âmes vont briller joyaux sous le ciel clair (1). Nous avons dit, en effet, qu’Orphée place immé- (i) Passage de la pièce liminaire A la Gnose des Orbes et Gemmes, titre du recueil complet de nos poésies.
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 127 diatement après l'hymne à Rhéa l’hymne à Hermès (Mercurius en latin), Mercure.
Or, la Kabale nous apprend que le nombre XIX qui suit celui de la ma tière universelle est le nombre de la science hermé tique de (a pierre philosophale (lettre : coph p), celui également du règne minéral (premier stade de l’évo lution), celui delà nutrition des matières; et l’arcane majeur XIX, dont l’emblème est la lumière resplen dissante. nous dit ; « L’idée apparaît à l’âme régéné rée », ou, en langage occulte : « Le soleil spirituel va se lever ».
L’homme, le grand homme universel : Adam, va par de nouvelles naissances prendre con science de son immortalité. L’idée qu’Orphée attache à Hermès est-elle identi que à celle développée parle nombre et l’arcane XIX? Oui. Nous allons le voir. Et d’abord donnons l’hymne à Hermès. Le parfum d'Hermès est l'encens.
« Entends-moi, Hermès messager (ayyeXoç), (dont nous avons fait le mot ange) de Zeus,fils de Maïa, toi qui est doué d’une âme qui surpasse toutes choses, ô polémiqueur [Evaytovioç (i), qui se livre aux discus sions], chef guide des mortels, dieu bienveillant aux nombreux conseils, meurtrier d'Argus (2), toi qui (1) Caractéristique de l'humanité terrestre où la discussion stérile a été élevée à la hauteur d'un principe. (2) Autre aspect de Hadès-Proteus : Argos Panoptèsjqui voit tout). Meurtrier veut dire ici: dompteur, celui qui annihile les forces astrales.
128 l’initiation portes des chaussures ailées et qui, chérissant les humains, ô prêtre du Verbe auprès des hommes (Xoyov Swjwisi zpotpvpa) (1) le réjouis de toutes les as semblées (des hommes) et te nourris (te grises) du bruit de leurs mensonges et de leurs dois, adoucis nos soucis, ô toi qui tiens dans tes mains l'arme (otJ.ov) sans tache de la paix (2), dieu de l'antre de Corycée aux judicieux conseils, dieu très utile qui aide les travaux et soulage les mortels de leurs vicissitudes, écoute-moi, donne à mes œuvres les grâces du dis cours et le don d'être retenues et accorde une fin heu reuse à ma vie.
Pour Orphée, Hermès est l’envoyé, le messager de Zeus ; or, nous savons que Zeus est le principe géné rateur universel : Ce qui donne la Vie, Hermès étant son envoyé et son fils, celui qui agit à sa place, n'est donc autre chose que le principe du mouvement évo lutif de la Vie créatrice, répandu dans la nature; il est l’image de la rapidité de l’Agent Universel, et, sui vant Macrobe, le Génie rapide de l'Ame universelle-, c’est pourquoi Orphée, et, à sa suite, tous les hommes de l’antiquité jusqu’à ceux de notre contemporanéité, ont donné, à Hermès, Mercure, des chaussures mu nies d’ailes.
Quel est l’étymologie du mot Hermès, en grec : Hs[L7)Ç ? (1) npo»r,va, prophète. (2) Le caducée d’Hermès (o-Àov : oplonj est l'emblème des deux forces universelles + et — (positive et négative! = les deux serpents, équilibrées parle bâton ou Hermès, lui-même, qui le tient et autour duquel ces serpents sont enroulés et s’opposent symétriquement.
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 12g Tous les auteurs la font venir de la racine grecque : qui signifie soutient, support, cause, motif, vo cables, qui, quoi qu’en disent ces auteurs, n’ont au cun rapport avec un être ou une entité dont l'essence est le mouvement, l’expansion.
Stanislas de Guaïta s’est rapproché le plus du sens véritable : « Le mot HPMHS, dit-il, est le commen taire du signe hiéroglyphique et atlantide : £ et se doit lire de gauche à droite pour le sens apparent et de droite à gauche pour,le sens caché (SH =A-f-1), M, R (H = A +1), ce qui donne — SH : conjonction, lien : la ou Ya {mouvement circulaire double de va-etvient).
La mère d'Hermès étant Mata {Ma signifiant : Mire première, Grande Mère, la Nature). HermèsMaïa signifie', lien du double mouvement de la Nature Universelle (i), »Comme on le voit, l’illustre kabaliste est entièrement d’accord avec l’ésotérisme grec, qui fait d’Hermès le Principe du mouvement de l’Ame Universelle. Nous allons, à notre tour, essayer de déchiffrer ce mot Hermès.
Orphée, étant un initié égyptien, du temple du Ptah-Ka-Ha, c’est-à-dire de Memphis, un « sachant les choses secrètes », ainsi que le disent les papyrus, a dû vraisemblablement emprunter les ra cines de ce mot à la langue égyptienne. Nous aurons donc les deux racines HÈR et MES, en hébreu (langue, on le sait, dérivée de l’égyptien) (2), in Hèr (1) L’H est, ici, Thêta majuscule grec = n équivalant â notre è ouvert.
L’Ha-Ka-Ptah = Grand, Double ou corps astral (Ka) de Ptah. - (2) Nous savons officiellement, en effet, par les travaux des
i3o l’initiation et cnn Mès (i).
Ces deux racines expliquées kabalistiquement nous donnent respectivement pour " d'abord : le signe de l'existence élémentaire : n hè (la vie élémentaire) uni à celui du mouvement propre bon ou mauvais : i resch, image du renouvellement des formes quant à leur mouvement, constituant (in Her) une racine qui développe l’idée d’un foyer d’où s’échappe, d'où irradie un fluide vital, une chaleur rayonnante (a) spirituelle ou physique.
Quant à la racine onn Mès, elle indique tout ce qui tend à l'agrandissement, au déploiement de la vie élé mentaire tendant vers un but déterminé, mais cir conscrite dans une sphère d’action.
Décomposée, cette racine donne : a mem, image de tout ce qui déve loppe l’être, pris en général, dans l’espace; - hè(3), image de la Vie élémentaire; c sarnech, signe ce toute circonscription, d’un mouvement limité dans une circonférence et forcé de se replier sur lui-même. égyptologues de ces dernières années (Bibliothèque égyptologique, 1.
XX!, p. 30} qu'il y a une très grande analogie entre l'égyptien et l’hébreu : mais notre compatriote Fabre d’Olivet, il y a déjà un siècle, dans sa Langue hébraïque reconstituée, démontrait cette analogie d'une façon indiscutable. (1) Lire de droite à gauche : SEMREH : DilïT'n qu’Orphée. écrivent suivant la direction des écritures occidentales, a transposé en HERMÈS. (2) L'arabe as offre exactement le même sens et lorsque cette racine est renforcée par l'esprit guttural elle s’applique surtout à l'idée d’expression d’un fluide (Fabre d’Olivet).Or le - hè est guttural, le mot llévese prononçant du gosier = révvah en hébreu. (3) Identique à l’Hève de l’Adam universel : Hawah ;Ràxvàh) = iTip”. Kabalistiquement H image de [a vie élémentaire, de l’existence maternelle. TT passant d’une nature à une autre
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 13l Hermès = cnotn signifie donc, hiéroglyphiquement : La Vie élémentaire douée d’un mouvement propre se développant dans un but déterminé mais circon scrite, limitée dans une sphère spéciale d'action, idée qui s’applique exactement à la force, à l'activité (Hermès) du Principe générateur universel (Zeus) à travers la Matière illusion (Rhea-Maïa), à la rapidité de l’agent universel que les initiés grecs ont symbolisé, d’accord avec la Science occulte, dans le fils de Zeus et de Maïa; mais le nomdel’Hermès, occulte, lu kabalistiquement, est autrement profond que celui présenté aux initiés grecs des premiers degrés, des petits mys tères.
Hermès était fils de Maïa, nous venons de le dire ; or, Maïa était la même divinité que Rhéa, la Matière Universelle qui servait de moyen (de mère) à Her mès pour se manifester. D’où vient ce mot Maïa?
Les auteurs le font dériver de Ma Mater (pwmjs, mot dorien qui signifie mère) ; mais il resterait à expliquer les deux dernières lettre du mot : IA, tout au moins le I (iota), en admettant que l’alpha terminatif est simplement la déterminante du caractère femelle. Or 1'1, l’iota, l’iod implique l’idée d'une manifestation. Nous pensons que le mot MAIA dérive du mot sanspour arriver H à la vie absolue, à l’existence universel.
Ne pas confondre le premier Hhê : vie élémentaire avec le second H hè : vie absolue. Voici du reste la progression : H hè, la Vie universelle absolue. Toute idée abstraite de l’être, de l’être par excellence. il hê, la Vie, l’existence élémentaire, l’effort de la nature. 3 capli, la vie assimilée tenant aux formes naturelles. p coph, l’existence matérielle donnant le moyen des formes. Fabbe d’Olivet.
132 l’initiation crit MAYA, qui désigne l’illusion radicale, puis la matière cosmique source d’illusions pour les sens. L’identité de leur signification chez les Hindous et chez les Grecs semblerait militer en faveur de notre explication.
Du reste, Rhéa-Maïa (la Matière mayavique) étant d’origine phrygienne, comme le Bakkos (thébain) (1) dont le culte venait des Indes (nous l’avons expliqué dans nos précédents chapitres), rien ne s’oppose à ce que la Maïa helléno-phrygienne soit la Maya hindoue. Ceci apporterait encore une nouvelle preuve à notre opinion.
Mais Hermès n'était pas, pour Orphée, le principe du mouvement universel aveugle, inconscient dans la matière cosmique, il élait au contraire le principe du mouvement intelligent, il était le symbole de l'in telligence universelle active à travers la matière (Hermès doué d’une âme qui surpasse toutes choses, dit l’hymne orphique.) Hermès, en un mot, était cette force consciente, intelligente, emprisonnée dans la matière: Maïa qui tend à améliorer, à évoluer tous les êtres et princi palement les humains, il était donc bien le principe évolutif conscient universel, conception identique à l’idée attachée au nombre XIX de la Kabale et au XIX’ arcane majeur.
Hermès, dans le règne humain, c’est le manas, le mental de Tckoun, l’homme uni versel (Adam kabalistique) et, par involution, de (t) Ne pas confondre ce Bakkos thébain, dieu exotérique des Vendanges, du Vin, avec le Bakkos Dionysos éleusinien, dieu ésotérique des Mystères. Voir, dans nos prochains articles : l'Hymne de Dionysos.
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 133 l’homme individuel : c’est par lui, Hermès, en effet, nous dit l’ésotérisme grec, que l’homme s’est formé un langage exact et réglé, par lui qu’il donna leur nom aux choses et que les premiers caractères furent inventés. Hermès-Mercure, en Grèce et à Rome, règle l’har monie des mots et des phrases,'il apprend aux hommes à vénérer la divinité par le culte et institue les sacrifices (Diodore de Sicile, t.
I, i5, 16.) Martial (liber IX, epístola 35) le présente comme le génie de la piété qui institue la science religieuse. Hermès est en outre le père de la médecine (2) et le dieu qui découvre (3) le premier les métaux et dresse le temple alchimique. La chronique d’Alexandrie l’appelle Aureum Mercurium : Mercure d'or ou pré cieux.
Ce fut encore Hermès qui inventa la musi que (4) et fabriqua la première cithare avec une écaille de tortue, disent les légendes grecques. Platon lui donne les épithètes d’ouvrier admirable, père des lettres et l'appelle Hermès Nomios, qui ins titue les lois et la justice (Protog., Phil., Platon ; Vos- (t) Le disciple d'Hermès est Asklepios, Esculape, qui devint plus tard le dieu de la Médecine chez les Grecs.
Nous verrons plus loin que Thoouth (Thoth), l’Hermés égyptien,était le dieu de ta Médecine. Hermès était également le dieu qui faisait retrouver les objets perdus. Et, témoin soit Hermès, nous le retrouverons 1 (3) Pour Orphée, Hermès fut l’inventeur de la musique (Pla7ON, Phèdre).
Apollon, en effet, ne ligure pas parmi les hymnes initiatiques du Messie grec, et l'on sait que la mytholo gie grecque fit d’Apollon le dieu de la Musique et de la Poésie, arts qui étaient alors inséparables.
L’INITIATION i34 sius, Detheolog. gent., lib. VIII, p. 753). Hermès fut, en toutes les sciences, l’initiateur des hommes. Les mathématiques, les nombres, la géométrie, par lui, devinrent accessibles aux humains. Il était le génie de l’astronomie (Manilius. lib. I. 34), le dieu du Com merce, du Négoce, de l’Éloquence.
On lui donnait alors le nom d’Agoraïos (1) (dieu de l'Agora, de la place publique) ; Cicéron l’appelle Acacesius, et Eustathe (Comment, in Ihad., lib. I, p. 27) en fait le dieu de l’Éloquence mâle, énergique.
Hermès incarne donc bien, dans l’humanité, son génie intellectuel, cette force providentielle qui ar rache les humains aux ténèbres de l’ignorance et au joug de la vie élémentaire (H) pour les acheminer (m par leur évolution intellectuelle d’abord, spirituelle ensuite, vers la divinité, vers la vie absolue (n) par la réintégration.
Mais si cette faculté du génie humain (Hermès) in vente le langage, les lettres, le culte, la médecine, la musique, l’alchimie, l’astronomie, l’éloquence, tous les arts; si elle a acquis à l’homme de brillantes qua lités. elle a développé également en lui, hélas ! de nom breux défauts.
Hermès est, en effet, voleur, fraudeur, imposteur, usurier, ergoteur, polémiqueur, médisant, comme l’homme dans sa période actuelle d’évolu tion, il incarne donc bien totalement et en dernière analyse le génie actuel de notre humanité que seul le génie spirituel ou divin : Dionysos, arrachera à ses erreurs. (1) Identique à Hermagoras — Hermès Aagro.
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 135 Sur quelle divinité Orphée a-t-il calqué son Hermès? Sur une divinité du culte égyptien : THOTH-THOOUTH C'est en effet à l’initiation égyptienne encore, à h tradition, que l'adepte g-ec a emprunte les principaux caractères de son Hermès (1). Il a simplement changé le nom de Thoth en celui d'Hermès qu’il composa kabalistiquement, mais le Thoth égyptien (2) est plus ésotlrirue que î’Hermès (1) Comme le dieti Tnootr.h. l’Hermèsgrec était non seule ment le dieu de l'inull'gence, de la Science et des Arts, mais encore le conducteur de; âmes: Hermès Psychopompe, hérauts («pu!;) des morts. <• A dit Thoth, maître des divines paroles enseignent ttits). scribe de vérité de la société des dieua met tant les choses h leur place, pesant Ma (la Justice , chef des djadjaou,/es dmcsrf.tn? infé;-l [à:ûïnt, Monde Astral; le Papyrus de Ltiynes (cabin .-t des antiques de la Bibl. Nat), XX* dynastie, 7bébés ; flecital des ira>>a:ix relatifs à la philologie et à l'archéologie igyptia-ines et assy riennes, t. I, fasc.3. p. ç>3.] Voir encore, pour le Thoouth fu nèbre, les rituels égyptiens (Bibliothèque égyptologique) ; pour (’Hermès Psychopompe, les dialogues de Luciïx os Sàhosate et notre prochain article (Ann5;s-Âerm«itu5ïs; sur Titooth, (2) Lactance. apologiste chrétien ,325 ap. J.-C.). en parlant du Thoth égyptien, a écrit naïvement : Hennis a découse-,-t. je ne sais comment, presque toute la ¡’é;-itê.
136 l’initiation de l’Hellade, ce dernier ayant été sensiblement anthropomorphisé, matérialisé par les écrivains de la Grèce et de Rome au cours des âges. Dansnotreprochain article nousparleronsdeTholh, l’Hermès égyptien. Combes Léon. (A suivre.)
CLYTEMNESTRE « Regarde ces blessures, ton es prit peut les voir ; l’esprit quand on dort a des yeux plus perçants ; au grand jour, les mortels n'em brassent pas un vaste champ avec leur vue. » Eschyle. Les modes divinatoires dont nous voulons parler sont plutôt ce que l’on appelle les arts divinatoires inférieurs, que les peuples pratiquaient en dehors des sanctuaires, où la divination sacrée était un sacerdoce.
Cette science des présages, qui se perd dans la nuit des temps, s'appliquait à tous les intérêts humains, depuis le sort des empires jusqu'aux infimes amours des esclaves. Le domaine de la divination étant immense, nousne ferons qu’indiquer en passantquelques anciens procédés et surtout ceux qui ont survécu jusqu'à nos jours.
Il est aussi des créations populaires de modes divinatoires, servant à consulter l’avenir, qui ne manquent pas d’originalité et méritent d’être men tionnés. Un examen sur la divination sacrée serait peut-être ici nécessaire, mais cela compliquerait trop notre ravail, nous ne ferons donc qu’effleurer le sujet.
i38 l’initiation Chez les Romains, les augures observaient le chant des oiseaux et les aruspices consultaient leur vol. Au Capitole, on consultait les oies sacrées, et des poulets sacrés suivaient les armées pour qu’on pût chaque jour en tirer des auspices et des présages. Les arus pices cherchaient aussi la révélation de l’avenir dans les entrailles des victimes, hosties animales offertes aux dieux.
Les aruspices fulgurateurs tiraient des présages de la foudre lancée par Jupiter. Les prêtres grecs, comme les aruspices latins, interrogaient l’état des victimes pour connaître la volonté des dieux ; ils attachaient une grande importance à la manière dont elles marchaient à l'autel, dont elles tombaient, dont leur sang coulait ; ils inspectaient les entrailles, le cœur, la langue, le fiel, la rate, et principalement le foie.
Diodore, parlant des Gaulois, désigne le Bage ou ■Eubage par le titre de Mantis. devin ; il représente ce sous-druide comme un personnage fort estimé, habile dans la science augurale, dans l’interprétation du vol des oiseaux.
Lorsque dans les circonstances graves un homme était voué à la mort, c’était le devin, l’eubage, qui frappait du glaive le thorax et le dos de la victime; lui qui, d’après la chute du corps, le jet du sang, les palpitations des membres, découvrait les choses futures.
A Dodone, au fond de l’Epire, au sein d’une forêt sacrée, trois prêtresses de Jupiter, pareilles aux drui desses celtiques, lisaient l’avenir dans le murmure des feuilles et le gémissement des branches, dans le bouil lonnement d’une source qui jaillissait au pied du
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES I?g chêne prophétique, dans le bruit rendu parles vases d'airain suspendus autour du temple. On y consul tait aussi les sorts, sorte de dés, sur lesquels étaient gravés des lettres et des mots, dont on cherchait l'explication dans des tables faites exprès.
Dans certains temples, on les jetait soi-même et on attendait du prêtre l'interprétation des signes ; dans d’autres, on les faisait sortir d’une urne ; d'où ces locutions : Le sort en est jeté ; le sort est tombé. Il existait en Béotie une grotte célèbre (l'antre de Trophonius), dont Plutarque et Pausanias nous ont retracé les curieux mystères.
La bouche de l’antre était au fond d'une caverne, on y descendait la nuit, après de longues préparations et un examen rigou reux, à l’aide d’une échelle. A une certaine profon deur, il n’y avait plus qu’une étroite ouverture, par où l'on passait les pieds ; alors on était entraîné avec rapidité extrême jusqu’au fond du gouffre, au bord d’un abîme.
Là, on entendait des sons, des mugisse ments confus et des voix qui, du milieudeces bruits, répondaient aux questions; ou bien l’on voyait des apparitions étranges, des lueurs traversant les ténè bres, des images qui, elles aussi, étaient une réponse. On remontait relancé la tête en bas, avec la même force et la même vitesse qu’en descendant.
Les prê tres recommandaient de tenir dans chaque main des gâteaux de miel, qui avaient la vertu de garantir de la morsure des serpents dont l’antre était rempli. Apollon était le dieu prophète par excellence ; c’est à Délos qu’il naquit, disent les hymnes homériques, nous montrant l’un des plus anciens sanctuaires de
140 l’initiation la Grèce ; c’est de là que partirent sans doute, à l'épo que des grandes colonisations, vingt oracles fameux.
On retrouva naguère dans l’ile, au sommet d’une montagne, le temple hypèthre d’Apollon Cynthien et la grotte aux prophéties, le Manteion, sorte de couloir gigantesque taillé dans le roc par la nature ; les vents s'y engouffrent avec des bruits étranges et formidables qui formaient à l’oracle un accompagne ment solennel (1). Nous retrouvons à Delphes le Man teion d’Apollon.
Les réponses de l'oracle y étaient rendues par une femme que l’on nommait Pythie, du surnom donné au dieu à cause de sa victoire sur le serpent Python. La Pythie fut, dans l'origine, une jeune fille ; plus tard ce fut une femme âgée au moins de cinquante ans. Enfin, une seule Pythie ne suffi sant plus à l’immense affluence des pèlerins, on en établit trois.
Ces malheureuses étaient traînées, lan guissantes, éperdues, vers une ouverture de la terre d’où s’échappaient certaines vapeurs. Là, assises sur un trépied où des prêtres les retenaient de force, elles recevaient l’exhalaison prophétique. On voyait leur visage pâlir, leurs membres s’agiter de mouvements convulsifs.
D’abord, elles ne laissaient échapper que des plaintes et de longs gémissements ; bientôt les yeux étincelants, la bouche écumante, les cheveux hérissés, elles faisaient entendre, au milieu des hurle ments de la douleur, des paroles entrecoupées, incohé rentes, que l'on recueillait avec soin. Alors les prêtres commentaient et interprétaient les paroles divines. (1) F. Del*unat, Moines et Sibylles.
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES I4I La divination a pu être connue et pratiquée par les temples antiques avec des principes fixes, dans un but social et religieux. L'étude comparée des religions et des traditions ésotériques montre que ces principes furent les même partout, quoique leur application ait varié infiniment.
Ce qui a discrédité l'art de la divi nation, c'est que sa corruption a donné lieu aux pires abus et que ses belles manifestations ne sont possi bles qu’en des êtres d’une grandeur et d’une pureté exeptionnelles, nous dit SchuréÉcoutons ce que nous dit le maître de l’occultisme contemporain sur la théorie de la divination en gé néral.
« Les instruments divinatoires sont simple ment un moyen de communication entre le devin et le consultant, et ne servent souvent qu’à fixer les deux volontés sur un même signe ; les figures vagues, compliquées, mobiles, aident à rassembler les reflets du fluide astral, et c’est ainsi qu’on voit dans le marc de café, dans les nuages, dans le blanc d’œuf, etc., des formes fatidiques, et existant seulement dans le Translucide, c'est-à-dire dans l’imagination des opé rateurs.
La vision dans l'eau s’opère par éblouisse ment et fatigue du nerf optique, qui cède ses fonc tions au translucide et produit une illusion du cerveau qui prend pour des images réelles les reflets de la lumière astrale ; aussi, les personnes nerveuses, ayant la vue faible et l’imagination vive, sont-elles plus propres à ce genre de divination, qui réussit sur tout lorsqu’elle est faite par des enfants. Or, qu’on ne se méprenne pas ici sur la fonction que nous attri buons à l’imagination dans les arts divinatoires. On
l'imtiation 142 voit par l’imagination sans doute, et c'est là le côté naturel du miracle, mais on voit des choses vraies, et c'est en cela que consiste le merveilleux de l’œuvre naturelle. La Coscinomancie.
Un vieillard de mon village, nous dit le docteur Gazagne, de Remouiins (Gard), mort depuis longtemps, avec lequel j’aimais beaucoup à faire un brin de causette, me contait un jour le procédé du crevelet, mis en usage par une femme de Remoulins au com mencement du siècle et qui avait emporté son secret dans la tombe.
On appelle crevelet ou crevèu, un tamis ou crible en peau de parchemin servant à nettoyer les grains grossiers, les légumes, etc. Était-on l’objet d’un vol, d’une malveillance, d'une taquinerie, quand vivait la femme D..., on allait la consulter pour connaître l’auteur du méfait. La femme D... mettait son crevelet à l’extrémité de ses ciseaux tenus à la main.
On lui racontait alors l’inci dent, l’accident : si on nommait les personnes dans la conversation, le crevelet se mettait en mouvement et tournait sur les ciseaux, faisant pivot. A la fin de sa vie, pendant sa vieillesse, la femme D... ne consentait que difficilement à prendre son crevelet, son confesseur lui ayant défendu de se livrer à cette pratique. Elle cédait cependant aux supplica tions de ses amis. C'est ainsi que le mère du vieillard qui me contait cette histoire 'put connaître, grâce au
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 148 crevelet de la femme D...,1e nom de la jeune fille qui, un jour de fête, lui avait déchiré son manteau à coups de ciseaux. La Coscinomancie était surtout renommée chez les Grecs pour découvrir les voleurs ou les assassins.
On mettait un crible sur des tenailles qu’on prenait avec deux doigts, ensuite on nommait les personnes soupçonnées de larcin ou de quelque crimesecret et on jugeait coupable celle au nom de qui le crible tour nait ou tremblait. Au lieu du crible, on met aussi (encore de nos jours) un tamis sur un pivot, pour connaître l’auteur d’un vol ; on nomme de même les personnes soup çonnées, et le tamis tourne au nom du voleur.
C’est ce qu’on appelle, dans les campagnes, surtouten Bretagne, tourner le sas. Pierre d’Abanne [Éléments de ma gie, ms de la Bibl.de F Arsenal, S. A., nQ 8i) nous dit: « La Coscinomancie, à l'instigation du démon, nous apprend que, par le moyen d’un, sas, on peut deviner qui a commis tel crime, qui a fait tel vol, qui a fait telle blessure, ou enfin telle chose que ce puisse être.
On suspend un sas à des ciseaux qui sont tenus par le doigt du milieu d’une main de chacun des deux des assistants, et la conjuration faite, qui consiste en six mots, que nyceluy qui les prononce ny les assistants ne comprennent point, lesquels sont : dies, mies, jesquet, benedoe, fet, dorvina.
Quand l’on a prononcé le nom du coupable (car il faut nommer tous ceux que l’on soupçonne), ces six mots forcent le démon à faire sur-le-champ tourner de côté le sas, pour trahir par là le coupable et le faire connoître.
144 l’initiation [Novembre « Il y a environ trente ans, je me suis servi trois fois de ce.genre de divination : la première fois à J’occasion d’un vol, la deuxième pour découvrir un envieux qui m’avait brisé des filets à prendre des oiseaux, et la troisième pour découvrir qui avoit un chien à moy que j'aimois beaucoup.La chose m’a toujours réussi ; mais cependant, jen’ay plus voulu me servir depuis de cette divination, craignant que le démon ne me dupast, et, en me séduisant de plus en plus par la dé couverte qu’il m’avoit fait de la vérité, contre sa na ture, qui est d’être menteur, ne m’attirast dans ses filets. » On croyait cette espèce de divination plus sûre que les autres: aussi, suivant Érasme, disait-on comme en proverbe : Deviner avec le sas.
« Je nie suis trouvé, dit Bodin [Démonomanie), il y a vingt ans, dans une maison de Paris, où un jeune homme fit mouvoir un tamis sans y toucher, par la vertu, de certaines paroles françaises, et cela devant une société; et la preuve, dit-il, que c'était par le pouvoir de l’esprit malin, c’est qu’en l’absence de ce jeune homme on essaya en vain d’opérer en pronon çant ies mêmes paroles. » Géomancie et Lilhomancie.
La similitude des procédés innombrables de la divi nation chez les divers peuples n'ayant eu aucun lien entre eux est vraiment frappante. Nous voyons les Incas consulter les entrailles de la victime du sacri fice à l’instar des aruspices latins ; de même chez les peuplades sauvages des deux mondes, ces divers moI igiO] SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 145 des divinatoires sont encore mis en pratique.
Dans le présent chapitre nous parlerons de ce que les anciens i ont appelé Géomancie, Lilhomancie : la Géomancie, divination se faisant tantôt par terre ou sur le sable en traçant des lignes ou cercles sur lesquels on lisait ce qu’on voulait apprendre, tantôt en traçant par terre ou sur des matières à écrire plusieurs points au hasard sans garder aucun ordre ; les figures formées ainsi servaient à fonder le jugement; observant aussi les fentes et crevasses qui se produisent naturellement à la surface de la terre pour en tirer des oracles ; la £ ithomancie, divination par les pierres, les cailloux, pierres précieuses, etc. Le lieutenant Ardant du Picq, qui a observé de près les Tanala de l’Icongo (Madagascar) dans leurs exer cices divinatoires, nous raconte le cas typique sui vant, se rapportant au mode cité plus haut.
Une de leurs principales attributions, dit-il, est de deviner l’avenir à l’aide du Sikidy. Le Sikidy Zoria et le Sikidy Polakelatra consistent en séries de combinai sons faites avec les graines et les noyaux de certains arbres de la forêt, et d’après lesquelles l’ombiasa lit et prédit l’avenir.
Dans le Sikidy Fasina, le devin étend sur un van une couche de sable, mince et uniforme, puis avec son index il frappe par trois fois les bords du plateau pour réveiller les esprits. Il prononce en même temps l’invocation suivante : « Réveillez-vous, grains de sable ; réveillez-vous, sikidy, grains de sable qui ne reposez pas, grains de sable qui ne dormez pas et qui fûtes jadis bercés par les flots aux confluents des fleu ves.
On nt vous réveille pas pour des parents morts au 10 1 l'initiation 146 sud ou au nord, mais c’est moi qui vous interroge.
Et je vous interroge, grains de sable, parce que vous en tendez le susurrement de Dieu, parce que vous savez ceux qui mourront et ceux qui vivront. Si nous men tez vous me ferez honte, et si vous dites la vérité vous me comblerez de joie. Andriamatahitany était votre maître, il vous a semés dans les vallons. Mais la caille vous a dispersés avec ses pattes ; Andriamatahitany vous a ramassés et vous a répandus à Ampasimahanoro.
Il vous a doués de mouvement. « Vous ètesT a-t-il dit, le sable qui ne repose pas, le sable qui ne dort pas. » Et c'est vous que je réveille, ô grains de sable, et voici la question que je vous pose... » L’ombiasa trace alors avec son index seize virgules surlesable, en l’honneur des seize figures du sikidy. Elles onttoutesune signification.
Les unes représen tent l’oracle, les autres celuiqui le consulte, ou bien sa mère, sa femme, ses enfants, sa fortune et sa maison. Certaines encore représentent Dieu et les âmes des morts, les rois et le peuple.
Le devin les invoque suc cessivement, puis il répand le sable uniformément sur le plateau et, en y décrivant de mystérieuses cour bes, il va obtenir le dessin des quatre premières figures du sikidy, qui lui serviront ensuite à déter miner les autres. Chacune d’elles est un person nage ayant une tête, un cou, des reins et des pieds.
Selon le nombre de traits qui composent les diverses parties de leurs corps, ces personnages portent des noms différents : Aldebaran, Ali-be-avo, Kariza, etc. Ils comprennent des nobles et des esclaves, répartis en quatre groupes correspondant aux quatre points carSUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES I47 dinaux.
Quand l'ombiasa a esquissé les seize figures sur le sable, il lui est facile de deviner l’avenir par des procédés analogues à ceux de nos tireurs de cartes.
Malheur à celui qui consulte l’oracle, quand il est représenté par Aldalo, esclave du nord ou Alikisy, esclave de l’ouest ! Malheur à lui, quand ses ennemis s'appellent Asombala, noble du sud, ou Alohotsy, noble de l’est. Son foyer est menacé quand sa femme est figurée par le faible Alaomara, et ses amis par le puissant Alahokola.
Toujours crédule, le Malgache écoute avec respect les paroles de l'oracle, il les trouve claires et transpa rentes comme le prisme de quartz symbolique que le devin a placé sur son van ; et, après avoir largement payé le mpsikidy, il s'éloigne, joyeux ou triste, selon les réponses qui lui ont été faites, mais toujours per suadé de leur véracité. Dans l’Inde, le choix d’une épouse n’est pas une petite affaire, nous dit V.
Henry: toute la prospérité de la maisonnée en dépend, et l’on n’y saurait appor ter trop de soin. C’est l’hymne II. i, de l’Atharva-Véda qui y pourvoit. On le récite sur une écuelle d'eau et l’on prie la jeune fille d’en faire jaillir un peu avec la main: si l’eau jaillit vers l’orient, le présage est bon.
Ou bien encore on le récite sur quelques mottes de terre, extérieurement pareilles, mais prises en di vers endroits, en l’invitant à en choisir une: si elle choisit la terre du cimetière, elle mourra jeune; de carrefour, elle sera infidèle; de fourmilière ou terre de gazon, on peut l’épouser en toute confiance. A en juger par le nombre des textes qui nous en ont
l’initiation 148 conservé les variantes, cette façon de courte-paille était un rite favori de l’Inde. Ailleurs, les détails sont moins circonstanciés quant aux présages à obtenir, mais davantage en ce qui concerne l’opération ellemême.
« Il pétrit huit mottes de terre, prises respecti vement à un autel, à un sillon de labour, à un étang, à une étable à vaches, à un carrefour, à une salle de jeux, à un emplacement de crémation et à une lande stérile, plus une neuvième où il mêle les huit sortes ci-dessus ; toutes pareilles, mais marquées d’un signe qui les lui fasse reconnaître.
II les présente dans sa main à la jeune fille et lui dit : « L’ordre di- « vin est souverain, nul ne transgresse l’ordre divin, « sur l’ordre divin est fondée cette terre : puisse-t-il « s’identifier à celle-ci » (il la nomme) ; puis il ajoute : « Choisis-en une. » Si elle prend une des quatre pre mières, qu’il l’emmènechez lui. Et même si elle choi sit le mélange, du moins selon quelques autorités. » (Gôbhila-Grhya-Sûtra.).
On s’assure de l’issue d’un combat en récitant A. V., 1, 4, on creuse l’emplace ment de la védi, autel destiné au sacrifice du lende main, puis on se dit que, le lendemain, par suite des affaissements qui s'y produiront d’ici là, la terre y sera plane, ou ne le sera pas : si l'on a deviné juste, on gagnera la bataille.
Lithomancie. — Le P. de ¡’Ancre nous dit: « Cette divination se faisoit la nuict, à la lueur de la lampe, et celuy qui mancoit ceste pierre (pierre d'aimant], il falloit qu’il fust soigneusement puréfié et exempt de tout immondice, le visage voilé ; et après avoir faict plusieurs prières pendant plusieurs et divers
• SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES I4Ç) mouvements, et ayant disposé par ordre certains ca ractères, il sentoit la pierre se mouvoir d’elle-mesme et rendre sa response avec une voix gresle et un doux murmure, » Hélénus prédit la prise de Troie après avoir con sulté des pierres qu’il avait lavées la nuit à la clarté des torches, dans une fontaine sacrée; lorsque les pierres avaient été lavées, il les avait approchées de son oreille et avait écouté l'oracle.
Chez les Cafres, les Herreros consultent le sort au moyen de petites pierres qu'ils jettent en l’air, et tirent des conséquences delà manière dont ces pierres sont retombées en des positions ou des points donnés.
En Chine, au moyen de quinze grains ou petits cailloux blancs et un seul noir que l’on jette au ha sard sur un damier à cases numérotées ; on a la ré ponse de l’oracle en cherchant dans une table ad hoc le numéro de la case où s’arrête le caillou noir. Nous n'en finirions pas si nous voulions citer tous les peuples qui se servent de ce genre de divination.
Divination par l’omoplate En Chine, la divination par l’omoplate de mouton consiste à mettre un os de cette nature, soigneuse ment nettoyé, dans un brasier: la réponse du destin se lit dans les craquelures que produit la chaleur. Le procédé est à peu près identique quand il s'agit de l’écaille de tortue. L’omoplate de mouton est le pro cédé divinatoire le plus utilisé chez les Mongols. Les
l’initiation i5o Arabes également devinent par les épaules de mouton, épaule droite de préférence préalablement bouillie dans l’eau; ensuite on la dépouille de sa chair, et le sorcier peut lire l'oracle sur l’os mis à nu. Une note sur la divination par T omoplate prophétique, publié dernièrement par T Écho du merveilleux, résume en quelques mots l’importance de ce procédé encore tout moderne.
« Nous lisons dans le Journal des Débats qu’avec un peu de superstition l’explorateur Burchard, ré cemment assassiné en Chine, aurait sauvé sa vie. Un de ses serviteurs l'avait averti et quitté, ayant lu sur une omoplate la tragique issue réservée à son expé dition. De même, il y a peu d’années, pour avoir dé daigné une prédiction semblable, l’explorateur Lenz avaittrouvé lamortdans la mystérieuse Tombouctou.
Ces oracles ostéologiques sont universellement accep tés en Asie, en Afrique et ils trouvent créance près de nombreux Européens. L’os plat triangulaire et mince quiformel'épaule des mammifères a depuis longtemps attiré l’attention des hommes. Leur attention redoubla quand iis découvrirent que cet os, soumis à la cuis son, laissait apercevoir des stries et des crevasses dont la singularité se rapportait à certains événements.
Les omoplates du mouton, du sanglier, du renne sont particulièrement informées de l'avenir, et leur don prophétique s’exalte sur des charbons. Les voyants, le visage empourpré par la braise, interrogent les dessins delà matière osseuse et y voient apparaître la joie ou le malheur, la vie ou la mort. Ces voyants abondent en Turquie, en Roumanie, en Grèce, en
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES l5l Italie, en Corse. Le docteur Richard Andrée rapporte dans la Feuille de correspondance pour ïanthropolo gie qu'une omoplate avait prédit le destin deNapoléon. Un vieux berger, tout à fait illettré, mais expert en oracles, avait vu sur un os, pendant que le grand homme était encore enfant, un arbre qui dressait vers le ciel de hautes et fortes branches et que soutenait à peine de débiles racines.
Et le berger prophète avait annoncé qu’un Corse conquerrait le monde, mais seu lement pour peu de temps. Par la tête d'âne.
« La céphalomantie ou képhalomancie, dit le P. de l’Ancre, est une divination qui se faisoit par la teste d’un asne, rostie sur les charbons ardents, avec quel ques paroles marmottées au dessus. »Quand on vou lait connaître l’auteur d’un crime,chez les juifs alle mands, onfaisaitgrillerune têted’ânesurlescharbons, puis, après certaines prières, on prononçait lentement et à haute voix le nom des personnes soupçonnées.
Si à ce nom les mâchoires remuaient, ou si même encore les dents claquaient, c’était un signe certain de la culpabilité de la personne visée.
Ce genre de divina tion familière aux Germains était connue des Latins bien avant ; chez ces derniers, cette divination faisait partie de la magie judiciaire, ils consultaient la tête d’âne au moment où ils la faisaient cuire sur des charbons ardents; plus tard, les Lombards y substi tuèrent une tête de chèvre. Debrio soupçonne que ce genre de divination en usage chez les juifs infidèles
152 l’initiation donna lieu à l’imputation qui leur fut faite d’adorer un âne. Le diable, dit-il, arrivait aussi quelquefois sans se montrer pour répondre aux questions qu'on avait à lui faire. En remontant plus haut, nous voyons chez les Chaldéens et les Assyriens que l’âne était mis à contri bution par les prêtres et l’on tirait des augures de ses entrailles, quand celui-ci était destiné en sacrifice à quelque divinité.
Voici ce que nous disent les textes : « De l’âne, les entrailles de droite ont-elles des marques ? (Il y aura) inondation. «Les (mêmes) entrailles de droite sont-elles noires et contournées ? Les dieux accorderont de l’accroisse ment au pays du roi. «Celles de gauche sont-elles noires et contournées ? Les dieux n’accorderont point d’accroissement au pays du roi. « Celles de droite sont-elles contournées et de cou leur noire bleue ?
Les gémissements (ou pleurs) en treront dans le pays du roi. «Celles de gauche sont-elles contournées et de cou leur noire bleue ? Les gémissements (ou pleurs) n’en treront pas dans le pays du roi. » Divination par les flèches. 23. Et la parole de Jahveh me fut [encore adressée] et il dit ; 24. «Et toi, fils de l’homme, propose-toi deux che mins par où l’épéedu roi de Babylonedoit venir, [et]
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES l53 que tous deux sortent d’un même pays, et choisisles; là où commence le chemin de la Ville (Babylone). 25. « Tu te proposeras le chemin par lequel l’épée doit venir, ou contre Rabba des Amonites, ou contre Juda de Jérusalem [ville] fortifiée. 26.
« Car le roi de Babylone s’est arrêté dans un chemin fourchu, au commencement de deux routes, pour consulter les devins; il a poli (?) les flèches, il a interrogé les idoles, il a examiné le foie. 27. «La divination est, à sa main droite, contre Jérusalem, pour y mettre des béliers, animer la tuerie, crier l’alarme à haute voix, ranger les béliers contre les portes, dresser des terre-pleins, bâtir des bastions. 28.
«Et cela sera à leurs yeux comme une divination de mensonge. Ils ont fait grands serments ; mais il se souviendra de [leur] perfidie, de telle manière qu'ils seront captifs. » {E^échiel, XXI.) La divination par les flèches ou Bélomancie (1) semble être aussi vieille que le monde, car il est fort probable que nos peuplades préhistoriques tiraient aussi des augures des flèches en silex, celles-ci leur étant de commun usage.
Depuis les Chaldéo-Assyriens, ce genre de divination se perpétua chez les orientaux, notamment chez les Arabes, où elle fut pratiquée sous différentes formes, jusqu’à nos jours. Chez les Scythes, les Slaves et les Germains, la Bélomancie était très répandue. Leur mode consistait à mettre un paquet deflèchessansordredans un carquois (1) Bîaoj, flèche; ¡xavtsiv, deviner.
l’initiation 104 où la réponse était écrite d'avance sur chacune d’elles; un enfant les tirait au hasard et l’ordre dans lequel elles sortaient indiquait la marche à suivre dans les diverses opérations militaires. Mais les ChaldéoAssyriens excellaient dans ces sortes d’oracles, à en juger par le passage d’Ézéchiel que nous citons plus haut. Non seulement ce passage établit que le sort était consulté à l’aide des flèches, nous dit A.
Laurent (la Divination chez les Chaldéo-Assyriens), mais en core il précise l’emploi qu’on faisait de ces flèches. Dans le passage ci-dessus, par exemple, ces flèches furent polies, mêlées et lancées par Nabukudurrauçur, non point pour savoir s’il y aurait lieu d’en treprendre la campagne, mais seulement afin de voir quelle ville il devrait d’abord attaquer. C’était donc là un mode de divination secondaire.
La divination par les flèches se faisait encore, soit avec la main, soit plutôt avec l’arc; on lançait des flèches dans une certaine direction, dans le but de tirer une indication auguralede la distance parcourue par elles et, sans doute aussi, de la position qu’elles avaient prises en tombant. Ce mode de divination était d’ailleurs connu des Hébreux. Nous les citerons plus loin.
Les Arabes pratiquaient VAla^lam ou Bélomancie de la façon suivante : ils enferment dans un sac, ou carquois, trois flèches où ils écrivent sur l’une : Com mandez-moi, Seigneur ; sur l’autre : Seigneur, empêche^-moi, ou bien: Dieu l’ordonne et Dieu le défend', la troisième ne recevait aucune inscription. Après les
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES 155 avoir mises toutes les trois dans un carquois, on en tirait une ; si c’était la première, l’ordre était tout tracé ; si c’était la seconde, on renonçait à son projet; si c’était la troisième, on remettait à une occasion plus propice l’entreprise qui faisait le but du tirage au sort.
Chez les Turcs, dit Lebrun {Histoire des pratiques superstitieuses'), s’ils doivent aller à la guerre, entre prendre un voyage, ou acheter quelque marchandise, ils prennent quatre flèches qu’ils dressent en pointe l'une contre l’autre, et les font tenir par deux per sonnes, puis ils mettent sur un coussin une épée nue devant eux, et lisent un certain chapitre de l’Alcoran; alors les flèches se battent durant quelque temps, et enfin les unes montent sur les autres; si les victo rieuses ont été nommées chrétiennes (car ils en ap pellent deux les Turcs, et donnent aux deux autres le nom de leur ennemi), c’est signe que les chrétiens vaincront ; si autrement, c’est une marque du con traire.
Chez Israël, nous retrouvons l’emploi des flèches comme moyen de divination dans le livre de Samuel, et les Rois. Samuel, chapitre XX, du verset 19 à 40, nous lisons : 19. Or, ayant attendu jusqu'au troisième soir, ru descendras en diligence, et tu viendras dans un lieu où tu te cacheras, au jour de cette affaire, et tu de meureras auprès de la pierre d’Ezel ; 20. Et je tirerai trois flèches à côté [d’elle], comme si je tirais à quelque but;
156 l’initiation 21. Et voici j’enverrai un serviteur [et je lui] dirai : « Va, trouve les flèches. » Si je dis au garçon en termes exprès :« Voici, les flèches sont en deçà de toi, prendsles et viens-t’en », [alors tout va] bien pour toi, et [il n’y aura] rien [à craindre], l’Éternel [est] vivant. 22. Mais si je dis au jeune garçon:« Voilà, les flèches [sont] au delà de toi », [alors] va-t’en ; car l’Éternel te renvoie.
Voir le texte de la version de J.-F. Ostervald. Plus loin .toujours chapitre XX, Samuel, I : 36. Et il dit àce garçon : « Cours, trouve maintenant les flèches que je vais tirer. » [Et] le garçon courut, [et] Jonathan tira une flèche au delà de lui. 37. Et le garçon étant venu jusqu'au lieu où était la flèche que Jonathan avait tirée, Jonathan cria après lui, et lui dit : « La flèche [n’est-elle] pas au-delà de toi ? » 38.
Et Jonathan criait après le garçon : « Hâte-toi, ne t’arrête point. » Et le garçon de Jonathan ramassa les flèches et vint à son seigneur. 39. Et le garçon ne savait rien de cette affaire, il n’y avait que David et Jonathan qui la sussent. 40. Et Jonathan donna son arc et ses flèches au garçon qu’il avait et lui dit : « Va, porte-[les] dans la ville. » Les Rois, II, chapitre XIII, de 14 à 19 : 14.
Or Élisée avait été malade d’une maladie dont il mourut ; et Joas, le roi d’Israël, était descendu, et il avait pleuré sur son visage, disant : «Mon père, mon père, chariot d’Israël et sa cavalerie. » 15. Et Élisée lui dit: « Prends un arc et des flè
SUR QUELQUES MODES DIVINATOIRES l57 ches. » Et il prit en sa main un arc et des flèches. 16. Et il dit au roi d’Israël: « Empoigne l’arc de ta main. » Et quand il l’eut empoigné, Elisée mit ses mains sur les mains du roi. 17.
Et il dit : « Ouvre la fenêtre vers l’Orient ; » et quand il l’eut ouverte, Élisée lui dit : « Tire. » Après qu’il eut tiré, il lui dit : « [C’est] la flèche de la déli vrance de l’Éternel, et la flèche delà délivrance contre les Syriens. Tu frapperas donc les Syriens à Aphek, jusqu’à les consumer. » 18.
Il luidit encore : « Prends des flèches. »Etquand il les eut prises, il dit au roi d’Israël : « Frappe contre terre. » Et il frappa trois fois ; puis il s’arrêta. 19.
Et l’homme de Dieu s’irrita contre lui ; et il lui dit: « il fallait frapper cinq ou six fois, alors tu eusses frappé les Syriens jusqu’à les détruire ; mais maintenant tu ne les battras que trois fois. » Dans l’Inde antique, nous retrouvons les flèches ser vant à pronostiquer sur l’avenir, mais c’estsurtoutdans les conjurations guerrières, en matière d’amour, de fécondité, mariage, etc., qu’elles jouent un grand rôle.
Les conjurations de victoire, nous ditV. Henry, abon dent dans l'Atharva-Véda, soit composées tout exprès pour la circonstance, soit simples formules de béné diction et de bon augure artificiellement spécialisées. Avec certaines d’entre elles, le brahmane se contente d’une adoration sans rites, en tête et au nom de son armée, cela suffit pour le rendre invincible.
Pour lui assurer la victoire, il faut davantage ; il faut une obla tion de beurre ou de gruau ; il allume un feu où brûlent des arcs, et, à chaque stance de l’hymne qu’il
i58 l’initiation récite, il l’alimente du même combustible ; de même un feu de flèches ;il enduit de sampâta l'arc du roi, l'essuie et le lui remet.
« De par cette offrande je fracasse les bras des en nemis. — Que les ennemis soient sans mains, nous aveulissons leurs membres, et puissions-nous, ô Indra, nous partager en cent parts leurs richesses ! — Contre l'arme ennemie qui se dresse pour nous meurtrir, nous étendons autour de nous les bras d’Indra, rem part contigu. — Qu’ils ne nous blessent point, ceux qui percent ni ceux qui frappent.
O Indra, disperse les flèches et fais-les tomber loin de nous. Qu’elles tombentloinde nous,lesflèches,cellesqu’on alancées, celles qu’on va lancer: flèches divines, flèches hu maines, percez mes ennemis. »Ainsi parle le prêtre, qui parfois, au contraire, emprunte son langage aux raffinements les plus obscurs de la mystique et célèbre alors un sacrifice particulièrement difficultueux et so lennel. C. B. (A suivre.)
Du corps idéal et de l’astre futur Tous les êtres, pendant leur vie, sont en relation permanente avec l’Astre de leur Idéal. L’émanation de nous-mêmes qui vit déjà (actuellement) sur cet Astre futur, s’appelle le Corps Idéal. Il y a, sur la planète Terre, les Corps Idéals des êtres qui vivent sur une planète spirituellement infé rieure à la planète Terre, et qui envisagent l’idéal terrestre comme le centre attractif de leurs aspira tions.
Notre corps présent n’est pas autre chose que notre Corps Idéal antérieur, lequel hantait déjà la Terre durant notre précédente existence; et notre corps fu tur sera constitué par notre Corps Idéal actuel, qui habite déjà un Astre spirituellement supérieur à la Terre, au cas au moins où nos aspirations sont supé rieures aux aspirations terrestres.
Notre Corps Idéal constitue pour nous un Génie protecteur, tandis que, par rapport aux habitants de l’Astre futur sur lequel il erre, il constitue « le Tenta teur ». C'est lui, en effet, qui va les inciter à l’acte générateur, condition nécessaire de toute réincarna tion. Toutes choses étant éternelles, la Créature (au sens
i6o l’initiation vulgaire de ce mot) se trouve donc, au moment même de son apparition, en communication hiérar chique avec toutes les planètes, tous les astres, sur lesquels elle doit successivement évoluer. Et comme tous les plans aboutissent à Dieu, la Créature sera donc rattachée, en fin de compte, à son Créateur par l’intermédiaire de tous les plans qu’elle doit traverser avant detre instaurée en le pur état divin.
Toute fois, il est vrai de dire qu’elle n’est en communica tion directe qu'avec son Astre futur, c’est-à-dire àvec celui sur lequel elle doit évoluer immédiatement après sa mort.
DE L’INITIATION PAR LA SOUFFRANCE La véritable Intelligence n’a rien de commun avec le côté phénoménique, superficiel et transitoire de la vie, avec tout ce qui constitue les vanités terrestres, comme l’or, les situations honorables, les carrières brillantes, les honneurs, l’amour sensuel, etc., etc. Car, s’il en était autrement, l’homme, allant toujours dans la direction où sa conception du bonheur l’ap pelle, ne manquerait pas d’aller constamment vers ces mêmes vanités.
Or, nous remarquons que, la plupart du temps, les hommes vraiment intelligents, vraiment supérieurs, sont pauvres, inconnus, ou même méprisés, Et il en est ainsi parce que ces hommes spirituels, étant irrésistiblement attirés vers le divin Monde des Splendeurs, se sont eux-mêmes (dans leur Moi transcendant) condamnés à la dou leur, afin de brûler dans ce solide creuset les derDU CORPS IDÉAL ET DE L’ASTRE FUTUR l6î niers liens qui les rattachent encore à l’individualité terrestre, afin de purifier leurs dernières scories et de les sublimer en subtile et précieuse vapeur.
Chaque homme, chaque être, est régi et dominé par le reflet de son Moi transcendant dans son actuelle concep tion du bonheur, et cette action ne souffre pas de ré plique. La figure ci-dessous est le Shéma de la Vie Univer selle. La croix représente les êtres créés, qui gé missent dans la lutte des deux principes inférieurs, dans la lutte des sexes, du moi et du non-moi.
Le triangle, divisé en neuf degrés, représente les neuf cœurs des Intelligences célestes, c’est-à-dire l’affran chissement progressif du binaire par l’intronisation de l’individu dans des états spirituels de plus en plus purs.
Enfin les esprits qui sont parvenus au neuvième chœur, appelé « les Flammes éternelles de l'Amour divin », se fusionnent dans l’Unité suprême de l’Amour, et, perdant par là même leur personnalité, affectent l’immense personnalité divine, dont la Contl
i?2 l’initiation science, semblable à une flamme subtile, se répand en tout et partout, et devient la Vie qui anime, qui con serve, et qui transforme tous les êtres. Dieu est partout: nous le respirons, nous le buvons, nous le mangeons ; c'est lui qui circule dans nos veines, c'est lui qui palpite dans notre cœur, c'est lui qui resplendit dans notre intelligence.
Dans le cœur du juste, à la vérité, il y réside ; dans le cœur du criminel, à la vérité, il y réside ; dans le cœur du sage, il a fixé sa demeure ; dans le cœur de l’insensé, il a élu son domicile. Indifférent au bien, à la vérité, il l’est; indifférent au mal, à la vérité, il l’est. Et qu’importent le Bien et le Mal à celui qui est la Vie elle-même?
Qu’importe le Binaire à celui qui est l’Unité, à celui qui n’engendre le nombre que pour le résorber dans la source essentielle et principiante d’où il émane?... Or, le Bien conduit à l’Unité de l’Amour, on n'en peut pas douter; le Mal conduit à l’Unité de l’Amour, on n’en peut pas douter; la Vérité conduit à l’Unité de l’Amour, on n’en peut pas douter ; l’Erreur conduit à l’Unité de l’amour, il n’en faut pas douter. Tous les chemins mènent à Rome, et Rome, dans l’espèce, c’est l’Unité, c’est i’Amour. Karl Nissa.
SECTION ARCHÈOMÉTRIQUE Les études sur l'archéomètre de Saint- Yves ont pris une grande importance depuis quelque temps. Il nous semble donc utile d’ouvrir dans notre revue une sec tion d'études archéométriques, en attendant la publi cation de L’Archéomètre qui se fera en avril ou mai 1911. Le volume sur l'archéomèire comprendra cinq grandes planches en couleur et environ t5o grandes planches en noir.
Nous poursuivons sa mise au point depuis plusieurs mois, et ce travail considé rable s'achève. Toutes les planches que nous publierons dans L’Initiation sont déposées par notre société et la re production en est formellement interdite sans notre autorisation écrite. Les Amis de Saint-Yves. (Société de publications et de conférences.]
Empsycose, Mélempsycose el Psycostasis {Inédit de Saint-Yves) LA VOIE DES AMES On pourra suivre l’exactitude de notre traduction en la comparant à celle de M. Louis Ménard, docteur ès lettres, qui est excellente, mais qui, grâce aux vicis situdes du texte grec, renferme quelques obscurités quant au sens, bien plus précieux pour nous que le respect du mot à mot {Hermès Trismègiste, liv. III), et dans la traduction de M. Louis Ménard, p. 213).
« Voici la règle très sainte dont la mesure s'étend au-dessus de ce Ciel. Vois en esprit la hiérarchie des âmes. Entre l’Apex du Ciel et la Lune : les Dieux, les Astres et toute l’instrumentalité de la Providence. Entre la Lune et nous, mon fils, le séjour des âmes, «Dans ses voies intérieures, l'air mobile et immense, la région des vents renferme une route d'une longueur déterminée.
Il se meut pour vivifier la Terre; mais ce mouvement n’agit pas sur les âmes. Leur ascen sion et leur descente n’en sont pas affectées. Comme l’huile à travers l’eau, elles nagent à travers cette région de l’air sans mélange ni confusion. L’espace ou s’opère leur double mouvement se divise en quatre parties et en soixante subdivisions.
EMPSYCOSE, MÉTEMPSYCOSE ET PSYCOSTASIE 165 « La première partie montant de la Terre comprend quatre régions. Elle s’étend jusqu’à certains sommets ou caps à la hauteur desquels sa loi constitutive la limite. « La seconde partie comprend huit régions. C’est la zone des courants aériens de la rose des vents. Atten tion, mon fils, écoutelesmystères ineffables delaTerre, du Ciel et de tout le Fluide sacré du Milieu.
Dans la région des vents volent les oiseaux. Au-dessus, c'est l'air immobile et l’animalité non incarnée. Cet air supérieur a pourtant la faculté de s’insinuer avec tous ses animaux aériens dans ces zones appropriées etdans ces quatre régions de l’air terrestre. Mais les êtres de chair ne peuvent s’élever, grâce à la pesanteur, au-dessus de l’air mobile (sans mourir). « La troisième partie compte seize régions. L'air y est subtil et pur.
« La quatrième partie en nombre trente-deux. L'air y est à son maximum de subtilité et de transparence. Au-dessus de ce fluide glacé, la fluidité ignée devient nettement perceptible. Tel est l’ordre de la règle en ligne droite, de l’aigu au grave, sans confusion. Quatre divisions tdouze intervalles, soixante régions et dans ces soixante régions sont réparties les âmes, chacune selon son Carma.
Leur constitution est sem blable, mais non leurs degrés. Ceux-ci formentune hié rarchie proportionnelle à l’éloignement de la Terre en ce qui regarde le milieu psychique, et à l’élévation en dignité en ce qui regarde les âmes elles-mêmes. « L’atmosphère intermédiaire entre le Ciel et la Terre a donc une hiérarchie de région, conforme à la
i66 l’initiation I ■ ) l< musique des nombres, à la mesure des intervalles, à l'harmonie divine, ô mon fils Horros. Zones, cieux, sphères, ces régions ont été nommées par nos ancêtres de noms divers, mais leur notion est une. Ce sont les milieux d’existence, les habitacles des âmes sorties des corps corruptibles et de celles qui n’ont pas encore subi ou qui attendent l’incarnation. Leurs rangs hié rarchiques correspondent à leur dignité.
En haut, les âmes divines et royales. En bas, près delà Terre, sont les moins nobles, entre les deux termes sont les moyennes. (C’est notre division en théandrologique, andrologique et anthropologique.) Ainsi, mon fils, les âmes prédestinées à la souveraineté descendent des zones suprêmes.
C’est là qu’elles retournent après la la mort du corps pesant, et parfois plus haut encore lorsqu’elle n’ont pas forfait à la noblesse de leur es sence, ni au décret de la Divinité. Dans ce cas, la Pro vidence d’En Haut les abaisse dans les régions infé rieures au niveau de leurs fautes.
Par contre elle élève desdegrés inférieurs vers un milieu plus élevé lésâmes qui, douées d’une moindre puissance et d’une dignité plus humble, ont mérité d’être exaltées. Au plus haut de ce Ciel, en effet, trônent deux représentants de ¡’Universelle Providence. L’un garde les âmes, l’autre les guide jusqu’aux conditions corporelles qu’il leur faut. Le premier les lie, le second les délie et tous deux accomplissent l’ordre de Dieu.
«C’est l’équité même de ses lois qui règlent les mutations de conditions dans le Ciel, comme sur la Terre, même celles des destinées incarnées dans les corps qui emprisonnent les âmes. Deux puissances,
EMPSYCOSE, MÉTEMPSYCOSE ET PSYCOSTASIE 167 la Mémoire et l’Expérience, assistent la Justice di vine. La Mémoire a soin que la Nature conserve et garantisse chaque type originel spécifié là-haut. L'Ex périence fournit à chaque âme descendante le corps qui convient à sa nature. « Ainsi 'de la région royale descendent les âmes royales.
Cette région, ce royaume est un, mais il y a plusieurs royautés : celles des Ames, celle des Corps, celle de l’Art, celle des Sciences, celle des Vertus. Le roi, le seigneur des Ames qui ont existé jusqu’ici est ton Père Osiris. Le roi des Corps, le roi des Incarnés est le Prince ou celui qui gouverne cha que Nation. Le roi de la Sagesse est le père de tou tes choses. Le roi Initiatique est Hermès Trismégiste, etc. » Saint-Yves d’Alveydre.
Études Archéométriques l'alphabet et les constructives Tout alphabet sacré est la manifestation du Verbe divin dans l’humanité. Par suite, tout alphabet repro duit la construction des cieux.
Il reproduit cette cons truction exactement quand il est resté intact, il repro duit cette construction shématiquement quand il a été déformé sciemment par les initiés, et il ne corres pond plus à rien de divin quand les faux savants et les fausses traditions ont tout détruit dans ses organes vitaux.
Dans une lettre ouverte qu’il me faisait l’honneur de m’écrire en 1901, notre maître Saint-Yves disait: « Ce qui précède explique que les Universités véri tablement antiques considéraient le Verbe créateur comme l’incidence dont la parole humaine est la réflexion exacte, quand le processus alphabétique emboîte exactement le planisphère du Kosmos.
« Le processus alphabétique, armé de tous ses équivalents, représente alors le monde éternel de la gloire, et le processus cosmique représente le monde des cieux astraux (1). » (1) Trad, cabalistique.
ÉTUDES ARCHÉOMÉTRIQUES 16g Ainsi chaque lettre de l’alphabet est la représenta tion sur le papier d’un astre ou d’un point du ciel. En parcourant l’espace céleste, les astres écrivent des paroles et en se combinant sur le papier les lettres formulent des thèmes astraux. C’est là une des clefs les plus hautes de l’application astrologico-onomantique du Tarot. Mais n’anticipons pas.
Toute création vivante est formée d’un support matériel sur lequel se manifestent les phénomènes biologiques. Une cellule est constituée par un noyau et une ou plusieurs enveloppes. Un ciel astral comprend un centre (un soleil), une enveloppe circonférentielle (un Zodiaque) et entre le Zodiaque et le soleil, un certain nombre d’astres mouvants : planètes et satellites. Ainsi conçu, un Monde astral est, en somme, une énorme cellule.
Un alphabet sacré est constitué exactement de la même manière. Il possède une lettre centrale, par exemple l’A. Il possède une lettre finale déterminant la circon férence terminale du système. En hébreu, cette lettre finale est le Th (Thau). Il possède enfin une lettre astrale ou roulante qui se meut entre la centrale et la circonférentielle et qui détermine les rapports secrets de l'alphabet avec le monde du verbe divin.
DanslemotAlpha-Be-Th la première lettre A(Alpha) est la centrale; la dernière, Th, est zodiacale ou circon férentielle, et la moyenne, Be, est la planétaire ou la roulante.
l’initiation 170 Ce mot A-Be-Th, lu de droite àgauche, à l'assyrienne se prononce Th-eB-A et donne la clef d’une Thebah sacrée dans laquelle les lettres correspondent exacte ment à des organes astraux et de là à des êtres divins.
Ces trois lettres, dont l’une, la centrale, représente le point de construction, dont l'autre, la circonféren tielle, représente le cercle fixe du Zodiaque, et dont la dernière, la moyenne, représente le rayon ou son double, le diamètre, sont appelées: les constructives ou lettres de construction.
Dans le mot Alphabeth, nous avons vu apparaître la Thèbe physique et astrale ; voyons ce que nous dit à ce sujet la tradition hébraïque par le Sepher Jesirah. « Il y a dans l'alphabet hébreux : trois Mères, dou^e lettres simples et sept lettres doubles. » Les trois Mères sont l’A (Aleph), le Mem (M) et le Sh (Shin) A-M-SH Amesh.
Or, ce mot Amesh, lu à l’assyrienne, nous dit: Shema, c’est un Shéma de vérité donné à notre in telligence et c’est à cette intelligence qu’il appartient de trouver les rapports analogiques du Shémah à la réalité vivante.
Saint-Yves nous dit: « Les alphabets de 22 lettres correspondaient donc à un Zodiac solaire ou solaro-lunaire, armé d’un septénaire évolutif, c’était les alphabets shématiques. » Nous venons de donner la clef de cette expression que Saint-Yves avait à dessein laissée dans l’ombre. Poursuivons:
ÉTUDES ARCHÉOMÉTRIQUES I7I « Nous avons vu plus haut que deux Processus: le Processus Cosmique'et le Processus Alphabétique sont exactement le calque l’un de l’autre, et sont shématisés l’un par l’autre. « C’est pourquoi le Roi-Prophète, écho de toute l’antiquité patriarcale, dit: Cæli enarrant Dei glo- « riam. Ou en français: Le Monde Astral raconte le « Monde de la Gloire Divine.
L’Univers invisible parle à travers le Visible. » Voici maintenant les deux Processus d’après SaintY ves : Processus Cosmique, 3 Formes Mères: le Centre, le Rayon ou Diamètre, le cercle. 12 Signes Involutifs. 7 Signes Évolutifs. 3 plus 12 plus 7 égale 22. Processus A Iphabétîque. 3 Lettres Constructives. 12 Lettres Involutives. 7 Lettres Évolutives.
Reprenons : « Les Alphabets de 22 lettres correspondent donc à un Zodiac solaire ou solaro-lunaire armé d’un septé naire évolutif. « Les autres Alphabets, suivant la même méthode devenaient par 24 lettres les horaires des précédents, par 28 lettres leurs lunaires, par 3o lettres leurs men172 l’initia.tion suels solaro-lunaires; par 36 leursdécaniques, etc. » (Saint-Yves.) Quelles sont les constructives de l’archéomètre ?
Cette question est importante, car elle a fait l’objet d’erreurs graves de la part d’écrivains qui ont voulu parler de l’archéomètre sans en posséder les premiers éléments. Si l’on se trompe sur les constructives ou si l’on ne les connaît pas, il est clair que tout le reste ne tient plus, c’est comme un vertébré sans vertèbres.
Si le mot Thébah, si le mot Shémah sont des clefs d'enseignements ésotériques au même titre que le mot Thora, Tarot ou Rota, que dire du mot A^oth.
Ce terme mystérieux était la clef de toute la science templière à tel point que les ignorants ont accusé les Templiers d’adorer un dieu Azoth etqu’Éliphas Levi s’amuse d’un critique scientifique (?) de son temps qui se figurait que c’était le gaz azote que les Templiers avaient élevé au rang de divinité. Pour constituer son archéomètre, Saint-Yves a multiplié les preuves de vérification.
Les nombres, les couleurs et les formes doivent toujours venir em pêcher les écarts d’imagination. Or, l’alphabet qui a guidé le plus Saint-Yves est un alphabet adamique. <1 Or, d’après mon investigation des alphabets anti ques de Ca-Ba-La, de 22 lettres, le plus caché, le plus secret quia servi certainement de prototype non seu lement à tous les autres du même genre, mais aux signes védiques et aux lettres sanscrites, est un al phabet aryen. C’est celui que j’ai été si heureux de vous communiquer, et je le tiens moi-même de
ÉTUDES ARCHÉOMÉTRIQUES i?3 Brahmes éminents, qui n’ont jamais songé à m'en demander le secret. « Il se distingue des autres dits sémitiques en ce que ses lettres sont morphologiques, c'est-à-dire par lant exactement par leurs formes, ce qui en fait un type absolument unique. De plus, une étude attentive m’a fait découvrir que ces mêmes lettres sont les pro totypes des signes zodiacaux et planétaires, ce qui est aussi de toute importance. « Les Brahmes nomment cet alphabet Vattan, et il (Cliché déposé, reproduction interdite. semble remonter à la première race humaine, car, ces cinq formes mères rigoureusement géométriques, il se signe de lui-même : Adam, Éve et Adamah .» (Saint-Yves, Lettre à Papus, p. 8.) Dans cet alphabet la lettre A est représentée par une ligne, un diamètre. La lettre Th par un cercle dont les deux moitiés sont opposées de manière à for mer une sorte d'S et enfin le S (Samech), nombre 60, est représenté par deux points constituant les deux centres de l’ellipse générée par les deux centres du cercle dont chaque moitié s’oppose à l’autre. Les trois constructives de l’archéomètre sont donc :
174 l'initiation A-S-Th qui donnent Ja clef du terme mystérieux Azoth. L’A formera le centre du système. L’S formera le cercle des planètes mobiles et le Th le cercle des signes zodiacaux fixes. Un être total, physique ou astral se signera AS-Th ou Azoth. Un être en voie de constitution se signera A-Sou A Th. Plus tard nous verrons ce que cela veut dire. Pour terminer cette étude, nous reproduisons le bas de la première planche de l’archéomètre. Papus.
Saint-Yves d’Âlveydre, par Barlet Barlet vient de publier une excellente biographie du maître Saint-Yves d’Alveydre, et nous retrouvons dans cet ouvrage toutes les grandes qualités de science et d’érudition de Barlet. L’analyse des Missions est parfaite, l’étude de l’ami et du maître que fut Saint-Yves est faite avec grand cœur, et l’exposé de la doctrine et de la synarchie est clair.
Nous n’avons qu’une critique à faire à cet ouvrage c’est d’avoir voulu parler de l’archéomètre sans pos séder les documents nécessaires, ce qui a amené Barlet à commettre une grosse erreur de fait. Saint-Yves n'a pas vu assez fréquemment Barlet dans les dernières années de sa vie.
Par suite, l'au teur de la biographie n’a pu recevoir de la bouche du maître les renseignements et les enseignements que celui-ci a donnés à M. Saïr, à Jemain, à Duvigneau de Lanneau, à M. Lebreton, à son architecte et au signataire de cette critique.
Si Barlet avait causé de l’archéomètre avec SaintYves, il n’aurait pas écrit, page 122 de son étude : « 11 manque trois lettres : A(Aleph, Alpha) qui est article et s’ajoutera à chacune des autres et deux
176 l’initiation [Novembre lettres doubles (le Giraim hébreu et le Th, sorte d’as piration). » Or, le Giraïm ne manque pas dans l’énumération des planétaires c’est l’S doux (Samech) formant le mot A-SoTh et constituant toute la charpente de l’archéomètre, avec les nombres correspondants, qui trouve ici sa place. Cette erreur capitale aurait dû être indiquée à Barlet par la mystérieuse relation invisible qu’il laisse entrevoir, car cela fausse toutes les études ulté rieures des adaptations archéométriques. De même les tableaux de correspondance des lettres de l’archéomètre publiés par Barlet sont faux. La vérité est beaucoup plus simple. On ne connaît actuellement que les planches se référant au brevet de Saint-Yves. Or l'exposé de l’archéomètre comprend cinq plan ches en couleurs et environ cent soixante planches en noir. Une société, les Amis de Saint-Yves, que feint d’ignorer Barlet, est propriétaire de ces planches et poursuit avec calme la publication des véritables adaptations de l’archéomètre. Que des gens pressés aient la prétention d’aller plus vite que la société possédant les documents utiles, c’est leur affaire. Mais, sans vouloir user de son droit de propriété des marques de fabrique et du titre même de l’archéomètre, la société les Amis de SaintYves est obligée de relever les erreurs grossières se rapportant à une diffusion trop hâtive de l’archéo mètre.
ig IO] SAINT-YVES d'aLVEYDRE, PAR BARLET 177 Dans son étude sur Saint-Yves, Barlet oublie aussi l’opuscule du Maître sur la Tradition cabbalistique à la bibliographie. Sauf ces critiques, l’ouvrage de Barlet est sérieux et susceptible d’intéresser le lecteur studieux. Papus.
ORDRE MARTINISTE La Grande Loge Martiniste (réunion de toutes les loges} se tiendra le lundi 26 Décembre, rue du Cardinal-Lemoine, Nous rappelons à tous nos délégués que [’Ordre Martiniste n'a rien à voir avec les fantaisistes créations de M. Staïr, qui agit seul avec tout (’enthousiasme d’une extrême jeunesse. MON ANGE GARDIEN Sa première manifestation date du 23 juin 1889. J’étais occupée à la rédaction d’un plan d’organisation pour une œuvre philanthropique, quand j’entendis une voix disant : « Mon enfant, veux-tu te donner à moi ? Laisse mar cher ta plume. » Aussitôt de bas en haut de ma page ces mots furent tracés : Marie-Jean-Baptiste Muard. Ce nom est celui d’un saint prêtre mort en 1853. Il réveilla en moi l'un de mes plus doux souvenirs d’en fance; car j’ai reçu de lui les plus tendres témoignages d’affection. Aussi mon émotion fut extrême et je jetai ce cri : Mon très vénéré père, je vous appartiens; disposez de moi. — « Sache bien à quoi tu t'engages. Je t'ai choisie pour mon enfant privilégiée, mais comme mes autres enfants d’adoption, il te faudra vivre dans l’abstinence et la pau vreté, car tu ne posséderas plus rien. « Cependant, sois sans inquiétude, je ne te laisseras
MON ANGE GARDIEN I79 jamais manquer, lors même que tu te mettrais dans l’embarras par ta propre maladresse. « Cette œuvre est excellente; elle deviendra prospère si tu suis exactement mes conseils. Ne fais rien sans me con sulter, où que tu te trouves, je te répondrai par ce moyen, » Effectivement, depuis cette époque jusqu’à ce jour, il n’a cessé de me tracer ma conduite. Si j’avais su lui obéir, l’œuvre aurait subsisté, mais je me laissai séduire par les propositions d’un riche bienfaiteur, qui donnait un champ plus vaste à mon exploitation.
Dès ce moment, je fus abandonnée et bien que le suc cès dépassât mes espérances, il fut de courte durée. Deux morts en furent la cause : celle de l’amie qui dirigeait ma maison de Paris et celle de mon bienfaiteur me laissèrent seule au milieu des ruines. Trop tard, je compris d’où venait l’épreuve; elle fut rude à supporter. Dans la nuit du 28 avril 1892, soudainement la voix se fit entendre '. — « Pars d’ici, tu y as déjà perdu trop de temps.
Si tu ne veux aller à Lourdes, il y a pour toi une place au châ teau de X. Je dis : « Lequel est préférable ?» — « Lourdes. » J’acquiesçai. — « Pars demain pour Bordeaux où tu iras en mon nom solliciter une audience de Mgr Lecot, qui te donnera l’aide nécessaire pour achever ton voyage. » Si improbable que me parût cette réception, je la solli citai; elle me fut accordée.
Son Eminence m’interrogea longuement et en me présentant son anneau à baiser me glissa vingt francs dans la main. Arrivée à Lourdes, la main paternelle se fit aussi prodi gieusement sentir et contrairement à mon désir il me fallut attendre l’ordre de départ. Dans le courant de septembre il m’est dit : « Mgr Langénieux està la grotte, écris-lui pour lui faire connaître que tu es ici par mon ordre et que tu y attends l’exécution de ma volonté.
Va, fais vite. » Peu après cet ordre de partir pour la Pierre-qui-Vire (Yonne). « 11 est nécessaire que tu te mettes en rapport avec mes successeurs et que tu leur fasses connaître tous les incidents qui viennent de se proi8o l’initiation J’hésitai à entreprendre un aussi long voyage et après avoir été un peu laissée à moi-même, je fus réprimandée en ces termes : « Pars donc, enfant de peu de foi. N'ai-je pas fait assez pour obtenir ta confiance ? Écris au P.
Benoist à BethisySaint-Pierre, annonce-Iui ton départ, et dis-lui : que, sous les auspices de Marie, tu n’as rien à craindre; tu n’auras ni fatigues, ni privations, ni souffrances, ni froid. » Je me mis en route le 14 novembre et j’arrivai à la Pierrequi-Vire le 23 décembre.
Grande fut ma surprise quand j’appris que le supérieur prévenu faisait prier pour moi; elle le fut bien plus quand il m’exprima qu'il voyait une intervention céleste dans mes rapports avec les deux prélats qui, en cour de Rome, étaient chargés de la cause du R. P. Muard. Les événements qui se produisirent dans les années sub séquentes m’étant absolument personnels, ils deviennent sans intérêt dans ce récit.
Le 15 avril, la presse fit grand bruit des apparitions de Jeanne d’Arc à la petite Osselin, d’Orrouy. Je demandai l’avis du R. P. — « L’enfant ne fait que rééditer les prophéties qui ont été faites par la T. Sainte Vierge. — La France nourrit ses ennemis dans son sein, ses enfants s’entre-dévoreront.
« De l’enfant, tu jugeras par toi-même; va la voir et tu seras fixée. » A la suite de cette visite, j’en fis la relation détaillée dans un opuscule qui apportas la discussion du sujet un argu ment définitif.
Le 16 juin, pour la première fois, je suis ainsi informée des troubles atmosphériques à venir : « Saison pluvieuse, mauvais temps toute lafin du mois, particulièrement les 22 et 23; de même en juillet avec jours dangereux le 16 et le 17; première quinzaine de septembre; décembre mauvais; désastres redoutables en janvier; dan gers de guerre et de révolution. » Ceci fut rendu public à Ault où la tempête du 16 fut des plus violentes.
Le 1" septembre, des dames vinrent me prier de leur dire si la fête, qui devait avoir lieu le 5, serait compromise par le mauvais temps.
MON ANGE GARDIEN i8t En leur présence, j’écrivis : « Le temps sera très mauvais les jours suivants, puis il se remettra au calme, il y aura une éclaircie dimanche et la journée sera belle. » Le temps fut effroyable pendant la nuit de samedi; le dimanche, vers les neuf heures, le soleil perça les nuages et la journée fut splendide; mais les dernières fusées du feu d’artifice furent à peine éteintes que la pluie recommença.
Ce fait peut être attesté par toute la population. Pendant le mois de décembre j’étais dans un profond chagrin. Le22,le R. P. m’apparut et pour la troisième fois me parla, lise montra tel que mes yeux d’enfant l’avaient connu, dans son long vêtement noir de bénédictin sur lequel se détachait sa croix rouge et sous son capuchon son doux visage rayonnait de son sourire paternel.
Il s'ap procha de moi, posa sa main sur mon front en disant: « Calme-toi, mon enfant, je te veux grande par la souffrance; tu es au pied de la croix, élève-toi jusqu'à son bras par le sacrifice; c’est là ta dernière étape. » Il me présenta un petit paquet attaché avec soncilice et sur lequel était sa croix rouge; puis il m’enveloppa de sa cagoule et la vision s’effaça... Aussitôt j’eus l’intuition que ce paquet contenait la tisane du curé d’Ars.
Je demandai à mon cher protecteur si je n'étais pas le jouet d’une illusion, il me répondit : « Non. C’est un bienfait de mon vénérable ami auquel je m’associe; va, poursuis ton œuvre, fais le bien, je suis avec toi. » Le 3o mars, à io heures du matin, ia mort de M. Perrin, agent de police, 77, rue de Lamarck, m’est annoncée ainsi : — « C’est la fin. » Le lendemain, sa belle-mère m'apprend qu’il est mort à midi.
Le 18 mai, les orages seront fréquents et redoutables. Le 20 juin — annonce les orages qui vont continuer pen dant toute la saison; il y aura de nouveaux désastres par tout. Aussitôt je commande 20.000 prospectus. Le 4 juillet, ils ne m’étaient point encore livrés et les orages s’étant fait sentir chaque jour, je n’osais plus en parler. Le R. P. médit : « Fais l'insertion telle que tu l’as donnée, il y aura encore des orages au cours de la saison. »
<82 l'initiation Le 7 juillet, le Petit Parisien demanda : « Quelqu’un a-t-il annoncé les orages ? » Je répondis par les notes cidessus, en ajoutant : « les événements ne tarderont pas à confirmer mes pronostics. » Le numéro suivant mentionnait à la rubrique tempéra ture : « Messieurs les météorologistes sont optimistes. » V ‘ SUCCÈS SANS PRÉCÉDENT Mme NAU Inspirée par une puissance bienfaisante, est la seule ayant prédit après les désastres de janvier, les orages qui sévissent et ceux non moins redoutables qui vont suivre en igio.
Venez la voir, vous serez émerveillés. Consultations tous les jours. 20 juillet. — Je t’indique ces faits pour que tu les fasses connaître. Il y aura encore d’autres calamités avant la lin de l’année, qui pourra s’appeler l’année funeste. Troubles graves, révolution, les méchants seront victorieux. 24 juillet. — Il faut continuer ta propagande jusqu’à ce que tu aies rallié des esprits sérieux convaincus de ton entière sincérité.
Ce monsieur sera bien obligé de s'in cliner devant les faits accomplis, car if y en aura malheusement trop et de natures diverses, pour le convaincre. Des conflits naîtront, des grèves et de graves désordres en seront la conséquence. Des calamités et des accidents causeront de nombreuses morts. Catastrophe surlechemin de fer, demain. La température va se modifier, mais il y aura encore des tempêtes.
15 août. — Ne t’ai-je pas dit qu’il y aurait de tels désas tres, que l’année en serait marquée d'un souvenir funeste ? Chaque jour amène une calamité nouvelle ; malheureu sement, on n’en est pas encore à compter la dernière. 25 dotlr. — Les calamités se succèdent laissant partout des ruines et le désespoir ; la peste, la guerre et le reste accumuleront les morts ainsi que je te l’ai dit. Il n’y a pas de danger en ce sens et pour l’instant en France; le péril diminuera en raison de la température fraîche.
CAS DE PRÉVISION b’üN FAIT D’AVENIR l83 ¡3 septembre. — Les événements se suivent tels que je les ai annoncés et les derniers ne seront ni moins dange reux ni moins sensationnels. Les grévistes vont faire leurs manifestations. L’hiver sera particulièrement mauvais à tous égards. Le choléra ne fera pas de victimes en France. Ce même jour, Mlle O. P. de Rully (Oise) me prie de demander la protection du R.
P. pour sa petite nièce dont l'état semble désespéré. Le R. P. répond : < L’enfant ira mieux ; elle se remettra complètement. Les soins maternels lui sont seuls néces saires et ils ne font pas défaut. » L'enfant est guérie ainsi qu’en témoigne la lettre de remerciements qui me fut adressée par la mère. 12 octobre. — Les événements se suivent avec une effrayante rapidité ; les désordres de la rue seront graves demain.
Les méchants causeront de grandes perturbations dans tous les services. La tranquillité sera troublée et le gouvernement ne pourra réprimer tous les méfaits. La guerre civile fera quelques victimes. Les mécontents sont trop nombreux; il faudrait calmer cette effervescence et les moyens font défaut ; il s’ensuivra des luttes et des bagarres qui ne seront pas sans péril.
Les intéressés tenteront d’affa mer la population, mais ce n'est pas là qu’est le danger. En terminant, qu'il me soit permis de faire ressortir l’étonnante véracité de la communication du 24 juillet, qui est juste jusque dans l’expression. Le R. P. annonce des tempêtes. En effet, depuis le 3 octobre ce ne sont plus des orages, mais des cyclones qui ravagent toutes les régions.
Les calamités diverses causant de nombreuses morts ne sont-elles pas représentées par l’incendie de Bruxelles, les inondations de Tokio, les 80.000 victimes du choléra en Russie, les incendies américains, qui dévorent jusqu’aux sauveteurs.
Des catastrophes de chemin de fer survenues dés le len demain, je ne citerai que les principales : Oran, Saujon, Bernay, Ratisbonne, Rottermann, Fort-Mayne, etc. Enfin les troubles graves : révolution portugaise, grève des cheminots, l’anarchie en Perse et les conflits de Berlin. C’est bien partout que l’année funeste laisse d’impéris sables souvenirs.
l’initiation ¡84 Mon récit achevé, ce 21 octobre, à 10 heures du soir, ce nouvel avis m'est donné : Le calme est revenu, mais seulement en apparence ; tant que les fauteurs de désordres seront maîtres du pavé, ils trouveront toujours des exaltés pour exécuter les ma chinations qu’ils auront ourdies. La tête est puissante, les bras trop nombreux et la main étrangère n’est pas inactive parce qu’intéressée.
Tu peux annoncer la guerre civile dans plusieurs États. Lorsqu’il en sera temps je t’aviserai. L. N au. Prédictions de Madame Nau 2 novembre. — La Seine subira une forte crue qui sera moins désastreuse que sa devancière. Le gouvernement va avoir à supporter un assaut redou table de la part des socialistes. La lutte durera longtemps, néanmoins le ministère tombera. Le Président est menacé, il n’a rien à craindre.
Briand est plus exposé ; il vient de s’attirer de nouvelles haines, qui seront implacables. Les troubles vont revenir avec plus de violence; l’orage sera apaisé par le renversement des autorités actuelles. L’hiver sera terrible pour tous et de toutes façons : rigueurs de température, disette, mor talité, révolution. Non, l’Allemagne a assez à faire chez elle, l’anarchie règne là aussi.
Nous trouvons dans les Annales des Sciences Psy chiques le très intéressant article suivant : Cas de prévision d'un fait d’avenir Réalisation point par point de ce fait. — Détails précis. Témoignages concordants. Je dois la connaissance de ce cas à mon excellent conrère, le docteur Gallet, d'Annecy, qui eut lui-même, dans
CAS DE PRÉVISION d’üN FAIT D’AVENIR l85 un éclair de lucidité spontané et inattendu, la remarquable prémonition que voici : Le 27 juin 1894, vers g heures du matin, le docteur Gallet, alors étudiant en médecine à Lyon, travaillait dans sa chambre en compagnie d’un camarade d'études, ac tuellement le docteur Varay, médecin lui aussi à Annecy.
Gallet était alors très occupé et préoccupé par la prépa ration d'un examen tout proche (ier examen de doctorat) et ne songeait pas à autre chose qu’à cet examen.
En particulier, il ne s’intéressait absolument pas à la politique, ne jetait qu’un coup d’œil distrait sur les jour naux et n’avait causé qu’incidemment et superficiellement dans les jours précédents, de l’élection du Président de la République qui devait avoir lieu ce jour même. {Le Congrès électoral devait se réunir à midi.) Tout à coup, Gallet, entièrement à son travail, en fut distrait impérieusement par une pensée obsédante.
Une phrase inattendue s’imposait à son esprit avec une telle force, qu'il ne put s’empêcher de l’écrire d’un trait sur son cahier de notes. Cette phrase était textuellement : « Casimir-Périer est élu Président de la République par 451 voix ! » (Cela se passait, je le répète, avant la réunion du Con grès.
On remarquera que, cependant, chose curieuse, la phrase, dont le docteur Gallet a le souvenir le plus net, indique le présent et non le futur.) Stupéfait, Gallet interpella alors son camarade Varay et lui tendit le papier sur lequel il venait d’écrire.
Varay lut, haussa les épaules et, comme son ami, très intéressé, insistait, déclarant qu’il croyait à la réalité de cette prémonition, il le pria, un peu rudement, de le lais ser travailler en paix. Après déjeuner, Gallet sortit pour aller suivre un cours à la Faculté. Il rencontra, chemin faisant deux autres étu diants, M. Bouchet, actuellement médecin à Cruseilles (Haute-Savoie) etM. Deborne, actuellement pharmacien à Thonon.
Il leur annonça que Casimir-Périer serait élu par 451 voix. Malgré les rires et les moqueries de ses camarades, il continua à leur affirmer, à plusieurs re prises, sa conviction. Au sortir du cours de la Faculté, les quatre amis se
186 l'initiation retrouvèrent et allèrent se rafraîchira la terrasse d un café voisin. A ce moment arrivèrent des camelots vendant des édi tions spéciales de journaux qui annonçaient Je résultat de l’élection présidentielle. Gallet s’empressa d’acheter un journal et de le passer à ses amis qui demeurèrent muets de stupeur en lisant: M. Casimir-Perier élu par q5t voix. Ce récit a été écrit sous la dictée du docteur Gallet dont les souvenirs, encore une fois, sont extrêmement nets et précis. Voici maintenant les attestations des témoins; i° Attestation du docteur Varay, ancien interne des hôpitaux de Lyon : Je déclare absolument exact le récit fait par le docteur Gallet au docteur Getey de sa prémonition relative à l’élection présidentielle de Casimir-Périer par 45s voix. Annecy, le i5 juillet igio. Docteur Varay. 2° Attestation de M. Deborne, pharmacien à Thonon. Thonon, le 25 juin 1910. Monsieur le docteur Geley, J’ai parfaitement souvenance du fait dont le docteur Gallet a été le héros le 27 juin 1894. En présence des docteurs Varay et Bouchet et de moi, il nous a annoncé le chiffre 451 comme étant celui des voix que réunirait M. Casimir-Périer, candidat à la prési dence de la République. L’éloignement (16 ans) de cette affaire ne me permet pas de préciser l’heure ni l’endroit où les choses se sont pas sées ; mais le souvenir du fait en lui-même est resté gravé en ma mémoire, et je puis vous affirmer la véracité du récit du docteur Gallet tel que vous me l’indiquez. Veuillez, monsieur le docteur, agréer l’expression de ma considération très distinguée. C. Deborne.
CAS DE PRÉVISION D’UN FAIT D’AVENIR 187 3° Attestation du docteur Bouchet: Cruseilles, le 28 juin igio.
Bien cher confrère, Vous voudrez bien excuser le retard que j'ai apporté à répondre à votre lettre du 23 juin. A cette date, je n’étais pas encore rentré d’une période d’instruction militaire que j’accomplissais à Lyon. Je me souviens, en effet, qu’avant l’élection présiden tielle de Casimir-Périer, le docteur Gallet, se promenant avec moi et un ou deux amis, rue de ia République, à Lyon, nous dit: « Casimir-Périer sera élu par 451 voix.
Comme nous n’accordions qu'une attention distraite à un tel propos, notre ami Gallet se plut à le répéter plu sieurs fois, en insistant sur ce chiffre, et affirmant comme s’il eût été certain de ce résultat. Autant, sur le moment, nous accordâmes peu de crédit à une prédiction fantaisiste, autant nous fûmes surpris lorsque nous connûmes le résultat de l’élection.
Pour moi, je crus à une de ces surprises du hasard qui fait que souvent ce que l’on pense arrive. Toutefois, ce besoin d’affirmer, de répéter à satiété quelque chose qui alors nous intéressait peu, montre bien que voilà un fait surprenant et qui mérite de retenir l’attention des psychtstes. Pour moi, ce que je voudrais savoir, c’est si mon ami le docteur Gallet a eu d’autres visions de l’avenir et si les faits lui ont donné raison.
Je veux dire ; y a-t-il des per sonnes qui ont une sorte de faculté de divination ? Y a-t-il, permettez-moi le mot, des prophètes; ou bien ces phéno mènes se présentent-ils d’une façon irrégulière chez n’im porte quel individu ?
Voilà une question intéressante à étudier ; et veuillez bien croire, mon cher collègue, qu’à partir d'aujourd’hui je serai heureux de collaborer avec vous et d’observer étroi tement ces faits sur lesquels je vous suis reconnaissant d’avoir appelé mon attention, Veuillez agréer, mon cher confrère, l’assurance de mon affectueuse sympathie. Docteur Bouchet.
Comme on le voit, tant d'après le récit du docteur Gaii«8 l’initiation Iet que d'après les attestations sans réserve des témoins, la prémonition s’est réalisée point par point. Le fait est donc certain. Mais comment l’interpréter?
On ne saurait invoquer la télépathie ; car on ne peut pas logiquement supposer un rapport télépathique entre « le moi » de Gallet, étudiant en médecine à Lyon, indiffé rent à la politique et aux politiciens, entièrement absorbé par la préparation d’un examen et « le moi »des 85oséna teurs et députés qui n’avaient pas encore voté; dont quelques-uns, sans doute, étaient encore hésitants.
On n’a le choix, à mon avis, qu’entre deux explications: ou une simple coïncidence — ou un fait de lucidité. L’hypothèse coïncidence est fort invraisemblable. Sans doute, si Gallet n’avait fait que désigner d’avance le nom du candidat qui allait être élu, la prémonition n’aurait pas grande valeur ; mais il est bien difficile de mettre sur le compte du hasard la prévision exacte du chiffre de voix obtenues par Casimir-Périer.
Il est bon de remarquer, d'ailleurs, que l'élection de Casimir-Périer, qui n’eut lieu qu'à une majorité de 28 voix (1), était généralement inattendue et que l’on escomptait plutôt le succès de MM. Brisson ou Dupuy. De plus, je le répète encore une fois, Gallet n’avait jamais songé à cette élection.
Il n’y pensait absolument pas quand la prémonition se produisit, en dehors de toute réflexion consciente. Enfin, cette prémonition s’imposa immédiatement à l'esprit de Gallet avec un caractère de certitude absolue.
Il n’eut aucun doute dans l’attente du résultat, et fut le seul à n’éprouver aucune surprise quand il l’apprit. (1) Voici quel fut Je résultat officiel du scrutin : Suffrages exprimés.................................................................. 843 Majorité absolue....................................................................... 423 Ont obtenu : MM. Casimir-Périer..........................................431 voix, élu.
Brisson......................................................... 195 — Dupuy.......................................................... 97 - Général Février............................................53 — Arago...........................................................27 — Divers . ......................................................22 —
CAS DE PRÉVISION d’üN FAIT D'AVENIR 189 Ce sont là des arguments très sérieux en faveur de l’hypothèse de lucidité.
Du reste, Gallet a eu, maintes fois, d’autres prémoni tions réalisées : Un jour, par exemple, ses facultés de lucidité se mani festèrent d’une manière aussi inattendueetaussi parfaite. (Ce cas n’est malheureusement pas appuyé, comme le précédent, sur des témoignages indiscutables.) Assistant aux courses, à Lyon, alors qu’il était encore étudiant, il eut, 6 fois de suite, avant le départ des che vaux, la « vision mentale » d’un chiffre qui fut, chaque fois, celui du cheval gagnant.
Il l’annonça d’avance, les six fois, à un camarade stupé fait et enthousiasmé (i). Mais Gallet chercha en vain, en d’autres occasions, à renouveler ses prémonitions. Jamais il ne put les faire naître quand il les évoqua. Il lui est arrivé, en voyage, d’avoir, d’une manière frappante, la sensation du « déjà vu ».
Dans le temps où se produisit la prémonition relative à Casimir-Périer, il faisait parfois, avec ses camarades, des expériences élémentaires de médiumnité physique, expé riences assez réussies. Il possède, à mon avis, des facultés médianimiques évidentes, bien que non développées. Il présente, très net, le signe de Maxwell (taches dans l’iris).
De tout ce qui précède, je crois pouvoir conclure que le cas de mon confrère est bien un fait de lucidité, et de lucidité à un événement futur. Or, si les cas de prévisions d’avenir, véritablement réa lisés, semblent assez fréquents, ils sont rarement observés dans des conditions qui ne laissent pas de place au doute et plus rarement encore appuyés sur des témoignages con cordants.
C’est pour cela que la prémonition du docteur Gallet, remarquable par sa netteté, sa simplicité, sa précision, (t) Le docteur Gallet ignore malheureusement ce qu’est devenu ce camarade. Je vais essayer de trouver son adresse ac tuelle afin de lui demander son attestation. En cas de réussite, j’en ferai part aux lecteurs des Annales.
l’initiation igo contrôlée dans d’excellentes conditions, m’a paru digne, à tous points de vue, d’être enregistrée dans vos AnnalesDocteur Gustave Geley, ancien interne des hôpitaux de Lyon. Annecy, i5 juillet igio. NOTRE COURRIER Adresser toutes les communications concernant Notre Courrier au secrétaire de la rédaction, M. Combes Léon, villa Thoth Hermès, place Rondelet, Montpellier.
M. Combes Léon, en présence du nombre considérable des personnes qui lui écrivent à propos de « Notre Cour rier d prie ses correspondants qui désireraient une ré ponse, autrement que par la Revue, de vouloir bien ajouter un timbre pour celle-ci. Nous recevons cette lettre du docteur B. L. : « Dans {’Initiation d’août 1910, vous indiquez comme parfum de « Proteus », le styrax.
Dans le Dorvault, on trouve, sous la rubrique storax : storax ou styrax calamite: styrax calamite des anciens : Résine fournie en Orient par le styrax officinale (Ebénacées). Il ne faut pas le confondre, ajoute-t-on, avec la styrax liquide. « Sous la rubrique Styrax liquide : Oléo-résine fournie parle liquidambar oriental (Balsamifluées). « Je possède comme résine et comme parfum magique le storax, résine brune rougeâtre.
« Auriez-vous l’obligeance de me dire quel est, à votre avis, le véritable storax ou styrax; le solide ou celui décrit dans le Dorvault comme liquide oléo-résineux ? « Agréez... « Docteur B. L. » Les occultistes que la question intéresserait sont priés d’y répondre. Nous-mêmes donnerons notre avis sous peu. C. L.
ÉCOLE SUPÉRIEURE LIBRE École supérieure libre des sciences médicales appliquées ¡5, rue Séguier, Paris L'École supérieure libre des Sciences médicales appli quées offrait, le lundi 7 novembre, à l’occasion de l'ou verture de ses cours, une grande fête à la salle des Sociétés savantes.
Un public très nombreux avait répondu à l’invitation toute gracieuse du directeur de l’Ècole, aussi est-ce devant une salle comble, qu’après une partie musicale fort inté ressante, le docteur Encausse, dans une de ses allocutions dont il a le secret, a rendu compte du but de l’École et de son programme. Une conférence sur Faust et la Magie avec projections et auditions gramophoniques par le docteur Papus a rem porté son succès habituel.
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5 francs Cotisation mensuelle.......................... 5 — Travaux pratiques...............................20 — Droits d’examer.s et de diplômes . . 20 — « *• Le droit pour suivre un seul cours sans examen est de 10 francs pour toute le durée du cours. Les élèves habitant la province reçoivent tous les huit jours un travail à étudier.
IÇ2 l’initiation APPAREILS D’OCCULTISME Boules hypnotiques. — Miroirs hypnotiques. — Disques d’entraînement. — Appareil système frontal. Planchettes à médium extra-légères de tous modèles. - Couronne aimantée du Dr Encausse.
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Il nous montre, en des scènes émouvantes et très dramatiques, son héroïne, esclave d’abord du vice et de Satan, s'acheminant à la Rédemption à la faveur d'un amour chaste et naïf. Dans Rédemption, M. R.aymond Maygrier évoque, sous une forme saisissante, le pacte infernal, les pratiques del'Envoùtemant, l’intervention des démons succubes et, enfin, la possession démoniaque.
Ce roman, vraiment nouveau et sortant de la banalité courante, est appelé à un très grand succès. Prix............................................... 3 fr. 50 J.»"B. POIRSON DÉCOUVERTE DE L’AME En soi-même par la liberté Si l’auteur atteint son but, qui est de se faire reconnaître par son chef, ce livre commence une carrière dont on ne verra pas la fin.
Si, par suite d’erreur involontaire, il est rejeté, il sera l’ennemi de tout le monde, car il relègue TEsprit Humain au second plan, et qu'y a-t-il de plus féroce que l’Amour-Propre blessé ? En attendant, il a un mérite. C’est que dans la Théologie et la Philosophie les plus hautes, il n’est pas employé un terme ni une expression qui, prise par elle-même, ne soit du plus vul gaire langage. Sa clarté ne vient que du choc d’expressions simples. Un volume in-8. Prix.....................................3 fr. 50
Librairie Générale et Internationale G. F1CKER PARIS — 6, rue de Savoie, 6 — PARIS AjWICUS PLATO SEP MAG1S AMfCA VERITAS PENSÉES ET MAXIMES Philosophiques, Médicales et Sociologiques i" série: Le Pape de la Libre Pensée. Prix . . . . . . . . 2 fr. 2* — Religion Moniste. Prix............................... 2 fr. 3* — Profession de Foi. Prix...........................................
2 fr. q* — L'Accident d'Abélard.'Pris............................... 2 fr. Lettre d’Érasme <i son ami Martin Dorpius : ■ « Nous avons voulu instruire, non « offenser, contribuer au bien des mœurs, « non y donner atteinte. » ' Voilà une série de volumes qui vient à son heure.
Le docteur Gourdannec’h, médecin distingué, physiologiste et philosophe, ce qui ne nuit pas, envisage et étudie les bêtes ;d'une façon originale, très neuve, qui plaira certainement à tous les esprits curieux et cultivés. HEIDET DE HEYDECH, Avocat à ia Cour. — L’Idéal nou veau, problème moral, problème scientifique, problème social, les lois universelles de la Nature et de la Vie.
Les Destinées de ¡’Être et de l’Humariité.: Un volume in-t6.................... 3 fr. 50 PAPUS. — Ge que doit savoir un Maître Maçon. Les rites. L’origine des grades. Légende d’Hiram. Un volume in-8°. 3 fr. PILLAUT, JÉSUPRET et BÉZIAT. - La Vie. Maximes et pensées du roc plan, révélations nouvelles dues au spiritisme. Un fort volume in-8 de 3oo pages...........................' . 3 fr.
50 LETTRES fl BUE UNIE SUR LU IIÉOSOPIIE par Blanche SARI»FLÉGIER Si l’auteur atteint son but, qui est de se faire reconnaître par son chef, ce livre commence une carrière dont on ne verra pas la fin. En attendant, il a un me'rite. C’est que dans la Théologie et ia Philo sophie les plus hautes, il n’ait pas employé une expression qui, prise en elle-même, ne soit du plus vulgaire langage. Sa clarté ne vient que du choc d’expressions simples. Un beau volume de 184 pages.......................... 3 fr.
Librairie Générale el iBleuallmiale 8. FICKEB 6, rue de Savoie, PARIS EW VENTE : Docteur Papus. — Le Tarot Divinatoire, clef du tirage des cartes et des sorts, avec la reconstitution complète des 78 lames du Tarot égyptien et de la méthode d’interprétation,Tes 22 arcanes majeurs et les 56 arcanes mineurs. Un volume in-8 de 3oo pages, compre nant les 78 lames du Tarot, pouvant se découper. . 6 fr. F.-Ch.
Barlet. — L’Occultisme; définition, méthode, classification, applications. Un volume in-8................................... 3 fr. Almanach de la Chance pour l’année 1909, publié sous la direction de Papus. Un volume in-t6 de 64 pages, i5 figures ou ta bleaux................................................................................ 1 fr. NOS MAITRES. — Le Docteur Papus, par G.
Phaneg, avec une étude chiromantique de Mmo Fraya, un portrait et un autographe du docteur Papus........................................................ 2 fr. Stanislas de Guaïta, par Matgioi, avec portrait et autogra phe.............................................■................................... 2 fr.
Victor-Èmile Michelet. — L’Amour et la Magie. — L'Œuvre de Magie. — Genèse de l’amour. — L'Œuvre d'amour. — Le Ta lisman rêvé. — Le Pouvoir de lier. — Les Secrets des pierres pré cieuses. — Connaître qui l’on aime. Un volume in-8. 5 fr. Comte de Larmandie. — La Psychologie du goût. . . 1 fr.
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