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L ' *p- » o * lnitiatior Revue phllosophltjuB des Heutes Hudes PUBLI&E MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE 83"' VOLUME. — 22"' ANNEE SOMMAIRE DU N° 7 ( Avril 1909 ) PARTIE PHILOSOPHIQUE La mort et les cellules physiques (p. i à 6). . . Papns. Les Plantes Magiques (p. 7 à 17)......................... C. B. Uranus et Neptune (p. 18 à 20)..............................Jean Mavéric. La Quadrature du cercle (p. 21 à 28)......................Ultimus.
Causeries sur l'Alchimie (p. 2g à 34)....................Qulntor. La Peinture Spiritualiste (p. 35 à 38). . • Richard Burgat^ Le Sexe de l'Œuvre (p. 3g à 42) . . . . . . Rita-Strohl. PARTIE INITIATIQUE L'Humanité suite (p. 43 à 63). . . . • . • • Bruck. Maçonnerie égyptienne (suite) (p. 64 a 7g) . . Cagliostro. Orphée et les Orphiques (suite) (p. 80 à 87). . .
Combes Léon Librairie du magnétisme. — Un cas d’Épilepsie grave guérie par magnétisme. — Rectifications. — Instruments magiques. Tout oe qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être 3d>âd<e 5, rue de Savoie, à Paris-VP. Téléphone — 8i6-0à Tout ce qui concerne l’Administration : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adressé à la
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence le la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont ibouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science oxpériiientale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des iorces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L'Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts Vendent : Dans la Soience, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains..
Dan « la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l'initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage .contre l'arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les doux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtempren Orient et surtout dans l’Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes Jes écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. ' La seconde partie (Philosophique, et Scientifique) s’adresse ' à ' tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu'elles savent toujours apprécier.
L'Initiation parait régulièrement du ¡5 au 20 de chaque mois et "existence.— Abonnement: 10 francs compte déjà huit années d'existence. — Abonnement: par an (Les collections des ceux premières anne« cnnr nhsolument épuisées,)
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de foute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive ¿e scs idées. La Mort et les cellules physiques La Mort peut être considérée sous bien des as pects. Allons étudier aujourd’hui la Mort Physiologique et l’évolution des cellules physiques. Pendant la vie, toutes les cellules physiques sont maintenues en une cohésion parfaite.
Sous l’influence du grand sympathique tout le ménage de l’onanisme est parfaitement fait. La Conscience joue un rôle des plus faiblesdans cette cohésion organique. La Terre a prêté un corps, le plan astral a donné un guide à ce corps et ce guide astral, cet « ouvrier caché de Paracelse » a constitué ce corps d’après les influences fatales du Destin.
Ce corps sert à fabriquer la force nerveuse nécessaire à Tunion de la Terre avec ¡’Esprit par les sensationset de l’Esprit avec la nature extérieure par le regard, la voix, le geste et le travail humain sous ses diverses formes. En cas de vive alarme, le corps fait appel â l’Esprit
2 l’jnitiation par divers phénomènes : angoisse, frisson, eternuement ou douleur, mais, en général, chacun fonctionne en dehors de l’autre. Le phénomène de la Mort, au point de vue physio logique, c’est le retrait de l’outil de communication inter plans mis à la disposition del’Esprit. Quand l’esprit n’a plus de communications avec son organe de manifestation : le corps, il y a mort sans dissolution corporelle.
Il existe des cas de vivants sur la Terre qui sont morts au point de vue de l’Es prit : cas de folie, d’idiotie, de possessions diverses. Les Morts vivants : phénomène assez rare connu de certains initiés. Ai vu ce cas pour vieillard dont on convoitait ardemment la fortune. Le corps a vécu dix ans après la mort. Autre cas : une partie du corps peut être enlevée sans aucune réaction sur l’Esprit : cas des amputés.
La Mort Psychique est indépendante de la Mort Physiologique. Des maladies graves, comme la fièvre typhoïde, peuvent causer une petite mort psychique par ab sence de force mise au service de l’Esprit, c’est la grève de l’électricité, tandis que la folie est la grève du télégraphiste.
Ce que nous Appelons la Mort en général, c'est la Mort physiologique, la dissolution et l’anarchisation apparente des cellules groupées pour constituer le corps physique. Le cœur et les poumons s'arrêtent, la chaleur du corps s’éteint, tous les échanges cellulaires ces sent. La libération des cellules s’eflectuc.
igog] LA MORT ET LES CELLULES PHYSIQUES 3 Les forces qui, normalement, résistent à la Mort, ne fonctionnant plus, la Mort s’empare en victorieuse de son domaine. Si votre sensibilité s’émeut de ce phénomène tout naturel, modifiez l’état des cellules organiques vous ne modifierez que des apparences.
En effet, 3, 6 ou 9 est, en initiation élémentaire, le chiffre delà matière. -Divisez, multipliez,additionnez les éléments consti tuants de ces nombres, vous retrouverez toujours 3, 6, ou 9. De même enterrez le corps, faites-le déchiqueter par les poissons ou par les vautours, brûlez-le, ses cellules seront solides ou liquides ou gazeuses : elles n’en continueront pas moins leur évolution.
C’est un honneur très recherché pour une cellule d’un être terrestre de devenir cellule humaine. Et parmi les cellules humaines, il y a encore une hiérarchie de la cellule osseuse à la cellule nerveuse. Au moment de la dissolution du corps, après la reprise des 4/5 d’eau que renferment nos cellules, les cellules évoluées deviennent les conductrices d’autres cellules en voie d’évolution vers le corps de l’homme..
Étudions ce phénomène qui nous conduira à la constatation de la réincarnation des cellules physi ques. Nous prenons la voie normale de dissolution par enterrement, c’est-à-dire par la digestion du corps par le grand estomac terrestre décrit par Michel de Figanières. Poussées par les microbes dissolvants, les cellules sont aspirées par la terre et deviennent cellules mi gratrices d’une plante.
4 L’INITIATION Elles évoluent les cellules de cette plante vers une épreuve, c'est-à-dire vers une transformation en mieux. Arrive le bœuf qui mange la plante contenant les les cellules de l’homme d’hier. La digestion du bœuf s'effectue et ses cellules deviennent principes consti tuants de la viande de cet animal. Nouvelle épreuve :Les affres de l’abattoir et la mort du bœuf. Le corps de ce bœuf devient un bifteck que mange un être humain.
Les cellules de l’ancien corps hu main se retrouvent dans un nouveau corps humain après avoir conduit à l’assaut de ce corps des cellules végétales et des cellules animales inférieures. Il v a réincarnation cellulaire. ■J De là la sagesse des anciens Indous disant : res pecte l’arbre ou l’animal terrestre ; ils contiennent peut-être les cellules du corps de ton grand-père.
Notez que l’état gazeux des cellules d'un corps brûlé ne change rien à ce phénomène. La réincarnation se fait par la respiration au lieu de se faire par la digestion. Il faut donc remettre le corps à sa véritable place et ne voir en lui qu’un support del’Éternel Esprit. Le sentimentalisme a peu de chose à voir en cette affaire.
Mais pour que le corps évolue sans réactions sur l'Esprit même après la mort, il faut que le lien astrophysique soit détruit, que le dégagement entre le phy sique et l’astral soit parfait. C'est ici que le manque d’initiation est terrible de conséquences.
LA MORT ET LES CELLULES PHYSIQUES 5 Les Indous brûlent les corps physiques parce qu’ils savent en dégager les principes psychiques. Les Européens qui veulent imiter les Indous, sans connaître le procédé de dégagement, s’exposent à de terribles erreurs. (Histoire de l’Écrivain mal dégagé.) Si le corps physique évolue dans le plan physique, le corps astral subit également une évolution dans son plan qui va se traduire par une évolution du futur corps physique fabriqué par cet astral. Ainsi astral de chien devient astral de singe, astral de singe peut devenir astral d’humain inférieur, mais jamais corps de singe ne peut devenir corps humain, c’est en plan astral que s’accomplit le trans formisme cher à lccolc de Darwin. Que devient l’esprit en toute cette aventure ? Privé de ses organes de communication, il souffre en général fort peu. 11 est engourdi et sommeille d’abord, puisse réfugie lentement dans ses organes astraux. Ceux qui n’ont aimé en un être que son corps, se désolent et remplissent la chambre mortuaire de leurs lamentations. C'est alors que la religion vient au secours de l’ignorance humaine. Les cierges ou les luminaires vont éloigner les microbes de l’A^tral, les prières et les enchantements liturgiques vont appeler les in fluences divines. Quel que soit l’officiant son office est sacré : c’est l’adieu de la Terre à l’Esprit qui s’en va : c’est l’appel
6 l’îMTIATION des astraux vers le missionnaire qui leur revient. Ne pleurons pas les libérés : Dieu n’a jamais été un bour reau. Appelons vers eux la lumière et montrons-leur le calme de notre cœur soutenu par la certitude de les retrouver, et prions pour les athées qui seront les r orphelins de TEternité car ils ont renié toutes leurs attaches astrales. Papls.
Les Plantes Magiques La Mandragore (Atropa Mandragora] f>. Les habitants traditionnalistes des campagnes sc rappellent encore l’efîroi que le seul nom de cette plante velue produisait chez nos aïeules. C’était un être végétal tenant à Vhumain par quelques liens, et les ouvrages de magie, si nombreux au moyen âge, professaient unanimement pour elle une sorte deculte.
Théophraste l’appelle : anthropomorphose ; — Eldal : l’arbre à la face d’homme ; — les traditions popu laires : petit homme planté, etc. Elle entrait dans les compositions des philtres, dans celle des maléfices et des recettes diverses dues à la sorcellerie. Elle a même offert à certains un aspect surnaturel des plus prononcés. Le P.
Joseph-François Lafitau émet l'opinion que les éléphants rencontrent la mandra gore sur la route du paradis terrestre. Sa racine est un condensateur d’astral des plus puissant, nous dit Sédir. Une des douze plantes des 'Roses-Croix. Elle est maléfique ; peut provoquer la folie à moins qu’elle ne soit corrigée par du ® ; c’est alors un bon nar cotique. Servait aux Germains à faire les statues des dieux du foyer, qu’ils appelaient Abrunes. Les sor
8 l’initiation cières l’employaient pour aller au sabbat. La forme humaine qu'elle affecte toujours indique des pro priétés toutes particulières et d’une énergie spéciale. Elle était précieuse pour celui qui la possédait, et rayonnait divinement sur sa destinée ; mais des ma léfices rendaient extrêmement hardie son extraction. Quand on l’arrachait de terre, ce petit homme planté poussait,dit on,des gémissements.
Il fallait la cueillir sous un gibet, avec l’observance de rites particuliers; c’est en de certaines conditions seulement, qu’elle jouissait de toutes ses propriétés. Le meilleur procédé, nous dit un vieux grimoire bien connu, était de la faire arracher par un chien ; on l’enveloppait ensuite dans un linceul. Dès lors, des vertus merveilleuses lui étaient attachées.
Celte plante vénéneuse appartient à la grande famille des Solanées ou Consolantes \ on la nomme diversement: Pomme d'amour, Main de gloire, Herbe aux Magiciens, Dudaïm ou Jabora (en hébreu), froid et modérément sec ; >> ; ou Q. Elle croît dans les bois ombreux, aux bords des rivières, dans ces lieux mystérieux où les rayons de soleil ne pénè trent point; la racine est épaisse, longue, blanchâtre en dehors, quelquefois partagée en deux parties.
Des feuilles ovales, ondulées, couronnent cette racine et s’étalent en rond sur la terre ; ses fleurs blanches sont légèrement teintes de pourpre ; son fruit, semblable à une petite pomme, est d’une odeur fétide, comme la plante tout entière. C'est principalement la bifur cation de sa racine qui la fait comparer à un petit corps humain.
LES PLANTES MAGIQUES 9 Quant à ses vertus médicales, la mandragore pos sède des propriétés narcotiques analogues à celles de la belladone. En Sicile, om la cultive pour ses proprié tés diverses. Ses feuilles, ses fruits, sa racine ont été employés en applications externes contre les tumeurs scrofuleuses, scirrheuses et syphilitiques.
Apulée dans ses Métamorphoses (livre X) nous dit, en parlant •de la mandragore : « Je lui donnai donc une drogue ; mais c’était le suc somnifère de la mandragore, suc fameux par la vertu narcotique qu’on lui connaît, et un sommeil exactement pareil à celui de la mort. » Flandin écrit : « Il est des plantes qui produisent sur l’homme des effets tels qu’ils rêvent, étant éveil lés, qu'ils se croient transformés en pierre, en arbre, en animal.
« Au nombre de ces plantes sont : la jusquiame, qui veut dire fève de pourceau ; la mandragore, vul gairement appelée Herbe de Circé. » Voici les vertus des mandragores femelles, d’après Lemery : « Elles sont narcotiques, rafraîchissantes, stupéfiantes, résolutives, appliquées extérieurement.
On se sert en médecine principalement de l’écorce de • leurs racines ou des racines entières ; on nous les apporte sèches d’Italie ; elles doivent être grises en dehors, blanches en dedans, charnues, se rompant net sans filaments, sans odeur, d’un goût un peu amer ; on les emploie pour les inflammations des yeux, pour les érésipèles, pour les scrofules et pour les autres tumeurs. » Le Grand Propriétaire des choses translatées du
10 l’imiIatio latin en françoys, à la requeste du très chrestien et très puissant et redoubté roy Charles, décrit ainsi les propriétés de la mandragore : « Mandragoire est une herbe qui porte sur ses fueilles petites pommes qui sont de bonne et de souefve odeur. Elle a la racine à la forme de ung homme ou de une femme. On donne Fescorce de ceste herbe avec vin à une personne que on veult tailler et pour ce il s’endort tellement que il ne sent point la douleur. » Selon Diascorides, « mandragoire est une herbe qui fait dormir. On doit user saigement de ceste herbe, car qui en prent trop il en a la mort : car elle a la vertu de refroidir et de mortifier et de endormir. Et pour ce le jus de ceste herbe avec lait de femme mis sur les temples fait dormir la personne nonobstant quelle soit en agûe malladie, si comme dit le Plateaire : « Moult d’aultres vertus a la mandragoire car « elle oste toutes enfleures. » Enfin le bon Lafontaine, dans ces contes imités de Machiavel, prête une autre vertu à la mandragore : Cette recette est une médecine Faite du jus de certaine racine, Ayant pour nom mandragore ; et ce jus, Pris par 4a femme, opère beaucoup plus Que ne fit onc nulle ombre monacale D’aucun couvent, de jeunes frères plein. Nous ne saurions omettre dans cette monographie l’article classique sur la mandragore, que nous a laissé le grand occultiste Éliphas Lévi : « La mandragore naturelle, dit-il, est une racine
LES PLANTES MAGIQUES II chevelue qui présente plus ou moins, dans son ensemble, soit la figure d’un homme, soit celle des parties viriles de la génération.
Cette racine est légère ment narcotique, et les anciens lui attribuaient une vertu aphrodisiaque qui la faisait rechercher par les sorcières de la Thessalie pour la composition des philtres. » • Cette racine est-elle, comme le suppose un certain mysticisme magique, le vestige ombilical de notre ori gine terrestre ? C’est ce que nous n’oserions sérieuse ment affirmer.
Il est certain, cependant, que l’homme est sorti du limon de la terre : il a donc dû s’y former en première ébauche sous la forme d’une racine. Les analogies de la nature exigent absolument qu’on admette cette notion, au moins comme une possibi lité.
Les premiers hommes eussent donc été une famille de gigantesques mandragores sensitives que le soleil eût animées, et qui d’elles-mêmes se seraient détachées de la terre, ce qui n’exclut en rien et sup pose même, au contraire, d’une manière positive, la volonté créatrice et la coopération providentielle de la première cause, que nous, avons Raison d’appeler Dieu.
Quelques anciens alchimistes, frappés de cette idée, ont rêvé la culture de la mandragore, ont cher ché à reproduire artificiellement une bourbe assez féconde et un soleil assez actif pour humaniser de nouveau cette racine et créer ainsi des hommes sans le concours de femmes.
D’autres, qui croyaient voir dans l’humanité la syn thèse des animaux, ont désespéré d’animer là man12 l'initiation dragore ; mais ils ont croisé les accouplements mons trueux, et ont jeté la semence humaine en terre animale, sans produire autre chose que des crimes honteux et des monstres sans postérité. La troisième manière de former l’androïde, c’est par le mécanisme galvanisé.
On attribue à Albert le Grand un de ces automates presque. intelligent, et l’on ajoute que saint Thomas le brisa d’un coup de bâton, parce qu’il était embarrassé de ses réponses. Ce conte est une allégorie.
L'androïde d’Albert le Grand, c’est la théologie aristotélicienne de la scolastique primitive, qui fut brisée par la Sommede saint Thomas, ce hardi novateur qui substitua le premier la loi absolue de la raison à l’arbitraire divin, en osant formuler cet axiome, que nous ne craignons pas de répéter à satiété, puisqu’il émane d’un pareil maître : Une chose n’est juste parce que Dieu le veut ; mais Dieu le veut parce qu’elle est juste.
L’androïde réel, l’androïde sérieux des anciens, était un secret qu’ils cachaient à tous les regards, et que Mesmer, le premier, a osé divulguer de nos jours : c’était l’extension de la volonté du mage dans un autre corps, organisé et servi par un esprit élé mentaire ; en d’autres termes plus modernes et plus intelligibles, c’était un sujet magnétique.
Stanislas de Guaita résume à peu près dans le même sens la théorie de l’homuncule-mandragore : * Une vieille tradition veut que l’homme ait apparu primitivement sur la terre, sous des formes de man dragores monstrueuses animées d’une vie instinctive, et que le souffle d’En-Haut évertua, transmua, dégrosLES PLANTES MAGIQUES i3 sit, enfin déracina, pour en faire des êtres doués de pensées et de mouvement propre.
Aussi, ce fut au moyen âge le rêve ou le délire de certains adeptes, aspirants à la Maîtrise vitale, de retrouver la compo sition du limon-principe, afin d’y faire croître des mandragores qu’ils eussent réactionnées et suscitées à la vie mentale par l’infusion de V Archée.
D’autres, moins ambitieux, se contentaient d’ob tenir de faux téraphims, en évoquant une larve dans une mandragore taillée en forme humaine : hideuse idole qu’ils conjuraient pour en tirer des oracles... A ce propos, Sédir nous dit dans son traité des plantes magiques que son ami Sisera en possède une qui représente exactement un père, une mère et un enfant au milieu d’eux.
Elle a servi aux théories insanes de certains magiciens qui voulaient y trouver l’élixir de longue vie ou en faire de faux téraphims. Après les alchimistes, les sorciers imaginèrent une mandragore artificielle, dont les vertus ne laissaient rien à désirer. Voici le procédé: Cherchez une racine de la plante nommée bryone ou navet du diable. Sortez-la de la terre un samedi (jour de Saturne), un peu après l’équinoxe du printemps.
Coupez les extré mités de cette racine et allez l’enterrer, la nuit, au milieu de la fosse d’un mort, dans un cimetière de campagne. Pendant trente jours vous irez l’arroser avec du lait de vache dans lequel vous aurez noyé trois chauves-souris. Le trente et unième jour arrive, retirez-la pendant la nuit et faîtes-la sécher dans un four chauffé avec de la verveine ; puis enveloppez-la dans un lambeau de drap, dans lequel est
l’initiation H mort un homme, et portez-la toujours sur vous. A la mandragore d’Europe, nous devons adjoindre le gin-seng de Tartarie, découvert au Canada en 1616 par le P. Lafitau, et présenté par lui au duc d’Or léans, alors régent du royaume de France.
Voici en quels termes il raconte sa découverte : « Ayant passé près de trois mois à chercher le gin-seng inutilement, le hasard me le montra, quand j’y pensais le moins, assez près d’une maison que je faisais bâtir. Il était alors dans sa maturité. La cou leur vermeille de son fruit arrêta ma vue. Je ne le considérai pas longtemps sans soupçonner que ce pouvait être la plante que je cherchais.
L’ayant arra chée avec empressement, je la portai, plein de joie, à une sauvagesse que j'avais employée pour la cher cher de son côte. Elle la reconnut pour l’un de leurs remèdes ordinaires, dont elle me dit sur-le-champ l’usage que les sauvages en faisaient. Sur le rapport que je lui fis de l’estime qu’on en faisait à la Chine, elle se guérit dès le lendemain d’une fièvre intermittente qui la tourmentait depuis quelques mois.
Elle n’y fit point d’autres préparations que boire leau froide où avaient trempé quelques-unes de ses racines brisées entre deux pierres. Elle fit depuis deux fois la même chose, et se guérit chaque fois dès le même jour. « Ma surprise fut extrême quand, sur la fin de la lettre du P. Jartoux, entendant l’explication du mot chinois qui signifie ressemblance de l'homme, ou, comme l’explique le traducteur du P.
Kircher, cuisses de ihomme, je m’aperçus que le mot iroquoisgarentoguen avait la même signification. En effet, garentLES PLANTES MAGIQUES l5 oguen est un mot composé d'orenta qui signifie les cuisses et les jambes, et d'oguen, qui veut dire deux choses séparées. Faisant alors la même réflexion que le P.
Jartoux sur la bizarrerie de ce nom, qui n’a été donné que sur une ressemblance fort imparfaite qui ne se trouve point dans plusieurs plantes de cette espèce, et qui se rencontre dans plusieurs autres .d’espèces fort différentes, je ne pus m’empêcher de conclure que la même signification n’avait pu être appliquée au mot chinois et au mot iroquois, sans une communication d’idée et, par conséquent, de per sonnes.
« Par là je fus confirmé dans l’opinion que j’avais déjà, et qui est fondée sur d’autres préjugés, que l’Amérique ne faisait qu’un même continent avec l’Asie, à qui elle s’unit par la Tartarie au nord de la Chine. « Quand j’eus découvert le gin-seng, il me vint en pensée que ce pouvait être une espèce de mandragore. J'eus le plaisir de voir que je m’étais rencontré sur cela avec le P.
Martini, qui, dans l’endroit que j’ai cité et qui est rapporté par le P. Kircher, parle en ces termes : « Je ne saurais mieux représenter cette racine, « en disant qu’elle est presque semblable à notre man- « dragore, hormis que celle-là est un peu plus petite, « quoiqu’elle soit de quelqu’une de ces espèces.
Pour « moi, ajoute-t-il, je ne doute point du tout quelle « n’ait les mêmes qualités et une pareille vertu, puis- « qu’elle lui ressemble si fortet qu elles ont toutes deux « la même figure. » « Si le P. Martini a eu raison de l’appeler une
i6 l’initiation espèce de mandragore à cause de sa ligure, il a eu tort de l’appeler ainsi à cause de ses propriétés. Nos espèces de mandragores sont narcotiques, rafraîchissantes et stupéfiantes. Ces qualités ne conviennent point du tout au gin-seng. Cependant, l’idée du P. Martini, que j'ai vue justifiée ailleurs, m’a donné envie de pousser plus loin ma recherche.
En effet, ayant trouvé que notre mandragore d’aujourd’hui, d’un commun sentiment, n’était pas la mandragore des anciens, j’ai cru qu’en cherchant un peu, et qu’en comparant le gin-seng avec ce que les anciens on dit de leur mandragore, on pourrait soutenir que c’est l’àvOpoTrouopooç de Pythagore et la mandragore de Théo phraste.
Ce que j’en dis, pourtant, est moins pour don ner mes conjectures pour des certitudes, que pour les soumettre aux savants et leur donner lieu de pousser plus loin leurs recherches. « Voici donc comme je raisonne. Théophraste est le premier des auteurs anciens qui ait décrit des plantes.
Théophraste nous fait la description d’une mandra gore qui ne nous est point connue ; il est évident aussi qu’il ne connaissait point celle que nous con naissons aujourd’hui, du moins sous ce nom-là; de là on pourrait conclure que celle dé Théophraste s’est perdue èt qu’on lui en a substitué une autre. « Il est facile d'expliquer comment la mandragore des anciens a pu s’étre perdue.
Premièrement: elle aura été sans doute d’une grande recherche dans les premiers temps, à cause de ses effets singuliers, dont on peut voir les effets dans l’antiquité. « Secondement rla difficulté que cette plante avait à
LES PLANTFC MAGIOüES 17 se multiplier l’aura rendue rare; il est probable qu elle ne se trouvait que dans les forêts. Le pays s étant dans la suite découvert et les racines en ayant été arrachées avant la maturité de leurs fruits, la plante aura été en peu de temps épuisée. « La mandragore des anciens étant ainsi perdue, on lui en aura substitué une autre à raison de quelques rapports communs à l’une et à l’autre.
Nos mandra gores ont des racines qui ont quelques ressemblances avec le corps de l’homme depuis la ceinture en bas; leurs semences sont blanches et ont la figure d’un petit rein ; c’est sans doute ce qu’elles ont de commun avec la mandragore, et cela se trouve parfaitement dans le gin-seng. » C. B.
fs URANUS ET NEPTUNE La découverte d’Uranus et de Neptune mit les traditionnalistes actuels dans le plus grand embarras; ces planètes inopportunes venaient tout déranger. Ils se mirent donc à chercher le moyen d’expliquer cette découverte sans nuire à la tradition, telle qu’ils la conçoivent.
Leurs efforts furent longs, pénibles et vains, et au moment où l’on désespérait de trouver, un adepte anglais, l’auteur de la Lumière cTÉgypte, finit par dé couvrir un classement commode de ces encombrantes planètes.
Elles devinrent, selon lui, une répétition, à l’octave supérieure, de Mercure et de Vénus ; mais avec cette différence que leur influx extra-subtil, non perceptible pour l'humanité actuelle, était réservé à une humanité future plus évoluée que la nôtre. Cette ingénieuse hypothèse fut adoptée à la presque unani mité des astrologues.
Je suis éloigné de vouloir décrier ici la valeur très réelle de l’auteur de la Lumière d'Égypte, non plus que de rejeter a priori son hypothèse. Mais, afin de démontrer qu’elle est momentanément peu fondée, je vais en proposer une autre, non moins admissible, et dont les raisons analogiques sont probablement aussi valables.
IJRANUS El’ NEPTUNE lp Je laisse à d autres, plus dignes, le soin de savoir si la race blanche est en état de progrès ou de dégéné rescence, mais, ce dont je suis sûr, c’est que les races antiques qui ont érigé le Sphinx étaient incomparable ment plus évoluées que la race blanche actuelle.
L’au teur de la Lumière d'Égypte prétend-il que notre race, afin de mériter l’influx subtil d’Uranus et de Neptune, puisse jamais s’élever au-dessus de dévolu tions ludéenne ?
Ne semble-t-il pas plus logique d’admettre que ces races d’élite ont été précédées par une race antérieure et plus évoluée, dont l’histoire, perdue dans les pro fondeurs de l’antiquité, ne nous est pas parvenue? que cette race, qui atteignit ce point culminant de dévolution humaine, aurait connu Uranus et Nep tune ?
Ceci concorderait parfaitement avec l’antériorité certaine de ces deux planètes, qui, les premières, sont issues de la nébuleuse initiale, alors occupant son maximum de volume gazeux, et étant dans sa plus grande vitesse rotative. Un savant a dit que ces deux aînées du système planétaire étaient en état de désincarnation.
De fait, elles offrent bien plutôt l’aspect d’un monde vieux et caduc, que d’un monde jeune et viril ; on devine leur action passée ou éteinte plutôt que naissante ou à venir. Leurs satellites, tournant en sens contraire de celui des autres, par suite d’une déviation lente de leur orbite sur son propre plan, sont encore une preuve de leur décrépitude. Il est donc juste de déduire de tout cela que ces
20 l’initiation ancêtres du système planétaire ont été les premiers à influencer le genre humain alors qu’il atteignait à son sommet évolutif, et cette hypothèse me semble pour le moins aussi admissible que la précédente. Si d’autres ont approfondi cette intéressante ques tion, nous serions heureux de connaître le résultat de leurs études, et c’est humblement que nous accueille rons leurs observations personnelles. Jean Mavéric.
La Quadrature du Cercle Aperçu de mathématique transcendante. Le cercle est l’expression théosophique du mouve ment. Centre, rayon, périphérie, voici son ternaire constitutif. Le Centre, incalculable, « ens et non ens », le point mathématique Ain-Soph. La périphérie s’élargissant à l’infini en mesure de sa relation avec le centre, et figurant ainsi, en pro gression, la projection du centre sur tous les plans. La relation qui existe entre la périphérieet le centre, c’est le rayon. C’est cette relation, qui par son applica tion sénaire sur tous les plans, nous offre la création, c’est-à-direle macrocosme, le sceau de Salomon, le pantacle hexagonal des Martinistes. Ce n’est que dans cette « matérialisation » que la relation, le rayon, peut constituer sur chaque plan un monde équilibré, et en harmonie avec le centre ainsi qu’avec la périphérie. Entraîné par le tourbillon de l’éternité, le cercle pro gresse toujours... Quelles que soient ses dimensions, le rayon ne saurait atteindre son homogénéité avec la périphérie fuyant sans cesse devant lui. 3.1415916... etc., nous dit l’algèbre. Jamais sa pro portion avec la périphérie ne saurait atteindre le
22 l’initiation chiffre exact qui lui permettrait de mettre un terme à cette fuite, de saisir ce cercle incalculable et de renon cer à l’hexagone pour nous offrir la quadrature pal pable et parfaite. Jamais? Considérons bien le cas et tâchons de comprendre. Descendons pour un moment des hauteurs et met tons le pied sur le sol comme des données élémen taires. Construisons un carré, dont la base nous est donnée. Voici un point, A, et la base du carré projetée dans la direction de B, depuis A. Nous obtenons: Arrivés à p, appliquons en ce point un angle droit a, et projetons la même base jusqu’à C. Nous obte nons : Répétons, toujours en y appliquant notre angle
LA QUADRATURE DU CERCLE 23 droit, p, la même opération en C. Nous obtenons : La répétition ternaire et quaternaire de cette procé dure nous donnera finalement le carré ABCD avec les angles droits a p 7 0. Retenons, pour le moment, fermement ces indica tions et ce mode d’opérer, dont nous aurons besoin tout à l’heure, et passons à une autre déduction, un tout petit peu moins élémentaire. Voici un cercle autour du point mathématique O, et sur la périphérie de ce cercle une section AA' que je prierai le lecteur de vouloir considérer plus attentive ment. Il est tout à fait évident que plus le cerclesera grand, plus la section AA' que nous prendrions en considéra tion sur sa périphérie s’approchera de la ligne droite.
24 l’fnitiation Il est donc tout aussi évident que la ligne droite. A ’--------------------------------- » A’ n’est autre chose qu’une section de la périphérie d’un cercle infini. Quelle est la première conséquence de ce fait ? La voici.
De même que la prolongation, sur une périphérie mesurable quelconque, de la section AA', au delà de A', viendra de nouveau rejoindre son point de départ en A, ainsi nous pouvons établir à présent, et en connaissance parfaite de cause, que la ligne droite AA', prolongée au delà de A' sur la péri phérie du cercle infini, viendra de nouveau rejoindre son point de départ en A. Retenons bien ce que nous venons de dire et passons.
«Jamais, diront les mathématiciens, le rayon du cercle, quelle que fût la fraction à laquelle on voudra calculer le nombre dit « de Ludolff », soit R, ou 3,1415926... etc. etc., ne pourra se résoudre en une équation permettant d'établir sa relation précise avec la périphérie. » Et effectivement,c’est là la conclusion des profanes, voulant mesurer l’infini.
Nous savons que quelquesuns d'entre eux ne reculèrent pas devant la tâche de pousser les calculs du nombre 5, jusqu’à 2.000 ou 3.000 chiffres, cedontnous les plaignons sincèrement. Le « non possumus », du reste, ne fut que plus caté gorique de leur part. Les initiés savent bien, eux, ce que signifie la quadrature du cercle.
Quadrature, mouvement conti nuel dans toutes les choses mesurables... se fondant uniquement, suprême et dernière réalisation, dans la
25 LA QUADRATURE DU CERCLE quiétude de l’infini... le mystère a été réalisé à nos yeux, et nous allons ici même en indiquer la portée. Nous saisirons, non pas un cercle infime quelconque, mais le cercle infini du Grand Font,et nous en ferons ici même l’exacte et précise quadrature... Nous partirons, en projetant les bases de ce carré énorme, à l’instar du petit carré ABCD considéré plus haut, d’un point donné, A. Quelle est donc la base que nous allons projeter ? Nous prendrons comme base, ainsi qu’il est convenu, l’infini, soit le rayon du Grand Cercle, si vous voulez, ou bien son diamètre, si vous préférez... l’infini est toujours égal à lui-même, et tous les nombres multipliés avec l’in fini sont infinis. Partons donc, en projetant l’infini comme base de notre carré, de A. Nous savons déjà, grâce aux considérations énoncées plus haut sur la périphérie du cercle, que par l’infini nous retournerons à notre point de départ, c’est-à-dire au point A. t A î
^6 l’initiation C’est donc ici même, en A, que nous appliquerons le premier angle droit, a, de notre carré, sur la pre mière base projetée, et nous repartirons aussitôt dans Ja direction de B pour trouver le second angle. Nous savons déjà que nous devons encore une fois retourner au point A. Appliquons-v l’angle S et re partons. li n En rentrant encore deux fois par l’infini à notre
LA QUADRATURE DU CERCLE point de départ, et en y appliquant les angles a p y o nous obtenons la croix. Voici le carré construit, et voici la réalisation par faite et palpable de l’infini. Le quaternaire avec tous ses mystères, qui sont ceux de l’infini, révélant à nos yeux l’infini au moyen de la croix! Mais ne nous arrêtons pas encore, et considérons attentivement le double courant figuré sur notre dessin par les flèches — voici le mystère de l’involution et de l’évolution,— les initiés en connaissent la portée. Nous voyons éga lement la double coïncidence des quatre côtés de notre carré infini, ce qui ramène le quaternaire au binaire. Le binaire, c’est le Verbe. Le Verbe est manifesté par la Croix. A l’intersection en A des deux branches de la croix, on peut opposer une intersection contraire, conçue par notre esprit au côté opposé de l’infini, là où nous sommes allés sur la périphérie du Grand Cercle. Cette intersection contraire, c’est le û — la croix encore, resplendissante dans les abîmes de l’in fini 1
28 l’initiation Ces données ne plairont sans doute pas aux gens « raisonnables » qui accueillent les thèses de Fésotérisme avec un sourire hautain. Il est vrai que nos déductions sont peut-être trop simples pour eux. Les dernières vérités se distinguent par leur extrême sim plicité 1 mais il faut en avoir saisi la synthèse. Quant aux moqueurs, laissons-les toujours à leur tâche. Le jour viendra certainement où ils en auront assez de calculer le nombre 5, jusqu’à 3.ooo ou jusqu’à to.ooo chiffres... ce sera déjà autant de gagné pour eux. Ultimus.
Causeries sur F Alchimie (Suite.) Des expériences précédentes découle naturellement cette théorie qui n’est que la répétition delà théorie hindoue : « La matière n’est que ¡agglomération à divers titres d’une substance unique, état radiant, éther des physi ciens, et que l’occultisme connaît sous le nom de lumière astrale. » Une fois encore la trilogie se présente établissant l’analogie souveraine en toutes sciences : * Principe, Lumière astrale, Matière.
Le principe supérieur, inconnaissable, inappré ciable, intangible agit en positif sur la matière néga tive et de cette union naît le mouvement. Au-dessus de l’atome-matière, indivisible, connu de nos physiciens et chimistes modernes, est l’atomeforce divisible à l’infini et mis à Jour récemment par les travaux de Curie et de ses prédécesseurs, décou vrant une énergie intra-atomique insoupçonnée. Nous comprendrons alors cette parole de M. G. Claude étudiant le bombardement moléculaire dans l’am poule de Crook.es : * Est-ce de là que dérive la matière
l'initiation 3o dans ses aspects différents à l’infini, est-ce là la ma tière originelle, le pantogène d’Hinrich et de Schutzenberger (i) ? » Quelques mots d’explication deviennent ici néces saires. Bien que beaucoup de nos lecteurs soient au courant des découvertes dont nous allons parler, nous croyons devoir les résumer encore. Elles vont servir à l’édification de notre théorie de l’unité de la matière et de la force.
Qui n’a pas vu, aux devantures des magasins d’élec tricité, fixes ou tournant sur de petits moteurs, les tubes étincelants de Geissler. Ces tubes, connus de longtemps, renfermaient dans leurs minces parois toute une science nouvelle. En i8q5, un physicien allemand, Rœntgen, obser vait le phénomène suivant : En répétant les expé riences de Lenard, une ampoule (dérivée des tubes de Geissler) se trouvait entourée de carton noir.
A peu de distance, bien que l’obscurité fût complète, un écran de platinocyanure de baryum s’illumina sitôt le pas sage du courant dans l’ampoule entièrement enclose Son illumination cessa avec le courant. Rœntgen eut alors l’idée d’interposer entre l'am poule et l’écran une planche épaisse : même illumina tion. Un énorme volume: illumination.
Passant alors la main devant l’écran, Rœntgen vit, non sans stupeur, que l’ombre portée sur cet écran était celle des os et non de la main entière. Les rayons X étaient découverts. (1) G. Claude, Causeries sur le radium, Gauth’er-Villars, éditeur.
CAUSERIE SUR LALCHIMIE 3| La gloire n’en revient pas à Rœntgen lui-même. Le côté fantasmagorique de sa découverte impressionna le monde; mais, bien avant lui,Tommasi découvrait l’existence de rayons émanés de l’étincelle électrique qu’il nomma rayons électriques, voilant la plaque photographique à travers des corps opaques. Lenard, Hertz travaillaient la question, mais sous un jour tfop scientifique pour être apprécié de tous.
Enfin, paraîtrait-il, Y Allgemeine Handelsblad du 6 févier 1846, relata une invention d’un électri cien belge, laquelle aurait permis, dirigeant la lu mière électrique d’une certaine façon, d’examiner le fonctionnement des organes intérieurs, marche du sang dans les vaisseaux, etc. Signalons, en dernier lieu, ce passage d'un compte rendu de la séance du 20 janvier 1896 à l'Académie des Sciences : « Revenant à la question du mode opératoire, M. d’Arsonval expose une communication de M. Gus tave Lebon, dans laquelle ce dernier annonce avoir obtenu des photographies au travers de corps d'une opacité parfaite, et avec l’aide des simples rayons d’une lampe à pétrole ordinaire.
La durée de la pose serait de plusieurs heures. « M. Lebon applique un cliché négatif sur une plaque photographique, recouvrelesdeuxd’une plaque en fer, et expose le tout à la lumière d’une lampe à pétrole. Après trois heures d’exposition il obtient une image, imparfaite il est vrai, mais reproduisant quand même le cliché. «Lorsqu’il enchâsse les deux plaques photographi-*
32 l’initiation ques entre deux plaques en métal, l’une en fer et l’autre en plomb, et qu’il unit les deux par une anse métallique, il lui faut une durée d’exposition beaucoup moindre. » Examinons l’appareil qui nous fournit les rayons X. Soit une ampoule de verre dans laquelle nous ferons jaillir une étincelle électrique et dont nous retirerons en même temps l’air à l’aide d’une puissante machine pneumatique (pompes, trompes à mercure).
Au boutd’un certain temps, lorsque le vide devient presque parfait, la lumière éclatante du tube de Geiss ler s’éteint et seule une irradiation violette reste dans l’ampoule. Cette irradiation, nous pouvons très facilement la reproduire grâce à une expérience très simple que nous devons à l’ingéniosité et à l’obligeance d’un de nos amis de l’École Hermétique, M. Léon Noël, qui la répéta devant nous.
Prenons une lampe élec trique ordinaire, de petit format, autant que possible, et dans laquelle le vide soit bien fait; la tenant par la douille, frottons-là vigoureusement sur une étoffe de laine : l’illumination violette de l’ampoule de Crookes emplit notre ampoule minuscule. Il s’est prçduit là, d’ailleurs, un phénomène simi laire : l’électricité provenant du frottement du verre s’irradie grâce au vide de la lampe.
Cette lumière violette dans l’ampoule de Crookes est féconde en surprise. Elle part d’un des fils élec triques (anode) et aboutit à l’autre (cathode) en for mant un fuseau. Lorsque le vide s’accentue la lumière anodique pâlit, lorsque le vide extrême est atteint
CAUSERIE SUR L’ALCHIMIE 33 (vide de Crookes) la cathode seule reste illuminée. Dans ce courant si nous situons des oxydes métal liques, de la craie, du diamant, du rubis, tous ces corps deviennent phosphorescents de lumières di verses. Mais là n’est pas le phénomène le plus curieux : si nous concentrons sur une masse faible de platine notre courant, cette masse devient incandescente, d’*autre part un moulinet léger y tourne avec rapidité.
Que s’est-il passé? Sous la projection de particules matérielles, le platine a rougi comme sous un martè lement vigoureux. C’est le fameux bombardement moléculaire de Crookes. La matière émise ne provient pas de l’anode ni du gaz de l’ampoule, ni du verre. Son action chimique, quelque soit le métal de l’anode, est toujours la meme. D'où provient cette matière ? De lclectricité ! De l'électricité matérialisée.
Et voici de la force qui passe à l'état de matière. Expérimentons encore. Tous nos lecteurs connaissent la bobine de Rhumkorff. Celle-là même qui animaitnos tubesde Geissler. Nous avons remarqué que ses étincelles sont ryhtmées à l’aide d’un petit marteau ou trembleur situé sur le côté de l’appareil.
Avec un trembleur dis posé spécialement (système d’Arsonval, par exemple) donnant des courantsde haute fréquence, les étincelles prennent des aspects vraiment étranges. Un de ces aspects, entre autres, est celui d’un ruban plat, sem blable à de la gaze phosphorescente, sur lequel il est possible de déposer des objets légers.
34 l’initiation Ce tissu électrique se laisse traverser sans grand dommage d’accrocs. Nous voilà bien près du fameux vêtement des fan tômes qui a si doucement réjoui notre génération. Notons, en passant, que durant ces expériences il se fait un bruit, crépitement, bruit d’étoffe déchirée, de froufrou soyeux, identique à celui qu’on entendait qui le fit accuser de tricherie.
En février 1892, nous dit M. Marius Duresp dans son excellent petit traité de magnétisme, à la Société française de physique, au moyen d’une simple bobine de Rhumkorff, le professeur Nikola Tesla a obtenu à l’air libre des fantômes de flamme, aussi réellement fantômes que des fantômes peuvent être réels. Quintor.
LA PEINTURE SPIRITUALISTE Après avoir expliqué les éléments constitutifs de la peinture spiritualiste, il convient de dévoiler l’obs tacle insurmontable qui attente à la liberté de l’IdéaL Cet obstacle, ce mur, c'est « l’idole matérielle »,. monstre aux tentacules puissantes, synthèse d’unehiérarchie d’en bas.
L’œuvre picturale, chargée de représenter une équa tion synthétique de l’idéal, peut être réalisée soustrois aspects : l’abstrait pur, l’abstrait dérivé, le con cret. Si la conception est abstraite pure, et si l’idéal del’artiste est abstrait, c’est par le Symbole ou réflexion initiatique, que l’œuvre s’interprétera dans le mónde * des formes.
Si la conception est abstraite dérivée, d’un Idéal « non initié », assimilé au monde com pact, c’est par l’expression et la plastique, quelle se réalisera. Enfin, si cette conception est concrète, voulue par un mental assujetti au monde dense, elle existera par le caractère et le geste.
Ces différenciations dans l’œuvre picturale sont lescorrespondances analogiques qui existent entre les36 L INITIATION trois aspects de l’Art et les trois corps de l’homme de la doctrine occulte. C’est dans la troisième réalisation, la concrète, issue d’un mental abstrait et « non initié » que crois sent les déformations, les monstres et les horsnature.
La représentation d'une idée peut se manifester à travers les quatre règnes parla puissance abstraite de l’idéal. L’histoire de l’Art possède déjà une représen tation expressive et plastique de la forme humaine, dont les écoles flamande, hollandaise, espagnole, italienne, française et anglaise forment l’immense synthèse.
La plastique reste dans ces écoles comme la structure de la Tradition, le frein, la voie lumi neuse des évolutions de la Beauté à travers l’expres sion représentative. La décadence arrive avec le carac tère et entraîne à sa suite la force matérielle, lourde, brutale, le geste physiquej la grimace ; la mort de l'idéal.
Et, après le caractère, sont venus les mondes d’en bas : la déformation, l’ignorance même de l’expres sion, la rupture du lien astral, la perte de la con science, la fin delà tradition, l’apothéose des peintres matérialistes. Dans cette cohue, nul n’a touché au Symbole.
La plastique et l’expression étreignaient, dans les écoles du passé, les grands représentatifs de la Beauté, et Je temps n’était pas encore venu oû l’idéal devait s’envoler droit, sans concessions, comme sans chutes. La mission de la peinture spiritualiste maintenant est de faire éclore le corps spirituel latent dans
LA PEINTURE SPIRITUALISTE ¿7 l’homme, soit par la compréhension, soit par la réa lisation de l’œuvre symbolique. 11 faut rompre définitivement avec les conscients ignorants qui étalent impudiquement dans leurs œuvres les déformations et les souillures de la Tra dition.
11 faut que l’initiation qui demeure dans le monde triomphe des idoles créées par les fabricants de théo ries à l’usage de la mauvaise cause, et mette l'Art sur un tel sommet que seuls les initiés puissent y atteindre.
Si l’occultisme doit s’affermir par des bases scien tifiques, l'Art spiritualiste doit au contraire s’affran chir de la multitude des contrôles physiques, afin d’aller respirer dans les mondes de l’idéal, sur les cimes immaculées, l’atmosphère claire et pure des Symboles. Là, les concepts humains falsifiés et les critiques oblitérés ne pourront, faute de compréhen sion, se dresser contre lui.
La voie de l’Art symbo lique est nettement déterminée. Il faut, par l’initia tion, créer un symbole véridique, inattaquable et beau dans son essence représentative. Les règnes offrent à Fartiste un horizon dont l’étendue est sans limites.
Le règne humain, le plus assimilable au symbole, le plus séduisant aussi par la plastique et l’expres sion, tente l’artiste, mais parfois l’écarte de la sym bolique stricte qu’il doit imposer à la réalisation de son œuvre. L’école de la plastique et de l’expression écrase l’artiste moderne de son seul génie synthé tique tout-puissant, qui remonte dans le passé du
38 l’initiation dix-huitième siècle à la Grèce antique. C’est ailleurs qu’il faut chercher, afin d’éviter les abîmes contem porains de la déformation par le caractère. L’exprespuissante sur le mental humain, c’est encore trop. Comment lutter contre les oiseaux, les dragons, les les éléphants fantastiques résumant une expression et un caractère que toute l’Asie soutient de ses gigan- • tesques piliers. Le règne végétal est plus éloigné.
Il remonte à des âges dont les roues de la loi, tournant sans cesse, ont usé la puissance par le frottement de l’atmosphère dans le temps. Ce qui nous reste des Chinois et des Japonais, au point de vue pavsagé, n’est qu'une par celle géniale de ce que le temps a absorbé. Car tout au commencement de la race mongole, les Murillo, les Léonard de Vinci, les Rubens du paysage étaient légion et constituaient un prodigieux monde d’Art.
Les traces de leur passage se sont effacées avec les nouvelles incarnations, transformations, et le temps les a enfouies dans les musées immortels que nul ne peut plus contempler. Delà représentation du minéral, rien. Le continent atlantéen, au fond des eaux, renferme dans son sommeil des galeries d’expositions et de tableaux que seul le feu admire.
Et c’est ici que s’ouvre, aux artistes initiés, la grande voie des Symboles ; l’envol de l’idéal dans les mondes divins, et le moyen de réaliser une équation spirituelle dans l’œuvre d’Art. 1909. Richard Burgsthal.
Le Sexe de l'Œuvre L’Art, en attente de manifestation dans l’idéal, nous apparaît comme une synthèse des deux ma * nières d’être : passive et active. Planant au delà des élans de l’inspiration, il est 1’Androgyne, il est l’insexué, possédant en lui les germes des différenciations sexuelles qui naîtront dans l’artiste, au moment de la conception de son œuvre.
Pour comprendre h mathématique du sexe de l’œuvre, il faut comprendre l’édification de l’Art, sur « Trois Plans » : L’Archétype ou Plan Divin, Androgyne, Essence de l’inspiration, Germe des sexes ; Le Plan des transformations sensibles ou Astral négatif, monde où se déversent les grands canaux d’inspiration et d’Aspiration qui glissent par l’Art, de l’œuvre à l’artiste et de l’artiste à l’œuvre, l’at mosphère où il projette ses concepts, ses idées, et où l’inspiration se précise en un moule formel conte nant les possibilités atteintes de l’œuvre ; Enfin le Plan de l’Œuvre elle-même, plan où réside l'artiste incarné, sexué, défini en une essence
40 l’initiation et un germe synthétisés parla Monade physiquement construite. Des Mondes Divins, l’Art descend par les transfor mateurs sensibles ou canaux, au plan de l’œuvre où l'artiste expérimente scs sensations, ses impulsions, ses aspirations, et où il édifie les bases certaines et inébranlables de l’Avenir.
L’Archétype Androgyne ne se différencie qu’en passant par les transforma teurs sensibles, ce qui prouve que l’artiste n'exprime jamais qu’une partie de son idéal. Et l’Œuvre est double. Elle reflète l’Androgynat de l’Archétype, par son exotérisme et son ésotérisme. L’Œuvre, par sa représentation ou réalisation, est l’œuvre vue, saisie par l’artiste, et tout artiste, homme ou femme, a en lui des aspirations exotériques ou ésotériques.
Les aspirations exotériques sont celles qui corres pondent à « l’habileté » des moyens d’édification de la « petite œuvre » ou œuvre d’art. Ici se sont introduits des préjugés viciés qui veu lent établir officiellement que les adjectifs qualifica tifs d’une œuvre doivent correspondre aux adjectifs qualificatifs du sexe de l'artiste, plutôt que d’ètre l’évocation directe des Mondes de l’inspiration.
En un mot, l'artiste devrait assimiler l’Art à son corps physique et aux qualités morales attachées spéciale ment à son sexe. Ceci est une grave erreur. Je vais tâcher de remettre les choses en leur place en remon tant à « leurs principes ». Nous avons vu ce qu’il fauit comprendre par les aspirations exotériques.
LE SEXE DE L’ŒUVRE 41 L’artiste qui possède des aspirations ésotériques est celui qui édifie une œuvre dans le but de la «Grande Œuvre » ou construction du caractère ; celui qui recherche « autre chose » que l’exécution plus ou moins habile « d’aspects » qu’il domine. Cet artiste, travaillant avec l’inspiration, doit mettre dans son œuvre ce qui nest pas dans son caractère. La véri table Inspiration est celle qui reconstitue !
Archétype, par ! Œuvre Archétypale: L’Œuvre Archétypale-Androgyneest donc double: D'une part, l’habileté des moyens adhérents à l’artiste, à son sexe, moyens d’édification de la « pe tite œuvre », et d’autre part, l’inspiration conquise vaincue, gain pour le caractère de l’artiste, équation nouvelle et insoupçonnée de son incarnation pré sente.
L’artiste, homme ou femme, qui travaille pour l’inspiration, n’est vraiment grand que lorsqu’il a réuni dans son œuvre les deux sexes de ! Archétype Divin. Et pour éveiller scs facultés mentales, spiri tuelles, afin de les tendre vers ce Monde Divin, il doit mettre en son œuvre quelque chose qui n’est pas en lui, de par sa constitution physique, de par son sexe.
Partout où l’œuvre d’Art a vibré de l’inspira tion, l’artiste, par le monde des transformateurs sen sibles, a trouvé la synthèse des deux sexes. Donc, si le sexe est masculin, viril, solide et si l’homme tente à l’œuvre d’Art, il trouvera l’inspira tion dans les principes sensibles, sensitifs, poétiques, passifs, et c'est l’aspect féminin de l’Archétype qu’il devra transporter dans son œuvre où il lui asservira
42 l’initiation une technique en accord avec l’équation de son sexe. Si, au contraire, l’artiste est femme, si ses sensa tions sont délicates, développées, compliquées, l’ins piration devra, par les transformateurs sensibles, ap porter la synthèse d’un concept masculin qui sera réalisé par la sensitivité et le goût que la femme résoud dans son équation physique.
Tandis que toute œuvre émanant d'un homme et ne reflétant que l’aspect masculin de l’Archétype, toute œuvre éma nant d’une femme et ne reflétant que l’aspect fémi nin de cet Archétype, sera frappée de stérilité. Car les deux termes de l’Archétype Divin sont : Force et Sensibilité. Ainsi l’Œuvre d’Art est exotérique et ésotérique.
Elle est ésotérique par le concept de l’artiste, son trans formateur astral et le sexe de l'idée; elle est exotérique par sa réalisation, ses moyens vitaux d’édification dans le monde physique et le sexe de la Forme. Rita-Strciil. 1909.
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l’exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction ei d la reproduction des classiques anciens. La reprodnctiou des article« iuedlts publié« par V Initiation est formellement interdite, à moins d'autorisation spéciale.
L’HUMANITÉ EPOQUES ET PHASES HUMANITAIRES, PERIODES SEIZENNALES ET QUADRIENNALES La coïncidence des situations morales et politiques, bien déterminées avec les positions magnétiques importantes, dont je viens de montrer les deux princi pales, se soutiennent à travers toute la période séculaire de civilisation, dans laquelle il existe d’autres époques bien marquées en dehors de celles de la renovation et de l’apogée.
Les modifications simultanées dans les circulations magnétiques et dans les allures religiosophilosophiques et politiques se soutiennent jusque dans les moindres mouvements: ces modifications sont sexennales et quadriennales.
Les situations morales et politiques se règlent si bien sur le mouvement magnétique seizennale, que celui-ci fait généralement disparaître et remplacer les chefs politiques tels que les empereurs, les p3pe$; )t5 rois ou princes régnants quelconques. Comme le vrai est quelquefois invraisemblable, et
l’initiation 44 que ce qui précède peut paraître extraordinaire ou paradoxal, je dois m'expliquer catégoriquement. Les derniers mouvements magnétiques seizennaux 1831, 1847 et 1863 nous sont les mieux connus par les faits et seront les premiers reconnus exacts.
En partant du centre 1847 vers l’avenir et en remontant vers le passé on établit le mouvement seizennal général suivant : O 1847 : 1863 ; 1879 ; i8g5 (1379); 1395 ; 1411 ; 1427; 1443; 1459; 1475; 1491; 1507; i5j3. 1847 î 1^1 *, ’815 ; 1799 i 1783 ; 1767 ; 1751 ; 1735; 1719: 1703; 1687; 1671 ; 1655 ; 1639; 1623 ; 1607; 1591 ; 1575 ; 1559 ; 1543 ; 1527 ; 15i1 ; 1495.
En montant et en descendant avec le mouvement seizennal, à partir de 1847 vers la position initiale, on arrive à 1507 et i5ii, parce que la période quinquaséculaire de 516 ans contient trente-deux périodes seizennales, plus une période quadriennale qui doit se perdre. Elle se perd en avant de la position ini tiale de 1491 à 1495, ou de 1507 a i5ii.
Pour cette raison, ces deux périodes quadriennales d’ouverture de la période quinquaséculaire et d’entrée dans la rénovation et dans la grande phase d’action huma nitaire, sont fortement perturbées. Cela étant, voici le mouvement politique de la dernière période humanitaire gallicane, dirigé et des siné par les règnes des rois du peuple-chef de la France.
Dans ce tableau, la coïncidence des mouvements politiques avec les mouvements magnétiques est irré cusable et évidente.
l’humanité 45 Les dates 1421, 1525, i63i et 166g sont magné tiques fondamentales, comme 1267 (1783) et i3i5 (i83i). Les dates fondamentales magnétiques sont centrales pour les règnes principaux, comme ce fut le cas dans la dernière période de la civilisation, pour les règnes de François I* r, de Louis XIIï, Richelieu et de Louis XlV-Colbert.
Les dates qui ouvrent et terminent ces règnes sont fondamentales, comme leurs centres, bien que les trois règnes ci-dessus de la dernière grande phase humanitaire, ceux de François Ier, de Louis XIil et de Louis XIV, soient tous les trois en retard de quatre ans ou d’une période quadriennale sur le mouve ment seizCnnal général.
Pour couper court aux objections du sophisme et de l’empirisme, écartons toutes les dates fondamen tales d’entrée dans les règnes principaux et, par con séquent, les preuves les plus évidentes de la coïnci dence du mouvement politique avec le mouvement magnétique; ne conservons que les coïncidences sei^ennales générales, il restera dans le tableau pré cédent dix changements de règnes en coïncidence avec le mouvement magnétique seizennal général.
Un mouvement seizennal comprenant souvent trois années celle du mouvement, celle qui finit la période précédente et celle qui commence la période suivante, le nombre des coïncidences probables des change ments de règnes avec ces mouvements triennaux est de 3/i6 ou de quatre pour les 22 règnes du tableau précédent.
l’initiation 46 Ainsi, en réalité et en dehors des dates magnétiques fondamentales et principales, le mouvement triennal de la période seizennale magnétique amène dans la dernière période séculaire dix changements de règnes au lieu de quatre changements probables, c’est le hasard qui produit ces coïncidences, disent le sophisme et l’empirisme.
Singulier hasard, en vérité, qui se reproduit aussi nettement et dans les mêmes proportions dans toutes les périodes séculaires catholiques, franques, etc-, comme sur tous les trônes, sur ceux des Empereurs d'A llemagneet d'Orient, comme sur le siège pontifical, et sur le trône de tous les Souverains héréditaires ou électifs de tous les temps historiques et de toutes les régions européennes.
Si le lecteur n’est pas convaincu, qu’il examine encore le tableau suivant : * • Dates riellM. Datei maga. Traité de Madrid............................ . . . i520 1527 — de Crépy........................... . . . . 1542 1543 — de Cateau-Cambrésis. . . . . . 155g 1559 — de Monçon............................. . . . . 1626 1627 — de Bernwald.......................... . . . i63i 1631 — de Prague. ;....................., . . .
1635 1635 — des Pyrénées..................... . . . . 1659 1659 — d’Aix-la-Chapelle ... . . . . 1668 1667 — de Westminster . . . . ... 1674 1675 — de Nimègue..................... . . . . 1678 1679 — de Ryswick........................... . . . 1697 1695 — d’Utrecht.......................... . . . . 1713 \ — de Bade .......................... . . - - >7>4 ( 1715 — des Barrières..................... . . . .
1715 k — de la Haye..................... . . . . I7»7 7 — de Vienne..................... . . * • 1738 J 1739 — de Belgrade . . . . 1739 1
l’humanité 47 Paix hontèuse de Paris........................... ¡764 1763 Traité de Paris......................................... 1783 1783 Ce tableau renseigne tous les traités de paix de la dernière période séculaire depuis le centre delà réno vation jusqu’à celui de la transformation.
Or, nul ne contestera que lestraitésdepaixexercentune influence sur les allures politiques des peuples, et qu'assez généralement ce sont des actes qui ont pour objet soit d’ouvrir, soit de fermer une période d’action.
Six traités sur sei\e changent les allures politiques du peuple-chef de la dernière période séculaire durant les mouvements magnétiques sci^ennaux-généraux, tandis que les trois seizièmes des probabilités n’exi gent que trois coïncidences. Le rapport des coïnci dences réelles à celles probables est aussi fort pour les traités de paix que pour les changements de règnes. Trois des sei^e traités ci-dessus appartiennent aux trois dates absolument fondamentales i525, i63i et 1783.
Le Traité de Troyesen 1420 complète la coïn cidence pour les quatre dates fondamentales ou ini tiales, comme suit: Troyes en 1410............................................................... 1431 Madrid en i5a6.......................•..................................... >5a5 Bernwald en 1631.......................................................... i63i Paris en 1783...................................................................
1783 Voilà les quatre dates fondamentales politiques et magnétiques de la dernière période séculaire, rigou reusement coïncidentes; ce sont celles des doubles passages rigoureux du méridien magnétique principal sur les faîtes méridiens colombo-asiatique et europo48 l’initiation [avril polynésien ; ce sont les dates de l’arrivée du système magnétique quinquaséculaire dans ses positions fon damentales et initiales.
La mise en évidence par l'histoire de l’influence physiologique, religioso-philosophique et politique du magnétisme terrestre et de ses mouvements prouve d’abord que, tous tant que nous sommes, pape, empereur, roi, prince, philosophe, moraliste, historien ou législateur, nous sommes aussi impuissants à pro voquer ou à arrêter un mouvement moral ou poli tique qu’à provoquer ou à arrêter un mouvement magnétique de la physiquegénéraledu globe.
L’homme n’est pour rien dans aucune situation ; il trouve les situations toutes faites, et ne peut que hâter ou retar der leur , marche, faciliter ou gêner les solutions et rendre celles-ci plus ou moins complètes. L’Humanité est une étude du tempérament, de l’esprit, des tendances et des aptitudes de toutes les époques et de toutes les phases de la période séculaire dont elle dessine ainsi toutes les situations morales et politiques.
La mise en évidence par l'histoire des conséquences physiologiques, rcligioso-philosophiques et politiques des mouvements magnétiques, donne à l’analyse de ces mouvements, c’est-à-dire au magnétisme du globe et à V humant lé y une importance telle, que leur étude doit être placée au premier rang.
Elle donne à lJhistoire même une valeur scientifique,, en projetant un jour convenable sur les faits qu’elle signale et sur les événements dont elle recherche la cause ou juge les effets.
LHL’MANITF. 49 La mise hors de contestation par l’histoire de l'influence et des conséquences physiologiques des mouvements magnétiques, corroborerait et rendrait évident ce que j’ai dit de l’origine des épidémies.
Les pestes sont des accompagnements constants des grands mouvements magnétiques et politiques, et elles ont pour compagnons irréparables les famines, • les guerres, les convulsions politiques et les pertur bations physiques, les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, etc. Les époques les plus puis santes et les plus splendides sont celles des plus grandes convulsions et des plus grandes perturbations, ce sont les apogées.
Aucun apogée ne le prouve mieux que le dernier, celui de i631. Cependant les apogées grec, romain, frank et catho lique ne furent pas sous le rapport volcanique moins remarquables que le dernier apogée français. Celui-ci commença en 1610 avec une colossale éruption de l’Etna, prolongée sans interruption pendant dix ans.
Son année centrale (i63i) fut signalée par le princi pal fait volcanique européen connu, par la réouver ture quinquaséculaire du Vésuve, resté muet pendant toute la période catholique et qui reprit ses fonctions l’année même de l’arrivée du pôle dans la position initiale méridienne d’Europe, dont le Vésuve et l’Etna font partie, après cinq siècles de silence et après six mois de secousses violentes.
L’Etna, qui avait ouvert l’apogée européen en iôio, le ferma en 1643, après avoir signalé le passage central par une éruption quadriennale en 1634. Ces éruptions de l’Etna sont toutes signalées comme colossales. 4
l’initiation En 1138 (1654), le mouvement seizennal de clôture de l’apogée catholique fut signalé par une éruption du Vésuve également renseignée comme colossale.
Dans l’année 1631, déjà citée, le peuple-chef et la tête momentanée septentrionale de l’humanité, s’unissent à Bernwald, pour accomplir la mission de la période, l'affranchissement définitif de l’idée chré tienne au premier, deuxième et troisième degré, la suprématie du gallicanisme, l'indépendance de l'an glicanisme et la tolérance du teutonisme, trois con quêtes arrachées par les armes aucatholicismequï reçut un coup mortel et recula de cinq siècles en même tempsque l’Empired’Allemagne,deuxième terme teutonique qui devait finir avec la période, fut tué.
Cette mission fut accomplie la même année centrale dans les plaines fatidiques du teutonisme, à Leipzig, par celui qui était alors le chef moral et militaire de l’Eu rope, par Gustave-Adolphe, au milieu de la plus épouvantablepeste européenne que l’histoire ait enregistrée.
C’est vers cette même année que Descartes débuta (Traité du monde, 1633), et que Galilée produisit son oeuvre capitale : les Quatre Dialogues sur les sys tèmes du monde de Ptolémée et de Copernic. Les apogées catholique et frank nous sont moins connus ; il est probable cependant que l’on trouverait des faits analogues si on compulsait les chroniques vers 1 j 15 et 599.
Quant aux accompagnements obligés des apogées dans les périodes grecques et romaines, on les trouve parmi les faits principaux enregistrés par l’histoire et •qui sont :
l’humanité 5i La destruction d'Herculanum et de Pompéi et la mort de Pline, l’un des deux chefs moraux de l’apogée romain (les deux chefs moraux romains, en dehors du mouvement chrétien, sont Pline et Tacite), ouvrant avec Titus la période quadriennale centrale 79-83 (1627-1631) de cet apogée, au milieu d'une peste effrayante, La peste qui enleva Périclès, en —429(1635),clôtura la période quadriennale centrale de 425-429 (i6311635), la deuxième année de la guerre du Péloponèse, au centre des splendeurs morales et de la toutepuissance grecque.
Ainsi : Herculanum, Pompéi et la perte de Rome en..............................................................79 1627 La principale éruption connue du Vé suve et la peste européenne en. . . i63i La perte d’Athènes en.............................— 429 i635 marquent le mouvement quadriennal du passage du pôle magnétique sur l’axe du faîte méridien central européen et des apogées européens depuis vingt-cinq siècles, depuis la période grecque jusqu’à nos jours. à • Situation générale de l’humanité et ses conséquences •• avec tableau des peuples qui ont Sformò le noyau de l’humanité.
LES PHASES d’action Les chocs des numéros deux et trois produirent les effets les plus terribles et les époques les plus trou52 l’initiation blées et les plus violentes. Ces époques se sont repré sentées avec la même périodicité que les rénovations et les apogées ; elles s’étendent de i 5q3 à lôioet les dates correspondantes antérieures.
Leurs années cen trales, 1575 ou 1578, milieux des grandes phases humanitaires, comptent parmi les années les plus perturbées, physiquement et physiologiquement, de la période. La grande phase juive fut celle de David : elle eut pour centre la date de la peste de ioo5 ( 15^5) ; La phase grecque fut celle de Miltiade, Thémistocle, etc., ou de la lutte des Grecs contre les Perses.
La phase romaine fut celle de Thibère, Caligula, Claude, Néron ; des Agrippine et des Messaline, et des persécutions des chrétiens. La phase frankese termina parla lutte entre Frédégondc et Brunehaut. La phase catholique fut remplie par Grégoire VII, Henri IV d’Allemagne, la comtesse Mathilde, les Guelfes et les Gibelins.
Dans la dernière phase, la lutte entre le gallica nisme et le catholicisme fut plus accentuée que la précédente entre le catholicisme et les Allemands.
Charles IX, Henri III et Henri IV d’un côté, Phi lippe II, Médicis, Marie Tudor, les Guises et le duc d'Albe furent des chefs d’action qui ne reculèrent pas devant l’emploi de la force, c’est la phase de l’action, mais de l’action violente, préparant la puissance, la grandeur et la splendeur de l’apogée. La période humanitaire est ascendante jusqu’à l’apogée à la fin. La demi-période ascendante est
l’humanité 53 spiritualiste ; son spiritualisme grandit avec son intelligence et développe ses forces physiques aussi bien que ses forces morales jusqu’à l’apogée. LES PHASES DE LA REACTION MORALE La demi-période séculaire descendante est maté rialiste et sensualiste. Le matérialisme et le sensua lisme, avec toutes leurs conséquences, atteignent un maximum de développement vers le centre de la demi-période descendante.
L’époque de ce maximum est la contre-partie de l’apogée ; c'est celle de la submersion morale et de la dissolution ; celle du libertinage et de la débauche, des cruautés et des crimes ; cest une époque encyclopé dique, empirique, verbeuse, inintelligente, destruc tive des forces physiques et morales. Elle commence aux dates correspondantes à 1703, atteint son centre en 1745 et finit en 1783.
Elle eut pour représentants et produisit: Dans la période juive : — Achab, Jezabel, Joram, — 876 (1704); Joram, Athalie et Joas — 831 (1749). — Baalisme. Dans la période grecque : Le joug macédonien, la guerre lamiaque, etc., vers 318 (1746). — Épicurisme.
Dans la période romaine : Commode, 180 (1728); Sévère, 203 (1741); Caracalla, 211 {1759); Héliogabale, 218 (1766). —Persécution principale de Sévère : gnosticisme; philosophisme subversif alexandrin (Marcion, Mbntanus, etc.). Dans la période franque : Les rois fainéants, la
l’initiation 54 débauche monacale, les ténèbres épaisses de la supers tition, la verbosité légendaire, Justinien, Léonce, Absimare-Tibère, Philippe et Anastase II, 713 (1745). — i conocí asti e.
Dans la période catholique: Les albigeois, les stadings, les dominicains; la superstition, les crimesetles cruautés; la débauche des templiers ; le redoublement de la débauche monacale universelle ; les galanteries ; les cours d’amour; la reine Blanche et le comte de Champagne; la révolte de Couci contre Louis IX. — Le retour périodique du manichéisme et du baalisme albigeois et du satanisme des stadings, 1229 (1744).
Dans la période française : Louis XV, Pompa dour, du Barry, Terray, Maupeou, Law. — Inintelli gence, irréflexion, verbosité, esprit antiphilosophique et irréligieux. — Incapacité. — Dissolution générale par le libertinage et la débauche.
Défaites honteuses des meilleures armées, par incapacité de généraux » désignés par des favorites. — Etalage ostensible de tous les vices publics et privés. — Démolition morale par Voltaire et Rousseau. — Abjection philosophique de Condillac et d’Helvétius au-dessous de tout ce que l’empirisme, le scepticisme et le cynisme des périodes antérieures avaient pu produire. — Matérialisme et sensualisme universels dans toute leur plénitude et avec toutes leurs conséquences (1745).
On peut se demander si, abstraction faite de toute idée théorique, et en ne tenant compte que de la I période humanitaire historique, clairement indiquée et nettement établie par les apogées des différentes périodes de civilisation, c’est le hasard qui fait ainsi
l’humanité 55 correspondre rigoureusement, époque pour époque et année pour année, toutes les vertus et toutes les gran deurs humaines ?
Si c’est le hasard qui accumule ainsi dans une même phase de trois périodes seizennales (1719, 1735, 1753 et 1767) tous les vices, toutes les faiblesses, toutes les lâchetés, tous les crimes, toutes les cruautés et toutes les abominations, aussi bien que toutes les aberrations, toutes les subversions : le matérialisme et le sensualisme, le libertinage et leur sœur la débauche?
Si c’est le hasard, enfin, qui a produit toutes les correspondances du tableau suivant ? A Apogée B Phase de la dissolution et de la submersion Salomon.................. 1611 Baalisme................ 1734 Socrate..................... 1628 Épicurisme, SceptiSaint Jean................. 1631 cisme et Cynisme . . . 1753 Titus........................ 1631 Gnosticisme et ManiSaint Bernard . . . . 1631 chéisme......................
1745 Pierre de Cluny. . . 1631 Albigeois et stadings; Abeiiard.................. 1631 Baalisme et ManichéSueer ........................ 1631 isme............................ 1745 Descartes . ............ 1623 Libertinage, débauBossuet.................... 1665 che et encyclopédisme irreligieux, sceptique et cynique.................
1745 Est-ce encore par hasard que Lamoignon appar tient à 1647 et Maupeou à 1743s que Rocroy, Fri bourg, Condé et Turenne appartiennent à 1643 et Soubise et Rosbach à 1757 ; que Colbert est de 1642 et Terray de-1747 ? Est-ce le hasard qui a amené Luther, L Hospital,
56 l’initiation Copernic et Michel-Ange en i5s5 ; Bacon, Kepler, Ga lilée, Descartes, Richelieu, Mollé, Poussin, Lesueur, Rubens, Velasquez, etc., en 1631 ? N'en croyez rien.
Ces mêmes hommes, ou au moins leurs esprits, avaient paru à toutes les époques exactement correspondantes des périodes humani taires antérieures ; ils reparaîtront à toutes les époques correspondantes futures, pour créer, développer et proclamer les principes, les idées et tous les pro duits des civilisations successives.
Ces hommes, il y a vingt-deux siècles, s’appelaient Pythagore, — 539 (i525), Socrate, Thucydide, Zeuxis, Phidias, etc., en — q33 (1631).
Ces mêmes hommes furent toujours suivis, à un siècle de distance, par des démolisseurs et des des tructeurs, nécessaires pour achever les périodes cou rantes, et amener leur disparition et leur remplace ment : c’est, en effet, dans la phase de la dissolution, que se prépare le mouvement rétrograde des quatre peuples actifs ; que le numéro quatre reçoit le coup de grâce [guerre de la Succession d'Autriche (1741-1748) et de Sept Ans] ; que le numéro trois recule ; que l’or ganisme politique du numéro deux est détruit et préparé pour le deuxième terme, et que le numéro un se fortifie et se prépare définitivement pour sa mis sion, comme numéro deux.
En même temps que le numéro quatre reçoit le coup de grâce, le numéro un futur se dessine. Dans la dernière période, le futur numéro un s’est préparé dans la guerre de Sept Ans, laquelle se fit aux dépens du numéro quatre. -
l’humanité 57 Le mouvement rétrograde de la dernière période de civilisation est aussi simple que complet.
Tous les systèmes et organismes politiques dissous dans la phase de la démolition sont transformes, et le mouvement rétrograde est effectué immédiate ment après la phase, par l’époque de transformation de 1767, 1783, 1799 et par le tremblement de terre général, politique et guerrier, qui suit cette époque et • qui occupe la période seizennale 1799-1815.
Je le répète, ce qui précède est indépendant de toute idée théorique et ressort d’une étude attentive de l’histoire ; mais il est bien certain que les véritables situations politiques étant connues par leurs causes, les dates centrales et les durées rigoureuses des épo ques et des phases et l’esprit de celles-ci étant établies scientifiquement et a priori, les convictions acquiè rent plus de forces et de précision, et les idées plus d’étendue et de netteté.
Certaines parties de l’histoire de l’humanité ne peu vent même être éclairées que par l’intervention du magnétisme et du géologo-magnétisme terrestre. Il n'existe et il n'a jamais existé de hasard, pas plus dans le monde moral, religioso-philosophique et politique, que dans le monde physique.
Le scepticisme de la dernière dissolution qui, sous prétexte de détruire la superstition, a supprimé toute espèce de loi morale, n’est pas plus judicieux que l’empirisme qui, de crainte d’aberration théorique, a banni l’idée des sciences, prétendant tout appuyer sur des lois et rejetant a priori le moyen de les découvrir.
58 l’initiation On admet que les perturbations physiques, atmos phériques et terrestres sont réglées par des lois, et l’on voudrait que le hasard seul dirigeât les convulsions politiques et les crises morales des peuples ! Cela n'est pas logique.
ÉPOQUES ET PHASES DE LA PERIODE HUMANITAIRE Les principales phases et époques de la période humanitaire sont : L’époque de constitution, 1830-1848-1865. (Pas sage du méridien principal quinquaséculaire sur la vallce europo-asiatique par 57o,3o de longitude orien tale.
Les faits historiques établissent très bien les phases et les époques.) L’époque de préorganisation, 1405-1421-1437. (Pas sage du pôle secondaire quinquaséculaire sur le faîte méridien central européen.) L’époque d’organisation, 1 009-1525-i541. (Position initiale, eu arrivée du pôle dans la position initiale d’Asie.) L’époque d’apogée, 161 o-1631 -165 1. (Passage du pôle sur le faîte européen.) L’époquedc transformation, 1767-1783-1799. (Arri vée du pôle dans la position initiale colombienne.) Ces époques sont séparées par des phases dont les principales sont : La phase d’action, 1541-1610. La phase de réaction ou de la subversion, 1707-1767. Comment se fait-il que quand une époque arrive
l’humanité 5g elle amène invariablement avec elle un chef politique doué de toutes les qualités requises pour accomplir sa mission ? Pourquoi cela s’est-il vérifié dans tous les temps et dans toutes les régions? Comment se fait-il que dans les monarchies héré ditaires le chef politique naît tranquillement près du trône ?
Comment se fait-il que ce chef naît à point pour avoir l’âge nécessaire au début de l’époque, et qu’il dure exactement autant que cette époque? Ce fut le cas pour François 1er (1515 -f- 32 = 1547) et Louis X111 ( 161 o-f- 32 = 1643) qui occupèrent rigou reusement les deux périodes seizennales qu’ont duré les époques de rénovation et d'apogée, c’est-à-dire les deux époques principales de la dernière période sécu laire.
Comment se fait-il que quand le chef politique est électif f/ arrive plus difficilement que quand il est héréditaire; que l’élection tâtonne et que générale ment les hommes des situations quelque peu diffi ciles ne réussissent qu’après plusieurs élections faites dans des convulsions et des perturbations politiques qui, enlevant les premiers élus, ne s’arrêtent que devant les hommes de la situation ?
Cela est si vrai que les élections des chefs et les circonstances poli tiques dans lesquelles ces élections sc font, indiquent mieux les époques des grandes perturbations physi ques et physiologiques que l’observation des phéno mènes immédiats qui en résultent. L’esprit ou l’âme du monde a fourni à l’humanité:
6o l'initiation Comme constituants : Lactance, Scot Erigène, Occam, Constantin et Napoléon III. Comme préorganisateurs : saint Ambroise, saint Augustin, d’Ailly, Théodose et Charles VIL Comme organisateurs : Samuel, Daniel, Pythagore, saint Benoît, Gerbert, Luther, Clovis et Théodoric.
Comme chef des apogées : Moïse, Salomon, So crate, saint Jean, saint Grégoire le Grand, Pierre de Cluny, saint Bernard, Descartes, Bossuet, Ramsès, Périclès, Titus, Trajan, Godefroy de Bouillon, Gus tave-Adolphe et Richelieu. Comme dissolvants et destructeurs : Athalie, Com mode, Sévère, Héliogabale, Absimare, Tibère, les Dominicains, Pompadour, du Barry, etc. Comme dernier grand éclat: Valérien, Charlema gne, Boniface VIII et Napoléon Ier.
Ainsi, l'esprit du monde modifie régulièrement toutes les périodes seizennales simples, doubles ou triples, renverse les idées, enlève et balaie les hommes et leurs systèmes ! Qui pourrait soutenir, après cela, que cet esprit est étranger aux affaires humaines, au développement et à la transformation de la société ?
L,'humanité atteint périodiquement toute sa hau teur morale spiritualiste avec Socrate, saint Jean et Descartes, à iépoque de sa plus grande énergie phy sique; un siècle après cette époque, elle plonge pério diquement dans les bas-Jonds fangeux du matéria lisme, du sensualisme et se dégrade dans sa plus grande faiblesse physique et morale. Le matérialisme et le sensualisme et toutes leurs
l’humanité 6 i conséquences vicieuses, produits de l’égoïsme et de l’individualisme exagérés, sont des infirmités dissol vantes de l’humanité aussi rigoureusement périodi ques que les vertus des hauteurs morales, spiritua listes, socratiques et cartésiennes. Le lecteur trouvera cette démonstration complète et définitive dans f Humanité^ où il pourra la dégager de toute idée théorique et ne la juger que par les faits historiques.
L’humanité doit s’appuyer sur les principes et les faits de ses grandes phases humanitaires, morales et spiritualistes, qui correspondent à 1510-1647, et sur tout sur ceux des apogées qui, correspondant de 1610 à 1612, clôturent cette phase. Elle doit répudier tous les produits de la phase de la réaction morale et n’ac cepter l’héritage de la transformation que sous béné fice d’inventaires.
Telle est l'une de ses principales règles de conduite positives en religiosu-philosophie et en politique. BUT ET ACTION DE LA GRANDE PHASE HUMANITAIRE PÍ LA DERNIERE PERIODE La première année ( 1510) de la dernière grande phase humanitaire débuta par la Réforme. Si sesdébuts eurent lieu à l’époque opportune, ils se présentèrent aussi sur le terrain le mieux choisi.
Ce sont les chefs moraux du peuple-chef, c’est le clergé gallican ou français, réunis en concile à Tours et à Lyon, qui ont ont ouvert la Réforme, en reprenant l’œuvre dés con62 L INITIAI ION ciles de Constance et de Bâle et en suspendant le pape. Durant l'époque religieuse d’organisation et de rénovation, i5io, i525, 1543 et 1 547, VEurope tout entière était animée de sentiments favorables à la Réforme.
Le clergé d'Allemagne acclama les résolutions <des conciles de Tours et de Lyon. Durant l’époque religieuse de rénovation, la catho-. licité monacale ne souffla mot. Elle savait d’instinct que les circonstances ne lui étaient pas défavorables; aussi s’opposa-t-elle à la réunion des conciles jus qu’à la dernière année de l'époque signalée par la disparition de François Ier, de Henri VIII et de Lu ther.
C’est cette même année que le concile de Trente ouvre la carrière aux jésuites ; l'action commence ; elle grandira rapidement, et bientôt ses conséquences apparaîtront. La période seizennale j543-i55(), qui suit la rénovation, prépare la lutte qui éclatera dans la période seizennale i55g-i575.
La recatholisation agit avec fureur dès la fin de cette période seizennale, et durant toute la période suivante ( 1575 à 1591), qui est celle de la lutte à outrance. La recatholisation occidentale finit avec la période à Arques et à Ivry.
C’est la période seizennale centrale (1567-1583), for mée des deux moitiés 1567-1575 et 1575-1583, qui est la plus perturbée, la plus violente et la plus san glante ; cette période comprend la Saint-Barthélemy et le sac d’Anvers. La lutte définitive reprend ; mais cette fois sous le méridien fondamental de l’Europe, sur le plateau méridien et non sous le méridien de la civilisation
l’humanité 63 courante ; elle reprend des le début de l’apogée, au moment où le méridien magnétique séculaire, arri vant dans la position initiale fondamentale euro péenne, anime extraordinairement le plateau méri dien central, comprenant: l’Italie, l’Helvétie, la Souabe et la vallée du Rhin avec ses affluents de Bâle et de Mayence, la vallée du Weser, la Thur’mge, les Hesses, le Brunswick, le Hanovre, le Da nemark et la Scandinavie.
La principale action se manifeste dans les régions septentrionales danoises et Scandinaves du plateau (les plus rapprochées du pôle) et durant la période seizennale centrale r623163g.
Danoise à son début avec Chrétien IV, elle devient française et suédoise par la plus grande activité morale unie à la plus grande énergie morale et physique du moment, et elle prend pour chef Gustave-Adolphe, le héros, le Godefroy de Bouillon de la période séculaire française. (A suivre.) Bruck.
Maçonnerie Égyptienne (Suite.) Cette retraite est très importante pour nous, puisque nous en retirerons un très grand avantage ; c'est à nous, comme femmes, à coudre la toile et les autres étoffes des vêtements nécessaires. Le fil, la laine et la soie doivent être préparés par la pupille innocente, et conservés dans le drap sé rique.
Le drap sérique est un voile de taffetas de soie jaune, couleur d’or, ayant neuf coudées juste de longueur, et de la largeur du taffetas.1 On se conformera exacte ment à cette mesure. Ce drap sérique sera orné aux deux bouts d’une frange de soie blanche, et dans toute sa longueur, on y brodera, également en soie blanche, les sept chiffres des sept anges primitifs.
Il faudra commencer ce travail par les ourlets du voile, qui doivent être commencés et achevés dans les trois premières heures du jour du soleil ; les franges seront cousues le jour du soleil aux heures du Soleil et de la lune. Les souliers ou babouches feront de satin blanc a rosettes et les chiffres des sept anges y seront brodés en or.
• MAÇONNERIE ÉGYPTIENNE 65 Tous les autres vêtements intérieurs tels que: la chemise, col, habit, veste, culotte, caleçon, bas, jarre tières, auront chacun le nom des sept anges brodés en soie jaune, couleur or, et en or. Ces chiffres, pour toutes ces choses, seront toujours brodés aux jours et aux heures fixés par le drap sérique.
Chaque personne occupée à ce travail gardera le célibat pendant le temps qu’il durera et vivra dans la décence convenable et prescrite par notre loi. En se conformant exactement et à la lettre à ces instructions, l’ouvrière sera récompensée avant et par préférence à toutes les autres sœurs. D. — Il ne me reste plus qu’à vous prier de m’ap prendre ce que produit cette grande opération des 40 jours.
R. — Il ne m’est pas permis de vous en donner l’ex plication avantque le temps de votre compagnonnage ne soit expiré ; recommandez-vous donc de tout votre cœur à l’Ètre Suprême.
Aimez votre prochain comme vous-même ; soyez bienfaisante et compatissante pour les malheureux ; donnez continuellement des preuves de votre discrétion et de votre sagesse ; rem plissez avec zèle tous vos devoirs ; contentez votre maîtresse; méritez son suffrage, et cherchez à vous 9 éclairer de plus en plus, en lisantattentivement l’Ecriture Sainte de l’ancien Testament, aucun livre ne s. pourra vous donner de plus grandes lumières sur tous les principes de l’ÉcoIe hermétique égyptienne.
En devenant Maîtresse, tous nos mystères et tous nos secrets vous seront dévoilés, car ce grade sera le dernier degré de votre perfection, utdeus. 5
66 l’initiation RECEPTION Ï>E MAITRESSE DE LA LOGE ÉGYPTIENNE: »'ADOPTION Préparation de la loge, La loge sera tapissée en bleu céleste étoilé d’argent. Le dais et le trône blancs ornés de lys d’argent. Le trône élevé sur sept marches. A droite, au-dessus du trône, le soleil.
A gauche sur la même ligne, la lune; entre le soleil et la lune, une étoile à sept angles environnée d’une gloire extrêmement brillante, l'une et l’autre en pail lettes d’argent; au milieu de l'étoile sera brodé en let tres d’argent le nom de Jéhova. Dans le milieu de la loge, trois réchauds ou casso lettes avec du feu. Deux paires de gants, l’une de femme, l’autre d'homme, garnis en ruban bleu. Une couronne de roses artificielles.
La loge très bien illuminée. Tout frère Maître qui assistera aux travaux de la chambre intérieure dé l’adoption ne s’y présentera qu’en uniforme, avec l'épée, les grades, le tablier, le cordon de màître et la tête découverte. La maîtresse des cérémonies fera placer les frères visiteurs près et des... deux côtés du trône de Cette manière: un frère et une sœur, et ainsi de suite.
Il est ordonné à la Grande Maîtresse de veiller et de recommander très expressément à toutes les sœurs la décence et le silence.
MAÇONNERIE ÉGYPTIENNE 6? Chaque chambre intérieure des loges d’adoption sera composée d’une Grande Maîtresse agissante, et de sa substitue ou d’une Maîtresse agissante seule sans survivancière et de 24 maîtresses. Chaque Maîtresse agissante prendra le nom de la reine de Saba, première, deuxième, troisième, etc., selon la date et l’ancienneté de sa consécration.
Chacune des 12 premières sœurs reçues portera le nom de l’une des sybilles suivantes: Sybille persique, première. Hellespontique, première. Samniem, première. Lybique, première. Tiburture, première. Agripine, première. Phrygienne, première. Américaine, première. Européenne, première. Delphienne, première. Cumée, première. Thyrthée, première.
Chacune des douze dernières sœurs maîtresses reçues portera également le nom de l’une de ces Sybilles mais au lieu de première elle ajoutera se conde. A chaque réception d’une Maîtresse, la Grande Maîtresse lui donnera le nom vacant de ces sybilles, en Uii imposant l’obligation de le conserver toute sa vie et de ne jamais en prendre ou signer d’autre, lorsqu’elle écrira ou travaillera dans une loge de notre rit.
68 l’initiation A son nom par exemple de Sybille Persique, pre mière ou seconde, elle ajoutera de la loge de la reine de Saba première, si elle est de la loge mère d’adoption de ParisTABLEAU DE LA LOGE Ce tableau représentera une femme en habit de Maîtresse, un temple éloigné et porté sur des nuages; un autre à terre écroulé et en ruines, un serpent.
La femme sera peinte en talare, avec le cordon et la ceinture bleue, attachée sous le sein, elletiendra son glaive de la main droite, et la gauche sera posée sur son cœur, ses cheveux flottants, son attitude noble et fière, ses regards fixés sur le Temple porté sur les nuées. Elle tournera le dos aux ruines du second temple, et aura sous ses pieds le serpent dont la tête sera séparée du corps.
TABERNACLE Il y aura au-dessus de la tête de la maîtresse un tabernacle construit d’après le dessin qu’en fournira la loge-mère d’hommes afin que la Colombe y soit renfermée de manière qu’elle puisse être entendue de tous les assistants, mais qu’elle ne puisse être aperçue ni vue par personne. Ce tabernacle aura une petite fenêtre d’un côté et de l’autre une porte fermant à clé. La maîtressé des cérémonies portera cette clé qui sera attachée à un ruban couleur de feu suspendu à son col.
MAÇONNERIE EGYPTIENNE 69 OPÉRATION PRÉLIMINAIRE Avant que de faire entrer le récipiendaire, la Grande Maîtresse fera faire l’adoration à tous les sujets pré sents.
Elle appellera ensuite la colombe qui aura sa place au pied de la dernière marche du Trône sur un tabouret bleu et argent; elle la fera agenouiller de vant elle, et lui dira : « Enfant de Dieu, je t’ordonne de répéter mot à mot avec moi : Grand Dieu Éternel 1 par le pouvoir que vous avez donné au Grand Fondateur de l’ordre, et par celui que me procure mon innocence, je vous supplie de me continuer vos bienfaits, et de consa crer mon individu pour me rendre (Médiateur ou Médiatrice, selon le sexe) entre les Anges et ma maî tresse.
La Maîtresse gardant le silence deux ou trois mi nutes, recommandera intérieurement la Colombe à l’Éternel ; elle élèvera son esprit à Dieu, ainsi que tous les assistants, et fera signe à la maîtresse des cérémonies de relever la colombe et de la conduire dans le tabernacle.
La colombe sera vêtue d’un talare blanc avec une ceinture bleue, la maîtresse des cérémonies la ren fermera dans le Tabernacle, en ôtera la clé et la laissera pendre sur sa poitrine. Immédiatement après, la grande maîtresse ordonnera aux sœurs secrétaire et maîtresse des cérémonies d’aller préparer la récipien daire.
l’initiation 70 CHAMBRE DES REFLEXIONS Pendant la précédente opération, la récipiendaire qui a été agréée au scrutin à la pluralité des voix dans une autre assemblée, sera laissée dans la chambre des réflexions. Cette chambre sera peinte en blanc, il y aura dans le milieu, l’arbre de vie en relief.
Sur l’ordre de la grande maîtresse, les sœurs se crétaire et maîtresse des cérémonies, iront trouver la récipiendaire.La maîtresse des cérémonies lui deman dera ses patentes de compagnonne, et le certificat de la maîtresse de son atelier qui doit répondre d'elle, ses noms, ses surnoms, âge, qualités, lieu de nais sance.
La récipiendaire ayant satisfait à toutes ces répon ses, les deux sœurs en iront rendre compte à la maî tresse ; celle des cérémonies portera la parole.
Sur le nouvel ordre de .la maîtresse qui pour la forme et sans scrutin demandera l’avis des maîtresses de la chambre, et non des frères, ni des sœurs visi teurs, elles retourneront auprès de la récipiendaire; elles lui jetteront un grand voile noir sur la tète, et la feront marcher entre elles deux. La sœur secrétaire, la tenant par la main droite ; et la maîtresse des céré monies par la gauche.
ENTRÉE DE LA RÉCIPIENDAIRE Arrivées à la porte, la maîtresse des cérémonies frappera sept coups, la sœur terrible répondra par le
MAÇONNERIE ÉGYPTIENNE 7/ même nombre et sur l'ordre de la grande maîtresse ouvrira les deux battants, tous les assistants seront debout, la grande maîtresse restera seule assise. La récipiendaire vêtue avec son habit de compagnonne, et voilée,sera introduite par les deux sœurs députées.
Dès qu’elles seront entrées, la sœur terrible fermera la porte, et son glaive à la main, elle se . mettra à la suite de la récipiendaire qui sera conduite au pied du trône. Elle y sera laissée debout, en face de la grande maîtresse, et les trois autres sœurs retourneront à leur place.
La grande maîtresse, adressant la parole à la réci piendaire lui dira : « Ma sœur ! puisque vous avez le courage de vous présenter devant notre tribunal, je dois être assurée de trouver en vous un esprit sage, éclairé et discret, un cœur sincère et pur.
Dans cette confiance à la gloire de l’Èternel, et par le pouvoir que nous avons, nous allons purifier votre physique et votre moral, en vous accordant le haut grade de maîtresse, et vous donnant le pouvoir de contribuer à étendre et pro pager la vérité.
« Réunissez-vous à moi, mes frères et sœurs, tant •visibles qu’invisibles pour adorer l’Éternel, et le prier intérieurement de me faire la grâce d’admettre au nom de ses enfants la sœur N... en lui communi quant la sagesse, et lui faisant connaître la vérité, ainsi que l’a pratiquée le grand Salomon vis-à-vis la reine de Sabai. » La maîtresse frappera un coup de son glaive sur l’autel, tous les assistants s’agenouilleront ainsi que
l'initiation 72 la récipiendaire pour laquelle il aura été préparé un coussin bleu céleste, frangé d’argent, placé sur la pre mière marche du trône. La maîtresse, seule debout, élèvera les yeux et les mains au ciel ; et se recommandera à Dieu et le suppliera de lui accorder en faveur de la récipiendaire la grâce de purifier son âme et son corps. Elle ins truira, en peu de mots, la récipiendaire du sujet de cette adoration.
A la réserve de la récipiendaire que la maîtresse des cérémonies avertira, de se prosterner, le visage contre terre, et qui ensuite lira ou prononcera à haute voix, en français le psaume Miserere mei, Deus secundum md^nam^ mais en ayant soin de substituer le nom de la récipiendaire à celui de la seconde per sonne.
Le psaume achevé, la grande maîtresse dira à la colombe en termes clairs et précis : « Enfant de Dieu, N...,je t’ordonne par le pouvoir dont je suis revêtue et par celui que je t’accorde, de faire comparaître en ta présence l'ange... » Dans cette circonstance, la maîtresse agissante aura la liberté d’appeler celui des sept anges qu’elle préférera, ou qui lui viendra le premier à la pensée; elle le fera nommer trois fois par la colombe, età chaque fois^ elle lui fera frapper un coup de pied droit à terre.
L’ange... ayant paru, la maîtresse lui fera de mander par la colombe s’il est permis que la sœur N... après ses courses, et ses travaux dans les précé dents ateliers soit purifiée, et dépouillée de son voile noir. La réponse étant affirmative, la maîtresse des
MAÇONNERIE ÉGYPTIENNE y3 cérémonies et la sœur secrétaire ôteront le voile à la récipiendaire, et trois autres sœurs chanteront sur un air doux et religieux,en langue française, l’hymne Veni Creator.
L’hymne achevée, la maîtresse étant debout, elle ordonnera à la récipiendaire de se lever, lui adressera quelques paroles analogues au psaume et à l’hymne et la faisant placer par la maîtresse des cérémonies au milieu des trois réchauds, elle la fera purifier en jetant dans un des réchauds de l’encens, dans le second de la myrrhe, et dans le troisième du laurier.
La maîtresse des cérémonies la conduira ensuite près et vis-à-vis de l’autel pour écouter le second discours de la grande maltresse, qui sera celui-ci : « Ma sœur, la reine de Saba s’étant rendue aux ordres de Salomon, ce roi pour la convaincre de l’atta chement, et de ses sentiments favorables qu’elle lui avait inspirés, lui donna à son départ non seulement les richesses, mais encore après lui avoir fait trancher la tête du serpent, il lui communiqua les moyens de se rendre immortelle.
Ce sont les memes. * La maîtresse des cérémonies ajoutera : « Ainsi passe la gloire de ce monde. » La grande maîtresse dira : « Méprisez ces biens périssables, ces richesses pas sagères, ne vous en servez que pour le soulagement de vos semblables et principalement pour celui de vos frères et sœurs, car vous n’en êtes que la déposi taire, et devez la partager avec les indigents. « Les richesses furent le moindre présent que Salo mon fit à la reine de Saba. Ce grand monarque ayant
l’initiation 74 perfectionné la matière première, il la sépara en liquide et solide, c'est la partie solide qui procure les richesses, et c’est la liquide qui donne l’immortalité.
Salomon fit boire de cette liqueur précieuse àia reine, et je vais vous faire la mêmegrâce, recevez-la comme l'emblème de celle que but cette grande reine, et avec la même intention. » La grande maîtresse prendra en ce moment et avec une cuillère de cristal, une cuillerée de vin rouge, et la'fera avaler à la récipiendaire. La récipiendaire se lèvera et ira se mettre à genoux au milieu de la loge en face du tabernacle.
La grande maîtresse étant debout ainsi que tous les assistants, elle procédera, le glaive à la main, à la consécration des ornements. Eile adressera aussi la parole à la Colombe. « Enfant de Dieu ! je t’ordonne de faire compa raître devant toi, les six autres anges. » La maîtresse les nommera l’un après l'autre, et les fera appeler de la même manière par la Colombe.
Étant comparus, la maîtresse dira à la colombe de répéter avec elle les paroles suivantes : « Par le pouvoir que le grand Fondateur a conféré à ma maîtresse et en vertu de celui que je tiens d’elle, ainsi que de mon innocence, je vous ordonne, anges primitifs, de consacrer ces ornements, en les faisant passer par vos mains en les bénissant ; La Colombe ayant averti la maîtresse que les anges ont exécuté sa volonté; la maîtresse lui ordonnera défaire comparaître Moïse afin qu’il donne sa béné diction à chaque ornement, et qu’il tienne dans sa
MAÇONNERIE ÉGYPTIENNE y5 main droite la couronne de roses jusqu’à la fin de l’opération. Cette cérémonie terminée, la maîtresse chargera la colombe de descendre par la petite fenêtre de son tabernacle, tous les ornements, en les attachant à un ruban. La maîtresse des cérémonies se placera audessous avec un plat d’argent pour les recevoir.
La grande maîtresse descendra de son trône, et ayant la maîtresse des cérémonies à sa droite elle décrira un grand cercle autour de la récipiendaire avec son glaive, et la fera mettre debout. Elle prendra le tablier, et le lui donnera en disant: « Ce tablier doit cacher vos fautes passées, sa blan cheur a pour but de vous rappeler la pureté des mœurs que vous devez avoir à l’avenir. « La couleur de sa doublure, est celle du séjour céleste.
N’entrez jamais en loge, ne travaillez ni n’invoquez jamais le secours et la protection de l’Etcrnel sans être décorée de ce tablier et de vos autres attri buts. » La grande maîtresse fera signe à la sœur secrétaire de s’approcher, et d’attacher ce tablier à la récipien daire.
Elle lui donnera la ceinture et dira : « Cette ceinture est le signe de la récompense que vous avez méritée par votre patience et vos travaux dans les deux ateliers précédents’. » La sœur secrétaire la lui attachera. Elle lui donnera les gants et dira : « Vous savez déjà que la paire pour homme est destinée au mortel que vous préférez et estimez le
76 l’initiation plus. L’usage des vôtres vous est également connu. » Elle lui attachera le crachat sur le cœur et dira: < Le caractère qui est au milieu est le chiflre denotre fondateur. Les trois mots qui l’entourent signifient: Je suis homme. Apprenez qu’en effet, la partie spiri tuelle qui vit en nous et qui est nous est mâle, et non femelle, ou pour parler plus juste, n’a point de sexe.
Lin jour arrivera où vous ne serez point distinguée par votre sexe, mais par votre esprit qui doit travail ler à s’élever et à adopter les sentiments convenables à votre nouvel état. » Elle lui donnera le cordon, et dira : « Je vous rends les mêmes honneurs que Salomon accorda à la Reine de Saba, en la revêtissant de l’ha bit de son ordre qui était bleu céleste.
Nous vous avons chargé de ce cordon ; qu’il serve à vous faire ressouvenir que vous devez vous occuper sans cesse des choses célestes, et vous détacher des terrestres.
« Conservez avec soin tous ces ornements, et ne les portez qu'avec respect ; car toutes les personnes initiées Hans nos mystères seront reconnues à ces signes sacrés pour enfants légitimes de notre Fonda teur. » La maîtresse invoquera à haute voix la protec_ » tion de l’Eternel et ordonnera à la Colombe de lui dire si Moïse tient toujours la couronne de roses.
Sur sa réponse affirmative, elle lui commandera de se la faire remettre, et de la descendre par la petite fenêtre. La maîtresse des cérémonies, après l’avoir reçue sur le plat d’argent la présentera, les yeux à terre, à la Grande Maîtresse ; celle-ci la prendra de sa main
MAÇONNERIE ÉGYPTIENNE 77 droite, fera mettre à genoux la récipiendaire et lui dira : « Mon enfant, je te mets cette couronne sur la tête pour t’apprendre que tous les êtres visibles et invisi bles qui sont en votre présence ont obtenu ou obtien dront une couronne semblable au nom et à la gloire » de F Eternel.
Elle est d’autant plus précieuse que les fleurs qui la composent sont l'emblème de la pre mière matière, ressemblance d’autant plus parfaite que, si les roses ont des épines, la première matière ne saurait s’obtenir sans peine et sans travail, il ne dépend que de toi de conserver cette couronne et de la maintenir dans ton royaume ; évite les défauts de Kala-ipso, sinon la gloire de l’autre monde passera pour toi, ainsi que passe la gloire de celui-ci, l’Éternel fera le reste. » Le Grande Maîtresse retournera sur son trône, et trois sœurs chanteront en français le Te Deum.
Après le Te Deum les sœurs secrétaires et maî tresse des cérémonies prendront la récipiendaire sous les aisselles pour l’aider à se relever et la con duiront pour la dernière fois auprès de la Grande Maîtresse qui la reconnaîtra par sa sœur, en l'em brassant au front. Les mêmes deux sœurs l'accompa gneront vis-à-vis de chaque assistante pour la faire reconnaître également par elle, et en recevoir un baiser sur chaque joue.
Elles la conduiront ensuite à la place qui lui aura été destinée. La Grandé Maîtresse fera un discours analogue à toute cette réception et ordonnera à la colombe de
l’initiation 78 demander à Moïse et aux sept anges si l'opération est complète et parfaite. Il sera permis en outre à la Grande Maîtresse d invoquer la venue du Grand Fon dateur pour confirmer et bénir cette réception. La Grande Maîtresse ordonnera à la Colombe de sortir du Tabernacle, et après avoir fait adorer et 9 remercier l’Eternel, elle fermera la loge. CATÉCHISME DE MAITRESSE DE LA LOGE EGYPTIENNE d'adoption. D. — Connaissez-vous ce que vous êtes ? R. — Oui je suis homme, mon sexe m’avait mal heureusement fait perdre mon innocence primitive, mais ayant reçu la lumière ayant écrasé le vice, je suis parvenue à connaître la vérité et recouvrer mon pouvoir. D. — En quoi consiste ce pouvoir? R. — Ayant été créée à l’image et ressemblance de Dieu, j’en ai reçu le pouvoir de me rendre immor telle, d° commander aux êtres spirituels et de régner sur la terre. D. — Qu’entendez-vous régner sur la terre? R. — Que PEternel n’a créé et formé la terre que pour l’homme et pour être gouvernée par lui; mais il ne saurait y parvenir sans connaître la perfection du moral et du physique, sans avoir pénétré dans le véritable sanctuaire de la nature et sans posséder notre doctrine sacrée. D. — Qu'enseigne cette doctrine?
MAÇONNERIE ÉGYPTIENNE 7g R. — Deux façons d’opérer, l’une pour se rendre immortel physiquement. L’autre, pour le devenir moralement. D. — Quelle est la preuve de l’immortalité spiri tuelle ? R. — La Sagesse, l’intelligence, la faculté d’enten dre et de parler toutes les langues, et le bonheur inappréciable du devoir? l’intermédiaire entre Dieu et nos semblables. (A suivre.) Cagliostro
80 Orphée et les Orphiques (Suite.) Le Culte du Bakkos Thébain « Armez vos Euménides contre Bakkos afin que je ne voie pas un jour un mortel méprisable, fruit de l’adultère, devenir le roi du ciel. Ne souffrez pas qu'Athènes adore ce nouveau dieu, qu’elle lui rende des hommages comme à Dionysos Eleusinien. » (EAeuoivup AtovusoS... v. 67.) Arrien, dans son Expédition d'Alexandre, (lib. II. ch. II), Plutarque dans sa Vie de Pélopidas (ch. XVII).
Cicéron dans le De natura deorum (lib III. 025), enfin Diodore de Sicileexprimentlamême idée: le pre mier Bakkos fut Dionysos-Bakkos — Zagreus sous son triple aspect : ouranien ou céleste, terrestre, infernal, fils de Dèmeter et de Zeus ; le second fut le Bakkos Bromios, fils de Sémélé et de Zeus et né à Thèbes. BAKKOS TAUROCEPHALE A DOUBLE FORME Nous connaissonsdéjàl’histoire mythique du fils de Sémélé. Nousn’y reviendrons pas. Nousavonsvu qu’il n’était au regard des Grecsqu’un demi-dieu. Hésiode,
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 81 dans sa Théogonie^ en fait à peine mention. Le Bakkhos Thébain était adoré comme une divinité naturelle symbolisant la production du vin, le vin lui-même. Sous ce symbole, il était représenté avec un visage efféminé, aux cheveux longs, et revêtu d’une robe de femme, symbole de la volupté ; sa poitrine était nue çt son front, couronné d’une mitre (de là son surnom de mitrophore) ou de feuilles de lierre ou de vigne.
Il tenait le thyrse à la main. C’était leBakkos physique, le Bakkos exotérique, le Bakkos populaire. Mais il existait encore sous un autre symbole.
Orphée, dans ses hymnes, Hésiode, Nonnus et nom bre d’autres écrivains nous ont fait connaître scs autres attributs, Sous ce nouvel aspect, Bakkos con servait toujours son visage féminin, ses longs che veux, sa robe talare, ses formes charnues d’herma phrodite (otuop^oç) (i) (double forme), mais sur son front s’érigeaient alors une paire de cornes mena çantes, de là l’épithète de xaupoxEpoç = corne de tau reau, TaupopeTozoç, front de taureau que l’on trouve dans les hymnes orphiques, jointe au nom de Bakkos.
Son visage de femme se terminait par une longue barbe, enfin il tenait à la main une férule ou ; Narthexophore, porteur du narthex, était encore un autre surnom de ce Bakkos. La férule était une sorte de roseau dans lequel on mettait du feu ; grâce à la moelle que renfermait ce roseau, celle-ci empêchait ce feu de se communiquer aux parois de la férule ; (i) Hymnes orphiques.
82 l’initiation [Avril rien de commun, d’après cela, avec la férule chère aux pédagogues du moyen âge. Or, quel occultiste ne retrouve pas maintenant, dans cet être hermaphrodite, à tête et à corps de femme, à barbe d’homme, aux pieds de bouc et de satyre (i) et tenant une torche à la main où s’en roulent des serpents (2), l'image de cet androgyne mystérieux, qui figure en tête du frontispice du Rituel de haute magie d'Éliphas Levi ?
Qui ne reconnaît pas dans ce Bakkos l’image de ce Satan à front de taureau et barbu qui figurait dans les grimoires et les laboratoires des alchimistes et des sorciers du moyen âge?
N’est-ce pas là ce fameux Baphomet que la cupidité de l’Église rechercha chez les Templiers et que son ignorance feinte ou vraie assimila au diable, enaccusant les frères du Temple (3) d’en être lesadorateurs ? (1) Ce Bakkos était représenté avec des pieds de bouc ou avec un satyre chèvre-pied assis à ses pieds quand on les représentait avec des jambes humaines. (2) Voir dans l’article précédent : Le serpent (Paréias) con sacré à Bakkos. (3) .....
« Le diable existe donc bien réellement pour les kabbalistes, mais ce n’est ni une personne, ni une puissance distincte des forces mêmes de la nature. « Le diable, c’est la divagation ou le sommeil de l’intelligence. C'est la folie bu le mensonge.
Ainsi s'expliquent tous les cau chemars du moyen âge et les bizarres symboles de quelques initiés, ceux desTempliers par exemple, bien moins coupables d’avoir rendu un culte au Baphomet que d’en avoir laissé apercevoir Limage au profane. « Le Baphomet, figure panthéiste de l’agent universel, n’est autre que le démon barbu des alchimistes.
On sait que les plus élevés en grade dans l’ancienne maçonnerie hermétique attribuaient à un démon barbu l’achèvement du grand œuvre; le vulgaire, à cetfe parole, de se signer et de se voiler les
19091 ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 83 Enfin qui ne reconnaît dans ces symboles androgyniques : barbe d’homme et corps de femme; dans ce symbole du feu caché et couvant dans le narthex entouré de psylles ou serpents au double mouve ment serpigineux, qui ne reconnaît le grand agent magique universel que les occultistes appellent la lumière astrale; agent répandu dans l’infini, sub stance une qui est mâle et femelle, terre et cieux, bien ou mal, force et matière suivant ses degrés de polarisation subtile ou fixe ; agent de lumière et de ténèbres, de folies et d’erreurs, d’illusion et d’hallu cination,guettant toutes les défaillances de notre être, de l’humanité pour essayer de le troubler de sa folie, de sa fureur comme le Bakkos ; l’aour-nahash du Sepher Bereshit enfin, le Grand Telesma d’Hermès Trimegiste, l’azoth des sages, l’agent secret du grand œuvre, et de la magie blanche et noire?
Voilà le véritable Bakkos des Bacchantes, le Bakkos de leurs mystères orgiaques, le dieu de leur magie ténébreuse, dieu à deux corps (dimorphos), à double corne (dikéros), à front de taureau (taurométopos), alors que pour les non-initiés, le vulgaire, il était uni quement le dieu de la vigne et du vin (i). yeux, mais les initiés au culte d’Hermès Panthée comprenaient l'allégorie et se gardaient bien de l'expliquer aux profanes. » (Elîphas Levi, Clef des grands mystères.) (1) Chose curieuse, et qui nous signalons à nos lecteurs, la double symbolique de la vigne ou Bakkos existe encore aujourd'hui.
Exotériquement c’est l'arbuste qui porte le vin, ésotériquement c’est la lumière astrale maléfiée. Voir à ce sujet le numéro de juin de l'initiation p. 229: Occultisme et spi ritisme, où notre frère, de Moscou, Jean Siprel, étudie l’ésoté risme d’un symbole placé en tête des prolégomènes du Livre
l’initiation 84 Le Bakkos Thébain étant, ésotériquement, le sym bole de l’agent magique, les Bacchantes durent donc être des magiciennes. Elles le furent, en effet, et pas saient surtout pour des prophétesses, des devineresses plutôt; laissons aux pythies de Delphes le noble titre de prophétesse.
C'est que Bakkos était, comme Apollon-Loxias, le dieu de la divination, mais tandis que le dieu du Parnasse était invoqué pour les rites théurgiques, Bakkos demeurait le dieu de la magie noire, de la nécromancie. Il partageait cette divinité avec Hécatc-Brimo-Ktonienne (1), la lune dans l’hé misphère inférieur « inferis », ou ésotériquement le symbole de la passivité universelle dans sa période chaotique, ténébreuse.
Euripide, dans son Hécube (v. 1267), faisant dé voiler par Polymnestor à Hécube et à Agamemnon leurs malheureuses destinées, dit : « C'est Bakkos, l'oracle des Thraces qui V affirme. » Dans la Troade, du même tragique (v. 5oo), Hé cube, s'adressant à Cassandre l’inspirée, dit : « O ma fille, ô Cassandre, célébrante du culte de • « des Esprits. d’Allan Kardec(voir p. 41, xli de la 41* édition), et qui est un£ branche de vigne chargée de raisins.
Eliphas Levi, dans sa Clef des grands mystères, p. 242, avait déjà attiré l’attention des occultistes sur ce symbole, « image d’hal lucination et d’ivresse »», suivant la propre expression du Maître. (2) Hécate, déesse de la magie noire, était une divinité mal faisante. Une foule de superstitions s'attachaient au éulte de cette déesse.
On prétendait, entre autres maléfices ou embûches d’Hécate ('Exârriç ertCoXaç), que l’épilepsie était une punition ou une vengeance de cette déesse infernale (Hippocrate, De morbo sacro, t. Il, p. 328).
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 85 Bakkos (i)._. », expression quelle répète avec une légère variante dans Hécube(y. 676), quand on lui apporte la tête de son enfant : «Ah! malheureuse que je suis ! Est-ce bien la tête De rinspirée de Bakkos (Baxxeiov xaPa) De Cassandre que tu apportes en ces lieux P... » Les auteurs plaçaient un oracle de Bakkos dans la Thrace, sur le mont Pangée (Euripide : Rhésos, v.
970) : Comme le prophète de Bakkos (Baxxou zpo^TTjç) Habite le Pangée pierreux, montueux... un autre sur le mont Hémos, en Thrace également ; enfin Aristophane et Macrobe nous en indiquent un autre chez les Ligyrcens, peuple encore de la patrie d’Orphce.
Le culte du Bakkos Thébain se célébrait dans des grottes, des antres tapissées d’arbrisseaux, de vignes, de plantes, de fleurs de toutes espèces.Plutarque, dans ses Délais de la Justice divine compare à ces antres ceux de Léthé où fut conduit Thespesius. Le culte de Bakkos était absolument nocturne comme nous allons le voir. Enfin le fils de Sémélé fut également le dieu de la volupté, de la débauche, des passions animales (2).
9Etudions maintenant les noms divers que les fidèles de ce dieu lui donnèrent, jls nous révéleront les attributs de ce Bakkos infernal. ( ! ) ou|x6axx<. (2» Il eut d'Aphrodite un fils qui prit le nom de Priapos — l'instinct aveugle — que l’on représentait tenant le phallus dans une très forte érection.
86 L* INITIAT ION NOMS DIVERS DE BAKKOS Le nombre de noms donnés au dieu de Thèbes est en rapport avec la grande popularité que son culte acquit en Helladé et à Rome, sans compter ceux qu’il emprunta au Dictaysos céleste ou Bakkos Eleusinien par suite des erreurs commises plus tard par les au teurs qui, peu ou point mythologues ou initiés, fini rent par confondre ces deux divinités et que le peuple ignorant imita.
Les noms que l’on retrouve le plus souvent dans les tragiques grecs,c'est Bromios^ Eribromios.Euios, Euan, Easter. Bromios.au dire de certains, signifie: bruyant-, comme Eribromios signifie très bruyant ; mais bruyant ne rend pas exactement le mot grec, qui indique un bruit plus intense, plus vaste, un bruit de bacchanale.
Certains auteurs cependant en laissant à Eribro mios le sens de bruyant prétendent que Bromios si gnifierait simplement : qui fait naître les fruits. Euios. Euan. Easter dérive du cri de guerre des bacchantes eu,ute: Courage, mon fils ! qu’elles avaient poussé, prétendent les mythologues, lors de l’expédi tion de Bacchus aux Indes. Bakkos Manikos était le nom du dieu lorsqu’il frappait de folie, de frénésie orgiaque ses fidèles.
Thriambos était le vocable qu'on lui donnait quând il leur inspirait le délire poétique, car Bakkos fut avec Apollon le dieu des poètes et surtout des comé diens. Lorsque l’on voulait insulter quelqu’un, on
ORPHÉE ET LES ORPHIQUES 87 l’appelait « Ouvrier de Bakkos!» que l’on pourrait traduire librement par « Histrion de Bakkos! » Bakkos Orgéios ou nuctélios était le Bakkos des or gies nocturnes (i). 11 était appelé Omestés quand on lui faisait des sa crifices humains (Voir: Œlian, lib. § II, 42. Plu tarque, De ira cohibenda et Vie d*Antoine^ 25) sacri- * fices qui étaient un des points essentiels du culte des Bacchantes (1).
Enfin citons encore parmi les noms du Bakkos: Hyalikos,D'\eu des plaisirs de la table; Karidotès^qui inspi rela joie ; Philogélos, qui aime à plaisanter ; Oïnos, qui aime le vin; Acrotop/ioros, qui porte le vin pur ; Pyrigenos, qui est né du feu (au moment où Zeus fou droya Sémélé) ; Thyeneos, Diihyrambos, Dimeler, Sicytes, Konophoros, Narthexophoros, Mitrophoros, Kittophoros, etc. (A suivre.) (1) Ajoutons que les Bacchantes se prostituaient dans ces orgies.
Les prêtresses de Bakkos furent toujours des courti sanes, et les « viveurs » hellènes, notamment à Athènes, se disputaient leurs faveurs. Voir : Caractères de Théophrastr chap. XXVII. -
88 ÉCOLE HERMÉTIQUE A date du i5 mai, Papus fera deux fois par mois à l’École Hermétique son cours sur le sujet suivant: L'art d'être heureux sur Terre. LIBRAIRIE DU MAGNÉTISME H. Durville, éditeur, 23, rue Saint-Merri, Paris-IV *, La Librairie du Magnétisme, la mieux organisée des librairies spiritualistes, édite et procure en dehors de son fonds tous les bons ouvrages traitant de Magnétisme, de Spiritisme et d’Occultisme.
Le catalogue complet de ses ouvrages est envoyé franco de port sur simple demande accompagnée d’un numéro spécimen des journaux qu’elle édite : i° 17n:7iaZion dirigée avec une si grande compé tence par Papus, qui paraît sans interruption, chaque mois, depuis octobre 1888 ; 2° le Journal du Magnétisme, du Massage et de la Psychologie, fondé en 1846, par le baron du Potet, depuis longtemps sous la direction de M. Durville» Cet organe, bulletin de la Société Magnétique de France, publie tout ce qui touche les questions spirituatualistes et forme ainsi le vade mecum indispensable de tous les spiritualistes à quelque école qu’ils appartiennent il forme à la* fin de l’année un superbe volume illustré, d’une bonne impression et nous rappelons qu’il est donné, à titre de prime absolument gratuite, à tous les abonnés de Vhiitiation à la condition qu’ils s’adressent directement 23, rue Saint-Merri, sans passer par une librairie intermé diaire.
La Librairie du Magnétisme centralise toutes les pu blications. Elle correspond avec les sociétés et groupe ments spiritualistes du monde entier. Son catalogue est mis à jour tous les trois mois.
LIBRAIRIE DU MAGNETISME ' 89 Voici une analyse Je ses dernières publications: * * ♦ H. Durville. — Le Fantôme des vivants. Anatomie et physiologie de l’âme. Recherches expérimentales sur le dédoublement du corps de l’homme, avec de nombreux portraits et gravures. Cartonné à l’anglaise. Prix : 5 francs à la Librairie du Magnétisme (librairie initiatique), 23, rue Saint-Merri, Paris. L’ouvrage de M. Durville va paraître à la fin du mois.
Il nous suffira d’extraire de la préface le passage sui vant pour faire comprendre à tous les spiritualistes l’im portance des recherches entreprises par M. Durville, le fondateur de la Société magnétique de France etde l’Ecole pratique de magnétisme.
« Les faits de dédoublement du corps humain vivant sont extraordinairement nombreux dans tous les temps comme chez tous les peuples, et leur histoire se confond avec celle des apparitions, des fantômes des spectres et des revenants. » Une vieille tradition écossaisse prétend que tout homme a son double sur la terre, et que celui-ci peut lui appa raître dans les grandes circonstances de la vie et surtout au moment de la mort.
En parcourant d’une part les Vies des Saints, et d’autre part les procès de sorcellerie de la fin du moyen âge. le lecteur est très étonné de rencontrer, chez les mystiques religieux, comme chez les sorciers, un nombre très consi dérable de cas de dédoublement les mieux constatés. Au point de vue de la manifestation phénoménale, ces cas présentent tous les mêmes caractères.
Ils paraissent être provoqués par un violent désir, quoique le mobile de cette passion soit différent du mystique en contemplation au sorcier qui ne rêve que haine et vengeance. Dans la société actuelle, où le sorcier a disparu et où le religieux n’a plus la foi qui permettait à ses devanciers d’accomplir des prodiges, les faits de dédoublement pa raissent être plus nombreux encore que dans les siècles passés. Cela tient certainement à ce qu’on les observe mieux maintenant qu’autrefois, et surtout à ce qu'il y a
l'initiation 90 de nombreux journaux spirites et occultistes qui les re cherchent, les observent et les étudient, car ils y trouvent la confirmation de leur théories, ou tout au moins des ar guments sérieux susceptibles de les appuyer.
Si le dédoublement du corps humain vivant peut se pro duire, ne serait-ce que dans des circonstances mal con nues et seulement chez quelques rares individus, ne pour rait-on pas l’étudier expérimentalement sous ses différents aspects ?
Cette étude est certainement possible. — On sait que généralement, d’une part, le dédoublement se produisait chez les mystiques lorsque, plongés dans une profonde méditation, ils restaient insensibles aux excitations du monde extérieur, et chez les sorciers, lorsqu’ils étaient endormis ; d’autre part, que dans le sommeil magnétique et dans certains états analogues, on observe parfois cer tains phénomènes étranges et plus particulièrement ta connaissance de faits survenant à une grande distance, faits inexplicables, si on ne fait pas intervenir le transport d'un quelque chose de la personne du sujet endormi au lieu et à l’heure où le phénomène se produit.
En raisonnant ainsi par analogie, on comprend de suite que le magnétisme est tout indiqué pour servir de champ d’investigation aux recherches de ce genre. D’ailleurs, cette idée n’est pas nouvelle, car le colonel de Rochas a déjà obtenu par ce moyen le dédoublement expérimentai de sujets somnambules, en poussant le sommeil magné tique bien au delà des limites où le sujet est ordinaire ment lucide.
Les recherches de M. Durvillc éclaireront d’un jour tout nouveau l’explication de beaucoup de phénomènes spirites. Beaucoup de manifestations dites spirites, alors expliquées par l’intervention d’entités désincarnées, ne connaîtront plus pour cause que la force du médium extériorisée. Comte de Tromelin. — Le Fluide humain, ses lois et ses propriétés. La science de mouvoir la matière sans être médium. Nombreux appareils et moteurs que l’on peut construire soi-même, mis en mouvement par le
LIBRAIRIE DU MAGNETISME g! Fluide humain. L’Étre psychique, les Fantômes, Doubles des vivants et Images fluidiques. Étude sur la Force biolique avec □ planches hors texte et un dessin semi-médiumnique, i gros volume, prix : 3 fr. 5o à la Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri, Paris.
Nous avons présenté dans un de nos derniers numéros une brochure du comte de Tromelin : elle n’était que la première partie d’un important travail, complètement ter miné ; la Librairie du Magnétisme, vient de le mettre en vente.
Après avoir exposé les lois et les propriétés de la force magnétique et démontré les appareils qui permettent de la constater, l’auteur aborde successivement l’Étre psy chique, puis dans un chapitre des plus importants expose toutes les applications de la force psychique.
Son dernier chapitre traitant de l’étude de la force biolique ou fluide magnétique, d’une importance considérable, est à recom mander à tous ceux qui veulent convaincre leur entourage de l’existence d’une force s’échappant du corps humain. H. Durville. — Pour combattre l’Asthmo, l'emphy sème pulmonaire, l’essoufflement et l’oppression. In-8 de 24 pages, 2* édition. Prix : 1 franc à la Librairie du Ma gnétisme, 23, rue Saint-Merri.
Petit ouvrage de vulgarisation et de propagande inté ressant tous ceux qui respirent mal. L’auteur donne une description sommaire de ces affections, puis il indique le traitement qui leur convient. Ce traitement, aussi simple qu’efficace, est basé sur le massage magnétique et sur quelques indications hygiéniques que l’on peut faire sans dépenses au sein de la famille. H. Durville. —■ Pour combattre les maladies des femmes.
Aménorrhée, dysménorrhée, métrorragie, pertes blanches, vaginite, métrite, ovarite, salpingite, déviations utérines, âge critique; 2®édition, 1 franc, à la Librairie du Magnétisme, a3, rue Saint-Merri, Paris.
l'initiation 92 Après avoir donné des considérations générales sur la puberté, la menstruation chez la jeune fille, l’auteur dé crit chaque cas, et indique le traitement ainsi que les moyens hygiéniques à employer pour obtenir leur guéri son. Ce traitement repose ici encore sur le magnétisme qui est particulièrement efficace dans toutes les maladies des femmes, depuis la formation de la jeune fille jusqu’à l’âge critique.
Les procédés qui conviennent à chaque cas, méthodiquement exposés, permettent à toute personne de bon sens, qui est bien équilibrée au physique et au mo-, ral, de les appliquer avec succès. ♦ * ♦ H. Durville. — Pour combattre les maladies des yeux et des paupières. In-18 de 36 pages, 2e édition avec 4 fi gures. Prix : 1 franc, à la Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri, Paris.
Les Maladies des yeux sont aussi nombreuses que dif ficiles à guérir par les moyens ordinaires de la médecine et de la chirurgie. Plusieurs d’entre elles sont également dif ficiles et surtout très longues à guérir par les moyens ma gnétiques, qui sont décrits ici d’une façon aussi simple que minutieuse.
Mais on observera que les magnétiseurs ont obtenu des guérisons qui montrent que le magnétisme est incontestablement plus fort que la science officielle, car dans quelques cas rapportés en détail, celle-ci avait, depuis un temps plus ou moins long, abandonné les ma lades comme incurables.
L’auteur -donne une description sommaire des diffé rentes parties de l’œil et décrit successivement les diffé rentes formes de l’ophtalmie : ophtalmie des nouveau-nés, conjonctivite, blépharite, choroïdite, rétinite, etc. ; glau come, l’amaurose et jusqu’à la cataracte, aux taies, aux mouches volantes et au strabisme.
Un cas d’épilepsie grave guérie par le magnétisme Cette observation vient d’étre communiquée à la Société Magnétique de France en sa séance du 10 avril.
UN CAS n’ÉP’LEPSIE GRAVE g3 Le petit malade, André Vedois, 5 ans, 42 bis, avenue de Suffren, est amené à la clinique de l’Ecole pratique de Magnétisme et de Massage pour des attaques convulsives extrêmement fréquentes, tellement fréquentes que les parents sont contraints à surveiller sans relâche le bébé pour l’empêcher de se blesser en tombant.
Les antécédents héréditaires du malade sont incapables d’expliquer son état : le père est en bonne santé, la mère également, si ce n’est un nervosisme exagéré causé par la maladie de son enfant. Antécédents personnels. —Le petit malade a été atteint d’une bronchite à l’âge de dix mois. A i5 mois, il fut atteint de rougeole avec bronchite et embarras gastrique. Il n’y a rien d’autre à signaler.
Quant au début de la ma ladie pour laquelle on l’amena consulter, il remonte à trois ans, l’enfant avait donc deux ans. On va voir, par le récit que nous a fait la mère, que nous nous trouvions en pré sence d’une vraie attaque épileptique.
La mère tenait le petit sur ses genoux, il était énervé et de mauvaise humeur, brusquement il pâlit et sans pousser de cri perd connaissance, il n’entend plus, ne répond plus, la figure se contracte, les yeux roulent hagards dans l’or bite, la bouche est tirée de travers, puis l’enfant se jette à la renverse sur sa mère, un peu d’écume sort des lèvres.
Après une courte période de contracture, l’enfant revient à lui, semble ne s’être aperçu de rien, puis s’endort d’un profond sommeil. Ce n’est qu’un an après, 20 janvier 1907, qu’une nou velle crise survient dans des conditions analogues et avec des caractères identiques. Un mois après, nouvelle attaque, celle-ci pendant le sommeil.
De février à juin, la santé de l’enfant semble normale, mais à partir de juin, les atta ques réapparurent et eurent lieu régulièrement une fois par mois jusqu’à Noël 1907. Pendant janvier, rien à signa ler, puis en févriersurviennent quateecrises en six jours avec les mêmes signes que précédemment. Enfin la maladie continua à empirer et l’état de mal devint à peu près cons tant.
Des absences devinrent fréquentes pendant lesquelles le petit malade s’interrompait brusquement au milieu d’un mot, restait figé un instant immobile dans une attitude,
l'initiation 94 puis il continuait ensuite le mot où il l’avait laisse, sans s’être aperçu de quoi que ce soit. Les bras, maladroits, étaient souvent agités de violentes secousses, pendant lesquelles l’enfant tombait. Ces attaques larvées obligèrent la mère à surveiller sans relâche le petit malade pour l’empêcher de se blesser. Malgré les précautions, il porte au front plusieurs cicatrices, trace de sa névrose.
L'état se continua ainsi jusqu’au i 3 juillet 1908, époque à laquelle l’enfant eut la dernière grande crise pendant son sommeil. Depuis celte époquelesgrandescrisesnc réapparu * rent pas, mais les secousses devinrent de plus en plus nom breuses et la mère put en compter jusqu'à trois cent trente-cinq par jour jes absences augmentèrent également.
Voyant les progrès incessants de la maladie, la mère désespérée étayant fait en vain d’innombrables traitements, vint à la clinique de l'Ecole pratique de Magnétisme où M. Gaston Durville l'examina. Examen. — L’enfant est amaigri, profondément triste, il ne cause pas. La face est extrêmement pâle, on ne peut regarder l’enfant pendant deux minutes sans le voir agité par les violentes secousses décrites par la mère.
Il se jette en arriére brusquement, n’écume pas. la pupille devient insensible à la lumière. Puis l’enfant revient à lui et re prend laconversation en attendantqu'une nouvelle secousse vienne à nouveau l’interrompre. La sensibilité semble nor male, les réflexes sont exagérés.
Donc, du questionnaire d’abord, de l'examen ensuite, il résulte que nous sommes en présence d’une épilepsie grave : la pâleur, le cri, la perte de connaissance, la chute, les convulsions toniques, l'écume, les crises. nocturnes, l’absence de souvenirs le prouvent. Les absences et les secousses ne sont que la confirmation de l’état morbide.
L’étude des symptômes prouve que ce n’est ni de l’hys térie, ni de l’épilepsie jacksonnienne, ni de l'épilepsie due à des vers intestinaux, le traitement vermifuge a d’ailleurs été essayé sans succès. Les médecins de la Salpêtrière avaient jugé la maladie sérieuse et avaient fait le plus grave pronostic. Traitement. — Je supprimai tout traitement médical et instituai ainsi les'magnétisations :
RECTIFICATIONS 95 Début le 25 octobre 1908, séances deux fois par semaine à la clinique de l’Ecole pratique de Magnétisme. Bientôt une séance en dehors. Sous l’influence du magnétisme, les crises augmentèrent de nombre et d’intensité, la mère en compta treize le premier mois.
Puis à partir du 10 décembre, elles s’espacèrent visible ment, le tremblement des mains diminue, les absences sont moins fréquentes, le petit malade, déjà moins pâle, commence à engraisser, la joie remplace sur son visage la tristesse qui empreignait ses traits.
Le 28 décembre, les crises et toutes les autres manifes tations épileptiques cessèrent brusquement et définitive ment : l’enfant fait voir à tous ceux qui l’entourent une gaieté exubérante et aussi une intelligence au-dessus de la moyenne, la mine devient superbe, l’enfant a tellement engraissé qu’il n’est qu’à peine reconnaissable.
Il fallait redouter une rechute, étant donnée la rapidité surprenante de la cure et je désirai que le traitement fût continué encore pendant quelques mois. Les parents, au comble de la joie, voulurent envoyer leur enfant en pro vince, pour montrer sa belle santé aux grands-parents qui doutaient du résultat. Il partit et revint le 4 mars. Il n’avait eu pendant son séjour aucune manifestation nouvelle.
Le traitement fut malgré cela repris à raison d’une magnétisation par semaine et depuis, aucun accident n’est venu troubler le repos du bébé qui, tout à fait guéri, va maintenant à l’école comme s’il n’avait jamais irien eu. Surpris moi-même d’un résultat obtenu en deux mois seulement, dans un cas jugé incurable, je présente l’en fant à la Société magnétique de France, près de quatre mois après sa guérison et soumets le cas à votre juge ment.
Henri Durville fils. RECTIFICATIONS A la suite de l’article sur le fluide humain paru dans le numéro de mars, le comte de Tromelin me signale :
g6 l’imi iaiion « M. Quintor inspiré par un paragraphe de la Magie de Plysofl et par mes lettres a fait des rapprochements person nels, trouvant que l'expérience dont il parlait, serait excel lente pour répondre aux adversaires coloristes.
Mais ilestbon de remarquer que Plysofl n’avait pas examiné la question sous son jour nouveau et n'avait pas publié dans son ou vrage la figure à laquelle il est fait allusion et au contraire j'ai examiné la question moteur et écran. » Dont acte. Également à l’impression on a mis force biologique, au lieu de force biolique. Tidianeuq.
INSTRUMENTS MAGIQUES Construction de tout appareil ayant trait à la Science occulte ou autre. (Baguettes magiques, miroirs magiques, biométres, etc.) Construction d’appareils sur une idée donnée ou sur un plan. LÉONIS, 391, rue des Pyrénées, Paris 20®.
Mme SYRIA, la célèbre chiromancienne, cartoman cienne, graphologue a l’honneur de faire part à son élégante et nombreuse clientèle qu’elle est installée en son nouvel appartement, 3o, rue de La Rochefoucauld, près La Trinité. Le Gérant : Lncausse. Paris. — Irtiprimcrie E.Arrault cl Cic, 9, rue N. D.-dc-Iorctte.