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L’Initiation Revue philosophique des Hautes Etudes PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE F»AF»TJS 7 1 VOLUME. — 20me ANNEE SOMMAIRE DU N° 7 (Avril 1906) ------ x------- PARTIE EXOTÉRIQUE Les Miroirs Magiques (suite) (p. î à 3) . , . Phaneg. PARTIE PHILOSOPHIQUE T lie « Medium of Br idgford » (p. qà i3). . Téder. Rage.— Saint-Hubert.— Radium (p. 14319). . Tidianeuq.
Sur la Prière (p. 20 à 29)..............................................................................................Kadochem. Les Mystères de l’Occulte (suite) (p. 3o à 42). . A.-P.d.TraitdesAges. Feuilles Maçonniques (suite) (p. 4? à 49) . . Téder. PARTIE INITIATIQUE De l'èlal des Sociétés secrètes à l'époque de la Révolution (p. 5o à 66)...............................................................................................Papus.
Bibliographie de la Rose-Croix (p. 67 à 77). . Marc Haven et Scdir. PARTIE LITTÉRAIRE Rédempteur (p. 78)...........................................................................................................................Jules de Marthold. Sonnet Bicéphale (p. 79)..............................................................................................Étienne Bellot.
Un Secret par mois. — Ordre martiniste. — La Fiction et la Vérité. — Origine du mot casserole. — Livres nouveaux. — Bibliographie. — Revues des revues. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 5, rue de Savoie, à Paris-VF.
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PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essenc de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. I So: : experi mentale a conduit les savants malgré eux dans e Mui. ie de< forces purement spirituelles par l’hypnotisme . la .. • .<n .1 distance.
Effrayés des résultats de leurs propre Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renai liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en a; a ia méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains. Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, V Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent V arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin V Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l'Hypnotisme et de la Magie phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à ous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L'Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà quatorze années d’existence.— Abonnement: iofrancs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument
PARTIE EXOTERIQUE Ues Miroirs rr)cgiqü^$ (Suite.) MIROIRS MAGNÉTIQUES Ils se composent de globes en cristal remplis d’eau très claire fortement magnétisée. Ils sont placés sur un piédestal et on s’asseoit en face. Pour ce miroir le magnétisme seul est employé, sans appel et sans prières aux Esprits. Les enfants voient très bien dans ce miroir comme dans le miroir théurgique.
MIROIRS NARCOTIQUES Ils sont basés théoriquement sur ce fait, que les atomes d’une plante narcotique facilitent quelquefois les visions en arrivant à l'odorat. Pour les construire, on prend une bonne pincée des substances suivantes : belladone, jusquiame, mandragore, Heurs de chanvre, pavot, opium, on les fait digérer pendant quarantehuit heures dans un vase en verre d'une contenance de 2 litres, à peu près, à moitié plein de bon vin rôuge. Puis on place le tout sur le feu dans un bain i
2 l’initiation ¡avril de sable à distiller. Le résultat est une eau très claire, avec laquelle on remplit un globe de cristal, qu'on terme soigneusement. Ces miroirs peuvent cire employés soit le soir avec une petite lumière, soit le matin avec la lumière du jour, soit enfin en pleine lumière du soleil. Cette dernière méthode est peutêtre même celle qui donne les meilleurs résultats.
« MIROIRS GALVANIQUES Si l’on regarde fixement pendant quelque temps une pièce de 10 centimes neuve, on percevra quel quefois une sensation spéciale aux coins des yeux, sous les paupières. Cette sensation est probablement causée par l’alliage spécial de ces pièces de monnaie, qui donne naissance à une sorte de courant galvani que. Ce fait donna l’idée à Cahagnet de placer sous la pièce de cuivre un disque de zinc de la même dimension.
Il constata une action très puissante après avoir poli avec soin ce petit appareil. L’effet sera encore plus puissant si l’on donne une forme concave au côté cuivre. Si l’on réussit avec ce miroir, on pourra distinguer des formes très belles et parais sant pleines de vie.
Pour s’en servir, on le prendra dans la main gauche, de façon à ce que la partie convexe (zinc) repose dans le creux de la main, et on regardera la partie concave (cuivre) en pensant fortement à ce qu’on désire voir. Le danger de ces miroirs est de causer quelquefois une sorte de cata lepsie aux sensitifs. Un effet assez curieux de ces miroirs est le suivant: Si on regarde le côté cuivre et
3 Igo6] LES MIROIRS MAGIQUES qu'il produise des sensations de lourdeur, de gène sur le front et les paupières, cet effet sera entièrement dissipé si on regarde le côté zinc. La polarité du corps humain et des métaux pourrait peut-être expliquer ce fait et aussi, vraisemblablement, la forme même, convexe ou concave, du miroir. Cet appareil est très puissant, son magnétisme est positif et négatif.
MIROIR ARABE APPELE « MAUDEB » Ce miroir consiste en un petit rond d’encre épaisse versée dans la paume de la main d'un enfant. Il pré sente un détail assez étrange, dont la cause tient peut-être à la conjuration spéciale dite par le sorcier arabe, ou au genre d’Esprits appelés. Parmi ceux qui voient avec ce miroir, un grand nombre, aussitôt que les premières vapeurs se sont dissipées, voient ap paraître un balayeur sur une place. Les visions se succèdent ensuite. G. Phaneg.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées.
THE " MEDIUM DF BRIDGFORD " « Dieu permet les mystifications pour éprouver les vrais adeptes et punir ceux qui font du spi ritualisme un objet d'amuse ment. » (Le Livre des médiums, Allan Kardec, p. 419.) On faisait grand tapage, à Nottingham, au sujet des extraordinaires facultés d’un soi-disant médium établi depuis peu dans le joli quartier de Bridgford. A chaque nouvelle séance, des faits prodigieux avaient lieu.
L’un reconnaissait son père défunt, l’autre sa sœur, un autre sa tante, un autre encore sa vieille nourrice ; l'auto-suggestion allant crescendo, on était prêt à reconnaître tout ce qu’on ne voyait pas et à se laisser embrasser sur les deux joues par des illusions. Un soir, le général Mac-Donald apparut, sans son cheval de bataille, mais au bras d’un nègre vêtu de blanc.
Presque toute l'assistance le reconnut, et le manager du « médium », en exhibiteur de mé tier, se mit à rapporter ce « fait authentique » à qui
THE MEDIUM OF BRIDGFORD 5 voulut l’entendre. Quelques personnes sérieuses, parmi les spiritualistes trop confiants et trop enthou siastes, firent bien observer que, de son vivant, ce général n’aurait jamais soupçonné que son corps astral viendrait un jour jouer gratuitement la comé die au profit d'un barnum ; mais l’observation de ces personnes, laquelle aurait dù donner à réfléchir, passa inaperçue ou ne fut pas comprise.
Pour assister à toutes ces merveilles égrenées au son d’un orgue très criard, cela ne coûtait que la baga telle de 7 6 par personne.
On alla solliciter la clien tèle d’un de mes amis, occultiste assez connu et dont le témoignage aurait pu être très utile à l’occasion : « Je doute, répondit-il, au sujet de la médiumnité réelle de l’homme de Bridgford, et voici pourquoi : c’est que là seulement où l’on ne gagne rien il n’y a jamais fraude, tandis que la fraude est toujours dé couverte là où les séances spiritualistes sont transfor mées en exhibitions payantes.
Je me refuse à croire que des esprits, même aussi malheureux que celui de Mac-Donald, puissent être à jours et heures fixes, trois fois par semaine, à la disposition d’un individu, à l’eflet de lui faire empocher 7/6 par spectateur. » On insista et l’on remit à mon ami le document imprimé suivant, que toute personne devait signer avant d’être admise à aucune séance : « To Mr... (710m du médium'). « Holmlea», Bridgford Road, « Nottinghain. « Referring to your making arrangements for your next meeting to be held on the... inst., which I wish
6 l’initiation to attend. I, the undersigned, declare and acknowledge as follows : « i. — That I do not hold you liable or responsible to me in any way whatsoever for any phenomena or want of phenomena at such meeting. « 2. — That my sole object in wishing to attend such meeting is to have an opportunity ol observing for myself any phenomena which may be presented thereat.
« 3. — That I agree to observe strictlv the condiO J tions laid down by the leader of such meeting. «4. — That I will not send or give to the press, ei ther directly or indirectly, or in any way publish a report of such meeting. « In consideration of your so making arrangements, 1 guarantie and undertake to pay you the sum of..... towards the expenses of the said meeting. « Signature... * Dated this... Day of...
190 . » Après avoir parcouru cette pièce, mon ami, qui est très jovial, se mit à rire : « Mais ceci, dit-il, est une sottise sans exemple ; c’est l'aveu formel que le mys tificateur veut d’abord lier les mains de celui qu'il va mystifier. L'article premier est charmant : on ne peut avoir à se plaindre si par hasard une poupée se fait trop voir. Quant à l’article 4, il est simplement déli cieux.
Décidément, je ne puis me faire à l’idée que même des enfants puissent signer cela... » Plusieurs personnes, sans cependant oser affirmer la réalité des phénomènes auxquels elles avaient as
THE MEDIUM OF BPIDGFORD 7 sisté, intervinrent. Elles firent voir plusieurs photo graphies des « matérialisations » obtenues à Bridg ford.
Mon ami, qui n’est pas incrédule, qui est un spiritualiste dans le bon sens du mot, mais qui pense raisonnablement que les corps astraux ne s'occupent jamais à satisfaire la cupidité d'aucun homme, jeta un coup d'œil sur les photographies qu'on lui pré sentait et demanda : Est-ce que ces matérialisations-là sont opérées en pleine lumière ? — Oh non, elles n'en pourraient soutenir l’éclat; c'est pourquoi l'obscurité ou la presque obscurité est indispensable... — En ce cas, les matérialisations de l'homme de Bridgford sont bien aimables de ne pas disparaître au moment où, tout le monde parti, on fait la pleine lumière pour les photographier...
Et est-il possible de toucher les « matérialisations »?... — Non, car on mettrait ainsi le « médium en transe » dans une situation dont les conséquences pourraient lui être fatales.
Le manager affirme cela et s’oppose d'ailleurs à tout attouchement de la part des spectateurs, lesquels sont tenus d'observer l'article 3 du document qu’ils ont signé. — Cependant, reprit mon ami, je pourrais vous citer de nombreux cas où des matérialisations réelles, comme celles obtenues autrefois chez sir William Crookes, se sont laissé serrer les mains par des assis tants.
Mais, peut-être, craint-on chez le « médium du Bridgford » que la main de la matérialisation ne puisse arriver à se dématérialiser sous une trop forte étreinte.
8 l’initiation Eh bien, je ne vois pour ce personnage qu’un seul moyen de prouver la réalité des phénomènes qu’il produit : c'est de prier la matérialisation de tremper sa main dans de la stéarine fondue, à l’eilet de lais ser. au moment de la dématérialisation, un moule parfait de la main... — Oh ! le médium ne voudra jamais cela.
Vous oubliez qu’il est l’instrument de ses guides et qu’ils ne sont pas à ses ordres... — Ils le sont bien, cependant, trois fois par se maine et à heures fixes.
De plus, je trouve qu’ils sont presque aussi intelligents que leur sujet : celui-ci ne veut pas que les 7/6 qu’on lui paye parreprésentarion donne le droit d’examen et de critique, et ceux-là. qui produisent des matérialisations pour que le monde payant puisse les observer et s’instruire, interdisent précisément les seules observations qui pourraient conduire à la connaissance de la vérité. Tout bien considéré, je refuse d’aller à Bridgford.
Je crois, je croirai toujours à la réalité des phénomènes obtenus en famille ou dans des cercles d’études ésotériques, mais à la réalité de phénomènes produits contre ar gent, jamais!...
Je crois aux matérialisations; je n’en aurais pas vu, que je croirais à toutes celles rappor tées dans les anciens procès de sorcellerie, à toutes celles signalées depuis les temps les plus reculés par l’histoire universelle, à celle qui se présenta devant le roi de Prusse la veille de la bataille de Valmy, à celles qui ont eu lieu chez l’iilustre savant William Crookes. Mais à celles produites à raison de 7/6 par spectateur chez le « médium de Bridgford je n’y
THE MEDIUM OF BRIDGFOBD 9 ns la crois pas... Dans tout ce qui m'est rapporté et da tout ce que j’entends à droite et à gauche, je vois preuve que mon intuition ne me trompe pas... Les faits n'ont pas donné tort à mon ami.
D’abord une lettre du docteur Wallace, publiée le 27 janvier, a exprimé quelques doutes ; puis, le 3 février, le Rap port de la délégation spiritualiste de Nottingham en a exprimé d’autres; enfin, le 5 mars, un flagrant délit de fraude était constaté à Londres par M. Ronald Brailey et plusieurs autres personnes.
Une chaise à secret compartiment composait tout le plan astral des « matérialisations » opérées parle « médium de Bridgford », et ce gentleman s'asseyait dessus avant de jouer la comédie de la transe !
Quelle triste et pénible leçon pour tous ceux que ¡'enthousiasme aveuglait, pour tous ceux qui, sous l’influence de l'auto-suggestion, découvraient un pa rent dans les poupées exhibées, mais étaient incapa bles, tant leur bonne foi était grande, de découvrir la fraude sous la cupidité d'un batteur de monnaie.
Nous savons tous que le monde des esprits n’est pas un rêve, nous savons tous que des matérialisa tions peuvent se produire; qu'avons-nous donc à courir pour aller les voir, comme on va voir les tours d'un prestidigitateur ?
Si le visible est la manifesta tion de l’invisible, ne sommes-nous pas suffisamment convaincus de l’existence de la Suprême Intelligence par les merveilles qui nous entourent, depuis la se mence qui va éclore et produire un arbre jusqu'à ces millions d’étoiles qui gravitent dans l'espace sans le secours d'aucune de nos sciences réputées exactes? r
10 l’initiation Qu’avons-nous donc à imiter les Pharisiens et à de mander sans cesse à voir des prodiges et des miracles, quand tout est miracle et prodige autour de nous?
La presse quotidienne, qui parle souvent de omni re scibili et quibusdam aliis, mais qui est puissante parce quelle pénètre profondément dans les masses, s’est emparée de cette affaire — et l'on rit à présent un peu partout de ces bons spiritualistes qui ont dé pensé leur argent pour aller voir des poupées dégui sées en esprits ; on rit de ces personnages, petits ou grands, qui, après la première lettre du docteur Wallaceou le Rapport du Comité spiritualiste de ottingham, ont osé prendre parti pour le « médium de Bridgford » dont ils ignoraient les trucs, mais dont ils garantissaient cependant la probité, uniquement parce que ses « matérialisations », non prouvées réelles, cadraient avec leur crovance. •/ Cela ne serait rien, en somme, si les commérages des journaux quotidiens n’avaient pas poussé plus loin les choses.
Maison dit aujourd’hui, en faisant allusion à ce malheureux : Ab uno disce omnes — ce que le vulgaire n’arrive à traduire qu’en mettant en doute la droiture de tous les médiums et l’existence même du monde spirituel.
11 est heureux, vraiment, et ceci a produit et pro duira un grand effet chez les personnes de bon sens, que ce soit un croyant, un spiritualiste, un clair voyant, qui ait, par une simple action psychomé trique, découvert et démasqué le faux médium, d’ail leurs soupçonné par des sensitifs l'ayant approché.
Cependant, songez aux autres conséquences, si celuiTUE MEDIUM OF BR IDG FORD I I ci n’avait été découvert que par un incrédule quel conque: le spiritualisme tout entier aurait été déclaré complice de la fraude, on l’aurait accusé de vouloir imposer la foi par le mensonge et l'imposture, on l'au rait accusé de suivre cette horrible maxime pratiquée autrefois par une femme célèbre : « In order to rule men, it is necessary to deceive them ; in order to per suade them to let the reselves be driven where vou will, you must promise them and show them plav things... » Rappelons donc que le devoir de tout spiritualiste sincère, dans l'intérêt meme de la noble cause qu’il défend, n'est pas de toujours tenir pour vrai, à pre mière vue, ce qui paraît vouloir appuyer sa foi, mais de prendre toutes les précautions désirables afin de n être jamais la dupe des faux médiums ; ceux-ci peuvent avoir souvent l’apparence de spéculateurs éhontés, mais dans la réalité ils peuvent être aussi bien de simples agents au service d'une organisation ennemie.
Il'y a lutte entre le matérialisme et le spiritualisme, et l’on sait qu’entre des armées qui luttent, il y a tou jours des ruses de guerre.
Or, les trucs des prestidigi tateurs de Music-Halls, les tables qui dansent sous des impulsions électriques, les chaises à comparti ment secret, les spectres en baudruche que l'on gonfle et dégonfle selon qu’on veut les faire apparaître ou disparaître dans une obscurité relative, sont des ruses au moyen desquelles le matérialisme, qui a établi des sociétés magiques à la tète desquelles sont des « sor ciers » connus, a toujours tenté de faire tomber le
12 l’initiation spiritualisme sous la risée publique et cherchera en core à étouffer la renaissance spiritualiste constatée à présent dans toutes les parties du monde. La fabrication de la chaise spéciale employée pour les « expériences » de Bridgford prouve qu’il existe des fabricants de chaises à compartiment secret pour l’usage des faux médiums.
Les « matérialisations » truquées qu'on exécutait auraient pu être exhibées dans les foires, et leur auteur aurait eu, sans avoir à craindre d'être puni, un beau succès d’argent. Au lieu de cela, il a préféré tromper le public spiritualiste, en risquant à chaque instant d’être pris en fraude : cette préférence marquée montre que ce« business man » a dû jouer un rôle, être l’instrument de quelqu’un ou de quelque société.
Et ce qui tend à montrer cela da vantage, c’est que, s'attaquant aux auteurs du Rap port de la délégation spiritualiste de Nottingham, il a eu l’eflronterie d’écrire : « Wepreach charity and y et are only too realy to hurt wilfully our own worckers, upon whom the pré sent day seekers reste their evidence (>)... » Je répète que c’est un bonheur que cet homme ait été démasqué chez un spiritualiste et se soit vu obligé de s’avouer coupable devant des spiritualistes accompagnés par un détective du service public.
Pour conclure, je dirai qu’il est toujours facile de savoir où réside l’imposture, contre laquelle tous les pièges sont permis. Il suffit, quand on voit le spi ritualisme honteusement transformé en industrie, (i) Lettre au Light, io Feb. 1906, p. 69.
THE MEDIUM 01- BRIDGF0RD 13 quand on entend parler d'esprits se matérialisant pour permettre à un individu de faire de l'argent, il suffit, dis-je, d'ouvrir le Livre des Médiums et de méditer un instant ces lignes du grand spiritualiste Allan Kardec : « Dans les sciences naturelles, on opère sur la matière brute qu'on manipule à volonté, et l’on est à peu près toujours certain de pouvoir en régler les effets.
ZMws le spiritualisme, on a affaire à des intel ligences qui ont leur liberté et nous prouvent à chaque instant qu elles ne sont pas soumises à nos caprices... Aussi disons-nous hautement que qui conque SE FLATTERAIT DE LES OBTENIR A VOLONTÉ NE PEUT ÊTRE QU'UN IGNORANT OU UN IMPOSTEUR. C'est pourquoi le spiritualisme vrai ne se mettra jamais en spectacle ...
On sait l’aversion des Esprits pour tout ce qui sent la cupidité et l’égoïsme, le peu de cas qu'ils font des choses matérielles, et l'on voudrait q fils aidassent à trafiquer de leur présence: cela répugne à la pensée (2 ...
Quiconque prétend avoir à ses ordres des Esprits pour les exhiber en public, peut à bon droit être suspecté de charlatanisme et de prestidigitation plus ou moins habile (3 ... » La fraude découverte, le coupable démasqué, par donnez ! Teder. (1) P. 3o. (2) P. 421. (3) P. 423.
Rage = Saint=Hubert = Radium Le grand saint Hubert, patron de tous les nemrods passés et à venir, par une de ces curieuses doubles faces des symboles, est aussi le médecin des animaux. Il les préserve et les guérit de la rage. Au moyen âge et même encore de nos jours, quoique la clientèle ail sensiblement baissé, son pèlerinage en Belgique est resté célèbre.
Ci-après l'instruction pour l’emploi des clefs de saint Hubert : Instruction.—Sur l'usage des cornets deJer, nommés ordinairement clefs de saint Hubert, qui sont bénis par des prières particulières et ensuite touchés à l'étole miraculeuse de ce grand saint.
Dès qu'on s’aperçoit qu’un animal a été mordu ou infecté par un autre, il faut faire rougir le cornet ou clef au feu et l’imprimer sur la plaie même, si cela se peut commodément,sinon sur le front jusqu’à la chair vive, et tenir ledit animal enfermé pendant neuf jours, afinque le venin ne puisse se dilater parquelques agita
LA RAGE SAINT-HUBERT l5 tions immodérées. Les animaux sains seront aussi marqués au iront, mais il ne sera pas nécessaire de les tenir enfermés. Cela fait, quelqu'un de la famille, soit pour un ou plusieurs bestiaux, commencera le même jour à réciter pendant cinq ou neuf jours consécutifs, selon sa dévotion, cinq Pater et Ave à l'honneur de Dieu, de sa glorieuse mère et de saint Hubert.
Pendant tout ce temps, on donnera tous les jours audit animal, avant tout autre nourriture, un morceau de pain ou un peu d’avoine bénits par un prêtre à l’honneur de saint Hubert. La vertu merveilleuse de ces cornets pouf les bes tiaux est suffisamment constatée par l’expérience journalière, et quand, malgré cette précaution, la rage se communiquerait à un tel animal, on voit ordinaire ment qu'il crève sans nuire aux autres.
Ce serait un abus, et ces clefs seraient profanées, si on s’en servait pour marquer des hommes, ou si on les imprimait sur du bois, ou autres choses, lors qu'elles sont rougies au feu, puisqu’elles ne sont bénites que pour les animaux. Ce serait aussi un abus de croire qu’elles sont profanées, lorsqu'on les laisse tomber à terre ou qu'on les touche avec la main.
On donne avis qu’il n’y a pas de moyen plus salu taire, pourêtre préservé de la rage et pour préserver son bétail, que de le faire inscrire à temps clans la confrérie de saint Hubert et de s’arrenter, de même que son bétail, par quelque cens annuel, à la dévotion d’un chacun, ainsi que cela se pratique depuis longtemps dans plusieurs endroits.
l6 L'INITIATION Notez bien qu’il faut appliquer la clef rougie entre les deux yeux. Cette clef ou cornet était de dimension variable. Un manche en bois, pareil à celui d’une lime ou d’un poinçon dans lequel s’engage une tige de fer de i5 à 20 centimètres de long terminée par la clef, en forme de /\ et fixée perpendiculairement à la tige. Actuellement la guérison de la rage par le radium fait un certain bruit.
Deux professeurs italiens, Tissonni (de Bologne) et Bongiovanni (de Ferrare) sont les auteurs de la découverte. Ils n’opèrent encore avec succès que sur des lapins, mais entre cet intéressant quadrupède et l’homme il n’y a qu’un pas, grand si on veut : il faut espérer de le voir franchir ! Ils démontrent que le virus rabique fixe est décom posé par le radium, qui ainsi perd sa virulence. L’effet est semblable sur un animal inoculé.
Même il suffit d’appliquer le radium sur une partie quelconque du corps pour obtenir un résultat. Un animal mordu depuis plusieurs jours peut par ce moyen être sauvé. Plus la radio-activité est forte, plus le traitement est actif. Mais c’est surtout sz on l'applique sur l'œil que l’effet curatif se fait le mieux sentir, et cela sans que les troubles de la vision soient à craindre.
Le virus fixe décomposé par le radium se transforme en un excellent vaccin, dont une goutte instillée dans l’œil détermine une immunité réelle contre un virus qui tue les animaux témoins en huit jours. Assurément que la crédulité humaine est la seule
LA RAGE SAINT-HUBERT 17 mine inépuisable du globe, maison ne saurait mettre en doute que les cornets de saint Hubert ont dù pro duire certaines guérisons et il y a lieu d'examiner la possibilité de la chose. D’abord les animaux sont hypnotisables comme les personnes, ils peuvent donc ressentir les ébranlements fluidiques d’ordres divers.
Comment agissent les lieux de pèlerinages, aussi bien les chrétiens que les boudhistes, que les mahométans, voire les centres guérisseurs laïques,sinon par une sorte de suggestion exercéesur l'espritdesmalades. Ensuite ils sont les points de contact du moment entre les hommes et le grand courant magnétique et vital qui circule autour de la terre, et qui est sur tout actionné par l’activité solaire.
Enfin l’activité de ces lieux est renforcée par la chaîne qui s'établit entre les pèlerins. 11 y a conden sation de fluide actif, lequel, par la volonté incons ciente des croyants, se fixe en ce point.
De même que les volcans sont les cheminées qui mettent en communication l'intérieur et la surface de la terre, pareillement les sanctuaires guérisseurs, quels qu’ils soient, sont les rhéophores par lesquels on peut prendre contact avec la grande pile vitale et réparatrice de l'énergie mondiale. Les croyants vont en pèlerinage, d’autres préfèrent les eaux plus ou moins thermales, autres rhéophores tout aussi puis sants, tendus aux incrédules.
Comment agit le radium ? Par la radio-activité, c’est-à-dire par des radiations, des ondulations, des ébranlements d’un genre, d’un rythme spécial., mais a
i8 l'initiation contenus dans la grande gamme des vibrations éthé riques. Lorsqu'on transforme un virus, que de nocif on le rend stérile, c’est qu'on l'a soumis à une suite d’ébranlements successifs en le faisant séjourner dans des milieux divers : chaleur, lumière, couleur, électricité agissent successivement.
Le radium, dont la radio-activité parait être un ébranlement capable d’influencer I’ètre vivant d’une manière directe, beaucoup plus efficace qu’une autre vibration, était indiqué pour agir sur les infiniment petits, source de la plupart de nos maladies.
La démonstration à faire serait donc de prouver qu'un animal mordu, placé dans un lieu de foi vive et approprié, un de ces points de contact avec le cou rant vibrai universel, est susceptible d'en ressentir l’effet et de voir se modifier les maladies micro biennes qui l’infestent, une cérémonie y aidant. Théoriquement on pourrait comprendre la chose.
La radio-activité du radium et le magnétisme ter restre condensé ne sont que des modes de vibration du grand agent universel. Un point remarquable est que le traitement au radium réussit surtout appliqué sur l’œil et que ces bons sorciers d’antan avaient aussi remarqué que la clef de saint Hubert, bien rougie, donc dégageant des vibrations caloriques, devait aussi se poser entre les deux yeux.
Ce point est, comme on le voit, depuis longtemps reconnu comme très sensible; les phrénologues ont logé notre moi dans ses environs.
LA RAGE SAINT-HUBERT 19 L'animal qui est touché par la clef est amené attaché, on l’environne, il a peur, est inquiet, voit le feu. l'instrument rougir, puis s'approcher de ses yeux. Comme il est suggestionnable, si réellement il y a ébranlement en son intérieur par des vibrations extérieures et qu'il puisse être influencé, il le fera très vivement. S'il est affaibli par une blessure, il le sera davantage.
« Les dieux s'en vont, le grand Pan est mort », retentit un jour, il y a près de vingt siècles. A notre époque on entend : « la Foi se meurt, les Pèlerinages vont disparaître », c’est pourquoi le radium, qui m’a fout l’air d’ètre le fameux point brillant qui se trouvait entre les cornes de Léonard, vient à point remplacer la clef de saint Hubert.
Pour terminer, il y a lieu d'ajouter que, si ces clefs ont agi même on peut l’admettre en certains cas pour les raisons que je viens d’exposer), elles ont pu le faire à certaines époques et dans certains lieux déterminés; mais lorsqu’elles devinrent objet d’expor tation, furent appliquées à tort et à travers, on peut être assuré qu'elles devinrent inefficaces et ne furent qu’un bénéfice pour le sanctuaire.
Les médecins de l'àme ont, en tous temps, vécu de l’autel qu’ils recommandaient, et, pour être juste, les médecins du corps se font de bons bénéfices en prônant des eaux minérales qu’ils savent sans effet loin de leur source d’origine, car elles ont perdu toute radio-activité, cette vie universelle empruntée au Grand Agent, au Serpent Astral. TIDIANEUQ.
SUR LA PRÎÈRE Je vais commencer une tâche bien difficile, et la hauteur du sujet est telle que je m'excuse aussitôt de ne pouvoir, comme il conviendrait, en parler digne ment. Et quel sujet que la Prière ! vaste comme les Cieux quelle peut embrasser, profonde comme l’Abîme dans lequel elle peut opérer, puissante à l'égal des Forces Cosmiques même, tout cela et plus encore...
Lorsqu’une opinion, très répandue en nos jours, a formulé sa négation à l’égard de Dieu, elle a trans formé, pour ainsi dire, la nature de (’Homme. Toutes les religions affirment que celui-ci est cons titué d’un corps, d'une âme et d’un esprit, le Matéria lisme en fait un agrégat de matière agissant automa tiquement.
Et pourtant il y a autre chose que cette machine : des faits multiples, convaincants, qu’il serait fasti dieux de répéter, ont montré qu’il y avait un principe immatériel, conscient..., bref, l'existence de l’Ame se révélait. Nous ne discuterons pas davantage cette existence;
SUR LA PRIÈRE 21 nous admettrons aussi, par la Foi, que celte Ame est émanée de Dieu. Depuis la Création, l’Ame n’a cessé d’être en rap port possible avec son origine, de même que Dieu s'est constamment manifesté. Or, il n'y a qu'une seule manière pour l'Ame d’entrer en communication avec Dieu : c’est la Prière. Qu’est-ce donc que la Prière? La Kabbale nous enseigne que Nischamah ou l’Esprit reçoit constamment l’influence divine.
Ce Nischamah est au-dessus de notre moi, il est cet Inconscient supérieur désigné par beaucoup d’autres noms. Entre cet Inconscient comprenant l’individua lité indestructible et l’inconscient inférieur, l’Ame, le moi s’agite et se balance. Soit que l’Ame se dirige en bas, alors elle prend conscience de la Nature physique par l’inconscient inférieur, le corps et son système sensoriel.
Ou elle se meut dans la région adéquate à sa nature et le domaine psychique lui est ouvert : elle prend conscience d’elle-même et de tout ce qui se rattache aux âmes. Elle peut encore s’élever vers l’Esprit, où, par l’in termédiaire de l’inconscient supérieur, elle pénètre dans le monde spirituel jusqu’à Dieu.
Mais l’Ame, qui peut spontanément se porter vers le monde physique, doit, pour s’élever vers le monde spirituel, être incitée par celui-ci ; ici elle est passive, tandis que là elle est active. Eh bien ! la Prière est justement cette ascension
22 L1N1TIAI ION vers le monde spirituel par l'inconscient supérieur qui permet au moi de s'unir à Dieu. 11 existe beaucoup de contrefaçons de la Prière; nous les verrons par la suite, d'ailleurs. Mais de ce que i’Ame doive ressentir l’incitation, origine de la Prière, il ne faut pas conclure que ce:te incitation soit toujours manifestée par des transports de ferveur, au contraire.
Bien souvent, nous ressentons un désir plus ou moins intense de la prière, ou parfois meme simple ment l’idée. Ce désir ou cette idée peut être obscurci pour ainsi dire par une foule d'occupations diverses : mais ce désir, pour si éclipsé qu’il soit, parvenu à la conscience, n’en est pas moins d’origine spirituelle et réclame l'assistance de la volonté. .
La Prière peut revêtir trois formes : Elle peut être cardiaque, c’est-à-dire opérer dans le cœur seulement sans pensée ni parole : c’est un sen timent non exprimé qui s’exhale le plus souvent. Mentale, et alors le désir se traduit en expressions intérieures par les idées. Enfin, elle peut être orale, et le désir ou sentiment exprimé à l'intérieur se profère au dehors.
La Prière verbale est donc la plus complète, puis qu’elle synthétise les trois états. Mais, à la profération verbale ne s’arrête pas la génération delà Prière : après avoir été formée inté rieurement, elle va suivre un développement ana logue, mais en sens in verse dans l’invisible extérieur. On sait quelle action a ie verbe humain en général sur les êtres qui peuplent l’invisible : ceux-ci y sont
SUR LA PRIÈRE 2 3 beaucoup plus que nous sensibles, percevant l'âme agitée de divers sentiments qu’elle exprime d’une part, et la création propre, pour ainsi dire, de l’objet qu’indique celte parole.
Il est vrai de dire que cette création est toute rela tive qui n’existe que selon la mesure d’intensité du désir, mais enfin, là où il n’y a pour nous qu’une production d’ondes sonores, apparaît pour l’invisible une image animée, plus, un être réel jouissant d’une vie particulière. 1 n homme qui parle détache un peu de sa vie au bénéfice de l’existence dynamique des idées qu’il exprime.
Cette partie de l’astral humain extériorisé par la parole provoque dans l'invisible atmosphère un tour billon astral qui attire, par son mouvement, les cires environnants. C'est à cause de celte aimantation que la Prière orale exerce une si grande influence sur les élémentaux.
Mais bientôt ce tourbillon prend une direction : comme un caillou jeté à la surface de l’eau en a ébranlé la masse, puis se dirige à l’intérieur, ainsi la Prière, après avoir créé ce tourbillon et cette attrac tion, va se grouper aux désirs analogues déjà expri més par lui et par les autres. A ce moment-là, la Prière est constituée par un tourbillon astral fixé sur un élémental et la forme, symbolique ou non, dépendante de l’objet delà Prière.
Ces deux choses, uniquement d'origine astrale, ne sont en contact qu’avec l’astral. Puis l’idée, exprèst 24 l’initiation sion de l’objet du désir, va dans le plan mental, va se joindre à l’objet qu’elle indique. Enfin, le désir ou sentiment, d’origine spirituelle, pénètre dans ce plan jusqu’à Dieu qui le reçoit.
Or, tous les désirs exprimés en prière ne viennent pas du plan divin quoiquetant tous spirituels, car il y en a aussi d'incités par cet Esprit désigné dans r l’Evangile sous le nom de Prince de ce Monde. C'est même la plus grande part. Seulement, tandis que Dieu agit sur l’Amc par l’inconscient supérieur, le Prince de ce Monde opère en l’homme par le moyen de l'inconscient inférieur.
Il est d’ailleurs facile de discerner l’origine d'un désir : tandis que Dieu inspire toujours la Charité, l’Amour, l’Altruisme, le Prince de ce Monde (que l’Evangile décrit magnifiquement) toujours inspirera la Convoitise, l’Égoïsme. La Prière va donc à Dieu quand elle est inspirée par l’amour d’autrui, au Prince de ce Monde quand elle a l’amour de soi pour mobile!
Combien est-il de gens qui lui adressent leurs Prières, croyant que c’est Dieu qu’ils invoquent I Telle est la dernière étape de la Prière. Lorsque la Prière est seulement mentale, elle sup prime jusqu’à un certain point les résultats astraux : le sentiment ne prend alors que la forme symbolique. Dieu,étant l’Esprit immense, pénètre toutes choses, et son sanctuaire est aussi bien dans l’infini des cieux comme dans le cœur de l’homme. Il semblerait logique que l’homme cherchât en soi le but de ses aspirations, mais non, la généralité des .J
SUR LA PRIÈRE 25 âmes cherchent en dehors d'elles, bien loin dans les deux, ce qui est si près d’elles. Et pourtant, à tous, l’Evangile ne dit-il pas : « Le Royaume des Cieux est au dedans de vous ? » Seul, le Régénéré suit la voie évangélique, aussi scs résultats sont-ils diamétralement opposés !
Son âme avec son désir s’enfonce profondément en elle-même et par une puissante évocation, c'est-àdire, suivant la force du terme, par un puissant appel en soi, entre dans un état de recueillement dans lequel elle communie à Dieu pour ainsi dire, en identifiant sa volonté à celle de son Père. Sa volonté devient, dès ce moment, une avec celle de Dieu, il sait par là si ce désir est ou n’est pas reçu de Dieu.
Cet exercice est appelé par les Mystiques l'introduction de ses désirs en Dieu. Si cette chose a reçu le consentement divin, le Régénéré, en coopération avec le Verbe ou Christ, imagine les moyens de réalisation, puis en projette les germes dans la Matière astrale par la parole. C'est alors, et seulement dans ce cas, que l’Homme peut proférer un Verbe de Puissance, une Parole de Vie, et cela à cause du concours divin, je le répète.
Arrêtons-nous un instant sur le rôle important que joue ici l'imagination. « L’Intelligence et la Volonté ont pour auxiliaire et pour instrument une faculté trop peu connue et dont la toute-puissance appartient exclusivement au domaine de la magie : je veux parler de l'imagination que les cabbalistes appellent le diaphane ou le trans lucide.
2(5 l'initiation «.
L'imagination est en effet comme l'œil de l'âme, et c’est en elle que se dessinent et se conservent les formes, c'est par elle que nous voyons les reflets du monde invisible, elle est le miroir des visions et l'appareil de la vie magique : c’est par elle que nous guérissons les maladies, que nous influençons les saisons, que nous écartons la mort des vivants et que nous ressuscitons les morts, parce que c’est elle qui exalte la volonté et qui lui donne prise sur l'agent universel.
« L’imagination détermine la forme de l’enfant dans le sein de la mère et fixe la destinée des hommes ; elle donne des ailes à la contagion et dirige les armes * àJaguerre. Etes-vous en danger dans une bataille? croyez-vous invulnérable comme Achille et vous le serez, dit Paracelse. La peur attire les balles et le courage fait rebrousser chemin aux boulets. On sait que les amputés se plaignent souvent des membres qu'ils n'ont plus.
Paracelse opérait sur le sang vivant en médicamentant le résultat d’une saignée: il gué rissait les maux de tête à distance en opérant sur des cheveux coupés : il avait, devancé de beaucoup, par la science de l’unité imaginaire et de la solidarité du tout et des parties, toutes les théories ou plutôt toutes les expériences de nos plus célèbres magnétiseurs.
Aussi ses cures étaient-elles miraculeuses et a-t-il mérité qu'on ajoutât à son nom de Philippe-Théo phraste Bombart celui d’Auréole Paracelse en y ajou tant encore l’épithète de divin ! « L'imagination est l’instrument de l’adaptation du verbe. »
SUR LA PRIÈRE 27 Telles sont les splendides révélations qu'Eliphas nous lait dès les premières pages de son Dogme sur ce sujet. Mais que dit Gui htel ?
« Bien prier, ce n’est pas, selon mon expérience et ma pratique, dire des mots: c’est abîmer l’Esprit ou la Volonté de Fame en Dieu, et c'est un engendrement de la Sainte Trinité et Sagesse à travers les sept (ormes de la Nature. » Et encore : « Comme la volonté est aussi subtile qu’une pensée et qu'il lui faut un corps où elle puisse opérer, elle saisit pour cela la Parole du Christ dans son imagination et pénètre jusqu'à Dieu. » On voit ici le procès.us interne de lame vers Dieu.
Voici maintenant l'union du Mystique : « L'Esprit de Dieu me rencontra dans ce désir et la Conjonction alluma le Feu par lequel ma volonté anxieuse se changea en une aimable joie, je sentis une lumière et je fus exaucé. » Notre Théosophe a la réalisation de la prière par l'imagination : « Que le cher Disciple soit donc prévenu qu'il lui faut concevoir fortement l’Amour dans son désir et son imagination. » (Theosophia practice.) On voit, par ces quelques extraits, quel rôle impor tant remplit ici l’imagination.
Et c’est à dessein que nous nous attardons à cette partie de la Prière Mystique. L’Évangile, dans quelques-unes de ses sublimes leçons, va nous montrer un autre facteur non moins important : nous voulons parler de la Foi.
28 l’initiation '< Si vous aviez de la Foi gros comme un grain de sénevé et que vous disiez à cette montagne : trans porte-toi d’ici là, elle s’y transporterait et rien ne vous serait impossible. » (Mat., XVII, 19.) La Foi. ce don sublime de la confiance, cette certi tude invincible en une chose, qui de nous ne La éprouvée au moins une fois, nous faisant entrevoir la splendide réalité de ¡’Union mystique?
N’est-ce pas elle qui opère les miracles, c'est-à-dire ces faits à la réalisation desquels tous les obstacles semblent accumulés ? Croyez, et vous pourrez, disait Eliphas Lévi, et en effet, si nous prenons l’habitude de cultiver la Foi dans notre vie quotidienne, nous serions bien moins les bouchons inertes des vagues de la Fatalité !
L’Introduction de la Volonté propre en Dieu, l’ima gination et la Foi, tels sont les éléments de la Prière du Mystique. Aussi ses effets sont-ils merveilleux .’ Kadoche.m . (.4 suivre.)
Les Aptères de l’occulte (Suite.) \insi s'était posée la première pierre de ce vaste édifice que devait être, par la suite, l'alliance des peuples latins. L’idée mère, en germe et en incu bation depuis de longues années dans le cerveau d’un savant universel, puis propagée dans d’autres cerveaux, faisait lentement son chemin.
La première manifestation de cette activité fut la création d’un centre intellectuel, où ingénieurs, médecins, prêtres, écrivains et savants vinrent s’entretenir amicalement. La conversation roulait sur les sciences exactes et surtout sur les sciences occultes. Tous catholiques éclaires, ils se mêlaient aussi de politique.
Dans des discours philosophiques de haute envolée, dans des entretiens purement métaphysiques, ils agitaient toutes les questions controversées de notre époque. Mais le but réel de cette « association idéale de métaphysiciens » nul ne le connaissait encore, et nul ne pouvait le deviner. On pressentait bien quelque vague mystère planant au-dessus des dis cussions scientifiques ou politiques; mais ce vague
3o l’initiation mystère, malgré tout, demeurait impénétrable. Ainsi l’avait voulu Jacobus. Et le philosophe expliquait à son disciple Marc: « Nous ne pouvons encore dévoiler notre but. pour plusieurs raisons.
La première, c'est que nous ne sommes nullement préparés: il y a parmi les douze « intellectuels »qui fréquentent nos réunions, qui font partie de notre groupe harmonique, deux ou trois personnes dont je ne puis, pour le moment, garantir la sincérité de convictions et la rectitude de croyance. Lorsque ce point sera éclairci, nous agirons.
« La seconde raison, c’est que nous sommes trop peu nombreux pour engager cette lutte formidable où vont se déchaîner tous les appétits et toutes les pas sions. Nous nous briserions infailliblement contre r l’autorité redoutable de l’Etat ou contre le scepticisme qui accueillerait une manifestation prématurée de notre existence et de notre puissance.
Quelques jours après cette fameuse discussion semireligieuse et semi-politique, achevée en coup de théâtre par la révélation inattendue de maître Jaco bus, une certaine agitation régnait dans notre groupe harmonique. Le pythagoricien nous avait prévenu de plusieurs visites, de plusieurs adhésions et d'une « puissance » qui voulait bien nous honorer de sa présence et de ses encouragements. Ce mot« puis sance » nous laissait dans une anxieuse expectative,
LES MYSTÈRES DE L’OCCULTE 3l et curieux tout à la fois. Nous ne pouvions pressen tir. même lointainement, ce que pouvait être cette « puissance », et nous attendions religieusement qu’on voulut bien nous en instruire. Nous étions réunis au grand complet, treize « in tellectuels » avides de mener le grand combat des idées, impatients d’entamer la lutte ouverte contre l’athéisme et la fausse démocratie.
Une revue superbe de grand format, dont la direction avait été confiée au docteur Marc, où collaboraient tous les latinistes de notre groupe, provisoirement, portait le germe de son nouvel idéal dans toutes les provinces latines. Nos brochures étaient répandues à profusion dans tous les centres importants, créant un certain courant d’opinions contraires dans la classe lettrée.
Les uns approuvaient sans restriction nos revendications in tellectuelles, les autres s’effrayaient de cette abon dance d’idées et de sentiments subversifs. Néanmoins, les signatures collectives, les adresses enthousiastes, les lettres de félicitations nous arrivaient quotidienne ment et en grand nombre. Il nous arrivait également des revues et des journaux où l'on commentait pas sionnément, avec éloges ou sarcasmes, l'œuvre en treprise.
Les uns magnifiaient le culte rendu au génie latin, et soutenaient de leur verbe sa restaura tion qui ne pouvait qu’être heureuse: les autres se moquaient brutalement de notre folie qui ne pouvait qu’être dangereuse! Cependant, l’idée de maître Jacobus cheminait. Beaucoup d'écrivains et de savants s'étaient ralliés à notre idéal et combattaient l'absolutisme et l'abus des
l’initiation [avril vieilles formules. Les temps étaient proches, sem blait-il, où l’intellect latin reprendrait son ancienne prépondérance. C’était ce que nous disait le docteur Marc, cm at tendant les nouveaux champions qui devaient grossir notre glorieuse phalange.
Nous 1 écoutions avec un muet respect, car ce per sonnage. dont nous ne connaissions rien de la vie an térieure et de la vie privée, exerçait sur nous une vé ritable attraction ; un prestige indéfinissable auréolait sa tête d’apôtre, prestige que nous ne cherchions pas à dissimuler, ascendant dont nous ne pouvions pas nous soustraire.
Une douzaine de personnes étrangères à notre « association idéale » furent introduites par maître Jacobus, il nous les présenta : « Voici plusieurs « intellectuels» qui désirent en trer dans notre sein. La plupart d’entre eux sont déjà des écrivains en renom. Ils n’ont d'autre but que notre but commun, d'autre idéal que notre idéal à tous, d'autre désir que celui d’être utiles à notre pro jet rénovateur.
Vous dirai-je que je le connais inti mement et que vous pouvez vous fier à eux comme à moi-même? Rien de notre dernière réunion ne leur est caché; et, s’étant intéressés à notre triple tâche, ils ont prêté le serment requis.
Je vous prie donc «de les considérer comme vos frères en croyance et en « intellectualité »... » Puis, jetant un coup d’œil sur notre groupe com pact, il reprit : «Nous étions deux, à l'origine, puis douze ; au33 IQOÔJ LES MYSTÈRES DE L’OCCULTE jourd’hui nous sommes trente: demain, nous serons cent, et davantage peut-être.
Alors vraiment, nous agirons comme une puissance avec laquelle il faut compter. » Uncoup frappé discrètement à la porte nous fit tressaillir. I ne lueur de joie brilla dans l’œil bleu de Marc, qui courut ouvrir. Un personnage s'avança et salua gracieusement à la ronde: .lacobus se précipita et, d une voix grave, annonça : — La puissance dont je vous ai parlé: Monsei gneur Ruggieri, cardinal délégué par Sa Sainteté le Pape...
Ainsi que l'avait prévu maître Jacobus, les nou veaux adeptes affluèrent en grand nombre dans notre groupe harmonique. Au bout de quelques mois à peine, nous étions près de quatre cents adhérents convaincus — et il en arrivait sans cesse. Un autre groupe avait été formé à Lyon, sous la présidence du docteur Boulav, et ce nouveau groupe, en communication constante avec celui de Paris, re crutait lui aussi nombre de prosélytes.
Nous lancions dans tout le monde latin la revue que nous avions créée et qui prenait une rapide extension : c'était peut-être là, avec nos brochures de propagande dis tribuées gratuitement, le meilleur moyen d’amener à nous les esprits cultivés épris de la renaissance du sentiment latin.
l'initiation 34 En Italie et en Espagne, le même mouvement in tellectuel agitait la société. Jacobus avait délégué à Rome et à Madrid deux de nos plus ardents « méta physiciens ». Grâce à leur active propagande et à l’appui moral du clergé — et en particulier du cardi nal Ruggieri — ces deux groupes recevaient de nom breuses adhésions.
Dans l’ombre, en grand secret, maître Jacobus pré parait le coup de théâtre qui devait anéantir la démo cratie athée et préparer la nouvelle théocratie, intel lectuelle et universelle du monde latin... Mais pour que le succès fut certain, il devait encore attendre.
Si puissante que fût l’association des méta physiciens. — et plus puissante qu’elle ne le paraissait — elle ne l’était cependant pas assez pour tenter sans danger un renversement du gouvernement existant. Ce matin-là, tandis que Jacobus dépouillait son volumineux courrier, Marc se promenait rêveuse ment dans la grande avenue du Bois-de-Boulogne.
Délaissant un moment la politique et le but au quel il se vouait avec acharnement, il venait se repo ser de tous ses soucis sous le frais ombrage du grand bois parisien, il humait avec délice les senteurs syl vestres et florales, tout à la joie d’être seul et d’être libre. A cette heure matinale, il n‘y avait que quelques rares promeneurs, épris, eux aussi, de paix et de tran quillité.
LES MYSTÈRES DE l’OCCULTE 35 Le disciple de Jacobus, après avoir erré dans les sentes ombreuses, revint près du lac : l’eau très bleue dans la pureté du matin n’avait pas un frisson. Elle était unie ou limpide comme un miroir. Marc s’accouda au parapet et laissa glisser son regard sur l'eau transparente. Cela lui rappelait la claire fontaine de jadis, où il venait rejoindre sa bienaimée...
Car il y pensait toujours, à cette adorable Su zanne, à sa première et seule amante. Il y pensait souvent, et sans espoir de la revoir une fois, une seule fois dans sa vie ! Quétait-elle devenue, après dix-huit années d’ab sence, d'éloignement, d’exil? — Question qu’il se posait parfois et qu'il ne pouvait pas résoudre, hélas ! — Avait-elle été heureuse, au moins, avec son mari qu’elle n’aimait pas, avec ce marquis de Marenval?
Glissant sur la pente des souvenirs, le jeune homme laissait couler quelques larmes brûlantes de ses yeux purs, les yeux qui avaient gardé leur ancienne can deur... Il se remémorait avec une tristesse infinie les heures joyeuses où il l'avait aimée, dans le petit bois solitaire, auprès de la claire fontaine murmurante.
Il revoyait nettement aussi la scène douloureuse de la séparation, puis le don charmant de la bague verte, puis le dernier baiser... Il en arrivait enfin, dans ce mirage rétroactif, à la dernière heure de sa jeunesse amoureuse, au départ ! Après la funeste lettre, le dé part loin des lieux aimés et chéris, le départ triste à mourir, l’adieu volontaire et déchirant à tout ce qui
36 l’initiation nous tient le cœur par mille fibres vibrantes et sen sibles !... Hélas ! hélas ! ne la reverrait-il donc jamais ? Dans la solitude du lieu, il ressentait un immense découragement, une sensation de vide, d'isolement; une amère désespérance l'envahissait lentement, sans qu’il put réagir, sans qu’il pût la repousser.
Tous ces sentiments, qui certes n’étaient pas nou veaux pour lui —combien de fois n'avait-il point souhaiter le néant de son être, lors de ses voyages? — lui faisaient désirer, en cette minute angoissante et infiniment triste, l’absorption de son être et de son àme dans le grand tout universel.
Et à cet instant précis où il appelait la mort, libé ratrice de nos maux et de nos douleurs, à cet instant précis, il eut soudain une autre sensation, une sensa tion délicieuse de bonheur et d’ivresse. Son cœur s’emplissait d’amour et de félicité, son sang pétillait de sève nouvelle, son corps entier tressaillait de plai sir. On eût dit qu’un fluide magnétique d’une incom parable puissance lui infusait la vie et l'amour.
Cette sensation fut si violente qu’instinctivement il se retourna, et alors il poussa un faible cri, un cri qui résumait sa vie entière : amour, bonheur, ivresse, désespoir, lassitude, espérance ! Une femme délicieu sement belle le contemplait de ses yeux veloutés, et de ces yeux magnifiques s’échappait le fluide mysté rieux dont les effluves étaient d’amour... Cette femme, c’était son ancienne amante, la pre mière et seule aimée, c’était la marquise de Marenval !
LES MYSTÈRES DE 1.'OCCULTE 37 ♦ » Ils s'enfoncèrent sous bois, fuyant les promeneurs, les curieux, les indifférents : ils avaient tant de choses à se dire ! ils avaient tant de baisers à se prodiguer! Les fleurettes dressaient la tête et chuchotaient entre elles : Comme ils sont beaux! comme ils s’aiment! Les oiseaux jaseurs secouaient leurs plumes et pé piaient entre eux : Comme ils sont jeunes! comme ils sont passionnés !
Les arbres se pressaient les uns contre les autres, pour leur faire un rideau, un nid où ils abriteraient leurs caresses et leurs confidences ! Et eux, ils allaient à petits pas, enlacés étroitement, murmurant la chanson de l’amour, les paroles du cœur, les tendresses de l’âme...
Après les effusions et les caresses, après les protes tations et les ivresses inexprimables, ils babillèrent, ils racontèrent leur vie, les menus incidents de leur existence, les épreuves et les chagrins. Après son mariage, la jeuneamante était allée habi ter Berlin, où son mari était ambassadeur. Son exis tence s’écoula alors douce et monotone, jusqu’au jour où le marquis mourut.
Elle revint alors chez son père, et elle fit plusieurs fois le pieux pèlerinage à la fontaine murmurante : l’ami était parti ! Puis son père mourut, lui aussi, et elle demeura seule. Elle vint alors se fixer à Paris, où elle possé dait un hôtel, dans lequel elle vécut en recluse, tout entière à l’amour de sa jeunesse.
38 l’initiation Elle s’était informée, elle avait cherché Marc en vain. Celui-ci, à cette époque, revenait de son voyage d’Orient. Plus tard, elle avait appris, comme tant d’autres, la formation de « l'Association idéale des métaphy siciens » dont elle recevait la revue. Par cette revue, elle avait été informée de la présence à Paris de l’ami si cher.
Elle avait songé à faire partie du groupe: mais elle n'avait pas donné suite à ce projet, préfé rant revoir Marc partout ailleurs que dans une so ciété nombreuse où ils étaient connus tous deux. Elle l’avait alors guetté, surveillant la maison qu’il habitait avec maître Jacobus, ne perdant pas un de leurs faits et gestes.
Ce matin-là, précisément, ses pressentiments lui disant qu'il sortirait, de bonne heure elle était allée se poster à une cinquantaine de mètres de la demeure de son ancien amant : elle l’avait vu sortir, seul, morose, l’air triste et décou ragé. Doucement, elle s’était attachée à lui, le suivant dans son sillage.
Ah ! comme son cœur battait, comme tous les sentiments de sa jeunesse se révé laient à nouveau, plus vifs et plus ardents que jadis !... Il s’était accoudé au parapet, fixant le lac limpide et bleu comme les yeux qu’il avait tant aimés — et alors, elle s’était avancée... Voilà, en substance et dénudé de toute poésie, ce que la charmante femme raconta.
Point n’est besoin dedire que son récit fut coupé à plusieurs endroits par de longs baisers fiévreux et des pressions de mains passionnées. Il y eut un moment de silence ; les deux amants se
LES MYSTÈRES DE L'OCCULTE 3g regardaient avec amour et félicité, avec ravissement, puis elle demanda : — Et toi ? qu'as-tu fait, dans ces longues années de séparation ? Alors il se mita raconter sa vie. Depuis le départ de Suzanne,ses fréquentes promenades à la fontaine murmurante, ses sanglots, son désespoir, puis son départ.
Il raconta ses voyages, l'amitié ancienne qui le liait à Jacobus, puis leur retour des contrées mys térieuses. et leur projet à tous deux : la rénovation du monde latin. Curieuse, elle voulait des détails sur cette association dont il était un des chefs, et ne se lassait pas d’entendre les explications que lui don nait Marc.
Elle l’enveloppa de ses beaux bras, le pressa contre sa poitrine frissonnante, et murmura bien bas et pas sionnément : « Maintenant, je suis à toi pour toujours, toujours; nous ne nous séparerons jamais plus! » — Toutes nos mesures sont prises, fit Jacobus, et demain la démocratie athée aura cessé d'exister. Un gouvernement qui rappelle la République de Platon remplacera cette fausse forme de pouvoir.
Je souhaite que l'exemple se propage, et avant six mois, l'empire latin sera le plus puissant delà terre. — Et c’est moi qui suis appelé à gouverner pro visoirement, murmura Marc, c’est une lourde tâche... — Tu ne seras pas seul, répliqua vivement
l’initiation 40 Jacobus, tu auras quatre conseillers avec lesquels tu partageras ton autorité feudataire du Pape... — Enfin! je suis prêt! fit le jeune homme. Demain, une nouvelle aurore va luire pour les peu ples de la race latine. — Il y a un danger formidable, si la révolution avorte, fit Jacobus d'un air sombre. As-tu bien ré fléchi à cela, enfant, as-tu pesé toutes les conséquences de ton acte courageux?
Tu serais, en cas d’insuccès, traité comme un conspirateur redoutable, comme un conspirateur contre l’État... — J’y ai souvent pensé, répliqua Marc en souriant ; et rien ne m’arrête ; du reste, n’êtes-vous pas sur du succès ? Jacobus soupira et ne répondit pas. il réfléchissait profondément. Tout à coup il leva et se mit à dire très vite: — N’oublie pas !
Demain matin quatre heures... à l’Elysée, et il s’enfuit, refoulant quelques larmes. — Pauvre homme ! songea Marc, au dernier mo ment, à l’heure où l’on ne peut plus reculer, où la formidable partie que nous avons engagée va se dé nouer, où je vais être traité en souverain des peuples latins on en conspirateur qu’attend la prison — il défaille, il a peur ! Il a peur pour moi, car il m'aime... Il demeura pensif.
Avait-il quelque doute, lui aussi, r sur le succès de son audacieux coup d’Etat ? « Sponlevel necessitate », fit-il, et il sortit radieux, le sourire aux lèvres, l’œil étincelant. liest nuit. Les heures sonnent lentement, dans
LES MYSTÈRES DE L'OCCULTE 41 l’obscurité et dans le silence... Un coup, Jeux coups, trois coups... il est trois heures du matin.
Marc se lève avec précaution; mais deux bras l’en serrent fortement et il ne peut se dégager de la char mante et délicieuse étreinte. — Où veux-tu aller ? murmure Suzanne. — Mais, tule sais, ma chérie; on m’attend, là-bas on espère me voir arriver de minute en minute; c'est le dernier acte du drame ! — Oui, le dernier acte, où tu seras triomphant ou captif ? — Kolle ! folle mignonne! je ne peux, sans lâcheté, me soustraire à la tâche qui m’incombe, je me suis promis, il faut que je m’exécute... — Non ! j'ai peur, j’ai peur, comprends-tu?
Oh ! ami, ami bien cher de ma jeunesse, ne me quitte pas pour aller vers ces hommes, ne me quitte pas pour une autre destinée ! Dieu ! faut-il donc que je te perde lorsque je te retrouve ? Son visage charmant se contractait violemment, en proie à une angoisse effrayante. Ses larmes ruis selaient sur ses joues, sur son cou blanc, sur sa poi trine... Marc la contemplait avec amour et épouvante.
Un violent combat se livrait en son âme, entre le devoir et la passion. « Reste ! reste ! supplia l'amoureuse affolée, ne me quitte pas, car je pressens un malheur et je ne te reverrais jamais si tu pars ! » Des yeux de Marc, deux larmes brûlantes jaillirent : il abdiquait, la passion l’emportait sur le devoir...
42 l'initiation A ce moment, quatre heures sonnèrent, quatre coups lents et lugubres qui s'égrenèrent sourdement : la conspiration avortait, l’empire latin s'écroulait ; l’œuvre gigantesque, qui avait tenu la destinée de la démocratie en suspens, se crevait, telle une bulle de savon... Marc serra sa maîtresse sur sa poitrine et pleura longuement, éperdument : son rêve, celui de Jacobus, devenait une chimère, une légende, une fiction ! A. Porte de Trait des Ages.
Feuilles Maçonniques (Suite) Le fr Gould, qui a consulté les Registres de la Grande Loge de Londres dite d'Angleterre, nous fait voir à son tour dans quelleruesetrouvait la Loge qu'on tenait dans PHôtel de la duchesse de Porstmouth: En 1735, il Désaguliers) était présent avec le duc de Richmond, le comte de Waldegrave ^ambassadeur anglais , le président Montesquieu, lord Durslevet une nombreuse compagnie, à une tenue de Loge dans PHôtel de Bussy, rue de Bussy, Paris, où le duc de Kingston, lord Chewton, le comte de Saint-Florentin (secrétaire d’Etat) et d'autres, furent admis dans la Société (1). Ne nous occupons pas de savoir ce que le fr catholique anglican Désaguliers, ami du fr . catho lique romain Ramsay et du fr Georges II, était venu faire dans cette Loge très symbolique ; ne voyons, dans les passages qui précèdent, que les précieuses indications qu’ils contiennent. Le fr docteur Anderson lui-même, dans ses Cons titutions de 1738, que les auteurs maçonniques (1) History oj Freemasonry, par le fr.-. Gould, vol. Il,
l’initiation 44 français ont bien dû lire, nous dit que, le 3 avril 1782, sous la Grande-Maîtrise du fr .-. Anthony Broxva (vicomte Montagu), une Loge nQ 90 avait été fondée (1) — ou plutôt définitivement constituée — dans la rue de Bussy, par les soins du fr duc de Richmond, lequel avait étéGrand-Maître de la Grande Loge de Londres dite d'A ngleterre en 1724, à l'époque delà première affaire des pseudo-Gormogons et du voyage du fr .-.
Ramsay et du fr duc de Warton à Rome. Et il se trouve, d'après ce que l’on voit dans la Saint-J âmes Evening Post du 7 septembre 1734 et du 20 septembre 1735, et aussi d’après ce que le fr.-. Gould rapporte des Registres de la Grande Loge de Londres dite d'Angleterre, que ce n’est, contrairementaux assertions desauteurs maçonniques français, ni chez un fr .-.
Le Breton, ni chez le traiteur Landelle, mais dans le propre Hôtel de la duchesse de Portsmouth, domiciliée rue de Bussy, qu’on tenait cette Loge n° 90 !
Eh bien, l’Histoire — celle qui ne repose pas sur des fictions — nous enseigne que Louise Penhoët, dite de Kérouable, dite duchesse de Portsmouth, avait été une si bonne femme de police au service de Louis XIV, quelle était parvenue à devenir la maî tresse attitrée du fr.-.Charles II d’Angleterre. De cette (1) Constitutions de 1738, p. 194. — Illustrations of Masonry, par le fr.-. Preston, édit. 1781, p. 248. — Au sujet du fr.-.
Antony Brown (vicomte Montagu), ceux qui connaissent bien l’histoire religieuse e rappelleront qu’un de ses ancê tres directs, sous le règne de Marie, fille de Henri VIII, fut chargé d’aller à Rome, avec deux autres ambassadeurs et au nom de la Reine et du Parlement anglais, pour faire acte de soumission et reconnaître la suprématie papale (juin 1555).
FEUILLES MAÇONNIQUES 45 union libre était né, en 1672, un enfant qui avait été baptisé sous le nom de Charles et qui fut, en 1675, » créé duc de Lennox en Ecosse, duc de Richmond en Angleterre et duc d’Aubigny en France.
Ce triple duc catholique romain, qui fut grand-maître de la maçonnerie anglaise en 1697 sous le fr. *. anglican Guillaume 111 (1), et qui, par son serment aux An ciennes constitutions maçonniques, devait forcément obéissance et fidélité au roi légitime et à la sainte Église, mourut en 1723, — et c'est son propre lils, comme lui catholique romain, né en 1701 et mort en 1750, qui, en avril 1732 et en septembre 1734, se trouvait dans la Loge tenue chez Sa Grâce la duchesse de Portsmouth. sa grand'mère, laquelle mourut le 14 novembre suivant (2).
Comme le fr.-. Charles de Derwentwater, le fr.-. Charles, duc de Richmond, était donc petit-fils du roi Charles 11 et cousin, à la mode de Bretagne, du fr.-. Jacques 111. fils du fr.-. Jacques 11. (1) En 1696, dans la Sivan Lodge. à Chichester, le fr.-. duc de Richmond procédait à des initiations (Voir Gould, 11, p. 261, et 111, p. 388, n° 1). — Preston, p. 216, donne le fr.-. duc de Richmond comme ayant remplacé à la grande-maîtrise le fr.-.
Christophe Wren, lequel avait été le grand-maître sous Jacques II et le redevint en 1698 jusqu’en 1702. (2) Certains historiens français font mourir cette grande dame vers 1725. C’est une erreur ou un mensonge. Elle est morte le 14 novembre 1734, à l’âge de quatre-vingt-deux ans, et c’est bien dans son hôtel, rue de Bussy, qu’on tenait loge depuis 1782 — et certainement aussi avant. C’est en i685 qu’elle était rentrée en France.
Elle avait été immédiatement gratifiée d’une pension annuelle de 12.000 livres pour ser vices rendus entre les bras de Charles II. Puis cette pension avait été portée à 20.000 livres et ensuite à 24.000. Enfin, le 28 octobre 1721, on lui avait accordé 600.000 livres en rentes viagères.
l’initiation 46 Nous voyons aussi, figurant dans cette même Loge 90, le fr.-. comte Jacques de W’aldegrave, ancien catholique romain, passé catholique aussi anglican qu'habile. Son père Henry avait épousé une fille naturelle du fr.-.
Jacques H et d’Arabelle Churchill, et était mort en France, fidèle à son serment maçon nique et à ses devoirs de Chevalier écossais, dans l’entourage de ce souverain proscrit, lequel, comme on sait, vécut retiré au collège des Jésuites de Clermont — mont du Clergé, mont d’Hérodom — à Saint-Germain-en-Laye. D'où il suit que lefr.-. Jac ques de Waldegrave était petit-fils, par sa mère, de l'ill.-. fr.-.
Jacques II, et neveu de l’ill.-. fr.-. duc de Kerwich, qui, lui aussi, comme la mère du fr.- Waldegrave, avait eu l’honneur de naître des clandestines amours de Jacques II et d’Arabelle Churchill. Egalement cousin du fr.-. comte de Derwentwater, du fr.-. duc de Richmond et du fr.-.
Jacques III, on le voit figurer, sous le nom de « lord Waldegrave (à Compiègne; » dans une liste d’agents du Prétendant dressée par le Free Briton, n° i3i, du ier juin 1702 (1). Voici à présent un fr.-. lord Chewton : ce maçon est simplement le fils aîné du fr.-. comte de Walde grave. (j) Voir aussi le Gentleman's Magazine de juin de la même année.
Dans un article intitulé les Stratagèmes du Prétendant et de ses agents, etc., le lord Waldegrave ligure en bonne place avec l’abbé irlandais Dun, le général Dillon, le banquier écossais Arbuthnot de Paris, le docteur Arbuthnot de Londres, le docteur Wogan, Irlandais établi à Paris, le lord Dunbar (Murray;, etc...
FEUILLES MAÇONNIQUES 47 Quant au fr.-. visiteur major-général Churchill, son nom indique assez qu'il était de la famille d’Arabelle et de ce fameux duc de Marlborough, sous les ordres duquel on prétend que le fr. *. Ramsay aurait servi en Hollande un peu avant 1709 ( 1 ). En vérité, la Loge n°9ode la rue de Bussy, quoique visitée par le Révérend fr.-. anglican Désaguliers, ami du tr.-.
Georges II, était peu étrangère à la famille du Prétendant; et le choix de l’hôtel de la duchesse de Portsmouth, ex-policière au service du gouvernement français, attire d’autant plus l’atten tion que le fr.-. comte de Saint-Florentin, membre de cette Loge et secrétaire d'Etat chargé spécialement du clergé depuis 1726, était un ennemi acharné des Protestants luthériens, calvinistes) qu'on traquait encore alors en France, où ils n'avaient pas la ressource de se dire Anglais à la manière du fr.-.
Désaguliers (2). L’histoire dit de ce comte— d’ail leurs joliment dépeint dans les Mémoires secrets de la Cour de Perse : « Aucun ministre n'a peut-être signé plus de lettres de cachet, aucun n'a déployé ( 1 ) Voir Gould, vol. III. p. 80. — En 171 1. durant des négo ciations de paix entre l’Angleterre et la France, le duc de Marlborough perdit toutes ses places.
Le traité, signé à Utrecht en 1713, assura la succession du trône anglais dans la ligne protestante. Dans les Mémoires du duc de Marlborough, on voit bien qu'un lieutenant-général de Ramsay servit sous ses ordres ; mais le Ramsay qui nous occupe était assez jeune alors pour être le tils de celui-là. (2) Né à La Rochelle et simplement naturalisé Anglais. Il faut voir dans Sismondi, t.
XXVI, p. 5 14, et dans Lacretelle (Hist. de France pendant le xvni® siècle, t. Il, p. 7). combien fut épouvantable, à cette époque, la situation des protestants en France.
l'initiation 48 à cette époque autant d'intolérance contre les protestants, sur lesquels il appelait sans cesse des mesures de rigueur (1) ... » Il est aussi question plus haut d'un fr.-. lord Dursley. Ce fr.-. lord Dursley. qui séjournait sou vent au château d’Aubigny. où le fr. *. duc de Rich mond établit d'ailleurs une Loge n° 133 en 173?, n'était autre que le fr.-.
Jacques Berkeley, officier de la marine auglaise et petit-fils d’un Georges Berkeley qui, créé comte en 1677 par le fr.-. Charles 11- avait, au commencement de 1695, été chargé de l'assassinat du fr.'. protestant Guillaume III, gendre du fr.'. ca tholique Jacques II dont il détenait le trône (2).
Nous voyons aussi un duc de Kingston honorer de sa présence la Loge nQ 90 ; or, nous savons que la famille des Ramsay était apparentée à celle des Kingston. Je ne dis rien du fr.-. baron de Montesquieu, dont l'œuvre est connue ; j’ajoute seulement que le fr. *.
Walter Strickland, dont il est aussi fait mention plus haut, était de la famille du Strickland qui, en 1740. sous le nom de baptême de Francis, accompagna le fr.-. prince Charles-Edouard en Ecosse (3). (1) BiographieuniverseUe, du docteur Hoefier. Le comte de Saint-Florentin était cousin de Maurepas. (2) Le projet d’assassinat fut conçu à la Cour de France en février 16g5.
Prévenu à temps, Guillaume III dénonça luimême l’affaire au Parlement, et Berkeley fut arrêté. — Son petit-fils, le lord Dursley, mourut le 17 août <736. (3) Ce Walter Strickland était le fils de Thomas Strickland, lequel avait fait partie du Conseil privé des fr.-. Charles II et Jacques 11, et était mort le 8 janvier 1694 dans l’entourage de ce dernier roi déchu. Mme Strickland, veuve de Thomas, étaitfemme de chambre de l’ex-reine d’Angleterre à Saint-Germain
FEUILLES MAÇONNIQUES 4g Devant de pareils faits, contre l'exactitude desquels aucune objection sérieuse n'est possible, n’est-on pas fondé à croire à beaucoup de romanisme et d’archi tecture jacobite parmi les frères visités, en i”35. par le fr.-. Désaguliers, prêtre catholique anglican, dans la Loge tenue chez Sa Grâce le fr. *. duc de Richmond, petit-fils de l'auguste fr.-. Charles II et héritier de Louise Penhoët ?
Pour lever tout scrupule et arriver à partager ma conviction à cet égard, il suffit au lecteur de consulter V/Jislory oj Freemasonry du fr.-.
Gould : sans le vouloir, dans le feu d'une démonstration étrangère à ce sujet, cet oracle de la maçonnerie bleue d'Angle terre s'est oublié jusqu'à avouer — vol. III, p. i38 — que la Loge n° 90 de la rue de Bussy et celle de Derwenwater n’ont été qu'une seule et même Loge ! et prenait dans les poches de sa maîtresse les lettres que lui écrivaient Louis XIV et Mme de Maintenon.
Ces lettres étaient copiées par cette bonne dame, et les copies étaient envoyées par elle au Gouvernement anglais, l’n petit abbé Strickland suivit les mêmes principes, mais en sens inverse, et pour cela faillit devenir cardinal: cet abbé devint évêque de Namur et mourut en ryqo — il était le frère de Walter et de Francis (Voir les Souvenirs de Mme de Cavlus pour servir de supplé ment aux Mémoires et Lettres de Mme de Maintenon, Maestricht, 1778, t.
XVI, p. 147).— Les descendants du fr.-. Walter Strickland sont devenus comtes Délia Catcna (1745) à Malte, pays des chevaliers de l’ordre.
La reproduction des articles inédits publiés par r/nüia/tcn es formellement interdite, à moins d'autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Cette partie ist réservée à l’exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et u la reproduction des classiques anciens. De l’état ites Sociétés secrètes A l'époque de la Révolution On a beaucoup écrit sur l’influence de la francmaçonnerie dans la Révolution française.
Nous n'avons donc pas la prétention de venir résoudre définitivement une question pour longtemps encore en suspens.
Mais après avoir soigneusement examiné la plupart des écrits publiés sur ce sujet, soit parles partisans, soit par les adversaires de la Révolution, nous avons remarqué un tel esprit sectaire de part et d’autre, une telle obscurité dans la manière d'expo ser les grandes lignes de ce mouvement, que nous avons pris sur nous de reprendre l’histoire des diffé rentes sociétés secrètes qui ont contribué à cet évé nement. La possession presque intégrale des archives martinistes nous permet, du reste, d’éclaircir certains
DE L'ÉTAT DES SOCIÉTÉS SECRETES 5l détails encore obscurs et excusera la hardiesse de notre tentative auprès des hommes compétents. De même que l'écorce de l'arbre n'est que la ré sultante de la circulation intérieure de la sève, de même beaucoup des faits politiques ne sont que des manifestations extérieures d’une circulation cachée dans la vie sociale.
Il est donc possible de dire que les Sociétés secrètes peuvent créer des courants d'opi nion : mais il ne faut pas non plus négliger ce fait, que l.s courants d'opinion ainsi créés réagissent à leur tour sur l’édifice social, et souvent d’une ma nière bien inattendue.
Les historiens ne prennent garde le plus souvent qu'aux manifestations extérieures, à ce que nous pourrions appeler l'écorce de la société; d'autre part, les chercheurs de complots, les écrivains religieux surtout, ne voient partout qu’influence des Sociétés secrètes et négligent l'étude de ces réactions populaires qui ont souvent trompé tous les espoirs les plus chers des grands manieurs d'hommes.
Nous ferons nos efforts dans l’exposé suivant pour éviter autant que possible ces deux extrêmes, et sans entrer dans le fait même de la Révolution, nous étudierons: i° L'état des Sociétés secrètes au début de la Révo lution ; 2° L’histoire rapide, les croyances et les tendances de chacune deces Sociétés secrètes; 3° Les transformations subies par ces Sociétés se crètes immédiatement avant la Révolution.
52 l’initjaiion ÉTATS DES SOCIÉTÉS SECRETES EN I?85 En 1785 existaient trois grandes associations se crètes réunies en apparence sous le voile de la francmaçonnerie, mais ayant chacune un esprit et des ten dances bien particulières. I. Le Grand-Orient de France, constitué depuis 1772 par la fusion de plusieurs centres maçonniques, dont nous verrons plus loin l'histoire.
L’esprit du Grand-Orient est nettement démocra tique (mais non démagogique). Le but poursuivi est surtout la création, dans la société, du régime repré sentatif pratiqué dans les loges.
La guerre au clérica lisme n’est pas encore poursuivie, du moins dans les loges actives, puisque sur 629 loges que comprendra le Grand-Orient en 1789, nous trouvons 123 membres du clergé, dont 27 vénérables (5 à Paris et 22 en province) et 6 députés au Grand-Orient parmi les hauts dignitaires (1 ). Le Grand-Orient est donc, quant au nombre, la puissance la plus importante.
IL Le Grand Chapitre général de France, formé par la fusion du « Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident et des Chevaliers d’Orient ». L'esprit du Grand Chapitre est révolutionnaire; mais la Révolution doit être accomplie surtout au bénéfice de la haute bourgeoisie, avec le peuple comme instrument. (1 j Amiable et Coltavre, la Franc-maçonnerie au dix-hui tième siècle.
53 de l’état des sociétés secrètes Le Grand Chapitre, constitué sous le régime des hauts grades, est issu du rite templier, c'est-à-dire que ses membres les plus éminents sont animés du désir de venger Jacobus Burgundus Molavet ses com pagnons de l’assassinat dont ils ont été victimes de ki part de deux puissances tyranniques: la Royauté et la Papauté H .
Les membres du Chapitre sont peu nombreux, mais, en général, bien plus instruits et bien plus dis ciplinés que les membres du Grand-Orient. C’est en confondant les Sociétés issues du rite templier (de Ramsay) avec les suivantes, que la plu part des historiens commettent de grosses erreurs. IIL Les Loges Martinistes, créées par Martincs de Pasquallis, et dont le centre est à ce moment à L von, dirigé par XVillermoz.
L’écrit du martiniste est aristocratique. Tout est subordonné à l'intelligence, et les recherches pour suivies portent presque uniquement sur la haute phi losophie et les sciences occultes. Les Martinistes sont très difficiles dans le choix de leurs membres, et les travaux préparatoires sont longs et arides.
Ils s’occuperont donc fort peu de politique, mais, par contre, auront une trèsgrande influence dans la direction intellectuelle des travaux maçonniques.
C’est sous l’inspiration des Martinistes que, dans l’année qui nous occupe (¡785), viennent d’être tenus les deux con vents ou congrès scientifiques, qui eurent ( i) Dans une tour du château de Chinon où furent cnlermés les Templiers dans leur route vers l’échafaud on trouve, gravé sur le mur, des signes qui marquent le but de la vengeance templière.
l’initia ¡ion 54 une grande importance par la suite : le couvent des Gaules en 1778 et le couvent de Wilhemsbad en 1782. Ces réunions étaient de véritables assises académi ques. où les plus hautes questions étaient discutées. Inutile dedireque plusieurs individus faisaient partie de deux de ces grandes associations, ou meme, comme Willermoz, des trois.
Tels sont les trois grands groupes dont nous allons maintenant étudier la genèse ; nous avons négligé, dans cet exposé synthétique, les sectes dérivées de ces grandes sources ; nous en parlerons dans le cours de notre travail ( 1). LE GRAND-ORIENT ET SES ORIGINES Le Grand-Orient de France est issu d'une insur rection de certains membres contre les constitutions et la hiérarchie traditionnelle de la franc-maçonne rie.
Quelques lignes d’explication sont ici nécessaires. La franc-maçonnerie a été tout d’abord établie en Angleterre par des hommes appartenant déjà à l’une des puissantes fraternités secrètes d'Occident : la Confrérie des Rose-Croix. Ces hommes, et surtout Ashmole, curent l’idée de créer un centre de propa gande où l’on pourrait former, à leur insu, des mem bres instruits pour la Rose-Croix.
Aussi les premières loges maçonniques furent-elles mixtes et composées, partie d’ouvriers réels, partie d’ouvriers de Lintclli- (1 ) Les Loges de Caglioslro sont purement magiques et nous les citons pour mémoire. Leur chef seul poursuit un but po litique.
55 DE L’ÉTAT DES SOCIÉTÉS SECRÈTES gence (libres-maçons). Les premiers essais datent de 1046 (Ashmole ; mais c’est seulement en 1717 que la (Irande Loge de Londres est constituée.
C’est cette Loge qui donne des chartes régulières aux loges fran çaises de Dunkerque (1721 ), Paris (1725), Bordeaux (1732), etc Les loges de Paris se multiplièrent rapidement, nommèrent un Grand-Maître pour la France, le duc d’Antin 1738-1743 , sous l’influence de qui futentreprisc la publication de ï'Encyclopédie, comme nous le verrons tout à l’heure.
Voilà l’origine réelle de la révolution accomplie d’abord sur le plan intellectuel avant de passer de puissance en acte. En 1743, le comte de Clermont succéda au duc d’Antin comme grand-maître et prit la direction de la Grande Loge anglaise de France. Ce comte de Clermont, trop indolent pour s’occuper sérieusement de cette Société, nomma substitut un maître de danse, Lacorne, individu très intrigant, mais de mœurs déplorables.
Ce Lacorne fit entrer dans les loges une foule d'individus de son espèce, ce qui amena une scission entre la loge constituée par Lacorne (Grande Loge Lacorne et les anciens membres qui formèrent la Grande Loge de France (1756). Après un essai de rapprochement entre les deux factions rivales (1758), le scandale devint si grand que la police s’en mêla et ferma les loges de Paris.
Lacorne et ses adhérents mirent ce repos à profit et obtinrent l’appui du duc de Luxembourg (16 juin 1731). Forts de cet appui, ils réussirent à rentrer dans (1) Voy. Ragon, Orthodoxie Marc, p. 56.
56 l'initiation la Grande Loge, d’où ils avaient été bannis, firent nommer une commission de contrôle dont les mem bres leur étaient acquis d’avance.
En même temps, les frères du rite Templier (Conseil des Empereurs) s’associent en secret aux menées des commissaires et, le 24 décembre 1772, un véritable coup d'Etat maçonnique est accompli par la suppression de l'ina movibilité des présidents des Loges et par rétablisse ment du régime représentatif. Des révoltés victorieux fondèrent ainsi le GrandOrient de France.
Aussi un maçon contemporain a-t-il pu écrire : « Il n’est pas excessif de dire que la révolution maçonnique de 1773 fut le prodrome et l’avant-coureur de la Révolution de 1789 (1). » Ce qu'il faut bien remarquer, c’est l’action secrète des frères du rite Templier. Ce sont eux les vrais fomentateurs des révolutions, les autres ne sont que de dociles agents.
Ainsi le lecteur peut maintenant comprendre notre assertion :leGrand-Orient est issu d’une insurrection. Revenons sur deux points : rJ L'Encyclopédie (révolution intellectuelle) ; 20 L'Histoire du Grand-Orient de à 1789. l’encyclopédie Nous avons dit que les faits auxquels s’attachent surtout les historiens, n’étaient, le plus souvent, que des conséquences d’actions occultes. Or, nous pen sons que la Révolution n'cùt pas été possible si des (1) Amiable et Colfavru, op. cil.
DE L'ÉTAT DES SOCIÉTÉS SECRETES 5y efforts considérables n’avaient été précédemment laits pour orienter, dans une nouvelle voie, l’intellectualité de la France. C’est en agissant sur les esprits cultivés, créateurs de l’opinion, qu’on prépare l’évolution sociale, et nous allons trouver maintenant une preuve, péremptoire de ce fait.
Le 24 juin 1740, le duc d’Antin, grand-maître de la franc-maçonnerie pour la France, prononçait un important discours dans lequel était annoncé le grand projet en cours : témoin l’extrait suivant : « Tous les grands maîtres en Allemagne, en Angle terre, en Italie et ailleurs, exhortent tous les savants et tous les artisans de la confraternité de s’unir pour fournir les matériaux d’un dictionnaire universel des arts libéraux et des sciences utiles, lathéologie et la po litique seules exceptées.
On a déjàcommencél'ouvrage à Londres; et, par la réunion de nos confrères, on pourra le porter à sa perfection dans peu d’années (1).
MAL Amiable et Colfavru, dans leur étude sur la Franc-Maçonnerie au dix-huitième siècle, ont saisi parfaitement l'importance de ce projet puisque, après avoir parlé de YEnglish Cyclopedia de Chambers (Londres, 1728), ils ajoutent: «Bien autrement prodigieux fut l’ouvrage publié en France, consistant en 28 vol. in-f° dont 17 de texte et 11 de planches, auxquels vinrent s'ajouter ensuite 5 volumes supplémentaires, ouvrage dont l’auteur principal fut Diderot, secondé par toute une pléiade d’écrivains d’élite. Mais il ne lui suffisait pas (1) Discours du duc d’Antin, 24 juin 1740.
58 l’initiation d’avoir des collaborateurs pour mener son œuvre à bonne fin ; il lui a fallu aussi de nombreux et géné reux souscripteurs, tant en France qu’à l’étranger; d lui a fallu de puissants protecteurs. Comment les aurait-il eu sans la Franc-Maçonnerie? «Du reste les dates ici sont démonstratives. Le duc d’Antin prononçait son discours en 1740. On sait que dès 1741 Diderot préparait sa grande entreprise.
« Le privilège indispensable à la publication fut ob tenu en 1745. Le premier volume de Y Encyclopédie parut en 1761 ( 1 ). » Ainsi la Révolution se manifesta déjà par deu.x étapes : i° La Révolution intellectuelle pour la publication de Y Encyclopédie, due à la Franc-Maçonnerie fran çaise sous la haute impulsion du duc d’Antin (1740 .
20 Révolution occulterons les loges, due en grande partie aux membres du rite Templier et exécutée par un groupe de francs-maçons expulsés, puis amnis tiés (groupe Lacorne). Fondation du Grand-Orient, sous la haute impul sion du duc de Luxembourg (1773) et présidence du duc de Chartres. La Révolution patente dans la Société, c’est-à-dire l’application à la société des Constitutions des Loges, ne va pas tarder.
Reprenons l’histoire du Grand-Orient au point où nous l'avons laissée. Une fois constituée, la nouvelle puissance maçon- (1 Amiable et Colfavru, la Franc-Maçonnerie au dix-hui tième siècle.
DE L’ÉTAT DES SOCIÉTÉS SECRÈTES 5g nique fit appel à toutes les Loges pour ratifier la nomination comme grand-maître du duc de Chartres. En même temps (1774) le Grand-Orient s’installait dans l'ancien noviciat des Jésuites, rue du Pot-deEe:-,et procédait à l’expulsion des brebis galeuses (1). Cmt quatre loges firent d’abord adhésion au nouvel ordre de choses, puis ig5 (1776) et enfin, en 1789, il v avait 629 loges en activité.
Mais un fait, à notre avis considérable, s’était pro duit en 1786. Les Chapitres du rite Templier s’étaient officielle ment alliés au Grand-Orient et avaient même opéré leur fusion avec lui. Nous avons vu comment les frères de ce rite avaient aidé à la révolte d'où était issu le Grand-Orient : résumons donc rapidement l'histoire du rite Templier.
LE RITE TEMPLIER La Franc-Maçonnerie, nous l’avons vu, avait été établie en Angleterre par des membres de la frater nité des Rose-Croix désireux de constituer un centre de propagande et de recrutement pour leur ordre. La Franc-Maçonnerie anglaise ne comprenait que trois grades : Apprenti, Compagnon, Maître.
A cet exemple la Franc-Maçonnerie française et le Grand-Orient, qui en était l'émanation principale, étaient formés de membres pourvus seulement de ces (1) Amiable et Colfavrv, Op. oit.
6o l’initiation trois grades ou de quelques-uns de ces trois grades. Mais, bientôt, certains hommes prétendirent avoir reçu une initiation supérieure, plus conforme aux mystères de la fraternité des Rose-Croix, et des rites se créèrent décernant des grades supérieurs à celui de Maître, appelés hauts grades. L'esprit des rites à grades supérieurs ainsi créés était, bien entendu, différent de celui de la Maçon nerie proprement dite.
C’est ainsi que Ramsay avait institué, en 1728, le Système écossais dont la base était politique et dont l'enseignement tendait à faire de chaque frère un vengeur de ¡'Ordre du Temple. De là le nom de rite Templier que nous avons donné à cette création de Ramsay. Les réunions des frères pourvus de hauts grades prirent le nom, non plus de loges, mais bien de Chapitres.
Les princi paux Chapitres établis en France furent : i° Le Chapitre de Clermont (Paris, 1752) d’où sortit le baron de Hundt, créateur de la haute maçonnerie allemande ou illuminisme ; 20 Après le Chapitre de Clermont parut le Conseil des Empereurs d'Orient et d’Occident (Paris, 1758), dont certains membres se séparant de leurs frères formèrent : 3° Les Chevaliers d’Orient (Paris, 1763).
Chacune de1 ces puissances délivrait des Chartes de loges, et même les principaux frères (Tshoudy, Boileau, etc.) créèrent en province des rites spéciaux. En 1792, le conseil des Empereurs et des Cheva liers d’Orient se réunirent pour former le Grand-Cha pitre de France, dont les principaux membres avaient
DE L’ÉTAT DES SOCIÉTÉS SECRETES 6[ aide à la constitution du Grand-Orient par leurs intrigues. Aussi voyons-nous, en 1786, ces frères amener la fusion du Grand-Chapitre général de France et du Grand-Orient de France. Que résulta-t-il de cette fusion ? Les membres du Grand-Chapitre, tous bien disci plinés, poursuivant tous un but précis et possédant V intelligence, se trouvaient disposer du nombre fourni par le Grand-Orient.
On comprend mainte nant la genèse maçonnique de la Révolution française. La plupart des historiens confondent ces membres du rite Templier, véritables inspirateurs de la Révo lution (1), avec les Martinistes, dont il nous faut maintenant parler. LE MARTINISME En 1754, Martinès de Pasquallis, initie aux mys tères de la Rose-Croix, avait établi à Paris un culte d'illuminisme.
Le recrutement des frères était très méticuleux, et les travaux poursuivis portaient sur l'étude de la magie cérémonielle, sur le rituel des évocations d'esprits et sur la domination absolue de l’homme sur ses passions et ses instincts.
Parmi les disciples les plus célèbres de Martinès, nous citerons le prince de Luzignan, Louis-Claude (1) Certains auteurs prétendent même que l’internement de Louis XVI au Temple fut le résultat de la décision des frères du rite Templier.
L INITIATION 62 de Saint-Martin (le philosophe inconnu) et JeanBaptiste Willermoz, gros négociant lyonnais, Je réa lisateur véritable de l'ordre. Le Martinisme se répandit rapidement en F rance, et, dès 1767, beaucoup de loges de l’Ouest deman dèrent leur affiliation à ce rite, ainsi qu’en témoigne la correspondance de Martinès que nous possé dons.
Les groupes martinistes et les centres d’études dérivés du Martinisme laissèrent donc toujours la politique de côté, pour ne s'occuper que d'études scientifiques. C’est à ces groupes que l'on doit les réunions ouconvents qui ont fait faire les plus grands pas à la science maçonnique. Ainsi les Philalèlhes (1773), les Illuminés d’Avignon, ! Académie des Vrais-Maçons de Montpellier (1778) dérivent direc tement du Martinisme.
Voici,, du reste, la marche des rites maçonniques à Lyon. En 1752 est fondée la loge la Parfaite-Amitié, d’après les constitutions maçonniques ordinaires. En 1756, cette loge obtient la confirmation de sa Charte par la Grande Loge de France. Willermoz est véné rable de cette loge de 1752 à 1762, soit pendant dix ans.
Mais, en 1760, les frères pourvus du grade de Maître avaient fondé une grande loge des Maîtres réguliers de Lyon, dont Willermoz fut également le Grand-Maître président jusqu'en 1763. En 1765, fut établi un Chapitre formé des frères pourvus des hauts grades, le Chapitre des Chevaliers de ï Aigle-Noir. Ce fut le frère de Willermoz, Jacques,
DE L’ÉTAT DES SOCIÉTÉS SECRÉTES 63 docteur-médecin, qui fut placé à la tète de ce Cha pitre. Eu 1767, le rite martiniste fut introduit à Lyon et ses membres sc recrutèrent uniquement parmi les frères pourvus des plus hauts grades, ce qui indique la valeur de ce rite martiniste. LES SOCIÉTÉS SECRÈTES A LYON (1772).
En 1772, voici quelles étaient les grandes puis sances maçonniques représentées à Lyon : i° La grande loge des Maîtres, représentant le rite Français et présidée par le frère Sellonf ; 20 Le Chapitre des Chevaliers de l'Aigle-Noir, représentant le rite Templier et présidé par Jacques Willermoz, médecin ; 3“ Les Elus Coè'ns, représentant le rite Martiniste et présidé par Jean-Baptiste Willermoz lui-même; 4° Sellonf, Jacques Willermoz et Jean-Baptiste Willermoz formaient un conseil secret ayant la haute main sur tous les centres lyonnais.
C’est sous l’instigation de Jean Willermoz que furent tenus deux grands convents, le couvent des Gaules (1778) et Xeconvenl de Wilhemsbad (1782). Il résulte des lettres de Martinès de Pasquallis que les Martinistes, loin d’appuyer dans leurs projets po litiques les frères du rite Templier, les combattirent au contraire toujours et de toutes leurs forces. Les contemporains eux-mêmes réfutent les calom nies énoncées à ce propos. Témoin l’extrait suivant:
64 l’initiation [avril «La secte des francs-maçons martinistes avait son centre dans la loge de la Bienfaisance, à Lyon. « Cette loge méritait le nom qu'elle avait choisi, par les secours abondants qu’elle donnait aux pauvres. M. Robinson a dit que ses membres et leurs corres pondants étaient des impies et des rebelles. « J'ai connu beaucoup de Martinistes, soit à Lyon, soit dans différentes villes des provinces méridio nales.
Bien loin de paraître attachés aux opinions des philosophes modernes, ils faisaient profession de mépriser leurs principes. Leur imagination exaltée par l’obscurité des écrits de leur patriarche les dispo sait à tous les genres de crédulité : quoique plusieurs fussent distingués par des talents et des connaissances, ils avaient l’esprit sans cesse occupé de revenants et de prodiges.
Ils ne se bornaient point à suivre les préceptes de la religion dominante; mais ils se livraient aux pratiques de dévotion en usage dans la classe la moins instruite. «En général, leurs moeurs étaient très régulières. Onremarquait un grand changement dans la conduite de ceux qui, avant d’adopter les opinions martinistes, avaient vécu dans la dissipation et la recherche des plaisirs.
« M. Barruel soutient que les francs-maçons de cette secte sont idéalistes, c’est-à-dire qu’ils n'admet tent pas l’existence des corps. Cet absurde système ne fut jamais approuvé que par de pieux enthousiastes ; mais il le leur attribue pour pouvoir les accuser de croire qu’on ne se rend jamais criminel par les sens, et d’approuver la prostitution.
igoô DE l’état des sociétés secrètes 65 « Je n'hésite pasdedéclarcr solennellement que cette assertion est une calomnie dont la fausseté m’est démontrée par les preuves les plus certaines (i). » GRAND-ORIENT ET ILLUMINISME Ainsi les Martinistes portaient leurs aspirations dans un domaine bien plus élevé que celui des luttes politiques.
Dès 1786, les Martinistes, alliés aux Illuminés du baron de flundi, restent seuls en face du GrandOrient fusionné avec le rite Templier. Aussi la Révo lution est-elle particulièrement cruelle pour les dis ciples de Martinès. — Mais ne sortons pas de notre sujet. Nous avons voulu indiquer quelle était la situation respective des différentes Sociétés secrètes et des forces franc-maçonniques aux environs de l’année 1789.
Si nous résumons ce qui précède, nous trouverons: i° D'une part, le Grand-Orient (rite Français) dans lequels’est fusionnéleGrand Chapitre (rite Templier), possédant presque toutes les loges du royaume. Les tendances de ces centres sont purement révolution naires ; 20 D’autre part, les Martinistes à tendances pure ment scientifiques, passant pour des aliénés souvent, mais méprisant la politique. Quelques loges de Paris, (1) J. Moünier, De l'influence attribuée aux francs-maçons dans la Révolution française, p. i55-i56. 5
66 l’initiation de Bordeaux et de Lyon pratiquent le rite Martiniste, fort répandu, par contre, en Allemagne et en Italie. Mais nous ne saurions trop insister sur ce fait, que la plupart des auteurs ont confondu les frères du rite Templier avec les Martinistes. Ce sont les premiers qui agirent avec le plus de violence, et les seconds supportèrent entièrement les réactions cruelles de la foule. Encore une fois, nous n’avons pas eu la prétention de refaire l’histoire de cette époque, mais seulement d'éclaircir un point que beaucoup d’historiens ont jusqu'à présent laissé dans l'ombre. Papus.
Bibliographie Ouvrages relatifs aux Rose-Croix (Suite.) R. Fludd (de Fluctibus). — Schutzschrift fur die Aechtheit der Rosenkreutzergesellschafft, deutsch von A. Booz. Leipzig, 1782, in-8. Trad. allemande au Tractatus Apologeticus (v. ce mot). Rud. de Bry (Robert Fludd). — Fidèle animi fidelis spéculum seu epistolium cuoddam extremi desiderii pennis manibus cujuspiam Fraternitatis Roseæ crucis veri ac sinceri non spurii ac adul terini ubicunque terrarum claviculo Jegentis advolans. 1620, in-32. Borelli, Bibl.» chcm., p. 68. Kloss, 2590. Nat. Voir Otreb. Fludd. — Responsum ad epistolicam exercitationem sive clavem philosophiæ et alchymiæ Fluddanæ. Franckf., i633, in-f®. Fludd. — V. Otreb. Pierre de la Fosse. — Examen sur la nouvelle et in connue cabale des Frères de la Rose-Croix habitués depuis peu à Paris. Paris, ¡023, in-8.14 pp. Lenglct
68 l’initiation du Fresnoy, III, 286. Brunet, 24.492, Kloss, 2.611. Bibl. Mazarim,07.231, il existe une réimp. moderne. Nicolai Friedm.— Einige Bemerkungen über l 'rsprung u. die Geschichte der Rosenkreuzer und Freimaurer. Deux part, en un vol. in-8n, Berlin, 1806. Une planche s. cuivre. Kloss, 2689. Nat. : refusé. Philippus a Gabella. — De lapide philosophico scu sccretioris philosophiæ brevis consideratio una cum confessione fraternitatis Roseæ Crucis. Cassel, in-4, 1615,34 pp. Fret.. 1616,in-40,chez B. Schmidt. Kloss, 2433. Nat : Inv. R. 2808. Gassendi (Pierre), théologien. — Epistolica Exercitatio, in qua principia philosophiæ R. Fluddi Medici, reteguntur ; et ad récentes illius libros adversus R. P. F. Marinum Mersennum, ordini Minimorum. J. Francisci de Paula, scriptos resp.. Paris, i63o, in-8. P’n. Geiger. — Warnung fur der Rosenkrentzer. Ungeziefer. Heidelberg, 1621, 40. Kloss, 2600. Glauber. — De Elia artista od. was Elias für einer sey und wann er kombt ? Amst., 1668,71 pp.in-12. F. Gr. —Apologema præparatorium adversus Justum Cornelium, iÖ2O,in-80. Lenglet du Fresnoy, 111,286. Johann Grashof, syndic municipal de Stralsund. V. Chortalossäus. Dr Gratianum Amandum de Stellis (C. et E.archipal). — Geistlicher Diseurs und Betrachtung was fur eine Gottseligkeit und art der Liebe erfordert wird. Oppenh., chez Hoeron Galier, 1618, et Regensb.,
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Barth., Lpzg., 1836, in-8”. 3 ff. 82,pp. Kloss, 2576. [Günter, Eusebiius, Fr. de Rosa Crucis pseud.] — Epicœdion od.
Klagliedt, über einen nicht viel würdigen Unnd gegen den Baur frawen Andäch tigen guten Herrn Curd, Weyland Brudern und München im Kloster Hamerssleben, so Mittwochens, den 3 decembris Anno 1617 in seinem hei ligen Kleidezwischen Himmel und Erden, wun derlich seinen Geist auffgeben, etc. So beym Passawischen Einfall zu Prag, in der Altstadt erstlich gesungen werden. Wahrburg, Ernst.
Heuchethalss, chez Gottfriedt Aretophili, im Jahr., 1618, 4 ff. in-4. Dédié ironiquement aux Jésuites. (EgidiusGutman).—Oflenbarung göttlicher Mayestät, darinnen angezeygtwird, wie Gott der Herr Anfang, sich allen seinen geschöpflen, mit Worten und Wercken geoffenbaret, und wie Er alle seine Werck, derselben Art.
Eygenschafft, Krafft und Wirckung, in Kurze Schrifft artlich verfafzt, und solches alles dem Ersten Menschen, den Er70 l'initia J ION selbst nach seiner Bild nus geschallen, oberrencht, welches dann bisz daher gelangt ist. Däschen in Hanau. Bey Johann Wolff, 1619, in-40, 2 vol. et Halberstadt, 1675, in-4. Nat. : refusé. Hargrave Jennings. — The Rosicrucian : their ct mys teries. 2 vol. in-8; 3oo gr. 12 h. texte. Londres, J. C.
Hotten, 1870, in-8. 33g pp. J.-C. Nimmo, 3e éd., 1887. Harless (G. C. A. V.). — Jacob Böhme u. die Alchymisten, nebst J. C. Gichteis Leben u. Irrthiimer u. überein Rosenkrenzcriches. Manuscript. 2 éd. ; Leipzig, 1882. Franz Hartmann. — The secret symbols of the Rosi crucians of the 16 et 17 centuries, with a treatise on the philosophers Stone, de l’allemand. 27 gr. en couleur. Londres (env. 1876) et Boston, 1889, in-4. Fr. Hartmann. — An adventure among the Rosicru cians.
An account of a Dream-visit to a Rosicru cian monastery, and of the topics expounded by its adept inmates. Lond. (1890), in-4 (7^0). Id. — In the pronaos of the Temple of Wisdoms being the history of the true and the false. Rosi crucians, Lond., 1890. IT. Hartmann. — Secret Symboles of the R. C. Bos ton, 1889, in-40. (Edition anglaise de Madathanus.) W.-C. Hcckethorn. — The Secret Societies of all Ages and Countries.
A Comprehensive Account of upwards of One Hundr and Sidy Secret OrgaBIBLIOGRAPHIE DE LA ROSE-CROIX' ?I n¡salions, Religious, Political, and Social, from the most Remote Ages, down to the PresentTime. Londres, 187a, 2 vol., in-8. loh. Oiton Hclbigius. — Epistola intimorum jussuad Fraternitatem RoseæCrucisexarata. Heidelb. 1680, in-12. Kloss, 2629. Nat. : Refusé.
Il existe de cet ouvrage une trad. en allemand faite par le Irère de l’auteur, Christian Helbigius. Higgins (Godfrey). — Anacalypsis. Londres, i83o, in-8. Bened. Hilarionis. — Echo Colloquii Rhodostaurotici, d. i. Widerschall oder antwort auf das gespräch dreyer Personen die Fraternität der Rosen kreutzer betreffend auf Befehl der Obern verfertigt (m. martio) 1622, in-8°, S. L. Kloss, 2Öo5.
Trad. en latin dans le Tractatus posthumus de Michel Maier. lo. ¡Untrer (Trefurensem Historicum). — Spéculum ambitionis Spiegel der Ehrgeilzes der Bruderschaft vom Rosenkreutz. S. L. 1620, in-8", 48 ff. Kloss, 2585. L’ed. originale serait en anglais. Hisaiam sub cruce ath. — Septem miracula naturæ oder Sieben treffliche Arcanen und Wunderwerke der natur, von der Bruderschaft des Rosenkreutzes an den "ag gegeben durch... Strassb., 1619, in-8.
Kloss, 2555. Bibi. Thomas I, 874, II, 44. Nat. : R. 54603 L’auteur est Zimpcrtus Wehe, professeur à Ulin. Hisaiam sub Cruce Ath. —Octavum miraculum artis,
l’initiation d. i. gründliche Offenbahrung vieler gelicimmisen durch... Strssb., 1619, in-8° ( 18 aoùt), 76 pp. Vgl., 2555. Kloss, 2563. Mat. Joh. Hoerneri. — Problema sumnium math. et Cabalisticum, d. i. eine hohe versiegelte, mathem. und cabal Figur... Samt einem colloquio und Diseurs die Fraternitct R. C. betreffend. Nurnb.. 1610. in-4. Kloss, 2082. W. Hossbach. — Joh.-Val Andrea.1 und sein Zeital ter. Berlin, 1819. H.
R. — Vers sapienti® lìliis, fratribus R. C., salutem aternam In Deo. in f. (Signabam in musso meo secreto), 17 sept., anno 1615, 1 ff Kloss, 2454. H. S. F. — Examinatio brevissima, d. i. kürzliche Erörterung, worinnen sich Joh. Siverti in seiner Mummenschantz oder Nebelkappe wider die wom R. C. ziemlich vorhauen, von H. S. F., 1617, in-8°. Arnold donne comme auteur, § 33, Hcjch Bilthi (^lÄojtÄo;). Kloss, a5o3. Nicolai Hunnii PP.
Witteb. — Betrachtung der neu en Paracelsischen und Weigelianischen Theologie. Witt.nb., 1622, in-8. Kloss, 2606. I. -G. — Toeltii Coelum referatum chymicum oder philosophischer Tractat worinn nicht allem die materien und Handgriffe woraus und wie der lapis philosophorum in der. Vor und Nacharbeit zu be reiten. Francf. et Lpz. (qqs exempl. Erfurt.), 1737, in-8°.
BIBLIOGRAPHIE DE LA ROSE-CROIX /3 Le mss. serait de 1612, traduit, dit la préface, par les fr. de la R. C. En 1735, il appartint au libraire d'Erlurt, Crusius, qui le lit imprimer. Indagine (Wilhelm ab). —Neue Erläuterungen die Geschichte der Rosen kreuzerund Gold mâcher betref fend. — Dans le Wirtemb.
Repertorium, pp. 53q et sqq. lreneus Agnostus. — Clvpeum veritatis, das ist kurze jedoch gründliche Antwort, respective, und Verthädigung, aulì alle und jede Schrillten und Missiven, welche an und wider die hochl. sei. Fraternitet des Rosenkreuzes bishero in olienti. Druck steht. Date de Thunis, 1618, avec épigrammes de Menapius (janv. i6i5). lrenæus Agnostus. — Frater non fratcr, d. i.
Vermanung an die fromme discipul der Socictät Rosen kreuzer, dass sie sich fur den falschen Brudern und Propheten fleissig versehen, nebst Kennzeichen dadurch ein falchervon einem Wahrhaften zu un terscheiden. S. 1. 161g, 20 ff. in-8. Avec io épigrammes de Menapius. Kopp donne comme auteur Gotthard Arthusius, et Weller : Jean du Hamel. lreneus Agnostus. — Fonsgratiæ, d. i. Anzeyg wenn derjenigen so von der Fraternitet des R.
C. zu Mit brüdern auffgenommen, etc. 1619, in-8, avec Lettres et Épigrammes de Menapius. lreneus Agnostus. — Liber T. oder Portus Tranquillitatis, d. i. ein Bericht von dem höchsten Gut, welches diejenige, so vom Bapstthumb abgewichen,
74 l'initiation und in den Orden und das Collegium des R. C. aufgen, worden, etc. 1610, in-8. Avec des lettres de Menapius contre les R. C. Irenens Agnostus C (anccllarium) W (estphaliæ). — Prodromus Fr. R.
C. das ist ein Vorsgechmack und beykiufige anseig der grossen ausfürlichen Apologi. s:; ozvspv opoXopptv, welche bald folgen sol; gegen und wider den Zanbrecher und Fabelprediger llisaïam sub Cruce, zu SteifTer. unwidertrciblicher Defensión, Schätzung und Rettung hochgedachter, heiliger, got seliger Gesellschaft, etc. Sambtzwcyen missiven, eine an die spanische Nation, die ander an alle romischkatholrchen in Italia.
Gallia ct Po lonia, etc. publicirt., etc. 1620, in-8°. 11 y a peut-être une 2e éd. en 1628. Voir Rhodophilc Staurophore. (Ireneus Agnostus). — Tintinnabulum Sophorum. S. L. 1619. (Ireneus Agnostus).— Regula vital. S. L. 1619. (.Menapius). — Thesaurus fidei, das ist Bericht und Verwarnung an die Novitios, dass sic im Glauben an Gott, Liebe dem Nechstcn Geduld und SanfTtmut der Fraternität (R T* C), bis an’s Ende verparren Sollen. S. 1.
1619, 36 pp. Ireneus Agnostus. — Exhortatio ad constantiam facta ad fratris Rosæ-Crucis (1618), in-12. Bibi. Maz., 29984. (Ireneus Agnostus). — Spéculum Constantiæ. Ireneus Agnostus. — Epitomen libri mundi.
BIBLIOGRAPHIE DE LA ROSE-CROIX ;5 Ireneus Agnostus. — Epitinna. F. R. R. C. S. L. 161g. (Menapius). — Fortalilium scientiae, das ist. die unfehlbare, unersehätzliche Kunst aller Küns ten und NIagnalien, welche allen tugendhaften Pansophiae studiosis die hocherleuchte Bruders chaft des Rosencreutzes zu eröffnen gesandt. Belie bens sich befindet, dass derFraternitetringste kiinsten das Goldmachcn und Lapis philosophicus jederzeit gewesen seyen.
S. L. 1617. 23 ff. in-12. Edit. orig. t. rare. V. Staurophorum. J. Eipvaio’j. J.-A. Divinse Sophia? Alumni. — Ad Vene randos doctiss. et llluminatiss. viros Fratres S. Rosete Crucis epistola... Data? 3 Decembris 1615 Francof. J. Bringer, 1616, in-8°, 14pp. (Sans doute Ireneus Agnostus). Kloss, 2477. Nat. : refuse. J. P. D. A. S. (Jesuitarum Protectorum). — Rosa Jesuitica oder Jesuitische Rottgesellen.
Ein Frag, ob diezween orden der genanndten Ritter, von der 1 'eerscharen Jesu und der Rosen Creutzer ein eini ger orden sey, von einem getreuen Patrioten durch J. P... Prag. 1620, 12 ff., in-40. Kloss, 2594. L'aut. est J. Thcmistuis de Melampage. Bruxelles. Kakerlak (Wezel). — Geschiechte eines Rosenkreut zers. Lpzg., 1784, 1 gr. sur cuivre. 8 fl., ao5 pp. Kloss, 2658. M. Chr. Steph. Kazauer (resp. J. Wolf). — Dissertatio de Rosaecrucianis. Wittcb., 1715, in-4, $4 PPKloss, 2421. Nat. : Z 2120. V. 853.
76 l’initiation F. Kers. — Le Grand livre de la Nature ou l’Apoca lypse philosophique et hermétique. Ouvrage curieux dans lequel on traite de la philosophie occulte, de l’intelligence des hiéroglyphes, des anciens, de la Société de la Rose-Croix, de la transmutation des métaux, etc., S. 1. n. d. 1790), in-8. G. Kloss. — Bibliographicdcr Freimaurerei und mit ihr in Verbindung gesetzten geheimen Gesellschaften (Rosenkreuzer, etc.) Frkf.
1844. in-8. B. Nat. Inv. Q. 5368. I. H. Koccheim von Hellrieden. — Tractatus errantium in rectam et planam viam reducio, d. i. Bes tändiger u. widersprechlicher Bericht. Strassb., Eberhardt Zetzner, in-8, 1626 (1 décembre'.. Kloss, 2616. H. Kopp. — Die Alchemie in älterer und neuerer Zeit, 2 vol. in-8, Heidelberg, 1886 (XVII-260, et VI, 425 pp.). Alchimie. Les Rose-Croix. Soc. hermétiques. J.
Läwatz (in Journal von und für Deutschland) An gabe von (81) R. K. Schriften — i5 pp. de texte. Kloss, 2424. Adam a Lebenswaldt (Artzt zu Saltzburg.) — Acht Tractätlein von der Teufels List und Betrüge... Berichtgegeben Wird von den so genannten Fratribus R. C. oder Rozen Creutzern und Théophrasto Paracelso. Saltzburg, J.-B.Meyer, 1680,1681, 1682, in-12. Kloss, 2628.
BIBLIOGRAPHIE DE LA ROSE-CROIX 77 Comte Lehrbach de Munich. — Die Theoretischen, Bruder oder zweite Stufe der Rosen krcutzer und ihrer Instructionem. Athem (Regensburg), 1785, 1789, in-8, 278pp. Kloss, 2662. Lenglet-Dufresnoy. — Histoire de la Philosophie hermétique; 3. v. Paris, Coustclier, 1742, in-8, in T. HI. Kloss, 2529. Nat. : R., 41541. André Libavius M. D. H. S. — Examen philosophiæ. novæ veteri abrogandæ oppositur.
Francof., 1615, in-folio deux titres gravés. Kloss, 2449. Nat. : R., 993. Contient: i° De philosophiæ harmonica magica fratrum de R. C. 2° Appendix syntagmatis arcanorum chemicorum et la lin une pièce de 28 pp. 3° Analysis con fcssionis fraternitatis de Roseæ-Cruce. Ces ouvrages forment les sections II et III de Vappendix necessaria dont la section I a pour titre: Admonitio de regulis novæ rotæ seu harmonica spheræ Fratrum de Soc. R. C.
André Libavius M. D. — Wolmeinendes Bedenken von der Fama und confession der Bruderschafft. des R. C. Fref., 1615 et 1616, in-8, 297 pp. Egenolf, Emmel et Erfurt, 1617, in-8. Kloss, 2475. Nat. : refusé. Lindner J.-C. — Ganz besonderer u. merkwürdig Brief an die Obern Gold und Rozenkreutzer alten System. (Cleve, 1816?) S. L. et D. Kloss, 2690. Marc Haven et Sédir.
PARTIE LITTERAIRE RÉDEMPTEUR Sauveur né d’une vierge et venu parmi nous Pour racheter du mal les pêcheurs de la terre, 11 leur dit : Aimez-vous, unis par la prière, La Trinité vous voit, et vous serez absous, Autrement redoutez le ciel et son courroux, Fuyez les vanités d’une vie éphémère, Toi riche, prends pitié; toi, malheureux, espère ! Tzak?., le bon pasteur, comme l’agneau fut doux. Pour ne pas avoir l’air d'un morne trouble-fête, En son Fo-ki Hiko, livre de saint prophète, Si pur qu’apparaît comme un épouvantail, Sachant que pour le bien les meilleurs sont de marbre Et qu’on ne peut offrir la vertu qu’au détail, 11 n’inscrivit sa loi que sur des feuilles d’arbre. Jules de Martiiold.
SONNET BICÉPHALE 79 SONNET BICÉPHALE zl un critique. I ¿Nourri dans le sérail du vieil académisme, Zoïle veut dauber sur les modernités; Hormis dans les sentiers jaunis du classicisme, Il ne voit point en art de personnalités. Il tranche du critique, et de son crétinisme, Il aune les talents; les idéalités Vont de valeurs, pour lui, que par mercantilisme. Son critérium : quelconque et ses banalités. II Mais l’art a-t-il sa part dans ces routes malsaines, Où triomphent les nains, où succombent les forts, Assoiffés de Vinvu, que meurtrissent les chaînes De la Routine abjecte entravant les efforts? Les dents de vos orgueils, roseaux mordant les chênes, Un jour se briseront ; ils reluiront les ors, Que vous assombrissez de vos mesquines haines, Vers de terre, jaloux des stellaires essors. li ne persistera de vos ombres stériles Que le noir souvenir de monstrueux reptiles, Et l’immortalité de la honte sera Le champ clos, vil Zoïle, où ton nom restera, Quand l'art, dont tu ternis la puissante harmonie, Vengera tes dédains en sa force infinie. Etienne Bellot. Paris, 24 mars 1906.
UN SECRET PAR MOIS Voici quelques observations permettant de prédire très souvent juste le temps qu’il fera. Si la lune est belle et claire les troisième et quatrième jours, beau temps. Rou geâtre au deuxième quartier, vent. Une nuée avant le lever du soleil, beau temps. Si, à son coucher, il a de petits nuages autour de lui, pas de pluie.
Si le soleil se lève sans nuage, et qu’il en survienne ensuite quelquesuns, s’ils sont rougeâtres il ne pleuvra ni la nuit ni le lendemain. La lune très rouge les troisième et quatrième jours, tem pête. A la pleine lune, signes noirs, pluie. Enfin, deux ou trois halos autour de la lune signifient tempête, surtout s'ils tirent sur le noir. Aratus. Ordre Martinis te, Nous avons la douleur d’apprendre aux délégués de l’Ordre la mort du F.
Staub, secrétaire général du Suprême Conseil de l’Ordre. Tous les Délégués qui ont été en relations avec notre secrétaire regretteront ce départ si brusque en pleine période d’efforts couronnés de grand succès. Nous adressons à la famille éprouvée si cruellement nos profonds sentiments de condoléance.
LA FICTION ET LA VERITE 8l A propos des expériences d’Alger, nous reproduisons cette excellente réponse de Delanne : La Fiction et la Vérité Le phénomène de la matérialisation des Esprits est une démonstration si péremptoire de l'immortalité de l’âme que tous les sceptiques se sont coalisés contre les expé rimentateurs assez hardis pour oser affirmer leur réalité.
Mais c’est surtout depuis que M. Richet a pris position, que la bataille est devenue acharnée. Songez donc, un savant « officiel » français déclarait avoir vu, touché, photographié un fantôme! Cela devenait intolérable ; il fallait couper court à ce scandale.
Aussi avons-nous as sisté à des essais d’explications, les unes ridicules, comme l’hypothèse d’un mannequin, les autres plausibles,comme le déguisement du médium, mais qui ne s’accorde plus avec nos observations.
Il fallait trouver mieux, et c’est ce dont s’est chargé un docteur d’Alger, qui a fait une conférence à l’Université populaire de cette ville, produisant sur la scène un pseudoBien Boa, qui n’était autre que le cocher renvoyé de M. le général Noël. Cette fois, il n’y avait plus de doutes; les expérimenta teurs de la Villa Carmen avaient été bernés comme de pauvres niais.
Aussi toute la presse s’est-elle empressée de propager cette heureuse nouvelle. De là les entrefilets parus un peu partout, accompagnés parfois de commen taires désobligeants. Avant d’accepter aussi facilement une dépêche semblant donner un démenti à un savant connu, il eût été peut-être prudent d’en vérifier la réalité. On n’y regarde pas de si près quand il s’agit de Spiritisme.
Mais comme je suis particulièrement intéressé à établir la vérité, je crois très utile de faire savoir que l’allégation qui fait du cocher Arcski le fantôme que j’ai observé en compagnie de Mme X... d’abord, et de M. Richet ensuite, est tout à fait 6
82 L'INITIATION mensongère. L'habileté consistait à créer une équivoque qui permît de confondre nos observations avec ce qui a pu se produire, peut-être, avant notre arrivée. Que le sieur Areski ait cherché à tromper la confiance de ses maîtres en se déguisant, c'est très possible, puisque je l'ai pris en flagrant délit de supercherie.
Mais que l’on veuille se servir de ce fait pour infirmer nos expériences. auxquelles il n'a jamais pris part, voilà qui dépasse toutes les limites. C’est justement parce que je me méfiais de lui que j’ai demandé qu'il fût évincé de toutes les séances qui seraient tenues.
Venir ensuite raconter que c'est lui qui se glissait derrière le rideau pour faire le fan tôme, c'est travestir absolument la vérité, et je pense que sur ce point spécial personne ne doutera de notre pa role. quand nous affirmons que cet individu n’est jamais entré dans la salle des séances quand nous y étions. Mais là ne se bornent pas les inventions.
Depuis mon départ de la villa, j'ai appris que Mme Noël avait été obligée de se -séparer de la jeune fille médium et de ses sœurs. Je n’ai pas à rechercher comment et pourquoi cette brouille s'est produite, ni les influences qui ont pu agir sur cette jeune fille pour l’engager à faire des déclarations aussi contraires à la réalité, que celle de l'existence d'une trappe dans la salle des séances.
Toutes les personnes, très nombreuses, qui ont assisté aux séances depuis plu sieurs années, pourront témoigner combien cette asser tion est fantaisiste. Mais, dans ce cas, il ne suffit plus de démentir purement et simplement. J’ai pensé qu’il fallait un témoignage officiel, aussi ai-je demandé à M. le général Noël de faire examiner la salle par un architecte-expert du tribunal, qui aura pour mission de remettre les choses au point.
Que de peine et que de mal on éprouve à faire con naître les vérités nouvelles ! Non seulement on se heurte à toutes les difficultés inhérentes à ce genre particulier d’investigation, mais encore il faut redresser à chaque instant les mensonges plus ou moins intéressés des uns ou des autres, si l’on ne veut pas sombrer sous le ridi cule. M. le docteur Rnubv s’est institué de sa propre autorité le juge des expériences de la Villa Carmen; c’est son droit
83 LA FICTION El LA VERITE de critique et je n’y vois aucun inconvénient; mais il a assumé en même temps le devoir d’être un enquêteur soigneux et impartial, sans quoi il s’expose à se faire juger sévèrement. Or, ce zélé défenseur de la vérité ne s’est même pas donné la peine de vérifier les points prin cipaux qui sont en discussion./\-t-il été inspecter lui-même le pavillon de la Villa Carmen ?
Si oui, il a pu constater de visu combien est fausse l’affirmation de l’existence d’une trappe; sinon, il a agi bien légèrement pour un homme qui a la prétention d'être sérieux. Est-il plus impartial que soigneux de se documenter ? Pas davantage.
Je veux admettre qu’Areski lui a dit être l'auteur des phénomènes, sans quoi la bonne foi du doc" teur Rouby serait suspecte; mais est-ce qu’un enquêteur sérieux ne doit pas comparer les témoignages et en peser la valeur ?
Pourquoi accepter sans contrôle les racontars d’un individu qui s’avoue lui-même menteur et fraudeur, sans tenir compte des affirmations unanimes des témoins honnêtes qui ont publié les procès-verbaux des séances de la Villa Carmen. Une telle conduite montre un parti pris évident, contraire à la méthode scientifique, et suffit à faire comprendre que M. le docteur Rouby a été tout à fait au-dessous de la tâche qu’il avait entreprise.
Essayer de jeter le discrédit sur des recherches aussi précises que les nôtres, en faisant une parodie misérable du fantôme de Bien Boa, n’est pas digne d’un homme sérieux. M. le docteur Rouby a-t-il photographié Areski déguisé? Les clichés montrent-ils une identité avec ceux que nous avons obtenus ? Non, alors qui attachera une importance quel conque à cette mascarade, et quelle conséquence en tirer?
Une seule, c’est que M. le docteur Roubv a fait preuve d’une inconcevable légèreté et d’un misonéisme déplo rable. Voici la lettre que j’ai adressée au journal les Nou velles ; Paris, g mars. Monsieur le Directeur du journal les Nouvelles. J’ai connaissance aujourd’hui de l’article intitulé Bien Boa, paru dans votre numéro du 5 mars dernier. Comme
l'initiation 84 je suis nommé à plusieurs reprises, je désire user de mon droit de réponse, en vous priant d'insérer cette lettre dans votre plus prochain numéro.
Si le compte rendu que vous publiez de la conférence de M. le docteur Rouby est parfaitement exact, il est démon devoir de relever un cer tain nombre d’erreurs en ce qui concerne les expériences auxquelles j’ai assisté, en juillet et août de l’année der nière, chez M. le général Noël, à la villa Carmen. Avant d’aborder la discussion du cas de Bien Boa, M. le docteur Rouby raconte que ledocteur X... etM.
Charles H... se sont entendus, en 1904, pour simuler une communication en langue anglaise à l’adresse de Mme la générale Noël. Sur prendre la confiance des gens chez lesquels on est reçu n’a jamais passé pour une action très louable; et j'ajoute que l’on ne pouvait guère soupçonner une semblable su percherie de la part des personnes que leur position so ciale semblait désigner comme des gens sérieux.
Arrivons à l’accusation de tromperie que M. le docteur Rouby porte contre Mlle Marthe B... Elle aurait simulé, en plaisantant (sic) Bcrgolia. la sœur de B. B. Jusqu’ici il n’y avait pas grand mal.
Voici qui est plus sérieux ; M. B..., le père de Mlle Marthe, aurait écrit à M. Richet que sa fille « avait avoué qu’une trappe existait dans la salle des séances, et que tous les phénomènes obtenus ici (à la Villa) avec Richet et Delanne étaient dus à la fraude ».
J’ignore à quelles suggestions peut obéir Mlle Marthe B... depuis qu'elle n’est plus reçue à la villa Carmen, mais ce que je sais bien, c’est que l’affirmation qu’il existe une trappe dans le pavillon où avaient lieu les séances est tout à fait fausse. M. le professeur Richet, Mme X...et moi, avons visité minutieusement le dessus et le dessous du plancher de la salle des séances, et nous avons affirmé qu’il n’existe ni trappe ni porte dérobée.
Comme nécessairement quelqu’un ne dit pas la vérité, je propose à M. le docteur Rouby — qui aurait pu s’en assurer lui-même avant sa conférence — de faire examiner ce pavillon par un architecte-expert du tribunal, qui dira qui a tort ou raison. Si le plancher de la salle est intact.
LA FICTION ET LA VERITE 85 vos lecteurs seront juges de l’importance qu’il faut attri buer aux propos de Mlle Marthe (i). Etudions maintenant le cas du cocher de M. le général Noël.
M. le docteur Rouby reconnaît que j'ai signalé dans ma revue les deux tentatives de fraude du nommé Areski, — ce qui établit ma bonne foi, — mais il a omis, malheu reusement pour sa thèse, de citer en entier ce que j’écri vais, à ce sujet, immédiatement après le paragraphe que vous reproduisez.
Voici ce passage, qui ne manque pas d'importance, comme il est facile de le constater: « M. le général Noël m’expliqua que c’était en état de transe, et sous l’obsession d’un mauvais esprit qui le per sécute, que le domestique se livrait à ces actes répréhen sibles.
Mais comme, consciemment ou non, ce sont tou jours des tromperies, il fui décidé qu'à l'avenir on se pas serait de son concours, de sorte que jusqu'à la fin de mon séjour il n’a plus pris part a aucune expérience. » {Revue scientifique et morale du spiritisme, nov. igoS, p. 259.) Sans tenir compte de mon témoignage, pas plus que de celui de M. le professeur Richet, M. le docteur Rouby imagine un petit roman pour expliquer comment le dit Areski aurait pu s'introduire dans le cabinet.
11 dit : « Comment Areski pouvait-il pénétrer dans le cabinet, à l’insu du professeur Richet.
De la façon la plus simple: Il entrait avec tout le monde, aidait à soulever le tapis, à regarder dans la baignoire et sous les meubles, puis lorsque le gaz brusquement éteint ne permettait pas aux yeux non encore habitués à l’obscurité de s’apercevoir qu’il se glissait dans le cabinet, Areski se cachait dans l’encoignure gauche de la draperie que l'on venait d’ex plorer. » Il n’y a qu’un petit inconvénient pour admettre cette ingénieuse supposition, c’est que jamais le cocher ne s’est trouvé, même une seule fois, dans la salle des séances quand nous y avons pénétré.
Jamais il n’a aidé à visiter la salle. Jamais il n’a assisté aux séances que j’ai rapportées. (1) Cet examen a été fait depuis, à la demande du profes seur Richet, et a tourné à la confusion des contradicteurs. (N. de l'initiation.)
86 l’initiation Entre l’affirmation de M. le général Noël, de sa femme, de M. le professeur Richet, de Mme X... et de la mienne, et celle du sieur Areski, simulateur effronté, je laisse au public le soin de décider. C'est en vain que l’on cherchera à jeter le discrédit sur ~ les expériences de la villa Carmen que j’ai observées, car leur réalité est certaine.
D'abord on a voulu que l'esprit Bien Boa fût un mannequin; supposition absurde lorsque le soi-disant mannequin marche, cause, serre la main des assistants: ensuite, c'était nécessairement un déguisement du médium, hypothèse qui n’a plus de valeur quami on voit et qu’on photographie simultanément l'esprit et les médiums, et que B. B. disparait sous nos yeux dans le plancher, sans laisser de traces.
Alors surgit l’invention de la trappe, aussi fantaisiste que les autres; enfin, c’est l'intervention d’Areski, lequel n’a jamais mis les pieds dans le pavillon quand nous y étions. Il faudrait supposer aux observateurs une dose invrai semblable de crédulité, pour s’être laissé tromper par d'aussi grossiers artifices.
Toutes ces po émiques auront pour résultat d’établir de plus en plus la certitude de ces manifestations de l’au delà, affirmées déjà par des princes de la science, tels que Crookes, Alfred Russel Wallace, Zollner, le docteur Gibier, etc. Essayer d’assimiler la pi teuse exhibition d’Areski déguisé en fantôme avec nos expériences, c’est vraiment se moquer du public, puisque l’on cherche à comparer des phénomènes qui n’ont rien de semblable, ni dans leur mode de production, ni dans leur résultat.
Je défie absolument le docteur Rouby, aidé même de tous les prestidigitateurs qu'il voudra employer, de faire surgir du sol, dans une salle non machinée et visitée d'avance par moi comme celle de la villa Carmen, un fantôme qui marche, qui cause, qui serre la main des assis tants.
Or cela nous l’avons vu, et tant qu’il ne nous démon trera pas raisonnablement, sans faire de suppositions aussi inexactesquecelles auxquelles il s’est livré, comment nous aurions pu être trompés, son œuvre de dénigrement sera sans valeur et sans portée. Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma parfaite considération. G. Delxnne.
ORIGINE DU MOT CASSEROLE «7 ORIGINE DU MOT CASSEROLE Au siècle dernier, les Français furent traités par déri sion de : peuple de cuisiniers; or, depuis un an, jamais on n'a tant parlé de casseroles. On a pu donner l’origine de ce mot, mais peut-être que la véritable est la suivante : Casserole, c’est le francmaçon. Je transcris.
« Dans le recueil de planches qui fut publié, selon l’usage, à la suite du meurtre du maréchal d’Ancre, la der mère se rapporte à des forts-maçons ou constructeurs de forteresses; en d’autres termes, à des ingénieurs mili taires, lesquels formaient, sous l’ancien régime, une corpo ration noble.
« Cette planche, écrite tout entière en termes de maçon nerie militaire, dit que, d’accord avec le patron royal des forts-maçons, Vitry, Camp lumière a appliqué la peine de mort à Coion Caquerolle (le maréchal d’Ancre), que punit Perceval, parce qu’il avait la preuve qu’il avait renié ses devoirs de fort-maçon. Dans cette curieuse pièce Vitry est désigné par un Vitrier. Perceval, ou plutôt Paircheval, représente la corporation des Chevaliers.
« Le maréchal faisait partie de celle des ingénieurs mili taires ou forts-maçons. « Les Anglais auraient-ils changé forts-maçons en free maçon ? Ce ne serait pas impossible.
« Tout ce que je puis assurer, c'est que, si j’ai souvent rencontré dans le grimoire des allusions aux maçons et aux forts-maçons, le plus souvent représentés par des limaçons ou caquerolles, ils ne sont jamais qualifiés de francs, bien que ceux de France possédassent de véri tables franchises. » (Extrait des Ménestrels de Morvan et de Murcie, par G. D’orcet. Revue britannique, 1884.) Ainsi franc-maçon, limaçon, caquerolle, casserole pré sentent un enchaînement. Tdnq.
88 l’initiation * » ¥ Nous sommes heureux d’apprendre que l'œuvre de Ravel, qui figura jadis au salon et représente Eliphas Lévy (l’abbé Constant) assis et tenant un grimoire à la main, est devenue la propriété de notre collaborateur Tidianeuq, 16, rue Delcambre, Douai (Nord.) Il se fera un plaisir de montrer le superbe portrait du grand cabbaliste à tous ceux épris des sciences occultes qui désireraient le contempler, ainsi que les nombreuses collections sur les branches de l’hermétisme.
LIVRES NOUVEAUX Histoire de Montrouge, par Eugène Toulouze et Maugarny, édité chez Louis Bayer, imprimeur à Mont rouge (Seine). Malgré son titre restrictif, cet ouvrage très intéressant est plutôt l’histoire de toute la région sud-parisienne, instructive à divers titres par ses monuments antiques. M. E.
Toulouze, en docte cicérone et dans un style clair, simple, en même temps que très précis, conduit son lecteur à travers les principaux événements historiques qui se sont déroulés sur le territoire de Montrouge et de ses environs immédiats, depuis l’invasion des hordes ro maines de Labienus jusqu’à nos jours.
C’est un travail très consciencieux, basé sur des docu ments rigoureusement authentiques et pour la plupart inédits, découverts par l’auteur lui-même en de nom breuses et patientes investigations dans le sol montrougien. Cet ouvrage est le complément nécessaire de Un Village ignoré, le Balneolum d’antan, le Bagneux de nos jours du même auteur, et qui fut très remarqué par les critiques compétents de la grande presse.
LIVRES NOUVEAUX 8g Un attrait particulier de ces œuvres, c’est qu’elles sont ornées de très jolies vignettes dessinées par notre historio graphe lui-même, fin artiste, graveur à ses heures. Voyez plutôt la magnifique plaquette publiée sur le Palais du Luxembourg et reproduisant quelques témoins (documents) antiques découverts au cours des fouilles exécutées dans ce palais.
C’est d’une note très artistique, donnant à cette œuvre les apparences d’un vrai joyau. Si j’ajoute que M. E. Toulouze possède la plus belle, sinon la plus rare collection d’archéologie parisienne, réunie pièce par pièce par lui-même pendant près de trente ans, vous saurez que cette belle physionomie du chercheur infatigable méritait à plus d’un titre d’être connue de nos chers lecteurs de Y Initiation.
Paul d’Orange. ★ * * Notre jeune confrère André Tschui, bien connu dans le monde occultiste comme collaborateur au Voile d’Isis, vient de faire paraître, à la librairie P. Godefroy, 5i, bou levard Saint-Michel, un volume de haute critique litté raire.
Sous le titre de Prolégomènes à tout essai de litté rature française, il a réuni toutes les solutions révélées par la méthode critique, appliquée à la langue française en tant que moyen d’expression et moyen d'art. Les quelques pyrrhonniens littéraires, que les vertus de la méthode critique laissaient sceptiques, ne pourront plus douter. C’est la réponse la plus fière et la meilleure du jeune poète à ces pompeux académisés.
En statique, André Tschui renouvelle les méthodes de composition et réforme l’orthographie. En dynamique, il inaugure la méthode critique et en montre la nécessité pratique et esthétique. 11 réforme la poétique tradition nelle. Tous les lettrés voudront connaître cet ouvrage, appelé à faire sensation dans le monde des lettres. L’œuvre d’André Tschni est un monument de haute pensée et de grand art.
[/INITIATION 90 Le Hasard: sa Loi et ses Conséquences dans les sciences et en philosophie, suivi d’un essai sur la Métempsycose, par F. Camille Revel. Bibliothèque Chacornac, 11, quai Saint-Michel, Paris. La Synthèse concrète Etude métaphysique de la Vie), par E. Warrain. En vente chez Lucien Bodin, libraireéditeur, Paris. Prix, franco, 5 fr. 5o. Compendium de Médecine synthétliique ou Homéopa thique spécifique, par le docteur M. Duz.
En vente chez Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, Paris. Teoría del Acto entusiasta, par Diego Ruiz, Barcelona. Tipograpia La Académica, Ronda Universilad, 6. Le dernier numéro du Voile d'isis contient un excellent article de notre directeur Papus sur Etienne Bellot, rela tivement àia brochure que vient de lui consacrer M. Bruchère, avocat à la Cour d’appel de Paris.
L'Extériorisation de la Motricité, recueil d’expériences et d’observations, par Albert de Rochas. 4e édition, mise à jour. 1 vol. in-8 de 600 pages, avec figures dans le texte et 1 5 photogravures hors texte. Prix : 8 francs. — Bibliothèque Chacornac, 1 1, quai Saint-Michel, Paris.
Le domaine de la Science, restreint dans l’origine aux faits grossiers et constants, s’agrandit peu à peu, grâce à l’étude de ceux qui, par leur délicatesse ou leur instabi lité, avaient échappé à nos prédécesseurs ou rebuté leur esprit. L’Antiquité connaissait déjà les tables tournantes, la baguette divinatoire, le pendule explorateur. Quand on n’y voyait pas l’action du Diable, on attribuait leurs mouvements à des fraudes conscientes ou à des poussées
BIBLIOGRAPHIE 91 inconscientes. C’était, en effet, l'explication la plus natu relle tant qu’on n’avait pu les obtenir d une façon cer taine, sans aucun contact.
Les nombreuses expériences faites, de nos jours, par des savants éminents dans toutes les parties de l’Europe et recueillies aux sources mêmes par le colonel de Rochas, prouvent que quelques personnes peuvent faire mouvoir, même à distance, des objets inertes, grâce à une force particulière sécrétée, à des degrés divers, par l’organisme humain, et qui paraît, dans certains cas, pouvoir être dirigée par des entités intelligentes sur la nature desquelles on n'est pas encore bien fixé.
BIBLIOGRAPHIE LaBibliothèqueChacornacvientde publier une brochure qui intéressera ceux qui aiment à pénétrer dans l’intimité de nos écrivains. Il s’agit d'une brochure consacrée à notre collaborateur Etienne Bellot, par R. Buchère, avocat à la Cour d'appel de Paris. M. R. Buchère y fait vivre sous nos yeux toute la vie forte et multiple d'Etienne Bellot, journaliste, poète, dra maturge, chansonnier, occultiste...
Je m’arrête : on peut dire les avatars de Vichnou, mais non les métaphores de Protée. Il faut féliciter encore M. Buchère d'avoir su nous mon trer, en même temps que la riche multiplicité de Bellot, sa réelle unité. Bellot est, en effet, puissance, passion, besoin d'agir utilement. Il est depuis longtemps un apôtre de l'art social, car il faut que partout il s'efforce à modeler la foule à son idéal.
Tempérament de sculpteur fougueux, il traite la foule comme un marbre et, lorsque la matière peu plastique fuit, boue liquide, ses mains généreuses, il n'est pas homme à se décourager. 11 est de ceux qui disent toujours : « Mes frères, si nous recommencions ’. »
92 l’initiation Cette force d’espérance et d’amour, le besoin d'essayer de faire du bien, sans se demander jamais si ce bien est possible, fait la caractéristique d'Etienne Bellot. Les pages de AI.
Buchère et la photographie documen taire qui ouvre la brochure font comprendre celte nature vigoureuse et riche qui a besoin de se dépenser, qui se jette elle-même en détails sur tous les chemins et sur tous les rochers, et qui crie en une joie que rien ne troublera : « Je sème, je sème. » Il a peut-être raison : il arrive, quoique rarement, qu’une graine tombe dans un terrain propice, et qu’elle germe, et quelle produit un peu de justice et de bonté.
Han Ryner. BEVUE DES REVUES VEcho du Merveilleux du iei'mars est comme toujours très intéressant pour ceux qui s’attachent seulement aux faits, et non à une doctrine. Je remarque surtout un article de G. Aiéry sur le pouvoir des pointes, dans lequel il essaye d’établir une théorie de l’équilibre des iluides dans le corps humain. Les maladies nerveuses seraient causées par une surproduction de fluide. C’est ce que j’ai entendu enseigner.
Quant au pouvoir de> pointes, il est bien connu de tous ceux qui ont un peu de pratique oc culte...
Rappelons Cideville et Valence en Brie. — L'Étude expérimentale sur la force psychique^ parfrlac-Nab, semble écrite hier, et elle reste une des meilleures choses parues sur ce sujet à citer, surtout parmi les expériences, les apports et les transports d’objets sans contact. — AI Nébo publie aussi dans ce numéro un article sur la classification des voyants et la notion du temps. Il divise les voyants en trois classes : ceux qui voient l’avenir; ceux qui voient le
REVUE DES REVUES 93 présent ; ceux qui lisent dans le passé. J'ai étudié bien des voyants, mais j’avoue qu’ils présentaient tous les trois voyances. Je n’en ai jamais rencontré ne voyant que le passé ou que l’avenir.
Il n’y a réellement, à mon point de vue, entre les voyants que des différences de puissance, et cela se comprend pour celui qui a un peu vu dans le plan astral ; les clichés des événements passés ne diffèrent souvent de ceux des événements à venir que par un peu moins de netteté de coloration — de vie — mais ce sont toujours des images : des reflets dans le premier cas; des plans, des préparations dans le second.
Quant à la con ception que N'ébo a du temps, elle est parfaitement cor recte et d'accord avec les enseignements de l’occulte et les recherches de Fabre d’Olivet. Dans son numéro du 15 mars, G. Méry, sous le titre la Sorcellerie médicale, établit que bien des remèdes, aujourd'hui prônés par les médecins, ont été employés par les guérisseurs de village.
Il espère que les médecins, dans le Congrès qui va s’ouvrir pour réprimer l'exercice illégal de la médecine, étudieront un peu les pratiques des « sans diplômes » et éviteront de tout attribuer à la suggestion et à l’auto-suggestion. Mme Louis Maurecy a été interviewer Papus, le docteur de Chesnais et Edmond Dace, sur la question du vampi risme.
Le premier croit que le vampirisme inconscient par la haine ou par la simple fréquentation de personnes jeunes est le plus fréquent ; le second se renferme dans une prudente réserve; le troisième raconte un fait de vam pirisme conscient ayant occasionné la mort. 11 croit donc profondément à sa possibilité. Il est certain que, pour les gens informés, c’est démontré et sûr.
Je signale encore à nos lecteurs une très intéressante lettre du docteur F. Aurigo, de Marseille, sur la vie. Il voit i le centre de la vie dans l’Union des forces solaires avec les atomes et cellules des corps. Il n’a peut-être pas tort... et il est bien près, sans le savoir probablement, d’une des théories occultes les plus vivantes sur ce qui entretient la vie du soleil.
Dans les récits de Mac-Nab, je note cette fois le fait suivant : Une lettre, posée sur une table, disparaît à 2 heures et demie de chez le médium et arrive à 2 h. q5 chez un ami habitant à environ 4 kilomètres de distance.
l’initiation 94 Cette expérience semblerait prouver que le temps existe encore dans le plan astral, puisque l’Etre invisible qui a pris la lettre a mis un quart d'heure à faire 4 kilomètres. Cela ne peut s'expliquer que lorsqu’il s'agit de forces très près de la matière physique. Je remarque enfin l’étrange transport du médium à travers une porte.
Cette décompo sition de la matière vivante (solides, liquides, gaz), et sa reconstitution presque instantanée, est certainement un fait gros de conséquences. Dans un autre ordre d’idées, on lira aussi, avec intérêt, le récit d’un fait étrange intitulé : Les Nains de feux. C’est une curieuse manifestation astrale, où il y a peutêtre apparition réelle d’Esprits conservant de l'autre côté leurs idées terrestres.
La main s’imprégnant dans le bois nous enseigne que la matière astrale peut prendre les différents modes vibratoires de l’énergie, électricité, chaleur ou lumière, etc.; dans ce cas la main astrale a été momentanément dans un état vibratoire analogue à celui d’une flamme physique.
La Revue du Spiritualisme Moderne, dans son numéro de février, publie, entre autres articles intéressants, un récit d'une guérison faite par des Etres de l’invisible, tra duit de Iluman Personality par L. Chevreuil, et la suite d’un très bon travail sur la mémoire dont j’ai déjà parlé.
Basé sur la physiologie du cerveau, l’étude de la cellule nerveuse, et de l’action des excitants et des passes magné tiques, ce travail est d’accord avec les théories occultes.
En effet, il établit que le siège de la mémoire n’est pas dans le cerveau physique, mais dans ce que l’auteur ap pelle « la mémoire intégrale ». — Se souvenir, c’est pro jeter devant la conscience physique tel ou tel fait que notre esprit va puiser dans cette mémoire. — La dualité entre l’esprit et le corps est parfaitement établie et le détail de beaucoup d’opérations mentales très bien décrit.
A signaler aussi une très belle page sur le mal et le règne de Dieu. Signé : l’Esprit Rei. Quelle que soit l’origine de cette communication, elle est très pure et animée du plus vif esprit évangélique. Béni soit celui qui parle ainsi du Christ ! La Revue Spirite continue la publication des études touffues de Grimard et de Senex. Dans la première,
BEVUE DES REVUES (j5 M. Grimard énumère les principaux ouvrages des Pères de l'Eglise sur les Mystères chrétiens. Il fait avec beaucoup de compétence ressortir les enseignements des Ignace, Polycarpc, Clément d'Alexandrie, et surtout d’Origène. Il établit la réalité de l’Esotérisme et de l’Exotérisme, qui existaient parmi les chrétiens comme chez les autres philosophes.
Il certifie les phénomènes de vision, de lévitation constatés de tout temps, et résume l’histmre de l'idée religieuse jusqu’à Swedenberg et SaintMartin. M. Senex étudie les pèlerinages et le mode d’ac tion des forces invisibles par lesquelles les guérisons sont parfois produites.
Il fait ressortir avec beaucoup de jus tesse que, dans certains cas, ni prière, ni suggestion, ne peuvent effacer le passé et anéantir l’épreuve, c’est-à-dire guérirla maladie que nous devons subir. 11 résume ensuite l’historique du spiritisme au point de vue des faits et de leur philosophie. On pourra lire encore dans cette bonne revue un examen des différentes théories émises pour expliquer les faits spirites, par le professeur Moutonnier.
Son argumentation n’est pas tou jours irrésistible; par exemple il n'établit pas d’une façon sûre que la clairvoyance et la clairaudience ne dépendent pas de la transmission de pensée ou de la lecture des formes-pensées. La Vie Nouvelle est toujours très bien faite. A signaler surtout les articles du docteur Becoure sur les précau tions à prendre pour former un groupe et sur la photo graphie des fantômes.
Il cite de très belles expériences de Robert Owen et d’Aksakof. On lira aussi avec fruit le travail du docteur Foveau de Courmelles sur le Bilan scientifique du quatorzième siècle. Il étudie en ce moment l’agriculture et l’industrie pendant ce siècle. La Paix universelle publie du docteur Marc Haven un article intitulé le « Seuil du monde occulte ».
Il cite un passage de Villiers de l’Isle Adam qui fait bien comprendre les immenses efforts du début des études occultes, mais aussi la grandeur du but. On trouvera aussi dans cette excel lente revue de très curieuses études sur la guérison magnétique des plaies, les phénomènes de hantises, les nombres et la destinée, etc.
l'initiation 96 Nous avons reçu plusieurs numéros du Light, qui est toujours aussi bien fait et renferme de nombreux récits de faits bien observés. G. Phaneg. A VENDRE IMPORTANTE BIBLIOTHÈQUE sur la Franc-Maçon nerie et les Sciences Occultes, composée d'ouvrages rares, par les auteurs les plus célèbres des xviii® et xix® siècles. Ecrire à M. ROSEN, 9, rue Chappe, Paris pour recevoir renseignements et catalogue.
Parmi les ouvrages qui composent cette importante bibliothèque, nous signalons les ouvrages suivants : Agrippa H. Cor : Ouvrages divers. Albert le Grand : Les Admirables Secrets. — Albert Le Petit : Secrets merveilleux. — Bedarrides : L'Ordre maçonnique de Misraïm. — Clavel : Historique pitto resque de la F.-. M.'.. — Des Étangs : Œuvres maçon niques. — De Genlis : Arabesques mythologiques. — Jouaust: Histoire du G.’. O.-., Histoire de la F.-.
M.'. en France. — Kauffmann et Charpin: Le Véritable Dragon rouge. — Marconis : Le Rameau d’or d'Eleusis. — Naudet : Ouvrages sur la magie. — Ragon : Œuvres complètes sur la F.’. M.'.. — Saint-Martin : Ouvrages divers. — Leglet-Dufresnoy : Traité historique et dogmatique.— Papus : Ouvrages divers. — Vassal: Cour complet de la Maçonnerie, etc. Le Gérant : Encausse. Paris. — lmp. E. ARRAULT et Cic, 9. rue N.-D.-dc-Lorettc.