The text
LInitiatior Revue philosophique des Hautes Etudes PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DK 77m, VOLUME. — 22me ANNEE. SOMMAIRE DU N° 4 (Janvier 1908) PARTIE EXOTÉRIQUE Lettre à un débutant (suite) (p. i à 5) • , ■ • • G. Phaneg. PARTIE PHILOSOPHIQUE Les énigmes des marques d'imprimeurs (p. 6 à 14) Tidianeuq. Sur les maladies et la pierre philosophale (p. i5 à 18) Jean Siprel. Les Puissances invisibles (p. 19 à 43) Dr Rozier.
Origines réelles de la Franc-Maçonnerie ((p. 44 à 61) Téder. PARTIE INITIATIQUE L'ami et l'adversaire (p. 62 à 78) Sédir. Le Voyage de Kosti (p. 7g à 84) Eckartshausen. Un secret par mois. — Une ancienne école maçonnique. — Ecole her métique. — Les conférences à Nancy. — Justice. — Revue des livres. Revues des revues. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 5, rne de Savoie, à Paris-VIe.
Téléphone — 816 09 Tout ce qui concerne l'Administration : ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adressé à la LIBRAIRIE INITIATIQUE PARIS — 23. Plue Saint-Merri, 23 — PARIS Le Nomén : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l'essenct de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n'ont abouti qu'à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes ep arrivent à les nier. L'Initiation est l'organe principal de cette renaissance spiritualiste dont les efforts tendent : Dans la Soienoe, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d'un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, Y Initiation adhère au programme dt toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l'arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deus grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'Initiation étudie impartialement tous les phénomèno du Spiritisme, de l'Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjc connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l'Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branch< de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d'une manière qu'elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s'adresse à ous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L Initiation parait régulièrement à la fin de chaque mois ei compte déjà vingt années d'existence. — Abonnement : 10 fnincs par an. (Les collections des huit premières années sont absolument Épuisées.)
la//. /^HARVARD1 UNlVERSITYl LIBRARY 7 i.-*-* 7TF, L'INITIATION Ta A ses Rédacteurs, à ses Lecteurs 1888-1908 '■M PARTIE EXOTÉRIQUE LETTRE A UN DÉBUTANT (Suite) Mon cher ami, Le sujet que j'ai esquissé dans ma dernière lettre, est peut-être, avec la Sensation vive de l'existence d'un Principe Créateur échappant aux Lois du Temps et de l'Espace, le plus important de l'Occulte.
Aussi, devrez-vous y penser longuement et appeler de tout votre désir le moment où la certitude absolue de la survivance personnelle après la mort, sera ancrée en l
2 L,'lNITIATION [JANVIER vous, si solidement qu'elle ne pourra plus vous quit ter. A partir de ce moment, le principe directeur de votre vie sera changé et vos aspirations seront toutes différentes. De quelle façon dcvrez-vous donc vous y prendre pour atteindre ce résultat?
C'est ici surtout que je vous prierai de vous rappeler nos conventions: ne rien croire aveuglément de ce que je vous dirai, mais aussi ne rien nier et appuyer vos efforts sur des bases qui vous paraîtront peut-être fragiles, mais qui sont en réalité inébranlables.
En effet, l'ignorance absolue où est tombée notre race pour tout ce qui concerne la survie, n'est pas sans cause — tout a une cause — et les souffrances terribles provenant de la disparition physique d'un être cher sont utiles à l'évo lution spirituelle.
Si donc vous êtes amené à désirer voir se lever un jour le voile qui nous cache les Morts, il vous faut comprendre nettement quelle faveur immense ce sera, et de quelle infime minorité vous ferez partie. Il sera nécessaire que vous saisissiez les difficultés énormes que rencontreront vos guides visibles et invisibles pour préparer lentement vos organismes nombreux et si faibles encore à contempler en chair le monde des Morts.
Vous nous rendrez compte alors du temps qui sera probablement nécessaire avant que vous puissiez atteindre et conserver la certitude de la sur vie. Et d'abord votre cerveau devra devenir comme un lac tranquille. Tant qu'il sera en action, non seule ment il ne pourra vous être d'aucune utilité pour ac quérir la preuve tant désirée, mais encore il sera nuisible, car on pourrait appeler cet organe « une
I908] LETTRE A UN DÉBUTANT 3 machine à objection » et chaque fois que vous aurez un fait à observer, si merveilleux qu'il soit, votre cerveau saura bien vous présenter vivement une idée de doute, qui détruira la conviction naissante.
Pour arriver à calmer le cerveau, à l'habituer à remplir son rôle passif de miroir, il faut demander chaque jour, à ses amis invisibles la qualité maîtresse de l'occultiste : « la Confiance », la confiance iné branlable en l'Invisible supérieur.
En attendant que vous soyez arrivé à cet état, qui, notez-le bien aura pour conséquence de vous prédis poser à la clairvoyance, voici quelques notions qui pourront vous être utiles, et vous éclairer sur ce qui se passera peu à peu en vous. Je vous parlerai ensuite d'un état très voisin de la mort et plus facile à étu dier: l'état de rêve.
Lorsqu'une personne se présente à un voyant et lui demande de chercher à voir un parent, un ami mort, trois cas peuvent se présenter : i°le clairvoyant récitera les pensées du consultant, lira en lui ses sou venirs ; 2° il verra et pourra faire une description correcte de l'image astrale du mort créée par la dou leur et la pensée fixe; 3° il y aura une permission, pour que l'Esprit vienne réellement, c'est-à-dire que le voyant soit, momentanément, en harmonie avec la sphère astrale de l'Esprit ; 4° enfin, si cela n'est pas possible et que le Ciel veuille cependant consoler une âme, atténuer une douleur, l'Ange du mort viendra pour lui, prendra son apparence et dira au voyant tout ce qui sera utile pour amener la conviction. Les preuves d'identités obtenues dans les cas réels
4 ' l'initiation de vision spirituelle sont, en général, de petites choses vulgaires, des petits faits bien précis, des dates exactes, etc. L'Esprit ou son ange choisira des choses de peu d'importance que le consultant a depuis long temps oubliées. Et ces détails minuscules sont souvent très frappants, très impressionnants et très convain cants.
Une loi du monde spirituel intéressante à con naître à ce sujet, c'est quel'Esprit croit vivre et appa raît en effet au voyant, dans un milieu qu'il crée luimême et qui est toujours analogue à ce qui a été son cœur ici-bas.
Ainsi, un homme dont le cœur a été sec, qui n'a jamais eu une pitié ou un regard pour les souffrances des autres, se croira enfermé dans un entonnoir formé d'énormes glaciers sans issues. — Un homme qui a privé volontairement et mécham ment d'autres hommes de leur liberté apparaîtra en veloppé de chaînes énormes. — Un cœur aimant et chaud, au contraire, paraîtra et croira vivre dans un pays éclairé par un brillant soleil dans des jardins délicieux. — Un être qui a vécu farouche et folitaire, repoussant tout contact humain, se trouvera isolé de l'autre côté de la vie. alors qu'il appellera de tout son cœur un compagnon.
Il paraîtra au voyant isolé au milieu même d'une foule innombrable, se croyant seul par la loi de l'harmonisation. N'étant pas en har monie fluidique avec les autres esprits, il ne les voit pas. Un savant égoïste qui n'a jamais pensé à l'huma nité en se plongeant dans ses livres froids et sans âme sera vu au milieu d'une bibliothèque fermée.
LETTRE A UN DÉBUTANT 5 Son angoisse ne finira qu'à l'heure où il aura la pensée de ne plus regarder ces livres, mais la nature qui l'attire et l'appelle pour lui apprendre peu à peu ce que c'est que la vie. Bien d'autres merveilles du monde astral sont en core parfois présentées à l'être intérieur du voyant, mais je vous le répète : il faut d'abord et avant tout que le cerveau soit dynamisé, spiritualisé par le cœur.
Je voulais vous parler aujourd'hui du rêve et essayer de vous y faire voir quelques-unes des lois de la Mort, mais je m'aperçois que ma lettre est déjà longue et ce sera pour la prochaine fois. Les nombres ne sont que la traduction abrégée ou la langue concise des vérités et des lois, dont le texte et les idées sont dans Dieu, dans l Homme et la nature. (Claude de Saint-Martin) Livre des Nombres. Tout à vous, G. Phaneg. PENSEE
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, tans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées.
Les Énipes des marques d'imprimeurs Dans le Bulletin de la Société archéologique, his torique et artistique : « Le Vieux papier », du Ier no vembre 1907 nous avons remarqué un article de notre collaborateur Tidianeuq qui intéresse aussi bien les occultistes que les érudits épris de documents bibliographiques. X... le 20 juillet 1907. Monsieur et Cher Président.
Dans le dernier bulletin de la Société je viens de lire votre si intéressante étude sur « les Marques d'imprimeurs et de libraires aux quinzième, seizième et dix-septième siècles » et elle m'a appris beaucoup de choses.
Au paragraphe Monogrammes, je remarque que vous parlez des initiales des imprimeurs placées soit dans un cercle soit dans un cœur surmonté d'une croi.\ à un ou plusieurs croisillons, soit d'un signe en forme de 4 additionné de traits transversaux ou verti caux, simples ou répétés, qui donnent l'impression d'un signe hiéroglyphique.
LES ÉNIGMES DES MARQUES D'iMPRIMEURS 7 Souvent ce signe serait supporté par deux V entre croisés. Ces signes apparaissent vers 1496 et sont en usage surtout en Allemagne du seizième au dix-septième siècle. ' Enfin, vous concluez, et avec raison, après avoir dit que le sens exact de ces figurations n'avait pas encore été déterminé qu'elles devaient avoir, au début, une signification cabalistique.
Puisque tant d'illustres savants ont étudié cette question, ce n'est pas moi qui oserai lever le voile de l'énigme et cependant la question n'est pas inso luble, elle relève purement de la cabale numérale. Pour éviter tout malentendu, je dirai, dès le début, que toute figuration cabalistique peut être prise dans trois sens qui, dans ce cas seraient, un vulgaire, un symbolique, un secret.
D'où l'on peut déduire que, quelles que soient mes conclusions, on pourra tou jours donner d'autres définitions, plus ou moins approchées, de ces signes brouillés à plaisir. Il faudrait une vraie brochure pour examiner la chose à fond ; je vais la résumer aussi brièvement que possible. Le Monogramme dans le Cercle, c'est l'éditeur agissant, le signe de l'existence. Le cercle est le signe du monde, du déterminé.
De même le cœur est le signe de la vie, surtout de la vie humaine. La croix à un ou plusieurs croisillons est, pour le vulgaire, un signe pieux, la religion dominant le monde, la mise sous la protection divine, ou épiscopalc ou papale. La signification cachée de la croix
8 l'initiation est le signe du feu du grand agent de la vie du monde; c'est aussi un signe alchimique. Du reste, cette première partie se comprend et s'explique facilement. L'apparition du 4 (quatre) à la place de croix de mande plus de réflexion, et cependant c'est la même chose, mais avec un sens beaucoup plus hermétique.
Pour satisfaire les personnes pieuses et surtout ne pas éveiller les terribles susceptibilités du clergé, l'éditeur-libraire donnait au 4 la signification que lui avaient attribuée les Pères de l'Église, renou velée des théories pythagoriciennes.
Quatre est le nombre terrestre, tout ce qui regarde la créature ma térielle reproduit ce nombre ; les quatre points cardi naux, les quatre vents, les quatre saisons, les quatre qualités principales du corps : le sec, le chaud, le froid, l'humidité ; les quatre éléments : le feu, l'air, la terre, l'eau.
Adam fut formé de la terre prise aux quatre extrémités du monde, dit saint Cyprien, et il ajoute : dans le nom d'Adam, Dieu semble perpétuer le souvenir de cette origine. Il plaça une étoileà chacun des points cardinaux : à l'Orient celle qui est appelée Anatole (1) Ducis à l'occident, Arctos au nord et Mézembris au midi.
En réunissant les premières de ces lettres on trouve le nom d'Adam, et si on leur donne leur valeur numérique on aura le nombre 46. (A=i, D=4, A=i, M=io). Or, dans 46 on trouve le nombre de l'expiation et de la pénhence 40 auquel est joint 6, le nombre de (1) Voir l'Iconographie chrétienne de l'abbé Bourassé.
LES ÉNIGMES DES MARQUES D'IMPRIMEURS (J la perfection. Ce nombre devait être prophétique car Jésus-Christ unissait seul la perfection à l'expiation. Quatre n'est pas seulement le nombre terrestre, i' devient, par le nouvel Adam, le nombre évangélique, c'est le nombre des fleuves du paradis terrestre, figures mystérieuses de ces quatre sources divines qui devaient répandre dans le monde les eaux salu taires de la grâce.
La grande nappe liée par les quatre coins que saint Pierre aperçut en vision, annonçait que l'Évangile devait être prêché dans toutes les parties du monde et que tous les hommes devaient être appelés à être régénérés par le baptême au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. C'est pour cela, ajoute saint Cyprien, que cette nappe s'atfaissa à trois reprises différentes.
Les quatre colonnes placées à l'entrée du tabernacle désignaient aussi la loi évangélique, etc. etc. (i). Comme on le voit, le 4, considéré ainsi, ne pou vait être taxé d'hérésie : c'était la lumière évangélique diffusée aux 4 coins du monde par le pieux édi teur dont le monogramme s'étalait sous lui. Mais à ces spirales d'encens se mêlaient bien des fumées de fagots pour qui savait voir.
Ainsi que le fait remar quer le si documenté article « les Marques des li braires » ces derniers étaient, en général, des savants fort lettrés; le latin, le grec, les sciences et les arts leur étaient familiers. A ce moment l'astronomie se confond avec l'astrologie; la chimie est l'alchimie ; les sciences naturelles confinent à la magie. C'est le (1) Voir l'Iconographie chrétienne de l'abbé Bourassé.
i o l'initiation moment où Renaissance, Réforme, découverte du nouveau monde, bouleversent l'humanité. Les li braires, déjà à lavant-garde du progrès comme mar chands de manuscrits, le seront bien davantage le jour où l'imprimerie multipliera leur puissance. Or, en « science cabalistique », science qui fut aussi rénovée au moment de l'apparition de l'imprimerie, le nombre 4 a aussi sa grande signification. 4, c'est la forme, l'adaptation...
Rien ne pouvait mieux convenir pour exprimer symboliquement le livre, que l'imprimerie. Ici se place le sens caché que nous trouvons dans les lames du tarot, l'ancien livre de Thot, le plus ancien livre du monde, origine du jeu de cartes. 4 (quatrième lame ou carte) c'est le daleth T ou quatrième lettre de l'alphabet hébraïque qui exprime hiéroglyphiquement le sein.
C'est l'idée, donnant avec abondance une forte nourriture, source d'un accroissement futur (1). Le dalcth marque l'abondance née de la division. (Voilà, il me semble une définition symbolique de la presse!) Cette carte (lame) porte, comme figuration, l'empereur assis de profil, tenant à la main son sceptre. Le Shéma de ce dessin devient un 4. C'est un symbole actif.
Le sceptre est surmonté du signe de Vénus ou de la gé nération: un cercle surmonté d'une croix. La figure signifie : domination de l'esprit sur la matière. En core excellente adaptation à faire à l'art de l'impri meur. Considérée même plus attentivement, cette figure devient le signe de Jupiter. (1) Consulter le Tarot par Papus.
LES ÉNIGMES DES MARQUES D-IMPRIMEURS 1 I En résumé, ce signe signifiait: en divin, la Vo lonté ; en humain, le pouvoir ; en naturel, l'âme de l'univers. Nos savants éditeurs d'autrefois, en fixant leur choix, savaient donc très bien ce qu'ils voulaient exprimer d'une façon cachée. Au-dessous du 4 se trouvait souvent un double W.
Il a même parfois dû être pris pour un monogramme mal fait de la Vierge M. Or c'est un schin hébreux, mais qui se ressent de son origine étrusque. C'est un schin hébreux qui se modifie suivant le double V dans l'éthiopien, le berbère, le phénicien, etc. (1). Le schin, c'est la vingt et unième lettre hébraïque, la figure « mat » du tarot (le fou). En magie noire il personnifie le mal. En hermétisme, c'est le mouve ment.
Placé sous la croix, c'était une figuration qui, en clair, était équivalente à celle de la Vierge foulant le serpent du mal et en caché, c'était le mouvement, la vie vivifiant le monde figuré par ses 4 âmes : la croix ou le 4. Reste à définir les petits traits placés sur les axes. Ici encore, nous avons affaire à une véritable écriture normale à son origine, devenue hermétique dans la suite.
C'est une trace laissée par les écritures ogamique et runique en usage chez les peuples de la Scandina vie, de l'Irlande, etc. Leur caractéristique principale étant de former des ( 1 ) Voir : Histoire de l'écriture dans l'antiquité, par Ph. Berger. (Imprimerie Nationale.)
l'initiation lettres par de petits traits plus ou moins perpendicu laires au trait principal, généralement vertical. Dans le nord de l'Allemagne régnaient les écri tures, lorsque au quatrième siècle de notre ère Ulfilas, évêque des Goths, créa, pour sa traduction des évangiles, un nouvel alphabet ; l'alphabet gothique, composé de lettres onciales, auxquels il mêla quel ques caractères runiques.
Pendant longtemps l'écri ture runique vécut côte à côte avec le nouvel alpha bet. Au moyen-âge on écrivait les manuscrits en caractères runiques. Peu à peu la gothique, supplanta le runique, qui finit comme beaucoup d'écritures anciennes, par devenir un alphabet magique dont la connaissance était réservée aux prêtres.
En reléguant cette écriture dans le domaine des sciences merveil leuses, la religion ne faisait que lui rendre son carac tère primitif, mais si le sentiment de l'écriture runique s'est peu à peu perdu, le sentiment en est resté ( i ) profondément gravé dans l'esprit et dans les tradi tions populaires.
Je possède un livre — en bois — gravé au cou teau provenant de l'Islande et de i6o5, sorte d'almanach magique, où on trouve l'alternance des carac tères ordinaires et des formes runiques avec traits, croix, etc., souvent les caractères latins sont dans des cartouches en formes de cœurs, de cercles, etc. La réplique du même ouvrage, que je possède éga lement est sous la forme d'un petit manuscrit enlu miné sur parchemin. Mêmes genres doubles de ca- (i) Histoire de l'Ecriture etc., citée.
LES ÉNIGMES DES MARQUES û' IMPRIMEURS l3 ractères. Comme enluminures, surtout des têtes d'évêques, de prêtres, de princes de l'Église. On a voulu concilier le sacré et le profane pour ne pas dire plus. C'est l'usage de ces petits traits sur les axes en croix qui a fini par donner naissance aux nom breuses croix à croisillons plus ou moins multiples. (Saint- Benoist, Jérusalem, Lorraine, etc.).
Il faudrait faire un long travail pour chercher à expliquer la signification exacte de ces additions va riables pour chaque libraire, mais il se pourrait qu'elles correspondent au IEVE du TARO, fort sou vent. En consultant un travail paru, il y a une cinquan taine d'années environ, dans le Magasin pittoresque sur les signatures du moyen-âge, on peut constater que tous les signes annexes étaient d'un usage cou rant même chez le peuple.
Quant à la croix ajoutée elle y est presque toujours. La croix de nos illettrées en est le dernier vestige. La croix s'employait comme signe gravé bien avant le christianisme, c'était le signe solaire par excellence et le signe du feu (Swastika), or, le signe du feu devient en se modifiant un 4. En même temps que l'imprimerie prenait nais sance, la Réforme s'affirmait et la grande fraternité des Rose-Croix également se manifestait en Alle magne.
Il nous suffit d'ouvrir l'ouvrage de le Couteul de Canteleu (i863), les Sectes et les Sociétés se crètes, pour remarquer aux pages des alphabets de Sociétés secrètes, qu'en dehors d'écritures avec axes
14 l'initiation et petits traits, on trouve que les hauts grades, en Allemagne, étaient figurés par 4 et 4 (doublement barré). Il y aurait encore beaucoup à citer dans ce sens. La question n'est donc pas insoluble et le mysté rieux 4 se laisse entrevoir. Il est à la fois très ortho doxe et très hérétique pour l'époque.
Ceux qui le choisirent étaient très érudits et avaient des connais sances approfondies aussi bien sur les sciences de leur époque que sur celles qui les avaient précé dées. Peu à peu le vrai sens dut se perdre, et comme dans toute société hermétique ou secrète qui se ré pand, les membres, devenus foule, ignorent leurs origines pures et travestissent en une parade gros sière un symbolisme souvent élevé. Je vous prie d'agréer, etc. Tidianeuq.
PENSEE Par la Trinité seule, le philosophe a l'explication Universelle des choses, fait aussi un point de départ, une règle dans sa marche et un centre d'unité. Lacuria.
Sur les maladies et (a pierre philosophale Si nous considérons la vie comme un équilibre résultant de l'action d'un principe positif, ou excitant sur un principe négatif, ou souffrant, la santé sera l'équilibre le plus parfait, ou: Si pour une cause ou une autre cet équilibre vient à se rompre, alors apparaît la maladie, par la prédo minance du principe positif ou : + >- ou par la prédominance du principe négatif, ou : — < + Nous pouvons donc diviser les maladies en deux catégories : [.
Celles provenant de la prédominance du premier principe qui se reconnaîtront à une recrudescence d'activité des fonctions vitales, à la fièvre, aux mou vements désordonnés, à l'enflure, enfin, à tout ce qui résulte d'une excitation superflue. II. Les maladies provenant de la prédominance du second principe qui se reconnaîtront à une diminu tion d'activité des fonctions vitales, à la faiblesse, à
i6 l'initiation l'insensibilité, caractères généraux d'un manque d'exci tation.
La vieillesse, par les symptômes qui l'accompa gnent semblerait se rattacher à cette dernière catégo rie, mais il est probable qu'elle s'accompagne égale ment d'une diminution du premier principe, de sorte que suivant les philosophes (voir Flamel) l'on peut, grâce à la pierre philosophale, vivre exempt de mala dies et d'infirmités jusqu'au terme fixé par Dieu, mais non pas acquérir l'immortalité sur la terre comme quelques-uns l'ont cru.
La pierre philosophale semble donc ramener la santé en rétablissant l'équilibre rompu, ce qui se peut faire en ajoutant au principe négatif dans les mala dies de la première catégorie, ce qui lui manque pour égaler le principe positif, et, dans les maladies de la deuxième catégorie en ajoutant au principe positif la quantité nécessaire pour qu'il égale à nouveau le principe négatif. Ces deux principes thérapeutiques sont-ils introu vables ?
Nous ne le pensons pas, certain kabbaliste très connu, de qui nous tenons ces principes a écrit dans un de ses ouvrages, que la Providence a mis entre nos mains, le moyen de les obtenir.
Au point d'ailleurs où en est la science, nous pou vons croire qu'il ne lui reste qu'un tout petit pas à faire pour tomber dans le domaine des forces et au lieu des tâtonnements de la thérapeutique contem poraine, nous verrons revivre sous d'autres noms, les vieilles méthodes des alchimistes et des philosophes,
SUn LES MALADIES ET LA PIERRE PHILOSOPHALE 17 nos maîtres et l'on ne traitera plus désormais les maladies dans le corps matériel, mais dans leur soma même : le corps astral. Qu'était-ce donc que l'élixir de longue vie des phi losophes ?
D'après ce que nous avons dit plus haut, il semble rait plus rationnel de le supposer comme double, c'est-à-dire positif ou négatif suivant la maladie à combattre, car si nous le supposons composé des deux principes équilibrés, nous ne voyons pas com ment il peut, dans le corps malade, rétablir l'équi libre rompu, à moins de supposer que le corps luimême s'assimile automatiquement ce qui lui est nécessaire pour sa guérison et élimine le reste.
Que serait-ce donc que la pierre philosophale ? Tout simplement l'un des deux principes ci-dessus, qui par l'adjonction des ferments nécessaires est spé cifié au règne minéral et par conséquent ne doit servir qu'à la transmutation des métaux imparfaits. Les métaux pourraient donc, à notre humble avis, être classés en trois catégories : 00 + I oc Les métaux parfaits, c'est-à-dire ceux qui ren ferment les deux principes équilibrés.
II + Les métaux imparfaits en lesquels domine le principe positif. III — Les métaux imparfaits en lesquels domine le principe négatif. 2
18 l'initiation Ces deux dernières catégories, semblables aux corps malades cités plus haut, pourraient être guéris par l'application du principe opposé qui en rétablissant l'équilibre les rend parfaits.
L'expérience nous a prouvé que le mercure ren ferme, au plus haut degré, parmi les autres métaux, le premier principe (positif) en surabondance, il corres pond par analogie à la force centrifuge, au oolve, ce qui le prouve, c'est qu'il détruit la forme des corps parfaits, ceux où les deux principes sont le mieux équilibrés et qu'au contraire il est sans action sur les métaux imparfaits où domine le principe négatif.
N'ayant pas eu la possibilité de pousser mes expé riences plus loin dans cette voie, mes explications s'arrêteront là; quant aux principes ci-dessus, ne les ayant pas trouvés par moi-même, je ne me crois pas le droit de les dévoiler. Les initiés comprendront d'ailleurs facilement de quels principes il est ici question. Jean Siprel.
Les Puissances invisibles (Suite) Mais cette question des corps invisibles est une question purement scientifique ; c'est de l'Histoire Naturelle ; nous devons donc démontrer leur exis tence.
Malheureusement, pour cela, nous ne pouvons pas employer les méthodes qu'on appelle positives, mais nous avons des moyens indirects : résultats des visions obtenues par les sensitifs, effets physiques, faciles à constater par tout le monde, mais pouvant être interprétés de diverses façons, reproductions par la photographie, avec ou sans chambre noire, etc. Chacune de ces preuves, isolée, ne suffirait pas à dé terminer une conviction, mais toutes, réunies, finis sent par former un ensemble imposant, qui suffirait largement à convaincre un savant positiviste, s'il s'agissait d'autres genres de phénomènes.
Nous sommes donc obligés de reconnaître que l'âme entraîne bien avec elle de véritables corps, ma tériels, quoique invisibles, à l'aide desquels elle peut même quelquefois se montrer à nous, sous forme d'ap parition. Il y a donc bien une séparation entre le corps phy sique et les corps invisibles, et alors, il vaut mieux parler franchement et dire que nous avons plusieurs corps.
20 l'initiation Nous avons donc à étudier d'abord une âme, la seule partie immatérielle de nous-mêmes ; puis, cinq corps correspondant aux cinq plans que je viens de vous décrire : i° Le Corps Céleste, qui correspond au plan cé leste. Il est intimement uni à l'âme, qu'il ne quitte ja mais. Le Corps Céleste est notre corps essentiel ; c'est lui qui, avec notre âme, constitue notre Higherself, no tre Moi supérieur, notre véritable Individu.
Nous avons été créés avec }ui, et nous le conserverons pen dant toute l'éternité. A propos du Corps Céleste, nous pouvons revenir à l'Ame. De même que, au dessus de tous les plans, il y a le plan divin, appartenant à Dieu seul ; de même, au-dessus de tous les corps, il y a l'âme, qui, seule, est immatérielle et domine sur tous les corps.
Mais, tandis que Dieu est Pur Esprit, c'est-à-dire existe par lui-même, sans adjonction nécessaire d'un corps quelconque, l'âme n'existe qu'unie au corps cé leste. Elle n'est donc pas pur esprit. Quoique nous possédions actuellement notre corps céleste, nous n'en faisons que très peu d'usage. Il nous met en rapport avec le plan céleste ; mais, pour le moment nous n'en avons aucune conscience, sauf dans certains états mystiques.
Cependant, il exerce une grande influence sur nous, quoique d'une manière latente. C'est par son intermédiaire que bien des secours nous viennent. Quand notre évolution sera terminée, c'est avec lui que nous entrerons dans le Royaume.
LES PUISSANCES INVISIBLES 21 Je l'ai déjà dit à propos du plan céleste : le corps cé leste commande complètement aux Esprits intermé diaires, par conséquent à la matière. 2° Le Corps Mental qui correspond au Plan Men tal. C'est par lui que nous pensons; les Théosophes l'appellent Manas, le Penseur. Il emmagasine toutes nos connaissances et tous nos souvenirs ; il reçoit les idées nouvelles et les fait passer dans notre cons cience.
Il conserve toutes nos expériences, non seule ment celles qui concernent son propre plan, mais aussi celles des autres plans. Le Corps Mental ne fait pas partie de notre Moi es sentiel, mais il fait partie de notre Moi conscient. Nous l'avons reçu des notre création, comme le corps céleste, et comme lui, nous le conserverons pendant toutes nos réincarnations. Le corps mental que nous avons actuellement est le même que nous avons eu dès le début.
Nous ne pouvons pas pénétrer avec lui dans le plan céleste, mais nous l'abandonnons quand notre évolution est complète. C'est lui qui nous attache complètement à la terre, et ce n'est qu'après l'avoir complètement évolué que nous l'abandonnons pour entrer dans la Vie éter nelle, c'est-à-dire dans la vie que nous ne quittons plus pour aller dans d'autres plans. 3° Le Corps Kamique, qui correspond au Plan K.amique.
Ce corps sent et éprouve; il pense aussi, mais pas comme le précédent* Le Corps Mental est un penseur universel, il rai sonne sur tout ; il connaît et donne une tournure scientifique à toutes ses connaissances.
22 l'initiation Le Corps. Kamique pense sentimentalement ; il a des désirs, des aspirations, des passions. C'est à son propos qu'on peut dire que le cœur a des raisons que la raison ne comprend pas, c'est, qu'en effet, il ne raisonne pas de la même façon que le Corps Mental ; il n'est pas convaincu par les mêmes arguments.
Le Corps Mental correspond à la tête ; le Corps Ka mique correspond au cœur, ces deux mots étant pris bien entendu dans le sens figuré. Le Corps Mental est froid ; le Corps Kamique est chaud, toujours dans le sens figuré.
Quand le Corps Mental agit avec une certaine in tensité, il produit des traits de génie, de grandes con ceptions scientifiques ; le Corps Kamique, dans la même occurrence, produit des emportements, des colères, des emballements, des passions violentes, etc. Le Corps Kamique ne dure que pendant une in carnation ; à chaque nouvelle incarnation, nous en prenons un nouveau. 4° Le Corps Astral, qui correspond au plan As tral.
C'est lui qui transforme en forces toutes les in citations des autres corps. Il est le corps des forces ; il transmet au corps physique la Vie qui provient de l'action de l'Ame sur les corps.
Le Corps Astral élabore les forces et les transmet au Corps physique ; son rôle principal est de coor donner les vies élémentaires des cellules et des amas de cellules ou organes qui composent le corps physi que, de façon à en faire un ensemble harmonique et à faire concourir toutes les vies particulières au but général : vie de l'ensemble du corps physique.
LES PUISSANCES INVISIBLES 23 C'est pour cela qu'on pourrait croire que c'est lui qui est la Vie; il ne la donne même pas ; il ne fai1 que la transmettre. Mais ce rôle est d'une importance majeure, car, sans lui, le corps physique ne peut pas vivre.
S'il était possible de faire sortir le corps astral du corps physique, autrement dit de réaliser ce qu'on appelle sortie en astral, le corps physique resterait à l'état de cadavre ; ce serait la mort irrémédiable. Le Corps Astral, comme le Corps Kamique, ne dure que pendant une incarnation ; à chaque réincar nation, on en prend un nouveau. 5° Enfin, le Corps Physique, qui correspond au plan physique.
C'est le seul qui soit visible pour la plupart d'entre nous; c'est lui qui nous met en rapport avec ce que nous appelons le Monde extérieur, rapport établi par l'intermédiaire de nos cinq sens classiques et de quelques autres qu'on connaît moins bien, et en outre, par l'intermédiaire de nos organes de mou vement.
Ce que je vous ai dit du plan astral et du plan phy sique vous fait pressentir que le Corps physique joue un rôle très important dans notre évolution, et nous sert derempart contre tous les dangers qui nous menacent dans l'invisible, rempart quelquefois insuf fisant, mais souvent par notre taute. A chacune de nos vies terrestres, nous avons un corps physique nouveau.
A première vue, on pourrait croire que le corps physique est parfaitement connu de tout le monde ; les physiologistes le décrivent minutieusement, et tout le monde est à même de l'étudier. Or c'est le
24 l'initiation contraire qui est vrai : le corps physique est le moins connu de tous les corps. Rien n'est dangereux pour les études comme les choses qui sont trop à notre portée ; on en voit tellement les détails qu'on en arrive facilement à en croire l'étude très facile, et on ne pense même pas à faire sur ces choses les recherches minutieuses qu'on a faites sur celles qui sont cachées.
Les Occultistes eux-mêmes n'ont jamais étudié le Corps physique. Tout le monde le voit, cela n'en vaut pas la peine. Je vais vous montrer combien, au contraire, cela en vaut la peine. Il y a une partie du corps physique qu'on ne con naît pas ou qu'on connaît très mal.
Quelques-uns ne la connaissent pas du tout et la confondent avec le corps astral, et disons à ce propos que le Corps As tral lui-même est très peu connu, les Occultistes s'en font des idées contradictoires et lui attribuent beau coup de propriétés qui appartiennent à d'autres corps ; ils lui donnent en outre une importance exagérée.
Quelques occultistes confondent la partie du corps physique, dont nous nous occupons, avec le corps astral; d'autres, qui l'ont aperçu, en font un corps à part sous le nom de Corps Élhérique, et lui donnent une place qui ne lui appartient pas.
Comme il est inutile d'encombrer la science d'une multitude de noms qui finissent parembrouiller la mémoire, je conserve cette dénomination, et j'ap pelle Corps Ethérique un corps fluidique, intermé diaire entre le corps astral et le corps physique pro prement dit, mais appartenant à ce dernier.
LES PUISSAISXES INVISIBLES 25 Ainsi, qu'il soit bien entendu que le Corps Ethérique n'est pas un corps à part, quoique séparable du corps visible ; il est une partie du corps physique, et il appartient au plan physique. C'est pour cela que nous ne pouvons pas en faire un corps à part, car chaque corps correspond à un plan. Or, comme je l'ai dit à propos du plan physique, l'éther est un des états de la matière physique.
Le mot fluide, en physique comme en occultisme, exprime quelque chose de plus subtil que la partie gazeuse de matière. Les physiciens supposent, pour l'explication des phénomènes, l'existence d'une subs tance parfaitement élastique et dénuée de pesanteur, dont on ne connaît que les effets, et qu'on appelle Ether, du grec aîOr,p, empyrée, de aïôw, brûler, d'où 0180;, feu. Toujours la vieille idée de feu synonyme de fluide.
C'est cet éther qui forme la substance du corps fluidique. que pour cela nous appelons Corps Ethérique ou corps de feu. Cette dernière appellation cadre bien avec le Char de feu qui a enlevé Elie au ciel. Le corps éthérique n'est pas un corps fixe comme les autres; il est très mobile et affecte très facilement toutes sortes de formes.
Cependant, à son état d'équi libre, il affecte la forme humaine et reproduit exacte ment toute la contexture du corps auquel il appar tient. Il devient visible sous diverses influences, mais il reste généralement invisible. C'est sur le corps éthérique qu'agit directement le
2 6 l'initiation corps astral ; c'est en lui que les forces élaborées dans l'astral, à l'état potentiel, deviennent effectives ou actuelles. Mais prenez bien garde de faire une confusion. Le corps éthérique n'est pas l'influx nerveux; il est en rapport avec lui, mais il n'est pas lui. Le corps éthérique subsiste après la mort, plus ou moins longtemps, quelquefois très longtemps.
Les apparitions soit de désincarnés, soit de personnes vi vant encore sur la terre, sont produites par ce corps, qui devient visible sous l'influence de diverses causes dont je ne dirai rien aujourd'hui.
Dans les matérialisations spirites, c'est lui qui tour billonne et forme ces masses phosphorescentes qui, peu à peu, pompent la matière physique du corps du médium, et même de quelques-uns des assistants, pour devenir une apparence de personne vivante. Le corps éthérique enveloppe et pénètre le corps physique et lui constitue une véritable aura; il est très mobile.
Sous certaines influences, il se contracte et cesse d'envahir la surface du corps, ou bien il se dilate et forme une enveloppe autour du corps. Sou vent aussi, il rayonne et donne au corps l'apparence d'un être lumineux, qui peut être vu de très loin. Ceux qui ne sont pas sensitifs ne voient pas tout cela; mais quelquefois, le corps éthérique entre en vibration et émet ses rayons avec une telle intensité qu'il devient visible pour tout le monde.
C'est ainsi que se produisent certaines apparences, telles que les cornes lumineuses de Moïse, les auréoles des saints. Ces auréoles sont causées par un afflux de substance
LES PUISSANCES INVISIBLES 27 éthérique autour de la tête, qui est un des points qui rayonnent le plus. A ce propos, il est bon de remarquer que ces appa rences, qui sont passagères, étant fixées par les pein tures et les images, laissent l'impression d'un état continu. On se figure volontiers que Moïse ne se sé parait jamais de ses cornes, ni les saints de leurs au réoles. En réalité, la peinture a fixé de simples appa rences accidentelles.
Tous ces personnages étaient vus semblables à tous les autres ; ce n'est qu'à de cer tains moments, pendant l'extase, ou l'enthousiasme, ou sous le coup d'une autre passion, qu'ils émettaient ces protubérances fluidiques. J'ai dit que le corps éthérique constituait une véri table aura. Il faut prendre bien garde, à ce propos, de ne pas la confondre avec l'aura des Théosophes.
Pour eux, l'aura est constituée par les parties des corps invisibles qui dépassent inégalement la surface du corps physique. Groupements des cinq corps. — Nous devons maintenant diviser nos cinq corps en deux groupes : i° le corps céleste et le corps mental, qui sont nos corps essentiels ; 2° le corps kamique, le corps astral et le corps physique, qui sont nos corps adventices.
En effet, comme je l'ai dit plus haut, le corps cé leste nous accompagne constamment, depuis notre création ; il nous accompagnera pendant toute l'éter nité, l'âme lui est combinée, et leur union est indis soluble. Le corps mental nous accompagne dans toutes nos incarnations ; mais il nous quitte quand notre évolution est terminée. Ces deux corps sont
28 l'initiation donc ceux qui constituent notre personnalité irréduc tible, celle qui persiste pendant toute la durée de nos vies terrestres et de nos vies intercalaires dans l'invi sible. La combinaison de notre âme avec notre corps céleste forme notre personnalité persistante et im mortelle, celle qui subsiste dans l'éternité et constitue notre individu, notre véritable Moi.
L'adjonction du corps mental à ce premier groupe forme notre Moi secondaire, le moi persistant de notre période évolu tive. Cette triade : âme, corps céleste, corps mental, est notre personnalité ultime, celle qui est consciente de toutes les étapes de notre évolution, qui ne change pas et ne peut pas être comparée à un masque de comédie, comme les personnalités du troisième ordre dont nous allons bientôt parler.
En effet, elle représente si bien notre personnalité réelle, qu elle joue le rôle de l'homme éveillé et plei nement conscient, tandis que notre vie terrestre nous met dans la situation de l'homme dont l'entendement est obnubilé par diverses causes extérieures : fatigue, somnolence, ivresse, soucis, etc. Pendant le sommeil profond, alors que tous nos corps inférieurs sont au repos et cessent d'étourdir le corps mental de toutes leurs communications, la triade juge avec pitié tous ces mille riens qui nous passionnent à l'état de veille.
Généralement, nous ne conservons pas le souvenir de cet épisode ; mais, il arrive quelquefois, pas très sou vent, que nous nous en souvenons : nous ne voyons pas alors la vie sous son jour habituel ; nous ne pou
LES PUISSANCES INVISIBLES 29 vons pas éviter une certaine mélancolie et même du dégoût de la vie terrestre. Heureusement, cela dure un peu ; nous sommes repris par les mille excitations extérieures, et nous recommençons à vivre de notre vie habituelle. Ce souvenir laisse pourtant une trace : il nous porte à considérer davantage les choses sous leur vrai jour, et à devenir plus sages.
Je ne peux pas, à ce propos, laisser échapper l'oc casion de vous dire que, malgré toutes les mesquine ries de l'existence sur la terre, la vie sur le plan phy sique doit être prise au sérieux; nous ne devons pas l'aimer jusqu'au point de nous dégrader pour la con server, mais nous devons y tenir et nous rappeler qu'elle est un don de Dieu, un bienfait, qui nous per met d'évoluer, et que, en somme, elle est le seul moyen que nous ayons de réparer l'erreur que nous avons commise aux époques lointaines dont parle la Genèse.
Ce n'est que grâce à notre vie terrestre que nous pouvons reconquérir la matière et reprendre possession de nous-mêmes, de notre indépendance, et développer notre volonté. Au-dessus de la triade que nous venons d'étudier, on peut établir une ligne fictive de séparation, audessous de laquelle se trouveraient les corps adven tices. Le corps kamique, le corps astral et le corps physi que forment ce second groupe.
Tous trois disparais sent à chaque incarnation, pour être remplacés par des corps nouveaux à l'incarnation suivante. Ce sont des corps adaptés pour une période seulement. Il en résulte que pour chacune de nos vies, toute tradition
3o l'initiation est rompue, de telle sorte que notre passé ne pèse pas sur nous et ne nous écrase pas. Nous n'avons de sou venirs que ce que le corps mental, qui conserve tout, laisse filtrer jusqu'à notre cerveau physique. Ces corps adventices sont des instruments, des ou tils, dont notre triade supérieure doit se servir pour remplir la tâche qui lui incombe dans les plans infé rieurs.
Ces outils s'usent, comme s'usent tous les ou tils ; quand ils sont hors de service, soit parce qu'ils sont accidentellement brisés ou détériorés, soit parce qu'ils ont servi longtemps, ils sont rejetés et remplacés par d'autres. Enfin, ces corps adventices doivent être considérés aussi comme des reflets, des reproductions de la triade supérieure.
Le corps kamique est la reproduction du corps cé leste ; il est, pour ainsi dire, le corps céleste des plans inférieurs : le corps céleste comporte la plénitude de l'amour divin, le corps kamique comporte l'amour inférieur sous toutes ses formes, et même comme nous allons le voir bientôt, l'amour idéal, l'amour céleste et des poussées vers l'amour divin.
Il y a aussi d'autres analogies, telles que la connais sance, qni est l'apanage du corps céleste, représentée par l'intuition, qui est l'apanage du corps kamique. A ce sujet, je vous rappelle qu'il ne faut pas confon dre la connaissance avec le savoir, la science, apanage du corps mental.
J'ai eu l'occasion de vous dire, dans d'autres leçons, que si vous étudiez unepartie quelcon que de la science, vous arrivez à la savoir, mais vous ne pouvez pas dire encore que vous la connaisse^.
LES PUISSANCES INVISIBLES 3l Vous pouvez très bien savoir un théorème de mathé matique, par exemple, être capable de le démontrer, sans pour cela le vivre, pour ainsi dire, l'avoir com pris dans toutes ses parties, vous l'être assimilé, en un mot le connaître, le trouver évident par-dessus sa dé monstration elle-même, le voir comme s'il faisait par tie de vous-même.
Le corps astral est la reproduction du corps mental, il est le corps mental des plans inférieurs. Le corps mental comporte la pensée, les idées, qui sont des forces supérieures : vous connaissez les Idées-Forces.
Le corps astral comporte les forces de toutes sortes, la réalisation sur les plans inférieur, astral et physi que, des idées élaborées dans le plan mental ; il com porte aussi l'élaboration d'images fécondes en forces pouvant agir sur le plan physique, images qui sont des Idées Astrales.
Quant au corps physique, il n'est plus une repro duction, mais il est une contre-partie, celle de l'âme : c'est de l'âme que tout part, c'est au corps physique que tout aboutit. Mais, dans un autre ordre d'idées, on peut dire que le corps physique est le représentant de l'âme sur le plan physique. En effet, c'est lui qui, mû par la pen sée, façonne tout ; il est la Forme de l'œuvre humaine dans la nature, comme l'âme est la Forme du corps.
Subdivisions des plans et des corps. — Chacun des plans que je vous ai décrits, de même que chacun des corps qui leur correspondent, doit être considéré comme un groupe composé d'un grand nombre de plans et de corps secondaires, ayant entre eux des res
32 l'initiation [Janvier semblances et des analogies suffisantes pour les cons tituer en une famille. Le plan kamique, par exemple, doit être considéré, non comme un plan homogène, mais comme le groupe d'un grand nombre de plans qui possèdent tout ce que nous pouvons appeler les propriétés kamiques.
De même, l'ensemble des corps possédant des propriétés kamiques, forme la famille corporelle kamique, que nous synthétisons sous le nom de corps kamique, sans épithète. Il est bien évident que nous ne pouvons pas décrire tous ces plans et tous ces corps; nous chargerions la mémoire au point de rendre leur étude impossible.
Heureusement, nous pouvons nous contenter, sans inconvénient, de grouperces multitudes en trois sousfamilles, dont les membres ne diffèrent pas suffi samment pour qu'il soit nécessaire de les décrire à part. Nous diviserons donc chaque plan et chaque corps en trois groupes : le supérieur, le moyen et l'infé rieur.
Cette division est justifiée par ce fait qu'il y a, en effet, une préexcellence des degrés ou étages supé rieurs sur les étages inférieurs. Quelquefois, nous serons obligés de spécifier da vantage, de pousser plus loin les subdivisions, nous dirons alors : la partie supérieure, moyenne ou infé rieure du plan kamique supérieur, moyen et inférieur. Nous n'aurons que très rarement besoin de pousser la subdivision plus loin.
Du reste, les plans et les corps sont très nombreux, mais non pas en nombre infini. ' J'ai pris le corps kamique comme type pour cet
1908] LES FUISSAUCES INVISIBLES 33 exposé, parce que c'est lui qui présente les subdivi sions les plus nombreuses et les plus importantes.
D'une manière générale, les corps et les plans supé rieurs représentent les propriétés les plus élevées du plan, les corps et les plans inférieurs représentent les propriétés les plus basses ; les corps et les plans moyens, qui sont très importants, représentent les luttes, les conflits entre les plans supérieurs et les plans inférieurs.
Du plan céleste, nous ne dirons rien : j'ai employé au moins quatre leçons à vous en décrire tous les étages ; je ne peux pas y revenir dans le présent travail.
Je résume donc ce qui le concerne dans ces simples mots : depuis les régions les plus inférieures jusqu'à presque l'infini qu'il comporte, tout y est bon, tout y est bonheur et perfection Le plan mental supérieur et le corps mental supé rieur élaborent les idées élevées, géniales, la compré hension parfaite de tout. Ce n'est pas la connais sance telle que je vous l'ai décrite, mais c'est l'omniscience.
C'est le séjour des Génies supérieurs et d'un grand nombre de dieux. Le plan et le corps mentais inférieurs élaborent les idées scientifiques et philosophiques, les sciences et les arts et en général tout ce qui concerne les appli cations des connaissances aux choses des plans infé rieurs, surtout du plan physique.
On peut résumer ce qui concerne ces deux subdi visions en disant que le corps mental supérieur élabore les grandes spéculations, et le corps mental inférieur en élabore les applications, leur mise en pratique. 3
34 LINITIATIO.N Le corps menia! moyen est le théâtre des contro verses, des cloutes, du scepticisme, des emballements dans un sens ou dans l'autre. Le corps kamique supérieur élabore les passions nobles, les désirs de nature élevée ; il nous met en rapport avec le plan kamique supérieur, qu'on pour rait appeler le plan de l'Idéal.
Le corps kamique inférieur est l'organe des désirs terrestres et des passions inférieures, la violence, la colère, la sensualité, etc. C'est le corps kamique inférieur qui est le plus exercé et le plus développé chez les libertins, les débauchés, les dissipés, etc., et aussichezles criminels. Mais il serait dangereux de le laisser atrophier, même pour les hommes vertueux.
Dans le corps kamique comme dans les autres corps, l'équilibre est nécessaire, et le corps kamique supérieur fonctionnerait très mal, sans l'aide du corps kamique inférieur. C'est au contraire, le corps kamique supérieur qui est le plus exercé et le plus développé chez les mys tiques, chez les gens vertueux, et aussi chez les uto pistes. Le corps kamique supérieur nous met en rapport avec des êtres bons, et quelquefois très élevés.
Son fonctionnement, quand il prend un certain degré d'énergie, produit des extases, pendant lesquelles on croit être transporté au septième ciel. La plupart des récits des mystiques, saints ou autres, se rapportent au plan kamique supérieur, par l'intermédiaire du corps kamique supérieur.
LES PUISSANCES INVISIBLES 35 Ce n'est pas que je nie la vision céleste : l'extase peut porter la conscience jusque dans ce plan ; mais cela est rare. Du reste, le plan kamique supérieur est assez beau, et beaucoup plus à notre portée, dans l'état actuel de notre évolution, que le plan céleste. Le corps kamique moyen est celui qui supporte les luttes inférieures, les tentations ; il subit directement les assauts de l'adversaire.
Pour le corps astral, on retrouve les mêmes choses; mais, de même que pour le corps physique, les dif férences entre les deux étages, différences très impor tantes, ne peuvent être décrites qu'en entrant dans les détails qui nécessiteraient une monographie complète, c'est ce que j'ai fait pour le corps phy sique, dans un article publié dans l'Initiation de mars 1903.
Dans le corps astral supérieur s'élaborent les forces de la vie de relation ; dans l'inférieur, les forces vitales, organiques. Influence des corps moyens sur notre destinée. — Comme je l'ai dit plus haut, les corps moyens sont le théâtre de luttes entre les corps supérieurs et les corps inférieurs. La volonté intervient dans ces luttes pour donner la victoire à l'un ou à l'autre.
Des puissances de l'invisible interviennent aussi, les unes pour faire pencher la balance dans un sens, les autres pour la faire pencher dans l'autre sens. Je ne décrirai pas les conditions de ces luttes et de ces interventions ; je me contenterai d'en donner des résultats. Si ma volonté est constante, le corps moyen au
36 l'initiation quel elle s'applique prendra un pli, une routine, une habitude d'agir, et il se mouvera de lui-même dans le sens que lui aura donné cette habitude. La prédominance donnée à une direction, à l'ex clusion de la direction contraire, sans intervention de la volonté, est le passage du voulu au machinal, du conscient à l'inconscient, ce qui vous montre que l'inconscient n'est inconscient qu'en apparence.
Cette habitude, prise par un corps moyen d'agir de lui-même dans un sens déterminé, prend des noms différents suivant le corps auquel elle s'ap plique. Vous avez entendu parler de la mentalité de telle ou telle personne, quelquefois de son astralité, mais d'une manière peu claire, mal définie. Ce sont des propriétés des corps mental moyen et astral moyen qui ont une importance de premier ordre.
Nous appelons la Mentalité la direction prise par le corps mental moyen, direction qui lui a été donnée par notre volonté, ou qui s'est trouvée tout acquise dès la naissance, pour des causes connues sous le nom de karma. De même la Kamaïté sera la direction prise par le corps kamique moyen, sous les mêmes influences. L' Astralité est la direction prise par le corps astral moyen.
Il est inutile de parler de la Célestéité ou de la Mysticité : il n'y a pas lieu d'en tenir compte. Le corps céleste ne suit pas la même marche que les autres corps ; on peut le considérer comme hiérar chisé d'une manière continue. Quant au corps phy
LES PUISSANCES INVISIBLES 'ij sique, tout ce qui le concerne regarde la Médecine, la Physiologie et la Mystique : j'en ai parlé ailleurs; je n'y reviens pas. C'est de notre Mentalité que dépendent nos juge ments et notre manière de comprendre. C'est elle qui fait que les arguments capables de nous convaincre ne sont pas les mêmes pour tous.
C'est de notre Kamaïté que dépend notre moralité, et l'on pourrait très bien se contenter de cette déno mination, qui est connue de tout le monde. Seule ment, le mot moralité, comme la plupart des mots qui sont passés dans le langage courant, a été appli qué dans tant de sens différents qu'il a perdu de sa précision, et que le mot kamaïté, quelque barbare qu'il soit, lui est préférable.
En outre, ce mot, homo gène avec les mots mentalité, astralité, indique l'ori gine de la disposilion qu'il caractérise. Comme après tout le mot kama est simplement le mot sanscrit qui signifie désir, nous pourrions tout aussi bien prendre le mot grec, im9uu(a ou le mot latin cupido, d'où nous tirerons les expressions : corps épithymique ou épithumique etl'épithumité, ou bien corps cupidiqueet cupidité.
Ces mots sont tout aussi barbares et nous n'y gagnerions rien. C'est de notre Astralité que dépendent notre con duite, notre force, notre caractère, notre puissance sur nous-mêmes, etc. C'est de notre mentalité, de notre kamaïté et de notre astralité, emmagasinées dans notre corps men tal, que dépend notre Karma, c'est-à-dire l'ensemble des dispositions que nous apportons en naissant, dans
38 l'initiation l'existence suivante, ce qu'on appelle dans le langage ordinaire les dispositions innées. Je ne veux pas laisser échapper l'occasion, à propos du Karma, de vous prémunir contre une fausse con ception, qui est assez répandue, et que je considère comme dangereuse et capable de faire bien du mal.
Le Karma est certainement un poids que nous accu mulons sur notre destinée, du moins le Karma pris dans son mauvaissens, et qui entrave notre évolution. Nous pouvons dire, comme les Théosophes et quelques occultistes, que telle personne a un Karma plus ou moins chargé, et qu'il lui faudra le purger. Mais il est abominable de confondre le Karma avec la peine du Talion.
Vous entendrez dire que telle personne est boiteuse parce que, dans une existence antérieure, elle avait voulu se suicider et qu'elle n'avait réussi qu'à se casser une jambe. Un homme meurt d'un cancer de l'estomac après de longues souffrances, parce que, dans une autre existence, il avait été inquisiteur.
Il y a bien plus fort : un pauvre diable, dans une existence antérieure est parvenu à s'échapper des cachots de l'Inquisition et à éviter ainsi toutes les tortures que vous connaissez. Il paraît que c'est un crime; pour le punir et le mettre à même de purger son karma, on en a fait, dans la présente existence, un missionnaire qu'on a envoyé en Chine, où il a été martyrisé.
Ainsi, je n'ai même pas le droit d'éviter les tortures quand même je serais accusé in justement. Je n'aurais jamais cru Dieu si méchant, si féroce. Une pauvre femme ne peut pas arriver à trouver du travail pour gagner sa vie ; elle souffre de
LES PUISSANCES INVISIBLES 3g la misère et de la faim. Vous croiriez peut-être quelle est digne de pitié et qu'il vous faut l'aider, lui trouver de l'ouvrage, la réconforter : gardez-vous-en bien, vous troubleriez son karma. C'est une femme qui, dans une autre existence, était énormément riche; elle avait une cousine pauvre, et, au lieu de l'aider, elle l'a séquestrée et l'a laissée mourir de faim.
Des théories si atroces ne peuvent être soutenues que par des gens méchants. Non, ce sont de très braves gens, très doux, très serviables, qui se prive ront quelquefois pour aider leurs amis. Seulement, ils aiment trop l'extraordinaire, le paradoxe. Us sont aussi un peu trop esclaves de la Tradition.
S'ils vou laient réfléchir et convenir qu'aucune tradition n'est sacro-sainte, intangible, ils soumettraient à leur rai son les théories qui leur viennent toutes faites, sans se laisser intimider par la valeur, quelquefois très grande, de leurs auteurs, et ils cesseraient de soutenir des théories absurdes et contraires à tout ce que nous savons de Dieu et de la Rédemption.
La loi de Karma ou de causalité n'entraîne pas l'accomplissement d'événements déterminés, dans une existence suivante; elle n'entraîne non plus aucune peine ni aucune recompense. Le karma n'est pas autre chose que le pli, les prédispositions acquises par nos actes répétés, et accumulées dans le corps mental pour se développer dans les existences suh vantes.
Si je cède toujours à mes passions, si je ne lutte jamais pour les contenir, je charge mon karma d'une disposition à la paresse, à la lâcheté, à la fai blesse contre mes entraînements, disposition que
40 l'initiation j'apporterai avec moi en naissant, dans une vie sui vante, et qui me donnera bien du fil à retordre, qui pourra certainement me rendre malheureux. Il me faudra alors purger mon karma, c'esl-à-dire lutter contre ces entraînements, ce qui est toujours pénible, et d'autant plus difficile que j'y suis moins préparé.
Si, au contraire, je fais des efforts, si je lutte contre mes entraînements, surtout si j'arrive à les refréner, je me crée de très bonnes dispositions, je me fais un excellent karma. Le karma n'est pas autre chose et ne peut pas être autre chose. Il y a un bon et un mau vais karma, mais il n'y a pas d'autres peines et d'autres récompenses que les conséquences de nos actes.
Et encore, ces récompenses sont toujours très atténuées par la Providence divine, qui s'exerce sur chacun de nous comme sur le monde lui-même. Je devrais maintenant vous parler de la nourriture de chacun des corps que je viens de vous décrire; je ne vous en dirai que quelques mots pour ne pas pro longer outre mesure cette introduction. L'âme vit tout simplement parce qu'elle continue à être elle-même indéfiniment.
Elle est le centre ani mateur et conscient; elle est immuable et ne connaît de changements que dans ses corps. Mais les corps qui, eux, ne sont que de la matière, sont en état de perpétuel changement. La vie, dans la matière, c'est le mouvement, potentiel ou actuel, mouvement poussé jusque dans son intimité, où il se traduit par des changements, des échanges de subs tances, des entrées et des sorties, s'équilibrant plus ou moins parfaitement.
LES PUISSANCES INVISIBLES 41 Pour le corps physique, la chose est évidente; il prend et abandonne sans cesse; chacun de ses mou vements détermine une perte, et cette perte doit être compensée par un gain. Pour ce faire, il prend de la matière physique non organisée, en petite quantité, et de la matière organisée, en grande quantité : végé taux et animaux; il s'approprie, s'assimile la partie utilisable et rejette le reste sous forme de déchets.
I1 en résulte qu'il renouvelle perpétuellement, dans toutes ses parties, detelle sortequ'à un moment donné, il ne contient pas une parcelle de la matière dont il était formé quelques mois ou quelques années aupa ravant, suivant les tissus. La nature des aliments qui servent à cette opéra tion n'est pas indifférente. Au point de vue physique, tout le monde le sait, la santé a des exigences que le médecin n'est pas seul à connaître.
Mais, au point de vue invisible, l'importance n'est pas moins grande, et vous le comprendrez facilement en vous rappelant ce que je vous ai dit touchant les âmes élémentaires et autres. Vous avez entendu dire, et vous entendrez dire en core que le corps physique doit être évolué aussi bien que les autres corps, et qu'il est très important pour cela de choisir ses aliments en conséquence. Cela est vrai, absolument vrai, mais un peu naïf.
En effet, notre régime alimentaire n'est pas quelconque; il est le fruit de l'expérience des siècles, qui a éliminé ce qui pouvait produire de mauvais résultats, et accu mulé tout ce qui pouvait être avantageux, qui a même tenu compte des convenances individuelles, des con
42 l'initiation venances de races, de climats, etc. Si vous voulez suivre un régime qui vous convienne, consultez beau coup votre cuisinière et un peu les hygiénistes, très peu : ils en savent moins que votre cuisinière. Mais ne demandez jamais conseil aux occultistes, en de hors de certains cas de magie opératoire.
Les occul tistes se figurent trop volontiers qu'en vous soumet tant au régime végétarien, ils vous procurent une su périorité impossible à atteindre par n'importe quel autre régime. En réalité, ce régime, qui réussit à cer tains, détraque l'estomac du plus grand nombre tan dis que ceux qui se nourrissentcomme tout le monde se portent bien et sont tout aussi évolués que les autres.
Les corps invisibles aussi se nourrissent, chacun dans son plan, comme le corps physique; ils pren nent des aliments organisés et non organisés. Le corps céleste se nourrit de contemplation divine, de mysticisme. Jésus a dit : L'homme ne se nourrit pas que de pain, il se nourrit aussi de la parole de Dieu. C'est à cela qu'il faisait allusion. La faim est un sentiment qui indique le besoin de nourriture.
Notre aspiration aux choses de Dieu, nos besoins religieux, sont le résultat de la faim du corps céleste. Le corps mental se nourrit d'idées, de pensées, de spéculations philosophiques, scientifiques et autres. Quand notre esprit n'est pas occupé, nous souffrons d'ennui, sentiment de faim du corps mental. Le corps kamique se nourrit de désirs, de senti ments, d'amour. Quand notre corps kamique a faim, nous souffrons d'isolement, de sécheresse. Nous
LES PUISSANCES INVISIBLES 43 avons besoin d'aimer et d'être aimé, de nous attacher. Le corps astral se nourrit de forces, d'activité ; vous savez combien l'inaction, le rien faire est pé nible pour chacun d'entre nous.
Les occupations, les affaires, le mouvement, les entreprises, sont une sé rie d'aliments nécessaires au corps astral, et la pri vation de ces aliments nous procure une souffrance que nous connaissons tous etqui est la faim du corps astral. Quant au corps éthérique, il fait partie du corps physique, il se nourrit de la partie fluidique des ali ments que prend le corps physique.
Cette dernière notion est très importante et féconde en applications et en résultats. Elle explique bien des coutumes con cernant les funérailles, les sacrifices, les évoca tions, etc. Pour les corps invisibles comme pour le corps phy sique, les besoins varient avec les races et les indivi dus, et aussi avec les périodes, les époques et diverses circonstances.
Je ne prolongerai pas davantage cette introduction, mais il était nécessaire de vous donner toutes ces no tions sur les plans et les corps de l'homme, car vous ne les trouverez nulle part ; elles sont très mal con nues, et il vous serait impossible de comprendre ce qu'il me reste à vous dire, ce qui fait le sujet princi pal de cette brochure, sans avoir toutes ces théories et tous ces faits présents à la mémoire. Il y aurait beaucoup d'autres choses à dire sur ce sujet, mais j'espère que ce petit résumé suffira. Docteur Rozier.
Origines réelles de la Franc-Maçonnerie (Suite) En Écosse, comme partout ailleurs, tous les sou verains qui se succédèrent à partir du premier roi chrétien furent Patrons de la Maçonnerie. Après Robert Bruce — et le fr.-. Rebold le reconnaît (1) — Da vid II, Robert II, Robert III, Jacques I", Jacques II, Jacques III, Jacques IV, Jacques V et Jacques VI la gouvernèrent à tour de rôle. Revenons au fr.-.
Clavel : « Dans les premières années du quinzième siècle, ditil, les l'rères avaient le droit d'élire leur Grand-Maître, à charge néanmoins de le choisir parmi les nobles ou les prêtres, et de soumettre cette élection à la sanction royale. Le Grand-Mattie élu était autorisé à lever un impôt de 4 livres, monnaie d'Ecosse, sur chaque Maçon, et à per cevoir un droit pour la réception des nouveaux membres.
En 14-17, Jacques II retira aux Maçons l'élection du Grand- Maître. Il conféra cette charge à William Sin clair, baron de Rosslyn et à ses héritiers en ligne directe ('2) »... Clavel a été mal informé. Jacques II d'Écosse ne conféra aucunement cette charge au baron de Ross lyn et ne retira aucun droit aux Maçons.
Au reste, (1) Hist. gén. de la Franc-Maç.-., Liste des Francs-Maçons illustres, Rebold. (2) Hist. pitt. de la Franc-Maç.-., Clavel, 1844, p. ç.3.
ORIGINES RÉELLES DE LA FRANC-MAÇONNERIE 45 l'Histoire profane, que tout historien maçonnique ne devrait jamais perdre de vue, établit que Jacques II, fils et successeur de Jacques lr', lequel avait été pri sonnier pendant dix-huit ans en Angleterre et venait d'être assassiné par de grands seigneurs dont il avait fait pendre les parents, Jacques II, disons-nous, n'avait que 7 ans en 1437.
Observons, en passant, que le gouvernement de ce roi mineur soutint Charles VII contre les Anglais, et que Jacques II, devenu dans la suite leur ennemi im placable, fut tué au siège de Roxburg en 1460.
Il est possible qu'un William Sinclair, à l'époque de la minorité du Roi, ait été Grand-Maître de la Maçonnerie d'Écosse; il est aussi possible que d'au tres Saint-Clair lui aient succédé dans cette charge, mais ceci ne changerait pas le fait que les rois d'Écosse, masqués par des Grands-Maîtres, furent en réalité les gouverneurs de l'Ordre — lequel, ce n'est pas douteux, était depuis longtemps traversé par des éléments anglais ayant pour objectif l'annexion de l'Ecosse à l'Angleterre.
Sous Jacques III, qui commença son règne par l'as sassinat de son frère Jean, la Maçonnerie continue à prospérer : l'architecture politique se confond mieux que jamais avec la construction des châteaux, des églises, des monastères et des prisons. Ce souverain devient en même temps si cruel et les Maçons anglais deviennent si entreprenants que le peuple finit par se soulever contre lui.
Vaincu et s'étant réfugié dans un moulin, il y fut pris et tué avec quelques-uns des siens le 11 juin 1488. A cet égard, l'Histoire profane
46 l'initiation enseignée dans les écoles rapporte que les Écossais, dans une grande assemblée, déclarèrent que le tyran avait été mis à mort justement et qu'on ne poursui vrait point ceux qui avaient pris les armes contre lui.
Jacques IV, son successeur au trône et au Protec torat maçonnique, après avoir défait les grands du royaume révoltés contre lui et obéissant à des in fluences mystérieuses anglaises, cherche à se venger de Henri VII d'Angleterre, qu'il traite d'usurpateur, par le moyen du faux prétendant Perkins Warbeck, auquçl il donne une de ses parentes en mariage et fournit des troupes que le sort destinait à être battues.
C'était un prince pieux, disent les annales profanes.
Si pieux en elfet, que, pour se l'attacher, le roi Henri VII, dont la Maçonnerie était gouvernée par l'abbé de Westminster, lui accorda en i5o3 sa fille Marguerite Tudor en mariage, afin qu'un jour une fusion des deux royaumes pût se faire — chose à la quelle avait bien un peu songé le roi Henri V quand^ en 141 3, dans un temps où Jacques Ier d'Écosse était son prisonnier, il s'était, s'il faut en croire le fr.-.
Bazot, déclaré ouvertement le protecteur des Loges écossaises, et aussi, sans doute, des Maçons anglais renouvelant en Ecosse ce qu'ils avaient fait en Irlande. Le dévouement de Jacques IV pour le Centre ro main ne peut être suspecté quand on se reporte à l'Histoire profane, laquelle nous assure que, pour mieux marquer sa dévotion, ce Protecteur de l'Ordre maçonnique d'Écosse s'entourait les reins d'une chaîne
ORIGINES RÉELLES DE LA FRANC-MAÇONNERIE 47 à laquelle il ajoutait un maillon tous les ans. C'est lui qui, dans un but facile à saisir pour certains ini tiés, institua le fameux Ordre de Saint-André ou du Chardon, dont la marque distinctive était un collier d'or formé de fleurs de chardon et de feuilles de rue, avec cette devise : Nemo me impune lacessit.
Sous Jacques V, on comprend encore mieux les tendances de la Maçonnerie d'Ecosse dont le roi est le Protecteur : Henri VIII d'Angleterre ayant des démêlés avec François Ier de France, la bonne entente entre l'Ecosse et l'Angleterre disparaît, un Olivier Sinclair, Maçon distingué, commande une armée prête à envahir les états de Henri VIII, et le fr.-.
Jac ques V, partant en expédition contre les Anglais des pays-frontières, se met sous la protection de l'abbé de Melrose.
Marié d'abord à la fille de François Ier et en suite à la fille deClaude duc deGuise,le Protecteur de la Maçonnerie d'Ecosse fut si zélé en faveur de la Pa pauté, qu'il alla jusqu'à livrer à la justice des prêtres un certain comte de Hamilton qui, arrivé d'Allema gne, s'était permis d'introduire en Ecosse les premières idées de réforme dans les mœurs du clergé; ce Hamil ton et dix de ses adeptes, qui eussent pu se défendre en invoquant les décisions de plusieurs Conciles, depuis celui de Bàle en 143 1, furent naturellement envoyés au bûcher.
Cette particularité, entre mille, a fait dire aux historiens du catholicisme romain que « ce prince, ami de la religion, défendit les autels contre les réformateurs qui voulaient la renverser ». En 1542, Marie Stuart, âgée de huit jours, succède à son père Jacques V qui vient de mourir. Alors une
48 l'initiation scission religieuse s'opère dans la MaçonneriecT Ecosse, correspondant à la scission religieuse existant dans la Maçonnerie d'Angleterre, dont deux Grands-Maîtres ont déjà été exécutés depuis la rupture de Henri VIII avec le Centre romain.
Le cardinal Beatoum, forte ment appuyé, s'empare de la Régence; celle-ci passe bientôt au comte d'Arran, lequel commence à favo riser la Réforme, non pas dans l'Eglise romaine, mais en dehors d'elle. Le cardinal Beatoum reprenant pied, on l'assassine.
Le comte d'Arran, lui, au bout d'un certain temps, cède la régence à la reine douairière Marie de Guise, veuve de Henri V, et il s'ensuit, pour les partisans des doctrines nouvelles, une tolérance tacite de la part de la Régente.
Cette tolérance ne con tente pas certains barons et gentilshommes; ils for ment une Ligue, et, à la fin de i55y, ils ne veulent pas seulement qu'on les autorise à pratiquer ouverte ment leur culte, ils décident que le Catholicisme ro main soit proscrit, sans s'inquiéter de la liberté de conscience à laquelle ont droit tous les hommes.
So'us leur impulsion, d'ignorants fanatiques se mettent, en 1559, à abattre les couvents et à ravager les églises; puis une insurrection a lieu, menée par les barons et gentilshommes en question, lesquels prennent le titre de Lords de la Congrégation.
On sent tout de suite à quelle Maçonnerie devaient appartenir ces lords, quand on voit Knox, le célèbre prédicateur écossais, faire appel ainsi aux armes anglaises : « Ce royaume (l'Ecosse) ne saurait arriver à une entière prospérité que par deux moyens, ou en se liant d'une amitié perpétuelle avec l'Angleterre, ou en ne
ORIGINES RÉELLES DE LA FRANC-MAÇONNERIE 49 formant avec elle qu'une seule monarchie; et l'Ecosse une fois libre, Votre Majesté (la reine Elisabeth) saura trouver le moyen d'unir les deux Royaumes (i) »...
La guerre civile, à laquelle prirent part des troupes anglaises et des troupes françaises, se termina par la défaite de la Régente Marie de Guise et par la fin de l'influence française dont le but n'avait jamais été que de défendre l'indépendance de l'Ecosse contre les convoitises des souverains anglais.
Comme conséquence du traité de paix entre les partis, la foi catholique romaine et la juridiction du Saint-Siège furent abolies ; puis des peines terribles, la confiscation, le bannissement et, pour la troisième fois la mort, menacèrent, au nom du Dieu de tolé rance et d'amour, ceux qui célébreraient la messe ou y assisteraient.
La hiérarchie anglicane, au sommet de laquelle le chef de la Religion est le souverain lui-même, fut rejetée ; les prêtres seraient élus par le peuple; c'est ce qui fut appelé le presbytérianisme. Dès son enfance, Marie Stuart, fille de Jacques V, avait été envoyée en France, où, en 1 558, elle avait épousé le Dauphin qui, l'année suivante, était devenu François II.
Ce dernier meurt en i56o, et, comme la Régente d'Ecosse vient également de mourir, Marie Stuart retourne dans son pays pour y régner entourée de conspirations. On sait l'histoire désordonnée et malheureuse de cette reine qui, imprudemment, le jour de son ma riage avec le Dauphin de France, avait signé deux (i) Hist. d'Angleterre, par Emile de Bonnechose, vol. II, p. 4»o1
5o l'initiation actes secrets par lesquels elle assurait, dans le cas où elle mourrait sans enfants, la réversion de l'Ecosse au roi de France et la transmission de ses droits sur l'Angleterre et l'Irlande. Je n'entrerai donc dans aucun détail à son sujet. Seulement, j'observerai que, sous la Régence de Marie de Guise, ou sous le règne de Marie Stuart, les Sinclair de la Maçonnerie d'Ecosse furent toujours du côté des Catholiques romains.
Je dois faire observer aussi que, quand Marie Stuart fut prison nière d'Elisabeth d'Angleterre, il y eut des complots, contre celle-ci pour sauver celle-là et que ces complots auxquels les jésuites participèrent, furent souvent l'œuvre des Maçons fidèles au romanisme.
Au nom bre des conspirations qui eurent lieu, il y en a une qu'il convient de rappeler : c'est celle de i582, à la quelle prirent une part active le général des Jésuites, le jésuite écossais Creighton, le fr.-. comtede Lennox, l'archevêque de Glascow, l'ambassadeur espagnol, plusieurs fr.-. Ramsay et M. de Salignac de Lamothe-Fénelon, ambassadeur de France en Ecosse.
Sous Jacques VI, fils de Marie Stuart, à laquelle on l'avait fait succéder en 1567, le fr.-. Patrice Cop land de Udaught est, en 1590, chargé de la surinten dance de la Maçonnerie symbolique d'Aberdeen, de Banff et de Kincardine(i). Pourquoi Maçonnerie sym bolique, s'il n'y avait pas eu alors une Maçonnerie supérieure connaissant ce que recouvraient les sym boles ?... Faut-il, à ce sujet, faire remarquer qu'il existe en- (1) Masonic Calcndar (British, Irish and Colonial,, 1866, p. i85.
ORIGINES RÉELLES DE LA FRANC-MAÇONNERIE 5l cote un manuscrit maçonnique, dit de Melrose, daté de 1674, qui, simple transcription d'un autre manus crit datant de 1 58 1 , porte cette instruction si précise : « Fidélité à Dieu, à la Sainte Église et au Roi ( 1) » ? En 1 5ç8, le fr.-.
William Shaw, ministre des tra vaux du Roi et surintendant principal des Maçons d'Ecosse, prépare, nous disent les documents maçon niques anglais, les Statuts et Ordonnances qui seront à l'avenir observés par tous les Maçons du Royaume, lesquels ont toujours trois grands centres : Edimbourg, Kihvinning et Stirling (2). Eh bien, veut-on savoir comment, dans son History of Freemasonry, le fr.-. Gould appelle ces Sta tuts ?
Il les appelle, avec raison, un Manuel de dévo tion catholique-romaine (3). En 1600, c'est-à-dire cent soixante-trois ans après la date indiquée par le fr.-. Clavel, le fr.-.
Rebold et autres auteurs, les Maçons d'Ecosse, parmi lesquels une sélection naturelle a eu lieu, délivrent une Charte à Guillaume Sinclair, en émettant le vœu «que Guil laume Sinclair, à présent de Rosslyn, pour lui-même et ses héritiers, acquière et obtienne, des mains de notre souverain seigneur le roi), liberté, franchise et juridiction sur nous et nos successeurs, dans tous les temps à venir, comme patrons et juges de notre Or dre (4) »... (1) Voir Gould, Hist. of Freemasonry, 1886, vol. I, p. 66, note 19. (2) Masonic Calendar {British, lrish and Colonial), 1866, p. i83. (3) Voir aussi sa note n■5, icr vol., p. 389. (4) Masonic Calendar 'British, lrish and Colonial), 1866, p. i83.
52 l'initiation En juillet i6o3, le fr.-. Jacques VI, Protecteur de la Maçonnerie d'Ecosse, est couronné roi d'Angleterre et paraît abandonner le privilège d'approbation dans les affaires maçonniques écossaises réservé à la Cou ronne depuis Robert Bruce ou, tout au moins, depuis Jacques Ier d'Ecosse; et, en montant sur le trône an glais, le premier soin du fr.-.
Jacques VI, qui prend le nom de Jacques I" d'Angleterre et tient à flatter l'anglicanisme, est de créer comte de Dorset un des « juges » de sa mère, le fr.-. Thomas Sackville, an cien Grand-Maître de la Maçonnerie anglaise.
« Dis bien à mon fils — avait dit Marie Stuart à son con seiller Jacques de Melville avant de mourir — dis bien à mon fils qu'il se souvienne de sa mère... » En succédant à Elisabeth, Jacques VI d'Ecosse de vient parfaitement le Protecteur de la Maçonnerie an glaise et de la Maçonnerie d'Irlande, comme il reste le Protecteur de la Maçonnerie écossaise. C'est d'ail leurs encore le système suivi de nos jours.
Nous avons vu le fr.-. prince de Galles, Grand-Maître de la Grande-Loge Unie d'Angleterre, du Suprême GrandChapitre de la Maçonnerie Royal-Arche.de la GrandeLoge des Maîtres-Maçons de marque, des degrés de Royal Ark Mariners, du Rite Ancien et Accepté SuprêmeConseildesTrente-troisièmes degrés, des Ordres Unis du Temple et de Malte, de la Grande-Loge d'Ecosse et de la Grande-Loge d'Irlande, du Grand Prieuré d'Irlande, etc., etc., — nous avons vu, dis-je, le fr.-. prince de Galles, quand il est devenu le roi Edouard VII, se dépouiller de ses grandes-maîtrises et de ses patronages pour les passer à son frère le duc
ORIGINES RÉELLES DE LA FRANC-MAÇONNERIE 53 de Connaught,mais il est monté au rang de Protecteur de tous les Ordres entre lesquels il doit établir la ba lance, qu'il doit satisfaire, qui le protègent lui-même et auxquels il est tenu d'obéir. Les auteurs qui, comme les fr.-.
Clavel ou Rebold, nous racontent, qu'en 1437 le roi Jacques II d'Ecosse retira aux Maçons écossais le droit d'élire leur GrandMaître et conféra la Grande-Maîtrise à un Guillaume Sinclair de ce temps-là, commettent un anachronisme dont l'intention n'est pas excusable. Parlant de la Maçonnerie d'Ecosse, le fr.-.
Clavel, à l'exemple de plusieurs autres écrivains maçonniques, saute de 1 i5o à 1 368: c'est qu'il ne lui plaît pas de nous entre tenir des Templiers et de leur appui donné à Robert Bruce. A présent, il ne lui plaît pas davantage qu'on sache que ce n'est seulement qu'en 1 600, du temps du fr.-. Jacques VI, dont il oublie de mentionner le nom, que la Charte relative au fr.-.
Sinclair de Rosslyn fut réellement délivrée... par les Maçons, mais sous ré serve expresse de la sanction du roi ; il feint d'igno rer ou veut qu'on ignore que celte Charte ne fut déli vrée que parce que Jacques VI, Patron de la Maçon nerie d'Écosse. était déjà désigné pour succéder à Élisabeth et allait être bientôt forcé de s'éloigner. Je saisis bien la pensée de ceux dont le fr.-.
Clavel a imité la prudence: ils ont voulu éviter qu'on ne fît des découvertes au sujet du fr.-. Jacques VI, secrète ment baptisé au château de Stirling (1) et se posant en réformé, tout en affirmant le droit divin des prin- (1) Walter Scott et les Écossais, par Leitcli Ritchie, i836, p. 272-273.
54 l'initiation ces et en voulant appuyer son autorité absolue au moyen des évêques anglicans — de ces évêques contre lesquels, bien entendu, le presbytérianisme écossais, très politiquement suscité et conduit par des machinateurs invisibles, cria encore plus fort que ne crièrent les Jésuites, autorisés quelquefois à se détacher de Rome avec fracas pour mieux la servir dans les sectes religieuses les plus disparates, les plus aveugles et les plus fanatiques.
En un mot, les habiles ont eu peur qu'on ne décou vrît les causes réelles de l'effondrement de la Maison Stuart, en même temps que la part que la Maçonnerie d'Ecosse, alliée aux missionnaires romains et à la Ma çonnerie irlandaise restant fidèle à ses anciens Sta tuts, a prise dans les événements qui ont suivi.
Aussi, ne disent-ils jamais un mot de la Maçonne rie irlandaise, et, quand ils s'occupent de la Maçon nerie d'Ecosse, dont tous les rois depuis Robert Bruce furent les Protecteurs, on les voit manifester la même ignorance volontaire que le frv.
Clavel qui, lui, sau tant de 1437 a i65o, s'amuse à dire avec une har diesse peu commune: « En Ecosse, la confrérie ne brilla pas d'un aussi vif éclat qu'en Angleterre, mais elle éleva un grand nombre d'églises et de monastè res (1 )... » Il y en a même qui enjambent sans effroi la période de 1626 a 1736, comme si la Maçonnerie écossaise avait sommeillé pendant cent dix ans, alors, qu'au contraire, de même que la Maçonnerie anglaise, elle (1) Hist. pitt. de la Franc-Maç.-., 1844, p. 93.
ORIGINES RÉELLES DE LA FRANC-MAÇONNERIE 55 ne fut jamais, ainsi que nous le verrons, autant occu pée que durant cette période. Toutefois, pour que les clairvoyants ne se mépren nent point sur les vrais motifs de ce saut périlleux, des malins viennent leur dire à l'oreille qu' « en 1720, des manuscrits de valeur ont été brûlés par des frères scrupuleux (1) »...
Mais si ces manuscrits n'avaient pas été gênants pour les fondateurs de la Maçonnerie moderne de 17 17, on se serait bien gardé de les jeter au feu, et le fr.-.
Gould n'aurait pas eu besoin, dans son History of Freemasonry, d'écrire tant de pages pour essayer de démontrer, contre toute év idence, la non-participa tion de la Papauté dans la Maçonnerie qui a construit l'Eglise exclusive du moyen-âge et qui a eu pour Grands-Maîtres ou Protecteurs, en Angleterre même, et jusqu'au règne de Jacques Ior, tant de prélats, de seigneurs et de rois catholiques-romains.
Au demeurant, rappelons, d'après des documents certains qui ont échappé à l'autodafé de 1720, les Instructions maçonniques en vigueur du temps de Jacques Ier : « La première Instruction est que vous serez fidèles à Dieu et à la sainte Église... « Et aussi que vous serez hommes-liges fidèles au roi d'Angleterre... » Récapitulons. Nous avons vu la Maçonnerie chrétienne introduite fil Masonic Calendar (British, Irish and Colonial), 1866, p108.
56 l'initiation en Angleterre, en Ecosse et en Irlande par des moines tirant leur origine des Esséniens et ayant reçu du Cen tre romain la mission d'aller y prêcher l'Evangile et d'y remplacer par des églises les temples construits par les Maçons du paganisme.
Jusqu'à la rupture de Henri VIII avec le Centre, nous avons vu, à la tête de cette Maçonnerie, des moines, des abbés, des évêques, des archevêques, des cardinaux et de grands seigneurs catholiques; tous les rois, sans en excepter un seul, ont été, de l'aveu même de Maçons érudits mais peu observateurs qui en ont inconsidérément fourni la liste, les Protec teurs de l'Ordre — et ceci prouve, sans réplique pos sible, que l'Ordre, si bien dissimulé qu'il ait pu être dans sa partie spéculative, n'a pas plus sommeillé, durant cette longue période, que ne sommeilla l'Art Royal relatif à l'architecture morale des Etats, ou celui relatif à l'architecture matérielle des cathédrales, des palais ou des moindres chaumières.
Un jour, un moine se met à prêcher ouvertement, non pas la Réforme dans l'Eglise, mais une Réforme en dehors d'elle et où seront repris les enseignements du Christianisme primitif.
Après avoir traité cet homme en pestiféré, Henri VIII, gardant le titre de Défenseur de la Foi à lui donné par un Pape, se décide à établir dans son royaume une Réforme qui, satisfaisant uniquement son intérêt particulier, n'est pas autre chose, sous le nom de Religion anglicane et l'apparence d'une rup ture avec Rome, qu'une parade à Luther. En Ecosse, où le Catholicisme romain avait tou
ORIGINES RÉELLES DE LA FRANC-MAÇONNERIE jours été aussi vivace qu'en Irlande, le Presbytéria nisme, qui est un culte sans évêques, prend nais sance inopinément, sous la parole enflammée de Knox, disciple de Calvin : c'est, en dépit des appa rences du contraire, une simple parade romaniste contre l'Episcopalisme, ou culte avec évêques mais sans Pape, et, comme conséquence, contre les souve rains qui, en se séparant de Rome, veulent être Chefs suprêmes de la religion et rois tout ensemble, c'est-à-dire se substituer au Centre à qui la Monar chie chrétienne doit sa propre existence.
Comme contre-coup de la scission de Henri VIII, Protecteur de l'Ordre maçonnique en Angleterre, des Maçons anglais s'agitent, sinon dans les Loges, au moins à l'extérieur, et veulent à leur tour voir dis paraître des anciens Statuts la fidélité obligatoire en vers la « Sainte Eglise », fidélité qu'ils ont euxmêmes juré de garder.
Mais il faut bien croire qu'une grande résistance fut opposée à cela, puisque, sous Henri VIII, deux Grands-Maîtres furent décapités, et qu'au début du règne d'Elisabeth, il fut question de supprimer l'Ordre.
En Ecosse, il y a des Maçons devenus presbyté riens qui, eux aussi, ont l'apparence d'oublier leurs serments (i) ; mais, sans qu'ils s'en doutent peut-être, ils ne sont qu'un fouet démocratique à l'aide duquel des initiés invisibles, dont le regard plonge dans (i) A noter que, dans les Statuts de Shaw, i5g8, h l'art. 7, il est dit positivement qu'il faut « exclure et expulser de la Société tous ceux qui persisteraient à désobéir aux anciennes Instructions ».
58 l'initiation l'avenir, tenteront d'assagir les monarques rebelles au Centre — et, de fait, ce sera un presbytérien, Cromwell, qui, après avoir secoué l'Anglicanisme et renversé une monarchie irrésolue, travaillera incon sciemment à refaire le lit des Stuarts redevenus ro mains en exil.
Dans les camps des controversistes religieux, il y eut, de part et d'autre, beaucoup d'ignorance et d'aveu glement ; le résultat en fut tel que des masses hu maines, hypnotisées et suggestionnées par leurs prêtresou leurs chefs respectifs, s'entre-déchirèrentà belles dents pendant plus d'un siècle, sans avoir jamais su au juste pourquoi et sans plus s'expliquer que ne se l'expliquèrent les entraîneurs, l'antique symbole du serpent qui se mord la queue, symbole encore si in compris de nos jours dans le monde religieux ou politique où l'on passe sa vie à se disputer.
C'est ce qui a fait dire à notre savant ami, le fr.-. docteur Papus, dans son Tarot des Bohémiens, de venu si rare et qui restera fameux comme œuvre ini tiatique: « Nos disputes religieuses, pour la supré matie d'un culte sur un autre auraient causé beaucoup d'amusement aux anciens prêtres initiés, car ceux-ci étaient incapables de supposer que des hommes intelligents pussent ignorer l'Unité de tous les cultes dans une religion fondamentale... » Cependant, au dix-septième siècle, il en existait encore, de ces initiés-là ; et ils auraient pu dire, au sujet de l'Unité politique dans la diversité des partis d'un Etat, ce que Papus a dit de l'Unité religieuse dans la diversité des cultes. Au plus fort de la mêlée.
ORIGINES RÉELLES DE LA FRANC-MAÇONNERIE 5$ ils comprirent que le moment était venu pour eux de sortir de l'ombre, de soulever un coin du voile, de rendre la lumière aux aveugles et l'ouïe aux sourds, et de restaurer la voûte délabrée unissant les deux colonnes du Temple.
Je fais allusion ici à la secte mystérieuse des Rose-Croix, dont nous parlerons, quand nous entreprendrons de faire connaître leur ac tion commencée un peu avant la chute de Charles Ier. En attendant, reportons-nous à la longue , liste des rois qui ont été les Protecteurs de la Maçonnerie bri tannique inféodée à l'Impérialat pontifical. Qu'y voyons-nous? L'Histoire profane classique est là que j'ai notée pas à pas et qui ne peut être effacée.
Nous y voyons, à une ou deux exceptions près, une suite de souverains sans scrupules, débauchés, usurpa teurs, fourbes, injustes, avares, voleurs, criminels, que la Maçonnerie ne peut absoudre, en dépit de leur bienveillance calculée pour elle. Et j'ajoute que ce fut une faute grave, impardon nable, de la part du Centre duquel ils relevaient, d'avoir sacré de tels hommes.
Certes, les vices sont communs à toutes les indi vidualités, mais des maîtres égoïstes et cruels sont mal venus à se plaindre quand l'exemple de leur im moralité et de leur barbarie est ponctuellement suivi par leurs serviteurs. La même chose peut être dite lorsque ces maîtres sont des rois et ces serviteurs des sujets.
D'autre part, des hommes vils à la tête d'un Etat sont toujours les prisonniers des partis se jouant du peuple qu'ils trompent et oppriment; tandis que si l'Etat est gouverné par des hommes vertueux et
6o l'initiation sages, ceux-ci ne sont les prisonniers de personne et ne rencontrent que de l'amour et de la fidélité parmi les foules moralisées qu'ils dominent en justes.
Beaucoup de rois anglais, pour augmenter leur pouvoir et s'assurer davantage les jouissances qu'il procure, cherchèrent souvent à se débarrasser de la censure du Centre, en accusant l'Eglise de corrup tion, corruption évidemment réelle, puisque, d'un côté, l'Eglise papale n'avait plus rien de commun avec la pureté de l'Eglise primitive, et que, d'autre part, après que des Conciles eurent reconnu cette cor ruption, la Papauté se vit réduite, à plusieurs re prises, d'établir une Commission de Réformation générale qui n'a jamais rien réformé.
Mais il est non moins certain, quand on considère de quel bois étaient faits les monarques et leurs cours, qu'une réforme était aussi bien nécessaire dans la Monar chie que dans l'Eglise.
Il fallait une Eglise revenant à la simplicité de l'Evangile, à la discipline du Christianisme primitif, au détachement de Jésus pour les royaumes de la terre; il fallait une Monarchie tenant maîtres et su jets dans le respect de la morale chrétienne et défen dant l'intérêt général contre l'intérêt particulier d'un seul ou de plusieurs — une Monarchie, en un mot, vertueuse, juste et bienveillante en haut, afin de n'inspirer et de ne rencontrer en bas que de bonnes mœurs, du respect et de la confiance; il fallait une Maçonnerie non pas sectaire, anglicane, épiscopale, presbytérienne ou autre, mais une Maçonnerie uni verselle revenant à l'éclectisme des Esséniens et des
ORIGINES RÉELLES DE LA MANC-MAÇONNERIE 6l premiers Chrétiens, et reliant dans l'invisible tous les partis, toutes les branches vitales de l'Etat, aussi bien que tous les sceptres du monde et tous les cultes établis sur la morale, la même sous tous les climats.
Des éléments divers vont être aux prises; mais n'oublions jamais que, durant des siècles, la Maçon nerie anglaise, irlandaise et écossaise, n'a pas cessé de vivre un seul instant ni cessé une minute d'être purement catholique romaine, et qu'à l'heure où la Maison Stuart réunit les trois couronnes, à l'heure où Jacques VI d'Ecosse devient Jacques I" d'Angle terre, si la question religieuse agite les Maçons incom plètement initiés, les Instructions maçonniques qu'ils ont juré de respecter, portent encore : « Fidélité à Dieu, à la Sainte Eglise et au Roi. » Ceci avait besoin d'être dit une bonne fois.
C'est dit à présent ; et non seulement c'est dit, mais c'est prouvé, autant par les faits historiques que j'ai énumérés, que par les manuscrits échappés au feu habile de 1720 et dont l'authenticité n'est pas contestable.
Quand on s'est donné la tâche de faire de l'His toire et d'enseigner la vérité aux hommes, même Maçons, ce n'est pas pour écouter la crainte qui a fait que tant d'écrivains ont jugé de leur intérêt de mettre la chandelle sous un boisseau.
L'historien maçonnique ne doit avoir qu'un but : la vérité, — et son premier devoir est de saisir la chandelle partout où il la trouve, de la placer sur un chandelier, de l'élever bien haut, et ainsi, comme a dit le Christ, d'éclairer tous ceux qui sont dans la maison. TÉDER.
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens. lia reproduction de* articles Inédits publiés par l'Imitation est formellement Interdite, à moins d'autorisation spéciale. L'AMI ET L'ADVERSAIRE Sommaire. — Mission du Précurseur . — Constitution de la Nature. — Hiérarchies et reclassements. — La loi et la grâce. — Baptême.
La Tentation. — Les ûou$e. — Cana. Le Précurseur avait à peu près trente ans, lorsqu'il se mit à prêcher aux alentours du Jourdain, pour ac complir la prophétie d'Isaïe (40, III.) Il nous appa raît comme le type symbolique du repentir, de la conversion, par laquelle l'homme reconnaissant l'er reur où il a vécu jusqu'alors, change de voie et com mence à remonter avec autant d'énergie qu'il était descendu avec rapidité vers le néant.
Je crois vous avoir déjà dit pourquoi un messager était nécessaire comme avant-coureur du Christ : il fallait que les créatures fussent préparées à la récep tion de la Lumière, par l'une d'entre elles. Le texte des synoptiques parle àtdésert et àtchemin. Ce ne sont pas là des expressions symboliques. En effet, l'activité de l'homme produit dans ce plan cen tral de l'Invisible, qui est comme le cœur du monde,
l'ami et l'adversaire 63 une végétation ; mais, comme les mobiles de nos actes ordinaires se rapportent tous à notre avantage per sonnel, cette végétation ne consiste qu'en ronces, en épines, en plantes vénéneuses. Ce n'est seulement que lorsque nos intentions s'épurent, qu'elles produisent des plantes saines et utiles.
De même que, dans le physique, c'est l'agriculture qui tient la première place, de même dans l'Invisible, l'ensemble de notre existence apparaît comme une agriculture spiri tuelle. L'Univers tout entier se compose d'une multitude de centres vitaux, de planètes, constituées chacune par une modification spéciale de la matière cosmique.
Ces planètes sont muables, elles passent toutes par une naissance, une maturité et une mort; mais elles sont toutes reliées les unes aux autres ; ces canaux, dont les Initiations antiques connaissaient déjà l'exis tence, sont les chemins de l'Evangile; or, l'un des buts de la création est d'établir une harmonie et une correspondance parfaites entre toutes ces parties.
Ac tuellement, de même que l'homme est l'ennemi de l'homme sur cette terre; de même les planètes sont en lutte, elles vivent chacune pour elles-mêmes et ne com - muniquent pas ensemble autant qu'elles le devraient. Un des effets du travail de l'homme est de parfaire ces communications. Pour cela il faut qu'il donne à la Nature l'exemple de l'obéissance et de la charité.
Les hommes sont groupés par familles spirituelles; chacune d'elles doit accomplir un travail particulier, c'est-à-dire effectuer un voyage cosmique. D'après son degré d'élévation, chaque famille suit une route plus
f>4 l'initiation [Janvier ou moins large, plus ou moins bien tracée. Les familles les plus nombreuses, sont aussi les moins avancées; et il y en a qui sont réduites à trois, à deux et même à un seul membre; celles-là passent par les chemins les plus pénibles, mais aussi les plus courts. Ainsi, l'homme doit d'abord aplanir les chemins, puis en lever les ronces : c'est le travail ordinaire.
Quelques saints peuvent faire des semailles et cultiver la terre spirituelle. Mais bâtir des maisons, créer de l'indus trie, du commerce, de l'art dans cet Invisible, demande un développement que nous n'atteindrons que dans un avenir très lointain.
Les vallées, les montagnes, les sentiers tortueux dont parle Luc (3, 8) signifient les propriétés particu lières de tous les plans de la Création, car, de même que l'homme, la planète possède son intelligence, sa volonté et son égoïsme ; tous les êtres ont leurs basfonds et leurs sommets moraux.
Jean-Baptiste, portait le même vêtement et usait de la même nourriture que le prophète Elie; il suivait en cela l'usage des Nabis d'Israël et indiquait le carac tère de son apostolat, de repentir et de pénitence. (Mgr Bougaud ( i ) Parmi la foule qui venait à lui pour recevoir son baptême, se trouvaient des pharisiens et des sadducéens qu'il confond, malgré la divergence de leurs opinions, sous le nom de races de vipères. En effet, (i) Saint Jean-Baptiste est le patron des Lyonnais et du Canada.
igo8] l'ami et l'adversaire 65 si un homme mésuse de la prépondérance de sa posi tion sociale, s'il obtient son autorité en flattant les mauvais instincts de la masse, il agit comme le ser pent qui se nourrit des venins sublimés de la terre, du végétal et de l'animal et qui attaque à l'improvfiste.
Ces Israélites déformaient la tradition Moïsiaque et se fiaient à Abraham pour leur vie future, mais la vraie filiation n'est pas celle de la chair ; et pour qu'ils demeurassent les enfants d'Abraham, ils eus sent dû se conduire comme lui.
Il ne faut pas, sous prétexte que la loi de la réin carnation existe, tabler sur le travail de ses ancêtres ; nous sommes tous liés à un grand nombre d'autres êtres, qui influent sur nous, bien que nous n'en soyons pas conscients; mais nous devons déployer la même énergie que si nous étions seuls, et que si nous n'avions à compter que sur nous-mêmes. * C'est pourquoi le Précurseur parle de la colère fu ture et de la cognée mise à la racine des arbres.
En effet l'Univers est en transformation perpétuelle. A tout instant des collectivités sont appelées à rendre leurs comptes, sont démembrées et reconstituées sur d'autres plans. Ce sont ces réorganisations que l'Ecri ture appelle des Jugements. Ils se produisent sous forme de cataclysmes, d'épidémies, de guerres. C'est ainsi que quarante ans après Jean-Baptiste, Vespasien massacra 5o.ooo Juifs de Génézareth, sous les murs de Jéricho (Josèphe). L'arbre stérile qui est mis au feu, c'est l'être qui 5
66 l'initiation purge ses fautes dans les flammes de la souffrance ; mais sa vie propre ne meurt pas pour cela, et chaque molécule même de ses cendres reste toujours vivante; seulement il lui faut lutter contre une emprise plus puissante de l'inertie.
Tout en baptisant, le Précurseur annonçait le Christ, en disant : « Celui qui vient après moi m'est préféré parce qu'il est plus grand que moi » ; c'est-àdire, celui qui vient après moi m'a précédé, car il était avan* moi. C'est la même idée que l'Apocalypse exprime en disant-: Je suis l'Alpha et l'Oméga.
Toute créature a reçu le Verbe, puisque c'est par Lui qu'elle vit; mais la plupart des êtres se sont opposés à son développement en l'étouffant par leurs désobéissances..
Pour notre race, « la loi a été donnée par Moïse », c'est-à-dire que Moïse a découvert les forces direc trices du monde et a décrit leurs mouvements; il en a suivi les ramifications jusque sur les plans phy siques de la vie religieuse, sociale, et physiologique ; mais Jésus nous a apporté la grâce et la vérité ou la vie et la liberté. En d'autres termes.
Moïse et tous les législateurs religieux qui l'ont précédé, n'ont pu apprendre à l'homme que ce qu'ils savaient eux-mêmes; — n'ont pu lui donner que des règles d'hygiène physique, leagnétique, astrale et mentale; le Christ seul réveille ui germe de vie éternelle qui dort au centre de nousmêmes et nous libère de toutes les législations ex
l'ami et l'adversaire 67 ternes.
C'est ainsi que, entant que Fils, il nous fait connaître le Père. l1 est exact que personne pas même la plus élevée des créatures, ne peut voir Dieu sans mourir ; mais, en et par Jésus, l'homme peut contempler l'Absolu sous sa forme réelle, quoique sensible. • » Aux envoyés du Temple, Jean déclare, comme il l'avait déjà fait, dans l'Invisible, avant d'arriver sur cette terre qu'il n'est ni le Christ ni un prophète ; c'est-à dire qu'il n'était ni descendu du Ciel, ni Elie; car quelque grand qu'il fût, il ne possédait pas le souvenir de ses incarnations antérieures.
Il leur explique que son travail consiste à éveiller l'attention des créatures parmi lesquelles il passe et qu'il agit comme le son d'une voix puissante, comme mandataire de l'Esprit libre dont la sollicitude s'émeut à cause de la faiblesse de l'humanité. Il reconnaît qu'il baptise avec de l'eau et leur an nonce le grand Inconnu devant lequel il se pros terne.
En effet il y a beaucoup de sortes de baptêmes; ou plutôt les baptêmes sont, essentiellement, des actes spirituels, qui enlèvent telle ou telle impureté au réci piendaire, lui facilitant ainsi un développement spé cial de ses facultés internes. Le plus inférieur des baptêmes est celui que confère une Église. Sa vertu est subordonnée à la puissance du fondateur de cette Eglise et à la pureté de son prêtre. Il y a des baptêmes qui nous sont conférés uni
68 l'initiation quement dans l'Invisible, sans rites extérieurs, tels sont ceux qui donnent à l'homme la force de rompre ses liens charnels, d'abandonner ses biens ou de faire le sacrifice de sa vie.
Le baptême le plus haut nous est donné, lorsque, ayant accompli tout notre travail dans le monde, ayant réparé tout le mal que nous avons fait ayant acquis l'amour du prochain, nous sommes prêts à en trer dans le Ciel : il lave en nous toutes traces de té nèbres, c'est le baptême de l'Esprit; c'est le Christ lui-même qui vient en personne nous le conférer, sur quelque planète que nous soyons à ce moment-là.
Le Précurseur ordonne à ses disciples de partager ce qu'ils possèdent avec les pauvres et de ne pas ou trepasser les droits que leur position sociale peut leur conférer et il leur montre le Christ comme purifica teur et comme juge; il leur affirme que l'Inconnu qui baptise au-delà du Jourdain est bien le Christ.
En effet, on croit d'ordinaire que si un ami vous fait un cadeau, — plus encore, si un adepte, par exemple, confère un pouvoir à son initié, si un génie accorde quelque chose à celui qui l'évoque, — ces pré sents appartiennent en toute propriété à ceux qui les ont reçus. Il n'en est rien cependant.
Une créature quelque haute qu'elle soit ne peut rien déplacer dans la création sans provoquer un changement ultérieur en sens contraire ; par suite, nous serons forcés de rendre aux êtres à un moment donné ce que nous aurons reçu d'eux ; il est donc exact que nous ne
l'ami et l'adversaire 69 puissions en réalité rien recevoir gratuitement que du ciel.
L'épouse du Christ (Jean, 3,2g) est la foule de ceux qui viennent à Lui ; elle doit se développer jusqu'à comprendre l'humanité tout entière; pour le moment elle se compose de ceux que les mystiques appellent l'Eglise intérieure, ceux qui sont conscients de la divinité du Christ et qui, malgré qu'ils puissent en core pécher et trahir leur roi, se relèvent après chaque chûte avec un nouveau courage ; ils sont dirigés par des chefs, qui, eux, sont impeccables, libres et maîtres du plan où ils combattent.
Ces derniers sont les amis de l'Epoux et ils sont uns en Esprit avec Lui. Vous trouverez dans la légende primitive des RoseCroix, l'indication de ce mystère. « La joie de ces amis est parfaite », c'est-à-dire que, même dans le plus noir des Enfers, ils conservent la conscience du royaume du Père, ils jouissent de la béatitude céleste, au fond de leur cœur.
Ainsi, l'homme est bien en effet créé pour la joie ; s'il est si souvent malheureux, c'est par maladresse pour ainsi dire, c'est parce qu'il s'attribue trop d'im portance à lui-même, c'est parce qu'il n'a pas con fiance en la bonté de Dieu. Telle est une des raisons pour lesquelles beaucoup de fondateurs d'ordres religieux exigent de leurs dis ciples la sérénité et une certaine gaieté. • » Ces amis et leur chef à tous : le Christ venant du
70 l'initiation Ciel sont au-dessus de tous ; le Ciel tout entier habite en eux; leur seul aspect rayonne sur toutes choses, même sur les pierres, la paix et la vie. Ils sont les consolateurs. Mais les hommes ne peuvent les comprendre que dans la mesure où ils les écoutent, en se détournant des puissances de la Nature, des dieux de la richesse, de l'ambition, de la gloire, de la science {Jean 3,32 à 34).
Le Christ, envoyé de Dieu, emporte avec Lui la plénitude de l'Esprit. Il est maître de tout. Il possède tous les pouvoirs, toutes les sciences, toutes les formes de la vie. Pour recevoir ces choses, il faut croire en Lui, non pas théoriquement mais pratiquement.
« Celui qui croit au Fils a la vie éternelle » en ce sens que des ennemis peuvent bien lui enlever sa fortune, son bonheur temporel, son intelligence, sa science, sa santé, d'autres facultés mêmes encore plus pré cieuses, mais le Christ son ami, son frère aîné, les lui rend au centuple, infailliblement. Jésus vint se faire baptiser par Jean à Béthanie ou Bethabara (le lieu de grâce ou le lieu du bac).
Vous pouvez vous rappeler ici le symbolisme de la barque dans les anciennes initiations polythéistes.
Jean le salue du titre d'agneau de Dieu, car II vint non pas pour effacer littéralement tous les péchés, — l'homme alors n'aurait plus eu rien à faire — mais pour placer auprès de chaque tentation une lumière au moyen de laquelle, nous puissions la vaincre ; Il vint pour nous décharger d'une partie de notre dette ancienne, pour nous fournir un modèle à suivre en toute cir
l'ami et l'adversaire 71 constance. Depuis lors, il n'est pas d'épèeuve morale -ou physique en face de laquelle, si nous le cherchons, nous ne retrouvions l'exemple donné par le Christ, et cela jusqu'à la consommation des siècles. Jésus voulut recevoir le baptême du Précurseur, pour nous montrer la soumission, pour nous ap prendre que le supérieur a envers son inférieur des devoirs encore plus impérieux, que celui-ci envers celui-là.
Cet acte de la vie publique du Christ fut magnifié par la présence du Père et de l'Esprit. Toutes choses, même les plus grandes, ont un petit commen cement ; ainsi la descente progressive de l'Esprit qui doit finir par saturer la terre et le monde entier, s'inaugura par ce miracle de quelques secondes. Mais comme tous les miracles, ceux-là seuls en sont té moins qui sont capables de les comprendre : seul Jean vit la forme corporelle de l'Esprit.
Aussitôt ensuite, les synoptiques racontent la ten tation ; c'est le récit de Luc qui est le plus complet. Le rituel catholique le récite le lundi dela 3° semaine du Carême ; cette période n'est d'ailleurs que la com mémoration du jeûne du Christ. Le récit de Matthieu est lu à la messe du premier dimanche de Carême. Tout le monde connaît la tentation, bien que l'on appelle ordinairement ainsi à tort nos mauvais désirs subjectifs.
En réalité, 2a tentation est une attaque de l'ennemi qui cherche à nous faire trahir le Ciel. Au point de vue de la création, le mal et ses agents sont des êtres réels, objectifs, ainsi que les représen
72 l'initiation tent les légendes mystiques de tous les pays.
Vous trouverez, en étudiant les diverses traditions ésotériques, beaucoup de classifications des enfers et de leurs habitants, que vous ont sans doute énumérées les autres cours que vous avez pu entendre ici ; mais nous ne nous y arrêterons pas ; une telle étude nous serait inutile pour le moment, puisque les diab.'es ne peuvent attaquer que des hommes assez forts pour leur résister, que des saints.
Il nous suffit de savoir qu'il s'en trouve partout, dans la matière, dans l'humanité, dansle mental, etc., qu'ils sont disposés en hiérarchies, qu'il y en a un chef pour chaque planète et qu'il en est un universel, qui leur commande à tous.
Disons aussi que si le démon peut nous faire souf frir, c'est pour notre bien, puisqu'il nous donne ainsi l'occasion de travailler et de développer des facultés qui, sans la lutte resteraient engourdies en nous, à l'état de germe. * Selon la théologie, le Christ est un second Adam ; il répare la faute du premier, il doit donc subir la même tentation et la vaincre.
C'est pour cela que la tentation est une grâce et que l'on devrait plutôt s'en réjouir. (Rulmann Merswin, Catherine de Sienne) L'Évangile indique qu'elle vient de Dieu pour ainsi dire, puisque c'est l'Esprit qui emmène Jésus dans le désert. Sa durée est de quarante jours, nombre qui symbolise la pénitence, l'expiation, l'affliction (saint Jérôme). Ce nombre fut aussi celui du déluge, du
l'ami et l'adversaire 7 3 voyage dans le désert, du repos d'Ezéchiel, des jeûnes de Moïse et d'Elie. Le jeûne physique, si fréquemment ordonné dans l'ancienne Loi et dans les anciennes initiations n'est utile et permis selon la nouvelle Loi, que pour des buts très précis ; mais en temps ordinaire, le jeûne moral, la privation des plaisirs personnels est bien plus fructueuse et plus saine, ainsi que l'enseigne l'Église grecque dans son Triodion.
Selon T.-L. Harris, le Christ, être universel, con duit la vérité qui est au centre de lui-même jusqu'à l'extrême circonférence de son être, il la met donc en contact organique avec le corps du dieu de ce monde c'est-à-dire, avec le péché, la maladie et la mort. Et il en rencontre l'Esprit qui est le diable.
Or, les person nalités diaboliques distillent un virus qui se combine avec le magnétisme humain, saturé de passions et ce produit se combine à son tour avec le magnétisme animal: le champ de bataille de la tentation réelle s'étend donc, depuis le centre volitif de l'homme jus qu'à ses cellules physiques. Entre le corps matériel et l'âme éternelle se trouve l'Esprit où réside notre moi.
C'est par lui que descen dent vers la matière les forces supérieures et que re montent vers le Ciel les particules matérielles que notre action a purifiées ; c'est donc par l'esprit que nous vivons, que nous souffrons, que nous pouvons aller partout. La première tentation de la nature humaine du
74 l'initiation Christ porta sur la confiance en Dieu, la seconde sur l'orgueil et la troisième sur la cupidité. Selon Jacob Boehm, la première tentation fut de mépriser le pain du Ciel et de mettre son imagination dans celui du Spiritus Mundi, dans les sciences, les pouvoirs et les bonheurs que procure l'astral, les fluides des étoiles et des éléments.
Elle fut au lieu de se nourrir de la volonté du Père, de se nourrir des forces des créatures: or chaque être doit se sustenter du principe qui l'a engendré : la nourriture que l'homme doit rechercher, est donc d'accomplir la volonté du Père. Et en effet, la Parole de Dieu n'est pas seulement, comme le disent les théologiens, un aliment moral et mystique. Mais elle nourrit jusqu'au corps de celui qui s'efforce de lui obéir.
Cette première tentation fut celle-là même à la quelle Adam succomba (Boehm, abbé Fillion). Quand l'homme prie en esprit et en vérité, le Verbe crée perpétuellement en lui (Gichtel) : cela se fait par l'imagination : l'éternité se nourrit d'éternité, le temps se nourrit de temps, les créatures se nourris sent du mercure spirituel; l'esprit, des cinq sens; le corps de l'essence du soufre et du sel terrestres.
Ce n'est pas seulement la matière du froment qui nour rit, mais la quintessence qui y est renfermée et qui contient la teinture (Boehm). La seconde tentation touche une des formes les plus hautes de l'orgueil, elle est un défi porté à Dieu,
l'ami et l'adversaire 75 pour le forcer en quelque sorte de produire un mi racle. Elle implique chez celui qui la subit une con naissance profonde de soi-même et suppose, s'il y succombe, qu'il attache à sa propre personne un prix inestimable. L'orgueilleux est le seul que le Ciel laisse livré à lui-même, jusqu'à ce qu'il ait acquis par l'expérience la notion de sa faiblesse.
Rien n'ar rive sans la permission du Ciel; et la grandeur du danger où nous pouvons nous trouver est toujours en proportion de notre force. Le malheur qui nous accable n'est jamais sans remède et nous en sortons toujours plus ou moins vite, plus grands et plus sages. L'homme ordinaire ne souffre jamais que des maux qu'il s'est attiré lui-même antérieurement.
Quant au soldat du Ciel, vraiment digne de ce nom, il n'a rien à craindre puisqu'il ne travaille que pour son Maître. D'ailleurs l'homme le plus pervers même n'est jamais entièrement abandonné. * » » Satan transporte alors le Christ sur une haute montagne. Cette localisation est toujours, pour le symboliste, le signe d'un plan spirituel élevé.
Le sermon des béatitudes, la transfiguration du 'Christ, sa mort, son ascension, le Sinaï, l'Horeb, le Nébo, le Mérou, sont des états, ou des lieux inaccessibles à l'humanité commune. Cette dernière tentation s'adresse au levain le plus Tivace que nous recélions en nous-mêmes : la soif de posséder, ou plus simplement le désir. C'est en ce point que convergent les efforts de toutes les morales
y6 l'initiation religieuses; sans désirs, la création s'immobilise; et comme sa puissance de réception est limitée, si elle désire les choses de la nature, elle n'a plus ni la force de chercher, ni la capacité de recevoir les choses de l'absolu. Il est exact que la richesse, la puissance tempo relle, la gloire mondaine aient été données au diable, et que, comme il le déclare, il puisse les distri buer à ses serviteurs.
Mais contrairement à ce que fait le Père, Satan fait toujours payer ses dons. C'est pour cela que le Christ fut pauvre et persécuté tandis que le Messie attendu par les Juifs devait être un empereur mondial. C'est pourquoi l'Evangile les appelle enfants du diable.
Arbatel (Magie) a donc raison de recommander en toutes choses le nom du Seigneur, de ne commencer aucune méditation, ni aucune action sans avoir demandé son aide et sa lumière, Ainsi, les démons adversaires, comme les anges serviteurs du Christ existent tous: ils ont été créés avant l'homme ; l'esprit de ce dernier est l'un de leurs principaux champs de bataille.
Nous avons tous en nous du bien et du mal innés ; nous recevons aussi les visites plus ou moins longues des soldats de la Lumière et des soldats des Ténèbres. Notre mission consiste à utiliser les secours intellectuels, moraux, psychiques que nous apportent les anges, pour faire évoluer le ou les démons qui sont les hôtes tempo raires de notre esprit.
L'une des récompenses de nos travaux, c'est que le mal ou le représentant du mal que nous sommes arrivés à purifier, finit par
l'ami et l'adversaire 77 devenir une partie intégrante de nous-mêmes. Et ce pouvoir immense donné à l'homme s'étend des pro fondeurs de ses organismes internes jusqu'aux trois règnes de la nature terrestre, jusqu'aux hiérarchies invisibles dont nous sommes les guides. Les quatre évangélistes mentionnent ensuite le re crutement des douze apôtres.
La psychologie (voir Fabre d'Olivet) et la cosmo logie offrent des adaptations de ce duodénaire ; nous en laisserons l'étude aux amateurs des sciences oc cultes.
Simon Pierre, l'auditeur (Michelsen), l'éprouvé (Zhora) et André le Viril furent les premiers choisis ; puis Jacques que saint Paul appelle le frère du Sei gneur, le prince des Apôtres, fils de Joseph, et qui ap partenait à la lignée des Réchabites, puisqu'il avait le droit d'entrer dans le saint des saints (Hégésippe, saint Epiphane, saint Clément, Eusèbe) ; selon la tradition, il n'aurait pas été circoncis.
Jean, son frère, était le plus jeune des apôtres ; la tradition veut qu'il demeure sur terre jusqu'au retour du Christ. Quant à Nathanaël dont le nom signifie le don de Dieu, c'est Phi lippe le Galiléen qui l'amena au Christ. Le nom de chacun des apôtres, comme le nom de toute créature renferme comme nous l'avons déjà dit à propos de la généalogie du Christ, l'essence de l'être, son type, sa raison absolue.
Mais, personne ne connaît la science des noms que celui qui connaît l'esprit. Et le Père en lui révélant cet arcane lui confère en
78 l'initiation même temps le pouvoir d'ouvrir la vue intérieure de ses suivants. C'est pour cela que le Christ dit à ses apôtres : Vous verrez désormais le Ciel ouvert et les anges monter et descendre sur le Fils de l'homme. Le miracle de Cana est très simple pour celui qui a une idée même rudimentaire de la puissance de Dieu.
Au sens psychique c'est le premier miracle joyeux après la régénération intérieure : l'eau de la passivité parfaite, Marie, est changée en vin spirituel actif. (Cf. Boehm, Signatura Rerum). L'eau est la na ture humaine ; le vin est le sang du Christ (dom Guéranger). Les six vases de pierre sont les âges du monde, le Christ est la vigne (saint Augustin).
Le pain est encore la nature purifiée, l'eau est l'âme hu maine, le vin est l'Esprit Saint (Michelsen). D'après une tradition du huitième siècle, Cana est le village de Kefr-Anna et ce miracle eut lieu en l'an 780 de Rome. Sédir. mars igo5.
LE VOYAGE DE KOSTI (Suile.) « La même considération pour les hommes doit être la Loi de notre raison ; * Le même amour, le Moyen de votre cœur ; « Le même intérêt, le But de vos actions ; car nous n'avons qu'un père, qui nous appelle aux mêmes des tinées parles mêmes Lois. « Soyez simples comme la Nature et sincères comme elle. Tâchez de vouloir et d'agir comme pense votre cœur.
« Ne cherchez rien en vous, mais tout en Dieu, dans la Nature, car là seulement est la Vérité. Si cette force ne vous anime pas, vous êtes des organismes morts « Ne soyez pas ingrats envers vos semblables, ni envers les animaux qui vous sont utiles, car toute existence, dans la Nature, a un but, que l'homme n'a pas le droit de déranger.
Tâchez de devenir un organisme vivant de la Divinité, par lequel s'exprimera son Amour, sa Vérité, sa Sagesse, sa Bonté, sa Justice, son Ordre, et vous vous trouverez heureux, et votre esprit, délivré des mirages et des erreurs, connaîtra le grand But de sa Destinée. » Après ce discours, le prêtre embrassa les initiés, et
80 l'initiation l'on donna en leur honneur une fête, que l'on nomme : la fête de la Renaissance. Kosti et Gamma restèrent encore cinq ans à Memphis et ils furent instruits dans les secrets de la Na ture et de diverses sciences. Aucune fantaisie, aucune illusion ne payait leur travail. Des vérités authenti ques de la Raison pure étaient leur enseignement.
Ils apprirent les plus hauts secrets de Dieu, de l'Esprit, de l'Homme et de la Nature, et comprirent que toutes ces statues de dieux et de demi-dieux, adorées par le bas-peuple ignorant, étaient seulement le symbole des Forces supérieures, ou des hommes vertueux dont on fêtait encore le souvenir pour imiter leurs actions.
Ils apprirent comment les prêtres soupiraient sur l'aveuglement, la déchéance des hommes, qui ont perdu l'Unité pure de la Divinité, compliqué le simple et tout cherché dans le matériel.
Une grande partie de l'humanité est incapable, disaient-ils, de com prendre la simplicité de la Divinité : il est nécessaire, pour que l'idée d'une force supérieure ne s'éteigne pas entièrement, de leur présenter des images sensi bles, appropriées à leur infirmité et à leur faible enten dement.
Nous savons bien que le sage n'a pas d'autre juge que son cœur; sa raison améliore les faiblesses de son état d'homme; mais comment peut-on tenir en laisse la masse brutale, comme les tyrans qui ont en main la puissance, quand l'idée d'une Divinité vengeresse s'est éteinte en elle ? Progressivement, les hommes doivent être conduits de la complexité à la simplicité, de l'extérieur à l'intérieur. C'est la tâche des gouverneurs et des prêtres.
LE VOYAGE DE KOSTI 8l Nous savons que dans le livre de la Destinée est écrit qu'ils oublieront leur grande mission, qu'ils seront séduits par le prestige du pouvoir temporel, au lieu de conduire les hommes à l'ordre, ils seront euxmêmes les auteurs du désordre. Mais la punition de leur confusion est écrite aussi dans le Livre. Aucun État ne pourra subsister plus longtemps que sa vertu.
Tout ce qui deviendra infidèle à la Loi éternelle de la durée tombera en ruine et retournera dans son néant. Pourtant il y aura toujours des adeptes silencieux de la Sagesse ; fidèles aux éter nelles analogies sur lesquelles doit être bâti le hon neur humain. Sans songer à la gratitude, ils travail leront infatigablement pour le bonheur et le bien de l'homme, et chercheront leur récompense dans le sentiment de la vertu.
« Toi qui es destiné à régner sur des peuples, dit-il à Kosti, apprends à connaître les causes premières de la ruine des États, et guide les hommes que la Divi nité t'a confiés d'après des principes plus fiers. » Ici, le prêtre lut, dans le Livre de la Destinée, la liste des États les plus puissants et comment ils tom bèrent en ruines ; ensuite ils ouvrirent le Livre des Lois de la Raison, dans lequel était écrit ceci : « La plupart des formes de gouvernement s'é carteront des éternelles relations des choses, ou des lois de l'Ordre, et s'approcheront tôt ou tard de leur perte.
« Dans la Nature, il n y a qu'un point de bonheur humain et de durée des États, qui consiste dans l'ac complissement des lois de l'Ordre, dans l'harmonie e
82 l'initiation générale, ébranlée en partie par l'ignorance, en partie par l'erreur des hommes. « Rétablir cette harmonie est, depuis des siècles, l'effort des vrais philosophes, le fond de la vraie morale et de l'instruction humaine, la grande œuvre de la religion. « Aucun Etat ne peut subsister sans la vertu, aucuneunion humaine sans moralité.
Plus celle-ci progresse, plus l'État prospère ; plus celle-ci régresse, plus l'Etat s'affaiblit, car la moralité mène à l'Ordre et le con traire au désordre et à la destruction. Dans les sens des hommes, dans la vocation de leur existence, sont les premières lois des gouvernements. L'union de l'homme avec l'homme constitue le double lien et la chaîne harmonieuse du Tout.
Celui qui brise cette chaîne, se détourne de la Voie, s'éloigne du commen cement de la Durée et du Bonheur, et s'approche de sa perte.
C'est pour cela que la morale unit les êtres intellectuels; que la religion est nécessaire parce qu'elle devrait être l'âme de la constitution des États qui doit s'inquiéter du bonheur temporel des hommes, comme la religion a soin du bien éternel, pour que tout tra vaille en harmonie vers le But de l'éternelle Divinité.
« Mais unegrande partie des gouvernements quittera ces points à la fois spirituels et temporels sur lesquels tout doit se concentrer, et, par conséquent, travaille ront à des buts opposés. Ils mettront à la place de l'amour universel un faux égoïsme, contraire à l'union des hommes, ainsi qu'à leur moralité ; rompront la chaîne de l'Ordre et s'approcheront de leur perte. « Au moment où les constitutions temporelles s'éloi
LE VOYAGE DE K.OSTI 83 gneront des buts que la Divinité et les Lois de l'Ordre leur ont imposés, naîtront des empiétements despoti ques, des désordres et des confusions dans les formes de gouvernement. Si les constitutions religieuses se séparent des Lois de l'Ordre, la religion perdra son prestige et son influence bienfaisante ; il naîtra de cette intolérance, persécution et superstition.
L'amour du prochain disparaîtra, la vertu diminuera, et le vice triomphera. L'intérêt particulier primera l'intérêt gé néral, et occasionnera la confusion dans la forme des gouvernements. Au lieu dela Vérité, les opinions ré gneront, au lieu de lois, l'entêtement.
On finira par sentir les tristes conséquences de la confusion; on voudra journellement améliorer, mais les efforts se ront sans résultat, car l'intérieur des hommes sera corrompu, et l'on comprendra rarement la cause de sa corruption. « Une politique erronée innovera de terribles sys tèmes. Beaucoup de grands se déferont absolument de la religion, et croiront devoir dominer les hommes par la violence et la peur.
D'autres se serviront d'elle pour brider le bas peuple et encourager par cela même l'ignorance et la superstition. Il y aura des gouver neurs qui se sépareront du bonheur de leurs sujets; ceux-ci se pervertiront et l'égoïsme s'étendra partout. Chacun travaillera pour son propre intérêt, l'esprit de parti et de cabale naîtra, les vérités et les droits hu mains seront opprimés.
« La grande intention de la religion se perdra; son doux esprit sera comprimé et disparaîtra dans les que relles et les reproches. Le clergé se mêlera des affaires
84 l'initiation politiques, transformera la religion d'après elles, et réussira quelquefois à atteindre le but de ses inten tions égoïstes. Au lieu de répandre l'instruction et la félicité humaines, il ramènera toutà l'intérêt personnel et nuira au peuple enfoncé dans la superstition par ses mauvais exemples. Ainsi se perdra la Vérité dans les cérémonies, et disparaîtra le sanctuaire intérieur.
« Il est impossible de supprimer le sentiment de la Vérité chez les hommes. Ils sentiront la pression du désordre, et le sentiment qui se trouve si profondément ancré dans leur cœur les arrachera à l'erreur, le pen chant vers la félicité travaillera sans cesse dans les âmes.
Les sciences révéleront quelques vérités, qui seront mal comprises par un grand nombre dont le cœur n'est pas assez formé; beaucoup d'autres, insuf fisamment préparés, commenceront à concevoir des vérités qu'ils ne pourront supporter par leur manque de développement intérieur. Erkartshausen.
UN SECRET PAR MOIS Voici un bon remède simple contre la surdité, bien entendu lorsqu'il ne s'agit pas de lésion au tympan ou aux neris auditifs. Prenez : sauge, romarin, armoise, menthe sauvage, camomille, mille-pertuis, sarriette (de chaque une poignée). Faites cuire dans un pot verni. Faites pénétrer la vapeur dans l'oreille malade à l'aide d'un cornet de papier, tout en mâchant quelque chose d'un peu dur, pour ouvrir les pores.
Prenez ensuite de l'huile chaude imbibez-en un morceau de coton, mettez-le dans l'oreille et mettez par-dessus un peu de feuilles mouillées. Faites cela tous les soirs. Roffellus. Une ancienne école Maçonnique Dédié à mon collègue en collaboration Teder.
Suivant ma mauvaise habitude j'ai fouillé dans les boites des quais, les marchands se plaignent que le commerce ne va plus, tout est à l'auto, argent et temps... et cette fameuse émancipation de la pensée tant promise est-elle en faillite ? Il me semble que des livres sont plutôt ali ments de la cervelle que l'affreux pétrole.
Ayant donc déniché un.vieux bouquin de l782, intitulé : « Description de la ville de Dresde et de ses environs » par T.-H. Lemminger, secrétaire de la Chancellerie de l'Etat général do l'armée Saxonne, ouvrage très docu
86 l'initiation menté, un des ancêtres sinon le plus ancien de nos Baedeker, guide Hachette, Joanne, rentré chez moi je le feuilletai et au chapitre écoles, lus lepanage suivant: « L'Ecole des Francs-maçons, un des plus beaux ins tituts, fondé environ en 1772 par la Loge de cette ville.
Le but de cette fondation charitable est de donner à la pauvre jeunesse, tant garçons que filles, outre l'instruc tion de lareligion, toutes celles qui peuvent préparer et former à quelque possession que ce soit. « La loge fournit les frais de la nourriture et de l'ins truction pour le plus grand nombre de ces enfants, et ceux qui y sont pour leur argent y sont à un prix très modique.
« Les enfanls y sont parfaitement bien : on a une atten tion particulière pour la santé et pour la propreté. Les garçons sont habillés de gris avec un collet vert, les cheveux à l'anglaise et un chapeau à la matelote. Les filles ont le mème uniforme et sont coillées modestementLes garçons apprennent la religion, la lecture, l'écriture, l'arithmétique, la géographie, l'histoire, le dessin (sic).
Les filles ont outre les mêmes instructions, encore l'avan tage d'apprendre à coudre, à tricoter, à faire la cuisine et généralement toutes sortes d'ouvrages économiques. Toutes les opérations de l'école sont dirigées par un Inspecteur. La principale direction du tout appartient à un Frère Maçon. » Que le monde a marché depuis I772, et que les idées maçonniques se sont transformées. A-t-on évolué? Là eit la question, l'avenir le dira. Tidianeuq.
École hermétique. Le cours de Haule-Mugi" du docteur PtoziF.R qui obtient chaque année un si grand succès a commencé, dans la salle spéciale du I2, rue de Buci, le dimanche I9 janvier, a 4 heures de l'après-midi et se continuera les diman ches suivants à la mème heure.
LES CONFÉRENCES A NANCY 87 Les Conférences à Nancy A la Société d'études psychiques. — M. A. Thomas : L'action à distance sur un sujet somnambuliqne. — Intéressantes expériences.
Dimanche à 4 heures et demie, un public très nombreux était réuni salle de l'Agriculture pour assister à la conférence et aux expériences de M. Thomas, secré taire général de la Société d'études psychiques, sur le magnétisme, l'action magnétique à distance, l'extériori sation de la sensibilité et l'extase.
M. Thomas, en un résumé très clair et très docu. menté, a d'abord exposé la théorie du magnétisme, qu'il -ne faut pas confondre avec l'hypnotisme. Les phénomènes magnétiques s'expliquent par une radio-activité émise par tous les corps, sans excepter le corps humain, et qui acquiert chez certains magnéti seurs une intensité remarquable.
Le rayonnement magnétique a été admis par Curie, par Gustave Lebon, par le docteur Fugairon, qui lui donne le nom d'électricité humaine, par le docteur Pétitin, le docteur Barety, etc., qui l'appellent électricité vitale, force neurique, force vitale, od vital.
Le magnétisme humain développe, en sorte, une énergie qui peut se comparer à l'énergie électrique, mais qui en est distincte, elle a pour conducteur les nerfs, mais elle peut s'extérioriser et agir soit par contact, soit à distance, sur les êtres animes, les plantes et les corps inertes. Leconférencierétudiesuccessivemcnt.avecdo nombreux témoignages à l'appui, l'action du courant magnétique sur ces différents objectifs.
Puis il arrive à celle qu'un même courant exerce sur le corps de l'homme et en exa mine les effets. Lorsqu'on agit sur un sujet, on peut soit influencer le cerveau de ce sujet et produire ainsi la transmission
88 l'initiation de pensée, la télépathie, soit agir directement sur les organes sensitifs et moteurs. C'est cette dernière méthode qu'emploiera M. Thomas, le sujet n'habitant pas Nancy et n'ayant pu être soumis aux séances d'entratnement exigées par la première. m » » Nous abordons ici la partie expérimentale de la confé rence. Le sujet, Mme Jeanne Robert, est une jeune femme toute gracieuse et d'une très grande simplicité de ma nières.
Elles se place eu face des spectateurs et après l'avoir endormie au moyen de quelques passes, M. Tho mas produit, successivement chez elle des contractures des bras et des jambes, la surdité, la perte de l'odorat. Des assistants sont appelés constater eux-mêmes la réalité de ces phénomènes et en reconnaissent l'évi dence. M. Thomas procède ensuite à un autre genre d'expé riences.
Elles consistent à provoquer chez le sujet des sensations que l'on attribue ordinairement à la suggestion mais pour lesquelles on est forcé, dans le cas présent, d'admettre une autre explication. Exemples : Le conférencier trace sur le parquet deux lignes à la craie, figurant deux chemins, puis il demande à l'un des spectateurs de lui désigner à l'oreille celui des deux sur lequel il veut que le sujet passe.
Le dialogue a lieu hors de la portée du sujet, qui d'ailleurs est endormi. Cepen dant M. Thomas parvient, à une distance de plusieurs mètres, à transmettre au sujet la volonté du spectateur. Le chemin voulu par ce dernier est celui que choisit Mme Jeanne Robert.
Une échelle est ensuite figurée de la mème façon : le sujet s'arrête exactement à l'échelon désigné à M. Tho mas, et l'on s'aperçoit facilement, à l'arrêt brusque du corps, qu'un obstacle invisible s'oppose à ce qu'il aille plus loin. Un cercle est dessiné autour du sujet. Il demeure pri sonnier dans ce cercle et fait des efforts inutiles pour le franchir. Mais une brèche conventionnelle est ensuite indiquée à la circonférence, avec la volonté que le sujet
LES CONFÉRENCES A NANCY 89 puisse y passer. Aussitôt, bien qu'il ait les yeux fermés, il sort du cercle à l'endroit voulu. (Quatre points, correspondant chacun à une saison de l'année, sont marqués sur le sol. Le sujet endormi est conduit successivement sur chacun de ces points, sans savoir à quelle saison il correspond.
Cependant, accep tant passivement la signification voulue par le spectateur qui les a disposés, il frissonne et se plaint du froid au point marqué hiver, parait éprouver une sensation de vive chaleur au point marqué été, etc..
Après un repos, pendant lequel M, Thomas donne d'in téressantes explications sur ces phénomènes présentés d'une façon telle que tout soupçon de truc serait impos sible, même si l'honorable secrétaire général de la société d'études psychiques n'était connu de tous. Les expériences continuent à distance. Le magnétiseur reproduit ainsi la contracture des bras et des jambes, tantôt à droite tantôt à gauche, au gré des personnes consultées.
Puis c'est la paralysie de la face, produite dans les mêmes conditions ; l'altération de la pesanteur; l'arrêt, en comptant, sur le chiffre voulu. Les expériences d'extériorisation de la sensibilité, renouvelées du colonel de Hochas, ont réussi de façon à enlever tous les doutes à ceux qui croient impossible ce phénomène étrange.
La séance s'est terminée par de fort belles expériences destinées à montrer l'influence mystérieuse de la musique sur les sensitifs. M. Thomas, après avoir exposé la théorie de l'extase, a de nouveau endormi son sujet, qui, à l'audition d'uu morceau de violon, d'ailleurs exécuté avec beaucoup de sentiment par une jeune artiste de bonne volonté, s'est littéralement transfiguré.
Nul ne pourrait imaginer la puissance d'expression de son visage et de sus attitudes, variant insensiblement selon les vibrations de l'instrument. On sentait comme un lien étroit entre l'art plastique idéalisé par la pensée et l'art musical. Il y a là un champ inexploré, ouvert aux peintres de l'avenir.
go l'initiation L'auditoire a vivement applaudi — au réveil de Mme Jeanne Robert — l'intéressante séance à laquelle il venait d'assister, et M. le docteur Haas, président de la Société, a traduit le sentiment général en félicitant le dévoué conférencier expérimentateur, Du journal l'Entente, d'octobre. JUSTICE Lorsqu'une doctrine a eu la faveur du public pendant plus d'un siècle et n'a pas pu donner une seule preuve, c'est qu'elle est fausse.
Cependant le Muséum d'histoire naturelle prépare la revanche de Lamarck, « le méconnu » qui fut considéré pendant sa vie comme un fou, un vision naire pour avoir publié son livre J'iiilùsoi>hic zoolo.jique ou théorie de transformisme. Ces théories furent réfutées par tous les vrais savants qui ne pouvaient retrouver de trace de modifications gra duelles dans les espèces.
Au Congrès d'anthropologie de Francfort en 1882, Virchow disait: «Je soutiens que l'explication fournie par Lamarck, Darwin et ses adeptes, ne sont pas conformes aux faits que la nature met sous vos yeux. » Hiekel dans sa Création naturelle dit qu'il est obligé d'accepter la doctrine du transformisme tant qu'il ne s'en présenlera pas une autre capable d'expliquer une telle quantité de fails.
Or, une nouvelle doctrine s'est présentée, il y a 25 ans, elle explique tous les faits, dans une multitude de preuves, répond à toutes les objections. Mais jusqu'à ce jour, on a feint de l'ignorer car elle a pour auteur une femme ! Les oubliettes paraissent réservées à YOrigine ver/c laie de Mme Céline Ftenooz, tandis qu'on se prépare à fêter, dans le représentant du transformisme, la préten due science dos hommes.
REVUE DES LIVRES 9> Contrecette injustice nous nous révoltons, nousfemmes» nous prétendons que la Vérité n'a pas de sexe et qu'elle peut être dans la science de Mme Renooz. Sorties de l'Église pour nous élever vers la vérité, nous la cherchons partout où elle peut exister. Pour quelles raisons les hommes ne font-ils pas de même?
Sont-ils tous assez naïfs pour croire à l'infériorité de la capacité crânienne de la femme et pour penser que son cerveau est impuissant, infécond? Ou bien, détachés des dogmes et des erreurs passées, préfèrent-ils se contenter d'erreurs nouvelles — ou «Vérités relatives » ? Peutêtre... Nous, connaissant nos forces, nous ne les suivrons pas dans cette voie car nous avons soif de « Vérités abso lues ».
C'est pour ces raisons que lorsque nous les verrons ftMer en Lamarck le représentant du transformisme, pensant avec délices à leurs ancêtres : les singes... nous dirons bien haut : L'homme a toujours le même Credo. «Quia absurdum. Marie-Rose BOURDIN. REVUE DES LIVRES Pour combattre les accidents de la grossesse (vomisse ments incoercibles, Fausse-couche, etc.).
Favoriser i Accouchement et les Suites de couches. (Délivrance, Hémorragie, Fièvre de lait, Fièvre puerpuéralc, Myodinie, Lait répandu), par IL Durville. In-l8 de 60 pages. Prix : i franc, à la Librairie du Magnétisme, i'i, rue Saint-Merri, Paris. Tous ces sujets sont traités simplement par l'auteur avec sa compétence habituelle.
La partie la plus remar quable est celle qui concerne l'accouchement — que l'on peut, presque toujours, faire sans douleurs et en évitant
92 l'initiation complètement aux par turian tes les suites souvent lâcheuses auxquelles elles sont exposées. Le traitement — qui se rattache exclusivement au Magnétisme — peut être appliqué par le médecin accou cheur, la sage-femme, et mieux encore par un magnéti seur expérimenté, par le mari, même une persoune intéressée qui en comprend le mécanisme.
Comme tous les procédés magnétiques sont simples, il faut surtout du bon sens et de la bonne volonté pour les appliquer con venablement ; d'ailleurs, ils sont assez methodiquement décrits pour que le premier venu puisse les comprendre en quelques instants. Pour devenir Occultiste. Premiers éléments d'Occultisme par Joamiy Bbicaud. In-18 de 72 pages, avec figures. Prix : I franc, à la Librairie du Magnétisme, t'à, rue Saint-Mcrri, Paris.
Petit ouvrage de propagande dont le titre indique assez l'objet.
Il contient 11 chapitres traitant successivement de l' Historique sommaire de V Occultisme, de la Théorie de l'Occultisme, de la Constitution de l'homme, du Corps astral, du Plan astral, des Elémentals, de la Mort et de ses Mystères, des Auras et images astrales, de l'Occul tisme pratique ; enfin, un Petit vocabulaire des termes les plus couramment employés et une Bibliographie don nant la liste des principaux ouvrages à étudier pour con naître à fond la matière de l'occultisme, termine cette intéressante description.
Pour combattre le mal de dents et les maladies de la bouche. Favoriser la dentition et éviter les accidents qui en sont la conséquence. Hygiène et moyens pré ventifs par H. DunviLLE. Brochure de 36 pages, avec une figure. Prix : l franc, à la Librairie du Magnétisme 23, rue Saint-Merri, Paris. Après avoir donné une description sommaire de la
REVUE DES REVUES 93 bouche et des dents, ainsi que des dentitions succe ssives, l'auteur décrit les principales aflections de la bouche et les accidents de la dentition, puis il indique le traitement de la dentition elle-même et les moyens à employer pour conserver ses dents. Enfin, il arrive au traitement du Mal de dénis, et cite des exemples de guérisons remar quables obtenues par le Magnétisme. Librairie du Magnétisme. LIBRAIRIE WIATIQUE H.
Durville, éditeur, Paris, 23, rue Sainl-Merri, IV* arrrondissement. La Librairie du Magnétisme {Librairie initiatique) , s'est eflorcée de rassembler tous les ouvrages parus sur les questions si vastes d'Occultisme, de Magnétisme, de Spiritisme et des nombreuses sciences qui s'y rattachent.
Outre les ouvrages fondamentaux, et ceux portés à son catalogue complet, elle se charge, à titre de commission, de tous les abonnements aux divers journaux spiritualistes, ainsi que des achats de librairie en dehors de son fonds et les expédie franco de port. La Librairie du Magnétisme (Librairie initiatique) cen tralise toutes les publications et ouvrages sur l'Occul tisme.
Elle correspond avec les Sociétés et Groupements du monde entier et les tient au courant du mouvement spiritualiste. FEVUE DES REVUES L'Echo du merveilleux. — M. Gillery consacre son article de fond aux expériences de M. de Sarrak. ll admet
94 l'initiation assez facilement la désintégration de la matière, mais •non la reconstitution, M. Barlet, interrogé, répond en don nant, avec toute la science qu'on était en droit d'attendre de lui, l'explication occulte de ce phénomène. En admet tant la réalité du fait, c'est simplement de la physique supérieure — qui n'est pas pour étonner ceux qui ont tant soit peu étudié les forces astrales.
En ce qui concerne spécialement M. de Sarrak, les avis sont très partagés: j'ai eu l'opinion d'un do ceux qui le connaissent bien ; c'est un médium, mais un médium conscient, et il est réellement capable de produire parfois, ou plutôt d'être l'instrument grâce auquel se produisent divers phéno mènes intéressants. G. Malet a réuni un certain nombre de curieuses légendes sur la nuit de Noël. Comme toutes les légendes, elles ont un fond de vérité.
Ainsi, si les bêtes ne parlent pas sur terre, les occultistes savent bien qu'il existe cer tains plans île la nature, où elles peuvent raisonner et transmettre leur pensée. G. Meunier, au sujet d'un rêve prémonitoire cité par le Petit Parisien, établit que devant les innombrables faits de ce genre il convient, sans exagérer, d'attacher quelque importance è certains songes.
A lire encore la reproduction d'un curieux cas de clair voyance d'après les « proceedings » : un cadavre décou vert dans l'eau à l'endroit exactindiqué par une voyante. Sous le titre les Cypries modernes, Mme L. Maurecy étudie les principales voyantes de Paris. C'est aujourd'hui le tour de Mme de Poncey, dontellea du reste plusieurs fois déjà entretenu les lecteurs de l'Écho.
Line tierce per sonne cite à Mme Maurecy un cas vraiment très étrange de clairvoyance et qui indique la très sérieuse médiumnité de Mme de Poncey. Le Bulletin d'éludés psychiques de Nancy, toujours trèsbien l'ait, a donné, en novembre-décembre, une intéres sante étude sur la médiumnité de Jeanne d'Arc, par M. E. Collet.
Ce travail, tresdocumentéau pointde vue his torique, établit clairement que les visions et auditions de Jeanne ont été véridiques et très probablement objectives et que ses prédictions se sont toujours réalisées à la lettre. Entin, M, Collet met Jeanne d'Arc à la place qui
REVUE DES REVUES 95 lui est due, et s'il ne voit pas en elle I incarnation de l'âme de la France, au moins en fait-il la plus grande Française de son temps. Le Journal du magnétisme, dans son nouveau format, constitue le vade-mecum indispensable non seulement de tous ceux que le magnétisme intéresse, mais de tous les spiritualistes sans distinction d'école. Chaque numéro forme un véritable petit volume de 150 pages qui contient de tout.
Ainsi le numéro du quatrième trimestre donne des conseils pour guérir, une étude très détaillée sur le sommeil, un compte rendu des réunions de la société, un travail très completet expérimental sur le double humain, des chroniques instructives et amusantes, des recettes nombreuses, etc. Il est donc tout à fait à recommander à nos lecteurs, et c'est ce que je fais tout spécialement.
La Revue du spirilualiste moderne (n° de décembre) contient, dudocteurde Farémont, «la Forced'Amour», très bonnes pensées, très bonnes intentions ; un très char mant et initiatique conte de Noël par Mme de Komar; un article dans lequel M. l'abbé J.-A.
Petit fait très cour toisement ressortir la « faiblesse des théories scientifiques pures quand elles sortent de leur domaine matériel», et au sujet d'une étude sur l'odeur des saints par le doc teur Dumas, il fait voir combien « la théorie des troubles nerveux explique peu de chose [du phénomène très com plexe et très objectif de l'odeur des saints». De Sédir, suite dcVAdepte.
Sous une forme littéraire et attrayante, Sédir a su grouper les conseils initiatiques les plus hauts, les règles journalières de conduite les plus utiles et les plus simples, les clefs de la voie cardiaque, les beautés du renoncement à soi-même, des définitions précises de la Mystique et de la Vie. On trouvera encore dans cette bonne revue des faits psychiques intéressants.
La Revue spirite, dans son numéro de décembre, pu blie la suite de l'étude sur les Bibles dont j'ai déjà parlé. M. Grimard y consacre de belles pages à l'analyse du Rig-Veda et de la vie de Krihna. Le surnaturel expéri mental est aussi un bon travail sur la révélation, le mi racle et la prophétie, bien que ce soit une erreur à mou point de vue, de dire que la science explique quelque
où l'initiation chose. Elle n'explique jamais que le comment, pas le pourquoi. Du reste n'oublions pas que les théories d'au jourd'hui seront démolies par celles de demain. C'est pourquoi je préfère comme définition du miracle la défi nition de l'occultisme : le miracle est une accélération des lois naturelles sous l'influence des forces supérieures à l'homme.
Quelles que soient les découvertes à venir de la science il y aura toujours quelque chose qu'elle ne pourra pas expliquer, tandis quela définition ci-dessus sera de tout temps aussi bonne.
A lire aussi un compte rendu de faits curieux de maté rialisations observés en Angleterre, la Presse et le Spi ritisme par Algol, etc. L'Elincelle. numéro de décembre public une enquête par Elenthcre, une chronique par l'abbé Jules, une étude sur les forces inconnues par le commandant Darget et un article sur l'état actuel du catholicisme par l'abbé Poulain. G. Phaneg. Le Gérant : Encausse. Paris. — Imp. E. ARRAULT et Cic, q, rue N.D.-de-Lorctte.
A 50 centimes H. Duryille. — Le Massage et le Magnétisme sous l'empire de la loi du 30 novembre 1*92 sur l'exercice de la médecine. Joamny Bricaud. — Dutoit- Membrini (un disciple de Saint-MartiD), d'après des docu ments inédits. Pellrtier. — L'Hypnotiseur pratique. Saiet-Yves d'Alveydrb. — Notes sur la tradition cabalistique. Docteur Tripier. — Médecine et Médecins. Un coin de la crise ouvrière au dix-neu vième siècle.
Zhora. — Etude* tentatives, ou Essai sur les Mystères de l'âme humaine et de la Prière, avec Lettre-Préface de Papus A 30 centimes Albert (d'Angers). — Le Magnétisme curatif devant l'Eglise. Chssnais. — Le Trésor du foyer.
Contenant une foule de recettes d'une application lournalière, des Conseils pour éviter et guérir un grand nombre de maladies, etc. Deboissouze. — Guërison immédiate de la peste, de toutes les maladies infectieuses et autres maladies aiguës et chroniques, 2* Edition. H. Durvillr. — Le Magnétisme considéré comme agent lumineux, avec 13 FigureR. — Le Magnétisme des animaux. Zoothérapie. Polarité. Lucie Grakge. — Manuel de Spiritisme.
Graphologie pour Tous. — Exposé des principaux signes permettant très facilement de connaître les Qualités ou les Défauts des autres par l'examen de leur Ecriture, etc. , avec figures. Lebel. — Essai d'Initiation à la Vie spirituelle. Mcuroux. — Le Magnétisme et la justice française deuant les Droits de l'homme. Mon Procès. Vas Obbergbn . — Petit catéchisme de Réforme alimentaire.
Psychologie expérimrntalr. — Manifeste adressé au Congrès spiritualiste de Londres, par le Syndicat de la Presse spiritualiste de France. A 20 centimes I)' H. Boens. — -4rt de uicre. Petit Traité d'Hygiène. Daniaud. — I. L'Art médical. — II. A'otc sur l'Enseignement et la pratique de la médecine en CUine, par un Lettré chinois. - 1II. Extrait de la Correspondance (Con grès du libre exercice de la médecine). — IV.
Articles de journaux sur le même sujet. H. Durvilue. — Rapport au Congrès sur les travaux de la Ligue Appréciation de la presse, arguments en laveur du Libre exercice de la médecine. ElvC8S. — Tout le monde magnétiseur et hypnotiseur, ou l'art de produire le magné tisme, l'hypnotisme et le somnambulisme sans étude ni travail. F. de Champville.— La Science psychique. d'après l'oeuvre de M. Simonin, avec l Fig. Faxau. — Cours abrégé de Spiritisme.
Jouset. — Principes généraux de Science psychique. — La Doctrine catholique et le Corps psychique. Papus. — L'Occultisme. — Le Spiritisme. Rouxel.— La Liberté de la médecine, Pratique médicale cUet le» Anciens. Traité sur l'obsession. Bibliothèque nu Magnétisme et dos Sciences occultes (Bibliothèque roulante.) Prêt i domicile. Catalogue des ouvrages de langue française. Secrets de (a Cuisine américaine.
A 15 centimes Leom Denis. — Pourquoi la vie ? Doncan. — La Chimie des Aliments. Van Oubergen. — A'otes sur le Nettoyage. Le Fruit comme moyen de Tempérance. PORTRAITS Photographies et Phototypies à i franc Cahaonst, Colavida, C. Flammarion, Lucie Grange, Van Helmont, te Zouave Jacob, Lafoxtaine, Luys, Papus, de Puyslgcr, Ricard, Rostan, Salverte. Le Professeur H. Dubville dans son cabinet de travail. Le Tombeau d'Allan Kardec. — Divers Portraits rares.
En Photogravure à 50 centimes Agrippa, Allan Kardec. Afollonius de Thyane, Bertrand, Braid, Bue, Cagliostro, Cahaonet, René Caillié, Charcot, Charpignon, W. Crooers, Delanne, Dei.ruze. Léon Denis, Durand (de Gros), Durvillr en 1901. Durville en 1817, 18X7, 1901, 1903. Eliphas Lévi, G. Fabius, de Champville, Grratraees, St. deGuaita, Van Helmont, Kircher, l'abbé Julio. Lafontaine, Lavater, Lihbeault, Luys, Mes mer, Mouroux, D' Moutin.
Prentice Mulford. Papus, Paracelse, Petetin. du Potet, le marquis de Puyséour, Ricard, De Rochas, Rooer Bacon, Saint- Yves d'Alvrvure, Surville, Swedenborg, Teste.
Nota — A la condition d'être demandés directement a la Librairie initiatique, 23, rue Saint-Merri, tous les Ouvrîges de propagande, ainsi que les Portraits et Photogravure» sont vendus avec les réductions suivantes: Par 500 exemplaires, assortis ou non, 50 0/0 de remise: 100 — - - 40 0/0 - 50 - - - 33 0/0 - 25 - - - 25 0/0 - 10 - 100/0 H Durvllle. — Physique magnétique, avec Portrait.
Signature autographe de l'Au teur, Tètes de chnpitres, Vignettes spéciales et 58 Figures dans le texte. 2 Volumes relies 6 fr — Théories et Procédés, avec S Portraits, Tètes de chapitres. Vignettes et 55 Figures. 2 Volumes reliés 6 fr. — Magnétisme personnel. Education de la Pensée, Développement de la Volonté. Pour être Heureux, Fort, Bien Portant et Réussir en Tout, S™* édition, avec Tètes de chapitres.
Vignettes, Portraits et 32 Figures explicatives 10 fr. Traduction espagnole par Ed. Garcia 10 fr. Traduction portugaise par Rodrigues 10 fr. École pratique de Massage et de Magnétisme, fondée en 1893. autorisée en 1805. Directeurs : H.
Durville et les docteurs Encausse (Papus), Moutin et Ridet, 23, rue Saint-âferri, Paris, IV: L'Ecole forme des masseurs et des magnétiseurs expérimentés dignes en tous points de la confiance des malades et des médecins et met la pratique du Massage et du Magné tisme à la portée des gens du monde. Les cours ont lieu du 25 octobre au 1" juillet de chaque année.
Pour favoriser son développement, l'Ecole est devenu»■ un Ktablissement de la Société magnétique de France, fondée par M. H. Durville, en I8S7. (Demander les statuts .qui sont envoyés contre 0 fr. 60.) \ Bibliothèque du Magnétisme et des Sciences occultes, 23, rue Saint-Merri, Pa ris, IV'. Bibliothèque roulante, prêt a domicile.
Celle Bibliothèque se compose d'environ 7.000 volumes sur le Magnétisme et l'Hypno tisme, l'Occultisme, In Spiritisme et les diverses hranches du savoir humain qui s'y rat tachent. Demander le catalogue qui est envoyé contre 0 fr. 20 Le Journal du Magnétisme, du Massage et de la Psychologie, fondé par le baron du Potet eo 1815, parait tous les trois mois en un fascicule de 61 pages grand in-8•, imprimé sur deux colonnes, sous la direction de H.
Durville, 23, rue SaintMerri. Ab. 4 francs par an pour toute l'Union Postale. l.c service est fait a. titre de Prime (i tous les nlionnés de l'initiation qui en font la demande, a la condition de s'abonner directement à la Librairie initiatique. La Revue graphologique parait tous les mois sous la direction de A. de Rochetai. Ab. : France, 6 francs par an ; étranger, 8 francs; le numéro, 0 fr. 50, 23, rue Satnt- .Verrt, Paris. Mme Berthe.
Somnambule lucide, 23, rue Saint-Aferri, Paris. Reçoit le jeudi et le di manche de 10 heures à midi ; les autres jours, de 1 a 4 heures.