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L'Initiation Revue pliiiosoptilque des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION Uf 79m. VOLUME. - 22mo ANNEE SOMMAIRE DU N° 9 (Juin 1908) PARTIE EXOTÉRIQUE Lettre à un débutant (suite) (p. i g 3 à ig5). . . G. Phaneg. PARTIE PHILOSOPHIQUE Congrès spiritualiste de i go8 (p. 196 à 201) . . Papus. L'alchimie (p. 202 à 210) Quintor. Un livre (p. 211 à 217) Docteur A.-E.-C. Les Curiosités de l'occulte (p. 218 à 228). . . . C.B.
Occultisme et spiritisme (p. 229 à 232) De la Théurgie en médecine (p. 233 à 247) . . . J. Lierkmann Rêves prophétiques (p. 248 à 25i) PARTIE INITIATIQUE La morale du Christ (p. 252 à 258) Sédir. Le Voyage de Kosti (suite) (p. 259 à 270). . . .
Eckartshausen Un secret par mois. — Comité international d'action spiritualiste. — Un médium lance un défi de 10,000 dollars. — Manifeste de la Société magnétique de France. — Bibliothèque Idéaliste Lyonnaise (B. I. L.) — Livres nouveaux. — Bibliographie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Echanges doit être adressé 5, rue de Savoie, à Paris- VIe.
Téléphone — 816 09 Tout ce qui concerne l'Administration: ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adressé à la LIBRAIRIE INITIATIQUE PARIS — 33, Rue Sainl-Merri, 23 — PARIS Le Numéro : UN RRANC. — Un An : DI* FRANC0
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l'essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n'ont abouti qu'à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L'Initiation est l'organe principal de cette renaissance spiritualiste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d'un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, Y Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent Yarbitrage contre l'arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre lesdeui grands fléaux contemporains : le cléricalitme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin YInitiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l'Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l'Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d'une manière qu'elles savent toujours apprécier. La seconde partie {Philosophique et Scientifique) s'adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L'Initiation parait régulièrement à la fin de chaque mois ei compte déjà vingt années d'existence. — Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des huit premières années sont abaolumem épuisées.)
PARTIE EXOTÉRIQUE LETTRE A UN DÉBUTANT Cher Ami, J'ai commencé dans ma dcmièTe lettre à répondre à vos questions et objections, — à mon avis ce sera le moyen le plus fécond en résultats heureux — car la voie du cœur ne s'enseigne pas.
La lumière successive que vous pourrez recevoir dans votre interne, la com préhension de ce que vous êtes réellement dans la Nature, la certitude absolue que vous ne pouvez rien par vous-même, tout cela ne dépend pas de moi.
Seu lement, la réponse à vos objections et à vos ques tions aura pour effet de vous faire connaître, intellec tuellement, la façon dont ceux qui vous ont précédé, comprennent les diverses situations dans lesquelles l'Initié peut se trouver dans la vie, et la solution qu'ils donnent aux plus importants problèmes qui peuvent se présenter à eux.
Vous m'aviez posé certaines questions au sujet du magnétisme personnel, et j'avais commencé d'y ré pondre. Je continuerai aujourd'hui, car cette doc trine est absolument l'opposé de nos croyances et il est nécessaire, si vous voulez nous suivre, qu'il ne i3
194 l'initiation reste en vous aucun doute, à ce sujet. Vous me dites : « Avec le magnétisme personnel, je possédais la force négative et positive. Je puis avoir besoin de m'attirer des amis pour faire un bien quelconque ou me faire protéger.
On rencontre dans la vie des ca ractères impossibles et je puis avoir besoin d'influencer telle ou telle personne, si elle est injuste pour moi. » Il faut d'abord bien vous persuader que par concen tration de volonté magnétisme personnel, vous ne pouvez produire qu'une force analogue à vous-même, par conséquent très faible, et aussi que par cette force vous pouvez agir seulement sur les instrumente d'un Esprit, c'est-à-dire son corps physique, son corps électro-magnétique ; parfois, son corps astral.
Vous n'atteignez nullement l'Esprit lui-même. Vous ne pouvez donc produire en lui que des actions momen tanées n'échappant pas à l'espace et au temps. Si donc vous voulez attirer un ami, par ces procédés, vous ne ferez qu'une action superficielle et sa person nalité vraie ne vous étant pas gagnée, tôt ou tard il vous trahira et vous en voudra parce que vous aurez porté atteinte à son libre arbitre.
Or, vous devez, comme initié, ne jamais considérer votre existence comme unique et séparée. Vous êtes immortel et étroitement lié à vos frères. Tout dans ce monde n'est que le produit d'action, d'interaction et de réaction des hommes les uns sur les autres. Vous ne devez donc jamais agir en pre nant comme base votre personnalité. Vous me dites encore que « vous pouvez, à un moment donné,
LETTRE A UN DÉBUTANT IÇ 5 avoir à influencer telle personne (pour faire un bien quelconque), et aussitôt après, vous laissez passer le bout de l'oreille en ajoutant : « ou pour me faire pro téger ». Dans les deux cas, comme initié, vous ne pouvez pas agir ainsi. Vous voulez influencer une personne pour lui faire du bien. Rappelez-vous d'abord que si vous avez tout droit sur vous-même, vous n'en avez aucun sur les autres.
Ce que vous appelez faire du bien à quelqu'un, c'est, je suppose, lui enlever une maladie, une épreuve le faire gagner à la loterie, etc., même le guérir d'une faiblesse morale, d'un défaut.
En apparence, c'est très bien mais, en réalité, vous sortez de votre rôle e vous faites du mal à cette personne, car cette maladie lui permettait de payer une dette qu'elle sera obligée de payer plus tard avec les intérêts ; car cette épreuve lui en enlevait une plus terrible; car cet argent gagné à la loterie aura des conséquences désastreuses pour son évolution spirituelle ou morale ; car un défaut est un Être vivant dans la nature, et comme tel on doit chercher à l'évoluer non à le détruire Ainsi de suite.
Enfin, si c'est pour vous faire protéger, c'est encore mauvais, car pour vous qui voulez changer de base dans la vie, tout succès matériel qui n'est pasdû à vos amis, aux Envoyés de votre Maître, mais bien à une action volontaire, est mauvais. Réfléchissez bien sur cette lettre et vous verrez que j'ai raison. Bien à vous. G. Phaneg.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. CONGRÈS SPIRITUALITE DE 1908 Le Congrès spiritualiste tenu du 7 au 10 juin a remporté un succès complet. Le programme a été exactement suivi et les nombreux congressistes en ont parcouru toutes les étapes sans fatigue excessive.
Le succès financier du Congrès permet au Comité d'organisation de mettre en marche un volume qui renfermera les communications les plus intéressantes ainsi que tous les articles de la presse quotidienne consacrés au Congrès. C'est là, en effet, un fait à noter. Le Congrès de 1908 est une des rares manifestations collectives du Spiritualisme qui ait ému à ce point la grande presse que chaque séance était résumée dans les principaux journaux.
La constitution du Comité spiritualiste internatio nal et la Fédération maçonnique ainsi que l'établisse ment des secrétariats annexes constituent la conclu sion véritablement pratique de ce Congrès qui laisse ainsi des traces aussi fécondes que durables. L'Initiation et le Voile a"Isis peuvent être fiers d'avoir été les promoteurs d'un tel succès. Nous publions dès maintenant les principales com munications faites au Congrès.
CONGRÈS SPIRITUALITE DE I908 197 DISCOURS D'OUVERTURE Mesdames, Messieurs, Venez assister au Congrès réunissant en un groupe compact les diverses formations de l'année spiritualiste. Pendant longtemps, on a considéré les spiritualistes comme de doux rêveurs imbus des idées d'un autre âge. Maintenant, les temps ont changé.
Des hommes émiaents par leur caractère intellectuel, des expérimentateurs sérieux, des chercheurs de bonne foi ont contrôlé les faits psychiques qui forment la base expérimentale de nos études et ils en ont affirmé la réalité en dehors de toute explication théorique. La Presse s'est émue et des enquêtes ont été ouvertes un peu partout, enquêtes dans lesquelles on a dit beau coup de bien et aussi beaucoup de mal des doctrines spiritualistes.
Le moment est donc favorable pour montrer l'état actuel de nos forces, l'organisation de nos sociétés et leur rayonnement considérable à l'étranger. Nous essaierons de plus d'indiquer le caractère hautement utile au point de vue social de tous ces groupe ments. Voilà pourquoi le Congrès spiritualiste vous appa raîtra sous divers aspects que je vais m'efforcer de préciser dès maintenant. Tout d'abord, nous vous présenterons l'état actuel
i gS l'initiation de nos forces réparties dans nos sociétés, nos corres pondants dans les divers pays, nos journaux et nos libraires. C'est la revue avant la bataille. Puis, nous aborderons l'étude des théories devant, à notre avis, constituer la science de demain qui ren dra au spiritualisme sa véritable place en dehors de tout cléricalisme et de tout sectarisme.
La séance du lundi après midi est consacrée à la re vue des expériences pratiques de la médiumnité et aussi à l'étude du christianisme ésotérique.
Nous nous efforcerons de démontrer que les savants qui nient les faits psychiques ou qui proposent des conditions d'expériences impossibles à réaliser sont, en général, mal préparés à ces études qu'ils ne con naissent que par ouï-dire et qu'il faudra bientôt les plaindre, quand l'évidence et la multiplicité des faits aura classé ces sceptiques dans la catégorie des retar dataires qui, jadis, niaient la possibilité des chemins de fer, puis du téléphone, puis du phonographe sans parler de leurs ancêtres qui se moquaient de Galvani et de ses grenouilles électrisées.
Le caractère intrinsèque de la Vérité est de s'impo ser par ses seules forces et sa victoire est toujours sûre parce qu'elle possède pour elle deux facteurs admira bles, le temps et la multiplicité des voies de démons tration. C'est parce que nous sommes sûrs de posséder la Vérité que nous attendons les contradictions avec calme et fermeté et c'est parce que nous sommes éga lement sûrs, étant des précurseurs, de ne pas profiter
CONGRÈS SPIRITUALITE DE IQ08 199 matériellement du succès certain de nos idées, que nous sommes d'autant plus heureux de cette lutte. Mais si nos doctrines n'étaient considérées que sous le point de vue soit de la théorie, soit de l'expé rimentation psychique, elles perdraient une grande partie de leur force. En effet, le spiritualisme prétend apporterune aide puissante à la solution de la question sociale.
A côté des œuvres d'assistance morale et spirituelle, le spiritualisme est peut-être la seule voie de salutqui s'offre aux sociétés contemporaines lentement détrui tes dans leurs œuvres vives par le scepticisme des gouvernants et le bas sensualisme des gouvernés.
Ne croyant à rien en dehors du monde matériel actuel, les hommes seraient bien sots de ne pas satis faire leurs instincts et de ne pas considérer l'argent comme le seul but et le seul moyen d'agir. Aussi, malgré la morale laïque enfantine et le képi du gendarme qui est sa principale manifestation, les gouvernés ne veulent plus remplir aucun devoir et veulent l'exercice intégral de leurs droits.
Le matérialisme est une étape nécessaire de la libé ration des cerveaux obscurcis par les faux enseigne ments cléricaux, mais ce n'est qu'une étape et non un but.
Les nouvelles croyances à la responsabilité effective de l'individu, à la continuité de l'existence après la mort ne peuvent prendre place dans la conscience des peuples que par l'adhésion de la science aux théories spiritualistes -après justification rigoureuse des faits qui démontrent ces théories.
200 l'initiation Les sociétés futures seront transformées par la cer titude des deux vérités fondamentales du spiritua lisme contemporain : la Survivance et la Réincarna tion.
C'est la certitude de la réincarnation qui a fait ac complir aux Japonais des folies d'héroïsme lors des dernières guerres et le mépris de la mort qui est la conséquence de cette certitude enfante des peuples ca pables de défendre vaillamment leur indépendance et leur nationalité. Par contre, les nations matérialistes sont préparées à toutes les compromissions et à toutes les défaites par l'absence de tout ressort moral.
Si le Matérialisme est une étape dans l'évolution cérébrale et non un but, cela nous apparaîtra plus nettement encore à propos des études maçonniques. La Franc-Maçonnerie est une création d'hermétistes. Sa constitution, ses symboles, sa lutte séculaire contre l'obscurantisme clérical le démontrent à tout observateur sérieux.
Or, cette vénérable institution a été accaparée en France par des ignorants de l'hermétisme et de ses enseignements, qui ont méconnu les enseignements traditionnels, détruit le symbolisme et tripatouillé les Rituels pour transformer en association politique l'antique institution initiatique.
L'Étranger où la Franc-Maçonnerie a conservé son caractère originel, a protesté contre ce matéria lisme maçonnique et les excommunications pour cause d'irrégularité ont surgi de toutes parts.
CONGRÈS SPIRITUALITE DE IQ08 201 Fidèle à la tactique des ancêtres martinistes qui ont organisé les Convents de Willemsbabt et de Lyon, nous avons appelé au travail non pas des arrivistes ni des politiciens, mais bien tous les centres où se trou vent des hommes assez instruits de la Science ma çonnique pour préparer l'adaptation des Rituels à l'époque actuelle.
Nous sommes encore ému de la spontanéité avec laquelle on a répondu de partout à notre appel et cela nous est un précieux encouragement pour l'avenir. Les travaux historiques de notre F. Feder auront été d'un précieux secours à cette occasion et je suis heu reux de lui adresser, à ce propos, nos plus vives féli citations.
Ainsi organisation de la Propagande spiritualiste, étude des théories, mise en état des recherches expéri mentales concernant les faits psychiques, détermina tion des adaptations sociales du spiritualisme, réforme du symbolisme maçonnique et justification des tra ditions hermétiques de cet Ordre, telles sont les ques tions que vous aurez à aborder pendant la durée du Congrès.
Avant de terminer, je tiens à remercier tous les professeurs de l'École hermétique, tous les FF. de nos Loges martinistes, tous les membres des nombreuses sociétés amies qui nous ont si puissamment aidé dans l'organisation de nos réunions. Vous les verrez, du reste, à l'œuvre et vous leur adresserez vous-mêmes, j'en suis convaincu, les éloges et les encouragements qu'ils sauront si bien mériter. Parus.
L'ALCHIMIE Mesdames, Messieurs, Je viens vous parler d'alchimie.
Ne vous semble-t-ilpas, à ce mot « alchimie », voir revivre soudain d'une vie fugitive, comme en une vi sion cinématographique, les vieux laboratoires pous siéreux qu'agrémentaient si bien chauves-souris cru cifiées et crocodiles rêveurs suspendus aux plafonds ; puis, dans un repli sombre de cet immense... gri moire, il ne me vient pas de terme qui rende mieux ma pensée, pressenti plus que vu un mouvement lent, quelque chose comme un hochement de barbe blan che au-dessus de l'athanor au feu silencieux, dénotant seul que quelqu'un vit là.
Et l'impression que vous en ressentez est celle d'une lente agonie, d'une mort imminente, la mort d'une science ! Non ! Mesdames, messieurs, la science ne meurt pas. Rien ne se perd, tout se crée, ou plutôt comme l'a si bien dit un de nos savants contemporains : tout se transforme, lentement, gravement, avec cette certi tude, cette maîtrise que le penseur reconnaît si bien dans la main de Celui qui peut tout et sourit de l'en
CONGRÈS SPIRITUALISTE DE I908 2û3 thousiasme et du désespoir de l'homme qui croit si facilemerit pouvoir tout. Mais auparavant, mesdames, messieurs, je croirais faillir à mon devoir si je n'évoquais aujourd'hui trois noms qui me sont chers, moi qui ne suis encore qu'étudiant en cette science à laquelle, par une intui tion étrange, viennent s'abreuver nos savants moder nes, avant chaque découverte ; trois êtres grands au tant que modestes.
Deux ont disparu ; le troisième s'éteint peut-être à cette heure, presque dans la misère, bafoué, ridiculisé, mais dont les découvertes ont passé, faisant frémir ceux qui croient en l'avenir, et terrorisant d'autres. J'ai cité Louis Lucas, Albert Poisson, Tiffereau. Il ne m'appartient pas de faire leur apologie, je ne m'en sens pas capable.
La lecture de leurs œuvres, la connaissance de leur vie, de ce qu'ils ont souffert, suffisent à qui veut réfléchir pour les juger. Je vous disais tout à l'heure que l'alchimie n'était pas morte. Qu'est-ce, en fait, que l'alchimie ? c'est la « chimie intégrale », tout chimiste consciencieux tom bera fatalement dans son domaine. Sur quoi se baset-elle ? La Synthèse !
Or, on sait quel bouleversement amena dans la Science M. Berthelot en établissant la synthèse. Et quelles précautions prit-il, mon Dieu, quels tâtonnements quand on considère les travaux de Paracelse, Flamel, Bacon, Lulle et tant d'autres. Becquerel et la lumière noire, Crookes et les rayons X, Curie et le radium, Moissan le diamant, Frémy le rubis n'ont fait rien qu'alchimie, mais, comme M. Jourdain, hélas ! sans le savoir.
204 l'initiation Et beaucoup de savants seraient très étonnés d'ap prendre que les alchimistes connaissaient le radium, employaient le raduim, à un état plus essencifié même, mais ils ne l'appelaient pas le radium, là est toute la différence ! Il me semble qu'avec les noms que je viens d'avoir l'honneur de vous citer, l'alchimie n'est point morte, bien qu'elle ait raccourci son nom, et c'est ce qu'il fal lait démontrer.
Les matérialistes ont la prétention d'expliquer tout par la matière ; au delà : plus rien, le vague, le vide. Soit ! à une condition toutefois, c'est que ce vague, ce vide, soient encore de la matière et nous arrive rons à nous entendre. Ce qui est plus grave, c'est la façon dont ils ont in terprété l'axiome de Lavoisier : Rien ne se perd, rien ne se crée. L'alchimie a dévoyé là.
Basée sur les corps simples (on dit maintenant prétendus simples, et c'est un pro grès) on nous apprend que du soufre et du mercure cela fait du sulfure de mercure, et que pour faire du sulfure de mercure, il faut du mercure et du soufre. Répondons par les faits : Sur une plaque de verre propre, étendons de la pou dre de verre, arrosons-la d'eau distillée, par consé quent pure, et semons-y quelques graines germant fa cilement. Si nous avons eu soin de peser notre graine, et que nous pesions notre récolte, nous remarquons, et c'était
CONGRÈS SPIRITUALITE DE 1 908 205 à prévoir, que cette récolte est de beaucoup supérieure en poids à la graine semée (dans cette remarque en fantine est contenue toute la vérité !);mais, allons plus loin : analysons notre graine et notre récolte ; nous remarquons dans cette dernière de la potasse, du sou fre, des oxydes de fer, de manganèse, en quantité de beaucoup supérieures aussi à celles trouvées dans la graine.
Comment ces matières se sont-elles formées? est-ce aux dépens du verre ? Il n'a pas changé de poids, d'aspect ni de propriétés ; de l'air ? mais l'ai n'en contient pas et, d'ailleurs, il était facile de le fil trer ; de l'eau ? Même réponse. N'y aurait-il pas eu là une transmutation des élé ments oxygène, hydrogène, azote ? — Mystère ! Continuons d'expérimenter.
Prenons une cloche tubulée à sa partie supérieure, fermons cette tubulure par un bouchon de verre que traversera une tige de cuivre munie à sa partie plon geant dans la cloche d'une boule garnie de pointes. Faisons le vide dans cette cloche après y avoir intro duit de la potasse pure. Remplaçons l'air par de l'oxy gène et mettons notre tige métallique en rapport avec une bonne machine statique. Dans l'obscurité, l'expérience est frappante.
Nous voyons les effluves électriques pénétrer la potasse ce pendant que l'oxygène diminue de volume. Rajou tons de l'oxygène et chargeons, jusqu'à refus, notre potasse d'électricité. Analysons alors le produit formé. Étant donné que nous n'avons mis là que de la po tasse et de l'oxygène en présence, nous devons retrou
2o6 l'initiation ver ces mêmes éléments. Erreur ! nous avons là de « l'azotate de potasse ». D'où vient cet azote ? Mystère ! Nous pourrions ainsi multiplier les faits, et nos convictions se raffermiraient encore sur l'unité de la matière. Continuons d'expérimenter dans un autre ordre d'idées. Fermons le circuit d'une pile Bunsen par un fil de platine choisi en conséquence.
Le courant passe, rien ne le dénote, sauf la déviation d'une aiguille aiman tée. Fermons de la même façon le circuit de deux piles Bunsen : de la chaleur se dégage, très appréciable. Fermons le circuit de trois piles : le fil rougit et éclaire. Voilà donc de l'électricité, force réputée simple, qui nous donne au contact d'une matière unique: le pla tine, du magnétisme, de la chaleur, dela lumière. N'y aurait-il, par hasard, qu'une seule force?
C'est ce que tous les alchimistes ont prouvé, ce que nos physiciens prouvent tous les jours et ce que nous ne voulons pas admettre. Donc, si la force est une, nous pouvons la conden ser à l'aide de la matière. Si cette matière est une, nous pouvons, aidé par la force, la faire passer par ses différents modes, la faire vivre, évoluer, à l'égal des végétaux et des animaux.
Et je viens de vous donner avec ces dernières pa roles le grand arcane de la Science: l'Analogie. Il est vrai, sans mensonge, certain et très véritable,
CONGRÈS SPIRITUALISTE DE I908 20J que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, ce qui est en bas comme ce qui est en haut, pour ac complir le miracle de l'unité. (Table d'Hermès).
Mais je ne veux pas insister sur de trop profondes théories; et, me rangeant pour un instant du côté du matérialisme, je dirai qu'un seul fait vaut mieux que cent hypothèses. — A-t-on fait de l'or ? — Oui ! et je vous donnerai le moyen facile d'en faire, rassurez-vous vite, pas beaucoup ! Tiffereau, dont je vous parlais tout à l'heure, a réa lisé la production de l'or artificiel.
Voi.i son procédé : Ayant dans de l'acide azotique pur, dissout de l'ar gent et exposé le tout au violent soleil du Mexique où il était alors, il vit se déposer, au sein de la liqueur, une poudre noire insoluble dans les acides forts, soluble seulement dans l'eau régale et donnant à l'ana lyse toutes les réactions de l'or. C'était bien, en effet, de l'or précipité.
Quand Tiffereau présenta à qui de droit le résultat de ses recherches, il lui fut répondu ceci : « Quand vous en aurez fait i kilogramme, vous viendrez nous trouver. » Il fit de l'or artificiel par d'autres procédés encore, il prouva synthétiqucment dans de vulgaires pots de fleurs, l'évolution des placers d'or. Cela n'a point suffi. Toutes ses expériences sont tombées, pardon, ont été précipitées à l'oubli» d'où
208 l'initiation elles sortiront, soyez-en sûrs, vivaces et fortes. Rien ne se perd ! Mais je vous ai promis un moyen de faire de l'or, le voici : Faites dissoudre séparément dans de l'eau distillée du sulfate de fer et du chlorhydrate d'ammoniaque. Mélangeons ces dissolutions dans une cuvette pho tographique et ajoutons avec précaution de l'ammo niaque.
Il se forme à la surface du liquide une pellicule iri sée, à reflets métalliques fort jolis qui n'est autre qu'un miroir d'or. Recueillons cette pellicule et après l'avoir lavée à l'éther, dissolvons-la dans du mercure ; nous aurons un amalgame d'or facilement dissociable par les pro cédés ordinaires, l'électrolyse en particulier.
Cette expérience, nous l'avons faite cent fois, d'au tres que nous l'ont faite, il est donc impossible de nier la transmutation. J'abuse de votre temps, mesdames, messieurs, et je vais abréger. Qu'est-ce que la pierre philosophale ? Une poudre rouge qui, projetée dans un métal en fusion, opère sa transformation en un métal supé rieur, argent ou or. Causons d'analogie. Le fait est le même dans toute fermentation.
Là, sous l'influence d'une matière étrangère, d'un déterminatif, eût dit Louis Lucas, nous voyons une masse organique se transformer. Cela ayant lieu dans le monde organique doit avoir
CONGRÈS SPIRITUALITE DE I908 209 lieu dans le monde minéral, et quiconque en nierait la possibilité serait immédiatement renvoyé à la ge nèse du salpêtre sous l'action d'un ferment : le bacille nitrifiant. La pierre philosophale n'est pas autre chose qu'un ferment minéral, faisant, si vous me permettez l'ex pression, lever une pâte métallique. Pourquoi les alchimistes ont-ils caché sous des phrases ambiguës la composition de cette pierre ?
Les alchimistes n'ont pas caché plus la composition de la pierre que M. Berthelot n'eût caché la composi tion de la saccharine sous le nom, baroque peut-être, d'acide anhydrorthosulfamide benzoïque ou la for mule : C6H4COSO*AzH. Les alchimistes s'adressaient aux savants de leur ordre, leurs écrits sont clairs, seulement il faut savoir lire, et l'on ne nous apprend plus à lire au grand livre de la vie.
Vous parler du soufre, du mercure et du sel n'a rien de plus extraordinaire que de vous parler du benzyle, du cyanogène ou de l'ammonium. La guerre fut déclarée à cause des termes terre, eau, air, feu, il eût fallu dire, pour être sur le chemin de la vérité : solide, liquide, gazeux, radiant. Quand donc cesserons-nous ces guerres de mots ! Mais terminons. Une dernière objection, la principale. La pierre philosophale a-t-elle existé ? Notre maître, M. le docteur Papus, l'a surabon damment prouvé, et je renverrai les personnes dési
210 l'initiation reuses d'être convaincues, à l'ouvrage qu'il fit paraî tre, intitulé : De la pierre philosophale ; preuves irré futables de son existence. Il ne me reste, mesdames, messieurs, qu'àvousre- . mercier de votre bonne attention. A remercier M. le docteur Papus du moment qu'il m'accorda pendant lequel j'ai dû vous ennuyer très fort, et à remercier les personnes qui voudraient bien apporter leurs lu mières pour nous guider sur ce grand chemin de l'art spagyrique encombré de ruines aujourd'hui. Quintor.
UN LIVRE Le Périple par les docteurs O. Béliard et L. Gaubert. Union de littérature et d'art. Librairie F. Tassel, 44, rue Monge, Paris. Nous avons, ces derniers jours, achevé la lecture d'un livre : Le Périple, qui parmi la foule des ouvrages édités journellement, nous a paru digne de fixer et de retenir l'attention de tous les esprits que ne rebute pas une œuvre sérieuse, sérieusement et sincèrement écrite. Avec son amabilité ordinaire, {'Initiation a bien voulu nous autoriser à présenter cette œuvre à ses lecteurs. Le Périple est une étude, étude très approfondie, de la Décade, et, il porte en exergue le premier apho risme de la Table d'Emeraude : Quod est super ius... sicut quod inferius. Extérieurement donc, il semble devoir se référer à l'Occultisme classique : or, dès qu'on en parcourt quelques pages, dès qu'on pénètre quelque peu dans son intériorité, on se trouve con traint de revenir sur cette impression première. Si, en effet, par le cadre dans lequel s'insère le développement du thème, et par ce thème lui-même, choisi à bon escient, le Périple paraît avoir quelques rapports avec le classicisme occulte, nous devons reconnaître que sa méthode et sa forme créent un abîme véritable, non seulement entre cet ouvrage et
2 12 l'initiation les classiques de l'Occulte, mais même encore entre lui et les occultistes contemporains. En réalité, et si exagérée que puisse sembler notre assertion, ce livre marque une étape, nous allions dire ouvre une ère dans la littérature occulte; aussi, pour cette raison, et conjointement à beaucoup d'autres indiquées plus loin, avons-nous estiméimpossible de le laisser ignoré des lecteurs de l'Initiation.
Le Périple est de l'Occultisme positiviste ; et, si étrange, si paradoxale même, que soit pour beaucoup cette définition, elle est pourtant, à notre avis, la seule entièrement juste, la seule, en tous cas, qui peigne exactement l'impression par nous ressentie, à la lec ture de l'œuvre qui nous occupe.
A cette lecture, en effet, on sent à n'en pas douter, que les auteurs, pour des motifs que nous aurons à juger tout à l'heure, ont, de propos bien délibéré, voulu faire s'étreindre et s'entre-pénétrer, pour ainsi dire, l'Occultisme et le Rationalisme intellectualiste pur.
Ne prenant de la Tradition occulte que juste ce qui était nécessaire à leur affabulation, il est évident qu'ilsont voulu laisser à la seule intelligence humaine, (considérée comme donnée), car ils ne s'inquiètent à aucun moment des origines, le soin de parvenir à la connaissance de l'Univers intégral. Comme ils le disent eux-mêmes, avec leur seule raison « pour lan terne », ils sont bravement partis à la découverte de l'Absolu. Dans la forêt des contes de fées, peuplée de géants et de fantômes; dans l'horreur et l'obscurité de la
UN LIVRE 2l3 nuit presque éternelle qui règne; à peine guidés par la lueur falote et sans portée de leur luminaire, ils se sont aventurés courageusement, sans regarder derrière eux, méprisant tout secours et tout soutien, à la recherche du grand palais enchanté, resplendissant d'inextinguible lumière, but toujours fuyant de leur inlassable effort. Y sont-ils parvenus ? Il faut lire le Périple pour le savoir.
Que d'aucuns traitent une telle entreprise de folie et d'orgueil, nous n'en serons point autrement surpris; mais nous ne pouvons cependant nous défendre d'une certaine admiration devant cette manifestation puissante de la volonté; et nous serons surtout heureux de voir nos explorateurs se tirer à peu près sains et saufs, d'une aussi redoutable expérience.
Certes, cela n'est pas pour déplaire à ceux de nos amis qui, disciples convaincus de Fabre d'Olivet et de l'école Pythagoricienne, d'Eliphas Levy, de Stanislas de Guaita et de bien d'autres encore, placent le plan mental au sommet de la Pyramide universelle; car ils y trouveront une des plus belles affirmations de la volonté humaine, de cette volonté qui, pour eux, est la seule grande maîtresse et la dominatrice du Cosmos.
Par contre, tous ceux d'entre nous qui, plaçant le plan cardiaque bien au-dessus du plan mental, se réfèrent à la Tradition occidentale et à l'Esotérisme chrétien, goûteront moins l'œuvre qui nous occupe: elle les intéressera néanmoins et passionnément, nous en sommes sûrs, ne serait-ce que pour les rai
214 l'initiation sons qu'ils y trouveront de se confirmer et de s'af fermir dans leur voie.
En somme, ce livre nous paraît destiné à être, à la fois, générateur d'enthousiasmes, de colères et, aussi, de sentiments plus calmes ; enthousiasmes chez les rationalistes positivistes, colères chez tous les dog matisants qui ne veulent, en aucun cas, permettre à la raison pure et à la pensée de s'affirmer librement, satisfaction et sympathie, chez tous ceux qui, par des voies diverses, mais douloureuses toutes, et dans un mime esprit de fraternité, de tolérance et d'amour, sont partis, eux aussi, à la conquètede l'éternelle Vérité.
Nous ne saurions affirmer avoir pénétré complè tement le fond de la pensée des écrivains du Périple mais nous restons convaincus d'avoir à faire à de très sincères occultistes qui, pour attirer les positi vistes purs vers la Science occulte, estimèrent néces saire de leur parler une langue qu'ils connussent déjà.
En outre, hommes de science, cette langue, sans aucun doute, leur était à eux-mêmes plus familière; de là, comme nous le disions en commençant, la forme voulue de l'ouvrage. Combien nombreux, en effet, sont les esprits que l'occultisme rebute ou effraie. Combien ne veulent y voir qu'un mysticisme incohérent, des affirmations sans preuves, des élucubrations irraisonnées et sans base solide.
A tous ces esprits, nos auteurs ont entendu démontrer qu'intuition et raison ne consti tuaient pas une antinomie irréductible, et que l'occul tisme avait de quoi satisfaire le positivisme le plus endurci.
UN LIVRE 21 5 Si telle fut leur intention, elle ne saurait être que très louable, et, de plus, nous devons le reconnaître, la démonstration, de tous points, répondit à l'inten tion. Mais, virent-ils juste, et cet effort sera-t-il cou ronné du succès qu'ils méritent ? Hélas ! nous en dou tons un peu, et voici les raisons qui nous font redouter l'inutilité de leur tentative.
Encore que le Périple, pour rester dans le plan qu'il s'était tracé, tentât de se débarrasser de toute Tradi tion, pour ne s'appuyer que sur la seule raison humaine; encore qu'il s'imposât de ne considérer que le relatif, il ne pouvait, cependant, qu'il le voulût ou non, échapper à une tradition quelconque. L'esprit humain n'est pas infini, et son horizon est borné; qui croirait faire du neuf, souvent retombe dans du déjà dit.
A se confiner dans le plan mental, on ne peut échapper aux conséquences de ce plan; d'autant que son maître est la Fatalité. Il était donc inévitable que le Périple, sans s'en douter peut-être se référât à la Tradition Brahmanique et Ionienne, et en fit son véritable principe.
Comme en outre, ce livre est d'une logique très serrée il tire de ce principe toutes ses conséquences, fatalement pourrait-on dire, la Fatalité, encore, étant le sceau de la logique. Aussi, comme philosophie générale, le Périple, s'il côtoie plus généralement l'idéalisme de Berkeley, va parfois jusqu'à l'idéalisme aggravé de M. J. de Gaultier, et à l'esthétique de Nietzsche. Et, c'est là, nous le craignons du moins, le point faible de l'ouvrage, son erreur sur l'utilité réelle du
ai 6 l'initiation but poursuivi. Les positivistes, en effet, loin d'y puiser le désir d'aller vers la philosophie occulte, ne voyant dans cette dernière qu'une modalité de la pensée fort peu différente de leurs propres concepts, ne resteront- ils pas sur leurs positions, sans éprouver le besoin d'étudier une doctrine ne différant guère de la leur que par la forme ?
Mais, l'avenir seul peut être juge entre les auteurs et le critique; c'est à lui seul qu'il appartient de con firmer, ou, ce que je désire de toute mon âme, d'in firmer les craintes que je me permets timidement d'exprimer en ces lignes.
Quoi qu'il en soit, un livre comme le Périple est trop rare à notre époque, pour ne pas se trouver, en bonne place, dans la bibliothèque de tout occultiste, je dirai même de tout penseur vraiment digne de ce beau nom. Un livre, en effet, ne vaut que parce qu'il génère, et l'ouvrage qui fait l'objet de cette étude, est un véritable générateur de pensées.
Lisez les pages sur la Création des Idées, l'Anatomie, la Physiologie et la Biologie, pourrait-on dire, de l'Astral; lisez l'étude si fouillée du Quaternaire et de son Symbolisme; méditez les idées si personnelles des auteurs sur l'Amour, la Volonté, l'Antinomie de la Science et de la Koi, et, vous nous remercierez de vous avoir signalé ce livre que vous ne pourrez aban donner dès que vous l'aurez ouvert.
Que d'autres pages, comme celles qui traitent de la Loi de Contrainte, de la Tyrannie des Abstraits, de la Morale du Succès, soulèvent les tempêtes dont nous avons parlé, c'est possible, probable, et nous
UN LIVRE 2 17 dirons plus: désirable. Un livre non discuté est un livre mort-né; or, nous l'affirmons, le Périple est une œuvre bien vivante et qui mérite la discussion. Pour nous résumer et pour clore cette étude déjà longue, nous dirons : le Périple est un livre à lire et à relire, parce qu'à sa lecture les pensées naissent en foule, parce qu'en lui, admirateurs et détracteurs trouveront également leur profit.
Le Périple est un livre à lire, parce qu'il est une suite ininterrompue de thèmes merveilleux sur les quels l'esprit du penseur pourra, à son tour et à l'in fini, broder les variations les plus riches et les plus étendues; et nous ne saurions trop remercier les écrivains qui ont mis à notre disposition une telle mine, regorgeant, on peut le dire, de matériaux pour le travail de la pensée. Docteur A.-E. C.
Les Curiosités de l'Occulte (Suite) Guérison de la Naudze à Favars. — Favars a sa fontaine sacrée et ses sorciers qu'on va consulter pour connaître la source à laquelle on aura recours pour la guérison des malades, et surtout pour les en fants atteints de la « Naudze ».
Naudze, en patois li mousin, me semble désigner l'état de langueur, quelle qu'en soit la cause, le cas d'un enfant, par exemple, qui ne peut plus « ni vivre ni mourir», comme di sent les commères. Dans le courant de l'été, j'avais été conduit dans un hameau voisin de Gimel pour visiter un petit ma lade atteint de ce mal mystérieux. L'enfant, très pâle, était retenu dans son berceau, selon la coutume limousine, par des bandelettes entre-croisées.
Alentour, dans le pauvre logis aux murs bitumeux, quelques femmes couvertes de capes sombres s'entretenaient à voix basse. A la lueur du chaleil de fer, la vieille lampe romaine, d'autres s'oc cupaient à peser quatre chandelles qu'elles rognaient l'une après l'autre pour en rendre le poids exactement cgal. Ceci fait à l'aide de suif fondu, elles adaptèrent les chandelles aux quatre montants du berceau, les
CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 2IQ baptisèrent chacune du nom d'un saint, puis elles les allumèrent toutes en mêmetemps, et devant chacune d'elles, une femme se mit en prière. On n'entendit plus ensuite que les plaintes de l'en fant tout pâle dans son berceau et les voix murmu rantes des femmes. Les cierges lentement se consu maient, la cire épandait ses larmes d'ivoire et les matrones, immobiles dans leurs capes sombres, mar mottaient toujours.
Puis la flamme d'un cierge se prit à vaciller, sa mèche fumeuse se renversa sur le côté, on entendit comme un imperceptible battement d'aile et la flamme s'éteignit. Les femmes cessèrent de prier, le saint était dési gné, ou plutôt la source qui est placée sous son vo cable. C'est là que l'enfant allait être transporté et son petit corps immergé.
Mais auparavant la mère devait, selon la coutume, faire sa tournée dans le village et dans les environs, invoquant l'appui de tous pour faire d'abord dire une messe et pour subvenir ensuite aux dépenses que né cessite le voyage à la fontaine sacrée. En cette cir constance chacun lui remet un sou, l'offrande ne peut être dépassée, et, par une touchante coutume, l'obole est reçue par elle à genoux.
A Favars, je fus donc témoin d'un procédé diffé rent pour découvrir la fontaine sacrée dont l'effica cité doit être certaine. Grâce à la bonne intervention . de Mme L..., femme aussi élevée par son intelligence que par son cœur, je consultai moi-même la sorcière et je la vis opérer. Cette sorcière, Mariette Doronis, habite une chaumière dans un bois voisin de Favars,
220 L'INITIATION Elle s'était absentée ce jour-là, mais cette absence ne devait passe prolonger. En attendant son retour nous errions à l'aventure dans le plus joli des bois de châ taigniers.
La feuillée jaunissante avait les transpa rences et les splendeurs du vitrail, c'était comme un ardent mystère d'or et d'émeraude en fusion que des bouleaux rayaient de leurs fûts bleuâtres, tandis que les jeunes châtaigniers élevaient des colonnadesviolettes mouchetées de velours vert. Sur le sol, les fougères avaient tissé leurs fines dentelles en un bleu pâle.
Le silence régnait dans le bois mystique, recueillement de l'automne que trouble seul de loin en loin le vol indécis de la feuille morte, un souffle expirant de la brise, un cri d'oiseau qu'on ne peut voir. Cependant nous revenons vers la chaumière de la Doronis. Elle est rentrée, Mme L..., lui explique le but de ma visite: un enfant malade pour lequel je désire connaître la fontaine sainte à laquelle je dois le conduire.
Elle ravive le feu, dans lequel elle place quelques morceaux de charbon de bois de fusain ou de peuplier cueillis selon certains rites et avant l'aube la nuit de la Saint-Jean, et remplit d'eau un vase ré servé à ce genre de consultation. Et tandis que les charbons s'allument elle se met en prière devant le foyer. Elle invoque les saints.
Puis, un à un, elle prend avec ses doigts les morceaux incandescents et les projette vivement dans l'eau qui siffle et bouillonne, en leur donnant à chacun, au fur et à mesure, le nom du saint qui préside à une fontaine sacrée. Le vase est placé sur ses genoux, un léger mouvement qu'elle lui imprime agite l'eau. La
CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 221 Doronis murmure toujours des prières, et tandis que certains de ces charbons tombent au fond du vase, deux d'entre eux restent à la surface. Ceux-là vont indiquer les deux pèlerinages différents auxquels il faudra se rendre pour immerger l'enfant, si c'est une fontaine à immersion, ou le laver si elle est destinée aux ablutions. Telle est la consultation de la braise. La vieille mère de la sorcière vit avec elle.
Les deux femmes, fort pauvres, trouvent cependant le moyen de faire le bien ; elles adoptent des enfants trouvés et les élèvent. Elles ont ainsi chez elles une pauvre innocente qui rit tristement à chaque question que nous lui fai sons et cache aussitôt son visage sous son bras avec un mouvement de timidité instinctive et gauche. Elle est douée d'une voix très pure, dit-on, mais malgré nos instances, nous ne pouvons la décider à chanter.
Elle se fait entendre surtout par les soirs de lune, dans le bois aux lueurs de vitrail, où elle aime à errer. En quel langage chante-t-elle. On l'ignore, mais on s'accorde à lui prêter un merveilleux talent. Nous avions quitté les sorcières et nous descendions vers Favars lorsque, au loin, en une voix de rêve, monta la plus pure des mélodies.
C'était la voix de l'innocente (i). » Reprenons la suite des observations étudiées par les docteurs Cabanès et Barraud et pour terminer nousciterons quelques cas très curieuxde transfert ou trans- (i) Gaston Vuiller, le Tour du monde, 1899.
222 L'INITIATION plantation des maladies. Las d'essayer tous les topi ques en usage contre les verrues dont il avait les mains couvertes, le sieur X... tenta le traitement in faillible. Scrupuleusement, il mit un nombre de pois égal à celui de ses petites tumeurs avec de l'eau, dans un pot de pommade, au fond de sa cave. Bientôt les verrues commencèrent à se dessécher; quelquesunes disparurent ; puis tout à coup, la guérison s'ar rêta.
Surpris le sieur X..., alla voir dans le coin obscur : il trouva le petit pot complètement à sec, l'eau s'étant évaporée ; le malade remplaça le liquide et bientôt la guérison fut complète. Le docteur Poskin cite l'observation suivante : Un enfant de treize ans avait les mains couvertes de verrues.
Le docteur Gilbert, de Paris, l'en guérit, — ce qui, en soit n'a rien de remarquable; c'est la méthode de traitement qui fait l'intérêt de l'aflaire. — Chez l'enfant dont il s'agit, cette désagréable af fection était portée au plus haut degré.
Si nombreuses étaient les verrues que, le pli du poignet au pourtour des ongles, le dessus des mains, seul intéressé, n'of frait plus trace de peau saine, que la flexion des doigts étaient devenue impossible, que le sujet ne pouvait plus écrire, qu'il ne pouvait même plus se servir de ses mains pour manger, et qu'enfin on dut le renvoyer de l'école, comme ayant, pour le mo ment, besoin de médecins plus que d'enseignement.
Au dispensaire où on le conduisit alors, le docteur Gilbert voulut, en même temps qu'il le guérissait, donner à cette cure le caractère d'une démonstration.
CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 223 Il réunit, pour les en rendre juges, plusieurs méde cins et un philosophe, Pierre Janet, auteur de la théo rie de l'inconscient, que le docteur avait particuliè rement pour but d'édifier. A tous il demande d'être aussi sérieux, aussi solennels qu'il va l'être lui-même, et par conséquent de ne point rire. Le malade est introduit et le cercle se forme au tour du médecin et de son sujet.
Le docteur Gilbert le prend par les deux mains, qu'il regarde avec atten tion, comme pour les bien étudier. Puis, fixant les yeux de l'enfant : « Veux-tu être guéri ? » lui demanda-t-il à haute et forte voix.
Et comme celui-ci répond mollement, la question lui est plusieurs fois répétée avec autorité, avec une sorte de violence même, jusqu'à ce qu'enfin il mette un accent de con viction à la réponse attendue : « Oui, Monsieur, je veux être guéri. » — « Alors, prends garde, reprit le docteur je vais te laver avec l'eau bleue... mais, si dans huit jours tu n'es pas guéri, je te laverai avec de l'eau jaune...
Cé cile, apportez-moi l'eau bleue. » Cécile, l'infirmière, apporte l'eau bleue. M. Gilbert en badigeonne les mains du malade, après quoi il les essuie avec soin. Huit jours après, les verrues avaientcomplètement disparu...
Sauf deux ou trois qui, subsistant après la guérison de la multitude des autres, semblaient être restées pour témoigner de l'état antérieur ; mais M. Gilbert garde cette appréciation pour lui, et quant à son petit client, ce ne sont pas des félicitations qu'il lui adresse, sur l'amélioration obtenue, mais des reproches de ce que tomes les verrues n'ont pas
224 l'initiation disparu ; et comme il n'a qu'une parole, il le badi geonne cette fois avec l'eau... jaune dont le contact produit à l'enfant une sensation de forte brûlure... Or qu'était-ce que l'eau bleue ? une eau quelcon que, aqua naturalis, légèrement bleuie avec du bleu; et quand à l'eau jaune, cette eau brûlante, ellle sor tait de la même fabrique.
Quelques jours après, la peau des mains était par tout à l'état normal et l'enfant était rendu à sa vie ordinaire. La Transplantation. — La transplantation s'opé rait, d'après Fludd, par l'effusion de la mommie ou mummie, c'est-à-dire « des esprits qui résident dans le sang ». et qu'on peut faire passer dans un animal, dans un arbre ou dans une plante.
Il prouvait l'exis tence de cette « mummie » par l'expérience de plu sieurs chiens qui, ayant perdu leur maître, dans une grande foire, le suivaient partout où il avait passé, bien qu'ilfut à cheval, et enfin le trouvaient, grâce à cette mummie spécifique, qui transpirait sans cesse du corps du maître etlaissait des traces de sa personne dans l'air, longtemps même après qu'il n'y était plus.
Admettant cette hypothèse comme fondée, il ne s'agissait plus que de trouver une matière à laquelle la « mummie » de la partie malade se pût fixer aisé ment, afin que cette matière lui servit comme de véhicule, pour le transporter dans un animal ou un végétal ; ou pour « la faire adopter», selon le langage de Paracelse, aux animaux ou aux végétaux. En conséquence, on appliquait, sur la région ma
CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 225 lade, une graine ou une plante spéciale : sur la région du cœur, de la graine de lin ou de genièvre ; sur le ventre du malade atteint d'hydropisie, de la pimprenelle ou de l'absinthe ; sur les tumeurs ou les plaies, de la persicaire ou de la consoude, etc. On semait la graine ou la plante choisie dans un peu de terre pré parée et d'autres terres d'une nature particulière.
On laissait croître ces plantes, jusqu'à ce qu'elles aient attiré à elle les « mommies ». Après quoi, on les brûlait avec de la terre, si la maladie était « hu mide»; ou bien, on les mettait à sécher, si la maladie n'était ni trop sèche, ni trop humide. A mesure que la plante mourait et se desséchait, le malade recou vrait la santé.
Si le malade avait de la chaleur, comme chez les pulmoniques, on jetait la plante et la terre dans une eau courante. Enfin, si l'on faisait manger la plante imprégnée des corpuscules morbifiques à quelque animal plus robuste que la malade, la bête prenait le mal et le sujet en était délivré.
Il n'était pas nécessaire que le médecin vît le ma lade ; la mommie se tirait, en effet, non seulement de la transpiration, mais encore de la sueur, du sang, de la peau, des cheveux, de l'urine. Ainsi, un « homme de qualité », qui exerçait ses talents en Angleterre, guérissait de la jaunisse un malade fort éloigné, pourvu qu'il eut de son urine.
Il procédait de la sorte : il mêlait cette urine avec des cendres de bois de frêne et il en formait 3 ou 7 ou 9 petites boules. Ayant fait au haut de chaque 15
22Ô L'INITIATION boule un trou, il y mettait une feuille de safran et le remplissait de la même urine. Ensuite il rangeait les boules à l'écart dans un lieu où personne ne pou vait aller, et dès lors le mal commençait à disparaître. Robert Fludd assure sérieusement qu'une centaine de personnes et plus, de toutes conditions, furent gué ries par le gentilhomme anglais.
Pour transférer le mal de dents à un arbre, on dé tache un morceau d'écorce du saule, puis de la partie de l'arbre mise à nu, on enlève un petit morceau qu'on enfonce dans la gencive malade. On remet le fragment de bois teint de sang à la place où il avait été enlevé et on recouvre de l'écorce, l'arbre aura pris le mal de dents.
Pour guérir un goutteux, ayez des ongles des pieds et des poils de ses jambes et les mettez en un trou d'un tronc de chêne que l'on perce jusqu'à la moelle; boucher le trou avec une cheville faite en même bois et couvrir le dessus avec du fumier de vache. Si la maladie ne revient dans l'espace de trois mois, le chêne a attiré à lui tout le mal ; s'il ne cesse, recom mencez.
M. Hasden, membre de l'académie de sciences et professeur à l'Université de Bucharest, écrivait à M. de Rochas à la date du 5 février 1900 : Je dois vous communiquer un fait très important et bien contrôlé: je pouvais vous le communiquer depuis trois ans, mais j'attendais toujours pour cons tater le succès complet. Ma femme souffrait terriblement de la goutte depuis 1890. Jusqu'en 1894 les médecins se conten
CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 227 taient de répéter « la goutte », en ajoutant senten cieusement « l'âge », mais pas de remèdes. C'est précisément alors que vous m'avez envoyé votre livre sur « l'extériorisation de la sensibilité ».
Or j'ai trouvé, p. 143, le cas cité par Fludd : « Pren dre des ongles des pieds et du poil des jambes des goutteux et les mettre au trou qu'on perce dans le tronc d'un chêne jusqu'à la moelle ; et ayant bouché ce trou avec une cheville faite du même bois, couvrir le dessus avec du fumier de vache. » J'ai conduit ma femme dans une maison de cam pagne de Campina, où il y a des chênes et j'ai exac tement suivi la recette de Fludd...
Une semaine après, ma femme ne sentait plus de douleurs. Au bout de trois mois, elle était complètement guérie, et même ses doigts déformés avaient com mencé à reprendre la forme normale. Cela a duré jusqu'au printemps de 1899, où elle a ressenti de nouveau quelques accès de goutte. Nous avons alors troué un nouveau chêne, nous avons opéré de même et dès le lendemain ma femme se portait admirable ment bien.
J'ai eu l'occasion de lire ces jours-ci cette observa tion à M. Van der Naillen, directeur de l'Ecole poly technique de San-Francisco,qui en a été d'autant plus frappé, qu'il avait été lui-même témoin d'un fait ana logue il y a quelques années.
Il traçait un chemin de fer en Californie et un de ses ouvriers, en abattant un arbre, se fit à la jambe, avec sa hache, une profonde entaille qu'on s'em pressa de bander fortement pour arrêter l'hémorragie.
228 l'initiation Un des assistants conseilla de prendre le premier linge imbibé de sang et de le porter immédiatement à un médecin des environs, qu'on nommait le méde cin par sympathie et qui opérait à distance des cures merveilleuses. On lit comme il l'avait dit. Le méde cin, après avoir reçu le linge sanglant, prit une grosse tarière, fit un trou dans un chêne vigoureux, plaça au fond ce linge, puis le reboucha au moyen d'une cheville enfoncée à grands coups de maillet. On cons tata, non sans étonnement, que la cicatrisation de la plaie marcha, à partir de ce moment-là, avec une ra pidité tout à fait anormale. C. B.
OCCULTISME ET SPIRITISME En tête des prolégomènes du Livre des esprits d'Allan Kardec (voir p. 41, XLI, de la 41e édition) se trouve le symbole ci-dessous « qui, suivant le dire de l'auteur, fut dessiné par les esprits eux-mêmes comme étant l'emblème du travail du Créateur. Tousles principes matériels qui peuvent le mieux représenter le corps et l'esprit s'y trouvent réunis: le corps, c'est le cep ; l'esprit, c'est laliqueur ; l'âme ou l'esprit uni à la matière, c'est le grain. L'homme quintessenqie l'esprit par le travail et tu sais que ce n'est que par le travail du corps que l'es prit acquiert des connaissances ». Sans nous attarder à discuter la justesse des com paraisons ci-dessus et à savoir si c'est bien seulement par le travail du corps que l'esprit acquiert des con naissances, nous allons, en nous servant des clés
23o l'initiation occultes (Voir Traité élémentaire sciences occultes, Papus) et pour la première fois peut-être, donner l'explication détaillée du symbole spirite sur lequel Eliphas Levi (voir Clé des mystères, p. -242), s'exprime ainsi : « Nous venons de lire un livre publié sous l'influence du vertige astral et magnétique et nous avons été frappé des tendances anarchiques dont il est rempli sous une grande apparence de bienveil lance et de reiigion.
En tête de cet ouvrage on voit le signe, ou, comme disent les magistes, la signature des doctrines qu'il enseigne. Au lieu de la croix symbole d'harmonie, d'alliance et de régularité, on y voit le cep de vigne avec ses jets contournés en vrilles, images d'hallucination et d'ivresse. » Après un témoignage aussi autorisé, nous allons aborder l'explication du symbole ci-dessus.
Nous avons assez souvent remarqué que les signes obtenus dans les séances spirites, symbolisaient les forces fatales et brutales, ainsi que la négation du beau, du bien, du vrai, de l'esprit, de Dieu même ; l'explication de ce symbole ne fera que prouver une fois de plus, la justesse de cette remarque.
Nous nous demanderons d'abord pourquoi les esprits au lieu de dessiner le cep de vigne annoncé, nous ont donné une branche de vigne ; ce détail qui, à première vue paraît puéril a pour nous une grande importance, car de lui découle la mauvaise significa tion du symbole et son attribution au plan astral et au plan physique, le nôtre. La vigne, comme signification générale symbolise la passivité la plus absolue, car la branche de vigne
OCCULTISME ET SPIRITISME 23 I à sa sortie de terre est réduite à ramper, si aucun soutien ne se trouve à sa portée pour qu'elle puisse s'y accrocher ; elle correspond dans cet ordre d'idées au serpent, maintes fois répété dans les signes ciaprès et qui symbolise « la raison » par opposition à l'amour, si nous remontons à la tradition nous trouvons donc encore là le serpent tentateur.
L'assujettissement subi par nos premiers parents nous montre à quels dangers s'exposent ceux qui abusent des séances et se livrent corps et âme aux esprits. Nous croyons inutile d'insister sur les effets funestes de l'esprit extrait du raisin, tous nous les connais sons assez par les nombreux exemples que nous avons pu avoir sous les yeux.
La vigne est donc bien le symbole de la passivité absolue et de l'assujettissement le plus complet qui mène à la folie et à la mort. Les bacchantes, ces folles furieuses qui déchirèrent Orphée, s'ornaient1 de pampres de vigne; les sym boles, dans le cours des temps, restent donc toujours immuables dans leur signification. Passons maintenant à l'explication détaillée du symbole.
Nombre des éléments du dessin : 7, dont 4 en haut et 3 en bas séparés par une ligne médiane, la tige, ce qui donne ^. Sept est le nombre de l'initiation mais ici, il est renversé, spirituellement c'est donc la chute. La ligne médiane nous indique qu'il s'agit de deux
232 l'initiation plans, le plan astral et le pian physique et de leur antagonisme, et comme les esprits nous disent par Allan Kardec que c'est l'emblème du Créateur, cela revient à dire que Dieu créa l'antagonisme, ce qui est un blasphème.
Le nombre 4, le carré Q représente la forme, la matière par opposition à 3, le triangle qui représente l'idée, l'esprit; le carré placé au-dessus du triangle signifie que la forme est plus que l'idée, la matière au-dessus de l'esprit, au-dessus de Dieu, qui est l'es prit pur, c'est donc la négation de Dieu.
Nombre de feuilles: 3 qui donnent Vi nombre de vrilles : 3 également, c'est-à-dire V et des éléments, il ne reste plus que l'esprit, c'est-à-dire l'âme selon les spirites, élément unique placé entre deux triangles renversés, ceci ne nous prouve-t-il pas que les forces mauvaises de l'au-delà en assujettissant notre corps et notre médiateur plastique sous leurs efforts combi nés veulent barrera l'esprit le chemin du Ciel et l'en fermer irrévocablement dans la matière.
D'ailleurs la situation de l'esprit : le raisin, placé au milieu de deux autres éléments la feuille et la vrille ne symbolise-il pas cet assujettissement et ne confirme-t-il pas ce que nous avons dit plus haut ? Toute action appelle une réaction ; le développe ment des principes spirituels et leur ascension rapide vers l'esprit devait amener une réaction des forces mauvaises, cette réaction s'est fait jour sous le nom de spiritisme.
Il appartient à ceux qui ont éventé la ruse de l'adversaire de la signaler à tous, tel est le but de ces quelques lignes. Jean Sipbel.
DE LU THÉUR6IE EN MÉDECINE (Suite) IV L'homéopathie est la médecine par excellence du corps astral ou de toutes les maladies venant de l'as tral, en raison de sa dynamisation en ses molécules, ou autrement dit, de sa matière « astralisée ».
En effet, si d'une fleur vous extrayez le principe actif ou l'alcaloïde par des procédés chimiques, vous n'obtenez pas le même produit que si vous triturez simplement cette fleur avec du sucre ou du sucre de lait; par ce dernier procédé, vous sortez simplement le principe radiant de cette plante ainsi dynamisée ; le sucre même, qui a recueilli l'astral ou l'esprit de la fleur, est devenu du « sucre radiant ».
Notre corps astral étant composé de myriades de cellules toutes intelligentes individuellement ou de petits êtres vivants, réagissant les uns sur les autres pour concourir avec harmonie au même but physio logique, il est facile de comprendre que, si l'estomac reçoit ces molécules de médicament « astralisé ». toutes les cellules se précipiteront autour d'elles, en recevront, pour ainsi dire, les ordres, et iront les por
234 l'initiation ter à toutes les cellules du corps 'physique, qui est exactement le double du corps astral. Donc, plus un médicament sera divisé en molé cules infinitésimales, plus son champ d'action sera grand.
L'homéopathie, dans ce cas, est donc supérieure à l'allopathie, en ce sens qu'elle agit méthodiquement et non brutalement, sans laisser de convalescence plus ou moins longue, résultat d'une médecine viol ente contraire à toute évolution naturelle ; conva lescences quelquefois très pénibles, qu'on peut ap peler maladies du remède.
Même dans certains malaises venant de la terre, soit refroidissement ou fièvres, ou anémie, l'homéo pathie donnera les meilleurs résultats (coryza, fièvres intermittentes). Paracelse, dont je vous ai parlé tout à l'heure, pra tiquait la médecine hermétique, présentant précisé ment les inconvénients de la médecine ordinaire.
Il ne faisait pas ingérer de médicaments à ses ma lades ; il prenait de leur sang et le traitait par les mé dicaments appropriés à la maladie, parce qu'en expérimentant sur ce sang tout frais, qui contenait une partie du corps astral du malade, il agissait di rectement sur le corps astral et non sur le physique. D'autrefois, il se contentait seulement de traiter leurs excrétions.
S'agissait-il d'une plaie en mauvais état ou d'une suppuration quelconque, il prenait tout simplement les linges maculés de sang ou de pus et les trempait tout frais dans une solution qui contenait du sulfate
DE LA THÉURGIE EN MÉDECINE 235 de cuivre trituré, appelé, à cette époque, « poudre de sympathie (i) ». Le malade éprouvait presque aussitôt une fraî cheur agréable à l'endroit du mal, et la douleur ces sait.
La mêmecure se faisait sur une lame d'épée retirée d'une blessure, sans toucher ni voir le malade, et cela, parce que les éléments subtils du sang pénètrent dans la substance de la lame jusqu'au niveau où elle a pénétré dans le corps du blessé (2).
Cette « poudre de sympathie », MmedeSévignë en fait mention elle-même, en 1685, dans une de ses lettres, en parlant d'une plaie qu'elle avait à la jambe: « J'avais encore heureusement, dit-elle, de la «divine sympathie ». Connaissant l'extériorisation de la sensibilité, ainsi que nous l'a si bien démontré le colonel de Rochas, il est facile de comprendre la théorie bien simple de cette thérapeutique.
Puisque c'est une partie du corps astral qui sort avec les excrétions, que ce soit du sang, du pus, des excréments ou de l'urine, en traitant les excrétions fraîches et à peu de distance du malade, on agit im médiatement par le corps astral sur le corps physique, sans aucune suite fâcheuse, sans convalescence ou maladie du remède, comme dans l'allopathie.
Je prendrai comme exemple l'avarie, pour laquelle on fait absorber quantité de mercure, ce qui déter mine bien souvent une néphrite ou une phlébite (1) Colonel de Rochas. (2) Colonel de Rochas, Extériorisation de la sensibilité.
2 36 l'initiation mercurielle, par mauvaise élimination du médica ment. Paracelse, lui, saignait le malade et traitait ce sang par le mercure au lieu de le lui faire absorber. Je tiens aussi à vous mentionner une autre méthode dite de « vieille sorcière », qui est l'isopathie ; elle consiste dans le traitement des organes malades par les mêmes organes animaux. La médication de Brown-Séquard, que vous con naissez tous de nom, est « isopathique ».
Une autre méthode consiste aussi à faire absorber au malade soit par la voie stomacale, soit par la voie hypodermique, l'excrétion de son propre mal (en partie, bien entendu). Et je puis vous citer tout de suite deux cas très intéressants, traités ainsi par le docteur Papus.
Dans le premier cas,il s'agit d'un cancéreux à toute extrémité, n'ayant plus que deux ou trois jours à vivre, tout au plus, au dire des praticiens qui le soi gnaient préalablement. Ce malheureux avait toute la gorge prise, une grande partie de la figure, ainsi qu'un abcès formé tout récemment dans le poumon. Le docteur Papus recueillit de l'excrétion de ce can cer, la tritura avec du sucre de lait et la lui fit absor ber ainsi.
Le malade vécut encore six mois, à la grande stupéfaction des autres praticiens et de son entourage. Une autre fois, ayant affaire à un malade hydro pique (et le cas a été publié tout récemment), ce même praticien prit du liquide hydropique de son malade et le lui fit absorber en injections, par la voie
DE L.\ THEURG1E EN MÉDECINE i3j hypodermique. Le malade guérit et n'eut pas de réci dive. V A côté de ces méthodes si efficaces, il en est une autre plus simple encore et non moins intéressante, c'est celle du magnétisme ou fluide vital, appelé fluide de l'âme, par le baron du Potet ; âme de vie (cos mique) par Baraduc.
C'est un principe actif que nous possédons en nous et qui se manifeste extérieurement, en raison directe de notre volonté, par des effluves que les sensitifs ont très bien définis. C'est l'élément vital qui anime tous les êtres vivants; c'est une force incessante qui jaillit de tout notre être avec d'autant plus d'activité que nos santés astrales et physiques sont bonnes.
Au point de vue physiologique, l'homme fabrique constamment de la « force nerveuse » ; il puise les éléments de cette force un peu partout : dans les ali ments matériels qu'il absorbe, surtout ceux qui con tiennent du phosphore, puis dans l'air vivifiant qu'il respire et enfin dans les effluves astraux magnétiques qui le baignent constamment.
Si nous possédions tous ce sixième principe, ou principe spirituel, appelé aujourd'hui sixième sens, c'est-à-dire s'il était déve loppé dans nos cinq sens, nous verrions tous ces effluves magnétiques. L'homme est plongé lui-même dans ce magnétisme « vivant » de la terre ; je me sers de cette expression ; car, pour le voyant, ce magnétisme terrestre est un océan qui a ses marées, ses vagues énormes et ses terribles remous. Quant à son vacarme, écoutez au
238 , l'initiation fond des conques marines ou de tout objet creux, et vous aurez l'écho affaibli des océans fluidiques invi sibles. Ce magnétisme nous pénètre et nous vivifie sans cesse ; nous le recevons, nous en fixons une part et nous rejetons l'autre.
Nous absorbons cet élément vi tal par le côté gauche du corps et nous le renvoyons par le côté droit, ce qui nous explique, en passant, pourquoi le côté gauche est plutôt passif et le côté droit actif, du moins en général. Il existe dans tout être un potentiel magnétique et dynamique; et les nerveux, à cet égard, sont mieux doués que les sanguins et les lymphatiques. Notre âme, ainsi que notre corps physique, a aussi sa respiration.
Il y a un appareil dont s'est occupé tout particulièrement le docteur Baraduc, c'est le biomètre, qui a pour effet d'enregistrer cette respiration spirituelle, c'est-à-dire les courants d'attraction et de répulsion de cette force vitale. Pour que la santé soit en équilibre, il faut que l'homme garde les deux tiers de la force absorbée.
Eh bien ! c'est dans cet agent même de l'élément vital appelé Od, par Reichenbach, que se manifestent les preuves de la doctrine kabbabiliquesur l'équilibre et sur le mouvement par la double polarité, dont l'une attire, tandis que l'autre repousse; dont l'une produit le chaud, l'autre le froid; dont l'une enfin donne une lumière bleue verdâtre et l'autre une lu mière jaune et rougeàtre (i). (l) REtCHEnbACH.
DE LA THEURGIE EN MÉDECINE 23g La force centripète est l'air que nous respirons, et centrifuge est celle qui constitué les effluves que les voyants ou les sensitifs voient sortir de nos doigts. C'est encore cet agent qui, par ses différents modes d'aimentation, nous attire ou nous éloigne les uns des autres, soumet l'un aux volontés de l'autre, en le faisant entrer dans son cercle d'attraction.
C'est ainsi que, lorsque deux personnes se mettent en contact et se regardent face à face, il se crée entre elles un courant d'effluves humains : si l'une d'elles, par son regard fascinateur ou encore l'effort de sa propre volonté, veut la lui imposer, et que celle-ci soit plus faible que la première, le phénomène qui en résultera sera l'hypnotisme, qu'il ne faut pas con fondre avec le magnétisme.
Que se passe-t-il donc dans l'hypnotisme? — Je pourrais vous dire tout de suite : annihilation com plète de la volonté du sujet endormi ; car l'hypno tiseur, par sa volonté surtout, a déterminé dans son sujet l'inertie, la « paralysie momentanée » des nerfs sensitifs et des nerfs visuels en particulier, au point de vue physique comme au point de vue astral.
Tout autre est le résultat du magnétisme curatif dans lequel les effluves de l'opérateur concourent au dégagement partiel de l'âme ou à la guérison, tout au moins au soulagement moral et physique des malades. . Si des effluves s'extériorisent d'un individu sain sur un autre qui est malade, ils peuvent déterminer la guérison de ce malade en chassant de son astral des fluides viciés. Quelquefois, dès que le malade reçoit les fluides
240 l'initiation bienfaisants, surtout si c'est un sensitif, il s'endort, et son sommeil est réparateur; si on prolonge les passes magnétiques de haut en bas, sur le sujet en dormi, on le met quelquefois dans un état de luci dité appelé « somnambulisme », état produit dans l'accumulation des fluides magnétiques vers le cer veau, vers les plexus ou dans quelques points des trajets nerveux.
Mais, quelle que soit son origine, cet état de som nambulisme est une des phases normales de l'action magnétique, utile à tous les points de vue. C'est dans cet état que, bien souvent, les invisibles se communiquent à l'esprit du somnambulique lucide pour l'aider de leurs lumières.
C'est aussi dans cet état de somnambulisme clairvoyant que des malades ont pu se guérir eux-mêmes dans des cas désespérés, en dictant à leur entourge ce qui leur était néces saire (r).
L'âme tendant toujours, et à l'insu de l'homme, vers les régions inconnues d'où elle tire sa divine ori gine, et, par conséquent, vers son évolution, il ne faut pas s'étonner, comme dit Plutarque, qu'elle puisse tendre à plus ou moins saisir non seulement ce qui n'est plus, mais surtout ce qui doit être. Pendant le sommeil, dit Tertullien, tout nous est révélé louchant l'honneur, le devoir, et même ce qui a rapport aux maladies et aux remèdes.
L'âme, pendant le sommeil, se délivre en partie des liens corporels, pour agir à son gré, avec l'aide des invisibles, qui ont mission de la protéger. (1) Baron du Potet, p. 438.
DE LA THÉURGIE EN MÉDECINE 24! VI Mais revenons au magnétisme proprement dit.
Pour bien comprendre comment il opère, il faut se rappeler que nos deux enveloppes physique et fluidique, si vous préférez notre corps physique et notre corps astral, s'interpénétrent; et cela à un tel point que, si un sujet quelconque, par des pensées conti nuelles sur une maladie, se la figure à un endroit déter miné de son corps, on peut voir la lésion périspritale ou astrale se développer, par répercussion, au même point sur le corps physique (stigmates).
Les profes seurs Charcot et Luys l'ont démontré sur leurs sujets, à la Salpêtrière. Et, inversement, notre corps physi que réagissant sur le corps fluidique, impressionne celui-ci au siège du mal.
Il est donc facile de comprendre que les fluides du magnétiseur, se mêlant à ceux du malade, les vitalisent, et rendent ainsi l'harmonie tant à l'enveloppe corporelle qu'à l'enveloppe fluidique en chassant, sur tout avec l'ardent désir de guérir, toutes les molé cules contaminées par la maladie. Il paralyse tous les agents microbiens, les met en état d'inertie, et se rend maître du champ opératoire.
Ici, le magnétisme est en raison directe de la volonté du magnétiseur. Mais si, à cette volonté d'émaner le fluide vital, vient s'adjoindre chez l'opérateur ce sentiment de pitié que doit inspirer la vue de toute souffrance, et que, dans un élan d'amour pour guérir son sem l6
242 l'initiation I blable, il y joigne la prière, alors ses fluides magné tiques seront pour ainsi dire multipliés, « spiritualisés », et atteindront un résultai beaucoup plus grand. C'est ce que nous appellerons faire de la médecine spirituelle ou de la médecine théurgique.
Chez les médiums guérisseurs surtout, les fluides de l'opérateur sont doublés de ceux des invisibles, qui interviennent chaque fois qu'ils perçoivent l'aura d'une prière ; car tel qu'on a photographié les effluves magnétiques, le docteur Baraduc est par venu, par différents procédés, à photographier les auras de différentes prières, ou des différentes sensa tions de l'âme.
Vous savez que nous avons chacun notre aura tout à fait différente pour chacun de nous. La définition de l'aura est assez délicate; je me con tenterai seulement de vous dire que c'est une sorte de « tissu magnétique » qui enveloppe tout notre être ; que cette aura est essentiellement et constamment modifiable, et, en cela, l'œuvre de chacun.
Il y en a de lourdes et d'autres qui sont de véritables abstrac tions de matière avec des couleurs variant à l'infini. L'œil, hyperesthésié ou anormalement excité par raffinement spirituel, peut seul entrevoir ces teintes subtiles.
Eh bien : la prière aussi a son aura ; toutes les fois que les invisibles, ceux qui sont toujours prêts à nous secourir, aperçoivent cette aura de prière, ils trans mettent immédiatement cet appel à Dieu et assistent l'opérateur dans sa tâche.
DE LA THÉURG1E EN MÉDECINE 243 Aussi que de maladies restées incurables pour la médecine ordinaire, surtout celles d'origine spirituelle comme l'hystérie, l'épilepsie ou l'aliénation mentale, ont été guéries par la théurgie. La prière, yous le savez, attire toujours les esprits dévoués à Dieu, au bien, à tout ce qui est bon. Mais pour prier en ce sens, il faut sentir la souffrance, il faut aimer.
L'amour ou la charité est le plus grand levier, c'est lui qui inspire la véritable prière. C'est l'essence de l'attraction universelle, c'est le sentiment du devoir, l'instinct de l'infini, l'aurore des éternelles espérances. Si nous partons de ce principe, que ces maladies d'origine astrale ou spirituelle sont notre œuvre, et par conséquent une dette à payer, leur guérison sera l'œuvre de Dieu.
Mais, pour prier en ce sens, il ne suffit pas de bal butier des mots ou des phrases ; ce qu'il faut, c'est avoir pitié de celui qui souffre, c'est partager physi quement ses souffrances ; il faut, ne fût-ce qu'un ins tant, se pénétrer entièrement de ses angoisses, de sa douleur, s'oublier complètement devant lui, pour ne penser qu'à le sauver.
Alors, la prière faite ainsi est presque toujours efficace, surtout sî celui qui prie est bon, s'il est humble entre tous, et qu'il ne se souvienne jamais du bien qu'il a pu faire, des pleurs qu'il a séchés, des plaies qu'il a fermées, des maux qu'il a guéris. Il est certain qu'il est impossible d'être pur, sur ce plan physique où nous vivons — que notre âme est comme un diamant qui doit se polir chaque jour au
244 l'initiation contact de ses semblables — mais ce que nous pou vons nous efforcer de faire pour obtenir des miracles de guérison par la théurgie, c'est de faire pour nos semblables tout ce que nous voudrions qui nous fût fait, d'excuser, de pardonner et d'oublier tout mal.
Il arrivera certainement que des cas de maladies d'origine spirituelle ne seront pas guéris, même par la théurgie ; loin de nous en décourager, il faut per sister, parce que la prière est toujours entendue.
Il faut penser, en priant, aux terribles épreuves que l'àme a pu choisir, avant de se réincarner ; épreuves nécessaires pour s'acquitter de dettes antérieures, et qui sont, par conséquent, nécessaires à son avance ment ; Dieu, dans son immense bonté, ne voulant pas retarder l'évolution de cette âme, ne lui ôtera pas ses souffrances, surtout si elle est en mesure de les supporter.
Mais, je le répète, en pareil cas, ne pensez jamais que la prière ne soit pas écoutée ; ce serait une grande erreur, qui pourrait nous porter à l'indifférence vis-àvis de maladies que nous penserions alors incurables, et aussi au découragement à secourir ceux qui souf frent. La persévérance, ici, est un des points capitaux pour obtenir ces sortes de miracles.
Mais la persévérance émane de la foi ; il est utile que la foi existe tant chez le praticien que chez le malade. Ne fût-ce que pour purifier l'atmosphère ou l'am biance de ces larves néfastes que nous créons à chaque instant et inconsciemment, la prière aura toujours une efficacité incontestable dans toute maladie d'ori
DE LA THÉURGIE EN MÉDECINE gine astrale ou spirituelle. Son aura est un parfum puissant pour annihiler et détruire, par milliers, ces larves ou germes de maladies. Elle est au corps astral et au corps spirituel ce que les antiseptiques les plus puissants sont au corps physique. Eh bien ! si vous joignez la théurgie ou la prière au magnétisme, vos fluides sont spiritualisés.
Magnétisez de l'eau, par exemple, sans penser à autre chose qu'à vitaliser cette eau, elle n'aura certai nement pas la même efficacité qu'en la magnétisant avec la prière que vous inspire ce vif amour de guérir, parce que, dans ce cas, vous « spiritualisez » les molé cules de l'eau. Je parle de l'eau magnétisée, parce qu'elle constitue une ressource inépuisable.
Je pourrais vous mentionner bien des cas où je me suis trouvé le témoin de son efficacité. Je dois aussi vous rappeler que l'action curative et vivifiante du souffle est également incontestable, car il porte la vie en lui-même, et d'autant plus qu'il est fait dans les mêmes conditions, c'est-à-dire doublé, spiritualisé par la pitié, par la prière. Il y a deux sortes d'insufflations: la chaude et la froide.
La première est à la fois calmante, tonique et dis solvante ; elle active les courants; tandis que la froide dégage. L'insufflation chaude a surtout un eflet remar quable sur le cœur, sur le sommet de la tête, sur la nuque, sur le creux épigastrique, sur le long de la colonne vertébrale, le foie et les reins, dans les cas de
246 l'initiation syncopes, de crises d'asthme, d'obstruction, d'engor gement, dans les maux d'estomac et aussi sur des arti culations douloureuses. Ces insufflations chaudes se font toujours au tra vers d'une flanelle pliée en quatre.
On fait d'abord une grande inspiration lente, prolongée, ayant bien soin de retenir son haleine, et on applique herméti quement sa bouche sur l'étoffe pliée, au point où l'on veut opérer, en soufflant aussi longtemps que possible. Pour faire des insufflations froides, on se place, au contraire, à 5o ou 60 centimètres du malade, et on dirige sur lui un souffle rapide et violent.
CONCLUSION En résumé, l'homéopathie et le magnétisme de vraient toujours être la médecine du corps astral, et la théurgie, la médecine du corps spirituel. Le magnétisme sera plus généralisé lorsque la science aura répudié ce qu'elle adore aujourd'hui. Alors il régnera sous toutes ses formes en maître divin et adoré, parce qu'il n'opérera que des miracles.
Ce sera la voie du vrai progrès et la juste récompense de tous ceux qui auront travaillé en ce sens. En attendant, que chacun se serve de ses connais sances actuelles pour contribuer le plus possible au soulagement des souffrances qui l'entourent. Qu'il développe en lui celte volonté de faire le bien toujours et partout, en faisant appel au Maître de
DE LA THÉURGIE EN MÉDECINE 247 l'Univers, aux esprits du bien toujours prêts à nous secourir.
Et si, par notre dévouement et nos suppliques, nous n'avons pas la joie d'arracher nos semblables à la souffrance ou à la mort, il nous restera toujours celle d'avoir adouci leurs maux, de les avoir consolés par ce baume adoucissant, à nul autre comparable, qu'on appelle amour , et c'est ce sentiment de véritable pitié que j'ai éprouvé tant de fois au cours de ma carrière en France, comme en Algérie, qui m'a inspiré le sujet de cette conférence.
Dieu veuille que ce sujet, si incomplètement traité, puisse tout de même porter ces fruits dans ce cosmos de lumière et d'amour que devrait êtie le monde. LV Jenny Liehbmann.
RÊVES PROPHÉTIQUES Une erreur de composition ayant attribué l'article paru sous ce titre, dans notre dernier numéro, à M. Georges Pinçon, alors qu'il en est seulement le sujet, nous nous en excusons près des lecteurs qui, sans aucun doute, ont lait d'eux-mêmes la rectilication qui s'imposait et les prions non moins de par donner à l'obligation dans laquelle nous nous trou vons de remettre au mois prochain le deuxième article concernant ce voyant et qui traitera, avons-nous dit, des phénomènes qu'il a, proprio motu, classés sous le nom de « visions ».
Nous nous bornerons donc, pour cette fois, à nar. rer l'étrange songe que l'annonce, en date du 2 1 cou rant, d'une réunion extraordinaire de tous les gouverneurs militaires de Russie à Saint-Pétersbourg lui a remis en mémoire et qui est ainsi résumé dans une lettre du 14 septembre 1906. ... « Le songe semblant présager que la Russie est appelée à se ressaisir à l'appel de ses chefs mili taires.
« Qu'on se figure une vaste orangerie rectangulaire, aux côtés composés d'une suite de grandes portes vi trées à double battant ainsi qu'à plein cintre; à la
RÊVES PROPHÉTIQUES 249 toiture de serre servant de plafond absent — peut-être une allusion à l'effondrement du plafond de la se conde Douma qui devait se produire six mois plus tard, soit le i5 mars 1907— et de la corniche duquel, comme du reste sur les baies s'étendaient de larges bandes de toile d'un vert pâle, formant soit tentures, soit velums.
« Si ces bandes tamisaient la lumière, elles parais saient surtout avoir pour but de dissimuler, en s'harmonisant avec des peintures, l'état délabré de la pièce tant tout y était maculé de taches noirâtres provenant d'un récent incendie que symbolisait du reste une icône éventrée, représentant la Vierge, et dont le trou béant laissait encore échapper une fumée vapo reuse, tandis qu'un portrait fort ressemblant, pour d'égales dimensions, de l'empereur Nicolas et posé de même sur la cimaise de la corniche à la façon de tableaux demeurait indemne ce qui semblerait présa ger, d'après notre interlocuteur, qu'il est dans la des tinée du tzar actuel, non seulement de survivre aux catastrophes amoncelées comme à plaisir sur son règne, mais de voir son autorité rétablie sans con teste.
« En eflet, un groupe imposant de chefs militaires, massés tumultueusement au-dessous de ce portrait, ayant appelé le peuple à la résistance, celui-ci accou rait en hâte, porteur d'armes, pour se ranger spontatanément autour d'eux, répondant à leurs adjurations enflammées par de nombreux cris en ta non moins vociférants. « Et sans doute, afin de bien marquer la fraternité
2 5o l'initiation de sentiments qui les animait, chefs et volontaires étaient vêtus d'un même costume de drap vert à ia mode russe, la seule distinction existant entre les premiers et les seconds, c'est que ceux-ci portaient le bonnet d'astrakan gris alors que les autres étaient coiffés de la casquette d'uniforme ».
Comme nous ne pouvions nous empêcher de mani fester notre étonnement de le voir ainsi tenu au cou rant des événements de l'étranger, pour s'en montrer non moins surpris qjue nous-même, notre aimable au gure nous déclara que ces révélations avaient com mencé dans la nuit où eut lieu l'inqualifiable agres sion de la llotte japonaise ; c'est d'ailleurs ce qui résulte de la première page de la longue lettre du 7 septembre 1905 dont deux extraits ont été précé demment cités, et que, vu la clarté de son texte, nous nous contentons de transcrire.
Paris, ce 7 septembre 1905. Cher Monsieur « Le traité de paix qui constitue, d'après Drumont, « un immense succès pour la Russie » m'incite, sans vouloir ergoter sur ce qu'ont de conditionnel, de l'aveu même des professionnels de cette science, les prophéties, à vous dévoiler pourquoi, dans ma lettre du 17 novembre 1904, après avoir annoncé « une grande bataille navale », je prédisais « le triomphe des armes russes ».
RÊVES PROPHÉTIQUES 25 I « Vous concevez sans peine qu'alors que toutes les apparences étaient contre moi, il me fallait, pour parler de la sorte, une raison dominante que voici : « Le matin du jour où l'on apprenait leguet-apens de l'amiral Togo contre la flotte de Port-Arthur, m'apparut, dans une échancrure lumineuse de forme ovale se détachant sur la masse noire environnante, une statue d'assez grandes dimensions en métal argentifère, de la Vierge portant sur son bras gauche l'enfant Jésus, tous deux couronnés ; d'où je conclus, dans mon ignorance de la science des symboles, du dit triomphe, conclusion à coup sûr pour le moins exagérée; n'empêche que je serais fort aise de connaître ce qu'à ma place vous eussiez va ticiné. » Une dernière question nous brûlait les lèvres : « Pensez-vous, fimes-nous, qu'il existe une relation de cause à effet entre la Vierge triomphante des catholiques et l'icône éventré des orthodoxes ? » Ce à quoi M. Pinçon répondit que, pour s'être posé depuis longtemps déjà la même interrogation, il lais sait aux théologiens des deux camps, le soin de la résoudre... de façon opposée, ajouta-t-il avec une pointe de malice, puisque c'est toujours ainsi que se démontrent les vérités religieuses. (A suivre.)
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservéei Vexposé des idées de la Direction, des Membre* du Comité de Rédaction et d la reproduction des classiques anciens. La reproduction de» KrricICK luedlU publie* par l'/ninafion esl formellement Interdite, à molai d'aatorlsatlon spéciale.
La Morale du Christ l'accomplissement de la loi Le Père est un dans sa volonté ; Il dirige les innom brables armées des créatures vers un but unique, qui est Lui-même, comme II est aussi l'unique point de départ.
Quand les êtres parviennent à supporter un clin d'œil la splendeur de Sa face, sans être aveuglés, Il leur apparaît comme l'éternel Immuable ; mais Ses amis, qui vivent à Ses côtés, perçoivent du même regard Son absolue fixité et Ses rayonnements infinis.
Dieu ne se repent donc jamais, ni n'améliore ses plans qui sont parfaits dès le principe ; les perfection nements qu'il semble apporter à Son œuvre ne sont que des secours adventices envoyés par Sa bonté au libre arbitre défaillant des créatures. De même les variations des morales religieuses ne sont que des adaptations de l'absolu à des relativités temporaires ou des défaillances animiques et intellec tuelles de leurs protagonistes.
La loi d'évolution agit dans tous les plans. A mesure donc que les peuples travaillent, je veux dire qu'ils obéissent aux devoirs que leur indique la portion de la loi du Ciel qui leur
LA MORALE DU CHRIST 253 a été révélée, ils reçoivent une autre partie de cette Loi, dont l'observance leur procure un nouvel avan cement. On a dit que la morale de l'Évangile n'était pas neuve, et qu'on en retrouvait tous les préceptes dans les anciens livres religieux de la Chine, de l'Inde, de l'Iran, de l'Égypte, de la Celtide.
C'est exact; mais profiter de cette similitude pour abaisser le Christ à la stature d'un simple plagiaire dénote de la part de ses ennemis une singulière partialité ou un manque de réflexion regrettable.
Les savants trouveront facilement dans des suttas bouddhiques,des slokas brahmaniques, des sentences taoistes, les mêmes maximes de charité, de pardon et de douceur que celles qui tombèrent des lèvres du Dieu-homme; le charme du lointain pourra leur faire préférer même celles-là à celles-ci.
Mais ont-ils jamais songé, dans leur dilettantisme, que ces maximes ne sont pas de simples formules littéraires ? qu'elles comportent impérieusement une réalisation pratique? Si au travers des continents, les mêmes lois mo rales se retrouvent, c'est qu'elles ont une source commune et que leur observance est une néces sité vitale de l'àme humaine.
Si la même identité s'observe au long des siècles sans nombre, c'est que l'homme est aujourd'hui aussi imparfait, aussi égoïste, aussi vindicatif qu'aux époques primitives. Et si l'Évangile semble au savant une pâle copie des textes orientaux, c'est qu'il n'en a saisi que la lettre et non l'esprit. Car la Nature n'est pas une marâtre : quand nous
254 l'initiation avons besoin de plus de lumières, elle nous les donne; mais aussi, tant que nous ne parvenons pas à mener à bien notre tâche actuelle, il ne nous en sera pas confié de plus difficile. Voilà pourquoi le code moral universel n'a pas reçu de développements : tel q u'il est nous y trouve rons encore, hélas ! du travail pour bien des siècles.
Dans le cas actuel, laissez-moi vous le redire en core, si les chercheurs étaient plus humbles et plus sincères, ils verraient plus vite clair dans la pénom bre du passé, et ils gagneraient sur l'étude théorique un temps précieux pour la mise en œuvre pratique de leurs connaissances.
Ainsi, le Christ n'abolit pas la Loi ; il reprend le travail de ses précurseurs, en restaure les fondements, en consolide les assises, et en édifie un couronnement, qui pour n'être sans doute que la charpente du temple futur universel, n'en fournit pas moins un champ immense à notre bonne volonté. Ne concluez cependant pas de ceci que l'œuvre de Jésus ait été, — ou soit — incomplète.
Le Verbe, rap pelez-vous, agit partout à la fois et en même temps ; son acte, parfait dans l'Absolu est encore parfait dans tous les plans du Relatif où il se répercute, parce qu'il est dans les centres de ces plans, dans ce que les initiés jaunes appelaient il y a cent siècles «c l'in variable milieu »; parce que, en d'autres termes, son rayonnement est toujours en proportion harmonique avec la réceptivité des êtres qui le ressentent. C'est ainsi que le Christ peut dire: « Je suis venu pour ac complir la Loi. »
LA MORALE DU CHRIST 255 MANIFESTATION DE LA LOI La loi dont parle Luc (XVI, 16), est celle de Moïse, adaptation particulière de la Loi du Ciel, sujette à la déformation, à la partialité des interprètes humains, à l'influence corrosive des ennemis de Dieu. Le Père se comporte envers une planète, envers un monde, envers la Nature tout entière comme envers un homme, car toute créature est son enfant.
Il les pour voit d'un certain viatique, vie, intelligence, facultés physiques et morales, que ces créatures mettent en œuvre selon le choix qu'elles font, au moyen de leur libre arbitre, entre leur avantage personnel et celui de la collectivité.
Il les abandonne en quelque sorte à elles-mêmes pendant un certain temps, pour leur fournir le moyen d'acquérir plus de mérite et de dé velopper plus énergiquement les forces de toute na ture dont II leur a confié le germe. ll ne communique avec elles qu'accidentellement, pour ainsi dire, en se manifestant selon les circons tances, par l'intermédiaire de l'une d'entre elles.
Mais lorsque l'un de ces enfants, que ce soit, je le ré pète, un homme ou un univers, s'est tellement enlizé qu'aucun de ses frères aînés ne puisse plus lui porter secours, le Père descend Lui-même guérir l'incurable; et Sa descente, c'est le Messie, c'est le Fils, c'est J.-C. En d'autres termes, avant Jésus, il n'y avait pas de route entre le relatif et l'absolu ; le monde roulait sur
2 56 l'initiation l'abîme du Néant, livré aux seules ressources de ses enfers et de ses paradis ; en venant ici-bas, — pour ne parler que de notre terre — le Verbe a frayé un che min nouveau, par où les hommes peuvent remonter à Sa suite.
C'est ainsi que « chacun peut forcer le royaume », s'il veut suffisamment : mais c'est une terrible entre prise, car tout le travail n'a pas été fait; et les outils qu'il exige, si tout le monde les possède, il y a si long temps que nous n'y avons touché, que la rouille les a gâtés, et que nous n'en connaissons plus l'emploi.
L'ouverture de cette route n'a pas été sans amener des changements considérables dans l'économie de tous les plans qu'elle traverse.
Elle en a modifié de fond en comble l'astrologie, l'ontologie, la morpho logie, les fluides, les interéchanges, les formes : nou vel embarras pour nous, qui avions pris l'habitude d'étayer nos vouloirs sur d'autres forces, pressenties et maniées au moyen des correspondances. t • • PÉRENNITÉ DE LA LOI Le but dans lequel le monde a été créé, nous ne le connaissons pas, et si nous avons la franchise de ju gement nécessaire, nous voyons que les sages pieux qui en ont discouru, n'aperçoivent que des effets laté raux du dessein providentiel, comme notre bonheur futur, par exemple; mais ce dessein lui-même reste dans l'inconnaissable, bien que nous soyons certains qu'il existe.
LA MORALE DU CHRIST L'ensemble des moyens choisis par le Père pour réaliser ce but, c'est la loi, De même que l'ordon nance d'un gouvernant règle telle partie de la vie so ciale, de même la Loi du Ciel n'est pas proprement la vie universelle, mais elle la règle avec tant de jus tice et de bonté que, si la créature ne s'y conforme pas, sa vie s'émiette vers le Néant; et si la créature s'y conforme, elle en reçoit une exaltation surnatu relle.
Les lois humaines ne produisent pas, même si on leur obéit exactement, cette vivification ; cela tient à l'ignorance des législateurs. Mais la loi du Père est parfaite en ce qu'elle exprime exactement les rapports de toutes les créatures entre elles; elle est le schéma de la Nature tout entière, elle est, en pratique, la vie même du monde, à la naissance et à la mort duquel elle préside.
Si donc les créatures s'obstinent dans l'anarchie psychique, elles retardent l'évolution ; elles font du rer le monde plus longtemps : Dieu n'est pas pressé ; Il veut que les hommes apprennent à Lui obéir, et II vainc notre obstination par Sa patience et Sa longa nimité, en nous fournissant, au moyen du tempe, les leçons répétées de l'expérience, les seules qui vien nent à bout des plus mauvaises têtes.
Nous ne pouvons donc échapper à cette obligation; le iota, le trait de lettre {Matth. V, 18), le point (Luc, XVI, 17), sont des expressions qui se réfèrent à ce qui a été écrit matériellement du code original tracé en caractères vivants dans le royaume de l'Es prit; ces fragments, nous ne les comprenons même pas 17
258 l'initiation en entier; loin de là; mais notre devoir immédiat n'est pas dans une pareille étude.
Le Père nous signi fie Sa volonté par la voix de la conscience, par celle de Ses envoyés; ce qui nous en est immédiatement intelligible, c'est cela qu'il faut mettre en pratique : et au furet à mesure qu'un devoir est accompli, d'une façon ou de l'autre, le Ciel nous en enseigne un nou veau, toujours en rapport avec notre force et avec le milieu où nous vivons.
Il arrive donc un état intellectuel où les signes du texte sacré nous deviennent instructifs ; mais cela se fait tout seul, et chercher à pénétrer des mystères au lieu d'accomplir notre devoir de chaque jour, ainsi que s'y efforcent trop d'hommes réputés sages, est une puérilité.
Il faut donc, puisque pas un accent ne sera aboli avant qu'il n'ait été réalisé par toutes les créatures (Luc, XVI, 17), mettre tous ses soins à bien agir, jusque dans les plus petites choses, et ne laisser aucune tâche sans l'avoir parachevée de notre mieux. (A suivre.)
LE VOYAGE DE KOSTI (Suite.) La destinée de l'homme est, par conséquent, de se purifier de tout élément étranger; d'effacer en lui tous les traits des erreurs, pour redevenir idée pure, lettre pure. L'homme fut créé par la Pensée, la Volonté et l'Action, le type de l'Etre primordial est la pensée, la parole, l'écriture. Par la pensée, la volonté et l'action, l'homme a dénaturé son intelligence, sa volonté, son action.
Il doit donc de nouveau penser, vouloir et agir d'après la Loi de l'Unité, qui l'a pensé, l'a prononcé et l'a écrit. Et quand sa pensée, sa volonté, son action, seront de nouveau réunies avec l'Unité, il redeviendra Idée pure. Parole pure, Lettre pure de la Divinité et de la Nature. En cela consiste la vocation et la destinée de l'homme. Dans cette direction, les connaissances, les sciences et les arts doivent nous guider.
L'Ordre bien heureux reviendra, et donnera à notre savoir la régu larité, à notre volonté, le bien, au vrai, l'harmonie, et à nos actions, la proportion du Beau ; ainsi l'esprit et le cœur seront élevésà la hauteur qui est le But su prême de tous les désirs humains. U est vrai que cela ne peut s'accomplir à la fois, la dégradation de l'hu
2Ô0 l'initiation manité étant trop grande, ainsi que celle des erreurs. Mais avant que la semence soit jetée dans la terre, celle-ci doit être sarclée, remuée et labourée. Les sciences et les arts contribuent le plus à ce labour spi rituel; ils ennoblissent nos sentiments, forment nos cœurs, nous rendent sensibles aux impressions du Bien, du Vrai et du Beau, et nous mènent progressi vement à l'amélioration de toute la vie.
Il est assez dit, assez pour celui qui a la force de penser, et la volonté d'aimer le Bien; mais pour celui qui n'a ni esprit ni cœur, et qui ne sent rien, la Nature n'a pas de paroles, l'Esprit pas de persuasion, car tout ce qui mène à l'Ordre est offense pour celui qui veut faire de sa Volonté la Loi, et de son intérêt le But.
La simplicité sied à la Vérité, elle est plus belle quand elle apparaît sous ce vêtement, je l'ai fait voir aujourd'hui dans toute sa nature, sans faste oratoire, car ce n'est pas l'artifice des paroles ni les finesses scien tifiques qui agiront sur le cœur humain pour amener des disciples à la Vérité que j'ai dite aujourd'hui; ellemême doit triompher sur l'esprit et le cœur, et si elle ne peut le faire, ce ne sont pas les faibles paroles d'un mortel qui en seront capables.
Divinité infinie, Toi qui peux voir dans l'intérieur des cœurs, et qui sait combien sincèrement proche, m'est le bien des hommes, qu'un rayon de Ta Lu mière éclaire le sens, que j'ai dû envelopper dans des paroles terrestres, pour que je puisse expliquer la Vé rité à ceux qui m'écoutent, comme elle est, comme elle vient pure de Toi. Laisse-nous concevoir que les arts et les sciences
LE VOYAGE DE KOSTI 26 1 sont Tes dons, qu'ils sont des Moyens pour nous élever vers Toi, et si le travail journalier de notre destinée est accompli, laisse-nous fêter dans les halles de l'éter nité, la solennité que nous avons célébrée aujourd'hui, en souvenir de l'initiation d'un homme digne de Tes mystères sacrés.
Lorsqu'Aban eut fini ce discours, il prit Kosti à part et lui dit : « Il est temps à présent que je te montre la construction de la grande Pyramide. » Il le conduisit avec Gamma par un couloir souterrain, à une grande place sur laquelle était un plan de la grande Pyra mide, et différents ouvriers s'occupaient à sa cons truction.
Une quantité d'outils étaient dispersés parmi les pierres brutes ; peu d'entre eux travaillaient réel lement à les dégrossir. Tout ce que tu vois ici, dit Aban.est de nouveau le symbole extérieur des grandes vérités intérieures. Le dessin de la grande pyramide est le plan de la Sa gesse, par laquelle tout doit être ramené à l'Unité, au Premier Principe des choses. Les outils sont les sym boles des vérités intérieures.
Tu vois ici l'équerre, le fil à plomb, le compas, le marteau, les pierres brutes et les pierres travaillées.
Tout est ici hiéroglyphes d'une seule Vérité : l'équerre signifie que toutes nos actions doivent être dirigées, d'après l'Amour, la Vé rité et la Sagesse; le fil à plomb, ou niveau, nous rap pelle que nous sommes tous égaux aux yeux de Dieu, que nous devons aimer Dieu comme notre Père, et les hommes sans distinction, comme nos frères; que les différences de condition ne doivent jamais détruire l'égalité intérieure, et que nos avantages extérieurs ont
2Ô2 L'INITIATION seulement une valeur quand nous les employons pour le bien des hommes nos frères. Comme Dieu aime tous les hommes, et veille au bien de tous, ainsi l'homme bon, qui veut lui ressem bler, doit considérer chacun, dans l'humanité, comme enfant de Dieu, appelé comme lui à la félicité, sans égards pour les conventions ni les habitudes. Le marteau est le symbole de nos efforts exté rieurs.
Notre intelligence doit chercher, notre volonté, demander, et notre action solliciter; car si l'intelli gence, la volonté et l'action sont réunies, le Profes seur de la Sagesse communique la Lumière à l'intel ligence, la Force à la volonté, la Bénédiction à l'action. Le cordeau est le symbole de la durée de nos ac tions, qui ne subsisteront que si elles sont en ligne droite avec l'Ordre éternel, le Père des lumières.
La mesure nous sert à apprécier l'égalité de notre intelligence, de notre cœur et de nos actions, si elles sont conformes à l'Ordre éternel. Elle nous fait con naître la Loi, le Moyen et le But, qui ne doivent ja mais être intervertis. Harmonie, Mouvement, Ton, ainsi sont les Lois de l'Univers. L'Harmonie est la Loi, le Mouvement, le Moyen, le Ton, le But, d'où. résulte l'unisson des choses.
La pierre brute symbolise l'intelligence remplie d'erreurs, le cœur rempli de passions viles, les actions remplies de mal. Ces pierres doivent être taillées régulières et carrées, d'après l'Ordre éternel, pour construire la pyramide de l'Unité. Intelligence, volonté, actions et faits, façonnent ces
LE VOYAGE DE KOSTI 2Ô3 pierres. Le compas symbolise le jaillissement de tout, du centre de l'éternelle Unité ; il montre que la péri phérie est en proportion de l'énergie du centre, que tout extérieur est variable et que l'intérieur seul est stable et éternel, La pierre cubique sur laquelle on aiguise les outils, est le symbole de notre persévérance et de notre atten tion sur nous-mêmes.
Les outils qui nous servent ne doivent jamais être émoussés ; persévérance et atten tion doivent toujours les aiguisser, pour être actifs d'après FOrdre éternel. Les dessins du plan fondamental sont les sym bole du bon exemple de nos mœurs, des travaux de notre intelligence, de notre cœur et de nos actions, par lesquels d'autres sont détournés des erreurs des passions et des vices, et sont menés sur le chemin de l'Ordre d'après la Loi de l'Unité.
D'après ces mêmes Lois, Kosli, tu dois dresser ton plan de gouvernement, si ta couronne doit être sacrée, ton sceptre puissant, et ton trône inébranlable. Re garde, dans ce coffre doré, se trouve le plan du vrai gouvernement des hommes. Des sages l'ont conçu d'après les Lois éternelles de l'Ordre, et de bons rois l'ont suivi. Aban ouvrit la caisse dorée et trouva le plan sui vant, écrit en lettres d'or sur des tablettes de nacre.
Apprends à connaître Dieu et la Nature; Dieu, comme Principe des Forces ; La Nature, comme Manifestation de Forces. L'Amour étant la Loi principale de toutes choses, on doit savoir :
264 l'initiation i° Ce que c'est que l'amour de Dieu envers la créa ture; 2° L'amour de la créature envers Dieu ; 3° L'amour de la créature envers elle-même, et envers la créature. L'Amour en Dieu est le motif qui pouvait déter miner le premier Principe du Bien à former des créatures en dehors de Lui, d'après les lois immua bles de Son Unité, pour les réunir à Lui dans la félicité.
L'Amour de la créature envers Dieu, est le motif de l'activité personnelle, qui détermine un être raison nable en dehors de Dieu, à s'unir à la source primor diale de son Principe.
L'amour du prochain est le motif de l'activité des êtres raisonnables qui les porte à unir leur amourpropre et leur intérêt à ceux des autres créatures, d'aprèsl'Ordre éternel de l'amour pourtous, en dehors d'eux, pour le même but de bonheur, de contente ment et de plaisir; l'accomplissement de cet amour du prochain est le véritable amour-propre.
Ainsi: i° Amour; 2° Vérité; 3° Sagesse, devien nent lespremières manifestations de Forces de l Unité, la base de toutes les progressions intellectuelles, car l'Amour reçoit son effet par la Vérité seule, et sa réalisation par la Sagesse. C'est pour cela que : Amour, vérité, sagesse, doivent être les premières manifestations de Forces de l'Unité. Il en sort : i° le Bien ; 2° le Vrai ; 3° le Beau. Il en résulte pour l'homme : i° le Bonheur; 2° le Contentement ; 3° le Plaisir.
LE VOYAGE DE KOSTI 26 5 Plus un État se rapproche des Lois éternelles de la Nature, plus il est invincible. On peut facilement amener l 'homme au Bien, si l'on a étudié sa nature.
Il est : i° Un être pensant ; 2° un être voulant; 3° un être sentant. i° Des conceptions guident son intelligence; 2° des sentiments, sa volonté ; 3° des sensations, ses ac tions. i° Son intelligence a besoin de Lumière ; 2° sa volonté, de Vérité ; 3° son sentiment, de Beauté et de Régularité.
Ces nécessités ne doivent pas être supprimées dans l'homme, elles doivent au contraire être dirigées d'après les Lois de l'Ordre, savoir : i° L'intelligence, pour la connaissance de Dieu et de la Nature; 2° le cœur, pour le sentiment de la Vérité ; 3° les actions, pour la vraie conception du Beau. i° Dieu et la Nature, doivent être, par conséquent, l'âme des Lois ; 2° le monarque et les prêtres, les Moyens; 3° le Bonheur intérieur et extérieur, le But.
Cet ordre ne doit et ne peut être interverti, sans que les plus tristes conséquences en résultent ; car de cela dépend : i° L'égalité ; 2° la liberté ; 3° les droits de l'homme. i° L'égalité, qui consiste dans les mêmes droits au Bonheur, d'après les Lois de l'Ordre ; 2° La liberté, qui consiste dans l'indépendance de l'activité personnelle, d'après les- Lois de l'Ordre; 3° Les droits de l'homme, qui consistent dans les
2Ô6 l'initiation mêmes droits pour l'empêchement des actions irrégulières qui peuvent troubler : Notre Bonheur, notre Contentement, notre Plaisir. Si l'Ordre est dérangé, il en résulte : i° l'inégalité, désunion ; 2° la contrainte; 3° l'oppression : a) D'un seul ; b) des familles ; c) du tout. i° Le premier crée le despotisme: 2" le second, l'aristocratie ; 3° le troisième; l'anarchie.
Partout où l'humanité devient le Moyen, l'intérêt du plus puissant, le But, et sa volonté, la Loi, l'Ordre est dérangé. Aucune de ces constitutions ne peut subsister, car elles sont toutes contraires aux Lois de l'Ordre ; la monarchie seule peut durer éternellement, si elle se conforme aux Lois de la Nature, et si elle reste fidèle à sa Loi, à son Moyen, à son But! et ne change, et n'intervertit jamais cet Ordre.
L'homme est un être intérieur et extérieur : son être intérieur forme : i" son intelligence; 2° sa volonté; 3° son action. Son être extérieur accomplit: i° sa pensée; 2° sa volonté; 3° son action. En cela consistent les forces des masses. La pensée guide la volonté, la volonté, l'action. L'Ordre exige, par conséquent, que l'intelligence, la Tolonté et l'action, soient dirigées d'après les Lois de l'Ordre.
Il en résulte : i° la crainte de Dieu ; 2° la morale ; 3° la Vertu. i° La crainte de Dieu, conception juste du premier Principe.
LE VOYAGE DE K.OSTI 267 2° la Morale, concordance de la volonté avec la conception pure de Dieu ; 3° la Vertu, exécution des Lois de l'Ordre. En cela consiste : i° la Religion ; 2° la Moralité; 3° la constitution de l'État. Comme l'homme est un être intérieur et extérieur, de même la Religion, la Morale, ou constitution spirituelle, la constitution de l'État, ou gouverne ment temporel, sont en rapports, intérieurs et exté rieurs.
La Religion se divise : i° en un culte intérieur d'un Principe primordial, la Morale; 2° en théorie et pra tique, le Gouvernement ; 3° le pouvoir législatif et exécutif. Partout l'extérieur et l'intérieur doivent s'accorder avec les Lois de l'Ordre, tout doit y tendre. i° Ramener l'intelligence de la diversité à la sim plicité. 2° Le cœur,-de l'extérieur à l'intérieur; 3° L'action, du matériel au spirituel.
S'il n'en est pas ainsi, il en résulte : i° l'irréligion; 2° la supersti tion; 3° l'incrédulité. Tout doit concourir au même But : i° l'instruc tion ; 2° la science ; 3° l'art. i° L'instruction doit avoir pour Loi, la Moralité, pour but, le Bien. 2° La science, le Bien pour Loi et le Vrai pour But; 3° L'art, le Vrai pour Loi et le Beau pour But. Ainsi se forment : l'intelligence, le cœur, et l'action ; et l'homme est conduit par l'instruction aux idées
2Ô8 l'initiation pures, par la science, aux sentiments nobles, par l'art, aux sensations élevées. Si l'on règne d'après les Lois de l'Unité, le gouver nement aura toujours le pouvoir dans les mains, car la Force est là où se trouve l'Unité, et rien ne prédo mine où elle est. Au lieu de la vanité et des idées personnelles, régnera la Sagesse ; Au lieu des préjugés et des erreurs, la Vérité ; Au lieu du crime et des vices, la Morale et la Vertu .
La différence entre les hommes consistera seule ment dans la Vertu, dans le Génie, et dans les Actions. L'homme i° pensera d'après l'Ordre; 2° voudra d'après l'Ordre; 3° agira d'après l'Ordre.
Pouvoir, Force et Beauté seront la propriété d'un tel gouvernement, car Dieu sera la Loi, la Nature, le Moyen, l'Humanité, le But; les sujets seront : de l'in telligence, de la Volonté, et de l'Action. i° Les mêmes égards seront la Loi de l'intelligence de tous; 2° le même amour, le Moyen de guider le cœur de tous; 3° le même intérêt, le But des actions de tous.
On sera bienveillant et juste envers tous les hommes, comme l'est notre Père au ciel; on recon naîtra que les mêmes organes, les mêmes sentiments, les mêmes nécessités, nous lient les uns aux autres. Même amour, même appréciation, même intérêt, détermineront les actions dans le Royaume de l'Unité.
LE VOYAGE DE KOSTI 269 A présent, dit Aban à Kosti, à présent il est temps d'accomplir ta plus grande destination. Tu es initié aux grands Mystères de la Nature ; on t'a enseigné les Secrets de la Science sacrée, on t'a appris l'art royal de gouverner les hommes. Retourne et prends possession de l'héritage qui te revient de droit, du royaume que ton père t'a légué, et gouverne ton peuple d'après les Lois de l'Ordre éternel.
Va, muni des armes de l'Immortalité, et vaincs les ennemis qui ont pris possession du pays. Chasse-les de leurs demeures, reconstruis le sanc tuaire qu'ils ont profané, règne d'après les Lois éternelles de Dieu et de la Nature, guide tout ce qui t'est cher vers le grand But de la félicité. Kosti retourna dans sa patrie, et ses ennemis s'en fuirent devant lui, comme les oiseaux de nuit devant le soleil, car la protection de la Divinité le suivit.
Son visage répandait la terreur parmi les vicieux, et les criminels étaient sans forces à l'aspect de son armure. Tous les méchants l'évitaient, car ils ne pouvaient supporter le regard de la vertu. C'est avec des larmes dans les yeux que le vieux Dahman l'accueillit, remerciant le Ciel de la grande joie que Kosti donnait à ses derniers jours.
Gamma administra comme prêtre l'intérieur de l'État et l'or ganisa d'après les Principes de l'Ordre intérieur. Kosti, comme roi, gouverna l'extérieur, et l'unit si bien à l'intérieur que Gamma fut un prêtre-roi et Kosti un roi-prêtre. Leur intelligence, leur volonté et leur action furent Une, et formèrent avec la Raison pure, la volonté et l'activité personnelle du Prin
270 l'initiation cipe primordial de toutes les Forces, une seule Unité . Leur bonheur, leur contentement, leur plaisir, furent ceux de tous. Les opinions, les préjugés et les erreurs furent bannis de la contrée ; la concorde et l'amour pro tégèrent le bonheur de tous, et l'on nomma le gou vernement de Kosti le gouvernement de l'Amour, dans le pays de la Vérité.
UN SECRET PAR MOIS Prédiction des événements généraux par le premier tonnerre entendu à certains moments astrologiques. S'il tonne, la lune étant dans le Bélier, il y aura des peurs, puis ensuite un état tranquille. S'il tonne, la lune étant dans le Taureau, corruption de ferments d'orges et invasion de sauterelles. Dans les Gémeaux: troubles, maladies, perte d'arbres. Dans le Cancer : corruption d'orge, sécheresse, mort de bœufs, pluie en mars et en avril. Dans le Lion : perte de l'orge. Dans la Vierge : mort d'un roi, péril pour les naviga teurs. Dans la Balance : guerres ; dans le Scorpion, famine; dans le Sagittaire, a-bondance de froment, révolte, émeute ; dans le Capricorne, 50 jours de pluie, avène ment d'un roi étranger; dans le Vers eaux : guerres maritimes ; dans les poissons : mort d'un homme puis sant. ZOMMSTRK.
272 l'initiation Comité International d'Action Spiritualiste Un Médium lance un défi de 10,000 dollars Il prétend qu'il se livrera à quatre expériences probantes en plein jour. Nous recevons la lettre suivante : Monsieur le Directeur, Un ami, confrère en sciences, me fait parvenir un numéro de YEclair où il est question d'une preuve subie par un prestidigitateur qui prouverait sa puissance médiumnique. A ce déû lancé par M. G.
Lebon et le prince Roland Bonaparte, je répondrai ceci : Les prestidigitateurs sont-ils aptes à discuter sciences psychiques, théosophiques, spiritualistes ? La question de s'adresser à des hommes très adroits, mais, en somme, simples faiseurs de tours d'adresse, n'implique-t-elle pas qu« certains savants considèrent les sciences de l'au-delà comme une jonglerie?
Pourquoi ces savants ne s'adressenl-ils pas à la généBeaudelot Blanchard Bosc Chacornac Chaigneau Camille Commandaut Darget Dace Gabriel Delannes Léon Denis Durville Mme d'Orino Dubourg Mme Camille Flàmmarion Albert Jounet Leymarie Commandant Mantin Papus Phaneg Synésius Téder Veux
UN MÉDIUM LANCE UN DEFI DE 10,000 DOLLARS 2jZ ralité des individus qui, sans être prestidigitateurs, peu vent être médiums et prestidigitateurs sans le savoir.
Sans le savoir et voici pourquoi : un médium peut, animé par l'esprit si vous voulez, imiter le tour d'adresse exécuté par un escamoteur ; il peut également, toujours animé par la même inconscience d'un art quel qu'il soit, écrire des vers, peindre ou jouer d'un instrument quel conque, alors que ce médium est complètement ignorant de musique dans l'état ordinaire. Ce médium existe-il ? Il existe.
Je porte un défi de 10.000 dollars aux savants incrédules et aux prestidigita teurs savants que les phénomènes annoncés plus haut seront accomplis par mon médium, à l'heure qu'il leur conviendra. Si le défi est accepté, je m'embarque et dépose, à mon arrivée, ladite somme dans une banque française.
Je m'oflre à démontrer devant un corps de savants, non en l'ombre, mais en pleine lumière, et après une visite minutieuse, qu'il existe des phénomènes d'attrac tion ou d'attirance produits par une force invisible : i° Une table sera apportée par un des expérimenta teurs ; sur cette table sera placée une baguette de cou drier ou de noisetier, qui viendra se placer seule dans les mains du médium ; 2° Un vase en cristal sera placé entre les mains d'un assistant désigné par les examinateurs ; la température de l'eau s'élèvera ou s'abaissera sensiblement sous l'in fluence des mains du médium, placées en pleine lumière, à •"> ou 6 centimètres du verre ; 3° l'ne personne sollicitera l'invocation d'un poète mort, quelle que soit sa nationalité, et le sujet écrira ou récitera un de ses poèmes ou même écrira des vers abso lument conformes aux habitudes et aux idées ordinaires de ce poète : i° Enfin, il sera permis à quelques personnes de re voir, tracés exactement par le médium, les traits d'une personne morte dont ils invoqueront l'esprit, et j'affirme que les traits ainsi tracés seront suffisamment ressem blants pour être reconnus par l'intéressé comme ceux du mort dont il a sollicité l'image connue de lui seul. Je compte, Monsieur le Directeur, que cec' intéressera 18
274 l'initiation suffisamment les provocations du défi. Je suis donc à leurs ordres, et vous prie d'agréer l'hommage de mes respectueuses salutations. Dav. Berpiard, Member of American Psychic fnstiiuie, 128, rue de la Cou ronne, Québec (Canada). Nous insérons- volontiers ce défi : mais nous devons le faire suivre de quelques explications. Notre correspon dant a fait plusieurs contusions.
Il a confondu notre invitation aux prestidigitateurs avec l'invitation de M. Gustave Lebon et du prince Ro land Bonaparte aux médiums. Ceux-ci ont odert -2. U(tO francs aux médiums qui, de vant eux, eu pleine lumière, déplaceraient un objet sans contact. Il ne s'est présenté aucun médium pour produire ce phénomène: ils ont élabli un procès-verbal de carence et consigné que le défi est resté lettre morte.
Bépondaut aux observations de savants qui prétendent que les phénomènes enregistrés, dans des séances de médiumité, l'ont été grâce aux trucs de prestidigitation des médiums qui font illusion, nous avons invité les prestidigitateurs à imiter les phénomènes des médiums. S'ils n'y pouvaient parvenir, ce serait la preuve que ces phénomènes sont indépendants de toute jonglerie.
Nous avons offert 500 francs ; M. Durville, directeur d'un journal de magnétisme. SOÛ francs ; M. Cramer, directeur du Moniteur de la Phettoqraphie, 400 francs. Les prestidigitateurs, qui sont une réunion d'hommes fort distingués, ont estimé que ce défi était très hono rable et ne l'ont point négligé.
Ils nous ont réponds eu substance qu'ils ne croyaient pas impossible d'imiter les phénomènes de médiumité, que, toutefois, ils ne. feraient cette imitation que lorsque ces phénomènes auraient été produits devant eux. Donc, le défi de M. D. Bernard ne vise que les sar vants. Nous ne sommes pas chargés de répondre pour les sa
MANIFESTE DE LA SOCIÉTÉ MAGNÉTIQUE DE FRANCE 2jS vanta: c'est à eux de voir s'il leur semble intéressant d'accepter l'examen et le contrôle des trois, expériences que propose M. D. Bernard d'accomplir en pleine lu.- mière, sous peine, s'il n'y parvient point, de verser la somme de 10.000 dollars.
Quant aux prestidigitateurs, ils ne sont pas mis au défi, notre correspondant estimant — en quoi il a tort — que de demander aux prestidigitateurs de refaire les phénomènes médiumiques, c'est ramener à des tours d'adresse les problèmes de cet ordre : c'est, au contraire, si les prestidigitateurs ne parviennent pas à les imiter, démontrer que médiumité et prestidigitation sont deux choses bien distinctes.
Cette preuve faite, on cessera peut-être de dire aux observateurs des manifestations psychiques : «Vous avez été dupes de très habiles faiseurs de tours », puisque les plus réputés des habiles faiseurs de tours n'auront pu: répéter les manifestations psychiques. Quoi qu'il en soit, nous faisons connaître la proposi tion de M. D. Bernard, et son offre de 10.000 dollars à ses contradicteurs éventuels.
Nous ajouterons que M. Albert David, président de l'Institut magnétique de Nantes, son correspondant en France, est venu nous dire qu'il se portait caution de cette promesse ; qu'il a vu ces expériences, quTl connaît; le sujet : c'est une dame Lydia Bernard. ll est persuadé de la sincérité, de la netteté, de la franchise des expé riences de ce médium. Nous enregistrons volontiers son attestation.
Toutefois, j'avoue que ce programme est un peu copieux et un peu disparate pour un seul sujet, et que son exécution, entière cl à heure fixe, n'est point sans singulièrement étonner, même les plus crédules. O. M. MANIFESTE DE LA SOCIÉTÉ MAGNÉ TIQUE DE FRANCE Adressé à la Presse et à ceux qui étudient la Fouce psychique. Qu'est-ce que la Force psychique? quelle est sa nature et quels sont ses modes de manifestation ? — Est-elle,
276 l'initiation comme le pensait A. de Gasparin, un Fluide qui est en nous, la Force eclénique de Tnury, le Fluide Magnétique des magnétiseurs, le Fluide ou le Pérespril des spirites ? Sommes-nous animés par un principe différent du corps matériel; autrement dit, avons-nous une Ame? — Si nous en avons une, peut-elle être séparée du corps pen dant la vie, etconserve-t-elle l'intégrité de sa conscience après la mort ?
Est-elle capable d'exercer certaines actions sur l'organisme vivant? Peut-elle exercer une action physique ou chimique sur la matière? Autant de questions qui semblent insolubles dans l'état actuel des connaissances humaines. — Pourtant il y a partout des commencements de preuves qui parais sent les résoudre affirmativement.
La question de la Force psychique est à l'ordre du jour, même parmi les savants qui l'ont si longtemps dé daignée; tout indique qu'elle ne tardera pas à recevoir une solution satisfaisante. Une sorte d'Enquête est faite en ce moment dans les journaux et des Prix sont offerts de tous côtés. Ainsi, le Malin offre 2.000 francs au médium qui pourra déplacer un objet sans contact (1).
Jounet offre 500 francs (1) Ce prix est retiré, à celui qui prouvera que les mouvements de l'aiguille du sthénomètre de Joire, obtenus sans contact, ne sont explicables que par la fraude ou par l'hallucination des assistants (Malin, 8 mai). Par contre, C. Flammarion promet 500 francs à qui prouvera que les photographies spirites qu'il a reproduites dans les Forces Naturelles inconnues sont dues à un truc quelconque (Matin, 10 mai).
D'autre part, Montorgueil, H. Durville, et Ch. Gravier s'engagent à donner 1.100 francs au prestidigitateur qui reproduira, au moyen des trucs de son art, les phéno mènes dit psychiques attribués aux médiums [Eclair, 29-30 avril, 3 mai). Vauchez a recueilli plus de 10.000 francs pour récom penser l auteur de l'appareil qui permettrait de « photo graphier les Êtres et les Radiations de l'Espace ».
Ces efforts sont dignes d'intérêt; mais, seraient-ils tous couronnés de succès qu'ils ne donneraient pas la solution complète du problème. En effet, lors même que l'on pho
MANIFESTE DE LA SOCIÉTÉ MAGNÉTIQUE DE FRANCE 277 tographierait facilement les entités de l'Invisible, les rap ports que ces entités ont eus et peuvent encore avoir avec les vivants, ne seraient pas suffisamment établis.
Il est évident qu'un certain nombre des phénomènes dits spirites sont vrais, certains, indisculables, si on les considère au point de vue phénoménal, ils sont générale ment attribués à la Force psychique; mais, cette force est-elle suffisamment définie? Les spirites affirment qu'elle vient de l'Au-delà, qu'elle émane directement des esprits, des âmes des morls, dont les médiums ne sont que les intermédiaires.
Le plus grand nombre des savants soutiennent au con traire qu'elle n'est due qu'à la personnalité consciente ou inconsciente du médium ou des assistants. Tous les phénomènes vrais ne sont certainement pas dus à la même cause; spirites comme savants peuvent avoir raison, chacun de leur côté.
Pour répondre affirmativement à cette question, de longues séries d'expériences sont nécessaires, et il faut modifier les modes actuels d'expérimentation, car ils pa raissent insuffisants.
C'est pour répondre à ce desiderata et pour attirer l'attention des chercheurs sur un domaine encore inex ploré et probablement très fertile en observations inat tendues que la Société Magnétique de France propose comme nouveau champ d'expériences, le Dédoublement du corps humain vivant et la mise en liberté du principe qai semble l'animer.
Ce principe, c'est le double, le corps astral, le fantôme qui, momentanément libéré, emporte toutes les facultés physiques, physiologiques et psy chiques de l'individu dédoublé. Ces facultés pourraient alors s'exercer, avec plus ou moins de facilité, sans le concours du corps. C'est très probablement en lui que réside la Force psychique de l'individu vivant. Les expériences que H.
Durville fait depuis le mois de septembre I907, sous le patronage de la Société, semble le démontrer (voir à ce sujet le Journal du Magnétisme, 4° trimestre I907 et suivants). Maintenant, y a-t-il une Force psychique des entités de l'Au-delà ? — On peut penser que oui et qu'elle est
278 l'initiation simplemcut la force psychique plus on moins modifiée du vivant qui subsiste après la mort du coups. Cette force une fois bien connue cher l'individu virant, on explorerait plus facilement le domaine de l'invisible, et l'on parviendrait à acquérir des connaissances qoi placeraient la psychologie expérimentale sur des bases plus solides et moins discutables.
D'tiHeurB, LA SOCIÉTÉ MAGNÉTIQUE DE FRANCE encourage non seulement les recherches basées sur le Dédoublement du corps humain, mais toutes les méthodes quelles qu'elles soient pouvant faire espérer des résultats meilleurs. Elle prendra ces méthodes sous son patronage et par des subventions, elle s'efforcera d'encourager les auteurs. En dehors des subventions, elle fonde Un prix en es pèces, dont l'importance sera fixée ultérieurement.
Pour arriver à ce résultat, elle ouvre une SOUSCRIPTION PUBLIQUE Pour favoriser les Recherches psychiques et étudier les Forces ol les Lires de l'Invisible. Sur son fonds de roulement, la Société magnétique de France verse 300 francs; le Secrétaire général et ses fils, 300 francs; Mme Lalloz, 20 francs; Mlle Langlois, 13 fr. ; M. Fabius de Champville. 10 francs- M. Bonnet, 10 fr. ; M. et Mme Tisserand, 10 francs; M. Haudricour't.
10 fr. ; M. Robert, 10 francs; Mme Aumasson, 10 francs; Mme Mac Kcnty, 10 francs; Mme Vercelt, 10 francs, M.Demé, I0 francs; M. Hénanlt, 10 fr. : M. et Mme Gros, o francs. Total du 1er juillet IDOS : 1.146 francs. Le Bureau de la < Société magnétique de France > MM. William Crookes, premier président d'honneur, le docteur Encausse, président d'honneur. — Moltin, vice-président d'honneur — Desjaudik de Régla —
MANIFESTE DE LA SOCIÉTÉ MAGNÉTIQUE DE FRANCE 279 MM. Fabius un Champville, président, le docteur Ridet, vice-président. Hénault, vice-président. H. Durville, secrétaire général. Haudricourt, secrétaire. Henri DuwvjujE fils, secrétaire adjoint.
Nota. — Tous ceux qui s'intéressent au développement de la Science psychique sont priés de vouloir bien, dans la mesure de leurs moyens, prendre partà la Souscription, et en adresser le montant au secrétaire général de la Société Magnétique de France, 23, rue Samt-Merri, Paris, IVe, qui en accusera réception par la voie du Journal du Magnétisme.
Ils sont également priés de vouloir bien lui transmettre tous les documents qu'ils pourraient avoir : 1D Sur le Dédoublement du corps humain vivant, et lui signaler les cas qu'ils auraient pu constater, tels que : Apparition de Fantômes, de vivants. Faits de télépathie, Déplacement d'objets.
Coups frappés, Bruits inexpliqués, Visions à distance et Autres phénomènes, qui sont, pen dant la vie physique, des Manifestations extraordinairra et anormales du Fantôme extériorisé. Le fantôme s'extériorise spontanément, beaucoup plus souvent qu'on ne le pense, et on en trouve parfois la preuve sur les plaques photographiques.
Ceux qui possé deraient des photographies présentant un caractè.e anormal et inexpliqué sont également priés de les com muniquer, en indiquant dans quelles conditions elles ont été obtenues.
2° Les Photographies cTexprits quelles qu'elles soient, en indiquant également les conditions dans lesquelles elles ont été obtenues-; les Apparitions de dëfunls, les Messages importants de V Invisible, et tous les Indices nouveaux -qui permettent de supposer la persistance de V Individualité après la mort.
280 l'initiation BIBLIOTHÈQUE IDÉALISTE LYONNAISE (B.I.L.) A Lyon, la Bibliothèque Idéaliste Lyonnaise et le groupement spiritualiste auquel elle sert de foyer conti nuent à se développer lentement et progressivement, sans bruit ni réclame. On parle peu à Lyon, mais on travaille beaucoup. La B. I.
L. vient de transporter son siège social dans un nouveau local, 10, rue Bugeaud, et de publier sou dernier catalogue (28 pages en petit texte) auquel figurent environ 2.000 ouvrages, choisis avec un éclectisme absolu et traitant de toutes les branches de la Philosophie occulte.
Moyennant un abonnement annuel, semestriel ou trimestriel, la bibliothèque consent le prêt de ces ouvrages aux lecteurs, non seulement à Lyon et dans la région lyonnaise, mais dans toute la France et même à l'étranger. Pour avoir le catalogue et les conditions d'abonnement, il suffit d'écrire au gérant de la B. I. L., M. A. Jas, 10, rue Bugeaud, Lyon (timbre pour réponse).
Notre ami Franlac disait avec raison (Initiation, jan vier I900) en faisant l'éloge de la B. I. L., qu'à notre époque d'agitation et de bavardage, le livre est le meilleur des maîtres, enseignant dans le silence et dans la soli tude, initiant le disciple dans la proportion de son labeur etdesa capacité de recevoir. La B. I.
L. a groupéjentement autour d'elle un noyau de travailleurs qui ont chacun leur doctrine préférée, mais qui ont tous la même volonté d'arriver, la même foi à l'idéal et la même tolérance pour les opinions de leurs frères.
C'est un petit cercle très uni, grâce à l'esprit de libéralisme de ses fondateurs, et grâce au dévouement modeste et à l'activité infatigable, quoique silencieuse, de son excellent gérant, M. Jas, qui a su conquérir à Lyon tant de sympathies.
LIVRES NOUVEAUX LIVRES NOUVEAUX Recommandé à nos Lecteurs ! Conférences sur l'Evangile, de la Naissance à la \ie publique de N. S. J.-C, par Sedir. Beaudelot, éditeur, 36, rue du Bac, Paris. Nous avons l'avantage de signaler à nos chers lecteurs un ouvrage extrêmement intéressant à tous les points de vue : Souvenirs d'un spirite, par Léopold Dauvil.
L'auteur, en un style charmant, passe en revue les nombreux phénomènes spirites auxquels il lui a été donné d'assister. Les quatre chapitres: Vieilles notes, — Roman de Deux Ames, — l'Abbé Eornave et Jérusalem — que comprend ce beau volume de 500 pages, sont un récit sincère et très consciencieux empreint d'une belle philosophie de faits absolument surprenants et pourtant très authentiques. Souvenirs spirites.
Leymarie, éditeur, 42, rue SaintJacques, Paris. Au moment où l'existence de la Force psychique est tant discutée dans le Monde savant, nous sommes heu reux d'apprendre à nos lecteurs la réimpression de l'im portant travail du docteur Bonnaymé sur la Force psy chique et les instruments qni servent à la mesurer.
Cette deuxième édition que publie la Librairie du Magnétisme, augmentée considérablement, passe en revue tous les appareils qui furent construits pour constater la réalité d'une force émanant de l'organisme humain et devientpar celad'un intérètconsidérable.
Le bioscopedu docteur Callongues, le magnétomètre de l'abbé Fortin qui devint le biomètre du docteur Baraduc, le galvanomètre de M. de Puyfontaine, les différents appareils enregistreurs de Crookes, le sthénomàtredudocteur Joire, sont tous décrits méthodiquement et reproduits par la photogravure. A ceux qui doutent encore de l'existence d'une force psy
282 l'initiation chique, nous recommandons spécialement cet important travail du prix de l f. 50. H. DimviLLE. — Teoria y Procedimientos del Magnétis me Version de ëduardo E. Garcia, avec 37 portraits et figures dans le texte. Prix: 1 lr., à la Bïblioleca de la Irradiation, à Madrid et à la Librairie du Magné tisme, Paris. Traduction espagnole du petit ouvrage de propagande de notre directeur.
Rappelons-en les avantages: Tous «eux qui ont écrit sur le Magnétisme ont 'établi des théories plus on moins compliquées. Ils ont cherché à faire comprendre que le Magnétisme était inhérent 4 Ja nature des corps organisés, tout le monde pouvait, eu employant les procédés consacrés par l'usage, l'appliquer .avec plus ou moins de succès, à4a guéri son des malades.
Jusqu'à ces dernières années, les effets du Magnétisme létaient expliqués par la théorie de l'émission. ■Ua fluide, le fluide magnétique, émanant de l'organisme, se commu niquait du magnétiseur au magnétisé. Par une série de réactions, il déterminait des modifications organiques, et la conséquence de ces modifications seduaniieestatt par l'amélioration du malade, puis par sa guérisoa.
Aujourd'hui, la théorie de l'émission est abandonnée pour celle de l'ondulation. On pense quïl «'y a pas de fluide; mais tous les corps vibrent, et leur mouvement se transmet par ondulations successives. Le mouvement du plus fort s'impose au plus faible, c'est-à-dire au ma lade, de telle façon qu'une sorte d'équilibre vital tend à se faire de l'un à l'autre, et l'un gagne ce que l'autre perd.
Mai6 les Théories ne suffisent pas, et tous les auteurs sont d'accord pour affirmer que les Procédés employés .ont une importance considérable. Aussi, les uns et les autres recommandent l'emploi des passes, des applica tions, des impositions, des frictions, etc. ; mais aucun d'eux n'explique la manière de procéder. M. Durville a voulu parer à cet inconvénient et faire une méthode simple et facile pour magnétiser. En quelques mots, il fait de l'historique de chaque procédé
LIVRES NOUVEAUX 283 aux différentes époques de l'histoire, expose la technique et montre de la façon la plus compréhensible, le méca nisme de tons les mouvements. Pour combattra l'entorse et les foulures, par le docteur G. Ridet, professeur d'anatomie et de massage mé dical à l'Ecole pratique de magnétisme cl de massage. In-8 de 36 p. 2° édit. Prix : 1 fi\, à la Librairie du Ma gnétisme, 23, rue Saint-Merri, Paris.
Petit ouvrage indispensable aux médecins, aux mas seurs, aux magnétiseurs et même aux gens du monde, car les entorses et les foulures sont des accidents fré quents et parfois très graves qui nécessitent un traite ment manuel spécial. Ce traitement repose exclusive ment sur le massage.
ÏÏ peut être lait par tous les pro fessionnels et même par les gens du monde qui se pénètrent bien des principes et procédés décrits dans ce petit volume très scientifique, mais aussi très simple et très pratique. * Comment on défend sa jeûnasse. Lutte pour nester jeune de corps et d'esprit^ par le docteur Chefkleb. ln-18 de 36 p. 2° édition. Prix: I fr.. à la Ubrairie du Ma gnétisme, 23, rue Saint-Merri, Paris, IVe.
Oavrage très important par les services aussi incon testables qu'incontestés qu'il a rendus et qu'il rendra encore à tous ceux qui veulent retarder jusqu'à leurs dernières limites les ravages de la vieillesse.
Dans un langage très simple, l'auteur définit la Jeu nesse, explique les modifications que l'organisme subit pendant la vieillesse et indique la conduite à tenir pour rester jeune et fort aussi bien au physique qu'au moral. • » Docteur de Farémont. Pour corriger l'Enfant do ses défauts et le rendre meilleur, avec 2 gravures. PTix: 1 fr., à la Librairie du Magnétisme, 23, rue SaintAferri, Paris. La plus grande peine d'une mère, c'est de voir devenir
284 l'initiation son enfant méchant, car dans la méchanceté il y a presque tous les défauts, le mauvais cœur, l'égoïsme, l'entêtement, la colère, la rancune, la jalousie... même quelquefois la cruauté. Eh bien ! le docteur de Farémont, qui s'occupe des enfants depuis une cinquantaine d'années va publier l'exposé de sa méthode. Nous attendrons la publication pour en reparler à nos lecteurs.
Disons seulement que l'auteur n'emploie pas de médi caments, point d'opération, point de suggestion ! L'en fant reste libre et est guéri. La Librairie du Magnétisme (Librairie initiatique) est la mieux organisée de toutes les librairies spiritualistes. Elle possède un catalogue d'ouvrages neufs, remis à jour tous les mois.
Elle publie dans le Journal du Magné tisme, revue trimestrielle donnée en prime entièrement gratuite à tous les abonnés de V Initiation sur simple de mande, le compte rendu détaillé de tous les nouveaux ouvrages.
Elle possède une Bibliothèque circulante et prête à Paris, en province et même à l'étranger tous les ouvrages traitant des questions si vastes d'occultisme, de magnétisme, de spiritisme et de théosophie, moyen nant un droit de location insignifiant. Catalogues et spécimens du Journal du Magnétisme, de l'Initiation, de la Revue graphologique sont envoyés gra cieusement sur simple demande adressée, 23, rue SaintMerri, Paris.
Vient de paraître à la librairie Chacornac : Nos Invi sibles, ouvrage merveilleusement illustré par le talent médianimique du peintre Mainella. Le texte, obtenu de la même manière par Ch. d'Orino, est attribué à plu sieurs personnalités désincarnées, dont les noms sout restés célèbres dans l'histoire de la littérature.
C'est un ensemble d'idées d'une grande élévation, exprimées avec la clarté et l'élégance qui caractérisa de leur vivant les esprits évoqués. Nos Invisibles est donc une œuvre instructive du plus haut intérêt, capable de captiver les lecteurs et de leur
LIVRES NOUVEAUX 285 donner un aperçu de cet au-delà mystérieux dont ils sont avides de connaître les conditions d'existence. De plus, c'est un livre riche, aussi bien fait pour le délassement des yeux que pour les satisfactions du cœur, et que voudront connaître tous ceux que les questions d'outre-tombe intéressent.
Qui n'a pas connu le docteur Gruby, ou, du moins, qui n'en a pas entendu parler, dans le monde entier comme à Paris, où il a exercé cinquante ans la médecine ! Adoré par ses malades, considéré par eux comme un thauma turge, ses traitements, ses ordonnances, ses guérisons, son originalité, tenaient déjà de la légende de son vi vant, et nul autant que lui n'a excité l'attention de ses contemporains.
Le livre que lui consacre aujourd hui M. Le Leu se lit comme un roman. ll satisfait toutes les curiosités, et raconte, avec une vérité singulièrement piquante d'observation, l'existence énergique de cet homme étonnant, « chef-d'œuvre de bons sens et intel ligent comme d'autres sont bétes, naturellement et pour la vie », réduit par pauvreté, dans ses débuts, à n'écouter les cours de ses premiers maîtres que du dehors, et s'attirant ainsi leur estime et leu:* intérêt. (Un volume in-I8, Stock, éditeur. — Prix : 3 fr.
50.) On essai de résurrection, par le comte de Larmandie. — 1 vol. in-18 jésus, papier vergé. Prix : 2 francs. Librairie générale des sciences occultes.
Bibliothèque Chacornac, 11, quai Saint-Michel, 1I, Paris. \.'Essai de résurrection, qui pourrait voisiner avec Valdemar d'Egar Poë, et Véra de Villiers de l'IsleAdam, n'est pas une fantaisie pure et simple. ll y a quel que temps le patriarche, de l'occultisme contemporain confia à M. de Larmandie, que trois médecins, à la fois très savants et très hermétistes, auraient tenté de ranimer à la vie un corps à eux livré comme cadavre.
Ces messieurs auraient obtenu pendant quelques heures des phénomènes terrifiants, gardés secrets, communi qués seulement à deux personnes parmi lesquelles l'au teur de ce livre. C'est à la suite de ces communications
286 l'initiation que M. de l.armandie a écrit ces suggestives et eflrayantes pages qui indiquent sans dBUte une voie nouvelle à la science-. Jacob Boeum. — De signatura rerum (De la signature des choses). Miroir temporel de l'éternité, traduit de l'allemand par SÉDin, 1 vol. in-8 de la « Collection des classiques de l'Occulte, avec introduction et notes. — Prix: 3 francs.
Librairie générale des sciences occultes, Chacornac. if, quai Saint-Michel, 11, Paris- Ve. Cet ouvrage célèbre, auquel Saint-Martin, le philo sophe inconnu, attribuait une immense valeur, est l'une des très rares études où soit abordée simultanément la double description du grand-œuvre physique et du grandœuvre psychique.
En notre temps de triomphe de l» science pure, ou tant d'intelligences sont portées à ne cultiver que le mental au détriment de l'aaimique; ontant de faux sages font de la prestidigitation chimique et magnétique, ou les titres des anciens adeptes sont pros titués par dés modernistes avides de réclame, — des livres comme celui-ci, sincères, vécus et simples, sont appelés à faire le plus grand bien, lia doctrine des cor respondances y est représentée d'une façon originale: TaPchimie y est expliquée sans hiéro glypfces; le récit évangéliquey reçoit une in lerprétation aussi profonde que celles qu'ont pu en fournir les mystiques les plus orthodoxes; enfin le sublime cordonnier théosophe embrasse, dans ces pages, ce que l'étude de l'Invisible, de, la matière et de l'homme, offre de plus caché et de plus richaen ré sultats.
C'est ua livre de chevet, dans lequel ceux qui ne craignent pas le travail, trouveront, 5 chaque nou velle lecture, une plus riche récolte d'idées et d'émo tions. La souscription sera close le 30 avril; après celle date, le pr/'x de l'ouvrage sera porté â 7,50. • * Julevno. — Nouveau traité d'astrologiapratique. TonuII. Un vol. in-H°, Bibliothèque Chacornac. Prix 5 francs. Voici la deuxième partie impatiemment attendue d'un ouvrage qui a obtenu un légitime succès. En effet, te
LIVRES NOUVEAUX 287 TraiU': d'astrologie de Julevno est le premier ouvrage paru de nos joursqui mette à la portée de tous la manière la plus simple de dresser et d'interpréter un horoscope.
La seconde partie contient l'étude successive des douze maisons de l'horoscope et l'explication ueleurs dif férents Rapports avec la vie de l'homme au point de vue du tempérament, du caractère, des mœurs et de l'esprit de la famille, de la fortune, du mariage, des enfants, des malades, des amis et ennemis etenfin de la mort; cette dernière partie qui est si diflicile, très développée et envi sageant Tes divers genres de morts par lesquels l'homme est appelé à passer pour changer de plan.
Une table des étoiles fixes ou Bérbénïés utilisées en astrologie établie pour l'an 1900. Près de 30 horoscopes historiques sont analysés, ce qui fournit suffisamment d'exemples d'interprétation. Ce volume réserve une surprise au lecteur : c'est un chapitre concernant la divination par les heures plané taires ou Astrologie horaire, qui donne des résultats aussi précis que l'astrologie judiciaire et d'une manière beaucoup plus rapide.
La troisième partie est consacrée à l'étude des Dircclions qui n'avait pas encore été exposée aussi clairement jusqu'à ce jour en France. On sait que c'est seulement par le moyen des directions qu'il est possible de déter miner la date des événements et même de suivre le sujet dans tous les détails de sa vie.
L'ouvrage se termine par un vocabulaire astrologique comprenant l'explication de tous les ternies qui sont susceptibles d'embarrasser le lecteur.
Nous devons donc remercier vivement l'auteur d'avoir bieu voulu enfin mettre à la portée de tous d'une façon aussi simple et aussi précise la vieille science astrologi que que personne ue devrait ignorer et qui estappelèe à, rendre d'immenses services à la société. * » Les forces naturelles inconnues par Camille Flamma rion, Ernest Flammarion, éditeur, -26, rue Racine, à Paris.
288 l'initiation BIBLIOGRAPHIE Khandalla. — Apaisement, br. in- 16, chez Chacornac. Cetle trop courte brochure, on la sent écrite par une femme, et par une femme qui a déjà beaucoup souffert. Les pensées qui la composent sont tout imprégnées de la vieille mansuétude orientale, que l'on ne retrouve plus malheureusement que chez quelques brahmanes ortho doxes et chez quelques bikshous fervents. — Un peu trop d'importance accordée au mental, un peu trop de foi dans les doctrines hindoues, ce sont les seules criti ques que je puisse formuler sur ces belles pages, déli cates, éveilleuses de pensers profonds et qui, enfin, justifient pleinement le titre que l'auteur leur a donné. Ch. d'Orino. — Le Travail; — la Famille; — Simples Conseils. — 3 br. in-16, Chez Chacornac. Mme d'Orino, qui est une spirite convaincue, donne dans ces trois petites plaquettes d'excellentes et simples idées. C'est la belle doctrine du sacrifice qu'elle prêche ; elle en recommande la pratique et en dénombre les avan tages matériels et moraux, ausM bien pour les membres de la grande famille sociale. dirigeants et dirigés, patrons et ouvriers, que pour les parents et les enfants. La forme de ces pages est simple, d'une éloquence aimable et per suasive; il est à souhaiter que ces petites brochures soient répandues à profusion dans les écoles et dans les cercles populaires. Les femmes s'entendent admirable ment à cette propagande, — et ce qui est encore mieux, elles savent aussi bien prêcher par l'exemple. Sédir. Le Gérant : Encausse. Paris. - Imp. E. ARRAULT et Cie, 9, rue N. D.-de-Lorette.
A 50 centimes H. Durville. — Le Massage et le Magnétisme bour l'empire de la loi du 30 novembre 1892 Rur l'exercice de la médecine.
Joanny Bbicaud. — Dutoit- Membrini (un disciple de Saint-Martin), d'après des docu ments inédits. Pelletier. — L'Hypnotiseur pratique. Saint-Yves d'Alvbydre. — Notes sur la tradition cabalistique. Docteur Tripier. — Médecine et Médecins. Un coin de la crise ouvrière au dix-neu vième siècle. Zhora. — Etudes tentatives, ou Essai sur les Mystères de l'âme humaine et de la Prière, avec Lettre-Préface de Papus.
A 30 centimes Albert [d'Angers). — Le Magnétisme curatif devant l'Eglise. Chbsnais. — Le Trésor du foyer. Contenant une foule de recettes d'une application journalière, des Conseils pour éviter et guérir un grand nombre de maladies, etc. Dbboissouze. — Ouérison immédiate de la peste, de toutes les maladies infectieuses et autres maladies aiguës et chroniques, 2' Edition. H.
Durville. — Le Magnétisme considéré comme agent lumineux, avec 13 Figures. — Le Magnétisme des animaux. Zoothérapie. Polarité. Lucie Grange. — Manuel de Spiritisme. Graphologie pour Tous. — Exposé des principaux signes permettant très facilement de connaître les Qualités ou les Défauts des autres par l'examen de leur Ecriture, etc., avec figures. Lfuel. — Essai d'/nittatton a la Vie spirituelle.
Mouroux. — Le Magnétisme et la-justice française devant les Droits de l'homme. Mon Procès. Van OmiErgEn. — Petit catéchisme de Réforme alimentaire. Psychologie expérimentale. — Manifeste adressé au Congrès spiritualiste de Londres, par le Syndicat rie la Presse spiritualiste de France. A 20 oentimes D' H. Bof.ns. — Art de vivre. Petit Traité d'Hygiène. Daniaud. — I.
L'Art médicai. — II. jVote sur l'Enscioncment et la pratique de la niédecine en Chine, par un Lettre chinois. — III. Extrait de la Correspondance (Con grès du libre exercice de la médecine). — IV. Articles de journaux sur le mfime sujet. H.
Durville. — Rapport au Congrès sur les travaux de la Ligue. Appréciation de la presse, arguments en faveur du Libre exercise de la médecine. Ei.vcss. — Tout le monde magnétiseur et hypnotiseur, ou l'art de produire le magné tisme, l'hypnotisme et le somnambulisme sans étude ni travail. F. de Champville. — La Science psychique, d'après l'œuvre de M. Simonin, avec 1 Fig. Fanau. — Cours abrégé de Spiritisme.
Jounet. — Principes généraux de Science psychique. — La Doctrine catholique et le Corps psychique. Parus. — L'Occultisme. — Le Spiritisme. Rouxel.— La Lib ;r(é du lu médecine, Pratique médicale chez les Anciens. l'raité sur l'obsession. Bim.iOTHF.QUr; nu Magnétisme et des Sciences occultes (Bibliothèque roulante.) Prêt A domicile. Catalogue des ouvrages de langue française. Secrets de la Cuisine américaine.
A 15 centimes Léon Denis. — Pourquoi la »ie ? Dunoan. — La Chimie des Aliments. Van Obbergen. — Notes sur le Nettoyage. Le Fruit comme moyen de Tempérance. PORTRAIT8 Photographies et Phototypies à 1 franc Cahagnet, Çolavida, C. Flammarion, Lucie Grange, Van IIelmont, le Zouwe Jacoe, Lafontaine, Luys, Fapus, de Puységur, Ricard, Rostan, Salverte. Le Professeur fi. Durville dans son cabinet de travail.
Le Tombeau d'Allah Karp.ec. — Divers Portraits rares. En Photogravure à 50 centimes AGrIPPA, At-lAn KarDBC, APOllOnIUS DE THVAnE, UerTRAMI. BrAID, BUE, CAOLlOftro, Cahaonet, Him. Caillié, Charcot. Charfhinon, W. Crookrs, Delanne, Dei.euze, Lr.au Denis, Durand (de Gros), Durville en 1901, Durville en 1872. 1S8". 1901, 1903. Eliphas Levi, G. Fabius, de Champville, Greatraees, St. de Guaita. Van Helmont, Kircher, i'aftbé Julio. Lafontaine, Lavater, Liebeatjlt, Ldys, Mes mer, Mouroux.D' Moutin. Prentice Mulford.
Papus, Paracei.se, Petetih. du Potet le marquis dePuvsÉour, Ricard, De Rochas, Roger Bacon, Saint- Yves d'Alvevdbe. Surville, Swedenborg, Teste.
Nota. — A la condition d'être demandés directement à la Librairie initiatique, Î3, rot Saint-Merri, tous les Ouvr&gea de propagande, ainsi que les Portraits et Photogravures sont vendus avec les réductions suivantes: Par 500 exemplaires, assortis ou non, 50 0/0 de remise: 100 — — — 40 0/0 — 50 - - — 33 0/0 - 25 - - - 25 0/0 — 10 — 100/0 — H.
Durville. — Physique magnétique, avec Portrait, Signature autographe de l'Au teur, Tètes de chapitres, Vignettes spéciales et 56 Figures dans le texte. 2 Volumes reliés 6 fr. — Théories et Procédés, avec 8 Portraits, Têtes de chapitres, Vignettes et 55 Figures. Volumes reliés 6 fr. — Magnétisme personnel. Education de la Pensée, Développement de la Volonté.
Pour être Heureux, Fort, Bien Portant et Réussir en Tout, 2m» édition, avec Têtes de chapitres. Vignettes, Portraits et 32 Figures explicatives 10 fr. Traduction espagnole par Ed. Garcia 10 fr. Traduction portugaise par Bodrigues 10 fr. École pratique de Massage et de Magnétisme, fondée en 1893. autorisée en 1893. Directeurs : H. Durville et les docteurs Encausse (Papus), Moutin et Rjdbt, 13, rue Saint-Merri, Paris, IV'.
L'Ecole forme des masseurs et des magnétiseurs expérimentés dignes en tous points dela confiance des malades et dos médecins et met la pratique dn Massage et du Magné tisme à la portée des gens du monde. Les cours ont lieu du 25 octobre au 1" juillet de chaque année. Pour favoriser son développement, l'Ecole est devenue un Etablissement de la Société magnétique de France, fondée par M. H. Durville, en 1887. fDemander les statuts qui sont envoyés contre 0 fr.
G0.) Bibliothèque du Magnétisme et des Sciences occultes. 23, rue Saint-Merri, Pa ris, IV: Bibliothèque roulante, prêt A domicile. Celte Bibliothèque se compose d'environ 7.000 volumes sur le Magnétisme et lHypnoiisme, l'Occultisme, le Spiritisme et les diverses branches du savoir humain qui s'y rat tachent. Demander le catalogue qui est envoyé contre 0 fr.
20 Le Journal du Magnétisme, du Massage et de la Psychologie, l'on ié par I? baron du Potet en 1815, parait tous les trois mois en un fascicule de 61 pages grand in-S°, imprimé sur deux colonnes, sous la direction de H. Durville, '23, rue Sai.itMerri. Ab. 4 francs par an pour toute l'Union Postale.
Le service est fait à titre de Prime a tous les abonnés de l'Initiation qui en Tout la demande, à la condition de s'abonner directement à la Librairie initiatique. La Revue graphologique parait tous les mois sous la direction de A. de Rochbtal Ab. : France, 6 francs par an ; étranger, 8 francs; le numéro, 0 fr. 50, 23. rue SainlMerri, Paris. Mme Berthe. Somnambule lucide, 23, rue Saint-Merri, Paris.
Reçoit le jeudi et le di manche de 10 heures a midi ; les autres jours, de 1 à 4 heures. Ces annonces sont reçues à l'administration de l'Initiation 23, rue Saint-Merri, au prix de 1 franc la ligne. - Irap. S. Aerault et C'\g, rue Notre-D»m»-de-Lorette.