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L’ Initiation LÜME. Bevue philosophique des Hautes Hudes PUBLIEE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION Df 2 3me A N N E K SOMMAIRE DU N° 2 (Novembre 1909) PARTIE PHILOSOPHIQUE L'Archéométrie (p. 97 à 1 1 3)................Sédir. Les Plantes magiques (p. 114 à 128) . . . C..B. Essai d'Alphabétologie,suite (p. 129 à i3^) . L. T. Angélologie (p. 135 à ¡37) . • . '............. Karl Nissa. Rêve (p, 138 à 141J . ’...................... X.
GRNR PARTIE INITIATIQUE Le Régime (p. 142. à 148) ....... Papas. Congrès Spiritualiste (p. 149 à 160). . . .. Victor Blanchard Orphée et les Orphiques (p. 161 à 166). . ; Combes Léon. •- PARTIE LITTÉRAIRE invocation (p. 167 à 170).......................Combes Léon. A Lui (p. 171)................................
M“e Mariîon Ordre Martiniste. — -Mois occuliste. — Un inédit - sut, GeVaert. — Bibliographie. — Correspondance, ?— HttTQt des ac qcuL concerné la Rédaction et EMianttM doit Air * S, rue de Savoie, à Parti-VIS Téléphone — 816-09 Tout oe qui concerne rAûnjmistrat,<,n : ABONNEMENTS. VENTE AU NUMÉRO, annonces <?ott Av< àdnfiié l la VIBRAI HeRMÎÉTiqutË
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l'essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n'ont abouti qu'à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent : Dan * la Solence, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Part » la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, VInitiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent {’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin {’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutès les écoles; mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branché de ces curieuses études.
La première partie (Exolèrtque) expose aux .lectrices ces que *** tions d'une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s'adresse h tous les gens du monde instruits. Enfin, la troislènle.partie de la Revue (lmtiatiqïie)t contient les articles destinas aux leoteurs déjà, familiarisés avec les études de Science Occulte.
L'Initiation parait régulièrement à la fin de chaque mois et compte déjà v’rp* années d’existence. — Abonnement : to francs par an. 4Le$ de£, huit premières Années sou^ epgpipmèui épuisées.)
PARTIE INITIATIQUE Celte partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membt en du Comité de Rédaction, et à la reproduction des classiques anciens. La reproduction des articles Inédits publiés par ¡’Initiation est formellement Interdite, à moins d’autorisation spéciale.
AUX LECTEURS DE L’INITIATION Par suite d'une erreur de mise en page, les deux photo graphies qui devaient accompagner notre article Photogra phie des Esprits n’ont pu paraître dans notre dernier nu méro d’octobre ; nous les reproduisons d’autre part, en priant nos lecteurs de vouloir bien nous excuser de cette omission tout involontaire. La Rédaction. L’ARCHÉOMÉTRIE Les astronomes nous convainquent de l'immensité du monde visible.
Or, il y a autant de mondes onto logiques, biologiques et mentaux différents de ceux dont notre moi nous prouve la perception, qu’il existe de milliers de soleils et de millions d'astres dans l’en ceinte du firmament. L’ensemble tellement complexe, tellement ardu à saisir des phénomènes accessibles ^
98 l ïmtiation [Novembre la conscience n'est, par rapport à la vie universelle, que comme un grain de sable à côté de la masse ter restre. Le mystique donc qui proclame son néant ne fait que s’apprécier à sa juste valeur. La plus minime des formes qui passent devant nous : les lointaines étoiles, l’univers visible et tout l’invisible ont collaboré à sa construction.
De sorte que la créature infime est, réellement, un mystère inextricable, une équation de même degré, dont le plus savant ne peut sortir que deux ou trois inconnues, sur les milliers qu’elle comporte. Soumettez cette par ticule plasmique aux analyses les plus sévères, épuisez sur elle les ressources du laboratoire, vous ne déga gerez de la molécule pondérable qu’un dynamisme descendu de notre soleil ; et avec quelle grossière approximation !
Pour en saisir le principe essentiel, il faudrait remonter d’étoile en étoile, d’éthers en éthers, jusqu’au Mérou du monde.
11 y a eu des géants, comme Ram, comme Enoch, comme Fo-Hi, comme Krishna, comme Moïse, qui connurent en mode spéculatif un peu des horizons ultra-zodiacaux, et en mode pratique les grands dyna mismes dont les courbes s’entre-croisent à l’intérieur de cette « theba » et se concentrent sur notre soleil jaune, il y a eu des sages sapients, comme Lao Tse, comme Sankaratcharya, comme Djelal, Pythagore, Lulle, Rosencreutz, d’Olivet, ou Wronski, dont la sereine et large intelligence put refléter tel fragment du vaste paysage invisible. De même l’éting silencieux qui sommeille au sein de la forêt profonde reproduit le ciel, et les nuages,
l’aRCHEOMÉI RIE et les arbres amis, et les herbes aimables, et les bêtes et les gens qui reposent sur ses rives; leurs formes exactes sont seulement un peu altérées à cause de la brise, et leurs couleurs amollies; mais les nymphes animent cette eau paisible, et le site en reçoit un charme plus prenant.
Gloire à ces hommes qui peuplèrent les maisons du savoir, qui réchauffèrent de leurs ardentes et saintes curiosités la glace éblouissante des palais méta physiques. Ce vaste et terrible monde perd de sa superbe par les soins des hommes ; il s’humanise pour eux, en proportion de la sympathie qu’ils lui prouvent ; caria Gnose la plus exacte ne naît pas de la froide méditation du logicien, mais fleurit par le pathétique amour du contemplatif.
Ceux donc qui se trouvent nommés plus haut, et leur continuateur moderne, le marquis d’Alveydre, connurent que la Science est femme, qu’elle veut être charmée, mais non point conquise.
Ainsi la perfection du mental siège au-dessus de lui, dans les organes intuitifs ; ainsi, ces derniers fonctionnent par télépathisme, téléologisme, et télé psychisme ; ainsi, quelle que soit leur finesse, ils ne peuvent s’étendre que dans certaines limites, et sui vant certaines directions.
Depuis quatre ou cinq mille siècles que le premier être humain descendit sur cette terre, à peine avonsnous gravi deux ou trois des vingt-quatre marches qui montent au trône de perfection où siégera quelque jour notre vieille planète maternelle. Et après, il nous restera des ascèses semblables, incommensu100 l’initiation rabies, inimaginables, dans chacun des séjours par milliers, que la Providence nous enseignera.
Non seulement le savoir est indéfini, mais encore il est subtil. Car, s’il consiste en une réflection, — ou une réflexion — de l’objet dans le sujet/on oublie trop que tout se modifie sans cesse, entraîné par les eaux torrentueuses du fleuve évolutif.
Chaque seconde change l’aspect de l’univers, dans ses formes involvantes; les corps des choses, leurs émanations odiques, leurs nimbes fluidiques, leurs esprits ignés, leurs verbes générateurs, leurs rayonnements, tout est muable sans trêve ; seuls, les centres sont fixes dans le cœur du monde ; et si l’on s’aperçoit en outre que les instruments de la connaissance sensible et de l’intellectuelle ne sont pas davantage immobiles, puisqu’ils ne sont pas parfaits, il faut conclure que le savoir réel est une utopie inaccessible.
C’est ainsi que le brahmane contemple la création dans son embryologie ; que le taoïste l’analyse dans sa logique; que l’Égyptien en étudia autrefois l’histo logie; ceux d’Israël n’aperçurent de ce Zodiaque que son anthropomorphisme ; et Socrate sa rhétorique; toutefois, qui conclurait de la faiblesse de ces efforts à leur inutilité, ne penserait pas juste. L’inutile n’existe pas; mais les plus nobles tra vaux ne sont que des provisoires.
Ne dites pas qu’un homme possède la science totale : tel séraphin qui passe vous imputerait peut être cette parole comme un blasphème contre l’Esprit. Mais ne dites pas non plus qu’un homme est imbécile : ce serait alors le Ciel lui-même qui vous jugerait.
l’archéométrie 101 Nous autres donc, dont l’ardeur est tiède, l’intelli gence étroite et la mémoire rebelle, combien ne devons-nous pas admirer un initiateur qui se pré sente avec la calme attitude du génie, rassemblant d'une main les immenses matériaux accumulés par les civilisations archaïques, et faisant de l’autre main le geste qui invoque le feu de l’Esprit, cependant que sa parole enthousiaste évoque les espoirs radieux du futur.
Saint-Yves a dépouillé les archives dugenre humain il en a déchiré les redites, élagué les longueurs, trans crit les documents exacts.
Puis, sur le plan que l’Evangile lui fournit il sut répartir ces dépouilles opimes des synthèses préhistoriques ; il put mettre à leur place les légendes, les découvertes, les hiérogly phes ; et il résuma le tout dans sa figure archécmétrique, dont existent, entre les mains pieuses de ses disciples, un nombre remarquable d’applications, presque toutes entièrement au point. Un tel effort commande pour des siècles le res pect.
La première pierre du monument que les « Amis de Saint-Yves » veulent élever à la gloire de leur maître, se pose sous la forme d’un volume intitulé la Théogonie des Patriarches (i). Il se compose d’un chapitre de la Mission des Juifs concernant Moïse ; de deux traductions nouvelles des trois premiers chapitres de la Genèse d’une part et du premier chapitre de VÉvangile de Jean, d’autre part, (i) Vol. in-4 ; 4, rue de Fürstenberg.
102 l’initiation et enfin d’une révélation, en vers blancs, des dix premiers caractères de l’Alphabet patriarcal. J’eusse souhaité, au lieu de cette copie de la Mis sion une étude substantielle, clarifiante et compré hensive comme le docteur Papus a coutume d'en faire pour les textes les plus énigmatiques des anciennes sagesses.
Enfin j’eusse accueilli avec joie, comme frontispice aux trois poèmes hiérologiques qui sont l’inédit de ce livre, des images empruntées à celui des Maîtres de la forme qui a le mieux rendu l’efiort des titans et l’angoisse des dieux ; j’eusse aimé revoir le Moïse michelangelesque, homme si fort au-dessus des hommes qu’il atteint l’énormité d’un dieu ; et son Créateur formidable, lancé aux voûtes de la Sixtine que son vol prolonge de l’un à l’autre bout du monde, et son Jésus juste juge, flamboyant, implacable, éblouissant.
Ce que ces trois figures éveillent en nous d'inquiétude, d’inconnu inouï, aurait aidé nos cœurs à bondir jusqu’aux sommets où il faut atteindre pour apercevoir les pensJesde Saint-Yves dans leur éclai rage convenable.
Avant que de nous mettre en présence de ces trois puissantes ébauches, plus émouvantes puisque la mort interrompit l’écrivain ; plus savoureuses puis qu’on y devine le corps-à-corps haletant du penseur et de l’ange, rendons-nous compte de tout le travail préparatoire indispensable si l’on ne veut pas se méprendre complètement sur le sens de cette œuvre, ni en perdre les plus beaux fruits. Supposons que l’étudiant parte de la philosophie
l’archéométrie io3 exotérique; il n’importe que ce soit de saint Thomas, de Descartes, de Kant, ou de Secrétan. L’ésouriste qui lui sera le plus assimilable c’est Fabre d’Olivet. Ce pythagoricien éminent a fait d’énormes déblayages dans la jungle archaïque où Saint-Yves vient d’établir les fondations d’un temple magnifique.
Quelles que soient les divergences spirituelles de ces deux maîtres, il faut connaître parfaitement la philologie, la philosophie et la symbolique du premier pour com prendre un peu la logosophie du second.
Après avoir consacré quelques mois à chacune des trois sciences susdites, après avoir analysé avec détail et précision tout ce que la Mission des Juifs renferme de doctrinal., il faut ouvrir le livre actuel en com mençant par \aThéogonie. en continuant parleSe/>/ier, en terminant par \' Évangile. • • Avant que de saisir une idée, il faut entendre le langage dans lequel on nous l’exprime.
En quoi con siste la logosophie de l’auteur de l’Archéomètre ? Je vais tenter de le dire. Vue de haut, la création contient trois éléments: un centre fixe et immuable ; une circonférence limite j une masse substantielle évoluante ; et chacun des noyaux individuels qui la peuple reproduit ce ternaire général.
Au point de vue du savoir, il y a donc une réalité centrale, un voile d’arrêt, et un ensemble phénoménique, dont l’homme exprime les mouve ments au moyen de la parole et de l’écriture, du son
l’initiation T 04 et du signe. Or, puisque tout est dans tout, le langage parfait sera celui qui contiendra dans le discours, dans les phrases et jusque dans les mots les trois termes précités.
C'est pour cela que les anciens sages se servaient pour consigner leurs découvertes et leurs enseignements de caractères interprétables de trois façons successives sous l’apparence vulgaire de l’idiome démotique: i° Par symbolisme, comme nos signes algébriques ou chimiques, pour exprimer les lois des faits ; 20 Par allégorie, ou hiéroglyphisme, pour faire comprendre la biologie de ces mêmes lois ; 3° Par anagogiecomme désignant l’essence immua ble et homogène de ces lois, leur réalité éternelle.
Tel est l’ésotérisme des langues hiératiques primitives.
Or, chacune de ces trois interprétations .peut s’ap pliquer à chacun des genres spécifiques créaturels : aux sciences positives, à l'ethnographie, à la psycho logie, à la cosmologie etc, etc. ; de sorte que, hors du démembrement de l’Eglise patriarcale primitive, chacune des écoles — ou des religions — qui s’en détachèrent, ne s’occupant que d’un seul des points de vue de la synthèse originelle, les langues que leurs protagonistes inventèrent (le chaldaïque, le sanskrit, l'arabe, le chinois) furent pourvues d’une clef hiérogrammatique adaptée à ce point de vue.
C’est pour cela, qu’au lieu de trois sens primordiaux, le veda, par exemple, est susceptible de recevoir cinquantedeux interprétations, le chinois, soixante-quatre ; le chaldaïque, quatre; l’arabe, vingt-huit, et ainsi de suite.
l’archéométrie io5 La logosophie de Saint-Yves est la restitution de l'enseignement patriarcal. De sorte que, à son école, trois systèmes de commentaires sont seuls possibles. Le premier et le plus connu, c’est cette étude phi lologique dont l’exégèse moderne nous offre le type le plus net; elle aboutit à la compréhension logique et rationnelle ordinaire.
Le second est l’étude du texte par des artifices de calculs, de transpositions, d’inversions, de shemas ; elle embrasse tout le domaine des sciences occultes 1 les kabbalistes, les soufis, certains pandits l’ensei gnent ; elle procure, non pas une synthèse, mais une syncrèse ; intermédiaire entre l’observation expéri mentale et l’intuition inspirée.
La troisième est l’étude du même texte lu succes sivement de droite à gauche et de gauche à droite, de haut en bas et de bas en haut, de façon à combiner les trois hiérogrammatismes : l’hébreu, le sanskrit et le chinois : il est possible ainsi d’en extraire l’ariane primitif. Telle est la méthode employée par SaintYves. Notons en passant que tout ce que nous venons de dire ressortit au domaine de la méditation intel lectuelle.
Si l’on cherche par le cœur, par la bhâkti l’amour peut être assez fort pour enlever d’un coup d’aile jusqu’au sens analogique. Telle en est la mé thode propre à l’étude de l’Évangile. Un examen superficiel de la méthode employée par Saint-Yves peut la faire prendre en défaveur ; quelle vraisemblance y a-t-il en effet, pour le linguiste, et même pour l’occultiste rationnant, à assimiler Marie
i o6 l’initiation et ce Hiram, sous prétexte que M R H est H R M lu à l’envers ? Ces deux hiérogrammes désignent en effet des substances différentes dans le minéral, dans le fluidique, dans le psychique et dans le céleste.
Mais si l’élève peut concevoir l’existence d’un monde oô toutes les créatures sont représentées par un nombre, un signe et un nom, leurs formes relatives, quelles qu’elles soient qui porteront le même nombre ou les mêmes caractères, auront nécessairement dans ce plan une communauté d’origine.
Ce lieu de l’arith métique, de la géométrie et de l'onomologie quali tatives est très au-dessus de ia mentalité commune ; autant que le calcul différentiel est loin de la com préhension d’un Fuégien, puisqu’il contient la liste des milliards de milliards de créatures.
Quelques hommes seuls se doutent qu’il existe : Saint-Yves fut un de ceux-là. ^Théogoniedes patriarches illustre d’une manière saisissante la théorie que l’on a voulu éclaircir cidessus. Fabre d’Olivet dans son Dictionnaire radical donne le sens moyen, philosophique, mental, des caractères hébreux. Saint-Yves en donne le sens an gélique.
Comparez son archéométrie avec un dic tionnaire courant hébreu-français, d’une part, et avec le lexique de d’Olivet d’autre part ; faites la meme chose avec une version française de la Genèse, la version de d’Olivet et celle de l’archéomètre: vous •avez ainsi l'exemple des trois sens du même caractère.
l’archéométbie 107 Je ne puis analyser cette Théogonie, non plus que les deux versions que je recommande aux travail leurs : ce serait courir le risque de pervertir leur juge ment, ce serait les priver d’un exercice indispensable à quiconque lient à se construire lui-même une syn thèse et une opinion.
Cette entreprise demandera sans doute des mois de travail constant, mais au moins aura-t-on, de la sorte, ouvert une nouvelle avenue dans son paysage intellectuel. Qu’on me permette toutefois de dire quelques mots sur la méthode convenable à la réussite de cette étude. Voyons- d’abord comment marche la machine humaine, selon Saint-Yves, bien qu’il ait très peu écrit sur l’andrologie.
Le moi conscient ordinaire est une agglomération d’états mentaux successifs ; il ne subsiste que par l’égoïsme. Il est là où il s’exerce.
Ces états mentaux proviennent: i° De l’âme animale, sensitive, instinctive, concu piscible, irascible, qui est la cause la plus fréquente et la plus active de la notion du moi ; < 2° De l’âme spirituelle, raisonnable, sentimentale, animique, en rapport direct avec le libre-arbitre — volonté — détermination ; dans son fonctionnement morbide, elle collabore fortement à la notion du moi ; 3* De l’âme divine, où cette notion disparaît.
C'est la psyché, l'intelligence pure, la connaissance directe, non discursive, sur-rationnelle. En ces trois âmes sont les trois rameaux du cep divin, du Christ intérieur.
io8 l’initiation De sorte que, selon Saint-Yves, la volonté n’est pas, comme le prétend d’Olivet, un principe, mais un organe; elle n'est la clé de l’homme que dans ce qu’il a d’humain, de conscient; elle s'abstrait dès que l’homme passe l’horizon expérimental, ou, en d’autres termes, l’un décrit l’être humain comme existant par soi-même (polythéisme), l’autre le montre comme existant par la vertu divine qui réside en lui (chris tianisme).
Mais, quant à la recherche qui nous occupe, il est inutile de connaître la nature réelle du moi ; nous n'avons à analyser que le procès de la connaissance. La matière physique évolue de la cellule graisseuse à la cellule nerveuse, qui reçoit directement l’influx animique et l’influx intellectuel. Un entraînement physiologique est donc nécessaire.
La substance ani mique subit et rayonne sur le corps et sur l’intellect ; un entraînement sentimental s’impose donc aussi. Pour l’étude proposée, il faut comme nourriture, (goût) des viandes rôties, du vin fort, en petite quan tité, et du café. Pour l’odorat, porte de l’être animique ou impul sif, respiration profonde, à vitesse normale; cigarettes d’Orient ; encens.
Pour la vue et l’ouïe (portes de l’être intellectuel), contemplation de Michel-Ange (sculpture) ; audition, de Bach (oratorios). Prendre des notes après le repas; méditer à jeun. Le centre animique sera directement entraîné par l’observance des devoirs envers la collectivité : famille, foyer, patrie ; cérémonies religieuses.
l’archéométrie 109 Toutes ces habitudes prises, on pourra dès lors commencer l’étude de la doctrine de Saint-Yves. Dp quelle façon faut-il s’y prendre ? Le Non-Moi est perçu par le moi au moyen du triple appareil sensitif, sentimental, idéal ; quoique les courants qui les déterminent soient formés res pectivement d'éther nerveux, d’éther magnétique et d’éther mental, ce sont là en tout cas des perceptions.
En se répétant, elles bâtissent,cellule à cellule, trois facultés primordiales: l’instinct, l’entendement, l’in telligence; lesquelles évoluent à leur tour le sens commun, la raison et la sagacité.
D’autre part, ces trois centres vivent d’une viepropre qui s’appelle le besoin, la passion, l’inspiration ; et l’influence réciproque decesdeux dynamismes externe et interne produit un attrait ou une répulsion, sub lesquels se prononce la volonté : CENTRES Impressions externes Spontanéité interne Produits réactionnels des deux causes précédentes Matériel Sensation Instinct Sens commun Besoins Plaisir Douleur Animique Sentiment Entendement Raison Passions Amour Haine Intellectuel Idées Intelligence Sagacité Inspirations Vérité Erreur La tendance naturelle pour chacun des trois centres est de se déterminer vers le plaisir, l’amour ou le
1 10 l’initiation vrai ; c’est là le bien, à condition que la convoitise de chaque centre n'empiète pas sur la liberté des deux autres. La facultédéterminative, ou volontaire, peut s'appli quer à chacun des trois centres et elle produit alors l’énergie, ou la puissance ou la connaissance.
Dans le cas qui nous occupe : l’étude intellectuelle, la volonté agit sur l’intelligence attire ou attise l’ins piration, et le vrai relatif, proportionnel à la capacité du Connaisseur et à l’apparence du Connu, se pro duit dans l’organisme mental : tel est l'organe cogni tif.
Le mobile de la volonté c'est, toujours dans le même cas : le plaisir cérébral, puisque tout organe qui travaille normalement est heureux ; l’amour de la science ; et la recherche du vrai. En face du texte à étudier se trouvent à priori : L'intelligence naissant de l’objectif et l’inspiration intuitive, interne. Dès lors, la volonté accomplit les six opérations suivantes: i° Elle individualise et dénombre les idées, par lecture attentive.
2° Elle décompose et analyse le texte, par la réflexion. 3° Elle recompose par analogies, au moyen de la comparaison. Ces trois opérations doivent se faire la plume à la main : il faut défaire le livre et le refaire. 4° Elle distribue en catégories, par la mémoire. 5’ Elle comprend (prend en soi, s’assimile) par
l’archéométbie III induction (des faits aux lois) et déduction (des lois aux faits). 6° Elle imagine et crée sa pensée personnelle par abstraction. Ces trois dernières opérations consistent à mode ler avec l’éther mental une image personnelle en creux de la théorie étudiée. Ici se termine la méditation, qui aboutit à la Con naissance consciente ou mentale. Si on veut aller plus loin, on entre dans la Con templation.
Au préalable, il faut préparer, par le dressage des sensations et des besoins, un aliment pour le feu central. Puis que la sphère animique se mette en branle par amour; comme elle est centrale, elle entraîne l’être entier au-dessus de la stase ordinaire, dans une extase : alors se produisent des sensations, des sen timents et des idées sur-terrestres, sur-conscientes, mystiques.
L’étudiant franchit le seuil de ce monde, passe la porte d’un appartement invisible et se trouve face à face, en esprit, avec l’Ange du système de Science qu’il a en vue. Mais pour cela, il faut pouvoir franchir le passage ; il y a des gardiens ; et si notre esprit manque des organes indispensables pour vivre dans cette nou velle atmosphère, on lui referme la porte ; il faut donc qu’il développe ou plutôt qu’on lui fasse développer ses organes. Et comme tout perfectionnement est une spiritualisation, il faut qu’il se débarrasse de tel ou
I 12 l’initiation tel attrait matériel, c'est-à-dire qu’il subisse la souf france physiologique, familiale, économique, intel lectuelle, sociale et morale. Résumons-nous : L’objet à connaître, le moi connaissant et l’organe de connaissance : tels sont les trois termes qui ten dent às'unifier dans l’opération intellectuelle ; l’organe prend la ressemblance de l'objet et c’est la concep tion ; si l’organe sort vers l’objet et l’objet vers l’or gane, il y a compréhension ; si l’objet et l’organe se fondent, il y a connaissance parfaite. Cette dernière implique la disparition temporaire de l’idée du moi, c’est le Samadhi hindou, l'extase dePlotin, le mono ïdéisme moderne ; quand l’objet est supérieur au sujet, il peut le ravir, et même se l’assimiler par union mystique. C’est ce qu’on observe dans les états contemplatifs du Catholicisme. Ajoutons que les thèses qu’expose Saint-Yves, ayant toujours un représentant individuel dans l’Esprit, elles peuvent très bien donner lieu à des stases métapsychiques, comme préparant le passage de l’activité mentale à la connaissance directe, du savoir logique à la gnose intuitive, des formes biologiques à l'onto logie. Les cabalisations littérales y servent, en somme, de tremplin à l’effort imaginatif ; dès lors, quiconque essaie de réunir, dans un organe aussi complet que
l’archéométrie ii3 possible, l’immense trésor des connaissances antiques et les lumières entr’aperçues du savoir intégral, est amené à cette archéométrie. Ce caractère d’indispen sable est le meilleur témoignage de l'importance et du prix des admirables travaux du marquisd’Alveydre Sédir. 2 novembre 1909.
Les Plantes Magiques Le Mescal (Jiïnhaboijium <£ewiqii) On savait depuis quelque temps que les Indiens Kiowas, qui habitent le nord dû Mexique, avaient coutume de manger, dans leurs cérémonies religieuses, un certain cactus qu’ils appellent mescal et dont le nom scientifique est AnhaboniumLewinii.
Lemescal, qu’il faut se garder de confondre avec la boisson eni vrante qui porte le même nom et qu’on tire de l’agave, se trouve surtout dans la vallée mexicaine du RioGrande, berceau des Indiens Kiowas, et également au Texas. C’est une substance brune et cassante, très amère au goût et composée principalement des feuilles sé chées de la plante.
Les Indiens Kiowas éprouvaient pour le mescal une passion d’une frénésie telle que les missionnaires ne réussirent jamais à les en déta cher et durent faire appel au bras séculier. La vente et l’achat du mescal sont interdits aujourd’hui sous les peines les plus sévères, et cependant l’usage ne paraît pasen avoir sensiblementdiminué. Chose plus singulière, le mescal a même pris un véritable carac.
I FÇ PLANTES MAGIQUES 115 tère religieux et c’est à ce titre qu’il règne sur toutes les tribus de l’Amérique du Sud. cérémonie a lieu le samedi soir. Les hommes sont assis en cercle dans une tente, autour d’un large feu de campement qu’on entretient soigneusement toute la nuit. Après la prière, le chef donne à chaque homme, quatre bourgeons, qui sont mâchés et avalés avec lenteur.
Une seconde et une troisième dose sont encore ingérées du coucher du soleil à l’aube. Pendant toute la nuit, les hommes restent assis autour du feu, dans un état de rêverie, malgré les chants continuels et Les roulements de tam bour des assistants; ils s’absorbent dans les visions colorées et les autres manifestations de l’intoxication du mescal.
Le lendemain, vers midi, quand les effets ont disparu, ils se lèvent et s’en vont, sans montrer aucun malaise, ni aucune dépression morale ou phy sique. Le docteurdeNeuville,traduisantduContemporary Review l’article très curieux de M. Hevelock Ellis, nous décrit les merveilleux effets de cette nouvelle plante magique ayant quelque analogie avec le Can nabis indica.
Il existe cinq ou six espèces de cactus pour lesquels les Indiens affichent la plus profonde vénération. M .Cari Lumholtz a trouvé que les Tarahumari, une tribu d’indiens du Mexique, adoraient certains cactus comme des dieux, au point de ne jamais s’en appro cher que la tête découverte. Avant d’arracher un de ces cactus, les Tarahumari ne manquent jamais de les encenser avec de l'encens de copal, et prennent
u6 l'initiation les plus grandes précautions pour ne pas lui faire de mal. Ceux même des Indiens qui sont convertis au christianisme regarde l’hikori, le cactus-dieu, comme l’égal de leur divinité et ils font le signe de la croix en sa présence. A toutes les grandes fêtes, on fabrique avec le hikori une boisson qu’absorbent les hommesmédecins et quelques’fidèles de distinction.
Cette cérémonie se complique de chants et d’hymnes, dans lesquels on supplie le dieu Hikori d’envoyer « une magnifique ivresse », on exécute en même temps des danses fantastiques devant ceux qui sont déjà sous l’influence du dieu. M. James Mooney, du Bureau d’ethnologie des Etats-Unis, avait souvent étudié, en 1891, les fêtes du mescal chez les Indiens Kiowas.
Il parvint, en 1894, à apporter à Washington une petite provision de la mystérieuse plante, que les doc teurs Prentiss et Morgan se mirent, séance tenante, en devoir d’étudier. Ils effectuèrent leurs expériences sur plusieurs jeunes gens et arrivèrent à démontrer du premier coup le caractère précis de l’intoxication par le mescal et les visions remarquables qui en résul taient.
Un peu plus tard, le docteur Weir Mitchell qui, outre la science, est un homme d’un sentiment esthétique des plus vifs, expérimenta sur lui-même et publia un récit fort intéressant des visions qu’il avait obtenues sous l’influence de cette plante. Au printempsde i897,M. Havelock-Ellisréussitlui-même à faire venir à Londres un peu de mescal et voici comment il nous décrit les différentes phases du phé nomène:
LES PLANTES MAGIQUES II7 * Le jour du Vendredi-Saint, je me trouvais entiè rement seul dans le tranquille appartement du Temple que j’occupe à Londres et les circonstances me paru rent excellentes pour uneexpérience personnelle. Je fis, d’après la méthode employée en Amérique, une décoc tion de trois bourgeons de mescal et j’absorbai ce breuvageen plusieurs fois, dedeuxheuresetdemieà quatre heures et demie de l’après-midi.
Le premier symptôme que j’observai fut une certaine conscience d’énergie et d’activité intellectuelle ; mais cela ne dura pas et je me sentis, après la dernière dose, faible et mal à l’aise. Mon pouls descendit rapidement et je jugeai préfé rable de m’étendre sur mon lit. Je pouvais encore lire et je remarquai qu’une ombre d'un violet pâle flottait sur la page, autour du point que fixaient mes yeux.
Je m’étais aperçu déjà que les objets qui n’étaient pas situés dans la ligne de vision directe, — mes mains, par exemple, qui tenaient le livre, — avaient une tendance à paraître énormes et très hautes en couleur et que les visions continues, que je percevais en fermant les yeux, étaient très nettes et très durables. Ces apparitions furent parfaitement graduées.
Tout d’abord, ce ne fut que des jeux vagues de lumières et d’ombres, qui suggéraient des tableaux sans jamais les réaliser. Peu à peu, ces tableaux devinrent plus définis, .mais trop confus encore pour être décrits autrement que comme serrtblables aux images d’un kaléidoscope, c’est-à-dire à des groupements symé triques d’objets de forme pointue. «Bientôt, ils apparurent plus distinctement, mais encore indescriptibles,comme, par exemple, un vaste
l'initiation 118 champde joyauxd’or chargé de pierres rouges et vertes, se modifiant constamment. Ce moment fut peutêtre le plus délicieux de toute l’expérience, car au même instant l’air ambiant me sembla s’imprégner d’un vague parfum, qui produisait, combiné avec les visions, un effet délicieux, et tout lemalaise s’évanouit.
11 ne me resta qu’une légère lassitude et un tremble ment des mains qui, plus tard, me rendit incapable de tenir une plume, quand je voulus noter les phases de l’expérience. Encore pus-je, avec quelque effort, me servir d’un crayon. « Jamais ces visions ne ressemblaient aux objets familiers. Elles étaient extrêmement précises, mais toujours nouvelles.
Elles se rapprochèrent constam ment de la ressemblance d’objets connus, sans jamais y atteindre. J’apercevais deglorieux champs de bijoux, seuls ou entassés, parfois brillants, parfois d’une riche couleur mate. Puis ces bijoux prenaient des formes de Heurs, ou se changeaient en somptueux papillons, ou revêtaient l’aspect d’ailes d’insectes extraordinaires.
Parfois, il me semblait que j’étais dans une sorte de vaisseau creux et tournant, dont la surfaceconcave était comparable à l’orient d’une perle changeante. J’étais moins surpris par l’énorme profu sion des images qui se présentaient à moi que par leur infinie variété.
C’était toujours un objet d’une espèce nouvelle qui entrait dans le champ de ma vision ; tantôt un mouvement rapide, tantôt une cou leur d’une richesse sombre, tantôt un rayonnement étincelant, une fois même une effrayante pluie d’or paraissait s’approcher de moi. Parfois, toutes les
LES PLANTES MAGIQUES I JÇ variétés différentes d’une même couleur, le rougt, par exemple, l'écarlate, le cramoisi, le ponceau, sur gissaient soit ensemble,soit en succession rapide. Mais en dépit de cette immense confusion, les couleurs présentées gardaient toujours une valeur esthétique. Elles restaient associées à la forme et ne venaient jamais en grandes masses, ou alors la nuance en était très délicate.
J étais en outre impressionné non seulement par le brillant, la délicatesse ou la variété des couleurs, mais aussi et plus encore par leur exquise texture, qu’on eût dit être tantôt fibreuse, tantôt lisse, polie, enflammée, veinée, demi-transparente, leseffets lumineux semblant des joyaux et les effets fibreux représentant des ailes d'insectes, étant les plus fré quents. * Quoique ces effets fussent nouveaux, il arrivait fréquemment, comme je l’ai mentionné déjà, qu’ils rappelaient vaguement des objets connus.
Ainsi, ils m’apparurent un moment comme faits d’une exquise porcelaine, puis comme des confiseries travaillées avec art, puis comme des ornements d’architecture maori, et le fond de ces tableaux était souvent, à la fois comme forme et comme nuance, ces détails ar chitecturaux, ouvragés comme de la dentelle de bois, que nous associons à l’idée des moucharabiés du Caire.
Mais les visions changeaient toujours, sans aucun rapport avec les caractéristiques des objets réels dont ils me faisaient vaguement souvenir, et quand j’essayais de les modifier, je n’y réussissais pas. Je pourrais dire qu’en général, ces images étaient des sortes d’arabesques vivantes. Elles offraient toujours
120 l’initiation une tendance incomplète à la symétrie, comme si leur mécanisme intérieur avait commandé un grand nom bre de facettes polies de cette façon, la même image se répétait plusieurs fois sur une grande partie du champ. » Une des premières constatations par M. Hevelock Ellis, c'est que les visions étaient beaucoup plus bril lantes quand il avait les yeux fermés que quand il les ouvrait, et surtout quand la chambre était faiblement éclairée par la lumière du foyer.
Cela concorde, du reste, avec l’habitude qu'ont les Indiens d’entretenir le feu pendant toute la durée des effets du mescal. Les visions continuèrent pendant des heures avec le même éclat. Se sentant fatigué, M. Hevelock Ellis se coucha, fortement impressionné par les couleurs éclatantes ou bronzées que prenaient ses membres, quand il ne les regardait pas directement. Il n’éprou vait pas le plus léger besoin de sommeil.
C’était comme une hyperesthésie générale augmentée d'une irritabilité nerveuse qui transformait le bruit le plus léger dans d’inconcevables proportions. Pour en finir, il ouvrit le beede gaz qui éclairait la pièce, mais alors commença une nouvelle série de phénomènes tout à fait différents des premiers.
Ce bec de gaz lui parut brûler avec un éclat décuplé de son éclat ordinaire, émettant desombreslumineuses qui sedéveloppaient et secontractaientde manière exagérée. En mêmetemps, les ombres se teintaient de rouge, de vert et surtout de violet. Cela dura presque toute la nuit.
Vers les trois heures du matin, le phénomène commença à dimi nuer, bien que les visions continuassent à se proLES PLANTES MAGIQUES 121 duire, amenant principalement des figures humaines fantastiques, surtout des Chinois. M.
Ellis finit enfin par s'endormir paisiblement et se réveilla à son heure habituelle, sans aucune lassitude, sans aucun souve nir pénible. Seulement, ses yeux restaient plus sen sibles que d’habitude aux couleurs et notamment au bleu et au violet. Il ajoute même que depuis cette époque, il ressent, avec plus d’acuité esthétique que précédemment, les phénomènes les plus délicats de la lumière, de l’ombre et de la couleur.
Mis en goût par cette expérience, il résolut de la renouveler sur un artiste de ses amis ; mais la dose demescal ingérée était probablement trop forte, car il se produisit im médiatement des symptômesalarmants : une violente douleur dans la région du cœur et une angoisse de mort imminente, avec une dilatation de la pupille telle que le sujet dut tenir ses paupières hermétique ment closes. Les visions, naturellement, ne se firent pas attendre.
Le sujet les définit ainsi : « Je remarquai tout d’abord qu’en détournant mes yeux d’une casserole en émail bleu que j’avais incon sciemment fixée, j’apercevais des taches bleues sur les charbons éteints de la cheminée. Jecrus à une illusion. Mais en rouvrant les yeux vers le manteau de la che minée, où étaient rangés des bibelots de toute sorte, je fus rapidement fixé.
Je vis nettement une lumière bleue d’un éclat intense se former autour de chaque objet. Une boîte à cigarettes, de couleur violette, étin celait comme une améthyste. Je détournai les yeux pour regarder le barreau d’une chaise qui flambait comme un rubis. Bien que prévenu des effets de l'in
122 l’initiation toxication, je n’en fus pas moins légèrement alarmé quand ces phénomènes se produisirent. Cette illumi nation silencieuse et soudaine de tous les objets qui m'entouraient m’apparut comme une sorte de folie qui venait à moi du dehors et je fus plus frappé de son étrangeté que de sa beauté.
Je voulus échap per à ce cauchemar et je me dirigeai vers la porte ; mais j’éprouvai soudain une vive difficulté à respirer, en même temps qu’un engourdissement du cœur qui me rejeta dans le fauteuil que je venais de quitter. A partir de ce moment, j’eus une série de crises que je ne saurais décrire autrement qu’en disant que je me sentais mourir. Il m’était impossible de remuer, im possible de respirer.
Chaque seconde qui s’écoulait me faisait sentir mon impuissance à réagir contre les sensations qui m’envahissaient de toutes parts. Les premières crises furent les plus violentes. Deux ou trois fois, elles furent accompagnées par la vision colorée d’un jet de gaz; puis le champ de vision fut rempli par un flot d’eau verte, brillamment éclairée et effervescente par endroits, exactement comme l’eau froide précipitée avec violence dans une piscine.
Une autre fois, je crus apercevoir une énorme goutte d’eau sale, dans laquelle des milliers d’animalcules se mouvaient. Mais les premières visions consistèrent surtout dans une furieuse succession d’arabesques co lorées, montant, descendant ou glissant à tous les angles possibles du champ de vision.
Ces visions du début furent bientôt suivies d’une autre série de sen sations extraordinaires : i* ma jambe droite devint soudainement lourde et massive, comme si tout le
LES PLANTES MAGIQUES 123 poids de mon être eût perdu sa suostantialité ; 2° avec la fulgurance d’une douleur névralgique le derrière de ma tête parut s’ouvrir et émettre un torrent de couleurs brillantes immédiatement suivi par la sensa tion d’un courant d’air soufflant en tempête dans mes cheveux; 3° à un moment donné la couleur verte prit un goût dans ma bouche ; il était douceâtre et légère ment métallique ; le bleu, lui, avait un goût qui rap pelait celui du phosphore ; ces deux couleurs seules semblaient avoir un rapport avec le sens du goût ; 4° un sentiment de bien-être délicieux et de légèreté surnaturelle fut perceptible dans la partie antérieure de mon visage, bientôt suivi par une sensation crois sante de contraction ; 5U j’entendis un chant dans une oreille: 6° je ressentis une chaleur brûlante dans la paume de la main gauche ; 70 la même chaleur dans les deux yeux ; cette chaleur se continua pendant toute la durée de la période, excepté au moment où j’éprouvai une fraîcheur sur les paupières, accompa gnée de la vision colorée du sourcil dépouillé, de la chair morte et du crâne apparaissant à nu. Pendant toutes ces sensations, je gardai mon esprit, non seulement parfaitement clair, mais joyeux et, à ce qu’il me sembla d’une lucidité inaccoutumée. Cer tainement, j’avais conscience d’un singulier contraste, en m’entendant causer moi-même raisonnablement avec Havelock Ellis, qui venait d’entrer dans ma chambre et qui étudiait pendant ce temps les bizarre ries et les extravagances dont mon corps lui offrait le spectacle. Ma raison seule survivait dans tout mon être. Parfois, je croyais qu’elle allait disparaître aussi,
l’initiation 124 mais le son de ma voix suffisait à rétablir la commu nication avec le monde extérieur de la réalité.
Un tremblement plus ou moins constant persistait dans mes membres inférieurs, avec une sensation de suffocation et une douleur au cœur, que je guéris en prenant du cognac, du café et un biscuit. Pour la mise en jeu de mes muscles Je n’avais ni désir, ni pou voir. Mes mains, cependant, gardaient toute leur force. Je ne pouvais conserver sans douleur mes yeux ouverts pendant plus de quelques secondes.
La lu mière du jour semblait remplir la chambre d’un éclat aveuglant. Encore tous les objets, quand je les em brassais d’un rapide coup d’œil, apparaissaient-ils dans leur forme et leur couleur normales. Si je refer mais les yeux, les visions me représentaient des par ties de mon corps subissant une infinie variété de changements merveilleux, de métamorphoses ou d’il luminations.
Le plussouvent, ces changements étaient comiques ou grotesques, quoique toujours d’une ad mirable couleur. Je vis une fois ma jambe droite se teinter du plus délicat héliotrope; une autre fois, la manche de mon veston se changea en une matière d’un vert sombre, enjolivée d’une tresse rouge, le tout bordé de noir à la manchette.
A peine ma manche avait-elle pris cette apparence, que je la vis s’étendre à tout mon costume, avec une coupe de caractère moyen-âge, sans que je puisse dire à quelle période précise il se rapportait.
Je remarquai qu’un mouve ment de main, par exemple, appelait instantanément une vision colorée dans la partie remuée et que cette vision passait, par une transition en apparence natuLES PLANTES MAGIQUES 125 relie, à une autre partie totalement dissemblable.
Ainsi, comme je pressais accidentellement mes doigts contre mes tempes, les extrémités de mes doigts sem blèrent s’allonger, puis devinrent les nervures d’une voûte ou d’un toit en forme de dôme.
Mais la plu part de ces visions étaient d’une nature plus person nelle. Il m’arriva de porter à mes lèvres une petite cuillerée de café et, comme je levais le bras pour cela, j’eus devant mes yeux fermés ou presque fermés la vision, dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, de mon bras, séparé de mon corps et m’apportant du café, du fond d’un espace sombre et indéfini.
Une autre fois, comme .je cherchais à calmer une légère nausée avec un morceau- de biscuit que me passait Havelock Ellis, il s’en échappa une flamme bleue pendant un instant. Je tins le biscuit près de ma jambe. Au même instant, mon pantalon parut s’en flammer et tout le côté droit de mon corps, depuis le pied jusqu’à l’épaule, fut enveloppé de l’ondulation d’une flamme bleue, c’était un spectacle d’une mer veilleuse beauté.
Mais ce n’est pas tout. Je mis le bis cuit dans ma bouche et il y brûla aussitôt d’une flamme de même couleur illuminant ma bouche tout entière et envoyant son reflet bleu au plafond. Il y eut également bien d’autres visions dont je ne saurais retracer l’origine. C’étaient des spirales, des arabes ques et des fleurs; parfois même des objets d’un carac tère plus trivial ou plus prosaïque.
Dans une vision, j’aperçus une rangée de petites fleurs blanches, pres sées les unes contre les autres comme les perles d’un collier, prenant la forme d’une spirale. Chaque fleur
I 2Ô . l'initiation avait le grain de la porcelaine. Il y eut un moment où j'eus la sensation que mes joues devenaient chaudes et fiévreuses, et en même temps la peau de mon visage devenait toute mince, sans plus de consis tance qu'une feuille de papier et, bientôt, j’eus la vision de ma figure semi-transparente et d’une cou leur rougeâtre.
A mon .profond étonnement, je me voyais moi-même comme si j’eusse été dans une lan terne chinoise et que feusse regardé dans la chambre à travers ma joue. Bientôt après, j’eus la conscience que la drogue finissait d’opérer. Mais je ne pouvais toujours pas fixer mes yeux sur quelque objet dans la chambre sans le voir enveloppé d’un léger halo bleu ou d’une barre de couleur brillante. Les visions disparurent enfin.
Je ne vis plus que des personnages avec des membres démesurés ou des mains étranges ou encore des combinaisons impossibles comme, par exemple, cinq ou six poissons de couleur jaune flottant en l’air dans une cage d’or.
Mais ce n’était là que des visions purement mentales comme les rêves des cerveaux équilibrés. » D’autres personnes qui, à la demande de M. Havelock Ellis, ont également absorbé du mescal, ont eu aussi leurs visions; mais, chose surprenante, ces vi sions varient beaucoup avec les personnes et on pour rait même dire qu’elles n’ont de commun que la pré dominance des couleurs violette et bleue qui se trouve chez tous.
L’un des expérimentateurs, au plus fort de l’influence du mescal, évoque devant ses yeux un mo nument particulier situé dans l’abbaye de WestminsLFS PLANTES MAGIQUES 127 ter. 11 aperçoit bien le monument, mais en avant, un peu sur la gauche, est agenouillé un personnage, en costume florentin, comme on en voit dans les ta bleaux de Botticelli, et il ne peut pas apercevoir le monument sans le personnage.
La musique, combinée avec l’action du mescal, complique encore ses effets. Un artiste, après avoir absorbé la dose ordinaire, joue du piano, les yeux fermés. Aussitôt, il voit passer devant son regard des lignes et des ondes de couleur rose, puis des objets semblables à des boucliers ou à des cuirasses, en or pur et sertis de pierres précieuses disposées dans un ordre savant.
Toute musique, en principe, stimule les visions et accroît sensiblement leur charme. Elle semble s’harmoniser avec elles, à la condition qu’il n’y ait pas de brusques changements, soit dans le rythme, soit dans la tonalité. Sans vouloir rechercher à quelles causes physiolo giques ces phénomènes peuvent être attribués, nous pouvons conclure que le mescal crée une sorte de saturnale sensorielle et surtout une orgie de visions.
Il révèle un pays imaginaire, où les sens sont en fête et où cependant l’esprit demeure un spectateur impas sible. Les effets du mescal sont tout à fait différents de ceux que procurent les autres drogues. On sait que le haschich, entre autres, produit un irrésistible besoin de mouvement. Le mescal, lui, n’affecte que les sens les plus intellectuels; il ne nous arrache pas au monde actuel et ne nous plonge pas dans l'oubli. Son charme principal réside dans le halo de beauté dont il entoure les objets les plus ordinaires et les
128 l’initiation [Novembre 1909 plus vulgaires. C’est la plus démocratique des plantes qui ouvrent aux hommes la porte mystérieuse des Paradis artificiels. Comme ses effets ne sont aucune ment pernicieux, le temps est peut-être prochain où nous pourrons tous, à peu de frais, nous donner, grâce à lui, un avant-goût des joies célestes, si tant est que nous soyons appelés à les connaître un jour (1). C. B. (1) Docteur de Neuville, Un Nouveau Paradis artificiel (La Revue).
Essai d'Alphabétologie (Suite) L’idéal de celui-ci est de travailler tout juste de quoi s’assurer une petite aisance, puis après avoir casé sa progéniture, s’il en a, de se retirer des affaires et jouir de ses rentes. Il prive ainsi et souvent de fort bonne heure sa nation, du concours de son trar vail, il cesse de contribuer à l’accroissement de la richesse collective, il n’apporte plus à la masse l’appoint de l’expérience qu’il a acquise au cours de sa carrière. Le Saxon, au contraire, ne connaît pas le repos, il ne se désiste jamais des affaires auxquelles % il s est attaché ; il ne cesse de travailler que lorsqu’une impossibilité physique ou la mort l’y contraint. Les efforts continuels et le travail incessant ont chez lui comme signature la H fortement aspirée. Quant à l’action normale et législative de cette lettre, pour ne citer qu’un fait; comparez nos crises ministérielles périodiques avec la stabilité de cabi nets étrangers q«’il est superflu de nommer. La Chdoit être considérée comme une Consonne. Comme son, c’est le tp hébraïque, le principe représenté par ce signe s’est facilement confondu ou a persisté avec la C ou la G dans le latin et ses dérivés. En espagnol cette lettre est fortement chuintante,
13o l’initiation modérément en français et légèrement gutturale en italien. En anglais on le prononce tantôt d’une façon tantôt d'une autre, suivant la provenance du mot dans lequel elle se trouve. Dans cette dernière langue, la sh, paraît dériver d’une façon plus directe du c hébraïque.
J’ai cons taté des rapports entre plusieurs mots anglais et les racines primitives de l’hébreu, qui, alors même qu'on les considérerait comme de simples coïnci dences, n’en sont pas moins curieux et significatifs. . En voici quelques-uns qui m’ont paru des plus remarquables, d c- La gloire, l’éclat, la splendeur, la célébrité, la vertu ; tout ce qui s’élève et brille dans l’espace. Sheer, brillant, clair, pur.
Shine, briller, être brillant, émettre des rayons de lumière cxc- L’action de troubler, de mettre en dés ordre. Shake, remuer, agiter, secouer, faire trembler, faire naufrager, faire peur, être agité, trembler, frissonner, faire perdre l’équilibre vn?. L’action de rendre à la nature première, brute: c'est-à-dire de ravager, dé vaster les productions des arts, du travail et de l’indus trie.
Share. diviser en parties, partager avec un autre, ne ou tc, tout ce qui est solide, tenace, résistant; tout ce qui est dominateur, puissant, tout ce qui est redoutable. tout ce qui est vain, vide, inane, dévasté, tout ce qui est tumultueux, tempétueux, tourbillonnant. Sharp, ce qui est tranchant, sévère, froid, mordant
ESSAI d’alphabétologie (31 sarcastique, fier, impétueux (from Chambers's etvmological English dictionary). La H accolée à la T forme en anglais une con sonne dont le son correspond à celui du 0 grec et n hébreu.
Le principe attaché à ce caractère n’existe pas dans les peuples d’origine latine, et ne fut point connu des Romains dans la langue desquels le peu de mots où on trouve la th,sont d’origine étrangère, grecs pour la plupart, et il n’était pas plus prononcé par ceux-ci qu’il n l’est actuellement par ceux-là. Ce caractère dit d’OIivet à l’article n, appartient, en qua lité de consonne, à la touche chuintante.
Employé comme signe grammatical dans la langue hébraïque, il est celui de la sympathie et de la réciprocité, joi gnant à l’abondance du caractère *ï, à la force de ré sistance et de protection du caractère ta, l'idée de perfection et de nécessité dont il est l’emblème. T. Ce caractère appartient, en qualité de con sonne, à la touche dentale.
Comme image symbo lique, il représente l’asile de l’homme, le toit qu’il élève pour le protéger ; son bouclier. Comme signe grammatical, il est celui de la résistance et de la pro tection.
On trouve encore en latin quelques mots qui parais sent dériver directement de ce signe : Tego. couvrir; d'oû tectum, toit ; tegumen. couverture, maison, bou clier, tegula, tuile, etc. Tellus que nous traduisons par terre, n’avait certainement pas le même sens exact que Terra. Une nuance que nous ne pouvons rendre dans notre langue les séparait. La T mise à
i32 L.NITIATiON f part, l’un se rattache à la racine 5 et l’autre à la racine in. La T est fréquente dans les noms géogra phiques et fut appliquée dans l’antiquité avec plus ou moins de discernement à des contrées et à des peuples très divers.
Prescott dans sa « Conqueste of Mexico » fait remarquer à propos des Aztèques et autres peuplades de l’Amérique du Nord, dont il cherche à expliquer l’origine, que la lettre T en langage primitif expri mait tout ce qui est élevé, supérieur ou grand.
« Mais le nom collectif de ces hautes régions. (La chaîne de THimalaya) était dans des temps très recu lés, désigné par des mots dont les racines étaient Tal, Toi, Tul, qui signifient haut, grand.... ce qui a lieu encore dans beaucoup de langues, l’anglais, le chi nois et l’arabe par exemple.
Tels étaient Tolo, Thala, Talahu, Tulau, etc., dans le vieux sanscrit et les langues primitives de l’Asie, de là vient le nom asia tique d’Atlas, ainsi que les Atlantes des Grecs, lesquels en se répandant sur l’Occident, donnèrent ces noms à de nombreux endroits et à beaucoup de nations. Les Talas ou Atlantes occupèrent ou conqui rent l'Europe et l’Afrique, et allèrent jusqu’en Amé rique de très bonne heure.
En Grèce, ils devinrent les Atlantes, les Talantians d’Épire, les Ætoliens. Ils donnèrent leur nom à l’Italie, Aitala, qui signifie la terre par excellence, à l’océan Atlantique et à la grande Atlantide, l’Amérique de nos jours, désignée dans les livres hindous par le nom d’Atala ou Tala, Tolo, le quatrième monde où résident les géants ou hommes puissants... L’Amérique est aussi remplie par leurs
ESSAI DALPHABÉTOLOGIE i 33 hauts faits, depuis le Mexique et la Caroline, jusqu’au Pérou. Les Tol-Tecas ou habitants de Toi, d’Aztlan et d’Otolum près de Palengue, les villes de Tula et de Tolu ; les Talas de Michuacan, les Matalans, Atalans, Tolukis, etc... de l’Amérique du Nord.
Il est inutile d’ajouter que Thula a été prise pour cette Ultima Thule d’autant plus inconnue qu’on la cherche plus longtemps, d’où il résulte que deux cou rants de recherches arrivèrent au même but.
En effet, considérée avec un critérium différent, toute la ques tion s’évanouit en fumée, Toltan et Aztlan sont tout simplement des noms mythologiques, et les contrées désignées par eux, transportées de la terre aux lumi neux domaines du Ciel, auquel la légende semble en avoir emprunté la description. » Prescott était meilleur historien que linguiste et ses explications philologiques sont un peu... nébuleuses.
II serait peut-être plus exact de voir dans tous ces noms la racine al (5), qui développe les idées d’élé vation, de force, d’étendue, de puissance, soudées soit au T (n), soit au Th (n).
Il est difficile, je crois, de préciser, eu égard son prin cipe, les différences qui séparent les peuples ayant eu ou ayant encore la Th dans leur langue, de ceux qui ne l’ont jamais connue ; elles sont multiples et se com binent avec le principe de chacune des autres lettres de l’alphabet, ce qui imposerait une minutieuse étude de chacune d’elles par rapport à la Th.
On doit considérer aussi enanglaiscommeconsonne coh, le son de cette curieuse lettre correspond, je le crois du moins, avec assez d’exactitude au y hébreu.
l’initiation '34 Ce caractère (y), ditd’Olivet, sous son acception vo cale, représente l’intérieur de l’oreille de l’homme, et devient le symbole des bruits confus, sourds, inap préciables ; des sons profonds et sans harmonie. Sui vant son acception consonnante, il appartient à la touche gutturale, et représente la cavité de la poi trine.
On pourrait faire plusieurs rapprochements intéres sants entre les goûts et les idées des peuples de langue anglaise et le principe de la lettre en question. Je ferai remarquer seulement que le phonographe et le téléphone sont des inventions anglo-saxonnes, elles se relationnent avec le bruit, le son, l’ouïe.
La S et la Z appartiennent à la touche sifflante, qui s’applique à tous les objets sifflants, à tous ceux qui ont rapport avec Pair, ou qui le fendent dans leur cours et s’y réfléchissent. En français la S a deux sons, un fort et un doux. Le zézaiement requis pour prononcer correctement notre Z est particulier et peu d etrangers parlant notre langue parviennent à le saisir exactement.
Au total nous possédons quatre sifflantes et le reproche de légèreté que les autres peuples nous adressent a peutêtre plus de fondement que nous ne nous l’imaginons. Là aussi se trouve la signature des revirements sou dains et fréquents de l’opinion française, ainsi que de nos enthousiasmes ou de nos engouements presque toujours aussi spontanés qu’injustifiés. (4 suivre.)
isr ANGELOLOGIE L’homrne crée des « Anges » comme il crée Dieu. Or l'homme crée Dieu quand il le comprend, c’està-dire quand il se met dans un état propice à la mani festation de Dieu en lui. De même, l’homme crée des Anges, c’est-à-dire que. par l’exaltation de ses désirs, par l’idéalisation transcendante de lui-même, il entre dans un état propice à la manifestation des Anges en lui et autour de lui. Créer, c’est trouver, c’est découvrir.
Et découvrir, c’est soulever le voile qui cache quelque chose. Nous créons des anges en soulevant les voiles de l'égoïsme, autrement dit de la matière, qui empêchent ces anges d’être visibles pour nous. Et ces anges nous apparaissent, parce qu’ils existaient de toute éternité, en vertu de la grande loi de l'identité éternelle, de l’éternité de toutes choses. Omnia surit ælerna. Omnia sunt in œternitate Dei.
Une fois donc que nous avons vu les « Anges », nous sommes incités aies revoir, par cela même que tout acte accompli pousse à sa répétition. Et eux, les anges, qui nous ont vus, sont aussi portés à nous revoir, par la même raison. Car, par rapport aux anges célestes, les initiés sont des anges terrestres,
136 l’initiation c’est-à-dire des Messagers spirituels de la terre. Toutes les planètes, tous les astres, tous les êtres ont également leurs messagers. Et c’est ainsi que toutes les étoiles de l’Univers sont reliées entre elles par le ministère des anges; et c’est ainsi que Dieu voit et connaît divinement tout ce qui se passe dans l'Univers. Conciliabulum Angelorum.
Nous surgissons donc de la terre dans l’espace in terplanétaire, et de même les anges surgissent des astres qui leur sont propres, pour venir à notre ren contre. C’est dans l’espace interplanétaire que cette rencontre s’effectue, et elle a lieu, de préférence, quand deux ou plusieurs planètes sont en conjonction, ou en aspect sextile ou trigone, mais elle peut parfai tement se produire, et se produit, du reste, à tous les instants.
En suivant tous les degrés de hiérarchie angélique planétaire, on en arrive aux. Anges suprêmes, c’est-àdire à ceux qui touchent de plus près à l’ineffable Soleil. Ils montent progressivement, par l’exaltation croissante de leur amour, jusqu’au période où cet amour, se diffuse dans l’infini, devient un avec l’in fini, sans mesure et sans réserve. A cet instant, ils cessent.
Ils cessent en tant qu’anges, mais ils sont nés à l’ineffable, à jamais et à perpétuité. S’il y a des Anges qui montent vers l’ineffable, il y en a d’autres qui s’en éloignent. Ces derniers sont les âmes qui vont se manifester dans le royaume de la matière, jusqu’au but infime qui leur est assigné par ! leur destin. Ce double mouvement de montée et de descente,
ANGÉLOLOGÎE l3y d'aspir et d’expir divins est symbolisé par le sceau de Salomon. Dieu crée les mondes en expirant, et il maintient son unité en aspirant. Quand nous aspi rons, nous permettons aux anges de descendre vers nous, et quand nous expirons nous montons nousmêmes vers les anges. La Coupe est le symbole de LAspiration, du Ctéis : c’est l’invitation aux anges de venir nous visiter.
Le bâton est le symbole de l’expiration, du Phallus : c’est le signe par lequel nous faisons savoir aux AngeS que nous allons vers eux. On se sert de la Coupe pour demander, et du Bâton pour communiquer. Karl Nissa
H8 RÊVE Je rêvais que j’étais au milieu de la multitude des hommes, triste et désillusionné. J’errais, lame meur trie par des espoirs secrets, par des aspirations vagues de « plus haut ». Navré par les impostures de la vie, mon cœur, qui distillait des désirs supérieurs, incom patibles avec les hideurs d’ici-bas, saignait un im mense dégoût.
Depuis longtemps déjà, par des entraînements labo rieux et pénibles, j’avais asservi mes sens à la domi nation entière de ma volonté.
Les besoins sensuels du corps s’étaient tus après bien des révoltes impla cablement réduites, et au moment où, fier de ma victoire, je croyais entrer dans une vie nouvelle, je m’apercevais que le travail d’asservissement de l’être impulsif à l'homme de raison est triple, car le second centre, celui des désirs, s'éveillait à son tour et récla mait l’affection réconfortante et consolatrice.
De même, la sphère intellectuelle, à laquelle avaient suffi jusque-là les hypothèses discutables des raison nements philosophiques, demandait une connais sance exacte et une conception entière de la Vérité; et par une nostalgique souvenance du Nirvana perdu, j’aspirais à une vie meilleure où serait permise Tinté grale compréhension.
RÊVE i3q Dans l'imprévu et le heurté commun à tous les rêves, où les événements les plus bizarres se préci pitent sans transition, je vis tout à coup une jeune femme aux traits fins et harmonieux. Sa lèvre sou riait, candide-, son regard possédait de mystérieuses profondeurs. Je ne la connaissais point, mais j’éprou vais pourtant une sensation de « déjà vu ».
En l’approchant, je sentis son rayonnement odique en vibration harmonique avec mes influx astraux, et sa pensée, que je devinais complémentaire de la mienne^ me paraissait devoir être le fluide fécondant et réali sateur de mes idées. Elle était comme la vivante extériorisation de mon désir...
Soudain, une révélation se fit en moi : réminiscence de l’émanation divine, de l’androgynat primitif peut-être, me poursuivant jusque dans la matérialisation... c’était Elle 1 Héva... perdue depuis la chute, l’épouse une et éternelle déjà aimée, la douce amante, évoluée, initiée, Pâme soeur, le complément de mon être. Réincarnée sur cette terre, sollicitée par moi, elle répondait à mon désir profond...
Je l’avais adorée déjà, et, suivant les lois immuables, nous nous retrouvions... mon cœur se souvenait... le sien aussi, car elle ressentit comme moi l’attirance magique, l’attraction exaltée atteignant l’amour spirituel. En moi le doute s’effaçait, et la douleur poignante de l’isolement ne torturait plus mon cœur. Souriante, elle me donna sa main douce, me tendit ses lèvres, que je pris, très calme. Je la désirais ardemment, mais ce désir, passant du centre instinctif à la sphère animique, s’y transformait
l’initiation 140 en sentiment profond, et je n’étais point tenté de jeter des regards lubriques sur la gorge admirable que moulait l’étoffe transparente. Son étreinte, ses baisers n’éveillaient pas en moi de désirs sensuels et aucune idée perverse ne venait troubler mon cerveau.
Je l’aimais en puissance, j’aurais voulu souffrir et mourir pour elle, et ce sentiment sublime déchira le voile; je compris l’ascension possible par l’amour et le sacri fice : chefs occultes de l’Évolution. Nous étions tous deux sur un gradin de pierre d’une arène. Elle entourait mon cou de son bras; j’enlaçais sa taille, épaule contre épaule, joue contre joue. L’arène était immense, les gradins vides; au milieu, la « Vie » se déroulait.
Des trains arrivaient, des vaisseaux partaient pour des contrées lointaines, des hommes passaient, les uns affairés, les autres insouciants ; quelques-uns atteignaient la fortune, beaucoup mouraient d’inani tion. Des femmes, modèles de vertu, secouraient l’indigence ; d’autres se prostituaient sur des tas d’ordures et de boue.
Des conquérants foulaient aux pieds des cœurs de mère et de chères affections, des incompris fuyaient sous les sarcasmes. Dans le chaos hylique, la bestialité s’agitait, fiévreuse, et les foules avides cherchaient de basses jouissances dans la joie et le plaisir. Par une clairvoyance subite, nous perçûmes les tourbillons des entités astrales mauvaises : au ras du
RÊVE ¡41 sol, les pensées viles flottaient en vagues mouvantes ; les désirs impurs peuplaient d’êtres luxurieux l’atmos phère déjà surchargée. Des courants astraux en voûtaient, à distance ; de blanches vierges succom baient à des stryges lascifs. Incubes et succubes visqueux, aux contacts mous et froids, buvaient la liqueur de pollutions immondes... un immense hoquet d’amour s’élevait de ce charnier.
Nous cherchions à rester étrangers à ce spectacle écoeurant, mais nos âmes souffraient affreusement, et leurs élans vers le Beau, entravés par les sugges tions terrestres traduisaient leur incompatibilité avec ces hideurs par un malaise indéfinissablement tortu rant. Oppressée, haletante, Héva leva vers moi son regard angoissé ; dans ses beaux yeux que l’exaltation de son désir illuminait étrangement, je lus une supplique ardente.
Nous resserrâmes notre étreinte, et dans une violente projection de volonté nous abandonnâmes l’enveloppe matérielle : libres, nos âmes s’adaptèrent, réalisant un céleste androgyne, premier degré de l’évolution vers l’identification à l’origine primordiale, qui monta vers le ciel bleu. X GRNR.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Ceïfe partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. Le Régime I Le siècle actuel est le siècle physique. En science, en art, dans la vie courante, le plan physique domine tout.
De plus, la science, cette parvenue de quelques années, une centaine, prétend s’immiscer partout et remplacer l’instinct ou les prescriptions religieuses.
En se rencontrant, les hommes se demandent non pas «comment est illuminé votre esprit» ou « la paix du Ciel est-elle avec vous ? » Non, ils se demandent : « Comment va votre santé physique ? » A son lever, la femme consulte vite son miroir et se demande : « Suis-je en beauté aujourd’hui ? » Eh bien, pour une fois, soyons de notre siècle et occupons-nous du corps physique.
Or, ce corps physique est une véritable dépendance de la planète terrestre, à laquelle il est lié très intime ment. C’est la terre qui le prête à l’esprit pour une exis tence, c’est la terre qui lui fournit sa chaleur et sa vie par la respiration et par les aliments, c’est la terre
LE RÉGIME 143 qui le nourrit aussi de sensations et qui reçoit ses actions. Toute la marche harmonique du corps physique de l’être humain est donc liée aux évolutions de la terre... et cependant bien peu de gens s’occupent de cette dépendance. La terre subit des influences très fortes de la part des autres planètes, de son système et surtout de la part du soleil.
Les influences sont indiquées parles changements importants survenus sur la planète, etces changementsréagissentsur tous lesêtresYivantsplacés, sur la terre. Les saisons : printemps, été, automne, hiver, indiquent les apogées de ces changements et les moments de réaction sur les habitants de la planète. Or, la nourriture des corps vivants étant tirée de la terre, elle-même subit des changements très curieux selon les diverses saisons.
De plus, le renouvellement des cellules du corps subit aussi de profondes modifications selon les saisons. Enfin l’atmosphère terrestre dans laquelle nous baignons et nous respirons, subit aussi des modifica tions permanentes indiquéespar la saison, d’une part, et la situation de la lune, d'autre part.
Donc : Constitution des aliments ; Renouvellement des cellules ; V» Modifications de l’air inspiré ; Tels sont les trois principaux éléments du problème qui nous intéresse. Ce problème a été peu ou mal étudié par leshygiél'initiation 144 nistes. Les réformateurs religieux l’ont seul complè tement connu. Il faut d’abord observer les productions normales d’une saison terrestre.
Le printemps produit surtout des légumes; l’été quelques fruits et dulaitage ainsi que beaucoup d'œufs ; l’automne beaucoup de fruits et de miel ; l’hiver eçt la saison de la viande et du poisson. Telles sont les vues très générales de la question. De plus, au printemps, tout est plus dynamisé.
La sève circule dans les végétaux, les cellules se renou vellent en masse dans les animaux, et l’atmosphère terrestre est énergiquement chauffée par un soleil plus ardent et plus jeune : tout cela réagit sur le corps humain. Les aliments végétaux sont plus dynamiques au printemps qu’à toute autre saison.
Enfin, le renouvellement cellulaire du corps au printemps libère une grande quantité de déchets organiques, de toxines et cela demande une grande liberté des voies d’excrétion: la peau, les reins et l’intestin. Le régime du printemps doit donc être surtout végétarien, et l’eau doit y jouer un rôle considérable, comme lavage et comme boisson. Toutes les religions sont d’accord sur ce point : jeûne et végétarisme au printemps.
En été, c’est la nourriture respiratoire (passez-moi cette expression) qui doit prendre le dessus : Exercice physique en plein air, dormir en respirant Pair exté rieur, laitages et pain comme nourriture dominante,
LE RÉGIME 145 suppression presque complète de la viande remplacée par le poisson d’eau douce, beaucoup de légumes. L’automne est la période du sucré, des fruits et du vin ou de toute boison fermentée. La viande doit être plus souvent donnée qu’aux saisons précédentes. C’est la période de constitution dynamique des nouvelles cellules nerveuses. Utilité de la viande pour les neurones. Enfin l’hiver demande de la viande et le vin.
Ainsi nous voyons que la nature n’est pas sectaire. Elle gradue ses produits selon les besoins cellulaires. Elle ne nous oblige à aucune originalité de régime en permanence. Il faut cependant bien suivre les climats, et savoir qu’un climat d’été constant demande aussi un végétarisme constant. Il faut remarquer cela, car le commerce tend à bouleverser les notions naturelles.
Par les conserves, les navires frigorifiques ou, au contraire, les navires chauffés à un degré déterminé, par les serres et les fôrceries, le commerce dote les grandes villes de tous les produits d’une saison en une autre saison. Un peu d’observation suffit donc pour bien diriger la marche de la machine humaine.
Pour être complet, il faudrait étudier l’action des divers régimes sur chacun des vingt-quatre tempéra ments humains. iMais cela nous entraînerait trop loin aujourd’hui. Telles sont les données générales du problème; nous allons maintenant aborder quelques applications particulières :
146 l’initiation La beauté de la femme et son entretien ; La conduite des idées de l’artiste. On dit que si l’argent ne donne pas le bonheur, il y contribue du moins pour une large part. De même, la beauté ne donne pas le bonheur à la femme par elle-même, mais la beauté peut beaucoup contribuer au bonheur féminin. Du reste, la beauté a une infinité de degrés. Je ne connais personnellement aucune femme qui n'ait pas quelque chose de joli.
Si un homme sait regarder, il découvrira toujours un regard charmant chez une bossue, et un orteil délicieux chez une femme dont le ciel n’a pas avantagé la figure. Beaucoup de femmes qui ne sont pas considérées universellement comme jolies ont cependant de gros succès féminins parce que d’elles se dégage un charme, un magnétisme secret qui aimante puissamment l’astral de l’homme.
Le régime a-t-il une inlluence sur ce charme et sur la beauté du visage ? C’est ce qu'il nous faut voir maintenant.
Excusez-moi de parler médecine au sujet de choses aussi charmantesque levisaged’une femme; les décou vertes contemporaines ont établi des rapports si étroits entre la peau du visage et les intestins que je suis obligé de vous conduire quelques minutes à la cuisine de l’or ganisme et d’assister avec vous au lavage de la vaisselle et à la mise en état de tous les centres cellulaires.
En sept ans, tout le corps humain se renouvelle, et au bout de ce temps il ne reste plus aucune des an ciennes cellules organiques.
LE RÉGIME ’47 Le visage se renouvelle bien plus souvent, et l’on peut donner six mois au plus à ces délicates cellules pour être remplacées par d’autres plus jeunes. Or, le visage est le miroir de l'organisme intérieur. Une douleur profonde, un trouble permanent de l’intestin troublent immédiatement les traits. La première condition de la beauté est donc le calme intérieur, c’est-à-dire la santé.
De plus, le régime a une influence très nette sur le teint. Le régime végétarien pâlit et jaunit très vite les teints les plus frais. Le régime carné rougit les teints les plus pâles, l'eau éclaircit le teint et lui donne un grand éclat ; par contre, le vin rend les yeux brillants, humides et donne une grande intensité au regard.
Mais remarquonsaussiquele régime carné demande une surveillance constante des intestins, sous peine d’éruptions et de taches du plus vilain aspect. Quel est donc le régime idéal de la femme ? Celui de son tempérament (Couleur des mains). Mains rouges : Végétarisme et lait. Mains noires : Fruits, eau et légumes verts, viandes deux fois par semaine. Mains jaunes : Pâtes, bière, viandes rouges.
Mains blanches: Viande, poisson de mer, vin et peu de légumes. Pas de lait. En plus du régime physique, la femme a besoin du régime cardiaque. Une femme qui aime est toujours belle parce qu’elle rayonne. (Aime et sois aimée, dit l’humoriste... mais par le même homme.)
l’initiation La tristesse enlaidit. Danger des femmes de marbre. Beauté sans feu •cardiaque. Pour l’artiste ce n’est pas la beauté physique qu’il faut demander au régime, c’est la tension intellec tuelle Indiquerons en deux mots : Tension pour imaginer: Plan, esquisse, sommaires, -calme pour exécuter. Entraînement cérébral pour durer. Tension : régime carné, café et vin. Calme: bière, végétarisme. Entraînement : Discipline, horaire. Il faut aussi tenir compte des tempéraments. Il faut aussi éviter l’entraînement cérébral par les excitants. Savoir manier son régime, c’est savoir jouer son piano organique. C est une science vraie et pratique. Comme toutes les sciences pratiques, elle est peu connue de la masse des contemporains. Papus.
NGRÈS SPIRITUALISTE DISCOURS D’OUVERTURE (i) prononcé par M. Victor Blanchard, Secrétaire Général du Congrès SpiritualisteMesdames, Messieurs, Très Chères Sœurs et Très Chers Frères; Je suis profondément touché de l’honneur qui m’échoit aujourd’hui. Voici bientôt douze ans, cher docteur et ami, que nous travaillons ensemble à l’œuvre de la Réno vation scientifique, philosophique, religieuse et so ciale. Ainsi que la plupart de nos amis ici présents, nous, avons vu, tous deux, bien des manifestations delà Grande Idée Spiritualiste ; nous avons assisté à de nombreuses inaugurations de loges martinistes et même maçonniques. (i) Nous extrayons le présent discours du Compte Rendu dw Congrès Spiritualiste de rgo8, qui vient de paraître à la Librairie Hermetiqüe, 4, rue de Furstenberg, Paris. (Prix; franco 5 francs.)
l'initiation i5o Ma joie eût été encore plus intense si j’avais retrouvé, en ce jour solennel, tous mes condisciples de jadis. Hélas ! il n’en peut être ainsi.
Quelques-uns de nos anciens frères et compagnons d’armes ont été fauchés trop tôt par la sombre et implacable déesse ; d’autres ont été repris par leurs fastidieuses occupations profanes ou même — nous pouvons l’avouer — ont défailli sur la Voie mysté rieuse et sont passés dans les rangs de l’ennemi.
Plaignons sincèrement ces derniers et souhaitonsleur, en même temps, de revenir bientôt puiser, à la source vive de l’Esotérisme chrétien, la saine nour riture de l’esprit et cette merveilleuse tranquillité d’àme qu’ils ne connaissent plus actuellement et qu’ils recherchent partout avec tant d’avidité. ♦ ♦ * Voilà plus de vingt ans que les chefs de l’Hermétisme contemporain ne cessent de répandre la bonne parole, afin d’illuminer les coeurs et d'éclairer les cer veaux embrunis par les ténèbres de l’ignorance ou du sectarisme.
Quantité d’associations plus ou moins fermées aux profanes et de groupes d’études psychiques ont été créés non seulement en Europe, mais aussi en Afri que, en Amérique, en Asie et même en Océanie. Les savants matérialistes ou positivistes s’inquiè tent et se demandent anxieusement ce que vont de venir leurs ingénieuses hypothèses.
La Presse elle-même s’intéresse à l’étude de cerCONGRÈS SPIRITUALISTE l5l tains phénomènes hypnotiques, magnétiques ou médiumnim iques.
C’est ainsi que les Débats, ï Eclair, l'Echo de Paris, le Figaro, le Gaulois, le Journal, la Liberté, le Matin, le Petit Parisien, la Petite République, le Temps, et tant d’autres quotidiens que je regrette de ne pouvoir citer ont déjà publié de nombreux articles dans lesquels on traite de tables tournantes, de médiums écrivains ou à incarnations, de déplace ments d’objets sans contact, de lévitations d’êtres humains, d’apports de fleurs, de matérialisations et d'apparitions d’esprits, de télépathie, des différentes phases de l'hypnose, de clairvoyance, de maisons hantées, d’envoûtement, de messes noires, de faki risme, de graphologie, de chiromancie, de physio gnomonie, d’astrologie ou de magie.
Et chose qu’on n’aurait pas faite, il y a quelques années, on ose écrire ou prononcer en public les mots de théosophie, gnosticisme, mysticisme, occul tisme, kabbale. Quelques journaux, notamment le Malin, ont même édité des romans-feuilletons dans lesquels tout lecteur attentif peut retrouver de multiples données de la Tradition Hermétique.
Certaines revues catholiques s’occupent aussi de ces différentes questions occultes et je ne puis que les louer d’en aborder l'étude avec moins de partialité qu’autrefois. L’heure était donc venue d’affirmer publiquement notre force et de montrer aux profanes à quel genre de travaux intellectuels ou spirituelsnous nous livrons
152 l’initiation dans nos Sociétés de Psychologie expérimentale, dans nos Centres spirites, dans nos Ecoles supérieures de Magnétisme et de Massage, dans notre Faculté des Sciences hermétiques de Paris et ses écoles secon daires de province et de l'étranger, dans nos Cercles ésotériques ainsi que dans nos diverses Fraternités secrètes.
Vous assistez aujourd’hui, Mesdames et Mes sieurs, Très chers Frères et Très chères Sœurs au Premier Congrès autonome de l’Occultisme. C’est grâce à vous-mêmes que nous devons, en grande partie, cet admirable résultat. Depuis longtemps, les articles, les essais ou les ouvrages fort documentés de MM. Alta, Barlet, le docteur Baraduc, Baudelot, Jacques.
Brieu, Jules Bois, Fabius de Champville, Léon Combes, Dace, le com mandant Darget, Marius Decrespe, Gabriel Delanne, Délezinier, Delville, Léon Denis, Alban Dubet, Ch. Dubourg, Durville, A. Erny, L. Esquieu, Fabre des Essarts, Paul Flambart, Camille Flammarion, Fomalhaut, le docteur Foveau de Courmelles, le capi taine Franlac, le docteur Fugairon, le docteur Gérard, Grillot de Givry, Ch.
Grolleau, Stanislas de Guaita, Abel Haatan, le docteur Marc Haven, Charles Henry, Albert Jounet, Joliivet-Castelot, Gabriel de Lautrec, L. Le Leu, Lecompte, Matgioi, le docteur Maxwell, le professeur IL Myers, Victor-Emile Michelet, le docteur Papus, Phaneg, Albert Poisson, Porte du
CONGRÈS SPIRITUALISTE ! 53 Trait, le professeur Charles Richet, A. de Rochetal, le lieutenant-colonel de Rochas, le docteur Rozier, Rouxel, Sabrus, le marquis Saint-Yves d’Alveydre, le docteur Saïr, Edouard Schuré, Paul Sédir, Selva, Ely Star, Teder, Tidianeuq, G.
Vitoux, Warin, Zhora, John Yarker et de tant d’autres que je suis obligé de passer sous silence, avaient attiré votre bienveillante attention vers telle ou telle branche du Psychisme ou de V Esotérisme, Et cette année, vous avez voulu couronner les ef forts de ces nombreux représentantsderAvan^-Gan/e scientifique et philosophique en nous honorant de votre présence et en contribuant largement aux frais de ce Congrès.
Soyez assurés, Mesdames et Messieurs, que nous garderons éternellement le souvenir de votre précieux concours et que nous vous en serons toujours infini ment reconnaissants. * » » Permettez-moi maintenant d’adresser mes vifs re merciements à tous mes collaborateurs de la veille : MM. Baudelot, le docteur.
Biagini, Charles Blan chard, Bonnet, Brouilloux, Dace, Desjobert, Ch.Dubourg, Durville fils, Faugeron, Genty, Guénon,Gué rin, Albert Jounet, Merle, Noël, Phaneg, Schmit, Teder et Thomas. Ils ont rempli à merveille la délicate mission qui leur avait été confiée et il est de mon devoir de les en -féliciter officiellement. J’espère que leur modestie ne souffrira pas trop de cet éloge
l’initiation 154 que je considère comme très mérité. Et je leur de manderai de vouloir bien nous aider encore de leur mieux dans la réalisation de l’œuvre difficile que nous entreprenons cet après-midi. Je dois également exprimer toute notre gratitude au sympathique secrétaire de notre vénéré president, qui a participé à l’organisation de ce Congrès avec tant de zèle et de dévouement.
La plupart d’entre vous savent combien M. Paul Veux est heureux de mettre ses forces au service de la Cause du Spiritualisme moderne et ils ont pu sou vent apprécier l’amabilité de son caractère dans les quelques relations qu’ils ont eues avec lui. N’oublions pas surtout, dans cette longue énumé ration de nos meilleurs amis, notre cher éditeur, M. Chacornac, qui n’a reculé devant aucun sacrifice pour assurer la diffusion de nos idées.
Remercions aussi les représentants de la Grande Presse parisienne, notamment ceux du Figaro, du Journal, de la Liberté, du Matin et du Temps, qui ont déjà consacré quelques lignes au Congrès spiri tualiste de 1908.
Je témoignerai enfin toute notre reconnaissance aux Membres de la Presse spiritualiste et aux Délé gués des 3i Puissances Maçonniques étrangères qui ont daigné répondre à notre appel. * ♦ * Dans le Monde profane, on se figure généralement que VOccultiste ne s’occupe que de l’évocation maCONGRÈS SPIRITUALISTE 155 gique des esprits de la Nature ou de ceuxdes humains décédés, des envoûtements d’amour ou de haine, des guérisons magnétiques, de la prédiction de l'avenir individuel ou collectif et même de la fabrication de la pierre philosophale.
C’est là une grave erreur qu’il convient de dissiper tout de suite. Comme l’indique le programme que nous vous avons adressé, le domaine de I’occultisme est aussi vaste que varié.
Et quelques-uns d’entre vous seront peut être fort étonnés d’apprendre que l’Hermétisme embrasse, en tant que Métaphysique réelle et supé rieure, la philosophie, les sciences mathématiques, physiques, chimiques, naturelles, médicales et so ciales, les arts et les diverses religions terrestres.
En outre des principes ésotériques qu’il a acquis par ses recherches pénibles et parfois dangereuses, le véritable adepte doit donc posséder une instruction générale assez complète. Ce n’est qu’à cette condition qu’il pourra se livrer à une propagande féconde en résultats individuels et sociaux.
Il ne craindra pas ainsi de passer pour un charlatan avide de gloire, d’argent ou de pouvoir; et, dès lors, il agira plus effi cacement sur l’Humanité. * • * La Doctrine qui excite tant votre curiosité n’est pas nouvelle, quoi qu’en disent certains critiques d’his toire philosophique. C’est dans les plus fameux Sanctuaires de l'Inde et d'Égypte — héritiers de la Sagesse traditionnelle
i 56 l’initiation des Noirs, des Atlantes et des Lémuriens, — que la science occulte prit naissance, si nous nous en tenons aux documents purement historiques. De là, TÉsotérisme se répandit en Chine, dans l'Iran, en Chaldée, en Palestine, en Grèce, à Rome, dans les Gaules, en Germanie, et sur toute la surface de la Terre.
N’oublions pas que cette philosophie, à la fois hu maine et divine, inspira puissamment tous les fon dateurs des grandes religions antiques entr'autres Ram ou Lam, Confucius. Krishna, Zoroastre, Moïse et Bouddha. C’est d’elle que les célèbres législateurs des siècles passés tirèrent leurs plus sages institu tions.
C’est à cette source sublime, que la plupart des poètes, des philosophes et des savants de l’Antiquité et des Temps modernes puisèrent bon nombre d’idées grandioses ou géniales. C’est elle qu’on retrouve enfouie sous le texte littéral de tous les Livressaints (f OrientouiT Occident, danslespar aboies de Jésus, et jusque dans les épîtres de saint Paul.
C’est elle que possédèrent certains Pères de ïEglise, les Gnosliques, les Troubadours, les Trouvères, les Alchimistes, les Chefs des Corporations" ouvrières du Moyen Age et que l’élite intellectuelle des Tem pliers, qui avaient échappé à la torture et au bûcher, transmit plus tard,par l'intermédiaire des Rose-Croix, aux Francs-Maçons et aux Martinisles. * • ï L’hermétisme est la synthèse scientifique, philosoCONGRÈS SPIRITUALISTE i 57 phique, religieuse et sociale du passé et du présent comme elle sera, sans doute, celle de l’avenir.
Le théologien, le philosophe, le savant, le méde cin, le moraliste ou le sociologue qui voudront bien se donner la peine d’étudier I’occultisme, sans aucun parti pris, y trouveront, avec la solution de bien des énigmes théogoniques, cosmogoniques, androgoniques et sociologiques, les éléments mêmes de la vi vification de leurs connaissances actuelles et de la ré génération du corps humain, de l’âme humaine et de toute société.
L’historien, le littérateur et l’artiste profiteront lar gement aussi de ces études quelque peu abstraites.
Le premier y découvrira l’explication de beaucoup de faits obscurs et troublants ; le second pénétrera aisément le sens de bien des légendes antiques ou de fables orientales apparemment absurdes et il déchif frera mieux les mystères de l’âme humaine ; le troi sième contemplera, sans jamais se lasser, les diffé rentes formes que revêt la Suprême Beauté, tant en ce monde que sur les autres plans del’Universmanifesté et, conséquemment, il sera à même d’en donner des expressions physiques plus adéquates que celles qu’il a fournies jusqu’ici.
Quant à ceux que tourmente l’angoissant et grave problème de V Hyperphysique et du Lendemain de la Morty ils déduiront bientôt de l’exposé de nos doc trines, comme nous l'espérons, la certitude ration nelle et expérimentale de l’immortalité de leur prin cipe conscient et spirituel ; ils apprendront que la Divinité veut le bonheur de toutes ses créatures, et
158 ! ’initiation que le Ciel, le Purgatoire et Y Enfer des théologiens naïfs ne sont que les diverses situations morales ou physiques dans lesquelles notre âme peut se trouver au cours de son éternelle carrière ; ils sauront que la Réincarnation, enseignée dans tous les Mystères antiques ainsi que par la primitive Eglise chrétienne et les Initiations modernes, est l’un des multiples moyens employés par la Souveraine Bonté, en vue de hâter l’évolution animique, intellectuelle et spiri tuelle dechacun d’entre nous; ils verront que l’homme élabore sans cesse les conditions qui doivent prési der à ses vies successives dans l’espace et dans le temps ; ils reconnaîtront que les Humains sont tous solidaires les uns des autres non seulement en actions, mais aussi en paroles et surtout en pensées.
C’est alors qu'ils prépareront consciemmentTAréne/nenZ sur Terre de la Véritable Fraternité et du Règne du Saint-Esprit, ou de la Science alliée à la Foi, de la Raison unie à YIntuition, durable et céleste fusion que la fête de la Pentecôte symbolise si bien.
Comme vous l’avez pressenti ou même deviné, le but de ce Congrès est d’arracher au Scepticisme, au Matérialisme, au Positivisme athée, le plus grand nombre possible d’âmes humaines pour les éduquer et les élever peu à peu jusqu’à l'expression la plus pure que nous puissions donner de l’intégrale et éter nelle Vérité. Nous espérons qu’un jour, que je souhaite prochain,
CONGRÈS SPIRITUALISTE nos frères du Grand-Orient de Paris et du Rite Ecos sais français reconnaîtront leurs erreurs et viendront renforcer V Année desChevatiers de l’Idéalisme Chré tien, en lui apportant l’appui de leur mâle et inlas sable énergie.
Dès lors, nous pourrons travailler ensemble à l’édification du Temple du Beau, du Bien et du Vrai ainsi qu’à l’établissement de la Cité future où, après tant de déboires et de luttes fratri cides, l’Humanité régénérée goûtera enfin les délices de TUniverselle Harmonie. Je ne veux pas vous retenir plus longtemps et je laisse aux Présidents et Vice-Présidents des diverses Sections du Congrès Spiritualiste : MM. Baudelot, Bonnet, Ernest Bosc, H.
Brouilloux, Dace, Gabriel Delanne, Ch. Dubourg, Henri Durville, Albert Jounet, Phaneg et Teder, le soin de vous instruire davan tage sur les différents sujets qui préoccupent votre intelligence.
Avant de terminer, je tiens à remercier, une der nière fois, les rédacteurs de la Presse Parisienne et de la Presse spiritualiste qui ont daigné assister à l’ou verture de notre Congrès, tous nos amis, ainsi que les nombreux délégués des Rites Maçonniques étrangers, de l'Ordre Mixte du Droit Humain, de l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix et de nos diverses loges martinistes.
Je vous rappellerai aussi, Mèsdames et Messieurs, Très Chères Sœurs et Très Chers Frères, qu’en sou venir de ces Mémorables Assises de VOccultisme au vingtième siècle, nous avons tenu à joindre l’utile à l’agréable. Et comme vousl avez peut-être remarqué,
i6o l'initiation [Novembre 1909] nous vous avons remis, à cet effet, une carte de congressisle sur laquelle vous trouverez reproduits, d’après Eliphas Lévi, tous les signes de la chance matérielle, intellectuelle et morale. Nous espérons que ce sera pour vous un talisman précieux et nous vous prions de le conserver pieuse ment. Puisse-t-il, dans vos heures de lassitude et de profonde tristesse, sécher vos larmes, ranimer votre énergie chancelante et vous redonner pour toujours la parfaite sérénité d’esprit et la joie du cœur. Victor Blanchard. S.’. I.*. 3oB, 90e
¡61 Orphée et les Orphiques (Suite) La théogonie orphique. LA CRÉATION ÉLÉMENTAIRE (f inVolutiori). Poseidôn était le dieu de l’élément passif, humide, céleste, puis des ondes, des mers terrestres. Mythologiquement c’était le frère de Zeus, le troisième né de Kronos et de Rhéa, mais, au point de vue ésotérique, nous avons vu que c’était Zeus connu sous la mor phologie de l’élément passif, élhéré, comme Zeus était Héra sous la morphologie de l’élément radiant passif. La copulation de Zeus (le feu occulte, puis physique) et d’Héra (l’aither occulte, puis physique) engendre en effetPoseidôn (l’élément humide, liquide, l’eau occulte et physique) car, comme le dit Eusèbe (Prœp. Evang., lib. III,cap. IX), Poseidônou l’Océan était, pour les anciens, non seulement le vaste réser voir dans lequel vont se précipiter les fleuves, mais, en général, le principe humide de la nature qui alimente tout ce qui existe. Le culte de l’élément humide se retrouve chez tous les peuples de l’an tiquité. Les Phéniciens te révéraient en leur Da11
1Ô2 l’initiation gon ; les Syriens, dans Dercerto; les Babyloniens, dans Oanès; les Scythes, dans leur Thamysadès. De même que Poseidôn, ésotériquement, est un nouvel » aspect de Zeus, de même, en Egypte, Osiris-Zeus s’identifie au Nil, symbole de la végétation née de l’humidité universelle. Après le démembrement d’Osiris (mythe de Dionysos en Grèce), dans la frag mentation de son corps divin (en âmes individua lisées.
Involution : Adam, '2 un : le principe éternel divisé universellement, dans la collectivité de tous les êtres) par Typhon (la force astrale nahashique), Isis (Ève. Involution et évolution vers la réintégra tion) rassembla les débris épars de son corps im mense, à l’exception des sources de la fécondité (des parties sexuelles) qui restèrent ensevelies dans les eaux du Nil.
Cette fiction passa dans la théolo gie des Grecs, qui supposaient également que lorsque Kronos (le Temps qui dévore les ans) eut mu tilé Ouranos (l’infini cosmique) les parties (sexuelles) du dieu (sa semence ignée et son sang) mêlées ensemble tombèrent dans les eaux de l’Océan (les eaux cosmiques inférieures) et donnèrent naissance à Aphrodite, déesse de l’élément humide générateur. Varron (De Lingua latina, liv.
IV), Hippocrate, d’autre part (De Diœta, lib. I,§ 4), et Phurnutus (De Nat. deorum, cap. XXIV) nous apprennent que tout est produit par l’union du feu et de l’eau. Enfin Plu tarque (Isis et Osiris nous dit, — à propos d’une cérémonie du culte d’Osiris où l’on portait avec pompe un vase rempli d’eau : le calathus grec, — que l’élément humide était une émanation d’Osiris. Il
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 163 est tout naturel, après toutes ces fictions expliquant comment l’élément liquide était une manifestation d’Osiris, qu’Orphée, initié des sanctuaires de Memphir, ait eu les mêmes opinions sur Zeus et Poseidôn Le parfum de Poseidôn était la myrrhe. Voici l’hymne qui lui était consacrée.
Nous la donnons en entier, pour montrer comment l’adepte grec savait envelopper des voiles de la poésie une vérité trop abstraite pour le vulgaire : « Poséidon, entends-moi, toi qui embrasses la terre, la matière de tes ondes (i), dieu à la chevelure ténébreuse, qui t'es fait une demeure au sein de (la profonde poitrine) (2) de la mer, ou de l'abîme ^3), ô maître des eaux qui clames dans leurs flots en ébran lant la matière.
Tu t’épanouis dans les vagues et ton aspect est agréable quand tu t’élances sur ton qua drige et fais retentir de ta voix les ondes.
O toi à qui la Moire, la Providence, accorda la troisième partie la Substance ou de la Terre, en les profondeurs de l’abîme ou de la mer, et qui te delectes au sein des eaux, génie (daimon) des ondes, arrête-toi sur les bords de la mer, donne un élan favorable à la course des navires et accorde-nous la paix, la santé et une aisance produite par un labeur sans tache. L’hymne XVII est consacrée à Ploutôn.
Ploutôn, nous l’avons déjà dit, n’est autre que Zeus-Ktonios en involution, souterrain, terrestre, in- (1) Les mots en italiques sont explicatifs et ne figorent pas dans le texte orphique. (2) Les mots entre parenthèses sont dans le texte orphique. (3) Le mot abîme signifie également mer. Pour ce mot : zovro; voir plus loin.
l'initiation 164 fernal. (1) C’était le Sir-apis ou Sérapis des Grecs, qui n’était autre, nous apprend Plutarque (Zm et Osi~ ris, t. XVI, p. 80), qu’Osiris-Apis, et nous avons vu qu’Osiris était identique à Zeus. On trouve Sérapis sur plusieurs médailles anciennes avec les motsZEYS et HAIOS, car Hélios (le soleil) était Osiris (Ra) mani festé physiquement dans le Cosmos (2). Montfaucon (liv.
II, supp., p. 148) donne une belle statue antique de Sérapis, l’Osiris infernal. Sa tête est couronnée du calathus, le vase emblème de la fécondité, et elle jette des rayons. Sa barbe et ses cheveux sont identiques à ceux de Zeus et un serpent entoure le corps de la divinité, laissant entre ses an neaux trois espaces libres où sont tracés les signes du zodiaque, groupés quatre par quatre.
On ne pouvait mieux symboliser le principe générateur universel entouré du cercle de l’infini et communiquant à notre univers solaire ses principes actifs et fécondants par les douze signes du zodiaque et les trois mondes. Mithra, qui était représenté avec les mêmes em- (1) Infernal, de inferís, par métonymie. Inferís veut dire sous terre (sens vulgaire), comme Ktonios, Chtonios, de Kton (X®wv), terre.
On sait que le diable n’existe pas comme entité divine maléfique, et que les enfers sont un état d’âme et non un lieu souterrain. Dans son sens astronomique, infernal vou lait dire: sous l’horizon, dans l’hémisphère austral. (2) Ploutôn était également le soleil, mais le soleil au solstice d’hiver, lorsqu’il parcourt les signes inférieurs du zodiaque, sous la ligne de l’horizon, de la terre occidentale {inferís), dans l’hémisphère austral.
Le mythe de Ploutôn, comme tous les mythes antiques, présentait donc trois sens: i° le sens vul gaire : Ploutôn, dieu des Enfers, de l’Hadés ; 2« un sens astro nomique : Ploutôn, le soleil dans les signes inférieurs du zo diaque; 3* un sens occulte.jC’est ce dernier que développe notre article.
ORPHEE ET LES ORPHIOUES I 65 blêmes que Sérapis, était la même divinité pour les Perses.
Et Tacite : « Plusieurs croient que Sérapis est Esculape parce qu’il guérit des maladies : quelques-uns le prennent pour Osiris et un grand nombre pour Zeus, comme ayant la puissance sur toutes choses; d’autres le prennent pour Ploulôn, se fondant non seulement sur des conjectures, mais encore sur des preuves certaines... » Mais Tacite ne les cite pas, ces preuves.
Ploutôn était donc Zeus, mais c’était Zeus en involution, invisible, opposé au Zeus principe radiant céleste, puis feu visible; la foudre. Ploutôn était, en effet, invisible, on l’appelait Adès (i),*A8 ï)ç, mot dont la racine en grec signifie: obscur, caché, invisible,du verbe adelô, obscurcir, cacher, voiler, tenir secret.
Le casque de cette divinité, qui avait la vertu (i) La forme du monde (xoajioç) est celle d une sphère creuse, ayant en elle-même la cause de sa qualité ou de sa forme entièrement invisible; si, choisissant un point quel conque de sa surface, on voulait en regarder le fond, on ne pourrait rien voir.
Elle ne paraît visible que par les formes spéciales dont les images semblent gravées sur elle ; elle se montre en effigie, mais en réalité elle est toujours invisible par elle-même.
C’est pourquoi le centre, la partie intérieure de la phère, si toutefois c’est un lieu, s’appelle, en grec invi sible, parce que l’on ne peut voir le centre d’une sphère.(Cette sphère ici est toute métaphysique, c’est la sphère dont le centre est partout et la circonférence nulle part.
Combes Léon.) Ce fond de la sphère, que les Grecs appellent Adès, parce qu’il est invisible, les Latins le nomment enfer, à cause de sa posi tion inférieure (intérieure). (Liv. IL chap. VII, TcXrtoç Xoyoç « Livres d’Hermès Trimégiste ».) Au sujet des < Livres d’Hermès Trismégiste », voir nos arti cles suivants : « Hymne à Hermès », fin de l’article : « ThoouthThoth », où nous disons quelques mots sur ces livres.
166 l'initiation de rendre invisible celui qui le portait (Homère, Iliade, ch. V), était l’emblème des principes généra teurs (Zeus) cachés ou non développés dans l’invi sible et, par suite, en matérialisant le sens, dans la matière, dans la terre. Varron dit, en effet (lib.
IV, p. 19,Ad Ciceronem): «Lecasque de Pluton indique les principes occultes (occulta principia) de la géné ration. » Pour Orphée, la substance étant éternelle, rien ne s’était fait de rien et rien ne pouvait être anéanti, en fin toute naissance dans les trois règnes n’était le que passage de l’Adès à la lumière du jour, de l’état invi sible (astral) non soumis à nos sens à un état sen sible et visible (matériel).
Ploutôn était donc la Force génératrice (Zeus) qui, venant des plans supérieurs de la Création (monde spirituel), passait dans les plans inférieurs de celle-ci (monde astral) pour arriver aux ultimes plans de condensation de cette Force (monde physique), car, plus matérialisé encore, Ploutôn était cette force qui pénètre les entrailles de la terre, laquelle, étant mise en mouvement par la chaleur vivifiante du soleil, s’extériorise dans les productions diverse de la Na ture.
C’était donc la Force en l’involution. Ploutôn, chose curieuse, était invoqué sans aucun parfum brûlant sur ses autels, mais on lui faisait des libations de miel pendant les sacrifices. (A suivre.)
PARTIE LITTERAIRE iNvoeaTioN O vous, divins reflets de l’Étre qu’on ne nomme, Sublimes Séphiroths, lois du subtil aither, Vous, dont les purs Vouloirs idéalisent l’homme Pour l’unir au Très-Haut, dans sa gloire, Kéther !
Des cieux où vous planez, au sein des harmonies Où le Kosmos épand ses chœurs d’astres mouvants Sur les courants astraux des Forces infinies Où vous guidez l’essor des Univers vivants; Par les cultes sacrés des dieux de Lémurie, Par le vaste savoir des Sages d’Atlantis, l'ar les prêtres de Thor et leur sorcellerie, Par l'Aryen conduit jusqu’aux flots de Thétis, Par le sceptre enchanté des Mages de Chaldée, Par le lotos vermeil du Gange himalaycn, Par le Sphinx de l’Égypte et l'Arche de Judée, Par la coupe d’or pur du Christ essénien, Par les Pasteurs de peuple et les divins Messies, L’Initiation au Mystère profond, Par Psyché la divineet toutes les mancies, Par la Science unique où tout culte se fond,
168 l’initiation Par les cycles lointains qu’Adam-Kadmon traverse, Par l’évolution des monde réunis, Par la création qu’ÆMohim seul disperse Dans l’espace sans borne et les temps infinis, Aux invocations de mon Verbe magique, Accourez, Sephiroths, Forces des Univers, Accourez à ma voix suppliante ou tragique, Venez donner la Vie au marbre de mes vers 1 Salut à toi, Kéther au triple diadème D’où fulgurent les noms du tétragramme d’or, Ineffable Savoir et Puissance suprême, Synthèse des Splendeurs dont tu règles l’essor I Honneur à toi, Chocmach, ô divine Sagesse ; Binah qui soutenez de mes pensées l’effort ; Gédulah qui sais joindre à la Bonté, Largesse ; Toi, Justice Immanente, ô Géburah, Dieu fortl Je m’incline à tes pieds, ô Tiphèreth Sublime, Idéal I Idéal 1 O Suprême.
Beauté !
Vers toi, montent les voix des âmes, de l’abîme, Et les désirs ardents de notre humanité I Gloire à ton saint pouvoir, Nétsah, Dieu de Victoire, O Génie éternel de Vie et de Progrès, Transformant à travers les cycles et l’histoire La Matière insensible en Esprit par degrés I A vous aussi, piliers du Temple qu’est le Monde S’érigeant dans les cieux jusques à leurs confins : Loi de l’OrdreÉternel ; Principe qui féconde, Hod et Jésod, aimants des univers sans fins I
INVOCATION 169 A toi, Malchut, Géant du Royaume des formas Qu’anime Adam-Kadmon d’un souffle créateur, De l’atome invisible aux cétacés énormes, Du minéral inerte à l'homme-Rédempteur. Gloire à vous, Séphiroths, hosannah à vous toutes, Rayons éblouissants de la Divinité, Pures Conceptions qui jalonnez les routes Des âmes aspirant à l’immortalité I Venez, Splendeurs d’Aïn-Soph!
Que vos beautés m'inaVenez faire vibrer l’âme de mon luth d’or. [pirent I Ma voix sansvousse meurt et mes hymmes expirent Sur votre aile, emportez ma pensée en essor 1 Accourez, Séphiroths I Je prie et vous conjure, Je veux m’enfuir là haut, par le ciel étoilé Où l’Être seul immane au cœur de la nature, Conscience et Vouloir de l’Astral inviolé !
Peut-être qu’oublieux de l’humaine détresse, J’oublîrais ici-bas mon corps sans vie aux vers Pour me plonger au sein de l’extatique ivresse Où baigne dans vos flots l’Ame des Univers I J’écouterais les chants mystérieux des mondes Qui font, sous leurs accents, palpiter l’infini; J’irais, de sphère en sphère, emporté sur vos endes, Voir quelque vieux soleil s’éveiller rajeuni.
Pur esprit comme vous, vibrant au souffle immense D’Ælohim incréé, du Principe Immortel, Je guiderais l’Adam guêté par la Démence, Sur le sentier abrupt qui mène à l’Eternel I
l’initiation 170 Dans l’athanor mortel où bouillonnent les âmes Dont vous entretenez, ô Séphiroths, le feu, Je suivrais les progrès incandescents des flammes Où l’esprit s’éthérise, où l’homme devient Dieu 1 Le Grand Œuvre est ardu... parfois le Magistère Éclate et disparaîtdans le pourpre brasier : Vouloir, Beauté, Savoir, Idéal, sur la terre, Sont souvent lettre morte cfU mensonge grossier, Mais quand le ferment bout et que l’esprit s’envole, Épuré par le feu de l’Alchimiste-Dieu, Séphiroths, ô Splendeurs, placez votre auréole Sur celui qui nous dit un éternel adieu ! Combes Léon. (Les Souffles de l’Au-dtlà.)
171 LUI Il était là dans l’ombre... et j’entendais sa voix Il me disait... « Sicie ! » hélas! comme autrefois. Évoqué par mon âme, il venait m’apparaitre Et murmurait mon nom pour se faire connaîtra A mon âme souffrante il avait répondu ! Des profondeurs des cieux il était descendu. Je le voyais debout, tout près, dans la pénombre. Illuminé d’aube limpide, et des astres sans nombre Semblaient pour nos regards s’allumer dans les cieux, C’était le bien-aimé... devant moi tout radieux. Il me disait tout bas : « Je t’adore, je t’aime, « Et plus tard je viendrai pour te chercher mobmêm? ! « Nous pourrons répéter ensemble dans les airs « Ce mot toujours nouveau que chante l’univers l » C’était mon bien-aimé, c était son doux sourire. Dans un songe charmant il revenait me dire : < Je sais que de ton cœur je ne puis être absent, « L’amour est entre nous le maître tout-puissant. » — Il dit... son corps astral s’élève dans la nue. Mon âme le suivit dans la sphère inconnue ! Il montait, s’envolait, et j’entendais sa voix. Qui soupirait des mots brûlants comme autrefois. Mine Marston Dolbeau.
17± ORDRE MARTINISTE Par décision du suprême Conseil, le F.-. Victor Blan chard est autorisé à remettre en activité la loge Mart. *. Melchissédec avec un nouveau cadre d’officiers. Les jours de Réunion seront ultérieurement publiés. MOIS OCCULTISTE École Hermétique. i5, rue Seguier. PROGRAMME DES COURS POUR DÉCEMBRE I9O9 Jeudi 2. — Papus, Première année. Dimanche 5. — Docteur Rozier, 12, r. de Buci, 4 h. Lundi 6. — Dace, l’Horoscope.
Mardi 7. — Sédir, l’Actualité occulte. Jeudi 9. — Papus, première année. Samedi 11. — Phaneg, loge Hermanibus. Dimanche 12. — Docteur Rozier, 12, r. de Buci,4 h. Lundi i3. — Papus, deuxième année, Loge le Sphinx. Mardi 14. — Sédir, l’Actualité occulte. Jeudi 16. — Jean Mavéric, l’Astrologie pratique. Dimanche 19. — Docteur Rozier, 12, r. de Buci, 4 h. Lundi 20. — Dace, l’Horoscope. Mardi 21. — Sédir, l’Actualité occulte.
Jeudi 23. — Papus, Conférence Esotérique salle des Sociétés Savantes, 8, r. Danton. Samedi 25. — Phaneg, Loge Hermanibus. Dimanche 26. — Docteur Rozier, 12, r. de Buci, 4 h. , Lundi 27. — Jean Mavéric, l’Astrologie pratique. .
UN DOCUMENT INEDIT SUR GEVAERT /73 Mardi 28. —Seoir, ('Actualité occulte. Jeudi 3o. — Papus, première année. Le mois prochain \'Initiation publiera le résultat ck l’enquête personnelle faite par Papus à Londres sur le Bureau Julia. M. Phaneg recevra tous les samedis, de 5 à 6 heures, 15, rue Séguier. M. Sêdir recevra chez lui, rue de Bòne, 3i, le vendredi soir.
UN DOCUMENT INÉDIT SUR GEVHERT C© quo disaient ses mains Tout semble avoir été dit surGevacrt. A l’étranger comme en Belgique, on s’est plu à retracer dans les moindres détails les divers événements qui mar quent la féconde carrière de cet homme d’élite, à la fois compositeur, musicographe et fervent éducateur d’esthé tique musicale.
Cependant, dans ce concert de louanges, le caractère de l’homme privé, et surtout les dispositions naturelles grâce auxquelles ce travailleur presque unique a pu fournir un labeur aussi considérable, sont restés presque dans l’om bre... Le maître est trop près de nous encore pour que puissent être révélés déjà tous les côtés de sa nature com plexe.
Sans vouloir être indiscret ni devancer en rien l’œuvre de futurs biographes, il nous a semblé curieux d’établir un rapprochement entre les appréciations et renseigne ments que nous avons pu obtenir sur le caractère de l'homme dans l’intimité et... ne souriez pas, les indications résultant d’une consultation que nous a communiquée un
174l’initiation spécialiste ayant fait un examen chirognomonique des mains du maître disparu. Parce qu’elles étaient grandes, bien proportionnées et un peu grêles, avec des doigts particulièrement longs,elles portaient les signes indiscutables de bienveillance, d’affa bilité, d’ingéniosité: en même temps qu’elles témoignent, de la part du maître, d’une exacte conscience de sa valeur personnelle.
Quant à la paume, qui n’était ni trop étroite, ni trop mince, elle révélait un tempérament sain, fécond, un goût solide, une imagination quelque peu optimiste, une curio sité intellectuelle servie par une mémoire prodigieuse et, enfin, un penchant marqué pour les plaisirs matériels.
Cette dernière indication était toutefois mitigée par la forme lisse et très pointue des doigts, dont le modelé effilé et les ongles presque coniques indiquaient, à n'en pas douter, une grande attraction vers la religiosité,l’idéalisme pur, légèrement teinté de mysticisme.
Pour un chirologue averti, la physionomie générale de la main de Gevaert synthétisait la dualité des sentiments et des goûts qui pendant de longues années se disputèrent tour à tour l’âme du compositeur. Gevaert fut, en effet, un des rares musiciens dont l’ins piration fut — dès la plus tendre jeunesse — hantée à la fois et par la musique profane et par la musique reli gieuse. Est-ce l’effet de sa première éducation ?
On ne sait; toujours est-il que ses impressiohs d’enfant et d’adolescent s’extériorisent par des cantiques, des mo tets et des messes, et que durant sa double carrière de compositeur et de savant, nous le voyons, même quand il semblait très préoccupé d'art profane, sacrifier avec le plus d’ardeur à la musique religieuse. L’attrait qu’exerçait sur Gevaert le sentiment du mysti cisme en musique se manifeste également à propos de la peinture. 11 racontait lui-même qu’étant étudiant à Gand, il lui
UN DOCUMENT INEDIT SUR GEVAERT 17^ arriva plusieurs fois de se faire enfermer en l’église de Saint-Bavon pour avoir admiré trop longtemps VAdora tion de l'Agneau des Van Eyck. Et voyez comme l’harmonie de la main reflète fidèle ment les doubles dispositions du compositeur.
Alors que la forme de ses doigts exprimait des senti ments de religiosité et pouvait en quelque sorte faire pré voir un fervent adorateur de la musique liturgique, le mo delé de la paume, les dispositions des renflements ou monts de Jupiter, d’Apollon et de Vénus, indiquaient clairement les dons les plus piécieux à un homme de théâtre.
Nous y lisons de l’esprit de sociabilité, de l'ambition noble, un amour prononcé pour la forme, un sens très riche de la couleur et du décor, toutes les qualités heu reuses qui firent tant apprécier Gevaert à Paris, dans sa trop courte carrière de directeur de la musique de l’Opéra.
Ah! cette vie de théâtre à Paris sous le second Empire, comme elle convenait bien aux tempéraments de jupitérien et d’apollonnien qui étaient une des particularités de la nature de Gevaert I Aussi les souvenirs du brillant maître de la musique ont-ils suffi à rajeunir et à égayer la verve du vénéré directeur du Conservatoire de Bruxelles...
Il se montrait du reste heureux de pouvoir les évoquer, et la finesse de son esprit — que dénonçait un petit doigt très long — donnait à ses causeries une tournure si spirituelle qu’elles étaient de rares régals pour ceux qui les écou taient. C’est surtout dans la proportion comparée des pha langes, dont l’examen corrobore toutes les règles des chirologues anciens et modernes^ qu'il fallait chercher les particularités du caractère du maître.
C’est pour lui que Newton semble avoir dit que le pouce, c’est l’homme. Ce doigt intéressant synthétise en effet la volonté raisonnée. « Les gens à grand pouce— pouce d’exclusivité — a dit
176 l’initiation [Novembre le docteur Encause, sont gouvernés par la tête.
Ils res pirent plus à Taise dans l’atmosphère des idées, tandis que les possesseurs de pouces petits et chétifs seront éternelle ment des irrésolus prédestinés à se laisser dominer toute leur vie. > Il eût suffi à un élève chirologue de considérer un mo ment le pouce de Gevaert alors qu’il était simple enfant de chœur de Huyse et de comparer la longueur de la pha langette — volonté — à celle de la phalangine — logique et raisonnement — pour prédire que Gevaert ne serait jamais de ceux qui se laissent dominer.
Le vouloir indomptable, les prédispositions à la domi nation des autres et de soi-même, la ténacité, l’effort et, disons le mot, l’entêtement de celui qui disait que les suc cès obtenus sans difficultés étaient par conséquent sans gloire, se voyaient à première vue dans la longueur un peu démesurée de la phalangette très pointue et bien on glée.
La justesse de son jugement, sa logique, son esprit de synthèse et d’indépendance sociale et sa faculté de vaincre ses passions étaient inscrits dans la forme mince et très longue de la phalangine.
Mais ce pouce autoritaire et intimidant avait encore une autre particularité qui, si elle avait été connue de ceux qui par crainte ou timidité, n’osaient aller frapper à la porte du maître, aurait sûrement augmenté le nombre déjà si considérable de ses obligés. Il vous avait en effet, ce pouce, une façon tout à fait particulière de se retourner au-dessus et en dehors de la main.
Et ici encore, on est en droit de conclure que la règle chirologique n’a pas tort quand elle prête aux posses seurs de tels pouces de l’indulgence et beaucoup, beau coup de générosité. Elle s’étendait surtout aux élèves du Conservatoire.
Plusieurs d’entre eux durent à la bourse de leur directeur la possibilité matérielle défaire leurs études et, grâce à son intervention, des jeunes filles furent débarrassées de l’im1909] UN DOCUMENT INÉDIT SUR GEVAERT 177 portant souci que comporte l'achat des toilettes de con cours.
Après cette analyse du pouce de Gevaert, il serait presque puéril de vouloir prouver que les prédispositions qui y sont indiquées se sont vérifiées dans la suite par des me nus faits. Il suffit de se remémorer sa carrière pour se rendre compte que Gevaert sut mettre à profit toutes les qualités de sa merveilleuse organisation.
Son esprit de détail par exemple —caractérisé par le pouce comme par les autres doigts — se manifestait dans toutes les bran ches de son activité si variée. On les retrouve dans les moindres actes de sa vie comme dans ses travaux de sa vant et dans ses interprétations musicales de chef d’or chestre et de virtuose à jeu fouillé et délicat. Son culte pour Bach s’était encore affiné pendant ces dernières années.
Et c’était une Joie faite d’émotion pour ses collaborateurs de sentir se révéler, sous la magie de la force de ces doigts de vieillard — doigts d’intuition par excellence — toute la grandeur du génie du maître du dix-septième siècle. Les signes de réceptivité et d’assimilation remarquables qui rendaient Gevaert si accessible aux émotions d’art, avaient pour les chirologues le résultat de nuire à l’origi nalité de ses créations personnelles. Ils furent cependant des plus précieux aux recherches du savant.
Sa religion de la méthode, l’esprit philosophique comme aussi la fa culté de comparer et de déduire, — qui lui permirent de recueillir tous les fruits de ses enquêtes judicieuses, — se trouvaient surtout indiqués au médius par le « nœud d’ordre moral > reliant la phalangine à la phalangette, et par le nœud d’ordre matériel, placé plus bas, à la jointure de la phalange.
On comprend d’autant mieux la présence de ce signe, que Gevaert joignait à ses qualités d’artiste brillant et mystique celles d’un administrateur prudent et économe, dont le caractère ne décela jamais des goûts de bohème. On se plaît à louer au Conservatoire — dont il. réglait 12 l’initiation 178 l’organisme dans ses moindres détails — la précision avec laquelle il établissait ses comptes. Nul mieux que lui ne savait équilibrer un budget.
11 aimait à rappeler comment — ayant toujours eu pour précepte celui que lui avait inculqué sa mère: « Tu ne feras pas de dettes »—il était arrivé à proportionner exac tement ses dépenses à ses recettes.
Aussi l'adolescent in souciant, dont l'ambition s’était un moment déclarée satisfaite quand il fut assuré d’un gain régulier de 1 fr.5o par jour, affirma-t-il, quand il eut l’âge d’homme, des qualités de prévoyance qu’aurait pu lui envier le plus bourgois des pères de famille. Et, dès sa nomination de di recteur du Conservatoire, il voulut assurer l’existence des siens en prenant à leur profit une assurance sur la vie à la Gresham.
Dès lors, débarrassé de tout souci matériel, le maître se donna tout entier aux études qui le firent célèbre. Mais les honneurs et les triomphes que lui valut son mérite ne lui firent jamais perdre son amour de la simplicité.
Une table, du papier, une plume et un crayon, — pas de biblio thèque : ilia portait dans son cerveau ! — constituaient tout le matériel de travail qu’il emportait à Genval, sa modeste villégiature.
Il haïssait les pédants, et malgré son érudition de Pic de la Mirandole, affirmée par la longueur de la deuxième phalange de l’auriculaire, il évitait les discussions et ne faisait aucun effort pour faire valoir son opinion auprès de ceux qu’il sentait de mentalité différente. A sa belle ligne de cœur, il devait son indulgence pour les humbles, et aussi cet intérêt pour les manifestations ordinaires de leur vie.
Il avait coutume de dire qu’il y a toujours quelque chose à apprendre avec quelqu’un qui connaît bien son métier. C'est ainsi que l’on rencontrait parfois, au cours d’une promenade à Genval, un vieillard d’aspect souriant et mo deste, s’entretenant longuement avec les paysans.
C’était Gevaert qui, après avoir stupéfié un érudit, en lui citant dans l’ordre les noms de famille d>e tous les papes, se reBIBLIOGRAPHIE I yg posait de ses travaux en prenant une leçon de culture ou du jardinage. L. Beeckman à Papus. BIBLIOGRAPHIE Docteur G.
Encausse (Papus). — Essai de physiologie synthétique. — Complément de tous les traités ana lytiques de Physiologie, suivi de la Classification métho dique des sciences anatomiques (35 schémas et 3 ta bleaux). Cette deuxième édition de l’œuvre maîtresse du méde cin philosophe est enrichie d’un important travail destiné à définir dans son objet et dans sa méthode une science encore mal connue, l’Anatomie philosophique.
Les deux ouvrages s’inspirent des mêmes principes : synthèse, analogie. Et c’est deux principes n’en font qu’un : à qui voit les choses de haut, dans leur ensemble, des pa rallélismes nécessaires apparaissent.
C’est ainsi que les grandes fonctions organiques que la science analytique révèle si différentes, présentent pour tant ce trait commun qu’elles sont toutes des circulations'. la circulation, tel est le phénomène physiologique général; l’étude des conditions générales et des rapports nécessaires de toutes les circulations, tel est l’objet de la Physiologie synthétique. La vie est une continuelle consommation de matière et de force.
L’une et l’autre doivent donc être continuelle ment renouvelées, réparties sur tous les points du corps, utilisées, enfin éliminées. Or, non seulement la circulation générale et de la matière et celle de la force sont soumises nécessairement au même double rythme d’aller et de retour, de concentration et d’expansion {circulation cen trifuge et circulation centripète),mais l’une et l’autre sup
18o l’initiation posent comme conditions nécessaires de leur fonctionne ment normal des circulations spéciales destinées à appor ter sans cesse à la vie des éléments nouveaux (circulations d'alimentation),à collecter par tout le corps pour les mettre en réserve les éléments inutilisés (circulations de drai nage) enfin à aller chercher partout les éléments nuisibles, inutiles ou simplement, superflus, afin de les expulser [circulations d'élimination).
Ce n’est pas tout : générales ou adjointes, toutes les cir culations ont des conditions identiques.
Il faut, au point de départ, des organes qui donnent aux éléments fournis leur forme spécifique (fabrication), il faut des magasins généraux qui les concentrent pour en régler le débit sui vant les besoins (condensation), il faut qu’ils soient ensuite dirigés sur certains points pour y être soit assimilés ou consommés (utilisation), soit transformés (sublimation), soit retenus pour être ensuite expulsés (excrétion ou dé charge); il faut enfin que ces différents organes soient reliés par des voies de communication (conduction).
Ainsi les éléments, mis en circulation, — sang, fluide nerveux, bile,etc. — peuvent différer; les buts de la circu lation, — alimenter, drainer, éliminer, etc. — peuvent dif férer; mais partout et toujours nous reconnaissons, s’exer çant dans ces conditions si diverses, une même fonction fondamentale, la circulation, avec les mêmes moments nécessaires qui sont les conditions même de son existence.
Cette identité sous un certain rapport de processus par ailleurs si différents, ce parallélisme nécessaire qui résulte de la nature des choses, c’est l’analogie. Ainsi définie,la méthode analogique n’a rien d’arbitraire ni de vague: en les groupant dans des cadres symétriques elle organise les connaissances déjà acquises : c’est une méthode d'exposition. C’est aussi une méthode de découperte : telle fonction doit exister : quel est son organe ?
L’analogie pose la question et guide l’expérience chargée d’y répondre. Enfin c’est une méthode explicatipe : elle donne.le pourquoi des choses.
BIBLIOGRAPHIE 181 Ajoutons qu’elle est éminemment pédagogique : les professeurs trouveront dans l’œuvre d’Encausse d’ingénieux schémas qui savent parler aux yeux, d’utiles et suggestifs tableaux et surtout un plan de cours d’une netteté absolue.
Ils n’hésiteront pas à recommander à leurs élèves de philo sophie ce livre écrit dans une langue simple et claire, sans appareil technique, sans détails encombrants, qui consti tue la meilleure des introductions à l’étude de la physiolo gie en même temps que le plus impressif et le mieux ordonné des mémentos.
Cet ouvrage solide est par surcroît un ouvrage agréable : par l’ampleur, l’harmonie, l’unité qu’il impose à la pen sée, la méthode analogique le rend séduisant, et c’est par la beauté qu’il mène à la clarté. Un volume in-8....................................................3 francs Librairie Hermétique, 4, rue de Frustenberg, Paris. Edmond Bailly. — La légende de diamant, in-18, 3 fr. 5o.
Jamais une étude complète du celticisme n'avait encore été faite, parce que, jamais encore, il n’y avait eu de celtisant initié aux théories de l’Esotérisme. M. Bailly vient de combler cette lacune de la façon la plus élégante à la fois et la plus instructive.
Les sept légendes qu’il nous conte incluent dans leurs péripéties, dans leurs personnages, dans les discours et dans les descriptions tout ce que l’on sait aujourd’hui de l’initiation druidique. C’est vraiment là un livre de bibliothèque ; tout folk-loriste, tout occul tiste se doit de l’étudier : il vouera ensuite à l’auteur cette reconnaissance intellectuelle qui est la récompense du sa vant désintéressé. Sèdir. Libres études, Journal mensuel; rédacteur en chef Ed. Bailly.
C’est une revue de science, de religion, d’art, de philoI 82 l’initiation Sophie, de morale, de sociologie et de folk-lore.
Elle se propose des investigations du passé, pour éviter au public nombreux qui ne dispose pas de son temps matériel pour des recherches de bibliothèques, « et des articles d’actualité conçus dans l’espèce le plus indépendant et le plus large, sacrifiant toute tendance polémique au désir ardent de pa cifier et d’instruire ».
C’est une tribune ouverte à tous, et l’érudition de M. Bailly, Tétendue de sa culture, sa tolé rance, sont la garantie certaine que ce journal ne fera pas mentir son programme. SÉDIR. Le Magnétisme Spirituel (i). Notre ami Saltzmann vient de publier un gros livre qu’il intitule : le Magnétisme Spirituel. Comment se guérir par la Prière. La maladie est encore une des épreuves les plus pénibles que l’homme ait à subir sur celte Terre.
Le Ciel, comme toujours, adoucit cette épreuve en plaçant à la disposition des humains mille substances naturelles qui peuvent le guérir, ou tout au moins dimi nuer grandement sa soulfrance.
Mais il est des cas nom breux où la faute, le germe de mal semé autrefois ont été si gravés, si profonds que les productions de la nature n'ont plus aucune action; la guérison n’est alors possible que si le ciel pardonne, agit directement, et efface le mal primitif dont la réaction causait seule la gravité de la ma ladie.
Mais Dieu se sert de l’homme pour agir sur l’homme et le Christ est venu sur notre Terre pour nous apprendre comment il nous était possible par la prière d’obtenir du Ciel le pardon et partant la guérison.
Jésus est toujours vivant parmi nous et toujours il a existé comme il exis tera toujours des hommes capables de mettre en pratique ce qu’il nous a enseigné,de réaliser ses Paroles : « Si vous croyez en moi, vous ferez aussi les œuvres que je fais... Si vous demandez au Père quelque chose en mon Nom, Il (i)Chez l'auteur, J, rue Francisque-Sarcey,Passy.
BIBLIOGRAPHIE 183 vous l’accordera... En demandant,croye; que vous obtien drez ce que vous désirez et cela nous sera accordé. » Saltzmann, dont la réputation de guérisseur n’est plus à faire, a voulu montrer à tous ses malades, à tous ceux qui le consulteront encore la voie qu’il a suivie.
Par sa foi, sa simplicité, sa charité, il est digne de jouer ce grand rôle, et les nombreuses lettres qu’il reçoit chaque jour témoignent combien le ciel l’écoute. Je recommande son livre à tous nos lecteurs et étudiants; ils n’y trouveront que de bonnes choses. Beaucoup y dé couvriront peut-être le moyen de se guérir de leur maladie physique et morale et surtout ils y apprendront la puis sance de la Prière. G. Phaneg.
Pierre Piobb. — L’Année occultiste et psychique. Depuis deux ans déjà M. Piobb publie sous le titre de ¡’Année occultiste et psychique une revue des travaux faits dans les diverses écoles sur les idées spiritualistes. Ce livre est très bien fait, ce qui ne nous étonne pas, étant donnée la compétence de l’auteur; cependant la grande qualité d’un ouvrage semblable serait l’impartialité.
Notre revue l'Ordre martiniste et ses travaux, notre journal le Voile d’isis, notre autre journal Hiram ne sont pas men tionnés dans ce livre. Cet oubli, que nous ne croyons pas provenir d'une ignorance de la part de l’auteur, ferait croire que des questions mercantiles se mêlent à une pu blication qui devrait être au-dessus de telles attaches. Papus.
Georges Meunier. — La < «Voyante > de Jeanne d’Arc (les apparitions d’Orrouy, près de Compïègne). Paris, Librairie des Saints-Pères, 83, rue des SaintsPères. Un volume illustré de plusieurs gravures et por traits. Prix : i franc {franco : î fr. i5). Tout le monde a entendu parler des apparitions de
l’initiation 184 Jeanne d’Arc qui, depuis plusieurs mois, se produiraient dans un petit village de l’Ile-de-France, à Orrouy, près de Compïègne. C’est une enquête, sérieusement et minutieusement conduite, sur ces apparitions que M. Georges Meunier nous donne aujourd’hui, dans La « Voyante » de Jeanne d'Arc.
Après avoir enregistré tous les témoignages qu’il a pu recueillir, fait connaître les prédictions de la « Dame » et cité les prophéties annonçant que la Pucelle d’Orléans de vait apparaître dans quelques villes françaises et notam ment à Compiégne, M. Georges Meunier étudie le « cas > de la petite Suzanne Bertin, la < Voyante > de Jeanne d’Arc.
Écrite avec la compétence, le souci de l’èxactitude et l’impartialité parfaite que chacun reconnaît à M. Georges Meunier — qui fut le plus intime des collaborateurs du regretté Gaston Méry, l’un des maîtres en ces matières délicates — la Voyante de Jeanne cTArc, en même temps qu’elle a le charme d’un reportage très littéraire, a la va leur d’un document historique.
Izida, premier journal d’occultisme en langue russe, vient d’apparaître à Saint-Pétersbourg, sous la rédaction de M. Antesscheveké, comme organe officiel des occul tistes de la capitale. Nous trouvons dans cet opuscule la ligne de conduite de la rédaction, qui ne se distingue pas beaucoup du Spi ritualiste de Moscou, visant le même but, la popularisa tion de la science.
Le n° i* r contient des traductions de notre maître Papus, avec sa biographie et son portrait, ainsi que des extraits de son Qu'est-ce que l'occultisme? C’est un hommage rendu au grand maître de l’occul tisme contemporain. Puis suivent des compilations sur le spiritualisme, sur les phénomènes produits par les fakirs, signées par M. S. qui est l’auteur d'un curieux ouvrage sur l'Occultisme et son but, et ses raisons d’être, dédié aux
CORRESPONDANCE 185 sceptiques. M. Cebactianoff nous reiate les phéno mènes produits par le comte de Rochas, et donne un aperçu explicite sur l’occultisme. Nos compliments au jeune auteur occultiste pour la bravoure qu’il a montrée en publiant son petit livre. C’était la fanfare qui réveilla les assoupis ..
Il y a encore quelques petits articles sans grande portée, et s’ensuit la partie donnée à la publicité un peu trop grande pour un journal scientifique. Nous espérons que l’opuscule suivant nous apportera un matériel pour la critique. En tout cas,nous souhaitons au nouveau journal tout le succès qu’il mérite pour la bonne volonté qu’il a mise au profit du public, eh lui promettant la popularisation de l’occultisme à Saint-Pétersbourg. P. B.
CORRESPONDANCE Maurice Luquet, Professeur, Moscou, Ecole Alexandroff. Petite Dimitrovka, 3. A Monsieur le secrétaire de VInitiation. Monsieur, J’ai lu dans VInitiation de septembre la lettre bien inten tionnée de M. Marcovitch. Permettez-moi donc de dire aussi mon petit mot à pro pos de Solovioff dont je suis le traducteur. Wladimir et Wsiévolod sont deux noms équivalents en slavon. L’un Wladimir, formé de Wladi, qui possèdent de mir le monde, peut se traduire littéralement : possesseur du monde.
18G L’INIT’A.TîON Et l’autre, Wsiévolod, formé de Wsié, tout, et de Volod, qui possède, peut se traduire par : possesseur de tout.
M. Jean Siprel avait cru bon d’écrire Solovioff Wladi mir ( Wsiévolod en russe), afin d’éviter l’emploi du nom Wsiévolod beaucoup moins connu chez nous que son équivalent, sans toutefois permettre la confusion entre lesdeux frères. r C’est bien de Wsiévolod qu’il s’agit, non de Wladimir, le philosophe, et S'il y a une erreur elle se trouve dans la rectification bienveillante deM. Marcovitch.
Je vous prie de bien vouloir publier ma lettre et de croire, Monsieur, à ma meilleure considération. Maurice Luquet. Moscou, le Ier novembre 1909. REVUE DES REVUES THE L1GHT, revue anglaise occultiste. Pendant les expériences de Milan, le médium Eusapia perdit, durant douze à vingt secondes, une fraction de son poids équivalente à 17 livres et demie.
Au cours de ces mêmes essais, des personnes en rapport avec Eusapia gauchère, comme on sait, devinrent usagères de la main gauche, tandis qu’Eusapia se muait en droitière (numéro de novembre 1909). ♦ ♦ ♦ THE CONSTANCIA (3 octobre) Revue occultiste publiée à Buenos-Ayres. Un article de J.
Bricaud sur l’occultisme contenant cette appréciation de notre excellent confrère, sur [’Initiation : « En définitive, l’organe le plus apprécié et le plus répandu de la science occulte est ['Initiation... » Nous nous efforçons tous les jours de mériter ces éloges !
REVUE DES REVUES I 87 LES PETITES ANNALES (23 novembre) publient une conférence de Fernand Girod faite le 3 juin à la Société magnétique de France, sur l’inversion des états du sommeil. A • • LE PROGRÈS UNIVERSEL (5 novembre) Dans sa rubrique Pensées et Maximes, cette opinion extrait de la lettre d’un Hindou à Tolstoï ‘. « La vraie doctrine de Jésus de Nazareth ne diffère en rien de la foi et de la philosophie des Hindous.
Un vrai chrétien, à beaucoup de points de vue, est un Hindou, et un vrai Hindou est dans son être psychique un chrétien. C’est l’opinion de tous les Hindous instruits. ♦ • LE PROGRÈS SPIRITE (octobre 1909) relate une communication de Gambetta obtenue par le médium A.
Laurent de Faget et des documents sur l’Anselé, émanés de Victor Hugo. (Jules Bois.) • ♦ REVUE SCIENTIFIQUE ET MORALE DU SPIRITISME (octobre 1909) < En communication avec les morts », par Serge de Bolotoff.
Cet article, inspiré de la célèbre conversation de l’aviateur Lefèvre avec M. Stead, emprunte un intérêt tout particulier au fait que M. de Bolotoff nie être spirite et confirme les faits. » ♦ ♦ LA PAIX UNIVERSELLE (i5 septembre) Un article de M. J. Leblond, sur les prophéties de Nos tradamus (suite et fin), déduit des fameux quatrains Paye188 l’initiation nir le plus sombre pour notre pays.
Dans le même numéro est reproduit un article de M. Lagardère, du Petit Pari sien, interviewant Mme de Thèbes, voyante, également très pessimiste. » • LA VIE NOUVELLE (novembre ¡909) M. El. Stowe commence dans ce numéro une série d’articles : < ce que l’on voit dans l’Écriture ».
LE BULLETIN MENSUEL DES INVISIBLES continue d’adresser aux terriens les communications em preintes de la plus pure charité, que lui font parvenir par voie médianimique les invisibles. Le bulletin est gratuit. DU MERCURE DE FRANCE (septembre 1909) cette conclusion d’un poème de François Porché. De bonne heure, Paris a bercé ma souffrance Dans la sienne où chante l’espoir, Et j’ai vu dans les pas de la foule, le soir, Une marche à la délivrance.
Ailleurs, dans la même Revue, des documents inédits sur la fille de Mme Roland. AU BULLETIN MENSUEL DE LA FRANC-MAÇONNERIE MIXTE Le Maioni Tidings nous apprend que la grande loge du Mississipi a excommunié la grande loge de New Jersey parce que la L.\ n° 116 de New-York a des nègres au nombre de ses membres. * Les grandes loges américaines veulent que les maçons
PFVUE DES REVUES 18g noirs soient irréguliers et clandestins, bien qu’ils aient été initiés aussi régulièrement que leurs frères blancs. » • • FILOSOFIA DELLA SCIENZA, Revista mensile di Psicología sperimentale, etc. (i5 septembre 1909) Le numéro contient la fin d’une étude de M. Augusto Agabiti : « Essere o non essere » (La lutte pour l’immor talité) très originalement pensée. • • < O PENSAMIENTO, Revue mensuelle (numéro 18) publie un beau portrait d’Eliphas Levi et une étude bio graphique sur le célèbre occultiste qualifié par l’auteur < o divino ». * ♦ » LA REVISTA INTERNACIONAL DO ESPIRITUALISMO SCIENTIFICO a publié au cours de divers numéros ces derniers mois de magnifiques et très intéressantes photographies de scènes ■ spirites,dédoublés astraux, etc., même de cerveaux vivants, l’enveloppe osseuse paraissant en partie dématérialisée.
Les clichés qui semblent les plus extraordinaires sont des figu rations de personnages très connus, photographiés à l’aide d’un portrait du médium et qui pouvaient se référer aux auteurs ou personnalités préférées du médium Ibsen, Gladstone, Swedenborg... Il importe de rappeler à ce sujet les expériences du docteur Baraduc sur la photographie de la pensée. ♦ • > BIBLE REVIEW (La pensée ésotérique d’avant-garde) De M. J.-L. Harpster une étude tout à fait remarquable
i go l’initiation sur le corps matériel et le .corps spirituel d’où nous extrayons ces lignes : Quand un enfant naît, le monde proclame qu’une autre âme est née sur la terre. Si donc une âme descend sur notre plan à chaque naissance et qu’elle le quitte à chaque mort, identique et toujours à l’état d’âme, à quel moment peut-on dire que la personne humaine a été élevée au rang de < corps glorieux ? > suivant la parole de l’apôtre Paul » (1.
Cor., xv, 44.) Dans le même numéro, de M. Henry Proctor M. R. A. S., F. R. S.
L. une étude sur le corps spirituel, cette cita tion d’un mystique : « La matière est l’Esprit fait connais sable extérieurement par la puissance de la Divinité » et plus loin :«La matière est produite par l’incessant et puis sant mouvement de l’Esprit. * APPAREILS D’OCCULTISME Construction de tout appareil ayant trait à la Science occulte ou autre. (Miroirs hypnotiques, boules hypno tiques, planchettes à médium, miroirs magiques, baguettes magiques, biométres, etc.).
Construction d’appareils sur une idée donnée ou sur un plan. LÉONIS (Ingénieur-Constructeur), 3gi» rue des Pyré nées, Paris-20e.
(91 CADEAU Aux Lecteurs de “ J’Jnitiation Tout lecteur de Ì'Initiation qui nous adressera directe ment, 4, rue de Furstenberg (Librairie Hermétique) deux abonnements nouveaux d’un an à. notre revue, rece vra à titre gracieux, et franco, un superbe COUPEPAPIER en simili-bronze d’une valeur de trois francs. Nous lui réservons également une prime de vingt pour cent (20 °/0) sur sa première commande de librairie, parmi les ouvrages de notre fonds.
POUR PARAITRE LE 1er DÉCEMBRE 1909 ALMANACH de la CHANCE ET DE la VIE MYSTÉRIEUSE Publié sous la direction de PAPUS Principaux articles : Almanach astrologique. — Alma nach de la chance pour chaqiie jour de l’année. — Horos cope de l’année tgro, par Phaneg. — Influences astrolo giques, par Mavéric. — Peut-on communiquer avec les morts ?
Le Bureau Julia, par Papus. — Adieu, Mandine, conte, par Albert Savine. — Magnétisme, Hypnotisme, par Donato. — Les Signes secrets de la femme. — Les Talismans.— Graphologie de la jeune fille, par Papus. Nombreuses illustrations, couverture en couleurs. Un vol. in-8 raisin de 64 pages................................ O fr. 75
>9» PRIMES DE LIBRAIRIE La Librairie Hermétique offre aux lecteurs de VInitiation les primes suivantes : 1° ALMANACH de la CHANCE de 1009 au prix de O fr. 75 au lieu de 1 fr., pour les souscripteurs à l’ALMANAGH DE LA CHANGE ET DE LA VIE MYSTÉRIEUSE DE 1910, qui paraîtra le 1er décembre 1909, au prix de O fr.
75 (voir annonce dans le cours de la Revue.) 2” NOS MAITRES LE DOCTEUR PAPUS, par Phaneg. — STA NISLAS DE GUAITA, par Matgioi. — MATGIOI (A. de Pouvourvilie), par Théôphane. —VILLIERS DE L’ISLE-ADAM, par Victor-Émile Michelet. Les 4 volumes, 6 fr. au lieu de 8 fr., franco. 3° LES SECRETS DE LA ROULETTE 2 fr. au lieu de 3 fr. 4° L’AMOUR et la MAGIE I par Victor-Émile Michelet, 4 fr. 'au lieu de 5 fr. Le Gérant : Encausse. Paris. — Imprimerie E. Arrault et Cie, 9, rue N.-D.-de-Lorette.