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L’ Initiation Revue pl)Hosopl)lque des Hautes Etudes PUBLICS MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION Dfe 85" * VOLUME.. - 23tte ANIMÉE SOMMAIRE DU N°~_3 (Décembre 1909) PARTIE EXOTÉRIQUE Rapport du Zodiaque et des organes humains (p. ig3).............................................................................Gravure; PARTIE PHILOSOPHIQUE Dom Pernety et les Illuminés d'Avignon (p. 194 à 206),......................................................................
Les Mystérieux tableaux d'Hélène Smith (p. 207 . à 217). . . . . .... . .............................. Le Grand Œuvre (p. 218 à 220).............................. Les Élémentals dans le spiritisme (p. 221 à 227). La Puissance mantrasique (p. 228 à 235) . . . Lascaris et ses ènpoyés (suite) (p. 236 à 242). .• Essai d'Alphab'étologie (p. 243 à 252) .... PARTIE INITIATIQUE Peut-oncommuniaueraveclesmorts (p.253à258).
Orphée et les Orphiques (suite) (p. 209 à 261) . . PARTIE LITTERAIRE Les Baisers angéliques (p. 262). .............................. Lp* Baisers divins (p. 263) . , . «........................ Ordre Martiniste. — École Hermétique. — Mois Occultiste. — Meriÿ Xmas. — Prophéties. — Les prédictions de Maya la voyante; L’occultisme à Pétersbourg.— Deux expériences de psychoméiræ. ~ J.-B. Bricaud. Journal de Genève « La Suisse >. Jean Mavéric.
Pierre Bôrderieux. Rita-Strphl. L. Figuier. L. T. Papua. Combes Léon. Combes Léon. Variétés. — Bibliographie. — Livres nouveaux. — Errata. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit étxe adressé 5, rue de Savoie, à Paris-VIe. Téléphone — 816 *09 Tnnt ce cru! concerne ridminintration ! ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO. ANNONCES doit être adressé A la LIBRAIRIE W <\iir
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternel de la Société, de la Politique et de la Religioi>| ssm^dler^üilÇ’ abouti qu’à de vaines et stériles négations. La mentale a conduit les savants malgré eux dans ù. domaine qjs forces purement spirituelles par l'hypnotisme et là à distance. Effrayés des résultats *de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier.
L'Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent i Dans la Soienoe, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains. Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
An point de vue sooial, l'initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hÿpnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotêrique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. .
L'Initiation paraît régulièrement à la fin de chaque mois et compte d<ÿà vin^t années d’existence. — Abonnement : 10 francs par an. (Les collections des huit premières années nbs.Hnmem éouisees.)'
PARTIE EXOTÉRIQUE Rapport du Zodiaque et des organes humains (Extrait de Light of Egypt} 3
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. DOM PERNETY et les Illuminés d’Avignon H est très difficile d’avoir des renseignements pré cis sur le groupe des Illuminés d’Avignon et sur son fondateur; ce que nous en allons dire n’est que le résultat des recherches à travers les ouvrages et les mémoires du temps. Antoine-Joseph Pernety naquit le i3 février 1716 à Roanne. Il était le neveu de l’abbé Jacques Pernety, écrivain né à Lyon en 1696, qui s’appliqua spéciale ment à l’étude de l’histoire naturelle et des beaux-arts, se fit connaître par ses importants travaux historiques sur Lyon et aussi par ses fameuses lettres philosophi ques sur les Physionomies (1). De sa jeunesse nous ne savons rien ou presque (1) Un autre membre de la famille Pernety, également’¿cé lèbre, fut Joseph-Marie Pernety, baron, puis vicomte, général de division et sénateur français né à Lyon en 1766 et mort en |856.
DOM PERNETY '95 rien, sinon qu’il fit ses études religieuses, entra jeune dans les ordres et prononça ses vœux comme béné dictin de la Congrégation de Saint-Maur, à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Ses supérieurs l’employè rent à des travaux littéraires. C’est ainsi qu’il publia plusieurs ouvrages, et entre autres : le Manuel Béné dictin (i) en 1754 et le Dictionnaire portatif de pein ture, de sculpture et de gravure (2) en 1757.
C’est également à cette époque qu’il publia ses ou9 vrages hermétiques : Les 'Fables Egyptiennes et Grec ques dévoilées (3) et le Dictionnaire mytho-hermétique (4). L’hermétisme et l’alchimie étaient alors en vogue. A l’instar d’un grand nombre de ses contemporains, et non des moindres, dom Pernety s’adonna à ces études.
Persuadé qu’Homère avait appris l’alchimie en Égypte, il ne vit dans VIliade que des leçons allégo riques sur cet art, et dans V Odyssée, qu’une peinture des erreurs où tombent les adeptes avant de parvenir à la connaissance du Grand Œuvre; aussi ses Fables contiennent-elles une explication hermétique de VIliade et de V Odyssée. Dans le Dictionnaire mytho- (1) Manuel Bénédictin, 1 vol?in-8.
Paris, 1754. (2) Dictionnaire portatif de peinture, de sculpture et de gravure. Paris 1757, in-8. Traduit en allemand. (3) Fables égyptiennes et grecques dévoilées. Paris, 2 vol. in-8, 1758. Réimprimés en 1786 et en 1795. (4) Dictionnaire Mytho-Hermétique, dans lequel on trouve les allégories fabuleuses des poètes, des métaphores, les énigmes et les termes barbares des Philosophes Hermétiques. Paris, 1758, fort in-12.
l'initiation 196 hermétique, ¡1 s’applique surtout à expliquer les sym boles des anciens alchimistes. Il distingue aussi la chimie de l’alchimie : « La chymie vulgaire, dit-il, est l’art de détruire les com posés que la nature a formé, et la chymie hermétique est l’art de travailler avec la nature pour Jes perfec tionner. » Ce livre est la suite et comme le complé ment des Fables Égyptiennes.
Nous savons également qu’en 1763, Pernety suivit, comme aumônier, le célèbre navigateur français Bou gainville, dans le voyage qu’il fit aux îles Malouines et au détroit de Magellan. De retour vers la fin de 1764, il rentra dans son monastère de Saint-Germain des Prés.
Mais la vie monastique dut lui paraître lourde car il tenta d’en secouer le joug en signant la requête des 28 bénédic tins de ce couvent qui demandèrent le ¡5 juin 1765 a être dispensés de leurs règles. Us n’obtinrent aucun résultat, sinon celui d’être fortement réprimandés par leurs supérieurs. Le iï juillet suivant, Pernety et ses collègues se rétractèrent, mais sans changer d’avis.
Toutefois, voyant l’inuti lité de ses efforts, et entièrement dégoûté de son état, Pernety quitta peu après l’habit religieux pour se rendre en 1765 a Avignon, où il organisa,en 1766, le régime maçonico-hermétique dit Rite de Pernety et dont les adeptes reçurent dans la suite le titre d’illu minés d’Avignon. Depuis quand Pernety faisait-il partie de la Franc-maçonnerie ? Où avait-il été initié ? Ce sontJà des questions que nous n’avons pu résoudre. Toujours est-il que cette même année 1766,
DOM PERNETY 197 une loge était constituée à Avignon, sous les auspices de la « Mère Loge Ecossaise de Marseille » (i), la loge « Saint-Jean d’Ecosse de la Vertu persécutée » qui travaillait au nouveau régime institué par Pernety. Pernety créa en outre le grade de chevalier du Soleil.
Obligé peu après de quitter Avignon par crainte de persécutions, Pernety se rendit en Prusse, à Berlin, où peu de temps après son arrivée il accepta les offres du roi Frédéric II qui le nomma, en 1767,Conserva teur de la Bibliothèque de Berlin et membre de l’Académie royale de cette ville avec 1200 rixdales d’appoin tements. Peu après, il reçut le bénéfice de l’abbaye de Burgel, en Thuringe.
Or, chose singulière et drôlatiqueà la fois, il paraît qu’en lui offrant ce poste et ce titre, Frédéric II, égaré par la similitude des noms, avait cru adresser son invitation à l’abbé Joseph Pernety son oncle, l'auteur des Lettres philosophiques sur les Physionomies. dont nous avons parlé au début de cette notice 1 Néanmoins, en souvenir de l’oncle, le roi de Prusse traita bien le neveu !
C’est à Berlin que Pernety publia son Journal his- (1) Cette Mère Loge fut fondée le 27 août 1751 sous le nom de Saint Jean d’Ecosse par un Ecossais venu en France à la suite de Jacques II, George de Walnon. Ce n’est qu’en 1762 qu’elle prit le titre de Mère Loge Ecossaise de Marseille et plus tard celui de Mère Loge Ecossaise de France. Elle résista à toutes les tentatives faites par le G.-. O. *. pour la faire rentrer sous son obédience. Elle devint, d'autre part, la rivale de la G. *. L. *. anglaise de France. Elle constitua de nombreuses loges
l’initiation 198 torique (1), récit du voyage qu’il avait fait aux îles Malouines et au détroit de Magellan, en compagnie de Bougainville, ainsi qu’une Dissertation sur l'Amé rique et les Américains (2). L’abbé de Paw, qu’il avait attaqué dans cet ouvrage, avec plus de bon sens que d’érudition, lui répondit dans la même année.
Pernety revint à la charge en 1771, dans un Examen sur les recherches philosophiques de de Paw sur les Américains (3}, qui n’est qu’une édition augmentée de l’ouvrage précédent.
C’est à Berlin qu’il fit la connaissance du comte et de la comtesse de Grabianka, staroste polonais, de la comtesse Stadnisca, du comte Tarnovski, du chimiste Louis-Joseph-Bernard-Philibert de Morveau dit Brumore, du financier Mérinval, qui tous s’occupaient de sciences occultes.
Ils se réunissaient pour travail ler en commun et cherchaient avec ardeur la pierre philosophale, en même temps que, dans les combi naisons des nombres, les secrets de l’avenir et les réponses aux problèmes qui les intéressaient. Mais il était néanmoins resté en relations avec ses adeptes d’Avignon. Il dut même y revenir à plusieurs en Provence, dans le Levant et'dans les colonies.
Elle dut en 1793 interrompre ses travaux, ne les reprit qu’en 1801, pour les cesser définitivement en i8i5. (La Franc-Maçonnerie en France par G. Bord). (1) Journal historique du voyage fait en 1763-64 aux (les Malouines et au détroit de Magellan. Berlin, 1769, 2 vol. in-8. Traduits en anglais et réimprimés sous ce titre : Histoire d'un royage, etc... Paris, 1770. (2) Dissertation sur l'Amérique et les Américains, 1 vol. in-12. Berlin, ¡770. (3) Examen sur les recherches philosophiques de de Paw sur les Américains, 2 vol. in-8. Berlin, 1771.
DOM PERNETY igg reprises, car, d’après Clavel, ce fut lui qui fonda en 1770 la G. *. L.-. Ecossaise du Comtat Venaissin. En réalité cette Grande Loge n’était autre que la Loge Saint-Jean d’Ecosse de la Vertu persécutée qui prit le titre de Mère Loge. En 1766, la M.-. L.-. du Comtat Venaissin céda ses titres à la loge Saint-Lazare, de 1’0.*. de Paris, qui » devint Saint-Jean d’Ecosse du Contrat social, et qui se qualifia plus tard de M. *. L. *.
Écossaise de France. La M.-. L. *. Ecossaise de France professait la Maç. *. hermétique d’Avignon (rite Pernety) ; toute fois, en 1778, elle modifia les degrés d’instruction du rite Pernety, en portant le nombre des grades à six: i° Le vrai Maçon ; 20 Le vrai Maçon dans la Vie droite ; 3° Le chevalier de la Clef d’Or ; 40 Le chevalier de l’iris ; 5° Le chevalier des Argonautes; 6° Le chevalier de la Toison d’Or.
Ces six grades lui furent empruntés, dans la suite, par l’Académie des Vrais Maçons ou Académie des Sages, fondée à 1’0.*. de Montpellier, et qui s’occupait, sous le régime de Pernety, de science hermétique. Il existait encore à Avignon, en 1774 et 1775, une loge, sous le titre de Saint-Jean des Sectateurs de la Vertu, qui pratiquait le rite de Pernety. r Elle se fondit, plus tard, avec Saint-Jean d'Ecosse de-la Vertu persécutée (1). En 1776, alors qu'il était en Prusse, Pernety eut (1) G. Bord. La Franc-Maçonnerie en France, ppx 259-260.
200 l’initiation l’occasion d’étudier les théories de Lavater sur la physionomie. Il publia son livre sur la Connaissance de [homme moral par celle de l'homme physique ( i ), dans lequel il exposait les principes delà Physiogno monie. Cet ouvrage fut complété parles Observations sur les maladies de. [Ame (2).
C'est au cours des réunions avec ses amis les hermétistes de Berlin, qu’il eut l’occasion de lire quelques ouvrages de Swedenborg, et entre autres : Les Mer veilles du Ciel et de [Enfer (3). La lecture de ce livre l’enthousiasma.
Il s’enquit de la vie de Sweden borg auprès des personnes qui l’avaient connu et fré quenté, notamment M. Christophe Springer, de Londres, et entreprit la traduction du latin en fran çais des Merveilles du Ciel et de [Enfer (3).
Cette traduction parut en 1782, précédée d'un important « Discours préliminaire » de Pernety, d’un « Eloge de feu Emmanuel de Swedenborg prononcé le 7 oc tobre 1772 dans la grande salle de la Maison des Nobles, au nom de l'Académie des Sciences de Stoc kholm, par M. de Sandel » que Pernety traduisit du suédois, et d’une lettre de M. Springer, datée du 18 janvier 1782, écrite en réponse à une demande d’ouvrages et de renseignements concernant la vie de (î) La Connaissance de l’homme moral par celle de l'homme physique .Discours sur la Physionomie, t vol. in-8.
Berlin, 1776. (2) Observations sur les maladies de l'Ame, 2 vol. in-8. Ber lin, 1777. (3) Les Merveilles du Ciel et de l'EnJer et des (erres plané taires et astrales par Emmanuel de Swedenborg, d’après le témoignage de ses yeux et de ses oreilles. Traduit du latin par A. J. P. 2 vol. in-8. Berlin, chez G. J. Decker, imprimeur du Roi, »782.
DOM PERNETY 20 J Swedenborg, que lui avait adressée Pernety quelque temps auparavant. Peu après la publication de la traduction des Mer veilles du Ciel et de l'Enfer, le roi de Prusse ayant appris que Pernety avait embrassé les idées de Swe denborg, se brouilla avec lui, et lui fit savoir qu’il lui retirait sa protection. Pernety quitta la Prusse dans le courant de l’année 1783 et vint à Paris. Mais là, de nouvelles tribulations l’attendaient.
L’archevêque de Paris et les autorités ecclésias tiques ne pouvaient lui pardonner son insubordina tion, son escapade et le séjour qu’il, avait fait chez un prince hérétique. L’archevêque tenta de lui faire réin tégrer son couvent. Pernety refusa. La question fut portée devant le Parlement ; mais le Parlement s’étant déclaré en sa faveur, Pernety resta dans le monde.
Néanmoins il fut obligé de quitter Paris, et il s’en alla vivre d’abord chez son frère, qui était directeur des fermes à Valence-sur-Rhône. Pendant ce temps, le petit cercle hermétique dont il faisait partie à Berlin continuait toujours ses tra vaux.
On raconte que, quelques années avant la Ré volution, ses membres crurent, dans une de leurs réunions, entendre une voix Surnaturelle, émanée de la Puissance Divine, leur enjoignant de partir pour Avignon. Ils s’y rendirent, et Pernety, de son côté, vint les rejoindre.
Au bout d’un certain temps, Pernety et le comte Grabianka ayant acquis une certaine célébrité, réus sirent à fonder — vers 1786-87 — un groupe qui eut un assez grand nombre de partisans.
202 l’initiation Les réunions avaient lieu près de Bédarrides, dans la maison de campagne de Pernety, qu’ils appelaient le Thabor. Les membres étaient au nombre d’une centaine, résidant tant à Avignon que dans d’autres villes. En 1790, parut un ouvrage intitulé : Les Vertus, le Pouvoir, la Clémence et la Gloire de Marie, mère de Dieu (1). Bien que l’ouvrage soit anonyme, on sait qu’il est de Pernety.
Les opinions exprimées dans ce livre firent croire que les Illuminés d’Avignon fai saient de la Sainte Vierge une quatrième personne divine, et l’ajoutaient à la Trinité. Aussi les Swedenborgiens qui s’étaient flattés d’avoir à Avignon des coreligionnaires, virent-ils leurs espérances détruites lorsqu’ils apprirent qu’on disait que ces derniers adoraient la Sainte Vierge.
Le culte était absolument secret et au témoignage de Gombaud, vieillard mort en 1822, qui fut lié avec la plupart des Sociétés Secrètes et dont le témoignage fut recueilli par l’évêque Grégoire dans son Histoire des Sectes religieuses (2), chaque initié, à son tour, célébrait la cène, quoiqu’il ne fut pas prêtre.
On a accusé les Illuminés d’Avignon d’admettre la communauté des femmes, mais il vasansdire qu’une telle imputation n’est fondée sur aucune preuve. (1) 1 vol. in-8. Paris, 1790. Outre les ouvrages cités au cours de cet article, Pernety a encore publié une traduction du Corps de Mathématique de WoliT, des Dissertations dans les Mé moires de l'Académie de Berlin.
Il a mis en ordre les Ambas sades de Xoailles et collaboré au 8* volume de la Gallia Chris tiana. (2) .Tome 11, page 197.
DOM PERNETY 203 Par contre, Dampmartin a inséré dans le Specta teur du Nord, de 1799, un grand éloge des Illuminés d’Avignon, qui lui inspirèrent un respect mêlé d’ad miration. On les vit, dit-il, également tranquilles et fervents, pratiquer les vertus bienfaisantes, remplir les exercices de piété et faire revivre les mœurs des premiers chrétiens.
Il ajoute que plusieurs membres de cette société lui prédirent, avec une clarté surpre nante, les événements dont il n’a cessé d’être le jouet et la victime (1 ). La renommée des Illuminés d’Avignon s’accrut tellement que l’inquisition crut devoir s’inquiéter d'eux, et le père Pani, dominicain, commissaire du Saint-Office à Rome, y publia en 1791, un recueil de pièces concernant les membres du rite d’Avignon.
Le père Pani dit que, depuis quelques années, Avi gnon a vu naître une secte qui se prétend destinée à réformer le monde, en établissant un nouveau peuple de Dieu. Les membres sans exception d’âge ni de sexe, sont distingués, non par un nom, mais par un chiffre. Les chefs, résidant en cette ville, sont consa crés avec un rite superstitieux.
Ils se disent très attachés à la religion catholique ; mais ils prétendent être assistés des anges, avoir des songes et des inspi rations pour interpréter la Bible. Celui qui préside aux cérémonies se nomme^patriarche eu pontife. Il y a aussi un roi destiné à gouverner le nouveau peuple de Dieu. (1) Le Spectateur du Nord, journal politique. Juillet, août, ’ septembre 1799, in-8, en Basse-Saxe, t. XI, pp. 88 et suiv. :
204 l'initiation . Un nommé Ottavio Cappeli, qui a été jardinier, puis domestique, correspond avec eux, prétend avoir des réponses de l’Archange Raphaël, et il a composé un rite pour la réception des membres. L’Inquisition lui a fait son procès, l’a condamné à abjurer ses erreurs, et à sept ans de détention dans une forte resse.
La même sentence poursuit les membres de la Société des Illuminés d'Avignon, comme s’attribuant faussement des apparitions angéliques, suspectes d’hérésie ; elle défend de s’y engager, d’en faire l’éloge et ordonne de dénoncer ses adhérents aux tribunaux ecclésiastiques (i). La tourmente révolutionnaire vint jeter le trouble dans le groupement des Illuminés d'Avignon. Pernety lui-même subit une détention passagère, pendant la Terreur.
Arrêté en 1792, il fut sauvé par le 9 Ther midor. 11 se retira de nouveau à Valence où il con tinua ses recherches hermétiques sur la pierre philo sophale et l'élixir de longue vie. C'est dans cette ville qu’il mourut en 1801, à l’âge de 85 ans. Le père du général Thiébault qui connut beaucoup Pernety, dit de lui, dans ses Souvenirs de Berlin : J « C’était un homme très savant.
Il avait un caractère de modération et de bonhomie tel qu’il ne se brouil lait jamais avec personne, que même il obligeait quand il le pouvait, et qu’il était d’une complaisance Evénements passés sous mes yeux par Dampmartin. Il a répété les mêmes détails dans ses Mémoires, in-8. Paris, 1825. T. I, p. 3o6 et suivantes. (1) N otiji camion cà\i Père Pani, dominicain, contre Ottavio Capelli. Rome, 21 novembre 1791. (Cité par Grégoire : Histoire des Sectes religieuses.)
DOM PERNETY 2O5 précieuse dans la société. Il croyait à la cabale, aux revenants, aux sortilèges ; mais malgré cela, tout le monde l’aimait... » A la mort de Pernety, le nombre des adhérents à son groupement, qui avait diminué petit à petit, n’était plus que d’une vingtaine. En 1804, il se trouva réduit à une dizaine. De ce nombre étaient Beaufort et Chaix-Sourcesol.
Beaufort, ancien militaire, s’était retiré à Avignon où il publia sous l’anonymat et sans nom de lieu, une traduction de l’hébreu, avec commentaire, du psaume Exurgat Deus. Il y soutenait que l’Arched’Alliance, la Manne, les Verges d’Aaron étaient encore existantes et cachées dans un coin de la Judée ; et qu’elles devraient reparaître un jour lorsque les Juifs entreront dans le sein de l’Église (1).
Chaix-Sourcesol était un prêtre insermenté, ancien économe du séminaire de Saint-Sulpice. Il publia en 1800, à Avignon, où il résidait, le Livre des Mani festes, en deux petits volumes, réimprimés à Paris, et dans lesquels il se prétendait inspiré de l’esprit de Dieu.
II publia aussi la Clef des Oracles divins ou Supplément au Livre des Manifestes (2) dans lequel (1) Exurgat Deus, par un serviteur de Jésus-Christ, ln-8, 1802. (2) Clef des Oracles Divini, ou Supplément au Livre des Manifestes. 1 vol. in-12. Paris, fan premier du dix-huitiime siècle de Pére chrétienne. Chaix-Sourcesol fut combattu par Chassanis qui publia en 1802 son livre !
Du Christianisme et de son culte contre une fausse spiritualité, qui réfutait le Livre des Manifestes et surtout le chapitre intitulé : « L’Union de Dieu et de l’Homme ou l’Avènement spirituel du Verbe. >
20Ô l'initiation il s’élevait contre le célibat des prêtres (il était prêtre marié), contre la confession, les reliques, le culte des images, etc. Ces deux premiers ouvrages furent suivis de l’Évangile Éternel (i) « unique moyen de ramener les églises séparées à l’ordre de Dieu et au bonheur de leur destinée ». Dans cet ouvrage il loue Saint-Martin « l'homme de désir ». mais il n’a pas une haute idée de Jacob Bœhm et de Swedenborg.
Chaix-Sourcesol alla propager ses idées aux EtatsUnis où il mourut. Peu à peu, le groupe des Illuminés d’Avignon s’éteignit. Les derniers survivants rentrèrent dans le Martinisme ; et, aujourd’hui, il ne reste plus rien du Rite des Illuminés d’Avignon, que le grade de Che valier du Soleil, qui, divisé en deux degrés, forme 9 maintenant les numéros 27 et 28 du Rite Ecossais Ancien et accepté. J. B. Bricaud. (1) L'Évangile Eternel Jin du Livre des Manifestes, in-12. Paris, iRo3.
Les mystérieux tableaux d’Hélène Smith Nous avions promis de tenir nos lecteurs au cou rant, s’il se produisait un fait nouveau dans le mer veilleux cas de médiumnité d’Hélène Smith, auquel nous avions consacré un long article l’an dernier et qui a passionné l’opinion publique non seulement à Genève, mais dans le monde entier. Hélène Smith a bien voulu nous recevoir et nous donner les intéressants détails suivants sur le nouveau tableau qu’elle vient de terminer, toujours dans les mêmes circonstances mystérieuses. On se rappelle que trois tableaux ont été exposés, le dernier représentant le Christ à Gethsémani, et terminé le jour du Vendredi-Saint, l’an dernier. Puis, un certain temps se passe sans aucune mani festation nouvelle. En octobre 1906, le tableau de la « Crucifixion » lui avait déjà été annoncé. Une pre mière vision en avril 1907, une seconde le 19 mai, jour de la Pentecôte, et qne troisième définitive et complète le 24 décembre décident la jeune fille à tout préparer; elle commande au charpentier un panneau en bois de 2 m. 35 de haut et 1 m. 55 de large, à livrer pour le 7 janvier. Une furieuse envie de peindre et de peindre jn’importe où, la tient constamment:
208 l'initiation c’est comme une possession. Sa boîte de couleurs est toujours prête et ne la quitte pas. Une vision des yeux du Christ mourant, qui apparaît sur la porte de sa chambre, l’angoisse profondément. Mais la livraison du panneau subit un retard : il n’est remis que le 21 janvier et dans de mauvaises conditions. Hélène commande un autre panneau de toile sur châssis, livré dans les vingt-quatre heures. Alors elle est saisie d’un profond dégoût de peindre et l’inspiration la quitte complètement.
Elle comprend qu’elle a désobéi à la « Voix » et qu’elle doit s’en tenir au panneau de bois, tel qu’il lui avait été ordonné. Elle se décide donc à commander un autre panneau en bois qui. cette fois, lui est livré en bon état. Mais le « désir de peindre » l’a quittée. Elle s’en inquiète, s’en tour mente : serait-elle abandonnée de « l’inspiration di vine »?
Dans cette angoisse, et bien que n’étant pas catholique, elle use d’un moyen qui, paraît-il, lui a réussi une fois ; le 7 mars 1908 elle se rend au SacréCœur où elle pose un cierge devant la Vierge; elle la prie avec ferveur en la suppliant de laisser revenir son Fils pour que le tableau annoncé puisse commen cer. Le 14 mars, à 9 heures du soir, elle se trouve assise dans son salon, où les trois premiers tableaux sont exposés.
Vu sa grandeur, le quatrième panneau avait été placé dans une chambre voisine. Hélène pensait quelle pourrait le peindre là. Tout à coup, la lampe du salon qui était fraîchement remplie de pétrole, et bien allumée, commence à baisser jusqu’à ne laisser * qu’un petit lumignon. En revanche, une lumière arLES MYSTÉRIEUX TABLEAUX D’HELENE SMITH 20p gentée, en certains endroits si éblouissante qu'elle en est insoutenable, remplit l’appartement.
A remarquer que les meubles sont perçus quand même et qu’aucun ne fait ombre. — Au bout d’un quart d’heure, Hélène se décide à se lever et va dans la pièce où est le pan neau. Elle voit une étoile magnifique à la place où sera la tête du Christ.
Elle a l’intuition qu’il lui faut transporter le panneau dans son salon où elle devra le peindre, contrairement à son idée première ; mais comment transporter cette planche dont elle touche à peine les bords, les deux bras étendus ?
Hélène vit alors, soudain, le panneau se rétrécir; elle le prend sans peine aucune, le soulève comme une plume et, après avoir repris conscience, se retrouve dans son salon, avec le panneau en place et qui a retrouvé sa dimension primitive. Pourquoi Hélène avait-elle, d’abord, cru devoir peindre ce tableau dans une autre pièce ?
Et pourquoi se refuse-t-elle à ce que quelqu’un assiste à une de ses séances de peinture, lorsqu’elle est sous cette influence mystique ? Elle craignait que l’on pût dire que le spec tateur ou la spectatrice l’ait suggestionnée et influen cée sur la forme à donner au tableau.
« Cela pour rait lui changer ses visions», dit-elle; elle préfère rester seule pour ce travail, cette « Œuvre » qu’elle estime d’inspiration directement divine et qu’elle ne veut pas voir déflorée ni mélangée par une inspi ration humaine. En outre ne sachant que le matin à son réveil si elle sera prise de « l’obligation » de peindre, et cette obligation la prenant de bonne heure, en toilette matinale, il lui faudrait avoir ^uel14
210 l’initiation qu’un à demeure, pour profiter du bon moment. Et puis, « l’inspirateur » divin se manifesterait-il d’une façon aussi nette dans ces conditions? Hélène croit que non. Mais revenons au fait. Ayant tout mis en ordre, le panneau bien placé, Hélène voit la lumière blanche s’effacer et la lampe reprendre d’elle-même son éclat normal.
Elle entend dans le vestibule une voix douce et nette de femme (la Vierge, pense-t-elle), qui lui dit: « Eh oui ! C’est pour mardi. » — Ah ! le tableau ?» demande-t-elle. — « Oui, le tableau ». Le lendemain, mardi 17 mars, en effet, elle voit comme d’habitude, le pinceau entre ses doigts, un nuage épais devant le panneau.
Le nuage, au lieu de se cristalliser, comme d’habitude, se partage en deux et la vision très nette du tableau entier apparaît, puis s’efface par parcelles, pour ne laisser que ce qui restera peint au réveil d’Hélène, c’est-à-dire les yeux • à la première séance qui dure une demi-heure.
En outre, Hélène entend la voix du Christ, voix éteinte et mourante : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ! » Les séances se suivent, jusqu’au nombre de quarante, les vingt-huit premières durant trente, vingt-cinq, puis vingt minutes chacune. Les dernières ne durent environ qu’un quart d’heure.
Après chaque séance, plusieurs visiteurs viennent constater les progrès;des peintres, des médecins, des spirites naturellement, des chrétiens, des athées; et tous sont frappés d’étonnement devant ce mystère. On sait, d’après le fameux livre de M. le professeur Flournoy « Des Indes à la Planète Mars », qu'Hélène
LES MYSTÉRIEUX TABLEAUX D*HELENE SMITH 21 I Smith a un guide spirituel, un protecteur qui n’est autre que Cagliostro, cet homme rendu si populaire par les romans d’Alexandre Dumas : « les Mémoires d’un médecin » et « le Collier de la Reine » et qu’Hélène appelle habituellement Léopold. Pendant la période de travail des tableaux.
Léopold ne se mani feste jamais et les intéressantes « séances » dans les quelles Hélène incarne Cagliostro-Léopold ne peuvent avoir lieu. Léopold a d’ailleurs déclaré une fois qu'il n’était pour rien dans l’affaire des tableaux, ceux-ci étant d’essence divine, et qu'il ne fallait pas l’interro ger là-dessus. En outre, Hélène ne peut ni manger de viande ni boire de vin le jour où elle peint.
Les pre mières séances de peinture pour cette « Crucifixion » l’ont beaucoup éprouvée et elle avait des palpitations très douloureuses. Chaque soir, s'attendant à être appelée le lendemain, elle préparait les couleurs, la palette, les pinceaux. Plusieurs fois elle se réveillait couchée à terre, venant de peindre le bas du tableau.
Dans un prochain article, nous donnerons la descrip tion de cette dernière œuvre, actuellement complète ment terminée et qui émerveillera les futurs visiteurs. Un nouveau tableau d’Hélène Smith Nous avons déjà analysé la série de tableaux sacrés peints, à l’état d’hypnose, par Mlle Hélène Smith.
Notre dernier article à ce sujet (i8 juillet 1908) détaillait le tableau de la « Crucifixion * et annonçaittrois visions apparues à Hélène Smith, celles de son « guide-protec2 I 2 l’initiatjon teur spirituel » Cagliostro. Or, le jour de Pâques de cette année, le 11 avril, le portrait de Cagliostro a été complètement terminé.
Nous avons été aimablement admis à le voir et nous nous faisons un plaisir de donner les délails suivants qui sont marqués par un fait nouveau, important et positif. Rappelons que le comte Alexandre de Cagliostro (alias le médecin et occultiste italien Joseph Balsamo) est néàPalermeen 1743, mort en 1795, croit-on,dans la prison de Saint-Léon (San-Leo) où il avait été en fermé par ordre de l’inquisition.
Cagliostro joua un rôle très fameux dans la franc-maçonnerie, fut mêlé à l'affaire du Collier et fut célèbre à la cour de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Alexandre Dumas l’a popularisé dans ses romans « le Collier de la reine »et «les Mémoires d’un médecin ». Nous ne reviendrons pas sur le cas médiumnique si curieux d’Hélène Smith.
M. le professeur Flournoy, dans son livre « Des Indes à la planète Mars », a étu dié ce cas avec une science et une conscience remar quables. Une quatrième édition de ce livre vad’ailleurs paraître chez Atar,ce qui prouve avec quel intérêt on s’est préoccupé de ces merveilleuses manifestations. Cagliostro apparaît constamment en vision à Hélène Smith. Us ont ensemble des conversations.
Cagliostro encourage, conseille, blâme même et gronde à l’occa sion Hélène. Celle-ci suit toujours ses conseils et s’en trouve bien. Elle aurait été, paraît-il, sauvée de maint danger, préservée de maint ennui grâce à cet excel lent esprit et protecteur. Nous nous bornerons à don ner des détails objectifs sur la nouvelle manifestation.
LES MYSTÉRIEUX TABLEAUX D’HELENE SMITH 2 l3 Le nouveau portrait a été fait en treize séances, du 23 novembre au 11 avril dernier, toujours dans les mêmes conditions, que nous ne répéterons pas. A noter cependant que, cette fois, le pinceau seul a servi à peindre et qu’Hélène n'a pas utilisé ses doigts. Les séances ont duré environ un quart d’heure chacune. Avant de commencer le tableau, plusieurs visions étaient apparues au médium.
Le 5 septembre, c’est une grande ombre carrée non définie, le io encore la même avec des flocons blancs tourbillonnant devant : c’est l’annonce d’un nouveau tableau dont on ne connaît pas encore le sujet mais qui fut expliqué plus tard, le i3 avril, une fois le portrait de Cagliostro terminé. Cette dernière vision montrait le tableau complètement terminé de « Jésus à Emmaüs ».
Deux jours après, nouvelle vision d’un nouveau tableau « La Transfiguration », ce dernier avait un tel éclat et rayonnait d’une telle beauté que Mlle Smith se demande avec anxiété comment elle pourra arriver avec des moyens humains à reproduire ce qu’elle a vu.
On se rappelle que pour les tableaux déjà men tionnés, notre médium voyait le personnage figurer derrière la planche (car elle peint sur du bois) et que celle-ci devenait transparente comme du verre. Pour Cagliostro, ce n’est plus la même chose. Le modèle lui apparaît à côté de la planche et entouré d’une sorte de lumière astrale tandis que des flocons blancs recouvre ladite planche.
Mlle Smith a eu cette fois l’heureuse idée de faire photographier à ses diverses périodes son nouveau tableau. Neuf photographies ont été prises sur les
l’initiation 214 treize séances et apportent à la science un document capital du plus haut intérêt. Les voici dans leur ordre : Première séance: Les deux yeux sont entourés d’une sorte d’auréole ombrée et ressemblent à des lunettes de chauffeur. L’effet de ces yeux solitaires piqués sur cette planche est des plus bizarres. Deuxième et troisième séances, les 25 et 27 no vembre.
La tête apparaît encore informe;cela donne l’impression d'un crâne sali ayant séjourné dans la terre (à rapprocher du fait que Cagliostro ou Léopold, comme l’appelle Hélène Smith, a été enseveli à San Léo dans le coin des criminels, et jeté par conséquent sans cercueil dans la terre). A remarquer aussi l’emplacement du nez restant tout blanc.
Les contours de la tête sont encore à ter miner; pas encore de cheveux, une sorte d’ombre s’étendant sur le crâne et le front. Quatrième et cinquième séances, les 3o novembre et 2 décembre : le cou et le haut de la chemise ap paraissent. Sixième et septième séances, les 8 et 12 décembre : Le buste se termine presque, recouvert d’une robe de prisonnier en bure et couleur marron, attachée avec une cordelette.
Ces quatre photographies sont prises un ou deux jours après chaque séance et reproduisent normale ment le tableau. Le ¡5 décembre, à la huitième séance, on photo graphie le jour même et le résultat stupéfie le photo graphe autant que Mlle Smith. Le cliché reproduit
LES MYSTÉRIEUX TABLEAUX d’hÉLENE SMITH 215 une tache lumineuse, sorte de nuage ou vapeur fluidique, cachant en partie et défigurant la tête de Cagliostro. Par un curieux effet d'optique, fceil semble avoir changé de direction et regarde du côté du nuage.
A noter que cette tache lumineuse n’a pas été perçue sur le tableau par le photographe ni par Mlle Smith au moment de l’opération ; c’est seulement pendant les visions postérieures que le médium avait vu cette sorte de lueur fluidique entourer Cagliostrc. Là-dessus, Mlle Smith étant tombée malade, les séances sont interrompues. Le 26 février, neuvième séance et l’on photographie le jour même.
Les mêmes lueurs fluidiques, placées plus au centre cependant, recouvrent la figure et la déforment. L’impression de ces photographies est terrible. On croirait voir une de ces têtes de noyés exposés à la Morgue, tant la déformation est intense. Le 3 mars, dixième séance et photographie : la lueur reproduite est encore plus forte et est répandue sur tout le tableau. Le 15 mars, onzième séance. Les cheveux et le fond se terminent.
La lueur déformante est toujours là. Enfin, les deux dernières séances, les 3o mars et 11 avril, terminent complètement le portrait. Cette fois, la dernière photographie est prise plusieurs jours après et le cliché produit un résultat normal, sans aucune lueur mystérieuse. Le nez est enfin terminé. La tête est remarquablement intelligente, le menton carré, très accusé, énergique. De grands yeux bruns bien ouverts. Des cheveux gris, doux, séparés par une
216 l’initiation raie et relevés sur le front par une mèche. La bouche lippue bien dessinée. La physionomie est très ouverte: c’est l’expression de quelqu’un qui a souffert. Quel ques rides au front et au coin de la bouche. Caglios tro peut avoir là environ une cinquantaine d’années; il a le teint mat, les traits sont amaigris par la souf france.
Il est en costume de prisonnier avec sa robe de bure. — La figure se détache avec un relief très saisissant sur un fond vert d’eau remarquablement fondu et s’éclaircissant vers les épaules. On se rap pelle que les tableaux sacrés sont de style byzantin. Ici rien de pareil. C’est en somme un tableau mo derne tout différent des autres. 11 existe au Louvre un portrait de Cagliostro en costume de cour et per ruque.
La pose, le costume sont tout différents ; en outre, il a la figure très bouffie. La ressemblance n’est certes pas frappante. Cependant on reconnaît Je même front et le même menton carré. Mlle Smith possède une reproduction de ce tableau et chacun pourra comparer. C’est avec beaucoup d’étonnement que Mlle Smith a vu sa série de tableaux sacrés ainsi interrompue par ce portrait de Cagliostro.
Elle pen sait que cela apporterait de la perturbation dans son œuvre. Les visions qui lui ont annoncé la reprise in cessante de ces deux tableaux sacrés dont nous avons parlé plus haut l'ont rassurée sur ce point. Quant au cadre, il a aussi son histoire. Le fond en bois avait été enchâssé dans le cadre.
Le 16 décembre, Mlle Smith entend la voix de Léo pold lui disant de sortir le panneau du cadre ; obéis sante, elle fait venir le menuisier qui est obligé de
LES MYSTÉRIEUX TABLEAUX d’hÉLENE SMITH 217 creuser le cadre pour sortir le panneau. Le 20 février, autre vision du tableau entièrement terminé avec cadre ovale à l’intérieur et non carré ; le menuisier est appelé pour corriger ce détail. Hélène croit voir des roses rouges sur le cadre. Elle se trompe ; car le lendemain une nouvelle vision lui montre que ce sont des dahlias qu’elle devra peindre.
Elle se met donc au travail, fait un fond vieil ivoire, puis le change sur le conseil d’amis. Mais Léopold n’est pas content : il se manifeste à deux reprises et insiste pour qu’on fasse à son idée. Mlle S. fait tout regratter et'reprend son fond vieil ivoire.
Sur le fronton, elle place une médaille des « Rose-Croix » ; de chaque côté un bouquet de pensées se continuant dans les angles par de beaux dahlias et retombant sur les côtés par des branches de lierre ; en bas, un ruban vert-argent avec l’inscription « Cagliostro » et au-dessus le triangle franc-maçonnique enlacé de branches d’acacia blanc.
Cette nouvelle manifestation médiumnique de Mlle Hélène Smith, nous l’avons relatée dans ses petits détails, étant donné son intérêt extrême. Qui donnera maintenant la solution de ces étonnantes photographies enregistrant des lueurs fluïdiques non perçues par le photographe ? C’est un fait nouveau que nous ne nous chargeons pas d’élucider.
Les per sonnes que cela intéresse seront toujours reçues avec la même bienveillante hospitalité par Mlle Smith. On peut lui écrire directement (joindre un timbre pour la réponse) ou demander des renseignement à « La Suisse » (joindre aussi un timbre pour la ré ponse).
<H8 Le Grand Œuvre Je suis toujours surpris quand je constate que des disciples de l'Hcrmétismc, citent, dans leurs articles, les travaux de M. Tiffereau. M. Tiffereau n’est en effet qu’un chimiste moderne qui, comme tous les chimistes modernes, n’a absolument rien compris à l'Alchimie.
En effet, non seulement il méconnaît le processus opératoire tel que l’enseignent les maîtres de l’art, mais il ressort de ses écrits, qu’il n’accorde aucune réalité aux admirables résultats obtenus par lesdits maîtres. Les preuves nombreuses de transmutations opérées devant des témoins au-dessus de tout soup çon et que Lenglet-Dufrénoy et Louis Figuier ont péremptoirement établies, ne sont niables que par des esprits bornés ou préconçus.
Ces opérations autant répétées que concluantes démontrent que plusieurs kilogrammes de métal peuvent ctre transmués en or pur avec un grain de poudre de projection. Or, M. Tiffereau, depuis soixante ans, cherche à nous prouver qu’avec plusieurs kilogrammes de mé tal, on peut faire un milligramme d'or 1 Pourquoi tant de mal et d'énergie dépensés en pure
LE GJ^AND ŒUVRL perte? Espère-t-il convaincre de la réalité alchimique nos savants actuels ? Qu'il se détrompe, car jamais un chimiste convaincu ne sera un alchimiste: nous en avons une preuve absolue en l'un de nos plus géniaux chimistes modernes, M. Berthelot. M. Berthelot dit : « Les formules des alchimistes, nous les connaissons, nous les avons pratiquées ».
Cette affirmation naïve ou prétentieuse d’un homme de génie montre d’éclatante façon, l’énorme distance qui sépare la chimie de l'alchimie. La chimie est une science physique basée sur l’ana lyse et que tout homme peut apprendre avec succès. L’alchimiie est une science morale et de synthèse, que seul un homme évolué dans le sens divin peut ac quérir.
Le Grand Œuvre n’est pas une conquête maté rielle. mais bien une conquête morale, et il faut que l’âme de l’alchimiste soit d’or, pour qu’il lui soit per mis de faire de l'or. Les sages ont tous dit que la connaissance du Grand Œuvre était une faveur de Dieu.
Les sages ont dit cela et l’ont prouvé, car il n’est dans l’histoire aucune exception à cette loi : que tous ceux qui reçurent cette faveur eurent une vie exemplaire par la modestie, la piété, la charité et la beauté des mœurs.
Seuls, les hommes vulgaires qui reçurent en don de la poudre philosophale, se firent remarquer par leur conduite scandaleuse; mais ceux-là n’étaient pas des sages et ils retombèrent dans l’oubli et le dis crédit, dès que leur provision de poudre fut épuisée. Non, monsieur Tiffereau, croyez-moi, jamais l’ai220 l’initiation chimie ne sera conquise par les chimistes, elle ne sera jamais une science sociale.
Elle est un sanctuaire . sacré où l’on ne pénètre qu'avec une clef secrète qui se forge lentement dans l ame de l’homme. Celui, qui, par une voie cardiaque, faite de solitude, de mé ditation et de prière, sollicite humblement la lumière divine, peut seul trouver le chemin de vérité.
Je ne crains donc nullement d’affirmer ici, que jamais cette lumière n’éclairera un cœur impur, et ne sera jamais connue par une association quel conque de chercheurs. Jean Mavéric.
Les Élémentals dans le Spiritisme Nous avons tous souri, quand je dis nous, j’en tends les occultistes ou les sceptiques, en entendant émettre la trop simpliste théorie spirite par laquelle on voit, comme sur une échelle, les esprits parcourir les diverses étapes du progrès indéfini.
Qu’un mensonge soit proféré, ou qu’un mot trop héroïque soit donné par une table dans une séance spirite, on n’y verra que la présence d’un esprit léger, prêta contrecarrer la manifestation des grands esprits, gênés pour bien peu il faut en convenir! Certes, cette théorie est la plus simple, aussi estelle adoptée par tous les néophytes ès sciences oc cultes.
La théorie adverse, chacun la connaît, est celle du catholicisme, si finement défendue par le regretté Gaston Méry et qu’on me pardonnera de synthétiser d’une façon brutale : Le Diable partout. Lvant d’examiner par quel point pêchent ces deux théories, voyons des faits. Il s’agit d’expériences, ayant une étroite analogie avec celles exécutées par —comment dire...— l’inter médiaire d’Eusapia Paladino.
Mme Louis Maurecy a, dans rEcho du Merveil222 L’INITIATION leux du 15 août dernier, fait le récit de deux séances obtenues dans son appartement. Voici la dernière plus récente. Etaient assis, autour d’une lourde table de salle à manger, les personnes suivantes : M. Cesbron, le peintre bien connu ; sa fille et son fils, le peintre Jacques Cesbron ; M. Bacon et sa femme, qui possède de grandes facultés de voyance. M. et Mme Broret, Mme Maurice, M. N..., Mmes N... et Maurecy, de la Société des gens de Lettres, et moi.
Un angle de la pièce voisin d’une desserte et d’un placard mural soigneusement visités, fut transformé en cabinet à l’aide de deux rideaux rouges, traînant à terre et suspendus à 3o centimètres environ du pla fond duquel pendait une sonnette. Un tambourin fut accroché à la tringle des rideaux, mais ces deux objets ne furent pas utilisés par la force mise en jeu.
Dans le cabinet : Une chaise paillée, une plaque photographique, une lourde sonnette d’office en ai rain et une cithare de grandes dimensions. Demi-obscurité sur demande de la force. » Eclairage par deux becs de gaz éclairant assez, de la rue, la pièce (située au troisième étage) par deux fenêtres au nord, pour qu’il soit possible de voir les mains croisées en chaîne et le visage de chaque assis tant.
D’abord, des coups dans la table à volonté et sans mesure. Puis la cithare remue et, après plusieurs grince ments des cordes (notons ceci : il est impossible à une main humaine d’effleurer ces cordes sans proLES ÉLÉMENTALS DANS LE SPIRITISME 22? duire un son tnusical), quelques notes sont données. Le la est obtenu, la cithare remue constamment et bientôt accompagne Frère Jacques chanté en chœur.
Deux personnalités sont en présence et même en contradiction. L’une dans la table donne un nom turc ? et l’autre... l’ange Raphaël ???... L une affirme, quand l’autre nie, par coups frappés de toutes sortes, grincements, raps, coups dans les murs, dans la table, ou par d’énormes pas sur ic tapis. La chaise, la cithare, la sonnette remuent à terre. Enfin après divers essais, la chaise s’appuyant sur la jambe de M. N..., monte sur la table.
Ensuite c’est la cithare, que vient recouvrir le ri deau et qui joue devant moi, toutes mains visibles. Le rideau se retire doucement et la cithare va jusqu’à MM.
Cesbron père et Bioret. M. N... reçoit un coup de poing sur la main et Mme Bacon a l'épaule saisie par une poigne formi dable. Le rideau revient et la sonnette s’agite à terre, la lourde desserte est remuée et l’un des tiroirs s’ouvre. Un lorgnon et une clef s’y trouvant sont lancés sur la table. Un couteau ne bouge pas. Puis des coups, des raps etc... On interroge la force du cabinet que je nomme'“ en plaisantant r/ssprt? du coin.
Il veut dire quelque chose. — Alors, derrière M. Biard (un sceptique acharné jusqu’ici), un sté réoscope, voisin d’une pile d’assiettes, s’agite et frappe l’alphabet.
224 l’initiation [décembre Il y a un mot pour chacun. Santé, fortune, pour M. Biard. Réussite artistique (on ne prête qu’aux riches)à M. Cesbron père, une plaisanterieà MM. Ba con et Jacques Cesbron, une héritière pour moi ! ? Nous sommes tous énervés, fatigués. Le stéréo scope continue ses coups, malgré notre indifférence. Quelques coups encore et la séance est close.
La plaque n’a pas été impressionnée et la sonnette est retrouvée avec la cithare, engagées sous la desserte. Le tiroir s’est refermé seul. Voilà des faits patents, indéniables, intruquables. Y avons-nous vu le Diable ? Non, peut-être par ce que personne parmi nous ne croyait au grand Diable d’enfer. Mais ce n’est pas une raison. Certes, le Malin est le mensonge même (la con tradiction des deux esprits ?).
Il se nomme : Légion : (diversité hétéroclite des phénomènes). Il est bas, grossier (les plaisanteries) etc... Je dois avouer que, si le Séducteur avait voulu opérer près de nous, sa tentative eût été ridicule. Possédant la science de l’ange, bien que déchu, il n’eût pas manqué après avoir montré sa force, de se transformer en Docteur Subtil et de jeter le trou ble dans nos âmes. Hors, rien de tout cela.
Il hésite au nom de Dieu, mais sans fracas ni ruse. On peut lui poser des questions serrées, les réponses sont quel conques. Il n’y a rien dans tout cela des prodiges qui induiraient en faute les élus même. Nous avons raison, diront les spirites. Ce sont là les procédés des esprits légers.
IQOpl LES ELEMENTALS DANS LE SPIRITISMF 225 Eh non. Que viendraient-ils faire ? Dépenser une force énorme pour produire des déplacements, cra quements, etc... intéressants. Ils auraient plus vite fait de nous conter cent bourdes par la typtologie, tandis que nous sentons un effort réel pour produire un phé nomène inédit, un désir de plaire. Et puis il îautledire.
Dans une assemblée composée d'expérimentateurs nerveux et presque entièrement de croyants sincères, comment supposer l’absence absolue de tout phénomène supérieur indiquant la présence d’une entité de marque, au moins comme moral ? On peut objecter aussi l’extériorisation de la mo tricité, produite par le ou les médiums ou les assis tants.
Cela pourrait être, pour certains phénomènes, mais pas pour les réponses intelligentes et simulta nées dans leur contradiction. Oui, ces manifestations ont un caractère vulgaire, même dans leurs réponses. Elles n’ont lieu que près du sol et consistent en coups, déplacements, jets d’objets ou accompagnements cacophoniques. Eh bien, l’impression générale est celle-ci, après ia séance.
On croit sortir d’un cirque, où des animaux ont exécuté, ou tout au moins tenté d’exécuter, divers exercices de force, d'adresse ou d’intelligence. Déplus, on sent qu’il est nécessaire à ces êtres de concréter une force ambiante, laquelle ? et ils ne peu vent réussir qu’après de longs et infructueux essais. Les notes données par la cithare en sont une preuve. 15
l'initiation 226 Quatre ou cinq fois avant d’obtenir un son mu sical la corde est pincée comme par des griffes, mais il ne s’émet qu’un bruit sourd impossible à repro duire. Des animaux intelligents, des chiens, des perro quets de l’invisible, voilà à quoi il semble que l’on ait affaire, au cours de ces séances. Ressort-il de ceci qu’elles soient sans danger aucun ?
Loin de là,.car il existe, sur notre terre, des êtres terribles, quoique intelligents. De ce nombre le loup, l'éléphant, le lion ou la pieuvre. Et cest bien ainsi que sont décrits les élémentals de l’occultisme, en dehors des larves éphémères. — Ils sont au service de l’un de nous, ou simplement ils peuvent se manifester à nous.
Ils n’y manquent point et s'empressent de nous plaire en mettant à notre disposition leur savoir-faire souvent grossier. Que pouvons-nous pour ces êtres, nos satellites ? Nous ne le savons pas souvent. J’ai parlé plus haut des larves, elles sont aussi à craindre. Elles surtout ont besoin de vous et un besoin féroce. Elles sauront faire payer cher au corps ou au cerveau débile leurs pitreries.
Aussi, ne saurai-je jamais assez m’élever contre ces expériences faites par des ignorants, des emballés ou des faibles. Il ne suffit pas d’avoir du courage, pour oser. Il faut avant tout avoir.le savoir qui fait l’homme * prudent et surtout un sang-froid absolu. Ce n’est que lorsque l'esprit est bien rassis qu’on
LES ELEMENTALS DANS LE SPIRITISME 227 peut affronter les risques possibles de ces expériences, qui ne sont pourtant que la physique amusante de la magie cérémonielle. En tous cas, il est nécessaire, en l’absence d’une longue pratique, d’avoir une confiance absolue, en celui quia dit : « Ne craignez donc rien, les cheveux mêmes de votre tête sont comptés » ; mais de qui est aussi cette prudente parole, applicable ici aux im prudents et aux téméraires : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu. » Pierre Borderieux.
338 La Puissance Mantrasique Lorsqu’un thème s’incarne vierge dans l’essence sonore de la Nature, c’est un Mantram. Il est essentiel de comprendre la synthèse de l’in carnation du thème. Il nous faut la diviser dans son unité et la placer sur trois plans différenciés entre eux par leurs rythmes respectifs et leurs valeurs propres. En haut, le plan ou Monde des Idées ; en bas, le plan ou Monde des Formes; au centre, le plan ou Monde des Chars transmetteurs : canaux d’Aspiration de la Forme à l’idée, et d’inspiration de l'idée à la Forme. Le Monde des Idées peut se représenter à l’esprit comme un monde réfléchissant parfaitement les vi brations qui animent les Grands Mondes latents. Il constitue ce Rythme de Durée dont les battements s epandent de la conscience, et qui est appelé « prin cipe divin ». Le Monde des Formes est la manière d’être de cette conscience enveloppée de la nécessité ou Karma an térieur. Les canaux transmetteurs peuvent aussi suggérer l’idée de la Volonté. Et le Monde des Idées
LA PUISSANCE MANTRASIQUE 22g reste, en dehors du Temps et de ses lois, comme l’Essence Providentielle. Les deux canaux transmetteurs synthétisés par le monde intermédiaire, expriment les volontés de l'ar tiste : volonté de la Nécessité par l'Aspiration. vo lonté de la Providence par l’inspiration.
C’est par ce processus d'incarnation que s’établit le pouvoir de créer, ou plutôt, le bonheur de transmettre au monde sensible, des morceaux du Paradis. S’incarner vierge, est pour le thème, l’équation la plus difficile à résoudre. L'artiste est un quaternaire en fusion vers un Idéal, et très rarement il peut constituer l’unité de ses as pects en une esthétique déterminée.
Il faut que ce quaternaire fait d’idées, de formes, d’inspiration et d’aspiration soit en Unité Esthétique avec le Grand Ré gulateur de la conscience, pour permettre au thème de devenir Mantram. Car FUnité esthétique (et c’est ici la clé de la puissance de l’Art) résoud la mathé matique, la logique, le goût et la raison.
Or, trois obstacles se dressent devant l'incarnation vierge du thème: le cerveau, les lois arbitraires des sons et la technique dont l’artiste dispose. » * Supposons le Mantram édifié dans le monde sen sible. Il va exister sous deux aspects, uniques dans leur effet, différents dans leur cause : le Mantram ob tenu par la mathématique des sons et le Mantram issu du thème inspiré.
a3o l'initiation En musique, on appelle « esthétique », la forme créée par la Magie des sons. C’est le « Style » qui reconstitue les valeurs de mondes où les vibrations ne sont à l’artiste, qu’in tuitives. Ainsi, l’esthétique du Mantram mathématique est faite de la tenue du style cérébral, comme l’esthétique du Mantram inspiré, existe par la puissance de l’in tuition.
Les trois facultés de l’artiste, sont: la raison, le jugement et l'illumination. Par la raison, le thème mathématique s’édifie. Les deux jugements: le jugement de l'Aspiration et le jugement de l’inspiration, fixent les « concordances» entre la mathématique et le Monde des Idées.
Enfin, l’illumination est l’intuition spontanée du thème inspiré qui vient d’être évoqué par le Mantram déjà construit mais qui était alors non réalisé. * ♦ * L’artiste quitte le Monde Sensible par l’Aspiration, il atteint le Monde des Idées, puis, revient, par l’ins piration, édifier le Mantram. Voilà son Système So laire.
Mais, si la synthèse en semble claire et facile, l’ex périence, par des artistes du vingtième siècle, en est confuse, enchevêtrée et presque inaccessible. Car en allant vers le Monde des Idées, il faut que l’Aspiration s’évolue, et en revenant vers le monde sensible, il faut que l’inspiration ne se souille pas. Quoi de plus
l.A PUISSANCE MANTRASIQUE 23 I complexe que l'évolution de l’Aspiration, lorsque l'artiste part pour l’idéal ! Tout d’abord l’Aspiration exige une complète do mination sur le caractère ou synthèse des attributs de l’être. Le caractère, dans son ensemble, reflète un système cérébral doué de telles ou telles facultés pré dominantes. L’évolution du caractère a donc comme but le « Soi » dirigeant l’être, alors que le « Moi » est brisé.
Et pour s’élever vers l’idéal, il est nécessaire de réunir les différenciations du caractère et de les sou mettre à une direction intelligente qui réalise alors comme la « plastique décorative du quaternaire ». C’est par cette plastique de l’Aspiration que l’être, en route vers le Monde des Idées, franchit les stades initiatiques de I’Art.
Il monte ainsi du particulier au Général, du personnel à l'Universcl, et par cela même voit, raisonne et juge d’une conscience d’autant plus éclairée que l’intelligence a brisé davantage les en traves de la personnalité.
Entraves du caraetère, propres aux Mondes Person nels ; sortes de «confortables » de l’intelligible, de la logique, et de l’expérimenté, qui voilent l’illumi nation, trompent la raison, faussent le jugement; et lorsque l’inspiration revient, le thème s’incarne... mais il n’est plus vierge de tout contact et de toute souillure.
« * • Le thème inspiré est un Mantram quand l’équation vibratoire du Monde des Idées est réfléchie analogi2?>2 l’initiation quement par le système cérébral de l’artiste, au moyen de la correspondance esthétique de la magie des sons. Le Monde des Idées apparaît aux « involus » de notre planète, comme une sorte de « pays nébuleux » dû aux excitations imaginatives du rêveur ou aux caprices invraisemblables des poètes.
Ce monde est le plus souvent considéré comme l’édification pénible d’un cerveau malade d’où découle une esthétique en délire et un « illuminisme » de fou ! Or, rien n’est plus contraire à la réelle unité que résume l’ensemble d’un Kosmos. Les philosophes de l’antiquité affirment les Mondes Supérieurs et la Hiérarchie Divine de leurs Dieux dans l’éblouissement Sacré de la Tétrade.
Le Monde des Idées est un des mondes les plus lumi neux de la Hiérarchie Olympienne. Soumis à Apollon symbolisé par le Soleil, ce monde vit et vibre de rythmes, de battements et de Mantras tellement puissants, que la moindre parcelle de pensée repré sentant avec exactitude une de ses hiérarchies harmo niques sonores, secouerait la Terre de convulsions définitives.
L’histoire d’Apollon symbolise la vie de l’artiste qui construit son œuvre dans le Monde Sensible. Le Char du Soleil : le Monde des Idées synthétisé en une Idée de ce Monde des Idées ; les Quatre che vaux : la Tétrade Sacrée ; Apollon : l’inspiration ; Phaéton : l’Aspiration. Enfin Apollon exilé : l’hum ble artiste caché sur la Terre; son troupeau: ses œuvres; Mercure : la piraterie, le commerce ; et Midas : le bon bourgeois.
LA- PUISSANCE MANTRASIQUE 233 ♦ • * Ainsi le Monde des Idées est une synthèse réelle de vibrations rythmiques hiérarchisées, qui vit de la puissance attractive, logique et différenciée des ÊtresIdées qui le composent. Et sur le Monde de l’artiste incarné ici-bas, cette puissance attractive, logique et différenciée est parfaitement réfléchie dans sa trans position.
Seules les valeurs changent entre ces deux Mondes ; le Monde Sensible étant un peu comme le Monde des Idées transposé à'un intervalle plus ou moins grand, selon les évolutions, les décisions Kosmogoniques dues aux Karmas enchevêtrés. C’est ce qui explique, que par le seul fait d’une transposition, une idée, même très-simple, du Monde des Idées, si elle peut s’incarner vierge, devient un Mantram dans le Monde Sensible.
Plus la transformation a lieu à un grand intervalle, plus la puissance mantrasiaue est considérable. Mais aussi, plus l’effort de l’Aspiration aura été grand, pour atteindre l’idéal, et plus l’inspiration aura eu d’obstacles à vaincre pour l’incarnation vierge du thème.
Le symbole de cette incarnation se retrouve dans les grandes Légendes qui décrivent la descente des Dieux ou des Héros Divins aux Enfers. • * Il y a donc trois obstacles à l’incarnation vierge du thème.
l’initiation 234 Ces trois « heureuses impossibilités » sont: l’inertie probable du système cérébral, la technique dont l’ar tiste dispose et les lois arbitraires des sons. Il est en eflet peu probable, que le système cérébral puisse suivre les exploits héroïques de l’Aspiration vers le Monde des Idées et la course à l'abîme de l’inspiration et du thème.
Le plus souvent une sorte de catalepsie envahit le mode de penser pendant que les rêves de l’idéal à atteindre captent et fascinent l’Aspiration. Et quand le thème inspiré et l’inspiration fondent sur l'artiste, son système cérébral réveillé en sursaut perd l’instantanéité intuitive ; pendant qu’il se « frotte les yeux » les concordances s’affaiblissent et le Mantram disparaît.
La technique dont l'artiste dispose contribue énor mément à mettre le thème inspiré en valeur. Si l’ar tiste est ignorant (et vraisemblablement, il en existe), si des études approfondies ne Font pas mis en com plète possession du matériel sonore ; si le musicien n’a pas pétri l’harmonie et la fugue comme le pain quotidien de sa compréhension, forcément le thème inspiré tombera pâle et froid dans une forme sans style qui sera son effondrement.
La troisième « heureuse impossibilité » est la mé trique arbitraire du système musical « tempéré ». Me réservant de parler ultérieurement des superpositions harmoniques, je dirai seulement que les principes primordiaux des systèmes diatoniques, chromatiques et harmoniques ne brillent pas précisément par la richesse.
LA PUISSANCE MANTRASIQUE 235 Les gammes modernes sont devenues grandes par les grandes idées qu’elles ont exprimées, mais il est dur de constater que la symphonie Pastorale et le quadrille des Lanciers jouissent du même système tonal. Et cela pour la plus grande joie des rois Midas ! Meudon, 1909. Rita-Strohl. (.1 suivre.)
Lascaris et ses Envoyés (Suite) L’opérateur prit une lame de cuivre ronde d’un pied de diamètre; il la plaça sur un fourneau, en s’arrangeant pour ne chauffer qu’un cercle intérieur d’environ huit pouces, le reste du métal étant ga ranti de l’action du feu ; c’est alors que, l’adepte pla çant au milieu du disque de cuivre chauflé un peu de sa teinture blanche, ce cercle de huit pouces se trouva changé en argent. La même plaque de métal fut ensuite placée sur un fourneau plus petit, de telle sorte que le cercle chauffé n’avait plus que quatre pouces de diamètre, il déposa au milieu un petit grain de teinture rouge qui changea en or ce cercle d’argent. Cette expérience ne présentait rien de bien difficile à comprendre si Dippel n’ajoutait en terminant: « L’artiste ne se bornait pas à montrer l’extérieur de la plaque, mais il la coupait en morceaux pour faire voir aux amateurs de l’alchimie que la teinture avait agi également à l’intérieur ; il leur vendait ces mor ceaux à un prix très modéré. » La première partie de cette expérience s’explique sans peine, si l’on admet que la teinture philosophale blanche ou rouge n’était qu’un composé d’argent ou d’or qui, par l’effet de la chaleur, recouvrait le cuivre
LASCAPIS ET SES ENVOYES 237 d’une couche de l’un ou de l’autre métal. Mais, pour expliquer que les morceaux distribués par l’adepte fussent véritablement de l’argent ou de l’or massifs, il faut mettre sur son compte un tour d’escamotage. C’est ce que l’on peut d’ailleurs accorder sans faire injure à Lascaris, car ce n’est point lui-même qui exé cuta cette expérience, mais bien l’un de ses envoyés.
Dippel nous l’apprend, et son témoignage ne peut laisser aucun doute, puisqu’il connaissait le grand adepte. Si dans le fait qui précède on ne trouve pas une description suffisamment précise des procédés mis en œuvre par les missionnaires de Lascaris, celui qui nous reste à faire connaître donne à cet égard toute satisfaction à la curiosité.
Un procès-verbal minutieu sement dressé par les témoins des opérations, et qui s’est conservé jusqu’à nos jours, permet de com prendre toutes les particularités des expériences qui furent exécutées. Un des missionnaires de Lascaris arriva à vienne au mois de juillet 1716, et convoqua une assemblée des personnes les plus considérables de la ville, afin de convaincre l’incrédulité par une épreuve solennelle.
La séance eut lieu dans le palais du commandant de Vienne. On eut le soin, pour ôter tout soupçon de fraude, de n’employer ni creuset, ni appareils d’au cun genre. On prit seulement une monnaie de cuivre, un « pfennig », on le chauffa au rouge, et, après avoir projeté à sa surface une petite quantité de la teinture de Lascaris, on le plongea dans un certain liquide. On retira la pièce transformée en argent, et le métal
238 l’initiation résista à l’épreuve de la coupelle. La petite quantité de teinture employée était restée à la surface de la pièce sans avoir éprouvé d’altération apparente : c'était une poudre 'blanche assez semblable au sel marin. On constata, d’après le poids des matières em ployées, qu’une partie de teinture avait transmué dix mille fois son poids de cuivre.
Le procès-verbal de ces expériences, dressé par le conseiller Pantzer de Hesse, « in memoriam et fidein rei », a été livré à l’impression d’après une copie au thentique. Voici la traduction du texte original de ce singulier document, que Murr a reproduit dans ses Nouvelles Littérai res.
«Fait à Vienne, le 20 juillet 1716, le septième dimanche après la Trinité, dans l’appartement du prince de Schwartzbourg, le seigneur Wolf-Philippe Pantzer, dans la maison appartenant au général im périal, commandant de la résidence de l'empereur et de la forteresse de Vienne, le seigneur Charles-Ernest de Rappach, en présence du vice-chancelier impérial et bohémien, commandant de l’expédition allemande, Son Excellence le comte Joseph de Würben etde Frendenthal, en présence du seigneur Ernest, conseiller secret du roi de Prusse, et du seigneur Wolf, con seiller secret du prince de Brandebourg-Culmbach et Anspach, en présence des frères comte et baron de Metternich, ainsi que du conseiller de Schwartzbourg, ci-dessus nommé, et de son fils Jean-ChristophePhilippe Pantzer. « i° Vers dix heures du matin, les personnes pré citées se sont rassemblées au lieu désigné. L une
LASCARIS ET SES ENVOYES 2 3g d'elles apporta la poudre philosophale dans un papier : elle était en quantité infiniment petite, et avait l’aspect du sel marin; on la pesa, et on en trouva un loth (demi-once).
« 2° Les personnes présentes pesèrent deux pfen nigs de cuivre, dont l’un avait été pris à l’asile des pauvres de Vienne, le poids du premier fut trouvé de ioo drachmes 8 1/2 grains, celui du second, fait en 1607, en Hongrie, de 68 livres 16 loths.
« 3° On fit chauffer le premier, que le conseiller de Schwartzbourg retira avec une pince de fer; le seigneur Wolf, baron de Metternich, l’entoura d’un peu de cire et en recouvrit un côté du pfennig « in superficie ». « 40 Le vice-chancelier bohémien, qui craignait que le pfennig ne fondît, le fit rougir, ensuite il le jeta « dans une certaine eau », et il le retira si promp tement qu’il se brûla les doigts.
« 5" Tous virent que le pfennig, rouge quand il avait été plongé .dans l’eau, était blanc quand on le retira, avec certaines marques qui prouvaient qu’il avait déjà commencé à fondre. « 6° On commença la môme opération avec le deuxième pfennig, et le résultat fut le même que celui déjà obtenu par le seigneur Wolf, baron de Metternich.
« 70 Mais on n’en resta pas là ; on fît aussi chauffer d’autres pfennigs plus petits, on les soumit à la même opération, et, après lés avoir retirés, on re marqua que la couleur en était changée, mais qu’ils n’étaient pas tout à fait blancs. Les deux frères Metter nich y firent grande attention.
240 l’initiation « 8° On prit un morceau de cuivre en forme de prisme, on le jeta dans « la même eau » apres l’avoir chauffé, et on vit que, dans certaines parties, il avait changé de couleur, mais moins que les deux premiers pfennigs. « 90 On coupa un morceau de ce cuivre, on fit la meme opération et il devint tout à fait blanc.
« io° On l’essaya avec un autre morceau de cuivre, mais on remarqua qu’il était sorti de l’eau sans avoir changé de couleur. « ii° On coupa en deux le plus grand des pfennigs de l’article 2, et on remarqua qu’il était blanc à l’in térieur comme à l’extérieur; le comte Ernest de Metternich en prit une moitié, et le baron Wolf de Metternich l’autre moitié.
« 12° De cette dernière moitié, on coupa un petit morceau pesant deux livres, on le mit dans la cou pelle, et on trouva par le calcul que le pfennig entier s’était changé émargent pesant 40 loths. « 13° On mit le petit morceau de l’article 9 dans la coupelle, et on trouva 12 loths d’argent.
« 140 On opéra de même avec un morceau de 1 ar ticle 8, et on trouva que c’était de l’argent; mais comme on ne l’avait pas préalablement pesé, on ne put savoir exactement dans quelle proportion il s’en était formé.
« 15° Dès qu’il n’y eut plus à douter que le cuivre avait été changé en argent, on chercha le poids de l’argent; on pesa les pfennigs de l’article 2 : le pre mier pesait 125 livres 8 loths, c'est-à-dire 2 5 livres de plus qu’auparavant; le second pesait 79 livres
LASCARIS ET SES ENVOYES 24I 16 loths, c’est-à-dire 11 livres de plus qu'auparavant, ce qui n’étonna pas moins les personnes présentes que la transmutation elle-même. « 160 On ne peut calculer au juste combien une partie de teinture anoblissait de cuivre, parce qu’on n'avait pas pesé le cuivre de l’article 7 et de l’ar ticle 8.
Cependant, si elle n’avait changé que les deux pfennigs, il en résulterait qu’une partie de « teinture » aurait changé 5.400 parties de cuivre erç 6.552 parties d’argent, et, par conséquent, on ne se trompe pas de beaucoup en disant qu’une partie de « teinture » avait transmué 10.000 parties de métal. « Actum loco. in die ut supra, in memoriam etfidem rei sic gestae factae quae verae transmutationis. « L. S.
Joseph, comte de Würben et de Frendenthal. « L. S. Wolf, baron de Metternich. « L. S. Ernest, comte de Metternich. « L. S.
Wolf-Philippe Pantzer. » Pour dissiper le merveilleux des expériences qui furent exécutées chez le seigneur Wolf-Philippe Pantzer, nous croyons qu’il suffit de porter son atten tion sur cette « certaine eau » dont parle le procèsverbal; elle dut jouer dans la transmutation un rôle beaucoup plus sérieux que ne semblent l’indiquer les termes indifférents sous lesquels on la désigne.
Ce liquide ne pouvait être antre chose qu’une « dissolu tion concentrée d’azotate d’argent», liquide incolore, comme on le sait, et que rien ne distingue de l’eau par son apparence extérieure. Les objets de cuivre préalablement chauffés et trempés dans cette dissolu16
242 l’initiation tion en sortaient recouverts d’une couche d’argent métallique. Ce qui prouve la vérité de l'explication que nous croyons pouvoir présenter des faits précé dents, c'est que les objets de cuivre, en subissant cette prétendue transformation, augmentaient notable ment de poids, comme l’article i5 le constate; cette augmentation de poids ne pouvait provenir que de l’argent précipité à la surface du cuivre. On comprend d'ailleurs qu’après avoir subi celte prétendue trans mutation, le métal résistât à l’action de la coupelle; dans cette operation le cuivre du pfennig disparais sait dans la substance de la coupelle, et l'argent, qui était resté en couche épaisse à la surface du métal, formait le « bouton de retour ». On peut se demander, il est vrai, comment les auteurs de cette expérience se méprirent à ce point sur la nature du liquide où les pièces étaient plongées, et n’eurent point l’idée de le soumettre à l’analyse, avant de procéder à aucune opération. Mais c’est probablement parce que les nobles personnages devant qui l’expérience fut exécutée, ces hauts barons et seigneurs, n’avaient pas, en chimie,d’aussi beaux grades (1). Louis Figuier. (T) Nous avons réfuté des objections de Figuier dans un ouvrage antérieur (La Pierre philosophale). Une analyse sé rieuse de l’expérience montre que ces objections sont enfan tines. Parus.
■ ¿43 Essai cTAlphabétologie (Suite) C’est en France que l’aviation est née, c’est en France qu’elle s’est perfectionnée. Les aviateurs étran gers méconnus dans leur patrie ont dû venir chez nous pour réussir leurs triomphales expériences. Le télégraphe, la photographie, le cinématographe sont des inventions françaises, elles correspondent à l'œil, à l’air, à la lumière.
Envisagées sous le point de vue particulier que je viens d’esquisser, les langues deviennent le miroir fidèle des tendances générales des peuples, elles don nent raison de l’évolution particulière de chacun d’eux et permettent même de vaticiner dans ses grandes lignes la marche qu'ils suivront dans l'ave nir.
Les manifestations multiples du génie national d’un peuple, ses us et coutumes, sa religion, son esthétique, tout enfin trouverait dans son idiome une explication rationnelle, mais, chacun de ces thèmes, pour être traité comme par un spécialiste. il convient, devrait être abordé Aujourd’hui un journ aliste, un romancier, un dramaturge, dont le seul talent est de manier correctel'initiation 244 ment.sa plume, se croit capable de disserter sur les sujets les plus disparates en toute connaissance de cause, c’est le de omni re scibili plus ou moins congru.
Un estimable auteur, Vicente Blasco Hafiès, dans un de ces articles qu'il sait rendre si attrayants, discourant sur la peinture, prétend que les couleurs sombres et la science du clair-obscur de l’école espa gnole se doivent à la chèreté des couleurs voyantes, tandis que le noir était bon marché, or, les peintres espagnols étaient pauvres, et il cite à ce sujet Velasquez qui émargeait au budget de Philippe IV, pour quelques pesetas au même titre que le valet de chambre ou le barbier.
Si, au contraire, l’école flamande est lumi neuse, selon le même auteur, c’est que les peintres flamands étaient riches et pouvaient acheter des couleurs claires. Je ne sais jusqu’à quel point Vicente Blasco Hanès peut avoir raison, mais ce que je sais bien, c’est que son explication est passablement ris quée.
On ne peut nier toutefois qu’il est original de voir dans des manifestations artistiques la signature de l’état économique des artistes au lieu d’y voir celle de l’âme collective nationale, reflétée et fidèlement rendue par ses peintres, écrivains, sculpteurs etc... Le peuple espagnol est triste, on l’a déjà remarqué, sa joie meme a quelque chose de grave et de solen nel.
La force et le nombre de ses gutturales ou de ses dentales, l’insignifiance de sa touche labiale, indiquent un peuple replié sur lui-même, sombre, grave, tandis que des voyelles éclatantes et peu nuan cées sont l’indice d’un caractère pompeux, empha tique, amoureux des couleurs voyantes et des vioESSAI d’aLPHABÉTOLOGIE 245 lentes oppositions de lumière.
La musique martelée, le goût immodéré pour les courses de taureaux de la meme nation trouvent de même leur signature dans sa langue. Beaucoup d’autres faits interprétés de cette façon, s’éclairent d’un jour tout nouveau.
On sait que, en colonisant un pays lointain, la civilisation au lieu d’ctre un bienfait pour les indigènes, en est le plus souvent le fléau Les tribus sauvages qui prospéraient autrefois sur le territoire conquis, s’étiolent, meurent et disparais sent.
C’est ainsi que les Peaux-Rouges de l'Amérique du Nord, les aborigènes de l’Australie ont insensible ment disparu et cédé leur place aux nouveaux occu pants et l'époque n’est pas éloignée où leur existence même ne sera plus qu’un souvenir. Il en sera de même pour toutes les races inférieures que le climat de leurs contrées respectives ne mettent pas à l’abri du contact prolongé d’une race supérieure.
Les idiomes informes de celles-là, montrent que seuls des prin cipes totalement matériels sont en action sur elles, elles sont capables de s’assimiler uniquement les principes matériels des nouveaux venus, sans pou voir élever leur intellect à la compréhension et à l’adaptation de leurs principes spirituels.
Elles ajou tent donc des vices nouveaux à ceux qu’elles ont déjà, vices, qui, plus que les âmes perfectionnées de leurs conquérants, les rongent comme lèpre et les anéantissent. Plusieurs peuplades, considérées comme sauvages, ne disparaîtront cependant jamais; elles possédaient
l’initiation 246 avant d’etre conquises des principes spirituels qui les ont fait s’assimiler facilement à leurs vainqueurs.Tels par exemple les Guaranis de l’Amérique du Sud qui sont probablement des civilisés régressés, des des cendants peut-être de ces anciens Atlantes dont l’histoire a gardé des traces nombreuses et dont la civili sation fut anéantie par une catastrophe certainement sans précédente dans les annales de l’humanité.
Le guarani est parlé actuellement depuis la pro vince de Corrientes dans la République Argentine jusqu’à l'embouchure de l'Orinoco, et depuis l’Atlan tique jusqu’aux premiers contreforts des Andes, étendue de territoire beaucoup plus grande que l’Eu rope tout entière, la Russie comprise. Au Paraguay cet idiome est familier, quoique l’espagnol soit officiel, même aux personnes de la plus haute société. Un écrivain américain, J.
Domingo Cortes parlant de cet idiome a dit : « Dans Je guarani, les éléments du langage se trouvent généralement réduits à leur plus simple expression, et servent à composer les mots en se combinant les uns aux autres avec la plus grande facilité. Selon quelques philologues, l’abon dance inépuisable et le mécanisme admirable du guarani la font aussi savante et philosophique que n’importe quelle langue du vieux monde, le sanscrit excepté.
Suivant le savant professeur Vater, il est re grettable que les idiomes américains n’aient d’ana logie avec aucune langue européenne, sauf la bas que, que les linguistes regardent comme la plus an cienne de l’Europe, simple, ingénieuse, flexible et
EShAl T'ALPH ABETOLOGIE 247 riche comme la guaranic, quoique moins douce et moins harmonieuse. » L’ignorance et le manque d’écriture parmi les Guaranis et autres peuples, soi-disant sauvages, of frent un contraste digne d’appeler l’attention du phi losophe qui compare ce retard avec la régularité et la douceur de leurs idiomes.
Une langue aussi parfaite que la guaranie ne peut être que le résultat d’une civilisation très avancée, si on ne veut signaler au langage humain une origine surnaturelle. DES VOYELLES Entre toutes les lettres de l'alphabet, les voyelles ont une importance capitale, car c’est en elles que réside la vie verbale, puisqu’en se combinant aux consonnes elles rendent le langage possible.
Je ne me sens pas l’haleine suffisante pour discourir sur ce sujet en lui donnant toute l’importance qu'il mérite. Ici, d'autres considérations entrent en jeu. Ce serait le cas d’interpréter les accents toniques, différents dans chaque langue, et la modulation inconnue dans nos langues occidentales, telle qu’elle existe en chi nois et en annamite pour différencier la signification des mots.
L’audition colorée devrait être aussi prise en considération sérieuse; malheureusement,le résul tat des observations faites jusqu’à ce jour ne sont pas assez concordantes, soit à cause de l’imperfection ou des différences de moyens employés, des variations de sensibilité et de tempérament des sujets ou pour
l’initiation 248 toute autre raison, ce qui m’a obi igé à éliminer ce genre de preuves, qui pourra être employé plus tard avec succès, et sera sans nul doute concluant. Je me contente pour le moment de poser de simples jalons,qui,dans l’avenir, serviront de points de repère. Tout ce qui, dans le Monde Sensible, tombe sous nos sens, se manifeste en modequaterne.
Les voyelles, n’échappent point à cette loi ; elle se réduisent en défi nitive au nombre de quatre. Les autres sons du lan gage classés parmi les voyelles, et même certaines, diphtongues ne sont que des modifications des quatre voyelles mères, qui sont : A. I. O. E. x. A. Ce premier caractère, dans presque tous les idiomes connus, est le signe de la puissance et de la stabilité.
Les idées qu’il exprime sont celles de l’unité et des principes qui la déterminent. En d’autres termes, A représente le premier prin cipe, l’actif. Cette lettre porte la signature de ce qu'elle représente dans la façon dont elle est énoncée.
En effet, tandis que la mâchoire supérieure demeure immobile, l’inférieure exécute un mouvement très accentué de haut en bas, on peut donc représenter a graphiquement par un trait vertical | , symbole du principe actif, de la première dimension. ' I.
Image de la manifestation potentielle, de la durée spirituelle, de l’éternité des temps et de toutes les idées qui s’y rapportent, caractère remarquable par sa nature vocale, mais qui perd toutes ses facultés en passant à l’état de consonne, où il ne peint plus qu’une durée matérielle, une sorte de lieu comme î ou de mouvement comme w.
ESSAI d’aLPHABÉTOLOGIE 24g Platon donnait une attention particulière à cette voyelle, qu’il considérait comme affectée au sexe féminin,et désignant par conséquent tout ce qui est tendre et délicat. La signature de cette lettre est inéquivoque. Pour la prononcer, les deux lèvres, légèrement séparées l’une de l’autre s’étirent de chaque côté, la bouche forme alors une ligne horizontale, — image du prin cipe passif et de la féminité.
La fixité du sonde ces deux voyelles est remar quable. Elles ne peuvent être que brèves ou longues. On peut les moduler de quelque façon que ce soit sans qu’elles cessent d’être A ou I. Avec o, ou, u et eu, nous sommes en possession de la troisième dimension ; la bouche pour la pronon cer forme un trou, signature delà hauteur ou de la profondeur. O, en annamite, signifie nid, trou.
En guarani, les verbes se conjuguent comme les nôtres; mais, ce que nous appelons les personnes du verbe sont expri mées au singulier par A, Ere, O ; par exemple : Ai, je suis Amboé, j'enseigne Erei, tu es Eremboé, tu enseignés Oi, il est Omboé, il enseigne Ce caractère (n. ou), dit d’Olivet, offre l’image du mystère le plus profond et le plus inconcevable, l’image du nœud qui réunit, ou du point qui sépare le néant de l’être.
C’est le signe convertible univer sel, le signe qui fait passer d’une nature à l’autre, communiquant d’un côté avec le signe de la lumière
25o l’initiation et du sens spirituel qui n'est que lui-même plus élevé, et sc liant de l'autre côté, dans sa dégénéréscence, avec le signe des ténèbres et du sens maté riel (7), qui n’est encore que lui-même plus abaissé. La rencontre de A et de I,de la ligne verticale et de A 1 — O I ----------- ----------- I LT l’horizontale, donne naissance à ce peint qui sépare le néant de l’être. Du point U comme centre, avec un rayon quelî conque, décrivons un demi-cercle dans le plan qui passe par I I et faisons-le tourner autour de I I pris comme axe et nous aurons une demi-sphère dans laquelle le i = 0 s’irradie dans toute, les directions.
ESSAI d’aLPHÆBÉTOLOGIE 25 I Si nous continuons à taire tourner notre demicercle, nous formons une sphère complète, dans la partie inférieure de laquelle se développe le y. Mais la O est-elle réellement le rayon de la sphère ainsi formée? Reconnaissons que ce rayon projeté sur la circonférence y est contenu exactement six hébreu. Si c’est par hasard que le ou les auteurs du dit alphabet ont assigné ce rang au signe en question, avouons qu’il est aussi grand et extraordinaire que le hasard qui leur a fait assigner à x le nombre i, et à i le nombre io, sur lesquels on pourrait entrer dans une foule de considérations très importantes. La E occupe une place à part parmi les voyelles. C’est la seule que l’on puisse prononcer sans que la bouche assume une forme spéciale. Elle peut s’émettre d’une
2 52 l’ INITIATION simple expiration et représente ainsi très exactement l'haleine de l’homme, l’air, l’esprit, l’âme, tout ce qui est animateur et vivifiant. Avec la permission desgéo mètres, je dirai que la E est la signature de la qua trième dimension.
En géométrie, la troisième dimen sion est considérée dans l’espace et non linéaire comme les deux premières; on devrait donc la dé composer en deux, si on veut expliquer la formation des solides. En effet, avec les trois dimensions ad mises, on ne pourrait former qu'un angle trièdre; en imaginant un quatrième plan, nous le limitons et formons le plus simple des solides, la pyramide.
Dans l’exemple de la sphère cité plus haut, la E forme la surface de la sphère et en suit le rayon dans toutes ses transformations ; o, ou, u correspondent dans notre langue à e, é, è. En espagnol et en italien la E n’a que deux sons, é et e muet, devant m et n; dans ces langues, la o n’a .de même que deux va riantes, o et u.
Comme son, la A a remplacé la e devant m et n, dans notre langue, et chose plus remarquable en core, la m est transformée en n : ambre,chambre,etc. Il n’y a plus,en vertu de cette transpôsition,de diffé rence dans la langue parlée entre : en, an, encre, ancre ; dense, danse ; entre, antre, etc. Les expressions faisant défaut à ma pensée, je ne risquerai aucune interprétation sur les particularités que je viens de signaler. Elles pourraient paraître obscures et hasardeuses. L. T.
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction ei à la reproduction des classiques anciens. La reproduction des article» Inédit» publiés par l'Ir.itialicn est formellement Interdite, à moins d'antorisatlon spéciale. Peut-on communiquer avec les morts ? Le Bureau Julia.
La question des rapports possibles entre les vivants et les morts n’intéresse, en somme, que quelques penseurs à notre époque. La grosse majorité du public attend d’être « de l’autre côté » pour avoir des idées nettes sur ce sujet. Ceux qui ont lu quelques études fantaisistes ou spirituelles à ce propos croient encore que les faits psychiques ne reposent que sur le char latanisme, la crédulité dçs naïfs ou la fraude des médiums.
Pour les initiés à ces études, il n’en est pas de même. Un être décédé sur terre est, pour eux, plus vivant que jamais dans un autre plan (et non pas tant dans un autre lieu) d’existence. Le défi ^cuj
l’initiation 254 ctre comparé à un monsieur séparé par une simple porte massive de ceux qui sont dans le même appar tement que lui. Il ne voit pas ses amis et eux ne le voient pas non plus, mais il peut frapper à la porte et établir ainsi un alphabet compréhensible dans les deux plans.
C’est là le système des prisonniers qui communiquent entre eux au moyen de « coups frap pés » dans les tuyaux qui traversent les diverses cel lules et c'est là aussi le système spirite le plus simple de communication entre les deux plans. Un corps mauvais conducteur de l’électricitécomme le bois est suffisant à cet effet, et la table des spirites est assez connue pour que nous ne nous étendions pas trop sur ce sujet.
Mais le progrès du magnétisme et le dressage des sujets ont donné aux « esprits » de nouvelles facilités de communication.
Un sujet légèrement endormi peut percevoir les forces intelligentes de l’espace, il est alors sujet ou médium voyant, il peut entendre les phrases prononcées par les esprits, il est alors m&fium auditif, il peut enfin s’endormir complète ment et laisser l'influence invisible s’emparer de son corps, agir et parler à sa place, il est alors médium à incarnation.
On peut aussi communiquer avec l’autre plan au moyen de l’écriture automatique {médium écrivain} du plateau alphabétique ou de la table, enfin par la formation d’apparitions complètes ou de fantômes matérialisés qui agissent en dehors du médium (fait de matérialisation). Telles sont les méthodes les plus générales et j’en passe de moins importantes.
PEUT-ON COMMUNIQUER AVEC LES MORTS 255 ♦ » # Après avoir beaucoup ri des faits psychiques, les véritables hommes de science les ont étudiés avec méthode. Il fallait pour cela d’autant plus de courage que les états de médiumnité rappellent souvent pour les profanes des cas classiques de folie, et ce fut là une véritable barrière élevée entre les psychologues et les médiums.
Cependant les recherches cantonnées d’abord dans l'étude des faits purement physiques (déplacementd’objets, enregistrement photographique et sur rouleau enregistreur des actions à distance,etc.) permirent de jeter les premières bases de l’étude sé rieuse des faits réellement psychiques, comme la recherche de la personnalité des êtres qui se mani festent en prétendant être des défunts.
La Société d’Êtudes psychiques de Nancy a obtenu des faits très curieux à ce propos et le Bulletin de cette Société peut être lu avec fruit par les personnes que cela intéresse. Parmi les grandes intelligences que ces phéno mènes ont conquis, il faut citer le directeur de la Review of Reviews de Londres, le champion des grandes idées humanitaires à notre époque : M. Wil liam J. Stead.
A la suite d’expériences de contrôle très minutieux, M. Stead se déclare convaincu d’être en communica tion avec l’esprit d’une femme journaliste d’Amérique (de son vivant), Mlle Julia A. Ames. Inutile de dire le calvaire gravi par M. Stead pour affirmer" sa
256 l’initiation croyance devant le scepticisme d’une époque où l’athéisme et le matérialisme dominent presque par tout. Le curieux des recherches de M. Stead, c’est qu’après une lutte acharnée il s’est décidé à suivre les conseils de l’esprit nommé par son petit nom Julia et qu'il a eu l’idée d’ouvrir un bureau de communi cation entre les vivants et les morts sous le nom de Bureau Julia.
Dans le Strand, cette voie si animée et si passante, s’ouvre une jolie rue pleine de bureaux ou « offices», c’est « Norfolk street »; la dernière maison à droite en descendant est le « Noxvbray house ». Par un bel escalier de pierre on arrive au « Bureau Julia » situé au second étage. Sur les conseils de Julia, M. Stead a groupé plu sieurs sujets ou médiums qui se contrôlent mutuel lement par l’intéressé, par la vision ou par l’écriture.
Des secrétaires et des sténographes complètent l’or gane humain de réception des communications psy chiques. Voici une grande salle encombrée de beaux meu bles et de photographies. Au milieu une grande table, entourée de sept sièges. Le médium intuitif et voyant, M. Robert King, se place à l’est. A sa droite prend place M. Stead; à la droite de M. Stead, Mrs Idith Harper; à la droite de cette dame, M. Papus et à sa droite Mrs E. S. Keelo.
La place de Félicie Scatcherd reste vide lors de mon essai personnel. Le. médium se recueille, ferme les yeux, place ses
PEUT-ON COMMUNIQUER AVEC LES MORTS 257 deux mains sur son visage et, après quelques instants de silence, il parle. Les paroles sont contrôlées par les autres médiums et inscrites et sténographiées par le secrétaire et M. Stead lui-même.
J’ai assisté à beaucoup de séances, j’ai vu en Rus sie, en Allemagne, en Angleterre et en France, la plupart des grands médiums, et cependant peu de séances m’ont intéressé autant que celle-ci dans sa grande simplicité. Les communications que j’ai obtenues sans rien demander m’ont étonné par leur précision et le ca ractère des « esprits » totalement inconnus des mé diums.
J’ai eu des détails inconnus de moi et qu’il me faudra vérifier sur un papier important laissé par un défunt (ceci pour enlever l’objection de la trans mission mentale entre le médium et moi). J’ai reçu aussi des avis sur la manière de mener une campagne entreprise depuis peu et en dehors du milieu spiri tualiste. Après les premiers moments de doute et la pluie de quolibets adressés au « Bureau Julia », beaucoup de personnes se sont émues.
Les com munications de Lefèvre, de Lombroso, de Gladstone ont soulevé d’ardentes polémiques et excité une grande curiosité. Il y a eu, vers le « Bureau Julia ». une ruée de gens, ne connaissant rien aux ques tions psychiques et voulant de force obtenir des relations avec des défunts aimés et avec des person nalités inconnues des consultants. Il a fallu faire l’éducation de beaucoup de ces consultants et’ la 17
i58 l’initiation réussite a répondu au delà des espérances les plus optimistes.
Les chercheurs sérieux qui veulent essayer de communiquer avec des disparus qu'ils ont person nellement connus peuvent aller au « Bureau Julia » et, sur dix essais, ils auront peut-être trois ou quatre succès, ce qui est déjà des plus remarquables En créant le « Bureau Julia », M. Stead a rendu de très grands services à l’humanité et son œuvre sera incomprise de la masse des contemporains, mais n'en sera pas moins belle et moins glorieuse pour cela. Docteur Papus.
Orphée et les Orphiques (Suite.) Le miel était, en effet, l'emblème de la douceur de h mort chez les anciens, comme le fiel était celui de la vie amère. Nous voyons par Euripide (Iphigénie en Tauride,v.
65) qu’on offrait le miel à Ploutôn, à Bakkos-Ktonios, à Zagreus, à Déméter, à Perséphone et à toutes les divinités infernales, et Nicéphore Greg. (Ad Synes : De Insomniis, p. 462) nous apprend que l’on employait cette substance pour les évocations des morts. Le miel était donc réservé au culte des forces astrales en involution, et aux morts qui goû taient les douceurs de miel du repos devachanique.
L’hymne à Ploutôn ne renferme rien de particulier au point de vue philosophique. On sent qu’Orphéc, dans cette hymne plus que partout ailleurs de son œuvre, s’est efforcé de couvrir d’un voile épais les vérités de la Gnose sur le plan invisible (astral) de Ploutôn, vérités qu'il jugeait sans doute néfastes pour les hommes de son temps, comme Moïse en avait jugé du reste de même pour ses contemporains.
Nous ne relèverons de cette hymne que le passage où il est fait allusion à l’enlèvement de la fille de Déméter (Cérès) : Perséphone (Proserpine), fiction que nous expliquerons quand nous étudierons l'hymne à Perl’initiation 260 séphone, et le passage où il est dit que Ploutôn est le seul qui connaisse les œuvres connues et inconnues, aoxvwv epywv tpavepwv.
N’est-ce point la caractéristique du Monde astral où sont enregistrées toutes les œu vres, Ipya, connues et inconnues? 9Etudions maintenant si Orphée, fidèle à l’esprit initiatique, est en concordance dans ses enseigne ments avec ceux de la tradition occulte.
Nous avons vu que l’hymne à Héra concordait parfaitement avec le nombre 14, lettre : (noun) de la Kabale ; avec l’Arcane majeure XIV, les deux Urnes ; avec la quatorzième lame du Tarot : l’Involution ou descente de la Forcedoublement polarisée (Zeus-Héra) dans leur union équilibrée (Poseidôn).
La quinzième lettre de la Kabale (d), samech, le nombre 15, est celui de l'antagonisme, du grand agent magique employé par les volontés mauvaises, celui de la Magie noire ; hiéroglyphique : le Diable, Piuton, le bouc de Mendès, le Baphomet. Le quin zième Arcane, c’est Typhon (l’Ouragan Astral), le Dragon du Seuil.
Enfin, la quinzième lame du Tarot c'est également le Diable, Pluton, le Dragon du Seuil, le résultat de la descente de la Force (Zeus-Héra), invoiution réalisée, chute. Ploutôn (1) étant la force (1) Ploutôn était, mythologiquement, le dieu des Enfers. C’était dans son royaume que les âmes allaient après la mortOr, nous savons, en occulte, que c’est bien dans le plan astral que les âmes vont jusqu’à une prochaine réincarnation.
Pour entrer dans le royaume mythologique de Ploutôn, il fallait boire l’eau d’oubli du passé, l’eau du Léthé ; ésotériquement, nous savons encore que c’est la deuxième mort, en astral, où les principes supérieurs de l’homme occulte se séparent de ceux qui ont évalué sa personnalité terrestre éphémère.
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 261 astrale cosmique en involution, comme nous l’avons démontré plus haut, Orphée continue donc dans ses hymnes à suivre intégralement les enseignements ini tiatiques. Les deux hymnes suivantes sont consacrées au Zeus physique, fulgurant et fulminant. Elles font double emploi avec l’hymne XV adressée à Zeus et viennent d’ailleurs après les hymnes à Héra, Poseidôn et Ploutôn.
Non seulement l’interpolation en est maladroite, mais encore inutile; on reconnaît là probablement l’alliage des disciples d’Orphée, des Orphiques ayant perdu l’esprit des œuvres du grand initié. Passons donc ces hymnes sous silence ; la fac ture poétique en est agréable, mais nous ne pouvons y relever la haute philosophie ésotérique de l’adepte thrace. Et les interpolations continuent.
Suivent, après les deux hymnes précédentes, celles aux nuages, à la mer, à Nérée, aux Néréides. Ces quatre hymnes n'ayant encore rien d’ésotérique, nous le rejetons et nous arrivons de suite à l’hymne, profondément occulte, à Prôteus (Protée), qui s’enchaîne, d’une façon rationnelle, à celle de Ploutôn, la Force Astrale en involution dans le cosmos. Combes, Léon. (X suivre.)
PARTIE LITTÉRAIRE LES BAISERS DIVINS Le Baiser de l Hétaïre. « Krusis, fais avancer ma litière à la hâte... ... Oui... je sors... Tu diras à qui viendra me voir, E usse l’Archontc même et s’il veut le savoir, Qu’Aspasie est sertie et quelle est chez Socrate. » Hélios s’est couché dans la splendeur du soir, Et tandis que rayonne au ciel la blême Hécate, Le philosophe attend sa fin sans s’émouvoir Dans un cachot obscur meublé d’un lit de natte...
Et voici qu’Aspasie entre dans le réduit Où Thanatos déjà, ténébreux et sans bruit. De son illustre ami termine l’agonie; Lors, l’hétaïre en pleurs, s’inclinant à demi Dépose sur le front du vieillard endormi, Le baiser rédempteur de la Femme au Génie. Combes, LéonLES BAISERS ANGELIQUES 263 LES BAISERS ANGÉLIQUES Le Baiser de l’immortalité.
Les douleurs et les deuils, les sombres avanies Que cette terre verse aux esprits libérés Ont, sur un vil grabat, en proie aux agonies, Terrassé le poète aux rêves inspirés. Son diaphane corps, que l’ardeur du génie, En sublimant son âme, eut bientôt dévoré. Repose maintenant, l’œuvre de mort finie. Attendant son départ de ce monde abhorré.
Maib vers les infinis des célestes domaines, Oü chaque élu se livre aux tâches surhumaines Son âme s’est enfuie ouvrant son aile en feu, Car une radieuse et fluidique étreinte L’enveloppant encor, palpitante de crainte, L’a, d’un essor puissant, portée au sein de Dieu ! Combes, Léon
«a<$f ORDRE MARTINISTE Loge Melchisscdec. Sur la proposition du F. *. Victor Blanchard, le nouveau cadre d’officiers nommés par lui a décidé, à l’unanimité, de confier la présidence d'honneur de la Loge Melchissédec au T. *. III.’. F.’. Téder, 33e, g5e, 90e. Notre F.-. Téder a bien voulu accepter ce nouveau titre et nous sommes très heureux de pouvoir l’en remercier par l'organe de VInitiation.
Une charte d’honneur a été décernée par le Suprême Conseil au F.-. Gauthev, de New-York, pour la fondation du journal 7 he Thrcshold. organe de l’Ordre Martiniste aux États-Unis.
ÉCOLE HERMÉTIQUE Nous avons le plaisir d’annoncer à nos amis de pro vince et de l’étranger que les cours sur les clefs clavicu laires et sur le spiritisme de M. Dace, professeur à l’École Hermétique, vont être publiés en tirage à part. (S’adresser à M. Dace, 9, rue dès Beaux-/\rts, Paris.)
365 MOIS OCCULTISTE MOIS OCCULTISTE ÉCOLE HERMÉTIQUE 15, rue Séguier.^ PROGRAMME DES COURS POUR JANVIER igiO. Dimanche 2. — Rozier, 12, rue de Buci. 4 heures. Mardi 4. — Sédir, l’Actualité occulte. Mercredi 5. — Téder, Hermétisme et Symbolisme. Jeudi 6. — Papus, Première année. Samedi 8. — Phaneg, Loge Hermanubis. Dimanche 9. — Rozier, 12, rue de Buci. 4 heures. Lundi 10. — Dace, l’Horoscope. Mardi 11. — Sédir, l’Actualité occulte.
Mercredi 12.— Téder, Hermétisme et Symbolisme. Jeudi ¡3. — Papus, Première année. Dimanche 16. — Rozier, 12, rue de Buci. 4 heures. Luiu/f 17. — Papus, Deuxième année, Loge Le Sphinx. Mardi 18. — Sédir, l’Actualité occulte. Mercredi 19. — Téder, Hermétisme et symbolisme. Jeudi 20. — Conférence spéciale. Samedi 22. — Phaneg, Loge Hermanubis. Dimanche 23. — Rozier, 12, rue de Buci. 4 heures. Lundi 24. — Dace, l’Horoscope.
Mardi 25. — Sédir, l’Actualité occulte. Mercredi 26.— Téder, Hermétisme et Symbolisme. Jeudi 27. — Papus, Conférence spiritualiste, salle des Sociétés savantes, 8, rue Danton. Dimanche 3o. — Rozier, 12, rue de Buci. 4 hçures. Lundi 3i. — Sédir, l’Actualité occulte. M. Phaneg recevra tous les samedis, de 5 à 6 heures, ¡5, rue Séguier.
M. Sédir recevra chez lui, 3i, rue de Beaunc, le ven dredi soir. (Pendant une partie du mois de janvier, Sédir sera en voyage et les élèves seront prévenus à l’École des changements apportés dans les cours du mardi.)
206 l’initiation De LA VIE A LA CAMPAGNE Après ses très remarqués Numéros spéciaux de Prin temps, d’Été et d’Automne, une vraie révélation et un succès, — car jamais on n’avait associé l’Utilité pratique d’un texte à l’incomparable Beauté des Gravures en cou leurs — LA VIE A LA CAMPAGNE, la Célèbre Revue pratique avant tout, publiée sous la Direction de M. Albert Maumené par la Librairie Hachette et Cic, se devait à ellemême de célébrer la Noël, par un Numéro aussi Copieux et Utile que Brillamment Paré d’Admirables Illustrations, Planches Photographies, Dessins, tel que celui qui parait le i5 Décembre.
Ce Numéro de Noël fera les délices de Tous, grands et petits : sous l’Estampe en quatre Couleurs — un Christmas anglais d'Harry Cliott, — tableau rêvé pour une Demeure de Campagne, voici ce qu’il vous donne : Pour vous, ENFANTS et JEUNES GENS, tout un Projet d’installation d’une Nursery et sa transformation en Home particulier avec Chambres, Salle d’études et Salle de récréation.
Pour la parer, une fort jolie planche en trois Couleurs reproduit six amusants modèles de Frises.
A votre attention, MAITRESSES DE MAISON cui songez à la composition des Menus pour les actuelles réjouissances gastronomiques, se succèdent, avec leurs innombrables Illustrations Cinématographiques très spé ciales à LA VIE A LA CAMPAGNE : la Précieuse Recette du Lièvre à la Royale qu'un célèbre maître-queux a rénovée pour vous ; La Réhabilitation des huîtres sa voureuses : celles qu’il faut préférer et savoir déguster ; Asperges fraîches pour Noël, ces merveilles que mysté rieusement on fait pousser pour vous; Fruits sans pareils
PROPHÉTIES 267 que l'on sert en Décembre : Poires obèses pesant près de 2 kilogrammes, que l’on paie jusqu’à 5o francs. Grappes débordantes qui valent 3o francs le kilogramme, etc. Pour vos Cadeaux, MADAME et MADEMOISELLE, l’article Bibelots fleuris, Présent de Noël, vous évitera d’inutiles recherches.
Pour vous, MESSIEURS, voici : Les émouvantes péri péties de la Chasse à l'isard dam les Pyrénées, etc., etc. S'équiper pour la pratique des Sports d'hiver ; Comment on crée un centre de Sports.
Je ne vous cite là qu’une partie des Articles qui com posent le Numéro de Noël de LA VIE A LA CAM PAGNE, pour terminer avec celui qui fait l’objet d’un Concours : Savoir composer un Parterre de Couleurs, qu’accompagne une Subtile Aquarelle, donnant 3 modèles de Compositions d’un même Parterre de broderies Louis XIV, vous posant insidieusement cette question : Lequel des trois Parterres montre la plus distinguée et la plus harmonieuse association de Couleurs, question à laquelle vous répondrez, car il se dégagera de ce Concours une précieuse leçon de Goût pour vous tous, Amateurs ou Professionnels qui voulez votre Jardin de plus en plus beau.
Ainsi que vous Je pouvez constater, LA VIE A LA CAMPAGNE, toujours la première pour solutionner les questions Utiles et Pratiques, n’aurait pas voulu publier Son Numéro de Noèl sous de vaines et superficielles appa rences, même ses Planches en Couleurs sont tout un Enseignement. LA VIE A LA CAMPAGNE donne tou jours plus qu’elle ne promet.
Aussi hâtez-vous de deman der le Numéro à votre Librairie, dans les Gares ou chez Hachette et Cle, de peur d'arriver trop tard. PROPHÉTIES Plusieurs prophéties intéressantes ont vu le jour der nièrement.
208 l’initiation Voici un extrait relatant des prophéties de M. de Sarak, mais le record de l’exactitude appartient à Maya la voyante qui, sur 18 prophéties faites et imprimées, en a vu jus qu’à présent 14 se réaliser. Vous souvenez-vous du docteur de Sarâk ? Venu à Paris il y a deux ans pour fonder un « Centre Ésotérique Oriental », il fut très discuté, puis fit peu parler de lui. Il continuait cependant ses expériences.
Et le 2 de ce mois, il venait à l'intransigeant et priait un de nos rédac teurs de mettre en lieu sûr une enveloppe, cousue et fer mée de six cachets de cire argentée,cette enveloppe devait contenir, prédire à l'avance le verdict du procès Steinheil. L’enveloppe, signée et contresignée, fut mise par notre caissier dans le coffre-fort de l'intransigeant.
Entre temps, il ouvrait chez lui — vendredi soir— en présence d’un de nos rédacteurs, une enveloppe fermée et conservée, paraît-il, dans des conditions où les fraudes étaient impossibles. Cette enveloppe contenait, faites le 27 octobre, des prophéties relatives aux événements qui devaient se passer jusqu'au 10 novembre.
Et, en effet, l’enveloppe contenait la prévision de l’assassinat du prince Ito, de la maladie du Négus, de la tempête sur la Manche, de l'accident de Fontpédrouze, d’une lutte avec des prê tres, d’un accident de Roosevelt, de l’incendie du théâtre de Madrid, de la catastrophe de Bo i vie, etc. Mais nous n’avions pas assisté à la fermeture de cette enveloppe.
Hier soir, M. de Sarâk s’est présenté à nos bureaux, accompagné de M. Charles Barlet, de Me Philippe, de Mme Benoît-Robin, de MM. de la Gouzie, Gébelin, Brous sais, Champrenon, etc. Notre enveloppe fut prise dans le coffre-fort et ouverte par notre directeur. La réponse qu’elle contenait était exacte. Au nom de la
LES PRÉDICTIONS I909 DE MAYA LA VOYANTE 269 < science qui ne se trompe jamais », M. de Sarâk prédi sait que deux incidents étrangers au procès se produiraient (l’affaire Colard et le juré malade, nous a-t-il expliqué), que le verdict serait rendu dans la nuit du samedi i3 et qu’après des luttes et des outrages, Mme Steinheil serait acquittée au milieu des applaudissements. Toutes choses qui se sont vérifiées.
Nous donnons bien volontiers acte à M. de Sarâk du résultat qu’il a obtenu. L'Intransigeant. Les Prédictions 1909 de Maya La Voyante RÉALISÉES Ces prédictions ont etc faites dans VÉcho du Merveil leux du ier janvier 1909 : 1.— Accident chemin de fer Compagnie Midi : Ren contre de 2 trains prés de Puyoo, \5 janv. 2. — Accident chemin de fer Compagnie Nord : Calais-Cologne tamponne un train, 25 févr.
3. — Complications en Orient : Révolution turque. Le 4. — Complications au Maroc : Capture du Rogui. Les Espagnols dans le Riff. 5. — Perte d'un paquebot français : La Seyne a. coulé. 14 hop., 94 morts. 6. — Grèves : Les grèves se sont succédé comme il avait été annoncé : poste, terrassement, bâtiment. 7. — Changement dans le gouvernement : Chute du ministère Clemenceau.
B) Dans VÉcho du Merveilleux, 1er juillet 1909 : 8. — Accident de chemin de fer banlieue : Longju meau, 10 août. 9. — Accident de chemin de fer Midi : Déraillement sur la ligne électrique Cerdagne française. Morts et blessés.
'I y O L INITIATION 10. — Tremblement de terre Italie : A eu lieu oct., nov., déc. 11. — Tremblement de terre Midi France : Toulon, nov. Marseille, déc. G) Prédit le 13 septembre par communiqué à 3i journaux : 12. — Décès d'un aWnfeur : Capitaine Ferber. 13. — Léger accident Latham : A eu lieu Blackpool, ig ocl. î.j. — Plus grave Blériot, oct.-déc. ? (i) :5.— Décès aviateur, oct.-déc.?
16. — Incendie théâtre Paris ) 17. — Accident Métro ; Pas eu lieu au 3 dcc. 18. — Guerre franco-allemande ) G. Ai sset, 22. rue de Chabrol. Prédictions de Maya La Voyante pour 1910 La guerre franco-allemande prédite pour \()O()aura lieu en 1910, Guillaume II attendant les subsides d'une autre puissance. Changement de gouvernement et révolution en France. Assassinat sensationnel d’un homme politique français en vue. Incendie d'un théâtre à Paris.
Accident au Métropolitain. Encore complications au Maroc. Attentat contre un roi. Krach financier considérable (France j. Encore tremblements de terre Italie et midi de la France. Plusieurs accidents graves de chemins de fer français, un surtout Midi. (1) Re'alisé dernièrement.
l’occultisme a pétersrourg 271 Grand incendie usine française, nombreux morts et blessés. t ransatlantique français sombrera dans un voyage de France en Amérique. Plusieurs accidents mortels d'aviation. G. Ausset. 2?, Rue de Chabrol. L’OCCULTISME A PETERSBOURG Le mouvement occultiste s’accentue.
Les occultistes consciencieux, et ils sont peu nombreux, travaillant plu sieurs années dans le silence de leur cabinet, trouvèrent le moment opportun pour publier les travaux, fruits de tant d’années de patient labeur. Ces pionniers de la science persécutés par la foule ignorante ne se découragè rent pas, suivirent les paroles encourageantes du maître Papus: « Travaillez pour ceux qui viendront après vous, semez pour qu’ils récoltent!
Ils se remémorèrent, ces humbles, le vieux texte de Manou:« De même qu’un simple soldat peut souvent d’un trait embrasé mettre l’in cendie à la forteresse la plus imprenable et la* mettre en morceaux, la détruire, de même l’homme le plus misé rable, quand il se fait le champion de la Vérité, peut ren verser les plus solides forteresses où siègent la superstition et l’erreur !
Punarbhava (docteur Crysiski)^ n’aura dans ses confé rences sur l’occultisme autorisées par le gouverneur de Pétersbourg, d’autre mobile que de contribuer à l’étude et à la propagation de l’occultisme ancien et contemporain de la science sacrée, source de tous bienfaits pour l’humanité : car lui et ses confrères ne travaillent qu'à la destruction de la superstition créée par les nihilistes de la science et de
l’initiation 272 l’erreur semée par les sectaires, producteurs de la disso nance dans les cœurs et les esprits ; et par suite aider au triomphe de la Vérité ! Deux Expériences de Psychomélrie par PüNARBHAVA, S. *. I.*. Je vous rapporte deux cas de psychométrie accomplis dans des conditions exceptionnelles qui intéresseront nos chercheurs I.
Expérience faite sur une tresse de cheval coupée à la crinière. — Dans les salons du comte L., on me présenta un objet enveloppé dans de la soie en me priant de deviner le contenu et d’en faire l’histoire.
Après un quart d’heure de concentration active et pas sive, je leur présentai le résultat de mon travail en ces termes : « Ce cheval alezan, âgé de 11 ans, fut acheté par ce monsieur (j’indiquai M. L. de B.) à la suite de la chute qu’il a faite durant les courses, et dont la conséquence fut raiTaiblissement de la jambe gauche, pour 85o roubles, à un monsieur brun.
Ce cheval se rétablit peu à peu, prit part à plusieurs courses, remporta les premiers prix. Attendez !... je vois encore qu’il doit courir demain ; il remportera deux prix, mais dans la troisième course il manquera, et fera sauter le jockey... Attendez, je vais encore plus loin.
L’ex-propriétaire du cheval veut le ra cheter pour 2.700 roubles, et puisque cette affaire ne réussira pas à son gré, il tâchera de nuire à son proprié taire. — Ne pouvez-vous savoir de quelle façon ?
DEUX EXPÉRIENCES DE PSYCHOMETRIE 2y3 — Attendez!... Oui, je crois le voir... C’est que le cheval n’a pas le droit de courir en Russie, car il est importé. Voici la conclusion : Le lendemain, le cheval remporta deux prix, trébucha à la troisième course avec son jockey, et tous deux tombèrent parterre.
Le^marché entre l’ex-propriétataire et le nouveau n’eut pas lieu, et aux courses de Moscou il fut refusé, n’étant pas élevé en Russie, mais importé d’Amérique. PüNARBHAVA. Saint-Pétersbourg, au mois de novembre igog. 11. Expérience faite sur un collier de chien et sur sa couverture en laine. — Mme Makar me parla de son chien disparu depuis plusieurs jours, et pleuré par son mari. Je tentai une expérience pour se faire la main...
On m’apporta la couverture sur laquelle le chien repo sait et son collier en acier. Je m'isolai sur la couverture et pris le collier en mes mains.
« Ce chien que je n’ai jamais vu de ma vie, dis-je, est âgé de 16 ans, blanc et rouge de poil, petit de taille, avec une côte rompue et mal remise, il est en plus sourd et presque aveugle, puis on le traitait pour une maladie de peau, que je ne puis préciser. — C’est bien vrai ! — Vous accusez, continuai-je, votre cuisinière de l’avoir écarté avec préméditation, et lui avez retenu les gages 1 — C’est bien vrai ! — Mais vos soupçons ne sont pas fondés, car le chien s’est échappé de la maison et courut hors de la ville... Non, je sais, vous vouliez me dire qu’il fut pris par le valet de la ville et tué. 18
l’initiation • 274 — Oui, Monsieur ! — Non, il n’a pas été attrapé par le maître des basses œuvres, mais, quand même il n’existe plus. » Conclusion. - Il y a quelques jours, je reçus la visite de Mme M. qui m’informa que son chien fut retrouvé mort à Pievernaïa, où ils habitent l’été, dans leur maison de campagne Vivat sequens ! PüNARBHAVA, S. I.*. Saint-Pétersbourg, au mois de novembre 1909. VARIÉTÉS Le médium Miller.
Le médium Miller a fait, cet été, un voyage en France, dans le but de s’occuper de ses affaires commerciales. Il aurait accepté de donner à Paris une seule séance de rigoureux contrôle, mais il paraît qu’un comité n’a pu être constitué. Pendant son séjour à Nancy, il a consenti à donner une séance chez une famille amie.
Bien qu’il n’y ait pas eu de contrôle, dans le sens strict du terme, cette séance a per mis de constater que certaines suppositions malveillantes n’étaient pas fondées. Nous donnons, ci-dessous, une relation succincte de cette séance. Séance du 3o septembre 1909. — Étaient présents: MM. Beaulaton, P. Drouville, Fouquet, Jacob, Millery, Thomas, Xardel ; Mmes Beaulaton, Drouville, Fouquet, Jacob, Mile Fouquet.
Miller s’assied, comme d’habitude, en dehors, à gauche du cabinet. Après quelques minutes, on entend la voix de Betsy donnant les indications pour obtenir la lumière.
VARIETES 275 Une forme blanche apparaît, donne le nom de Betsy, salue en disant bonsoir à tout le monde. Elle prie l’assis tance de bien remarquer que les mains de Miller sont visibles sur ses genoux. Ce qui est reconnu exact. Elle se retire. On distingue la forme d’un bras, faiblement lumineux qui apparaît à différentes reprises et chaque fois touche plusieurs personnes.
Mme Beaulaton, au moment où elle est touchée, éprouve une vive surprise; d’un mouvement impulsif, elle écarte les personnes du premier rang, Mme Drouville et M. Fouquet, se penche, saisit les mains du médium. Ce geste n’interrompt pas la production du phénomène, le bras continue à être visible, à se mouvoir, à toucher les assistants.
Ce fait détruit l’insinuation que Miller profite de la demi-obscurité pour placer sur ses genoux des gants blancs, afin de simuler ses mains pendant que celles-ci sont occupées à produire les manifestations. Des lumières apparaissent, affectant différentes formes : croix, cœurs, sphères. Ces lumières sont d’une intensité lumineuse très variable; les unes ternes, les autres très brillantes ; pour d’autres, le centre nimbé brille d’un vif éclat.
Elles se meuvent et s’approchent parfois des assis tants, sans les toucher. Une forme se présente, on remarque une lumière à la hauteur du front, elle prononce le nom de Jea'nne d’Arc et dit être heureuse d'être venue. Une apparition d’une formeenfantinevient vers Mme J..., la touche en disant : « Maman >. Mme J... lui demande de l’embrasser. Betsy dit à Mme J... de s'avancer, ce qu’elle fait, et elle ressent un frôlement sur les lèvres, .
Une boule blanchâtre se forme sur le sol prés de M. Millery;une formation fantômale s’en dégage, qui dit être venue pour M. Millery. Celui-ci, dans l’intention d’une vérification ultérieure, demande l’heure à la' per sonne préposée à la lampe. C’est Betsy qui répond 9 h. 10. On vérifie, et on reconnaît l’exactitude de la réponse.
2/6 l’initiation Vient un fantôme qui donne le nom de George Sand, et se retire. Le bras apparaît de nouveau, il touche Mmes Beaulaton, Drouville et Jacob. On aperçoit une sorte de petite ombre qui glisse sur le parquet; le bas de la robe de Mme J... est tiré, elle baisse la main, et il lui semble tenir le cou d’un animal. Betsy dit que c’est un ’chien.
M. Thomas sent sur la jambe un grattement semblable à celui qu’un chien fait avec la patte pour attirer l'attention. Betsy dit que Miller doit entrer dans le cabinet, mais, qu’avant, il faut mettre un tapis. M. ‘.Thomas s’abaisse contre les rideaux pour placer le tapis demandé, il reçoit de nombreuses tapes amicales sur l’épaule gauche, c’est-àdire sur celle qui se trouvait à côté de Miller, toujours assis dans l’assistance.
Pendant la production de ces phénomènes, Miller a fréquemment attiré l’attention sur ses mains, priant de constater qu’elles ne cessaient d’être visibles sur ses ge noux. Constatation en fut faite. Miller pénètre dans le cabinet, il n'est pas cntrancé. Betsy apparaît et dit que le médium va se montrer avec elle, ce qui a lieu, bien visiblement pour tous. Ils se re tirent. Betsy revient, serre la main à Mmes Drouville et Jacob.
Ces dames, ainsi que M. Thomas, ont pu constater que le tissu du voile dont Betsy est recouverte n’est pas du tulle illusion, mais un tissu identique à de la mous seline. Un autre fantôme se manifeste et dit se nommer Jean Fouquet ; il était militaire. On lui demande s’il est venu pour M. F... ; plusieurs coups affirmatifs sont frappés dans le cabinet.
Une lumière astrale apparaît, le nom de Lily Roberts est donné ; on lui demande si elle pourra se matérialiser plus complètement. Elle répond que cela lui est impos sible. D’autres lumières lui succèdent, elles diffèrent de forme et de clarté, Betsy dit que ces lumières sont des
VARIÉTÉS 277 corps astraux, la représentation de ce qui reste de nous après la mort. Une sphère lumineuse s’approche de M. Thomas, qui avance les mains avec lesquelles il contourne complète ment cette boule, ce qui lui permet de constater sa flui dité ; elle flotte librement dans l’espace, rien de matériel n'est saisissable. Un phénomène curieux se produit : M. Thomas res sent sur le côté gauche du visage une sorte de courant d effluves.
Il ne se rend pas bien compte, tout d’abord, de ce que cela peut être; voulant se convaincre qu’il n’est pas le jouet d’une illusion, il porte la main devant son visage, et il ressent sur la face dorsale de sa main la même impression. Le phénomène s’étant reproduit quel ques instants après, M. Thomas apprécie que c’est bien la sensation (1) que l’on éprouve en présentant le visage à une machine électrique de faible intensité.
Betsy apparaît une dernière fois, prend congé de l’as sistance et se retire en disant : < A l’année prochaine. » Au cours de la séance, un froid intense fut ressenti à plusieurs reprises. Après la séance, MM. Millery et P.
Drouville. i ngénieurs-chimistes, dont l'attention avait été attirée par les formations lumineuses, examinèrent la possibilité de les produire sans employer un certain nombre d’appareils usuels d’un certain volume, que le médium n'aurait pu dissimuler à cette séance. Ils reconnurentque les connais sances actuelles de la science ne le permettaient pas.
M. Miller avait fait observer que, n’ayant donné qu’une séance depuis l’année dernière, les phénomènes se ressen tiraient sans doute de ce manque d’entraînement. Les appa ritions fantômales furent, en effet, moins condensées.
Par contre, cette séance permit de faire certaines observa tions importantes : mains du médium tenues pendant la (i) M. Thomas, autrefois constructeur-électricien, a.la com pétence voulue pour apprécier la sensation qu’il a ressentie.
278 l’initiation manifestation du bras ; boule lumineuse bien isolée dans l’espace ; effluves électriques ne pouvant être produites que par un appareil non dissimulable à cette séance. Quelques jours avant la séance dont nous venons de parler, Miller assistait à une réunion intime, au cours de laquelle les mêmes formes lumineuses s’étaient produites.
Une de ces formes avait'frappé Mme Drouville à la poi trine ; une autre avait touché le genou de Mme Jacob, pendant que le mot « maman » était prononcé. A l’apparition d’une sphère lumineuse, on entendit la voix de Betsy dire que cette sphère la représentait, qu’elle ne pou vait se matérialiser sous une autre forme.
La porte de la chambre, qui se trouvait hors de la por tée du médium et des assistants, fut, à plusieurs reprises, violemment ébranlée par des coups vigoureux. Mme D... ressentit sur les mains un long et doux frôle ment. Les cheveux de Mme J... furent effleulés par des ailes. M. Beaulaton annonça qu’il sentait sur la tète des attouchements semblables à ceux que produiraient les pattes et les ailes d’un oiseau.
On entendit des bruisse ments d’ailes, l’air fut légèrement agité autour des têtes des assistants. Betsy dit que ces faits étaient produits par un pigeon matérialisé. Après i’2pparition d’une forme vague, Betsy annonça qu’il n’y aurait plus rien, îej médium manquant d’entraî nement. A. Thomas.
BIBLIOGRAPHIE Le docteur Papus a remis entre les mains de notre ami Sédir la direction du Voile d'Isis; ce journal va reprendre * comme il y a treize ans, la réédition de livres rares, en feuilletons supplémentaires, que ’es lecteurs pourront détacher êt faire relier à part. Chaque numéro contiendra
BIBLIOGRAPHIE 579 un éditorial sur l’actualité au point de vue occulte; la re production des cours de l’Ecole hermétique au gré des professeurs; une rubrique historique de Curiosa, et la théorie explicative du phénomène psychique le plus remar quable du mois. Le prix de l’abonnement est élevé à 5 francs en raison de l’augmentation du journal.
Sédir se tient, tous les vendredis, de 5 à 7, chez lui, 31, rue de Beaune, à ia disposition des écrivains et des personnalités spiritualistes. En outre, les mêmes jours, de 8 à 10 heures du soir, il recevra des malades et des consultants. La ré munération de ces dernières séances est facultative. L’ne nouvelle revue La Gnose, revue mensuelle (5 francs par an), vient de paraître à la^ Librairie du Merveilleux, 76, rue de Rennes, Paris.
Nous recommandons spécialement le centre psychique suivant établi à Londres: 7he Lighter Thought Centre, 10, Cheniston Gardens, London, W., 3 minutes from High Street, Kensington Sta tion. *• • Nous recommandons à nos lecteurs: l'Echodu Merveil leux qui, sous la nouvelle direction de MmeGASTON Méry, est toujours très bien fait. • • Nous recommandons aussi les ouvrages suivants : Un Nouveau Sacerdoce de P.
Verdad-Lessàrd, librairie Leymarie, 42, rue Saint-Jacques, Paris. Devant le Christ, poésie de Pacheu, imprimerie F. Si mon^ Rennes.
28d l’initiation La Clef du Zohar (les Classiques de l’Occulte). Eclaircis sement et Unification complète des mystères de la Kab bale, par Albert Jounet, i vol. in-8 carré. Prix : 6 francs. Librairie Générale des Sciences Occultes, Bibliothèque Chacornac, n, quai Saint-Michel, Paris (Ve). Le Zohar est un des plus vastes et des plus sérieux monuments de la tradition occulte; on sait en quelle estime exceptionnelle l’a tenu Eliphas Lévï.
C’est le recueil de l’Esotérisme occidental qui égale en étendue les recueils d’Oupanishads de l’Esotérisme hindou. Et les connaisseurs affirment qu’il les dépasse en profondeur. Il traite tous les grands sujets de la science occulte : Théo gonie, Cosmogonie, commentaire de la Genèse, origine et chute de l’humanité, origine, évolution de l’âme. La réin carnation et la vie dans l’astral y sont décrites en détail.
On y trouve les documents les plus abondants sur les correspondances qui unissent les êtres et sont la clef du magnétisme transcendant et de la magie. Les hiérarchies d’esprits et d’élémentaux bons et mauvais, les réalités du monde extérieur, les membres de l’homme visible et invi sible, les attributs de Dieu, tout s’y enchaîne dans un sys tème à la fois initiatique et logique. Mais ce trésor est ;un chaos.
Les sujets traités fragmentairement, quittés, repris, sans compter l’obscurité du symbolisme, fatiguent l’étu diant et le déçoivent. Ayant par une étude de plus de vingt années dissipé, pour son compte, ces obscurités et triomphé de ce désordre, l’auteur de la Clef du Zohar a voulu rendre facile à tous l’accès du grand ouvrage occulte.
Non seulement il éclaircit le Zohar, mais il éclaircit en les comparant avec lui, les énigmes de la Kabbala recentior (i), de la Kabbale chrétienne, de l’Aichimie et du Psychisme. C’est une synthèse lucide et complète de l’occulte essentiel. « Nous recommandons tout spécialement cette impor- (1) Isaac Loriah et ses disciples.
BIBLIOGRAPHIE 28l tante étude à nos lecteurs. C'est un des travaux contem porains les plus profonds sur la Kabbale en général et sur ses multiples adaptations. Nous en reparlerons sans doute plus longuement. » Nous regrettons seulement que l’auteur n’ait commenté que les versets du « Siphra Dzeniuta » sans étudier le Zohar publié par M. Lafuma. Papus. L’Extériorisation de la Sensibilité. (Étude expérimentale et historique, par Albert de Pochas.
6e édition aug mentée d’expériences nouvelles par MM. Boirac, Joire, Broquet, etc. Un vol. in-8 carré, avec 4 planches litho graphiques et de nombreux dessins dans le texte. Prix : 7 francs. Librairie générale des Sciences occultes. Bi bliothèque Chacornac, 11, quai Saint-Michel, Paris (V *).
Quand il s’agit de phénomènes basés sur les impres sions des sujets anormaux comme ceux qui font l’objet de ce livre, il importe, avant tout, d’en établir la réalité au moyen d’observations aussi nombreuses que possible, re cueillies sur des sujets et par des observateurs différents.
Aussi, dans cette sixième édition, M. de Rochas en a ajouté un certain nombre présentés avec assez de détails pour permettre de reconnaître les variations individuelles qui ne peuvent manquer de se produire toutes les fois que l’on opère sur des organismes vivants.
Quelques-unes de ces observations, comme celles de M. Boirac, permettent même d’entrevoir des lois plus générales que celles que l’auteur avait soupçonnées ; aussi a-t-il été heureux de leur donner un nouveau support par l’exposé de ses expé riences récentes sur la conduction de la force nerveuse.
M. de Rochas traite également de la question relative aux points hypnogènes et à la localisation de la sensibilité dans le corps astral, phénomène qu’il avait à peine indi qué dans les éditions précédentes. Ensuite, il fait de nombreuses citations d’auteurs anciens.-
282 l’initiation à propos de l'Envoutement, de la Poudre de sympathie, de la Guérison magnétique des plaies par la transplanta tion et des théories de Maxwell. Il y a, dans l’étude des faits peu connus, deux écoles : l’une consiste à les présenter comme une découverte tout à fait moderne et à s’en attribuer le mérite.
On en connaît de trop nombreux exemples, soit que les auteurs aient réellement ignoré les travaux de leurs devanciers, soit qu’ils les aient, de parti-pris, laissés dans l’ombre.
L’autre (et c'est celle à laquelle M. de Rochas appar tient}, s’efforce, au contraire, de rechercher dans le passé tout ce qui se rattache, de prés ou de loin, aux phéno mènes observés et à remonter autant que possible aux sources mêmes des traditions d’abord, par esprit de jus tice, et ensuite parce que dans ces traditions il y a presque toujours des circonstances spéciales propres à orienter l’esprit du chercheur dans des voies nouvelles. e »■ —1— LIVRES NOUVEAUX Docteur H.
Labonne. — Comment on se défend contre la Goutte. Lutte contre la diathèse urique, ln-18 de 36 p. Prix : 1 franc, à la Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri, Paris. De toutes les maladies qui affligent la pauvre humanité, la Goutte est une des plus cruelles, car elle vous brise et vous déforme en attendant qu’elle vous emporte.
L’auteur, fondateur et directeur scientifique actuel de la collection des Comment on défend, vient d’y ajouter une remar quable étude, qui apprend d’abord à se préserver de la goutte, ensuite à la guérir, ou tout au moins à la soulager par des moyens simples, tirés surtout de la matière médi cale et de l’hygiène. C’est un excellent petit ouvrage de médecine classique, qui avait sa place marquée dans la collection..
LIVRES NOUVEAUX 283 Docteur A. Lombard. — Comment on défend ses Dents. In-18 de 3ô pages. 2e édit. Prix : i franc, à la Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri, Paris. L’entretien de la Bouche et des Dents est trop négligé chez le plus grand nombre des individus.
Cette négligence coupable est la cause directe de plus de la moitié des ma ladies de l’estomac, car le bol alimentaire arrive dans cet organe insuffisamment préparé, ce qui l'oblige à un tra vail excessif qui le fatigue, pour achever cette préparation. L’étude du docteur Lombard a pour but d’éviter cet inconvénient, en entretenant proprement la Bouche et les Dents ; et avec lui, la tâche est facile. ♦ ♦ ♦ H.
Durville. — Pour combattre l’Anémie et la Chlorose. In-18 de 24 pages, 2e édition. Prix : 1 franc, à la Librai rie du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri, Paris. Petit ouvrage qui rendra de très grands services pour le traitement de l’.4/ié»u‘e et de la Chlorose, si fréquentes à l’époque actuelle, surtout dans les grandes villes.
Après avoir donné une définition de ces affections, ex pliqué leur nature, leurs causes, leurs symptômes, l’au teur décrit le traitement et les moyens d’applications qui leur conviennent le mieux. Ce traitement, à la portée de toutesr les familles, consiste surtout en l’application du magnétisme et des aimants, ainsi que des moyens tirés de l’hygiène et de l’alimentation les plus rationnelles.
L’ouvrage se termine par des Exemples de cures, qui, tout en servant de modèles de traitement, ne laissent aucun doute sur l’efficacité de celui-ci. * • • Librairie générale des Sciences occultes. Bibliothèque Chacornac, 11, quai Saint-Michel, Paris (P *). — Les
l’initiation 284 Classiques de l'Occulte, Collection des principaux ou vrages des grands Occultistes.— Averroes, Siméon bf.nJoCHAI, Pic DE LA MlRANDOLE, TrITHÈME, GUILLAUME Postel, Valentin Andréas, Jean Dée, Fludd, Raymond Lulle, Kunrath, Van Helmont, Corneille Agrippa, Cardan, Junctin, Morin, Paracelse, Kjrcher, Philalete, Bœhme, Pordage,Gichtel, Fabre d’Olivet,Claude de Saint-Martin, Wronski, etc. Cette collection a pour but de mettre à la portée du plus grand nombre possible d'étudiants les œuvres des grands maîtres, devenues introuvables de nos jours, « • a Pour paraître en décembre 1909 : Fabre d’Olivet. — Histoire philosophique du Genre humain, ou l'Homme considéré sous ses rapports reli gieux et politiques dans l'Ètat social à toutes les épo ques et che\ les différents peuples de la terre, précédée d’une dissertation introductive sur les motifs et l’objet de cet ouvrage.
2 volumes in-8 carré. Prix : 15 francs. L'éloge de cet ouvrage, écrit dans un style facile et d’une clarté excessive, n’est plus à faire. Qu’il nous suffise de dire que Fabre d’Olivet n’a jamais cherché à viser à ¡’effet, mais plutôt à forcer l’évidence à se manifester par l’àrt avec lequel il mit en jeu toutes les ressources de sa colos sale érudition. Ce fut un grand savant, un merveilleux philologue et un homme de génie vraiment supérieur.
Cette œuvre résufne toutes ses œuvres. Il pose tout d’abord dans cet ouvrage la constitution intellectuelle de l’homme et montre, dans la suite, l’action des milieux et des faits, sur l’évolution d’une des races humaines, la race blanche. Il fait voir les vicissitudes que traverse cette race suivant quelle subit l’influence de la Providence, du
LIVRES NOUVEAUX 285 Destin ou de la Volonté humaine, les trois grands prin cipes qui régissent l’univers. Ce qu’il y a de remarquable dans cette étude, c’est la puissance prophétique des lois qu’il met en jeu. Cette puissance s’exerce non seulement sur le passé, mais en core sur notre présent. L’Histoire philosophique du Genre humain peut être divisée en deux portions distinctes.
L’une d’elles s’étend depuis Napoléon jusqu’à l’étude des temps historiques (Égypte, Grèce primitive, Orphée, Hésiode, etc.); l’autre s’étend depuis cette époque jusqu’à l’origine de la race blanche.
Il montre cette race naissant sur les terres boréales au moment où la race Noire est maîtresse de la terre; puis la rencontre des Noirs et des Blancs, leurs luttes ; la civi lisation progressive des Blancs, leur victoire sur les Noirs qu’ils chassent d’Europe et enfin la conquête de l’Inde par Ram, druide aryen, qui nous ramène aux temps histo riques.
La première édition de cet ouvrage fut publiée en 1822, sous le titre : De l’Ètat social de l'homme, et réimprimée en 1824 avec le titre de notre nouvelle édition. Ces deux éditions, devenues fort rares, étaient cotées jusqu’à 70 fr. sur les catalogues des spécialistes. Aussi offrons-nous à nos fidèles clients une réédition exacte, imprimée sur papier de luxe et tirée à 5oo exemplaires numérotés.
Le premier volume paraîtra fin décembre 1909 et le second volume en février ¡910. Aussitôt après l'appari tion du deuxième volume, le prix sera porté à 20 francs.
Nul doute que nos lecteurs, devant les frais énormes que suscite Une telle réédition, n’aient à cœur de posséder une œuvre unique qui se dresse comme une œuvre impé rissable au milieu des productions de l’esprit humain. • • • Paria souterrain. — Formation et composition du sol de Paris. Les eaux souterraines. Les carrières et les • •
286 L INITIATION catacombes. Les égouts. Les voies ferrées souterraines. Le métropolitain municipal. Le chemin de fer électrique nord-sud. Souterrains divers.
Faune et flore souter raines de Paris, par Emile Gerards, sous-inspecteur des Travaux de Paris, i vol. in-8°, illustré de 19 planches en couleurs, de 87 plans, coupes et dessins en noir, de 2 vues stéréoscopiques des catacombes et de plus de 5oo figures dans le texte ; préface de M. Paul Weiss, Ingénieur en Chef des Mines. Prix broché: 12 francs (Garnier frères, éditeurs.) « Paris n'a jamais manqué d’historiens.
Nombreux sont les ouvrages qui traitent de sa situation physique, de ses ressources naturelles, de son expansion civilisatrice; beaucoup plus rares ceux qui décrivent le jeu puissant de son anatomie souterraine, la richesse et la variété de ses couches profondes.
Et parmi ces derniers aucun n’a jusqu’à maintenant présenté l’histoire générale et synthé tique du sous-sol parisien... ¿ Celle lacune est comblée aujourd'hui que paraît le livre dont ces quelques lignes sont extraites.
La librairie Garnier frères vient en clfet de faire paraître sous le titre de Paris Souterrain un fort original ouvrage qui porte la signature de M. Emile Gerards, ingénieur de la ville, bien connu par ses intéressantes publications sur les travaux de Paris. M. Gerards, qui possède le sujet à fond, c’est le cas d’employer cette expression, a fait œuvre à la fois de géo logue, d’historien et aussi de spirituel conteur.
Non con tent de relater avec infiniment d’art et de compétence les grands phénomènes de la formation du sous-sol parisien, il s'est plu à faire défiler sous nos yeux tout ce que recè lent d’intéressant, au triple point de vue descriptif, scien tifique, historique, les profondeurs de la capitale.
Et dans ce magnifique volume in-8°, illustré de plus de 600 gravures, cartes, plans, photographies, etc., nous pouvons, à la suite dé l’auteur, guide sûr et disert, exERRATA 287 plorcr les anciennes carrières dont furent tirés les maté riaux des vieux monuments de Paris, les Catacombes, immense nécropole où reposent nos ancêtres, les canaux, les galeries d’eau, les égouts, le Métropolitain et les autres voies souterraines.
L1 nous remémore le souvenir des événe ments burlesques et tragiques dont ces noirs labyrinthes furent le théâtre ; il nous découvre le mystère de ces orga nismes bizarres, animaux et végétaux qui vivent et meu rent sans jamais voir le jour. Et sur toutes ces matières, il nous fournit de précieux renseignements et d'ingénieuses théories résultant de la documentation la plus riche et la plus récente, de l’observation personnelle la plus probe.
Le texte est clair, rapide et précis, et les illustrations qui l’accompagnent, en si grand nombre qu’elles constituent un fort éloquent commentaire, contribuent à faire de ce livre une œuvre originale et singulièrement attachante offrant à tous les lecteurs, au grand public comme aux érudits, un très vif et très haut intérêt. (Nous recommandons spécialement cet important travail à nos lecteurs). P.
ERRATA Dans le numéro de novembre : Page 98, ligne 19, au lieu de: équation de même degré, lire : de n“e degré. Page io5, ligne 19, au lieu de': Variane, lire Varcane. — ligne 26, — : analogique, lire anagogique. Page io5, ligne 3i,au lieu de: rationnant, lire ratioci nant. P. 112, ligne dernière, au lieu de : organe, lire organon. Le Gérant : Encaisse. Paris. — Imprimerie E. Arrault et Cie, 9, rue N.-D.-de-Lorette.
CONGRÈS SPIRITUALISTE DE 1908 sous la présidence du Dr PAPUS COMPTE RENDD COMPLET des Travaux du Congrès et du Convent Maçonnique spiritualiste Spiritualisme. — Christianisme ésotéri que. — Magnétisme et Sciences an nexes. — Maçonnerie spiritualiste. Communications de : M. Phaneg, sur VOccultisme chrétien. M. Victor Blanchard, sur TEos. M. Qulntor, sur V Alchimie.. M. Ernest Bosc, sur Y Incinération.
M. Albert Jounet, sur le Christianisme ésotérique. M. Synésius, sur la Gnose. Cornély, sur la Morale du spiritualisme. M. Hector Durville, sur les Phénomènes observés dans le dédoublement du corps humain, M. Clopin, sur les Pratiques occultes dans l'Afrique orientale. Etc., etc., etc. Le Congrès spiritualiste et la Presse française Un volume in-8 carré de 280 pages : 5 francs. Librairie HERMÉTIQUE, 4, rue de Turstenberg, Parla