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L Initiation .88"’ VOLUME. — 23"'" ANNEE SOMMAIRE DU N°-¡2 (Septembre 1910) PARTIE PHILOSOPHIQUE La Société << Les Amis de Saint-Yves s> (p. 193 à 194).................................................. Les Curiosités de l'Occulte (p. iq5 à 218). L'Unité de la matière Ip. *219 à 222 . l)c V Érection du thème (p. 223 à 226 . L'Homme qui va naître p. 227 à 23o). . Les Amis de Saint-Yves. C.-B. Franlac. Jean Mavéric. Williams.
PARTIE INITIATIQUE Synarchie européenne (p. 231 à 240 . . Orphée et les Orphiques (p. 2.41 à 253) . Saint-Yves d’Alveydre Combes Léon. PARTIE LITTÉRAIRE Mon rêve (p. 254 à 261 J. Meley.
École hermétique. — École supérieure libre des sciences médicales appliquées. — Musée Saint-Yves d’Aiveydic. — Communication donnée par le médium de Mahiva. — Les Spirites. — La Chasse aux fantômes. — Martinisme. —Conférence laite par M. Buisson. — Un nouveau musée. — Notre cou nier. — Sinedrium Victoria. — Cardezvous des chemineaux et des Bohémiens. — Livres nouveaux. — Appareils d’occultisme.
Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 5, rue de Savoie, à Paris-VIe. Téléphone — 816 09 Tout ce qui concerne l’A dministration : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adresse à la Librairie Générale et Internationale G. FICKER PARIS — 4 cl 6, Rue de Savoie, 4 et 6 — PARIS Un AN ' 1 10 l i anes poui la In unce. 1 9. ñau.— iM'iir I b ti ’inrcr Le numéro : 1 Ir. 25.
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L'Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste don: les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des Anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dan« la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique ia Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l'initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent arbitrage contre l'arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L'Initiation parait régulièrement à la fin de chaque mois et compte déjà vingt années d’existence. — Abonnement : io francs par an. (Les collections des huit premières années sont absolument épuisées.)
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Celte partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. U SOCIÉTÉ ■ LES UNIS DE SiliT-ÏÏES. Après la mort de notre maître Saint-Yves d’Alvevdre. la famille du défunt, avec une louable générosité, a confié au docteur Encausse les manuscrits et les tirages concernant l’Archéomètre et ses applications.
Une société a été constituée pour mettre à jour et coordonner les manuscrits et les adaptations de l’Archéomètre. Cette Société, qui a déjà publié à ses frais les Pa triarches, la Lumière d'Orient, la Mission de l'Inde qui vient de paraître, possède toutes les planches des adaptations archéométriques aux diverses religions, à la révélation de Zoroastre, au Bouddhisme, au Sys tème de Confucius et de ses prédécesseurs.
Tout ce qui a été publié de l’Archéomètre jusqu'à présent est un résumé plus ou moins exact des conr férences faites il y a trois ans à l’Ecole hermétique par Papus. A parties études de Saïr, tout cela ne con cerne que la partie exotérique de l’œuvre de Saint13
l’initiation î94 Yves. Toutes les précautions ont été prises pour con server intactes les adaptations ésotériques et sociales. La Société « les Amis de Saint-Yves » se propose de donner cette année une grande extension à l'oeu vre de Saint-Yves d’Alveydre. Le musée et la salle de lecture fonctionneront à partir du mois d’octobre.
Toutes les publications concernant 1’ Vrchéomètre et émanant de la Société porteront la firme sociale « les Amis de Saint Yves ». La revue /’Initiation est le seul organe pour l’ins tant de la Société. Ces remarques étaient nécessaires pour éviter des confusions regrettables. Nous publierons, à mesure des besoins, les autres communications de la Société qui pourraient inté resser nos lecteurs. Les Amis de Saint-Yves.
Les Curiosités de l’Occulte (Suite) Les jours fastes et néfastes. Diodore nous apprend ceci : « Il n'y a peut-être pas de pays où l'ordre et le mouvement des astres soient observés avec plus d'exactitude qu'en Egypte. Ils con servent depuis un nombre incroyable d'années des registres où ces observations sont consignées.
On v trouve des renseignements sur le rapport de chaque planète avec la naissance des animaux et sur les astres dont l’influence est bonne ou mauvaise...
Au tombeau d’Osymandias, à Thèbes, il y avait sur la terrasse un cercle d'or de 365 coudées de circonférence, divisé en 365 parties ; chaque division indiquait un jour de l’année, et l’on avait écrit à côté les levers et les cou chers naturels des astres avec les pronostics que fon daient là-dessus les Astrologues égyptiens (i). » Pour fonder des pronostics, le procédé était donc celui-ci : tel jour, à telle heure, les astres sont dans telle posi tion.
Jadis, dans une position semblable des astres, tel événement faste ou néfaste s’est produit ; il est (¡) A. Moret, la Magie dans l'Égypte ancienne.
l’initiation 196 donc probable que cet événement ou un autre, de ca ractère analogue, se reproduira au moment où les astres reviendront à leur place ancienne (1). Les documents qui nous sont parvenus (2) nous montrent que les événements auxquels on faisait allu sion se rapportaient à la vie des dieux, et principale ment aux alternatives de défaite et de victoire qui marquaient la lutte quotidienne d'Osiris contre Sit (Typhon).
Le 17 Athyr, Sit avait tué Osiris ; le 9 Khoiak, Thot avait vaincu Sit ; le 5 Tybi, Sokhit (3) avait brûlé les impies ; la première date sera néfaste, les deux autres seront fastes.
« Quoi que tu voies en ce jour sera heureux. » Ainsi, chacun des hommes revivait à sa façon la vie des dieux et en subissait les influences : le pouvoir du magicien consistait à tirer profit de ces connaissances mythiques pour orienter les actes de la vie humaine à telle ou telle date opportune, et imiter, dans le sens le plus favorable, la destinée des dieux (4).
De plus, chaque année, chaque mois, chaque jour, chaque heure était sous l’influence d’un dieu ou d'un astre: le magicien sait les rendre favorables, ou tout au moins peut avertir les intéressés des chances du destin ; il connaît les sorts que les déesses fées (5) ont départis à chaque homme le jour de sa naissance, ~ ' ■ I (1) A.
Moret, la Magie dans l'Égypte ancienne, pp. 71-49. {2) Papyrus Sallier traduit par Chabas, Calendrier des jours Fastes et Néfastes. — Bibliothèque égyptologique, t. XII, p. i32 ; t. XXII, p. 234. (3) La lionne, déesse de la magie (Oîrit Kikaou). (4) Maspepo, les Contes populaires, I. XIII, préface. (5) Les sept Hathors.
LES CURIOSITÉS DE L’OCCULTE 197 parce que ce jour est classé dans leurs listes sous une rubrique heureuse ou funeste, où les chances bonnes ou mauvaises sont dosées avec minutie « Le 4 Paophi : quiconque naît en ce jour meurt de la con tagion. » « Le 9 Paophi ; Allégresse des dieux; les hommes sont en fête, car l'ennemi de Râ est en bas, Quiconque naît ce jour-là, mourra de vieillesse»; « le 27 Paophi, quiconque naît ce jour-là meurt par le crocodile. » La littérature populaire nous a laissé un récit sur un prince prédestiné qui s’efforce vaine ment de conjecturer trois sorts qui, dès sa naissance, le condamnent à périr par le serpent, le crocodile ou le chien.
Le magicien ne pouvait pas toujours com battre la destinée ; au moins son client, averti, pre nait-il les précautions nécessaires : rester a la maison, éviter tout danger, et réciter les formules protectrices Voici quelques extraits d’un calendrier de l’époque des Ramessides donnant la liste des jours fastes et néfastes. Les mots nefer et tybi. que l’on trouve en tête de chacund’eux,ontle sensde;heureuxet malheureux(i).
Le 4 du premier mois de la saison Per-. Nefer, Nefer, Nefer. Quoi que tu voies en ce jour, c’est pour toi un heureux présage. Qui naît en ce jour, meurt le plus âgé des gens de sa maison. Il aura longue vie succédant à son père. » « Le 7: Tybi, Tybi, Tybi. C’est le jour où furent brûlés les chefs par la déesse Sekhet, qui réside dans (1 ) A. Goyet. La Civilisation, pharaonique, et la note 2 de la page 2.
l’initiation 198 la Demeure Blanche. Gâteaux et offrandes pour Shou, Phtah, Thot; encens sur le feu pour Ra. Quoi que tu voies en ce jour, ce sera un jour malheureux. « Le 10: Tybi, Tybi, Tyby. Ne fais pas de feu ce jour-là. C est le jour où le feu sortit du dieu Kephcr dans le Delta. Quiconque s'approche du leu en ce jour se portera mal le reste de sa vie. » « Le 4 Paophi, Nefer, Tybi. Ne sors aucunement de ta maison en ce jour.
Quiconque naît en ce jour meurt de la contagion. « Le ... Tybi. Tybi, Tybi. Ne sors aucunement de la maison en ce jour. Ne t’approche pas de la femme. C’est le jour d’offrir les choses d’or devant Dieu : et Menthou repose en ce jour. Quiconque naît en ce jour mourra par la femme. » « Le ... Tybi, Tybi, Tybi. Ne sors en ce jour, ne t’adonne pas à aucun travail manuel. Quiconque naît en ce jour meurt par le serpent. « Le ...
Ne te lave dans aucune eau en ce jour. Qui conque navigue sur le fleuve est mis en pièces par Sébek (le crocodile). » Voici les jourségyptiaquesou mauvais jours de l’an née que nous trouvons dans Y Almanach de la chance du docteur Papus pour l’année igo5. Les astrologues d’Égypte avaient remarqué que les maladies contractées à certains moments avaient gé néralement une issue funeste, et que les affaires entre prises périclitaient. D’après eux, les jours et heures égyptiaques sont :
LES CURIOSITÉS DE LOCCULTE igti Janvier i" à 11 heures du soir et 25 à (j. h. soir Février 4 — 8 h. — et 20 à 10 — Mars 1 — 4 h. — et 28 à 10 — Avril JO — 8 h. du matin et 20 à 11 — Mai 3 — 6 h. du soir et 25 à 10 — Juin IO — 6 h. — et 16 à 4 — Juillet i3 — 11 h. — et 22-23 à 1 — Août ier — i h. — et 3o-31 à 7 — Septembre 3 — 3 h. — et 21 à 4 — Octobre 3 — 8 h. — et 22 à 9 — Novembre 5 — 8 h. —• et 28 à 5 — Décembre y — i h. — et 22 à 6 — D'ailleurs tous ¡es peuples avait leurs jours fastes ou néfastes; Hésiode dans les Travaux et les jours, (trad.
Leconte de Lisie), nous dit.« Le quatrième jour, conduis une épouse dans ta demeure, après avoir observé les oiseaux. C’est la meilleure divination pour le mariage. Évite les cinquièmes jours, parce qu’ils sont dangereux et terribles. C’est alors, en effet, que 9 les Erynnies, dit-on, parcourent la terre, vengeant Orkos qu’enfanta Éris pour châtier le parjure...
Le dix-neuvième jour ne fait aucun mal aux hommes, mais le neuvième, après-midi, est le meilleur jour; et il est tel aussi pour planter et pour engendrer l’homme ou la femme. » Dans la cérémonie de l’oupayana, le novice a son ascension au premier degré de l’initiation brahma nique : il est dit« que les préparatifs terminés, le père aille demander au pourohita de lui indiquer un jour d’influence heureuse. « Ce jour ne devra jamais être au commencement ni à la fin de la lune; que ce soit également un jour impair. »
2 00 l’initiation Les Cnaldéo-Assyriens avait également leurs jours fastes et néfastes les travaux de F. Lenormand,G. Smith et d’autres assyriologues autorises l’ont assez démon tre: nous citerons en passant un fragment d'un calen drier indiquant jour par jour, dans les douze mois de l’année les présages qui résultaient de la manifesta tion du tonnerre.
Des pointillés indiquent les lacunes qui se trouvent dans les textes cunéiformes. . . . . bonne, la récolte (du pays sera) excellente. . . . stable le cœur (des gens) du pays (sera) réjoui ; . . . la récolte du pays ne sera pas bonne; . (le cœur des gens du pays) ne sera pas réjoui (et il y aura mortalité ; ...............................dans le ciel, et une abondance d’eau coulera dans les canaux .................... la soumission et la paix dans le pays ; . . . des pluies dans le ciel et les inondations des cendront sur le pays ; . . . (le roi) mourra, son pays sera partagé ; . . . des maladies et la mortalité . . . dévorera, un trem blement de terre(i) ; [Si le 27° jour [Si; le 28e jour [Si] le 290 jour Si le 3oe jour la foudre. ■ Si] le 5° mois, le i° jour. révolte et divisions dans le pays............................ [Si] le 23 jour la foudre tonne........................................ le cœur du pays sera dans l’allégresse. les dieux.................................. [Si] le 3e jour le tonnerre (gronde).................................. [Si] le 4e jour, famine dans le pays. (1) Nous savons, d’après Diodore de Sicile, que les Chaldéens interprétaient l’avenir d’après les tremblements de terreLES CURIOSITÉS DE l’OCCULTE 201 Plus moderne la Divination chez les Turcs et leurs livres des jours.
LE GUN-NAMEH Le Gun-Nameh ou livre des jours (Divination Ottomane), comme le dit si judicieusement, son traducteur, J. A. Decourdemanche, n’est pas un livre de divination inspiré par le simple caprice, mais bien par d’antiques traditions.
Ce livre a pour but, nous dit le traducteur, d'indiquer quelle planète domine chacun des jours de la semaine comme chacune des planètes est considérée comme propice ou néfaste de tel ou tel acte ; le Gun-Nameh indique pour chaque jour de la semaine, ce qui est à faire avec chance de réussite, comme ce qu'on ne ferait qu’avec chance adverse.
Nous indiquerons à la suite de chaque jour les parfums correspondants qui se trouvent dans le Saati-Nameh ou livre des heures traduit du turc par le même traducteur. Le Saati-Nameh ou Livre des Heures apparaît comme une corruption populaire et relativement moderne du Gun-Nameh et ne se dis tingue que par la nomenclature des parfumSj sujet sur lequel se tait le Gun-Nameh. Ceci dit, abordons les particularités de chaque jour.
Samedi. — A l’aube du samedi préside Saturne; Jupi ter a son influence du matin à midi; Mars au déclin du jour; le Soleil à midi; Vénus à l’heure de la sieste; Mercure dans l'après-midi et la lune dans la soirée, mais Saturne est cependant le dominateur de ce jour. Cette planète est propice à partir en voyage, à semer, à jeter des fondations, à choisir un état pour un
202 I. INITIATION enfant, enfin à commencer toute affaire importante. Mais elle est contraire à toute chose qui demande ferme résolution, courage et hardiesse noble. L'enfant né en ce jour sera sérieux, persistant, sombre, très avare, sordide. Il sera habile dans l’art des talismans: mais il aura la guerre en horreur et se complaira dans l’abjection et la malpropreté, Saturne se tient dans le septième ciel. Il est du plus mauvais présage.
C'est la planète des Indiens et des gens peu courageux. Ses éléments sont le feu et l’air, son tempérament sec; son genre est masculin et et grave, sa couleur est le noir. 11 commande aux anges Kisfaïl et Salsaïl. Son métal est le plomb. Lui sont soumis les princes maîtres de la terre, favorisés du ciel, qui commandent aux sept climats. Cette pla nète domine sur l’Orient, ses mers et ses vastes con trées.
Ses auxiliaires sont les favorisés du sort, les nègres, les vieillards. Elle séjourne dans chaque signe du Zodiaque pendant trente mois, par suite elle opère son parcours total en trente ans. Ainsi elle agit sur mille années. Les fumigations bonnes à faire sont celles fortes, comme de poil de bouc ou de cornes de mulets : mais Dieu est le plus savant, Dimanche. —Le dimanche dépend surtout du Soleil.
Si Vénus agit du matin à midi, Mercure au déclin du jour, la Lune à midi, Saturne à l’heure de la sieste, Jupiter dans l’après-midi et Mars à la soirée, l’in fluence du soleil l’emporte cependant en ce jour, C’est pourquoi il est propice aux affaires impor tantes, à acheter, à vendre, à tailler des vêtements à
LES CURIOSITÉS DE L’OCCULTE 2ûS construire une maison, à se marier, à tirer de l’arc et à toutes choses semblables. Mais il faut se garder de prendre médecine, de creuser un puits et autres actes analogues. L’enfant à naître en ce jour, dans l’heure du Soleil, sera savant et de dispositions bienveillantes.
Le Soleil se tient dans le quatrième ciel et séjourne un mois dans chaque signe du Zodiaque, ainsi il les parcourt tous dans l’espace d’une année et agit sur les mille années. C'est la planète des princes et des souverains, son tempérament est sec, sa manière d’état est mâle et variable, son allure rapide. Ses messagers sont les anges Rouqaïl et Djebzaïl Gabriel).Il se lèveàl'Orient.
Son métal est l’or: les joyaux, les pierres précieuses dépendent de lui, les rois de la terre couverts d’orne ments lui sont soumis. Dans les sept climats il pré side aux génies, il commande aux îles de l'Inde et à la mer Verte, ses auxiliaires sont les glorieux et les hautains. Ainsi sa puissance s’exerce sur mille an nées.
Le Soleil est favorable àbrûler de l’encens d'Afrique, du santal, de l'ambre, à répandre de l'essence de roses et à user de ces parfums. Lundi.—Le lundi est dominé par la Lune. Si Saturne agit du matin à midi, Jupiter au déclin du jour, Mars à midi, le Soleil à l’heure de la sieste, Vénus dans l’après-midi et Mercure à la soirée, l'action de la lune l’emporte cependant en ce jour.
Il est propice à commercer, aux départs en voyages, à prendre médecine, à manger des oranges, à corn20 J. l'initiation poser des talismans, à tracer des jardins,à mesurer, à poser des fondations, à s’adonner aux plaisirs, à s'occuper d’affaires importantes et de toutes choses analogues. L'enfant né dans les heures lunaires sera prédisposé pour le commerce et les voyages.
11 aura garçons et filles et se montrera habile dans l'achat comme dans la vente. La Lune se tient dans le premier ciel (celui qui entoure immédiatement la terre). Elle est de bon augure. C’est la planète des semeurs, des planteurs, des jardiniers. Ses éléments sont la terre et l'eau, elle est dominatrice. Son genre est féminin et désireux, sa couleur, le blanc. Lui sont soumis les anges Djbnaïl et Derdaïl. Son métal est l’argent.
Elle est la reine de ceux des rois de la terre vêtus de blanc. Elle domine l’Occident, Séville et l’Andalousie, la Syrie et la mer Pauvre et ses rives. Dans ses œuvres ses auxiliaires sont les vieillards et les danseuses voilées. Elle se tient cinquante jours et demi dans chaque signe du Zodiaque: mais en trente jours elle parcourt les signes, ainsi son empire s’exerce sur les mille années. Arrêtons-nous un instant sur ce principe primordial.
S’il ne s’agit pas d’une autre lune, la vie du Prophète lui attribue quatre-vingt-trois ans de vie qu’il a franchie dans les stades lunaires. Ce même ouvrage ajoute qu’il était âgé de trente-quatre ans quand il s'enfuit de La Mecque à Médine et qu’il vécut soixante-trois ans. Le même récit dit qu’il avait cinquante-trois ans lunaires au moment de l’hégire. Le présent livre à été écrit en 860 de l’hégire. De quels I
LES CURIOSITÉS DE k’OCCULTE 2o5 espaces de temps s’agit-il vraiment? S'il n’est pas fait allusion à une autre Lune, il s’agit.bien de quatrevingt-trois ans; mais le meme livre parle de soixantehuit ans ? Que croire alors? Mais Saturne ne s'ap proche-t-il pas, puisque chaque planète domine pen dant mille ans? De quel comput est-il donc enfin question ? Le Très-Haut le sait, car nul savant n’est victorieux, si ce n’est Dieu.
Dans l’heure de la lune, il faut s'abstenir d’user de parfums comme l’écorce de cannelle, l'ambre, le musc, le santal, l'encens de l'Inde, ou encore d'en brûler. .Mardi. — En ce jour, à l'aube domine Mars. Si le Soleil exerce son action du matin à midi, Vénus au déclin du jour. Mercure à midi, la Lune à l’heure de la sieste, Saturne dans l’après-midi et Jupiter à la soirée, cette journée est soumise à Mars.
Elle est pro pice à bâtir, à creuser un puits, à pratiquer la saignée, à établir des conduites d’eau, à livrer bataille, à se mettre en chemin, à toutes autres entreprises du même genre. Mais elle est contraire à toute autre décision importante. L’enfant né dans les heures de Mars est sanguinaire, il sera bourreau ou tout au moins aimera à répandre le sang. Mars, planète de mauvais présage, se tient dans le cinquième ciel.
11 est cruel, c’est l’astre des Tartares. Ses éléments sont le feu et l’air, son caractère est coléreux et dur, son aspect brillant, sa couleur ardente (rouge). Il commande aux anges Resmaïl et Hersaïl, l'un pour le couchant, l’autre pour le Levant. L'airain est son métal; tout ce qui est cuivre et rouge
2 oG l'initiation ¿¿pend de lui. Il a pour serviteurs, parmi les rois de la terre, les monarques rouges qui suivent la voie du Prophète, sur lui soit le salut! Parmi les sept climats il préside au Levant,à la mer Obscure. Ses suppôts sont les assaillants, les menaçants, ies avides, les pillards.
Cet astre passe cinquante jours dans chacun des signes du Zodiaque, il opère son parcours total en dix-huit mois, ainsi il exerce son emoire sur mille 1 années. Dans l’heure de Mars il est propice de faire des fumigations avec l’encens d’Afrique, le myrte, la gomme de lentisque. Mercredi.— Le mercredi, iMercure domine à l’aube.
Si la Luneexerce son action du matin à midi, Saturne au déclin du jour, Jupiter à midi Mars à l’heure de la sieste, le Soleil dans l’après-midi et Vénus à la soirée, Mercure préside cependant cette journée. Ce jour est propice à écrire, à lire, à correspondre par lettres avec ses amis, à s'occuper de choses faciles, à bâtir, à tenir un divan royal, enfin à toutes occupa tions de ce genre.
Mais il n’est pas favorable à se servir des armes, aux opérations chirurgicales, au traitement des maladies, à la saignée et à toutes choses semblables. L’enfant né sous l’influence de Mercure sera fin et intelligent, il aura toute chance de prospérité. Mais il n’aura aucune disposition pour l’état de soldat et les actions guerrières. Mercure, se tient dans le deuxième ciel. C’est un astre mêlé qui présage le bien comme le mal. C’est la planète des écrivains, des poètes, des juges; sa
LES CURIOSITÉS DÉ L’OCCULTE 207 nature est changeante, son aspect éclatant, son genre est masculin avec les mâles, féminin avec les femmes. Dans son jour les anges de service sont Mertebaïl et Mikaïl (Michel). Son métal est la fausse monnaie (celle blanchie au vif-argent). Parmi les rois de la terre il a pour serviteurs les monarques jaunes.Parmi les sept climats il a pour domaine la mer Nombreuse et les pays barbares.
Il a pour suppôts les usuriers, les gens de ruse, les envieux. 11 séjourne quinze jours dans chaque signe du Zodiaque et parcourt le cercle complet en six mois. Ainsi son action s’exerce sur mille années. L’heure de Mercure est propice à toutes fumigagations qu'on peut désirer faire avec le benjoin, le mastic de Chio, les semences de frêne.
Jeudi. — A l’aube préside Jupiter, du matin à midi Mars, au déclin du jour le Soleil, a midi Vénus, à l'heure de la sieste Mercure, l'après-midi la Lune, à la soirée Saturne, mais la planète dominante est Jupiter. C’est un jour très favorable pour choisir une maison, voyager, pratiquer la circoncision, revêtir des habits neufs, se rencontrer avec les grands, pré senter requête aux autorités et toutes choses analogues.
L’enfant né en ce jour aura des dispositions parti culières pour l’étude. Il sera intelligent, fin, religieux, habile aux transports, à monter à cheval et aux con structions. Jupiter se tient dans le sixième ciel ; il est de très bon augure. C'est la planète des muftis, des cadis, des gens de justice. Ses éléments sont le feu et l’air.
208 l'initiation Sa nature est très ferme, son genre est féminin, sa marche prompte. Sa couleur est le bleu. Les anges de service en ce jour sont Israfîl, Serfaïl et Chebaïl. Il tend vers ¡’Orient où son métal est le cuivre. Parmi les monarques de la terre, lui sont soumis les rois entreprenants. Parmi les sept climats, le domaine de Jupiter est la grande mer, toutes les contrées montagneuses, les replis des vallées.
Les mathé maticiens, les récoltants, les savants lui sont subor donnés. Il séjourne treize mois dans chacun des signes du Zodiaque; par suite, le parcours complet de ce dernier est, pour lui, de treize ans. Ainsi cette planète exerce son action sur mille années. Dans l’heure de Jupiter il est avantageux d’opérer des fumigations d'herbes fortes, de mastic (gomme de lentisque) de bois d’aloës, Dieu sait le reste!
Vendredi. — A la naissance de ce jour préside Vé nus, Mercure agit du matin à midi, la Lune au déclin du jour, Saturne à midi, Jupiter à l’heure de la sieste, Mars l’après-midi et le Soleil à la soirée. Malgré cela Vénus domine cette journée. Se marier, se livrer aux plaisirs amoureux, avoir rendez-vous galant, se promener dans les jardins et s’occuper de toutes choses semblables sont favorisés en ce jour.
L’enfant né sous l’influence de Vénus est ami de la campagne et de la musique. Celui qui ne sera point disposé pour le plaisir fera un mauvais reli gieux. Venus se tient dans le troisième ciel. Elle est favo rable aux petites choses. C’est la planète des musiLES CURIOSITÉS DE l’ûCCULTE 209 siens, des cadis et des amants, ses éléments sont la terre et l’eau, sa nature est mystérieuse, sa marche prompte, son genre féminin sa couleur le vert.
Les anges qui lui sont soumis sont Anyaïl et Djermianïl. Elle tend vers l’Occident, son métal est tout ce qui brille, les bijoux, les joyaux. Parmi les monarques lui sont soumis tous ceux du quart habitable dans le sept climats. Elle a pour domaine les nombreuses îles de la mer Jeune. Les serviteurs sont les rois verts et éloquents, puissants et gracieux.
Elle séjourne vingtcinq jours dans chaque signe du Zodiaque et parcourt l’ensemble de ces signes en dix mois. Ainsi elle exerce son influence sur mille années. Les parfums dont il est propice d’user en cette heure sont le safran, l'œillet, le mastic, la violette de Perse, le musc, mais il n’y a point de savants si ce n'est Dieu. Des planètes qui président aux nuits.
A la nuit du samedi préside Mars; ce qui est à faire dans la journée du mardi l'est donc aussi en cette nuit. A la nuit du dimanche préside Mercure ; ce qui est à faire dans la journée du mercredi l'est donc aussi en cette nuit. A la nuit du lundi préside Jupiter; les actes favo risés pendant la journée du jeudi le sont également en cette nuit.
A la nuit du mardi préside Vénus ; elle favorise donc en cette nuit les actes qui sont favorisés pendant la journée du vendredi. 14
210 l’initiation A la nuit du mercredi préside Saturne. Par suite, ce que à quoi cette planète est propice le samedi est à accomplir en cette nuit. A la nuit du jeudi préside le Soleil. Ainsi les actes qu'il favorise le dimanche sont également favorisés par lui en cette nuit. A la nuit du vendredi préside la Lune : les actes à accomplir le lundi le sont donc également en cette nuit. Le Gun-Nameh a eu ses imitations en France.
Vers l’an i53o, nous voyons l’astrologue Jehan TibaulL dans son livre sur la Physionomie des songes et des visions, accorder une importance à chaque jour de la semaine suivant la planète qui y présidait. Nous ne citerons qu’un extrait de cet ouvrage d'un intérêt secondaire. « Au second jour, dit maître Jehan Tibault, Eve fut créée, ce jour, faict bon entreprendre voyages, tant par mer que par terre.
Et sera le voyage heureux en tous logis et hostelz où il se tournera. Le dit jour est bon pour croistre lignée. Aussi est bon et heureux pour celuy qui fera quelques demandes àprinceps ou autres grandz seigneurs. Pareillement, il fera bon bastie et édifier. Mesmemement faire jardins, vergiez parez, laborer terre et semer. Un larcin faict ce dit jour ne se pourra longuement celer, mais sera tantost trouvé.
Si aulcun demeure malade sera brief guéri. S’il songe de nuit, il n’y fault avoir esgard, car il sera de nul effect. L’enfant nay en ce jour croistra à vue d’œil. «Au tiers jour naquit Caïn. En ce jour, ne doibt
LES CURIOSITÉS DE L’OCCULTE 21 I entreprendre aucune besongne, ny planter, sinon ce que l'on vouldra perdre ; celuy qui tombera mallade le sera bien griefvement jusques près de sa fin, mais petit à petit, par bon régime, reviendra en santé, le songe, faictce dit jour ou nuit, sera de nul eiïect: aus si l'enfant nay en sera de longue vie.
Gérard de Crémone dans son traité de Géomancie astronomique donne le moyen de savoir si votre femme ou votre amie vous trompe avec un autre par les moyens suivants tirés de l'astrologie. «Voyez si Mars est dans la septième(maison du ciel) sans dignité,elle n'a point d’autre ami quevous» « Si Saturne, elle en aime un autre que vous, sans avoir aucun vilain commerce avec lui. «Si la queue du Dragon, ils ont des privautés blamasbles.
« Si Jupiter, elle garde ¿1 peine la chasteté conjugale. « Si Vénus, elle se joue et familiarise volontier estant tenue pour putain, quoy qu’elle ne le soit pas. » « Si Mercure, elle a tantost un ami, et tantost elle n’en a point. « Si la Lune, elle n’a point encore de galant, mais elle en aura et sera commune.
« Si le Soleil et la teste du Dragon, elle est chaste. » Les Magiciens et sorciers, et autres gens de même sorte, nous dit Collin de Plancy, ne peuvent rien deviner le vendredi ni le dimanche ; quelques-uns disent même que le diable ne fait pas ordinairement scs orgies et ses assemblées ces jours-là (i). (i) Delancre, Tableau de l'inconstance des démons, etc.
212 l’initiation Si on rogne ses ongles les jours de la semaines qui ont un r, comme le mardi, le mercredi et le vendredi il viendra des envies aux doigts. La superstition popu laire a fait du vendredi le jour le plus néfaste de la semaine surtout si celui-ci tombe un i3 on doit délaisser toutes les affaires ce jour-là.
Il ne faut jamais faire baptiser un enfant un ven dredi, ni commencer les préliminaires d'un mariage, ni acheter une maison ou une propriété ce jour; changer de chemise, ou bien étrenner un habillement le vendredi portent malheur. Le souvenir du vendredi saint est resté profondé ment gravé dans la mémoire des gens de campagne du Bourbonnais.
Les bœufs ne sont jamais mis au joug surtout durant les offices ; ce jour est considéré comme étant un deuil général. Toutes les grâces qui sont demandées le vendredi saint à trois heures précises sont accordées. Les chemises qu’on fait le vendredi attirent les poux dans certaines provinces. Ce jour, comme celui du mercredi, est consacré, au sabbat, à la représentation des mystères (i).
Sixte-Quint aimait le vendredi avec passion, parce que c’était le jour de sa promotion au cardinalat, de son élection à la papauté et de son couronnement. François Ier assurait que tout lui réussissait le ven dredi. Henri IV aimait ce jour, de préférence, parce que c’était un vendredi qu’il vit, pour la première fois. la belle marquise de Verneuil, celle de toutes ses (i) M. Garinet, Histoire de la Magic en France.
LES CURIOSITÉS DE L’OCCULTE 21 3 maîtresses qu’il aima le plus, aprèsGabrielled'Estrées. Le samedi on célèbre le sabbat de bestialité. Ce jour-là, on a affaire avec les bêtes de toutes sortes, comme chiens, chats, porcs et boucs, et ser pent ailés. Le lundi au sabbat est consacré à la copulation par voies ordinaires Garinet . En Russie, le lundi passe pour un jour malheureux.
Parmi le peuple et les per sonnes superstitieuses, la répugnance à entreprendre ce jour-là quelque chose, surtout un voyage, est si universelle, que le petit nombre de personnes qui ne la partagent pas s'y soumet par égard pour l’opinion générale et presque religieuse des Russes. Le mercredi est le jour où les sorcières jouent au sabbat les mystères de la passion et y chantent les litanies.
Les Perses regardent en général le mercredi comme un jour blanc, c'est-à-dire heureux, parce que, disentils,la lumière fut créée ce jour-là, aussi ne commencet-on qu'en ce jour toute sorte d’application à l'étude et aux lettres ; ils exceptent pourtant le dernier mer credi du mois de sephar, qui répond à février, qu'ils appellent mercredi de malheur, et qui est le plus re douté de leurs jours néfastes.
Le jeudi les sorciers font ce jour-là le sabbat de so domie, où les hommes et les femmes commettent le péché de la chair, hors le vaisseau naturel, et où l'on se pollue en plusieurs sortes, du tout étranges et abo minables, la femme (i) avec la femme, et l'homme (i) Il est bien entendu que nous ne reproduisons ces détails qu’à titre de curiosité de l’occulte. C. B.
l’initiation 2 14 avec l’homme (Garinet). Voici d’après Collin de Plancy, la table des jours heureux et malheureux de chaque mois: Janvier Jours heureux, le 4. 19, 27, 3o. — — malheureux, le i3, 23. Février — heureux, le 7, 8, 18. — — malheureux, le 2, 10, 17, 21 Mars heureux, le 9, 12, 14, 16. — — malheureux, le i3, 19, 23,28. Avril — heureux, le 5, 27. — — malheureux, le 10,20,29,80.
Mai — heureux, le 1, 2, 4, 6, 9, 14. — — malheureux, le 10, 17, 20. Juin — heureux, le 3, 7, 12, 23. — — malheureux, le 4, 20. Juillet — heureux, le 2, 6, 10, 23, 3o. — — malheureux, le 5, i3, 27. Août heureux, le 5, 7, 10, 14, 19. — — malheureux, le 2, 13, 27, 3i. Septembre — heureux, le 6, i5, 18, 3o. — — malheureux, le i3, 16,22,24. Octobre — heureux, le i3, 16, 20, 3i. — — malheureux, le 3, 9, 27.
Novembre — heureux, le 3, i3, 23, 3o. — — malheureux, le 6, 25. Décembre — heureux, le 10, 20, 29. — — malheureux, le i5, 27, 3i. Plusieurs savants prétendent que cette table fut donnée à Adam par un ange, et qu’elle était la règle de sa conduite ; il ne semait ni ne transplantait rien que dans les jours heureux, et tout lui réussissait. Si lescultivateurs et autres personnes suivaient sestraces, l’abondance, la prospérité et le bonheur leur feraient
LES CURIOSITES DE L’OCCULTE 2l5 passer d’heureux jours, et toutes leurs entreprises et désirs s’accompliraient à leur satisfaction.
Dans sa Pantagrueline Pronostication par maistres Alcofribas, Fimmortel et joyeux maître François Rabelais nous donne la pronostication satirique et railleuse des divers types planétaires que voici: < l estai d’aulcunes gens (chapitre V.) « La plus grande folie du monde est de penser qu’il y ait des astres pour les Roys, Papes etgros seigneurs, plutost que pour les pauvres souffreteux, comme si nouvelles estoilcs avoient estez créés depuis le temps du Deluge, ou de Romulus, ou Pharamond, à la nou velle création des Roys.
Ceque Triboulet ny Cailhette ne diroient qui ont esté toutes foys gens de hault sçavoir et grand renom. Et par adventure en l’arche de Noé ledict Triboulet estoit de la lignée des Roys de Castille, et Cailhette du sang de Priam; mais tout cest erreur ne procède que par deffault de vraye foy catholique.
Tenant doncques pour certain que les astres se soucient aussi peu des Roys comme des gueux, et des riches comme des maraux ge laisserai es aultres folz Pronostiqueurs à parler des Roys et riches, et parleray des gens de bas estât.
Et premièrement des gens soubmis a Saturne comme gens despouveuz d'argent, jaloux, resveurs, malpensans, soubsonneux, preneurdetaulpes, usuriers rachaptcurs de rentes, tyreurs de rivetz, tanneurs de cuirs, tuillier, fondeurs de cloches, composeurs d'empruns, rataconneur, debobelins, gensmélancholiques, n’auront en ceste année tout ce qu'ils voudraient bien ; ilz s’estudiront à l’invention Saincte Croix, ne
2 I 6 l’initiation getteront leur lart aux chiens, et se grateront souvent la où il ne leur démange poinct.
A Jupiter, comme cagotz, caffars, botineurs porteurs de rogatons, abbréviateurs, scripteurs, copistes bullistes, dataires, chiquancurs, caputions, moines, bermites, hypocrites, chatemittes, sanctorons, patepellue torticollis, barbouilleurs de papiers, prelinguans, esperrucquetz, clercs de greffe, dominotiers, maminotiers, patenostriers, chafoureux de parchemin, no taires, raminagrobis, portecolles, promoteurs, se por teront selon leur argent.
Et tant mourra de gens d'Église qu'on ne pourra trouver à qui conférer les Bénéfices, en sorte que plusieurs en tiendront deux, troys, quatre, et davantaige, caffarderie fera grande jacture de son antique bruit, puisque le monde est devenu maulvais garson, n’est plus gueres fat. ainsi comme le dit Avenzagel.
A Mars commebourreaux, meurtriers, adventuriers, brigans, sergeans, records de tesmoings, gens de guet, mortepayes, arracheurs de dens, coupeurs de couilles. barberotz, bouchiers, faulx-monnoyeurs, médecins de trincquenique, tacuins et marranes, renieurs de Dieu,allumetiers,boutefeux, ramoneursdecheminées, franctaupins, charbonniers, alchymistes, coquassiers, grillotiers, chercuitier, bimbelotiers, manilliers, lanterniers, maignins, feront ceste année de beaulx coups : mais aulcuns d’ilceux seront fort subjectz à recepvoir quelques coups de bâton à l’emblée.
Ung des susdictz seraceste année faictEvesque des champs, donnantla bénédiction avecquesles piedzaux passans. A Sol, comme beuveurs enlumineurs de museaulx,
LES CURIOSITÉS DE L’OCCULTE 2iy ventre à poulaine, brasseurs de bière, boteleurs de foing, portefaix, faulcheurs, oizilleurs, jardiniers, grangiers,cloisiers, gueux de l'hostiaire,gaigne-deniers, dègresseurs debonnetz, embourreurs de bastz, loqueteurs, claquedens, croquelardons, generalement tous portant la chemises noce sur le dos, seront sains et alaigres et n’auront la goûte es dentz quand il seront de nopsces.
A Vénus, comme putains, maquerelles, marjolets, bougrins bragards, napleux, eschancrez, ribleurs, rufiens, caignardiers, chamberieres d’hostelerie, nomina mulierum desinentia in ière, wilingiere, advocatiere, taverniere, buandiere, frippiere, seront ceste année en réputation : mais le Soleil entrant en cancer et aultres signes, se doibvent garder de verolle, de chancre, de pisses chauldes, poullains grenetz, etc. Les nonnains à peine concepvront sans opération virile.
Bien peu de pucelles auront en mamelles laict.
A Mercure, comme pipeurs, trompeurs, atfineurs, thériacleurs, larrons, meuniers, bateurs de pavé, maîtres es ars, decretiste, crocheteurs, harpalleurs, rimasseurs,basteleurs, joueursde passe-passe, enchan teurs, vielleurs,poètes, escorcheurs de latin, faiseurs de rébus, papetiers, cartiers, bagatis, escumeurs de mer feront semblant de estre plus joyeulx que souvent ne seront, quelquefoys riront lors que n’en auront talent et seront fort subjectz à faire bancques roupte, s’ilz se trouvent plus d’argent en bourse que ne leur en fault.
'A la Lune comme bisouars, veneurs, chasseurs, asturciers, faulconniers, courriers, saulniers, lunac2l8 L INITIATION tiques, fols ecervelez, acariastres, esvantez, courratiers, postes, laquays, nacquetz, verriers, estradiotz, reverans, matelotz, chevaucheurs de escurye, alleboteurs, n’auront ceste année gueres d’arrest.
Toutefoys n’iront tant de lifrelofre à Sainct Hiaccho comme feirent l’an DXX1III il descendra grand abundance de micquelotz des montaignes de Savoye et de Auvergne : mais Sagittarius les menasse des mules aux talons. C. B.
L’UNITÉ DE LA MATIÈRE 11 ne nous déplaît point de voir de temps à autre, les pontifesde la sacro-sainte science officielle en arri ver, de par les découvertes memes de cette science, à reconnaître que notre science occulte est encore bien supérieure à la leur. Ils sont obligés de déclarer, de par leurs procédés scientifiques et la mort dans l'àme, qu’il existe encore quelque chose au delà du tout qu'ils croyaient con naître.
Mais, comme ledit notre maître Papus, il est cer tain que ces gens-là s’attribueront toujours le mérite d’avoir découvert des choses que tous les Initiés con naissent à fond depuis bien des milliers d’années : ils leur donneront un nom à eux et tout sera bien ! Il faut lire, dans ïIllustration du 3o juillet 1910, un intéressant article signé de AI.
Charles Nordmann, astronome de l’Observatoire de Paris, pour se con vaincre que la science officielle ne traite plus de chi mériques la chimie céleste ainsi que le rêve des alchi mistes et qu’elle arrive enfin à conclure à l’unité de la matière, en attendant le temps encore éloigné où elle pourra conclure à l’Unité Divine et Universelle.
220 l’initiation Notre devoir, à nous occultistes, n’est pas de cher cher à développer les connaissances de nos contem porains sur ce qui a trait au domaine de la matière transformable et illusoire, auquel on n'est, hélas! que trop malheureusement attaché sur notre Terre.
N’en déplaise à messieurs les savants officiels, les initiés détiennent, dans leurs sacs, encore bien des secrets de ¡'Univers, qu’ils ne leur livreront que lors que ces soi-disant intellectuels voudront bien diriger la marche de l'humanité, non plus vers le côté de la jouissance matérielle, mais vers le côté de la jouis sance spirituelle.
En cela, les Initiés ne font que suivre les enseigne ments du Christ, leur Divin Maître, qui leur recom mande de ne pas livrer leurs perles aux pourceaux !
Pour en revenir à l’article de M. Nordmann, ce dernier nous dit que le fameux spectroscope stellaire officiel, qui permet aujourd’hui d’analyser aussi sûre ment que dans une cornue de laboratoire les sub stances qui existent dans ces gigantesques et lointains creusets que sont les étoiles, ne nous trompe pas lorsqu’il nous indique que la composition des corps décelés dans les étoiles sont des éléments connus sur la Terre: ce qui, d’après M. Nordmann, est la plus belle démonstration de l’unité chimique de ¡’Univers.
Le nombre et la proportion de ces éléments diffé rent évidemment beaucoup d’une étoile à l’autre, depuis les étoiles dites à hélium et à hydrogène, pres que sans raies au spectroscope, jusqu’aux étoiles don nant les raies des métaux« étoiles solaires et étoiles à composés métalliques », et M. Nordmann-en est
l’unité de la matière 22 1 amené à penser que la disparition progressive des corps composés, puis des métaux lourds, à mesure qu'on passe des étoiles rouges aux étoiles à hélium, est due à ce que, sans doute, la température croît régulièrement des premières aux secondes et qu’enfin tous les corps seraient finalement transformés en hydrogène et en hélium, les deux plus légers des élé ments con nus.
M. Nordmann déclare, par suite, qu’un atome de fer et un atome d'or ne sont pas différents dans leur essence : ils sont composés des mêmes particules pri mordiales, mais simplement réunies en proportions différentes.
Il ajoute que les chimistes officiels n'avaient pas assez de sarcasmes pour les rares savants qui se per mettaient de mettre en doute le dogme sacré de l'invariabilité des éléments chimiques et qui osaient, comme les alchimistes du moyen âge, croire à la pos sibilité d’une transmutation des métaux. Voilà donc ces pauvres alchimistes, autrefois traités de fous, en passe de devenir les vrais savants ! ! ! 0 — Justice Divine !
A nous occultistes M. Nordmann n’apprend rien de nouveau, et là où il arrête ses investigations sur la matière,àces pointsqu'il nomme hydrogène et hélium, nous pourrions lui montrer qu’il existe des états delà matière encore bien plus raréfiés et plus purs !
Mais nous songeons à la mort soudaine et tragique de l'infortuné M. Curie, qui a peut-être payé de sa vie la découverte involontaire du radium qu'il a faite, car on ne dérobe pas impunément au ciel sa Lumière
2 22 L’iNITIATION secrète pour en aveugler ou brûler des gens aussi peu avancés spirituellement que les terriens ! ! î Ainsi que nous le disions, il est encore bien des secrets, concernant l’organisation, la vie et les mou vements de notre Univers et de notre système solaire en particulier, que la science officielle ne peut encore découvrir.
Quand elle en découvre un par hasard, comme la télégraphie sans fil, elle ne se doute pas que les adeptes s’en servent depuis fort longtemps sous le nom de télépathie ou de transmission de la Pensée, d’un continent à un autre.
Les Initiés conservent jalousement ces secrets en riant sous cape des enseignements donnés par notre fameuse Université et par la secte d’adoration mu tuelle que l’on nomme Académie, composées de pau vres aveugles tellement orgueilleux qu'ils ne voient rien au delà de ce que leurs instruments scientifiques défectueux peuvent mesurer, peser ou déceler.
Vous pouvez chercher, messieurs les savants ! la Vérité, est simple, Une, et elle se montre plus volon tiers à des humbles comme Jacob Bœhm le cordon nier de Gœrlitz ou comme Michel le paysan de Figanières, qu’aux grands pontifes des Académies. Mais pour qu’elle daigne se montrer et pour la rencontrer il faut suivre la voie tracée par le Divin Maître Christ. Or, cela n’est pas du tout facile à ceux qui rampent sur la Terre ! Franlac. Août igio.
DE L’ÉRECTION DU THÈME Parmi mes confrères en astrologie, il en est qui afin de contrôler les traditions de cette science, se sont livrés à de nombreux travaux expérimentaux, dont ils ont publié les résultats.
Je citerai MM. Selva, Paul Flambart, Barlet, Cosselan, etc. Or, ces savants, ont reconnu, que ce que nous savons de la tradition est incomplet, arbitraire et souvent inexact; ainsi, parmi les nombreux thèmes qu'eux et moi-mème avons érigé, le signe du Bélier et la première maison correspondent très rarement à ia tête, ce qui oblige à penser que cette indication n’est qu’un point de départ, qui doit servir de base au développement de ces analogies.
Ces faits, prouvés par l’érection de plusieurs milliers de thèmes et appuyés par l’autorité de ces hommes studieux et consciencieux, n’empêchent pasque certains auteurs peu judicieux, bâtissent, encore aujourd’hui, des systèmes fantaisistes sur ces données incertaines.
De plus, il est certain que l'enfant naissant est le produit des influences astrales combinées qui ont présidé à la formation de tous ses ancêtres et dont les parents sont les dépositaires. Le père et la mère, produits de ces influences, les unissent en diverses
l’initiation 22 proportions pendant l’acte coïtai, qui, lui-même, est influencé par les constellations du moment. Pendant la gestation, ces influences forment l'enfant et se déterminent au moment de la* naissance. On peut donc considérer le né, comme le produit d'un legs ancestral, que lui transmettent ses parents.
De là, il est logique de déduire que si les influences as trales se manifestent semblablement, pour toutes les naissances d’un même lieu, d’un même jour et d’une même heure, leurs racines sont très différentes avec chaque enfant, par l'époque de leur origines ainsi que par lesmultiples circonstances afférentes à chaque cas particulier. Voilà pourquoi les Sages ont dit que: les astres sollicitent, mais n’obligent pas.
Donc, jamais le thème natal nedétermine la person nalité physique ou morale, car il n’indique que les influences vers lesquelles le né sera sollicité, et aux quelles il n’obéira que selon les rapports de sa nature initiale avec celle de son thème natal. Il est donc puéril de prétendre que tous les êtres nés au même lieu et en même temps, auront même physique, même moral et même destinée.
Cela étant, l’astrologue, ne peut que déterminer la nature et les époques des influences, sans pouvoir préjuger de la valeur de leurs effets sur le né. Ceci est surtout important dans l’astrologie médicale, car pour la détermination du tempérament, il serait né cessaire que le médecin examinât le sujet parallè lement à son thème.
On peut, toutefois, supposer, qu'en dépit de sa nature originelle, l’homme obéit aux astres vers l’âge adulte, et qu’entre vingt et trente
DE L’ÉRECTION DU THÈME 22? ans, il a acquis le tempérament vers lequel les in fluences révélées parsonthème natal le sollicitaient^ 1 ). Quand, donc ,1e médecin astrologue est obligé de se baser sur le seul thème natal, il est de toute im portance que ce thème soitérigé selon les règles astro nomiques, sans quoi, il tombera dans l’erreur, et cela non sans danger pour le malade.
Malheureusement, beaucoup de personnes douées, instruites et capables, ne peuvent s’assimiler lesquelquescalculs nécessaires à l'érection scientifique du thème, ou n’ont pas le temps d’en acquérir la pratique. D’aucuns ont alors recours à des procédés empiriques tels que l’onomancie et d’autres systèmes aussi faux les uns queles autres, dont l'emploi peut avoir de dangereuses conséquences.
Tous ces systèmes d’érection sont fau.x et dangereux, car l’onomancie, seule possible, est loin d'êlre connue et approfondie. L’astrologue ou le médecin consciencieux qui désire éclairer son diagnostic, doit rejeter impitoyablement tout système fantaisiste et dont les bases sont hors ¡’astronomie; de meme toute méthode basée sur la correspondance du Bélier avec la tète humaine, est incomplète et fausse, neuf fois sur dix.
Pour aider les chercheurs, à qui les occupations sociales ne permettent pas l’étude des calculs astro nomiques, ou l’achat de coûteuses tables, nous avom établi un système scientifique de l’érection du thème qui supprime les calculs du temps sidéral et l'emploi des tables des maisons. (i) Le tempérament humain évolue constamment. 15
2 2Ó l'initiation Le procédé, simple, clair et rapide donne des résul tats approximatifs très suffisants, et en tous cas, bien préférables à ceux de toute méthode fantaisiste. Je dois toutefois prévenir le lecteur que, par suite d’un malentendu avec l'imprimeur, je n'ai pu parvenir à rectifier une erreur de copie, qui donne lieu à une interversion fonctionnelle des longitudes.
Il faut bien entendre que le point zodiacal occupé par le méridien de deux pays divers, est le même pour ces deux pays, à une même heure, mais que ce point sera atteint plutôt par le méridien d’Est que par celui d'Ouest, et cela dans la proportion de quatre minutes de temps par degré de longitude géographique.
Pour que la place zodiacale de deux méridiens fut différente, il faudrait que la figure du thème fut dressée pour l'heure de l’une des deux villes, laquelle heure serait donc, au même moment, différente en l’autre ville. Là est justement l’interversion dont nous parlons, et afin d’éviter toute erreur, il vaut mieux ne pas se servir de la colonne : longitude réduite, qui est à la page 41 de la Lumière astrale, et dont l’emploi est inutile. De cette façon, notre système restera clair, simple et d’une suffisante précision. Jean Mavéric.
L'Homme qui va naître Un grand signe parut dans le ciel ; une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête. Apoc. XII, i. Le temps vient sur lequel la femme que couronne les douze étoiles et que le soleil revêt de ses rayons, sera délivrée des douleurs de l’enfantement.
Son fils va naître, mais il faut qu’il grandisse en stature et en force ; un jour il surpassera en grandeur et lumière, tous les fils nés de femme sur cette terre, et qui déjà ont été élevés pour consteller les cieux.
Le dragon, ce lutteur farouche, aux brûlantes colères, jaloux de sa gloire et de sa domination altière, du ciel, en ces jours, s’est jeté sur la terre, entraînant à sa suite ses anges, multitudes lumineuses, qui essai maient les cieux. Et les réunissant en formidables cohortes il combat avec elles pour détruire les fils, nés de la lumière, nouveaux venus sur la terre qui les porte. Mais le Destin mène les mondes, et leurs princes, et leur rois, et les anges, les Principautés, les Vertus,
228 l’initiation les Trônes elles dieux même, ayant escaladé les de grés de l’Olytnpe. Tout au commencement l’archange Samaël se vit Z par l’Eternel privé de ses ailes et par lui condamné, monstrueux Léviathan, à ramper sur la terre et à na ger dans les eaux amères, pour avoir détourné le pre mier couple humain de l’unité divine.
Lucibel, distributeur de la Lumière, lui qui gou vernait les nations, fut à son tour précipité à terre à cause de sa rébellion, alors que se détournant de de vant la Sagesse divine, il crut pouvoir égaler Dieu, l'Essence incréée. Puis aussi fut élevée la Force puissante dont le Dieu d'Israël fit sa simple servante entre les mains de Moïse, qui, sur un tau, en éleva l’image au désert.
Elle eut aussi un trône près du trône de Dieu, jus qu’au jour où Jésus lui-même, sur un tau élevé, éclipsa toutes les Puissances et dans l’éternité fut sacréroi de la Lumière.
Ainsi le dieu Fatum, volonté du Très-Haut veut que tour à tour s’élèvent et brillent dans le ciel, les manifestations lumineuses générées par son Etre éternel; accomplissant l’œuvre nommée, le mystère de Dieu et dont il attend les vivantes prémices, reje tant au creuset de l’abîme, au fond duquel sont le soufre et le feu, tous ceux qui élevés n’ont point voulu se courber devant sa divine sagesse et se fondre en son unité sublime.
Cependant il promettra à ces damnés endurcis, un rédempteur nouveau, une alliance nouvelle, qui dans l’avenir leur sera envoyé, quand auront été accomplis
l’homme qui va naître 22g les temps renouvelés, afin que soutenus par un peu d’espérance, ils ne meurent point entièrement et qu'ils puissent un ¡our se relever de leur chute. r Michaël et ses anges, serviteurs de l’Eternel com battront pour les fils de la femme, que drapent des rayons de soleil, et que toujours couronneront les douze étoiles du ciel.
Les anges du dragon, le fort, le superbe seront vain cus par les anges du Verbe et en terre seront préci pités avec leur chef, qui les menait au combat dispu ter à Dieu, et la terre et les cieux.
Et la paix régnera dans les hauts lieux, que désormais gouverneront les serviteurs du Dieu bon, sous l’égide du Roi des rois. ¡Mais la terre sera comme submergée parles eaux que le dragon perte dans ses flancs et que, tombé, il vomira de sa bouche pour enfler le torrent des géné rations humaines, afin de noyer s’il se peut, par le nombre de ses fils, ceux qui sont nés de la vierge lumineuse et la noyer elle-même alors qu’elle est femme sur la terre.
Cependant les ailes d’un grand aigle seront don nées à la femme pour s'envoler loin des grandes eaux terrestres qui sont des peuples et des nations. La terre, venant en aideau ciel, engloutira le fleuve vivant que le dragon aura jeté de sa gueule et les vies humaines deviendront rares sur la sphère.
Mais le dragon détrôné dans les cieux nourrira une colère contre les enfants de la femme qui resteront sur la terre et dont le fils premier-né, glorifié par le Père, a ravi le sceptre et le trône. Le dragon à l’âme coléreuse et jalouse dans la ran23o l’initiation cune de son cœur mordra au talon la femme qui, debout, aura le pied posé sur le monde.
Et la race que mène Samaël, condamnée toujours à ramper dans la poussière, persécutera encore sur la terre la race née de la femme de lumière, mais que toujours pro tégera l’archange solaire, Michaël. Williams. Paris, mai 1910. >
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rcdactiori et à la reproduction des classiques anciens. La reproduction des articles inédits publies par V Initiation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. Synarchie Européenne Extrait de la Mission des Souverains par Saint-Yves d’Alveydre.
CHAPITRE XII CONCLUSIONS ET CONSTITUTION EUROPÉENNE Le triple conseil européen. — Conseil des Communes économique ou emporocralique. — Conseil des États Judiciaire et politique. — Conseil des Églises théocratique et social. — Gouvernement général de la Chrétienté. — L'empire de la civilisation et l'Islam. — La Chrétienté et Israël. — Les Mon gols. — La synarchie européenne et ses consé quences dans les nations. — Adieu au lecteur.
La création européenne que je propose demande, pour s’accomplir, trois institutions distinctes, trois organes sociaux de la triple vie religieuse, politique „économique des peuples européens. Voici, en procédant hiérarchiquement l'ordre et le nom de ces organes à constituer pour fonder le Gou vernement général de l’Europe, et le faire passer,
LINITIATION de l’État antisocial du struggle for Ufe naturel, où il est, à l’État social où il doit être : i° Conseil Européen des Églises nationales; 2° Conseil Européen des États nationaux; 3° Conseil Européen des Communes nationales. Le premier Conseil doit représenter la vie religieuse et intellectuelle : la Sagesse et la Science. Le second Conseil doit représenter la vie politique F et juridique, l’Equité et la Justice.
Le troisième Conseil doit représenter la vie écono mique : la Civilisation et le Travail. Tel est l'ordre hiérarchique des trois Conseils, une fois créés: mais, pour les fonder, il faut procéder en sens contraire, commencer par la base. i° Conseil des Commîmes. J’entends le mot Commune dans son acception scientifique, indépendante des fausses doctrines, des mauvaises passions, des instincts révolutionnaires qu’engendrent les maux politiques.
Londres, Paris, Bruxelles, la Haye, Stockholm, Copenhague, Berlin, Saint-Pétersbourg, Athènes, tienne, Berne, Rome, Madrid, Lisbonne, sont les grandes Communes, les Cités-Mères, les grands centres de la vie civile et de la civilisation de l'Europe.
Ce sont ces capitales qu’il s'agit d’associer dans un Conseil Européen, en prenant la vie économique comme base,seul moyen de les lier à la Paix publique et de les rendre à leur véritable rôle national comme universel. Ce rôle réel des capitales considérées comme centre
LA SYNARCHIE EUROPEENNE 233 de la civilisation, est tellement considérable dans chaque pays, tellement universel dans toute l’Europe, qu’il représente, à lui seul, la synthèse et la somme des intérêts économiques des nations.
Ces intérêts sont aujourd'hui la base réelle de toutes les Sociétés nationales, et nulle politique soit intérieure, soit étrangère, ne devrait pouvoir s’exercer, sans les consulter et en recevoir un indispensable contrôle une sage et précise pondération, et par suite, une garantie pratique de stabilité et d’obédience.
Au lieu de cela, le seul rôle laissé aux Capitales par le Gouvernement général de l’Europe, par la République antisociale des Etats, ainsi que par sa loi diplomatico-militaire est dissolvant, irréel, anar chique.
Centre d’anarchie Européenne, intergouvememen tale, représentée partout par les ambassades et les attachés militaires, les cités-mères du continent sont, en outre, chacune dans sa nation le foyer de la centralisation armée, dans laquelle chaque Etat Européen étreint et épuise la vie nationale et l’accable en dedans, pour la risquer au dehors.
C’est pourquoi, toutes les grandes capitales du continent étant des foyers de despotisme militaire, sont aussi des foyers révolutionnaires; ce qui cesserait d’avoir lieu, sans secousse et de soi, si, pour leur propre conservation comme pour celle des nations qu’ils dirigent, les gouvernements osaient prendre l’initiative de la première création que je leur pro pose. Cette création peut s’accomplir aisément sous la
234 l’initiation surveillance initiatrice des souverains ou des chefs des États. Cette association des grandes Communes d’Europe peut et doit aboutir au désarmement, à la neutralité et à la liberté des Capitales. Sur cette base seule peut s’édifier l’Empire Européen de la Civilisation.
Villes neutres, cités libres, liées à la Paix publique dans chaque nation, comme dans tout l’Empireeuropéen, sans autres soldats dans leurs murs que la f police de leur propre Etat national, les capitales pour ront être ainsi toutes à leurs véritables œuvres.
Ces œuvres sont la civilisation, ses résultats écono miques l’organisation nationale,étrangléeaujourd’hui parla loi totale de l’Europe, par la force militaire et contraints à revendiquer leurs intérêts par voie poli tique, d’une manière plus ou moins révolutionnaire, mais en dehors des questions à régler, du but à atteindre et des moyens d’y parvenir.
Le Conseil des communes d’Europe pourrait être recruté comme il suit :• Dans chaque capitale des conseillers seraient nom més par une assemblée des économistes, financiers, industriels, agriculteurs et par les chambres, soit syn dicales, soit corporatives, de chaque nation. Le Conseil ainsi nommé se rassemblerait, à chaque session dans une capitale différente, en commençant par Londres, cité par excellence des institutions libres. L’objet des délibérations et du ressort du Conseil européen des communes, embrasserait toutes les
LA SYNARCHIE EUROPÉENNE 235 questions suivantes en prenant pour bases tous les traités, toutes les conventions internationales relatives à ces questions. Monnaies, Finances et Banque, Commerce, Indus trie, Agriculture, Communications, Mairie mar chande, Chemins de fer, Postes, Télégraphes, Douanes, Consulats.
Ce Conseil serait formé en Jury et aurait pour Juges par chaque nation les ministres des Finances, de la Marine marchande et des Départements ministériels englobant l’industrie, le Commerce, l’Agriculture, les Travaux publics, les Communications, les Consulats et les Colonies.
La Présidence du Conseil appartiendrait aux souf verains ou aux chefs des Etats et serait déférée par eux, avec le titre d’Empereur arbitral a-u chef de l’état national dans la capitale duquel se réunirait le Conseil. Les jugements ne feraient loi qu’après avoir passé par l’examen des deux autres Conseils, celui des 9 r Etats, celui des Eglises et avoir reçu leur approbation.
Alors, ces jugements, comme lois, seront enregis trés par le Conseil des Etats, consacrés par le Conseil des Églises et mis sous la sanction de l’union des armées nationales de terre et de mer; confédérées, en cas d’infraction d’une nation, et, après le procès européen de cette nation par les trois Conseils réunis.
Bien que je croie m’être expliqué clairement, je ne crains pas d’entrer dans trop de détails, pour ne laisser aucune obscurité dans l’esprit du lecteur. Le conseil européen des Communes ne s’occuperait
-36 l'inii iation en rien de la vie économique intérieure de chaque nation, mais seulement des rapports économiques internationaux. J’ai eu soin d’indiquer qu'il ne s'agissait pas d’ap pliquer dans ce conseil des doctrines faites a priori mais, en prenant pour bases les traités existants, de passer immédiatement à la pratique, et de laisser les intérêts communs, valables pour un temps déter miné, et sans aucune entrave politique.
Mais, me dira-t-on, du côté des gouvernements, vous nous désarmez au dedans et au dehors, en neu tralisant nos Capitales ; vous nous suscitez une puis sance qui nous anéantira en constituant ainsi, à l'état de pouvoir législatif européen, le monde des intérêts économiques.
Je répondrai à cela en peu de mot : En neutralisant vos capitales, je vous libère au con traire du Gouvernement général européen, dont la loi pèse fatalement sur vous du dehors, et vous cons titue entre vous à l'état d’anarchie armée, sans aucune espèce de sécurité mutuelle.
C’est par cette République athée, par cette Constitu tion barbare et antisociale que vous êtes tous régis diplomatiquement et militairement, sans espoir de vous y soustraire. Cette constitution décorée du nom d’Êquilibre euro péen, vous met à tous, sur la tête cette, fatalité perma nente : la brutalité militaire, cette loi de l’animalité pure : Struggle for life.
Rois, ou chefs d’États vous n’êtes donc pas libres, ni socialement garantis entre vous, mais au conLA SYNARCHIE EUROPEENNE 'l'i'J traire, asservis dans vos rapports mutuels, dans votre vie publique, comme premiers fonctionnaires euro péens à une situation féodale, qui est la cause pre mière de tous vos maux, de tous vos dangers, tant extérieurs qu'intérieurs.
A l’intérieur, prisonniers de guerre du système mi litaire européen, vous êtes, sur le continent forcés de le subir dans vos nations, de les gouverner despoti quement et militairement, si vous voulez les conser ver et vous préserver.
C’est pourquoi, la révolution, le malaise générai vous travaille tous dans vos gouvernements, monte partout, sous diverses formes, à l’assaut de F État et des pouvoirs publics que vous centralisez dans vos mains, et gagne contre vous en terrain politique sur lequel, le sentiment chrétien, diffus dans l'opinion publique de vos peuples, vous empêche de vous dé fendre en vous couvrant des garanties de la Monar chie réelle, qui sont encore une fois le meurtre et la mort.
Que cette révolution intérieure vous arrache des li bertés constitutionnelles : sa seconde étape est de vous déposséder vous même du gouvernement.
Elle est impuissante elle-même, je le sais, à remé dier à la situation européenne des Etats, à modifier à l'intérieur des grandes nations continentales les con séquences de cette même situation, mais il n'en est pas moins vrai que tous les risques sont pour vous, soit que l’anarchie intergouvemementale de l'Europe vous écrase par la guerre, soit que la révolution inté rieure vous exproprie à terme en vous imposant une
238 l’initiation constitution, ou immédiatement en vous éliminant. Le seul moyen pratique qui puisse vous garantir, est que vous subordonniez votre rôle militaire à celui de votre magistrature de droit commun, et que vous vous fassiez comme Magistrats européens, les initia teurs, les missionnaires de réformes que je vous con seille radicales ; parce que les demi-mesures vous per dent et vous perdront de plus en plus.
Encore une fois, c’est dans la vie économique et emporocratique de vos peuples que vous devez cher cher la base précise, les fondements exacts de l’édi fice européen que je vous invite à construire, dans votre intérêt comme dans celui des nations.
Le moment est d’autant plus propice que la somme des intérêts économiques n’a point encore été instir tuée à l'Etat de puissance législative spéciale, et que si vous vous faites les mandataires européens d’une pa reille forced'intérêtsgénéraux,vousdonnerezà la poli tique irréelle soit à la Guerre, soit à la Révolution un si formidable contrepoids qu’elle sera forcée de s’arrêter et de se subordonner à vous comme Magis trats Suprêmes.
Comme tels, rois ou présidents des nations, vous devenez inviolables, ainsi que vos gourvernements eux-mêmes, dans vos capitales neutralisées. Vos personnes représentent du même coup un Gouvernement européen impersonnel, puisant les sources de sa vie dans les réalités économiques les plus inébranlables des Sociétés contemporaines ; et, premiers Magistrats d’un Droit public réel, vous ver rez tout attentat, soit contre vos personnes, soit contre
LA SYNARCH1E EUROPEENNE 23g vos pouvoirs, relever du Tribunal de l’Europe entière. Désormais responsables de la garde de vos per sonnes et de vos pouvoirs, les villes libres de l'Empire de la Civilisation feront leur propre police mieux que vos administrations elles-mêmes. En pouvez-vous dire autant depuis que la Guerre permanente et la Diplomatie vous constituent féodalement à l’état de République européenne, antijuritique et antisociale ?
La hache a tué Charles d’Angleterre; la guillotine, Louis XVI de France : la dynamite, Alexandre II de Russie; et ces trois monarques étaient parmi les meil leurs de leur temps. Ce sort peut vous atteindre tous et vous êtes tous solidaires dans le mal, sans pouvoir, en dehors de ce que je vous propose, vous rendre solidaires dans le bien et prévenir de pareils crimes ou les châtier de commun accord.
Comme je vous l’ai dit, vous n’êtes pas les maîtres de vos capitales militairement écrasées par les chaînes de fer de l’état de Siège féodal du Continent. Vous en êtes les prisonniers de guerre ; et dans les états de premier rang, dans ceux dont le poids militaire pèse dans ce que vous appelez l’Équilibre Européen, vous ne pouvez vous montrer qu’entourés d’une garde de soldats, tant que vous n’aurez pas accompli ce que je vous soumets ici.
Votre mission cependant est plus haute et plus grande encore. La vie économique vous donnera la base, mais sur cette base vous devrezélever le Conseil des États européens.
240 l'initiation 20 Conseil des États. J'entends par ce mot État l’organisme hiérar chique et impersonnel des pouvoirs publics dans chaque nation. Cet organisme est, à peu de chose près, le même dans toutes les nations d’Europe. Partout, excepté en Russie, ces pouvoirs sont plus ou moins mitigés par un tempérament, par un com promis constitutionnel entre le chef de l’État et la Nation.
Al'Étatet à son chef reviennent généralement le pouvoir exécutif et son moyen d’action, le pouvoir administratif militaire et civil, à la nation le pouvoir soit délibératif, soit législatif dont l’exécution et la sanction appartiennent à l’État et à son chef.
Mais il n’y a qu'en Angleterre et dans les petites puissances continentales que ce partage soit, ou puisse être réel, sans danger immédiat pour l’existence na tionale : parce que l’Angleterre est géographiquement en dehors des débats militaires du continent et que les petites puissances y échappent plus ou moins par leur faiblesse même et par la compétition armée des grands. Saint-Yves d’Alveydre. (A suivre.}
Orphée et les Orphiques [Suite). La théogonie orphique. LA CRÉATION ELEMENTAIRE Fin de l'Involution Après l’hymne à Protée vient l’hymne à Gé: la Terre, à que l'on brûlait toutes les semences, sauf les fèves et les aromates.
Les aromates étaient réservés au seul culte des divinités ouraniennes, des Principes Supérieurs de la Nature ; quant aux fèves, on sait que tous les initiateurs interdirent de les employer soit pour la consommation, soit pour les besoins du culte. Orphée, Pythagore, Jésus lui-méme, qui défendit à ses disciples de traverser un champ de fèves se trouvant sur leur chemin la veille ou l’avant veille, de sa mort, partagèrent cette opinion.
C'était celle également des initiés égyptiens et c’est vraisembla blement à eux que les messies et adeptes occidentaux l’empruntèrent. Pythagore, en effet, — Aristoxène (dans Aulu-Gelle, lib, 4, cap. 11) nous l’apprend, — faisait usage de ce légume dans sa jeunesse et ce IG
2JL2 L INITIATION n’est qu'a son retour d’Egypte qu’il s’abstint d'en con sommer et le défendit à ses disciples. Quelle était donc la raison de cette interdiction ? Pour les uns, elle prenait sa source dans une phobie superstitieuse ; pour d’autres dans l'hygiène ; pour cer tains dans la fourberie que les prêtres de tous les cultes déploient pour tenir les foules dans la sujétion et l'ignorance.
Clément d’Alexandrie (i) et Cicéron (2) prétendent que c'était parce que les fèves produisaient des flatuo sités et d'autres effets nuisibles à la santé qu’elles furent interdites par Pythagore. Hippocrate (De la Diète, lib. II § xiii, t. I, p. 218), partage la même opinion.
Lucien de Samosate,dans son « Songe ou le Coq » (Dialogues, xlv), où il critique plaisamment Pytha gore, sa métempsychose et ses fèves, ne voit dans cette pratique qu’un moyen d’en imposer au vulgaire; toutefois, comme Lucien est un railleur par excellence, il est fort difficile de savoir s’il se moque dePythagore (devenuCoq), de finterlocuteurde celui-ci ou... de ses lecteurs.
Aristote (3) Jamblique (4) et Porphyre (5) seuls lais sent entrevoir que ce règlement de la doctrine pytha goricienne tenait au mystère de la Nature. Quel était ce mystère, cet arcane ? (1) Strom., lib., III, p. 521. (2) De Divinatione, lib. I, cap. xxx, 3, p.26. (3) Apud Diogen. Laerte, lib. VIII, § 34. (4) Vit. Py-i/i., cap. xxiv, p. 92. (5) Vil. Pylh., p. 43.
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 243 Il était profondément initiatique, car il était basé sur la médecine des signatures et l’on sait par Jamblique (i), que les prêtres égyptiens étaient de remarquables thérapeutes !
Les prêtres égyptiens avaient remarqué qu’il exis tait une profonde sympathie, une grande harmonie (2, entre les fèves et les organes de la génération, qu’elle exerçaient une action vitale sur ceux-ci et prédispo saient, par excès de sève, au penchant érotique ceux qui en consommaient.
Or comme l’initiation tend surtout à développer les facultés astrales et spirituelles de l'initié et que l’œuvre érotique compromet et peut arrêter ce développement transcendant, il est tout naturel que tous les initiateurs aient interdit à leurs disciples de consommer des fèves.
La superstition se mêla ensuite à cet enseignement très occulte, la raison en demeurant secrète pour la masse des mystes (3) qui se faisaient initier par pure curiosité ou par snobisme et qui, fermés à l’esprit élevé de l'initiation, mais éblouis par la lettre, s’en retournaient chez eux et s’abstenaient rigoureusement de manger de ce lé gume comme nos bons catholiques jeûnent avant. (1) Vit.
Pylh.. cap. xxix, p. 13g ; cap. xxiv,p. 196; cap.xxxv^ p.212. (2) Pour la médecine des signatures,relire l’article très docu menté de notre frère C. B. l'Opothérapie ou la Médecine des signatures, l'initiation, mai 190g. Rendons ici un public hommage à M. C.
B. qui fut notre premier initiateur et dont la solide érudition initiatique est aussi brillante que sa modestie est digne de l’esprit des philo sophes inconnus, dont il est aujourd’hui un des plus conscien cieux dépositaires. (3) Petites Initiations. Premier degré.
*^44 l’initiation Pâques et font maigre le vendredi sans connaître la véritable raison de ces pratiques diététiques. Revenons à la théogonie orphique. L’hymne à Ge, la Terre, suit, nous l’avons dit, l’hymne à Proteus. Orphée appelle Gé « mère des im mortels et des hommes, nourrice de toutes choses, doteuse de tous,productrice des fruits ».
Jusqu'ici, on pourrait croire que c’est de notre planète qu'il s’agit, mais Orphée, vers V de cette hymne, dit : O Vierge aux mille formes, siège éternel du Kosmos, qui nous permet, à nous, initiés, de pénétrer la pensée de Fau teur, de la saisir, au vol pour ainsi dire, car plus loin, Orphée, obligé de faire des concessions aux idées religieuses admises par les Grecs, ajoute Tôt, autour de laquelle le monde varié des astres accomplit sa ré volution, ainsi que l'éternelle Nature, par des cou rants prodigieux.
Pourquoi donc Orphée a-t-il mélangé dans cette hymne à l’ésotérisme de Vierge aux mille formes, siège éternel du Kosmos qui est bien la caractéris tique de la Matière Universelle, Fexotérisme de Toi, autour de laquelle le monde, etc. ?
C’est que le culte de la Terre est un des plus anciens de l’humanité, et que, bien longtemps avant que parut Orphée, les masses adoraient cette divinité, -avaient sur elles des conceptions arrêtées qu’il était difficile et dangereux même de mettre en doute.
Nous savons que c’est aux Phrygiens, dont une des principales villes était Troie, que les Grecs, bien avant la fameuse guerre chantée par Homère, avaient emprunté leurs idées religieuses sur Rhéa-Déméter,
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 24$ Perséphonc et Bakkos(i), qui, jusqu’à l’arrivée d’Or phée en Grèce, restèrent des divinités mythologiques du culte exotérique ignorant des hauts problèmes de l’Univers ; c’est ce que explique le grand attache ment que le peuple professait pour le dogme de l’im mobilité de la terre (2), Les Grecs, dans leur culte exotérique, conservèrent toujours l’idée première qu’ils s'étaient faite de l’Univers, à l’époque où ils étaient encore barbares.
Incapables de comprendre que la terre put se soutenir dans l’espace sans un point d’appui, ils se l'étaient réprésentée comme une montagne dont le pied s’étendait à l’infini dans l'immensité sans limite, conception leur venant, nous l'avons dit, des Phrygiens, qui eux-mêmes l’avaient empruntée au culte exotérique des Hindous (3).Ceuxci appelaient cette montagne Méros.
Or, initiatiquement, Méros (voir dans notre dernier article le pas sage relatif à Hera), c’est la Mer cosmique, la Matière indifférenciée. Dans le culte vulgaire, le sommet de cette mon tagne, arrondi en forme de borne, était le lieu de la demeure des hommes et les astres faisaient leur révo lution autour de ce sommet. Empédocle, l’initié,.
Empédocle, l’évolutioniste et le transformiste deu.x mille ans avant Darwin, Empédocle le philosophe de l’Aimantation universelle, de la polarité physique et métaphysique du Cosmos, de l’Attraction et de la (1) Voir nos articles précédents. (2) Fréret (Académie des Inscriptions et Belles Lettres) est très explicite surce point. (3) Le Siam encore aujourd’hui adopte une idée analogue.
l’initiation 246 Repulsion,Empédocle enfin qui écrivait ses ouvrages hors de la Grèce, à Agrigente, osa se moquer, dans ses traités de cette montagne terminée en sommet tandis qu’elle était infinie par la base, mais, en Grèce, les philosophes étaient forcés de respecter cette croyance populaire, et, s’ils osaient la combattre, ce n’était qu'avec de grands ménagements, à tel point que Xenophane, Anaximêne et plusieurs autres philoso phes, qui feignaient d’être scrupuleusement attachés à l’opinion vulgaire, avaient grand soin de faire ob server que dans leur système les astres tournaient autour de la terre, mais non au-dessous.
Mais dans les enseignements oraux des initiés, comme dans les enseignements de Pythagore entre autres, il en était autrement. Tous les initiés connais saient, bien avant Copernic., le système astronomique que porte le nom de celui-ci et Aristote est absolument précis sur ce fait, il l’assure en termes indiscutables.
Dans le système des Pythagoriciens le soleil était la cause et le principe de tous les mouvements plané taires et la terre, emportée autour de lui, dans le plan de l’écliptique tournait en mêmetemps sur elle-même, dans un plan incliné au premier (1).
Il est certain encore, par un passage précis de Plutarque (2), qu’Aristarque, qui suivait ce système, donne ces deux différents mouvements à la terre, mais ces enseigne ments demeuraient sévèrement renfermés dans les (1) Voir Plutarque. De plac. philos., lib. II, cap. 20, t. II, p. 889. Stobée, Eclog. phys., lib. I. p. 55. Achillis Tatie, de Clitophnotis. Isag. ap. Petav. t. III, p. 81. (2) De plac. philosoph. liv. II.
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 247 sanctuaires initiatiques, des Pythagoriciens notam ment. Il était dangereux en effet de s’expliquer ouver tement sur ce sujet. Aristarque fut accusé d’impiété par Cléanthe, disciple et sucesseur de Zénon, pour avoir violé le respect dû à Vestaet pour avoir troublé son repos, c'est-à-dire comme l’explique Plutarque lui-même, pour avoir ôté la terre du centre de l’Univers et l'avoir fait tourner autour du soleil.
Platon, lui-même qui connaissait le mouvement de la terre sur son axe n'a pas osé livrer cette vérité dans ses écrits, car il disait dans sa vieillesse, au rapport de Théophraste, qu'il se repentait d’avoir donné à la terre une place qui ne lui convenait pas, de l’avoir mis au centre de l'univers et d’en avoir fait le principe et la mesure des mouvements célestes.
Mais l’exemple d'Anaxogore accusé d’impiété et chassé d’Athènes et celui surtout de Socrate, condamné à boire la ciguë pour le même motif avaient retenu Platon. Il avait reculé devant la superstition fanatique des Athéniens • qui avaient fait un dogme religieux de l’immobilité de la terre au centre du monde. Du reste nous possédons des textes hiéroglyphiques qui prouvent que les Egyptiens connaissaient le mou vement de notre globe.
En voici un : «... tu es le gouvernail de la terre entière; la terre navigue (i) selon ta volonté. » Papyrus n° II de Berlin. (1) A noter que ces paroles sont prononcées par un paysan. Si donc le peuple savait que la terre n’était pas immobile dans l’Univers, à plus forte raison les connaissances secrètes des initiés sur la terre, l’Univers et sur le cours des astres (les
248 l’initiation Donnons encore au sujet de la Connaissance du mouvement de la terre par les initiés égyptiens ce passage tiré d’une remarquable hymne à Phtal (i) Pyramides nous'le prouvent par leur orientation) devaientelles être autrement profondes. A propos du mot « navigue » donnons ces quelques notes extraites d'un travail de l’égvptologue distingue M. I . Chabas Sur un texte égyptien relatif au mouvement de la Terre.
Pour bien se rendre compte de la portée de ce texte, il faut se rappeler que les Égyptiens figuraient les astres sous la forme ûe personnes parcourant dans des barques l’océan céleste. Aussi a-t-on observé que les verbes exprimant cette idée de voyage sont indilleremment déterminés par les signes de la lomocotion : les jambes en marche ou par celui de la navigation : une espèce de barque.
On lit au Rituel funéraire : Je vois naviguer la sainte étoile de Sahou Orion) traversant l'abîme céleste. La planète Hor-Em-Khou(Mars) était dite naviguer à reculons (E. de Rougé Sur les noms égyptiens des planètes (p. ¡3). Dans le chapitre CVII du Rituel il est écrit, a propos du Ciel, de la Région de la porte orientale du Ciel : lieu ou le soleil navigue avec des vents funestes.
Dans le papyrus n° VII de Berlin on trouve : Dieu suspendu dans l'espace, son globe navigue au sein de la déesse Nou (Le Ciel). (i) Cette très longue hymne à Phtah est d’une élévation philosophique qui n’a d’égaleque les splendides invocations d'Hermès. ‘Livres hermétiques).
Il nous est impossible ici de la donner, toutefois, indiquons quelques-unes des expressions appliquées à Phtah. elles suffiront pour montrer à nos lec teurs à quel point la conception des centres initiatiques égyp tiens sur la Divinité s’était élevée. «O Veilleur qui s’engendre lui-méme, Incréé, qui traverses l’éternité des siècles ; Dieu modeleur des mondes. Tu es sans père étant engendré par ton devenir... substance d'où sort la substance.
Les faces rayonnantes des astres dans leur course (navigation) s’élèvent vers ta tête et se couchent sous tes mains Tu te meus par ta propre énergie. Tu restes immuable en toi-même, stable par le mystère qui est en toi. Ta force sou tient le ciel supériéur, le souffle de ta bouche emplit les cieux et vivifie les cimes des monts.
Tes eaux célestes couvrent les végétations élevées de tous les pays et leurs courants vont des champs du ciel à la mer. O rayonnement en qualité de Ra (le soleil) ! Devenir en quaORPHÉE ET LES ORPHIQUES 249 Totounem (Créateur des astres) dont le texte hiéro glyphique a été publié par les Denkmaeler ausAegypten und Aethiopien Abth, 118, et traduit par M. P.
Per ret, conservateur du Musée des antiquités égyptien nes du Louvre, dans les Études Égyptologiques, t. I (premier fascicule).
Ligne3y du texte hiéroglyphique... « Exécutent le Ciel et la Terre (inversion ' (tes) ordres selon que tu les a faits, ils circulent par le chemin que tu leur as dit, ils ne transgressent pas ce chemin que tu leur as prescrit et que tu leur as ouvert...
Orphée, initié égyptien, comme Platon, Pythagore, connaissait donc la révolution de la terre autour du soleil et sa place dans le Cosmos mais il n’avait osé exooscr clairement ces enseignements dans ses œuvres car le peuple grec était bien plus fanatique encore à son époque qu’à celle d’Anaxagore et de Socrate.
Il eût été mis à mort par les prêtres des cultes exotériques; et il préféra sagement réformer ces cultes, livrer ses secrets dans les initiations eleusiennes. lité de Khepra (le Scarabée = la création évolutrice) ! Enfant qui s’enfante chaque jour, vieillard qui est aux contins des temps, qui traverse l’éternité, immobile qui traverse tous les chemins... ! Hauteur que l’on n’atteint jamais...
Seigneur de la demeure mystérieuse, mystérieux dont on ne connaît pas la forme... Hommage à toi ainsi qu’à ceux de ton essence que tuas crées après que tu fus devenu fils de Dieu (Verbe divin, hiérogly phique: Le signe divin, et un enfant assis) et que tes membres eurent formé leurs membres eux-mêmes. Incréé était le ciel, incréée était la matière ; l’eau ne coulait pas des eaux célestes.
Tu as organisé le monde, tu as réuni ton être, tu as compté tes membres (les éléments cosmiques). Ce que tu as trouvé « non en un » chaotique, tu lui as fixé un siège, dieu mode leur des mondes... etc. »
25o l’initiatîon Mais il est dit que tout initiateur supérieur, tout même doit périr sous le poids des iniquités humaines. Comme Khrisna, comme Jésus, Orphée a été supplicié, fécondant de son sang sa divine doctrine qui a fait surgir de ce sol ingrat et rude de lTIellade cette mer veilleuse floraison de génies rayonnant encore de tout leur éclat intellectuel, après plus de deux mille ans, sur les nations contemporaines !
Orphée continue-t-il, avec l’hymne à Gè à suivre les enseignements de la science occulte ? Sans nul doute, puisque, si nous consultons les Arcanes ma jeurs, nous voyons qu'après le nombre 16 qui a pour symbole « la Tour foudroyée », l'application des forces supérieures à la vie universelle : Protée, vient 17, nombre de ces forces supérieures agissant dans les systèmes solaires, dans la Matière par conséquent.
L’Arcane XVII (L’Étoile des Mages) représente en outre la région des principes des systèmes solaires, la région des vertus astrales des éléments et des semences de toutes sortes.: Gè nourrice de toutes choses, dit Orphée, vertus que se distribuent des centres solaires à toutes les planètes de tous les sys tèmes solaires, or Gè, en effet n'est pas seulement, la terre pour Orphée, c’est la matière terrestre dont se compose toutes les sphères matérielles du Kosmos.
Les expressions mère des Génies, des dieux (¡j-axapœvre ôswv) et toutes celles que nous avons relevées plus haut ne sauraient s’appliquer seulement à notre terre, mais à la matière atteignant la stade de la Force involuée jusqu’à la phénoménisation de notre planète, des planètes.
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 251 L’hymne qui suit immédiatement l’hymne à Gè semble une répétition de l’hymne à Rhéa, plus haut expliquée, car cette Rhéa est, comme la précédente, fille d’Ouranos et femme de Kronos, mais la Rhéa de l’hymne déjà citée, c’est la Rhéa dans le Monde divin inséparable de Kronos éternel,tandis qu’ici c’est Rhéa dominant sur le Principe Divin nous allons le voir.
Voici d’abord cette hymne : Mère vénérée de tous les dieux, accours à nos prières, attelle à ton char, divinité respectable, les lions tueurs de taureaux. O reine éternelle du Ciel (de la sphère céleste=-o)M) célèbre et vénérée avec justice, toi qui sièges sur le trône de l'Univers (Kotrxoç), tu commandes la nature et tu nourris les humains.
C'est de toi que {les génies), les dieux et les hommes tiennent leur origine, c’est par loi que coule l'élément liquide (f humidité radicale et la mer. On te nomme Isia, on f appelle la dispensatrice des biens parce que tu accordes aux hommes de nom breux bienfaits.
Accours à nos sacrifices, universelle dominatrice, protectrice des Phrygiens, épouse de Kronos, fille d'Ouranos, etc. » Rhéa est donc bien Isis (Isia) le texte nous le dit, ce qui n’a pas empêché nombre de traducteurs de traduire Isia par Vesta alors que tout le monde sait que la Vesta romaine était, ï'Estia grecque.
Du reste, les lions attelés au char mythologique de cette divinité (lions qui sont le symbole de la Force Universelle et par suite de la Puissance solaire qui tue, qui absorbe la Puissance humide, le taureau) et que nous retrouvons sur les tables isiaques, achèvent
202 L’INITIATION de nous convaincre de l'identité de ces deux divinités.
Jablonski (opuscule 11, p. 241) nous dit qu’Isis repré sentée avec une tète de lion était l’emblème de la force, unieau principe passif ; Rhea conduisant un char traîné par des lions, guidant scs animaux avec des rênes, asservis, était donc l'emblème de la domination du principe passif Universel (la matière) sur le principe positif La Force, l'Esprit), c’est-à-dire Je terme ultime de l'Involution de la Force Esprit dans la Matière : Gè.
Retrouvons-nous cette Rhéa dans la Kabale après Gè : l’application des forces supérieures aux systèmes solaires? Orphée ne serait pas un initié s'il en était autrement. Le Nombre 18 est celui de la Matière Universelle (Kabale à*), celui des éléments, de la lumière reflétée dans les formes matérielles. C’est le chiffre du troi sième septénaire, avec lequel finit l’involution, la descente de l’esprit dans la Matière.
Ce sont les Forces de ¡'Univers entier, (Arcane XVIII, le Crépuscule) dominées par la Matière, enchaînées par et dans elle.
Rhéa étant la Matière Universelle, comme nous le voyons par les hymnes précédentes a Elle adressées, Rhéa étant en outre la domination du principe passif sur le principe actif c’est-à-dire le terme ultime de l'Involution de l’esprit dans la Matière, elle est donc bien identique au Nombre et à l’Arcane XVIII de la Kabale et du Tarot.
Nous voici donc arrivés avec Orphée, d’accord avec la Tradition initiatique, au terme suprême de l’involution (de la Chute de Lucifer, d’Adam). Nous allons
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 253 .assister maintenant au lent travail du relèvement (de Lucifer-Adam), aux stades divers de l’évolution vers la réintégration finale. Par qui va s’opérer ce relèvement, cette évolution ? Orphée répond : Par Hermès ! L’hymne à Hermès est en effet l’hymne qui suit immédiatement celle à Rhéa. Combes Léon. (A suivre.)
PARTIE LITTÉRAIRE MON RÊVE J'étais à R..., je le savais certainement. R... est une petite ville du centre delà France, berceau de ma fa mille et où, moi-même, je suis née. ... Je me trouvais dans une maison inconnue où j'occupais une chambre longue, étroite, dont l'ameu blement se composait d'un lit et de trois chaises ran gées en rond. Cette chambre n'avait aucune croisée — et cependant, j'y voyais clair. La lumière venait d'en haut, filtrant pâle par une ouverture invisible. Mais cette particularité ne me causait aucun étonne ment, aucune crainte... Je savais que c’était dimanche ; je voulais aller à l’office divin et l'heure des messes que j’ignorais me préoccupait beaucoup. Je m’étais levée du grand lit toute vêtue, mais déchaussée et je voyais derrière mon dos, mes souliers debout sur leurs talons, la se melle tournée du côté d’un foyer éteint dans une che minée surgie tout à coup. — Ils séchaient, me dit une voix grêle venue du fond de la pièce. Aussitôt, et sans les avoir vus, et
MON RÊVE 255 sans m'en émouvoir surtout, dans une quiétude si douce ! Je savais que dans ce grand lit que je venais de quitter se trouvaient maintenant un homme et une femme que je connaissais... que je connaissais, sans me rappeler leur nom cependant... — Les draps étaient encore tièdes, n’est-ce pas ?
Je leur disais ces mots, courbée sur mes bottines que je ne parvenais pas à mettre, car elles n’avaient point d’ouvertures pour y introduire les pieds. — Oh ! nous ne t'en voulons pas d’être venue dor mir dans notre chambre, médit encore la même voix grêle. Bonsoir, notre parente ! — Bonsoir, répondis-je, toujours très inquiète et sans l’ombre d’une curiosité, bonsoir ’....Connaissezvous l'heure des messes ?
Une voix d’homme me cria terriblement fort : — A la messe?... Vous êtes folle !... Il est minuit! Ah!... Ah !.... Ah!... Vous êtes folle!... Et comme si ce ricanement énorme, diabolique, m’eut chassée, emportée, rejetée dans l’espace... je me trouvai soudain au sommet d’un escalier raide, aux marches basses pavées de carreaux rouges usés et dont la rampe vénérable s’effritait en maints en droits, rongée par les vers...
Une lumière jaune montait d’en bas, se glissait le long de la paroi des murs, me faisant voir leurs lézardes et la poussière qui les recouvrait. Que de poussière !... Et fort doucement encore, sans sur prise, sans frayeur surtout, je reconnus aussitôt que cet escalier était celui de la très vieille maison pa ternelle, où des générations d’aïeux avaient vécu et
2 56 l'initia i ion étaient morts. Cette maison, mon père en avait hérité et y était mort à son tour. 11 y avait de cela long temps... longtemps ?... oui, très longtemps... Et, paisible, je me rendais compte de cette lointaine époque, tout en descendant les marches du vieil esca lier. Arrivée au bas de celles-ci, sans me préoccuper du tout de la serrure énorme et de son gros verrou, je poussai la porte...
Elle céda sans bruit et je me trouvai dans la rue... Il faisait noir, mais dans la voûte sombre du ciel des étoiles innombrables zigzaguaient... glissaient... tombaient... s’éteignant... se rallumant... fugaces... Seule dans cette rue silencieuse, la nuit, je n’éprou vais nulle frayeur, ne pensant à rien, toujours tran quille... Je regardais et, sans remuer la tète, mes veux voyaient de toutes parts...
L'unique et haute fe nêtre du rez-de-chaussée était close et je distinguais très bien que de grosses araignées avaient tisse leur toile entre les planchers rudes de ses lourds vantaux.. Tout à coup, je vis près de moi quelqu’un... une vieille dame...sa maigreur était extrême.
Elle posa à terre un cierge allumé et de ses deux mains recou vertes de mitaines noires déchirées, elle cherchait à joindre les volets de le haute croisée fermée tout à l'heure, ouverte maintenant. Elle tourna de mon côté son visage aux traits effa cés, diaphanes et ie reconnus aussitôt, en cette véné rable personne, ma tante Jacqueline.
Cette tante, morte il y avait de cela bien des années, était la sœur de mon père, vieille demoiselle fort dévote, au caractère un peu difficile et dont
MON RÊVE 25y j’avais été, parmi tous ses neveux et nièces, la pré férée. — Ah ! c'est toi, Josèphe ! me dit-elle de son timbre grave d’autrefois, bonsoir, ma mie !... — Oh ! tante, petite tatan ! quel bonheur de vous voir !... Et je disais ces mots toujours pénétrée de la même quiétude, sans l’ombre d’un étonnement...
Mais comme je me jetais à son cou pour l’embrasser, mes bras se refermèrent dans le vide... et je la vis plus loin, toujours cherchant à clore les volets de la très haute fenêtre... — Laisse-moi les joindre, me dit-elle, sans plus se préoccuper de mon élan affectueux, et nous irons achever ensemble la veillée chez les Dulac comme je le fais tous les soirs.
La fenêtre devenait de plus en plus haute... mais les bras de ma tante s'allongeaient... s'allongeaient... Et l’étoffe de ses manches, qu’on eût dit vides, volait de côté et d’autre, comme des ailes lassées... Tout à coup la haute croisée s’effaça... disparut... et la maison aussi... — Allons chez les Dulac : me crie très fort ma tante, la nuit est belle, viens, ma mie !
Bien que rêvant, j’avais conscience de ce que ma parente était morte depuis fort longtemps, et les Du lac, ses vieux amis, de même. Oui, tous, tous !... Mais cette idée ne m’enlevait pas — au contraire — la joie immense qui m'emplissait toute d'être avec cette chère personne qui m’avait tant aimée. J’avais aussi une absorbante, une dominante préoccupation. 17
258 l’initiation celle de savoir enfin de la bouche d’un trépassé le se cret de l’au-delà... Nous nous promenions dans la nuit à travers les ruelles mal pavées et mal éclairées de R... Ma tante sautillait légère, enjambant les fla ques d’eau, comme un oiseau rase le sol, et j’avais peine à la suivre tant elle marchait vite...
Elle glissait plutôt... — Ma petite tante, lui dis-je — me rappelant très bien que cette appellation était celle qu’elle préférait autrefois — êtes-vous heureuse dans l'autre monde?... Je voudrais tant le savoir. Elle ne répondit rien... glissant plus vite... — Voulez-vous des prières, des messes ?... Parlez, parlez, je vous en prie ?... J’en ferai dire autant que vous en voudrez, autant...
Elle eut un petit rire prolongé, très doux, mais qui, dans ce calme absolu des ténèbres, bruissait effrayant. Et sans me regarder, accélérant encore sa marche, elle me répondit très bas, hachant ses mots : — Si tu veux... Oui... Ça ne fait jamais de mal... Si tu veux... Oui !... Oui !... Oui !...
Et ces« oui ! » elle les scandait sèchement, doulou reusement, il me semble, très vite aussi, d’une petite voix.grêle, qui lui donnait l’assonnance aiguë d’un cri de cigale... de cigale qui va mourir... La nuit était devenue tout à coup très noire... Nous courrions maintenant... — Arriverons-nous bientôt chez les Dulac?... Je suis lasse ! dis-je essoufflée et sans m’arrêter. Ma tante reste muette, mais elle se rapproche... glisse plus près de moi... Et cependant, je la vois
MON RÊVE 25ç moins.., sa forme indécise s'efface, tourne au fan tôme... Nous courrions toujours, mais plus dans des ruelles étroites, sales... C’était maintenant une lon gue, longue rue très large, sans trottoirs et dont le bout se perdait dans un brouillard bitumineux... Nous courrions toujours... Je haletais, fourbue, avec une idée unique, me martelant le crâne : où elle ira, j’irai !... j'irai !... j’irai !...
Je ne sentais plus mes jambes, ou plutôt j’avais la sensation étrange de les traîner derrière moi et de galoper avec ma tête... Et de la sorte, je pouvais mieux suivre ma chère tante. Un moment même je l'atteignis et me serrant à elle — sans parvenir à la frôler cependant — je me suis mise à crier : — Tante Jacqueline!... Tante Jacqueline !... parlezmoi donc !... Et tout d’un coup, comme si mes clameurs... elle se dérobe, m'échappe, s'effondre...
Aies cris redou blent... Je veux la retenir... Il ne me reste dans la main que le squelette décapité d’un corps pourri déjà, dont les os s’émiettent !... Et bien que l'horreur — une horreur, je puis l’af firmer faite uniquement de dégoût — me fit tourner la tête, j’allais le bras tendu et sans les lâcher,semant dans les ténèbres, ces lambeaux lugubres de ma chère tante...
Arrivée à la fin de ma semaille maca bre et sans que l’idée de peur ou d’un sentiment plus élevé m’aient effleurée une minute, je secouais très fort ma main droite dans un grand geste de répulsion et j’envoyais au loin...
200 l’initiation ... J etais sur un trottoir, maintenant ma main gauche tâtait la muraille que je suivais péniblement, à la façon d‘un aveugle... Je trouve une porte, je la pousse. Elle s’ouvre sans bruit et j’aperçois dans un jour gris, pluvieux, une cour ronde où une femme balayait... — Ah ! me dit cette personne qui semblait beau coup me connaître, vous avez l'air émue, madame ! Entrez donc ! J’allais justement aller chez vous.
Ma maîtresse a reçu un lièvre hier, j’en ai fait un civet délicieux et vous en mangerez avec elle. Après m'être essuyé soigneusement la main droite à ma robe, je suivis cette femme. — Je passe la première, fit-elle avec un petit saut en avant de toute sa personne, je n’irai pas vite, car je n’ai point de pieds... ...
Nous montions des marches, puis nous en re descendions ¿travers des escaliers où le soleil entrait aveuglant, bien que, dans ce couloir interminable, il n’y eut aucune croisée. Enfin nous arrivons devant une porte basse entr’ouverte. — Ma maîtresse est là, me chuchota à l'oreille mon guide que je ne voyais plus, tirez la bobinette... J’avais déjà reconnu la comtesse d'O...
Elle était dans son somptueux salon du boulevard de la Madeleine, avec d’autres dames encore. Et ces personnes, dont les visages pâles n’avaient point d’yeux, par laient ou plutôt bourdonnaient en des poses saluan tes, affairées... Une lumière intense, crue — comme celle produite par des centaines de becs de gaz — éclairait cette
MON RÊVE 2Ô1 pièce immense où l’on ne voyait aucun siège, bien que tout le monde fut assis. Toutes ces choses éton nantes n’entamaient point ma quiétude, ne me don naient aucune frayeur surtout. Et cependant j’avais conscience que pour tout ce monde privé du regard, je devais être invisible. Alors je me mis à crier comme une sourde m’adressant à la comtesse : — Ah ! ma chère amie, je viens de faire un rêve af freux !...
J'ai rêvé à une de mes bonnes tantes, morte il y a de cela, au moins vingt ans !... Et sans qu'on me le demande, je lui raconte ce qui vient de m’arriver... Mais pendant le cours de mon horrible récit, au cune de ces dames ne paraissait émue. Vers la fin même, Mmed’O.., bâilla.
Après qu’elle eut ainsi ou vert la bouche à trois reprises, et sans se déranger d'où elle était, sa voix vint me hurler dans le visage ces mots : « 11 vous faudrait parler plus fort et mieux articuler. On ne comprend pas une parole de ce que vous dites... » Tandis qu’à l’oreille droite, quelqu'un scandait sè chement : — Et vous êtes en chemise !... Là-dessus je m’éveillai.
Et mon premier soin fut de sauter du lit, de me précipiter vers mon bureau, de prendre une plume et d'écrire fébrilement... Et quand j’eus fini... ... « De la sorte, pensai-je, regagnant mon lit, aucun détail de ce songe étrange ne m'échappera. Aucun... » J. Meley.
ÉCOLE HERMÉTIQUE Les Cours de l’Êcole Hermétique auront lieu cette année seulement deux fois par semaine; le nombre des places sera strictement limité. Nous engageons donc les élèves à demander leur ins cription dès maintenant. L’ouverture des cours aura lieu le lundi 17 octobre. École supérieure libre ries sciences médicales appliquées SECTION DE MASSAGE La section de massage sera ouverte dans les premiers jours de novembre.
En quatre mois, les aspirants au titre de Maître Masseur peuvent obtenir leur diplôme. Les cours ont lieu le soir et ils sont presque entièrement pra tiques. Un service de placement est organisé pour les meilleurs élèves. MUSÉE SAINT-YVES D’ALVEYDRE BIBLIOTHÈQUE Classement par noms d'Auteurs Adam (docteur M.). — Tradition celtique et ses adver saires. Abner (docteur). — Les Anges.
COMMUNICATION DONNEE PAR LE MEDIUM DE MAHIVA 203 Abraham (Johnson). — Lucine affranchie. — (Juif). — Figures Hiéroglyphiques. Agrippae. — De occultiore et magiæ. Aho-Bala. — Traité de l’ancienne musique indoue. Aladel. — Médaille miraculeuse. Albebti Magni. — De secretis mulieium libellus. Amélineau (F). — Pistis-Sophia, — —Nouveau Traité gnostique. Ampère (J.). — Science des lettres en Orient. Ambroshjs (Th.). — Chaldaïcum linguam.
Ancessi (Abbé). — Rédemption et la Vie future. Armengaud (frères). — Bibliothèque de l’Usine 20 volumes. — — — (atlas) 4 vol. Arnoult Catien. — Philosophie en France (histoire de la). Arnold Edvvin. — The Light of Asia. Arnault d'Andilly. — Traité de saint Jean Climaque. Aymans. — Avenir dévoilé ou l’Astrologie. Azaïs (J.). — Dieu, l’Homme et la Parole.
Communication donnée par le médium de Mahiva en Avril 1910 Tu sais que la bonne Jeanne, dans une apparition à une enfant qui est chez ses grands-parents, lui a dit : « Je t’or donne d’aller bénir les drapeaux et les armes de guerre. » Je vais te dire comment toutes les choses qui vont arriver vont être préparées et s’accomplir, mais ne les livre pas ouvertement à la publicité afin que tout ne soit pas entiè rement compris de tous, mais de ceux-là seulement aux quels il sera donné de comprendre.
Je te dirai plus tard si tu dois et comment'tu devras ex pliquer toutes choses. Tout ne peut être dit à tous, cependant il faut qu’on sache qu’existe la prophétie et les prophètes. La prophétie est donnée pour que les hommes qui n'ont
l’initiation 2t>4 pas la foi deviennent croyants en voyant se réaliser des événements annoncés à l’avance par des personnes pré destinées qui enseignent l’immortalité de l’âme, l’existence de Dieu et le but que tout homme doit poursuivre dans son existence terrestre, lequel est la libération de son âme des étreintes de la vie de la matière. Prie l’ap... de Jésus qui s... t’ins... il te d... ce q... tu dois f... et corn... tu doiséc...
Le cl... saura g... à sa c... les ch... de pi... et... et... afin de ramener en France... la fleur de lys, qui s’engagera à protéger la religion et à fav... l’i nf... du V... Ces choses sont préparées et dirigées par le p... n...qui est le g... d’un ord... rel... La b... J... S... Ph... et moi-même favorisons ce mou vement. C’est elles qui me ch... de te le d... mais ne le publie pas ouvertement pour les raisons que je t'ai dit.
Des hommes d’état,hommes du m... p... ont accepté de favoriser les événements. Ils tr... le r... actuel au prolit d... r... fut... Le cl... fr... sera tenu dans l'ignorance de ce qui se prép... et le m... s... impr... aux p... par... l’étr... Mais aussi pourquoi les hommes se sont-ils laissés do miner par l'orgueil qui leur fait oublier qu’ils sont destinés à vivre dans le ciel et non à séjourner dans la matière ?
Que diriez-vous d’un statuaire, qui, au lieu de façonner un marbre pour représenter un homme, se ferait mouler et enfermer dans un bloc de terre glaise puis y resterait comme en un sarcophage ? Si vous ne croyez pas à Jésus, du moins croyez à son esprit et priez le Père qui est dans les cieux, comme Jésus lui-même priait. Williams. LES SPIRITES On fait du spiritisme à Brest, et cette diabolique manie tend à se répandre. Il y a telle maison que nous pourrions nommer où se
LES SPIRITES 2(55 réunissent d. 20 à 3o personnes pour s’entretenir avec les esprits, au moyen de tables tournantes, ou par la simple évocation. Les séances commencent par des prières, qui ne sont pas, croyez-le bien, des prières de ('Eglise,celles que nous, chrétiens, nous récitons le matin et ie soir, mais des for mules bizarres composées par des barnums.
Les paroles que i’on entend sont écrites sur des cahiers conservés avec sein et que quelques-uns se proposent de livrer à l’impression dans un but de propagande spirite et aussi pour gagner de l’argent. On évoque les esprits des parents, des amis, d’hommes connus, de personnages célébrés.
Dernièrement, une fillette d’une douzaine d'années, car on commence à apprendre le spiritisme aux enfants, évo quait sur le désir de ses parents sa tante Geneviève : « Tante Geneviève, es-tu là ? Tante Geneviève ne répondit pas. La fillette tenait à la main une feuille de papier sur laquelle elle devait écrire les réponses de l’esprit.
Le pré sident de la réunion, un étranger plus ou moins commisvoyageur, Saltzmann, qui est le grand promoteur du spi ritisme à Brest, fut un peu décontenancé par le silence de l’esprit. Il invita l'évocatrice à renouveler sa demande en insistant auprès de tante Geneviève : « Tante Geneviève, es-tu là ?
Parle, je t’en prie, tu as toujours été pour moisi gentille et si bonne ! » Pas plus cette fois que la première, tante Geneviève ne voulut parler. Le commis-voyageur Saltzmann conseilla alors à l’enfant de percer la feuille de petits trous. A l’aide d’une épingle, l’enfant fit ce qui lui était recommandé. .Mais tante Gene viève persista à garder le silence.
On supposa qu’il y avait dans la réunion quelque per sonne qui ne croyait pas au spiritisme et qui portait sur elle un objet de piété, un chapelet par exemple. Il est évident que dans le spiritisme il y a de la super cherie. Je me souviens avoir entendu raconter à un brave paysan qu’il était venu à Brest pour savoir d’une « tour neuse de tables » qui lui avait volé une somme de 3oo fr. disparue de chez lui depuis quelques semaines. La ma gicienne, comme il appelait la « tourneuse de tables », lui lit payer d’abord cinquante centimes.
266 l’initiation Le paysan, obligé de payer avant l’opération, fut pris de défiance. Il s’aperçut que la magicienne posait le pied d'une certaine façon sur un pied de ia table pour qu’elle frappât des coups. Il avança alors le sien et le posa sur un autre pied de la table, de manière à empêcher tout mou vement. L’opératrice priait et suppliait la table de parler, elle la menaçait. Rien ne faisait, la table était muette.
Le paysan jouissait de l’embarras de la bonne femme. Il s'cn payait pour scs cinquante centimes. Après un bon quart d’heure d'efforts inutiles, la malheureuse dut dire, pour s'excuser, que la table avait quelquefois des caprices. Le paysan prit son chapeau et sortit en criant : Voleuse, vo leuse ! Oui, il y a de la supercherie dans le spiritisme. Mais tout n’est pas supercherie en lui.
Il n'est que trop vrai que le monde surnaturel se met en communication avec les vivants, que les évocations des esprits ne sont pas toujourscune fumisterie pour épater les niais.»Des réponses sont faites aux questions posées, par des êtres invisibles. Ces êtres invisibles sont-ils en réalité les esprits des morts ? Non. Ce sont les esprits mauvais, autrement dit les démons.
Les spirites entrent donc en communication directe avec les démons, qui sont restés des esprits intelli gents, capables de prévoir l’avenir d'une façon remar quable, d’accomplir même des choses prodigieuses. On comprend après cela que l’Église condamne le spi ritisme et qu’elle interdise sous peine de péché de s’y livrer.
La sévérité de l’Église s’explique d’autant mieux que les spirites s’élèvent contre elle, contre Notre-Seigneur JésusChrist, son fondateur, contre les sacrements, contre les prêtres. Ceux-ci, disent-ils, sont des intermédiaires. Or ils ne veulent pas d’intermédiaires, ils communiquent direc tement avec les esprits. Cela n’empêche pas les plus avancés d’entre eux de s’arroger une espèce de sacerdoce.
N’a-t-on pas vu à Brest une parodie de la première communion faite dans une réunion présidée par le commis-voyageur? N’a-t-on pas vu ce professeur de spiritisme prendre du pain et du vin et, après avoir récité d’incompréhensibles formules de prières, faire prendre ce pain et ce vin à des enfants. Les vrais catholiques s’abstiendront de spiritisme parce
LA CHASSE AUX FANTÔMES 267 que l’Èglise leur défend de s'y livrer, mémo par manière de jeu ; ils s’en abstiendront pour d’autres motifs dont l’importance n’échappera à aucun esprit avisé, le déséqui librement des facultés, l’affaiblissement du sens moral. Le spiritisme relève de la police des mœurs. E.
V. (Extrait de VÉcho provincial de Brest.) Voyage au pays de la quatrième dimension LA CHÂSSE AUX FANTÔMES Au début de ia seconde période scientifique, on com mença à comprendre, petit à petit, que l’homme n’était point le roi de la création, mais que les animaux, les plantes et les choses devaient prendre une large place dans la vie générale de l’univers.
Déjà, en y réfléchissant plus attentivement, on s’était rendu compte de l’immense supériorité industrielle des vé gétaux qui, sans usines colossales, sans force motrice ex travagante, sans mécanismes ingénieux ou compliqués, parvenaient le plus simplement du monde à produire les matériaux les plus compliqués de l’univers.
Une simple graine germant dans un terrain, poussant quelques raci nes, une tige et des feuilles, et c’en était assez, suivant la nature particulière de la graine, pour produire les effets les plus complexes. Du même terrain, telle plante pouvait tirer les matières colorantes les plus riches, telle autre de subtils parfums, telle autre encore des fruits capables de nourrir l’homme d’une façon substantielle ou délicieuse.
Au point de vue chimique, les plantes prenaient égale ment l’avantage sur les laboratoires scientifiques les mieux organisés. Sans recourir à des appareils compliqués, elles restituaient du carbone là où on ne leur avait donné que de l’acide carbonique : elles réalisaient de la matière vi208 l’initiation vante là où on ne leur avait fourni que des corps inc-rtes.
A elles seules, au moyen de procédés d'une déroutante simplicité, les plantes réalisaient les plus in\ raisemblables transmutations d'un corps simple en un autre que les phi losophes, les alchimistes ou les savants des temps passés n’eussent point oser rêver.
Aussi bien se forma-t-il rapidement, dans le monde scientifique, une violente réaction contre le mécanisme traditionnel, et l’on se prit à étudier avec ferveur le méca nisme autrement ingénieux de la vie végétale.
Bientôt, le progrès aidant, on assista à une véritable lloraison de plantes industrielles, savamment adaptées, profondément modifiées, et capables de reproduire en gros les phénomè nes que la nature n’avait jusqu’alors réalisés, pour ainsi dire, qu'à titre d’échantillons. Sans doute ces plantes nouvelles, ainsi adaptées à de nouvelles fonctions, furent-elles fort différentes des plantes anciennes.
On vit des usines agricoles s'installer sur des surfaces considérables de terrain, et les forets ou les champs d'autrefois prirent l'aspect d'ateliers immenses,entièrement asservis aux besoins de la production.
Les tiges intermé diaires subsistaient seules entre le sol et les machines; le terrain, profondément modifié par des engrais chimiques, par des produits nécessaires, assurait une fécondité excep tionnelle aux tiges végétales, dont l’autre extrémité abou tissait directement aux salles de réception des marchan dises. On réalisa en ce genre des merveilles.
Quelques minutes suffirent pour que la matière à transmuer fut incorporée dans le sol, aspirée par les tiges, déversée, transformée sur les tables de manutention, empaquetée et expédiée aux quatre coins de l’univers.
On produisit ainsi de tout, et ce fut une époque de sur production dont le plus grave défaut, au dire des poètes, fut de supprimer définitivement de la terre tout ce qui en faisait jadis la grâce et la beauté. Mais l’ambition insatiable des savants ne s’en tint pas à ces premiers résultats.
LA CHASSE AUX FANTOMES 2Oq Les recherches concernant la quatrième dimension avaient prouvé, d’une façon définitive, que les différents corps d'êtres vivants ou inanimés se composaient tous de trois dimensions extérieures et d’une quatrième dimension complétant leur structure intime.
Cette quatrième dimen sion s’était révélée à l’homme depuis les premiers âges du monde, par le fonctionnement de l’intelligence ; elle s’était révélée aussi lors des premières recherches hypnotiques, par le dédoublement de la personnalité, par la création de doubles fantomatiques émanant du sujet hypnotisé, se tenant à ses côtés, reliés à lui par un simple cordon de matière impondérable.
On avait même remarqué, dès le début, que lors de ces dédoublements, le sujet hypnotisé ne raisonnant plus qu’à trois dimensions, devenait absolument inintelligent, tandis que tous les phénomènes de conscience se localisaient dans le double représentant la quatrième dimension.
Sans doute, avec les progrès de la science, avait-on re mis les fantômes à leur véritable place ; ce n’étaient plus, comme on le croyait jadis, des êtres malfaisants, extra terrestres et mystérieux, mais de simples émanations de personnes vivantes, faisant partie de leur personnalité, et, par conséquent, infiniment inférieures à elles.
Quelques observations habilement faites, dès le début, avaient prouvé qu’en ces matières les animaux doués avant tout d’instinct, se trouvaient être plus clairvoyants que les hommes intelligents, et que ces manifestations de dédou blement très inférieures, leur étaient plus facilement sensi bles qu’à leurs maîtres.
On citait même l’anecdote de cette darne clairvoyante qui, se promenant dans la campagne avec une amie qui n’était point douée de seconde vue, avait déclaré qu’elle voyait un fantôme de chien marchant devant elles.
On avait mis sa parole en doute, jusqu’au moment où, pas sant devant une ferme, on avait vu un chat sortir d’une grange, se disposer à traverser la route libre et s’arrêter brusquement au moment où il avait rencontré le fantôme du chien qui venait en travers de son chemin. Brusque ment, il s’était hérissé, avait sorti ses griffes, soufflé bruyamment, et, affolé, avait rebroussé chemin à toute vitesse vers la porte d’où il sortait.
270 l'initia: ion Ainsi donc, les animaux, mieux que les hommes, dis cernaient parfaitement les émanations fantomalcs éparses dans l’univers. Du jouroùl’on comprit toute l’utilité qu’il y avait pour les usines nouvelles à s’approprier ce fluide vital perdu un peu partout sous la forme inutile de fantômes, on s’avisa de recourir aux animaux pour traquer et pour capter ces forces inutilisées.
Au lieu de laisser les fantômes effrayer inutilement des esprits timorés, au lieu de leur permettre de renverser des meubles, de hanter des maisons ou des châteaux aban donnés en se livrant à toutes sortes de travaux inutiles, on s’efforça de les capter pour mettre leurs forces vitales au service de la science.
On dressa un peu partout des pièges spéciaux à trois dimensions, contenant, pour amorce, un germe vital à quatre dimensions, et l’on se servit de nouveaux chiens clairvoyants, analogues aux chiens policiers d’autrefois, pour rabattre les fantômes vers ces pièges.
Ce fut ainsi une chasse émouvante, parfois même ter rifiante, qui dura pendant plusieurs mois ; mais lorsque les fantômes hurlants, désespérés, furent captés dans les ateliers publics et astreints aux plus durs tiavaux, la vie universelle, débarrassée de ces éléments de trouble, pour suivit avec calme ses recherches nouvelles vers l’in connu. G. de Pawlowski. Extrait du Journal VAuto, 29 Juin ¡910.
MARTINISME L'organe occultiste Isida devient l’organe officiel des Martinistes en Russie. Nous félicitons le rédacteur Antoschevski et prions nos journaux frères d’insérer ceite nou velle preuve du mouvement martiniste en Russie.
CONFÉRENCE PAR M. BUISSON 27 [ CONFÉRENCE Faite le 3 Septembre 1910 par M. BUISSON Camarades, Debout ! J'ai entendu les cris de l’hyène. Là-bas, à Rome, Mgr Merry del Val a fulminé dans l'ombre. Sur la terre entière tout ce qui est vil, qui rampe et qui pue l'obscurantisme à plein nez s’en inspire et glapit. Sus au modernisme ! au bûcher, à la torture, l’hérétique qui fait apparaître les morts.
Maintenant..., écoutez le sinistre et éloquent moine, le Révérend Père, celui qui dans une conférence au cercle a tenté de m’assassiner moralement. C'est en cherchant jésuitiquement, et là est le crime, à m’empêcher à tout prix d’être considéré comme un homme sérieux par la grande Presse. Il pensait peut-être que les calomnies, le désespoir, la maladie, les attentats m’achève rait. C’est le contraire qui a lieu !!...
La Presse tout entière me fut favorable’.... Le spiritisme existe, dit-il, criminel instrument, merveil leux aux mains de quelques-uns, pour d’inavouables cam pagnes. Il existe parce que la science officielle en retard presque toujours sur les savants a eu le tort de se désintéresser de ces purulences morbides, contagieuses qu’ils auraient dû analyser et enrayer. Il existe comme une épidémie contre laquelle le temps semble venu d’agir.
Luttons parla bro chure, par les livres, par la critique, par la législation même. Je fais ici abstraction de mon caractère de prêtre et je déclare, conscient de ce que j’avance et ne reculant devant aucune responsabilité. Enfermons les fous dange reux, prévenons les inexpérimentés.
Or, m'a-t-on affirmé, il se publie un livre en ce moment à Rome recommandé par la sacrée congrégation de l’index, béni par Notre SaintPère le Pape qui dit : C’est faire œuvre pie que d’anéantir le spirite hérétique au premier chef, par le fer, le feu, le poison même. Écoutez parler un savant, Gustave Lebon, le célèbre
O — L INITIATION analyste de la lumière noire : « Je ne nie pas, dit-il, en substance. J’institue de concert avec le prince Jérôme Bonaparte, un prix de dix mille francs destiné avec l’aide du Matin à récompenser un médium.
Je n’olfrc donc pas, comme on l’a improprement répété un défi, mais un prix d'encouragement à la production de faits que je n’ai pu constater jusqu'à ce jour. » Il ajoute pi us tard cette phrase, lourde de conséquences, parce qu'elle révélé l’état d’âme de la tourbe dirigeante et capitaliste des exploiteurs du peuple:« Si on nous force de les constater, ces faits, nous retombons dans la basse sorcellerie... » Que veut-il dire ?) Allons plus loin dans le fond de la pensée d'un de nos plus furieux adversaires.
Il est regrettable que l'inquisition ait été aussi douce, puisque ces pratiques révolutionnaires ont survécu. On devrait chercher dans le Jardin des Sup plices d'Octave Mirbeau, celui qu’il conviendrait d’appliquer à ceux qui propagent l’étude scientifique de cette question. Vous connaissez le Jardin des Supplices où s’étalent, décrits par une plume impitoyable, certains raffinements de cruauté inouïe.
Le patient est placé de force sur un pot de fleur, contenant des rats affamés, avec une tige rougie au feu, on les irrite jusqu’à ce qu’ils arrivent dans son ventre. Rongé et déchiré, le malheureux meurt lentement au milieu d'indicibles souffrances. L’ancien Syllabus ordonnait l’anathème, à qui dira que la science doit marcher de pair avec la religion et le pro grès.
Que celui qui l’a encouru soit dépossédé de ses biens, enfermé, torturé dans ce monde et dans l’autre, dans les enfants de ses petits-enfants, jusqu’à la sixième génération, clamait celui qui s’intitulait sur terre le représentant du Dieu de Miséricorde et de Pardon. Le descendant de l’Étre sublime, dont il avait travesti et blasphémé la doctrine, le Christ. J’exagère? Lisez, c’est de l’histoire ancienne, mais elle est d’hier.
Pourquoi tout ce débordement de haine, d’hypocrisie? Est-ce parce que, à travers les âges, depuis la plus haute antiquité jusqu’à nos jours, l’évocation des morts a été la suprême espérance de ceux qui souffrent et qui implorent le secours de l’au-delà ? Il fallait asservir le corps et l’esprit des esclaves et tuer en eux avant tout... l’es pérance. D’abord réservée aux prêtres dans la Haute Égypte,
CONFÉRENCE PAR M. BCISSON 273 sous les Pharaons, puis à l’époque gréco-romaine, elle donna peu à peu naissance à des exploitations éhontées de mercantis, les mêmes, qui, aujourd'hui, vendent des coups de goupillons, des orémus et leurrent le prolétaire jusque dans la mort, lui promettent là-haut dans le paradis, pour tout potage, un strapontin bien assis et bien placé, permettant de tout voir et tout entendre parfaitement.
Je ne veux pas parler de ces prêtres admirables comme il en existe beaucoup et que je respecte: les Bourdaloue. les Fénelon, Mgr Lanusse, le Père Étourneau, Mgr Guibourd, évêque de Valence et tant d'autres, illustres par leurs vertus et dont le nom m'échappe. Je m'inclineaussi devant les humble'» prêtres, parias du clergé à soutanes rapiéciées, aux mains toujours tendues pour pardonner et faire le bien.
Je parle du mauvais prêtre, du Bodin, du Tartufi'e, conseiller des actionnaires de Notre-Dame de l'Usine, celui que vousconnaisseztous, toujours du côtédu manche, jamais du côté de l'outil. Le secret de l'évocation presque, se perdit peu à peu, puis vint l'inquisition avec le sinistre Torquemada, brûlant, torturant, pour ce fait, plus de deux cents millions d'hommes. Les bûchers sont encore fumants.
Mme la comtesse Ochleska, ex-interné des hôpitaux, a pu blié, avec photographies à l'appui, dans le Journal des Fa milles, le récit d'atrocités commises sur les spirites hospita lisés, le bain de punition dans lequel la démente était plon gée, tellement chaud que la peau se soulevait par squames : •on eut dit qu’elle était couverte d’écailles. L’une d'elles, une dame P..., est restée ainsi six mois avant que la mort ne la délivre.
Cette affirmation a été d’ailleurs récemment reconnue exacte et confirmée au Conseil géné ral de la Seine, où un honorable conseiller raconta à ses collègues des faits plus épouvantables encore.
C’est grâce aux violentes campagnes de Jacques Dhur et aux faibles voix comme la mienne que nous avons réussi à faire amender la loi concernant les aliénés : voilà donc la torture «modem style» que voudraient rétablir nos adversaires les plus féroces et les plus exaltés.
Quelles que soient les divergences d’opinions, de doctrines, de nuances même, nous les spirites, nous prêchons la pure doctrine du bien, celle des Chrisna, Çakya-Mouni, Bouddha, Confucius, Moïse, le Christ, Mahomet, Allan Lardee. des sociolo18
l’initiation 274 gués tels que E. Reclus, Markx, Tolstoï, Spencer. Saluons l’admirable figure de notre protectrice Louise Michel, dont les idées et la vie toute de charité et de dévouement forcent l’attention et le respect. Et tutti quanti, comme on dit en Italie. Pourquoi cette haine alors ?
C’est, avoue le Père, au nom d'une petite coterie parce que les spirites se recrutent parmi les rêveurs révolutionnaires ou anarchistes, puis parmi les endoloris, les meurtris, les endeuillés, êtres d'un sentimentalisme exacerbé, besogneux, des sensibles aux supra-terrestres consolations, embrassant fiévreusement une doctrine qui dit à l’époux inconsolable: « Je te ferai voir avec les yeux de la raison scientifiquement et non avec ceux de l’hallucination, en vérité, ton épouse et tu lui parleras, mouleras ses formes extériorisées, photo graphieras ses traits chéris, enregistreras sa voix au pho nographe ; elle sera là, bien vivante aussi tangible, palpable qu’aux premiers jours de votre union. » Puis des déçus irrévocablement croyants mais quelque peu aristo cratiques que certains conseils ont froissés ; qui ont ren contré une religion revêche administrative, tatillonne, indifférente et hautaine à l’heure même où ils avaient le plus besoin d’elle.
Oui,c’est vrai, mais ce qu'ils n’avouent pas, c’est que précisément ces pratiques sont appelées à ruiner non seulement le commerce de quelques gens d’Église mais encore à détruire le Dogme de l’infaillibilité. C’est mettre leurs agissements tortueux en contradiction flagrante avec la vérité démontrée parla méthode rationnelle mise à la portée de tous.
« Le spiritisme sera révolutionnaire ou ne sera pas », écrit Charles Richet, membre de l’institut. Dans une conférence que j’eus l’honneur de faire à Ménilmontant, je disais ceci : « L’étude rationnelle du spiritisme donne au prolétaire la facilité de traiter de gré à gré, d’égal à égal les tyrans ». En effet, l’envoûtement et la magie lui permettent d’atteindre son adversaire sûrement, si haut placé soit-il.
Le spirite a une puissance illimitée pour le mal ou le bien, à volonté. D’après les phénomènes que vous avez vu, il est facile de conclure que vous pouvez porter la mort invisible et silen cieuse à l’aide des auxiliaires puissants que sont les esprits. J’ai fourni à cet égard des preuves irréfutables. Depuis
CONFÉRENCE PAR M. BUISSON 2y5 Jacques Molay, citant Philippe V à comparaître devant le tribunal de Dieu, jusqu’au colonel de Rochas qui recon stitua scientifiquement l’envoûtement tel qu’on le pratiquait autrefois au temps de la Brinvilliers et de la Montespan, tout atteste la puissance formidable de l’au-delà. Cher cheurs de vérité, il nous faut séparer le bien du mal.
Il est écrit : les exploiteurs finiront tous dans l’imbécil lité et la démence ; n’est-ce pas eux les inconscients dans leurs feuilles vendues au capitalisme qui enseignent au peuple l’art et la manière de se débarrasser de quelqu’un par la ruse et la science psychique. Les méchants trouve ront toujours leurs maîtres. Il faut que toute mauvaise action se paie tôt ou tard.
Les journaux bien pensants sont encombrés d'annonces, offrant la toute puissance, à l'aide de la magie. Fatras, peut-être ?... Mais, la vérité s’en dégage quand même... Et ceux qui ont à se défendre en profitent. Cette puissance terrible, entrevue par Goethe dans Faust, existe. Huysmans, dans Là-bas, l’a décrite.
Le Matin, dans son feuilleton la Roue fulgurante, de Jean de la Hire ; le Rayon ardent, d’après les travaux de MM. Bellénait et Tosi annoncent qu’un réflecteur d’ondes hertziennes dirigé d’un galetas peut faire déflagrer des obus, des torpilles, sauter des cuirassés, des poudrières, anéantir des armées. Un exaspéré ne peut-il aussi, à l’aide d’esprits, empoisonner les sources ? tuer le mandarin ?
Et croyez-vous que le peuple conscient, instruit, n'est pas en mesure maintenant de poser un ultimatum à ceux qui veulent lui ravir sa liberté ? Je comprends l’émoi des oppresseurs. Il est désagréable pour celui qui est persuadé d’avoir les autres à sa merci de s’apercevoir qu’il s’est trompé grossièrement.
Le spiri tisme est l’arme des faibles, des opprimés; si je ne crai gnais de paraître paradoxal, je dirais le faible sera telle ment fort et armé qu’il en sera plus faible et désarmé par sa conscience. Tel serait un enfant, martyrisé par un pharmacien quel conque. Cela s’est vu ; c’est une simple supposition.
Las de souffrir en vain, cet enfant s’empare de la clef de l’ar moire aux poisons : il peut se venger, défendre sa vie, il a sous la main des toxiques qui ne laissent aucune trace. Il n’en peut plus, il va agir, faire justice; soudain il hésite, sa
l'initiation 2/6 conscience parle, il a peur de disproportionner le châti ment avec ¡’offense, d’être exécuteur de hautes oeuvres. Magnanimité que Corneille, en vers, eût chantée, il par donne alors, parce qu’il est vraiment fort... Il est bon que l’on sache cela ! La crainte réciproque est le commencement de la sagesse, elle amènera la concilia tion.
Nos pratiques intéressent prodigieusement la classe ou vrière qui chérit cent mille fois plus ses disparus, que dans certaines classes dites supérieures, où l’on attend impatiemment, où Ton provoque souvent à l’aide de crimes la venue de l’héritage du père ou de la mère.
Chaque fois que vous vous trouverez en présence de quel qu'un d’hostile systématiquement, lequel empêche les autres de vérifier par eux-mêmes, vous pouvez être sûr que son hostilité masque de vilaines actions, qu’il a peur du revenant qui dévoilera soudain son ignominie plutôt que d’un état d’âme sentimentaliste, exalté de mysticisme religieux. On nous évalue, en Europe, à plus de 200.000.
Nous avons des journaux, des revues, de l’argent ; nous sommes une puissance, voyez le présent. Au G. *. O. *. D. *. F.-., le vénérable docteur Moutin, sous la prési dence de M. Loubet, ancien président de la République, assisté de M. iMaurice Bertaux, ex-ministre de la Guerre, fait des conférences et expériences spirites et psychiques. Il continue ainsi gratuitement dans toutes les salles ■des fêtes des mairies de Paris.
Sans cesse sur la voie publique, dans les clubs, groupes ouvriers, partout votre serviteur fait de son mieux. Dans les grandes villes, Léon Denis, Gabriel Delannes, ancien élève de l’Écolc centrale, en répandent l’idée et la pratique. Dans la grande Presse, des savants ¡’attestent : sir W. Crookes, le plus grand chi miste de l’Angleterre; la célèbre Mme Curie, Charles Ri chet, Ochorowicz, Youriewitch, Morselli, l’inventeur de la T. S.
F. ; Flammarion, Victorien Sardou, d’Arsonval, César de Vesme, Maxwell, le si distingué ex-procureur de la République de Saumur, maintenant procureur de la République, cette liste est telle qu’il faut un dictionnaire. Tout ce qui est supérieur est spirite: L’explosion de haine contre l’esprit cléricafard et rétrograde que l’assassinat de Ferrer a causé fut tel dans le monde entier que dès main
UN NOUVEAU MUSÉE 277 tenant il faut tout espérer de la liberté intégrale de l’ensei gnement. Nous allons vraiment, croyez-le, avec les hon nêtes gens de tous les partis, la main dans la main, irrésis tiblement vers le bonheur et l’avenir.
Adieu... je vais partir; des médiums précieux et dévoués, vous restent; puissent-ils toujours comprendre la gran deur de la mission qui leur est confiée, l'acte qu'ils vont accomplir, afin qu’ils y apportent la ferveur et le recueil lement nécessaires, qu'ils ne cessent de mettre en pratique les maximes éternelles : « Aimez-vous les uns les autres.. Tu chériras ton ennemi plus que toi-même.
Ce que tu sais,dis-Ie, tu ne mettras point la lumière sous le boisseau.. Tu ne jetteras pas non plus de perles aux pourceaux, de crainte qu’ils ne les foulent aux pieds. Sème au vent, la bonne semence, qu’importe le terrain où tombera le grain, la récolte appartient à Dieu, c’est-à-dire à la force intelli gente et créatrice qui nous gouverne tous. » Septembre, igio.
UK N©UVEAU MUSÉE Encouragé par de nombreux savants, un jeune et déjà illustre professeur Emile Schaüb à Genève (Suisse) se pro pose de créer un Musée et Laboratoire de photographie transcendentale où il collectionnerait les plaques, clichés, ouvrages, brochures, en un mot tous documents concer nant ce genre de photographie.
Il en possède déjà un certain nombre, mais, désireux de donner plus d’extension à cette vaste entreprise, il fait appel aux lecteurs de Z7nz7zuizon et à toutes les personnes s’occupant de spiritisme, en les priant de vouloir bien lui adresser les photographies, plaques ou épreuves, Ouvrages anciens ou nouveaux dont ils pourront disposer.
Il serait heureux de recevoir en même temps si possible >• le portrait de l’opérateur ou de l’auteur de l’ouvrage. Adresser correspondances et envois au docteur Émile Schaüb, académicien, 5, rue des Roches, à Genève (Suisse).
278 l’initiatiox NOTRE COURRIER Adresser toutes les communications concernant Notre Courrier au secrétaire de la rédaction» M. Combes Léon, villa Thoth Hermès, place Rondelet, Montpellier. M. Combes Léon, en présence du nombre considérable des personnes qui lui écrivent à propos de « Notre Cour rier » prie ses correspondants qui désireraient une ré ponse, autrement que par la Revue, de vouloir bien ajouter un timbre pour celle-ci.
Un jeune Helvétien qui possède, assure-t-il,de brillantes facultés curatives nous fait demander si une personne cha ritable, parmi nos lecteurs, voudrait lui fournir les moyens d’étudier à l’Ecole de magnétisme de Paris. Il s'engagerait à rembourser les dépenses faites pour lui dès qu'il récol tera ses premiers gains. Écrire à M. Combes Léon qui transmettra à l'intéressé les offres faites, ou passer simplement une note pour Notre Courrier.
SINEDRIUM VICTORIA On nous écrit de Bucarest : Je viens de lire dans le n° 8 du Voile d'Isis un article intitulé : « Les Démoniaques de Grèzes », concernant une religieuse, nommée sœur Saint-Fleuret, atteinte d une espèce de folie qui fait qu’elle se croit possédée du diable et que sa supérieure, ses compagnes, les autres sœurs de l’orphelinat et même presque tous les ecclésiastiques le croient également et qu’enfin, elle souffre depuis une douzaine d’années sans que personne puisse la guérir.
Comme je sais que le domaine de l'occulte vous est connu et que vous vous intéressez sincèrement à ceux qui souffrent, je vous prie de bien vouloir faire publier la pré sente dans votre Revue philosophique des hautes éludes, afin que les lecteurs de l'Initiation s’édifient sur la possiGARDEZ-VOUS DES CHEMINEAUX 279 bilité d’une telle maladie, ainsi que sur ses moyens pré ventifs et sur sa parfaite guérison thaumaturgique.
Dans le Sinedrium Victoria de Bucarest, Strado Rotari, n° 32 (Roumanie), où les esprits supérieurs ont élu siège, toutes les maladies, analogues à celles de la sœur Saint-Fleuret, se traitent toujours avec succès et à titre absolument gratuit. Docteur Padéano-Broussoy. Bucarest, ce 17 août 1910.
Par la connaissance de leurs Signes Secrets et Cabalistiques que DÉVOILE parla PHOTOGRAPHIE Dans son Numéro du 5 Octobre ABONNEMENT : 3 Mois, France. : 1 fr. » ; Étranger. : 1 fr. 25 Un An, France. . . 3 fr. » ; Étranger. . 4 fr. > Avec délivrance aux Abonnés d’un An. d’un Carnet de 33 Boni (0 fr. 30 pour frais) LE NUMÉRO : 15 CENTIMES En Vente Partout
28o l’initiation Gardez-vous des OHeiTiÍTiea.-Li.x et des Bohémiens. Avec l'automne qui arrive, les routes sont sillonnées de ces innombrables roulottes et véhicules équivoques de toutes nuances, de toutes formes et de toutes dimensionsBientôt chaque village va être doté d’un de ces grouillants faubourgs où tous les patois, tous les charabias seront ar ticulés par un peuple bronzé et poussiéreux, d'un aspect plutôt inquiétant.
C’est que c'est la saison préférée des chemineaux et des Bohémiens et, les gitanos d'Espagne, les gypsies d’Angleterre, les zingaris d'Italie, les ciganos de Portugal et les zigenner d'Allemagne semblent se donner rendez-vous pour visiter nos villages et venir y commettre les rapines et les vols dont ils sont coutumiers !
Sans feu ni lieu, vanniers, rétameurs, rempailleurs de chaises, montreurs d’ours, diseurs de bonne aventure, mé tiers qu'ils adoptent pour mieux cacher leurs rapines, les éternels errants mettent en coupe réglée les produits de la basse-cour, des champs, des jardins et des bois, quand ce n'est que cela ! C’est une dîme forcée perçue dans nos campagnes.
Ils forment entre eux une grande association secrète et indiquent à ceux qui les doivent suivre dans les pays, par des signes tracés sur les murs des habitations, ce qu'ils peuvent obtenir des habitants.
Tel signe précise s'il y a un chien de garde, tel autre qu’il faut craindre la gendarmerie ou le garde champêtre, tel autre encore qu’il n’y a que des femmes dans la mai son et qu’on peut tout exiger, etc. D’après ces signes,qu’il est utile de connaître, ils opèrent ou se gardent d’entrer.
C’est pourquoi Jardins et basses-cours, toujours soucieu.x de renseigner pratiquement ses lecteurs, commence dans son numéro du 5 octobre prochain la publication d’une étude sur les mœurs, les habitudes et les procèdes, généralement employés par les Bohémiens pour dévaster nos campagnes. Ecrite sous la forme agréable d’un feuil leton et illustrée par de nombreuses photographies des
LIVRES NOUVEAUX 28i signes secrets et cabalistiques des romanichels, elle vous permettra de vous mettre en garde contre les atteintes de cette tribu de gens malfaisants.
Vous posséderez, en même temps, le Guide pratique par le texte et par l'image pour tous les travaux de la campagne, le plus pratique, le plus sûr et le meilleur mar ché puisque l’abonnement d'un an à ses 24 numéros, soit 768 pages et 400 gravures, ne coûte que 3 francs, en vous donnant des avantages incomparables : primes, consulta tions et renseignements, placement gratuit, service de transactions pour la vente de tous les produits du sol, de l’élevage, de la consommation, etc. En vente partout: ¡5 centimes et chez Hachette et Cie, boulevard Saint-Germain, Paris.
LIVRES NOUVEAUX Les publications de psychisme expérimental. — Notre ami Henri Durville fils, vient de créer, sous ce titre, au 3o, boulevard de Strasbourg, à Paris, une maison d’édition spéciale aux sciences psychiques : magnétisme, hypnotisme et suggestion, occultisme et magie, spiri tisme et sciences qui s’y rattachent.
Ses deux premiers catalogues — ouvrages neufs et d’occasion — viennent de paraître, ils sont illustrés des portraits des maîtres actuels de la science psychique: Papus, Lancelin, Lermina, Piobb, de Rochas, Durville, Fabius de Champville, Crookes, etc., et contiennent, de plus, des notices inédites, très étendues, sur la vie et l'œuvre de ceux qui se sont occupés de psy chisme.
L’un de ces catalogues est consacré aux ouvrages neu fs : quant au second, il est spécial aux ouvrages d’occasion et nous en trouvons près d’un millier à des prix extraor dinaires de bon marché, à 25 p. 100 et même 35 p. 100 au-dessous des cours actuels. Nous y trouvons entre au tres les ouvrages de notre directeur Papus, ceux d’Éliphas Lévi (abbé Constant), de St. deGuaita, etc., cotés très bon marché. Henri Durville fils, fait paraître en plus, dès le -
282 l'initiation 1er octobre, une revue mensuelle: la Revue du psychisme expérimental, sur 48 pages superbement illustrées. Docteur Marc Haven. — La Magie d'Arbatel. tra duite pour la première fois du latin de II.-C. Agrippa et publiée avec des notes et une introduction par le docteur .Marc Haven, 1 vol. in-iû, avec nombreuses ligures cl un portrait d'Agrippa, tirage à très petit nombre. Prix : 4 fr.
Publications de psychisme expérimental, Henri Durville fils, 3o, boulevard de Strasbourg, Paris-.\e.
De tout temps, la Magie a passionné les hommes : des ignorants et des crédules espérant obtenir par elle la satis faction de leurs égoïstes appétits, quelques savants devi nent en elle la voie secréte qui peut donner accès au sanc tuaire du devoir, les mystiques qui en ont accidentelle ment expérimenté la valeur, y restent attachés, s'y adon nent entièrement, ne pouvant plus désormais séparer les moindres actes de leur vie du sacerdoce magique auquel ils ont été appelés.
Il en a toujours été ainsi, sous diverses formes, quel que fût le degré de civilisation, l’état scienti fique des peuples aux âges primitifs. De nos jours, la cu riosité scientifique, la naissance des doctrines nouvelles, la constatation de faits psychiques autrefois considérés comme illusoires, donnent à la Magie un renouveau d’in térêt général.
Or, si le nombre est considérable des grimoires cachés dans l'arrière-boutique d’herboristes, dans les sacristies à la campagne, ou dans les autres des sybiIles parisiennes, en revanche les documents sérieu-;, les livres permettant d’entrevoir quelque chose de la théorie pratique sont plus rares, on pourrait même dire inconnus, si H.-C.
Agrippa et Paracelse n’avaient en quelques passages.de leurs œuvres indiqué le rapport secret mais logique qui joint la réalisa tion des phénomènes magiques à la philosophie occulte. Mais les œuvres d'Agrippa sont rares : son Traité d'Ar batel où la magie se trouve exposée à tous les points de vue : théorie, préparation, adaptation, réalisation, précau tions opératoires, n’avait jamais été traduite en français. Le docteur Marc Haven, en permettant au public de le
LIVRES NOUVEAUX 283 lire et de l’étudier facilement en y ajoutant quelques notes et une préface a ajouté un nouveau livre précieux à la col lection d'ouvrages occultes qu’il a déjà publiés ou tra duits. L’édition très soignée, tirée à petit nombre d’exemplaires ornée d’un beau portrait d’Agrippa,sera goûtée des biblio philes.
Quant à ceux qui veulent travailler les hautes scien ces, expérimenter et progresser, ils ne trouveront nulle part de livre plus clair, plus instructif sur l’œuvre et l’as cèse magique. Charles Lanœlin.— La Sorcellerie des campagnes, orné de 5 gravures (la Main de Gloire, le Cercle magique des pactes, le f antôme d’un vivant, le Fantôme d’un mort, Une blessure hyperphysique) et d'une planche repliée : la Table d’émeraude, i vol. in-8.
Prix : 8 fr. Publications de psychisme expérimental, Henri Durville fils, éditeur, 3o, boulevard de Strasbourg, Paris-Xe. Ch.
Lancelin, bien connu du public occultiste par plu sieurs ouvrages : Histoire Mythique de Shatan, Ternaire Magique de Shatan, l'Au-delà et ses Problèmes, etc., étu die d’abord, dans la Sorcellerie des campagnes, les Ori gines qu’il retrouve dans la haute science des sanctuaires d’Égypte et des vieux Mystères dont certains degrés diffu sés à la longue dans le public sont tombés entre des mains qui, inaptes à les recevoir, les ont dénaturés.
Il examine ensuite et successivement la Pseudo-Sor cellerie, celle des fraudeurs; la Sorcellerie fruste, celle des ignorants ; la Sorcellerie de magnétisme et la Sorcel lerie de Goétie, exercées l’une et l’autre par des gens in cultes, mais détenteurs de secrets redoutables. La Sorcel lerie des Bohémiens forme un chapitre à part, des plus cu rieux.
Ce n’est pas qu’il admette la réalité de tous les mé faits imputés dans les campagnes aux sorciers, mais il prouve que, dans ces croyances populaires, il y a beau coup de vérité, et il appuie ses affirmations de preuves tirées des meilleures sources, des observations médicales, des actes judiciaires, des archives,des faits contemporains ou personnels, etc.
l’i.NI 1IAT10N 284 Il donne ensuite une Physiologie du sorcier de cam pagne, où il étudie successivement la Croyance à la sor cellerie, les signes caractéristiques du sorcier, les Façons dont on devient sorcier : par initiation, par héritage, par aptitude...
Puis il consacre un long chapitre à toutes les Œuvres de sorcellerie rurale : parmi les œuvres majeures il indique comment se jettent et s'évitent les sorts, le mé canisme de la Lycanthropie et du Vampirisme ; parmi les œuvres mineures : le Sabbat, les Hallucinations, les Gardes, la Baguette divinatoire, etc. Enfin il conclut en étudiant le rôle négatif du Diable et celui, beaucoup plus réel, de la force astrale. Mais ce n’est pas tout.
A cet ouvrage déjà considérable, il a adjoint deux appendices.
Le premier est un Diction naire, le plus complet qui soit, de toutes les Recettes et Formules thérapeutiques de la sorcellerie rurale, plus étranges, plus extraordinaires les unes que les autres, qu'il a pu se procurer soit sur place et de première main, soit dans de vieux ouvrages techniques imprimés ou manus crits, et pour être aussi complet que possible, il a cherché dans la botanique, la chimie, la pharmacopée contempo raine, l’identification de tous les ingrédients et substances énoncées en des appellations les unes du moyen âge et dénaturées et les autres de terroir : ces recherches repré sentent, pour certaines, un véritable travail de bénédictin.
Le second appendice est une note très étendue, où, pour prouver la réalité des collaborations occultes des entités du mystère, et celle de la répercussion des blessures dans les cas de lycanthropie, il donne le récit détaillé d’expé riences personnelles,toutes récentes, faites devant témoins et entièrement inédites, qui montre que l’auteur, dans tout ce qu’il avance, ne s’est pas contenté de théories plus ou moins assises, mais qu’il les a vérifiées lui-même,pour la plupart, par la pratique expérimentale.
En résumé, la Sorcellerie des campagnes est à la fois un ouvrage de science très sérieuse et une œuvre de très haute curiosité qui a eu, dès son apparition, un succès considé rable. ★ Jules Lermina. — La Magie pratique. — Étude sur
LIVRES NOUVEAUX 285 les Mystères de la Vie et de la Mort. Nouvelle édition con sidérablement augmentée, ornée de gravures. Prix : 3 fr. 5o. Publications de Psychisme expérimental. Henri Durvillc fils, éditeur, 3o, boulevard de Strasbourg, Paris Xe. Ce livre, exposé clair et logique de la science occulte, est classé depuis longtemps déjà parmi les classiques de la science ésotérique.
L'auteur a su, dans une langue simple et compréhensible pour tous, aborder les problèmes les plus ardus de la destinée humaine, dans toute la série de ¡’évolution prise à la naissance et continuée au delà du tombeau Se tenant à égale distance de l'incrédulité irrai sonnée et du mysticisme, Jules Lermina a su tirer des en seignements les plus subtils de la science occulte l'essence même d'une théorie de la justice et de la morale.
Ce livre, qui était devenu introuvable en librairie, a été remanié et augmenté par l'auteur qui, se tenant au cou rant des derniers progrès de l’occultisme, s’est inspiré des dernières constatations scientifiques qui ont révélé des phénomènes nouveaux et incontestables et ainsi parachevé un véritable manuel de la science psychique.
Afin de donner une idée plus complète de l'importance de cet ouvrage, nous donnons un aperçu de son contenu : Livre 1. Le Surnaturel.
La genèse, Wronsky, Crookes, la matière radiante, les médium Home, Mlle Cox. évoca tions de fantômes, les sciences maudites, les mains fluidiques, les photographies spirites, hypnotisme et magné tisme, le médium polyglotte, les apports, les expériences de Gibier et de Mac Nab, les fantômes des Vivants et des Morts. Livre IL Les Vivants et les Morts: lagenèse.
Y at-il une vie future, les divers mois, la vie, la naissance et la mort, les trois mondes, le bouddhisme, l’occultisme, la théosophie, la lumière astrale, l’Akaça, les Mondes physi que, astral, spirituel, l’homme est la'taupe du monde astral, les plans, le karma, la constitution de l'homme, le corps astral ou double, les rêves et illusions, les pressenti ments, les élémentaux, les magiciens noirs, les élémen taires, les incarnations successives, le Nirvana, la Science occulte, les expériences extraordinaires de Mme Blavatsky, l’initiation de la base scientifique de la morale, etc., etc.
286 l’initiation ♦ « ♦ H. Durville. — Pour combattre les Névroses, Epilepsie, Hystérie, Chorée, Somnambulisme naturel, Double conscience, Catalepsie, Léthargie. In-8 deqS pages. Prix: 1 fr., à la Librairie du Magnétisme, 23, rue SaintMerri, Paris.
Quelques névroses, surtout l'épilepsie et l’hystérie, affec tent d'autant plus douloureusement l’humanité qu’elles sont extrêmement fréquentes, et que ia médecine officielle est à peu près impuissante, non seulement à les guérir, mais à les soulager, sans déterminer des troubles plus ou moins graves.
Comme tous les Pour combattre,ce petit volume est un véritable traité populaire qui décrit en détail les caractères de chaque affection, sa nature, ses causes, ses symptômes; et après avoir décrit les moyens que la médecine y oppose, indique, avec tous les détails nécessaires, plusieurs genres de traitement, dont le plus puissant et le plus facile à ap pliquer est constitué par le magnétisme, qui guérit le plus grand nombre des cas et atténue tous les autres. ★ * * H.
Durville. — Pour combattre les fièvres érup tives. Erysipèle, Rougeole, Scarlatine, Variole, Varicèle, Roséole, Rubéole. In-18 de 24 pages. Prix: 1 fr., à la Librairie du Magnétisme, 23, rue Sainl-Merri, Paris. Dans ce nouvel opuscule, avec la clarté, la simplicité et la précision qui lui sont familières, l'auteur décrit en peu de mots ces diverses affections.
Après un préambule néces saire, il expose leurs caractères principaux, le mode d’érup tion particulier à chacune d’elles, leur marche, leur durée, leur terminaison ; puis il indique le traitement — hygié nique et magnétique qui leur convient.
Comme ces affections menacent presque exclusivement l’enfance et que leur traitement est à la portée de tous ceux dont la santé est à peu près équilibrée, ce petit ouvrage doit être entre les mains de toutes les jeunes mères, car celles-ci peuvent très souvent les éviter, toujours les diag
LIVRES NOUVEAUX 287 nostiquer et les traiter ; etcelà, dans le plus grand nombre des cas, sans le secours du médecin. L’ouvrage se termine, comme presque tous ceux de la collection, par des Exemples de cures, qui peuvent et même qui doivent servir de modèles et de guides. * * ¥ Bibliothèque du magnétisme et des sciences occultes. Bibliothèque roulante. Prêt à domicile, Catalogue des Ouvrages de la langue française.
In-18 de 84-36 p. Prix : 20 centimes, à la Librairie du Magnétisme, 23,rue Saint-Merri, Paris. C'est le catalogue des ouvrages de langue française que la Bibliothèque du Magnétisme met à la disposition des lecteurs. Tous les ouvrages, qui composent cette collection unique au monde, sont classés en 7 chapitres: Magné tisme, Hypnotisme, Massage. — Occultisme, Theoso phie. — Spiritisme, Télépathie. — Philosophie, Religion. — Sciences naturelles.
Médecine. — Littérature, Théâ tre, Romans, Histoires, Voyages. — Périodiques, Jour naux et Revues, Annuaires, Almanachs et autres publi cations annuelles. Cette longue liste d’ouvrages, dont les deux tiers au moins sont épuisés en librairie, est suivie d’un Règlement de la Bibliothèque.
.2 SS l'initiai ¡on APPAREILS D’OCCULTISME Boules hypnotiques. — Miroirs hypnotiques.— Disques d’entraînement. — Appareil système frontal. Planchettes à médium extra-légères de tous modèles. - Couronne aimantée du Dr Encausse.
Miroirs planétaires. — Miroirs magiques. — Baguettes magiques. — Objets pour autel magiques. — Appareils contre l’envoûtement, du Dr Papus. — Appareils pour donner ou renforcer la médiumnité. — Biomètres, sténomètres, etc. Construction d’appareils sur une idée donnée ou sur un plan. LÉONIS, Ingénieur-Constructeur (breveté S. G. D. G.}, 3qi , rue des Pyrénées, Paris (20e). Librairie Générale et Internationale G.
FICHER PARIS — 6, rue de Savoie, 6. — PARIS Retrouvé, traduit du latin, et publié pour la première fois avec une introduction Par le MARC-HAVEH Un volume petit in-8 sur beau papier vergé, orné d'un portrait et du sceau de Cagliostro. Tirage à 5oo exemplaires....................................... 5 irDix exemplaires sur japon impérial, numérotés ■ à >°................................................... (¿P<< isés). 12 frLe Gérant : Encausse. Paris. — Imprimerie E. Arrault et Cic, 9, rue N.-D.-de-Lorctte.