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L Initiation 87 ' OJLCJME. — 2 3me ANNEE SOMMAIRE DU N° 9 (Juin 1910) parue philosophique La Carrière d'un médium (p. iq3 à 196). . . . Papus. Théurgie (p. ¡97 à 201)............................................Castor et Pollux. La Médecine astrale (p. 202 à 2o5)........................G. Phaneg. Le Spiritisme che% les Peaux-rouges (p. 206 à 219) X... Philologie médicale (p. 220 à 228)........................E. Pivion.
Il n'y a point de création (p. 229 à 232) .... Karl Nissa. Exposé de la Philosophie du destin (p. 233 à 243). A. Berger-Bit. La Science et la Foi (p. 244 à 249)........................G. Wilfrid. La Pétrothérapie occulte (suite) (p. 25o à 262) . C.-B. PARTIE LITTÉRAIRE La Beauté (p. 203 à 265) Karl Nissa.
Notre courrier. — Théâtre d’idées. — Essai synthétique sur la méde cine astrologique. — L’œuvre d’amour. — Un fait psychique. — L’occultisme en Russie. — Révolution au Thibet. — Prophéties. — Mois occultiste. — Livres nouvellement parus. — Errata. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 5, rue de Savoie, à Paris-VI0.
Téléphone — 816 09 Tout ce qui concerne l’Administration : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adressé à la LIBRAIRIE HERMETIQUE PARIS — 4, Rue de Furstenberg, 4. — PARIS Le Numéro : UN FRANC. — Un An : Dl¥ FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et 1? sv»pgsstk-;j. à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres cxpEierces, Es Matérialistes en arrivent à les nier. Initiation est l’organe principal de cette renaissant .-»■tr.ualiste dont les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’ww même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, V Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent V arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin VInitiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque brancht de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L'Initiation parait régulièrement à la fin de chaque mois et compte déjà vingt années d’existence. — Abonnement : io francs par an. (Les collections des huit premières années sont absolument épuisées.)
Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. La Carrière d’un Médium Lettre à l'ami X..., médium. Pauvre et Cher Ami, Te voilà consacré médium.
Par le jeu de ta force nerveuse polarisée en dehors des lois ordinaires, tu vas devenir l’outil de communication entre le monde visible et le monde invisible, le médiateur entre la vie et la mort que tu prouveras inexistante, le mé dium, producteur de faits étranges et générateur de sublimes consolations. Ta carrière se poursuivra d’abord modeste et douce au sein de l’humble groupe aimé.
Là, dans la commu nion vraie des fluides habituels, les chers disparus, les Guides attendus viendront souvent se manifester. Un jour, un fidèle de tes réunions a bavardé. Dans sa foi de croyant sincère, dans son enthousiasme de néophyte, il a parlé de toi, il t’a consacré grand homme, et tout heureux de convertir à son tour, il amène un nouveau venu aux séances, il trouble par 13
l’initiation J94 ignorance l’harmonie des fluides, il dissout l’être invisible si difficile à constituer. Mais ta force est grande, tes Guides sont puissants. Tu réussis, et le sceptique tout ému quitte la séance en réfléchissant un peu. Une nouvelle graine vient d'étre semée. Germera-t-elle ?
Enfin,, voici les jaloux qui apparaissent, les mé diums tués dans l’œuf, quant à leurs facultés psy chiques, par orgueil sans borne; les calomniateurs et les envieux dont l’esprit enténébré voile tous les bons effets des séances '; les écrivains d’études mystiques en quête de documents. Mais tous ceux-là sont des blés ses par l’invisible. Ils furent sincères s'ils souffrentaujourd’hui et la grande pitié des Guides s'étend sur eux tous.
La séance est si belle que les pleurs appa raissent, perlant les paupières des plus endurcis. Tu viens encore de faire œuvre sainte. Tu as rouvert les portes fermées. Tu as écarté les rideaux noirs. Reste modeste encore, car tes épreuves n’ont pas com mencé. Tes expériences ont troublé bien des chercheurs, ton nom commence à être prononcé dans les Revues. Tu es consacré grand médium. Tu peux prier, car ta voie douloureuse commence.
Les savants viennent vers toi... Les savants..., quel beau titre quand il est la conséquence d'un tra vail sincère ou d’un amour désintéressé de la Vérité.. Ils sont quelques-uns dignes de ce nom ; mais pour un Camille Flammarion, que de Binets, anciens ou nou veaux. Le savant te déclare que les convictions données
LA CARRIÈRE d’üN MEDIUM ig5 par tes dix ans de labeur acharné aux autres humains ne comptent pas. Seul comptera le jugement porté sur toi par « Son Ignorance » Tartempion, médecin sans clientèle ou journaliste sans preneurde copie, qui s’est consacré lui-même seul expérimentateur sérieux. Et toi, pauvre enfant terrestre, tu crois encore à tout ce qui est beau et bon, la loyauté, lejugement impartial, le dévouement aux souffrances d’ici-bas.
Et pour montrer ta bonne foi, ta confiance en tes Guides, tu te livres aux nouveaux venus dans ton do maine de calme et de paix, aux caïmans du psychisme contemporain. On te déshabille, on te fouille comme le dernier des échappés du bagne, on te ligote ou on t’enferme dans un sac, on te pose des cachets partout, et chacun s’efforce d'être plus sceptique et plus railleur que son voisin. Songe donc! Ce sont des hommes sérieux, des savants...
Après six à dix séances, selon ta résistance phy sique, tu es heureux, car tout a normalement mar ché. Les faits te semblent probants, dans ta grossière honnêteté. Enfin, après une pénible attente, ces Messieurs parlent...
On ne t’a pas pris en flagrant délit de tricherie, c’est un fait; mais tu dois être un prestidigitateur étonnant, un clown plus disloqué que les clowns les plus célèbres, un ventriloque supérieur aux plus fameux, enfin pour ne pas voir la vérité si simple, ces messieurs imaginent les absurdités les plus folles et les explications les plus bouffonnes.
i qô l'initiation Voilà dix ans d’efforts annihilés, te semble-t-il, voilà la récompense de ton inlassable dévouement, de tes efforts pour propager la loi en l'au-delà et pour obéir à tes Guides... Et tu pleures dans le silence et dans le désespoir... Doucement les paroles consolatrices frappent ton oreille : « Courage, notre envoyé... Ne te désespère pas...
Ne sommes nous pas toujours là, nous autres qui vivons, quand sur terre vous êtes enténébrés par la pesante matière. La jalousie, la crainte de notre existence, la haine de tout ce qui est Lumière et Vie, emplissent le cœur des faux savants qui t'ont torturé, mais ne te désole pas, tu as fait ton devoir, tu as ému certains d’entre eux... Pardonne-leur au nom de ce lui qui a tout pardonné aux hommes qui l’ont mar tyrisé...
Prie et prends courage... L'âme humaine ne devient lumière qu’en traversant l’épreuve, et la ca lomnie méchante et la douleur... Tu as reçu ta pre mière couronne... Pardonne, deviens humble et prie... » Alors, pauvre et cher ami, ton cœur sera soulevé par la sensation du Dieu manifesté dans la douleur, et plein de reconnaissance, tu t’inclineras en priant.
Puis tu retourneras consoler les humbles et les pauvres et tu fuiras les appels des hypocrites aveugles qui se croient savants. Les Pharisiens sont de tous les plans et de toutes les époques. Frères en la Communion sainte avec l’invisible, attendons que le ciel les éclaire et laissons-les jusquelà à leurs stériles négations ! Papus.
THEURGIE Découvrons nos tètes et inclinons-nous avec res pect ! Car ce serait profaner les mystères que de res ter la tête haute devant des faits d’une portée aussi transcendante, comme celui que nous allons vous référer aujourd’hui ! Deux amis, vraiment amis, l'un d’eux Martiniste S.’.
I.-., et l'autre Kabbaliste chrétien, prati quent l’ésotérisme en secret, par amour du Bien, et pour soulager ou délivrer les malheureux et les déshé rités de leurs maux. Romanticisme ? Peut-être ! Mais comme c'est con solant et plein de satisfactions et de joies intenses !
Stupéfaits d’admiration, tremblant encore au sou venir de l’émotion intense, humblement et modeste ment, nous vous racontons ce qui suit : Il y avait à Madrid une pauvre veuve de q.5 ans, Mme C. M., châtiée par les épreuves, et sublimée par la douleur dont sa vie était pleine. Elle s'en allait visiblement, fléchissant sous le poids de sa maladie cardiaque : « insuffisance de la valvule mitrale ». Cette maladie est inguérissable !... Elle faisait peine à voir! Ce corps encore jeune, exténué par la fatigue et prématurément courbé...
l’initiation 198 mal de tête constant, étouffements, insomnies, pal pitations de cœur pour le moindre motif, ou sans motif, manque d’appétit, impossibilité de pencher la tête en avant, et de rester, au lit, sur le dos, «faciès cardiaca » et la tristesse dans le regard. L'hémisphère cérébral gauche contenait des régions congestionnées et d’autres anémiques. Et pour compléter ce triste tableau, Mme C.
M. souffrait de fréquentes hémorra gies abdominales, intérieures. Tandis que toute la partie supérieure du corps présentait des symptômes de congestion, la moitié inférieure était froide comme du marbre. A l'ouïe, chaque battement du cœur était accompagné de ce bruit spécifique..., souffle fatal, qui ne pardonne point. Pourquoi continuer!
La ma ladie avait été diagnostiquée médicalement, et le trai tement allopathique approprié avait été ordonné. Deux orphelins, un garçon de 4 ans et une fillette de 5. petits-enfants de Mme C.
M., et n’ayant pas d’autre espoir ni d’autre soutien ici-bas que celui de leur grand’mère, nous parurent légitimer la tentative J de retenir encore pour un certain laps de temps ici-bas cet être, dont la faiblesse et l’état général annonçaient la fin prochaine de sa douloureuse mission sur la terre. Les circonstances étaient propices à l’action.
Le Soleil et la Lune ascendante en Sextile, exalté, l’un dans son domicile, l’autre : heure de Vénus... nous agîmes, et reçûmes l’insigne grâce, la haute faveur, de servir d’instruments à la Divine Providence le 14 avril igio. Gloire au Père, au Fils, et au Saint-Esprit ! Un corps fluidique humain, épuisé substantielleTHÉURGIE 199 ment et dynamiquement, futthéurgiquement recons titué, et la maladie cardiaque inguérissable théurgiquement guérie.
Les détails du procédé que nous employâmes sont intelligibles pour ceux qui doivent comprendre. La prévision nous ordonne de ne point les livrer à la publicité sans voile. Qu’il suffise donc de savoir que la polarisation substantielle du fluide terrestre fut intervertie en un endroit déterminé. L’instrument principal, matériel, de l’opération, était martien.
Le Cœur et la Beauté occupèrent la place du Règne, et, en cet endroit, la malade, mise préalablement en état somnambulique, aperçut une femme blonde, nue, d’une incomparable beauté. Elle avait un mi roir à la main, et à quelque distance d’elle un garçon la suivait, arc et flèche à la main. C’était Elle, qui est née de l’écume de la mer, et en honneur de la quelle les temples s'érigeaient dans l’antiquité.
C’était Elle, l’élément Eau, substance plastique des formes terrestres dans leur dernière perfection esthétique ! Du sein de la Terre, de la demeure de son époux Vulcain, c’est encore Mars qui l’appelle pour une œuvre d’amour..., que dis-je, de charité, car la voix qui appelait s’inspirait de la croix, de l'initiation chrétienne et de la Sainte-Kabbale ! Aphrodite obéis sant au Saint Nom de notre Maître à tous!
Sublime et unique Vérité, radiante à travers toutes les théo gonies 1 Aphrodite ! Tiphéreth ! Aucun de nous deux ne soupçonnait de loin que la délicieuse mythologie grecque ferait son apparition
200 l’initiation dans nos cérémonies, raison pour laquelle il faut écarter toute possibilité d'une transmission de nos pensées. Plus encore : la malade ne nous indiquait que d’une façon toute concise ce qu’elle voyait, se montrant profondément émerveillée et déclarant qu’elle voyait « une apparition » à l’endroit de l’opé ration.
Ce ne fut qu’au bout de vingt-quatre heures que nous trouvâmes, par la méditation, la solution de l’énigme, qui nous fut aussitôt confirmée par Mme C.
M., dont nous avions, en état de somnam bulisme. fait rétrograder la mémoire vers la scène qui s'était passée, et dont nous pûmes alors préciser les détails qui nous manquaient, et que nous n'avions pu fixer aussi amplement et en toute tranquillité, avant dû concentrer toute notre attention sur l’opé ration elle-même et sur le but que nous nous étions proposé.
Aux pieds d’Aphrodite une source d'eau pure et claire jaillit : « Bois ! » dit la Déesse à la malade. C’était encore inattendu pour nous, car nous avions pensé au Feu terrestre ! ! Sur notre ordre et guidée par nous, la malade s'approcha de la source, et y puisa, profondément, cinq fois de suite, la substance plastique nécessaire pour la reconstitution substantielle de son corps fluidique.
Elle remplit chaque fois sa main du fluide vital, qu’elle déversait ensuite lentement sur les dif férentes parties de son corps qui en avaient besoin : sur la tête, sur la nuque et l’épine dorsale, sur la poi trine, jusqu’à ce qu’elle nous déclara avoir assez.
La nouvelle substance fluidique terrestre particuTHEÜRGIE 201 larisée par un corps humain fut ensuite dynamisée par l’exposition rationnelle aux polarités de notre planète Nord Sud, en hétéronomie d’abord, et en iso nomie ensuite pour tonifier.
Inutile de préciser que nous accompagnâmes toutes nos opérations de la prière fervente, et c'est ainsi que nous reçûmes la faveur sollicitée de Lui.au Saint Nom duquel nous avions opéré, et qui couvrait notre faiblesse et notre ignorance avec le bouclier formidable de son nom béni et loué, devant lequel tous les genoux fléchissent Mme C. M. se réveilla guérie. L'appétit et le som meil sont revenus.
La température normale du corps physique tout entier est rétablie. Le cœur fonctionne avec la régularité la plus complète, et le bruit carac téristique de la maladie dont elle souffrait a disparu sans traces! La colonne vertébrale s’est redressée. La force et le désir de vivre se montrent dans l’animation du visage qui à présent dénote la santé. L’oeil est vif et l’organisme tout entier paraît avoir dix ans de moins. Gloire à l’Éternel !
A la fin de ces lignes qui rapportent la vérité la plus exacte, et dans lesquelles nous ne publions que le nécessaire pour obtenir, si possible, encore un plus grand bien pour ceux de nos prochains qui aiment à méditer, nous pouvons, en toute justice, mettre la devise des notaires : Nihil prius fide. Castor et Pollux.
LA MÉDECINE ASTRALE Rien de ce qui peut servir à soulager les souffrances humaines ne saurait laisser indifférent un occultiste. Aussi, suis-je heureux de présenter à nos lecteurs, un livre, vraiment spécial et rare, qui sera pour tous un r r Guide précieux et pour les Elèves de l’Ecole Hermé tique. le complément des cours de médecine pratique, faits par le docteur Papus.
11 est indiscutable que la Médecine officielle n’a aucune base scientifique, aucun principe fixe.
Le triomphe de l’Homéopathie est certain dans un avenir plus ou moins rapproché parce que la loi qu’Hahnemann, après Paracelse, a rendu célèbre constitue vraiment une base inébranlable, certaine; tellement vraie que les médecins homéopathes ont découvert beaucoup de médicaments nouveaux en essayant sur eux-mêmes, l’action des doses massives de certaines substances.
Mais, si l’homéopathe, en agissant non plus sur les organes, mais sur la force nerveuse; en dynamisant la vie végétale et animale des médicaments employés obtient déjà des miracles, l’initié qui sait les correspondances naturelles, les signatures, verra ses efforts couronnés de succès encore plus grands. C’est ce qu’a fait le docteur Duzos.
« La médecine astrale, dit-il, a pour but d’étaLA MÉDECINE ASTRALE 2O3 « blir la pratique médicale sur des données fixes con- « trôlables à volonté, et de déceler les Causes des « choses qui nous échappent souvent mais dont nous « constatons les effets. » Voyons comment il prouve la vérité de cette définition.
Dans la préface et les généralités, l’auteur établit la réalité des influences astrales et la possibilité d’en appliquer la science à nos connaissances médicales actuelles. Il fait voir clairement les lumières nou velles qu'apportent ces données dans la Physiologie, la Pathologie, l’Hygiène, la Thérapeutique: même dans la Sociologie.
Il nous fait comprendre la diffé rence entre la Constitution et le tempérament, la si militude complète entre les quatre éléments des anciens et ce que la science moderne nomme : hydro gène, azote, oxygène, carbone. Il classe enfin les sept constitutions et les sept influences astrales auxquelles il conserve les noms connus.
Nous le félicitons en passant d’avoir rejeté Uranus et Neptune, dont l’in fluence peut très bien être négligée, ainsi que celle des planètes qui pourraient être découvertes dans F Avenir. Dans le chapitre II, l’auteur étudie J’influence des Corps Célestes. Il faudra lire ce livre la plume à la main.
Car, outre la partie que j’appellerai technique, il renferme un nombre assez grand de recettes utiles, de notions importantes, dues à une longue expé rience et à une connaissance approfondie des An ciens. L’action des astres sur les villes, les pays différents est ensuite rapidement étudiée, et l’on trouvera, cha
l’initiation 204 pitre III, des renseignements utiles sur l'action des saisons, des heures du malin et du soir, dans la marche d'une maladie, et sur la Climatologie. Nous apprenons ensuite à dresser le thème grâce auquel les prédispositions morbides, les côtés faibles du sujet seront révélés.
Notons que pour l’auteur, c'est la Lune qui joue le grand rôle, tandis que pour l'astrologie ordinaire, ce sont les différentes planètes qui nous renseignent dans les maisons I, VI et VIII surtout. La pratique seule peut démontrer quel est le meilleur procédé. L'étude, au point de vue médical des quatre tempéraments est du plus haut interet et constituerait à elle seule un petit guide des plus utiles.
Retenir aussi les régions appropriés à chacun des tempéraments types, et la liste des plus impor tantes Correspondances Homologiques des organes du Corps humain. Suit le groupement des sept planètes- Pour cha cune d’elles, sont passés en revue : l'action physiolo gique, les affinités chimiques, thérapeutiques (médi caments homéopathiques), biochimiques, les plantes, les Correspondances Elémentaires, la diathèse.
Je suis persuadé qu’avec la connaissance seule du Signe zodiacal et.de la Planète dominante dans l’Ascendant en VI et en VIII et l'aide de ces tableaux, on arrive rait déjà à de très bons résultats. Le chapitre X est consacré à l’étude du Régime qui doit être Celui du tempérament, sans se préoccuper de la maladie dont on souffre.
Ce système aurait, entre autres, pour conséquence d’alimenter suffisam ment un diabétique ou un malade atteint d’entérite
LA MÉDECINE ASTRALE 2û5 au lieu de les laisser mourir de faim comme font, malheureusement à l’heure actuelle, bien des méde cins. Je ne résumerai pas les procédés de la pratique astrale dans ia crainte de les déformer. Il faut d’ail leurs les étudier en dressant soi-même les figures astrologiques. Tel est ce livre (i) qui, je le répète est indispensa ble à tout médecin Initié, dont le but est de faire autre chose que du tâtonnement.
Il sera très utile à tous les occultistes par toutes les recettes curieuses et rares qu'il contient, pour les ren seignements détaillés sur l’action lunaire et solaire dans les maladies; à tous les Astrologues enfin, en leur permettant de donner, dans l'interprétation du thème, une bien plus grande part que de coutume à la détermination des prédispositions morbides et des actions préventives utiles à chaque sujet. G. Phaneg. (i) La Médecine pratique, 4, rue Maître-Albert.
LE SPIIIME CHEZ LES PEJH-WüE Les manifestations spirites suscitées vers 1840 dans la famille américaine des Fox, et qui redonnèrent une actualité et une importance toute nouvelle aux évocations des esprits, ont-elles été produites dans ces conditions en vertu de l’ambiance, et l'Amérique devait-elle devenir la terre classique des médiums, parce que la race des Peaux-Rouges présente plus que toute autre des traits de médiumnité fréquents?
Ce problème posé par le docteur Gibier dans son étude sur les faits spirites n’a pas reçu de réponse, mais la question toutefois a excité les investigations simultanées des sceptiques et des adeptes de la religion nouvelle sur un côté très peu étudié du caractère des Indiens. Au fait, les études sérieuses sur la mentalité des Peaux-Rouges sont peu nombreuses.
D’abord il est certain que la très grande diversité des dialectes, variables dans chaque peuplade, opposait une bar rière aux recherches des savants.
De plus, les Indiens sont peu bavards et leurs haines envers les blancs, depuis surtout les férocités américaines, avaient trop de raison d’exister pour qu’il n’en découlât pas une défiance contre l'esprit selon lequel des investigateurs auraient tenté d’éclairer les légendes et les pratiques indiennes.
LE SPIRITISME CHEZ LES PEAUX-ROUGES 20/ Loin d’être de purs sauvages enfiévrés de chasse seule et de meurtre, les Peaux-Rougessemblent avoir adopté des mœurs nomades et frustes plutôt par suite de raisons ignorées que par une incapacité intellec tuelle à la civilisation ou au sédentarisme.
En tous cas, certaines de leurstraditions ou de leurs coutumes rapportées par les anciens auteurs témoignent de facultés poétiques et divinatoires qui paraîtraient enviables à beaucoup de civilisés. Les Indiens sont très facilement des sujets médiami niques. ils vivent autant en compagnie des morts et des esprits qu’attentifs aux événements extérieurs, dits matériels ou visibles.
Parmi les esprits qui se manifestent par leur entremise ou qui leur parlent, il paraît que sont nombreux des êtres désincarnés appartenant à des races asiatiques : Phéniciens. Arabes ou Mongols.
Les Rouges expliquent ce fait en disant que ces races sont venues en bandes, habiter l'Amé rique septentrionale alors que le détroit de Behring était guéable Un grand nombre d’autres esprits se réclament des anciens conquérants blancs de l'Amé rique, et des peuples autochtones qu’ils vainquirent. Ils s’intitulent Hispano-Américains.
Mais la médiumnité des Peaux-Rouges ne s’arrête pas à ces facultés d’entremise entre les morts humains et les vivants. Adeptes du totémisme, les Rouges se réclament, comme on sait, d’êtres divers, à forme humaine, animale ou même végétale. Ces êtres, dont les totems ou signes ornent les pavillons, les instruments des tribus, sont des tortues, des ser pents, des écureuils, des plantes, des pierres, etc.
2oS l’initiation Nous voulons dire par là que telles sont leurs signa tures matérielles.
Ils constituent dans « l’invisible » des génies bien ou mal faisants, protecteurs des fils de la race des tenants du totem et au dire des Peaux-Rouges se mani festent par l'intermédiaire des sorciers, ou plus pro bablement par l’intermédiaire d’individus ‘doués de pouvoirs médianimiques selon des rites dont quel ques voyageurs nous ont conservé l'appareil exté rieur.
Le P. de Charlevoix, jésuite, qui explorait l’Amé rique du Nord vers 1720, affirme que les sorciers n'arrivent à des facultés spéciales qu’après des jeûnes, des mortifications, des ascèses longues et périlleuses. Il prétend que l’on ne trouve pas toujours dans les tribus, des individus prêts à affronter les épreuves préliminaires et surtout les transes qui accompa gnent les phénomènes, même à prix d’argent.
Relatant une foule de faits soit rétrospectifs, soit contemporains, relatifs aux mœurs, à la religion des Indiens, le P. de Charlevoix en rapporte l'origine à l'ennemi du genre humain jaloux de conserver, par l’imposture et le simulacre des manifestations divines, l’empire que l’idolâtrie lui confère sur tout homme. Tertullien avait déjà dit cela des manifesta tions spirites dont Rome fut le lieu sous les Césars.
En échange le P. de Charlevoix cite des traits de courage, de clairvoyance miraculeuse dont se sont montrés capables des Rouges convertis au catholi cisme. Il ne se doute pas d’ailleurs de la cruauté de certains traits qu’il rapporte des missionnaires envers
LE SPIRITISME CHEZ LES PEAUX-ROUGES 2OQ les convertis ou catéchumènes, tel que celui du chef dont le supplice dura toute une semaine, et avec quels raffinements inouis ! les Pères interrompirent à dif férentes reprises et dans les intentions les plus louables, son atroce agonie, pour que ces répits fus sent utilisés par le martyr à préparer son avènement dans l’autre monde.
11 y aurait une recherche pathologique intéressante à faire sur la résistance inexplicable de certains Indiens aux souffrances, on peut même dire à la mort. Le fait est aussi du domaine mystique. Le trait particulier du spiritisme indien paraît être défini par leur croyance à la possibilité des manifes tations médianimiques émanées des génies. Ainsi que nous venons de l’écrire, les Indiens croient aux génies.
La fable suivante rapportée par Demanche, dans son livre sur le Canada, expliquera ce que les Peaux-Rouges appellent des génies et révélera en même temps un coin de l’âme religieuse rouge.
Un génie, se promenant, vit un ours qui pleurait : « Frère, dit-il à fours, de quel mal souffres-tu ? » Et fours de répondre qu’il a très mal aux yeux.—«Si ce n’est que cela, reprend le génie, à l’aide de ces petites fleurs rouges qui croissent ici, en les pressant dans ma main, je te guérirai pourvu que tu n’aies pas peur de quelques picotements et que tu te places sur le dos, les pattes bien écartées. » L’ours fit ainsi et le génie, trouvant l’occasion propice pour goûter de fours, étrangla le plantigrade. Mais l’appétit du génie n'était pas sans doute bien éveillé. Il craignit de ne pouvoir dévorer fours tout 14
210 l’initiation entier et s’adressant à un bouleau qui croissait là en deux troncs divergents, il le pria de le serrer entre ses rameaux, de façon sans doute à ce qu’une fois vide, lui, génie, put se remplir de la chair de l’ours. Le bouleau se prêta à la circonstance, mais voulant venger la mort de l’animal, il serra si bien le génie que celui-ci ne pouvait plus s’en aller.
Les cayotes, voyant l’ours mort et le génie empêché, se régalèrent du cadavre et seulement alors, le bouleau relâcha le génie. Celui-ci, pour se venger à son tour, maudit le bouleau et lui ordonna de ne plus pousser son écorce comme les autres arbres parallèlement à son tronc, mais de travers. Et c’est depuis ce temps que l'écorce des bouleaux est ainsi faite.
Il y a dans cette petite légende trop de choses pour que nous en abordions l'exposé et surtout les discus sions dans cette étude. Les Indiens utilisent la magie cérémonielle pour les évocations,lesincantations,la médecine et toutessortes d’autres usages. Le P.
Charlevoix relate un moyen de divination par le feu (pyromancie), qui, sans être du domaine du spiritisme peut cependant utilement être rapporté ici et qui consiste à faire brûler du soufre et du charbon mélangés et déduire du sens delà flamme tel ou tel événement. La divination par les songes est usuelle chez les Peaux-Rouges.
Dans son Histoire de la nouvelle France à laquelle nous avons em prunté les détails précédents, le même P. de Char levoix raconte (t. I, p. 144 et suiv.) une expédition que fit Champlain en 1609, accompagné de deux Français, avec un parti de Huions, d’Algonquins et
LE SPIRITISME CHEZ LES PEAUX-ROUGES 211 de Montagney contre les Iroquois. Au cours de cette expédition, les sorciers, que Champlain appelle des Pilotois et Ostcmois(?) construisaient, dès qu’on s’était arreté pour camper, une petite cabane de pieux : «... 11 la couvrait de la même peau qui lui servait de vêtement, conte-t-il de l'un d'eux, puis il y entrait tout nud et les guerriers venaient se ranger autour de lui.
11 commençait alors à prononcer quelques paroles que personne ne comprenait. C'est, dit-on, une prière pour invoquer le dieu de la guerre. Un moment après, il avertissait que la divinité était venue à sa voix, et il déclarait les avis qu'il en avait reçus. Il se levait enfin, car jusque-là il demeurait prosterné contre terre.
11 criait, il s’agitait, paraissait hors de lui-même et l’eau découlait et abondance de toutes les parties de son corps... » «... La cabane s’ébranlait aussi quelquefois et les assistants ne doutaient point que ce mouvement fut un effet de la présence de l'esprit. Ils avaient grand soin de faire remarquer à M. de Champlain cette prétendue merveille ; mais, dit le P. Charlevoix, il avait vu le jongleur secouer les pieux et il se moqua d’eux.
Ils lui dirent un jour qu’il allait voir sortir du feu par le haut de la cabane, mais il eut beau regarder, le feu ne parût point. Il eût peut-être paru si M. de Champlain eût été moins attentif, car ordinairement ces imposteurs ont la précaution de se munir de se qu’il faut pour en allumer. Le langage qu’ils parlent dans ces invocations n’a rien de commun avec aucune langue sauvage et il est vraisemblable qu’il ne consiste qu’en sons informes... Us prennent
2 12 l’initiation différents tons ; quelquefois ils grossissent leur voix, puis ils contrefont une petite voix frêle assez sem blable à celle de nos marionnettes et on croit que c'est l’Esprit qui leur parle. » Dans le tome troisième de la même Histoire, le Père racontant les traditions et la religion des sauvages du Canada, se montre beaucoup moins sceptique et * tombe d'accord qu’il se passe quelquefois parmi ces infidèles des choses capables de tromper au moins la multitude, pour ne rien dire de plus.
Le marquis de Faudreuil, gendre de Mme de Marson avait conté au Père de Charlevoix la petite historiette suivante (septembre 1721).Mme de Marson se montrait inquiète au sujet de son mari commandant un poste en Acadie, absent très loin d'elle et dont le retour eût du s’être déjà produit depuis un certain temps.
Une femme sauvage ayant obtenu de Mme de Marson, l'aveu de son inquiétude lui dit de se tranquilliser et, après y avoir un peu rêvé, précisa que tel jour, à telle heure , M. de Marson reviendra, avec un chapeau gris sur la tête. Ceci arriva exactement à la très grande stupé faction de Mme de Marson et de son mari qui ne pou vaient comprendre comment l’Indienne avait pro nostiqué cet événement.
Le P. de Charlevoix conclut que c’était là l’œuvre du diable, qu’il appela avec un à-propos délicieux le père du Mensonge !... Dans le même chapitre, il relate aussi l’état de trance où sontplongés les médiums lorsqu’ils entrent dans les étuves pour se faire — « suer et accomplir leurs prodiges». Il les compare aux pythonisses antiques...
LE SPIRITISME CHEZ LES PEAUX-ROUGES 2 1 3 Dans son livre sur la conquête anglaise du Canada, l’historien Drake rapporte le témoignage d’un soldat britannique, prisonnier des indiens, qui vit opérer un sorcier rouge dans les circonstantes suivantes absolu ment analogues à celles que relate le P. de Charlevoix au sujet de Champlain.
En 1759, le commandant anglais Sir Williams Johnson avait convié les Indiens, campés au saut Sainte-Marie, à le venir trouver au fort Niagara, leur promettant d’ailleurs des cadeaux, un bon accueil et finalement une paix durable. Or, les Indiens se mé fiaient des Anglais. D'autre part, il était imprudent de rester sur la seule expectative.
Les sauvages réso lurent de demander conseil à l'esprit qui n'avait jamais menti, à la grande Tortue dont ils se procla maient les enfants. Pour consulter TEsprit. on ficha en terre quatre pieux solides enfoncés d’environ deux pieds et demi, maintenus par des traverses et des courroies, le tout revêtu de peaux liées, bref formant un abri très résistant. A l’intérieur de cette tente, une autre plus petite fut aménagée.
Le sorcier, nu. se pré para à faire son office. Personne ne devait entrer ni intervenir sous les peines les plus sévères. A peine la tête du sorcier avait-elle franchi la première enceinte que celle-ci malgré sa résistance fut secouée si vio lemment que, dit le témoin, elle semblait devoir s’abattre et les pieux étaient courbés comme des bran chages.
En même temps, le sorcier glissant toujours, les cris les plus divers se produisirent, semblables à des pleurs, des rires, des hurlements de bêtes fauves. Des voix humaines étaient entendues parlant un
l'initiation 214 langage incompréhensible à ions. Après un certain temps, un cri plaintif, grêle, pareil à l'aboiement d’un jeune chien annonça aux Indiens, qui le recon nurent, l'arrivée de l’esprit de la Tortue et les sauvages, manifestèrent une grande joie, ils avaient sifflé, les autres esprits les reconnaissant pour des men teur s\...
Le sorcier traduisit alors aux assistants les paroles incompréhensibles échangées et dit aux chefs de pré parer les demandes à transmettre à l’Esprit. Les chefs prièrent la Tortue de les renseigner sur le nombre des Anglais postés au fort Niagara.
Un grand cri, un nou veau vacarme, puis un silence annoncèrent le départ de la Tortue qui, revenue, leur déclara que le fort Nia gara était peu occupé, mais qu’en descendant le SaintLaurent jusqu’à Montréal, elle avait compté des quantités de barques chargées de soldats anglais, remontant le fleuve pour accroître la garnison. Les Indiens étaient de plus en plus perplexes.
Les chefs demandèrent alors conseil à l’Esprit sur ce qu’ils devaient faire. L’Esprit les engagea à se rendre auprès du gouverneur les assurant que celui-ci em plirait leurs mains et leurs canots de présents. La séance d’évocation fut terminée par les remerciements obligés et lesmêmes hurlementsdu début.
Les Indiens, confiants dans la parole de l’Esprit qui n’avait jamais menti, résolurent d’agir ainsi qu’il l’avait prescrit et reçurent en effet du gouverneur anglais un accueil loyal et même amical. Les renseignements donnés sur l’accroissement de la garnison du fort Niagara étaient exacts, ainsi que s’en assurèrent les Indiens, et
LE SPIRITISME CHEZ LES PEAUX-ROUGES 2 l5 qu’en témoigne le narrateur anglais, Alexandre Henry.
En dépit des réticences apportées par le Père de Charlevoix aux dires d’ailleurs peut-être beaucoup plus ingénus de Champlain, quant à la scène d’évoca tion, ci-dessus rapportée, il est impossible, après con frontation des deux récits émanés de sources si diffé rentes, de nier l’efficacité divinatoire des procédés spirites employés par les Rouges lors des événements auxquels il est fait allusion.
Évidemment, il ne s’agit pas là de magie cérémonielle, mais plutôt de spiritisme avec incarnation probable médianimique des êtres évoqués ou bilocation du médium. Eugène Nus rapporte, en citant les témoins, un autre fait de clair voyance d'un sorcier rouge que le lecteur rapprochera encore avec profit du trait conté par le marquis de Vendreuil au sujet de M. et Mme de Marson, ses beaux-parents.
Un voyageur de commerce américain, John du Bay, attendait aux chutes du Wisconsin son associé, em ployé dans un poste plus au nord sur le lac Supérieur, qui lui avait donné là rendez-vous. Le jour marqué pour la rencontre des deux amis était passé et du Bay était inquiet. Un médecin indien lui proposa de lui annoncer l’instant où son ami arriverait. La proposi tion fut acceptée avec un certain doute.
Le médecin s’assit sur le gazon et se couvrit la tête avec ses cou vertures. Au bout de quelques minutes, il se leva et dit : « Demain les nuages couvriront le ciel ; mais quand le soleil sera sur le point de se coucher, vous verrez un espace clair et, dans cet espace, le soleil.
216 l’initiation Alors, si vous regardez là bas, la pointe de terre sur le côté opposé des lacs, vous verrez venir votre ami. » Le jour suivant, comme il l’avait prédit, le ciel fut nuageux jusqu’au coucher du soleil, puis les nuages se dissipèrent et le soleil apparut. Du Bay regarda le point indiqué mais ne vit point son marchand arriver. Il retourna vers le médecin rouge et com mença à le plaisanter.
Celui-ci répondit seulement: «levais voir. » Alors, s’asseyant comme la veille, un instant, et se relevant, il dit : » Dans cinq mi nutes vous le verrez. » — Au bout de ce temps, dit du Bay, mon homme paraissait et bientôt atteignait la porte... Ce même John du Bay affirme avoir été souvent témoin de faits d’évocation dont l’appareil rappelle les faits de même ordre que nous avons rapportés d’après le P. de Charlevoix et Alexandre Henry.
Un médecin indien construisait trois huttes avec des pieux enfoncés en terre et recouverts de peaux de daims ou d’élans de façon à former de petites tentes ne pouvant contenir qu'une personne assise. Ces tentes étaient placées à environ deux pieds de distance l’une de l’autre. Dans l’une le médecin plaçait ses mocassins, dans l’autre ses guêtres et se portait lui-meme dans celle du mi lieu.
Alors tout Indien qui voulait converser avec un brave défunt posait ses questions. Aussitôt ces tentes commençaient à se pencher d’un côté et d’autre, comme si elles eussent été secouées par quelqu’un placé dans l’intérieur et on entendait des voix sortant de l’une et de l’autre et quelquefois de toutes trois en même temps. Ces sons n’étaient intelligibles que
LE SPIRITISME CHEZ LES PEAUX-ROUGES 217 pour le médecin qui se chargeait de les traduire. Du Bay dit qu’il a saisi ces tentes bien souvent et qu'il a employé toutes ses forces pour arrêter leur mouve ment, mais en vain; qu’il a alors soulevé les peaux et s'est assuré que personne n’était à l'intérieur, sauf le médecin posté dans l’une des trois.
Ces anecdotes, dont John du Bay fut le témoin ou l’auditeur, sont rapportées d'une lettre écrite par M. Larrabie, cheef-justice du Wisconsin, au gouver neur Tallinage, et citées par M. Eugène Nus. La similitude à travers une telle période de temps des procédés évocatoires, tels que nous les ont décrits Champlain, Henry, du Bay et le P. de Charlevoix même (passim) atteste à la fois l'authenticité et la sincérité des procédés.
Il est hors de doute que des êtres aussi critiques que les Rouges, dont le flair et l’astuce ont méritéde devenir légendaires, auraient dès l’abord découvert le truc s'il avait pu en exister un, au lieu qu’à travers trois siècles environ d’expériences ils demeurent croyants (1600-1870).
Remarquons d’ailleurs que dans le récit fait par Alexandre Henry, relativement à l'évocation de la fraude Tortue, les Rouges ne se gênent nullement pour conspuer les esprits qu’ils se rappellent leur avoir menti ; par contre ils offrent des présents à l’esprit véridique.
Nicolas Perrot, engagé au service des missionnaires jésuites, qui vécut au Canada et dans l'angle formé par les vallées du Saint-Laurent et du Mississipi, de i665 à 1699 et connut à fond les peuples alors sou mis à l'influence française, rapporte dans son mé moire à l’intendant M. Bégon, très précieux d’ailleurs
218 l’initiation et dont usa le Père de Charlevoix, peu de traits de jonglerie des Indiens. La raison en est peut-être qu’il ne tenait pas à sentir de près le fagot et aussi que c’était un homme fort modeste qui. d'ailleurs, termine son mémoire « par disette de papier» alors qu'il eût désiré de s'étendre encore sur ses « petites pensées ».
Il déclare que si les Indiens s’adressent au diable, c'est par peur, non par amour, et l'on sent bien là une conscience de brave homme désireuse d’excuser les Indiens vis-à-vis des autorités qui ne badinaient pas toujours quand les conversions tardaient trop.
« Ceux d’entre les sauvages, dit Perrot, que les Fran çais nomment jongleurs, parlent au démon qu'ils con sultent pour la guerre et la chasse.» (Mémoire sur les mœurs, coutumes et religion des sauvages, publié par le R. P. J. Tailhan, jésuite.
Leipzig et Paris 1864.) Ailleurs, Perrot donne quelques détails sur les sueries, que le P. de Charlevoix appelle des Etuves, et qui semblent avoir été chez les Indiens des séances en commun de spiritisme: « Ils chantent encore et font ces bruits en leurs sueries ; ils croiraient que cette médecine, qui est la meilleure de toutes celles qu’ils ont, ne leur servirait de rien s’ils ne chantaient en suant.
Ils plantent des bâtons en terre faisant une espèce de tabernacle fort bas, qu’ils entourent et cou vrent de peaux, de robes et de couvertures. Ils mettent dans ce four quantité de grosses pierres qu’ils ont fait chauffer et rougir dans un bon feu, puis se glissent tous nuds dans ces estuves... d’autres fois ils suent tous ensemble, hommes et femmes pesle et mesle;
LE SPIRITISME CHEZ LES PEAUX-ROUGES 2IÇ ils chantent, ils crient, ils hurlent dans ce four, ils haranguent, parfois Je sorcier y bat son tambour... » {Mémoire, édit, cit., p. 202.) Il est malheureusement à craindre que par l’alcoo lisme qui les a décimés, abrutis, et aussi dans la mi sère morale et sociale qui leur est imposée par le gou vernement des États-Unis, les Indiens survivants aient gardé peudc leurs coutumesanciennes.
Il reste,de cette brève incursion chez les spirites rouges,cette probabi lité très forte que la valeur médianimique des Rouges du Nord-Amérique fut de qualité supérieure à celle des autres peuples primitifs ou régresses, tels que des Noirs, par exemple, en dépit que les apparences maté rielles de conjuration ou d’évocation des puissances invisibles affectent les mêmes formes assez grossières chez les unes et aussi chez les autres deces diverses races.
Mais il faut tenir compte que la condition première de toute tradition et de tous procédés mystiques est le secret; que les voyageurs n’ont pas tout vu, ni les Rouges tout révélé.
Philologie médicale O Contribution à l'étude des origines sacrées de la médecine. Par M. le docteur E. Pivion (de Paris). Dans son numéro du i5 septembre 1908, la Chro nique médicale faisait allusion à une étude publiée en igo3 par le docteur A. Masson, de Lyon, au sujet des croyances religieuses dans leurs rapports avec le traitement des maladies des yeux.
Dans cette bro chure, notre confrère lyonnais étudiait l’affection ocu laire de l’aveugle Tobie et le traitement qui lui est appliqué par son jeune fils, d’après les conseils de fange Raphaël. Le docteur A. Masson nous montre comment les empiriques ont continué, jusqu’à nos jours, à appliquer, dans le traitement des affections oculaires, des recettes puisées dans la Bible. Cette étude du docteur A.
Masson est très intéres sante au point de vue des origines sacrées de la méde cine ; notons particulièrement cette phrase du début : « A l’aurore de toutes les civilisations, comme aujour d’hui encore dans les pays que trop dédaigneusement
PHILOLOGIE MÉDICALE 221 nous traitons de sauvages, la médecine générale fut exercée par des prêtres et l’enseignement médical se confondit avec l’enseignement religieux. » Je voudrais, à mon tour, attirer l’attention des médecins sur certaines particularités curieuses qui se rencontrent dans le récit de Tobie et qui n’ont pas été signalées jusqu'ici, que je sache, par les chercheurs qui ont étudié les origines de la médecine dans l'an tiquité.
L’histoire de Tobie pourrait débuter comme un bon vieux conte du temps passé : « Il était une fois un médecin, qui était fils et même petit-fils de méde cin... » Le jeune Tobie, en effet, appartenait à une famille médicale, car d’après son nom il est médecin, fils de médecin et même petit-fils de médecin : cette particularité lui mériteraitcertesunemention spéciale dans la Chronique médicale.
Tous ceux d'entre nous qui ont passé par l’Algérie se sont entendu qualifier de iobib par les indigènes, et ils savent qu’en arabe le mot tob signifie médecine, de nos jours comme il y a deux ou trois mille ans.
Or, c’est bien cette racine sémitique qui a formé le nom de Tobie; quant auxterminaisons ie ou el, que l'on retrouve dans les noms de Tobie, fils de Tobit ou Tobie, petit-fils deTobiel, ce sont là des mots hébraïques, signifiant Dieu, l’un et l’autre. Tobie et Tobiel signifient donc un médecin-Dieu : la terminaison indique un médecin excellent, et elle équivaut à une sorte de superlatif.
En hébreu, l’ad jectif thvb se traduit généralement par bon, et alors le nom de Tobie répondrait au superlatif grec artstos,
222 l’initiation ie meilleur, d’où est sans doute venu le nom d'Artstée sorte de bon pasteur païen, qui joue parfois chez les Grecs le rôle attribué ordinairement à Esculape, le dieu de la Médecine : ainsi, dans le poème des Argo nautes, Aristée fait disparaître une épidémie de peste que la sécheresse avait fait naître dans les îles gouvernées jadis par Miraos (Minas; en sanscrit, poisson).
Le jeune Tobie est accompagné, dans son voyage en Médie, par l’ange Raphaël, qui se présente à lui sous le nom d'Avarias : or, Azarias, c'est en hébreu ozr.ie, secours de Dieu ou le Dieu secourable, et ce nom pourrait être rapproché de celui du dieu Osiris r des Egyptiens. Quant au nom de l’ange Raphaël, il indique aussi un dieu guérisseur : rpha.al, guérisseur ou médecin-Dieu, est un synonyme du nom de Tobie.
Cet ange-médecin donne au jeune Tobie de pré cieux conseils sur la manière dont il utilisera le cœur, le foie et le fiel du poisson pour guérir son vieux père aveugle et pour débarrasser Sarah de son démon, le méchant esprit Asmodée, en hébreu le destruc teur.
Le nom de Sarah en hébreu signifie une princesse; on pourrait peut-être rapprocher ce nom de Sarah du mot arabe sahara, une sorcière ; quoi qu’il en soit, Sarah est juive, bien qu’elle habite à Ecbatane, chez les Mèdes. Cette Juive habitant en Médie est donc en quelque sorte une princesse médique, Sarah medica, car le pays des Mèdes semble être le pays des
PHILOLOGIE MÉDICALE 223 médecins, comme il est facile de le démontrer d’après les traditions. La Médie et ses habitants, les Mèdes, doivent leur nom à Medus, fils de Médée et de Jason : ce Medus fonda, dit-on, ia ville de Médée en l'honneur de sa mère, et on rapporte que ce fut là l'origine de la Médie et des Mèdes.
La magicienne Médée est une personnification à la fois de Pars magica et de X'ars medica : la magie et la médecine semblent n’avoir constitué à l’origine qu’une seule et même science ; du reste, la magi cienne Médée avait reçu de sa mère Hécate et de sa sœur Circé tous les secrets de l’art de guérir: les mots en latins medere, medicina et medicus se ratta chent vraisemblablement à la même racine que le nom de Médée.
Mais d’où vient le nom de Médée lui-mème ? On le rattache généralement au sanscrit Madhu, toute chose bonne et désirable, comme le lait et le miel par exemple. En admettant cette étymologie, le sens du nom de Médée se rattacherait donc à l'idée de bonté que l’on retrouve dans le nom de Tobie, expliqué par l'hébreu thub, bon.
Notons, en passant, que le mot medaonia, chez les Arabes, indique les soins que l'on donne à un malade, et chez les Grecs, la racine med, dans les noms composés, entraîne l’idée de médecine. Pour mon compte, je crois que le nom de Médée doit être rattaché au mot hébreu mg, mage, que cer tains auteurs ont prétendu avoir été emprunté aux Persans.
En donnant à la lettre g. de mg la pronon ciation du djim arabe, on se rend compte très facile224 l’initiation ment comment d’un même mot sont venus les mots magicus, medicus, ainsi que les noms de Médée, Med us. Modes et Médie.
La magicienne Médée devient l’épouse de Jason, un élève du centaure Chiron, dont on a voulu faire le père de la Chirurgie : du reste, le héros Jason, fils d'Eson, est lui, aussi, médecin et fils de médecin, et nous pourrions raconter l’expédition des Argonautes en commençant par cette phrase consacrée : « il était une fois un médecin, fils de médecin », comme nous l’avons fait plus haut pour Tobie, fils de Tobie.
En effet, Jason c’est, en grec, iaso, la guérison : Iaso, chez les Grecs, est fille d’Esculape et déesse de la Guérison ; quant au nom d'Eson, en grec aiso, on s’accorde généralement à admettre que c’est le même que le nom de Jason, dans lequel les deux premières lettres ont été interverties : aiso, Éson, de même que iaso, Jason, se rattache à l’idée de médecine.
Il est bien difficile d’admettre que le hasard seul ait présidé au rapprochement de ces différents noms, qui tous se rattachent à l’idée de médecine : les parti cularités suivantes ne laisseront aucun doute à cet égard. Jason, dans son enfance, avait d’abord porté le nom de Diomède (médecin divin) ou de Dolomède (habile médecin) et, d’un autre côté, on attribue à la mère de Jason les noms de Polymède ou A Alcimède (la force médicatrice).
Enfin, comme je l’ai dit plus haut, Jason épouse Médée, qui devient mère de Médus, le fondateur de la ville de Médée origine du
PHILOLOGIE MÉDICALE 225 nom des Mèdes et de la Médie : d'après ce qui pré cède, la Médée serait donc bien, en quelque sorte, le pays des Mages, Mèdes ou Médecins. Certaines traditions ont mis au nombre des Argo nautes Esculape, le dieu de la Médecine ; dans le poème d'Apollonius de Rhodes, c'est le divin Orphée qui accompagne l’expédition des Argonautes.
Les anciens ont admis qu’Orphée était à la fois musicien, philosophe et médecin, et, comme on peut s’en rendre compte facilement, son nom n’est autre chose que celui de l’ange Raphaël, légèrement modifié : la terminaison al, Dieu, de Raphaël, a disparu dans le nom d’Orphée : rphae signifie, en hébreu, la guérison rpha, c’est celui qui guérit.
En faisant précéder le mot rpha de l’article hébreu e (prononcez ha}, ou mieux de l’article grec O, on obtient orpha, d’où les Grecs ont fait Orphée. On ne doit pas s’étonner si je fais appel ici à la langue hébraïque pour expliquer certains noms grecs, comme ceux de Médée et d’Orphée : les noms hébraïques abondent dans la mythologie et dans la géographie de la Grèce.
Ainsi, par exemple, l’île de Samos, c’est l’île du Soleil, en hébreu sms; la ville de Thèbes, c’est la ville de l’arche tbe ; Cadmus a tiré son nom de l’hébreu odm, l’Orient, tandis que sa sœur Europe indique l’Occident, orb. Je pourrais facilement multiplier ces exemples : ainsi le nom de Jason lui-même ne pourrait-il pas s’expliquer par l’hébreu ieuso, sauveur,d'où viennent les noms de Josué et de Jésus ? Josué, fils de nun (poisson en hébreu), avait d’abord 15
22Ô L INITIATION porté le nom d’Osée, en hébreu euso, sauveur comme ieuso. Dans ces conditions, ne pourrait-on pas rap procher les noms de Jason et d'Eson, son père, des noms attribués successivement à Josué, appelé primi tivement Osée dans la Bible ?
Les traditions religieuses nous montrent souvent l'idée de salut associée à l’idée de médecine : ainsi, en allemand, le mot heil signifie le salut : heilen veut dire guérir, et le Sauveur s’appelle en allemand der Heiland. Le mot hébreu ieuso, sauveur, devient en chaldaïque et en syriaque axia, le médecin : c’est de là qu’est venu le nom de Jésus chez les Arabes : Aissa benMiriam : Jésus, fils de Marie.
C’est encore de là qu’est venu le nom de la secte des Esséniens juifs, à laquelle on a rattaché Jésus : les Grecs d'Alexandrie appelaient les Esséniens du nom de Thérapeutes ou guérisseurs. Notons, en passant, le rôle que joue le poisson dans l’iconographie chrétienne : d’un autre côté, on trouve dans les peintures des Catacombes le Christ représenté sous les traits d’Orphée, ou sous la figure d'Aristée, le bon pasteur.
Ces particularités méritent d'être prises en considération par le chercheur qui veut remonter aux origines de ces traditions. Mais revenons maintenant à Tobie et à Jason : comment expliquer tous ces noms se rattachant à l’idée de médecine et se répondant ^pour ainsi dire dans les deux récits, comme on pourra s’en rendre compte en consultant le tableau suivant :
PHILOLOGIE MÉDICALE Tobie, médecin. Fils de Tobitou Tobie, fils de médecin. Petits-fils de Tobiel, petit-fils de médecin. Conduit par Raphaël, l'ange médecin. fEpouse Sarah, une princesse médique. Tobie guérit les yeux de son père aveugle. Tobie délivre Sarah du démon Asmodée. 227 Jason, médecin, élève du centaure Chiron, fils à'Eson, fils de médecin. Accompagné dTfsculape, le dieu de la méde cine.
Ou bien d‘Orphée, mé decin comme Raphaël. rEpouse Médée (ars me dica et ars magica'. Jason, appelé d’abord Diomède ou Dolomède. Jason, fils de Polymède ou Alcimède. Jason, père de Medus (Mèdes et Mèdie).
On doit nécessairement, à mon avis, admettre que les deux récits ont eu pour point de départ une tra dition commune, qui a été mise en œuvre d'une façon différente dans l’histoire de Tobie et dans le poème des Argonautes : ces deux récits ont un sens apparent et une signification ésotérique, qu'il est facile de déterminer en étudiant la fable de Jason.
Si l’on admet que Médée est une personnification de la magie (ars magica et ars îiiedica), on en arrive tout naturellement à reconnaître la signification de l'allé gorie, où l’on a représenté le médecin Jason épousant la magicienne Médée. L’expédition des Argonautes est une allégorie en rapport avec les épreuves que devait surmonter l’initié
228 l’initiation pour obtenir le titre de mage, dont Médce est le sym bole. Quant à la toison d’or, c'est sans doute le man teau de pourpre, dont le mage, époux de Médée, avait le droit de parer ses épaules. On pourrait peut-être aussi rapprocher la précieuse peau de mouton du parchemin actuel, que certains étudiants, peu respectueux, appellent du nom de peau d'âne.
Dans l’histoire de Tobie nous retrouvons la même donnée traitée d’une façon différente ; mais les noms des principaux personnages ont conservé dans les deux récits la même signification, en rapport avec l’idée de médecine.
En lisant ces deux récits, le lecteur profane y trou vait un ensemble d’aventures plus ou moins merveil leuses; mais l'initié y retrouvait une suite d'allégories en rapport avec les épreuves qu'il avait eu à surmon ter pour arriver au grade de mage. Si l’on veut bien admettre celte manière de voir, on trouvera, dans les deux récits, des éléments capa bles de jeter un jour nouveau sur les origines sacrées de la médecine chez les Anciens.
0 n’y a point de Création Au fond, et en vérité absolue, il n’y a ni Création, r ni Emanation, ni Transformation. Il n’y a que l'iden tité éternelle. Tout est éternel, et ce qui n’est pas en core est comme ce qui est déjà. Seul, ce qui paraît changer, c'est la compréhension que nous avons des formes et des êtres,c’est l’angle imaginatif sous lequel nous les regardons. Mais cela même ne change pas ne se transforme pas.
Car chaque état d’imagination ou de conscience que nous subissons, est, en luimême, une forme, une personne, un être spécial. Et toutes les formes, toutes les personnes, tous les êtres, sont éternels. Il y a donc là un véritable panorama d’états de conscience, autrement dit d’êtres distincts.
Suivant que nous quittons un de ces états de con science pour entrer dans un autre, l’Univers paraît changer pour nous, et l’illusion de la Transformation miroite à nos yeux. Mais, dans le fond, rien ne change. Dans cette succession infinie d’états de conscience, nous reconnaissons l’identique qui se promène dans le domaine de l’Éternité.
Car tous, tant que nous sommes, nous sommes l’identique, le même Iden tique, habillé ici et là différemment, c’est-à-dire se promenant sous des états de conscience différents, Mais remarquons bien que si lesformess passées nous
23o l’initiation semblent détruites, elles ne sont détruites que pour notre érat de conscience actuel. Réellement, elles existent toujours sur le voile éternel de Mâyâ la belle Tisseuse, et il n’est même point besoin que nous sa chions cela pour que ces formes, qui nous semblent détruites, réapparaissent à nos yeux sous la puissance de l’évocation spirituelle.
A A Il n’y a qu’un seul Etre dans l’Univers, et cet Etre» c’est l’identique, et l’identique, c’est Moi (au point de vue transcendant). Les autres êtres qui se meuvent autour de moi, et qui constituent le Monde Extérieur, sont ou mes Formes passées, ou mes Formes à venir, lesquelles sont éternelles comme moi, mais qui,appré ciées sous mon angle d’imagination actuel, me sem blent nouvelles et différentes de ce qu’elles étaient.
Ce que je viens de dire peut être représenté symbo liquement par une Horloge, avec la seule aiguille des r heures. Le cadran de l’Horloge représente FEternité, l'infini, c’est-à-dire la substance même de l’identique, le voile de Mâyâ la belle Tisseuse, sur lequel sont figurées les formes de tous les êtres. L’Aiguille repré sente l’identique lui-même, c’est à dire le point actuel et présent de la Conscience divine.
Et quand l'Aiguille de l’identique repasse sur les heures qu’elle a déjà visitées, ces heures lui semblent des heures nouvelles, des être nouveaux. La caractéristique de l’identique, c’est-à-dire l’essence même de la Con science, c’est la sensation du Présent. Nos Formes passées nous apparaissent comme des êtres infé rieurs, et nos Formes à venir comme des êtres supé rieurs. Mais en tout et partout, c’est toujours l'Iden
IL n’y a point de creation 23 I tique qui tourne autour de lui-même pris comme centre, et qui décrit ainsi ses Heures Mystiques sans changer de place. Nous commandons au Passé, nousavonsconscience du Présent, et nous obéissons à l’attraction du Futur. Quand je parle à un Inférieur qui m’écoute, c’est ma Conscience présente qui parle à l’une de mes Consciences passées.
Quand je prie Dieu, c'est ma Conscience présente qui s’adresse à ma suprême Conscience future. L’Identique est le Maître d’un immense Royaume, qui est sa propre Substance, et qui s’appelle l’Éternité. Il se promène en lui-même, c’est-à-dire dans son éter nelle Substance.
Chaque pas déjà accompli par lui devient un Serviteur de son domaine ; le point précis où il se trouve actuellement constitue le Maître luimême, le Moi de chacun de nous; et les pas qu’il accomplira dans le Futur seront ses Héritiers.
Quand le dernier pas mystique sera accompli, quand l’ultime état de conscience sera atteint, alors il n’y aura plus ni Maître, ni Serviteurs, ni Héritiers, ni commence ment, ni milieu, ni fin : il n’y aura que l’identique dans l’identique, immuable, éternel Dieu en Dieu, A l’Etre en l’Etre, l’Unité de toutes choses et la Raison même de l’Unité. Cette doctrine nous éclaire sur le véritable sens de l’Univers.
Comme dit la « Lumière sur le Sentier, » le péché et l’opprobre du monde,si péché et opprobre il y a, sont notre péché et notre opprobre. La cruauté et la lâcheté que nous condamnons chez les autres sont la cruauté et la lâcheté mêmes dont nous avons
232 l’initiation autrefois fait preuve ; et si nous nous indignons à cet égard, c'est par suite d’une espèce de réminiscence qui nous replace mentalement au point moral où nous en étions jadis.
Lorsque par l’élargissement progressif de notre Conscience, nous ne distinguerons plus ni bien ni mal, ni bonté ni cruauté, ni mérite ni démé rite, mais que nous percevrons en tout la Vie unique, la Vie universelle, ce sera véritablement le Sabbat du Seigneur Dieu, la suprême apothéose. L’Identique se tisse à lui-même sa propre destinée.
Quand nous progressons, le monde entier progresse; quand nous défaillons le monde entier défaille ; car il n’y a pas d’autre Monde que celui qui est perçu par notre Moi, c'est-à-dire par notre actuelle conscience.
Si cette conscience est perverse, le Monde entier est perverti ; si cette conscience est pure, le Monde entier est dans l’harmonie ; si cette Conscience perçoit par tout l’identité, le Monde entier est Identique à luimême et à nous, et Dieu seul règne alors dans sa divine Unité: dans cet état, nous sommes Dieu, le Monde est Dieu, la séparativité est abolie, et l’iden tique possède enfin l’identique : Un en tout, Tout en un. Karl Nissa.
Exposé do la Philosophie du Destin La Loi du Destin règle tous les sorts en vue de libre, c’est-à-dire de 1 liberté de chacun, de chaque chose et pour la solidarité de tous les êtres, soit donc pour l'Unité de l’infinité.
Par l’instinct, — par la puissance hypnotisante, magnétisante de l’instinct constituant à chaque être son Devoir pour son Droit, son Action pour sa Réac tion devant correspondre à sa satisfaction, à son état de bien-être conscient ou inconscient, et ce, en vertu de sa Justice immanente.
Par l’intelligence et la Conscience — également les deux moyens du « Libre Arbitre », les deux moyens de nos « volontés » plutôt que de notre Volonté, puisqu’elles sont unifiées parle Destin, par la puis sance de l’instinct.
Par la Conscience — en notre expression physique — représentée par nos organismes internes créant pour nous, et les limitant pour tous, nos réelles né cessités en vue de la Vie ; — en notre expression mentale — représentée de même par nos organismes internes pour le même but par des moyens analogues concernant la Pensée, l’association des idées. Et constituant notre Volonté directrice providen tielle et fatale à laquelle nous devons nous soumettre
l'initiation 234 puisque toutes deux sont corrélatives en leurs fonc tions harmoniques par le Sentiment de la Mentalité, parla Sensation de l'expression physique qui sont établis pour s'unir, s’identifier aussi par nous, par notre Volonté d'interprétation ; Par l’intelligence—en notre expression physique — représentée par nos organes externes les sens phy siques, de relation, qui nous permettent la liberté de choisir (du moins le croyons-nous) sans que toutefois cette liberté ne soit pas modérée, réglée par la Sanc tion des organismes internes placés plus fatalement, plus ostensiblement sous la dépendance directe de l’instinct puisqu’ils fonctionnement eux, exclusive ment d’une façon automatique et pour cette raison ; — en notre expression mentale — par nos organismes externes, les sens psychiques de notre Mentalité dont les dispositions de correspondance avec les sens phvsiques nous permettent, par eux, de subir les aberra tions dont ces derniers sont susceptibles et de les rectifier, de les dominer par cette Conscience mentale concordant à la conscience physique pour l'harmonie de l’ensemble de notre « moi » relié à toutes les Puissances supérieures qui l’actionnent en vue des Puissances inférieures qu’elles régissent aussi à insu. leur II Car le Libre Arbitre ne détruit pas la Loi ; il a pour but de nous faire passer de l’état d’automatisme « à l’état de Conscience de la « Fonction » que nous accomplissons fatalement dans le Tout réglé mathéEXPOSÉ DE LA PHILOSOPHIE DU DESTIN 235 matiquemcnt afin de nous assurer aussi l’indépen dance nécessaire pour notre Personnalité dans la Dé pendance obligatoire, nécessaire pour la Loi.
Et puisque l’idée scientifique a comme résultat de développer en nous la notion de « Loi », de fatale nécessité, de « Fatalité », mais sans pouvoir encore lui déterminer un But au rapport de nous-même qui voulons toujours nous soustraire à son action sans que cela soit possible parce que nous ignorons le libre arbitre et son jeu; puisqu’aussi ce libre arbitre est lié à la question du Bien et du Mal que nous n’a vons pas abordé.
Or, le Bien, le Mal sont même Unité, ont même objet, — la Loi du Destin assurant l'indépendance dans la Dépendance, obligeant ainsi les contraires à s’unir : — l’infinité avec l'Unité, le Moi-personnel avec le Moi-Universel ; et, ce, répétons-le, par Loi de Nature, en dehors de toute convention sociale, hu maine. r Le Destin règlanttout par l’Equilibre (l’égaleliberté) constituant le Bien-être par le Devoir correspondant à un Droit assuré, à une jouissance équivalente à l’Action produite.
Le Libre Arbitre existant, mais seulement par V interprétation en Bien, en Mal, pour cette Science Supérieure de la Vie que tous, nous devons acquérir. Le Mal n’a qu’un sens (une signification) le Bien, par le Travail — la Loi de l’Univers. Le Mal est un Travail souffert, subi inconsciem ment ou consciemment. Tel est le libre arbitre.
236 l’initiation Ignorant de la Vie — nous souffrons le Mal pour connaître le Travail qui nous incombe — laSolidarité. Savant de la Vie — nous souffrons le Mal connais sant le moyen de nos efforts pour atteindre ce But : — la Solidarité. De même : L’Enfant — subit le Mal de la Conception pour passerde l'apparence du Néant (l’inconscience) à l’ap parence de la créature (la conscience de son être).
La Mère — subit le Mal de la Conception avec connaissance de Cause et de But. Et cette relation physique transportée dans l’ex pression Mentale subsiste, et toujours de même ma nière, par la Soumission consciente aux lois qui nous dominent. C'est en cela que réside tout le mystère ; c’est là que se trouve la solution du problème. Surozr, —Pouvoir, — Vouloir se Résigner.
Apprendre la Résignation : Passive — chez l’Enfant; Active — chez le Créateur: mais relevant toujours des lois de la Fatalité et de la Providence. Puisque tout Travail exprimant une Action donne lieu à une Réaction, à un Droit après le Devoir qu’il équilibre, à un Bien après le Mal — le Travail —qui lui donne naissance. III Mais on ne passe pas brusquement de la Résigna tion Passive, inconsciente, à la Résignation Active, consciente.
EXPOSÉ DE LA PHILOSOPHIE DU DESTIN I! existe une phase intermédiaire, la phase négative. phase d'étude où le ¿Mal devient conscient, n'étant pas encoreappréciécommeTravailmais plutôt commeun Malaise qui grandit, qui inquiète, tourmente, éprouve péniblement jusqu’à ce que les organismes par l'as sociai ion des sensations du mode physique avec les sentiments, les pensées du mode mental par leurs organismes correspondants où ils prennent naissance (pour la Conscience) nous soient devenus familiers, jusqu’à ce que nous en ayons fait l'apprentissage par ki Vie, par nous-mème, sur nous-même ; et qu'enfm, de cet état de Doute, de Scepticisme, de négation nous soyons parvenus, par la Providence du But. par la Fatalité des moyens, à leur accord définitif, au résultat connue, à la Foi certaine qui nous font ac cepter, désirer ce Travail, ce Mal d’autrefois—comme un terme du Bien par ce Progrès que la Force des choses (Force non aveugle) nous a fait conquérir sous forme d'expérience acquise en lui donnant tout son prix par les souffrances endurées.
Voilà le Libre Arbitre et son jeu qui nous font nous plier aux lois de Création —cette Providence et sa Fatalité dont la Science fortifie en nous la notion par ses études intéressantes dont la philosophie se résume toute en cette découverte : la « Loi » c’est-àdire la constance des phénomènes pour la certitude reposant sur elle. IV Or, la Providence ne peut relever que de nous même, que de notre expérimentation de la Vie.
238 l’initiation C’est la Fatalité en son but émancipateur, en son but-qui nous est personnel, qui nous délivre du cau chemar de cette « Lutte pour la Vie », de cette for mule néfaste « Tous contre un », — But que la seule Intelligence de la Science ne nous permet pas d’en trevoir sans sa « Conscience » — puisque cette Intel ligence ne poursuit que la découverte des lois s’ap pliquant à toutes les parcelles de l'infinité, différentes de nous-même, de notre « moi », sans se préoccuper de la Loi Universelle qui associe toutes ces lois par cellaires à l'Unité que constitue cette Infinité qu’elle analyse, qu’elle grandit sans cesse mais en omettant aussi toujours ce Lien par lequel sont réunis tous ces membres séparés ne sachant dès lors que deve nir.
Chaque être résultant de l’effort, du Travail de l’infinité dont il dépend, si cette Infinité lutte contre cet être isolé, non pour son bien-être à lui, mais seulement parce que chaque élément de ce Tout recherche pour lui seul, à nos dépens sa propre satis faction ; si cette Providence des relations indéniables entre Tout ne concorde pas à la fois à un bienfait pour chaque partie et le Tout qui ne peuvent rester étrangers ; si ces lois de cette Infinité ne s’harmo nisent pas, ne s’équilibrent pas à la Loi de cette unité de chacun ; si cette Loi Universelle n’embrasse pas les nécessités de Chacun et de Tous, comment donc oser vivre ?
Tel est notre Mal, tel est aussi notre Libre Arbitre: — chasser, repousser l’idée de ce Lien, de cette unité Universelle qui rattache, combine les efforts concorEXPOSÉ DE LA PHILOSOPHIE DU DESTIN 23g dants de ce l'ont avec chaque unité parcellaire en apparence seulement détachée de l’infinité.
Et tel est donc avant tout notre Travail moral, réel, effectif — celui d’accepter cette hypothèse pour, nous pliant à ses exigences par notre Conscience mentale le Verbe de l'instinct) qui nous met en rela tion avec ce Corps Infini comme la conscience phy sique nous met en relation avec l’ensemble de notre système unitaire, notre corps physique, — voir cette Loi d’Unité régissant l'infinité nous protéger, nous guider dans nos besoins réciproques vis-à-vis du Tout, et nous assurer, nous garantir notre Indé pendance par cette relation du Devoir dicté par cette Conscience avec le Droit que la Loi nous fournit comme elleassure la Réaction a toute action du monde physique que la Science étudie pour nous permettre et nous décider à cette expérimentation du But moral de nos relations.
C'est là l’obligation de notre Intelligence; du Libre Arbitre qu’elle figure au rapport de la Conscience men tale traduisant les erreurs de cette Intelligence jusque dans notre expression physique après les désordres, les désarrois de notre mentalité, et pour nous ramener à l’Union, à l’Unité de notre « Moi » par la concor dance de toutes ses expressoins.
V Car la Conscience à tous les degrés infiniment va riés, a pour But, toujours, de nous faire concevoir U nité de l’infinité que nous apercevons suivant nos
l’initiation 240 développements dans le champ visuel des connais sances de notre Intelligence. L’Intelligence ayant, par sa faculté analytique, le devoir de poursuivre l’Unité pour la recherche de l’in finité. La Conscience ayant, par sa faculté synthétique, le Devoir de rassembler tous les éléments de l’infinité pour la reconstitution de l’Unité, notre guide souve rain, notre But, notre Bien-être.
Puisque aussi ce But définitif est de devenir « cons cient » de cette Unité dont les moyensgrandissent par l’analyse de l’intelligence conformément à l'esprit de la Loi, au Voeu de la Loi, à sa Providence même pour notre participation consciente à l’œuvre de création et surtout spirituelle.
VI Tel est d’ailleurs le But de l’instinct, le But de cette puissance magnétisante qui dispose, combine toutes choses pour ces relations, dont le monde physique n’est qu’une image incomplète si nous ne voulons pas y prendre la Pensée créatrice, la Pensée supérieure qui correspond aussi à cette Dualité : L’Intelligence. La Conscience.
Pour ce Libre Arbitre équilibré, définitivement fixé à l’Unité, à l’accord immuable de l’intelligence avec la Conscience.
Analysant l’Unité par l’intelligence Universelle, Synthétisant l’infinité par la Conscience UniverEXPOSÉ DE LA PHILOSOPHIE DU DESTIN 24I selle, et n’ayant aussi comme Raison d’être que d'ac cepter le Devoir Infini— le Mal — comme un Travail Infini pour maintenir la Constance, l’immuable dans ce Muable que nous figurons tous dans la Création Immuable comme son Créateur, mais où chaque être évolue transmigre des formes inférieures de la Incons cience vers des états de plus en plus élevés de la Con science tendant vers cette Conscience Universelle commela Courbe vers son Asymptote qu'elle ne rejoint qu’à l’infini. — L’Unité!
Dieu! la Cause Créatrice r r dont l’Equilibre (l’égale liberté) repose en cette Egalité (libre aussi) du Devoir Infini loi assurant un Droit Infini sur des créatures, sur la Création ! l’infini !
VII Actuellement, les notions de Liberté, d’Égalité ba sées sur des philosophies remontant à notre ancienne Mentalité ne sauraient permettre uneÈre d’apaisement de Foietd’Espérance puisque la Dualité est combattue, puisque l’Unité dontTétymologiemêmesoudele «Un» au « Nombre » par la désinence « ité », puisque cette Unité qui comporte sa Dualité (les deux êtres complé mentaires du couple) est battue en brèche, et puisque la tendance de plus en plus marquée de notre époque a pour objet de réduire cette Union à l’«Un» à ce terme exclusif de tout autre terme, supprimant à la fois la Vie psychique et la Vie physique.
Pour réagir contre une pareille calamité, la Philo sophie du Destin espérant résoudre la question du Libre Arbitre tout en laissant subsister la Fatalité des 16
242 l'initiation loisquela Science nous démontre, la tempère, la rec tifie, lui donne son sens par sa forme complémentaire — la Providence! qui veut que le mal soit corrélatif ail Bien, que ce Bien soit l'aboutissement fatal du Mal.
Pour ne pas s’égarer dans cette recherche redou table, l'idée qui me conduit m’a fait accepter cette Loi du Destin réglant tous les sorts, les uniformisant dans l'immuable Ordonnancement de l'infini par le Muable (le libre arbitre} que nous figurons, qui évolue, trans migre dans ces formes successives, appropriées à tous les cas par le Mal — le Travail de la Conception, — en changement de signe (du négatif au positif) d’une façon régulière, méthodique, normale comme pour les phrases de toutes choses soumises à des lois que nous observons, et pour nous fournir après le Mai (son tra vail) par des états de repos, de bien-être, la Force : — l’Espérance nécessaire pour entreprendre une nouvelle évolution où le Mal supporté, puis accepté, puiis désiré nous conduit successivement par la Foi, par la Cha rité ensuite vers l’état, la Forme nouvelle où nous jouirons d’un nouveau Repos, d’un nouveau Bonheur pour constituer en nous la Puissance nécessaire à fin d'une nouvelle ascension.
Et aussi, et toujours dans l’infini réglé de même pour tous par ce rapport d'Unité : Devoir Droit fournissant l’Equilibre, T Égalité, la Liberté de chaque être, de cha que situation sans troubler la Création et son ordonnancement, ses rapports. Toutes les considérations scientifiques sont suscep tibles de s’adapter à cette Théorie, et c’est pour la faire
EXPOSÉ DE LA PHILOSOPHIE DU DESTIN 243 prévaloir que je présente ce résumé pour le soumettre aux clartés de tous les esprits en espérant les cri tiques sincères, réfléchies qui pourront peut-être déci der le commencement d’une campagne utile entre toutes. A. Berger-Bit. Jt
LA SCIENCE ET LA F Le jour où la science voudra étudier avec impartia lité les phénomènes d'ordre métaphysique, elle réali sera u ne influence moralisatrice énorme... et ce ne serait peut-être pas nuisible en notre époque où l’on ne sait plus adorer qu’un Dieu T argent, alors que les foules se pressent prosternées pour lui rendre son culte. Nous ne craignons pas de dire que les Académies en sont encore au même point sur l’étude de ces ma tières qu’au dix-huitième siècle. A cette époque Mes mer présentait son fameux mémoire en vingt-sept propositions sur le Magnétisme animal. Il va sans dire que ledit mémoire fut rejeté discrètement comme encore de nos jours les faits présentés. Un exemple fera mieux comprendre le parti pris, démontrera mieux la véracité de nos assertions. Le monde psychique n’ignore pas les immenses travaux du commandant Darget. Après avoir accu mulé preuves sur preuves de l’existence en nous d’un principe nous unissant avec le monde Invisible, après avoir démontré également le rayonnement de l’âme humaine, le commandant Darget adressait à l'Académie des Sciences un mémoire documenté concer nant ses recherches sur la radio-activité humaine en particulier et son action sur la plaque photographique.
LA SCIENCE ET LA FOI 246 Lecture de ce rapport fut donnée en août 1909 et la docte Académie concluait qu'il restait à déterminer les caractères spéciaux et les lois de cette émission nouvelle. Qu’y a-t-il eu de fait depuis un an ?
Rien : pas même un encouragement à ce chercheur infatigable dont les photographies de la pensée et de 1'1 nvisible ont fait le tour du monde, où elles obtiennent actuellement à l1 Exposition de Bruxelles un succès légitime provoqué par l'admiration des résultats obtenus et des idées qu’elles font germer dans chaque cerveau qui pense et qui comprend que notre vie ne s’arrête pas ici, que la machine humaine est différemment composée de ce que le veulent les matérialistes.
Réagir contre ce matérialisme qui abaisse, voilà l’Œuvre pour laquelle il faut lutter. C’est lui qui fait notre époque moralement décadente. On ne peut plus se donner la peine de s’élever au-dessus des choses terrestres; on ne croit plus à rien. Certes nous ne voulons jeter l’anathème à personne. Ce n'est pas notre habitude.
Nous voudrions seulement que chacun fasse un silencieux recueillement, jette un regard attentif sur l’harmonie qui règne dans l'Univers entier, que l’on ne repousse pas à priori les faits merveilleux présentés. La vérité marcherait vite si au lieu de méconnaître les faits, on voulait s’appliquer à les étudier. Certes on discute, on raisonne plus ou moins, mais on n’examine pas. On mêle surtout trop d’intérêts indi _ viduels. S’il fallait demander à tous ceux qui se refu sent à admettre nos essais, s’ils se sont appliqués à
l’initiation 246 étudier ce qu'ils attaquent, il n'y en aurait peut-être pas un qui puisse fonder ses assertions sur des expé riences faites par lui-même. Le surnaturel n’existe pas. Nous nous trouvons de vant un fait qui nous paraît étrange, étudions-le. Cherchons-en la loi, ensuite le principe. Nous trou verons ainsi la force sublime par laquelle sont créées toutes choses.
Ce sera pour vous qui souffrez la con solation, car vous comprendrez d’où vous viennent vos maux et comment les guérir. C'est aussi l’espé rance à vous qui voudriez soulever un coin du voile qui nous cache l'invisible. Quoi de plus doux que de penser que la mort au contraire réunit deux âmes sœurs qui se sont aimées, dont l’image de l'un est restée toujours vivante au souvenir de l'autre.
Ceux que nous croyions disparus nous protègent de l’autre côté. Quant aux conséquences morales c’est un volume qu'il faudrait écrire. Actuellement des hommes vivent dans l’abjection, le vol. Chaque jour nous voyons opprimer Je faible, fouler les sentiments les plus nobles et même parce qu’ils n’auront par dépassé les marges du code des humains, l'heure de la tombe sonnant pour chacun serait la seule expiation de le urs crimes ? Allons donc !
Oui le monde changera lorsque la Science et la Foi basées sur les solides fondations de l'expérience et de la raison le gouverneront. C’est un courant de Vérité et de bonté qui saturera la terre entière car les hommes comprendront alors. Faisant le mal ils en subiront le choc en retour. Pour ceux qui peinent, c’est la compréhension de ces épreuves qui ne sont, en somme, que le résultat de nos propres
LA SCIENCE ET LA FOI 247 actions anterieures, ce qui ne veut pas dire de notre vie présente. La loi des réincarnations n’est pas une fable. C’est pour opposer une digue au îlot envahissant qu’un Comité d'études s’est formé. L'admirable découverte de Niepce a apporté son précieux concours aux recherches scientifiques.
Avant puissamment aidé le chimiste puis l'astronome, après avoir été appliquée un peu à tout, il appartenait à l'occultiste de lui assigner sa place dans ses travaux. C’est après l'étude de l'infiniment petit, celle de l'infiniment grand : le monde invisible et les êtres qui le peuplent.
Pensant que des preuves matérielles vaincraient les dernières résistances des timorés, feraient tomber le voile qu'obstinément placent devant leurs yeux les aveugles volontaires, un groupement s’est formé. Il se destine à l'étude de la photographie transcendan tale et cela sur l’initiative d’Emmanuel Vauchez. Cette société grâce au dévouement de son fondateur est maintenant en plein fonctionnement.
C’est avec bonheur que nous relevons des personnalités qui la composent les noms de Camille Flammarion,le com mandant Darget, de Rochas, le docteur Foveau de Courmelles, de Vesmes des Annales Psychiques. Delanneet tant d’autres dont la science et l’ardeur sont mises à la recherche des grands problème de l’Audelà. On se souvient des premières photographies de W. Crookcs. Que de chemin parcouru depuis : les docteurs Keeler et Hausman,de Washington, réalisent
l'initiation 248 de nombreuses photographies d’entités astrales ; le commandant Darget en enregistre une quarantaine. Le professeur Durvillc obtient une telle matérialisation du corps astral d’un de ses sujets qu’il impressionne une plaque sensible. Nous ne parlons pas de ceux qui agissent séparément, ayant tenu à ne citer que des noms connus dont la bonne foi et la sincérité ne peu vent être suspectes.
Il faut, en effet, là plus que tout autre part se méfier du truquage si facile. 11 est du reste un moyen bien simple : essayez vous-même et vous établirez votre conviction. Le grand jour et la publicité vont du reste être prochainement donnés à ces travaux. Nous sommes en mesure d’informer qu’un magnifique album contenant de nombreuses pages de texte et près de 80 photos sera incessamment édité.
Puisque l’essor est donné nous voudrions que cha cun apporte sa pierre à la construction de l’édifice. A ceux qui doutent nous demandons de se rendre compte, à ceux qui savent de nous donner un peu de leur temps, d’apporter un peu d’eux-mêmes. Il ne faut pas voir là un but seulement expérimental. Combien de douleurs pourrons-nous soulager, affermir d’esprit balancés dans le doute: l’existence de l’âme sera dé montrée d’une façon irréfutable.
Pour la chercher le scapel du chirurgien pourra dépecer le corps humain, le fouiller jusqu’au plus profond de ses fibres sans la trouver jamais. Ce n’est pas une preuve de sa nonexistence. On ne trouve pas un mécanicien en démon tant sa machine. C’est surtout à ceux qui n’ont pu trouver dans le
LA SCIENCE ET LA FOI 249 vide du matérialisme un réconfort, à ceux auxquels t les dogmes de l’Eglise ont semblé enfantins ou ab surdes que nous'(nous adressons. Que ceux qui souf frent viennent à nous. Nous ayant pris pour guides dans cette Voie qui a tant fait déjà, ils nous dirons bientôt le reconfort qu’ils n’avaient pu trouver dans les autres doctrines.
C’est souvent que nous avons guéri les plaies du cœur, chassé le doute ou la souffrance des esprits. Puisqu’une de ces guérisons a été obtenue, nous remercions l’invisible et sommes heureux. C’est toute la rétributiori que nous demandons: chez nous les prières ne se paient pas. Combien alors avec cette certitude d’avoir fait un peu de bien sont mesquines les attaques ironiques, souvent même qui pourraient être blessantes.
Faire de notre cœur un foyer d’amour, voilà tout notre but, car nous savons qu’il vivifiera les âmes et les soulagera toujours du poids sous lequel elles suc combent souvent. G. Wilfrid 25 Juin 1910.
La Pétrothérapie Occulte (Suite.) Langue de serpent, Licorne, Corne de serpent. Jean XXII, le célèbre pape français que Cahors s'enorgueillit d’avoir vu naître, était un fervent de cette science mystérieuse, et cependant il faillit, à plusieurs reprises, être la victime des maléfices tra més contre lui (i).
Ce pape avait étudié sous la direction d’Arnaud de Villeneuve, aussi fameux en son temps pour ses connaissances médicales que pour son talent d’astro logue. Signalons en passant l’accusation contre Arnaud de Villeneuve d’avoir fourni les philtres et les poudres qui avaient causé la mort de Benoit XI.
Arnaud était mort en i3oq dans un naufrage, au moment même où il se rendait de Sicile à Avignon, appelé par Clément V, dont il était le médecin offi ciel. Cette nomination même, comme l’observe jus tement L. Esquieu (Jean XXII et les Sciences occultes), aurait dû réduire à néant l’accusation d’empoison nement de Benoit XI, car il n’est guère probable que (i) Docteur Cabanes et Nass (Poisons et Sortilèges').
LA PÉTROTHERAPIE OCCULTE 25I Clément V eût mis sa vie entre les mains de l’assas sin de son prédécesseur. Cela n'empêcha point l’inquisition d’entreprendre, en 1314, la révision des oeuvres d’Arnaud; cet exa men fut repris trois ans plus tard, et cette fois les théories du savant chimiste furent absolument réprouvées, et ses écrits condamnés au feu, comme entachés d’hérésie et de sorcellerie.
Revenons à son disciple Jean XXII, à qui on attribue un petit traité d’alchimie où sont inscrites les recettes compliquées en usage chez les faux monnayeurs. Le but de tous les alchimistes, la découverte de la pierre philosophale, ne tendait, en eil'et, à rien moins qu'à transmuter les métaux en or : nous appelons aujourd’hui ces manœuvres du faux monnayage. Le pape usa-t-il de ces procédés quelque peu pué rils ?
Il avait, dit-on, des secrets, pour fabriquer de tins rubis avec du plomb, du cristal, du salpêtre, du sangdragon et du corail rouge. Mais il ne se contentait pas d’ajouter foi aux ensei gnements des alchimistes. Jean XXII attribuait des vertus merveilleuses à certains objets que la sorcellerie avait bien et dûment consacrés.
C’est ainsi que les pierres précieuses jouissaient du privilège d ecarterles maléfices et enchantements ; on retrouve, d'ailleurs, trace de cette croyance dans les traditions populaires modernes : l’émeraude, le rubis, le saphir ne sont-ils pas des porte-bonheur, et l’opale, en dépit de ses tons irisés et laiteux, n’est-elle pas dédaignée, parce que de mauvais présage? Personne ne trouvait à redire aux goûts bizarres et
252 l’initiation peu orthodoxes de ce pape alchimiste ; preuve évi dente que cette passion avait pénétré la chrétienté en tière.
Le roi de France, Philippe V, lui envoya un jour deux grandes émeraudes, deux beaux rubis et deux magnifiques saphirs montés en bagues, un miroir en or, et enfin six langues de serpent, enchâssées au milieu d’une profusion de perles précieuses; à cet en voi, il joignit un autre bijou, plus ancien, en argent, ornéde onze grandes langues deserpent.
Jean XX1Í lui adressa une lettre de remercîment dont nousextrayons les renseignements suivants : « Nous disions donc que nous avons reçu deux languiers, à savoir, l'un, magnifique, en or, a six langues serpentines, artistement incrutées d’une quantité de rubis, émeraude et perles; l’autre, ancien, a onze grandes langues ser pentines. » Et, à la fin de sa lettre, Jean précisait l’emploi de ces présents « Ils décellent les embûches des poisons. » Dans le Lapidaire de Jehan de Mandevile, rédigé au quatorzième siècle, il est question de la langue de Serpent : « La Langue de serpent ». — La Langue de serpent est une pierre de diverses couleurs.
Aucune est blanche ou de couleur de plomb noir, roux ou cendre ; elle résiste au venin, car sy on la porte devant soy, elle mue sa couleur. « Elle vaut à vices de langues etfaict bien parler gracieusement et honnestement ». Un autre manuscrit du même ouvrage porte : « Langue de serpent est pierre de diverses cou leurs, aulcunes fois sur le blanc ou de couleur du plonc ou roux ou noir ou de cendre et aulcunes fois est tachetez.
Et si en treuve Ton de vainLA PÉTR0THÉRAP1E OCCULTE 253 nus ; la vertu de lui est de résister à venin, car sy on la porte devant venin, la pierre sue et mue sa couleur. Elle vault moul taux vilces de la langue et donne bien parler, car les paroles du parlant fait rechepvoir gra cieusement. » Ces langues de serpent passaient pour posséder des vertus extraordinaires. Qu’était-ce au juste, que ce produit étrange qu’on enchâssait dans un bijou ?
D'aucuns disent que c'était une pierre de diverses couleurs, d'autres l'assimilent à la corne de la Licorne, cet être fantastique qu’on pourrait croire engendré par l'imagination d'un Hoffmann, et surlequel cepen dant Ambroise Paré a si longuement discouru en un style savant et soutenu. Voici d’ailleurs les curieuses lignes que le bon Ambroise Paré à écrites sur la corne de licorne.
« Je veux bien encore advertir le lecteur quelle opinion avoit de ceste corne de licorne feu M. Chappelain premier médecin du roy Charles IX (i56o1574.) lequel en sont vivant estoit grandement estimé entre les gens doctes.
Un jour luy parlant du grand abus qui se commettait en usant de la corne de licorne, le pryaitfveu l’authorité qu’il avoit a l’en droit de la personne du roy, nostre maistre, pour son grand sçavoir et expérience) d’en vouloir oster l'usage et principalement d’abolir cette coutume qu'on avoit de laisser tremper un morceau de licorne dedans la coupe ou le roy beuvoit, craignant la poison.
Il me fit réponse que, quant à luy, véritablement il ne cognoissoit aucune vertu en la corne de licorne mais qu’il voyait l’opinion qu’on avoit d'icelle estre tant
l’initiation 254 invétérée et enracinée au cerveau des princes et du peuple, qu'ores qu’il l'eust, volontiers ostée, il croyoit bien que par raison n’en pourroit estre maistre. » Cette licorne était-ce un vertèbre de ce fameux lièvre -marin, dont Pline dit que le poison était ter rible ; d’après le naturaliste latin, seule la femelle est toxique, mais au point qu'une femme enceinte ne peut la regarder sans avorter immédiatement.
Par contre, le mâle est l’antidote le plus puissant; aussi fait-011 durcir son squelette dans du sel, pour en porter une parcelle dans un bracelet. Il est fort probable que ces langues de serpents étaients de vulgaires dents fossiles d’animaux dis parus.
Le naturaliste Pierre Belon, dans De aqualilibus libri duo (Paris, 1555), déclare que les langues de serpents ne sont autre chose que les dents d’un poisson : « Nos orfèvres emploient ces dents de plu sieurs façons : ils les appellent faussements langues de serpents.
Ceux qui capturent des lamies s’em pressent de rechercher leurs dents et leurs mâchoires; ils disent qu’elles ont quelque vertu contre les poisons : aussi les gens les font-ils sertir en or et en argent dans ce but. » Lémery, un des plus célèbres apothicaires du dixseptième siècle, que nous avons souvent mis a con tribution pour cette étude sur la pétrothérapie, est d’avis que la prétendue licorne n’était autre chose qu’une dent de narval et lui attribue les vertus sui vantes « elle est cordiale, et sudorifique, propre pour résister au venin, pour l’épilepsie: la dose en est depuis un demi-scrupule jusqu’àdeuxscrupules ;onen
LA PÉTBOTHÉRAPIE OCCULTE 255 porte aussi en amulette pendue au cou pour se pré server du mauvais air ; mais il ne faut pas attendre d'effet de cette amulette. Ceux qui veulent garder par curiosité la corne de ce poisson entière la choisissent bien longue, bien grosse et bien pesante. 11 dit encore parlant de la langue de serpent.
Cette dent pétrifiée est estimée propre contre les morsures des serpents, pour résister au venin pour les fièvres malignes étant prise en poudre, elle sert encore à adoucir les acides de corps, pour arrêter les vomissements et les cours du ventre. Cuvier déclare qu'il n’existe dans la nature d'autres unicorne quele rhinocéros et est d’avis que la licorne du moyen âge n’était que le narval d’aujourd'hui.
Les Orientaux attribuent encore aujourd’hui à la corne de rhinocéros toutes les propriétés que le moyen âge attribuait à la licorne. Les bagues serpentines offertes par Philippe V à Jean XXII avaient sans doute grande valeur, mais autrement précieux dut lui paraître le couteau ma gique qui fut offert au pape par Marguerite de Foix. En i3o7, la comtesse de Foix-Béarn envoyait à Jean XXII un couteau dont le manche était une corne de serpent.
Le trésor de la famille de FoixBéarn possédait ce talisman, qu’elle avait un moment prêté au pape Clément V, et que l’héritier de ce der nier, Bertrand de Got, vicomte de Lomagne, dut res tituer, à Bazas, au représentant de la comtesse, au mois de décembre 1316. Les documents relatifs au prêt sont perdus, mais il nous reste ceux qui concernent la restitution.
256 l'initiation Le 9 décembre i3i6, Marguerite, comtesse de Foix et vicomtesse de Béarn, mère de Gaston Ier, mort en 1215, et Gaston II (X) fils de Gaston Ier, et par con séquent petit-fils de Marguerite, firent venir à Orthez trois procureurs.
« Pour réclamer et reprendre en notre nom, des héritiers ou successeurs de feu le pape Clément V, d'heureuse mémoire, un canif ou couteau que jadis notre homme, feu messire Gaston, comte de Foix, fils de nous, Marguerite et père de nous Gaston, prêta au dit Très-Saint-Père le pape Clément V... et recevoir en notre nom ce dit couteau, et remettre la quittance que nous leur avons confiée, scellée de nos sceaux. » En même temps, Marguerite et Gaston leur remirent un reçu du couteau, préparé d’avance, mais non daté.
«Nous reconnaissons avoir reçu et tenir à notre tour, de vous noble et puissant seigneur Bertrand, par la grâce de Dieu vicomte de Lomagne et Auvillars. le couteau ou canif que notre seigneur le pape Clément V, récemment décédé, avait reçu en prêt du magnifique seigneur Gaston, comte de Foix, d’illus tre mémoire. » Ce fut le 21 décembre 1316 que le procureur Ber trand de Got, vicomte de Lomagne et d’Auvillars, neveu et héritier de Clément V, remit aux procu reurs de Marguerite et de Gaston le fameux couteau.
Cette remise eut lieu à Bazas en Guyenne, et un notaire en dressa un acte public, où furent insérés les deux documents ci-dessus. Cet acte fut expédié en plusieurs copies.
LA PETROTHERAPIE OCCULTE 2 57 Il faut dire qu’aux premiers bruits des attentats diri gés contre Jean XXII, la comtesse, cédant à une inspiration généreuse, envoyait, en prêt, à ce pon tife l’objet qui devait le préserver de tout maléfice. La corne de serpent fut conservée par Jean XXII pendant près de quinze ans ; ce n'est qu’au bout de ce temps qu’elle fut remise entre les mains du petitfils de la comtesse, Gaston II de Foix — Béarn.
De la lettre de reconnaissance du souverain pontife, datée du 8 mars i3 17, discute Al. L. Esquieu (le Couteau magique de Jean XXII peut-on déduire que celui-ci avait sollicité cet envoi ? ou bien faut-il ne voir là qu’une délicate attention de la comtesse? Mais la lettre fait allusion à des contidions posées et accep tées, qu’un second document nous montre assez rigoureuses... Nous laissons à nos lecteurs le soin de conclure.
REMERCIEMENTS A MARGUERITE, COMTESSE DE FOIX, pour l’envoi du couteau A notre chère fille en Jésus-Christ, noble dame Margue rite, comtesse de Foix.
« Il nous a été bien agréable et doux, chère fille, de voir avec quel doux souci maternel de notre sauvegarde et de la conservation de notre vie, vous vous êtes si aimable ment empressée de nous envoyer cette corne de serpent, façonnée en forme de manche de couteau, qui possède, dit-on, la vertu de prévenir le péril d’empoisonnement.
Nous l’avons reçue, à titre de prêt, sous certaines condi tions et obligations, par l'intermédiaire de nos chers fils Raymond de Béarn, archidiacre de Larval en l’église de Lascure, et Manaud de Castrotino, chanoire d’Oloron, vos 17
258 l'initiation envoyés, qui nous ont remis ladite corne, de votre part, accomplissant pleinement vos instructions.
Nous vous en voyons par les memes messagers une autre lettre patente, portant reçu et engagement touchant cette réception, et la promesse de restitution de cet objet : nous accueillons votre sollicitude avec nos meilleures actions de grâces, et nous vous offrons notre bienveillant appui en toutes cir constances dans lesquelles vous pourrez avoir recours à nous, avec une confiance filiale, tant que l’affaire le com portera et que Dieu le permettra. » La confirmation de la remise et de la réception du couteau porte la même date du 8 mars 13iy : ce document indique quelles étaient les conditions posées par la comtesse et l'importance énorme qu’elle attribuait à son couteau, importance reconnue par le pape, qui n'hésitait pas à prendre de graves enga gements en cas de perte ou de destruction, comme aussi il édictait les peines les plus sévères en cas de détournement.
A LA MEME TOUCHANT LE CONSTAT DE RECEPTION DUDIT MARCHÉ ET L’ENGAGEMENT A SON SUJET « Nous reconnaissons, chère fille, avoir reçu à litre de prêt, des mains de... cette corne de serpent, façonnée en manche de couteau, qui est, dit-on, souveraine contre les dangers du poison.
Et nous promettons, conformément à la demande que vous nous en avez faite, de la rendre a vous-méme ou à votre mandataire authentique, sans diffi culté ni délai ; nous engageant de ce fait nous et tous nos biens mobiliers et immobiliers, quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent; et à dater d’aujourd’hui jusqu’à l’épo que de la restitution, nous lançons sentence d'excommuLA PETROTHERAPIE OCCULTE 269 nication contre quiconque retiendra iadite corne contre votre gré, après avoir été requis par vous en votre manda taire authentique d’opérer cette restitution. » (L.
Esquieu, le Couteau magique de Jean XXII.) Un document du temps nous donne la description très minutieuse du précieux talisman. C'était un manche de couteau ou poignard, de couleur brune ou foncée, muni à sa partie supérieure d’une garniture d’argent, à l’extrémité de laquelle il y avait un emboî tage cassé et bosselé, paraissant avoir autrefois con tenu une pierre précieuse.
Le manche de couteau était aussi d'argent à sa partie inférieure, et la pointe était du même métal. 11 était enfermé dans un étui noir, en cuir bouilli ; ouvragé, auquel était fixé un cordon de soie de cou leur verte. On a disserté amplement sur la nature de cette fameuse corne de serpent ; on lui a attribué les pro priétés les plus étranges.
Quoi qu'il en soit, on s’est servi, sur la table des princes et des rois, dès les temps les plus reculés, de ces manches de couteaux, qui avaient la propriété, croyait-on, de se couvrir d’humidité, quand ils tou chait à un mets empoisonné. Un érudit autrichien, M. Pogatscher, a consacré aux Langues et cornes de serpents une très curieuse monographie.
Les Grecs attribuaient des propriétés merveilleuses à la corne de licorne; or il est à peu près certain que cette fabuleuse licorne n’était autre que le Rhinocéros. Jaubert cite, dans sa Géographie d'E'drist un récit du visir persan El Djihani ou Al Gaihand (de la Cour
2Ô0 l’initiation des Sassanides, tin du neuvième et commencement du dixième siècle) : « El Djihani rapporte aussi dans son livre qu’avec « cette corne (de rhinocéros) on fabrique pour les rois de l'Inde des manches de cou teau de table qui se couvrent d'humidité lorsqu’on apporte devant ces rois quelques mets dans lesquels il entre du poison ; en sorte qu'on connaît aussitôt que l’aliment est empoisonné. » Reynaud, dans sa Relation des voyages faits par les Arabes et les Persans dans l'Inde cl la Chine au neuvième siècle, raconte le même fait.
Thomas de Cantimpré, qui composa vers 1228 son Liber de natura rerum secundum diverses philoso phas. écrit :« Du serpent cornu.— Il y a. d'après Pline et Solin, un serpent cornu qui a sur la tête huit cornes semblables à celle d’un bélier... Par l'humi dité de cette corne, on reconnaît le poison apporté sur la table des grands.
On fabrique avec ces cornes des manches de couteaux, et l’on pose ces couteaux sur la table des rois avant d’y apporter les mets, afin qu'en se couvrant d’humidité, ils révèlent si l’on a servi quelques plats empoisonnés. » Dans le traité De animalibus (vers I25o) d’Albert le Grand on lit: Le serpent connu a sur la tête huit cornes recourbées comme celles du bélier.
Certaines prétendent que la corne de serpent se couvre d’humi dité en présence d'un poison ; on en met sur la table des grands et on en fabrique des manches de cou teaux: ces cornes placées sur la table des grands décè leraient la présence du poison, mais cela n’est pas bien prouvé.
LA PÉTROTHÉKAPIE OCCULTE 2ÔI La corne de licorne présence des sortilèges. Le Grand inquisiteur Torquemada en avait toujours une sur sa table. Les licornes du cap de Bonne-Espérance sont décrites avec des têtes de cheval, d'autres avec des têtes de cerf. O11 dit que le puits du palais de SaintMarc ne peut être empoisonné, parce qu’on y a jeté des cornes de licorne.
Le manche de couteau de Marguerite de Fois dont nous parlons plus haut était fait d’une corne de rhinocéros ou d’une corne de narval. Mais d’après la description de cet objet « bruni seu obscuri coloris », on peut aiiirmcr que c’était une corne de rhinocé ros. La crainte du poison a longtemps maintenu dans les cours la cérémonie dite de l'essai ou de l'épreuve. Cette coutume est très ancienne: on la retrouve chez les Perses et chez les Mèdes.
Césalpin, médecin de Rome (De venenis, Franc fort. i6o5), nous apprend que les empoisonnements étaient si fréquents, de son temps, que non seulement, les grands seigneurs faisaient goûter les mets et les boissons à leurs médecins ou à leurs ministres, mais mettaient quelques pierres précieuses, au fond de chaque plat, et que l’on retirait à table pour s’assurer qu’elles conservaient encore leur lucidité naturelle.
Delà peut-être l’origine decette singulière coutume de nos cuisinières de placer une cuillère d’argent dans le vase où cuisent les champignons. Lé épreuve était, dans sa forme la plus riche, une pièce d’orfèvrerie, montée sur pied et souvent terminée par une branche de corail. Des tiges de métal don
2Ô2 l’initiation naient naissance à un feuillage ciselé ou émaillé, agrémenté de pièces de joaillerie, et d’où pendaient à des chaînes les pièces réputées pour combattre le venin : les Jaspes (Jaune et héliotrope), l’hématite, les agates, les crapaudines, les langues de serpent, et par-dessus tout, la corne de licorne, c’est-à-dire des fragments de défense de narval. Cet ensemble constituait, à proprement parler, le languier.
Mais on accrochait, en outre, à l'anse ou au couvercle des pots, des chaînettes au bout des quelles était suspendue la pierre d’épreuve, destinée à tremper dans le liquide à essayer. Pour les aliments solides, on se servait d’autres pierres, suspendues de la même façon que les précé dentes et avec lesquelles on touchait simplement les viandes. Les pierres oculistiques ou pierres des yeux.
Ce sont dans les départements du Gard,de l’Hérault et de la Lozère que les pierres oculistiques jouent un grand rôle dans le traitement des maladies des yeux. Quelle est l’origine de leur usage ? L’emploi de ces pierres est-il d’un usage moderne ou remonte-t-il au contraire à l’antiquité romaine? Selon toutes proba bilités, nous devons nous rallier à cette dernière opi nion.
La gravure en creux de la plupart des pierres oculistiques et même les sujets gravés sont de l’époque romaine, et certaines pierres présentent aussi des ca ractères qui donneraient lieu de croire qu’elles étaient taillées pour le même usage qu’elles ont encore au jourd’hui. (A suivre.)
PARTIE LITTÉRAIRE LA BEAUTÉ Dans le Monde Spirituel, où les Initiés pénètrent par le regard simple de l’intuition, il est une mon tagne appelée « la Montagne de la Vie ». A sa base, dorment d’un lourd sommeil les Cris taux, les Pierres précieuses, et les Métaux cachés : cette région se nomme : « les Parvis de l’incons cience ».
La région moyenne, où croissent les arbustes épi neux, où bondissent les cascades écumantes et les torrents irrités, où l’âpreté de l’air-commence à se faire sentir, où le vent siffle à travers les bruyères, se nomme « les Gorges des Sanglots ».
Enfin apparaissent, avec les yeux bleus des gla ciers, les blanches cimes de la montagne : la majesté du Silence y domine, le Froid éblouissant y fait pleu voir ses flèches roses, et des vols d’Aigles extatiques proclament le nom de ces hauts sommets: « le Royaume sacré du Rêve ».
l’initiation Et c’est là, sur ces sommets étincelants, où repose de toutes les Formes, l’Auguste Forme primitive elle-même : la Beauté ! Sa tète radieuse est renversée pour l'accomplisse ment des choses du Mystère, et la Sphère du Ciel en émane; de ses tempes harmonieuses se propagent les vibrations du Temps sans bornes; et de son front, tabernacle de Vérité, s’élancent dans Flniini les So leils toujours renaissants des aubes lointaines.
Sur ses reins, profonds comme l'abîme sombre des mers, tombe le tumulte étoilé de sa longue che velure, et, sur la Terre, la Nuit aux doux regards de lune, au manteau d’astres changeants, gouverne le mouvement des flots, le sort incertain des navires, et les mouvantes pensées des hommes.
Ses bras sont étendus dans l'abandon sans réserve du pur sacrifice: et, par la vertu sublime de ce Geste, tous les êtres marchent à la rencontre les uns des autres, en se tendant, sans même le savoir, des mains imploratrices de divine fraternité.
Ses flancs, largement arrondis, trésor de joie et de fécondité, révèlent l'intarissable splendeur des formes qui y sommeillent, avant de s’épanouir, pleines d’ardeur, aux lumières variées de la vie: et, pour obéir à la Volonté du Destin, le flanc des jeunes mères commence à tressaillir. De ses prunelles, où brûle silencieusement la flamme sainte de l’Extase, s’échappe un double rayon : et, par l’effet de cette double lumière, toutes
LA BEAUTÉ 2t>5 les choses et tous les êtres sont polarisés suivant la I loi qui leur est propre, et tous les yeux reflètent et traduisent l’illusion universelle. Scs lèvres sont entr’ouvertes pour la profération de ht Parole sacrée : et, par la puissance de cette parole, les mondes s’organisent, les étoiles gravitent, la terre réfléchit le ciel, et l'âme de l'homme résume l’uni vers.
Ses doigts blancs rosissent encerclés par les bagues sanglotantes de l'z\mour, et la rosée du Désir éternel en découle : et les doigts des mortels se joignent, pour échanger, sous l’empire de l’Amour, d'inexprimables serments.
Et, de la cime étincelante de la Montagne, parmi les grands Aigles de lumière, qui étendent en frémis sant leurs nobles ailes, émergent, dans un éblouisse ment de pureté et de candeur, ses Pieds bénis, ses pieds libérateurs, ses pieds triomphants, sur quoi tout subsiste et tout se retrouve : Ici-bas, les Initiés lavent leurs pieds dans le sang de leur cœur. Karl Nissa. i
NOTRE COURRIER Adresser toutes les communications concernant Votre Courrier au secrétaire de la rédaction, Al. Combes Léon, villas Thoth-Hermès, place Rondelet, Montpellier. Urne personne atteinte de myopie compliquée d'une fai blesse générale de la vue invite les occultistes charitables qui voudraient bien s’intéresser à son cas de lui indiquer des moyens occultes ou des personnes qui pourraient la guérir.
Ecrire à M. R..., 2, place Montmorency, Castelnaudary (Aude) ou à AI. Combes Léon. ♦ * * M. Georges Barat 1, rue Forest, Paris demande que l’on veuille bien lui indiquer un livre traitant des parfums ma giques. Ecrire à AI. Combes qui rassemble pour M. Barat ces documents. ★ * ♦ Pourrait-on indiquer au courriériste des ouvrages don nant des détails sur les Messes Noires.
Nous recevons de notre collaborateur M. Odorico Cepich, cette note curieuse. LE MAGNÉTISME ET LA PÊCHE A LA LIGNE Très souvent, le soir, je me promène sur les quais du port d’Alexandrie et m’amuse à regarder les, pêcheurs à la ligne. Depuis près de 10 ans, je remarque que cer tains pêcheurs prennent 20 à 3o poissons dans l’espace d’une à deux heures ; d’autres n’en prennent qu’un, deux ou trois, l’autre bonne moitié s’en retourne bredouille.
LE THEATRE D’IDEES 267 Sur un bout de quai, ou sur un ponton, il y a parfois 10,i5 et 20 pêcheurs lesquels ont même canne, même fil et même hameçon, or, un ou deux de ces pêcheurs pren nent de 10 à 3o poissons tandis que les autres n'en prennent pour la plupart qu'un ou deux en moyenne, au maximum.
J’ai d’abord constaté simplement le fait sans y attacher d'importance, pensant à un simple effet du hasard, mais à force de le voir se répéter, j'ai voulu l’étudier et j’aiconstaté que la majorité des pécheurs à la ligne tiennent leur ligne à gauche c'est-à-dire que l’extrémité de la canne ou gros bout est tenue par la main droite et la partie supé rieure allant à l'extrémité même par la main gauche : (tous ceux-ci prennent peu ou rien), tandis que d’autres pê cheurs 1 ou 2 p. 100 tiennent leur ligne d’une manière inverse, c’est-à-dire que le gros bout de leur canne est tenu par la main gauche, et le bout opposé par la main droite, de plus, généralement, ces derniers portent une bague en or à leur main droite.
Vu la loi de la polarité humaine (Reichembach-Durville, etc.) j’ai pensé qu'il pouvait bien y avoir quelque rela tion magnéto-électrique ou électro-magnétique dans ce fait, car, franchement, si sur 20 pêcheurs distancés de 1 à 2 mètres, un prend 3o poissons, un autre en prend 10 et les dix-huit suivants n'en prennent en tout que 10 ou 15, ce qui ne revient pas à un poisson par pêcheur à quoi donc attribuer cette colossale et constante différence ?
Quel est l’avis des maîtres en magnétisme ? Nous invitons les occultistes pêcheurs à la ligne à faire l'expérimentation de ces remarques et à nous en donner avis. LE THÉÂTRE D’IDÉES PREMIERS ÉCHOS (Son importance pour la propagande de nos doctrines) Le Théâtre d’idées a pris contact avec le public le 5 juin dernier. On nous a montré ce que le féminisme ne devait
2ÔS l’initiation plus être, en nous faisant pressentir ce qu’il pourra deve nir. ce qu'il deviendra, et c'est pour interpréter ce splen dide avenir du véritable Féminisme d'harmonie que le Théâtre d'idées aura une raison d’ètre comme instructeur des foules. La place faite à ia femme dans une civilisation permet d'en apprécier la valeur. Or, avouons le, nous sommes encore à cet égard, de vrais barbares.
La femme est relé guée, en général, dans la vie passionnelle inférieure. On l'écarte systématiquement de 1a vie intellectuelle, on la tolère à peine dans la vie sociale... en l’exploitant. On em pêche ses qualités natives de prendre l’essor, on la force à les transformer en qualités négatives de ruse et de men songe. et l'on s'étonne de ne pas réaliser de bonheur ! Bonheur, sincérité, désintéressement, dévouement, sa crifice sont synonymes.
11 faut mériter le bonheur, le créer en soi-même, pour le rayonner ensuite autour de soi. Et c’est précisément ce que fera la Femme, l’être de souffrance et d’amour, quand elle deviendra, par révolu tion intégrale de son être, par la connaissance des Grands Mystères et le développement intime de la vie intérieure, la vraie Femme, Collaboratrice, Initiatrice et Inspiratrice.
C’est là le domaine féerique et inépuisable qu’il s’agit de traduire pour un Théâtre d’idées.
A cet égard, nous venons d’en apprécier une formule inattendue dans la remarquable pièce en vers Le Par don de iV/Ze de Vesnu qui vient d’ètre jouée à la salle Berlioz et dont la valeur nous a tellement frappés que nous ne pourrions taire la grande satisfaction d’art que nous a fait goûter une Universaliste : Le Pardon nous révèle une pensée mûre et naturelle, riche sans recherche.
Les vers sont à la fois solides, harmonieux et souples comme le souffle qui les anime, Le Pardon a déjà été applaudi à Royan il y a un an. C’est dire la précocité de l’auteur et tout l’espoir d’une superbe moisson à réaliser sans grand effort. Mlle Adrienne Breitner, du Théâtre Réjane, M. G.
Brunière surtout, du Théâtre Sarah Bernhardt, dans le rôle de Méphistophélès et M. Alexandre Faran ont interprété toutes les beautés du Pardon avec la plus grande sincérité, avec un art captivant.
LE THEATRE D’IDEES Nous aurions aimé à noter une petite exception dans le tableau trop amer que Mme Oddo-Dej'lou nous a donné de la vie conjugale. Une petite amie visite une petite amie. On passe en revue cinématographique les on-dit, les ca lomnies, la monnaie courante dont tant de gens, souvent tarés, parvenus ou ratés, se contentent pour se permettre de juger les autres au lieu de balayer devant leur propre porte.
Aucun « nid » ne résiste à cette critique à la Rœnt gen et les deux petites amies constatent qu’elles-mêmes ont épousé des coureurs, des bandits, etc..., indignes de confiance et d'estime Ah ! les hommes !... et nous n’avons entendu qu’une cloche !... Nous aurions pourtant tant aimé constater une seule, une toute petite exception, car, en somme, c’est un cercle vicieux. D’où vient le mal en grande partie ?...
De l’édu cation... ou plutôt de la fausse éducation et mieux encore de l’absence d’éducation... Nous n’insisterons donc pas. Seule, l'évolution intégrale des femmes nous donnera la Femme. M. Henry Devris nous a développé une psychologie in génieuse sur la responsabilité morale delà vie antématrimoniale pour les deux sexes. Deux jeunes (?) époux (mariés depuis cinq ans déjà) se remémorent l’origine de leurs relations.
L’épouse a caché une aifection antérieure dont elle laisse échapper le ses’est tue pour ne pas troubler leur bonheur, mais ce silence est un mensonge que l'époux reproche avec désespoir. Et sa jeunesse à Lui ? N'a t-il pas aimé et vécu ?
Certes ils sont rares ceux qu’une passion intellectuelle, scientifique ou esthétique a préservés des conséquences de cette éducapris avant la lettre et qui rappelle le fameux « doit-on le dire » du non moins fameux Labiche. M. Henry Devris conclue, ou plutôt nous concluons qu’on ne doit surtout pas le faire.
Ah! nous sommes en core loin de la réalisation de cet idéal auquel le Théâtre d’idées se fera le plus grand honneur de servir d’interprète pour en traduire les sublimités. Le problème qu’agite l’auteur retombe, lui aussi, dans le cercle vicieux de l’éducation antérieure, source princi
27O L'INl l 1 A l ION pale des résultats déplorables qu’il apprécie avec un fin talent d’analyste et de lettré, digne de sujets plus encourageants.
Nous avons dit, en commençant, que nous avons pu voir le féminisme tel qu'il fut, tel qu'il est encore dans ses nuances originales, croisade d'hostilité d’un sexe contre l'autre, guerre sans merci, rancunes, qui s’expliquent d’ail leurs, car elles sont souvent légitimes, maisque nous con sidérons comme transitoires et déjà un peu vieillottes.
Car plus les malentendus sont pénibles, plus on doit s’efforcer de comprendre ce que la vie attend de nous. Nous devons réaliser le progrès en nous-mêmes et, pas plus que les régimes n’améliorent les humains, s’ils n'en prenaient la peine personnellement, la femme et l’homme n’arriveraient à s’entendre en se tournant le dos et en se faisant des yeux féroces.
Mlle Lydie Pissarjewski et Léon Combes nous ont montré où conduit le féminisme de lutte : deux jeunes filles russes ont épuisé leurs maigres ressources pour faire leurs études. Nous les voyons en proie à la misère, à la faim. L'une d'elles a du talent littéraire (Mme Zlatof, la directrice). Un journaliste doit même venir donner réponse pour insertion d’un poème délicieux (Le Lys).
Il vient en effet, mais ce qu’il veut, c’est la femme, qui résiste et le chasse, puis, se réfugie dans la mort. Voilà où conduit le féminisme de guerre, là où tout doit devenir amour !
Enfin, nous arrivons à l'œuvre principale, à la pièce de notre ami Léon Combes, dont la sincérité, ia généreuse ardeur pour le bien et la vérité devraient servir d’exemple aux pitres et aux corsaires de l’occultisme, sortes d’apaches de i’astral qui récolteront sans tarder les fruits dignes de l’onctueuse perfidie des uns et de la grossièreté encom brante des autres, lilliputiens enflés d’insuffisance et de méchanceté qui voudraient essayer d’enrayer l'Œuvre par des fils tressés à la faveur de l’obscurité et qu’un simple éternuement du colosse mettrait en fuite.
Mme Marguerite Gallayx, du Gymnase, a interprété Hantée, avec une maîtrise et une émotion au-dessus de tout éloge. Ce fut un chef-d’œuvre de compréhension, rendu avec le maximum d’un talent dans toute sa richesse de conscience et d’expression.
LE THEATRE D'IDEES Une connaissance approfondie des phénomènes psy chiques aurait, peut-être, permis à Mme Gallayx de le sujet se prêtait à un jeu admirable qui fut admirable ment rendu. Un prince russe a épousé en secondes noces une cour tisane par suite de la ressemblance frappante que celle-ci offre avec sa première femme, tuée par lui dans des con ditions tragiques.
Au lever du rideau, la seconde épouse, à peine éveillée d'un cauchemar, dont le souvenir horri fique la poursuit, demande à l’éther l’oubli et le réconfort. Le duc intervient avant que la quantité du poison ait pro duit un entier effet et, obsédé par les plaintes qu’exhale sa femme, sous l’impression du rêve pénible qui la hante, il en vient à lui demander d’en faire le récit exact.
11 constate avec stupeur que le songe retrace la scène de meurtre où il poignarda sa première femme dans les bras d’un amant. C’est cette scène que Mme Gallayx a rêvée et dont elle fait le tragique et haletant récit, arrêtée par moments par les effets de l’éther et les tentatives de pos session psychique qui finissent par aboutir à une emprise complète. C'est la morte, la duchesse qui essaie de se réincarner momentanément.
A ce moment, le duc rentre et se trouve, sans s’en dou ter, en présence de sa première femme, incorporée dans la deuxième. C’est « l’Autre » qui sort des « ténèbres et qui vient se venger. La scène se déroule rapide, hachée, in tensément poignante, passionnément rendue. La voix est changée. C’est « l’Autre » qui invective et poignarde le duc qui tombe, mortellement atteint. Vengeance est faite. Alors la trance prend fin.
La femme reprend possession d'elle-même et se réveille hagarde, stupide, délirante en s’apercevant du crime, et, subitement éclairée sur les impressions qu’elle avait partiellement ressenties et ana lysées jusque-là, elle se rend compte de toute la vérité. Ce n’est pas elle, c’est « l’Autre » qui s’est vengée ! Mme Gallayx a joué avec une maîtrise remarquable et M. Jouvet s’est prêté avec aisance à son rôle ingrat, mais poignante. Nos chaleureuses félicitations à la brillante directrice de
272 l’initiation ce théâtre de moralité et d'idéal, Mme Hélène Slatof. Elle mérite tons les éloges. Nous 11e serions trop la remercier en effet de se dépenser sans compter pour le triple but (applicable au théâtre) dont nous avons déjà parlé. i° Régénération morale des oeuvres théâtrales orientées vers le beau et l’idéal.
2° Lutte contre les vexations éhontées exercées sur les artistes et les auteurs qui débutent par les directeurs de théâtre et les auteurs « arrivés ». 3° Coopération du capital, talent de l’auteur et du travail des artistes associés pour l’interprétation des œuvres.
Nous fondons également de grands espoirs sur la direc tion morale donnée à l’œuvre par la Présidente du Comité d’honneur : Mlle Adeline Dudlay, éminente artiste de la Comédie Française, spiritualiste au grand cœur et au vaste savoir, accompagnée d'une valeureuse vice-prési dente : Mme Lydie Martial, de l’École de la Pensée.
Nous annonçons pour la suite une pièce en cinq actes en vers de M. Eugène Robillard : Muse sorte de phi losophie mystique de la Louise de Charpentier ou ['Œuvre, à laquelle l’auteur, d'ailleurs Universaliste tra vaille avec nous est vécue par un couple de cette jeu nesse nouvelle, ardente disciple du spiritualisme qui la réalisera pour la répandre dans la foule avec une émotion sacrée. Paul Nord.
Notre secrétaire de la rédaction nous annonce (pour prendre date et pour avoir la priorité du titre) qu’il écrit une nouvelle pièce en trois actes sur les épouvantables facultés que possèdent certains médiums; son titre est Le Vampire] dont acte. N. D. L. R.
ESSAI SYNTHÉTIQUE SUR LA MÉDECINE ASTPOLOGIQUE 2 73 Essai synthétique sur la médecine astrologique J. Maveric. Voilà un livre qu'il faut lire, car il donne une synthèse complète des lois hermétiques en ce qui concerne cette belle science, jusqu’alors restée obscure. Toutes les bases de la théorie et tous les procédés de la pratique y sont exposés clairement.
Parmi les procédés nouveaux qui y sont dévoilés, nous citerons une méthode rationnelle delà recherche du signe de tête dans un thème natal.
Des aperçus nouveaux sur le mécanisme des aspects planétaires et surtout un clair développement de l’axiome contraria contrariis curantur, avec, pour la première fois, une analyse complète des coef ficients qualitatifs de la nature élémentaire des végétaux comestibles, qui permet une mise en pratique jusqu’alors impossible. Voilà plus qu’il n’en faut pour que cet ouvrage conscien cieux de Jean Alavérie intéresse tout hermétiste sérieux. Papus.
L’ŒUVRE D’AMOUR Au docteur Papus En souvenir du Congrès de igo8. C’est une heure solennelle que celle de l'éveil d’un monde à la conscience de ses destinées ! La grande com munion se prépare entre la Terre et le Ciel. Un grand souffle d’amour répand partout ses bienfaisants effluves. Tous les cœurs en sont plus ou moins pénétrés car l’heure de la grande réconciliation approche. La bonne nouvelle se répand partout.
Grâce à cet essai, sous l’élan irrésistible de ces espoirs, les humains prendront conscience de leur fraternité. Ils ne se rappelleront que du bien qu’ils ont pu se faire, comme 18
L'INITIATION 2?4 des amis d’enfance, réunis après une longue séparation, ne se souviennent que de leurs meilleures impressions de jeunesse. Le docteur Papus est parmi ceux qui ont travaillé avec le plus^ de clairvoyance à l’élaboration de l’œuvre d’amour, parmi les incarnés.
Rappelons-nous du Congrès de 1908 où il fit appel à toutes les écoles spiritualistes et où il fit à l’Union Electique Universaliste, à l’extension du bureau international à la Confédération Spiritualiste Universelle sous notre signature un accueil sympathique dont le compte rendu du Congrès publié a conservé le sou venir.
Aussi figure-t-il comme membre d’honneur, avec les chefs de toutes les grandes écoles d’évolution et d’initia tion. dans la phalange d’élite qui réalise la formule d'union universaliste, établie dés maintenant scientifiquement en corps de doctrine, base indispensable et inattaquable de l’œuvre, dans le Panmonisme.
Dés maintenant la victoire est assurée à la sincérité, au désintéressement, à la modestie, au véritable amour de l'humanité ; aussi la part qui revient au docteur Papus est-elle considérable. L’invisible le veut ainsi. Et n’est-ce pas la plus magnifique des croisades, capable d’exalter nos enthousiasmes au cri (non de guerre, mais d’amour) de Dieu le veut ! Paul Nord. Secrétaire générai de l’Union Électrique Universaliste.
UN FAIT PSYCHIQUE Le savant bien connu M EmileSchaul, deMoutier(Suisse), nous communique le fait suivant qu’il tient de Mme Maumary ; nous le reproduisons pensant qu’il pourra intéres ser les lecteurs de l'Initiation. N. D. L. R. Nous étions quatre personnes, mon frère, mes deux filles et moi assis autour d’une table; le médium était assis sur un canapé, près de cette table.
l’occultisme EN RUSSIE Le médium endormi, nous sentîmes une fraîcheur re marquable sur nos visages. Au bout de vingt minutes le médium commença à se tordre dans de violentes convulsions : je pense que c'étaient des spasmes ; il se tordait jusqu’à devenir complètement raide.
Après ces spasmes, il prit un crayon, on lui donna du papier et toujours me fixant comme dans le dernier degré d’extase et avec une vitesse vertigineuse, il écrivit sans regarder ce qu'il faisait. ?<ous lui demandâmes par quel esprit il était dominé : il répondit presque en criant : Com ment! pous ne me reconnaisse^plus, moi,Rivaro Stefano, de Turin ? Figurez-vous mon étonnement !
Stefano était un ami de ma plus tendre jeunesse, décédé très jeune à Turin. il savait le français et l’italien. Je n’avais jamais parlé de lui ni à mon mari, ni à mes enfants, ni à qui que ce soit.
C’était donc bien, comme vous le voyez, l’esprit de Rivaro qui parlait, et moi, sceptique jusqu’alors, je fus convaincue cette fois de l’existence des entités spirites. présente les mêmes formes caractéristiques que l’écriture du défunt Rivaro, L’OCCULTISME EN RUSSIE On ne parle que de deux: choses à Pétersbourg. De la dis solution de la Douma à cause de la Finlande et de l’occul tisme. Dieu qu’il fourmille d’occultistes dans la capitale.
Tout porteur d’un pince-nez ou d’une breloque, inter pellé, vous avoue en secret qu’il est occultiste. C’est à la mode. L’engouement va encore plus loin, on prétend que l’occultisme sera la religion de demain. Pauvres gens, ils ne peuvent comprendre qu’une religion peut se contenter d’une adhésion verbale et de quelques gestes d’adoration, mais qu’une philosophie pratique comme celle d’occul tisme, si elle n’est point pratiquée, n’est rien. Dans le dernier numéro d’Zçn/u que nous lisons avec
l’initiation 276 plaisir l'annonce de la rédaction, au sujet des statuts du Groupe Indépendant d'études ésotériques qui doivent ctre signés, ces jours-ci par le président du Conseil, le ministre Stolipine. Avis au lecteur. L’opuscule du mois d’avril du journal l^ida porte un cachet de nouveauté: il est intéressant, sérieux, Donulaire et instructif.
« L'apostolat» de Sédir interprété avec une hau teur de vue par Mme Losska, magnifiquement traduit, fait l'article de fond. L'ne étude psychologique sur la pyramide de Cheops faite par R. Baron, est une œuvre de populari sation scientifique. A tout seigneur tout honneur! Voilà que du cadre nous apparaît le portrait du Maître, tel que nous l’avons connu, admiré et aimé.
Papus nous sourit, cinglé dans sa hongroise, la poitrine parsemée de déco ration. signes instructifs de ses bienfaits pour l’humanité entière. Mais son âme plane dans l’Au-delà et étudie les mystères de la Nature. C'est un beau cadeau de Pâques, que nous fil le rédac teur Antoschevski, en reproduisant ce portrait du chef de l’occultisme occidental. Spacibo (1 ). L’article de E.
Sutcliffe sur l’Astrosophie semble être travaillé sur les premiers éléments d’Astrosophie de Papus, il se lit avec intérêt. Un prosélyte, ancien matérialiste acharné, Piotv... relève le mouvement mercantile du jour nal Ni va qui donne l’hospitalité à un bouquin sur la Magie pratique (excusez du peu) d’un certain L.. Dans la critique, on entend les coups qui frappent, ça fait du bien, ça, c'est suggestif et très opportun...
Un compte rendu de la réunion sur les phénomènes psychiques et magiques incontestés, évoqués en présence d’une vingtaine d’étudiants dans la salle d’étude dePunarBhava, donnerait à ceux-ci la conviction de l’existence de l’Au-delà, par la présence d’élémentals matérialisés vus à la lumière, ainsi que des élémentaires dont les formes fluidiques se dessinaient au milieu des assistants.
Dans un prochain numéro, la rédaction donnera une étude très détaillée sur ces phénomènes magiques. I\ida, fait aussi le compte rendu d’une conférence de (1) Merci.
UNE RÉVOLUTION AU THIBET 2/7 M. Filatoff sur les Francs-Maçons qui ne répéta, hélas ! que des bêtises des chroniqueurs détracteurs, ou passant pour tels, de la Franc-Maçonnerie.
M. Filatotf se montre un piètre plagiaire, n’ayant en lui-même aucune notion exacte du sujet traité, interpelle par un de nos amis sur les Martinistes. il se prononça d’une façon si peu conforme aux usages du savoir-vivre, que le contradicteur, M. Ant..., fut obligé de lui déclarer publiquement qu'il n’est qu’un sot. (Moi, pour ma part, j’ajoute que c’est un inconscient.ee maître de la réclame à ?2o p. la ligne).
L’opuscule se termine par la « Momie»deSédir, traduction de Mme L... La partie bibliographique et les réponses du secrétaire de la rédaction montrent les réels progrès de VI\ida qui augmente son volume et devient bi-mensuel. Les rédacteurs peu nombreux d'I^ida marchent vers l’évo lution, et dans toute évolution c’est le petit nombre, non la masse, qui indique le chemin du progrès.
C’est aux psycho-intellectuels d’être les premiers à émerger hors de la collectivité, comme l’intelligence individualisée ouvre à la vie le chemin de la lumière. Nos félicitations fraternelles à I^ida. Je viens d’apprendre que des groupes d’études ésotériques dans les principales villes de l’empire, envoient leur adhé sion au groupe de Pétersbourg. CziNSKI.
UNE RÉVOLUTION AU THIBET Un événement d’une importance extrême vient de se produire au cœur de l’Asie. Le Dalaï-Lama, le chef reli gieux des bouddhistes, a abandonné son sanctuaire. 11 a fui afin d’échapper à l’armée chinoise qui venait le déposer. C’est le renversement du pouvoir temporel du pape bouddhiste. Le Dalaï-Lama est vénéré par les Thibétains et les Mon gols comme une divinité. Le prestige qu’il exerce sur les
2/8 l’initiation populations bouddhistes est immense. On prétend qu'il a la tête et les bras entourés de serpents, pour frapper l'imagination de ses adorateurs. C'est un spectacle des plus curieux qu’une sortie du grand pontife thibétain. Les lamas satellites le précédent en écartant la foule avec de gros fouets noirs. Il va à pied : il est entouré des principaux dignitaires de la lamaserie.
Son costume ressemble beaucoup à celui de nos évê ques ; il porte sur sa tête une mitre jaune ; il tient dans sa main droite un long bâton en forme de crosse ; ses épaules sont recouvertes d’un manteau en taffetas violet retenu sur sa poitrine par une agrafe et semblable en tout à une chape.
Derrière, viennent les prêtres, marchant deux à deux, et ayant à leur tête un lama armé d’une baguette et porteur d’un vase où brûle de l’encens, et duquel s’exhale une épaisse fumée. A la suite de ces prêtres vient une troupe d’instruments des plus bruyants. 11 y a d’abord dix trompettes si lon gues, que, tandis qu’on en sonne, leur bout traîne à terreViennent ensuite vingt tambours d’environ trois pieds de diamètre.
On bat ces tambours avec une baguette de fer. longue, mince et recourbée. A ces instruments, ils en joignent divers autres, dont l’un est une espèce de flûte faite avec un tibia d'homme, et l’autre avec un gros coquillage.
Le palais du Dalaï-Lama jouit dans le monde entier d'une grande célébrité et il la mérite à tous égards.Vers la partie septentrionale de la ville et tout au plus à un quart d’heure de distance, il existe une montagne ro cheuse, peu élevée, et de forme conique. Elle s’élève au milieu d’une vallée, comme un îlot isolé au-dessus d’un immense lac.
Cette montagne porte le nom de BouddhaLa, c’est-à-dire montagne divine ; c’est sur ce socle gran diose, préparé par la nature, que les adorateurs du DalaïLama ont édifié le palais magnifique où réside, en chair et en os, leur divinité vivante.
Ce palais est une réunion de plusieurs temples, de grandeur et de beauté différentes ; celui qui occupe le centre est élevé de quatre étages et domine tous les autres ; il est terminé par un dôme entièUNE REVOLUTION AU THIBET 27g rement recouvert de lames d’or et entouré d'un grand péristyle dont les colonnes sont également dorées.
C'est là que le pontife a fixé sa résidence ; du haut de ce sanctuaire élevé, il peut contempler, aux jours de grandes solennités, ses adorateurs innombrables se mouvant dans la plaine, et venant se prosterner au pied de la montagne divine. Les palais secondaires, groupés autour du grand temple, servent de demeure à une foule de lamas de tout ordre, dont l’occupation continuelle est de servir le Bouddha vivant et de lui faire la cour.
11 existe de nombreuses analogies entre les rites Jamai qués et le culte catholique. Le gouvernement thibétain est purement lama'ique ; il paraît, en quelque sorte, être calqué sur le gouvernement ecclésiastique des anciens États Pontificaux. Le Dalaï-Lama est le chef politique et religieux de toutes les contrées du Thibet; c’est dans ses mains que réside toute puissance législative, exécutive et administrative.
Le droit coutumier et certains réglements, laissés par son prédécesseur Tsong-Kaba, servent à le diriger dans l’exercice de son immense autorité.
Quand le Dalaï-Lama meurt, ou, pour parler le langage des bouddhistes, quand il transmigre, on élit un enfant qui doit continuer la personnification indestructible du Bouddha vivant : cette élection se fait par la grande as semblée des lamas Houtouktou dont la dignité sacerdotale n’est inférieure qu'à celle du Dalaï-Lama. On procède de la manière suivante. On prescrit des prières et des jeûnes dans toutes les lamaseries.
Les habi tants de Lha-Ssa surtout, comme étant les plus intéressés à l’affaire, redoublent de zèle et de dévotion. Tout le monde se met en pèlerinage autour du Bouddha-La et de la Cité des Esprits ; les tchu-kor tournent dans toutes les mains, la formule sacrée du mani retentit jour et nuit dans tous les quartiers de la ville, et les parfums brûlent de toutes parts avec profusion.
Ceux qui croient posséder le Dalaï-Lama dans leur famille en donnent avis à l'auto rité de Lha-Ssa, afin que l’on puisse constater, dans les enfants désignés, leur qualité de Chaberons. Pour pouvoir procéder à l’élection du Dalaï-Lama, il faut avoir décou vert trois Chaberons, authentiquement reconnus pour tels. On les fait venir à Lha-Ssa, et les Houtouktou des États
280 l’initiation lamaïques se constituent. en assemblée. Ils s’enferment dans un temple du Bouddha-La, et passent six jours dans la retraite, le jeûne et la prière. Le septième jour,on prend une urne en or, contenant trois fiches également en or, sur lesquelles sont gravés les noms des trois petits candi dats aux fonctions de divinité du Bouddha-La.
On agite l'urne, le doyen de Houtouktou en tire une fiche, et le marmot dont le nom a été désigné par le sort est immédia tement proclamé Dalaï-Lama. On le promène en grande pompe dans ies rues de la Cité des Esprits, pendant que tout le monde se prosterne dévotement sur son passage, et on le conduit enfin dans son sanctuaire.
Les deux Chaberons en maillot, qui ont concouru pour la place de Dalaï-Lama, sont rapportés par leurs nour rices dans leurs familles respectives; mais pour les dé dommager de n’avoir pas eu une bonne chance, le gou vernement leur fait un petit cadeau de cinq cents onces d’argent.
A l’encontre des Chinois, leurs voisins, les Thibeiains ne se rasent pas la tète; ils laissent flotter leurs cheveux sur leurs épaules, se contentant de les raccourcir de temps en temps avec des ciseaux. Les élégants de Lha-Ssa ont depuis peu d’années adopté la mode de les tresser à la manière des Chinois, et d’attacher ensuite, au milieu de leur tresse, des joyaux en or, ornés de pierres précieuses et de grains de corail.
Leur coiffure ordinaire est une toque bleue avec un large rebord en velours noir, sur montée d’un pompon rouge.
Aux jours de fête, ils portent un grand chapeau rouge, assez semblable, pour la forme, au béret basque, seulement il est large et orné sur les bords de franges longues et touffues ; une large robe agrafée au côté droit, par quatre crochets et serrée aux reins par une ceinture rouge ; enfin, des bottes en drap rouge ou violet complètent le costume simple et pourtant assez gracieux des Thibétains.
Ils suspendent ordinaire ment à leur ceinture un sac en taffetas jaune, renfermant leur inséparable écuelle en bois et deux petites bourses de forme ovale et richement brodées, qui ne contiennent rien du tout et servent uniquement de parure. Les femmes thibétaines ont un habillement à peu près semblable à celui des hommes ; par-dessus leur robe, elles
UNE RÉVOLUTION' AU THIBET 281 ajoutent une tunique courte et bigarrée de diverses cou leurs : elles divisent leurs cheveux en deux tresses qu’elles laissent pendre sur leurs épaules. Les femmes de classe inférieure sont coiffées d’un petit bonnet jaune, assez sem blable au bonnet de la liberté qu'on portail sous la pre mière République.
Les grandes dames ont pour tout orne ment de tête une élégante et gracieuse couronne, fabriquée avec des perles fines. Écoutez à quelle règle incroyable et sans doute unique les femmes thibétaines se soumettent dans leur toilette avant de sortir de leurs maisons.
Elles se frottent le visage avec une espèce de vernis noir et gluant, assez semblable à de la confiture de raisin ; comme elles ont pour but de se rendre laides et hideuses, elles répandent sur leur face ce fard dégoûtant à tort et à travers, et se barbouillent de manière à ne plus ressembler à des créatures humaines. Voici comment on rapporte la naissance de cette pratique monstrueuse.
Il y a à peu près deux cents ans, le Lamaroi qui gouvernait le Thibet Antérieur était un homme rigide et de mœurs austères. A celte époque, les Thibé taines, pas plus que les femmes des autres contrées de la terre, n’avaient l’habitude de s’enlaidir : elles avaient au contraire, dit-on, un amour effréné du luxe et de la parure ; de là naquirent des désordres affreux et une immoralité qui ne connut plus de bornes.
La contagion gagna peu à peu la sainte famille des Lamas: les couvents bouddhi ques se relâchèrent de leur antique et sévère discipline et furent travaillés d’un mal qui les poussait rapidement à une complète dissolution. Afin d’arrêter les ravages de ces mœurs, le Lama-roi publia un édit par lequel il était dé fendu aux femmes de paraître en public, à moins de se barbouiller la figure.
Conformément à la loi, les femmes se noircirent donc à outrance, se rendirent laides à faire peur, et l'usage s’en est religieusement conservé jusqu'à ce jour. Terminons par une description de la fête printanière la plus goûtée des Thibétains, la Fête des fleurs.
On rencontre ce jour-là, du matin au soir, sur les places principales et devant les monuments publics, des troupes de comédiens et de bateleurs qui amusent le peuple par leurs représentations. Les Thibétains n’ont pas, comme »
2§2 l'initiation les Chinois, des répertoires de pièces de théâtre ; leurs comédiens sont tous ensemble et continuellement sur la scène, tantôt chantant et dansant, tantôt faisant des tours de force et d'adresse. Le ballet est l’exercice dans lequel ils paraissent exceller le plus. Ils valsent, ils bondissent, ils pirouettent avec une agilité étonnante.
Leur costume se compose d'une toque surmontée de longues plumes de faisan, d'un masque noir orné d’une barbe blanche d'une prodigieuse longueur, d’un large pantalon blanc et d’une tunique verte pendante jusqu’aux genoux et sériées aux reins par une ceinture jaune. A cette tunique sont atta chés. de distance en distance, de longs cordons au bout desquels pendent de gros flocons de laine blanche.
Quand l'acteur se balance en cadence, toutes ces houppes accom pagnent avec grâce les mouvements de son corps, et quand il se met à tournoyer, elles se dressent horizontalement, font la roue autour de l’individu et semblent en quelque sorte accélérer la rapidité de ses pirouettes.
Les fleurs du i5 de la première lune consistent en repré sentations profanes et religieuses, où tous les peuples asiatiques paraissaient avec leur physionomie propre et le costume qui les distingue. Personnages, vêtements, paysages, décorations, tout est représenté en... beurre frais. Trois mois sont employés à faire les préparatifs de ce singulier spectacle.
Vingt lamas, choisis parmi les artistes les plus célèbres de la lamaserie, sont journellement occu pés à travailler le beurre, en tenant toujours les mains dans l’eau, de peur que la chaleur des doigts ne déforme l’ouvrage. Comme ces travaux préparatoires se font en grande partie pendant les froids les plus rigoureux de l’hiver, ces artistes ont de grandes souffrances à endurer.
D’abord ils commencent par bien brasser et pétrir le beurre dans l’eau, afin de le rendre ferme. Quand la matière est suffisamment préparée, chacun s’occupe de façonner les diverses parties qui lui ont été confiées. Tous ces ouvriers travaillent sous la direction d’un chef qui a fourni le plan des fleurs de l’année, et qui préside à leur exécution.
Les ouvrages étant terminés, on les livre à une autre com pagnie d’artistes, chargés d’y apposer les couleurs. Singulière fête, n’est-ce pas, que celle qui au printemps présente des fleurs sans parfum.
PROPHÉTIES DONNÉES PAR LE MEDIUM DE MAHIVA 283 Combien, après l’hiver atroce que nous venons de subir, la plus humble fleur de mai nous ravivera plus que ces merveilles bariolées. A. Vicmans. Prophéties données par le médium de FJIahiva De grandes étendues de terres en Inde et en Chine seront recouvertes par la mer, après un temps relativement court pendant lequel les races orientales brilleront d’un grand éclat, mais qui sera le dernier.
La race jaune sera énormé ment diminuée. Ce qui subsistera de leur continent sera peuplé par une génération nouvelle, faite du mélange des races orientales diverses, incarnant une bonne partie des âmes de ceux qui auront péri dans les divers cataclysmes. Les habitants de ce vaste continent auront de naissance le don de voyance médiumnimique.
Us produiront des phénomènes d'ordre psychique, qui, pour les races blan ches seront extraordinaires et dont elles ne pourront péné trer le secret. Sur cette terre de voyants, passera vers la sixième heure du jour le Seigneur des Seigneurs.
Il viendra par le puits duquel les habitants tireront l’eau pour leurs besoins : Il demandera qu’on lui donne à boire et à la femme à laquelle il s’adressera, il redira les paroles que jadis il prononça en un autre lieu, mais en un même temps : «Tu as eu cinq maris ; celui que tu as (le sixième) n’est point ton mari.
Mais toi-même, demande-moi à boire ; car celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, n’aura jamais soif. » Quand sera venu ce temps, la race blanche sera aban donnée de son génie. Le fils de la femme revêtue de soleil, dont parle l'Apo calypse, et que couronne douze étoiles, aura été élevé vers le trône de Dieu, et la femme sera réfugiée dans le désert ou le lieu qui lui aura été préparé, hors d’atteinte de la Bête. Le Dieu qui gouverne toutes les nations et les élève
l’initiation 284 peur sa gloire, aura, à l'égard de celles de l’Occident, prononcé la sentence qu'autref’ois il prononça contre l'Égypte par la bouche de son prophète Isaie. « Et L’Esprit de l’Égypte s'évanouira d’au milieu d’elle, je détruirai son conseil et ils consulteront les idoles ».
Et le reste des hommes de cette race languira sur la terre dans une sorte d'apathie qu'il ne pourra secouer jusqu’à ce que le soc de la charrue divine, ayant ouvert, dans les terres de chair humaine, des sillons sanglants, des germes vivaces d’âmes nouvelles lèveront au milieu des peuples pour leur faire faire un nouveau pas en avant.
Et l'autre continent, sur lequel les hommes semblent renaître des cendres humaines d'une race éteinte; il verra son sol bien des fois ébranlé, puis partie par partie recou vert par la mer. Il faut que l’esprit qui mène ces peuples rentre sous terre d'où il est sorti.
Certes ces nations développent l’esprit de fraternité entre elles et dans leur sein même, mais elles oublient de frater niser, de communier avec les humanités célestes auxquelles devrait être offerte la crème de leur lait. Les œuvres qui ne sont point faites pour être offertes à Dieu seront toujours brûlées comme la balle au feu.
Tout ce qui montera de la Terre pour servir à sa seule gloire, ne sera jamais qu’éphémère, tout ce qui ne vivra que pour l’existence temporelle connaîtra la pourriture la destruction, la mort; car l’Ange de Dieu toujours veille sur le chemin qui mène à l’arbre de vie, par crainte que l’homme en ravissant le fruit, ne veuille sur la terre vivre à jamais. J’ai dit. Pour transmission conforme, Williams.
mois occl'ltistf: 285 MOIS OCCULTISTE ÉCOLE HERMÉTIQUE i5, Rue Séguier. Programme des cours pour juillet igio. Dimanche 3. — Dr Rozier, 12, rue de Buci, 4 heures, permanence Victor Blanchard, 10 h. et demie à 11 h. et demie. Lundi 4. — Victor Blanchard. Loge Melchissedec, tenue blanche. Corps. Ame. Esprit. Mercredi 6. — Teder. Hermétisme et symbolisme. Jeudi 7. — Papus. Première année. Dimanche 10. — Docteur Rozier. 12, rue de Buci, 4 h.
1. permanence Victor Blanchard, 10 h. et demie à 11 h. et demie. Lundi 11. — Dace. Le spiritisme. Mardi 12.— Victor Blanchard. Loge Melchissedec, tenue blanche. Le sentiment de la perfection chez l’étre humain. La Réouverture des Cours de l’École hermétique qui sera faite sur de nouvelles bases dont nous donnerons ultérieurement, le programme aura lieu le Jeudi 6 Octobre.
La dernière conférence du Jeudi 26 mai (à la salle des sociétés savantes, entièrement consacrée à Saint-Yves d’Alveydre a été un très gros succès. Nous devons des félicitations spéciales à M. Jemain qui a merveilleusement conduit l’orchestre et à Mlle Charbonnel de l’Opéra qui a charmé l’auditoire dans deux mélodies de Saint-Yves.
286 l’initiation Livres nouvellement parus Sedir. — Bréviaire mystique. — La Journée. Bré viaire abrégé. La voie, la vérité, la vie. La voie étroite. Le Maître. Vol. in-8 de luxe, papier de Hollande Vergé, caractères elzévir. Lettrines en rouge. Smaline (couverture parche minée. Brevetée S. G. D. G.). Tirage numéroté. 10 francs. io Exemplaires sur Japon de la manufacture de Schizuska. chez Perrigot Mazure à Paris. . . .
3o francs. io Exemplaires sur Hollande........................ 20 francs. ★ * x Alexandre Stourdra. — La Roumanie et les Rou mains. Ernest Leroux, éditeur, 28 rue Bonaparte. ★ » • Antoine Wylin. — Maîtresse mystique, librairie Félix Juven. i3, rue de l’Odéon. ★ • ¥ Fabre d’Olivet. — Histoire philosophique du genre Humain ou l'Homme. Tome second. Bibliothèque Chacornac, 11, quai Saint-Michel. ★ * * J. J. Bourcart. — Cent ans d’études.
Comparaison entre certaines théories relatives aux automobiles et aux machines à voler. Colmar, chez l’auteur-éditeur. ★ ♦ • H. S. Green. — Manuel astrologique n° 5. Les Direc tions et comment les calculer, chez Léopold Miéville, 9, rue Jouvenet. • ¥ • G. de Bézobpazow. — Mission de la femme au ving tième siècle.
ERRATA Dû DERNIER NUMÉRO 287 Du même auteur. — La Renaissance Religieuse. IL Daragon, libraire. ★ ¥ ¥ Alphonse Daudet. — Lettres de mon moulin. Collec tion Nelson. 61, rue des Saints-Pères. ERRATA DU DERNIER NUMÉRO. Par suite d'erreurs typographiques on nous prie de rec tifier. Dans Orphée et les Orphiques de 1M. Combes Léon. Page 172, ligne 11 : en involution naturelle et non évolu tion ; ligne 24 uÀtw : et non uXta. * * ¥ Dans Notre Courrier sous la signature du D. S. de Toulouse. Page 176, ligne 14: Katie et non Kétie. — ligne 26: fantôme et non fantôme. Avant-dernière ligne : cela paraît peu probable et non paraît probable. ♦ ¥ ¥ Théâtre d’idées sous la signature P. N. Vers 2 : Que Flore au lieu de Hore.
288 l’initiation APPAREILS D’OCCULTISME Boules hypnotiques. — Miroirs hypnotiques. — Disques d'entraînement. — Appareil système frontal. Planchettes à médium extra-légères de tous modèles. - Couronne aimantée du Dr Encausse. Miroirs planétaires. — Miroirs magiques. — Baguettes magiques. — Objets pour autel magiques. — Appareils contre l'envoûtement, du Dr Papus. — Appareils pour donner ou renforcer la médiumnité. — Biomètres, sténomètres, etc. Construction d’appareils sur une idée donnée’ou sur un plan. LÉONIS, Ingénieur-Constructeur (breveté S. G. D. G.), 3g i, rue des Pyrénées, Paris (20e). Retrouvé, traduit du latin, et publié pour la première fois avec une introduction Par le Dr MARC-HÂVEH Un volume petit in-8 sur beau papier vergé, orné d’un portrait et du sceau de Cagliostro. Tirage à 5oo exemplaires.................................... 5 fr. Dix exemplaires sur japon impérial, numérotés 1 à 10.....................................................(Épuisés). 12 fr. Le Gérant : Encausse. Paris. — Imprimerie E. Arrault et Cie, 9, rue N.-D.-de-Lorette.