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L Initiation -Revue philosophique des Hautes Études mensuellement sous la direction de E’A.F’TTS 88” V O L. U M E . — 23,na ANNEE SOMMAIRE DU N° 10 (JllS 1910) PARTIE PHILOSOPHIQUE Le Psychologue, avec une lettre autographe de sir W. Crookes (p. i à 7)............................................ Papus. Les Elémentals et la recherche des trésors (p. 8 à 21). Petit-Albert. Les Curiosités de l'Occulte (p. 22 à 26)................... C.-B.
Les Tortures du suicidé en l'au-delà (p. 27 à 3g). . Punar-Bhava. Les Hypostases (p. 40 à 5o)....................................... ültimus. Hypothèses cosmologiques (p. 5i à 67)........................ L. T. La Pétrothérapie occulte (fin) (p. 68 à 72). . . . C. B. PARTIE INITIATIQUE « La Force Psychique, avec 4 gravures (p. 70 à 78) . Papus.
Notre Courrier. — Ordre Martiniste. — Les Indigènes de l’Alaska. — Les Poètes de la Touraine. — Bibliographie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 5, rue de Savoie, à Paris-VIc. Téléphone — 816 09 Tout ce qui concerne l’Administration : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adressé à la » Librairie Générale et Internationale G. FICKER PA RIS — 4 et 6, Rue de Savoie, 4 et 6 — PARIS • VW l'Vn — Un An : DTK FRANCS
PROGRAM Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qu essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; les n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans s une des torces purement spirituelles par l’hypnotisme et i . ^gestion à distance. Effrayés des résultats de leurs propres e : ces, les Matérialistes en arrivent à les nier.
L7?i! *:aHon est l’organe principal de cette renaiss-.., e spiritua liste dont les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains. Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, Y Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent ^arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin [’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les etudes de Science Occulte.
L'Initiation parait régulièrement à la fin de chaque mois e: compte déjà vingt années d’existence. — Abonnement : 10 francs par an. (Les colleciions des huit premières années sont absolumen: épuisées.)
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. LE PSYCHOLOGUE Le psychologue est habitué aux constatations minu tieuses, aux mesures exactes. Pour lui, toutmouvement nerveux est enregistrable ou transformable en formule positive.
Il se méfie par métier de son imagination et ne lui laisse aucune marge dans l’appréciation des faits qu'il étudie. Quand un psychologue de cette droiture applique aux phénomènes psychiques sa méthode d'une ma nière impartiale, comme s’il étudiait un réflexe de grenouille ou une contraction de fibre striée, on est assuré d’obtenir des remarques du plus haut intérêt et on peut nommer Flournov, Lombroso et quelques autres.
Je ne cite pas sir William Crookes parce qu’il est avant tout physicien, ni Ch. Riche ou Ochorovitch parce qu'ils sont surtout physiologistes, mais ils sont tous des savants loyaux d’une méthode vérita blement scientifique et ils ont fait leurs preuves dans d’autres genres de recherches. c* 1
2 l’initiation [Juillet Ce qu’il faut démasquer ce sont les faux psycho logues voulant trancher ex cathedra des problèmes psychiques aussi complexes que ceux des faits spirites sans avoir rien fait avant pour prouver leurs connais sances scientifiques et leur habitude d’expérimenta tion positive.
Ceux-là sont la plaie des sociétés de savants, car ils sont poussés à remplacer par un esprit de négation absolue les constatations positives et réelles qu'ils sont amenés à faire, au cours de séances sérieuses. Pour se faire pardonner leur absence de titres réels ou leur incompétènce supposée ils exagèrent le scep ticisme, à tel point qu’ils ont souvent accusé de véri tables savants qui ont fait leurs preuves de ne pas être assCy sérieux !
Paraître sérieux — tout est là. — Mais comme ces malheureux ont vite fait de montrer, sous des dehors esbrouffeurs, le vide de leur cerveau et l’ignorance des principes que possède tout savant digne de ce nom !
Nous ne voulons faire ici aucune personnalité car c’est une question générale que nous traitons et nous allons seulement prendre quelques exemples positifs de mauvaise foi ou d’ignorance des lois élémentaires d’expérimentation ou de recherches positives. Tous les chercheurs connaissent les remarquables expériences de Sir William Crookes.
Ces expériences ont été conduites avec une telle rigueur scientifique qu’elle ont « bouché le bec » de pas mal de faux psy chologues. Certains journalistes auxquels on pardonne leur
LE PSYCHOLOGUE 3 igiOj ignorance de cette question technique ont pu, après de copieux apéritifs lancer cette boutade : « Crookes a été mystifié, son médium lui a avoué sa tricherie. » Venant d’un journaliste cette boutade n’a aucune importance scientifique.
Un chercheur de bonne foi, entendant cela, aurait seulement pris la peine d'écrire à Crookes qui est l’obligeance même, ou aurait pris le bateau pour de mander la vérité sur cette question qui pouvait être vraie ou pouvait être fausse. Justement Crookes a pris la peine de répondre, il y a peu de mois, sur une question à ce sujet qu’il était aussi sûr à ce moment de la réalité des phénomènes qu’à l’instant de l’expérimentation.
Or, un de ces faux psychologues a eu l’audace de rééditer dernièrement cette fable absurde, sans prendre la peine de faire aucune vérification et seulement pour appuyer ses négations absurdes.
Je prétends que ce faux psychologue s'est mis lui même au ban de tous les chercheurs sérieux et que tant qu'il n’aura pas fait la preuve de son affirmation concernant sir William Crookes, il peut être consi déré comme le dernier des expérimentateurs digne de ce nom.
Ce qui est arrivé à Richet, dont on a nié les expé riences les plus concluantes en inventant une trappe qui n’a jamais existé que dans le cerveau des journa listes, nous montre toutefois qu’on ne saurait procéder avec assez de rigueur dans la destruction d'une affir mation issue de l’ignorance, car nous n’osons pas penser à la mauvaise foi.
4 l’initiation Aussi j’ai pris le parti d’adresser à Sir William Crookes la lettre suivante : Très illustre Maître, Un psychologue français prétend que votre médium Miss Cookevous a déclaré qu’elle vous avait trompé et que les apparitions de Katie King étaient produites par tricherie. Comme je suis persuadé que c'est une erreur, que vous avez déjà eu la bonté de démentir en 1900, je viens vous prier dans l’intérêt de la cause spiritualiste tout entière de démentir cette informa tion. Comme je veux procéder d’une manière scienti fique à la réfutation de cette calomnie, je prends la liberté d’accaparer un peu de votre précieux temps. Veuillez croire, très illustre maître, à toute mon admiration. Encausse. Paris, 28 juin 1910. Voici la réponse de Sir William Crookes et la tra duction de cette réponse faite par un traducteur asser menté :
5 LE PSYCHOLOGUE 7. Kensington Pafk Gayàens. Lonàon.W. June 30th,1910. Dr. 5 Rue de Savoie,5, Pans. (6me.) Dear Sir, I already have denied the truth of the report you mention. I can only repeat that it- is absolutely false, and has no shadow 'q of a foundation for its repetition. Believe me,
6 l'initiation (Traduction) 3o juin 1910. Docteur Encausse, 5, rue de Savoie^ 5, Paris (6mc). Cher Monsieur, J'ai déjà démenti l’exactitude du rapport que vous mentionnez. Je ne puis que répéter qu’il est absolu ment faux, et qu'il n’y a pas l'ombre de fondement en vue de sa reproduction. Croyez-moi votre tout dévoué. William Crookes. Je soussigné, expert traducteur-juré, assermenté près la Cour d’appel de Paris, certifie que ce qui précède est une traduction conforme au texte original que j’ai visé Ne Varietur n° 8oo3. Paris, le 2 juillet 1910. R. Gluck. Il serait utile, après cette mise au point, d’établir un pilori de faux psychologues, coupables de menées dans le genre de celle que nous venons de dévoiler et de détruire. Autant le vrai chercheur devrait être encouragé, autant le négateur de parti pris devrait être impitoya blement exclu de toutes les séances sérieuses.
LE PSYCHOLOGUE 7 Que les médiums et les directeurs de groupes éta blissent la liste noire des faux psychologues et, après les colères justement provoquées, ils auront rendu à la cause spiritualiste un signalé service. Papes. N. B. — La reproduction du présent article est li brement autorisée dans l’intérêt de la cause spiritua liste en citant V Initiation. r
LES ÉLËMENTAL Et la Recherche des Trésors (D’après le “ Petit Albert ”) Des Esprits des Éléments Je révolterai peut-être bien des gens contre moi, si je dis qu’il y a des créatures, dans les quatre éléments, qui ne sont ni purs animaux, ni des hommes, quoi qu’ils en aient la figure et le raisonnement, sans en avoir l’âme raisonnable.
Le céleste Paracelse en parle encore plus clairement, en disant que ces peuples des éléments ne sont pas de la tige d’Adam, quoiqu’ils paraissent de véritables hommes ; mais que c’est un genre et une espèce de créatures toute différente de la nôtre.
Porphyre, enchérissant sur Paracelse, dit que non seulement ces créatures sont raisonnables, mais même quelles adorent et reconnaissent Dieu par un culte de religion; et pour preuve de son dire, il rap porte une Oraison très sublime et très mystérieuse d’une de ces créatures qui habite dans l’élément du feu sous le nom de Salamandre ; peut-être que je ferai plaisir à mes lecteurs deleur en donnerune copie, qui sera utile dans la suite.
LES ÉlÉMENTALS ET LA RECHERCHE DES TRESORS Oraison des Salamandres Immortel, Éternel, Ineffable et Sacré Père de toutes choses, qui es porté sur le Chariot roulant sans cesse des mondes qui tournent toujours !
Dominateur des campagnes Ethériennes, où est élevé le trône de ta puis sance, du haut duquel tes yeux redoutables découvrent tout et tes saintes oreilles écoutent tout; exauce tes enfants que tu as aimés dès la naissance des siècles ; car ta durée et grande et éternelle majesté resplendit au-dessus du monde et du ciel des étoiles.
Tu es élevé sur elle, ô feu étincelant, et tu t’allumes et t’entretiens toi-même parta propre splendeur, et il sort de ton essence des ruisseaux intarissables de lumière, qui nourrissent ton esprit infini. Cet esprit infini produit toutes choses et fait ce trésor inépuisable de matière, qui ne peut manquer à la génération qu’il environne toujours à cause des formes sans nombre dont elle est enceinte et dont tu l’as remplieaucommencement.
De cet esprit, tirent aussi leur origine, ces rois très saints qui sont debout autour de ton trône et qui composent ta cour ; ô Père universel ! ô unique ! ô Père des bienheureux mortels et immortels! Tu as créé en particulier des puissances qui sont merveil leusement semblables à ton éternelle pensée et à ton essence adorable. Tu lesas établies supérieures aux anges qui annoncent au monde tes volontés.
Enfin, ton nom a créé une troisième sorte de souverains dans les éléments. Notre continuel exercice est de te louer et d’adorer tes désirs. Nous brûlons du désir de
10 l’initiation te posséder. 0 Père ! 0 Mère, la plus tendre des mères ! 0 exemplaire adorable des sentiments et de la tendresse des mères ! O fils, la fleur de tous les fils ! 0 forme de toutes les formes ! Ame, Esprit, Harmo nie et nombre de toutes choses, conserve-nous et nous soit propice. Amen.
Or, tous ceux d’entre les anciens philosophes et les modernes de nos derniers siècles, qui ont été per suadés que les quatre éléments sont peuplés de créa tures raisonnables, les distribuent en cette manière : L'Élément du feu est habité par les Salamandres : l'Élément de l’air est habité par des Sylphes ; l’Elér ment de l'eau est habité par des Nymphes ; et l'Elément de la terre est habité par des Gnomes ou Pyg mées.
Et ils croient que ces créatures ont été faites par le Créateur, pour rendre des services importants aux hommes, et les punir quand ils sont rebelles à sa volonté.
On prétend que ces créatures extraordinaires sont d’une nature spirituelle, non pas d’une spiritualité qui exclue toute matière, mais d’une spiritualité qui n’admet pour fonctionnement substantiel qu’une manière infiniment déliée et autant imperceptible que l’air, et sur ce principe les sages Cabalistes, qui ont bien connu le naturel de ces créatures élémentaires, ont dit qu’elles ont sur toutes autres qualités, celles de l’agilité et de la pénétrabilité ; en sorte qu’en un moment elles peuvent venir de fort bien loin au se cours des hommes qui ont besoin de leur ministère et peuvent pénétrer, sans fraction, les endroits où les hommes sont détenus.
LES ÉLÉMENTALS ET LA RECHERCHE DES TRESORS II Pour ce qui regarde leurs mœurs, ces peuples sont fort réglés suivant les lois de la nature ; grands enne mis des hommes qui vivent dans le dérèglement et contre les lumières de la raison.
Et c’est sur ce prin cipe que les sages Cabalistes qui ont donné des ensei gnements pour parvenir à la découverte des mystères de la philosophie occulte, ont recommandé sur toutes choses, aux sectateurs de celte sublime science, de vivre en gens de bien, exempts de toute impureté, de toute débauche et de tout ce qui s’écarte de la droite raison, d'autant que les plus grandes mer veilles, qui dépendent de la science occulte, s’opèrent par le ministère de ces peuples élémentaires, qui sont comme les canaux, ou pour mieux dire, les éco nomes des influences bénignes des astres.
Dans les siècles passés, où l’on vivait dans une plus grande modération des passions et avec moins de corruption de la nature, ces peuples élémentaires avaient beaucoup plus de fréquentation avec les hommes que dans nos derniers siècles, et on y voyait des prodiges qui donnaient de l’admiration, parce qu’ils semblaient outrepasser l’ordre naturel ; mais si la corruption de la nature ne régnait, l’ignorance y était si grande que la plupart des hommes attribuaient à magie ou diablerie presque tout ce qui se faisait par le ministère de ces peuples élémentaires ; c’est que l’on peut voir dans les Capitulaires de Charlemagne et dans les ordonnances qui furent faites sous le règne de Pépin, et les merveilles dont les histoires font mention passent maintenant pour des contes de fées. Je renvoie aux savants écrits de Paracelse ceux
12 l’initiation de mes lecteurs qui voudront être instruits plus à fond de ces peuples élémentaires et des commerces secrets qu'ils ont avec les hommes.
Ceux qui ont voyagé dans les pays septentrionaux, et surtout dans la Laponie, ne peuvent pas ignorer les services que les Gnomes y rendent aux habitants de ces régions, soit pour les garantir des périls en les avertissant, lorsqu'ils travaillent, des prochains éboulements de terre, soit en leur faisant connaître les endroits où les mines sont plus abondantes en précieux métaux.
Les Lapons sont si fort habitués aux fréquentes apparitions des Gnômes, que, bien loin d’être effrayés, ils s’attristent lorsqu’ils ne paraissent point dans leurs minières, parce que c'est une marque que ces mines sont stériles en métaux, quand les Gnômes n’y font pas leur résidence, et c’est une créance populaire que le Créateur lésa commis à la garde des trésors sou terrains, et qu’ils ont la faculté de les dispenser comme bon leur semble.
Ceux qui sont occupés à la découverte des mines d’or et d'argent observent quelques cérémonies pour se concilier la bienveillance des gnômes, afin qu’ils ne leur soient pas contraires dans leurs entreprises ; l’expérience leur a appris qu’ils se plaisent fort aux parfums, et c’est pour cela que les sages cabalistes en ont ordonné de propres à chaque jour de la semaine par rapport aux sept planètes, et comme je sais par expérience que plusieurs personnes ont réussi à la découverte des trésors par le moyen de ces parfums, je veux bien, en faveur de mes lecteurs, donner ici la vraie manière de les faire, afin qu’ils puissent être
LES ÉLÉMENTALS ET LA RECHERCHE DES TRESORS l3 agréables aux gnômes gardiens des trésors. Car il faut savoir que de toutes les créatures qui habitent dans les quatre éléments, il n’v en a point qui soient plus ingé nieuse à nuire ou à faire du bien aux hommes, sui vant les sujets qu’on leur en donne.
Parfum du Dimanche sous les auspices du Soleil Tous les parfums se doivent faire dans un petit réchaud de terre neuve, sur du charbon de bois de coudrier ou de laurier, pour brûler le parfum; mais il doit être allumé du feu que l'on fait exprès avec le caillou, d’un petit fusil; il est bon même d’observer que le caillou, la mèche, l’allumette et la bougie soient neufs et qu’ils n’ayent servi à aucun usage profane, car les gnômes sont extrêmement difficiles et peu de chose les irrite.
On préparera donc pour le parfum du dimanche les drogues suivantes, savoir: la qua trième partie d’une once de safran, autant de bois d’aloès, autant de bois de Baume, autant de graine de laurier, autant de clous de girofle, autant de myrrhe, autant de bon encens., un grain de musc, un grain d’ambre gris ; il faut pulvériser et mélanger ensemble toutes ces drogues et vous en fermerez de petits grains avec un peu de gomme adragante dé trempée dans de l’eau de rose, et quand ils seront bien secs, vous vous en servirez dans l’occasion en les jetant trois à trois sur les charbons ardents. Parfum du Lundi sous les auspices de la Lune Ce parfum doit être formé des drogues suivantes :
l'initiation *4 vous prendrez une tète de grenouille verte, les pru nelles des yeux d’un taureau blanc, de la graine d'un pavot blanc, de l’encens le plus exquis, comme storax, benjoin ou oliban, avec un peu de camphre; pul vérisez toutes ces drogues et les mêlez bien ensemble; puis vous en iormerez une pâte avec du sang d'une jeune oie ou d’une tourterelle, et de cette pâte vous formerez de petits grains pour vous en servir trois à trois quand ils seront bien secs.
Parfum pour le Mardi sous les auspices de Mars Ce parfum doit être composé d’euphorbe, de bella done, de sel ammoniac, de racines d’ellébore, de pou dre de pierre d’aimant et d’un peu de fleur de soufre ; vous pulvériserez le tout ensemble et ferez une pâte avec du sang de chat noir et une cervelle de corbeau, et de-cette pâte vous en formerez ces grains pour vous en servir trois à trois dans les occasions.
Parfum de Mercredi sous les auspices de Mercure Ce parfum doit être composé de graines de frêne, de boisd’aloès, de bois storax, de benjoin, de poudre d’azur, de bouts de plumes de paon. Vous pulvéri serez et incorporerez ces drogues avec du sang d’hi rondelle et un peu de cervelle de cerf, vous en ferez une pâte, et de cette pâte vous en formerez de petits grains pour vous en servir trois à trois dans les occa sions, quand ils seront secs.
LES ELEMENTALS ET LA RECHERCHE DES TRESORS I 5 Parfum de Vendredi sous les auspices de Vénus Ce parfum doit être de musc, d'ambre gris, de bois d'aloès, de roses sèches, de corail rouge; pulvérisez toutes ces drogues et les incorporez ensemble avec du sang de colombe ou de tourterelle et de la cervelle de deux ou trois passereaux; vous en ferez une pâte, et de cette pâte vous formerez de petits grains pour vous en servir trois à trois dans les occasions, quand ils seront bien secs.
Parfum du Samedi sous les auspices de Saturne Le parfum doit être composé de graines de pavot noir, de graines de jusquiame, de racines de mandra gore, de poudre d'aimant et de bonne myrrhe.
Vous pulvériserez bien toutes ces drogues et les incorpore rez avec du sang de chauve-souris et de la cervelle de chat noir, vous en ferez une pâte et de cette pâte vous formerez de petits grains pour vous en servir trois à trois dans les occasions, quand ils seront bien secs.
Nous avons dit, avant que de donner la manière de faire ces parfums, que les gnômes sont, de toutes les créatures qui habitent les quatre éléments, les plus ingénieux àfaire du bien ou à nuire aux hommes, suivant les sujets qu’on leur en donne; c’est pourquoi ceux qui travaillent aux minéraux, ou à la recherche des trésors, étant prévenus de cela, font tout ce qu’ils peuvent pour se les rendre agréables, et se précaution nent autant qu'ils peuvent contre les effets de leur in
16 l’initiation dignation, et l’expérience a fait connaître plusieurs fois que la verveine et le laurier sont d’un bon usage pour empêcher que les gnômes ne nuisent au travail de ceux qui sont occupés à chercher sous terre les trésors.
Voici de quelle manière Jamblique et Arbatel en parlent dans leurs secrets cabalistiques : Lorsque, par les indices naturels ou surnaturels, c’est-à-dire par la révélation faite en songe, vous serez bien assuré de l'endroit où il y aura un trésor, vous ferez sur cet endroit le parfum propre au jour auquel vous voudrez commencer à fouir la terre, puis vous planterez à main droite une branche de laurier vert, et à main gauche une branche de verveine, et vous ferez l’ouverture de la terre entre ces deux branches et quand vous aurez fait un creux de toute votre hau teur, vous ferez de ces deux branches une couronne que vous entourerez autour de votre chapeau ou bon net, et au-dessus de cette couronne vous attacherez le talisman dont je vais dire ici le modèle.
Si on est plu sieurs il faut que chacun ait une couronne de même.
On le peut faire sur une plaque d’étain fin et bien purifié au jour et heure de Jupiter; le thème de ciel étant dans une heureuse situation, on y formera d’un côté la figure de la fortune et de l’autre côté ces pa roles en gros caractères : OMOUZIN ALBOMATATOS Et si l’on est plusieurs jours à travailler avant que d’arriver à l’endroit où est le trésor, on renouvellera chaque jour le parfum qui sera propre au jour,
LES ELEMENTALS ET LA RECHERCHE DES TRESORS 17 comme nous l’avons expliqué ci-devant; ces précau tions seront cause que les gnômes gardiens du trésor ne seront pas nuisibles et même vous aideront dans vos entreprises; c’est une épreuve dont j’ai été témoin oculaire avec un heureux succès dans le vieux château d’Orviète.
J’ai parlé ci-devant des indices naturels par lesquels on peut faire la découverte des trésors, et je m’expli que ici plus nettement.
Paracelse dans son traité de la Philosophie occulte, page 489, dit que pour avoir des indices certains des lieux où il y a des trésors et des richesses cachées, il faut observer les endroits où, durant la nuit, des spectres ou fantômes apparaissent ou quelque autre chose extraordinaire qui épouvante les passants et ceux qui habitent dans ces lieux, et particulièrement la nuit du vendredi au samedi, si l’on y voit des feux volants, des tumultes ou des fra cas ou quelque autre chose semblable, on peut former une conjecture raisonnable qu'il y a dans ces lieux quelque trésor caché.
Mais l’homme prudent n’en demeurera pas là; il faut se donner de garde d’être surpris par le rapport d’autrui, et surtout de certaines gueusailles ou petites femmelettes qui, sur des visions chimériques, enga gent les honnêtes gens à des recherches inutiles; il ne faut donc pas s’engager dans ces sortes de recher ches que sur le témoignage des gens qui ne soient point suspects; c’est-à-dire qui aient de la probité et qui soient d'un esprit solide, et il sera encore plus sûr d’expérimenter par soi-même ces sortes devisions en faisant résidence sur les lieux.
18 l’initiation Il ne faut pourtant pas absolument rebuter ceux qui nous font ces sortes de rapports, mais en exa miner prudemment les circonstances ; car je suis témoin que si onavait voulu croire Philippe d’Ornano, chirurgien-major de la petite garnison du vieux châ teau d’Orviète, on aurait négligé l’entreprise que l’on poussa à bout avec un heureux succès ; car comme il était grand parleur et assez persuasif dans ce qu'il disait, il tournait en ridicule ce que l'on rapportait des apparitions que plusieurs domestiques et soldats avaient eues dans le lieu où le trésor fut trouvé.
Celui qui voudra s’appliquer à la recherche d’un trésor prétendu caché, doit examiner la qualité du lieu, non seulement par la situation présente de ce lieu, mais par rapport à ce que les anciennes histoires en disent ; car on doit remarquer qu’il y a deux sortes de trésors cachés. La première sorte est de l’or et de l’argent qui a été formé dans les entrailles de la terre par la vertu métallique des astres et du terrain où il est.
La seconde sorte est de l’or et de l’argent monnayé ou mis en œuvres d’orfèvrerie et qui a été déposé en terre pour diverses raisons, comme de guerres, de pertes et autres ; et c’est ce que le sage re chercheur de trésors doit examiner en considérant si ces circonstances conviennent au lieu dont il est question.
Ces sortes de trésors d’or, d’argent monnayé et de vaisselle d’orfèvrerie se trouvent ordinairement dans les débris et masures des anciennes maisons de qualité et châteaux, ou proche de vieilles églises ou chapelles ruinées.
Et les gnômes ne prennent point possession de ces sortes de trésors, si ce n’est que voLES ÉLÉMENTALS ET LA RECHERCHE DES TRÉSORS 19 lontairementceux qui les déposent et enferment dans les lieux souterrains, ne les y invitent par la vertu des parfums et talismans faits à ce sujet, et en cette conjecture il faut les en déposséder par des plus forts parfums et talismans comme nous avons dit ; ceux que l’on forme sous les auspices de la Lune et de Saturne, la Lune entrant dans les figures du Taureau, du Capricorne ou de la Vierge sont les plus efficaces.
Il faut surtout que ceux qui sont occupés à cette recherche ne s'épouvantent point, car il ne manque pas d’arriver assez ordinairement que les gnomes gar diens des trésors fascinent l’imagination des travail leurs par des représentations et visions hideuses : mais ce sont des contes de bonnes gens du temps passé, de dire qu’ils étranglent ou tuent ceux qui ap prochent des trésors qui sont en leur garde, et si quel ques-uns sont morts dans les cavités souterraines en faisant la recherche, cela est peut-être arrivé ou par l'infection de ces lieux ou par l’imprudence des tra vailleurs qui n’appuyent pas solidement les endroits qu’ils creusent quand ils sont ensevelis sous les ruines.
C’est un badinage de dire qu’il faut garder un profond silence en creusant; au contraire c'est le moyen de s’épouvanter plus facilement par les imagi nations fantastiques ; on peut donc, sans scrupule, parler de choses indifférentes, ou même chanter, pourvu qu’on ne dise rien de dissolu et d'impur qui puisse irriter les esprits.
Si en avançant le travail on entend plus de bruit qu’auparavant, que l’on ne s'épouvante pas, mais que l’on redouble les parfums et que quelqu’un de la
20 l’initiation compagnie récite à haute voix l’Oraison des Sala mandres que j’ai donnée ci-devant ; ce sera le moyen d’empêcher que les esprits n’emportent plus loin le trésor, se rendant attentifs aux mystérieuses paroles que l'on récitera, et pour lors on doit redoubler vi goureusement le travail ; je ne dis rien qui n’ait été éprouvé en ma présence avec succès : le petit livre de l’Enchiridion est bon dans ces occasions à cause de ses mystérieuses oraisons.
Il estarrivéquelquefois queles gnômes onttransmué les métaux précieux en des matières viles et abjectes, et ont trompé les ignorants qui n’étaient pas informés de leurs subtilités; mais le sage et prudent fossoyeur qui trouvera dans les entrailles de la terre de ces sortes de matières qui, naturellement, n’y doivent pas être, les recueillera et les éprouvera au feu composé de bois de laurier, de fougère et de verveine; le charme se dissipant par ce moyen, les métaux retourneront en leur première nature ; un signe assez ordinaire de ces transmutations fantastiques, c’est lorsque Pon trouve ces matières viles et sordides dans des vaisseaux ou de terre cuite ou de pierre taillée ou d’airain ; pour lors il ne faut pas les négliger, mais les éprouver au feu comme je viens de le dire.
Je finirai cette matière avec le secret que donne Cardan pour connaître si le trésor est dans le lieu où l’on creuse. 11 dit qu’il faut avoir une grosse chandelle composée de suif humain et qu’elle soit enclavée dans un morceau de bois de coudrier ; et si la chandelle étant allumée dans le lieu souterrain y fait beaucoup de bruit en pétillant avec éclat, c’est une marque qu’il
LES ÉLÉMENTALS ET LA RECHERCHE DES TRESORS 2ï y a un trésor en ce lieu, et plus on approchera du trésor, plus lachandelle pétillera, et enfin elles'éteindra quand on sera tout à fait proche; il faut avoir d’autres chandelles dans des lanternes, afinde ne pas demeurer sans lumière.
Quand on a des raisons solides pour croire que ce sont des esprits des hommes défunts qui gardent les trésors, il est bon d'avoir des cierges bénits au lieu de chandelles communes, et les conjurer de la part de Dieu de déclarer si l'on peut faire quelque chose pour les mettre en lieu de bon repos, et il ne faudra jamais manquer d'exécuter ce qu’ils auront demandé. Albert le Grand.
Les Curiosités de l’Occulte Le Crapaud. Les crapauds tiennent une place importante dans la sorcellerie. Les sorcières les aiment tendrement, et les choyent comme leurs mignons. Elles ont toujours soin d’en avoir quelques-uns, quelles habituent à les servir, et qu’elles accoutrent de livrée de velours vert.
Au Sabbat, les vrais fascinateurs, les meilleurs acolytes du Diable, les préfets du Sabbat sont le Cra paud et le serpent, nous dit Jules Bois. Chaque sorcière porte sur l’épaule un crapaud artistement vêtu et la tête ornée de deux petites cornes : ses yeux jamais clos ont la fixité qui ne pardonne pas. Les oiseaux, la belette, la couleuvre, les mouches, les papillons, rien ne lui résiste. Certains même mettent à mal les hommes.
L’abbé Rousseau, un fascinateur, qui, plusieurs fois, avait fait mourir des crapauds par le regard, manqua en mourir lui-même ; il s’acharnait contre l’un d’entre eux, énorme qui, s’enflant, se dressant sur ses quatre pieds avec un souffle rauque et regardant, sans varier de ses yeux aux rougeoyantes flammes, lui infusa à lui, l’homme, le prêtre, l’invincible faiblesse d’un éva nouissement.
LES CURIOSITÉS DE L’OCCULTE 23 Pierre Delancre dit également que les grandes sor cières sont ordinairement assistées de quelque dé mon, qui est toujours sur leur épaule gauche, en forme de crapaud, ayant deux petites cornes sur la tête ; mais il ne peut être vu que de ceux qui sont ou qui ont été sorciers.
Collin de Plancy rapporte que Jeanne Abadie, et d’autres illustres, ont révélé qu’elles avaient vu bapti ser des crapauds dans les cimetières de Saint-Jean-deLus et de Siboro, parce que le diable, très audacieux ce jour-là, n’avait pas osé entreprendre cette cérémo nie dans l'église.
Ces crapauds étaient habillés de velours rouge, et quelques-uns de velours noir, ayant une sonnette au cou, et une autre aux pieds, avec un parrain qui leur tenait la tête, et une marraine qui tenait les pieds.
Jeanne ajouta qu'elle vit cette mar raine danser un sabbat avec quatre crapauds, l'un vêtu de velours noir, avec des sonnettes aux pieds, et les autres sans habillement ; elle portait sur l’épaule gauche celui qui était vêtu, l'un des trois autres, était sur l’épaule droite, et les deux qui restaient sur cha que poing, en guise d’oiseau. D’autre part Eliphas Lévinous dit en parlant d’en voûtement.
Un autre plus abominable se pratique ainsi : On prend un gros crapaud, et on lui administre le baptême en lui donnant les nom et prénoms de la personne qu’on veut maudire ; on lui fait avaler en suite une hostie consacrée sur laquelle on a prononcé des formules d’exécration, puis on l'enveloppe dans les objets magnétisés, on le lie avec les cheveux de la
l’initiation 24 victime, sur lesquels l’opérateur aura d’abord craché, et on enterre le tout soit sous le seuil de la porte du maléficié, soit à un endroit où il soit obligé de passer tous les jours. L’esprit élémentaire de ce crapaud de viendra pour ces songes un cauchemar et un vampire, à moins qu’il ne sache le renvoyer au malfaiteur.
En amour la cérémonie est à peu près la même: les sorcières cousent les yeux au crapaud et font une évocation à Vénus Amor Astaroth, etc...
Une magicienne ou sorcière, pour gagner le cœur d’un jeune homme marié, mit sous son lit, dans un potbien bouché, un crapaud qui avait les yeux cousus ; le jeune homme quitta sa femme et ses enfants pour s’attacher à la sorcière ; mais la femme trouva le ma léfice, le fit brûler, et son mari revint à elle. (Delrio, Disquisitions magiques.} Au mois de septembre 1610, un homme, se pro menant dans la campagne, près de la ville de Bazas, vit un chien qui se tourmentait près d’un trou, sans jamais se calmer; cet homme ayant fait creuser, trouva deux grands pots renversés l’un sur l’autre, liés ensemble à leur ouverture, et garnis de toile ; le chien ne se mitigeant pas, on ouvrit les pots qui se trouvèrent pleins de son, au dedans duquel reposait un gros crapaud vêtu de taffetas vert.
Delancre. Tar bleau de l'inconstance des démons. Nous lisons, en l’histoire de Monstrelet, dit Bodin, (La Démonomanie des Sorciers} qu’il y eutune sorcière de Compiègne, qui fut trouvée saisie de deux crapaux baptisez par un prestre dont elle usoit en ses sorcelleries : qui sembleroit ridicule si on ne voyoit
LES CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 25 tous les jours l'expérience des choses semblables. Et, de fait, après que Maistre Jean Martin, lieute nant de la prévosîé de Laon, eut condamné la sor cière de Saint-Preuve à estre bruslée toute vive, en la faisant dépouiller, on luy trouva deux gros crapauds en ses pochettes.
Et pendant que j’écrivois cette his toire, on m’avertit qu’une femme enfanta d’un cra paud, près de la ville de Laon ; de quoy la sage-femme estonnée, et celles qui assistèrent à l’enfantement dé posèrent, et fut apporté le crapaud au logis du prévost, que plusieurs ont veu différent des autres...
«L’histoire de Foissard témoigne aussi qu’il y eut un curé à Soissons, qui, pour se venger de son ennemy, s’adressa à une sorcière, qui luy dist qu'il falloit baptiser un crapaud et le nommer, et puis luy faire manger l'hostie consacrée ; ce qu’il fist, ainsi qu’il confessa et autres choses qu’il n'est besoin d’escrire. Depuis il fut bruslé tout vif...
« Les cinq inquisiteurs des sorciers récitent qu’entre autres ils ont fait le procès à une sorcière qui confessa avoir reçu l’hostie consacrée, en son mouchoir, au lieu de l’avaller, et la mist dans un pot où elle nourrissoit un crapaud, et mist le tout avec d’autres poudres que le diable luy bailla pour mettre soubs le seuil d’une bergerie en disant quelques paroles qu’il n'est besoin d’escrire, pour faire mourir le bestail.
Et fut surprise, convaincue, et bruslée vive... Le peuple est persuadé, dit M. Salgues, (Des erreurs et des préjugés) que le crapaud a la faculté de faire évanouir ceux qu’il regarde fixement, et cette asser tion est accréditée par un abbé Rousseau qui a publié,
2Ô l'initiation dans le cours du dernier siècle, quelques observa tions d'histoire naturelle; il prétend que la vue seule du crapaud provoque des spasmes, des convulsions, la mort même.
Il rapporte qu'un gros crapaud, qu'il tenait renfermé sous un bocal, l'ayant regardé fixe ment, il se sentit aussitôt saisi de palpitations, d’an goisses, de mouvements convulsifs, et qu’il serait mort infailliblement si l’on n'était venu promptement à son secours... Elien, Dioscoride, Nicandre, Ætius, Gesner, ont écrit que l'haleine du crapaud était mortelle, et qu’elle infectait les lieux où il respire.
On a cité l’exemple de deux amans qui, ayant pris de la sauge sur laquelle un crapaud s’était promené moururent aussitôt ; mais c’est un conte démenti, comme tant d’autres, par les expériences. (C. de Plancy, Dictionnaire Infernal.} Sur le bord de l’Orénoque, sans doute pour consoler le crapaud de nos mépris, des Indiens lui rendaient les honneurs de la divinité : ils gardaient soigneusement les crapauds sous des vases pour en obtenir de la pluie ou du beau temps, selon leurs besoins ; et ils étaient tellement persuadés qu’il dépen dait de ces animaux de l’accorder, qu’on les fouettait chaque fois que la prière n’était pas promptement exaucée.. C. B. (A suivre.}
Les Tortures du suicidé eu l’au-delà ÉTUDE EXPÉRIMENTALE OCCULTIQUE PAR PUNARBHAVA S. I. Mes prédictions se réalisent (i). L’épidémie des suicides ravage notre Empire Russe. Vieillards, hommes, enfants, adultes sont pris d’une rage de sui cide.
Hélas, l’épidémie prend des proportions désas treuses, la mort inconsciente fauche des vies jeunes à peine écloses, la Destinée s'acharne à paralyser les arrêts de la Providence-Nature-Dieu, tandis que notre pauvre volonté humaine ne peut opposer qu'une mi nime résistance aux obsessions des larves hideuses, s’insinuant dans l'enveloppeterrestre des terriens, leur suggérant le vice et le désespoir, ravageant leur âme. éteignant l’étincelle céleste de leur « Ego » supérieur, divin !
Ces vampires de l’astral, ces monstres hideux souf flent aux misérables désespérés la révolte contre les lois naturelles et supernaturelles, divines. Ces malheureux, peut-être irresponsables, épuisés par la débauche physique, morale et intellectuelle, (i) Lire les prédictions pour l'année 1910 dans le n° 12143 au jour du Nouvel An 1910 — faites par le docteur Papus et Punarbhava — dans la Novoïe Wr etnia — Pétersbourg.
28 l’initiation cèdent en un moment d’hébêtement à l’idée de la mort, qui, selon leurs opinions, doit les libérer de leurs devoirs ici-bas prescrits par leur Consciencedivine !
Et alors, dans ce moment d’inconscience, subjugués par les forces destructives, les fatigués de la vie, ahu ris. hypnotisés par cette idée fixe de la mort, trouvent même en eux l’héroïsme, dans l’acte lâche qu'ils vont commettre; fascinés, ils se précipitent dans les bras de la Mort, qui, prévenue par les lois destructives du Destin,guette cette proie facile. Morts !
Mais en se donnant la mort, ils sont devenus en core plus criminels, ayant faibli : i° Contre les lois de la Nature ; 2° Contre la Famille ; 3° Contre la Société ; 4° Contre l’Humanité ; 5° Contre la Patrie ; 6° Contre Dieu qui leur avait donné la vie pour l’adorer dans le travail, le comprendre dans les souf frances, le chanter dans la joie, l’appeler dans la Détresse ! Quel est donc ce mobile puissant qui poussa ces malheureux au suicide ?
Hélas, ce sont pour la plupart des causes insigni fiantes, puériles ou vulgaires ! C’est le besoin d’argent, produit par la vie à grandes guides ; c’est la non-réussite de leurs projets ambi tieux ; c’est le manque de persévérance, d’activité pour passer les examens chez les étudiants ; ce sont des
LES TORTURES DU SUICIDE EN L'AU-DELA 29 projets de mariage avortés ; c’est encore l’alcoolisme, ce poison invétéré que je maudis, le venin qui rend l'organisme en butte aux maléfices des cohortes d’élémentals, des légions de larves qui nous côtoient, se faufilent dans l'organisme humain pour y prendre possession définitive — et y causer la décomposition astrale.
Puis, suivent l'amour précoce des adolescents, la perversité sexuelle, la jalousie, l’envie féroce, les dissentions, les péripéties abrutissantes dans les cou ples-forçats, préparées par les enseignements de l’école positiviste qui décident le mariage contre le gré des fiancés, qui, avant le mariage, sentaient une ré pugnance dans cet accouplement officiel, raisonnable ; se haïssent après la cérémonie nuptiale etchercheront demain, dans le crime, la dissolution de ces liens de bagne.
L’aliénation mentale, dite héréditaire par les méde cins matérialistes, maladie astrale selon moi, produite par les « ombres» et les mânes, mais le plus souvent occasionnée par les vampires, les larves et les élémentals de l’astral, accapareurs féroces de l'enve loppe grossière de l'être passif.
Enfin, aux yeux de l’occultiste, défile le cortège des infirmités humaines physiques, morales et intellec tuelles ; c'est le chagrin, l’offense stupide, la honte, produitsdu déséquilibre intellectuelet moral, la crainte devant les lois qui ont l’air de faire les mœurs, qui feront la loi à la loi, mais en attendant assassinent l’humanité ; les sinistres tares héréditaires, la syphilis, les maladies physiques, etc.
3o l'initiation Il y a aussi des maladies « politiques » (i). J’en ai observé danslesderniers jours de la révolution de 1905, à tel point que même les convaincus, étaient la proie des suggestionneurs inconscients.
Hélas ! au point devue élevé de l'humanité, l’amour de la patrie, le chauvinisme, la gloriole nationale ont produit plus d’exécrables que de belles actions, et en gendré plus d’assassins que de héros; ils produisent des criminels et des suicides. Et pour terminer cette lugubre liste, je citerai en core ceux qui s’élancent dans l’inconnu en s'écriant; Je m’en moque, ça ne vaut pas la peine de vivre ! Oh ! ces dégénérés, ces lâches !
Se croyaient-ils avoir le droit de se donner la mort ? Pensaient-ils, ces irresponsables, mais toujours victimes de leur propre chute morale, intellectuelle et physique, pensaient-ils que l'arme meurtrière, le poison subtil les délivre rait des tortures d’ici-bas ?
Croyaient-ils, ces cri minels, lâches déserteurs de leurs devoirs envers euxmêmes, des obligations sanctifiées enversleursfamilles, envers leurs père et mère, vis-à-vis de leurs enfants, se dérober à la loi vengeresse du Karma ? Savaient-ils qu’en brisant les anneaux de la chaîne universelle, ils produisaient la désharmonie céleste? Pouvaient-ils prévoir qu’en brisant cette harmonie ils commettaient de nouveaux crimes, châtiés en l’Au-de-là?
Ne pressentaient-ils pas, ces infirmes de volonté,, que toutes leurs victimes délaissées, trompées pareux7 (1) Lire Le père Jean de Cronstadc, dans l'initiation, 1909.
LES TORTURES DU SUICIDE EN L'AU-DELA 3l abîmées dans la profonde douleur, désespérées par leur disparilion subite, se tourneraient dans leur désespoir aveugle, contre Dieu-Force en L'incul pant de leur avoir impitoyablement enlevé leur père, leur frère, leur sœur ou leur enfant, de les avoir frappées dans ce qu'elles chérissaient le plus au monde !
Oh ! mes sœurs et frères, ne blasphémez pas 1 Vous ne savez pas quels nouveaux malheurs vous déchaînez sur cette humanité, déjà si malheureuse. Vos pleurs, vos larmes, hélas, justes, ne doivent pas se porter contre les irrévocables lois de Dieu, car vous feriez rompre la chaîne magique d’amour qui unit les hommes à Dieu, et provoqueriez l’envahissement des cohortes infernales, désastreuses pour l’humanité!
Et vous ! hommes fiers de votre intellect, au juge ment faux ou lésé par les valets des sciences ou des églises, cessez vos plaintes, n’accusez pas la Provi dence de vos propres péchés ! Savez-vous, égoïstes, que vous avez contribué au suicide des malheureux ! Vous les auriez pu sauver, mais vous n’aimiez et ne chérissiez que vousmêmes d’un amour exécrable, égoïste.
Hypocrites plongés dans le farniente moral, occupés de vos soins, vous n’aviez pas eu le temps de penser à votre pro chain. Sollicités, vous tourniez le dos à ces malheu reux, qui ne demandaient de vous que l’aumône d’un conseil où d’un encouragement, qui peut-être les au rait arrêtés au seuil de la Mort ! Et toi, malheureuse épouse abandonnée, toi, mère endolorie abîmée dans le désespoir après la mor
Î2 l’initiation [juillet de ton fils, oh ' si vous saviez le mal que vous faites en appelant par votre malheur les larves, les démons, les vampires, qui accourent invoqués par la force magique des passions qui vous dévo rent le cœur et s’élancent à la poursuite de l'as tral du suicidé et l’arrêtent au moment où il croyait à jamais disparaître du voisinage de ses forfaits.
C’est grâce à vos cris de détresse que son châtiment va s'aviver; à votre insu vous êtes l’instrument de la loi de Karma. Lui, il n’aura que le châtiment qu'il s’était préparé!
O, vous, peut-être les suicidés de demain, vous, victimes abusées par le suicidé, déçues dans votre confiance que vous lui aviez donnée, humains trompés dans vos projets égoïstes, vous, à qui un criminel a dérobé de l'argent, enlevé la femme aimée, détruit ou débauché l’enfant chéri, dont il a volé le bien, pris le courage, dérobé la vertu, et qui asemé le trouble dans votre esprit, porté le désespoir dans votre cœur, lui qui ricanait sur l'existence de Dieu, du Vrai, du Juste et du Beau en infiltrant dans vos âmes le mépris pour l’idéal, croyez-vous que vous ne contribuez pas, par vos pensées haineuses, par les cris de vengeance, à son châtiment?
11 l’aura mérité ! Et vous autres, saintes et pieuses créatures, pui sant dans votre cœur dévoué les trésors de pardon et de miséricorde, croyez-vous implorer Dieu le Juste, en faveur du disparu tant pleuré? Vous vous abusez, vous ne faites qu’augmenter ses tortures en l’Au-delà !
igio] LES TORTURES DU SUICIDE EN L’AU-DELA 33 Pour la mémoire des suicidés, l’humanité peut être impitoyable ; pour les assassins elle aura le pardon dans le cœur. Hélas, c’est l’esprit qui pardonne dans notre humanité, le cœur jamais 1 O malheureuse âme du suicidé!
Toutes ces forces accumulées, terribles, lancées, projetées dans le délire de la passion humaine inassouvie, déchaînent les puissances magiques qui atteignent son astral, même son Ego supérieur, le Subconscient divin, l'arrête dans sa marche vers les Ancêtres, lui refusent le pardon de l’Eternel, le reportent dans les bas-fonds des forces infernales, hideuses, châtiantes, le replongent dans des tortures indescriptibles où son âme suffoquée, ter rifiée par ces supplices souffre des siècles, mais enfin purifiée par le repentir pourra percevoir le signe ré dempteur et accourir au geste majestueux de Dieu, son Père, pour pouvoir contempler Sa grâce et Sa splendeur éternelle.
II Tu t’es empoisonné, malheureux, toi si prompt à t’enflammer pour une beauté fanée qui te vendais ses caresses ; dédaigné, tu t’es empoisonné!... Avec des filous qui te ressemblaient, tu jouais aux cartes, trichais dans les jeux hasardeux, dévoilé tu eus peur pour ton honneur (!), tu as lâchement fui la lutte à la suite des revers de fortune auxquels tu as contribué et tu t’es fais sauter la cervelle, héroïquement ! Lâche, tu as laissé une mère peut-être qui t’avait soigné tout 3
l’initiation 34 enfant, une femme à qui tu as volé les dernières res sources pour assouvir tes nobles passions ! Toi, tu as commis un faux, contrefait la signature du défunt prince qui te mettait en possession de sa fortune.
Pris sur le fait, tu ne pus lutter contre l'évidence, et las de toutes ces luttes morales, las de vivre, d'expier en ce monde, tes forfaits, tu préféras, poussé par un troupeau d'imbéciles, de méchants, craignant la loi irrévocable de Karma, tu préféras te noyer, laissant à tes pauvres orphelins la seule consolation de te pleurer.
Et vous autres, jeunes gens étudiants, jeunes filles, enfants, épouses trompés dans votre attente du bienêtre matériel, pourquoi avez-vous cherché dans la Mort, dans cette issue fatale, la fin de vos maux? Pourquoi ? Pourquoi avez-vous fait cela ? Malheureux ! Vous ne connaissiez pas les lois cos miques, on ne vous les avait pas enseignées, on ne vous avait pas initié ! Faute d’un guide spirituel, et par dénégation de l’Existencede Dieu.
Hélas, il n’y a pas d'envoyés éclairés par le SaintEsprit. et s’il y en a, blottis dans la solitude et le si lence majestueux de la Nature-Mère ils attendent que viennent à eux les tourmentés, au lieu d’aller en vrais apôtres comme le Christ, à leur ren contre soulager les misères humaines ! C’est pourquoi au moment de votre mort, je vois dans vos prunelles éteintes, non la Suprême pai sible fin, mais TUltime Épouvante ! Croyez-moi, vous autres, qui lisez ces paroles,croyez au plus humble des humbles que votre science
LES TORTURES DU SUICIDÉ EN L’AU-DELA 35 matérialiste n’a pu dépraver, et qui, grâce à ses Initia teurs, a pu jeter un coup d’œil dans le livre des lois superterrestres et déchiffra quelques mystères de la vie de l’Au-delà ! Écoutez et tremblez ! Le suicidé, pour quelle cause que ce soit, noble ou vulgaire, a commis un crime de lèse-humanité en se donnant la mort.
Et de l’autre côté du mur, il retrou vera les misères de sa vie passée, conséquence très justifiée de son acte déloyal envers la société, où il avait été incarné.
Croyez-moi, sa mort a été causée par une sotte vanité, et ils s'en rendent bien compte ces pauvres misérables, après la dissolution maté rielle des sentiments bien réels qui les ont poussés à sa perdition ; car c'est le dépit, c’est la cupidité, c'est la paresse, c'est surtout l'amour-propre exagéré, c'est la peur, c'est l'impatience, c’est le manque de volonté, c’est la lâcheté avec tout le cortège des vices impurs, la honte, c’est un Rien !
Ah ! comme ils se montaient la tête sous de spé cieux prétextes, soit d’amour profané, soit d etre nés malheureux (?), soit d’avoir été voués par Dieu la Bonté meme, à la misère. Par Dieu, la Bonté Infinie ! Ignorants, est-ce que Dieu qui les avait créés à son image voulait leur chute? Hélas, la nature humaine cherche toujours des raisons pour s’excuser de ses propres faiblesses. C’est si facile de rejeter sa faute sur autrui.
Tout ce monde de suicidés, n'est composé que de vicieux, de vaniteux et de lâches ; l'amour-propre, la forfanterie et la bêtise les avaient aveuglés. Ils ont
36 l’initiation déserté le poste oû les appelait le devoir sacré de l’a mour du prochain ! 9Eperdus, ils se sont précipités dans la Mort, con vaincus d’avoir échappé aux tourments de la Vie. Ils le croyaient du moins en passant dans la vie de l’Au-delà ! O justice de Dieu, que tu dois inspirer de ter reur à ceux de mes frères qui liront ces lignes !
Quel spectacle d’épouvante s’offrira aux yeux endoloris de mes pauvres sœurs pleurant la mort de ceux qu’ils appellent ! Entendez-vous, ils ont passé, ces malheureux, une nouvelle vie, sans avoir rempli leur tâche sur la nôtre, sur le plan physique, ils y ont passé après avoir fait infraction aux lois humaines et divines. Ce mystère est facile à expliquer par une analo gie.
Est-ce que nous nous rappelons notre vie anté rieure, dans le sein de notre mère ?Non ! Et pourtant cette mère nous a répondu qu’elle eu conscience de notre vie durant les neuf mois qu’elle nous a porté dans ses flancs bénis. Nousvivionsdecette vie, et ce n’est que quand la formation fut terminée que le fruit fut mûr, que nous avons quitté cette de meure sainte, y mourant, pour renaître, ressusciter à la vie terrestre-physique !
Et nousvivrons de cette vie,jusqu’à ce que nos tâches terrestres prescrites par la Providence soient accom plies, nous y mourrons alors de la vie terrestre, pour ressusciter dans la Vie Astrale puis dans la Vie Divine ! 7
LES TORTURES DU SUICIDE EN L’AU-DELA 37 Et de même que nous avons inconsciemment quitté * le sein de notre mère, de même sans peur ni crainte, fiers d’avoir accompli nos devoirs, nous quitterons cette vie pour une Vie Supérieure où nous goûterons la récompense des élus ! Or comment appelons-nous les enfants nés avant terme ? Des avortons !
Eh bien procédez encore une fois par l’analogie et vous vous apercevrez que celui qui a quitté avant terme la vie terrestre est un avorton de la Vie Astrale ! il doit reprendre le chemin de la vie terrestre dans une autre réincarnation, le plus tôt possible pour re faire son éducation physique, morale et intellectuelle ou bien, maudit, attendre des siècles, suspendu entre la terre et les cieux, la clémence de Dieu !
Croyez-vous donc, vous autres, restés sur la terre, que par le suicide, ces avortons de l’astral éviteront les châtiments qu’ils se sont attirés ici-bas, et que la loi fatale du Karma-Justice, ne les atteindra pas en F Au-delà ?
Eh bien, vous vous trompez I Ecoutez, vous qui avez des oreilles pour entendre, des yeux pour voirl Après sa mort, le suicidé ne peut se détacher de son cadavre, il reste près de son tombeau, de sa dépouille mortelle, rivé par la chaîne des passions qu’il avait générées ! Son âme, imbue, malgré elle, de ses vices, ne peut l’aider dans son ascension vers les Ancêtres ; cette étincelledivine, pour le moment, est impuissante. Elle
38 l’initiation ne peut forcer son passage parmi les légions de larves créées par les pensées des victimes du suicidé ! Larves, créations matérialisées des forces humaines, entourant l'astral du suicidé de leur chaîne magique, pénible, perverse, pernicieuse, détruisant toutes les forces bé néfiques accourant au secours du malheureux !
Et c’est ainsi que son Ego supérieur ne peut se soustraire aux malédictions de ses victimes, ne peut fuir devant les parents désespérés, ne peut éviter les reproches de ses enfants, ne peut ne pas entendre les vociférations des abusés !
11 voit les gestes pleins de menace, il entend les cris des insulteurs, les blas phèmes même de ceux qui le chérissaient, car il com prend, hélas, trop tard, les vaines menaces proférées contre Celui à quion ose reprocher de l’avoir enlevé du milieu d’eux. Et le misérable doit endurer toutes ces horribles tortures !
O gens de peu d’esprit, cœurs faibles, âmes de peu de résistance, au lieu de le rappeler à terre par vos cris, unissez-vous, tombez à genoux, et prosternés devant le Christ-Mage, invoquez son secours, implo rez la miséricorde divine de Celui qui pourra un jour le recevoir ! Entonnez le psaume magique^ i ) !
Que votre hymne retentisse aux oreilles de vos frères et sœurs, au cœur de tous les enfants de la Terre-Mère 1 Qu’ils puissent joindre leurs ferventes prières aux vôtres- (i) Prononcez le 19e verset du psaume 102 (Dominus in cœlo parainl sedem suam ; et regnum ipsius omnibus dominabilur).
LES TORTURES DU SUICIDÉ EN LAU-DELA 3g consacrées par la souffrance ! Unis par la chaîne magique, priez pour les vivants Frères et sœurs en Jésus-Christ, que nos forces réu nies, aimantées, rayonnent implorant TÈtre-Suprême qui, dans dans sa Clémence, nous enverra ses génies invisibles pournous préserver du Mal, pour foudroyer nos ennemis séducteurs envoyés par le Prince des Ténèbres !
Alors, nous reviendrons y puisant le courage, l’es poir, la foi , et la force de vivre et lutter à l'exemple de celui qui fut notre Rédempteur 1 Ses prières à Lui, le prophète de Nazareth, la Lumière Sublime d’Orient, intercéderont près le Père Ieveh, le Grand Architecte de l’Univers, qui d’un geste clément bénira les humbles enfants de la TerreMère ! C’est une prière universelle que j’exige!
J’en appelle à la conscience humaine, j’en appelle aux prières de toutes les Églises, de toutes les religions, j’en appelle aux actes fervents des fidèles, j’implore l’indulgence de la Destinée fatale, j’invoque humble ment la Clémence Toute-Puissante du Créateur. Pour les prédestinés au suicide ! Seigneur Dieu, exaucez nos prières ! Fiat misericordia tua, Domine, super nos : quemadmodum speravimus in te (i). Punar-Bhava S.*. L*. (ï) Le 22° verset du psaume 32.
LES HYPOSTASES L'Initiation a publié une étude initiatique d’un très haut intérêt, intitulée Étude élémentaire sur Ialphabet solaire de 22 lettres, par le docteur A.-E. C. (un ami de Saint-Yves). Qu'il soit permis, à un lecteur attentif, d’y relever certaines déductions, affectant des correspondances théosophiques, et qui, à notre humble avis, méritent quelques sérieuses objections.
Il s'agit de toute une série d’applications archéo métriques et nous ne prétendons certainement pas invalider, en elles-mêmes, les thèses obtenues au moyen de ce merveilleux instrument de précision des Hautes-Études. Mais nous ne pouvons plus être d’accord aussitôt que les vérités ainsi obtenues sont confrontées avec l’ésotérisme du dogme chrétien d’une façon, à notre avis, erronée, c’est-à-dire de façon à intervertir l’ordre des analogies.
Qu’on nous pardonne la remarque, mais c’est là, nous semble-t-il, le point faible de la très savante et profonde étude du docteur A.-E. C. L’auteur arrive effectivement, en détaillant archéométriquement la génération des lettres de l’alphabet solaire, à tirer des conclusions sur la Nature intime de la Tri-Unité chrétienne, qui ne peuvent pas être
LES HYPOSTASES 41 acceptées sans quelques éclaircissements. Il pourrait y avoir ici, sans cela, une cause de graves erreurs. Ceci dit, nous sommes tenus, comme de raison, à fournir des preuves de ce que nous avançons.
L’auteur de l’étude précitée part du point de vue que le Père dans la Trinité chrétienne doit être com pris, en Soi, comme Archétype bi-polarisé, dans son activité divine, exprimée par le nombre i et parla lettre x, en même temps que dans sa divine passivité, exprimée par le nombre 2 et par la lettre 2.
Cette passivité divine serait en outre la Vierge Céleste, éternellement fécondée. (Vïrgo Cœlestis.) Les deux ensemble forment l’idée du Père absolu, 2X. Le fils, par conséquent, se trouve être le nombre 3 (1 + 2), ou bien la lettre Z, et l’Esprit-Saint le nombre 4, avec la lettre ", le Donateur. Voilà, en substance, les déductions du docteur A.- E. C., contre lesquelles nous avons sérieusement à redire.
Il nous semble, tout d’abord, risqué d’appuyer la thèse de la bi-polarité préessentielle de la première hypostase de la Trinité sur l’hiéroglyphisme du mot 2 x (A.B). Nous désirons précisément prouver, dans cet article, que c’est le nombre 2 (et non pas 3) qui est le Fils, le pôle attractif, passif, féminin, ou comme on voudra l’appeler, au sein même de la divinité !
Le 2 correspond à la lettre 2 (Beth), et l’hiéroglyphisme du mot ]2 (Ben. — le Fils), nous semble au moins aussi instructif à cet égard, si on veut y réfléchir. L’Ur.ion intime et éternelle de l’Activité absolue avec l’infinie Passivité, en Dieu, voilà,
l’initiation nous semble-t-il, précisément ce qui constitue la bi polarité de l'Ètre Suprême, et cette bi-polarité se pré sente précisément comme N, Père, Actif, et comme:,. Fils, passif. Remarquons bien que 2, c’est précisé ment le fils, et non la Vierge Céleste, car en Dieu, Zoui est activité absolue, et ce serait donc un symbo lisme en quelque sorte hérétique, au point de vue chrétien, que d’y introduire des images féminines.
C'est là un point capital à envisager quand on com pare le symbolisme chrétien à celui des autres cultes. Le culte chrétien est, une fois pour toutes, établi sur des bases doriennes, et si nous pouvons nous per mettre d’envisager le Fils comme pôle attractif de la bi-polarité divine, ce n’est, ne l’oublions jamais, que par rapport à ce même Absolu, dans lequel il se con fond au Père.
Cette passivité en Dieu, pôle féminin de Sa bi-polarité, constitue toujours et encore et éter nellement une activité absolue, aussi absolue qu'il n'y reste point de place pour un symbole féminin. 11 nous semble qu’Eliphas Lévi a relevé ce point rela tivement au Saint-Esprit.
Nous n’ignorons pas, au sujet de cette troisième hypostase de la Divinité, que f les premiers Pères de l’Eglise étaient d’avis que le Saint-Esprit était un Principe féminin. Mais cette opinion ne s’est jamais convertie en dogme. Le sym bole féminin de la colombe ne paraît point pouvoir nous autoriser à soutenir cette thèse, d’autant plus que la couleur blanche est une couleur dorienne en « chromologie» qu’on nous pardonne le néologisme ! Le symbole de la colombe aux ailes ouvertes paraît indiquer, bien plus, le troisième terme, l’équilibre
LES HYPOSTASES 43 parfait, le neutre!!’. Répétons, neutre par rapport aux autres deux polarités de Dieu, mais infiniment actif toujours. Nous savons bien que l’opinion que nous avançons ici n’est pas d’accord avec les termes usuellement acceptés dans les rapports entre les trois hvpostases chrétiennes et le grand Arcane de la Kabbale.
Ce der nier, en procédant d’Aïn-Souph, nous montre tout d'abord l’équilibre androgynique parfait dans Kéther, la Couronne. Et de là les séphirots divines se subdi visent en Chochmah, la Sagesse, ou le masculin en Dieu, et en Binah, l’intelligence, ou bien le Féminin en Dieu. De là, que les rapports entre la Trinité chré tienne et la Triade Kabbalistique furent acceptés comme suit.
Kéther — Équilibre — Père ; Chochmah — Expansif — Fils : Binah — Attractif — Saint-Esprit. Nous avons tiré les termes « expansif » pour mas culin, et « attractif» pour féminin, de la magistrale étude de M. Jouneî, La clef du Zohar, car nous considérons ces termes comme on ne peut plus heu reusement choisis. Or, nous avons déjà indiqué que nous ne sommes pas d’accord avec cette application des hvpostases.
C’est au contraire le Père qui nous semblerait être le Principe expansible 1. Le Fils: le Principe attractif,, le 2, et le Saint-Esprit; le principe équilibré, le 3. On nous répondra, que nous formons ici la Triade di vine en homologie avec celles des mondes inférieurs, où l’équilibre possède en troisième lieu deux autres
l’initiation 44 Principes en action, reflet contraire de ce qui a lieu dans le monde divin, et Kabbalistiquemcnt précisé parles Triades du Microprosope dans l’arbre Séphirotique (Chesed-Geburah-Tiphéreth, et Neîzah-Hod Iesod). Il n’en est rien de cette objection.
Nous pré tendons que la Triade chrétienne résiste à tout gra phisme, et que si nous voulions absolument appli quer ses termes aux trois Séphirots supérieures de la Kabbale, il nous faudrait appliquer le Saint-Esprit à Kéther, le Père à Chochmah, et le fils à Binah. Or, ceci serait erroné, comme pouvant faire supposer que le Saint-Esprit serait la première hypostase.
Voilà pourquoi nous prétendons que la Trinité, ou bien, ce qui est la même chose, les trois Séphirots supé rieures dans la Kabbale chrétienne, résistent à tout graphisme.
Considérons pourtant que cette spécification n’in valide en rien les déductions précisées par l’arbre séphirotique de la Kabbale, dont les vérités absolues demeurent intangibles, puisqu’il ne s’agit ici point d’une controverse essentielle, mais affectant le symbo lisme graphique tout seul.
Nous soutiendrons, par conséquent, à l’encontre du Dr. A.-E.C.. que c'est précisément le pôle attractif, le 2, la lettre 3, qui dési gne, qui appartient; qui représente le Fils, et cela en dépit de la signification active et créatrice de cette lettre, puisque, répétons, il s’agit de la passivité de Dieu, qui ne saurait être pour nous qu’activitésuprême. C’est le Verbe, le K13.
Notons bien que nous retrou verons cette lettre, avec le son du R caractéristique, *11, dans presque toutes les langues : VeRbum. PaRler,
LES HYPOSTASES 45 spRechen, ayant subi les modifications phonétiques multiples à travers les peuples et les âges. Et sine eo factum est nihil, quod factum est. La correspondance exacte se trouvera dans le H, deuxième lettre du Tétragramme divin, le signe de la vie... in ipso vita erat.
Ce 2 Suprême est à tel point uni au 1, qu’ils finissent (et commencent) par faire A un seul et même Etre, dont la Substancialité est l'Esprit-Saint, le 3. ^Et non le 4, comme II est envi sagé par le Dr. A.-E.C. dans l’étude précitée). Arrê tons-nous un instant sur ces considérations : Nous A verrons, en analogie avec l’Etre suprême, l’image du 1, de la polarisation expansive, et du 2, polarisation attractive, représentée dans tout l’Univers.
Dans l’humanité physique, c’est l’homme et la femme ; en chimie acide et alcalin ; en mécanique céleste la force centrifuge et centripète; en électricité le pôle positif et négatif, et ainsi de suite. Et même en politique sociale nous verrons les partis de l’action, expansifs (la gauche), et ceux de l’attraction, de la conservation, (la droite).
Plus nous descendrons l’échelle des per fections universelles, et plus le caractère de ces deux principes sera opposition, inimitié et haine, l’un en vers et contre l’autre. Et plus nous remonterons cette même échelle, plus nous verrons que l’opposition se changera en concorde, et l’inimitié en amour.
Et à mesure que nous monterons, le règne de l'Esprit-Saint, qui est la Vérité, la Paix, et l’Amour, se manifestera dans l’Uniondes deux principes opposés l'un à l’autre dans le monde de la chute. Leur union en Dieu est tellement parfaite, qu’ils finissent par constituer un
¿6 l'initiation Etre unique : c'est le Saint-Esprit lui même au sein ie Dieu. Son règne sur cette terre arrivera à mesure que nous remplirons le précepte du Christ d'aimer nos adversaires, et la Paix Sociale arrivera à mesure que la Concorde s’établira entre les partis opposés.
Nous avons, comme on voit, quelques raisons philor sophiques sérieuses pour attribuer l’Equilibre Su prême au Saint-Esprit, et non au Pcre, Principe Actif Suprême, qui Se connaît Lui-même au moyen de sa propre polarité contraire, qui est le Fils. Voici commentnousenvisageons l’application des nombres i -, 2,3, dans la Triade Suprême.
L'auteur de « l’étude sur /alphabet solaire aurait donc, à notre humble avis, erronément attribué au Père le nombre 2 qui est au Fils, au Fils le nombre 3 qui est au Saint-Esprit, au Saint-Esprit le nombre 4, qui est à la Vierge Céleste, à la Céleste Nature éternellement fécondable et fé condée. C’est ici, et non dans le nombre 2 de la Divinité, la place delà Virgo Ccelestis, Seconde pen sée de Dieu, et Deuxième Hé (n) du Tétragramme Divin.
Et la Triade Divine tout entière est pour ce deuxième Hé le Iod nouveau, comme le lod primor dial l’est pour le n de la Seconde Hypostase.
Et de même que le Premier Iod est uni au n de la Seconde Hypostase par le Vav (l) qui est le sixième signe et l'intériorité du Saint-Esprit qui est le nombre trois, ainsi que la troisième lettre du Tétragramme, de même la Triade Suprême Iod-Hé-Vav est unie au n de la Céleste Nature par l’Adam-Ève qui se trouverait donc être un nouveau Vav (1) par rapport à la Triade Suprême envisagée comme nouveau Iod, et par rapLES HYPOSTASES 47 port au Hé de la Céleste Nature.
Ainsi étendu, le Tétragramme deviendrait un Pentagramme, et 5 le nombre assigné à l’homme. On voit que nous attri buons le i, le Iod du Tétragramme. au Principe Expansif et au Père, le 2, le Premier Hé du Tétra gramme au Principe Attractif et au Fils, le 3, le Vav du Tétragramme, à l’équilibre et au Saint-Esprit, le 4, le Deuxième Hé du Tétragramme, à la Vierge Céleste, à la Nature Primordiale, à Prakriti.
Pour mieux fonder encore, si c’est possible, la thèse de notre attribution du Principe Attractif en Dieu au nombre 2 et au Fils, nous rappellerons que la Justice la Rigueur et le Jugement sont des conceptions net tement féminines et appartenant au côté gauche de l'arbre Séphirotique. Or, c’est bien le fils, selon le dogme chrétien, qui jugera les Vivants et les Morts !!!
Mais arrêtons-nous pourtant sur la valeur intégrale des premiers nombres : L'unité absolue, principe de toute potentialité, expansif, 1, — le Père, le Iod du Tétragramme. Le binaire en Dieu, le Verbe, attractif, 2, — le Fils, le premier Hé du Tétragramme. Son intégrale est 3, nombre du Saint-Esprit.
Ceci veut dire qu'il n'existe pas comme principe en soi, mais par le Père dont il est éternellement généré, et avec lequel il forme, dans TUnion la plus absolue, le Saint-Esprit lui-même. Car 1 2 = 3. Le ternaire en Dieu, l’Equilibre Suprême, le 3, — le Saint-Esprit, le Vav du Tétragramme, sixième lettre de l’alphabet solaire. Son intégrale est 6, le
4-8 l’initiation nombre macrocosmique. Il est donc lui-même la substancialité macrocosmique, universelle, de Dieu. Le quaternaire, la Vierge Céleste, le Deuxième Hé du Tétragramme, manifestant dans l’intégrale qui est io, sa valeur principielle dans le monde infradivin, puisque ce io n’est que l'LInité dans une autre échelle. C’est la lettre T (Daleth. Le sein de la femme. Signe de l’abondance née de la division. Voyez : Fabre d’Olivet).
Mais nous pouvons aussi considérer ce quaternaire comme un binaire nouveau, relative ment à la Triade Divine considérée comme Iod et comme Unité. Dans cet état d’opposition nous aurons l'image de la chute et l’apparition instantanée de l’homme, du 5, dont l’intégrale est également 6 dans une autre échelle (puisque i + 2 3 + 5 = 15 = 6), du nouveau Vav (’), pour relier le quaternaire de la création matérielle à sa vraie origine.
Retournons à présent à la Triade supérieure, et tâchons de trouver, dans la nature, une analogie quelconque qui puisse appuyer nos thèses quant à la signification des hypostases. Si nous ne sommes pas dans l'erreur, ces analogies doivent se trouver partout, sous des apparences plus ou moins perceptibles, car ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut, pour former les merveilles de la chose unique!!!
Veuillez envisager un courant électrique arrêté par une interruption quelconque sur le cours de la ligne. Vous avez, à l’endroit même de cette interruption, un pôle positif, que nous allons qualifier de i, de « actif », expansif, ou bien comme on voudra. Vous avez également un pôle négatif, que nous allons quaLES HYPOSTASES 4Q 1 ilier du nombre 2, « passif », attractif, ou bien comme on voudra.
Le courant, image de leur fusion absolue et parfaite, de l’équilibre en un mot, du nombre 3, ne circule pas, car il y a interruption, opposition.... chute Faut-il dans cette image mettre les points sur les i pour qu’elle soit intelligible ? Les étincelles ma térialisées jaillissent du positif vers le négatif dans cette interruption, marquant la lutte et le combat entre ceux qui sont faits pour s’aimer dans l'union !
Mais voici que tout est rétabli à l’image de..... Dieu. Les pôles sont unis, ils ne font plus qu’un seul et même être, sous deux hypostases pourtant, suivant que vous considérez, par une abstraction mentale qui transporte votre moi dans la route même du circuit galvanique, que vous êtes, dans ce circuit, continuel lement recevant... Et vous vous manifestez ainsi, dans la substancialité du courant lui-même !!! Est-ce suffisamment clair ?
Il y a une chose pourtant dans cette image qui pour rait troubler les dogmatiques : Et in Spiritum Sanctum, qui ex Pâtre filioque f procedit... dit le Credo de l’Eglise catholique ro maine... Mais n’ignorons point, pourtant, que le symbole nicéen de l’église chrétienne, enSaade notre ère, proclame ce qui suit : Et in Spiritum Sanctum, qui ex Pâtre proce dit...
Voici ce que fut le Credo universel dans l’Eglise entière pendant de longs siècles, dogme accepté et reconnu universellement, fondé sur les conciles uni4
5o l'initiation verséis de Nicéeen 3*2 5, et de Constantinople en 381. Encore aujourd'hui toute une partie de la chrétienté, l’église orientale appelée orthodoxe, conserve inté gralement le texte du Credo tel qu'il fut alors.
En Occident, le filioque, après les mots qui ex Paire, fut introduit pour la première fois par le synode local de Tolède en 589, et accepté par tout l’occident à la suite de la nécessité de lutter contre Arius et ses sec taires. Cette amplification eut pourtant lieu beaucoup plus tard, et encore en 809 le Pape Léon III hésita de la reconnaître comme faisant objet du dogme.
En tôut cas./fest là le point principal des attaques et des reproches que l’orthodoxie lance envers le catholi cisme jusqu’à ce jour. 11 aurait été plus heureux, cer tainement, de mettre per filium, au lieu du filioque, du point de vue des intérêts généraux du christia nisme universel à travers les âges.
Il serait en général désirable, que l'attention sérieuse des initiés occi dentaux se tourne plus souvent vers cette orthodoxie, vers son culte et vers sa raison d’être intime... ils y trouveraient peut-être, sous le voile épais de l’intelli gence, des trésors que leurs gardiens se sont obstinés à garder intangibles, pour des fins que seule la Pro vidence connaît... signalons pourtant un fait remar quable : L’amour que cette Eglise orientale et orthodoxe professe pour la mémoire de l’apôtre saint-Jean... Plie quid tibi ! hic permanebit, donec ego veniam.,. ÜLTIMUS.
... La science n'en est pas moins pour nous une des plus vénérables déesses du monde intelligible. Exploratrice intrépide et sagace, dans la sphère po sitive dont elle s’est tracé les limites à elle-même, là nul obstacle n’a pu l’émouvoir, nulle puissance n’a été capable d'entraver son essor. ...
Chaque jour elle s’enorgueillit d'une victoire nouvelle, infatigable, elle refoule dans les deux sens la frontière de l’inconnu. (De Guaïta, chef de la Magie Noire. Avant-propos.) Ces dernières années surtout furent fécondes en découvertes imprévues ; deux d’entre elles, celle des Rayons X et celle du Radium ont renversé de vieux dogmes scientifiques jusques alors considérés comme intangibles.
L’unité de substance proclamée par les alchimistes de toutes les époques, enseignée par les occultistes de toutes les écoles et dont les savants de tous les pays se moquaient bruyamment, ne trouverait aujourd'hui aucun détracteur sérieux ou de bonne foi parmi les graves messieurs qui siègent sur des fauteuils acadé miques ou dans les chaires de l’enseignement contem porain. La matière, dont les propriétés étaient les forces,
5'2 l’initiation ou bien, pour d'autres savants, la matière qui était inerte et mue par des forces distinctes, la matière que l'on s’accordait de toutes façons à regarder comme éter nelle, cette matière, dis-je, s'évanouit, se dissocie, se transforme en énergie et retourne définitivement à l'éther. C'est M.Gustave Le Bon qui nous l'a démon tré par des expériences précises.
Ce savant revendique comme sienne une décou verte vieille comme le monde. Son grand mérite consiste à l’avoir retrouvée et prouvée suivant l’esprit de la science officielle. Elle a acquis droit de cité et ses conséquences confusément entrevues par M. Le Bon, auront dans un avenir prochain sur la Marche de l’Humanité une influence dont il est impossible pour le moment de calculer la portée.
Les occultistes ont toujours connu et enseigné l’évo lution de la matière dont la théorie leur a été léguée par les temples hindous et qui est encore contenue en entier dans les hiéroglyphes égyptiens, mais, plus préoccupés de l’évolution de l’Humanité que de celle de la matière, ils n’insistent généralement pas sur cette dernière.
«Abraham, dit Saint-Yves d’Alveydre, par Rethorah, génère six principes, le dernier est Siie, On dulation, État radiant, occultation ou destruction de la Matière. » Dans le Traite méthodique de Science occulte par Papus, nous trouvons l'évolution décrite en ter mes généraux, description qui peut, en vertu du dogme d’Hermès s’appliquer aussi bien à la matière qu’à l’esprit :
HYPOTHÈSES COSMOLOGIQUES 53 « Déjà nous connaissons les modifications diverses par suite desquelles l’agent universel devient la vie de chaque être. r « Etudions maintenant son évolution. «Cette émanation suivra universellement trois phases de développement : « Dans une première phase, le passif l'emportera sur l’actif et le résultat sera une passivité, une maté rialisation, un éloignement de l’Unité vers la31ultiplicité.
« Dans une seconde phase, l’Actif et le Passif s’équilibreront, la hiérarchie, la série apparaîtra, les inférieurs graviteront autour du terme supérieur. « Dans une troisième phase, enfin l'actif l’empor tera sur le passif, l’évolution de la Multiplicité sur l’Unité s’effectuera. » On trouve cette même théorie disséminée dans les œuvres des principaux maîtres ès occultisme que je juge inutile de citer ici.
M. Le Bon tire la conclusion logique de la disso ciation de la matière : « Les nébuleuses, qui ne présentent que les spectres de gaz permanents, comme l’hydrogène, ou de pro duits dérivés du carbone, constitueraient, suivant Norman Lockyer, la première phase d'évolution des corps célestes.
En se condensant elles formeraient de nouveaux stades de la matière qui aboutiraient à la formation des étoiles. » Et plus loin : « Notre nébuleuse, comme toutes celles qui bril lent dans la nuit (!?), provenait forcément de quel
l'initiation 54 que chose. Dans l’état actuel de la science, on ne voit que l’éther qui ait pu constituer ce point de départ cosmique et c'est pourquoi toutes les investigations ramènent toujours à le considérer comme l’élément fondamental de l'Univers.
Les mondes y naissent et ils vont y mourir. » Ceci nous ramène aux premiers chapitres du Sépher : L’Aor travaillé par le souffle puissant des Aelohim se différencie en principe pour former les Shamaïm et l’Aretz. Adam sollicité par Nahash, fait sortir i’Aor de son état latent et le compacte...
Kaïn accable Abel, Seth apparaît... ou si vous le préférez, pour employer les expressions consacrées et en omettant l'action des forces encore inconnues des savants dont parle Moïse, nous pouvons dire : l’éther condensé par des forces cosmiques se contracte, la force centripète entre antagoniquement en action avec la force centrifuge, la rotation de la nébuleuse primitive commence..., les mondes vont naître, futures geôles des sous-multiples d’Adam-Eve qui a sombré au gouffre de la matière et dont il émergera lorsque totalement pul vérisée, elle sera retournée à I’Aor dont il l’avait im prudemment extraite.
Moïse en savait fort long sur ce sujet puisqu’il in dique les forces qui ont transformé I’Aor en énergie et celles qui ont transmuée celle-ci en matière. La cosmogonie est à ce point de vue très instructive à consulter. Fabre d’Olivet nous explique que le mot N13, créer ne veut pas dire : faire quelque chose de rien, ou
HYPOTHÈSES COSMOLOGIQÜES 55 simplement: faire quelque chose de quelque chose, mais il prouve par son étymologie qu’il signifie en réalité: tirer d'un élément inconnu, faire passer du principe à l'essence ; rendre même ce qui était autre.
« Le mot (Barà creavit), dit St. de Guaïta, à l'aide des clefs de Salomon, manifeste le sens ésoté rique suivant: Paternité (2) du mouvement actif pro ducteur (?) de l’existence potentielle à la millième puissance (x), c’est-à-dire: « Production du mouvement extériorisateur qui fait passer du principe absolu à l’essence radicale, susceptible à son tour de multiplication divisionnelle dans la genèse des individus. » Ce vocable moïsiaque seul contient donc toute la théorie de l'Involution, exactement inverse de l'Évolution démontrée par M. Le Bon.
Le mot n’est pas moins intéressant: son nombre est 5, il se rapporte donc au n, « Le hé, dit Papus, exprime hiéroglyphiquement l’aspiration, l’haleine, c’est par l’aspiration que s’en tretient et que se crée la vie. De là l’idée de tout ce qui anime attribué au hé.
Mais la rie spécialise l'être en le différenciant de tous les autres... » Appliquons ceci au cas spécial qui nous occupe et tenant compte que l’Aor est unique, nous pouvons dire : Mais les Aelohim spécialisent l’Aor en le différen ciant de lui-même.. L’exploration des hiéroglyphes représentés par les lettres de ce nom fameux jette une vive lumière sur la nature de ces Aelohim, que l'on peut considérer
56 L INITIATION comme agissant en mode quintuple ou même sextuple, comme le veut Claude de Saint-Martin, parce que ce mot offre six lettres distinctes dans sa prononciation, quoiqu'il n'en porte que cinq dans l’hébreu. envisagé de la même façon, n’est pas moins significatif: son nombre est 9, qui correspond dans le tarot à l'ermite ou fluide astral. Tous les occultistes ont décrit cette lumière astrale.
St.de Guaïta, en particulier, l’a définie magistrale ment dans la Clef de la Magie Noire. Les œuvres d’Eliphas Lévi développent tout au long les possibi lités de cet agent, sur lesquelles il convient pour le moment d’observer le quatrième précepte du sphinx. Les savants officiels n’arriveront probablement ja- • mais à ce point tant qu’ils se buteront à la borne du matérialisme.
Ils ont suivi la matière dans sa trans formation en énergie, mais ils ont perdu pied dès que cette énergie s’est évanouie dans l’éther, sur les propriétés duquel ils discutent sans pouvoir se mettre d’accord. On comprend à les lire qu’ils regrettent de ne pouvoir mettre cet agent en bouteille comme les émanations du radium.
Ils ne pourront cependant poser définitivement à cette frontière leurs colonnes d’Hercule; le progrès incessant de l’Humanitéaidant, bientôt peut-être, sur leurs ruines on édifiera^ les iné branlables bases des colonnes d’or du Temple Synthéiique Restitué. Les occultistes qui se sont étendus surtout sur l’Involution et l’évolution de l’Humanité indiquent va guement le quo modo de l’évolution de la matière. De Guaïta, par exemple, pense qu’Adam réintégrera
HYPOTHÈSES COSMOLOGIQOES 5y la Nature à son état primitif d'un seul effort de sa vo lonté souveraine, lorsqu’il aura reconquis lui-même son unité perdue.
« La substance astrale, dit-il, s’est manifestée en engendrant la matière physique, et celle-ci retour nera en temps voulu à son état premier. » Et ailleurs : « L’Adam kabbalistique apparaît, dans l’exil de Malkouth, un céleste monarque détrôné, à qui la sou veraineté d’en bas fut offerte en dérisoire compensa tion. « i\Iais le véritable empire de l’homme, plus tard lui sera rendu...
Déjà certains indices font pressenr tir, selon la parole de l’Ecriture, que son royaume n'est pas de ce monde. Déjà, l’àpre diadème d'acier qui déchirait son front s’éclaire par intermittences d'épiphaniques reflets. Un jour viendra de gloire et d’apothéose où sur sa tête la couronne terrestre étin cellera, transmuée dans un nimbe en fleurons d'or fluide et mélodieux.
« Ce sera le Symbole de la Volonté triomphante ; et le monarque, remis en jouissance de son légitime héritage, assumera, dans sa transfiguration, l'univer selle Nature régénérée. » Maintenant nous pouvons inférer que la matière se dissocie et se transforme de nouveau en Aor au fur et à mesure qu’Adam évolue.
D’après le Sépher, Adam, au cours de sa chute, passe par des transformations successives concomitantes à la matérialisation progressive de l’Aor. Parvenu au terme ultime de sa chute, Adam se relève et réin58 l'initiation tègre, insensiblement mais d’une façon continue, son essence adamique : la matière le suit dans son ascen sion. elle se sublime et se dissocie pour rentrer dans l'Aor.
Bien que connue et décrite par tous les occultistes, il est bon de noter que cette théorie de l’Involution et de l'Évolution a reçu de la science moderne une éclatante confirmation et après, pour ainsi dire, une forme plus exacte. L occultisme nous aide dans d’autres cas à acqué rir des idées raisonnables sur certains phénomènes au sujet desquels aucune explication plausible n’a été encore donnée.
Personne, que je sache, ne s’est préoccupé de la pro venance probable de l’hydrogène qui constitue les flammes du soleil, flammes si colossales, que quelquesunes d’entre elles atteignent la prodigieuse hauteur de 3oo. ooo kilomètres et plus. La question est embarrassante, à dire vrai, mais sa solution dissiperait bien des obscurités qui régnent encore en astronomie sur les faits observés. Elle vaut donc la peine d’être examinée.
Résumons d’abord ce que nous savons sur la constitution physique du So leil.
L’analyse spectrale nous a révélé que les étoiles sont des masses gazeuses métallifères ; les astres jeunes etchauds comme Sirius ne contiennent outre l’hydro gène, que du magnésium et du sodium ; ceux qui sont plus âgés, les astres jaunes, comme notre soleil, sont composés en outre de calcium, de chrome, de nickel, de fer, de manganèse et peut-être de baryum, de cadHYPOTHÈSES COSMOLOGIQUES 5g mium et de zinc ; enfin les étoiles rouges, plus vieilles encore et à demi refroidies accusent en sus de ces métaux la présence de métalloïdes.
L'hydrogène forme la totalité des flammes du soleil et pour cause : les autres métaux sont de pauvres combustibles, et, fussent-ils comme le magnésium et le sodium, ils ne peuvent brûler dans une atmosphère d'hydrogène qui a pour propriété d’éteindre les corps en combustion plongés dans son intérieur, parce qu'il s'empare du corps comburant nécessaire à sa propre combustion et à la leur.
L'hydrogène ne peut provenir de l'intérieur de l’astre, puisque la masse gazeuse de celui-ci est plus dense que ce gaz.
Il ne peut en former l’atmosphère, à moins de supposer que l'hydrogène des étoiles est un gaz spécial, différent de celui que nous connais sons et en admettant que ce gaz jouit de la propriété extraordinaire de brûler uniquement au contact de la surface de l’astre «t que des flammes gigantesques peuvent le sillonner sans l’enflammer.
M. Le Bon croit pouvoir expliquer l’origine de la chaleur solaire par la dissociation de la matière, il suppose pour cela que le soleil peut contenir un corps dont la dissociation soit un millier de fois plus ra pide que celle du Radium. Quoique cette supposition ne repose sur aucune base solide, il est possible que la dissociation de la matière entre pour quelque chose dans la production de ce phénomène. A propos de l’apparition graduelle des métaux dans les étoiles, le même savant dit: «C’est donc avec
6o l’initiation l’abaissement de la température que les éléments des atomes subissent de nouvelles phrases d'évolution dont le résultat est la formation de certains corps simples. » Ici.
M. Le Bon se serait enfermé dans un cercle vicieux s'il n’avait plus loin ajouté prudem ment : «Il paraît fort douteux que la chaleur soit la seule cause de l'évolution sidérale des atomes. » En effet, d’après ce qui précède, il faudrait suppo ser la dissociation de la matière avant meme qu'elle ne soit complètement formée, et alors on ne voit pas pour quoi la température des astres baisserait ; au surplus cette dissociation aurait deux fins antagoniques : celle de libérer la matière et celle de contribuer à sa formation.
Dans tout cela il n’est point question de l’origine de l’hydrogène. La science officiel le la passe sournoise ment sous silence. Cherchons dans la science... extra officielle. Je compare le soleil à la lampe sans flamme que l’on fabrique avec un fil de platine porté au rouge et plongé dans la vapeur d’éther, le fil métallique demeure in candescent tant qu'il y a de l’éther à sa disposition.
Le soleil est plongé dans l’Aor, et des forces cos miques inhérentes à la nature de la nébuleuse primi tive différencient cet agent au premier degré et for ment de l’hydrogène, qui, tout en brûlant sans cesse, est renouvelé-incessamment par l’Aor ambiant. Au rebours de la lampe sans flamme, ici, c’est la mèche qui s’use, tandis que le combustible est inépuisable. Mon hypothèse demande une explication : Éliphas Lévi (Ash Mezareph) dit : « L’oxygène est
HYPOTHÈSES COSMOLOGIQLES 6l la corporification positive de la lumière, l'hydrogène en est la forme négative. » Par le mot lumière, É. Lévi désigne la lumière astrale à laquelle j’ai conservé le nom d’Aor que lui donne Moïse pour éviter des malentendus. On peut objecter que l’hydrogène se comporte chi miquement comme un métal et que dans l’électrolyse il se porte invariablement au pôle négatif de la pile.
Ceci n’est pas absolu ; dans sa Physique Magnéti que, le professeur H. Durville nous apprend qu’il est négatif pour les sensitifs au magnétisme physio logique. Le soleil est donc par rapport à l’Aor, le pôle posi tif (puisqu’il compacte l'hydrogène négatif) d'une pile gigantesque dont les planètes forment le pôle négatif.
Lisez maintenant les lignes suivantes de Sir John Herschell et concluez: « La portion du disque solaire que les taches ne recouvrent point est loin d'avoir un éclat uniforme. Le fond en semble parsemé d’une multitude de petits points obscurs ou pores qui, examinés attentivement, se montrent dans un état perpétuel de changement.
On ne peut mieux représenter ces apparences qu'en les comparant à l’aspect d’une précipitation chimique floconneuse opérée avec lenteur dans un fluide trans parent et vue d’en haut. La ressemblance est si fidèle quelle ne peut manquer de faire naître l’idée d’un fluide lumineux qui se mêle sans se confondre avec une atmosphère transparente et non lumineuse, soit qu’il flotte à la manière des nuages dans notre atmo
Ô2 L INITIATION sphère, soit qu’il forme dévastés traînées de colonnes de flammes, analogues à celles de nos aurores boréales. » Nous savons que la flamme de l'hydrogène est très faible comme éclat, mais elle est extrêmement chaude. Il faut donc, pour que le soleil ait la clarté que nous lui connaissons, que l'hydrogène emprunte à la sub stance solaire un comburant dont la nature nous est encore inconnue.
Ce comburant doit être aussi la cause principale de la grande chaleur de l'astre et la dissociation de ses atomes peut jouer ici un rôle important : mais ce comburant s’épuise graduellement, produisant un abaissement continu de la température et laissant des métaux comme Caput mortuum, lesquels forment des scories, spongieuses sans doute, qui flottent à la surface du soleil, ce sont les taches ; elles ne se mon trent qu’aux environs de l’équateur parce que la force centrifuge y est plus intense et les y maintient un temps plus ou moins long, jusqu’à ce que l'agitation continuelle de la matière solaire les brasse avec le reste de la masse et les fasse disparaître.
Cette hypothèse qui fut émise pour expliquer les taches solaires a été abandonnée par un grand nom bre des savants qui la considèrent comme impuis sante pour expliquer les changements d’aspect de ces taches, mais sans donner aucune explication valable qui nous obligent d’adopter leur opinion. D’aucuns croient qu’il s’agit plutôt de trous qui se creuseraient dans le soleil. Des trous dans une masse gazeuze ! En résumé, un soleil est donc composé d’éther
HYPOTHÈSES COSMOLOGIQUES 63 différencié sous des formes atomiques inconnues, fruit du travail antérieur de la nébuleuse primitive, lesquelles formes contiennent en germe les futurs métaux qui se manifestent à la mesure de son refroi dissement par perte d’un comburant également in connu. (Jn jour viendra où le comburant du soleil sera épuisé : les scories plus abondantes obscurciront définitivement sa surface ; de gazeux qu’il était il deviendra visqueux, puis solide, il se contractera et diminuera de volume, il s’éteindra définitivement : la pile ne fonctionnera plus, le système solaire tout entier mourra.
Les planètes elles-mêmes qui, pendant des millions d'années auront bombardé leurs atomes dansl’infinide l'Aor, seront considérablement amoin dries. Ce seront des corps morts, des cendres inertes dont aucune étincelle vitale ne pourra jaillir. r « Notre soleil, dit Eléphas Lévi, dont les taches sont un commencement de refroidissement, est en traîné lentement, mais fatalement ,vers la constella tion d'Hercule.
Un jour, il manquera de lumière et de chaleur, car les astres vieillissent et doivent mou rir comme nous. Il n’aura plus alors la force de re pousser les planètes, qui iront, avec impétuosité se briser sur lui et ce sera la fin de notre univers.
Mais /* un nouvel univers se formera avec les débris de celui-ci. » Cette hypothèse a été empruntée par le célèbre magiste à d’éminents astronomes, qui ont avancé que sous le choc, soleil et planètes redeviendront gazeux. La nébuleuse primitive serait reconstituée et elle re64 l’initiation juillet commencerait un nouveau cycle vital. Les choses se passeront peut-être d’une façon toute différente.
J’adhère plutôt à l'opinion de Papus : « Enlever l'influence du Soleil à une planète, c’est détruire du coup toutes les forces qui agissent sur elle et la retiennent dans l’Espace. L'atome, dit M. Le Bon, est un système solaire en miniature composé de par ticules tournant les unes autour des autres sans se toucher et poursuivant incessamment leur course éternelle sous l'influence des forces qui les dirigent.
Si ces forces cessaient d'agir un seul instant le monde et tous ses habitants seraient instantanément ré duits en une invisible poussière. » Les mondes étant morts, il n'y a en effet aucune raison pour que la force centripète l’emporte sur la force centrifuge, ils seront incapables de développer l’une ou l’autre.
Leur mouvement propre cessera donc, ils tomberont dans la sphère d’attraction des autres systèmes solaires vers lesquels ils se précipite ront ; leur inertie rendra la cohésion de leurs maté riaux incertaine ; ils se désagrégeront insensiblement au cours de leur voyage ; ils sèmeront sur leur route des parcelles plus ou moins considérables de ce qui fut leurs corps et ces blocs détachés iront tomber iso lément sous forme d’aérolithes sur les planètes et sur les soleils vers lesquels ils seront attirés. r « Une nouvelle création, ajoute Eliphas Lévi, sor tira du cahos et nous renaîtrons dans uneespèce nou velle, capables de lutter avec plus d’avantage contre la stupide grandeur des Eggrégores, et il en sera ainsi jusqu a ce que le grand Adam soit reconstitué. »
lyio] HYPOTHÈSES COSMOLOGIQUES 65 Au lieu que c’est sur d’autres terres et sous d’au tres cieux que nous irons continuer et parachever notre évolution. Si les étoiles sont les pôles positifs de piles dont leurs planètes sont les pôles négatifs, elles ne peuvent se rencontrer dans l’espace, puisque les pôles de meme nom se repoussent. Leur mouvement propre est la résultante de leur répulsions mutuelle.
Les planètes, affirment les savants, sont des soleils éteints par défaut de combustible. On n’a pas remar qué que cette hypothèse est en contradiction formelle avec la différence de densité que ces astres ont entre eux.
En effet, nous savons que dans les étoiles, l’appari tion des métaux est graduelle et proportionnelle à leur refroidissement ; si les planètes sont des soleils éteints, quelle qu’ait été la composition primitive de leurs atomes, leur but final aurait été le même, puis qu’elles auraient toutes passé par les mêmes phases, c'est-à-dire, formation indiscontinue de métaux jus qu’à leur extinction définitive.
La densité de ces as tres après leur période solaire, devrait être, à peu de chose près, la même pour tous, ils ne différeraient que par leur volume. Or cela n’est point, donc... Voici ce qui a dû se passer : Les planètes furent réellement des soleils, compac tant comme eux de l’hydrogène, mais pendant un laps de temps relativement court.
Dès que l'astre cen tral cessa d’être une nébuleuse et s'enflamma à son tour, elles s’éteignirent, de même qu’une allumette en ignition s’éteint à l’approche d’un brasier ardent.
66 l’initiation La pile solaire, dont les pôles étaient temporairement intervertis, commença à fonctionner normalement.. Notre terre cessa de transformer l’Aor en hydrogène,, elle compacta en échange de l’oxygène et successive ment sans doute du carbone et de l'azote.
Elle fut enveloppée d’épaisses vapeurs de gaz qui se combi nèrent selon leurs affinités chimiques grâce à la haute température régnante et aux formidables décharges électriques qui se formèrent au sein de ce chaos.
L’oxygène naissant se combine à l’hydrogène qui pré existait, pour former de l’eau qui tomba a torrents sur la planète, tenant en dissolution formés par cette même électricité, des acides nitrique, sulfurique, fluorhydrique,etc. desquels rongèrent les métaux et les métalloïdes, produisant une effervescence qui fit res sembler notre globe à un vaste laboratoire de com posés et précipités chimiques les plus divers.
L’oxy gène en excès forma avec l’azote et le carbone l’atmosphère primitive. C’est cette période pendant laquelle se manifesta la vague de vie minérale, pour employer l’expression de Papus. Lorsque le calme se rétablit, que la température delà planète fut suffisam ment abaissée, la vague de vie végétale fit son appa rition, les corps organiques purent prendre naissance.
A partir de ce moment la terre ne put continuer à compacter l’oxygène, le courant cosmique se mani feste depuis par des forces, électricité, chaleur, ma gnétisme, etc..., on comprend dès lors pourquoi les phénomènes météorologiques sont sous la dépen dance immédiate du plus ou moins d’activité de l’astre central.
HYPOTHÈSES COSMOLOGIQUES 67 Dans son Traité Méthodique de Science occulte Papus compare le fonctionnement du système solaire à celui du corps humain et dit la même chose en termes differents. « La force solaire vient se briser contre les différents règnes. Des résultats nouveaux prennent alors naissance.
« Cette force solaire se brisant contre la partie ma térielle de la Terre donne naissance aux forces phy siques, chaleur, lumière, électricité, magnétisme. » Conception de Chili, février 1909. L. T.
La Pétrothérapie Occulte (Suite.) C’est dans le département du Gard surtout, aux en virons de Lasalle, Sauve et Quissacqueces pierres sont communes. Là, un grand nombre de familles possè dent une et rarement plusieurs de ces pierres, aux quelles elles accordent la A’.us grande confiance qui est entièrement partagée p .? les populations.
Tout le monde, dans les localités que je viens de parler, a en tendu parler des pierres oculistiques, de leurs pro priétés merveilleuses, mais peu de personnes ont pu en former une collection. Heureuses celles qui en possèdent même une ¡seule !
Elle constitue une pro priété de famille; on ne la prête que dans un cas très ur gent, pour l’appliquer sur l’œil dans une maladie grave et presque toujours en faisant déposer à l’emprunteur un gage considérable : une somme d’argent jusqu’à 5oo francs... ou un bijou de prix, une montre ou une chaîne en or.
C’est là, probablement, le seul motif du silence qui s’est fait jusqu’à ce jour autour de ces pierres, et qui n’est dû qu’à leur rareté ainsi qu’à la haute valeur qu’on leur attribue, car leur usage généLA PÉTROTHÉBAPIE OCCULTE 69 rai, sur une assez grande étendue du pays, dans cer taines affections oculaires et leur efficacité incontes table auraient sans cela attiré depuis bien longtemps sur elles l'attention des savants.
Le docteur Auzilhon, qui a étudié au point de vue médical les pierres oculistiques, nous donne des dé tails précis sur la nature de ces pierres,dont il est pos sesseur de plusieurs exemplaires. Je dirai tout d’abord, dit-il, que la plus grande di versité existe parmi les pierres oculistiques.
Les unes sont très finement gravées et représentent ou des su jets mythologiques ou des animaux; d’autres, tout en étant taillées avec assez d’art, ne portent aucune gra vure et ne doivent leur réputation qu'à la nature de la pierre; il en est même qui présentent des sujets en applique et en émail. Même diversité sur leur composition ; l’agate, le grenat, le cristal de roche (i) sont employés indiffé remment.
Un fossile silicifîé a servi à la confection de l’une d’elles, enfin un verre bleu constitue la ma tière d’une autre excessivement originale. Leurs dimensions sont aussi très variables, mais elles ne dépassent guère dans leur plus grand dia mètre une douzaine de millimètres.
Le plus grand nombre sont de forme ovale ; on en voit aussi de rondes et de rectangulaires, mais à angles très émoussés. (1) Nous retrouvons dans la thérapeutique chinoise l’em ploi du cristal de roche contre la cécité ainsi que la luciole (\a. Doctrine des Signatures en Chine, par C. B., en prépara tion).
7° L INITIATION Si l'on interroge leurs propriétaires et que l’on de mande à quelle époque ils en sont devenus posses seurs, ils répondent que la pierre des yeux, comme ils l’appellent, se transmet dans leur famille de père en fils depuis un grand nombre de générations ou bien quelle a été trouvée dans les champs par eux ou leurs parents. On est tenu à la plus grande réserve sur leur destination primitive.
Si la forme des unes semble indiquer que, dès leur origine, elles ont servi à guérir les maladies des yeux, celle des autres ferait croire aisément qu’elles ont fait partie, à une certaine époque, de l’ornementation du costume ou de bijoux quelconques. D’autres enfin semblent produites d’une façon toute naturelle et ne devoir qu’au hasard leur forme originale (ludus naturæ).
Les habitants des Basses-Cévennes se servent de pierres oculistiques dans un grand nombre d’affec tions oculaires, mais ne le font pas sans doute sans aucun discernement.
Ils écartent les paupières et ap pliquent la pierre sur la cornée et la sclérotique du côté où se trouve une face lisse ; quelquefois cepen dant, à cause de sa forme, ils ne peuvent l’appliquer que du côté de la gravure, ce qui doit la rendre bien plus irritante pour le globe de l’œil.
La pierre, une fois appliquée, séjourne dans l’œil pendant un certain temps qui dépend de la nature de l’affection, et le malade ne la sort pas même le soir en se couchant.
Certains malades ont conservé des pierres dans la cavité palpébrale pendant plus d’un demi-mois et cela jour et nuit.
11 serait très difficile d’énumérer toutes les affecLA PÉTROTHÉRAPIE OCCULTE 71 lions oculaires traitées de cette façon.Toutes les mala dies qui semblent dépendre de l'atonie des différentes parties de l’œil, les légères ulcérations de la cornée non inflammatoires, les faiblesses de la vue, d'origine nerveuse, mais surtout les taies de la cornée, sont traitées avec succès au moyen des pierres oculistiq ues.
Ce sont là d'ailleurs les affections pour lesquelles les emploientsurtoutceuxqui en fontusage. Laréputation des pierres oculistiques est tellement bien établie que je n'en ai jamais entendu dire que du bien, et qu'on leur attribue bien rarement les insuccès. Le haut prix qu'on attache à leur possession est un signe de la confiance illimitée que le public a pour elle.
Voici la description des cinq pierres oculistiques étudiées par le docteur Auzilhon : i° La face supérieure de cette pierre est gravée très finement. Elle représente probablement une divinité ancienne quelconque, probablementJupiter,cariltient à la main la foudre. J’avoue mon incompétence à cet égard. Elle parait une agate et sa couleur est d'un vert foncé, tirant sur le noir. La gravure est du côté bombé.
La face inférieure opposée à la gravure, et qui s’appliquait sur l’œil, porte deux taches blanches, nuageuses et pareilles aux taies de la cornée. On l'a appliquée probablement aux maladies des yeux, d’après la doctrine des signatures.
2° La deuxième pierre est formée de grenats d'une très belle eau dans leur gangue, et le lapidaire a su tirer un heureux parti des veines diversement colo rées de cette dernière qui est employée depuis long temps dans les maladies des yeux.
l’initiation 72 3° La troisième est blanche et, selon toute appa rence, en cristal de roche. Sa face inférieure, ou du moins la plus large, est très finement gravée. Elle représente un personnage quelconque en face d'un dieu Terme. Avait-on voulu signifier par là qu'elle mettait un terme à la maladie? Son origine romaine « ne me paraît pas douteuse. Elle est employée depuis longtemps, comme les précédentes, dans les maladies oculaires.
40 La quatrième est un fossile silicifié, espèce de planorbe qui a été usé sur ses différentes faces. A sa face inférieure, qui s’applique sur l'œil, elle est lisse et les spires du fossile se voient à merveille. Sur sa face supérieure elle est usée aussi, mais avec beau coup d’art, et simule à s’y méprendre, sauf par la couleur, une hernie de l’iris. Toujours la doctrine des signatures.
5° Enfin la cinquième se compose d’une substance vitrifiée, un verre bleu foncé. Sur sa face supérieure ont été dessinées en émail blanc deux petites colombes sur un sol jaune. Cette piet'i'e des yeux, comme ses congénères,a été employéeplusieurs fois dans le même but, mais sans que j’aie pu me procurer des rensei gnements particuliers à ce sujet (1). C.
B. (1) Nous donnerons plus tard une suite à cet article relatant les pierres que nous n’avons pas signalées, ainsi qu’une con clusion sur la Pétrothérapie.
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens. La reproduction des articles inédits publies p«r Vlnuin'icn est formellement interdite, à inuius d’autorisation spéciale. LÂ FORCE PSYCHIQUE Les découvertes des anciens magnétiseurs, les re cherches plus récentes du Colonel de Rochas et de ses imitateurs, les travaux et les expériences de Sir William Crookes, de Richet, de Gabriel Delanne ont peu à peu prouvé les affirmations des occultistes et des spirites scientifiques concernant l’émanation par l'être humain hors du corps physique d'une certaine force appelée force psychique. Cette force psychique est la substance primordiale nécessaire à la manifestation de presque tous les phénomènes étudiés dans les centres occultes d’expé rimentation. Si des êtres invisibles se manifestent dans une séance, cette manifestation nécessite, comme point d’appui, l’apport de cette force psychique empruntée soit à un médium soit aux assistants soit aux deux origines en même temps. Les figures suivantes vont nous montrer diverses applications de ces théories.
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7« l’initiation La figure i nous montre une expérience curieuse. Un médium se dédouble sous l’influence d’un sommeil spécial. Son double extériorisé va impressionner une plaque de cire ou une couche de paraffine. Apres la séance la figure du médium sera reproduite dans la cire qui était placée à plusieurs mètres du sujet endormi.
NOTRE COURRIER Adresser toutes les communications concernant Notre Courrier au secrétaire de la rédaction, M. Combes Léon,. villa 7 Lot h-Hermès, place Rondelet, Montpellier. RÉPONSE A LA QUESTION DE M.
BARROT (LtS Parfit ¡HS.) Notes pour servir à une étude sur les parfums et leur composition. Voici d’abord quels sont les parfums employés dans la Magie cérémonielle : i° Dimanche', cinname,encens mâle, safran, santal rouge. 2° Lundi : sanial blanc, camphre, ambre, aloès et grains de concombre pulvérisés. 3° mardi'. absinthe et rue. 40 Mercredi : benjoin, styrax. 5° Jeudi: encens, ambre gris, baume grave de paradis, macis, sa fran.
6° Vendredi : violette, rose, myrthe, olives. 70 Same di: diagredium, scammonée, alun, soufre, assa-fœtida. Pour la préparation de ces parfums on trouvera dans : l'Art du Parfumeur ou Traité complet de la préparation des parfums, cosmétiques, pommades, pastilles, odeurs, huiles antiques, essences, bains aromatiques et des gants de senteur par D. J.
F. (Fargeon) ci-devant parfumeur de la Cour, Paris, Delalain an IX-1801. in-8° (Biblio thèque nationale), tous les renseignements nécessaires pour composer tel parfum, essence que l’on désirera. On lira également avec profit le bel in-octavo : le Livre des Parfums, par Eugène Rimmel; préface d’Alphonse Karr, Paris, Dentu, titre gravé et planches coloriées. Depuis l’origine de la civilisation tous les peuples ont aimé et employé les parfums.
Dans l’Inde, la cannelle ou la cinnamome, originaire de l'ile de Ceylan, était très employée. L’huile de nard était très estimée. Les femmes se par fumaient la chevelure avec l’essence de jasmin, elles s’oiSo l’initiation gnaient les seins avec du santal, puis elles les frottaient avec de la poudre d’aloès. D’autres se coloraient la poi trine et les bras avec du safran.
Le candana est le parfum du bois de santal blanc, que l'on brûlait après l'avoir coupé en petites bûches. On lui attribuait des propriétés rafraîchissantes et amères.
Le célèbre malabathre ou malabathron n'était autre chose que des feuilles séchées de cinnamome du Bengale. En Perse, le parfum d’Ormuz ou Rhura-Mazda était le myrthe. Le jasmin blanc était dédié à l’Amshapand ou génie: Vohu-Mano. Le lis à Haurvatât la rose aux cent feuilles à Diu et l'églantine à Rashnu, trois autres amshapands.
En Egypte, « Comme tous les peuples de l’Ancien Orient, les Egyptiens aimaient à la folie les huiles et les pommades odorantes; dès la plus haute antiquité les monuments nous font connaître sept espèces d'essences qu'on devait donner aux morts, et plus tard le nombre en fut porté à neuf et même à dix.
Outre le plaisir que l’on éprouvait à les sen tir, elles rendaient au corps la souplesse et la vigueur qu’il avait eues pendant la vie, l’empêchaient de se dessé cher ou de se crevasser aux ardeurs du soleil, entretenaient en lui une éternelle jeunesse. Chacune d’elles était prépa rée selon un rituel des plus compliqués dont les temples de l'époque ptolémaïque nous ont conservé les copies Dumichen, Der Grcibpalast, t.
II, p. 13, 32), ou encore : les Egyptiens ont été si scrupuleux à énumérer les ingré dients, à énoncer leurs qualités, à décrire les phases de l’opération qu’un égyptologue de grand mérite, M. Victor Loret(i), a pu fabriquer deux de ces parfums en collabo ration avec MM. Rimmel et Domère.
Des échantillons de ces parfums ont été déposés dans le bureau de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres dans la séance du 2g octobre 1886. (Maspero, Le Rituel du Sacrifice funé raire}. M. Maspero cite encore, au cours de son étude, comme parfum égyptien : la poix : Sifte ; l’eau d'adoration : Touait ; Pessence d’acacia : Rait-n-ashu; l’essence de Tahonou,l'huile de myrobolan : bik. (1) Voir plus haut.
NOTRE COURRIER 8l Les Egyptiens brûlaient au lever du jour des pastilles d’encens; à midi : la myrrhe; le soir,au coucher du soleil,le kyphi. Le kyphi était le parfum sacré par excellence, en Egypte. 11 était composé de ib substances. M. Victor Loret, dont M. Maspero nous parle ci-dessus,nous a laissé la composition du parfum du kyphi dans son très intéressant livre : l'Egypte au temps des Pharaons (La vie, la science et les Arts).
Paris, librairie J.-B. Baillière et fils, 1889, que toute personne s’intéressant à l'antiquité voudra lire. Voici la recette du kyphi empruntée à cet ouvrage, page 201, chap. : Toilettes et Parfums et copiée textuellement des hiéroglyphes. Recettes pour faire cent ten (10.164 gr.) de kyphi, deux fois bon, à l'usage du culte. I. Rcorus calamus L................. 270 grammes Andropogon Schoenanthus L. . 270 — Pistacia lentiscus L . . . .
270 — Laurus cassia.......................... 270 — L. cinnamomum Andr . . . 270 — Mentha piperita L................. 270 — Convolvulus scoparius L. . . 270 — 1.890 — Piler très fin, passer au tamis. N’employer que les 2[5 de la masse, soit la partie la plus odorante et la mieux pulvérisée 756 II. Jupinerus phœnica L . . . . 2-70 grammes ) Acacia farnesiana Wild. . . . 270 — ■ 1.080 Lawsonia inermis L.................
270 — Cyperus Iongus L...................... 270 — Broyer ces quatre substances et les mouillerde vin i.n5 Laisser reposer un jour. III. Chair de raisins secs, bien pure ... 1.260 Vin d’oasis........................................... 1.440 Mélanger aux onze ingrédients ci-dessus et laisser reposer cinq jours. IV. Résine de Térébinthe .... 1.200 grammes Miel.......................................... 3.000 — 4.200 grammes Mélanger ces deux substances et les cuire A reporter........................5.66i 6
82 l’initiation Report.........................5.661 jusqu'à réduction de 1 ¡5 du poids de sorte qu'il reste....................................... ... Mélanger au reste des aromates et lais ser reposer un jour. V. Myrrhe broyée finement......................
Mélanger au reste de la masse, ce qui donne en kyphi 3.36o 1.143 10.164 Traduire cette recette était une curiosité; la faire exé cuter par un spécialiste moderne en fut une autre, fort na turelle. Le parfumeur E. Rimmel ( 1 ) d’abord, le chimiste F. Journie ensuite vinrent à mon aide et, depuis j’ai par fumé bien souvent mon cabinet de travail de ce kvphi dont on encensait les divinités égyptiennes, eh bien, doisje l’avouer ? (nous dit M. V.
Loret), j’ai éprouvé une vague désillusion.partagée d’ailleurs par quelques égyptologues de ma connaissance : le kyphi m’a paru plutôt étrange quagréable. 11 est vrai que les lourds parfums huileux et résineux ne peuvent plaire qu’en Orient, où les déserts même exhalent une indécise odeur d’encens et vous ac coutument aux odeurs balsamiques. Brûlé au Caire, le kyphi m’eût semblé en effet deux fois bon, comme dit le texte égyptien.
Ici il m’a paru plutôt deux fois bizarre. » (L'Egypte au temps des Pharaons.) Bizarre, sans doute, mais n’est-ce pas là le caractère re proché par les profanes à toutes les recherches en sciences intéressant la Magie ? Combes Léon et C. B. (A suivre.) ORDRE MART1N1STE (1) Voir plus haut.
Le délégué général pour la Russie informe le Suprême Conseil, qu’une nouvelle loge est en formation à SaintPétersbourg sous la présidence du Conseiller d’Etat Gré goire Ottonovich de Mébès.
ORDRE MARTINISTE 83 Sov.-. Gén.-. Gr.-. Council of United Rites at Paris. Sov.-. Gén.-. Delegat.-. in Egypt A.'. L.-. G. *. D. *. G.-. A.-. D.’. L.-. U.-. M.-. R.-. Lodge « Hermes »N. 161. United-Rites Liberty-Equality-Fraternity Or.-, of Alexandria (Vai.-, of the Nil Cérém.'. fun.'. de Commém.'. Maç.’. ORDRE DU JOUR : i° Ouv.-. des Trav.-. fun.-. au Rites-Unis; 2° Lect.-. de la PI.-.du Supr.-. Cons.-.
Univ.-.de POrdre; 3° Lect.-. du Télégram.-. de Condol.-. envoyé à S.M. le Nouveau Roi ; 4° Intr.-. des Invit.-. à la Ten.-. Blanc.-. ; 5° Cérém.-. Fun.-. en la Mém.-. du Feu et Ven.-. Tr.-. ill.-. Fr.-. S. À/. Edouard VII, Roi d’Angleterre Gd Maître de l’Ordre du Temple et de laFr.-. Maçon.-.etc. ; 6° Conf.-. Histor.-. sur la Vie de l’Auguste Souverain.-.; 7° Conf.-. Phil.-, surla Mort; 8° Sortie des Invités; 9° Discourssur la Maç.-.
Myst.-. ; io” Clot.-, des Trav.-. Fun.-.. La Cérém.-. Fun.-. sera célébrée au Rite Ant.-. Egypt.-. Par le Patriarch Milit.-. Gd Prêtre, Ill.-. Fr.-. PRINCE DE MIZRAIM (Phil... Inc...) Mem.-. du Supr.-. Cons.-. Univ.-. etc. Nota. — Les Fr.-, sont priés d’assister à cette réunion de Gd Deuil en costume noir. ★ MARTINÎST ORDER Univ.-. Sup.-. Counc.-. At Paris A.-. L.-. G.-. D.-. G.-. A.-. D.-. L.-. U.-. S.-. L.-. A.-, du Phil... Inc... N.-. V.-.
M.-. Sov..- Gén.-. Insp.-. et Délèg.-. For the Egyptian Empire Or.’. d'Alexandrie {Val.'. du Nil) le 3 juin 1910. {An Mac.’. A.-. L.'. 5 g 10, le 3 Jour du IV mois) Tr.-. Ch.-. Fr.-. Nous Vous prions de vouloir bien assister à la Cérém.-.
84 l’initiation Fun.-. de la Commém. *. Maç.-. de notre Feu et Vénéré. Tr.\ 111.-. Fr.\ S. M. Edouard VII, Roi d’Angleterre Gd Maître de l’Ordre du Temple et de la F.-. Maçon.-, etc. qui aura lieu le (Vendredi) 17 juin 1910 à 8 h. d.m. au Temple Maç.-. Vie d’Alexandrie, rue Nubar Pacha N. 18au 20 étage. Recevez Tr. *. Ch.-. Fr.’, nos fr.‘. salut.-. Le Gd Secr.’.de la Délég.'. Gén.'. Er.-. SAMUEL MIZRAHI S.'. I.-. 33 Par Ordre du S.'. Dél.'.
Insp.'. Gén.', en Egypte Fr. *. Dr D. VERZATO P. M. S.-. 33" 90°96, D. -. G.-. M.-. des Rites Unis Mem. *. Supr.-. Cons. *. Univ.-. K. T. Vén.-. de la Tr.-. R. *. Loge « HERMES» n° 161. LES INDIGÈNES DE L’ALASKA D’un très intéressant article publié par la Nature nous extrayons les lignes suivantes qui intéresseront spéciale ment nos lecteurs. N. D. L. R.
« Il y aurait intérêt à suivre l’Indien depuis sa naissance jusqu'à sa mort, si les dimensions de cet article nous le permettaient. Indiquons rapidement plusieurs coutumes curieuses ou caractéristiques. Quelques semaines avant sa délivrance, la mère se retire dans une hutte spécialement construite, en compagnie de trois ou quatre vieilles femmes.
Dès sa naissance, après un bain tiède et une friction à la poussière de cèdre, l’enfant est installé dans une sorte de hotte, berceau portatif qui peut s’accrocher à une traverse de la maison ou à une branche d’arbre et que la mère suspend à ses épaules, quand elle voyage. On ne l’en sort qu’une ou deux fois par vingt-quatre heures, pour sa toilette de corps ; il ne le quitte même pas pen dant les tétées.
Quand il l’abandonne pour apprendre à marcher, au cours de sa deuxième année, la mère va l’accrocher dans la forêt voisine, en guise d’offrande aux génies tutélaires de l’enfant.
LES INDIGÈNES DE L’ALASKA 85 « Chez les tribus qui pratiquent encore la déformation craniale, privilège de la caste noble, on commence à com primer la tète du nouveau-né entre des bandes d’écorce dés le troisième jour. Plus tard, la famille organise une fête à l’occasion de son « baptême », cérémonie qui con siste dans le choix d’un nom. L’éducation du petit Indien commence bientôt.
Dès qu’il a quatre ans, on l’oblige à prendre un bain froid chaque matin et chaque soir dans la rivière, l’hiver comme l’été. Et. pour mieux l’aguerrir aux sensations physiques, on le fustige auparavant, sur tout son corps nu, avec des verges,façonnées parfois avec des baguettes durcies au feu.
Quand il atteint la dixième année, on l’oblige à passer des nuits entières couché tout nu sur le sol, loin de la maison pour qu'il s’habitue à supporter le froid. Plus tard, on lui demande de s’allonger sur le rivage d'un lac de montagne et de garder un bras dans l’eau glaciale du coucher au lever du soleil.
Après la migration du saumon, quand les rives des fleuves sont encombrées de cadavres de poissons en putréfaction, il lui faut passer la nuit couché dans le charnier. C'est ainsi que le jeune Indien se prépare à la grande épreuve finale qui lui vaudra d'être initié aux secrets de son clan et de recevoir son totem in dividuel, trait d'union qu’on lui assure avec son * ange gardien », avec son esprit tutélaire.
« Ce détail nous amène à parler des croyances et prati ques religieuses de ces races, qui ne s’élevèrent jamais à la conception de dieux supérieurs, et encore moins à celle d’un Etre Suprême. Leur imagination peuple l'univers, animé et inanimé, d’une multitude d’esprits.
Chaque créa ture (animaux, plantes, brins d’herbe), chaque objet (pierres, maisons, instruments de chasse ou de pèche, ustensiles de cuisine), possède un esprit, qui lui survit, après sa mort ou sa destruction. Et il s’agit, pour le malheureux Indien, de vivre en bonne intelligence avec ces hordes de génies. D’où d’étranges pratiques qui com pliquent singulièrement son existence.
« Par exemple, chez les tribus chasseresses, on se garde bien de dépecer malproprement le cerf qu’on vient d’abattre, de laisser perdre son sang, d’abandonner ses entrailles aux carnassiers. L’esprit du mort irait vivement
86 l'initiation avertir tous les cerfs de la région de l’indigne traitement imposé à sa carcasse, et ils s'entendraient pour fuir loin dans les montagnes.
Ils se sentiraient également outragés si les quartiers étaient introduits dans la maison par la porte commune, car les femmes en ont franchi le seuil, et la femme est l’ennemie totémique du cerf, Un père dont la tille vient d’être séquestrée à l’occasion de sa puberté fera sagement de garder le logis, car les cerfs lui ront à son approche.
« L’n chasseur qui part à la recherche d’un grizzly lui adresse auparavant une singulière requête : il le supplie de se conduire en bon et brave ours, de ne pas essayer de le tuer, d'avoir pitié de lui et de se laisser abattre. C’est que l'esprit d’un ours est au moins aussi redoutable que ses terribles griffes, et il convient de l'assurer à l’avance qu’il ne regrettera pas sa bénévolence, après qu’il aura permis au chasseur de le tuer.
Aussi, l’Indien qui vient d’abattre un grizzly s’empresse-t-il de se peindre la figure et de chanter une « chanson d’ours » pour le remercier. La tête est mangée en premier. Interrompant le festin, les convives mâles se peignent la face et vont accrocher le crâne aussi haut que possible sur un jeune arbre. Les ours sont honorés de voir le crâne d’un des leurs traités avec autant d’égards, et ils ne rechignent pas à se laisser tuer.
« Tous les animaux sauvages sont l’objet des memes égards. Un Indien ne parle qu’avec respect de la bête qu’il projette d’abattre ou de prendre au piège. Et il ne criera pas son intention par dessus les buissons. C’est à voix basse qu’il conviera ses compagnons, de peur que l’esprit de la victime surprenne le projet.
Et il usera d’une obs cure et respectueuse périphrase: «Peut-être pourrionsnous essayer de rencontrer un daim, ou une antilope, ou un ours ? » « La récolte des fruits sauvages (mûres, framboises, etc.) est toujours précédée de cérémonies d’un caractère reli gieux, présidées par les chamans ou magiciens, et qui ont pour but ¿’honorer l’esprit du framboisier ou celui du mûrier, qui est supplié de fournir une abondante récolte. Pendant que ces prêtres récitent des prières de circon stance, les anciens surveillent les assistants et frappent à
LES INDIGÈNES DE L’ALASKA 87 coups de verges ceux qui osent ouvrir les yeux avant que les prières soient terminées. « L’arrivée des premiers saumons donne lieu à une cérémonie très curieuse, ces poissons occupant une place considérable dans l’alimentation des tribus du versant du Pacifique-Nord.
Dès qu’un pêcheur a capturé le premier saumon de la saison, il rapporte cérémonieusement au chaman en le tenant posé sur ses deux bras, car il n’a pas le droit de le toucher avec les mains. Le prêtre le dépose respectueusement sur un lit de branches de sapin fraîchement coupées. Puis, choisissant comme assistant un des anciens de la tribu, il range à terre un certain nombre de baguettes qui portent chacune les noms toté miques des anciens.
« L’une après l’autre, en commençant par la baguette qui symbolise le plus âgé des anciens, le prêtre les dépose sur la nageoire latérale droite du saumon, qui est consi dérée comme sa main droite, et procède aux présenta tions : — « J’ai le plaisir de vous présenter Un-Tel, qui désire vous souhaiter la bienvenue et vous serrer la main. >* « Après que tous les anciens, représentés par leurs totems, ont fait connaissance avec le saumon, on le fait bouillir cérémonieusement dans une marmite neuve, et sa chair est distribuée aux assistants.
Les anciens apportent ensuite des saumons fraîchement capturés, dont ils font présent au chaman, et qui sont cuits aussitôt, pour être offerts à tous ceux des membres de la tribu auxquels leurs totems n’interdisent pas la chair de ce poisson. Etdes danses religieuses, dirigées par le cha man, terminent la fête. « L’importance sociale de ces chamans est considérable.
Ils sont les intermédiaires attitrés entre l’Indien et la mul titude d’esprits qu'il redoute ou qu’il révère. La dignité est généralement héréditaire, et l’influence ancestrale a développé en eux un tempérament psychique comparable à celui des médiums, et qu'ils cultivent par la pratique.
Le jeûne, les vomissements provoqués, l’absorption de certains narcotiques, les aident à tomber à volonté en un état de catalepsie durant lequel ils ont d'extraordinaires visions qui s’élèvent parfois à un réel don de double vue.
l’initiation Les témoignages des missionnaires et des voyageurs ne laissent subsister aucun doute à ce sujet. Outre leurs fonctions quasi-sacerdotales, les chamans exercent la pro fession de médecin. Mais la connaissance des simples ne joue qu’un rôle secondaire dans leur art de guérir, et l’exorcisme leur apparaît le plus sûr moyen de chasser de gré ou de force les mauvais esprits, néfastes engendreurs des maladies.
« Nous ne pouvons qu’effleurer ici le chapitre du toté misme, qui mériterait de donner lieu à une étude plus complète. C’était bien à tort que les premiers explorateurs moscovites avaient pris pour des idoles ces gigantesques bois sculptés plantés devant les maisons indiennes, ou aux abords des villages.
« Ce n’était que des blasons, indiquant l'ascendance de la communauté, de la famille ou de l’individu, et dérivés tous de trois symboles primaires : le Poisson, l'Oiseau, le Mammifère. En somme, le totem, dont l’usage est répandu sur tout le versant du Pacifique-Nord, sert à la fois d'enseigne et de lettre d’introduction.
Un Indien en voyage peut péné trer hardiment dans la maison au seuil de laquelle il aura reconnu son totem: il sait qu'il a en commun avec les hôtes un ancêtre qui fut voué au loup ou au renard, ou à quelque autre animal. « Et le cordial accueil qu’il recevra le portera à révérer plus que jamais l'esprit tutélaire de la créature de qui son clan emprunta le nom, et qui lui apparaît comme un an cêtre lointain, mais réel. » V. Forbin.
LES POÈTES DE LA TOURAINE A propos des « Matinales ». Extrait delà Dépêche du Centre du 24 juin igio. L’Académie française, en couronnant les Matinales, le beau livre de vers de la charmante tourangelle France
LES POÈTES DE LA TOURAINE 8g Darget, n’a fait que donner son approbation au grand succès de presse et d’opinion qui avait accueilli cet ou vrage. Dans les nombreux salons parisiens, où elle avait dit pendant l’hiver, la poétesse n'avait recueilli que des éloges. Et la presse tout entière, journaux et revues, fut aussi unanime dans ses appréciations comme on peut le voir par ces courts extraits : Du poète Henri de Régnier, dans les Débats'.
« Un in téressant volume de vers, les Matinales, de Mme France Darget, qui contient des pièces remarquables... Je signale une petite légende lyrique en un acte, intitulée le Retour des rois mages, qui m'a paru d'une composition ingé nieuse...
C’est un court « mystère » qui mériterait d’étre représenté et qu’il est fort agréable de lire. » De M. Henry Lapauze, dans le Gaulois: « Rendons cet hommage à Mme France Darget qu’elle ne sacrifie pas aux déplorables errements de tant de poètes pour qui le seul idéal d'art réside dans l’incompréhensible. Elle parle clairement. Elle a une énergie vaillante.
Elle est élo quente. » De Raoul Aubry, Matin : « Dans les Matinales, de Mme France Darget, des strophes d’une belle ordonnance, d’une grandeur qui révèle en cette jeune femme un noble poète. » De Paul Abrona, Petite République : « Ce nouveau recueil de vers fixe son auteur comme l’un de nos plus personnels poètes. » De la Dépêche de Toulouse : « Par sa dernière œuvre.
Mme France Darget se place au premier rang de nos « muses françaises. » De Pierre Quillard, du Mercure de France : « Elle ne se souvient pas moins avec fidélité du romantisme français. Mais elle aime aussi à se hausser au lyrisme et à l’épopée. » De M. Etienne Charles, dans la Liberté : « L'inspiration des Matinales est abondante et diverse.
Dans l’art de Mme France Darget, le souci de la forme ne va jamais sans celui de l’idée. » De la Vie Heureuse : « Le sentiment poétique de Mme France Darget est très noble et très beau. La nef qui porte ses Matinales entre dans le sillage des Lamartine, des Hugo et des Musset. »
l’initiation go L’Echo de Paris, le Radical, le Gil Blas, la Patrie, rIntransigeant, ¡’Univers, le Figaro, l'Est républicain, le Soleil, L'Autorité, la Vie Marseillaise, Femina, la Revue hebdomadaire, etc., et meme la presse étrangère: la Galette de Francfort, la Galette de Lausanne, le Le vant Herald, le Journal d'Amsterdam, la Revue russe, Latina, la Revue de Hongrie, etc., prodiguèrent les mêmes éloges à « la muse de la Touraine ».
BIBLIOGRAPHIE Bréviaire mystique, par Sédir, bibliothèque Chacornac. Voici un beau et utile travail. Il n'est point facile à ana lyser et je dois me borner à en indiquer l'esprit.
Bien que la langue en soit très surveillée et fasse songer tantôt à Maeterlinck, tantôt à Saint-Martin ; bien que selon les théories mystiques Sédir ait voulu habiller d’un vêtement pur, et lumineux, les idées, les images du Plan Céleste qui forment la base de son livre, il n’y faut pas chercher une nourriture purement intellectuelle.
Certes, le Philosophe, l’artiste, l’homme du Monde, peuvent y trou ver de séduisantes théories, des aspects multiples de la Beauté, des règles harmonieuses d’élégance murale, mais le petit, l’humble chercheur de vérités éternelles profitera le mieux des lumières dont ces pages sont pleines. 11 y trouvera, pour chaque circonstance de la Vie, une Maxime, un Conseil précis, sûrs, clairs, précieux.
Le plus grand bon sens, dans la meilleure acception de ce mot, la plus haute sagesse, inspirent ces pages et il ne faut pas s’en étonner puisque Sédir les a écrites, l’Evangile à la main et le cœur plein de son enseignement; l’Evangile ! Livre immense, miroir pur où tout se reflète et persiste de l’Eternelle Vérité et de la Science totale. Ainsi que son nom l’indique, ce bréviaire doit être un
BIBLIOGRAPHIE 91 compagnon journalier; sa place n’est point sur les casiers de la Bibliothèque, mais au chevet du lit, sur la table du travail. On ne doit pas le lire d’un seul trait puis l’oublier, mais l’ouvrir dès que le besoin se fait sentir d’un Conseil ou d'uncL umièrc.
Au début du jour, au travail, aux repas, pendant la promenade, dans le plaisir ou la peine, la santé ou la ma ladie ; avant la visite forcée et ennuyeuse au moment de prendre votre repos, ouvrez-le et vous y trouverez un avis utile, un conseil sage, une consolation, un remède, la pa tience, la paix.
Si vous suivez une voie plus étroite, votre âme a fait appel à un guide particulier, tournez encore lentement les pages de ce Livre, Votre Être Intérieur y trouvera ce qu'il cherche ; sa nourriture spéciale, la clef de bien des mys tères.
Tour à tour, ce que nous pouvons comprendre sur le Précurseur, la Vierge, le Christ, sa mission, ses tentations, ses enseignements, ses miracles, sa mort, sa résurrection, son apparition, nous est non pas complètement expliqué mais signalé, chacun de ces courts paragraphes indique en traits brefs et lumineux les quelques idées directrices que nous devrons prendre comme guides pour l’indispensable travail personnel.
Mais, parmi « ceux qui croient à l’invisible » quelquesuns plus courageux, plus aidés peut-être, veulent suivre un chemin plus étroit encore. Pour ceux-là, Sédir réunit en très peu de lignes, tout ce qui est nécessaire, et celui qui ferait son possible pour réaliser en lui et autour de lui ces enseignements, ne tar derait pas à trouver son Maître et à voir s’ouvrir la voie devant lui.
Dans toutes les Initiations, une promesse est faite à celui qui s’engage résolument dans le chemin difficile du Mystère. « Tu trouveras ton Maître, dès que le moment sera venu. Il viendra, sois en sûr, ce consolateur et cet ami lorsque ce sera nécessaire. Il séchera tes larmes, il pansera tes plaies et son geste puissant et doux, la subli mité du but un moment perceptible allanguira d’espérance l’amertume de l’effort. Sans Lui, tu ne peux rien ; avec lui, Espères, tu peux vaincre ! »
l'initiation 92 Mais il y a Maître et Maître, Sédir a voulu montrer ceux des principales Initiations mondiales. Les qualités et les faiblesses des docteurs du Taôisme, des différentes sectes Indoues, des Boudhas, sont par lui étudiées. Il ac corde une grande valeur aux Maîtres de l’Islam, aux an ciens Rose-Croix et termine en nous montrant ce qu’est le Maître spirituel, dont les Blancs doivent surtout désirer le secours.
Je demande la permission à Sédir de citer ces quelques lignes qui m’ont fait repasser par les émotions à jamais inoubliables de mon Initiation. « Comment rencontrer le Maître Inconnu ? la Science cherche, dit Balzac, — l'Amour a trouvé.
« Quand donc tes ennemis t'accablent, quand tes amis te délaissent, quand tes fils te méprisent, quand les chefs t’exploitent, que ton idéal s’échappe, quand toute force en toi, tout désir, toute volonté se ralentit, tremblote, va s'avanouir, ne crains pas : c'est le premier cri d'appel du Maître qui sans que tu le saches, t’a vu passer dans le vallon, et t’a élu du sommet radieux de la Montagne Mys tique... la Minute arrive où II va t’apparaître ; sous les haillons du mendiant, sous l'uniforme du Prince, beau comme le Séraphin ou marqué des stigmates de la fatigue de l’âge ou des martyrs, il n’importe.
Ne considère pas l’apparence, écoute ton cœur; jamais il n’a crié ainsi; sa joie lorsqu’il aperçut la vierge sœur de son âme, n’est rien en face de la Béatitude souveraine qui s’abat sur lui ; ton intelligence tombe inerte comme l’aigle ébloui d’avoir regardé le soleil de trop près ; l’esprit de tes os gémit d’une ivresse insoutenable, ta flamme vitale court en tous sens dans ton corps, comme une amante emprisonnée qui aperçoit venir l’amant; et ton cœur part plus vite que l’éclair vers le cœur de cet ami, il s’y précipite, il s’y perd, s’y pâme, il s’y retrouve, il y meurt, il y renaît : Mort bénie, délices divines, soit inextinguible, paix profonde.
S. Phaneg. C’est l’événement littéraire de l’ardente saison que le très beau livre devers de M. Jules Bois, V Humanité Di vine, que M. Paul Bourget désigne au grand public par
BIBLIOGRAPHIE 93 d’admirables vers. L'auteur qui en tant que poète est déjà consacré par Hippolyte Couronné et La Furie, a mis dans ce recueil nombreux et varié son âm-e méditative et profonde, explorante et enflammée. On connaît M. Jules Bois sous tant d'aspects, mais leur unité s’affirme en la pensée généreuse et fière, en l’émotion délicate et illimitée du poète.
Car M. Jules Bois est avant tout un poète dont les élans sont disciplinés par un rythme sûr. M. Jules Bois nous conduit comme un magicien de Paris à Athènes, d'Athènes à Benarès et aussi de la tendresse à l’héroïsme, de l’humain au divin, du passionné amour au pur idéal.
Les récitations de ces poèmes furent accueillies avec une surprise heureuse ; et un critique éminent, prévoyant que le vingtième siècle aura ses « Méditations », rappelait à propos des « Paroles à un jeune Poète », préambule de l'Humanité Divine, les Destinées de la Poésie française, prophétisées par Lamartine. (Fasquellc, éditeur).
L’Occultisme et la Conscience Moderne, enquête. — Ce qu'est l’Occultisme. — Science et Occultisme. — Religion et Occultisme. — Occultisme expérimental. — Approche d'une époque de synthèse. — L'insuffi sance de la métapsychique. Précédé d’une Introduction par Ph. Pagnat. Edition des Pages Modernes, librairie Molière, 17, rue Richelieu, Paris. Brochure in-iS. — Prix 1 franc.
Un incroyant, un sceptique, et, pour tout dire, un sceptique parisien — ce qui paraît marquer l’ultime degré du scepticisme — mis, par plusieurs lois, en présence de phénomènes renversants, d’où toute idée de supercherie devait être bannie, a dû se rendre à l’évidence.
Aussi exi geant dans ses certitudes, mais infiniment moins intran sigeant dans le domaine des théories, que la plupart des intellectualités du moment, ce sceptique, jugeant que rien n’est complètement indigne d’intérêt, eut la curiosité d’enquêter sur l’Occulte et d’épingler, une à une, toutes les idées raisonnables présentées à son incompé-tence.
Il s’est trouvé qu’il rencontra sur sa route beaucoup plus de ces idées raisonnables qu'il n’avait prévu, ce qui le déterl’initiation 94 mina bientôt à se déclarer compétent sur presque toutes. U dut surtout reconnaître à l’Occultisme plus d'importance et d’à propos qu’on ne lui en accorde généralement. Avec ses « impressions », il livre aujourd’hui quelques pages de son album au public.
Dans cette enquête se rencontrent des opinions signées de noms de Savants distingués (Henri Poincaré, Félix Le Dantec), de Médecins (docteurs Fiessinger, Foveau de Courmelles, etc.), de Philosophes (Gabriel Séailles, E. Boutroux, etc.), de Poètes(Schuré, Péladan, V.-E. Michelet, etc.), de Critiques (Jacques Brieu, P. Piobb, Xavier Pelletier, Han Ryner, M. Privât, etc.), de l’Abbé J.
Pacheu et d'Occultistes en renom (Papus, Durville, Jollivet-Castelot, Simon-Savigny, Fabius de Champville, etc.). En une Introduction qui résume son point de vue sur rOccultisme, hauteur exprime que nous touchons à une éDoque éminemment synthétique, où les données de l’Oc cultisme seront remises en honneur.
Selon lui, les faits de la métapsych-ique ne représentent qu’un infime départe ment de l’Occultisme, qu’il définit par « l’Appétil de l’Unité ». Néanmoins, possédant un fort médium, il ouvre une souscription pour reprendre les expériences abandon nées par le docteur Gustave Le Bon, au Journal le Matin. Mané ! Thécel !
Phares!, rowan antique (Chute de Babylone), par Jean Samson. E. Flammarion, éditeur, 26, rue Racine, Paris. Voilà un très beau roman. La scène se passe à Babylone, la ville des jardins sus pendus de Sémiramis, sous le règne de Balthazar.
C’est donc une reconstitution de la Babylone de la dé cadence d’une Babylone pourrie de vices; c’est la Cour vautrée dans la débauche et l’orgie; c’est la société aveu glée et lubrique d’une ville qui s’effondre, que l’auteur nous dépeint en des pages d’une émotion intense. Une histoire d’amour, très pure et très chaste, vient il luminer d’une clarté très douce ces pages sombres.
Et c’est une impression reposante, au milieu de cette dé bauche générale, où roi, officiers, soldats, savants, prêtres et prêtresses assouvissent leurs luxures, de suivre la.
BIBLIOGRAPHIE g5 marche de l’amour, presque idéalisé, de Labasi et de Bunanit. Et je dois savoir gré à M. Jean Samson de ne point s etre égaré en ces descriptions, toujours un peu fastidieuses quand il s’agit du passé, en quoi s’est perdu, dans son roman sur la Borne de Néron, Henri Sienkiexvicz.
C’est-àdire que M. Jean Samson a su réaliser ce tour de force de mêler si intimement la description à l’action elle-même, qu’elle passe pour ainsi dire inaperçue dans le torrent des faits qui sc déroulent. Et c'est pourquoi Mané ! Thécel \ Pharès l se laisse lire d'un bout à l'autre avec infiniment d’agrément.
J'ajouterai enfin que, malgré la corruption de la société à l'époque où ce roman se passe, l’auteura su segarder des descriptions sexuelles et se tenir dans les plus justes limites. Et ce n’est pas, à mon avis, une petite chose que d'éviter l’ordure, alors que tout convie l’auteur à s’y vau trer. — George Baliste.
ERRATA L'article intitulé Le spiritisme che^ les Peaux Rouges, paru dans le dernier numéro de juin est de notre collabo rateur Emile Ferdar dont le nom a été omis par erreur. Page 283, ligne 16 : lire près du puits au lieu de par le puits. Même page, ligne 3o : lire en le lieu au lieu de ou le lieu.
96 l’ìmtiation APPAREILS D’OCCULTISME Boules hypnotiques. — Miroirs hypnotiques. — Disques d’entraînement. — Appareil système frontal. Planchettes à médium extra-légères de tous modèles. - Couronne aimantée du Dr Encausse.
Miroirs planétaires. — Miroirs magiques. — Baguettes magiques. — Objets pour autel magiques. — Appareils contre l’envoûtement, du Dr Papus. — Appareils pour donner ou renforcer la médiumnité. — Biomètres, sténomètres, etc. Construction d'appareils sur une idée donnée ou sur un plan. LÉONIS. Ingénieur-Constructeur {breveté S. G. D. G.), 3yi, rue des Pyrénées, Paris (20e). Librairie Générale et Internationale G.
FICKER PARIS — 6, rue de Savoie, 6. — PARIS L’ÉVAHGILE DE CAGLIOSTRO Retrouvé, traduit du latin, et publié pour la première fois avec une introduction Par le Dr MARC-HAVEN Un volume petit in-8 sur beau papier vergé, orné d’un portrait et du sceau de Cagliostro. Tirage à 5oo exemplaires.................................... 5 fr. Dix exemplaires sur japon impérial, numérotés 1 à 10.................................................. {Épuisés). 12 fr. Le Gérant : Encausse. Paris. — Imprimerie E. Arraült et Cie, 9, rue N.-D.-de-Lorette.