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L’initiation Bevue phUosoptjlque des Hautes Eudes PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DT 82"’ VOLUME. — 22"’ ANNEE SOMMAIRE DU N° 5 ( Février 1909 ) Mort de Saint-Yves d'Alveyrcs (p. 97 à g8). . . Papus. PARTIE ÉXOTÉRIQUE Les Constellations (p. 90 à 101). t..........................Dace. Le Mariage et l'amour (p. 102 à* 106) .... Papas. PARTIE PHILOSOPHIQUE Les Plantes magiques (p. 107 a 124). . . . C. B.
Le D* Ottoman Zar Adhust Ha'nish (p. 125 à 131 ). Phaneg. Action de l'encre sur la plaque photographique (p. i3a à 13ç)............................................................. G. de Fontenay. Réponse à M. de Fontenay (p. 140 à 144) . . . Comnt Darget. Rétablissons lès faits (p. 145 à 155) ... . Ceuxqui ont vu les mains de Muller (p. 156 à 15g Sur T Œuvre (p. 160 à 165). . . . . . . Marie de Valpinçon ' Jean de Forcade; Ri t a-St r ohi.
PARTIE INITIATIQUE Inauguration de la L.\ Mart, *. Melchissédec (p. 166 à 173).................................... .... Alkaheste. Avis. — Le dernier voyage du DrSven Hedin au Tibet.— Double-Vur, Mars occultiste. — Programme du Cours de magie de Quintor. Conférences ésotériques. — La province occultiste.—Livres nouveaux Bibliographie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être aore$£c ib, rue de. Savoie, a Paris-VP.
Téléphone — 816 09 Tout ce qui concerne l'Admlnlstratlon * TîlTS. VENTE AU NUMÉRO ANNOjycfôPROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations.
La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Jnitiaîion est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent : Dans la Soience à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion à donner une base solide à la Morale par la decouverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour'unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l'initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le militarisme et la misère. Enfin l’initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connuset pratiquésdès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde.
L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 5o rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Oçculte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits.
Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
MORT DE SAINT-YVES D’ALVEYDRES Le marquis de Saint-Yves d’Alveydres est mort le 5 fé vrier 190g, à l’âge de 67 ans, à Pau où il s’était retiré de puis quelques semaines pour essayer d’améliorer un état de santé déjà inquiétant.
Ce sera, pour tous les véritables amis de la Vérité, une véritable douleur que de sentir disparu du plan physique ce savant aussi prodigieux que modeste, ce causeur char mant et cet homme du monde accompli qu’était SaintYves pour ses intimes. Personnellement notre douleur est profonde, car c’est notre maître intellectuel qui disparaît.
Jadis l’auteur des Mission voulut bien nous accueillir avec sa bonté habi tuelle et nous sommes reconnaissant au ciel d’avoir permis si longtemps la continuité de cette amitié.
Le disciple doit être reconnaissant à l’invisible quand il peut demeurer fidèle jusqu’au terme de la voie terrestre à celui qui guida ses études, Que d’écrivains venus avec des paroles de reconnaissance et de dévouement auprès de Saint-Yves se sont ensuite détournés de celui auquel ils devaient tant et l’ont de plus insulté par jalousie de sa réelle et incontestable supériorité intellectuelle.
Tout entier à sa communion mystique avec l’Ange de sa vie, Saint-Yves n’a jamais daigné répondre à ces attaques de roquets à face humaine. C’est que, dans cette époque d’arrivisme à outrance, Saint-Yves fut un méditatif, dédaignant l’immédiat pour l’immortel et si cet admirable ami n’est plus physique ment, du moins son œuvre nous reste et peut encore sau ver bien des générations.
On peut même dire que c’est maintenant que commence vraiment la phase féconde de la vie spirituelle de notre Maître. En effet, après ses Mission dont la portée sociale s$u considérable quand on les comprendra, Saint-Yveÿ<ÈâU
l'initiation [février 1909 voué depuis bientôt vingt ans à la création de ce qu’il a nommé l’Archéomètre , c’est-à-dire l’instrument de la mesure des principes. Cet instrument permet de remplacer par des règles ma thématiques les données instinctives qui président à tous les ans.
Il permet de plus de reconstituer mathématiquement toute la science antique dans ses diverses adaptations et de déterminer la part de -vérité contenue dans les visions de tous les fondateurs de religions. L’Archéoméire rend scientifiquement au Christ la place prépondérante qu’il occupe dans l'invisible.
Nous espérons que les efforts considérables en travail et en dépense mate rielle faits pour l’Archéomètre par son auteur ne seront pas perdus et nous appeions de tous nos vœux la réalisa tion de cette œuvre admirable et féconde. Papus.
PARTIE EXOTERIQUE Les Constellations En astrologie on considère deux sortes d’éléments : les uns fixes dans leur ordre : les dou^e signes du zodiaque ; les autres mobiles : les sept planètes. Il est difficile de bien faire saisir leurs rapports. Pourtant on pourrait peut-être dire que le zodiaque complet apparaît comme une sorte de caisse sonore divisée en douze compartiments de valeurs musicales diverses.
Et, sur ces douze caisses, les cordes de ma tières également diverses sont tendues, dans des po sitions qui varient suivant chacun de nous. Chaque corde donne bien toujours la même note, mais cette note s’enrichit des harmoniques propres à la caisse où elle chante, et surtout éveille des sonorités de voi sinage variant presque à l’infini.
L’accord astral ainsi obtenu est le symbole des énergies qui nous envi ronnent dans notre existence : Voici les hiéroglyphes qui servent à désigner les 12 signes du zodiaque avec leurs numéros d’ordre et leur correspondance hébraïque.K 1 Bélier Y n hé. 2 Taureau V i vau. 3 Gémeaux 7 zain. 4 Cancer 69 n het.
100 l'initîation 5 Lion Q, d thet. 6 Vierge np > iod. 7 Balance — 5 lamed. 8 Scorpion d mem. 9 Sagittaire ** y haïn. 10 Capricorne % D phé. 11 Verseau — p koph. 12 Poissons H n resch. Ces signes se répartissent en quatre trigones cor respondant aux quatre éléments des anciens, aux quatre tempéraments et aux quatre lettres sacrées.
Hiéroglyphes alchimiques A V7 V A A Eléments Feu Terre Air Eau Zodiaque ( Bélier < Lion / Sagittaire Taureau Vierge Capricorne Gémeaux Balance Verseaux Cancer Scorpion Poissons Tempérament! l Colériques 1/ _ _ Mélancoliques Sanguins Flegmatiques ( B N S L Les signes de feu et d’air sont considérés comme diurnes et masculins. Les signes d'eau et de terre sont nocturnes et féminins.
Les signes situés aux quatre angles du ciel (orient, occident, zénith ou milieu du ciel, nadir, ou fond du ciel) sont dits mobiles en ce que le soleil en y entrant détermine les saisons. Ils annoncent toutes choses instables et fugitives. Ce sont : Bélier, Cancer, Ba lance, Capricorne. Les quatre signes : Taureau, Lion,
LES CONSTELLATIONS IOI Scorpion, Verseaux sont fixes au contraire, et déno tent toutes choses stables, durables et reposées. Enfin, les Gémeaux, la Vierge, le Sagittaire et les Poissons sont dits communs en ce qu’ils participent des deux natures et ne se déterminent que par la pla nète à laquelle ils donnent asile. On distingue encore de nombreuses autres qua lités parmi les signes.
Ils peuvent être : Humains : Gémeaux, Vierge, Verseaux, Sagittaire. Volatiles : Vierge, Gémeaux, Poissons. Quadrupèdes : Bélier, Taureau, Lion, Sagittaire. Tortueux : Bélier, Taureau, Cancer, Scorpion, Ca pricorne. Féconds : Taureau, Cancer, Scorpion, Sagittaire *, Poissons. Stériles : Lion, Vierge, Gémeaux, Bélier *. Bénéfiques : Taureau, Cancer, Lion, Vierge, Sagit taire, Poissons.
Maléfiques : Bélier, Gémeaux, Balance, Scorpion, Capricorne, Verseaux. Doubles ** : Gémeaux, Vierge, Sagittaire, Pois sons. Il est à noter que lorsque les Gémeaux tombent en maison cardinale (I, IV, VII ou X), ils rendent les autres signes d’air maléfiques^La même réflexion s’applique à la présence du Scorpion en maison I. Eu. Dace. * Les signés marqués d’une astérisque ont leurs présages renforcés. ** Ils doublent les présages.
I OX Le Mariage et I’Amoor DANS LES DIFFÉRENTS PAYS Le caractère des sociétés humaines est de régle menter des lois naturelles. Parmi ces lois, la plus importante pour l’humanité est celle de la multiplication des êtres sur Terre D’après la loi naturelle l’amour aveugle mène le bal et de nombreux enfants voient le jour.
Le premier soin des législateurs prophètes a tou jours été de garantir socialement l’avenir de ces en fants et de bien déterminer leur place dans la société. Pour réussir socialement il y avait plusieurs pro blèmes à résoudre : i" Vaincre l’égoïsme de l’homme et l’obliger à s’oc cuper et de la mère et des enfants. Fixer le papillon. 2° Protéger l'ignorance et la faiblesse de la femme jeune et inexpérimentée.
3° Une fois la famille créée, assurer sa continuité dans la sphère du possible. D'autres problèmes gravitent autour de celui-là, mais ce sont là les plus importants. Comment divers législateurs ont-ils résolu ce pro blème : Dans la race noire primitive : Polyandrie. Débuts race blanche aussi.
LE MARIAGE ET L AMOliR io3 La femme choisit autant de maris successifs qu’il lui plaît et tous les enfants sont légitimés par leur mère.Si un mari de passage veut se déclarer père il joue l’accou chement. Coutume encore conservée chez les nègres.) Révolte de l’homme, réaction terrible qui dure encore: la femme réduite au rang d’un objet domes tique: La polygamie consécutive.
Autant la polyandrie était peu sympathique aux hommes, autant la polygamie a toujours été antipa thique aux femmes.
Et cependant soyons juste et simplement observa teurs : le roman contemporain, le théâtre d’hier ne vivent-ils pas uniquement sur le souvenir de ces temps primitifs et sur le récit ou l’analyse de la polyandrie des femmes mariées et de la polygamie des messieurs auxquels la loi d'occident n’accorde légalement qu’une seule femme.....Mais passons. La polygamie socialement organisée a pour but la création des fa milles nombreuses par force.
C’est un système mixte qui matérialise d’une part l’amour domestique et qui assure d’autre part l'assistance matérielle à la femme aimée en passant. Voyons comment. Prenons comme exemple la loi chinoise. Femme du futur choisie par mère du futur. Le marié ne voit sa femme que le lendemain du mariage. Tant mieux si la maman a du goût. Ainsi la famille se perpétue par automatisme et avec rarement de l’amour véritable. Mais à un moment cet amour peut naître dans le cœur de l’homme. C’est ici que le frein social intervient:
l’initiation 104 Il peut amener chez lui l’objet de sa flamme et en faire une compagne de sa vie. Les enfants d’amour seront légitimés au même titre que les enfants dérai son, mais en seconde ligne. Pourquoi? Parce qu’on a remarqué que les enfants d’amour se débrouillent mieux que les autres et qu'on peut les handicaper sans crainte. Mais la mère une fois la crise amoureuse passée reste là et elle a droit à la vie de famille.
De plus le mari ne peut rien offrir à une concubine sans offrir la même chose à toutes ses femmes, tandis qu’il peut offrir à sa légitime sans être obligé d’offrir la même chose à sa ou ses concubines. Bénéfice social de cette législation ; Assuranced’existence honorable à plusieurs femmes pour un seul homme. Équilibre des enfants de raison et des enfants d’amour. Réflexion pour l’homme d’équilibrer ses emballe ments sérieux avec ses ressources.
Corollaire de cette législation : Soupape : Le divorce ou la répudiation en cas de fautes de la femme. ......La loi d’Israël. Terrible pour la femme. Loi issue directement de , la révolte des hommes. La femme est considérée comme un objet plus nuisible qu'utile. Elle est relé guée dans les galeries supérieures du Temple. Elle ne reconquiert son autorité que comme éducatrice dans la famille. Mais l’homme a toujours le droit à la polygamie légale. Dans nos pays il ne pratique pas
LE MARIAGE ET L AMO'JR | o5 son droit non reconnu par nos lois, mais dans d'au tres pays il peut le pratiquer. ..... En Islam. Sauvetage de l’enfant dès son enfance. Mariage assurance à dix ans pour les garçons et douze ans pour les filles. Circoncision salvatrice de la santé féminine plus encore que de la santé mascu line. Mise eu cage des femmes, avec geôliers spéciaux. La ruse des femmes vient encore à bout de toutes ces entraves. ...
Toutes les races anciennes polygames : rouges, noires, jaunes : Les blancs primitifs polygames^ Aryas sémites. Aujourd'hui les blancs de religion Islamique poly games, aussi. Les chrétiens non polygames. Voyons leur état social quant au mariage. Sous l’influence de TÉglise de Rome et de ses filiales orthodoxes ou de ses dérivées réformées, la monogamie légale est devenue la loi des sociétés d’Occident.
Pour la jeune fille trois fatalités : i° La meilleure légalement: Le mariage légitime compensé par le divorce. 2° Ou le célibat jusqu’à la mort. 3° Ou la séduction avec veine ou sans veine, porte des existences en marge de l’hypocrisie légale. Pour lç jeune homme : Le cloître déguisé du collège qui conduit à la dégé nérescence de l’espèce pour les bourgeois.
106 l'initiation La petite bonne éducatrice de la jeunesse pour les familles sérieuses et comprenant la vie. Pour le peuple les émotions plus fortes mais natu relles issues de la rencontre au bord du ruisseau de la rue commune. Développement des instincts des êtres primitifs. Santé des deux sexes avec ses risques habituels. Pour les paysans l'essai loyal avant le mariage.
La fréquentation des gars et des filles de ferme avec la loterie du mariage pour les plus madrées. Et cela se passe dans tous les pays avec quelques variantes. Deux grosses réformes à accomplir : La santé des hommes quand ils se décideront à créer une famille. La protection des femmes sans secours contre le père de leur enfant. Le sauvetage réel et non simulé des enfants natu rels. Véritable salut des naissances. La fille-mère doit être sauvée.
L’enfant doit être protégé avant sa naissance autant qu’après. Sans cela notre race sera mangée automati quement par les races prolifiques. Les Jaunes pointent à l'horizon. Papus.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, ¡ans aucune distinction, et chacun d’eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées.
LES PLANTES MAGIQUES 11 Le Haschisch ou Cannabis indtca Nous présentons ici sous un aspect autre que le point de vue occulte la série des plantes magiques, néanmoins nous ferons précéder chaque plante, quand il y aura lieu, d’une note concernant les propriétés occultes de celle-ci extraites du savant traité de M.Sédir. Le chanvre indien était connu des Grecs et des Romains, qui en fabriquaient des tissus.
C’est dans ce sens qu'en parle Hérodote, en ajoutant cependant que les semences, jetées sur une pierre chauffée, dé terminent une espèce d’ivresse. Hippociate n’en parle pas, Dioscoride et Galien mentionnent le suc des graines comme guérissant les douleurs d’oreilles. . Les Chinois s'en servaient comme anesthésique, sous le nom de mafo-sam, l’an 220 après J.-C.
Et les Indiens, suivant Riegler, employaient une prépa ration qu’ils nommaient Asrar ; ce mot veut dire secret, parce que le Haschisch étant défendu, on le vendait d’une manière secrète sous le nom diAsrar. Rheedefiôqo) rapporte que les Indiens fumaient les sommités fleuries du chanvre sous le nom dè Banghie,
108 L’iNÎTUTfOtf et le mélangeaient avec ùu tabac pour en composer des lavements auxquels ils reconnaissaient la pro priété de réduire les hernies. C'était un contre-poison de leur orpiment ou sulfure d’arsenic.
A la fin du seizième siècle, Prosper Alpin visita l'Egypte, et nous trouvons dans les écrits de cet auteur diverses men tions du haschisch > < Je sais, dit-il, que les Egyptiens, pour provoquer des visions, font usage de plusieurs médicaments composés; mais pour obtenir ce résultat, ils ont re cours ordinairement à la plante désignée sous le nom de Cannabis et qu'ils appellent haschisch. » Sauvage parle d’un électuaire usité dans l'Inde et auquel il donne le nom de magtque, à cause des sin guliers effets qu'ils détermine.
Linné décrit une composition très usitée dans l’Inde et en Perse connue sous le nom de Malasch. Citons encore quelques auteurs moins anciens qui s’en sont occupés : L’histoire du Vieux de la montagne et de ses adeptes les Haschaschins a été racontée au long par Sylvestre de Sacv, le docteur Molwitz proposa en 1817 un ex trait alcoolique fait avec deux parties de chanvre et une partie de safran, pour remplacer l’opium.
La plante que les Orientaux désignent sous le nom de haschisch appartient à la famille des Cannabinées, Nous n'en décrivons pas ici les caractères botaniques, qui se trouvent dans toutes les flores, nous dirons seu lement que le chanvre qui croît en Orient et celui qu’on cultive en Europe ne sont que deux variétés d’une seule et même plante, ne présentant entre elles
LES PLANTES MAGIQUES 109 aucune différence botanique fondamentale essentielle. Les dissemblances qui existent entre elles, en effet, ne sont que des modifications accessoires résultant d’influences climatériques différentes.
Les peuples orientaux ont de tout temps usé de préparations eni vrantes ; leurs caractères, leurs mœurs, l’amour du merveilleux, l’influence même du climat, tout les pousse à rechercher les substances qui, en produisant un trouble du cerveau, leur procurent des idées, des sensations que sans elles ils ne trouveraient pas.
Ils ont employé successivement le datura, la jusquiame. la belladone, les divers genres de chanvre pris de toutes les façons, mais ils les ont successivement abandon nés pour employer le chanvre indien ou haschisch (en arabe, herbe par excellencet Quelques auteurs arabes pensent que c’est le Coran qui a indiqué cette plante à l’attention des Arabes, et qui leur en a conseillé l’emploi, par une sorte de compensation de la loi qui >leur défend l’usage des alcooliques/mais il faudrait, pour que cette suppo sition fût admissible, que l’usage du haschisch fût complètement inoffensif, ce qui malheureusement est loin d’être vrai.
Je crois plutôt qu'on doit attribuer cette préférence aux vertus même d’une plante qui procure des extases et des sensations si agréables, peut-être aussi à ce qu’il est beaucoup plus difficile de reconnaître le fumeur de haschisch que le buveur d’acool. Il existe, en effet, une loi du Coran qui défend d'une manière absolue l’usage des boissons fermentées. La personne qui en Orient enfreindrait cette loi serait montrée au doigt
I 10 LIMTIAT1OÆ et aurait à subir le mépris de ses coreligionnaires, et comme les boissons fermentées laissent nécessaire ment après leur ingestion une odeur révélatrice, il se pourrait que les buveurs d’alcool aient cherché une ivresse qu’on ne pût reconnaître aussi facilement, et qui leur permît de se livrer à leur passion favorite sans inconvénient pour leur réputation. La partie riche de la population égyptienne se livre donc à cette habitude, mais en se cachant, et les fu meurs cherchent un appartement éloigné et discret où l'on ne puisse ni les troubler ni les prendre en flagrant délit. Quant à la classe pauvre, elle n'a pas les mêmes moyens à sa disposition ; aussi est-ce surtout chez elle que nous devons chercher les effets et les consé quences de l’usage du haschisch ; le docteur Hassan Racine qui écrit ces détails nous dit : Qu’il y ait des haschischés qui fument pour le plaisir de fumer et de ressentir les émotions que l’usage de ce poison leur donne, c’est un fait certain ; mais combien de malheureux qui viennent chercher l’oubli de leur misère, et de celle de leur famille dans les enivrantes fumée du narghileh, et qui, ne pouvant trouver une parcelle de bonheur dan-s la vie réelle, viennent ten ter d’en saisir l’ombre ! On aura beau chercher à interdire cet usage : tant qu’il y aura des malheureux, il y aura des fumeurs de haschisch, et la meilleure loi serait celle qui sup primerait la misère. Des établissements spéciaux sont consacrés aux fumeurs. Rien ne vient indiquer leur usage : ce sont
LES PLANTES MAG.QL'ES 1 1 l des huttes qui ressemblent à tous les bazarsarabes ; la porte cependant y est toujours au milieu, et de chaque côté sont percées deux fenêtres assez élevées pour qu’on n’aperçoive rien du dehors.
En entrant, se trouve de chaque côté et au fond un banc scellé dans le mur et recouvert de nattes grossières ; des tabou rets en bois de palmier aussi recouverts de nattes d’osier servent de siège aux habitués.
La salle est quadrangulaire ; dans un des angles se trouve le fourneau de brique qui sert à faire chauffer le café; des chibouks et des narghilehs sont rangés audessus contre la muraille, ou placés dans une armoire dont les rayons sont divisés en casiers.
En face de la porte d’entrée s’élève une estrade réservée aux chan teurs ; ces derniers ne se trouvent pas toujours, et c’est surtout pendant les nuits du mois de Ramadan qu’ils viennent exercer leur talent : ils s’accompa gnent d’un instrument à cordes ressemblant au vio lon dont les sons toujours très bas et sans modula tions forment une symphonie monotone et ennuyeuse; leur voix est nazillarde et traînante, leur sujet presque toujours le même : c’est le récit mélanco lique et plaintif des aventures d’Albouzède, ou bien de celles d’Antar.
Quant aux murailles, elles sont couvertes de des sins plus extravagants les uns que les autres ; et, bien que la loi musulmane proscrive absolument toute espèce de tableaux et d’images, l’imagination des pein tres orientaux se donne libre carrière et vise toujours à l’effet, sans se soucier d’autre chose.
Ici on voit, vêtus de toutes les couleurs de l’arc-en112 l'initiation ciel, des hommes gratifiés par l’artiste de longues cornes surmontées d’aigrettes de feu et d’une queue formée de plusieurs serpents enlacés qui semblent menacer de leur dard le spectateur ; plus loin, un crocodile à la tête hideuse prend ses débats sur un tapis de verdure et de fleurs ; une locomotive, dont la cheminée transformée en narghileh laisse échapper une fumée bleuâtre, est entourée d’oiseaux aux riches « couleurs qui viennent s’y enivrer.
Les images, quoique grossières, ne laissent pas d’arriver au but que le peintre s’est proposé, et lorsque le fumeur, commençant à ressentir les effets du haschisch, est prêt à abandonner pour ainsi dire la terre et qu'il se sent enlever dans un autre monde, les images sur les quelles il a les yeux fixés se gravent dans son cerveau, et, sous l’influence de l’ivresse, se transforment et prennent pour lui un corps.
Bientôt elles passent devant son esprit, elles se meuvent et sont le point de départ de ces rêves si extraordinairement beaux, qui procurent des jouissances si grandes que le fumeur de haschisch ne croirait pas le payer trop cher par les plus grands supplices, voire même par la mort.
Le même narghileh sert pour tous les assis tants qui doivent être en assez grand nombre pour épuiser la fumée: le fumeur qui refuserait d’aspirer le narghileh commun serait considéré comme ne voulant pas entrer en amitié avec ses compagnons, et serait chassé quelquefois par le maître de l’établis sement, avant même qu'on ail allumé le narghileh. Le patron se fait d’abord payer, et, après avoir absorbé lui-même la première bouffée de fumée, il
LES PLANTES MAGIQUES ! l3 fait le tour de la salle en présentant à chaque consom mateur le tuyau de narghileh, et lui fait aspirer plu sieurs bouffées ; après cela, les haschischés commen cent à parler, à rire à chanter, à faire des jeux de mots, cherchant à exciter l’hilarité de leurs compa gnons, les joies que doit leur procurer l’ivresse.
« Le pauvre, dit une de ces chansons, à la première fumée . divine, voit tous ses maux s’envoler, il lève une tête superbe et est au-dessus des Emirs ; il n’est qu’un bonheur sur cette terre, et ce bonheur, nous le devons au Prophète, qui donne au haschisch ses vertus mer veilleuses etc... » Enfin arrive bientôt le silence, et on ne voit plus que des êtres dégradés, au regard terne et hébété, qui alors imêmequ’on les battrait ne feraient pas un mou vement pour se défendre.
En général, l’action physio logique du cannabène est très marquée, mais elle est moins énergique que celle de la résine et ses effets sont plus fugaces. Les hallucinations dues au canna bène sont le plus souvent pénibles ; il occasionne la stupeur. « J’ai employé dans mes essais, nous dit le docteur Hassan Racine, tantôt l'extrait alcoolique, tantôt l’extrait gras.
J’ai aussi fumé les feuilles des séchées dans la cigarette, l’extrait aqueux et l’extrait bien sec dans le narghileh, mêlé au tombak. Sous cette dernière forme, le haschisch est rapidement ab sorbé, et c’est vraiment la manière la plus agréable et la plus commode d’arriver à l’ivresse cannabienne.
On peut aussi la modérer, la graduer ; l’action ne se fait pas attendre: à la quatrième bouffée, le tuyau du narghileh échappe à la main, et l’ivresse commence;
l’initiation 114 mais comme il faut aspirer la fumée, qui est très âcre et irrite la gorge, les fumeurs de haschisch ont l’habi tude de manger, en fumant, une sorte de pâte com posée de sucre, de farine, de miel et de beurre fondu.
Le haschisch pris à l’intérieur demande une heure à deux pour produire son effet ; cependant, il n’y a rien de fixe à cet égard ; le café favorise l’apparition des phénomènes, et, comme pour les alcooliques, le passage d’un appartement au grand air suffit pour déterminer l’ivresse. Si la substance est prise à jeun et qu’on mange peu après l’ingestion, les phéno mènes se développent plus rapidement et souvent en moins d’une demi-heure.
Lorsqu’on veut se livrer à une débauche de has chich, il est bon d’être à jeun, car, si la digestion n'est pas accomplie, le haschisch sera sans effets; à dose élevée, il pourrait amener des nausées et des vomissements.
11 faut réunir des conditions morales essentielles pour que l’ivresse ne soit pas pénible; ne prenez jamais de haschisch si vous avez une certaine inquiétude de ses effets; attendez d’être calme, sans préoccupations directes et actuelles ; choisissez des compagnons qui vous soient sympathiques, sinon vos ennuis deviendront des chagrins, les fâcheux vous irriteront par leur présence ; ayez toute liberté de parole et d’allures; fuyez un milieu où vous vous croi riez obligé de dissimuler certaines de vos sensations; ne craignez pas, comme divers, de perdre à jamais votre intelligence quand vous la sentirez envahie par l’ivresse, car cette crainte deviendrait terreur et vous serait horriblement douloureuse ; enfin préparez à
LES PLANTES MAGIQUES 115 l’avance une boisson acide qui dissipera l’excès de votre ivresse, si, malgré votre volonté, vous avez peur de cet état et désirez à tout prix vous en débarrasser ; non pas que les acides fassent disparaître entièrement les effets de l’intoxication mais ils en diminuent l’in tensité. C’est tantôt le phénomène moral, tantôt le phéno mène physique, qui est le premier symptôme de l’ivresse cannabienne.
Le phénomène moral est une certaine propension à concentrer les idées, à retenir la raison pour ainsi dire comme si l’organisme sentait que bientôt l’ivresse la lui enlèvera tout entière.
Le phénomène physique débute par une chaleur qui envahit le corps; peu après, celle-ci devient sensible, surtout aux pom mettes et à l’épigastre; les hypochondres semblent entourés d’une plaque brûlante; une légère douleur, un pointillement se font sentir au côté droit, à la région du foie.
Dès lors, les phénomènes physiques et moraux marchent de pair, les idées sont de plus en plus concentrées, l'entendement s’isole; il semble que, entre soi et le monde extérieur, il y ait un nou vel univers; une atmosphère spéciale que les bruits étrangers traversent avec peine.
La région temporale est le siège d’une sensation de pesanteur quelquefois un peu pénible, l’épigastre est oppressé, le larynx res serré, la bouche sèche, la salive spumeuse: c’est une gêne, une constriction remarquable qui, cependant, n’est pas une douleur pour l’organisme. Sous l’effet du haschisch, la démarche devient va cillante; le pied, en s’appuyant sur le sol, le sent .se
ii6 l’initiation dérober sous lui; cette sensation est celle qu’aurait un homme qui marcherait sur un corps élastique; les joues se cavent, la face devient pâle, le regard est vague, indécis et ne porte pas sur les objets environ nants, il se dirige dans le vide, dans l’espace, vers l’inconnu. Jusque-là, l'intelligence n’a reçu aucune atteinte grave, et l'observateur sent facilement les phénomènes qui se passent en lui.
Arrivé à cet ensemble de symptômes, il peut hardi ment prédire que l’ivresse le prendra avant peu.
Quel ques éclats de rire annoncent l’invasion des perturba tions intellectuelles le besoin de mouvement est à son plus haut degré, les jambes, les bras sont pris de tremblements saccadés, convulsifs, involontaires; on a remarqué que l’action des muscles fléchisseurs est prédominante; le tronc se soulève spasmodiquement, et c’est surtout à cette période que surviennent les grandes joies du haschisché.
Les mouvements sont accompagnés d’un rire bruyant, impossible, intermi nable. Les lazzis les plus insignifiants, les calem bours les plus absurdes, sont le sujet continuel de ces éclats de rire étranges, heurtés, et l’épanouissement des traits de la face témoigne de la félicité la plus grande.
A ce moment, l’intellect ne voit rien, ne s’ar rête à rien; on rit et on est heureux de rire, tout semble bouffon, et j’ai remarqué des accès de rire, près de se terminer, reprendre avec une nouvelle force chaque fois que je voyais s’envoler la fumée d’une cigarette, ce qui me paraissait grotesque au plus haut degré. Si la dose de haschisch est peu élevée, l’ivresse peut se borner à ces manifestations, d’une
LF.S PLANTFS MAGIQUES I 17 intensité et d’une durée variables. Le rire est quel quefois tellement fort que l’individu ne peut arriver à prononcer une phrase. D’un autre côté, il est des sujets chez lesquels ces symptômes intellectuels man quent entièrement; ils arrivent de suite à la période extatique, les sensations physiques étant les mêmes, mais plus pressées et plus rapides.
La période du rire .et de l’excitation musculaire décroît peu à peu, les mouvements deviennent moins fréquents, le rire s’ar rête, la constriction du larynx et de l’œsophage atteint son maximum, les extrémités se refroidissentsensiblement, la chaleur se concentre, les battements du cœur sont plus fréquents, larespiration cstaccéléréc, desbouffées de vapeurbrûlante envahissent la tête; c'est le mo ment de la fantasia.
Les idées les plus disparates se pressent en foule et s epanchenten longs discours; elles s'ent remêlent, s’entrecroisenten phrases incompréhen sibles, se succèdent sans liens appréciables. La loqua cité existe encore, et les idées se traduisent cependant; bientôt la multiplicité, la rapidité des sensations exclut tout moyen de traduire ; c’est la période de l’halluci nation et de l’extase.
Alors la susceptibilité des sens est à son maximum, l’ouïe acquiert une délicatesse exquise, les fantasmagories les plus bizarres viennent danser devant les yeux; ce sont de fantastiques pay sages, des créations de lieux tout nouveaux; passé, présent, avenir, tout se confond, et l’esprit, absorbé dans la contemplation, est heureux de tout, même du souvenir des douleurs passées, car c’est l’effet général du haschisch-, il procure des jouissances infinies de l’intelligence, et l’on comprend que des esprits faibles,
118 l’initiation séduits par l’étrange volupté de ces sensations, ne puis sent se délivrer d’une telle habitude et continuent à rechercher ces joies malsaines.
A la fin de la fantasia, on passe tranquillement à un sommeil paisible, profond, égayé de rêves heu reux, et le lendemain d’une débauche de haschisch, loin de ressentir le dégoût et la fatigue qui suivent l’ingestion à haute dose des boissons alcooliques, le fumeur de chanvre indien se sent bien disposé, con servant le souvenir complet de tout ce qui s’est passé la veille et de tout ce qu’il a dit, vu et entendu.
Pen dant le cours d’une fantasia, il y a des périodes d’exa cerbation et d’autres de calme, où la volonté reprend ses droits; la durée d’une fantasia varie, suivant les doses, de trois à vingt-quatre heures, et chez les uns, dans une ivresse de quatre heures, la raison reparaî tra quatre ou cinq fois, pour quelques minutes seu lement, tandis que chez tant d’autres l’ivresse suivra sans rémission sa marche ascendante.
Mais la volonté peut suffire à empêcher la manifes tation des troubles intellectuels pendant un court laps de temps; d’autres fois elle suffira à changer la direc tion des idées et le sens de l’ivresse. Un haschisché peut traiter, pendant une demi-heure, une affaire sé rieuse, mais en dépensant une volonté énergique à réprimer l’hallucination, qu’il sent lui monter au cerveau.
Cette tension de l'esprit le fatigue au plus haut degré, et lorsqu'on permet à l’ivresse de re prendre sa marche, elle semble puiser dans le repos une excitation nouvelle. Lorsqu’un haschisché a pour quelques instants l’exercice de sa raison, s’il cause, il
LES PLANTES MAGIQUES IIÇ perd bientôt la notion des mots, et, arrivé, à la fin d’une phrase, il n’a plus la mémoire de ce qu’il voulait dire; les syllables lui offrent une signification inattendue qui devient le point de départ d’un autre ordre d’idées.
Souvent le mangeur de chanvre n’a pas conscience de son être et tombe dans des erreurs bi zarres ; l'un d'eux s’imaginait avoir perdu sa jambe droite et croyait la voir danser dans les rideaux de son lit; un autre, fléchissant l’avant-bras de manière à appuyer la main sur l’épaule, se plaignait de la dimi nution de son bras et ne pouvait saisir ce qu’il dési rait; un instant après il se croyait mort et se félicitait grandement d’en avoir fini avec l’existence; il enta mait un discours larmoyant, terminé en phrases bur lesques, qui présentait à son esprit un sens sérieux, et certes il se fût mis en colère si quelqu’un s’était moqué de lui.
Les individus qui sont sous l’influence du haschisch croient que tout ce qu’ils disent est ad mirable; ils se trouvent supérieursà l’humanité,et leur puissance intellectuelle leur parait décuplée; ils ont des attendrissements profonds, leurs amitiés sont hy perboliques et généralement ils rappellent par ce côté les ivrognes qui passent pour avoir le vin tendre.
Selon M. Ahmet Aly el Kafrawy, médecin au Caire, les circonstances extérieures modifient singulièrement le cours des idées, et il en est qui peuvent rendre l’ivresse cannabienne excessivement pénible. Ainsi, au milieu d’une fantasia, un jeune homme se pro menait dans une rue déserte, il faisait un clair de lune magnifique; l’halluciné était dans une période d’ex tase, il marchait lentement, la tête renversée en ar
120 l’initiation rière, adressant au ciel les prières les plus ferventes. Tout à coup, en regardant la terre, ses idées furent brusquement changées, et le haschisché, croyant que les parties éclairées par la lune étaient de l'eau, se déshabilla et se mit à nager pour franchir cette eau.
Un autre, en rencontrant un endroit où une grande maison projetait une ombre complète, voyait dans cette ombre des monstres horribles qui le menaçaient; il gesticulait violemment comme pour les combattre, il criait, affolé de terreur. Il est impossible de marquer toutes les extravagan ces de l’imagination qu’amène l’ivresse cannabienne.
S’il fallait raconter une fantasia entière, on cou vrirait bien des pages avant de dire toutes les aber rations qui se présentent à l’esprit des haschischés. Elles varient singulièrement et dépendent du tempé rament des individus ou des circonstances exté rieures.
Quelques-uns sont pris du besoin d’écrire leurs impressions ; ils couvrent le papier de leurs bizarres élucubrations et s'imaginent composer des œuvres dignes de l’admiration de tous. Souvent ce désir vient à ceux qui se trouvent complètement seuls pendant leur ivresse ; ils ont de sublimes pen sées qu’ils ne peuvent communiquer à personne, et, de peur qu’elles * ne soient perdues pour l’humanité, ils s’empressent de les consigner.
Beaudelaire, dans ses Paradis artificiels, nous raconte le cas suivant d’une haschischée par l’influence du milieu : « Voici un phé nomène extrêmement curieux selon moi; une domes tique, chargée d’apporter du tabac et des rafraîchisse ments à des gens pris de haschisch, se voyant entourée
LES PLANTES MAGIQUES 121 de têtes bizarres, d’yeux démesurément agrandis, et comme circonvenue par une atmosphère malsaine, par cette folie collective, part d’un éclat de rire in sensé, laisse tomber le plateau qui se brise avec toutes les- tasses et les verres, et s’enfuit, épouvantée, à toutes jambes. Tout le monde rit.
Elle a avoué le lende main avoir éprouvé quelque chose de singulier pen dant plusieurs heures, avoir été toute drôle, toute je ne sais comment.
Cependant elle n’avait pas pris du haschisch. » Préparations diverses du haschisch. — Les dif férentes préparations du haschisch employées sur tout en Égypte ne diffèrent, au point de vue de leurs influences enivrantes, que par la quantité de haschisch qui entre dans leur composition, et cette quantité est toujours en rapport avec les résultats que l’on veut obtenir.
Les principales préparations sont : i® Les bâtons de haschisch. — On distingue en gé néral deux espèces de bâtons, très différents dans leur composition aussi bien que par leur influence physio logique. La première espèce est nommée bâton de haschisch indigène.
On la prépare en recueillant les feuilles et les fleurs de Cannabis indica ; on les écrasse avec une quantité d’eau pour en faire une pâte, cette pâte est ensuite divisée en plusieurs fragments dont chacun pèse environ de 4? à 5 grammes. Ces fragments sont transformés en bâtons dont la lon gueur ne dépasse pas 8 centimètres ; ils sont de la grosseur d’un crayon. Après leur avoir fait subir ces diverses préparations, on les expose aux rayons so
l’initiation 12a laires ; dans trois ou quatre jours ils deviennent durs et élastiques ; c’est dans ce moment qu’on peut les conserver, dans une caisse en bois si le temps est hu mide, ou dans une caisse en fer-blanc si le temps est sec; ils sont d’une couleur vert noirâtre sale, sans odeur ; c’est le meilleur haschisch qui existe en Égypte.
La seconde espèce est fwnmée ttaschisch Kafour; c’est celui qui vient habituellement de la Syrie et de Constantinople. 11 est en forme de bâton, comme le précédent, mais il s’en distingue par sa coloration jaune verdâtre, par sa moindre consistance et par une odeur nauséabonde repoussante.
On le prépare de la même façon que le précédent, seulement on y ajoute des feuilles de jusquiame, de stramonium, de ciguë et d'autres feuilles et fleurs de plantes appartenant à la famille des Solanées vireuses. Les deux espèces de haschisch que je viens de dé crire sont spécialement employées par les fumeurs, toujours avec du tabac ; on ne les mange jamais, comme le disent cependant la plupart des auteurs.
Voici la manière dont on les emploie : le bâton de haschisch est réduit en plusieürs petits fragments avec les dents ou avec des ciseaux, et puis mouillé avec un peu d’eau pour qu’il ne prenne pas feu très rapide ment ; on le malaxe entre la paume de la main, on le mêle ensuite avec du tabac grossièrement coupé, si on veut le fumer dans le narghileh ; ou bien, si on veut le fumer dans la cigarette, on le mêle avec du tabac plus fin. La dose n’est pas la même dans les deux cas : ainsi, quand on veut fumer le haschisch à
LES PLANTES MAGIQUES 123 petite dose, on l’emploie dans la cigarette, tandis que quand on veut le fumer a forte dose, on s’en sert avec le narghileh. Aussi, comme je l’ai observé en Égypte, les individus qui ont l’habitude de fumer le haschisch l’emploient toujours dans le narghileh; au contraire, les jeunes gens qui commencent ne l’emploient que dans la cigarette à petite dose.
Ces deux espèces de préparations sont employées seulement dans les cafés. 2° Le Magoune. — Ce mot signifie pâle. On n’en connaît qu’une seule espèce qui est très employée en Egypte ; elle se prépare de la manière suivante. On commence par dissoudre la résine en traitant; les feuilles et les extrémités fleuries bien sèches par du beurre en fusion, ensuite on décante. On obtient ainsi l’extrait gras ; une fois refroidi, on y ajoute du miel.
Après avoir mêlé la masse, on additionne aussi, en remuant toujours, une poudre très fine composée de sucre, de cannelle, de fairine, d’opium, de stramoine, de noix vomique, de cantharide, d’ellébore ; on a alors une pâte composée d’une couleur jaune rou geâtre, d’un reflet verdâtre, d'une odeur aromatique nauséabonde, d’une saveur sucrée. On la conserve dans des pots en porcelaine.
Cette préparation est em ployée à la dose de 2 à 3 grammes à l'intérieur ; elle a pour effet l’excitation die l’appareil génito-urinaire. 3* Le Dawamesk . — Ce mot veut dire médica ment aromatique. On le prépare de la manière sui vante : on prend l’extrait gras du haschisch cité plus haut, et on y ajoute divers condiments et aromates, tels que sucre, miel, figues, dattes, noisettes, girofles,
l'initiation 124 gingembre, etc., pour constituer un électuaire d’une couleur rouge brun verdâtre désigné sous le nom de Dawamesk ; il a une odeur aromatique repoussante, ne renferme pas de cantharide, comme la prépa ration précédente, et est employé à la dose de 1 à 2 grammes à l’intérieur.
L’action de cette prépara tion sur le système nerveux est tellement grande, qu’elle n’est employée que pour les vieux haschischés, à cause de la forte dose de l’extrait gras de haschisch qui entre dans sa composition. 40 Le Garawisch. — Il est ainsi nommé parce qu’il provoque une sorte de craquement comparable à celui que produit le sucre entre les dents.
On le prépare de la manière suivante : on prend une dissolution concentrée de sucre et on y ajoute l’extrait gras du haschisch, en remuant ; on y met aussi de l’essence de rose et de menthe, de la cannelle en poudre, du gingembre et quelquefois des feuilles de stramonium réduites en poudre fine ; ensuite on concentre la dissolution au bain-marie jusqu’à consistance sirupeuse, après quoi on la laisse à l’éva poration.
Bientôt il se forme sur la surface du li quide une couche solide, d’une épaisseur d’un cen timètre, d’une largeur variable, d’une couleur blanc verdâtre, d’une saveur sucrée, d’une odeur aroma tique. C’est là le Garawisch, Cette préparation est très agréable à prendre.
On laisse les eaux-mères à elles-mêmes, pour obtenir une nouvelle couche, mais toujours les couches obtenues par cristallisation des eaux-mères sont plus minces et d'une qualité infé rieure aux premières. C. B.
lis Le Dr Ottoman Zar Adhust Ha’nish Lorsque la voix d’un homme entouré des prestiges du Prince de ce monde, s’élève pour crier : je doute ; peut-être n’est-il pas inutile que la voix d’un inconnu lui réponde publiquement: je crois. Le principe que cet homme attaque n a pas besoin d’être défendu et les plus grands Maîtres ont hésité avant d’écrire quoique ce soit sur le Seigneur de la race blanche, Jésus de Nazareth.
Aussi mon but en plaçant sous les yeux des lecteurs les théories du doc teur ottoman Zar Adhust Ha’nish est-il simplement de les mettre en garde contre les éblouissantes mais froides clartés du Plan Mental. Je voudrais dire à tous ceux qui seraient attirés par ce livre ou par d’autres analogues : Quelle que soit votre façon actuelle de concevoir le Christ, n’essayez pas par l’étude purement cérébrale de le comprendre mieux.
Cela ne dépend pas de vous mais de Lui. La seule chose qu’il vous demande pour répandre en vous la lumière et vous faire saisir intérieurement qu’il est l’AbsoIu lui-même manifesté sur terre, c’est de vous • • • aimer les uns les autres comme il vous a aimés, c’est de vous entr’aider et non de vous détruire, c’est de lui demander souvent qu’il vous fasse connaître sa véritable nature.
12Ô l’initiation Laissez donc de côté les productions pures du men tal ; loin de vous instruire elles approfondiraient les Ténèbres et en remplissant votre cerveau de phrases mortes, de mots sans racine dans le Plan Vital, elles retarderaient le moment où, fidèle serviteur, il serait devenu comme un lac tranquille et refléterait sans erreur les vérités vivantes du Plan Divin.
Donc le docteur ottoman Zar Adhust Ha’nish dont j’attaque non la personnalité, mais les doctrines, est un initié Persan (?) qui a fondé en Allemagne une secte Mazdeiste soutenue par une revue intitulée, Ma^danan, — et une Vie de Jésus — sachez d’abord que c’est le Zend-Avesta, traduit par Esdras que nous révérons comme étant la genèse de Moïse.
C’est aussi chez les fidèles de Zoroastrc que Jésus a été s’instruire (on trouve cette affirmation chez tous les fidèles du Plan Mental qui ne peuvent comprendre d’autre origine à la science que le Cerveau et le Livre). Mais voici maintenant le résumé de cette surprenante Vie de Jésus.
La jeune Miriam, orpheline de père et de mère, avait pour tuteur, son oncle Joseph,« homme de goût et de fine culture » en haute estime parmi ses compa triotes pour sa situation sociale et son art, — sculpteur sur bois. 11 était veuf et avait une nichée d’enfants, et il vivait ordinairement d’une façon luxueuse à Jéru salem, mais il possédait aussi une maison, des champs à Nazareth, dont il était originaire.
Joseph devant travailler à d’importantes réparations au temple de Jérusalem, avait confié la jeune Marie, à peine âgée de dix-sept ans, à la garde de sa cousine Elisabeth,
LE br OTTOMAN ZAR ADHÜST Ha’nISH I27 femme du grand-prêtre Zacharie qui n’était plus de la première jeunesse.
Celle-ci était affiliée à une secte, les Esséniens, qui se cachait dans les montagnes du Karmel, elle emmena la jeune Marie avec elle pour écouter les conseils du Maître, « qui devait jouer un rôle prépondérant dans l’introduction d’une nouvelle religion, et être l'instrument de la vie de deux hom mes: Jean, le Baptiste, et Jésus, le Nazaréen — père de tous les deux, connu sous le nom d’Elye-Eli du Karmel. » Je ne puis exprimer le sentiment pénible que me donne cette équivoque histoire ; désigné sous le nom de Ga’bre Eli, il joue un rôle occulte jusqu’à la mort de Jésus.
Ga’bre Eli, Gabriel, du moins la poétique annonciation de l’Archange était digne de l’événement qu’elle annonçait. Jésus ne pouvait naître comme un vulgaire mortel. Pourtant s’est-on déjà assez moqué de l’équivoque ! Celle de Ga’bre Eli est infiniment pire. Mais passons. L’enfant naît, comme tous les autres, il est élevé avec soin par Marie, d’après les conseils de Ga’bre Eli, et ses étonnantes dispositions ravis saient sa mère.
On lui donna des maîtres à la maison, et ses progrès furent si rapides qu’à dix ans, il n’y avait plus rien à lui apprendre. Joseph, qui pour faire taire les mauvaises langues avait^ épousé Marie, ap prenait son art à Jésus, qui là aussi surprenait tout le monde, si bien qu’à treize ans, il eut une voix dans la commune, à l’unanimité du peuple.
A quinze ans, ses parents lui permirent de faire un voyage d’affaires avec des amis, mais les affaires ne l’intéressaient
128 l’initiai h »N [février qu’autant quelles lui permettaientde mieux connaître les hommes.
A dix-sept ans, il se trouva à Alexan drie, puis plus tard en Grèce pour s’instruire dans les arts ; après la mort de Joseph, il retourna de nou- € veau à Alexandrie « pour éteindre sa soif de science à la source de l’érudition » (I!) Là il fit la connaissance d^Apollonius de Tyajie, Jean de Corinthe, Judas Isca riote, Simon de Cyrène et autres, et puis la science médicale de l’Egypte lui paraissant insuffisante il se décida à voyager dans l’Inde dont la religion profonde l’impressionna.
A son retour il reste deux ans et demi dans le temple des adorateurs du soleil « pour y étudier la médecine, la science et la philosophie (1) et c’est là qu'il fit le Vœu de délivrer l’Humanité (?) ». De retour dans sa patrie, il fut nommé Rabbin de Nazareth. Sa haute science et sa prodigieuse force curative lui attirèrent de nombreux admirateurs et finalement fut élu membre du grand Conseil à Jérusa lem.
Caïphe qui rêvait de devenir roi des Juifs, poussaità une politique d'aventures,et croyant comprendre que Jésus voulait lui aussi secouer le joug Romain, il le voulut faire proclamer roi d’Israël par le Sanhé drin, parce qu’il pensait, que, s’il devait y avoir une victime, il valait mieux que ce ne soit pas lui, Caïphe.
Jésus laissa la cérémonie se dérouler jusqu’à la fin ; puis tout à coup, il se leva, et dit d’une voix ton nante : Tu dois servir le seigneur, ton Dieu. De là, terrible inimitié de Caïphe. Jésus continua à s’occu per d’astronomie (!) à faire des prophéties, à guérir des malades et après quelques années il eut plusieurs
I909J LE Dr OTTOMAN ZAR ADHUST Hâ’nISH I 2Q disciples. La vive admiration de tous ceux qui ie connaissaient lui créait beaucoup d’ennuis ; plusieurs attentats eurent lieu contre sa vie, à cause de la crainte que les prêtres avaient de lui, bref, pendant huit ans, qu’il travailla les classes populaires, il eut à lutter contre de nombreuses difficultés. Le plus fervent de ses admirateurs était...
Judas Is cariote, c'est lui qui prenait pour miracles la guérison des malades, le changement de l’eau en vin, etc., et il s'entendait très bien à faire considérer comme un grand honneur aux donateurs, quand il voulait bien remplir la caisse du maître à leurs dépens. « 11 n’était pas très spirituel, » mais vif et ingénieux.
Il était heu reux d'être parmi les disciples, il ne songeait qu’à faire un grand nom à son Maître, et c'est lui l’auteur de l’entrée à Jérusalem, un vrai metteur en scène, comme vous voyez,que Jésus, bénévole, laissait faire.
Le Sanhédrin inquiet demanda à Rome son arresta tion, et le croiriez-vous, Judas, le pauvre Judas, con vaincu que Jésus pouvait disparaître quand il le vou drait, pour jouer un bon tour au Sanhédrin et le confondre, alla trouver Caïphe, et lui proposa de lui dire où il pourrait faire arrêter Jésus, moyennant finances, naturellement.
Et quand Jésus lui dit < ce que tu fais, fais-le vite » il pensa que celui-ci, clair voyant comme toujours, l’avait compris, et joyeuse ment il alla conduire les soldats au jardin particulier de Gethsemani, où Jésus était allé s’entretenir avec Ga’bre Eli ; ils parlaient doucement ensemble dans l’obscurité de la grotte, quand toutà coup, ne recevant plus de réponse, Jésus chercha les mains de son Père, 9
i3o l’initiation son cœur, sa tete : il était mort et glacé. C’est pour cela qu’il pleura amèrement et qu’il dit « que ta vo lonté soit faite » : Son domestique Raphaël se hâta vers le palais de Joseph d’Arimathie, et quand Joseph vint avec les serviteurs, les soldats arrêtaient Jésus. — Le procès eut lieu, la crucifixion ; mais...
Les amis veillaient à ce qu'il n,e soit pas blessé mortellement (/) Grâce à un narcotique on put le descendre â temps, et on le conduisit par un chemin secret dans le palais de Joseph d’Arimathie où il se guérit lentement. Il vécut encore de longues années caché, et on l'enterra à l’Est delà mer Morte. Et Judas, dira-t-on ? On s’imagine sa stupeur lors qu’il vit que Jésus se laissait arrêter, condamner et crucifier.
Fou de douleur, il suivit chaque étape du drame et courut au tombeau où il vit son maître comme un fantôme. Dans sa folie, il le reconnut et entendit sa douce voix lui dire : Judas, viens avec moi. Il voulut le suivre, mais il roula au bas de l’es calier de pierre et se blessa grièvement à la tête.
Il se releva et courut à la pierre qui couvrait le tombeau; il la renversa pour entrer, et sortit aussitôt en criant vers la ville, suivi des deux gardes épou vantés.
Arrivé près de la ville, il retourna vers le jar din de Joseph où un homme en habit blanc le reçut ; il fut si effrayé de son apparition, qu’il se mit à cou rir dans les montagnes, suivi de l'homme, qui ne put l’empêcher de rouler dans l’abîme, où il se brisa la tête et se cassa bras et jambes. Joseph d’Arimathie le fit ensevelir avec tous les honneurs dus à un ami cher, près de sa propriété.
LE Dr OTTOMAN ZAR ADHUST Ha’nISH I 3 I Tel est cet extraordinaire ensemble de naïveté et d’incompréhension, qui, je le sais, enthousiasme en ce moment un grand nombre d’hommes ! Ils ne sont vraiment pas difficiles ! Puissent-ils ne pas errer trop longtemps dans les ténèbres et revenir à Celui qui étant lui-même la Sagesse, la Science Eternelle et la Vérité, n’avait nul besoin de la sagesse, de la science et de la vérité relative de ses créatures. G. Phaneg.
Hz Won ûeiWe sur la Plaque ptoWapNque( '1 (i) Note de M. Guillaume de Fontenay, présentée par M. d’Arsonval. M. le commandant Darget a récemment commu niqué à TAcadémiedes Sciences une suite d’expériences desquelles il concluait que l'organisme humain serait une source de radiations agissant sur le gélatino-bro mure d’argent à peu près à la façon des rayons X ou des rayons p et y du radium. Voici le fait principal sur lequel cet observateur fondait son affirmation : On applique contre la coiiche sensible d’une plaque au gélatino-bromure le côté blanc d’une feuille de papier dont l’autre face porte un texte manuscrit ou imprimé. On enveloppe le tout dans du papier noir, puis dans du papier rouge. Enfin on maintient contre le front, au moyen d’un bandeau,pendantBo minutes ou i heure, la plaque ainsi préparée, en ayant soin que le dos de la plaque se trouve du côté du bandeau et que, conséquemment, l'émulsion se trouve du côté du front, dont elle est séparée par une épaisseur de papier rouge, une épaisseur de papier noir et enfin
ACTION DE L’ENCRE LA PLAQUE PHOTOGRAPHIQUE I 33 par la feuille de papier-cliché. Après développement la plaque porte assez souvent une reproduction plus ou moins exacte des caractères ou des dessins tracés sur le cliché-papier.
Comme il me paraissait peu vraisemblable et qu'en tous cas il n’était nullement prouvé qu’un tel résul tat fût produit par une radiation quelconque de l’organisme humain, j’ai repris les expériences de M.Darget en partant d’une hypothèse toute différente : l’hypothèse d’une action chimique de l’encre sur la couche sensible.
Ce point de vue s’est montré avantageux, car j’ai pu, dès les premiers essais, éliminer l’hypothèse des prétendues radiations. En effet, tout en actionnant une plaque avec mon front suivant la méthode Darget, je soumettais une plaque-témoin, pendant le même temps, à une source artificielle de chaleur humide, et j’obtenais, après développement dans le même bain, deux clichés absolument compa rables.
Voici probablement ce qui se produit : La transpiration insensible de la peau (qu’on imite artificiellement au moyen d’un dispositif bien simple que je ne décrirai pas ici) distille en quelque sorte à travers les enveloppes, et vient se condenser sur la gélatine de la plaque relativement froide, après avoir traversé en dernier lieu la feuille de papier-cliché.
On comprend que les molécules qui viennent de traverser une partie encrée aient une action bien différente de celles qui ont traversé du papier blanc caractères se trouvent reproduits. Il y et qu’ainsi les ans déjà
l’initiation 134 que le capitaine Colson nous a décrit l’action de l’encre à sec sur la plaque au gélatinobromure (i). Cependant, sans rappeler le détail d’observations bien connues, j'appellerai l’attention sur certaines différences que j'ai remarquées entre les faits Colson et les nouvelles expériences. Voici les principales : i° Le contact est fort abrégé.
De 2 ou 3 jours il est réduit à 2 ou 3 quarts d’heure ; mais le capitaine Colson opérait à froid et à sec: ¡1 n’est pas surprenant que l’espèce de distillation dont je parlais tout à l’heure multiplie considérablement l’action de l'encre. 20 II n’est plus nécessaire que l'encre soit au con tact de la couche sensible. Les caractères peuvent être tracés soit au recto, soit au verso du cliché-papier.
Cependant, et surtout avec les papiers d’épaisseur sérieuse, l’action est plus énergique pour les carac tères tracés au recto, c’est-à-dire en contact avec le gélatinobromure. 3° Il est inutile de voiler la plaque avant de la sou mettre à l’action de l’encre ou après l’y avoir soumise et avant de la développer (voile préalable et voile ulté rieur de Colson). Mais le point le plus intéressant et que. je signale plus expressément est le suivant.
Dans ces expériences l’encre n'agit pas, comme dans les expériences du . capitaine Colson, en fournissant toujours un négatif. Elle fournit tantôt un négatif, tantôt un positif. Au cours des quelques expériences que j’ai pu faire, peu nombreuses il est vrai, je ne suis pas arrivé à (1) R. Colson, la Plaque photographique, 1897, p. 14, i5, 16 et passim.
ACTION DE L’ENCRE SUR LA PLAQUE PHOTOGRAPHIQUE 135 préciser les causes de cette double action. Quelque fois la raison pour laquelle on obtient un positif saute aux yeux. Par excès d'humidité, il s’est produit un transport d’encre du papier à la plaque; c’est un vrai décalque, comme si l’on s était servi d’encre à copier.
Mais bien souvent il n’apparaît pas que ce phénomène à côté soit venu à se produire, et cependant l’inscrip tion est encore positive. Parfois aussi une partie des inscriptions est positive, l’autre négative.
J’ai même obtenu de temps en temps pour un même trait, une partie noire correspondant au trait lui-même du cliché-papier ou à sa partie centrale, et une sorted’empâtement clair, négatif, s’étalant à droite et à gauche, comme si la gélatine avait bu. Les causes qui entrent en ¡eu dans ces phénomènes sont si multiples et si complexes qu’il y aurait lieu d’instituer des expériences absolument méthodiques, ce que je n’ai pu faire.
Il faut tenir compte de la na ture et de la composition de l’encre (i), de son état de fraîcheur, ou d’oxydation, de l’ctat hygrométrique du cliché-papier et des enveloppes noires etrouges.La plaque elle-même peut être plus ou moins sèche. Enfin, le degré de pression quelle supporte peut bien aussi ne pas être indifférent au résultat.
Les observa teurs, qui auront le temps et la patience de continuer cette étude en ne faisant varier à chaque fois qu’un seul de ces divers facteurs, arriveront certainement à . préciser les causes de ces divergences curieuses. ( i ) L’encre dont je me suis servi et que fabrique la maison Herbin porte la désignation commerciale de la Perle des encres. ( 11 janvier 1909).
î 36 l’initiation Je signalerai en terminant que je n’ai jamais pu obtenir deux des résultats annoncés par M. Darget. L’encre d'imprimerie est toujours restée inactive dans mes expériences. Le capitaine Colson, lui aussi, l’avait trouvée inactive. D’autre part, M. Darget a obtenu la reproduction de clichés-papiers qui avaient été placés au dos de la plaque, ce qui exclurait toute action chimique.
En ce qui concerne l’encre d’imprimerie, je ne peux que me borner à constater cette différence de résul tats. J’ai pourtant essayé de très vieilles encres prove nant d’ouvrages anciens et des encres fraîchesempruntées à des journaux de la semaine; mais je reconnais volontiers que les encres grasses n’ont pas toutes la même composition et que j’ai pu jouer de malheur.
Cependant le fait de plaques impressionnées à tra vers le verre m'a fait penser que peut-être aussi M. Darget avait omis de prendre certaines précau tions indispensables, comme de tenir ses clichéspapiers à l'obscurité durant quelques jours avant de les utiliser.
Si de tels soins ont été négligés, si des papiers insolés ont servi aux expériences ou si encore l'éclairage du laboratoire n’était pas inactinique au moment de la préparation des enveloppes, il ne faut pas s’étonner outre mesure des résultats obtenus par cet observateur.
Il ne sera pas inutile de compléter, à l’intention des Psychistes, ce que la note ci-dessus a d’incomplet du fait qu’elle s'adressait surtout à des Physiciens et que, d’autre part, je ne pouvais outrepasser les mesures réglementaires.
ACTION DE L’ENCRE SUR LA PLAQUE PHOTOGRAPHIQUE ! 11 est malheureusement certain — et non pas seu lement probable — que les expériences du comman dant Darget, conduites sans méthode suffisante, ne prouvent nullement l'existence des radiations orga niques.
A. — D'abord aucune des expériences où le papier a été appliqué contre la surface sensible ne prouve quoi que ce soit, puisque Ton obtient les mêmes ré sultats avec unesource artificielle de chaleur humide. B. — Reste à considérer les cas où il y a eu im pression, le papier se trouvant placé au dos de la plaque.
Ici, interviennent un grand nombre de causes d’erreurs reconnues par M. Darget luimême. i°. — Nombre de plaques ont été confiée^ à des tiers et envoyées jusqu'en Amérique.
Il est donc im possible de taire état de documents qui ont pu subir à l’insu de leur expéditeur les traitements les plus extraordinaires (rayons X à la douane, par exemple, ou simplement chez des particuliers (il s’en trouve toujours) enclins à jouer — « un bon tour * — à l’in vestigateur. 2°. — M. Darget a reconnu avoir employé n’im porte quel papier, le premier venu et entre autres des prospectus distribués dans la rue.
Impossible encore d’accepter de telles expériences, à raison de l’insolation probable subie par tes clichés-papiers. 2°.— Le 16 décembre, en présence de plusieurs témoins, et entre autres des docteurs Edmond Allain et Demonchy, M. Darget est venu expérimenter à la Société Française de Photographie. Nous avons voulu
138 l'initiation répéter la seule de ses expériences qui pourrait prou ver quelque chose, c'est-à-dire la reproduction d’un cliché-papier placé au dos de la plaque. Un de ces messieurs avait apporté les plaques, en boîte intacte; j’avais apporté les papiers-clichés revêtus de lettres manuscrites et de lettres imprimées, papiers que j’avais eu soin de conserver depuis quelques jours dans l’obscurité.
Enfin, le commandant Darget avait apporté le révélateur, afin qu’il ne pût nous reprocher d’avoir employé un bain mal préparé ou des produits inefficaces. C’est également d’accord avec lui que l’on avait adopté pour ces plaques la marque Lumière étiquette bleue. Nous avons eu le chagrin — d’ailleurs prévu — de ne rien voir au développement sur nos plaques.
Jusqu’à nouvel ordre nous sommes donc fondés à dire que les faits signalés par le commandant Darget ne prouvent aucunement l’existence de radiations organiques.
Quede telles radiations existent c’est pos sible et même probable; mais si l’on veut bien y ré fléchir on trouvera qu’il est par contre fort impro bable que les plaques photographiques actuelles fabriquées industriellement, puissent déceler de telles radiations à travers trois épaisseurs de papier, noir, rouge et blanc. * En effet, depuis la préparation de gélatine jusqu’à la mise en châssis et au développe ment final, par combien de mains ne passe pas chaque plaque ?
Si nous émettions normalement une si éner gique radio-activité, les plaques seraient livrées, aux consommateurs voilées, et inutilisables. La force même des choses et les nécessités commerciales obligent
ACTION DE LENCRÈ SUR LA PLAQUE PHOTOGRAPHIQUE 13g donc les fabricants à n’employer que des émulsions pratiquement insensibles aux effluves humains. Je rends pleinement hommage à l’infatigable ardeur et au zèle de M. Darget. Il serait à souhaiter que beaucoup de chercheurs eussent sa persévérance et son activité, mais je crois nécessaire que les Psychistes s’élèvent les premiers contre les fautes de méthode qui se produisent parmi eux.
Bien que les recherches auxquelles ils se livrent commencent à sortir de la période de discrédit complet qu’elles ont dû traverser, le public — savant ou ignorant et ignorant sur tout — est encore trop prompt à nous accuser d’aveu glement volontaire pour que nous ne fassions pas justice nous-mêmes des erreurs que nous constatons autour de nous et que nous n’en arrêtions pas dans la mesure de nos moyens l’éclosion et la propa gation.
11 va sans dire que je ne parle et n’ai le droit de parler qu’en mon nom personnel, mais je sais bien cependant qu’un grand nombre de Psychistes pensent absolument comme moi sur ce point. G. de Fontenay. Paris, 17 janvier 1909.
|40 Réponse à M. de Fontenay Radio-Activité humaine (Rayons vitaux). Pour répondre à la note de M. de Fontenay, lue par M. d’Arsonval à T Académie des sciences, je commence par annoncer que M. d’Arsonval m’a dit n'avoir reçu aucune photographie comme preuve et que M. de Fontenay m’a avoué n’en avoir fourni aucune. La bonne foi de M. d’Arsonval a été surprise en cette circonstance.
Puisque M. de Fontenay n’a pu énoncer que des hypothèses, qui n’ont acquis de la valeur qu’à cause de leur lecture à l’Académie, je vais les prendre une à une pour en démontrer l’inanité. Je commence d’abord par lui donner la réponse que voici insérée dans le journal Y Éclair du 3i janvier.
Eclair du 3f janvier 1909 : « Le commandant Darget nous informe qu’en ré ponse aux critiques qu’avait faites de sa note sur les radiations humaines M. G. de Fontenay, il avait adressé au secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences la lettre suivante qui fut lue à la séance du 18 janvier :
RÉPONSE A M. DE FONTENAY 141 « Monsieur le Secrétaire perpétuel, « M. de Fontenay a présenté, lundi dernier, à l’Académie, par l’organe de M. d’Arsonval, une note sur la radio-activité humaine, disant en substance que les photographies obtenues par les radiations étaient soumises à deux causes d’erreur : « i° Humidité du front à la température du corps humain; * 20« Illumination » préalable des papiers envelop pant les pellicules.
« Or, j’avais moi-même prévu ces cas, et j’avais fait des expériences, même avec du papier exposé longuement au soleil. Dans aucune des expériences, je n’ai pu obtenir d’impression quelconque. « M. de Fontenay, lui-même, n’a fait que des hypo thèses, il n’a pu obtenir aucune impression. « Ces deux hypothèses ne peuvent donc modifier en rien l’action des radiations humaines, ni mes con clusions antérieures.
« Je tiens à le faire remarquer immédiatement, « Et je vous prie d’agréer, etc. « Commandant Darget. » Continuons maintenant à disséquer M. de Fonte nay : 1® L’expérience de M. de Fontenay qu’il appelle la voie humide, si réellement il l’a faite, ne fait pas ex pliquer les expériences que je fais sur le front ou autres parties du corps qui ne peuvent dépasser 37® tandis que sa vapeur est produite à ioo *.
l’initiation 142 D'ailleurs» j’ai provoqué de la chaleur humide en mettant une serviette humide comme tampon sur une vitrose, entourée de mes trois enveloppes habi tuelles. sur le creux de l’estomac pendant 4 heures. Aucune lettre n’est venue. M. de Fontenay devrait savoir que l’humidité ab sorbe le fluide vital, le prend pour elle seule.
20 En dehors des expériences avec l’écriture manus crite, j’en ai fait avec des encres d’imprimerie que M. Colson et lui-même avouent ne pas agir sor la plaque photographique.
Dernièrement, à l’hôpital de la Salpétrière, dans le laboratoire du directeur du service de la Radiogra phie, Mlle B. a reproduit sur le front le mot « Merveil leux » découpé dans la revue VÉcho du Merveilleux, Or. j’avais mis une feuille de papier blanc, comme intercalaire entre le papier portant le mot Merveilleux et la plaque. Le mot a été inscrit sur la plaque ainsi qu’une marque à l’encre ordinaire que j’avais faite sur l’in tercalaire.
Ces 2 papiers sont 2 témoins indéniables. J’ajoute qu’aucune infiltration d’encre, de noir, ne se voit sur l’intercalaire qui est resté immaculé. 3° D’ailleurs, si M. de Fontenay veut bien accepter de faire une série d’expériences à la Salpêtrière, je suis certain de lui démontrer la réalité de la radio activité humaine.
Comme je suis appelé en Belgique et en Hollande pour faire 4 conférences sur cette radio-activité avec une centaine de clichés à l’appui — n’oublions pas que M. de Fontenay dit en avoir fait, mais qu’il n’en
RÉPONSE A M. DE FONTENAY 143 a présenté aucun à l'appui de son dire — je le préviens que je serai à sa disposition à partir du 20 février. 40 Puisqu’il n’a pasfournide photographies, je suis autorisé à lui dire que, dans le cas où il aurait fait une expérience sans résultat il devrait savoir que l’on ne peut pas affirmer, pour les expériences psychi ques, une réussite à jour et à heure fixes.
Il n’a qu’à ‘avoir la patience de continuer, oser toucher sans gants les différents ingrédients servant à la photogra phie, ne pas se plaindre d’avoir à plonger ses doigts dans le révélateur, ne pas demander au docteur Allain de faire sonner sa montre à répétition lorsque nous faisions une expérience dans l’obscurité et que le temps lui semblait long ; en un mot ne pas se montrer un expérimentateur qui a hâte de s’en aller.
Je rappelle à M. de Fontenay ses défaillances d’ex périmentateur la seule fois où nous nous sommes réunis pour faire une expérience et où j’ai eu à lui dire, aimablement d'ailleurs : « On voit bien que la vraie science vous intéresse peu, ayez la patience d’aller jusqu’à la fin. » 5° Continuons à parler de ces expériences faites à la Société de photographie.
M. de Fontenay exigea qu’on les fît toutes sur le côté verre de la plaque malgré mes protestations, comme peut en témoigner le docteur Allain. Il cite les docteurs Allain et Demonchy qui ont pu être mécontents de se trouver,'tout vivants, impri més, dans le journal V Eclair \ car le docteur Allain, que je vis le surlendemain de la note à l’Académie, et qui paraissait fâché de voir que M. de Fontenay
144 l'initiation avait fourni une pareille note, si peu conforme à la vérité, me dit : « Je tiens à constater et je vous l'enverrai par écrit si vous avezen besoin que les expériences que j’ai faites avec vous et M. de Fontenay ont été dirigées par ce dernier et faites d’après une méthode contre laquelle vous avez protesté. » 6° Donc, il n’a pas le droit de tirer des conclusions défavorables contre mes expériences puisqu'il ne s’est pas mis dans des conditions semblables aux miennes.
7° M. de Fontenay, s’il s'occupe réeJlement de questions psychiques comme il le prétend puisqu’il semble prendre en main leur défense, ce qui me paraît être un comble d’ironie venant d’un tel expéri mentateur, devrait avoir entendu parler de mes pho tographies obtenues à sec, plaque nue, en cabinet noir; de mes photographies de la Pensée, des mala dies; des colorations que j’obtiens sur les clichés; des photographies du fluide vital des animaux, des végétaux, des minéraux, que tant de journaux et de revues ont fait graver depuis plus de dix ans.
8° Je ne m’attendais pas à trouver un adversaire parmi les hommes qui prétendent étudier ces ques tions depuis longtemps ; car leur opinion devrait être faite à la suile des expériences photographiques de Pio Foa avec Eusapia, laquelle décharge aussi l’électroscope à distance, ce qui établit scientifiquement la radio-activité par un autre procédé que le mien. 9* En résumé, M. de Fontenay a parlé sur un sujet qu’il avait insuffisamment étudié. Commandant Darget.
Rétablissons les faits Lettre ouverte à M. de Vesme, directeur des « Annales psychiques ». Mon cher confrère ( i), Je viens de lire dans votre numéro daté du 16 scptembre-ier octobre, qui m’est parvenu seulement le 1er décembre, votre article intitulé: Les Fantômesillusion du médium Miller dans lequel vous n’hési tez pas, à plusieurs reprises, à suspecter la valeur de mon témoignage. Je suppose qu’il est inutile de sou mettre à vos lecteurs les raisons qui me portent à croire que ce jugement n’est pas sans appel, c’est pourquoi, comptant sur votre impartialité, je désire mettre sous leurs yeux les pièces du débat. Mon intention n’est pas de relever tout ce qui me paraît inexact dans vos appréciations, car ne voulant pas abuser de votre hospitalité, la place me manqueX. (i) J’ai adressé, le i5 décembre dernier, cette lettre à M. de Vesme en lui demandant l'insertion dans les Annales.compte sur son impartialité pour la faire connaître par son public, qui n’est pas le même que le mien. Ayant été mis en cause, mon droit de réponse est absolu. /o
146 L’initiation rait pour le faire convenablement. Je me bornerai donc ici à ce qui m’est personnel. Je désire déclarer tout d’abord, et formellement, que je ne me fais nullement ledéfenseur de M. Miller, car je n’ai pas qualité pour cela ; mais, moi aussi, je considère comme un devoir de conscience d’affirmer hautement ce que je crois la vérité. 11 ne s’agira donc que des phénomènes que fai pu observer personnel lement et qui ont fait l’objet de procès-verbaux, écrits immédiatement après les séances.
Afin de prévenir tout malentendu désobligeant, je me hâte de déclarer que je ne mets nullement en doute votre absolue bonne foi, et que si vous avez écrit un réquisitoire plutôt qu'une étude froidement scientifique, j’en attribue les causes, d’abord à vos préventions antérieures, et ensuite à ce phénomène bien connu des psychologues, qui a pour résultat de déformer les souvenirs des faits, en ne laissant subsis ter que ceux qui sont conformes à la disposition d’es prit que l'on avait au moment de l'observation.
Votre thèse consiste à soutenir que l'on ne voit jamais la main droite du médium lorsqu’il est en dehors du cabinet et, dès lors, de là à supposer qu’il s’en sert pour tromper, il n’y à plus qu’un pasv que, d’ailleurs, vous n’hésitez pas à franchir.
Malheureu sement pour votre hypothèse, il existe de nombreux témoignages en opposition formelle avec le vôtre, et comme je suis parmi ceux de cette dernière catégorie, vous avez cru utile de faire croire que je me serais trompé.
11 est fâcheux que votre article vienne 5 mois après que les événements ont eu lieu, car il est cerRETABLISSONS LES FAITS >47 tain quà cette distance on ne peutguère rétablir, avec une suffisante exactitude, les termes exacts d’une conversation.
Mais il est un moyen de trancher la question, c’est de se reporter au procès-verbal de la séance en question publié par M. et Mme Letort dans Y Echo du Merveilleux du i5 juillet.— Or celui-ci mentionne que « Delanne voit bien que le médium a les mains sur les genoux ».
Entre cette affirmation catégorique et la rétractation que vous m’attribuez tardivement, vous me permettrez de préférer le texte du rapport écrit tout de suite après, et d’ailleurs con forme à mes souvenirs, plutôt que votre version ac-. tuelle.
Ce qui me rend plus suspecte encore la fidélité de votre mémoire, c’est que vous ajoutez : « Mais quand mêmeje médium disposerait de sa main droite, conclut mon confrère, il ne pourrait pas simuler avec elle les apparitions magnifiques auxquelles vous allez assister ». Cette fois, c’en est trop !
Je suis abso lument sûr de ne m’être pas exprimé ainsi, car je sais assez, par suite d’une Longue pratique, combien sont variables les résultats de ces expériences, pour avoir fait montre d’un pareil optimisme, surtout quand une demi-heure s’était écoulée déjà sans presque rien obtenir.
Vous oubliez peut-être un peu trop, mon cher con frère, qu’en ces matières, plusieurs paires d’yeux voient mieux qu’une seule, et qu’il faut faire état du . témoignage d’autrui. Or M. le docteur Péchin, bien placé pour observer, a vu également dans cette même séance, « une main d’une apparition et en même temps les deux mains du médium ». Aurait-il été, lui aussi,
148 l’initiation illusionné, comme M. le pasteur Benezech et moimême ? Pour un peu, il faudrait donc imaginer que tout le monde voit mal, excepté vous, ce qui est pro bablement un peu excessif. Arrivons maintenant à cette séance de contrôle dont vous essayez de diminuer la très réelle valeur, puisque, à vous en croire, elle ne signifierait plus grand’chose.
Avant d’accepter ce verdict, permettezmoi de vous dire que, sur ce point, votre opinion a varié considérablement, car vous avez fait partie de la réunion préparatoire, et à cette époque vous trou viez suffisantes les précautions projetées, sans quoi vous n’auriez pas manqué de faire les observations nécessaires, car vous étiez, comme les autres, convo qué spécialement pour cela.
Mais laissons de côté la part de responsabilité que vous avez encourue de ce chef, pour examiner si, oui ou non, une supercherie était possible dans les con ditions où la séance eut lieu.
Je rappelle : r Qu’une commission composé de non spirites dont vous faisiez partie en compagnie de MM. Bene zech, Blech et Gaston Méry, fut chargée d’examiner minutieusement la salle et le cabinet, avant que per sonne y pénétrât, pour s’assurer que rien ne s’y trouvait caché qui pût servir au médium pour se déguiser.
20 Que le médium, pris en bas de l’escalier, fut accompagné par la commission jusque dans la salle des séances sans avoir pucommuniqueravec les assis tants ; qu’il fut mis nu comme un ver et soigneuse ment examiné sur toutes ses faces.
RÉTABLISSONS LES FAITS 149 3° Qu’il fut revêtu d’un vêtement neuf, sans poches ni doublures, que la commission avait examiné au préalable. 40 Que les membres de la commission se sont mis devant le médium, le couvrant de leur corps, jusqu’à ce que tous les assistants fussent entrés dans la salle et aient pris leurs places. 5° Que les mêmes opérations de visites et de con trôle furent faites après la séance.
Ce programme fut fidèlement exécuté ; et l’impres sion générale si favorable, que M. Gaston Méry, peu suspect cependant de tendresse pour íes spirites, écrivit dans VEcho du Merveilleux ; « Libre après cela (l’exposé des opérations de la commission de contrôle) aux sceptiques de continuer de parler de fraudes et de supposer des trucs.
« Il nous est impossible, quant à nous, d’imaginer le mécanisme d’une supercherie quelconque, et si invraisemblables et si déconcertants que soient les phénomènes, nous nous faisons comme une sorte de devoir de conscience de déclarer que, en l’état de choses actuel, rien ne nous permet d’en suspecter l’authenticité. » Je partageais, et je partage encore l’opinion du dis tingué directeur de VEcho du Merveilleux, car il ne s'est produit aucun événement capable de modifier mon opinion, en ce qui concerne celte séance mémo rable.
Vous semblez croire maintenant, mon cher con frère, qu’un compère aurait pu se glisser parmi les assistants et que c’est lui qui aurait jeté à Miller les
iSo t’ïNITiATlOK objets indispensables pour effectuer ses déguisements.
Cette hypothèse, qui est raisonnable, me paraît cepen dant peu sérieuse, parce que : i° Je connaissais (sauf deux invités insoupçonna bles) tous les assistants, et j’ai la certitude morale qu'aucun d’eux n'aurait été capable de se prêteràune si honteuse supercherie ; 2° Mais, en supposant même l’invraisemblable, il n'aurait guère été facile au prétendu compère de jeter un objet quelconque (boule ou paquet) sans que son geste ne tût vu et signalé par ses voisins qui, eux, étaient de bonne foi.
Or rien de semblable ne s’est produit, ce qui me paraît diminuer singulièrement la valeur de votre supposition, d’autant mieux qu’il eût été nécessaire que Miller se débarrassât ensuite des dits objets, ce qui aurait été encore plus difficile que de les recevoir la première fois, tout le monde ayant les yeux fixés sur lui quand il sortit du cabinet.
Quand l’imagination est débridée, il n’y a plus de raison pour qu’elle s’arrête ; c’est pourquoi certains ont été jusqu’à supposer que c’est en lui que le mé dium portait son arsenal de prestidigitateur : tulle illusion, masques, barbe, faux seins, etc., etc. Miller aurait-il dissimulé dans son corps à l’endroit que Von devine; une « cartouche * comme certains prisonniers en usent pour cacher ce qu’ils veulent soustraire à l’attention des geôliers ?
A propos d’au tres expériences, j’ai interrogé jadis des médecins des maisons qui m’ont dit qu’une visite minutieuse et interne faisait parfois découvrir là de petits objets: limes faites avec des ressorts de montres, pièces de
RÉTABLISSONS LES FAITS l5| monnaies, billets de banque, etc., mais qu’il leur semblait impossible qu’un individu pût conserver de cette manière un paquet un. peu volumineux, surtout s’il devait marcher. D’ailleurs, à quoi bon nous attarder à des suppositions qui deviennent aussi vaines qu’inutiles, si des faits établissent que cer taines apparitions ne pouvaient pas être simulées par le médium déguisé.
C’est justement ce qui eut lieu pour le fantôme d’Angèle Marchand et pour celui de Lily Roberts, voici pourquoi: Lorsque Angèle Marchand fut formée, elle sortit du cabinet, s’avança dans le cercle, et fut visible pourtout le monde. Le procès-verbal mentionne ces faits et spé cifie qu'elle était petite. Or Miller est d’une taille un peu au-dessus de la moyenne et d’une forte corpu lence.
Imaginez-le recouvert de quelques mètres de« tulle illusion», etvousauriezeu devant vous un être énorme, volumineux, massif, an lieu delà fine silhouette que tout le monde distinguait. Si habile que soit un pres tidigitateur, j’ai la faiblesse de croire qu’il ne lui est pas possible de dissimuler ou de supprimer une moitié de son corps, prodige que le médium aurait dû réaliser pour se donner l’apparence de la petite Angèle Mar chand.
Ne médités pas qu’il marchait en dissimulant sa taille, car alors il eût été grotèsquement difforme, ce que vous n’avez pas remarqué, pas signalé ni per sonne non plus parce que cela n’était pas. , Le procès-verbal, assez incomplet, a omis de men tionner que l’apparition est venue d’abord devant
152 l'initiation moi, et que c’est alors que j’ai pu voir sa figure pen dant quelques secondes. Mon attention a été attirée immédiatement par ses yeux, très grands, par ses sourcils abondamment fournis, parle front bas et j’ai eu tout de suite la sensation qu’elle ressemblait bien au portrait que j'ai publié dans la Revue,, ce que j’ai annoncé à haute vojx.
Vous médités, mon cher confrère, que je n’ai pas vu le voleur qui, suivant vous, cachait le bas de sa figure, et vous semblez en faire un argument pour infirmer la valeur de mon témoignage. En effet, je n’ai rien distingué de semblable ; mais peut-être, après tout n’y avait-il pas de voile, ou n’y était-il pas à ce moment, ou l’apparition ne l’a-t-elle »placé ainsi qu’un peu plus tard.
Quoiqu’il en soit, je ne vois rien dans cet incident qui indique que j’aie été illusionné, nos observations n’ayant pas été simulta nées.
A mon tour, me sera-t-il permis de vous signaler que vous êtes atteint maintenant d’une singulière amnésie, puisqu'elle vous empêche de vous souvenir qu’au moment même, vous avez déclaré, en parlant de cette apparition, * que les yeux ne vous parais saient pas être ceux du médium * et que « vous aviez très bien vu sa petite main (i) ».
Tout de suite après, vous n’auriez pas admis que ce fût celle de Miller, car vous savez bien qu’elle est grosse et large et même un peu velue. Il ne faudrait pas oublier non plus que (i) Annales psychiques, n* du 16 juillet-r * août, p.jjo. Procès-verbal de la séance de contrôle donnée par le médium Miller.
RÉTABLISSONS LES FAITS 153 la voix d’Angèle Marchand a été reconnue par sa mère, qui était dans l’assistance. Si vous voulez bien peser toutes ces circonstances, vous comprendrez pourquoi je n’adopte pas du tout votre supposition, ne reposant sur aucun fait, que ce jour-là, Miller nous aurait trompés. Si ce ne pouvait pas être le médium qui était devant vous, ni évidemment personne du cercle, il faut admettre la réalité de cette matérialisation.
Et il faut croire aussi à celle de Lily Roberts, car Léon Denis, le commandant Mantin et moi, nous avons touché le sein de cette apparition qui, certainement, n’avait rien de commun avec la poi trine d'un homme. Denis a senti * sa chair chaude et moite ». J’ai eu nettement la sensation de la rondeur et de la pointe du sein, ainsi que celle de la main fine, délicate qui guida la mienne.
Evidemment, les incré dules pourront toujours prétendre que nous avons été hallucinés, ou illusionnés, mais comme c’est juste ment ce qu’il faudrait démontrer, je préfère accorder confiance au témoignage de mes sens, confirmé par ceux de mes amis, plutôt qu’à l’allégation des scepti ques, qui est faite de parti pris. Encore une fois, je ne me fais pas le moins du monde l’avocat de M. Miller.
J’ignore ce qui a pu se passer dans d’autres séances, et je ne puis pas affir mer que, dans tous les cas, les expériences ont été con cluantes . Mais ce que je prétends, c’est que tant que vous n’aurez pas donné une explication plausible des phénomènes que nous avons observés de compagnie; tant que vous négligerez volontairement les faits qui
l'initiation i54 sont contraires à votre système, tant que vous essayerez de jeter la suspicion sur des expériences sérieusement contrôlées comme celle qui a eu lieu chez Mme Noeggrath, j'aurai le droit de vous dire, en vous emprun - tant votre expression, que vous ne faites que de la « critique illusionniste », car elle ne pourra guère avoir d’influence que sur ceux qui ne prendront pas la peine de consulter de nouveau les documents publiés dans vos Annales, et de réfléchir.
A la page 299-300 de votre article, vous donnez encore un exemple du parti pris inconscient et invé téré qui vous porte à déformer les témoignages pour en tirer des arguments négatifs.
Partant de l’idée fixe que les phénomènes relatés sont impossibles, vous imagine^ une explication, et la tenant ensuite pour la seule vraie, vous en tirez la conclusion, vous qui n’assistiez pas à l’expérience, que ce sont les témoins qui se sont trompés I Et vous appelez cela s’en tenir au point de vue objectif !
Au risque d’encourir vos foudres, je dirai que, moi aussi, en compagnie de M. Léon Denis, du pasteur Benezech, des docteurs Dusart et Chazarain, de M. et Mme Letort, j'ai vu se former en dehors du ca binet , un être qui a marché et causé, alors que Miller était debout à'côté de moi * que tout le monde voyait ses deux mains immobiles et qu’il n'était pas encore entré derrière les rideaux, dressés simplement dans l’angle de deux murs nus, où rien ni personne n’était caché, comme chacun s’en est assuré avant la séance. C'est peut-être toujours de la naïveté, mais je persiste à considérer ce phénomène comme insimulable. Libre
RÉTABLISSONS LFS r.UTS >55 à vous de conclure que là encore nous avons été illusionnés, mais je suis bien sûr que ceux qui con naissent les témoins que je viens de citer ne partage ront pas tous votre avis. En terminant, vous me permettrez de constater que vous rendez presque impossible l’étude de ces faits si importants.
Si le médium reçoit une juste rémunéra tion pour sa peine et ses déplacements, vous l’accu serez de cupidité ; s’il est désintéressé, vous insi nuerez que c’est par peur des tribunaux, comme si l’honneur du médium et sa situation commerciale ne seraient pas aussi irrémédiablement perdus, si on le prenait en flagrant délit de fraude, dans une séance même non payante, la presse des deux-mondes ne perdant jamais une si belle occasion de « tomber» le spiritisme et de stigmatiser ce qu’ils appellent « l’in curable sottise de ses adeptes » ! Témoins les der nières matérialisations de la villa Carmen. G. Delanne.
1^ Cem qui ont vu les dem mains de Miller I Nous lisons seulement aujourd’hui l'article de M. de Vesme paru dans les Annales des Sciences Psychiques du Ier octobre dernier. La réponse à cet article intitulé : « Les couleuvres » et qui blague si complaisamment le médium Miller, pourrait être appelé : « Les Vipères », si notre charité spirite ne nous poussait à l’indulgence !
Remercions même l’auteur des qualifications de « Bonne dame » et « d’intelligence non impartiale et sereine » dont il gratifie les spirites militantes. Plus courtoises que lui, elles protestent quand, trop modeste, il déclare que comme < l’âne il ne met pas le pied là où, déjà une fois, il est tombé ». Après ces préliminaires, et sans nous occuper des histoires de 1906, passons à la première question : celles des mains de Miller.
M. de Vesme affirme qu’il n’a pas vu la main droite du médium, pendant les apparitions hors du cabinet. Mais 33 millions de Français n’ont pas vu la main droite de Miller ces soirs-là 1 ! et cela ne peut rien prouver, puisque nous, nous n’avançons pas seulement une chose unique ment négative, mais nous en affirmons une positive :
CEUX QUI ONT VU LES DEUX MAINS DE MILLEP xSj c’est-à-dire que nous avons plusieurs fois vu les deux mains du médium. Et même l’un de nous, qui a été plus de i5 fois voisin immédiat de Miller, lui tenant la main gauche, a vu parfaitement la main droite incriminée posée sur le genou du médium. Quant à ce qui a trait au vêtement des fantômes, il est à remarquer que tous ne sont pas uniformément vêtus de « tulle-illusion ».
Nous regrettons d’enlever celle-là à M. de Vesme, ayant de nos yeux vu une apparition vêtue d’une robe décolletée et chargée de grosses broderies (séance du 12 juillet chez Mme C.) et à la séance du 25 août chez Mme D., un esprit, se disant Jeanne d’Arc, entièrement vêtu de dentelles lumineuses. Etaient présents le docteur Dusart et M. Chartier.
Sur le chapitre des voix, puisque M. de Vesme nous raconte une anecdote, nous répondrons de même, en disant qu’à un certain moment de la séance du 12 juillet, nous avons pu, en même temps que la voix d’une apparition, entendre un ronfle ment sonore provenant du cabinet. A moins d’ad mettre que Miller ne puisse pendant quelques instants soutenir plusieurs sons à la fois, nous ne voyons pas l’explication de ce phénomène ?
Une seule réponse aux questions d’identité : A la séance chez Mme le baronne D. dont parle M. de Vesme, une religieuse de Pont-à-Mousson, entière-' ment inconnue du médium et de tous les assistants, la maîtresse de maison exceptée, a conversé en patois lorrain avec trois de ses parents et amis morts depuis 3o ou 40 ans. Il n’y a pas à faire observer que Miller
158 l’initiation est de Nancy, puisque ce patois ne se parle plus depuis la guerre et que, du reste, ii ne s’est jamais parlé ni à Nancy ni à Metz. — Un mot encore sur la discus sion du docteur Bentonetdu Chanoine : Une discus sion semblable sur le même sujet avait déjà été donnée par un esprit il y a plus de 4 ans. Cette communica tion est à la disposition de qui voudrait la consulter.
Pour conclure,’comme il est bien admis que nous • ne pouvons convaincre pas plus que nous ne pouvons être convaincus par M. de Vesme, il est inutile de continuer à répandre, plus ou moins spirituellement, ces flots d’encre qui ne feront pas avancer la ques tion.
Deux solutions peuvent donc être proposées : i° Ou bien, M. de Vesme et consorts qui ont déjà proposé de reproduire par truquage, une séance de Miller mettront à exécution cette promesse. Des sommes assez importantes ont du reste déjà été offertes à qui fera cela.
20 Ou bien, les spirites qui écrivent ces articles et leurs amis s'engagent à ne plus convier personne à des séances de matérialisation avant d’avoir trouvé le médium qui consentira à laisser entrer avec lui, dans le cabinet, une des personnes de l’assistance désignée par Le sort. Si nous proposons ceci, c’est qu’il faut faire cesser un état de chose déplorable.
En effet, au sujet de la réalité des phénomènes spirites, un fait « contre » produit plus d’effet que 20 faits « pour », et cela, grâce à l’hostilité que ces phénomènes rencontrent. Il serait pourtant bien désirable que la philosophie
CEUX QUI ONT VU LES DEUX MAINS DE MILLER 15g spiritualiste se répande parmi ceux-là mêmes qui se bouchent les oreilles pour ne pas entendre 1 Ce sont eux qui ont le plus grand besoin des enseignements de cette doctrine consolante sans laquelle la justice n’est qu’un concept humain auquel ne correspon drait rien de précis ! 11 Marie de Valpinçon. Jean de Forcade.
Sur l’CEuvre Des influences de l’Œuvre. L’Œuvre d’Art Ses relations avec l’artiste. Je considère l’Œuvre comme un chemin, comme une ascension. Elle ne se crée pas, elle s’accomplit comme se sont accomplies toutes les choses de la manifestation divine. Créer n’existe pas. Dieu ne créa pas la lumière. Il accomplit l’Œuvre de Sa Pensée projetée par Sa Parole. L’influence de l’Œuvre sur l'homme peut être ou divine ou néfaste. A vrai dire, l’Œuvre est la transposition des essences subtiles de la nature en un cerveau humain jouissant de l’état de matière apte à cette transposition. L’Œuvre évoquée, appelée ou implorée est tou jours la descente du divin dans sa correspondance mentale. Correspondance mentale assujettie à un cerveau capable à son tour d’extérioriser, par un ou des états de matière assimilables à l’idée motrice, ce que la pensée est devenue. Je n’explique pas ici la façon dont s’opère cette transmutation, je veux parler seulement des influences de l’Œuvre et des qualités qu’elle doit avoir pour être considérée comme haute et saine. Avant toutes choses, il faut bien s’assurer de l’union
[février 1909] 3UR l’œuvre f61 intime de la pensée et du cerveau. Il faut que les deux pôles, réceptacle et inspiration, deviennent « récep tacle-inspiration » afin d’éviter de perdre par la plus légère hésitation qui provoquerait un défaut de con tact, les fruits de la transmutation.
La pensée doit donc passer dans le cerveau sans perdre aucune de ses forces, de ses puissances, de ses essences, et le cerveau doit s’ouvrir à elle sans effort et sans jamais s’interposer brutalement, ce qui pro duirait des chocs, au détriment des deux. L’inspiration doit arriver vierge, et le cerveau avec son principe de raisonnement, ne doit en aucun cas lui faire obstacle en lui montrant des périls ou des dangers d’édification matérielle.
C’est alors qu’un état de matière parfaitement assimilable doit surgir instantanément, allant à la rencontre de la pensée. Rencontre en absolue concordance d’où l'Œuvre d’Art va jaillir. Et cette matière, vierge aussi, accueil lera la pensée tout en lui restant soumise. L’Œuvre est « toute la vie » et tout est« l’Œuvre ». Chaque être fait une œuvre. Vous faites une œuvre et de vos contemporains vous attendez des œuvres.
Mais la véritable œuvre, celle dont la prodigieuse grandeur, entourée de périls et de difficultés sans nombre, domine toutes les autres, est l’édification de l’esprit ; l’édification de l’esprit devant déterminer l’évolution parfaite des corps supérieurs latents dans l’homme. Pour arriver à l’édification de ces principes spiri tuels, deux moyens nous sont offerts ; le caractère et l’Œuvre d’Art. n
1Ô2 l’initiation L'édification du caractère, la grande Œuvre, est la la transmutation des défauts en qualités, des vices en vertus, du mal en bien. Le caractère est donc le point d’appui de la grande Œuvre. Et toute grande Œuvre qui n’aura été édifiée que sur « les petites Œuvres », les œuvres d’art, sera dépourvue de force et de puissance, si surtout elle traîne, dans son évolution actuelle, des défauts ou des vices.
Ne croyez pas, pour la grande Œuvre, à la purification de l’être par l’œuvre d’art. Car la grande Œuvre, c’est « l’immortelle ». Et quand bien même tout passerait, les œuvres d’art, les mondes, les hommes et les dieux, celle-là ne passera pas. Elle est notre propre grandeur !
Dans l’interminable suite des siècles, des kalpas et des éternités, lorsque notre so leil apparaîtra,quelle ne sera pas notre douleur si des taches mal effacées s'aperçoivent encore! A ce mo ment, combien nos préoccupations actuelles nous importeront peu, et combien nous regretterons le temps perdu aux petites œuvres au détriment de la grande !
Je ne fais pas, loin de là, le procès de l'œuvre d’art. J’en parlerai tout à l’heure comme de l’essence subtile chérie de ma pensée. Mais je réagis de toutes mes forces contre les ten dances qu’ont souvent certains artistes, de confondre intentionnellement les deux œuvres, la petite et la grande: ia périssable et l’impérissable. L’œuvre d’art est évidemment le plus beau diamant de la couronne que l'évolution pose sur le front de l’humanité. Elle est le joyau translucide au travers
suit l’of.uvke 163 duquel nous entrevoyons l’infini. Elle est aussi l'or gueil d’un élu, la jalousie d’une puissance vaincue; elle est la joie, les rêves et bien autres choses en core... Que les artistes me comprennent.....
La pensée arrivant puissante ou délicate, drama tique ou mystique, munie d’essences que le cerveau, par son raisonnement, n’a pas abîmées, se trouve donc face à face avec l’état de matière qui doit la représenter sur ce plan.
Quand la matière soumise et fidèle, calme et impassible permet à la pensée de s’emparer d’elle, celle-ci, fougueuse, l’emporte et l’étreint voluptueusement dans l’exécution de l’œuvre d’art. C'est seulement quand elles se sont ainsi péné trées, qu’il est permis au cerveau d’entrer en ligne et d’exercer un contrôle sur la matière.
Sur la matière et jamais sur la pensée, car ce contrôle a pour but le maintien d’une entière soumission de cette matière vis-à-vis de cette pensée; pensée qui la dompte, la façonne, l’établit, l’harmonise, perdue dans leblouissement de la « supra-matière > qui est l’inspiration.
Nous avons là deux « instants » bien distincts : celui où le cerveau laisse passer la pensée dans toute sa virginité, et celui où la pensée rejoint'la ma tière qui va lui être soumise. Le cerveau doit donc veiller à ce que la matière reste toujours souple et malléable. Le cerveau ne doit jamais prendre, à au cun moment, la place de la pensée.
Et la pensée doit être vierge, flottante, folle, rêveuse, désordonnée, sans liens, sans attaches, vouée tout entière à l’inspi ration. La matière doit être exacte par elle-même et le cerveau doit veiller seulement à son élasticité. Il
l'initiation 164 doit la laisser « construire » par cette fée aux yeux bandésqui, perdue dans l'inspiration, façonne à tâtons cette matière impropre, puis propre, puis concordante, puis unifiée qui devient peu à peu l’œuvre d’art. Le cerveau est en bas et des assises de son raisonnement il soutient la matière malléable.
Et si, quand cette matière se révolte, il la cingle d’un vigoureux coup de fouet, il doit aussi la soutenir quand elle est docile, sans jamais intervenir personnellement dans la ques tion de l'œuvre. A l’autre pôle, nous avons la pensée folle, libre, joyeuse ou terrible qui, pour venir tra vailler la matière avec son « Moi », laisse son « Soi » fixé à l’extrémité supérieure de son chemin lumineux.
Elle la travaille, inconsciente des obstacles et des dif ficultés. Et si malheureusement la pensée perd le fil qui la relieà l'inspiration,immédiatement, le cerveau profite de l'occasion qui s’offre pour prendre sa place et s’emparer de la matière. Siegfried est la Pen sée qui, par la matière, construit l’œuvre d’art ; il est sans peur et inconscient. Brünnhilde est l’inspira tion et le Niebelung est le cerveau.
Si Siegfried per dait le fil ou « l'anneau qui le relie à son Inspira trice, * Niebelung-cerveau » s’en saisirait !... /Z < • Et voilà comment, dans notre monde, sont édifiées beaucoup de « demeures des Gibichun’s ». L’œuvre d'art doit être soumise à l’artiste comme la matière est soumise à la pensée. Jamais l’artiste ne doit céder le pas à son œuvre, car il doit considérer qu’elle n’est que la « petite Œuvre ».
L’artiste doit voir, dans sesœuvres, le reflet de son âme. L’artistedoit cultiver, dans son œuvre, les points faibles et les lacuSUR L’ŒUVRE 165 nés qu’il sent dans son âme. L’artiste doit donc évo luer son caractère en évoluant les émotions contenues dans son œuvre. L’artiste ne doit pas renier son œuvre. L’artiste doit avoir foi dans son œuvre. L’ar tiste doit aimer tendrement son œuvre.
L’artiste doit parer son œuvre des joyaux les plus précieux. L’ar tiste ne doit interpréter que des sujets nobles;l’œuvre d’art étant faite exclusivement pour élever le niveau évolutif des hommes et non pour flatter leur abaisse ment. L’artiste doit considérer son œuvre comme son soleil, ses œuvres comme son univers.
Et croyez bien que celui qui aura fait son œuvre pour lui-même, pour l’évolution de son caractère, pour sa propre grandeur; celui qui aura placé ses œuvres autour de lui comme des Mondes dans un système, Mondes faits des trésors accumulés de la Beauté et de la Pen sée, croyez-bien que cet artiste devenu le dieu de cet univers accompli par lui, n’est pas très loin des Dieux. Rita-Strohl. 1909. > *
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et d la reproduction des classiques anciens. La reproduction de * ^rUcles iiiediln publie» pur VInilimicn est formellement interdite, à moine il’autoriHution spéciale. ' 1 • * Inauguration do la L*. Mari *. Melchissédec Discours du F.'. Alkaheste, R f C. *. Vén.*. de la L| | Karma. T. *. I.-. F.-. Mes SS. *., Mes FF. *.
Mesdames, Messieurs, C’est pour nous une agréable mission que celle que nous accomplissons ce soir, en venant apporter notre salut de fraternité, à nos FF. *, de 1’111. *. français ou Ordre Martiniste. Au nom de l’Ordre des Maçons, Illuminés RoseCroix, je souhaite à la Loge Melchissédec : longue vie et prospérité.
Je n’entends pas par là le fait de grouper de très nombreux alfiliés ou d’atoir ce qui fait, selon le lan gage vulgaire, une association prospère. Non ! ma pensée est tout autre ; le succès que je lui souhaite, c’est la réalisation de l'Œuvre parmi ses
INAUGURATION DE LA L. *. MART. *. MELCHISSÉDEC 167 adeptes, c’est pour eux, l’accès à ces hautes sublimités vers lesquelles conduit l'enseignement si pur. si élevé du Martinisme.
Bien que franc-maçon, et précisément parce que je représente une branche maçonnique qui tient son origine et ses enseignements des maîtres vénérés, je me plais à rendre ici hommage à la mémoire de Swe denborg, de Martinès, des frères Willermoz et de Louis-Claude de Saint-Martin, le Philosophe Incon nu, dont la haute droiture et la pureté de senti ments sont l’objet delà haine des esprits de ténèbres, quels qu’ils soient.
Pourquoi faut-il hélas ! que, parmi nos FF. *, les Maçons actuels, si peu soient capables de compren dre : l’Art qui groupe tous les arts, la Science qui résume toute science, l’idéal qui englobe tout idéa lisme ?
Par le fait de quelle aberration certains de nos frères Maçons ont-ils pu, d etape en étape, en arriver à méconnaître presque complètement l’objet même des études maç. *., c'est-à-dire : la philosophie hermé tique, l’Art royal lui-même ’. Comment se fait-il que parfois, assistant à certaines solennités au milieu de nos FF. *, des rites couram ment pratiqués en France, nous les entendions dire en nous désignant: « Cette vieille Fr. *.
Maç. *. existe donc encore ? ». Certains d’entre euxsemblent ignorertotalementles disciples de Swedenborg, de Martinès,deSaint-Martin ou de Willermoz ; les Illuminés d'Avignon, les Elus Cohens, l'Académie des Vrais Maçons aussi bien que
168 l’initiation les Philalèthes ou chercheurs de la Vérité ; la bran che de 1766, de 1783, ou celle de 1773 dont nous, Maçons, Illuminés, Rose-Croix, sommes les conti nuateurs ! Je n’insisterai pas sur ces faits, je ne veux pas être cruel. Il me suffit de savoir que nos FF. *, des rites mo dernes seront obligés de revenir, un jour, à la tradi tion de la Maçonnerie véritable, et rien ne pourra s'y opposer, quand l’heure sera venue.
Pour assurer l'existence et la continuité de la Maç.-. française, il le faut ! et cela s'accomplira} Cependant, il y a une dizaine d’années, un cri d’a larme retentit ! Serait-il dit, qu’en France, les enseignements légués par les Rose-Croix à la Fr.-. Maç.-., dont ils furent les fondateurs, disparaîtraient dans l’oubli, et qu’un jour l’esprit et le nom des Rosicrucians deviendraient la risée d'hommes insuffisamment ins truits ?
Non ! mes SS.’, et mes FF.-., une telle prof anation n’est pas permise; car des vieux sanctuaires mys tiques, qu'on pourrait croire ensevelis, où s’abrite le dépôt sacré de la connaissance des mystères aujour d’hui méconnus, de ces sanctuaires, dis-je, où l’om bre de nos vieux maîtres semble sortir des sépulcres, des disciples peuvent apparaître. C’est alors qu’ils reçoivent les glaives étincelants sur lesquels on lit: Puissance et Miséricorde.
INAUGURATION DE LA L.’. MART. *. MELCHISSEDEC 169 Devenus chevaliers de l’idéal, ils sont armés pour les sublimes tâches et les luttes vengeresses. A leur tour, les Fils de la Lumière deviennent les soldats de la Justice et du Droit, ils poursuivent sans trêve l’œuvre d’affranchissement de l’esprit humain contre les Puissances de Ténèbres, contre les vices sociaux.
S’aidant de la Science pure, de la Raison pure, ils proclament la beauté de vivre pour la réalisation d’un plan spirituel dont la formule découle de la science du Vrai, du Beau et du Bien, et cette beauté de vivre ils osent l’affirmer en face des masses aveuglées, où chacun meurt en s'apercevant qu'il a oublié de vivre! Mes SS. *., mes FF/.. Mesdames, Messieurs, je ne vous décrirai pas ce que furent dans le Passé les Ro sicrucians, notre T. *.
I.*. F.*, docteur Papus vous l’a l’a dit maintes fois avec sa haute compétence sur ce sujet.
Je me bornerai à vous rappeler qu’ils ont semé à travers le monde le grain qui a germé, qu’ils ont ac compli cette œuvre au prix de leurs vies, jalonnant l’histoire de leurs cadavres, tombant parfois sous les bûchers, sous les supplices 1 Tous ces hommes que l’on connaît seulement comme des alchimistes et qu'on a décriés souvent à plaisir, tous ces hommes, dis-je, ont droit au respect de rhumanité, car c’est aux plus illustres d’entre eux qu’elle doit la base de toutes les connaissances scien tifiques. Enfin, l’Ordre Martiniste vous étant bien connu, je sais que vous saisissez la différence qui existe
L INITIATION 170 entre un corps maç.-. et un centre d’illuminisme, ceci me permettra de vous dire, en quelque mots, ce qu'est l’Ordreau nom duquel je parle et aussi la LQ] Karma dont je suis Vénérable. L’Ordre des Maç. *. 111. *.
R -f- C. *. se compose, ainsi que son titre l’indique, de Frères Maçons, de Maîtres en 111. *. de Chevaliers dans la Rose-Croix, et ces trois degrés ou sections que tout vrai Maçon reconnaîtra facilement, reconstituent onze grades maç. *. en cor respondance, lesquels doivent être franchis rigoureu sement pour parvenir au Sanctuaire des Princes de Rose + Croix, Sub. *. Elus de la Vérité, philosophes hermétiques.
L'Ordre est autonome, ne dépend par conséquent d’aucune Ob; *..sa constitution est absolumentspéciale et il est androgyne, ce qui, quoi qu’on en puisse pen ser tout d’abord, est absolument la réflexion de sa source initiale. Il est réellement symbolique et mar*. parce qu’il puise règles et doctrines dans le plan fondamental de la Fr. *. Maç. *. originelle et suit de point en point un plan manuscrit datant de 1811.
Il est l’évidente continuation des branches citées tout à l’heure; mais plus particulièrement de celle de 1773 ou chercheurs de la Vérité. L’Ordre possède son autorité directrice en son sein, ce n’est pas un Suprême Conseil, mais, ainsi que je viens de le dire,un Sanctuaire qui réside dans la Tour qu’on n’aborde qu’après avoir franchi onze enceintes. Il comprend actuellement : Le G.*. S.*. Ch.*. Les Sub.*. Elus.*. ;
INAUGURATION DE LA 1.. *. MART/. MELCH1SSÊDEC 171 Le G. *. S.‘. Ch.-. Les Deux Aigles ; La LQ Karma, destinée à l’enseignement maç.-. et initiatique et qui deviendra Loge-Mère, par la création future d’une série d’ateliers. L’Ordre a donc sa constitution propre, son plan d’exécution, ses corps,son rite, ses insignes, le tout est basé sur les fondements dont je viens de parler et adapté au progrès moderne. L’Ordre des Maçons 111.-.
R-|-C.'. maintient et conserve les liens qui l’unissent à la Maç.-. Uni verselle par sa complète indépendance et par l’égide des centres formateurs dont il émane. De même que l’œuvre de Willermoz tendaittoujours à la constitution de collectivités d’initiés reliés à des centres actifs, le but de notre Ordre est de faire des Loges et Chap.-. un centre de sélection cultivant la Science maçonnique.
Il suffit d’ailleurs de connaître le beau rite des Elus Cohens, issu de l’œuvre de Swédenborg, pour com prendre l’application vers la réalisation de ce but. Enfin, pour mettre un peu de clarté dans ce qui précède, j’ajouterai que ceci se passait de 1760 à 1766.
A cette époque, nous voyons diverses fraternités telles que les 111.-. du Zodiaque, les frères Noirs, les deux Aigles et autres former, avec les Elus Cohens, le rite des 111.-. d’Avignon ou rite Pemetty qui prit le nom d’« Académie des Vrais ¡Maçons ». Il n’est pas douteux que ce rite s’orienta vers la voie alchimique. C’est en 1773 que des Swédenborgiens, des 111.-. Théosophes, des disciples de Martinès, de Pasqually,
l’initiation 172 de Saint-Martin et autres fondèrent à Paris une nou velle Franc-Maçonnerie qui prit le titre de régime des Philalèthes,à laquelle Pernetty lui-même vintprendre une part importante.
Si je suis entré dans ces quelques détails un peu particuliers vis-à-vis de l’Ordre que je représente, c’était,Mesdames et Messieurs,pour établir en quelque sorte les liens de parenté qui nous unissent à nos frères Martinistes et définir nettement la source des principes élevés, que nous nous efforçons de mettre en pratique en suivant la voie de perfection.
Aujourd’hui, beaucoup s’écartent de cette voie qu’ils trouvent trop aride ; et cependant, qu’il est beau et réconfortant de voir l’homme sincère venir frapper à la porte du temple disant : « Je demande à m’instruire et à me perfectionner, puis, lorsqu'il est admis parmi les FF. *, et SS. *.., quand il çntrevoit les connaissances humaines dont il n'avait jusque-là que quelques notions il comprend qu’il ne tient qu’à lui d'étancher sa soif de connaître et de progresser.
Enfin il a senti naître en lui, un homme nouveau, il sait qu'il a l’imprescriptible droit de vivre cérébralement, de s'élever vers quelque chose de plus noble, de plus beau, il s’écrie : « Non ! je ne veux plus vivre dans cette matérialité bestiale, je veux être un homme digne de ce nom, je veux m'élever vers de plus hauts sommets ; car je sens déjà le devoir qui m’incombe; je dois me cultiver, m’éduquer, m’ins truire pour rendre à mes semblables ce que ¡’aurai reçu, pour aider à leur transformation morale et spi rituelle ; et dès cet instant, il comprend qu’il n’est
INAUGURATION DE LA L. *. MART. *. MELCHISSÉDEC 173 plus seulement un ouvrier manuel, mais un ouvrier à l’œuvre universel. En disant ces choses, je ne crois pas en avoir trop dit, car c’est la vérité et la Fr. *. Maç. *. n’est pas si cachée qu’on le prétend, ses actes ne sont pas ce que disent ses détracteurs que nous prenons en pitié. Non, la Fr. *.
Maç. *. n’est pas une association où se pratiquent d’odieux mystères, son seul secret, c’est celui de la grandeur de son but, que se sont fixé tous les Maçons, c’est de rétablir dans sa plénitude la dignité humaine à la lueur du flambeau sacré de la Raison ! Et maintenant, Mesdames, Messieurs, permettezmoi de terminer, en vous parlant, non plus comme Vénérable, mais comme Prince de Rose-Croix. (A suivre). Alkaheste, R-f-C. *. Vén.*. de la LQ Karma.
174 AVIS A dater du ier mars 1909, M. Paul Veux cesse ses fonc tions de secrétaire du docteur Encausse (Papus). Il conti nue à s’occuper à titre personnel des « Conférences Esoté riques ». Prière d’adresser à son domicile, 48, rueTruffault, Paris, toute sa correspondance d’affaires.
Le dernier voyage du Dr Sven Hedin au Tibet L’expédition au Tibet, que vient d’achever le docteur Sven Hedin, est son cinquième grand voyage dans l’Asie centrale et l’un des plus remarquables. Le célèbre explora teur suédois a rapporté de ce voyage des connaissances en tièrement nouvelles sur des parties du Tibet demeurées inconnues jusqu’à ce jour et désormais l’un des blancs les plus considérables de la carte de ce pays se trouve com blé.
Cette expédition, qui a été commencée en 1906, a com pris trois campagnes distinctes. Au cours de la première ( 1 ), le docteur Sven Hedin a d’abord traversé tout le Tibet en diagonale, du nord-ouest au sud-est, tentative qui n’avait pu être encore réalisée par aucun voyageur européen. De Leh, dans le Ladak, Sven Hedin atteignit Chigatsé après un voyage de six mois, en traversant une contrée jusque-là ignorée.
Évitant les routes suivies parles précédents voyageurs, il avait cheminé dans le vaste espace vide laissé entre les itinéraires de Wellbyau nord, de Bower et Thorold au sud-ouest, et de Dutreuil de Rhins et Grenard à l’est. (1) The Geographical’ Journal, mai 1907, pp. 53g-545.
LE DERNIER VOYAGE DU Dr SVEN HEDIN AIJ TIBET l?5 Le voyageur dut passer un col de 5.943 métrés d’alti tude, pour atteindre les hauts plateaux. Là, on trouva de l’eau assez facilement presque tous les jours, mais après de longues marches; il y avait de l’herbe excellente. Le lac Lighten, sur le plateau d’Aksaï, est un des plus vastes que Sven Hedin ait vus au Tibet ; sa profondeur est grande aussi, et dépasse 68 mètres en quelques en droits.
Plus loin, les difficultés commencèrent. La caravane s’égara dans de hautes montagnes neigeuses où elle eut à subir de terribles tempêtes de neige. Les mules et poneys périssaient les uns après les autres. On ne trouvait plus d’herbe, même pas quelquefois de crottin de yack pour les feux de camp, mais on avait toujours de l’eau.
On arriva à un endroit où se trouvent des mines d’or, qui ne sont exploitées que pendant fété.«C’est après être resté 83 jours sans rencontrer un être humain, qu’on trouva les premiers nomades. Sven Hedin leur acheta d’excellents yacks qui portèrent les bagages. Dans cette région très accidentée, la température était extrêmement froide ; le thermomètre des cendit jusqu’à — 35° C.
La caravane atteignit le Ngangtse-tso. découvert par le pundit Nain Singh en 1874. Sven Hedin fit sur ce lac une excursion en traîneau qui dura io jours ; il en dressa une carte détaillée et en mesura la profondeur qu’il trouva être de îo mètres maximum. En janvier, le docteur Sven Hedin poursuivit sa route vers le sud, pour traverser la région comprise entre le Ngangtse-tso et le Tsanpo, origine du Brahmapoutre.
Il constata alors que cette vaste étendue de pays, marquée par un blanc sur les cartes, est occupée par une gigantes que chaîne de montagnes, l’une des plus hautes de l’Asie et même de la terre, formant la ligne de partage entre le Ngangtse-tso et le Dangrayoum-tso au nord, et le bassin du Brahmapoutre au sud, c’est-à-dire entre les bassins fermes des plateaux tibétains et les cours d’eau qui se dé- * versent dans l’océan Indien.
Cette découverte est le résul tat géographique le plus important du voyage du docteur Sven Hedin., Cette seconde chaîne qui existe au nord du Brahma poutre, est comparable à l’Himalaya, et lui est parallèle. Sa
l'initiation 176 longueur dépasse 3.000 kilomètres. Elle avait été traversée, dans sa partie orientale, par l’explorateur anglais Littledale et par quelques autres voyageurs, mais aucun d’eux n’avait soupçonné que celte chaîne s’étendît ainsi à des distances considérables vers l’ouest-nord-ouest.
La chaîne découverte par Sven Hedin doit donc être la continuation à l’ouest de celle que les Tibétains appellent Nintchen-tang-la et qui s’étend sur la rive méridionale du Tengri-nor. Elle ne pré sente pas des sommets d’une hauteur colossale comme les géants de l’Himalayâ, mais les cols s’ouvrent à des altitudes supérieures.
Le docteur Sven Hedin en traversa plusieurs,, dont cinq dépassant 5.ooo mètres, et cela par des tempêtes de neige et un froid intense. Entre ces cols élevés, coulent des rivières qui se dirigent vers le bassin du Tsanpo. La carte levée par le docteur Sven Hedin pour cette région porte un labyrinthe compliqué de montagnes, coupé de nombreux cours d’eau.
Descendant les pentes du Nintcheng-tang-la, la caravane de Sven Hedin atteignit la rive septentrionale du Brahma poutre en amont de Chigatsé et arriva dans cette ville le 9 février 1907. Là, l’explorateur eut une entrevue avec le Tachilama, qu'il représente comme un homme tout à fait supérieur. A ce moment, le docteur Sven Hedin avait déjà écrit 2.970 pages de notes. Ses levers, très détaillés, couvraient 23o feuilles.
Les observations astronomiques et météorolo giques avaient été faites par son assistant, A. Robert. L’al titude d’environ 200 points avait été déterminéeet24oéchantillons de roches avaient été recueillis. Sven Hedin avait dessiné 700 panoramas, dont quelques-uns en couleur.
On ne saurait trop admirer l’activité déployée par le voyageur au cours de cette première campagne qui, par l’importance des découvertes faites, constitue déjà à elle seule l’une des plus belles explorations faites dans le mystérieux Tibet, mais le docteur Sven Hedin ne s’en tint pas là.
Il alla aborder un nouveau terrain de recherches, celui des sources des grands fleuves, Tsanpo, Gange, Sutled, Indus, dans la région des lacs Manasarowar et Rakas-tal. Ce fut là le programme de sa seconde campagne (i).- (1) Petcrmans Mitteilungen, igo8,n° 1, p. 23 ; l'illustration,
LE DERNIER VOYAGE DU Dr SVEN HEDIN AU TIBET 177 De Chigatsé, le docteur Sven Hcdin se dirigea vers le nord-ouest et traversa de nouveau le Nintchen-tang-la ; il parvint surson versant nord aux environs du Dangrayoumtso. Mais il dut rétrograder devant les ordres des fonction naires tibétains, franchit de nouveau la chaîne et revint sur le Brahmapoutre, après avoir découvert sur le versant nord, un lac immense, le Tchourou-tso.
Il fit ensuite une pointe vers le Népal où il pénétra après avoir franchi l’Himalaya au Kore-la. Puis il reprit sa route dans la direction du nord-est,le long du versant septentrional de l’Himalaya, et arriva au lac Manasarowar le 25 juillet, ayant suivi, de puis Chigatsé, un itinéraire presque entièrement nouveau. Devant ce lac sacré, Sven Hedin put observer à son aise les pratiques religieuses des nombreux pèlerins qui fré quentent ce lieu.
Au cours de ce voyage, Sven Hedin détermina exacte ment la ligne de faîte entre le Brahmapoutre et les bas sins sans écoulement du Tibet. Il établit que la véritable source du Brahmapoutre serait, non le Mariam-tchou issu du Mariam-la, comme l’ont affirmé les voyageurs anglais, mais le Koubi-tsanpo, sorti d’un gigantesque massif himalayen couvert de glaciers, le Koubigangri.
Sur les bords du Manasarowar, où il séjourna un mois, l’explorateur suédois élucida aussi la question de la source du Sutledj, affluent de l’Indus. D’après lui, l'origine de cette grande rivière serait le Tage-tsanpo, tributaire du Ma nasarowar. Le Tage-tsanpo aurait une communication sou terraine avec le Rakas-tal, ce qui avait fait croire que le Sutledj sortait de ce lac.
Sven Hedin explora en détail le lac Manasarowar qui est long d’au moins 25 kilomètres. Il y exécuta cinq lignes de sondages comportant 129 stations ; il trouva une pro fondeur maxima de 81 m. 8. Enfin, l’explorateur alla faire une excursion à la source de l’Indus, qu’aucun Européen n’avait visitée, et que les Tibétains appellent le Singikabapï ce qui signifie : < la bouche d’où sort l’Indus ». Il rallia Gartok le 26 septembre 1907. 25 juillet 1908 ; la Géographie, «5 octobre 1908, p. 240 (ar ticle de M. Charles Rabot). IK
l'initiation 1?8 Dans cette seconde partie de son voyage, le docteur Sven Hedin a continué à accumuler des pages de notes pré cieuses, des dessins de panoramas, des échantillons géo logiques, des sondages de lacs. La carte dressée depuis Chigatsé comprend 3oi feuilles, reposant sur 40 positions as tronomiques.il a visité au Tibet 2ggerupas, ou monastères, . qui, la plupart, étaient inconnus.
La troisième campagne de Sven Hedin fut également très fructueuse et aussi très pénible (1). Parti de Leh, Ie4 *décembre 1907, la caravane de Sven Hedin, dépistant les autorités chinoises et tibétaines, se di rigea vers le désert d’Aksaï-tchin. Elle eut à souffrir cruel lement du froid et subit d’effroyables tempêtes de neiges. Le 15 janvier 1908, le thermomètre descendit à —39°,8.
Le docteur Sven Hedin eut les pieds gelés en partie, et les moutons de la caravane succombèrent tous. La caravane atteignit enfin le lacTchemen-tso, après être restée 64 jours sans rencontrer un être vivant. Là, elle trouva des chas seurs nomades, et put leur acheter des antilopes etdes mou tons pour renouveler la provision. Les voyageurs atteignirent, 22 jours plus tard, le lac Lemchang,ou Lenchung-tso de la carte du capitaine Deasy.
Entre ce lac et le Tchemen-tso, on trouve des gîtes auri fères à 3 et 4.000 mètres ; à cause de la rigueur de la tem pérature, ils ne sont exploités qu’en été. L’objectif de Sven Hedin était la province de Bongbaoù aucun Européen n’avait pénétré.
Mais, pour éviter d’être reconnu par les espions tibétains qui venaient constam ment le surveiller, il dut se déguiser en caravanier ladaki ; il faisait passer sa troupe pour une caravane allant acheter de la laine aux bergers tibétains. On échappa à une pre mière alerte. A la seconde, Sven Hedin crut plus prudent de se révéler aux fonctionnaires tibétains.
Il se tira encore d’affaire, et l’amitié que lui avait témoignée, la précédente année, le Tachi-lama lui servit en la circonstance. Il poursuivit donc sa route et pénétra dans cette pro vince de Bongba, l’une des plus vastes du Tibet, entièrerement inconnue, qu’il traversa deux fois dans des sens différents. Il découvrit plusieurs grands lacs, le Chouni-tso, (1) The Times, 16 et 17 septembre 1908»
DOUBLE-VUE »79 puis le Tabia-Tsaka, qui approvisionne de sel une parue du Tibet. Il arriva au pied du Nintchen-tang-la dont il put déterminer l’extension jusque vers le 82° de long. E. Gr. Franchissant la chaîne par un col de 5.400 mètres, il alla explorer sur son versant méridional le cours du Tchartatsanpo, tributaire du Brahmapoutre, dont il avait précédémment relevé le confluent.
Surpris par une force tibétaine, il repassa la chaîne au nord de laquelle il explora le Terenam-tso, très long lac rempli de sel, puis étudia la vallée du Soma-tsanpo, une des plus fortes rivières des bassins fermés du Tibet. Recou pant enfin pour la dixième fois la chaîne du Nintchentang-la, Sven Hedin revint sur les bords du lac Manasarawar, le 26 juillet, et, de là, il gagna Simlapardes routes connues.
Au cours de cette dernière campagne, le docteur Sven Hedin avait encore couvert un blanc très étendu de la carte du Tibet en faisant connaître le premier la province de Bongba restée jusque-là mystérieuse. Durant toute cette grande expédition, le célèbre voyageur suédois n’a pas effectué moins de 6.5oo kilomètres à travers le Tibet in connu, et presque constamment dans des régions monta gneuses du plus difficile accès. Gustave Regelsperger.
DOUBLE-VUE Nous venons de recevoir la lettre suivanie : < Monsieur le Directeur, « Comme suite à l’article paru le 20 janvier, dans le Gil Blas, et rapportant le cas de clairvoyance d’une dame ro maine, concernant le cataclysme >de Messine, je tiens à vous signaler un fait du même genre, dont l’héroïne est une Parisienne, Mme Bacon, demeurant, 1, rue de Nor mandie, dans le quartier de la République, < Au mois de décembre 1907, Mme Bacon, qui possède des facultés psychiques indéniables, venait de dîner en tète
i8o l’initiation à tête avec son mari. Celui-ci était demeuré à table, plongé dans la lecture d’un journal, tandis que la jeune femme, retirée dans la cuisine, remettait un peu d’ordre autour d'elle. < Quelques instants après, en rentrant dans la salle à manger, elle vit tout à coup une figure spectrale surgir au côté de son mari.
Bientôt une autre apparaissait de l’autre côté ; puis une autre, encore une autre, si bien que la pièce lui parut peuplée de squelettes. « Ne voulant pas 5e laisser impressionner par cette vi sion, la jeune femme, sans en rien dire à son mari, revint dans la cuisine, s’y occupa de nouveau quelques minutes, puis entra dans la salle à manger. < La vision était toujours là : autour de son mari, un nombre incalculable de squelettes grimaçaient.
Et à cet instant, — c’est là que le fait devient plus étrange, — M. Bacon, repoussant brusquement le journal, dit à sa femme : « — Quelle drôle de sensation fai là ! Il me semble que je suis entouré de squelettes ! « La vision disparut alors, mais-plusieurs fois encore, elle rtvint hanter la jeune femme ; et ce fut accompagnée d'un bouleversement terrible de la terre que Mme Bacon la revit.
« L'Écho du Merveilleux mentionna le fait en octobre 1908. < Mme Bacon, qui est l’un des plus étranges sujets à pres sentiments que j’aie connus, assure que dans un avenir assez proche, un de nos grands établissements (qu’elle dé. signe) sera en butte à un attentat criminel. Ses conséquen ces en seront graves. < Il m’a paru intéressant pour vos lecteurs de vous men tionner ces deux-visions. « Veuillez croire, monsieur le directeur, à ma considéra tion très distinguée. < Mme Louis Maurecy. >
MARS OCCULTISTE 181 MARS OCCULTISTE 1. Lundi. — Astrologie, Dace, E. H. 2. Mardi. — L’Évangile, Sédir, E. H. 3. Mercredi. — L .*. Mart .’. Velléda, 9, rue des BeauxArts, Dace. 4. Jeudi. — Me’decine hermétique, Papus, E. H. 5. Vendredi. 6. Samedi. y. Dimanche. — Haute Magie, docteur Rozier, 12, rue de Buci. 8. Lundi. 9. Mardi. — L’Évangile, Seoir, E. H. 10. Mercredi. 1 1.
Jeudi. — Confèrence Esotérique, Papus, Hôtel des Société Savantes, 28, rue Serpente, 8 heures et demie du soir. Prix de la carte d’abonnement : 10 francs, ou 2 francs par entrée. Les Élèves de l'École sont admis librement. Programme. — L'Esprit et le Réveil astral. Les trois jours de promenade. Les Ancêtres et les Gui des. Le Sommeil arrive. La création des nouveaux or ganes de perception dans l’invisible. Le Réveil.
Le'Christ et les révélateurs dans le Plan céleste. Le rappel des exis tences. Nous fabriquons le futur corps physique. Notre Calvaire et notre acceptation. Le Léthéetla nouvelle Incar nation. Naissance. Chacune de ces conférences est sténographiée et publiée en fascicule. Le fascicule, 2 francs. La série entière : 10 francs. 12. Vendredi. 13. Samedi. — L .*. M Hermanubis, 13, rue Séguier, Phaneg. — L .•. Maç .’.
Mixte Le Droit Humain, n® 4, 5i, rue du Cardinal-Lemoine, 8 heures et demie du soir. 14. Dimanche. — Haute Magie, docteur Rozier, 12, rue de Buci.
1^2 l’initiation 15. Lundi. — Astrologie, Dace, E. H. 16. Mardi. — L'Évangile, Sédir, E. H. 17. Mercredi. — L.’.Mart.’. Velléda, 9,. rue des BeauxArts, Dace. 18. Jeudi.— Médecine hermétique, Papus, E. H. 19. Vendredi. 20. Samedi. — Cours d'Hermétisme. Téder, E. H. — Aperçu exotérique sur l’Agent universel et de la transmu tation, et étude csotérique de cette théorie. 21. Dimanche. — Haute Magie, docteur Rozier, 12, rue de Buci. 22. Lundi. 23.
Mardi. — L’Évangile, Sédir, E. H. 24. Mercredi. 25. Jeudi. — Conférence spiritualiste, Parus, Grande Salle des Sociétés Savantes, <<, rue Danton, 8 heures et demie du soir. Entrée o fr. 5o. Places réservées 1 franc. 26. Vendredi. 27. Samedi. — L.’. Mart .*. Hermanubis, 13, rue Séguier, Phange. 28. Dimanche. — Haute Magie, docteur Rozier,12, rue de Buci. — L. *.
Maç Mixte Le Droit Humain n° 1, 51, rue du Cardinal-Lemoine, 2 heures et demie après midi. 29. Lundi. 30. Mardi. — L'Évangile, Sédir. 31. Mercredi. — L.-. Maç.’. Humanidad, Rite Espagnol, 13, rue Séguier, 8 heures et demie du soir. Nota. — Les Cours de l’École Hermétique, 13, rue Sé guier, et les Tenues Martinistes ont lieu à 8 heures et demie du soir, et les cours du docteur Rozier, 1 2, rue de Buci, à 4 heures et demie de l’après-midi, R. G. S .’. I
PROGRAMME DU COURS DE MAGIE DE QU1NTOR 183 PROGRAMME DU COURS DE MAGIE DE QUINTOR QUI SERA PROFESSÉ: A L’ÉCOLE HERMÉTIQUE A dater de Mars 1909 1. — L’analogie. IL — Magie théorique. Savoir. Vouloir. Oser. Se taire. Savoir : L’homme : anatomie, physiologie, psycho logie. Pouvoirs latents et inconnus de ¡’homme, l’hommemachine, l’homme-impulsion, l’homme-direction. Hygiène et entraînement des trois êtres.
Du végétarisme à la mu sique en passant par les respirations. Fakhirs et Yoghis. Les mystères des sorciers orientaux. Od et Ob. Magné tisme, hypnose, somnambulismes naturel et provoqué psychométrie. Télépathie. Miroirs magiques. La nature : Macrocosme et Microcosme, Astrologie, astronomie. La chaîne sympathique. Anatomie, physio logie, psychologie de la Terre. Les différents plans de l’Univers.
De l’Astral en particulier : les mirages, élémentaux, élémentaires, l’Infra et l’Ultra hominal. Pierres, plan tes, animaux, magiques. Les talismans. Vouloir. Oser : Entraînements de l’homme de volonté : Qu’est-ce que la volonté. L’homme en lutte avec lui-même. < Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre? » (Luc XII, 5i). Excitants de la volonté au point de vue physique, astral, spirituel. Magnétisme personnel. Do mination.
Se taire : Les phénomènes de l’équilibre : La concen tration et le rayonnement, entraînements au silence, le Verbe dans l’invisible des Incantations. Le son et ses mys tères. La mémoire. III. — Magie pratique. Aimanter. Concentrer. Rayonner. Aimanter : L’attraction des plans supérieurs. Sorties astrales. La prière. Le laboratoire magique. Concentrer : La baguette, l’épée, la canne, les divers
184 l’initiation accessoires magiques. Les miroirs magiques, les parfums. Oraisons. Invocations. Rayonner : Les résultats de l’entrainement. Le magiste devant Dieu, devant les hommes, devant la nature. Explication des phénomènes magiques à l’aide des lois connues : L’hypnose superficielle et profonde. Les oracles. La voyance, les médiums : de Mlles Fox à M. Miller. Les guérisons par la magie. IV. — Expériences pratiques.
Entraînement à la* psychométrie, la voyance. Vision dans les miroirs, pratique de l’hypnotisme et du magné tisme, quelques méthodes de divination. Quelques secrets. CONFÉRENCES ÉSOTÉRIQUES Par le docteur Papus. Palais des Sociétés savantes, salle D, 28, rue Serpente, Paris. Étude spécial du plan invisible. ORDRE DU JOUR Jeudi 11 mars à 8 heures et demie du soir. L'esprit et le réveil astral. • Les trois jours de promenade.
Les ancêtres et les guides. Sensation de la barque ou du train Nous suivons notre convoi. Le sommeil arrive. La création des nouveaux organes de perception dans l’invisible. Le réveil, le Christ et les révélateurs dans le Plan céleste * Le rappel des existences. Nous fabriquons le futur corps physique. Notre calvaire et notre acceptation. Le Léthé et la nouvelle incarnation. Naissance.
Nota. — Ne sont admises à ces conférences que les per sonnes pourvues d’une carte d’abonnement annuel dont le prix est de 10 francs on 2 francs par entrée. Les élèves de l’Ecole Hermétique entrent librement.
LA PROVINCE OCCULTISTE 185 Chacune de ces conférences est publiée en un beau fascicule illustré des sujets projetés aux conférences. Le fascicule : 2 francs; la série entière : 10 francs. LA PROVINCE OCCULTISTE Région d’Avignon. Notre ami M. L. Gastin fils a fondé un groupe d'études ésotériques très important à Avignon avec le concours d’Homonculus, Ghimel Lew, Monfajon, etc. MM. L.
Gas tin et Ghimel font au groupe ésotérique d’Avignon d’inté ressantes conférences sur l’Occultisme devant un nom breux public. Ce groupe a un organe mensuel très bien rédigé Les Petites Annales,'où collabore également notre rédacteur en chef : M. Combes Léon. Siège social du groupe : 66, rue des Lices, Avignon. Région de Montpellier.
A Montpellier, ville universitaire, cerveau du Midi, l’Occultisme compte également de nombreux représen tants : notre collaborateur M. Bourguet, MM. le docteur Cazes, le docteur Pourquier, Aleph, Thot.
Une société d’Études Psychiques réunit les divers groupements occultes de Montpellier sous la présidence de M. le docteur Pourquier, 10, rue Dom Vaissette où notre ré dacteur en chef a fait plusieurs conférences, très remar quées, relatées l'an dernier par l'initiation et les revues philosophiques de Paris : Voile d'Isis, Revue du Spiri tualisme Moderne, etc. Fin février M. Combes Léon doit aller faire une confé rence à la salle des Concerts du Grand Théâtre de Mont pellier sur l'Esthétique dans l'Art Qcculte.
Nous donnerons un compte rendu de cette conférence que les journaux régionaux du Midi annoncent déjà comme devant être très brillante. Le mouvement occultiste s’étend de jour en jour dans toute la France, de Lyon à Bordeaux et à Nantes, de Castelnaudary à Marseille et Nice, de Tours à Rouen et à
186 l'initi vnoN Lille. L’idée occultiste rayonne sur tous les centres intel lectuels du vieux sol gaulois. A l’étranger, le Petit Cicerone occulte de Paris a des amis à Rome, à Turin en Italie, en Espagne, en Portugal, en Russie où notre ami Jean Siprel de Moscou est un des fervents du mouvement alchimiste terrestre. L’Asie, l’Inde, la Cochinchine, le Tonkin nous accueil lent avec joie. L. U. S. A.
Le Canada, la presqu’île de Panama, Cuba, le Brésil, etc., lisent le Petit Cicerone occulte de Paris qui pénètre jusqu’à la Côte d’ivoire et à Madagascar en Afrique. L’œuvre est féconde et promet une abondante moisson spiritualiste et occulte. V. C. B.-. LIVRES NOUVEAUX Docteur A. Wîlm. — Les carnets du docteur Heurtault. Le chapelet de corail. Roman psychique. Librairie Félix Juven, 13, rue de l’Odéon.
BIBLIOGRAPHIE Arnold von Gennep : Religions. Mœurs et Légendes, in—18, Mercure de France. M. A. von Gennep est un ethnographe et un folkloriste des plus érudits et des mieux renseignés. Polyglotte re marquable, il est au courant de tout ce qui ce publie d’important dans" le monde sur les questions qui l’inté ressent. Aussi ses études ne laissent-elles rien à désirer au point de vue documentaire.
Elles valent encore par leur tendance généralisatrice et leur caractère scientifique. M. van Gennep sait, en effet, classer les documents et les faits et en dégager les traits communs et universels, en éliminant tout subjectivisme, c’est-à-dire en les considé rant au seul point de vue impersonnel et objectif. Parlant du christianisme, il fait remarquer à ce propos et avec
BIBLIOGRAPHIE •87 luste raison, que « rares sont les travaux où les faits sont présentés avec une indépendance complète ; toujours en quelque endroit perce une tendance personnelle de l’au teur à interpréter les faits conformément à l’orthodoxie de sa propre Église, ou de manière à ne point choquer les croyances de ses contemporains.
Il s’ensuit que le théo ricien ne peut jamais se fier entièrement aux travaux d’ex position ou d’anaiyse et se voit forcé de tenir compte de tant d’équations personnelles que l’œuvre synthétique en vient vite à le rebuter. C’est ainsi qu’il n'existe sur la prière chrétienne qu’un seul essai vraiment utilisable, celui de E. von der Gollz, bien qu’il s’y marque une tendance à l’interprétation personnelle.
Sur le sacrifice, sur le bap tême, sur la communion, sur la sanctification, etc., on n’a même pas de synthèses partielles préliminaires. Je transcris d’autant plus volontiers ces observations critiques, — que j’approuve d’ailleurs complètement, — qu’elles s’appliquent on ne peut mieux aux ouvrages d’occultisme et de spiritisme. Le souci de l’exactitude scientifique y paraît secondaire.
Quant à l’équation per sonnelle, on ne semble ne point se douter qu’il est néces saire de l’éliminer. La question ne se pose même pas pour beaucoup. Chacun croit porter en soi, l’absolu et dès lors, il prend pour des vérités, des certitudes, ses intuitions, ses illuminations, qui ne sont, la plupart du temps, que des imaginations ou des réflexions de ses propres désirs ou de ses propres pensées.
C’est pour cela que l’occultisme n’a fait que peu ou point de progrès. Les meilleurs ou vrages sur la matière, — à peu d’exceptions prés, —ont paru dès ie début de la Renaissance occultiste. Pour trouver la vérité, il faut abstraire le pltis possible s)n moi, s’inipersonnatiser en quelque sorte, aller direc tement au fait (1).
Il ne faut pas. non plus, oublier, dans cette recherche, que le critérium de certitude n’est ni la raison, ni tel homme plus ou moins grand ou divin, ni telle doctrine, ni la tradition, mais le fait seul, le fait nature! et non la notion que nous en avons, qui peut être fausse et qui est d’ailleurs toujours révisable. (i)M. A# von Gennep dit qu’il faut savoir « dédoubler sa personnalité ; qui ne sait ou ne peut se dédoubler, trans pose ».
i88 l’initiation Je reviens à i’ouvrage de M. von Gennep. C’est un re cueil d’études variés sur les religions, les mœurs, les cou tumes, les légendes, les peuples, les civilisations, et les langues. Toutes, à quelque degré que ce soit, sont suscep tibles d’intéresser les occultistes. D « Études de psychologie sexuelle. I.
La Pudeur, la Pério dicité sexuelle, F Auto-Erotisme, par Havelock Elles, édition française, revue et augmentée par l’auteur et traduite par A. van Gennep, in-8, Mercure de France. Les questions qui sont traitées dans ce livre, si abondam ment documenté, le sont à un point de vue exclusive ment scientifique. L’auteur « regarde la sexualité comme le problème central de la vie >.
Elle est, déclare-t-il, < à la racine même de la vie et nous n’honorerons la vie qu’autant que nous saurons comprendre la sexualité >. Les trois études qui forment ce premier volume cons tituent une sorte d’introduction à une analyse plus com plète et plus compréhensive des phénomènes sexuels.
La première traite de la pudeur et des diverses formes par lesquelles elle s’est manifestée dans le cours de l’histoire et se manifeste actuellement chez les sauvages et les civi lisés : la deuxième, des divers rythmes physiologiques et psychologiques de la sexualité ; des cycles mensuels et annuels chez l’homme et les animaux et de leurs rapports pénibles avec les révolutions des astres ; enfin la troisième, des manifestations spontanées de l’impulsion sexuelle.
Dans deux appendices, M. Havelock Ellis montre l’in fluence de la menstruation sur la situation sociale des femmes et le rôle que joue le facteur auto-érotique dans la religion. Cette dernière question est particulièrement intéressante pour l’occultiste. Par des exemples nombreux et précis, l’auteur fait voir quels liens étroits unissent les phéno mènes auto-érotiques aux phénomènes religieux et mys tiques.
Le mysticisme chrétien, surtout celui de l’école espa gnole, est tout imprégné d’émotions sexuelles. Les enthousiasmes religieux, dit un auteur anglais,
BIBLIOGRAPHIE 189 < semblent stimuler et même accroître la tendance aux jouissances sexuelles ». Un autre, Krafft-Ebing parle du < penchant spécial des saints aux tentations sexuelles » et conclut que « les états émotionnels religieux et sexuels au summum de leur développement manifestent une har monie dans la quantité et la qualité de leurs excitations et peuvent ainsi se substituer l’un à l’autre dans certaines circonstances.
Tous deux peuvent se changer en cruauté sous des conditions pathologiques ». Cette connexion étroite entre l’émotion sexuelle et l’évo lution religieuse explique pourquoi maint mystique croyant planer dans les régions spirituelles et lumineuses de bodhi,rampe encore dans les cercles obscurs et troublés de kama. » • • Voyageurs et Romanciers, par Barbey d’Aurevilly, (édi tion du Centenaire), Alph. Lemerre.
En lisant les noms de ces Voyageurs et Romanciers, on ne peut s’empêcher de songer, non sans une certaine amertume, combien peu ont survécu ou survivront dans la mémoire des hommes. Se rappelle-t-on, en effet, ce que furent Desnoireterres, Gabriel Ferry, A. Régnault, Feuillet de Conches ? Et a-t-on jamais su les noms de Paul Nibelle, d’Edouard Salvator, d’Hippolyte Babou, de Francis Wey et d’Arthur Gravillon ?
Si l’on connaît encore ceux de Saint-Marc Girardin, de Champfleury, de Méry, de Frédéric Soulié, de Maxime du Camp, d’Octave Feuillet, c’est parce qu’on les trouve dans les anthologies, mais lit-on toujours leurs ouvrages ? J’en doute. Peutêtre George Sand, Fromentin et Léon Cladel sont-ils mieux partagés.
On le leur souhaiterait, du moins surtout à ce dernier qui mérite vraiment mieux que l’oubli et dont Barbey rappelle, au sujet de sa couleur et de son style, les noms glorieux de Rubens et de Rabelais. Quant à Victor Hugo, on le lit moins, bien moins. Et le silence déjà semble se faire sur le comte de Gobineau, découvert il y a quelques années à peine.
Par contre, leur critique sévère et parfois injuste, rarement doux et en thousiaste, plus souvent mordant, incisif et raillebr, Barbey
l’initiation 1QO d’Aurevilly, l'auteur de tant de pages étincelantes de verve et éblouissantes d'esprit, — est vivant plus que jamais. Son étoile brille toujours haut au-dessus de l’horizon. Barbey critique ressemble à un de ces bretteurs du moyen âge toujours prêts à ferrailler, mais ce moderne gentilhomme tient une plume en guise de rapière. Et quelle plume ! Une plume barbelée et singulièrement aiguë, pénétrante comme un stylet.
Ne nous en plaignons pas, nous qui le lisons. A Paradis laïques, par Jules Sageret, in-8, Mercure de France. Aucun des Paradis décrits par M. Jules Sageret ne pro voque mon enthousiasme, pas plus celui d’Anatole France que celui d’Emile Zola.
Je n’aime pas davantage celui de Fourier et ceux de Wells sont loin d’obtenir mon suf frage A lire ces Paradis laïques * ceux des religions ne sont pas plus beaux, — on s’aperçoit combien l'homme est inapte à imaginer quelque chose de nouveau.
Wells, — qui est sans contredit l’écrivain le mieux doué comme bâtisseur de cités futures ou- créateur de sociétés et de civilisations nouvelles, — Wells aurait été incapable, s’il avait vécu cinquante ans plus tôt, de deviner le dixième seulement des découvertes et des inventions faites depuis. Aussi est-il oiseux et vain de chercher à diagnostiquer l’avenir. Ce peut être un passe-temps agréable, mais sans autre utilité.
Le voile de l’avenir ne peut être soulevé, pas même par les prophètesses et les devineresses de profes sion. C'est à peine s’il est possible d’entrevoir vaguement ce que sera l’avenir immédiat. Le Chat Maltais, par Rudyard Kipling, trad, par Louis Fabulet et Arthur-Jackson, in-18, Mercure de France. Le Chat Maltais est le premier d’un recueil de contes écrits par le célèbre Rudyard Kipling. On connaît aujour d’hui suffisamment cet écrivain de génie, dont la renommée
BIBLIOGRAPHIE îgi est universelle (il est lauréat du prix Nobel), pour qu’il soit nécessaire d’insister sur le puissant intérêt que pré sentent, pour le lecteur, ces contes, tout nouvellement traduits. Jacques Brieu. ♦ ♦ < Le Chapelet de Corail, roman psychique par le docteur A. Wylm. (Un vol. in-12, prix 3 fr. 5o. — Librairie Félix Juven, i3, rue de l’Odéon, Paris.) Le Rêve correspond-il quelquefois à une réalité objec tive ?
Peut-on, par exemple, à la suite de circonstances spéciales, entrer en rapport, sans la connaître ni l’avoir jamais vue, avec une personne déterminée, lui plaire, l’aimer ? Tel est le problème qu’étudie le docteur Wylm dans le Chapelet de Corail, le nouveau roman édité par la librairie Félix Juven.
L’auteur est fort au courant, semble-t-il, des phénomènes les plus délicats de la vie psychique et de la haute mystique; ses personnages sont vivants, leurs passions sont humaines et nous émeuvent, tandis que le récit des événements, qui séparent, puis réunissent, les héros de l’aventure, nous conduit à l’examen des questions les plus intéressantes de la métapsychique.
Le livre du docteur Wylm est écrit avec soin, dans une langue très pure et très claire; on n’éprouve pas, en l’his toire fantastique des amours de Lucie Franchard et d’Antoire Leyre l’impression de l’irréalité, tant elle est contée avec simplicité et tant elle est attachante. * * ♦ Les Mystères du Verbe donnant la clé symbolique de la ▼ie par les Couleurs, les Formes et le Nombre, par le docteur Ely Star, Astrologue et Occultiste.
Bel ouvrage in-8 carré, imprimé sur papier de luxe et enrichi d’une superbe couverture symbolique due au crayon de Mainella, orné de nombreuses gravures dans le texte et de six planches hors texte, dont trois en couleur. — Prix : 7 francs. Librairie Générale des sciences occultes, bi bliothèque Chacornac, 1 i,quai Saint-Michel. — Paris-V *. On sait que les contraires appellent les contraires. Ely
l'initiation 192 Star qui, pour ses livres, affectionne ce titre : Mystères, est cependant l’homme le moins mystérieux qui soitl Après avoir fait paraître les Mystères de ¡’Horoscope, chez Dentu, en 1888, il publia en 1902, chez Chacornac, les Mystères de l'Être.
Enfin, voici sa dernière œuvre, les Mystères du Verbe, par laquelle l’auteur expose clai rement et méthodiquement ses idées sur la Symbolisme dans la nature et dans l’art de fixer la pensée. < Le « Verbe », -r- dit-il, — c’est la pensée en nous, c’est la suprême manifestation de la Vie. La pensée passe de puissance en actes par les paroles et l’écriture, par les couleurs et les formes géométriques.
Toutes formes et toutes nuances sont représentatives d’une idée; tout sym bole est l’expression d’une pensée vivante. * Partant de ce principe, Ely Star expose son plan de di vulgation avec un très grand charme, démontrant tout d’abord la clé du Symbolisme par des signes simples : un cercle, un triangle et un carré, figures qui toutes trois sont générées par un signe unique et naturel, le signe de la croix, symbole du mouvement de la lumière.
Toute personne s’intéressant aux choses de l’occulte, trouvera plaisir et profit aux révélations intuitives, aux aperçus inédits et curieux que renferme ce livre suggestif, que le sympathique auteur termine par un glossaire d'apho rismes philosophiques du plus haut intérêt. INSTRUMENTS MAGIQUES Construction de tout appareil ayant trait à la Science occulte ou autre. (Baguettes magiques, miroirs magiques, biomètres, etc.).
Construction d’appareils sur une idée donnée ou sur un plan. L.ÉONIS, 3gi, rue des Pyrénées, t’aris-ao ** Le Gérant : Encausse. Paris. — Imprimerie E. Arrault et Cic, 9, rue,N. b.-de-Lorctte.