The text
Revue philosophique des Hautes Éludes PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE 86 iao O L U M E 2 3me ANNÉE SOMMAIRE DU N° 6 (Mars 1910) PART-t PHILOSOPHIQUE Le Bureau Julia p. 193 à 198)....................................... Phaneg. Premiers clém< v.ts d'Astrosophie, avec nombreuses gravures, suite (p. 199 à 211).......................................Papus. Le Krach de ! Esprit matérialiste moder ne (p. 212 à2iy).
Combes Léon. ■Les Calamités (p. 218 à 223)............................................Franlac. La Photographie transcendentale (p. 224 à 23o). . . G. Wilfrid. La Pétrothérapie occulte, suite (p. 231 à 244). . . . C. B. L'Appétit de Kloloch (p. 245 à 251)............................. Karl Nissa. A M. Bourget (p. 252 à 258).............................................Géristis. Vieux-neuf médical (p. 15g à 260)............................. X...
PARTIE INITIATIQUE Étude élémentaire sur l'alphabet solaire de 22 lettres. suite (p. 261 à 278).......................................................Dr A.-E. C. Notre courrier. — Les Conférences spiritualistes. — L’Occultisme en Russie. — Mois occultiste. — Ordre Martiniste. — Conférences. — Bibliographie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 5, rue de Savoie, à Paris-VI0.
Téléphone — 816 09 Tout ce qui concerne l’Administration : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adressé à la LIBRAIRIE HERMETIQUE PARIS — 4, Rue de Furstenberg, f — PARIS Le Numéro : UN FRANC. — Un An : Dl * FRANCS
PROGR Les Doctrines matérialistes ont1 Elles ont voulu détruire les pribH sis qui sontl’essence de la Société, de la Politique et d ; ; ; on ; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles . La Science expéri. mentale a conduit les savants < a ans le domaine des forces purement spirituelles par L-, .'ne et la suggestion à distance. Effrayés des résultats de le.: ;>pres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier.
L'Initiation est l’organe principal » - renaissance spiritua liste dont les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens au decouvertes analytiques des expérimentateurs contemporains. Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte à?un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L'Initiation paraît régulièrement à la fin de chaque mois et compte déjà vingt années d’existence. — Abonnement : 10 francs par an. (Les collections des huit premières années sont absolument •puisées.)
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Celte partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucun' ¿■stinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées.
U RE AU JULIA Par Phaneg La visite du docteur Papus à Londres, ses articles et ses conférences sur le Bureau Julia et M. Stead donnent un regain d'actualité au récit que ce dernier fait dans le n° i du Borderland de 1893, de ses pre mières communications avec l’Esprit de « Julia». On verra avec quelle prudence furent étudiées les preuves d'identité données par l'invisible.
Je résume le texte anglais. ★ Après quelques essais d’écriture automatique, dit M. Stead, je me trouvai un jour, à la campagne, en présence d’une jeune fille, Miss E., qui me demanda si je connaissais un bon médium voyant. Sa plus in time amie, nommée Julia, était morte l'année avant et elles s’étaient promis que la première disparue se communiquerait, si possible, à la survivante. « Julia m’est apparue deux fois depuis sa mort, ajouta Miss E., mais je ne puis lui parler et je ne peux sup13
l’initiai ION [Mars porter la pensée qu'elle a probablement quelque chose à me dire, sans pouvoir y arriver. » J'interromps mon récit pour dire que, moi aussi, j’avais connu Julia en 1890; nous avions été en corres pondance, et nous étions bien d’accord sur beaucoup de questions d’ordre public. Elle avait à ce moment environ trente ans, était ardente chrétienne et une des femmes les mieux douées que j’aie jamais vues.
Je répondis à Miss E. que je serais très heureux de la pré senter à M. Russell Davis, mais que j’avais, moi aussi, commencé d'écrire automatiquement et qu'il n'y au rait aucun mal à essayer. Miss E. y consentit. Le dimanche matin, je pris un crayon et appelant Julia, j'attendis. Presque immédiatement ma main écrivit : « Dites à Miss E. de ne pas s’inquiéter pour M.T., nousen prendrons soin.
Comme jedemandais une preuve d'identité, Julia écrivit : « Dites à Miss E. de se rappeler la dernière fois que nous allâmes voir « Minerva. » Je ne comprenais pas, mais Julia ajouta de ne pas m'en inquiéter que Miss E. saurait ce que cela voulait dire. C’est une chose sérieuse que de re mettre à quelqu'un une lettre venant d’un mort ! Aussi hésitai-je beaucoup avant de présenter à Miss E. le message de Julia.
A ma grande surprise, Miss E. comprit très bien. Minerva était le nom donné par Julia, sur son lit de mort, à une amie commune, et la dernière fois qu’elles étaient allées toutes deux voir « Minerva », c’était la veille de la mort de Julia ! Je retournai à Londres quelque temps après. Je reçois un matin une lettre de Miss E. me disant entre autre choses : « A quoi bon savoir Julia près de moi,
LE BUREAU JULIA si elle ne me conseille pas dans mes ennuis présents ? » Je dis à Julia : «Je vais vous prêter ma main pendant quelque temps, et vous écrirez à miss E. comme si vous étiez encore sur la terre. » Je datai une feuille de papier et ma main traça les mots suivants : « Ma chère E., comment pouvez-vous dire que je ne vous guide pas? Je suis toujours avec vous, vous impré gnant de mes affectueuses pensées.
Je le serai encore davantage, maintenant que je pourrai me servir de la main de M. Stead.
Comprenez maintenant comment il peut se faire qu’il me soit possible de communiquer avec vous. » Elle lui décrivait ensuite toutes ses sen sations après la mort et ajoutait : «Je rencontrai plu sieurs amis, Miss E., Miss A., Mrs B., etc. » Tous ces noms, je craignis qu’ils ne fussent faux et n’osai pas envoyer la lettre à Miss E., puis, ma main écrivant toujours de le faire, je finis par céder et mis la lettre à la poste.
Le 29 juillet, Miss E. vint à mon bureau, et mes doutes cessèrent, car tous les noms étaient connus de Miss E.. Tout était exact. Je sentis le terrain plus ferme sous mes pieds et me laissai aller davantage. A partir de ce moment. Julia écrivit tous les dimanches à Miss E. pendant de longs mois. Julia semble posséder la connaissance de l’avenir dans une certaine mesure.
Elle nous déclara, dès les premiers jours, que M. Tracy serait forcé de retour ner aux Indes en automne. Comme il venait à peine d’en arriver, cela nous parut extraordinaire. Cependant, moins d’un mois après, tout s’accompli ainsi que Julia l’avait déclaré. La mauvaise santé
l’initia ¡ton 190 d'un parent nécessita le départ immédiat de M. Tracy. « Nous ne pouvons voir tout ce que nous voulons, écrivait Julia à ce sujet, mais seulement ce qu'on nous permet. Je puis prévoir quelques-uns des événe ments qui vous attendent et on me permet de vous en dire un ou deux, mais il va d’autres choses que je dois taire. » Et bien d'autres prédictions s'accomplirent aussi.
Dans un autre ordre d’idée, ses communications sont toujours encourageantes, réconfortantes. Elle se sert parfois d'autre médium que moi, et la comparaison des communications est très intéressante. Elles sont identiques comme Esprit et indiquent des faits incon nus des médiums.
Les révélations de Julia sur ses sensations après sa mort peuvent ne pas apporter la conviction, mais il impossible de leur refuser une grande beauté, une logique très étroite et elles sont empreintes des vérités spirituelles les plus élevées. A ce titre, j’en donne quelques extraits : «Je me trouvai hors de mon corps, dit Julia. Quelle sensation étrange! Je me tenais près du lit sur lequel mon corps était étendu.
Je voyais tout dans la chambre exactement comme avant. Je ressentais une grande paix. Puis, je m’aperçus que j’étais morte. « J'attendis un peu ; la porte s’ouvrit et Mrs H. entra. Elle était triste; elle s’adressa à mon corps, comme si c’était moi. Je la regardai, mais toutes ses pensées étaient dirigées sur le corps que j’avais quitté. Je n’essayai pas de parler ; j’attendis ce qui allait arriver.
LE BUREAU JULIA 19; « Tout à coup j’eus l'impression qu’un flot de lu mière avait inondé la chambre, je me retournai et vis un ange. « Elle » vint vers moi (je dis Elle, car cet ange avait un aspect féminin), et me dit: « Je suis « envoyé vers vous pour vous enseigner les lois de « votre nouvelle vie. » « Je la regardai. Elle me toucha légèrement et dit : « Partons. » « Je quittai mon pauvre corps et la chambre.
Les rues étaient pleines d’Esprits. Ils nous ressemblaient. Mon ange avait des ailes. Elle était habillée de blanc. Nous nous élevâmes dans les airs et arrivâmes à un endroit où je retrouvai des amis morts avant moi. « Comment vous expliquer notre vie ? Nous ne connaissons ni la fatigue, ni le besoin de sommeil, ni celui de la faim.
Je ne crois pas pouvoir mieux vous faire sentir ce que nous sentons, qu’en vous rappe lant les moments d’enthousiasme, au lever ou au coucher du soleil, lorsque vous contemplez un beau paysage tout ensoleillé. Ici, c’est la paix, la vie, la beauté, l’amour. Car l’amour, c’est le secret du ciel. Dieu est amour. Nous ne pouvons douter de l’amour de Dieu, car en lui nous vivons, et nous existons.
C’est ici l’éternelle leçon de la salvation par l’amour, par le sacrifice. « Je voudrais maintenant vous demander votre aide pour un projet qui m’intéresse beaucoup. Je désire depuis longtemps arranger un endroit où ceux qusont passés dans le pays des Esprits pourraient com muniquer avec les bien-aimés laissés derrière eux. En ce moment, d’innombrables Esprits désirent ardemiy<S l’initiation ment parler à leurs parents ou amis vivants.
Ils en cherchent le moyen sans pouvoir le trouver — c’est un étrange spectacle. De votre côte, des âmes dont l’angoisse et la douleur demandent un adoucissement; de ce côté, des âmes pleines de tristesse parce qu'elles nepeuvent communiqueravec ceux qu’elles ontaimés. « Ce qu’il faudrait, ce serait une sorte de bureau de communication entre les deux mondes.
Ne pourriezvous pas établir une sorte de bureau avec des médiums sûrs et dignes de foi (1 ). Que de larmes seraient ainsi taries Je suis certaine que vous pourriez compter sur une aide très grande des deux côtés. C’est une très importante chose à tenter; facilitez-Ia. » _____________ W. Stead. j Ce désir de Julia vient d’être accompli après dix-sept ans ! (Note du traducteur.)
F F Astrologie, Astronomie. Hermétisme astral, f Coi ps professé a l'Ecole des sciences Hermétiques. (ier trimestre 1910.) {Suite) INFLUENCES PLANETAIRES, LES ASTEROÏDES URANUS ET NEPTUNE Les planètes exercent une très grande influence, d'après les astrologues, les unes sur les autres.
La Terre subit cette influence de la part de ses voisines, et cette influence se manifeste d’après deux facteurs prin cipaux : la grosseur et le rapprochement des planètes. C’est ainsi que la Lune, simple satellite, mais astre très rapproché, a une influence positive et réelle sur les événements terrestres, alors que les nombreux astéroïdes situés entre Mars et Jupiter ne compteront en rien dans les calculs astrologiques.
L'influence planétaire n’appartient pas, en effet, astrologiquement à la planète elle-même, mais bien à sa zone d’influence qui est représentée par la distance entre cette planète et sa plus'proche voisine. Les asté roïdes se partagent donc entre l'influence de Mars et
200 l'initiation celle de Jupiter, et l’on n'a pas à en tenir un compte Et maintenant me permettra-t-on de donner un avis tout à fait personnel et qui ne doit engager que moi. Je prétends que c’est par une erreur regrettable que les astrologues contemporains ont introduit dans leurs calculs l’influence de Neptune et d’Uranus, les deux planètes situéesau delàde Saturne. Je m'explique.
Jupiter est i.3oo fois plus gros que la Terre et il est distant de 155 millions de lieues de la Terre. Son influence est évidente. Uranus est gros seulement comme y5 Terres et il est distant de 673 millions de lieues de la Terre. Neptune, qui est 86 fois plus gros que laTerre seulement, en est distant de 1.073 millions de lieues.
A mon avis, ces deux planètes et d’autres qu’on découvrira plus tard sont des intermédiaires entre notre système solaire et le système solaire le sin. Le sens de leur rotation l’indique du reste pour ceux qui savent regarder. On doit donc rattacher l’influence d’Uranus et de Neptune à l’influence de Saturne, qui vaut 864 Terres comme grosseur et qui est éloigné de 268 millions de lieues de la Terre.
De toute façon, si les astrologues contemporains veulent montrer qu’ils font grand cas des découvertes astronomiques, il leur faut tenir compte de l’existence des astéroïdes qui circulent entre Mars et Jupiter ou bien laisser de côté les lointaines influences de Neptune et d’Uranus, en les rattachant aux calculs de la sphère de Saturne.
PREMIERS ÉLÉMENTS d'aSTBOSOPHIE 201 Voilà pourquoi nous ne tiendrons pas compte de ccs°deux planètes dans cet abécédaire astrologique. LES PLANÈTES du Zodiaque. Chacune de ces maisons possède, pour l’astrologue, un seigneur, un gouverneur sous forme d’une des sept planètes.
Chacune des planètes, sauf le Soleil et la Lune, a deux domiciles : un domicile positif ou diurne et un domicile négatif ou nocturne. La Lune a son unique domicile dans la maison 4, le
202 L’INITIATION Cancer; le Soleil a son unique domicile dans la mai son 5, le Lion. Mercure a son domicile diurne ou positif dans la maison 3 (Gémeaux), et son domicile négatif ou noc turne dans la maison 6 (la Vierge). Vénus '.domicile diurne, maison 2 (Taureau) : domi cile nocturne, maison 7 (Balance). Mars: domicile diurne, maison 1 Bélier); domi cile nocturne, maison 8 (Scorpion).
Jupiter: domicile diurne, maison 12 Poissons); domicile nocturne, maison 8 (Sagittaire). Saturne : domicile diurne, maison 11 (Verseau): domicile nocturne, maison 10 (Capricorne). Les planètes se promènent dans le ciel. Elles se rencontrent, se croisent en échangeant des influences bonnes ou mauvaises entre elles, selon qu’elles sont bien ou mal ensemble.
De là l’étude des positions des planètes les unes vis-à-vis des autres ou aspects pla nétaires. Ces aspects sont étudiés par les astronomes comme par les astrologues. Les astronomes n’y voient que des phénomènes physiques, alors que les astrologues enseignent que les divers aspects des planètes ont une très grande influence sur les êtres terrestres et sur les événements politiques.
Pour comprendre lés aspects planétaires, il suffit de diviser le ciel en degrés, comme les astronomes. On établit ensuite le rapport des angles avec les maisons astrologiques en se souvenant qu’une mai son à 3o°. Quand deux planètes sont placées exactement l’une
PREMIERS ÉLÉMENTS d'âSTROSOPHIE 203 au-dessous de l'autre dans le ciel, l’angle formé est de o° et on dit qu’il y a conjonction. Quand les planètes sont placées aux deux extrémi tés du ciel, l'une au midi et l’autre au nord, il y a, gue un espace de six maisons (6 fois 3o égale 180). On appelle cet aspect : l'opposition. Entre la conjonction et l’opposition, les principaux aspects sont les suivants : Semi-sextile, 3o° : une maison. Semi-quadrant, 45° : une maison et demie. Sextile, 6o° : deux maisons.
204 l’initiation Quadrature 90’ : trois maisons. Trine, 120° : quatre maisons. Sexqui-quadrant, i35° : quatre maisons et demie Quinconce, i5o° : cinq maisons. Opposition, 1800 : six maisons. Une manière facile de retenir la théorie des as pects planétaires consiste *à considérer simplement sa montre. Figurez-vous que chacune des aiguilles de votre montre représente une planète, et vous allez com prendre de suite tous les aspects planétaires. Lorsque les deux aiguilles sont à midi, elles se placent l'une sur l’autre exactement. Il y a conjonc tion. Lorsque la grande aiguille est sur midi et la petite sur 6 heures, il y a opposition avec distance entre les deux aiguilles de six divisions du cadran ou heures qui correspondent sur l’horoscope à six maisons. Quand les aiguilles marquent 1 heure, la grande est sur midi et la petite sur 1 heure ; il y a une mai son de distance et cela représente l’aspect dit semisextile. La petite aiguille entre 1 heure et 2 et la grosse sur midi donne le semi-quadrant (45°). Deux heures donnent l’aspect sextile (deux mai sons). Trois heures est l'image de la quadrature (trois maisons), quart du cercle. Quatre heures représente la trine (quatre maisons). Cinq heures, la quinconce (i5o°) tiers du cercle. Enfin 6 heures, l’opposition.
PREMIERS ÉLÉMENTS b’ASTROSOPHIE 203 Pour rapporter à sa montre la figure des aspects que nous donnons, il suffit de considérer les heures de 6 heures du matin ou du soir à midi (ou à minuit,. Midi moins le quart donne la quadrature. fliir U The Angul/trAspectsBenefit flay y d Semi Sextile or 3P - ■K The 'Sejctite <or °- Q The ÿuifitite or 7c. ca The Trine or /¿P ?
The Angular Aspects fiAfdlefic flays ■ ■ • sa a Semi Square t or 4S° cr 7** tSyuàre or ^qQ SSfj a \<>0&jwif-ua<fatore or/35 °- T ' "r P/iflfiriCton' or IffP - Fig. 17. Midi moins vingt, la trine, appelée aussi trigone (i2o° ou le tiers du cercle), etc., etc. REMARQUES SUR LES ASPECTS PLANETAIRES Trigone et sextile sont des aspects bénéfiques. Opposition et quadrature sont des aspects malé fiques.
20Ô l'initiation Conjonction bénéfique avec Vénus et Jupiter. Conjonction maléfique avec Mars et Saturne. Saturne et Mars sont du reste très mauvais en op position quadrature aussi bien qu'en conjonction. Jupiter et Vénus en conjonction trigone ou sextile sont très bons. Sont douteux en opposition et quadrature, le Soleil, la Lune, iMercure. En trigone et sextile sont bons. Sont mauvais en opposition quadrature ou con jonction. Chacune des maisons astrologiques est le domicile d’une planète. On appelle en astrologie cette planète : le Seigneur de la maison. Chaque planète, sauf le soleil et la lune, a deux domiciles. Un domicile positif ou diurne et un domi cile négatif ou nocturne (voir ci-dessus, fig. i5). La Lune a son unique domicile dans la maison 4 (Cancer). Le Soleil, son domicile unique dans la maison 5 (Lion). Mercure, domicile diurne, maison 3 (Gemeaux) ; domicile nocturne, maison 6 (Vierge). Vénus, domicile diurne, maison 2 (Taureau); domicile nocturne, maison 7 (Balance). Mars, domicile diurne, maison 1 (Bélier), domicile nocturne 8 (Scorpion). Jupiter, domicile diurne, maison 12 (Poissons); domicile nocturne, maison 9 (Sagittaire). Saturne, domicile diurne, maison 11 (Verseau); domicile nocturne, maison io (Capricorne).
PREMIERS ÉLÉMENTS d’âSTROSOPHIE 20y Cette division des domiciles planétaires est très importante à bien retenir. Outre le domicile que fournit chaque maison à une planète, il y a des influences particulières qui font qu'une planète se trouve bien ou se trouve mal selon la maison dans laquelle elle se meut. On appelle cette situation l’Exaltation ou la Faiblesse de chaque pla nète.
2°s l’initiation [Mars Voici la liste de ces situations: Bélier, maison (i), exaltation ou force: le Soleil, détriment ou faiblesse : Vénus. Taureau, maison (2), exaltation ou force : la Lune, détriment ou faiblesse : Mars. Gémeaux, maison (3), exaltation ou force : la Lune, détriment ou faiblesse : Jupiter. Cancer, maison (4), exaltation ou force : Jupiter, détriment ou faiblesse : Saturne.
Lion, maison (5), exaltation ou force : Jupiter, dé triment ou faiblesse : Saturne. Vierge, maison (6), exaltation ou force : Jupiter, détriment ou faiblesse : Jupiter. Balance, maison (7), exaltation ou force : Saturne, détriment ou faiblesse : Mars. Scorpion, maison (8), exaltation ou force : Vénus, détriment ou faiblesse: La Lune. Sagittaire, maison (9), exaltation ou force : Vénus, détriment ou faiblesse : Mercure.
Capricorne, maison (10), exaltation ou force : Mars, détriment ou faiblesse : la Lune, Verseau, maison (11), exaltation ou force : Mercure, détriment ou faiblesse : le Soleil. Les Poissons, maison (12), exaltation ou force: Vénus, détriment ou faiblesse: Mercure. La figure ci-jointe combine les Seigneurs et les exal tations ou faiblesses planétaires.
LES CHUTES DES PLANETES Aux aspects d’exaltation et d’exil désignés : le pre mier par le signe +, le second par le signe —, dans
I9IO PREMIERS ÉLÉMENTS d’aSTPOSOPIIIE 20g notre figure, il faut ajouter les chutes qui sont ainsi localisées. Saturne, en chute dans le Bélier. Jupiter, — le Capricorne. Mars, — le Cancer. Le Soleil, — la Balance. Vénus, — la Vierge. Mercure, — les Poissons. La Lune, — le Scorpion. La clef des aspects est des plus simples. Les signes en opposition des signes où les planètes ont leur domicile diurne ou nocturne constituent le lieu d'exil de ces planètes. Le signe en opposition avec le lieu d’exaltation donne la chute. Pour comprendre les astrologues anciens, il faut encore tenir compte des détails suivants : Du 18e degré des Gémeaux jusqu’au 42’degré du Cancer, s'exerce l’influence delà Voie Combusle, qui contrarie les influences favorables et augmente les mauvaises. Du icr au 10e degré de la Balance et du 11° au 3o° degré du Sagittaire, s’exerce l’influence de la Tète du Dragon. Les 3o degrés de la Vierge, les degrés 11 à 3o de la Balance, 11 à 20 du Scorpion et 1 à 10 du Sagittaire sont influencés par la Queue du Dragon. HOROSCOPE CARRÉ Les astrologues modernes établissent tous leurs 'horoscopes sur des figures circulaires permettant.
2 I O l’initiation grâce à leur division facile en 36o", de déterminer exactement le degré de l’ascendant. Les astrologues du moyen âge employaient des figures carrées, qui sont très faciles à lire quand on se rend compte de leur construction. On dessine sur le papier un carré quelconque. anqulaîrë Fig. 19. On marque le milieu de chacune des lignes for mant ce carré. On trace un nouveau carré en tirant quatre lignes partant du milieu de chacune des lignes du premier carré. On prend encore le milieu de chaque ligne du
PREMIERS ÉLÉMENTS d’aSTROSOPFHE 21 I second carré et on trace un troisième et dernier carré au milieu du second. Enfin, on réunit le milieu de chaque ligne du second carré avec chacun des angles du premier carré. C'est beaucoup plus simple à faire qu’à expliquer. On obtient ainsi douze triangles, dans chacun des quel son inscrit le nombre et le nom d’une maison en partant de l’angle oriental ou ascendant pour la maison i (Bélier), et ainsi de suite. Voir la figure 19. P a pu s.
Que de méditations salutaires ne fait pas naître en nous l'étonnante aventure de ce Chantecler qui devait, il y a quelques semaines, élever son auteur, M. Rostand, sur le pavois des seuls génies, le classer définitivement au rang des trois grands tragiques grecs et des quatre grands dramaturges français, le déifier enfin aux regards de toute la contemporanéité éblouie ! La dextre malicieuse du hasard, dirait le rationa lisme positiviste de M. Anatole France, a détruit dans l'œuf cet espoir d’apothéose et voici que M. Ros tand — tout comme son héros de basse-cour — s’est aperçu qu’il ne faisait pas lever à sa fantaisie le soleil de la gloire par un cocorico de vaudeville, qu’il fal lait d’autres éléments que quelques personnages empanachés de plumes, des cartons peints de décors à une échelle grotesque, et des jeux de mots boulevardiers pour donner à une œuvre la notoriété et la stabilité d’un vrai succès. M. Rostand est-il coupable en cette affaire ? Nous ne le croyons pas, il est plutôt à plaindre étant devenu le jouet de la foule qu’il flattait dans ses erreurs et qui l'a brisé.
LE KRACH DE l’ESPRIT MATERIALISTE MODERNE 2l3 Le grand coupable, c’est le Prince de ce monde et ses adorateurs : impresarii sans vergogne et éditeurs affamés, intéressés à faire d’une charmante œuvrette pleine de fantaisie un chef-d’œuvre littéraire se muant, pour eux, en poule aux œufs d'or ; enfin c'est le public, la foule, elle surtout, amorcée et dévoyée par tous les agents de ses vices, de ses faiblesses • la presse flatteuse et mercantile, les directeurs de spectacles et d'éditions sans valeur sérieuse mais aux luxueux apprêts, sa propre soif insatiable de jouis sances stériles, terre à terre.
Et, ici, pour nous, occultistes ou spiritualistes, se manifeste clairement la grande loi du choc en retour, cette loi, aveugle dans ses conséquences, qui atteint et brise tous ceux qui ont abusé d'un pouvoir maléfique, tous ceux qui, mêmeindirectement, ontaidé a le déve lopper, à le projeter pour la satisfaction d’une quel conque passion où faiblesse humaine, ce qui revient au même si l’on doit croire à la valeur étymologique des mots.
La passion, dans le cas qui nous intéresse, est, on le sait, pour les uns : barnums et interprètes deChantecler, la soif de l’or, c'est le désir d’un encens... rémunérateur pour eux, répandu par une nation, par des nations entières ; c’est pour les autres, pour l’au teur, l'orgueil d'un homme de lettres grisé par des succès sans consistance qui oublia que la seule satis faction d’un artiste sincère doit être de produire des œuvres élevées, solides, d’une idéalité puissante, des œuvres qui doivent être comme de nouveaux leviers pour élever toujours plus haut l'ilumanité terrestre
l’initiation en marche pour la conquête de l'éternelle et divine Beauté et Vérité dont les artistes, vraiment dignes de ce nom. ne doivent être ici-bas que les messagers de Lumière.
Le pouvoir maléfique mis en jeu, on le connaît également— la presse honnête, celle qui a su rester honnête en notre siècle gâté nous l’a révélé — c’est l'immense bluff qui, depuis septans, a été fait autour de cette pièce ; c’est la prostitution d’une certaine cri tique vendue au plus offrant et dernier enchérisseur; c'est l'opinion publique habilement tenue en haleine, indignement trompée, aveuglée, c'est enfin la veu lerie de tous les hommes qui. à la tête d’une nation, ayant la prétention d'être le flambeau intellectuel et moral de notre race planétaire, se sont prosternés devant cette sinistre farce, ont prêté à cette comédie, à cet amorçage de gogos l’appui de leur nom illustre dans les lettres, l'art dramatique et même dans la politique.
Le choc en retour est patent, nul ne peut le nier, cela est si vrai que certains de nos confrères ont senti obscurément peser sur cette affaire la Justice Immi nente en travail occulte de sanction morale ; mais n’ayant pas consci ence du monde des forces intelli gentes qui nous pénètre et nous enserre, n’ayant pas conscience de l’agent de cette sanction vengeresse, nos confrères n’ont taine comme seul pu en dégager une philosophie cerun occultiste ou un spiritualiste conscient de la Moralité de V Univers Invisible pou vait le faire. Que l’on lise le passage qui suit, extrait d’un
LE KRACH DE L’ESPRIT MATERIALISTE MODERNE 2l5 article paru dans la Grande Revue du 28 février 1910, et l’on sera convaincu : « Un historien des mœurs écrira quelque jour, pour le divertissement d'une époque plus sage, la curieuse aventure de Chantecler. Il dira la folie de ces hommes disputant sur le choix d'un plumage ou la proportion d'un décor et croyant décider du sort des lettres françaises.
Il contera les mille épisodes de cette bouffonnerie qui, pendant des mois, se joua devant un public amusé et doucement gouailleur... Mais les jours qui précédèrent, ceux qui suivirent immédiatement la« première»,eurent quelque chose de tragique.
Un moment vint où l'énorme machine à réclame qu'avaient formée de leurs mains les amis et les partisans de l'auteur, et qu'ils ne gouvernaient plus, se retourna contre eux; où les Jorces qu'ils avaient déchaînées, et dont ils pensaient se jouer ces sant de les servir, les menacèrent. Si aveuglé qu'il fût d’orgueil, M. Rostand se sentit devenir impopulaire.
Coûte que coûte, il fallait préserver l’auteur d'une gloire trop impétueuse qui l’allait submerger. Il fallait désavouer l’ouvrage de plusieurs années. » Ainsi donc « l’énorme machine à réclame » s'est retournée contre les agioteurs de Chantecler, les forces déchaînées par eux les menacèrent... et le choc en retour sest fatalement produit. On sait ce qu’il en est résulté.
L’œuvre discréditée n’enrichira cer tainement ni les impresarii, ni les interprètes, ni les éditeurs qui avaient battu la grosse, caisse à son sujet, elle ne couronnera pas l'œuvre littéraire de M. Ros tand.
2 l6 l’initiation Mais le meme choc en retour a fait de plus deux exécutions : l’une en la personne de M. Rostand . . . . . , , ’ victime innocente en partie, qui a supporte a contre cœur, nous voulons le croire, le zèle intéressé de ses amis, de ses actionnaires, s’efforçant de le hisser sur un autel, en Dieu de la Poésie, pour vivre de son culte.
L’autre exécution, (mais celle-ci pleinement justi fiée . a atteint le public, l'humanité frappée dans ses inclinations matérialistes mêmes, ses caprices d’enfant léger, sa badauderie stupide, son goût amusé, son engouement irraisonné pour tout ce qui est superficiel, pour les œuvres de clinquant qui « ne lui fatiguent pas les méninges» c'est-à-dire sans âme et sans profondeur.
Ce n’est donc pas le Krach Rostand que l’on aurait dû voir imprimé comme titre en tête de certains articles de critique dans les journaux restés honnêtes et qui pouvaient par conséquent élever la voix sans se compromettre, mais bien le Krach de l'esprit maté rialiste moderne.
N’est-ce pas en effet l’espritde la foule qui,ayantconsenti jusqu'ici à n'être qu’un troupeau de moutons aux mains de mauvais pasteurs habiles à flatter ses vilains penchants, ses vices, à l’abrutir ou à l’illusion ner pour la tondre, au lieu de rechercher des œuvres élevées vraiment morales qui lui fassent faire un retour sur elle-même, sur sa vie, qui la portent à méditer sur sa destinée, sur l’Au-delà, sur les Mondes de gloire spirituelle, qui l’incitent à aimer, à soutenir ce qui est vraiment et uniquement beau, n’cst-ce pas
LE KRACH DE CESPRIT MATERIALISTE MODERNE 21/ cct esprit qui brusquement, par l'effet du choc en retour, s'est trouvé déçu, trompé, berné; n’est-ce pas cet esprit qui s’est aperçu enfin, a reconnu un peu tard que l'on avait abusé de sa confiance, que Von s’était moqué de sa sottise en poussant à l’ex trême tous les moyens, tous les éléments de flatterie et de succès qu’il aime à trouver dans les œuvres modernes en vogue ?
Puisse l’aventure de Chantecler lui servir de leçon 3 et lui rappeler que le Prince de ce Monde de men songes, d’appétits et de négation spirituelle, fait tou jours payer à ses fidèles les illusions des largesses et des plaisirs qu’il leur accorde pour mieux les asser vir à sa fallacieuse puissance établie au moyen des errements de l'esprit sur les ténèbres de l’àme. Combes Léon. i,r mars igio.
LES CALAMITÉS A propos des inondations qui ont eu lieu ce fin janvier à Paris, il est curieux de remarquer qu'au moment des grandes calamités, qui assaillent l'huma nité. celle-ci daigne jeter un regard anxieux vers l’in connu pour en sonder le troublant mystère, constatant finalement que l'homme est bien peu armé en face des éléments déchaînés.
Dans ces moments d’épreuve, on ressent fortement la nécessité de se trouver plus unis afin d'être plus forts physiquement et moralement.
Puis quand le danger est passé, chacun se renferme bien vite dans son petit orgueil et son petit égoïsme particuliers, comme la vilaine chenille se renferme dans son cocon, parce que la nécessité de l’unité dans l’amour, c’està-dire du un pour tous et du tous pour un, n’est pas reconnue et n’est pas enseignée aux hommes.
Cependant, ce n’est que par amour pour la nature éthérée que la chenille brise son cocon pour en sortir brillant papillon, comme ce n’est que par amour pour l’humanité que l’homme peut briser la coque fluidique égoïste qui l'enserre, l’étouffe et annihile ses facultés mentales, psychiques et spirituelles.
Or, sous prétexte que la nation est composée d’in dividus ayant des croyances différentes, le gouverne ment veut rester neutre en respectant la libre pensée
LES CALAMITÉS 21 Q de chacun, alors que c’est lui qui devrait faire conver ger vers son unité toutes les volontés, toutes les éner gies ! Mais comment peut-il affirmer qu'il est l'unité, puisque lui-même ne sait pas reconnaître lT’nitc Créatrice dans tout l’Cnivcrs !
Cette Unité Créatrice, qu'on la nomme le Créateur, Dieu, le Grand Architecte, l’Unique ou l’Humanité intégrale, peu importe 11 laut être bien aveugle pour ne pas voir que tout s'enchaîne dans la nature et que ce qui nous parait y agir isolément ne le fait qu’en vue de l'ensemble, d'un plan unique conduisant à l’harmonie générale.
Si donc on insiste constamment sur les fameux droits de l'homme, sans leur rappeler que leur premier devoir est de penser à l’Unité, il ne peut y avoir dans la nation que des individus s’agitant isolément dans tous les sens suivant leurs appétits, leurs passions, leur intellect individuel, c’est ce qu’on nomme l’anarchie!
Si. au contraire, toutes les pensées convergeaient vers l’Unité, les passions, les appétits, les intellects, se mêleraient intimement, arrondissant leurs angles par le frottement général, pour le plus grand bien de tous : ce serait la marche vers ce qu’on nomme la synarchie ! Est-ce à dire que cette foi en l’Unité empêcherait les calamites de se produire ?
Ceux-là seuls qui connaissent les sciences occultes peuvent dire qu’il est des calamités que les hommes unis par l’amour peuvent empêcher, comme il est des cataclysmes dus à la vie particulière de l’être Terre, sur lesquels l’homme ne peut rien !
220 l’initiation L'amour dans l’Unité est donc indispensable pour éviter les premières. S’il ne peut empêcher les seconds, tout au moins peut-il en atténuer les rigoureuses con séquences par l'appui que peuvent apporter les popu lations indemnes à celles qui sont éprouvées par le fléau. En tous cas. le lien d'amour est nécessaire dans la nation d'abord, dans toutes les nations ensuite !
Car. aussi bien dans le domaine positif, que dans le domaine psychique, l’homme isolé ne peut rien; « malheur à celui qui s'isole », disent les traditions occultes. S'il y avait moins d’égoïsme dans le domaine po sitif, si on savait mieux voir l'intérêt général que l’intérêt des particuliers, on ne serait plus occupé, depuis longtemps par exemple, de la question du reboisement, de l’endiguage, du drainage,etc.,et Paris n’aurait pas été inondé.
Par égoïsme réciproque, le malheur qui affecte Paris touche peu le montagnard alpin, qui voit assez sou vent sa maison et son bien emportés par les torrents ou les avalanches, parce que, quand cela lui arrive, le Parisien s’en soucie assez peu. Et cependant la science officielle et le gouvernement pourraient s’occuper de ce pauvre paysan livré seul aux attaques de la rude nature dans laquelle il est obligé de vivre !
Aussi à son tour le montagnard use et abuse de tout ce qui l’environne, il déboise pour se chauffer et faire paître ses troupeaux, alors tout le monde en pâtit. Si maintenant nous envisageons les domaines psy chique et spirituel, nous pourrons constater que la
LES CALAMITÉS 221 nécessité de l'union dans l'amour est encore plus affirmée que dans le domaine positif. En sciences occultes ne sait-on pas que toutes les volontés, fermement unies dans une commune pen sée, une fervente prière, créent des courants de force psychique formidables, capables de modifier les cou rants atmosphériques et astraux'.
Ne cite-t-on pas des populations réunies en prières autour de leur prêtre, de leur pasteur, ayant obtenu la pluie qui leur man quait ou fait cesser des fléaux dévastateurs !
Ces forces occultes, connues dans la haute anti quité, ont été efficacement maniées par les grands conducteurs d’hommes tels que Ram, Kristhna, Bouddha, Lao-Tze, Zoroastre, les grands prêtres d’Hermès, Moïse, les grands mages, etc. Moïse ne détenait-il pas un grand pouvoir au moyen de toutes les volontés de son peuple, disci plinées vers l’Unité et dynamisées en forces puissantes dans sa mystérieuse arche d’alliance !
Les travaux prodigieux, les monuments de dimen sions colossales, exécutés par les grands peuples ini tiés de l'antiquité, dont la science positive n’était cependant pas à la hauteur de celle de nos ingénieurs, ne prouveraient-ils pas qu’ils agissaient au moyen de forces occultes encore pour longtemps inconnues de la pédante science officielle actuelle 1 Nous voyons donc que si les nations actuelles étaient plus spiritualisées, c'est-à-dire si elles avaient suivi la voie d’union et d’amour tracée par le Verbe Divin, Christ, elles seraient mieux armées pour lutter contre le serpent infernal des anciens mythes, le Tv222 L'iNITIATION phon des Égyptiens, le Moloch de la Phénicie, sur la tête duquel la Sagesse, mère des Élohïm, peut seule poser le pied pour épuiser toutes les flammes qu’il vomit et lui faire verser sur la terre une lumière vivi fiante au lieu des ténèbres de mort et des torrents cala miteux qu’il déchaîne.
Nous savons bien, en occultisme, que la terre n’est évidemment pas un lieu de délices : c’est un être vivant qui est loin d'être parfait dans sa constitution et son organisation ; elle a sa vie propre, scs troubles, ses souffrances, se traduisant pour nous en attract central, en tremblements de terre, en éruptions vol caniques, en cyclones, en déplacement des mers, en élévation et abaissementde continents, etc., sans comp ter ce qu’elle nous fait souffrir par ses variations de saisons, de climats, de température ; mais c'est un théâtre approprié aux acteurs, nous les terriens, appe lés à s'y incarner pour y jouer chacun son rôle, le mieux possible, dans l’ensemble.
Dansl’espace, les autres mondes sont d'autres scènes moins ou plus parfaites que celle de la terre et sont habités par des acteurs moins ou plus parfaits que les terriens : il faut donc prendre notre terre pour ce qu’elle vaut, sans rêves utopiques ; elle est faite pour ceux qui l'habitent, c’est-à-dire pour des esprits plus ou moins égoïstes et orgueilleux, et quand quelquesuns de ceux-ci sont devenus assez évolués pour aspi rer ardemment à l’amouruniversel, ils ne reviennent pas se réincarner sur elle, à moins que ce soit par mission ou par amour, ils vont dans un monde meil leur conforme à leurs aspirations.
LES CALAMITÉS 223 Nous venons de voir que malgré ses imperfections la terre pourrait devenir plus agréable à habiter si les terriens étaient plus initiés, plus unis dans l'amour de l’Unité et, partant, moins égoïstes et moins orgueilleux. Hélas ! c’est un trop beau rêve, puisque les terriens sont avant tout égoïstes, par nécessité disent-ils. et sont orgueilleux originellement.
C'est pourquoi le Divin Christ résumait, pour eux. tous ses enseignements dans ces mots : « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas vous voir fait à vous-mêmes. » — « Faites aux autres ce que vous voudriez vous voir fait à vous-mêmes. » Il pensait que c'était suffisant pour les terriens et que Dieu ne leur demandait pas autre chose. Sur cette morale-là tous les habitants de la terre peuvent s'entendre !
Il faudrait alors que les gouver nements la fissent enseigner officiellement et énergi quement, surtout dans les écoles, en attendant qu’ils puissent enseigner officiellement l’immortalité des âmes et des Esprits dans leurs existences successives au sein de l’Unité Divine : ce serait le recommence ment de l'âge d’or ! Février 1910. Franlac.
Lorsque l’on recherche consciencieusement la na ture du fluide susceptible d’impressionner une plaque photographique, on reste quelquefois très embarrassé quant à en définir la nature, l’origine, et cela par l'im prévu de l’obtention des images.
S’il s’agit de reproductions d’objets placés sous nos yeux et que, par la puissance de notre volonté, nous accumulions cette force à une forte tension, un degré de plasticité tel que nous puissions en obtenir le gra phisme. on peut accepter que nous ayons par un tra vail purement physiologique provoqué une très grande sortie de notre fluide vital, dénommé aussi par le savant anglais W. Crookes : force psychique.
Il semble que ce soit cet agent qui préside à la pro duction des principaux phénomènes dits psychiques, tels que la transmission de la pensée, la télépathie, psychométrie, etc. Chaque individu dégage cette force en plus ou moins grande quantité suivant son état mental, sa santé.
Dans un précédent article, le com mandant Darget porta à la connaissance de nos lecteursle moyen de contrôler ce dégagement fluidique au moyen d’une plaque sensible photographique, cet auxiliaire si précieux, impossible à accuser de super
igio] LA PHOTOGRAPHIE TRANSCENDENTALE 225 cherie. Suivant la personne, le fluide émis est graphie sous forme d’effluves divers, d’auréoles, de taches; très souvent même cette force vitale produit des cou leurs variées.
Ne voulant pas revenir sur des travaux qui ont fait l’objet d’une étude précédente, nous énumérerons seulement pour mémoire l’obtention des formes men tales des bouteilles, d’une canne, de la colère, voire du cerveau avec ses deux lobes, anfractuosités et cir convolutions, etc. A tous ces phénomènes on peut appliquer la théo rie simpliste de la force psychique.
Il n’en est pas de même cependant pour les épreuves obtenues dernière ment par le commandant Darget et ses amis dont les résultats ne laissent pas que d'intriguer le cher cheur. cela en raison des forces signataires de ces images. Précédemment était citée comme très curieuse la photographie du rêve : l’aigle ; on peut attribuer à un être invisible du plan astral la signature de cette épreuve.
Les surprises sont parfois déconcertantes par l'imprévu des résultats obtenus. C'est ainsi qu’en ma gnétisant une plaque, le commandant Darget obtint une figure ressemblant au héros de Goethe, Méphistophélès, l’âmedamnéede Faust.Une autrefois, magnéti sant également dans le révélateur une feuille d'arbre et désirant en rechercher la force vitale, il voit appa raître le faciès de Louis XI. Venant de lire une his toire au sujet du cerveau de V.
Hugo, il réalise deux portraits de l’immortel auteur de la Légende des siè- 'cles. Il vient d'avoir une pensée au sujet de Musset et 15
2 2 6 l’initia I ION c'est le poète des Nu iis qui vient poser sa signature avec une ressemblance frappante. Mieux encore, M. H... est au piano et joue Beethoven. S étant mis une plaque sur le front, celle-ci ne porte-t-eile pas le masque du génie incomparable qui écrivit les neuf symphonies. A les énumérer nous ne saurions nous arrêter, marchant d’enchantement en enchantement.
Ce genre de photographies nous éloigne sensible ment de celles qui ne sont dues qu’à la projection de la pensée et voulues. C’est une intrusion dans un do maine nouveau dont le défrichement est à peine commencé, aussi est-ce avec une prudence extrême que nous avançons.
Il nous faut tenir compte du mauvais vouloir des uns, de l’ironie des autres, et comme l'écrivait lui-même le précurseur de cette méthode d’investigation : « Même parmi ceux qui ont vu et touché comme saint Thomas, il y en a de tièdes, timorés, imbibés de lâche respect humain, lesquels font comme saint Pierre au troisième chant du coq, alors qu'on lui montrait son maître Jésus : « Je ne connais point cet homme. » Il est de toute évidence que des forces supérieures se servent de nous comme, point d’attraction, lequel leur sert à se manifester.
Voici du reste des expériences toutes récentes où réellement se rencontre une intention très marquée d’influences astrales à montrer leurs pouvoirs et révèlent une évolution spirituelle de leurs auteurs. Si l’on enveloppe une vitrose sensible de deux feuilles de papier noir et d’une troisième de papier
LA PHOTOGRAPHIE TRANSCENDENTALE 227 rouge, l’opacité à la lumière est absolue. Que l'on applique pendant plusieurs heures, la vitrose ainsi préparée sur le front ou à lepigastfe, on obtient des effluves, des couleurs, souvent des images, des figures d'hommes ou d’animaux.
Où le résultat devient réellement surprenant c’est dans l'experience suivante : Si vous enveloppez préa lablement la vitrose d'une feuille de papier blanc sur laquelle vous écrivez quelques mots sans importance et que dans ceux-ci vous intercaliez une injure ou un blasphème, le manuscrit impressionne la vitrose en blanc, quelquefois en noir, souvent ces deux couleurs à la fois, mais — et ceci est le point capital de l'expé rience — Tinjure et le blasphème ne sont point enre gistrés.
C’est ainsi que le commandant Darget mit un jour sur l'enveloppe blanche différents mots entre autres: « Monsieur X... est un imbécile » et ceci pour lui en adresser l’épreuve. Or, toutes les lettres de l’enve loppe avaient étéécrites, mais les mots «Monsieur X... est un imbécile » étaient absents, comme effacés à dessein. Intrigué par cette singularité, il fit une autre vitrose avec les mots particuliers: «Je renie Dieu».
Pas plus pour ce blasphème que pour l’injure précédente il n’obtint de résultat. Une trentaine de ces épreuves ont été faites par M. Darget et ses amis, mais jamais les mots: « Je renie Dieu » n’ont pu être obtenus. 11 faut donc conclure que : i° Nous sommes en présence de phénomènes psy chiques démontrés sans conteste:
•228 l’initiation 2° La force qui préside à leur réalisation se mani feste avec intelligence et vient de plans plus évolués que le nôtre ; 3° Cette force est tout à fait indépendante de la volonté humaine. S'il en était autrement dans les expériences susdites, tous les mots seraient graphies. La voie aux recherches est ouverte, quelques jalons sont posés.
En raison de leur caractère métaphysique, ces phénomènes ne doivent pas être étudiés sans pré cautions sérieuses, nécessaires si l'on veut en déter miner l'origine et la nature. C'est avec une méthode rigoureuse, entourée de toutes les garanties possibles de contrôle que les expériences doivent être faites.
M. Durville, un savant dont nos lecteurs connais sent l'érudition et la minutie des recherches, vient de lever un coin du voile qui nous cache le monde invi sible. Dans une magistrale étude il démontre expé rimentalement, d’une façon absolue, que notre ma chine humaine se compose d’un corps brut et d'une âme intelligente.
Au reste, nous pensons utile d’ex traire les principales lignes de la conclusion de son ouvrage, le Fantôme des vivants : « Il me paraît certain, dit l’auteur, que le principe qui anime le corps physique à son état normal, puis’ le fantôme, survit après la mort comme le pensent les spiritualistes de toutes les écoles.
J'ajouterai même que j’ai une sorte de certitude que ce principe con stitutif de notre individualité est immortel, par consé quent indestructible et qu’il revient, suivant l’affirma tion des spirites, des occultistes et des théosophes, animer à la naissance notre personnalité temporaire.
LA PHOTOGRAPHIE TRANSCENDENTALE 22Q Mais cette immortalité ne m’étant pas démontrée d'une façon suffisante, je suis obligé de conclure : « i° Par une affirmation formelle que je considère comme indiscutable. « 2° Par une affirmation hypothétique, qui. dans un avenir plus ou moins éloigné, deviendra également indiscutable. « Le dédoublement est un fait certain qui se dé montre par expérimentation directe.
Cette dualité prouve en même temps que la Force est indépendante de la Matière et que notre individualité se compose d’un corps brut et d'une àme intelligente. » « Puisque lefantômefonctionnelibrement endehors du corps, l’âme qui le dirige peut et doit subsister après la mort. S'il en est ainsi, l'immortalité est un fait qui peut être démontré scientifiquement. » Virgile a dit: On se lasse de tout, sauf de com prendre.
Il est en effet dans le cœur de l’homme un incessant besoin de savoir, de pénétrer au delà des connaissances humaines. Notre époque actuelle semble vouloir sortir du matérialisme qui la domine ; on commence à comprendre qu’il existe autre chose que la Matière. Un mouvement psychique se dessine nettement.
Il faut que toutes les bonnes volontés se tendent vers ce but, il est indispensable que la masse des humains comprenne que ce n’est pas ici-bas que s’accomplit toute notre évolution. C’est en élevant sans cesse notre cœur et notre esprit que nous com prendrons que nous sommes sur cette planète non
230 l'initiation pas pour nous entre-tuer, mais au contraire pour détruire le plus possible l’égoïsme qui semble inhérent à la nature humaine. Alors et seulement lorsque l'homme aura compris que ces immenses fortunes ne sont que mirage, sou vent une épreuve envoyée par le Ciel ; les joies maté rielles un leurre, la face du monde changera! L’hu manité sortira de la fange où elle se roule, c'est un courant d’Amour et de Charité qui passera sur la terre entière, l'épanouissement de l'admirable mis sion du Christ ! 20 février 1910. G. WlLFRID.
La Pétrothérapie occulte (Suite.] L'Hyacinthe. Planète : Soleil. Zodiaque : Sagittaire. L'hyacinthe donne la stérilité; préserve de l’hydropisie et de la tondre; se monte en argent. Les hyacinthes seront portées pendues au col, en façon d'amulette, ou enchâssées dans un anneau. On tient que. de la sorte, elles « défendent les vertus du cœur, accroissent les richesses, les honneurs et la pru dence, et détendent du foudre celuy qui les porte». L'hyacinthe préserve du tonnerre, de la peste et fait dormir. Cette dernière qualité lui avait déjà été attri buée par Albert le Grand. Sans rejeter précisément ces idées Cardan, nous dit qu'il porte ordinairement une pierre d'hyacinthe même très grande, et qu'il ne s’est jamais aperçu qu’elle contribuât à le faire dor mir. Il ajoute aussitôt, il est vrai, avec une naïveté parfaite, que sa hyacinthe n’a pas la couleur véri table et qu’elle doit être loin du très bon. On admettait encore que l’hyacinthe faisait devenir riche, augmen tait la puissance, fortifiait le cœur, portait la joie dans l’âme. On tient qu’elle calme la mer et apaise les
l’initiation _ n 232 orages, si l'effigie de Neptune y est en gravée, dit Robert de Berquen. « L’hyacinthe tient aussi du soleil une vertu contre le poison et les vapeurs de la peste» (C. Agrippa). « Si on veut entreprendre un voyage sans danger, on prendra la pierre qu'on appelle jacinthe\ elle est de différentes couleurs, mais la verte et celle qui a des veines rouges, est la meilleure : elle veut toujours être enchâssée dans de l'argent.
On lit dans certains livres qu'il y en a de deux sortes, l’aquatique et la saphirine qui est la plus précieuse, est luisante et sans aquosité. Les Anciens disent que si les voyageurs la portent au doigt ou au col, ils peuvent aller partout sans crainte et en sûreté, et seront bien reçus dans les logis. La saphirine a la vertu de faire dormir à , cause de sa froideur. » {Les admirables secrets.) La Turquoise.
La figure du Verseau gravée sur une turquoise fait gagner aux marchands tout ce qu'ils veulent. (P. de Bresche), assure la réussite en amour, possède à peu près les même propriétés que l’émeraude, mais elle s’emploie plus particulièrement contre les scorpions.
Elle entre dans les remèdes de l’œil, etc. Cardan dit que la turquoise montée dans un anneau préserve le cavalier de tout accident, s'il vient à tomber de cheval ; mais il se hâte d’ajouter: « J'ai une belle turquoise dont on m’a fait cadeau, seulement il ne m’est jamais venu à l’idée d’essayer son pouvoir, et je n’ai garde, pour l’expérimenter, de faire une chute de cheval. »
LA PÉTROTHERAPIE OCCULTE 233 La turquoise est une des pierres que les Orientaux emploient le plus souvent pour faire leurs amulettes; on en rencontre très souvent sur lesquelles sont gra vées des sentences généralement empruntées au Coran. On trouve assez souvent dans les stations pré historiques des turquoises ayant servi de parures aux néolithiques de la France.
« On l’estime, dit Lemery, propre pour fortifier la vue et les esprits du cerveau ; si on la broyé subtile mentet qu’on en fasse prendre par la bouche, elle agira comme les fragments précieux ou comme les autres matières alkalines, pour absorber les acides et pour arrêter les cours de ventre, les hémorragies, le vomis sement. La dose en est depuis six grains jusqu’à un de scrupule » (Robert de Berquen).
« Or que les pierres nous gardent du péril, quand nous tombons, comme l’on dit de la pierre turquoyse, laquelle portée en un anneau, si l'homme tombe de dessus un cheval est estimée recevoir tou tle coup et estre rompue en pièces, l'homme sauvé ; cecy à la cause moins difficile, néantmoins qu’elle soit grande ; aucuns adioustent qu’il faut que ceste cause soit receuë par grâce divine.
Ceste pierre, de couleur perse et de ciel, est translucente et reluyt. Elle est approuvuée pour ce qu’elle * semble estre verdâtre durant la nuict, que la partie qui est sur terre est noire, qu’elle reçoit veines en la part inférieure, qu’elle est douce et est fort froide, et que finalement la chaux destrempée, et mise sur ceste pierre, semble estre perse et reçoit la couleur d'une pierre précieuse. »
204 l’initiation Le Jade. Le Jade, dont on trouve plusieurs gisements dans certaines contrées chinoises, a été utilisé sous diverses formes, comme médicament. Réduit en poudre grossière, de la grosseur de grains de riz, il servira de remède « contre le mal d’estomac, la toux, la soif; il diminuera le poids du corps, forti fiera les poumons, le coeur, les organes de la voix et prolongera la vie.
Son action médicale sera encore augmentée si on le combine avec l’or, l’argent et la racine de baku mon do (Ophiopogon Japonicus). » Le Jade liquide ou liqueur de Jade s'obtient en fai sant bouillir, dans une marmite en cuivre, de la poudre de jade, mélangée à de la racine de poterium offici nale. et du riz avec de l’eau rosée.
« Si on en prend longtemps, on ne sera plus jamais fatigué ni par le froid, ni par la chaleur, ni par la faim, ni par la soit.
Si on absorbe cinq livres de cette liqueur avant de mourir, le corps se conservera intact pendant trois ans. » Le Ko Kei affirme que le corps d’un homme qui avait mangé près de cinq livres de jade, ne chan gea pas de couleur après sa mort et que le cadavre, ayant été exhumé plusieurs années après, ne montrait pas la moindre altération. On observa, en outre, qu’il y avait de l’or et du jade autour du tombeau.
Depuis lors, on a suivi, en Chine, la coutume d’em baumer les cadavres des empereurs, et de les conser ver daps un habit orné de perles et enfermé dans une caisse de Jade (i). (i) Docteur Cabanes, Remèdes d'autrefois.
LA PÉTROTHÉRAPIE OCCULTE 235 Un des noms chinois de la pierre de Jade est : Profonde Vérité, titre qui rapporte évidemment aux qualités occultes qu'on attribue au Jade.
Le livre sacré des Rites compare le sage à la pierre de vu (Jade ; « L’éclat tempéré du yu, c'est l'humanité; sa dureté parfaite, c'est le savoir ou la prudence ; ses angles, que rien ne saurait émousser, représentent la justice; suspendu, il représente l'urbanité; frappé, il rend un son pur qui se prolonge avec une harmonie inexpri mable et qui représente la joie; son éclat, quand il est sans défaut et sans tâche, c'est la droiture ; le rap port exact de ces faces, c’est la fidélité ; sa substance est celle de l'arc-en-ciel. » Porta dit: «Cette pierre soulage les douleurs de reins, et chasse le sable de la vessie.
Portée en amu lette, c’est un préservatif contre les bêtesvenimeuses. Le Jade néphrétique a joué un grand rôle chez les Anciens jusqu'au seizième siècle; ses propriétésontfait merveilles contre les coliques néphrétiques ; nous verrons plus loin l'opinion de Lemery à ce sujet.
Dans des temps beaucoup plus reculés, vers le berceau de l’humanité, le Jade a eu une très grande importance, à un tout autre point de vue, puisque c’était lui sur tout qui servait à confectionner les armes, et particu lièrement les haches que l’on retrouve encore aujour d'hui en nombre considérable, associées aux pre mières ébauches de l'industrie humaine.
De Lemery: « Jade est une pierre fort dure, de couleur verte gri sâtre ou approchante de celle de l’olive, mais on en voit de trois verts différents ; la plus belle et la plus fine vient des Indes Orientales. Les Turcs et les Polo
236 l’initiation nais en îont des manches de sabre, de coutelas. Elle est rare et difficile à travailler à cause de sa grande dureté, on est obligé d'y employer de la poudre de diamant : les Joailliers en taillent des petits morceaux qu’ils polissent bien, afin qu’on puisse les porter commodément appliqués sur les reins.
Le livre inti tulé le Parfait Joaillier donne à cette pierre le nom de pierre divine, à cause des grandes vertus qu'on lui attribue, car on prétend qu'étant portée vers la région des reins, elle soit propre pour faire sortir la pierre où le sable, et le faire couler par les urines, et qu’elle soit un. remède pour l’épilepsie, etc. » L'Opale.
« L'opale est une très belle pierre précieuse, polie, luisante, resplendissante, qui participe des couleurs du carboucle, de l'améthyste et de l’émeraude ; Pline appelle cette pierre Paderos ; elle se trouve en l'Isle de Zeilan aux Indes.
Elle est estimée propre pour réjouir et fortifier le cœur et la vue, pour résister au venin, pour chasser la mélancolie étant portée. » Opalus ab oculo, parce que cette pierre est estimée propre pour conserver la vue.
« Les dieux aiment aussi l’opale, dont la surface est semblable à la peau d’un enfant ; elle guérit les yeux faibles et qui versent trop facilement des larmes en la mêlant à la myrrhe odorante et à la lépidote, qui brille par ses écailles blanchissantes.
« Ainsi mélangées, ces substances t’apprendront les biens et les maux que réserve mystérieusement l’aveLA PÉTR0THÉRAP1E OCCULTE 23y nir ; et, si tu désires le savoir, la lépidote chasse les terribles maux de nerfs. Ces deux pierres divines sont également aimées du Soleil aux cheveux d’or, et tu seras étonné quand tu les verras.
« Toutes deux portent des rayons droits et brillants qui semblent une chevelure : leur apparence est ce pendant différente: l’une ressemble au crystal trans parent, l'autre à la chrysolithe; si la lépidote ne jetait des rayons semblables à des cheveux, ce serait tout à fait une chrysolithe. « Toutes deux donnent aux hommes la beauté de la forme et la vigueur dans le combat, quoiqu’ils soient déjà d'un âge respectable (Orphée).
L'estime et l’affection que les Anciens avaient pour cette pierre est quelque chose de vraiment prodigieux. Il suffira, pour s’en convaincre, de rappeler le fait transmis par Pline de ce sénateur Nonius qui, possé dant une opale de la grosseur d’une petite noix, aima mieux partir pour l’exil en emportant sa pierre que de la céder à Marc-Antoine. En amour, la discrète et distinguée gemme qu’est l’opale, nous dit le docteur E.
Laurent, joue le rôle néfaste de traîtresse de mélodrame. Amants ou fiancés, regardez-y à deux fois avant de l’offrir. C’est sans doute la pierre que Médée reçut de Jason, que Ménélas offrit à Hélène, la pierre maudite des amours fatales et malheureuses.
Voici d’ailleurs le réquisitoire que dresse la baronne Staffe contre cette pierre : « Fatale à l’amour aujourd’hui ou procurant un amour né faste, il est pourtant un moyen de lui faire perdre ses tristes propriétés, c’est de ne jamais l'accepter en
2 38 L INITIATION présent ; c’est de ne porter que celles qu’on a ache tées. » La Perle. La perle donne la chasteté ; se porte en collier seu lement. Elle est l'emblème des amours permises. De meme que le diamant, les perles n’ont pas servi que d'ornement aux coquettes qui s’en paraient: elles pos sédaient d'autres qualités qui les ont fait employer dans diverses maladies.
Ce furent, paraît-il, les médecins arabes qui préco nisèrent les premiers l'usage des perles. Les seules auxquelles ils accordaient de l’efficacité étaient celles que l’on trouvait dans les Piritadina’, cette opinion fut partagée par la plupart des méde cins, au moyen âge (Arnaud de Nobleville, École de Salerne, etc.).
Les perles entraient dans la composition de re mèdes contre la peste, tel celui-ci, que nous a fait connaître le docteur Porquet {la Peste en Norman die) : « Mélanger thériaque, racine de tormentille, se mences de genièvre, de chardon bénit, bol d’Arménie, poudre d’Electuaire de (Gemmis) et de deux perles (Margaritis), semences d’oseille, raclure d’ivoire, co rail rouge, sirop d’écorce et de jus de citron pour un électuaire en forme d’opiat. *■ Chaque matin prendre gros comme une aveline avec eau de roses ou de vinette, vinaigre et beaucoup d’eau de fontaine. » Veut-on savoir, dit le docteur Cabanès, ce que couLA PETRO THÉRAPIE OCCULTE 2 3g tait une poudre, quand elle était faite avec des perles dont la provenance orientale était garantie?
Si nous en croyons Philbert Guybert, docteur régent de la Faculté de Paris, qui était fort opposé aux étranges amalgames que la plupart de ses confrères ordon naient, une prise valait de 5o à 60 écus !
Le même médecin ajoute que l'on attribuait également aux perles des propriétés cardiaques et corraboratives, et il ne se gène pas de qualifier cette croyance d’absurde. Outre qu’elles chassaient la fièvre de consomption, dans la peste et la phtisie, qu’elles dissipaient le flux du ventre, elles avaient la faculté d’empêcher l’alté ration. Contre les fluxions des yeux en collyre, mélangées avec du beurre frais, elles faisaient, dit-on, merveille.
Elles corrigeaient même le laitdes femmes et en provo quaient la montée quand il avait peine à se donner issue. Elles étaient propres pour résister au venin, pour la faim canine, pour arrêter le flux du sang et tous les autres flux. On s’en sert encore dans les syncopes où il s’agit de fortifier le cœur. Elles purifient le sang et sont bonnes pour les mélancoliques. Elles ont aussi la propriété d’éclaircir la vue et de nettoyer les dents.
Autrefois, en Bavière, on avait coutume d’intro duire dans les yeux des chevaux et des chiens atteints de cécité de la poudre de coquille d'unio broyée secundum artem. Voici quelle serait, d’après M. Bonnemère, l’origine de cette médication.
« Une perle, pensait-on au bon vieux temps, ne pou vait pas manquer d’être efficace dans toutes les malal’initiation ÎMars dies des yeux, parce qu'en somme, par sa forme, par sa couleur, elle ressemble au globe d’un œil. C'est sur cette similitude... très approximative, qu’est basée une légende qui a cours à Rosporden (Finistère).
Quand une personne est atteinte d'une affection de la vue ; que nul traitement, prescrit par un docteur, voire par un sorcier, ce qui est plus grave, n'a guéri, il ne lui reste qu'à recourir au moyen suivant qui est infail lible : Il faut que le malade ou une personne qui la repré sente crève les yeux aux petits d'une hirondelle.
Pour guérir sa chère nichée, la mère se met en quête d’une certaine pierre, qu’elle introduit tour à tour entre les paupières de ses petits méchamment aveugles. Aussi tôt ils recouvrent la vue et. si leurs petites ailes sont déjà assez fortes pour les porter, ils s’envolent à travers les plaines de Pair.
Quand la couvée a pris son essor, on trouve la pierre dans le nid abandonné, et on s'en sert avec efficacité pour guérir le malade qui, jusquelà, a demandé en vain son rétablissement aux re mèdes prescrits par les docteurs ou par les personnes qui connaissent la vertu des plantes et des formules magiques. Quant aux perles, pour en faire usage, il est bon de les « préparer.
A cet effet, « estans purgées des sale tés, et lavée d’eau de rose, de girofles, de viola matronals ou de mélisse, on les broyé avec un marbre ou porphyre, jusqu’à tant qu’elles soient réduictes en alcohol et que l’on n’y ressente plus d’aspreté sous les doigts. Cela se faict de la même façon que les peintres broyent les couleurs. L’on doit prendre garde à ne
1Q10 LA PÉTROTHÉRAPIE OCCULTE 24I pas les broyer avec du métail, parce que des petits fragments du métail se meslent facilement dans les perles... » La poudre de perle ainsi préparée se donnait à la dose d’un drachme jusqu’à un drachme et demi, et l’on y ajoutait quelquefois de la poudre de bézoard, de la licorne et de la corne de cerf. Aucune substance n’était comparable à cette drogue pour guérir les mor sures d’animaux ou chasser le venin.
On employait encore jadis l'eau perlée, pour répa rer les forces, dans les cas d’affaiblissement profond; on dissolvait les perles dans du très fort vinaigre, ou mieux dans du jus de citron, de l’esprit de vitriol ou de soufre, jusqu’à ce qu'on obtint une solution lactes cente, qu’on sucrait à volonté pour la rendre potable Au besoin, on l'additionnait d’une once d’eau de roses, d’eau de fraises, de fleurs de bourrache et de mélisse et de deux onces de cannelle.
Il fallait seu lement avoir soin de bien agiter le vase, pour que la matière solide ne restât pas au fond, et de bien bou cher le verre pendant la préparation, « de peur que les esprits ne s’exhalent ». La matière du fond, mélangée avec du sucre et de la cannelle, servait à faire des tablettes perlées, excel lentes « pour rendre soudain les forces et corriger et réparer la flétrissure des vieillards.
Nous ne ferons que mentionner trois autres prépa rations à base de perles, qui jouissaient d’une moindre réputation que les précédentes : le diamarguerite chaud, le diamarguerite froid et l'eau de perles, que les spagyriques appelaient une cinquième essence ou 16
242 l'initiation la quintessence des perles, et dont la préparation était des plus compliquées. Au temps du grand roi, la science officielle ne craignit pas non plus de recourir à une médication qu’elle estimait à son prix. A la date de i655, l’archiatre Vallot conte que son royal client se trouva incommodé « d’une pesanteur de tête, accompagnée de mouvements confus, vertiges et faiblesses de tous les membres ».
Voyant que ces incommodités ne cédaient point aux remèdes ordinaires, Vallot or donna les spécifiques, entre autres « le Magistère de perles, le corail et le diaphonique ». Tout le monde connaît cette fameuse histoire de Cléopâtre qui, voulant lutter de prodigalité avec Antoine détacha une des deux perles quelle portait à ses oreilles et qui avait coûté 3.800.000 francs, la fit dissoudre dans du vinaigre et l’avala.
La passion des Romains pour les perles fut, comme toutes les passions de ce peuple, poussée jusqu’à l'extravagance. Celle dont César fit présent à Servilie, sœur du célèbre Caton d’Utique, avait coûté 1.200.000 francs.
L'impératrice Lollia Paulina, femme de Caligula, en portait dans une seule parure, pour 8 millions de francs. — Caligulalui-même, Néron, etc., et plusieurs autres de ces hommes féroces que l’histoire est obligée de compter au nombre des empereurs romains, en ornaient leurs bottines et en couvraient les meubles de leurs salles de festin.
« Les femmes se font une gloire d’en suspendre à leurs doigts, dit Pline d'en attacher deux et même trois à chacune de leurs oreilles. Nos mœurs corrompues ont des noms pour
LA PÉTROTHÉRAPIE OCCULTE 243 ces vanité:. ridicules, on nomme cette parure crolalia (Grelots , comme si les femmes cherchaient encore une puissance dans ce bruit et ce cliquetis de perles.
Déjà les moins riches affectent de porter ces fastueux ornements : « Pour annoncer notre présence, disentelles, nos perles sont nos licteurs. » — Bien plus, elles en portent à leurs pieds; elles en garnissent non seu lement les cordons de leur chaussures, mais leurs chaussures tout entières ; car aujourd’hui ce n’est plus assez de porter sur soi ces objets précieux ; il faut qu’on les foule au pied, — qu'on marche sur des perles (Pline, livre IX).
Alors les perles prirent une grande importance en médecine. Jusqu’à notre époque, elles ont été très employées comme médicament, et aujourd’hui encore, elles ont conservé en Chine toute leur valeur. A ce point de vue, chaque année des quantités énormes sont absorbées, généralement à l’état de dissolution par les habitants du Céleste-Empire.
Dans l’Inde un hymne d’une assez gracieuse inspi ration célèbre la perle ou la coquille perlière qu’on suspend au cou du jeune brahmane, après son initia tion, pour le préserver de tous maux et peut ici servir de spécimen de la phraséologie védique en matière d’amulettes. (Atharva ; Véda IV. i o.) — 1. Née du vent.de l’espace, de l’éclair, du météore, puisse la coquille née de l’or, la perle, nous défendre de l’angoisse ’. — 2.
De par la coquille, reine des gemmes, née du sein de Vocéan nous tuons les démons, nous maîtrisons ks êtres I dévorants; — 3. De par la coquille, la maladie et la
l’initi vbon 244 détresse ; de par la coquille, les femelles malignes. Puisse la coquille panacée, la perle, nous défendre de l'angoisse ! — 4. Née au ciel, née dans la mer, amenée du Sindhu. la voici, la coquille née de l’or, le joyau qui sauve la vie. — 5. Joyau né de la mer, soleil né de la nuée, q'uelle nous protège en tous sens des traits des dieux et des démons. — 6.
Ton nom est un des noms de l’or, tu es fille de Sôma. tu ornes le le char, tu resplendis sur le carquois. Quelle prolonge notre vie.’— 7. L'os des dieux s’est fait perle; il prend vie et se meut au sein des eaux. Je te l’attache pour la vie et la vigueur et la force, pour la longue vie, la vie de cent automnes. Que la perle te protège.» (Kaucika-Sùtra.) 58.Ç. C’est le chatoiement de la perle^qui suggère les images de l’or et du soleil.
Quant à sa naissance de la nuée (st. 5), on connaît la tradition populaire suivant laquelle la perle est une goutte de pluie brillante recueillie par une coquille où elle s’est figée ; plus bas, le Syndhu désigne, soit le fleuve (Indus par où la perle a été importée, soit la mer elle-même. (.4 suipre.)
L'APPËTIT DE ,'ùOLOCH La manducation est la loi de tous les êtres. La manducation est la loi de la création, et la création elle-même n’est que l’acte de manger. Man ger, c'est créer: et créer, c’est manger. Telle est la plus incontestable des vérités. La vie est une manducation continuelle. Il faut manger pour vivre. Nous vivons tant que nous mangeons, et nous mangeons tant que nous ne sommes pas mangés à notre tour.
Mais, apres avoir mangé les autres, nous devons fatalement être man gés nous-mêmes, et nous le sommes par nos propres victimes. La mort est toujours une vengeance de la victime sur son dévorateur. Nous respirons pour vivre, et, à chacune de nos aspirations, nous enlevons la vie à des myriades d’animalcules aériens.
Mais ceux-ci se vengent à leur heure, et, quelles que soient les cir constances dans lesquelles nous mourons, notre mort ne se produit jamais que par asphyxie. Nous finissons donc par être victimes de ceux que nous avons dévo rés.
Trahit sua quemque voluptas, dit le plus doux des poètes ; ce qui signifie que ce que nous aimons finit toujours par causer notre perte : car tout plaisir est un péril, et quiconque aime le péril y périra, dit le proverbe.
2’6 L’iNITIA TION L'étude accélère la fin des soi-disant savants, vic times candides de leur propre illusion, et qui ne se doutent pas que ce qu'ils cherchent à l'extérieur ne se trouve réellement qu'en eux mêmes : le monde exté rieur ou physique est en effet le mirage du monde intérieur, l’objectivation de notre âme. L’ivrogne est le vivant tombeau du vin, mais le vin le met lui-mènie au tombeau.
Nous devons notre naissance au sper matozoïde. qui est la forme élémentaire du serpent ou du ver: mais notre décomposition « post mortem » s'opère par le ver. Toutes les fois que deux personnes se rencontrent, si elles se regardent, c’est pour con naître d'un coup d’œil leur état de force et de faiblesse ; si elles se serrent la main, c'est pour savoir laquelle des deux a les griffes les plus solides.
Constamment le fort mange le faible, et le fort n’est pas toujours celui qu’on pense.
Dans un couple d’amants, l’un des deux est toujours victime de l’autre, et je dois à la vérité de dire que c’est généralement le plus faible en apparence qui dévore celui qui semble le plus fort, et qui l’expédie dans l’autre monde suivant les rites sacrés d’Érôs : L’amoureux pantelant penché sur sa maîtresse Ressemble au moribond penché sur son tombeau. (Baudelaire.) En dernière analyse, l’Amour, loi suprême et pivot du monde, n’est que le besoin de manger.
Oui, sur le plan inférieur et rudimentaire, le besoin érotique est une vraie fringale, un besoin de manger de la chair, de la palper, de s’en imprégner, de s’en saturer. L’acl’appétit de moloch 247 couplement est la répétition fidèle d’une scène de meurtre; le vrai baiser est une morsure, l’étreinte réelle est un étouffement, et le râle du plaisir n’est que le râle de l'agonie.
Voilà pourquoi, chez la brute humaine, le besoin d’aimer mène tout droit au viol et ati crime: de même, ceux qui ont faim sont capa bles des pires horreurs. Voilà pourquoi nous aimons sensuellement une femme plutôt qu’une autre : c'est que la chair de la première convient mieux à notre goût que la chair de la seconde. Oui, l’Amour est un ogre, et il l ui faut de la chair fraîche.
Voilà pourquoi, I . enfin, la langue française, qui — je l’ai constaté souvent et je le ferai souvent constater — est presque une langue sacrée, emploie indifféremment le même verbe pour dire : « J'aime Dieu, j'aime ma soupe, j’aime ma femme ». Une mère « mange » ou « dévore » son enfant de caresses. Nous disons : « joli à cro quer ». Le chrétien, pour prouver à Dieu l’amour qu'il ressent pour lui, n'hésite pas à manger ce Dieu lui-même.
Nous mangeons sur tous les plans. Nous prenons notrepàture intellectuelleparnotre conscience raisonnable ou parle sentiment intime; nous man geons les couleurs par les yeux ; les sons par l’oreille ; les arômes par le nez ; les saveurs par la langue et le palais ; les formes par le toucher.
Nous nous manr geons entre nous de mille façons diverses : l’Etat qui surcharge d’impôts les contribuables mange cynique ment ses propres enfants; le fonctionnaire inutile mange sans remords le pain destiné à l’indigent ; le traître mange son maître par un baiser ; le vendeur se propose pour but unique de manger l’acheteur, et
l’initiation 248 l’acheteur, en marchandant, s'efforce de réduire le vendeur à la portion congrue. J'affirme ici hautement que l’acte de la manduca tion est la clef de voûte de toute interprétation phi losophique du monde et de son origine. Vivre, c’est jouer « à qui sera mangé ». Telle est la suprême réalité. : Dieu s'opposant à lui-même pour se saisir lui-même et se dévorer, c'està-dire pour s’analyser.
Car manger et analyser sont une même chose. Telle est la signification du plus antique et du plus éloquent de tous les symboles : le serpent qui se mord la queue. Pantacle sublime du dogme primitif, exprimant l’unité réelle de l'Etre et sa diversité illusoire, dogme que l’on retrouve à l’origine de toutes les religions sous des formes plus ou moins voilées, mais toutefois suffisamment recon naissables.
Telle est la raison pour laquelle on offrait à Aloloch des enfants vivants qu’on jetait dans le ventre embrasé de cette idole. Telle est la significa tion de la fable de Saturne, mangeant ses enfants. Tel est aussi le sens de l’allégorie chrétienne ensei gnant que Jésus-Christ a dû être mis à mort pour apaiser la colère de son Père céleste (Saturne = Sator Uranus = Père céleste).
Entre ce Père céleste, ayant besoin de l’immolation de son Fils, et Saturne man geant ses enfants, il n’existe, au fond, aucune espèce de différence. Le Alinotaure, qui exigeait le tribut annuel de sept jeunes garçons et de sept jeunes filles, et le Sphinx qui dévorait tous ceux qui ne devinaient pas son énigme, ont également la même portée. La réponse à cette énigme est la suivante :
l'APPÉTIT DE MOLOCH 249 « Mangeur et mangé ne font qu’un : Identité univer selle ». C'est avec les dents qu'on mange. Les dents sont donc, au point de vue apparent au moins, des ins truments de cruauté, les douleurs qu’éprouvent les enfants à l’occasion de leur dentition, les douleurs que nous avons tous éprouvées quand nous avons eu « mal aux dents », ne sont en somme que les représailles anticipées de la nature sur notre propre férocité.
De là aussi le sens toujours funeste attribué aux rêves aux cours desquels nous voyons « tomber nos dents ». Je mêle, comme l’on voit, le profane au sacré; mais c'est ma méthode d’enseignement : je cherche, avant tout, à me faire comprendre. Notre époque est une époque de cynisme, de bes tialité et de violence. Nous avons saccagé toute la nature pour la faire servir à la satisfaction de nos plus vils appétits.
Nous avons, partout sur la terre, installé le règne de la perfidie et de la terreur. Orpheus peut revenir parmi nous avec sa lyre d'or : telle est notre méchanceté qu'il ne charmerait plus personne. On lui répondrait par ce mot charmant :« Vous avez changé ma conviction, mais vous n'avez pas changé mon besoin de mal faire. » Le temps seul est le sûr remède à tous les maux. Un exemple.
Alors que les Hindous vénèrent encore la vache comme un être divin, comme l'image animée de la grand'mère nourricière et féconde, nous, « les diables d’Occident », comme nous appellent les Chi nois, nous avons entassé à la porte de nos cités des charniers infames, où succombent, sous des mains
s5o l’initiai ion qui ignorent la pitié, les plus innocents de tous les êtres, ceux dont la langue n'a jamais proféré le men songe, ceux qu'on a justement nommés « nos frères inférieurs ». Voilà, un des sacrifices perpétuels qu'exige le Minotaure moderne ; voilà la marque sanglante qui stigmate nos pires instincts. O Temps! O Age d'Or! O Vérité perdue! O Vérité que nous retrouverons!
Les hommes, dans ces siècles heureux, vivaient dans une paix profonde, au sein de la nature vierge. Ils ne connaissaient pas la honte de l'agriculture ; ils ne portaient pas le fer de la charrue dans les entrailles de leur mère. Les fruits, ce lait savoureux, virginal et vivant, qui découle du sein de la Grande Nourrice, suffisaient à leurs besoins. Car les fruits sont la nour riture primitive et salutaire que Dieu a destinée à l'homme.
Si on ne les cueille pas, ils se détachent d'eux-mêmes et tombent à terre ; et si on ne les ra masse pas, ils pourrissent ; ce qui, de leur part, équi vaut à dire : « Prenez-moi ! Mangez-moi ! Me voici ! » Oui, voilà bien le langage sacré que méprise le bar bare de nos jours, le barbare qui ne vient pas des contrées lointaines, mais qui est le produit autochtone des pavés de nos villes.
Le poète vit fraternellement avec tous les êtres de la création ; il se conduit comme s’il n’était pas encore sorti du berceau originel des choses, et, comme le Bouddha, il vénère tout ce qui vit. Mais vous, ô mes frères barbares, vous dont le cœur est cuirassé d’un triple airain, vous qui traînez dans la fange l'Ange de la Pitié que vous avez chassé de votre sein, prenez garde ! Tout ici-bas a son retour, tout exerce à son heure ses représailles, tout chasseur
l’appétit DE .M0L0CÍI 23 1 devient gibier. Quand la Mort, à vos oreilles, sonnera son hallali, quand la meute implacable du Destin vous réduira comme un cerf aux abois, c'est une vi sion cupide, lâche et menteuse qui vous donnera le coup mortel! Enfin,lorsque la porte des réexistences vous sera ouverte, vous verrez comment le faible enchaîne le fort et comment le Tigre est contraint à s'agenouiller aux pieds de l'Agneau : vous vous en émerveillerez, et ce sera là l’aveu de votre crime, car vous êtes avant tout des ignorants, et l’ignorance est le premier et le plus impardonnable de tous les crimes ! Karl N issa.
A M, Paid Bourget J'ai lu dans le Matin la critique de Al. Bousquet sur votre pièce la Barricade et la réponse que vous lui avez faite. Voulez-vous permettre à un profane en ces matières de présenter quelques observations que lui ont sug gérées vos conclusions qui paraissent être celles-ci : Nous sommes, au point de vue social dans une situa tion très critique et la société actuelle est sérieusement menacée. Un orage terrible dont on entend déjà les grondements se forme sur nos têtes. Il n'y a qu’un moyen, un seul, de nous préserver. C’est de revenir et au Pape et au Roi. Voilà bien, n’est-ce pas, le fond de votre pensée, et vous avez probablement raison. Cependant il faut s’entendre. Si, en invoquant le Pape et le Roi, vous faites appel au grand principe d’autorité, aujourd’hui et depuis tant de siècles si méconnu et si dédaigné, dont on se réclame et que l’on invoque pourtant, mais pres que toujours et inconsciemment pour s’en servir et non pour le servir, il n’y a qu’à applaudir. iMais si par là, vous entendiez comme beaucoup la domination intolérante, le pouvoir oppresseur et tyran nique dont ne surent pas se garder — l’Histoire en
A M. I’. BOURGET 253 fait foi — ni les Rois ni meme les Papes, on ne man querait pas de vous faire la grosse objection que voici : Pendant des siècles et des siècles, les Papes et les Rois ont été les maîtres absolus, incontestables et in contestés des sociétés et des nations dites chrétiennes.
Ils ont eu. pour conduire ces nations, pour les pétrir et pourles façonner selon les principes évangéliques toute la puissance temporelle qui leur était nécessaire. Ils étaient investis en plus, aux yeux des peuples, de la puissance spirituelle. Ils commandaient en maîtres, urbi et orbi et ils étaient obéis. Qu’ont-ils fait de leur puissance et de leurs moyens d'action ? Quels résultats ont-ils obtenus? Ces résultats nous les avons sous les yeux.
Ils ont fait ou laissé faire la société que nous voyons et qui meurt d’inanition dans l’anarchie. Ceci est un fait patent, incontestable. Ils ont fait cette société ou ils l’ont laissée se faire, ce qui est tout un, car dans un cas comme dans l’au tre ils sont responsables. S’ils l’ont faite telle qu’elle est, leur responsabilité est évidente car ils ont failli à tous leurs devoirs.
Ce n’était pas pour aboutir à ce triste résultat qu’ils avaient été institués et placés comme des flambeaux à la tête des nations. S’ils l’ont laissée se faire et n’ont rien su empêcher quand ils avaient le prestige de la toute puissance et qu’ils l’exerçaient en fait, la faillite est encore indé niable. Mais alors ne serait-il pas étrange, maintenant que
l'initiation 2 5 J.i les sociétés, par suite de l’impéritie de leurs guides, ou de leur négligence, tombent en déliquescence, ne serait-il pas étrange qu'on ait recours à eux pour réparer le mal qu'ils n'ont pu ni prévoir ni em pêcher ? Vous direz : ils ne sont plus là — du moins chez nous — et c'est depuis qu'ils n'y sont plus, depuis qu'on les a rejetés que le mal s'est produit et déclaré. Est-ce bien certain ?
Ils ne sont plus chez nous peut-être — et encore? — mais ils sont bien un peu chez nos voisins et ceux-ci ne semblent pas, pour cela, se porter mieux que nous. Mais si on les a rejetés de chez nous et d'ailleurs ne serait-ce pas parce qu'ils l'ont mérité ? Ils étaient pasteurs de peuples, n’ont-ils pas été de mauvais bergers ? Car il y a une Providence sans la permission de qui rien n'arrive.
Or, il est certain qu’elle a permis aux peuples, tout au moins à quelques-uns, de rejeter les Rois. On dira que si les Rois ont été rejetés, ce fut pour punir les peuples devenus ingouvernables. Mais pourquoi les peuples sont-ils devenus ingouverna bles ?
Ne serait-ce pas parce qu’ils ont eu de mauvais Rois qui, au lieu de gouverner pour leurs peuples, n'ont gouverné que pour eux-mêmes et pour l’amour' du pouvoir personnel et de la domination et qui n’ont pas su honorer ni garder le principe d’autorité, ni exercer sur les peuples la vigilance requise pour les préserver de la corruption ? Il y a là pour le moins un cercle vicieux et il y a
A M. P. BOURGET 255 une défaillance soit de l’action des Bois sur les peuples soit de la réaction des peuples sur les Rois. Car d’où qu'elle vienne la corruption est partout. Mais n'a-t-elle pas gagné les Rois et même les Papes avant de tomber sur les peuples?
Qu’on relise l’Histoire, qu'on examine et qu'on pèse les faits et les événements sans parti pris et sans passion, et qu’onvoie si les peuples n'ont pas toujours suivi les exem ples mauvais qui leur ont été donnés; qu'on voie si les Grands, les Princes, les Rois et même les Papes ont en tout, partout et toujours proposé le bon exem ple qu’ils étaient chargés de montrer. Alors qui rendre responsable de nos maux?
Oh il est loin de ma pensée de vouloir attaquer le principe d’Autorité. Le principe d’Autorité est néces saire, indispensable aux peuples, aux familles et aux individus, aux gouvernants et aux gouvernés. Et c’est pour ne pas l’avoir compris, sans doute, ou pour l’avoir oublié que les peuples sont dans la situa tion lamentable d’aujourd’hui, que des Rois ont été rejetés et ceux qui restent sont si menacés.
Si donc, par le Pape et par Je Roi, vous voulez entendre le Principe d’autorité, nulle difficulté et nulle objection à soulever. Mais le Pape et le Roi, tels qu’ils ont été compris dans le passé et tels qu'ils ont compris eux-mêmes et qu’ils comprennent peut-être encore aujourd’hui leur rôle et leur mission, sont loin de représenter le principe d’autorité.
Ils représentent et ils ont représenté le principe césarien du pouvoir personnel et de la domination tyrannique: et bon gré malgré eux, dans l’esprit des hommes, ils ne peuvent
l’initiation représenter que cela : toute idée d’autorité ayant été par eux-mêmes et par leur fait obnubilée et faussée. Les prophéties s’accomplissent. Le soleil semble avoir retiré sa lumière; les étoiles sont tombées du ciel, ou bien on les a, selon un mot officiel «éteintes» ou voilées sous un monceau de nuages; le principe est occulté sur lequel repose toute société.
Et cela par la faute même de ceux qui, sauf de très honorables exceptions — Rois, Papes, Empereurs ou Présidents — ont détenu le pouvoir depuis des siècles. A-t-il été seulement, je ne dirai pas connu, mais pressenti, soupçonné, le divin Principe d’Autorité? On peut répondre — et toujours sauf d’honorables exceptions — on peut répondre hardiment : non. Mais le Principe est sauf, heureusement!
11 existe et Il vit indépendamment des hommes qui ont cru et qui croient encore de bonne foi le représenter, alors que, hélas ! ils ne sont même pas son ombre. Il est au-dessus d’eux tous et de nous tous, infini ment au-dessus, et 11 est vivant, Il vit et II vivra dans tous les siècles et au delà. Je dois avoir ici l’air de proposer une énigme et vous vous demandez peut-être si je ne me perds pas dans quelque nébuleuse. Je ne le crois pas.
Le Principe dont je parle a déjà été en grand hon neur parmi les hommes et il a donné son témoignage plus de 3.ooo ans avant notre ère. Mais comme ceci échappe à l’histoire qui a été et est encore enseignée dans les universités laïques ou autres, votre stupéfaction va redoubler et vous aurez beau jeu pour m’accabler.
A M. P. BOURGET Cependant, il ne faudrait pas triompher trop vite. Car une organisation sociale harmonieuse, basée sur le divin Principe d’Autorité a existé, fonctionné et fait ses preuves. Elle a de plus laissé des traces; et des témoignages irrécusables d'elle se trouvent consignés tout au long dans des livres qu’on ne lit pas ou fort peu, faute peut-être de les comprendre : Dans les Livres de Moïse et dans les Bibles des nations.
Ces mêmes témoignages sont confirmés d’une manière r éclatante dans l’Evangile ou Nouveau Testament. Seulement ces livres sacrés il fallait les étudier, les approfondir, en pénétrer le sens, apprendre à les lire. Un homme vient de mourir qui a vécu sans bruit, presque inconnu, qui a eu l’audace et le courage d’étu dier et d’apprendre et quia laissé une œuvre unique et on peut dire colossale.
Cette œuvre fera l’émerveil lement des générations à venir, lorsqu’il y aura assez d’hommes pour la lire et pour en tirer toutes les appli cations pratiques quelle comporte. Cet homme s’ap pelait le marquis de Saint-Yves d’Alveydre. Jamais il ne fut élevé avant lui de monument plus r grandiose et plus beau au Christ et à son Evangile. Jamais personne avant lui, dans l’histoire ni dans la littérature, ne le glorifia comme lui.
Vous êtes, Monsieur, un homme impartial et de bonne foi; vous êtes attaché à la vérité que vous paraissez désirer et chercher avec ardeur. Vous avez un beau talent, une intelligence fort brillante ; vous êtes une des lumières du siècle. Oserai-je vous donner non pas un conseil, mais une indication ? 17
258 l’initiation Ce serait de vous procurer les œuvres de M. de Saint-Yves d'Alveydre et particulièrement ses Mis sions et de les lire et relire en toute indépendance d'esprit et avec tout votre cœur.
Je serais bien surpris si, après les avoir lues et mé ditées sans parti pris, il vous restait une ombre d’hé sitation au sujet du mal qui nous ronge, qui ronge l'Église, qui ronge les peuples et les Rois, et au sujet du remède qu’il conviendrait d'appliquer pour nous guérir. Vous y verrez que Papes.
Rois, Empereurs, Prési dents sont nécessaires à l’Organisme social et vous verrez aussi pourquoi ils n’ont pu jusqu’ici malgré toute la bonne volonté de beaucoup d’entre eux, ac complir leur mission et quelles conditions seraient re quises pour qu’ils la remplissent dans l'avenir. Géristis. f
Vieux-Neuf Médical L’action des médicaments à distance au dix-huitième siècle. Méthode de Pivati, ou les tubes médicinaux : « Voici en quoi consiste cette méthode, dont les succès tant vantés n'ont, jusqu'à présent, trouvé que des incrédules.
On ren ferme des substances médicamenteuses dans des tubes que l’on scelle avec soin : on les électrise; il s’émane à travers la matière du verre des corpuscules qui répandent de l’odeur, purgent et guérissent des maladies. MM. Pivati, Venati, Bianchi et Winkler nous ont trans mis des cures faites par ce moyen. La goutte, la sciatique le rhumatisme, la paralysie, une fluxion sur les jambes, une tumeur aux mains, ont été guéries ou soulagées.
Ce sont des observations authentiques, faites par des per sonnes de considération et dignes de foi ; elles ont cepen dant été niées par Nollet, Jallabert, Vatson, Zetzel, Franklin, Haller ; et parce que ces physiciens n’ont pu obtenir le même résultat, ils ont jugé la chose impossible. Laissons au temps et à de nouvelles expériences à décider la question. » (J.-B.
Bonnefoy, De l'application de /'élec tricité à l'art de guérir, Lyon, 1782, p. 160). H. Du VAL. L'ancienneté de l’héliothérapie. Il n’y a pas seulement ia chose, mais le mot, dans un roman d’Édouard Gourdon, Naufrage au Port (Michel Lévy, 1864). Gourdon est un oublié, un inconnu : l’on ne s'explique
2Ô0 l’initiation pas très bien comment, car. à leur parution, ses romans furent estimés, et à juste titre. — « Ah 1 oui, l'héliothérapie ; mais n’est-cc pas déjà de l'héliothérapie que l’on vient faire dans nos stations d’hiver ? ’ > « — Sans doute. Il s’agit seulement, par des combinai sons rationnelles et mûrement étudiées, de demander au soleil tout le bien qu’il peut nous faire, de diriger ses rayons, de les concentrer, de les diviser, de les graduer, en un mot d’obtenir de sa chaleur, qui n’est pas autre chose que la vie, puisqu'elle anime tout, des résultats analogues et même supérieurs à ceux qu’on obtient de l'eau à l'aide de certains procédés. Il ne suffit pas de se mettre dans l’eau pour faire de l’hydrothérapie. Vous comprenez ? » De Beaurepaire-Froment, Directeur de la Revue du Traditionnisme.
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres dit Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens. La reproduction des articles inédits publiés par l'/nitiation est formellement interdite, à moins d'autorisation spéciale. Applications archéométriques ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE sur L’filpîiaM Solaire de nu lettres, dit Béïieii. (Suite.) Mais nous ne sommes pas au bout de nos décou vertes. Reprenons les nombres primordiaux ; sans altérer leur ordre, divisons-les en trois Ternaires; totalisons chacun de ces Ternaires; réduction faite, Universités Syriaques qui possédaient un alphabet solaire de 22 lettres, écrivaient le Nom sacré : v.ì (ïli) nous aurons : 1 3 6 ©JL! 10 10 10 © © © Voilà le Dénaire retrouvé et voilà pourquoi les
2Ô2 l’iMTIATION avec la valeur de 3o ou 6 et la signification du Prin cipe verbal vivificateur dans les Trois Univers.
De plus, voilà mathématiquement démontré l’erreur dans laquelle sont tombés nombre de Cabbalistes qui, trompés par les apparences, ont cru le Quaternaire indispensable à la reconstitution de PUnité, ce Qua ternaire qui n’a pas plus de valeur en soi que le F Binaire et dont ils ont fait un Emissif d’aller, un Rémissif de retour, lui attribuant par conséquent la valeur de principe qui n’appartient en réalité qu’à PUnité révélée par le Ternaire, aux deux sens du mot révélé.
Non ! ce n'est pas le Quaternaire qui manifeste PUnité mais le Ternaire, le Ternaire seul ; et cette dernière opération qui peut aussi se continuer à l’infini nous prouve encore que tout Ternaire réel, (c’est-à-dire considéré dans l'ordre hiérarchique que r de toute Eternité lui assigna le Verbe Principe) com mençant par PUnité et se résolvant dans PUnité, a pour principe et fin PUnité seule, et c’est le dernier point que nous avions à démontrer.
Cette genèse des nombres, cette arithmogonie que nous croyons être le premier à exposer, c’est à SaintYves, nous Pavons dit, et à l’étude de son Archéo mètre, que nous la devons; qu’à lui donc en revienne tout l’honneur.
Les développements qu’elle comporte sont immenses; mais, notre but dans cette étude n’étant que d’offrir aux étudiants cabbalistes les notions générales les plus élémentaires de la science, nous leur laisserons le soin de chercher eux-mêmes ces développements et nous allons passera l’examen succinct de chaque caractère pris individuellement,
r ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR L’ALPHABET SOLAIRE 203 ayant soin de donner pour initiale au mot par lequel nous le traduirons, une lettre correspondante à celui des 22 signes hiéroglyphiques considéré. * Cependant, et avant de commencer cette étude, nous jugeons indispensable de soumettre à l’attention du lecteur une dernière et importante remarque.
Ce serait errer gravement que de croire le sens de chaque lettre rigoureusement unique et fermé, ne se réfé rant qu’à une Force ou à une propriété déterminée de cette Force.
Ce que nous avons dit des différentes valeurs d'une même lettre peut déjà mettre en garde contre cette erreur ; pourtant, nous jugeons utile d'in sister sur ce point, car, dans l’étude qui va suivre, nous allons souvent trouver une même lettre se rap portant à la fois au Verbe par exemple, à l’EspritSaint et même à l’Essence du Père.
Or, ces différents rapports pourraient peut-être faire naître certaine confusion dans l’esprit d’un lecteur décidé à ne voir dans un nombre que le symbolisme fixe d’une force vivante déterminée, quitte à se torturer le cerveau pour faire plus ou moins heureusement tenir dans un cadre imposé à priori, les propriétés et les aspects parfois si différents de cette Force. IV ?
La première des lettres qui se présente à notre examen, en suivant l’ordre de l’alphabet hébreu, est : m (Aleph) A = i. — Cette lettre ne figure pas gra phiquement sur l’Archéomètre ; elle se réfère au
264 l’initiation Rayon blanc synthétique des trois couleurs primor diales. Elle représente l’Unité, le Radiant éternel et absolu, Cause préprincipielle du Principe lumineux ; Cause absolue préessentielle, inconnaissable et inac cessible à toute intelligence créée. Cause de FEssence absolue.
Elle est l'Amour, Amour absolu qui, par conséquent, ne veut que se donner tout entier, ne gardant pas même sa propre Vie ; ou plutôt ne la gardant, cette Vie absolue, que pour pouvoir la don ner éternellement. Comment n (A) l’Unité, la cause des causes pro duit-elle l’essence absolue ?
Ceci est un mystère tel qu'essayer même de 1 approfondir constitue cette folie dont la Cabbale menace tous ceux qui veulent tenter de se saisir des fruits du « Jardin fermé ».
Néanmoins, et sans tomber dans le sexualisme souvent exagéré des cabbalistes talmudiques, nous sommes obligés pour que notre faible intelligence puisse trouver quelque point d’appui dans une telle investigation, nous sommes obligés, disons-nous, d’admettre que l’unité primordiale génère son essence absolue par l’Union intime et éternelle de son Acti vité absolue avec son infinie Passivité (passivité di vine qui, pour nous, serait encore une inconvenable activité), de sa nature masculine, pourrait-on dire, avec sa nature féminine.
Cette seconde polarité divine, qui n’est que l’unité elle-même indivisible etindivisée, constitue dans son union avec le première polarité, la bi-polarité divine en l’Unité immarcessible, et cette seconde polarité est :
ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR L’ALPHABET SOLAIRE 205 * * * - (Beth), B = 2. — Elle se réfère au violet pur et au signe planétaire de la Lune, signe nocturne ou occulté.
C'est à la fois la BÉANCE absolue, la Vierge céleste, « Virgo cœlcstis » éternellement fécondable, éternel lement fécondée, éternellement féconde, et éternelle ment vierge, puisque l'absolue Réceptivité, la Béance éternelle qui seule peut contenir tout ce qui n’est pas Elle est la Plénitude absolue qui éternellement la sa ture.
Or, c’est par cette sorte dévolution de l'inconce vable Unité dans le 2 qui n'est pas en dehors d’ellemême, qui, bien plus, n'est rien autre chose que cette Unité elle-même, par cette involution, disons-nous, que se fonde et se soutient l’éternelle BEATITUDE, Amour infini de l'Absolu pour Lui-même et pour tous.
L’union éternelle et indissolublede x (A) etde 2 (B), de 1 et de 2 constitue donc l’essence divine et éter nelle : le Père absolu : ix (AB) ou ni (BA) = 1 + 2, le Père dans toutes les langues, se rattachant de près ou de loin à la Tradition patriarcale, Celui dont tout vient et en qui tout retourne pour y jouir de la béati tude éternelle qu’il est en soi; et c'est ce qui faisait dire à Orphée : « Jupiter est à la fois père et mère du monde. » Nous observerons, par surcroît, que l'addition des deux composantes du Père donne le nombre primor dial 3.
C’est donc le ternaire que se manifeste l’Unité essentielle du Père, par ce Ternaire que nous allons tout à l’heure retrouver dans le Fils; et, nous rappe206 l’initiation lantquele Binaire a pour Infériorité 3, nous aurons la certitude que le i et le 2 ne font qu’un dans la TriUnité essentielle du Père. ★ * * - (Ghimel) G = 3. —Cette lettre, en archéométrie, se réfère comme planétaire à la couleur bleu vert et au rouge pur; sa planète est Vénus diurne et noc turne.
Elle est la lettre principe du diamètre cosmo gonique qui se lit GaNaH (1). Son intériorité est 6 et nous la retrouverons à l’étude du Hé, 5. Mais comme son nombre ordinant est aussi nombre primordial, il nous le faut d’abord examiner sous ce mode univer sel qui le fait Fils et le hiérarchise seconde Personne de la Tri-Unité divine, 3 étant puissance intime de 2.
De l’union intime de la Bi-polarité divine dans la cause inconcevable et absolue, de A avec B, de l'actif ou masculin absolu avec le passif ou féminin absolu qui fous deux ne sont pas autre chose que le Un luimême et sont absolument indissolubles (Mystère pro fond que tout à l’heure nous essaierons de faire en trevoir par la démonstration d’une de ses lois éter nelles;, de cette union donc, se manifeste instantané ment et éternellement le GÉNÉRÉ-GÉNÉRATEUR, celui qui est le genre absolu et qui contient en luimême tous les Genres y compris le genre maternel : (3 intériorité de 2), encore un mystère sur lequel nous ne pouvons nous appesantir. Seul, en effet, le genre appartient au Théocosme; (1) Cf. Saint-Yves, loc. cit.
ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR L’ALPHABET SOLAIRE 267 l’espèce, produit du genre, appartient déjà à l’LTanocosme, sinon à l’Astrocosme. ► r * * Pourquoi généré et non fait, suivant l’enseignement du symbole de Nicée ? Parce que cette Génération se passe dans l'Unité même de l’Essence, dans son inti mité la plus absolue, et voici comment.
Si n (A) ne connaissait pas 2 (B), il resterait éter nellement ce qu'il est réellement en soi : la Radiante infinie s’étendant indéfiniment sans jamais effectuer aucune Génération, aucune manifestation, puisqu'elle ne pourrait trouver aucun point de réflexion pour son Activité absolue qni ne serait qu'une éternelle Potentialité.
Mais A, le 1, l’Amour éternel et inconcevable, s’aime Lui-même sous son mode de Béance et de Béa titude pour pouvoir tout aimer; et cette radiance de Soi vers Soi produit son Activité absolue qui unie à son absolue Passivité fait de cette union jaillir le 3. (G.) qui est sa propre EXISTENCE, son VERBE proféré. m. (G.) est donc le Fils, le Créateur, le xnz (BRA\ puisque c’est lui qui manifeste la puissance active du Père-Essence qui, sans lui, serait pour ainsi dire dans ? l’impossibilité de se manifester: qui, par conséquent n’existerait pas. Le Fils coessentiel au Père, est donc l’EXIS- • TENCE du Père comme le Père est l’ESSENCE du Fils. » .
l'initiation Or, remarquons que le Père identité absolue : et le Fils sont d’une zk(AB) = (i +2.) = 3 A(G) = (l+2):=3 ayant tous deux 6 pour intime Substance. Donc le Père en absolu se confond avec le Fils, de même que le Fils EST dès que le Père EXISTE ; pourtant ils sont complètement distincts, car zx (AB) n’est pas (G). Voilà deux points acquis, et 2 (B), A (G) suffisamment établie. Considérons maintenant la quatrième lettre.
" iDaleth) D. =4. — Se pose archéométriquement comme planétaire sur le vert végétal et le rouge-brun avec, comme signe, Jupiter diurne et nocturne. Dans toutes les langues initiatiques de l’Univers, x“ ou , (Dx\) ou (DÂ) est le DON, le donné, la donation; et c’est en même temps le donateur, la puissance centralisante absolue, pour pouvoir être la puissance multiplicatrice à l’infini.
De ce fait, la correspondance du 1 (D) ou 4 est double; en tant que donateur, il se réfère au Verbe divin créateur dans un de ses Modes d’activité uni verselle ; en tant que Don, il symbolise l’Esprit-Saint. Cette communauté de rapports nous est encore signa lée par sa Puissance intégrante qui est 10 et le con stitue de nature unitaire. Cependant, et comme nous l’avons déjà signalé,
ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR L’ALPHABET SOLAIRE 2ÔQ c’est une faute que de vouloir en faire une puissance créatrice, portant en soi sa raison de principe.
C’est par son Intériorité ioet le don d’identification qui est attribué à ce nombre, qu’il se réfère au principe unitaire ; or, ce don ne lui appartient pas en propre: il est. nous pouvons le constater en nous reportant à la troisième partie de cette étude, l'apanage de tout nombre chef de ternaire, quel qu’il soit.
Le seul Créateur, c’est le 3, G. et non D. le 4; il n’en peut être autrement, puisque l’Existence divine consiste précisément dans la Création et que c’est le 3 qui est cette Existence. De plus, c’est le Triangle qui génère le Carré, et non le carré qui génère le Triangle. Voilà une affirmation qui peut paraître bien gra tuite, il n’en est rien.
L'Archéomètre nous démontre que si dans un cercle nous inscrivons quatre triangles équilatéraux, dont les angles sont par conséquent à 3o degrés les uns des autres, ces triangles, par l’in tersection de leurs côtés, génèrent dans l’intérieur du cercle un carré dont le côté est égal au rayon de ce cercle.
La Morphogonie du Carré a donc pour base le rayon du cercle engendré par la rotation du triangle autour de son centre de figure, alors qu’il est impos sible, quoi qu’on fasse, de générer le triangle en par tant du carré pour principe. Analysons le 4.
Il peut se considérer comme 2 X 2,ou comme 31, 2X2, c’est le Verbe lui-même ou sa seconde puis sance : la Béance réceptrice multipliée par la Pléni tude effective, la vie totale et absolue qui se donne infiniment et éternellement dans le Tout.
2 70 l'initiation 3 4-i, c’est le BRA uni à la Préessence absolue dans laquelle il se concentre tout entier pour y puiser éter nellement l’inépuisable Essence que. par l’intermé diaire de l’Esprit-Saint,le mouvementdivin,leRouach des ALHIM, il va partout et éternellement répandu. Remarquons encore, que le nombre constituant le nom : □’»nbxTTi, (Rouach-ALHIM) = 3oo = ü. Schin.) le mouvement actif du feu rayonnant du Verbe dans l’Univers.
« Quand je serai remonté vers mon Père, je vous enverrai le Saint-Esprit avec la plénitude de ses dons. » Le Saint-Esprit procède donc bien du Fils comme il procède du Père. Tout en étant absolument distinct en soi. il est ab solument identique aux deux autres personnes; mieux, il en est la Substance et la Subsistance abso lue. partant indivisible.
Pourquoi ? parce qu’étant la donation, le don du Dieu vivant, il est la divinité elle-même, la vie absolue qui n’appartient qu'à Dieu et dont chaque créature n’a que l’usufruit pour ainsi dire ; parce qu’il est ce Dieu même dans lequel « nous vivons, nous nous mouvons et nous sommes » selon la puissante expression de saint Paul.
Ces quatre lettres sont assurément des plus impor tantes, puisqu’elles embrassent tout le monde divin, et par là-même le Cosmos tout entier. Pourtant, nous ne posséderons une vue d’ensemble de la Tri-Unité, qu’après avoir archéométnquement interrogé la lettre suivante qui, appartenant en quelque sorte aux deux Univers, nous fera passer de l’Univers divin créateur à l’Univers créé
ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR L'ALPHABET SOLAIRE 2; I ¥ •* n (Hé) II. E. — 5. — Le nombre 5 est un nombre tout à fait spécial que ses propriétés mettent en cor respondance à la fois avec le monde créateur ou théocosme et le monde créé se subdivisant lui-même en deux mondes : l’uranocosme et l’astrocosme.
Sa puis sance intégrante est 6, la même que celle du Fils ce qui le fait substantiellement identique à ce dernier ainsi qu'au Père, pendant que son ordre hiérarchique le fait procéder des deux autres personnes. Archéo métré, il se réfère au rouge-feu et au signe zodiacal du Bélier.
Si nous commençons à l’étudier en tant que 5 et dans ses rapports avec les deux Univers inférieurs, il va nous faire passer du monde des Genres à celui des Les genres, en effet, appartiennent exclusivement au monde divin, prélumineux puisque principe de lumière ; les Espèces au monde des Formes, au monde Uranique ou lumineux.
Elles ne sont pas engendrées comme les Genres, elles sont faites, effec tuées; par conséquent elles ne sont point éternelles dans le théocosme, mais immortelles simplement dans la Lumière du second monde. Les Genres ou Idées effectuent les Espèces ou Formes, comme ces dernières effectuent les Indivi dualités dans le monde astral ou sensible.
Cependant, ainsi que les Genres, les Espèces sont des Formes intelligibles pures : immortelles comme eux par conl’initiation le Monde Uranique Monde Astral qui 272 séquent, tandis que les Individualités de l’Astrocosme sont sensibles et mortelles. Pour employer d'autres termes, nous pouvons dire que les Genres sont les Archanges et les Anges, les Espèces les Ames, les Individualités astrales les Formes matérielles.
5 ou n (H) est donc l’Espèce manifestée ou l’Activité vitale dans les deux mondes : qui donne et qui reprend, le reçoit et qui rend. De plus, 5 est le sensibilisateur absolu, la force qui donne à l’astralité la sensibilité intime et la rend objectivement sensible à l'extériorité.
Cette dualité lui permettant à la fois de désirer la forme et de s’en faire désirer, va par là-même lui faire acquérir l’exis tence et la vie ; car la sensibilité va créer l’amour pour soi-même, renversement de l’amour pour tous qui est la caractéristique de l’amour divin.
En un mot, n (H) ou 5 est Pacte-principe de l’action en ce monde, et nous allons de suite voir pourquoi. ★ * ¥ Cinq, c’est 4 1 ou 2 -j- 3 ; et, ne l’oublions pas, son intériorité est 6. Pris comme 4 1, c’est le Rouach, le souffle ani mateur et moteur éternel uni à l’Essence c’est-à-dire imprégné, si on peut s'exprimer ainsi, de cette essence inépuisable et la transmettant par son éternel mou vement à FUniversalité du cosmos. C’est la substance divine qui substantialise TUnivers et y manifeste la
ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR L'ALPHABET SOLAIRE 27Û vie lumineuse et sensible. « La vie est la lumière pour tout Fils d’Adam venant en ce monde », nous dit saint Jean, révélation suprême du renversement du principe vie lumière et réciproquement: RouachAour. Quand Moÿse parle de la formation des cycles uni versels ou mondes sidéraux, il emploie le mot: (COCaB), traduit vulgairement par Étoile.
Si nous additionnons les lettres de ce mot, cette addition nous donne 48, et nous retrouvons une fois encore le nombre de la fondamentale dont le Fils est l’oc tave.
Le monde sidéral vivifié par le mouvement vi vant et vitalisant du Saint-Esprit est donc bien la manifestation parfaite du Père, de l’essence absolue absolue en son mode créatif et identificateur : I ou Y comme nous le verrons plus bas ; or, nous avons dit déjà par quelle substitution et quel renversement les Brahmes, tout en conservant le nombre verbal, l’avaient dépouillé de toute valeur spirituelle et créa trice.
Considéré comme 3 -f- 2, 5 est l’union du BRA, Verbe créateur, avec sa Potentialité en le Père divin d’où va sortir, en action sensible dans l’Astrocosme ou Monde matériel, toute cette Potentialité qui, dans le Monde divin, est nécessairement et éternellement toujours en acte.
C’est donc la Vie manifestée ; mieux c’est la Vieprincipe éternelle qui manifeste la substance astrale en enrobant la matière primordiale ; saisissant, se lon l’expression du Maître, ce caput mortuum inter cyclique pour en refaire un support sensible de la vie. 18
274 l'initiation Sous l'une ou l’autre morphologie, 5 le RouachAlhirn a toujours pour intériorité le nombre 6 com mun au Père et au Fils ; le Saint-Esprit est donc bien la substance, la substantiation et la substance divines, ce qui constitue l'éternité vivante et vitalisante de f Dieu en son double et éternel mouvement vibratoire du centre divin à son infinie circonférence et réci proquement ; flux et reflux vivants et absolus dans l’éternité. ★ * * Un et deux nous ont fait connaître le Père, 3 nous a révélé le Fils, 5 nous montre le Saint-Esprit der nier terme de la tri-unité totale et absolue. Le PERE : essence éternelle et absolue. Le FILS : existence éternelle et absolue. Le SAINT-ESPRIT : substance éternelle et absolue, vie et mouvement. *! (Vau) U. V. O. Ou. = 6, sur le planisphère ar chéométrique correspond au rouge pur et au signe zodiacal du Taureau ; son intériorité radicale est 3. C'est une lettre d’une extrême valeur symbolique et qui, chez tous les peuples ayant conservé quelques traces de la tradition patriarcale, s’est appelé le conjoncteur, le marieur. *. U. V. est donc PUNISSANT, celui qui unit et l’union qui en résulte. Disons tout de suite qu’il est la caractéristique du Saint-Esprit, du Rouach, comme
ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR L’ALPHABET SOLAIRE 2y5 D (Iod) l'Y ou 1’1 est caractéristique du Père, leL(Ph) zodiacal ou la planétaire (Sh) caractéristiques du Fils, suivant qu'on le considère en acte dans les deux premiers mondes ou dans le troisième. Notons aussi que la seule personne de la tri-unité qui réunisse en soi les trois lettres schématiques. Son nom mystérieux en effet, est *,31 (IPhO) ou IShO); nous le retrouverons d’ailleurs, en étudiant le nom bre 8. Donc, *. (Vav) est la lettre unitive et en même temps la caractéristique du Saint Esprit.
Peut-il en être autrement, si nous rappelons que 6 est la puis sance intégrante de 5 et de 3, quand, à son tour, 6, en tant que nombre hiérarchique de la décade, a pour Intériorité 3 nombre du Verbe. Cela ressort très net tement aussi de ce que nous avons relaté touchant le rôle joué par le Rouach ALHIM dans la Tri-Unité absolue.
Substance et Substantialisation divine, il est néces sairement le point d’appui sur lequel repose le Divin Ternaire, le Substratum vibratoire éternel qui, éter nellement, va du Père au Fils et du Fils au Père et les unit indissolublement. Considéré morphologiquement, 6 est 5 -|- 1, 4 + 2, 2 x 3, 3 + 3. Nous ferons ici remarquer que 2 : 3 donne indéfi niment 6 au quotient avec 2 indéfiniment inaltéré au dividende.
Nous ajouterons encore que 6 est la somme des Intégrantes de 3, comme 3 est celle des Intégrantes de 2, nouvelle preuve de l’identité absolue des trois personnes de la Tri-Unité ; mais nous ne nous appel'initiation sentirons pas sur ce sujet, laissant aux etudiants du verbe le soin de le méditer. Revenons à notre analyse du 6.
5 + i ; c’est l’Acti vité vitale unie à l'Essence et l’infusant en tout; 4 2 c'est la multiplication à l'indéfini dans l'Univers, de la Potentialité absolue: 2X3, c’est l’Action du Verbe sur cette même Potentialité pour en faire jaillir la lumière: des Formes.
Tous ces sens rentrent indubitablement dans ce que nous avons dit de la nature du 6 ou du Vav ; mais, celui sur lequel nous devons nous arrêter de préférence est schématisé par 3 + 3 : morphologie sous laquelle nous allons le voir se référer au Verbe divin, ce qu’il était facile de prévoir connaissant le nombre de son intégrale radi cale.
Considéré sous cette morphologie en effet, 6 est la divine Hexade, Réflexion absolue et parfaite du Verbe créateur dans sa Création; c’est l'Univers des forces et des formes : l’Uranoscosme qui, réfléchi dans l’Astrocosme, va constituer le Cosmos entier dans son absolue perfection.
Or, cette réflexion parfaite n’est pas autre chose évidemment que la substance universelle active vi vante, c’est-à-dire le Rouach ALHIM ayant pénétré l’Univers jusque dans ses profondeurs les plus incon cevables et l’ayant assimilé à lui-même ; et c’est non moins évidemment le terme de conjugaison entre les trois mondes.
C’est le Monde uranique dans son activité involuÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR L’ALPHABET SOLAIRE 277 tive créatrice, activité que Moÿse désigne par les six jours de la création, les six manifestations lumi neuses cycliques et sexiverselles des forces créatrices. C’est encore ce que le Livre de Thot entend par cette phrase : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».
C'est aussi la grande loi universelle d’involution et d’évolution considérée dans son point d’équi libre : la descente de la substance vivante vers les profondeurs de l’Abîme et de la Ténèbre et la remon tée de la substance vitalisée vers l'essence ineffable.
C'est l’harmonie totale et vraie, l’accord parfait mineur comme le démontre la science archéométrique appliquée à la musique, cet accord qui dans son équi libre tend vers le repos et le retour en soi, contraire ment à l’accord majeur qui tend et pousse à l’action.
Par le 6 l’union est totale et parfaite dans tous les mondes ; et c’est pour cela que le divin Maître nous a promis la venue du Paraclet, du Christ glorieux, de celui qui doit conduire à l’éternel repos dans l’éternelle béatitude ; et c’est pour cela aussi que le « seul péché qui ne pourra être pardonné » est le blasphème contre le saint Esprit, contre l’union par faite et harmonique dans l’amour éternel et vivant. (A suivre.) Docteur A.-E. C. (Un ami de Saint-Yves.)
NOTRE COURRIER Adresser toutes les communications concernant Notre Courrier au Secrétaire de la Rédaction, M. Combes Leon, Villa Thoth Hermès, place Rondelet, Montpellier. Un lecteur de initiation connaîtrait-il la correspon dance existant entre les couleurs et les parfums; l’adapta tion de ceux-ci aux types astrologiques, et le mécanisme de leur influence? Connaîtrait-il également des auteurs ayant écrit sur ce sujet ?
« Le Passant, de Vergy. » question Nous recevons une lettre collective émanée de personnes tenant, pour certaines raisons, à garder l’anonymat, lettre qui nous dit en substance : « Nous avons lu, avec un très vif intérêt, l’article du Maître Papus sur l'Inondation et les Prophéties, paru dans le numéro de février dernier. Nous y relevons cette phrase.
« On se vantait de pouvoir éteindre les lumières des cieux et quelques mètres d'eau ont suffi pour éteindre les lumières des ingénieurs parisiens.
C’est fort exact en apparence, mais comment expliquer que ceux qui ont le plus souffert de ces quelques mètres d’eau soient justement ceux qui ont le moins fait pour éteindre les lumières en question, étant donné qu’ils vivent plus que modestement dans leurs masures d’Ivry ou de Saint-Cloud, alors que l’homme qui a prononcé la parole rapportée n’a pas été atteint ?
« Serait-il possible de donner dans l'initiation une ré ponse à cet argument que des milliers de personnes ont présenté ? Ce serait rendre service à bon nombre d’hommes
LES CONFÉRENCES SPIRITUALISTES 27Q que ces sortes de calamités jettent dans le plus horrible des doutes. » • » Réponse à la question précédente.
Par le même courrier qui nous apporta la lettre relatée ci-dessus, nous recevions le profond article de notre ami Franlac, Calam ités, répondant en partie à la question posée par elle comme si l’invisible avait, au même instant où se faisait l’interrogation susdite, suggéré à notre collabora teur une immédiate réponse.
Nous conseillons aux personnes qui ont écrit cette lettre de méditer l'article de Franlac; néanmoins, nous convions d’autres occultistes à répondre encore à la question posée. Donner le calme aux esprits torturés par le doute affreux, c'est faire œuvre charitable; leur appel sera entendu. C. L. ♦ • • Réponse à M. B. L. Notre collaborateur C.
B., dont nos lecteurs apprécient les intéressants articles sur les Curiosités de l'occulte, nous prie d’informer M. B. L. qu’il répondra sous peu par un article à la question que M. B. L. a posée dans notre Courrier de février dernier sur le guérisseur de fièvres du Var. LES CONFERENCES SPIRITUALISTES Nous devons signaler le grand succès de la dernière séance de la Société des conférences spiritualistes de février.
C’est devant une salle comble que le programme, compre nant, d'une part, l’exécution de morceaux inédits de la musique de Saint-Yves d’Alveydre et, d'autre part, la pre mière conférence ésotérique de 1910, s’est accompli. Gros succès pour M. Jemain, un des amis de Saint-Yves
2&0 l’initiation et son orchestre. Ovations et rappels à Mlle D. Mussay qui a délicieusement dit des vers du Maître. La conférence ésotérique de Papus a eu son succès habi tuel. Pour le mois de mars, la Société nous réserve d’inté ressantes surprises. L'OCCULTISM Toutes nos prévisions s’accomplissent, le mouvement occultiste prend des proportions de plus en plus grandes et les journaux de la capitale relatent nos succès et notre persévérance.
UIsida, notre journal occultiste, prend son essor et, semblable à l’aiglon, va montrer ses griffes en fixant impunément le soleil, nous félicitons M. Antoschevski et ses rédacteurs d’avoir suivi nos représentations fraternelles. L'Initiation, notre organe officiel, est presque dans tous les salons, on se l'arrache à cause de sa popularité crois sante.
Mais nous y avons trouvé parmi nos amis et féaux intel lectuels un esprit singulier qui se complaît à pleurer, à gémir de la « bêtise moderne » et refait incessamment poursaseule joie et celle de la galerie obscure de ses lecteurs le rôle de délateur qui, à l’avouer, lui va à merveille, c'est le célèbre docteur Doubrovinc, le président du parti « des vrais Russes », le rédacteur en chef de Russkoie Inamie, réclamé en Europe par le dernier meurtre politique sur Herzenstein, etc., et qui s’entête à apporter au SaintSynode des preuves du paganisme des occultistes, mettant en tête de la liste « le mage ténébreux » Punar-Bhava (doc teur von Czynski) qui, dans la brochure le Père Serge de Kronstat, « s’intitule » fils de Dieu, y ajoute, d’autres inventions délirantes et sinistres, mêlées et enchevêtrées des idioties qu’il recueille en tous lieux ; même il menace la Russie du fléau des Francs-Maçons, dont Punar-Bhava doit être « le grand prêtre » et général en chef, et le siège de ce parti puissant doit se trouver dans la villa diploma tique de la comtesse Kleinmichel, etc.
L’OCCULTISME EN RUSSIE 281 Mais, que diriez-vous d’un défenseur de la religion qui déclarerait d’abord la divinité de Jésus et puis que ni l’immortalité de l’âme, ni l’existence de Dieu ne se démon trent, et pourtant le docteur Czynski est« le fils de Dieu ».
Vous me répondrez que c’est le verbiage d’un ouvrier ignorant éduqué à une table de pharmacie du coin et nourri des racontars des ignorants qui prétendent que les régies directrices de la vie n’ont jamais été empruntées à des révélations divines, et que toute solution dogmatique n’a iamais reposé que sur des connaissances positives.
N'est-ce pas que chaque proposition de ce « champion de la Religion » témoigne d'une ignorance si crasse que le comique ne parait pas. C'est aussi l’opinion du Saint-Synode, qui jeta ce « pen sum » dans le panier aux ordures. On raconte que le glas funèbre va bientôt sonner sur cette personnalité intelligente, brave jusqu’à l'héroïsme, dévoué à sa cause à laquelle il fait un rempart de son corps.
Pour le docteur Doubrovinc, président des « Vrais Russes », j'ai de la considération, tandis qu'à l’auteur de cette apologie du christianisme, de l'ignorant délateur des Erancs-Maçons et des Occultistes, je répondrai en atten dant, que l'homme de notre temps trouve au fond de sa conscience le sentiment ineffaçable du devoir, et que M. Doubrovinc ne pense pas que les peuples et les parti culiers les plus intelligents et les plus instruits fondèrent leur domination sur les préjugés qu’ils ne partageaient pas d’ailleurs, mais qu'il nous croie que ceux qui ont adopté le mystère et l'inspiration divine comme guides fonda mentaux, ne seront jamais, comprenez-vous, Monsieur le Contradicteur, jamais précipités dans une ruine morale, intellectuelle et matérielle, irréparable!
Et qu’en dites-vous de votre avenir, Monsieur Doubro vinc, de l’avenir de votre parti et de votre presse ? Vous ne tarderez pas à nous convaincre de la réalité de nos propo sitions, et déjà les bases de votre autorité chancellent,elles crouleront demain. Dr Czynski. Kouznetchnyi 16. C. Pétersbourg.
282 L INITIATION Sophia en Bulgarie. — Zagrobovy Mir, voilà le titre du journal bulgare occultiste, organe officiel de la Société Ésotérique « Papus », qui apparut il y a quelques jours. Cet opuscule est bien documenté, on y reconnaît la main du docteur G rabiase hofif, qui rédige cette revue.
Comme de raison, hommage est fait au chef de l’occultisme Papus; nous y lisons des articles de différents auteurs connus dans l'occultisme, quelques pages sont consacrées aux travaux de l’occultiste docteur Czynski, chef de l’Ècole de Pétersbourg, élève et admirateur de Papus. Nous félici tons notre confrère àSophia, en lui promettant un compte rendu très détaillé dans notre prochain numéro.
Isida à Pétersbourg. — Cette feuille occultiste nous apporte dans ses derniers numéros quelques ouvrages individuels, et promet à ses lecteurs des articles de Tackolka sur l’Atlandise, et les travaux de son rédacteur en chef Antoschevski, sur les Francs-Maçons portés dans les archives à Saint-Pétersbourg. Nous sommes curieux à les lire.
M. Sevastiannoff, le jeune rédacteur plein d’éner gie, promet à ses lecteurs une surprise et Osiris veut l’éblouir de ses lumières. Nous louons ce duel « des « nobles ».
L’Zsznta trouve un grand débit en Russie asia tique et dans les gouvernements éloignés des deux capi tales, Pétersbourg et Moscou, accaparées par les journaux, spirites le Spiritualiste, Émiale mysli, qui reproduisent les derniers travaux de Papus, de Czynski, de Sédir, etc. MOIS OCCULTISTE ÉCOLE HERMÉTIQUE i5, Rue Séguier. Programme des cours pour avril igio. Dimanche 3. — Docteur Rozier, 12, rue de Buci 4 heures. Matin, 10 heures et demie à 11 heures et demie, perma nence Victor Blanchard, i5, rue Seguier.
ORDRE MARTINISTE 283 Lundi 4.— Victor Blanchard, Loge Melchissedec, tenue blanche, Le Verbe Divin. Mercredi 6. — Téder, Hermétisme et Symbolisme. Jeudi 7. — Papus, Première année. Samedi 9. — Phaneg, Loge Hermanubis. Dimanche 10. — Docteur Rozier, 12, rue de Buci, 4 heures. Matin, 10 heures et demie à 1 1 heures et demie, perma nence Victor Blanchard. Lundi 11. — Dace, L’Horoscope. Jeudi 14. — Papus, Première année.
Dimanche 17. — Docteur Rozier, 12, rue de Buci, 4 heures. Matin, 10 heures et demie à 11 heures et demie; perma nence Victor Blanchard. Lundi 18. — Parus, Deuxième année. Mercredi 20. — Téder, Hermétisme et Symbolisme. Samedi 23. — Phaneg, Loge Hermanubis. Dimanche 24. — Docteur Rozier, 12, rue de Buci, 4 heures. Matin, 10 heures et demie à 11 heures et demie, perma nence Victor Blanchard. Lundi 25. — Dace, L’Horoscope.
Mardi 26. — Victor Blanchard, Loge Melchissedec, tenue blanche (l’incarnation divine). Jeudi 28. — Papus, Conférence spiritualiste, salle des Sociétés Savantes, 8, rue Danton. L’abondance des matières nous oblige à renvoyer LA SUITE D ORPHÉE ET LES ORPHIQUES au mois prochain. La Rédaction. I ORDRE MARTINISTE Par charte remise le i5 février dernier, le F.’. Czynskià Saint-Pétersbourg a été nommé membre stagiaire du S.’. C. *. et délégué général de l’Ordrc pour la Russie.
284 l’initiation CONFERENCES Les conférences organisées par ia Société magnétique de France sont ainsi distribuées en mars : Jeudi 3 mars. — Commandant Darget : La Photogra phie de l'invisible, Rayons V, Photographie de la Pensée, de la Maladie, du Sentiment, avec de nombreuses projec tions. Samedi 12. — Réunion administrative, Organisation du Congrès international de Psychologie expérimentale.
Ces deux réunions auront lieu au siège de la Société, à 8 heures et demie du soir; ceux qui désirent y assister devront demander une invitation. La 3e conférence aura lieu le jeudi 17 mars dans la Grande Salle de l’Hôtel des Sociétés savantes (700 places), 8, rue Danton ; M. Gaston Durville traitera de V Envoûte ment. Essai de démonstration de sa Réalité ; sa contre partie.
Expériences avec Mme Bédu en état de somnam bulisme et une statuette de cire ; projections lumineuses. Droit d’entrée : parterre, 1 franc ; premier étage, o fr. 5o. BIBLIOGRAPHIE Docteur Labonne. — Comment on se défend des Maladies nerveuses. Lutte contre l’ataxie locomotrice, chorée, convulsions, épilepsie, hystérie, migraine, névralgies, neurasthénie, alcoolisme, morphinomanie, insomnie, vertiges, avec 4 figures. 40 édition. Prix : 1 franc.
Avec sa clarté habituelle, l’auteur de ce petit ouvrage de propagande médicale décrit chacun des cas ci-dessus et indique les moyens médicaux qui lui paraissent les plus susceptibles de les guérir. Cette quatrième réimpression en dit plus que nous ne pouvons en dire sur sa valeur réelle. Docteur Monin. — Comment on défend sa Virilité. Lutte
BIBLIOGRAPHIE 285 contre l’impuissance et l'anaphrodisie chez l’homme. 4e édition. Prix : 1 franc. L'auteur, un des médecins les plus distingués de Paris, un praticien doué d'un tact médical particulièrement déli cat, que les lecteurs de la collection de Comment on défend apprécient, traite la question de V impuissance dans un style clair, précis, et à la portée de tout le monde.
Après avoir défini la virilité, étudié les causes de l’impuissance qui sont souvent dans l'onanisme, il expose les moyens de guérison qui lui paraissent les plus naturels, les plus puissants ; et j’ajouterai que le plus grand nombre de ces moyens sont surtout tirés de l’hygiène.
F \bhe d’Olivet. — Vient de paraître le tome premier de I Histoire philosophique du genre humain, ou V Homme considéré sous ses rapports religieux et politiques dans l'État social à toutes les époques et elles les différents peuples de la terre, précédée d'une dissertation introductive sur les motifs et l’objet de cet ouvrage. Deux volumes in-8 carré. Prix: 20 francs.
L’éloge de cet ouvrage, écrit dans un style admirable et d’une clarté excessive, n’est plus à faire. Qu’il nous suffise de dire que Fabre d’Olivet n’a jamais cherché à viser à l’effet, mais plutôt à forcer l’évidence à se manifester par l'art avec lequel il mit en jeu toutes les ressources de sa colossale érudition. Ce fut un grand savant, un merveilleux philologue et un philosophe de génie vraiment supérieur.
Cette œuvre résume toutes ses œuvres. Il pose tout d’abord dans cet ouvrage la constitution intellectuelle de l’homme et montre, dans la suite, l'action des milieux et des faits, sur l’évolution d’une des races humaines, la race blanche. 11 faut voir les vicissitudes que traverse cette race suivant qu’elle subitl’influence de \a Providence, du Destin, ou de la Volonté humaine, les trois grands principes qui régissent l’univers.
Ce qu’il y a de remarquable dans cette étude, c’est la puissance prophétique des lois qu’il met en jeu. Cette puissance s’exerce non seulement sur le passé, mais encore sur notre présent; et tout politicien, tout sociologue, tout patriote même devrait, en méditant profondément sur
2?6 l'initiation l'essence des Principes que décrit d’Olivct, se mettre à même de prévoir logiquement la solution des problèmes nationaux, internationaux et mondiaux qui préoccupent aujourd'hui toutes les intelligences. Schwaeblê. — Pour devenir Alchimiste. Cours d’alchi mie simplifiée et mise à la portée de tous. 3e édition, avec portrait de l’auteur et une ligure. Prix : 1 franc.
Quoiqu’elle soit réellement la mère de la chimie actuelle l\4/c/îÎMiea passé et passe meme encore pour une science chimérique. Cela tient surtout à ce que les Alchimistes du moyen âge étaient obligés de voiler leurs descriptions sous des termes spéciaux, afin d’en cacher le sens à une cer taine catégorie d’individus.
D’autre part, il était difficile d’admettre que les métaux, par exemple, puissent changer de nature et se transmuer en d’autres métaux. Depuis que des savants hardis ont affirmé l’unité de la matière, celte difficulté a cessé, et des alchimistes contemporains, pour ne citer que Tiffereau et Jollivet-Castclot. affirment la possibilité de faire de l’or, et l'un d'eux affirme même en avoir fait.
L’ouvrage de M. Schwaeblê, très court, très concis, affirme aussi cette possibilité et d’autres encore, il les décrit dans un style correct des plus simples, excluant tous les mots difficiles à comprendre de l'ancienne alchi mie, pour les remplacer par des mots ou des expressions que tout le monde comprend parfaitement. H. Durville. — Pour combattre les Maladies de ¡'Esto mac.
Aigreurs, pyrosis, éructations, fringale, pituite, nausées, vomissements, gastralgie, gastrite, indigestion, embarras gastrique, dyspepsie, cauchemar. 20 édition, avec une figure. Prix : 1 franc.
Après avoir fait, en très peu de mots, la description anatomique de l’estomac et indiqué comment se fait la digestion, l’auteur donne une définition de chacun de ces cas, explique leur nature, leurs causes, leurs symptômes, et indique les moyens les plus puissants, les plus écono miques et les mieux à la portée du plus grand nombre des malades pour les éviter, et ensuite pour les guérir, si on les a laissé se développer. Ces moyens sont dans le
BIBLIOGRAPHIE 287 magnétisme que chacun peut pratiquer utilement, et dans une hygiène bien comprise qui est parfaitement décrite. L’ouvrage se termine par des exemples de cures, destinés à servir de modèles à ceux qui entreprendront le traitement indiqué dans le cours de l’ouvrage. H. Durville.— Pour combattre les Maladies de l'intestin. Coliques, diarrhée, entérite, gastro-entérite, dysenterie, appendicite, péritonite, carreau.
2e édition, avec une figure. Prix : 1 franc. Ouvrage conçu sur le même plan que le précédent, et destiné d’ailleurs, comme tous les Pour combattre de l'auteur, à rendre de grands services à la thérapeutique populaire. Le Médecin-Pharmacien, organe de défense profes sionnelle des médecins exerçant la pharmacie.
Sous ce titre paraîtra très prochainement un nouveau journal médical grand format qui traitera plus spéciale ment les questions intéressant ceux de nos confrères qui font de la pharmacie à la campagne : pharmacologie pra tique, droguerie médicale, informations professionnelles,etc. — Rédacteur en chef: docteur Vellav. - - Bureaux: 35, boulevard Bourbon, Paris (4e). Parmi les nouveautés parues ce mois, nous citerons : Les Rêves...
Sédir, librairie du XXe siècle, 25, rue Ser pente. (Recommandé à nos lecteurs. — Compte rendu prochai nement.) Rénovacion científica española, par Enrique Jaramillo y Guillen. Madrid, Imprenta colonial, 3, calle de Fuenterraria. I Per una cooperativa Teosofica, par G.-B. Penne. Rome, Tipografía Enrico Voghcra. A signaler aussi une très intéressante brochure du com mandant Darget : Vers F Anarchie, chez Ficker, 4, rue de Savoie. Prix : o fr. 5o.
288 l'initiation Massoneria Italiana e tradizione iniziatica, par Eduardo Frosisi. Ferrara. Biblioteca dei Filateti. APPAREILS D’OCCULTISME Boules hypnotiques. — Miroirs hypnotiques. — Disques d'entraînement. — Appareil système frontal. Planchettes à médium extra-légères de tous modèles. — Couronne aimantée du Dr Encausse.
Miroirs planétaires. — Miroirs magiques. — Baguettes magiques. — Objets pour autel magiques. — Appareils contre l'envoûtement, du Dr Papus. — Appareils pour donner ou renforcer la médiumnité. — Biomètres, sténomètres, etc. Construction d'appareils sur une idée donnée ou sur un plan. LÉONIS, Ingénieur-Constructeur (breveté S. G. D. G.), 3 g i, rue des Pyrénées, Paris (20e). Le Gérant : Encausse. Paris—Imprimerie E. Arrault et Cie, 9, rue N.-D.-de-Lorettc.