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L'Initiation Revue philosophique des Hautes Etudes PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DK 61 me VOLUME. — 17,ne ANNEE SOMMAIRE DU N° 2 (Novembre 1903) PARTIE EXOTÉRIQUE Sciences divinatoires. La Graphologie astro logique et les ttmpéraments (p. 97 kgg)... G. Phaneg. PARTIE PHILOSOPHIQUE Feuilles maçonniques. Petites questions d'his toire (p. 1oo à io5) Téder. Le Feu sacré (Suite) (p. 1o6 à 12o) G. de Lautrec.
Le système de Jacob Boehme (Suite) (p. 121 à 1 3 3) Adam Mickiewicz La Kabbale pratique (Suite) (p. 134 à 143) .. Eckartshausen. Grammaire de Pdnini (Suite) (p. 144 a 162).. Jaga. PARTIE INITIATIQUE Nombres pairs et nombres impairs (p. 163 à 16G) Papus. Pensées (p. 1678179) H-F. Auriel. Ordre Martiniste. — Société des Conférences spiritualistes. — Prophéties de Mme Clavel- — Un secret par mois. — Compte rendu des livres, — Revue des Revues.
Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adresse 5, rue de Savoie, à Paris-VI". Téléphone — 260-90 ADMINISTRATION — ABONNEMENTS ANNONCES LIBRAIRIE CHACORNAC fA IU S — Il Quai Saint-Michel, Il l'A HIS Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANC
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l'essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n'ont abouti qu'à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayes des résultats de leurs propres experiences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L'Initiation est l'organe principal de cette renaissance spiritualiste dont les efforts tendent: Dans la Soience, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d'un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, V Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l'arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l'Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l'Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 6o rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotirique) expose aux lectrices ces ques tions d'une manière qu'elles savent toujours apprécier. , La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s'adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L'Initiation paraît régulièrement du 1 5 au 2o de chaque mois et compte déjà quatorze années d'existence. — Abonnement : 1o francs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées,)
PARTIE EXOTÉRIQUESCIENCES DIVINATOIRES La Graphologie astrologique et les Tempéraments Parmi les sciences divinatoires, celle qui est aujourd'hui la plus connue du grand public, c'est la graphologie. C'est en effet la méthode la plus facile à comprendre et à maîtriser. La simple réflexion et des observa tions successives suffiraient largement pour en admettre, d'abord, la possibilité, puis, la réalité.
Les graphologues expérimentés abondent aujourd'hui, mais ils ignorent le principe d'où découle leur science : tout ce qui est visible est la manifestation de quelque chose d'invisible.
De plus, ils n'ont pas réfléchi que, l'homme formant un tout homogène et complet ; juger une écriture, c'est juger la main qui a écrit ; étudier la forme extérieure de la main et ses lignes, observer la forme du nez et l'expression du visage, la couleur du teint, la démarche, tout cela ne forme 7
98 l'initiation [Novembre pas plusieurs sciences divinatoires, mais une seule dont le but est de connaître l'homme intérieur à l'aide de l'homme extérieur. En partant de ces données, on a essayé d'étudier une personne non seulement par son écriture, mais encore par son tempérament (sys tème Polti et Gary).
J'ai pensé, pour arriver à une plus grande précision et pour pouvoir, même huit fois sur dix, prédire les grands événements d'une vie, ajouter à l'étude des caractères de l'écriture, et du tempérament, ce qu'on pourrait appeler « THoroscope » de l'année. Il suffit pour cela de connaître la date de naissance exacte et de voir sous quel signe planétaire ou, si on veut, par quelle porte un être est entré en ce bas monde.
Il ne faut qu'un peu d'intuition et de réflexion pour com biner ensemble les tendances, les impulsions, les caractères donnés par la graphologie, les tempéra ments et les signes zodiacaux.
Prenons un exemple : l'écriture examinée montre une volonté ferme mais personnelle, une certaine idéalité sans suite dans les idées, une grande aptitude au raisonnement et à la domination ; de la vivacité, une grande activité tou jours raisonnée et toujours pratique, une forte ten dance à la moquerie, et même, parfois, à la raillerie.
Les caractères graphiques, rapides, peu lisibles, les lettres rondes, petites, droites, tantôt assez nettes, tantôt irrégulières, indiquent, d'après les observations de Polti et Gary, le tempérament bilieux-sanguin. Ajoutons donc aux indications déjà obtenues, que cette personne aura un corps aux tons fermes, une chair brune, une taille virile. Ses gestes seront forts.
I<)o3] SCIENCES DIVINATOIRES 99 concentrés, sa marche rapide. Usera un peu menteur (tempérament sanguin) assez sceptique, et aimera à jouer sans cesse un rôle dans la vie. Il aimera l'armée, la foule, la lutte. Égoïste, il se tirera de tout, etc. Admettons maintenant que cet être soit né le 3o juillet 1866. Ces dates donnent respectivement comme influence zodiacale : le Lion, et comme influence planétaire : Mars.
Grâce aux documents faciles à consulter (Christian, Histoire de la Magie ; Ély Star, Cours d'astrologie), on obtient des rensei gnements nouveaux qui viendront s'ajouter à ceux que nous possédons déjà. Le Lion, par exemple, ren dra cet être entreprenant et ambitieux, et, viendra, par les tendances bienveillantes et magnanimes qu'il comporte, lutter contre l'égoïsme du bilieux-sanguin.
Il le prédisposera à une réussite très grande dans ses entreprises, mais avec danger de mal causé par autrui, de calomnies et de luttes que lui prédit Mars, sa planète, etc. II est bien évident que cette méthode ne peut avoir l'exactitude de la vraie astrologie, mais combinée avec la certitude graphologique et, soutenue par elle, elle donne d'excellents résultats.
Je me propose dans d'autres articles d'en dévelop per la possibilité, et de mettre ainsi les lecteurs de l'Initiation à même de pouvoir faire en peu de temps une excellente étude divinatoire. G. Phaneg.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute École, sans aucune distinction, et char.un d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. FEUILLES MAÇONNIQUES PETITES QUESTIONS D'HISTOIRE Tous les occultistes et tous les chercheurs, sans compter les maçons studieux, connaissent certaine ment les remarquables travaux du F .\ John Yarker.
En ce qui me concerne, j'éprouve toujours un grand plaisir quand j'ai sous les yeux le résumé de quelques nouvelles recherches de ce savant auteur de Notes ou scientific and Religions Mysteries o/Antiquity. de Masonic charges and Lectures, de Lectures ofa Ckapter senate and Council, etc., etc. Mais, tous, nous sommes sujets à commettre des erreurs; et ce qui tend à prouver une fois de plus que personne, parmi les maçons aussi bien que parmi les profanes, n'est exempt de la commune loi, c'est que je relève au moins un litle mistake dans l'article Ori gine des hauts grades paru dans Ylnitiation n° 1 1. En effet, dans cet article, le F .-. John Yarker s'ex prime ainsi :
FEUILLES MAÇONNIQUES IOI « Plusieurs personnes qui avaient pris part aux soulèvements de 1715 et 1743, et avaient fui en France, sont connues pour avoir été maçons, et John Drummond, qui fut fait comte de Melfort par les Stuarts, laissa après lui une boîte à tabac sur laquelle étaient gravés les emblèmes maçonniques, ses armes et une date J.
177o, date à laquelle un Grand Maître nommé Kilmarnock fut décapité, ainsi que Derwentwater Grand-Maître pour la France .
11 est certain, absolument certain, que les affaires de 1715 à 1743 (et aussi 1744, 1745 et 1746) — pour ne parler que de cette période de l'Histoire — ont reçu leur impulsion d'une grande fraction maçon nique ; et nous savons très bien que John Drummont (qu'on avait employé en 1 715 et qui fut, un peu avant le mouvement de 1743, un émissaire entre l'Écosse, le cardinal Fleury, puis le cardinal de Tencin, les maçons étrangers et français de Paris et le prétendant Jacques III, pensionné à Rome) était franc-maçon — tout comme Jacques III lui même et comme son fils Charles-Edouard, d'ailleurs pupille de nil .-.
F .-.de Ramsay, l'introducteur des hauts grades en France (1 ). Où le F .-. John Yarker fait erreur , c'est quand il donne la date de 177o comme étant celle de la mort de Kilmarnock et de Derwentwater. Le comte William de Kilmarnock avait été GrandMaître en Écosse en 1742: il avait été remplacé (1) Jacques III, qui était K.. T. était aussi Grand Maître héré ditaire de 1 ordre Royal d'Écosse, H. R. M. de Kilwinning et R. S. Y. C. S.
1o2 l'initiation l'année suivante par le comte James de Wemyss, qui prit d'ailleurs une part active au mouvement en prépa ration. Le F .-. comte Ch. Radeliffe de Derwentwater, lui, n'était plus Grand-Maître en France depuis 1736; il avait (dit à tort l'ill .'. F .". Bésuchet) été «.rappelé a londres par des intérêts politiques* ( 1 ).
On sait les conférences qui eurent lieu à Paris en 1741 et 1742 et auxquelles prirent part le comte de Kilmarnock, le comte de Derwentwater, le lord Clifford, le baron allemand de Hundt, etc., etc. On sait aussi les arran gements de 1743, pris avec Charles-Edouard et avec son père; on connaît enfin l'histoire de la descente de 1745.
Au mois de novembre de cette dernière année, le bateau l'Espérance, qui apportait des secours au prince Charles-Edouard débarqué en Ecosse, fut pris parles Anglais; ce bateau avait à bord le F .-. comte Charles Radeliffe de Derwentwater, porteur d'un bre vet de capitaine au régiment de Dillon. Le procès de Derwentwater, premier Grand-Maître français, eut immédiatement lieu et il fut décapité à Londres, le 8 décembre 1745 (2). Quant à l'ill .-.
F .-. Comte de Kelmarnock, il fut fait prisonnier le 27 avril 1746 àCulloden, ainsi que plusieurs autres frères, tels que le lord Balmerino (Arthur Elphinstone), le lord Simon Lovât (duc de de Frazer), le comte de Cromartie (qui avait été Grand-Maître en Écosse en 1737), le lord Elcho (1) Bésuchet, 1. 1, p. 28. , (a) Son procès fait partie des Howel state Trials (British Muséum). Voir aussi le Gentleman'* Magasine, vol. X, 1745.
FEUILLES MAÇONNIQUES I03 {David Wemyss), fils ainé du Grand-Maître d'Écosse de i7?a (i) etc., etc. Le procès du F .-. comte de Kilmarnock eut lieu à Londres, en même temps que celui des F .-. Balmerino et Cromartie,et il fut décapité le 18 août 1746(2).
En ce qui concerne John Drummond, créé duc et non pas comte de Melfortpar les Stuarts, il était à la tête du régiment Royal- Écossais au service du roi de France, et c'est lui qui, en débarquant en Écosse le 11 octobre 1745, avec le marquis d'Eguilles (Boyer), lut une proclamation de Louis XV au peuple des trois Royaumes. J'étonnerai peut-être beaucoup de lecteur en disant que cette proclamation avait été rédigée par M. de ...
Voltaire : Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable (3) Cette rectification faite, je vais, puisqu'il a été ques tion de Ch. Derwentwater, premier Grand-Maître français décapité en Angleterre, ajouter deux re marques relatives à deux de ses successeurs. Dans son Précis Hist. de la Franc-Maçonnerie, t. I, p. 28 et t. II, p. i38, l'ill .-. F .-.
Bésuchet, 33», et aussi tous les autres auteurs maçonniques, sans oublier les calendriers annuels du Grand-Orient, nous disent qu'en 1736, le grand-maître Derwent water fut remplacé pour un an par un « de ses com patriotes», le « lord comte d'Harnouester». (1) Son frère, Francis Charteris, fut lui-même Grand-Maitre d'Écosse en 1747.
David Wemyss mourut en France en 1787. (2) Voir IloweUs state trials, vol. XVIII, (3) Voir la Vie privée de Louis À V, parMouffle d'Angerville.
1o4 l'initiation Ici, je déclare, avec l'assurance formelle d'un homme qui a retourné tous les British Peerage et tous les livres afin de découvrir la vérité sur ce sjjjet, q'uil n'y a jamais eu de lord comte d'Harnouester, ni en Angleterre, ni en Ecosse, ni en Irlande. Ce nom et ce titre sont inconnus dans ces trois pays, n'ont jamais existé, et je défie qui que ce soit d'oser me donner le démenti à cet égard.
Quelle personnalité a existé derrière ce faux titre et ce faux nom ? Il serait intéressant, pour tous les historiens, de le savoir. Après le pseudo lord Harnouester, deuxième grandmaître, la grande maîtrise passe à un duc d'Antin. Le F.-.
Bésuchet et les autres auteurs maçonniques, cependant très instruits, ignorent quel était ce duc, et, établissant une équivoque, supposent qu'il s'agit d'un ancien courtisan de Louis XIV dont Voltaire s'occupe un peu quand il parle de la Régence et de l'écossais Law.
Mais ce duc d'Antin là, fils légitime dela Montespan et de son mari, mourut précisément en 1736, date du départ de Derwentwater et de l'élec tion du pseudo-lord Harnouester, lequel quitta la Grande-Maîtrise à la fin de 1737. Le duc d'Antin, qui a commencé à être GrandMaître en 1738, n'a pu être que le F .-.
Louis de Pardaillan, ex-duc d'Épernon et duc d'Antin, né le 9 novembre 17o7, fils du premier lit de la comtesse de Toulouse, arrière-petit-fils de la Montespan, demicousin de Louis XV, et neveu et beau-fils du comte de Toulouse, lui-même bâtard de Louis XIV et de la Montespan.
FEUILLES MAÇONNIQUES Io5 Ce F .-. duc d'Antin mourut en 1743. Il avait été proposé pour grand-maître par le pseudo-lord Harnouester, ei sa candidature avait été appuyée par l'ancien précepteur de Charles-Edouard, le F .-. de Ramsay, qui, lui aussi, mourut en 1743, au moment où se préparaient les événements que l'on sait. Au sujet du duc d'Antin, troisième grand-maître, le F .-.
Bésuchet, « malgré ses investigations »,s'est déclaré « dans l'impuissance de décider cette question vraiment intéressante ». Elle l'est encore, et j'aide à l'élucider, sans avoir eu beaucoup à investiguer.
Espérons que, l'an prochain, le Calendrier du Grand-Orient nous fera connaître le vrai nom du faux lord Harnouester, deuxième grand-maître, et les prénoms du duc d'Antin, troisième grand-maître, dont les historiens maçonniques paraissent ignorer la biographie, pourtant bien facile à établir. En histoire, l'inexactitude est un péché énorme. Téder.
LE FEU SACRÉ {Suite.) II est très fâcheux d'aller dîner, surtout la première fois, après avoir pris du haschich, chez des gens habitués à ce qu'on ne mange pas. Avecune dose mo dérée, on pourrait, par exemple, rendre l'appétit aux phtisiques. Une autre influence excellente se pro duirait peut-être aussi, dans ce dernier cas, je veux dire une surexcitation générale de l'activité vitale.
Mais combien de médecins, hommes de science, s'intéressent à ce qu'on appelle en science l'expéri mentation ? Ils préfèrent user leur temps à la recherche d'hypothétiques microbes, ou de sérums dont il faut se hâter de prendre, tandis qu'ils guérissent de par la mode et la suggestion. Les sujets bénévoles pour l'expérience ne manque raient pas. Ce vice est très contagieux. On trouve le poison vert chez un grand nombre de pharmaciens.
Bien entendu, et de même que chez les marchands usuels on ne se procure pas les vins remarquables, ce n'est pas toujours la drogue parfaite. Mais la
LE FEU SACKÉ IO7 qualité inférieure, bien préparée, et en bon état, pro duit des effets suffisants. Certains habitants de la ville, d'allure bourgeoise et calme, vont à jours ré guliers chercher leur provision de rêve. En leur âme, sans qu'on s'en doute, passent les visions d'Hoffmann et de Poë. Ge sont des conseillers auliques hantés par le démon vert. L'extrait en pilules peut aussi se rem placer par un extrait liquide.
La formule m'en fut donnée par un pharmacien précisément, qui avait succombé, sans doute, en servant la passion d'autrui. Il demeure dans les environs de l'Arc de Triomphe. Il me donna une fiole que je laissai à un autre de mes amis, n'osant pas en user moi-même. Ce pharmacien était bien l'homme le plus falot que j'aie jamais vu.
Sous les regards souriants et indulgents de ses élèves, il versait quelques gouttes du flacon vert sur un mor ceau de sucre qu'il absorbait avec une mine d'extase joyeuse. Puis il s'en allait à travers les rues à la découverte des fêtes populaires, cherchant une ma tière à son rêve, tout à fait heureux, et l'air un peu fou. On use parfois aussi des sommités fleuries de la plante, que l'on fume.
Il y a une vieille herboristerie, dans une rue étroite, près de la Seine, au fond d'une cour. Mais il faut être un habile pour distinguer, au fumer, les feuilles de chanvre français ou indien. Cet usage n'est d'ailleurs pas excellent. On éprouve des impressions analogues à celles que donne le thé fumé. Je ne sais ce que donnerait un extrait de thé mis en pilules. Mais notons qu'il ne faut plus songer, et cela est à
ioS l'initiation noter, par aucune formule de persuasion, à ramener au goût normal du tabac, une pipe ayant connu, ne serait-ce qu'une fois, le charme du chanvre indien. Elle garde pour toute sa vie une abominable àpreté. On doit se 'résoudre à ne plus l'emplir d'autres feuilles que les maudites. Vous voyez là, sans effort, un symboledes passions, qui empoisonnent une âme à jamais.
Notons-le, pour réjouir le vieux moraliste qui sommeille, avec ses lunettes et la tête sur la poitrine, au fond de l'âme de chacun de nous. Pendant le discours de Mathias, l'animation de la rue s'était apaisée Le café devenait désert. On voyait quelques couples attardés échanger sur la terrasse des propos d'amour inférieur. Les deux causeurs se levè rent. Deux heures venaient de sonner. Ils marchè rent sur le boulevard.
C'est quand les bords de la Seine et la Cathédrale entrevue rappellent du VictorHugo. — « Avez-vous sommeil ? » dit Jean Dcrève. — « Le sage n'a jamais sommeil. Cet axiome se trouve au livre six du Bhagavata, paragraphe trentedeux. Il ne pleuvra pas de la nuit.
Nous avons l'éternité pour dormir. » Jean Derève sourit : « Puisse l'Éternel mettre sur nos lèvres, avant de refermer le sépulcre, une lourde dose d'opium ou de haschich ! » — « Non, les rêves ne se produisent que dans le sommeil modéré, et la mort est probablement un sommeil profond. Il est vrai que l'on ne peut prévoir exactement les effets d'après la mesure du poison. Certains s'étonnent et n'éprouvent aucun résultat.
LE FEU SACRÉ IoQ L'influence dépend beaucoup de l'actuelle disposition. Il faut distinguer encore entre les formes différentes, confiture, extrait, ou feuilles. Gautier parle de la con fiture, mélange avec un véhicule parfumé. » C'est d'un goût un peu écœurant. Le haschich n'a, sous cettte forme, qu'une influence fort atténuée, et pour ainsi dire, paresseuse. C'est, je pense, dans ces con ditions, qu'en usent les Orientaux.
Mais tout se trans forme avec les tempéraments. Le naturel de l'IndoChine fume, étendu surdes nattes, une pipe d'opium, qui suffit à faire éclore son rêve un peu animal. Et Thomas de Quincey, l'homme du Nord, l'Anglais aux nerfs robustes, parce qu'Anglais, bien qu'un peu affolé, comme poète, était privé quand il n'avait pas, sur sa table de travail, une grande carafe de laudanum.
Les observations que j'ai pu faire portent toutes sur des gens ayant usé de pilules. C'est la forme la plus commode. On emporte aisément avec soi le prétexte du rêve. Et c'est vraiment un problème amusant à poser, que celui de tant de visions encloses dans un globule de pâte verte.
Elles y sont réellement, puisque, le globule absorbé, elles vont se déployer dans notre cerveau, faisant jouer sous nos yeux intérieurs une pantomime folle, charmante, colorée. L'effet est ra pide ou lent, et ne se produit pas, d'ailleurs chez tous. Pour certains, qui sont réfractaires, de façon ou d'autre, il n'y a qu'une secousse bizarre, un ébran lement pénible et bref du cerveau.
Ou encore l'im pression dure, mais purement physique et tout à fait insupportable. Ce sont des tremblements nerveux, des yeux convulsés, des gémissements inarticulés,
I I o l'initiation indiquant une souffrance profonde. On s'en tient à une première expérience, avec le sentiment de l'avoir échappé belle. Ainsi des fumeurs de tabac, à qui la première cigarette donna le vertige. Ces accidents sont très rares, et pour les habitués ils ne se produi sent pas plus souvent que les autres pour un entraîné fumeur de tabac. 11 faut des circonstances très défa vorables, un malaise déjà existant, une dose exagérée.
Avec d'élémentaires précautions, ils ne se produisent jamais. Parmi toutes les sortes d'expériences, il y a des cas mauvais. Ne raisonner que d'après ceux-là, c'est pren dre comme la règle d'infimes exceptions. L'opinion du fumeur inexpérimenté fait-elle la loi pour le tabac ?
Celui dont l'estomac n'accepte que du lait coupé d'eau minérale a-t-il le droit d'affirmer doctoralement que l'ivresse n'existe pas. et que les poètes bachiques sont des menteurs? Et comme l'ivresse du vin, cependant, doit être grossière, et dénuée de charme, à côté. C'est l'erreur où je vis tomber un jour un jeune romancier de talent, au nom connu par des ouvrages bien écrits, modernes, à développements heureux.
Il assista à une séance où j'étais présent, et qui fut dé plorable. Deux néophytes furent malades. L'un souf frait d'une maladie d'estomac à crises aiguës, accomgnées de vertiges. L'autre était un morphinomane très avancé. Le romancier, dont ce fut la seule et unique observation, ne voulut jamais admettre qu'elle ne tût pas concluante. Il écrivit d'après cela un cha pitre de livre, sur un ton définitif. Il eût été inutile de lui soutenir qu'il n'aurait le droit de donner une
LE FEU SACRÉ opinion sérieuse qu'après. d'autres observations, des centaines d'autres, faites sur des individus normaux. Les lois de Bacon, pour lui, assurément, étaient lettre morte. 11 ne soupçonnait pas que, pour la science, un fait isolé n'existe pas. Je conçus des doutes, dès lors, véhéments, sur la vérité de ses livres et sur la valeur documentaire de ses descriptions.
Pour les tempéraments normaux, dans une période qui durede quelques minutes à quelques heures et qui finit par se limiter mêmement chez un même person nage, l'effet survient subitement. C'est une prise de la sensibilité soudaine autant qu'absolue, une sorte de vertige raisonné, car, le voulant, on peut rester maître de soi et assister à sa folie.
Le patient sait bien qu'il est dans un rêve, mais comme un voyageur assis dans un carrosse d'enchanteur, et qui pourrait le diriger à la condition de n'en pas sortir. Vous r'avez pas eu grand effort à, tout à l'heure, deviner, que je devais, aussi bien que d'après des notes prises sur autrui. vous parler en mon propre nom. Il n'est pas d'impression plus neuve et plus émouvante que celle de la prise de l âme par ce poison.
Le premier jour que j'en usai fut un des jours de ma vie. Mon incrédulité subit la plus étrange des ré vélations. Je m'étais promené quelques heures avec le vieux poète Lélian, qui devait mourir cinq ou six ans après. 11 était grand temps de rentrer. Mon intoxica tion furtive remontait à une heure ou deux, et j'at tendais, avec une angoisse légère, d'être seul pour mes impressions. D'ailleurs nul symptôme, à part cette attente. Le bohème génial avait, ce soir-là, reçu
112 l'initiation quelques ors, comme il disait, et je l'accompagnais sagement vers la montagne Sainte-Geneviève, où il demeurait, lui prodiguant, chemin faisant, les plus vertueux conseils. Il m'écoutait en secouant la tête, comme un ours chauve, avec la plus grande gravité. Il reconnaissaitla sagesse de mes propos. Le moment était venu d'étonner l'opinion publique par la rigueur sobre de sa vie.
Quelle pitié de passer les nuits à boire pour se ruiner ! Il allait regagner aussitôt sa chambre au dernier étage d'un modeste hôtel. Nous marchions. Avec son manteau, son chapeau vaste, son bâton, il représentait un berger farouche. Nos silhouettes de vaient être assez falottes, sous la lune dans ce vieux quartier.
Il me souvient que dans une rue étroite où montaient des pavés pointus, entre deux lignes de maisons moyenâgeuses, j'arrivai à des accents dont l'éloquence eût fait fondre en larmes le pécheur le plus endurci. J'étais, sans m'en rendre compte, sous l'influence qui venait. Nous nous séparâmes au seuil du poète, après de grandes protestations. Lui, ferma la porte d'un geste que je devinai, dans le vestibule, être romain.
Et je m'éloignai, sous la lune qui dessi nait en noir les pignons des façades sur )a route des cendante, me gardant bien de me retourner, devinant qu'il épiait, derrière la porte furtivement réentr'ouverte, mon premier tournement de rue, pour, impé nitent, s'en aller à ses coupables plaisirs.
Avec notre belle assurance, dans ce décor solitaire et nocturne, nous avions joué, comme deux qui ne sont pas dupes mais qui font très bien semblant, une charmante scène italienne de comédie.
LE FEU SACRÉ l 1 3 Je n'emploierais pas cette expression, si le propre du poison n'était de solenniser précisement toutes les rencontres, et de leur donner une allure théâtrale. La fièvre majestueuse s'empare de vous. Les moin dres incidents prennent une valeur infinie.
Ne m'estil pas arrivé, étendu sur un fauteuil, de passer de longues minutes à contempler la rosace du plafond, trouvant dans la vision de ces dessins quelconques, mais réguliers, un plaisir inexplicable. Et la musique, et les beaux vers entendus, et le paysage, tout revêt un charme profond. La vie devient amusante et aisée. C'est comme si, sur toutes choses, la main d'un mage passait une couleur fraîche et neuve.
Le pré texte n'est même pas nécessaire. Chaque bouffée d'ivresse qui monte au cerveau s'évapore en nuages évocateurs. Et c'est en mêmetenps, comme dans les rêves, l'imprévu des images, le repos, pour quelques heures, de l'effort, une activité de jeu, dans un étourdissement divin. Imaginez que la folie frappe votre tète, à lentes reprises, avec un marteau d'or.
C'est la même disposition d'esprit que dans le rêve, avec, il est vrai, l'inconvénient de l'artifice employé. Si l'on pouvait, naturellement, créer un pareil état d'âme, on serait semblable à des dieux. J'ai souvent pensé quelle joie ce pouvoir nous donnerait. On n'à pas assez étudié la loi mystérieuse du rêve. Mais rap pelez-vous les plus beaux que vous ayez eus. Aucune volupté réelle ne s'en approche.
Supposez maintenant que sans perdre la charmante insouciance, vous soyiez capables de diriger vos impressions, et que, surtout, vous ne soyiez pas à la merci brutale du 8
r 14 l'initiation réveil. Il n'y aurait plus alors, pour les hommes doués de ce génie admirable, qu'à bouleverser l'ordre usuel de l'existence. On passerait debout lesquelques heures nécessaires à la vie physique. Maisces besognes accomplies, chacun se replongerait dans la nuit évocatrice, comme un travailleur fatigué qui voit s'ou vrir tous les soirs la porte d'un palais inconnu dont il est le roi. Direction du rêve !
S'il est vrai que dans le sommeil, nous ne fassions que retrouver, dans un ordre bizarre et nouveau, les impressions de la veille, nous pourrions de ces élé ments connus, faire un chef-d'œuvre insolite, comme les peintres et les sculpteurs ont emprunté la tète ou les ailes de telle bête vulgaire, pour créer la chi mère qui n'existait pas.
Et qui nous dit que nos yeux ne nous furent pas donnés pour voir, nos oreilles pour entendre, les couleurs éparses ou les sons dont nous composerons, la nuit venue, le tableau ou l'opéra génial. La persistance de l'âme et sa cons cience légère, quand elle s'est délivrée des choses exté rieures, sont peut-être la seule preuve de notre immortalité.
Elles nous laissent comprendre que nous sommes encore vivants, que nous respirons d'un souffle ardent et sûr, même et surtout quand nous avons replié sur notre pensée les ténèbres qui nous protègent, comme un enfant dort dans la chambre, aux fenêtres closes, où les bruits de la rue ne par viennent pas, et qu'une lampe discrète peuple de rêveries. Mais il ne faut parler évidemment que des hommes assez maîtres de leur âme obscure pour
LE FEU SACRÉ . I 1 5 savoir lire les pages du livre que la foule ne sait pas ouvrir. Pour la plupart, le sommeil est une mort brève mais absolue. Et s'ils ont des rêves, ils s'in quiètent de ce phénomème anormal. Ainsi, les bêtes, à part les quelques supérieures, ne rêvent pas. Cet affranchissement hors de la matière, cette communion dans le sommeil avec une âme divine, fut l'origine des croyances aux prophétiques divina tions.
L'âme de la Terre se révélait aux dormants dans l'antre de Trophonius. L'état de rêve est supé rieur à celui de veille. Il vaut mieux voir les yeux fermés, entendre sans les oreilles. C'est une joie superbe de constater que les organes peuvent dispa raître sans que le reste de nous soit anéanti.
Mais de tout ce mystère, je ne veux retenir qu'une seule vérité, l'absence d'effort, la spontanéité, la rapi dité de la pensée, et le déroulement souple des visions. C'est en cela que l'ivresse dont nous parlons peut se comparer avec le rêve usuel. La volupté qu'elle donne est celle aussi de l'affranchissement.
11 est à noter, cependant, certains stades essentiels dans la durée de cette joie, car il est plus aisé d'observer et de dégager jes lois du rêve éveillé que de l'autre. La première impression est une gaîté franche et intense. Le soir que je vous ai dit, j'eus, en quittant le poète, et dans le décor esquissé, des accès de rire silencieux, comme après un acte amusant, bien joué.
Et ce fut à cette hilarité bizarre et outrée que je reconnus être, dès lors, sous l'impression. Bien que les manifestations varient avec les divers tempéraments, peu de gens échappent à ce rire absurde et nerveux. Un homme exubérant à
I 1 6 l'initiation l'état normal devient alors redoutable. Il fera des séries de calembours à défrayer pour dix ans tous les almanachs porteurs, jusque dans les provinces les plus obscures, de la vieille gaîté française. Chez beaucoup de gens, d'ailleurs, cette période est toute la crise. Encore faut-il qu'ils soient capables d'un éveil quel conque. Les âmes stupides ne ressentent rien.
Les âmes méchantes, au contraire, même dans ce premier stade, se révèlent épouvantablement. J'eus dans le haschich.sans les provoquer, des confidences pénibles, par le jour subit qu'elles jetaient sur la saleté de cer taines consciences que je connaissais vaguement. L'ivresse est, de toute façon, favorable à la franchise. Mais l'ivresse intellectuelle devrait être redoutée par tous ceux dont l'âme est vilaine.
La laideur morale se reflète comme dans un miroir agrandisseur. Que ces hommes restent dans le silence et dans leur obs curité ! Je vois là comme un royaume de magie dont la porte leur est éternellement close. Ils ne connaîtront pas l'efTet charmant et véritable du haschich. Remarquer serait puéril que des hommes dénués d'esprit en sont encore plus dénués, bien qu'ils s'émer veillent eux-mêmes à ce moment-là. Ou bien dirontils des grossièretés.
Rien d'amusant au contraire comme la conversation avec des personnes de com merce agréable. Tout favorise l'éclosion d'un particu lier humour. Le début fut une attente un peu fié vreuse, mêlée d'incrédulité. On ne connaît pas les effets. On ne sait de quel côté le démon séduisant va venir et l'on regarde furtivement les portes, et les miroirs qui sont les portes de l'occulte. Chacun fait
LE FEU SACRÉ 1 1 7 un peu le fanfaron. La tendance existe à se moquer des crédules qui s'attendent à des choses inouïes. On les plaisante, et on rit. Seulement, ce rire, insensi blement, prend une allure spéciale, et sonne d'un timbre nouveau. Celui qui ne s'en doutait pas s'aper çoit soudain qu'il se trouve sous une influence inso lite, avec le désir véhément et reconnaissant de crier un « ecce deus ».
Il n'est pas le seul, son accès se communique. Les visions les plus folles émanent du plus futile incident. Une bonne grâce charmante se prête complaisamment, un mot quelconque, pro noncé, prend des significations imprévues. C'est, en bizarre, l'impression notée par Thomas de Quincey, à qui, dans l'opium, les seuls mots « Consul Romanus » évoquaient les armées romaines, les triomphes, tout l'appareil grandiose des légendes et des tableaux.
L'âme est à la merci de ses rêves et de l'imagination. La vision extérieure subit de ce chef de bizarres modi fications. On regarde un de ses voisins, on s'étonne de voir son visage et de le trouver comique irrésisti blement. On se met à lui prêcher, avec une gravité agitée de spasmes, la nécessité de changer de tête au plus tôt.
J'ai entendu tel haschichin tenir des dis cours d'une incohérence et d'une fantaisie abondante qui auraient tait la fortune d une parade. Mais c'est comme une mousse légère qui s'efface à mesure et s'évanouit. La conversation est toute en soubresauts de plaisanteries. Les jeux de mots s'enchevêtrent et s'enchaînent avec une logique imprévue qui paraît éblouissante. La joie exubérante, véritable volupté physique, se trahit par des respirations profondes et
Ii8 l'initiation des visages colorés. Les pommettes sont doulou reuses et les yeux hagards. Cette période est d'une durée variable. Une heure ou deux. Parfois, toute une soirée ou toute une nuit. La fatigue qui suit est cor respondante. Observez, d'ailleurs, qu'il est difficile de se rendre un vrai compte de la durée. Dans le haschich, comme dans l'opium, l'espace et le temps sont déformés.
Pour les philosophes, l'espace et le temps, simples formes à priori de la sensibilité, n'existent pas en soi. Ce sont des cadres commodes pour dispo ser nos impressions, et qui se ramènent ou s'étendent aux dimensions voulues. Un insecte qui vit un jour eut une existence aussi longue que celle des carpes ou des corbeaux. Tout est relatif. Nous ne pouvons compter les minutes, sinon par les pensées succes sives que nous avons eues.
Une nuit sans rêve nous paraît aussi rapide qu'un éclair. On sait, d'autre part, que telle vision nocturne, que l'on crue durer des heures, se déroula dans une seconde. Les sentiments joyeux et surtout les pénibles nous permettent de mesurer notre vie. Ce sont les bornes blanches ou noires qui disent le chemin parcouru. Et plus ces sentiments se pressent, plus rempli et plus réel nous semble le moment.
Mais combien notre marche est plus rapide entre les bornes blanches qu'entre les noires ! Des éternités s'écoulèrent, dans les heures de l'attente, derrière le rideau de la fenêtre, tandis que l'on écoutait venir de la rue le bruit d'une voiture lointaine, qui grandit, qui va s'arrêter, et passe tou jours au delà de notre maison. Ces heures n'ont pas la même durée que celles envolées aux pieds d'une
LE FEU SACRÉ II g femme aimée, à lui dire des puérilités. Le temps s'écoule-t-il toujours égal, et la chute dans le sablier n'est-elle pas plus hâtive ou retardée ? Dans le haschich se succèdent, avec une telle presse, les sou daines visions, que nous croyons, dans une minute, vivre des années de joie. Depuis combien de temps êtes-vous plongé dans cet océan aux flots dorés et voluptueux?
Tant de vagues vous ont effleuré, bercé, tumultueusement emporté. Vous regardez la pendule. Elle semble n"avoir pas marché. On peut mener son existence à la vitesse qu'on veut. Celui qui connut la passion pour la beauté vivante ou pour l'art, a plus vécu dans une journée que, dans toute leur présence terrestre, les corps aux gestes monotones que nous voyons passer indistinctement dans la rue.
Et, comme le temps, l'espace, qui lui est corrélatif, puisqu'il se mesure par le temps, devient, en ces occasions, d'une rare élasticité. J'ai gardé le souvenir de soirées où, après une séance lointaine, je regagnais à pied ma maison. Quelle fatigue ! La route s'allon geait désespérément. Je songeais au petit Poucet qui, dans la forêt voit luire une fenêtre rouge aux arbres lointains, et qui va vers la lueur sans jamais s'en approcher.
Ajoutez que, pour gravir les marches de mon escalier, il m'eût été avantageux de lui avoir emprunté ses bottes, chaque marche ayant, dans mon imagination, au moins un mètre de hauu Encorè faut-il, pour se mouvoir, même avec cette dif ficulté, un certain entraînement. Aux premières expériences il arrive fort bien, chez certains sujets, que toutes les fonctions de relation sont suspendues.
12o l'initiation Plus tard on s'habitue, on peut aller et venir, mais encore avec des impressions insolites qui donnent une allure un peu étonnante. A l'épreûve, on les corrige, connaissant leur fausseté. Elles disparaissent peu à peu ; à mesure on est plus maître de soi. Il y a, d'ail leurs, dans toute initiation, une surprise, à tous les points de vue, qui, par la suite, perd sa nouveauté. » Gabriel de Lautrec. (A suivre.)
Le système de Jacob Boehme (Suite ) Ici il nous faut aborder une question très difficile et dont l'explication définitive nous paraît pour le moment absolument impossible : nous devons cepen dant en parler, parce que tous les hommes qui ont médité sur les choses divines l'ont méditée, ont cher ché à la résoudre. C'est la question de la Cause du Mal. Comment les Esprits étant tous sortis d'un même sein, du même Dieu, pouvaient-ils se diviser dans leur tendance et leur mouvement ? D'où avaientils pris la force de se séparer de Dieu ? Issus d'une même et unique source, d'où pouvaient-ils tirer un élément de mouvement qui les rejetait en dehors de cette source? Comment Dieu pourrait-il permettre une déviation des êtres créés par lui, jetés par lui dans l'existence et conduits par lui vers un but ou vers le but qu'il devait nécessairement connaître ? Question capitale de la fatalité et de la liberté, de la providence et du libre arbitre. Voyons comment Boehme explique cette question.
122 L'INITIATION Il faut nous reporter ici à ces heures primitives de la Création, ou pour mieux dire, à l'état divin d'avant la Création. Dieu alors comme Unité se réflétait dans l'infinité des idées, des germes et des créations. Chaque rayon parti de son centre, chaque affluve appelait ces idées à la vie.
Or chacune de ces idées, sortant des gouffres du Chaos primitif, animée parle rayon de l'Unité avait nécessairement deux tendances dont la première était de suivre le rayon qui l'appe lait à la vie, de s'unir à ce rayon, de s'élever ainsi, de tendre continuellement vers le centre de la Création, de se confondre avec Dieu ; la deuxième tendance la reportait vers le Chaos d'où elle venait de sortir, vers ses existences passées, vers ces forces incommensu rables dont elle faisait partie et qu'elle supposait avoir été la cause de son élévation jusque vers le centre.
Un Esprit sorti ainsi des ténèbres, se sentant fort et devenu lumineux, fait continuellement des appels à la force et croit que la Lumière lui est due. Il y a donc dans chaque Esprit appelé à l'existence réelle deux tendances nécessairement, dont l'une le reporte vers le passé d'où il est sorti, et l'autre vers l'avenir.
C'est sur cette limite, dit Boehme, qu'a commencé la volonté, ou, comme il dit, une nouvelle naissance, un acte indépendant d'un Esprit qui arrive à la cons cience de lui-même. Lorsqu'il regarde le passé, il se sent tout puissant: car au moment où il sort du Chaos, il est certainement l'Esprit le plus mûr et le plus puissant de ce Chaos ; il est maître et souverain du Chaos ; la nature ténébreuse l'accepte et le regarde comme son chef. Arrivé à la limite de la lumière, il
LE SYSTÈME DE JACOB BOEHME 123 se sent annulé, dépouillé de toutes les forces dont il disposait par en bas ; il lui faut donc reconnaître que le moindre des Esprits de lumière qu'il rencontre sur la limite d'une nouvelle existence et qui lui paraissent nuls comme forces, lui est infiniment supérieur.
Une pierre lancée dans l'air retombe avec orgueil et toute sûreté de droits acquis vers le centre de la terre ; mais tout ce qui s'élève au-dessus de la surface de la terre, une plante ou un oiseau travaille longtemps à faire des efforts incertains pour s'élever vers une sphère supérieure.
L'individualité humaine une fois posée comme existence jusqu'alors inconnue dans la Création, tou chant par sa force à la Colère de Dieu aux Enfers, s'élevanl à la Lumière ou à l'Amour de Dieu et en même temps maîtresse de ce nouveau principe qui venait de surgir du Chaos, du principe de la Nature extérieure, participant aux Esprits et en. même temps souverain du Soleil et des Planètes, devint l'objet des tentations, c'est-à-dire des efforts du Satan et des exis tences inférieures, c'est-à-dire de la nature visible et créée.
Ces existences inférieures, ce monde élémen taire et les Esprits élémentaires qui président à ce monde, qui après la chute de Satan n'avaient pas de communications directes avec l'Unité et qui ne pou vaient plus y communiquer que par l'Homme, se sont efforcées à s'approcher de lui, à s'unir avec lui, à entrer le plus possible en Dieu par son entremise ; car partout, dit Boehme, où l'Esprit de Dieu réside, tous les Esprits se groupent pour avoir une parcelle de cet
1 24 l'initiation Esprit (et notre mystique, Angelus Silesius, dit de même que chaque endroit où l'Esprit de Dieu s'est reposé tous les Esprits s'y précipitent pour s'y réchauf fer). Il y eut donc autour du premier homme une tendance universelle des Esprits élémentaires de s'unir avec lui : ces Esprits lui faisaient des actes de sou mission complète ; ils le regardaient comme leur prince, commeleurDieu.
Qu'as-tu besoin, lui disaientils par l'organe des inspirations instinctives, qu'as-tu besoin de faire des efforts pour t'élancer vers l'Unité qui ne se manifeste nulle part en actes et en créations ? Nous sommes là des actualités, des formes, des choses, qui ne demandons qu'à t'obéir, qu'à te ser vir; tu nous vois, tu nous touches, tu peux nous diriger d'un regard, d'un geste.
As-tu jamais vu un Être supérieur à toi, un Dieu qui eût un regard, un geste, qui commandât aux éléments ? Crois-nous, tu es véritable Dieu pour nous, tu es le véritable maître de la Création ; unis-toi à nous : deve nons la même chair, la même nature, associonsnous. Pour entrer dans cette association, il a fallu que l'Homme s'unit à ces Esprits inférieurs, à cette hié rarchie du troisième principe.
On s'unit à un Esprit en ouvrant son âme à ses inspirations ; mais, pour s'unir aux Esprits inférieurs, il fallut leur ouvrir son organisation, ses entrailles ; il fallait y mordre, il fallait les manger. L'homme primitif n'avait pas d'organisation capable de faire cet acte ; mais il con çut un désir très vif de le faire. Et, pour expliquer d'une manière vulgaire ce désir, nous pourrions nous
LE SYSTÈME DE JACOB BOEHME 125 figurer un jeune homme qui voudrait réunir chez lui une société d'hommes bas et criminels, mais qui n'aurait pas le moyen de le faire.
C'est dans ce désir contraire à la volonté de l'Idée de Dieu, que l'homme primitif perdit sa communication continuelle avec Dieu ; c'est alors qu'il tomba dans le sommeil, c'està-dire sous l'influence de forces inférieures, ou, comme dit la Genèse, Dieu envoya le sommeil à Adam et de ce sommeil il devait déjà se réveiller comme individu appartenant à moitié à la Nature visible, aux Esprits inférieurs, comme leur associé, mais non pas encore comme leur esclave ; de ce som meil il se réveillait déjà enveloppé de corps terrestre et assujetti à moitié à la nature physique, au troi sième principe : de maître souverain des Esprits de la Nature visible, il devint son agent.
IV l'état de la création après la chute de l'homme ET LA NÉCESSITÉ d'l'NE NOUVELLE FORCE RÉPARATRICE. L'homme primitif ou idéal, étant devenu agent d'un Esprit, de toute une hiérarchie des Esprits infé rieurs, aurait nécessairement produit des monstruo sités, s'il avait agi par lui-même, possédant la force créatrice et s'étant mis au service des Esprits chao tiques et incomplets. Dieu arrêta l'homme dans cette voie : il divisa sa force centrale, il sépara l'homme
I2Ô l'initiation en deux. Ses instincts inférieurs et son idéal à lui tiré de lui-même vinrent à l'existence dans l'idée de la femme : le désir de l'homme donna naissance à un être nouveau, séparé de l'homme, qui apparut comme lemme.
Après le sommeil d'Adam, après son union intime avec le troisième principe, avec le monde visible, il y eut un réveil où Adam se trouvait dé doublé : il reconnut dans la nouvelle individualité, dans la femme, une moitié de lui-même ; il ne pou vait plus continuer une existence réelle et créatrice qu'avec cette moitié.
La femme tirait sa matière, sa corporéisation non pas de l'élément pur, mais d'un élément déjà influencé par le troisième principe : cet élément se trouvait sous la domination du soleil et du système planétaire ; mais la femme ainsi faite, en arrêtant le mouvement spontané de la volonté de l'homme, le ramenait à l'Unité, en lui faisant sentir de nouveau la nécessité de dominer d'une manière légitime le monde élémentaire qui acquérait dans la femme sa plus haute expression.
L'homme ne pou vait pas créer des êtres sataniques et il retomba dans la nécessité de ne créer que des individus tenant au monde spirituel et en même temps au monde maté riel. Le centre du monde matériel, du monde plané taire arrêtait ainsi ce qu'il y aurait pu avoir de mé chant dans la force créatrice, mais corrompue de l'Homme. Comment maintenant l'Humanité, l'Idéal de l'homme pourrait-il se refaire, se reconstituer ? S'il se maintenait dans l'état où il se trouvait après la création de la femme, il aurait continué une race
LE SYSTÈME DE JACOB BOEHME I27 intermédiaire entre celle des anges et celle des ani maux, race pure et légitime d'après la Nature, mais qui n'était plus adéquate à l'idée de l'Homme, telle qu'elle a existé dans l'esprit de Dieu.
Cette race pour tant aurait pu, en conservant la loi donnée par Dieu, en cherchant les sources de sa vie en Dieu, en répan dant cette vie sur les créations inférieures, remonter laborieusement vers le centre dont elle était issue ; mais la condition essentielle, posée alors à l'homme, était de ne pas obéir à des insinuations, à des con seils du monde inférieur, à ne pas manger le fruit de la terre, le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du nr-il.
Dans cette connaissance résidait la toutepuissance divine : Dieu n'en était pas jaloux, mais il voyait que l'homme déchu en abuserait certainement car cette connaissance, lorsqu'elle n'est pas élevée vers le centre de la lumière, ne peut produire que les créations inférieures, c'est-à-dire des créations mau vaises, sataniques.
Les Esprits déchus avant Adam possédaient le mystère de la science du bien et du mal : ils se sont imaginés que ce mystère suffisait pour créer et par conséquent pour se substituer à Dieu ; ayant recouru après l'éclat d'une création vi sible et pleine d'actualité, leur insuffisance scienti fique, ils s'adressèrent à l'homme qu'ils voyaient posséder la force créatrice dont ils s'étaient privés.
L'homme primitif s'étant divisé après sa chute, l'Espritdu Mal s'est adressé à cette moitié de l'homme qui était la plus rapprochée de la Nature inférieure, qui représentait les instincts sensitifs de l'homme ; il s'adressa à la femme. Dans le conseil de la femme,
1 28 l'initiation [Novembre l'homme entendit la voix de la Nature déjà indivi dualisée et s'exprimant en paroles ; il l'entendit qui lui expliquait de nouveau sa toute -puissance.
Si vous réunissez, disait la voix de la femme, cette force que vous puisez dans le même centre d'où sort la force divine, aux instincts de la Nature Universelle, dont moi, femme, je suis dépositaire, nous retrouverons l'Unité complète, nous constituerons à nous deux un Dieu complet ; mais pour cela il nous faut nous unir à l'Universalité et par conséquent faire un acte de communion intime aves la nature inférieure.
Il ne s'agissait plus seulement d'avoir le désir de manger le fruit dela terre, désir que l'homme avait déjà conçu avant son sommeil, mais de saisir ce fruit, de le faire passer dans son organisation, de se l'assimiler, de devenir Un avec la Terre : c'est ainsi que Boehme explique l'acte par lequel l'homme communia avec l'arbre de la science du bien et du mal.
La condition de l'homme, après son union intime avec le monde visible influencé par le Mal, devint pire que ne l'était celle des animaux : le principe vital des animaux sortait de la source ténébreuse et chao tique éclairée et formée par le troisième principe dont le siège existait dans le Soleil ; ce troisième principe qui, d'après Boehme, est périssable, n'avait d'autre but dans son existence que de manifester les produc tions complètes de la lumière et des ténèbres.
Le monde visible a pourtant une tendance pour se cons tituer, pour s'unir à Dieu : toute créature, dit saint Paul, souffre et aspire à être délivrée dela vanité; c'est pourquoi toutes les créatures du monde visible
i9o3] LE SYSTÈME DE JACOB BOEHME 130. convergent vers l'homme, espérant trouver en lui leur complément, leur Dieu. Mais comme l'homme, après avoir interrompu ses communications directes avec le monde céleste, n'apporte sur la terre qu'une étincelle qui n'a plus le pouvoir de ranimer par les rayons d'en haut, cette étincelle, enveloppée par une masse des Esprits inférieurs qui l'attirent pour s'en réchauffer, ne peut que faiblir et s'amoindrir.
Ainsi le monde extérieur (soleil, planètes), se jette au devant de chaque homme qui vient au monde ; il se met à son service ; il attend à chaque moment dans cet homme son Dieu, comme l'humanité attend son Mes sie: il fournit à chaque enfant tous les dons dont il dispose : les forces nerveuses, musculaires, connais sances, science, il le sert comme son Souverain tant que brille dans l'homme l'étincelle apportée d'en haut.
Cette étincelle venant nécessairement de faiblir, l'Esprit du monde extérieur abandonne son favori ; il cherche ailleurs son appui ; il retire à l'homme qu'il avait favorisé ses forces sanguines et bilieuses, sa puissance brutale, puis l'usage de ses sens et ses con naissances, sa puissance astrale : l'homme favorisé tombe dans l'abattement et la misère, il meurt (i) !
Nous parlerons ailleurs de la mort des animaux, dont d'après Boehme il ne reste dans le monde surnaturel que des formes ; quant à l'homme, il conserve en mourant les restes de son étincelle divine, car il est (i) L'esprit du monde ressemble à un public politique favor risant toute individualité nouvelle (sans précédent), dans laquelle il espère trouver son vrai souverain, son libérateur, son dieu. La force d'une telle individualité une fois épuisée, le public s'en retire, l'abandonne.
i3o l'initiation sorti comme nous l'avons dit, de même que toutes jss créatures créées, du monde chaotique et ténébreux ; mais il a eu communication avec la lumière divine et il possédait toutes les qualités propres à communiquer avec le monde visible, avec le troisième principe ; lorsqu'après la mort ce troisième principe lui est retiré, n'ayant plus de communication avec la lumière, son étincelle reste solitaire et combattue par les forces ténébreuses sans pouvoir les vaincre ; elle rentre dans le chaos tout en conservant le souvenir de son état paradisiaque.
Ainsi l'Esprit de l'Homme, après sa chute, redeve nait le jouet des Esprits du Mal, se sentait une âme souffrante, damnée ; car tout être ne souffre, que lorsqu'il se trouve au-dessous de sa loi constitutive : les créations chaotiques et ténébreuses ne souffrent pas, tant qu'elles n'ont pas atteint la limite de la lu mière et n'ont pas été mises en état de s'approprier librement les parcelles de la lumière qui leur étaient dues ; si elles repoussent cette lumière, cette grâce, elles commencent alors à souffrir.
Satan n'a com mencé à souffrir que du moment de sa révolte. L'Homme commença à souffrir lors de la Chute ; il ne pouvait sortir de cette souffrance qu'en rentrant dans sa loi, qu'après une victoire sur Satan.
Les forces dont il avait besoin pour ce combat, il ne pouvait les tirer après sa chute que de la Nature exté rieure, du troisième principe : il aurait dû grouper autour de lui tous les éléments de cette nature exté rieure, il devait la préserver des atteintes du Mal, il devait s'en former une forteresse, un corps nouveau ;
LE SYSTÈME DE JACOB BOEHME 1 3 1 mais comme, s'étant soumis aux Esprits inférieurs, il n'avait plus le pouvoir de les dominer, de les diriger, il devait nécessairement après sa sortie du monde extérieur devenir esclave du mal, du Satan.
Cette situation de l'homme déchu provoqua une nouvelle manifestation de la miséricorde divine ; un rayon sorti du centre de la lumière qui n'a jamais communiqué avec le monde matériel, traversa les couches ténébreuses où était enfermé l'Homme et pénétra dans son âme ; il porta une chaleur nou velle, les germes d'une force nouvelle, l'espérance du pardon, d'un retour vers Dieu.
Ce rayon n'a cessé d'éclairer les âmes des premiers élus de l'Humanité ; il préparait de loin dans les âmes une atmosphère pure ; il y faisait revivre ce que Boehme appelle l'élé ment unique, l'éther, la teinture, l'élément paradi siaque, le paradis.
Cet élément ayant acquis une con sistance voulue par Dieu forma la substance dont Dieu créa une femme nouvelle, une femme paradi siaque, la seule femme vraie, destinée à devenir la mère de l'Etre de Lumière, du Verbe-divin, Marie, mère de Dieu.
Sa création exceptionnelle la mettait corporellement au-dessus des atteintes du Mal ; ce pendant comme Esprit elle a dû faire des efforts pour se maintenir à la hauteur de sa destinée, elle aurait pu tomber, elle est restée fidèle à sa loi, et devint ainsi un être exceptionnel, le reposoir du Verbe de Dieu. Après le temps voulu, destiné par Dieu, le peuple d'Israël, conduit exceptionnellement par l'Esprit de
]32 l'initiation la terre sous les ordres de Dieu le Père, ayant par des sacrifices atteint le plus haut degré de spiritualité sur la terre, oflrit un milieu où pouvait naître la femme de Dieu. Le temps s'étant accompli, le rayon divin, cet Em manuel (Dieu est en nous) qui éclairait et réchauflait l'humanité entière, vint se corporiser, s'unir à l'élé ment primitif du monde visible, vint enfin s'incar ner.
La plus forte manière d'agir sur les hommes, c'était de devenir leur semblable, de devenir le fils de l'homme, il ne pouvait y exister un autre moyen d'agir sur l'homme, à condition de lui conserver son libre arbitre ; car un être ne peut s'unir volontaire ment qu'à son semblable : Dieu devait donc devenir semblable à l'homme.
Jésus-Christ sortir de la lu mière divine qui existe au delà de toutes les créations ; les anges ainsi que les hommes sont sortis de la Nature ténébreuse et ils arrivent ou peuvent arriver par leurs efforts au centre de la Lumière ; mais Jésus- Christ seul est sorti de ce centre même de la Lumière, il est redescendu volontairement dans les abîmes où réside lame humaine, il s'est approprié les éléments au milieu desquels elle luttait, il se forma au milieu du troisième principe un corps qui devait en se spiritualisant ressembler à celui que d'après la pensée de Dieu, l'homme primitif devait posséder.
Jésus-Christ, tout en revêtant l'hu manité entière, s'affirma non plus comme agent, mais comme dominateur du monde extérieur ; il a conservé durant toute sa vie l'esprit et le sentiment
LE SYSTÈME DE JACOB BOEHME 1 33 angéliques et les a fait agir dans un corps tout puis sant sur la nature extérieure ; il a spiritualisé ce corps au point de pouvoir descendre dans les abîmes sataniques sans se laisser entamer et constata ainsi la toute puissance de l'homme sur toute la créa tion.
Jésus-Christ réalisa sur la terre l'idéal de l'homme conçu dans les cieux, trahi par Adam ; il l'a même élevé à une nouvelle puissance, laissant aux enfants d'Adam les moyens de sortir de l'abîme où ils étaient tombés, mais à condition de monter plus haut qu'Adam n'a été dans le paradis, de monter jusqu'au ciel.
Ce n'est pas par l'enseignement ni par la loi donnée à l'homme, ni par l'histoire de ses faits accomplis que Jésus-Christ aida l'humanité ; c'est par les effluves d'une force vivante qu'il a communiquée à la nature en descendant dans son centre, c'est par le souffle qui sortait non plus de la nature invisible mais de la poitrine humaine de l'Homme-Dieu, c'est par les signes qui apparaissaient non pas dans des rêveset des visions, mais dans des gestes de l'HommeDieu que Jésus-Christ se communiqua à ses disciples, en leur présentant le modèle de vie et en leur com muniquant en même temps la force de l'imiter. Adam Mcckiewicz.
LA KABBALE PRATIQUE  D'après la Théosophie chrétienne Traduction de la « Magie numérale » d'Eckarthausen [Suite.) 28.
Si alors tout ce que nous sentons et connaissons ne conduit pas dans l'intérieur des objets même, mais est le seul résultat des effets des objets hors de nous, sur des êtres organisés de telle manière ou d'une autre, il faut qu'il y ait nécessairement une vérité double, une, qui montre ce qu'est l'objet par soimême, l'absolue; l'autre, qui montre l'effet, l'objec tive, en tant qu'elle produit dans nous, êtres orga nisés de cette manière, cette ou une autre perception selon notre réceptivité ; cette dernière change avec sa cause, et est aussi différente que l'organisation des êtres l'est ; elle ne conduit pas dans l'intérieur des objets, quoiqu'elle soit produite par un tel, ne cons tate que comme l'objet apparaît, comme l'objet doit paraître sous ces circonstances, sous cette réceptivité; elle est pour nous autant que la réalité ; sur elle se fondent tous nos arts et toutes nos sciences ; ces derniers sont justement pour cela relatifs, ils doivent
LA KABBALE PRATIQUE 1 35 avec leur cause, avec une autre organisation, dispa raître devant une autre réceptivité, ils ne sont éter nels, nécessaires, invariables qu'en tant qu'elle, la vérité objective, en est la cause. Pour le sourd, il n'y a pas d'harmonie et de langue, pour l'aveugle, pas de couleur, pas de peinture. Tous les hommes fussentils nés aveugles et sourds, que seraient alors toutes nos sciences, nos arts et notre philosophie ?
Que serait notre législation ? Chaque nouveau sens en plus est une révélation de la nature, un moyen de nou velles expériences, un regard de plus dans l'intérieur des êtres.
Mais l'intérieur des êtres ne peut pas être lui-même cette connaissance, parce qu'il n'apparaît pas seulement par d'autres sens, parce qu'elle n'est pas reconnue par toutes les organisations connues à nous, parce que ce qui est reconnu par d'autres orga nisations, qui sont encore possibles, mais qui ne nous sont pas connues, n'est pas certain.
Si nous avons accepté l'hypothèse que la matière, l'étendue et les corps soient des réalités, quelque chose qui existe par soi-même ; il s'ensuit — c'est vrai — de cette hypothèse comme de sa cause une foule de conclusions indirectes et directes ; des systèmes entiers et des sciences sont aussi vrais et justes en tant qu'ils sont les "suites de cette hypothèse, ainsi que les règles du jeu d'échecs sont les suites néces saires des qualités une fois données arbitrairement à chaque pion.
Mais de même que les règles de ce jeu devraient changer, si les qualités données aux pions sont changées avec d'autres, aussi la vérité des expé riences taites par nos sens et les thèses qui en ré
1 36 l'initiation sultent doivent se changer avec nos sens et prémissesCeux-ci peuvent changer d'une manière quelconque, les expériences faites par eux sont pourtant vraies et certaines, parce que c'est justement le but et la desti nation de ces forces agissantes en cachette, de provo quer aussi par leurs agissements sur une telle organisa tion, celle-ci par son agissement sur une autre d'au tres conclusions, suites et réflexions.
Elles sont toutes vraies, si on n'en déduit pas plus que la nature de l'objet et les lois de l'agissement ne le permettent, si l'on n'en déduit pas que nous sentions le même sous d'autres circonstances, que des expériences faites ici dans cette forme soient reportées ultérieurement à une autre, que l'aveugle ait une idée de la rose et de la couleur, que des êtres à qui la vue manque, aient aussi une idée de beauté et de laideur.
Et quoique la maladie comme telle ne soit qu'un phénomène, cherche néanmoins du secours, car nonobstant que quelque chose devraimentnuisibley soit.quidoit m'affecter sous ces circonstances de telle manière, sous d'autres autrement, qui peut-être m'affecterait agréa blement, j'exige pourtant que cet effet désagréable dans mon corps soit ôté.
La douleur peut être une réalité ou illusion, tant que nous sommes organisés de cette manière, ses effets restent réellement désa gréables et tant que notre nature est actuellement ainsi faite, que nous cherchions des états agréables, fuyions et éloignions de nous des désagréables : de toute la vérité relative rien n'est vrai, excepté que des forces invisibles, qui sont hors de nous chez un être organisé de telle manière sous cette situation et ces
LA KABBALE PRATIQUE 1 37 circonstances, nous paraissent de cette manière et chez un autre d'une autre manière. 29. Mais si la vérité relative est déterminée par la différence des organisations, celle-là doit se régler sur le nombre de celles-ci. Entre elles il y a pour nous une logique générale, naturelle.
Elle nomme seul vrai ce que nous apprenons par les organisa tions, et nomme tout le reste un manque, peut-être par la même raison, par laquelle dans le pays des boiteux on se moque des hommes robustes non boiteux.
Sur elle se fondent toutes nos idées de beauté et de laideur, de vertu et de vice, les idées y recueillies nous les transportons si volontiers dans les mondes, que nous supposons, qui sont d'une nature toute hétérogène de la nôtre; nous les prêtons à des êtres d'une autre espèce, et d'une fierté très naturelle ; par l'impuissance d'imaginer quelque chose de mieux, nous appelons le manque de nos idées imperfection ; et si nous voulons décrire des êtres de qualité supé rieure, nous ne leur assignons qu'un degré de nos imperfections, y tombons dans les contradictions les plus insensées, en attribuant à des êtres, que nous nous imaginons incorporels, des qualités corporelles, en croyant que l'arbre doit être pour chaque être un arbre, parce qu'il lest pour nous ; nous attribuons à différentes causes les mêmes suites.
C'est elle qui nous réduit à croire impossible tout de ce que nous ne pouvons pas nous taire une idée, à croire qu'une contradiction ici doit être une contradiction là, où pourtant toutes les prémisses avec tout sont changées. C'est en elle que repose toute la connaissance possible
1 38 l'initiation pour cette organisation, mais non pas encore toute la connaissance possible sous d'autres formes.
C'est par elle que nous avons l'idée de l'espace, de la composition, de l'existence, comme figure, corps, matière; ces idées recueillies deviennent des prémisses, desquelles nous déduisons, sur lesquelles nous fondons et bâtissons des systèmes entiers, des sciences et des arts ; par elles nous attribuons aux objets hors de nous l'odeur, le goût, les couleurs, la chaleur, le froid, le repos et le mouvement.
Par elles, nous avons les idées du grand, de la beauté et de la laideur ; mais changez la supposition, la faculté de sentir tout, les prémisses, les expériences, les sens et tout cessera alors d'être froid ou chaud, laid ou beau, grand ou petit, vrai ou faux.
Car à côté de cette organisation générale, continuelle, il peut exister une exception sans règle, qui nous montre cet objet paraissant à tous les hommes de cette manière d'un autre point de vue et qui provoque une propre sensation à part et justement par cela la découverte de propres vérités détachées. 3o.Les nouvelles propres, rares organisations, sont toutes les sources d'une vérité relative.
Elle n'est pas reconnue par l'organisation commune des hommes. Des yeux microscopiques et d'autres de cette espèce y conduisent. Elle s'appelle chez la plus grande partie des hommes autrement organisés manque, défaut, illusion, illusion d'optique, maladie. Elle est pour la plus grande partie ce qu'est la connaissance de cette plus grande partie pour d'autres êtres organisés supé rieurs. Car pour ceux-ci justement la manière com
LA KABBALE PRATIQUE 1 39 mune des hommes de sentir est un manque. Mais cette manière de voir, de sentir n'est d'aucune manière fausseté, erreur, illusion ; ce serait de la fausseté de voir jaune avec cette structure des yeux ; mais voir jaune avec des' yeux qui ont la jaunisse, c'est de la nature, vérité, nécessité.
Chacun, qui juge d'après les sensations d'une étrange sensibilité et organisation de cette sorte, a raison, dit vrai; car il a jugé comme il sent. Et aussi nos jugements naissent de sensations ; si tous les hommes étaient organisés de cette manière, la structure de la plus grande partie était microsco pique, cette manière de voir serait la générale, la vraie ; et notre manière actuelle serait l'insolite, l'irréguliere.
Et quoique cet homme isolé sente et juge selon sa manière de voir ni plus ni moins vrai ment et justement que les autres selon leur manière de voir, il est pourtant nécessaire que ce soi-disant manque et cette manière de voir soit ôté ; non pas parce que c'est un manque par soi-même, mais parce que ce manque n'est pas général, parce que d'autres selon leurs sensations toutes différentes des siennes pensent, jugent et agissent différemment, parce que pour notre bonheur dans cette forme il est nécessaire de se représenter les objets de la même manière que la partie générale des hommes.
S'il n'y avait pas cette anomalie, cette manière irrégulière de sentir, il serait impossible à des hommes de trouver la vérité supérieure, ontologique, relative : ils ne sauraient pas que le même objet paraît autrement à d'autres sens, ils croiraient que leur sensation et leur manière de reconnaître l'objet conduirait dans l'intérieur, serait
14o l'initiation cet intérieur même, même au penseur le plus exercé, il serait impossible de se détacher de cette illusion.
Plus il y a de telles organisations artificielles ou natu relles, dont nous pouvons faire l'expérience nousmêmes ou au moins dont nous entendons, voyons et lisons les expériences d'hommes en doués, plus nous en obtenons de moyens de nous détacher de cette erreur, de découvrir de nouvelles qualités auparavant inconnues à nous, quelque chose de plus général, de réel, qui mène de plus près à l'objet, de voir nos expériences faites jusque-là confirmées par d'autres et de les voir disparaître, d'apprendre nous-mêmes s'il y aurait quelque chose de plus que le phénomène pour ces sens, si ce be.au visage conserverait ses attraits aussi avec des yeux microscopiques, par la jaunisse, le télescope, le microscope; ce n'est que par la propre manière naturelle ou artificielle de sentir que nous serions disposés à faire la grande et importante découverte que nos sens nenousconduisentd'aucune manière dans l'intérieur des choses, qu'avec notre réceptivité aussi l'imagination et la forme des objets hors de nous change.
Chaque naissance et connais sance d'une telle manière nouvelle, artificielle ou naturelle de voir, c'est le plus important, le plus précieux apport à notre connaissance supérieure actuelle ; par chaque jeu de la nature, la nature se manifeste. 3i.
De là se développe une nouvelle troisième vérité relative, la connaissance la plus haute possible à nous hommes, la possibilité de voir une expérience faite d'une espèce, la comparer avec une autre faite
LA KABBALE PRATIQUE I4I dans une autre organisation, de confirmer, de déter miner ce qui est l'essentiel dans l'objet, ce qui est proprement dire seulement pour ces objets, non pour d'autres.
Certainement une telle vérité, qui n'est pas reconnue par la commune manière de voir, mais qui encore, par dessus le marché, est reconnue de même directement ou indirectement par toutes les organi sations connues à nous, doit obtenir un degré supé rieur de certitude et de confiance. Cette sorte de vérité est celle que nous appelons Yontologique. 32.
Cette vérité ontologique est celle dans laquelle les organisations générales ainsi que les spéciales, les naturelles ou artificielles sont d'accord, est celle qui n'est pas reconnue autrement ni par la jaunisse, ni par le télescope, le microscope, ni par le miroir plan, convexe, concave.
Si haute et si certaine qu'elle soit par rapport aux deux précédentes vérités relatives, elle reste pourtant avec tout cela encore relative, est encore loin d'être absolue ; il est fort possible que maintes thèses et la plupart des thèses n'en soient pas confirmées par la découverte d'une toute nouvelle organisation, mais paraissent une illusion ; elle n'est vraie et une vérité supérieure que tant que les objets et les expériences sont dans l'état, comme ils sont actuellement.
Elle-même, elle est encore une connais sance humaine, quoique ce soit une connaissance supérieure des hommes ; la mort seule peut et doit montrer combien on supporterait l'épreuve, quelle attitude tout cela prendrait envers la nouvelle organi sation naissante, quelles nouvelles qualités des objets uous découvrirons. Et cela aussi est encore loin d'être
142 l'initiation le dernier ; pour avoir encore beaucoup de qualités cachées des êtres, pour avoir de nouvelles manifes tations de ces forces invisibles, il faudra souvent mourir. Chaque mourir est sauter en pleine lumière, à une nouvelle vie. 33.
Les vérités ontologiques sont les bases denotre savoir, la rectification de nos sens et de toutes nos apparitions, le cachet infaillible, si quelque chose est une grande apparition ; le fil conducteur, à qui nous avons à nous tenir chez cette incertitude et cette illusion, le fond fort, sur lequel nous sommes placés, le point d'où nous partons. Par elles seules nous pouvons regarder même dans le monde passé et un peu de plus près dans l'avenir.
Elles sont les éléments de notre connaissance. 34. Mais si l'on n'ose rien ajouter à ces vérités ontologiques, que ce qui est confirmé par toutes les organisations connues à nous ou ce qui en résulte directement et indubitablement, les suivantes par exemple trouvent ici leur place, parce qu'il est juste et est confirmé dans toutes les organisations : 1. Qu'il existe quelque chose; ce n'est que dans la manière d'être qu'ils sont différents. 2.
Que moi, je suis, j'agis. 3. Que je ne suis pas toujours le même, que je me change. 4. Qu'ily aaussi desobjets hors de moi quisontréels. 5. Que ces objets hors de moi agissent sur moi. 6. Que ces objets sont les mêmes, que moi, je suis le même, s'ils produisent eu moi des changements de la même espèce.
LA KABBALE PRATIQUE 143 7. Qu'ils sont différents, que moi, je suis différent s'ils produisent d'autres effets en moi. 8. Que ces objets, les mêmes me paraissent autre ment, si moi-même, si mon organisation sont changés. 9. Qu'avec cela ces objets, parce qu'ils me paraissent autrement selon mes organes changés, ne sont pas par soi-même ce qu'ils me paraissaient. 1o.
Que, par conséquent, ces mêmes objets selon les organes changés doivent me paraître autrement. 1 1. Qu'ils sont pour cela pourtant quelque chose, mais nullement une idée abstraite. 12. Qu'il y a des objets qui ne peuvent exister par soi-même, qui sont réels dans et par d'autres, qui ne sont pas réels sans tels. 1 i. Qu'il doit y avoir des objets qui, quoique nous ne nous en apercevions par aucun sens, sont néan moins réels. 14.
Que l'expansion, la composition, la matière, la figure du corps ne peut pas faire nombre de la dernière classe d'objets. ECKARTHAUSEN . (.4 suivre.)
Grammaire de Pânini Corrections et annotations des Notes sur la grammaire de Pânini parues dans les numéros de /'Initiation d'août, septembre et octobre. {Suite.) Bain, le consciencieux philosophe anglais s'exprime ainsi sur la difficulté d'interpréter certains phéno mènes : « Des faits très familiers semblent n'avoir aucun besoin d'explication eux-mêmes et être les moyens d'expliquer tout ce qui peut leur être comparé.
Ainsi l'ébullition et évaporation d'un liquide est supposée être un phénomène très simple n'exigeant aucune explication, et une explication satisfaisante de phé nomènes moins familiers. Que l'eau se dessèche c'est, pour l'intellect non cultivé, une chose entièrement intelligible : tandis que pour l'homme versé en phy sique l'état liquide est anormal et inexplicable. L'allumage d'un feu par une flamme est une grande difficulté scientifique, cependant peu de personnes pensent ainsi. »
GRAMMAIRE DE PANINI 1^5 « L'allumage d'un feu par une flamme » est un phénomène dû au phlogistique.
Lorsqu'on approche un dard de chalumeau du charbon pour l'enflammer, la vibration du phlogistique d'une activité intense dans le dard se communique aux phlogistiques du charbon et de l'atmosphère d'oxygène, rompt leurs cohésions et affinités éthériques et, par suite, permet à la loi thermo chimique de la formation des compo sés producteurs de chaleur, de se manifester.
L'oxygène a par molécule 24 atomes d'éther libre, 29o atomes d'éther fixé (sur égale quantité de corps atomes pesant sur la balance du chimiste). Le carbone a 12 atomes d'éther libre, 225 atomes d'éther fixé.
Lorsque Lavoisier a combiné deux mo lécules du premier avec une molécule du second, une partie de cet éther a été, de par la loi mathé matique des combinaisons, mise en liberté, s'est manifestée comme lumière et chaleur, laissant pour résultat : i° Un corps ayant perdu des calories, des atomes d'éther, du phlogistique.
Cette combinaison déphlogistiquée, mise en contact dans des conditions favo rables avec une source abondante de phlogis tique, est réduite au moins partiellement (on pour rait, c'est indubitable, réduire totalement, avec des dispositions expérimentales appropriées), et ses élé ments dissociés sont rephlogistiqués puisque la disso ciation n'a pu s'en faire qu'en leur faisant absorber des atomes d'éther (calories). C'est bien ce que disait Stahl, l'abstracteur de quintessence. 2° Une masse pondérable égale à la masse des 10
146 l'initiation atomes physiques de Toxygène, plus la masse des atomes physiques du carbone, soit 44 en nombres proportionnels. C'est bien ce que trouva Lavoisier.
Bien que nos calculs ne portent qu'indirectement sur la numération du corps mort des atomes coniques physiques, cependant pour la rapidité et le relief de l'énoncé nous appellerons les atomes d'éther doublés physiquement, incarnés, atomes pondérables. * Pour joindre deux lettres, a-t-il été dit, il faut ajou ter une unité : Sama = 63 +7 Sma = 63-f 8 Nous ignorons s'il faut ajouter l'unité à la pre mière ou à la seconde des lettres en conjonction, et en conséquence avons suivi la routine suivante : Si la conjonction est celle d'une consonne suivie d'une voyelle, l'unité est ajoutée à la voyelle.
S'il y a deux consonnes conjointes, l'unité est ajou tée à la première sauf si elle commence un mot. VOICI MAINTENANT LA LISTE DES CORRECTIONS ANNONCÉES Page 142, dernier alinéa, lire qu'il ne peut offrir, au lieu de il ne peut offrir. Page 144, 4* alinéa, lire atomique, au lieu danatomique. Page 145, icr alinéa, lire SSwp et non CS<op. Page 146, 2"note, lire Draopadî au lieu deDrcepadi.
GRAMMAIRE DE PANINI I47 Page 147, 3' alinéa, après l'i, deuxième lettre du même alphabet, lire : vaut 2. Même alinéa, lire : comme dans la numération kabalistique et la grecque. Page 148, lire vrddhiràdœc, l'd long, Yce etl'ao... Page i5i, lirefiVra au lieu de vicca. Et il se com pose de deux mots -fit et ta... A l'alinéa suivant lire y au lieu de v. Page i52, Ier alinéa, lire çabda au lieu de çabdo.
Page 1 53, 2° alinéa, lire: isolée la forme propre, une ou multiple, de l'élément grammatical dans le sûtra de Pânini, trouver sa valeur... Page 157, la figure montrant la décomposition de l'a sanscrit a été omise. Page 1 59, lire OStup. Page 212,4" alinéa, lire sva rûpa, au lieu de sv rûpà. Page 21 3, 3e alinéa, lire parent mâle au lieu de parent. Page 214, lire taraptamapao, au lieu de iaraptamapce.
Page 21 5, lire : (1 10 -j- 96 -f- 684; -f- 54 = 944, au lieu de : (i 1o -f- 96 = 684) -f- 54 = 944Page 216, 4* alinéa, lire : d'une once de technique, au lieu de d'une once technique. Page 217, lire au 2e alinéa : Les Écritures, mythologies et légendes occultes an ciennes, si elles sont parfois infiniment poétiques dans l'expression, ou sublimes, sont, deplus, les pre mières exactes toujours — les autres, au moins sou vent. On ne peut les comprendre, etc. Page 218, lire au dernier alinéa : De même que de
148 l'initiation rhydrogène bien refroidi F aile si farouche apparaît un inerte liquide, etc. CORRF.CTIONS ET ADDITIONS POUR LE NUMÉRO D'OCTOBRE A propos du nombre 3i de Jéhovah, observer que. Moïse l indique en divisant en 3i parties le i'r cha pitre de la Genèse. Page 39, dans le compte de mîléa lire : = 1 34, au lieu de + 134. Page 4o, dans le compte de rosa, lire : ra, 14, au lieu de i3.
Page 42, dernier alinéa, lire : auquel l'expérience a fait attribuer, au lieu de qui a l'expérience lui ayant fait attribuer; et 5^.molécules,iu lieude 55 molécules. Page 45, 6" alinéa, lire : consiste d'une unité, au lieu de consiste dans une unité. Page 49, dernier alinéa, lire f, r:epciT7tto;jivr„ au lieu de 7) TTEfKJTTOJJJl/jVE. Page 5ô. 4e alinéa, lire le svarita fait (kâra) le je (adhi), au lieu de le svarita fait kâra ; le je, adhi.
Page 5i, lire : ... dans nos parages),é\i millier des soleils d'Instituts, au lieu de ...(dans nos parages). Du milieu des Soleils d'Institut. Nous avons choisi l'expression millier, parce que 1ooo, cube parfait, cube du nombre parfait 1o des seigneurs solaires, réfère préeminemment aux soleils.
A la suprême contemplation de son 11e chapitre (stance 12), la Bhagavadgîtâ, pour comparer la splen deur du corps de l'aspect supérieur de Krshna, em ploie l'expression mille soleils.
GRAMMAIRE DE PANINI 149 Page 52, après le deux-points finissant le 4e alinéa se trouve la malheureuse omission du texte de Vitruve (texte et traduction Maufras) (1) qu'annonce cet ali néa et de son explication pour la volute.
Prière au lecteur d'insérer, dans sa lecture, ce qui suit : Scapis columnarum sta tuts, capitulorum ratio, si pulvinata erunt, his symmetriisconformabuntur, uti quam crassus imus scapus fuerit, addita octava decima parte scapi, abacus habeat longitudinem et latitudinem crassitudinem cum volutis ejus dimidiam.
Recedendum autem est ab extre me) abaco in interiorem partem frontibus volutarum parte duoJevigesima et ejus dimidia ; et secundum abacum in quatuor partibus vo lutarum secundum extremi abaciquadram, lineae demittendae, qute catheti dicuntur. Tune crassitudino dividenda est in partes novem et dimidiam ; ex novem partibus et dimidia una pars et dimidia abaci crassitudo relinquatur.reliquœ octo volutis constituantur.
Une fois que le fût des colonnes aura été dressé, la disposition des chapiteaux, si on leur donne la forme d'un coussin, sera réglée d'après les proportions sui vantes : le diamètre du bas de la colonne, plus une dix-huitième partie, formera le carré de 1 abaque, dont la moitié sera la hauteur du chapiteau, y compris les vo lutes.
Il faut s'éloigner de l'extrémité del'abaqued'une dix-huitième partie et de mie pour revenir vers la partie intérieure, afin de déterminer la placedes faces des volutes; puis le long de l'abaque, du haut du listel qui le couronne, on .fait tomber d'aplomb, pour les quatre volutes, les lignes appelées cathètes.
On divise ensuite l'épaisseur du cha piteau en neuf parties et de mie ; de ces neuf parties et demie, on laisse une partie et demie pour l'épaisseur de l'abaque; les huit autres seront pour les volutes. (1) L'ouvrage se trouve chez Garnier frères, 6, rue des SaintsPères, Paris. Il est fort intéressant non pas à cause de la science de Maufras, très nulle, mais pour l'historique curieux des traductions de Vitruve. Maufras cite abondamment ses prédécesseurs.
i5o l'initiation Tune ab linea, quae secundum abaci extremam partem demissa erit, in inriorem partem alia recedât unius et dimidiata; partis latitudine. Deinde ea; lineas dividantur ita, ut qua tuor partes et dimidia sub abaco relinquantur.
Tune in eo loco, qui locusdividit quatuor et dimidiam et très et dimidiam partem, centrum oculi signetur, ducaturque ex eo centro rotunda circinatio, tam magna in diametro, quam una pars ex octo partibusest ; ea erit oculi magnitudo, et in ea catheto respondens diametros agatur. Tune ab summo sub abaco inceptum in singulis tetrantorum anconibus dimidiatum oculi spatiumminuatur, donicum in eumdem tetrantem, qui est sub abaco, veniat.
Capituli aulem crassitudo sic est facienda, ut ex novem partibus et dimidia, très partes prsependeant infra astragalum summi scapi : cymatio, adempto aba co et canali , reliqua sit pars. Projectura autem cymatii habeat extra abaci quadram oculi magnitudinem.
Pulvinorum baltei ababacohanc habeant projecturam, uti circini centrum unum quum sit positum in capituli tetrante et alterum diducatur Alors, à côté des lignes qu'on aura abaissées à l'ex trémité de l'abaque, on en fera descendre d'autres en dedans, qui se trouveront éloignées des premières d'une partie et demie. Que ces lignes soient ensuite di visées de manière qu'il reste sous l'abaque quatre parties et demie.
A ce point qui laisse pour le haut quatre parties et demie, et pour le bas trois et demie, on maruera le centre de l'œil, et e ce centre on décrira un cercle dont le diamètre re présentera une des huit par ties : telle sera la grandeur de l'ceil, dans lequel la ligne perpendiculaire sera coupée par une diamétrale.
Alors, du point supérieur qui e.>t sous l'abaque, on commen cera à tracer la volute, et diminuant chaque quart de cercled 'un demi-diamètre de l'œil, on continuera dequart en quart, jusqu'à ce qu'on soit revenu à celui d'en haut.
L'épaisseur du chapiteau doit être telle que des neuf parties et demie qui la com posent, il y en ait trois qui pendent au-dessous de l'as tragale qui couronne le fût delacolonne ; le reste, après en avoirreiranché le tailloir et le canal, sera consacré à l'ove. La saillie de l'ove dépassera le carré de l'aba que de la grandeur de l'œil de la volute. La ceinture de la partie latérale du chapi teau, qui a la forme d'un c c
GRAMMAIRE DE PANINI ad extremum cymatium, circumactum balteorum extremas partes tangat. Axes volutarum ne crassioressint quam oculi magnitudo, volutœque ipsae sic caedantur, uti altitudines habeant latitudihis suae duodecimam partem. Ha; erunt symmetriae capitulorum, quum columnae futuiae sunt ab minimo ad pedes quindecim ; quae supra erunt reli quat, habebunt ad eumdem modum symmetrias.
Abacus autem erit iongus et latus, quam crassa columna est ima, adjecta parte nona, uti quo minus habuerit altior columna contractum, eo ne minus habeat capitulum suae symmetrire projecturam et in altitudine ratœ partis adjectionem. coussin, avancera hors de l'abaque de manière que, mettant une branche du compas à l'endroit où le chapiteau est divisé en quatre, et conduisant l'autre jusqu'à l'extrémité de l'ove, on puisse décrire ainsi la circonférence de la ceinture.
L'axe des volutes ne doit pas être plus gros que la grandeur de l'œil, et il faut tailler les volutes de façon qu'elles n'aient de profon deur que la douzième partie de leur largeur. Telles doi vent être les proportions des chapiteaux pour les co lonnes qui n'auront pas plus de quinze pieds ; si elles doivent en avoir da vantage, les chapiteaux se ront proportionnés à leur hauteur.
Le tailloir aura la longueur et la largeur du diamètre du bas de la co lonne, plus une neuvième partie, afin que la colonne, qui doit être d'autantmoins diminuée par en haut qu'elle est plus élevée, ait un cha piteau dont la saillie aug mente à proportion et un renflement qui soit en rap port avec la hauteur. Ainsi dit Vitruve — sauf altération de son texte. Pour tracer le joug des volutes, suivons-le étroitement.
Divisons le diamètre du bas de la colonne en 18 par ties et prenons 19 de ces parties pour former le carré de l'abaque. C'est ainsi qu'en proportions servant de fondement au tracé du chapiteau ionique, l'art grec enseigne l'homogénéité du 19 et du 18, lesquels en
I 52 l'initiation chimie, avons-nous dit, sont respectivement le fluor et l'hydrogène.
L'harmonie des figures occultes offrant des bases pour leur examen et la plus petite division résultant à première vue du tracé de la volute — le rayon de son œil — étant la moitié du 4r du diamètre du bas de 18 la colonne, nous la substituerons comme unité à ce -3 et nous appellerons le carré de l'abaque, 38, 1 o û long et le diamètre du bas de la colonne, 36, û long aussi.
« A » est la voyelle correspondant au soleil dans les Pratyâhâra Sûtra de Pànini qui l'énoncent la première lettre de l'alphabet sanscrit. « I », seconde de leurs lettres, est la voyelle de Mercure. « U », troi sième, la voyelle de Vénus.
Dans l'ornement le plus caractéristique d'un fragment d'art féminin, l'ionique, d'un art, l'art grec, qui paraît correspondre entière ment au rayon cuprique, il est harmonieux d'y trouver Tu, l'û, comme comme base de calcul.
La disposition des sûtra de Pânini, qui donnent l'û long à la dix-hui tième énonciation du premier chapitre et le répètent à la dix-neuvième, confirme la différence d'une unité que l'ionique pose entre l'u supérieur et l'inférieur.
Pour trouver le centre de l'œil, Vitruve prescrit d'abaisser de l'abaque à une distance Je son extré mité égale à une partie et demie, c'est-à-dire à trois rayons d'œil, une perpendiculaire AX sur laquelle, à la longueur de quatre parties et demie, soit neuf rayons d'œil, on aura le point cherché O. Du centre O, décrivons au compas la circonférence de l'œil. Il
GRAMMAIRE DE PANINI I 5 3 coupe la perpendiculaire AX en deux points, B et C, qui sont les centres des quatre demi-cercles tangents dont se compose exclusivement la volute. De B comme centre, avec 8 rayons d'œil comme rayon, décrivons le demi-cercle ADD'. De C comme centre, avec 6 rayons d'œil comme rayon, décrivons le suivant D'EE'. Et ainsi de suite.
On voit qu'il y a loin de ce tracé extrêmement simple et aussi élégant que simple, au tracé baroque par quatre centres, avec arcs non tangents, que découvrirent les génies de Perrault et confrères gâ:e-textes.
Le i" demi-cercle vaut it x 8 Le 2e — — ïïX6 Le 3° — - iX4 Le 4« — — Tt X 2 La circonférence de l'œil vaut ir X 2 La volute en total vaut doncX 22 (nombre des lettres hébraïques), soit 69,1 15, valeur de la lettre sanscrite na cérébral qui signifie lumière et est l'une des lettres essentielles du mot Vishnu, le nom du Dieu hindou bien connu de nos lecteurs. Un jougdevolutesvaut : 69, 1 1 5 X 2 + 32 = 1 7o,23.
Maintenant nous dirons, sans donner d'autre expli cation, à cause de la brièveté de ces «Notes» et en ren voyant le lecteur aux nombres du seizième sûtra du premier chapitre de Pânini et aux longueurs d'ondes des raies du spectre solaire, que le diamètre est le « 16 ». Subdivisons donc l'unité rayon d'ceil en 8 sous-parties. Le joug vaudra : 17o,23 X 8 = 1361,84 sous-parties,
1 54 l'initiation soit à peu près l'équivalent atomique octodécimal, 1 36 1.22, de l'indican critique.
Si un corps quelconque en dissolution se trouve précipité de la dissolution et qu'il assume à ce mo ment par masses la forme de la volute ionique — ou bien encore que le corps qui le tient en dissolution (comme l'indican critique tient l'indigo) consiste de formes volutées volumineuses, de chaînes de volutes, il est bien évident que la précipitation ne doit pas dé velopper dans le dissolvant une coloration uniforme, mais se faire par flocons.
C'est précisément ce qui a lieu pour l'indigo. Lorsque la plante qui doit fournir l'indigo a été battue pour en détacher les feuilles, qu'on a fait macérer celles-ci dans l'eau froide et extrait par pression leurjus coloré en jaune, on agite ce jus au contact de l'air dans de larges cuves. La co loration alors se développe peu et l'on voit apparaître de gros flocons bleus que l'on égoutte et qui, purifiés, constitueront l'indigo.
Sans qu'il soit besoin d'être clairvoyant, il y a dans cette précipitation par gros flocons bleus présomption que l'indican qui émet l'indigo, et l'indigo lui-même, consistent de volutes volumineuses ou de chaînes de volutes: nous vou lons dire présomption pour ceux qui savent par l'étude des Textes et des Arts antiques que les fonctions 162, 1 36 1 , se montrent sous la formede la volute ionique.
Le terme latin abacus par lequel Vitruve désigne l'abaque, signifie « Maître » comme l'hébreu « Ab » puisque le latin, l'hébreu, le grec, le sanscrit, l'égyptioque, le zend, etc., etc., ne sont tous que des aspects d'une langue unique, la langue des mystères. Décom
GRAMMAIRE DE PANINI 1 55 posons«abacus en aba-cus»; eus isolé vaut en 4 degrés, numération sanscrite : Ça, 76 -\-u, 18 -j-s, 162 = 256 C'est la valeur du nom de Brahma, le Maître par excellence. Le mot Brahma, qui consiste de 4 lettres, est le tétragrammaton hébreu Jehovah. Comme le symbolisme de la géométrie occulte est en harmonie avec celui des Nombres sacrés, la figure de Jehovah - Brahma est celle du carré et de l'abaque.
Ainsi le latin « abacus, » n'en déplaise aux soleils modernes, tels que Bopp, signifie le Maître Brahma. Voici Brahma, 4 degrés : Ba, 1o7 + raî 1 5 + ha, 127 -jma, 7 =256 256 est la distance en sous-parties qui sépare les centres des yeux et des volutes du joug et que, dans le tracé, nous avons d'abord dû prendre sur l'abaque.
On sait que dans la cérémonie brahmanique, 256 est le nombre de poignées de riz que doit contenir le pûrnapâtra qu'on présente au prêtre officiant, le vase qui symbolise probablement l'aspirant ou brahmacârî, un mot qui signifie littéralement « celui qui va (ou monte ou aspire, à Brahma ».
Comme le riz n'est que l'aliment du quatrième dégré — l'aliment du Ier degré ou solaire étant le beurre, celui du 2' degré ou mercurien l'albuminoïde, celui du 3e degré ou cuprique le miel et le sucre — le contenu du pûrna pâtra ne représente que la quatrième facedu Seigneur, ne représente ni Sa (âtman) ni Buddhi ni Manas (le supérieur manas), mais seulement l'Anta : karana. Ce dernier terme ayant parmi ses sens celui d' « in
i56 l'initiation termédiaire », on voit qu'il est d'une propriété par faite pour nommer l'abaque, l'intermédiaire entre la colonne et l'architrave. Tandis que la distance horizontale des centres des yeux du joug offre en sous-parties la valeur de «Brahma », la hauteur HD du chapiteau, perpendiculaire de polarité (magnétique?) opposéequi compte i52 sousparties, donne la valeurdu nom de Vishnu « Ja. » La lettre ja vaut 92 plus 6o d'affixe.
De plus la volute, qui mesure en parties la lettre na cérébral (69) essen tielle du terme Vishnu, compte 552.94 sous-parties ; par excès 553 valeurdu sanscrit « svastika », « Croix » dans le 3" degré (degré cuprique) : sa, 6o -I- va, 1 1 4- sa, 6o + ta, 4o0 -+- i, 2 -+-ka,2o = 553 est prééminemment un nombre de Vishnu dieu que le brahmanisme représente crucifié dans l'espace (parmi les sens celui du halo solaire ; Vishnu est Eau).
Il est aisé de s'en rendre compte dans la chimie. En effet « Vishnu » vautyôdans le troisième degré la moitié du 1 52 de « Ja ») : va, 1 1 -4- i, 2 -f sha, 4o -fna, 2o -f- u, 3 = 76 soit le pondérable de l'éther ordinaire, compris les at fixes : Ether sulfurique = Hl('OC4 H10, 1o -|- O, 16, 1 i 1 + C4, 5o = 76, ni.
Et le phlogistique libre (ou éther libre) de cet éther ordinaire consiste de 552 atomes : H10 = 48 X 1o = 48o j La lettre sanscrite ça, dont la première partie a la O = 24 X 1 = 24 C4 =12X4 =48
GRAMMAIRE DE PAN1NI l5j forme d'un fragment de volute, a 3 valeurs (du moins si nous avons bien compris Pànini) : 74, j5 et 76. La racine de Vishnuest* viç », mot dans lequel vi serait préposition, ce qui laisserait ça comme lettre essen tielle. La fonction 1 36 1 , ou synthétiquement 162 (en molécules), est le Soma védique, un breuvage narcotique comme le kukeôn des Mystères grecs.
Tout le monde sait que l'éther ordinaire, dont la géométrie du chapiteau ionique associe la fonction 552 à la fonction 1 36 1 , est un anesthésique puissant. Nous supposons qu'il a, comme le chloroforme, la propriété de condenser dans ses volutes le fluide vital de la personne enHormieoude se substituerà ce fluide vital en permettant le dégagement du corps astral. L'éther ordinaire estcomposé de négatifs : hydrogèn e, oxygèneet carbone.
Parmi lesanesthésiques où entrent des positifs (corps à aura de feu) tels que le chlore, c'est le chloroforme qui a jusqu'ici offert à l'expérience moderne l'effet le plus proche de celui de l'éther ordi naire (du moins nous ne croyons pas faire erreur).
Il est extrêmement curieux que le chloroforme à l'état critique offre encore une fonction du chapiteau ioni que : Chloroforme = CPHC (équivalents à l'état critique sans les affixes inférieurs) Cl3, 24o + H, 3.66 + C, 12.66 = 256,33. Brahma avons-nous dit.
L'équivalent complet du chlore que nous donnons ici, 8o par molécule, est celui qu'enseigne le calcul, l'Écriture Sacrée, les 8o colonnes etpiliers carrés du Temple de Neptune à Pœstum, lequel Dieu chimiquement fut le chlore.
1 58 l'initiation Avec les affixes, Je chlore atteint certainement l'équivalent 8o,5 ; le sanscrit numérique associé à son sens usuel non numérique nous en a donné l'as surance. Nous supposons même, d'après les séries de Pânini, que la grammaire sanscrite l'étudie sous la forme 81, équivalence que d'ailleurs il atteint évidem ment lorsqu'on le charge de ph logistique en élevant la température. Quant au carbone il vaut i3,i66 avec les atfixes.
Cl3, 243 + H, 3.66 + C, 1 3. 166 = 259. 83. C'est la valeur de la racine sanscrite « svap », « dor mir », 4 degrés. sa, 63 -fva, i5 -f- pa, 82 -f- virâma, 1oo = 26o. Dans les degrés deux et trois conjoints, le sanscrit « prâna », « vie », donne l'équivalent du pondérable du chloroforme (Cl*, 1o6. 5 -f- H, 1 -|- C, 12 = 1 i9.5 sans les affixes) : pa, 82 -f- ra, 14 -f- a, 3 -f- na, 2 1 — 1 2o.
C'est pourquoi nous avons supposéque dans l'anesthésie le chloroforme a la propriété de se substituer au fluide vital. La fonction 12o, « Vie », a la pro priété de calmer la souffrance. Un Peau-Rouge, dont le sang est exceptionnellement vivifié par la vie au grand air etl'exercice incessant, souffrira moins dans les supplices qu'un Européen anémié d'égale menta lité.
Le Grec connaissait, paraît-il, une plante merveil leuse, une plante d'Égypte qui chassait toute souf france. La malicieuse allégorie de ses Nombre Sacrés cachait tout bonnement sous levr,Ttev6T,çla fonction du pondérable du chloroforme ; d'ailleurs, tandis que la
GRAMMAIRE DE PANINI l59 civilisation grecque correspond à Vénus, l'égyptiaque répond à Mercure et par suite au chlore qui, si plante, nécessairement plante d'Egypte en allégorie. Plutarque, que ce trait signale comme initié, a soin dans ses « Morales » d'introduire le terme V7)ir£v6s'w;, « sans douleur », à une 1 18e division, indiquant ainsi c'est sûr, l'équivalent du chloroforme.
Comptons le terme de Plutarque dans les degrés deux et trois conjoints de la numération sanscrite : v, 9o2 -f-T), 12 -f-it, 81 -f e, 7 + v,902 + 9, 3i -H e, 7 + u>, 92 + ç; io3 = 2137. Ce 2. 1 37 est apparemment un équivalent atomique. Divisons par 1 8 pour avoir l'équivalent en poids : 2l37 Q — — 1 18, 722. 10 C'est la numérotation de Plutarque.
Mais en outre il est loisible d'ajouter à 2.1371a valeur 92 de l'accent aigu de vr\Trevf)éoK : 2 1 37 + 92 = 2229 ou, en pondérable octodécimal, 123,83. Ce dernier nombre est très proche de l'équivalent atomique octodécimal du pondérable du chloroforme en choisissant pour nombre d'affixes du chlore celui dont nous sommes sûr, 18 atomes par molécule.
1 19,5, poids du chloroforme, + 3 pour les affixes du chlore, + o,5 pour les affixes du carbone = 123. Nous sommes incapable pour le moment de ré soudre la question de la variation atomique lorsqu'on élève la température et de dire comment on obtien drait avec précision un chloroforme de 123,83 au lieu de 123.
i6o l'initiation [Novembre Si les nombres sacrés des Grecs étaient malicieux, sur le chloroforme, ceux des Latins ne l'étaient pas moins : ils étaient d'ailleurs les mêmes, avons-nous appuyé. Le choroforme était pour les Grecs une plante d'Égypte, laquelle Egypte était mercurienne, était le chlore, lequel chlore était Neptune, le dieu des Eaux.
Ce Dieu des eaux, qui était une plante pour les Grecs, était un arbre, un grand arbre pour les Hindous et les Iraniens — l'arbre Soma ou Haoma. l'Arbre du Monde.
Nous montrons dans nos « Notes sur Pânini » que le terme Soma a pour valeur 161, soit l'équivalent 8o, 5 du chlore multiplié par deux, ce qui concorde avec la chimie moderne qui a trouvé que le chlore doit être considéré comme double, que son poids moléculaire est deux fois son équivalent.
Pour un dieu des Eaux qui serait Arbre et Grand Arbre, qui demeurerait avec plaisance dans son royaume comme le chlore, quel symbole, mieux choisi pourrait-on trouver que la gigantesque ramifi cation du corail ? Désigner par le terme « coralium » le 1 19 du chloroforme est un des points où éclate le génie allégorique des Romains.
Comptons « coralium », « corail », numérotation sanscrite, degrés deux et trois conjoints : ça, 22 + o,1o -fra, 1 3 + la, 14 -+- 1 ,6 + u, 4 -t- m, 48 = 1 17. De plus le sanscrit, en divisant le caractère ça en deux permet de le compter un et même deux en plus. Il divise de même le caractère o, qu'on peut compter un et même deux en plus. « Coralium» offre donc l'équivalent du chloroforme.
i9o3] GRAMMAIRE DE PAN1NI l6l Il nous faut revenir au chapiteau ionique, qui par ses fonctions narcotiques de lui-même nous éloigna. Nous avons vu précédemment que l'accent circon flexe des Grecs, accent féminin, montrait dans son nom le nombre 1 3 6 1 ; l'une de ses formes usuelles qui consiste d'un simple arc de cercle au-dessus de la voyelle accentuée, n'est que l'abréviation du joug 1 36 1.
L'autre forme usuelle est la partie principale du ja sanscrit changée de position. Le carré de l'abaque, 3o4 sous-parties, est une lon gueur capitale aussi parmi les éléments du chapiteau. C'est la valeur dans les degrés deux et trois conjoints du sanscrit ashtâ jhyàyi, qui signifie « huit parties ». Ce sens de huit parties confirme la subdivision de l'unité rayon d'ceil en 8.
Nous employons pour l'abaque de 3o4 sous-parties le terme ashtâdhyâyi avec l'i bref bien qu'il s'écrive ordinairement au no minatif avec l'i long, en faisant observer au lecteur que Vitruve prescrit par la suite d'augmenter les dimensions relatives des chapiteaux lorsque les co lonnes croissent en hauteur et que par conséquent on trouverait la forme ashtâdhyâyi avec des colonnes de plus de quinze pieds. a,3 + sha, 42 + ta, 189 + a, 3 -+- dha, 36 -+- ya, 11 + a, 3 -+. ya, 1 1 + i, 6 = 304.
Les hiérarchies d'Arhats sont trois. La plus haute répond au Soleil. Aussi, tandis que l'Arhat est le 162 et le 1 36 1 , le nom sanscrit du soleil, Sûrya, 11
IÔ2 l'initiation offre la longueur du joug 1 36 1 en rayons d'œil : (quatre degrés) sa, 63 -f- û, 36 -+- ra, i5 + ya, 5y Maufras, le traducteur de Vitruve,au texte duquel nous nous sommes référé, rapporte que les observa tions astronomiques ont signalé — fait qui lui paraît extrêmement curieux — que le système de Saturne a été vu augmenté de deux anses lumineuses. Nous ne savons si cette ancienne observation a été renouvelée.
Pour nous — quand bien même elle ne l'aurait pas été, quand bien même on la considérerait comme inexacte aujourd'hui — nous la tenons pour valable de par les séries des nombres sacrés et de leur géomé trie.
Si la science moderne a fait des pas de géant dans la chimie et l'électricité, elle est restée à peu près stationnaire en optique instrumentale, n'a acquis depuis les Newton et les Laplace aucun moyen de voir les états critiques et éthérés de la matière sus ceptibles de venir occasionnellement sous la vue phy sique, de sorte que nous n'avons pas à tenir compte de son opinion sur les anses de Saturne observées dans le passé. = 171. Jaga. (A suivre.)
La reproduction «les article» Inédits puhllés par l'Initiation eat formellement interdite, à moins d'autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Cette partie ist réservée à l'exposé des idées de la Directiot,des Membres du Comité de Rédaction et a la reproduction des classiques anciens. ) NOMBRES PAIRS & NOMBRES IMPAIRS !
Parmi les études concernant l'occultisme, celle des Nombres a toujours retenu l'attention des chercheurs occidentaux, épris avant tout de précision et de clarté. Nos lecteurs trouveront, dans la suite des études d'Eckartshausen publiées ici même des ensei gnements encore inédits sur cette question.
Mais nous prendrons la liberté de temps en temps de pu blier quelques commentaires destinés à préparer à ces enseignements et consacrés à des sujets tout à fait élémentaires. Après avoir différencié le Nombre, véritable élé ment créateur, du chiflre, simple vêtement inerte et changeant de ce même nombre, il faut établir la première hiérarchie dans la série numérale.
Figurons-nous un Soleil brillant et créateur entouré de zones d'autant plus lumineuses qu'elles sont plus rapprochées et dont la clarté mourante se confond à l'infini avec les ténèbres. Ce Soleil sera l'image de l'Unité créatrice dont le chiffre i sera un vêtement. Les -
164 l'initiation nombres seront d'autant plus chargés de puissance lumineuse qu'ils seront plus proches de l'unité et ils auront d'autant moins de lumière qu'ils seront plus éloignésde l'unité.
Ainsi laforce d'un nombreest d'au tant plus grande que ce nombre contient moins de chiffres et 26 est bien plus dynamique dans la hié rarchie que 22.60o, autrement dit un nombre est d'aurant plus grand comme valeur effective qu'il est plus petit comme valeur chiffrée. Lenombre UN étant le plus puissant de tous.
Après cette première classification des nombres par leurs composants chiffrés, nous arrivons à cons tater dans la hiérarchie numérale, la représentation des polarités ou des sexes. Cette représentation est effectuée par l'existence des nombres pairs ou fémi nins et des nombre? impairs ou masculins. Exemples de nombres masculins : 1-3-5-7-9. Exemples de nombres féminins: 2-4-6-8-1o.
Remarquons tout de suite une propriété du chiffre zéro, c'est de rendre pairs en les matérialisant, des nombres essentiellement impairs : ainsi 3 est impair ou masculin alors que 3o devient pair et féminin. Les nombres pairs ne sont pas changés de qualité par la matérialisation du zéro ; 4 nombre pair, rest; pair en devenant 4o.
Si nous étudions l'union des nombres pairs entr: eux, des nombres impairs entre eux et des nombre s pairs avec les impairs, nous remarquons les fai1 s suivants : Deux nombres pairs unis entre eux déterminent u 1
NOMBRES PAIRS ET NOMBRES IMPAIRS 165 nombre pair. Exemple : 2 et 2 donnent 22, 6 et 6 don nent 66, et tous ces nombres sont pairs. Deux nombres impairs unis entre eux donnent égaement un nombre impair ; ainsi 3, nombre impair, et 7 nombre également impair, donnent 3y ou j3' nombres impairs. L'Union (en juxtaposition et non en addition) d'un nombre pair avec un nombre impair est déterminée par le dernier chiffre. Ainsi 3 impair et 2 pair, donnent le nombre pair 32 quand le 2 termine et le nombre impair 23 quand c'est le 3 qui prend la der nière place, la plus éloignée. Tout cela est élémentaire, presque enfantin et se comprend sans peine. Mais n'existe-t-il que cette hiérarchie de pair et d'impair? N'y a-t-il pas dans les nombres de représentation du neutre ou du médium qui joue un rôle si important partout ? Pour répondre à cette question, il nous faut consi dérer les nombres dits sympathiques ou, pour parler en images, les Ames sœurs dans les nombres. Pour obtenir le nombre sympathique d'un nombre quelconque de deux chiffres, il suffit d'inverser l'ordre de chacun de ces chiffres. Ainsi, le nombre impair 1 3 a pour nombre sympa thique le nombre également impair 3i, obtenu par l'inversion des deux chiffres 1 et 3. De même, le nombre pair 24 a, pour nombre sym pathique, le nombre pair 42 obtenu de même. Or, certains nombres formés de deux chiffres iden tiques ne se présentent que sous un seul aspect; ce sont les nombres dits égoïstes et ce sont eux qui
i66 l'initiation représentent le neutre dans la hiérarchie nupérale. Exemple de nombres égoïstes pairs et impairs : 11,22, 33, 44, 55, etc. Nous nous en tiendrons à ces données élémentaires pour cette fois. Papus.
PENSÉES'" Tu occupes les deux limites de l'être, il ne te manque que le milieu, celui de la vie réelle, que con quiert la volonté. Mon âme est la capacité de toute forme ; elle n'est pas âme, elle est l'âme. Tiraillé par mille possibilités, je puis être plus facilement l'homme qu'un homme (i854). * • Je puis me simplifier sans limites, oubliant mon mi lieu, mon époque, et me faire d'un autre âge.
Je puis oublier tel ou tel sens, me faire aveugle, me faire même être inférieur à l'homme, animal, plante. Sentir vivre en moi, s'écrie-t-il, toutes les catégories dans lesquelles s'éparpille l'humanité, c'est ma joie. (i) Nous extrayons les quelques réflexions qui vont suivre des Fragments du Journal intime de Henri- Frédéric Auriel (chez Fischbacher).
Ce philosophe (i8ai-i88i) est arrivé, du fond des philosophies les plus métaphysiques enseignées en Allemagne, à la conception de la voie cardiaque évangélique. (C'est cette particularité qui intéressera, nous en sommes cer tains, les lecteurs de l'Initiation.
[68 l'initiation Il me faut un effort pour me ressaisir, écrit-il encore, pour m'affirmeret me personnaliser. L'abîme m'attire, m'entraîne toujours. L'infini me tente, le mystère me fascine, l'unification, l'hénose de Plotin m'enivre comme un philtre. C'est mon opium, mon haschich.
Le dégoût de ma vie individuelle et l'engloutisse ment de ma volonté privée dans la conscience pure de l'activité universelle, c'est mon penchant, ma fai blesse, mon instinct.
L'immense variété des choses m'étourdit parfois jusqu'à l'ivresse et au vertige, et je reconnais le vieil ennemi, le protéisme, l'ensorcellement par la Maïa multiforme des images, formes, êtres qui dansent la ronde du sabbat dans lecahos de ma pensée trop ou verte et trop hospitalière.
Tout me tente, m'attire, me polarise, me métamorphose et m'aliène momentané ment de ma personnalité, qui, volatilisée, expansive et centrifuge comme lether, tend toujours à se perdre dans l'espace sans bornes ou, inversement, à se con denser dans un point insignifiant de sa propre éten due (i856). Je ne retrouve aucune voix pour ce que j'éprouve... Un recueillement profond se fait en moi ; j'entends battre mon cœur et passer ma vie. 11 me semble que je suis devenu une statue sur les bords du fleuve du
PENSÉES 169 temps, que j'assiste à quelque mystère d'où je vais sortir vieux ou sans âge... Je me sens anonyme im personnel, l'œil fixe comme un mort, l'esprit vague et universel comme le néant ou l'absolu ; je suis en sus pens, je suis comme n'étant pas.
Dans ces moments, il me semble que ma conscience se retire dans son éternité ; elle regarde circuler au dedans d'elle ses astres et sa nature, avec ses saisons et ses myriades de choses individuelles ; elle s'arerçoit, dans sa substance même, supérieure à toute forme, contenant son passé, son présent et son avenir, vide qui renferme tout, milieu invisible et fécond, virtualité d'un monde qui se dégage de sa propre existence pour se ressaisir dans son intimité pure.
En ces instants sublimes l'âme est rentrée en soi, retournée à l'indétermination ; elle s'est réimpliquée au delà de sa propre vie, elle redevient embryon divin. Tout s'efface, se dissout, se détend, reprend l'état primitif, se replonge dans la fluidité ori ginelle, sans figure, sans angle, sans dessin arrêté.
Cet état est contemplation et non stupeur ; il n'est ni douloureux, ni joyeux, ni triste ; il est en dehors de tout sentiment spécial, comme de toute pensée finie. Il est la conscience de l'être et la conscience de l'omnipossibilité latente au fond de cet être. C'est la sensa tion de l'infini spirituel (i856).
Mentir à son idéal, c'est le plus irréparable des viols, cest la défloration de la conscience, c'est le déshonneur du moi, la faute irrémissible dont ne se relève jamais la dignité intérieure.
17o l'initiation Chacun est d'ordinaire le contraire de ce qu'il veut être ; on est le contraire de ce qu'on aime. Il n'y a qu'une chose nécessaire : posséder Dieu. Tous les sens, toutes les forces de l'âme et de l'esprit, toutes les ressources extérieures sont autant d'échappées ouvertes sur la divinité : autant de ma nières de déguster et d'adorer Dieu.
Il faut savoir se détacher de tout ce qu'on peut perdre, ne s'attacher absolument qu'à l'éternel et à l'absolu et savourer le reste comme un prêt, un usufruit. Adorer, com prendre, recevoir, sentir, donner, agir : voilà ta loi, ton devoir, ton bonheur, ton ciel. Advienne que pourra, même la mort !
Mets-toi d'accord avec toimême, vis en présence de Dieu, en communion avec lui, et laisse guider ton existence aux puissances géné rales contre lesquelles tu ne peux rien. Si la mort te laisse du temps, tant mieux; si elle t'emporte, tant mieux encore; si elle te tue à demi, tant mieux toujours : elle te ferme la carrière du succès pour t'ouvrir celle de l'héroïsme, de la rési gnation et de la grandeur morale.
Toute vie a sa grandeur, et comme il t'est impossible de sortir de Dieu, le mieux est d'y élire sciemment domicile. * « Juger notre époque au point de vue de l'histoire universelle, l'histoire au point de vue des périodes géologiques, la géologie, au point de vue de l'astro nomie, c'est un affranchissement pour la pensée.
PENSÉES I 7 I Quand la durée d'une vie d'homme ou de peuple nous apparaît aussi microscopique que celle d'un mouche ron, et inversement, la vie d'un éphémère aussi infinie que celle d'un corps céleste avec toute sa poussière de nations, nous nous sentons bien petits et bien grands, et nous pouvons dominer de toute la hauteur des sphères notre propre existence et les petits tourbillons qui agitent notre petite Europe.
Au fond, il n'y a qu'un objet d'étude : les formes et les métamorphoses de l'esprit. Tous les autres objets reviennent à celui-là; toutes les autres études ramènent à cette étude. Renonce à toi-même et accepte ton calice, avec son miel et son fiel, n'importe. Fais descendre Dieu en toi, embaume-toi de lui par avance, fais de ton âme un temple du Saint-Esprit; fais de bonnes œuvres, rend les autres heureux et meilleurs.
N'aie plus d'ambition personnelle, et alors tu te consoleras de vivre ou de mourir, quoi qu'il advienne. Être méconnu même par ceux qu'on aime, c'est la coupe d'amertume et la croix de la vie ; c'est là ce qui
172 l'initiation met sur les lèvres des hommes supérieurs ce sourire douloureux et triste dont on s'étonne; c'est la plus cruelle épreuve réservée aux hommesquise dévouent; c'est ce qui a dû serrer le plus le cœur du Fils de l'homme, et si Dieu pouvait souffrir, c'est la bles sure que nous lui ferions, et tous les jours. Lui aussi, lui surtout, est le grand méconnu, le sou verainement incompris. Hélas 1 Hélas !
Ne pas se lasser, ne pas se refroidir, être patient, sympathique, bienveillant; épier la fleur qui naît et le cœur qui s'ouvre; toujours espérer en Dieu, comme Dieu; toujours aimer, c'est là le devoir. Hier, dimanche, relu et extrait tout l'évangile de saint Jean.
Il m'a confirmé dans ma pensée que, sur Jésus, il faut n'en croire que lui et découvrir l'image vraie du fondateur derrière toutes les réfrac tions prismatiques à travers lesquelles il nous par vient et qui l'altèrent plus ou moins. Rayon lumi neux et céleste tombé dans le milieu humain, la parole du Christ a été brisée en couleurs irisées et déviée en mille directions.
La tâche historique du christianisme est, de siècle en siècle, de subir une nouvelle métamorphose, de spiritualiser toujours plus l'intelligence du Christ et du salut. » * Le rapport de la pensée à l'action m'a beaucoup préoccupé, à mon reveil, et cette formule bizarre, à demi-nocturne, me souriait : l'action n'est que la
PENSÉES 173 pensée épaissie, devenue concrète, obscure, incons ciente. Il me semblait que nos moindres actions, manger, marcher, dormir, étaint la condensation d'une multitude de vérités et de pensées, et que la ri chesse d"idées enfouies était en raison directe de la vulgarité de l'action (comme le rêve qui est d'autant plus actif que nous dormons plus profondément).
Le mystère nous assiège et c'est ce qu'on voit et fait chaque jour qui recouvre la plus grande somme de mystères. Par la spontanéité, nous reproduisons ana logiquement l'œuvre de la création : inconsciente, c'est l'action simple; consciente, c'est l'action intelli gente, morale. Au fond, c'est la sentence de Hégel, mais jamais elle ne m'a paru plus évidente, plus pal pable. Tout ce qui est est pensée, mais non pensée consciente et individuelle.
L'intelligence humaine n'est que la conscience de l'être. C'est ce que j'ai au trefois formulé ainsi : Tout est symbole de symbole, et symbole de quoi ? de l'esprit. Chaque bouton ne fleurit qu'une fois et chaque fleur n'a que sa minute de parfaite beauté ; de même, dans le jardin de l'âme, chaque sentiment a comme sa minute florale, c'est-à-dire son moment unique de grâce épanouie et de rayonnante royauté.
Chaque astre ne passe qu'une fois par nuit au méridien sur nos têtes et n'y brille qu'un instant; ainsi dans le ciel de l'intelligence, il n'est, si j'ose dire, pour chaque pensée, qu'un instant zénithal, où elle cul mine dans tout son éclat et dans sa souveraine gran
174 l'initiation deur. Artiste, poète ou penseur, saisis tes idées et tes sentiments à ce point précis et fugitif, pour les fixer ou les éterniser, car c'est leur point suprême. Avant cet instant, tu n'as que leurs ébauches confuses ou leurs pressentiments obscurs; après lui, tu n'auras que des réminiscences affaiblies ou des repentirs im puissants ; cet instant est celui de l'idéal. Repousser sa croix c'est l'appesantir.
Rien ne ressemble à l'orgueil comme le découra gement. Le dépit est une colère qui a peur de se montrer c'est une fureur impuissante et qui sent son impuis sance. Toute voix double, partagée, combattue dans la conscience, n'est pas encore la voix de Dieu. Descends encore plus profond en toi, jusqu'à ce que tu n'en tendes plus qu'une voix simple, voix qui lève tout doute, qui entraîne la persuasion, la clarté, la séré nité.
Heureux, dit l'apôtre, ceux qui sont d'accord avec eux-mêmes et qui ne se condamnent pas dans le parti qu'ils prennent. Cette identité intérieure, cette unité de conviction est d'autant plus difficile que l'esPENSÉES 175 prit discerne, décompose, prévoit davantage. La li berté a bien de la peine à revenir à la franche unité de l'instinct.
Lu en partie, le volume de Ruge, Die Academie (1848), ou l'Humanisme des Néo-Hégéliens, en poli tique, en religion, en littérature est représenté par des correspondances ou des articles. Ces écrivains rappellent le parti philosophiste du siècle dernier, tout-puissant à dissoudre par le raisonnement et la raison, impuissant à construire, car la construction repose sur le sentiment, l'instinct et la volonté.
La conscience philosophique se prend ici pour la force réalisatrice ; la rédemption de l'intelligence se prend pour la rédemption du cœur, c'est-à-dire que la par tie se prend pour le tout. Ils me font saisir la diffé rence radicale de l'intellectualisme et du moralisme. Chez eux la philosophie veut supplanter la religion. Le principe de leur religion, c'est l'homme, et le som met de l'homme, c'est la pensée.
Leur religion est donc la religion de la pensée. Ce sont là deux mondes : le christianisme apporte et prêche le salut par la conversion de la volonté ; l'humanisme, le salut par l'émancipation de l'esprit. L'un saisit le cœur l'autre le cerveau.
Tous deux veu lent faire atteindre à l'homme son idéal, mais l'idéal diffère, sinon par son contenu, au moins par la dis position de ce contenu, par la prédominance et la souveraineté donnée à telle ou telle force intérieure : pour l'un l'esprit est l'organe de l'âme, pour l'autre
176 l'initiation l'âme est un état inférieur de l'esprit ; l'un veut éclai rer en améliorant, l'autre améliorer en éclairant. C'est la différence de Socrate à Jésus. La question capitale est celle du péché 1 La ques tion de l'immanence, du dualisme est secondaire.
La trinité, la vie à venir, le paradis et l'enfer peuvent cesser d'être des dogmes, des réalités spirituelles, la forme et la lettre peuvent s'évanouir, la question humaine demeure: Qu'est-ce qui sauve ? Comment l'homme est-il amené à être vraiment homme? La dernière racine de son être est-elle la responsabilité ? oui ou non ? est-ce faire ou savoir le bien, agir ou penser qui est le dernier but?
Si la science ne donne pas l'amour, elle est insuffisante. Or elle ne donne que Yamor intellectualis de Spinoza, lumière sans chaleur, résignation contemplative et grandiose, mais inhumaine, parce qu'elle est peu transmissible et reste un privilège et le plus rare de tous. L'amour moral place le centre de l'individu, au centre de l'être, il a au moins le salut en principe, le germe de la vie éternelle.
Aimer, c'est virtuellement savoir ; savoir n'est pas virtuellement aimer; voilà la relation de ces deux modes de l'homme. La rédemption par la science ou par l'amour intellectuel est donc infé rieure à la rédemption par la volonté ou par l'amour moral. La première peut libérer du moi, elle peut affranchir de l'égoïsme. La seconde pousse le moi hors de lui-même, le rend actif et agissant.
L'une est critique, purificatrice, négative; l'autre est vivifiante, fécondante, positive. La science, si spirituelle et substantielle qu'elle soit en elle-même, est encore
PENSÉES I 77 formelle relativement à l'amour. La force morale est le point vital. Et cette force ne s'atteint que par la force morale. Le semblable seul agit sur le semblable. Ainsi n'amé liorez pas par le raisonnement mais par l'exemple ; ne touchez pas que l'émotion, n'espérez exciterl'amour que par l'amour. Soyez ce que vous voulez faire devenir autrui. Que votre être, non vos paroles, soit une prédication.
Donc, pour en revenir au sujet, la philosophie ne doit pas remplacer la religion ; les révolutionnaires ne sont pas des apôtres, quoique les apôtres aient été révolutionnaires. Sauver du dehors au dedans, et par dehors j'entends aussi l'intelligence relativement à la volonté, c'est une erreur et un danger.
La partie négative de l'œuvre des Humanistes est bonne, elle dépouillera le christianisme de toute une coque devenue extérieure; mais Feuerbach et Ruge ne peuvent sauver l'humanité. Il lui faut des saints et des héros pour compléter l'œuvre des philosophes. La science est la puissance de l'homme, et l'amour sa force, l'homme ne devient homme que par l'intel ligence, mais il n'est homme que par le cœur.
Savoir, aimer et pouvoir, c'est la vie complète. Savoir être prêt, grande chose I faculté précieuse et qui implique du calcul, du coup d'œil et de la déci sion. 11 faut pour cela savoir trancher, car on ne peut tout dénouer ; savoir dégager l'essentiel des minuties qui l'enveloppent, car on ne peut tout mener de front, 12
178 l'initiation en un mot savoir simplifier ses devoirs, ses affaires et sa vie. Savoir être prêt, c'est savoir partir. Il est étonnant combien nous sommes d'ordinaire enchevêtrés de mille et un empêchements et devoirs qui n'en sont pas, et qui nous empelotonnent néan moins de leurs fils d'araignée et entravent le mouve ment de nos ailes. C'est le désordre qui nous rend esclaves. Le désordre d'aujourd'hui escompte laliberté de demain.
L'encombrement nuit à toute aisance, et l'encom brement naît de l'ajournement. Savoir être prêt, c'est savoir finir. Rien n'est fait que ce qui est achevé. Les choses que nous laissons traîner derrière nous se redresseront plus tard devant nous et embarrasse ront notre chemin. Que chacun de nos jours règle ce qui le concerne, liquide ses affaires, respecte le jour qui le suivra, et alors nous serons toujours prêts.
Savoir être prêt, c'est au fond savoir mourir. Fais en toi la part du mystère, ne te laboure pas toujours tout entier du soc de l'examen, mais laisse en ton cœur un petit angle en jachères pour les semences qu'apportent les vents, et réserve un petit coin d'ombrage pour les oiseaux du ciel qui passent ; aies en ton âme une place pour l'hôte que tu n'attends pas, et un autel pour le Dieu inconnu.
Et si un oiseau chante dans la feuillée, ne t'approche pas vite pour l'apprivoiser. Et si tu sens quelque chose de nouveau, pensée ou sentiment, s'éveiller dans le fond de ton être, ne porte point vite la lumière ni le regard ; pro
PENSÉES 179 tège par l'oubli le germe naissant, entoure-le de paix, n'abrège pas sa nuit, permets-lui de se former et de croître, et n'ébruite pas ton bonheur. Œuvre sacrée de la nature, toute conception doit être enveloppée du triple voile de la pudeur, du silence et de l'om bre. La bonté est le principe du tact, et le respect pour autrui la condition première du savoir-vivre.
ORDRE MARTINISTE Les Délégués qui n'auraientpas reçu le Bulletin de l'Ordre à la fin de ce mois sont priés d'en faire la demande à la Direction de l'Initiation. Société des Conférences spiritualistes Jeudi 29 octobre a eu lieu la réouverture des confé rences spiritualistes. Le docteur Papus a pris la parole devant un auditoire nombreux et attentif.
Le sujet choisi était extrêmement intéressant, puisque c'est, en somme, la clef réelle du bonheur terrestre, que Papus a donnée hier à ceux qui l'écoutaient. Il s'agissait, en effet, de l'Influence de l'Invisible sur la Vie matérielle. Le conférencier a d'abord établi que l'Invi sible dont il fallait s'occuper en premier lieu était la cons cience, cet être qui est en nous, nous regarde agir, et que l'on cherche vainement à tuer.
L'autre invisible, celui dans lequel agissent les esprits, les génies, les anges, existe aussi, mais en parlant de l'ac tion de l'Invisiblesur la vie matérielle, c'est surtouide notre conscience qu'il s'agit, car notre destinée a dépendu dans le passé et dépendra dans l'avenir strictement de nousmême. Une des choses qui frappent le plus dans la vie matérielle, ce sont les différences d'état, de situation.
Eh bien, ce qu'on appelle sur terre le bonheur ou le malheur oe peut s'expliquer que par la réaction de notre moi invivible sur la partie matérielle. La vie a trois buts : l'évolu tion des corps par la domination des instincts; de l'astral
SOCIÉTÉ DES CONFÉRENCES SPIRITUALITES I 8 I par la domination des sentiments, et de l'esprit par la do mination des pensées. Le conférencier passe rapidement sur la théorie réincarnationniste, car il n'a pas ce soirà l'étudier. Après avoir démontrérimportancede l'Invisibleennous, ledocteurPapus, dans une seconde partie, nous parle de l'Invisible supé rieur en dehors de nous.
C'est !à surtout que tout dépendra dans notre vie matérielle de la façon dont nous compren drons cet invisible. Ainsi, par exemple, c'est en niant son action sur nous, que nous préparons les catastrophes. Aujourd'hui, en Occident, l'immense majorité des êtres a perdu cette confiance en l'invisible qui devrait être égale à celle de l'enfant d'un an pour sa mère.
Même ceux qui affirment croire en Dieu n'oublient jamais de prendre leurs précautions, ce qui les place immédiatement dans le plan du doute. Le Ciel ne nous demande pas de rester les bras croisés, mais d'agir avec la confiance, la certitude que nous serons sauvés de tel malheur, de tel mauvais pas.
Sem blables à la plante qui, plongée dans l'eau, sa nourriture, craint sans cesse que cette nourriture lui manquera demain, nous sommes entourés des forces vives de l'amour Divin et nous doutons toujours. Si nous regardions en arrière dans notre vie, nous verrions que neuf fois sur dix nos inquiétudes ne se sont pas réalisées et que très souvent, tout s'est arrangé, comme on dit.
Mais comment pouvons-nous assurer à notre vie maté rielle des réactions heureuses de la part de cet invisible supérieur? C'est alors que le docteur Papus nous a donné de véri tables clefs, pour être heureux non seulement dans un monde à venir, mais dès cette terre.
La première pratique consiste à éviter les théories qui enseignent que pour donner il faut avoir, que lorsqu'on est pur il faut se mettre dans une tour d'ivoire de peur que le contact des autres moins purs que nous ne nous salisse. Celte théorie est complètement fausse. C'est justement quand on ne sait rien qu'on peut enseigner. C'est l'être le plus faible et le moins pur qui souvent est choisi pour faire l'action la plus grande.
Sachons donc que plus nous donnons plus nous recevons, dans tous les plans. Si nous plaçons, par exemple, un peu d'argent dans une banque, nous avons
182 l'initiation bien des chanees de le perdre, mais si nous donnons cet argent à un malheureux, nous pouvons être sûrs qu'il nous sera rendu deux ou trois fois, matériellement. Une deuxième pratique nous fut donnée également ; c'est la suivante. Nous disposons pour agir sur le collectif d'idées, de temps et d'argent. C'est notre temps qui est notre plus précieuse chose à donner.
Quand nous voulons aider quel qu'un, ne prenons jamais d'intermédiaire, seul ce que nous faisons nous-même attire la protection de l'Invisible. La conférence a été applaudie comme elle le méritait, et le docteur a répondu ensuite aux questions de l'assis tance. G. Phaneg.
Prophéties de M™Clavel Mme Clavel a publié une nouvelle brochure dont nous extrayons les curieuses prophéties suivantes: Prophéties consignées dans l'opuscule paru en i9o2 et s'étant accomplies jusqu'à ce jour. CHAPITRE XIV Avant et pendant les événements marqués, il y aura des tremblements de terre, des cyclones effroyables, en Amé rique, Orient, aux Indes, Chine et aux Colonies. Le feu des volcans fera des victimes en plusieurs points du globe.
Que l'on se représente l'image d'Herculanum et de Pompéi. N'avons-nous pas à enregistrer la catastrophe de la Mar tinique ? Et plus récemment encore, il faut constater, avec douleur que la Prophétie est exacte par le cyclone, épouvantable qui vient de s'abattre sur l'Indo-Chine ; les comptes rendus officiels nous annoncent 2.ooo victimesPROPHÉTIES DE Mm° CLAVEL 183 chapitre xvi (page 3a) Guerre des Noirs contre l'Angleterre.
Prophétie qui vient de se réaliser par la perte d'une armée anglaise, combattant contre les Somalis commandés par le Mullah. On peut sans crainte affirmer que Dieu a donné la vic toire à des faibles contre une puissante nation. chapitre xix (page 37) La destinée de M. Waldeck-Rousseau est d'être éloigné du pouvoir (igo2.) La démission du Ministère Waldeck-Rousseau s'est produite postérieurement à l'apparition de la brochure. chapitre xh Le Pap?
Léon XIII est soutenu en ce monde par la mi séricorde divine. Événements pour lui-même (19o3). Prophéties nouvelles. IUILLET 19o3. Léon XIII, soutenu miraculeusement en ce monde donne ses dernières volontés par un testament nouveau. (Révélations secrètes). Le Pape et le Saint-Esprit portent leurs vœux sur Rampolla. On signale dans l'entourage du Pape des morts subites.
Le nouveau Pape aura beaucoup à souffrir. (Troubles politiques et religieux ; intrigues et trahisons). SUR L'ALLEMAGNE L'Allemagne souffrira beaucoup de toutes sortes de fléaux (famines, épidémies et naufrages). Dans le premier quart de ce siècle, l'armée française marche à la victoire; elle accomplit la justice pour elle et une autre nation.
Les complots de trahison existent à l'état latent contre la France, et au moment où l'étranger croira pouvoir mettre le pied sur tous les points de son territoire, un
1 84 l'initiation échec sanglant renversera les projets criminels de ses en nemis, qui veulent partager la France en quatre morceaux. On veut parler en haut lieu pour que la France diminue sensiblement son armement, à seule tin qu'il ne lui soit plus possible de combattre dans l'avenir. Mais le temps n'est pas venu ; ceci aura lieu après la victoire, et la déli vrance des jougs.
Le peuple allemand, dans ses jours d'épreuve, demandera appui charitable à ses voisins; sa souffrance va commencer. L'Empereur est appelé à disparaître dans un temps re lativement court. Les épreuves seront cruelles pour lui : il souffrira pour son peuple (complots et dangers pour sa personne). L'Allemagne veut dominer sur l'Autricheet les pays voi sins. Dans un de ces pays, un Empereur tombe frappé par un complot anarchiste.
SUR LA FRANCE Un changement est signalé pour le ministère en 19o3. — En 19o4, le changement sera complet. M. Combes, fatigué du pouvoir, s'éloigne. sur l'espagne Dangers pour la reine d'EspagneCe pays se relève dans l'avenir. sur l'angleterre Grandes tempêtes et sinistres de toutes sortes: épidémies, naufrages. Des villages seront détruits par des mouvements sou terrains, l'inondation fait des ravages. Misère, manque de travail pour la ville.
Incendies ef froyables. L'Angleterre trahit tout ce qui l'approche. Elle orga nise des soulèvements par trahison. Ses colonies lui échappent. sur l'italie Sous ce nouveau règne, l'anarchie se manifeste. Bouleversements terrestres par Volcans.
UN SECRET PAR MOIS i85 Complot contre la papauté. Dangers de pertes de mil lions pour le Vatican. SUR L'AMÉRIQUE Épidémies, naufrages. Un grand navire est englouti par les flots dans une tem pête.
Ce navire porte un nom héroïque, Madame Clavel, 82, rue de Clichy, Paris. [Nous enga geons nos lecteurs à écrire pour demander des prophéties individuelles.) UN SECRET PAR MOIS Nous donnons ci-dessous un secret tiré du Petit Albert, qui nous paraît basé en partie sur la transmission de la pensée et qui n'aurait, par conséquent, quelques chances de réussir qu'entre deux personnes pouvant harmoniser momentanément leur astral.
L'appareil physique ne serait qu'un simple support. Le sujet récepteur en fixant l'ai guille arriverait à lui faire exécuter des mouvements suivant la lettre qui lui viendrait à l'idée. Secret merveilleux pour faire le cadran ou boussole SYMPATHIQUE, PAR LEQUEL ON POURRA ÉCRIRE A UN AMI ÉLOIGNÉ, LUI FAIRE CONNAITRE NOTKE INTFNTION, EN MÊME TEMPS OU UN MOMENT APRÈS QU'ON L'AURA ÉCRIT.
Faites faire deux boîtes de fin acier (semblables aux boites ordinaires de boussole de mer), qui soient d'un même poids, grandeur et figure, avec un bord assez grand pour y mettre tout à l'entour toutes les lettres alphabé tiques, qu'il y ait un pivot au fond pour y poser une aiguille.
Cherchez ensuite entre plusieurs pierres d'aimant fin et bon, une qui ait du côté qui tend au Midi des veines blanches (1), et celle que vous trouverez la plus longue et la plus droite, vous la ferez scier en deux par- (1) Pas indispensable.
i86 l'initiation ties, les plus justes que vous pourrez, pour en faire deux aiguilles pour vos deux boites ; il faut qu'elles soient d'une même épaisseur et d'un même poids avec un petit trou pour les poser sur le pivot en équilibre.
Cela, ainsi pré paré, vous donnerez une de ces boîtes à votre ami avec qui vous voulez lier correspondance et lui marquerez une heure de quelque jour de la semaine, même une heure de chaque jour si on le souhaite et davantage si l'on veut ; mais cela semblerait un peu ennuyeux, car il faut, lors qu'on veut parler l'un à l'autre, être dans son cabinet un quart d'heure ou une demi-heure, une heure même avant celle que vous aurez assignée à votre ami, et aussitôt poser votre aiguille sur le pivot de la boite et le regarder pendant ce temps; il faut qu'il y ait une croix, ouquelque autre marque, au commencement de l'alphabet, afin de voir, quand l'aiguille sera sur cette marque, que vous avez intention l'un et l'autre de parler, car il faut qu'elle se tourne d'elle-même, après que l'ami qui sera éloigné l'aura mise toujours avant que de commencer sur cette marque; ainsi l'ami, pour faire connaître son intention à l'autre, tournera son aiguille sur une lettre, et en même temps l'autre se tournera d'elle-même sur la lettre sem blable, par le rapport qu'elles ont ensemble.
Quand vous ferez réponse, il faut faire la même chose et, lorsque l'on aura achevé, on remettra l'aiguille sur la même marque. Notez qu'après avoir parlé, il faut avoir bien soin de ser rer la boîte et l'aiguille séparément en du coton, dans une boîte de bois et les garder surtout de la rouille.
Compte rendu des Livres Paul Flambart, ancien élève de l'École Polytechnique. — Étude nouvelle sur l'Hérédité, i vol. in-8, avec nom breux exemples et dessins de l'auteur. Prix: 6 fr. Biblio thèque Chacornac, 1 1, quai Saint-Michel, Paris (Ve). A une date quelconque du calendrier correspond un ciel qu'on peut aisément déterminer par un schéma astrono mique. Les dates de naissances, ainsi exprimées dans
COMPTE RENDU DES LIVRES 1 87 une famille, conduisent à des remarques pouvant servirde base à une étude réellement nouvelle sur la transmission héréditaire des influences célestes. La disposition des planètes sur la voûte céleste, repré sentée pour chaque naissance, montre en effet clairement des similitudes d'aspects entre les membres d'une même famille.
Ces résultats précis et indépendants de l'interpré tation personnelle, conduisent à cette double conclusion d'un intérêt facile à concevoir : 1° La naissance normale ne s'effectue pas à n'importe quel moment mais sous un ciel d'une certaine analogie avec celui des parents, ce qui montre a priori une liaison entre l'hérédité et le ciel de la naissance.
L'influence astrale sur l'homme est donc une réalité expérimentale; 2° Les facteurs astronomiques, transmetteurs de l'héré dité, sont naturellement indicateurs au moins partiels des facultés humaines; d'où il résulte un certain langage astral qui permet de définir l'homme, suivant des limites qu'il est impossible de fixer a priori. Les mystères de l'atavisme, toujours si troublants, de viennent un peu moins obscurs avec la lumière des as tres.
L'« Étude nouvelle sur l'hérédité », que M. Paul Flambart a entreprise, offre la garantie de reposer sur les faits scientifiques les plus précis. Sobre pour les théories, elle s'appuie avant tout sur des exemples nombreux. Ceux-ci, accompagnés de figures, donnent une idée très nette de la forme astronomique que prend l'hérédité directe, ancestrale ou collatérale entre parents divers.
Dans ses livres précédents, — Influence astrale et Langage astral. — l'auteur avait donné les procédés de vérification des influences célestes sur l'homme. On peut dire cette fois qu'il en a donné la démonstration. Ce sera l'avis de tout lecteur affranchi des préjugés que la science officielle conserve à cet égard, mais qu'elle aban donnera forcément un jour.
Il s'agit en effet ici d'expérience et non de croyance, conduisant à des vérités reconnues par la plupart des intelligences d'élite des temps anciens. Dans ses trois ouvrages, d'une si grande portée pour la philosophie comme pour la science, M. Flambart reste d'accord avec l'esprit de la science moderne, au point de vue des hypothèses comme à celui des faits.
1 88 l'initiation Jarrold et Sons, les éditeurs de Londres, viennent de publier un nouvel ouvrage de notre ami W. Reginald Hodder. Cet ouvrage, intitulé The Daughter of ihe Dawn, a Realistic Story of maori magie, renferme, sous la forme attrayante d'une histoire vécue, tout ce qui peut être dit au sujet de la magie en usage en Australie, contrée que M. Hodder a parcourue dans tous les sens et étudiée à tous les points de vue.
Un travail de ce genre mérite de faire partie de la biblio thèque de tout occultiste connaissant la langue anglaise. La première partie d'un Catalogue raisonné of Works on the occulte sciences, tirée seulement à 3oo exemplaires et pour un usage privé, vient de paraître à Londres sous la signature de F. Leigh Gardner, non. Secretary Soc. Ros. in Anglia.
Cette partie se rattache spécialement aux livres rosicruciens et est précédée d'une remarquable Introduction par le docteur W. W. Wescott, M. W. Supreme Magus. Le travail de M. Gardner annonce peu d'ouvrages qui ne soient pas connus et en oublie d'autres qui méritent l'attention. Deux ouvrages de Du Guaila sont mentionnés ainsi que la collection de ceux d'LIiphas Lévi, de qui trois manuscrits sont en la possession du docteur Westcott.
Quelques lignes seulement au sujet de VOrdre kabbalistique de la Rose Croix qui, selon M. Gardner, n'aurait pour objet que la republication des travaux de Khunrath et autres, sous le titre de Bibliothèque Rosicrucienne, à Paris. T. REVUE DES REVUES Le Light, dans son numéro d'août, continue la série de ses intéressants articles.
Nous recommandons surtout une relation d'expériences psychométriques, par Edith Hawthorn, avec un anneau enlevé de la main d'une morte Le
REVUE DES REVUES 189 sensitif ne décrit pas la scène comme s'il la voyait mais comme s'il y jouait lui-même un rôle. A signaler aussi la con tinuation d'une bonne étude de A. Dallas sur les difficultés préliminaires de l'expérimentation psychique.
Parmi les faits remarquables, réunis dans ce numéro, citons le sui vant en le résumant: Le Ier juillet dernier, une jeune fille et une personne très connue dans la ville où le fait a eu lieu expérimentaient une « planchette ». La jeune fille avait les yeux bandés. Le résultat fut extrêmement rapide et les lettres réunies donnèrent un nom et un surnom, puis la phrase suivante : « Priez pour moi. Je suis dans les té nèbres.
Je suis un matelot de tel navire (le nom fut donné), on m'a tuédernièrement en tirant sur des bouteilles. »Une enquête tut faite auprès d'un office spécial et la réponse fut que le matelot avait bien été réellement tué par accident un mois avant. Le Theosophist d'octobre publie la continuation du jour nal de G. Olcott. Ce journal présente un grand intérêt historiqueet contient un grand nombre derécitsd'expériences.
A lire également un article fort bien fait sur la clair voyance par Leadbeater. Cet auteur possède à un grand degré le don des Comparaisons lumineuses et celui de Vul garisation. Relevons cependant sa théoriede la vision éthériquequi ne me paraît autre chose que de la vue astrale à ses débuts.
Je ne puis admettre comme vision éthériqueque les expériences de Reichenbach, et je crois que pour voir à travers un mur ou à travers le couvercle d'une boîte, ce sont bel et bien les sens du corps astral qui entrent en action.
A citer encore dans la même Revue un article tra duit du français, intitulé : « Traditions religieuses et Tra ditions ésotériques » — et de nombreuses études boud dhiques. — Une courte citation tirée du journal de la Société d'histoire naturelle de Bombay intéressera j'en suis sûr ceux de nos lecteurs qui s'occupent de l'Inde : En 1894 une tigresse accompagnée d'un jeune tigre aux trois quarts de sa croissance répandait la terreur dans l'État de Sawantwadi.
Les villageois prièrent les chasseurs de tuer plutôt le tigre car, disaient-ils, la mère ne tuera plus personne quand il ne sera plus là. Ils ajoutaient que si on parvenait à l'abattre on trouverait sûrement sur lui la
l'initiation marque du mangeur d'homme, — une croix distincte ment tracée. En effet, en 1895, ayant tué le tigre en ques tion, on fit remarquer aux chasseurs la marque indiquée. Cette prévision est assez remarquable. Reçu également la Vie nouvelle, revue de spiritisme et de vulgarisation. Remarqué dans ce numéro un trè^ bon arti cle du docteur A. B. L. sur l'é'at fluidique.
Intéressante théorie sur les parfums. — Dans la Revue scientifique et morale du spiritisme d'octobre, continuation d'un travail de G. Delanne sur l'extériorisation de la pensée — fin des théories modernes sur la matière; — un récit de matériali sations bien observées parMme la générale Carmencita Noël.
La question du souvenir du passé, si intéressante pour l'étude de la réincarnation, est ensuite abordée par M. H.Tivallier qui conclut que « l'Esprit » n'a pas besoin de se sou venir de son passé pour conquérir la suprême félicité.
Je dirai plus, le sou\enir de ce que nous avons à payer et de ces nombreuses interactions qui ont lieu de siècle en siècle entre les hommes, serait nuisible à notre évolution et nous porterait souvent au désespoir, peut-être même au suicide.
Le Bulletin a"Etudes psychiques de Nancy tient tou jours le rang élevé qu'il a su acquérir ; des travaux d'éru dition remarquables y sont publiés, entre autres une très bonne étude sur la magie et la sorcellerie, par M. le colo nel Collet, qui est une vraie page d'histoire humaine.
Le Messager reproduit un article d'Albin Valabrègue paru dans le Français, dans lequel il raconte avec esprit pourquoi il est devenu spirite. — Beaucoup de bonnes choses écrites avec le cœur sur le christianisme de demain. Dans la revue allemande Die Gnosis, deux bonnes études sur la Kabbale et sur Paracelse.
Le journal Esphynge, dirigé par Dario Vellozo, publie une intéressante partie littéraire et un bon article sur « l'Introduction à l'étude des forces ». Le numéro d'octobre du Progrès spirite contient de bonnes idées, signées Laurent de Fazct, sur la façon dont
REVUE DES REVUES nous devons considérer la Bible et les livres sacrés des différents peuples. L'auteur omet de parler de la Genèse comme livre de Science et ne fait pas entrer en ligne de compte les mauvaises traductions des documents que nous ont léguées les races disparues. Le Journal du magnétisme est extrêmement bien fait et présente ce mois-ci un intérêt particulier.
Signalons en premier lieu la reproduction du discours prononcé contre la vaccination obligatoire, par le docteur Boucher, à la Société médicale des Patriciens de Paris; un très bon ar ticle de M. Magnin sur l'influence de la musique dans la catalepsie et surtout un extrait du second volume des « Théories et procédés du magnétisme», parA.Durville.il y a à glaner dans cet article la découverte des localisations cérébrales et leurapplication au diagnostic desmaladies. — L>uteur étudie d'abord les localisations établies par les médecins, grâce à l'anatomie pathologique.
11 donne le système de M. de Rochas, ceux deFerrieret de Witkowski et résume les théories phrénologiques de Gall. M. Durville rappelle ensuite une thèse intitulée « Du phrénomesmerisme », qui a dû le mettre sur la voie de ses obser vations.
Il s'agit de magnétiser par exemple le centre de la bienveillance exclusivement, et le sujet devient d'une grande douceur : le centre de la combativité, et la peur disparaît, etc. M. Durville, par l'observation, est arrivé à déterminer les centres nerveux des membres, des sens et des différents organes. C'est par le toucher et la magné tisation d'un point du crâne ou des tempes que l'auteur a pu reconnaître ces divers centres.
Lorsqu'un organe est malade, le centre nerveux correspondant devient plus chaud que les autres. A mesure que l'action magnétique curative se produit sur ce point, le sujet ressent une fraî cheur très agréable dans la partie atteinte par le mal.
Cette découverte est appelée, croyons-nous, à un certain retentissement, d'autant plus que l'auteur conclut très sa gement à l'emploi de son système, surtout dans les cas où les procédés ordinaires ne découvrent rien de certain. La combinaison des deux méthodes donnerait d'excellents résultats. A lire également dans ce numéro une bmne étude de
l'initiation M. Moussu sur la différence de procédé des magnétiseurs et des médecins guérisseurs. * Reçu la deuxième édition de le Spiritisme devant la science, par le docteur J. Grasset, ex Histoire mythique de Shatan, par Charles Lancelin. Nous en reparlerons. G. Phaneg. R. Sciiwaeblé, Commentaires alchimiques, broch. in-16, 62 pages. Bodin, 5, rue Christine. 5 francs.
Voici un petit livre très intéressant; il montre une con naissance approfondie des anciens auteurs et dénote l'ex périence de longues années de laboratoire. Son inspirateur est certainement un des hommes les plus remarquables que j'aie jamais connu et l'un des plus versés dans les mystères de certaines initiations orientales.
Ceux qu'in téresse la pratique alchimique trouveront en ces quelques pages de nombreuses recettes : il est hors de doute que celui qui a divulgué ces recettes n'a pas tout expliqué, suivant en cela la loi scrupuleusement observée par tous les hermétistes ; et qu'il a omis de dire l'essentiel, le petit rien sans quoi le matras saute ou le feu s'éteint.
Nous estimons ces précautions très sages, et nous voudrions pour notre part qu'elles fussent encore doublées et tri plées. Car pour un chercheur sage, et d'esprit solide, com bien d'ignorants, d'avides, d'orgueilleux, d'égoïstes ! Mais nous sommes bâtis de telle sorte qu'un bien amène sou vent le mal, et qu'en cherchant une chose illusoire, on trouve souvent de précieuses réalités.
D'ailleurs, il vaut mieux se tromper en travaillant que de rester stérile. Au point de vue théorique seul, ce petit livre est encore précieux ; car il donne en langage moderne des aperçus épars, avec lesquels un peu de patience permettra de reconstituer une doctrine très antique et extrêmement intéressante.
Nous en avons assez dit pour que ceux qui veulent travailler remontent à la source même : nous souhaitons que le nombre de ces chercheurs soit grand afin que le succès de ce petit livre s'affirme. Sédir. Le Gérant : Encausse. Paris. — Imp. E. ARRAULT et Cie, 9. rue N.-D.-de-Loretie.
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