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L'Initiation Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION 01 79*' VOLUME. — 22"' ANNÉE SOMMAIRE DU N° 8 ("ai 1808) Congrès spiritualisle de igo8 (p. 07 à ioo) . . . Papus. PARTIE EXOTÉRIQUE Lettre à un débutant (suite) (p. 101 à 104). . . G. Phaneg. PARTIE PHILOSOPHIQUE Phénomènes inexpliqués (p. io5àiog) . . . . C. Flammarion. Une découverte (p. 110 à 1 14) J. Heibling.
Les Curiosités de l'occulte (p. n5 à 1 3 5 ). . . . C. B. Un mort ressuscité au Panthéon ou les Vicissitudes d'un Grand Prix de Rome (suite) (p. 1 36 à 143). Léon Combes L'apostolat de Saint Jacques (suite) [p. 144 à 152). On groupe spiritualiste Les lois scientifiques de la médiumnité (p. 1 53 à ■59) PARTIE INITIATIQUE De la Théurgie en médecine (p. 160 à 169). . . J. Lierkmann Le Voyage de Kosti (suite) (p. 1708176). . . .
Eckartshausen PARTIE LITTÉRAIRE L'initiât ion _dc la mort (p. 177 et 178) Léon Combes Un secret par mois. — Vision. — La « possédée » de Bad-el-Oued. — Bibliothèque du magnétisme et des Sciences occultes. — Bibliogra phie. — Revue des Revues.
Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 5. rue de Savoie, à Paris VI Téléphone — 816-08 Tout ce qui concerne l'Administration : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adressé à la LIBRAIRIE INITIATIQUE PARIS — -23. Rue Sainl-Merri , 23 — PARIS Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l'essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n'ont abouti qu'à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L' Initiation est l'organe principal de cette renaissance spiritualiste dont les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d'un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l'Initiation adhère au programme de loutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l'arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l'Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l'Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits, dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d'une manière qu'elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s'adresse à ous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L Initiation paraît régulièrement à la fin de chaque mois et compte déjà vingt années d'existence. — Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des huit premières années sont absolument épuisées.)
CONGRÈS SPIRITUALITE DE 1908 L'organisation du Congrès Spiritualiste se pour suit normalement. Les frais matériels sont déjà presque entièrement couverts, et nul doute que tout ne soit en ordre le jour de l'ouverture. Quant à l'organisation proprement dite du Congrès, elle est commencée sous les meilleurs auspices. Le dimanche 17 mai les commissions préparatoires ont été nommées et chacune a reçu une tâche déter minée et distincte.
La commission de propagande, la commission de l'exposition rétrospective des instruments et souve nirs provenant des anciens maîtres, des Chartes et Diplômes délivrés par les formations françaises et les sociétés affiliées, ces commissions ont commencé leurs travaux. Les noms des présidents d'honneur et des prési dents effectifs du Congrès seront publiés dès l'ouver ture.
Nous nous tenons à la disposition des délégués de province ou de nos amis de l'Étranger qui, comptant venir au Congrès, désireraient retenir des logements 7
98 l'initiation [mai à Paris. Il leur suffira d'écrire à la rédaction de l'Ini tiation. Voici du reste le programme des séances, qui sera peu modifié dans le programme définitif devant être distribué le premier jour de réunion. PROGRAMME DES SÉANCES ET DES TRAVAUX DIMANCHE 7 JUIN, 10 HEURES DU MATIN Grande salle des Palais des Sociétés Savantes, 8, rue Danton, Paris. Réception des délégués. Constitution des sections et des divers Bureaux.
Distribution des cartes aux souscripteurs et aux auditeurs. Communications diverses (de 1 1 heures à midi). DIMANCHE, 2 HEURES APRÈS MIDI Discours d'ouverture par Papus ; Discours du secrétaire général : La propagande et les grandes sociétés; La presse spiritualiste ; Communications diverses concernant la propa gande, la littérature et le spiritualisme.
DIMANCHE SOIR, A 9 HEURES Tenue blanche maçonnique au Temple du droit humain, 5i, rue du Cardinal-Lemoine. Tenue ouverte à tous les membres du Congrès. Les Mart., les Fr. des rites spiritualistes et les FF. et les SS. des rites affiliés sont priés de se décorer.
1908] CONGRÈS SPIRITLALISTE DE I908 99 L'Avenir de la maçonnerie. L'adaptation des sciences à l'Initiation maç. La Femme et la Maçon nerie mixte. LUNDI 8 JUIN, 9 HEURES DU MATIN Grande salle des Sociétés savantes. La Théorie occultiste et le Spiritualisme ; Le lendemain de la Mort, d'après les diverses Écoles (Invitation aux Théosophes). Immortalisme et Psychisme. Utilité de l'Occul tisme pour le progrès des Sciences.
Communications diverses. ■ LUNDI, 2 HEURES APRÈS-MIDI Le Sujet et le Médium. La Médiumnité et ses résul tats. Les Sociétés d'études psychiques. Les Organisa tions d'études familiales. Formation des sujets. Formation et étude des médiums. Une séance bien conduite. Un Centre d'études bien organisé. Règles précises pour les études psychiques. Le Christianisme ésotérique (Président: A.Jounet).
LUNDI, 9 HEURES DU SOIR Grande séance de gala ; Expériences pratiques. Appareils enregistreurs. La Musique et ses effets psychiques. Le Cinémato graphe et ses adaptations occultes. Diverses pratiques et instruments enregistreurs. La Photographie et les faits psychiques.
100 l'initiation MARDI 9 JUIN, 10 HEURES DU MATIN L'Action sociale et les Sociétés spiritualistes. Le Spiritualisme scientifique seul salut des sociétés ac tuelles. Erreur de l'éducation matérialiste des sociétés. Les Ignorances et les Fautes de la maçonnerie en France. Constitution d'un centre spiritualiste inter national d'Etudes sociales. L'invisible dans le social et le culte familial.
MARDI 9 JUIN, APRÈS MIDI Clôture du Congrès actif et vœux. Discours de clôture et constitution des sociétés futures. Fédération de forces spiritualistes. Délégués spiritualistes de toute École. Secrétariat international. i MARDI 9 JUIN, 8 H.
30 DU SOIR Tenue Maç. spéciale réservée aux délégués des Rites étrangers et aux FF. des Rites espagnols, du Rite swédenborgien, du Rite mixte (ainsi qu'aux SS. de ce Rite et de l'Ordre martiniste munis chacun de leurs insignes. Discussion des vœux du Convent Maç. des Rites spiritualistes. Présidence du F. Teder. MERCREDI 10 JUIN APRES MIDI.
Les membres du Congrès munis de leur carte seront conduits en excursion pour visiter les principaux monuments symboliques de Paris; l'étude des Portails de Notre-Dame de Paris et de la Tour Saint-Jacques sera spécialement détaillée. Papus.
PARTIE EXOTERIQJJE LETTRE A UN DÉBUTANT (Suite) Mon cher Ami, J'ai voulu vous parler d'abord dans mes lettres de tout ce qui pouvait vous aider à comprendre l'Astral, car bien évidemment, c'est là la base indispensable à connaître lorsqu'on veut demander à la Science traditionnelle des Noirs et des Rouges la solution des problèmes que ne peut donner encore la science de notre race.
Je crois que vous devez en avoir mainte nant une idée très juste et je suis certain que lorsque, au moment voulu, vous recevrez le don de clair voyance, vous reconnaîtrez l'utilité de l'étude faite en commun.
Mais, à mesure que vous vous débarrassiez de vos idées fausset, à mesure que vous compreniez mieux les plans invisibles, les états subtils de la matière, les objections surgissaient nombreuses en votre es prit; le désir de faire des expériences personnelles, de tenter même la magie, naissait en vous.
102 l'initiation Je consacrerai maintenant quelques lettres à répondre à ces objections, à bien vous faire com prendre la voie dans laquelle je désire vous entraîner, à bien vous faire voir pourquoi, sans vous dire de ne pas faire de magie, je vous conseille fortement de vous en abstenir. Prenons une à une vos principales questions et objections, celles qui me permettront le mieux dev ous développer les idées directrices de notre groupement.
Cela sera forcément un peu décousu, mais peu im porte, si ces questions me donnent l'occasion d'une réponse claire. Je prends au hasard : « J'ai souvent constaté, me dites-vous, que par le magnétisme personnel on pouvait influencer des per sonnes et que c'est un moyen de réussite.
Dois-je donc cesser ces pratiques et qu'est-ce qui les rempla cera ? » A cela, mon cher ami, je répondrai que bien cer tainement si vous trouviez sur votre route un com pétiteur, si un inconnu obtenait la place désirée par vous, vous n'iriez pas l'attendre au coin de la rue pour lui tirer un coup de revolver dans la tête ? Pourquoi ? parce que vous sentez que vous n'avez pas le droit de priver un Etre de son organisme physique.
Croyezvous donc avoir le droit de le priver, par des moyens occultes, de sa raison, de son intelligence? Avezvous le droit d'agir sur son cerveau ? Pas davantage ; et puis connaissez- vous cet homme? Savez-vous d'où il vient, où il va ? Peut-être la place sollicitée lui convient-elle beaucoup mieux qu'à vous : vous ne savez rien de tout celai par conséquent agir par
LETTRE A UN DÉBUTANT IOÎ votre volonté dans de telles conditions équivaudrait à l'acte d'un fou. De plus, l'homme n'est pas seul ; ce qu'il appelle sa volonté personnelle ne lui appartient pas ; il ne peut pas la mettre en action sans influencer aussitôt un grand nombre d'Êtres invisibles, qu'il fait concourir à l'obtention d'un but égoïste et dont il cause la faute. S'il commet cette action basse de porter atteinte au libre arbitre d'un de ses frères, non seulement, il en sera responsable, mais il devra répondre aussi de tous les êtres qu'il aura employés consciemment ou inconsciemment à un acte mau vais. « Si je m'abstiens, dites-vous encore, qu'est-ce qui pourra remplacer, pour moi, les chances de réus site ? » De deux choses l'une, ou vous vous sentez appelé à sortir de la sphère d'attraction du Prince de ce Monde, ou vous voulez au contraire lui obéir. Comme je sais que sincèrement vous avez résolu d'être un occultiste sincère, un soldat de la Vérité, je vous dirai que vous avez dans l'Invisible des amis, que les amis savent très bien ce qu'il vous faut, et qu'ils vous feront trouver le centre, le milieu qui sera le plus favorable à votre développement moral et spiri tuel. En admettant même que vous ayez acquis le pouvoir de commander en Maître aux Hommes, vos guides sauront vous débrouiller dans la vie bien mieux que vous, et remplaceront très avantageuse ment, croyez-le, votre magnétisme personnel. Je sais du reste que votre cœur n'est pour rien dans cette objection de votre cerveau.
104 l'initiation Répondez-moi toujours exactement et sincèrement, ne me cachez rien de vos doutes et vous verrez que le ciel viendra à votre aide. A vous, G. Phaneg.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. PHÉNOMÈNES INEXPLIQUÉS QUAND COMPRENDRONS-NOUS QUE NOUS NE POUVONS TOUT COMPRENDRE ? Le progrès est assez lent dans l'humanité terrestre. Le système de Copernic était enseigné par Aristarque de Samos, en l'an 280 avant Jésus-Christ.
Les sa vants de cette époque n'en voulaient à aucun prix, et, quatre cents ans après, Ptolémée, continuant la tra dition classique, traitait cette hypothèse de « parfai tement ridicule ». Ainsi pensaient encore, au dixseptième siècle de notre ère, les juges de Galilée.
Aujourd'hui, tout le monde a fini par admettre et par comprendre que la Terre n'est pas au centre de l'uni vers et qu'elle gravite autour du Soleil, en compagnie des autres planètes, ses sœurs, emportée à travers les abîmes insondables de l'immensité infinie. L'astronomie n'est pas la seule science qui puisse être appelée en témoignage de la lenteur du progrès. Les problèmes psychiques nous offrent un exemple analogue. Il est juste d'ajouter qu'ils sont plus récem ment posés à l'analyse scientifique positive et qu'ils
io6 l'initiation sont loin d'être résolus. Cependant, s'il est un cha pitre de ce grand sujet qui soit définitivement écrit depuis longtemps, c'est celui du soulèvement des tables, contrairement à la loi de la pesanteur, par l'action d'une force inconnue, phénomène sur lequel le Matin vient d'appeler l'attention, et qui est en ce moment l'objet de discussions si nombreuses et si pittoresques.
Il y a plus d'un demi-siècle, en 1 853, le comte de Gasparin, ayant avec lui une douzaine d'expérimen tateurs plutôt austères, a mis le fait en une telle évi dence, que ces expériences auraient pu suffire pour trancher la question. On voit, dans ces séances d'études, une grande table de salle à manger, sur la quelle on avait entassé j5 kilogrammes de pierres, se soulever et se briser sous cette charge, balancée par ses mouvements.
On voit des rotations s'opérer sans aucun contact, de la farine ayant été répandue par un soufflet et aucun doigt ne l'ayant effleurée, le tout expérimenté par un groupe d'amis, sans médium étranger et rétribué.
Ces faits sont mis hors de doute également, l'année suivante, par Marc Thury, profes seur de physique et d'astronomie à l'académie de Genève, mesurés à l'aide d'une table à bascule et de balances, toujours entre collègues de l'Université et sans médium salarié. Au cours de ces expériences, nous voyons un piano pesant 3oo kilogrammes ré sonner et se soulever, tandis qu'il n'y avait auprès de lui qu'un enfant de onze ans, prenant une leçon,
PHÉNOMÈNES INEXPLIQUÉS 10J médium sans le savoir.
Longtemps après ces expé riences, en 1869, les savants de la Société dialectique de Londres, éliminant aussi l'emploi de médiums professionnels, firent entre eux, au nombre d'une douzaine environ, dans leurs appartements, avec leurs meubles visités chaque fois, une série d'obser vations établissant les mouvements d'objets sans con tact, l'altération des poids, des bruits frappés avec rythme, sans cause apparente.
Le rapport est signé de l'électricien Cromwell Varley {qui a établi, en 1860, le premier câble transatlantique entre l'Europe et l'Amérique) et de plusieurs membres de la Société Royale de Londres.
Quelques années après, le pro fesseur Crookes, dont la compétence en expérimen tation physique ne peut être mise en doute par per sonne, fit, à son tour, ses expériences, que tout le monde connaît, constatant, avec appareils enregis treurs, l'altération du poids des corps et prouvant le déplacement d'objets sans contact, des phénomènes de percussion opérés à distance, etc., etc. Ce sont là des faits connus, archiconnus.
Us ont été constatés par des centaines d'observations, vérifiés mille fois, contrôlés, photographiés. On peut voir dans mon ouvrage, les Forces naturelles inconnues, des photo graphies directes et sans retouche, à propos desquelles je suis parfaitement disposé à donner, moi aussi, un prix de cinq cents francs à celui qui pourra y décou vrir un truc quelconque.
Plusieurs de ces photogra phies ont été prises chez moi, et il n'y a pas moins de quarante ans que je suis ces phénomènes de très près. Il me semble que les hommes qui se sont donné
io8 l'initiation la peine d'observersuffisamment le sujet en litige ne peuvent pas ne pas avoir une conviction sur la lévi tation des tables et autres objets lourds, la variation du poids des corps, les déplacements sans contact, les coups frappés sans choc apparent et répondant à des questions, etc. Cette conviction peut se résumer en deux points : i° Les phénomènes sont certains.
2° Leur explication est impossible, dans l'état ac tuel de nos connaissances. * » » L'esprit humain est ainsi fait que la seconde partie de cette affirmation semble détruire la première. Nous avons la naïveté de croire, en général, que nous pouvons et devons tout expliquer. Or, en fait, nous vivons en plein inconnu et n'expliquons rien du tout. Voilà une tuile qui tombe d'un toit.
« C'est bien simple, dit le physicien : c'est la pesanteur, c'est parce que la terre l'attire. » Mais, qu'est-ce que la pesanteur, qu'est-ce que l'at traction de la terre? Personne n'en sait rien. J'ai dans la main un aimant, je soulève une plaque de fer. C'est bien simple : c'est l'attraction. Mais en quoi consiste cette attraction ? Nul ne peut le dire.
Et non seulement nous voulons tout expliquer, sans rien savoir de l'essence des choses, mais encore nous avons la prétention de soumettre la nature à nos caprices. Si les facultés de telle ou telle personne ou de tel ou tel groupe ont le pouvoir d'alléger une
PHÉNOMÈNES INEXPLIQUÉS IO9 table et de la déplacer, nous déclarons ne vouloir l'admettre que si, au lieu de soulever une table, ces facultés soulèvent autre chose, une soupière, par exemple, une assiette, un couteau, en vertu de cet adage vulgaire : « Qui peut le plus peut le moins. » Ce mode de raisonnement est à peu près le même que celui-ci : « Moi, monsieur, je ne crois pas aux marées de l'océan, et je n'ai pas le temps d'y aller voir.
Il est bien plus simple de soulever l'eau du lac du bois de Boulogne que celle de l'Atlantique : mon trez-moi ce soulèvement, et je croirai aux marées. » La place nous manque pour entrer en d'autres dé tails ; mais, puisqu'on m'a fait l'honneur de me demander mon opinion, basée sur une longue expé rience, mon devoir est de répondre que l'être humain n'est encore connu de personne, pas plus des physio logistes que des psychologues, et qu'il est doué de facultés psychiques et physiques encore presque com plètement ignorées, dont l'investigation sera la gloire de la science future. Camille Flammarion. (Le Matin,)
Une Découverte La philologie a pour objet d'établir, si possible, les origines du langage humain. Cherchant à savoir si l'antiquité possédait des sciences, une piste que j'ai crue intéressante m'a mené, après cinq ans de laborieuses études, aux résul tats suivants : La langue hébraïque est une langue artificielle, comparable en tous points à la notation chimique actuelle.
Tandis que cette dernière permet de représenter, pour tout initié de n'importe quelle langue, une subs tance quelconque de composition définie, la notation hébraïque permet de représenter, pour tout initié de n'importe quelle langue, tout objet, tout acte, toute pensée. Elle se compose exclusivement de soixante-dix éléments figuratifs, dont j'ai pu reconstituer le sens exact.
Ces soixante-dix éléments sont décrits dans le Pentateuque sous forme de soixante-dix personnages mis en scène, et dont les noms, autant que leur his toire, définissent le rôle. Tout le système est basé sur les trois règles sui vantes :
UNE DÉCOUVERTE A. — Chaque mot doit se composer, au maxi mum, de trois signes figuratifs jouant le rôle de consonnes. Par suite, il y a trois places dans chaque mot : r Un signe directeur ; 2° Son objectif ; 3° Le point de vue... qui permet de déterminer l'acte, l'objet ou l'idée résultant entre les deux fac teurs mis en scène.
B. — Les vingt-trois figures de l'alphabet hébreu représentent chacune trois objets, différents suivant la place qu'ils occupent dans le mot. Ce qui donne rait un total de soixante-neuf objets. Une des vingt-trois figures n'est employée qu'à la première et à la deuxième place; ce qui ramènerait à soixante huit le nombre des éléments constitu tifs.
Mais deux figures, — sous les apparences d'un droit d'aînesse — ont chacune un sens supplémen taire ; total, soixante-dix éléments. C. — Les voyelles servent exclusivement de règle de lecture, c'est-à-dire que, tout en permettant la pro nonciation des signes consonnes, elles indiquent au traducteur les relations existantes entre les signes et l'ordre d'interprétation.
Le tout est caché dans les généalogies qui semblent énumérer des noms propres de personnages. RÉSULTATS La Bible hébraïque, véritable trésor légué par nos
112 l'initiation lointains aïeux, n'a pu être comprise jusqu'à ce jour ; pas plus que n'aurait pu l'être un traité d'électricité dans lequel personne n'aurait su ce que sont et quel rôle jouent en réalité, les Volts, Ampères, Watts, Dynamos, Shunts, Rhéostats, Champs magnéti ques, etc.. Les mots techniques étant traduits d'après leur origine cryptographique, le sens obtenu devient réel lement déconcertant.
En effet : r Les vingt-quatre livres de la Bible hébraïque ne sont pas des livres religieux. Leurs auteurs leur en ont donné simplement l'apparence pour sauver la face. 2■Les livres enseignent toutes les sciences de l'an tiquité jadis connues et pratiquées dans le mystère de certains temples.
3° Ces sciences — en surplus de certaines connais sances actuellement acquises, notamment en chimie — traitent presque exclusivement des propriétés d'une force que certaines écoles naissantes appellent foret métapsychique et qui n'est autre que l'énergie vitale des êtres organisés.
4° Tandis que certains livres font l'exposé de la notation hébraïque, que d'autres traitent de ques tions de législation, la plupart d'entre eux enseignent les différentes méthodes qu'employait l'initié pour manier cette énergie vitale, et provoquer, soit sur lui-même, soit sur d'autres, les différents phénomènes que les modernes observent actuellement sous les apparences des phénomènes de l'hypnotisme, du
UNE DÉCOUVERTE u3 fakirisme, ou des manifestations dites métapsychiques. 5° La clef de ces textes a été découverte et uti lisée par les fondateurs de l'École connue sous le nom de Jésus, la même qui a donné naissance au christianisme et plus tard à l'Islam et au protestan tisme. 6° Avec ces données, il devient possible de re produire, en toute connaissance de cause, tous les phénomènes qui pendant des siècles ont alimenté la crédulité de nos pères, tous les phénomènes du fakirisme de l'Inde, toutes les actions à distance, entre êtres vivants — et qui sait — de mettre sans doute à la disposition de l'humanité actuelle tout un trésor de connaissances, utiles tant au point de vue médical qu'au point de vue philosophique et social. 7° Semblable initiation existait jadis dans l'Inde, et se trouve décrite de la même manière dans les textes sacrés hindous écrits en dévanagari. CONCLUSIONS La philologie, qui jusqu'à ce jour, avec un effort inlassable, n'a pu que classer des racines étymolo giques, remporte une première victoire : une langue des plus anciennes est reconnue comme entièrement artificielle. La philosophie des religions humaines peut enfin déchirer le voile de toute une famille de mythes an tiques et mettre à nu l'origine réelle des religions modernes et celle de leurs pratiques. 8
M4 l'initiation La science positive conquiert un domaine nouveau qui va lui permettre d'aborder à coup sûr toutes les questions si troublantes de la biologie et de l'énergie vitale. Si les éléments de cette science ont été découverts et connus par nos ancêtres d'un âge très reculé, cela ne tend à prouver qu'un seul fait : Phomme à toute époque de son histoire a été doué de génie. Joseph Heibling. Ingénieur, 62, Fg. Poissonnière.
Les Curiosités de l'Occulte {Suite) Chazal, avec lequel j'étais en relations amicales, vint un jour me trouver, et, quoique personne ne fût là pour nous entendre, il me prit par le bras, m'en traîna dans un coin et, se penchant vers mon oreille, me dit mystérieusement, à voix très basse: « Venez ce soir à la forge, à 10 heures, on vous attendra; vous frapperez trois coups. Gardez ceci pour vous seul », ajouta-t-il. Et il disparut.
Évidemment, con naissant mon homme, je soupçonnais qu'il avait une chose particulièrement intéressante à me montrer. Je n'hésitai donc pas à répondre à l'appel qu'il m'avait adressé et à 10 heures je gravissais le chemin qui mène à la forge. Le village dormait, on n'apercevait aucune lueur. Un aboi de chien jappant à la lune et l'éternelle rumeur du torrent, seuls, dans la nuit, montaient.
Arrivé à la forge, je frappe trois petits coups avec mon bâton ; la porte s'entr'ouvre et se referme aussi tôt sur moi. Le spectacle qui s'offre à mes yeux est étrange. Chazal en manches de chemise, un lourd marteau de
I i6 l'initiation fer à la main, se tient debout devant l'enclume. Il paraît transfiguré, ses yeux brillent ; une rougeur inu sitée colore son visage et ses mèches blanches flottent, lumineuses, autour de sa tête. Près de luides femmes, couvertes de grandes capes sombres, déshabillent un jeune garçon maigre, presque exsangue, qui roule des yeux d'effroi.
Un vieillard, les bras nus, agite frénétiquement le grand soufflet qui va et vient avec rapidité, faisant un grand bruit rythmé. La forge entière est éclairée des reflets sanglants du brasier, tandis que dans l'ombre se meuvent confusément des silhouettes. Chazal est toujours debout, immobile, grave. la main sur le marteau, ceint de rouge, illuminé par la flamme. L'enfant est nu, très pâle.
Chazal murmure quelques mots d'une voix brève ; aussitôt l'enfant est étendu sur l'enclume, et, tandis que sa mère le saisit par le bras, une autre femme retient ses jambes et le forge ron de sa main gauche soutient sa nuque. Un effroyable rugissement tout à coup fait trembler les vitres, en même temps le bras de Chazal se lève et s'abaisse ; le marteau frappe l'enclume avec vio lence. Le corps de l'enfant est tout secoué par des frissons.
Sur son visage défait ses yeux terrifiés s'ou vrent, et de grosses larmes coulent le long des joues de la mère. Un autre cri sauvage retentit, de nouveau le marteau tombe sur l'enclume, dont les vibrations métalliques font tressaillir un instant la forge. Le vieillard, environné d'étincelles, active toujours le brasier qu'il attise avec la pointe incandescente d'un fer. On eût dit qu'un grand vent de tempête
CURIOSITÉS DE L'OCCULTE II7 passait et repassait sur nos têtes : c'était le bruit in fernal du soufflet. « Chazal pousse un troisième rugissement plus ef froyable encore. Cette fois le marteau retombant s'arrête net au-dessus du ventre du malade, puis doucement il vient frôler l'épiderme. Aussitôt le soufflet infernal se tait, le brasier recou vert de mâchefer, s'éteint. L'enfant, épouvanté, est habillé à la hâte et emporté par les femmes.
Le vieillard a disparu. Chazal remet sa veste ets'en va. Stupéfait, je reste cloué sur place. « J'ai de la peine à me ressaisir. « La scène inouïe, fantastique, à laquelle je viens d'assister, m'a troublé au plus profond de mon être. « Allons nous coucher, monsieur, dit le metze de sa voix rude, à demain. — A demain, » dis-je à mon tour. Je le quittai.
La lune baignait de clartés douces l'espace endormi et des profondeurs de la gorge montait toujours, comme une plainte, l'étemelle rumeur des eaux. « Eh bien! monsieur, êtes-vous satisfait? me disait, le lendemain de la scène de la forge, avec un sou rire de fierté, le metze farouche. « Je vous avais bien dit que vous me verriez mar teler quelque soir!...
Autrefois nous opérions sou vent, il y avait tant de gens minés par la fièvre des prés; maintenant on n'a plus guère recours à nous, le mauvais air disparaît de par ici. « J'étais un des fameux metzes de la Corrèze. Dans ma famille, plus de trois générations de forgerons
n8 l'initiation avaient, avant moi, exercé leur marteau sur des ma lades, et cette condition est nécessaire pour permettre de dompter le mal avec sûreté... » « En ai je forgé !...» s'écriait-il, après un silence. Et d'ordinaire, il riait. « Je crois bien avoir tenu sous mon marteau au moins une centaine de ventres... Nous guérissons les enfants surtout, mais notre traitement s'adresse égale ment aux grandes personnes.
Je me souviens d'avoir sauvé autrefois une femme âgée, très malade, perdue même, disaient les médecins. « Si vous saviez comme elles venaient à mon en clume, les femmes! Celles qui étaient enceintes, se préparaient des couches faciles en se faisant forger à chaque nouvelle lune. Aujourd'hui presque toutes se passent de mes services, mais elles souffrent davan tage, et voilà tout... Tant pis pour elles. « N'est-ce pas que c'est effrayant à voir ?
Et le cri ? Ah ! le cri ! il est pour beaucoup dans la réussite, il le faut jeter tout à coup, en même temps que le mar teau s'abaisse, et terrible comme un rugissement... Vous avez entendu hier au soir!... Et la mère qui pleurait !
Bien peu restent tranquilles lorsqu'on mar tèle leur enfant ; elles savent bien qu'on ne va pas le tuer, parbleu, mais, que voulez-vous ? elles ont les nerfs sensibles, c'est plus fort qu'elles... » Comme je m'informais des conditions accessoires du singulier traitement et que j'étais très attentif, il reprenait : « Le malade doit venir sur l'enclume trois fois de suite, durant trois lunes nouvelles et consécutives. A Saint-Martial, un forgeron fait encore le martelage
CURIOSITÉS DE L'OCCULTE I ig du ventre tous les premiers vendredis de la nouvelle lune. Moi je suis pour la vieille méthode, pour le nombre trois, dont le pouvoir est grand, ont toujours dit nos anciens. « Nous ne montrons pas nos secrets àtout le monde, vous êtes le seul, peut-être, qui, en dehors de la fa mille, ait assisté à cette opération. Mais nous faisons la différence; vous étudiez, vous nous voulez du bien.
Et puis vous ne vous moquez pas de ces chosescomme d'autres feraient qui ne comprennent rien de rien. » « Telles furent, ce jour-là, les curieuses révélations du forgeron. Elles m'intéressèrent vivement, bien en tendu sans me convaincre de l'efficacité absolue de la médication. Quant au metze Pelissier, il traite lp. lièvre intermittente par d'autres procédés.
Et d'abord, un peu avant l'aube par certaines nuits de lune, il s'en va dans des lieux déserts, faire secrètement les invocations rituelles au firmament et cueillir ensuite les simples, en premier lieu la camomille, puis une herbe sans odeur et sans goût qui prend racine dans les vieux murs dont je n'ai pu connaître le nom, et enfin la lapaouio aux exhalaisons violentes.
Il ne fait subir à ces plantes aucune macération ni trituration, simplement il les enveloppe d'un linge fin, en pro nonçant des formules magiques, et il les applique ainsi sous l'aisselle gauche du malade. Celui-ci tien dra ce paquet contre sa poitrine une nuit entière, on verra son visage s'empourprer, il sera pris d'un fort mal de tête, car, avant de guérir, le traitement aggrave les symptômes. « Cette médication serait, d'après lui, le spécifique
120 l'initiation des fièvres tierces ; les autres fièvres intermittentes demeurent rebelles à ce moyen. «Mme Broussolle, maîtresse d'hôtel à Gimel, m'a conté qu'étant sujette, dans sa jeunesse, à de graves accès de fièvre, sa famille essaya sans succès de tous les traitements. On alla même jusqu'en Auvergne chercher pour elle le remède du sieur Gaffard, d'Aurillac, lequel passait pour un fébrifuge souverain.
Mais il resta sans effet comme le reste. En fin de compte les médecins avaient abandonné la malade. Force fut de recourir au sorcier, qui fit l'application du traditionnel bouquet de simples. La femme en fut très éprouvée, la migraine la prit, dit-elle, puis le délire ; on crut qu'elle allait passer.
Le metze avait combiné une dose trop forte pour son tempérament ; il enleva une partie des herbes et le mal fut enrayé aussitôt sans trop grande secousse. Un Gimellois me disait un jour : « Un de mes pa rents avait pris des fièvres mauvaises, on l'entendait trembler le soir depuis le chemin, en passant devant sa maison.
Mon père appela Marcelou Tièse, du vil lage du Breuil, mort il y a dix ans, qui avait la répu tation d'enlever les fièvres « par secret »,et il lui dit: « Guéris-le, il est vieux, pauvre et dans l'impossibilité de gagner sa vie. » Marcelou composa un brivé qu'il lui mit dans le creux de l'estomac et la fièvre eut tôt disparu. Qu'y avait-il dans ce brivé qui le brûlait comme un fer rouge?
Je ne l'ai jamais su, car nous n'ouvrons jamais le brivé, on le rend au metze ou on le met au feu sans le regarder se consumer. Il serait dangereux de faire autrement. »
CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 121 « Le brivé c'est le talisman, l'amulette. Tous les ■ peuples, depuis les origines, y ont eu foi. Ce sont le plus souvent, aujourd'hui, des invocations sacrées mêlées d'appels diaboliques, des mots bizarres, in compréhensibles, des fragments de quelques vieux grimoires. Ailleurs il renferme simplement des phrases saintes, données sans doute par un prêtre.
Tel est le brivé suivant qui combat l'helminthiase ; je le tiens du docteur Graille, de Corrèze : Sanctus f homo Gob f libéra a verminibus (ici on met le nom de l'enfant) in nomine Patri f et Felii t et Spiritus sancti t Amen f . Ce billet, soigneusement plié, est attaché au cou du petit malade: Lorsqu'il est guéri, il faut bien se garder de l'ouvrir, sans quoi les vers reviendraient.
Le regretté docteur Valette, de Tulle, esprit très ouvert et très sceptique, m'avait répété maintes fois : « On dira tout ce que l'on voudra, ces gens-là gué rissent alors que, traitant le même cas, souvent nous échouons. » Si je n'étais tenu à la plus grande discré tion, je citerais le témoignage de plusieurs médecins et de plusieurs prêtres qui m'ont affirmé avoir vu se produire, par l'intervention des metze, des cures ines pérées.
Les médications superstitieuses sont innombrables en Limousin, elles pourraient faire à elles seules l'objet d'une étude spéciale. J'en signalerai quelques-unes seulement. Pour traiter les enfants atteints du carreau par exemple, on tord en corde, tout en le recourbant en forme de cercle, un lien fait de branches d'églantier dont on a préalablement enlevé les épines.
122 l'initiation Durant neuf jours et neuf fois par jour le malade doit passer dans le cerceau !... Un autre moyen consiste à faire frotter le ventre du petit malade par un enfant posthume. Cependant, de loin en loin, on constate certaines pratiques très logiques, malgré leur étrangeté. La nuit, par exemple, après un décès, on peut voir par la montagne un feu allumé en dehors des habitations : c'est la paillasse d'un mort livrée aux flammes.
Cette coutume naïve semble révéler une connaissance intui tive des moyens d'échapper à la contagion. Il est à remarquer que pour tout ce qui touche au traitement des maladies on emploie le nombre 3 et ses multiples. Le nombre 3 signifie Dieu dans toutes les religions. En occultisme il symbolise l'âme, l'es prit et le corps, c'est le nombre parfait.
Quant aux divers traitements des malades ou des animaux, sur lesquels nous auront à nous étendre par la suite, ils sont aussi singuliers que variés. Maintes fois j'ai vu des vaches chargées de colliers de feuilles de pervenche dans le but de les guérir des maux d'yeux dont elles étaient atteintes. Au moyen âge, les esprits étaient en proie à de tout aussi étranges aberrations. Le Sanctus était une pana cée.
L'un, pour guérir sa colique ou un mal d'estomac, ramassait par terre du buis bénit pendant le Sanctus; l'autre, pour se préserver de la morsure des chiens en ragés, tenait la bouche ouverte, tant que durait cette prière à la messe des morts. Le Sanctus porté sur soi dans un sachet rendait la pêche favorable et faisait même retrouver les objets perdus.
CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 123 Pour en revenir au traitement de la fièvre en Limou sin, il est un procédé qui appelle la réflexion, car il se rattache directement à la transplantation des mala dies. Boudrie, meunier du Gaud, à Gimel, était réputé pour les pouvoirs occultes ; il obtenait, disait-on, des cures merveilleuses. On lui amena un jour un homme au visage amaigri.
« Tu as une bien mauvaise fièvre, dit Boudrie, après l'avoir considéré. — Oh ! oui, dit l'autre tout pâle et frissonnant, si vous pouviez me guérir ! — Eh bien, suis-moi ! » Ils gravirent la pente, car le moulin, en ruine auaujourd'hui, était au fond d'un ravin sur le bord du torrent.
Arrivés à mi-côte, le metze s'arrêta: « Regarde, dit-il, ce chêne, il va trembler comme toi et mourir, tandis que tu guériras. » « Et, me disait un témoin oculaire, — qui préten dait du moins avoir assisté à cette scène, — devant nous l'arbre se prit à trembler dans toutes ses feuilles, dans toutes ses branches, le tronc lui-même était se coué comme si un grand vent eût soufflé. Les feuilles frémissantes jaunissaient à vue d'œil et tombaient.
Le lendemain l'arbre était mort et le malade peu à peu renaissait ; il guérit... » Souvent le sorcier prend au malade sa fièvre, dont il se débarrasse ensuite lui-même en la donnant soit à un arbre, soit à un buisson. Cette transplantation est fréquemment pratiquée. La transplantation des maladies est également pra
124 l'initiation tiquée en Sicile d'une façon plus directe encore. Dans la nuit de l'Ascension, à minuit précis, le goitreux mord l'écorce d'un pêcher. Ainsi, dit-on, la salive se mêle à la sève de l'arbre, dont les feuilles ne tardent pas à flétrir et à se dessécher à mesure que le malade recouvre la santé.
De même, dans la nuit du 12 au 1i janvier, pour la fête de sainte Lucie, les gens atteints de maux d'yeux mordent l'écorce du grenadier dans la persuasion qu'ils vont guérir. Parfois, en Limousin, au hasard d'un défrichement ou par suite de toute autre circonstance, on découvre un petit paquet de linge soigneusement dissimulé dans le fourré d'une haie d'aubépine.
Ce linge a essuyé les plaies d'un paysan qui a voulu ainsi cacher son mal, ou plutôt qui a voulu s'en débarrasser au détriment de l'arbuste. On ne doit jamais toucher à ces chiffons maculés, sinon, d'après la croyance populaire, les plaies du malade, qui a recouvré la santé par ce moyen, ne tarderaient pas à se rouvrir.
La transplantation des maladies, c'est-à-dire leur guérison par communication aux bêtes, aux arbres, ou aux plantes, n'est pas chose nouvelle. Le colonel de Rochas, dont la compétence est si grande pour tout ce qui a trait à l'occultisme scientifique, con sacre à cette méthode un chapitre des plus curieux dans son troublant ouvrage : L'Extériorisation de la sensibilité.
Nous nous trouvions réunis, un soir à nuit close, lorsqu'un beuglement de douleur se fit entendre. Je priai mes hommes de se renseigner. La lune, par instants, perçait les nuages, le vent était froid. A
CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 125 travers les vitres j'apercevais leurs silhouettes : ils se dirigeaient vers une maison voisine. Bientôt ils furent de retour, ils me racontèrent que, devant la porte, une vache, qui avait quitté son étable, beuglait. Les maî tres étaient venus la chercher, elle avait résisté, et c'està grand'peine qu'ilsavaient pu l'emmener.
Après s'être frotté les mains et secoués comme pour chasser les frissons, ils se regardèrent d'un air entendu, sans mot dire. Fidèle à mon principe d'éviter l'interroga tion auprès des paysans, je me privai d'insister. Le lendemain, au matin, la bête beuglait encore devant la porte. Difficilement elle reprit le chemin de l'étable. Là, brisant ses liens, elle s'échappait.
Au pâturage, elle sautait par-dessus les haies et s'enfuyait pour repren dre obstinément le chemin de cette demeure. Com ment je connus le motif attribué à cette persistante volonté de la bête, je ne saurais le confier. Comment elle fut délivrée, comment son lait qui s'était tari lui fut rendu, tout ceci est un ténébreux sortilège dont j'ai pu suivre les phases.
Et d'abord un prêtre fut ap pelé pour bénir l'étable : il célébra plusieurs messes, mais ces moyens furent sans effet, la vache toujours lamentablement beuglait, son veau dépérissait, la maison était dans la tristesse. Une femme du voisi nage, passant pour s'adonner à la sorcellerie, avait, me fut-il raconté, tari complètement le lait de la pau vre bête à l'aide de sortilèges.
Il fallut recourir au pouvoir du sorcier pour com battre l'incantation première. Voici comment : Celuici se fait raconter toutes les circonstances qui ont ac
I2Ô l'initiation compagné le maléfice, puis, après s'être recueilli, après avoir invoqué on ne s'ait quels saints ou quels démons, ou saints ou démons à la fois, il assied la femme qui est venue l'invoquer devant un seau d'eau et place dans sa main un couteau à large lame grand ouvert.
Puis d'une voix sourde : « Regarde I dans le clapotement, ne vois-tu rien? — Je vois, dit-elle, des choses qui tournent, on di rait des yeux méchants qui passent, noyés dans l'eau. — Regarde encore, dit le sorcier, et son doigt pointe vers le liquide agité... — Rien encore... » Subitement elle pousse un cri, elle voit : « La voilà ! c'est bien elle, la mauvaise ! Ah!... — Frappe donc », dame le sorcier.
La lame plonge comme l'éclair dans l'image qui s'évanouit. Quel est ce mystère ? Est-il dû à la suggestion qui appelle dans le seau magique le visage d'une personne soupçonnée ? On dit que le sorcier réussit lorsque l'eau bénite a été impuissante, que le lait revient à partir de ce moment au pis de la vache.
On dit aussi que la lame du couteau s'est enfoncée dans la prunelle de l'image et que la personne ainsi évoquée a subi cette action réflexe dans son œil même, qui est parfois sérieusement atteint. Quoi qu'il en soit, nous pouvons constater à tout instant que les borgnes excitent la méfiance en Limousin; ils sont réputés enclins à s'em parer facilement et sans aucun scrupule du bien d'autrui. Il fut toujours prêté à l'eau des pouvoirs occultes. Au moyen âge, les jeunes filles découvraient dans
CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 12J l'eau tirée du puits et remuée avec la main l'image de celui auquel elles devaient s'unir. En voici un exemple, que je tiens d'un vieux prêtre on ne peut mieux informé sur l'occultisme en Limou sin. Un jeune homme des environs de Favars voulait épouser une fille qu'il aimait. La famille de cette der nière, ayant de graves motifs pour s'y opposer, finit par empêcher même toute entrevue entre les deux amoureux.
La jeune fille alors lentement dépérit, et finalement fut atteinte de consomption. Comme un dénouement fatal semblait proche, sa mère se résolut à consulter un sorcier du voisinage, et celui-ci ne vit d'autre moyen pour conjurer la mort imminente que de faire disparaître le jeune homme, cause de tout le mal. Un cœur de bœuf, palpitant encore, fut placé dans un vase, et chaque jour la mère, à l'aide d'épin gles, le piquait avec acharnement.
Y eut-il simple coïncidence ? à partir de ce jour, le jeune homme, jusqu'alors en bonne santé, tomba malade et son état alla s'aggravant à mesure que le cœur se putréfiait. Il mourut et la jeune fille peu à peu revint à la santé. « Le prêtre connut trop tard les détails de l'envoû tement pour l'empêcher », me dit-il. Le meneur de loups. — Cette fois j'étais venu à Pebeyre pour voir le fameux meneur de loups dont mon hôte m'avait parlé.
Une après-midi il se présenta à l'improviste sur la terrasse du château. C'était un homme trapu, portant la blouse et coiffé du chapeau auvergnat. Sa face était épaisse et large, ses petits yeux vifs, fuyants, inquiets, roulaient des éclairs dans l'ombre des sourcils.
128 l'initiation [mai C'était bien là l'errant de la lande, le familier des gorges désertes où le Doustre, en sa course impé tueuse, se heurte aux blocs de granit. Il correspondait bien au type légendaire qui gouverne les bêtes démones et exerce l'antinagualisme. On sait que la croyance au « nagualisme », ce pacte étrange conclu entre l'homme et l'animal, est commune à bien des peu ples qui n'ont jamais eu entre eux aucun contact.
Au moyen âge, dit-on, l'antinagualisme s'exerçait communément. On pouvait défier les loups les plus affamés et mettre les chiens à la porte si on avait pro noncé pendant cinq jours de suite la fameuse oraison du loup : « Viens, bête à laine, c'est l'agneau d'humilité, je te garde.
Va droit, bête grise, à gris gripeux, va cher cher ta proie, loups et louves et louveteaux, tu n'as point à venir à cette viande qui est ici: Vade retro, o Satanas ! » Le nagualisme était connu dans l'antiquité. Notre homme possède, dit-on, un grand empire sur le loup. Par des exorcismes ou ses incantations il l'écarte des troupeaux, il « l'enclavèle », selon l'ex pression limousine.
A sa présence le loup s'enfuit, la gueule béante, dans l'impossibilité de mordre : sa cruauté resterait ainsi paralysée jusqu'au moment où il a traversé un cours d'eau. On raconte très sérieusement qu'un propriétaire de la commune de Laroche près Feyt, canton d'Eygurande, village de Trémouline, n'eut jamais de mou tons dévorés par suite de la précaution qu'il prenait de faire « enclaveler » le loup. Les troupeaux du voi
I908] CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 120, sinage furent au contraire constamment décimés. Comme il est d'usage en ce pays, aussi bien que sur tout le plateau de Millevache, de laisser au berger la tenue d'une ou de plusieurs bêtes à laine avec celles du maître, il arriva qu'une jeune bergère, nouvelle ment louée, adjoignit au troupeau une brebis qui lui appartenait.
La brebis fut dévorée le jour même, le propriétaire ayant négligé de prévenir le meneur de loups. On a vu, dit-on encore, ces fauves traverser les troupeaux sans faire de victimes, mais dans ces cas les bêtes appartenaient à des sorciers. Ces faits sont racontés avec la plus grande conviction dans toute la région montagneuse et boisée de laCorrèze. L'homme donc était près de nous, sur la terrasse du château. Nous étions à l'écart, à l'ombre.
La tête obscure du sorcier se détachait sur des nuages éclatants qui au loin rampaient dans les contreforts des monts d'Au vergne. Il paraissait inquiet, regardant de tous côtés à la dérobée, comme s'il eût redouté un danger. Mon hôte lui expliqua que j'avais entendu parler de sa puissance et que je désirais faire son portrait. Il parut flatté et se prêta de bonne grâce à notre désir.
Tandis qu'il posait, étrange, dans les nuées, M. de Pebeyre, très adroitement, amena la conversation sur les loups, « On dit que vous le gouvernez à votre guise, dit-il en s'adressant au sorcier ; pourtant je sais qu'en votre présence le loup dévora un jour une brebis ! C'est bien que vous n'y pouviez guère... — Oui, dit l'homme, c'est vrai, un soir j'étais làbas vers le Doustre, avec ma pauvre défunte, il faisait 9
1 3o l'initiation un temps noir... lèvent soufflait... le troupeau s'était écarté, la bête sortit du bois et se jeta sur la plus belle brebis. Je l'avais appelé... le maître m'avait fait du mal, je voulais me venger. — Mais, dites, l'avez-vous mangée cette brebis?...
Il se recula, effaré : « Vous croyez donc, monsieur, que nous voulons prendre la rage du loup, le mal de mordre!... » On a horreur de la bête touchée par le fauve, vi vante ou morte, en Corrèze. — Mais comment pouvez-vous gouverner ainsi le loup ; souvent même sans le voir ?... — Oh! monsieur.voicilongtempsquejenegouverne plus; ces bêtes deviennent rares.
Autrefois, elles ar rivaient jusqu'à Laroche-Camiliac, elles quittaient les forêts et traversaient le Doustre au bas de la ville et erraient par les rues en hurlant.
J'ai vu souvent la nuit reluire leurs yeux rouges comme les charbons du feu... personne n'osait sortir, il y a des années de cela, j'ai oublié le secret, il faudrait du temps pour se souvenir... oh ! oui... du temps !... du temps!... » L'homme était de nouveau pris d'inquiétude, il cherchait évidemment un prétexte pour se retirer.
M. de Pebeyre insistait : « Je sais que debout sur un rocher vous étendez les bras, vous prononcez des paroles magiques ; mais que dites-vous ?... — On dit -.tapa minaou, diable te gare, laisse la bête, elle n'appartient ni à toi ni à moi, mais elle ap partient... — Et puis?
CURIOSITÉS DE L'OCCULTE l3l — J'ai oublié... ce sont de mauvaises affaires. » Il tremblait. « Vous pouvez tout dire, n'ayez crainte ». Et il lui glissait un chapelet dans les doigts... L'homme se leva frissonnant, son visage était plein d'épouvante.
« Je vous dis que ce sont des choses diaboliques, fit-il d'une voix sourde, que Dieu me pardonne... » Le Met^e Vauzanges ditNouné. — La réputation de Vauzanges, dit Nouné, s'étend jusque dans les dépar tements voisins. De toutes parts on vient le con sulter. L'imagination populaire lui prête des pouvoirs occultes extraordinaires.
On affirme que, braconnant un matin, il fut surpris par les gendarmes qui se mi rent à ses trousses, et, comme il allait être pris, il se retourna. On ne sait par quel prodige les gendarmes aussitôt s'arrêtèrent net, comme pétrifiés. Mais ce n'est pas tout : le sorcier s'assit sur un tertre, leva la main, et les gendarmes seprirentàdanser,tournantsur eux-mêmes,entraînés malgré eux dans un mouvement de valse folle.
Vauzanges, après les avoir considérés un moment, se leva, remonta sur sa cime voilée de nuées, et vers le soir seulement il redescendit pour les délivrer. Éperdus, haletants, les gendarmes s'en allè rent. Ils atteignirent Bugeatavec beaucoup de peine. Plus jamais ils ne cherchèrent noise au sorcier. Ces histoires merveilleuses plaisent aux monta gnards de la Corrèze, leur authenticité n'est jamais mise en doute.
Ils deviennent plus graves encore en parlant des remarquables cures de Vauzanges. Le baron de Tarnac lui-même, dont l'intelligence est
l32 l'initiation haute, m'a montré sa main qu'un fusil en éclatant avait broyée et qui fut rapidement remise en état par le sorcier. Le curé de Tarnac, que les superstitions ne touchent guère, me parla de sa nièce, que Vauzanges sauva en fort peu de temps d'une maladie grave alors qu'elle était abandonnée par les médecins. Comme d'autres metzes limousins, Vauzanges ar rête les hémorragies.
Fréquemment les hommes s'en taillent avec la hache, quelquefois même très profon dément, soit en coupant le bois, soit en émondant ou en abattant des arbres. On se hâte de transporter le malade, dont le sang jaillit avec violence, chez le sorcier. Celui-ci fait autour de l'entaille des signes ca balistiques, répétés selon des rites secrets, marmotte quelques mots bizarres et le blessé aussitôt tombe en syncope. L'hémorragie miraculeusement cesse.
Comme d'autres aussi, dit-on, il sait « charmer le feu», c'est-à-dire endormir la douleur des brûlures, empêcher le progrès du mal et amener la cicatrisation dans les quarante-huit heures.
Dans l'opération à la quelle il se livre, et qu'accompagnent toujours des mots inconnus et des rites singuliers, le sorcier cir conscrit la brûlure à l'aide de son pouce mouillé de salive, puis il souffle sur la plaie par trois fois consé cutives et recommence jusqu'à insensibilisation de la partie atteinte. On prétend que l'opération produit une sensation de chaleur intolérable et des picote ments insupportables auxquels succède l'insensibilité. Généralement on applique ensuite un cataplasme d'œufs durs, dont on prend le jaune seul que l'on dé
CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 1 33 laie dans de l'huile; cette bouillie est renouvelée soit au coucher, soit au lever du soleil . Un assez grand nombre de metzes limousins pas sent pour être doués de ces pouvoirs. Quelques-uns, dont Vauzanges, savent aussi extraire par des procé dés magiques le plomb qui a pénétré dans le corps dans un accident de chasse par exemple ; et ces acci dents sont fréquents, par suite de la maladresse des chasseurs.
Le sorcier se borne à placer un plat d'étain ou de terre vernissée sous le membre touché ; et, après qu'il a prononcé ses formules cabalistiques, sur un simple signe les plombs un à un tombent dans le plat. Ce dernier fait et l'efficacité des moyens dont j'ai parlé plus haut, m'ont été affirmés par des per sonnes peu crédules. Je n'ai jamais eu la bonne for tune d'assister moi-même à ces opérations.
Toutes ces légendes et tous ces faits bizarres ou merveilleux me revenaient à l'esprit tandis que je gravissais la pente rude qui sépare Bonnefond du ha meau de Chadebech. Arrivé sur la cime, je cherche la demeure du sorcier. Sa porte est justement ouverte. Je pénètre immédiatement dans une salle assez vaste où un feu se meurt dans l'âtre. J'appelle. Une voix sourde venant d'une pièce voisine répond. J'a vance.
Immobile, en une attitude hiératique, un homme se tient assis, enveloppé d'ombre. Une fenêtre l'éclairé à peinede lueurs frisantes qui ajoutent encorea l'étrangeté de la mise en scène, due sans doute au hasard. C'est Vauzanges. D'une voix sourde il me dit : « Entrez, entrez. Vous ne me voulez pas de mal,
134 l'initiation vous, je le sais, soyez le bienvenu. » Et il demeure figé en son immobilité. « C'est que, fait-il ensuite, on m'a persécuté, les médecins ne m'aiment pas.. Mais que peuvent-ils ?..
Je vois et je guéris. » Jelui manifeste le désir de le dessiner, il y consent de très bonne grâce et, mon esquisse terminée : « Je venais vous consulter aussi, lui dis-je... — Bien, bien. » Il me fait mettre la poitrine à nu et après m'avoir palpé et comme ausculté, sans ap puyer sur moi son oreille, semblant écouter avec at tention^ une petite distance, les rythmes de lavieen mes organes, il dit: « Là, vous avez un point faible, mais ce ne sera rien. » Et de son pouce mouillé de salive il traça des signes cabalistiques sur l'endroitdésigné, puis il souffle dessus par trois fois et murmure je ne sais quelles formules incompréhensibles.
Juste ment, depuis un certain temps, j'éprouvais quelque gène et de vagues douleurs exactement au point qu'il venait de désigner. Faut-il attribuer le résultat obtenu à la suggestion ? Peu de jours après, mon malaise avait disparu. Vauzangesm'intéressa beaucoup ; il souriait lorsque je lui parlais de la fameuse valse qu'il avait infligé aux gendarmes.
« Je vous ferais bien danser vousmême, disait-il, mais vous souffririez trop. » Il deve nait grave lorsque j'insistais sur les secrets de guérir qu'on lui prête : « Ah ! me disait-il, le secret ne peut se dévoiler, il vient de loin... « Prononcer les formules magiques devant un en fant, n'est d'aucune importance, mais devant un
CURIOSITÉS DE L'OCCULTE 1 35 homme on ne le doit,» ajoutait-il. En dehors des pra tiques cabalistiques secrètes, j'apprenais cependant que pour charmer le feu il invoque saint Jean, saint Pierre et Saint Verbouncar(?). Pour les hémorragies, il s'adresse à saint Jean et à saint Pierre seulement. Par simple attouchement, Vauzanges passe pour guérir les fluxions, sa seule présence arrête le saigne ment de nez. Un abbé m'a affirmé l'avoir vu guérir un goitre qu'aucun médecin n'était parvenu à réduire. Cependant le temps était devenu mauvais, la nuit approchait. Chadebech est un pauvre hameau sans auberge. Le sorcier m'offrit cordialement le gîte et le couvert, une bonne soupe au lard au coin du feu et un bon lit dans la grande salle. Je m'endormis dans ce coin-là aux hurlements du vent, mais aucune ap parition, aucun bruit insolite ne vinrent troubler mon sommeil. (.4 suivre.) C. B.
Un mort ressuscité au Panthéon — ou — Les vicissitudes d'un Grand Prix de Rome (Suite.) Place de la Concorde, un député éloquent sortant de la Chambre et rencontrant Yan Ghérardt devint subitement muet. Un fou recouvra la raison et un garde municipal qui avait escorté la veille le convoi funèbre, terrifié, se jeta dans le bassin pour éviter le contact du reve nant. Yan Ghérardt toujours courant arriva enfin sur le seuil de son immeuble. Sur la porte « Marne » Tronchu sirotait justement à petits coups son café au lait du matin, déjà conso lée... En entendant crier «. Au secours ! » elle leva son nez bourré de la poudre N'icot et aperçut devant elle son... le « cadavre » de son maître. Pauvre « Marne Tronchu t » Elle s'affaissa dans sa caisse à ordure et se mit à supplier en des hurlements tous les saints et saintes du calendrier, pour son âme. Pendant ce temps, Yan Ghérardt avait grimpé,
UN MORT RESSUSCITÉ AU PANTHÉON 1 37 quatre à quatre, les marches de son appartement et sous sa main fébrile la sonnerie électrique irradia en notes d'argent. Posément, M. Urbain vint ouvrir, maugréant contre le visiteur matinal qui... A la vue de son maître, le domestique hurlant de peur, tel jadis Claude, alla se réfugier... où l'on sait, abandonnant la maison au fantôme, au revenant de l'illustre sculpteur.
Celui-ci, radieux, transporté de la joie de vivre et d'avoir joué un tour pendable à Paris, commença à se dévêtir pour troquer son complet épinard contre un costume moins funambulesque, afin de pouvoir se présenterdécemment devant le commissaire de police du quartier et lui conter sa mésaventure.
Mais un bruit confus de voix, venant du dehors, rumeur de tempête, monta jusqu'à ses fenêtres, attira son attention : « Paris est en révolution, pensa-t-il ! Ma résurrec tion sera l'événement du siècle ! » Et il riait sous cape de la frayeur de tous ces gens, des mines terri fiées, des visages congestionnés qu'il avait rencontrés sur sa route. Ce pauvre secrétaire perpétuel..., quelle frousse, grand Dieu! Et mâme Tronchu ! Et Urbain!
Où donc était-il allé se fourrer, cet animal ?... Au dehors, la rumeur populaire augmentait. In quiet soudain, le sculpteur se dirigea vers la fenêtre et l'entrouvit légèrement. La rue était noire de monde. Et Yan Ghérardt voyait sur les visages qui se levaient pour considérer avec crainte les fenêtres de ses appartements, se re
! 38 l'initiation fléter tous les degrés physiologiques de la terreur. Cependant, dans un court silence, le sculpteur en tendit une voix ordonner d'un ton impérieux: « Il n'y a pas à hésiter ! Si c'est un fantôme, tirez dessus à bout portant. On en sera débarrassé... Si c'est un homme... les menottes. » — Diable ! Tirez dessus !... Tirez dessus !... Ou les menottes ! Voilà des ordres qui n'avaient, certes, rien de rassu rant pour le sculpteur.
Profondément effrayé, il se pencha légèrement au dehors et, par une fente des contrevents, il aperçut un groupe d'agents, revolver au poing, pénétrer dans son immeuble. « Tirez dessus ! ! ! Tirez dessus ! ! ! Que faire pour échapper à ses assassins légaux !... Que faire ? » Éperdu, en proie à de nouvelles terreurs, Yan Ghérardt courait au hasard par les appartements, cher chant un réduit, une cachette pour se dissimuler.
Mais, hélas, maître Urbain ou le notaire avait fermé les armoires, les bahuts, les coffres et en avait em porté les clefs ! . . . Où se cacher, hélas, où se ca cher ?... Maintenant, la sonnerie électrique grelottait inlas sablement sous la main impérieuse de la force publi que... Mais personne ne venait ouvrir.
Urbain, pro bablement foudroyé de terreur, s'était évanoui dans son buen-retiro et Yan Ghérardt, sentant peu à peu la folie s'emparer de lui, courait d'ici, de là, à travers les appartements, cherchant une issue ou une ca chette.
UN MORT RESSUSCITÉ AU PANTHÉON 1 3g « Il n'y a pas à dire, fit une voix grondeuse au de hors. Il faut enfoncer ! Subséquemment, que le ser rurier il exécute sa consigne ! » Et Yan Ghérardt en tendit le cliquetis d'un trousseau de clefs, puis le glis sement du fer dans la serrure... C'était la fin l Et Yan Ghérardt, abattu, se laissa choir sur une banquette qui occupait une partie du vestibule. Mais, soudain, le malheureux se redressa.
Cette banquette !... Il se souvenait qu'on la garnissait, à l'intérieur, de bois, aux approches de l'hiver... Et on était en été ! D'un bon, Yan Ghérardt se dressa et souleva le cou vercle garni d'un fourreau de cuir bourré de crin. Le coffre était vide. Ébloui, Yan Ghérardt ramassa à la hâte ses habits d'immortel qui auraientpu trahir sa présence, les jeta au fond du coffre et s'y coucha dessus ; puis il laissa tomber le couvercle sur lui...
Il était temps l La porte s'ouvrit lentement, et le visage effaré d'un agent de ville apparut, dans l'entre-bâillement, en même temps que sa main droite, crispée sur un re volver. Prudemment, l'agent pénétra dans le vestibule et... toussa pour se donner du courage. Silence !... « Bougre de bougre ! » L'agent recula et fit signe à un de ses compagnons de pénétrer. Un deuxième se risqua pourtant et murmura en
140 l'initiation désignant la chambre du fond pleine de ténèbres : « Sale corvée ! Sale corvée ! Faudrait pas que l'es prit il nous «colloque » par le cou ! Tu sais... ça s'est vu ! J'ai fait marcher les tables, moi ! Ah ! mon vieux ! C'est terrrrrible! » — Allez ! allez ! fit l'autre. Les esprits ! les esprits ! Quelle blague ! ! — Heuh ! On l'a vu ! — Quoi ? — Le mort, pardi ! Le sculpteur ! — Allez ! Allez !
Passons l'inspecquetion du lieu ! » Vaguement rassurés par l'énergique injonction de son collègue, les deux agents, suivis bientôt de plu sieurs, se précipitèrent sur les fenêtres du logis et les ouvrirent toutes grandes. La lumière, pénétrant à flots dans les chambres, chassa les ténèbres de leurs moindres recoins. Et les agents commencèrent leur perquisition...
Les appartements un à un furent fouillés, les meu bles, fermés à clef, tournés, retournés... ; seul, par un hasard vraiment extraordinaire, providentiel, dû, en partie, aux agents eux-mêmes qui venaient se reposer, s'asseoir sur le coffre à bois, celui-ci ne fut pas ou vert. Maintenant, les agents, entièrement rassurés, plaisantaient et riaient entre eux de la bêtise du peuple.
L'agent-spirite seul demeurait macabre et répon dait d'une voix caverneuse à ses collègues : « Cher chez ! Cherchez! Pauvres mortels !... Qui voulez sai sir une âme ! »
UN MORT RESSUSCITÉ AU PANTHÉON 1 4 1 Et, dévotement, il récitait quelque prière pour le repos de l'âme de Yan Ghérardt. La découverte d'Urbain dans les water-closets acheva de porter à son comble l'hilarité matérialiste des sergents de ville. Leur joie railleuse ne connut plus de bornes quand, en essayant d'ouvrir la porte de ce réduit, la voix lamentable d'Urbain supplia : « Grâce ! Grâce ! monsieur Ghérardt !
Je dirai des prières pour votre âme ! Grâce ! Allez- vous-en ! Je prie rai pour vous !... » On parvint cependant à rassurer le domestique qui se décida à ouvrir : «Vous l'avez trouvé ? demanda-t-il en entre-bâillant la porte. — Qui? — L'esprit donc ! Le fantôme ! Il est venu son ner ! Je lui ai ouvert !.. . Et il est entré, Seigneur ! » ...?! Les agents ahuris regardèrent Urbain. « Il est fou !... Il faut l'enfermer !... Il a ouvert à l'esprit !
Comme si un quelque chose de espirituel avait besoin de sonner pour entrer ! » L'appartement fut de nouveâu inspecté ! Rien ! Les agents refermèrent les contrevents en riant au nez de la foule ameutée dans la rue et descendirent suivis de maître Urbain qui, à aucun prix, ne voulut rester seul dans l'appartement hanté. Et, de nouveau, Yan Ghérardt se trouva seul.
Avec précaution, l'illustre sculpteur sortit de son coffre et se livra alors à toutes les manifestations ex térieures de joie que l'esprit peut rêver. Pris d'un rire
142 l'initiation inextinguible, heureux de vivre, il exécuta des sara bandes endiablées dans sa chambre, puis, essoufflé, toujours riant, il tomba sur son lit et... Yan Ghérardt s'éveilla. A son chevet, le poète baudelairien et le romancier rosse, ô miracle! rajeunis le considéraient... Un instant, Yan Ghérardt demeura silencieux, ahuri, effrayé. Qu'arrivait-il encore ! Que faisaient ces hommes-là, ces anciens amis redevenus jeunes !
Quel nouveau cauchemar?... Le verbe aigu et sarcastique du romancier rosse le tira de sa stupeur : « Ben ! mon vieux ! Fallait le dire !... — Quoi donc ? — On t'attend sapristi, depuis quatre heures ! On va réveillonner sans toi ! — Où ça réveillonner ? Qu'est-ce que cela signi fie? — Cela signifie, vieux, qu'on t'attend, que tu es un ignare individu, un âne bâté, digne d'être bachelier et palmifié... 1 — Tu as lu Musset ? — Ben !
Si tu l'avais seulement ouvert comme moi..., pour lire la table... tu aurais vu qu'il y est question d'un proverbe que tu aurais dû retenir. — Qu'il ne faut jurer de rien, sacré bon sort I Et
UN MORT RESSUSCITÉ AU PANTHÉON 143 maintenant, viens grignotter des écrevisses avec nous, car tu dois avoir certainement une faim d'ogre, hein ? — Oh! oui ! J'ai une faim ! Pourquoi ? — Ah ! ça ?..., mon vieux ! Faudra le lui demander la prochaine fois... — ... A qui ? — A la fée Canabine, pardieu !... au haschich ! » Yan Ghérardt, médusé, se laissa entraîner sans ré sistance par ses amis, se demandant vaguement en core s'il avait rêvé ou rêvait toujours... A ce moment, le poète-occultiste entra. Il vit l'ahu rissement de son ami, eut l'intuition de ce qui s'était passé et murmura: « O Maya, Illusion cosmique, qui peut affirmer que tes rêves ne sont pas la réalité ou que la Réalité n'est pas un long rêve ! Jour de Brahma, Nuit de Brahma! Création universelle et Néant: Songe! Songe peutêtre ! Songe de Parabrahm ! Léon Combes.
LES ORIGINES DE L'ÉGLISE RÉSUMÉ DE L'Apostolat de l'apôtre Jacques de Jérusalem {Suite.) Jacques est tout entier dans cette sincérité, ce sé rieux de la vie chrétienne embrassée sans réserve ni partage. Comme Paul, nous l'avons vu, il ne se dissi mulait pas qu'une semblable perfection est «un don parfait, descendant d'en haut, du Père des lumières en qui il n'y a ni variation, ni ombre de change ment » ; qu'il faut donc pour l'obtenir le demander, s'approcher de Dieu si l'on veut qu'il s'approche de nous »; aussi avait-il fait de la prière le capital de sa vie et y ramène-t-il, en terminant sa lettre, toute la pratique de la foi : « Quelqu'un parmi vous est-il dans l'affliction ? Qu'il prie. Est-il dans la joie ? Qu'il chante des can tiques. Quelqu'un parmi vous est-il malade? Qu'il appelle les anciens de l'assemblée, et qu'ils prient pour lui en l'oignant d'huile au nom du Seigneur; et la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le
l'apostolat de saint jacques 145 soulagera, et s'il a commis des péchés, il lui sera par donné. Confessez vos fautes l'un à l'autre, et priez l'un pour l'autre, afin que vous soyez guéris, la fer vente prière du juste peut beaucoup. » Nous ignorons de quel effet fut cette lettre. Le lan gage de Jacques, si chrétien d'âme, mais Juif de forme, tout divers de celui auquel Paul avait habitué ses fidèles, eut-il prise sur les esprits.
Les Israélites mêmes de ces Églises lointaines ne furent-ils pas plus surpris que charmés de s'entendre appeler « les Douze tribus de la Dispersion », de voir le mosaïsme, flétri par Paul comme « loi de péché et de mort », de nouveau proclamé par Jacques la forme « parfaite » du chris tianisme, « la loi reine » absolue, dont tous les com mandements doivent être gardés et en telle rigueur que « faillir sur un point, c'est se rendre coupable sur tous? » Jacques d'ailleurs avait-il au loin la même autorité qu'à Jérusalem?
Ni l'Écriture, ni les tradi tions ne l'indiquent. En retour, ce que marquent expressément ces der- ( nières, c'est l'influence croissante de Jacques dans la Cité Sainte. L'ascétisme a grand prestige en Orient. Or, l'on sait jusqu'où Jacques poussait le mépris du corps.
A voir passer ce saint aux longs cheveux in cultes, pieds nus, les membres séchés de jeûnes, à le voir prier, genoux en terre ou prosterné, un respect invincible saisissait : Juifs comme chrétiens baissaient le front devant l'homme qui rappelait les voyants de leur race, et par la rudesse du dehors et par le feu de la voix. Mais c'était le peuple surtout, les humbles, les pauvres toujours nombreux à Jérusalem qui l'écou 10
146 l'initiation taient avidement, car il partageait leur aversion pour les puissants en Israël, et avec une libre audace jetait l'anathème à la corruption des grands, à leurégoïsme fastueux et dur : « Et maintenant, riches, pleurez, hurlez sur les mi sères qui vont vous survenir.
Vos richesses sont pourries, vos vêtements rongés aux vers, votre or et votre argent sont rouillés et leur rouille sera en témoi gnage contre vous et dévorera votre chair comme le feu; c'est là le trésor de colère que vous amassez pour les derniers jours. Or, voici que le salaire dont vous frustrez les ouvriers qui ont fait la récolte de vos champs crie contre vous, et la voix des faucheurs est montée jusqu'aux oreilles du Seigneur Sabaoth.
Vous avez vécu dans les délices sur la terre, et vous vous êtes livrés aux voluptés ; vous vous êtes engraissés comme des victimes pour le jour du sacrifice. Vous avez condamné, vous avez tué le Juste qui ne vous résistait pas. » L'émotion de la foule était grande, à entendre de telles invectives, mais non moins vive la colère des grands si rudement flagellés.
Nous avons fait con naître ailleurs cette aristocratie, presque entièrement sacerdotale. Elle n'avait point changé depuis Agrippa; mêmes débordements, même insolence de luxe, même rapacité. Le pontificat, acheté à prix d'or, de venait en leurs mains un instrument de tyrannie. Les dîmes tardaient-elles à rentrer? Les valets se pré cipitaient sur les granges, pillaient, maltraitaient les réfractaires. Aussi le peuple et les prêtres inférieurs, réduits au dénûment par leurs exactions, s'unis
l'apostolat de saint jacques 147 saient-ils dans une haine commune. L'anathème sui vant, conservé dans le Talmud, montre quelles ré voltes couvaient au fond des cœurs : Quelle peste que la famille de Boethos ! Malheur à leurs bâtons ! Quelle peste que la famille de Hannan I Malheur à leurs sifflements de vipères ! Quelle peste que la famille de K.ataros I Malheur à leurs plumes !
Quelle peste que la famille d'Ismaël, fils de Phabi I Malheur à leurs poings ! Ils sont grands prêtres, leurs fils sont des trésoriers, leurs gendres commandants et leurs valets frappent le peuple de leurs bâtons ! C'était là sans doute quelque refrain populaire, murmuré à bas bruit ; les pontifes n'en avaient cure.
Que leur importaient de sourdes colères au-dessous d'eux, pourvu que nul éclat ne vînt troubler l'ordre public et les compromettre avec Rome! Bien autre ment dangereux leur paraissait Jacques, car sa sain teté lui donnait empire sur tout ce que Jérusalem renfermait d'honnête.
Les Pharisiens eux-mêmes le vénéraient pour son respect de la Loi ; or, les Pharisiens, c'était propre ment le corps de la Nation ; hors d'eux, les Saducéens ne formaient qu'une minorité immorale et sceptique.
Péril politique, froissements d'orgueil, ran cunes de vices, tout exigeait qu'on étouffât sa prédica tion : les circonstances s'y prêtèrent : Festus étant mort en Judée au commencement de l'an 62, Albinus fut désigné par Néron pour lui suc- ■
148 l'initiation céder. Le nouveau procurateur fit route par l'Egypte, et par suite mit plusieurs mois à prendre le gouver nement de sa province. Dans cet intervalle, le souve rain pontificat changeait également de mains ; Hérode Agrippa destituant Joseph Cabi, installait à sa place Anne (Hannan), fils du grand prêtre de même nom, que le jugement et la mort du Sauveur ont rendu tristement fameux.
Les violences haineuses étaient héréditaires dans cette famille, mais Anne le jeune se distinguait par sa dureté de cœur, son audace arrogante. Sentant mieux que tout autre à quel point la sainteté de Jacques discréditait lui et ses pareils, il résolut de le perdre.
Agrippa se trouvait alors loin de Jérusalem ; Albinus, nous l'avons vu, tardait à y venir; l'occasion était unique de commettre sans contrôle, partant sans opposition, un meurtre légal. Anne la saisit, rassembla en hâte le Sanhédrin et fit condamner à la lapidation, comme violateurs de la Loi, Jacques et quelques-uns des frères.
Il fut aisé de frapper ces der niers, pauvres et obscurs apparemment, plus difficile d'atteindre Jacques que toute la ville vénérait. Un récit d'Hégésippe, où, sous des détails apocry phes, se découvre un fond de vérité, indique que les Sanhédrites furent contraints de ruser avec l'apôtre et d'exécuter leur sentence par surprise.
On était au temps de la Pâque, dit l'antique chroni queur ; ils amenèrent Jacques sur les terrasses du temple et le pressèrent de flétourner de Jésus le Cru cifié le peuple assemblé dans les parvis. «c Pourquoi m'interrogez-vous sur Jésus, Fils de l'homme, cria-t
L'APOSTOLAT DE SAINT JACQUES I49 il à haute voix ; il est assis au ciel, à la droite de la grande Vertu de Dieu, et il viendra dans les nuées du ciel. » « Hosanna au fils de David ! » répondit la foule. « Nous avons mal fait, se dirent entre eux les Sanhédrites, d'attirer ce témoignage à Jésus; montons et jetons-le en bas afin qu'effrayés ils ne croient plus en lui. » « Oh !
Oh ! le juste lui-même s'égare », se pri rent-ils à crier et, montant sur la terrasse, ils le préci pitèrent dans le parvis.
Jacques ne mourut point sur le coup, mais se redressant il fit à genoux cette prière, la prière de son Maître sur la croix : « Seigneur Dieu, notre Père, je vous en conjure ; pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. » Les Scribes ne répondi rent que par un cri de mort : « Lapidons Jacques le Juste », et ils commencèrent à lui jeter des pierres; comme ils l'en accablaient, un des prêtres de la fa mille des Réchabites tenta de les arrêter : « Que fai tes-vous, dit-il, le juste prie pour vous. »Mais un foulon qui se trouvait là prit son maillet à fouler les draps et le frappa à la tête.
Ainsi fut martyrisé l'apôtre. Ce meurtre indigna les Juifs mêmes de Jérusalem, et ce furent les stricts observateurs de la Loi qui se montrèrent le plus irrités, car Jacques était leur gloire.
Plusieurs d'entre eux dépêchèrent en secret au roi Agrippa, lui demandant de réfréner la tyrannie d'Anne et d'empêcher le renouvellement de pareilles violen ces ; d'autres se tournèrent vers le nouveau gouver neur, qu'ils rejoignirent au moment où il partait d'Alexandrie pour la Judée.
i5o l'initiation A la nouvelle que, sans son agrément et au mépris de ses droits, on avait réuni le Sanhédrin en conseil judiciaire, Albinus envoya au pontife une lettre de colère et de menace, mais Anne n'eut pas le temps d'en ressentir l'effet, Agrippa l'ayant déposé pour lui substituer Jésus, fils de Damnée. Le pontificat d'Anne n'avait duré que trois mois.
Cette satisfaction donnée à l'indignation publique ne suffit pas toutefois à bannir de Jérusalem le trou ble et l'inquiétude. L'opinion y demeura que Dieu vengerait la mort du saint ; aussi, dès que la guerre fondit sur le pays, beaucoup y virent l'approche du châtiment redouté. Tout du reste dans la cité sainte n'appelait-il pas le bras divin ?
Au-dessous de ma gistrats corrompus, des imposteurs de toute prove nance entretenaient dans la foule une fièvre continue de révolte ; les Zélotes y jetaient la terreur. Festus les avait réprimés sans trêve ni merci, mais les bandes disséminées, courant le pays, ne pouvaient être saisies et détruites ; domptées sur un point, elles reparais saient ailleurs.
Albinus ne continua pas cette lutte ingrate ; moins probe que son prédécesseur, il ferma les yeux sur les entreprises de ces brigands ; bien plus, il leur fit payer sa connivence. Ainsi désorientée, que pouvait la triste Jérusalem, qu'attacher sur l'abîme des regards éperdus et chan celer de vertige ? Vers la fin de cette même année(Ô2), de sinistres clameurs commencèrent à retentir dans ses murs.
Un paysan, Jésus, fils de Hannan, était venu à la fête des Tabernacles : nouveau Jérémie, il se prit tout à coup à crier dans le temple : « Voix de
l'apostolat DE SAINT JACQUES 1 5 I l'Orient ! Voix de l'Occident ! Voix des quatre vents! Voix contre Jérusalem et le temple ! Voix contre les mariés et les mariées ! Voix contre tout le peuple! » Il courait jour et nuit dans les rues répétant le même anathème ; quelques grands, importunés de ses malé dictions, l'arrêtèrent et le firent battre. Il ne dit rien, ne demanda pas grâce, mais se remit à crier comme auparavant.
Une telle audace déconcerta les magistrats ; crai gnant que cette voix ne vînt de Dieu, ils amenèrent ce Jésus au gouverneur Romain, qui ordonna de le flageller jusqu'à lui découvrir les os. Il ne pria per sonne, ne pleura point, mais, à chaque coup, il répé tait d'une voix pitoyable : « Ah ! Ah ! Jérusalem ! » Albinuslui demanda qui il était, d'où il venait et la raison de ses cris. Nulle réponse que sa lamentation habituelle.
« C'est un fou », dit le gouverneur, et il le relâcha. Jésus, fils de Hannan, continua ainsi jusqu'au siège, sans parler à personne, sans se plaindre de ceux qui le maltraitaient, sans remercier non plus ceux qui lui donnaient à manger. Aux jours de fête, ses cris redoublaient et jamais sa voix n'en devint rauque. Dès que la ville fut blo quée, il se mit à tourner autour des murailles en criant : « Malheur à la ville ! Malheur au temple !
Malheur au peuple ! » Il ajouta enfin : « Malheur à moi! » et s'abattit, tué par la pierre d'une machine. La ruine annoncée dès 62 par cet étrange voyant, ne devait s'accomplir que huit ans plus tard, mais rien désormais n'en pouvait conjurer l'approche, car
i5a l'initiation avec Jacques, le dernier rempart qui arrêtât la justice divine venait de tomber. Nul apôtre, en effet, ne remplaça le « frère du Sei gneur » à la tête de l'Église Mère ; la communauté chrétienne qui y demeurait, persécutée, tremblante, fut bientôt réduite à s'enfuir. Jérusalem, livrée seule au courroux du ciel, allait sentir « sur elle et ses fils le sang divin répandu ». Un Groupe spiritualiste.
Les lois scientifiques de la Hlédiumnitô CONFÉRENCES DU PROFESSEUR ARULLANI, A TURIN [Annales des Sciences psychiques.) Ceux parmi nos lecteurs qui se souviennent du récit des expériences faites avec Eusapia, à Turin, par le professeur P. Foà et trois assistants du profes seur Mosso (Voir Annales, avril 1907), se souvien dront peut-être du scepticisme montré par le docteur Arullani, l'un des expérimentateurs — scepticisme qui lui valait la colère de « John King », qui se ma nifesta parfois même par des coups, frappés avec des morceaux de bois, sur l'investigateur trop sévère et fureteur. Cette ferme volonté d'aller au fond de la vé rité valut pourtant au docteur Arullani une convic tion complète au sujet de l'authenticité des phéno mènes en question, et le 6 mars dernier, le docteur P.-F. Arullani, qui est professeur de neuropathologie à l'Université de Pavie, donnait à Turin une confé rence publique dont rendent compte les journaux de cette ville. Le conférencier débuta par une claire description de l'anatomie du système nerveux, de la loi de Lavoisier sur l'indestructibilité de la matière et celle de Mayer sur l'indestructibilité de l'énergie, pour passer à appliquer ces principes mécaniques à la force ner veuse dans ses différentes manifestations.
154 l'initiation L'énergie nerveuse peut se transmettre au corps d'un de nos semblables, lorsque celui-ci possède un tempérament propre à répondre au premier, naturel lement, ou bien grâce à des manœuvres spéciales pra tiquées par le premier sujet sur le second.
Il y en a des exemples dans la science, comme : i° la sugges tion à l'état de veille, c'est-à-dire ce procédé au moyen duquel on introduit dans le cerveau d'un in dividu éveillé, avec la parole ou le geste, l'idée du phénomène désiré : ce procédé est mis en œuvre non seulement par le médecin dans un but thérapeutique mais aussi par la nature même ; 2° la transmission dela pensée, c'est-à-dire l'effectuation, de la part d'un sujet, de l'action pensée par un autre, avec ou sans contact : il faut nécessairement une concentration unique et profonde de l'opérateur dans la pensée de l'action qu'il veut faire exécuter; 3» l'hypnotisme, qui s'obtient avec la méthode de la violence ou de la douceur ; l'individu endormi est sous la domination complète des sens et de la volonté de l'opérateur, et se trouve excessivement suggestionnable, même à distance; le système nerveux de l'hypnotisé répond alors harmoniquement au système nerveux de l'hyp notiseur parce que ce dernier peut exciter en lui tous les phénomènes de la sphère psychique et motrice ; 4° la télépathie, par laquelle le phénomène se vérifie entre des personnes très éloignées entre elles, même se trouvant parfois l'une dans un continent, l'Europe, par exemple, et l'autre en Amérique. Les faits se vé rifient entre deux vivants, plus souvent entre un vivant et un agonisant, parfois pendant le sommeil
LES LOIS SCIENTIFIQUES DE LA MÉDIUMNITÉ 1 55 d'une personne ; c'est un grand danger qui atteint un sujet et ressenti contemporanément par l'autre, c'est la vision que l'un des sujets a de l'autre dans les con ditions physiques ou morales où il se trouve, ou s'est trouvé à peu de temps de distance. De la télépathie, on passe au phénomène médiumnique.
Il y a des sujets qui, outre leur propre énergie ner veuse abondante, en soustraient en partie de per sonnes liées avec elle par la chaîne, et réussissent à j'accumuler à la périphérie du corps en une quantité et une tension assez grandes pour la faire rayonner de l'extérieur, de manière à obtenir une projection en dehors de toute la substance nerveuse fonction nant, de sorte qu'ils viennent à avoir une extériorisa tion de la sensibilité et de la motricité.
Dans ces sujets, on trouve en outre la possibilité d'obtenir des phéno mènes suggestifs, de transmission de pensée et de télépathie. Le médium, par conséquent, dans l'état médiumnique, fait rayonner à l'extérieur de son corps, dans l'ambiant externe, l'énergie nerveuse qui, une fois extériorisée, se propage en rayons sensitifs et mécaniques.
La preuve de cette vérité nous est donnée dans les séances médiumniques mêmes, dans lesquelles, si l'on serre par exemple la table qui se meut, le médium souffre comme si l'on étreignait avec la main sa personne même. Dans le plus fort état médiumnique, qui s'obtient pendant le plus pro fond sommeil médiumnique, l'extériorisation de l'énergie nerveuse est à son maximum, et c'est donc le moment le plus favorable pour la matérialisation,
1 56 l'initiation qui se manifeste comme des formes visibles, d'une densité diverse ; mais l'énergie et le fantôme dont le médium est le miroir réflecteur, après avoir produit le travail en question, comme l'énergie en mécanique, se dissolvent.
Le fantôme contient de même des rayons sensitifs et mécaniques, qui lui viennent directement du corps du médium conscient, ou indirectement par suggestion des assistants sur le médium, ou enfin par influence de personnes même éloignées. Dans ces faits réels de télépathie, on peut parler d'autonomie du fantôme. Cette théorie générale trouve ses manifestations multiples, variables selon la figure neurologique et psychologique du médium.
C'est elle qui explique ces auto-suggestions médiumniques, d'un degré supé rieur à celles hypnotiques, par lesquelles les facultés intellectuelles du médium s'exaltent, et non seule ment dépassent la mesure normale, mais peuvent donner lieu à des modalités et des combinaisons di verses, par lesquelles, par exemple, le médium parle des langues qu'il ignore, et fait de la musique avec des instruments sur lesquels sa main ne s'est jamais exercée.
Le professeur Arullani tire de là son principe que le médium est un organisme complexe, et complexe est aussi l'essence de son énergie nerveuse extériorisée ; par conséquent, la théorie explicative des phéno mènes ne peut — ainsi qu'on l'a trop fait jusqu'ici — être réduite à unité de cause. Certainement, avec cet axiome, l'essence de l'éner
LES LOIS SCIENTIFIQUES DE LA MEDIUMNITÉ 1 57 gie médiumnique n'est pas encore expliquée. Et c'est la raison pour laquelle des cerveaux profonds et doctes recourent à l'intervention des esprits. Sans pouvoir les nier à priori, le professeur Arullani ne voit pas la nécessité de son hypothèse.
Outre les rayons sensitifs et mécaniques, des rayons radio-ac tifs, des rayons électriques, thermiques et d'autres inconnus sont contenus dans l'énergie médiumnique. Nous devons étudier comment ces rayons se comportent avec tous les rayons des autres énergies libres dans l'atmosphère (soustraction, augmentation, neutralisation) et l'influence que possède sur tout ceci la température ambiante et surtout la qualité de la lumière.
Alors peut-être nous pourrons expliquer : la iacilité (l'aide) que le médium trouve à pouvoir concen trer son énergie nerveuse ; l'action que celle-ci a sur les forces moléculaires des corps, c'est-à-dire sur le rapprochement des molécules, ainsi que le prouverait la possibilité de se rapetisser que possède la matéria lisation (comme l'aurait observé l'Américain Brackett) et sur l'éloignement de ces molécules, comme le prouverait la désagrégation de certaines substances, et le contraire : la lévitation même du médium, qui tient du surnaturel.
Certainement, le corps humain est soumis aux mêmes lois qui règlent la matière et l'énergie des au tres corps. Ceci est prouvé : i° parla radio-activité humaine, découverte par Charpentier; 2° les phéno mènes fermentatifs, obtenus aussi par des métaux communs finement divisés, pour la production de
1 58 l'initiation faibles courants électriques entre les molécules du métal et ceux de la substance fermentée. On peut identifier ces phénomènes fermentatifs avec les phé nomènes vitaux et l'on voit poindre ainsi l'origine des phénomènes vitaux dans la production de faibles courants électriques ; 3° les effets des faibles courants électriques sur la substance nerveuse humaine.
Donc dans le travail des tissus (dans la vie) toute la trame nerveuse, en forme d'éventail, serait conti nuellement parcourue par des courants électriques en sens centripète et centrifuge ; le cerveau les accu mulerait, les perfectionnerait et en dégagerait de luimême, sous la forme d'énergie nerveuse plus élevée et plus complexe, c'est-à-dire de l'intelligence et de la pensée.
Après le transport à distance et l'utilisation pra tique de toutes les énergies connues, qu'y a-t-il donc d'étonnant si l'énergie humaine, en certaines circons tances, peut rayonner à distance et être reçue comme expression de phénomènes suggestifs, hypnotiques et télépathiques, ou bien si, comme dans les médiums, elle peut subir à l'extérieur des procédés spéciaux de condensation en formes matérialisées ?
Ainsi, l'expression populaire que, lorsqu'un indi vidu est nerveux, il a de l'électricité dans le corps, trouve sa pleine confirmation scientifique. L'énergie humaine est une partie de l'énergie cos mique. Et par un hymne ailé et inspiré à la sympa thie profonde qui relie indissolublement ces deux énergies, la puissante conférence du professeur Arullani prit fin au milieu d'une véritable ovation.
LES LOIS SCIENTIFIQUES DE LA MÉDIUMNITÉ 1 5g Nous saisissons l'occasion pour faire remarquer que le professeur Arullani avait déjà tout dernière ment développé, en partie, ses idées sur l'argument dans une brochure intitulée : SuIIa medianita cTEusapia Paladino (Turin, Rosenberg et Sellier, 1907; prix : 1 franc). Cet intéressant petit ouvrage contient aussi une étude physiologique sur le médium napoli tain ; le professeur Lombroso Ta cité à plusieurs re prises dans son article que nous avons publié dans notre fascicule du rr février dernier.
-. ù PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens. La reproduction de» articles Inédits publiés pur VInitintion est formellement interdite, à moins d'sntorisatlon spéciale. DE LA THÊURGIE EN MÉDECINE I Parmi les innombrables questions que soulève dès maintenant la synthèse future, j'ai choisi la Médecine spirituelle et la Théurgie en médecine. Ce sujet dont je vais vous entretenir est bien pas sionnant, puisqu'il s'agit de secourir nos semblables pour les garder près de nous le plus longtemps pos sible, et de faire tout en notre pouvoir pour les arra cher aux affres de la douleur et de la mort. Je vais donc faire tous mes efforts pour vous le présenter sous une forme simple et pratique sur tout. Je vous ferai d'abord un très court aperçu de l'his torique de la médecine occulte, hermétique et spiri tuelle des temps les plus anciens jusqu'au moyen âge, afin de vous faire voir que le sujet n'est pas nouveau et qu'en vous l'exposant, j'ai simplement (i) Résumé de la Conférence faite à la Société d'Études psy chiques de Nancy, dans sa séance du 10 novembre 1907, par Mme le docteur Jinmt Liebkmann.
DE LA THÉURGIE EN MÉDECINE 1 6l voulu vous esquiser à grands traits l'origine de la médecine spirituelle et théurgique. Les doctrines spiritualistes, lorsqu'elles sont bien comprises, pourraient être comparées à la fameuse fontaine de Jouvence, qui faisait renaître la jeunesse dans les corps épuisés.
Vous avez certainement remarqué que, lorsque votre esprit s'est ouvert aux idées de l'au-delà, un espoir nouveau est venu doubler les forces de votre âme. Appliquez le spiritualisme à la philosophie, et elle devient lumineuse. Êtes-vous artiste? C'est dans le spiritualisme que vous puisez l'inspiration de vos œuvres les plus nobles.
Eh bien! je voudrais vous montrer aujourd'hui qu'il existe aussi une médecine qu'on pourrait appeler médecine spiritualiste, beaucoup plus féconde en résultats que la médecine ordinaire ou matérialiste. Le spiritualisme n'est pas une doctrine nouvelle; le Christ même est venu nous l'enseigner, et les Évan giles, incompris pour beaucoup d'entre nous, n'en sont que la base.
La médecine spirituelle non plus n'est pas nouvelle, les anciens en connaissaient à fond les branches les plus variées. La théurgie, qui au temps de l'École d'Alexandrie faisait partie intégrante de la médecine, remontait déjà très loin, puisque la tradition la rapporte à Her mès Trismégiste,roi de Memphis,vingt siècles avant le Christ. Le premier homme de l'antiquité qui se soit occupé 11
IÔ2 l'initiation mai de l'art de guérir, Esculape, vécut, à ce que l'on sup pose, quatorze siècles avant l'ère chrétienne. Fils d'Apollon, il fut surnommé ledieude la médecine, et Hygie, sa fille, symbolisait la santé. Il examinait minutieusement ses malades et, après s'être rendu compte de leur état, leur faisait des pres criptions « mystiques », c'est-à-dire inspirées par les divinités ou les invisibles.
L'Inde fut le berceau de la médecine; c'est dans l'Inde que puisèrent les prêtres égyptiens qui initiè rent Moïse et Pythagore. Isis était la déesse de la médecine. Vers l'an 456 avant le Christ, nous voyons Hippocrate, le plus grand médecin de l'antiquité, faire de la médecine spirituelle.
Sortie des temples initiatiques, où elle était exclusi vement enseignée, la médecine fut vulgarisée par Hippocrate, surnommé à juste titre le « père de la médecine ». Né à Cos, île de la mer Egée, il fut le premier cli nicien au temps dela splendeur d'Athènes, au grand siècle de Périclès. C'est lui qui personnifie l'École de Cos et qui a, pour ainsi dire, fondé la médecine.
A cette époque, nous dit Grillot de Givry, la méde cine se scinda en deux doctrines : l'une ésotérique, enseignée aux adeptes ; l'autre exotérique, dont s'em parèrent les esclaves. Il en fut ainsi jusqu'à l'arrivée du Christianisme, où la profession médicale redevint, pour ainsi dire, sacerdotale. Jusqu'alors, nous voyons la médecine enseignée
I908 DE LA THÉUBGIE EN MÉDECINE l63 seulement au point de vue science; tandis qu'à partir de maintenant, elle va être caractérisée par le dévoue ment et la charité. C'est ainsi qu'on voit se fonder les premiers hôpi taux, ainsi que les premiers ordres de religieuses : les Diaconesses, préposées à donner leurs soins aux ma lades de ces hôpitaux.
Puis vers le neuvième siècle, l'enseignement de la médecine redevient encore enseignement monastique et comprend surtout l'étude des simples et des plantes. Mais l'École de Bagdad, qui fut le véritable centre intellectuel en Orient, avait conservé les traditions de la médecine occulte. Bientôt les alchimistes introduisirent de nouveau les deux branches de l'art médical : médecine ésotériqueet exotérique, fondues en une seule.
A la suite de cette fusion, vers le douzième siècle, on voit se fonder les premières facultés de médecine : celle de Montpellier, illustrée par Arnaud de Ville neuve ; celle de Milan, illustrée par Lanfranc.surnommé le« maistre de bonne mémoire » et enfin celle de Bologne. A cette époque, tout médecin était alchimiste.
Les Facultés s'emplissent d'étudiants, les uns pour l'occultisme, les autres pour les sciences natu relles ; la médecine est exercée autant par les ecclé siastiques que par les civils,jusqu'à ce que les adeptes et les initiés se retirent peu à peu de ces Facultés et que l'enseignement médical redevienne encore abso lument exotérique.
164 l'initiation Pendant plus de deux siècles, on assiste à d'inter minables querelles entre les barbiers chirurgiens à robe longue, les barbiers-chirurgiens à robe courte, les praticiens à robe longue, les apothicaires, et ainsi jusqu'à l'arrivée du célèbre Ambroise Paré, grand spiritualiste, qui avait coutume de dire, quand il avait arraché un malade à la mort : « Je le soignai et Dieu F a guéri. » Bientôt la médecine occulte renaît avec Paracelse, célèbre alchimiste et médecin tout à la fois, qui fonda l'Université de Bàle.
C'est lui qui fut un des premiers à secouer le joug des anciennes doctrines. C'est en somme Paracelse et Van Helmont qui pré parent l'émancipation de la médecine.
Aussi c'est de Paracelse queLeibnitz disait : «C'est le plus médecin de tous les fous, et le plus fou de tous les médecins. » Il s'inspirait de la philosophie, de la théosophie, de l'astronomie et de l'alchimie, et c'est ainsi qu'il éta blit le principe d'une âme corporelle présidant à la vie du corps, et d'une âme spirituelle qui survit à ce corps. L'archée est l'esprit de vie ou le régulateur des phénomènes vitaux.
Paracelse fut aussi le précurseur de l'homéopathie, en traitant lui-même par des doses infinitésimales, se basant sur ce principe : que c'est f'esprit du médi cament qui agit et non la quantité. Il rechercha aussi la pierre philosophale. Je vous ai nommé tout à l'heure Van Helmont : ce fut un célèbre chimiste et médecin belge, un illuministe aux conceptions souvent géniales.
DE LA THÉURGIE EN MÉDECINE 165 Il préconisait par-dessus tout le traitement magné tique des plaies et de bien d'autres maladies d'origine spirituelle. Très intuitif, il avait des songes révéla teurs, et pensait que les remèdes enlevaient le mal, non par la puissance du médicament, mais en vertu d'un don de la divinité, qui aide la nature et qui est médicatrice par elle-même.
II Après cet aperçu de l'historique de la médecine, je dois vous dire qu'à l'arrivée de Paracelse : méde cine, pharmacopée, alchimie, astronomie, kabbale et philosophie se fondent en une même science, et que de cette synthèse sont sorties beaucoup de mé thodes diflérentes pour obtenir la guérison des mala dies. i° La médecine occulte.Cellequi néglige ou ne tient aucun compte des phénomènes morbides du corps physique et qui, basant son diagnostic sur l'examen astral du malade, traite directement la vie propre dans son corps visible ( i ); 2° La médecine hermétique, qui consiste dans le maniement des fluides psychiques allié à la connais sance des dynamismes astraux; 3° La médecine spagyrique ou alchimique.qui con siste à dynamiser tous les médicaments de la nature physique; 4° La médecine magique, qui a pour but de faire (i)Sédir, Science maudite.
i66 l'initiation appel aux agents spirituels de la nature, agents de tout grade, et de toutes qualités; 5e La médecine homéopathique ou celle des sem blables, qui consiste dans la dynamisation des molé cules d'un médicament; 6 La médecine allopathique ou ordinaire, ou mé decine des contraires; 7° La médecine spirituelle, qui comprend le ma gnétisme et la théurgie.
III Aujourd'hui, le mode de thérapeutique le plus em ployé est l'allopathie, ou médecine ordinaire. Elle ne considère dans l'homme que son corps physique, son corps matériel. C'est en lui qu'elle voit la cause de toutes les maladies, quelles qu'elles soient ; c'est donc exclusivement à ce corps qu'elle applique ses remèdes ; mais la sanié physique n'est pas toujours la vraie.
Il manque donc une méthode combinée, donnant naissance à une médecine morale dont les résultats dépasseront toutes suppositions actuelles. L'homme constitué est une lumière qui éclaire les ténèbres. Vous savez tous que l'homme se compose de trois corps ou trois « principes » : i° Son corps physique tenant de la matière ; 2° Son corps astral, qui est un foyer d'énergie te nant de la vie universelle, et qui représente, en
DE LA THÉURGIE EN MÉDECINE 167 somme, la vie par l'intermédiaire des organes physi ques. Car c'est à l'aide du corps astral, aussi bien que du corps physique, que l'âme entre en rapport avec le monde visible ; 3° Son corps spirituel, tenant du divin. Eh bien ! la première source de la santé de l'homme, c'est la vie spirituelle. La seconde est l'astrale et, en troisième lieu seule ment, la santé physique.
Il y a une comparaison bien simple pour expliquer la fonction de ces trois corps et, par conséquent, la source des différentes maladies : C'est celle d'une lampe à pétrole allumée ; Le corps spirituel est représenté par la flamme; Le corps astral par le pétrole ; Le corps physique par le corps.de la lampe. La flamme est du soleil qui était caché quelque part et qui reparaît. L'esprit ou corps spirituel est du divin qui reparaît aussi.
Eh bien I quand la lampe éclaire mal, cela peut dépendre de trois causes : Oii de la mauvaise qualité de la mèche, qui repré sente le conduit physique de la vie ; Ou du pétrole, qui peut être mauvais (mauvais as tral) ; Ou du corps de lampe (ou corps physique). La lampe a deux ressources de combustion : le pé trole et l'air ; elle respire. L'homme aussi respire l'astral universel. Quand nous examinons une lampe, la chose im
i G8 l'initiation portante est de voir si elle éclaire bien, et, si elle éclaire mal, d'en déterminer la cause : soit dans la mèche, soit dans le pétrole, ou le corps de lampe ; autrement dit, si c'est une maladie de la flamme ou corps spirituel, ou du pétrole (corps astral). Si l'homme a le calme du cœur, son esprit rayonne comme la flamme. Il y a des êtres qui ont subi les douleurs les plus atroces et qui ont le calme du cœur.
Ceux-là sont équilibrés ; c'est l'indice de l'équi libre de l'être qui a bien rempli sa mission. Tout être qui reste dans son axe ou son plan a le calme du cœur. La santé astrale, elle, se détermine par le rayonne ment qui se perçoit dans la main.
Vous comprenez bien, d'après ces données, que la philosophie, la théorie même de la médecine maté rialiste ou exclusivement physique, est en quelque sorte fausse ou incomplète et que ses moyens d'action sont empreints de quelque brutalité ; parce que ce qui peut s'appliquer au corps physique ne peut s'ap pliquer au corps astral, ni au corps spirituel, et voilà ce qui vous explique les nombreux insuccès de pra ticiens même les plus savants et les plus dévoués.
Qu'importe-t-il de savoir, lorsqu'on se trouve en présence d'un malade ? Est-ce une maladie purement physique, venant de la terre, ou une maladie ayant sa source venant de l'astral, ou une maladie venant du corps spirituel? Dans le premier cas, la médecine ordinaire réussit toujours; mais, dans le second cas, c'est-à-dire toutes les fois qu'il s'agira de « redresser l'astral pour agir
DE LA THÉURGIE EN MÉDECINE 169 sur le physique, la médecine rationnelle sera l'ho méopathie, dont le spiritualiste Hahnemann fut le fondateur. Troisième cas : Si la maladie est d'origine spiri tuelle, le seul remède sera lathéurgie ou la prière. En résumé, maladies physiques, telles que courant d'air, refroidissement, choc physique, toutes celles propres aux tissus auront pour correctif la médecine ordinaire ou allopathique.
Les maladies de l'astral, c'est-à-dire engendrées par de mauvais actes, de la méchanceté, de mauvaises pensées, de la colère, du manque de charité, mala dies que nous engendrons nous-mêmes par une sorte de réaction d'empoisonnement de l'atmosphère, comme les maladies chroniques du foie, de l'estomac, seront justiciables de l'homéopathie.
L'hystérie et l'épilepsie, maladies du grand sympa thique, dites « maladies de surprise » à la suite d'une frayeur dans laquelle se débat le sujet entre la vie et la mort, de même que l'aliénation mentale ou le cancer, ne pourront être traitées que par la théurgie. (A suivre.) Dr Jenny Liebkmann.
LE VOYAGE DE KOSTI (Suite.) Mais l'Ordre doit être aussi quelque chose d'indi viduel dans l'homme, et cela ne peut arriver que si la pensée, la volonté et l'action sont en unité avec l'Ordre éternel des choses. Penser, vouloir ou agir, ne peut donner cette unité: l'esprit doit être réalisé dans la volonté, la volonté dans l'action, la raison et le cœur doivent se trans former en action. La duplicité est en contradiction avec la Loi de l'Unité.
Penser, vouloir et agir autrement, est cette duplicité qui est la destruction du bonheur humain, et sa politique sera connue un jour sous le nom de politique universelle. L'ennemie de la Vérité, la mère de toute fausseté, est formée par l'erreur de la raison, entretenue par les passions du cœur, et on lui rend hommage par les vices des actions.
Quelles funestes conséquences naîtront forcément quand la morale, la science et les arts mêmes quitte ront leur voie, et deviendront les médiateurs du vice et des passions ! — Tout sera alors apparence, nulle part la Vérité. Partout les hommes auront leur bien et leur intérêt personnel comme Loi, et se serviront
LE VOYAGE DE KOSTI I7I de la pauvre humanité comme Moyen, pour atteindre leur But sans réfléchir où ce désordre les amènera forcément. Celui qui veut faire du bien doit persuader l'hu manité que cette grande œuvre exige le bonheur, le contentement, le plaisir de tous; que le bien-être de tous doit être le But, l'Ordre éternel, la Loi, et l'homme le Moyen .
Tant que la raison pure n'anime pas la pensée; le bon vouloir, la volonté; les bonnes œuvres, les actions, on ne peut espérer que peu de bien, tandis que la transformation des hommes peut procurer de grands profits à l'Etat par les science et les arts, s'il sait com ment les appliquer suivant les lois éternelles de la Divinité et de la Nature. En cela consiste le privilège de l'Esprit sur l'esprit.
Mais un jour, le monde se trouvera corrompu dans la pensée par l'erreur, dans le vouloir par les passions, et dans l'action par le vice. Les erreurs sont le Nombre, les passions, la Me sure, les vices, le Poids. Pour l'amélioration des hommes, il est nécessaire que la pensée le vouloir et l'action reviennent à l'Ordre; alors disparaîtront les erreurs, les passions et les vices.
L'esprit et le cœur de l'homme sont des choses essentielles de l'éducation. L'esprit doit penser purement, le cœur doit vou loir purement; le bien en sera forcément le résultat. Les sciences et les arts s'offrent comme Moyen pour réaliser ce grand travail. L'homme est un être intellectuel et physique, il a
172 l'initiation esprit et cœur, esprit pour penser juste et bien, cœur pour agir vrai. L'esprit peut être guidé par les idées et les senti ments ; le cœur, par des sensations et des actions. Les sciences et les arts nous montrent la façon d'instruire et d'émouvoir. On cherche à rapprocher les hommes d'une vérité par la raison, ou de subjuguer leur cœur et leurs sen sations par une fausse lumière. La raison émeut; le cœur l'emporte.
Si l'homme veut instruire, il doit tout chercher dans l'Ordre de la Nature pour lui identifier son objet, et le résultat de cette identification est l'admi ration, l'enthousiasme et la conviction. S'il a atteint son but, il doit s'efforcer de ramener à l'unité l'identification naturelle de l'esprit avec les sentiments de l'individu, le résultat est l'émotion.
Si l'on veut instruire, on doit identifier des vérités avec l'esprit du disciple; si l'on veut émouvoir, les vérités doivent être identifiées avec son cœur. La raison se sert de l'idée du bonheur, du conten tement et du plaisir, par la puissance de l'imagina tion, le résultat est instruction et émotion.
Les règles fondamentales, prises dans la nature hu maine, sont les suivantes : Si je veux me faire comprendre de quelqu'un, c'est à sa raison que je dois m'adresser. Si je veux lui faire éprouver des sentiments et des sensations, je dois les chercher dans son cœur. La mesure de l'enseignement consiste à connaître le degré d'intelligence du disciple.
LE VOYAGE DE KOSTI 173 La mesure des sentiments consiste à connaître le degré de sentiment qu'il possède. Chaque homme possède un certain degré d'intel ligence générale, et il en est de même des sentiments. Il peut avoir, en outre, des degrés d'intelligence spéciale, conforme à ses idées, à son tempérament, etc. Chaque enseignement doit être fait successivement, enchaînant deux idées par une troisième, médiane.
Chaque émotion du cœur doit se produire succes sivement. On y arrive en unissant les sentiments entre eux, au moyen de sentiments médians. Les lois de l'enseignement et de l'émotion sont les mêmes. L'homme pense, désire, agit et sent.
Dans sa pensée consiste sa faculté de raisonnement, son « rational »; dans ses désirs, sa faculté de con voitise, sa concupiscence; dans son sentiment, son irascibilité ou son désir de plaisir, et son horreur du déplaisir. L'exercice de la première faculté a pour résultat l'erreur et la vérité. L'exercice de la deuxième faculté a pour résultat le bien et le mal. L'exercice de la troisième faculté a pour résultat le plaisir et le déplaisir.
L'erreur ou la vérité conduisent la raison ; le bien ou le mal, la volonté; le plaisir ou le déplaisir, les sentiments. Ainsi est déterminée la raison, la volonté et l'ac tion. La raison se décide d'après l'examen de la vérité
174 l'initiation et de l'erreur. La volonté, d'après les penchants vers le bien et le mal. Les actions, d'après les sentiments de plaisir et de déplaisir. Le jugement doit être déterminé par le sentiment du bien. La volonté, par le sentiment du vrai. Les actions, par le sentiment du beau. L'homme veut la Vérité, la connaissance, pour la raison; le Bien, pour son cœur; du Plaisir, pour son sentiment.
Ce sont les instincts de l'amour-propre, par les quels l'éternel principe primordial des choses mène les hommes, par eux-mêmes, vers leur bonheur, leur contentement et leur plaisir.
Mais l'ordre interverti du monde rend ces sim ples voies difficiles aux hommes, empêche son intel ligence de reconnaître le Bien, parce qu'il voit par tout un bien imaginaire, au lieu du Bien réel, et dépense toutes les forces de son esprit à des œuvres que dédaigne la vraie intelligence.
Il empêche le cœur de vouloir le Vrai, parce qu'il caresse sa volonté avec des chimères, des objets qui sont sans vérité et sans valeur pour le cœur, comme pour le sage. ll empêche enfin les hommes d'agir d'après l'Ordre, parce que la plupart trouvent plus de plaisir dans le désordre que dans l'Ordre, et parce que la route du Bien est rendue difficile, tandis qu'elle devrait être semée de fleurs.
Comment en serait-il autrement ? l'humanité ne doit-elle pas s'humilier ? ne doit-elle pas nécessai rement descendre jusqu'au dernier échelon de la dé gradation, si l'on profane la suprématie de l'intelli
LE VOYAGE DE KOSTI gence de la façon la plus honteuse, en se servant de l'intelligence comme moyen pour corrompre les hommes ? Ainsi ils formeront un jour un ordre hors de Dieu et profaneront l'hommage au Principe primordial. Intelligence, cœur et action seront corrompus à l'extrême, et se créeront une idole, à laquelle, pour leur perte, ils rendront hommage.
La Nature nous montre comme elle est unie et forme une chaîne harmonieuse, le Bien avec le Vrai, le Vrai avec le beau, la Connaissance avec le Bien, la Vérité avec la Volonté, le Beau avec l'Action. Elle nous montre aussi comment le jugement agit sur les penchants, les penchants sur les sentiments, et nous donne la mesure générale des effets de l'Esprit sur l'esprit, du Cœur sur le cœur.
Morale, Sciences et Arts sont trois sœurs insépa rables, qui guident les pensées, la volonté et l'action de l'homme, et le conduisent vers le Bien, le Vrai et le Beau, dans lesquels il trouve son bonheur, son contentement et son plaisir. Penser purement est la félicité suprême de l'être pensant; sentir juste, le plus grand contentement de l'être voulant; agir en beauté, le plus grand délice de l'être agissant.
La Lumière est la nécessité de l'intelligence hu maine, les sentiments et les sensations sont les né cessités du cœur; on trouve la Lumière et la Chaleur dans le soleil de l'Ordre éternel. Celui qui cherche à supprimer la lutte vers la Lumière, la nécessité du sentiment, ne connaît ni
176 l'initiation l'esprit ni le cœur humain. Le sage conduit l'intelli gence et guide le cœur, l'ignorant tâche de supprimer les deux. , * Sciences et arts ne seront, par conséquent, jamais nuisibles, tels qu'ils sont sortis de la main du Créa teur, comme Moyens, pour la formation des hommes.
L'abus rabaisse leur dignité, car l'homme prend son intérêt comme But de la science, son « Moi » comme But des arts; l'Ordre est interverti et l'harmonie dé truite. O hommes, apprenez donc à connaître le But de votre destinée ! N'abusez pas des présents que le Créateur vous a confiés pour votre bien; apprenez à connaître la Base de votre bonheur, de votre conten tement et de votre plaisir.
Elle siège dans votre esprit, quand il est attentif aux signes de la Nature; elle siège dans votre cœur, quand il obéit à ces signes. Mais l'aveugle guide toujours l'aveugle, le dé sordre veut dicter des lois à l'Ordre ; les passions veulent tenir les passions en laisse.
L'homme est une idée, une idée de Dieu, la plus belle lettre de la Création; il porte le caractère de la Divinité, son intérieur dévoile la signification de la Parole que l'Unité a prononcée. Mais cette lettre divine est dénaturée par les faux traits de la sensualité qui lui ont dérobé sa dignité originelle.
L'Idée qui est sortie si pure de la bouche de Dieu, est également déna turée, la sensualité l'a accueillie et corrompue par l'adjonction d'elle-même. (A suivre.) Eckhartshausen N
PARTIE LITTÉRAIRE L'INITIATION DE LA MORT s'adressant au poète myste yue soit tait ton vouloir! Regarde, ô poète, Je vais te dévoiler l'énigme du tombeau, Tu verras ce que cache aux yeux ma silhouette Des rives d'au delà jusqu'au divin Flambeau. Mais sache que tout meurt ce que touche ma dextre : Hommes, Dieux, univers, gloire, amour et beauté I Elle fait oublier l'éphémère terrestre, Et des morts abdiquer la personnalité.
Tu vas donc, jeune encor, mourir à cette terre, Tu ne prendras plus goût aux plaisirs énervants. Parmi la tourbe humaine à jamais solitaire. Vivant, tu passeras, mort parmi les vivants ! L'Illusion fuira devant tes yeux funèbres, Où les humains verront des lueurs d'au-delà, Mais ils te railleront, car un mur de ténèbres Va te séparer d'eux que la vie aveugla !
En tout, te poursuivra comme une hantise La révélation de ce que tu vas voir, Rien n'aura de secret pour ta froide analyse... Mais réfléchis avant de vouloir tout savoir ! 12
i78 l'initiation Car trop tard les regrets monteraient à ta lèvre, Je suis inexorable et ferme en mon dessein, Réfléchis... ! ll est temps en cor ! Laisse la fièvre. Si tu n'es qu'irrité, s'exhaler de ton sein ! Beaucoup ont, comme toi, trop présumé d'eux-mêmes, Et, le voile lçvé des mondes décevants, Ont reculé d'effroi, l'œil hagard, le front blême, Trop tard ! ! Ils n'étaient plus que cadavres vivants ! LE MYSTE Mort !
Quand je t'appelai, la colère et la haine N'agitaient pas mon cœur froidement convaincu..., J'ai sondé le néant de l'existence humaine, Si je t'appelle, Mort, c'est que j'ai trop vécu ! LA MORT Eh bien ! meurs! Meurs enfin de sonder le mystère Que l'homme n'entrevoit qu'au jour du grand tribut, Mais que quelques élus, comme toi, sur la terre, Ont pénétré, lassés de végéter sans but ! LE MYSTE O Dieu ! Je sens le froid se glisser en mon être !
Mon cœur cesse de battre et se ferment mes yeux ! L'onde de l'au-delà dans mon cerveau pénètre ! Tout s'éteint, bruit terrestre et lumière des cieux ! O ténèbres... Néant! Vaste chaos... Léon Combes
UN SECRET PAR MOIS Voici un moyen curieux de rendre incombustible un papier précieux, testament ou autre. Prenez du fort vi naigre, des blancs d'oeufs, un peu de mercure, battez bien, vous obtiendrez une mixture avec laquelle il faut oindre le papier qu'on veut rendre à l'épreuve du feu (avant d'écrire bien entendu. Laissez sécher et recommencez trois fois.
Le feu ne pourra brûler ce papier. (D'un vieux livre.) VISION J'étais d'abord dans un lieu assez sauvage; beaucoup de verdure, de grands rochers illuminés par le soleil. Je trouvai cela si beau que j'appelai ma mère au dehors pour le lui faire admirer. Il faisait très beau; c'était l'été, mais comme je regardais le ciel, je vis que le fond de l'horizon était très noir et que ces nuages s'avan çaient vers nous très vite.
Je rentrai, puis rcssortis presque aussitôt et, à mon grand étonnement, je ne vis plus le nuage où il était. Cette place était bleue, mais il était maintenant sur moi. J'aurais pour ainsi dire pu le toucher avec la main. J'observai que c'était comme un grand animal à la tête cylindrique. J'étendis la main vers cette téte qui se retourna et happa ce que je tenais: un papier ou un mouchoir. Je pensai : c'est bien une force vivante.
Ensuite, c'est encore l'été et la lumière, une route avec de beaux peupliers, le soleil était déjà invisible d'où j'étais, mais le haut des arbres était illuminé. En l air,
i8o l'initiation pas très haut, quelque chose volait, que je pris pour un oiseau, mais qui était une petite fille qui revint bientôt à terre. Des Dames inconnues disaient que cela lui arri vait souvent de s'enlever et qu'elles le pouvaient aussi. Je me souvins alors que je le pouvais aussi et m'enlevai aussitôt pour voir le soleil.
Je montai, montai sans effort; tout à coup, je vis à ma gauche, du ciel à la terre, une gigantesque étoile à 8 ou 10 pointes lumineuses, mais non rayonnante. Elle disparut bientôt. J'allais toujours et voyais fuir les villages, les campagnes. Je passai au-dessus d'uue vaste enceinte ; au milieu il y avait une construction sans toiture entourée de jardins; tout, les murs, la terre, etc., etc., étaient d'or.
Je distin guai des chambres dans deux desquelles, assis sur des chaises antiques, se tenaient deux vieillards vêtus de blanc, qui dormaient. Ils se tenaient dans des direc tions diverses et c'était triste de les voir dormir au mi lieu de cet or. J'étendis la main droite au-dessus d'eux et chantai si haut qu'il semblait que ma voix dût être entendue de tout l'univers : Paix aux hommes sur la terre au nom de Jésus-Christ.
Aussitôt, les deux vieil lards s'éveillèrent et levèrent la tète vers moi. Je répétai le même chant, mais j'avançais toujours et les oubliai bientôt. Tout à coup je vis le soleil que je cherchais, à l'horizon, mais au lieu d'être le petit soleil que nous con naissons, c'était un immense demi-cercle qui occupait un grand espace.
Il y avait un point plus éclatant d'où sor taient continuellement des gerbes d'étincelles dont cha cune étoit un être vivant, et je voyais distinctement des myriades d'êtres s'agiter sans cesse dans cette lumière resplendissante. Je voulais m'y précipiter et je m'avan çais très vite: j'entendais une musique ravissante qui émanait de la lumière et qui en complétait l'harmonie.
Tout à coup, je me trouve à terre, il fait nuit, je n'en tends plus que des sons vagues. Quelqu'un auprès de moi dit: « C'est fini. » Je ne le veux pas, je veux encore remonter, cet être me pousse pour m aider, mais je ne peux plus, c'est bien fini. C'est la nuit. X.
LA « POSSÉDÉE » DE BAB-EL-OUED 181 La « Possédée » de Bab-el-Oued Alger, 3 mai. L'Algérie semble devenir la terre de tous les phéno mènes d'occultisme. Il n'y a pas bien longtemps, le monde entier fut occupé par ce qu'on appela le fantôme de Bien-Boa. C'était chez le général Noël, à la villa Carmen, près d'Alger. Bien-Boa, apparition matérialisée, se montra vêtu d'une draperie blanche et coiflé d'une sorte de tur ban.
M. le professeur Charles Biiéhet, président de la Société des recherches psychique^, alla même jusqu'en Algérie pour étudier le phénomène. L'affaire lit un bruit énorme, donna lieu à de retentissantes polémiques. Puis ce fut le silence le plus complet. Qui donc se souvient encore de Bien-Boa ?
Quelque temps après, l'attention publique fut de nou veau attirée par les faits et gestes d'un cultivateur nommé Pons et habitant Mustapha, non loin d'Alger. Pons se prétendait inspiré, il faisait des miracles, il guérissait. L'affluence des malades fut telle que la police dut intervenir. Il parait que Pons continue encore à être consulté. La bizarre petite bonne. Aujourd'hui, c'est Mlle Thérèse Sellés qui fait parler d'elle.
On l'appelle déjà couramment la possédée de Bab el-Oued. Bab-el-Oued est un des faubourgs les plus populeux d'Alger. C'est là, place Lelèvre, qu'habite la famille Sellés, composée du père, employé aux tramways, de la mère et de huit enfants. Mlle Thérèse Sellés, l'aînée des enfants et l'héroïne de l'histoire, a quatorze ans et trois mois. Elle est grande, forte et bien constituée. La figure est expres sive et agréable, l'œil parfois perdu dans le vague, Thé
182 l'initiation rèse Sellés a un léger défaut de langue, ou plutôt une gène dans la prononciation. Lntin, elle n'a reçu qu'une instruction très rudimen taire. Détail qu'il faut noter : à douze ans, ses parents la mirent à l'ouvroir des sœurs de Bab-el-Oued. Là, son esprit fruste fut frappé par les cérémonies mystiques en usage dans cette communauté. Son cerveau en a gardé de profondes et vives impressions.
M. Gaspard Sellés, pour alléger ses charges, résolut, il y a un peu plus d'un mois, de placer Thérèse comme domestique et il la confia à M. Todeschini, ferblantier à Chéragas, village non éloigné d'Alger. Huit jours après son entrée chez son premier patron, on remarqua des choses anormales. Les objets les plus disparates se promenaient dans les chambres.
Un verre placé sur une table tombait à terre sans se briser, et re venait se poser sur la table. Des fruits, pommes et oranges, quittaient tout seuls le compotier. Une lampe, prise d'humeur vagabonde, montait les escaliers, visitait les chambres et revenait à sa place primitive. Les couvertures, les oreillers, les draps d'un lit étaientéparpillés dans la chambre etquelques instants après allaient d'eux-mêmes se placer sur le lit.
A la cuisine, les casseroles dansaient une sarabande infernale. Cuillères, fourchettes, couteaux s'envolaient, puis se mettaient à leur place respective. Le récit de deux témoins. Un ami de M. Todeschini, M. Fournier, raconte, entre autres faits : « J'étais dans la salle à manger. Je venais de voir une paire de bottines placées sur la machine à coudre. Je fis cette réflexion que ce n'était pas là leur place.
Je me retourne et je vois une des bottines sur la table à man ger. Je prends la bottine et la remets à côté de l'autre ; un instant après, elle part et se rend dans le magasin. « Mais j'ai vu mieux que cela... « Une carafe, au long col et au ventre rebondi, était placée dans une assiette, sur la table de la cuisine. Nous
LA « POSSÉDÉE » DE BAB-EL-OUED 183 voyons la carafe, à moitié pleine d'eau, descendre de la table, monter quatre marches de l'escalier, en redescen dre trois et s'arrêter. J'ai moi-même remis la carafe sur la table. » Mais ces phénomènes n'étaient pas les seuls qui se pro duisent. La jeune Thérèse a des visions.
M. Todeschini déclare à son tour : « Ces jours derniers, Thérèse aperçoit une femme ha billée de noir, un mouchoir blanc passé sous le menton et noué au sommet de la tête.
« Thérèse sort de la salle à manger, se rend dans la cour chercher des sarments pour allumer le feu et la vi sion la poursuit ; ln dame en noir lui saisit les poignets et lui dit : « Secourez mon mari, embrassez mes en fants. » < Elle rentre en pleurant, nous montre ses poignets et nous raconte ce qu'elle prétend avoir vu. c — Vous connaîtriez cette dame si on vous la mon trait, lui dis-je ? « — Oh! parfaitement.
« Je prends sur le buffet de la salle à manger mon album de photographies ; je l'ouvre au hasard et Thérèse s'écrie : « Voilà la femme qui me poursuit ! » « C'était le portrait de ma femme que j'ai perdue voici neuf ans. Je lui demande si elle avait feuilleté déjà cet album. « — Jamais, monsieur, répond-elle.
« Je remets l'album en place et me dirige vers la porte: l'album part, traverse la salle à manger et vient tomber à mes pieds. » Le bruit de ces phénomènes se propage dans Chéragas. Chaque jour plus de trois cents personnes envahis sent le magasin et le logement de M. Todeschini. Celuici fait mander le docteur Claude.
Ce médecin constate chez Thérèse une grande fatigue physique et morale, ordonne une potion calmante et conseille au ferblantier de ramener l'enfant à ses parents. M. Todeschini suit ce conseil.
184 l'initiation La Danse continue. A peine Thérèse est-elle dans sa famille, à Bab-elOued, que les mêmes phénomènes recommencent. Une bouteille de médicaments placée sur le buflet de la salle à manger est précipitée à une distance de plu sieurs mètres. Dans la cuisine, un filtre à café quitte l'étagère et va rouler à terre, un porte-allumette suit le même chemin.
Les visions de Thérèse s'accentuent : elle voit Dieu assis sur son trône et les anges adorant la sainte Vierge. Elle entend les anges chantant les louanges de Dieu. Elle-même psalmodie quelques bribes d'hymnes. Tels sont les faits bizarres qui passionnent en ce mo ment Alger et ses environs. Ces jours derniers, M. Gustave Lebon offrait un prix de 500 francs à tout médium qui, devant une commis sion, déplacerait un objet à distance.
Le prince Bona parte ajoutait à cette somme 1.000 francs, que venait accroître encore un autre don de SOO francs offert par M. le docteur Danien. M. Gustave Lebon déclarait d'ailleurs très nettement: « Je doute que cette expérience se réalise. » Les popula tions de Chéragas et de Bab-el-Oued ne partagent pas du tout cet avis. Thérèse Sellés va-t-elle gagner les 2.000 francs ?
Nous sommes heureux d'annoncer que le Frère Esquieux, notre délégué général de Brest, vient de recevoir les palmes académiques à l'occasion du Congrès spiritualiste. Bibliothèque du Magnétisme et des Sciences occultes Bibliothèque roulante, prêt en province eta l'étranger, 23, rue Saint-Merri, Paris. Les ouvrages anciens ne se trouvent que dans les grandes bibliothèques, et les nouveaux sont trop nom
BIBLIOTHÈQUE DU MAGNÉTISME 185 breux pour que tous ceux qui s'intéressent au progrès magnético-spiritualiste puissent se les procurer. Sauf quelques rares exceptions, les bibliothèques publiques ne consentent pas le prêt à domicile; elles ne contiennent guère que de l'histoire; elles n'ont pas d'ouvrages anciens et les nouveaux ne sont classés que longtemps après leur publication.
Pour combler cette lacune, M. Durville eut l'idée, qui reçut un commencement d'exécution en 1880, de fonder, sous le nom de Bibliothèque du Magnétisme, à l'instar de la Circulating Library de Londres pour la littérature, une bibliothèque roulante concernant plus spécialement les ouvrages de Magnétisme et d'Occultisme.
Cette Bibliothèque se compose aujourd'hui : 1° D'environ 8.000 volumes sur le Magnétisme, l'Hypno tisme, le Massage, l'Occultisme, la Théosophie, le Spiri tisme, et les diverses branches du savoir humain qui s'y rattachent; 2° De la Collection de presque tous les Journaux et Revues qui ont paru sur ces questions, et surtout ceux de langue française, allemande ét anglaise; 3■D'environ 700.000 Gravures, Portraits, Autographes, Médailles, Articles de journaux, Notes et documents sur les hommes et les choses, ou objets divers se rattachant à ces questions.
Tous ces documents, classés méthodiquement, consti tuent un véritable Musée du Magnétisme et des Sciences occultes. Ces Livres, Journaux et Revues sont mis complète ment à la disposition du public, qui peut, moyennant nantissement et un faible droit de location, les emporter à domicile. La partie qui compose la Bibliothèque roulante est exclusivement composée de Livres et Périodiques de langue française seulement, qui sont presque tous re liés.
Les livres sont classés méthodiquement, par ordre alphabétique, en 7 classes : t° Magnétisme, Hypnotisme, Massage ; 2° Divination, Magie, Occultisme, Théosophie ; 3° Spiritisme, Télépathie ; i° Philosophie (Religion, Psy chologie, Morale); 5° Sciences naturelles, Médecine, Hy
i86 l'initiation giène; 6° Littérature {Théâtre. Romans, Histoire, Voya ges) ; 7° Périodiques (Annuaire, Almanacks, Journaux et Revues), Les œuvres rares d'Agrippa, de Court de Gébelin, les grimoires en édition originale; puis les écrits plus ré cents de Christian, de Guaita.de Saint-Yves d'Alveydres, d'Eliphas Lévi, de Papus, de Louis Lucas, etc., etc., y sont au complet. Fonctionnement.
Tous les ouvrages catalogués sont expédiés franco, contre un nantissement représentant la valeur des ou vrages prêtés. Au reçu de ce nantissement et du montant de l'abonnement, un premier envoi est fait par la voie la plus économique. Les ouvrages étant lus, le lecteur les renvoie et en demande d'autres qui sont expédiés de suite. A la fin de l'abonnement, le nantissement, déduc tion faite des frais de transport, est renvoyé au lecteur.
Si celui-ci tient à garder un ouvrage, il lui est compté au prix indiqué sur l'ex-libris, en tête de l'ouvrage. — Les ouvrages sont mis gracieusement à la disposition des membres de la Société magnétique de France. Abonnement. — Un an, 25 francs ; 6 mois, I3 francs ; 3 mois, 7 francs; i mois, 2 fr. 50; sans abonnement par jour, 1U centimes. Le catalogue de la Bibliothèque est envoyé contre20 centimes.
Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint-Mcrri, Paris-1 V. La Librairie du Magnétisme, qui est la plus puissam ment organisée des librairies spéciales, édite tous les bons ouvrages traitant du Magnétisme, de l'Hypnotisme, des Sciences occultes et de la Médecine usuelle.
Elle publie un catalogue complet revisé tous les trois mois, et procure les ouvrages parus sur la question même en dehors de son fonds, aux prix d'édition et les envoie franco de port. Elle possède les jeux de tarot, de nombreux ouvrages rares, et les cède à meilleur compte. Elle donne en prime le Journal du Magnétisme, organe
BIBLIOTHÈQUE DU MAGNÉTISME I 87 trimestriel, le plus important de toutes les Revues spiri tualités, qui rend compte de toutes les nouveautés en bibliographie. Tqus ses envois sont faits franco, contre timbre fran çais, mandat-poste, chèque ou lettre de change, à l'ordre de M. H. Durville, 23, rue Saint-Merri, Paris.
IVe ar rondissement, soit par la poste, soit en colis postal. — En ajoutant l0 centimes pour la France, 25 centimes pour l'étranger, tous les envois sont assurés ou recom mandés. Le catalogue complet de la Librairie du Magnétisme, accompagné d'un numéro spécimen du Journal du Magné tisme et de la Revue graphologique, est envoyé gracieu sement sur demande. Aux lecteurs de « l'Initiation ».
Nous rappelons à nos lecteurs que la direction du Journal du Magnétisme offre à tous les abonnés de l'Ini tiation, à titre de prime entièrement gratuite, son service régulier. Adresser une simple demande, 23, rue Saint-Merri, Paris, à l'administration de VInitiation et du Journal du Magnétisme (Librairie du Magnétisme). Son* presse : La Force psychique et les Instruments qui servent à la mesurer, par le docteur Bonnaymé.
Deuxième édition, revue et considérablement augmentée, avec de nom breuses gravures : Magnétomètre de l'abbé Fortin, Bio mètre de Baraduc, Stéthomètre de Joire, les Appareils de Crookes, etc., etc. A la Librairie du Magnétisme. * L'étude de Mme Gédalge sur la Flûte enchantée de Mozart, que nous avons publiée dans notre précédent numéro, sert d'introduction à la première traduction française intégrale faite sur le texte authentique de la Flâle enchantée, par Georges Grokpk. Un volume in-8, 2 fr. 50 ; en dépôt à la Librairie Initiatique, 23, rue SaintMerri, Paris.
i88 L'iNfTIATION BIBLIOGRAPHIE Souvenir! d'an spirite, Vieilles notes, Roman de deux âmes, L'abbé Bornave, Jérusalem, par Lkopold Dauvil. Leymârie, éditeur, 42, rue Saint-Jacques. Jules de Mauthold. — La Bonne Lorraine, Chronique nationale, Paris, 1908. 1 vol. in-18. H. Daragon, édi teur, 30, rue Duperré. Prix : 2 francs. Jeanne d'Arc ! La bonne. Lorraine résume en sa gloire douloureuse toute l'âme de notre patrie.
On rapporte qu'un jour où le mot d'ordre était France, l'Empereur l'ayant demandé à un factionnaire, celui-ci, qui était Lorrain, troublé, répondit Jeanne d'Arc. — Je te pardonne l'erreur, fit Napoléon, France et Jeanne, c'est même chose. Jeanne d'Arc est de ces créatures élues qui demeurent, à travers les successives postérités, toujours vivantes dans les cœurs dont elles sont les voix, la chair et le sang, tout le terroir, toute la race.
Comme Jésus, Jeanne n'est-elle pas morte pour le peuple afin que toute la nation ne périsse pas ? Jeanne d'Arc ! nom sacré rapprochant tous les esprits, nom conciliateur devant lequel s'évanouissent les passa gers tumultes des opinions et des haines, foi dissipant les schismes. Figure entre toutes populaire, cette fille des champs dont, comme l'a si justement dit Michelet, l'originalité fut le bon sens.
Aussi est-elle le fond de la conscience française. Si notre poésie n'a pas su créer un type imaginaire incarnant le génie de Gaule, la réalité a fait ce miracle, et la chaste et vaillante guerrière sans cesse tressaille aux entrailles de tous.
C'est donc pour tous que M. Jules de Marthold a, non pas raconté, mais fait vivre l'épopée en une suite de scènes montrant toute la chevauchée, de Domrémy ù Rouen, d'une poésie simple et naïve, ailée, mais positive, redisant le simple et naïf héroïsme de la pauvre bergère
REVUE DES REVUES 1 89 et sachant nous émouvoir aux stations de son calvaire. Les 52 tableaux de La Bonne Lorraine, reflet exact et pittoresque d'une époque, sont, pour ainsi parler, une fresque en miniature.
La première partie, La Vocation, étudie avec une grâce souriante l'enfant et la jeune fille; la deuxième, L'Œuvre, chante le retentissement des triomphantes batailles ; la troisième, La Voie douloureuse, dénonce les traîtres et pleure avec la victime.
Signalons tout particulièrement le Prologue au Ciel, l'Ave Maria, Le Rouel, le Secrel du sang, une stridente et curieuse Chanson anglaise, Monseigneur de Beauvais, le superbe Pantoum devant Paris, Adieu Patrie, etc. En un symbolisme charmant, le poète résume ainsi sa délicate pensée : La double croix d'Anjou, vierge à l'âme sereine, Qui mit Un à des maux, jusqu'alors inconnus.
Deviendra grâce a toi, double Croix de Lorraine, Faite du noir gibet où l'on cloua Jésus Et du poteau maudit où te cloua la haine. Au reste, l'éloge de M. Jules de Marthold n'est plus à faire ; sa plume distinguée a su remporter des victoires sur tous les champs de la pensée, soit dans le livre, soit au théâtre, où il sait l'art de toucher les foules.
REVUE DES REVUES Le Journal du Magnétisme, qui dans son format nou veau forme un véritable petit volume de près de 150 pages, et dont la collection deviendra certainement rare un jour, est de plus en plus â recommander à tous les Spiritualistes. Son 34° volume renferme entre autres substantielles études un Conseil pratique entier pour combattre l'insomnie. Un cas de guérison de propulsion locomotrice par les aimants, le compte rendu des expé riences de M.
Durvillc sur le Double qui ont eu i'hon190 l'initiation neur d'être reproduits dans un grand nombre de jour naux spiritualistes, car elles sont véritablement scien tifiques et bien observées. A la (in de chaque numéro on trouvera un Catalogue très complet des Ouvrages d'Occultisme.
Lex Annales des Sciences psychiques, très magnifique ment illustrées, contiennent plusieurs articles à signaler: compte rendu de l'inauguration d'un monument à Myers, avec discours de Sir Olivier Lodge, et reproduction du Times, Etude sur le mot Hallucination.
Il y a là un grand nombre de définitions de cejmot qui toutes revien nent à dire que le miroir interne d'un percipienta reflété quelque chose qui n'existait pas t A mon sens, il n'y a pas d'hallucination fausse et d'hallucination vraie. Je nie que la conscience puisse enregistrer une sensation qui n'ait pas une cause objective, dans un plan quel conque de la matière, bien entendu.
L'Hallucination, comprise comme « sensation perçue lorsque nul objet extérieur propre à exciter cette sensation n'est à portée des sens » (définition type d'EsquiroI) ne peut pas exister. L'auteur semble admettre que dans certains cas l'hal lucination peut jouer un rôle, par exemple, lorsque dans un cas de télépathie, deux percipients reçoivent des im pressions véridiques mais qui diffèrent entre elles.
Là non plus, il n'y a qu'une différence dans les facultés d'intui tion des deux sujets, on ne peut pas dire que celui qui a le moins bien perçu l'idée transmise par l'agent, ait été halluciné. Ce mot est à supprimer entièrement, il est anti-scientifique. C'est du reste la conclusion de l'auteur de l'article. Un grand nombre de faits psychiques pour ainsi dire lires sur le volel terminent la revue.
Dans VÉcho du Merveilleux dont j'ai plusieurs nu méros sous les yeux, on trouvera de nombreux articles propres à intéresser le grand public, ou ceux qui sont à la recherche de faits : de J. Malet lire une curieuse légende sur Virgile le Magicien, le merveilleux, au Sa lon; de M. G. Méry, Théories sur les matérialisations qui se rapprochent beaucoup de la tradition ; de Mme Maurecy, un article sur Eusapia, où l'on pourra admirer une
REVUE DES BEVUES 191 merveilleuse étude laite par -Mme Fraya sur une photo graphie de la main d'Eusapia. J'ai pu étudier deux fois la célèbre médium d'assez près et c'est absolument ainsi que je l'avais jugée. Je remarque aussi dans le numéro du 1er mai une lettre de Huysmans à l'abbé Roulan, qui remettra en mémoire d'un certain nombre d'occultistes les tromperies dont avait été victime le célèbre écrivain au moment d'écrire son Là-bas.
Il avait eu le tort de croire sur parole celui qui l'avait renseigné. Je ne sais s'il a jamais été détrompé depuis. Les Petites Annales sont une nouvelle revue spiritualiste, qui se publie à Avignon et qui se consacre au magnétisme et aussi à tout ce qui intéresse l'occulte. JVous la recommandons spécialement à nos lecteurs.
Le Spirilualiste moderne est toujours recommandé et tient bien sa place de lien entre les spirites instruits et. les représentants de la tradition. Par lui, bien des spi rites ont augmenté déjà leurs connaissances en devenant occultistes, sans cesser d'être spirites, quoi qu'on en dise.
A lire de Séro, le « Rôle de la connaissance », un article dans lequel il indique, avec juste raison, que l'humanité est loin < d'être parvenue à l'ère d'union et d'harmonie voulue par le Christ, » et que la principale cause de cela est l'ignorance de l'homme sur sa véritable nature. C'est en ellet la première ignorance à faire disparaître.
Dès que l'homme sait que sa vie ne finit pas sur cette terre et qu'il a en lui d'autres corps grâce auxquels il continue de vivre et d'évoluer, il est sûr que tout change pour lui. Ajoutons, ce que Spero ne dit pas, mais qu'il pense pro bablement, c'est que il y aura toujours sur terre une très petite minorité d'hommes à comprendre cela, mais tous les êtres passeront à leur tour dans cette minorité.
La Paix Universelle publie plusieurs études, dont quelques-unes sont à tendances nettement théosophiques. Ces théories sont brillantes, ingénieuses, mais elles ne satisfont que le cerveau, le cœur ni sent pas là la vraie lumière. Le Progrès Spirite reproduit des articles du Malin. L'immortelle gloire de A. Laurent de Faget, consacré à V. Hugo, et une étude intitulée « Dieu », d'un pur spiri tualisme.
192 l'initiation La Revue Spirile, mois d'avril. M. Grimard continue sa longue étude sur les Bibles. Il traite cette fois du bouddhisme. — Senex,dansla causerie sur l'évolution reli gieuse, aborde l'influence des invisibles dans l'histoire, de ces êtres qui agissent soit en s'incarnant sur terre, soit en inspirant des hommes évolués. Tous les grands guides de l'humanité affirment qu'ils communiquent avec l'invisible; tous ils ont eu des visions, ont entendu des voix. M. Senex aborde ensuite le récit de la venue sur terre du Christ, venant apporter aux hommes la frater nité et l'amour. On trouvera encore dans le numéro une étude sur le spiritisme chrétien, une autre sur la médiumnité de M. Craddock, où il y a d'intéressants détails sur les matérialisations. Dans le Bulletin Spirile de Liège, lire la réfutation de quelques objections et calomnies contre le Spiritisme. La Revue du Spiritisme, de Delanne, contient la suite des recherches sur l'identité des esprits, de nouvelles expériences d'Eusapia Paladino, un compte rendu de M. Chevreuil sur un livre intitulé les Puissances invi sible.", une étude d'Isidore Leblond, sur le Corps astral. Revues étrangères : Le Lighl, le Neue Melaphysische Rundschau, une revue en langue russe, etc. G. Phaneg. Le Gérant : Encausse. Paris. — Imp. E. ARRAULT et Cic, n, me N. D.-de-Lorette.
A 50 centimes H. DuRville. — Le Massage et te Magnétisme sons l'empire de la loi du 30 novembre 1892 sur l'exercice de la médecine. t Joanny Bricaud. — Dutoit-Membrini (un disciple de Saint-Martin), d'après des docu ments inédits. Pelletier. — L'Hypnotiseur pratique. Saint-Yves d'Alvsydre. — Notes sur la tradition cabalistique. Docteur Tripier, — Médecine et Médecins. Un coin de la crise ouvrière au dix-neu vième siècle.
Zhora. — Etudes tentatives, ou Essai sur les Mystères de l'âme humaine et de la Prière, avec Lettre-Préface de Paptu. > a 80 centimes Albert (d'Angers). — Le Magnétisme curalif devant l'Eglise. Chbsnais. — Le Trésor du foyer.
Contenant une foule de recettes d'une application journalière, des Conseils pour éviter et guérir un grand nombre de maladies, etc. Deboissouze. — Guérison immédiate de la peste, de toutes les maladies infectieuses et autres maladies aiguës et chroniques, 2• Edition. H. Durville. — Le Magnétisme considéré comme, agent lumineux, avec 13 Figures. — Le Magnétisme des animaux. Zoothérapie. Polarité. Lucie Grange. — Manuel de Spiritisme.
Graphologie pour Tous. — Exposé des principaux signes permettant très facilement de connaître les Qualités ou les Défauts des autres par l'examen de leur Ecriture, etc., avec figures. Lebèl. — Essai d'Initiation a la Vie spirituelle. Mouroux. — Le Magnétisme et la justice française devant les Droits de l'homme. Mon Procès. Van OnnErriEn. — Pelit catéchisme de Réforme alimentaire.
Psychologie expérimentale. — Manifeste adressé au Congrès spiritualiste de Londres, par le Syndicat de la Presse spiritualiste de France. A 20 centimes D' H. Boens. — ;lrl de vivre. Petit Traité d'Hygiène. Daniaud. — 1. L'Art médical. — II. Vole sur l'Enseignement et la pratique de ta médecine en Chine, par un Lettré chinois. — II1. Extrait de lu Correspondance (Con grès du libre exercice de la médecine). — IV.
Article* de journaux sur le même sujet. H. Dcrville. — Rapport au Congrès sur les travaux de la Ligue. Appréciation de la presse, arguments en faveur du Libre exercice de la médecine. Elyuss. — Tout le monde magnétiseur et hypnotiseur, ou l'art de produire le magné tisme, l'hypnotisme et le somnambulisme sans étude ni travail.
F. de Champville. — La Science psychique, d'après l'œuvre de M. Simonin, avec 1 lrig. Fanau. — Cours abrégé de Spiritisme. Jounet. — Principes généraux de Science psychique. — La Doctrine catholique et !e Corps psychique. Papus. — L'Occultisme. — Le Spiritisme. Rouxel — La Libzrté de la médecine. Pratique médicale chez les Anciens. Traite sur l'obsession.
Bibliothèque nu Magnétisme et des Sciences occultes (Bibliothèque roulante.) Prêt A domicile. Catalogue des ouvrages de langue française. Secrets de la Cuisine américaine. A 15 centimes Léon Denis. — Pourquoi la oie ? • Duncan. — La Chimie des Aliments. Van Obbergen. — Notes sur le Nettoyage. Le Fruit comme moyen de Tempérance. PORTRAITS Photographies et Phototypies à l franc Cabagnet, Colavida, C.
Flammarion, Lucie Grange, Van Helmont, le Zouaue Jacoe, Laeontaine, Luys, Pafos, de Puységub, Ricard,- Rustan, Salverte. Le Professeur H. Durville dnns son cabinet de travail, t Le Tombeau iI'Allan Kabdec. — Divers Portraits rares. En Photogravure à 50 oentimes Agrippa, Allan Kardec. Apollonius de Thyane, Bertrand, Braid, Bue, Caguostro, Cahaonp.t, René Caillie, Chabcot, Chabpignon, W. Cbooees.
Delanne, Dei eviz, Léon Denis, Durand (de Gros), Dubvillb en 190/, Ddbvillb en fé?72, f887, 1901, 1903. Eliphas Lêvi, G. Fabius, de Champvili.e, Gbbatraees. St. de Go ait a. Van Helmont, Kirchbb, l'abbé Julio. Lafontaine, Lavateb, Liébeault, Luys, Mes mer, Moubocx.LV Moutin. Prentice Mui.fobd, Papus, Paracelse, Petetin, du Potet le marquis dèPuYSÉoub, Ricard, De Rochas, Rogbb Bacon, Saint- Yves d'Alvbydre, Scbvilli, Swedenborg, Teste.
Mots. — A la condition d'être demandés directement a ia Librairie initiatique, S3. rue Saint-Merri, tous les Ouvrages de propagande, ainsi i|ue les Portraits et Photogravures sont vendus avec les réductions suivantes : Par 500 exemplaires, assortis ou non, 50 0/0 de remisa: 100 — - — 40 0/0 — 50 — — — 33 0/0 — 25 - - - 25 0/0 — 10 - - - 100/0 - H.
Durville. — Physique magnétique., avec Portrait, Signature autographe de l'Au teur, Têtes de chapitres. Vignettes spéciales et 56 Figures dans le texte.. ! Volumes reliés v tr — Théories et Procédés, avec 8 Portraits, Têtes de chapitres, Vignettea et 55 Figures. 2 Volumes reliés 6 fr. — Magnétisme personnel. Education de la Pensée, Développement de la Volonté.
Pour être Heureux, Fort, Bien Portant ei Réussir en Tout, ?»• édition, avec Têtes de chapitres. Vignettes, Portraits et 32 Figures explicatives 10 fr. Traduction espagnole par Ed. Garcia 10 fr. Traduction portugaise par Rodrigues 10 fr. École pratique de Massage et de Magnétisme, fondée en 1893. autorisée en 1895. Directeurs : H.
Dubville et les docteurs Encausse (Papus), Moutin et Ridbt, 73, rue Saint-Merri, Paris, IV: I,'Ecole forme des masseurs et des magnétiseurs expérimentés dignes en tous points de la confiance des malades et des médecins et met la pratique du Massage et du Magné tisme a la portée des gens du monde. Les cours ont lieu du ?5 octobre au t" juillet de chaque année.
Pour favoriser son développement, l'Ecole est devenue un Etablissement de la Sociélr magnétique de France, fondée pnr M. H. Durville, en 18*7. (Demander les statuts qui vint envoyés contre 0 fr. 60.) Bibliothèque du Magnétisme et des Soienoes occultes, 23, rue Saint-Merri. Pa ris, IV'. Bibliothèque roulante, prêt à domicile.
Cette Bibliothèque se compose d'environ 7.000 volumes sur le Magnétisme el l'Hypno tisme, l'Occultisme, le Spiritisme et les diverses branches du savoir humain qui s'y rat tachent. Demander le catalogue gui est envoyé contre 0 fr. 20 Le Journal du Magnétisme, du Massage et de la Psychologie, fondé parle baron du Potet en 1815, parait tous les trois mois en un fascicule de 61 pages grand in-8% imprimé sur deux colonnes, sous la direction de H.
Durville, 23, rue SaintMerri. Ab. i franc» par an pour toute l'Union Postale. \jc service est fait à titre de Prime a tous les abonnés de l'Initiation qui en font la demande, A la condition de s'abonner directement a la Librairie initiatique. La Revue graphologique parait tous les mois sous la direction de A. de Rocmetal Ab. : France, 6 francs par an ; étranger, 8 francs; le numéro, 0 fr. 50, 23, rue Sat'ntMerri, Paris.
MmeBerthe, Somnambule lucide, Î3, rue Satnl-Merri, Paris. Reçoit le jeudi et le di manche de 10 heures à midi ; lew autres jours, de 1 à 4 heures. Los annonces sont reçues à l'administration de l'Initiation, 33, rue Saint-Merri, au prix de 1 franc la ligne. Paris. — Imp. E. Aerault el O.p., rue Nou-e-D»m«-de-Loreue.