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82" * VOLUME. — 22"” aWNEE SOMMAIRE DU N° 3 ( Janvier 1509 PARTIE PHILOSOPHIQUE Involution et Evolution (p. i à 23) . . . . : Franlac. Les Envoyés du Pire (p. 24 à 44)..............................C. B. Ex-libris en art occulte (p. 45 à 48)........................Tidianeuq. Les Moteurs à fluide humain (p. 49 à 5ç). . . G. de TromeUru Essai sur la forme (p. 60 et 72)....................................Jacoues Brien.
PARTIE INITIATIQUE Orphie et les Orphiques [suite) (p. 73 à 74) . . Combe? Léen PARTIE LITTÉRAIRE Orphie aux Enfers (p. 75 à 77)....................................Julefi Marthole Les Mystères de Noël. — Art et Magnétisme. — Conférences sur l'Evirfgile-Sédir.— Mouvement psychique. — Février occultiste. — Librai rie du Magnétisme. — Société Magnétique de France. — RCruc des Revues. — Livres nouveaux.
Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adreiR. 5, rue de Savoie, à Paris-VP. Téiôohone — 818-09 Tout ce qui concerne TAdministretion : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO. ANNONCES doit être adressé à la * ifc:
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri. mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent : Dans la Science à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion à donner une base solide à la Morale par la decouverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour'unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l'initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l’arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le militarisme et la misère. Enfin l'initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connuset pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde.
L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 5o rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Oçculte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits.
Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d'une manière qu'elles savent toujours apprécier. L'Initiation parait régulièrement le 15 de chaque mois et compte déjà trois années d’existence. —Abonnement: 10 francs par ap.
* f •• X - — Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Eco'». tir* -, distinction, et chacun d’eux conserve ta responsabilité exc.^y^, ses idées. 23 * année 1909 L’INITIATION A ses Lecteurs, à ses Abonnés Involution et Évolution < ESSAI DE SYNTHÈSE > .L’homme est enlisé dnü< < v nous d’en sortir et de ic Multiplicité, à 1*11 n it<K» H x v............. Mais d’abord suivons '* -^s’ essayons de nous l’iiu vs* '* ‘ I
2 l’initiation [janvier Le 2 (i-H) c’est Dieu en action de penser, « Fils ». Le 3 ( 14~2)c’est Dieuenaction de parole, de Verbe, en réalité, c’est le souffle, « Saint-Esprit ». Telle est la grande et sublime Trinité ; ne formant cependant qu’une seule Unité. La Tri-Unité a voulu se contempler dans ses éma nations ; elles portent le nombre de 4. Le 4 (1 4- 3) c’est le 1 -f- 2 actionnant le Verbe 3 pour émaner la Hiérarchie des grands Esprits.
Ces quatre premiers nombres additionnés forment un total de 10 (1 4- 2 +3 4-4 = 10) ; ils contien nent donc tous les nombres qui puissent être imagi nés, puisque tous les nombres se résolvent dans les 10 premiers et que les 10 premiers se résolvent dans les 4 premiers de ces 10 nombres. Ces 4 premiers forment le Tétrogramme sacré ou Quaternaire divin qui renfermait le Tout.
Le nombre 4 est la Hiérarchie des grandes Puis sances; les grands Esprits de cette Hiérarchie jouis saient du Libre arbitre complet suivant leur volonté, faveur que le Père accorde à ses enfants devenus majeurs ; mais un certain nombre de ces Esprits usant mal de la Liberté que le Père leur avait aussi magni fiquement octroyée, conçurent la pensée d'orgueil qu’ils pouvaient et devraient avoir la même puissance que celle du Père !
Conduit par l’un d eux que la tradition nomme Lucifer, Lucibel etc., ils voulurent escalader les mar ches du Trône Divin, mais après une lutte effroyable contre les Esprits restés fidèles dirigés par Michaël, * ils furent vaincus et repoussés.
I9O9] INVOLUTION ET ÉVOLUTION 3 Les grands Esprits restés fidèles gardèrent le nom bre 4, les Esprits révoltés devinrent le nombre 5. Ces derniers étant exclus du quaternaire sacré, il devenait nécessaire de leur assigner un lieu spécial dans le sein de l’Empire Divin qui devait se dévelop per à cette intention. C’est alors que le quaternaire divin émana le 6 pour y renfermer le 5 démoniaque.
Ce nombre 6 représente le nombre des Pensées Divines qui ont fait opérer la facture des 6 périodes de la création matérielle et temporelle, afin qu’un Univers visible et invisible fut formé pour être l’asile des Esprits pervers chassés du monde4 et put être la borne de leurs opérations mauvaises.
Ce qui nous semble mal et mauvais dans le monde de la création répond au mauvais ou au lait des Esprits qui y sont prisonniers dans la lumière matéria lisée « ou concentrée » que chacun de ces Esprits or gueilleux et cupides a amassée autour de lui en voulant se faire centre particulier en dehors du centre Divin. La tradition dit que le 6* jour Dieu créa l’Homme, couronne de la création, et que le 7* jour Dieu se reposa.
L’Homme ainsi créé était, dans la Pensée Divine, destiné à servir de liaison entre l’ensemble de la créa tion, « ou le 6 », et le quaternaire diyin, « ou le 4 », la réunion de 5 et de ce 4 donnant le total 10, qui renferme le grand Tout. Le septième jour, dit du Repos, a été consacré à l’entente parfaite entre Dieu et sa nouvelle créature l’Homme ou le Fils de Dieu.
4 l'initiation Le grand Homme ou 7 recevait de son Père la sublime mission d’être Pontife et Roi de toute la création et par conséquent de dominer, non seule ment sur toutes les formes créées, mais encore sur les grands Esprits déchus, démons enfermés dans la four naise centrale de chacun des mondes physiques dont ils sont les chefs. • Le grand Homme « 7 », allié à la Trinité Divine «3» chargée de l’éclairer, le'guider, formait le grand Tout 10.
Cet Homme se trouvait donc placé entre le Bien total « la Trinité Divine » et le Mal total occa sionné par l’orgueilleuse et cupide révolte des grands Esprits. La connaissance total du Bien et du Mal ne lui était donc pas nécessaire pour remplir sa mission, car il était le lien transmetteur entre la Trinité Divine, d’une part, et les grands Esprits déchus d'autre part.
Mais l’Homme avait aussi pour mission de prési der à la dématérialisation des êtres ou particules de la grande lumière; concentrés dans les mondes phy siques autour de chaque Esprit pervers prisonnier. La Tradition dit que le premier jour * ou la pre- * • mière période », Dieu créa la Lumière : cette grande K Lumière est la Vie par excellence ou corps de Dieu, et vie veut dire Force-Mouvement.
Or, tout ce qui existe dans le monde de la création, soit solide, soit liquide, soit gazeux, soit radiant, soit cathérique, soit même à. l’état plus subtil encore, aussi tout ce qui est minéral, végétal, animal, corps humain, tout est composé des particules plus ou
INVOLUTION ET EVOLUTION 5 moins agglomérées de cette grande Lumière ; tout en provient et tout y retourne, de façon que rien ne se crée, rien ne se perd, mais tout se transforme cons tamment en passant d’un état plus aggloméré à un moins aggloméré (évolution delà matière) ou en pas sant d’un état moins aggloméré à un plus aggloméré (involution). Tout a donc une Vie et une Force plus ou moins en mouvement.
Quand le mouvement de cette Force est très rapide, nos sens grossiers ne peuvent le saisir (vibrations électriques, magnétiques, éthériques).
Quand le mouvement de cette Force est très lent, il nous semble arrêté et nous percevons cette Force Vie sous le nom de Matière, qui n’est en somme que de la grande Lumière gênée, arrêtée dans ses mouve ments initiaux : de sorte qu’il y a une grande Lumière active et une grande Lumière plus ou moins passive.
La pierre est encore de la Lumière à mouvements plus ou moins lents nous paraissant en arrêt même, ou inerte, mais si nos sens étaient moins grossiers nous verrions que même la pierre la plus dure est une agglomération de particules, ou d’êtres de la grande Lumière, ayant chacun sa Vie-Force et plus ou moins de mouvement. De sorte que ces particules de la grande Lumière organisent les formes de tout ce qui existe.
Mais ces formes ont été établies une fois pour toutes par Dieu pendant les 6 périodes de la création ; les types en existent à l’état fluidique dans la grande Lumière ; le dernier de ces types, couronnement de toutes les formes, est celui du corps humain, pour la Terre.
6 l’initiation Ces formes sont des corps fluidiques ou corps astraux; ce sont des centres de force ou âmes, atti rant à elles des particules plus ou moins matérielles pour les appliquer sur le moule qu’elles forment ; ces formes sont pour ainsi dire la chaîne d’une étoffe dont les particules attirées en sont la trame : et dans toute la grande Lumière de'la création il en est ainsi : c’est une immense chaîne au travers de laquelle le créateur lance, projette et attire les fils qui sont la trame de l’étoffe se matérialisant.
La chaîne peut se nommer ad et la trame peut se nommer od. Les particules qui forment la trame sont celles qui garnissent et matérialisent les forment existant à l’état fluide, mais tout est toujours de la Lumière. Ces particules peuvent passer d’une forme à une autre forme de végétal, d’animal ou d’homme. De sorte que le transformisme s’égare en voulant faire descendre l’homme du singe.
Les particules qui composent le corps de l’homme passé, il est vrai, par tous les règnes de la nature : elles ont donné dans le minéral, se sont réveillées dans le végétal, ont évolué à travers tous les corps animaux et sont finalement arrivées au corps humain qui va les rendre à leur vie fluidique primitive ; mais la forme fluidique de l’homme a toujours été parti culière à l’homme, comme la forme fluidique du singe a toujours été le moule sur lequel les particules sont venues matérialiser cette forme du singe.
Nous savons que l’homme est l’athanor qui sert à séparer le subtil de l’épais et le fixe du volatil ! C’est en effet l'homme qui a reçu pour mission divine de
INVOLUTION ET EVOLUTION 7 s’essayer à rendre à la vie fluidique de la Grande Lumière les particules que Dieu avait été obligé de matérialiser, de concentrer autour des Esprits déchus pour leur servir de bornes ou de prison, et cela pen dant lespériodes de la Création. Le grand Adam Kadmon était le Verbe Divin en action dans toute la Création, qui devait lui être ■Soumise. Dieu s’était réservé la vie générale et la marche du monde de la Création.
Il avait laissé à Adam le soin des détails : ce dernier pensait des êtres et émanait des Puissances et des Dominations, le tout fluidique, puisé au sein de la grande Lumière mise par Dieu à la disposition du grand Homme : ces émanations d’Adam devaient s’employer à la déma térialisation des formes emprisonnées avec les grands Esprits déchus, et par conséquent dématérialiser ces grands Esprits eux-mêmes pour leur faciliter le retour au Père Miséricordieux.
Mais Adam ne sut pas se contenter du rôle magni fique qui lui était échu, c’est-à-dire de rester uni quement le lien entre la Création tout entière et Dieu le Créateur; il voulut posséder la connaissance totale, sollicité qu’il en était par les grands Esprits déchus.
Il voulut se substituer à Dieu pour la direc tion générale de la Création et il voulut faire alliance avec les grands Esprits déchus afitj de mieux se pé nétrer de tous les détails, jusque dans les profondeurs des mondes physiques les plus matérialisés. Comme il jouissait de son libre arbitre, Dieu le laissa agir, Adam ne tarda pas à être accablé sous le poids écrasant de tout ce qu’il aurait voulu embrasser.
8 l’initiatjon Dieu en eut pitié, et pour qu’il fut possible au grand Homme de satisfaire sa curiosité, mais en même temps pour abaisser son orgueil, Adam dut subir la mort ou la division de son grand corps.
D’androgyne qu’il était il fut divisé en particules positives et négatives, mâles et femelles, antagonistes, puis ces particules durent quitter les régions pures de la grande Lumière pour descendre au contact des mondes moins éthérés et venir enfin s’incarner sur les mondes physiques dans les formes matérialisées, formes d’hommes et de femmes pour ce qui concerne notre globe terre au centre duquel se trouve, dans la fournaise, le grand Esprit déchu du Satan.
C’est ainsi que « le 7 », le grand Homme, par la Justice Divine « 8 », est venu réunir le quaternaire divin « 4 » avec le 5 démoniaque pour produire le 9 le mauvais Principe qui croit savoir et posséder le Tout 10. Telle est l’Involution, la descente de l’Esprit dans la matière.
Les particules du grand Homme, ce sont les humains en lutte sur notre terre, c’est nous 1 ce sont les humanités en lutte sur les autres mondes de l’Espâce au sein de la Création.
Hélas, ces particules, nos Esprits, possèdent bien peu de pouvoir, sont bien peu de choses ! mais il ne tient qu’à elles de se grouper à nouveau de plus en plus entre Esprits luttants, pour commencer à réformer le grand Homme, qui avait été divisé; et par là re conquérir la puissance perdue.
D’où la Loi obligée de Solidarité; d’Union, de Concorde, de Fraternité, si l’on veut trouver le reÍNVOLUTION ET EVOLUTION g latif bonheur, la force, la cohésion, la puissance. L’Esprit isolé ne peut presque rien; s’il se lie avec un autre Esprit, à eux deux, homme et femme, ils re constituent en infiniment petit le grand Adam-Ève !
C’est déjà un peu d’amour, mais ce n’est pas suffisant, car le grand amour entre tous les humains est indis pensable pour redevenir pontife et roi !
Car n’oublions pas que nous, Esprits, particules d’Adam, avons dû descendre aux plus infimes con tact des détails de la lumière matérialisée afin de nous y instruire chacun dans la sphère d’action qui nous y est confiée à chaque incarnation, mais que le travail, les efforts de chacun de nous doit profiter au Tout dont nous faisons partie, c’est-à-dire au grand Homme qui a voulu connaître tous les détails de la Création.
Chaque Esprit est donc un rayon du Tout, rayon de l'Homme synthèse: il représente Dieu manifesté dans la Création. Chaque Esprit incarné dans l’humanité est pontife et roi, dieu et héros pour le corps humain ou petit royaume qui lui est mo mentanément confié et dont il est entièrement res ponsable. Il est ainsi transformateur de la matière et créateur dans l’invisible de par ses désirs, ses pensées.
Chaque homme a donc sa mission et est respec-' table, depuis le plus arriéré jusqu’au plus avancé : s'il s’acquitte mal de sa mission, il opère dans les plus basses besognes; s’il s’en acquitte bien, il parvient aux sommets de la hiérarchie après en avoir gravi tous les échelons; mais tout a son utilité, et
10 l’initiation l’ensemble profite de l’expérience ou du savoir acquis par chaque unité. Quand, par chacune de ses unités, le grand Esprit Adam aura retrouvé l’intelligence, la sagesse, l’amour, et qu’il aura su apprécier la justice et la miséricorde divines, il reviendra à son état primitif et sera vrai ment le Verbe Divin manifesté dans la Création.
Voyons maintenant comment s’est opérée l’involution ou descente des Esprits, particules adamiques, jusqu’au contact des mondes physiques et de notre globe terre en particulier. Les particules adamiques, toutes réunies, for maient le grand corps d’Adam, comme les cellules organiques forment notre corps humain.
Les unes et les autres travaillent individuellement et pour ainsi dire inconsciemment à l’existence du corps dont elles font partie, mais leurs eilorts individuels servent à l’ensemble.
Que le corps d’Adam ou que le corps physique vienne à être soumis au phénomène que nous appelons la mort et voilà que toutes les particules de ces corps se désagrègent ou se désagglomèrent, et chacune reprenant son indépendance se précipite par attraction vers le milieu qui lui est pro pice.
Les Esprits, ou particules adamiques, tout en jouissant individuellement de leur volonté et de leur libre arbitre, comme Adam le Tout, dont ils faisaient partie, étaient donc de par la faute d’Adam obligés de venir prendre contact avec les mondes physiques ou grossiers, donc le plus proche possible des grands Esprits démoniaques. Ils avaient ainsi à prendre
1NVOLUTION ET ÉVOLUTION U part aux tourmentes de la matière instable, tout en étant en butte aux tentations passionnelles que leur offraient les Esprits démoniaques et la Maya illu sionniste.
Avant sa faute, le grand Adam habitait le monde pur de la grande Lumière, le Paradis Terrestre; après sa faute et la désagrégation de son grand corps, les particules adamiques qui le composaient étant obligées à l’involution, durent se revêtir d’en veloppes de plus en plus compactes au fur et à me sure qu’elles se rapprochaient des mondes plus mariels, car l’Esprit étant d’essence immatérielle ne peut agir sur la matière qu’au moyen d’intermédiaires du rang immédiatement supérieur à celui du plan ma tériel ou astral sur lequel il doit agir.
Quittant donc le plan général de la Pure Lumière, l’Esprit dut se revêtir d’une première enveloppe que nous appelons âme spirituelle 6® Principe, « l’Esprit étant le 7® Principe, chiffre du Grand Homme ».
Le plan spirituel, ou du 6® Principe, est celui sur lequel les Esprits, après avoir individuellement évolués à travers tous les échelons, viennent attendre le retour de tous les Esprits plus en retard, avant de pouvoir reconstituer intégralement le Grand Homme pri mitif.
Continuant son involution, l’Esprit rentre dans le Plan astral, ou Plan des Astres; là il revêt par-dessus le 6® Principe une autre enveloppe que nous appe lons l’âme humaine, 5e Principe, et qui lui servira à prendre contact sur tous les astres de ce plan avec la grande Humanité :
12 l’initîation Arrivant enfin au contact des mondes physiques, comme notre Terre par exemple, l’Esprit va se lier, définitivement, ou pour le temps qu’il voudra, avec les règnes évolués sur ces mondes. C'est à ce point que se trouve la prise de contact entre l’Esprit immatériel et l’évolution créatrice. Car Dieu dans sa miséricorde n’a pas voulu que FEsprit descende tout à fait dans les premiers degrés de révolution matérielle.
L’Esprit s’incarne dans le corps déjà le plus évolué qui existe sur chaque monde physique. En l’espèce, pour notre Terre, c’est le corps de l’homme animal. Ce corps animal évolué est composé de particules ou cellules matérielles ayant traversé de longues pé riodes d’évolution à travers le minéral d’abord, le végétal et l’animal ensuite, avant d’arriver à l’homme animal, la forme la plus parfaite de notre Terre.
De sorte que cet homme animal est composé d’un corps de terre ou minéral, « 1er Principe » ; d'une vita lité ou d’eau, « 2® Principe * ; de la vie du végétal ou âme vitale, « 3e Principe » ; particulière à notre vie de la Terre, et enfin d’une âme animale, « 4e Principe » particulière à notre système solaire tout entier en mouvement.
Voilà donc en présence un animal très évolué, ou homme terrestre, et un Esprit involuant, ou particule de l’Homme Divin. L’union étroite des deux parties nous donnera ainsi, comme appartenant à l’homme animal évolué: un premier Principe, le corps physique ; un deuxième Principe, la vitalité, « vie coulante » ; un troisième
INVOLUTION ET EVOLUTION 13 Principe, Pâme vitale qui anime la Terre et tout ce qu'elle porte ; un quatrième Principe, l’âme motrice des animaux. Cette union complétée par l’Esprit nousdonnèra : un cinquièmePrincipeJ’âmehumaine; un sixième Principe,l’âme spirituelle; enfin, un sep tième Principe, l’Esprit lui-même.
Tel est l’homme terrestre actuel, tel est chacun de • nous ici-bas : c’est-à-dire l’union d’un animal très évolué et d’un Esprit involué 1 Le nœud central de cette liaison est l’âme animale, 4* Principe. Autour de ce nœud comme centre de la grande roue ou Kota, l’Esprit peut descendre encore dans les bas-fonds de l’animalité ou remonter vers les plus hauts sommets de la spiritualité d’où il est descendu.
La volonté de cet homme se trouve ainsi occuper le centre entre la Providence et le Destin rigoureux ; libre à lui de choisir l’une ou l’autre de ces deux voies; libre à lui de se plonger au plus profond de la tour mente et des bouillonnements de la Maya illusion niste, ou de remonter vers la surface et les rives pures et sereines de la grande Lumière spirituelle qui luit pour tous dans la conscience de chacun comme verbe incarné !
L’homme terrestre peut se décider aussi à ne suivre ni l’une ni l’autre de ces deux voies : dans ce cas il reste stationnaire et ne sert en somme qu’à l’évolu tion des particules matérielles au sein de son athanor ;. il peut rester longtemps dans cet état et revenir sou vent s’incarner sur le même globe, mais finalement cet homme peut descendre plus bas, car tout doit évoluer ou progresser: si l’on s’arrête, c’est l’enlise
14 l’initiation ment, c'est la mort ou transformation, mais en sens rétrograde involutif.
Si la volonté de l’homme le porte à s’élever pour rechercher la Lumière, qui est Amour, Intelligence, Sagesse, il commence par desserrer le nœud central quatrième Principe qui l’attache aux désirs cupides et aux passions démoniaques : il rejette le manteau d’orgueil dont l’a affublé l’Esprit Sàtan et enfin il apprend à équilibrer les forces vitales qui sont à la base de son organisme.
Cet homme est alors tout préparé pour la libération future des Principes qui composent son essence supé rieure « cinquième, sixième et septième Principes », se séparant des Principes inférieurs qui appartiennent à l’empire de la Terre gouverné par Satan, un des Esprits déchus : Principes inférieurs dont l’Esprit se revêt au moment où l’enfant terrestre, sortant du sein de la mère, pousse son premier cri ; c’est donc à ce moment précis qu’à lieu l’union entre l’Esprit et l’animal.
Mais avant d’examiner comment, au moment du phénomène que nous appelons la mort, se séparent tous les Principes, et ensuite de voir dans quel plan chacun d’eux évoluant ou involuant doit se rendre, il nous faut revenir sur la composition de l’homme ter restre ou microcosme.
Nous avons, suivant la tradition, présenté l’homme terrestre comme composé de sept Principes, dont trois venant des mondes supérieurs et quatre venant des mondes inférieurs : le tout formant l’union d’un Esprit involuant se rencontrant avec un animal très évolué.
INVOLUTION ET EVOLUTION l5 En réalité, on peut dire que l’homme est composé d’un Esprit immortel et de trois corps mortels ou transformables, ces trois corps sont : le Corps spiri tuel, le Corps astral, «tous deux fluidiques », et le Corps physique, « matière épaisse », s’emboîtant les uns dans les autres ; sorte de Temple au fond duquel, dans le tabernacle, se trouve l’Esprit, le dieuhomme.
Au total, quatre Principes forment le Microcosme 1 C’est là le quaternaire humain, analogue au quater naire divin, savoir : i° l’Esprit, «homme-dieu»; 2°le Corps spirituel, « la Pensée, le fils de l’homme » ; 3" le Corps astral « forces, fluides, nature naturante, souffles, esprit » ; 40 le Corps physique, « nature, créa tion naturée. » Si nous voulions quitter la synthèse pour pousser plus loin l’analyse, nous trouverions que chacun dés nombres 2, 3, 4, « les trois corps de ce quaternaire humain, » peut être spécialement subdivisé en une trinité « comme du reste tout ce qui existe » : le supé rieur, l’équilibrant, l’inférieur ; de sorte que l’homme serait composé d’un Esprit souverain et de 3 trinités, au total 10 Principes, le Dénaire ou Tout humain.
Mais comme toui est hiérarchisé dans l’Univcrs, et qu’en conséquence le supérieur d’une série ou d'une trinité devient l’inférieur delà série "ou de la trinité supérieure, il s’ensuit que finalement nous retrouvons dans le Dénaire humain (trois trinités plus l'Esprit) les sept Principes traditionnels déjà mentionnés. Pour mieux être éclairé sur la constitution de
16 l’initiation l’homme terrestre, il suffit de se rappeler ce que le sphynx énigmatique enseigne à l’initié : « Tu dois avoir comme base pour le travail manuel ou intellec tuel un corps physique aussi robuste, aussi résistant que celui du taureau ; tu dois avoir la poitrine, le cœur, le courage, l’audace, la majesté du lion ; tu dois élever ton intellect,.ta science, ton rêve, ton espérance, ta foi ainsique te le montrent mes ailes d’aigle : mon front humain te montre qu'il doit être le siège du Savoir, de l’intelligence et de la Sagesse, il regarde le Ciel Universel, ma patrie.
Quant à mes mamelles qui sont au centre de mon être, elles t’indiquent que l'Amour est le pivot de tout et doit être la couronne de ton Esprit. » Or, le taureau avec sa force représente : le premier Principe,corps physique; le deuxièmePrincipe, la vita lité (vie coulante); le troisième Principe, l’âme Vitale. Le lion représente le quatrième Principe, Pâme centrale, l’âme animale, l’âme passionnelle, lame des désirs.
L’aigle représente l’âme humaine, cinquième Prin cipe, l'âme du Savoir, de l'intelligence, de la Raison. Enfin la tête représente l’ange, le sixième Principe, l’âme spirituelle, la Sagesse, la Foi, l’Espérance. Le septième Principe, l'Esprit, doit avoir pour idéal l’Amour, la Charité, l’Humilité afin qu’il lui soit pardonné son Orgueil et son Egoïsme, causes de sa chute.
Ce symbolisme du sphynx est pour l’initié encore bien plus explicite et plus complet dans la vingtdeuxième lame du Tarot.
INVOLUTION ET EVOLUTION ¡7 Arrivons maintenant à ce moment critique que l’on appelle la mort de l’homme, chose que le vulgaire redoute tant parce qu’il n’en voit que le côté noir, la tête de corbeau, la dissolution et putréfaction alchi mistes, qu’il ignore les belles couleurs et le triomphe final que les alchimistes tiraient de ce semblant de putréfaction, et qu'il ignore enfin que le phénix renaît de-ses cendres !
A la mort de l’homme terrestre, c’est comme un empire dont les États se séparent, parce que le souve rain n’est plus là pour maintenir le tout assemblé sous sa domination puissante. Or, le souverain auquel tout est soumis, c’est la Vie; ce sont les nécessités de la vie en commun qui lie le tout en un faisceau unique! Que ce lien vienne à se briser, que la vie vienne à s’arrêter et chacun reprend sa liberté d’action, ou retourne à son Plan.
Nous savons qu’il existe quatre Plans dans le Tout Divin : i° le Plan ou Monde Divin ; 2’ le Plan ou Monde Spirituel ; 3° le Plan ou Monde Astral ; 4* le Plan ou Monde Physique. C’est toujours le quaternaire qui apparaît : i°Père; 2 Fils; 3° Esprit; 40 Nature ou Création naturée, l’Esprit ou Souffle étant la Nature naturante.
Lors donc que l’homme est mort, c’est que les prin cipes inférieursqui le composaient,«ier 2* et 3* Princi pes», retournent au globe Terre d’où ilsprovenaient : le fr Principe retourne à la terre et à l’eau, le 2e prin cipe retourne au gaz de l'atmosphère, le 3* principe retourne à la vie ou circulation électro-magnétique qui entoure l'atmosphère de notre Terre et forment ce 2
i8 l’initiation fameux serpent astral, courant si difficile à franchir pour ce qui n’est pas épuré. Le tout inférieur, en somme, ne peut sortir des limites de la coque de notre immense œuf terrestre. Ces trois principes inférieurs vont de nouveau, dans l’intérieur de cette coque, servira l’édification et à l'évolution des corps d’autres minéraux, végétaux,‘animaux, hommes.
De sorte qu’on peut dire que les corps physiques des êtres des différents règnes actuellement existant sur notre terre sont entièrement composés de parti cules ou cellules provenant de nos ancêtres : ce qui expliquerait l’attraction que nous éprouvons pour le sol sacré delà Patrie !
Quant au 4e principe, l’âme centrale, elle appartient non plus à notre terre spécialement, mais à l’ensem ble de notre système solaire dans lequel elle peut se rendre, attirée par son affinité pour telle ou telle pla nète suivant la nature de ses désirs ou de ses passions.
Là, auprès de cette planète, elle attendra que le même Esprit qui vient de la quitter, ou qu’un autre Esprit qui doit s’incarner, vienne se lier à elle pour recommencer une nouvelle incarnation dans un être humain, soit sur cette terre, soit dans une autre pla nète.
Voilà pour l’homme inférieur, c’est-à-dire pour ce qui concerne l’homme animal ; voyons maintenant ce que deviennent les principes qui formaient l’es corte de l’homme supérieur ou de l’esprit involuant pour venir s’incarner sur terre. L’Esprit, 7* principe, qui a été le dernier à s’in carner pour oompléter le microcosme humain, est le
INVOLUTION ET EVOLUTION <9 premier des états qui abandonnent la fédération hominale dès que le nœud vital n’existe plus. Cet Esprit, ayant pour vêtement l’âme spirituelle, 6* principe, se rend dans le monde spirituel si son degré d’évolution le lui permet.
Dans le cas contraire il reste plus ou moins attaché à ses vêtements plus inférieurs « le 5e principe et même le 4® principe », ’si ces derniers le retiennent à leur merci au contact du plan astral ou du plan physique.
Si, au contraire, l’Esprit est très évolué et poursuit encore son évolution, il doit arriver à quitter son der nier vêtement, l’âme spirituelle, avant de rentrer défi nitivement auprès du Père, en attendant la reconsti tution complète del’Adam-Ève primitif.
Le 6e principe, l’âme spirituelle, est le vêtement directement au contact de l’Esprit, 7e principe; il accompagne donc ce dernier dans toutes ses étapes jusqu’au moment où sera reconstitué le grand AdamÈve, puis il sera rendu à la grande Lumière pure d’où il provenait, pour servir aux productions futures du grand Homme reconstitué.
Le 5e principe, l’âme humaine, est le principe infé rieur de l’Esprit involuant, et c’est ce 5* principe qui s’accroche avec le 4* principe, lequel est le principe supérieur de l'animal évolué.Ce 5e principe fait partie du corps astral, qui est, comfne oq le sait, composé des 3«, 4e et 5® principes et qui est l’intermédiaire entre le corps spirituel et le corps physique de l'homme terrestre. Par conséquent, lors delà désagrégation du micro cosme, ce 5® principe se rend donc dans le plan astral
20 l’initiation comme les 3e etzp principes, mais alors que le 3® prin cipe reste dans la sphère terrestre, que le 4e principe reste dans la sphère de notre système solaire, le 5® principe peut se rendre dans le plan général astral pour servir à une nouvelle incarnation d’Esprit sur un monde quelconquede l’immensité astrale, à moins qu’il ne soit retenu sôus la domination du 40 principe (sentiment, désirs, passions) au contact de notre sys tème solaire.
Par cela on peut se rendre compte de la réalité des enseignements que nous donne l’astrologie dans les thèmes de nativité; car chacun des principes qui composent le microcosme désagrégé se rendant dans un plan conforme àson état ou à son Karma, recom mence une nouvelle involution ou une évolution lorsque les courants fluidiques en mouvement répondent à ce Karma ou à cet état.
Nous savons que tout ce qui existe dans le monde de la Création provient du fluide ou grande Lumière créé par Dieu le premier jour, aussi tout est lumière 1 même la pierre la plus dure est de la lumière, mais fortement concentrée ! par conséquent tout a son aura ou pénombre, qui se réfléchit, se photographie sur l’aura voisine.
L'ensemble forme la vibration univer selle ou amour des astres, des êtres et des règnes entre eux et avec l’Unité Divine. De sorte que tout est, pour ainsi dire, entassement de photographies sur photographies. L’homme, le microcosme, photographie de même sur ses trois auras, « physique, as,tral, spirituel, » tout ce qui l’agite, ce. qu’il éprouve ou ce qui le mène.
INVOLÜTIOX ET EVOLUTION C’est ainsi que son centre physique manifeste en haut lieu astral, l’instinct avec la sensation comme réaction etles besoins, le plaisir ou la douleur comme résultat du mouvement qui s’est produit. Son centre astral se manifeste comme intuition avec le sentiment comme réaction et l’amour ou la haine comme résul tats de l’émotion qui en découle.
Son centre spirituel ou psychique manifeste l’idée avec le sentiment comme réaction et la vérité ou l’erreur comme résul tat de l’entraînement produit. Les droits centres (physique, astral, physique) agissent et réagissent donc constamment de l’un à l’autre et aussi de l’un aux deux autres; vibrations lumineuses qui vont se photographier sur les trois auras correspondantes.
Aussi chacune de ces auras est plus ou moins char gée de clichés et elle est d’autant plus matérialisée, compactée, qu’il y a plus de ces photographies forte ment fixées l’une sur l’autre en un même point et relatives au même sujet. Caries formes fluidiques ne se garnissent, ne se remplissent, ne se matérialisent que sous les chocs répétés des vibrations qui viennent les atteindre.
Et comme tout vibre à l’unisson : l’amour vibre à l’appel de l’amour, la hainerenvoiela haine, etc., etc., comme aussi les auras attirent les fluides subtils qui leur conviennent, en gardent urte partie et renvoient l’autre partie auxauras qui leur sont sympathiques ou similaires, de même aussi les planètes, les astres, les signes du zodiaque attirent les corps fluidiques, les au ras et les âmes qui vibrent à l’unisson de leurs désirs,
22 l'initiation de leurs passions, de leurs attractions, de leurs facul tés, de leur élévation, de leur idéal, etc. Puis, quand le moment est arrivé ou les circons tances, les courants et l’aspect du ciel sont favorables à Pinvolution ou à la descente d’une âme qui doit continuer à progresser, cette âme est repoussée et vient à l’incarnationdans lesmondes inférieurs entraî nant avec elle les âmes et aussi l’esprit (7® principe) qui se trouve assez peu libéré pour être encore placé sous le joug d’une âme humaine (5e principe), voire même sous le joug d’une âme animale (4e prin cipe). Les Esprits et les âmes des nouveaux incarnés vibrent alors à l’unisson des astres et des planètes qu’ils ont quittés et qui ont, de leurs aspects, accom pagné leur évolution. De là à déclarer que les astres inclinent vers le Destin ! Mais il ne faut pas oublier que la volonté de l’incarné doit être plus forte que le Destin s’il veut retrouver l’alliance avec la Providence, laquelle s’est retirée de lui au fur et à mesure que son involution se poursuivait et se faisait plus matérielle. Quand la Volonté a su terrasser le Destin, alors le ciel de l’incarné s’éclaircit! Il aperçoit de plus en plus la Lumière 1 C’est à lui à ne pas perdre ce fil d’Ariane, s’il veut continuer à évoluer pour revenir au grand Adam, sans quoi il risque fort d’errer dans le labyrinthe sans avancer, c'est-à-dire qu’il sera obligé de revenir souvent s’incarner dans les mêmes lieux avant d’en trouver les portes de sortie. Notre vœu le plus ardent est que les Terriens,
INVOLUTION ET ÉVOLUTION 23 guidés par le fil de l’Amour, s’acheminent de plus en plus vers la Fraternité, de manière à ne plus trop revenir s’incarner sur ce petit globe, qui est loin d’être un lieu de délices! ' (Janvier 1909, Fiianlac.)
Les Envoyés du Père La mort toute récente du juste et vénérable Vigne de Vialas nous rappelle la sublime mission de ces trois Saints, qui ont vécu à la même époque. Nous voulons parler de Francis Schlatter, le saint de Den ver, de Vignes, de Vialas(Lozère) surnommé le Juste et de Philippe, cet autre envoyé du Père que les lec teurs de 1* Initiation connaissent depuis longtemps.
En içoS, la presse du monde entier s’occupait des merveilleuses cures faites par le divin Thaumaturge américain. Notamment la Revue des Revues de Jean Finot traduisit, des divers journaux américains, les détails intéressants qui vont suivre. Depuis deux mois la ville de Denver, la délicieuse perle du Colorado, était en fête. Des centaines de milliers de pèlerins y accouraient de tous les coins de l’Amérique.
Aussitôt arrivé, tout ♦ le monde se rendait à la petite maison appartenant à l’honorable Master E.-L. Fox, l’échevin de la ville, qui abritait sous son toit François Schlatter, le plus grand thaumaturge de notre siècle. Pendant ces deux mois, la ville de Denver a pu admirer un choix de malades et de maladies les plus rares et les moins connues.
25 LES ENVOYÉS DU PERE „ Tous, ou presque tous, quittaient Schlatter, ras surés sur l’issue de leur sort, sinon complètement guéris. Les trains étaient bondés; les hôtels regor geaient de visiteurs, et à travers tous les pays on n’en tendait que des hymnes élogieux et attendrissants en l’honneur de Schlalter, le saint de Denver. La joie durable n’est cependant pas de ce monde.
Le 14 novembre 1895, des milliers de personnes sta tionnaient de nouveau devant la maison de Fox, mais cette fois leur douleur et leur désespoir faisaient peine à voir. Les femmes sanglotaient, les hommes proféraient des menaces, et les cris de douleur des malades, se mêlant aux explosions de colère de toute l'assistance, donnaient un cachet particulier à la ville de Denver, toujours si riante. Que s’était-il donc passé ?
François Schlatter, le saint Schlatter, avait quitté subitement, dans la nuit, le pays du Colorado. Est-ce pour toujours, est-ce seulement pour quelque temps, personne ne le savait. La nouvelle se répandit dès le matin et prit les proportions d’une calamité publique.
Et le journal Rocky-Mounlain News et les autres journaux du Colorado, en enregistrant la nouvelle tragique de la disparition de Schlatter, versaient des larmes sur le sort des malades abandonnés. Comment et pourquoi le saint homme s'en est-ii allé ? Les journaux américains, qui prévoient même les événements qui n’arrivent jamais, n’ont cependant pas prévu cette foudre qui venait de tomber sur la tête de leurs millions de lecteurs. La veille, le saint avait soigné ou plutôt béni,
2Ô „ L INITIATION comme d’habitude, tes 4.000 pèlerins venus un peu de partout. Il paraissait être aussi paisible et doux que de coutume et rien ne faisait prévoir sa désertion : «Oui, une vraie désertion! »criait la foule exaspérée. M. Fox, plongé dans une douleur profonde, n’es sayait même pas de consoler ses concitoyens.
Lui, jadis complètement sourd, était allé voir un jour, à Omaha, Schlatter, qui ne fit que lui tendre la main, et sa surdité disparut. Plein de reconnaissance, il offrit une somme assez forte à Schlatter, mais celuici refusa. Il lui offrit alors l’hospitalité de sa maison à Den ver. Schlatter accepta et s’y rendit, précédé de la gloire de sa sainteté et de ses cures miraculeuses.
Deux mois se passèrent ainsi et jamais prophète n’eut de disciple plus dévoué et plus enthousiaste que l’échevin de la capitale du Colorado. Et du coup, quel malheur ! Le 14 novembre, lorsque M. Fox fut entré dans la chambre de son hôte, son lit était vide. Tel qu’il était venu dans son costume unique, Schlatter avait disparu.
Et pour toute trace de son séjour, il ne laissait que ces quelques mots : « M. Fox, Ma mission est finie et le Père me rap pelle. Je vous salue. Francis Schlatter. i3 Nov. » , Et ce fut tout I Depuis on cherche Schlatter et on se désespère. Celui qui « a enivré », au dire d’un révérend du Co lorado, «l’âme altérée du peuple »et rempli du chant de triomphe céleste le pays du péché, a disparu à tout jamais.
• LES ENVOYÉS DU PERE 2/ « Et les rois de l’or, lui répond un autre, ne fer meront plus la bouche devant l’envoyé du ciel, car la plante qui est sortie de la terre sèche s’est évanouie par la colère du ciel. »..... Là douleur des exaltés du nouveau monde a de quoi nous toucher, car Schlatter était un bon Fran çais avant de devenir thaumaturge officiel du Colo rado.
Né en Alsace en 1855, Schlatter arriva un jour en Amérique, y fit tous les métiers et se ré veilla un beau matin saint homme. Tête découverte, pieds nus, il parcourait les vastes Etats américains et se disait Envoyé du ciel. Il prêchait l’amour de Dieu et la paix des âmes. On le met en prison, où il con tinue à prêcher. Les prisonniers le raillent d’abord et finissent par être troublés.
Francis Schlatter n’a qu’à mettre sa main sur la tête des malades pour les guérir. Sorti de la prison, il s’en va au Texas. Son costume extravagant, ses pieds nus, ses cheveux longs qui encadraient d’une façon étrangè son visage rayonnant de véritable illu miné, attirent des foules autour de lui. Les exaltés le tiennent pour un Élie ressuscité.
Schlatter, sans se soucier de ses contemporains, ne faisait cependant que prêcher ; « Prêtez l’oreille et venez à moi. Je ne suis qu’un simple envoyé de mon Père céleste. » Et tous venaient à lui, et il guérit les inguérissables et console les inconsolables. A Throckmorton, on l’enferme dans une maison de fous, mais il sort plus imposant ¿¡ue jamais. Il s’en va alors vers la Califor nie. Objet de culte et d’admiration, il traverse les
28 l’initiation villages mexicains et répand la croyance en son « Père * parmi les falsificateurs de denrées et les impies américains. Il fait en même temps pleuvoir des miracles sur la tête des malades, bénit les enfants et arrive ainsi à San-Francisco, en décembre 1894. De là, toujours à pied, tête nue, il parcourt les déserts de Mohaveet arrive, au mois de mars 18g5, à Flagstaft.
Après y avoir passé quelques semaines comme simple pâtre, il continue sa course pénible à travers les tribus indiennes.
Et il y « faisait connaître le nom de sa sainteté, comme disait Ezéchiel, et les habi tants du pays allaient à sa rencontre et admiraient la puissance du Seigneur. » Cinq jours de suite il passa en compagnie du chef de la tribu des Navajos, en semant des miracles et remplissant d’enthousiasme les âmes simples qui accouraient pour toucher ses mains.
Le 15 août, Schlatter arrive à Albuquerque et, un mois après, nous le voyons à Denver, devenu sa rési dence favorite. C’est dans ce paradis du nouveau monde que Schlatteraccomplitses miracles les pluséclatants. Den ver devint sa « Ville », et de toutes parts les incrédules et les croyants, les bons et les méchants, accouraient vers l’Envoyé du ciel.
Des femmes, touchées par les grâces du « fils du Père », lui faisaient cortège, les hommes l’admiraient; les reporters américains euxmêmes, tout en interviewant le saint homme, s’incli naient respectueusement devant la simplicité de sa personne et racontaient en termes enflammés les mi racles accomplis par le * prophète de Denver ». •
LES ENVOYÉS DU PERE 29 Les reporters et les journaux américains, se mettant au service du « prophète », jettent du reste une lumière étrange sur ce saint fin de siècle. Car Schlatter, le « saint taciturne », comme l’appelaient les foules, ne devenàit éloquent que dans l'intimité des envoyés des journaux.
Le thaumaturge « prenait garde à ses voies » comme chante le Psalmiste, afin de ne pas pécher par sa langue, et il gardait sa bouche« avec un frein »tant que les méchants étaient devant lui; mais, aussitôt en présence des reporters, le feu de sa méditation serépandaitdansdes confessionstouchantes etingénieuses. Ce n’est, en somme, que grâce à eux, que son « évan gile » si simple parvint jusqu’à nous.
« Je ne suis rien, leur disait-il, mais c'est mon Pcre qui est tout. Ayez foi en lui et tout ira bien. » Ou : « Mon Père remplace aussi aisément une paire de poumons malades, qu’il nousguérit des rhumatismes ou de l’enrouement. Il n’a qu’à vouloir, et le malade devient bien portant et l'homme sain devient malade. » « Vous me demandez en quoi consiste ma force.
Elle n’est rien : c’est sa volonté qu’est tout. » Un jour qu’une foule de quelques milliers de personnes se presse sur ses pas, Schlatter s’adresse à un homme qui se trouve à sa proximité : «Sortez 1 lui dit-il avec un ton de violence qui frappe l’assistance.
Sortez et quitte^ Denver, car vous êtes un assassinl » Et l’inconnu s'en alla et la foule émerveillée salua le saint homme, disant qu’ < il n’est pas en son pou voir de guérir les gens méchants ».
3o l'initiation La foi descendait jusqu’aux chemins de fer du Nouveau-Mexique. Un jour, la direction de l'i/w/on Pacifie Railway fit placarder dans le pays un avis disant que tous ceux parmi ses employés, de meme que leurs familles, quidésireraient consulter Schlatter, recevraient leur permis et leur congé régulier.
Le Omaha World Herald raconte à cette occa sion le spectacle grandiose des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, appartenant à tous les degrés de l’administration du chemin de fer, qui allaient demander le pardon de leurs péchés et la guérison de leurs maladies au saint homme de Denver... Et c’est ainsi que les chemins de fer, joints au reportage mo derne, faisaient cortège aux exploits miraculeux du prophète...
Et le saint homme continuait à faire des miracles. Les aveugles voyaient, les sourds entendaient et les culs-de-jatte marchaient. La foi s’allumait dans le Nouveau-Mexique et jetait ses rayons célestes sur toute l’Amérique. Le charme infini qui se dégageait de la personne de François Schlatter descendait comme une suggestion grandiose sur les consciences les plus incrédules.
L’écho de ses exploits arriva même en Europe, et certains journaux anglais racontaient des cures de Schlatter tellement invraisemblables que le NouveauMexique a failli devenir le refuge de tous les incura bles de l’univers. Le général E. F. Test a publié dans V Omaha World Herald un long article, où il est dit entre autres : « Tous ceux qui l’approchent sont soulagés dans
LES ENVOYÉS DU PERE 3| leurs souffrances. Le docteur Keithhey a été guéri de la surdité... Je me suis servi de lunettes pendant nombre d’années... Un geste de sa main a suffi pour que je n’en eusse plus besoin... » Un des hauts fonctionnaires de V Union Pacifie, M. Sutherland, fortement éprouvé par un accident de chemin de fer, ne pouvait plus ni marcher, ni mouvoir ses membres. On le transporte à Denver et il en est revenu complètement guéri.
Non seulement il a recouvré la faculté de marcher, mais, sourd depuis une quinzaine d’années, il s’est débarrassé par la même occasion de sa maladie et a regagné la faculté de l’ouïe. M. Stewart (Highlands, Jasper Street), sourd depuis vingt ans, a été complètement guéri par le saint de Denver (RockyMountain Dailay News, 12 novembre). Rien ne peut résister à la grâce et à la puissance miraculeuse de Schlatter.
La cécité, la diphtérie, la phtisie s’évanouissent devant sa main et surtout devant ses gants, comme de simples migraines sous l’influence de l’antipyrine. Mme V. V. Snook (North Denver) était atteinte . d'un cancer depuis de longs mois. Épuisée de souf frances, elle envoie chez le saint homme demander un de ses gants. Le « Fils du Père » lui en envoya deux en disant qu’elle sera guérie, et elle était guérie.
Il en fut de même de John Davidson (1217, 17 th. Street, Denver), du colonel Powers, de Georgetown et d’une douzaine d’autres, tous atteints depuis de lon gues années de maladies plus ou moins incurables. L’ingénieur Norris (Albuqueque), souffrant de la
32 ^INITIATION [janvier cataracte, fut guéri en un clin d’œil... Un bûcheron complètement aveugle distingue les couleurs après avoir été touché par la grâce de Schlatter. Le général Test déclare avoir vu un cul-de-jatte marcher sous les yeux du thaumaturge; l’ingénieur Stainthorp, aveugle, perçoit le jour. W. C. Dillon, courbé sous les maladies contractées quelques dizaines d’années auparavant, se remet du coup.
Lorsque le saint de Denver le toucha pour la première fois, une grande chaleur traversa son corps.Ses doigts, immo biles depuis de longues années, se redressèrent subi tement, une félicité inexplicable s'empara de tout son être, et il se leva rempli de bonheur et de foi. Jim Welsh.de Colorado Springs, avait la main droite paralysée. Schlatter le louche et la main est redevenue saine et forte.
Le Nouveau-Mexique exultait en pré sence de la grâce céleste descendue sur Denver. Mme M. C. Holmes, de Havelock, Nébraska, souffrait de tumeurs au-dessous des yeux. Elle y a posé le gant que lui adonné Schlatter et les tumeurs disparurent {Denver News, 12 novembre i8g5). Des montagnes de gants, qui arrivaient de toutes parts, gisaient sur le sol delà maison où habitait Schlatter.
Le'thaumaturge les touchait de sa main et les distribuait à la foule. La foi étant la seule raison des guérisons, * il est inutile, disait Schlatter, de toucher les malades de sa main ». Et s’il le faisait, ce n’était que pour impressionner les âmes ayant besoin de cet effet palpable pour jouir des bienfaits que « son Père »' faisait descendre par son intermé- ’ diaire sur la terre.
33 IÇOÇ] ës ENVOYÉS DU PERE C’est ce qui explique aussi comment Schlatter a pu soigner de 3 à 5.ooo personnes par jour. Adossé contre un pupitre, il étendait ses mains sur la foule qui s’en allait,, la paix dans Pâme. Et la perle du Colorado jubilait en constatant comment les muets parlaient, les culs-de-jatte marchaient * les aveugles voyaient, et tous glorifiaient le « fils du Père *.
Son désintéressement était au-dessus de tout soup çon et le mépris quil professait pour le « roi dollar » remplissait d’étonnement et d’admiration ses fidèles. « L’argent, que voulez-vous que j’en fasse ? » disait Schlatter, « mon Père ne me donne-t-il pas tout ce dont j’ai besoin ?...
Il n’y a pas de plus grande richesse que la foi ; or je crois à mon Père de toute ma foi ar dente. * Les dons affluaient de toutes parts et Schlatter les renvoyait avec sa douceur habituelle. On finit par ne plus lui envoyer que des gants, que le saint homme, après les avoir touchés de ses mains, donnait aux ma lades et infortunés. 11 a été donné à la France d'avoir aussi son thau maturge, son homme aux miracles.
Tandis que les États-Unis pleurent la disparition subite de Schlatter, l’homme saint de Denver, une étoile grandit dans le pays des Cévennes, à Vialas, qui bientôt fera pâlir tous les guérisseurs du passé.
Cet hommen’estaulre que Vignes, l’homme simple devant le Seigneur qui depuis bientôt trente-cinq ans opérait des miracles en petit et qui du coup, grâce à la violente résurrection du mysticisme dans ces années dernières, est devenu le thaumaturge officiel de la Suisse aile3
l’initiation 34 mande. Ce qui donne un cachet particulier à la glo rification du guérisseur de Vialas, c’est que ce sont presque exclusivement les protestants qui ont pro clamé sa sainteté. Car les yeux des aveugles qui ont aperçu les premiers la lumière venue des Cévennes furent précisément ceux des habitants de la frontière suisse, du canton .de Berne et du grand duché de Bade.
C’est à eux surtout qu’il a été permis de voir ses prodiges étranges : des aveugles qui voyaient, des poitrinaires qui guérissaient à vue d’œil, des boiteux qui marchaient. Et si la Suisse se montre si enthou siaste pour les paroles de Vignes, c'est quelle y a été préparée de longue date par les guérisons miracu leuses qu’y opérait vers l’année 1860 Mlle Trudel, aux abords du lac de Genève.
Ce fut plus tard Mlle von Seckendorff qui maintenait la sainte tradition. La France, qui se débattait dans ses souffrances de l’année terrible, passait inattentive, devant les montagnes de miracles qui se levaient vers le ciel, en 1870, grâce aux établissements médicaux par la prière surgissant dans tous les coins de la Suisse allemande.
Plus tard, le brave Samuel Zeller, puis Mlle de Manteuffel, et enfin le pasteur Stockmayer, qui, lui-même guéri par la « prière », ne voulut plus connaître « d’autre phar macie que celle des prières de Jésus ». Les maisons de santé par la prière continuaient à exister, mais les malades y faisaient des apparitions de plus en plus rares.
La foi aux guérisons par la prière subsistait quand même et il a suffi aux guérisons de Vignes de parve nir jusqu’à la Suisse pour entendre « les femmes
LES ENVOYÉS DU PÈRE 35 élever leur voix en l'honneur de l’homme miraculeux et leurs époux et leurs fils prêter les oreilles à ses paroles ». .Ce ne furent pas seulement les profanes, mais un homme pieux entre tous, le pasteur J. Schlachter, de Biel, qui s’est mis devant la porte du « Juste de Vialas » pour chanter sa gloire aux croyants et aux malades.
Et sa voix fut écoutée grâce au Br os amen, le célèbre journal de la Société Évangélique du can ton de Berne, devenu désormais l’écho fidèle des miracles de Vialas. Le pasteur de Biel a bien compris ce qu’il faut pour faire triompher la vérité et pour confondre les mé chants, car il a écrit une série de brochures éloquentes et enflammées sur le vieil Évangile.
L’atmosphère de candeur juvénile qui caractérise la vie des paysans des Cévennes a mis son cachet adorable sur les manifestations de foi de Vignes. — Où avez-vous trouvé la première inspiration ? lui demanda le pasteur Schlachter. — Dans le Livre. Le cent-troisième psaume ne nous dit-il pas que « c’est l’Éternel qui rassasie ta bouche de biens et qui renouvelle ta jeunesse comme celle de l’aigle ».
Vignes rendait doncla jeunesse à ses contemporains. C’est à l’âge de douze ans que pour la première fois une voix intérieure lui a dit de prier aux pieds du lit de sa mère mourante. Sa mère fut guérie et il ne cesse de prier pour les valets de ferme, pour ses enfants, pour son bétail. Tout croissait et prospérait autour de lui. •
36 l’initiation Son Évangile est d’une simplicité touchante. « Nous sommes nés, dit-il, comme simples créa tures de Dieu, mais nous devions devenir ses en fants. * Dieu est le père et l'ami de ses enfants, qui jouis sent autant de ses bienfaits qu’ils croient en lui. * Et les prières de ceux’qui prient seront écoutées, a dit Jésus, et tous seront guéris. Il n’y a qu’un seul doc teur: Dieu par notre sauveur Jésus-Christ.
Quand vous voudrez le connaître et vous donner à lui, vous serez guéri. Jésus a dit aux paralytiques : Allez et marchez et ils ont marché ; aux aveugles : Regardez et ils ont vu ; aux sourds : Écoutez et ils ont en tendu ; il en sera de même pour vous si vous avez la foi qui soulève les montagnes.
Allez en paix et soyez guéri. » Loin de se décourager devant les malades récalci trants, Vignes n’y voit qu’une preuve du manque de foi de leur part. — Vous n’êtes pas guéris, leur dit-il, parce que vous êtes des païens sans foi. Fiez-vous à Dieu et croyez aveuglément, et ce n’est qu’alors que la grâce descendra sur vous.
Un cul-de-jatte à qui il ordonna de marcher n’ayant pas osé exécuter ses ordres, Vignes lui jeta ce reproche amér : — Tu ne crois pas; comment veux-tu que je te guérisse ? Du reste i> ne veut pas qu’on vienne chez lui : — N’avez-vous,pas votre Dieu à Berne ou à Tarascon ? disait-il à ceux venus vers lui tout dernièreLES ENVOYÉS DU PÊR^ 3? ment plus nombreux que jamais. Je ne suis nen, je ne sais rien.
Et en disant ceci, il demande à tous les détails sur leurs maladies et fait sa prière : — C’est ce grand Dieu qui par sa pure grâce efface la souillure de vos péchés, c’est lui qui guérit de toute infirmité et retire la vie du tombeau... Fiez-vous à Jésus-Christ qui a dit : « Priez et vous serez guéris. » 11 ne faut pas aller chez les médecins, comme il ne faut pas aller aux pharmaciens. Allez à l’église et priez.
Vous n’êtes pas guéris, c’est que vous ne croyez pas à Lui, c’est que vous ne croyez pas à la force de la prière... Amen. Et ceux qui croient s’en vont rassurés dans leurs âmes et sains de leurs corps. Une boiteuse à qui il ordonne de marcher s’en va d’un pas sûr. Telle autre qui ne pouvait mouvoir ses bras, les soulève en l’air.
B. .., que son tabes paraît plonger dans des douleurs convulsives, jette par terre son chapeaujet le ramasse gaiement (Frohe Botschaft). Mme Schmitt (Obérer Henberg, 14 à Bâle) raconte que Vignes fixa son regard, en sa présence, sur une femme qui avait mal aux yeux, et celle-ci a du coup ressenti un mieux sensible. Une autre avait un lupus sur le visage et à mesure que Vignes priait, son lupus s’en allait.
M. Perrin-Bonjour, de Berrte, raconte que Vignes a dit à une femme sourde : « Vous entendez déjà mieux » et, lui parlant à voix basse, il se faisait com prendre d’elle. On cite également le récit d’un paysan de Vialas :
38 l’initiation * Monsieur, j étais dans mon champ, ma vache, s’était un peu éloignée, je cours après elle pour la rattacher, lorsque je l’aperçois au loin ; à côté d’elle, un serpent des plus venimeux se disposait â la pi quer.
Je vois M. Vignes dans le lointain, je l’implore de prier le Seigneur d’éloigner le serpent de ma vache; ma prière fut entendue, car le serpent se retourna, se suspendit à une branche d’arbre et devint sec. » Comme Schlatter de Denver, Vignes de Vialas guérit à distance. Des lettres affluent de toutes parts, et Vignes ne cesse de répéter avec sa voix grave et solennelle : Dieu y répondra. Et il prie et les guéri sons s’en suivent.
« J’ai vu des lettres de Nîmes, de Bâle, nous assure le directeur du journal Brosamen^ où on Je remer ciait vivement des guérisons accomplies à distance. Mais Vignes ne répond jamais aux lettres. S’il ne veut pas qu'on aille le voir à Vialas, il aime encore moins qu’on lui écrive. Dans la Frohe Botschaft, je retrouve cependant le corps d’une, lettre unique adressée par Vignes à une de ses malades.
Sauvonsvite de l’oubli cette sainte relique du pays de Lozère : Vialas, le23 septembre 1895. Madame, Je ne tiens aucune correspondance ; il m'est impossible, vous m’obligez. Je viens vous dire qu’il n’y a qu’un seul vrai docteur, Dieu par notre Sauveur Jésus; veuillez le connaître tel qu’il doit l’ctre, sans faiblesses ni réserves; donnez-vous à lui
LES ENVOYÉS DÜ PÈRE 3j) avec foi et amour, le Seigneur accomplira ses divines promesses sur vous et vos malades, vous aurez bien lieu de remercier votre bon Père Céleste, pour votre bienfaiteur, c’est le souhait de mon coeur, pour vous et pour moi aussi, que je désire de tout cœur que sa Sainte volonté s’accomplisse sur tous. Amen. Dans cette agréable attente, que Dieu par notre . Seigneur soit et demeure avec vous tous. Vignes.
L'Initiation a parlé en son temps du Maître Phi lippe. Pour éviter des redites, nous laisserons la parole au docteur Papus, en citant les belles pages extraites des Conférences ésotériques, 1908. « J'ai observé, nous dit le docteur Papus, d’autres guérisons très intéressantes : je vous en citerai quel ques-unes. Elles ont été opérées par un homme que je considère comme un maître véritable. 11 s’agit de Philippe, de Lyon.
J’étais là, avec deux autres méde cins, quand une maman de vingt à vingt-deux ans est arrivée, portant dans ses bras un petit enfant de cinq ans la tète ballante et les yeux vitreux.
Elle dit à Philippe : « Mon enfant doit mourir dans deux heures; et, comme vous m’avez sauvée il y a dix ans, je viens vous demander de guérir mon enfant. » Nous sommes trois médecins qui l’examinons et nous découvrons un cas de méningite tuberculeuse très prononcée; l’enfant devait mourir. 11 faut què • je vous dise, maintenant, comment Philippe opé rait ; il y - avait toujours là près de deux cents personnes. Philippe n’était pas poseur du tout.
l’initiation 40 D’un caractère bon enfant, il faisait toujours rire ses malades. Alors, devant le monde, . il dit en voyant l’enfant que nous avions examiné : «On peut guérir cet enfant. Voulez-vous vous enga ger tous à ne pas dire du mal des absents pendant trois mois ? Tout le monde bondit et répond que ce n’est pas possible. En marchandant, on est arrivé à deux heures. Moi, je n’ai jamais pu rester deux heures sans dire du mal des absents !
Eh bien 1 Phi lippe a dit: « C’est entendu! vous allez essayer de ne pas dire du mal des autres pendant deux heures. » L’enfant était dans une pièce à côté. Au bout des deux heures, je suis allé le chercher; je l’ai pris par la main et il a fait avec moi le tour de la salle; il était guéri. J’ai vu d’autres cas, notamment un malade qui souffrait beaucoup de ïestomac, personne ne pouvait savoir ce qu’il avait.
Or, ce Philippe dont je vous parle, était très modeste, très gentil, et il s’effaçait toujours. Ce n’est pas lui qui prétendait savoir quel que chose 1 Alors, il nous dit: «Docteurs, examinez donc ce malade. » Moi, je ne vois pas du tout ce qu’il a; mes confrères, non plus. On examine son estomac; il n’est pas dilaté. Enfin, nous ne trouvons rien.
Alors, Philippe nous dit gentiment : « Est-ce que vous avez bien observé s’il avait son appendice xyphoïde ? » C’est un tout petit os placé au bas du sternum. On ramène alors le malade et on constate que le sternum s’arrêtait net à l’appendice xyphoïde. Philippe nous dit : « Je crois qu’il a l’appendice xyphoïde tourné en dedans. » Ce déplacement proLES ENVOYÉS DU PERE 4t duit une pression sur l’estomac et provoque de la gastralgie.
Nous avions alors la main sur la partie malade et pendant que nous pressions très peu, voilà l’appendice xyphoïde qui reprend sa place normale, sans ique Philippe ait touché le malade. C'est une action à distance. Je vous citerai encore un autre fait. 11 ne fallait pas jdu tout parler de ses guérisons. 11 a passé ses exa mens en médecine.
Mais il n'a pas été reçu docteur en France, parce qu’il avait eu l’audace de ressusciter un mort alors qu’il n’était qu’étudiant de première année. On ne lui a plus permis de prendre ses ins criptions. Or, il était pauvre fils de paysan. Ce qu’il savait, il le possédait de naissance. Néanmoins il lui fallait passer par les Facultés et apprendre les choses terrestres.
Étant très pauvre et ne voulant rien deman der à personne, cet hommeportait la viande et s’était mis au service d’un boucher et il portait de la viande à domicile : ilrecevait quelques pourboires et le bou cher lui donnait 3o francs par mois et le nourrissait; c’est avec cet argent qu’il faisait ses études l’aprèsmidi, car son patron ne l'employait que le matin. Cela l’a suivi toute sa vie.
Quand il passait dans la rue, on se disait en le montrant du doigt : « Tiens l voilà Philippe le boucher », comme on disait : « Voilà Jésus, le charpentier. Il faisait du magnétisme et il a fini par passer son doctorat en Russie. Dans ses derniers examens, il y avait cinq malades à observer. Je vous dirai une chose curieuse, c’est que les médecins de là-bas ont remarqué que tout malade
42 l’initiation visité par Philippe était aussitôt guéri. Donc il était en clinique externe; on lui montre un malade et on le prie de dire ce qu’il a. Philippe répond qu’il a un abcès du rocher ou de l’oreille. Les médecins disent non et croient à un rhumatisme. Or, pendant qu'on discutait ce diagnostic, Yabcès s’ouvre et tout le pus s’écoule à l’extérieur de Yoreille. Le malade était guéri et les médecins n’en revenaient pas.
Eh bien! cet homme très modeste est mort; mais il n’a pas cessé de s’occuper de la Terre. Et il s’est passé un fait très curieux dont je pourrais vous dire un mot, en laissant de côté toute communication spirite. 11 y a des gens qui disent beaucoup de mal de Philippe. Tant qu’il était sur Terre, on courbait la tête, car il n’avait qu’à regarder quelqu’un pour connaître et réciter aussitôt toute sa vie passée.
Un jour, il vint à Paris pour le baptême du petit Durville, il s’est donc dérangé de Lyon et en arrivant il dit à Durville père : « Vous ne croyez à rien aujourd’hui, mais vous croirez plus tard. » Et vous voyez que Durville a découvert les fantômes et qu’il commence à admettre l’existence du corps astral.
Ainsi, Philippe était à Paris, et, à là porte de l’église Saint-Merri où se faisait le baptême du petit Durville, il y avait un vieux mendiant, délicieux comme type, couvert de guenilles, avec une barbe à moitié rasée. Alors Philippe va se placer à côté de lui et, comme s’il se parlait à lui-même, il dit à l’oreille du vieux mendigot : «J'ai 8.5oo francs en or et puis 6.5oo francs en billets de banque. » L’autre
LES ENVOYÉS DU PERE ¿3 le regardait avec épouvante. Et Philippe continua de parler et lui indiqua l'endroit où il avait caché son argent. Le pauvre mendiant ne savait plus où se mettre. Je vais vous raconter une autre histoire.
Un monsieur vient assister à l’une des séances de Phi lippe et demande à parler au Maître; on lui pose cette question : « Est-ce pour vous ? » « Pour moi ? répond-il, vous me croyez donc aussi bête que tous ces gens qui sont là. Non, je suis tout simplement chargé de faire une commission et, quant à moi, je n'ai rien à demander. Philippe le regarde et lui dit: « Monsieur, voulez-vous venir dans la petite chambre d’à côté ?
Il faut vous dire que c’était un très grand honneur que d’aller parler seul à Philippe. Le mon sieur passe donc dans la petite pièce et Philippe lui dit : « Savez-vous ce que vous faisiez le 28 juillet 1884 à 3 heures du soir?... vous étrangliez une femme. Ne craignez rien, moi seul vous ai vu, et la police ne va.pas tarder à vous découvrir. Mais ne craignez rien.
Si vous voulez demander pardon au ciel tout de suite, on ne vous trouvera pas. » Eh bien l cet homme qui voulait faire l'esprit fort est tombé à genoux et a imploré le pardon du ciel. Je vous citerai autre chose encore. Depuis sa mort, on a dit tant de mal de lui que ceux qui l’ont connu et aimé sont devenus enragés pour le défendre. Laissons de côté ces adver saires acharnésde Philippe et pardonnons-leur comme il leur a pardonné.
Après sa mort, il nous a or donné de les aider et de les éclairer. Ne soyons donc pas plus papistes que le Pape. Je connais un être que Philippe a. empêché de se tuer. C’était un pauvre
l'initiation 44 garçon qui avait des ennuis de ménage ; et, au lieu de prendre une détermination quelconque, il préféra en finir avec la vie. Il s’était rendu sur une haute falaise et allait se jeter en bas, lorsqu’il en fut empêché par une force invisible. Cet homme était venu voir Philippe par curiosité, et celui-ci, très gentil, lui dit: « Cher monsieur, vous rappelez-vous telle journée où vous alliez vous jeter du haut d’une falaise ?
J’étais là et je vous ai vu. * II n’a plus rien demandé. Eh bien I des êtres aussi puissants que cela sont très rares ici-bas.
Je n’en ai connu qu’un qui nous a appris à essayer d’être bon ; il nous apprit la tolé rance envers tous, la nécessité de ne dire de mal de personne, la confiance absolue dans le Père, la tolé rance pour les défauts d’autrui, la nécessité de ne dire de mal de personne, la pitié pour la douleur des autres; enfin, il nous a montré qu’on ne pouvait évoluer qu’en partageant les souffrances des autres, non en s’enfermant dans une tour d’ivoire de crainte de perdre sa pureté et sa sagesse.
Voilà pourquoi nous essayons de remuer un peu l’Humanité, de répandre autour de nous quelques idées qui ne proviennent que de notre cerveau et de propager les deux grandes vertus qui nous viennent du ciel : la Bonté et la Tolérance. C. B.
Ex-libris en art occulte Le comte de Tromelin vient de faire pour notre si sympathique directeur, le docteur Papus, un ex-libris en «art occulte», dont reproduction ci-jointe, des plus réussis, des plus cabalistiques. Pour bien le saisir, je vais extraire des lettres qui raccompagnaient quelques explications.
Ce dessin des plus compliqués, et qui ne peut être reproduit que par la photographie ou un de ses dé rivés, est bien médiumnimique, car son auteur dit: « Je ne vois guère ce que je dessine puisque je ne puis lire sans une forte loupe et c'est après que j’admire, tout comme un étranger, les choses prodigieuses qui sont sorties sous mon énorme crayon. * Je n’ai plus que quelques traits à faire par-ci par la pour accentuer certaines parties de mon œuvre que je désire faire ressortir. » En résumé, lorsque le besoin de dessiner empoigne l’auteur, en un rien de temps il bâcle, c'est le mot, un dessin qui semble réclamer de longues heures de tra vail pour son exécution.
Dans cet ex-libris on peut, en dehors de l’enche vêtrement des lettres P. A. P. U. S, qui forment comme la charpente d’une tête barbue, qui représente
l’initiation 46 un mage et qui est le docteur, également découvrir tous les attributs de l’occultisme, de la maçonnerie et même un chevalier muni de son armure et de son casque.(Mettons Chevalier du Christ.) Nous avons le compas, l’équerre, les deux colonnes du temple, l’arche, le serpent à double tête. Les arbres forment la barbe.
Dans le haut on voit des médecins modernes en train d’imposer les mains sur la tête d’un patient qu’ils magnétisent. (Société Magnétique de France.) On distingue de nombreux démons et démones avec ou sans masques, des diables cornus, des mages, des médecins antiques à bonnets pointus. Les femmes plongent la main dans l’urne fati dique ; des bohémiennes, des gitanes se montrent (fauteur du Tarot).
Au centre, la porte du Temple, avec à l’entrée un groupe de vieillards qui se posent un doigt sur la bou che, le signe de silence et discrétion. Les groupes abondent : plus on regarde, plus on en distingue. Si on retourne le dessin, on découvre de nouvelles combinaisons. Enfin l’S avec les jambages de l’U, ou IS de libris, indiqués par la main du groupe du bas, signifie supé rieur inconnu, qui sera compris par beaucoup.
Il y aurait encore beaucoup à citer, mais c’est déjà très étrange de produire tout cela sans en avoir au cunement la volonté, de tirer cela de son incons cient. L’ensemble, vu sous un certain jour, rappelle le docteur Papus parlant à une conférence : œil, barbe,
EX-LIBRIS EN ART OCCULTE 47 bouche, mains souvent portées à la bouche, tout s’y trouve.
Nous ne pouvons que former des vœux pour que sous peu cet étrange ex-libris orne tous les volumes de la riche bibliothèque de notre directeur et, dans cinq ou six cents ans, lorsque depuis plusieurs siècles elle aura vu non seulement le feu des enchères mais sôn anéantissement progressif comme c’est la loi ici bas, peut-être qu’un ouvrage échappé au désastre éveillera l’érudition des bibliophiles futurs.
Quel était ce Papus,quel était son vrai nom, quel était ce Mage, ce Faust, ce Paracelse ? Quel étrange grimoire avaitil sur ses livres, quel était le mystérieux comte de Tromêlin, visionnaire de l’Enfer?
Et là-dessus les romanciers du jour échafauderont les romans les plus saugrenus, ne se doutant pas que Papus avait vécu comme tous les hommes, parlant de l’Occulte avec un doux scepticisme, préférant faire une manille que de déchiffrer un grimoire, et que le comte de Tromelin, s’il crut un jour aux Esprits, finit par être fort prévenu sur leur compte.
11 a eu le grand esprit et la franchise de m’en faire part, mais nous reviendrons plus tard sur ce sujet. Le seul point — scientifique — le mot n’est peutêtre pas déplacé, le métapsychisme étant enfin reconnu et admis —c’est que l’au-delà n’est en rien là-dedans.
L’auteur de l’ex-libris, homme très érudit, tire tous les matériaux de lui-même, à son insu, et le cas pré sente surtout cette particularité, c’est qu’en général les médiums dessinateurs créent des œuvres diverses sans qu’ils sachent ce qu’ils font, tandis que cette
48 l’initiation fois l’auteur a voulu non seulement produire un exlibris, mais un ex-libris déterminé et y a réussi. 11 a fait appel à son inconscient, comme d’autres à leur conscient, qui lui a répondu et l’a servi à souhait. Tidianeuq.
43 Les Moteurs à fluide humain du Comte de Tromelin Le comte de Tromelin m'adresse l'intéressante lettre qui suit. Je m'empresse de la communiquer à l'initiation. Toute manifestation de notre double fluidique pouvant se contré1er étant, à mon avis, beaucoup plus intéressante que les diva gations des somnambules et spirites plus ou moins lucides. Même ces phénomènes seraient-ils reconnus comme ayant une autre cause pour principe moteur que le fluide humain, qu’ils serviraient à faire avancer la question. Cette lettre me fut écrite à la suite de l’article de M. Émile Gautier paru dans le Journal intitulé: « La Pression de la Lumière », auquel j’ai déjà fait allusion dans un numéro précédent. Tidianeuq. J’ai lu l’article de M. Émile Gauthier avec un vif intérêt et vous adresse quelques notes sur mes mo teurs : r Moteurs à toits (Fig. i). lia 220 millimètres de longueur, soit iio milli mètres pour chaque aile du toit. Je me suis arrêté à cette forme et à ces dimensions après de nombreux tâtonnements. Cet appareil tourne en plaçant une main ou en pla çant les deux formant conque près des ailes. Mais où l’expérience devient intéressante et inédite, c’est de rester assis bien en face, les mains sur les cuisses, et de le voir tourner seul. 4
l’initiation 5o Pour cela il suffit de disposer à droite de ce toit, un écran de papier, de carton glacé de 180 millimètres de long sur 120 millimètres de haut, et placé per pendiculairement au rebord de îaftabte. Il ne faut pas qu’il dépasse l’appareil. Je l’ai déjà indiqué dans mes deux mémoires, dont le premier a paru et a été écrit en février 1908. Si on veut se servir des mains on peut approcher les bouts des doigts de la main gauche en A vers le milieu des bas de l’écran et de même approcher les bouts du doigts de la main droite près du rebord supérieur en B.
•LES MOTEURS A FLUIDE HUMAIN 5Ï Ensuite l’appareil tourne seul, une fois amorcé, souvent il s’amorce seul. 2° Moteurs bi-plan (Fig. 2). Se font avec deux cartes de 90 millimètres de long
5? l’initiation sur 70 millimètres de haut, piquées de manière que leur deux plans soient parallèles et perpendiculaires à la paille qui les réunira, longue de 10 centimètres. L’appareil tourne tout seul en posant encore un écran à droite de ce système, de la même manière qué dans le cas précédent. 3° Effets de lumière.
Enfin Je termine ma lettre, en vous signalant que si l’appareil est petite les rayons lumineux d’un bec Auer concentrés au moyen d’un large tuyau sur l’ap pareil suffisent à rarrêter net. Si les appareils sontassez volumineux comme ceux décrits ci-dessus, leur rotation se trouve alors sensi blement ralentie. 40 Effets d'une loupe.
Si on concentre le fluide humain au moyen d'une large loupe, placée entre le corps et l’appareil, on voit la rotation de Vappareil s'accélérer. Croyez, etc. Comte deTromelin.
Je ferai suivre cette lettre des réflexions suivantes : 1* Les savants se partagent en deux camps: ceux qui croient à l’existence du fluide et ceux qui la nient, ces derniers attribuant les phénomènes de rotation à la chaleur dégagée par les corps environnants. a* L’effet de lumière signalé par le comte de Tromelin apporte à la question un nouveau Jour, si après vérification, il est reconnu exact, nous assisterions non à un « bombardement de la lumière » comme
LES MOTEURS A FLUIDE HUMAlb/ 53 dit E. Gautier, mais à une force agissant comme frein et en contre-balançant une autre. 3° L’effet de la loupe est inédit : il s’agit encore de lumière, ou alors le fluide humain (pour lui donner un nom) se comporte comme la lumière. Les rayons sont parallèles et peuvent être concentrés en un 4° Le comte de Tromelin est médium, il incarne même plusieurs genres en lui.
Il peut donc à distance influencer des appareils, ce que ne pourra peut-être pas faire n’importe qui. C’est la répétition des’tables tournantes et écrivantes sous un autre jour. Mais il serait intéressant de mettre des médiums plus ou moins puissants en face de tous les moteurs à formes diverses et d’étudier si, à distance, ils sont capables de les influencer plus ou moins fortement.
Ce ne serait pas le déplacement d’objets, tant réclamé par beaucoup de personnes, mais enfin ce serait quel que chose de bien approchant. Tidianeuq. « * » Marseille, 23 décembre 1908. Mon cher docteur, Je viens d’apprendre par Tidianeuq, qu’il vous avait adressé, pour la publier dans l'initiation, une lettre que je lui avais écrite à la hâte sur quelques-unes de mes expériences. Je remercie M. T. de son amabilité, et rédige pour votre Revue une notice plus complète.
l'initiation 54 i° Il n’est pas nécessaire d’etre médium pour mettre ces appareils en rotation ; car je n’utilise que les radia tions normales, qui émanent des corps de tous les êtres vivants.
Cependant il serait utile et intéressant d'expéri menter aussi avec des médiums, afin de savoir si mes appareils ne pourraient pas servir d’instruments de mesure, pour mettre en évidence les facultés anor males des médiums, et juger d’avance des forces qu’ils seraient capables d’extérioriser.
2* Je n’ai donné à M. T. qu’un très court résumé de la longue lettre que j’ai adressée à M. Emile Gau tier du Journal * aussitôt que j’eus lu l’article que M. T. venait de me communiquer. Mais déjà voici que quelques grandsjournaux pari siens, y compris surtout la Nouvelle Presse, font une véritable campagne en faveur des idées spiritua listes ; c’est là un signe des temps qu’il était bon de signaler.
3* J’ai reconnu depuis longtemps que le mot de « force psychique » (que sir W. Crookes avait été le premier, je crois, à proposer pour expliquer la source des forces inconnues émanant des médiums), ne peut plus guère être employé pour nommer cette force, quand on l’étudie en physicien et comme nouvelle force normale émanante des êtres vivants.
Quant à moi, je me sers dans mes mémoires de l’expression '.force biolique, comme on dit force élec trique. Je dis donc qu’un corps est biolisé, comme on dit : * corps électrisé, etc., etc.
LES MOTEURS A FLUIDE HUMAIN 55 Je publie en ce moment une courte esquisse de Tétnde -de 1a force biolique. Elle est sous pressent aura vu le jour probablement avant que cet article ne paraisse. On pourra alors se rendre compte que les expres sions de « corps psychisé * et ses dérivés, ne peuvent convenir. Quant aux mots de vitalité et dérivés, ils ont reçu déjà des interprétations trop précises, pour que j’ai pu m’en servir.
Biolisé vient du mot grec : bios, vie ; mais si un physicien trouve mieux, je suis tout prêt à changer cette expression. 4* Dans 1a lettre écrite à ¡M. T. et qui était person nelle, mon seul but était de lui faire répéter ces quel ques expériences si importantes pour la nouvelle science et d'établir sans contestation possible l'exis tence de la force biolique.
Mais il sera très intéressant, pour vos lecteurs qui auraient cette patience d’une heure bien employée, de compléter en quelques mots les renseignements publiés dans ma lettre. Les voici : A.
Pour faire tourner un de ces appareils sans Je concours des mains, j’ai donné à T. un dispositif très simple, se composant «d’un carton rectangulaire, placé à droite du moteur ou moulinet, ayant à peu près ia hauteur du moteur et perpendiculaire an rebord de ia table. On peut augmenter encore ia vitesse de rotation, en ajoutant à ce dispositif, un second carton de même
56 l'initiation forme et de même hauteur, perpendiculaire aussi au rebord de la table, mais placé à gauche du moteur choisi ou moulinet. Ce carton rectangulaire qui rem plit l'office de pôle épanoui et de collecteur des radiations de la machine humaine, doit partir de la hauteur des rebords du vase qui supporte l’axe du moteur, pour se diriger vers l’arrière de la table.
De telle sorte que ces deux cartons sont posés symétriquement, celui de droite partant du moteur pour aller vers le rebord avant de la table ; celui de gauche partant du moteur, pour aller dans la direc tion opposée, vers le bout de la table. B.
Cela dit, il sera remarquable, après avoir amorcé le moteur en se servant de la région arrière R du car ton de droite et avec les bouts des doigts de la main droite, de se mettre debout, et le moteur continuera à tourner quand même, malgré que Fentre-cuisse de l’opérateur soit à la hauteur du moteur dans la posi tion debout. Cela prouve que les radiations du bas ventre (centre de la génération) sont très énergiques. C.
Pour prouver que la chaleur n’y est pour rien, l’opérateur peut tenir entre ses mains et les bras éten dus, une serviette ou un mouchoir entre son corps et le moteur. Bien plus, étant debout, fai pu tenir au bout de mes deux bras étendus,une pièce de peluche de i m.5o de hauteur et de i mètre de large, que je tenais à la hauteur de mon visage et me tombait aux pieds.
Dans ces conditions mes moteurs tournent quand même fort bien, car les radiations bioliques traverLES MOTEURS A FLUIDE HUMAIN Sj sent tout, comme le magnétisme des aimants d'acier. Voilà des expériences que les partisans de la chaleur des mains ou des corps ne pourront jamais réfuter ; car je supprime les mains et la chaleur du corps. D.
On peut transformer mes petits moteurs à axes verticaux et formés d’un cylindre de papier en d’au tres plus sensibles. Pour cela il suffira de découper le pourtour de cette surface cylindrique en une dizaine de lames verti cales, en laissant à la partie supérieure du petit moteur une couronne de papier, intacte; afin de supporter la paille où est piquée l’épingle d’acier ou aiguille ser vant de pivot.
En redressant un peu ces lames de papier, elles ne reprendront pas leurs anciennes posi tion. Il en résulte que ce moteur d’abord cylindrique deviendra conique et épanoui. Aussi je l’appelle cylin dre épanoui. E. Les expérimentateurs qui voudront se lancer dans les gros , moteurs, n’auront qu'à se servir d’un gros cylindre de papier à dessin de 20 centimètres de hauteur, et de i3 à 14 centimètres de diamètre.
Ils le découperont avec des ciseaux en bandes ver ticales, en laissant une large couronne circulaire intact de 7 à 8 centimètres de haut dans la partie su périeure de ce gros moteur. Il faut redresser un peu toutes ces lames ver ticales, pour qu’elles soient épanouies et restent séparées. Naturellement les cartons, mis à droite et à gauche de ce gros appareil, devront arriver à la hauteur de ce moteur et avoir environ comme dimensions
58 l’initiation à 3o centimètres de longueur et 23 centimètres de haut si on suppose que la partie inférieure du moteur soit à 3 centimètres de la surface de la table. F. Je dois aussi prévenir que mes petits tabes de papier de n à 12 centimètres de long sur 2 centi mètres de diamètre tournent fort bien dans les mêmes conditions- ou dispositifs, soit encadrés de deux cartons rectangulaires. G. Ces expériences ont une importance capitale pour l'étude de la force biolique. En outre ces dispo sitifs, constituent les premiers essais dans la cons truction de véritables moteurs dynamos-'bioliques. C’est le nom véritable qui leur convient, malgré le peu d’énergie déployée à l’heirre actuelle par ces appareils ; car on y retrouve les balais collecteurs des courants (deux cartons), formant en même temps les pôles épanouis des machines dynamosélectriqnes. Je donne la théorie suffisamment complète de ces appareils dans mon nouvel ouvrage sur le Fluide humain. Fantômes et Images fatidiques, queîéditeur Daragon va vendre sous peu, fin de janvier 190g, je pense. Il est déjà presque complètement imprimé (1) et la première partie de ce livre a déjà paru à la Li brairie Magnétique, 23, rue Saint-Merri, à Paris. Cet ouvrage sera le plus important que faurai publié sur la théorie et les applications de mes théo ries sur le fluide humain, que j’ai appelé « force bioli- (i) < Le Fluide humain J a Science de mouuair la matière sont être médium prix 1 fr. 5o, rue SainbMerri, Paria.
LES MOTEURS A FLUIDE HUMAIN 5g que » par nécessité et pour m'épargner de faire à cha que instant des périphrases. Veuillez agréer, mon cher docteur, l'expression de •mes meîHenrs sentiments. G. DE Tromelin.
fo Essai sur la Forme Tout ce que nous connaissons a une forme. Il nous est impossible de nous représenter un objet quel qu’il soit, qui en soit dépourvu. Nous nous le figurons toujours comme limité d’une certaine manière,comme enserré dans des lignes et des surfaces, entouré ou con tenu — tel un liquide — par d’autres objets qui le maintiennent, l’encadrent et le bornent.
C’est même par ces qualités visibles, extérieures, que nous distin guons et connaissons les êtres et les choses, que l’uni vers nous est intelligible. Si une chose est mal ou insuffisamment délimitée, nous n’en avons qu’une idée vague et incomplète. Seuls les concepts généraux, les idées métaphysiques n ont pas de forme déterminée. Ce sont des êtres ou des entités des plans arupiques (i) ou sans formes.
Aussi lorsque l’écrivain ou l’artiste essaient d’expri- (i) De a-rupa, sahs forme. Ce mot désigne, en général, ce qui est sans forme bièn déterminée, définie. D’après Mme Bis- ▼atsky le • sans forme, serait là où la forme cesse d'exister sur le plan objectif » (Doctrine secrète, t.I, p. 181), c'est-à-dire dans le monde de l'esprit divin, correspondant aux trois plus hauts plans du Cosmos septénaire, aux trois premières Séphiroth de la Kabbale.
Les théosophes admettent que les plans arupiques com prennent le manas ou mental supérieur et ceux au-dessus : le bouddhique, le niryànique, etc. Les plans ou mondes
ESSAI SUR LA FORME 6l mer un concept métaphysique ou une idée générale, ils ne le peuvent que symboliquement ou analogique ment, en empruntant les éléments de leurs représen tations aux mondes des formes ou rupiques. I - La pensée est la créatrice des formes. Elle est ce qu’il y a de plus grand et de.plus excellent en nous et dans l’univers. Nous ne pouvons rien concevoir au delà.
Dieu est probablement cela d’abord, et, sans doute autre chose encore. Nous ne connaissons de la pensée que ses mani festations, qui sont les formes qu’elle crée. En ellemême, dans son essence, elle nous est inconnue. Elle nous apparaît indépendante du temps et de l’es pace : le proche et le lointain, le passé, le présent et le futur, n’ont point de sens pour elle. Mais il n’en est pas de même de ses formations.
Dès qu’elle se mani feste, aussitôt apparaissent le temps et l’espace. Toute création est conditionnée par eux; elle leur appartient. Pour les Hindous, comme pour les Grecs, l’acte es sentiel de la pensée, c’est aussi de créer des formes. « Brahman, disent les philosophes védantins, pense éternellement des noms et des formes. » rupiques sont le manas ou mental inférieur, l'astral et le physique avec leurs sous-plans.
Par plan ou monde, il faut entendre des modes ou des états d’être différents et non des lieux de l’univers. Ces plans ou mondes s’interpénétrent. La matière qui les compose est plus ou moins dense, selon que l’on se rapproche ou s’éloigne du monde phvsique.
6a LÍNITIATION « Vous voyez immédiatement, écrit Max Millier (i) l'extraordinaire ressemblance de cette doctrine avec la théorie platonicienne des idées et plus encore avec la théorie stoïcienne du Logos, langage et pensée.
Le caractère inséparable de la pensée et du langage avait été clairement perçu par les philosophes stoïciens et platoniciens d’Alexandrie, quand ils appelaient les idées créatrices de la divinité, logoï, c’est-à-dire à la fois pensées et paroles ; de même les anciens philo sophes hindous quand ils appelaient les mêmes pen sées nama-roupa, noms et formes. Ces noms et for mes sont, en effet, les idées de Platon et les espèces des stoïciens (2).
Pensées par Brahman, avant la créa tion du monde, ces noms-formes étaient nous mani festes (avyakrita) ; dans le monde créé, elles sont ma nifestes (vyakrila) et multiformes. * Ainsi la pensée (3) est nom et forme,verbe et image. Elle est aussi force, puissance, comme l’enseignent également les occultistes et divers philosophes. Sans force, la pensée ne se réaliserait jamais, elle serait en quelque sorte mort-née.
Strada croyait même que la pensée est la première des forces et que les autres n’en sont que des dégradations successives. Par suite, directement ou indirectement, la pensée peut corn il) Introduction à la philosophie Védanta, trad-. française, p. 162-3.
Mme Annie Besant,dans la Sagesse antique-, signale aussi la quasi-identité des enseignements de l’écolerd’Elée et des Upanishads, d’après R.Garbe (Die SAmkhya Philosophie}. (2) Les bouddhistes les appellent samgna-dharmas (note de Max Muller). (3) Pensée signifie tantôt ce qui crée, tantôt ce qui est créé ; pensées ou idées; ce mot exprime donc tour à tour le conte nant et le contenu,le producteur et le produit.
ESSAI SUR LA. FORME 63 mander à toutes les forces même aux plus matérielles. Tout d’ailleurs se passe comme s’il en était ainsk Force, nom et forme ou puissance, verbe et idée (i ), tels sont les trois * aspects généraux de la. pensée créa trice. Je m’attacherai spécialement, dans ce qui suit, à étudier le côté forme de la création. Mais-, avant, je vais essayer de dégager les divers moments, ou: phases du processus créateur.
II Ces phases sont symbolisées dans les religions par les trois personnes divines, les trois logos. Mais audessus de ces logos, au-dessus et avant toutes choses est l’Absolu, Parabrahm, le Tao, l’Ensoph de la Kab bale (2). « Avant d’avoir créé aucune forme dans ce monde, dit Ad.Franck ; avant d’avoir produit aucune image, il était seul sans forme, ne ressemblant à rien.
Et qui pourrait le concevoir comme il était alors, avant la Création puisqu’il n'avait pas de forme? (3) »Suivant Plotin, il « n’a aucune figure puisqu’il n’a ni parties ni forme »... Il est partout à la fois identique et tout entier » (4). 11 est l’à-jamais inconnaissable.
C’est VAdvaila * la non-dualité. (1) Idée signifie image ou forme, suivant l’étymologie grecque. (2) Franck écrit En Soph, d’autres kabbalistes : .Ain Soph. (3) La Kabbale *** éd., p.128. (4) D’après l’ouvrage d’H. Guyot, P Infinité divine * pp. 164 et i65.
64 l’initiation Ranvier A un disciple qui lui avait demandé, par trois fois, de lui parler de l'Advaita, le sage Yâdnavalkya répon dit que la meilleure description de l’Advaita était le silence, toute description étant dvaita (dualité.) Si nous essayons,en effet, de définir l’Absolu, nous nous servirons d'expressions finies, antinomiques, car nous ne pouvons en concevoir d'autres.
Toute expression est donc inadéquate à l’Absolu, qui est au-dessus et au-delà du fini de toute antinomie et de toute parole. Strada se contentait, avec raison, de l’appeler le Super antinomique ou le Préantinomique, c’est-à-dire au-dessus ou avant toute antinomie, au-dessus ou avant toute création, en dehors de toute contingence, de toute relativité.
C'est à tort même qu’on essaie de le nommer, car lui donner un nom, c’est le par ticulariser, le personnaliser, l’opposer par cela même à tout ce qui a un nom, c’est-à-dire aux autres êtres. C’est pour avoir méconnu cette vérité que tant de philosophes et de théologiens,croyant définir l’Absolu, le Dieu non-manifesté, n'ont en réalité défini ou tenté de définir que le Créateur, la cause première.
Celle-ci, c’est le Père des chrétiens, Brahmán ou Brahmâ, la première séphirah des kàbbalistes, la Couronne, l’Ancien ou le Grand Visage.
« « Le premier, dit leZohar, c’est l’Ancien, vu face à face, il est la tête suprême, la source de toute lumière,. le principe de toute sagesse, et ne peut être défini autrement que par l'unité. » C’est aussi« le principe de tous les principes, la sagesse mystérieuse, la cou ronne de tout ce qu’il y a de plus élevé, le diadème
I909I ESSAI SUR LA FORME 65 des diadèmes » ; c’est encore « la source d’où jaillit une lumière sans fin » (i). « La Couronne représente l’infini, distinguédufini ; son nom dans l’Écriture signifie je suis, parce qu’elle est l’être en lui-même, l'êtreconsidéréd’un pointde vue où l’analyse ne pénètre pas, où nulle qualification n’est admise, mais où elles sont toutes réunies en un point indivisible.
C’est par ce motif qu’on l’appelle aussi le point primitif ou par excellence. « Quand l’inconnu des inconnus voulut se mani- « fester, il commença par produire un point; tant que « ce point lumineux n’était pas sorti de son sein, l’in- « fini était encore complètement ignoré et ne répandait «aucune lumière. * C’est ce que les kabbalistes mo dernes ont expliqué par une concentration absolue de Dieu en sa propre « substance » (2).
Ils appellent la couronne la tête blanche, « parce que toutes les couleurs, c’est-à-dire toutes les notions, tous les modes déterminés sont confondus en elle,ou V Ancien, parce qu’elle est la première des Séphiroth.
Seulement, dans ce dernier cas, il faut se garder de la confondre avec VAncien des Anciens, c’est-à-dire avec l’En Soph lui-même, devant lequel son écla tante lumière n’est que ténèbres (3). » Du sein de la Couronne, « sortent parallèlement deux principes opposés en apparente, mais en réalité inséparables : l’un, mâle ou actif, s’appelle la sa gesse; l’autre, passif ou femelle, est désigné par un (1) Cité par Franck dans la Kabbale, pp. 139-40, f37 et 119. (2 et 3) Franck, op. cit., pp. 138 et Ü9. 5
66 LINIT1ATI0N mot qu’on a coutume de traduire par celui d'intelli gence.
« Tout ce qui existe, dit le texte, tout ce qui a été formé par l"Ancien (dont le nom soit sanctifié I) ne peut subsister que par un mâle et par une femelle. » Nous n’insisterons pas sur cette forme générale... ; nous croyons qu’elle s’applique ici au sujet et à l’objet de l’intelligence, qu’il n’était guère possible d’exprimer plus clairement dans une langue éminemment poétique.
La sagesse est aussi nommée le père ; car elle a, dit-on, engendré toutes choses. Au moyen des trente-deux voies merveilleuses par les quelles elle se répand dans l’univers, elle impose à tout ce qui est une forme et une mesure.
L’intelli gence, «c’est la mère, ainsi qu’il est écrit : Tu appel leras l’intelligence du nom de mère. » «Cependant, sans détruire l’antithèse que l’on vient d’établir comme la condition générale de l’existence, on fait quelquefois sortir le principe femelle ou passif du principe mâle.
De leur mystérieuse et éternelle union sort un fils qui, selon l’expression originale, prenant à la fois les traits de son père et ceux de sa mère, leur rend témoignage à tous deux. Ce fils de la sagesse et de l’intelligence,appelé aussi, à cause de son double héritage, le fils aîné de Dieu, c’est la con naissance ou la science.
Ces trois personnes renfer ment et réunissent tout ce qui a été, est et sera ; mais elles sont réunies à leur tour dans la tête blanche, dans l’Ancien des Anciens, car tout est lui, et lui est tout (i). » (i ) Ibid., pp. 140 et 141.
tftSAJ fcVR La forme 67 « Ainsi l’unité dans l’être et la trinité dans les ma nifestations intellectuelles ou dans la pensée, voilà exactement à quoi se résume tout ce que nous venons de dire.
« Quelquefois les termes, ou, si l’on veut, les per sonnes de cette trinité sont représentées comme trois phases successives et absolument nécessaires dans l’existence aussi bien que dans la pensée; comme une déduction, ou,pour nous servir d’une expression consacrée en Allemagne, comme un procès logique qui constitue en même temps comme la génération du monde.
Quelque étonnement que ce fait puisse exciter, on n’en doutera pas quand on aura lu les lignes suivantes : « Venez et voyez, la pensée est le principe de tout « ce qui est ; mais, en tant que pensée, elle est d’abord « ignorée et renfermée en elle-même.
Quand la pensée «commence à se répandre, elle arrive à l’endroit où * demeure l’esprit : parvenue à ce point, elle prend le « nom d’intelligence et n’est plus, comme aupara- « vant, renfermée en elle-même.
L’esprit à son tour se « développe au sein même des mystères dont il est « encore entouré, et il en sort une voix qui est la réu- « nion de tous les chœurs célestes ; une voix qui se ré- « pand en paroles distinctes et en mots articulés; car « elle vient de l’esprit.
Mais en réfléchissant à tous ces «degrés, on voit que la pensée, l’intelligence, cette «voix et cette parole, sont une seule chose, que la « pensée est le principe de tout ce qui est, que nulle in- «terruption ne peut exister en elle. pensée elle- «même se lie au non-être et ne s’en sépare jamais.
68 l’initiation «Tel est le sens de ces mots : Jéhovah est un et son «nom est un (i). » Il va de soi que la procession des personnes divines est l’image et comme le prototype de toutes les autres processions et générations. Tout ce qui existe sur les plans supérieurs a son analogue sur les plans infé rieurs.
« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, dit Hermès Trismégiste, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas pour faire les miracles d’une seule chose. » Voici maintenant, d’après Mme Annie Besant, les enseignements de la tradition orientale sur le même sujet : « Sortant des profondeurs de l'Existence-Une, de l’uÿ inconcevable et ineffable, un Logos, en s’impo sant à luLmême une limite, en circonscrivant volon tairement l’étendue de Son propre être, devient le Dieu manifesté.
En traçant la sphère limite de son activité, il délimite en même temps l’aire de son uni vers. C’est dans cette sphère que l’Univers naît, évolue et meurt.C’est en Lui qu’il vit, qu’il se meut et qu’il trouve son être. La matière de l’univers est l’émanation du Logos, les forces et les énergies de l’univers sont les courants de Sa vie. Il est immanent dans chaque atome, pénétrant, supportant, dévelop pant toutes choses.
Il est la source et le but, la cause et l’objet, le centre et la circonférence. Il est le fonde- ( i) Ibid.,p. 142 et 14.3.— On remarquera la parenté d'idées qui existe entre la tradition occidentale sémitique et la pensée aryenne, hindoue et grecque, que j’ai rappelée au début de cette-étude, en citant Max Müller.
ESSAI SUR LA FORME 69 ment inébranlable sur lequel tout est bâti, il est Les pace ambiant dans lequel tout respire. Il est en toute chose,et toute chose est en Lui. Voilà ce que les gar diens de la Sagesse antique nous ont enseigné sur l'origine des mondes manifestés. « Ala même source, nous apprenons que le Logos se développe de lui-même en une triple forme : « Le Premier Logos, source de l’Être.
« De lui procède le Deuxième Logos, manifestant un double aspect, vie et forme, principe de la dua lité. Ce sont les deux pôles de la nature, entre les quels sera tissée la trame de l’univers : vie-forme, es prit-matière, positif-négatif, actif-réceptif, père-mère des mondes.
« Enfin le Troisième Logos, intelligence univer selle, en qui existe l’archétype de toute chose, source des êtres, fontaine des énergies formatrices, trésor où sont entassées toutes les formes idéales qui vont être manifestées et élaborées dans la matière des plans inférieurs pendant l’évolution de l’univers. Ces archétypes sont les fruits des univers passés, transmis pour servir de germes à l’univers présent.
« L’esprit et la matière, manifestation phénoménique d’un univers quelconque, sont finis comme étendue et transitoires comme durée. Mais les racines de l’esprit et de la matière sont éternelles (i). > 11 y a plusieurs constatations" intéressantes à faire dans ce qu’écrit Mme Besant : i® Un Logos et non le Logos émane ou sort de l’Absolu ; 2® Ce Logos ou (i) Annie Besant, la Sagesse antique, pp. 68-70.
l'initiation 7° Dieu manifesté est limité, fini (1).
Il suitdelà: i°quesi de l’Absolu est émané un Logos, il peut en émaner plusieurs, soit simultanés, soit successifs ; 20 qu’il n’y a pas de Création unique, mais des créations aux quelles on peut toujours en ajouter d’autres, soit dans le temps, soit dans l'espace; 3° que l'Univers ou les univers créés n’occupent et n’occuperont jamais tout l’espace infini ; donc qu’il y a et qu’il y aura tou jours du vide dans l’espace.
C’est ce que pensait aussi Strada. La kabbale semble exprimer une pensée analogue. Elle décrit, en effet, la « Couronne > comme étant le point primitif, un point indivisible ou comme une concentration absolue de Dieu en sa substance. Mme Besant, d’autre part, distingue le premier Logos du Logos tout court ou Logos primitif. Nous croyons que c’est à tort.
En effet, la première mani festation du Logos primitif n’est pas autre chose que la manifestation de son être, de son essence, de tout ce qu’il est en un mot, un tout indivisible. Par cela même, Bestie premier Logos. Étant au reste l'un et l'autre «la source des êtres >, d’après Mme Besant elle-même, ils constituent donc chacun le pre mier Logos, donc ils ne font qu’un, sans quoi il y aurait quatre Logos.
Envisagé dans le temps, le deuxième Logos est dit engendré du premier, et le troisième comme procé dant de celui-ci et de celui-là. Quant au premier, il (1) Il peut être limité dans l’Espace et indéfini ou immortel dans le Temps.
ESSAI SUR La forme 71 n'est ni émané du Dieu manifesté, ni engendré par lui ; donc il ne se distingue pas de lui. Au surplus, Mme Besant est le seul auteur à faire cette distinction.
La Kabbale ne place pas un autre principe, un logos, entre 1’ « En Soph » et la « Cou ronne > et la « Sagesse »; de même Mme Blavai6ky, qui, résumant à son tour l’enseignement tradition nel, écrit simplement ceci : « Le premier Logos : l’impersonnel et, en philoso phie, non manifesté (i), Logos précurseur du Mani festé. C’est la Cause première, T « Inconscient » des Panthéistes européens.
« Le second Logos : Esprit-Matière, Vie ; l’Esprit de l’Univers, Purusha et Prakriti (2). « Le troisième Logos : Idéation cosmique, Mahat ou Intelligence,!’Ame universelle du Monde ; leNaumène cosmique de la Matière, la base des opérations de la Nature et dans la Nature appelé aussi MahaBuddhi (3/ » Ainsi pour Mmes Blavatsky et Besant, le second Logos est double.
Il en est de même pour Lao-Tseu: « Le Tao, déclare-tri 1, produit un; un a produit deux ; deux a produit trois, et trois a donné n&issanGe à tous les êtres », ce qui signifie, suivant xtn com- (1) 11 y a ici contradiction dans les termes. Si le premier logos est la cause première, il est donc manifesté, car être ou devenir cause de quelque chose, c’est faire un acte, donc se manifester.
De plus, si le premier logos était vraiment le non manifesté, en quoi se distinguerait-il de ÏAbsolu, le non ma nifesté par excellence? D’ailleurs, le mot logos implique l’idée de manifestation. (2) Purusha et Prakriti signifient : esprit et matière. (3) La Doctrine secrète, 1.1, >• édition, p. 54.
l’initiation mentateur : « que l’unité primordiale se divisa en deux principes : le principe mâle ou yang, et le prin cipe femelle ou yin ; puis que de ces deux principes une fois réunis, il résulta V Harmonie, représentée par le nombre trois » (i). 11 estfaciledeconcevoir que, puisque le premier logos exprime l’unité, le second doit exprimer la dualité.
Après un, vient nécessairement deux et non trois ; après l’indiviisible, le divisible, l’opposition, la séparation. Le deuxième aspect, ou aspect négatif, réceptif ou féminin de ce logos, est souvent considéré comme for mant une quatrième personne qui, ajoutée aux trois autres, forment le quaternaire sacré.
Cette quatrième personne est désignée dans les mythollogies et les religions sous les noms d’Isis, Vierge Céleste, Maria ou Maya, mère universelle. Sans ellle, la manifestation des autres principes serait » impossible.
« Eternellement présent dans l’Unique, dit Mme Besant, ce principe est la racine de la limi tation et de la division ; sous sa forme manifestée, nous l’appelons matière; c’est le Non-Moi divin, la matière divine, la Nature manifestée.
Considérée isolément, la personne féminine vient en Quatrième; Elle rend possible l’activité du Trois; Elle est à la fois la servante du Seigneur et la Mère du Seigneur, car Elle donne Sa propre substance pour former le Corps de son Fils, quand la Puissance divine vient la Couvrir de son Ombre (2). (A suivre.) Jacques Brieu. (1) Léon de Rosmt, leTaoïsme, p. io5. (2) Le Christianisme ésotérique, p. 270.
PARTIE INITIATIQUE ” Cette partie est réservée à Vexposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et d la reproduction des classiques anciens. La reprodnctlon de * articles Inédits pablléa par l’/niha/isn est formellement Interdite, à moine d'antorlsatlon spéciale.
Orphée et les Orphiques (Suite.) La constellation des Hyades placée sur le front du Taureau équinoxial, signe où entrait le soleil dans son enfance (i), dans ce mois où il commençait à triompher de la mort, des ténèbres par légale durée des jours et des nuits.
Les Hyades ou Thyades étaient donc supposées, en paraissant à l’horizon d’orient, appeler ou éveiller le soleil encore sous l’horizon, c’est-à-dire endormi ou mort, pour les habitants de notre hémisphère. a* (Mythe psychique).
Les Thyades, en éveillant le licnite représentant sur terre de Bakkos Dionysos, ou prètrechargé du soin d’initier les mystes, symbolisaient enfin les prières, les vertus, les initiations du ier degré qui jettent dans l’homme une clarté d’aube en éveil lant en lui son âme endormie (aj, plongée dans le sommeil de l’ignorance de sa vraie nature (involu tion), dans la mort de sa nature divine. (t)Sens astronomique ou astral. Voir nos précédents arti cles : Origine des mystères orgiaques de Bacchus. (2) Sens spirituel ou divin.
74 l’initiation Elles arrachaient donc le licnite ou Pâme de l’homme (i) aux ténèbres de son sommeil de mort, et comme elles personnifiaient la constellation qui paraît à l’orient avec l’aube annonciatrice du jour, du soleil, elles étaient censées révéler au licnite sa prochaine naissance lumineuse, son évolution et son bul radieux.
Enfin les Bacchantes portaient encore le nom d’Éléléides — qu’Hesychiusfait dériver du crideguerre hel lène: UeM-j. Eleleu ! cri qui était poussé également dans les orgies de Bakkos, pour exciter la fureur des Bacchantes — et de Bassarides dérivé du mot : Bacroapiq, Bassarê. Ceci nous amène à parler du costume des Bacchan tes. Les bassares étaient unesorte de chaussuresà Tusage des Bacchantes de Thrace.
Les auteurs anciens, les tragiques surtout, nous ont fait la description du cos tume des Bacchantes et particulièrement Euripidedans sa tragédie des Bacchantes. (i) Symbolisée par le licnite. (A suivre.) Combes Léon.
Orphée aux Enfers En sa très noble et savante œuvre sur Orphée et les Orphiques, M. Léon Combes traite avec sa lumi neuse érudition de la mort d’Eurydice et de la des cente d’Orphée aux enfers. Peut-être les lignes qui vont suivre ne seront-elles pas sans intérêt pour ceuxlà qui se passionnent à sa magistrale Étude.
En 1866 parut un livre fort curieux sur les Divinités Égyp tiennes par Ollivier Beauregard,et nous allons tenter d’en résumer l’esprit en une rapide analyse.
Après avoir parcouru les galeries sépulcrales de l’antique Égypte, guidé le lecteur à travers ces hypo gées où dorment soixante siècles d’humanité, et pé nétré dans les ateliersoù les prêtres font le travail des soixante-dix jours de la momification, pratiques ai nettement décrites par Hérodote en Euterpe (II, 85 et 89), l’auteur explique par la réalité même la très véridique exactitude du récit de la descente d’Orphée aux lieux inférieurs. Pour se rendre delà ville aux hypogées, on devait
l’initiation 76 traverser le lac qui les séparait, et le nautonier passant les voyageurs devient Caron, comme les momies des chambres sépulcrales deviennent les ombres défuntes, comme l’eau de Natrón est le Léthé, comme l’eau où sont lavés les cadavres est le fangeux Cocyte, comme les récipients de résine et de bitume en ébullition sont le Phlégéton, comme les nombreux canaux d’écoulement sont le Styx aux neuf replis.
Puis voici le bois sacré couvrant les premières pentes de la montagne lybique qui se transforme en l’Elysée. Pour les femmes qui filent, tissent et cou pent les suaires, elle deviennent les Parques.
L’es clave préposé au courant du natran, ayant soif sans se pouvoir rafraîchir du liquide qui coule devant lui, c’est Tantale, comme le forçat de la roue est Ixion, comme l’ouvrier qui taille et roule les pierres tumulaires est Sisyphe, la funèbre besogne ne s’arrêtant jamais, comme les mineurs des galeries souterraines sont les Titans. Quant à Cerbère, il est représenté par les sévères gardiens interdisant l’entrée des hypogées.
Eurydice, revue par son amant et perdue sans re tour, c’est le corps de la bien-aimée, embaumé, mo mifié, qu’il lui fut donné de voir un4nstant, mais qu’au nom des règlements il lui fut interdit d’en faire sortir, l’ayant reconnue mais pour la perdre à jamais. Ainsi, de déduction en déduction, ce qui nous paraît légende arrive à recouvrer son caractère de simple vérité. Et si Orphée a-pu pénétrer en ces hypogées à tous
ORPHÉE AUX ENFERS 77 interdits, c’est qu'à Thèbes, initié aux mystères par les prêtres égyptiens, sachant les raisons secrètes du culte public, toutes les portes s’ouvrent devant lui, même celles de l’Amenthi dont Osiris est roi.
Pour les cérémonies de l’initiation,relire le livre IX de P Ane d'or, traité de religieuse gravité où Apulée nous a laissé le plus précieux des textes liturgiques que nous possédions sur les pratiques et les cérémo nies païennes, prototypes des nôtres. Jules de Marthold.
7F LES MYSTÈRES DE NOËL Noël est la fête mystérieuse du contact de la Terre et du ciel. Les légendes, les traditions portent toutes la mar que de cette double influence. C’est la fête des Mystères, c’est aussi le Mystère fêté. Les enfants voient dans leur imagination le vieux père Noël qui descend dans les cheminées remplir les sabots dorés. Les parents pensent que l’année qui vient sera plus clémente que celle qui s’en va.
Noël est le Grand Marchand d'espoir. Mais il ne faudrait pas croire que cette ouverture de l’année nouvelle se fait seulement sur Terre. 11 y a une fête astrale de Noël. II y a une fête céleste de Noël. Et c'est d’Elles que je voudrais vous parler. Le Monde des Astres a des splendeurs que nous pouvons à peine concevoir. Le chef de Fàmille, le soleil, visite à périodes fixes ses planètes et leurs satellites.
C’est alors une illumi nation féerique de rayons de lumière astrale. D’autres fois un envoyé de loin, un messager de l’Astre central, une comète, vient redonner la force mystérieuse au Soleil et à ses enfants astraux et c’est alors l’énivrement- de la communion céleste.
Les savants de la Terre, seuls, peuvent craindre la renLES MYSTÈRES DE NOEL 79 contre d’un astre et d’une traînée de lumière cométaire, les Anges et les Esprits ne craignent rien parce qu’ils savent. C'est aussi à ce moment que les Portes Zodiacales s’ouvrent et que les Envoyés au Père, les Messagers de l’Appartement du Verbe et les Esprits illuminés par l’Esprit descendent.
La vie absolue, le Verbe illuminateur et la lumière vivante se manifestent et c’est le renouveau de ce qui s’est produit lors de la création terrestre et lors d* la Venue du Dieu fait Chair. C’est la commémoration de cette grande année de la Pertmesse d’Oswa Rah et de la Réalisation de Jésus Roi, comme l’a montré notre vénéré maître Saint-Yves d’Alveydres dans son Archcomètre.
Lors de la constitution des 4 continents terrestres la Promesse de la venue libératrice fut écrite dans les cieux. En lettres de feu le Zodiaque et les Astria qui se meuvent dans le ciel pur ont écrit la promesse divine et la prière terrestre. Oui. pauvre Terre, lieu d’épreuve et de douleur, en ce moment ton Ciel est fermé, aucun Esprit ne passe aucun Ange ne vient, mais lis et souviens-toi.
Ton sauveur viendra et il se nommera Oshwa Rah Jésus Roi, et le signe zodiacal de la Vierge sera sa voie et les grandes eaux célestes porteront sa lumière ce sera la grande mer Astrale, Mahar Mariah qui sera le véhicule de sa puissance rayonnante. Et alors la nouvelle année sera accomplie et les hommes comprendront ou resteront ignorants à ja mais. Ils se jugeront. Et tous les Temples de la terre écrivirent la for-.
8o l’initiation mule et étudièrent de génération en génération la venue de cette étoile mystique qui devrait annoncer l'ouverture du ciel ! Un jour enfin, la musique inaudible aux oreilles des Profanes Terrestres a retenti. Les gardiens asser vis au Prince du Monde s’enfuient avec épouvante: Les Portes Astrales s’ouvrent avec fracas.
Une lumière éblouissante, un enchantement d’ar changes et de génies, passe en tourbillon : Le signe de la Vierge a été la Porte du Ciel, les autres signes s’ouvrent peu à peu. Alors les Mages se mettent en route. Ils suivent l’étoile invisible aux yeux profanes et ils se dirigent vers le point de croisement des trois continents Ter restres d'Europe d'Asie et d’Afrique.
Et c’est un incendie astral qui illumine l’étable où l'humain va recevoir le rayon divin, et ce sont les chants angéliques qui résonnent dans le plan céleste... et les Êtres de la Terre ne voient rien. Ce jour que les Druides et tous les Initiés de la Tradition Blan che célébraient avec des Rites si profonds, ce jour est enfin devenu le grand jour de la grande année.
Les Portes du Ciel sont ouvertes, les Esprits qui attendaient ont passé pour venir, ceux qui espéraient ont passé vers d’autres plans. Le Ciel a véritablement visité la Terre. Et telle est cette fête des trois plans qui fait ouvrir le cœur des petits,qui fait jaillir un rayon d’espoir en l'àme des grands et qui réunit en une intime commu nion les ancêtres et les incarnés. C’est le grand jour du pardon et des influences du ciel. * Débarrassons le foyer des cendres mortes et faisons
ART ET MAGNÉTISME la cheminée nette pour que l’envoyé du ciel ne tache □as sa robe blanche astralisée en descendant dans notre plan physique pour nous apporter les cadeaux du Père. Papus. ART ET MAGNÉTISME A l’issue de la conférence du docteur Papus faite à la salle des Sociétés savantes le 24 décembre dernier, M. Fer nand Girod, le jeune magnétiseur, a présenté son sujet, Mlle Edmée dans ses poses cataleptiques.
Nous avons vu défiler devant nos yeux éblouis une cinquantaine de poses d’une réelle valeur artistique prises par Mlle Edmée sous l’influence de simples suggestions verbales qui lui sont faites lorsqu’elle est en état de catalepsie. Parmi ces différentes poses exprimanttour à tour toutes les passions et tous les sentiments émotifs que peut revêtir Pâme humaine, nous citerons les plus intéressantes.
Deux poses représentant l’une le printemps, l’autre l’été dont la fraîcheur augmentée par la juvénilité du sujet fait plaisir à contempler. Une série représentant les sept péchés capitaux a été éga lement très vivante d’expression. Des expressions d’espoir et de désespoir, de haine, de vengeance, de terreur et d’autres encore ont été rendues avec une vérité admirable.
Après les poses prises par suggestions verbales, M. Girod, aidé de deux artistes musiciens, M. et Mme Saussoy, nous a montré qu’elle pouvait être l’influence delà musique sur les sujets en catalepsie. Quelques morceaux de musique sifflée, compositions des musiciens précités où ils ont su mêler agréablement le sifflet humain à l’accompagnement de piano, ont fait réa gir le sujet d’une façon très douce.
Un morceau un peu plus pathétique intitulé l’Orage nous a fait assister à un spectacle véritablement poignant et impressionnant au plus haut point. 6
l’initiation Puis entre deux morceaux de musique un bon diseur, M. Kruper, a récité une petite poésie que le sujet a mimée d’une façon parfaite. Il y a peut-être là,nous ditM.Girod, une ressource pour les artistes obligés de se produire en public qui son atteint du terrible mal appelé vulgairement « le trac des artistes ».
S’ils avaient un petit sujet comme celui-ci à leur disposi tion, dit-il, cela leur permettrait de chanter dans la coulisse sans avoir à affronter le regard du public. Ceci est une boutade bien entendu et l’assistance ne l’a pas pris autrement.
Après avoir fait ressortir tout l’intérét que présenterait pour l’art et pour la science l’étude plus approfondie de l’état cataleptique chez les sujets magnétisés M. Girod remercie l’assistance de la bienveillante attention qu’elle a bien voulu prêter à ses expériences.
C’est sous le charme que tous les spectateurs se sont retirés après avoir chaleu reusement applaudi le conférencier et son jeune sujet ainsi que les artistes qui avaient consenti à prêter leur concours à cette délicieuse soirée. Conférences sar TÉvangile^Sédir II. La vie publique de N.-S. J.-C. Paris. Librairie univer selle Beaudelot, 36, rue du Bac, 1909.
Voici publié le deuxième volume des « Conférences sur l’Évangile » que Sedir a faites à l’École Hermétiste, au grand plaisir de ceux qui les ont entendues et aussi pour la consolation de ceux qui n’ont pu y assister et que les lecteurs de l’initiation déjà connaissent.
11 sera accueilli aussi bien, et mieux encore que le pre mier, parce qu’au furet à mesure, l’auteur nous mène vers une vie plus intense, plus idéale qui est la vie même de l’Évangile.
Jusqu’ici, nous avions coutume de regarder l’Évangile comme un livre désuet à l’usage des cerveaux débiles, ou nous y avions vu un instrument de domination, ou encore un document historique plus ou moins contestable, mais, en tout cas, un livre'nous étant parfaitement indifférent.
CONFÉRENCES SUR l’ÉVANGILE-SÉDIR 83 Et voici que Sédir nous montre ce livre, d'abord dans ses cours, puis au grand public, ne s’adressant pas seule ment aux simples, ni aux exégètes, ni aux ambitieux, mais s’adressant à nous tous, qui que nous soyons.
A vous Mages, à vous Adeptes, à vous avides de Pouvoirs,comme aussi à vous Amants delà Vérité, et à vous dont le cœur endolori ne trouve nulle part réconfort, à vous tous il s’adresse car il s’adapte à tout et à tous, et qu’ils ont l’ex pression de la Vie qui soutient toutes les formes de vie.
En effet, Sédir commentant l’Évangile nous fait voir le Christ y évoluant comme dans une sphère organique, non seulement créant, mais recréant, régénérant les êtres et les choses (travail délicat entre tous puisqu’il s’impose de ne léser aucun être).
Or, dans le premier volume,Sédir nous montre ce qu’est l’Èvangile, et nous initie à la descente du Verbe dans le monde, c’est-à-dire sa naissance et sa croissance, toutes deux occultes, puis en des développements tôcessaires, il nous fait pressentir l’action universelle, évertuant chacun de nous, et met au point lerôle de l’homme, sollicite d’une part par l’Adversaire, et de l’autre par le Verbe. Jésus.
Dans ce deuxième volume, l’action sociale du Réparateur apparaît, et c’est d’abord pour parler de consolation et de bonheur au cœur désemparé et désabusé de l'homme qu’il prononce ses Béatitudes : d’abord les Pauvres, non les pauvres d'argent, mais les pauvres de cœur: leur esprit a expérimenté pas mal de plans, ils ont quitté tout de cœur, et c’est pourquoi le Cœur Cosmique est leur demeure.
Puis c’est la Souffrance ; remarquons ici combien clairement, l’auteur a su nous faire sentir tout ce que la souffrance peut opérer dans son action évolutive, dans sa nécessité pour notre bonheur, et la conduite à suivre vraiment utile dans l’épreuve. Ceux qui souffrent dans la Justice, ceux qui saignent des plaies d’autrui, et qui dans le sacrifice du Réparateur voient pour tous soulagement et repos.
Les Bons qui l’ont été pourtous de la Bonté du Père, et à qui les Puissances naturelles sont confiées. Les Miséricordieux qui s’étudient à effacer le mal dans tous les plans. * Avoir le cœur pur, ce n’est pas seulement le sixième et neuvième commandements,... c’est ne plus émettre de désirs person nels. » C’est tout un nouvel horizon qui s’entrouve ici- sur
l’initiation 84 le cœur et son entrainement. Par quel motif celui qui travaille à devenir meilleur souffre-t-il de la part d’autrui ? C’est parce qu' < il entre en lutte avec tous les ferments mauvais qui sont en lui » « et dans le monde » et c’est pourquoi il est persécuté. Quand c’est pour nous que nous soutirons, nous sommes nous-même notre récompense, mais quand c’est pour Lui, le Père nous récompense infiniment. Soyez parfaits.
Puis c’est la Morale du Christ, c’est-à-dire l’école où nous apprenons à faire la Volonté du Père manifestée dans Sa Loi, et qui doit être accomplie jusqu’à un seul iota, un seul point, puis entr’autres les côtés cachés de la Parole de l’homme. Mais il faut lire cette page sur l’Amour, l’Amour qui est l’Esprit de l’Évangile, mais qui inspire aussi tout cet ouvrage, page simple, mais si vi brante.
La Prière, son action personnelle, comment prier, corn, ment se faire entendre du Ciel, et comment se tenir inté rieurement en des aperçus nouveaux, mais logiques. A noter ici trois interprétations du Pater, une de sainte Thé rèse, là Grande Illuminée du seizième siècle, une de J. Boehme, le célèbre théosophe allemand, et la troisième de l’auteur.
Qu’est la Maison du Père, la Demeure spirituelle ? le développement spirituel, notre demeure future. Le Christ et le Cœur de l’homme. La Justice vous rendra bien portants, disait Eliphas Lévi, et l’on voit ici la racine profonde des maladies, et les merveilles de la Thérapeutique spirituelle du Maître et de Ses Disciples, car le Fils de l’homme a reçu pouvoir de remettre même les péchés. Puis vient le chapitre sur le Royaume.
C’est à propre ment parler la Régénération interne, la destruction du Péché, la Lumière qui croît. Et c’est la Foi mystérieuse en son ontologie, les Hôtes de l’homme qui ressuscitent une doctrine du quatorzième siècle. Est-il une adaptation plus complète à notre concept mo derne de la Parole qui demeure, et qui nous la rende plus vivante à quelque mentalité que nous appartenions ? Et ce, écrit dans un style sobre, mais profond, mais suggestif. Mais il y a plus que le style, il y a plus que la Science de
si MOUVEMENT PSYCHIQUE VAuteur, et ces pourquoi ces « Conférences > se recomman dent par elles-mêmes. On ne peut qu’applaudir à la publication de cette glose magnifique de la Parole Écrite, et en attendre la suite avec impatience. ' Kadochem. MOUVEMENT PSYCHIQUE France. Paris. — Les conférences et séances d’Études organisées au siège de la Société Magnétique de France auront lieu dans cet ordre : 4 février, i3 février, 18 février.
Les cartes d’invitation sont délivrées ; 23, rue Saint-Merri, au siège de la Société. Sur l’initiative de M. Ch. d’Orino, une deuxième série de Conférences spiritualistes vient d’être décidée pour cette saison, dans la salle de la Brasserie Georges, 142, rue des Pyrénées. M. Edm. Dace prêtera son concours les 12 et 26 février (à 8 heures et demie du soir) date des pre mières causeries. D’autres conférenciers succéderont.
Sous le titre Espéranta psikistaro, une Union interna tionale ayant pour but l’étude du psychisme, vient d’être fondée, sur l’initiative de M. Cam. Chaigneau. Elle s’adresse à tous les espérantistes en même temps psychistes, ainsi qu’à ces derniers qui voudraient devenir espérantistes. L’espéranto sera enseigné prochainement dans des cours gratuits à la Société française d’Etude des phénomènes psy chiques, sous la direction de M. Chaigneau.
La Vie mystérieuse, bi-mensuelle, parait depuis le 10 janvier. Organe de très grande vulgarisation, d’un prixtrè modique, initiera le public populaire aux Sciences psy * chiques. M. Ed. Duchâtel a traité le ¡3 janvier, salle Lemoine, rue Pigalle, de l’Orientation humaine. MM. Duchâtel et Warcollier reprenant les remarquables travaux du baron de Reichenbach, de Durville, de Féré, veulent établir un
86 l’initiation Art du travail et du repos, en utilisant le Magnétisme de la Terre. Avignon. — Le Comité directeur du Groupe d'Ètudes psychiques a décidé l’organisation de séances expérimen tales qui auront lieu tous les mercredis, 66, rue des Lices, sous l’habile direction de M. L. Gastin, fils. Étranger. Brésil. — Le Spiritisme prend une forme mystique bien accusée. Les adeptes sont très nombreux.
Il existe une trentaine de revues qui propagent les idées spiritua listes. La Grande Presse publie chaque jour les faits les plus importants observés en Europe et en Amérique du Nord. Tout spirite peut maintenant affirmer sa croyance; l’esprit libéral de la constitution républicaine permettant une entière liberté de culte, a contribué à ce résultat. Henri Durville, fils. FÉVRIER OCCULTISTE r. Lundi. — Astrologie, Dace, E. H. 2.
Mardi. — L’Évangile, Sédir, E. H. 3. Mercredi. — L. *. Mart. *. Velléda, 9, rue des BeauxArts, Dace. 4. Jeudi. — Médecine Hermétique, Parus, E. H. 5. Vendredi. 6. Samedi. q. Dimanche. — Haute Magie, docteur Rozier, 12, rue de Buci. 8. Lundi. — L.-. Mart.'. Melchissédec, V. Blanchard« 9. Mardi. — L’Évangile, Sédir, E. H. 10. Mercredi. 11.
Jeudi. — Conférence ésotérique, Papus, Hôtel des Sociétés Savantes, 28, rue Serpente, 8 heures et demie du soir. Prix de la carte d’abonnement : 10 francs ou 2 francs par entrée. Programme. — La Mort et ses Mystères. Étude physiologique. Évolution des divers Principes. La Résurrection du Corps physique et des cellules guides.
FÉVRIER OCCULTISTE 87 Évolution astrale et transformisme. La Sortie de ¡'Esprit. Le Voile tombe et les plans sont séparés. Le Sommeil des Organes de communication. Désespoir des Parents Ter restres. Joie des Parents astraux. Retour vers la Terre. Nos morts sont plus vivants que jamais. ix Vendredi. 13. Samedi. —L.’. Mart. * . Hermanubis, i3, rue Séguier, Phaneg. — L.’. Maç. *.
Mixte Le Droit Humain n° 4, 5i, rue du Cardinal-Lemoine, 8 heures et demie du soir. 14. Dimanche. — Haute Magie ,docteur Rozier, 12, rue de Buci. 15. Lundi. — Astrologie, Dace, E. H. 16. Mardi. — L’Évangile, Sédir, E. H. 17. Mercredi. — L.-. Mart. *. Velléda, 9, rue des BeauxArts, Dace. 18. Jeudi. — Médecine hermétique, Papus, E. H. 19. Vendredi. 20. Samedi. 21. Dimanche. — Haute Magie, docteur Rozier, 12, rue de Buci. 22. Lundi. — L. *.
Mart. * Melchissédec, V. Blancharo. 23. Mardi. 24. Mercredi. — L. *. Maç.’. Humanidad, Rite Espagnol, i3, rueSéguier, 8 heures et demie du soir. 25. Jeudi. — Conférence Spiritualiste, Papus, Grande Salle des Sociétés Savantes, 8, rue Danton, 8 heures et demie du soir. Entrée o fr. 5o. Places réservées, 1 franc. On trouvera au contrôle tous les livres nouveaux sur ¡’Occultisme de Papus. Tarot divinatoire, 6 francs.
Confé rences Ésotériques imprimées, 12 francs. Almanach de la Chance pour 1909, 1 franc. Compte rendu général du Congrès Spiritualiste de juin 1909. Prix : 5 francs. 26. Vendredi 27. Samedi. — L. *. Mart. *. Hermanubis, i3, rue Séguier, Phaneg. 28. Dimanche. — Haute Magie, docteur Rozier, 12, rue de Buci. — L. *. Maç. *.
Mixte Le Droit Humain n9 i, 5i, rue du Cardinal-Lemoine, 2 heures et demie, après-midi, Nota. — Les Cours de l’École Hermétique, 13, rue Séguier, et les Tenues Martinistes ont lieu à 8 heures et
88 L INITIATION demie du soir, et les cours du docteur Rozier, 12, rue de Buci, à 4 heures et quart de l'après-midi. Pour tout ce qui concerne l’École Hermétique, les Confé rences Ésotériques et Spiritualistes, prière de s’adresser à M. Paul Veux, 5, rue de Savoie, Paris. R. G. S. *. 1.*. LIBRAIRIE * DU MAGNÉTISME 23, rue Saint-Mer ri.
Paris-VIe La librairie du Magnétisme (Librairie initiatique] est la mieux organisée de toutes les librairies spiritualistes. Elle possède un catalogue d’ouvrages neufs, remis à jour tous les trois mois. Elle publie dans le Journal du ma gnétisme^ revue mensuelle donnée en prime entièrement gratuite à tous les abonnés de V Initiation sur simple de mande, le compte rendu détaillé de tous les nouveaux ou vrages.
Elle possède une Bibliothèque circulante et prête à Paris, en province et même à l’étranger tous les ou vrages traitant des questions si vastes d’occultisme, de ma gnétisme, de spiritisme et de théosophie, moyennant un droit de location insignifiant. Voici une analyse des dernières publications. Docteur Faivre, professeur de clinique à la Faculté de Poi tiers. — Comment on défend son épiderme. Lutte pour le bon fonctionnement de la peau.
In-18 de 60 pages, 2e édition entièrement refondue, avec 6 figures. Prix : 1 franc, à la Librairie du Magnétisme, 23, rue SaintMerri, Paris. Ouvrage de propagande admirablement écrit.
Après avoir décrit le rôle de l’épiderme et montré quelles sont les causes de ses affections, il indique le traitement à cha cune d’elles, les moyens hygiéniques à suivre pour les éviter, les soins de la peau en général, des mains et des ongles en particulier, ainsi que les soins du visage chez la femme.
LIBRAIRIE DU MAGNETISME C’est un petit ouvrage qui devrait être dans toutes les mains. Docteur Faivre. — Comment on défend son larynx. Lutte pour le bon fonctionnement de la parole et du chant. In18 de 48 pages, a® édition avec 8 figures. Prix : 1 franc, à la Librairie du Magnétisme, a3, rue Saint-Merri, Paris, IVe. Ouvrage du même auteur, aussi précieux pour l'organe de la voix que le précédent pour les dermatoses. • • H.
Durville. — Pour combattre son asthme, L'Emphy. sème pulmonaire, essoufflement et oppression. In-18 de 3o pages, a* édition. Prix : 1 franc, à la Librairie du Magnétisme, 13, rue Saint-Merri, Paris IV *. Petit ouvrage de vulgarisation et de propagande inté ressant tous ceux qui respirent mal. L’auteur donne une description sommaire de ces affections, puis il indique le traitement qui leur convient.
Ce traitement, aussi simple qu’efficace, est basé sur le massage magnétique et sur quelques indications hygiéniques que l’on peut faire sans dépense au sein de la famille. * • » H. Durville. — Pour combattre les maladies des femmes. Aménorrhée,dysménorrhée, métrorragie ,ménorragie, pertes blanches, vaginite, métrite, ovarite, salpingite, déviations utérines, âge critique. In-18 de 36 pages, a* édition.
Prix : 1 franc, à la Librairie du Magné tisme. Après avoir donné des considérations générales sur la puberté, la menstruation chez la jeune fille, l’auteur décrit chaque cas et indique le traitement, ainsi que les moyens hygiéniques à employer pour obtenir leur guérison. Ce trai tement repose sur le Magnétisme qui est particulièrement efficace dans, tou.es les maladies des femmes, depuis la formation de la jeune fille, jusqu’à l’âge critique. Les pro cédés qui conviennent à chaque cas, méthodiquement
L INITIATION exposés, permettant à toute personne de bon sens, bien équilibrée, de les appliquer avec succès. H. Durville. — Pour combattre les maladies des yeux et des paupières. In-i8 de 36 pages, a® édition avec 4 fi gures. Prix : 1 franc, à la Librairie du Magnétisme. Les maladies des yeux sont aussi nombreuses que dif ficiles à guérir par les moyens ordinaires de la médecine et de la chirurgie.
Plusieurs d’entre elles sont également difficiles et surtout très longues à guérir par les procédés magnétiques, qui sont décrits d’une façon simple et minu tieuse.
Mais on observera que les magnétiseurs ont obtenu des guérisons qui montrent que le Magnétisme est incon testablement plus puissant que la science officielle, car, . dans quelques cas rapportés en détail, celle-ci avait, depuis un temps plus ou moins long abandonné les malades comme incurables.
L’auteur donne une description som maire des différentes parties de l’œil et décrit successive ment les différentes formes de l’ophtalmie, jusqu'à la ca taracte, les taies, les mouches volantes et le strabisme. Dernières nouveautés. Comte de Tromelin. — Le fluide humain. Lois et pro priétés. La Science de mouvoir la matière sans être mé dium.
Nombreux appareils nouveaux permettant de faire tourner, sans contact, de petits appareils au moyen du fluide humain. Notions sur les forces en général et no tamment sur celles qui émanent de notre corps. Avec 1 planche hors texte. Prix : 1 fr. 5o, à la Librairie du Magnétisme, 13, rue Saint-Merri, Paris.
L’auteur décrit un grand nombre d’appareils, très faciles à monter, sans aucune dépense, qui se meuvent sous l’ac tion de la main présentée à distance; suivent des considé rations de la plus haute importance sur le fluide magné tique.
BIBLIOTHÈQUE DU MAGNETISME gi Docteur Bonnayme. — La force psychique, C Agent ma gnétique et les instruments servant à les mesurer. Avec préface de H. Durville et 73 figures. Prix : 3 francs, à la Librairie du Magnétisme.
L’auteur expose des phénomènes en somme peu connus et passe' en revue tous les appareils qui ont été construits en vue de constater la force psychique. * Vaijght. — Lecture pratique du caractère avec un très "grand nombre de portraits et gravures. Prix : 6 francs, à la Librairie du Magnétisme.
Cet ouvrage, inspiré par les remarquables travaux de Ledos sur la physionomie, intéresse tous ceux qui ont be soin de connaître les aptitudes, les dispositions d’esprit de leur entourage.
PRIMES A NOS LECTEURS Nous rappelons à nos lecteurs que le service du Journal du Magnétisme, organe maintenant mensuel, formant àia fin de l’année un volume de 712 pages, constituant le vade-macum indispensable de tous les spiritualistes sans distinction d’école, est fait gracieusement à tous lesabonnés de I* Initiation qui le demandent, à la condition de s’abon ner directement à la Librairie du Magnétisme (Librairie Initiatique), a3, rue Saint-Merri.
Le Journal du Magné tisme est le plus important de tous les journaux spiritua listes. Il donne le compte rendu détaillé de tous les ou vrages nouveaux et publie chaque trimestre le catalogue complet de la Librairie du Magnétisme entièrement re visé. Bibliothèque du Magnétisme et des Sciences occultes. H. Durville, directeur, a3, rue Saint-Merri, Paris, IVe Prêt de volumes sur place Envoi en France et à Vélranger. La Bibliothèque du Magnétisme est composée de ïo.ooo volumes et journaux traitant des questions si
l’fnitiation 92 vastes d’occultisme, de magnétisme et de spiritualisme. Elle possède tous les ouvrages rares, les écrits recherchés d’Agrippa, Court de Gébelin, les grimoires en édition ori ginale, puis les écrits plus récents de Louis Lucas, Eliphas Lévi, Christian, Saint-Yves d’Alveydre, Papus, Sédir, au grand complet. Elle envoie en France et à l’étranger et à des conditions extraordinaires de bon marché.
Chacun y trouve les ouvrages nécessaires à l’étude parti culière qu’il poursuit. Fonctionnement. Tous les ouvrages catalogués sont expédiés franco contre un nantissement représentant la valeur des ou vrages prêtés. Au reçu de ce nantissement et du montant de l’abonnement, un premier envoi est fait par la voie la plus économique. Les ouvrages étant lus, le lecteur les renvoie et en demande d’autres qui sont expédiés de suite.
A la fin de l’abonnement, le nantissement, déduction faite des frais de transport, est renvoyé au lecteur. Si celui-ci tient à garder un ouvrage, il lui est compté au prix indi qué sur Vex-libris en tête de l’ouvrage. L’abonné peut prendre plusieurs ouvrages en même temps, si le dépôt d’argent est suffisant. Les ouvrages sont mis gracieusement à la disposition des membres de la Société magnétique de France.
Abonnement. — Un an, a5 francs ; 6 mois, ¡3 francs ; 3 mois, 7 francs; 1 mois, 2 fr. 5o ; sans abonnement, par jour, 10 centimes. — Le catalogue complet est envoyé contre 20 centimes. Achat de livres et de bibliothèques.
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SOCIÉTÉ MAGNÉTIQUE DE FRANCE 93 SOCIÉTÉ MAGNÉTIQUE DE FRANCE 23, rue Saint-Merri, Paris-IV®. Les'Conférences organisées par la Société Magnétique de France à son siège social,dans le but de vulgariser l’étude des phénomènes psychiques, ont obtenu un très grand succès,grâce à l’activité deson secrétaire général, M. H.Dur- -ville. Les Rayons N et la Radiation magnétique.
Continuant ses recherches sur la radiation humaine, M. Gaston Durville, delà Faculté de Médecine, a résumé, dans sa conférence du 7 janvier ses dernières expériences. En voici l’analyse : Il a rappelé d’abord en quelques mots l’analogie qui existe entre les propriétés des Rayons N et celles des rayons humains au point de vue physiologique, analogie qu’il a exposée dans une précédente communication.
Ce qu’il veut étudier aujourd’hui est la comparaison des deux radiations au point de vue physique. Il remémore à ses auditeurs quelques données sur la Radiation N.
Celle radiation découverte par le professeur Blondiot de Nancy alors qu’il cherchait à étudier la polarisation des Rayons X est émise par une ampoule de Crookes en acti vité, par un bec Bunsen, une plaque de tôle chauffée au rouge, par le soleil, les corps sonores, les aimants, les odeurs, les végétaux et par tous les corps à l’état contraint (acier, larmes bataviques, etc.), Ceux qui ont étudié le Magnétisme animal savent que la plupart de ces sources de radiation nouvelle sont capa bles d’agir sur un sujet magnétique et de produire chez lui le sommeil ou le réveil suivant les lois de la polarité: on sait que le soleil agit comme la main droite, qu’une plaque de tôle chauffée, qu’un corps vibrant, un aimant, une odeur influencent nos sensitifs. M.
Gaston Durville a prouvé que. c’est bien la radiation N qui agit dans ces cas, produisant ainsi des effets analogues à ceux que pro duit la main.
Devant cette analogie des propriétés physiol'initiation 94 logiques de la Radiation N et de la radiation magnétique, il y avait lieu de se demander si le rayon magnétique, connu depuis des siècles, était en tout semblable au Rayon N, en d’autres termes de s’assurer si la science officielle venait d’enregistrer et d’étudier une radiation, dont quelquesunes au moins des manifestations étaient connues depuis la plus haute antiquité.
M. Gaston Durville croit résoudre la question par la négative. La radiation magnétique est plus complexeque la radia tion N ; en d’autres termes nous émettons autour de nous autre chose que ce qu’émet un minéral, les propriétés physiques le prouvent. Ainsi les Rayons N traversent le papier, le bois, l’étain, le cuivre, l’aluminium, l’argent, le verre l’eau salée. Ils ne traversent pas l’eau.
Nous savons que les rayons magnétiques se comportent de la même façon. Les Rayons N peuvent être conduits à distance sur un fil, les rayons magnétiques également. Ils se transmettent parla périphérie du fil comme par une série de réflexions successives : en oxydant en effet par la chaleur la péri phérie du fil, le faisceau N ne passe plus.
M. Gaston Durville a montré qu’on n’a pas d’action à distance sur un sujet sensitif quand onoxyde le fil transmetteurdes rayons magnétiques. Les rayons N se réfléchissent, ils se réfractent et sont dispersés par le prisme suivant des lois analogues à celles de la lumière. Le rayon magnétique se comporte de la même façon. Est-ce à dire pour cela que le rayon magné tique soit identique au rayon N ? Non.
Certaines radiations magnétiques en effet traversent le plomb sous une épaisseur de cinq dixièmes de millimètre, tandis que la radiation N ne le traverse pas du tout. En outre la radiation humaine contient de la matière, en voici une preuve.
Les expériences de Fresnel et Fizeau sur la lumière ont montré que l'éther ne peut entraîner aucune particule lumineuse, or un sensitif regardant dans certains états du sommeil dans l’obscurité son magnétiseur le voit environné d’effluves qui dansent. Un phénomène analo gue se passe dans une chambre obscure quand sur un faisceau de rayons solaires on jette un peu de poussière : le
LIVRES NOUVEAUX ()5 faisceau semble danser. Donc il y a de la matière à l’état radiant sans doute. Pour terminer il ajoute quelques considérationsgénérales et renvoie ses auditeurs à une prochaine communication où il espère pouvoir leur donner quelques renseignements sur la longueurd’ondeetles indices de réfraction des Rayons humains. Mission.
M. Tewarta, un des plus dévoués magnétiseurs corres pondants de la Société Magnétique, vient de partir en Egypte avec la mission de vulgariser l’Etude des Sciences psychiques et de faire connaitreensuite leur état actuel de diffusion. REVUE DES REVUES Deux nouvelles publications viennent de voir le jour et s’efforcent de faire pénétrer dans le gros public le goût des sciences occultes.
En premier lieu nous citerons en le recommandant spécialement à nos lecteurs — un journal bi-mensuel, à grand tirage, la Vie Mystérieuse que nos lecteurs trouveront chez tous les libraires. En second lieu, l’éditeur de Buffalo-Bill et NicK Carter publie à grand fracas les aventures du Sâr Dubnotal. Cet échappé de la tombe, cet initié de roman-feuil leton doit en remontrer à tous les occultistes passés, pré sents et futurs.
Quel que soit l’orgueil de son héros et le mépris qu’il affecte pour les hermétistes, l’auteur de ces opuscules augmentera sûrement le nombre des lecteurs des ouvrages occultistes ; aussi adressons-nous tous nos vœux de prospérité au Sâr de la Tombe, non, Dubnotal, et à ses prochaines aventures. LIVRES NOUVEAUX Le Jargon de François Villon, argot du quinzième siècle, par Jules de Marthold. Bibliothèque de Linguistique.
l’initiation 96 Darragon, libraire-éditeur, rue Blanche, 9, Paris. Nous recommandons tout spécialement cet ouvrage à l’atten tion de nos chers lecteurs. * * • Le Destin, la Divination égyptienne et ¡’Oracle d’Antinoùs, par M. A. Gazet. Leroux, éditeur. 28, rue Bonaparte, VI * arrondissement. ♦ « « Les Phénomènes spirites, par Gaston Lecocq.
Imprimerie Horace Catulle, 11, rue de la Commune, Bruxelles. ♦ * • L’Art du Repos et l’Art du Travail, par Duchatel et Warcollier. Berger Levrault et Cle, éditeurs, rue des Beaux-Arts, 5, Paris. Prix.: 1 franc. Ordre de la Rose-Croix kabbalistique Le Suprême Conseil de cet Ordre nous informe qu’il a reçu récemment, et accepté, la démission de M. Sédir, qui s’en retire pour des motifs de convenance personnelle. Le Gérant : Encausse. Paris. — lmp. ”E, ARRAULT et Cie, 9, rue N. D.-de-Lorette.