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ÉTUDE METHODIOUE DE L’OCGWLTISME Ecole Supérieure Libre des Sciences Hermétiques 15, RUE SEGLER,. Ig 4 PARIS Cours, le soir à 9 heures, et le Dimanche à 4 heures LA VOLONTÉ MAGNETIQUE DOMINATRICE par Louis BOYER-REBIAB (Deuxième édition). Prix franco.......................... 1 O fr.
LIBRAIRIE HERMÉTIQUE, 4, RUE DE FURSTENBERG CONFÉRENCES SPIRITUALISTES CONFÉRENCES ÉSOTÉRIQUES à ¡’Hôtel des Sociétés Savantes 8, RUE EÄKTCN, 8 Les Programmes de 1909-1910 seront, publiés prochainement. v • —— ----------- ——:—■ ; : ■ ----------- Paris. — Imprimerie È. Arrault et .C'^g, rue•Noire-D»rne-de-Loreïte
’Initiation Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE JF» -A- r» U s SOMMAIRE DU Nu4 (Janvier 1910) PARTIE EXÔTÉRIQUE Le Sphinx et sa clef, gravure. PARTIE PHILOSOPHIQUE L'Évangile et la Vie (p. 2 à 14).........................................Phaneg. La Çétroth'érapie occulte (p. i5 à 24)..........................C. B.
Le Messie rfouveau (p. 25 à 28). . . . •......................Karl Nissa. * ■ L'Électrotechnique dans la Bible (p. 29 à 38) . . . A. G. La Puissance mantrasique (p. 3g à 47)......................Rita-Strohl. Lé Dernier adieu (p. 48 à 4g) ..... ... Taty.
PARTIE INITIATIQUE J.'Apostolat (p. 5o à 69)...................................................Sédir. • Étude élémentaire sur l'alphabet solaire de 22 lettres . ’ (p. 70 à 81)............................... ........................................D'A.-E. C. PARTIE LITTÉRAIRE Les Baisers infânt.es (p. 82) .............................................. Combes Léon.
Notre\couirier.. — Mois occultiste. — Triomphe de l’occultiste. — BiT' 'bliographie.— Referendum aux spiritualistes.— A propçs de la / Théogonie des Patriarches. — Secrétariat maçonnique international. f Songes de Mme P... — Jeanne d’Arc. — Nécrologie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 5, rue de Savoie, à Paris-VIc. Téléphone — 816 09 Tout ce qui concerne l'Ad ministration : ABONNEMENTS, VENTE.
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PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais ell^s n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par "hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Tnttiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Soience, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’«n même ésotérisme caché au fondée tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, VInitiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent Y arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin VInitiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s'adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L’Initiation parait régulièrement à la fin de chaque mois et compte déjà vingt années d’existence. — Abonnement : 10 francs par an. (Les collections des huit premières années sonr absolument épuisées.)
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L'Initiation de Janvier igio L’INITIATION T““) DIRECTION 5, rue de Savoie, 5 TÉLÉPHONE - 816-09 PARIS-VI Directeur : F’A.F’tjs Secrétaire de la Rédaction Combes Léon. ADMINISTRATION ABONNEMENTS PUBLICITÉ : VENTE AU NUMÉRO LIBRAIRIE HERMÉTIQUE 4, Rue de Furstenberg, 4 PARIS FRANCE, unan, io Ir ETRANGER, — 12 fr prtvle gratuite Leremboursement du prix de l’abonnement à Ì’Initiation est assuré par des primes de librairie.
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Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. L'Initiation est, en France, le seul organe officiel des centres suivants : Ordre Martiniste, Délégués et Loges dans toutes les parties du monde. Ordre Kabbalistique de la Rose + Croix, réservé aux anciens Martinistes. École Supérieure libre des Sciences Hermétiques. Union Idéaliste Universelle.
Rite Ancien et Primitif de la Franc-Maçonnerie (Chapitre et Temple INRI). Rite National Espagnol (Loge symb.-. Humanidad/.
PARTIE PHîLOSOPHIQÜE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. L’Évangile et la Vie Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux leur appartient.
LA PAUVRETÉ L’étude de la Tradition Occidentale, parvenue jus qu’à nous grâce aux travaux des Pythagoriciens, des Gnostiques, des Alchimistes, des Rose-Croix, ne peut à mon avis, être abordée actuellement avec fruit, que par une minorité intellectuelle.
Mais si la connais sance d’une science antique, si l’idée que des rouges et des Noirs aient pu tour à tour atteindre sur la terre une civilisation prodigieuse, constituent déjà des no tions difficiles à admettre pour le plus grand nombre de nos contemporains, l’ésotérisme de l'Évangile, l’étude des principes et des lois qui en forment la base, et surtout la réalisation dans la vie quotidienne des enseignements de ce livre mystérieux et grand, doivent être réservés à un tout petit nombre; et c’est ce qui a lieu en effet.
l’évangile et la vie 3 Louis-Claude de Saint-Martin, disait qu'il faut chercher dans l’homme et dans sa constitution la clef d'or des mystères de la nature. Or, dans le corps phy sique de l’être humain, se trouvent de nombreuses cellules, très différentes les unes des autres, mais obéissant toutes à la grande loi générale de l’évolu tion.
11 y a des cellules osseuses, musculaires, ner veuses, cérébrales, cardiaques, etc. Si toutes elles évo luaient en même temps, et si l’organisme n’était com posé que de cellules du cœur, il cesserait à l’instant d’exister. Ainsi, dans le corps social, il y a des brutes, des esprits réellement inférieurs et démoniaques, des matérialistes, des sceptiques, un nombre énorme de gens endormis et neutres.
Admettons que tous les hommes soient des mystiques, des êtres parfaits, vivant par le cœur, perdus en Dieu; la vie sociale s'arrêterait immédiatement, car, sur les mondes infé rieurs, la lutte provenant de l’inégalité des diverses classes, est indispensable, de mêmeque l’inégalité des diverses cellules de notre corps est une condition in dispensable au maintien de son existence.
Il ne faut pas croire, par exemple, que beaucoup d’Européens sont actuellement matérialistes parcequ’ils l’ont voulu. Le matérialisme est nécessaire à certains moments afin que l’homme puisse faire travailler tour à tour toutes les facultés que son Créateur lui a confiées.
L’ésotérisme de l'Évangile s’adresse donc réellement au petit nombre d’hommeç que Jésus appelle et qui veulent se charger de leur Croix pour le suivre; à ceux pour lesquels l’or, la gloire, sont des mots sans signi. fication. Il y aura toujours très peu de ces êtres sur
l'initiation + terre, à la fois, mais je suis certain, et je ne puis exprimer, combien douce est cette certitude, que tous nous passerons à notre heure dans cette minorité, car l’humble cellule osseuse, après une lente évolu tion, fera un jour partie de notre cœur, et toutes y viendront à leur tour.« Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. » J’ai cru ces quelques mots indispensables, car autre ment le lecteur aurait pu penser que je généralisais ces théories et que je conseillais à tous d’aimer la Pauvreté et de s’y complaire.
Ce ne serait pas ma pensée exacte. Je trouve, au contraire, que leshommes d’argent ont sur terre leur indiscutable utilité et qu’ils ne sont pas appelés, tant qu’ils jouent ce rôle, à étu dier l’Évangile et à pratiquer ses enseignements.
Cela dit, ouvrons notre Guide et essayons de com prendre ce qu’il nous révélera, sinon sur l’essence même de la pauvreté dont notre cerveau ne pourrait actuellement supporter le rayonnement du moins sur ses applications immédiates à notre vie. Tout d’abord, nous nous trouvons en présence de deux déclarations importantes : Nul ne peut servir Dieu et Mammon. — Heureux les pauvres en esprit! Considérons le premier de ces enseignements.
Tout ici-bas dépend d’un principe. L’or n’est pas seulement ce que nous voyons. 11 est analogiquement le sang de la Terre, et, en circulant sans cesse dans toutes les artères du corps social, il en constitue la vie individuelle. Il est le reflet, le signe sur notre monde, d’un principe que l’Évangile appelle Mammon. Cet être dont l’existence est absolument réelle, distribues
l’évangile et la vie 5 ses faveurs à ses fidèles inconscients, qui sont en meme temps ses esclaves, car son joug, à lui, n’est pas léger !
Il peut être considéré comme le prince de ce monde, le roi de la terre, et l’or dont il dispose représente le lien qui nous attache le plus fortement sur le plan matériel ; les moyens de manifestation les faveurs du Roi du ciel seront donc opposées ; là où Mammon donnera : argent, gloire, réussite, Jésus éprouvera ses disciples par la pauvreté, l'humilité, la lutte continuelle contre les difficultés de la vie.
Il faut donc absolument choisir, lorsque bien en tendu notre esprit aura acquis la possibilité de le faire et les deux voies sont bien nettement incompatibles.
«Là où vous avez mis votre cœur, là sera votre trésor»: dit l’Évangile : cela signifie entre autres choses, que l’homme est lié, tant qu’il dirige son cœur, c’est-àdire toutes ses forces vives, vers la recherche de la fortune.Tant qu’il pense seulement à amasser des tré sors passagers, il suit les lois de « Mammon » et l’heure n’a pas sonné où il sera capable d’entendre les appels du Roi du ciel.
C’est pourquoi de l’aveu même du Christ, la richesse constitue un grand obstacle à l'évolution spirituelle. L'or est corrosif; il dessèchele cœur, et plus l'homme est riche, plus il aura de peine à se séparer de son trésor. Je n’appuie pas sur cette vé rité, si facilement vérifiable pour ceux surtout qui sui vent d’un peu près, le mouvement spiritualiste actuel.
Sans vouloir y mettre aucune acrimonie, n’est-il pas permis de se demander si la cause principale de la fai blesse actuelle de VEggrégore Catholique romain ne se trouverait pas dans la confusion entre les deux voies?...
6 l’initiation N’est-ce pas pour avoir voulu faire servir les paroles du Christ à l’obtention de biens temporels, d’hon neurs impériaux, que les papes ont perdu le contact nécessaire avec le plan divin, ont fait de l’idée chré tienne (du moins en principe), une organisation poli tique qui n’a plus de religieux que le nom ?
Les groupements spiritualistes libres qui se sont basés sur l’or, disparaissent; ceux qui,sans sacrifier à Mammon, sans rien demander à personne, suivent la voie de pauvreté, illuminée par Jésus de Nazareth, réussissent au delà de toute espérance. La pauvreté vraie est un grand moyen d’action sur le ciel ; aussi les fraternités initiatiques réellement chrétiennes sont-elles pauvres.
Tout l’Évangile est plein de louanges pour la pauvreté, car elle est par tout le symbole du renoncement aux faveurs du prince de ce monde. Jésus naît et vit dans la pauvreté ; il recommande à ses disciples de ne porter sur eux ni or ni argent; il vante la valeur immense de l’obole du pauvre, comparée à l’or du riche.
11 déclare que Jean-Bapttste est plus qu’un prophète, est plus grand que tous les enfants des hommes; or Jean vit dans le désert, vêtu de poil de chameau, se nourrit de racines et d’eau, et passe son existence entière dans la pauvretéOn comprendra donc facilement pourquoi le Christ a voulu subir l’épreuve de l’or, pourquoi il a repoussé le tentateur, et pourquoi cette épreuve de l’argent est réellement terrible à supporter dans la vie physique, sauf, bien entendu, pour ceux qui ont reçu la fortune afin de la répandre et qui, conscients de leur mission, l’accomplissent fidèlement.
l’évangile et la vie 7 Voyons maintenant ce que nous pourrons décou vrir d'enseignements dans cette parole : Heureux les pauvres en esprit ! L’homme, on le sait, est bien plus compliqué qu'il n’apparaît généralement.
Son corps grossier est à peu près connu; ses organismes invisibles, les plus pro ches du moins de la matière physique, le sont un peu; quant à son esprit, un très petit nombre d'êtres vivants sur notre terre, peuvent savoir ce qu’il est, à quel degré de l’évolution il est parvenu, s’il a été illuminé, ou s’il est encore dans les ténèbres; s’il est libre ou esclave.
Nul ne saurait donc, sauf un vrai maître, ré véler le sens exact de cette phrase : être pauvre en es prit. Chacun d’entre nous apporte la lumière qu’on a bien voulu lui donner et c’est tout; voici donc ce que j’ai cru comprendre à ce sujet. On admet difficilement aujourd'hui, en dehors des écoles d’occultisme, que l’homme puisse acquérir des connaissances autrement que par le cerveau.
Physi quement, les limites de notre conscience sont cepen dant très restreintes; et notre esprit peut avoir la per ception de vérités, obtenir le don de facultés, de qua lités dont nous n’avons pas physiquement le bénéfice parce que notre volonté propre, notre raison, toutes les forces masculines de notre être, s’y opposent.
Si je prends comme exemple la pauvreté, nous pouvons seulement la comprendre au travers de l'épais brouillard que notre fausse éducation, les idées générales, l’exemple d’autrui, ont formé entre notre être réel et notre conscience physique. Dès que, avec l’aide du ciel, l’équilibre commence
8 l’initiation à se rétablir en nous; à mesure que notre cœur deve nant plus vivant, illumine notre cerveau et le caime, les notions, les facultés, les qualités acquises par notre esprit, peuvent naître, pour ainsi dire sur notre plan et se manifester dans l'état de veille. Alors tout change aussitôt.
S'il s'agit par exemple de la pauvreté, il ne sera plus question d’une conception plus ou moins légère et superficielle, résultat d’une éducation de notre intelligence ou de notre imagination ; mais, dès que notre esprit aura réussi à se soustraire, dans son plan, à la domination de Mammon, dès qu’il aura compris la pauvreté dans son essence, en s’unissant avec son principe qui est le Christ, il reflétera dans la mesure du possible, tout ou partie de ce qu’il sait, dans notre cœur et par suite dans notre cerveau, phy sique.
Nous serons alors pauvres en esprit à des degrés divers, et en tenant compte bien entendu de la relativité que revêt sur terre tout reflet d’une science spirituelle.
Être pauvre en esprit, c’est donc, en ré sumé. et dans le sens le plus élevé, l’état d’un être dont l’esprit est uni à l'esprit de la pauvreté et dont les cellules physiques ont subi des changements assez grands pour pouvoir supporter consciemment sur terre le poids de cette union et toutes ses consé quences.
Être pauvre en esprit, c’est non seulement ne pas tenir à l’argent, se désintéresser de la conséquence de ses actes, mais être aussi indifférent à la louange qu'au sarcasme. Les pauvres en esprit seront heureux, dès cette terre, puisqu’ils recevront la paix promise par le Maître, cette paix qui est la clef du bonheur. Ils
l’évangile et la vie g seront heureux, car ils verront Dieu, c’est-à-dire qu’ils seront Un avec le Père, ainsi que Jésus le demande dans sa sublime prière. Ils verront Dieu, c'est-à-dire que, sans perdre la notion de leur Moi, ils seront plongés dans la Lumière incréée, dans les tourbillons indescriptibles de la Force divine, dont ils devien dront les agents.
On conçoit combien sont rares sur terre les êtres dont l’esprit a atteint de telles hauteurs. Us sont parmi nous des Envoyés, de vrais Rose -f- Croix, les seuls réels amis de Dieu, les seuls qui puissent nous apprendre la prière et la résignation dans la pauvreté, qui, grâce à eux, ne sera jamais la misère.
Quant à nous, lorsque nous commençons à travailler un peu. à faire quelques efforts, lorsque la fleur de la bonne volonté est née dans notre être intérieur, le ciel nous soumet peu à peu à des épreuves légères d'abord, puis de plus en plus fortes, jusqu’à ce que nous com prenions pourquoi nous sommes pauvres, et que nous arrivions même à vivre heureux dans la pau vreté ; que de travail encore avant d'arriver même à ce degré de notre ascension spirituelle, où l’on nous dira ce que Jésus dit au jeune homme riche : « Va. vends ton bien, donnes-en le produit aux pauvres et suis-moi ! » ¡Nous n’en sommes pas là, pour la plupart, et notre effort doit se borner à accepter avec résigna tion les ennuis d’argent qui se présentent, en atten dant de pouvoir le faire avec joie.
Telle est du haut en bas de l’échelle la vraie pauvreté. Elle est rare, même dans son imperfection, et ce pendant il y a beaucoup de pauvres sur la terre. Cette
10 l’initiation fausse pauvreté, je ne voudrais en dire que peu de chose. Je rappellerai seulement qu’il y a une masse énorme d’êtres plongés dans une misère terrible, bien avant qu’ils soient en état d’en comprendre la raison. Pour ceux-là, la misère ne constitue pas une épreuve; elle est une punition, la réaction des faiblesses, des fautes, des crimes d’antan.
Elle constitue le creuset terrible d’où s’échappent sans cesse depuis des siècles, les cris, les hurlements, les blasphèmes, mais d’où sortent aussi continuellement des âmes épurées, pré parées à comprendre un jour les joies de la pauvreté vraie. Une des marques du vrai pauvre christique, c'est la Confiance.
Aussi, me semble-t-il utile de dire maintenant quelques mots de l’inquiétude, d’autant plus que les pages évangéliques sont merveilleuses sur cette question. Chaque mot est une lumière qui brille même à travers le voile des langues humaines et dont le rayonnement inonde notre cœur de joie.
L’Inquiétude n’a pas de raison d’être et n’existe pas en réalité : c’est une créature de notre cerveau et elle disparaît avec les progrès de l’Amour en nous ; elle s’éloigne à mesure que notre cœur devient vivant. C’est une véritable maladie morale, un monstre as tral, qui dévore ou concentre sans but toutes nos forces vives, nous éloigne de l’eflort, et peut détermi ner des clichés mauvais, des épreuves non inscrites en notre karma.
Elle est répandue partout dans la nature. Au moment où la marée descend, le coquil lage se désespère et croit chaque fois que l’eau de la mer ne reviendra plus. N’est-ce pas l’image de ce qui
l'évangile et la vie 11 se passe en nous? Sauvés à cent reprises et souvent par un miracle très net, cent fois nous retombons dans le doute et la crainte. Et cependant, retournons en arrière, revoyons notre vie passée, nous nous aperçevrons que presque toujours le malheur redouté n’est pas venu. Le corps n’est-il pas plus que le vête ment et la vie plus que la nourriture? dit l’Evangile Pourquoi donc douter ?
Relisons sans cesse les merveilleuses paroles dont chacune, dans son essence, est un ange vivant; de mandons avec persévérance que notre esprit s'assi mile cette lumière, que notre cœur aussi puisse la réfléter, et un jour, la Parole sera manifestée en nous. Chacun des mots sublimes sera un rappel de la splendeur entrevue ; une douceur inexprimable amol lira notre cœur, et l’épreuve de la pauvreté nous pa raîtra douce.
« Ne vous inquiétez pas, votre Père sait ce dont vous avez besoin ; cherchez le Royaume et sa Justice et tout le reste vous sera donné par surcroît. Le len demain aura soin de ce qui le regarde. — .4 chaque jour suffit sa peine ! — Voyez les oiseaux de l’air, voyez ¡es Ms des champs : votre Père les nourrit et les revêt, etc. » Telles sont les paroles vivantes, dont l’étude nous amènera peu à peu vers la confiance absolue dans le ciel.
Certes, il y faudra plus d'un jour. Comme la prière, la confiance doit s’appuyer sur certains or ganes invisibles dont le germe existe chez nous tous, mais qui pour croître, exigent un petit eïlort per sonnel, un peu de bonne volonté. Le ciel ne demande
12 l'initiation qu’à vivifier cette petite graine, dès que nous aurons fait le travail indispensable, auquel du reste il nous incite sans cesse. Peu à peu, alors, cette grande force se développera en nous. Notre cœur, et aussi notre raison, notre intelligence, comprendront, sauront en eux-mêmes, la vérité absolue, sur tous les plans, des enseignements du Sauveur.
Un des conseils pratiques qui ressort avec le plus d’évidence des paroles du Christ est celui de vivre dans le présent : Ne vous occupe^ pas du lendemain. Le passé appartient au Destin, l'avenir à Dieu ; le présent est à nous. Ceux qui peuvent mettre en pra tique ce conseil, sont bien près sur terre, du bonheur parfait.
Heureux le prisonnier qui en trouvant de la paille fraîche dans son cachot, ne pense qu’au plaisir d’être mieux couché, oublie ses peines (i) ! Heureux l’Être qui tout en évitant l’insouciance, la légèreté, l’oisiveté, sait oublier les épreuves de la veille, et ne pense pas à celles qui peuvent venir !
Que de tracas nous nous imposons pour ne pas agir ainsi 1 II faudrait pouvoir faire voir clairement à tous ceux dont l’heure est venue mais qui ne com prennent pas encore, les traces évidentes que nos pensées continuelles vers un mal possible, probable même, si l’on veut, laissent dans notre atmosphère fluidique!
C’est un véritable suicide, car les blessures profondes que lentement nous causons ainsi à notre vitalité propre, se traduisent parfois physiquement par des maladies nerveuses graves, des souffrances (i) Papus.
l'évangile et la VIE l3 inutiles qui empêchent ou retardent l’effort, la dé marche indispensable à notre avenir matériel.
Rassurons-nous cependant ; Jésus n’a pas laissé pour rien sortir de son cœur les plaintes du jardin de Gethsemani : comme le cri vers le Père sur le Cal vaire, elles avaient un but; celui d’effacer dans le passé formidable et dans l’avenir le plus reculé, dans le temps et dans l’espace, les doutes et les désespoirs de l’humanité souffrante.
Il a préparé le chemin que tous nous suivrons tour à tour et qui conduit au royaume de la confiance enfantine, active, rayon nante, guérissante, illuminatrice du cœur, de l’âme et du corps.
Mais pour obtenir de s’engager dans ce chemin, de sortir du terrible pays du doute et de l’inquiétude, pour voir un jour briller dans le lointain les portes d’or du pays de la Confiance vivante, il faut deman der, sortir de soi-même,crier: Au secours.Ce résultat est certain puisque c’est le Christ lui-même qui nous l’assure : « Demandez et l’on vous donnera ; frappez et l’on vous ouvrira. — Quiconque demande reçoit et l’on ouvreàcelui qui heurte. — Vous-mêmes,tout mé chants que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants à combien plus forte raison : votre Père qui est au ciel, donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent.
Faisons donc comme il nous est recommandé; sa chons que nous sommes de tous petits enfants, et le Christ, qui aime les petits, nous ouvrira les bras. Alors tout changera en nous et autour de nous ; l’argent nous deviendra indifférent : l’inquiétude
l’initiation 14 ayant disparu, ayant été déracinée au fond de nousmêmes, nous serons heureux lorsque nous n’aurons pas, selon la formule, le lendemain assuré. Car ainsi nous nous sentirons plus étroitement aidés par notre Maître et la pauvreté nous apparaîtra ce qu’elle est réellement : le signe mystérieux que Mammon ne peut plus rien sur notre esprit, que les liens sont bri sés, et que nous marcherons désormais courageuse ment dans la voie douloureuse et étroite qui doit nous conduire un jour au but tant désiré. G. Phaneg.
La Pétrothérapie Occulte (Suite) Enfin Robert de Berquen attribuait au Jaspe en plus des vertus curatives déjà nommées le pouvoir de dissiper les pensées ennuyeuses, d’empescher l’avorte ment, d'empescher également la génération du calcul, de préserver contre les périls de l’eau. Et si on veut croire tout ce qu’on en escrit, les Orientaux le por taient autrefois comme un préservatif contre les charmes. « Le Lapis Sanguinalis, en français pierre de sang, est une espèce de Jaspe, mais du plus obscur, marqueté de petites taches ou de points rouges, de cou leur de sang : on nous apporte cette pierre de la nou velle Espagne où elle naît : les Indiens la taillent en figures de cœurs petits et grands. « Elle est fort estimée pour arrêter le sang de quelque part qu’il vienne, pourvu qu’on la plonge dans de l’eau froide, et qu’on l’applique sur la partie, ou qu’on la presse dans la main, ou bien qu’on la porte sur soi en sorte qu’elle touche la chair : on en fait aussi des bagues qu’on porte aux doigts. » Lemery (167g). Le Ligure ou Lincure (cornaline) Planète : Saturne. Zodiaque : le Lion. La cornaline
ib l'initiation portée sur soi assure la victoire. Ses vertus varient sui vant ses teintes : celle qui est couleur de chair à raies blanches arrête les hémorragies, la cornaline blanche guérit des maux de dents.
La Cornaline dit Lemery est une pierre précieuse à demi-transparente et qui ne brille point, ordinairement de couleur de chair, mais quelquefois rouge et quelquefois jaunâtre ; on en tirait autrefois uniquement de Sardaigne ; mais la meilleure vient présentement de Babylone, d'Égypte, de l’Arabie, des Indes ; on en trouve aussi en Bohême et en plusieurs autres lieux de l’Europe.
Elle est propre, étant broyée subtilement, pour arrêter les cours de ventre et toutes les hémorragies. Elle agit parune vertu alkalineen détruisant les acides. Cahagnet dans sa Magie magnétique dit que les esprits la recherchent peu ; mais elle a diverses pro priétés physiques : la blanche pure convient aux maladies des yeux (c'est-à-dire aux taies naissantes).
Celle d’un rouge pâle convient au sang faible, le rouge-brun au cœur, au sang échauffé et aux maladies de joie ; celle à filets rouge-brun et clair convient aux maladies de la rate. Les Esprits de Cahagnet seraient-ils partisans de la doctrine des Signatures ? Il est entendu que ces pierres doivent être pures, et montées sur une bague portée à i’annulaire de la main gauche. L'Agate Planète : Mercure. Zodiaque : Cancer. L’agate pro cure un bon accueil ; fait remporter la victoire sur ses adversaires.
LA PÉTROTHÉRAPtE OCCULTE 17 O Protée inoui gemmes aux métamorphoses Qui revêt la splendeur de l'écharpe d’iris. Et les gloire d’Èos et les Apothéoses D’où surgit l'astre-dieu des déserts, Osiris. Heureux qui te possède, agate perlucide, Enchâssée en l’or pur magique est ton pouvoir Les amours par tes feux se laissent émouvoir.
ORBES ET GEMMES Orphée nous dit : Si tu portes dans la main un fragment de cette pierre sur laquelle sont peints des arbres, le cœur des dieux sera ravi. U en est, en effet, dans lesquelles tu verras des arbres, comme dans un jardin en fleurs planté de nombreux arbustes.
Aussi les hommes ont-ils donné à cette pierre le nom d'agate arborescente, parce que, dans une partie elle est semblable à l'agate, et dans une autre partie, au contraire, elle reproduit fidèlement une forêt verdoyante et épaisse ( i ). Lorsque les bœufs sillonnent péniblement la terre, si tu mets une agate entre leurs deux cornes, ou autour des reins d’un vigoureux laboureur qui défriche ton champ, alors, du haut des cieux.
Cérès couronnée d’épis, versera dans les sillons les dons fertiles qu’elle porte dans son sein. Si tu as une fièvre qui de deux jours l’un vienne te brûler et te tourmenter : ou que. te saisissant le U) Orphée parle sans doute de la Dcnrfrite ; d'après Hermès Trismégiste cette pierre serait essentiellement magique, elle aiderait, dit-il, à abattre les arbres, à ouvrir les portes et à briser les chaînes.
L INITIATION 18 quatrième jour, elle te menace d'un sort fâcheux et ne veuille pas te quitter, n’aie pas peur cependant de descendre aux enfers : tu te guériras avec l’agate. Aucun remède, en effet, n’est meilleur que celui-là. Mais je vais t’indiquer un signe pour reconnaître la force de la pierre; si tu la jettes dans des chairs cuites et qu’elle y séjourne un instant, ces chairs seront de suite dissoutes.
L’agate rend agréable aux femmes un homme qu’elles n’aimaient pas tout d’abord. L’agate mise à la bouche ou tenue dans les mains esteint la soif et les ardeurs des fébricitants. L’on raconte que l’aigle met sur son nid une agate, afin de défendre ses petits contre les morsures des ani maux venimeux.
Pline, nous dit-on, la croit utile contre les morsures d’araignées et de scorpions, ce que je croirais surtout des agates siciliennes ; car dès que leur odeur com mence à se répandre, le venin du scorpion est sans force. Celles de l’Inde possèdent la même vertu, et bien d’autres encore. On trouve tracés sur elles des rivières, des bois, des bêtes de somme, des chariots et des harnais.
Pyrrhus, dit-on, était possesseur d’une agate dont les veines représentaient naturellement, et sans que l’art y eût contribué, Apollon tenant sa lyre à la main, les neuf Muses, et jusqu’aux attributs affectés à chacune de ces déesses. En Égypte, les agates ne sont point veinées de blanc et de rouge, mais elles guérissent la morsure du scorpion ; il en est de même des agates de Chypre. Les magiciens font d’autres distinctions ; celles qu-;
LA PÉTROTHÉRAPIE OCCULTE 1Q ressemblent aux peauxde lions, disent-ils, sontbonnes contre les scorpions. En Perse, on détourne les tempêtes, et même la foudre, avec des fumigations d’agate ; on est cer tain que la pierre produit cet effet quand jetée dans une chaudière pleine d’eau bouillante, elle la refroi dit. Pour que ces agates soient de quelque utilité, il faut cependant les attacher à des crins de lion.
Quand à celles qui offrent l'aspect de Ja peau d’hyène les magiciens les ont en horreur, et affirment qu’elles répandent l’esprit de discorde dans les maisons. Celles qui n’ont qu’une couleur rendent les athlètes invincibles. On les éprouve en les faisant bouillir deux heures avec des matières colorantes, dans une chaudière pleine d’huile ; le mélange prend, en définitive, une seule couleur, celle du minium.
« Si quelqu’un souhaite éviter toutes sortes de dan gers, et ne rien craindre dans le monde, ou bien veut être généreux, il prendra de l’agate, qui est noire, et a des veines blanches ; il y en a de la même sorte qui est blanche. On en trouve encore une troisième dans une certaine île, qui a des veines noires.
Elle fait éviter les périls et donne le courage, elle rend l’homme qui la porte, puissant, agréable, de bonnehumeur, et bien reçu partout où il se rencontre ; l’agate est fort bonne contre les adversités» [Les admirables secrets). U Améthyste. Planète: Mars. Zodiaque : Capricorne. Propriétés
20 l'initiation magiques : procure un jugement sain : éloigne de l'ivrognerie, et de l’ivresse astrale sans doute, Tu devins une égide aux jours des bacchanales Où Rome se vautrait des roses sur le front Pour les sages notant sans crainte, en leurs annales, Les râles de l'Empire Éternel moribond ! Puis désertant le seuil brisé des dieux païens, Tu vins sur les parvis des purs autels chrétiens Ceindre d’éclairs violets les mains épiscopales.
Ainsi fuyant la fange où vit ¡'humanité L'Atne retourne au sein de la Divinité Radieuse parmi les ombres sépulcrales ! Orbes el Gemmes. L’Améthyste jouit de propriétés qui paraissent tenir à sa couleur violette, née de la confusion du rouge et du bleu. 11 est une variété d'améthyste qu’on trouve dans les Indes, dont la teinte se confond avec celle du vin clairet.
« L’on dict qu'estant portée, elle empesche l'ivrognerie (i) et que cette propriété est indiquée par la couleur du vin, dont elle est revestüe, comme si elle portoit ceste couleur pour caractère de sa faculté. « De cette faculté elle prend le nom d’améthyste, parmi les Grecs.
Quelques-uns estiment qu’estant mise sur le nombril, elle attire à soy la vapeur du vin et dissipe les fumées et que pourtant elle bannit et ém it) Le nom que les Grecs ont donné à l'améthyste (a, priva tif et (ufl'Jttv, enivrer) prouvent qu’ils considéraient cette pierre comme un préservatif contre l'ivresse. .-S.
LA PÉTROTHÉRAPIE OCCULTE 2 1 pesche l'ivrognerie. Quelques autres ajoutent qu'elle divertit les mauvaises pensées ; qu’elle faict l’esprit heureux et comprenant, qu'elle baille la vigilance et industrie et que mesme elle faict gaigner, à ceux qui la portent, la faveur des Princes. » On rencontre très souvent les attributs de Silène et de Bacchus sur les vases et les coupes d’améthyste que nous a légués l’antiquité.
Ces coupes avaient la propriété d’empêcher le vin d’enivrer les convives dans les banquets aux amples libations. J.-B. Porta dit que l’améthyste paralyse les charmes et opérations de la magie. Cahagnet prétend qu’elle influe beaucoup sur les gonflements de la rate.
«Pour avoir un bon esprit,et ne s'enivrer jamais,on prendra une pierre d’Améthiste, qui est de couleur de pourpre; la meilleure se trouve dans les Indes: elle est merveilleuse pour les ivrognes et rend l’esprit propre aux sciences. » (Les admirables secrets.} Le célèbre apothicaire Lemery, qui attribue à toutes les pierres précieuses la vertu d'arrêter le cours de ventre, dit que l’améthyste étant portée au doigt, ou broyée et prise par la bouche, empêche l’yvresse, absorbe les acides qui sont en trop grande quantité dans l’estomac, comme font les autres matières alkaJines; il termine en doutant de sa vertu sur l’ivresse. » La Chrysolithe ou Cymophane (i). Planète : Vénus. Zodiaque : Balance. Dessin à gra ver : un âne ; elle préserve de la goutte. (i) Lumière flouante.
11 l’initiation Parcelle de soleil d'or flave et diaphane, Qu’enchâssée au granit tu sois chrysoberyl Ou que les joalliers t’appellent cymophane, Je t’aime, talisman des mortels en péril... De Cardan :« On estime que le Chrysolithe réprime grandement la paillardise, s’il est porté touchant la chair.
Mis souzla langue des fébricitans, il appaise la souëf, laquelle chose, quoy qu’elle soit commune au crystal et à plusieurs autres pierres, non toutes fois tant évidemment qu'au Chrysolithe. » Jean de la Taille de Bondaroy, cité par Santini de Riols dit. « Il est de si grand froideur, qu'il oste l'al tération à ceuxqui ont la fièbvre (estant mis soubs la langue).
Et de l’Estoille nommée Couronne Septen trionale (qui est de la nature de Vénus, et de Mars), il reçoist ceste vertu de maintenir la chasteté, refroidir l’ardeur de Vénus, et de donner allégresse à qui la porte (s’il touche à sa chair).
Et du Soleil à ce don espécial qu'il est propre et fort bon contre la frenaisie et l’humeur mélancolique, visions, lesquels il fait disparoir. » Cornélius Agrippa dit encore : «Ainsi la pierre Chry solithe, qui a une petite couleur verte et luysante, ans laquelle, quand elle est exposée au soleil, il raît une étoile d'or qui fortifie les esprits, soulage es asthmatiques, et en la perçant, quand on la met au bras gauche, elle fait passer les songes, visions et phantosmes et la folie, et fait revenir le bon sens. » Albert le Grand la donne également comme préser vatif de la folie.
« Pour chasser les fantômes et déliLA PÉTROTHÉRAPIE OCCULTE 2 3 vrer de la folie, qu’on prenne la pierre chrysolithe, qu’ensuite, l’ayant mise dans de l’or, on la porte sur soi ; quelques-uns disent qu’elle rend la santé, et qu’elle est admirable pour la peur. L'Onyx. Planète : Saturne. Zodiaque : le Cancer. L’onyx noir donne des songes effrayants, procure la tristesse. Dessin à graver : un chameau.
L'onyx dispose à la mélancolie, contrairement à la sardoine qui la dissipe. « Quand on la porte pendue au col ou à son doigt, elle esmeut la personne à tristesse et paour .
Semeuse de terreurs aux champs de Lucifer, Pierre horrible d’effroi, gemme des sombres rites, Quel implacable dieu t’arracha de l’enfer Pour te jeter aux mains des sorcières maudites Mais cependant, onyx, lorsqu’un nimbe lunaire Vient ceinturer tes flancs, tu sers de luminaire Aux flammes étoilant nos temples solennels.
Ibn-el-Beïthar, cité parM.de Riols, dit de l’onyx :«On dit qu’elle multiplie les soucis de ceux qui s’en ser vent comme de cachet; qu’ils font des rêves mau vais et effrayants, et qu’ils les causent souvent à autrui. Si on la fait porter à un enfant, la bave coule abondamment de sa bouche. Celui qui boira ou qui mangera dans un vase fait de cette pierre éprouvera de l’insomnie.
Une femme qui éprouve de la difficulté d’accoucher est promptement délivrée si elle en met à ses cheveux. « Si on veut donner du chagrin, faire peur et
L INITIATION 24 effrayer, ou bien semer des différends et des procès, on prendra la pierre d’onyx, dont la couleur est noire ; la meilleure est celle qui est pleine de petites veines blanches : on la trouve dans l'Arabie. Si on la pend au col, ou qu’on la mette au doigt de quel qu’un, il deviendra, peu de temps après, triste, et prendra facilement peur; il aura pendant la nuit des songes horribles, etaura des différents avec ses amis.
Ce secret a été expérimenté de notre temps {Les admi rables secrets d'Albert le Grand). Enfin voici ce qu’en dit Lemery, au point de vue médical : « L'onyx est une pierre précieuse, blanche, nette, polie, opaque, mais resplendissante extérieure ment, ressemblant à un onglehumain ; elle se trouve aux Indes, en Arabie, en Amérique, en Europe.
« Quelques-uns l’emploient pour les ulcères des yeux : on peut la broyer et en faire prendre par la bouche, elle est astringente. Onyx est un nom grec qui signifie unguis, ongle : on a donnné ce nom à la pierre d’onyx, parce qu’elle ressemble en couleur à l’ongle d’un homme. (A suivre.) C. B.
LE MESSIE NOUVEAU Préface Un cycle nouveau se prépare. La terre tremble de tous côtés, et la foudre divine sillonne le ciel. Je me suis penché, le front dolent, sur les ruines que notre siècle accumule sans trêve et sans pitié, et, par la pensée, j’ai revécu les temps antiques. Je vous ai revus, Mystères sacrés où prenaient corps les vérités ineffables! Temples éclatants où venaient aboutir, les blanches théories de vierges !
Simplicité céleste des cœurs ! Solennité des hymnes ! O poésie candide qui faisais descendre le ciel sur la terre, et qui trans formais en dieux véritables jusqu’aux arbres et aux fontaines ! Hélas ! hélas ! qu’êtes-vous devenus !... Je me suis mêlé dans vos rangs, processions phal liques, et je me suis incliné sur ton passage, Lingham triomphant, symbole de Ja puissance créatrice et de la divine fécondité!
Vous avez ému mon sein, ô Bac chanales, ô Saturnales, échos de l'âge d’or, fidèle remontrance du Monde des Splendeurs!... Et quand, sortant de mon rêve, je me suis retourné vers les temps modernes, où vingt siècles de christianisme ont mis leur empreinte, qu’ai-je aperçu, moi qui portais encore dans les yeux le pur reflet des beautés passées... ? plus
26 l’initiation hideux appétits sous le nom de Civilisation, l’Ortoutpuissant faisant râler la Justice et la Candeur sous son étreinte immonde ; la Vie, que Dieu avait faite pour la joie de ses créatures et pour les initier à la com prendre, devenue pour le plus grand nombre un ins trument de torture, un combat implacable où l'indi vidu, acculé par les nécessités matérielles, succombe enfin lamentablement, vaincu et pantelant, comme un cerf aux abois ; l’existence tout entière se consumant à résoudre le problème de manger pour vivre, et inter disant par là même l’irruption de l’esprit vers les conceptions idéales ; la famille effondrée ; les parents calculant avarement les conséquences de la volupté ; les enfants n’ayant que du mépris pour leurs parents, dont la conduite et les enseignements ne leur révèlent que l’égoïsme et la cupidité; l’artifice mis partout à la place de la Nature et de la Vérité ; enfin, des mul titudes innommables étalant leurs vices et ulcères à la face du soleil !...
Et je me représentais ce qu’il pourrait advenir si, de nos jours, une procession phallique, par exemple, osait se dérouler dans les rues de Paris... De quels quolibets, dequelles railleries, de quels sinistres hur lements, de quels gestes odieux ne serait pas accueilli l’emblème divin ?... Qui donc est responsable de cet état d’âme, qui donc nous a fait descendre si bas?
Pourquoi les Chrétiens, comme Adam après sa faute, se croient-ils obligés de se voiler la face devant ce que toute l’antiquité regardait, non seulement sans rougir, mais encore en l’adorant? Nous assistons donc présentement au spectacle
LE MESSIE NOUVEAU 27 d'une humanité sevrée de la Lumière intellectuelle, animée d'un ardent appétit pour toutes les jouissances physiques, et considérant l’idéal spirituel comme une chimère dangereuse, bonne pour être reléguée dans quelque île lointaine ou quelque obscur cabanon.
Il existe encore des penseurs et des poètes, c’est vrai, mais ils ne sont plus compris ni même acceptés par la foule, parce que le trait d'union entre eux et la foule fait entièrement défaut : les deux pôles se repous sent au lieu de s’unir.
Et cependant, tous recèlent, dans le fond mysté rieux de leur être, la vision anticipée de l’infini, l’image de l’idéal, aujourd’hui obscurcie et défigurée, mais qu’une véridique clarté peut restituer à son inté grité première. Chacun, en d’autres termes, etsuivant le langage populaire, a sa petite philosophie. Que faudrait-il pour développer ce germe débile, pour mettre en contact ceux qui pensent et ceux qui ne pensent pas?
Ce qu’il faudrait c’est une conception nette, philosophique et enthousiaste, raisonnable et poétique, dans son sens le plus large, de la vie et de la destinée de l’homme.
Il faudrait donner aux sa vants l’occasion et le moyen de s’unir à la Religion sans qu’ils aient pour cela à laisser leur raison au seuil du Temple, comme les Musulmans leurs san dales; il faudrait montrer à l’humanité que ses besoins sont en correspondance directe avec des lois immuables, lui enseigner ces lois, lui faire voir qu'elles président nécessairement à l'évolution des peuples comme des individus, et que chercher à se soustraire à ces lois primordiales, c’est vouloir mar28 LtNITiATiON cher vers la douleur, la ruine et la décomposition.
Le cœur ouvert à cette vérité, je me suis mis à l'œuvre: j'ai écume toute la philosophie de l’antiquité; je l'ai passée au crible de l'évidence et de l’analogie ; je ne me suis arrêté devant aucun préjugé, et je n’ai retenu, comme base de la Doctrine présente, que ce qui m’a toujours semblé résister et se maintenir sous la logique des faits et les enseignements vivants de la Nature.
Quand ce travail a été accompli, je me suis trouvé, à la fois, en présence d’une Philosophie reli- ; gieuse et d'une Religion philosophique. La restau ration du culte (TAgni, c’est-à-dire du Feu-Principe qui était le culte de nos pères aryens, m’a paru, après mûre réflexion, constituer la meilleure adaptation de l’îdée divine à l’égard de l’esprit moderne.
J’ai donc restauré et rénové ce culte, et on en trouvera le Rituel dans la seconde partie de cet ouvrage. Quel que puisse être le sort de mon livre, je l'accepte d’avance, et je ne me reprocherai rien. J’aurai accom pli ma mission et obéi fidèlement à l’idéal de toute ma vie : le réveil du Sens Divin dans l’humanité. Karl Nissa
L’Èlectrotechnigye dans la Bible(1>. L‘Elektrotechnische An^eiger vient de publier une intéressante étude qui porte le titre ci-dessus, due à la plume autorisée de M. E. Stadelmann, ingénieurélectricien à Munich, et dont nous empruntons la traduction à notre excellent confrère l'Electricien : ... Il est aujourd’hui hors de doute que les anciens Israélites connaissaient le paratonnerre.
Ayant for mulé une remarque à ce sujet dans son n" 224, le jour nal Neueste Nachrichten, de Munich, a reçu la com munication suivante, qu’il a produite dans son nu méro du 22 mai içiog : « D'après Ailioli (Antiquités juives), les tiges métalliques dressées sur la toiture du Temple étaient, reliées entre elles par des chaînes qui aboutissaient elles-mêmes dans les chapiteaux de deux colonnes d’airain placées à l’entrée du parvis (voir le premier livre des Rois, chapitre VH. ver set 17) ainsi que le deuxième livre des Chroniques, chapitre III. verset 17).
Une autre preuvedu fait que les Juifs connaissaient le paratonnerre se rencontre dans le quatrième livre de Moïse, chapitre XXI. ver sets 4-9, où l’on lit : « Ils partirent de la montagne de Hor, tirant vers la mer Rouge, pour faire le tour (11 Extrait de la revue •/<• jii instruis.
3o l’initiation du pays d’Edom (une région où les orages sont fré quents). Et I'Éternel envoya sur Je peuple des ser pents brûlants, en sorte qu’un grand nombre de ceux d’Israël moururent. Alors Moïse fit un serpent d’ai rain. Dès lors, personne ne fut tué, car les serpents brûlants (les éclairs) étaient saisis par le serpent d’ai rain... » Les deux indications précédentes sont fort intéres santes.
La première montre clairement que les anciens Israélites connaissaient les propriétés du paratonnerre. Les pointes métalliques placées sur la toiture du Temple étaient les tiges protégeant l’édifice contre les décharges atmosphériques et, grâce aux réservoirs d’eau dans lesquels ces tiges aboutissaient, on obte nait la connexion avec la terre. C’est là le dispositif essentiel appliqué encore de nos jours aux paraton nerres.
Alors que la première des deux citations ci-dessus laisse parfaitement reconnaître la disposi tion, la deuxième décrit surtout les effets. Nous em prunterons encore à la Bible, sur le même sujet, les quelques passages suivants : Dans le premier livre des Rois, chapitres VII et suivants, on lit : « Or, le roi Salomon avait fait venir de Tyr, Hiram.
Cet homme était fort expert, intelligent et savant pour faire toutes sortes d’ouvrages d’airain ; et il vint vers le roi Salomon, et il fit tout son ouvrage. Il fit aussi deux colonnes d’airain ; la hauteur de chaque colonne était de 18 coudées ; et un réseau de 12 coudées envi ronnait chaque colonne. Il fit aussi deux chapiteaux d’airain fondu, pour mettre sur le haut des colonnes:
L’ÉLECTROTECHNIQUE DANS LA BIBLE 3l la hauteur de chacun des chapiteaux était de 5 coudées. Et les chapiteaux étaient faits en façon de fleurs de lis. » La dernière phrase désigne clairement les tiges destinées à protéger contre les coups de foudre, tiges disposées en haut des colonnes. Le deuxième livre des Chroniques, chapitre III, parle également des mêmes colonnes, mais en leur prêtant une hauteur presque double de celle mentionnée plus haut.
Voici le texte (verset i5) : « Et au-devant de la maison il fit deux colonnes qui avaient 35 coudées de hauteur ; et les chapiteaux, qui étaient sur le sommet de cha cune, étaient de 5 coudées. » Des colonnes aussi éle vées devaient manifestement constituer d’excellents paratonnerres.
Les mêmes passages ci-dessus de la Bible décrivent en outre en détail le réservoir d'eau jouant le rôle de prise de terre : c’était une cuve de fonte, de forme ronde et mesurant 10 coudées de diamètre. On lui avait donné des dimensions aussi grandes sans doute pour d’autres fins encore (ablutions et ornementation).
Depuis longtemps, j’avais la conviction que les anciens Israélites possédaient certaines notion s’d’élec tricité ; mon opinion sur ce point s’est trouvée confir mée lorsque M. le professeur Artémieff a fait con naître sa cuirasse électrique formée d’un tissu métal lique. Bevètu de cette cuirasse, M. Artémieff manipule impunément des courants de très haute tension et s’expose impunément aux décharges électriques les plus violentes.
En lisant la description de la cuirasse Artémieff, j’ai été de suite frappé de l’analogie qu’elle offre avec le costume du grand-prêtre décrit dans la
32 l'initiation [janvier Bible. Costume qui pouvait bien avoir une destina tion identique, comme nous allons nous en rendre compte. Si nous nous arrêtons aux détails de la construc tion de l’arche d’alliance, nous remarquons que celle-ci se composait d’un récipient isolant et de deux armatures métalliques : une intérieure et l’autre exté rieure.
En regardant les choses de plus près, nous voyons que nous avons affaire à une bouteille de Leyde de grande dimension. Cette bouteille de Leyde était chargée grâce aux tiges recouvertes de métal de la toiture du Temple, d’électricité atmosphérique.
Quelqu’un venait-il à toucher les deux armatures : il provoquait une décharge qui en raison des dimen sions du dispositif, était amplement suffisante pour devenir mortelle : les initiés seuls pouvaient donc entrer en contact avec l’arche. Quant au téméraire qui s’en approchait, il payait de la vie son impru dence.
Le prêtre officiant, lui. en raison de son cos tume, formé en partie d'un tissu d’or, était à l’abri des décharges électriques : ce costume constituait une sorte de cuirasse. Nous citerons ici quelques passages de la Bible, à l’appui de notre thèse.
On lit dans le deuxième livre de Moïse, chapitre XXV, versets to et 11 : « Ils feront une arche de bois d’acacia ; sa longueur sera de deux coudées et demie, sa largeur d'une coudée et demie et sa hauteur d’une coudée et demie.
Tu la couvriras d'or pur, par dehors et par dedans. » La communication avec la terre était probablement donnée par la paroi du Taber1910] l’électrotechnique dans la bible 33 nacle, qui se composait de planches garnies d’un revê tement en or et exactement reliées entre elles, ainsi que par les pieds en argent.
Dans le même livre de Moïse, chapitre XXVI, versets 28 et 29, il est dit : « Et la barre du milieu, qui sera au milieu des ais, passera depuis un bout jusqu’à l'autre.
Tu couvriras aussi d’or les ais, et tu feras leurs anneaux d'or pour mettre les barres ; et tu couvriras d’or les barres. » En core dans le deuxième livre de Moïse, chapitre XVli, on voit qu'autour du parvis se dressaient des colonnes avec des traverses de connexion en argent, des cro chets également en argent et des pieds en fonte.
La description minutieuse de ces objets laisse conclure que Moïse savait déjà que l’argent conduit l’électricité mieux que l’airain et que l’airain suffit pour la con nexion avec la terre : là où ii fallait obtenir un bon contact, il employait de l’or ou de l'argent.
Sa pre scription à ce sujet est ainsi conçue (deuxième livre de Moïse, chapitre XXVII, verset 17) : « Toutes les co lonnes du parvis seront ceintes à l’entour d’un filet d’argent : et leurs crochets seront d’argent, mais leurs soubassements seront d’airain. » Plus loin, dans le chapitre XXVIII du deuxième livrede Moïse, nous rencontrons la description du cos tume des prêtres.
Ce costume était évidemment une cuirasse contre les décharges de la grande bouteille de Leyde que formait l’arche, car entre les étoffes pré cieuses se trouvait un tissu continu en or ; en outre, le même chapitre prescrit que la ceinture doit parfai tement rattacher ensemble la partie supérieure et la
l'initiation 34 partie inférieure du costume, c’est-à-dire former un bon contact.
Le rôle du costume en question comme cuirasse électrique ressort du quarante-deuxième et dernier verset du même chapitre, qui est ainsi conçu : « Et Aaron et ses fils seront ainsi habillés (du vête ment protecteur), lorsqu’ils entreront dans le taber nacle d’assignation ou quand ils s’approcheront de i’autel, pour faire le sacrifice dans le lieu saint ; et ils ne seront point coupables d’aucune iniquité et ils ne mourront point» Dans le même chapitre XXVIII. ver set 35, il est dit : « Et Aaron en sera revêtu (du vête ment protecteur) quand il fera le service, afin qu il ne meure pas. » Les termes « et ils ne mourront point » et « afin qu’il ne meure pas » concordent avec d'autres passages de la Bible où il est dit que les per sonnes enfreignant la défense et pénétrant dans le sanctuaire, étaient frappées de mort subite.
Les dé charges de la bouteille de Leyde les foudroyaient. Nadab et Abihu, deux des fils d’Aaron, pénétrèrent une fois dans le sanctuaire, recouverts seulement de vêtements de lin ; « et le feu sortit de devant l’Eternel » (troisième livre de Moïse, chapitre X. verset 2).
Après cette catastrophe, Aaron reçoit l’ordre suivant : « Vous ne boirez point de vin ni de cervoise, toi, ni tes fils avec toi. quand vous entrerez au tabernacle d'assignation, de peur que vous ne mouriez » (ver set 9). Les prêtres devaient donc avoir la tête parfaite ment libre, quand ils se rendaient à l’autel afin de ne pas commettre une imprudence fatale.
Parmi les prescriptions données aux lévites, on rencontre la suivante (quatrième livre de Moïse, chapitre IV, verl’électrotechmque dans la bible 35 set 20) : « Et ils n’entreront point pour regarder quand on enveloppera les choses saintes, de peur qu’il ne meurent. » Le chapitre IV du quatrième livre de Moïse contient encore les règles à observer pour recouvrir et pour transporter l’arche et les autels ; notons cette prescription du verset 20 : « Lorsque Aaron et ses fils auront achevé de couvrir le sanc tuaire et tous ses vaisseaux, quand le camp partira, les descendants de Kébath viendront pour le porter ; mais ne toucheront point les choses saintes, de peur qu’ils ne meurent. » Dans le premier livre des Chroniques, on trouve le récit de la mort d’un certain Huza qui toucha l'arche d’alliance pendant qu’on la transportait et qui fut foudroyé.
Voici ce passage (chapitre XIII, versets g et 10) : « Mais quand ils furent venus jusqu’à l'aire de Kidon, Huza étendit sa main pour retenir l’arche, parce que les bœufs avaient glissé.
Et la colère de ¡’Éternel s’alluma contre Huza, et il le frappa, parce qu’il avait étendu sa main sur l’arche, et il mourut là. » Le deuxième livre de Samuel, chapitre VI, ver sets G et 7, mentionnent également la^mort de Huza dans les termes suivants : « Quand ils furent venus jusqu’à l’aire de Nachon, Huza porta sa main à l’arche de Dieu, et la retint, parce .'que’l les’îbœufs avaient glissé.
Et la colère de l'Éternel s’embrasa contre Huza, et Dieu le frappa là à cause de son indiscré tion, et il mourut là, près de l’archeide Dieu. On ne peut guère supposer que les prêtres avaient commis l'imprudence de ne pas décharger l’arche
l’initiation 36 avant de la faire partir ; Huza ne fut probablement frappé que par la charge électrique résiduelle.
Cette dernière pouvait bien ne pas être assez considérable pour provoquer par elle-même la mort; mais, en raison de la crainte religieuse que l’arche, par sa force mystérieuse, inspirait aux Israélites, un choc même faible put, chez un sujet éprouvant cette crainte, exercer une attraction désastreuse sur le sys tème nerveux ou sur le cœur, et occasionner ainsi la mort, comme cela arrive de nos jours pour des per sonnes frappées de faibles courants électriques.
Ins truit par cet accident, le roi David laissa l’arche en l’endroit de la catastrophe ; ce ne fut que plus tard qu’il la fit venir à Jérusalem, et il donna alors l’ordre qu’elle ne serait portée que par des lévites (premier livre des Chroniques, chapitre XV, verset 2), les seules personnes sachant la manier.
Nous n’avons pas de renseignements précis sur l’installation de l’autel ; pourtant les quelques indi cations fournies, jointes à la recommandation du ver set 43, chapitre XXVIII du deuxième livre de Moïse. — à savoir que l’accès à l’autel est interdit, sous peine de mort, aux personnes ne portant point le costume prescrit, — autorisent à le considérer, lui aussi, comme constituant une puissante bouteille de Levde ; probablement l’holocauste, que l'on avait soin d’arro ser d’huile, s’allumait sous l'action de la décharge, ingénieusement provoquée, de ce condensateur.
De même, l’autel des parfums, également construit en bois d’acacia couvert d’un revêtement en or, semble avoir été, lui aussi, aménagé comme l’arche. Parmi
l'électrotechnique DANS LA BIBLE 37 les parfums offerts à la divinité, il est particulière ment fait mention de la térébenthine ; or, cette sub stance dégage des essences qui, lors de la décharge du condensateur, devaient s'enflammer sous l’action del’étincelleélectrique.Cequinous confirmedans cette hypothèse, c’est que nous lisons au verset 24, cha pitre IX, du troisième livre de Moïse : « Car le feu sortit de devant l’Éternel, et consuma sur l'autel l’holocauste et Jes graisses... » Une autre preuve se rencontre dans le premier livre des Chroniques, chapitre XXI, verset 26, où il est dit : « Et il bâtit là un autel à l’Éternel, et il offrit des holo caustes et des sacrifices de prospérités, et il invoqua l’Éternel qui l’exauça par le feu qu’il fit tomber des cieux sur l’autel del’holocauste.
Ce dernier autel était en tout cas construit exactement comme l’autel des holocaustes édifié autrefois par Moïse, car... (verset 29) l’autel des holocaustes (que Moïse avait fait dans le désert) se trouvait à ce moment sur la hauteur de Gabaon.
Les constructeurs de ces autels choisissaient toujours avec soin un emplacement convenable : c'est ce que nous apprend le premier livre des Chroniques, chapitre XXII, versets 18, 25, où il est dit que David monta jusqu’à l’aire d'Ornan, qu’il acheta cette aire à Oman et qu’en ce point, certainement le plus élevé de la contrée, il édifia son autel.
Les autels dont il s’agit étaient, autant que possible, sur une hauteur : c’est ce que nous devons conclure du dernier passage précité et, en outre, de la hauteur susmentionnée de Gabaon. Il paraîtra peut-être invraisemblable à certains
38 l’initiation lecteurs, qui n’envisagent que nos conditions clima tériques d’Europe, que l'on puisse obtenir des effets aussi considérables que ceux signalés plus haut avec des tiges métalliques dressées sur des points élevés ; mais si l’on songe au régime atmosphérique régnant en Palestine, on s'explique facilement de pareils phé nomènes.
En outre, je ferai remarquer que, dans nos régions d’Europe, on a déjà fait des expériences en vue de recueillir l’électricité de l’atmosphère même par des temps non orageux et que, grâce à des cerfsvolants d’une forme convenable, on est parvenu aujourd’hui à obtenir des étincelles mesurant jusqu’à 3 mètres de longueur.
L’hypothèse que les anciens prêtres Israélites utilisaient l’électricité atmosphé rique comme un adjuvant précieux dans leurs céré monies religieuses, est donc parfaitement justifiée.
M. Stadelmann termine l’intéressante étude que nous venons de reproduire par cette observation : Moïse avait probablement recueilli auprès des Egyp tiens ses connaissances en matière d’électricité ; il serait donc fort désirable que les égyptologues por tassent également quelque peu de ce côté leurs inves tigations ; peut-être leurs recherches nous révéleraientelles des faits encore plus intéressants sur les appli cations électriques réalisées dans l’antiquité. A. G.
La Puissance Mantrasique (Suite}. L’Œuvre d’art sonore, issue du Monde des idées, transmise par l’inspiration, possède un système doué de trois hypostases distinctes : la construction, l’exé cution et la compréhension.
La construction, reflétant le Monde des Idées, est l’hypostase unifiée qui attient à l’artiste ; l’exécution, reflet des canaux transmetteurs, constitue le ou les interprètes de l’Œuvre; la compréhension, synthèse sensible, est représentée par le public ou réceptacle qui doit reconstituer par les sens, puis, par le cerveau, l'unité de la conception de l’artiste. Voilà les trois « heureuses impossibilités » à la puis sance mantrasique.
Impossibilité de la construction : le système tem péré ; ses lois dures et sèches auxquelles doit être soumise l’irradiation magique des sons. Autre impossibilité de construction : l’assimilation harmonique du tempérament avec les sons choisis du thème.
4<> l'initiation Mais, jusqu’ici, cahin-caha, entre l'enthousiasme et le découragement, l’artiste édifie son œuvre, et sur tout il peut encore rassembler sa conception en une idée coordonnée synthétiquement par l’équivalence de cette conception dans son cerveau. L'Œuvre, même concrétisée, est une unité.
Si le système tem péré la fige, si la réalisation harmonique l’écroule, elle est « une » quand même, et à travers ses stalac tites ou ses ruines, l’artiste peut retrouver la synthèse de conception, réflexion — une de l'idéal lointain. Arrivent alors Charybde etScylla : l’exécution et la compréhension ; non plus les « heureuses » mais les «logiques impossibilités » du mantram.
L’exécution tue le Mantram, d’autant mieux, que les« exécuteurs » (c’est le mot) sont plus nombreux. Par le désaccord entre les vibrations de conscience des interprètes, l’Œuvre n’est plus seulement figée ou effondrée, elle est «dispersée».
Et l’amalgame des interprétations différentes lorsque les musiciens sont nombreux, détruit sûrement l’effet — un de la con ception, en faisant surgir de l’ambiance sonore une multitude de personnalités-pygmées qui exécutent l’œuvre ensemble, sans doute, mais chacune à sa façon. Ces personnalités-pygmées grandissent, s'accen tuent, au fur et à mesure que l’œuvre disparaît.
Ainsi dans la hiérarchie des interprètes, de la base au sommet, tout concourt à détruire l’œuvre. Les coups d’archet differentsdu quatuor la déséqui librent ; les valeurs, dans la masse, ne sont générale ment pas strictement suivies selon la conception: les
LA PUISSANCE MANTRASIQUE 41 nuances sont violées, souvent retournées et la fan taisie de chaque chef de hiérarchies d'interprètes, se substitue à la conception primordiale de l'œuvre, visant ainsi à « l’effet nouveau ». Ceci s'appuie sur des preuves. Combien d’œuvres de maîtres sont mal comprises et jouées à rebours ! Les « mouvements» d’un Bach ou d’un Beethoven sont plus ou moins perdus ! Et les lâches «coupures » ?
Ne viennent-elles pas déshonorer un noble ouvrage et le précipiter du haut de son piédestal ! ! Combien d’orchestres, à part celui de Bayreuth, sont amputés de la moitié des valeurs nécessaires à la conception ! Qui nous don nera les six harpes de la « Chevauchée des Walkyries », les dix-huit enclumes de « l’Or du Rhin », le nombre exact des instrumentistes, fixé par Wagner lui-même? etc.., etc...
Enfin le coefficient delà mathématique sonore édifiée par le Maître. Je ne parle que pour mémoire, des exécutions pré cipitées, hachées, coupées, afin de ne pas « ennuyer » le public, ou bien, afin de ne pas compromettre l’heure du dîner ou l’heure du train !
Si, pendant l'exécution d’un chef-d’œuvre, la hié rarchie des interprètes est lancinée par toutes ces préoccupations dissolvantes, il est facile de com prendre pourquoi le Mantram du thème inspiré « n'agit pas ». Nous sommes en présence du terrible écueil. Nous venons de toucher Charybde ! ★♦ 4 Et l’œuvre tombe de Charybde en Scylla ! ah I qui
l’initiation 42 dira jamais les impossibilités compréhensives et les obstacles qu'elle rencontre en ces réceptacles répul sifs appelés : le public ! Le public est par excellence l’incompréhensif, le revers et le rétrograde.
Englobée en cette colossale puissance ou élémental aux mille tentacules, « l’opinion publique », par son goût, devenu celui de la multitude, cède de suite aux instincts et supprime délibérément la mentalité dans toute conception qui s’offre à elle.
Le jugement de l’opinion publique devant une œuvre, suit le processus suivant : d’abord, il fait abstraction complète de la conception de l’artiste ainsique de ses trois facultés: jugement, raison, illumination. Ses dons, trésors que la multitude ne partage pas, l'opinion publique ne sait pas ou ne veut pas les reconnaître. Et voilà le premier point établi. Le second consiste à rechercher à quelle autre œuvre ressemble celle qu’on lui présente.
Chaque artiste doit « ressembler » à un autre artiste qui l’a précédé dans ses appréciations, afin de mettre immé diatement le nouvel astre en infériorité vis-à-vis de celui déjà connu. Enfin, en troisième lieu, l’opinion publique veut bien condescendre jusqu’à reconnaître une certaine personnalité à l’artiste, mais seulement dans sa forme, jamais dans son idée.
Ce que sont l’Essence et la Forme, Fabre d’Olivet l’a dit dans son admirable discours. Il prévoit le réa lisme dans lequel l’opinion publique est tombée : réalisme qui lui fait assimiler le Monde des Idées,
LA PUISSANCE MANTRAS1QUE 40 qu’elle ne comprend pas, au Monde Sensible, qu’elle domine. Et cependant, en Art, l’opinion publique est saine, en comparaison de celle des « critiques ». Les critiques sont les « aiguilleurs de la mort ». employés à la Compagnie des transports artistiques du peuple. Ce sont eux qui précipitent le convoi dans le fossé, qui organisent le désastre des sensations et qui préparent la faillite de la Beauté.
Un des grands bienfaits de l’occultisme sur le Monde, sera la des truction définitive du « droit » de critiquer, et l’anni hilation d’une prérogative usurpée, superficielle qui, loin « d’éclairer » les masses, comme elle en a la « prétention », consiste, en vérité, à dresser un obs tacle de plus entre l’œuvre de l'artiste et l’entende ment du public. D’abord, critiquer quoi, et qui ? Rien n’est critiquable.
L’artiste doué de facultés personnelles, s’il est servi par l’inspiration, est sin cère, humble ; il fait son œuvre pour lui, ciselant ainsi sa propre évolution. Dans ce cas, il fait ce qu’il peut, donneson maximum, etn’estpas critiquable. Si son œuvre est imparfaite en certains points, c’est que l’équation de la conception n’est pas définitive.
11 est aussi illogique de le critiquer pour ses fai blesses morales ou idéales, qu’il est méchant de se moquer d’un être qui est né contrefait ou infirme.
Si l’artiste au contraire, fait son œuvre pour de l’argent ou pour satisfaire de vils instincts de succès, de réclame ; s’il n'est sincère, ni vis-à-vis de lui même, ni vis-à-vis des autres, et encore moins vis-àl'initiation 44 vis d'un idéal quelconque, ce n’est pas un artiste, et alors, il n’y a pas lieu de s'en inquiéter.
En s'en occu pant, la critique l'aide à vivre, et en fait, prolonge une existence nuisible pour le goût du peuple, nui sible même pour l’évolution future de cet artisan « paré des plumes » du génie. Ce que j’affirme ici est appuyé sur des faits autant que sur des convictions personnelles. On peut dire hardiment, articles en main, que la critique s’est toujours trompée, et elle se trompera vraisemblable ment jusqu’à la fin des siècles.
L’homme qui ne « connaît pas », n’est pas plus connaisseur au ving tième siècle, qu’au dixième ou qu’au trentième. Bach, de son temps, était jugé grand organiste et piètre compositeur. Beethoven était fort critiqué pour ses symphonies. On lui conseillait vivement de prendre comme mo dèles, d’autres symphonies de son époque, dont les lumineuses beautés ne sont malheureusement pas venues jusqu’à nous...
Les éclats de rire de la critique ont salué Wagner. Et si, aujourd’hui, elle ne le critique plus, soyez sûrs qu’elle le tient en réserve comme une colossale mas sue. Car c’est une des tactiques de la critique, de se servir des grands morts, qu'elle n’a pas découverts, pour assommer les vivants qu’elle ne comprend pas. Vis-à-vis d’elle, Berlioz n’était-il pas dans le cas de légitime défense ?
N’a-t-il pas été obligé de dé fendre son œuvre comme la lionne défend ses petits? N'a-t-on pas dit que Liszt était avant tout un grand pianiste? On passait ainsi sous silence un extra
LA PUISSANCE MANTRASIQUE 45 ordinaire compositeur dont le génie profond, enthou siaste et mystique, se cache sous des formes aux lignes simples, pures, hiératiques ! Enfin, j’ai entendu cette phrase étonnante : « Franck serait intéressant s’il avait quelque chose à dire !... » Seuls, quelques êtres privilégiés, artistes eux-mêmes souvent, intuitifs sûrement, et quelquefois doublés de sages, comprennent « l’apparition » du génie.
Mais alors combien leur critique est douce, prudente et mesurée ! S’ils sont artistes eux-mêmes, ils savent l’effort ; ils ont brisé les obstacles.
Ils connaissent cette heure, où l’artiste poursuivi, bafoué, tombe épuisé, haletant, doutant de son œuvre, doutant de lui-même, doutant de tout, n’entendant presque plus, dans l’effondre ment du découragement, la voix intérieure de son génie 1 Combien ces « êtres privilégiés » ressemblent peu à certains autres artistes, « arrivés » ceux-là, et qui, cédant soit à leurs rancunes, soit à leurs craintes personnelles, soit à une cécité mentale contractée derrière les hautes murailles dogmatiques de leur compréhension, se servent de la plume du critique pour mieux perforer l’œuvre nouvelle et « gênante » d'un génie qui vient d’éclore !... • * I L’artiste trouve donc dans le monde sensible, « d’heureuses et logiques impossibilités » à l’expan sion mantrasique de son œuvre. Quittons un instant Maintenant, tout est consommé. Nous venons de nous briser sur la terrible « Scylla » moderne.
l'initiation 46 les tristes sphères où s’entre-choquent les rancœurs et les partis pris, et voyons ce que devient, cependant, cette puissance mantrasique de l’œuvre, puissance latente pour les non compréhensifs, vivace et pre nante pour les sensibilités éveillées et compréhensives.
Si l’artiste, de son vivant, a été peu joué, peu glo rifié, la puissance mantrasique de son œuvre, presque vierge encore, éclatera avec plus de force et pénétrera plus profondément les fibres sensitives de « l’exécu tion « et de la « compréhension ». La puissance man trasique étant un « pouvoir » occulte sonore, son influence est forcément limitée aux affinités sensibles qui se baignent dans son ambiance.
Pour protéger « l’intensité » de cette ambiance, il est alors de toute utilité de ne produire l’œuvre qu'avec discernement afin de ne pas jeter en pâture sa puissance émotive. Ce système de protection de la puissance mantra sique a été parfaitement réalisé par Wagner, dans son théâtre. Bayreuth, en effet, ne jouequepar cycles, tous les deux ans. Il garde encore vierge Parsifal.
Rassemblant en de grandes manifestations les émo tions éparses, il atteint le maximum de la puissance mantrasique de l’œuvre, par la cohésion, l’interpré tation quasi-rituelle et surtout par une ambiance sonore dont chaque vibration évoque l'âme du Maître. Le théâtre de Bayreuth rappelle, par sa séré nité et par la foi de ses pèlerins, le temple antique dans l'accomplissement de ses mystères.
Il faut avoir vécu cette vie presque religieuse, avoir compris l’immense édifice de la Tétralogie ; il faut avoir bit le philtre avec Tristan, avoir chanté Vénus.
LA PUISSANCE MANTRASIQUE 47 s’ètre agenouillé devant le Saint-Graa! ; il faut avoir compris « l’art occulte » et les analogies métaphy siques voilées par ces grandes Légendes pour se rendre compte que nous sommes, à, en présence d’une des plus hautes « initiations sonores » que l'inspiration ait fait descendre du Monde des Idées.
Mais il est facile de ressentir la puissance mantrasique protégée par une ambiance ; il suffit d’un pèle rinage au Musée de Gustave Moreau, au Musée de Victor Hugo, à la Maison de Gustave Flaubert à Croisset... L’àme, aux affinités sensibles, éveillées par quel ques instants d’abstraction, se sent pénétrée peuà peu par l’intensité mantrasique.
Les grands musées de l’Etat, ainsi que les grands concerts, perdent, par ie «disparate» et le «dis persé », la puissance mantrasique particulière à chaque œuvre. Et cela, au profit de « l’effet général » d'une salle ou d’un programme'. Une ambiance spéciale et une grande« discrétion » sont donc les deux conditions premières qui évitent à «l’exécution » et à la « compréhension » les « ron rons » émotionnels de l’habitude. (A suivre').
Meudon, 190g. Rita-Strohl. Erratas au numéro de décembre 190g, dans l’article : la Puissance mantrasique : Page 328, ligne 9, au lieu de chars transmetteurs lire : canaux transmetteurs. Page 232, ligne 4, au lieu de involus lire : involués. Page 234, ligne 3o, au lieu de harmoniques lire: enhar moniques.
LE DERNIER ADIEU 11 y a déjà quelques années de cela, j’habitais alors la capitale d’une petite république de l’Amé rique Centrale, où j’occupais un modeste emploi dans la diplomatie. C’était le 29 novembre, vers 11 heures du matin. Au lieu du déjeuner, servi comme de cou tume, je trouvais la maison bouleversée, mon hôtesse tout en larmes et dans le plus grand émoi.
La crise apaisée et passée, voici ce qu'elle me raconta : Vers 10 heures, elle avait entendu marcher dans le salon, c’était le pas et la démarche de son frère de lait, Ventura G..., habitant un petit village lointain sur la côte du Pacifique, en Colombie, c’est-à-dire à des centaines de kilomètres. Elle s’était précipitée dans le salon croyant l’y rencontrer ; mais... partout rien absolument que le vide.
Pendant qu'elle cher chait le marcheur dans l’appartement contigu, elle s'entendit appeler à plusieurs reprises par son nom : c'était bien sa voix! Les appels se répétèrent de plus en plus accentués, déplus en plus pressants, d'un ton plaintif et brisé. Tout à coup, une ombre passa de vant elle, la frôla, puis disparut, c'était bien son ombre à lui! Elle s’était alors évanouie et n’avait plus souvenir de rien.
« Mon frère se meurt, me ditLE DERNIER ADIEU 49 elle, il me réclame près de lui et hélas je suis impuis sante à pouvoir satisfaire son dernier désir 1 » Mes efforts pour l’en dissuader furent vains : elle refusait de croire à une hallucination causée par un malaise passager.
« Non, me dit-elle, je ne me trompe pas, mon frère se meurt, peut-être est-il mort déjà. » Il y avait près de io ans que mon hôtesse n'avait de nou velles des siens ni de sa famille adoptive, aussi pour la tranquilliser quelque peu, je m'offris d’écrire et de faire les démarches nécessaires à seule fin d’obtenir des renseignements sur la famille G...
Trois mois après, je reçus la réponse: Ventura G... était mort le 29 novembre dans la matinée, des suites d’une opéra tion chirurgicale mal dirigée. Pendant l’agonie il ne cessa d’appeler J..., sa sœur de lait ; ce furent ses dernières paroles et sa dernière pensée. Il m’in combait donc le triste devoir de faire connaître à mon hôtesse le lugubre résultat de mon enquête.
A ma vue, elle devina ma pensée et me dit: « Vous voyez bien que je ne m’étais point trompée ; ces choses-là ne trompent point ; c'était son dernier adieu. » Taty.
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens. La reproduction des articles inédits publiée p «r finira ¿¿en esi formellement Interdite, à moins d'autorisation spèciale. L’APOSTOLAT Matth.. IX, 35 à 38 ; X. 5 à 42. — ’¿tare, V!, 7 à ti ; VIII, 34. 38; VI, 12, ¡3. — Luc, IX, 1 à 5 : XII, 2 à ¡2: Vf, 40; XII.
51,52 ; XIV, 26 ; IX, 6, 23, 24, 35. — Jean, XIII. 16, 18 : XV, 20 ; XII, 25, 26, 44.) La Compassion. Pourquoi la mission du Christ s’affirme-t-elle, en outre de la parole, par la guérison des maladies ?
C’est que l’homme est englué dans la matière phy sique; son corps absorbe une grande partie de son attention ; et si comme dit le proverbe : « ventre affamé n’a pas d’oreilles, » celui que la douleur ac cable ne peut écouter des discours de prédicant.
Pour qu’une parole physique pénètre jusqu’à notre cœur, celui-ci doit être ouvert ; s’il est concentré sur un objet,et surtout s’il estaccablé par une souffrance, ce monoidéisme temporaire le ferme, et il n’entend pas.
l’apostolat .11 C est pourquoi celui qui s'adresse aux malades doit être un rayonnant, s’il veut que la drogue ou le fluide opèrent tout leur effet, s’il veut que la force divine restaure le membre disparu, s’il veut que le Conso lateur transforme un coin d’enfer en paradis.
II faut aussi que, comme son Maître, il sache com patir; il faut qu’il comprenne les angoisses, qu’il s'identifie aux misérables, qu'il puisse en lui-même gémir avec eux, tout en leur montrant un visage de gaîté.Que son cœur soit une vaste hôtellerie, où tout passant trouve le réconfort et le repos: il y a bien dans la maison une chambre à part que J’on réserve pour l’Ami ; mais tout le reste est à la disposition des voya geurs.
Un tel homme ne doit donc pas craindre de dépenser son temps, ses forces, son intelligence, sa bonté ; mais qu’il n’espère rien en échange de son travail ; il doit peiner par obéissance, il doit aimer tous les êtres et toutes les choses parce que ce sont les enfants de son Maître ; aujourd’hui, il a tels d’entre eux à soigner, demain lui en confiera d’autres.
C’est dans la mesure où il restera impersonnel, anonyme et serein, que son travail sera parfait. Les Moissonneurs. Les créatures ne gardent pas à toujours les mêmes besognes: de temps en temps, les nations spirituelles sont refondues et leurs citoyens répartis selon denou5z l'initiation veaux cadres.
Ces réorganisations, ces jugements ont entre autres effets, celui de séparer les serviteurs de Dieu d’avec les serviteurs du Diable; c'est cela que Jésus appelle une moisson; et les moissonneurs ce sont les soldats du Ciel. Leur travail est ardu.
Il leur faut chercher çà et là ceux qu’ils ont à conduire, les soigner, les enseigner, les guider, les garder des chausse-trapes; ils ont à ies réunir, à combiner leurs itinéraires invisibles, à pré parer l’endroit du paradis futur ; enfin ils parachèvent l’action de la miséricorde divine, ils arrachent, à force de prières, quelques âmes de plus à l’erreur; ils sont l’incarnation de la sollicitude du Père, car la venue du règne de Dieu n’est pas un concept métaphysique; c’est une réalité visible, matérielle, sociale.
La récolte ne peut se faire avant que tous les épis ne soient mûrs ; le divin Fermier visite donc ses champs et fait donner un supplément d’engrais au;: coins qui sont en retard ; Ses valets vont et viennent dans le monde, aidant l’un, guérissant celui-ci, en seignant un troisième, amenant sur cet autre une épreuve réparatrice: mais, comprenez bien qu’ils ne sont que des instruments ; ils ne portent point d'au tres signes distinctifs que leur humilité et le mépris général ; ils n'agissent point de leur propre mouve ment ; ils sont mus par l’Esprit, et ils ne se rendent pas toujours compte qu'ils sont des missîonnés.
Ces serviteurs inconnus sont les plus grands des hommes, mais ils s’ignorent eux-mêmes ; vous n'at teindrez pas leur séjour en vous investissant vousmêmes de l’apparence visible de leurs prérogatives :
l’apostolat 53 il faut attendre avec résignation et foi l’ordre que le Père nous fera tenir soit par l’appel des événements, soit, d’une façon plus précise, mais moins fréquente, par la voix d’un de Ses amis. Comment se fait la moisson. Les valets du Fermier, bien qu'ils travaillent dur, n’ont pas de besogne au-dessus de leurs forces.
On ne fauche pas le même jour tous les blés d’un pays : et dans un champ, les ouvriers entrent par un côté le matin, et finissent le soir par le côté opposé. C’est ainsi que Jésus envoie ses apôtres d’abord à Israël; ils iront plus tard aux schismatiques et aux païens. Toujours l’action du Ciel se conforme à la compré hension des créatures et se soumet dans ce but aux lois de l’espace et du temps.
On voit, dans cet ordre du Christ, que notre in fluence spirituelle se propage comme le fait n’im porte quelle force rayonnante. Un homme chez qui le ciel avive la flamme divine doit en réchauffer d’abord ceux qui sont autour de lui; cette flamme est le centre d’une sphère dont la circonférence s’accroît de jour en jour.
C’est, en premier, les facultés intellec tuelles, puis la force physique, puis les pouvoirs fluidiques qui ressentent la chaleur de ce foyer; ensuite ce sont les objets, les êtres, et notre entourage immé diat qui en bénéficient; puis l’action s’étend à nos con
-> a LINlTIATfOX citoyens, à nos compatriotes, à tous nos frères, dans le visible et dans l’invisible.
Ainsi, qu’on envisage la créature individuelle, la créature sociale, la scientifique, l’esthétique, la philo sophique, la religieuse, ou la cosmique, on voit que la place où le divin Semeur laisse tomber chaque graine est justement celle-là qui convient aux pro priétés particulières de celles-ci : tout a lieu dans l'Univers. d'après un plan préconçu, et les plus in fimes détails en sont réglés par une raison impec cable.
Maintenant, pourquoi le Christ envoie-t-il ses dis ciples deux par deux? En dehors des motifs de pru dence et de commodités matérielles, il fallait à la pro messe qu’il avait faite d’être là dès que deux personnes se réuniraient en Son nom, un commencement de réalité.
La présence du Verbe dans un lieu physique, hyperphysique ou psychique est la décharge d’un dynamisme très puissant qui, pour produiresur terre tout son effet a besoin d’un support, d’un organisme corporel capable d’en recevoir complètement toutes les parcelles. C’est une des raisons pour lesquellesles hommes capables de servir de médiums à l'action divine sont si rares.
11 faut que toutes les cellules de leurs corps, tous les courants de leur magnétisme, toutes les étincelles de leur pensée puissent être les instruments tout à fait dociles de la Force qui lésa élus ; une réceptivité aussi parfaite et si difficile à découvrir que les Anges qui transmettent les énergies du Père, —qui sont ces énergies elles-mêmes, — ne donnent, en général.
l'apostolat 55 qu'un seul pouvoir à chacun des soldats parlesquels Jésus se manifeste ici-bas. L’un enseigne, l'autre gué rit, un troisième console, celui-ci prophétise, celui-là invente; et malgré queJa besogne soit ainsi morcelée la force de l’Esprit consume vite leurs organismes qui sont pourtant purs entre les purs.
Le Sauveur avait donc apparié Ses missionnaires en harmonisant leurs capacités individuelles, de sorte qu’ils constituassent, dans chaque couple, les deux pôles d’un courant terrestre propres à l’appel d'un des pouvoirs de I’Esprit, le Maître lui-même concentrant, distribuant et rayonnant le septième et suprême de ces dons.
L’œuvre des Moissonneurs est un : c’est mettre de la lumière dans les ténèbres ; il est triple : c’est de rétablir l’harmonie dans le domaine de l’idée, dans celui du corps et dans celui de l'invisible. Vous savez déjà tout ce qui importe sur l'enseignement et sur la guérison des maladies. Quand au troisième travail : chasser les démons, nous n'avons jusqu’ici étudié ce pouvoir que dans l’esprit de l’homme: mais il y a partout des démons.
Notre corps, notre esprit, notre pensée, les trois règnes de la nature, les lieux, les maisons, l’atmo sphère: tout cela est habité par des diables, qui s’y comportent comme en pays conquis. Les faire rentrer chez eux n’est pas une petite affaire; mais ceux à qui incombe ce soin sont instruits et armés à cet effet; inutile pour le moment que nous recherchions les méthodes de ce travail.
56 l’initiation * ¥ * Conduite du Moissonneur L'ouvrier honnête n’accepte du salaire que du maître qui l’a embauché.De même quand le Ciel met dans notre main, dans nos yeux ou sur nos lèvres, un pouvoir, nous sommes dans l’obligation de le développer, non par des entraînements plus ou moins ésotériques, mais par l’exercice.
Si nous sommes très courageux, recherchons les malades, les désespérés, les ignorants, les incrédules, et tâchons de les guérir d’abord par notre force, notre espoir, notre science ou notre foi, et ensuite par la prière. Si nous sommes moins courageux, si nous crai gnons les contre-coups inévitables que provoquera la descente de la Lumière dans les ténèbres, attendons que les souffrants nous demandent du secours.
Mais,quoi que nous fassions, il se peut que la ma ladie nous contamine, que le désespoir et le doute nous atteignent : cela ne fait rien; prions alors en secret, et toutes les forces avec tous les courages nous reviendront.
Celui qui agit par la vertu du Ciel n’a pas le droit d’exiger un salaire pour ses cures ou ses leçons ; il n’a acquis par ses propres efforts, ni ses pouvoirs, ni sa science ; il doit donc en faire part gratuitement ; tout au plus peut-il accepter l’argent qu’on lui offre. Entendez bien que ces règles, et les suivantes, ne
l'apostolat 57 s’adressent qu'aux hommes qui ont reçu physique ment un ordre de la bouche même du Christ incarné ; ne vous fiez pas à votre clairaudîence, ni à votre clairvoyance ; le discernement des esprits est une fa culté très rare; nous ne pouvons pas connaître avec certitude l’origine de nos sensations hyperphysiques; tenons-nous-en, nous, la masse, à l'accomplissement du devoir terre à terre ; vouloir imiter le genre de vie des « soldats » est une besogne trop difficile ; avec la meilleure volonté du monde, nous nous tromperions et nous tromperions les autres.
Mais celui à qui Dieu parle, de bouche à oreille, n’a pas de prudence à garder : qu’il ne se préoccupe ni de monnaie, ni de vêtements, ni de logis ; il ne faut pas que rien en lui appartienne au Prince de ce monde; des invisibles sont commis d’avance à tout préparer pour lui, et si les hôtes choisis ne se condui sent pas convenablement envers l’ouvrier du Sei gneur, leur responsabilité est grande à cause de l’émi nence du Maître; car ce n’est pas la forme de l’acte qui en fait la gravité, mais bien sa direction; et la moindre visite du Ciel vaut plus que tous les trésors de la Nature.
Au milieu du monde, les apôtres sont réellement « comme des brebis au milieu des loups » : la vie de la matière est de s’entr’égorger, de s’accroître à n’im porte quel prix ; les enfants de la Nature convoitent toutes les formes de l’énergie, surtout lorsqu’ils les devinent aussi splendides que celles dont les servi teurs de Dieu sont revêtus ; et ils cherchent à dépouil ler ceux-ci avec le même acharnement qu’ils apporl’initiation »58 rent à étouffer la voix de leur propie conscience.
Comme nous avons Je devoir de soigner notre corps et toutes les forces dont il est le véhicule, il faut être prudent : regardez le monde, les choses, les êtres, les sciences, les opinions, les phénomènes : tout est un signe ; ouvrez les yeux et les oreilles, étudiez, pesez, analysez, et demandez ensuite au Ciel qu’il éclaire votre diagnostic. Ceci n'est pas trop difficile ; mais il faut de plus être simple.
De notre simplification découle notre unité, et de notre unité notre puissance.
Le rôle de l’homme est grand ; par lui influent les forces supé rieures ; à lui affluent les forces inférieures ; il est le carrefour où se rencontre I’involution avec l’évolu tion ; il faut donc qu’il puisse recevoir des six coins de l'espace, comme disent les anciens hiérogrammes ; il doit être une ville ouverte tout à la lois et diligem ment défendue, car il ne peut transmettre vers le haut ou le bas qu’après avoir teint à sa propre lu mière ce qu’il a reçu du bas ou du haut.
Et si toutes les avenues de l’être humain, et tous les monuments de la Cité-aux-sept-Portes doivent ne voir que des visiteurs animés du même esprit, c’est par la pratique de la simplicité que l’homme obtien dra cette paisible harmonie intérieure. Ce qui nous émiette, ce n’est pas la variété des travaux, c’est la diversité des voûtions.
Accomplir vingt tâches dans une seule intention unifie : changer vingt fois de but pour un seul travail disperse et délabre. Se plier à toutes les exigences de la vie en gardant au fond de soi la seule passion du Ciel, c’est la plus
l’apostolat 59 haute tenue de l'homme simple; il conserve par elle la plus claire lucidité intellectuelle et la plus puis sante énergie réalisatrice. Les Fatigues du Moissonneur. La terre aime les plantes quelle a nourries, elle s’en sépare à regret : de même la Nature qui a fourni aux hommes leurs forces physiques et mentales fait tout ce qu’elle peut pour qu'elles lui reviennent.
Les ouvriers du Ciel se voient donc forcément en butte à toutes les animosités familiales, sociales, intellec tuelles et religieuses, puisqu’ils déracinent les plantes humaines de leur sol natal pour les remettre dans le sol céleste puisqu'ils les retirent de la chaleur des soleils créés pour les exposer à la lumière du Soleil incréé.
Ces ouvriers, tout en se refusant à la crainte pour eux-mêmes, doivent se garder parce qu’ils sont les instruments de l’action divine; il ne faut pas qu’ils fournissent aux pouvoirs temporels le moindre pré texte d’attaque ; ils obéissent scrupuleusement aux lois et aux coutumes, à moins qu’elles ne contredi sent à quelque précepte du Maître.
Montrer le bon exemple aux hommes, c'est un blâme implicite de leur conduite commune, et cela les indispose à priori ; c’est faire le bien d’une façon plus profonde, c'est marcher sur les traces du Christ, c’est avancer plus vite, c’est prendre un chemin plus
6o l’initiation direct : tout ceci équivaut à gagner du temps, et ne peut se faire sans que l'on ait à payer en quelques années des échéances qui auraient pu se répartir sur plusieurs incarnations. Les ouvriers de Dieu ont donc à souffrir beaucoup pour eux-mêmes, pour devenir capables de faire leur travail ; ils assument aussi ies fatigues inhérentes à leur mission et, en outre, il leur arrive de prendre à leur compte les dettes de quelques-uns.
Il y a des limites au pouvoir de souffrir, aussi bien pour le corps que pour l’esprit ; ces victimes volon taires reçoivent en conséquence une aide constante du Ciel afin qu’ils puissent supporter la douleur.
Chez quelques-uns, qui sont les chefs, les organes physiques et psychiques sont assez purs pour que la Lumière habite en eux d’une façon permanente.Chez les autres, cet influx spécial n’a lieu que pour les facultés capables de le recevoir, ou bien exception nellement, dans le cas, par exemple, que cite {’Évan gile d’une comparution devant un tribunal.
En résumé, le travail de l’apôtre est son identifica tion progressive avec son Maître: de même qu’il se conduira envers les créatures comme Jésus l’a fait, de même les créatures se conduiront envers lui comme elles le font envers Jésus. La durée de ce travail n’importe pas, en somme, puisque le disciple, n’ayant que Dieu en vue, vit dans l’éternel.
A dire vrai, la relation de grandeur entre le servi teur et le Maître est comme zéro à l’infini : et la puissance du premier est dans le même rapport avec celle du second.
Mais pratiquement parlant, c’est-àL APOSTOLAT 61 dire dans le relatif, le Maître renouvelle envers le disciple le miracle incompréhensible de la limitation de cet infini ; le serviteur, dont la vie est relative, conditionnée, temporaire, locale, est saturé de l'exis tence absolue, libre, éternelle et universelle. L’intel ligence ne peut concevoir cet arcane, mais le cœur l'expérimente avec certitude.
Ainsi tout ce que Jésus a subi, souffert, et vécu, Ses amis le subiront et le souffriront également ; je ne veux pas dire qu’ils vivront les mêmes formes de douleur: mais ce sont les mêmes anges tortionnaires qui les viendront visiter. Le Courage. L'apôtre doit avoir tous les courages, d’abord celui de ses opinions.
Ce sont les créatures, hommes ou génies, dieux ou diables, qui utilisent les cachettes, qui bâtissent les tombeaux, qui fabriquent des coffreforts, qui enveloppent la vérité dans des hiéroglyphes. La cupidité, que le Ciel a mise dans le cœur des êtres, les incite à tout garder pour eux, tandis qu’ils ne de vraient taire que les formules du mal et le récit des actions méchantes.
On n’a donc pas le droit d’enfouir des documents de science, de cacher ses inventions, de taire ce que l’on sait : tout doit être à tous ; et si le Ciel m’apprend quelque chose, à moi plutôt qu’à mon voisin, c’est
Ô2 l'initiation parce qu'il doit y avoir en moi plus de facilités pour la compréhension et la publication de ce secret.
Si l’on se rappelle quelle triste existence, semée de déboires et de railleries, mènent les inventeurs, com bien plus doivent souffrir ces porteurs des divins flambeaux, ceux dont toutes les pensées sont du Ciel, toutes les paroles, de l’amour, et tous les actes, des sacrifices? ceux enfin qui recherchent les pauvres, les malades, les affligés, les délaissés, les ignorants, les incrédules, les pervers, pour les guérir, les ensei gner, les ramener dans la bonne route?
Or, d’où vient la poltronnerie? De la crainte de souffrir par le corps ou par l'âme. Mais le serviteur de Dieu est justement là pour souffrir; il fait donc son travail sans peur et sans bravade, donnant le bon exemple aux hommes, aux démons, aux dieux et à toute créature. Nous avons déjà vu, à propos du Magnificat, que la descente du Verbe avait produit, entre autres effets, le renversement des hiérarchies naturelles.
Dans la sphère du monde, les fluides qui tournent de droite à gauche, par exemple, si une force nouvelle les pé nètre, forment un tourbillon qui va révoluer de gauche à droite ; et si cette force entre dans toutes les sphères astrales à la fois, ce qui était en bas passe en haut, ce qui était dans le noir va passer dans le blanc, ce qui était occulte devient manifeste: l’action des disciples parachève dans les plus petits centres de force l’œuvre du Verbe.
Ces bouleversements ont lieu dans tous les endroits oû Jésus se présente: c’est ce qui explique les soufl’apostolat 63 frances intérieures de la mystique, les convulsions sociales et les cataclysmes qui annoncent les fins de races. Pour nous, donc, il y a tout lieu de bannir la crainte de nos cœurs.
Nos ennemis matériels ne peuvent nous enlever tout au plus que la vie maté rielle ; les démons de l’air ne peuvent nous enlever que la vie rluidique, les démons du mental ne peu vent nous enlever que la vie intellectuelle.
Quelle que soit l'épreuve: misère, maladie, tentation, dé sespoir, elle ne peut atteindre, si nous savons résis ter avec courage, que ce qu’il y a de naturel en nous : notre surnaturel, la Lumière intérieure pure, reste intangible, impavide ; et brillant à chaque douleur subie, d’un plus bel éclat.
Mais, sachez-le bien, pour obtenir ceci, il faut aller de ¡’avant, il faut lutter jusqu’à l’agonie, il faut tenir bon jusqu’à la dernière goutte de sang. Sans cela, l’ennemi des hommes peut nous prendre de notre vie spirituelle. Et si nous faisons cela, comprenons que nous n’y avons pas de mérite, ou presque pas. Car il est exact que tout est écrit à l’avance.
Et parce que, justement, tous les cheveux de notre tête sont comptés, et qu’il n’en tombe pas un sans la permission de Dieu, nous n’avons pas plus le droit de nous arracher un cheveu blanc que de fuir à l’approche de la bataille. Telle conduite tenons-nous devant les créatures, à l’égard du Maître, telle attitude aura-t-11 devant son Père, à notre égard : et cette loi qui ne paraît à notre orgueil que de stricte justice est la preuve d’une très
64 l’initiation [janvier grande mansuétude, parce que, je vous le redis, nous n’avons, en réalité, aucun mérite; Dieu n’a jamais besoin de nous, et cependant il faut travailler comme si notre concours Lui était indispensable. Nos yeux spirituels, très myopes, aperçoivent ainsi, dans les desseins providentiels, beaucoup de contra dictions et d'antinomies.
Mais le Seigneur unique voit tout d’un coup d’œil, assigne à chaque existence son mode normal, et règle les voies des êtres sur un but inaccessible à nos prévisions. C’est ainsi qu’il n’apporte la paix au monde que médiatement, succes sivement, après que les divers milieux qui le compo sent ont connu les guerres des séparations ethnogra phiques, politiques, religieuses, psychiques, scienti fiques, physiques et cosmogoniques.
Tout organisme corporel est une maison, aussi bien notre corps, que notre patrie, que notre planète, que notre univers; une molécule minérale, une comète, une science pratique, un art, une machine, sont aussi des maisons où vivent des forces invisibles.
Qu'on assimile les cinq personnes dont parle Ma thieu (X, 35) aux sens physiques, aux cinq principes de Valentin, aux facultés psychiques : le moi, la volonté, l’intelligence, l’imagination et la sensibilité, — aux éléments de l’hermétisme, aux fluides de la lumière astrale, on sera toujours dans le vrai.
1910I l’apostolat 65 Les Haines évangéliques Le Christ apporte la paix dans les centres, mais II allume la guerre dans les enveloppes.
Les cités zodia cales, les peuples de l’empyrée, les nations terrestres, nos familles, nos maisons, nos personnes sont des bûchers qu’il allume parintervalles, lorsque la corrup tion y est sans remède : mais ensuite l’Harmonie règne en souveraine dans notre cœur et dans l’âme essen tielle de toute forme vivante. Or, Mathieu nomme quatre personnes qu’il faut « haïr » pour devenir un disciple, et Luc en énumère sept.
Il a été dit déjà, que si, à des siècles d’intervalle, parmi les hommes, il en naît un dont la Nature n’a formé ni le corps, ni le magnétisme, ni la pensée, ni la volonté, — tous ses frères tiennent,eux, à la ma tière par toutes les fibres de leur être.
L’amour paternel, l’amour filial peuvent être et sont souvent des passionségoïstes; à regarder d'ailleurs la suite des existences, ils sont les effets des positions relatives d’un certain groupe d’individus. Toutes les amours humaines peuvent être égoïstes, aveugles, cruelles et nocives. C’est soi qu’on aime dans ses parents, dans ses enfants, entre époux.
Aimer ces êtres qui nous tiennent par toutes les chaînes de la chair et du sang, c’est s’oublier pour eux : ceci est déjà difficile et rare. Mais ce que le Christ demande, c’est d’aimer sa 5
66 l’initiation famille selon l’Esprit, en subvenant à ses besoins phy siques. moraux et intellectuels: il faut honorer ses parents, et donner le bon exemple à ses enfants; il faut supporter les ennuis qu’ils nous causent, mais s’opposer par tous les moyens possibles, sauf par la violence, à ce que leurs défauts grandissent.
Et chaque fois que les petits reçoivent de ieurs parents l’exemple de la prière et de la bonté, le ciel c-n tient compte à ceux-ci. C'est de la sorte qu’on s’attache à.Dieu et non pas aux créatures, même les plus proches. 11 est rare qu’un être qui a quelque avance spiri tuelle naisse dans une famille aussi évoluée que lui.
Ceci a lieu parce que la lumière est plus féconde dans les ténèbres et pour que les retardataires reçoivent de l'encouragement. Et ce n’est pas sans raisons que les coutumes attribuent aux âmes des charges de direc tion et de l’autorité. Mais la plus furieuse des batailles est celle que le disciple doit livrer contre lui-même. L’homme est son propre et son plus grand ennemi.
Le combat peut durer des siècles, car le mal renaît en nous par le seul fait que nous vivons. On commet sans cesse de nouvelles fautes; il ne faut pas croire comme l’enseignent les religions et les collèges d’ésotérisme, qu’on puisse atteindre sa perfection totale; les théo logiens et les adeptes le prétendent; mais les saints ont sur eux la supériorité immense de rester humbles et de tendre toujours vers un mieux.
La perfection du composé humain terrestre est une petite partie du Grand-Œuvre complet. Haïr sa propre vie, c’est, Jésus l’explique « tout
l'apostolat 67 bas », c’est se renoncer à soi-même, porter chaque jour sa croix, et Le suivre. Car nos parents, ce sont aussi les puissances invi sibles qui ont bâti notre personnalité; notre épouse, c’est les puissances subjectives et objectives par quoi nous réalisons nos désirs; nos enfants, ce sont les œuvres de notre moi.
Et tout ceci, c’est nous-mêmes ; ce sont les racines, les branches, les fleurs et les fruits de notre volonté propre; ce sont les forgerons de nos chaînes les plus solides; ce sont nos créanciers les plus âpres.
C’est pourquoi si nous voulons aller avec Jésus, il est nécessaire que nous engagions la lutte avec toutes ces formes de l’égoïsme, avec les plus puériles comme avec les plus graves, avec les plus superficielles, comme avec les plus profondes. 11 est nécessaire, en second lieu, de supporter la por tion de souffrances que chaque journée nous apporte, afin de liquider les dettes antérieures.
Enfin, il faut suivre Jésus, c'est-à-dire mener une vie analogue à la sienne : donnant de soi-même, de son argent, de son temps, de son repos, de son intel ligence, de son cœur, à tous ceux qui nous le deman dent, à tous ceux qui paraissent avoir besoin de nous, sans leur demander en échange ni reconnais sance, ni aide, ni affection.
C’est ici qu’il faut se surveiller, parce que les désirs sensuels sont toujours à l'affût et prennent souvent les prétextes les plus nobles pour se satisfaire. D’autre part, le soldat du ciel ne doit pas héberger la crainte : il n’a point à économiser ses forces; ce
68 l’initiation qu’il dépense ici bas au service de son Maître lui sera rendu au centuple; le danger n’a pas d’importance à ses yeux. Mais il ne doit pas s’y exposer pour son propre bénéfice, pour la satisfaction vaniteuse de le vaincre et de gravir ainsi un degré de l'échelle de perfection. Quand on agit pour un motif d’intérêt personnel, on succombe fatalement, quelque sublime que paraisse ce motif.
C’est donc dans la pureté, dans le désintéressement de l’intention que réside toute la valeur lumineuse de notre effort. 11 faut que le point d’appui de notre vouloir soit plus haut que les plus hautes cîmes de la Nature, que ce soitl’Absolu. C’est la seule méthode qui nous puisse unir pratiquement et substantielle ment au verbe.
Car si on se comporte envers les êtres selon la dignité que nous leur attribuons à cha cun, la récompense est proportionnelle à cette attri bution. Comme le dit Mathieu, si on reçoit un juste parce que c’est un juste, c’est le dieu — ou fange — des gens de bien qui nous paiera ; mais si on aide un homme parce qu’il est un disciple, c’est le Maître lui-même qui nous récompensera.
En d’autres termes, les familles vraies des créa tures sont celles de leurs volontés, des différents idéals qu’elles servent ; aidez les autres parce que le Christ les a aidés, et ce sera, dans le plan de la réalité essentielle, le Christ lui-même que vous aiderez. Et comme 11 contient en Lui, le Père, votre acte sera transmis directement, immédiatement aux pieds du Père. Ceux donc qui s'efforce d’obéir aux préceptes
l’apostolat 69 évangéliques voient toutes les substances de leur individu, depuis le physique jusqu’au spirituel, subir une transmutation mystérieuse qui les rénove, les régénère et les recrée. Ils en arrivent à devenir telle ment semblables au Verbe qu’ils apparaissent comme des manifestations d’aspect identique.
Telle est la force immense et surnaturelle de l’amour vrai : il unifie les êtres qu’il embrase, depuis le plus petit jusqu'au suprême, jusqu’au Père incon naissable. (Avril 1906). Seoir.
Applications archéométriques ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE sur L’Alpliabel Solaire Je XXIIifc, dit Hébreu Ce n’est pas par ¡’abstraction mé taphysique que l'homme peut pren dre connaissance du divin, mais par la seule objectivité : « Cœli enarrant gloriam Dei ! » Le critérium absolu de vérité, c’est l’unité par et dans le Ter naire; car, seul est vrai ce qui est à l’image de Dieu, et Dieu est le TRI-UN. (Saint-Yves ù'Alveyure. Enseignement m ai.
I Après tout ce qui a été écrit sur les 22 lettres hébraï ques, sur leur valeur hiéroglyphique et leurs rapports avec les nombres, il peut paraître bien prétentieux d’essayer de présenter un nouvel aspect de cette ques tion si fouillée déjà et par tant d’esprits éminents.
Cependant, et cette remarque a pu frapper tous ceux qui se sont peu ou prou occupés de l’étude de l’OcculÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR l'aLPHABET SOLAIRE 71 tisme, il n’est peut être pas une question sur laquelle les auteurs se soient plus étonnament divisés. Brahmes indous, Bouddhistes, Foïstes, Platoniciens, disciples d’Aristote, Pythagoriciens, Rabbinistes, Oc cultistes modernes, tous ont apporté des solutions différentes.
Au milieu de toutes ces doctrines contra dictoires^ ces théories, osons-ledire, très aventurées souvent, parfois même complètement erronées, l’étu diant sincère flotte hésitant, choisit au petit bonheur, au hasard de ses goûts et de ses inclinations, à moins que désespérant de jamais pouvoir appuyer ses recher ches sur une base solide, il ne se décourage et n’aban donne tout.
De telles contradictions sont regrettables, puis qu’elles prouvent trop clairement de combien d’er reurs sont entachées les œuvres de ces auteurs; regrettons-les donc, mais gardons-nous de croire pour cela qu’il nous soit impossible de parvenir à la vérité inté grale, but de tous nos efforts; regrettons-les mais sans nous en étonner, elles sont si difficilement évi tables !
Tous ceux en effet, qui ont parlé ou écrit sur les nombres, se sont bien référés à une tradition; mais combien en est-il parmi eux qui aient reçula Tradition la tradition pure de tout mélange, dépouillée de la gangue dans laquelle l’esprit humain s’est plu à l’en velopper à travers les âges, la tradition telle qu’elle est contenue dans les deux Testaments ?
Or, aujourd’hui, les lumières de cette tradition se sont de nouveau levées sur le monde, et cela grâce au génie chrétien que fut Saint-Yves d’Alveydre, dont la
l’initiation 72 vie toute entière fut consacrée à cette immense labeur à cette incessante recherche. Si la mort ne lui a pas permis d’achever le monument qu’il rêvait d’élever à la gloire du Verbe, ce qu’il nous a laissé et son archéo mètre notamment, cet instrument merveilleux de Hautes Études peut autoriser toutes les espé rances.
C’est à cette source pure que nous sommes allé puiser, c’est d'elle que provient directement ou dérive cette étude tout élémentaire. Ce n’est donc pas tant une œuvre et des idées per sonnelles que nous exposons ici que, dévoilée, une parcelle de la science totale et impersonnelle voilée sous la tradition, véritable science de la vie.
Cette science aux méthodes si différentes des nôtres, ouvre des horizons jusqu’à ce jour insoupçonnés, et les applications qu’en avait déjà fait le Maître à la musique, à l’architecture, à l’exégèse et à la sociologie, en sont des preuves irréfutables. Ces preuves, des voix plus autorisées que la nôtre se sont chargées de les mettre au jour.
Pour nous, disciple et des plus humbles du Maître vénéré, nous voulons simplement dans celte brève étude, donner quelques exemples de ce que peuvent ces méthodes appliquées à l'étude si ardue et pleine de désillusions qu’est la Cabbale litté rale et numérique. * * * Parmi tous les auteurs qui ont écrit sur les 22 lettres hébraïques, aucun, que nous sachions, n’a donné de raison de ce nombre; aucun, en tout cas,
ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR l’aLPHABET SOLAIRE 73 n’en a donné de véritable. Cette raison que nous allons exposer dans sa simplicité indiquera, en même temps, les méthodes d’enseignement des universités antiques telles que nous les a laissées Moïse, dans le monument scientifique, colossal et divin qu’est sa Cosmogonie (i); méthodes qui sont synthétisées dans les deux phrases inscrites en tête de ce bref résumé.
Dieu qui est l'unité et la simplicité même doit, pour parvenir à ses fins, employer les moyens les plus simples.
Son œuvre qui est l’univers, le cosmos total comprenant dans son unité les trois mondes : le Théocosme ou monde divin, l’Uranocosme ou monde des forces célestes et l’Astrocosme ou monde matériel, est toute entière basée sur une seule et uni que loi, trinitaire puisque vraie, et cette loi est la loi de n. Remarquons, en passant, que le cercle dont le rap port avec le rayon est infini, échappe par lui-même, en tant que cercle, à toute définition, portant en cela la signature de l’absolu dont il est la manifestation sensible; il ne peut être défini que par le polygone régulier inscrit et Moïse, ce colosse de la science, n’y a pas failli.
Si on nous objecte que le mouvement circulaire ne se constate pas dans l’univers matériel, mais seul le mouvement ellipsoïdal, nous répondrons que ce fait est précisément une preuve de la non-possibilité de la définition du cercle dans le monde matériel ouAstro- (i) Cf. Saint-Yves-d’Alveydre, la Théogonie des Patriar ches.
L INITIATION 74 cosme. D'ailleurs n’importe quel traité des sections coniques démontre que l’ellipse est réellement générée par le cercle. Si l’œuvre universelle est réellement l’application et la manifestation de la loi de n, comme cette œuvre n’est que la réalisation de la parole divine, son verbe exprimé et rendu sensible pour ainsi dire, il faut, de toute nécessité, que cette parole promulgue la loi que nous venons de signaler.
Or, 22 est le premier et le plus simple des nombres en qui cette loi soit manifestée. Divisons 22 par 7 qui est le nombre des forces célestes en action de l’univers sensible, et nous avons : 3.1428. Prenons maintenant les décimales de ce nombre, soit : 0.1428 et multiplions les par 22; nous obte nons : 0.1428X22 = S.1416. qui est bien le nombre du rapport de la circonférence au rayon.
Hasard, dira-t-on, c’est aussi le hasard, sans doute, qui a fait qu'un des noms par lesquels les écoles an tiques désignaient le Verbe Créateur, fût précisément le mot ShaDal. Ce nom, sur lequel s’est lassée la pa tience des Rabbinistes qui, désespérant d'en découvrir le sens, l’ont traduit simplement par Seigneur, donne en effet, par l’addition de ses valeurs littérales : 3iq ou 3.14. Notons que par hasard aussi, le premier Zoroastre l’emploie comme Moïse et dans le même sens.
ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR LALPHABET SOLAIRE 75 Hasard toujours, qui fait que ISHO, le Verbe divin considéré dans l’Astrocosme, donne par ce même procédé : 316, nombre qui, par réduction théosophique donne le to,dont nous aurons à étudier plus loin la très haute valeur.
La science antique toute entière est faite de ces hasards; et commec’estpar centaines et milliers qu'ils se chiffrent, il faut avouer que nous avons, là, affaire à un hasard terriblement intelligent et régulier.
Pour nous, nous considérons les 22 lettres de l’al phabet hébreu, et les nombres qui y correspondent, comme les lettres de la Parole divine; et comme cette parole est la force créatrice vivante, éternelle et abso lue, les lettres sont les forces : entités vivantes univer selles qui, par leurs combinaisons, effectuent les mondes expressions de la pensée divine, comme nos lettres effectuent nos mots expressions de nos pensées.
Chaque lettre des 22, comme chaque nombre y cor respondant est la signature, le schéma d’une force divine en action dans l’éternité. Ce sont ces forces que Moïse nomme les ALHIM, forces du Dieu vivant. Leur ensemble constitue la M1HELA, l’Archangéglise,l’Uranocosme,et elles agissent suivant six modalités universelles désignées par Moïse, chacune sous le nom d’IOM : jour, manifestation lumineuse, vivante, universelle.
76 L’lNITIATlOX ♦ * Ceux qui ont étudié ou simplement lu la Genèse ont peut-être été frappés de ce fait que le nom d’IHOH n’apparaît qu’au septième jour, après l’accomplisse ment effectif des six premiers jours de la création. Hasard encore? Non; vérité éclatante. Dieu est inac cessible et inconnaissable en soi; il ne peut être connu que dans et par ses manifestations.
Ce n'est donc que quand l’œuvre est complètement et parfaitement ac complie, quand par les 22 et leurs 6 modalités est effectuée cette œuvre universelle, que le nom adorable resplendit dans la réalisation de son Verbe et peut enfin être proféré.
« » » Avant d'entrer dans l’étude individuelle des lettres qui ne sont que les signatures des forces divines vi vantes dans l’univers, il nous faut dire un mot sur la natures de ces forces considérées dans leur ensemble et sur leur mode universel d’action. Les ALHIM, les dieux, les archanges, comme on voudra les nommer, sont des forces-substances abso lument spirituelles.
Leur action vivante et vivifiante universelle a pour principe et pour fin l’amour de Dieu. C’est cet amour infini qui les anime et les fait vivre; et c’est pour lui seul qu’ils agissent et qu'ils vivent. Cet amour est leur garantie, comme il est leur source, leur raison d’être et leur centre d'activité:
ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR L’ALPHABET SOLAIRE 77 aussi protègent-ils avec un soin jaloux ce centre, cette raison d’être et cette source contre toute violence exté rieure qui voudrait porter atteinte à son éternelle gloire. Voilà pourquoi l'homme descendu volontairement de l’Adamah, de la divine Kadmée qu’entourait l’Eden paradisiaque (i), et qui était son siège et son séjour n’y peut plus remonter.
Roues, glaives flam boyants en éternelle gyration sur leur centre : divine essence, les ALHIM ferment le passage et gardent sans défaillance possible la source de vie qu’Adam ne sut pas garder. Bien qu’absolument spirituels, les ALHIM peuvent quand ils le veulent cependant, descendre et prendre corps dans l’Astralité, sans pour cela être soumis à la Shanah de Nahash, à la loi cyclique de mutation et de mort qui régit l’Astrocosme.
C’est qu’ils restent toujours étroitement unis à l’essence divine et qu’ils ne sont pas, comme l’homme, obligés pour se mani fester dans le monde matériel, de passer par la porte des âmes, cette double porte de la Naissance et de la Connaissance. Deux nombres, enfin, vont nous éclairer sur la nature des ALHIM.
Additionnons les nombres correspondant aux let tres qui composent le nom du Verbe divin considéré dans les deux premiers mondes : le Théocosme et l’Uranocosme. Ce nom est : 12’ (IPHO) et le nombre des lettres constituantes est 96. (□1 Cf: Saint-Yves, loc. cil.
■ 78 l’initiation Si maintenant nous additionnons les nombres constituant le mot ALHIM et si nous l’armons du signe (Y ou I) qui est son centre d'action (nous verrons plus tard pourquoi), nous retrouvons le nombre 96.
Les ALHIM sont donc, par nature, identiques au Verbe divin, disons plus: ils sont le Verbe divin luimême dans sa Manifestation sexiverselle, c'est-à-dire les Puissances divines manifestées et modalisées dans les six jours, avec 1’* (lod) : Identité divine comme centre et comme appui. Quant à la valeur du nombre 96 comme Puissance universelle, elle est d’une telle importance, que nous jugeons indispensable d’en dire tout de suite quelques mots.
Ce nombre schématise l’octave de la corde d'ut correspondant àx (Aleph), dont la fondamentale est 48; Aleph, la Radiante infinie fondamentale qui ne peut se manifester que par le Verbe, son Octave. • » * Nous venons de dire que le nombre 96 correspond au Nom du Verbe : "iB1 (1PHO) considéré comme principe spirituel du Cosmos.
Ce nombre est obtenu sur l’Archéomètre, par la totalisation des nombres zodiacaux scellant chacun des angles du Trigône des Eaux fluides ou Eaux vives; or,il est à remarquer que les Brahmes ont employé le même nombre mais l’ont traduit en sanscrit par MANOU, mot sacré et mystérieux en qui on a voulu voir le nom du légis lateur des Indes, mais qui n'est en réalité, que le Schéma du Principe physique de l’Univers.
ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR L'ALPHABET SOLAIRE 79 Cette transposition littérale nous donne archéométriquement la preuve du renversement opéré par les Brahmes de la Cosmogonie des Patriarches. Super posant le Trigône des eaux inférieures ou des forces naturelles embryogéniques au Trigône des eaux vives ou des forces spirituelles créatrices, désormais voilées pour eux, ils schématisèrent par BRAHMA.
Puissance active, (en substituant à la Zodiacale Hé la Planétaire B et en lisant de gauche à droite), la force maternelle et passive que les Patriarches lisaient MARIAH de droite à gauche. De ce fait, l’usurpatrice M prenait la place de la royale Y et leur donnait Manou - - 96, comme axe et moteur actif de l'Univers ainsi transformé.
11 est temps de clore sur cette digression rentrant plutôt dans le cadre d’un examen archéométrique des Religions que dans une étude élémentaire des lettres, ce préambule bien long peut-être pour l'étude très abrégée, très incomplète, que nous allons faire maintenant des lettres sacrées ; étude d’ailleurs qui, pour des raisons que nous aurons à expliquer, n’embrasse que les dix premières de ces lettres.
Tel quel, ce préambule était néanmoins indispen sable, à notre avis, pour l’intelligence de ce qui va suivre; espérons qu’en faveur de l'intention on lui pardonnera sa longueur.
8o l’initiation II Pour tous les étudiants de l’Occulte, si peu avancés qu’ils soient dans la Science, la connaissance des lettres paraît en général si indissolublement liée à celle des nombres, qu’annoncer notre intention d’exa miner les lettres hébraïques dans leurs rapports avec les nombres correspondants, pourra sembler à plu sieurs chose très superflue. Il n’en est rien.
Les alpha bets initiatiques anciens, qu’ils fussent solaires et composés de vingt-deux lettres comme celui qui nous occupe; qu’ils fussent lunaires nombrés par vingthuit, ou Solaro-Lunaires et comptant une plus grande quantité de lettres encore, ces alphabets, disons-nous, donnaient en chacune de leurs lettres le symbolisme graphique d'un ALH1M, d’une Force vivante divine en action dans l’Univers.
Les lettres n’étaient donc pas simplement en correspondance avec les nombres mais comme le montre lumineuse ment l’Archéomètre, avec les Sons, les Couleurs, les Formes, les Génies zodiacaux et planétaires, les Forces involutives et évolutives; en un mot, avec toutes les Espèces dynamiques et biogéniques, toutes les Indi vidualités vivantes et statiques dont elles étaient, dans leur Sphère, le Genre essentiel, Principe et fin.
Nous pourrions donc étudier chaque lettre dans ses rapports avec une quelconque de ses innombrables correspondances; mais comme en définitive, sous
ÉTUDE ÉLÉMENTAIRE SUR l’aLPHABET SOLAIRE 8l chaque aspect de celles-ci nous retrouverions les nombres qui les régissent : vibrations sonores, lumi neuses, électriques ou éthériques, morphologie des mouvements dynamiques et des corps statiques, etc. il est logique de commencer l’étude des corres pondances littérales, par celle des Nombres qui ouvre la voie à toutes les autres.
La plupart de ceux qui se sont occupés d’Arithmologie ont considéré les nombres comme n’ayant aucune valeur par eux-mêmes, n’en empruntant, et d’une manière toute relative, qu’aux unités indivi duelles et aux espèces qu'ils numèrent. Telle est la théorie en honneur encore dans la Science exotérique.
Allez dire à un savant de nos jours qu’un nombre est une entité spécifique existante en soi et régie par des lois biologiques universelles, il vous rira au nez et, si vous insistez, il vous regardera avec inquiétude.
Cependant il est bien obligé de recon naître, sans pouvoir l’expliquer, que certains nombres ont des propriétés spéciales qui n’appartiennent pas aux autres : les pairs et les impairs, les nombres pre miers, le 3, le 9, pour ne citer que des exemples élé mentaires et connus de tous. (A suivre.} Docteur A.-E. C. [Un ami de Saint-Yves.) 6
PARTIE LITTERAIRE LES BAS SERS 3 N FAMES (» Le baiser de la Furie de la guillotine La guillotine au ciel dresse son spectre rouge, Et sur la sombre mer du peuple où rien ne bouge Tombe un silence lourd de terreur et de mort. Pressentiment obscur d’un justicier remord... Soudain, troupeau vomi par on ne sait quels bouges.
Hurlant d’affreux refrains, bonnet au vent, des gouges Paraissent, entourant un ci-devant que mord Une corde serrée à ses poignets qu'il tord. C’est un jeune homme presque, au front pâle, à l’œil Il monte à l'échafaud qu'en souriant il brave... Le fatal couteau tombe aux applaudissements Des tricoteuses... Lors, une, au sein du tumulte Saisissant aux cheveux la tête aux traits charmants. Sur ses lèvres en sang met un baiser d’insulte ! Cosses Lé, (i) Les Baisers infâmes à travers les âges (¡703-1794,'
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De cette façon, les recherches et travaux seront facilités aux chercheurs par des réponses et échanges de vues et un nouveau lien de fraternelle amitié resserrera encore davantage tous nos lecteurs, correspondants et rédac teurs. Adresser toute la correspondance concernant « notre courrier » au secrétaire de la rédaction de ta Revue, M. Combes Léon, villa Thot. Hermès, place Rondelet, Montpellier (Hérault).
Nota. — Les réponses insérées n’engagent nullement la Direction, chaque écrivain de « Notre Courrier » conser vant la responsabilité exclusive de ses idées. La Direction MOIS OCCULTISTE ÉCOLE HERMÉTIQUE i5. rue Seguicr. PROGRAMME DES COURS POUR FÉVRIER ipi'O Les cours ont lieu à g heures du soir. On s’inscrit le jeudi (t,B année). Mardi i. — Victor Blanchard, Loge Melchissedec, tenue blanche.
l’initiation 84 Mercredi 2. — Teder, Hermétisme et symbolisme. Jeudi 3. — Papus, Première année. Dimanche 6. — Docteur Rozier, 12, rue de Buci, 4 heures. Matin de 10 heures et demie à 11 heures et demie, per manence, Victor Blanchard, i5, rue de Seguier. Mercredi y. — Teder, Hermétisme et symbolisme. Jeudi 10. — Papus, Première année. Samedi 12. — Phaneg, Loge Hermanubis. Dimanche ¡3. — Docteur Rozier, 12, rue de Buci, 4 heures.
Matin de to heures et demie à 11 heures et demie, per manence, Victor Blanchard. Lundi 14. — Dace, L'Horoscope. Mardi ¡5. — Victor Blanchard, Loge Melchissedec, tenue blanche. Mercredi 16. — Teder, Hermétisme et symbolisme. Dimanche 20. — Docteur Rozier, 12, rue de Buci, 4 heures. Matin de 10 heures et demie à 11 heures et demie, per manence, Victor Blanchard. Lundi 21. — Parus, Deuxième année. Mercredi 23. —Teder, Hermétisme et symbolisme.
Jeudi 24. — Papus, Conférence spiritualiste, salle des Sociétés savantes, 8, rue Danton. Samedi 26. — Phaneg, Loge Hermanubis. Dimanche 27. — Docteur Rozier, 8, rue de Buci, 4 heures. Matin, to heures et demie à ti heures et demie, perma nence Victor Blanchard. Lundi 28. — Dace, L’Horoscope. M. Sédir, actuellement en voyage, reprendra ses cours incessamment.
TRIOMPHE DE L’OCCULTISME Dans le n" 292 de la Petersburgska Ga^ela, du 24 octobre(vieux style) 1909, la rédaction fit appel à tous les
LE TRIOMPHE DE L'OCCULTISME 85 spirites, à toutes les sociétés psychiques de la capitale en les défiant de nommer le lieu où s’était réfugié Pilevitch, le meurtrier 'de Lechoukoff perecitolz. Je répondis seul à l’appel. Le 27 octobre, dans le n° 296, la Ga^eta Petersburgska publia le compte rendu : « Dites aux curieux et intéressés à l'affaire Pilevitch, que lui vivant ne rentrera pas en Russie. Dites-leur qu’on ne le cherche pas en vain à Moscou, Kieff, Constantinople, ni en Serbie, ni en Orient, car il vient de passer la fron tière en Allemagne, courant avec une femme la France, s’arrêtant dans les villes, et se dirige vers le Havre avec l’idée de s’embarquer pour l’Amérique du Sud. Dites-leur encore que le cadavre retrouvé à Leschoukoff per. sera reconnu dans le courant de deux mois, et que cette décou verte causera une grande surprise, car ce n’est pas le ca davre des personnes présumées jusqu’à aujourd’hui. Dites leur enfin que le frèrede Pilevitch, emprisonné, n’était pas impliqué dans l’affaire. » Deux mois plus tard, en décembre 190g, les traces de Pitewitch étant retrouvées en Allemagne, on le poursui vit jusqu'à Paris où on le perdit de vue. Enfin le 27 du mois de décembre, il fut arrêté dans la capitale, avoua son crime et se suicida ! Sans commentaires. CrESTAW VON CrYRISKI. PüNAV BhAYA StDIS. Saint-Pétersbourg, le 16/29 décembre. P. S. J’enverrai aux lecteurs de l'initiation — ces joursci — le procédé que j’ai employé pour réussir dans ce voyage astral. P. B. Nous avons le plaisir d’annoncer à nos lecteurs que par décret du ter janvier 1910, notre ami et F.*. Victor Blan chard a été nommé officier d’Académie.
86 l’iXITîATION Nous recommandons : Le Jubilé du musée Guimet, publié à l’occasion de son trentième anniversaire, .chez A.
Reyet C'“, 4, rue Gentil. Lyon. .4 signaler aussi : La revue 0 Pensamento, revista mensalillustrada, publiée à SSo Paulo (Brésil). BIBLIOGRAPHIE Nous recevons l'Almanacb de l’Echo du Merveilleux publié chez A. Leclerc, rue Monsieur-le-Prince. Cette bro chure, de près de 200 pages, vendue 1 franc seulement, est à recommander à tous les spiritualistes pour les rensei gnements utiles et les articles intéressants qu’elle renferme.
A signaler surtout : les Horoscopes abrégés,de E.Star; pour chaque signe Zodiacal, d’ingénieux moyens de prévoir le temps, une récapitulation sur le Merveilleux en 1909 par G. Malet, plusieurs articles de Nebo, de MmeMaurecy.de G. Bourgeat. L’Almanach se termine par le si curieux, si intuitif conte de Pierre MiWe, l’Accident de Brebièressud. En résumé, ouvrage aussi utile qu’intéressant. G. Phaneg.
Nous rappelons également à nos lecteurs l'Almanach de la Chance et de la Vie mystérieuse, Ofr. 75 ; dont 2.000 exemplaires sont déjà vendus. Pétersbourg. — Vient de paraître le 11’ 2 du journal lsida contenant une étude compilée sur le développe ment des forces psychiques, la traduction de « Ce que c’est que l’occultisme », de notre Maître Papus, qui est l’A B C de l’occultisme.
Dans le même numéro est repro duit un article sur les« légendes (?)» del’Orient sur les mys tères d’Osiris et d’isis. L’opuscule se termine par la publiREFERENDUM AUX SPIRITUALISTES 87 cation d’un chapitre sur les messes noires, tirée de l'œuvre de Brévan. Puis suivent quelques éloges douteux à l’adresse de jeunes étudiants en occultisme. C’est tout.
Le n° 2 ne présente aucune étude originale, aucune idée nouvelle ou vivifiante qui attirerait notre attention. Et pourtant le do maine d’occultisme est aussi vaste que varié.
Plus d’originalité, plus de forces, plus d’efforts seraient à désirer. En tout cas, cet opuscule fait une meilleure impression que son frère aîné, et espérons que les jeunes rédacteurs acquerront par leurs recherches personnelles une instruc tion générale assez complète du sujet qu’ils traitent, et alors ils se livreront aune propagande féconde en résultats individuels.
Mais il faut travailler, et s’enseigner, dans soi-même et pas dans des cercles d’indifférents qui dévorent notre temps, dispersent nos forces, et n’enfantent que la désillusion, la présomption et enchaînent notre esprit, ne permettant pas à l’âme de prendre l’essor vers le Divin ! P. B.
On nous écrit de Sophia, capitale de la Bulgarie, que le chef de groupe de Sophia, le docteur Gâblaschoff, ainsi que le président du Groupe d’études ésotériques, le pré sident Popoff de Roustchouk, fondent une revue men suelle occultiste sous le titre de « Papus » (du sanscrit : enfant) et comme hommage à notre Maître aimé et vénéré le docteur Papus. Toutes nos félicitations aux nouveaux soldats de la Grande Vérité. P.
BREFERENDUM AUX SPIRITUALISTES En mai dernier, M. H. Durville proposait à la Société Magnétique de France l’organisation d’un grand Congrès International de Psychologie expérimentale devant sié ger à Paris à la fin de ioio. L’idée, admise par l’assem
88 l’initiation blée, reçut aussi l’approbation enthousiaste de notabilités du mouvement spiritualiste auxquelles elle fut soumise. Le Congrès international de Psychologie expérimen tale se donne pour but d'établir scientifiquement et de façon désormais indéniable, l’existence de phénomènes encore contestés qu’a enregistrés, depuis vingt années, la psychologie expérimentale.
Y seront étudiés sous toutes leurs formes la radiation humaine (magnétisme) dans ses propriétés physiques, physiologiques, thérapeutiques, etc., le Spiritisme scientifique, l’Hypnotisme, l'Occultisme, la Théosophie, la Psychologie indépendante. M. Fabius de Champville propose aussi l’étude de la photographie transcendentale.
Le Congrès international de Psychologie expérimen tale sera la plus intéressante, parce que la plus impo sante, de toutes les manifestations modernes du spiritua lisme scientifique et positiviste. Il n’est pas destiné à favo riser une idée ou une école, l’impartialité de ses vues et de ses travaux fait qu'il réunira tous les penseurs avides de progrès.
Les savants du monde entier y prendront part et bon nombre d’entre eux nous ont promis leur concours ; des sociétés françaises et étrangères ont déjà nommé leurs délégués et préparent leurs travaux; les journaux spiritua listes enfin nous ouvrent leurs colonnes.
Pour mener à bien l’organisation d’un tel congrès, la Société Magnétique de France, qui se charge de tous les frais de l’organisation, appelle toutes les énergies et de mande des conseils, aussi adresse-t-elle le présent référen dum à tous les spiritualistes en les priant de bien vouloir vouloir lui dire : i’ Ce qu’ils pensent de ce Congrès ; 2° Comment ils veulent le voir s’organiser ; 3” Quelles sont les questions touchant le spiritualisme qu’ils désirent voir étudiées ou mises au concours ; 4° Leurs observations.
Quand la Société Magnétique de France aura reçu les réponses (et elle vous prie de lui adresser la vôtre au plus tôt, au secrétariat, 23, rue Saint-Merri, Paris), elle réunira les chefs de toutes les écoles spiritualistes françaises pour créer le comité d'organisation, fixer la date et le prix dladhésion au congrès.
SECRÉTARIAT MAÇONNIQUE INTERNATIONAL 89 Bureau international. Très prochainement, un Bureau international va être constitué. 11 permettra de correspondre en anglais, en allemand, en espagnol, en italien, en portugais, en russe, en espéranto, avec’tous les spiritualistes du monde. Henri Durville fils. A propos de la « Théogonie des Patriarches » Mon cher ami.
J’ai reçu hier la Théogonie des Patriarches, et suis encore écrasé d’admiration devant cette œuvre sublime. II est impossible de voir quelque chose de plus beau. Le Maître m’avait lu cela jadis, mais rien ne vaut la lecture qui permet de peser chaque mot, de s’arrêter, d’admirer à son aise.
Lire cette oeuvre c’est presque de l’extase ; on monte; et c’est avec douleur presque qu’à la dernière ligne on se retrouve sur notre terre, si mesquine, si pauvre, si laide, devant ces splendeurs dans lesquelles l’âme vient de planer. Je le répète je ne saurais encore trop vous remercier d’avoir sauvé cela; car c'est bien à vous, cher ami, que nous le devons. A. C.
Secrétariat Maçonnique International (union des rites maçonniques) Des Actes 1 Au début de toute joûte courtoise, les adversaires échan gent des saluts accompagnés parfois du maniement sym bolique de leurs armes. Or, depuis assez longtemps les passes théoriques s'échangent entre les deux camps
I .’INITIATION 9° maçonniques. La Maçonnerie Universelle a maintenant constitué ses moyens d’action, il s’agit de les mettre en œuvre sans plus nous inquiéter de nos adversaires qui ne nous intéressent en rien. Nous devons passer aux actes. A cet effet nous avons constitué un Bureau Central d'informations à Paris. Nous possédons tous les instru ments utiles.
De plus, nous avons organisé des bureaux correspondants pour toutes les langues étrangères et cha cun des Rites Unis peut correspondre avec nous dans sa langue sans avoir à rien faire traduire. Nous avons même un service d’Esperanto pour les centres qui emploieraient cette langue auxiliaire. Cela établi quelle en est l’utilisation pratique ?
De grandes réformes sont à accomplir dans la FrancMaçonnerie. t° Révision soigneuse des Rituels et établissement défi nitif des iMots de Passe et des Mots Sacrés, d’après leur origine hébraïque ou cabbalistique. a» Établissement du sens historiquesyrnbolique et social de chaque grade des rites. 3° Adaptation du Rituel des Grades reconstitués à la Science Moderne et à notre époque sans toucher à leur symbolisme originel.
4° Établissement de cahiers secrets de chaque grade établis de telle sorte que toute indiscrétion des profanes ou des maçons non affiliés à notre union soit impossible. 5° Modification légère des signes de reconnaissance pour permettre aux Membres des Rites Unis de se reconnaître en eux sans éveiller l’attention des membres des autres rites. 6e Transformation des Diplômes et création effective du Passeport Maçonnique.
7° Organisation rapide du Convent Postal périodique. D’autres objets retiendront notre attention, mais voilà les plus importants et ceux qui demandent une solution urgente. Cette solution nous prétendons être à même de la fournir. Nos relations avec les divers centres de Rose-Croix, nos groupements de cabbalistes et d’hermétistes, nos archives
SONGES DE MADAME P.,. yl provenant des centres d’IlluminésMartinistes.rappuidonné à nos efforts par les Maçons les plus instruits en Europe et en Amérique, nous permettent d’essayer cette réforme avec de sérieuses chances de succès. Mais ce succès ne peut être assuré que par le groupe ment des efforts de chaque intelligence dans chacun des Rites Unis.
Aussi la première chose à faire est la nomination dans chacun des Suprêmes Conseils unis d'un correspondant du Secrétariat international. Ce correspondant recevra nos demandes et nous enverra les réponses après consultation de son Suprême Conseil. Telle est la première étape de notre travail à laquelle nous venons vous demander de participer. Paris, le 3o Novembre 190g. Docteur Parus. BUREAi: CENTRAL : Docteur Papus, 15, rue Seguier, à Paris.
Extrait de ¡’Oriflamme, Londres et Berlin décembre 1909 Songes de Madame P... Qui a donné en 1 go 3 plusieurs prophéties qui depuis se sont réalisées. — 1” juillet 1 gog. J’ai vu deux souverains qu’on allait assassiner. Ils étaient relativement jeunes. Je voulus me précipiter vers eux pour les prévenir afin qu'ils puissentfuir, mais je ne pus les ap procher, cardes hommes les gardaient.
Ayant fait un effort pour arriver jusqu’à eux, je pus enfin m’en approcher, mais, au même moment, le souverain et la souveraine rou laient dans le sang, frappés par les hommes qui voulaient leur mort. Autre songe. Je me suis vue transportée dens l’espace, et une voix
l’initiation 92 me répétait plusieurs fois : Marseille, Marseille, et je me -vis dans une ville au bord de la mer. Tout à coup, le sol se mit à trembler, une large et longue ouverture se fit dans la terre et j’en vis jaillir une énorme quantité d’eau qui submergea la ville tout autour du lieu où je me trouvais. Puis je vis une partie de la ville s’enfoncer dans la terre et disparaître sous les eaux. Le feu en dévorait une autre partie.
Je fus prise de frayeur pensant que j’allais aussi périr lorsque je m’éveillai. 7 juillet iÿog. J'ai vu le ciel s’ouvrir et d’une ouverture de plus en plus grandissante en est tombée une pluie de feu, de cendres et de poussière noire qui semblait être du charbon, et aussi tôt toute la partie de la terre qui en fut couverte se mi: à brûler. Une montagne se mit à lancer aussi du feu qui se répan dit tout autour. Alors je pensais à Paris.
La ville me fut montrée comme portée par quatre anges dans une grande nappe et être éclairée d’une vive lumière alors que, au loin, le ciel était noir et sillonné d’éclairs. W. et J. JEANNE D’ARC Une femme lentement s’endort du sommeil magnétique sans le concours d’aucun magnétiseur visible.
Tout à coup la femme se redresse brusquement et se mettant droite sur ses pieds, les yeux fermés, la tète haute, dit ces mots : « Je suis Jeanne d’Arc, je donne ma bénédiction à tous ceux qui vivent dans cette maison, je bénis ces branches d’aubépine, que cette femme dont j’emprunte le corps, à achetées en mon honneur. C’est ici la fleur que je préfé rais (1).
Prends-en une branche pour toi-même, mon in- (1) Près de la personne endormie se trouvait un gros bou quet de branches d’aubépines, occupant presque toute la table.
JEANNE D’APC 93 fluence te suivra et je te donnerai la force pour surmon ter tous les obstacles qui seront sur ton chemin. 11 faut combattre pour le Seigneur-Jésus, pour l’humanité, pour la Patrie. La France est très menacée, je viens pour la défendre.
Mon esprit se répandra partout, pénétrera les âmes, ré veillera les nobles énergies dans toutes les classes de la société, et sur mon nom, sous ma bannière les défenseurs de la nation et du nom de Dieu se réuniront. J’ai pu détourner de la France de graves événements; mais un coup lui sera porté que je ne puis détourner.
La foi en Dieu et en ¡’immortalité se perd, l'homme sans appui céleste, s’enlise peu à peu dans la matière, devient sans force et perd la véritable lumière. Dépouillé de sa force il est à la merci de son adver saire qui est aussi l’adversaire de Dieu, et le ciel ne peut donner à l’homme un secours efficace, car il l'éloigne en se détournant de Lui. Il y a bien des manières différentes de prier Dieu. Ayez l’esprit tourné vers l’Éternel.
Un roi va venir en France, il rétablira l’ordre. Je sais que tu n’aimes pas les royautés, mais que t’importe 1 ré publique ou royauté, il faut que dans une société, l’au torité soit respectable et respectée. Des jours terribles se préparent., révoltes, guerres, peste, famine, maux de toutes sortes, cataclysmes par l’eau et parle feu dans le monde entier. Et les hommes dans leurs détresse crieront enfin à Dieu leurs prières.
Toi, travaille pour l’Humanitél » L’homme auquel s'adressent ces paroles, très ému, mais maître de sa pensée, à son tour se lève. Il demande pardon à Jeanne de douter de sa présence en ce corps de femme. « Il est écrit, dit-il, dans le livre saint des Évangiles de Jésus : Éprouvez tout esprit qui vous parle. Permets donc que je t’éprouve au nom du doux Maître. — Eprouve », répondit simplement Jeanne. Et l’épreuve fut faite.
Que le nom de Dieu soit béni. La femme lentement s’est assise et, à demi éveillée, elle dit : « Je vois Jeanne d’Arc. Elle porte un étendard dans sa main droite, elle est revêtue d’une cuirasse d’homme, elle n’est pas si grande- que vous, son visage est ovale,
l’initiation 94 elle a un air doux et grave. Elle fait un signe de croix sur nous, elle s’éloigne. » La femme s'éveille tout à fait et ne se souvient que d’avoir vu Jeanne. Paris, juin 190g. W. d.J. Nous apprenons avec regret la mort de Vanki, l’astro logue bien connu dans le monde des occultistes.
Outre de nombreux articles dans diverses revues, il était l’auteur de plusieurs livres et brochures publiés par la maison Chacornac : Ce qui doit arriver au commencement du XX' siècle. Les Évènements du XX * siècle, l'Antéchrist, le Pro phète Watrin et la Destruction de Paris, Histoire de l’Astrologie.
Hébraïsant consommé, helléniste distingué, latiniste parfait, Vanki avait concentré ses connaissances dans des notes, dont la réunion devait donner naissance à deux œuvres capitales, qui, hélas, ne verront jamais le jour ; Directions et aphorismes, œuvre puissammentdocumentée pour faciliter la tâche des astrologues, et surtout le Die tionnaire Français-Latin-Grec-Hébreu, avec commen taires.
Son esprit intransigeant en matière d’orthodoxie catholique savait ingénieusement adapter à ses croyances les enseignements de la cabbale qu'il possédait comme un vrai talmudiste. Espérons que ses notes et ses travaux se ront repris.
Si la maladie est venue entraver ses efforts, il reste au moins à sa mémoire l’honneur d’avoir fait tous les efforts d’un cerveau actif, dans un corps débile pour apporter sa pierre au temple immortel de la Science et de la Vérité. Malheureusement, il laisse derrière lui deux malheu reuses femmes isolées et sans ressources: sa vieille mère. ;
NÉCROLOGIE 1)5 âgée de 82 ans, et sa sœur, âgée elle aussi, et complète ment épuisée par les veilles et les privations. Elles habitent avenue de la Gare, à Saulx-les-Chartreux, près de Longjumeau. J’ose appeler sur elles la com passion des lecteurs. Pierre Borderieux. APPAREILS D’OCCULTISME Boules hypnotiques. — Miroirs hypnotiques. — Disques d’entraînement. — Appareil système frontal. Planchettes à médium extra-légères de tous modèles. — Couronne aimantée du Dc Encausse. Miroirs planétaires. — Miroirs magiques. — Baguettes magiques. — Objets pour autel magiques. — Appareils contre l’envoûtement, du Dr Papus. — Appareils pour donner ou renforcer la médiumnité. — Biomètres, sténomètres, etc. Construction d’appareils sur une idée donnée ou sur un plan. LÉONIS, Ingénieur-Constructeur (breveté S. G. D. G. , 3g 1, rue des Pyrénées, Paris (20e). Le Gérant Encausse. Paris. — Imprimerie E. Arravlt et Cie, 9, rue N.-D.-de-Lorcttc.
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