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^’Initiation •' ’FNT SOUS LA DIRECTION DE - -■ P *US 2 3'"e ANNEE L. U M E SOMMAIRE du N° 7 (Avril 1910 PARTIE PHILOSOPHIQUE Séances de magie avec le médium Jean Goüzik (p- 1 à 22)..........................................................................................................................................................................................Punar-Bhava.
Premiers éléments d'Astrosophie,avec nombreuses gravures, suite (p. 23 à 41)....................................................................................................Papus. Les curiosités de l'Occulte (p. 42 à 54). . . . C. B.
L'Essor moderne vers l'idéal des Temps nouveaux (p. 55 à 60)...........................................................................................................................................................................Combes Léon. Un grand événement spiritualiste (p. 61 à 63). . Paul Nord. La puissance mantrasique, suite (p. 64 à 69) . . Rita-Strohl.
PARTIE INITIATIQUE La vente des talismans (p. 70 à 72)..........................................................Papus. Étude élémentaire sur l'alphabet solaire de 22 let tres, suite (p. 73 à 76)................................................................................................................................Dr A.-E. C.
PARTIE LITTÉRAIRE Mission (p. 77).............................................................................................................................................................Jules de Marthold. Notre courrier. — Prophéties sur la prochaine destruction de New York. — La Terre. — Mois occultiste. — Bibliographie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Echanges doit être adressé 5, rue de Savoie, à Paris-VIc.
Téléphone — 816 09 Tout ce qui concerne l’Administration : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adressé à la % LIBRAIRIE HÉRMETIQUI PARIS — 4, Rue de Furstenberg, — PARIS
Les Doctrines matérialistes ont véci . Elles ont voulu détruire les principe. oui sont l’essence de la Société, de la Politique et de . r. . lnais enes n’ont abouti qu’à de vaines et stériles negatl.-n- Science expéri mentale a conduit les savants malgré . . le domaine des forces purement spirituelles par rhypuciLn ia suggestion à distance. Effrayés des résultats de leu: périences, les Matérialistes en arrivent à les nier.
L'Initiation est l’organe principal de est.1 •> ?.. .'-sance spiritua liste don: les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la ■ en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains. Dans la Religion, à-donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, V Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L*Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique} s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique} contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L'Initiation parait régulièrement à la fin de chaque mois et compte déjà vingt années d’existence.-r Abonnement : 10 francs par an. (Les collections des huit premières années sont absolument épuisées.)
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Celte partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, rans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. Séances lie Magie avec le médium Jean Gouzft Dirigées par Punar-Bhava (i). « Le spiritisme, avec ses manifestations, est la porte d’entrée de la magie, aucun étudiant ne peut s'y sous traire. » PüNARBHAVA.
I il y a une douzaine d’années que j’entendais parler de Yanck Gouzik, médium à manifestations d elémentals, qui apparaissent toujours sous les mêmes formes de chats, d’écureuils, d’ours et d’oursons, aux regards des assistants, n’y comprenant rien... Désirant connaître Yanck (2), je lui avais adressé (1 ) Docteur von CreslawCzynski. Saint-Pétersbourg, Kouznetchnir 16. (2) Yanck Gourik, demeure à Varsovie, rue Srednia Obozowa, i38. 1
2 l’initiation [Avril plusieurs invitations qui restèrent sans réponse, peut-être bien à cause du long voyage qu'il avait à entreprendre pour venir à Saint-Pétersbourg.
Enfin, un jour j’appris que les deux médiums, MM. de Sarrack, de Paris, et Yanck Gouzik, devaient donner des séances à Pétersbourg: mais après des informations prises sur place, je dus me contenter de voir Yanck, car M. de Sarrack, le lama de Paris, avait demandé selon les uns 2.5oo roubles, selon les autres 25.ooo roubles pour venir parmi nous, les Bar bares du Nord, tandis que le modeste Gouzik ne récla mait que i5 à 25 roubles par séance.
Les badauds, les curieux et beaucoup d’ignorants et de petites gens, membres des Sociétés d’études psychiques, qui, entre la poire et le fromage, prétendaient s'initier aux trucs des prestidigitateurs et dévoiler Yanck, n'éprouvèrent que de la déconvenue, et les rieurs furent cette foislà du côté de Yanck.
Ges faiseurs de tours, tous ces ignorants, furent obligés de se rendre à l'évidence, en emportant sur leurs visages des empreintes d’ «es prits », ou des cicatrices.....C’est de cette façon que les « esprits » convainquent les Peter Petrovitch, les Smirnoft, les Yvan Yvanovitch e tutti quanti..., avor tons de la race humaine, qui ne sont qu’au premier stade de leur ascèse spirituelle. Pauvre Yanck !
Vous devez comprendre, chers lec teurs, ses souffrances morales et physiques dans ces séances ! Vous concevez les dépenses de ses forces vivantes, l’extériorisation de ses énergies neuriques déséquilibrées, mais vous ne pouvez vous imaginer la conduite de ces ignares expérimentateurs qui se
igiOl SÉANCE DE MAGIE AVEC JEAN GOUZIK 3 permettent, dans leur ignorance de l’occulte, de pro voquer les forces surhumaines qui se manifestent aux séances médiumnimiques ! Croyez-vous qu’ils savent, que, à chaque moment, leur vie et celle du médium dépendent d’un caprice de ces grands « élémentals»? Croyez-vous qu'ils aient l’idée de quelques théories spirites? Pensez-vous qu’ils savent se con duire dans ce temple en fidèles? Allons donc !
Au lieu du silence religieux, du recueillement et de la concentration psychique appropriés à ces circons tances, nous les avons entendus crier, rire, siffler, demander de la bière, fumer des cigarettes ; bref, ces manants croyaient être au cirque, oubliant qu’ils assis taient à des manifestations sublimes en un lieu où le directeur des séances lui-même aurait dû être au moins versé dans la technique du spiritisme, sinon un vrai znz'Z/é, alors qu’il n’est, hélas, qu’un ignorant improvisé en opérateur!
Comprenez-vous ces cambrio leurs s'amusant de la vie du pauvre Yanck Gouzik (i), père de quatre enfants, alors qu’il était dominé par l'esprit de Maurice Yarosch, mort, comme il le pré tend lui-même, en 1893 à Cracovie, lequel s’incarne en Yanck depuis le commencement de sa médium nité en 18g3. Ayant entendu parler de cette infâme exploitation du médium, je me rendis chez Yanck et l’invitai à venir chez moi.
Il y fut accueilli avec amour fraternel par les « nôtres ». Maurice Yarosch se manifesta en notre milieu, en un joli ourson, dont vous voyez, (1) Diminutif de Jean.
l'initiation 4 aimables lectrices, la photographie donnée dans cet article et reproduisant dans l’angle droit le tableau du peintre académicien Rührich, représentant un cloître entouré de murailles, d’où par une petite porte d’entrée les moines se rendent à la rivière pour y pui ser de l’eau ; l’ourson est perché sur le fond noir.
Cet ourson a été vu, tâté par des centaines de per sonnes qui l’avaient observé dès le début des séances de Yanck, depuis 1893. Il entra vite en amitié avec les nôtres, s’attacha à nous en manifestant sa bonne humeur par des caresses, des baisers surtout sur les visages des dames qui, effrayées, lui présentaient quand même leurs petites oreilles.
Il tirait celles-ci avec tous les égards dus au beau sexe ; un peu taqui né, il mordait par-ci et par-là, et, pour comble, il me chuchotait des paroles que je ne vous confierai pas, chères lectrices..., et pour cause.
Dans nos séances, il transportait des objets lourds; faisait jouer des polyphones qu’il remontait lui-même en faisant entendre quelque morceau demandé; enle vait les fauteuils des assistants pour les mettre en suite sur la table ; transportait des pots de fleurs, des tableaux de chambre en chambre, remontait l’accu mulateur d’électricité, pour nous montrer sa force.
Toujours bon enfant et plus encore polisson, ce messire Yarosch chantait comme un coq, contrefaisait les chats, les grenouilles, puis, à la fin, voulant laisser un bon souvenir à ses « amis », il allumait une ciga rette et la mettait dans ma bouche ! Mais voilà que tout à coup ce brave ourson se fâcha, distribuant des coups aux assistants qui doutaient.
SÉANCE DE MAGIE AVEC JEAN G0UZ1K 5 Des cris et des rires retentirent, et le pauvre ourson convenant de la bêtise humaine, ou peut-être saisi de pitié, se repentit des dégâts causés, des nez déchi rés, des yeux un peu pochés, devint docile et se réfugia sur mon épaule, en me tirant l’oreille deux fois avec ses bonnes griffes d’élémental.
Il fixa mon attention sur la table proche de la nôtre, où étaient préparés un crayon et du papier : le crayon se mit à écrire, et l'élémental répétait à haute voix : Prie pour moi et protège Jean Gouzik, la même prière qu’il avait adressée à une séance antérieure au capitaine Geham, au général Masloff, à M. Souvorine, rédac teur en chef de la Novoia Vremia, pendant qu'ils assistaient à une séance dans mes salons.
Mais messire l'ourson a aussi ses préférés, ah, oui !
II n’ira pas parler, ni caresser le prince Obol... aide de camp, mais il se posera sur l’épaule de la princesse Schlebin, et il sautera sur le dos de son accompagnateur le comte Praziadei, à qui il va tout de suite tirer le fauteuil en le faisant tomber à terre tandis qu’il placera ce fauteuil sur la grande table des séances; il ira même s. v. p. ôter les pantoufles de Mme Loska et les placera sur un vase à fleurs! Le bel ornement!
Puis prompt comme l’éclair, aidé peutêtre par d’autres élémentals (i) qui subissent son ascendant, il bouscule différents objets, jette des livres, des tapis, divers objets sur les assistants et se réfugie encore une fois sur l’épaule du capitaine Geham; de (i) J’acquis alors la preuve, par la photographie, qu'il est tou jours accompagné de plusieurs * élémentals ».
6 l’initiation là, il saute sur la table coiffé de blanc, et posant sa brave tête d’élémental sur le visage du capitaine, il prononça lui-même (pas le médium), d’une voix qui nous saisit tous, les paroles que nous entendîmes très distinctement : « Prie pour moi. » Malgré nos instantes invitations, il ne toucha même pas le prince Obol, voisin immédiat du capitaine Geham. occultiste distingué, mais saisissant un ca chemire il entoura la tête de Mme Loska ; puis le voilà parti: il remonte la boîte à musique, danse sur la table aux sons de la musique, joue de la Jlùte, bat de la grosse caisse, grimpe sur les meubles et les tableaux !
Tout à la fois ! Le médium Yanck, en trance, sursaute sur le fau teuil, respire bruyamment et ses forces vivantes s'en vont, absorbées par ce vampire qui se nomme Mau rice Yarosch. Vous me demandez qui est le maître? Qui, l’esclave? Hélas! c’est l’élémental qui com mande, et le médium, l’être humain, passif, dégradé, qui obéit !
1 II Une idée me vint, celle de prendre la photographie d’un de ces êtres mystérieux, tout d’instinct et mor tels, intermédiaires entre les êtres du monde psychique et ceux du monde matériel et qui, malgré les opinions de nos maîtres éminents, ne me paraissent pas appar tenir à la catégorie d’entités purement instinctives, ne président qu’à la construction ou à la destruction
SEANCE DE MAGIE AVEC JEAN GOUZIK 7 du monde matériel, mais qui, ainsi que les élémen taires, sont bien des êtres spirituels, conscients et per sonnels, à moins que l’ourson soit un élémentaire déguisé en animal (i). Mais alors pourquoi cette forme d’ourson ? Un jour, sentant mon ourson bien disposé, je lui proposai une certaine expérience!
Sans hésiter il fit écrire la phrase suivante, sur du papier et par un crayon disposé à cet effet sur la table voisine : « Je le veux bien, tu sais, Creslaw, mais il faudra bien vou loir bien souligné) et c'est à toi de réussir, si tu le peux. » Avec moi on est obligé d'obéir toujours, mais l’our son ne demandait qu'à se soustraire à mes ordres, le malin !
Je fis donc les préparatifs nécessaires, un kodak fut préparé, tout fut distribué, les rôles actifs et passifs, et grâce au concours de M. Bielinski (2) nous tentâmes l’opération... Je choisis à ce sujet les meilleurs médiums volon taires, que vous voyez assises autour de la grande table, Yanck au milieu, moi à ses côtés. Une vingtaine de minutes passèrent dans le plus grand silenee, dans la plus constante concentration.
Après avoir fait la prière magique, je dégageai mes for ces vivantes, je les extériorisais avec la ferme volonté de dominer les élémentals ! Mon extrême tension ( 1 ) Je prie les lecteurs de vouloir bien ouvrir ici une discus sion sur la nature astrale de cet ourson. (2) Atelier photographique, Newsky 104, Saint-Pétersbourg.
8 l’initiation psychique me fit réussir et me permit de montrer à la science positive la réalité de notre Art Saint, aux sectaires leurs leurres sur les démons, enfin elle me permit de donner à nos frères occultistes la preuve de la possibilité de dominer par notre pouvoir psychique les êtres inconnus... Oh ! vous fervents ou sceptiques, intelligents et bornés, voyez ce que peut faire la vo lonté dans notre science!
J’ai voulu, comme mes maî tres, mes initiateurs, et j’ai réussi... car j’ai voulu !
Et, regardez ! au moment de cette concentration je fus touché par les griffes de mon ourson, c'était le signal convenu entre nous, depuis longtemps, de l'arri vée des élémentals ! — Très bien, lui dis-je, mon pauvre frère, tu es arrivé à notre appel, c’est bien de ta part, tu dois obéir : L’ourson tira deux fois ma manche, il était con tent de mon petit discours... r — Ecoute mon ami, tu dois nous laisser un sou venir de ta présence parmi nous, toi et tes compa gnons, car il y en a.
N’est-ce pas? Je veux ce souvenir! L’ourson me tira trois fois l’oreille gauche. — Bien, bien, lui répondis-je, mais il ne faut pas oublier, mon cher, qu’il ne s'agit pas aujourd’hui de faire les farces ordinaires. Il grogna content, peut-être satisfait, et se mit à faire des gambades autour de la table, jeta même à terre un numéro de la revue le Voile d'Isis. Je l’arrêtai 1 — Très bien, mon ami.
C’est très poli, mais tu exploites trop le pauvre Yanck ; point de gambades, s’il te plaît; Monsieur, soyez gentil etécoutez-moi.
SÉANCE DE MAGIE AVEC JEAN GOUZIK Ç — Ah ! mais non, pas de ça, pas de colonnes defeu, pas de manifestations vaines ; je n’ai pas besoin non plus de tes yeux lumineux ni phosphorescents; je ne veux pas de ça ; je veux, j’exige aujourd’hui ta photo graphie! Je le veux ! Et une prière mentale s’éleva vers le ciel, pour demander cette force dont nous avions besoin!
Comme signe d’avoir exaucé mes vœux, si ardem ment demandés, une lumière éclaira la porte de mon cabinet de travail... situé vis-à-vis du salon.
Une chaise circula au-dessus de nos têtes et alla se placer à terre contre l'appareil photographique, la couverture en soie de la table fut transportée et jetée sur l'appareil («Tiens, dit le photographe, j’avaisoublié d'en apporter une.») Notez, chers lecteurs, que le salon était éclairé par une lampe électrique rouge, ce qui nous permettait de voir tout ce qui se passait.
Tout à coup un silence s’établit tandis que Yanck, le médium, entrancé subissait des secousses très fortes. Je priais ! Une lueur phosphorescente d’une clarté éblouis sante apparut au-dessus de nos têtes ? Je sentais le moment approcher ! Mon oreille droite fut tirée cinq fois de suite, c’était le signal convenu ! L'ourson était assis sur mon dos ! — Monsieur Bielinski, dis-je, à l’œuvre. Je priais...
Le photographe quitte la chaîne et se dirige vers l’appareil, la lampe électrique est aussitôt éteinte par un élémental, et le fil de magnésium fut allumé? C’est à ce moment que je fis appel à toutes mes
10 l’initiation forces tutélaires, aux génies et à mon Maître spirituel, dont je n’ose prononcer le nom ! C’est en ce moment que je sentis en moi cette force occulte qui émerge de notre être psychique, c’est dans ces moments subli mes que je compris notre maître Papus, c’est alorsque je connus la pierre philosophale des Alchimistes... Mais, d’où provient ce retard ? La poudre de ma gnésium s’était éteinte sans produire la clarté deman dée.
Je fus désappointé, j étais au désespoir ?: «Comment me disais-je, par une gaffe du photographe, les preuves de l’existence du monde invisible vont encore être reculées pour des années entières ? Que Dieu me pardonne, je perdis ma quiétude mo rale et fis des reproches au photographe... — Attendez, cher maître, me dit-il avec sa bon homie désarmante, nous réussirons, que diable... Je ne pus retenir mon hilarité ! — Attendez, j’allume ! Voilà !
Et tout à coup, une lumière blanche, aveuglante, frappa nos yeux... Et je priais .... Et j’ordonnais ! La lumière qui brûlait nos yeux, fit tressauter Yanck ! La séance fut levée. I III Nous cachâmes le cliché négatif dans une boîte et plaçâmes tout dans une armoire fermée dont la clef fut
SÉANCE DE MAGIE AVEC JEAN G0UZIK I f remise à Mme Rendorf. Le lendemain dimanche, le photographe envoya chercher dans l’après-midi, vers 5 heures, la boîte, qui lui fut remise cachetée et que, pour plus de précautions, j’accompagnai personnelle ment à l’atelier. On ouvrit la boîte, on jeta les yeux %sur le négatif, l'ourson y est-il ? Est-ce que ça a réussi ? Pouvez-vous vous imaginer ce moment d’inquié tude ? !
J'eus alors la meme sensation qu’au moment où,ayant appris l'arrestation de Gilevitch à Paris, j&rZs vivant, je crus voir crouler toute ma foi dans l’occul tisme, car j’avais appris dans une de mes sorties astrales qu’il ne reviendrait jamais vivant en Russie, et je venais de lire qu'il avait été pris vivant et arrêté, pour être remis aux autorités russes... Comprenezvous cette épreuve, vous autres, adeptes fervents !...
Et pourtant la Science, notre chère Science, me donna raison : Gilevitch s'était empoisonné à Paris ! et ce fut son cadavre qui fut transporté à Pétersbourg! Cette nouvelle, je l’ai lue deux minutes après l’épreuve du cliché ! Après l’abattement moral, le bonheur de la victoire. Et c’est en ce moment que je ressentis les mêmes sensations en passant par tous les états consé cutifs!
Je n’osais regarder le négatif... j’étais certain du succès... j'avais prié... invoqué nos forces, j'avais compté sur leur efficace appui! Devais-je me trom per ? L’ourson y est-il ? Ah ! mais oui ! oui ! il était là, le brave et bon ourson, l’intelligent élémental, avec toutes les preuves de cette intelligence particulière, de cette perspicacité
12 l’initiation que j’observais en lui ! Et quelle leçon de prévoyance je lus dans ce cliché et puis sur la copie agrandie que j’ai devant moi ! Il faut m’expliquer !
Les murailles de mon salon d’études sont recou vertes de papiers roses avec des tableaux fixés aux mu railles; à gauche du médium Yanck, deux tableaux fixent votre attention : celui d’en haut, c’est un Rührich avec un fond sombre et c’est là que l’élémental se fit photographier, n’ayant que ce refuge pour pouvoir être pris par l’appareil, car si vous jetez vos regards sur ma gauche, vous y verrez une forme in décise comme le double de l’ourson, mais qui ne put être reproduite en épreuve positive et pour cause...
Sur le tableau de Rührich le Monastère en hiver l’ourson apparaît perché sur la muraille.
Sa tête in telligente, d’où deux yeux nous fixent avec raillerie, fait la grimace et, n’oubliant pas d’être élégant, il dresse l’oreille droite, comme s’il écoutait nos ordres, tandis que ses fluides descendent du tableau et éclair cissent la toile où les autres élémentais apparaissent : on y voit un gros chat au milieu, une tête de panthère vers le haut et d’autres petites images.
Un des phéno mènes qui me frappa, c’est l’étoile de l’extériorisation astrale et psychique au-dessus de ma tête, preuve indéniable obtenue par les expériences du comte de Rochas, de l’extériorisation des forces occultes de l’homme! Et c’est encore une preuve de l’existence de l’aura, encore un document pour les Écritures, une attestation évidente de l’auréole des Saints ! Mais je me demande seulement, si c’est grâce à
SÉANCE DE MAGIE AVEC JEAN GOUZIK l3 cette extériorisation de la volonté psychique et « ma térialisée » que les phénomènes ont pu être pris par l’appareil ; ou bien si c’est grâce à la collectivité médiumnique des assistants : ou encore si c’est à la com plaisance de l’ourson que je puis vous envoyer cette épreuve positive ? Autant de questions, autant de discussions.
Discu tons si vous le voulez bien, l'initiation nous prêtera son hospitalité Crookes, Mantegarra. Ochorovitch ont pu pho tographier des « esprits matérialisés », Durville pho tographia des fantômes, mais l'école de Pélersbourg est la première qui a pu saisir les élémentals. C’est le droit de priorité que je me réserve, en affirmant que c'est grâce à mon Initiateur, au docteur Papus, que je dois ce succès inouï...
Je suis heureux d’avoir réussi, ayant pu apporter ma cotisation à la cons truction du magnifique palais ésotérique qui, peu à peu s'exhaussant pour le bien de l’Humanité et pour la gloire de la Science, deviendra bientôt l’édi fice monumental affirmant l'existence de Dieu! Mais revenons à nos moutons, pardon, à notre ourson, en adressant à nos très savants et très estimés contradicteurs la question suivante ?
Auriez-vous pensé en un moment de détresse ou de péril par exemple, si au moment où un auto arrivait sur vous, à vous jeter justement sur cet auto pour ne pas être écrasé? Non, vous ne l’auriez pas fait? Eh bien, l’ourson l’a fait ! La lumière aveuglante du ma gnésium l’aurait dû réduire en pièces ainsi que son
l’initiation J4 médium, car la lumière est, dit-on, très nuisible aux êtres de l’Astral ! Et voyez combien les opinions des savants occultistes doivent dès à présent être modifiées, la lumière n’ayant apporté aucun préjudice ni aux élémentals, « ni au médium » ! ! L'ourson et son mé dium, eux, allèrent au-devant du défi et, pour ne pas être écrasés, se jetèrent sur l’auto et la dirigèrent euxmêmes ( i).
Et encore une observation sur l’intelligence de l'ourson : en bon camarade, il céda sa place aux élé mentals inférieurs qui se placèrent sur le rideau derrière nous, et lui-même, en chef, sauta de mes épaules directement sur le tableau, et par ce moyen nous fit assister à un régal scientifique qui nous aveu gla de sa lumière et de toute celle qu’elle allait jeter sur l’avenir...
Je pense avec malice quel effet aurait produit cet ourson perché sur la muraille, sur les moines du ta bleau qui allaient à la rivière puiser de l’eau ’ O mes amis, rien que d’y penser, je me tords de rire... Vade rétro, Satanas !
Vade rétro ! (i) Le docteur Dubrovin porta plainte au Saint-Synode à Pétersbourg contre les occultistes (surtout contre le « mage téné breux » Czynski), qui, reconnaissant le feu prêtre Jean Kronstatski pour occultiste et « fils de Dieu », s’arrogent euxmêmes les pouvoirs de Dieu {sic) ! » Comment appeler cette ignorance du leader des « Vrais Russes » Il !
SÉANCE DE MAGIE AVEC JEAN G0UZIK i5 IV Quelques jours se passèrent avant que Yanck re parut chez moi. Il vint mécontent, chagriné, plongé dans une taciturne mélancolie, dans une rêverie noire, qui le rendit encore moins parleur qu'à l’ordi naire, c’est assez à dire qu'il s’enfonça dans un mu tisme complet. — Qu’y a-t-il donc, Yanck? — Rien. — Vous vous épuisez, mon cher, reposez-vous un peu.
Vous savez bien que les séances ne réussissent pas bien, lorsque vous êtes à bout de forces. Voyons, restez quelques semaines chez moi, vous serez ici comme chez vous, à votre maison.
Qu'en pensezvous, Yanck ? — Je ne peux pas, dit-il, il me faut travailler, car j’ai des dettes à payer. — Combien ? — Plus de 25.000 francs. — Eh bien, on vous les paiera? — Oui, je sais, docteur, que vous le feriez, mais il y a une chose qui m’agace. — Voyons cette chose? — Voyez-vous, l'ourson ne me rend plus les ser vices d’autrefois ; il se fait « remplacer » par des cra pauds, des grenouilles, des diablotins, qui se moquent du public et ne « travaillent» pas comme il convient; je suis fichu...
i6 l’initiation Je me mis à rire de cette désolation du pauvre Yanck, pensant pouvoir y remédier, mais, voulant avoir ma conscience de « chercheur » nette, je lui demandai : — Et depuis quand avez-vous remarqué la déser tion de Maurice Yarosch ?
Les yeux de Yanck se portèrent vers la cage dans laquelle on venait de m'envoyer un colibri et ils fixè rent inconsciemment ce petit roi des oiseaux, puis, sans en détacher ses regards, il me répondit : — Depuis que vous avez fait le cliché photogra phique... Pendant ce temps le petit oiseau semblait fasciné.
A petits sauts il s’approchait de la grille et de son petit bec donnait des coups furieux contre le grillage, tandis que ses mouvements devenaient de plus en plus incompréhensibles ! Je les observais tous les deux : Yanck fixant l’oiseau, l’oiseau regardant Yanck ! — Allons, mon cher Yanck, ce n’est pas sérieux ce que vous dites là: l’ourson c’est votre inséparable, c’est votre alter ego. Il ne vous laissera pas, repa raîtra à un moment donné...
L’oiseau devenait de plus en plus excité, ses coups de bec devenaient de plus en plus furieux, son plu mage s’hérissait. Un tremblement convulsif s’em para bientôt de son petit être, il vacilla sur ses deux pattes et tomba inerte... ; son agonie commença... continua..., bientôt il était mort !... — Tiens, dit Yanck, il est mort je n’ai pas voulu pourtant qu’il meure !... — Et qu’avez-vous voulu ?
SÉANCE DE MAGIE AVEC JEAN GOUZIK 17 — J'ai voulu voir sur lui les effets de Maurice Yarosch. — Voyons, quels effets? expliquez-vous. — Maurice Yarosch, qu'on appelait à tort et à tra vers « Schwarzcnberg », m'a confié une fois, que si j’avais un grand chagrin, je pourrai l’appeler en re gardant un oiseau se débattre, c’est ce que je viens de faire... — Et vous croyez que cet oiseau peut fournir les forces nécessaires pour manifester l’ourson.
Vous vous trompez, mon cher, cet acte de vampirisme ne vous réussira jamais: Maurice Yarosch s’est joué de vous, il vous a induit en erreur. Méfiez-vous, Yanck, de vos suggestions inconscientes et ne mettez rien sur le compte de Maurice; il en a assez ainsi luimême ; n'augmentez pas ses épreuves, en vous for mant à vous-même une nouvelle existence pénible.
Reposez-vous, Yanck., comptez sur moi, car votre élémental m’ayant demandé ma protection pour vous, je lui ai promis de veiller sur vous et de pour voir à votre existence. Voyons, restez un mois chez moi, je tâcherai de rétablir les relations qui exis taient entre vous et votre ourson. — J’y penserai. Et il prit congé... V Nith-Haiah a parlé! On sait que les initiés en occulte, les inities avan
i8 l’initiation cés perçoivent même à l’état de veille, ou dans l’état mixte qu'ils savent bien provoquer, les murmures de l’au-delà où 1’ « Ego » supérieur, le principe de toutes choses, se manifeste dans leur âme !
C’est dans un de ces états, que j’appris que mes « Génies » étaient contraires à cette fusion entre Nith-Haiah (Dieu qui donne la sagesse, et corres pond au saint nom de Dieu Orsy, suivant la langue des Mages) et ce Génie dominant toutes les sciences occultes, celui qui « domine sur moi » en me don nant des révélations en songe, en « influant » sur mon âme, en me faisant pratiquer la magie des sages qui est divine et que les philosophes modernes appel lent la Science du.
Christ et de l’homme. Ils s’op posaient à l’étude que je viens de faire du monde invisible et celle des élémentals dont l’ourson est un des chefs hiérarchiques; et ils m’annoncèrent même que, si cette étroite amitié ne cessait pas bientôt, ils étaient résolus à intervenir!... Vous autres frères-chercheurs, frères aînés, sa vants, et illustres Maîtres, ne me condamnez pas, ne me reprochez pas ma désobéissance aux conseils des Ancêtres !
Il fallait insister pour Famour de la Science, il fal lait désobéir pour attaquer les remparts du Positi visme. Mon Dieu, ne sommes-nous pas voués à l’avance à la mort, mais heureux de pouvoir frayer aux autres, aux jeunes, le chemin vers la Vérité! Il fal lait, chers Maîtres, déroger aux conseils des « Génies » pour pouvoir communiquer avec les mondes invi sibles, avec les êtres qui « bien et sagement utilisés »
SÉANCE DE MAGIE AVEC JEAN G0EZ1K. IÇ> nous fournirons les moyens de découvrir l’énergie une et primordiale, permettant de déchiffrer l'é nigme de la Science du Bien et du Mal.
Que Dieu me pardonne mon orgueil, mais je crois être sur les traces., de la Genèse... et, chercheur consciencieux, sans parti pris, obéissant aux lois divines, je veux la lumière, quelle qu’elle soit, et si elle est trop éblouis sante, si elle m'aveugle de sa beauté immaculée, si les prodiges foudroient ma logique humaine, je me prosternerai devant l'autel, en extase devant le Verbe!
Mais ce n’est pas Nith-Haiah qui empêchera mon ascèse, il n'y a qu’un Maître qui peut s’arroger ce droit, c’est le Créateur des Cieux et delà Terre; et quand il croira que mon orgueil d’être humain dépasse les limites assignées par les lois de la nature ! Mais, ô joie, est-ce que Dieu empêcherait une de ses humbles créatures de déchiffrer ses lois s'il ne le voulait pas?
Oh, non, le livre de la Nature est ouvert, lisez-le, ô Hermétistes, xMartinistes et Rose-Croix ! Lisez-le à haute voix et que vos paroles inspirées puissent chan ter l’Hymne de la Résurrection! Les « Génies»veillaientàce qu’ils avaient annoncé, ils voulurent me débarrasser de Yanck et de son our son. La catastrophe ne se fit pas attendre. C’était le 6 janvier, au jour des Trois Rois, un mercredi vieux style.
Une séance fut décidée chez moi, à laquelle assis tèrent l’amiral Vir... et son épouse, le général M. avec son épouse, Mme Y., Mme et M. Rymarke20 l’initiation vitch, M. Viltchevski, Mme Loska et d’autres invités. J'opérai dans la première partie de la séance comme de coutume, laissant à un autre l’honneur de continuer après un léger repos.
C’est justement ce que désiraient mes « invités » du grand monde, vou lant voir non pas les phénomènes ordinaires pro duits par Yanck et reconnus authentiques, mais bien les esprits des « morts ». C’est après ce repos que ma voix intérieure me prévint d’un événement inattendu qui allait se pro duire. Je fixai alors mes yeux sur mon cabinet de travail, sur ma chambre magique et j'attendis ce qui devait se passer.
J’étais sur le qui-vive, responsable devant les assis tants, responsable devant ma conscience pour la lutte qui se préparait, je l'avais donc provoquée ! Toutes les conséquences, je devais les supporter bra vement, sur mes épaules de délégué général, nommé par le Conseil Suprême Noblesse oblige.
Une demi-heure s’était écoulée depuis que le cercle s’était formé, les entités astrales ne se manifestaient pas au gré des impatients ; peut-être était-ce à cause de la lumière rouge de la lampe, car, comme nous le savons,dans les opérations faites en lumière, les flui des astraux agissent, mais les images, les clichés obte nus sont invisibles pour les yeux ordinaires; ainsi que le dit judicieusement Papus : tout est en puis sance d’être en potentialité, c’est pourquoi, moi seul je voyais ces entités, invisibles pour les autres. Je vis même le crayon dirigé par une main invisible griffonner sur le papier.
21 SÉANCE DE MAGIE AVEC JEAN GOUZIK Je m’approchai et lus avec inquiétude : PunarÜ! Observe, agis et préserve ! Je revins à ma place, observant de loin d’un côté Yanck entrancé, de l’autre, la porte de ma chambre magique. Armé de mon épée magique, j’étais prêt à agir! et. s'il le fallait, prêt à le préserver d’un mal heur, d’un danger occulte !
Une sensation de tristesse et de crainte saisit bien tôt les personnes assises autour de la table, j’entendais leurs paroles, je ressentais leurs terreurs, le médium était secoué avec force, la lumière rouge augmentait et diminuait à mesure, comme une force intelligente.
Une pesanteur nous envahissait, j’entendais des mur mures et de faibles soupirs...Quelque chose de mysté rieux planait dans la vaste chambre, des lueurs phos phorescentes illuminaient nos visages... on entendit même des voix... mais tous ces phénomènes ne pro venaient pas du médium,mais bien de « mon cabinet magique », dont la porte s’ouvrit brusquement... — Attention, m’écriai-je,sursautant sur mon fau teuil, placé hors de la chaîne magique!
Attention, au nom de Dieu ; ne rompez pas la chaîne, quoi qu’il arrive: il y va de votre vie et de celle du médium! Prenez garde ! » Et une forme blanche, lumineuse, apparût ascendant vers le plafond où elle se fondit en une boule blanche.
La boule blanche descendit vers ma tête, frisa de sa lumière mes cheveux et lentement, lentement, comme pour donner le temps aux assistants de se préparer à l’événement, au prodige miraculeux, se dirigea vers le médium secoué par destrances !
22 l’initiation — «Attention ! » m’écriai-je encore, et, mentale ment, je fis la prière magique! Je soupçonnai la vérité! Tout à coup le médium se dresse sur pieds, il est jeté contre la table, et, dans un tétanos, il demeure rigide, comme un cadavre. Je me précipite pour éviter des malheurs, mais je suis arrêté par un corps volumineux « jaune » qui passe avec une vélocité inouïe devant la boule blanche et disparait à nos yeux éblouis.
Un choc, une lutte suprême, incom préhensible pour les ignorants,eut lieu entre ces enti tés astrales d’un ordre supérieur ! Le médium calmé reprit son attitude précédente, et les assistants se rassirent, attendant encore d'« au tres » événements. Je revins dans mon fauteuil et, me repentant, j’adres sais des remerciements fervents à « Ceux » qui nous manifestèrent leur force, qui voulurent bien m’ini tier à leur existence !
Et alors je me prosternai humble devant celui qui a compté nos cheveux sur notre tête, et dont aucun ne sera perdu sans sa vo lonté. Punar-Bhava. (Docteur Creslaw Czynski.) (.4 suivre.)
P Astrologie, Astronomie, Hermétisme astral. Cours professé a l'École des sciences Hermétiques. (ier trimestre 1910.) (Suite.} Biologie astrale. Nous venons de passer en revue l’anatomie des corps astraux planétaires.
Nous avons vu leur place dans le ciel, nous avons analysé le zodiaque et ses 12 signes, route des Astres dans le ciel, nous avons déterminé le caractère général des 12 Maisons Astro logiques et leur influence sur les Planètes qui y habi tent ou s’y placent un moment, enfin nous avons dit un mot des relations de ces planètes entre elles ou aspects planétaires.
Mais le but des travaux de l’astrologue, c’est l’éta blissement de l’Horoscope, c'est-à-dire la détermina tion de l'influence du ciel sur l’être humain. Aussi devons-nous maintenant établir les rapports de l’homme et du ciel.
24 l’initiation Il y a d’abord les rapports fixes, ceux qui ne varient pas. Dans cette catégorie, nous signalerons les rap ports des signes du zodiaque et du corps physique de l'Homme. Le Bélier correspond à la Tète de l'Homme, le Taureau à ses épaules et ainsi de suite, d’après la figure suivante jusqu’aux pieds auxquels correspond le signe des Poissons. Pour se servir de cette correspondance, le moyen est des plus simples.
Le signe qui domine la nais sance indique la partie du corps physique la plus sujette aux troubles. Ainsi une personne née du 21 mars au 20 avril, soit sous le signe du Bélier, est sujette aux troubles de la tète et aux accidents de la tête. Une personne née sous le signe des Poissons est sujette aux accidents des pieds. Voici le tableau exact des correspondances des si gnes.
Afin de nous faire une idée de la signification des signes du zodiaque, nous devons les étudier séparé ment, nous rappelant que la révolution de la Terre amène successivement tous les douze signes en in fluence dans chaque jour de notre existence. Les signes sont ainsi qu’il suit :
PREMIERS ÉLÉMENTS b’ASTROSOPHIE 25 Cardinal I. Fixe IL Commun III. Le Bélier, gouvernant la Tête. Le Taureau, gouvernant le ( Cou et la Gorge. Les Gémeaux, gouvernant y les Poumons,les .paules \ et les Bras. N. I Terre | O Air ! Cardinal IV. Feu Fixe V. Eau ; Feu / \ sI Terre t \ Air Eau Commun Cardinal Fixe Commun Cardinal Fixe Commun VL VIL Le Cancer, gouvernant laX Poitrine et l’Estomac. Le Lion, gouvernant le I Cœur et le Dos. ?
La Vierge, gouvernant le ' Plexus Solaire. VIII. IX. X. XL XII. P »—• r, n ° La Balance, gouvernant les Reins. Le Scorpion, gouvernant le Système Générateur. Le Sagittaire,gouvernant les Cuisses. Le Capricorne, gouvernant les Genoux. Le Verseau,gouvernant les Jambes et les Chevilles. Les Poissons, gouvernant 1 n> les Pieds. G “C -1 O C~ c n 1 J Z* Z H <• ”• n y. Q *1 < P \ Eau z z Signification astrologique des Planètes (i).
Voici la signification astrologique des planètes: Saturne ï) est l'antithèse de la vie et de la vigueur. 11 donne des tendances à la concentration, à l'étude, à la réflexion, à la solitude; apportant toujours du poids au jugement et de la profondeur à l'imagina- (i) Fanny Bricaud, Éléments d'astrologie.
2Ô l'initiation tion. C’est l’ennemi du caractère primesautier et ex pansif, car il régit surtout, parmi les facultés, la réflexion et le raisonnement. Il gouverne les os, le foie et la rate. Ses vibrations sont froides, magnéti ques par nature, maléfiques au premier degré. Jupiter est le symbole de l’autorité, en tant que guide social, noble et paternel. Il donne franchise, loyauté, élévation d’esprit, ambition, amour-propre et réserve.
Il régit surtout les fonctions qui président à la loi, à l’ordre, au commerce et à la théologie. Il gouverne le système artériel du corps, et ses vibra tions sont électriques, donnant la santé, inspiratrices, tendant à la magnanimité en toutes choses, et bénéfi ques au premier degré. Mars (ÿ, le dieu de la guerre, est le symbole de la lutte, de l’énergie, de la destruction et de la comba tivité.
Il prédispose avant tout à Faction, à l’activité générale du sujet. Il régit principalement les passions et les appétits bestiaux, et gouverne l’organe sexuel extérieur, les muscles et les tendons. Ses vibrations sont électriques, ignées, éruptives, aiguës et tran chantes, tendant toujours à l’inflammation et à la mutation. Il est maléfique au deuxième degré.
Le Soleil © est le ^facteur le plus important de la vitalité; il est le centre de force de toutes choses. Il marque principalement l’essor glorieux de toutes les facultés; il pousse à l’ambition, aux honneurs, à la célébrité. Il régit les sources vitales chez l’homme et l’amour chez la femme, et gouverne le cœur. Ses vi brations sont chaudes, actives, électriques, péné trantes et aspirantes.
PREMIERS ÉLÉMENTS d'aSTROSOPHIE 27 Vénus 9 est le principal facteur de la sensualité et de l’art. Elle rend aimable, tendre, bénévole, aimant la gaieté et donne l'affection conjugale. Elle régit principalement le sens interne et les fonctions géné ratrices et a une influence toute spéciale sur le genre de maladies propres aux femmes. Elle gouverne les ovaires ou le système veineux.
Ses vibrations sont magnétiques, chaudes, bénéfiques au deuxième degré. Mercure ÿ est le principal significateur d’inteilectualité raisonnante. Il rend orateur, fin, entendu en affaires, savant, inventeur. Mais sa nature est con vertible, car il participe de la nature des planètes avec lesquelles il est en relation au moment de la naissance, et il devient bon, mauvais ou indifférent suivant les cas. Il régit la langue et le système ner veux.
Les vibrations sont variables. La Lune jQ vient après le soleil comme impor tance. Ceux qui naissent sous son influence directe, sont changeants, soumis, inoffensifs, inactifs, rê veurs, indifférents; leur caractère est dépourvu de toute initiative, de tout ce qui rend fort, énergique, résolu. Ils ne savent prendre aucune détermination virile.
Ils sont très mobiles, ennemis de la fixité, aimant à changer de place, de maison, de pays : leur stabilité leur est insupportable. La lune régit la force vitale de la femme et l'amour chez l’homme. Elle régit la poitrine, l’estomac et tout le système fluidique de l’organisme. Les vibrations sont magnétiques, froides, passives et formatrices.
28 l’initiation Toutes ces planètes sont classées en bénéfiques, maléfiques et neutres. Les Bénéfiques sont : Vénus et Jupiter. Les Maléfiques : Mars, Saturne. Les Neutres: le Soleil, Mercure et la Lune. Voici maintenant les douze signes représentant le zodiaque: Bélier . Taureau Gémeaux Cancer . Lion . . Vierge . Balance. Scorpion Sagittaire Capricorne Verseau. Poissons .
Y V H Q, "P Ill 3* £ X Les signes du zodiaque demandent comme les planètes une étude spéciale : Le Bélier y symbolise le sacrifice. C’est le sym bole de nos instincts. Les sujets nés sous ce signe sont intelligents, pleins d’ardeur, ont l’esprit agres sif, la volonté énergique et impérieuse. Ils sont hommes d’action, indomptables, insou mis, despotiques, irritables et querelleurs. Ils font d’excellents guerriers. Le Taureau y symbolise la fécondité et les forces
PREMIERS ÉLÉMENTS D’ASTROSOPHIE 29 procréatrices. II donne un caractère maussade et réservé, lent à se mettre en colère, puis violent et furieux, avide, porté aux plaisirs des sens. Il rend toutefois soigneux, persévérant. II préside aux in dustries et à leurs applications diverses, ainsi qu’aux facultés vivifiantes et fécondantes de la pensée silen cieuse. Les Gémeaux H symbolisent l'unité d’action, la force par l’union.
Ils donnent l’inspiration, l’énergie dans les en treprises, un grand désir d’apprendre, l’activité, beaucoup d’imagination et de raison, un caractère un peu léger et changeant mais honnête et généreux. Suivant l'éminent auteur de la Lumière d'Ègypte ce signe représente l’union de la raison et de l’intui tion et par suite l’état le plus élevé de l’humanité in carnée. Le Cancer <s$ symbolise le recul, la marche rétro grade.
II fait les sujets contradicteurs et aimant les paradoxes. Il influe sur les pouvoirs réflectifs dans l’homme et peut faire des médiums ayant l’inspira tion directe. Les personnes qu’influence ce signe sont timides, aiment à vivre retirées ; elles sont réfléchies et sensi tives. Leur complexion est pâle, délicate, féminine. Leur conversation est agréable et plaisante. Le Lion Q, est le symbole de la force et du cou rage.
Il domine sur le cœur, donne une grande force physique et une puissante énergie vitale. 11 rend généreux et sympathique ; fait des orateurs puis3o l'initiation sants, impulsifs, passionnés, à la volonté ardente et contagieuse, mais dont les idées dépassent toujours leurs moyens d'action. Leur esprit est hautain, résolu, fier, ambitieux. La Vierge np symbolise la chasteté.
Les sujets nés sous ce signe sont calmes, contents, satisfaits, ont l’amour de l’étude, de l’instruction et d’autre part ont le cerveau parfaitement organisé et doué de capacités intellectuelles supérieures. La Vierge donne l’espérance et le contentement de soi-même. Elle invite aux applications scientifiques et donne la com plexion sanguine et un tempérament irritable.
La Balance est le symbole de la justice, delà mesure, de la répartition, de l’équité. Elle donne la perception intérieure, balancée par l’intuition, la pré voyance et la raison. Les sujets nés sous son influence ont des idées de fraternité et d’égalité universelle, mais en théorie seulement ; il faudrait que cela leur profitât pour qu’ils les missent en pratique.
Il s’élèvent rarement à des positions élevées, par cela même qu’ils sont trop pondérés, trop équilibrés et sans grands mouvements passionnels. Ils com mandent le respect, aiment en tout le juste milieu, ne sont excessifs en rien, et partout sont très près de la sagesse. Ce signe donne une complexion fine, une nature bonne, aimable et douce. Le Scorpion irf symbolise les déceptions et la mort. Il fait exceller dans les facultés amoureuses, et porte à en abuser. 11 donne de nombreuses idées, des
PREMIERS ÉLÉMENTS D’ASTROSOPHIE 3l foules de projets et de conceptions nouvelles, une perception aiguë, une volonté positive. Les sujets excellent comme médecins, chirurgiens, chimistes, et sont aptes aux arts mécaniques. Ils sont corpulents et forts, égoïstes, fiers et réservés. Le Sagittaire =» est le symbole de la dualité de la nature. 11 donne des goûts de sport, de chasse sur tout.
Les sujets qu’il influence ont une certaine au torité mondaine. Il donne la puissance organisa trice de l’esprit, l’obéissance et l’aptitude au com mandement. Les sujets qu'il influence ont les décisions promp tes ; ils ont un grand empire sur eux-mêmes ; sont beaux de visages, vifs, énergiques, adroits, loyaux, généreux, charitables et aimant la liberté. Leur tempérament est ardent et leur caractère bien veillant.
Le Capricorne \ symbolise le péché. C’est aussi l’emblème de la servitude matérielle. Les sujets nés sous ce signe sont féconds en pro jets et toujours à l’affût des circonstances. Ils savent découvrir dans autrui tous les points faibles dont ils pourront profiter et bénéficier ; hypocrites et beaux parleurs, ils promettent toujours et ne tiennent pas leurs promesses.
Ils n’aiment point les travaux pé nibles et ne savent être énergiques que quand leur intérêt est en jeu. Ils sont réservés et subtils, quelquefois mélanco liques, égoïstes. Le Verseau est le symbole du jugement. Il re présente les phénomènes matériels et la science inl’initiation [Avril tuitive ou instinctive, limitée à ce qui est démon trable aux sens.
Les sujets nés sous son influence sont robustes, de tempérament sanguin, ont le teint clair ; ils sont élé gants, aimables, spirituels et distingués. Les Poissons T sont les symboles des flots agités et tumultueux. Ils donnent une sorte d'indiflerence mentale, d’insouciance presque complète ; aucun in térêt pour ce qui peut passionner les autres.
Les personnes nées sous ce signe ont le teint pâle, des yeux de poisson ; ils sont timides, pusillanimes, paisibles, inoflensifs et aptes à se laisser facilement influencer par leur entourage. Comme les planètes, les signes du zodiaque sont classés en bénéfiques et en maléfiques. Les Bénéfiques sont: Taureau, Cancer, Lion, Vierge, Sagittaire et Poissons. Les Maléfiques sont: Bélier, Gémeaux, Balance, Scorpion, Capricorne et Verseau.
Ils sont, de plus, classés en quatre triplicités, com prenant chacune trois signes correspondant aux quatre éléments : Feu, Air, Terre et Eau. Signes de Feu: Bélier, Lion, Sagittaire. — d’Air : Gémeaux, Balance, Verseau. de Terre: Taureau, Vierge, Capricorne. — d’Eau : Cancer, Scorpion, Poissons. On a de plus attribué avec raison les influences masculines à l’Air et au Feu, et féminines à la Terre et àl’Eau.
1QI0] PREMIERS ÉLÉMENTS d’aSTROSOPHIE 33 La Maison Astrologique. Indépendamment des planètes et des signes du zodiaque que nous venons d’étudier, il y a aussi les maisons solaires, c’est-à-dire la place qu’occupe sur la figure astrologique, chaque signe zodiacal. Il y en a, par conséquent, autant que de signes, c'est-à-dire douze. Chaque maison a. comme les signes, sa propre signification.
Dans la première on étudie tout ce qui a rapport à la conformation du consultant, à son tempérament, à son caractère, et à ses aptitudes, bonnes ou mau vaises. La seconde renseigne sur tout ce qui touche aux intérêts pécuniaires : gains, bénéfices detoutesnatures, commerce et transactions. La troisième s’étudie pour les présages relatifs aux petits voyages, aux déplacements, changements de lieux, ainsi qu’aux frères, aux proches parents.
La quatrième renseigne sur les parents (le père sur tout), et sur les biens, les héritages. La cinquième est consultée pour les enfants, les emplois et les spéculations. La sixième renseigne sur la famille en général, sur les subalternes de toute espèce, domestiques; sur les maladies et les luttes. La septième est la maison du mariage ; on y dé couvre également les inimitiés déclarées, les querelles, les ruptures d’association. 3
34 l’initiation Le huitième donne les présages relatifs aux biens imprévus, aux chagrins de toutes sortes, et à la mort naturelle ou violente. La neuvième indique les aptitudes scientifiques, les longs voyages, le sacerdoce, la religiosité, et les pro tections providentielles. La dixième indique la bonne ou mauvaise fortune du consultant, sa position sociale, sou élévation ou son abaissement.
La onzième est la maison des amis, des bienfaiI teurs, des associations, des protections de tous genres. La douzième indique les épreuves quelles qu’elles soient, inhérentes à toute vie humaine, les médi sances, les calomnies,des ennemis cachés, les exils et les captivités. Enfin, les maisons astrologiques sont divisées en NATURE DES DOUZE SIGNES Y Bilieux, mobile, plutôt stérile, feu, maison de c?
V Nerveux, fixe, stérile, terre, — 9 Vf Sanguin, commun, fécond, air, — J Lymphatique, mobile, fécond, eau, — £ Q, Bilieux, fixe, plutôt stérile, feu, — 0 np Nerveux, commun, stérile, terre, — ÿ tûs Sanguin, mobile, fécond, air, — O HX Sympathique, fixe, fécond, eau, — cf »» Bilieux, commun, plutôt stérile, feu, — 7/7 Nerveux, mobile, stérile, terre, — ï> æSanguin, fixe, fécond, air, — X Lymphatique,commun, fécond,eau, — 7/7 (de FA. B. C. de ïAstrologie, Chacornac, éditeur).
PREMIERS ÉLÉMENTS d’aSTROSOPHIE 35 QUALITÉS DES SIGNES {D'après Christian.') Air (signes d’). Gémeaux, Balance, Verseau. Le triangle marqué sur l'horoscope par la position de ces signes forme une trigonocratie gouvernée, en nativité diurne, par Saturne, et, en nativité nocturne, par Mer cure. (signes). Bélier, Taureau, Lion, moitié postérieure du Sagittaire, Capricorne. Automne (signes d’). Balance, Scorpion, Sagittaire. Dangereux (signes;.
Gémeaux, Balance, Verseau, surtout quand les Gémeaux sont sur un point cardinal. Doubles (signes), autrement dits bi-corporés ou communs. Gémeaux, Vierge, Sagittaire, Poissons. Eau (signes d'). Cancer, Scorpion, Poissons. Ces trois signes forment une trigonocratie gouvernée par Mars en nativité diurne ou nocturne. Equinoxiaux (signes). Bélier, Balance. Esprit supérieur (signes d’). surtout en maison X. Capricorne et Verseau. Été (signes d’).
Cancer, Lion, Vierge. Féminins (signes). Taureau, Cancer, Vierge, Scor pion, Capricorne et Poissons. Feu (signes de). Bélier, Lion, Sagittaires. Ces trois signes forment une trigonocratie gouvernée, en nativité diurne, par le Soleil, et, en nativité nocturne, par Jupiter. Fixes (signes)? Taureau, Lion, Scorpion, Verseau. Hiver (signes d’). Capricorne, Verseau, Poissons.
36 l’initiation ZTwznaïns (signes) Gémeaux, Vierge, Balance, moitié antérieure du Sagittaire, Verseau. Masculins (signes). Bélier, Gémeaux, Lion, Balance, Sagittaire, Verseau. Méridionaux (signes). Balance, Scorpion, Sagit taire, Capricorne, Verseau, Poissons. Mobiles (signes). Bélier, Cancer, Balance, Capri corne. Opiniâtreté (signe d’). Taureau. Passions (signes des). Bélier, Taureau, Lion, Scor pion, Capricorne. Printemps (signes du).
Bélier, Taureau. Gémeaux. Quadrupèdes (signes). Bélier, Taureau, Lion Sagit taire, Capricorne. Religiosité (signe de). Taureau, Balance, Poissons, surtout quand ils occupent la maison XI en nativité diurne ou nocturne. Reptiles (signes des). Cancer, Scorpion, Poissons. Royaux (signes). Bélier, Lion, Sagittaire. Septentrionaux (signes). Bélier, Taureau, Gémeaux, Cancer, Lion, Vierge. Solsticiaux (signes). Gancer, Capricorne. Terre (signes de).
Taureau, Vierge, Capricorne. Ces trois signes forment une trigonocratie gouvernée, en nativité diurne, par Vénus, et, en nativité nocturne, par la Lune. Violents (signes). Bélier, Balance, Scorpion, Capri corne, Verseau. ÉTABLISSMENT DE L’HOROSCOPE L’établissement de l’horoscope consiste simplement
PREMIERS ÉLÉMENTS d’aSTROSOPHIE 37 à déterminer la situation des Planètes au moment de la naissance, la situation des signes du zodiaque à ce moment par rapport aux maisons, enfin à détermi ner les renseignements qui découlent pour la vie du consultant des aspects des planètes et des rapports des maisons, des planètes et des signes. Plusieurs méthodes permettent d'obtenir ces résul tats.
On peut dessiner simplement un zodiaque et mar quer d’un trait sur ce zodiaque le signe de naissance et son degré. On obtient ainsi l’ascendant et, en comptant neuf signes en avant à partir de l’ascendant, on obtient le milieu du ciel. On pose la maison i sur l’ascendant et la maison io sur le milieu du ciel. C'est là la méthode généralement suivie par les astrologues anglais et leurs élèves.
On peut avoir un schéma du zodiaque dans l’inté rieur duquel on place en un cercle préparé les mai sons. C’est une variante un peu plus claire de la méthode précédente. Enfin on peut préparer un cercle fixe contenant les 12 maisons et inscrire en un cercle intérieures signes du zodiaque, en plaçant devant la maison i, le signe de la naissance.
Ainsi si le consultant est né le 22 juin c’est le signe des Gémeaux qui viendra se placer devant la maison i, c’est-à-dire à l’ascendant. C’est cette dernière méthode que nous recommendons particulièrement à nos lecteurs à cause de sa clarté et de l’immutabilité de la situation de la mai son 10 au milieu du ciel. Il faut du reste noter qu’on obtient les mêmes ré38 l’initiation ponsespar toutes les méthodes.
Il s’agit seulement de plus ou moins de clarté pour les lecteurs profanes et pour les commençants. LES DEGRÉS Chaque signe a 3o Degrés. On peut donc dire qu’un degré représente un jour du mois à peu de chose près.
Une personne née le 21 avril est née sur le pre mier degré du Taureau si l'on compte par signes ce qui est habituel ou sur le 3oe degré de la sphère si l'on compte tous les degrés de 1 à 36o°, c'est-à-dire si l’on calcule les longitudes. HOROSCOPES d’ÉTATS OU DE COLLECTIVITÉS A côté des horoscopes d’individus, les astrologues modernes calculent aussi les horoscopes de collecti vités (Familles, Villes, Etats, etc.).
Barlet donne dans ses travaux beaucoup d’exemples de ces applications. l’astrologie onomantique On a vu en établissant un horoscope que les rensei gnements prophétiques sont fournis par les positions des signes par rapport aux maisons, puis par la posi tion des planètes dans les signes et les maisons, enfin par les aspects des planètes entre elles.
Si l’on parvient à remplacer la Personnalité du consultant ou de celui pour lequel on érige un horos cope par un nombre, on conçoit qu’il sera facile de remplacer par des calculs simples tous les rapports des signes, des maisons et des planètes.
PREMIERS ÉLÉMENTS D’ASTROSOPHIE 3C) On aura ainsi un horoscope numéral ou kabbalistique facile à établir au moyen du Tarot. Tout nous r incite à croire que les Egyptiens utilisaient ample ment cette méthode. Dans l'invisible, il y a des familles spirituelles dont les rapports sont indiqués par le petit nom terrestre.
Tous les Charles, tous les Jean, toutes les Margue rites et toutes les Jeannes ont le même nombre comme caractéristique en astral et ont des traits communs dans le caractère et dans la vie. Le nom de famille peut être remplacé par le nom bre résultant de la date et du lieu de naissance.
Astrologiquement, un monsieur n’est pas Jules Dul’initiation 40 rand, de Paris, mais bien Jules de tel degré de latitude, de telle heure, telle minute et tel signe. Telles sont les bases de l’Astrologie Onomantique que Cagliostro s’est eiTorcé de reconstituer et dont il a laissé un manuscrit incomplet que le bibliothécaire Fig. 21. de l’Arsenal a cherché à reconstituer (Christian, Histoire de la Magie et l’Homme rouge des Tuile ries}.
Mais Christian a voulu combiner l’astrologie judiciaire à la kabbale astrologique du Tarot et il a conçu un ensemble presque impossible à mettre en pratique. Toutefois, Jacob, l’auteur du Tout Univer sel, est parvenu à résoudre une partie des difficultés
PREMIERS ÉLÉMENTS d'aSTROSOPHIE 4I de ki méthode de Christian. Notre ami Phaneg a fait à ce propos un beau résumé sous le titre à'Onomantie Astrologique. L’/Xstrologie onomantique est donc la plus haute conception possible de l’Astrologie, puis qu'elle ramène à leur principe numéral toutes les contingences terrestres et astrales, mais cette science est encore dans les limbes et nécessite une connais sance profonde de l'astronomie physique, de l’astro logie judiciaire et de la kabbale. Un astrologue qui fait de l’onomancie sans con naître l’astronomie ne peut obtenir que des résultats enfantins. Il fait du tirage des cartes déguisé. Il faut lui préférer de beaucoup l’astrologue ordinaire qui, lui, possède au moins des bases sérieuses pour ses calculs. Papus.
Les Curiosités de l’Occulte Les Vertus diverses de la Salive. Toute la puissance du méde cin occulte est dans la con science de sa volonté, et tout son art consiste à produire la foi dans son malade...... La médecine occulte est es- „ sentiellement sympathique. Elipiias Lévi. Depuis les temps les plus reculés, la salive a été magiquement employée comme remède; de nos jours encore, les sorciers, les guérisseurs, les toucheurs et même les rebouteux emploient souvent la salive ac compagnée d’incantations, et de formules magiques. La salive est souvent mise à contribution dans le Midi par les personnes qui pansent aussi du se cret. Elles font généralement des signes de croix à rebours avec le pouce de la main gauche imprégné de salive et prononcent les paroles magiques : « Tu anté, tu anteté, tu sepe?' anté ». Elles traitent par ce moyen les brûlures, entorses, foulures, maux de dents, etc.
LES CURIOSITÉS DE L’OCCULTE 43 L’homme primitif, lorsqu’il se blessait à la guerre ou à la chasse, devait commencer par lécher sa bles sure à l’instar des animaux. Nos ancêtres, croyant que le corps de l'homme renferme en lui-même les remèdes nécessaires à la guérison des maladies qui l’accablent, ne man quèrent pas d’employer la salive : on la trouve mentionnée dans les ouvrages les plus anciens de thérapeutique.
Pline le naturaliste rapporte comme un ancien usage celui de porter avec le doigt un peu de salive derrière l'oreille, pour bannir les soucis et les inquié tudes.
Lucain, dans le passage suivant (Livre IX, Pharsale), dit qu’un seul peuple africain reste « affranchi de la morsure des serpents, ce sont les Psylles (i) qui se mêlent aux Marmorides, ils joignent aux vertus des herbes la puissance de l’enchantement; leur sang même est incorruptible au venin et ils n’hésitent pas à reconnaître la légitimité de leur progéniture, en exposant l’enfant au contact et à la morsure des ser pents.
Si l’enfant se plaît avec les reptiles, joue avec eux, il est bien de race. « C’est lorsque quelqu’un a reçu l'atteinte mortelle des reptiles venimeux que le Psylle fait éclater les prodiges de son art. « De sa salive d'abord il trace l’endroit où senfer- (i) Les Giralvoi des environs de Syracuse prétendent.comme les anciens Psilles, guérir la morsure des serpents par leur salive. Ils portent un serpent dans leurs mains, comme les sta tues d’Esculape et d’Hygie.
l’initiation 44 mera le venin corrupteur, il l’enchaîne dans l’orifice de la plaie ; puis sa langue, avec une incessante vo lubilité, murmure des formules magiques qu’accom pagnent des flots d’écume.
« Le rapide effet du poison ne lui donne pas le temps de respirer; un seul instant de relâche, le malheu reux mordu cesserait d’exister. » Suétone (Les Dou^e Césars : Vespasien) parle de la guérison d'un aveugle, obtenue par ce prince au moyen de la salive. Tacite raconte également la gué rison d'un boiteux par le même prince et avec le même procédé. (Histoire, livre IV).
Lucius Vitellius, frère de l'empereur Aulus Vitellius, éprouvait une telle passion pour une affranchie, qu’il avalait sa salive mêlée avec du miel, comme remède, quand il souffrait de la gorge ; et ce n’était pas en secret, ni rarement, qu'il en usait ainsi, mais tous les jours et devant tout le monde.
Pétrone nous fait connaître que les sorcières de son époque pour faire recouvrer la puissance priapique à ceux qui l'avaient perdue, pétrissaient de la poussière avec leur salive et en marquaient le front de ceux qui étaient atteints de ce que nos pères ont appelé le « nouement de l’aiguillette ». Laissons la parole à l'arbitre des élégances: « La vieille tire de son sein un réseau tout bigarré de fil retors, qu’elle attache autour de son cou.
En suite, elle pétrit avec sa salive la poussière qu’elle prend sur le doigt du milieu, et, malgré ma répu gnance, mon front en est stigmatisé. Elle invo que le dieu des jardins et m’ordonne de cracher
LES CURIOSITÉS DE LOCCULTE 45 trois fois, de jeter par trois fois dans mon sein de petits cailloux qu’elle a magiquement préparés et teints de pourpre; puis ses mains interrogent l’organe malade. « Celui-ci, plus prompt que la parole, obéit à l’ap pel et remplit les mains de la vieille. Alors, tressail lant de joie : « Tu vois, dit-elle, tu vois, mais ce n’est pas pour moi que j’ai fait lever le lièvre. » (Satyricon, CXXXI).
Jean Bauhin (dans son Histoire de Naples,la rage des loups advenue l'an MDXC\ Montbéliard 1591), dit qu'on tient pour un remède précieux contre la morsure des chiens enragés, une noix mâchée par un homme à jeun, et mise sur la morsure (1).
A l'article Homo du Traité Universel des drogues simples de Lemery (dix-huitième siècle) nous lisons: « La salive d’un jeune homme bien sain, à jeun, est bonne pour les morsures des serpents et du chien enragé (2). » Albert le Grand dit également qu’il faut qu’elle soit d’un homme à jeun, et qui ait demeuré longtemps sans boire.
Chirkh Daoud écrit : « La salive de l’homme tue les scorpions et endort les serpents, la salive du jeû neur est bonne pour les verrues et les maladies de la (1) Cabanes, Remèdes de Bonnes femmes. (2) Figuier assure qu’il a tué plusieurs serpents d’un petit coup de bâton mouillé de salive; et il ajoute que le coup qu’il donnait pouvait à peine occasionner une contusion.
Et M. Salgues dit à ce sujet qu’il est possible de tuer les vipères avec un peu de salive, mais qu’il est à propos d’y ajouter un bon coup de bâton. (Collin de Plancy.)
l’initiation 46 peau; pour les dartres, il faut la mélangera de la fiente d’oiseaux. Les médecins arabes affirment même que, mêlée avec du mercure, elle en enlève la malignité, et qu’en la respirant seulement, un pestiféré peut être sauvé. Le papyrus de Nesiamsou contient une conjuration, sorte d’envoûtement pour aider le dieu Rà dans sa lutte quotidienne contre Apophis, l'esprit du mal, où le crachat est mis à contribution.
On fabriquait une statuette en cire au nom d’Apophis sous forme de crocodile. Le nom du dieu était écrit à l’encre verte sur cette statuette qu’enveloppait un papyrus où la silhouette d’Apophis était destinée.
On crachait sur la statuette, on la tailladait avec un couteau de pierre, on la jetait à terre ; alors le prêtre l’écrasait du pied gauche à plusieurs reprises et la brûlait sur un bûcher de plantes à propriétés magiques, Lorsque les sorciers renoncent au diable,dit Collin de Piancy, ils crachent trois fois à terre; ils assurent que le diable n’a plus alors aucun pouvoir sur eux; ils crachent encore lorsqu’ils guérissent des écrouelles, et lorsqu’on élève l’hostie consacrée à la messe.
Les Anciens avaient l'habitude de cracher trois fois dans leur sein pour se préserver de tous charmes et fascinations (Boguet, Discours des sorciers). Cracher sur soi : mauvais présage. Chez les Indous, dans certains charmes conciliatoires la salive ou le crachat remplit un rôle impor tant.
On marche vers la personne une pierre en main, on la pose à terre; on crache dessus ou tout autour, la pierre est censée la fondation nouvelle d'une affecLES CURIOSITÉS DE L’OCCULTE 47 tion un instant ébranlée ; le mortier qui doit la fixer est gâché de la salive, c'est-à-dire de la substance même de l’intéressé. Presque tous les peuples emploient la salive comme agent thérapeutique.
Les sorciers sénégalais guéris sent les maux de tête et les névralgies faciales en marmottant certaines conjurations et en crachant à la ligure de la malade avec de petits crachements. Dans les accouchements difficiles, certains peuples musulmans font appeler un marabout qui récite quelques versets du Coran, crache à la face de la pa tiente et s’en va.
Les sorciers kirghises, qui supposent que toutes les maladies sont produites par des démons, guéris sent leurs malades en les fouettant jusqu'au sang et en leur crachant au visage. Les sorciers de la Nouvelle-Calédonie extirpent le mal en crachant sur la figure et sur différentes autres parties du corps du malade certaines herbes qu’ils ont longtemps mâchées.
Les sorciers nègres du Haut-Ogôoué crachent sur la figure des jeunes bébés malades des herbes mâ chées. Lorsque les noirs sénégalais, à la suite d’une bles sure, vont trouver le sorcier, le premier soin de celuici est de cracher à plusieurs reprises sur les parties meurtries ou blessées.
Certains marabouts sénégalais, pour faire revenir un épileptique, étendent le malade sur le dos, ramas sent un petit caillou qu’ils lui jettent sur le nombril, et crachent en même temps sur cette partie du corps
48 l’initiation [Avril en marmottant quelques paroles. Pour les maux de dents, une sorcière s’accroupit à terre, fait placer le malade à sa droite, trace quelques signes sur le sable, et avec cette salive et la poussière, forme une sorte de boue, dont elle frotte la joue malade du patient.
Le docteur Engelmann nous dit qu'il existe à Ta hiti des hommes et des femmes qui exercent la pro fession originale de suçeurs d’oreilles et de narines à l’usage des nouveau-nés. On peut lire encore le passage suivant dans le qua rante-neuvième volume du Dictionnaire des sciences médicales (1820). « L’usage extérieur de la salive est connu depuis plusieurs siècles. Elle est considérée comme détersive et résolutive.
Quelques auteurs,d'après Galien, disent que l’on guérit certaines espèces de dartres en les frot tant et en les oignant de salive d'un homme à jeun.
Il y a des médecins qui ont recommandé, dans l’éry sipèle pustuleux, d’y appliquer des racines de bour rache mâchées à jeun; ils ont dit aussi que les érysi pèle, mouillés de temps en temps de salive, ne persé véraient pas. r « On a également conseillé, contre l’albugo com mençant chez les enfants, l’application sur l’œil de la gomme ammoniaque mâchée à jeun par une per sonne saine.
Il est constant, d’après l’expérience, dit Antoine Nuck (De ductu salivali novo}, que si, tous les matins, durant quelques jours de suite,on oint de salive les cors et les durillons des pieds, ils s’amol lissent et se dissipent aisément. On dit aussi qu’on
1910] LES CURIOSITÉS DE LOCCULTE 49 a vu plus d’une fois les verrues et les poireaux dispa raître par le meme moyen. « Bien plus, ajoute-t-on, en se frottant, le matin, de sa propre salive, la partie attaquée de la goutte, on prévient les retours de cette affection. Si Ion frotte souvent de ce fluide les nodus et les ganglions du carpe, ils s’évanouissent. « Du blé mâché, bien mêlé de salive et appliqué sur les clous, les mûrit.
« Pour effacer les taches de naissance, on conseille d’employer tous les jours la salive. La gale, les feux volages et la plupart des maladies de la peau se dissi pent, assure-on, par l’application de la salive. Certains ulcères guérissent aussi parle seul usage de la salive.
Les animaux, et les chiens plus particulièrement, guérissent très promptement leurs blessures par les fréquentes ablutions de salive qu’ils font sur leurs plaies en les léchant avec la langue. Les vers qui s'engendrent dans l’oreille ne résistent pas à ce remède. » Nous puiserons encore dans les travaux si docu mentés des docteurs Cabanès et Barraud au sujet de l’application médicale de la salive.
Les nourrices ont coutume de frictionner le visage de leurs nourrissons avec la salive pour les décrasser. 11 est de tradition que pour faire disparaître les tachés de naissance de son enfant, l’accouchée doit les lécher à jeun, le matin, et ce, pendant les neuf premiers jours qui suivent la naissance. On assure que plusieurs personnes se sont guéries d’hémorroïdes dont elles étaient depuis longtemps incommodées en 4
5o l’initiation les frottant à différentes reprises « avec du papier mouillé de salive ».
Les éphémérides nous rapportent une observation sur les qualités fébrifuges de la salive : un docteur Muschel, de Moschau, dit avoir connu un homme qui guérissait les fièvres intermittentes avec du pain mé langé à du sel commun, qu’il faisait mâcher et imbi ber de salive par un homme sain, à jeun ; on en confectionnait des pilules qu'on faisait avaler aux malades, ce qui dissipait incontinent l’accès fé brile.
C’est dans ces mêmes éphémérides que se trouve le récit d’un docteur Hunerwolff, qui conte qu’un de ses frères se fit au cours d'une dissection, une blessure à la cornée ; il s’en échappa une quantité d’humeur aqueuse. Le seul remède qu’on employa contre cet accident fut que sa mère, le matin à jeun, lui lécha doucement pendant quelques jours l’endroit de la plaie, ce qui le guérit très promptement.
Pour faire disparaître les poireaux (verrues), les frotter neuf jours durant, chaque matin à jeun, avec sa salive ; on doit, de plus, après avoir mouillé les poireaux avec de la salive, les mettre en contact avec la main d'une autre personne, jetant en même temps un peu de paille dans l’eau; la paille étant pourrie, les poireaux seront transplantés sur cette personne.
Il faut lécher les éruptions de la peau pour les gué rir, moyen souvent employé. Lécher les enflures pro duites par les morsures des insectes et les brûlures peu sérieuses {Revue des Traditions Populaires). A Sumatra, nous apprend M. Bordier, les Orang-KouLES CURIOSITÉS DE l’OCCULTE 5l bous lèchent eux-mêmes certaines plaies, pour mieux les enduire de salive.
Quelques auteurs assurent que, si une femme qui a ses règles, mâche un morceau de pain et l’imprègne de sa salive, et qu’elle le donne à avaler à une autre, chez qui les «ordinaires» sont supprimées, l'amé norrhée disparaît comme par enchantement et le flux cataménial se rétablit aussitôt. Le docteur G.-A.
Castomiri, professeur agrégé à Athènes, dans un intéressant article lu, en 1888, au Congrès français d'ophtalmologie, a cité plusieurs cas d'affections oculaires, guéris au moyen du léchement humain. [Procédé d'Esculape ou du lèchement comme méthode thérapeutique oculaire}.
Voici comment il narre le fait : « Laffite raconte dans son livre de voyage qu’un naufrage l’ayant jeté sur la côte d’Afrique, il se trouva au milieu d’une tribu d’anthropophages dont tous les enfants étaient atteints d’ophtalmie grave.
Pour tâcher de les soulager, il enduisait de miel leurs paupières et les négresses alléchées par le sucre du miel léchaient à plusieurs reprises les paupières de leurs enfants, qui tous, après quelques jours, étaient guéris ou amé liorés. « Il me semble, messieurs, que c’est à l’action de lécher et non au miel qu’il faut attribuer cette guéri son, et je m’en vais essayer de vous persuader.
« En Grèce..., le populaire a conservé ce procédé ; et si ce n’est plus un chien ou un dragon qui opère, c’est un humain qui lèche. Le préjugé populaire réclame pour cet office un lécheur bien portant : sa
52 l'initiation bouche ne doit exhaler aucune odeur désagréable ; il ne doit pas fumer ; et si on emploie une femme à cette opération, on s’assure scrupuleusement qu’elle n’est pas dans sa période menstruelle. On préfère une jeune fille ou un jeune garçon, et surtout un membre de la famille.
Et voyez combien le peuple, sans avoir aucune idée de nos microbes, s’entoure de précau tions ; le lécheur ou la lécheuse, à jeun, se lave soi gneusement la bouche et mâche de la rue qui, croit-il, débarrassera sa langue de germes nuisibles, en même temps qu’elle sera d’une réelle utilité pour l’œil malade. Ainsi préparé, le lécheur entr’ouvre les pau pières et, après avoir craché la rue, se met à lécher son malade.
Cette opération est faite une fois par jour, et chaque séance compte de dix à quarante reprises.
Depuis sept ans dans plusieurs cas de taies de la cornée, de kératites panneuses et parenchymateuses, d’ulcères chroniques et dans un cas de kératocomes, ce procédé m’a donné des résultats fort satisfaisants. » Lorsque les jeunes enfants kabyles ont des ophtal mies, ce qui est assez fréquent dans cette contrée de l’Afrique septentrionale, les mères les guérissent en léchant les yeux de leurs petits bambins.
A Bordeaux, il existe des guérisseurs qui, pour enlever les maux de gorge, crachent dans la bouche de leurs malades. A Ludon (Gironde), il y avait dernièrement un empirique qui pour soulager les maux de dents, mouillait son doigt de salive, et tou chait ensuite, avec celui-ci, la dent malade. Dans le Limousin, pour guérir les coliques, on
LES CURIOSITÉS DE L’OCCULTE 53 marmotte des prières, et on crache sur le nombril du malade. Dans les Ardennes, la salive sert à guérir tous les maux des yeux, les entorses, les douleurs etc. Dans les Hautes-Vosges, pour faire disparaître une tumeur, on la frictionne à maintes reprises avec de la salive. Dans le même pays, si vous avez un point de côté, il vous est conseillé de soulever une grosse pierre, et, avant de la laisser retomber, de cracher au beau milieu de l’empreinte qu’elle a laissée sur le sol : le mal se dissipera aussitôt. Dans l'Ille-et-Vilaine, le Lot, les Landes, les rebouteursguérissent les écrouelles en les badigeonnant avec de la salive. Dans la Haute-Bretagne, ceux qui pansent des dartres, mettent dans le creux de leur main de la cendre de tabac et crachent dessus étant à jeun ; puis avec leur doigt, ils font une onction tout autour de la dartre, en disant : Dartres, dartres, vous vous en irez Comme il est vrai que je dis la vérité. Cette opération doit être répétée trois fois de suite, l’opérateur étant à jeun. D’autres, qui ont aussi le pouvoir de guérir les dartres, mettent du sel dans leur bouche, et l’étendent sur l'endroit malade. Dans les Hautes-Vosges, on applique sur les clous un cataplasme de grains de froment, réduit en pâte par une mastication prolongée. Lavez tous les matins la figure de vos petits enfants avec de la salive, si vous désirez qu’ils aient le teint
l'initiation 54 rosé et une jolie peau. Les nourrices périgourdines, avant de donner le sein à l’enfant, mouillent le bout de salive afin de le rendre plus mou. Les jeunes mères anglaises en font de même. Pour arrêter la surdité et guérir les maux d’oreilles, les paysans périgourdins mouillent le matin à jeun un doigt de salive et se le passent ensuite dans les oreilles. C. B.
L’Essor moderne vers l’idéal des Temps nouveaux Les perspectives nouvelles de la Pensée Moderne. L’Universa lisme. Monisme intégral ou Panmonisme. Problème moral. Problème scientifique. Problèmesocial.Lesloisuniversellesde la Nature et de la Vie. Les destinées de l’Être et de l’Humanité, par Paul Nord (Librairie Arnaud, 26, avenue de l’Opéra. Paris).
Des hommes à l’esprit éclairé, pionniers ardents de l’humanité, examinant avec attention les divergen ces que présentent actuellement les Sciences et la Religion, en arrivèrent à conclure que ces divergen ces n’étaient qu’apparentes, ne provenaient que d’une erreur d’optique sur le plan physico-spirituel de l’hu manité contemporaine et que viendrait une ère où la Science et la Religion se retrouveraient sur le même terrain, vers lequel elles convergent aujourd’hui, par les voies différentes de l’Analyse et de la Synthèse, qu’enfinelles se fondraient l’une à l’autre, pour recon naître, dans une vaste synthèse des lois de l’Univers, l’Unité Primordiale, le Monisme Intégral de la Vie. Notre excellent maître Papus, l’occultiste distingué,
56 l’initiation Édouard Schuré et quelques autres profonds écrivains voyants des temps à venir, ont, dans leurs nombreux travaux, annoncé, sans s’v arrêter, la fusion future des Sciences et de la Religion dans cette vaste synthèse philosophique qui était jadis enseignée dans les cen tres initiatiques à ceux qui s’étaient rendus dignes de la connaître, mais entraînés vers d’autres horizonspar la diversité féconde de leurs œuvres, ils n’ont pu se consacrer entièrement à développer, à faire connaître les moyens qui hâteraient ce mouvement de jonction si important pour notre humanité.
« Ce que les pères ne font pas, dit un vieil adage, les fils le réalisent.» et, en effet, voiciqu’un jeune occultiste, notre ami, notre frère, Paul Nord, nous offre aujourd’huidans le volume l’Essot' moderne vers l'idéal des Temps Nouveaux, publiéparla Société Universaliste : Confédération humanitaire internationale, dont il est le secrétaire général, les prémices d'une œuvre considérable, où la vaste conception de cette synthèse à réaliser est développée avec un profond talent et établie au moyen d’arguments irréfutables empruntés aux sciences et à la philosophie modernes.
Paul Nord est un savant, la lecture de son livre démontre qu’il a su (ce qui est rare) s'assimiler, à la fois, les éléments les plus abstraits’de diverses scien ces plus abstraites encore, mais sous l’enveloppe du savant plongé dans les arcanes de la géométrie et de l’algèbre, de la chimie et de la dynamique, nécessaires à démontrer victorieusement, dans sa thèse, l’existence de l’Unité et le règne de cette Unité Consciente dans l’Univers, sous l’enveloppe du sal’essor MODERNE VERS l'idéal DES TEMPS NOUVEAUX 57 vant bouillonne un cœur vibrant de poète, une âme convaincue d'apùtredc l’idéal.
Aussi son livre renferme-t il des pages où le lyrisme le plus ardent s’allie harmonieusementàla sécheresse obligatoire des formules mathématiques, pour procla mer la doctrine synthétique de l’Unité de la Vie, de l’Ètre, VAbsolu. Que dirons-nous de l’occultiste qu’est Paul Nord ?
Les études sur les forces psychiques, la constitution de l'homme intégral, les lumières cosmiques (physi que, astrale, spirituelle) les Mystères du Verbe, l’ini tiation celtique, les arcanes des nombres et des lettres qu'il nous présente dans son livre, le classent parmi les plus brillants et profonds initiateurs contempo rains.
L'Essor Moderne est donc un des plus remarqua bles jalons placés sur la route ascendante de l’esprit humain, tendant à la Réintégration radieuse et finale, par l’élite des penseurs de notre humanité, pour mar quer chacune de ses étapes vers l’Unité.
L'analyse de ce profond travail de synthèse serait trop longue à faire ici, car tout y serait à noter, tout à citer ; bornons-nous, la place nous faisant défaut, à dire que Paul Nord, après avoir dégagé des sciences et philosophie positiviste contemporaines leurs ten dances à l’Unité, démontre par les éléments de ces scienceset philosophieelles-mêmes,puis parla Science Occulte, l’existence de cette Unité, en étudiant sur le plan matériel ; la constitution de la Matière ; sur le plan astral : la Vie et la destinée des Astres, les for ces que l’Univers renferme, celles que l’homme
58 l’initiation rayonne et celles qui réagissent sur lui ; sur le plan spirituel : les origines et les fins des Univers, dont le but unique est le développement à la pleineconscience de la Force aveugle etfatale au début, lorsqu’elle évo luait dans les Univers matériels, mais ce monisme in tégral est autrement élevé et fécond que celui d’Hæckel.
C’est sous la juste dénomination à'Universalisme que Paul Nord expose la conception unitaire des anciens centres initiatiques, conception qu'il recon naît, du reste, leur avoir emprunté, mais il y fait entrer des éléments nouveaux choisis, avec un éclectisme éclairé, parmi les nombreux matériaux du vaste édifice des Sciences Modernes et parmi ceux également de la Vie Sociale, dont il résoud, en outre par un humani tarisme profond et rationnel, et avec une grande habi leté, une ferme raison, la menaçante question.
A l’heure sombre où toutes les religions, rongées par leurs appétits égoïstes et leur folie de domination, roulent aux gémonies de l’histoire, sous l'indifférence ou le juste mépris de leurs serfs d'hier, aujourd'hui libérés ; à l’heure où la Science, arrivée aux limites de l’analyse, se heurte aux murs de la prison qu’elle s’est elle-même construite dans sa peur enfantine de A l’Etre Suprême, le livre l'EssoY Moderne (de la Pen sée) vers l'idéal des Temps nouveaux est comme le formidable cri de ralliement poussé dans la Nuit de l’incertitude contemporaine par Paul Nord à tous ceux qui, à quelque foi pure ou quelque idéal trans cendant qu'ils se rattachent, entrevoient, au delà de lutte brutale, bestiale de la Vie actuelle, une ère de
l’essor moderne vers l’idéal des temps nouveaux 5g victoire sur les errements scientifiques ou religieux du passé, et de Paix Sereine dans le sein radieux de l’Unité, de l’Absolu, du Père. * M * Un mot en terminant sur la Confédération Huma nitaire Internationale dans notre maître Papus est un des membres d’honneur et dont Paul Nord est le Secrétaire général, 86, ’ Boulevard du Port-Royal, Paris.
Le but de cette Société est simple : c’est la rechercos de l'Un?té humaine afin d’élaborer la synthèse des Sciences et des Philosophies dans l’Unité Universelle. Ses tendances ? Union fédérale de toutes les doctri nes et de toutes les écoles dans la Conception de l’Unité ou rUniversalisme. Adhésion : Toute morale, pas de cotisations.
Organisation : Liberté absolue, impartialité, im personnalité (etc’est là comme le sceau du véritable occultiste) sincérité, indépendance.
Pour plus de renseignements, s’adresser à l’adresse ci-dessus. ★ * * Membre nous-même de la Confédération Hutnanitaire internationale, uni à Paul Nord par des liens amicaux, qui nous ont permis d’apprécier cette âme loyale et débordante d’amour, pleine d’abnégation et dévouée à toutes les nobles causesetàtous sans arrièrepensée, sans calcul, sans esprit sectaire voilé sous
6o l’initiation une humilité de surface, nous la ’préconisons à tous ceux qui, esprits libres, consciences droites, aspirent sans aucune ambition au mieux-être de tous et à la Conquête du radieux Saint-Graal, en des mondes de lumière et de bonheur, étapes premières vers l’éblouis sante Unité Divine! Combes Léon. * * ¥ Nos lecteurs liront ci-après un article de Paul Nord sur le Théâtre d'idées. Nous sommes heureux de pouvoir souhaiter ici un grand succès à cette œuvre de régénération artistique et sociale, et nous convions tous les spiritualistes à quelqueécole qu'ils appartiennent, à se rendre en foule à cette manifestation brillante de leurs idées, à cette manifestation de la pensée transcendante et de l’idéal français entrant dans une voie nouvelle toute illumi née d’aurore. C. L.
fe grand événement spiritualiste Nous sommes heureux d'informer les lecteurs de iInitiation qu'un nouveau théâtre, favorable présage de l'Essor moderne vers l'idéal des Temps Nouveaux, vient de se fonder à Paris sous la direction d'une brillante artiste : Mme Hélène Zlatow, martiniste distinguée, et d’un comité de direction composé des personnalités en vue du mouvement spiritualiste con temporain. Ce théâtre a pris le titre de « THÉÂTRE D’IDÉES » et doit être le porte-parole sur la scène française des idées et de l’idéal des temps nouveaux. Le Théâtre d'idées se propose ce triple but : i° But artistique et moral : Exposer sous une forme châtiée et vivante des idées élevées. 2° But féministe : Permettre aux femmes de faire du théâtre et de l’art en gardant leur dignité morale. 3° But social : Associer coopérativement le capital et le travail. Le capital intellectuel (le talent de l’auteur) et le travail artistique (le talent des acteurs).
Ó2 l'initiation Ainsi donc le Théâtre d'idées moral et social dans son but et dans ses moyens se présente à la fois comme une œuvre artistique et sociale où toutes les idées généreuses pourront se faire jour. Enfin une ère nouvelle se prépare !...
Trop longtemps notre génie a été amoindri, sinon étouffé, par les œuvres théâtrales où le seul intérêt consistait en l'adultère de Mme X. ou les frasques extra-conjugales de M. Y.; trop longtemps nous avons vu la sottise ou la pornograph ie s’étaler sur nos scènes en renom, trop longtemps nous avons subi des œuvres où les bas instincts et les conceptions matérialistes se confondaient en une hideuse union, dégageant des poisons délétères pour les principes supérieurs des générations, qui vont les écouter et y puiser peut-être des enseignements, des leçons...
La fin du dix-neuvième siècle et le commenccmen t du vingtième ont vu le triomphe de cette conception monstrueuse : l'Humanité reniant son Créateur; ils ont vu le triomphe de cette honteuse philosophie : « Le Veau d’or est tout et tout doit concourir à le déifier ou à en vivre. ».
Plus d’idéal, plus de hautes pensées, plus de grandes et généreuses passions, et certainement, de l’Au delà, les Génies protecteurs intellectue ls de notre race : les Corneille, Racine, Lamartine, Hugo, Musset, etc., ont dû bien souvent se demander avec angoisse à quoi avaient servi les admirables œuvres qu’ils nous ont léguées; ils ont dû contempler, l’esprit sombrant sous la désespérance, eux, les géants, les œuvres des pyg mées nés après eux.
UN GRAND ÉVÉNEMENT SPIRITUALISTE 63 Heureusement ces temps vont finir et le Théâtre d'idées va reprendre ferme et haut en sa main le Dra peau de l’idéal de la pensée et des lettres françaises tombée dans le ruisseau du matérialisme. C'est probablement au Théâtre-Michel que le Théâtre d'idées inaugurera à Paris, le icr samedi de juin, son noble programme. Quatre pièces en prose en un acte y seront jouées.
Les voici par ordre du spectacle : i° La Boîte aux lettres de Mlle Adèle Xenopol: 2" Seconde vie, un acte de M. Henry Devris sur le problème de l’égalité des sexes dans la morale; 3" Par la bombe ! Pièce dramatique de Mlle Lydie de Pessaryewski et de M. Combes Léon, sur le terro risme et le féminisme. 4° L'A utre! drame occulte en un acte, deM.
Combes Léon, très curieuse et poignante étude sur les effets terrifiants de l’éthéromanie et les phénomènes mys térieux delà possession astrale. C’est Mlle Gallay, la remarquable artiste du Gym nase, créatrice de la Porteuse de pain, qui jouera le principal rôle de ! Autre.
On peut dès aujourd’hui retenir des places (10 fr., 5 fr. et 3 fr.) chez Mlle Hélène Zlatoff, directrice du Théâtre d'idées, membre du Comité exécutif de la Libre pensée, io,rue Léopold-Robert, Paris. Pour tous renseignements, s’adresser à l’adresse ci-dessus. Paul Nord.
La Puissance Mantrasique (Suite.) Maintenant, examinons la puissance Mantrasique sous un aspect plus métaphysique. Aspect d'une es sence plus intellectuelle. Supposons que l’artiste, par ses facultés et par la virginité de son inspiration, ait vaincu les « heu reuses impossibilités » du Monde Sensible: construc tion, exécution, compréhension.
Son œuvre a donc le précieux trésor du Monde des Idées, incrusté en ses formes, et la Magie des sons répand son ambiance fluide, esthétique, l’envelop pant d'un parfum paradisiaque. Le Mantram existe : il est là,palpitant,dans l'œuvre. Selon qu’il appartient à l’un des cinq Pouvoirs issus du Monde des Idées, il va se présenter sous cinq aspects : le révélé, le condensé, l’intelligent, l’abstrait et le concret.
On pourrait dire encore que le révélé, l’intelligent et l’abstrait, synthétisent la puissance mantrasique Spirituelle, alors que le condensé et le concret fixent le Mantram matériel. Le Mantram « révélé », c’est l’incarnation vierge du thème inspiré. Il est révélé, parce que le plus élevé. Il se recon naît à un maximum d’intensité uni à un maximum de simplicité : un grand effet obtenu avec un thème
igio] LA PUISSANCE MANTRASIQUE 65 simple, presque sans moyens, comme si l’inspiration refusait les joyaux de la matérialisation des idées, les richesses et les somptuosités du Monde Sensible à cette Forme « révélée ». Tel est le sceau, qui, apposé sur la conscience même des êtres, stigmatise la Beauté jusqu’aux fibres vierges des profondeurs de l’âme.
Ainsi l'Art grec porte les stigmates de cette Beauté. * * * Si le Mantram révélé paraît être un Mantram de tous les âges, le Mantram intelligent est pour ainsi dire un Mantram de race. Le Mantram intelligent agit sur les vibrations per sonnelles des êtres, dont il différencie les stades intel lectuels, grâce aux affinités concordantes que chacun d’eux renferme.
Il s’adresse à une élite qui, quoique gravitant autour de synthèses différentes et déjà évo luées, est néanmoins préparée, éduquée et mise au courant des vibrations qu’elle va recevoir. Le Mantram intelligent passe ainsi au travers de l’évolution du goût, de la technique et de la quasipsychologie de l’œuvre, pour frapper avec plus ou moins d’intensité des êtres, dont l’ensemble des qua lités compréhensives est plus ou moins développé.
Le Mantram intelligent se reconnaît à une mise en œuvre particulière, caractéristique et propre à la race à laquelle l’œuvre appartient. ★ 4 4 Le troisième aspect de la puissance Mantrasique
66 l’initiation Spirituelle est le Mantram abstrait ou « la révéla tion intérieure ». C’est le Mantram qui agit sur les forces cachées de l’être, par une transposition de la pensée, qui, de ré ceptacle, devient tabernacle. Il agit sur la penséeréceptacle.
Et la pensée-réceptacle ainsi fécondée, reconstitue le Monde des Idées, un Monde des Idées ou une idée de ce monde, peut-être, mais sûrement un point immuable, une certitude, une foi ; et de ce tabernacle édifié parla pensée, sort dans un éblouis sement le Mantram abstrait qui existe en dehors de l’œuvre et que l'être peut invoquer comme son Dieu intérieur. ★ 4 * Le Mantram condensé est le Mantram mathéma tique.
Interprété par des visionnaires, des mages ou des philosophes, il réfléchitdans le Microcosme ce quia été vu, déduit ou imaginé par eux dans le Macrocosme. Le plus souvent, il est construit par concordances ou correspondances, sur une seule ligne sonore, qui comme un fil se déroule, unissant sur la Terre les sons aux sons, comme « là-bas » sont unis les Mondes aux Mondes, les éléments aux éléments.
Grâce à la concordance et à l’exactitude des rap ports, le Mantram condensé, pris comme Micro cosme, est aidé par la puissance Mantrasique du Macroscome qui descend sympathiquement dans le tabernacle ainsi préparé. Alors, le rituel magique des sons agit sur les vibraLA PUISSANCE MANTRASIQUE 67 lions de notre Monde Sensible, sur les formes de notre Monde Matériel.
« » • Enfin le Mantram concret est celui qui s'extério rise. qui vibre et qui prend par leur côté mystique et presque superstitieux la grande échelle des êtres sou mis à son ambiance. C’est un peu le Mantram collec tif, lame des foules, ce qui excite les héroïsmes mili tants : un grand effet sortant d’une petite cause. Mais, sur la puissance Mantrasique et sur les dis sertations qu'elle entraîne, une Grande Pensée plane, qui résume tout.
Cette Pensée issue du Dieu-Un est le « MantramUn ». Lorsqu’il existe par le génie, le génie est Un, l’œuvre de génie est Une; et la Puissance du génie contient tous les Mantrams parce qu’elle restitue in tégralement l’ensemble de nos facultés dans une im mense et prodigieuse synthèse. L’œuvre de génie, non seulement se devine par l'intelligence et se déduit par la raison, mais se prouve par des actes.
Et cette « preuve », c’est la puissance Mantrasique. * * ♦ • Les cinq Mantrams dont je viens de parler sont, pour ainsi dire, cinq principes intérieurs, latents et potentiels gardés par l’œuvre. Ils existent, lorsque l’unité des facultés artistiques comprend dans sa syn thèse le Monde des Idées et jouit alors des formes construites par lui dans l’œuvre d’art. Ainsi j’ai voulu
68 l’initiation tenir la puissance Mantrasiquc dans un idéal méta physique, sur un plan subjectif et où l’attraction des causes et les effets qui en résultent sont « invisibles », « insensibles » aux affinités non compréhensives. * » » Je terminerai cette petite étude en me penchant un instant sur l’angoissant problème qui tient en sus pens une partie de l’humanité occulte : le Mantram phénoménal; celui qui agit sur la matière par l’un de ses éléments, et qui, par son rituel, soumet, rompt, désagrège cette matière.
D’abord, qu'est-ce que le Mantram phénoménal? Objectivement, d’après les livres anciens pieuse ment recueillis, il nous apparaît comme une ligne mélodique ou plutôt « mélopée ». qui, par sa mathé matique, sa métrique, ses sons, mettait en vibration une des hiérarchies supérieures des éléments: celle dont on invoquait la puissance. Le phénomène s’accomplissait au vu et au su de tous; il était l’évidence même. Nul besoin de com préhension.
L’être supérieur, Brahme, Grand Prêtre, Mage, désigné pour accomplir l’acte incantatoire, de vait être doué d’une puissance « volontaire » considéràble et d’une prodigieuse science. Ici une question se pose. Le phénomène était-il obtenu par la puissance de la formule exactement interprétée, ou par la puissance personnelle de l’être qui prononçait l’incantation, ou par les deux à la fois ? Si la formule est seule, le Mantram phénoménal,
LA PUISSANCE MANTRASIQUE 69 logiquement, ne doit point agir, car il devient « se cret de sorcier » et proie des êtres non évolués ou in conscients qui peuvent en déduire une action néfaste, hors de leur portée comme hors de leur droit. Si la puissance de l’être agit seule, la formule du Mantram devient sans importance.
Or donc, l'hypothèse la plus raisonnable à admet tre est celle où l’être et la Mélopée sont intimement liés; la formule devenant par sa concordance mathé matique, le tremplin physique, l’excitant à la puis sance « volontaire » de l’initié.
Mais alors, si la formule est intimement liée au Brahrne, au grand Prêtre, au Mage qui Pinçante, si de cette incantation surgit le phénomène sur la matière, n’est-ce donc point parce que cette formule est inhérente à cet initié? Chaque initié, pour obtenir le même phénomène, devrait rétablirde nouveaux rapports vibratoires entre sa puissance « volontaire » et la métrique mathéma tique duMantran.
Ainsi serait reconstituée « l’unité intégrale », qui, malgré les différenciations vibra toires des initiés entre eux, astreindrait la matière au phénomène élémental. Je ne conclus point. Il ne m’appartient pas de résoudre ce troublant problème, Sphinx mystérieux qui renferme la plus puissante des énigmes : celle de connaître l’étendue des pouvoirs du Réel sur l’irréel. Rita-Strohl. Meudon, 1909.
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction ci à la reproduction des classiques anciens. La r^proiidction <!< *s articles inédits publies par [’Initiation est formellement interdite, à moins ri’antorisHtion spéciale. La Vente des Talismans Nos lecteurs connaissent notre opinion au sujet des talismans.
A notre avis, on peut s’efforcer de fixer autour de soi de bonnes influences astrales, mais cela doit résulter d’un effort personnel et l'objet omnibus acheté à cet effet n’a aucune valeur autre que celle de la matière qui le compose.
L’Église catholique vend des talismans de tous les genres, des médailles, des chapelets, des croix, des objets de toute sorte, et on laisse très justement les fidèles acheter en liberté ces divers objets sans s’im miscer dans les croyances respectables, après tout, des acheteurs. Il n’en est pas de même des talismans laïques.
Un brave homme de chercheur, après avoir lu les livres consacrés à cette question, avait établi une petite fabrique où les métaux étaient fondus sous les in fluences prescrites. Il composait ainsi des bagues et des médailles qui devaient, pour prendre leur valeur + occulte, être dynamisées par l’influence personnelle de l’acheteur.
C’est dans nos ouvrages qu’il avait recherché ses documents, et, si quelqu’un pouvait être lésé en cette affaire, c’étaient les auteurs des voi
LA VENTE DES TALISMANS 7I lûmes en question. Comme nous dépensons nos gains pour le mouvement spiritualiste et que nous n’avons jamais eu l'idce d’en tirer des bénéfices ma tériels, nous avions suivi en toute tranquillité l’évolu tion économique de la fabrique laïque de talismans. Or, la justice, sur la plainte d’un obscur journal, s’est mise en mouvement. On a arrêté avec grand tapage ?vl.
Pons, dit le professeur d’Aryanis, et on l’a mis plus tard en liberté sous une caution de 10.000 francs. Nous sommes d’autant plus à l’aise pour parler de cette affaire que notre revue n'a jamais publié les annonces de d’Aryanis et que nous n’avons vu leur auteur qu'incidemment. C’est donc une question d’ordre général que nous voudrions résoudre à pro pos de ce cas particulier.
Au point de vue légal, il nous semble que si le commerce des talismans religieux reste libre, celui des talismans laïques doit le demeurer aussi. Du mo ment qu’on ne donne pas comme constituées par de l'or pur des bagues vendues u francs, je crois, il ne peut être question de tromperie sur la marchandise vendue.
Si, de plus, ces bagues ont une action phy sique sur l’aiguille aimantée, ce sont d’infimes piles électriques, de véritables petits appareils scientifiques, dont on peut discuter la construction au point de vue théorique, mais qui, pratiquement, répondent à l’an nonce faite par leur constructeur. Légalement nous pensons, malgré notre ignorance du droit, qu'il n’y a pas de délit au sens juridique du mot dans ce cas.
l’initiation ?a Le seul point litigieux est le titre de Professeur. Tous les prestidigitateurs sont plus ou moins pro fesseurs. Et d'Aryanis n’est pas, par lui-même, un nom si étonnant puisqu'il est inconnu de la foule, et constitue un pseudonyme comme un autre, pour impliquer dans des poursuites graves son posses seur. Ce qui me semble obscur dans cette affaire, c’est la joie des cléricaux, lors de cette arrestation.
Je ne doute pas de la parfaite loyauté des juges du parquet de Pontoise et de leurs sentiments nettement républi cains, mais, j'ai peur pour eux qu’ils ne soient, à leur insu, les victimes d’une manœuvre réellement cléricale. Il n’y aurait de plus rien d'étonnant, si l'on en ve nait à une expertise quelconque, que justement et par hasard l'expert ne soit choisi également dans un milieu clérical.
Si cela se produit, je ne doute pas qu’on prenne l’éveil en haut lieu et qu’on ne découvre facilement les mobiles secrets de cette mise en action de l’appareil judiciaire.
Nous devons empêcher les injustices dans l'intérêt même du respect qui doit s’attacher à la justice et à ses distributeurs, et je crois faire acte de bon citoyen en cherchant à éviter la condamnation d’un brave homme qui n'a en rien les allures des ruffians de la finance autrement dange reux pour les économies du public. Docteur Gérard Encausse (Papus), Docteur en Médecine de la Faculté de Paris.
Applications archéométriques ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE sur UlpHaM Solaire de mi lettres, dit Hébreu. (Suite.) (Zaïn) Z. Dz. =» 7. — Se réfère au rouge pourpre et au signe zodiacal des Gémeaux avec 10 comme ingrante radicale. Nous venons de voir avec le 6 l’union et l'harmonie universelles dans leur absolue perfec tion ; T. (Z) et son nombre 7 vont maintenant nous faire quelque peu pénétrer la fin profondément mys térieuse de cette divine harmonie.
Sept, c’est le zélos, le ZÈLE jaloux de Dieu pour sa propre essence, pour sa propre existence, jalousie qui va jusqu’à la divine vengeance et que le Christ nous a révélée dans ces terribles paroles : « Le zèle de ta maison m’a dévoré. » * Ceci peut paraître contradictoire avec ce que nous avons dit en commençant de l’amour absolu de Dieu et de son éternelle volonté de se donner toujours tout entier, sans restriction et sans relâche; il n'en est rien.
74 l’initiation Si Dieu en effet dispense sans compter son amour; si son essence inépuisable est, dans son absolue plé nitude, à la disposition de son Verbe, et si sa divine substance emplit éternellement l'Univers, il ne peut admettre qu’une parcelle de ce qui constitue son in concevable unité puisse se perdre ou rester inutilisée.
Or, tout cela se perd si une volonté librement per verse vient s'opposer à la sienne et refuser l'immense amour qui s’offre et s’immole de toute éternité. Ici, nous touchons au terrible problème du mal : qu’il nous suffise de le signaler. Alors que se passe-t-il ?
Rappelons-nous la para bole du figuier stérile et songeons à cette parole du Christ, effrayante mais marquée au sceau de l'éter nelle Vérité : « A celui qui n’a pas il sera encore ôté. » Sous le choc de l’Amour volontairement repoussé s’allume (loi fatale dans tous les mondes), le feu des tructeur d’Aoub, ce feu qui volatiliserait instantané ment la planète qui serait heurtée par un soleil.
La force divine n’est pas perdue, elle a passé à travers l’obstacle, comme le boulet à travers une toile d’arai gnée; seul est perdu l'infime atome qui eut assez de fol orgueil pour penser pouvoir résister au choc de l’Absolu ! Que de choses nous aurions à dire ici sur la lumière, la chaleur et les autres forces cosmiques, s’il ne fallait savoir se borner.
Comment le 7 réalise-t-il ce zèle jaloux du Seigneur qui n’est en vérité que la conséquence de l’absolue puissance de son Amour ?
ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR L’ALPHABET SOLAIRE Dans sa forme épigénétique la plus importante, 7 peut être considéré comme 6 -j- i, union du nom bre harmonique avec l’unité puisque, nous l'avons vu, sa puissance intégrante est io ou i.
Centre et source du 6 avec lequel il va constituer le 7,ce point unique et absolu (essence éternelle du Dieu vivant), l’hexade l'enveloppe jalousement, comme si le Verbe craignait de le voir se perdre par infinie dif fusion : puis, sûr de le posséder, sur de le toujours conserver en soi et d’y pouvoir éternellement puiser la force nécessaire à son perpétuel et intime mouve ment créateur, qui n’est que la conservation de sa Création primordiale, il se repose éternellement dans l'éternelle Béatitude.
Car, si le nombre 7 est le nombre du zèle et de la jalouse préservation de Dieu pour Lui-même, il est aussi le nombre du repos en soi, le nombre qui ne peut vibrer avec aucun autre nombre en dehors de lui comme le prouve la corde sonore quand on sait l’in terroger scientifiquement. Pour en terminer avec le nombre 7, nous ajoute rons que les universités les plus anciennes désignaient la suprême activité par un point dans un triangle équilatéral.
Ce point, placé au centre de deux trian gles équilatéraux étroitement enlacés, symbolisait au contraire le repos dans l’harmonie universelle. n. (Heth). Hê. cHè. = 8. — Nous voici parvenus à la lettre Heth et à son nombre 8, placés dans le rayon
l'initiation 76 violet et schématisés par le signe zodiacal du Cancer; sa puissance intégrante est 9. L’une comme l’autre désignent la plénitude, la complétion, UBERTAS en latin.
C'est la mamelle gonflée de lait, au point de laisser jaillir intarissable ment le nourricier liquide; c’est toujours l’Amour 1 uni au 3 pour constituer le 4, mais un 4 à l’octave si on peut dire; c'est le superlatif exprimé à la façon égyptienne, par le doublement du positif.
Considéré dans ses rapports avec PAbsolu.ee nom bre se réfère évidemment au Verbe divin en tant que plénitude éternelle des genres et des espèces qui en dérivent; c’est la surabondance créatrice seule capable de saturer l’infinie appétence de la matière; d’où résulte un équilibre et une stabilité de garantie qui nous sont signalés par son intégrante 9, dont l’exa men de la lettre suivante va nous révéler la nature.
Cette référence nous est d’ailleurs indiquée par le nombre du Verbe-Principe dans le monde des formes : *£*> (IPhO) = 96, nombre qui est, comme nous l’avons maintes fois dit déjà, celui de l’Octave de la radiante N (A), la Cause inconnaissable. Il est, croyons-nous, inutile d'insister sur ce signe et sur ce nombre.
Ils parlent assez clairement par eux-mêmes; et nous n’avons d’ailleurs qu’à nous re porter à ce que nous avons dit du “ (D), pour être fixés sur leur valeur absolue. (A si/Zwe.) Docteur A.-E. C. [Un ami de Saint-Yves.)
PARTIE LITTÉRAIRE MISSION A Léon Combes. Le poète, fleur d’âme, enseigne la beauté ; Aimant sa franche audace on croit ce qu’il affirme : Pour arracher son masque à l’Histoire qu’on grime, Il va chercher au fond du puits la vérité. Et, superbe devoir, déchaînant la clarté, Confond le criminel en face de son crime; Sans peur des intérêts, au clou d’or de la rime Il condamne le mal devant l’éternité, Car, philosophe, il voit au-dessus de la vie, Fait planer les esprits sur la route suivie Et réveille chez tous l’honneur endolori. Séparant la vertu de la gloire factice, Qu’il sacre au Panthéon ou cloue au pilori, Se promulgue le droit : l’art est une justice. Jules de Marthold.
L’abondance des matières ne nous a pas permis de publier jusqu’ici la suite d'Orphée e.l les Orphiques-, nous reprendrons cette publication dans notre prochain numéro. L. R. NOTRE COURRIER Adresser toutes les communications concernant Notre Courrier au secrétaire de la Rédaction, M. Co.mbes Léon, Villa Thoth-Hermès, place Rondelet, Montpellier. QUESTIONS Monsieur le Secrétaire de la Rédaction, En dépit du Væ solis ! je me suis retiré loin des bruits vains de la foule, en pleine solitude, où je partage mon temps entre l’occultisme (mon idéal) et l’élevage (mon revenu). J’ai appris que pour protéger les œufs (des gallinacés qui couvent) des effets nuisibles de la foudre - (vous devez savoir, en effet, que la foudre [ou l’éclair] tue presque toujours les couvées quand elle éclate au-dessus ou non loin du lieu où ces couvées se trouvent) il suffisait en effet de placer, sous la paille des œufs mis à couver, deux tiges de fer mises en croix. Un de nos frères pour rait-il m’expliquer le pourquoi bienfaisant de cette pra tique ? Avec mes remerciements, agréez... Un Occultiste devenu ermite.
PROPHÉTIES SUR LA DESTRUCTION DE NEW-YORK 79 ♦ 4 * Quelle est la valeur de l’ouvrage de M. L. Ménard sur les Livres hermétiques ? J. V. de Nantes. Réponse a M. J. V. Comme valeur initiatique : aucune. M. Ménard n’étant pas un initié. Comme valeur philologique (traduction) : très infé rieure. La traduction littérale est correcte, mais il y a des erreurs nombreuses d’interprétation, des contresens. Nous consacrerons sous peu un article à ce sujet sous le titre de Thoth-Hermès (Orphée et les Orphiques). Combes Léon. ■fc ¥ * Pourrait-on donner une théorie expliquant le courant froid senti par les expérimentateurs dans les séances spirites ? Ln débutant en occulte. Réponse a un débutant. Consulter le très intéressant ouvrage du docteur Papus : Magnétisme et Hypnotisme où ce phénomène est remar quablement étudié. C. L. Prophéties sur la prochaine destruction fle ta York. Le Progressive Thinker imprime en grands caractères un article intitulé : « Terrible calamité annoncée », par la célèbre médium Mme Maud Lord Drake. On prétend que cette dame avait annoncé devant quatre cents personnes, à Oakland, la destruction de San Francisco, deux mois avant
8o l’initiation l’événement. Après, elle prédit quatre désastreux tremble ments de terre, en insistant auprès du nombreux auditoire pour qu’on prît note de cette prédiction. Trois sont arrivés (à Valparaiso, à la côte ouest du Mexique et en Sicile). Le quatrième et le plus grand est à venir, il aura lieu â NewYork et probablement l’année prochaine.
Ci quelques détails relatifs à cet avertissement lugubre: < Pour ce qui concerne la destruction de New York, on sait que Rodes Buchanan a écrit dans son ouvrage: Lois de la Périodicité, au sujet des troubles sismiques venus et à venir; un de ces accidents doit avoir lieu dans le voisinage de New York, suivant l'auteur.
« Il est certain, dit-il, que pour ce qui concerne ces acci dents, il y a concordance entre la loi naturelle et ses effets, et l’information qui arrive jusqu’à moi, vient sans doute de ceux qui sont capables de tracer la loi de cause à effet; moi, je ne puis rendre que ce qu’on veut bien me donner.
Jusqu’ici, il n’y a eu aucune erreur dans les infor mations qui m’ont été communiquées et je n’ai aucun doute que les faits que je prédis arriveront en temps et lieu.
«Je suis péniblement impressionné de devoir dire que ces perturbations dépasseront de loin tout ce qui est arrive depuis deux mille ans et doivent venir avant 1913, si la science et la prophétie se vérifient. » Mme Drake explique de quelle façon elle est avertie: c’est un fluide, dont la densité croît insensiblement jus qu'à son point culminant, moment du cataclysme.
« Lors du tremblement de terre de Messine, dit-elle, ce fluide (comme un nuage épais) devint extrêmement acca blant à plusieurs reprises et ce, pendant plusieurs mois précédant le phénomène. C’était parfois terrible, toute lu mière sembla ternie et mon âme même me parut entière ment noyée dans l’ombre à l’approche de l’événement; ensuite, c’étaient des remous, des grondements de ton nerre, des bruits de tempêtes et de vagues au loin.
Je vis dans le ciel des esprits s’entre-croisant dans tous les sens, certains portaient des vêtements amples, d’autres des effets étroits, gris, bleu, noir et brun.
J’entendis des chuchote ments à leur passage et apparemment des expressions de tristesse et de regret. D’autres, au contraire, parurent heuLA TERRE 8l roux, satisfaits, ayant le sourire aux lèvres. La plupart, toutefois, semblaient remplis de crainte et furent vraiment pâles de frayeur.
« La nuit du samedi précédent, je m'étais arrêtée à Santa Cruz, Walnut-Avenue, avec quelques amis, et après une nuit d'insomnie, à la suite de ces visions passant conti nuellement devant mes yeux, je me levai et fit part à chacun (ils étaient là quatre de ma famille) de révénement qui devait se passer, et qui s’approcha de moi, de plus en plus, jusqu’à ce que je tombasse et puisse presque l’at teindre en étendant mes bras.
Je leur fis un tableau saisis sant de ces horreurs, remplissant leur âme d’un léger frisson. » Nous nous demandons souvent pourquoi les « pro phètes» donnent si fréquemment des prédictions terrifiantes, ils semblent se complaire à signaler des tremblements de terre. Il y a pourtant plus d'événements heureux à prédire que des phénomènes que nous avons à craindre.
À la bonne heure, si ces avertissements promis exacts nous donnaient la possibilité de les éviter 1 N’empêche que nous enregistrons la prédiction et atten. dons les résultats. Malgré tout le respect dû à la dame nous espérons que New York échappera à cette lugubre prédiction. Et sans doute les New Yorkais n’en dormi ront pas moins en paix. Traduit du Light, 7 août 1909, par L.
VanMarcke.) (Extrait de VÉcho du Merveilleux.) LA TERRE Communication donnée par le médium de Mahiva, le 8 mars 1910. Écris ce que je vais te dire et fais-le savoir. De la Terre montent des vapeurs vivantes; celles dont il est dit dans la Genèse: « mais une vapeur montait de la terre, et arrosait toute la surface du sol. » 6
82 L’lNITIATION Ces vapeurs sont ce que vous appelez des fluides; elles émanent du sol, puis aussi, mais diversifiées par leur nature, des plantes, des arbres, des rochers même.
Elles s’at tachent aux êtres vivants, hommes et bêtes, les pénètrent plus ou moins profondément, se mélangent à leurs propres fluides, et selon leur nature font éprouver à l’être une sur activité vitale ou un engourdissement, une exaltation psy chique ou un accablement, des angoisses ou des sensations suaves qui bercent et ravissent l’âme.
Mais voici: considère ton corps, ton sang, faits du limon de la terre, eau et terre ; substance qu’anime un souffle de vie, ils sont tirés de la substance et de l’anima de la pla nète; celle-ci est donc leur mère. Du loup peut-il naître un agneau, d’un vautour peut-il naître une colombe ?... Telle est l’essence qui anime et qualifie la mère, telle est celle qui animera les êtres qui naissent d’elles.
Regarde s’il est un seul corps fait de chair et de sang, qui n’ait jamais soif ni faim. Tous éprouvent plus ou moins impérieusement le besoin irraisonné de boire et de se substanter. Telle est la nature vitale de vos corps, telle est celle de laquelle ils sont nés. La Terre est un être vivant qui respire, boit, mange, digère et rêve.
Voici donc ce que je te dis : La Terre, votre planète, a soif et faim ; elle éprouve le besoin de satisfaire au désir de calmer une soif de sang qui la dessèche et l’enfièvre, une faim de chairs qui la torture, et, pour y satisfaire, elle incite les hommes de toutes les nations à s'entre-tuer, eux qui devraient vivre ainsi que des frères.
Les âmes humaines sont encore trop dociles à la voix de la nature et cèdent trop facilement, inconsciemment même, aux désirs secrets que leur exprime leur mère. La Terre, bientôt, aura des chairs pour nourriture et pour étancher sa soif du sang. J. Williams.
MOIS OCCULTISTE 8J MOIS OCCULTISTE ÉCOLE HERMÉTIQUE l5, Rue Séguier. Programme des cours pour mai 1910. Dimanche icr. — Docteur Rozier, 12, rue de BucL 4 heures. Matin, de 10 heures et demie à 11 heures et demie, per manence Victor Blanchard, i5, rue Séguier. Mercredi 4. — Téder, Hermétisme et Symbolisme. Jeudi 5. — Vacances (Ascension). Dimanche 8. — Docteur Rozier, 12, rue de Bucir 4 heures.
Matin, 10 heures et demie à 11 heures et demie, perma nence Victor Blanchard. Lundi 9. — Dace, Le Spiritisme. Mardi 10. — Victor Blanchard, Loge Melchissédec^ tenue blanche (la Sainte Trinité). Jeudi 12. — Papus, Première année. Samedi 14. — Phaneg, Loge Hermanubis. Dimanche i5. — Vacances (Pentecôte). Lundi 16. — Vacances — Mercredi 18. — Téder, Hermétisme et Symbolisme. Jeudi ig. — Papus, Première année.
Dimanche 22. — Docteur Rozier, 12, rue de Buci, 4 heures. Matin, 10 heures et demie à 11 heures et demie, perma nence VlCTOx. 2’ 'NCHARD. Lundi 23. —■ Dace, Le Spiritisme. Jeudi 26. — Papus, Conférence spiritualiste, salle des Sociétés Savantes, 8, rue Danton. Samedi 28. — Phaneg, Loge Hermanubis. Dimanche 29. — Docteur Rozier, 12, rue de Buci» 4 heures. Matin, 10 heures et demie à 11 heures et demie, perma nence Victor Blanchard. Mardi 3i. — Victor Blanchard, Loge Melchissédec, tenue blanche (L’homme).
S4 l'jnitjation BIBLIOGRAPHIE Docteur M. Duz. — Traité pratique de Médecine Astrale et de Thérapeutique. Paris, i vol. in-8, 5 francs. Il est rare de trouver, dans les publications médicales contemporaines, un ouvrage véritablement original et digne de devenir classique auprès des occultistes instruits. L’ouvrage du docteur Duz répond entièrement au désir des hermétistes instruits et sera d’un précieux secours aux médecins de demain.
Les médecins d'aujourd’hui sont incapables de le com prendre, sauf quelques homéopathes tels que Canaan et ses élèves. Mais cette adaptation de la véritable doctrine hippocra tique mérite à son auteur de nombreux disciples et des éloges sans réserve. Nous conseillons vivement à tous les occultistes sérieux l’étude de ce volume. Papus. ★ * » Villiers de l’Isle-Adam. — Derniers Contes, in-18. Mercure de France.
Villiers de l'Isle-Adam est un nom cher aux occultistes. Balzac et lui furent probablement les deux seuls écrivains réellement initiés du siècle dernier. Us furent tous deux de merveilleux créateurs, mais le premier apparaît plus com plet que le second. Balzac a embrassé un monde plus vaste que Villiers. Il a serré de plus près la vie réelle, qu’il a recréée par son prodigieux génie.
Villiers a surtout recherché le rare, l’exceptionnel, le pa radoxal. Il n’a pas été le peintre de la vie féconde, qui s’épanouit et s’exalte dans la lumière,toujours plus grande et toujours plus pure et qui se couronne de beauté rayon nante et de sublime bonté. Il lui a préféré le renoncement, la destruction et la mort. Lysiane d’Aubelleyne, dans i Amour suprême, s’ensevelit dans un cloître. Akëdysséri|
BIBLIOGRAPHIE 85 fait mourir dans de singulières conditions, par le grandprêtre de Siva, ce dieu de la destruction et de la mort, deux amants généreux et purs, qui pouvaient lui disputer le trône. Axel se suicide et avec lui Sara. Ce suicide n’est pas une victoire sur soi, mais une défaite, un renoncement.
Axel renonce d’abord à la voie héroïque et divine que lui montre Maître Janus, pour l’or et l’amour, auxquels ensuite il renonce aussi, sans y avoir touché ou goûté, en s’en fuyant dans la mort. Il semble que Villiers n’était pas encore arrivé à la plé nitude de son développement. Il voulait refaire la fin d'Axël. Quoi qu’il en soit, ce qu’il a laissé suffit à sa gloire. Il a été un conteur admirable.
Ses contes débordent d’une fan taisie prodigieuse, singulière, étrange et insolite. Il * d’ailleurs lui-même qualifié d'insolite un recueil de ces courtes histoires. On les trouvera, réunies à Akëdyssérif et rAmour suprême, dans les Derniers Contes. Alfred de Musset. — Lettres d’amour à Aimée d'Al ton, avec une introduction et des notes par Léon Séché, un portrait d’Aimée et deux autographes, in-i 8. Mer cure de France.
Ce qui fait le charme de ces Lettres, c’est qu’elles n’ont pas été écrites avec l’arrière-pensée qu’elles seraient plus tard livrées à la curiosité du public. Elles sont délicieuses de naturel, de grâce, de simplicité et de fraîcheur. Musset s’y montre enjoué, passionné et quelque peu libertin. Il s’y donne tout entier et sans réserve.
Il est dommage que les ratures, les surcharges, les truquages et les coups de ciseau d’Aimée d’Alton ou de Paul de Musset les aient, par endroits, dénaturées ou mutilées de passages impor tants. Elles sont précédées d’un avant-propos et d’une très in téressante introduction de M. Léon Séché, dans laquelle il retrace la vie d’Aimée d’Alton et l’histoire de ses relations avec Alfred de Musset.
Aimée devint plus tard la maîtresse de Paul et ensuite sa femme. C’est elle qui aurait inspiré le Fils du Titien, qu’on a reproduit, en appendice, dans
36 l’initiation Je présent ouvrage. Ce volume contient, en outre, des poésies qu’AIfred fit pour elle, un portrait d’Aimée d’après le biscuit de Barre et deux autographes, dont l’un est d’Al fred et l’autre d’Aimée. * * ♦ Émile Faguet. — De l’Amour et de F Amitié, 2 pet. in-18, Sansot et Cie. M. Émile Faguet a écrit deux petits volumes d’une lec ture facile et agréable. L’un traite de /’Amour et l’autre de l'Amitié.
Pour M. Faguet, Vamour, c’est le désir de posséder et celui d’être possédé. L’amour est normal, lorsque ces deux désirs se font équilibre; violent, lorsque le premier l’em porte sur le dernier et soumis dans le cas contraire. Quand le désir de posséder ou celui d'être possédé existe seul, il n’y a pas d’amour, mais un de « ces commerces, comme dit La Rochefoucauld, où l'amour n’a pas plus de part que le Doge dans ce qui se passe à Venise ».
« Celui qui ne sent pas qu’en partie il conquiert, ajoute M. Faguet qu’en partie il abdique, n’aime point, il n'est qu’un animal de proie ou un animal domestique... » Cet auteur distingue, dans l’amour, l’amour purement sexuel, l’amour de curiosité (désir de connaître et d’être connu), l’amour de passion et l’amour d’affection. Ce der nier est le plus élevé, le meilleur.
Pour qu’il y ait amour, il faut qu’il y ait attraction et, pour qu’il y ait attraction, il faut qu’il y ait différence. * Le contraire, dit M. Faguet, est attractif, par ce qu'il 'est différent et le différent attire parce qu’il est l’inconnu. » Nous croyons que ce n’est pas suffisant.
Certes, d’une ma nière générale, l’inconnu exerce sur nous une attraction, même en dehors de toute question de sexe, mais il n’en résulte pas nécessairement de l’amour. 11 ne peut y avoir d’amour véritable entre deux êtres, que lorsqu’ils se com plètent l’un l’autre, s’équilibrent. Par contre, dans Vamitié, on recherche un alter ego, un autre soi-même.
« Le moi, dit M. Faguet, cherche un moi extérieur pour sortir de soi et se retrouver, obéissant à cette double loi qu’il s’aime lui-même et se pèse un peu à
BIBLIOGRAPHIE 87 iui-mcmc et qu’ii veut à la fois échapper à soi et se saisir, s'alléger de lui-mème et jouir de soi. » Montaigne raconte que dès leur première rencontre (avec la Boétie) < ils se trouvèrent si près,si connus,si obligés entre eux que «rien dès lors ne nous fut si proche que l’un à l’autre ». M. Faguet rappelle aussi le mot connu qu’ « un ami est un frère mais un frère que l’on se choisit ».
Les deux opuscules sont pleins d’observations fines et pénétrantes, de remarques judicieuses et de traits amu sants et spirituels. Antoine Wylm. — Maîtresse mystique, in-18. F., Juven. M. Antoine Wylm a écrit un livre profond et très hardi sur la Morale sexuelle, et, sous un autre nom (le véritable), un ouvrage remarquable sur les phénomènes psychiques. C'est même l’un des meilleurs qui aient paru sur cette matière.
Le personnage principal de Maîtresse mystique, Iribarrea, inspiré par son amie Marthe, a écrit un livre qui res semble à la Morale sexuelle, comme un décalque à l’ori ginal.
Ecoutons ce que dit M. Wylm de l’ouvrage de son hérossosie : « L’auteur analyse les concepts moraux actuels et mon tre leur caractère à priori ; la vertu telle que nous la con cevons classiquement est l’expression la plus naïve de l’égoïsme des individus et des groupes; elle ne repose sur aucune détermination objective.
Le Christianisme a con sacré la déchéance de l’homme en prêchant la résignation, en substituant à la recherche de la félicité possible, celle d’un chimérique bonheur; son crime est d’anéantir la force de résistance de l’individu au mal, de l’accoutumer à toutes les servitudes. Sa morale est une morale d’esclaves. « Le même reproche peut être fait à toutes les morales religieuses. Elles justifient les iniquités.
La philosophie n’a pas réussi à se rendre indépendante de cette morale qui s’efforce de légitimer le mal, de le rendre supporta ble, en le représentant comme une nécessité inéluctable et
88 l’initiation qui pousse l'hypocrisie jusqu’à prétendre que Dieu se com plaît à nos douleurs et nous en fait des mérites spéciaux à ses grâces... « Iribarrea trouvait un fondement expérimental à la mo rale dans l’évolution; tout ce qui favorise la quantité et la qualité de la vie est moral, tout ce qui les diminue est im moral.
11 montrait ensuite que tout ce qui tend à substi tuer une convention à une réalité, un mensonge à une vé rité, est également immoral... « La Morale sexuelle est la base de la Morale sociale. Les obligations des pères et mères sont la conséquence de la fécondité de leur union volontaire et libre! Il ne doit pas y avoir de distinction entre les enfants légitimes et les enfants naturels et adultérins.
Ils doivent être tous « égaux devant la loi, égaux devant leurs parents. Par suite de la liberté des unions, le centre de la famille future doit être la mère. » « La propriété individuelle est, pour celui qui la possède, un privilège ; elle ne se justifie pas dès qu’elle dépasse les besoins de l’individu. Personne n’a le droit de jouir exclu sivement de biens qu’il ne peut utiliser.
La transmission héréditaire de la fortune est un privilège encore moins tolérable. » « La liberté, qui est le fondement de la morale indivi duelle,estaussi le fondement de la morale sociale; personne ne peut être contraint à faire partie d’un groupe particulier ; de même, une collectivité peut refuser de conserver ou d’admettre les individus qui lui paraissent dangereux.
C’est dans cette limite que le soi-disant Droit Pénal peut exister ; le seul châtiment logique, exception faite de l’avertisse ment, est l’exclusion du groupe. * Ce sont ces idées généreuses et hardies que cherchent à vivre et à réaliser pleinement les personnages de Maîtresse mystique. Ils s’y efforcent et, malgré les préjugés bour geois et belliqueux et l’hostilité ambiante, ils finissent par y réussir.
La jalousie, cet égoïsme sexuel, le plus grand et le plus fort de tous les obstacles, se dissout finalement et fait place à un amour épuré, élargi et désintéressé. M. Wylm défend sa thèse avec beaucoup d’éloquence et de chaleur, et dans une langue agréable, élégante et claire. Jacques Brieu.
BIBLIOGRAPHIE 89 Le 24 février, le docteur Papus a donné à l’Hôtel des Sociétés Savantes une conférence très originale sur laquelle nos lecteurs de province seront heureux d’avoir quelques détails.
Dans la première partie on a fait entendre des mélodies planétaires du système archéométrique de SaintYves d'Alveydre : la mélodie de Mercure, en mode de sol; celle de Jupiter en mode d’ut; celle de Mars en mode de ré ; celle de Soleil en mode de mi, et enfin celle de Vénus en mode de fa. Pour illustrer la mélodie lunaire, Mlle Musset a récité 1' « Inidation de Jeanne d’Arc», poème de Saint-Yves.
Quant à la mélodie saturnienne, aux premières notes, un sujet endormi par le docteur Papus, se rapproche de l’orchestre, les yeux fixés au ciel, à pas saccadés, avec une mimique fort belle et fort expressive ; il s’agenouille, prie et tombe dans une extase qui ne cesse qu’avec les sons de la mé lodie. (Extrait du Voile cTIsis.} Les Mages. Roman occulte de W.-S. Solovioff.
NOTE DU TRADUCTEUR Si nous avons eu la témérité de traduire une œuvre aussi profonde et délicate, c’est que nous savions qu’elle vivrait indépendamment de sa forme et que notre igno rance ne pouvait en altérer la beauté... Ce ne sont donc pas des mots que nous avons voulu rendre, mais des idées, une idée qui rayonne d’un bout à l’autre de l’ouvrage et qu’on peut résumer : L’esprit est supérieur à la matière et le cœur est supé rieur à l’esprit.
Nous sommes à Saint-Pétersbourg, sous Catherine 11... La matière, c’est l’Humanité, c’est Potiémkine et peutêtre Cagliostro... L’esprit, c’est Zakarieff Ournoff, grand Maître de la R fC. L’amour, c'est le père Nicolas,c’est Hélène, la tendre et
9° l’initiation douce Hélène qui meurt pour avoir trop aimé Zakarieff Ournoff. L’œuvre contient encore autre chose; mais après avoir parlé de Solowioff l’occultiste, nous ne voulons pas parlei de Solowioff l’historien et de Solowioff le poète. Pourtant quelle érudition ! Quelle force et quel précis dans le document 1 Quel humour dans le crayon!
Lisez cette vie de Cagliostro, suivez-en chaque geste...; regar dez sourire cette impératrice et prier ce prêtre! Mais c’est déjà trop. Malgré tout notre désir de rendre justice au grand homme russe, nous ne nous reconnais sons pas le droit d’analyser son œuvre. D’autres le feront plus impartialement. Maurice Luquet. Un vol. in-i 8 jésus, 3 fr. 5o.
Envoi franco contre mandaté la Librairie Hermétique, 4, rue de Furstenberg. ★ ¥ ¥ L’Évangile de Cagliostro. Retrouvé, traduit du latin et publié pour la première fois avecune introduction, par le docteur Marc Haven. Paris, 1910.
Librairie Hermétique, 4, rue de Furstenberg. , Nous savions depuis longtemps que le docteur Marc Haven préparait sur Cagliostro un livre destiné à rétablir dans son vrai jour le personnage fort défiguré du grand thaumaturge. Des études partielles, même de peu d’im portance, même imprégnées de parti pris, parues ces der nières années, ont toujours intéressé le public qu’attire puissamment la figure mystérieuse du grand Kophte.
Le docteur Marc Haven avait écrit, lui aussi, sur ce sujet et dans cette revue quelques articles très appréciés, faisant connaître des documents inédits retrouvés au cours de ses recherches. Aujourd’hui il publie comme introduction à son ouvrage général presque terminé, et qui paraîtra sous peu, un livre d’un intérêt considérable.
C’est la traduction inédite d’un ouvrage perdu et dont le titre seul nous était parvenu, le Liber memorialis de Caleostro cum esset Roboreti, célèbre sous le nom ÜÉyahgile de Cagliostro. Ce livre n’existe
BIBLIOGRAPHIE 91 même pas à la Bibliothèque nationale : de Guaïta ne l’avait pas; tous les exemplaires de cet Évangile, consi déré comme scandaleux, comme blasphématoire et tour nant en dérision les livres saints, redouté pour les témoi gnages impartiaux et précieux qu’il aurait pu fournir en faveur de Cagliostro, ont été détruits par ordre du SaintOffice, et brûlés en place publique de Rome avec les lettres, manuscrits, diplômes et autres objets du grand maître de la Maçonnerie égyptienne. (1) Un volume petit in-8 sur beau papier vergé, orné d'un portrait et du sceau de Cagliostro.
Tirage à 5oo exemplaires, 3 francs. Dix exemplaires sur Japon impérial, 12 francs.
Avoir pu retrouver un exemplaire de ce livre est vrai ment providentiel; l’avoir traduit, le publier est une œuvre dont tous les lettrés, les chercheurs, les bibliophiles seront reconnaissants au docteur Marc Haven; mais les occultistes surtout doivent s’en réjouir, car l’auteur a fait précéder ce livre d’une introduction où, avec sa compétence indiscu table et son charme habituel, il étudie le rôle des adeptes, précise la physionomie de Cagliostro, nous laissant entre voir quelles seront l’importance et l’originalité de son pro chain volume.
Ces pages évocatrices sont plus puissantes à faire comprendre Cagliostro, à réfuter les calomnies dont on l’accable depuis 1785 et que rabâchent encore journa listes et romanciers de nos jours, que ne le serait un livre entier de discussions. L’Évangile de Cagliostro, imprimé avec luxe, est orné d’un beau portrait peu connu, très expressif, de Cagliostro, d'après une estampe du temps.
Un texte aussi précieux méritait une forme exceptionnelle ; l’éditeur, homme de goût, a su la lui donner, et nous avons, ce qui est rare, un très bon et très bel ouvrage à signaler au public (i). P. B. ♦ * 4 J. Roy,. — La Puissance magique mise à la portée de tous. Cours pratique d'hypnose èvocative et cura tive et d'influence suggestive permettant de dominer ses
L INITIATION Ç)2 semblables et d'acquérir facilement la santé, le bonheur, la richesse. In-8 carré, illustré de 11 gravures hors texte. Prix : 5 francs. — Librairie Générale des Sciences Oc cultes, Bibliothèque Chacornac, 11, quai Saint-Michel, Paris fVe). On comprend à quel point, chez les peuples de tous les temps, la curiosité humaine a dû s’acharner à la découverte des mystères de l’Au-delà.
Pendant une longue suite de siècles, l’homme, n’arrivant point à s’expliquer rationnelle ment divers phénomènes qu’il lui était donné d’observer, les a imputés à des causes surnaturelles, et de là est venue sa foi dans le miracle et son goût pour le merveilleux. Mais il n’est plus permis, aujourd’hui, de croire qu’une chose peut arriver par hasard et contrevenir aux lois qui régissent l’Univers, car le surnaturel n'existe point.
Croire à la possibilité d’un fait surnaturel, c’est donc méconnaître la puissance et la diversité des forces créatrices dont les lois immuables nous sont chaque jour de mieux en mieux ré vélées et expliquées par la science, c’est-à-dire par les con naissances acquises, amplifiées par l'observation, l’étude et le jugement.
C'est pour cette raison que Mme Roy s'est attachée àcondenser dans ce remarquable ouvrage la matière éparse dans des centaines de volumes anciens et modernes, que ses études personnelles l’ont amenée à compulser et à la quelle elle a joint l'appoint de ses observations et de son expérience acquise.
Son but est précisément d’initier tous les lecteurs à la connaissance des procédés pratiques permettant à chacun, homme ou femme, d’obtenir, avec la certitude la plus ab solue, tous les phénomènes envisagés et tous les résultats attendus de leur réalisation. Mme Roy entreprend d’assurer la réussite triomphale dans la vie à toute personne douée d’un peu d’initiative et de volonté.
Lorsqu’elle est livrée a elle-même, celle-ci demeure généralement, malgré ses qualités, enveloppée dans un tel réseau de forces fatales que tous ses efforts demeurent vains, si elle ignore la manière de s’en déli vrer. Alors, elle lui révèle les forces dont elle dispose, en soulevant pour elle le voile qui les lui dissimule encore et qui lui cache ainsi la route de la réussite et du bonheur.
BIBLIOGRAPHIE 93 Ève Réhabilitée. — Plaidoyer « pro femina », ouvrage complétant Amour et Maternité, par Claire Galichon, un( vol. in-16 jésus de 460 pages. Prix, 3 fr. 5o. Librairie générale des Sciences Occultes. Bibliothèque Chacornac, 11, quai Saint-Michel, Paris (Ve). Comme Amour et Maternité, ce nouveau volume de Mme Claire Galichon qui complète l’ancien, est un livre d'idées qui surprend autant qu’il charme.
Le féminisme, cet épouvantail de tant d’hommes, y apparaît sous un as pect séduisant. Malgré ses nombreuses revendications, sa tendance à l’entière revendication de la femme, rien n’y choque, car tout y est logique et harmonieux. Loin d’être un cri de guerre, une révolte discordante, ce livre, malgré ses discussions serrées, est presque une épopée d'amour, dans le sens élevé du terme.
Ève réhabilitée fait ce miracle: qu’on le lise, on s’en convaincra. * * * Sédir. — La Médecine occulte. In-18, 2 francs. Ce petit livre se compose de 21 articles qui passent en revue toutes les méthodes thérapeutiques.
La chirurgie, l’allopathie, le spagyrisme, les dynamothérapies, le ma gnétisme, les thérapeutiques psychique, magique, pneu matique, sont indiquées par leurs caractères essentiels: leurs lacunes sont aussi énumérées, et l’auteur découvre, en terminant, sa préférence prévue pour la théurgie, c'està-dire pour la médecine mystique. On pourrait lui objecter que ce procédé est impraticable à cause de la difficulté morale qu’il comprend.
Mais, quoi qu’il en soit, la nouvelle étude de Sédir est à consulter avec soin et scrupule, caria concision de son style est telle qu’aucun terme n’est su perflu. Le lecteur pourra donc, sans risque de perte de temps, méditer à fond cet opuscule essentiel. P*** ♦ * * Docteur F. Rozier, Licencié ès lettres. — Les Inonda tions en 1910 et les prophéties, Théorie des pro phéties. Brochure in-8 carré. Prix : 2 francs.
l’initiation 94 Beaucoup de personnes comprennent qu’on "puisse voir à distance, qu'on puisse voir le passé, mais considèrent comme impossible de voir l’avenir, c’est-à-dire ce qui n’existe pas encore. Pourtant, les faits sont là, il existe des prédictions par faitement authentiques. Comment cela peut-il se faire?
C’est justement le but de cette brochure de prouver que cela est, et d'expliquer comment cela se fait. ♦ ♦ • le clergé catholique et le spiritisme et la paix universelle par l’évolution morale des peuples, par I.-L.-P. Bonsens. Un volume in-iS jésus. Prix : i fr. 5o. Bibliothèque Chacornac, 11, quai Saint-Michel, Paris.
Voici un nouveau livre de l’ingénieur Bonsens : Au fond, la pensée intime des livres de l’ingénieur est celle-ci : La base de tout progrès, c'est la liberté! Parce que elle seule permet à chacun d’émettre sa pen sée, et par conséquent d’avoir une pensée. Parce que elle seule permet à chacun de prendre une initiative, et par conséquent de faire son chemin en ce monde.
Aussi, on le voit, à chaque pas, s'attacher à rechercher tous les moyens de laisser à l’enfant son esprit d’initiative personnelle. Pour cela, il faut convaincre d’abord son premier éduca teur, qui est toujours et forcément le prêtre. C’est donc ce prêtre qu’il faut toucher d’abord et faire évoluer ensuite.
C'est donc en somme, aux mains du clergé, le premier éducateur de l’enfant dans le peuple, que se trouve la clef de ces problèmes angoissants. C’est lui que l’ingénieur Bonsens voudrait convaincre en lui montrant la terrible responsabilité que lui a léguée le passé, et qui pèsera sur lui de tout son poids, s’il reste audessous de sa tache : L'Evolution qui n’est plus possible que par: Le Spiritisme.
BIBLIOGRAPHIE 95 Des faits établissant l'identité indéniable de l'esprit d'un ami qu'il vient de perdre, ontété révélés à l'ingé nieur Bonsens, pendant l'impression de ce livre. Elles lui servent de conclusion. ★ ¥ * LEYMARIE, libraire-éditeur, 42, ruE Saint-Jacques. Berthe Jouaux, Comment on devient spirite. M. P. Neva, Notes envolées sous l’archet, petits poèmes en prose. Louis de Valbois, Pour/rancA/r/es portes. Prix : 3fr.5o. J.
O..., Comment on devient médium. Prix : 1 fr. 5o. Pauline Rodière, Foi-Espérance-Charité. Jean Eriam, Réflexions d'un Théosophe. Prix : 2 fr. 5o. Frank, Dieu et Humanité. Prix : 1 fr. 5o. Les Sociétés anciennes, modernes et futures par l’Esprit Humanitaire. Prix : ofr. 25. LIBRAIRIE HERMÉTIQUE, 4, Rue de Furstenberg.
Saint-Yves d'Alveydre, Les Clefs de l’Orient — Les mystères delà Naissance.—Les sexes et l’amour. — Les mystères de la mort, d’après les clefs de la Cabbale orien tale avec 7 dessins de Richard Burgsthal, nouvelle édi tion. Prix : 3 fr. 5o. ♦ * LIBRAIRIE ARNAUD, 26, Avenue de l'Opéra, Paris. Paul Nord, L’Essor moderne vers l'idéal des Temps nouveaux. Prix : 2 fr. 75.
De retour, après une tournée de conférences, notre ami Sédir nous informe qu’il reçoit à sa nouvelle adresse, 6, rue Cardinet (Métro-Courcelles), le vendredi, de 5 à 7 heures et de 8 à 10 heures. ■ •5^='
96 l’initiation APPAREILS D’OCCULTISME Boules hypnotiques. — Miroirs hypnotiques. — Disques d'entraînement. — Appareil système frontal. Planchettes à médium extra-légères de tous modèles. — Couronne aimantée du Dr Encausse.
Miroirs planétaires. — Miroirs magiques. — Baguettes magiques. — Objets pour autel magiques. — Appareils contre l’envoûtement, du Dr Papus. — Appareils pour donner ou renforcer la médiumnité. — Biomètres, sténomètres, etc. Construction d'appareils sur une idée donnée ou sur un plan. LÉONIS, Ingénieur-Constructeur {breveté S. G. D. G.), 3g i, rue des Pyrénées, Paris (20 *).
L’ÉVANGILE DE CAGLIOSTRO Retrouvé traduit du latin et publié pour la première fois avec une introduction Par le Dr MARC-HAVEN Un volume petit in-8 sur beau papier vergé, orné d’un portrait et du sceau de Cagliostro. c Tirage à 5oo exemplaires....................................... 5 fr. Dix exemplaires sur japon impérial, numérotés 1 à 10....................................................{Épuisés). 12 fr* Le Gérant : Encausse. Paris.— Imprimerie E. Ahrault et Cie, 9, rue N.-D.-de-Lorette.