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VOLUME. — 2 Ome ANNEE Revue 'bilosophiqie des Hautes Éludes PUBLItr • "L'.EMENT SOUS LA D1PECT1ON DK 3F * A. E3 TLT S 3TIE EXOTÉRIQUE s Magiques (suite) (p. 97 à 100) . G. Phaneg. TTIE PHILOSOPHIQUE 1 de la Matière et révolution du isme (p. 101 à ii5)......................................................................Georges Laurin. re (p. 116 à 124) . . . . . . Kadochem. es de l'autre Monde (p. ia5 à 134).
Lecomte. açonniques (suite) (p. 1 35 à 149) . Téder. a Mort à travers les Mondes (suite). 1 160)............................................................................................................................................£. Bellot. RTIE INITIATIQUE 'nation matérielle (p. 16 J à 164). . Papus. ? pratique (suite) (p. 165 à 170). .
Eckartshausen. par mois. — Ordre martiniste. — l.n.r.i. — Société magnéFrance. — Magie pratique. — Livres nouveaux. — Revue s. — Revue des revues. — Bibliographie. li concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé >, rue de Savoie, à Paris-VIc. Téléphone — 818-50 Tout ce qui concerne l'Administration : x’NEMENTS, VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adressé à la LIBRAIRIE INITIATIQUE {.fil S — 23, Rue Sainl-Me-rri, 23 — PARIS
Les Doctrines matérialistes ont Elles ont voulu détruire 'c- prim > rnels q^ de la Société', de ion; t abouti qu’à de et n g " is. La' mentale a cond ■ - e dans 1 forces purement 1 ?; ne et ! distance. Effraj , iprese Matérialistes en r.ier. L’Initiation est ci -.v de cette renaît liste dont les effo Dans la Soieune a . iituei la Synthèse ei méthode analogie . .c. iux découvertes a . expérimentateurs c .■ orains.
Dans la Religion, a donner une base solide à la découverte d’nn mt :m < ^otérismecaché au fond de t Dans la Philosophie, à sortir des méthodes pi physiques des Universitaires, à sortir des methe physiques des positivistes pour unir dans une Svi la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la F Métaphysique.
Au point de vue social, Y Initiation adhère au f toutes les revues et sociétés qui défendent Varb l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent c< grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le st toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin [’Initiation étudie impartialement tous les du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie phei connus et pratiqués dés longtemps en Orient et surtoi L'Initiation expose les opinions de toutes les n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans ch; de ces curieuses études.
La première partie (Exolcrique) expose aux lectri tions d’une manière qu’elles savent toujours appréci La seconde partie (Philosophique et Scientifique] ous les gens du monde instruits.- Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique^ articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec 1 Science Occulte.
L’Initiation parait régulièrement du i 5 au 20 de ch compte déjà quatorze années d’existence.— Abonnemt par an. (Les collée.ions des deux premières années sont épuisées.)
f £5 PARTIE EXOTÉRIQUE Ues ^Mïroîrs frja^iqu^^ (Suite.) MIPOIRS CABALISTIQUES La théorie de ces miroirs est basée sur les corres pondances. On sait que la Magie a admis de tout temps sept planètes : Saturne, Jupiter, Mars, le So leil, Vénus, Mercure, la Lune, auxquelles correspon dent réciproquement sept métaux : le plomb, l'étain, le fer, l’or, le cuivre. le mercure et l’argent.
On sait aussi que les jours de la semaine correspondent à ces planètes, je n’ai pas à le rappeler.
Dans le cas spécial qui nous occupe, il est bon cependant d’ajouter que chacune de ces planètes a un summum d’influence : le Soleil, dans le signe du Lion; la Lune, dans ceux du Taureau et de la Balance; Mercure, dans les Gémeaux et la Vierge; Jupiter, dans ceux du Sagittaire et des Poissons; Saturne, dans le Capricorne et le Verseau; Mars, enfin, dans le Bélier et le Scorpion. En se reportant à un tableau des signes du Zodiaque, on verra facilement à quel moment magnétiser les mi7
l’initiatton* roirs correspondant aux planètes. Rappelons aussi que Saturne est consulté pour les trésors et les secrets ; Jupiter, pour les dignités et les honneurs; Mars, pour les affaires de guerre ou de lutte; le Soleil, quand on a besoin de l'amitié des personnes élevées, haut pla cées: Vénus, pour l’amour et la paix ; Mercure, pour les sciences, le commerce, le jeu ; la Lune, pour les voyages.
Retenir aussi que le jour de la semaine aura une grande importance. Voici maintenant comment construire les miroirs, d'après Cahagnet : On fera confectionner sept globes ; en fer pour Mars, en fer doré pour le Soleil, en argent très mince pour la Lune, en verre plein de Mercure pour celte planète, en étain pour Jupiter, en cuivre rouge pour Vénus, em plomb pour Saturne.
Ces globes, d’un diamètre de 7 centimètres, seront placés sur un pied en bois; ils seront reliés entre eux par une petite chaîne composée d’anneaux de cuivre et de zinc ; ils seront creux ; on pourra y placer des plantes narco tiques correspondantes; ainsi, du pavot pour le globe argent, de la jusquiame pour le globe fer, de la fleur de chanvre dans le globe étain, un peu d’opium dans le globe cuivre et de la belladone dans le globe plomb, rien dans le globe or.
De plus, ils seront magnétisés soigneusement, chacun au jour et à l’époque favo rables. Pour se servirde ces miroirs, on peut conseil ler une petite lampe à esprit de vin que l’on place derrière les miroirs en verre ou vers le centre des miroirs métalliques et reflétants.
LES MIROIRS MAGIQUES 99 1906] MIROIR DES SEPT MÉTAUX Prendre un globe de cristal à col court, l'emplir d'eau distillée, y déposer des fils d’or, d’argent, de fer, d'étain, de cuivre et plomb, les poser en rosace au fond du globe et y verser 3 gouttes de mercure: il paraît que ce miroir est très puissant. MIROIR DES BHATTAHS Les personnes qui ont lu une assez intéressante étude parue sous le titre : les Temples de l'Himalaya, par Van der Naillen.se souviennent peut-être d'un passage où l'un des héros du livre, dans sa marche vers les temples, rencontre une tribu d'indiens occu pés à une étrange cérémonie: des couples de jeunes enfants recueillent un liquide noir et visqueux dans les crevasses de certaines montagnes. Ce liquide est soumis à certaines préparations occultes pendant quarante jours et placé ensuite sur un feu doux, feu sacré qui ne s’éteint jamais. Ce liquide une fois entiè rement préparé, une plaque de verre en fut couverte et, une fois sèche, remise au personnage en question, qui lut tout surpris de voir apparaître des scènes auxquelles il ne s’attendait pas. J’ai entre les mains un ouvrage d’un officier anglais, le colonel Stephen Fraser, intitulé : Dou^e ans dans l'Inde, où il raconte une scène à peu près semblable à laquelle il assista. Invité à regarder dans le vase où bouillonnait la
100 l’initiation substance magique, le colonel aperçut, au lieu d'une masse noire bouillante, des écumes irrisées des plus délicates couleurs. Versée sur une plaque de cristal bombé, cet étincellement de lueurs diverses fit place à des images qui montrèrent à l'auteur de ce récit les amis et les lieux depuis longtemps quittés. G. Phaneg.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. L'Évolution de h matière et ¡'Évolution du matérialisme Par une seule route on accède au sanctuaire où brille le triple flambeau Vérité, Beauté, Justice-, par la voie éé amour. Mais de multiples routes aboutissent à cette voie unique.
La route intellectuelle en est une.
La science— la science dite positive dont la fina lité est le néant — ne peut être le Sésame ouvre-toi, qui ouvre la porte du sanctuaire : au point de vue de la vie sans-plus, elle n est que théorie, et la théorie est un cercle fermé, un cercle vicieux; en le contournant, on ne peut que revenir à son point de départ; et la seule pratique — ce mot pris dans son sens large — qui des faits permet de remonter des causes se condes, et de là plus haut encore, la seule pratique permet de briser le cercle et de le continuer en une spirale ascendante dévolution. Mais, pour de nombreux, — à en juger d’après l’état moral actuel — la voie intellectuelle dite positive est
102 l'initiation la voie qui, le frottement un peu rude, parfois des épreuves aidant, doit les conduire vers des cimes insoupçonnables d'eux-mêmes.
Pour parler clair, ceux qui, connaissant les choses tangibles, démontrables à priori, sans leur appliquer les lois d’analogie, faute de quoi les symboles (par lesquels l’homme fixe le volatil) ne paraissent aux yeux qui ne peuvent voir que des fantaisies curieuses et bizarres parfois, ceux-là pourront discerner sous la chose mue, qui leur paraît uniquement exister, ce qui meut.
Le contact étant établi, avec de la persévé rance la Foi, cette Foi si méconnue — surtout incon nue, incomprise — la Foi claire et lucide du mystique fera le reste. IJ n'y a sans doute pas là une nécessité s'appliquant à tout le monde, mais, au moins, ce semble-t-il être l’issue que certains trouveront au bout de l’impasse matérialiste ; l’exemple de cela est autour de nous constant. Le beau livre de E.
Le Bon, l'Evolution de la Ma tière, qui semble contenir les fautes, dernières hypo thèses de la science officielle, a motivé la présente et courte étude. A côté de très nombreuses expériences, assez simples d’ailleurs, à côté d'ingénieuses consta tations, il y a dans ce livre une largeur de vues, sur tout dans les conclusions, tant positives que morales, qu'il en tire, dont les savants matérialistes offrent peu souvent l’exemple.
Faut-il attribuer cela à la lutte qu'il a du engager et soutenir contre les idées admises ? Il n’importe. Voyons les fruits. Aussi bien ne s’agit-il pas d'objections : qu'objecter
l’évolution de la matière io3 à un fait, à des faits ? on croit s'ils paraissent a missibles, ou l’on refait l'expérience dans le cas contraire, il s’agit de tirer des enseignements de ces nouvelles théories, qui élargissent les voies de l’analyse et per mettent déjà d'essayer une synthèse des sciences dites positives (i). » * Voici les trois points principaux qui ressortent (avec faits et expériences à l’appui) de cette nouvelle thèse : i° L'atome est un réservoir d'énergie où l'atome représente de l'énergie condensée.
2° L'atome dissocie, sa fin est d’extérioriser l’éner gie intra-atomique qui le constitue jusqu’à dissocia tion complète de ses éléments : soit lentement, plus ou moins selon son état, sa nature ; soit plus rapide ment sous des influences extérieures.
A noter ceci, que les influences extérieures sont ou des obstacles à la dissociation Lquand elles sont matérielles (2)] ou des excitants, des adjuvants, si l’on peut dire, quand ce sont la lumière, la chaleur, etc. 3° L'énergie libérée retourne à lEther. ★ * * i° L'atome est un réservoir d'énergie. — A cer tains spiritualistes la chose ne paraîtra pas insen- (1) Un résumé même succinct des enseignements à tirer de ce livre serait très long,cette etude n’en contient que quelquesuns tirés des postulata posés par l’auteur. (2) Ce mot est généralement employé ici dans le sens défini par les savants néantistes.
l’initiation 104 sée. Tout ce qui a une vie propre ne saurait être composé de parties inertes, on ne peut faire un tout différent des parties.
Depuis longtemps la théorie d’après laquelle il y avait d'une part la force et de l’autre la matière inerte et indestructible avait trouvé de nombreux détracteurs, et à lire ce que certains matérialistes affirmaient, que l'esprit était mortel et la matière immortelle, d'aucuns éprouvaient le besoin de sourire, mais non pas de réfuter.
Or,si l’atome a une vie propre, la molécule, agrégat d'atomes, ne peut manquer d’avoir la sienne, et l’homme, agrégat de molécules, ne peut être moins bien partagé. Certes elle ne prouve pas l'existence de l'âme, mais cela nous éloigne de la définition d'après laquelle l’âme c'est l’arrangement. Et ne peut-on pas aller jusqu’à supposer que la terre elle-même est un être.
M. Le Bon dit que l’on en vient à considérer les atomes comme de microscopiques systèmes solaires avec planètes tournant autour d’un astre central, etc. Le système solaire (pour ne parler que du nôtre) ne pourrait-il être lui-même un être ayant une vie pro pre et bien déterminée, et cela au même titre que l'atome infime ?
En outre, et ici la confirmation de certaines théories devient presque inéluctable, l'atome, toutes propor tions gardées,doit avoir son intelligence propre. Quelle doit donc être dans ce cas l’intelligence de notre sys tème solaire ? Et si nous n’avons pas le vertige,com ment nous imaginer celle de l’être — si j’ose dire — dont ledit système n’est qu’un atome; et enfin, en montant ainsi toujours plus haut et vers les régions
l’évolution de la matière io5 que l’esprit ade la peine à concevoir seulement, quand d'agrégat en agrégat de plus en plus indéfinissablenous arriverons à Ce vers qui émanent tous les mondes de vie, Ce d’où ils sont sortis et où ils retourneront sans doute (et maintenant, après les dernières hypothèses scientifiques, on pourra peut-être direcela sans exciter le mépris des savants pour les rêveries) quand nous arriverons à [Être sans lequel rien n’eùt existé, où trouverons-nous les mots pouvant définir son intel ligence pour ne parler que de cette puissante qualité ?
2° L'atome se dissocie. — C'est la volatilisation du fixed'Hermès ( i).L’atome se dissocie dans les éléments pour libérer l ’énergie y contenue soit spontanément.et tous les corps, plus ou moins rapidement, mais assez lentement, en somme, obéissent à cette loi : soit rapidement sous des influences extérieures: lumière, réactions chimiques, etc. 11 suffit de retenir ces deux modes et de considérer cette extériorisation de l’éner gie activant l’évolution atomique comme équivalente de l’essor de l'esprit de l'homme.
Il y aurait sans doute des rapprochements plus étroits à faire en com parant, au lieu de l’atome, la molécule, mais, au point de vue du sujet de cette adaptation, il importe assez peu et cela évite de trop fastidieux développements.
Cette émanation énergétique peut donc se compa rer à la libération des énergies vitales de l’homme (i) Nous ne cherchons pas ici à expliquer ou à contester la véracité absolue de l’hypothèse d’après laquelle l’atome se dissocie dans ses éléments mêmes. Connaissons-nous la nature des éléments constitutifs de l’atome ? Nous l'acceptons telle qu’elle ressort des expériences scientifiques et du raisonne ment de M. E. Le Bon.
ioô l’initiation vers l'idéal quel qu'il soit : ce sera Dieu, par exemple, pour le déiste. La Lumière, et ce mot est écrit en toute lettre dans l’évangile dans le sens qu'il lui est donné ici, la Lumière sera l'action incessante de l'éveil sur nous, mais agissant plus particulièrement sur l'atome en certains états.
Les réactions chimiques peuvent être assimilées sans exagération, semble-t-il, aux luttes de la vie, aux souffrances de la vie (certaines laissent les atomes in tacts, d'autres les dissocient, les évoluent, rapide ment).
Ce sera l'homme perdant quelque être cher ou quelques illusions douces, l’homme en butte aux lois rigides de la fatalité, et incontestablement les lois qui dissocient les atomes produisent toujours dans les mêmes cas des effets identiques sur les mêmes corps, ce qui permet de les dénommer fatales. Mais que devient l’atome en se dissociant, ou plutôt que deviennent les énergies qu’il libère en évoluant jusqu a sa transformation complète ?
3° L'énergie libérée retourne à l'Ether. — Ici une pétition de principe aurait sa place, car, au vrai, l’atome est dans sa nature réelle absolument inconnu des savants eux-mêmes. Inutile d'insister sur les rayons Y (ou rayons X) qui ne subissent même pas l’influence d’un champ magnétique. Quant à fl’Ether !... Il convient d’ailleurs de citer à ce sujet le F chapitre de J.
Le Bon sur l’Ether, on y voit les physiciens lui attribuant les qualités les plus diverses et les plus contradictoires — et pour cause. Mais on ne peut exiger d’une hypothèse d’être autre
l’évolution de la matière 107 chose qu’une hypothèse et seules importent les appli cations que l’on peut en faire.
Ce qui paraît plus sérieux est ceci : Comme tous les savants qui considèrent la matière ion pourrait mieux dire le plan physique) comme quelque chose n’ayant pas de finalité, — ce qui est contradictoire avec l’évolution et sa direction, — M. Le Bon em ploie le mot évolution dans un sens non déterminé, ou plutôt c'est l'évolution dans un cycle fermé et non des cycles ouverts en spirales.
Cependant l'atome de matière évolue; qui dit évolution, dit progrès, chan gements, et cela dans son essence même. L’esprit se refuse à voir quelque chose se faisant sans raison r et sans but, et l’Ether évolué par son passage, sous la forme atomique, dans la matière ne peut être le même que celui où il retourne.
Où trouver une plus saisissante image réelle de la régénération de l’Homme? t Si l'on admet donc le retour de l'atome à l’Ether d’où il est sorti, on exprime tout simplement sous une forme nouvelle ce que certaines religions appellent la réintégration.
Avant d'examiner quelques points qui, en plus des trois postulats principaux précités, peuvent comporter d’utiles enseignements, constatons que l'on peut voir dans ces théories nouvelles le premier jalon posé entre la science des analystes et celle des svnthétistes. Ainsi la Science vérifie la Religion, si l’on entend par Religion ce qui nous relie à l’invisible.
l'initiation 108 ★ * * Réhabilitation des alchimistes. — Déjà de récentes découvertes sur les états allotropiques de certains corps (sinon de tous) et d'autres donnaient à penser à ceux qui étudient la Science, non point la Science elle-même, mais dans un but plus élevé, que les alchimistes — pseudo-sorciers — n’étaient pas les fous que certains ont prétendu qu'ils étaient.
Il faut, c'est le moins que l’on peut faire, leur accorder une grande puissance d'intuition, car ils ne possédaient pas les nombreux moyens d'expérimen tation des savants d’aujourd'hui, qui, petit à petit, retournent aux errements des anciens.
Déjà, donc la Science commençait (la Science, mais pas tous les savants !) à réhabiliter les alchimistes; les nouvelles théories sur la constitution et les états de la matière achèveront cette œuvre de justice. Cette phrase, malgré les mots soulignés, paraît symptoma tique à ce sujet (1) : ...
Les chimistes sont obligés d'admettre comme chose très courante des transmu tations tout aussi singulières que celles rêvées par les alchimistes, puisqu'il suffirait de dissoudre un sel dans l'eau pour transformer entièrement ses atomes. Le mot transmutation y est tout au long.
L’alchimie morale, le seul vrai grand œuvre, les savants n’en ont cure, et elle sera longtemps classée dans les choses singulières rêvées', mais, cependant un grand point semble acquis. (1) Evolution de la matière, p. 262.
L EVOLUTION DE LA MATIERE IO9 ♦ * ♦ Les rayons Y ou rayons X (1). — Il ressort des experiences faites par M. Le Bon, et un schema le montre clairement, que 1/100 seulement des éma nations radio-actives sont des rayons Y (ou X).
Ces rayons échappant aux lois d'attraction (pesanteur, cohésion, etc.) vont directement à l’Éther: les 99 100 des émanations autres se polarisent, ce sont les radia tions a fou ions positifs), très nombreuses, presque la totalité, et les rayons p ou lectrons négatifs. Ces deux sortes de radiations (ou rayons) rendent lumi neux certains corps.
La différence entre les radiations a et p est très distincte dans les effets ; les rayons p, ou électrons négatifs, produisent les impressions photographiques et traversent plusieurs millimètres de métal, les rayons a sont arrêtés par une feuille de papier. Ces émanations étant observées sur des corps radio actifs spontanément, l’adaptation à un fait analogue moral est assez facile.
Tous nos actes conscients peu vent se décomposer dansleurs effets : i° en intention; 20 effets bienfaisants; 3° effets maléfiques. L'intention, surtout quand elle est pure, va au Centre rendre compte de notre effort. Et de l'enseigne ment de nombreux occultistes, elle s’ajoute, pierre nouvelle, à la demeure qui doit nous abriter un jour. On peutappeler aussi cela le corpsspirituel— le nom a (1 ) M. E. Le Bon les dénomme ainsi : rayons Y ou X.
iio l’initiation peu d’importance— rayons X d’un plan élevé ; elle va, échappant à toute influence d'ici-bas, vers ce qui est » à elle, ce que l’hypothétique Ether esta ces rayons. Quant aux effets, bons ou mauvais, de l'acte, effets soumis aux lois du Karma, aux lois qui régissent les forces purement humaines, ils vont, ici, favoriser un germe de bien, là vivifier le mal.
A remarquer que si l’on assimile à une force mauvaise le rayon négatif, l'analogie est grande quant à la pénétration : alors que le Bien ne pénètre que là où la place est préparée, le Mal agit profondément là même où il trouve de la résistance. Comprendre cela, c'est entr’apercevoir le rôle incessant et bienfaisant de la Providence.
Le rôle de ces ravons moins subtils est de contiJ nuer leur évolution à travers la matière qui les vola tilisera progressivement. Ainsi, de nos actes la Fleur monte au Ciel, et le restant, bon ou mauvais, — au point de vue de la polarisation, on pourrait aussi bien dire : le restant positif ou négatif, etc., — va vers nos frères favoriser leur évolution ou, hélas ! si souventleur involution.
A considérer ces déductions au point de vue pratique et démonstratif, on comprendra combien est naturelle et édifiante la différente im pression— morale — éprouvée par un sensitif devant tel ou tel être. L'atome, petit univers. — « C’est dans ces univers atomiques, dont la nature fut méconnue pendant si longtemps, qu’il faudra donner l’explication de la plupart des mystères qui nous entourent. » Ainsi écrit Le Bon. Donc, connaître les lois de l’atome univers, c'est connaître celles du grand uni
l’évolution de la matière 111 vers. Tout est dans tout, a-t-il été dit, il y a longtemps déjà. Nombre de savants commencent à s’en aperce voir. Mais plus nous avançons dans la science expé rimentale et plus semblent devenir des accessoires nos sens matériels. Quelle grande place, dans les récentes découvertes, tiennent l’hypothèse et l'intui tion ? Et il est à supposer (voir plus loin) quelle ne fera que s’accroître par la suite.
Mais l’atome est bien petit, et bien grand est l’Univers (si tant est que nous puissions le concevoir sans métaphysique) ; il existe un terme médian, déjà proposé pour ces recherches dès une haute antiquité: les alchimistes vont jusqu’à le dénommer le grand Attenor : c’est l’homme. Nous revenons donc à : Connais-toi toi-même, qui, pour certains, représente l'ultime connaissance des choses.
Après avoir soumis à nos analyses la matière dans toutes — si l’on peut dire — ses différenciations (au seul point de vue phy sique), quand nous aurons réussi à faire une synthèse assez satisfaisante, peut-être oserons-nous dire : je sais que je ne sais rien. Les méthodes expérimentales. — La Science, au sens matérialiste du mot. suit la Norme : elle tend à la synthèse; elle s’élève du concret à l’abstrait, des faits aux forces.
Le moment est lointain, mais il viendra sans doute, où elle atteindra son apogée et connaîtra — et autre chose en plus — tout ce qu’ont connu les civilisations passées, où les savants, dans leur va nité, voyaient une quasi-ignorance. 11 faut recon naître que les découvertes archéologiques détruisent à chaque instant grand nombre de leurs illusions à
112 l’initiation ce sujet. AI.
Le Bon dit ceci : « Bientôt les balances devront être mises de côté puisque les résultats qu’elles donnent ne peuvent servir à rien dans la nouvelle direction que prend la science. » Il faudra des outils plus subtils et surtout, qui le croirait, une plus grande largeur de vue. car l'étroi tesse de pensée, l’esprit de corps ou de clocher, l'in dividualisme outrancier et toutes ses conséquences, mépris ou méconnaissance de ce qui ne sort pas de soi-même, etc., sont autant d’obstacles qui ralentis sent, quand ils ne l’arrêtent pas pour un long temps, la marche de la science.
M. Le Bon en a éprouvé quelques effets, s’il faut l'en croire. M. Le Bon n’affirme pas, ne saurait affirmer, ne r connaissant pas sa nature, que l'Ether, tel que se l’imaginent les savants,— et ce ne sont point des thèses différentes que chacun, chimiste ou physicien, soutient sur ce sujet, mais des thèses absolument con tradictoires — que l’Ether est la dernière forme de la matière.
Et il est évident qu’une pénétration dans des agents de plus en plus subtils exige des sens et des moyens ad hoc ( i ). Et, peut-être un jour, reconstituera-t-on la Science des Nombres. Mais nous n’en sommes pas encore là.
L’Indéfinissable. — La matière serait une conden- (i) Il s’agit ici du domaine intellectuel, qu’on exprimera ; la Quantité, laissant de côté la Science du Mystique, clair voyant qu’on peut déterminer ainsi : la Qualité, car elle dé pend exclusivement de la partie du coeur qui permet de lire en toutes choses.
l’évolution de la MATIÈRE I i3 sation de vibrations en un certain équilibre. Il faut admettre que ce qui condense les vibrations et lue maintient en cet équilibre est une Force supérieure à la chose équilibrée, — tout ce que nous connaissons amène logiquement à cette conclusion. Si l’Éther était le grand réservoir de Tout, il contiendrait cette Force et son objet : ce serait ï alpha et V oméga.
Et l’on est acculé à cette terrible question : Pourquoi Dieu s'est-il manifesté? — Que faisait-il donc avant? demandent très spirituellement les matérialistes. Il faut espérer que. quand les deux doctrines con traires se feront mutuellement les mêmes objections, elles seront bien près de se fondre en une seule, car la réponse de l’une servira à l’autre, à moins que l'ignorance mutuelle soit reconnue en une réconci liation.
Il est permis, pour le moment, de supposer que l’Ether du matérialiste ne contienne pas cette force nécessairement indépendante.
Mais il est vrai que l'on peut reculer la question à l’infini ; il parait plus sage — en dehors de toutes considérations subjec tives — de considérer qu’au bout de nos investiga tions, si élevées ou si abstraites qu’elles soient, nous trouvons une force supérieure à tout ce que nous pou vons observer et même imaginer. La conclusion à tirer de cela varie pour chaque individu et ne sau rait être qu’une conclusion a posteriori.
Dieu et le mal. — Voilà certes une des plus doulou reuses questions que se pose le Néophyte au moment du terrible passage qui conduit à l’éveil de la cons cience. C’est le point d’appui des négateurs de la 8
l’initiation 114 divinité : « Si Dieu est, pourquoi le mal existe-t-il? » Nous ne nous flatterons pas de la résoudre : aussi bien chacun ne peut le faire que pour son propre compte. Au vrai, l'on n apprend pas cela dans les livres. Cette question peut procéder d'un cœur généreux et pitoyable, mais qui est fermé à certaines subtilités. Des enseignements qui découlent de la thèse nou velle sur la matière et son évolution, on peut tirer ceci : Si nous comparons les hommes aux choses matérielles (pour simplifier), si Dieu, ou l'infini, ou l’Absolu, ouïe Grand Réservoir de la Vie, etc.,est apr pelé Ether, on voit la grande analogie avec les idées d'après lesquelles nous formons nous-mêmes les obstacles que nous rencontrons sur la route : Karma, etc. Qu'est-ce qui facilite l’évolution de la Matière, d'après M. Le Bon? Ce sont la chaleur, la lumière, etc., toutes forces procédant pour ainsi dire directement de l'Éther. Qu’est-ce qui, au contraire, s'oppose à sa dématé rialisation ? (qui est son but, son idéal pourrait-on dire). C’est la Matière elle-même sous toutes ses formes, y compris les gaz. Ainsi, la matière seule fait obstacle à elle-même et les seules forces d’en Haut, — que l’on nous passe l’expression, — sont libératrices. C’est sans doute pour cela que les plantes, terme moyen entre le Minéral et FAnimal, se tournentdirectement vers le Soleil, vers la Lumière, centre éthé rique, source d’effluves évolutrice.
l'évolution de la matière 115 Pourquoi l’Homme conscient, pour qui le Soleil lui-même n’est qu’un dieu secondaire (si l’on peut dire), ne tendrait-il pas vers un autre Soleil, d’où des forces, plus subtiles sans doute et supérieures, éma nent pour le plus grand bien de son évolution spiri tuelle ? Georges Laurin.
SUR LA PRIÈRE La Prière étant un appel à l'invisible, il est natu rel de penser qu'il s'établisse un lien spécial entre VHomme et cet Invisible. Ce lien est constitué par des courants fluidiques mis en action par la Parole. Combien est plus puissante l'aimantation faite par une assemblée en prières ! Quand une société fait appel à l’invisible, l’inten sité des courants se multiplie de la force émise par chaque élément.
Et l’on conçoit quelle puissance de réalisation a une chaîne ainsi aimantée lorsque les éléments sont des organismes nerveux, non pas à l’état nalrmal, mais exaltés par la Foi ou le Désir ! Cette aimantation des chaînes est entrevue par ce qu’on appelle l’Ame des Foules.
Cette entité collective, lorsqu'elle adhère à une notion intellectuelle, réalise cette notion dans la sphère de son action, et c’est ainsi que naissent les Dogmes et les croyances populaires, avec la différence toutefois que le Dogme provient de l’action du Saint-Esprit sur cette âme collective et par un membre par qui l’idée est traduite et exprimée.
SUR LA PRIÈRE 1 17 La Prière d'une foule n’est jamais stérile, mais exprime la volonté de ce qui a inspiré l'Ame collective. Ainsi le Désir magnétique des volontés animiques est le créateur et le générateur de ce que les Ames ont conçu dans leur imagination. L’Ame des foules dans l'élan de religiosité diffère essentiellement de celle dont les désirs sont tournés d’un autre côté ; elle est nécessairement sublime ou stupide.
Sublime, soit quelle acclame en triomphe Jésus à Jérusalem, soit quelle soulève l’Europe et marche sous le nom de croisade à la délivrance du saint Sépulcre. Mais stupide, lorsqu'inspirée par des Torquemada, elle vocifère et hue les juifs traînés au bûcher. La cause de ces extrêmes est dans le contact psy chique de cette foule avec l’action divine ou Mundi.
L’union d’une chaîne avec le plan divin est l’appli cation des principes psychurgiques contenus dans la Science intégrale. Tous les réformateurs antiques ont appliqué ces principes ainsi que les Hyérophantes égyptiens. Telle devrait être aussi la mission des suc cesseurs de Pierre.
Lorsqu’une assemblée est réunie par un sentiment religieux, et qu’elle l’exprime, chacun des éléments ressent les sensations magnétiques et psychiques qui ont influencé la chaîne dans l’invisible. Ces sensa tions peuvent même devenir matérielles par l’influence magnétique de l’état psychique sur la vie physiolo gique.
118 l’initiation Et ces phénomènes de sensations astrales sont d’autant plus nets et précis que chacun des membres d’une chaîne est moins mêlé à d’autres courants ana logues. A ce point de vue. les couvents cloîtrés sont les exemples frappants de cette loi. Les Prières en commun constituent le fond detoutes les Religions particulières, la Prière solitaire est toute la Religion universelle.
Le Mal in est comme un lion rugissant rôdant autour de chacun pour voir qui il pourra dévorer, nous dit saint Paul, mais sa puissance est beaucoup plus grande encore auprès des Éggrigons des Religions constituées auxquelles il s'assimile pour lcsinlluencer; le Spiritus Mundi parle aux âmes collectives pour les exalter dans l’orgueil, ce que Dieu ne fait pas. C’est pourquoi on peut tout attendre et tout suppo ser d’une foule exaltée.
Mais malheur à la chaîne qui abandonne le contact du plan divin pour le Spiritus Mundi : Dieu ne punit pas, pour deux raisons : i° parce que châtier son épouse qu’est ou doit être une Église, ce serait se suicider de moitié : 2Ü les misères vers lesentraîne le Spiritus Mundi constituent selon la justice le châtiment de l’abandon du Plan divin.
La psychologie d’une collectivité est inépuisable en découvertes et riche en étonnements, mais son étude entraînerait trop loin, aussi finirons-nous sur ce sujet par cette révélation évangélique : « Lorsque vous serez deux ou trois et que vous prierez en mon Nom, je serai au milieu de vous. » On pourrait sc demander pourquoi le Christ seraSUR LA PRIÈRE 1 IÇ t-il avec nous lorsque nous serons assemblés et non quand nous le prierons seul ?
La raison se dégage des observations ci-dessus ; la conscience de l'homme veille quand il est seul, mais dès que plusieurs se rassemblent (aussi bien physi quement que spirituellement) cette conscience et cette volonté disparaissent au bénéfice d'une volonté humaine la plus forte qui se trouve dans ce cercle, soit au bénéfice d’une entité invisible. ★ • « Nous avons parlé de l'action de la Prière solitaire et collective dans l’invisible, nous avons indiqué trop gauchement 1 évolution individuelle de la Prière ; voyons maintenant quelles influences provenant de l'extérieur peuvent lui être un auxiliaire précieux à rechercher ou un obstacle à éviter.
Il y a d'abord deux principales espèces de lieux où l'homme peut exhaler sa Prière : i° la Nature ; 2° tout lieu où l'homme a travaillé ou qu'il a occupé, c'est-àdire humanisé par sa présence.
La Nature, constituée par ses Minéraux, ses Végé taux et ses An ¡maux ainsi que les Eléments qu'ils ren ferment, ou plutôt sur les lieux d’action des myriades 9 d'Ames de Vie qu'on a appelés Elémentals, est un milieu éminemment propice à la réception de la Prière humaine : ses habitants subissent une attraction sym pathique pour ce verbe qui s'élève vers Celui dont plus ou moins obscurément les Elémentals sentent qu'ils reçoivent de Lui la vie, la nourriture et la direction. En effet, les êtres de la Nature ont des aspirations et
I 20 L’INITIATION des désirs que le Verbe humain est pour ainsi dire chargé de recueillir et de traduire à seule fin d’en pré senter à Dieu l’expression. Et tel devrait être le rôle de l'Homme en général, que quelques-uns, comme saint François d'Assises, saint Antoinede Padoue,etc., ont merveilleusement rempli aux yeux étonnés des multitudes. Et puis, là où l'homme n’a pas semé les germes de sa méchanceté, peut-il y avoir trace de mal?
Mais si la Nature en général est favorable à la Prière, elle l’est à des degrés différents suivant la constitution du lieu, minéraux, végétaux ou ani maux. Dans une grotte par exemple, les esprits que d’an tiques traditions font habiter les rochers seront très peu frappés d’une Prière passagère ; leurs sens obscurs ne seront presque pas émus par le tourbillon astral généré.
Mais si ce courant naissant vient à grandir, si la prière s'élance continuellement dans ce milieu vierge, de quel dynamisme n’animeront-ils pas fac tion astrale ainsi commencée ! Là et non autre part est le secretde tant de visions et d’extases. C’est pour cela que les ermites et les anachorètes venaient dans le désert se tailler une demeure dans le roc sauvage.
De là aussi l’habitation des cellules. (Lire Stanislas de Gasita sur les Mystères de la Solitude.) Si le rocher est d'un si farouche abord, le végétal l’est de beaucoup moins, les courants fluidiques par ticuliers à ce règne s’assimilent vite à l'astral verbalisé de l’homme; ces esprits (auxquels autrefois le paga nisme adressait un certain culte) sont vivement im À. >
121 SUR LA PRIÈRE pressionnés par les désirs de l’homme et se portent impulsivement dans la direction de 1 objet de ce désir. Mais si c’est dans une ambiance animale que s’effec tue ki Prière, de quelle puissance énorme, et magné tique et psychique, ne s’augmentera pas le désir d’un pâtre, par exemple, exprimé au milieu du troupeau qui le connaît !
Cette masse de magnétisme animal et les aspirations obscures de ces âmes animales (aspirations très réelles que les voyants ont perçues sous les images d’une mor phologie monstrueuse),ces aspirationsanimalesencore insatisfaites par la Volonté Universelle viendront de leur appoint ajouter à la puissance psychique du désir humain. Nous clorons là ces quelques considérations sur l'influence du milieu naturel.
Sans doute le sujet est immense, inépuisable, l'ébauche en est faite bien imparfaitement, mais nous somme persuadé que si l'on veut bien y réfléchir, les découvertes de ce côté sont innombrables qui attendent encore l’étonnement du chercheur. A la grotte habitée par l'ermite, à la cellule occupée par le moine, en tant que lieu sacré, se rattache néces sairement le Sanctuaire.
Celui-ci n’est plus, il est vrai, aimanté par le désir exalté de la solitude, ni peut-être par la Prière assidue du moine; mais, en revanche, la foule des fidèles qu’exaltent les cérémonies magiques par leurs rites, vient établir et rattacher à ce lieu le courant collectif dont nous avons parlé plus haut.
1 22 l’initiation Il est clair que plus fréquentes sont les cérémonies et plus grande l'affluence des fidèles, plus puissante aussi est l’aimantation de l’influx divin . Sur ce sujet, nous n’en dirons pas plus pour l’ins tant, laissant chacun libre de spéculer sur ce que nous avons dit des courants collectifs auxquels la question des sanctuaires se rattache de près.
Mais si, au lieu d’une grotte, d’une cellule ou d'un temple, nous entrons dans un lieu tout à fait étran ger à la Prière, comme une maison de commerce, un cabinet de travail, ou pis encore, une maison de débauche, il est clair que l’action de la Prière sera affaiblie, diminuée, rendue nulle, étouffée même. Pourquoi ?
Nous savons que chacune de nos paroles ou de nos actions influence la Lumière invisible, qu'elle déter mine en celle-ci des images, des courants spécialisés suivant la nature de nos sentiments. Ces reflets de nos actes subsistent dans la lumière bien longtemps après que nous les avons émis et se fixent au lieu où ils ont pris naissance.
Ce phénomène explique en particulier l’impression que donne telle maison ou telle place, car ces reflets se manifestent à la cons ciencepardes sensations plus ou moins délicates.
Eh bien, si nous supposons que dans une maison tout à fait étrangère à des aspirations mystiques, où parconséquent la lumière astrale est bien spécialisée, un homme y prie, sa Prière (s’il y peut prier), courant et spécialisation de l’astral totalement opposé à celui du lieu, sera détruite en naissant, toutes les larves et les désirs impurs se jetant sur le désir nouveau-né.
SUR LA PRIÈRE 123 La Prière même est-elle impossible à exprimer en de tels lieux, bien loin que cette Prière soit efficace ! ★ 4 » Nous avons esquissé à grands traits l’état favorable ou non du lieu dans les principaux cas, nous y avons vu certains obstacles, mais ceux du dehors ne sont pas les seuls qu'ait à vaincre ou à éviter celui qui veut prier.
Au contraire, les plus dangereux pour lui sont ceux qu'il trouve en lui-même : l’Apathie, le manque de Confiance, la Distraction sont au moins les trois premiers écueils que l’on voit se dresser devant soi. Nous allonspasser rapidement en revue les moyens de les éviter.
L'Apathie, qui endort l’Ame et étouffe le Désir, ne saurait être trop combattue ; en effet si nous cons idérons que celui-ci estl’origine et l’esprit de la Prière, laquelle est d’autant plus efficace et puissante que le Désir est lui-même plus intense, nous verrons aisé ment qu'une Prière sans désir est une forme sans vie, un arbre desséché.
L’imagination, en créant en soi la réalisation tout idéale du désir ainsi que les moyens d'y parvenir, est l’auxiliaire le plus puissant pour exalter l’aspiration du cœur ou, à son défaut, la volonté. Que l'on s’attache donc à bien sentir intérieure ment les effets et les impressions que donnerait ce rêve effectué ici-bas, et l'engourdissement apathique se dissipera bientôt. A celui qui manque de confiance, la lecture de
124 l’initiation l’Èvangile relative aux promesses et en particulier le sentiment profond et le souvenir inoublié de cette parole : « Demandez et vous recevrez, » avec, d'autre part, la conviction ardente en la puissance de la Foi, donneront sûrement le courage de demandera Celui qui veut bien être violenté. Et, de fait, y a-t-il jamais eu quelque Prière qui nous soif revenue vide de bienfaits ?
Et si l'imagination n'a pu être fixée, si la distrac tion persiste, l’exercice de la .Méditation et du recueil lement dans le silence en viendra peu à peu à bout. Nous n’entreprendrons pas de démontrer ici l'utilité de la Prière, et même sa nécessité absolue, sujet qui nous entraînerait trop loin. Qu’il suffise de dire que vaste est le domaine où la soif de la Prière peut trouver ses objets.
Mais quels que soient les motifs de celle-ci, ils ne surpasseront jamais par la pureté et l’élévation les nobles aspira tions exprimées dans le Pater ; à des degrés divers, ils en pourront approcher, mais cette Prière sublime est tellement élevée par la hauteur des Mystères qu’elle renferme autant que par la pureté des senti ments exprimés, qu'il a fallu, pourque nous puissions l’adresser au Père,que son Fils vienne nous la révéler. Nous essaierons peut-être d’en dire quelques mots. Kadochem.
Les Sophistes de l’autre Monde ÉPILOGIE SUR DEUX MÉMORABLES DE SWEDENBORG Les hommes ont été trompés si souvent par de fausses révélations divines, qu’ils ont bien le droit de se demandersi Swedenborg entendit et vit réellement ce qu’il raconte de l’Autre Monde, ou bien s'il fut simplement victime, comme tant d’autres névrosés, d’une série d’illusions provoquées par son tem pérament et par ses préoccupations habituelles.
Beaucoup de nos modernes psychologues n’hésite raient pas à dire, sans plus ample examen, que cet illuminé n’a jamais éprouvé que l’impression sub jective de ses propres pensées. Savant et théologien, il devait forcément subir des hallucinations où la science et la théologie se trouveraient étroitement liées.
Bien avant que l’extériorisation du « reflet psy chique» fût à la mode, j’avais autrefois admis assez volontiers cette explication, et, je l’avoue de très bonne foi, j’avais considéré Swedenborg comme un mystique déséquilibré. Mais après avoir relu attenti vement cet auteur, où j’avais remarqué des pages
I2Ô l’initiation vraiment sublimes, je fus amené à réformer mon premier jugement.
Swedenborg eut peut-être tort de croire que Dieu « en personne » le chargeait, sur la terre, d'une mis sion religieuse ; il y avait un peu de vanité dans son cas ou plutôt une extrême crédulité ; mais il n’en reste pas moins évident, pour tous ceux qui l’étudient sans parti pris, que cet homme extraordinaire fut s oumis à l'influence d'une autre personnalité que la sienne.
Je n'entreprendrai pas aujourd'hui de développer les arguments qui militent en faveur de cette appré ciation ; j’y reviendrai, je l'espère, dans un autre mo ment, car ma conviction sur ce point est profonde. Je me bornerai à dire ici que le caractère divin des révélations de Swedenborg n’est sans doute pas démontré, mais qu’un observateur attentif aura bien tôt la certitude que ce visionnaire ne fut ni un simu lateur ni une dupe.
Il se soumit simplement aux ordres d’une ou de plusieurs intelligences occultes, qui se proposaient, dans un but louable, de réformer le protestantisme sur plusieurs points.notamment sur le dogme de la salvalion par la Foi seule ( i ). il Les protestants raisonnent ainsi sur la Foi : « Christ est venu sur la terre pour nous sauver par son divin sacrifice. Il a donc sauvé ainsi, une fois pour toutes, et racheté tous ceux qui croient en lui.
Pour être sauvé, iJ faut avoir la foi en Christ, elle seule suffit- La charité (amour du prochain, altruisme, etc.) ne sauve pas. Nous serons jugés non pas selon nos oeuvres, mais selon notre foi ; car celui qui a la vraie foi en Christ ne peut faire le mal et il devient forcément charitable. La charité est donc la conséquence de la loi en Christ, tandis que le contraire n’est pas vrai. »
LES SOPHISTES DE LAUTRE MONDE 127 Swedenborg a toujours soutenu, dans ses nombreux ouvrages, cette thèse beaucoup plus large, beaucoup plus humanitaire, que l'esprit de l'homme est jugé puis classé dans l’Autre Monde, pour les bons sé jours ou pour les mauvais, selon le bien qu'il a fait et non selon sa croyance à la Rédemption.
Cet ensei gnement, essentiellement moral et libéral, agrandit soudain l’horizon du christianisme réformé par Lu ther. au point de faire craquer de toutes parts la vieille Eglise, dès lors trop étroite dans sa monacale intolérance ; il ouvre violemment mille portes de salut aux hommes de toutes les religions qui ont pratiqué la vertu, « l'Amour et la Sagesse pour les usages ».
Fait remarquable, et qui ne doit pas échapper à l’observateur, ce dogme nouveau surgissait provident iellement à la veille de la transformation du monde moderne; il appelait les gentils dans l’enceinte ouverte de la nouvelle Jérusalem, il invitait tous les peuples idolâtres, tous les arriérés de la terre aux agapes fraternelles d'un progrès moral inappréciable.
C était, plus que le vieux christianisme, la religion des bras ouverts aux croyances de l’Asie, aux sous-Dieux, à la métempsycose; c’était le passé expliqué, admis et sanctifié dans le temple de l’avenir.
La métempsycose,Swedenborg l’admet tacitement, à sa manière, pour ceux qui savent comprendre, qui savent comparer certains passages; mais c'est une métempsycose dépouillée des fables orientales; l’auteur en soulève discrètement les voiles, il la montre sous un aspect nouveau, adaptée au génie du
128 l’initiation mai christianisme, mais aussi terrible cependant que les cercles dantesques de la Divine Comédie. Il y a là une menace inexorable pour ceux qui ont méconnu la loi de l'amour divin, qui ont mésusé de la vie. Cette métempsycose ne nous donne pas à croire comme l’autre, trop simpliste, que l'esprit du méchant s’en va directement animer un tigre, un serpent ou un monstre marin.
Non, l'évolution de la personnalité apparaît ici plus compliquée.
Le mauvais esprit sorti du cadavre éprouve le désir intense de rejoindre ses semblables, il y court au lieu de séjourner dans un séjour préparatoire, où attendent patiemment les bons et les médiocres ; le mauvais esprit n'attend pas, il veut son désir ; on lui ouvre, il se précipite et se joint à la légion où il trouve des sympathies ; cette « société » démoniaque forme un ensemble, un génie, ayant pour tâche, tout comme les génies angéliques, de répartir un peu de la vie universelle dans une espèce végétale et dans une espèce animale (i).
Comme les bons, ces méchants créent, mais ils créent à l’image de leurs pensées, de leurs passions, et c'est la source fatale de leurs propres châtiments. «Nous sommes des monstres, des ordures», dit à Swedenborg l’un d’eux dans certain passage. « Les rats nous donnent des transes continuelles », dit (i) On peut comparer le génie — s’il est bon il s’appelle ange — à un orchestre composé de musiciens dirigés par un chef.
Tout en conservant leur personnalité, ceux-ci en font abstraction, pour n’être attentifs et n’obéir qu’à l’inspiration du chef du groupe, interprétant la pensée, l’œuvre du maître.
l()06j LES SOPHISTES DE L AUTRE MONDE I2Ç ailleurs un avare assimilé aux voleurs, qui entre tiennent la vie dans ces animaux (i). Ainsi l'enfer chrétien se trouve expliqué et localisé, et la métempsycose est replacée logiquement sur le plan astral. .Mais je n'insiste pas ; ce sont de brefs aperçus, car au détail il faudrait consacrer trop de pages.
La révo lution géniale qu’ont tentée, par l’intermédiaire de Swedenborg, des esprits évidemment bienfaisants, portera ses fruits et guidera un jourversune croyance rationnelle et moralisatrice toutes nos petites écoles, aujourd'hui dissidentes, de chercheurs, de philo sophes et de sceptiques s’arrachant un à un des lam beaux de la vérité et s’en faisant des enseignes pour rallier leurs partisans.
Tous ces lambeaux divers composeront un jour la glorieuse bannière d'une grande et noble religion dont Swedenborg aura été le précurseur. Je dis même que ce sera plus qu'une religion : caries hommes y croiront et la pratiqueront sans qu’elle ait de prêtres. Évidemment tout médium n'est qu'un instrument inconscient d'une autre force intelligente qui se subs titue à sa personnalité normale.
Mais le cas de Swe denborg paraît avoir été bien différent; car il lui arri vait de posséder la double vue, tout en conversant et raisonnant avecles personnes présentes.
Par exemple, c’est ce qui lui advint lors d’un incendie qui éclata (0 liens à l'a Ils ne s’y incarnent point, mais ils y sont reliés par des Huidiqu.es, comme la mère à l’embryon, et ils inspirent nimal ses instincts nécessaires qui portent le reflet des mauvaises passions du groupe inspirateur. 9
l’initiation i3o auprès de son habitation de ville, tandis qu’il se trouvait au loin, en villégiature. Il racontait pendant le sinistre les péripéties du sauvetage à ses hôtes, tout en allant et venant, très inquiet d’ailleurs sur le sort de sa maison qu'il voyait près de brûler. Cet évé nement est très connu et je n’en parlerai pas plus lon guement ; mais il nous révèle un organisme, un tem pérament spécial chez ce voyant en état de veille.
Enfin, en admettant meme qu’il demeurât incons cient à d’autres moments, il faut retenir que Sweden borg était luthérien fervent et qu’il prêcha soudain contre sa propre religion. Cette attitude laisse sans réplique les partisans du « reflet psychique extério risé».
Fils de luthérien, protestant évangélique con vaincu, voilà que ce prophète nouveau parle et écrit un beau jour contre la Salvation par la Foi, dogme qui est, comme je l’ai dit plus haut, un des articles fondamentaux de la Réforme.
Une pareille détermi nation reste inexplicable chez le fils d’un évêque, né cessairement pénétré de cette idée orthodoxe depuis sa jeunesse; jamais il n’aurait osé, de son propre mouvement, s’élever contre une si ferme croyance à un âge relativement avancé (i), s’il n’y avait été poussé par une autorité supérieure irrésistible. D'ailleurs, il y a des choses qu'on n’invente pas, même quand on a du génie.
Et à ce point de vue, l’œuvre de Swedenborg se trouve plein d’allusions, de définitions, de descriptions, de raisonnements bien propres à étonner les lecteurs les plus superficiels. 0) Swedenborg eut sa première vision à cinquante-cinq ans.
LES SOPHISTES DE L AUTRE MONDE 13 I Dans un tableau qu’il fait d'un site vu sur je ne sais quelle planète, l’auteur nous dépeint par exemple des arbres qui, dans un pays très froid, portent des fleurs lumineuses et calorifiques dont le centre, le carpelle, est un foyer servant à mûrir le fruit ; et les hommes de cette contrée profitent de cet avantage pour se chauffer sans peine et sans dépenses en détournant des branches dans leurs habitations.
Or, à l’époque où Swedenborg écrivait ces lignes, personne ne son geait certes à la possibilité de produire dans une ampoule de verre spéciale la chaleur et la lumière électriques. Pour les contemporains du visionnaire suédois, les végétaux dont il parlait alors devaient paraître des merveilles chimériques, des plantes de féerie.
Aujourd’hui personne ne voit rien là d’extraor dinaire ; la nature peut bien réaliser, en effet, sur certaines planètes, ce que font aujourd'hui tous nos électriciens, quand ils décorent de fleurs artificielles à incandescence électrique les salons, les jardins et les boulevards qu’ils illuminent.
Qu’v a-t-il encore de plus curieux mais aussi de plus vraisemblable que ces associations de prêtres catholiques, d’évêques et de fidèles dans l’Autre Monde, d’après ce qu’en dit notre auteur?
Les pre miers arrivants de l'Église romaine, après leur désin carnation, ne reconnurent point dans le Monde des esprits le Dieu des Écritures, les prophètes ni les apôtres tels qu’ils les avaient imaginé, ni le ciel tel qu’ils se l’étaient promis, ni les plaisirs qu’ils espé raient. Ils en conclurent que leur récompense était ajournée parce qu'ils ne l’avaient pas encore méritée,
1. INITIATION et bravement ils continuèrent comme par le passé à rassembler autour d'eux des prosélytes et à catéchiser d’autres esprits. Ils formèrent ainsi des groupes, puis un monde qu’ils organisèrent suivant leurs goûts et leur foi. Et à force de persévérance, ils réalisèrent en partie un « ciel » tel qu’ils le désiraient, usant même de pieuses supercheries pour remplacer les saints qui manquaient à leur appel.
Il y a là maintenant une très puissante Société créatrice, axant conservé la tradition de ses rites, de ses offices, de ses conciles, de ses dignitaires, de son organisation religieuse comme dans l’Eglise terrestre.
Cette Société envoie même des missionnaires, qui s'en vont au loin prê cher, avec peu de succès d'ailleurs, car ils se font chas ser, paraît-il, fréquemment d’autres Sociétés où, into lérants, ils cherchent à dominer après avoir pénétré par ruse. Ces peintures curieuses sont toutes prises sur le vif; on le sent, on le comprend, l’auteur a vu ces choses.
On ne peut s'empêcher de penser : « ( )ui, cela doit se passer ainsi, il ne peut en être autrement si l’esprit garde réellement l'empreinte de sa person nalité terrestre. »Jamais un prêtre catholique, fidèle à sa foi, profondément persuadé qu'il a prêché toute sa vie la vérité éternelle, n’avouera dans 1 Autre Monde qu’il ne la possédait pas entière et indiscutable depuis son ordination.
Dieu lui-même ne le dissua derait pas, et Dieu ne cherche pas à le détromper. II le laisse dans la suite des siècles s’épuiser en vaines recherches, en vains efforts sur les formules sacra mentelles usqu’à ce que sans doute une évolution
LES SOPHISTES DE l’aL'TRE MONDE l33 sc produise enfin dans la masse des memes core ligionnaires associés, jusqua ce que l'expérience les force à s’incliner devant l’évidence. Ces erreurs, et les luttes et les travaux quelles entraînent, sont nécessaires à la formation du jugement et encore à bien d'autres facultés.
La Vérité ne brille pas dans l’Autre Monde d'un tel éclat qu'elle illumine invinciblement l’esprit de ceux qui se sont toute leur vie confiné dans l’orgueil, dans l'égoïsme et dans la crédulité superstitieuse, les trois grands défauts des prêtres de toutes les religions. La Vérité brille, mais il v a des intelligences tellement épaisses qu’elles ne peuvent en être pénétrées.
Et il est intéressant de lire dans Swedenborg les objections que lui opposent certains esprits qui tiennent surtout à rester dans leurs erreurs et dans leurs vices.
Il en est qui nient même obstinément l’immortalité de lame, fantaisie qui ne manque jamais d’amuser beaucoup les lecteurs superficiels, nourris de préjugés et per suadés que dans l’Autre Monde on doit comprendre tout de suite qu'on ne meurt plus jamais puisque l'on est mort une fois ici-bas. Cependant rien de plus facile pour un athée matérialiste devenu esprit que de soutenir tout le contraire.
Il dira que, s’il est mort une fois déjà comme homme incarné, rien ne prouve qu'il ne mourra pas un jour comme homme désin carné pour rentrer dans le néant. Cela lui permet, comme on le voit, de conserver indéfiniment une opinion philosophique identique à celle qu'il profes sait sur la terre.
Quand même il verrait Dieu — ce qui, paraît-il, n’arrive pas — il pourrait encore prél'initiation i 34 tendre, comme le font certains esprits, qu’il existe un Génie très ancien, devenu très puissant, mais que rien ne prouve qu’on doive l’adorer et le reconnaître pour Dieu. Toutes les opinions se trouvent ainsi représentées dans l'Au-delà et réunissent des partisans.
Les grou pes hostiles s'éloignent les uns des autres, les groupes sympathiques se rapprochent, c'est-à-dire qu’ils com muniquent. Il existe aussi des esprits qui ont si peu d’intelli gence qu'ils ressemblent presque à des choses inertes, et d'autres au contraire qui ont acquis tant de sou plesse, d'habileté à raisonner qu’ils s’en servent pour contredire tout et nier l'évidence.
Ce jeu pernicieux finit parfois par fausser complètement le jugement, et leur aveuglement est un des cas les plus curieux des aberrations du « mental » dans le Monde des esprits. (A suivre.) Lecomte.
Feuilles Maçonniques (Suite.) Dans son Essai sur les Lettres d'Horace Walpole à sir Horace Mann, le lord Macaulay nous montre que la plus grande partie des adversaires du fr. *. angli can Walpole, premier ministre du fr.\ Georges II, ex pupille du fr.-.
Désaguliers, étaient en relations directes avec le Prétendant, et quand on recherche les attaches maçonniques de ces personnages, on se trouve inévitablement toujours en présence de maçons écos sais ou de maçons anciens d'York.
Au sujet d’York, trois exemples peuvent suffire : Bathurst, qui avait été Grand-Maître de la Grande Loge de toute l'Angleterre [Grande Loge d'York) en 1726; Edouard Thompson, qui l’avait été en 1729; etle docteur John Johnson, qui l’avait été en 1733. Ces trois hommes, restés attachés aux anciennes Cons titutions maçonniques, furent des adversaires achar nés du fr.-. Walpole, maçon du parti anglais dépen dant du système moderne des fr.-. Désaguliers et Anderson.
136 l'initiation Parmi les maçons écossais, nous pouvons mention ner le fr.-. comte de Marchmont (Patrick Hume), membre de la Loge d'Edimbourg ( i ) ; le fr.-. William Gower (comte de Sutherland qui avait épousé la fille aînée du fr. *. David Wemyss (2 ; le fr.-. duc de Montrose; le fr. *. comte de Chesterfield Philippe DcrmerStanhope;, delà llorn Lodgete Londres(3 ; le fr.-. Alexandre Pope, ami du fr.-. Ramsayi le fr.-. J.
Swift, ami de Bolingbroke, etc. Nous avons vu, dans un précédent chapitre, que. depuis 1734, une conspiration nouvelle en faveur de Jacques III était commencée, correspondant à de nouvelles disputes soulevées et entretenues dans la Grande Loge de Londres dite d'Angleterre. Or, le roi Georges II, élève et ami du fr.-.
Désaguliers, avait une trop bonne police occulte pour igno rer tout à fait les agissements des adversaires de son architecture privée ; et il était trop rusé pour ne pas savoir trouver 1e moyen d’en triompher. (1) Ce comte de Marchmond avait été un traître à la cause des Stuarts; il a été accusé par Lockart d’avoir trahi simple ment pour de l’argent. (2) David Wemyss, dit lord Elcbo, fut de l’affaire de 1745.
Son père, Jacques, comte de Wemyss, fut Grand-Maître en Écosse en 1743. (3) Le fr.-. comte de Chesterfield était un ami de Pope, de Ramsay et de Montesquieu. Étant ambassadeur à La Haye en 1731, il avait décidé François, duc de Lorraine, futur duc de Toscane, puis empereur et père de Marie-Antoinette, à se faire initier. Une loge occasionnelle fut tenue à cet effet à La Haye, et lefr.-.
Désaguliers, prêtre catholique anglican, alla la présider, accompagné de plusieurs délégués de Londres. L’année suivante, le duc François, catholique romain, reçut l’initiation complète chez le fr.-. Walpole, en présence du major-général Churchill et du Révérend Thomas Johnson (Gould, il, 282-83 et 388; et Preston, p. 247).
FEUILLES MAÇONNIQUES l3f Ce moyen, si souvent mis en pratique par les poli ticiens et les policiers habiles, fut simple: le roi se querella à coups de grosse caisse avec son fils Frédé ric. prince de Galles, et tous les ennemis de Georges II, frères écossais ou d'York, Jacobites. soldats des Stuarts et romanistes conspirateurs, coururent comme des enfants se faire inscrire chez le prince.
Naturelle ment. il s'ensuivit que la dynastie hanovrienne se trouva — comme dit Macaulay — fortifiée plutôt qu'affaiblie par la désunion apparente de ses deux principaux membres (i).
Ces sortes de désunions tapageuses, qui permettent, des deux côtés à la fois, de tuiler gentiment les adver saires des deux camps opposés, sont trop connues, meme dans la maçonnerie politique de nos jours, pour que je puisse me dispenser d’insister sur ce sujet délicat. . Vers le même temps, le 5 novembre 1737. dans une Loge occasionnelle tenue exprès au château de Rev.; l’ancien initiateur de Georges II lui-même, le Révé rend fr.-.
Désaguliers (qui ne se fatiguait pas d'atti rer dans le parti anglais de la nouvelle dynastie tous les princes et grands seigneurs cosmopolites ou indigènes dont l’influence pouvait être utile) s'en va donner l'initiation maçonnique au fils de son Auguste ami, c'est-à-dire au prince de Galles — et cela en pré sence du fr.’. comte Inchiquin (O’Brien), qui était gentilhomme de sa chambre et avait été Grand-Maître (1) Essais, édit, Beaudry, p. 23o.
138 l’initiation en 1727, et des fr.\ lord Baltimore, colonel Lumley, major Madden, etc. (1).
Oui, parfaitement, au plus fort de la dispute avec son père, le prince de Galles jurait sur la Bible fidélité absolue au Roi ; il continuerait mieux que jamais à se conformer aux lois de son pays, il ne participerait à aucun complot ou conspiration contre le gouver nement— et même, au besoin, suivant à la lettre les Instructions de l’Ordre, il dénoncerait au Roi ou à son Conseil tous les traîtres qui auraient la sottise de lui faire des confidences !...
En France, le premier Grand-Maître, le fr.-.
Charles de Derwentwater, petit-fils de Charles II, avait été remplacé, le 24 décembre 1736, par le pseudo-comte d'Harnouester (2), et justement, vers la fin de 1737, ce soi-disant comte d'Harnouester étant sur le point — raconte-t-on aux maçons français désireux d’apprendre autre chose que des signes — de retourner dans sa patrie, convoquait les Loges en une Assemblée géné rale pour procéder à l'élection de son successeur (3).
Vous pensez bien que la Loge de la rue de Bussy, cette fameuse Loge n° 90 qui tenait ses assises dans 1 hôtel de feue Sa Grâce la duchesse de Portsmouth, ne fut pas oubliée dans la convocation. On comprend aisément que, dès l’instant que le History of Freemasonry, Gould, II, p. 392; Preston, p. 256. (2) Cette date du 24 décembre 1736 est donnée par l’ill.-. fr.
Ragon 33° {Orthodoxie maçonnique, p. 40). (3) Précis hist. de la Franc-maç., par l’ill.-.fr.’. Bésuchet, 33" t. I, p. 29-30, et II, p. 138. — Orthod. maç., par l’ill.-. fr.'. Ragon, 33", etc.
FEUILLES MAÇONNIQUES 13g cardinal Fleury s’arrangeait en secret avec les frères de la conspiration, il était très adroit de leur part d’avoir l’apparence de ne plus vouloir d'« étrangers» à la tète de la maçonnerie « française » dirigée par le parti des Stuarts, tandis que le cardinal Fleury, lui, s’élevant contre cette association, aurait l’air de ne vouloir aucun Français à la tête d’une conspiration contre une puissance amie !
11 est généralement attesté, par les grands et illustres historiens maçonniques de France et de Navarre, que le pseudo-Harnouester — suivant l’usage adopté en Angleterre par les Grands-Maîtres sortants — désigna lui-même son successeur; mais combien de maçons français, parmi les plus érudits, savent que, presque à la même heure, Monseigneur le duc d’Epernon et d'Antin, arrière-petit-fils de la bonne Mme Montespan et petit-fils de ce trop célèbre duc d'Antin qui avait été associé aux prouesses financières de l’Ecossais Law, recevait l'initiation maçonnique dans une Loge n° 133 tenue au château d’Aubigny, et que cette initiation lui était donnée par le tr/.
Charles, duc de Richmond, ex-grand-maître de la Grande Loge d'Angleterre, propriétaire de l’hôtel occupé par la Loge n° go de la rue de Bussy, et petit-fils de Charles 11 et de la policière française connue sous le nom de duchesse de Portsmouth(i)?... ( i ) La Loge n° 13 3 du château d’Aubigny existait depuis 1735.
Le fr.-. comte de Crawford, Grand-Maître de la Grande Loge dite d'Angleterre, avait envoyé, en avril 1 735, une députation à 1’eiTet d’ouvrir une loge à Aubigny {Illustrations of Masonry, Preston, p. 253). — Le fr.\ Gould, dans son Hist. of FreeMasonry, II, p. 143, mentionne, par inadvertance sans doute,
l’initiation 140 Je glisse sur le degré de parenté qui a pu exister entre le fr. *. duc de Richmond et le soi-disant fr.\ comte d'Harnouester ; je me contente de faire observer que, peu de jours après l'initiation du duc d’Antin par le fr.\ duc de Richmond et d’Aubigny, le soi-disant fr.’. comte d’Harnouester, à la veille de s évanouir dans la fumée des colossales mvstifications J populaires, proposait aux Loges de Paris d’élire le fr.\ duc d’Antin à la Grande-Maîtrise (1).
Cette élection prit place le 24 juin i?38 (2), c'est-àdire deux mois après la Bulle In Eminenli du pape Clément XII ; et les historiens français de ¡‘Ordre racontent, avec un ensemble parfait, qu'à cette occa sion le fr.-.
Ramsav aurait fait, devant 1 Assemblée électorale, un magnifique discours, dont je suis heu reux de pouvoir détacher les passages suivants : « Nos ancêtres, les Croisés, se rassemblèrent de toutes les parties de la chrétienté dans la Terre Sainte, désireux ainsi de réunir en une seule Fraternité ¡es individus de toutes les nations (3).
Quelles obligations ne devons-nous pas à ces hommes supérieurs, qui, dépourvus de grossiers intérêts égoïstes, sans même écouter la tendance innée à dominer, imaginèrent une telle institution, dont le but est d’unir les esprits et les cœurs, en vue de les rendre meilleurs et de former, dans le cours des âges, un Empire l’initiation du duc d’Antin au château d’Aubigny par le fr.‘. duc de Richmond. — Les Constitutions d’Anderson de 1738, p. 194, disent que la Loge d’Aubigny fut fondée le 22 août 1735. (j) Lire tous les classiques auteurs maçonniques de France et de Navarre. (2) Date donnée par tous les auteurs maçonniques français. (3) Selon le discours, il s’agit bien d’une Fraternité chré tienne et non d’une autre, et ceci s’accorde â peu près avec les retouches faites en 1738 par le lr. * . Anderson dans ses Constitutions de 1723.
FEUILLES MAÇONNIQUES 141 spirituel où, sans déroger aux devoirs variés exigés parles divers Etats, un nouveau peuple sera créé, qui, composé de beaucoup de nations, pourra en quelque sorte les cimenter toutes en une seule par le lien de la vertu et de la science (1). «... La seconde chose requise dans notre société est la profonde morale.
Les ordres religieux furent établis pour rendre les chrétiens parfaits, les ordres militaires pour leur inspirer l’amour de la vraie gloire (2), et l’ordre des francs-maçons pour rendre les hommes aimables, bons citoyens, bons sujets, inviolables dans leurs promesses, fidèles adorateurs du Dieu d’amour, amoureux de la vertu plutôt que de la récompense...
« Ainsi les obligations qui vous sont imposées par l’ordre sont... de sacrifier tout ressentiment personnel e de s’attacher à tout ce qui peut contribuer à la paix et à l'Unité de la société (3).
« Nous avons des secrets (4); ce sont des signes figura tifs et des mots sacrés composant un langage quelquefois muet, quelquefois très éloquent, dans le but de commu niquer avec un autre aux plus grandes distances et de reconnaître nos frères de n’importe quelle langue (5).
« Le nom de franc-maçon ne doit pas être pris dans un sens littéral grossier et matériel, comme si nos institu teurs avaient été de simples ouvriers en pierre ou des génies purement curieux visant à perfectionner les arts.
Ils étaient non seulement habiles et architectes désireux de consacrer leurs talents et leurs biens à la construction de temples matériels, mais aussi des princes religieux et ( 1) Système théosophique, mais théosophie chrétienne: ceci découle de la phrase précédente. (2) C’est-à-dire pour propager ou défendre, les armes à la main, l’architecture chrétienne ; mais dans quel évangile trouvet-on le droit de se servir de l'épée ? (3) A noter que l'action maçonnique des Stuarts était en contradiction flagrante avec cet article. (4) Étant catholique romain, Ramsay les révélait-il à son confesseur — et cela était-il bien nécessaire? (5) Pour Ramsay, les fameux secrets ne seraient qu'un sys tème de correspondance entre les membres de l'Empirc spi rituel.
l’initiation 142 guerriers qui voulaient éclairer, édifier et protéger les Temples vivants du Très-Haut (1). «s A l’époque des Croisades en Palestine, beaucoup de princes, seigneurs et citoyens s’associèrent entre eux, firent vœu de rétablir le Temple des chrétiens en Terre Sainte et s’engagèrent à s'employer à ramener leur archi tecture à sa primitive institution (2).
Ils convinrent de plusieurs signes anciens et de mots symboliques tirés du fond de la religion, afin de pouvoir se reconnaître parmi les païens et les sarrasins (3). Ces signes et ces mots étaient communiqués seulement à ceux qui promettaient solennellement, et meme quelquefois au pied de l'autel, de ne jamais les révéler.
« Cette promesse sacrée n'était cependant pas un ser ment exécrable, comme on l’a appelé (4), mais un res pectable lien destiné à unir les chrétiens de toutes les nationalités en une seule confraternité (5). Quelque temps après, notre ordre s'unit intimement avec les che valiers de Saint-Jean de Jérusalem (6).
Dès lors, nos Loges (1) Avant l’action de Henri VIII, reprise par la reine Élisa beth, c'est-à-dire avant le rejet du romanisme en Angleterre, les Temples anglais étaient naturellement catholiques romains, et ils étaient édifiés et protégés par les princes, les religieux et les guerriers qui patronnaient l’Ordre maçonnique. (2) Non par la persuasion évangélique, mais par les armes.
Ce passage montre que la Fraternité qu on voulait dans le monde était une Fraternité chrétienne, et l’intention de l’au teur du discours se manifeste : La Terre sainte, c'est l’Angle terre, et le Temple à rétablir, c’est le christianisme de Rome. (3 Mais les Croisés portaient une croix sur leur poitrine. C'était un signe très visible.
S'il ne suffisait pas, c’est donc qu’il devait y avoir une Fraternité chrétienne inv isible et supé rieure ayant des membres dans les deux armées ennemies, comme aujourd’hui il y a des Loges militaires dans les armées appelées à se combattre, Loges dont les mem bres se recon naîtront aisément sur les champs de bataille. (4) Allusion, sans doute, à la qualification donn ée par quel ques historiens au serment des Templiers. (5; Théosophie chrétienne... en commençant par rétablir le Temple des fidèles chez les...
Infidèles. (6) Dans ses Illustrations of Masonry, p. 181, le fr. *. Prèston assure que, sous Henri II d’Angleterre, le Grand-Maître
FEUILLES MAÇONNIQUES 143 prirent le nom de Loges de Saint-Jean (1). Cette union se fit d’après l'exemple donne par les Israélites, qui, lors qu'ils rebâtirent le second Temple, maniaient d'une main la truelle et le mortier et tenaient dans l'autre l’épée et le bouclier (2). « Les rois, les princes et seigneurs revinrent dans leur propre pays et y établirent différentes Loges (3).
Au temps des dernières Croisades, beaucoup de Loges étaient déjà érigées en Allemagne, Italie, Espagne, France et ensuite en Ecosse, à cause de l'étroite alliance entre les Français et les Ecossais... Par degrés, nos Loges et nos Rites furent négligés en beaucoup d’endroits. C'est pour quoi, parmi tant d'historiens qui ont existé, ce sont seule ment ceux de la Grande-Bretagne qui parlent de notre ordre.
Cependant, celui-ci conserva sa splendeur parmi ceux d'entre les Ecossais à qui les rois de France confièrent, durant tant de siècles, la garde de leurs augustes per sonnes.
« Après les déplorables malheurs durant les Croisades, le dépérissement des armées chrétiennes et le triomphe de Bendocdar, sultan d’Egypte, lors de la huitième et der nière croisade, le grand prince Edouard, fils de Henri III d’Angleterre, voyant qu'il n’y avait plus aucune sécurité pour ses frères dans la Terre Sainte, d'où les troupes chré tiennes se retiraient, les ramena tous, et cette colonie de frères s’établit en Angleterre (7).
Comme ce prince était des Templiers administrait l’Ordre maçonnique dans ce royaume, et, p. 200, qu'en 1485 les maçons anglais étaient sous le patronage de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui assemblèrent une Grande Loge en i5oo. — Clavei, p. qo, affirme qu’en 1 155 les Loges anglaises étaient sous l’adminis tration des Templiers. ( 1 ) Les Universal Masonic Calendars nous donnent comme certain qu'une Loge de Saint-Jean existait à Glascoxv en 1190. (2) Quiconque se sert de l’épée, avait dit Jésus, périra par l’épée. (3) Aucun doute à cet égard, et il est clair que ces rois, princes et seigneurs avaient, en architecture spirituelle et poli tique, d’autres connaissances que celles de simples ouvriers maçons. (4) C’est un peu comme les colonies de frères qui s'établirent de nouveau en France avec Jacques II, et ensuite en 170S et 1715 après les insuccès du Prétendant.
l’initiation 144 doué d'héroïques qualités et aimait les beaux-arts, il se déclara Protecteur de notre ordre, lui concéda de nou veaux privilèges, et alors les membres de cette Fraternité prirent le nom de Francs-maçons, suivant ainsi l'exemple donné par leurs ancêtres (1). v. Depuis ce temps, la Grande-Bretagne devint la tête de notre ordre, la conservatrice de nos lois et la dépo sitaire de nos secrets.
Les discordes religieuses et fat îles qui em barrassèrent et déchirèrent T Europe au ci finie siècle furent cause que notre ordre dégénéra de la noblesse de son origine (2). Beaucoup de nos Rites et usages qui étaient contraires aux pré jugés des temps, furent changés, déguisés, supprimés (3).
C'est ainsi que beaucoup de nos frères oublièrent, comme les anciens juifs, l'esprit de nos lois et n’en retinrent seulement que la lettre et la sur face. Les COMMENCEMENTS D’UN REMÈDE ONT D1JA El LIEU. Il EST SEULEMENT NÉCESSAIRE DE CONTINUER ET DE RAMENER ENFIN CHAQUE CHOSE A SON ORIGINELLE INSTITUTION ( |.1.
Ce travail ne peut être difficile dans un létal où la Religion et le Gouvernement peuvent cire seulement favorables à nos lois (5). (i) Le fr.-. Édouard Ier, fils de Henri III, voulut placer le fr.-. Baliol sur le trône d’Écosse, afin d’en faire une sorte d’intendant à son usage. Mais une guerre éclata bientôt entre eux, après toutefois que le fr.-. Baliol se fût fait relever de son serment de fidélité par le pape Boniface VIII. Le fr/.
Édouard Ier s’empara donc de l’Écosse, mais à son tour il fut battu par le fr.-. Robert Bruce, qui. un peu plus tard, assisté des chevaliers Templiers proscrits d’Angleterre et d’un peu partout, chassa Édouard II de l’Écosse et monta sur Je irône écossais. (2; Le fr.-.
Clavel. qui semble être un adversaire de Ramsay, assure que la Réforme de Luther (laquelle n'a rien de com mun avec le catholicisme anglican professé par les rois anglais; avait porté un coup mortel aux associations maçonniques Jlist. pitt. de la Franc-maç., p. 85). (3) On sait, par ce que j’ai montré des Anciennes et des Nouvelles Constitutions, quels ont été ces changements, dégui sements et suppressions.
Je n’insiste pas. (4) C’est clair : au respect des Anciennes Constitutions maçonniques et à l’architecture romaine qu’elles avaient tou jours imposée. 15; Le gouvernement français l’a dit par la voix du cardinal
I FEUILLES MAÇONNIQUES 145 « Des îles Britanniques, l’Art Royal repasse à présent en France (1), sous le règne du plus aimable des rois (2;, dont l'huma nité anime toutes les vertus, et sous le minis tère d'un mentor qui a réalisé tout ce qu'on pouvait ima giner de plus fabuleux (3).
Dans cet heureux âge où l’amour de la paix (4) est devenu la vertu des héros, cette nation (la France), une des plus spirituelles de l’Europe, deviendra le centre de l'ordre (5)... » Il me paraît de toute évidence qu’un discours de ce genre, où la vérité est exhibée à peu près sans voile, n'a pu être destiné à la publicité par son auteur pré tendu ; autrement, il faudrait admettre que le fr .-.
Ramsay, à qui on l’attribue, n’était réellement, sous des apparences de catholique romain et surtout depuis son retour d'Angleterre en 1730, qu’un agent anglais jouant très bien la comédie et préparant un vaste tra quenard à l'intention des ennemis de Georges II, l’exFleury : « C’est entendu, à la première occasion »...
Et fau teur du discours nous affirme que c'est déjà commencé. (1) L’Art Royal était connu en France avant, mais on com prend ici qu’il s’agit de l’Art de continuer le remède com mencé. (2) Il commençait alors, en eflet, à devenir fort aimable, non plus pour la Reine sa femme, mais pour la comtesse de Mailly, grande amie de la comtesse de Toulouse, veuve d’un Louis de Pardaillan et mère du fr.1. duc d’Antin, Grand-Maître (Voir la privée de Louis XV, par Moufle d’Angerville, Londres, 1783, vol. II, p. 33 et suiv.). (3) Le plus fabuleux était, non pas d’être gouverné par la princesse de Carignan, mais de se poser en antimaçon et d’écrire : Le roi ne veut pas, quand, au contraire, le roi et son mentor le voulaient. (4) Les protestants français, à qui l’on ne cessait pas de donner la chasse, en ont su quelque chose. (5) Tout ce qui précède est traduit d’une partie du discours dit de Ramsay publié par le fr/.
Gould en anglais. Je ne me suis pas reporté aux auteurs maçonniques français qui ont reproduit ce discours — et pour cause. 1 >
l'initiation 146 pupille du frDésaguliers, prêtre catholique anglican.
Cependant un mauvais farceur — élevé peut-être à l'école machiavélique des rédacteurs du pamphlet de 1724 sur les pseudo-Gonnogo/zs — trouva le moyen, vraiment extraordinaire, de découvrir dans un tiroir à secrets le manuscrit de ce fameux discours, et il le rendit public en le faisant imprimer (proh pudorl) dans YAlmanach des Cocus de 1741. sous le titre de Discours prononcé à la réception de Francs-Maçons par Monsieur de R..., Grand-Orateur de l'Ordre (1).
« Le fr Gould, qui, en sa qualité de grave per sonnage anglais, n'a pas saisi le sens ni la portée de cette plaisanterie d'un goût douteux, fait observer que ce discours était suivi d'une reproduction des Statuts maçonniques « alors en usage en France » et cite, avec une imperturbabilité prodigieuse, l’article suivant, dû à coup sûr à la plume du meme farceur : « Chaque incrédule braillard (brawler) qui aura parlé ou écrit contre les saints dogmes de l’ancienne foi des Croisés sera pour jamais exclu de l’Ordre 2). » Et indigné de la belle manière devant une pareille intolérance et une telle menace d'excommunication, le fr Gould s’écrie : « L’ancienne foi des Croisés était le christianisme et les protestants sont chré tiens! »...
C’est vrai; mais la foi des Croisés n’était pas le christianisme de Luther ni celui de i'Eglise de (1) J’ai eu cet Almanach sous les yeux, l’an dernier, à Londres ; je ne pris pas copie du discours que je lus en fran çais et que j’ai trouvé reproduit en anglais dans Gould. (2j Itisl. of Masonry, Gould, 111, p. 90.
FEUILLES MAÇONNIQUES 147 Henri VIII ou d’Elisabeth, c’était — il faut tout dire, quand on fait de l’LIistoire impartiale — le christia nisme des papes qui ordonnèrent les Croisades contre les... Infidèles (i).
Or, pour le christianisme papal, les Protestants luthériens, de même que les catho liques anglicans qui les persécutèrent, e'tant, eux aussi, des Infidèles, le discours dit de Ramsay, authen tique ou non, piège ou pas piège, mettait on ne pou vait mieux les choses au point. Le fr Gould lui-même a observé que ce discours était une sorte de démarquage des Constitutions du Révérend fr .-.
Anderson; la seule chose changée, outre la forme de style, est une broderie autour de la question d’une nouvelle Croisade à entreprendre (2). L’arlequin qui eut la bonne idée de dire la vérité en riant sous cape et de la publier en manière de dis cours de M. de R..., Grand-Orateur de l’Ordre, dans l'Almanach des Cocus, savait manier l’ironie à la façon de Monsieur de Voltaire, d’ailleurs grand ami des Stuarts et du fr .*.
Ramsay ; mais le fait même d’une publication de «secrets maçonniques »dans un recueil aussi libertin et aussi ridicule que celui-là montre trop quelle fut l’intention du ou des machinateurs de cette affaire (3). fr) C’est au Concile de Clermont, en rqoôjquefut annoncée la première croisade et qu’on décida un appel aux princes chrétiens.
Le pape Urbain II présidait ce Concile, et c’est un Bouillon qui commanda la première croisade. — On sait que le fr.-. Ramsay. devenu précepteur d’un prince de .Turenne, fut au mieux avec la famille des Bouillon, et il va ici matière à réfléchir au sujet du chapitre de Clermont qui a continué le système dit de Ramway. (2) Hist. oj Masonry, Gould, III. p. 89. (3) Il est certain que, sous des dehors d’homme sérieux et
l’initiation 148 Au reste, ce qui demeure bien prouvé, c’est qu’en juin 1708, on préparait parfaitement en secret la Croi sade ; et cette action, qu’on ne saurait effacer de l’Histoire, marque assez clairement que l’échange de lettres entre Ramsay et le cardinal Fleury en 1737, la Bulle In Eminenti d’avril 1738, la publication anti-maçon nique ordonnée par le lieutenant de police Hérault, la réponse attribuée à Ramsay et qui ne fut peut-être que la reproduction de son soi-disant discours, l'arrêt de l’inquisition ordonnant le Ier janvier 1739 de brûler cette réponse, n’ont été que de la politique tirée au cordeau et de la pure mystification.
Mais admettons qu’on puisse avec succès démontrer le contraire de cela, admettons volontiers la réalité de ces choses; en ce cas, nous nous trouvons inévitable ment en présence de ceci : la Maçonnerie étant UNE derrière la toile, même du temps du discours dit de Ramsay, les divisions et querelles maçonniques, la diversité des grades, l’imbroglio des Rites et des sym boles, les disputes entre frères différemment décorés, ne sont plus que des chaussc-trapes tendues sous les pas de maçons adversaires de la Maison de Hanovre autant que du traité de la Triple-Alliance, conclu le 4 janvier 1717...
Et alors la Bulle de 1738 indique que la Papauté voit très clair, tandis que les actes de la police parisincère, Je fr. *. Ramsay a pu être un mystificateur. Voltaire, son ami, raconte que Ramsay fabriqua un jour, sous la signa ture de Pope (partisan des Stuarts), une lettre qu’il adressa à Louis Racine, et que celui-ci et d’autres écrivains considérèrent comme authentique (Siècles de Louis XIV et de Louis XV, édit, de l’an XI, t. V, p. 291-292).
FEUILLES MAÇONNIQUES <49 sienne font comprendre que Louis XV et son Mentor savent se préparer d'avance à tirer leur épingle du jeu. On a le choix entre les deux hypothèses : mais, dans les deux cas, le rôle de Ramsay ne change en aucune façon. IEDER. I V F
L'idée de la mort à travers les mondes (Suite.) Chine. Lorsqu'un Chinois est à l’agonie, on tourne le lit de façon que la tête du mourant soit dirigée vers lest. Souvent on pratique un trou au plafond pour que lame puisse plus facilement gagner le royaume des dieux. On place un linge très fin dans la bouche du moribond, afin de s'apercevoir de la cessation de la respiration, ce qu'ils appellent « saluer le monde ». Lorsque l’agonisant a rendu le dernier soupir, on lui ferme les yeux, on lui ouvre la bouche, que l'on maintient ouverte en y plaçant en travers un petit bâtonnet et on y dépose quelques grains de riz et une pièce de monnaie qui doit servir à payer le pas sage du mort dans l’autre monde. On lave ensuite le corps avec soin, on lui coupe les ongles, que l'on place dans un petit sac et devant être déposé, ainsi qu’une paire de ciseaux, dans le cercueil. Dans la classe riche, on ensevelit le corps dans une épaisse couche de coton saupoudrée de chaux vive.
l’idée de la mort a travers les mondes i5i A Canton, actuellement, on enterre les morts géné ralement au bout de sept jours. Dans le reste de la Chine, au contraire, on laisse le cercueil sur le bord des routes ou même au milieu des champs. Les Hottentots. Dans quelques tributs hottentotes, on remarque que des phalanges manquent aux mains des indi vidus.
Cette mutilation volontaire se pratique en signe de deuil profond à la perte d'un parent, d’un ami ou d’un chef. Les Parsis. Les Parsis, adeptes de Zoroastre (adorateurs du feu), ne pratiquent ni l'inhumation ni l’incinération de leurs morts. Conformément aux principes de leur religion, ils les exposent en plein air, les oiseaux du ciel et le temps se chargent d’en détruire les derniers vestiges.
Ils ont. à cet effet, construit de vastes monuments de forme cylindrique appelés tours du silence. A l’extérieur de ces tours, on ne voit guère qu’un grand mur peint à la chaux et souvent délabré par l’injure du temps, mais à l’intérieur se trouve un amphi théâtre composé de trois étages distincts.
Le supé rieur de ces étages contient des cases qui toutes rayonnent vers le centre de la tour; ces cases reçoi152 l’initiation vent les corps des hommes et sont construites en forme de sarcophage ; le deuxième étage, celui du milieu, contient les sarcophages des femmes, et le troisième, le plus bas, reçoit les corps des enfants. Les cases sont dallées de marbre et cimentées avec soin.
Elles sont toutes à ciel ouvert, afin que les vau tours, qui viennent en nombre à l’heure exacte des enterrements, ou plutôt du dépôt des corps, puissent se précipiter sur le mort et le dévorer en quelques heures. Des fossoyeurs spéciaux sont chargés des cérémo nies, et seuls ils peuvent pénétrer dans l'intérieur des tours.
Les cadavres sont d’abord déposés nus dans les cases, dépouillés de leur linceul, en vertu du précepte de leur religion qui dit : « Nus nous sommes venus sur terre, nus nous devons la quitter. » Ensuite, les fossoyeurs, dès que le cadavre est déchiqueté, que les ossements sont devenus secs, vont les prendre pour aller les jeter dans l'enceinte centrale dont les parois et le fond sont également dallés de marbre.
Les Parsis exécutent ainsi les lois de Zoroastre : La Terre, notre mère à tous, ne sera point souillée. Ils posent aussi en principe l'égalité la plus absolue devant la mort, et dans la Zoz/r du silence ou dans Y enceinte centrale, riche ou pauvre, grand général ou vulgaire vagabond, sont irrévocablement mêlés.
Si les Parsis croient à l’immortalité de l’âme, il leur répugne de s’occuper de la mort, dédaignant d’entourer du moindre soin un corps privé de sensi bilité et qui ne peut plus rien percevoir.
l’idée de la mort a travers les MONDES I 53 Les Ba-Yansi. Les Ba-Yansi sont les Indiens les plus intelligents et les plus industrieux de ces régions. Malheureuse ment. la superstition est la cause des plus horribles sacrifices humains. Ils pensent que tout individu quittant ce monde mènera dans l’autre la même existence, soumis aux mêmes besoins et aux mêmes passions.
Partant de cette théorie, un chef ne pourrait décemment passer dans l'autre monde sans un important cortège de femmes, d’amis et d’esclaves. Aussi, les victimes, volontaires ou non, sont nombreuses. Les femmes, au moment de l’agonie, sont généra lement pendues à un arbre et leurs dernières convul sions sont accueillies par les gambades de joie des assistants.
Les hommes, dès qu’ils ont perdu connaissance, sont assis sur une pièce de bois et liés à des pieux solidement enfoncés en terre, de manière à ne pou voir bouger. Leur cou est entouré d’un cercle de roseau avec plusieurs cordelettes qui se relèvent audessus de la tête. Une perche de bois flexible est ployée jusqu’à ce que la corde attachée à son extré mité puisse s’adapter par un nœud aux cordelettes qui entourent la tête de la victime.
En se redressant, le bambou est tiré sur le cou de la victime et le main tient rigide, si bien qu’après avoir marqué à la craie l’endroit où il va frapper, le bourreau décapite d’un seul coup le malheureux esclave. En se détachant, la
154 l’jnitiation tête est alors enlevée à une grande hauteur par le bambou qui se détent, et, avant de retomber au loin, envoie sur les assistants une rosée sanglante. La tombe des chefs Ba-Yansi est composée d’un cône d’argile sur lequel sont tracés des dessins fan tastiques. Tout autour sont piqués les crânes des victimes, dont les corps sont jetés dans le fleuve, et la terre, que leur sang a rougi, est employée à ense velir le chef.
Le Gliiriqui (Amérique centrale). Le Chiriqui est une province dépendant de la République de Costa-Rica, formée par la division du Guatemala. Les nombreux huacas (anciens cime tières), que l’on retrouve dans la partie occidentale de l’isthme, sont les seuls témoins d'une population artistique disparue.
Dans les huacas, les tombes sont groupées dans un sens quelconque et offrent une forme tantôt ellip tique, tantôt carrée : elles atteignent, en certains endroits, 18 pieds de profondeur, une cella constituée de montants en pierres brutes supporte une large dalle.
Le cadavre était alors étendu; auprès de lui on déposait les objets dont il pouvait avoir besoin dans l’au-delà : armes, instruments de pierres, poteries, bijoux, ornements, etc. D’après le marquis de Nadaillac, le poids de l’or retiré des tombes du Chiriqui s'élèverait à i3o livres, soit 65 kilogrammes. Il est regrettable que l’on ne possède pas de renseignements
l'idée de la mort a travers les mondes i55 plus précis sur l’existence de ces intéressants artistes du Chiriqui ; leurs successeurs, loin de leur ressem bler, vivent dans une parfaite indifférence et ignorent complètement la vie de leurs ancêtres. Les Perses. Les anciens Perses creusaient de préférence leurs tombeaux dans le flanc des rochers.
Toute une série de couloirs souterrains d’une disposition labyrinthiforme précédait l’entrée du tombeau. Les proches parents du défunt, seuls, en connaissaient le secret et pouvaient rendre visite à la dépouille mortelle du disparu. district de takht-soulad Le corps du défunt est enseveli dans une couver ture, l’usage du cercueil n’étant pas pratiqué, puis déposé ainsi dans la terre.
Le tombeau se compose généralement d’une table oblongue en pierre noire, sur laquelle sont inscrits en persan ou en arabe les titres ou le rang social du décédé ; c’est aussi selon l’importance du rang que varie le luxe sépulcral. Les indigents se contentent d'une pierre brute à l’extrémité de la fosse. D'autres, plus aisés, possèdent des tombeaux en briques, avec l’inscription sur une plaque de marbre placée à la tête.
155 l’initiation Les hommes qui se sont illustrés durant leur exis tence ont sur leurs tombeaux des figures de lion ou de bélier grossièrement sculptées, dernier signe de gloire ! Les sépultures des riches sont surmontées de petites coupoles supportées par quatre pilastres. Enfin, lesTaleyres les plus luxueux appartiennent aux savants et aux saints personnages.
Aussi, autour de ces monuments se groupent une multitude de petites sépultures, car, suivant la croyance générale ment admise en Perse, si l’on a le bonheur de pou voir être enterré auprès de quelque saint personnage, on obtient son assistance le jour de la résurrection.
Néanmoins, les Persans sont loin d'être respec tueux vis-à-vis des tombeaux ; aussi n'est-il pas rare de voir les tombes piétinées ou les pierres tombales servir à la construction de quelque édifice (habita tion, parc, etc.). Tombeaux arméniens. Les sépultures arméniennes comme le mode d'en sevelissement sont de tous points analogues aux pra tiques persannes. A côté de l'inscription est sculpté un emblème indiquant la profession du trépassé.
Dans les provinces annexées à la Perse, le cime tière arménien est nettement séparé de la nécropole persan ne. Madagascar. Les Malgaches, habitants de l’île, sont du type
l’idée de la mort a TRAVERS LES MONDES i 57 malais : ils comprennent quatre tribus, dont les mœurs varient avec les lieux qu'ils habitent ; néan moins, les principes religieux restent pour tous les mêmes.
Parmi les tribus malgaches, il y a lieu de distin guer : i° Les Houvas, habitants des hauts plateaux; 20 Les Schanakas, habitants des pays de forêts; 3° Les Antakaras, habitants des plaines et du lit toral ; 40 Les Sakalavas, établis un peu dans toutes les régions« Les Houvas sont les plus intelligents et les plus industrieux des Malgaches.
Cependant, les violences qu’ils ont dû subir des conquérants leur ont fait perdre les notions de justice et d’humanité qu’ils possédaient jadis ; de plus, l’introduction de l’alcool à Madagascar a été d’un effet déplorable, des villages entiers s’enivrent les jours de fêtes ou de marchés, et il est à craindre que les nouvelles générations ne pro duisent que des alcooliques ou des êtres portant la tare de l’alcoolisme.
Les anciens Houvas adoraient les mânes ances traux, les astres, et opéraient des sacrifices pour obte nir des faveurs de leur dieu ou plus souvent des Vazimba (esprits des aïeux). Très superstitieux, ils voyaient dans l’être deux parties bien distinctes : le corps, qui appartenait à la terre et qui devait y retourner à la mort de l’individu ; et l’esprit, qui lui survivait pour veiller sur les descendants et leur donner de sages conseils.
i58 l’initiation Cet esprit de superstition entraînait évidemment l’usage des sacrifices humains. Quiconque manquait de respect à ces coutumes religieuses était passible de la peine de mort. Le lieu du supplice était choisi de préférence dans une clairière, une tranchée s’ouvrait, laissant voir des monceaux d'ossements, les restes des précédentes victimes.
Le supplicié était amené au bord de cette tombe et la lance du bourreau l'envoyait grossir le nombre des martyrs de la superstition. Mais où la peine de mort devint l'instrument d'une terreur dans l'île, ce fut dès l'instant où les premiers mission naires européens essayèrent de substituer au culte des ancêtres celui du Christ.
La reine Ranavalo, effrayée des progrès de la nouvelle religion parmi ses sujets, qui tendaient à se rapprocher des blancs, l’abandonnant ainsi que le culte qu'elle défendait, ordonna la mise à mort des missionnaires et des convertis. C’est alors que les exécuteurs des décrets de la reine cherchèrent tous les pires raffinements de la cruauté, espérant ainsi arrêter les progrès de la con version au catholicisme.
Certains missionnaires furent découpés vivants en morceaux de la grosseur d’une« noix de muscade », puis ensuite brûlés, dernier outrage. D’autres convertis, souvent des familles entières, étaient amenés au haut d’un escarpement., puis les premiers projetés dans le vide; les autres devaient contempler les corps pêle-mêle affreusement mutilés de leurs parents, avant de s’élancer dans le vide pour
l’idée de la mort a travers les mondes i 5g les rejoindre. Après l’exécution, ces restes humains étaient livrés aux chiens, et lorsque ceux-ci, repus, abandonnaient la place, ce qu’ils avaient laissé deve nait la proie des flammes.
Actuellement, si le catho licisme domine dans certaines régions, ce n’est qu'au prix de terribles sacrifices, et les résultats de cette substitution de dogmes, qui a coûté tant de vies, sont loin d'être satisfaisants, puisque la civilisation apportée par les prêtres catholiques introduisit l’alcool chez un peuple doué de facultés intellectuelles très développées, y causant des ravages tels qu'on en est aujourd'hui à craindre un anéantissement de l'intel ligence chez les Houvas.
11 est vrai, néanmoins, que la paralysie du sens moral par l'alcool est un des agents puissants de la soumission aveugle et irrai sonnée. Égypte. Le cimetière de Bab-el-Hasr, au Caire, est réputé célèbre par tous les voyageurs qui ont parcouru ces régions. On n’y retrouve point la symétrie de nos nécropoles européennes. Les tombes sont là, disper sées, contrastant les unes par rapport aux autres par leur luxe.
Les unes, celles des pauvres ou des modestes, sont construites en moellons, affectant la forme d’un parallélipipède ; à chaque extrémité est posée une pierre grossièrement dressée ou une colonne taillée en forme de massue.
160 l’initiation Les autres, celles des favorisés de la fortune ou de la gloire, de même forme, mais ornées de sculptures, sont surmontées d’une vaste coupole que supportent quatre piliers. Les Hindous. Les Hindous, voisins des Parsis, pratiquent l'inci nération des morts depuis l'occupation anglaise. Jadis, ils se contentaient de les jeter à la mer ou dans les fleuves.
Avant l’incinération, les cadavres sont exposés près du fleuve, de façon à ce que les petites vagues qui se produisent sur les bords viennent les recouvrir, sorte de dernier baptême. On place ensuite le cadavre sur le bûcher et, lors qu’il est réduit en cendres, on jette le tout dans le fleuve. T. Bellot.
La repi'odnction des articles inédits publiés, par l'initiation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction.des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens. La Réincarnation matérielle La question de la réincarnation est une des plus importantes qu’ait à étudier l'occultiste.
Or cette ques tion a été considérée par les diverses écoles sous bien des aspects, mais on a négligé les caractères matériels de cette étude et son application au corps matériel. Cette considération ouvre des voies analogiques nou velles et permet des déductions claires sur le problème moral, puis sur le problème spirituel.
Si l'esprit se réincarne et passe en plusieurs corps matériels dans le plan terrestre ou dans d’autres plans, il doit en être analogiquement de même des cellules de ce corps matériel.
Pour bien comprendre la question dès le début, il faut se rendre compte que le corps matériel que la terre fournit comme vêtement à l’esprit pour une existence, est le point d’évolution ultime de beau coup de cellules des trois règnes vivants en évolution sur sa planète.
1Ó2 l'initiation MAI C'est ainsi que le squelette humain est le résultat de l’évolution des cellules du règne minéral terrestre. Les cellules des organes de la vie végétative incons ciente sont le résultat de l’évolution des cellules du règne végétal, et enfin les cellules du cerveau et des organes conscients sont le résultat de l'évolution du règne animal.
A la mort de l'homme, chacune des cellules de son corps matériel retourne dans son plan d'origine, riche des épreuves subies et des souffrances coura geusement supportées. Chacune des cellules ainsi évoluées par son pas sage dans le corps humain devient chef de file dans son règne et guide les cellules arriérées vers le but à atteindre.
Les cellules minérales réincarnées dans leur plan d'origine précipitent l’évolution vers la vie végétative, les cellules de l'inconscient évoluent le végétatif vers l’animal et, devenues cellules de l'herbe ou de la plante, elles guideront les cellules végétales lors de leur absorption et de leur transformation dans l'ani mal qui se nourrira de ces végétaux.
La cellule nerveuse et ses annexes, qui ont présidé au support des faits psychiques conscients, vont pré sider à l'évolution des espèces animales, et c'est la souffrance d’une cellule cérébrale humaine qui permet au cerveau du mammifère inférieur de se transformer en cerveau matériel du chien ou du singe, cette trans formation se faisant en astral, entre les existences terrestres, pour chaque animal comme pour les autres êtres.
igOÔ LA RÉINCARNATION MATÉRIELLE 163 Le corps de l’homme ayant une origine triple et se constituant aux dépens des trois règnes, tout homme peut voir se réincarner en lui une ancienne cellule d'un ancien corps si cet homme revient deux fois sur terre.
Si l'ancien corps a été détruit par le feu, cela importe peu, puisque la cendre conserve les cellules minérales et que les autres sont à l’état gazeux, mais tout aussi vivantes et tout aussi matérielles que dans tout autre état. L’homme meurt, son corps physique est confié à l'estomac terrestre qui le redigère. Les cellules du squelette seront lentement absorbées par les racines végétales.
Les cellules musculaires, ainsi que celles des organes splanchniques, passent directement dans le végétal qui pousse dans le champ. Vient le bœuf qui mange ces cellules. Voilà une partie du corps de l’homme réincarnée dans le bœuf. L’homme mange à son tour la chair du bœuf et une cellule d'un ancien corps retrouve ainsi dans le nouveau corps l'individu qu’elle a jadis longuement servi. Telle est la réincarnation des cellules du corps matériel.
Le temps ni l’espace ne font rien à l’affaire, puisqu’il faudra peut-être des centaines d’années pour que les racines absorbent les cellules du sque lette et que, d’autre part, un grand-père peut se réin carner dans son petit-fils sans arrêt entre deux exis tences. La réincarnation matérielle a lieu dans tous les plans, et celui qui ne mange pas de viande pour ne pas retrouver une cellule animalisée. la retrouvera cette
164 l’initiation cellule, aussi bien dans le végétal que dans l’air atmosphérique, sous forme d'azote. La nature ne fait pas de sentiment. Une cellule doit se réincarner pour poursuivre une évolution commencée en votre compagnie et que vous avez arrêtée par votre faute. Cette réincarnation se fera, que vous soyez mangeur de viande ou végé tarien, mangeur de graines ou de fruits cuits. Chaque aspiration introduit dans notre organisme des milliers d etres vivants, terreur des hygiénistes bien souvent, et aucun végétarien ne peut s’empêcher de faire une effrayante hécatombe d'êtres qui viennent mourir ou se multiplier en son organisme. Comme le mangeur d’une douzaine d'huîtres est un pauvre criminel à côté de ces assassinats de la respiration normale ! Nous étudierons prochainement la réincarnation astrale et la réincarnation spirituelle. Nous avons voulu esquisser seulement aujourd'hui le point de vue matériel de la question. Papus.
LA KABBALE PRATIQUE (Suite.) D'après la doctrine des nombres, 31 a des significa tions différentes. 1 est pour soi le symbole de l'unité. 1—3 signifie toujours la divinité, s'il est devant un nombre composé. 1 est Dieu dans le monde spirituel ; 3 — 1 Dieu dans le monde corporel ou créateur. Dans ce cas, 3 est la triade divine et 1 le commencement du corporel. Le plus remarquable est que Dieu est écrit dans toutes les langues avec 4 lettres, la prédiction de la rédemption avec G ; Jehova, ou 3 — 3 ; aussi dans ce nom toutes les voyelles sont contenues. Un impor tant objet de la réflexion. Et le nom de Jésus contient le nombre 5 de la rédemption — 2X fi —10 numerus universalis ; il est aussi remarquable que 5 ne déve loppe que des nombres suivants, comme : 14 r 23 5 5 m a 32 qui font en tout de nouveau un quaternion, etquisont
166 l’initiation tous des nombres qui se rapportent aux mystères, et s'ils sont mis en croix x, les nombre 4 et 6 en résul" tent, comme Le grand numerus universalis 10 est la proportion de l'unité au sensuel. 1 est tout — 0 est rien, restera rien et ne sera vivifié que par l'unité. 1 chez 0 est 10, donc 10 la mesure de tous les nombres, donc les 10noms de Dieu, ou Dieu dans son enveloppe, le mystère des 10 séphirots, ou Dieu dans les 3 mondes.
230 Le fond des 10 commandements du Seigneur y yy est contenu. 1- les rapports de l’homme à Dieu. W 3 4 les rapports de l'homme à l’homme. i 8 9 10 Du supposé il s’ensuit le grand secret du sceau du quaternaire ou la progression de l’unité au sensuel ; ou d'après la doctrine des nombres 4 entre 10. 1 10 • • 4 Ce symbole est l’image de la première destination de l’homme ; le nombre entre l'unité etla multiplicité
LA KABBALE PRATIQUE 167 il aurait dû communiquer l’unité à la circonférence là était sa vocation. 1 4 l’unité image de la Divinité homme 0 univers 1... 4... 0 Ce grand et haut symbole des sages nous montre le premier état de l’homme, la participation de forces supérieures, l’arbre delà vie et l’arbre de la science du mal et du bien. Homme dans 1... 4... 0 de connaissance symbolique. De ce théorème on peut calculer pourquoi l'homme a 10 doigts, 4 membres, comme bas et pieds et pour quoi il n’a qu’un seul corps ; mais il ne faut pas ou blier l’axiome principal de la doctrine des nombres : Tout se répète dans le grand univers ; mais la répé tition se fait selon la hauteur ou la bassesse des classes. L’homme, dont la grande destination était 1...4...0, s'éloigna de l’unité.et modifia son état, en se plaçant dans la circonférence. C’est le mystère de la chute, le secret du nombre 40 et on en calcule : Pourquoi la croissance de l’homme dans le sein de la mère se fait par 40 : Pourquoi il plut 40 jours et nuits lors du déluge ; Pourquoi les Israélites étaient >0 jours dans le désert ;
168 L INITIATION Pourquoi Ninive fut ménage pendant 40 jours ; Pourquoi le Christ, Elie, Moïse ont jeûné 40 jours ; Pourquoi le Christ ascendit-40 jours après sa résurrection. La cause du premier théorème était la cause du dernier : Le théorème se calcule, d’après nombres, de la manière suivante : la doctrine des 4 j retour à l’ordre par la grâce. 1 4 0 Etat du régénéré par la grâce de la rédemption.
LA KABBALE PRATIQUE 169 Le nombre devant 10 est 9 ; un nombre de grandes qualités, car si on le multiplie par 9, il contientS pro gressions montantes et 8 descendantes ; et si on addi tionne chaque nombre, de nouveau 9 en résulte: c’est l’image du ternaire, comme : 18 — 9 27-9 36-9 45 - 9 54 — 9 63 - 9 72 - 9 i 81-9 De ce triple ternaire les secrets du spirituel, sensuel et moral s’expliquent par la doctrine des nombres; aussi les secrets des 4 mondes — du monde supérieur, du monde des esprits, des éléments et du monde grossier corporel, que nous habitons et que les cabalistes indiquaient par Triloh, Beriah, Jezirahet Esjah, et où tant de secrets et de si grands reposent, que notre temps ne connaît plus et qui ne se donne non plus la peine de les connaître.
Le premier homme lut danstout le livre de la nature avec un coup d’œil vaste et géné ral; à nous ce privilège n'est plus permis ; ce n’est que graduellement que nous pouvons parvenir à la con naissance du livre des 10 feuilles et c’est la connais sance de l’univers. Déjà souvent j’ai dit que, si l’on veut faire des progrès dans cette science, la doctrine des nombres, il ne faut pas se représenter les nombres de la nature
l'initiation comme des nombres arithmétiques ou corporels, mais comme des progressions de l'unité; par exemple: comme le mouvement du point mathématique forme une ligne, la progression de l'unité fait comme nombre de la nature un nombre composé : nous ne calculons pas, 2,3,4, 5, mais II, III, IIII, 1IIII et les propor tions, par exemple : 45 n'est pas quaran te et cinq mais la proportion de IIII à III 11.
Aussi si on dit 5, il veut dire la même chose que I et 4, ou 4 et 1 ; 3 et 2, ou 2 et 3. M ° _1 _ i —2— 1111 ill — H a II - III’ dont chacun a d'autres proportions, mais les mêmes progressions. C'est le secret de la pyramide, dont le déchiffrement principal est dans l'axiome : Tout monte, pour ainsi dire, graduellement, à l'unité.
Il est surtout à remarquer, dans la doctrine des nombres, que tout consiste dans la progression de l’unité et dans l'ascension à l'unité. C’est un grand secret dans la doctrine des nombres; sans lui on ne peut pas faire d'autres progrès.
Hors des nombres contenus dans le tableau page 235 il n’y en a pas d’autre ; toutes les proportions qui sont possibles sont dans cet ordre ; la nature est si simple ; tout se réduit aux nombres radicaux, ou numéros parturientes, nombre de production. Le premier tableau contient les progressions des unités et est employé au calcul des choses immatétérielles et spirituelles. Le second est type du premier et contient les
LA KABBALE PRATIQUE nombres de l’ascension et on en calcule le corporel, parce que leurs nombres pairs sont des nombres composés, par exemple : 94 de 13 — 13 de 4 — ; on trouvera toujours un ternaire, qui décide des choses. Qu'on ne se dégoûte pas de ces suppositions ; elles donneront aux chercheurs de la vérité une lumière plus claire.
Dans ces tableaux de progression et d’ascension le plus étrange est que les nombres, s’ils sont mis en croix X ou s’ils sont calculés dans le carré, donnent toujours le nombre pair précédent, par exemple : 41 41 et 32 ont pour nombre pair 5, si on le calcule dans le carré, comme : 4 6 4 -i O 3 2! on aura les nombres suivants, 4 et 6.
Le penseur qui ne s’occupe pas de l’enveloppe se doute que dans le présent, le passé et l’avenir soient contenus; aussi,peut-on réellement calculer de ces tableaux le passé et ¡’avenir, les forces et les suites, comme le penseur verra clairement. Seulement il ne faut pas oublier qu’il faut toujours, pour trouver le nombre passé et futur, composer deux nombres, d’où onalecarré, comme 1
l'initiation 172 C’est la preuve de la loi double des êtres, qui ne peu vent jamais être sépares, et d'où naissent toutes les erreurs et dans le spirituel et dans le corporel, parce que les hommes les ont séparés. Chaque être a son double nombre ; celui qui trouve ce double nombre des êtres trouve aussi leurs forces, leurs effets.
Aussi la présence a son double nombre, à celui qui le trouve, le passé et l’avenir peuvent être dévoilés, car tout est une chaîne, un tout. Mais comme on peut trouver le nombre d'un objet, la suite de cette doctrine des nombres le mon trera.
Chaque chose a ses positions et ses terminaisons, d’où sont définis et le combien de son essence et les degrés de sa force, qu’elle peut faire agir, et faction; si l’on peut penser un infini multiple de plus ou moins dans chaque espèce et s’il existe réellement et si toutes les choses comme des expressions de pensées divines doivent avoir et des positions et des limites pour chacune dans chaque espèce, on peut aisément conclure qu'on peut le nommer les nombres des choses, comme nous avons déjà dit et comme nous répétons maintenant.
La connaissance des nombres naturels, dit Platon, sert aux recherches sur la vraie nature du bon et du beau; sans ces dons de la divinité, on ne connaît ni la nature humaine, ni leur partie divine et mortelle, ni le fond de la vraie religion. Le genre humain, dit l’Ecriture, doit aux nombres tant de bien, que même le prophète ne puisse le dire ;
LA KABBALE PRATIQUE iy3 ils sont les causes de l’harmonie du monde et de la production de toutes les choses; qui abandonne son nombre perd toute communauté avec lebien et tombe dans toutes les irrégularités.
Mais on ne peut jamais assez répéter qu'il faut faire une grande distinction entre les nombres et le nombrable ; ceux-là sont des terminaisons et se rap portent seulement à des grandeurs intellectuelles ; ceux-ci, par contre, ont seulement le corporel pour objet, et sont des expressions de l’invisible. Le premier tableau p. 235 est le tableau des termi naisons; le second celui des expression s.
Pour devenir plus clair dans la chose, il est néces saire d’expliquer encore quelque chose sur les secrets des 10 séphirots ou des rayons de lumière et des reflets. Il y a 10 séphirots ou rayons de lumière; les dé tenteurs de la doctrine secrète les posaient de cette manière; nous l’avons déjà indiqué en haut, mais je veux le répéter encore. Nombres et mots page 317. C’est l’arbre des 10 feuilles; au-dessus de lui est Nombres et mots, page 318.
Nombre 1 Kether, Sephira, 1, vestimentum Dei, pre mier reflet, premier rayon de lumière, 1 prima ema natici, première éradiation, primum mobile, en sentium, canalis supramundanus.
174 l'initiation Nombre 2 Chochma 2, Sephira 2, vestimentumsecundum Dei deuxième reflet, sapientia, source des intelligences. Nombre 3 Binnah, Sephira 3, fluvius de Pardyso egrediens, le nombre du grand sabbat. Nombre 4 Chesed, Sephira 4, vestimenium quairum, aussi nommé feu sage, aquœ superiores, fontaine de l'amour, qui vivifie tout, nombre de la création. Nombre 5—8. Nombre 9 — 10.
De ces combinaisons les vérités citées plus haut plus complètement par la doctrine des nombres le prouvent de nouveau. L'état du premier homme était donc dans le calcul séphirotique 6, sa chute était en 8 — 8 image 8 — 6, 4. 6 son ascension par 6 et 4. Par cela la rédemption par le fils se déchiffre. 6X^36; donc par 3 retour à l’ordre, ascension, moyen 7. 7 X = 49 — 4 symboles du quaternaire 9, le nombre des 3 ternaires — 123, 456, 789.
J’avoue volontiers que ce calcul est pour celui qui n’est pas exercé extrêmement abstrait; mais les exemples dans le quaternaire du temps rendront la chose si claire, que l’amateur de la vérité le jugera assez important, de vouer à cette étude plus de peine et de réflexions. Avant que j’avance, je le trouve nécessaire, que je rappelle, que tout dans la nature se répète ; ce qui est
LA KABBALE PRATIQUE 175 en haut, est en bas; ce qui est en bas, est en haut; ce qui est en grand, est en petit, ce qui est en petit, est en grand ; de là la grande et admirable simplicité des effets de la nature. Seulement il faut faire la remarque, que les objets de l'intellectuel doivent sc calculer par les ternaires et les objets du corporel par le quaternaire.
Il ne faut pas perdre de vue la règle principale, qu’en calculant les choses intellectuelles on laisse le quaternion de côté, mais qu’en calculant les choses corporelles le ternaire est déjà contenu dans le qua ternion. Qui n'observe pas cette remarque, se trom pera nécessairement dans son calcul. Je passe à ce : Calcul des choses corporelles.
En calculant les choses corporelles, on a à prendre en considération le grand secret du carré du temps, qui se distingue essentiellement du cercle. Il ne faut jamais confondre le centre avec la cir conférence; le centre est incorporel, et la circonfé rence est corporelle et tangible; ainsi il en est de même avec le triangle et avec le carré.
Les commencements originaires de la matière sont simples, et pourtant, quoiqu’ils produisent la ma tière, ils ne cessent pourtant pas d’être. Eckartshausex.
UN SECRET PAR MOIS Voici un secret d’horticulture curieux. Pour obtenir qu'en une plante d’œillets il y en ait de plusieurs sortes, il faut mettre différentes sortes de graines d’œillets dans une crotte de brebis ou de chèvre, ou encore dans un petit roseau bien mince. On plante et on recouvre très soigneusement de bon fumier. De même pour qu'une seule plante de violette produise des violettes de toutes sortes de couleurs. Mizauld.
Ordre martiniste. Le Secrétariat général du Suprême Conseil est en réor ganisation, et nos délégués recevront bientôt les commu nications habituelles. Nous remerçions tous ceux qui nous ont exprimé leurs sentiments de condoléance à l’occasion du décès de notre F. Dorée.
Nous sommes heureux d’annoncer à nos lecteurs anglais et américains qu’une édition anglaise de VIniliation avec des articles originaux en langue anglaise paraît à Londres sous la direction de notre F. Teder et sous le titre INRI (ci-contre la reproduction de la couverture).
INRI I// •I-N-R-IA MONTHLY REVIEW OF OCCULT SCIENCE, TRANSCENDENTAL PHILOSOPHY AND EXPERIMENTAL RESEARCH Hon. Director : PAPUS, M.D., Doctor in Kabbalah. Edited by TEDER, Doctor of Herrn. Science. vol, i. N° i.______SUMMARY._____ april-may, 1906. OUR PROGRAMME (p. 1-2). EXOTERIC SECTION— Transmission of Thought (p. 3-6). R. Buchere.
New Experiments relative to the Astral Body (p. 7-14)..............Col. de Rochas, philosophical and scientific section— Man, a Microcosm (p. 15-17). . . L. C. de St. Martin. The Vision of Ezekiel (p. 18-26). W. G. Hooper, F.R. A.S. The « Medium of Bridgford > (p. z6-36)...............................C. D. Elements of Astrology (p. 37-42). Johanny Bricaud.
Comparative Study of the Magne tical, Magical and Theurgical Therapeutics (p. 43-5 1)...........Ed. Dace. Louis Claude deSt-Martin(p. 52-54). Gence. INITIATIC SECTION— The Initiation of Cagliostro (p. 55-37)............................• • P'^pus. TheEssentialRosv Cross(p.58-So) XXX.
VARIETIES— The Hand of Fathmeh—Advantages of being a Martinist —Echoes and News—Martinist Order—Independent Group of Esoteric Studies (p. 81-96).______________ Office of « 1NRI, » Market Chambers, South Parade, Market Place, NOTTINGHAM. ONE SHILLING^ Per Annum 10/- 12
l'initiation 178 Délibération de la Société magnétique de France Au sujet de la Prévision Réunion du 74 avril 1906. Al. Fabius de Champvili.e annonce à !a Société que le journal la Médecine française, qui paraîtra a la date du 16 courant, consacre une partie de sa Chronique de tète à un sujet lucide que le docteur Tillot a consulté relati vement à la catastrophe de Courrières.
Voici la partie de cet article qui nous intéresse : « Une des choses qui resteront les plus stupéfiantes dans la vie scientifique élargie, c’est la prescience de cer tains êtres. « Nous avons, parmi les relations que nos recherches nous ont procurées, une nature extrêmement douée, c’est une somnambule que tous les membres de la Société magné tique de France connaissent bien sous le nom de ..Mme Bebthe. « Quand Al.
Francis Laur eut affirmé qu’il croyait que la mine contenait encore des mineurs vivants, nous consul tâmes cette personne. « Malheureusement, nous n'eûmes le plaisir de la joindre . que le jour même de la sortie des pauvres gens que Prévost et Neny guidaient. Malgré cela, nous lui posâmes des questions, après l’avoir endormie. Elle ne connais sait, éveillée, nullement la mine; nous-mêmes, à ce moment, nous en ignorions le plan.
« Sa consultation futétrange,épouvantable. Elle souffrait des affres des survivants, qu’elle entrevoyait grelottant de froid. «Elle nous dépeignit un vieillard de 60 ans qui montrait un courage admirable. « Elle nous affirma que le lundi il y aurait encore sept vi vants, que le mardi il serait déjà bien tard, mais qu’il en sortirait un bien portant.
« Elle nous fitparcourirles longs boyaux de la mine, nous montra l’un des plus hardis se noyant presque dans une sorte de trou rempli d’eau boueuse ; et devant le spectacle
SOCIÉTÉ MAGNÉTIQUE DE FRANCE 179 effroyable, après nous avoir laissé entrevoir le fond de cet enfer où le froid tenaillait les survivants, s’être arrêtée aux chevaux vivant encore, elle eut une telle crise qu’il nous fallut l'éveiller pour éviter un accident.
«Quoique insuffisammentrenseignés, nous téléphonâmes à M. Francis Laur, lui demandant de télégraphier à ses amis, pour qu’ils fassent explorer un couloir que les sur vivants avaient laissé sur leur droite, quelques centaines de mètres avant d’arriver à l’accrochage. « C’était le samedi.
Le dimanche, chez l’ami Grün, nous causions à l’aimable docteur Jacques Bertillon de cette consultation; et le mardi ou le mercredi suivant, Berthon était ramené vivant. « Maintenant, nous croyons que la mort a fait son œuvre, mais si nous acceptons de vagues indications, beaucoup qu’on crut morts le premier jour n’étaient qu’anesthésiés par les gaz délétères ou jetés dans un état comateux.
« C’est là une terrible leçon pour l’avenir! » Au sujet de la lucidité des somnambules, de la voyance des médiums et des prophètes, et des facultés divina trices des astrologues, chiromanciens, cartomanciens et devins divers, 3f. Fabius de Champville propose à la Société de leur servir d'intermédiaire pour faire connaître à la presse et au public les faits de prévision bien établis.
A cet effet, les magnétiseurs qui s’intéressent au somnam bulisme lucide, les médiums et les voyants, à quelque titre que ce soit, n’auraient qu'à envoyer à la Société une lettre cachetée contenant leur prédiction, avec indications de ne l'ouvrir qu’à telle date et dans des conditions déter minées.
Ces lettres, numérotées parles soins du secrétaire général et. inscrites sur un registre spécial, seraient ouvertes dans les conditions fixées par l’envoyeur devant une commission spéciale, et le contenu, fidèlement trans crit dans un procès-verbal rédigé à cet effet, recevrait, par les soins de la Société, la plus grande publicité possible, lorsque les faits prédits seraient réalisés.
La proposition de M. Fabius de Champville, mise aux voix, est adoptée à l'unanimité, et le secrétaire général est chargé du soin d’en informer les intéressés. En conséquence, les Magnétiseurs qui s'intéressent aux manifestations du somnambulisme, les Somnambules,
i8o l’initiation Médiums, Astrologues, Chiromanciens, Cartomanciens, et Voyants à quelque titre que ce soit, sont priés d'envoyer, au Secrétaire général, sous pli cacheté, avec indications précises pour l'ouverture de ceux-ci, les Prévisions et Pré dictions qu'ils peuvent faire relativement aux Recherches et aux Faits d'intérêt général.
Les Prévisions dont l'exactitude serait authentiquement vérifiée recevraient la plus grande publicité possible; et tout en faisant connaître les auteurs, la Société magné tique de France prouverait que iAvenir n est pas complè tement voilé et que certaines personnes peuvent parfois voir l'invisible. Le Secrétaire général, Fl. Durville.
MAGIE PRATIQUE(1) (1) Nous donnons le commencementde la table de la Magie Pratique de Papus dont la réédition vient de paraître à la librairie Chacornac. TABLE DES MATIÈRES PREMIÈRE PARTIE THÉORIE Chapitre I. — Définition de la Magie. Chapitre II. — L'Homme. Résumé de sa constitution anatomique, physiologique et psychologique................................................. 2Ô La machine humaine.................................................
3o L’homme impulsif...................................................... 34 Résumé.................................................................... 32 Rapports de l'homme de volonté et de l'être impul sif ............................................................................ La force nerveuse................................................ Le sommeil naturel...........................................
L’ivresse.............................................................. L’hypnotisme. La suggestion............................. La folie.............................................................. Résumé.............................................................. Bibliographie..................................................... 53 6o 64 65 67 70 72 75
MAGIE PRATIQUE 181 Chapitre III. — La Nature. Résumé de sa constitution anatomique, physiolo gique et psychologique.......................................... 75 Bibliographie.....................................................I08 Chapitre IV. — L'Archétype. L'Unité.........................................................n5 DEUXIÈME PARTIE RÉALISATION Chapitre V. — Réalisation de ¡'Homme. Préliminaires. — Ce qui sent ........ 121 Aliments.
Réalisation de l’Étre instinctif . ... 123 Le Végétérianisme sentimental..............................129 Du Régime animal............................................... i32 De l'Emploi des Excitants matériels.................
132 L’Alcool.........................................................134 Le Café.........................................................135 Le Thé.............................................................137 Haschich, opium, morphine i38 Réalisation ou Invention........................................i3ç Maniement des Excitants . ..............................109 L’Air inspiré : Réalisation de l’Étre animique .
140 De la Sensation : Entraînement de l’Étre psy chique .............................................................147 Des Excitants intellectuels : La Musique . . . 151 Résumé général.....................................................153 Entraînement de l’Étre instinctif.......................¡54 — — animique...................... ¡55 — — intellectuel......................
Ü7 Bibliographie.................................................... i58 Chapitre VI. — De la Méditation. Ce qui pense......................................................... 162 Deuxième période. — Psychométrie. — Télépathie. 165 De l'amour............... 167 Excitant de l’homme de volonté..........................167
182 l’initiation Des obstacles............................ Réaction de l’Étre impulsif. Bibliographie................... LIVRES NOUVEAUX La librairie Chacornac met en vente une réédition du Voyage rfe Psychodore, le chef-d’œuvre de IIan Ryner. Ce livre souleva,dès sa première apparition, l’enthousiasme des lettrés. Plusieurs}' saluèrent l’œuvre d’une imagination géniale.
Ceux qui n’ignorent point la tradition ésotérique y verront surtout le fruit d’une science profonde. Plus d’une fois aussi ils admireront des applications puissantes de la méthode d’analogie, qui • ermettent à l’auteur de prolonger et d’e'tendre de façon inattendue les connais sances anciennes.
Par la beauté éclatante et continue de la forme, ce livre paraît au lecteur superficiel une éton nante œuvre d’art. Pour ceux qui savent étudier, il ren ferme plus de science que beaucoup d’ouvrages didactiques. 1 vol. in-18. Prix : 3 fr. 5o.
La Librairie Générale des Sciences Occultes (Bibliothè que Chaci rnac), 11, quai Saint-Michel, Paris, met en vente un nouveau volume : Les Entretiens posthumes du philosophe Pierre de Béranger, dit Abailard. Cet ouvrage, entièrement dicté par l’entité qui se nomme Pierre de Béranger, est appelé à un grand succès de curiosité dans le monde qu’intéresse la question occulte.
Sa morale si pure, sa haute philosophie consoleront les cœurs inquiets en proie au doute, en leur révélant de sublimes vérités, tandis que les sceptiques qui sourient quand on leur parle de dictées spirites, s’inclineront, s’ils sont de bonne foi, devant la valeur littéraire, la beauté et la poésie que dégagent ces magnifiques entretiens.
1 vol. in-8° carré de 260 pages, avec figures et portraits médianimiques (hors texte) d’Hugo d’Alési : Prix : 3 fr. 5o. *• • Le .Mal de Mer, comment on le prévient, comment on
LIVRES NOUVEAUX !83 le soigne, comm.’nt on le guérit, par le docteur Madeuf, fondateur de la Ligue contre le Mal de Mer. O e Longtemps,on a considéré le mal de mer comme incu rable. C’était une erreur. L’auteur de cet intéressant volume, après avoir étudié dans les documents de la Ligue contre le Mal de Mer, toutes les causes de ce mal, toutes les circonstances qui concourent à le produire, examine les moyens proposés pour le combattre.
Ces moyens sont très nombreux. Beaucoup sont efficaces. L’auteur conclut que le mal de mer peut être prévenu, soigné et guéri par un ensemble de procédés employés judicieusement. Cette question du mal de mer ne peut plus laisser personne indifférent ; nous ne sommes plus à l'époque où le fait de traverser la mer était une épreuve réservée à uh petit nombre de personnes. Aujourd'hui, tout le monde peut y être exposé.
Eh bien ! il faut savoir que cette épreuve n’a plus rien de terrible et que, grâce aux conseils savam ment groupés dans le volume édité parla Ligue, on peut se mettre à l'abri des souffrances infligées jadis à tant de malheureux par le tangage et par le roulis.
C’est ce que l'expérience prouvera au Congrès et à ¡^Exposition contre le mal de mer, qui auront lieu sur le navire que la Ligue affrétera pour le transport des médecins congressistes à Lisbonne (avril 1906). C’est une occasion unique de grou per tant de médecins éminents sur le même bateau. 1 vol. in-8°, 160 pages, franco par la poste, 3 fr. 40. S’adresser à la Ligue contre le Mal de Mer, 80, boule vard de Port-Royal, Paris. (Téléphone823-44).
REVUE DES LIVRES Pour combattre le Rhumatisme. — Rhumatisme muscu laire, Rhumatisme articulaire. Rhumatisme chronique, par H. Durville, brochure de 48 pages à la Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri, Paris,-IVe. (Prix : 1 fr.). Après avoir étudié succinctement, mais d’une façon suf fisante pour les lecteurs non médecins, la nature, la cause,
l’initiation 184 les symptômes des differentes formes du rhumatisme aigu ou chronique, l’auteur indique des moyens écono miques, simples et à la portée de tous pour obtenir la guérison ou tout au moins l'amélioration de tous les rhu matisants. Pour devenir Physionomiste. — Étude sur la Physionomie avec 24 figures et un portrait de Lavater, par M. C., ancien élève de l’Ecole polytechnique. Brochure de 60 pages.
Prix : 1 fr. à la Librairie du Magnétisme. Ouvrage remarquablement écrit par un officier du génie, qui garde l’anonyme en raison de sa situation.
11 contient 4 chapitres : Un Préambule, dans lequel fauteur expose des généralités ; une description des types de la Physionomie, avec 16 figures, qui facilitent l’intelligence du texte ; une étude sur les contours du visage, avec 8 figures; et enfin, un dernier chapitre qui permet de déduire le tempérament de chaque type.
Bien peu d’ou vrages paraissent sur cette question de la physionomie, et nous sommes heureux de recommander à nos lecteurs ce clair exposé, résultat de nombreuses observations. Occultistes, étudiants, vous serez frappés des résultats que cette étude vous procurera. * J» » Magnétisme et Guérisons,par Albert (d’Angers). Brochure de 79 pages avec portrait de l’auteur. Prix : 1 fr., à la Librairie du Magnétisme,23, rue Saint-Merri,Paris,-IVe.
Excellent petit ouvrage de propagande qui contient une réponse rationnelle à toutes les questions que l’on peut poser au sujet du Magnétisme appliqué à la guérison des maladies. La marche, les effets et la durée probable du traitement y sont clairement indiqués.
REVUE DES REVUES 185 REVUE DES REVUES L’Echo du merveilleux du i5 avril renferme plusieurs articles intéressants. Thomas-Galbert a été interviewer les deux récapésàes mines,Neny etPruvost,etleura demandé leurs sensations pendant leur long séjour dans les ténèbres, surtout au point de vue occulte.
Presque tous ces mal heureux eurent, au bout de quelques jours, la perception des êtres de l’Astral inférieur, bêtes monstrueuses, êtres sans formes, et aussi des visions très nettes du double du cheval tué et du corps astral des morts. Ils ont vu aussi les liions métalliques de la terre. Le rédacteur de \'Écho a donc eu une excellente idée d'aller voir ces hommes si éprouvés. —G.
Maletétudie les divers merveilleux auSalon: merveilleux chrétiens, mythologiques, etc. — G. Lenôtre, à propos d’un essai malheureux de baguette magique à l’église Saint-Roch, rappelle le cas bien connu d’Aymar, que je ne résumerai pas pour cette raison. M. Letort, qui a eu la chanced’avoir, avec le médium Eldred,des séances très réussies et sans contestations possibles, écrit à G.
Méry pour lui en donner de nouveau l’assurance, malgré que ce médium ait été démasqué. Cela n’est pas pour étonner ceux qui ont tant soitpeuétudiéles médiums et surtout les médiums à matérialisation. C’est,en général, pour eux une telle souffrance, que dès que l’on a con fiance en eux,ils sontportésàsimuler les phénomènes,pour éviter la douleur. — G.
Montorgueil analyse la précieuse faculté d’une dame Boissonnet-Favre, qu’il appelle la liseuse d'âmes. A lire le récit de ce qu’elle fait, on ne peut adopter les conclusions de G. Montorgueil, qui prétend que cette dame n’est ni occultiste, ni chiromancienne.
Or chacun sait que tout physionomiste qui sort des généra lités est forcément un voyant, c'est-à-dire un être qui peut mettre plus ou moins en harmonie ses sens astraux avec l’atmosphère psychique d’un autre homme, et lire ainsi ses images astrales. De plus, du moment que ce médium étudie la forme extérieure des mains,
i86 L INI l 1AT10N leur mollesse ou leur fermeté, elle n'est pas chiroman cienne, je l’admets, mais elle est sûrement, peut-être sans le savoir, partisante de la « chirognomonie v>, système d’Arpentigny. Logiquement, si on admet que la forme extérieure des doigts peut indiquer des tendances intimes, il n’y a aucune raison de repousser les lignes le la main.
Mac-Nab continue son Étude expérimentale de la force psychique.On y trouvera une très remarquable théorie sur le mécanisme des phénomènes observés. Il y a là des con sidérations sur la matière de différents états, sur le rôle de la volonté, qui auraient peut-être gagné à être exprimées un peu plus clairement, mais qui constituent une prévi sion très intense des théories actuelles physico-chimiques.
A remarquer aussi une chose à laquelle on ne fait pas assez attention, c’est que dans une dématérialisation l'objet ne change ni de forme, ni de substance, il reste lui-même, il cesse simplement d’exister relativement à nos sens, mais il est toujours là. Lorsque la force qui agit sur lui aura cessé, il reprendra son « mode d'exis ter » ordinaire.
La Paix universelle donne, du capitaine Franlac, une bonne étude sur la syptologie, dans laquelle sont étudiés les faits d’abord : coups frappés, réponses intelligentes, divinations, cadences, imitation de bruits divers, mouve ments sans contact, action contre certaines personnes ; puis les théories spirites et occultes.
L’opinion définitive de l’auteur est que les causes sont tantôt dues à de sim ples influences fluidiques ou collectives, tantôt à des puissances spirituelles différentes des assistants. C’est aussi mon avis. E. Bosc consacre un intéressant article à la clairvoyance et à la clairaudience. Il cite une assez curieuse théorie théosophique qui prévoit l’apparition dans l’homme de cellules nouvelles, reliant les sens physiques et les sens astraux.
L’homme pourra voir alors l’invisible avec ses yeux physiques. Je n’ai pas la compétence nécessaire pour discuter cette théorie, mais cependant je préférai, pour le moment du moins, l’idée que les sens du corps physique sont faits exclusivement pour la perception du plan physi que et les sens du corps astral pour voir dans le plan fluidique. Une seule chose donnerait à réfléchir : je me
REVUE DES REVUES .87 souviens avoir lu que, pour Cazotte, un « esprit» ne pré1 entait aucune différence avec un vivant. ¡I le voyait les yeux ouverts et aussi objectivement. De plus, j’ai constaté que si, pendant qu’on regarde un être spirituel, on vient à tourner la tète dans une autre direction, on ne le voit plus; si on regarde de nouveau vers lui, il redevient visible.
Les yeux physiques semblent donc jouer un certain rôle dans ce cas, peut-être par une simple accoutumance du cerveau.
Quant à la méthode d’entrainement citée par M. Bosc, je la crois très dangereuse, surtout à cause du temps que l’on doit, dit-il, y consacrer, deux ou trois séances d’une demi-heure par jour. — A.Rougicr fait dans la même revue un excellent compte rendu d’une confé rence du docteur Lalande sur le symbolisme, qui donne le regret de ne pas y avoir assisté. [ a Renie du Spiritualisme moderne est toujours à recommander aux spirites instruits et même aux occul tistes.
Elle renferme de très bonnes choses. H. de Farémont commence une étude sur les Anges, qui promet d’être très attachante. C’est toujours en un magnifique langage, qui semble inspiré à la fois de V. Hugo et de L.-Cl. de Saint-Martin, que sont écrites les études du doc teur de Farémont; quant à leur inspiration, elle est christique pure, c’est tout dire. De M. Chevreuil, lire un article sur le bien et le mal.
« Quoi qu’on fasse, dit-il, on ne peut qu’écrire des variations sur cette vieille formule : S’aimer les uns les autres. Le bien, c’est l’amour; le mal, c'est l’égoïsme; ou, d’une façon plus moderne,que nous approu vons entièrement : le bien, c’est de projeter son cœur et son cerveau vers ses semblables; le mal, c’est de les rétrac ter sur soi-même. » M. J. Hervy termine son importance étude sur le mémoire dont j’ai déjà dit quelques mots.
Le phénomène, volontaire ou involontaire, dit association des idées y est très bien étudié. En terminant, l’auteur examine la question de savoir si Dieu a une mémoire. 11 conclut à la négative, Dieu vivant dans un éternel présent.
M. Beaudelot, en un article modestement intitulé : Essai sur la sincérité, écrit plusieurs belles pages, qu’il termine en faisant voir que la sincérité fait naître l’estime mutuelle et prépare les esprits à l’interprétation la plus 1
i88 l’initiation haute de la solidarité humaine. Beaucoup de belles et justes pensées. A lire encore une lettre très importante sur les matéria lisations de Van der Naillen. Le numéro d’avril contient la suite de ces intéressantes études sur les Anges, sur le problème du bien et du mal, une étude de M. J. Hervy, la Solidarité, et l'impression d’un manuscrit important de E.
Lévy intitulé : la Religion de la Science', c’est là une bonne aubaine pour les lec teurs du Spiritualisme moderne. La Revue spirite, qui a modifié avec goût son format et sa couverture, publie la suite des travaux d'érudition de MM. Grimaud et Senese sur le christianisme et l’évo lution de l’idée religieuse. Ces études, d'une réelle impor tance, mériteraient un compte rendu détaillé, ce que je ne puis faire.
Aussi me contenterai-je de conseiller à nos lec teurs la lecture prudente de ces essais intéressants. M. P. Heidet présente au lecteur le livre si considérable d’Asakoff, Animisme et Spiritisme, qui vient d’être réim primé. Citons encore un article de Delanne sur la Fiction et la Vérité, mettant au point la question des matérialisa tions d’Alger; Pages oubliées, de M. L.
Danvil, qui est un simple récit de choses vues racontées avec esprit et cœur, et quelques vers de J. Rouxii, où Satan nous est présenté sous un jour vraiment bien avantageux. On trouvera, en outre, quelques faits intéressants. La Revue du Spiritisme contient un article de G De lanne très important pour l’étude des phénomènes d’Alger. On y verra, entre autres, le certificat de M. E.
Lowe, archi tecte, constatant qu’il n’existe pas de trappes dans la salle de séance de la villa. J’ai remarqué aussi une étude de L. Chevreuil intitulée : la Théorie future. Il est persuadé avec raison que toutes les théories sur l’invisible finiront par se rencontrer. Dès maintenant, cette synthèse se pré pare ; le subconscient commence à prendre figure en tou chant à la fois au mysticisme, au spiritisme, à la physio logie.
Je le crois aussi, mais cela est vrai seulement pour ceux qui préfèrent se donner un mal inouï à créer une théorie synthétique, plutôt que prendre celle qui existe déjà depuis des siècles : la tradition occulte occidentale. Pour les occultistes, la synthèse est faite depuis longtemps.
BIBLIOGRAPHIE l8ç A citer encore une étude sur les songes très nettement occultiste et quelques observations sur Eusapia Paladino. Le Progrès spirite donne, de M. Laurent de Faget, un bon article sur le spiritisme et la théosophie. L’auteur a parfaitement, à mon point de vue, compris la question.
« Saluons, dit-il, les antiques initiations de l’Orient, mais puisons aux sources de vérité que l'Occidcnt met plus à notre portée et qui doivent nous désaltérer davantage. » C'est parfaitement vrai; la race blanche n’a nul besoin des Maîtres de l’Orient pour trouver le chemin. Elle a eu son initiateur et n’a pas besoin d’autre chose que de l'en seignement qu’il lui a donné.
Le commandant Darget, dans une lettre à l'Avenir de Tours, expose, avec une netteté toute militaire, la doctrine et les faits spirites. C’est parfait et très clair. Le Voile d'Isis est à recommander à tous nos lecteurs. A citer surtout un article très initiatique de Papus sur les Nombres, et le commencement d’une étude de Sédir sur les différentes initiations qui promet d’être fructueuse.
Le Bulletin de la Société psychique de Nancy contient un très important travail de M. le docteur Haas. C’est un très lumineux exposé, avec idées personnelles, des théo ries les plus modernes sur la matière et l’énergie. Parmi les re\ ues étrangères, citons : Neue Metaphysische rundschhau, revue théosophique allemande; Constancia, revue espagnole publiée à Buenos-Ayres, et plusieurs numéros du Light. G. Phaneg.
BIBLIOGRAPHIE Étude sur l’Envoûtement (1 ). Les sciences occultes sont une arme à double tranchant; ■ cette vérité de La Palice, que tout le monde connaît, tout le monde l’oublie aussitôt qu’il faudrait s’en souvenir. (1) Librairie française, 4. place Saint-Michel.
l’initiation 19° C’est pourquoi des études comme celles de Phaneg ne seront jamais assez nombreuses; de tous les éccrivains spéciaux, c’est le seul qui soit assez consciencieux pour ne pas dire tout ce qu’il sait et ne pas se lasser de mettre ¡’étudiant en garde contre sa curiosité ou ses passions.
Il est, en effet, des « maîtres » qui ne craignent pas de don ner des recettes dangereuses, dont ils connaissent les effets, tout en se disant que l'élève apprendra ainsi à se garer. Comment qualifierions-nous la mère qui laisserait son bébé dans le feu pour lui apprendre que cela brûle ? Phaneg ne professe pas cette éducation un peu trop spar tiate. Il est des rares -qui comprennent la toute-puissance de la douceur.
Son étude est très bien écrite : autre mérite rare; elle est très claire, très bien distribuée; on y retrouve la logique, l’ordre, le bon sens qui ont fait le succès des ouvrages du maître Papus ; et, pour ce dernier, avoir con tribué à l'éclosion d’un talent comme celui de Phaneg, est peut-être une plus belle œuvre encore que le meilleur de ses livres.
Je souhaite vivement que Phaneg continue de longues années son travail, dans le même esprit de bonté, de sincérité et de science : il est de ceux qui peuvent attendre la joie de se savoir écoutés, estimés et suivis par un grand nombre de disciples fidèles. Sédip . * ¥ * La Bibliothèque Chacornac vient de s'enrichir de deux petits volumes bien curieux de Sédir. Le premier est inti tulé le Fakirisme hindou.
En même temps qu’est vive ment excitée la curiosité de l’étudiant, son être intérieur est mis en garde contre la tentation bien compréhensible d’essayer aussi tous les entraînements respiratoires qui peuvent mener l’homme à des pouvoirs merveilleux.
Sédir fait si bien comprendre que, seul, un Oriental, aidé du secours incessant d'un maître, peut mener à bien les entraî nements, que tous les lecteurs abandonneront l’idée de la pratique pour retirer du volume tout le profit intellectuel possible, et il est grand. L’auteur qui connaît l’Hindouisme non comme un savant officiel, mais comme un
BIBLIOGRAPHIE IQI Initie, établit nettement ce qu'est le Fakir, quel est son rôle exact, prouve que l’initiation hindoue ne dépasse plus le Plan astral de notre système solaire, étudie et classe les différentes Yoga, ou Unions, la constitution de l’Homme, les entraînements qui permettent aux Fakirs d’arriver à produire les phénomènes étranges qui ont stu péfié tous les voyageurs.
L’étude des postures et des res pirations est bien curieuse, ainsi que celle des gestes faits avec les doigts.
Tout cela constitue, en quelques pages, une clef mer veilleuse qui permettra à tous ceux qui s’occupent d’études orientales de comprendre le sens réel, et non plus maté riel, des théories qu’ils étudieront, et surtout de ne plus confondre, comme on le fait trop souvent, les enseigne ments d'origine bouddhique avec ceux d’origine brahma nique. Le deuxième volume a comme titre : les Tempéraments el la Culture psychique, d’après J. Boëhme.
C’est une réé dition. La mystique confuse de Boëhme est rendue par faitement claire par Sédir, un des Initiés français le plus aptes à continuer l’œuvre de traductions commencées par L.-Cl. de Saint-Martin. Tous les élèves de l’École hermétique qui possèdent le travail de Papus sur les tempéraments devront aussi se procurer la très précieuse étude de Sédir, qui en est le complément indispensable dans un plan plus élevé.
Ce ne sont plus les traits des visages, ni sa couleur, ni les dispositions superficielles des caractères que l'on étudie, mais les mouvements profonds de l'âme. Ce sont des conseils, très sages pour chacun des tempéraments spiri tuels qui correspondent au tempérament matériel.
Ainsi, le nerveux doit se défier de la tristesse, de la colère et de l’avarice; le bilieux, de l’orgueil et des sens, et, chose très profonde, prendre bien garde à ne pas confondre son enthousiasme naturel avec la flamme de l’Esprit divin: le lymphatique, lui, doit se défier du mensonge el abandon ner ce qu’il aime ; le sanguin doit se garder de la prolixité et de la confusion, être sobre, chaste et modeste, etc. Le travail de la régénération est aussi très bien décrit, et on trouvera à la fin de belles pages sur la Prière. Je citerai seulement cette belle maxime : « Le vrai chrétien
l'initiation 192 ne doit pas s’occuper des actes d'autrui et n’enseigner que si l’Esprit l'y pousse expressément. » Nous engageons donc vivement tous nos étudiants à se procurer les deux volumes de Sédir, qui peuvent leur rendre un réel service dans leurs études. G. Phaneg. Atrologie, Chiromancie. Graphologies scientifiques, par Dame, professeur. « J’indique tous les événements de la vie avec dates. Moyens de réussir par les aptitudes.
Résultatssurprenants et exacts.»Batley,68, rue de Clichy, Paris. LA VOYANTE DE SAINT-QUENTIN.
Après un lumineux rapport du docteur Baraduc, le Tri bunal a acquitté de l'accusation d’escroquerie la Voyante de Saint-Quentin à laquelle tant de malades doivent leur guérison. * ¥ ¥ Jeudi 3 1 mai, à 8 heures et demie du soir Papus fera à l’Hôtel des Sociétés Savantes, 8, rue Danton, une confé rence sur la Réincarnation avec projections et clichés cinématographiques. Tous nos lecteurs de Paris sont invités à assister à cette réunion. Le Gérant : Encausse. Paris, -- Imp. E. ARRAULT et Cie, 9, rue N.-D.-de-Lorcttc.