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L’ Initiation Revue phnosopMW des Hautes Études PUBLISH MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DI 83 ’• VOLUME. — 22°” ANNER SOMMAIRE DU N° 8 ( Mai 1909 ) PARTIE PHILOSOPHIQUE Le Fantôme des vivants (p. 97 à 112) . . . . . . Durville. Quelques mots sur l'opothérapie (p. 113 à i 15) . . ’. Tidînr»««^ L'Opothérapie et la Médecine des Signatures (suite) (p. iifj.à 128),....................... ..... , . . ....................G.
Br Le Diabolo et la Magie antique (p. ¡29 à 134; , A. E. Eerdar Essai sur la forme [suite] (p. 135 à 144) . .. Jacques BRtpQ. Causeries sur l’Alchimie (suite) (p. 145 à 149) . . . ^uintor * L'Amour (p. i5oà i56) . . . . « . . . . ... R; V. Origines réelles de la Franc-Maçonnerie (suite) (p. 157 à 165), ...........................................................• * Tédér. PARTIE INITIATIQUE L'Evangile et la vie (p. 166 à 175) ........ Phaneg.
PARTIE LITTÉRAIRE Invocation au verbe divin (p. 176 h. 178) . . . . . Combes l>epn Ce que nous sommes (p. 1.79) . . . ; . . . . p, ÔarynôlD^ Le musée Saint-Yves d’Alvevdres.—École Hermétique. —Les PoiiCemeu et la maison hantée. — Une nouvelle Société. —> La Chanson dtJ Bronze, — lx docteur Fapus. — Librairie au magnétisme. — Dvr« nouveaux;Érrata. — Nécrologie. 4 Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges 5, rue de navoie, A Pani-VIe. Téléphone — 8ib-0° T ont ce qui concerne l’AdmiUittratlon : ABONNEMENTS, VENTÉ AU NUMERO, ANNONCES
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l'essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles nom abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’h-ypnotisme et la suggestion a distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, le; Matérialistes en arrivent à les nier. L'Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’zzn même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, VInitiation adhère au programme de toutes les Revues et sociétés’ qui défendent l'arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre lesdeus grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin VInitiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, .de l’Hypnotisme et de la Magic, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans 1’1 n Je. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi scs 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destines aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse û tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces ar;des questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L'Initiation parait régulièrement du t 5 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an \Les collection« v u
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, tans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. LE FANTOME DES VIVANTS L'ouvrage de notre confrère H. Durville, si impatiemment attendu, a paru le 20 mai, h la Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri, en un volume de 36o pages artistement relié avec 12 portraits et 32 figures.
Nous serons certainement agréable À nos lecteurs en leur offrant le chapitre V! du volume qui est l’un des plus remar quables.
I. — M. Rousseau, représentant de commerce, demeurant à Versailles, possède depuis de longues années la propriété de se dédoubler et de pouvoir, ditil, envoyer son fantôme au loin, où il prend parfois connaissance de certains événements (V. à son sujet dans la première partie : Manifestations du Fantôme chef les Gens du monde).
Il vint me voir, m’expliqua son cas, qui m’avait déjà été exposé, et, il assista à l’une de mes expériences, où, soit dit en passant, je n’obtins aucun phénomène.
C’est que M. Rousseau appartient à la catégorie des forts, des volontaires qui rayonnent puissamment; et qui, inconsciemment, malgré leurs bonnes intentions, empêchent dans toute l’étendue du champ de leur rayonnement, le fantôme des sujets dédoublés de se former complètement, le repoussent, Vécrasent, et paralysent son action, de
l'initiation [mai telle façon qu’il lui est impossible de produire les phénomènes qu’il produit habituellement. A l’insu des sujets servant à mes expériences, M. Rousseau convient, avec moi, que le mardi 3 mars 1908, il se coucherait (chez lui, à Versailles), vers 9 heures et demie du soir, et qu’à 10 heures précises, il enverrait son fantôme à ma séance. Il se montrerait, et chercherait à voir ce qui se passe.
Pour cela, un fauteuil doit être préparé pour lui vers la fenêtre de mon cabinet de travail, à côté du bureau. Un écran phosphorescent, accusant la présence des rayons N, sera placé sur le dos du fauteuil, et le fantôme fera tout son possible pour l’illuminer. Au bout de 10 à 12 minutes, il se lèvera s’avancera vers la porte, nous regardera, nous enverra un salut et il se retirera en traversant la porte fermée.
Le mardi 3 mars 1908, à 9 heures du soir, tout est disposé comme je viens de le dire, pour la réception du fantôme. Deux sujets d’expériences : Mmes Lam bert et Léontine sont là, ainsi que M. Dubois MM. le docteur Pau de Saint-Martin et Haudricourt assistent à la séance en qualité de témoins. Ces der niers sont informés de ce qui doit se passer; mais M. Dubois et les sujets, je l’ai déjà dit, n’en savent absolument rien.
Nous sommes dans l’obscurité, et la balance est disposée sur la table, comme pour cons tater la pondéralité du fantôme. Pour constater l’étendue du champ d’action du fantôme attendu, un écran phosphorescent, préalablement insolé, est fixé sur le dos du fauteuil au moyen d’une épingle; d’autres écrans, également insolés, sont placés, l’un
I9O9] LE FANTÔME DES VIVANTS 99 sur la cheminée, à environ un mètre du fauteuil, un autre sur l’un des rayons de ma bibliothèque, à envi ron a mètres; et enfin deux autres sur le même rayon, à 3 et 4 mètres environ. Je dédouble Mme Lambert; M. Dubois cherche à dédoubler Léontine. Le fantôme de cette dernière doit rester comme témoin des phénomènes que je vais chercher à obtenir du fantôme de Mme Lambert.
Celle ci est placée au fond de mon cabinet,et Léontine se trouve vers la cheminée, du côté opposé à la table.
Je prie le fantôme de Mme Lambert de se diriger vers la table, d’y annoncer sa présence par des coups frappés, de monter ensuite sur la balance pour mettre la sonnerie électrique en activité; et, pour éviter toute suggestion mentale, je fixe énergiquement ma pensée sur ces phénomènes que je voudrais obtenir en attendant l’apparition du fantôme de M. Rousseau. Mme Lambert est mal à son aise.
Son fantôme va vers la table sous l’influence de ma volonté : mais là, distrait, il ne fait aucun effort, revient vers le sujet, et aucun phénomène ne se produit. Léontine se dédouble à peine ; elle est énervée, in quiète, et ne veut rien savoir de ce qui se passe. Elle est mal à son aise, subissant, dit-elle, une influence étrange, désagréable, qui ne tient à aucun des assis tants.
Dès 9 heures et demie, Mme Lambert s’inquiète également et devient plus nerveuse. Elle est très étonnée de voir vers la fenêtre, près de mon bureau, précisément à la place occupée par le fauteuil, une colonne vaporeuse, légèrement lumineuse, qui flotte
ioo l’initiation comme si elle était agitée par un vent léger. Elle n’a pas encore observé un semblable phénomène. Je cherche à détourner de cette vision l’attention du fantôme et j’insiste énergiquement pour qu’il re tourne à la table et y manifeste sa présence, il y re vient, mais sa distraction et son inquiétude sont telles qu’il n’y reste’pas, et qu’il vient même se réfu gier derrière le sujet, comme pour se cacher. A 9 h.
55, Mme Lambert, effrayée, se précipite sur moi, en s’écriant : « Mais c'est un fantôme qui est là-bas; c'est le fantôme d’un homme. »Je cherche à la rassurer en lui disant que la visite de ce fantôme était attendue, qu’elle le connaissait déjà et quelle n’avait pas à en avoir peur, car il n’est pas animé de mauvaises intentions.
Un peu rassurée, elle consent à l’observer : « 11 est tranquillement assis dans le fau teuil, dit-elle, il nous regarde. » Au bout d’un temps que je peux évaluer à 8 ou io minutes : « Oh ! dit-elle, il se lève, il marche, il vient ici. » En même temps, elle se lève, très énervée, et dit qu’elle est violemment attirée vers lui.
Pour l’empêcher d’avancer, je suis obligé de la saisir entre mes bras et de m’arc»bouter contre clic, en lui donnant sévèrement l’ordre de rester là. Au bout d’un instant qui m’a paru fort long: « Le fantôme se retire », dit-elle.
Elle consent à s’asseoir, et au bout de 2 à 3 minutes, en poussant un long soupir de soulagement, elle s'écrie : « Ah 1 enfin, il s’en va, il est vers la porte, il nous regarde..« Il est parti : j’aime mieux ça. » Pendant ce temps, agitée et tremblante, Léontine était à peine maîtrisée par M. Dubois, qui, déconLE FANTÔME DES VIVANTS 101 certé lui-même de ce qui se passait, ne cessait de lui demander qu’elle était la cause de cette épouvante inexpliquée.
11 ne put obtenir d’elle d’autre réponse que celle-ci : « C’est un fantôme, je ne veux pas le voir. » Nous faisons tout notre possible pour calmer les sujets et nous n'y arrivons qu’à grand’peine. Au bout de quelques minutes, je vérifie les écrans. Ce lui du fauteuil sur lequel le fantôme s’est assis, est fort bien illuminé ; je peux le distinguer à un mètre au moins. Je le prends et le remets aux témoins.
Ce lui de la cheminée l’est aussi, mais à un moindre degré ; c'est à peine si je peux le distinguer à une dis tance de 3o centimètres. Celui qui est sur un rayon de la bibliothèque, à 2 mètres environ du fauteuil, l’est encore un peu ; mais j’ai besoin de savoir où il est pour mettre directement la main dessus. Les deux autres ne sont nullement illuminés.
Je les présente tous aux témoins qui ne distinguent pas les deux derniers, mais qui reconnaissent très bien la différence de luminosité que les autres présentent entre eux. Nous éclairons la pièce et nous réveillons les sujets le plus lentement possible pour leur permettre de reprendre leurs forces extériorisées. Nous les ren dormons pour les réveiller encore. Enfin, à 11 heures et demie, c’est-à-dire 1 h.
20 environ après le départ du fantôme de M. Rousseau, les sujets, calmés et réconfortés par une collation, peuvent se retirer, dans d'assez bonnes conditions physiques et morales. Il est à remarquer que le fantôme de M. Rousseau
102 l’initiation n'a pas observé, à la séance, toutes les conditions en tendues à l’avance, puisqu’il ne devait pas s’avancer vers le sujet. Le soir même, en présence des témoins, j’écrivis quelques mots à M. Rousseau, en le priant de vou loir bien me donner ses impressions. Je lui disais que les sujets croyaient l'avoir vu, sans lui donner aucun détail de cette vision. 11 me répondit ce qui suit : Versailles, le 5 mars 1907.
« Mon cher Monsieur, « Je m’empresse de répondre à votre lettre. Je vous dirai que je n'ai rien vu ni rien senti. J’ai fait comme je fais d’habitude, en voulant que mon dou ble aille vous trouver, qu’il se place dans le fauteuil que vous m’avez indiqué et qu’il fasse son possible pour éclairer l’écran. Il m’a semblé que mon double est parti à ce moment-là, mais je ne l’ai pas vu.
Après un moment, je lui ai commandé d’aller vers le sujet, au fond de la pièce ; et, au besoin, de se mêler à son double, si possible. « J’ai tenu bon pendant un quart d’heure environ; et, tout d’un coup, sans éprouver la moindre lassi tude, j’ai senti en moi, comme si un mécanisme s’ar rêtait. J’ai supposé que mon double était rentré à ce moment-là...
« Veuillez agréer, etc... » 11 y a d’importantes remarques à faire au sujet de cette apparition. D’abord les sujets mis en somnambulisme et ques tionnés indépendamment l’un de l’autre, après avoir
LE FANTÔME DES VIVANTS 103 été questionnés s’ils ont souvenir du dédoublement, déclarent avoir également eu, au début de la séance, le pressentiment qu’il allait se passer quelque chose d’anormal.
Ils ont ensuite vu la colonne vaporeuse flotter pendant un temps dont ni l’un ni l’autre n’a pu apprécier la durée ; puis, tout à coup, à son lieu et place, ils ont vu, avec tous ses moindres détails, apparaître le fantôme, comme s'il avait passé à tra vers la fenêtre, sans éprouver le moindre obstacle. Ils l’ont vu debout devant le fauteuil disposé pour lui, puis, ils l’ont vu s’y asseoir très tranquillement et nous regarder.
Ensuite, ils l’ont vu tous les deux s’avancer au fond du cabinet, en se dirigeant vers Mme Lambert, mais il fut arrêté par des volontés qui s’y sont opposées. En y allant, il a passé près de Léontine et a frôlé sa robe. Ce frôlement l’a assez impressionnée pour qu’elle tombât de suite en con tracture. Enfin, les deux sujets ont vu de la même manière le fantôme se retirer vers la porte, nous re garder encore et disparaître instantanément.
Mme Lambert, qui avait vu M. Rousseau à une séance pré cédente, a parfaitement reconnu son fantôme. Léon tine ne l’avait jamais vu. — De quelle nature pouvait bien être cette co lonne flottante qui a précédé l’apparition du fan tôme ? .
Si on se reporte à la théorie "des théosophes, on trouve une explication hypothétique, mais rationnelle de ce phénomène, qui consisterait en ceci : Ayant d’envoyer son fantôme, M. Rousseau a certainement pensé sérieusement à se mettre dans les conditions
104 l'initiation voulues pour réussir l'expérience; et ce serait si pensée, considérée comme force mentale, revêtue de matière astrale, qui aurait pris, non pas sa ressem blance, car cette matière n'était pas assez condensée, mais une forme grossière qui, en se condensant au moment de l’apparition, aurait contribué à la forma tion de son fantôme. * — Puisque les deux sujets ont souvent vu leur fantôme, ils devraient être habitués à supporter, sans émotion, la vue d’un autre fantôme.
Il est à remarquer ici que la frayeur s’est toujours emparée de Mme Lambert, lorsque, spontanément dédoublée, elle voyait flotter son fantôme au-dessus de son corps physique. Sans que cette émotion soit aussi intense chez Léontine, elle a toujours eu peur à la vue du sien.
Si les sujets ont habituellement peur de leur propre fantôme, il n’est pas étonnant qu’ils aient encore plus peur à la vue de celui d’un étranger, surtout lorsque celui-ci se présente à eux dans des conditions aussi inattendues. IL — A ma séance du jeudi 5 mars suivant, je demandai à Léontine, en état de somnambulisme, s’il lui serait possible, étant naturellement endormie dans son lit, de nous envoyer son fantôme.
Elle me répondit qu’elle n’en savait rien, mais que cela lui paraissait possible. Je lui demandai alors s’il lui serait possible de se coucher mardi prochain à 9 heures trois quarts, et de tenter l’expérience. Elle me répondit qu’elle n’y voyait pas d’inconvénient; d’ailleurs, qu’elle prendrait ses dispositions pour
LE FANTÔME DES VIVANTS 105 cela. Étant sûr de ne pas la déranger dans son tra vail, je lui suggérai ce qui suit : Mardi prochain, Vidée vous viendra de vous coucher à 9 heures trois quarts. Vous vous endormirez de suite; et à 10 heures précises, vous nous enverrez votre fantôme.
Après cette visite, qui n'a pas besoin d'être longue, le fantôme rentrera en vous, vous continuerez à dormir paisiblement, et vous vous réveillerez ensuite comme vous le faites habituellement. Cette suggestion étant acceptée de très bonne grâce par le sujet, je le réveille; il n’en conserve aucun souvenir et nous n’en reparlerons plus. Le mardi 10 mars, Mme Lambert est là, dédoublée pour une pesée sur la balance.
Mlle Thérèse y est également en qualité de témoin, ainsi que MM. Du bois et Haudricourt. Nous sommes dans l’obscurité. Nous expérimentons. Lorsqu’il est près de 10 heures, je prie le fantôme de revenir près du sujet pour se reposer. Celui-ci avait déjà montré des symptômes d’inquiétude, en portant son attention vers la fenêtre à travers laquelle le fantôme visiteur devait nécessai rement passer.
Au bout de quelques instants, le sujet pousse un cri ; il est violemment attiré en avant, et s’affaise malgré moi sur le parquet en s’écriant: «Oh! un fantôme; je ne veux pas le voir. » Je lui dis que c’est une visite attendue et que je tiens essentiellement à ce qu’elle le reconnaisse. Je répète ce désir plusieurs fois, mais le sujet, qui se couvre la face avec ses mains, répète toujours qu’il ne veut pas le voir. Au bout de 2 à 3 minutes : « Ah ! dit-elle, il est debout vers la porte, il nous regarde, il s’en va.»
io6 l’initiation J’aide le sujet à se relever, je le fais asseoir et lui de mande encore qui est ce fantôme qu’elle doit con naître : « Il m’a fait peur, répond-elle, je ne veux pas le connaître, d’ailleurs, ne m’en parlez plus. » Le sujet est énervé, et je ne dois pas attendre d’autre ré ponse pour le moment. Je le réveille en prenant les précautions habituelles; il est très inquiet, mais dans de bonnes dispositions.
Thérèse ne s’est pas impressionnée à la vue du fantôme qu’elle connaissait déjà ; elle l’a observé de puis son apparition sur le fauteuil jusqu’à sa dispa rition à travers la porte de mon cabinet. Elle s’était endormie pendant lesexpériences,M.Duboisla réveille. Les deux sujets sont très calmes. Je rendors Mme Lambert et la prie de me dire maintenant si elle a reconnu le fantôme qui est venu, il y a quelques instants.
« Mais oui, me répond-elle avec nervosité, c’est Léontine. » III. — Mardi 12 mai, à 9 heures du soir, en pré sence de Mme Prothais et de MM. Haudricourt et Dubois. Le sujet est Mme Lambert, nous sommes éclairés à la lumière rouge des photographes. Nous attendons la visite du fantôme de Thérèse, qui doit venir à 10 heures. Les témoins sont prévenus * de cette visite, mais le sujet l'ignore complètement.
Thérèse n’a pas conscience de s’être jamais dédou blée spontanément, et elle ignore si elle pourra envoyer son fantôme. Je n’ai pas agi suggestivement sür elle comme avec Léontine. Le jeudi précédent, je me suis contenté de la prier de vouloir bien tenter cette expé rience aujourd’hui. Pour cela, elle se couchera vers
LE FANTÔME DES VIVANTS 107 9 heures trois quarts, se concentrera en elle-même, avec l’intention de venir nous voir, et à io heures, elle partira si elle peut. Dans ce cas, elle pénétrerà chez nous à travers la fenêtre, s’asseoira dans le fau teuil de bureau qui sera là disposé pour elle, elle nous regardera, tâchera de nous voir et fera tout son pos sible pour illuminer un écran phosphorescent qui sera placé sur le fauteuil.
Au bout de 5 à 6 minutes, elle se lèvera et se retirera; Je place le sujet comme d’habitude au fond de mon cabinet et dispose à sa gauche un fauteuil pour son fantôme. Une petite table en bois blanc est placée de telle façon, que le sujet et les témoins ne puissent pas la toucher sans se déplacer. L’emplacement de deux des pieds est marqué à la craie sur le parquet.
Je dédouble le sujet et prie le fantôme de s’appro cher de la table, d’y frapper des coups, ou de la dépla cer. Le fantôme ne se condense que lentement. Vers 9 heures trois quarts, le sujet s’inquiète de voir, vers la fenêtre, une colonne flottante légèrement lumineuse. Je la rassure et prie le fantôme de faire tout son pos sible pour nous donner quelques phénomènes à la table. Le sujet est nerveux et son inquiétude grandit.
Malgré cela, nous entendons plusieurs fois des petits coups frappés dans la table. A io h. 5, le sujet se jette en arrière et pousse un cri d’épouvante, en déclarant qu’un fantôme vient de venir, qu’il est vers la fenêtre, près de mon bureau. Je cherche à la rassurer en lui disant que ce fan tôme est attendu et qu’il n’a aucune mauvaisè intenio8 l'initiation tion à son égard.
Mais, comme aux deux apparitions précédentes, saisie de frayeur, elle est agitée par de violents mouvements nerveux. A un moment donné, elle se lève brusquement et veut se précipiter en avant, en s’écriant que son fantôme est violemment attiré vers l’autre. Je la retiens en m’arc-boutant contre elle. Au moment où cette attraction se produit, on entend la table glisser sur le parquet.
L’attraction cesse au bout de quelques instants et le sujet tombe lourde ment sur le fauteuil, les jambes croisées l’une sur l’autre et très fortement contracturées. A ce moment, on entend encore la table glisser sur le parquet. Je cherche à faire cesser la contracture des jambes et n’y parviens qu’à grand’peine. Je calme le sujet le plus possible et le dispose au réveil.
Nous regardons l’emplacement de la table : un bout s’est éloigné de i centimètre de la place occupée par le fantôme avant l’apparition ; l’autre bout s’est au contraire approché de 3 centimètres et demi. Je réveille le sujet, qui est très fatigué, pour le rendormir ensuite.
Réendormi, je le prie de nous dire quel est le fantôme qui vient de venir. — * C’est Thérèse, me répond-elle nerveusement ; mais, ne m'en parlez paç, ça me fait peur. * Je lui demande ensuite comment il se fait que c’est au moment où elle a été le plus agitée que la table s’est déplacée.
Elle me répond que son fantôme se trouvait devant la table, et que c’est en étant brus quement attiré vers l’autre, qu’il a poussé devant lui un bout de la table, en faisant des efforts pour passer à travers ; et que c'est en revenant, non moins
LE FANTÔME DES VIVANTS 10£ brusquement à sa place, qu’il a poussé l’autre bout en repassant à travers. L’écran disposé sur le fauteuil n’a pas été illuminé. Je parviens à calmer le sujet, mais il reste fatigué et fiévreux. A la séance suivante, Mme Lambert se plaint d’éprouver depuis 8 jours une violente douleur dans 1? cuisse droite, qui paraît être due au choc de son fantôme contre la table lorsqu’il l’a déplacée.
Je fais disparaître cette douleur en la magnétisant. Thérèse a mis toute sa bonne volonté pour se dé doubler elle-même et nous envoyer son fantôme. Dès les premiers efforts qu’elle fit, son sens auditif fut hyperesthésié, et le bruit de son réveil, qui était placé sur la cheminée, la gênait beaucoup. Elle se leva pour l’arrêter, et le dédoublement se fit ensuite plus facilement.
Tout en s’engourdissant progressive ment, elle a vu son fantôme se former peu à peu. Il est devenu très lumineux, un peu plus grand et plus gros qu’elle est elle-même ; puis en se conden sant, il est devenu plus sombre. Sous l’action de sa volonté, il est parti, et elle s’est endormie. A son réveil, qui ne s’est produit que vers minuit, elle eut conscience d'avoir vu seulement le fantôme du sujet et le fauteuil sur lequel elle devait s’asseoir.
Elle se souvient d’avoir été violemment attirée par le fan tôme de Mme Lambert, puis repoussée. La consé quence de cette répulsion fut un choc qu’elle res sentit dans la poitrine, dont elle souffrit pendant deux jours, sans éprouver toutefois d’inconvénient bien grave. Cette expérience, qu’elle tenait à faire
I 10 l’initiation pour elle-même, a complètement satisfait son désir. IV — Le ii juin suivant, 9 heures, en présence de M. et Mme Ed. Dubois, j’expérimente avec Thé rèse dédoublée dans le fond de mon cabinet. Nous sommes éclairés à travers un verre bleu.
Précédemment, à l’insu de Thérèse, j'avais prié Mme Lambert de vouloir bien nous envoyer son fantôme à 10 heures précises, de rester là 8 à 10 mi nutes et de chercher à se rendre compte de ce qui se passerait dans mon cabinet pendant ce temps. Thérèse, assez mal disposée, ne donne que quel ques phénomènes insignifiants. A 9 h. 55» son fan tôme est vers une petite table placée au milieu de mon cabinet.
Je le prie de revenir à sa place près du sujet pour se reposer. A 10 heures, le sujet ne dit rien. A 10 h. 5, ne disant rien encore, je prie le fantôme de vouloir bien regarder dans tous les coins de mon cabinet. Le sujet dit qu’il ne voit rien d’anormal, si ce n’est une co lonne légèrement lumineuse, placée vers la fenêtre. « C’est un fantôme », ajoute-t-elle.
Questionnée sur la nature de ce fantôme, elle répond qu elle ne le voit pas assez distinctement pour le connaître; elle ne distingue même pas si c’est un homme ou une femme.
Au bout de quelques minutes, elle ajoute : « Il s’en va, il est parti. » A la séance suivante, Mme Lambert me dit quelle est venue, qu’elle s’est assise dans mon fauteuil de bureau et qu’elle y est restée 10 à 12 minutes, telle a vue très distinctement le fantôme de Thérèse, qui lui a .paru petit, peu actif, sans énergie. C’est à peine s’il
LE FANTÔME DES VIVANTS I I I était revêtu des couleurs qu’il présente habituelle ment. Elle m’a vu distinctement avec les belles cou leurs bleues à droite, jaune à gauche, plus parti culièrement vers le haut du corps. C’est à peine si elle a pu distinguer le corps du sujet qui lui a paru entièrement décoloré; elle n’a pas vu M. et Mme Du bois. V. — 2 juin de la même année, 9 heures du soir.
Témoins : M. et Mme Dubrus, MM. Haudricourt et Dubois; nous sommes faiblement éclairés à travers un verre bleu treizième. Après avoir obtenu des coups frappés dans une table que personne ne touche, à 10 h. 5, je prie le fantôme de revenir à sa place près du sujet pour se reposer. J’attendais à cette heure la visite d’un fan tôme; les témoins en sont prévenus.
Mme Lalloz, une excellente praticienne diplômée de VÉcole pratique de Magnétisme et de Massage, lauréat du Prix du docteur Surville, qui est décerné chaque année à l’élève qui obtient le plus de guéri sons par l’emploi exclusif du magnétisme m’avait dit plusieurs fois qu’elle devait se dédoubler, car en pensant fortement à ses malades éloignées, plusieurs lui avaient affirmé la voir auprès d’eux, quand elle n’y était pas.
Elle m’avait même montré plusieurs lettres de malades en traitement, qui déclaraient l’avoir réellement vue en telle ou telle circonstance. J’avais prié Mme Lalloz de bien vouloir, un jour, à 10 heures précises du soir, concentrer sa pensée sur l’idée de se dédoubler, et de nous envoyer son fan tôme. C’est celui que j’attendais.
] 12 LINITIATION A io heures, Mme Lambert ne dit rien. A 10 h. 5, elle n'en dit pas davantage. Cinq à six minutes plus tard, comme elle n’annonce rien encore, et que je pensais que le fantôme attendu pouvait être là, mais peu condensé, peu visible, j’attire l’attention du fan * tòme sur la visite attendue. Le sujet déclare qu’il ne voit rien.
Je prie le fantôme de se rendre dans tous les coins du cabinet pour être bien sûr de voir et de sentirsi réellement il y a quelqu’un ou s’il n’y a per sonne. Le fantôme se déplace, passe près des témoins qui perçoivent son approche et revient. Le sujet dé clare encore qu’il ne voit rien, ne sent rien et qu'il est bien certain qu’il n’y a aucun fantôme ici, car il aurait eu peur.
Mme Lalloz, qui s'était concentrée dès 8 heures du soir pour nous faire visite, n’a certainement pas pu se dédoubler, et ce doit être la seule et unique raison pour laquelle le sujet n’a rien vu. La quatrième expérience est peu satisfaisante, mais je tiens à la présenter car elle fait comprendre que les facultés du fantôme sont en rapport direct avec les dispositions physiques et morales du sujet.
La dernière, complètement nulle, est- plus impor tante encore,, car elle ne permet pas d’attribuer les résultats des premières à la suggestion mentale qui - sera toujours invoquée par les négateurs, puisque mon affirmation et mon instance peuvent être con sidérées comme une véritable suggestion vérbale, considérablement plus puissante que l’autre, pour mettre en jeu l’iinagination des sujets.
QDELQUES MOTS SUR L’OPOTHÉRAPIE Les derniers numéros de Y Initiation contiennent une étude remarquable sur l’opothérapie et la méde cine des Signatures à laquelle je me permets d’ajouter quelques lignes. Le foie joue un rôle important dans ce genre de médecine, surtout en Extrême-Orient.
Je me souviens avoir vu un chef de village et les notables, mandarins d’un certain rang, manger le foie d’un chef pirate pris et mis à mort, et cela en plein delta du Tonkin. Le foie est le siège de la vaillance ; le pirate était réputé d’un grand courage ; en mangeant l’organe, siège de l’intrépidité, nous espérons acquérir la même valeur, ainsi raisonnaient ces braves Annamites.
Plus d’un a souri en lisant que le roi de Cochinchine recevait du Cambodge un tribut consistant en fiel humain, provenant de victimes égorgées. Cette bile servait, paraît-il, à confectionner des remèdes ayant grande vertu. Or, ceci ne se passe pas en Chine, mais bien en France, dans le nord de la France, et, n’ayant pas à lancer le produit, je m’abstiendrai de donner l’adresse. Toujours est-il que soit pour activer la sécrétion 8
l’initiation 114 ' biliaire, soit pour prévenir la formation, des calculs, ou tout au moins de les dissoudre au fur et à mesure qu’ils se forment, en favoriser l’élimination sans douleur, il n’y aurait rien de mieux que l’absorption des propres sucs biliaires. Ils activent la sécrétion hépatique, sont les meilleurs « cholagogues ».
On extrait de.la bile les sels glycocholate et taurocholate, et on en forme des pilules antihépatiques aux sels biliaires, destinées à remplacer le fameux remède de bonne femme, au fiel de bœuf, si souvent employé par les empiriques. On ne peut opérer qu’avec de la bile d’animaux ; que ne sommes-nous en Cochinchine pour utiliser le fameux « tribut du roi ».
Au sujet de la médication placentaire, j’ajouterai qu’en Afrique (Algérie-Tunisie), de vieilles matrones moitié sorcières, moitié sages-femmes, presque toutes juives, traitent les envies qui souvent s’étendent sur la poitrine ou autres parties du corps sous formes de disgracieuses taches plus ou moins colorées, en appli quant aussi frais et vivant que possible un placenta à même la peau.
L’opéré reste couché et attend que la membrane se décompose pour ainsi dire, car on l’a revêtu d’une sorte de toile emplâtre. Enfin, au bout d’un certain nombre de jours, le tout est arraché et il paraît que l’envie disparaît car la peau superficielle est dé truite. L’envie est considérée comme une impression du fœtus ; rien d'étonnant, d’après la théorie de la méde cine des Signatures, qu’un placenta encore doué de
QUELQUES MOTS SUR L’OPOTHERAPIE 1 I 5 force vitale puisse avoir une certaine influence sur ces taches si désagréablement pigmentées. Les verrues disparaissent, si, au printemps, on les lave avec de la fleur de vigne et en autre saison si on passe sur l’excroissance, à plusieurs reprises, une grosse limace jaune bien gluante. Pour être sûr du succès il faut désirer guérir.
Dans le Midi de la France on voit sur le rebord des hautes cheminées de campagne une fiole remplie d’huile d’olive dans laquelle nagent des pétales de lys et des scorpions écrasés. Si on est piqué par un de ces insectes, on applique vite un morceau du lys sur la piqûre ; c’est l’antidote, caron affirme que le scorpion contient le venin et son contrepoison. TtDIANEUQ.
ne UOpoltiéraple et la Métai» ta Sljeata (Suite) LA MÉDECINE DES SIGNATURES PROPREMENT DITE La médecine moderne se sert toujours de plantes, d’herbes et de racines pour la cure des maladies, mais elle ne sait nous donner aucune raison de leur action, sinon que l'expérience a prouvé que ces médicaments ont un bon effet dans certaines affections.
Paracelse nous indique le pourquoi de cette action et nous enseigne que chaque plante est la représentation d’un principe invisible existant dans l'univers et dans le corps humain, et que l’ihtroduction d’un principe sain dans un organisme malade peut rétablir l’équi libre des vibrations en vertu de la loi de l’induction.
11 prouve aussi que si l’on cueille les herbes médi cales sous l'influence du soleil ou de la lune, ou d'une planète particulière, cela a son importance, quoi qu'en pensent nos modernes apothicaires, et que les vertus des plantes changent, de même que chan gent les conditions astrales dans l’éther de l’espace.
L’âme ne perçoit pas la construction extérieure ou intérieure des herbes et des plantes, mais elle sent intuitivement leurs puissances et leurs vertus, et les reconnaît de suite â leur signature.
l’opothérapie 117 Ce signalum (ou signature) est une certaine activité organique aux objets fabriqués artificiellement, une certaine ressemblance avec une condition spéciale produite par la maladie, et au moyen de laquelle la santé peut être rétablie.
Ce signatum est souvent exprimé même dans la forme extérieure des objets et en observant cette forme, nous pouvons apprendre -quelque chose par rapport à leurs qualités intérieures, sans même nous servir de notre vue intérieure.
Aussi longtemps que l’homme resta dans son état naturel, il faut reconnaître les signatures des choses et savoir leur véritable caractère; mais à mesure que son esprit se laissa captiver par des apparences illu soires et extérieures, ce pouvoir se perdit.
Parlant de la science médicale, Paracelse s’exprime ainsi : Si le médecin comprenait l’anatomie des médica ments et l’anatomie des maladies, il trouverait qu’il existent une correspondance entre eux.
Non seulement il y a une relation générale entre le macrocosme et le microcosme, mais une interrelation et interaction spé ciale existent entre leurs différentes parties : chaque partie du grand organisme agissant sur la partie cor respondante du petit organisme, de la même manière que les différents organes du corps humain sont inti mement liés, agissant les uns sur les autres et mani festant les uns pour les autres une sympathie qui peut continuer à exister même après que ces organes ont été séparés du tronc.
Il y a une .grande sympathie entre l’estomac et le cerveau, les poumons et le cœur, etc. Il y a en outre une grande sympathie entre les planètes et les étoiles
1 i 8 l'initiation et les organes du corps humain. Cette même sympa thie existe entre les étoiles et les planètes, d'étoile en étoile, de plante en plante et entre les plantes et les organes du corps humain ; par suite de cette relation, chaque corps peut produire certains changements dans l’activité de la vie d’un autre corps qui est en sympathie avec lui. * C’est ce qui explique Faction de certaines médecines spécifiques dans les maladies.
De même qu’une barre de fer magnétisée peut affecter magnétiquement une autre barre de fer, mais n’aura aucune action sur le cuivre et le laiton, une plante qui possède certaines puissances pourra déter miner une action vitale semblable dans un organe, si cette plante et cet organe sont en rapport avec la même étoile.
Il y a donc des plantes qui peuvent agir comme antidote dans certaines maladies, de la même ma nière que le feu détruira toutes les choses qui n’ont pas le pouvoir de lui résister. La neutralisation, la destruction ou le déplacement de n’importe quels éléments spécifiques qui produisent la maladie et le changement d'une action anormale et malsaine du principe vital en un état normal et sain, forment la base du système thérapeutique de Paracelse.
Son but est de rétablir dans l'organisme malade l’équilibre nécessaire, et de rendre la vitalité perdue en attirant les principes vitaux des objets et des puissances vivantes. Les remèdes qui contiennent la qualité re quise dans la plusgrande proportion seront les plus capables de rétablir la santé. Quand on se sert de végétaux, dit Paracelse, le
l’opothérapie 119 grand illuminé du seizième siècle, il faut prendre en considération leur harmonie avec les constellations et leur harmonie avec les parties du corps et les mala dies, chaque étoile attirant, par une sorte de vertu magique, la plante avec laquelle elle a de l’affinité, et lui faisant part de son activité, de sorte que les plantes sont, à proprement parler, autant d’étoiles sublunaires.
Pour en démontrer les vertus, il faut en étudier l’anatomie et la chiromancie, car les feuilles sont leurs mains, et les lignes qui s’y remarquent font apprécier les qualités qu’elles possèdent.
Ainsi l’anatomie de la chélidoine, ou grande éclaire, dans les vaisseaux de laquelle afflue un suc jaunâtre, nous apprend que cette plante convient pour le traitement de V ictère ou jaunisse, etc. Le Créateur, en attribuant aux plantes telle forme, telle manière d’être, plutôt que telle autre, avait eu pour but, selon Porta, d’avertir les hommes que, en cette plante, résidaient les vertus propres à guérir les affections des parties du corps ayant une analogie avec ces plantes.
C’est ainsi qu’une plante dont les ra meaux florifères se déroulent en queue de scorpion, comme le myosotis (auxquels les botanistes modernes ont d’ailleurs donné la qualification spécifique de scorpioïdes), devait être souveraine contre la piqûre du scorpion ; que le buniun, ou terre-noix, ou noix de terre, espèce d’ombellifère, dont la racine déve loppe un tubercule en forme de cœur, de même que le cédrat, était providentiellement indiqué contre les affections du cœur; qu’une autre plante de la merpe
120 l’initiation • > famille, très commune dans les moissons, et dont la fructification s’allonge en forme ^aiguille de berger, avait la vertu d’extirper les corps aigus implantés dans les chairs. La scabieuse, dont le réceptacle est composé de pièces écailleuses, avait le don de guérir les affections squammeuses.
La scrofulaire ne devait son nom qu’à ce que ses racines et sa tige présentent des nodosités semblables à celles des affections scrofuleuses, pour le traitement desquelles elleestencore employée dans les campagnes. Le grémil, qu’on nomme encore herbe aux pertes ou aux pierres, en raison de l’excessive dureté de ses graines nacrées, était tout indiqué pour dissoudre les calculs.
Le tussilage ou pas-d'âne, à cause de la forme de ses feuilles qui imitent- assez bien l’empreinte que pourrait laisser sur le sol le pied d’un baudet, devait naturellement guérir les contusions provenant des coups de pied de l’âne. Là vipérine, qui darde son pistil du fond d’une co rolle en gueule, fut baptisée ainsi, pour signifier que le venin du dard de la vipère ne saurait prévaloir contre elle.
La petite centaurée, espèce de gentiane sylvestre, qui du reste est encore fort usitée en raison de ses qualités fébrifuges, ne fut pourtant mise en crédit que grâce aux quatre angles de sa tige, qui 14 dési gnaient comme remède de la fièvre quarte ; tandis que les plantes à tiges triangulaires furent reconnues bonnes contre la fièvre tierce. •
l’opothérapie 12 I Ainsi, pour arrêter les flux du sang, on se servait de la racine rouge de tormentille; elle est astringente, vulnéraireB propre pour arrêter les cours du ventre, les hémorragies; aussi des roses rouges, de bois de santal rouge, de même que le sang-dragon, la terre rouge, le corail, la pierre sanguine.
Pour évacuer la bile, on conseillait le jus de citron, les infusions de safran, de grande et de petite centau rée, de cyprès, des champs de chélidoine, de rhu barbe et d’aloès. Contre la pituite on employait l’agaric, la racine d’ellébore blanc, de turbith ; contre les fleurs blan ches, la fleur d’ortie blanche. La feuille de bouillon-blanc, le lichen étaient excel lents contre les maladies du poumon.
Le chou était recommandé contre la péritonite ou les affections cé rébrales, car sa feuille représente un épiploon ou l’écorce du cerveau. La racine d’arrête-bœuf ¿tait bonne pour toutes les affections intestinales, parce qu’elle ressemble peu ou prou à une portion des intestins.
Les noix ont la figure de la tête ; leur écorce verte, celle de la peau qui couvre le crâne : voilà pourquoi le sel qu'on en tire est merveilleux pour en guérir les blessures. Les têtes de pavots ont aussi de la ressemblance avec la tête; c’est pourquoi elles en soulagent la dou leur dans plusieurs maladies. L’herbe depervier est ainsi nommée parce que les éperviers s’en servent pour éclaircir la vue. Les soucis, l’anémone ont de la ressemblance avec
1 22 l’initiation la prunelle; leur jus, instillé dans les yeux,en dissipe l’obscurité. La gomme qui distille du sureau, nommée «oreille de sureau » ou « oreille de Judas », parce qu’on pré tend que Judas s’est pendu à un arbre de sureau, sou lagerait toutes les endures d’oreilles. L’herbe ou la dééoction de pissenlit ou dents de lion dans du vinaigrs soulage les maux de dents quand on se lave la bouche avec.
La racine de fougère, qui a une forme dentelée, est également un topique pour les maux de dents. La langue de cerf ou bistorte^ la langue de chien ou cynoglosse ressemblent, par -leurs feuilles à la langue. Elles sont très utiles, en gargarismes, pour atté nuer l’inflammation delà langue et des amygdales.
Suivant les Curiosités inouyes deGaflarel,Crollius avait établi une médication basée sur la ressem blance des plantes avec, les parties du corps hu main : La tête, dit-il, est représentée par la racine de squine qui en a la même figure; — c’est pourquoy elle est propre à ses maux. > Les cheveux, par les barbes qui croissent sur les chênes, appelez Pili quercini,et par la fleur du char don, dont le suc distillé la fait croistre.
Les aureilles, par Vasarum dit cabaret, excellent contre la surdité. Les yeux, par la fleur de potentilla, mot incogneu aux anciens, dit Fusk, et tournée en tanaise sau vage, dont l’eau de sa fleur est singulière pour la veûe.
l’opothérapie 123 Le nez, par la mente aquatique, l’eau de laquelle fait revenir l’odorat perdu. Les dents, par la dentaria, qui en apaise la rage. Les mains, par la racine d’hermodate, propre pour ses crevasses. Le cœur, par le citron et l'herbe appelée alléluia qui lui est souveraine. Le poumon, par l’herbe ainsi nommée. Le foie, par hépatique, favorable à ses maux.
Voyez les autres simples chez le mes nue auteur, qui représente le reste des parties du corps, comme mammelles, ventricule, nombril, ratte, entraille, vescie, rheins, génitoires, et même les parties honteuses, comme ïe phallus hollandica, descrite particulière ment par Adrianus Junius.
On employait, peut-être emploie-t-on encore, l'herbe de foie pour les maladies de cet organe ; la scolopendre contre les douleurs de rate ; les oranges, citrons et grenades qui ont vaguement la forme du cœur, contre les défaillances ; la vesicaria, nommée ainsi à cause de sa ressemblance avec la vessie, contre les rétentions d'urine et la gravelle.
Une dénomination particulière indiquait simple ment la nature des propriétés prêtées à la plante : ainsi rherbe à la rate (scolopendre officinale) ; l'herbe au chantre (Sisymbrium officinale), crucifère béchique; l'herbe aux charpentiers (Achillea millefolium), qui servait à panser les blessures qu'Achille guérissait avec sa lance : rherbe aux femmes battues (Tamus commuais), dont on reportait aussi les pro priétés vulnéraires à la Bryonia dioica ; rherbe aux
124 l’initiatioi teigneux (Tussilago petasites), l'herbe aux goutteux (Agopodium podagraria), etc. Toujours en vertu de la médecine des Signatures, deux plantes jouissaient d'un grand crédit comme aphrodisiaques : le satyrion et la mandragore. La première devait sa réputation à son odeur spermatique et à la ressemblance de son bulbe avec la glande séminale ; d’où son nom d'orchis.
Quant à la vertu génésique de la seconde, elle lui venait de la ressemblance de ses graines et de sa tige avec les membres inférieurs et le torse d’un homme. Voyons ce que dit Sédirdecette plante: Mandragore, Pomme d'amour, Dudaïm ou Jabora (en hébreu). Froid et modérément sec : une des douze plantes des Roses-Croix. Elle est maléfique ; peut provoquer la folie à moins qu’elle ne soit corrigée par du © ; c’est alors un bon narcotique.
Servait aux Germains à faire les statues des Dieux du foyer qu'ils appelaient Abrunes.Les sorcières l’employaient pour aller au sab bat. Cette racine est un condensateur d’astraldes plus puissants;et la forme humaine qu’elle affecte toujours indique des propriétés toutes particulières et d’une énergie spéciale. Notre ami Sisera en possède une qui représente exactement un père, une mère et un enfant au milieu d’eux.
Elle a servi aux théories insanes de certains magiciens qui voulaient y trouver l’élixir de longue vie ou en faire de faux téraphims(i). \ En combien de pays ne va-t-on pas pour adminis- (i) StoiP, les Plantes magiques (Chacornac, Paris).
l’opothêbapie 125 trer la tisane aux phtisiques, cueillir certaines borraginées, à qui les taches livides de sa feuille, analogues aux abcès du poumon, ont fait donner le nom de pulmonaire? Ne rencontrerait-on plus aucun médicastre pour conseiller le jus de carotte à son client affecté de la jaunisse?
Et communément ne cherchet-on pas quelques grains d'orge que l’on mâche, pour les appliquer sur le petit abcès des paupières connu sous le nom dorgeolet ou eompère-loriot ?
Dans le Berry et autres régions du Centre de la France, ne voyait-on pas, naguère, les remègeux, autre synonyme de rebouteùx, vanter particulière ment Vherbe à la forçure, et se servir des racines de cette herbe (autrement dit le sceau de Salomon, qui présente une vague analogie avec certaines parties du corps humain), pour guérir les distensions violentes des nerfs ou des muscles ; et, chaque fois qu’ils en faisaient usage, avoir soin d’employer les fragments de cette racine qui a le plus de rapport par sa forme avec le membre malade ?
LesChinois,écritledocteur Jeanselme, ne pouvaient manquer de tenir en estime la doctrine des signa tures, qui a joui d’une si grande vogue en Europe aux siècles passés... Ainsi le médecin chinois pres crit la luciole et le cristal de roche contre la cécité ; la garance rappelle le flux menstruel ; le gin-seng, dont la racine bifurquée ressemble à des cuisses d’hommes, passe pour restituer la virilité absente.
Si la renouée (poligonum) était très employée autrefois, et l’est encore, pour guérir la dysenterie, c’est parce que sa racine a la forme d’un intestin. Mais pourquoi
116 l’initiation faut-il s’en mettre une feuille sous le talon, afin d’as surer la guérison ? Serait-ce de la thérapeutique à distance ? Cette théorie de la médecine à distance était très répandue autrefois. Par exemple, sous prétexte que l’araignée’guérissait les fièvres, un journal de méde cine anglais de 1743 recommandait, contre les fièvres quarte, d’enfermer une araignée dans une coquille de noisette et de la porter sur soi.
Ces ordonnances étaient encore suivies en 1861, aux États-Unis. Le père de la philosophie fin de siècle, l’illustre Schopenhauer, usait contre la fièvre du remède indiqué par le journal anglais. Dans les Cévennes pour les diarrhées infantiles, les matrones mettent un goujon sur le nombril de l’en fant pendant quatorze heures. On emploie ailleurs des lavements de tripes de poulet contre la dysenterie.
Pour l’ictère, tous les remèdes reposent sur « la mé decine des signatures *. En dehors du safran, du ci tron, de la chélidoine que nous avons vu employer, on conseille encore le jus de carotte. Dans le bas Poitou, on prend une très grosse carotte, on la creuse et on urine dedans pendant neuf jours ; le neuvième jour, la jaunisse a disparu. Dans les Landes, le traitement est le même.
Dans les Ardennes, on applique une tanche, au creux de l’estomac. Le poisson, en se putréfiant, jaunit. C’est labile qui s'en va. D’après Sédir, la cueil lette des plantes doit se faire dans les conditions sui vantes : * Le jour ou la veille de la Saint-Jean est bon pour
l’opothérapie 127 cueillir toutes sortes d’herbes. En outre, chaque plante a quelques jours dans l’année où sa force est exaltée; les heures de la nuit sont plus favorables, on cueille les plantes après les avoir rapidement consacrées par des signes et des paroles appropriées à leur signa ture ; puis on les arrache du sol, ou on coupe la partie utile avec un couteau spécial, en désignant le but auquel on veut la faire servir.
Les défenses de l’Èglise, à propos de ces cérémonies,, ont leur raison d’être, qui est très secrète et que très peu connaissent; qu’il nous suffise de dire, à ce propos, qu’au point de vue véritablement mystique, dans le plan divin, tout acte de Magie est un acte de révolte, et que l’on doit, par suite, s’en abstenir avec soin. C. B. BIBLIOGRAPHIE % de Gaffarel. — Curiositez inouyes, etc. E. Gilbert. — Les Plantes magiques et la Sorcellerie.
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LE DIÄB0L0 Et la Magie cérémonielle antique C’est vraiment dommage pour l’auteur et les comé diens de la Furien’aient pas eu l’occasion d’étu dier la magie cérémonielle des anciens Grecs. Pour tant, dans une scène de la pièce, un prologue, une charmante interprète, expliquant au peuple pélasge les aîtres du temple, y parle des sorciers qui font des choses étranges. Ces sorciers grecs maniaient le dia bolo !...
Et les enfants qui jouent dans l’édifice, tels des Éliacins préhistoriques, devaient aussi faire tourner des diabolos, pour peu que l’humanité d’autre fois res semblât à notre humanité et qu’à l’état puéril elle mêlât volontiers le profane au sacré. Les enfants de chœur, dans nos églises, avant ou après les offices, utilisent les instruments du culte à des jeux divers.
Quelle aubaine pour la pièce et quelle surprise pour ’ un public, venu là sans méfiance 1 Des robes à volants, des chapeaux modernes habillant les dames paléo grecques ; aux mains des enfants du vieux Cadmus, *e jouet favori des modernes babys ! Alors, il est vrai, ce jouet s’appelait le rhombos et constituait un instrument magique dont quelques
i3o l’initiation auteurs grecs et latins vont nous entretenir de façon Dans Théocrite (Églogue II, vers 3o), le rhombos associé à un autre instrument d’allure mystérieuse, le * iynx », sert à l’amante qui pleure son chagrin et lutte contre son délaissement, de figure comparative « ultra-parisienne >/à la peinture de ce qu’elle attend des conjurations auxquelles elle se livre : lynx, trahe tu ilium virum ad domum meam, Ut hanc ceram ego, juvante numine, liquefacio Sic liquéfiât abamore Myndius illico Delphis, Atque ut circumagitur hicce rhombus æneus ex Venere Sic ille circumagatur ad nostras fores... * lynx, traîne cet homme vers ma demeure ; comme moi je liquéfie cette cire, avec l’aide des puissances, qu’ainsi Delphis de Mindes soit mainte nant amolli d’amour ; et comme ce rhombe d’airain par Vénus est virevolté, qu’ainsi devant ma porte soit tournoyant mon cher Delphis... » Soulignons, en citant le texte grec des deux derniers vers, la précision du verbe « circumagitur » dont use le traducteur latin : * Kôs dineith' ode rombos o khalkios ex Aphroditas ôs tênos dinoito poth’ aretemaisi thuraisin. » Ce passage du poète est tellement net qu’il suffit de le lire pour être renseigné sur la valeur des pro cédés magiques, à quoi servait le rhombos, aussi sur la manière de s’en servir. Le personnage de Théocrite, en faisant son incan- * tation, tient évidemment dans ses mains un rhombos
LE DIABOLO ET LA MAGIE ANTIQUE l3l qu’il fait tourner. Pour plus de sûreté, il évoque aussi les puissances liées par le nom : iynx, instrument magique, jouet, oiseau d’amour (bergeronnette) et même partie essentielle de la structure physique mas culine.
Il a, d’ailleurs, cette « innamorata >, préparé à l’avance quelque poupée de cire qu’il dissout au feu cérémoniel, avec l’espoir que le cœur de son ■ amant deviendra dès lors de cire molle pour l’em preinte de son désir vivant dévorateur.
9Ecrivant pour les lecteurs d’une revue française, il est permis de rappeler les expressions modernes par quoi tout amoureux maussade exprime son dépit à l’encontre de celle qui le veut quand même et qu’il accuse volontiers de le faire tourner en...toton. Voici encore un passage de Lucien (Dialogues des courtisanes) qui vient asseoir notre rapprochement entre le rhombos antique et le diabolo pour la façon de les mouvoir l’un et l’autre : « ...
Tum prolatum de sinu rhombum intorquet, carmen simul volubililinguadicens.barbaricahorribiliaque nomina...»(barbarika kai phrikodê onomata...) «Alors elle enlace et fait tourner le rhombos qu’elle a sorti de son sein (eita ek tou kolpou prokomisasa rombon epistrephei), ce pendant qu’elle dit une incan tation, la langue roulant prestement les mots horribles et barbares. » (Lucien,Dialog. mer., IV, 5.
Auteurs grecs, édition Didot.) Que de secousses affolantes ont dû ressentir les amants modernes, aux soubresauts fantasques et in nombrables des rhombes maniés par les détenteurs masculins ou féminins des records de diabolo.
I 32 l’initiation Il n’est pas jusqu’au terme par où l’on désigne l’instrument actuel, qui ne se réfère évidemment à l’origine magique de l’objet. Le rhombos est éminemment un don, une signa ture d’Aphrodite. Toutefois, outre sa vertu érotique, le rhombe possédait une valeur divinatoire, soit comme déterminant, soit comme déterminé.
Il est probable que les rhomboïstes anciennes, car les femmes parais sent avoir manié le rhombe plutôt que les hommes, déduisaient le sort des ronflements plus ou moins sonores de l’objet et ne se faisaient pas faute d'activer ou de ralentir son élan, comme nos cartomanciennes corrigent très sincèrement le sort, le sollicitent, eût écrit Renan, par des tricheries opérées cartes sur table.
A E Il ne manque pas, au surplus, l’appoint d’une preuve matérielle à ce parallèle. Il existe quelques rhombes anciens ; très peu assurément, mais les deux croquis ci-dessus figurent d’authentiques et précieux survi vants de cet instrument magique et profane. Ces cro quis sont empruntés à l’ouvrage de Cecil Torr
LE DIABOLO ET LA MAGIE ANTIQUE 133 M. A. : Rhodes in ancient Times, Cambridge, i885. Le croquis A figure une boîte d’or provenant de Camiros, dont le couvercle est orné d’un haut-relief représentant Éros, tandis que sur la base est sculptée Thétis. Le croquis B dessine un véritable diabolo, vu par une face latérale striée circulairement et légèrement inclinée en bas vers le lecteur, de façon à montrer la gorge profonde du rhombè.
Cet exemplaire est en or et de provenance inconnue. La boîte dont le croquis A figure une coupe ver ticale selon l’axe, a bien la forme type du diabolo et les reliefs dont sont ornés le couvercle et la base, témoignent qu’elle ne devait pas être placée à la façon des boîtes ordinaires reposant sur le fond, mais sur les circonférences latérales. Rombos signifie aussi un losange.
Supposons deux losanges égaux dont les axes coïncident accolés par un sommet, nous avons le diabolo équilibre et qui posé sur le fil rouge, cher aux magiciennes grec ques et romaines, tournera sonore et suggestionnant pour la fortune ou l’amour. (Lire aussi Properce III. 6. 26. ) Terminons cette brève étude par cette citation de mémoire d’un passage de Smarra. (Contes fantas tiques, Ch.
Nodier.) Meroë revint armée de deux larges baguettes d’ivoire et sur la tresse flexible fit voler le rhombus. La tresse.dont se sert la nécromancienne du conte est faite de treize poils de la crinière d’une jument blanche, volée, et tressés par le voleur lui-même.
l’initiation 134 Nous avons remarqué plus haut que le fil coloré, et de préférence rouge, servait aux opérateurs magiques d’autrefois. La survivance à travers des siècles d’un jeu, qui, dépouillé de tout caractère cérémoniel, est déplorablement insane, est en soi un fait curieux.
La folie qui s’empara, ces dernières années,de toutes sortes de personnes, même intelligentes, et les fit manier l’ins trument puéril, témoignerait d’une sorte d’adhérence de potentielle démentisation au signe que nous avons étudié. Toutefois, pour comprendre les superstitions, il faut se rappeler qu’à l’origine elles s’appuyaient à la fois sur des états d’âme justifiés, et aussi sur des sym boles matériels, parfois génialement exécutés.
La rythmique et sonore rotation des rhombes de métal sur le lin pourpré devait en vérité suggérer à l’âme harmonique des Grecs, des enchantements berceurs et correspondant aux choses et aux douleurs. Le succédané moderne du rhombos n’aspirait qu’aux charmes d’un brevet commercial. A.-E. Ferdar.
tii Essai sur la Forme (Suite.) IV J’ai dit plus haut que les trois aspects de la pensée créatrice sont la force ou puissance, le nom ou verbe et la forme. La puissance correspond au Premier Logos, le nom au Deuxième et la forme au Troisième. La puissance ou la force est ce qui permet à l’idée de se manifester, de se projeter au dehors ; le nom est ce qui oriente la force vers la réalisation totale de l’idée dans sa forme définitive. ?
En effet, tout nom est une parole et toute parole un son, c’est-à-dire un ensemble particulier de vibrations qui déterminent une forme. La force, le nom et la forme ne font qu’un. L’exis tence de l’une quelconque de ces qualités est néces saire à l’existence des autres. Si l’une manquait, l’idée serait incomplète, partant irréalisable.
A l’origine, l’idée n’est qu’un point, un germe con136 l’initiation densant en lui toutes les virtualités, qui se dégagent, s’affirment et prennent forme sur les plans subjectifs de TUnivers ou dans le cerveau qui l’a conçue, pour se réaliser et se concréter ensuite sur les plans objectifs. Elle n’est réellement mûre, prête pour la réalisation que lorsque la forme idéale est bien délimitée, nette et précise.
Elle est alors comparable aux figures de géométrie, qui sont des abstractions de l’esprit et n'ont qu’une réalité mentale. Elle n’est d’ailleurs, à ce moment, que le schéma géométrique des formes qui vont s'incarner et évoluer sur les plans objectifs. Et il n’en saurait être autrement, puisque la nature ne cesse de géométriser dans toutes ses manifestations. C’est pourquoi la géométrie est la science des formes de l’univers et de nos créations.
Dans la réalisation, la force de l’idée se dédouble ou se transmute en d’autres'forces. Chaque ligne du schéma idéal est une ligne de force et l’ensemble de ces lignes constitue la somme des virtualités incluses dans l’idée. Le sens et la forme de ces lignes sont pré déterminées par l’idée-image elle-même.
Pour que l’idée se réalise, en d’autres termes: pour qu'il y ait création, il faut qu’elle passe de puissance à acte, c’est-à-dire s’objective, se concrète. Comment s’opère cette objectivation, cette matéria lisation de l’idée ? Comment le point mathématique, qui n’occupe aucun lieu, se localise-t-il ? Comment le « sans dimensions * acquiert-il longueur, largeur, épaisseur ? Comment l’indivisible devient-il divisible. Cï | ‘ ' fait-il matériel ?
ESSAI SUR LA FORME 137 C’est là la grande énigme, ce que cache apparem ment le voile d’iris que nul mortel n’a pu soulever.
Lacuria a senti toute la grandeur de ce problème; aussi en parle-t-il en termes magnifiques: < A bien considérer, le point matériel n’est que la négation de l'autre ; le point en se matérialisant perd tous ses admirables privilèges, il n’est plus indivi sible, par là il déchoit de l’unité et tombe sous le nombre, le fini et la limite; Il n’a de commun avec l’autre que l’idée du lieu auquel il devient sujet et il est lui-même le premier lieu auquel tous les autres peuvent se rapporter, c’e$t lui qui en se dilatant et se multipliant produit l’espace avec tous les lieux et toutes les formes qu’il renferme; et la vue de toutes ces productions occupe et recrée la pensée qui s’éblouissait dans la contemplation du point ; la réa lité de cette négation du vrai point, qui est le point matériel, nous est incompréhensible; c’est dans cette matérialisation du point que gît le mystère de la création.
Car c’est là qu’a lieu le passage de ce qui est toujours à ce qui n'est pas encore, de l’infini au fini et à la limite, de l'idée pure à son signe et à son empreinte. Il rapporte à la suite cet étrange passage du Zohor, dont j’ai déjà cité, plus haut, la première partie, d'après Franck : s « Quand l’inconnu des inconnus voulut se mani fester, il commença par produire un point.
Tant que ce point lumineux n’était pas encore sorti de son sein, l’infini était encore complètement ignoré et ne répan dait aucune lumière...
i38 l’initiation « Le point indivisible n’ayant point de limite et ne pouvant être connu à cause de sa force et de sa pureté s’est répandu au dehors et a formé un pavillon qui sert de voile à ce point indivisible. Ce point, quoique d’une lumière moins pure que le point, était encore trop éclatant pour être regardé ; il s’est à son tour répandu au dehors et cette extension lui a servi de vêtement.
C’est ainsi que tout se fait par un mouve ment qui descend toujours ; c’est ainsi, enfin, que s'est formé l’univers (1). » Si le Zohor n’explique point, non plus, comment le point indivisible a pu s’épandre au dehors, acqué rir des dimensions, se matérialiser en un mot, il montre tout au moins que le point ou l’idée, au furet à mesure qu’elle s'objective, se couvre de voiles ou d’enveloppes de plus en plus denses et opaques.
Ces voiles sont les formes que revêt successivement l'idée en passant des plans d’existence supérieurs aux plans inférieurs. Quoique analogue et se correspon dant, ces enveloppes diffèrent les unes des autres et il y en a autant que de plans traversés. Il est curieux de rapprocher ici les enseignements de la tradition chinoise de ceux de la Kabbale.
D’après Matgioi, le fameux tétragramme de Wenwang (a) est la « clef du phénoménisme universel qu’on est convenu d’appeler : la création du monde ». Le pre mier idéogramme représente la cause initiale, «d’oû (1) Lacuria, les Harmonies, etc., t. I, pp. 235-236. (2) On pourrait le comparer au tétragramme de la Kabbale dont je parle plus' haut. Ils expriment tous deux des idées semblables ou tout au moins analogues.
ESSAI SUR LA FORME I 3q sortent potentiellement tous les univers qui y sont contenus en germe (i) ». Le second exprime le déve loppement de tous les êtres. « Les êtres, dit le Grand Commentaire (du tétragramme de Weuwang), commencent à entrer dans le courant de la forme. 11 n’y a pas de distinction entre eux, mais ils vont se saisir, d’abord de l’exis tence uniformelle, puis des formes antérieures qui les distinguent à nos yeux.
Il y a donc une existence uniformelle, puis des existences multiformes ; quant à l’existence informelle, elle n’est pas mentionnée ici, car elle est précisément dans la perfection. Et elle ne peut être mentionnée que dans la perfection. C’est l’Eternité.
L’existence en soi ne fait pas, et ne peut logiquement faire partie d’aucune espèce de créa tion (2). » A quoi correspondent ces différentes sortes d’exis tences? à quelles phases de la Création? à quels plans de l’Univers ? L’existence informelle correspond, comme on vient de le voir, à la perfection, à Dieu ; c’est le « sans ferme » absolu. L’existence multiforme, c’est celle que nous con naissons, l’existence matérielle.
Quant à l’existence uniformelle, elle ne doit pas être l’homogène pur, qui est sans aucun doute le < sans forme ». Pour qu’il y ait création ou forme réelle, il faut déjà être sorti de l’homogène, il faut (1) La Voie métaphysique, p. 6g. (2) Ibid., p. 73.
l'initiation 140 qu’il y ait distinction, limite, sans quoi il n'y aurait pas de forme. L'existence uniformelle doit donc correspondre à un état de la matière où elle serait divisée en atomes géométriquement semblables. S’il existait des espaces à une dimension, cette existence serait encore réalisée par des êtres ou des entités, ayant tous la forme de la droite, qui est tou jours semblable à elle-même.
Mais ces espaces sont purement subjectifs ; donc aussi ces entités. Il en est de même des espaces à deux dimensions et des entités y contenues, qui sont représentées par toutes les variétés de surfaces. Quoique dépourvues de toute matérialité (1), ces entités n’en existent pas moins, mais leur existence est purement mentale. Les êtres matériels sont ceux qui peuplent notre espace à trois dimensions.
Ils revêtent toutes les formes représentées par les volumes réguliers et sur tout irréguliers dont le nombre est indéfini. S’il existe des espaces et partant des êtres à quatre (1 ) Si la matière apparaît avec la dimension, la limite, Il forme qui l’organise et lui donne l'être, il faudrait considérer aussi comme matériels les êtres ou entités à une ou deux dimensions. Mais alors où commence la matière ?
Aveo l’es pace à une dimension ou seulement avec ceux à trois dimen sions ? Le problème n'est pas facile à résoudre. Quoi qu’il en soit du reste, il est certain que, sur notre pim d'existence à trois dimensions, les lignes et les surfaces n’ont pas d’existence par elles-mêmes ; elles n'ont de réalité que dans et par les volumes. Si l’on supprime une seule des trois dimensions, les autres s’évanouissent. Il résulte de cela que les êtres à une ou à deux dimensions sont purement fic tifs nu péométriaues.
ESSAI SUR LA FORME 141 ou à un nombre supérieur de dimensions, il nous est impossible de nous faire une idée des formes qu’ils peuvent prendre. La géométrie seule a tenté de es espaces supcdéterminer les formes régulières de c rieurs (s). V Je viens de dire que le point en s’objectivant se localise, devient fixe, divisible, matériel. Il en est de même des lignes, des angles et de toutes les figures idéales. Et ainsi les idées se réalisent.
Les forces incluses en elles s’objectivent, se meu vent, vibrent, se rencontrent, se coupent, s’opposent, se conjuguent, s’additionnent ou se retranchent ou s’annihilent, s’attirent ou se repoussent, suivant le plan préconçu.
Si une seule force était objectivée, elle suivrait nécessairement une ligne droite indéfiniment, mais comme tel n’est pas le cas, elle est vite déviée de sa direction première par une autre ; elle peut même être immobilisée, si cette dernière est de valeur égale et de sens contraire. Les rencontres, les chocs se produisent toujours suivant un angle plus ou moins grand.
De nouvelles (1) Il serait intéressant de rechercher, à ce propos, s'il existe réellement des espaces à une, deux, quatre... et n dimensions, et, dans ce cas, s'ils correspondent aux plans de l’Univers ou modes d'existence affirmés par les occultistes, ou, — ce qui est peut-être plus conforme à ta réalité, — s’il existe simplement un seul espace avec des êtres à une, deux, trois... et n dimen sions.
l’initiation 142 forces sont ainsi créées ; leur nature, leur direction et leur vitesse dépendent naturellement de la nature, de la direction et de la vitesse des composantes. Plus les forces sont nombreuses, plus les points de. contact augmentent et plus les limitations se multi plient. Des jeux divers de ces forces, de leurs combinai sons multiples, naissent toutes les figures, toutes lçs formes, tous les corps.
En général, la direction des forces affecte, sur le plan physique, la forme de lignes courbes ou plutôt de lignes brisées irrégulières se rapprochant plus ou moins de telles ou telles formes de courbes, à cause de la multiplicité des points de contact des forces réa lisatrices de l’idée avec les forces qui les contrarient.
Plus celles-là seront puissantes et celles-ci faibles, plus la réalisation des formes prédéterminées par l’idée-image sera parfaite.. Si, au contraire, ces der nières sont puissantes et nombreuses, cette réalisation sera très imparfaite. Elle pourra même avorter, si ces forces sont plus puissantes que les premières.
Dans le plan général de la Création, les lois natu relles et les virtualités de l’idée du logos créateur, sont une seule et même chose, puisque celles-là ne sont que la réalisation de celles-ci. Mais nos créations particulières étant nécessairement soumises à ces lois, nos idées ne peuvent se réaliser en dehors et à l’en contre de ces lois (1). (1) D’une manière permanente du moins. Tout ce qui est fait et créé contrairement à ces lois, ne tarde pas à être brisé et dissout par le mouvement universel.
ESSAI SUR LA FORME 143 Au fur et à mesure que l’idée descend dans les plans inférieurs de l’Univers, elle devient de plus en plus impénétrable. Chaque enveloppe qu’elle revêt est un voile et chaque voile la cache davantage. En outre, la matière étant de plus en plus grossière, de moins en moins plastique, la forme est de moins en moins adéquate à Vidée.
Sa réalisation est d'autant plus imparfaite et incomplète, que le plan où elle s’incarne est plus éloigné de celui de l’idée pure. Elle est contrariée, en outre, par les idées innombrables qui se réalisent en même temps. Les rencontres et les chocs des forces en action se produisant partout à la fois, la forme créée est loin de ressembler à celle idéale des plans subjectifs.
Si une même idée se réalise plusieurs fois sur le même plan, ses reproductions ne se ressemblent pas entièrement, par suite de cette multiplicité et de cette variabilité de forces qui aident à la réalisation ou l’en travent. Ainsi l’idée-image d’une feuille de platane, par exemple, est la même pour toutes les feuilles de cet arbre et cependant il n'y a aucune feuille qui res semble à une autre.
La raison en est qu’aucune ne subit les mêmes influences avec la même intensité et le même rythme et dans le même sens. Une feuille située au haut de l'arbre recevra naturellement plus de lumière et respirera un oxygène plus pur qu’une autre plus rapprochée du sol. Il èst, en surplus, impossible d’énumérer d’une façon complète toutes les influences subies par chaque feuille et d’indiquer l’intensité et la nature exacte de ces influences.
On conçoit, d’après ce qui précède, que les protol'initiation 144 types des êtres et des choses créées, doivent être rela tivement peu nombreux, eu égard à l’extrême multi plicité et variété de formes qu’ils revêtent sur le plan physique. Cette multiplicité et cette variété s'accroissent en passant d’un plan supérieur à un plan inférieur et diminuent dans le cas contraire.
Ainsi, à l’origine, il n’y avait qu’une forme,.et cette forme-protée est devenue multiforme et a pris toutes les apparences de la matière, innombrables comme les rayons du soleil ou comme les grains de sable de la mer. Jacques Brieu.
Causeries sur l’Alchimie (Suite.) Une objection s'élève : tout ceci n’explique que l’involution et la force vers la matière; notre ma tière peut après tout être inerte. Expérimentons encore et pour cela adressons-nous aux découvertes de M. Becquerel. Nous avons vu tout à l’heure, que des corps placés dans l'ampoule cathodique s’illuminaient; que le verre d'urane en particulier prenait des teintes spé cialement jolies.
Or, afin d’élucider le problème posé par M. Poincarré (Rev. générale des sciences, janvier 1896), M. Henri Becquerel enveloppe de papier noir une plaque photographique, place sur ce paquet des cris- . i * taux de sulfate d’uranium et expose le tout àu so leil. Après quelques heures, il développe la plaque ; l'image des cristaux y apparaît. M. Becquerel déduit de là que les rayons solaires sur l’uranium ont donné lieu à une émission de rayons X. 11 n'en était rien 1 M. Becquerel continue et, le temps ne le favorisant 10
l’initiation 146 pas, il laisse dans un coin obscur les cristaux d’ura nium sur leur plaque. Le soleil faisant toujours défaut, on était en hiver, M. Becquerel développe un jour sa plaque, et il cons tate, avec stupeur, que sans l’intervention solaire, l’image des cristaux y apparaît.
Les expériences se multiplièrent alors, et en fin de compte, et l’on vit que le sulfate d’uranium émet par lui-même, en dehors de toute action extérieure, des rayons Rœntgen ; et ceci infatigablement. Voici donc un corps inerte qui dégage de la force. La voie étajt ouverte aux recherches intenses, aussi voyons-nous entrer en scène deux acteurs bien connus de la science moderne, M. et Mme Curie.
L’un d’eux a disparu, au moment où, selon l’énergique parole du docteur Papus, il redécouvrait l’occultisme. Celui qui règle toute chose ne permet pas au progrès, sous peine de détraquement, d’aller trop vite. Le savant n’est qu’un rouage de ce progrès, il est ramené vers le grand directeur s’il dérègle la machine, et ceci, croyez-le, pour le plus grand bien du monde. Paix à la mémoire de cet illustre savant !
Nous ne nous attarderons pas sur l’appareil à quartz prézo-électrique. Que le lecteur sache qu'à l’aide de cet èlectroscope, on mesure la radio-activité des corps. Jusque-là l’uranium se montrait en tête de tous les corps en tant que radio-activité, lorsqu’un jour Mme Curie constata qu'une pechblende de la mine de Johanngeorgenstadt se montrait quatre fois plus active que l’urañium. M. Curíese joignit alors à sa
CAUSERIE SUR L’ALCHIMIE 147 femme et tous deux, aidés de M. Bemont, chef des travaux à l’école de physique et chimie, se mirent en devoir d’extraire la quintessence de ce minerai. Après bien des travaux que je passerai sous silence, le bromure de radium vit le jour. Une tonne de mi nerai en a donné 2 décigrammes, mais il est'deux millions de fois plus actif que l’uranium. Ce bromure de radium émet des rayons X, il per met la radiographie.
Ce n’est pas tout : le radium donne uneémanation, cette émanation se transforme en hélium, gaz si subtil, qu’il peut être assimilé presque à une force. Nos lecteurs ont pu remarquer que jusqu’ici nous n’avons avancé aucune théorie sans lui donner immé diatement sa contre-partie pratique, puisée dans là sage expérimentation.
Nous n’oublions point, toute fois, ce précepte de Fabre d’Olivet: « l’expérience ne sert à vérifier que ce que la théorie a pressenti et éta bli. » Ce précepte, la science moderne l’a rejeté. L’expérience est toute-puissante; sur une seule expé rience, souvent fausse, se fonde une doctrine qu’un savant plus favorisé du hasard viendra un jour abattre. Le savant d’aujourd’hui cherche une chose : détruire ce qu’a élevé le savant d’hier.
Et nous avançons dans ce labyrinthe de ruines, lfes yeux bandés, sans fil d’Ariane, trébuchant aux doc trines mortes et nous heurtant du front au plafond épais du hasard. Au Hasard seul revient de droit la gloire de toutes nos découvertes. Nous nous sommes appuyés sur les récentes in ventions. Nous nous voyons, à présent, forcés de sor
l’initiation 148 tir du cadre tracé par la science officielle et de quitter le domaine du laboratoire. Envisageons le phénomène d’apport et la matérialisation. Sous l’action d’une force produite par un médium, des objets sont apportés au travers de murs, d’obsta cles soi-disant infranchissables à la matière; des branchages, des fleurs, des objets de dimensions respectables, les traversent avec la plus grande faci lité.
Les faits abondent, nos lecteurs les connaissent, nous ne nous y attarderons pas. De toutes récentes expériences viennent encore de démontrer la possibi lité d'une dématérialisation en un endroit d’un être humain, vivant, et sa reconstruction immédiate en un autre point. Un médium fut, de cette façon,trans porté à travers les cloisons de deux pièces conti guës, aussi facilement qu’un rayon eût traversé les vitres de nos fenêtres.
A quel état, si subtil qu’il dépasse les forces con nues, la matière peut-elle être amenée pour pénétrer ainsi la matière condensée ? Si nous voulions y réfléchir, le phénomène rentre pourtant dans le plus grand naturel. Sous l’action d’une force physique, la chaleur, par exemple, la glace, de solide qu’elle était, passe à l’état liquide, puis gazeuse et devient alors, elle-même, une force bien connue.
Si nous cessons l’action de la chaleur le phénomène inverse se produira. Et cette vapeur qui montait dans l’atmosphère, se mêlait aux gaz leà plus légers, redeviendra solide et lourde. * Pourquoi serait-il impossible, sous l’action d’une
CAUSERIE SUR L’ALCHIMIE 149 puissance qui nous est inconnue (mais qui se rap proche, néanmoins, des phénomènes remarqués dans les études d’électricité à haute tension, haute fré quence, rayons X, etc.) qu’un corps quelconque passe à un état radiant pour revenir à l’état primitif, sitôt l’abandon de cette puissance?
Sans être grand prophète, nous pouvons assurer que d’ici peu, des machines permettront de fournir aux habitants des plans extérieurs, de l’astral am biant en particulier, la force nécessaire pour s’objecti ver à nos yeux de chair; ce que nous obtenons à grand’peine aujourd’hui, à l’aide de cette machine à fluide nerveux, qu’on nomme un médium.
En terminant, citons un fait entre tous s’appliquant plus spécialement à notre étude (Light, 1886) : «Une matérialisation a fabriqué un jour un anneau d’or dont elle montre la dureté en frappant l’abatjour d’une lampe, et l’appuyant sur les mains des assistants.
Pour fabriquer cet anneau, elle demanda la chaîne d’or d’un des assistants, fit sur elle des passes comme pour en extraire la partie la plus sub tile. * Nous terminerons ici cette première causerie. Nous espérons avoir sinon démontré, du moins fait entre voir ce qu’est réellement la matière : une condensa tion à divers degrés d’une force unique. De là pourront découler bien des merveilles.
Nous nous tenons à la disposition de ceux que la question intéresserait, pour les aider, si possible, de nos faibles conseils. Qüintor.
L’AMOUR Quel sujet passionnant que l’amour! Car c’est peutêtre le type de la passion. Qu’est-ce donc que l’amour et quelles sont les règles qui le régissent? Voilà ce que peu de personnes pourraient dire, alors que tout le monde pourtant a senti plus ou moins, sous une forme ou sous une autre, les capricieux effets de son ivresse.
Si c’est une passion, avons-nous dit, nous n'enten dons pas par là que ce soit une chose essentiellement malsaine ou blâmable (toute passion peut être bonne ou mauvaise,suivant les cas). Or, précisément,l’amour est, en soi-même, une imposante manifestation des lois immuables et fatales de la vie universelle. L’amour c’est la force attractive. Les affinités chimiques du règne animal ne sont que de l’amour.
Il est à peine besoin de dire qu’il y a de l’amour dans le règne végétal, car tout le monde sait que les plantes sont sexuées, et que là où il y a les deux pôles magnétiques contraires : le mâle et la femelle, il y a une force irrésistible d’attraction qui est l’amour. Et les animaux, du plus petit jusqu’au plus grand., du plus doux jusqu'au plus féroce, les animaux aiment,,du moins ils s’aiment entre eux, . puisqu’ils se reproduisent.
l’amour i5i Dans tous les règnes, du minéral à l’hominal, nous retrouvons donc l'amour, grand facteur de la repro duction qui attire les êtres polarisés, les fait se péné trer, s’absorber, s'entretuer partiellement, pour la per * pétuation de l’espèce par dynamisation de cellules nouvelles.
Que ce soit dans l’homme ou dans le minéral, l’amour ainsi défini n’est que l’amour de la matière qui lutte pour la vie contre le pouvoir dissolvant de la mort. Mais il y a dans l’amour tout une hiérarchie d’aspirations. Les êtres et les choses, non seulement, aspirent à vivre, mais ne vivent pas au hasard, et leur existence est soumise à des lois harmoniques de rela tion qui leur permettent de vivre en respectant la vie de leurs semblables.
S’il est vrai que la vie physique ne s’alimente que par la mort d’autres espèces, il est également certain que les animaux ou les hommes aussitôt nés, ne se ruent pas les uns sur les autres pour s’entre détruire : que les planètes qui évoluent dans l’espace ne se précipitent pas les unes sur les autres, et qu'en un mot, la force attractive n’agit pas aveuglément, car elle détruirait avant d’avoir créé, elle agit suivant des lois, suivant un plan harmonique.
Cette harmonie est encore une forme plus élevée de l’amour. Les astres errants, en parcourant les cycles de leur révolution, aiment tout aussi bien d’ailleurs, que les atômes qui roulent autour du noyau de la cellule. Après l’amour physique c’est l’amour astral. Ce n'est plus l’amour reproducteur. C’est l’amour ordonnateur, créateur seulement de la forme et de la beauté. C’est
l'initiation i 5a une aspiration déjà moins matérielle. C‘est un pre mier hommage rendu à l’absolu. Qu’il y ait dans l’amour, nous l’avons dit, tout une série de phases progressives, cela n'implique pas qu’on doive ou qu'on puisse retrouver, dans toutes les choses ou dans tous les êtres, tous les degrés de l’amour.
Ce serait même un paradoxe, car les aspirations des êtres ou des choses doivent varier proportionnellement à leur propre degré d’évolution. Rien détonnant donc, si, ayant constaté l’amour dans le règne minéral, nous n’y trouvons pas les phases supérieures de l’amour, amour mental, amour cardiaque, amour divin.
Sans rechercher non plus à quel degré d’évolution amoureuse peuvent se trouver les animaux, ou tels ou tels d’entre eux; il nous sera donc permis, après avoir remarqué que l’amour existe partout dans l’univers, de l’étudier spécialement chez l’homme qui est l’être le plus évolué que nous puis sions positivement interroger. Nos observations ne perdront pas pour cela leur caractère de généralité.
Dans l’homme, en effet, nous trouvons presque toute l’échelle de l’évolution amoureuse, delà matière à Dieu. S’il y avait un degré d’amour possible en de çà ou au-delà de l'humanité,sans qu’il soit dans le néant ou dans l’absolu, nous le pourrions déjà com prendre par l’analogie en prenant pour base nos obser vations humaines raisonnées.
Nous avons dans l’homme l'amour matériel et bru tal, et cet amour esthétique, élémentaire et instinctif dont nous avons parlé. Mais l’homme, qui n’est pas purement impulsif,devient sentimental, si peu que ce
LAMOUR 153 soit, et alors, au besoin de satisfaire un appétit char nel, se joint en lui le besoin d’un idéal. L’instinct déjà avait fonctionné, l’esprit maintenant veut jouer son rôle. Il prend son essort à la recherche de l’être qui pourra donner un corps à son rêveédénique. C’est chose vite faite, car l’esprit ne comprend rien à l’amour et prendrait volontiers son ombre pour un être dési- ’ rable.
Voilà l'amour mental qui va papillonnant au hasard des circonstances, sans souci des dangers. Ne blâmez pas cet amoureux, c'est un malheureux qu’il faut plaindre. L'animal ou l’être purement impulsif n’a pas de cha grins d’amour : car il est satisfait quand il a accompli sa fonction matérielle, tandis que l'amoureux senti mental, en quête d’idéal, voit ses espérances faire place à des désillusions.
Alors avec une intensité prodigieuse, son besoin d’amour idéalisé s’exalte, et n’étant plus satisfait torture le pauvre amoureux. L'amour dépeint sous ces sombres couleurs ne paraît guère désirable, pourtant, qu’on ne s’y trompe pas, c'est une noble aspiration dont il ne faut pas se défendre. Ce besoin d’idéal, c’est une aspiration géné reuse qui marque une étape dans l’évolution de l’être et rapproche de Dieu.
A vrai dire, ce n’est pas le besoin d’amour, ce n’est pas cette exaltation émotive de nQtre cœur palpitant, prêt à s’extérioriser, à se donner, qui nous rend malheu reux, le grand coupable, c'est l'esprit qui dirige mal nos inspirations et nous fait essuyer les désillusions. C’est avec le cœur qu'il faut aimer et non avec l’esprit.
l’initiation >54 Il n’y a pas ici-bas cependant que des suppliciés d’amour, mais en dehors de ceux qui ont le rare bon heur de réaliser l’amour cardiaque parfait dont nous parlerons dans un instant, combien d’autres ne sont véritablement ni heureux, ni malheureux. Ils n’ont pas compris le bonheur et ils s’en sont passé philoso phiquement, ce qui est infiniment plus simple que de courir à sa recherche.
Mais ils ont éteint la flammé vivifiante de l’amour qui réchauffe le cœur et grandit l'être. Ils sont peut-être d’honnêtes bourgeois bien sages, mais ils sont des êtres amorphes, qui ne vibrent plus et ne méritent plus le nom d’hommes. Il est plus beau d’aimer, même si on en souffre. Que faut-il donc pour réaliser l’amour parfait,, l’amour noble et élevé, et l’amour qui ne fait pas souf frir ?
Quand donc les désillusions seront-elles évitées parce que l’amour sera vrai, complet et vivifiant, durable éternellement et confiant en son bonheur ? C’est quand il aura uni deux êtres vraiment complé mentaires.
Il n’y a pas que dans la matière que la nature est polarisée, il n’y a pas que les êtres physi- . ques qui soient divisé en sexes, il en est de même des âmes qui sont ou masculines ou féminines, indé pendamment des corps physiques qu’elles animent. Enfin,de même que ne s’accouplent pas les animaux d’espèces différentes, de même il faut éviter d’unir deux âmes différentes par leur caractère, par leurs aspirations. .
Quand nous parlons de l’âme, il faut entendre tout ce qui n’est pas notre corps physique, et si nous voulions établir des distinctions entre les principes
l’amour i55 constitutifs de l'être humain, l’élément cardiaque et l’élément mental, par exemple, nous dirions que c’est dans chacun de ses plans qu’il faut trouver le complémentarisme pour que soit réalisées les conditions nécessaires au parfait amour. Pour réaliser le parfait amour il faut avoir ren contré l’âme sœur.
Alors les êtres sont unis intimement, comme s’unissent les corps chimiques qui se combinent, il ne forment plus qu’un seul et même être, ayant mêmes pensées, mêmes aspirations, mêmes désirs, l’amour alors est fécond, il est vivifiant. Il est aussi durable à jamais, car il est exempt de tout élément éthérogène, capable de dissoudre les liens étroits qui enserrent les deux amoureux.
La jalousie, cefcrmentempoisonné de doute qui lève dans les meilleurs cœurs comme * l’ivraie dans les meilleurs terrains, est ignorée de ces vrais amoureux. Il est difficile de parler de l’amour sans un mot de ce fléau qu’on appelle la jalousie! Qu’est-ce donc? La jalousie, c’est la crainte instinctive, fondée ou nom, de ne pas posséder soi seul, l’être qu’un égoïsme intransigeant vous à fait considérer comme partie de vous-même.
Inutile d’insister sur les malaises qui sont la conséquence trop connue de cet état d’âme : mais qu’on ne se méprenne pas sur notre apparente sévérité pour les jaloux que nous traitons d’égoïstes ; car c’est peut-être en amour seulement que l’égoïsme n’est pas un vice, mais une qualité. Du moins doiï-il en être ainsi pour celui qui, sincère amoureux, cherche l’âme sœur avec laquelle il doit fusionner et qui ne
156 l’initiation peut appartenir à plusieurs sans cesser d’être l’âme sœur. Celui-là est mû par un sentiment élevé, qui le pousse à poursuivre son évolution. Il suit sa des tinée, accomplit ün devoir, exerce presque un sacer doce, car c’est rendre à Dieu un extrême hommage que d’aimer ainsi. Cherchons donc à réaliser ce parfait amour, et sui vons notre route sans prendre souci des lambeaux de notre cœur arrachés par les ronces du chemin.
Si nous ne trouvons pas, en fouillant les carrefours,l’âme sœur que nous cherchons, marchons courageusement, fiers de notre malheur, et levons les yeux vers le ciel en lui offrant notre amour. L’amour divin marque le dernier stade de l’évolution amoureuse et c’est le seul amour des êtres réintégrés. Chers amoureux, qui ignoriez la difficulté d’être heu reux en amour, ne cédez pas à la désespérance.
Aimez suivant votre devoir et si vous souffrez, acceptez votre douleur avec résignation. C’est notre sort commun, nous portons notre croix en butinant les roses. R. V.
Origines réelles de la Franc-Maçonnerie (Suite.) PRÉPARATION DE LA LOGE. La loge sera tapissée en blanc et bleu céleste; au fond, du côté de l’Orient, un dais de mêmes couleurs. Sous ce dais, un trône élevé sur trois marches, couvert d’une étoffe pareille. Devant le trône, pour la maîtresse, un fauteuil avec un autel couvert d’un tapis blanc et bleu cé leste.
A droite une petite table pour l’oratrice ; à gauche une table pareille pour la secrétaire, l’une et l’autre couvertes d’un tapis semblable. Au milieu de la loge, un relief en marbre repré sentant l’arbre de vie : autour de ces arbres en relief, un serpent entortillé tenant entre ses mains une pomme. Dans la loge un grand tableau représentant le Temple de Salomon.
Au pied des marches du trône, sur un trépied,, une cassolette ou réchaud, contenant de l’esprit de. vin enflammé. Sous le dais, derrière la tête de la maîtresse, un. triangle entouré de têtes de séraphins.
158 l’initiation Sur un des côtés de la loge, qu’il soit écrit en gros caractères : ou la gloire ou la mort. Sur Vautre côté, qu’il soit écrit ces mots: ou la bien faisance ou la mort. Toutes les sœurs seront habillées robe bleue. La maîtresse aura de droite à gauche un cordon bleu, liséré d’argent avec une plaque fond argent, sur laquelle sera brodé en soie bleue le chiffre du Fonda teur.
Autour de ce chiffre sera brodé pareillement le mot silence. La maîtresse aura le glaive à la main et sur l’autel, une rose, un habit Talare, une ceinture blanche et bleue, sur laquelle seront brodés ces 3 mots : Vertu. Sagesse. Union, un tablier de peau blanche sans doublure avec ces mots brodés au milieu en soie bleue, amour et charité, et cinq roses bleues dont une dans les quatre coins, la cinquième au milieu entre les deux mots brodés.
Deux paires de gants, une d’homme et une de femme, une paire de ciseaux. Devant l’autel un coussin. OUVERTURE DE LA LOGE « Après le rapport de la sœur maîtresse des céré monies, la maîtresse lui ordonnera de se rendre avec la sœur secrétaire auprès de la récipiendaire, de lui bander les yeux avec un mouchoir blanc et de lui lier les mains avec un ruban de la même couleur. Les sœurs ci-dessus désignées la feront placer entre elles deux et la conduiront à la porte de la loge.
ORIGINES RÉELLES DE LA FRANC-MAÇONNERIE l5ç La maîtresse des cérémonies, frappera trois coups, la sœur terrible après avoir pris les ordres de la grande maîtresse, répondra par trois coups, ouvrira la porte, prendra la récipiendaire, avec vivacité par son ruban, la conduira devant l’autel, et la grande maîtresse d’un ton décidé lui adressera ces paroles : « Qui estu? quelles sont les personnes qui t’ont engagée à te présenter dans l’intérieur de ce sanctuaire?
Est-ce la curiosité qui t’y amène ? » Après avoir essayé l’esprit de la récipiendaire par plusieurs autres questions, elle lui demandera si elle a bien fait ses réflexions, si elle a une intention droite et sincère, et si elle a un grand désir de connaître les arcades de la nature ?
Suivant sa réponse, la maîtresse fera signe de se préparer à lui ôter le bandeau de dessus les yeux et elle lui dira : « Je vais te préparer à la connaissance de la vérité. » Toutes les sœurs garderont le plus profond silence, sous peine d’une forte amende. Après 5 ou 6 minutes de silence, deux ou trois sœurs éloignées de la récipiendaire chanteront sur une musique tendre et douce le ps. 124. Laudate nomen domini.
Laudate servi dominum, en français. A la fin du chœur, toutes les sœurs debout en silence, la maîtresse seul assise et le glaive à la main, fera signe à une sœur d’ôte? le bandeau, puis faisant approcher et agenouiller la récipiendaire devant l’autel, elle lui dira : « Mon enfant, te trou vant actuellement dans un lieu consacré à l’Éternel et en présence d’une société respectable, je vais te
i6o l’imiiation faire connaître les objets du serment que tu dois prêter « Le premier est l’amour de Dieu. « Le deuxième le respect envers ton souverain. « Le troisième la vénération pour la Religion et les lois. « La quatrième la bienfaisance pour ton prochain. « Le cinquième le secret. * Le sixième un dévouement et un attachement sans borne pour notre ordre.
« Le septième une promesse à la maîtresse de te confermer scrupuleusement aux règlements et aux lois imposées par notre fondateur. « Répétez littéralement avec moi les paroles que je vais prononcer : « Moi...
N... je jure en présence du grand Dieu Eternel, de ma maîtresse et de toutes les personnes qui m’entendent, de ne jamais révéler ni faire connaître, écrire ou faire écrire tout ce qui se passera ici sous mes yeux, en me condamnant moi-même en cas d'indiscrétions à être punie suivant les lois du fondateur et de tous mes supérieurs.
« Je vous promets également l’accomplissement le plus complet aux six autres commandements qui viennent de m’être faits : L’amour de Dieu, le respect envers mon souverain, la vénération pour la religion et les lois,, l’amour de mes semblables, un dévoue ment entier à notre ordre, et la soumission la plus aveugle aux lois et aux règlement de notre rite qui me seront communiqués par ma maîtresse. * La maîtresse se lèvera et lui adressera le discours suivant :
ORIGINES RÉELLES DE LA FRANC-MAÇONNERIE 161 * Les connaissances que vous parviendrez à ac quérir, toute la certitude de l’existence de Dieu et » celle de votre propre immortalité. Sachez que l’Eternel a créé l’homme en trois temps et trois souffles et que comme l’œuvre de la création était complète par celle de l’homme, un souffle a suffi pour nous former nous femmes !
« Nous comprenons mieux un jour : Nous allons donc vous accorder ce souffle tel qu’il nous a été donné par notre maître. » En achevant ces mots, elle soufflera sur la réci piendaire en commençant par le front et finissant par le menton, de matière qufc le souffle couvre tout le visage.
Ensuite la maîtresse reprendra : « Je vous donne ce souffle pour faire germer et pénétrer dans votre cœur les vérités que nous possé dons : Je vous le donne pour fortifier en vous la partie spirituelle ; je vous le donne pour vous con firmer dans la foi de vos frères et sœurs, selon les engagements que vous venez de contracter. Nous vous créons enfant légitime de la véritable adoption Égyp tienne et de la loge.
N .., nous voulons que vous soyez reconnue en cette qualité de tous les frères et sœurs du rite Égyptien et que vous jouissiez des mêmes prérogatives, nous vous donnons enfin le pouvoir d’être dès à présent et pour toujours femme franche, maçonne et libre. » La maîtresse faisant signe à la sœur maîtresse des cérémonies de délier les mains de la récipiendaire, elle continuera son discours : « Je vais vous expliquer les preuves symboliques 11
IÔ2 l'initiation des cérémonies, auxquelles vous venez d’être sou mise. On vous a bandé les yeux pour vous faire con naître qu’un enfant légitime de la véritable Adoption »Egyptienne ne doit jamais être curieux et qu’il faut sans avoir les yeux fermés se recueillir en soi-même et réfléchir sur la grandeur et la puissance de la créa ture spirituelle qui existe en vous.
« On vous a lié les mains pour vous apprendre la résignation avec laquelle vous devez supporter tous les événements, le respect que vous devez à vos supérieurs, et le lien étroit et indissoluble par lequel vous entendez vous unir et vous, dévouer à la gloire de l’Èternel, au service de vos semblables, et spécialement à celui de vos sœurs et de votre maî tresse. » La maîtresse ordonnera à l'une des sœurs de pré parer l’habit Talare, et prenant des ciseaux, elle dira : « Mon enfant, jusqu’à ce jour vous avez vécu au milieu des profanes, mais le sanctuaire où vous vous trouvez est dédié à l’Èternel.
« Vous avez juré d’être soumise à vos supérieurs ; notre institut ordonne qu'on vous coupe les cheveux pour vous enseigner que vous devez être consacrée ♦ tout entière au service de Dieu et de votre prochain; je vais voir par votre résignation si votre cœur a ratifié votre serment. — Sœur maîtresse des céré monies, défaites ses cheveux.
Ici la grande. maîtresse examinera l’air de la réci piendaire, et lui laissant croire qu’elle va lui couper les cheveux, adaptera son discours à la circonstance
ORIGINES RÉELLES DE LA FRANC-MAÇONNERIE 163 pour bien approfondir le fond de la pensée de la réci piendaire. Pendant ce temps, les sœurs s’abstiendront de tous mouvements et surtout de rire après le consentement de la récipiendaire. La maîtresse lui coupera un peu de cheveux qu’elle gardera pour les lui rendre.
La grande maîtresse des cérémonies attachera les che veux de la récipiendaire avec un ruban blanc, et la maîtresse dira : « Mon enfant, comme tout sujet qui nous appar tient doit être purifié de son orgueil avant que d’en trer dans le temple, à l’exemple de la reine de Saba qui, pour pénétrer dans celui de Salomon fut obligée de revêtir un habit de pénitente, nous allons faire purifier pour vous un habit semblable.
« Allons mes sœurs. » A ces mots, les sœurs présenteront l’habitTalare à la maîtresse etjetterontdel’encens sur lefeu.
La maîtresse tenant, le talare sur ses mains élevées au ciel, dira : « Grand Dieu, je vous offre cet habit, et vous sup plie de le purifier selon l’intention du grand maître fondateur. » Elle le passera ensuite légèrement sur la flamme, fera ôter celui de la récipiendaire, la revêtira de l’ha bit purifié, et ajoutera : * Au nom du grand maître fondateur et en pré sence de l’Éternel, je vais purifiet ton corps physi- . quement et moralement, pour te rendre digne de vivre dans nos lois. » La maîtresse prendra la ceinture, fera lire à la réci piendaire les mots qu’elle contient et lui dira:
l'initiation 164 «Tu n’oublieras jamais que ces paroles doivent remplir ton cœur, comme cette ceinture entourera ton corps. « Elle prendra les gants, et les donnant à la réci piendaire dira: « Mon enfant, toutes les fois que tu viendras en loge, il faut avoir les mains pures et porter ces gants que la loge te donne comme un sym bole de la pureté des sentiments que tu dois avoir.
Notre ordre ne défendant point d’aimer honnêtement ses semblables nous te donnons cette paire de gants d’homme et nous te rendons les cheveux que nous t’avons coupés, ils sont destinés, et tu pourras les donner, à l’objet de ton estime et de ton affection, en tâchant de lui inspirer les sentiments que tu pren dras ici. » Elle prendra la rose, la donnera à la récipiendaire et lui dira : « Cette rose est l’emblème de l’innocence et delà vertu, elle signifie également que tu cueilles ici la première fleur de vérité.
Sache enfin que Salomon après avoir fait connaître à la reine de Saba le Tem ple dédié à l’Éternel et l’avoir fait entrer dans l’inté rieur de son Palais, il lui présente une rose et il lui accorde une couronne de fleurs pareilles.
Oh ! mon enfant ! ne cesse de désirer de travailler, et ne sois contente qu’après avoir obtenu, par tes vertus, une couronne semblable. » La maîtresse des cérémonies présentera le tablier à la grande maîtresse ; celle-ci, reprenant son discours, dira à la récipiendaire : « L’pcnrït dpJa rpînp dp Saba était enveloppé de
ORIGINES RÉELLES DE LA FRANC-MAÇONNERIE 165 ténèbres, Salomon pour l'éclairer la fit travailler dans le temple, mais auparavant il la décora du tablier maçonnique. Remarquez-y ces mots : Amour et charité, voilà nos devoirs. Travaillez avec amour, ayez la charité cons tamment dans le cœur, ce sont aussi les mots de passe de notre atelier.
« Vous mettrez la main droite sur votre cœur et vous direz amour ; on vous répondra avec le même signe charité. » En finissant ces mots la maîtresse attachera le tablier à la récipiendaire, la prendra par la main, la fera mettre à genoux et lui dira : « Ma sœur, je vous appelle ainsi pour la première fois, et je vous donne ce titre pour vous faire recon naître en cette qualité par tous vos frères et sœurs.
En vertu du pouvoir que je tiens de notre fondateur, je vous touche l’épaule droite de mon glaive, et je recommande à tous nos enfants un amour sincère et mutuel. » (A suivre.) Téder.
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et la reproduction des classiques anciens. La reproduction des articles Inédits pabiiés par Tîniitafton est formellement interdite, à moins d’astorisation spéciale. L'EVANGILE ET U VIE Vous ne pouvez rien sans moi ; mais, si vous gardez ma parole, vous ferez aussi les œuvres que je fais. JEM. Les pouvoirs.
Dans ces études sur l’Évangile et la vie que je con tinuerai, si le ciel veut bien les bénir et les permettre, mon intention est de chercher dans les enseignements du Christ, seuls, la lumière nécessaire pour éclairer les différentes questions qui intéressent notre évolution spirituelle, morale et même scientifique à l’occasion. Car il n’y a pas un seul des problèmes posés à l’huma nité qui ne puisse trouver sa solution dans la parole.
En une première étude, j’ai essayé de rechercher 9 dans l’Evangile, toutes les connaissances nécessaires pour bien comprendre la maladie. Je voudrais aujour d’hui faire le même travail pour ce qu’on appelle dans les centres de l’occultisme : les pouvoirs.
Aucune étude peut-être n’est plus nécessaire, tellement ce mot et la chose qu’il exprime ont été mal compris en géné ral, surtout dans les écoles qui s’inspirent des théories du Bouddhisme ésotérique.
l'évangile et la vie 167 Si nous voulons comprendre ce qu'est en réalité un pouvoir, souvenons-nous que l’on peut très bien donner ce nom à l’ordinaire manifestation extérieure de notre intelligence, de notre volonté, de notre rai son. Si nous avons réussi à vaincre les obstacles qu'oppose la matière à la réalisation de notre pensée par le geste, l’écriture, la voix, la peinture, la sculpture, n’avonsnous pas vraiment exercé un pouvoir?
Si nos muscles entraînés nous mettent à même de soulever aisément des objets que les autres ne peuvent même ébranler, ne pouvons-nous dire que nous possédons un pou voir qu’ils n’ont pas ? Et cependant tous ces pouvoirs sont le résultat de dons de la nature ; ils ne nous appartiennent pas en propre et nous ne pourrions les mettre en évidence sans les organes que la terre nous a prêtés et que nous devrons lui rendre un jour.
Le moindre étudiant en occultisme sait cela, et, cepen dant, lorsqu'il s'agit de la manifestation anormale sur le plan physique des pouvoirs latents de notre organisme astral, beaucoup semblent croire que les pouvoirs de clairvoyance, de guérison, d’action sur les esprits, de commandement à la nature, de com munication consciente avec l’invisible, leur appar tiennent, et qu’il leur est impossible de s’en rendre maîtres avant l’heure.
Ils devraient, s’ils savaient comprendre les leçons de la vie, s’apercevoir que puisque nous ne possédons en propre aucun pouvoir, pas même celui de la parole, dans notre corps physi que, car la cause la plus petite peut nous l’enlever, nous ne sommes pas maîtres à plus forte raison des.
i68 l’initiation pouvoirs qui dépendent de nos organismes inconnus. Dieu seul peut évaluer nos puissances intérieures. Que les pouvoirs dépendent absolument du ciel, qu’il soit mauvais de chercher à les atteindre avant le moment fixé, que nous devions d’abord pratiquer les pouvoirs, normaux dans les petites choses, la moindre réflexion-nous l’indique.
Il est bien évident par exemple quesi nous sommes. incapables, si nous n'avons pas le pouvoir de résister à une contrariété, à une impatience, à un désir, et d’éviter un mouvement de jalousie ou de haine envers un de nos frères, une parole nuisible contre un absent, il est bien inutile de faire des entraî nements pour développer volontairement le germe des pouvoirs magnétiques, de clairvoyance, desortie astale, etc. Évidemment, ces germes existent, mais au ciel seul appartient le droit et la puissance de les déve lopper harmonieusement et au moment voulu.
Nous devons donc d’abord demander l’aide nécessaire pour la mise en action de nos possibilités dans les petites choses de la vie et nous en rapporter à nos amis invisibles pour le reste. Ouvrons maintenant l’Évangile et tâchons d’y trou ver les clefs vraies de l’origine des pouvoirs dans l’homme, du sens réel de ce mot « pouvoir * et de ses manifestations en nous. Il « 11 y a des dons ou pouvoirs divers, dit Paul, dans une de ses lettres aux Corinthiens, mais il n’y a qu’un
l'évangile ET la vie 169 Esprit, il n’y a qu’un seul Dieu qui opère tout en tout. A l’un, l’Esprit donne de parler avec Sagesse, à l’autre, de parler avec Science, à d’autres encore, le don de guérir, le pouvoir de faire des opérations mi raculeuses, le don de prophétie, le discernement des Esprits.
C’est un seul et même Esprit, qui est la source de tout cela »et il ajoute: «l’Esprit se manifeste à chacun pour l'utilité commune. » La même pensée est aussi exprimée par Papus {L'âme humaine'}.
« L’initié doit consacrer à l’évolution des faibles et des opprimés ses pouvoirs réels, il est dans le plan ou toute supériorité a disparu devant la nécessité du dé vouement Universel. » Le Christ est absolument affirmatif : < Vous ne pou vez rien produire sans moi, mais Celui qui demeure en moi portera beaucoup de fruits; celui qui croit en moi, fera aussi les œuvres que je fais.
Si vous deman dez quelque chose en mon nom, je le ferai, etc. » Donc tout pouvoir vient d’en haut et plus un Être sera profondément convaincu qu’il ne peut rien, et que c’est Jésus qui agit par lui. plus l’action divine sera forte, plus les pouvoirs de cet être seront grands, et c’est un important enseignement que nous donne l’apôtre Paul, lorsqu’il dit à une femme qui s’était jetée à ses pieds pour l’adorer à la suite d’un miracle : « Relève-toi, je ne suis qu'un homme!
Pourquoi vous étonner, dit Pierre, après la guérison d’un boiteux, comme si nous avions fait marcher cet homme par l’effet de notre puissance ? C’est pour que vous croyiez au nom de Jésus, que ce nom a guéri l’homme que tous voyez. »
l’initiation 170 Voyons maintenant quelles sont les caractéristiques des vrais pouvoirs, de ceux qui viennent bien du plan Divin. i° Ils ne seront jamais accordés aux orgueilleux.
« Je te bénis, mon Père, dit Jésus, de ce que tu as caché ces choses aux Sages et aux Savants, pour les révéler aux enfants, Si vous ne devenez semblables à des enfants vous ne pourrez pas entrer dans le royaume, et Celui qui sera humble, comme un enfant, sera le plus grand dans le royaume.
Je ne puis rien faire de moi-même, et mon jugement est juste, car je cherche, non ma volonté, mais la volonté de mon Père. » Et cela, les apôtres et leurs rares suc cesseurs « vrais » l’ont continuellement mis en pra tique.
Et l'une des raisons secrètes de guérisons de certains théurges, c’est que le malade, qui dans une réunion doit guérir, leur est secrètement révélé; c’est aussi que leur volonté, étant toujours en harmonie avec la volonté universelle, tout ce qu’ils veulent se réalise, puisqu’ils veulent seulement ce que veut le le Père.
Ses autres caractéristiques des vrais pouvoirs et des vrais maîtres, sont résumées dans les instructions que donne le Christ aux douze : « Allez vers les brebis perdues, rendez la santé aux malades, ressuscitez les morts, chassez les démons, donnez gratuitement car vous avez reçu gratuitement. Tenez-vous sur vos gardes, car on vous livrera aux tribunaux, màis ne soyez pas inquiets de ce que vous direz, car cela vous sera inspiré à l’heure même.
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour. Quand vous enl'évangile et la vie 171 trerez quelque part, que la paix, par vous souhaitée, vienne sur cette maison si ceux qui l’habitent en sont dignes, sinon que cette paix retourne sur vous, etc.
En suivant cette nomenclature, nous verrons que les vrais maîtres, ceux qui possèdent réellement des Pouvoirs, se trouveront plutôt parmi les humbles, les petits, les brebis perdues, qu’ils guériront les malades et répéteront tous les miracles du Christ, y compris la résurrection des morts, qu’ils sauront guérir les possédés, qu’ils ne feront pas payer leur aide, qu’ils seront condamnés, pour exercice illégal de la méde cine, et persécutés, que *le Ciel sera en eux, leur par lera sans cesse, les soulagera au milieu de leurs ter ribles et volontaires souffrances, qu’ils rediront à ceux qui auront pu les comprendre, ou au moins soupçonner leur lumière et aussi aux souffrants qu’ils relèveront, ce que le Père leur aura dit dans les ténè bres, c’est-à-dire dans leur cœur ; qu’ils auront le pouvoir de donner la paix du cœur, et que cette paix divine reviendra vers eux, si elle rencontre une âme non préparée à la recevoir, etc. Eh bien ! de tels maîtres existent sur terre, vivant au milieu de nous, partageant nos souffrances, répétant qu’ils ne sont rien, que le ciel est tout, et que si quelqu’un est bon, doux, patient, soumis aux lois de sa patrie, donnant ce qu’on lui a donné, dans tous les plans, le ciel l’aimera et fera beaucoup pour lui.
Mais les pouvoirs, tant désirés par ceux qui com mencent les études d’occultisme, sont-ils faciles à supporter? N’entraînent-ils aucune épreuve? aucune responsabilité ? Hélas, si, et l’Évangile va nous renseil’initiation 172 gner encore et nous montrer la vérité à ce sujet. Nous avons déjà vu plus haut que le Christ n’a jamais pro mis aux apôtres une vie exempte d’épreuves.
Au con traire, à chaque instant il les prévient, que par le fait même des pouvoirs qu’il leur transmet, ils seront per sécutés, trahis, conduits devant des juges, mis à mort « même. Et il en est toujours ainsi, tout savoir se paie, tout pouvoir aussi. La loi du sacrifice, du supérieur pour l'inférieur est absolue.
Nous le rencontrons par tout dans la Nature, car une plante ne peut sortir de terre que si le soleil, force Supérieure, se sacrifie pour elle ; dans l’homme, car une idée ne peut naître en lui, que si la force nerveuse, la cellule cérébrale se sacrifie et meurt. Lors donc que le ciel accorde un pouvoir quelconque à un homme, il lui demande en mêpie temps le sacrifice de sa personnalité, de son temps, de ses forces, pour ceux qui souffrent.
Et il est très difficile de supporter les réactions d’un pouvoir en nous ; physiquement, astralement, spirituellement. Sans aller jusqu’à la prison pour exercice illégale de la médecine, que de souffrances, d’ennuis, de bles sure d’amour-propre, peut nous procurer l’exercice du pouvoir de guérir, ou de voir à distance ? Combien peu on est compris? Quelles moqueries on s’attire souvent !
Il faùt être bien fort, ou plutôt bien faible pour pouvoir payer le prix que le ciel demande toujours pour le moindre pouvoir confié ? 11 faut s’em presser d’ajouter que si Jésus annonce cette loi, s’il prévient ceux à qui II remet ses pouvoirs, qu’ils seront dans l’affliction. Il ajoute : « Mais prenez courage; j’ai vaincu le Monde, tout en ayant conscience de la
l’évangile et LA VIE 173 difficulté de supporter un pouvoir, et des sacrifices qu’il peut déterminer. Dans notre vie, nous ne de vons donc pas le craindre! Il faut bien comprendre que si nous n’avons aucun pouvoir, c’est seulement que nous n’avons pas à le mettre en action. Dès que nous le pourrons, et que les circonstances le de manderont, le ciel saura bien armer son soldat.
Il ne faut donc ni demander ni repousser un pouvoir, tel est le juste milieu. Voilà quelle est l’origine des vrais pouvoirs, quelles sont les lois de leur manifestation en nous. Il nous reste à voir à quoi se reconnaissent les faux pouvoirs et les faux maîtres, et quel est l’enseignement des écritures à ce sujet. « Gardez-vous des faux prophètes, dit le Christ, à ses amis.
Ils viennent à vous, déguisés en brebis mais au dedans ce sont des loups ravisseurs.
Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. » « Le faux Maître, dit Paul, est un homme enflé d’orgueil qui a la manie de n’aimer que des ques tions inutiles et des disputes de mots, d’où naissent l’envie, les querelles, les paroles injurieuses et les mauvais soupçons ; vaines occupations de gens qui ont l’esprit gâté, qui se sont éloignés de la vérité, qui, souvent, regardent les choses de l’Esprit comme un moyen de s'enrichir.
Ne dirait-on pas que cela * * est écrit hier à l’usage de certains chefs d’Ecoles modernes, tout bouffis de fausse science, grands ama teurs de langage incompréhensible, et de questions inutiles ? Car, rien n’est changé, en bien comme en mal ; si l’on voit encore de nos jours un Schlasser
l’initiation 174 guérir, au nom de son Père Céleste, en imposant les mains sur des corbeilles remplies de gants, ainsi que le faisait Paul, si les grands guérisseurs, les succes seurs de Simon le magicien et de Barjésus le magicien de Salancire sont encore nombreux, mais continuons. 9 C est aussi dans l’Evangile que se trouve le moyen de connaître Celui dont les pouvoirs ne tiennent pas du ciel ; vous les reconnaîtrez à leur fruit.
Les faux pouvoirs conservent, à ceux qui en seront témoins, de l’étonnement, de l’admiration, susciteront le désir de les imiter par des moyens physiques (Simon le magi cien, offrant de l’argent à Pierre pour obtenir de lui le pouvoir de donner le Saint-Esprit par l’imposition des mains). Et aussi beaucoup d’orgueil. Les faux pouvoirs seront en général remarquables par leur inutilité que l’on distinguera facilement.
Ce sera une puissance magnétique extrême, mais employée plutôt pour des recherches dites scientifiques, ou pour des expériences de curiosité que pour soulager une souf france ; ce sera encore le pouvoir de matérialiser des plans, de se rendre invisible, de sortir en corps astral, de s’élever dans l’air, de commander aux Esprits inférieurs, etc., mais rien de véritablement utile comme les vrais pouvoirs, dont la mise en action est toujours suivie de l’adoucissement d’une douleur de la vie, d’une impression de calme et de paix, d’un désir véritable de s’améliorer, de devenir apte un l jour à être le serviteur des souffrants.
Les faux maîtres se reconnaîtront à leurs fruits, car ils ne pourront développer dans le cœur de leurs élèves d’autres germes que ceux de l’orgueil et de passions terrestres
l’évangile ET LA VIE 175 ou pis encore. Leur fruit sera aussi la crainte exagérée de perdre leur pureté au contact des hommes, le désir de s’enfermer dans une tour d’ivoire, de faire servir leur science à la satisfaction de bas appétits humains, ou encore de la garder pour eux.
En un mot la caractéristique principale des vrais pouvoirs, c'est leur utilité, leur action réelle sur la douleur physique ou morale, la certitude que possède celui qui les met en pratique, qu’il n’est pour rien dans le résultat obtenu. Les faux pouvoirs sont faciles à reconnaître s’ils manquent d’utilité, et excitent la curiosité et l’orgueil, et celui qui en est le détenu cache mal son orgueil et la certitude où il est d’avoir agi par lui-même.
Cette marque particulière, les actes des apôtres la font bien ressortir ; on peut lire en effet au sujet de Simon le magicien, chapitre VIII, qu'il y avaitdans une ville de la Samarrie, un nommé Simon qui exerçait la magie, et qui, s’attribuant un grand pouvoir, frappait d’étonnement tout le peuple... Il l’éblouissait par ses prestiges, Îétonnement, éblouisse ment, prestiges.
Tels sont les mots auxquels on recon naît encore les adeptes de la gauche, ceux qui, sincè rement, veulent s’en garder, sauront toujours recon naître, comme dit l’Évangile, le loup ravisseur déguisé en brebis. Très fréquemment, dans leurs études d’occultisme, ils auront à éviter ce piège, et je le répète cela leur sera facile, s’ils prennent comme guide l’Évangile.
Puissent aussi, ces quelques pages, dont tout le bien revient au livre de lumière, contribuer à éclairer le plus possible d’étudiants. G. Phaneg.
PARTIE LITTÉRAIRE INVOCATION AU VERBE DIVIN Prélude des LUCIFERALES. (Poèmes initiatiques.) O Toi, dont les pensers peuplent tous les néants, Sublime Évocateur de la Vie et des mondes, Toi, qui, dans l’infini des temps, sèmes, fécondes Les forces d’où naîtront les univers géants, O Logos Prononcé, Verbe de la Lumière, Qui vit Son Divin Rêve, éternel comme Toi,.
Dans les sphères des Cieux soumises à Sa Loi, Révèle-nous les plans de la Cause Première. • Apprends-nous, ô Christos, Scribe-titan de Dieu, A déchiffrer les mots qu’en millions d’étoiles, Docile, Tu gravas sur les célestes toiles Pour former les versets d’une bible de feu.
Dis-nous de quel poème ineffable du Père Chaque univers solaire est le signe transcrit, Quels occultes pensers, énigmes de l’esprit, Tu mis dans les objets qui parent cette terre.
Dis-nous le sens secret des paroles des vents A la vaste forêt qui répond en murmures, Et de leurs chuchotis rieurs dans les mâtures Des blanches nefs qui vont sur les flots décevantsj Quelle incantation du feu des sacrifices Monte, ô brillant Agnï, de Ton foyer divin, Et quels mots ténébreux va prendre le devin Aux gouffres infernaux peuplés de vénéfices.
INVOCATION AU VERBE DIVIN *77 Traduis-nous les accents de joie ou les sanglots Que clament aux échos des grèves les sirènes, Leurs aveux prometteurs aux flancs verts des carènes Et leurs appels pâmés au thalame des flots !
Dis-nous par quel procès tu te vêts de matière, Quelle occulte vertu recèle tes joyaux Et par quelle alchimie en tes rocheux boyaux Le plomb devient de l’or et le charbon, lumière l En Toi tout est pensée, imagination, - La matière n’est qu’un tremplin pour Ton Génie Et le chaos fleurit en psychique harmonie Sous le prisme où s'épend Ton Idéation : La montagne, en écho, redit : « Je vis, je vibre I » L’onde répond : « Sans moi, roc, tu ne serais rien I » Le feu siffle : < Je suis la cause et le moyen I » Et l’air en l’attisant : « Moi seul, je suis né libre ! » Le grain de pur pollen dit : « Je t’aime ! », à la fleur; La rose au papillon soupire : « Je suis femme... » L’abeille au rossignol bourdonne : < Je suis âme. » Et, le chantre des nuits : < J’incarne la douleur L.. » Le lion menaçant rugit : « Nous, après l’homme I » Et le ver des tombeaux : « Vous êtes mes festins ! » L’Adam de chair fléchit le front sous les destins Mais l’homme-esprit comprend et dit : Je suis la somme I — Celle de tes pensers, ô Père, Dieu-des-dieux I — Je suis fait de rayons et de toutes les fanges, — Mon corps vient de la bête et mon âme, des anges. — J’ai les pieds dans la boue et le front dans les cieux ! » Ainsi donc toute chose est ton concept céleste, Fragment du Plan Divin qui fut élaboré Par le Vouloir du Père, ô Verbe proféré Et que tu traduisis en matière funeste.
Heureux qui, s’oubliant en méditation, Dédaigneux de la vie, ici-bas, contingente, S’exerce à libérer son âme intelligente Pour lire, à livre ouvert, dans la Création.
l’initiation 378 Tout l’émerveillera dans sa tâche nouvelle En comprenant que rien n’est petit fait par Dieu, Qu’un monde est dans l’atôme et qu’il n’est aucun lieu Où le Verbe Éternel en tout ne se révéle !
Avec peine il lira les feuillets incomplets De notre monde obscur séparé des planètes; Mais, en levant le front vers ces astres, plus nettes Les pages flamboieront dès lors sous leurs reflets. • Ses yeux, jusqu’à ce jour, clos au monde invisible, S’ouvriront et pourront contempler, éblouis, Les plans intérieurs des mondes inouïs Que la Maya revêt de son voile indicible.
Il les pénétrera voyageur en esprit, Jusqu’en les profondeurs où les a conçus l’Etre Et voudra tout savoir pour mieux aimer le Maître • Qu’il renia jadis Verbe, du Ciel, proscrit. Alors un hosannah d’allégresse éternelle, Triomphant, jaillira de ses lèvres vers Dieu Qu’il saura retrouver en tout et dans tout lieu Pour vivre intimement Sa Vie Universelle.
Lecteur, dont le Karma, sous tes yeux, placera Ses poèmes écrits sur la Divine Aurore Je laisse à ton esprit le soin noble de clore Les méditations où mon vers s’égara. Souviens-toi que tout n’est qu’esprit dans la Matière Et cache un sens voilé que l’homme ignore encor....... J’ai jeté le ferment dans ton âme, athanor, A toi seul d’achever l’œuvre de la Lumière ! Combes Léon.
®e que nous sommes Nous sommes des effets retournant à leur Cause ; Tous descendant de Dieu, pour remonter à Lui, Aurons-nous le pouvoir, sans un instant de pause, Sans le moindre repos, dès que le jour a lui, De lutter et de vaincre, avant que la nuit tombe, Avant que le trépas, paralysant les corps, Aux âmes s’envolant et planant sur la tombe, Dans le subtil Ether ait permis leurs essors ?
Le problème posé à l’être qui doit vivre Est toujours à résoudre et, par sa solution, Il faut que son esprit, sans se lasser de suivre La voie qui est tracée pour son évolution, Découvre enfin le but de la vie qui progresse Du plus simple embryon au plus parfait humain, 11 faut qu’il vive en Dieu et qu’à Lui seul s’adresse Le culte qui fait l’homme instrument dans la main De Celui qui veut tout ce qui est et doit être, Pour que sa vie divine ait sa réalité Dans ce qui a vécu et dans ce qu’il fait naître, Parce que Lui seul est l’Universalité. F. Barmold (i). Union éclectique universaliste. (i) Auteur de la Religion du Vrai.
iSo LE MUSEE SAINT-YVES O'ALVEYDRES Grâce à l’obligeance du Comte Alexandre Kelleret delà Comtessesa sœur,héritiers du Marquis de Saint-Yves d’Alveydres, un musée spécial va être constitué à Paris.
Ce musée comprendra une salle de lecture et une biblio thèque pour l’étude de l’Archéomètre et deses applications Ce musée sera provisoirement installé dans une salle spéciale de l’école hermétique rue Séguier et cette installa tion provisoire sera plus tard étendue dans un local plus grand et spécialement aménagé à cet effet.
En même temps les œuvres posthumes du Marquis vont être éditées et les œuvres épuisées ou devenues introuva bles vont être rééditées. Enfin [’Initiation deviendra l’organe spécial destiné à publier les notes originales et les études encore inédites de Saint-Yves d’Alveydres. Cette publication permettra de mettre nos lecteurs au courant des recherches de SaintYves sur l’Archéomètre et ses merveilleuses adaptations Parus.
ÉCOLE HERMÉTIQUE Cours du mois Juin 2. Mercredi. — Philosophie hermétique, Quinîor, E. H. 3. Jeudi. — Le bonheur sur terre, Papus, E. H. 6. Dimanche. — Haute Magie, Docteur Rozier, 12, rue de Buci. 7. Lundi. —Magnétisme hermétique, Dace, E. H.
ÉCOLE HERMÉTIQUE l8( 8. Mardi. — Les Évangiles et le Mystique, Sédir, E. H. 9. Mercredi. —Philosophie hermétique, Quintor, E.H. 12. Samedi. — Loge martiniste, Phaneg, E. H. 13. Dimanche. — Haute Magie, Docteur Rozier, 12, rue de Buci. 15. Mardi. — Les Évangiles et le Mystique, Sédir, E.H. 16. Mercredi. — Philosophie hermétique, Quintor, E. H. 17. Jeudi. — Le Bonheur sur terre, Papus, E.H. 20. Dimanche. — Haute Magie.
DocteurRozier, 12, rue de Buci * 21. Lundi. — Magnétisme hermétique, Dace,E. H. 22. Mardi. — Les Évangiles et le Mystique, Sédir, E.H. 23. Mercredi. — Philosophie hermétique, Quintor, E. H. 24. Jeudi. — Conférence spiritualiste, Papus, Sociétés savantes. 26. Samedi. — Loge martiniste, Phaneg. 27. Dimanche. — Haute Magie. Docteur Rozier, 12, rue de Buci. 29. Mardi. — Les Évangiles et le Mystique, Sédir, E.H. 30.
Mercredi. — Loge Humanida, Téder, E. H. Juillet i. Jeudi. — Le Bonheur sur terre, Papus, E. H. 4. Dimanche. — Haute Magie, Docteur Rozier, 12, rue de Buci. 5. Lundi. — Magnétisme hermétique, Dace, E.H. 6. Mardi. — Les Évangiles et le Mystique, Sédir, E.H. 7. Mercredi. — Philosophie hermétique, Quintor, E. H. 8. Jeudi. — Le Bonheur sur terre, Papus, E. H. 10. Samedi. — Loge martiniste, Phaneg, E. H. 11.
Dimanche. — Haute Magie, Docteur Rozier, 12, rue de Buci. 13. Mardi. — Les Évangiles et le Mystique,Sédir, E. H. 15. Jeudi. — Le Bonheur sur terre, Papus, E. H. 18. Dimanche. — Haute Magie, Docteur Rozier, 12, rue de Buci. 19. Lundi. —Magnétisme hermétique, Dace, E. H.
i82 l’initiation 24. Samedi. — Loge martiniste, Phaneg, E. H. 21. Mercredi. • E. H. — Philosophie hermétique, Quintor, 28. Mercredi. — Loge Humanida, Téder, E. H, Les cours ont lieu à g heures du soir. Le cours du Docteur Rozier à lieu le dimanche à 4 heu res de l’après-midi., 25.
Dimanche. - de Buci. - Haute magie, DocteurRozier, 12, rue Cher docteur Papus, Voici un fait à recueillir dans le Journal du 8 courant 6® page : Les policemen et la maison hantée. Londres — 7 septembre— (par fil spécial). —Lapolicede Hull s’applique à éclaircir le mystère d’une maison hantée habitée par M. et Mme Gilson.
Vendredi dernier, on enter rait le frère de Mme Gilson, et, depuis, les phénomènes les plus étranges se produisaient dans la maison : les brosses et les peignes dansaient une sarabande dans la chambre à coucher; de petits cailloux traversaient les portes fermées. Epouvantée, Mme Gilson appela au secours par la fenêtre.
Un policeman arriva en hâte et entra d’abord dans la cuisine ; il vit avec stupeur la boîte à cirage, que nulle main visible ne lança, passer au-dessus de sa tête. Pénétrant dans la salle à manger déserte, il vit les tasses et les verres sau ter de la table par terre, non tans dommage du reste. Alors, il alla chercher du renfort.
Celui qui, le premier, se présenta fut le policeman O’Kelly, champion de lutte des poids lourds, aux Jeux olympiques ; mais tout était rentré dans le calme et O'Kelly ne put verbaliser que sur les dégâts, dont on essaie maintenant de deviner les causes. UNE NOUVELLE SOCIÉTÉ Société d’expérimentation psychique, pour la vulgari sation des faits vient de se fonder, 67, rue Saint-Jacques, (Paris), nous lui-souhaitons entière réussite.
■ LA CHANSON DU BRONZE l83 LA CHANSON DU BRONZE Recueil de poésies de M. H. Belval-Delahaye, chez l’auteur, rue de la Tour-d'Auvergne, 14, Paris.
Verbe frémissant des cloches de bronze, sonnant le for midable tocsin des saintes révoltes et le glas de toutes les bastilles de la pensée; appels vibrants et claironnants comme des fanfares, convoquant aux combats de la Vie Intellectuelle les jeunes poètes et artistes, les vrais, pour les lancer à l’assaut des retranchements d’ombre, murs d’égoïsme, d’envie et d’erreurs, derrière lesquels les arri vistes de l’idée Moderne, les banquistesde l’Art contempo rains se sont faits les guichetiers implacables, les Cerbères du Temple de la Gloire... puis, parfois, dans une accalmie de l’âme, le souffle, caressant et enveloppant comme une caresse, des souvenirs évoquant les chers disparus, les esprits aimés, vivant autourde nous dans l’invisible, souffle apportant des visions de douceur, de nostalgiques rêveries vers des coins de terre préférés, telle se présente à nous la Chanson du bronze de M. A.
Belval-Delahaye. La lecture de ce recueil de vers, écrits par un poète de race, aux aspirations nobles, élevées, socialistes dans le sens transcendant de ce vocable, à l’inspiration saine puis sante et toujours soutenue nous a donné une joie pro fonde.
Combien nous sommes loin avec l’œuvre de M. BelvalDelahaye des poèmes torturés et gonflés de vide où des poésies superficielles de gens se prétendant poètes parce qu’ils ont ouvert un matin, un traité de prosodie et, le livre fermé se sont aussitôt mis à chanter le doux printemps, le papillon bleu ou la petite fleurette des champs I Dans la Chanson du bronze, nous gommes enlevés par un style vibrant, une poétique riche et solide, déployant • des strophes puissamment pensées et martelées et dont les vers coulés dans un moule d’airain et souples cependant, tonnent en lançant aux échos de notre être des sensations et des idées que les Hugo et les Richepin seuls ont su évoquer.
l'initiation 184 La Chanson du bronze est un livre rare, un de ces livres qui surnage sur le gouffre vaste qui engloutit chaque année par miliers les élucubrations plus ou moins vides et fades des poetee minores de notre contemporanéité : Œuvre de début, elle nous relève un penseur et un vrai poète en M. Belval-Delahaye ; elle nous annonce un de ceux qui triompheront du flot putride du matéria lisme ; un de ceux qui contribueront a jeter les bases de la prochaine rénovation socialeetintellectuelle sur notre pla nète, un de ceux qui enfin achemineront par .¡’Idée et le Verbe spiritualistes, les nations unies, vers un Idéal de Jus tice et de Beauté, vraies et durables, parce que leur domaine: l'Esprit Pur, est éternel.
Combes Léon. LE DOCTEUR PAPUS Par G. Phaneg, Professeur à l’École Hermétique de Paris. Avec une Étude chiromantique de Mme Fraya, un portrait et un autographe du docteur Papus. L’étude très documentée que nous publions sur Papus est due à la plume d’un disciple et d'un ami.
Composée de trois parties consacrées à l'homme, — à l'érudit et au penseur, — au médecin savant et au guérisseur intuitif, — elle contient une analyse précise et concise des principaux travaux du maître. Une bibliogra phie très complète sera particulièrement précieuse aux chercheurs. .
Ce qui fait l’intérêt essentiel de cette histoire d’un esprit, c’est qu’elle montre comment un penseur indépendant s'est élevé par un progrès nécessaire du matérialisme ana lytique, cher à ses maîtres de l’École de médecine, à la synthèse analogique de l’antique occultisme, pour aboutir finalement au mysticisme intuitif chrétien.
Les pages consacrées aux débuts du groupe indépendant d’études ésotériques,au Martinisme,à la mystérieuse école de Lyon, mettent le portrait dans son cadre naturel.
LIBRAIRIE DU MAGNETISME 185 Des études précises et développées d’astrologie, de gra phologie, de physiognomonie et de chirologie viennent compléter ce consciencieux travail orné d’un beau portrait du docteur Papus. Ce volume est le premier d’une série consacrée aux maîtres du spiritualisme contemporains : la renaissance idéa liste qui s’annonce a eu des précurseurs durant tout le dixneuvième siècle.
La collection que nous présentons au public résumera sous une forme accessible et précise l’énorme travail accompli par eux dans toutes les bran ches du savoir humain. Nous croyons que cette œuvre de haute vulgarisation vient à son heure. Un vol. in—16............................................................................2 fr. LIBRAIRIE DU MAGNÉTISME H. Durville, éditeur, 23, rite Saint-Merri, Paris.
La Librairie du Magnétisme, qui est la plus puissam ment organisée des librairies spéciales, édite tous les bons ouvrages traitant du Magnétisme, de l’Hypnotisme, des Sciences occultes et de la Médecine usuelle. Elle publie un catalogue complet révisé tous les trois mois, et procure les ouvrages parus sur la question même en dehors de son fonds, aux prix d’édition et les envoie franco de port.
Elle possède les jeux de tarot,de nombreux ouvrages rares, et les cède à bon compte. Elle donne en prime gratuite le Journal du Magnétisme, organe mainte nant mensuel, le plus fort tirage de toutes les Revues spi ritualistes, qui rend compte de toutes les nouveautés en bibliographie à tous les abonnés de l’Initiation à la con dition qu'ils s’adressent directemeat à la Librairie du Ma gnétisme.
Tous ses envois sont faits franco, contre timbre fran çais, mandat-poste, chèque ou lettre de change, à l’ordre de M. H. Durville, 23, rue Saint-Merri, Paris, IV* arron dissement, soit par la poste, soit en colis postal. — En ajoutant io centimes pour la France, 25 Gfntimes pqur
i86 l’initiation l’étranger, tous les envois sont assurés ou recommandés * Le catalogue complet de la Librairie du Magnétisme, accompagné d’un numéro spécimen du Journal du Ma gnétisme et de la Revue graphologique, est envoyé gracieu sement sur demande. Papus. — Conférences ésotériques. — Révision géné rale des sciences occultes. — ir0 Série: 1908. — 1 volume in-8. Tirage très limité.
Prix : 10 francs, à la Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri, Paris. C’est une révision aussi complète que très éclectique des Sciences occultes en leurs derniers progrès. Tous ceux qui n’ont pu assister aux conférences ésotéri ques, retrouveront en ces pages les enseignements de notre cher ami,enregistrés fidèlement par la sténographie.
Les Conférences ésotériques de 1908, formant un su perbe volume sous couverture très artistique en 3 cou leurs contenant : i° un portrait inédit de Papus ; 20 son ex-übris, dessin médianimique du comte de Tromelin , 3° un autographe du Maître, ne seront jamais réimprimées sous la forme actuelle. H. Durville.—Le Fantôme de» Vivant». Anatomie et Physiologie de FAme. Recherches expérimentales sur le Dédoublement des Corps de l’Homme.
Volume de 36o pages, avec 10 portraits et 3a figures. Reliure artis tique souple. Prix : 5 francs, à la Librairie du Magné tisme, 23, rue Saint-Merri, Paris. Ouvrage extraordinairement remarquable, démontrant qu’il y a en nous deux principes : la Matière et la Force, le Corps et l’Ame, l’Homme visible et son Double invi sible.
Tous les spiritualistes admettent que le corps est animé par une force intelligente, l’Ame ; mais ces deux parties de nous-mêmes étant considérées comme inséparables pen dant la vie, aucun chercheur n’avait pensé à les séparer pour les étudier en même temps, indépendamment l’une de l’autre. H. Durville,-auteur de nombreux travaux faisant
LIBRAIRIE DU MAGNETISME 187 époque dans l’histoire du Magnétisme, a pensé que cette séparation était possible, et il l’a prouvé dans une longue suite de recherches expérimentales fort délicates, dange reuses même, mais néanmoins à la portée des savants aussi prudents que patients. Le Fantôme des Vivants, qui expose cette question avec une élégante simplicité, comprend deux divisions : Partie historique, Partie expérimentale.
La première, pleine d’érudition, montre que dans tous les temps, chez tous les peuples et dans toutes les classes de la société, “depuis les mystiques religieux jusqu’aux sorciers, y com pris les médiums, les somnambules, les sensitifs, certains individus ont parfois été vus en deux endroits à la fois. Dans la seconde, l’auteur expose ses propres observations.
Il dédouble le corps humain vivant, et étudie, d’une part, le corps visible; d’autre part, le double invisible,qui cons titue le Fantôme. Après avoir présenté ses principaux su jets d’expérimentation, il donne des généralités fort sur prenantes sur le Fantôme, démontre que celui-ci est une réalité objective, palpable,et qu’on peut le photographier. On en voit des exemples remarquables.
Il étudie ensuite nos sensations et prouve de la façon la plus évidente que le corps dédoublé n’est plus le siège d’aucune activité, et que toutes les facultés de l’Ame résident dans le Fan tôme, qui perçoit toutes les impressions. Il montre ensuite que celui-ci peut exercer des actions mécaniques sur les objets matériels comme sur les personnes présentes, qu’il peut se transporter et même agir fort loin du corps dé doublé.
Récapitulant ses observations et ses remarques, l’auteur affirme que le Fantôme se dédouble lui-même et que ses parties dédoublées constituent, ainsi que le corps visible, autant d’instruments que la nature met à la dis position de l’Ame pour s’exprimer sur les divers milieux qu’elle traverse pendant le cours de la longue évolution.
Il conclut enfin que le Dédoublement du Corps humain est un fait indiscutable, qui nous fait entrevoir l’immorta lité. En permettant d’étudier l’Ame séparée du Corps, le Fantôme des Vivants, œuvre scientifique de la plus auda cieuse originalité, place la psychologie expérimentale sur un terrain nouveau qui parait extrêmement fertile en ré188 l’initiation sultats inattendus.
Il intéresse non seulement les savants, mais tous les penseurs qui, en admettant que la mort n’est qu’un changement d’état et la vie actuelle un chaînon de l’immortalité, cherchent à soulever le voile qui recouvre notre Individualité et notre Destinée. H. Durville. — Pour combattre les Maux de Tête. Mal de tète, Céphalée, Migraine, Névralgie faciale, Clou hysté rique.
In-i8de36 pages, i fig., Prix i fr. à la Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint Merri, Paris. En quelques mots, dans un style d’une élégante simpli cité. l’auteur définit chacun de ces cas qui sont d’ailleurs, bien caractéristiques pour le plus grand nombre d’entre nous ; puis il indique le traitement qui convient à chacun d’eux.
Ce traitement est à la portée de tous, sans bourse délier, car il consiste en l’application des procédés ordi naires du Magnétisme et du Massage magnétique que l’homme peut toujours pratiquer avec succès sur sa femme et réciproquement, celle-ci surson mari, ainsi que des con seils salutaires et quelques moyens hygiéniques.
Cet excellent petit ouvrage populaire se termine par des exem ples de guérisons donnés pour modèles aux lecteurs. On y remarque la guérison radicale de Maux de tête qui sem blaient incurables, car ils résistaient depuis de longues années à tous les moyens employés par la médecine offi cielle. ♦ G. deTro$ielin. — Le Fluide humain. Ses Lois,ses Pro priétés, La science de mouvoir la matière sans être médium.
Nombreux Appareils et Moteurs que l’ont peut construire soi-même et mettre en mouvement par son fluide. L'Être psychique. Fantômes, Doubles des vivants et Images fluidiques. Étude sur la Force biolique. Vol. de 258 pages, avec 2 planches hors texte et Dessin semi-médiumnique. Prix : 4 francs à la Librairie du magnétisme, 23, rue SaintMerri, Paris. L’auteur qui divise son ouvrage en deux parties, aurait
LIBRAIRIE DU MAGNETISME I pu abréger les sous-titres en les désignant simplement par ces mots : l’Être physique et l’Être psychique.
En effet, dans la première, en véritable physicien, en mathématicien même, il traite du pouvoir physique de l’être humain et démontre faction mécanique qu’il est susceptible d’exercer sur des moteurs légers qu’il a cons truits pour cela, et qui tournent plus ou moins vite sous l’influence de la main présentée à distance.
Dans la seconde partie, il n’est plus question que du pouvoir de l’être psychique, c’est-à-dire de l’âme du dou ble invisible qui anime le corps psychique ; et cette ques tion est traitée avec toute la compétence d’un grand Maître de la psychologie.
Dans cette dernière, M. de Tromelin examine les faits spirites et médiumniques, les fantômes,les doubles de vi vants, les images fluidiques et la possibilité d’en fixer l’em preinte sur la plaque photographique.
Il considère que la Force biolique, qui n’est autre que celle qui est déjà décrite par différents auteurs sous les qualificatifs de fluide ou agent magnétique de force, ecténique ou psychique, agissant dans l’être physique comme dans l’être psychique, est une réalité évidente et qu’elle ne tardera pas à constituer la base d’un des chapitres les plus importants de l’histoire naturelle de l’avenir.
Il n’a pourtant pas la prétention d’expliquer tousles phénomènes merveilleux delà médium nité, et, avec une modestie qui lui fait grand honneur, il souhaite ardemment qu’ils soient bientôt indiscutablement démontrés. Cette œuvre remarquable, dont 200 exemplaires seule ment sont mis en librairie, sera bientôt introuvable. • ♦ G, de Tromelin. — Pour mouvoir la matière sans être médium. Le Fluide humain, ses Lois, ses Propriétés.
Nom breux Moteurs que l’on peut construire soi-même et met tre en mouvement par son fluide magnétique. Vol. de 83 pages, avec 1 Planche hors texte. Prix : 1 fr. à la Librai rie du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri, Paris. Remarquable étude constituée par la première partie de l’ouvrage précédent, tirée à part, comme étant spéciale à
l’initiation 190 l’étude mécanique du fluide humain L’auteur décrit beaucoup d’appareils très faciles à monter, sans aucune dépense, qui tournent sous l’action de la main présentée à distance. C’est une étude parfaite qui est le complément indispensable de l’ouvrage du docteur Bonnaymé : La Force psychique, 1'Agent magnétique et les Instruments servant à les mesurer.
L’Abbé Julio. — Grands secrets merveilleux, pour aider à la guérison de toutes les maladies physiques et morales. Vol. relié de 704 pages avec 27 figures hors texte. Prix : 20 fr. à la Librairie du Magnétisme, a3, rue SaintMerri, Paris.
Ce volume est bien intitulé : Merveilleux, Il l’est, en effet, comme on peut s’en rendre compte, et a nécessité de la part de l’auteur un labeur non moins merveilleux, car il est impossible de trouver nulle part une collection plus complète de prières étonnantes, surtout efficaces, au dire de tous ceux qui les emploient journellement. C’est une véritable trouvaille, un trésor inestimable pour tous les croyants sincères en matière de religion.
ACHAT DE LIVRES ET DE BIBLIOTHÈQUES Pour augmenter ses collections et remplacer les ouvra ges gardés par les lecteurs, la Direction de la Bibliothèque du Magnétisme achète ou échange tous ouvrages traitant de Magnétisme, Hypnotisme, Spiritisme, Théosophie et Sciences dites occultes. — S’adresser à M. Durville, 23, rue Saint-Merri, Paris (4 *). * ♦ ♦ On nous signale l’apparition d’une nouvelle Revue lit téraire qui a pour titre f Auréole, rédaction et administra tion, 34, rue Saint-Louis-en-l’Ile, à Paris.
Abonnement annuel, 9 fr. Notre jeune confrère, de tendances très libérales, offre l’hospitalité de ses colonnes, sous la responsabilité de chaLIVRES NOUVEAUX igi cun, à tous ceux qui sont désireux de se faire connaître, quelles que soient leurs croyances et les idées qu’ilsdéfendent. Nous avons constaté avec plaisir que r Auréole pu blie, dans son premier numéro, les Statuts de la Société Spirite expérimentale de France.
Nous souhaitons à notre confrère tout le succès qu’il mérite. LIVRES NOUVEAUX J. G. Bourgeat. — La Magie, 3® édition. Comte de Larmandie. — L’Amour Astral : Prix. . 2 fr. Albert Jounet. —L’Adierese, l'Eucharistie de la Liberté. Jean Saryer. — Réflexions sur le second foyer de Forbite terrestre: Prix.................................................................... 1 fr. Ely Star. — Les Mystères du Verbe : Prix. . . 7 fr.
Bibliothèque Chacornac, i i, quai Saint-Michel. ♦ ♦ O. de Berorazow. — Mission de la Femme au XXe siècle. H. Daragon, éditeur, 96-98, rue Blanche. ♦ ♦ Catalogue de Livres manuscrits Diplômes relatifs à la Franc-Maçonnerie et aux Sociétés secrètes. Envoi franco à la Librairie DoRBONAîné, 53 ter, Quai des Grands-Augustins, Paris. Nous recomjnandons la librairie Dorbon pour toutes les recherches de vieux livres Maçonniques ou occultes.
ERRATA Initiation, n° de mars. Page 217, note lire: Loria, au lieu de :Lorio. Page 218, ligne 1, lire : Franck au lieu de : Frank. Page 222, notei, lire : la Kabbab, au lieu de: le Kabbab.
l’initiation 192 Page 223, ligne 9, lire: l'angle au lieu de l'ongle. Page 224, note, ligne 3, lire : dimensions, au lieu de; dimension. Page ¿24, note, ligne 5, lire : partant, au lieu de : partout. Page 226, ligne i5, lire: aux Logos, au lieu de : au Logos. Page 227, ligne 2, lire : nature et de l'intensité des for ces, au lieu de: nature des forces. Pag;e 228, ligne 5, lire : plutôt, au lieu de : plus. J. B. NÉCROLOGIE LE DOCTEUR H.
BARADUC Tous les amis de la vérité apprendront avec douleur la mort du docteur Baraduc qui a tant faitpour les idées spi ritualistes. Ses recherchessurl’Od sont restées célèbres et, dans ces dernières années, ses études photographiques sur leseffluves humains ont intéressé bien des chercheurs.
Mo deste dans ses recherches et stoïque dans les douleurs, grâce à sa foi chrétienne, le docteur Baraduc est un grand exemple pour les savants contemporains. Papus. Le Gérant : Encaisse. Paris. — Imprimerie E.Arrault et Cic. 9, rue N. D.-de-Lorcttc.