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L’Initiation BeYue phllosopîjlque des Hautes Huttes PUBLUjVfaüÆUE^TMENT SOUS LA OIRKCT1ON Df / LU M B. ¿a à2m' ANN tE SOMMAIRE DU N° -j (Octobre 1 A09> PARTIE PHILOSOPHIQUE Photographie des Esprits (p. i à 3)............................ Papns.. Le Bureau Julia (p. 4 à 19).......................................W./T. Stead. Essai d’Alphabétologie (p. 20 à 29)............................ L. T. Le Père (otec) Jean Sergueieff de Cronstadt (p.3oà 49).
Ptman Bhava La Confusion des pouvoirs et des procédés magiques . dans l'antiquité gréco-latine (p. 5o à 5$) . . E.-A. Perdar. Les Marionnettes (p. 55 à 57)........................ . . . . Karl Hissa. PARTIE INITIATIQUE L'Art du rêve (p. 58 à 67)................. Sédir. Orphée et les Orphiques, suite (p. 68 à 77). . . . Combes Léon.
École supérieure libre des Sciences hermétiques. —Saint-Yves d’Alveydre. — Une nouvelle guérisseuse. — Une Servante de terme som nambule. — L’Occultisme en Russie. — Correspondance. — Force électro-magnétique. — Revue des Revues. — Ér.of* de magnétisme, Tntft te qui concerneJa Rédaction et lei Échangea doit être adreaié' 5. rne de Savoie, & Parlarvi«. Téléphone — 81B-09 Tout ce qui concerne l’Adminiatration : 8ONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO.
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L* Initiation est l'organe principal de cette renaissance spiritua liste don: les efforts tendent: Dans la Solence, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques de. expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les culte Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, VInitiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent Varbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin VInitiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L'Initiation parait régulièrement à la fin de chaque mois et compte déjà* vingt années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des huit premières années sont absolument
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. Photographie des Esprits Il y a peu de questions aussi intéressantes pourletudedes sciences psychiques que celle de la photo: graphie des défunts.
Malgré les sourires et les quolibets des ignorants et des sceptiques, cette question fait chaque jour de sérieux progrès. Le commandant Darget, l’éminent chercheur de Tours, a eu ¡’occasion d’essaver la médiumnité d'un médium photographe américain. Or, une parente du commandant, que j’ai person nellement parfaitement connue, est nettement venue sur une photographie envoyée par le médium améri cain.
Il n’y a pas d’hésitation possible sur la ressem blance. Nous essayons de faire faire d’autres expé riences à ce sujet et nous tiendrons nos lecteurs au courant. Nous publions un article d’un de nos confrères concernant ces photographies et la reproduction de l’épreuve envoyée par le photographe médium. Papus. Il y a trois mois, M. Blakevel, très fort médium photographe à Londres, m’écrivit en m’envoyant-cer1
2 l'initiation taines de ses photographies psychiques et me disant qu’il connaissait un médium remarquable qui obte nait souvent la photographie de personnes mortes. C’était M. le docteur Wm. Keeler, 1408, Harward Street, à Washington, Etats-Unis. 11 me disait également, si je m’y adressais, de lui envoyer mon propre portrait, des cheveux de la per sonne défunte et 10 francs comme rémunération.
C'est ce que je fis de suite sans donner aucune indica tion, pouvant faire présumer le sexe, l’âge, la parenté ou le lien du défunt..., etc. Donc, M. Keeler ne savait rien. Or, un mois et demi plus tard, je reçus le portrait de ma parente avec une ressemblance frappante, et cette parente avait une figure qui n’était pas quel conque, pas ordinaire, mais bien au contraire très caractéristique.
Je dois maintenant ajouter autre chose qui a dû contribuer au succès. En septembre dernier, j’allais avec Mme Darget, voir Mme Agullana, un très bon médium à Bordeaux.
Tout en parlant de choses et autres, elle dit à ma femme : « Vous avez un Esprit près de vous... fait de telle façon... votre parente à tel degré, etc... » et Mme Agullana parla de choses vraies, que l'Esprit lui disait, que nous connaissions, mais qu’elle ne pouvait savoir elle-même. Alors je dis à l’Esprit : « Voulezvous aller à Washington, États-Unis, chezM. Keeler à qui j’ai écrit pour obtenir votre portrait ? Il demeure 1408, Harward Street. » L’Esprit me répondit par la bouche du médium :
PHOTOG» A DUIP OF.S ESPRITS 3 « J’ai le pouvoir d’y aller, j’irai pour vous faire plai sir, mais je ne crois pas à la réussite. » En réalité, ne connaissant pas les choses, l’Esprit me répondit comme il l’aurait fait de son vivant.
Je dois cependant croire que j’ai dû ajouter à la réussite en m’entendant, pour ainsi dire, avec l’Esprit sur le voyage en Amérique que je le priais de faire pour me faire plaisir, comme il l’avait dit, et surtout pour l'intérêt de la Science. Commandant Darget. Il faut ajouter que d’autres personnes ont immédia tement reconnu la photographie de l’Esprit.
Nous choisissons au milieu de plusieurs lettres le témoignage suivant qui émane de la couturière de la défunte : « Mme Darget est venue me montrer une photo graphie où se trouvaient treize figures d'hommes et de femmes. Elle m’a demandé si je connaissais quelqu’un dans ce groupe. « Je lui ai alors désigné une figure de femme en haut et à droite comme étant sa mère.
« Je l’ai reconnue de suite puisque je l’avais habillée quelquefois, étant sa couturière quand elle venait à Tours, chez Mme Darget, passer quelques semaines. « Mme Darget m’a explique alors qu’elle avait été photographiée deux ans après sa mort par un photo graphe médium à qui on avait envoyé des cheveux de la personne morte et sans lui donner aucun rensei gnement. « Mmc V'e Dumasdelage. > Tours, le 25 mai 1909.
LE BUREAU « JULIA » Le fait de parler d’ouvrir un bureau de communi cation entre ce monde et le suivant, ce qui paraît à certains une proposition étonnante et fantastique, est cependant logique et pratique. Toutes les grandes religions ont été fondées d'après la conviction qu’il existe un autre monde. De nombreux documents religieux parlent du retour des âmes de l’au delà de la tombe. Des philosophes ont argué en faveur de la proba bilité de la persistance de la personnalité après la mort. D’une façon presque générale, l’instinct de la race humaine affirme la vérité d'une existence après la mort. Mais jusqu’ici l’existence même du lieu occupé par celte vie future n’a pas été soumise à l’exa men scientifique. Qu’y a-t-il alors de plus manifeste ment naturel que de soumettre cette grande hypothèse à une série d’expériences faites sous la garantie des plus grandes précautions ? Les savants sont avides de rechercher s’il y a des habitants dans Mars. Ils discutent sérieusement la pos sibilité d'envoyer de notre planète des signaux aux êtres qui peuvent se trouver sur cette étoile lointaine. Mais lorsque je propose que l’on s’adonne à une petite élude patiente 'et à des expériences destinées à
LE BUREAU « JULIA » 5 s’assurer si ceux que nous avons aimés et perdus peuvent communiquer avec ceux qu’ils ont laissés derrière eux, quel toile! Quels cris d’indignation et d’horreur! Quel ridi cule et quelle aberration ! C’est absurde, c’est mons trueux, c’est présomptueux et je ne sais quoi encore. A tous ces cris, ces rires et ces insultes, je réponds qu’il est raisonnable tout au moins d’essayer. Les méthodes employées sont simples et pratiques et les résultats ont déjà plus que justifié cette tentative. C’est aussi simple que la solution de l’œuf de Colomb.
L’hypothèse que toutes les religions, la plupart des philosophies et l'instinct général de l'humanité sug gèrent à notre entendement est qu’après le change ment que l’on appelle la mort, la personnalité survit. S’il en est ainsi, ce que nous devons faire pour dé montrer la véracité de cette hypothèse est d’entrer en communication avec quelques-uns des disparus.
Si cela est impossible, l’hypothèse restera quand même une hypothèse, car la personnalité peut exister mal gré le manque de preuves entre eux et nous. Si, d’autre part, la communication peut être établie, ceux qui se trouvent de l’autre côté peuvent régler la ques tion de la continuation de leur existence une fois pour toutes. L’hypothèse deviendra un fait. Je créai donc le « bureau de Julia » pour soumettre cette question à une épreuve sévère.
Le résultat a dépassé mes espérances. Au commencement, je me disais que si seulement dans un cas sur dix, j'aurais pu dire un cas sur un million, l’existence de la vie après la mort pouvait être péremptoirement démonl’initiation 6 trée, c’en serait assez pour justifier mon initiative. Mais la movenne des résultats heureux est de beauJ coup supérieure à un cas sur dix; elle approche da vantage de cinq sur dix.
C’est-à-dire que, sur dix cas dans lesquels des personnes éprouvées ont demandé au bureau de les mettre en communication avec leurs morts, au moins cinq ont déclaré qu’elles sont abso lument convaincues, qu elles ont reçu des preuves con cluantes que leurs soi-disant morts sont toujours en communication consciente avec ceux qu’ils ont été forcés de quitter. En d’autres termes, le bureau a élargi la tombe pour eux, à leur grande satisfaction.
Chaque personne qui désire entrer en relation avec les morts est priée de fixer elle-même, avant que le bureau accepte la tentative, les faits qu’elle considére rait comme prouvant de façon irréfutable qu’elle a été en communication directe avec le disparu. Il est surprenant de voir la confusion des pensées qui as saillent le sujet. Nous ne faisons encore que commencer.
Nous avons jeté une ligne par-dessus la rivière de la mort, ligne par laquelle nous pouvons communiquer avec ceux qui sont de l’autre côté. C’est un commence ment. Plus tard, d’autres lignes seront jetées, un pont suspendu sera graduellement construit, et le temps viendra où un pont de construction solide unira les deux rives, pont à l’aide duquel les vivants et les morts pourront établir des communications cons tantes et régulières.
Il est impossible, vu le peu de temps dont je dispose, de décrire en détail ou même d’indiquer les preuves qui ont été données aux per
LE BUREAU « JULIA » J sonnes qui se sont adressées à notre bureau. J’aurai peut-être l’occasion d’en parler une prochaine fois. Mais il est beaucoup plus intéressant de relater un incident remarquable qui s’est produit la semaine dernière au « bureau de Julia ». il sort du cadre des affaires régulières du bureau, mais comme il éclaire un côté de ses opérations, il mérite d’ctre cité avec quelques détails.
Les membres du « bureau de Julia», à Mowbray House, se réunissent chaque matin, à dix heures, pour conférer avec leur directrice qui, visible aux clairvoyants, occupe le fauteuil présidentiel du cercle. Après des prières et une brève lecture, on lit les messages reçus par les secrétaires automatiques de Julia.
Le clairvoyant, couvrant alors sa face avec ses mains, décrit les formes qu’il voit, mais qui sont invisibles pour les autres, et répète les messages qu’il entend. Généralement, ces derniers se rapportent à des affaires du bureau ; mais quelquefois les esprits, attirés par les vibrations sympathiques créées par la petite réunion, font leur apparition et délivrent des messages à ceux qui sont présents.
C’est une interven tion inattendue de ce genre que je vais vous raconter. C’était dans la matinée de jeudi 16 septembre. Le jour précédent, j’avais promis à la princesse Wiassemsky de l'accompagner à Mourmelon-le-Grand,près de Châlons, pour assister à dès essais d’aéroplane aux quels son fils devait procéder le lundi suivant. Après avoir reçu deux brefs messages de Julia, le clairvoyant dit :« J’entends une autre voix qui parle. Je cite maintenant les notes suivantes prises sur le carnet du secrétaire :
8 l.’lNTTI — Si vous allez à Châlons, je vais avec vous. M. W. T. Stead. — Qui est-ce qui parle? Le clairvoyant. — Je suis mort depuis quelque temps ; mon nom est « Lefebvre » (Aussi étrange que cela paraisse, ce nom n’évoqua en moi aucun souvenir. J’étais à l’étranger lorsque Lefebvre se tua et je pensais que ce pouvait être quel qu’un mort depuis longtemps). Aucun membre du cercle ne reconnut le nom. M. W. T.
Stead. — Connaissez-vous l’aéroplane de Bolotoff? — Oui. Dites à ce jeune homme de ne pas être trop téméraire, car il est très probable que son mo teur ne va pas marcher normalement. Je ne pense pas qu'il y aura ce que vous appelez un accident, mais qu'il vérifie soigneusement son moteur; modé rez son impétuosité. Vous-même, ne montez pas. 11 me faut aller là-bas avec vous, car je désire écrire en suite sur ce sujet par votre intermédiaire.
M. W. T. Stead. — Bolotoff vous connaissait-il ? — Non, je l’ai rencontré, M. W.T. Stead.— Que faisiez-vous de votre vivant? — J’étais mécanicien. Un autre esprit se mit alors à parler et l’incident en resta là. Le jour suivant Julia fit au cours de ses communinications cette remarque : « Cet homme nommé Le febvre dit qu'il va avec vous à Châlons. Il espère que vous irez. » M. W. T. Stead. — Demandez à Lefebvre si c’est lui qui a été tué dans un accident d’aéroplane.
LE BUREAU « JULIA » 9 — Oui, je pensais que vous le saviez. M. W. T. Stead. — Vous pouvez communiquer directement avec moi. Parlez-vous anglais? — Non, pas beaucoup ; mais je transmets mes pensées au médium et il les traduit en anglais. M. W. T. Stead. —Connaissez-vous Bolotoff? — Je me suis trouvé avec lui. Je pense que son triplan est très bon, mais il fera bien de surveiller son moteur et de voir si tout va bien. M. W. T.
Stead. — Qu’est-ce qui a causé votre chute si rapide? — Je n'ai pas eu le temps de penser; vous n’avez guère le temps de réfléchir lorsque vous tombez. M. W.T. Stead.— Dans votre chute si inattendue avez-vous conservé votre sang-froid ? — Voici ce que j’ai ressenti. J’eus conscience que je tombais, mais avant de toucher la terre j’avais perdu connaissance. Je ne ressentis aucune douleur ni aucune sensation dans mon corps physique.
Il me sembla que mon esprit était projeté au dehors. J’eus une sensation de rotation rapide, puis quelque chose céda soudainement et je me trouvai dans l’air, voyant au-dessous de moi mes restes mortels et l’appareil. Ce n'était pas désagréable. Je me rendis compte aussi qu’un être très puissant et qui me calmait était auprès de moi, et demain ce même être essaiera d’écrire par votre main lorsque vous serez à Châlons.
Le samedi soir 18 septembre, je téléphonai à M.Bolotoff l’avertissement que j’avais eu à propos de son moteur et qui me venait d’un esprit disant s’appeler Lefebvre. Il merépondit qu’il se tiendraitsursesgardes.
10 L INITIATION Le lundi, nous arrivâmes à Mourmelon. Le moteur soigneusement vérifié paraissait très bien fonctionner. Aucune personne au courant des aéroplanes ne pen sait que ce moteur pût donner des ennuis. C’était un Panhard à quatre cylindres. Il avait subi tant d’épreuves et avait été essayé si souvent qu’il semblait impossible qu’il vînt à manquer.
Mais à six heures, lorsque M. Bolotoff monta sur son siège, il fut impossible de faire partir la machine. Quelque chose ne fonctionnait pas, la manivelle de mise en marche se brisa et à notre grand regret les essais durent être abandonnés. Je laisse à d'autres le soin d’expliquer le phéno mène.
Quant à moi, je me contente de me porter garant de l’exactitude absolue du récit que l’on vient de lire, exactitude que confirment d’ailleurs le compterendu sténographique ainsi que les déclara tions de quatre ou cinq personnes qui entendirent cet avertissement. Monsieur le rédacteur en chef, Votre journal n’a pas ménagé les marques de haute sympathie à l’aviateur Eugène Lefebvre, lors de l’affreux accident qui lui a coûté la vie.
Permettez-moi donc de vous faire part de la pé nible surprise éprouvée par ses amis en lisant l’ar ticle paru ce jour sous la signature W.-T. Stead. Bien que mandataire autorisé de la famille Lefebvre, je ne veux pas aggraver -et renouveler sa douleur en la fai sant intervenir dans cette circonstance.
LE BUREAU « JULIA » 11 Ami d’Eugène Lefebvre depuis quinze ans, ayant eu ce valeureux garçon sous mes ordres directs, pen dant dix années de la plus affectueuse collaboration, je puis parler de lui et de sa pensée intime en toute connaissance de cause. J’affirme donc que c’est faire erreur totale et se méprendre sur sa mentalité que de lui prêter les propos que vous avez reproduits.
C’est en toute certitude que je puis dire que s’il avait eu la possibilité de communiquer avec nous, ce n’eût pas été pour s’intéresser à M. Bolotoff, qu'il ne connaissait pas, mais plus probablement pour trans mettre aux siens des recommandations plus sérieuses et plus graves. Pure hypothèse, me direz-vous, mais moins désobligeante pour la mémoire de mon élève et ami.
Ce qui par contre est certain pour tous ceux qui l’ont connu, c’est l'invraisemblance absolue des pro pos qu’on lui prête. i° M. W.-T. Stead. — Que faisiez-vous quand vous étiez vivant. Réponse !!! — J'étais mécanicien. Jamais il ne se fût exprimé ainsi.
Eugène Lefebvre, peu de temps après sa sortie de l’institut industriel du Nord, à Lille, est entré dans mon bureau comme élève ingénieur ; il fut ensuite chef de service et pendant six années a été chargé de l’étude et de l'exécution de travaux frigorifiques fort importants.
11 exerçait donc activement la profession d’ingénieur, et j’ajoute qu’il m’est quelque fois arrivé de le plaisanter amicalement sur ce qu’avait d’un peu puéril le soin minutieux avec lequel il veillait à ce
12 i.'tktt’atjon que sa qualité d'ingénieur fut dûment inscrite sur tous les plans ou études techniques dont il avait la responsabilité. Il n'a jamais été « mécanicien » au sens français de ce mot, c’est-à-dire conducteur de machines, mais il avait, à juste titre, la prétention d'occuper un rang plus élevé dans la hiérarchie industrielle et il tenait essentiellement à bien l’établir. 2° M. W.-T.
Stead. — Parlez-vous anglais r Réponse. — Non, PAS BEAUCOUP, mais je transmets mes réponses au medium et il les traduit en anglais. Lefebvre ne savait pas un traître mot d’anglais et n'aurait même pu apprécier approximativement un texte exprimé en cette langue. Malgré mes instances amicales réitérées, il a toujours négligé cette étude et pour cette raison ne m'a pas accompagné en Angle terre pour des travaux très importants. 3“ M. W.-T.
Stead. — Dans votre chute, avez-vous conservé votre sang-froid ? Réponse. — J'eus conscience que je tombais, mais AVANT DE TOUCHER LA TERRE j'avais perdu connaissance. Je ne ressentis aucune dou leur...
L’enquête a prouvé avec évidence, que mon mal heureux ami a été tué à terre d’un coup d’aile de F hélice tribord, qui n’a pu l’atteindre qu’apres que le choc sur le sol l’ayant projeté hors de son siège, il a été lancé dans le rayon de giration de cette hélice. La perte initiale de connaissance ne pourrait donc être attribuée qu'à une terreur intense; or il avait déLE BUREAU « JULIA > ! 3 montré à Reims qu'il ¿tait inaccessible à ce senti ment.
4° Le moteur de l’appareil Boloto/f n’a pas fonc tionné le 18 septembre, jour de la visite deM. Stead. Je ne désobligerai personne en constatant que pour les moteurs légers d’aéroplane le bon fonctionnement est l’exception ; rien d’étonnant à ce que M. Stead ait été le témoin d’un incident habituel.
Je veux donc espérer qu'après ces quelques expli cations les âmes candides seront rassurées et que la cause sera entendue pour tous ceux qui ne sont ni crédules ni intéressés dans le bureau mercantile Julia. Vous avez pris soin de présenter M. W.-T. Stead à vos lecteurs : il est entendu qu’il s’est acquis dans la littérature commerciale de son pays une situa tion considérable. On le dit un protagoniste fervent de l’entente cordiale.
Qu’il nous permette de lui dire qu’il n’aura de succès en France, dans ses entreprises commerciales ou autres, que s’il prend soin de respecter nos usages et nos susceptibilités légitimes. Nous avons en France le cuite de la mémoire des morts : celle d’Eugène Lefebvre appartient non seule ment à sa famille, mais aussi à tous les Français par sa fin glorieuse.
Je veux donc espérer, monsieur le rédacteur en chef, que ce sera pour vous raison suffisante d’arrcter une entreprise qui n’aurait même plus l'excuse d’une apparente bonne foi et qui a renouvelé cruellement des douleurs et des regrets infinis. Vous remerciant à l'avance, je vous prie d’agréer,
l’.NITIAT.CN >4 monsieur le rédacteur en chef, la meilleure expression de mes sentiments distingués. Ch. Lambert, Ingénieur des Arts et Manufactures, 52, rue d’Amsterdam, Paris. RÉPONSE DE M. XV.-T. STEAD A SES CONTRADICTEURS Londres, 27 septembre. Monsieur le Rédacteur en chef, Mon attention a été attirée par une lettre qui a paru dans le numéro du Matin de samedi, lettre signée de M. Charles Lambert.
M. Charles Lambert y donne des raisons sur les quelles il base son opinion pour faire preuve de scep ticisme quant à l’identité de l’intelligence invisible déclarant s’appeler Lefebvre, qui a communiqué au « bureau de Julia » la prédiction de l’accident sur venu au moteur de l’aéroplane de M. Serge de BolotofL J’ai le plus grand respect pour toutes les objections qui me sont faites. Je ne suis pas dogmatiste; je suis un expérimentaliste.
Je suis toujours prêt à aban donner n’importe laquelle de mes hypothèses lors qu’une autre hypothèse me paraît donner une expli cation plus plausible de faits qui sont reconnus. Mais avant d’examiner les objections de M. Lam bert, permettez-moi, cependant, de regretter qu’il ait
LE BUREAU «JULIA» ¡5 à ce point oublié la courtoisie, apanage de la nation française, et l’exactitude que l’on est en droit d’at tendre d’un homme de sa profession 1 II traite en effet du haut de son mépris le « bureau de Julia » comme un bureau d’affaires.
Or, c’est moi-même qui paie de ma poche toutes les dépenses de ce bureau, qui se montent environ à 25.ooo francs paran, et je ne vois pas très bien comment, dans ces conditions, M. Lam bert pourrait justifier son dédain immérité. J’irai même plus loin, en disant que M. Lambert ne me semble pas avoir pris connaissance du point essentiel qui fait de la communication de Lefebvre un cas si remarquable.
Il s’imagine que le moteur en question était, d’après ses propres paroles, « un mo teur léger d’aéroplane, dont le bon fonctionnement est l’exception ». Si c'était en effet le cas, la critique de M. Lambert se justifierait. Mais il en est tout autrement.
Le moteur de M. de Bolotoff est un lourd quatre-cylindres qui possède un magnifique record de régularité et qui, monté sur le fameux canot à pétrole la Rapière^ a remporté tous les prix de Monte-Carlo. Qu’un tel moteur, qui a marché pendant vingtquatre heures sans une interruption, ait un accident le jour de l’essai de l’aéroplane, c’est assez inexpli cable. On pouvait s’attendre, à tout, mais pas à cela.
Seule une personne a deviné où pouvait résider le danger, et c’était l’esprit invisible qui disait s’appeler Lefebvre. Naturellement, ceci ne prouve pas que cet être invisible soit le vaillant ingénieur français de ce nom, mais on m’accordera que c’est au moins une
16 l'initiation assurance que celui qui prétendait s'appeler Lefebvre savait ce dont il parlait, et qu'il possédait des con naissances équivalentes à celles du malheureux avia teur. Il est assez difficile de prouver que lorsqu’il s’est réclamé du nom de Lefebvre et a prétendu en pos séder la personnalité,cet espritavolontairementmenti. Examinons comment M. Lambert justifie ses at taques contre notre bonne foi.
En premier lieu, M. Lambert estime que Lefebvre ne se serait jamais désigné de lui-même sous la qua lification de « mécanicien », son rang étant celui d’un ingénieur. Je remarquerai en passant que de l’autre côté de la tombe les esprits ne semblent pas être aussi pointil leux au sujet de leurs titres que lorsqu’ils étaient en core de ce monde.
Je me souviens d’avoir moi-même douté de l’authenticité d’un message concernant l’avenir de l'Autriche-Hongric parce qu’il était signé « Otto von Bismarck » et que ce n’était pas ainsi que signait Bismarck lorsqu’il était prince et chancelier. Or, la réponse ne se fit pas attendre : « Ici, je ne suis plus qu’Otto von Bismarck ! » Mais ceci est une autre histoire.
Pour bien com prendre la signification de cette réponse : « J’étais mécanicien », il faut se rendre compte de la raison pour laquelle je lui avais demandé ce qu’il faisait. Ainsi que je l’ai déjà dit, son nom n’avait éveillé en moi aucun souvenir, et comme il avait déclaré être mort depuis quelque temps, je m’étais demandé s’il ne s’agissait point d’un des compagnons de Montgolfier ou des premiers aéronautes.
LE BUREAU « JULIA » 17 Ma question» da:ib son plein développement était : f « Etiez-vous un aéronaute ou un ingénieur, et pour quoi vous intéressez-vous aux aéroplanes ? » La réponse naturelle à cette question n’était pas de m’in diquer son rang hiérarchique dans la société, mais bien la raison secrète de son intérêt dans les aéro planes. 11 n’était pas un aéronaute, mais un mécani cien. Voici la réponse à la première objection.
M. Lambert dit ensuite que Lefebvre ne savait pas un mot d'anglais et que l’esprit invisible m’avait ré pondu «qu’il n’en savait pas beaucoup». De là il conclut que ce n’était pas la même personne. Ce que j’ai compris, c’est que l’esprit invisible voulait dire qu’il pouvait peut-être comprendre quel ques mots en anglais, comme « oui ou non. Com ment allez-vous ? » et de petites phrases semblables, mais ne pouvait soutenir une conversation.
11 n’y aurait rien eu d’impossible à ce que Lefebvre eût été particulièrement versé dans la connaissance de la langue anglaise. La seconde objection de M. Lambert confirme mon hypothèse plutôt qu’elle ne la détruit. Enfin, la troisième objection est fondée sur une al légation de M. Lambert, qui ne saurait être justifiée en quoi que ce soit par mon premier article. Je n’ai jamais prétendu que Lefebvre ait éprouvé un sentiment de peur.
Toutce qu’il me déclara, c’est qu’en dehors de la sensation qu’il avait éprouvée lors de sa chute, il n’avait eu connaissance de quoi que ce fût jusqu'à ce qu’il s’éveillât de cette espèce d’évanouissement, et vît en dessous de lui sa machine brisée. 2
18 l’initiation H n’y a rien dans ce que dit M. Lambert qui soit contraire à ces déclarations. La mort doit être sur venue instantanément quand il a touché la terre, et il a probablement été étourdi par le choc avant de s'être rendu compte de la façon dont il avait été causé.
D’une maniere comme de l’autre, l’argument consiste à savoir ce que Lefebvre a ressenti dans une fraction de seconde, et j’aime mieux, quant à moi, admettre que le vaillant aviateur n'ait pas souffert en mourant. Les objections de M. Lambert m'apparaissent donc sans importance. Mais il reste la grande et véritable objection, qui dépasse de beaucoup ces discussions de mots.
La voici : Pourquoi Lefebvre, n’a-t-il pas communiqué avec ses parents ou scs amis au lieu de le faire avec le « bureau de Julia » ? Or, ces raisons apparaissent toutes simples à celui qui a quelque connaissance de l’au-delà. La première, c’est que la douleur meme des sur vivants forme une barrière temporaire, mais insur montable, entre ceux qu'on appelle les morts et ceux qui portent leur deuil.
Cette barrière existe tant que les survivants n’ont pas séché leurs pleurs et accepté avec soumission la perte de ceux qu’ils ont aimés. La seconde raison est encore plus probante. Pre nons un exemple. Si je veux téléphoner à Paris, je ne téléphone pas nécessairement à la personne que j’aime le mieux, mais à celle qui a un récepteur télé phonique.
Or, le « bureau de Julia » a permis, préLE BU REAL’ « JULIA » cisémcnt, à Lefebvre d’entrer en communication avec moi. Je ne connais pas d’autre bureau de ce genre-là. par le moyen duquel il eût pu communi quer avec ses parents et ses amis. Avant de terminer, laissez-moi exprimer mes sen- • timents de profond regret si la publication de mon article a pu causer quelque chagrin à ceux qui ont été si cruellement éprouvés par la mort de Lefebvre.
Ce pendant, je ne peux croire que ma déclaration, faite en toute bonne foi, puisse être pour les survivants fet : i° que Lefebvre *vît toujours; 2° qu’il n'a pas souftert à sa mort; 3° qu’il a été capable d’établir une communication avec ce monde. Il est donc naturel d’attendre qu'il entre plus tard en communication avec ceux qui ont été autrefois ses intimes. Recevez, monsieur le rédacteur en chef, l’expression de mes sentiments distingués. W.-T. Stead.
Essai d'A/phabéto/ogie — « Le signe découle directement du principe « éternel de la Parole, émané de la divinité ; et s’il ne « se présente pas partout sous la même forme et « avec les mêmes attributs, c’est que les organes « chargés de le produire au dehors, non seulement « ne sont pas les mêmes chez tous les peuples, dans « tous les âges, sous tous les climats, mais reçoivent « encore une impulsion que l’esprit humain modifie « selon son état temporel. » Ainsi donc, d’après Fabre d’Olivet, le signe, envi sagé sous le rapport du son, doit indiquer, par les altérations qu’il subit, l’état organique de l’homme.
Il en résulte que les modifications soniques des lettres correspondent analogiquement à des modifica tions dans les goûts, les idées, les façons d’être des individus ou des peuples, en un mot, une langue est la signature des principes en action, soit sur une per sonne considérée isolément, soit sur une nation tout entière, suivant qu’on l’envisage sous un point de vue particulier ou collectif.
11 faudrait, pour mettre en évidence les principes en action sur un peuple donné, comparer les lettres qui composent son alphabet avec celles d’une langue primitive, tenir compte des changements survenus
ESSAI d’ALPHABÉTOLOGIE 21 dans les touches, étudier les différences de ces mêmes lettres entre plusieurs langues, et prêter une grande attention à celles qui, existant encore dans certains idiomes, font totalement défaut dans d'autres. La tâche est longue, ardue et il est facile de tomber dans des erreurs d’appréciation, mais il n’est pas impos sible malgré cela d’entrevoir la vérité.
Parmi les lettres, dans quelque langue qu’on la considère, c’est sur la R qu’on peut, le plus facilement, déterminer les différences que souffre son principe originel, étant donné la prononciation particulière que chaque peuple lui donne. Fabre d’Olivet, dans la Langue Hébraïque restituée, dit en parlant de la R.
« Le Resh est le signe de tout mouvement propre, bon ou mauvais: signe originel et fréquentatif; image du renouvellement des choses quant à leur mouvement. » Le Lamech (L‘, et le Resh (R) sont classés par ce meme savant dans la touche linguale, qui prend un mouvement rapide, soit rectiligne, soit circulaire en quelque sens qu’on l’imagine.
Comme caractère grammatical, la lettre R ne pos sède plus, dans nos idiomes dérivés, la propriété cidessus indiquée. On la retrouve cependant intacte dans les onomatopées et dans le latin, elle est encore relative à l’action : Actor, pintor, salvaior. En espagnol, la R est dentale, touche qui, selon d’Olivet,’ dépeint tout ce qui tonne, retentit, résiste, protège. Cela veut dire que le principe du mouvement
22 l’initiation propre, qui contient implicitement celui d’initiative, est devenu dans la nation espagnole un principe de résistance, de retentissement, de protection. L’histoire de l’Espagne semble confirmer cette in terprétation. Notons tout d’abord que les annales de la science n’enregistrent pas le nom d’un seul Espagnol comme l’auteur de quelqu’une de ces découvertes transcendentales pour le progrès de l’humanité.
Je mentionnerai aussi pour mémoire, les guerres implacables soutenues par les Espagnols, contre les Maures, lesquelles durèrent huit cents ans et ne se ter minèrent que par l’extinction complète de la domina tion musulmane sur toute l’étendue de leur territoire, et plus tard, la résistance acharnée qu'ils opposèrent aux armées napoléoniennes, dont on ne trouve de pendant dans l’histoire chez aucune autre nation du monde.
L’expansion géographique de l’Espagne eut lieu alors qu’elle formait un seul empire avec l’Allemagne et les Pays-Bas. Elle bénéficia sous le règne de CharlesQuint, Allemand d’origine, des tendances envahis santes du Germain, lesquelles ne purent reprendre leur essor qu’à notre époque, sous la direction d'une main centralisatrice.
L’Espagne, de par sa position océanique, devint le canal d’enseignement et de manifestation à ce be soin expansif de la race germanique, et le servit mer veilleusement grâce à ce principe batailleur qui dort dans tout Espagnol etdont la signature visible est son R dentale. L’Espagne atteignit alors son apogée. Sa séparation
ESSAI d’aLPHABÉTOI.OGIE 23 d’avec l’Allemagne et les Pays-Bas marqua le com mencement de sa décadence et de sa chute, malgré les immenses richesses que lui procuraient sescolonies. Celles-ci végétèrent, comme chacun le sait, de la plus misérable façon, jusqu’au jour où, secouant le joug césarien de la Métropole, elles s’érigèrent en na tions indépendantes.
Les républiques hispano-américaines ont gardé dans une certaine mesure le germe néfaste de la Mèrepatrie, que le mélange des races tend à faire dispa raître, et, si elles sont loin d’ètre aussi prospères qu’on serait en droit de l’attendre, cela est du à d'autres ■ causes. La principale de ces causes réside, à mon avis, dans le magnétisme terrestre.
Ce facteur a plus d’impor tance qu’on ne le pense communément sur les affaires humaines et par conséquent sur les principes spiri tuels en action sur les peuples. La civilisation semble marcher sur une ligne paral lèle à un méridien magnétique toujours en mouvement et en suivre l’itinéraire..
Par là, umfcorrélation occulte existe entre le magnétisme terrestre et la va riation du son des lettres, mais je n’ai eu ni le temps ni les moyens de le vérifier. Je donne ici mon opinion sans prétendre à la faire adopter comme une véritédncontestable. Je ferai remarquer seulement que jamais aucun grand courant civilisateur n'est sorti de l’hémisphère austral de la Terre.
On ne peuit considérer comme tel la demi-civilisation incasique, dont l’origine, d’après les traditions indigènes, ne remonte pas au delà du
l’initiation 24 douzième siècle de notre ère et selon toutes les appa rences n’était pas autochtone. Le signe irrécusable d une véritable civilisation, c’est récriture, et elle n’existait pas à l’époque de la conquête espagnole. Pour expliquer la stagnation des diverses nationa lités qui peuplent l’hémisphère sud de notre planète, on ne peut raisonnablement s’appuyer sur des consi dérations de races, de climat ou de productions du sol.
L'Australie, peuplée d’Anglo-Saxons. jouit d’un climat sain et tempéré, son sol se prête à toutes les cultures, les usines de métal précieux y abondent. Son développement économique ne souffre cependant aucune comparaison avec celui des Etats-Unis. Le centre et le sud de l’Amérique n’est-il point le réceptable des plus immenses richesses qu'il soit pos sible de rêver ?
Fruits abondants et variés, le café, le cacao, la canne à sucre, le caoutchouc, d’innombrables troupeaux de bétail,des mines de diamant, d’or, d’argent, de fer,de manganèse, d’étain, de salpêtre, d’iode : toute la no menclature chimique y passerait à en énumérer les richesses métalliques, et cependant les peuples qui habitent cette région privilégiée végètent en proie à une politique stérile et à des crises économiques per manentes.
En réfléchissant à Faction réciproque des deux pôles opposés d’un aimant, on comprendra facilement pourquoi toutes ces richesses matérielles, au lieu de contribuer à la grandeur de ceux-ci, va fomenter le bien-être de ceux-là.
fssaî d’alphabétologie 25 En anglais, la R a deux valeurs soniques très dis tinctes. Sa prononciation est très effacée, presque nulle, très peu accentuée et légèrement gutturale dans les mots d’origine saxonne, elle est linguale dans les mots d’origine latine.
En rapprochant les sons de cette lettre du nombre de touches mises en jeu dans cette langue, on y trouvera certainement la raison de l’expansion mondiale de la nation Britannique et de ses multiples manifestations dans toutes les branches du savoir humain. La R en tant que son n’existe pas en chinois, et, à quelques exceptions près, il est presque impossible à un natif du Céleste Empire de la prononcer.
Le prin cipe de l'initiative lui manquant, le Chinois est cris tallisé pour ainsi dire dans son rudiment de civilisa tion vingt fois séculaire. Le fait de s’adapter facile ment nos inventions occidentales ne prouve point que l’Asiatique s’assimile nos idées, ou que les prin cipes généraux qui régissent la race blanche s'infusent dans la race ¡aune. Celle-ci copie avec fidélité, je le reconnais, mais n'invente rien.
En France, la R est prononcée de plusieurs ma nières. Légèrement gutturale au Nord, elle est linguale au Centre et devient presque dentale au Midi. Ce qui indique que notre patrie conservera longtemps encore le principe représenté par cette lettre, dont elle a donné tant de preuves au cours de son histoire.
Ce pendant, je crois que désormais elle en usera plus pour desaffaires intérieures,découvertes scientifiques, applications industrielles, essais plus ou moins fruc tueux de transformations législatives ou sociales que
2Ô l’initiation pour des affaires extérieures, entreprises coloniales ou commerciales lointaines, voyages d'exploration, etc,, nous voyons déjà tous les efforts qu’elle fait pour re conquérir sa prépondérance maritime si sérieusement menacée par les nations voisines, frappés de stérilité et d'insuccès.
Or, la L, signe du mouvement expansif, tend à dis paraître dans notre langue, surtout dans le corps des mots entre deux voyelles, tels, par exemple : Bille, paille, rouille, chenille, etc., prononcés actuellement Bye, paye, rouye, chenve, cette altération de la pro nonciation remarquée dès la seconde moitié du siècle dernier s’étend" et se propage chaque jour davantage.
Le principe représenté par cette lettre a donc une tendance à s’amoindrir, et de fait, le Français est de venu casanier, il ne s'expatrie pas généralement de bon cœur, les expéditions lointaines ne lui disent rien qui vaille et les entreprises coloniales rencon trent chez lui une répugnance instinctive à laquelle il serait bien en peine de donner une explication sa tisfaisante.
Il est plus difficile de déterminer avec exactitude la marche et l'influence de la G et de la C qui en est une variante, car elles n’existaient pas en hébreu telles que nous les connaissons aujourd’hui. Seules les touches dans lesquelles elles se classent, peuvent fournir quelque explication sur le rôle qu’elles jouent actuellement.
Fabre d’Olivet en parlant du Ghimel, dit : « Ce caractère appartient, en qualité de consonne, à la touche gutturale. Celui par lequel je le transcris.
essai d’alphabétologie 27 est d'une invention assez moderne.
Plutarque nous apprend que ce fut un certain Carvilius, qui le pre mier, ayant ouvert une école à Rome, inventa ou introduisit la lettre G, pour distinguer le double son de la C ; on se servait avant de la C, tout seul, au moyen Suivant le même auteur, la racine 5 N, Ach, com posée des signes de la puissance et de l’assimilation, produit l’idée de toute compression, de tout effort que l’être fait sur lui-même ou sur un autre pour se fixer, ou le fixer.
C’est une tendance à compacter, à centraliser. En latin on ^trouve plusieurs mots qui paraissent dérivés directement de cette racine, tels sont : acus, acumen, actes. La C dans cet idiome désigne la fixité d'un objet, sa ténacité, sa constance. Tels sont les mots en ax, mis pouracs: audax, tenax, péri inox.
Il y avait donc encore en latin une étroite parenté entre la C et la d hébraïque qui est un signe émi nemment compressif, astringent et tranchant ; image de la force agglomérante ou réprimante. LaC n’était déjà plus nonobstant une gutturale, du moins devant e et i et sa prononciation ne devait pas différer sensiblement de celle qu’elle a encore de nos jours en italien où elle est chuintante ainsi que la G.
Devant ces mêmes voyelles". la G est chuintante et # * la C est sifflante en français. Dans les mêmes conditions, la G est fortement gutturale et la C est dentale en espagnol ; cette der nière lettre a passé dans la touche sifflante, comme en français, parmi les peuples hispano-américains.
28 l’initiation Devant les autres voyelles, la G est demeurée lé gèrement gutturale, même en anglais devant la E et la I dans les mots d’origine saxonne, tandis qu'elle est chuintante devant les mêmes voyelles dans les mots d’origine latine ou française Il y avait donc ch^z les Romains et il existe encore parmi les peuples qui leur doivent leur langue et leur civilisation, une secrète affinité entre les principes représentés parla G, la C, la E et la I.
Remarquons que ces deux dernières lettres sont les signatures de principes dérivés, passifs par rapport à un principe .premier, en un mot, ce sont des lettres féminines; tandis que la G et la C sont les signatures de principes essentiellement actifs, mâles par conséquent.
Il est difficile d’expliquer, d’une façon satisfaisante l’action spécifique de ces lettres sur chaque peuple pris en particulier, car elle s’enchevêtre avec celle des autres lettres d’une façon * inextricable, mais, tenant compte de la triplicité de touche qu’elles affectent, elles sont une desclefsdes différences dégoûts, d’idées, de tendances des trois grandes nations néo-latines.
Considérée isolément, la lettre H, en tant que son, a disparu dans les langues d’origine latine. Elle est encore, il est vrai, sensiblement aspirée (i) dans cer taines régions de la France par une infime minorité de personnes, mais la généralité des Français disent : des aricots, la aine, etc. sans aspiration aucune, on pourrait sans inconvénient la supprimer dans la 9 (i) On devrait dire < eipirée », l’usage a fait admettre . « aspirée ».
ESSAI d’aLPHABÉTCLOGIE 29 langue écrite. La même remarque peut s'appliquer à l'espagnol où cette lettre est la seule qui détonne dans son orthographe si rationnelle. La H, c'est la E matérialisée, qui de voyelle est devenue consonne. En hébreu c’est le n qui appartient à la touche gutturale, et représente le champ de l’homme, son travail, ce qui demande de sa part un effort, un soin, une fatigue. Il s’attache aux idées d’effort, de travail, et d’action normale et législa tive. Tels sont les principes qui sont éteints ou à peu près dans les nations latines. 11 suffit pour s’en con vaincre de comparer l’accroissement rapide et inces sant de l’Anglo-Saxon et du Germain avec la déca dence progressive du néo-Latin au point de vue industriel et commercial. D’année en année, le com merce de ceux-là progresse à pas géant et déloge in sensiblement, mais sûrement leurs concurrents latins des principaux marchés du monde. (A suivre.} L. T.
3o Le Père (otec)(,) Jean Sergoeieff de Cronstadt ÉTUDE OCCULTE Par Pl nan Bhava S:?. I-J:’: (2) ! La mort de cet homme de mérite, persiflé par les uns, reconnu comme mort en odeur de sainteté par les foules, mérite un moment d’attention, pour l’occultiste-méditant, sur le développement des facultés de lame du père Jean qui fut un des plus grands propa gateurs de l’occultisme en Russie. C'est lui qui répétait bien souvent à qui voulait l’entendre « que le temps viendra, et bien des signes annoncent qu’il approche, où vous apercevrez que le domaine de l’âme, que vous réfutez, s’étend chaque jour davantage. Nous nous approchons, disait-il d’une période spirituelle, car l’âme, cette messagère (1) Les prêtres du Culte orthodoxe sont appelés, en Russie, « batiouschka ou otec », c’est-à-dire « petit père ». (2) Docteur von Fchiniski.
LE PÈRE JEAN SERGE EIEI FF 3l de Dieu, obéissant à des lois pour vous inconnues, remonte à la surface de l’humanité et manifeste son existence immortelle et sa puissance divine. » Cette existence et cette puissance se révélaient de mille manières en le père Jean, le Bien heureux.
Pour nous, étudiants en occultisme, trois questions bien graves s’imposent : i° Le père Jean fut-il un initié, possédant le sixième sens psychique développé, que nous perdîmes par la chute d’Adam (i)? 2° Ou bien fut-il simplement un médium ? 3° Enfin était-il un être doué d’intelligence supérieure, un génie, qui, par la réflexion et la clarté d’esprit, réussit à se faire remarquer parles contem porains.
Les phénomènes que le Bien heureux accomplis sait dans sa longue carrière à letonnement des masses, nous sont bien connus, et la littérature con temporaine occulte nous apporte tous les jours en abondance des faits constatés par les esprits les plus forts comme vrais, réels, authentiques.
Ces faits, ces phénomènes d’ordre supérieur, sont mis par les esprits timorés dans la classe de la Magie noire, s’ils sont dangereux pour eux ou, à leur point de vue, pour l’humanité; ou enfin sur le compte de la Magie angélique ou planche, s’ils sont con formes au bon plaisir des ùi/éressés ! L’œuvre, c’est ainsi que fut appelé le travail du père Jean.
Les uns le tinrent pour un mage noir, un affolé du diable (î) et les autres pour le Christ réincarné ! (i) De meme la faculté de l'aviation.
32 l'initiation [octobre Les études des occultistes contemporains et des savants initiés, démontrent suffisamment que les idées de magie noire ou blanche ne hantent que les es prits faibles et les cerveaux épuisés des savants offi ciels. Il n’y a ni mages noirs ni blancs, ni sorciers, en core moins des envoûteurs qui aient le pouvoir de changer les lois de la Karma.
Mais il y a encore des ignorants qui veulent condamner le père Jean, dont la personnalité si modeste et si puissante répandait une lumière éblouissante, éclairant les recoins de la science matérialiste, d'où hélas ne jaillit aucun germe fécond. Ces messieurs matérialistes, ces nihilistes de la vraie science, durent émettre une opinion scienti fique pour expliquer les prétendus miracles du père Jean, le charlatan !
C'est ici que je recopie une étude d'un savant dans une revue de Pétersbourg.
Ecoutez bien l’oracle deCalcas ! k Toutes les manifestations surnaturelles (szc) du père Jean ne peuvent être expliquées scientifiquement (je te crois !) et ne forment qu’un tissu de fantaisies mystiques, perçues par des cerveaux superstitieux et faibles. » Avale, mon cher, ce raisonnement, car c’en est un commelesautres, mais celui-ci estnul.Si ces messieurs s’interrogeaient eux-mêmes, ils trouveraient que les phénomènes opérés par le père Jean n’étaient que les manifestations de son âme supérieure ; c’était le réveil de l’âme qui faisait de grands efforts pour se manifester d’une manière anormale, impérieuse et
LE PÈRE JEAN SERGUEIEFE 33 I909] pressante, comme si un ordre d’en haut avait été signifié et quelle n’eût, elle, la messagère des ancê tres, plus de temps à perdre. Certainement dans la nature d’Elite du Bien heu reux, l’âme se préparait à une lutte décisive, et per sonne parmi les laïques ne pouvait prévoir tout ce qui pouvait dépendre de la victoire de l’âme sur le corps physique.
Messieurs les érudits des Revues vous vous trom pez encore, car il ne s’agit pas ici non plus des phénomènes de télépathie, de matérialisation, sug gestions, etc. Non, il s’agit, dans le cas du père Jean, d’événements et d’interventions d’âme qui ont lieu sans relâche dans l’existence même la plus insignifiante des êtres les plus oublieux de leurs droits de fils de Dieu! il s’agit d’une psychologie tout autre que votre soi-disant psychologie habi tuelle, qui n’existe que sur le papier, et qui ne s’in quiète que des phénomènes spirituels liés à la ma tière.
Vous me demandez de quoi s’agit-il ? Eh bien, mes amis, il s’agit de ce que nous révèle une psychologie transcendante, celle qui s'occupe des rapports qu’il y a d’âme à âme entre les hommes, et de la sensibilité ainsi que de la présence extraordi naire de cette âme !
Cette étude qui élève l’homme, les écoles d’occul tisme la poursuivent et les études de Papus et de ses collègues ne tardèrent pas à rendre inadmissible la psychologie élémentaire qui a régné jusqu’à ce jour au gré des matérialistes. Vous ne savez donc pas que cette psychologie trans3
l’initiation 34 cendante envahit déjà les esprits réfléchis des intelli gents « supérieurs » et des sensibles ! Vous dites que rien ne prouve la pression de Pâme qui aurait augmenté dans l'humanité, et que son action reste vulgarisée. Peut-être que vous avez raison et que par une phra séologie stérile je serai vaincu.
Mais je vous présen terai des faits élémentaires à l’appui de ma thèse: jadis, s’il était question devant vous d'un pressenti ment, de l'impression étrange d’une entrevue ou d’un regard, d'une décision qui était prise du côté inconnu de la raison humaine, d’une intervention d’une force inexplicable et cependant comprise, des lois secrètes de l’antipathie ou de la sympathie que nous projetons à notre inssu, des affinités électives ou instinctives, de l’influence des choses qui n’étaient pas dites mais « pensées », vous ne vous arrêtiez pas à ces problèmes, qui, d’ailleurs, s’oflraient assez rarement à votre raisonnement.
Vous ne sembliezles rencontrer que par hasard, vous ne soupçonniez pas de quel poids prodigieux ces problèmes pèsent sans relâche sur la vie et vous vous hâtiez de revenir à vos jeux habituelset aux événements extérieurs de votre vie.
Peut-être avez-vous remarqué ces phénomènes dont les plus grands, les plus pensifs d’entre les philo sophes s’occupaient à peine autrefois ; les plus petits s’en inquiètent aujourd'hui, et cela prouve, comme dit Maeterlinck, cela prouve, une fois de plus « que l’âme humaine est une plante d’une unité parfaite, et que toutes ses branches, lorsque l’heure est venue, fleurissent en même temps».
LE PÈRE JEAN SERGUEIEFF 35 Observez un humble, à qui le don d’exprimer ce qu’il entrevoit dans son âme serait accordé. Il expri merait en ce moment des choses qui ne se trouvaient pas encore dans l’âme de Mickiewicz, de Dante, de Pouschkine.
Et c’est ainsi que des hommes d’un génie inférieur à celui de Shakespeare, de Solovieff ou de Tolstoï ont entrevu une vie secrètement lumineuse dont celle que ces potentats de la pensée avaient uniquement connue n’était que le revers. Le père Jean est venu à temps, son âme n’était pas isolée, car il ne suffit pas qu’une grande âme, comme celle du père Jean, s’agite çà et là dans l’espace ou le temps.
Elle aurait fait peu de choses, si elle n étaitpas aidée. L’âme du Bienheureux fut la Heur des multitudes d'âmes réincarnées, il a fallu qu’elle arrive au moment où l’océan des âmes de ses disciples s’in quiétait tout entier, et réunissant leurs forces, leurs désirs, put arriver au sommet du possible, du na turel ! Je crois apercevoir, et avec moi d'autres, que les âmes ne s’enveloppent plus du même nombre de voiles, pour cacher leur présence.
Isis se dévoile ! Même pour les yeux matériels d'un sensitif, et c’est une vérité surabondamment prouvée, vos défauts, vos vices et vos pensées, ainsi que vos vertus, vos qualités seront pressentis, aperçus et lus par celui-là.
Croyez-moi, vous portez en vous, et autour de vous, à votre insu, le tort que vous avez causé à autrui ou la tristesse dont souffre votre victime, et, avant que vous adressiez la parole à une autre per36 î, ’initiation sonne, cette sensitive-ci aura su votre crime de lèsehumanité. Le temps est venu où nous lirons dans l’aura, dans le corps astral avant de lire dans le cerveau. Méfiez-vous et corrigez-vous !
Même si vous assurhiez le visage d’un saint, d’un martyr, d’un héros, l’oeil d’un Jean de Roniheidt lira, si vous portez en vous une pensée mauvaise, une - injustice ou les larmes d’une mcre. Le père Jean possédait cette faculté divine, celle de lire dans les âmes des vivants ! Notre enveloppe phy sique avec ses membres, gestes, signes, ne signifie plus rien, tout se décide, déjà aujourd’hui, dans les cercles mystiques d’une simple présence.
Bientôt la formule des sages sera : Tais-toi pour que je t'en tende. En vérité, il n’y a presque plus de refuges et les hommes se rapprochent. Ils se jugent par-dessus les paroles et les actes et jusque par-dessus les pensées, car ce que nous voyons sans le comprendre est situé bien au delà du domaine des pensées.
Et comme le dit magistralement notre grand maître ClaudedeSaint-Martin, le philosophe inconnu : * avons-nous fait un pasde plus sur la route instinctive et lumineuse de la simplicité des êtres, attendons en silence, peut-être allons-nous percevoir le murmure des dieux. » Jean de Cronstadt a perçu ce sourire des dieux — et il fut fils de Dieu !
LE PÈRE JEAN SERGUEIEFF 37 II Pour étudier ces grandes lois inexplicables et pro fondes régissant Pâme, pour percer le rideau transpa rent qui nous voile les au-delà, le rôle de loccultiste est tout tracé. Il faut avouer que les découvertes des maîtres en occultisme dans l’étude de ces forces mystérieuses acceptées par les savants officiels des Académies firent faire un pas de géant à la psychologie expérimentale et physiologique.
Les savants l'avouent. Les quelques préventions stupides disparaîtront bientôt. Et les deux mondes scientifiques se rencontreront, comme le dit judicieuse ment le philosophe russe Loski, sur le même point final du but prévu — la découverte des forces psy chiques et physiologiques, dont les manifestations occultes du père Jean fixèrent l’attention de la multi tude.
Ces manifestations sont surprenantes, et plus une manifestation est inexplicable, plus elle demande de temps pour être comprise et nous convaincre de sa réalité. Les découvertes de Copernic,xde Galilée, de New ton, de Laplace, de Reis, de Marconi, de Wright, de Zeppelin et d'autres en fournissent les preuves.
Et de même les découvertes scientifiques de Mes mer, Charcot, de Luys, de Pasteur, de Curie, d’Edi son, Encausse, ne furent-elles pas traitées de char latanisme? Et dernièrement, est-ce que les attaques
38 L’îNTî lATION des théosophes ou passant pour tels, contre les occul tistes, les traitant de mages noirs, d’antéchrists, de suppôts de l’enfer, n'ont-elles pas fait rire le gros public ? Est-ce que les cris de * au secours», ne tonnaientils pas de ces bouches épileptiques contre les pion niers humbles, contre les apôtres de l’Évangile hu main ! Heureusement que ce sont les derniers cris des cambrioleurs de la psychologie matérialiste !
Et je le crois fermement, car les occultistes en balayant les ordures immondes, les occultistes défrayent la voie aux chercheurs, où les solutions des problèmes les plus ardus, les plus compliqués se présenteront aux yeux éblouis des pionniers de la science.
En vérité, déjà, les surprenantes révélations des laboratoires de Luys, de Charcot, de Bernheim, de Stanislas de Guaïta, de Papus nous font entrevoir les forces dont nous disposons et qui ne représentent qu’une partie de celles qui sont encore à l’état latent, prêtes à se manifester, comme chez le père Jean, sous une pression de râme.
Un des philosophes occultes a judicieusement ex primé l’idéeque nous sommes un réservoir de « sa voir »et de « pouvoir », mais ce réservoir ne s’ouvre que dans l’état artificiel de l’hypnose, dans le rêve ou dans les états inconscients de l’homme, appelés ar tificiels par Stanislas de Guaïta, ou ordonnés par l’effort de sa volonté psychique (Papus). C’est dans cet état où la matière est dégagée (artifi ciellement ou consciemment) de l’esprit, que celui-ci
LE PÈRE JEAN SERGUEIEFF 3ç se manifeste dans toute sa splendeur; c’est l’état de la trance, dans lequel s’abîmait le père Jean. Les spirites scientifiques le nomment état psy chique ou trance médiumnique. Ce médiumnisme a été de tout temps exploité par les charlatans des temples ou les magnétiseurs de carrefour. Leurs procédés provoquent chez leurs sujets des aberrations mentales conduisant le médium à la folie ou à l’escroquerie.
Les spirites sérieux, dans le silence de leurs labo ratoires, réussirent par la médiumnisation de leurs sujets à entrer en communications avec le monde planétaire, et leurs observations sérieuses boulever seront bientôt les fragiles lois séculaires, basées sur l’illogique humaine.
Disons en passant que tout médium livré à luimême ou agissant au commandement d’un opérateur se précipite dans l’abîme poussé par les entités élé mentaires ou élémentales auxquelles, à son insu, il sert de refuge. Ces forces occultes, éparpillées autour de nous, profitent des portes ouvertes parla passivité du médium pour s’y loger à leur aise.
Seuls les médiums volontaires, guidés et dirigés par des savants, fournissent à la science des renseigne ments sur la philosophie, la littérature, les arts et les découvertes.
C’est grâce à ces médiums dirigés par de savants expérimentateurs que lesthéologiensmodernes, même ayant un esprit contradictoire pour les miracles de la Bible, reconnaissent la possibilité des cures merveil40 l’initiation leuses et réfutent les assertions des Bauer, Zelber, Spinoza et Hévan. .
Les adeptes de l’occultisme, convaincus par les ex périences psychiques faites dans le silence de leurs ca binets magiques, fournissent à la publicité les preuves de l’authenticité des miracles de la Bible, preuves basées sur les manifestations de nos forces occultes, de la puissance de notre âme rayonnant par les centres psychiques et physiologiques, savamment ap préciées par les occultistes des Indes, depuis la créa tion du monde.
Le père Jean le Bienheureux avait développé ses forces psychiques et physiologiques par intuition, mais les limites n’en pourront jamais être prévues ni limitées par la vaine science humaine. Je me résume. Le père Jean ne fut jamais un mé dium involontaire, comme le prétend un des jour naux publiant un article sur le feu prêtre, où il parle doctement des manifestations du spiritisme en nous présentant Mme C., un médium dessinateur.
« Mme C., écrit ce pamphlétaire de bas rang, plongée dans la trance spirite (par conséquent dans l’état passif propice à des suggestions conscientes et inconscientes), fait des dessins admirables, peut-être préparés pendant quelques mois à l’avance, et les fait passer pour impromptus...
Il paraît que c’est une disciple du batiouschka Jean, etc. » Puis il ajoute quel ques phrases indigestes sur les esprits, les médiums, les séances d'évocation, les hallucinés, sur les com munications avec Eve, Napoléon,Steinheil,qui termi nèrent cet article à tant et tant la ligne, s’efforçant de
LE PÈRE JEAN SERGUEIEFF 41 paraître spirituel et qui n’est simplement que stupide. Cet article bouffon attira l’attention d’un groupe de chercheurs consciencieux à Tsarskoe Selo, et on me demanda l’explication des phénomènes produits par ce médium dessinateur.
J’eus l’honneur de répondre que nous trouvons sou vent des médiums dont le talent caché se manifeste en France, mais que ces productions ne sont pas exé cutées par des esprits invoqués, qui n’auraient rien à y chercher, quoique le médium, peu instruit, prétende le contraire; j'ajoutai que ces manifestations furent le produit de la pression d’âme, que ces phénomènes étaient simplement psychiques, et pas du tout sur naturels c’est-à-dire dus à des entités incarnées dans le médium.
Comment expliquer l’ignorance de l’auteur de cet article ? D’abord c’est une mise en scène pour les petites gens; car critiquer ne prouve pas un vrai connais seur. et je n’ai trouvé dans l’auteur de cet article qu’un clown du journalisme, qui, par ses sauts furibonds, s’est lésé la cervelle, et aboie furieusement contre le progrès scientifique de l’occultisme. Mais les spirites de Pétersbourg ne se découragent pas si facilement.
Quant à moi, j’estime les spirites V, pour leur ténacité malgré le persiflage des sols, car les empiriques spirites cherchent de concert avec dous les causes de ces phénomènes, acceptant quelquefois des faits sans réserve; mais ce que je ne puis comprendre, c’est leur foi dans le spiritisme, comme religion de l’avenir, avec le père Jean comme chef suprême !
l’initiation 42 J’ai remarqué avec plaisir, assistant aux séances des spirites que l’obstination d’évoquer les âmes des morts ou leur corps astral devient de moins en moins fréquente parmi les spirites sérieux.
Avouons que tels spirites comme Preyer, du Prel, Flamma rion, Sardou crurent un moment au médium à incarnations; mais à leur avantage, ajoutons qu’il était alors difficile, même pour un occultiste, de se retrouver dans ce dédale aride de phénomènes incon scients. Ceux-ci se lassèrent bien vite, comme dit Jules Bois, des communications « des esprits », re noncèrent au spiritisme et devinrent des fervents apôtres de l’occultisme.
Le père Jean, à ma connaissance, pencha aussi pour l’idée qu’il était médium, mais sa conviction fût vite faite et il devint occultiste militant. — Et les assertions de Crookes, du génial physi cien anglais, ne penchent-elles pas la balance pour les spirites ? — Pardon. Au contraire, le savant anglais appuie nos théories occultes sur l’existence des forces la tentes psychiques et physiologiques, ou par le tra vail de «l’inconscient».
Ce savant exprima, après les expériences de Florence Cook, que toutes ces ma nifestations dans toutes leurs formes voulues furent produites par l'émanation des forces du médium, et il le démontra physiquement. Les spirites convaincus par les déductions du maître se rendirent à l’évidence et reconnurent dans les prétendus miracles de Cook, le produit naturel de l’inconscient, inconscient de nos forces psychiques et physiologiques...
LE PÈRE JEAN SERGUEIEFF ^3 Le père Jean est la résultante de ces études, de ces forces de l’inconscient, il n’était pas un homme sur naturel ni un Dieu, et c’est à son corps défendant qu’il éloignait de soi les insinuations de la foule de ses adorateurs et disciples qui voulaient voir en lui le fils de Dieu, le Christ réincarné.
Le père Jean était un adepte fervent de l’occul tisme ; en développant les force de l’inconscient, il parvint à faire des choses surprenantes, qualifiées, aujourd’hui, par les foules de surnaturelles, qui n’étaient, selon nous, que surhumaines. L’explication des soi-disant miracles du père Jean est pour nous, occultistes, facile.
Dans les faits relatés de clair voyance, de prédictions, de guérisons accomplies par le feu père Jean, nous ne retrouvons que les manifestations de [Inconscient matérialisé qui, gagnant la suprématie sur rétat conscient du sujet, abolissant la perception des cinq sens connus par la physiologie contemporaine scientifique, frappant d'amnésie le cerveau percepteur, (en un mot res prit se dégageant de la matière grossière), apparais sait avec ses qualités divines, frappant de stupeur la logique humaine!
Les qualités divines ci-dessus mentionnées nous ont convaincu que le père Jean était adepte dan$ l’occultisme, et qu’il ne fut jamais médium in conscient. Les spirites me reprochaient quelques points de rapprochement entre un médium spirite, un sujet magnétisé et un adepte de l’occulte. Ah non ! Les médiums dans la trance, le sujet hypnotisé plongé
l’initiation dans la catalepsie ou dans l’extase produite par les plantes magiques, ou par des excitants, restent sous la domination des soi-disant esprits, que nous appe lons forces intelligentes,«élémentalsou élémentaires» et agissent au gré de ceux-ci ou des opérateurs : tan dis que les adeptes de la.puissance du père Jean prati quant l’occultisme se dirigent eux-mêmes par la force de leur volonté, dans toutes les manifestations psy chiques et physiologiques.
Le médium est rarement livré à lui-même, il est toujours assisté d’un opérateur ou par des curieux, tan dis que l'adepte développe ses facultés intellectuelles morales et volontaires dans la solitude et le grand silence de la nature, éléments dans lesquels se for ment les grandes âmes, afin qu'elles puissent émer ger majestueuses à la lumière, et dominer les foules recueillies.
Le médium boit, joue, mène une vie irrégulière, sans souci pour l’avenir, pourvu qu’il puisse profiter de ses forces et en jouir à sa guise. Le père Jean et tous les hommes considérables que j’ai connus s’abstenaient de se mêler aux jouissances de la vie. Le père Jean parlait peu, car il savait que la parole ne servait jamais aux communications véritables entre les êtres.
Car se taire. c'est entendre parler\ c’est communiquer avec les âmes, c’est entendre dans ces moments sublimes les ordres des ancêtres invisibles, c’est donner un instant de vie spirituelle à notre âme : c’est la baigner dans la source rédemptrice d’où elle provient! Heureux ceux qui savent se taire, écouter et entendre ! • •
LE PÈRE JEAN SERGUE1EFF 45 C’est dans ce silence que s’enfermait Jean le Bien heureux, dans le grand empire du silence qui nous porte, comme dit Carlyle, plus haut que les étoiles, et qui est plus profond que le royaume de la Mort. Oh ! que j’aime le silence et les nobles hommes silencieux ! Ce silence, le prêtre Jean le connaissait ; il avait le secret du silence, qui forme le fond de notre Incon scient.
Il possédait le secret de ce silence qui est le silence essentiel, le silence inviolable de nos âmes se retrempant dans les fluides pour pouvoir commu niquer avec l’infini!
Delà ses intuitions, de là ses pressentiments, ses visions, ses prophéties, ses forces spirituelles, car il entendait, dans ce silence où les sens dorment, les âmes se réveiller et se mettre à l’œuvre; or le silence est l’élément plein de surprises, de dangers et de bonheur, dans lequel les âmes des humains passent dans le plan astral, se possèdent librement et se communiquent les secrets de la Nature.
Les spirites de Pétersbourg ainsi que les théosophes veulent voir dans ces manifestations éblouissantes d’ordre purement psychique le produit de leurs évo cations, la présence des âmes des morts qui assistaient le médium, le père Jean !
Ils se bouchent les oreilles devant les observations des occultistes qui n’y voient que les manifestations de leur pronre « Inconscient matérialisé * ou enfin celles des êtres planétaires, les élémentaires ou les élémentaux! La profession de prêtre exercée par le père Jean lui facilitait la contemplation, la rêverie, états propices
l'|M 1 IATION 46 aux manifestations de l’inconscient, qui lui permet taient de développer ses qualités innées de prédicateur et de prophète, car toutes les qualités physiques et psy chiques augmentent à mesure du développement spé cial qu'on leur fait subir dans l’idée-mère I C’est une simple gymnastique psychique dont se servaient tous les personnages connus dans l’histoire des peuples et qui étonnèrent le monde.
Chacun de ces noms porte sur lui l’empreinte du merveilleux. Pythagore. Socrate, Platon, Aristotélès, Moïse, Lycurgue, sans parler des saint Paul, saint Jean, saint JeanBaptiste qui se rendaient au désert dans la solitude, pour communiquer avec le Divin, ne sont-ils pas connus par leurs fuites dans la solitude, dans la rêve rie, dans la méditation, pour être inspirés!
Et de nos temps, Flammarion, Papus, Stanislas Je Guaïta, dont l’inconscient révéla des merveilles dans l’anatomie, dans l’occultisme, Wagner dans la musique, Napoléon dans l’art de la guerre, Goethe, Schiller, Solowieil, Pouschkine, Mickievvicz, Tolstoï, ¿ermontoff et tant d’autres ne s’enfermaient-ils pas dans le silence pour créer leurs chefs-d’œuvre ?
Ne travaillaient-ils pas dans l’extase, ou n’entendaientils pas le moment de l'inspiration pour créer des chefs-d’œuvre ? Et vous autres,lutteurs dans la poésie, dans la lit térature, dans la science et les arts, artistes, talents et génies, n'attendez-vous pas venir« le moment pour travailler » ? Combien de fois dans votre impatience avez-vous abusée d’excitants pour réussir?
LE PÈRE JEAN SERGUEIEFF 47 Et ce moment attendu avec tant d’efforts de votre côté, ne vient-il pas à la longue? Vos forces psychi ques n’émergent-ellcs pas des millions de replis de votre âme ? Car vous le voulez ! Vous avez parfaitement raison. La tension de votre volonté, voiilà la porte secrète par où, rayonnant dans toute sa splendeur, apparaît l’inconscient!
C’est dans cet état de l’extase produite par votre volonté psychique que l’àme brise ses chaînes, l’es prit se dégage et suggéré par votre idée-mère, sur laquelle il concentre toutes ses forces, réalise un chefd’œuvre ou perpètre un crime ! De là les chefs-d’œuvre du père Jean, de Glindra, de Beethoven, de Tschaïkowki, de Chopin, créés par ces génies hors ligne !
Hélas, il y a aussi des crimes inconscients accom plis par les médiums de l’hydre * Anarchie ».
Dans l’impétuosité de leur idée fixe, les misérables apô tres de la liberté, luttant au nom de l’idéal, arborant l'étendard de la fraternité, de l’égalité, suggérés par des hideux convertcurs-suggestionneurs, impassibles devant la mort, se jettent au nom de la liberté, fra ternité, égalité, sur les baïonnettes de la Force-Justice, se dévouant comme des héros à l’idée de la Liberté!
Ceux-ci ne furent que des suggérés inconscients, des hallucinés trompés et abusés par des tirades d’agents provocateurs et mercenaires, qui furent vic times de leur inconscience et qui gisent oubliés dans la tombe! Et combien d’autres crimes furent commis, sugl’initiation 48 gérés soit par «des esprits» malfaisants, cupides, ou bien par les avortons de l’inconscient !
Toutes ces victimes furent des médiums incon scients et s’ils méritaient une punition pour leurs soidisant crimes, ce n’est pas le bourreau qui dût être appelé, mais bien un pédagogue ou un médecin psychiâtre. Notre illustre maître Papus répété souvent que le visible n’est que le reflet de l’invisible! C’est Juste.
Tous les prophètes furent guidés par l’inconscient et leurs prophéties ressemblaient si bien aux paroles de l’être conscient que les pensées de celui-ci ne reflètent que les pensées de celui-là. L’extase de Jean l’Évangéliste nous présente dans l’Apocalypse la voix de l’âme qui communique avec le Divin ; donc Jean fut le médium saint !
Mais il avait aussi le génie, et c’est au génie de créer, et ce génie le retenait sur la pente de la médiumnité pas sive ! De ceci pourrait-il ressortir qu’il y a ressemblance entre un homme de génie et un médium spirite? Cette considération serait fausse, car le médium est un être inconscient, pauvre d’intelligence et de volonté, dominé par un opérateur, charlatan pour la plupart, ou par des élémentaux, forces intelligentes, invisibles.
Ce médium devient fatalement un instru ment inconscient, docile et souvent... nuisible. L’homme de génie, pour employer le vrai mot, est un initié ( 1 ), qui de sa propre volonté, de par son vif ( 1) Conscient ou inconscient.
LE PÈRE JEAN SEPGUE1EFF 49 désir, de par sa sainte passion d'arriver, ordonne à son être inconscient et puise dans ses facultés puissantes les forces nécessaires à son évolution vers le vrai, le beau et le juste!
Dans cette ascese, l’inconscient, déployant ses forces psychiques et physiologiques la tentes, produit la matérialisation de Îâme aux dépens de la dématérialisation de l’être conscient physique, lutte avec la matière grossière, entouré des dangers de mort soit physique, intellectuelle ou morale qui l’épient à chaque moment; la mort intellectuelle, la folie, s’il ne sait pas diriger son Inconscient, la mort physique, s’il dépense trop de son énergie vitale dans son vol vers des au-delà !
Le prêtre Jean Sergueïeff fut un homme de génie, un initié, mais non un médium spirite! Heureux ceux qui, comme Lui, ont pu dégager leur Inconscient volontairement, car ils parviennent à dominer les éléments.
Il n’était pas un Dieu comme le prétendent des enthousiastes, mais c’était un homme, qui s’avançait, à la suite des autres pré décesseurs, sur le chemin prescrit par le fils de Dieu, le Vrai, l’Unique, devant qui se prosternèrent les puissants Mages de l’Orient, avouant leur impuis sance humaine, devant la Vraie et toute-puissante Science de la Divinité! Punan Bhava S:*.: 1-8: *.: Saint-Pétersbourg, au mois de septembre 1909.
SO La confusion des pouvoirs et des procédés magiques DANS L’ANTIQUITÉ GRÉCO-LATINE De nos jours il est usuel, chez les adeptes ou profes seurs de l’art magique, de poser, à l’origine de toute initiation secrète ou publique, des bases, des critères aussi précis qu’il est possible entre les différentes sortes techniques ou pratiques des moyens magiques.
Et c'est ainsi qu’outre les classifications, d’après les buts et les procédés, entre la goétie, la nécromancie, l’oneiromancie, etc., etc., il est proclamé par les maîtres en cet art deux grandes catégories, différenciées plutôt par des caractères de moralité que par leurs processus propres, et qui sont définies : l’une, magie blanche; l’autre, magie noire.
Les adeptes de celle-ci se défendent delà pratiquer ou enseigner; les tenants de l’autre réclament hautement leur droit à s’en ser vir, en raison de ce que ses moyens et ses buts ne sauraient être nuisibles à quelque être que ce soit, digne de respect. Il apparaît, au contraire, que les anciens, ou tout au moins les Grecs et lçs Romains, n’établirent aucune différence nette entre les valeurs morales des divers
CONFUSION DES POUVOIRS ET DES PROCEDES MAGIQUES 5l procédés et buts magiques, et que meme iis donnèrent des noms spéciaux à telle ou telle partie de la science des mages; ils confondirent dans un blâme légal et général toute connaissance ou toute utilisation ma gique.
Hésychius définit la goétie par la magie et, en manière de compensation, Porphyre réclame au titre de religion tout ce qui constituerait, d’après notre conception moderne, la magie, référant, d’autre part, la magie à la science (?) goétique. Les Romains con fondent dans une même réprobation et saluent indif féremment de l’un des trois termes suivants, le maleficuSy le ventificus et le saga.
Saint Augustin, seul, adopte ou reconnaît trois degrés dans l’art magique : la goétie, la magie, la méurgie ; mais, toutefois, le saint dispose ces trois échelons d’après les moyens et leur valeur intelli gente, sans établir, en faveur de tel échelon, une présomption de bénignité ou de moindre nocivité.
Dans la mythologie hellénique, il existe quatre espèces de mages semi-divins, semi-humains, les telchines, les dactyles, les courètes, les corybantes, tour à tour peuples préhistoriques, dieux, serviteurs ou contempteurs des dieux, même fondateurs de cultes, mais toujours ramenés, en ce qui vise leur activité magique, à la qualité de goètes.
Du point de vue technique, ils opèrent pourtant tantôt comme mages, comme médecins, comme alchimistes, tantôt comme maîtres ès arts métallurgiques, qu’ils passent pour avoir inventés. Cependant, la terminologie magique des anciens, si elle s’applique indifféremment, au point de vue
52 l'initiation moral, à tel ensemble de faits, révèle une division très poussée de certaines branches delà magie, qui laisse raient soupçonner que, en dehors des confusions opérées par le vulgaire, les initiés avaient défini, de façon très précise, les buts, sinon les moyens.
C’est ainsi que l’art divinatoire s’opère, en Grèce, par des systèmes groupés suivant les termes génériques sui vants: magiké empeiria, menteia, epoptia, oneiropompia, oneiraitèsia, oneiokritia.
La pharmakeia est proprement la science des plantes merveilleuses, et cependant nous lisons, dans l’idylle de Théocrite appelée Pharmakeutriai, une suite de moyens, de cérémonies, d’évocations et d'invocations où tour à tour interviennent la prière aux divinités, la liquéfaction des cires (mumies), l'évocation du cynx, le maniement du rhombos, la prière à la lune et même une action directe sur cet astre, etc., etc. La nécromancie, qui, par certains points, confine à la divination, rentre dans la catégorie des faits ma giques et est opérée indifféremment par des sorciers, des mages, des prêtres, des divinités.
Une définition de l’art ou du domaine magique, tel que le comprenaient les anciens, est donc chose assez difficile àétablir, d’abord parce qu’en fait le culte toléré ou officiel empruntait des procédés et des buts à la science magique, ensuite parce que la valeur morale des processus et des praticiens étendait dans les deux sens la ligne où, d'une part, la science et le monopole religieux, d’autre part, l’ignorance ou la crainte pro fanes, eussent fixé le développement du système : Magie. Celle-ci était, d’ailleurs, en Grèce, un produit
CONFUSION DES POUVOIRS ET DES PROCEDES MAGIQUES 53 spontané, autochtone, corrigé et développé par des apports étrangers, mais qui demeura toujours ouvert aux novateurs, fermé, ou presque, aux moralistes.
Ainsi la science astrologique essentiellement et uni quement curieuse d’établir des relations certaines entre les cours des astres et des séries correspondantes d’événements quelconques, devient spéculative et se jointà la magie d’incantation par Tiatromathématique, science des propriétés des nombres, capable d’une ap plication immédiate et corrective des courbes sidériques et de leurs conséquences.
Au nombre des procédés de magie cérémonielle antique figurent les purifications (katharmoi) et les exorcismes, par où la magie pénètre le mysticisme et le culte religieux. 11 en devait être ainsi de façon à peu près inéluc table, étant donné le caractère très extérieur, très cérémoniel des cultes gréco-latins.
La notation délic tueuse, dont les Hellènes (Platon, Lois g33, D) et les Romains (Lex XII, Tab. »Vlll, i, 8) flétrissent les arts magiques, pour générale qu’elle se prétende, et fondée, repose principalement sur des considérations politiques et cette référence au critérium autoritaire et politique, officiel en un mot, se retrouve dans la législation de Dioclétien sur les malefici, manichei et mathematici, où la différence appréciable et par suite juridique du magique et du religieux consiste uniquement en ceci, que tout ce qui est doté de l’au torisation légale est religio, tout ce qui n’est pas au torisé est magia et punissable.
Nous sommes loin, on le voit, de nos actuelles dél’initiation 54 finitions des deux pôles magiques, blanc et noir, d’après la valeur morale des buts et des moyens, en core que dans l’une ou l’autre des deux fractions op posées de la science magique moderne, tel fait, tel but, tel moyen puisse être l’objet de faveurs ou de tolérances officielles.
La séparation des pouvoirs ou du fait métaphysiques n’était pas, chez les anciens, assez nettement inscrite dans les esprits, pour qu’il n’existât pas une confusion entre ce qui s’adresse au Bien ou au Mal.
Mais, ainsi qu’il est écrit plus haut, cette confusion, si elle rendit passibles de réproba tion ou de peines nombre de pratiquants, même bien intentionnés de l’art magique, n’eut pas, sous le rap port de la conservation des arcanes magiques et leur transmission, les conséquences funestes qu’elle aurait pu porter, grâce à ceci que les cultes ouverts ou se crets, reconnus et protégés, usèrent incontestable ment de tous les moyens et entretinrent, par suite, toutes les traditions de la science magique. E.-A. Ferdar.
Les Marionnettes Au théâtre du Grand Tout, nous sommes des ma rionnettes, de pauvres petitermarionnettes dolentes, des marionnettes au joli petit cœur navré, des ma rionnettes aux petits gestes charmants, et chacun de nos petits gestes est déterminé par un système très compliqué de fils invisibles, que met en mouvement l’ingénieux machiniste Destin. Le titre du drame qui se joue est : L’Admirable Phénomène de la Vie.
Et nous remplissons vrai ment très bien nos rôles... Nous nous en acquittons même avec tant de vérité, que d’admirables petites larmes salées coulent silencieusement le long de nos petites joues grotesques, et que, de temps en temps, une petite goutte de sang vermeil jaillit de notre pauvre petit cœur creux...
Alors, avec un petit hoquet pitoyable, nous nous affaissons sur la scène, dans des poses diverses, par-ci par-là, d’un côté et d’autre, sur la scène, sur la petite scène sanglante. Et nous faisons semblant d’être morts. Ah ! comme nous faisons bien semblant d’être morts!
A ce mo ment, tous les spectateurs, marionnettes assises dans les fauteuils, et qui ont pour rôle de faire semblant de regarder, d'écouter, d'être émus, d’applaudir ou de siffler, tirent leur mouchoir, s’essuient les yeux, pôus56 l’initiation sent des gémissements, et paraissent se livrer à un grand désespoir. Mais voilà qu'un changement subit de décor s’opère.
Nos vieilles petites frusques en lambeaux sont arra chées tout d’un coup, et remplacées instantanément par de beaux petits costumes tout neufs. Et, petit à petit, nous sentons que le machiniste Destin tire à nouveau les fils qui font s’ouvrir nos paupières, in cliner notre tête, et remuer nos membres.
Nous re voilà debout sur nos petites jambes, et, oublieux de notre fin tragique, nous recommençons à marcher, à courir, à danser, à sauter, dans un rôle différent, jusqu’à ce que nous exécutions derechef notre der nière petite pirouette, avec le même petit hoquet pi toyable. Et ainsi de suite tous les jours de la semaine. Il n’y a jamais de relâche. A la longue, c’est très fati gant.
Or, il est une chose qui nous étonne : nous voyons parfois, à nos côtés, de petites marionnettes comme nous, mais immobiles et taciturnes; elles ne gesti culent pas, elles ne poussent aucun cri, elles ne s’oc cupent aucunement de ce qui se passe sur la scène; leurs yeux, à demi voilés, semblent regarder très loin au dedans d’elles-mêmes, avec la plus grande atten tion, comme si vraiment il se passait là, au dedans d’elles-mêmes, un drame nouveau, palpitant d’inté rêt, étrange, inexplicable...
On appelle ces marion nettes-là « Marionnettes Mystiques ». Nous ne les aimons pas, mais nous ne leur faisons aucun mal, parce que nous en avons peur. Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’au cours de certaines
LES MARIONNETTES ^7 représentations, pendant quelles paraissent ainsi plongées dans cette méditation profonde, au moment où le décor représente le soleil glorieux qui se lève à l’horizon, elles sont enlevées brusquement au ciel du théâtre, d’où nous ne les voyons jamais, jamais plus redescendre. Une tradition conservée parmi nous nous assure que le machiniste Destin les appelle à lui, pour leur révéler le secret de son terrible système, et pour sc faire aider par elles à tirer les fds des pauvres petites marionnettes qui restent. Karl Nissa.
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l’exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et d la reproduction des classiques aneiens. La reproduction des articles Inédits publiés par l’initisiion est formellement interdite, à moins d’autorisatlea spéciale. L’ART DU RÊVE"’ Notre esprit intérieur est constamment en relation avec les mondes invisibles; nous ne nous en aper cevons pas parce que l’instrument transmetteur manque. 11 faut donc d’abord rendre cet enregistrement plus facile et plus étendu. Ici se rencontrent deux méthodes. La première est extérieure; elle recommande une série ou des séries d’exercices gradués, qui, s’ap puyant sur une connaissance plus ou moins vraie de la machine humaine, en harmonisent le fonctionne ment et en subtilisent les sensibilités. Tout dépend ici de la sciencede l’entraîneur; rien n’est plus facile, à manipuler des organismes aussi délicats et aussi complexes, que de faire erreur. Les désordres les plus graves et les plus tenaces peuvent être suscités par une faute de diagnostic, à cause d’une heure mal (i) Extrait d’un livre sous presse, Les Rêves, à la Librairie du XXe siècle, 25, rue Serpente.
l’art DU PÊVE 5g choisie, d’un excitant mal dosé, d’une correspondance fausse. Sait-on à quoi une drogue doit sa vertu ? Son usage peut lier notre corps nerveux à des puissances inconnues ; on connaît les terribles suites de la mor phine, de la cocaïne, des liqueurs alcooliques.
Et toutes ces substances n’apportent pas une force nou velle ; leur action est tout simplement dépolarisante; elles prennent du fluide à un point du corps pour le transporter sur un autre. De sorte que l’expérimenta teur imprudent voit sa santé générale devenir pré caire et sa volonté impuissante à gouverner les im pulsions irrésistibles de son être végétatif.
Les mêmes critiques peuvent se formuler de ces recettes puériles que le populaire superstitieux em ploie : manger une pomme avec certains rites, écrire des noms barbares sur des rubans, cela paraît inof fensif ; mais il est possible qu’une imagination aven tureuse, ou une volonté faible ouvrent ainsi la porte à des suggestions peu saines ou à des manies.
Quant au rite magique proprement dit, quelque soit le profit que l’on se propose d’en tirer, les incon vénients en sont les mêmes.
Incertitude sur la qua lité du résultat obtenu, risque d’illusions, dol pro bable, violences exercées contre certains invisibles, obligations contractées inconsciemment envers d'au tres invisibles, désobéissance à la loi divine, désé quilibre personnel pouvant sc prolonger jusqu’à la maladie physique : tels sont, en raccourci, les écueils où se brise souvent la fortune du magiste. Nous adresserons-nous à ces écoles plus savantes
6o l’initiation et plus sereines, où l'élève, après avoir conquis la maîtrise de son corps physique, entreprend de con trôler son corps fluidique par les observances respi ratoires, et son corps mental, par la concentration? S’il remporte des succès dans ce genre de travaux, si les fruits qu’il recueille semblent plus nobles, plus sains et plus durables, que leur culture a nécessité de meurtres !
Restreindre la respiration, c'est augmenter la quan tité de sang veineux : c’est donc arrêter la marche évolutive d’une multitude de globules : c’est dimi nuer les interéchanges organiques : c’est se sortir un peu de la vie animale.
Concentrer son attention vers un monoïdéisme constant, c’est construire des digues contre les flots de l’association des idées ; mais sait-on si l’image mentale qu'on a élue pour exercice n’est pas moins nécessaire ou moins importante que n’importe la quelle des autres qui sont délibérément rejetées ?
D'autre part, ces deux unifications, celle des fluides et celle des idées, ne s’atteignent pas sans une sorte de vampirisme exercé sur le milieu électro-tel lurique et sur le milieu mental, analogue à celui par lequel un financier trop habile sait attirer l’argent dans ses caisses.
Ceci est encore prendre ce qui ne nous appartient pas, et appelle dans le futur une red dition de comptes, sans nous avoir procuré, dans le présent, une certitude saine et entière. Le chercheur prudent récusera donc tous ces pro cédés d'un artifice plus ou moins curieux, et s’en tiendra à quelques règles de pur bon sens, telles que,
l’art du rêve 61 par exemple, nous allons en soumettre à l’examen du lecteur. Il faut se préparer une nuit réconfortante par une journée saine et intérieurement paisible. L’inquiétude gâte le sommeil ; il est vrai que, parfois, on ne peut pas la dominer tout à fait. Pour vivre sainement il faut un idéal, et pour vivre saintement, le plus haut des idéals est nécessaire.
De même que le travailleur économe peut nourrir son corps avec plus d’hygiène, de même celui qui vit selon une idée devient un centre attractif de forces, de substances, de senti ments et de vouloirs. Or, un idée est une créature vivante, quel qu il soit. 11 a besoin, comme toute créature, d'aliments corporels, d’aliments effectifs, d’aliments intellec tuels.
Plus il est haut, plus il est loin de cette terre; plus son évocation demande d’efforts. Il faut donc d’abord leconcevoirpurement, ensuite le nourrir sainement, puis l’incarner avec une dévo tion grave, attentive, profonde et permanente. Ceci est le plus beau des Grands-Œuvres. Cela s'opère d’ailleurs tout naturellement, car la nature est bénigne, pourvu que l’on se force à la constance.
11 ne faut rien se permettre, pas une atti tude, pas une parole, pas un regard, pas un mouve ment intérieur, pas un élan, pas un arrêt, qui ne soient conformes au but que l’on vise. Il n’est pas utile pour cela de se tenir en dehors de la vie com mune, bien au contraire. Car les plus impérieux de nos devoirs sont dans la famille, dans le métier, dans la fonction sociale. Ce sont ces observances qui nous
Ô2 l’initiation gardent un mental sain, qui nous conservent en équilibre, et qui avancent le plus vite notre esprit. Telle est la règle fondamentale de laquelle toutes les prescriptions de détail dépendent. Voyons com ment l’adapter au but que nous nous proposons : avoir des rêves vrais, nets, instructifs, et dont on se souvienne. ♦ ¥ ♦ Le cœur humain vit dans le plan où il veut vivre.
S’il agit de l’avarice, physiquement, il vivra dans le royaume spirituel de l’avarice. S'il a l’habitude du mensonge, de la ruse, de la dissimulation, l’esprit deviendra organiquement incapable de percevoir la vérité, n’importe quel ordre de vérités.
Pour avoir des rêves vrais, il faut donc par une pratique cons tante, transformer en soi les tendances de sournoi serie et de mensonge, en actes conformes aux senti ments, en sentiments soumis à l’examen de la con science, en pensées qui soient les déductions droites des sentiments. Il faut prendre l’habitude de ne pas avoir un autre vouloir secret que celui qu'on exprime par la parole et par l’action. Il faut tenir ses pro messes.
Il faut savoir être discret sans être dissimulé. Si, de la sorte, nous faisons de nos forces physiques les ouvrières d’un cœur qui n’aime que le vrai, de nos forces intellectuelles que les avant-courrières de ces saines réalisations, tout notre être devient un ai mant attractif pour l'idéal auquel nous offrons ainsi un culte de toutes les heures. Et cet idéal descend vers nous à travers les espaces intérieurs ; il nous
l’art du rêve 63 soigne, nous conforte, rénove nos fatigues, et recrée pour ainsi dire toutes nos énergies, jusqu’à celles du corps de chair. Alors tout en nous devient vrai ; l’erreur nous fuit ; et ne trompant la confiance d’au cune créature visible, aucun invisible n'a plus le pou voir de tromper la nôtre. Nos rêves deviennent véri- • • » La netteté de nos rêves dépend des conditions phy siologiques matérielles et spirituelles.
Il est nécessaire que l’agent invisible dispose de la force nerveuse en quantité suffisante ; par consé quent ne prendre au repas du soir que des alimemts légers, digestes ; pas d’excitants ; se mettre au lit le plus tôt possible, pour que le repos physique, presque complet à minuit, laisse le cerveau libre vers une ou deux heures du matin. Il est toujours plus sain de se lever de très bonne heure que de se coucher tard.
Il est préférable que le lit soit placé la tête au nord ou à l’est. La couleur des tentures et des étoffes de la chambre à coucher a son importance. Le blanc est sain, mais dispersif ; le rouge est trop excitant; le marron est alourdissant. Il vaut mieux choisir se lon ses goûts personnels, des tons de gris, de jaune, de vert ou de bleu.
Le bois de noyer n’est pas très . recommandable, ni le chêne ; si l’on veut un lit mé tallique, le choisir en cuivre. On ne doit pas garder de lumière pendant son som meil; ou si on ne peut s’en dispenser, qu’elle soit dans
64 l’initiation [octobre une veilleuse violette ou mauve, ou derrière un ri deau, afin que les rayons n’en tombent pas sur la tête du dormeur. Pour être tout à fait prudent, il ne faudrait pas dormir la fenêtre ouverte, à condition que la chambre soit très aérée pendant le jour. Si on ne peut dormir dans un lieu clos, tirér un rideau devant la fenêtre. Conserver le moins possible d’objets en métal dans la chambre.
Si les époux font lit commun, il est meilleur qu'ils ne changent pas de place afin de conserver la direction des interéchanges magné tiques. Si les nuits sont agitées, se servir de l’odeur du bois ou des baies de genévrier, à l’exclusion de tout autre parfum. Voici maintenant quelques précautions psychi ques. Que l’intelligence soit lucide pendant la veille ; elle le sera pendant le rêve.
Il s’agit donc de posséder pleinement ce qu’on appelle la présence d’esprit.
Et pour cela s’exercer de la façon suivante : i° Ne penser qu’à une chose à la fois : ceci est long; il y faut du calme, de la patience ; comprenez que la véritable force est tranquille et non pas agitée ; ra menez doucement l’attention sur le travail en train : prenez du temps, vous le regagnerez plus tard ; 2* S’exercer à changer de plus en plus vite de tra vail ; à saisir d’un coup d’œil une grande variété d objets, les détails d’un costume, d’un étalage, les particularités d’une rue : s’apprendre à voir, à obser ver, avec précision
1909] l’art du rêve 65 3° S’entraîner à tenir son sang-froid devant un cas fortuit, un accident ; à avoir le geste et la réponse justes toujours prêts. L'habitude ainsi prise de se posséder pleinement confère à la volonté une puissance de contrôle qu’elle n’abdiquera plus même dans le sommeil, ce qui nous permettra de ne pas être des machines passives, de pouvoir nous remuer, en songe, prendre des deci sions, parler, agir.
Tout un monde inconnu s’ouvrira devant nous, tout un vaste champ de possibilités cap tivantes, des énergies jusqu’alors embryonnaires se développeront en nous ; la Nature prendra une signi fication nouvelle; et notre être total s'en trouvera modifié, éclairci, dynamisé. * ♦ • Nous avons vu au chapitre précédent quelles sont les sources de nos rêves.
En fait, comme nous l’avons déjà expliqué, on ne voit dans le sommeil que les ta bleaux du pays qu’habite l’homme intérieur. C’est, par suite, les prédilections de celui-ci qu’il faut amélio rer, c’est aux secours personnels que nous envoie la Providence vivante par le ministère de ses agents visibles et invisibles qu’il faut le rendre attentif. Car la loi des attractions qui régit l’ordre physique gouverne encore l'ordre hyperphysique.
Nos désirs que nous essayons de réaliser dans la matière, l’homme intérieur les poursuit également dans l’in visible. La passion dominante cherche à se satisfaire* 5
66 l’initiation avec autant d’ardeur dans le sommeil que dans la veille.
En conséquence, il importe donc de prendre les précautions suivantes : i° Avant de se coucher, reprendre haleine, si Ton peut dire; une récapitulation nette et concise de la journée permettra d’établir le progrès ou le recul; quant à la nuit qui commence, l’oraison dominicale comprend tous les remerciements et toutes les de mandes utiles : car, notre pain matériel est assuré puisque l’on travaille ; c’est du pain de l’âme qu’il est urgent de s’enquérir.
Dans le jour c’est l’effort, l’épreuve et la souffrance qui nous le fournissent; dans le sommeil, c’est le songe; 2° Il faut donc, pour quelques minutes, oublier ses ennuis, oublier ses souffrances, entrer avec un désir profond et simple dans l’amour de Dieu et dans l’es prit du Maître toujours présent ; lui demander et la Lumière, et le moyen de la comprendre et la faveur de s’en souvenir et la force de la répandre : car, je le répète, le rêve peut nous instruire et peut aussi nous faire rendre service à quelqu’un ; 3° Se tenir intérieurement dans le plus grand aban don possible de soi-même, et de tout ce qui se rap porte à soi afin de laisser la porte ouverte à l’imprévu d’En-Haut, à l’impossible humain, au possible divin ; 4° En dernier lieu, si l’on a promis de prier pour un malade ou pour un ami dans la peine, il faut le faire malgré sa propre fatigue. Lorsque d’ailleurs le .travail du jour a été trop pénible, le Père n’exige pas
l’art du rêve 67 de longues patenôtres : un élan du cœur suffit, bien qu’il vaille mieux le formuler à haute voix. Pour se souvenir des rêves, les précautions précé demment décrites seront d’une grande utilité. Plus notre cœur est pur, plus notre désir de la Lu mière est ardent, plus notre interne se confie à Dieu, plus les impressions nocturnes seront vivaces.
Néanmoins, il est bon, lorsque l’on commence cette école, d’avoir près de soi un crayon et un pa pier ; il est possible avec un peu d’énergie, de se ré veiller quelques secondes pour noter d’un mot le songe qu’on vient d’avoir. En tous cas, il faut, au ré veil, faire un effort de mémoire calme et tranquille, afin d’écrire sur un registre que l’on conservera, tout ce que nous nous rappellerons avoir vécu pendant la nuit qui vient de finir.
Il faut tout mentionner, même les détails en apparence insignifiants, même les souvenirs les plus flous ; un mot peut faire recons tituer toute une scène ; il y a parfois des songes à deux ou trois plans, qui s’enchevêtrent, se dédoublent et se rassemblent tour à tour.
On fera donc bien de se ménager, dès qu'on a les yeux ouverts, quelques minutes de calme récollec tion, pendant lesquelles, pour peu que le cerveau s’y habitue, les souvenirs arriveront, vivaces et précis. Sédir.
<T8 Orphée et les Orphiques (Suite.) La Théogonie orphique. » La Création élémentaire (l'Involution). Nous avons vu que les dix premières hymnes orphiques correspondent exactement aux dix séphiroths. Avec l'hymne onzième nous entrons dans le monde factif ou Asiah kabbalistique, le monde élé mentaire.
Ici, il semblerait que les hymnes orphi ques ont été remaniées en partie et, ce qui est plus délicat, augmentées d’hymnes nouvelles, compo sées soit par des disciples ignorants des enseignements occultes d’Orphée, soit par des poètes sacrés qui avaient intérêt à glisser dans le texte primitif des invocations à certaines divinités. Nous les signalerons à mesure que nous continuerons cette étude.
Et d’abord l’hymne onzième est une invocation à Héraklès, dont le parfum est le libanon, AtSavov, l’arbre du Liban ou encens. Si, pour retrouver « l’or orphique*, parmi les nom breux alliages qui, au cours des siècles, ont altéré sa pureté, nous nous servons, comme pierre de touche, des enseignements de la Kabbale sur les nombres — expression exacte de la science initiatique — notre
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 69 tâche sera de beaucoup facilitée. C’est au moyen de ce procédé que nous allons nous efforcer de trouver notre voie. La Kabbale sera donc notre fil d’Ariane à travers le labyrinthe de la mythologie de l’Hellade.
Après les dix premiers nombres de la Kabbale, nous trouvons que le onzième correspondant à la lettre hébraïque 3, caph, a, comme hiéroglyphe, la force, « la force qui produit les mélanges», dit Éliphas Lévi, « la force en puissance de manifestation », disent les Arcanes majeurs; or, justement, dans les hymnes orphiques, la onzième hymne est une invocation, nous venons de le dire; à Héraklès, Héraklès qui symbolise la manifestation de la force, de l’énergie cosmique, la manière d’être de Phanès — Phusis dans l‘Univers.
Héraklès (Hercule) est, on le sait, dans la mytho logie grecque, le dieu symbolique de la force brutale, mais, dans Orphée, certaines expressions nous en révèlent le sens occulte. Le génial aède appelle, en effet, Héraclès, l'être mystérieux (app7|To;)et tout puissant (rawTaàuvwa), aux formes variées (woXouop®o;) et qui se génère lui-même (auroputç).
Nous sommes loin, comme on le voit, de cet Héra klès, fils de Zeus et d’Alcmène de la mythologie grecque ; Zeus, en effet, n’est pas encore cité par Orphée et le poète sacré nous dit expressément : Héra clès (auTo^>ueç) qui se génère lui-même. C’est que. les initiés considéraient Héraclès: la Force, l’Énergie, comme le principe moteur univer sel, le modérateur de Kronos dont il est le père
l’initiation 70 (Kpovou KaTEp). Ils adoraient, en Héraklès, la Force » suprême, l’Energie dont les manifestations variées — » les mélanges, dont parle Eliphas Lévi — engendrent les dieux mythologiques ou génies planétaires de l’Occultisme et la puissance fluidique solaire.
Ils considéraient, en effet, Héraklès comme inséparable du Soleil qui est toute force ; avec le Soleil, Héraklès accomplissait la même révolution et parcourait les mêmes espaces : « Les Égyptiens, écrit Plutarque dans son traité d'Isis et Osîris, racontent qu’Héraklès est placé dans le Soleil et qu’avec lui il accomplit sa révolution. » Macrobe (Saturn., liv.
I. chap. XX), Jablonski (De Terra Gosen, p. 21g) expriment la même idée, mais le peuple, matérialisant cette force mystérieuse, multiforme, firent d’Héraklès la force visible, surtout chez l’homme, et ses principaux effets.
Les douze travaux d’Hercule ne sont ésotérique ment que la manifestation symbolique de la Force Universelle à travers les douze signes du zodia que; le scholiaste Hésiode est très explicite sur ce sujet, mais ceci nous entraînerait trop loin. Arrivons à l'hymne douzième,qui est celle dédiée à Kronos (Kpovo;), ou Saturne dont le parfum est le Styrax.
Si nous consultons la douzième lame des arcanes majeurs du Tarot, nous y verrons figurer un pendu : l’adepte, qu’Éliphas Lévi dit être aussi Prométhée. Nous verrons, en outre, dans la Kabbale, que ce nombre 12 correspond aux intelligences qui gou vernent la sphère de Saturne, c’est-à-dire aux génies
ORPHEE ET LES ORPHIQUES 71 planétaires régissant et composant la collectivité de toutes les entités appartenant à l’état delà Force Uni verselle propre à cette sphère (1). Il y a donc, jus qu’ici, concordance entre la douzième hymne orphi que consacrée à Saturne, le douzième nombre de la Kabbale et la douzième lame du Tarot.
Nous retrou vons même le Prométhée dont parle ÉliphasLévi; dans cette douzième hymne au vers 7, deuxième hémistiche, Orphée, en effet, donne à Kronos ou Saturne le nom de ceuvI npou^cu, auguste Promé thée. Mais le Kronos de la douzième hymne n’est pas le Kronos que nous trouvons dans l’hymne troisième.
Le premier Kronos est le Temps Eternel, fils d’Ouranos, l’infini Cosmique ; celui-ci est le Temps mensurable, « celui qui est rassasié, nourri par les années», le saturetur annis du Natura deorum, liv. II, § 2, de Cicéron. Donc, Kronos est ici le Temps mensurable considéré comme une puissance qui engloutit le passé et dévore le présent qui sont ses enfants : les générations éternellement créées.
Aussi Orphée, dans l’hymne douzième, appelle-t-il Kronos le père des dieux bienheureuxet des hommes : puxxaptov te Seujv ‘TtXTEo '/¡3É xai avBpiov c’est-à-dire les créations des plans supérieurs et infé rieurs des mondes formatif et factif.
Dans l'hymne, Kronos est celui qui consume, ,£wravaç, toutes choses, mais c’est lui aussi qui aide à leur croissance, à leur (i) On sait que les 7 sphères planétaires ne sont que les modes de la Force Universelle en involution ou en évolution dans l’infini et l’éternité, et les 7 génies planétaires la collecti vité des êtres involuant ou évoluant dans ces 7 sphères ou à travers ces 7 modes.
72 l’initiation évolution, œuçeîç, car il tient leCosmos infini, azétpova,. sous sa puissance et en habite toutes les parties, TaVTapLEpTp • * •* » . ‘ ’ Passons à l’hymne treizième, qui est une invocation à Rhéa, l’épouse de Kronos. Pour les orphiques, Rhéa, c’est l’hylé supérieure, l’état primitif des éléments d’où sont sortis les prin cipes auteurs de l’Univers.
L’hymne de Rhéa nous apprend qu’elle partage la couche de Kronos, c’est-àdire les sphères de son active. Rhéa est en outre mul tiforme, 7:oXuuLopoou,et elle est mère des générations des dieux et des hommes, dans le même sens que Kronos. Au commencement de toutes les théogonies an tiques, les historiens profanes, non initiés, ont placé le Temps et cette Rhéa ; leur nom seul change.
Par ce qui précède, on voit qu’ils sont loin de la vérité et qu’au-dessus du temps et de la matière primordiale les fondateurs initiés des. religions plaçaient toute une théogonie transcendante, intelligente. Toutefois, cette divinité, qui est le nouvel aspect d’Héraklès, l’Énergie Cosmique, modifié par Kronos, le Temps, nous éloigne légèrement de l’ordre numé rique des arcanes majeurs.
En Kabbale, en effet, le nombre i3 correspond aux intelligences delà sphère de Jupiter et, dans l’œuvre d’Orphée, c’est la quator zième hymne qui est consacrée à l’invocation de Zeus ou Jupiter; c’est pourquoi il faut considérer les hymnes à Kronos et Rhéa comme une seule hymne, divisée en deux parties (i). (i) On verra plus loin que Rhéa occupe sa véritable place, au point de vue initiatique, après l'hymne à Gé.
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES Héraklès étant la force qui produit les mélanges, qui génère les éléments, Kronos étant la Puissance Temporelle qui aide à les évertuer par Rhéa, l’hylé supérieure, la Matière Primordiale, l’élément indiffé rencié dans sa plus haute manifestation, rien d’étonnant qu’après les hymnes à Héraklès, Kronos, Rhéa suivent les hymnes à ces éléments différenciés : Zeus, Poseidôn, Ploutôn...
C’est, en effet, l’ordre des hymnes d’Orphée. L’hymne qui suit immédiatement l’hymne précédente est celle à Zeus, l’élément aithéré radiant actif, comme le Poseidôn de l’hymne suivante est l'élément précédant en voie matérielle passive et le Ploutôn de l’hymme qui suit immédiatement l’hymne à Poseidôn est l’élément astral en involution.
Mais Zeus, Poseidôn et Ploutôn sont l’élément radiant actif, l’élément radiant passif et l’élément en involution matérielle, pris métaphysiquement, seulement dans leur principe,car nous verrons plus loin que la foudre, les nuages, la mer et la terre physiques sont invo qués (i).
Zeus, Jupiter, dont le parfum est le Styrax et qu’Orphée assimile à son père Kronos —, Zw xpovte, — est l’esprit de vie (2) universel manifesté dans la création matérielle. Le mot Zeus, au génitif Dios (3) — Dis — que les Grecs employaient pour désigner cet esprit, n’est le (1) Nous pensons que ces hymnes ne sont pas d’Orphée, mais de ses disciples.
Voir plus loin. (2) Ne pas confondre cet esprit de vie ou principe vital. avec le principe intelligent Phanès ; aussi voyons-nous Zeus, ce principe de vie livré à tous les attraits de la Matière (mytho logie : Amours de Zeus) et jamais Phanès, le principe intel ligent immarcescible. (3) Deus, Dieu.
l’jnitiatîon 74 nom d'aucun être, c’est simplement ce qui donne la vie (Diodore de Sicile, liv. I, § i3). Le royaume de Zeus, nous dit Orphée, sa sphère d’action radiante est TUnivers; c’est le ciel infini, oupavoç ; c’est la mer symbolique ^tovroç, l’abîme cosmique ; ce sont enfin les montagnes, op<wç, et les collines oxOot, la matière.
Tout est plein de Zeus, mais tout n’est pas Zeus, car il est le générateur vital de toutes les choses créées, le commencement de toutes ces choses et leur fin, le moteur de la matière çetat /ôcov. L’hymne à Zeus est assez courte comparée à celle de Phusis ou de Pan. Elle ne compte que onze hexamètres, mais nous allons voir cette divinité adorée dans d’autres hymnes et sous de nouveaux aspects.
L'hymne quinzième qui suit celle de Zeus est dédiée à son épouse et sœur Héra, Junon, dont le parfum est les aromates. Pour Orphée, Héra était le principe fécondé de Zeus, inséparable du principe fécondant de celui-ci. Héra était la même divinité que l'Athyr (i) égyptienne, identique elle-même à Isis et qui avaient une vache pour symbole, image de la fécondité et de la plasticité universelle.
Homère et les poètes profanes ont anthropomorphisé Héra en lui (i) Jablonski a rassemblé, dans les mélanges de Leipsic (v. 6, p. 60, 61) tous les passages des anciens qui prouvent que les Grecs attribuaient la divinité d’Athyr à Héra, et même plus tard à Aphrodite, l’une et l’autre étant considérée comme génitrice des êtres (l’élément fécondé humide).
Aphrodite en effet était née également de l’onde, les eaux cosmiques (Shamaïn Kabalistique.) /o, la vache symbolique que Zeus aima, était une autre manifestation de cette passivité universelle humide. Dans le Sepher Bereshit nous avons Ionah : vertu plastique de la Na ture.
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 75 donnant des épithètes applicables seules à une mor telle ; c’était la déesse « aux yeux de vache » [5oo7îk, aux bras blancs, aux sourcils bruns, mais nulle part dans Orphée mais ne nous trouvons ces expressions. Héra n’a pas de corps dans les hymnes orphiques, mais elle a un vêtement corporel fluidique aEpop.op<pe; et les voiles qui l’enveloppent sont des voiles noirs, de ténèbres, occultes, xuaveot.
Elle est donc invisible, ténébreuse, de même que l’Isis dont nul n'a soulevé le voile, de même que l’Athyr, reine du Chaos, car l’acte de fécondation et de parturition, qu’il soit universel ou individuel, est un acte ténébreux, occulte, inconnu même pour nous, les modernes.
Sans Héra, nous dit Orphée, il est impossible de connaître la nature de la Vie Çwr.c tputnv, car ce n’est qu’à travers elle, la Nature, que nous la saisissons; elle règne par et sur l’élément fluidique et humide: Poseidôn et«lorsqu’elle vientvers les mortels » elle ne descend pas, comme Zeus, dans le fluide du soleil ou de la foudre, mais « dans les sifflements de l’élément gazeux éthéré et en se mêlant au souffle des vents et aux pluies».
D’où vient le mot Héra donné au principe passif universel, à l’épouse de Zeus? On l'ignore, mais peut-être ne restera-t-il pas une énigme pour l’initié. Que représentait Héra en effet ? Le principe passif fécondé universel, l'Eternel Féminin, l'humidité et la plasticité radi cale.
Elle était donc identique a la Grande lymphe de l’air et des eaux, le Ciel ou la Mer symbolique qui le reflète, c’est-à-dire les Grandes eaux supérieures et inférieures : Shamaïm — Haimaïm, de l’adepte égyptien Moses, image de l’universelle passivité des
l’initiation choses, dit Fabre d’Olivet, Substance, Force souve raine. Et cette passivité, cette lymphe, cette mer symbo lique, nous la retrouvons dans toutes les langues sous les noms de Mara ou Maria, Meru ou Meros, Miryam ou Marie, Mare ou Héra, Mer. Et nous irons plus loin, toute Mara, Meru. .Meros, Héra, Maria, Marie a eu un Zohan, Zeshouah, Zak, Zakkos,Jésus, leVerbe divin (planant sur les eaux) pour fils.
Nous verrons en effet, en ce qui concerne la théogonie orphique, que Zakkos — nom d’invocation de Dionysos — le Verbe divin, était fils d’Héra et de Zeus. Si mainte nant nous jetons un regard sur la Kabbale, nous ver rons que le nombre i3, qui domine sur le ciel de Zeus, de Jupiter, est immédiatement suivi de celui qui gouverne le ciel de Vénus et du Soleil dont le génie est Haniel.
Le nombre 14, est en effet, celui de la fusion et de l’amour universels (1), ainsi que celui des 2 eaux supérieures du ciel, ayant pour symbole dans le Tarot : les deux Urnes, ou les deux coupes dans lesquelles l’ange au pectoral, formé du carré et du triangle du septénaire, verse les deux essences qui composent l’clixir de vie, la Vie.
Rapprochonsl’hymneà Héradu nombre i4dela Kab bale, comparons les idées qu’ils représentent et nous ne tarderons pas à discerner qu’elles correspondent parfaitement, car nous avons vu que Aphrodite ou (1) Voir pour cette fusion et cet amour universels, Homère décrivant, poétiquement, l’embrassement de Zeus et d’Héra qui sème la vie dans l’Univers, fait refleurir la terre, la fé conde, etc.
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 77 Vénus, Athyr ou Héra étaient identiques, que toutes les trois symbolisaient la passivité universelle, l'hu midité et la plasticité radicale, les doubles eaux sym bolisées par les deux urnes qui contenaient les es sences de la Vie. Poursuivons.
Après les hymnes au principe géné rateur (Zeus) et fécondé (Héra) de la Vie, Orphée va développer ces principes dans leurs trois autres modes de manifestation : radiation active, feu vivant dans l’aither, radiation passive dans l’aither, radiation équilibrée en évolution, et les hymnes à Poséidôn (Neptune) Ploutôn (Pluton) Zeus, Keraunios et Asrapeos (1) (Jupiter fulminant et fulgurant (2) vont exal ter ces modes.
L’hymne à Poséidôn est celle qui suit Thymne à Héra; vient ensuite l’hymne à Ploutôn, puis les deux hymnes à Zeus. Y a-t-il eu ici, au cours des âges, et du fait d’éditeurs non initiés, une inver sion entre ces quatre hymnes ?
Nous sommes tentés de le croire, puisque Zeus, nom symbolique et pre mier du principe générateur, n’est autre que Poséidôn et Ploutôn : nous allons le voir. [A suivre.) Combes Léon. ( 1 ) Pour Astrapaïos. (2) Fulmen : Foudre. Fulgur: éclair.
78 9 Ecole Supérieure Libre des Sciences Hermétiques Transformation de C École, Nous sommes heureux d’annoncer à tous nos amis que l’École Hermétique est agrandie et confortablement ins tallé au n° 15, rue Séguier. Une salle du nouveau local est réservée au Musée et à la Bibliothèque Saint-Yves d’Alveydre; une autre salle est réservée aux Loges Martinistes,et enfin la salle de cours de l’École est mieux disposée que l’ancienne.
De plus, un bureau spécial est réservé au Secrétariat Maçonnique International, avec un matériel d’impression rapide. La nouvelle organisation comprend une permanence qui fonctionnera à partir du i5 novembre prochain. On voit que nous avons fait tous nos efforts pour répondre à la vogue croissante de notre École et de ses annexes. La sténographie des cours pour la Province et l’Étranger sera ultérieurement organisée.
Les Cours commence ront le Jeudi 4 Novembre et se continueront les Mardis, Jeudis, Dimanches et Lundis suivants, à 9 heures du soir. La. Direction de l’École. Saint-Yves d’Alveydre Œuvres posthumes. La Théogonie des Patriarches. — Moïse. — Jésus, i vol. gr. in-4 avec 6 planches et un portrait inédit de l’auteur, tirage de grand luxe, îo francs. Édition des < Amis de Saint-Yves », 4, rue de Furstenberg, Paris. La Bible est indispensable à bien connaître pour tout
SAINT-YVES d’aLVEYDRE 79 esprit cultivé. Dans la Bible même, le Sepher Bereschit (la Genèse) de Moïse cache les plus importants secrets de la science égyptienne sur les forces occultes de la Nature et de l’Homme.
Or, les clefs véritables de la langue sa crée n’ont jamais été données, et, tous les dictionnaires de la langue hébraïque, composés d’après les fausses ré vélations des Septantes, sont incapables de permettre une traduction réelle de la Genèse.
Il s’ensuit que les savants contemporains discutent sur des textes trahis et non traduits, que l'Église réformée commente des versions fausses et qu’on fait dire à Moïse des enfantillages et des niaiseries, indignes d’un initié de sa valeur.
Après plus de vingt ans d’efforts, Saint-Yves d'Alveydre est parvenu à établir enfin une véritable traduction de la Genèse, conforme aux idées de Moïse et révélant la gran deur de la pensée du génial initiateur. Cette traduction, fidèle d’après les clefs de la langue pri mitive retrouvée par Saint-Yves, est faite en prose ryth mée, comme l’original moïsiaque. Le sens ésotérique de tous les termes spéciaux est révélé et commenté.
Pour bien prouver qu’il ne s’agit pas d’une œuvre d’imagination, les mêmes clefs sont adaptées aux pre miers versets de l’Évangile de saint Jean. Enfin, chacune des clefs de la langue secrète des Temples est analysée et commentée dans une section spéciale.
Nous avons voulu que le cadre soit digne des hautes vérités présentées pour la première fois aux penseurs de toute Religion et de toute Écolé et aucun sacrifice n’a été trop grand pour éditer ce volume.
L’impression en a été confiée à la Maison Lahure, de Paris; le papier est le plus beau qui ait été trouvé; enfin, six gravures originales de Gabriel Goulinat, un portrait inédit de l’auteur et un cha pitre explicatif de la Vie Esotérique de Moïse d’après la « Mission des Juifs > contribuent à faire de cet ouvrage une merveille de science et d’art. Le tirage a été fait à petit nombre d’exemplaires et le
8o L'iX’TTATtON prix de 10 francs l'exemplaire sera vite dépassé pour les collectionneurs. Nous engageons nos lecteurs à se procu rer rapidement ce livre si important.
UNE NOUVELLE GUÉRISSEUSE (Madame.Aurora BRUN) Me trouvant dernièrement dans la chambre d’une pa rente malade, je vis entrer, envoyée par le docteur Papus, une petite femme brune, au teint mat, aux yeux noirs beaux et profonds, très simple, et très enthousiaste. — Elle s'approcha de la malade, lui mit la main sur le front et ferma les yeux.
Un pli volontaire barra son front, et elle parut s’abstraire complètement... bientôt une expression plus douce illumina ses traits — la douleur avait disparu. La malade avait ressenti de suite une impression très forte de chaleur allant des pieds à la tète et ses souffrances avaient cessé un très peu de temps.
En quelques séances, la malade commençait une convalescence qui fut bien plus rapide qu’on n’aurait pu le supposer, étant donné la gravité de la maladie, (appendicite aiguë, obstruction intes tinale presque complète, maladie du grand sympathique). La guérisseuse m’avait fait une excellente impression,— et je résolus d’aller la voir, de l’interroger, de savoir au nom de quel principe elle agissait, et quels étaient ses pro cédés.
Au ioi de la rue de Vaugirard, je suis reçu par la char mante guérisseuse... je dis charmante, quoique ce mot superficiel ne peigne pas bien exactement l'impression qu’elle cause... C’est bien le charme féminin qu’elle dégage, mais comme auréolé par des souffrances phy siques et morales, supportées avec résignation, comme sanctifié par la foi ardente, la prière constante, l’extase. Très simplement, elle me raconte son enfance. Toute jeune elle avait des pressentiments, des rêveries fréquentes,
UNE NOUVELLE GUÉRISSEUSE 8r des visions vagues et mal définies. Dès 14 ans, ses aspira tions religieuses étaient profondes, mais tendues sur Dieu, seul en dehors de toute manifestation rituelle. Elle n’a jamais subi de crise du doute du matérialisme et a presque de tout temps senti la présence constante d’influences invincibles qu’elle appelle des esprits.
Mais elle n’attache pas d’importance à cette dénomination; elle les appellerait aussi bien des anges si elle était restée catholique. Elle entend la voix de ces êtres mystérieux tantôt objective ment comme une sorte de chuchotement, tantôt subjecti vement, dans le cœur. Elle a fait, vers 20 ans, un peu de spiritisme mais y a renoncé très vite d'après les conseils de ses guides.
Il ressort de ces confidences qu’elle est mystique et a la plus grande confiance dans la prière qu’elle n’a jamais cessé de pratiquer. Elle est guidée consciemment par l’invisible, et autantque j’ai pu m’en rendre compte,elle a réellement une mission à remplir ici-bas. Elle sera très aidée pour la gué rison des malades. C’est le zouave Jacob qui lui indiqua le premier sa mission.
Étant malade, elle était allé voir le vieux guérisseur qui lui dit de rentrer chez elle, qu’elle guérirait, et aurait elle aussi des malades à soigner.
En effet, un cas se présentait bientôt : une maladie grave de l’estomac ; guérie en quelques séances, puis une enfant tuberculeuse de parents egalement tuberculeux, des cons tipations graves, des maladies de femme, etc. Les malades commencent à apprendre le chemin de sa demeure et ceuxlà, j’en suis sûr, en amèneront d’autres.
Pour ma part, d’après ce que j’ai eu l’occasion d’ôbserver, et ce que j’ai pu comprendre d’elle, cette nouvelle guérisseuse est appe lée à faire beaucoup de bien. G. Phaneg.
82 L INITIATION Une servante de ferme somnambule La police l'invoque et. grâce à elle, retrouve des malfaiteurs • C’est à Gan près de Pau, sur les coteaux de Juraçon où se récolte le bon vin cher à Henri IV, que notre héroïne a vu le jour il y a environ dix-neuf ans.
Le docteur qui l’emploie comme fille de ferme croit tout simplement être en présence d’un cas d’hystérie, mais il faut avouer que cette maladie revêt chez la jeune servante des formes bien inattendues. A toùte heure du jour, la petite s’endort brusquement, et les yeux clos, n’en continue pas moins à marcher, à parler, en un mot à vaquer à ses occupations.
Il y a environ deux ans, Henriette — tel est son nom — qui était occupée à traire les vaches, s’enfuit de l’étable en criant : « Mon père vient d’être tué par un coup de fusil ! » Le fait était exact : surpris en conversation galante avec une femme mariée, le père de la servante, qui essayait de s’enfuir par les toits, avait été tué par le mari à l’heure précise où sa fille avait eu sa vision télépathique.
Mais arrivons au fait qui est l’objet de cette histoire. Il nous a été conté par le docteur lui-méme, en présence de plusieurs témoins, au cours d’un récent séjour dans les Basses-Pyrénées. ■ — Vous savez, nous disait l’aimable praticien, que pen dant la saison je me rends à Eaux-Bonnes, où je suis médecin consultant.
« Or le 3i août dernier, un de mes confrères de Pau, le docteur Meunier, qui réside également à Eaux-Bonnes pendant la saison, fut victime d’un vol important. Rentrant chez lui, il trouva les.tiroirs de son bureau fracturés et constata la disparition d’une somme de trois mille francs.
L'OCCULTISME EN RUSSIE 83 La police locale ne put découvrir l’auteur de ce vol, et ces derniers temps, deux agents des brigades mobiles furent envoyés de Bordeaux pour enquêter. Ayant entendu parler de ma bonne, ils vinrent ici me prier de leur confier Henriette. J’y acquiesçai de bonne grâce, et tout en les prévenant que je ne croyais pas beaucoup au succès final, tous nous partîmes à Eaux-Bonnes en automobile.
« Une fois endormie, la bonne fut interrogée par les agents. Aux questions qui lui étaient posées, elle répondit qu’elle voyait les voleurs et indiqua l’endroit où l’argent était caché.
Elle nous conduisit même dans un bois où nous découvrîmes des morceaux de jupon qui avaient appartenu, disait-elle, aux voleurs. < Le lendemain les agents procédaient à une double arrestation. » Ce qui nous a semblé intéressant, ce n’est pas tant d’être certain que la bonne avait vu juste que de voir pour la première fois peut-être la justice officielle recourir à l’hypnotisme pour s’éclairer.
L’Occultisme en Russie Depuis quelque temps, l’Occultisme prend une grande extension en Russie et spécialement à Saint-Pétersbourg. Il n’y a pas bien longtemps que les termes mêmes d’< oc cultisme » ou d’« ésotérisme » étaient inconnus à la ma jorité des Russes et que la Science Occulte était repré sentée par quelques chercheurs isolés et deux ou trois groupes privés, s’occupant plutôt de spiritisme.
Or, voici que tout cela change comme par enchantement. Ignoré hier encore, l’Occultisme est actuellement à l’ordre du jour; c’est presque une mode. Nous avons tous les types : depuis l’homme du monde ♦ qui veut être au courant », pour pouvoir pérorer à son aise, depuis l’hystérique avide de sensations nouvelles et folle de mystère, — jusqu’au’
l’initiation 84 chercheur consciencieux, tenace et désintéressé, qui, raillé par ses amis et bafoué par les « savants >, marche tranquillement dans la route inconnue’qui s’est ouverte devant lui. Les noms et les œuvres des maîtres de la tra dition occidentale deviennent aussi populaires ici qu’en France. Nombre d’ouvrages paraissent en traduction.
Les éditions originales françaises, qu’on trouve par occasion,, sont vendues à des prix très élevés. L’une des plus grandes librairies de Saint-Pétersbourg vient de faire venir de Paris pour plus de 4.000 francs de livres d’occultisme an ciens et nouveaux et — fait qui peut paraître sans impor tance, mais qui en réalité’ est très significatif — cette librairie réserve l’une de ses vitrines à l’exposition d’ou vrages de Sciences Occultes.
Enfin, une revue d’études ésotériques (/sis), dont le premier numéro paraîtra en oc tobre, vient d’être fondée par les soins de M. J. Antochevsky. Le groupement commence ! M.-M. DE SÉVASTIANOFF. Tours le 23 septembre 1909.
« Nous avons reçu une poésie médianimique intitulée Appel aux Esprits Supérieurs, et mise en musique pour chant et piano, qui nous paraît être le desideratum pour servir d’introduction aux séances dans les réunions spirites qui trouvent bon de les commencer par des chants. « Le prix de l’exemplaire a été fixé à 1 franc, et l’auteur de la musique, M. H.
Albert, rue de Boisdenier, à Tours, nous annonce qu’il versera la moitié du prix de la vente à la caisse du concours de photographie transcen dantale, institué par M. Emmanuel Vauchez. < Cette communication est signée Edgard Poe et a été obtenue par le médium, Mme Krell, de Bordeaux. >
FORCE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE 85 Alexandrie, le 10 août 1909. >1 Xi. le Directeur de « l'initiation », Paris. Monsieur le Directeur, Au sujet des moteurs à fluide humain, décrits dans l'initiation, n08 de janvier et mars 1909, j’ai l’honneur de vous informer qu’au mois de mars 1908 j’ai adressé au journal local II Messaggiere Egiyano l’article suivant, qui ne fut publié que le 19 février Igog.
De plus, j’ai communiqué, par lettre datée d’août 1908 à M. H. Durville, mon expérience de la déviation de la flamme, ce au sujet de la polarité humaine (flamme attirée par la main gauche et repoussée par la main droite).
Sauf preuve contraire, j’ai été le premier à faire ces expé riences; pour ce, je vous prie de vouloir bien publier mon article dans votre estimable revue, car, sans vouloir le moins du monde discuter avec MM. de Tromelin et Plytoff, je pense qu’il est juste de rendre à César ce qui ap partient à César, puisque j’ai fait fortuitement ces décou vertes avant d’avoir lu leurs mémoires.
Veuillez bien agréer, Monsieur le Directeur, mes saiuis Très empressés (1). Odorico Cepich. IL MESSAGGIERE EGIZIANO ïV° 43 du 19 février 1909, deuxième page.
LA FORCE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE HUMAINE Pour prouver aux incrédules que le corps humain pos sède un fluide ou force neurique, ecténique, électrique, électro-magnétique vitale qui agit à distance (qu’on donne à cette force le nom qu’on voudra), je publie les deux sui vantes découvertes que j’ai fait fortuitement.
1® Un soir, au commencement de 1871 (soixante-onze), (1) Les expériences de Plytoff datent de 1887, et ont été reproduites en 1888 dans Ylnitiation. n. d. l.d. *
86 l'initiation voulant savoir à quelle distance agit la force d'attraction d’un aimant donné, je pris des aiguilles à coudre que je suspendis à une potence, moyennant un fil; or, comme j’avais de la difficulté à enfiler ces aiguilles, je brûlai le bout du fil, tenu par le pouce et l’index, à la flamme d’une bougie pour en détruire les bavures, afin d’enfiler l’aiguille plus facilement ej,à mon grand étonnement, j’ai constaté que la flamme était allongée et repoussée de prés de 5 millimètres; j’ai répété l’expérience avec le pouce et l’index de la main gauche et la flamme fut raccourcie et attirée de 3 millimètres.
Celte expérience n’étant mentionnée sur aucun traité de physique, j’ai adressé, en 1872, un mémoire à l’Académie des sciences, qui resta sans réponse.
20 Vers la fin de 1872 (soixante-douze), j’ai fabriqué un cylindre en papier plissé à dix plis; hauteur,8 centimètres; diamètre intérieur,6 centimètres; diamètreextérieur, 8 cen timètres; j’ai peint chaque pli de couleur différente et ai surmonté ce cylindre d’une hélice, ce pour en faire un tourniquet qui marcherait sur une veilleuse et ceci dans le simple but d’amuser mes petits neveux.
En équilibrant mon tourniquet sur son aiguille de sus pension, j’ai été fortement surpris en constatant que chaque fois que j’approchais la main, mon appareil se mettait à tourner. Immédiatement j’ai fabriqué un second cylindre plissé de même dimension, mais sans couleurs et sans hé lice, et mon appareil tourna encore bien plus vile, obte nant jusqu’à 32 rotations par minute.
En 1873, j’ai adressé un mémoire à l’Académie, mais n’ai pas reçu de réponse. Assurément l’Académie vit dans la quiétude.
Si je n’ai pas insisté pour obtenir une réponse, c’est qu’à cette époque, ne connaissant absolument rien du magnétisme physiologique et ayant fait ces deux découvertes tout for tuitement, j’ai pensé que l’Académie prit mes deux expé riences comme simples expériences de physique amusante sans intérêt scientifique; mais aujourd’hui que le magnéREVUE DES REVUES 87 tisme est mieux connu, je publie mes deux expériences pour que toute personne puisse se convaincre que la force vitale humaine est démontrée mécaniquement d’une ma nière palpable; il ne peut y avoir d’incrédules que les aveugles seulement.
J’avertis qu’il faut de la constance, que la grande partie des opérateurs ne réussit pas du premier coup, que cette force vitale est très intermittente, que des jours on pourra obtenir 10, 20, 3o rotations par minute, lorsque, d’autres jours, les résultats seront nuis, le cylindre s’obstinant à rester immobile.
Un de mes collègues resta six mois sans obtenir de résul tat, lorsqu’un beau jour il me déclara avoir obtenu 12 révo lutions à la minute; c’est pour cette raison que je conseille de répéter l’expérience sans se décourager des insuccès. Je laisse aux savants d’analyser celte force. Odorico Cepich. REVUE DES REVUES LA REVUE SPIRITE. A remarquer. — La conférence donnée par Mme d’Orino au Cercle Allan-Kardec (5 février 1909).
Ils sont bien peu nombreux ceux qui ne veulent pas fouiller l’avenir ! C’est au moment précis où l’àme humaine devient chancelante, qu’il faut l'inviter à se tourner vers le spiri tisme, puisque c’est là seulement qu’elle peut rencontrer la preuve qui doit lui rendre la confiance perdue. L’esprit désincarné assiste au tournoiement du kaléido scope qu’est une vie humaine.
S’il partage son existence astrale entre les séjours lumineux, où son âme goûte la récompense méritée, et la terre, où s’agitent encore les amis restés en souffrance, il peut le faire sans nous sacri fier son bonheur. 8« l'initiation • « La Montagne accouche d'une 'souris, Par Louis Cheureuil. Rapport de l’institut Général Psychologique sur un cer tain nombre d’expériences Faites avec le médium Eusapia Paladino.
L’article se termine par la phrase suivante: «Le travail de l’institut Général Psychologique n’ajoutera probablement rien à ce monument construit par l’initiative privée. Ce bel ouvrage: Extériorisation de la motricité, restera,dans sa glorieuse évidence, la première et unique démonstration scientifique ouvrant î’èredela recherche expérimentale.
Là est la preuve irréfutable et permanente, jamais la méthode de l’institut Psychologique ne la surpassera. » O • Survivance et immortalité de l’âme humaine. Par le docteur Dupouy.
Dans cet article de philosophie chrétienne, l’auteur s’ex prime ainsi en parlant de Jésus : Telle fut la vie de ce grand prophète, « de ce prophète puissant en oeuvres et en paroles devant Dieu, et devant tout un peuple ». (Luc, XX, IV.) « De cet homme, ô Israélites, que Dieu a rendu célèbre parmi nous, par les merveilles, les prodiges et les miracles qu’il a faits au milieu de vous. » Les apôtres étaient tellement convaincus de rjmmorta lité de l’âme, sa préexistence et sa réincarnation, qu’ils de mandaient à Jésus « si un aveugle n’expiait pas, par son in firmité, une faute commise dans une incarnation anté rieure ».
Maxwell dit : « De tout corps s’échappent des rayons corporels, dansdesquels l’âme opère par sa pré sence et auxquels elle donne l’énergie et la puissance
REVUE DES REVUES 89 d’agir. Çes rayons ne sont pas spéciaux au corps, mais encore aux diverses parties du corps. > Nous savons aujourd’hui que Maxwell était dans la vérité. Suivent ensuite des articles sur : — L’Ecole Néoplatonicienne d’Alexandrie fondée par Ammonius Saccas (fin du deuxième siècle). — L’Islamisme. — La Philosophie moderne. — Voltaire. — La Philosophie contemporaine. N° 5, Mai 1909. Survivance et immortalité de l’âme humaine.
Preuves expérimentales. Premiers résultats des expé riences de psychologie expérimentale, résultats ayant été publiés en France. N° 7, Juillet 1909. Le fantôme des vivants. Titre d’un ouvrage de M. H. Durvillc. Dans ce numéro, dernières expériences de l’auteur : < Un témoin est changé de place avec sa chaise. » Déplacement du fauteuil du fantôme. Renversement d’une petite colonpe placée debout sur la table.
Fermeture du couvercle d'un coffret placé sur la table. Phénomènes lumineux. Pesée sur la balance. Déplacement de la table.
90 l’initiation LE PROGRÈS SPIRITE N° 5, Mai 1909. Dieu -et Satan, Par A. Mazin.
Nous trouvons, dans cet article, les phrases suivantes — Cet être (Satan) a pu avoir différents noms selon les temps et les pays : Lucifer, Belzébuth, Diable, Satan, etc. Je vais plus loin: si l’invention de Satan a été faite pour le besoin de la cause morale, elle a dû produire d’heureux résultats. — Ce que l’on a appelé « Jugement dernier », « Tribunal de Dieu » ne sont que l’examen et la revue de toute une incarnation, lorsqu’on a quitté le corps de chair, de sorte que nos bonnes actions nous élèvent, et nos mauvaises nous font déchoir. — Laissons donc dormir du sommeil de l’oubli, le légen daire Satan, et n’ayons pour idéal suprême, à l’horizon de l’avenir, que le Père de l’humanité, unique puissance qui crée les mondes et les êtres, la seule qui remplit l’univers : Dieu. *• • Vers l’au-delà, Par Paul Pottier.
Le commencement de l’espèce humaine sort des ténè bres. Mais la fin, la destinée de l’homme reste obscure. Les morts ont conservé le secret de la transformation des forces humaines, après que le cœur a cessé de battre. Pourquoi ne pas essayer d’entrer en rapports avec les morts ? Pourquoi ne pas communiquer avec l’au-delà ?
REVUE DES REVUES 91 LE VOILE D’ISIS N® 40, Mai igog. Le christianisme ésotérique, Par A. Jounet. Cet article, de grande valeur, commence par celte phrase : « L’Homme-Dieu ne signifie pas l’homme substi tué à Dieu. > En parlant du culte catholique, on retrouve ceci : < Les Églises chrétiennes oublient trop souvent l'esprit, sinon la lettre officielle de ses grands axismes.
Tout va, chez les protestants, au Christ, auteur de la justification ; chez les catholiques, au Christ mystique, à l’Eucharistie, à la Vierge, et aux Saints. On dépouille l’Eternel de ses’préro gatives. Inconsciemment, les Églises tendent à faire de Dieu le roi Lear de la religion. > • M Le plan astral. Son etnographie. L’homme réintégré. Les Messies. Par Léon Combes.
Lignes très intéressantes, se rattachant au Christ, et cri tiquant assez vivement les dogmes de l’Église.
Nous y trou vons ces passages : « Et c’est ce Verbe-là que l’homme inféode aux Églises, crucifie sans relâche, et il ne ressuscite que dans l’homme assez affranchi des liens noués par des mains mortelles pour ne plus se faire d’idole terrestre ni dans le monde > « Maintenant, le fils est réuni au Père, l’âme ne fait plus qu’un avec l’esprit ; et quand un homme est arrivé à ce point de la gnose ou thêosophie,1 il n’a plus rien à faire des dogmes de l’Église. »
l’initiation 92 Puis, pour le rôle du Messie : « La science occulte rejette cette légende (naissance de Jésus), car elle ne connaît comme procédé pour produire un corps physique, que celui des lois physiques, mais elle sait que la substance une individualisée (Budhe), ou la monade spirituelle, peut prendre le corps d’un enfant choisi et déterminé à l'avance pour son vêtement humain. » ANNALES DES SCIENCES PSYCHIQUES Nos 9 et io, Mai 1909.
Exposé des croyances relatives à la vie future, Par Louis Bourdeau. Analyse de cet ouvrage par le comte Pétrovo-Salavovo. M. Stead organise un bureau de communication avec l'au-delà. Nous relevons l’explication suivante : < L’objet du bureau est de venir en aide à ceux qui veulent se retrou ver après la mort.
C’est une espèce de bureau postal de lettres en souffrance, où l’on trie, avec un nouvel examen, les correspondances, pour en faire la redistribution... L’employé chargé du travail peut se comparer à un brave et bon sergent de ville, qui met tout en œuvre pour re trouver un enfant perdu dans la foule, et le rend à sa mère en pleurs. < Une fois qu’il les a réunis, sa tâche est terminée. »
REVUE DES REVUES 93 ★ 4 ♦ REVUE SCIENTIFIQUE ET MORALE DU SPIRITISME Juin igog. De la preuve suffisante de la survivance de l'être spirituel humain, Par le colonel E. Collet. Résumé de scènes spirites très intéressantes. • • La pluralité des vies, Par Rouxel. Article concernant la réincarnation.
« Lorsque les âmes ont passé mille ans dans les demeures infernales, alors Dieu les rassemble toutes sur le bord du fleuve Léthé, afin que, perdant le souvenir des choses passées, elles retour nent sur la terre, et se portent d’elles-mêmes à rentrer dans de nouveaux corps. » (Enéide, liv. VL) LES PETITES ANNALES Du 21 mars au 22 septembre igog. Le hasard.
Rapport avec notre mentalité, Par Albert d’Angers. < Le destin est une < volonté » Occulte (métaphysique); les faits sont dus à des causes humaines (volonté, pas sions). » < Le destin, force occulte, se trouve donc sous la dé pendance de forces matérielles multiples, au milieu des quelles il se manifeste. >
ï/jNJTÏATION 94 < Le fatalisme est, du reste, sensiblement modifié par le catholicisme, qui nous dit : « Dieu voit tout, sait tout, prévoit tout, et tout ce qui nous arrive est dû à sa volonté, mais il nous laisse libre et assiste à nos actes dont il se fait juge. » «La raison ne pouvant admettre que le destin ou la volonté de Dieu favorisât les uns plutôt que les autres, on doit donc conclure que tout ce qui nous arrive est en nous, et non hors de nous. » BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D'ÉTUDES PSYCHIQUES DE NANCY Mai-juin / 909.
De la preuve suffisante de la survivance de l’être spirituel humain. Par le colonel Collet. Essais de télégraphie sans til par l’intermédiaire d’un esprit. Dans ces pages, il est donné le compte rendu exact de plusieurs séances de télégraphie spirite.
« Par des essais très simples, dit le colonel Collet, mais exigeant beaucoup de patience et de persévérance, nous sommes passés, peu à peu, d’un scepticisme prudent et naturel à la conviction raisonnée et non moins natu relle < de la survivance de l’étre spirituel humain et de la possibilité de communiquer avec lui après sa mort phy sique, ou plutôt son changement d’état ; c’est-à-dire de l’existence d’un monde spirituel invisible, pénétrant notre monde physique visible et opérant avec lui de continuels échanges. >
ÉCOLE PRATIQUE DU MAGNETISME 95 ÉCOLE PRATIQUE DU MAGNÉTISME Les cours de l’École pratique de Magnétisme et de Mas sage (seule officielle) seront réouverts pour la 17« fois le mercredi 3 novembre, à 8 heures et demie du soir, 23,rue Saint-Merri.
Le but de LÉcole est : i° de former des praticiens ha biles, instruits et dignes en tous points de la confiance des malades et des médecins ; 20 de mettre la pratique du Massage et du Magnétisme à la portée des gens du monde, pour que, dans un très grand nombre de cas, V Homme puisse être le médecin de sa Femme; celle-ci le médecin de son Mari et de ses Enfants.
L'École comprend deux Divisions bien distinctes et in dépendantes l'une de l’autre : 1® Massage (hygiénique et médical); 20 Magnétisme (expérimental et thérapeutique). Division du Massage. — Anatomie, par le docteur Ridet. — Massage hygiénique, par M. Haudricourt. — Massage médical, par le docteur Ridet. — Massage ortho pédique, par M. Demé. — Pathologie et Thérapeutique, par H.
Dürville. — Cours cliniques, par M. le docteur Pau de Saint-Martin et Dürville. Division du Magnétisme. — Physique magnétique, par H. Dürville. — Théories et Procédés du Magnétisme, par H. Dürville. — Histoire et Philosophie du Ma gnétisme, par M. Fabius de Champville. — Pathologie et Thérapeutique, par H. Dürville. — Cours cliniques, par M. le docteur Pau de Saint-Martin et Dürville.
96 l’initiation Nous recommandons à nos lecteurs la brochure LA RENAISSANCE RELIGIEUSE D’O. de Bezobrazow. En vente à la librairie Daragon. La Revue vient de publier un très bel article de Pierre Piobb sur ¡'Occultisme Contemporain, sur lequel nous ap pelons l’attention de nos lecteurs.
A signaler aussi la très intéressante REVISTA INTER NACIONAL DO ESPIRITUALIZO SCIENTIFICO, publiée sous la direction de M. Demetrio de Toledo (28, rue de Grammont, Paris), et la REVUE ILLUSTRÉE, superbe publi cation littéraire, artistique, bi-mensuelle, fondée en 1885 (librairie Ficker, 4, rue de Savoie, Paris).
APPAREILS D’OCCULTISME Construction de tout appareil ayant trait à la Science occulte ou autre. (Miroirs hypnotiques, boules hypno tiques, planchettes à médium, miroirs magiques, baguettes magiques, biomètres, etc.). Construction d’appareils sur une idée donnée ou sur un plan. LÉONIS (Ingénieur-Constructeur), 3gi, rue des Pyré nées, Paris-20 *. * Paris. — Imprimerie E. Arrault et Cie, 9, rue N. D.-de-Lorette Le Gérant : Encausse.