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L’Initiation $ïuk pftimnptjlQue des flaitës EM® LA OIRECTÏÜmMr’ MBfe$UEpO«BNT SOUS 84" * VOLUME. - 22ne ANNÉE SOMMAIRE DU N° 10 (Juillet 1909 ) PARTIR PHILOSOPHIQUE Exposé des différentes méthodes pour Vobten tion de photographies fluido-magnétiques et spirites (avec figures) (p. i à 21) . . . Commandant Darget. Petit Conseil en passant (p. 22 à 24) . . . Quintor. Une communication de M. Henri Mager sur la Baguette (p. 25 à 36).
PARTIE INITIATIQUE L'Action psychique à distance (p. 37 à 43). Papas. Les Sexes et l*Amour (p. 44 à 58) .... Saint-Yvesd’Alveydre. Orphée et les Orphiques (suite) (p.58à66). . Combes Léon. Le Magnétisme du Globe (p. 67 à 81). . . Capitaine Bruck. PARTIE LITTÉRAIRE Les Cathédrales (p. 82 à 83). . . . . . E. Amev.
Service expérimental deTÉcole hermétique. — Identité des êtres de l'au-delà. — Un secret par mois. — Bibliographie. — La Cabale et le Zohar. — Ouvrages nouvellement parus. — Nécrologie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les ÊchMncres doit être adressé 5, rue de Savoie, à Pans-VK Téléphone — 81A 00. font ce qui concerne l’Administration : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adressé à la
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels gw idurreitfe'Jdcç de la Société, de la Politique et de la Religion mais. elles nom abouti qu’à de vaines et stériles négations. Là oci^ce expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans ac u ornante dés forces purement spirituelles par l’hypnotisme et iv«m»or<stion distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expetfestee *,* ies Matérialistes en arrivent à les nier. L'Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l'initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. ' Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L'Initiation parait régulièrement à la fin de chaque mois et compte déjà'vingt années d’existence. — Abonnement : io francs Dâr an.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées.
EXPOSÉ DES DIFFÉRENTES MÉTHODES pbuir l’obtention de Photographies fluido-magnétiques et spirites Rayons V (vitaux) En 1882 mes études sur le magnétisme animal et sur le spiritisme m’avaient porté à croire que le fluide vital était lumineux et pourrait, peut-être, influencer les plaques photographiques à la façon de la lumière ordinaire.
J’allai chez un photographe et j’acquis la certitude de la vérité de ma conception ; le fluide magnétique, en effet, influençait les plaques et y lais sait la trace d’effluves plus ou moins variés quant à la forme, aux dimensions, à l’intensité de l’impres sion.
Tout le monde dégage du fluide, plus ou moins selon les personnes, et chez la même personne, plus ou moins selon son état physique et son état moral. - Certains individus sont plus aptes que d’autres 1
2 l’initiation [Juillet pour l’émission du fluide, tels par exemple que les magnétiseurs et les médiums. On n’a qu’à essayer cinq ou six fois l'expérience la plus simple, celle marquée i°, que je vais indiquer, pour se rendre compte si on a le fluide apte à impres sionner.
Je vais classer les expériences à faire avec un cer tain ordre, pour arriver progressivement des expé riences faites dans le bain révélateur à celles faites, la plaque à sec et sans contact. Clichés faits dans le bain révélateur. i° Prendre une plaque,de préférence 6/9, la plonger dans la cuvette ayant assez de révélateur, soit 3 mil limètres, pour recouvrir la plaque.
Mettre deux ou trois doigts de chaque main sur le gélatino-bromure et rester en place une quinzaine de minutes. On voit, en lumière rouge, la plaque noircir pro gressivement et on la retire quand on la croit assez noire, pour la laver et plonger dans le fixateur. La laisser se dépouiller dans l’hyposulfite, puis la prendre entre le pouce et l’index pour la regarder par trans parence.
Presque toujours on voit des auréoles plus ou moins larges autour des empreintes des doigts ou des rayonnements plus ou moins étendus. Certaines personnes ont la propriété de lancer des auréoles, et des rayons colorés de differentes couleurs, selon la qualité du fluide émis. Cette première méthode, je pourrai l'appeler^ pour employer un néologisme
1909] photographies fluido-magnétiques et spirites 3 approprié, le fluidomètre de l’opérateur, la pierre de touche du fluide vital. En effet, c’est en opérant dans le révélateur que se manifeste le fluide le plus facilement et avec le plus d’intensité. 20 Mettre une plaque dans le révélateur et plonger légèrement les doigts dans le liquide sans toucher la plaque, pendant environ quinze minutes.
L’empreinte des doigts n’est plus sur la plaque, mais on observe après som dépouillement dans l’hypo, des effluves et des rayonnements plus ou moins intenses et quelque fois colorés. Pour mieux soutenir ses doigts, on n’a qu’à prendre une petite grille en fil de fer, munie de quatre pieds, qui affleure le liquide; et poser ses doigts dessus.
Par ce procédé j'obtiens quelquefois des lettres, des chiffres et des figures d’hommes ou d’animaux, qu’on sent être des choses intelligentes, voulues par des intelligences en dehors de nous.
3° Si vous mettez une pièce de monnaie sur le gélatino dans le révélateur, et que vous appliquiez un ou deux doigts sur cette pièce pendant quinze à vingt minutes, vous obtenez l’empreinte de la pièce plus ou moins bien faite ; mais quelquefois aussi bien faite que si vous l’aviez photographiée avec un appareil. colorée. On peut mettre plusieurs pièces et un doigt sur chacune. Si vous mettez sur le gélatino un objet que vous portez suir votre peau, tel qu’une médaille, elle sera
l’initiation 4 suffisamment magnétisée pour produire les mêmes effets sans y mettre les doigts. Une feuille d'arbre, magnétisée dans le bain révé lateur, donne son empreinte avec toutes ses nervures et les colorations les plus variées. 4’ On peut aussi mettre les doigts côté verre, le gélatino en bas, sur une cuvette à fond barré et on obtient des stries, des rayonnements, des couleurs et des images. Effluves projetées sur les plaques â sec.
5° Etant dans son cabinet noir, prendre une plaque entre les doigts des deux mains, les pommes des mains ne touchant pas, et rester dans cette position de quinze à vingt minutes. Mettre ensuite la plaque dans le révélateur et la retirer dès qu’elle a suffisam ment noirci pour la mettre dans l'hypo. Regarder si on a obtenu des effluves. Ou bien étendre les deux mains au-dessus de la plaque côté gélatino, comme si on magnétisait une personne.
6° Maintenir avec une main une plaque à o m. oi % au-dessus du front pendant quinze ou vingt minutes, gélatino du côté du front, et la plonger dans le révé lateur quand on pense qu’elle peut être influencée. C'est ainsi que j’ai obtenu ma belle photograpfiie de la colère qui a fait le tour du monde dans les livres, journaux et revues. On peut aussi finettre la plaque, gélatino sur le front.
C’çst ainsi que j’ai obtenu l’image de mon cerPHOTOGRAPHIES FLUIDO-MAGNETIQUES ET SPIRITES 5 veau ne pensant à rien, ayant somnolé, dans l’at tente des quinze minutes à passer dans cette position. C’est la plaque à petite distance du front de Mme Darget, endormie du sommeil médianimique, qui a produit le fameux Aigle si bien dessiné que tant de revues ont fait graver. Voir figure 4.
Mes plus belles photographies fluido-magnétiques, les plus caractéristiques, ont été obtenues par ce pro cédé. Plaques enveloppées. 70 J’obtiens des effluves et aussi des images, des figures d’hommes ou d’animaux, sur des plaques en veloppées d’un papier blanc, puis un papier noir, opaque à la lumière, et d’une troisième enveloppe extérieure de papier de couleur quelconque.
On n’a qu'à mettre ce paquet enveloppé sur le front ou au creux de l’estomac sur l’épigastre, les deux régions du corps qui semblent donner le plus de fluide, pendant une heure ou même davantage maintenu par un bandeau. J’ai mis ces plaques sous mon chien ou mon chat qui dormaient et j’ai également obtenu des rayonne ments fluidiques, ainsi que des couleurs.
J’ai obtenu à l’abattoir de Tours une portion de cerveau d’agneau avec ses circonvolutions, en lui mettant sur le front une de mes plaques pendant qu’on l’égorgeait. On peut les mettre également sur des branches d'arbre ou sur des fleurs, pendant toute une nuit; et on obtient des effluves surtout au printemps au mo ment de la sève montante.
6 l’initiation Photographie de la pensée. 8° La Pensée est une force rayonnante, créatrice, presque matérielle,c’est le fiat lux de la Bible. Lorsque l'âme humaine émet une pensée, elle fait vibrer le cerveau, elle allume le phosphore qui y est contenu; et les rayons sont projetés â l’extérieur. Lorsqu'on concentre sa pensée sur une forme men tale, un objet simple de contours, une bouteille par exemple, cette forme est susceptible de venir, sortant par les yeux, s’étaler lumineuse sur la plaque en y graphiant son empreinte. J'ai pu deux fois de suite, et la deuxième fois de vant 6 témoins qui ont signé le procès-verbal, pro duire la même bouteille. Figures i et 2. AL Dclanne citait dernièrement, dans les Annales psychiques, la forme d’un triangle qui avait été obtenu en sa présence, triangle d’ailleurs demandé par luimême à l'opérateur, et dont il m’envoya une épreuve. Cette concentration extrême de la pensée, longtemps tenue sur un objet déterminé, est difficile et fatigante. Ce phénomène se retrouve, obtenu sans le vouloir et sans fatigue, dans les objets regardés; ayant une plaque enveloppée sur le front. J’ai la figure de Beetho ven assez bien faite par un de mes amis qui, jouant au piano pendant une heure, avait accidentellement le portrait de ce compositeur sur une page détachée placée à côté de la partition. 9° Ce n’est pas seulement des enveloppes sur papier que le fiuide vital peut traverser.
I h;, i. — La premiere Bouteille. Forme mentale projetée par le C’ Darget, après avoir longtemps regardé une bouteille. l u;. 2. — La dinx»vine Bouteille. Obtenue comme la première, mais en présence de six personnes qui ont signé le procès-verbal d’obtention. Si on inverse le dessin on voit avec sa coittc de paysanne, la figure de l’Esprit Sophie.
Fjg. 3. I nftiK mentale que le C‘ D.irgci venait Je regarder. projetée Mir une plaque
lì«;. 5. — La colere. « »blcnu p'«r le I” urie plaque in.imlenne .» un demi pnuce ile '•<’» irmi! ;ì un nimnent mi il venati deprimer mie imte fiere ^1« <
Fig. 7. — Double du Corps Astral du Prêtre. Il ne peut y avoir double pose, puisque sa tète dépassant vers la droite, le corps ne dépasse pas. et que voyant le blanc du rabat on ne voit plus le blanc des boutons après la ceinture.
PHOTOGRAPHIES FLUIDO-MAGNETIQUES ET SPIP1TES 7 Le docteur Papus me donna un jour une boîte en fer, renfermant une plaque, pour la mettre sur le front de Mme Darget qui est un puissant médium. Tous les clichés de gravures ci-incluses ont été prêtés par M. Demetrio de Toledo, directeur de la Revue Revista internacional. Je la lui rapportai ; le docteur la développa devant moi ; elle est remplie de petites taches, dorées et légè rement colorées.
Photographie des sentiments. io° M. Durville, rédacteur de la Revue du magné tisme et expérimentateur éminent, nous montre dans son livre magistral le Fantôme des vivants que nous avons un corps fluidique, ou double humain, ou corps astral, ce que saint Paul appelait le corps spirituel.
Or, ce corps éthéré que j’ai photographié deux fois accidentellement, M. Durville(voir les deux figures 6 et 7) provoque scientifiquement sa sortie du corps humain, chez certains sujets qu’il endort, et le pho tographie» Partant de là, le cerveau physique a son double comme les * autres régions du corps.
Lorsque l’âme est mue par un sentiment violent, amour, haine, co lère, elle fait vibrer profondément son premier ins trument, le cerveau fluidique, qui fait sentir ses fortes et rapides vibrations au cerveau physique, lequel projette à l’extérieur la tourmente, la tempête, sous la forme de matière mentale en ébullition.
8 l’initiation Telle est la photographie de la colère dont j’ai déjà parlé ; et qui a l’aspect d'une mer en fureur. Photographie des maladies. ii» Les maladies, surtout les maladies nerveuses, paraissent provenir des accumulations, diminutions, ou absence de fluide vital, soit sur tout le corps, soit sur une région. Il y a pléthore ou anémie fluidique. L’harmonie fluidique, la vapeur, n’est pas en rapport avec la machine animale.
Si on met une plaque sensible sur le coude d’une personne qui a un rhumatisme à cette région, et une autre plaque sur son deuxième coude qui n’en a pas, les effluves seront dissemblables. Un jour viendra où les maladies seront reconnues par les médecins selon les lueurs qu’elles projetteront sur les plaques, lueurs sui generis que chaque ma ladie donnera différentes.
De même qu'on obtient le spectre des métaux selon les raies qu’ils présentent au spectroscope, on reconnaîtra les maladies à la forme des effluves marqués sur les clichés. 11 faut pour cela qu’on invente des plaques, plus aptes que celles que nous avons, pour l’enregistre ment des effluves du fluide vital.
M. Emmanuel Vauchez, avec la souscription qu’il a lancée, et qui a déjà atteint plus de 46.000 francs, en faveur des inventeurs de plaques ou d’appareils sensibles à ce nouveau genre de vibrations, aura bien mérité de la grande science psychique lorsque la dé couverte sera faite. -
PHOTOGRAPHIES FLUÏDO-MAGNETIQUES ET SPIRITES Q Pour prendre la photographie de la fièvre ou d’une maladie générale, je mets une plaque envelop pée sur le front ou sur le cœur ; et pour une région malade, sur cette région, pendant une heure. J’ai déjà pu prendre en double et triple exemplaire, pour faire la comparaison, une douzaine environ de ma ladies différentes à l'hôpital de Tours, à l’hôpital de Bordeaux et sur d’autres malades.
Cette invasion d’une science nouvelle ne détruira pas l’édifice construit par la science médicale, elle ne fera qu’y ajouter un élément important de plus; mais ce sera, je crois, un gros morceau difficile à avaler. Photographies jluidiques avec appareil. 12° Quelquefois les photographes jettent des pla ques sous prétexte que le portrait a des taches, et font poser une deuxième fois le client.
Or ces taches ne sont souvent que des effluves de fluide vital. M. Agullana, un puissant médium de Bordeaux, produit des taches à volonté en prévenant à l’avance les photographes qui tirent son portrait, et à leur grande stupéfaction. J’ai eu plusieurs fois des taches caractéristiques en tirant le portrait de Mme Darget et aussi d’autres per sonnes.
10 l’initiation Radio-activité humaine Rayons V (vitaux). 43° Mémoire présenté à F Académie des Sciences par le commandant Darget et lu à la séance du 30 novembre 1908. M. d’Arsonval a été chargé par l’Académie de faire un rapport sur cette question.
Depuis quelque temps j’avais pris l’habitude de faire ou de faire faire des plaques photographiques en les mettant sur le front, avec trois enveloppes dont une noire opaque, pour voiries manifestations diver ses qui se présentaient. Or, je donnai une vitrose au bromure d’argent à M. Shettle, demeurant à Tours, entourée d’une triple enveloppe (blanche, noire et rouge), pour la mettre sur son front.
Celle intérieure, entourant la vitrose était blanche du côté du bromure d’argent ayant à l’extérieur, du côté opposé à la gélatine, des lettres imprimées — rouges — notamment le mot attraction mot qui était du côté du front. Cette vitrose était cachetée à la cire et me fut ren due intacte; je la mis dans le révélateur et j’eus le plaisir de voir ce que j’espérais, c’est-à-dire l'écriture du mot attraction imprimé sur ma plaque.
Mais mon étonnement fut grand ; car au lieu d’être imprimé au négatif, en blanc, puisque les lettres rouges auraient dû intercepter le fluide lumineux, sortant du cerveau, l’impression était en noir, eh po sitif. J’entourai alors de la même façon une autre vitrose avec les trois mêmes enveloppes et je l’expoPHOTOGRAPHIES FLUIDO-MAGNÉTIQüES ET SPIRITES 11 sai au grand soleil de midi pendant 20 minutes.
Je n’obtins rien, le soleil n’avait pu traverser les trois enveloppes, traversées pourtant par la lumière du cerveau. Une deuxième expérience (5 heures d’ombre), même résultat. J’enveloppai alors la vitrose avec la première enve loppe blanche — attraction — et je l’exposai 3o se condes à la lumière.
Mettant la vitrose dans le révé lateur, j’obtins bien Attracfton... mais en blanc, en négatif, ce qui était naturel à cause de la demitransparence de l’unique enveloppe. M. Lardy, à qui j’avais donné une vitrose dans les mêmes conditions qu’à M. Shettle, m’apporta sa plaque cachetée. Opération comme à la précédente et j’eus les lettres en blanc, c’est-à-dire comme la lumière naturelle devait les donner.
Je fis moi-même une plaque par le front avec le même papier et j’obtins les lettres en blanc. J'envoyai une plaque à Mme Benoit-Robin, 76, rue Réaumur, que je savais être très fluidique et j’obtins les lettres en blanc. Je fis alors recommencer M.Shettle qui me redonna les lettres en noir. J’en parlai alors à un photographe, M. Breux, à Tours, qui me demanda une vitrose cachetée, qu’il mit sur le front.
Le len demain je pris la vitrose, toujours cachetée et je la mis, chez lui-même, dans son révélateur. Elle était noire comme celles de M. Shettle. Donc les lettres ont été transparentes pour les radiations émises par deux expérimentateurs et le contraire s’est produit pour les trois autres.
l’initiation /a Photographies spirites. 140 J’ai obtenu, de temps à autre, des photographies spirites, c’est-à-dire dont la caractéristique est d’avoir été créées par une intelligence extérieure, se servant de mon fluide pour impressionner la plaque par des dessins manifestement voulus, et cela sans que j’y ai pensé, sans avoir rien demandé, en opérant seulement dans l’intention de produire du fluide quelconque sur la plaque que je magnétisais.
Je citerai notamment une figure humaine, bien faite, que j’obtins chez le docteur Baraduc en 1894 en étendant mes mains au-dessus d’une plaque.
Le docteur Baraduc, qui lui-même travaillait la question en se mettant en contact avec une machine électrique, écrivit cette note dans son premier opus cule : Différence graphique des fluides, vital, psy chique: « En juin 1894, pour la première fois, je pus cons tater scientifiquement les émanations de la main placée au-dessus d’une plaque, sans contact avec elle; cette main impressionnait la plaque de sa vibrante vibration et donnait un cliché.
Ces expériences, les premières du genre, je tiens à le constater, furent faites par le commandant Darget. Je les ai reprises depuis ; mais les premières ont été faites par cet offi cier; voir les spécimens sur la planche. » Et le docteur donnait, dans un gros volume scien tifique traitant de la question du fluide, F Ame humaine, en gravure, les clichés que j’avais obtenus, parmi ceux que lui-même obtint plus tard.
PHOTOGRAPHIES FLUIDO-MAGNETIQÙES ET SPIRITES l3 J’ai obtenu également les figures dans le bain en touchantseulementlerévélateurau-dessus d’une grille. J’en ai obtenu la plaque à sec, en la magnétisant avec les mains, ou au-dessus du front, ou la plaque appuyée sur le front après une pose de i5 à 20 mi nutes, comme je l’ai déjà dit, ainsi que des lettres et des chiffres. J’en ai obtenu aussi dans des plaques enveloppées.
A ce sujet j’ajoute qu’une fleur de hortensia, qui pré cédemment venait de me donner de l’écriture im primée au recto de la première enveloppe de la plaque, vient de me donner successivement, à un jour d’intervale, deux figures humaines. »Evidemment que c’est un Esprit qui s’est servi du fluide vital de la fleur pour les produire. La fleur a fait fonction de médium.
Le i3 mai 1902, ayant une séance spiritechez moi, je demandai qu’un des Esprits des morts du désastre de la Martinique, qui avait eu lieu quelques jours auparavant, se montrât à un de mes médiums voyants. Au lieu de se faire voir, il fit un beau volcan sur la plaque enveloppée qui était sur la table, ce que je remarquai avec admiration après la séance, en la développant.
Le dessin, au lieu d'être créé en blanc et noir, était fait de couches dorées plus ou moins opaques. Je le montrai le lendemain au docteur Papus, et six photo graphes de Tours me signèrent un certificat, comme quoi, dans leur carrière de photographe, ils n’avaient jamais rien vu de semblable.
l’initiation H Les Esprits prennent quelquefois prétexte d’une conversation que vous venez d’avoir pour vous donner un dessin correspondant aux pensées qui ont été exprimées. C’est ainsi que me sont venues les figures de Victor Hugo, Méphistophélés, Louis XI... Musset et George Sand, etc... Dans ce cas, ce ne sont pas ces personnages qui viennent: mais bien un Esprit dessinateur qui fabrique leur figure en se. servant de mon fluide.
De là, la réponse de l’Esprit de Sophie qui était toujours présente à nos séances.
Comme je lui disais qu'elle n’avait pas assez bien fait son portrait sur la plaque de ma deuxième bou teille, elle me répondit par la voix du médium qu’elle incarnait: « Oh! ce n’est pas moi, je ne sais pas dessi ner, c'est un camarade : mais vous déversiez trop de fluide,tous avienirop d'encre dans votre encrier, et il ne pouvait pas se débrouiller. »J'ajoute que c’est dans cette séance que je dis à Sophie : «Voulez-vous venir demain soir à 10 heures chez moi ; je magnétiserai une plaque et je vous prie de faire un S, première lettre de votre nom au coin supérieur gauche de ma plaque.
Le lendemain j’obtins le S promis. J’ai obtenu aussi plusieurs photographies spirites avec l’appareil sans rien demander, sans y songer, en tirant tout simplement le portrait d'une personne ou d’un objet. Je me suis peut-être un peu trop étendu sur le chapitre des photo-spirites ; c’était pour mieux faire comprendre les méthodes diverses que les esprits
• PHOTOGRAPHIES FLUIDO-MAGNETIQUES ET SPIRITES 1$ emploient pour se manifester; mais cette diversité est encore bien plus considérable. Quelques observations jetées au hasard de mes souvenirs. Si, pendant la nuit, dans une chambre bien close, vous laissez ouvert un objectif braqué sur votre figure pendant que vous dormez, vous risquerez fort d’avoir deux ou trois heures après, sinon une au réole, du moins des points brillants, des lumino sités.
Puisque je parle d’auréole, je dirai que l’aunéole qu’on met autour de la tête des saints sur les tableaux, n’est pas un mythe, une allégorie; mais bien une réa lité. Une grande âme, frappant sur son cerveau qui contient du phosphore, et peut-être du radium, dégage de la phosphorescence. L’auréole doit dépendre aussi bien du grand amour divin, du grand calme du saint, que de la surexcita tion que Pâme emploie pour une grande oeuvre.
Saint Vincent de Paul pratiquant sa grande charité, Napoléon préparant ses batailles. Le criminel aperce vant l'échafaud, projetteront de l’auréole. Ce dernier l’aura sans doute noirâtre et boueuse. Elles seront de couleur et de pureté différentes selon la pureté des mouvements de l’âme. Une plaque magnétisée, eb mise sur une plaque neuve avant son développement, pourra produire une image semblable sur la plaque qu’elle a touché. Cela m’est arrivé un jour par hasard et j’aurais dû
i6 l’initiation recommencer.J ysongeen lisant maintenant mes notes. J’ai parlé de la radio-activité humaine influençant les plaques tantôt en blanc tantôt en noir. Elle écrit aussi les lettres en blanc et en noir sur la même plaque. Donc l’homme doit avoir deux fluides rayon nant différemment.
Ce ne sont pas des objets blancs ou noirs qui sont placés devant un objectif; mais bien une même source lumineuse, pénétrant les corps opaques à la lumière ordinaire, et ayant la faculté de traverser ou non certains corps ; et pas d’autres.
Tous les corps sont transparents à certains fluides, leur transparence doit être en raison du nombre de vibrations relative ment à l’agrégation et à la quantité de molécules à traverser; ou bien encore à la nature du mouvement vibratoire moléculaire particulier à chaque corps. Chacun sait que plusieurs gaz se répandent, dès qu’on les y introduit, sur toute la capacité du même récipient.
N’en serait-il pas de même de plusieurs esprits présentant leurs figures enchevêtrées sur la même tache fluidique d’une plaque photographique. Iis occupent le même espace, comme le gaz le même récipient; mais chacun fait voir la ligne de son con tour selon son degré de luminosité. J’ai dit que Sophie m’avait donné un S.
Quelques jours après elle me donna un O deuxième lettre de son nom que je lui avais demandé, et un esprit, se nommant Henri, me donna,sur ma demande, un H. M * Agullana, médium dont j'ai déjà parlé, a la propriété de lancer des flammes, de la fumée fluidique. de s'effacer même devant un appareil.
PHOTOGRAPHIES FLUIDO-MAGNETIQUES ET SPIRITES 17 J’en ai fait plusieurs fois l’expérience ainsi que. quelques photographes. Je me suis moi-même effacé en partie chez un photographe de Tours où un de mes amis m’avait conduit pour voir si le phénomène avait lieu, cela lui étant arrivé en me photographiant. Il m’est arrivé quelquefois que la gélatine de la plaque fondait sous mes doigts quoique ne la tou chant pas.
Ce n’était pas un effet de chaleur, quoique la chaleur puisse produire des effets analogues; mais, dans la circonstance je voyais, que c’était mon fluide qui produisait le phénomène. Je dirai aussi que les parties de la gélatine qui ont des empreintes fluidiques sèchent beaucoup plus difficilementque le restant de la plaque.
J’ai aussi la propriété d'argenter les pièces d’or que je mets en contact avec la plaque dans le bain révéla teur quoique, chimiquement, le phénomène ne puisse avoir lieu.
Ce doit être le bromure d’argent qui vient opérer cette galvanoplastie, chose, je le répète, qu’on ne peut produire dans l’industrie puisque, pour dorer l’ar gent, on est obligé auparavant de le mettre dans un bain de cuivre ce qui permet à l’or d’adhérer sur la couche de cuivre.
Je serai tenté de croire que nous avons dans tout le corps des glandes spéciales pour produire notre élec tricité, notre fluide vital, ayant pour accumulateurs les mains et le regard et pour propulseur, la volonté.
i8 l’initiation Quand les Esprits font un cliché, donnent un des sin, une figure d’homme ou d’animal, en usant du fluide d’une personne, sans appareil, on n’a qua retourner, dans differents sens, la plaque impression née, et on s’aperçoit bientôt qu'il y a d’autres figures sur la même tache fluidique. On dirait qu’ils ont une manière à eux de manifes ter leur talent.
C’est une façon de faire absolument spéciale, une empreinte caractéristique, leur signature, inimitable par aucun procédé humain. 11 n’en est pas de même pour les photographies d’Esprits prises par un appareil, et plusieurs photo graphes, s’intitulant médiums, ont pu tromper leurs clients en truquant leurs plaques. En revanche, j’en connais d’authentiques où l’Esprit, inconnu du photographe, est venu sur la plaque avec une ressemblance parfaite.
M. E. Vauchez, avec les intérêts fournis par sa souscription pour la photo graphie de l’invisible, va faire éditer un album de photographies parmi lesquelles il y aura celles pro duites avec l’objectif depuis Krookes jusqu’à nos jours. Elles devront porter une marque d’authenticité telle qu’il sera difficile d’en douter. Tout le monde n’obtient pas des photographies psychiques ; et parmi ceux qui en obtiennent, il y a des différences de degrés.
PHOTOGRAPHIES FLUIDO-MAGNETIQUES ET SPIRITES IÇ Même parmi les personnes qui m’ont donné depuis quinze ans de bons clichés, il m’arrive de voir' quelquefois qu’ils ne donnent rien. En effet, on est bien portant ou malade, dans un état de tranquillité ou d’inquiétude, ce qui influe sur la production fluidique. La température elle-même a son influence.
Ces divers éléments, qu’on n’éprouve pas dans les instruments de laboratoire, servent de prétexte aux savants pour rejeter les phénomènes psychiques. Même parmi ceux qui ont vu et touché comme saint Thomas, il y en a de tièdes, timorés, imbibés de lâche respect humain, lesquels font comme saint Pierre au troisième chant du coq qui dit, lors qu’on lui montrait son maître Jésus : « Je ne connais point cet homme. » Cabinet fluidifié.
J’ai remarqué qu’après une absence de quelques semaines je ne produisais pas les effluves ou les cou leurs avec la même intensité qu’avant mon départ. J’ai remarqué aussi que, venant de faire de beaux effluves ou de belles couleurs chez moi, je n'en fai sais plus ou faiblement chez un de mes amis, dans un autre cabinet, quelques heures plus tard.
D’autre part, si j’avais des couleurs dans ce dernier local, elles étaient différentes de celles que j’avais chez moi, por taient un tout autre caractère. J’ai compris que mon cabinet était fluidifié, qu’il y
20 l’initiation avait une accumulation de forces, qu’il était plein, saturé de mon électricité propre, ce qui aidait aux phénomènes. C’est ce que M. Durville, parlant, dans son Journal du magnétisme, de « cette particularité signalée par le commandant Darget », appelle l’influence du local. Il est une autre particularité que je dois signaler : Si je mets un doigt sur une pièce de monnaie dans le bain révélateur, concurremment avec une autre per sonne qui met un doigt sur une deuxième pièce dans la même cuvette, j’obtiens une empreinte rouge vif, par exemple, sur ma pièce, et mon partenaire obtient rouge pâle ; mais si je sors du cabinet en le priant de faire une autre pièce et en employant les mêmes in grédients et le même temps, souvent ce partenaire n’obtiendra pas de couleurs comme précédemment, et l’empreinte de la pièce sera plus faible. Donc, j’ai produit chez lui une espèce d’imbibition fluidique, d’induction de mon électricité propre par ma pré sence près de lui, ce qui lui a manqué la deuxième fois et a été la cause de sa non-réussite. J’aurais beaucoup d’autres choses à dire sur le fluide humain, animal, végétal et minéral; mais je n’en finirai pas avec ce protée qui est capricieuxcomme l’électricité de la foudre, laquelle enlève la chemise d’un homme en lui laissant le restant des habits et sans le blesser. Avec mes photographies d’effluves humains et mes photographies spirites, je n ai fait
PHOTOGRAPHIES FLUIDO-MAGNETIQUES ET SPIRITES 21 qu’ouvrir une voie, planter quelques jalons, bâtir une masure comme un apprenti maçon, en attendant que viennent les architectes qui, sur le même empla cement, construiront une cathédrale. Commandant Darget.
PETIT CONSEIL EN PASSANT Il y a quelques mois on frappait à ma porte. Étonné et contrit de voir troubler ma tranquillité habituelle, j’ouvris et me trouvai en face d'un grand gaillard à la physionomie intelligente, au front très découvert et trop grand, et dont le regard profond perdu sous l’ar cade sourcilière laissait pressentir la plus profonde des neurasthénies.
« J’ai su, me dit il, que vous vous occupiez de sciences divinatoires, psychométrie entre autres. — Oui, répondis-je, mais je n’en fais pas métier. — C’est ce qui justement m’a poussé à vous demander de vouloir bien m’accorder un moment d’entretien. » — J’écoutai. « Il y a sept ans, Monsieur, je fus chez une carto mancienne connue.
Je venais d’être obligé de quitter une femme dont la conduite scandaleuse commençait à ébranler une réputation dont j’ai besoin ; cette femme était, je crois, malade nerveusement, ce qui méfait excuser tous ses actes. Elle me retourna ma photographie les yeux crevés, la poitrine lacérée, etc. 11 faut vous dire qu’à cette époque je lisais un livre de vulgarisation de la magie, lequel traitait fort des • « horreurs de l’envoûtement.
L’idée me hanta que cette femme (sur laquelle bien des mystères s’éclaircissaient chaque jour pour moi) pouvait bien se venger affreu-
.UN PETIT CONSEIL EN PASSANT î3 sementde cette atteinte à son orgueil. Obsédé, je me rendis chez la cartomancienne. « L’explication ne fut pas longue, ma pensée se ren contrait exactement avec ses révélations : je devais être assassiné par ordre de cette femme ! Je vis d’autres devins ; toujours cette éternelle épée planait sur mon destin...
Et depuis sept ans, Monsieur, je traîne cette vision horrible... » La chose était trop nette pour pousser plus loin, je le fis cependant et de mon mieux, je le psychométrai : Deux choses se présentèrent nettement, une émana tion des pensées de la femme, une nourriture donnée à cette larve par le cerveau du soi-disant « envoûté ». En résumé un élémental d'obsession bien formé.
Désirant plus d’éclaircissements et quelques con trôles, j’adressai cette personne à deux psychomètres bien connus et dont la science n'a plus besoin d’épreuves. Tous trois nous nous rencontrâmes exactement dans nos psychométries. ................................................................................. ..................................................
Mesdames et messieurs, devins et devineresses, avant de jouer un rôle il faut le savoir d’abord et le comprendre ensuite. Je ne doute pas de votre science: je l’ai employée, étudiée. C’est au point de vue moral que je vous parle. Bien peu viennent chez vous par désœuvrement et plaisir, beaucoup, au contraire, sous le poids d’une pensée écrasante, vont vous demander le mot qui réconforte et allège l'âme.
Et c’est alors que vous pourriez amener votre art à la hauteur d’un sacerl’initiation 24 doce si machinalement vous n’en faisiez... eh bien oui ! une spéculation ? La loi sociale vous traque, savez-vous s’il n’y a pas là un juste choc en retour. Croyez-moi, la popularité, le renom sont plus beaux venant du cœur du peuple que de son cerveau abêti par la misère et le malheur.
L’admiration commence là où le public cesse de comprendre, a dit un sarcastique ; et vous n'avez pas deviné, vous, devins ! tout ce qui est caché là d’ironie contre vous. Si cet homme était mort, assassiné, serait-il venu vous rendre justice de votre voyance merveilleuse, Mme la cartomancienne? Je crois plutôt qu’il serait venu vous reprocher, dans votre remords, d’avoir empoisonné quelques années de sa triste vie.
Avant de faire passer l’âme d’un homme sous la guillotine morale dont vous vous êtes fait les machi nistes, sachez que vous lui devez l’absolution ! Oh ! que la phrase du maître vous serait applicable : un peu plus d’art, Messieurs, et moins de science ! J’ai, parmi les cartomanciens, des amis; ils seront, j’en suis sûr, les premiers à m’approuver. D’ailleurs, ces lignes n’atteindront que ceux qui le méritent et ceux-là nul ne les connaîtra jamais. Quintor.
Notre confrère VEcho du Merveilleux publie le résumé suivant qui intéressera certainement tous nos lecteurs. Une Communication de M. Henri Mager Sur la Baguette LA BAGUETTE SUBIT L ACTION DES FORCES RADIANTES MINÉRALES OU AUTRES SI ELLE EST SOUSTRAITE A L’ACTION DE LA PENSEE. Dans sa séance de samedi, 12 juin, la Société Ma gnétique de France a entendu une communication de M. Henri Mager sur la Baguette.
M. Henri Mager a publié, il y a quelques mois, chez les éditeurs Dunod et Pinat, un volume intitulé: Les Radiations des Corps minéraux : Recherche des Mines et des Sources par leurs Radiations. De cet ouvrage nous avons rendu compte dans VEcho du Merveilleux.
Prenant nettement parti contre ceux qui prétendent que les mouvements de la Baguette ont une cause toujours intérieure, notamment une auto-suggestion produisant une action musculaire inconsciente sur la Baguette, M. Henri Mager tient pour une cause nor2Ô l’initiation maternent extérieure, une cause électrique, une cause radio-active, agissant sur le sourcier et sa baguette.
Si la Baguette obéit à une cause toujours intérieure, elle ne saurait donner que des indications trompeuses et elle doit être condamnée ; si, au contraire, elle est actionnée par une cause extérieure, si les eaux cou rantes, les masses métalliques et les foyers électriques agissent réellement sur elle, ses mouvements décèle ront la présence d’eaux courantes, de masses métal liques, de foyers électriques et la Baguette se trouve justifiée, réhabilitée, mise en faveur aussi.
Lorsqu’on sut, il y a une quinzaine de jours, que M. Henri Mager devait faire une nouvelle communi cation sur la Baguette, on se demanda si Fauteur de Recherches des Mines et des Sources par leurs Radiations pourrait apporter des preuves nouvelles, indéniables et irréfutables de la << cause extérieure ».
On attendait ces preuves avec — nous pouvons le dire — une réelle impatience : les uns doutaient; les autres, connaissant la ténacité de notre confrère scien tifique, avaient pleine confiance. Nous avons hâte de dire que M. Henri Mager a apporté des preuves décisives de la « cause normale ment extérieure » : il n’est plus possible de nier cette cause extérieure.
Pour la bien étudier et en pénétrer l’exacte nature, M. Henri Mager propose l’organisa tion pour 1910 d’un concours de sensitifs baguettisants. La communication du 12 juin constituant le plus important document qui ait été jusqu'à ce jour publié sur la Baguette, nous croyons nécessaire de la résumer,
COMMUNICATION SUR LA BAGUETTE 27 d’aprcs les notes que nous avons prises en cours de séance. M. Henri Mager s’est ainsi exprimé : « Faut-il croire à la Baguette divinatoire, aux Tour neurs de baguettes, aux Sourciers? Peut-on avec des baguettes de bois ou de métal rechercher et trouver, soit des trésors et des mines, soit des eaux et des sources? A cette double question je vais répondre avec précision et clarté.
« J’ai dit et je répète que presque tous les corps émet tent des radiations ; l'émission de particules électrisées infiniment petites est une conséquence des tendances de la matière vers la dissociation et un phénomène général aussi répandu dans l’univers que la chaleur et la lumière.
« Depuis plus de vingt siècles on saitque les masses métalliques, que les mines, radient, et que leurs radiations ont une action puissante sur les végétaux, sur les animaux et sur l'homme.
Pline l’Ancien écrivait que les mines d’argent émettent une vapeur que les animaux, et surtout les chiens, ne peuvent souffrir; le jésuite Cœsius assure qu’il s'étend sur certaines mines des fumées sèches et chaudes, qui sont une cause de stérilité, en desséchant les plantes et les arbres, et en brûlant jusqu’à leurs racines: l’abbé de Vallemont certifie, en i6g3,après le physicien Boyle, que des exhalaisons sèches et chaudes s’élèvent verticalement sur les mines, jusqu’à une certaine hau teur, comme des colonnes de vapeur froides et humides se portent dans l’air au-dessus des cours d’eau souterrains : cet abbé ajoute, dans sa Physique
28 l’initiation occulte : « Il ne faut pas douter que les métaux, l’or «et l’argent monnayés, ne poussent des fumées perpé tuelles, qui forment une espèce d’atmosphère autour « d’eux. * « Pour saisir les effluves, les radiations, émanant des gisements métallifères, des masses métalliques et des cours d’eau souterrains, il faut une Baguette tenue par un Sensitif. » L’orateur parle d’abord des Baguettes, ensuite des Sensitifs.
En ce qui concerne les Baguettes, il rappelle ce qu’était l’antique baguette ou fourche de coudrier ; il montre que quantités de bois fibreux semblent aussi bons que le coudrier : Le Royer, en 1674, usait de tiges d’artichaut. Certains sourciers préfèrent les ceps de vignes, d’autres le jonc.
« Le comte de Tristan reconnut, en 1822, qu’un morceau de fil de fer ordinaire, du fil de treillageur, même oxydé, donne les - mêmes résultats que les baguettes de bois; labbé Carrié se servit, vers i863, de fils métalliques pour rechercher le trajet de cours d’eau souterrains ou la présence sous terre d’objets en métal ou de gisements de minerais. Plus récem ment, un baguettisant opiniâtre, M.
Jansé, a imaginé des baguettes en fer ou en nikel susceptibles de marquer l’influence de certains corps, tels le cuivre, l’or, l’argent, et des baguettes en cuivre ou en argent, susceptibles de marquer l’influence de certains autres corps, tels le fer, le nickel, la houille : la baguette en nickel, qui subit l’attraction du pôle nord des aimants, a été de ce fait baptisée du nom de révélateur négatif (puisque le pôle nord, * élément positif selon la termiCOMMUNICATION SUR LA BAGUETTE 2Ç nologie française, ne peut attirer qu’un élément néga tif) ; la baguette en cuivre qui, mise en présence du pôle sud ou négatif des aimants, est attirée, a été dénommée révélateur positif.
M. Jansé use, dans ses prospections, d’un troisième appareil, qu’il a nommé radiomètre ; c’est un bloc métallique, formé de corps possédant une grande intensité radiante : si deux fils sont attachés aux extrémités du radiomètre, la force radiante va se condenser dans ces fils : l’un se chargera positivement, celui qui est dirigé vers le nord, l’autre négativement, celui qui est tourné vers le sud ; si le radiomètre, muni de ses fils, vient à être lié par l'un d’eux à un corps radiant, sur le fil opposé naîtra un point de répulsion, et ce point de répulsion sera à une distance du radiomètre égale à la distance entre le radiomètre et le corps lié ; le fil du radio mètre peut ne pas être lié au corps radiant : il suffit que l’un'des fils se trouve dans le champ de radiation d’un corps, pour qu’un point de répulsion naisse sur le fil opposé : cette propriété permet de calculer la profondeur des sources et des gisements métallifères. Enfin, M.
Jansé s’aide d’un multiplicateur de son invention ; c’est un appareil qui, dû à de patientes recherches, a la propriété de doubler, tripler, décupler les forces fluidiques de l’opérateur. « Est-il possible d’apprécier mathématiquement les forces fluidiques d’un baguettisant, et de démontrer qu’elles sont, dans certains cas, doublées ou dé cuplées ?
Il semblerait que les forces fluidiques peuvent être-pesées comme un litre d’air ou un litre d’eau. Pour peser l’intensité des radiations, M. Jansé
3o l'initiation procède ainsi : ayant pris une masse métallique ou juxtaposé deux masses métalliques, il constate que ce bloc exerce une attraction sur le révélateur négatif en nickel ; s’il écarte l’une de l’autre les deux masses métalliques, s'il met, par exemple, en présence, à 5o centimètres l’un de l’autre, deux poids de cuivre de ioo ou 200 grammes, les radiations de ces deux masses de même matière et de même poids n’attirent plus le révélateur; elles s’équilibrent, se détruisent.
« Toutes les fois que deux masses voisines, qu’elles soient ou ne soient pas de même matière et de même poids, s'équilibrent, M. Jansé déclare qu’elles ont même intensité radiante ; ainsi une pièce de 5 francs en argent; pesant 25 grammes, a même intensité radiante qu’un poids de cuivre de 2 k. 5oo, car si l'opérateur place en face l’un de l’autre, à 5o centi mètres de distance, 5 francs en argent et une masse de cuivre de 2 k.
5oo, son révélateur ne sera attiré ni vers l’argent, ni vers le cuivre ; si l’on met 5 fr. 5o en face de 2 k. 5oo de cuivre, le révélateur est attiré par la masse d’argent ; si l’on met 5 francs en argent en face de 3 kilos de cuivre, le révélateur est attiré par la masse de cuivre.
«Poursuivant ces expériences, si M. Jansé place en face d’un homme normal, tel que lui-même, à 5o cen timètres de distance, 3 kilos de cuivre, il constate l’équilibre: ce sujet pèserait donc une même inten sité radiante que 3 kilos de cuivre. Si l’on observe ensuite ce même sujet porteur du multiplicateur, il ne sera équilibré que par 78 kilos de cuivre : par suite, ses forces fluidiques seront vingt-six fois plus
COMMUNICATION SUR LA BAGUETTE 3l efficaces que celles d'un homme normal non pourvu du multiplicateur, que celles d’un simple sour cier. » Plusieurs baguettisants ont contrôlé les expériences de M. Jansé : l’un d’eux écrit à M. Henri Mager à la date du 3i mai : « J’ai reproduit toutes les expériences indiquées sur votre volume, depuis la figure u jus qu’à la figure 47 avec résultats absolument iden tiques : ma baguette négative est attirée exactement par tous les métaux que vous énoncez dans votre livre ; ma baguette positive subit une attraction de tous les métaux négatifs qui sont aussi énumérés dans votre volume; j’ai également équilibré 25 grammes d’argent et 2 kii.
5oo de cuivre : dans ce cas ma baguette n’est attirée ni par l’une, ni par l’autre masse... » Ce correspondant ajoute : « Pour l’esti mation des profondeurs je me sers de la méthode du radiomètre, qui me donne toujours de bons résul tats : mais je tiens à vous dire que je ne réussis exac tement pour la recherche des sources, que depuis que je me sers des baguettes de métal et du radiomètre; ce n’est d’ailleurs que depuis que j’ai eu l’avantage d’avoir votre volume en mains que j’ai pu obtenir de bons résultats. * M. Henri Mager expose ensuite que certains cher cheurs de mines ne limitent plus leur travail à l’indi cation du point où gît le usinerai et à l’estimation de la profondeur, ils indiquent la nature du minerai s’il s’agit d’une mine, la nature du métal, s’il s’agit d’un trésor. L’orateur ajoute : « Pour faire la preuve immédiate de son système,
32 l’initiation [Juillet M. L.
Probst propose 1 expérience suivante: relier à une chambre éloignée, par un fil métallique, placé sur le parquet, la chambre dans laquelle il se trouve: si dans la chambre éloignée, on place à l’extrémité du fil métallique un morceau de minerai, il ausculte dans la chambre où il se trouve, l’autre extrémité du fil, et il indique la nature du métal ou du minerai posé sur le fil dans là chambre éloignée ; met-on sur le fil une pièce d’or, il ausculte à l’aide de ses baguettes et répond : « Il y a une pièce d'or » ; met-on sur le fil un morceau de pyrite de fer, il répond : « 11 y a de la « pyrite de fer » ; met-on un morceau de calamine, il annonce : « Il y a de la calamine. » « La méthode imaginée par M. Probstlui permet de faire l’analyse qualitative de tout échantillon de minerai qui lui est soumis.
Il est bien près de pou voir, à l’aide de ses baguettes, procéder à l’analyse quantitative des minerais. « Ces résultats ne prouvent-ils pas suffisamment la « cause extérieure » des mouvements de la Baguette ? » M. Henri Mager, après avoir parlé de la Baguette, arrive à la question des sensitifs : il dit par quelles expériences on peut reconnaître un sensitif capable de devenir un bon baguettisant.
Il montre que toute baguette tenue par un sensitif dans un champ d’ef fluves électriques, subit des attractions. Si un baguet tisant sensitif passe «lentement sous un fil télégra phique, traversé par un courant, sa baguette se redres sera en un brusque mouvement ; tout champ élec trique, qu’il soit produit par des eaux courantes ou des mines, aura le même effet.
33 IÇOq] COMMUNICATION SUR LA BAGUETTE Après avoir établi que, tenues par des hommes sensibles, les baguettes de bois ou de métal sont atti rées sur certains points, et toujours sur les mêmes points, M. Henri Mager aborde la grave question de l’action de la Pensée : « Un Anglais, M. Rutter, de Brighton, entreprit vers 1851 de démontrer expérimentalement l’existence de courants ou rayonnements magnétiques émanant de l’organisme humain, ainsi que de tous les corps delà nature.
Les expériences de Rutter furent répétées par le docteur Léger, médecin français habitant Londres. Or, le docteur Léger démontra à son tour que chaque corps delà nature, minéral, végétal, animal, est doué de propriétés rayonnantes spéciales ; mais il constata aussi que la volonté de l’homme est une force effec tive susceptible d’influencer par rayonnement Ja matière inerte.
Des expériences publiées par le doc teur Léger, il résulte que par la seule influence d’une volonté ferme et soutenue et sans l’aide d’une seule force mécanique, le Pendule — instrument souvent mis en parallèle avec la Baguette — se met en mou vement dans la direction voulue, sur toutes lignes ; il décrit à volonté des rotations normales ou inverses et prend des oscillations.
«Faisant allusion à ces expériences, M. Albert de Rochas, dans sa Notice historique sur les Effets mécaniques de l’Od, écrite « Ce qu’il faut savoir, « c'est que l’opérateur peut à loisir substituer l’action « de sa volonté à celle qui résulte du rayonnement spé- « cial du.corps mis en expérience ; et il peut, en rédui- « sant sa puissance volitive personnelle à un état de .3
l’initiation 34 « neutralité passive, laisser le champ libre à la mani- « festation de ce rayonnement. » « Il importe donc de soustraire le travail du baguettisant à l’action de la pensée. « De multiples expériences peuvent permettre de constater que les baguettes subissent une action extérieure lorsqu’elles sont soustraites à Faction de la pensée.
« Première expérience : prenons 4 boîtes en bois ou en carton ; faisons placer, dans la première, une pièce de 5 francs; dans la deuxième, deux pièces de 5 francs; dans la troisième, trois pièces de 5 francs; et dans la quatrième, quatre pièces de 5 francs ; puis entrons dans la chambre où se tient notre baguettisant et demandons-lui de nous indiquer, à l’aide de sa baguette, le contenu des différentes boîtes.
« Seconde expérience : dans une boîte en carton, pla çons une pièce de 1 franc en argent et dans une autre boîte une pièce de o fr. 25 en nickel; l’opérateur devra reconnaître la boîte contenant la pièce d’argent qui attirera le révélateur négatif, et la boîte conte nant la pièce de nickel, qui attirera le révélateur posi tif.
« L’attestation suivante prouve que cette expérience est facilement réalisable, soit par la méthode des deux révélateurs, soit par diverses autres méthodes, qu’il me serait trop long de décrire (telles les méthodes permettant l’analyse quantitative des corps radiants) : « Expérience du 27 mai 1909 ; « Château de Saint-Privat (Pont-du-Gard) ; « M. L. Giniès, en l’absence de tout témoin, a placé
COMMUNICATION SUR LA BAGUETTE 35 « en quatre paquets différents des pièces : A) d’or; B) « d’argent et d’or ; C) d’argent ; D) du plomb. « Le poids de ces paquets a été égalisé au moyen « d’une certaine quantité de sable, puis ils ont été « scellés, à la cire rouge, au moyen du sceau personnel «deM. Giniès, constitué par une bague, qu’il a dans « la suite conservée à son doigt.
« Les quatre paquets identiques ont été remis à « M. Hérenger, qui, sans témoin, les a, à son tour, «enfermés dans quatre boîtes de carton absolument « semblables et sans marques. « Les boîtes ont été scellées par M. Hérenger de « deux cachets de cire rouge au moyen du sceau per- « sonnel de M. Hérenger, constituéégalement par une « bague qui n’a pas, dans la suite,quitté son doigt.
« Les boîtes sont apportées au Château de Saint- « Privât, où se trouve M. Probst. « Elles sont numérotées au hasard; M. Probst les « examine au moyen d’une baguette de rotin. « Il déclare que la boîte i contient For, 2 l’argent, « 3 l’or et l’argent, 4 le plomb. « Les cachets, restés intacts, sont brisés alors et les boîtes ouvertes. « Les cachets des 4 paquets sont également intacts.
« On retrouve les contenus absolument correspond « dant aux indications de la Baguette. « Ont signé: « H. Calderon, propriétaire du Château de « Saint-Privat; Louis Bascoul, curé doyen à « Sommières (Gard); Louis Giniès, à Salon « (Bouches-du-Rhône) ; A. Hérenger. »
36 L INITIATION « Ce certificat établit que la Baguette a subi une cause extérieure, qu’elle a senti les radiations, qu’ELLE A PU LES IDENTIFIER. « Il ne peut être question dans les expériences de cette nature, ni d’auto-suggestion, ni d’action mus culaire inconsciente. « La baguette et le Jjaguettisant ont été influencés par des radiations, lorsqu’ils se sont trouvés dans le champ des effluves.
« On ne peut plus contester aujourd’hui que les cours d’eaux souterrains et que les amas métallifères émettent des radiations électriques. Des appareils ont été construits pour enregistrer ces radiations : on a construit un appareil automatique pour la décou verte des sources qui, tout au moins théorique ment, donne de bons résultats; il permet égale ment la découverte des filons : d’autres appareils automatiques surgissent de divers côtés.
Ces appa reils prouvent l’existence de champs électriques : les baguettes et les baguettisants sont influencés par ces champs aussi bien, et même certainement mieux, que les appareils automatiques, qui ont le grave défaut de travailler trop lentement.
La communication de M. Henri Mager a obtenu un grand succès dû à la précision de la documenta tion, à la clarté de l’exposition, à la facilité d'élocu tion de l’orateur, et,disons-le aussi, à l’intérêt et à la valeur de la thèse.
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée d l’exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens. La reproduction des articles Inédits pnblléa par V Initiation est formellement Interdite, à moins d'autorisation spéciale. L’Action Psychique à distance (Conférence spiritualiste du 26 juin 1909) Les mobiles qui poussent l’homme intelligent à l’étude de l’occulte sont de divers ordres.
Les uns s’intéressent à l’histoire, d’autres aux adap tations kabbalistiques ou philosophiques, d’autres aux théories des faits psychiques, mais beaucoup re cherchent dans ces études des pouvoirs spéciaux.
Do miner les autres hommes moins bien informés, for cer un patron à vous engager à de brillantes condi tions, attirer sur soi tout le bonheur possible, en un mot être quelqu’un dans un milieu où tout le monde est l’anonyme ouvrier de la tâche quotidienne, tel est le vrai secret de beaucoup d’étudiants en occultisme.
Au premier abord, l’étudiant se figure que tout est facile dans le monde occulte et qu’une formule réci tée à point évitera des études longues et dangereuses et fournira « par enchantement », c’est le cas de le dire, les pouvoirs exceptionnels si ardemment con voités.
38 l'initiation 11 faut, hélas, bientôt déchanter. Un matador espa gnol ne s'improvise pas en deux mois. Pour dompter les taureaux et éviter les coups de corne, il faut de l’en traînement si l’on possède déjà du courage et de l’au dace. Il en est de même dans l’invisible. Les Êtres de l’invisible se moquent de l’audacieux non entraîné et lui jouent les tours les plus spirituels.
Ils se pré sentent comme de grands initiés et flattent un orgueil d’autant plus grand que l’être humain est plus jeune, et celui-ci se croit seul dépositaire de secrets terribles et de facultés transcendantes. Il croit commander à l’invisible ou en être le benjamin chéri, et brusque ment tout s’écroule! Le maître des puissances as trales était un élémentaire incomplètement évolué et la Vérité vient brûler les ailes du héros imaginatif.
Mais les pouvoirs existent parfaitement; l’homme recèle en son intérieur des forces d'une puissance stupéfiante ; il peut être entendu des êtres invisibles et devenir un soldat du ciel sur la terre ; mais que ce chemin est long et que de terribles traverses à fran chir avant d’entrevoir le but ! Ouvrez l’Amphiteatrum de Khunrath, vous verrez la vérité sur ces recherches.
L'Initié est d’abord par tagé entre le laboratoire et l'oratoire, puis il parcourt dans la campagne une route des plus pénibles. Il se trompe dix fois avant de trouver le bon chemin et quand enfin il arrive en vue du sanctuaire, il a laissé son orgueil et beaucoup de ses espérances imaginaires aux épines des buissons visibles ou invisibles renles études, et la recherche contrés pendant la route. Il en est ainsi de toutes
l’action psychique a distance 3g des pouvoirs est soumise aux mêmes lois que toutes les autres recherches. Si vous voulez du bonheur pour vous seul, il faut que vous enleviez ce bonheur à ceux qui devaient le partager normalement avec vous. Vous ne pouvez donc aspirer à y garder les joies pour vous et à laisser les ennuis aux autres que lors que vous êtes un ignorant.
Dès que vous savez un peu des lois de la Science vivante, vous comprenez que s’enrichir sur la ruine consciente d’autrui, comme cela arrive à la Bourse, est peut-être légal pour les lois dans le visible, mais que •• cela devient bien dangereux pour l’avenir de FEspriî quand on commence à percevoir les lois occultes.
Alors il arrive ceci que vous ne désirez plus deve nir plus heureux que vos frères en humanité, pour ce qui a rapport au bonheur tiré des richesses et des honneurs terrestres, et alors le ciel vous reçoit comme un de ses enfants et vous donne ce que vous n’auriez jamais obtenu par la voie mentale ou par l’effort intellectuel. Dans l’invisible, on ne donne qu’à ceux qui sont rassasiés, et les riches peuvent demander plus que les pauvres.
Il faut seulement comprendre quels sont les * affamés et quels sont les riches dans ce plan des Puis sances cardiaques. Il y a sur terre beaucoup de moyens de gagner de l’argent, mais il n’y en a pas de plus rapide que l’as surance de donner des pouvoirs intellectuels aux hommes et des secrets de rayonnement passionnel aux femmes. Dominer ses rivaux dans tous les plans
l’initiation 40 pour le monsieur, charmer dans tous les milieux mondains pour la dame, et accaparer tout le bonheur collectif pour les deux, telles sont les promesses des Psychistes américains et de quelques-uns de leurs disciples ou imitateurs en Europe. A Jusqu'à quel point ces forces secrètes de l’Etre hu main existent-elles; jiisqu’à quel point un être possé dant ces forces peut-il agir sur un autre être ?
C’est ce que nous allons étudier avec quelques détails. Si j’étais un Américain pratique, je vous ferais d'abord verser dix dollars, soit 5o francs, et je vous enverrais ensuite une belle brochure intitulée : Les Mystères du Télégraphe cérébral et leur révélation définitive. Dans cette brochure, un monsieur et une dame, séparés par des montagnes, seraient unis par des ondes allant du cerveau antérieur de l’un à la nuque de l’autre.
Et vous liriez une phrase dans ce genre : En voyer sa Pensée c’est évoquer la Pensée de l’autre !!! Cette loi est vraie, le dessin décrit est vrai aussi et cependant l’application ne donnerait que peu de résul tats et vous auriez bien des chances de perdre vos dix dollars. Pourquoi ? Parce que le professeur a oublié plusieurs éléments du problème. Tout d’abord le rituel de l’Entraînement.
20 Les Tempéraments et la loi des complémentaires ou des adaptations nerveuses, indispensable à con naître pour réussir., 3° Et c’est le plus important : L’existence des Êtres
l’action psychique a distance 41 invisibles : Anges gardiens, Dyan Chohans, Esprits Guides, Envoyés célestes, le nom importe peu puis qu’ils existent. L’influence de chacun de ces éléments demande une étude toute particulière. Cela ne vous coûtera pas 5o francs, et cela vous apprendra peut-être quelque chose de véritable. Avant d’entrer dans les détails, disons quelques mots de la télégraphie sans fil.
Pour télégraphier sans fil il faut : i° Un appareil émetteur d’ondes ; 20 Un appareil récepteur. 3° Un cohéreur chargé de recevoir les ondes et de les décharger dans certains organes de l’appareil récepteur. Il faut d’abord régler les deux appareils émetteur et récepteur et ensuite régler tout spécialement le cohéreur. C’est sur ce point que portent en ce moment les efforts des inventeurs.
L’Être qui veut employer la télégraphie mentale doit donc commencer par entraîner son cerveau t . d’abord à émettre des ondes psychiques, ensuite à les recevoir. Cet entraînement est différent dans cha cun des cas et il est soumis à des lois tout à fait positives.
La photographie par le système du commandant Darget permet de suivre pas à pas cet entraînement cérébral, car la qualité de l’impression sur les plaques et sa couleur se modifient à mesure des progrès. L’emploi de la psychométrie est aussi des plus utiles pendant la durée de cet entraînement.
42 L INITIATION Passons au deuxième point. L’Idéal des appareils psychiques ce sont deux véri tables amoureux. L’état d’amoureux double la puissance de rayon nement et la faculté de réception des pensées, mais il a un inconvénient, c’est que les idées transmises sont les mêmes : Je t’adore ! Penses-tu à moi ! Quel bon heur de sentir ta pensée! Quand on veut transmettre une dépêche d’aiTaires, c’est quelquefois gênant.
Mais c’est si humain, Quand l’idéal manque, il faut se contenter du pra tique. Or, le pratique pour la télégraphie psychique, c’est la connaissance des complémentaires. Les cerveaux de formule contraire s’attirent, ceux de même formule se repoussent ; c’est vrai dans tous les plans. Prenez deux hommes l’un sanguin bilieux, l’autre lymphatique nerveux : ils s’entendront admirable ment pour synchroniser leurs expériences mentales.
Au contraire, prenez deux sanguins ou deux nerveux tout manquera. C’est le manque de connaissances synthétiques concernant les tempéraments humains qui donne une telle obscurité aux enseignements si chers de l’Ecole américaine. Une troisième considération est ici capitale. La télégraphie psychique se passe dans le plan mental pour l’homme et dans le plan astral pour la nature.
Or tous ces plans sont habités et le rôle de leurs habitants est de toute importance à bien détcrl’action psychique a DISTANCE 43 miner. Bien plus, les intuitifs, les missionnés et les envoyés sur terre du plan céleste ont des moyens de communication immédiats et sans avoir besoin d’un entraînement quelconque. C’est la voie théur gique inconnue des adeptes du plan mental et qui ne touche qu’accidentellement notre étude actuelle.
Ici, comme toujours, l'humilité et la prière vont jouer un rôle capital et celui qui demande avec un cœur sin cère l’appui des Invisibles, réussira ses expériences avec une très grande facilité, au grand désespoir de l’orgueilleux et du pédant qui se figure être seul dans l’Univers. On voit que le problème de la télégraphie psychique était intéressant à étudier. Papus.
44 Les Sexes et l’Amour La question religieuse des Sexes et de l’Amour est réservée dans le Christianisme, celle des Sexes dans les Mystères du Père, celle de l’Amour dans les Mys tères du Saint-Esprit. 9 Dans la primitive Eglise, ces mystères étaient l’ob jet d’une instruction supérieure, d’une véritable Ini tiation.
L’enseignement intellectuel et dernier était ainsi sauvegardé ; c’était, dès cette vie, l’accession du 9 9 royaume ouverte à l’Epopte ou à l’Elu ; il était soi gneusement distingué de l’enseignement moral ou primaire, commun à tous.
L'un, avec le Baptême, donnait aux âmes la Purifi cation : l’autre, représenté par l'Eucharistie, distin guait les valeurs ontologiques, appelait les intelligences à contempler la Perfection, à communier en Elle par la connaissance et la conscience qu’elles en pouvaient prendre, selon leur sexe, leur âge, leur rang.
L’Initiation, l’accession aux Mystères, ne s’ouvrait qu’à la sélection peu nombreuse de ceux qui, prépa rés par la vulgarisation évangélique ou catéchisa tion, observés longuement, étaient jugés susceptibles de révélations directes, spéciales, conformes à leur
LES SEXES ET L*AMOUP 45 degré dans la hiérarchie des sexes, des âges et des rangs ontologiques. Pour les Catéchumènes, au contraire, l’enseigne ment était ce qu’il est devenu aujourd’hui, commun à tous les fidèles indistinctement, uniforme et unifor mément appliqué, limité à la Catéchisation et à la prédication.
Pour cette catégorie, la plus nombreuse forcément, les Mystères demeuraient voilés par les sacrements, les vérités intelligibles par les symboles sensibles. « L’usage de l’Eglise — dit saint Cyrille - n’est pas de découvrir aux Gentils ses Mystères, surtout ceux qui concernent le Père et le Saint Esprit.
« Elle se garde même d’en parler aux Catéchu mènes. » « Si elle le fait, c’est presque toujours en termes obscurs, de manière toutefois que les fidèles instruits puissent comprendre, et que les autres ne soient pas scandalisés. » Le moule canonique du Christianisme différa peu tout d’abord, de celui des Sanctuaires grecs et égyp tiens, quant à cette distinction entre l’initiation et la Vulgarisation. Les formules étaient les mêmes.
Voici, par exemple, la formule d’ouverture en usage dans la primitive Église : « Profanes, éloignez-vous !
Que les Catéchumènes, que ceux qui ne sont pas Initiés se retirent 1 * De même à Éleusis, l’hiérocéryce criait à la foule : « Ekas, ekas este, bebêloi ! » De même dans Rome polythéiste, les hérauts sa46 l'initîation cerdotaux de l’ancien rite étrusque disaient, avant de fermer sur les Initiés les portes sacrées des Temples: « Procul, 0 procul este, profani ! » Telle était la distinction profonde établie par Jésus entre les Mystères intelligibles de sa doctrine testa mentaire et la révélation ou divulgation de sa morale évangélique, par la primitive Église, entre les trois degrés de connaissances sacerdotales et d’enseigne ments se rapportant aux trois personnes symboliques du ternaire chrétien.
Pour les fidèles, la Catéchisation et l’accession aux sacrements constituaient la Préparation et la Purifi cation morales; l’initiation aux Mystères constituait la perfection réservée par Jésus et par ses disciples sous le nom d’Avènement du Royaume, dAdoration en Esprit et en Vérité, de Paraclet et de Promesse.
Ainsi, au dehors, pour ainsi dire, dans le Culte extérieur, la personne du Fils représentait l’Apothéose » du Grand-Hiérophante chrétien, l’Evangile son appel à la préparation morale de l’Espèce humaine ; audedans, derrière l’autel du Christ, les Mystères du Père et ceux du Saint-Esprit gardaient la religion secrète de Jésus, les principes, les fins de son appel •, a et de la préparation morale, les sciences, les arts, les méthodes nécessaires à la réalisation de la pro messe, à une révélation suprême de la Perfection, lorsque, par l’initiation, l’individu pouvait être réin tégré de l'espèce dans le règne ; lorsque, enfin, par la suite des temps, le royaume divin, grâce aux efforts de la Perfectibilité humaine, pourrait être constitué dans l’état social comme aux Cieux.
LES SEXES ET L’AMOUR 47 L’enthousiasme entraînant avec lequel saint Clé ment d’Alexandrie parle des mystères réservés, montre qu’ils n’étaient ni purement nominaux, ni encore moins fictifs : « O Mystère sacré de la vérité l « O Lumière immaculée ! « A la lueur des flambeaux, le ciel se rouvre, la divinité se révèle ! « Me voilà Saint : je suis Initié ! « Voilà le Seigneur, l’Hiérophante.
« Il appose son sceau à l’adepte, après l’avoir illu miné de ses rayons, et pour récompenser sa Foi, il lui rouvrira les portes du Royaume du père !
« Voilà les orgicsde mes mystères : venez et deman dez l’initiation ! » En divisant ainsi sa règle en deux, si ce n’est en trois parties, l’une vouée à la propagation extérieure, au mouvement immédiat et diffus à travers les masses, l’autre en réserve, accessible seulement à la sélection, véritable Initiation pouvant, par la marche des faits et la suite des temps, déterminer un mouvement constitutif capable de mettre organiquement en ordre les sociétés évangélisées, Jésus, en cela comme • • en tout, a été d’accord, non seulement avec la Vérité de toutes les Initiations, mais avec la Sagesse de tous les Initiateurs.
Ainsi agit Moïse, en réservant à la tradition orale et à un corps constitué spécialement les.clefs de ses œuvres écrites, les Mystères cosmogoniques du Père. Ainsi agit Orphée ; ainsi Pythagore distingua sa
48 l’initiation règle en purification et en perfection, Katharsis et r-n r • <* . * Teleiotes.
Ainsi enfin, derrière tous les autels des anciennes sociétés civilisatrices, la culte couvrait la religion, celle-ci la vérité, la hiérarchie triple en Grèce, quadru ple en Égypte des sciences et des arts, leurs canons sacerdotaux ; et toute cette vue sur la perfection, toute cette synthèse, toutes ces clefs précises de la connaissance de l’Art et de la Vie, n’étaient si soi gneusement gardées du monde profane que pour demeurer insaisissables à la profanation, à la tyran nie du vulgaire, à l’anarchie des opinions.
Tel est le secret de la forte constitution de la société, de la famille, des caractères dans les répu bliques grecques et romaines et dans les royautés sacerdotales qui les avaient précédées. Avec la désuétude et le discrédit des mystères, vin rent l’anarchie sociale, la discorde civile, la nécessité de l’empire opposée à l’ancienne liberté.
Depuis de longs siècles, dans la chrétienté, les mystères si nettement indiqués par saint Cyrille se sont un peu voilés; aujourd’hui, conservés à l’état nominal derrière les sacrements, ils sont devenus purement fictifs pour la société laïque. L’esprit de la promesse doit s'occuper de parfaire ce qui est, beaucoup plus que de le critiquer ; aussi glissant sur les causes de ce fait capital, nous irons droit aux plus grosses conséquences.
Les sciences, les arts, la nature, la vie, sont désor mais abandonnés au monde profane, et celui-ci est, dans cet ordre de choses, sans recours religieux et
LES SEXES ET L’AMOUR 49 intellectuel, soit contre ses propres profanations, soit contre ses ignorances, soit contre ses inconsciences. Que cela ait dû être, on peut l’admettre ; mais que cela doive être toujours, on ne peut répondre par l'affirmation, lorsqu’on a examiné et médité sérieusement une question sociale de cette impor tance.
Presque toutes les facultés dont peut disposer la perfectibilité humaine, après s’être lentement libérées » de la tutelle de l’Eglise, sont armées désormais de la plupart de leurs moyens d’activité ; mais leurs prin cipes, comme leurs fins d’association et de synthèse leur manquent, ainsi que les méthodes diverses qui peuvent déterminer les lois de leurs rapports hiérar chiques.
Cette revendication complète de l’esprit humain abandonné à lui seul dans l'activité générale de ses facultés, s’étant faite en dehors de l’Église et malgré elle, s’est retournée contre elle. Cette revendication s’est faite au nom de la nature, l’oppose à Dieu et à ses cultes, et aboutit en poli tique, ainsi qu’en sociologie, à un mouvement anti religieux, indéfini, vers un but socialement indéter miné.
Elle enveloppe les Églises, et isole le monde social qui s’y rattache du courant général des idées et des faits ; évoquant les miracles" de l’industrie, elle entraîne et passionne les esprits, agite le mirage du luxe et des poésies de la matière, excite la vie à res saisir tous ses droits, souvent au prix de ses devoirs, déploie la féerie de la civilisation devant toutes les 4
5o l’initiation concupiscences de ¡’instinct, et tend à créer dans le monde chrétien un ébranlement général qui pourrait en détruire les assises religieuses et sociales, mais qui ne paraît pas disposé à les remplacer. Voici, dans son cadre général, le tableau des oppo sitions qu’offrent à relever en Théologie le Christia nisme moderne et la Chrétienté contemporaine. I A la Genèse, Version des Septantes dans l’Église grecque. Version de saint Jérome dans l’Égliise latine, Traductions faites sur ces traductions dans les langues des Églises nationales ou simple ment protestantes, le Naturaliste oppose une contre-Genèse^ à partir des deux premiers mots qui entraînent la négation du reste. Ainsi à la Genèse s’oppose une... ......................................................A nti-Genèsé.
LES SEXES ET L’AMOUR 5ï II Au Décalogue, (Mêmes versions de traductions), brisant le lien religieux dont Moïse avait rattaché à la Loi divine la règle morale des Devoirs considérés par lui comme la règle des Droits, le Naturalisme oppose sous diverses dénominations Droits de f Homme, Droits naturels, Libre conscience, raie indépendante, Un Contre Décalogue : .........................................L'A nti-Décalogue. IJ! A la Théologie, Non seulement chrétienne, mais au Talmud aussi bien qu’au Koran, le Naturalisme
$2 l'initiation Niant toute action divine dans l’Etat social, toute science divine dans la Science oppose une contre Théologie.
IV A la Promesse Qui forme la grande réserve organique du Christianisme (et par lui peut-être d’Israël et de l'Islam) qui, appuyée sur le Sépher Bœreshith, peut, au nom des Prin cipes, qui y sont ren fermés, déterminer les Fins terrestres et célestes de l’État social, le but parfait de la Perfectabilité, le Naturalisme supprimant la Perfection en avant comme en arrière, dans les Fins comme dans les Principes,
LES SEXES ET l’aMOUP 53 oppose une Contre, Promesse : ....................Le Progrès indéfini. . . . . ï Anti-Promesse. Chacune de ces quatre divisions embrasse, dans sa synthèse, toute une hiérarchie de degrés par lesquels, au nom du Naturalisme expérimental, 1* Anti-Genèse s’oppose à la Genèse. VAhti-Décalogue au Décalogue. VAnthéologie à la Théologie. Y Anti-Promesse à la Promesse.
Des tableaux similaires sont prêts qui, par la suite et s’il y a lieu, pourront, tout aussi nettement, indi quer les oppositions politiques et sociales, civiles et familiales, qu’engendrent dans F État et dans la So ciété, dans la Cité et dans le Foyer, ces antagonismes théologiques et rationnels.
Ainsi, l’Esprit humain dans la Chrétienté est par tagé en deux camps sur lesquels plane, comme les Dieux divisés sur les héros grecs et troyens, cette double doctrine.
Les faits politiques et sociaux portent et porteront de plus en plus l’empreinte, subissent et subiront de plus en plus l’action de cette bataille idéologique, véritable guerre civile des esprits, entraînant l'anar chie des hommes et des choses en bas, le règne de la force en haut. J ai cru longtemps qu’il fallait cette guerre, ne voyant pas nettement la possibilité d’amener la paix et de l’organiser. De longs travaux, de plus longues méditations
l'initiation 54 encore, m’ont donné la certitude que la paix est pos sible.
Après avoir prouvé plus haut que, dans la Primi tive Eglise, le Christianisme avait toute une réserve de doctrines et de mouvement connue sous le nom de Mystères,il restera à indiquer comment, à ce titre, il peut accepter ce que les Sciences naturelles renfer ment de vrai, ce que les revendications de la Vie peuvent avoir de fondé, et non seulement satisfaire intellectuellement aux exigences de la Chrétienté contemporaine, en fait de Progrès réel, mais même dépasser de beaucoup dans la réalisation organique de ce Progrès, le rêve caressé par ces confuses espé rances.
Oui ou non, le Christianisme est-il autorisé par ses textes, par la lettre et par l’Esprit des deux premiers Testaments à reconnaître la Nature comme une Puissance, à discerner ses. Droits dans l’Univers et dans PÉtat-Social, à rectifier et à parfaire tout ce qui, dans la Science, dans l’Art et dans la Vie, émane d’Elleet porte la marque de son Autorité sur la Sub stance organique des êtres et des choses.
Oui, C’est dans la hauteur théogonique de la question des Sexes, au fond et au sommet des Mystères du Père, qu’il faut chercher la clef de ce problème capi tal. C’est à Moïse que la chrétienté, Israël, l’Islam, doi vent demander cette clef de la promesse d’une orga nisation définitive; car c’est dans le sens hiérogly phique du texte hébreu de sa Cosmogonie que sont
LES SEXES ET L’AMOUR 55 scellés trois fois ces Mystères du Père, que la Primi tive Église réservait à l’initiation, Jésus à l’accomplis sement dernier de la Révélation. Tout d’abord, en ouvrant le texte en hébreu, et même en y portant la lumière de la Tradition, il semble que l’auteur du Sépher Bœreshith ait laissé dans le vague le problème théogoniquedes Sexes.
Son admirable Cosmogonie, différente de la Genèse vulgaire, justifie à chaque mot son titre par une Science absolue des principes en acte dans l’uniw 9 vers, en action dans l’Etat-Social ; mais, sur la Divi nité même, elle ne jette aucune lumière théogonique.
Aussi les Sexes demeurent inexpliqués dans leur principe, mal définis dans leur finalité, opposés à jamais, voués, en Religion comme en sociologie, soit à l’avertissement de l’un par l’autre, soit à une reven dication de liberté, pire que l’asservissement.
La théogonie seule pourrait résoudre dans ce pro blème, qui tient autant de place dans la Constitution organique de l’univers que dans celle de l’Etat-Social, mais malheureusement la chrétienté, Israël, l’Islam, n’ont à la base de leurs othodoxies respectives qu’une cosmogonie ; ils n’ont pas de théogonie.
Les principes et les facultés de la divinité envisagée en elle-même et non plus dans son action génératrice à travers l’univers, formaient neuf chapitres, dont le dixième commence la Cosmogonie, le Bœreshith. Pour quelle cause l’initié du temple égyptien, devenu l’initiateur des Hébreux, supprima-t-il ce livre et avec lui la science qui occupe le premier degré dans la hiérarchie des connaissances divines ?
56 l’initiation Une méditation approfondie de l’histoire des Cultes, F • des Etats, des sociétés de l’Asie et du littoral médi terranéen^ partir du schisme d’Irshon, peut donner à cette question sa réponse motivée et justifier de la profonde sagesse de Moïse. Il est des moments, dans l’histoire des sociétés, où la lumière doit être mén-agée à l’obscurité, de peur que les ténèbres n’éteignent la clarté.
Aujourd’hui, les circonstances générales, en Europe, sont loin d’être ce qu’elles étaient alors en Asie. Les sciences naturelles sont désormais trop répan dues, la vie a trop de mouvement en avant pour que les cultes puissent sans danger pour eux et pour l'État-Social, se borner plus longtemps soit à la protes tation, soit à l’inactivité intellectuelle.
L’Europe, lancée à toute vitesse dans la voie des progrès industriels, a besoin d’une lumière religieuse d’autant plus précise, d’une révélation intégrale ou définitive d’autant plus parfaite, que toutes les facultés de perfectibilité, bien qu’éclairées d’en bas, sont plus surexcitées.
C’est à la Religion èt aux cultes,qui ont en com mun la réserve des Mystères du Père> qu’il appar tient d’accepter ou de rejeter les données qui précè dent et celles qui vont suivre.
Les seules éléments théogoniques, renfermés dans la Cosmogonie commune aux trois cultes, doivent évi demment se trouver dans les noms employés par l’écrivain hiérographe pour peindre la Divinité soit statique, soit dynamique, soit dans sa propre consti- ’ tution. soit dans celle de l’univers.
LES SEXES ET L’AMOUR 57 Ces noms sont principalement Jéhovah et Œlohim, véritables hiéfoglyphes nominaux, qu’il faut savoir ouvrir avec les clefs voulues. Œlohim représente les puissances de la Divinité en action dans l’univers et dans l’État-Social ; Jéhovah la Constitution centrale de ces puissances. Œlohim appartient donc d’avantage à la cosmo gonie, Jéhovah à la théogonie.
C’est pourquoi, cherchant dans ces noms sacrés la clef de la question des sexes et du Mystère créa teur du Père, je ne m’attacherai qu’à l’hiéroglyphe de Jéhovah. Afin de laisser entr’ouvrir par qui de droit cet im portant mystère théogonique, je demanderai au pos sesseur autorisé de la Tradition orale de Moïse et des secrets du père, au Grand-Prêtre de l’ancien temple d’Israël, de formuler le sens caché. Il va répondre à travers les siècles.
En effet, une fois l’an et à une époque déterminée, le Grand-Prêtre, devant les prêtres assemblés, entrou vrait dans le sanctuaire le Tétragramme, et révélait le Schéma divin. Ainsi il disait : Iod-Hé-Vau-Hé! Les prêtres répondaient : Schem-hamm-phoras. Le Grand-Prêtre reprenait alors ; et c’est sur ce point que j’appelle toute l’attention des sages des trois cultes: Iod-Hévah ! (Ioud Châvah). Assemblées ainsi les lettres du Tétragramme signi fiaient :
58 l’initiation Masculin-Féminin. Et les prêtres répétaient : Schem-hamm-phoras. En français : Le nom est bien prononcé. C’est dans ce sens que Jésus-Christ disait : que votre Nom soit sanctifié ! Orphée, initié aux mêmes sanctuaires que Moïse, disait dans l’un de ses rituels : Zeus est l'Époux divin et l'Épouse parjaite.
De ce qui précède, il résulte que Moïse ne consi dérait pas l’unité de Dieu, en tant que Père, comme une abstraction, mais comme l’union absolue, infinie des deux puissances génératrices qui le constituent, Père des êtres et Créateur des choses. Je donnerai à ces deux puissances les noms qui leur correspondent dans nos langues. Èlernel-Masculin, Èternel-Féminin. Dieu. Nature.
Essence, substance. Œlohim, en français, Lui-Elle-les-Dieux, repré sente toute la hiérarchie des Principes, des Causes, des Forces organiques que Dieu déploie dans la Nature, que la Nature replie en Dieu, dans cette communion totale, dans cette union parfaite de leur essence, de leur substance, d’où résulte V univers. Saint-Yves d'Alveydré. [A suivre.)
Orphée et les Orphiques {Suite.) . La Théogonie orphique. LES DIX ÉMANATIONS DIVINES Sephiroths orphiques. Si nous étudions attentivement les hymnes orphi ques nous voyons d’abord qu’elles se succèdent non par hasard, mais d’après un plan mûrement réfléchi, établi et dans un ordre spécial, voulu.
La première hymne est une sorte de préface aux autres hymnes, une pièce liminaire pourrait-on dire, adressée justement à la Protectrice du Seuil (rpoOupaiaç), divinité ou idée-force qui s’adapte très bien à une pièce de début d’un recueil de poésies oc cultes (i). L’hymne deuxième est une invocation à la nuit, « NuÇ », à la « Nuit, principe de toutes choses » dit l’hymne, Nuit primordiale analogue au Chaos.
Que voyons-nous, d’autre part, au début de l’Argonautique d’Orphée? Nous voyons encore la Nuit, le ( i ) Le parfum consacré à ¡¿Protectrice du Seuil était le Styrax.
6o l’initiation Chaos, présenté comme le principe de toutes choses. Orphée dit en effet (vers 12) : « Je chantai... la Né cessité du Chaos primordial. » Donc, au début de la Création, au sommet de sa théogonie, Orphée place la Nuit primordiale, le Pre mier Chaos ( 1). Or, que voyons-nous chez les Egyptiens au point de départ de leur théogonie ?
Nous voyons Phta, dans sa période première (in principio : Bereshit) (2), considéré comme le Dieu Incréé (culte primitif égyptien). Nous voyons encore (culte égyptien de la seconde période) la divinité Neith-lsis, autre aspect de Phta (le Phta occulte) et qui n’est autre que la grande Nature primordiale. Rapprochez les mots Neith, NuÇ et Nuit et voyez leur filiation philologique.
Neith-lsis est cette divi nité que les Égyptiens plaçaient au principe de toutes choses et au sujet de laquelle Plutarque, dans son traité sur Isis et Osiris nous cite l’inscription, placée sous sa statue : Je suis tout ce qui a été, qui est et qui sera. Nul mortel na levé le voile qui me couvre.
C’est enfin le Parabrahm des Hindous, le Zervana- (1) Le parfum consacré à la nuit était la fumée des tisons couvant sous la cendre (BaXotç), image profondément sym bolique du feu {de la Force non manifestée) couvant dans le Chaos. (2) Bereshit : 2 Acte antérieur mais néanmoins actif.
T doué d’un mouvement propre sans cesse renouvelé et centrifuge N cten même temps stable,continu, unique mais potentiel ü se déployant du centre à la circonférence i par une manifesta tion éternelle et équilibrée ri dans son harmonie, tel est le sens kabbaliste du rPU/Nin qui fut traduit par les Septante par : In Principio.
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 61 Akerana de Zoroastre,l’Ælohim-Iévé avant lacréation active (Bereshit) de Moïse, l’Aïnsoph-Kether des Kabbalistes, le Diana Celui-que-jamais-l’on-ne-nomme de l’Occultisme celtique, l’Ancien des Jours, l’Esprit 9Eternel en un mot, hors le temps et l’espace, qui, lorsqu’il entre en action produit toutes les manifes tations de la nature sur ses trois plans.
A Donc l’Etre Suprême qu’Orphée place au début de sa théogonie et qu’il appelle : Kaios, Nuit; Chaos est A l’Etre primordial; c’est celui a qui Jacob Bœhme donne également le nom de Chaos et qui est pour lui le Mysterium Magnum, c’est-à-dire « Dieu considéré comme un abîme, comme l’essence de toutes les es sences ».
Mais cette Nuit, ce Chaos sont-ils chez Orphée la négation de tout principe créateur intelligent et pro videntiel dans la création, sont-ils le néant? Point du tout, car la Nuit, le Chaos génèrent l’Ouranos, le ciel ésotérique, le ciel intérieur de Bœhme opposé au ciel extérieur ou étoilé.
Et en effet, nous voyons l’hymne à Ouranos (i) succéder immédiate ment à celle de la Nuit primordiale et la voici : * Ouranos, ô générateur de tout ce qui existe, partie éternellement agissante du Kosmos, principe et fin de toute chose, ô Père universel, toi qui conduis (qui fait rouler), la matière (la terre (2)) dans des cycles immenses, toi,la demeure des dieux bienheureux.(3), (1) Le parfum consacré à Ouranos était l’encens. (2) Les mots' entre parenthèses sont la traduction mot à mot. (3) Les génies planétaires
L INITIATION 62 toi qui te traces un chemin dans les sphères infinies; céleste et terrestre à la fois tu gardes et enveloppes toutes choses et tu résumes en toi toutes les lois éter nelles de la nature, ô tout-puissant que rien ne peut arrêter et toujours multiforme, toi qui vois tout, ô Créateur de Kronos, toi le plus grand des génies, nous t'invoquons... ». Qu’est-ce donc que cet Ouranos, créateur ou père de Kronos ?
Ouranos n’est autre que le Warouna des hymnes védiques, le Dieu non manifesté, incréé, souverain du Ciel immense et lumineux, générateur et conser vateur de toutes choses, c’est surtout FÊtre suprême, la Cause primordiale sortant de la Nuit, de son Chaos pour emplir l’Espace infini (Ouranos) et engendrer le Temps éternel (Kronos) que les Romains ont appelé Saturne.
Et d’Ouranos et de Kronos naît alors l’élément principe, métaphysiquement mensurable et défini dans l’Espace et le Temps : FAither, FAkasa, FAorJa lumière astrale bipolarisée. Voici l’hymne orphique sur FAither dont le par fum était le safran.
« O palais céleste, toi qui formes et occupes l’em pire de Zeus, toi qui composes les astres, le soleil et la lune, Aither, dominateur de toutes choses, feu vi vant, souffle de tout ce qui vit, toi qui brilles dans les hauteurs du ciel, ô le plus parfait des éléments du Cosmos, germe suprême qui nourris les astres en leur portant ton ardeur splendide je t’invoque... * Voilà donc Félément principe de toutes choses;
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 63 mais l’Aither n’en est pour Orphée que la partie pas sive, matérielle, pourrais-je dire, qui ne peut exister sans qu’il ne soit animé par le Souffle intelligent in prème. Or ce souffle intelligent, ce spiritus mundi, ce Dio nysos Céleste, Orphée l’appelle protogononfTrpwroyovov), c’est-à-dire celui qui donne le premier la vie au monde (i).
Donc, pour Orphée, l’Ouranosel TAither n’etaient, jusqu’ici, que des éléments créés en potentialité, tout comme dans le Scpher Bereshit; mais voici que l’élément protogone, l’élément qui manifeste l’intel ligence universelle apparaît, et le monde est créé. Quel nom donne Orphée à cet élément?
Phanès, que les hellénistes ont traduit par La Lu mière, mais qui renferme un sens plus profond, comme nous le verrons quand nous étudierons les racines qui le composent. Quelle est la qualité de ce Phanès ? Sa manifestation ? Le chantre inspiré de la thrace l’appelle Èros. Et en effet dans \'Argonautika 9_ (v.
14) nous trouvons : « J’ai chanté... l'Eros, à sexe double (8c<pwqç) que l’on nomme Phanès. » Or l’Éros, c’est l’amour, la passion, le désir que nous retrouvons dans le Sepher Bereshit sous le vo- (1) Nombre d’auteurs ont traduit le KpwToydvov par: né le premier, en latin : primogenitum.
Il y a, croyons-nous, erreur, rpwcoyovov, avec l’accent sur l’omicron (0) de *p< *no signifie bien : né ou engendré le premier (même signification que zpüiToyEVTi;), mais rpœroyovov, avec l’accent sur la pénultième, comme on le * trouve dans les hymnes V et IX d’Orphée, signifie : qui donne le premier la vie, qui enfante le pre mier.
64 l’initiation [Juillet cable allégorique de Nahash : ardeur interne, appétante, passion entraînante de la vie élémentaire, principe intérieur de la Nature; seulement le Nahash de Moïse est l’ombre de l’Éros dans le monde phy sique, et nous pourrions traduire l’Éros d’Orphée par la Providence. Abordons l’étymologie du mot Phanès. Jablonski (t. I, p. 372) dit que ce mot était égyptien : Alyurrou puu Octptç ’tyœ Muctojv «fravaxT,;.
« Je suis le même qu'Osiris égyptien, le Phanacès des Mysiens. » Ausone, dans Fépigramme 29 de son œuvre, écrit également : Egypti quidem Osiris ego sum, Mysorum vero Phanacès qui est la traduction presque littérale du passage de Jablonski. Et dans une autre épigrammc du même auteur, nous relevons : Ogygie, Bakkos m'appelle ; L’Égyptien me croit Osiris : Les Mysiens Phanacès me nomment ; Les Indiens Dionysos m’estiment... Diodore de Sicile (tiv.
I, chap. XI) est plus expli cite encore ; il écrit ; % « Quelques-uns des anciens mythologues appellent Osiris : Bakkos, et lui donnent aussi le nom de Sirius (1) et de ce nombre sont Eumolpe (2) qui dans ses vers bacchiques s'expriment ainsi : <i) Voir pour le nom de Bakkos donné à Osiris : Hérodote, liv. Il, chap. XL1V, et Plutarque : Traité d'Osiris et d'Isis. (2) Fabricius, Bibl. grecq., t. I, p. 38.
65 igog] ORPHÉE ET LES ORPHIQUES L’astre brillant de Bakkos étincelant de rayons enflammés. Dionysos lui-même est appelé Phanès (i). > Ce fragment d’Orphée, cité par Diodore de Sicile, se trouve dans les Saturnales de Macrobe (liv. I, ch. XVII). Dionysos et Osiris étant la même divinité, Phanès qui est Dionysos est donc le même qu’Osiris.
Suivant Jablonski et Ignace de Rossi (Éfymol.œgypt., p. 23o), le mot égyptien Phanès est le synonyme de ctüjv (i) : éternité. La théologie de presque tous les peuples orientaux fait mention de l’Aion né de la Nuit et de l’Aither que nous retrouvons dans la théo gonie orphique.
Toutefois nous croyons que le mot Phanès est venu de la racine égyptienne PH que nous retrouvons en hébreu nd et qui présente le caractère de tout ce qui est apparent, qui frappe d’abord la vue, qui brille au dehors, et de la racine NA en hébreu ja qui indique toute idée de jeunesse et de nouveauté, toute idée de fraîcheur, de grâce, de beauté nouvelle découlant de celle que l’on se forme d’une production récente.
Quoi qu’il en soit, Phanès est le principe lumineux (éthéré) de toutes les choses qui nous apparaissent, (1) «pavrjTŒTi (au superlatif) traduction littérale : Le plus brillant. (2) Nous ne pouvons nous étendre ici sur le mot aion que nous retrouvons chez les gnostiques. Clément d'Alexandrie appelle le Verbe (identique à Phanès) l’Eon éternel. Synesius (hymnes III, V. 162) dit que le Verbe est l’Eon qui ne vieillit jamais. Voir encore Damasien, De orthod. fid.\ Tatian, Orat, cont., n* 35; Eusébe, De Laud. Constant, p. 606. 5
66 l’initiation c’est le cri de la Lumière de la Vision d’Hermès et Lactance (lib. I.cap. V,Defalsareligioue) partage cette opinion : «... Orphée, qui est le plus ancien des poètes et l’égal de ces mêmes dieux, nomme Phanès vrai Dieu et le grand protogone, parce que rien n’existait avant lui, parce qu’encore rien n’était et qu’il est apparu le premier hors de l’infini... » Macrobe partage les mêmes opinions et dit que Phanès est la lumière, le premier rayon qui jaillir du Chaos pour l’environner de son éclat. Combes Léon. (A suivre.)
67 Le Magnétisme du globe. (Suite.) Croyez-vous aussi que le troisième fait historique de même nature, et à peu près de même importance, la conversion de Constantin, tombe par hasard en 312 (i860), l’année centrale même de l’époque de reconstitution romaine et de constitution du catho licisme? Si vous croyez cela, vous avez une forte dose de néo-arianisme. Quoi qu’il en soit, la situation respective territoriale actuelle des Celtes et des Ger mains, après vingt siècles de luttes sanglantes, prouve qu'au point de vue exclusivement territorial, le ter rible jeu des batailles est un jeu d*autant plus sot, d'autant plus inique et d'autant plus cruel, qu'il ne conduit à aucun résultat définitij de quelque impor tance ou de quelque durée. Elle prouve que l’esprit de conquêtcest une manie, quand il ne provient pas d’un excès d’énergie physique et morale destiné à produire un résultat moral humanitaire. H prouve que f annexionisme n'est qu’une dangereuse maladie. Un coup d'œil impartial jeté sur l’histoire, en dehors de toute préoccupation théorique, prouve que les na tions ont vieilli et vécu comme les hommes. Il montre que la nation qui a fait ses premières pé
68 l’initiation riodes quinquaséculaires a atteint son apogée sous tous les rapports; qu’elle a fini sa période quinquaséculaire comme tête humanitaire; qu elle commence son deuxième terme, dans lequel aucun peuple n’a jamais fait de conquête territoriale.
Un peuple qui finit son premier terme est d’ailleurs généralement assez grand, assez puissant, assez glorieux pour ne plus rêver ni agrandissement (qui serait un danger pour lui) ni puissance (qui ne vaudrait plus celle qu’il a possédée) ni gloire (dont il est saturé).
Le peuple qui commence son deuxième terme a d’ailleurs bien autre chose à faire que de songer à l’ex térieur ; il doit atténuer dans son sein les effets moraux délétères de sa dernière phase de dissolution, effets que jusqu’à présent on n’est parvenu à détruire entiè rement nulle part. Il doit empêcher le rhéteur et le sophiste de multi plier à l’excès et de détruire le fonds moral que la dernière époque de corruption a laissé subsister.
Aucune puissance n’est éternelle. Le peuple, quand sa mission est terminée,doit, aussi bien que l’homme qui a fini la sienne, céder sa place. Le peuple qui se met hors des lois naturelles et qui pèche contre les lois morales, est puni aussi bien que l’homme qui trans gresse ces mêmes lois. Le peuple est puni, fût il le plus puissant de la terre ; eût-il des millions de soldats, et ces millions de soldats fussent-ils les plus aguerris du monde.
Si ces soldats n’ont plus de rivaux en organi sation tactique et stratégique, si leurs victoires anté rieures doublent leurs forces par la confiance qu’ils ont en eux et dans leurs chefs ; si leur prestige seul
LE MAGNÉTISME DU GLOBE 69 décourage les plus solides de leurs adversaires ; le champest là! Qu'il s’appelle Marathon, Capoue, Mor garten, Sempach, Granson, Morat, Bouvines, Orléans, Denain, Valmy, Leipzig, Quatre-Bras ou Waterloo, il saura tremper les nerfs et multiplier la valeur du faible, énerver et paralyser le fort; il donnera la vic toire à l’un pour humilier l’orgueil de l’autre et punir son iniquité.
Le champ du châtiment touche à celui du crime. Dieu punit le fort comme le faible; il en a les moyens physiques; il les emploie à l’heure et au moral, pas plus que dans le monde physique, dans l’un comme dans l’autre, la réaction répond à l’action ; tel acte, telle récompense.
Obéissance à la loi divine, chrétienne, de la fraternité universelle ou gare l’heure et le champ \ Si c'est du fatalisme, je suis fataliste 1 L’esprit de conquête et l’annexionisme, cette manie et cette maladie, se montrent de temps en temps, ça et là, comme des bouffées de vapeur sortant de cratères mal éteints, et menacent le repos de l’humanité. C’est alors, en général, le seuil celto-teutonique qui est en jeu.
Ce seuil que les Celtes ont dû conquérir pied à époques de leur plus grande expansion, au delà l’époque de la plus grande force expansive; ce seuil en deçà duquel les Teutons les ont toujours refoulés alors qu'ilsétaient dans desconditionsd’infériorité physique et morale ; les Celtes, s’il faut en croire quelques con quérants maniaques et quelques annexionistes ma lades, le franchiraient aujourd’hui définitivement d’un
l'initiation 70 bond pour s’emparer de toute une sous-région des Basses-Teutonies, sous prétexte d’aller prendre une limite de fantaisie créée par le premier chef celte qui a envahi les Teutonies. D’après ces maniaques et ces malades, les Teutons laisseraient faire —aujourd’hui qu’ils sont dans des conditions physiques et morales au moins égales à celle des Celtes — ce qu’ils n’ont pas permis dans leurs conditions d’infériorité.
Ils se laisseraient enlever huit millions des leurs parmi lesquels les premiers et héroïques défenseurs du seuil celto-teutonique ; ils verraient entraîner ces frères dans l’orbite rétrograde d’un peuple quicommence son deuxième terme ; ils les verraient participer aux vicissitudes de ce deuxième terme, alors qu’ils n'ont pas participé à la gloire, et à la puissance du premier.
C’est insulter les Teutons;c’est les accuser de lâ cheté, ou supposer qu’elles renferment des traîtres l Or, le sol teutonique expulse les lâches et punit les traîtres.
OBJECTIF RÉEL DES PRINCIPAUX MOUVEMENTS GUERRIERS a Si le résultat des luttes guerrières au point de vue des conquêtes est si minime, ces luttes doivent avoir d’autres buts, et c’est en effet le résultat moral civili sateur religioso-politique qui en est l’objectif princi pal ; car tous les mouvements guerriers des grandes phases d’actions durant lesquelles s’accomplit le progrès universel, sont religioso-politiques.
LE MAGNÉTISME DU GLOBE Les mouvements guerriers sont souvent plus religioso-politiques qu’ils ne le paraissent. Toutes les expansions guerrières peuvent se ranger dans quelques classes bien définies.
On peut établir leur classementsur l'organisation du noyau de l’huma nité: ¡° Les peuples en première période provoquent les luttes pour développer leur hégémonie et imposer leur domination aux sous-régions et aux sous-races congé nères ; 2’ Les peuples en deuxième période imposent leur influence au noyau humanitaire; ils débordent pour répandre leurs idées, et font dans ces débordements des conquêtes pour éleverleniveau moral des peupleschefs à venir.
Tous les peuples-chefs ont subi deux périodes quinquaséculaires de domination des peuples-chefs anté rieurs, avant de devenir autonomiques ou maître d’eux-mêmes Chaque période de civilisation est le produit des deux périodes antérieuresqu’elle continue.
Les Grecs ont continué les Égyptiens et les Juifs-Phé niciens ; les Romains proviennent de colonies juives phéniciennes et grecques; les Franks furent conquis parles Romains îlescatholiquesfurentGréco-Romains; la France, ou le plateau celtique, subit la domination romaine et franke, et l’Angleterre fut successivement sousle joug teutonique des Anglo-Saxons et catholico-monacal des Normands.
Les peuples en troisième période défendent leurs possessions acquises et cherchent à maintenir le plus longtemps possible leur supériorité et leur influence.
72 l'initiation Les peuples en quatrième période luttent contre la dissolution.
Ajoutez à cela les mouvements des peuples placés en avant de la civilisation, qui se précipitent au-devant de l’humanité comme pour arrêter le mouvement, et ceux des peuples en arrière d’elle qui se jettent sur les populations et les régions qui ont fini leurs termes de civilisation; ajoutez ces mouvements de flux et de reflux des populations provoqués par chaque déplace ment quinquaséculaire du noyau de l’humanité, et vous aurez à peu près tous les genres de mouvements guerriers.
Tous ont leur importance relative et se présentent à des époques et phases déterminées correspondantes qui se reproduisent périodiquement. Les mouvements guerriers les plus importants sont ceux dans lesquels est engagé le peuple régnant et conducteur en deuxième période. Le peuple en deuxième période est à la tête de toutes les luttes vraiment humanitaires, celles dont le but est moral et religioso-politique.
Les principales actions se trouvent dans la dernière grande phase d’action de i5io à 1647, de Luther, Calvin et François Vr à Richelieu, Louis XIII et Gus tave-Adolphe ; puis dans latransformation 1767-1799, suivie de la période seizennale 1799-1815 de clôture de la période séculaire. Les luttes qu’engagent les peuples en première pé riode pour développer leurs hégémonies sont res treintes et régionales (Schleswig-Holstein). La plupart des luttes se font au bénéfice des peuples
LE MAGNÉTISME DU GLOBE en première et deuxième période et au préjudice des numéros trois et quatre. Les débordements des peuples-chefs sont humani taires ; c’est pour cette raison que ces débordements ont lieu dans la phase des plus grandes activités et des plus grandes énergies physiques et morales.
Les peuples se maintiennent généralement durant toute leur période de gouvernement dans les conquêtes faites durant leur plus grande action et leur plus grande énergie; quelquefois ils sont refoulés immédia tement. Les expansions guerrières les plus énergiques et les plus prolongées sont celles des apogées de Sémiramis, Ramsès, Salomon, Périclès, Trajan, Clotaire II, Godefroidde Bouillon, Saint-Bernard, Louis XIII et Louis XIV.
Les expansions les plus vives el les plus étendues sont les dernières de Valérien, de Charlemagne, de Boniface VIII et de Napoléon Ier. Les peuples en troisième période ne débordent plus ; ils n’ont plus à la disposition de l’humanité que des rhéteurs et des sophistes ; ils sont d’ailleurs saturés de gloire et de victoires ; ils sont suffisamment puissants et influents pour n’avoir rien à craindre ni à désirer.
Ils doivent, sinon éviter les conflits, au moins ne pas les rechercher. Surveiller leur moral, doit être leur préoccupation dominante sinon exclusive. Les mouvements guerriers des phases immorales de dissolution sont politiques et destructeurs pour les • peuples qui doivent sortir du noyau de l'huma nité.
74 l’initiation PROGRES RELIGIOSO-POLITJQUE UNIVERSEL Le progrès religioso-politique universel que les mouvements guerriers eurent pour objet de faciliter, et de propager dans les différentes périodes humani taires est facile à saisir et saute aux yeux dans les grandes phases humanitaires, soit qu'on examine les missions des religioso-philosophes, soit qu’on ana lyse les résultats des mouvements guerriers.
Tout le progrès des quatre dernières périodes humanitaires se trouve dans les quatre mots qui désignent très bien les organismes politiques, les peuples ou les hégémonies qui sont aujourd’hui en présence dans le noyau de l’humanité : 1 La Prusse, — Teutonisme ; 2 L’Angleterre, —Anglicanisme ; 3 La France. —Gallicanisme \ 4 La Papauté, — Catholicisme.
Durant la dernière période humanitaire, le gallica nisme eut pour compétiteur le catholicisme, auquel il venait de succéder. Il lui arracha le Teutonisme saxo-prussien et prépara l'avènement de celui-ci comme numéro un actuel. L’anglicanisme fut créé par son chef politique au début de la grande phase, à peu près au centre de l’époque religieuse de la rénovation.
Celle-ci com mença parla manifestation de la supériorité incon testée du gallicanisme, par la création de l’anglicaLE MAGNÉTISME DU GLOBE yS nisme et par les débuts du Teutonisme futur. Ces créa tions se fixèrent, se complétèrent et s’établirent défi nitivement durant l’apogée universel.
François l’r et du Bellai ; Henri VIII et CranmerKnox ; Frédéric le Sage, duc de Saxe et Luther; Charles-Quint et Adrien VI donnent l’impulsion au mouvement moral, religioso-politique de la période à son entrée dans la grande phase d’action. Louis XIII et Richelieu, Cromwell, GustaveAdolphe et Oxenstiern, Ferdinand II et Innocent III terminent le mouvement.
Le mouvement moral de l’humanité fut avant le Christ la préparation du terrain pour recevoir l’idée ou la loi morale de la fraternité universelle ; depuis l’apparition de cette loi, le mouvement consiste dans le développement de ses conséquences théori ques et pratiques : La période romaine répandit la loi morale. La période franke l'implanta en extirpant le paga nisme parle fer.
La période catholique la fit vibrer dans toutes les poitrines et l’y enracina de façon à la mettre à l’ave nir à l’abri de toutes les subversions. Le gallicanisme de la période française affranchit l’idée chrétienne au premier degré, au temporel uni versel, mais avec asservissement régional, et en fit la première application pratique sociale et politique : ï égalité devant la loi comme devant Dieu.
En même temps il prit sous sa protection le Teutonisme nais sant, ou l’affranchissement de l’idée chrétienne au spirituel et au temporel, pendant que l’anglicanisme
l’initiation 76 ou l’affranchissement du spirituel et du temporel uni versel avec asservissement régional, se fit par ses propres forces. La préparation du terrain pour recevoir la semence chrétienne commençant avec Moïse (qui remplità lui tout seul la grande phase humanitaire égyptienne, concurremment avec Ramsès, le chef du grand éclat, qui, termine cette phase), est continuée par la grande phase juive de Samuel-Saül, David et Salomon.
Dans la grande phase de la troisième période humani taire, celle qui précède le Christ de cinq siècles, et qui commençant, avec Daniel-Cyrus et PythagorePisistrates, finit avec Esdras-Artaxercès et SocratePériclès, la préparation se dessine largement avec ses caractères essentiels.
Le développement de l'idée chrétienne de la fra ternité universelle, de l'union et du concours de toutes les forces humanitaires, physiques et morales, constitue le progrès intellectuel ou moral, dont toutes les améliorations matérielles sont des consé quences naturelles et immédiates.
Dans les différentes périodes qu’elle a traversées, l'idée chrétienne a pris les voies les plus courtes pour se propager le plus vite et s’étendre le plus loin pos sible, et pour se faire surtout appliquer. Son application exigeait une parfaite intelligence et un milieu social saturé de sentiments chrétiens; c’est à cette saturation que furent employées les trois dernières périodes séculaires.
Le degré de saturâtion que chaque période fournit est dans les milieux sociaux qu’elles ont légués les unes aux autres et qui
LE MAGNÉTISME DU GLOBE 77 furent créés par les derniers grands éclats, dont ils sont les objectifs rcligioso-politiques. Le degré de saturation obtenu dans les périodes successives se trouve donc dans les milieux sociaux créés par Aurélien.
Probus et Valérien à la fin de la période romaine ; par Charlemagne à la fin de la période Franke; par Boniface VIII à la fin de la période catholique, et par Napoléon Ier, grand chef final de la période française.
C’est dans ces milieux que les constituants et orga nisateurs Constantin et Clovis, Grégoire IV et Gré goire VII ; Philippe de Valois, Edouard III, Fran çois 1er et Henri VIII ; ainsi que les Constantin, les Philippe de Valois et les Edouard III d’aujourd’hui, ont taillé les organismes politiques des périodes sui vantes.
Il a donc fallu et il faudra encore bien du temps et des peines pour faire comprendre et appliquer la loi de l’attraciion morale universelle ; pour saturer suffi samment le milieu social du noyau actif de l’huma nité, du sentiment de l’amour de Dieu et du pro chain, de façon à lui faire produire exclusivement de bons fruits chrétiens, tels que la christianisation du temporel ou la fraternité civile ou l’égalité de tous, devant la loi, qui est un des produits de la période gallicane et de l'affranchissement préalable, pendant cette période, de l’idée chrétienne au temporel.
Le deuxième produit de la période gallicane est l’appli cation du verset de l’Evangile : Cet « Évangile ira prêché par toute la terre ». L’Evangile ne continuera donc pas à être imposé par le sabre, par la hache ou
78 l’initiation par le bûcher, comme il le fut dans ses deux pre mières périodes franke et catholique. Cela s appelle aujourd’hui, improprement, la liberté de conscience] car cette liberté ne peut être qu’une tolérance reli gieuse.
Or, la tolérance religieuse n’exclut nullement une réprobation publique de sots et ridicules indi vidualismes quand ils essaient de rivaliser avec la loi primordiale, universelle, unique de la fraternité chrétienne, de l’attraction morale ou de l’amour de Dieu et du prochain ; seule loi morale possible, loi qui a conduit et qui continuera à diriger l’humanité malgré toutes les phases de dissolutions épicuriennes et voltairicnnes, malgré toutes les époques de trans formations stoïques et sceptiques qui les suivent, malgré toutes les faiblesses éclectiques ; malgré les indifférentismes, les empirismes, les égoïsmes, les individualismes, les industrialismes et toutes les nuances du naturalisme ou du rationalisme maté rialiste et sensualiste, quels que soient leurs noms, qui grouillent dans les milieux sociaux à la fin des périodes humanitaires.
La tolérance religieuse n’exclut nullement une reconnaissance morale, publique et officielle de la loi morale. Un peuple digne du nom de chrétien reconnaît la loi morale, ne l’impose à personne et fournit à tous les moyens d’apprendre à la connaître. Il va de soi qu’un peuple chrétien ne permet à personne d’ensei gner les fausses décrétales au lieu de préceptes de ï Évangile. Les mouvements politiques et guerriers importants
LE MAGNÉTISME DU GLOBE 7g des peuples sont donc généralement moraux et religioso-philosophiques. Ce dernier caractère, fortement accusé dans toutes les grandes phases d’actions, pa raît moins accusé dans les phases finales, matéria listes et sensualistes des périodes humanitaires et particulièrement dans le dernier grand éclat, lorsqu’il règle les comptes de la période, en créant le milieu social sur lesquels doit régner le système suivant.
Les missions religioso-politiques et guerrières de Charlemagne et de Boniface VIII sont suffisamment apparentes. Celles de Valérien, d’Aurélien et de Probus, se dessinent immédiatement après eux, dans Constantin et plus tard dansClovis. Celle de Napoléon Ier est dessinée dès à présent. Ce conquérant a épanché dans toutes les régions européennes les principes de la christianisation du temporel, de la fraternité civile, de l'égalité devant la loi.
Ses concordats sont les compléments définitifs de la pragmatique sanction de Bourges du préorga nisateur Charles VII, du concordat de i5i5 (année du début de l’organisateur François Ier) et de la dé claration du clergé de France qui, en 1682, clôture l’apogée gallican; ce sont les derniers actes authen- • » tiques du règne et du triomphe du gallicanisme qu’elles complètent.
Les mouvements guerriers qui n’ont pas d’objectif politico-religioso-philosophique sont sans importance et condamnables. Les épopées militaires peuvent chatouiller certaines fibres nationales, mais elles ne méritent pas généra lement l’attention qu’on leur accorde.
80 l’initiation J’ai cité les mouvements guerriers de flux et de reflux des peuples qui, marchant à la tête ou à la queue de la civilisation, se jettent sur les peuples naissants et sur ceux qui expirent. Ces mouvements sont généralement très considérables et parfaitement caractérisés.
Les flots guerriers, qui suivent le noyau actif de la civilisation pour détruire les parties de ce noyau qui doivent sortir du mouvement, ont leur centre d’expan sion en Perse, immédiatement à l’est du premier centre de civilisation connu. Ils grossissent au fur et à mesure qu’ils roulent derrière la civilisation, ou en d’autres termes, ils grossissent, comme l'avalanche, avec les espaces parcourus.
Ils furent successivement Perses, Mahométans et Mongols. Comme tous les mouvements destructeurs', ils sui vent les apogées et se présentent de préférence dans la phase de la dissolution morale. Les Sarrasins furent arrêtés par Charles Martel, à Tours, en 732 (1764), quatre ans avant là fin de la phase.
La victoire de Sobiesky sur les Turcs est de i683, elle suivit d’environ 35 ans les derniers apo gées de l'Europe centrale et ouvre la phase de disso lution, l’annéedeclôturede tous les apogées européens. Le flux guerrier immerge généralement la tête de la civilisation après la Constitution d’une nouvelle tête, durant la phase qui sépare cette constitution de la préorganisation, durant celle-ci et la phase qui la suit. Attila, en 433 (1465), suivit de très près la préorga nisation franke.
LE MAGNÉTISME DU GLOBE 8l Les invasions normandes et hongroises de la préor ganisation catholique sont assez exactement corres pondantes avec les courses d’Attila. Les défaites des Normands à Maëstricht et à Louvain, en 891 (1407), tombent au début de la préorganisation : celle des Hongrois, en 933 (1449)» clôture cette époque. La dernière incursion des Normands, 924 (1440), clôture plus exactement encore l'époque d’ordre ou de préorganisation. La dernière invasion hongroise en Bourgogne suit de près, en 936 (1452). Capitaine Bruck. (A suivre)
PARTIE LITTÉRAIRE LES CATHÉDRALES Une masse s’élève en une forme sombre. Elle apparaît immense et semble dominer, Tout être que vers elle on voit s’acheminer Et chercher un abri tout près de sa grande ombre. Pourquoi toutes ces tours, pourquoi cet ornement ? A quoi bon cette flèche et surtout ces sculptures, Ouvrages insensés, bordant cent ouvertures Où le jour, malgré tout, passe péniblement ?
Dans cet amas de pierre en gigantesque idole, L’homme a voulu fixer à jamais un esprit ; Le rêve de sa foi est désormais inscrit Sur ce sombre édifice en un pauvre symbole. Il a cru dans ces murs condenser l’absolu, En y réunissant richesses et trésors ; En mariant le marbre au mirage des ors, Le mystère insondable a semblé résolu.
En construisant ainsi ce monument à flèches Il a figé son cœur et pétrifié son âme, Frappant d’arrêt fatal tout élan de sa flamme ; Pour symboliser Dieu les pierres sont bien sèches. Monstres d’architecture où le génie humain S’épuisa tout entier pour vous faire apparaître, L’homme vous inspira, car lui seul vous fit naître, Et votre immense orgueil ainsi reste-t-il vain.
Qu’on vous nomme abbaye, église ou cathédrale ; Qu’on trafique avec vous partout l’être infini, Qu’en dehors de nos murs vous le crussiez banni Il n’a que faire, hélas ! d’une aussi pauvre salle. Assemblage de bois, de roc et de ciment,
LES CATHEDRALES Nous n’êtes importants qu’autant qu’on vous l’accorde. Pour prier l’humble tente attachée à la corde Est grande autant que vous, plus noble infiniment, Vous inspirez l’effroi, vous engendrez la crainte; Vous croyez être tout, lors que vous n’êtes rien Qu’un morceau de granit, reste du temps ancien, Qu’on a voulu doter d’une puissance sainte. Que devient-il de vous en voyant une fleur ?
Vous demeurez inerte alors qu’elle est la vie Exhalant alentour la puissance infinie Comme un divin reflet de l’Etre Créateur. Abris d’obscurité, temples de l’idolâtre Vous pouvez retenir en vous, silencieux Des dogmes absolus au ton sentencieux, Des idoles de bois, des fétiches de plâtre.
Puisque l’homme vous fît, restez en son milieu, Conservez son empreinte, étant sa créature, Car jamais vous n’aurez la voix de la nature : Vous n’êtes que du roc ; la nature, c’est Dieu. E. Amet Langeais, 24 mai 1909
Service expérimenta! de l’École Hermétique. A l’ouverture de la sessicfn prochaine il sera établi à l’École Hermétique un centre d'expérimentation sous la direction du professeur Quintor. Dans ce centre seront contrôlées toutes expériences touchant l’occultisme, et leurs résultats publiés dans 17mtiation.
Les personnes désireuses de voir mettre au jour et ex périmenter leurs découvertes sont priées de s’adresser di rectement au professeur Quintor (École Hermétique, rue Séguier, i3). De plus auront heu à l’École des Cours pratiques et d’application de l’occultisme : hypnose, formation des mé diums et somnambules, magie, psychométrie, voyance, formation des psychomètres, miroirs magiques, etc.,., la boratoire d’alchimie.
Exercices et consultations de graphologie, chiromancie, systèmes de Gall et de Lavator, tarots, géomancie, etc... La date exacte de l’ouverture des cours sera publiée dans VInitiation et affichée à l’École. La Direction. Papus.
IDENTITÉ DES ÊTRES DE L'AU-DELA 11 est bien certain que l’identité absolue des personna lités psychiques, quand elles sont des esprits, ne peut être établie ; mais il est souvent possible d’obtenir des preuves d’identité suffisantes en demandant auxdites personnalités
IDFNTITÉ des êtres de l’au-del 85 des indications précises pouvant être facilement vérifiées ; en voici deux exemples : Le vendredi 26 octobre 1906, dans sa séance chez M. et Mme Cf..., un esprit ayant annoncé sa présence par le signal convenu (1), inclina le guéridon vers ma femme d’abord, et vers moi ensuite, comme pour nous saluer et nous dire qu’il venait pour nous.
Il nous apprit son nom, Henri W..., et sa mort à Sedan, place du Rivage, n° 2, le 18 octobre courant, des suites d'une maladie compliquée de bronchite ; il nous donna des nouvelles de Mme W..., sa femme, et ajouta que nous ne recevrions pas de lettre de faire part.
Cette communication me causa une pénible surprise, car W... était un de mes anciens camarades, ca pitaine au 26° d’infanterie, dont je n’avais eu aucune nou velle depuis une rencontre au camp de Châlons, en 18g3. J’avais seulement appris qu’il était en retraite à Mézières ou à Sedan ; les autres assistants, sauf ma femme, n’avaient jamais entendu parler de lui. Nous eûmes tous, pourtant, un même doute : « Une place du Rivage, à Sedan ?
C’est bien invraisemblable. Ayant demandé à plusieurs anciens camarades du 26e, habitant Nancy, des nouvelles du capitaine W..., ils me répondirent tous qu’ils n’en n’avaient pas eu depuis plu sieurs années, et je me décidai à écrire au maire de Sedan, pour avoir les renseignements que je désirais.
Le lende main, 3o octobre, il me répondit : « Monsieur le Colonel, en réponse à votre lettre d’hier j’ai l’honneur de vous faire connaître que M. Henri W..., capitaine d’infanterie en retraite, est décédé à Sedan le 17 octobre courant. J’ignore la maladie à laquelle il a succombé. Sa veuve, Mme W..., est domiciliée place du Rivage, n* 2. Veuillez agréer, etc. ».
Tout était donc parfaitement exact, sauf la date du décès, qui présentait une différence d’un jour, ce qui peut s'expliquer facilement (2).^ Mais je sais bien que la preuve d’identité n’est pas suffisante pour autrui ; car on (1) Ordinairement trois coups frappés. On le rappelle en commençant la séance. (2) Il peut y avoir une erreur de déclaration de date. Ou bien la mort réelle n’est-elle venue que le lendemain dp la mort apparente ?
86 l’initiation peut objecter la réminiscence inconsciente de quelques lignes de journal ou de quelques paroles entendues. Tant pis, elle est tout à fait suffisante pour moi, qui sais mieux que personne à quoi m’en tenir sur cette objection: aucun des cinq assistants n’avait ni lu ni entendu prononcer le nom de W..., puisqu’il ne lui rappelait rien, et ce nom aurait certainement fixé mon attention si je l’eusse perçu d'une façon quelconque.
Le jeudi a5 avr.l 1907, dans une séance de trois assis tants, chez M. Mt..., nous faisions quelques menus essais de divination de nombres, de nom, etc., au moyen de la typtologie, lorsqu’une personnalité psychique remplaça brusquement celle que nous interrogions. Elle nous donna d’abord son nom.
R. de B..., et répondit ensuite à nos questions : — « Êtes-vous de la famille de B..., de P.-SaintyV. ?» — « Oui. > — « Connaissez-vous l’un de nous ?» — < Je vous ai vu au lycée de Nancy en 1883. » — « Je ne me souviens pas d’y être allé ; vous devez vous tromper ?» — Non ; j'étais candidat à SaintCyr et vous étie^ notre surveillant pendant les compo sitions écrites. » Je reconnus que c’était parfaitement exact ; étant capitaine au 26 * d’infanterie, j'avais été chargé de ce service ; mais je n’avais pas le moindre souvenir particulier des candidats. — « Êtes-vous entré à SaintCyr ?» — < Non. » — «Où êtes-vous décédé ?» — « Au château de R.
F. (Doubs) le 4 avril courant. » — « Quelle était votre profession » — « Propriétaire. » — « Me permettez-vous de vérifier discrètement vos décla rations ?» — « Oui. » Le dictionnaire des communes fit d'abord connaître que le château de R.
F*. ( Doubs) existait et que son pro priétaire était M. de B... ; je priai, ensuite, Mme Mn... qui était en relation avec des personnes de P.-Saint-V., où résidait la famille de B..., de s'informer si cette famille n'avait pas eu quelque deuil récent. Plusieurs jours après Mme Mn... nous apprit que M. R. de B..., était mort, environ trois semaines auparavant, dans une de ses pro priétés, non loin de Besançon.
Elle savait aussi qu’il avait concouru, autrefois, pour être admis à Saint-Cyr, mais qu’il n’y était pas entré. Ayant été obligé d’aller à Paris, je n’eus pas le temps de demander des renseignements plus précis.
JDENTJTÉ DES ETRES DE l’aIJ-DELA 87 A mon retour, les séances chez M. Mt... furent reprises. Dans celle du 16 mai 1907, l’esprit de M.R. de B... étant revenu, nous dit quelques mots peu clairs qui me firent douter de son identité.
« Pouvez-vous, lui demandai-je, nous apprendre un fait que nous ignorons et dont l’exac titude nous sera démontrée ?» — < Oui, répondit-il, voulais vous dire que mon fils Guy était mort le 3o avril dernier. » — < Où est-il mort ? > — < A Besançon. » (Nous pensions qu’il allait répondre : < à P.
F. ») — Quel âge avait-il ? > < Dix ans. » Cette fois, j’écrivis au maire de Besançon pour lui de mander l’adresse de M. R. de B..., parce que j’avais appris qu’il avait perdu un enfant; il me répondit : < Mon sieur, en réponse à votre lettre du 20 de ce mois, j’ai l’honneur de vous faire connaître que M. R.-C. de B... est décédé à R.
F. (Doubs), le 6 avril dernier ; son fils, Guy-Marie-Pierre, est décédé à Besançon, le 3odu même mois, à la clinique du Docteur H... Sa veuve est domici liée à R. F., mais a conservé un pied-à-terre à Besançon, rue de la P..., 25. — Agréez, Monsieur, etc. Pour le maire, l’adjoint délégué.
Signé : Moule. » La preuve d’identité était complète et donnait lieu à une remarque des plus importantes : Vesprit de M. R. de B... survivait donc réellement, avec toutes ses facultés, à la mort de son organe physique, puisqu’il avait appris un fait survenu depuis cette mort et en avait conservé le sou venir.
On peut encore remarquer que M. R. de B... avait donné le 4 avril au lieu du 6, comme date de son propre décès,mais qu’il donnait exactementla date du décès deson fils ; cette anomalie a peu d’importance.
Dans les com munications de M. R. de B..., comme dans celle du capi taine W..., les assistants n’ayant eu préalablement aucun indice des faits révélés par la typtologie (1) et confirmés par une enquête sérieuse, l'hypothèse spirite semble s’im poser à l’exclusion de toutes les autres. Colonel E. Collet. (1) La vérification n’a pas été moins sérieuse sur ce point.
88 l’initiation • UN SECRET PAR MOSS Pour faire que les pigeons ne fuient pas le colombier Oignez d’huile de baume les portes, les fenêtres et les coins du colombier ; ou donnez-leur du cumain et len tille détrempées dans de l’eau miellée ; ou des lentilles cuites dans du vin cuit ; ou pendez dans le colombier des branches de vigne sauvage avec des fleurs : vous serez certains que les pigeons ne songeront pas à s’éloigner. Dydimus.
BIBLIOGRAPHIE Jules Noël: Un philosophe belge : Colins, in-8. Édition de < La Société Nouvelle >. M. Jules Noël vient de publier une très substantielle étude sur Colins. En quelques pages d’une écriture pré cise, sobre et élégante, il nous dépeint l’homme, qui fut un grand caractère, et dit l’œuvre, qui est vaste, originale et souvent profonde.il a joint, à son exposé, quelques notes sur les disciples deColinsetune bibliographie très complète.
Colins fut un philosophe socialiste très remarquable, un des fondateurs du collectivisme. C’est même à lui, paraît-il, qu’il faut attribuer la paternité de ce mot ; mais, contrai rement à la plupart des socialistes, il est foncièrement spi ritualiste. Il admet, en effet, un principe indépendant de la matière : le sentiment, la raison, l'âme, qui, pour lui, sont une seule et même chose. C’est par là que nous dif férons des animaux.
Et c’est aussi par le Verbe, la parole, qu’il fait jaillir des premiers embrassements, de l’Amour. Il fait de la raison le point de départ de sa philosophie et de son socialisme et son critérium de certitude. De là sans doute vient le nom de collectivistes rationnels pris par ses disciples.
BIBLIOGRAPHIE 89 Colins place, à la base de la société, « le couple conju gal » représenté par l’homme. Celui-ci doit donc être marié ou l’avoir été. 11 déclare que la question sociale est une question de science, non de violence. Belle parole que gouvernants et gouvernés devraient ne jamais oublier.
Colins distingue trois grandes périodes dans le dévelop pement de l’humanité : la théocratie, la démocratie et la logocratie ou Règne de la Raison. On voit qu’elles ne cor respondent pas aux trois phases : théologique, métaphy sique et positive de Comte. Colins est un logicien absolument remarquable : ses raisonnements sont très bien conduits et ses conclusions merveilleusement déduites.
Mais ses points de départ ne semblent pas toujours formés par des vérités incontes tables, par des faits certains et indestructibles. Et il ne paraît pas qu’il ait répondu victorieusement à toutes les objections qu’on a opposées à sa doctrine. Quoiqu’il en soit, il est à regretter qu’il ne soit pas assez lu, qu’il soit même presque inconnu en France.
Il est donc à souhaiter que l’éloquente et enthousiaste brochure de M. Jules Noël attire et retienne enfin l’attention sur ce philosophe vi goureux et original. Haveloic Ellis, Etudes de psychologie sexuelle, t. Il : L'Inversion sexuelle, édition française, revue et aug mentée par l’auteur, traduite par A. van Gennep, direc teur de la Revue des Études ethnographiques,\n-8, Mer cure de France.
Ainsi que je l’ai dit, en parlant du Ier volume, Havelock Ellis se place à un point de vue exclusivement scientifique.
Cela n’a pas empêché, comme nous l’apprend l’auteur, la police de poursuivre un libraire qui vendait le présent vo lume et < feu Sir Charles Hall, Rrcorder de Londres *, de « juger en définitive que ce n’était pas un ouvrage scienti fique > et d’en ordonner la destruction ; ce qui obligea l’auteur à publier, ailleurs qu’en Angleterre, les volumes suivants de ses Études de psychologie sexuelle. Les cas d’inversion sexuelle sont plus nombreux qu’on ne le croit généralement. < Bien rares sont ceux, déclare
l’initiation 90 H. Ellis, qui ne seraient proprement stupéfaits si on publiait la liste des invertis, hommes et femmes, qui de nos jours occupent une position en vue dans l’Église, l’État, la so ciété, les arts et les lettres. On ne saurait sans doute affir mer que toutes ces personnes remarquables sont des inver tis nés, mais chez la plupartlatendanceà l’inversion sexuelle instinctive apparaît dés le jeune âge.
De toutes manières, ajoute-t-il, ce livre ne traije pas de fous ni de prisonniers, mais d’individus vivant en liberté, comme membres ordi naires de la société, quelques-uns d’entre eux souffrant profondément de leur organisation anormale.
Dans quel ques cas, il s’agit d’individus dont les idéals éthiques ou ar tistiques ont été influencés par cette tendance et sans qu’ils se rendissent compte de l’origine de leur déviation. » L’auteur estime que « dans les classes libérales, instruites et moyennes d’Angleterre, le pourcentage des invertis doit se monter à près de 5 p. 100.
C’est là une estimation mo dérée pour une classe qui renferme, fait dont il faut tenir compte, un nombre assez élevé d’anormaux à divers titres». Cette estimation « concorde avec les résultats obtenus par Hirschfeld,» en Allemagne: « La proportion des invertis et des bisexuels y varierait avec la classe sociale de 1 à 5 p. 100.
Dans une longue introduction, Havelock Ellis traite suc cessivement de l’homosexualité chez les animaux, les demi-civilisés (Albanais, Esquimaux, tribus du nord-ouest des États-Unis, etc.), chez les soldats d’Europe, dans l’an tiquité, les prisons et chez les hommes d’intelligence excep tionnelle et les directeurs de mouvements éthiques, comme Muret, Michel-Ange, Winckelmann, Walt Whitman, Ver laine, etc. Dans les chapitres suivants, il étudie l’inversion sexuelle, d’après les principaux auteurs, puis chez les hommes et chez les femmes ; il analyse ensuite la nature de l’inversion sexuelle, en déduit une théorie fort intéres sante et en tire des conclusions fort sages, au point de vue législatif et social et à celui de l’inverti lui-même.
Le haut intérêt social et psychologique que présente cette étude ressort de ce fait capital que « toutes sortes de questions sociales ne deviennent intelligibles que par une connaissance approfondie, précise et honnête du rôle que joue la tendance homosexuelle dans la vie générale. >
LA CABALE ET LE ZOHAR (JI « Elle est dans la nature, disait Goethe de la pédérastie, bien qu’elle soit contre nature. » La traduction si littéraire de cet important ouvrage est due au polyglotte A. van Gennep, l’un de nos plus érudits ethnographes. Jacques Brieu. La Cabale(1) et le Zohar La Cabale.... pour un grand nombre de gens catholi ques ou autres, ce mot n’a pas de sens précis, ils l’igno rent.
Chez d’autres au contraire, même pour des prêtres instruits, il provoque un sentiment de répulsion et d’hor reur,carilest pour euxle synonymed’artsmagiques,diaboli ques ou illusoires et tout cela est le fait de rigirorance qu’ils ont de la vraie et de la fausse cabale.
Le mot cabale, en hébreu, signifie : Je reçois, ï'accipio latin, c’est-à-dire Je reçois sans discuter et f accepte parce que c'est latraditionSaint Jean Chrysostome dit: «C’est la tradition, ne m’en demandez pas d’avantage ». La Cabale, la vraie, est la tradition orale de la doctrine ésotérique des Juifs anciens non révélée au peuple, c’était leur mystique, leur philosophie.
Cette tradition, depuis Moïse et Josué, fut révélée seule ment aux prophètes, aux grands prêtres et aux docteurs de la Loi dans son sens véritable jusqu’à peu d’années avant N.-S. J.-C., qui, dans saint Luc, XI, reproche aux phari siens et aux docteurs d’avoir altéré la tradition et d'imposer aux autres ce qu’ils ne pratiquent pas eux-mêmes.
Esdras, dit la tradition après la captivité, voyant ce qui pourrait résulter de la perte de la tradition orale, fit, par ordre divin, soixante-douze livres sou volumes où elle fut inscrite, mais il était défendu de les copier et de les con fier au peuple (2). (1) La véritable orthographe est cabbale avec deux b mais ¡’Académie l’écrit avec un seul. (2) Notice sur la cabale du chevalier Drach, fils converti d’un rabbin.
l’initiation 92 Ce qui précède est tiré du livre d’Esdras, apocryphe il est vrai, mais non condamné pour cela, car saint Irénée, Tertullien, Clément d’Alexandrie, etc., le citent avec honneur. Ces soixante-douze livres uniques d’Esdras furent égarés ou perdus au moment de la prise de Jérusalem et la dis persion des Juifs. Ce ne fut qu’entre le Ier et le 11® siècle qu’on put en recueillir une partie qui fut mise en écrit par R.
Siméon ben Yochaï ou son fils et ses disciples. On ne sait combien de livres furent écrits mais il en reste quelques-uns dont le plus important est le Zohar < Livre de la Splendeur» qui fut lui-même longtemps égaré et dont on ne retrouva un manuscrit qu’au XIIe siècle à Venise.
C’est pour cela que certains critiques ont attribué, parfois à tort, la rédaction du Zohar à Michel Corduero le juif, mais il est prouvé que son peu d’érudition en écriture sainte le rendait incapable d’écrire un ouvrage pareil.
Au XVIe siècle, Pic de Mirándole, ce génie si chrétien, si extraordinaire, si peu connu et cependant si décrié ac quit d’un juif un manuscrit ou commentaire du Zohar, qu’il paya sept mille ducats et en tira ses fameuses thèses cabalistiques. Paul de Ricci s’occupa aussi beaucoup de la Cabale. Knorr de Rosenroth publia sa Kabbala denudata, con damnée par leSt-Office, car il faut savoir qu’au cours des siècles, après le travail fait par R.
Siméon ben Yochaï ou son fils et pendant la disparition du Zohar dans le monde chrétien ou savant, les rabbins qui le possédaient sans le savoir, lui firent des adjonctions et interpolations de leur cru.
Des textes primitifs, gênants ou difficiles à expliquer dans le sens rabbinique, furent changés, à certains passa ges, et des erreurs philosophiques et religieuses, propres aux peuples divers chez lesquels passaient les Juifs dans leurs déplacements successifs, furent interpolées par igno rance. (ils avaient déjà essayé d’en faire autant pour la Bible elle-même.) Ils y ajoutèrent aussi des formules de magie.de goëtie, etc., voire même des attaques violentes contre le Messie et le catholicisme ; c'est à une insertion de ce genre que le livre de Rosenroth dut, je crois, d’être condamné, car il n’avait pas donné les explications nécessaires indiquant la source des textes.
LA CABALE ET LE ZOHAR g3 Ces interpolations rendent difficile le discernement de la vraie et de la fausse cabale. Il y a cependant deux moyens presque infaillibles de distinguer les interpolations et adjonctions plus ou moins récentes du vrai texte ancien. D’abord, ces adjonctions faites par les rabbins relative ment modernes, ne sont pas du même style ni de la même langue que les anciens textes.
Il s’y trouve des expressions et des mots qu’ignoraient les Juifs des premiers siècles de notre ère et qui, par conséquent, ne pouvaient être em ployés par eux. Ensuite, toutes les fois qu’un texte est contraire aux dogmes de la religion catholique et ne peut être interprété dans l’esprit de cette religion, on peut être assuré qu’il est faux.
Ces deux choses : différence de la langue et attaques plus ou moins directes contre le catholicisme et rêveries rabbiniques constituent un critérium donné par le cheva lier de St-Grégoire, Drach, juif converti, comme nous le disons plus haut dans une note, secrétaire de la bibliothè que du St-Office, à Rome, sous Grégoire XVI, ces titres suffisent à établir la solidité scientifique et religieuse de l’auteur Drach ; seulement, il n’est pas donné à tous de connaître la langue hébraïque et surtout chaldaïque dans laquelle le Zohar est écrit.
Les rabbins ont une grande vénération pour le Zohart qu'ils nomment « Le Saint Zohar » ; mais peu le lisent,, car ils seraient vite convertis au catholicisme, nombreux, très nombreux sont les cas de Juifs ramenés alu vraie reli gion par le Zohar. Le Zohar vient d’étre traduit en français. Quatre volumes sur six ou sept sont déjà publiés.
Le traducteur, M. Jean de Pauly, était, car il est mort il y a peu de temps après avoir achevé cet immense travail, un hébraïsant des plus distingués/et son érudition pro fonde sur l’Ancien et le Nouveau Testament lui a permis de citer presque àchaque page les textes de la Sainte Écri ture en concordance avec le Zohar.
D’autre part if reçut des rabbins, chefs des écoles talmu diques les plus réputées, et des savants chrétiens, à propos de la traduction d’un ouvrage rabbinique les plus grands
l’initiation 94 éloges. Sa science est telle pour un chrétien, disent les rabbins, qu’elle les étonne et qu’ils l’admirent, et l’un d’eux ajoute même qu’il aurait beaucoup à apprendre à son école. Quel meilleur éloge faire au traducteur ? Nous avons dit plus haut que le Zohar était l’exposé de la mystique des Hébreux, mais il contient encore les choses plus intéressantes sur les mystères divins et les sciences naturelles. Je m'explique.
Les lecteurs connaissent tous, plus ou moins les Révé lations de la Sœur Anne Catherine Emmerich de Dulmen sur l’Ancien Testament et la Vie de N.-S. J.-C.
Cette voyante. la plus extraordinaire peut-être à certains points de vue du cycle chrétien, vivait au commencement du dix-neuvième siècle en Westphalie, elle mourut en ¡883, fut pendant le cours de sa vie physique, 49 ans, continuellement en relations spirituelles, pendant ses extases et même éveillée avec tous les personnages de la Bible jusqu’à N .-S. J.-C.
Elle vit et décrivit autant que ses souffrances le lui per mettaient, tout ce qui arriva depuis la création jusqu’à la mort du Christ et cela sans avoir appris dans un livre, car, disait-elle, les livres ne pouvaient rien lui apprendre qui fût comparable à ce que lui apprenait et montrait son guide (ange gardien).
Clément Brentano, poète allemand de grande valeur, chrétien fervent et éclairé, prit à tâche d’écrire pendant trois ans, jusqu’à sa mort, tout ce qu’elle put lui dire, mais il fut incapable de faire lui-même le dépouillement de ses manuscrits.
Ceux qui s’en chargèrent étaient souvent arrêtés par des réflexions, faites par la sainte fille sur les mystères divins, la Sainte Trinité, la Rédemption, les moyens employés par Dieu pour arriver à cette Fin, etc., etc., car jamais ils □’avaient eu connaissance dans aucun livre des choses qu’elle avançait, bien qu’il y eût parmi eux des hommes de grand savoir, et cela les faisait hésiter, heureusement ; malgré ces hésitations ils n’ont pas altéré ses propres pa roles recueillies par Brentanoqui lui relisaitcequ’ilécrivait et elle approuvait ensuite.
LA CABALE ET LE ZOHAR 95 Eh bien, tout ce que dit Catherine Emmerich touchant les saints Mystères se trouve dans le Zohar, et les savants exégètes, apologistes, théologiens, etc., qui se donneront la peine de comparer ce que disent C.
Emmerich et le Zohar, y trouveront les arguments les plus décisifs contre les paroles et les écrits des hérétiques, impies, ignorants et surtout des savants modernes, et ces arguments ne seront pas seulement d'ordre spirituel mais aussi physique, car dans le Zohar il est prouvé que les Juifs anciens connais saient parfaitement les lois naturelles, terrestres ; on y trouve, entre autres, le mouvement de la terre décrit comme l’a retrouvé Copernic.
Le Zohar vient en son temps pour instruire bien des gens ; puissent des hommes de science et de foi en tirer parti pour la gloire de Dieu I Le Zohar est édité par M. Émile Lafuma, ami de M. Jean d^Pauly, et son mérite est d’avoir poussé le tra ducteur à ce travail énorme. La Zohar comporte 6 volumes in-8 raisin, il y en aura probablement sept. Le prix de souscription est de 120 francs.
Quatre volumes sont déjà publiés, les derniers paraî tront cette fin d’année et au commencement de igio. Après la publication du dernier volume, le prix sera fixé à i5o fr. pour l’édition des 7 volumes, car non seule ment le texte est du plus haut intérêt, mais l’édition est admirablement soignée et fera la joie des bibliophiles. On souscrit à cet ouvrage chez M. Émile Lafuma, à Voiron (Isère). Vanki.
Avenue de la Gare à Saulx-lez-Chartreux (Seine-et-O^e) Cet article, publié dans le « Diex el Volt », est tiré sur vélin à la forme, filigrané au Sceau de Dieu : Amath, vérité, le même papier que celui du Zohar.
96 l’initiation OUVRAGES NOUVELLEMENT PARUS Plus do doute sur Vau de là ; certitude absolue de h survie ; publication périodique paraissant chez Mme veuve Moreau, 63 bis, rue du Cardinal-Lemoine. Contribution à l'étude delà Démonomanie,par M. Charles Pizet; Société anonyme 8e l’imprimerie Générale du Midi, à Montpellier. Thèse absolument remarquable que nous recomman dons à nos lecteurs. Georges Pinçon. La fin du Christianisme, préface de Papus.
Ce livre est en vente à la librairie Leimarie, 42, rue SaintJacques. Deux des prédictions y relatées se sont accomplies depuis son impression : i° Celle (page 142) relative au prince de Bulgarie. 2° Celle (page 115) concernant Dérouléde qui vient, en effet, de « trôner >au théâtre du Gymnase.
NÉCROLOGIE Au dernier moment, nous apprenons avec le plus vif regret la mort presque subite de notre confrère et ami Gaston Méry, Directeur de l’Èçho du Merveilleux. Gaston Méry a rendu de très grands services à la cause spiritualiste et sa mort-sera vivement regrettée par tous les vrais amis de nos idées. Nous envoyons l'expression de notre sincère condoléance à sa famille si cruellement éprouvée. Le Gérant : Encaussk. Paris. — Imprimerie E.Arrault et Cie, 9, rue N. D.-de-Lorette.