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°) "V L Q ' ` L / « þÿ : - - ~ ' . _. .. -1 "`* * nc. '1 sa * «=. ,f \~. ~f-* *> . .ff :__ 4 « 11 i* .gs .\ .sf _.-sc kg.. as, ..L kj' .1'E=.._¿-;_ . Revue philosophique des Haufes Etudes þÿ 1 : u n 1 .
1 É s .v1zNsu1z1,1.zM1=:NT sous LA nmscrxou ou ' PAPUS I- U 0- '11 Docteur en médecine - Docteur Im kabbale þÿ Î - î ~ : ¢ × × 1-- *57'** VOLUME.. - 16-=° ANNcEE SOMMAIRE DU Ne (Novembre 1902) PARTIE EXOTÉRIQUE Les mystères d`1me feuille depapíer (p. 97 et 98). .... .............. Papus. _ Conseils à un frère qui ne les a pas deman- ` dés (p. 99 à 105) ............ Saint.-Lannes.. PARTIE PHILOSOPPHQUE La Clairvoyance (p. IOÖ à 121). _ ..... G.
Phanegi. La Gnose (p. 124 à 151). ......... D' H. Frey. Au Pays des Esprits (suite) (p. l52 à 177). X. PÀRTIE INITIATIQUE A Madame Guyon (p 178 à 182). _ . ' Sédir. Les Èuangiles (p. 1183 à 187)_ ....... Zhora. Ecole supérieure des sciences herméxiques. - Les Cycles asmraux. - Bibliographie. -- Livres reçùs. - Revues et Journaux. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Echanges doit. être adressé ' 5. rue de Savoie, à Paris-VI°.
Téléphone - 260-90 V \|î\1l`\l*H\\'|'iU`\ -- .\|ZH\\|'Î\H`Î\'|`$ --~ .\l\_\H_`\(ll:$ î..§Î5_Fï5-ÈÉÎÎÎÎÎ FÃUÎ.. CfLLÈ.Î*¿ï)U«*ïîFF i'.*\11'/N ~ SH. þÿ l _ ` / 1 ~ 1 1 1 S s « Î 1 , ' - z lû l / 1 / 1 / 1 , .SU - I'.*l/1'/S _____..Î._-__i - Î __,.Î_.--_ .__ Le Numéro 1 UN FRANC. - Un An: DIX FRANCS *Îb . þÿ - , : : , -..._
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. * Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l'essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti qu'à de vaines et stériles négations. La Science expérimentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purementspirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres experiences, les Matérialistes en arrivent å les nier. .
Ulnitiation est l'organe principal de cette renaissance spiritualiste dont les eíïorts tendent: I Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains. - ` Dans la Re1ig1lon,à donner une base solide à la Morale par la découverte d'tm même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement métaphysiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue Social, l'1nilia!ion adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent Parbitrage contre I'arbitraire, auiourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricaliame et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'Initiation étudie ímpartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l'Hypnotisme et de la Magie. phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l'Inde. Illnitialion expnse les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses do rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces questions d'une manière qu'elles savent toujours apprécier. ~ La seconde partie (Phílosophíque et þÿ S c i e n t iû q u e ) s'adresse å tous les gens du månde instruits. þÿ E nû n , la troisième partie de la Revue (lnitiatigue) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. ljlniziation parait régulièrement du 15 au zo de chaque mois et compte déjà quatorze années d'existence.- Abonnement: tofrancs par an. » ' (l¿es collections des deux premières années sont absolument eputseesà
_ Ulnination du 15. Novembre IQOZ _ _ PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET CoLLABoRATEuRs DE flniíiation PARTIE INITIATIQUE SAINT-YVES D'ÂLVEYDRE - AMO - F. CII. BAELET, S.'. I.'.î, - Guvuxor. + MARC HAVIN, Sn. I.*.;â - JOLLIVET-CASTELOTÎ -- JULIEN LÈJAY, S.'. I.'.& - EMILE MICHELET, S.'. l.*. (C. G. E.) - LUCIEN MAUCIIEL, S.'. I.°. (D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. - PAPUS, S.-. l.~. gi - D' ROZIER.-* SEDIR, S.: I.j. '§. - SELVA, S.'. I.~. (C. G.
E.) 10 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. --.AMELINEAIL - þÿ A L E I : I ~ I . - ÀMARAVELLA. - D' BARADUC. - SERGE BAssE'r. - Le Fu. BERTRAND 30' - BLI'rz. - BoJANov. - ERNEST Bosc. - J. BRICAUD. - JACQUES BRIEU. - CAMILLE CIIAIGNEAU. - CIIIIAUA DU LAIIAY. - ALFRED LE DAIN. - G. DELANNE. - ALBAN DUEET. - A. EIINY. - FAERI-: DES EssAIz'rs. - L. ESQUIEU. - DEI.I5zINIEIx. - JULES GIRAUD. - D' FEIIRAN. - L. GOURMAND. - L.
HUTCHINSON. - E. LEFEDUEE. _ L. LE LEU. - L. LEMERLE. - LEcoM'rE. - þÿ N A I : o L E o N NEY. - G'° C. NoEL. - HoIzAcE PELLETIER - PHANEG. - G. POIREL. - QUESTOR þÿ V x r S . - RAYMOND. - Snaus. - L. SATURNINUS. - D' Souaancx. - TI-IouAssIN. - TIDIANEUQ. - G. Vrroux. - YALTA. » .3° PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG»* JEAN DELVILLE. -- ESTRELLA. - E. GouDEAU. - MANoEL DE GRANDIORD. - L.
HENNIQUE. - GABRIEL DE LAu'I'REc. f JuI.Es LEIIMINA. - JULES DE MARTHOLD. - CATULLE MENDES. - GEÔRGE MDNTIÈEE. -LEoN RIOTOR. - SAINTFARGEAU. - R. SAINIE-MARIE. - ROBERT SCI-IEEIIER. - EMILE SIGooNE. - Cu. DE SIVRY. _ 40 POESIE G. AIIMELIN. - CI-I. DUBOUIÎG. - RODOLPI-IE DAIzzENs. -'JEAN DELVILLE. f Yv/IN DIETSCI-lINE._¿ E. GIGLEUX. -- CI~I. GROLLEAU. - MAURICE LAIxcEnIs. - PAIIL MAIuo1*. - þÿ E I : u o N D PILoN. - DE TALLENAY. - ROEEE1' DE LA VILLEI-IERVÉ.
Ulnitiation du IÖ Novembre igoz þÿ E . Nû Á . Î DIRECTION ADMINISTRATION 5, rue de Savoie, 5 ABOWBMBN1-5 TÉLÊPHUNE _ "HU vuaucm-É: vzirrl: AU NUMÉRO PARIS-VI* Librairie Paul OLLENDOBFF 50, Chaussée-d'Antin, 50 Dinlttrrlun : PAPIJS Diucrsun Aomurr : Paul SÉDIR Rédacteur en chef : F.-ch. BAIILET Secrétaires de la Rédaction : þÿ F R ^ N C E :un ln' '° tr' J. þÿ ¼ r : . | A v _ sABnus ETRANGER, - l2 Ir.
REDACTION. - Chatãue rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L.'in épendance absolue étant la raison d'être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d'un article. Prière d'adresser tou les échanges: 87, boul. Montmorency, Paris Mrmuscmrs. - Les manuscrits doivent être adressés â la redaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d'avis spécial.
Un numéro de la Revue est toujours com osé d'avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au pI)us tôt que le mois suivant. 1 o a u L°Imtzatzon est, en France, le seul organe þÿ oû i c i e l des centres suivants : Groupe Indépendant d°Études Ésotériques. 1.6oo Membres, þÿ : l O 4 Branches et Correspondants. Ordre Martiniste. * Ordre Kahhalistique de la Rose + þÿ C r o i x a École Supérieure libre des Sciences Hermétiques.
Société Alchimique de France (avec la Revue l°HyperChimie). 0 Union Idéaliste Universelle. F. T. L. (section française). _ Rite Swedenborgien (Loge INRII). 3
__ .<« þÿ ~ : . - 1 : - , u v - _ -_ ¢ ,_ * þÿ o ï c . > î ¢ : î ¢ § î < a ï c > î ¢ § î ¢ > . g a î o w o v o î î9¿£9.£?¿§Î9¿.C9.åÎ9¿Sã>UA þÿ A Ê 9 ¿ × § 9 ¿ £ 2 £ 9  9 ¿ × ¬ Z _ $ 9 A ¬ 2 a ¿ 9 PARTIE EXQTÉRIQUE Les Iystãras d'u||a fouillade hapior Nombreuses ont été les discussions et les lettres provoquées parles recherches de M. de Tromelin, et nous nous y attendious bien. ' Les chercheurs avancés dans l'étude de l'occulte n'ont pas manqué de signaler à l'auteur les dangers inhérents à toute recherche magique, non seulement physiquement, mais surtout moralement. Mais la plupart de nos_ lecteurs qui se sont spécialement intéressés à cette question ne l'ont fait qu'au point de vue purement documentaire, le seul qui nous intéresse tous ici. Aussi avons-nous reçu quelques dessins exécutés d'après le procédé de M. de Tromelin, et parmi ces dessins nous avons choisi le plus réussi. (Exécuté par M. et Mme P. F. B.) pour montrer à nos lecteurs ce qui peut sortir d'une feuille quelconque de buvard blanc. Il est, du reste, évident que les dessins produits semblent bien être en rapport avec la mentalité de l'opérateur, ou, pour mieux dire, 7 :în
98 L,lNl'I`lATlON [NOVEMBRE que chaque expérimentateur choisit d'instinct, dans la foule des figures, celles qui correspondent le plus à ses goûtsesthétiques. Ladiscussion théorique est main-- tenant ouverte, et nous enregistrerons tous les commentaires importants, comme ceux du docteur Rozier précédemment et qui indiquent la plupart des côtés théoriques de cette curieuse question. - Pnus. þÿû a
-À kf «_»È>.. _ ,_ A _; w . _ __ _ _ _ _ 1, - v ff __ * _,f _ ' þÿ _ ; , . _ : .,«______ ___ ...___ s _ Î Q» _E _ " V .. 1 __ , , ,_ ~ ,_ þÿ ` . _ . _ , . « S - ' _ þÿ . ~ : . ~ / ~_ × . __ ___ 9 :_ . * - ,* ,f _ e x __, . _ þÿ :_ _ þÿ _ Ê 5 ) : - _ _» _: ___, v -*.~,_«;, -*kr v« _ | _ ., ¿g » 5 -Q: ¢ ' -*-` - Á r þÿ : - - * ' r V `,~6) "" Q" , _ « _: _ . 3 Yi ` ,_ ` f ` * . 2 *Q 4"/"atx 5' !. , ~ _ _ " þÿû ñ 'Î 2 P ~ ..; =û1 n ?."3 V _* _ _ _' ~ _ Moi ,^.___ _ _ */ '" * ** þÿ î :* "*_f= *; ; * As _ × > - 'ar ff , ~ f*fí§? * * _ 5 â~9` L- * `* - ."¿`°__¿;.¢ _ _~* - 1 - _« * - -< : «* _ ' þÿ _ : :..v W* J ..-' _ §_w,_ Q 1 × 5* _. __ f . ;*ï>' í"»=.'î .f' __ Î,_þÿ : 1 I ~ §`__-,_ _!` "__ þÿ  ÿ íû _.¿§ þÿ . _ , : ' f _ î « : . þÿ : » þÿ : _ 4,- __ þÿ » ~ = < § : ' * P ~ § . _«_ == ,~¢; *' _ `.~ M* »~ _ a >¢ _ * -, * ~ . « _ . _ 'Y _ ,:*-___; ¿; î _ " , . ._ þÿ _ _ _ 5 . : : ¢ _ _ ¿j"1ë '._'F Ê; Jf: * fm }/ÎÎ' ' ¢ fa *¢ 1 _ @_ . _= « ~" ' ¿ 1 _¢-;'§)¿. þÿ ' ¼ _ '_ ¿ ' ' = V. *- * þÿ Jû ë åû i * " þÿ : ' *<>=' f . « 1 * _¢;f.f1a~ 1% 5* « , _ ¢ _¿_ , x, Y 2 « . i þÿ " : : . * ¢ , ; . « -K* f þÿ : - ¿ * _,~ - ...åv .;.;~ __ ___: _ .¿ã___ " ^ *_ J _ YÂÊÊF Î` .,_ /* *~**- ' * ` =¢ þÿ û ' ä " î _ _ _ « < { 3 : * a ' 3 ' 5 " *L /' _* (I Q * Î1;-:;'*.,¿_»* 3 ~," - _,-1 *iv «_ «aw *Y _,- ` 3 «' ' " '§"*äf'î5Ê* _? " . _ þÿ : A . _ 1, _ _ _ É _ þÿ _ :V 8 _ þÿ : _ þÿ : Q _,~ _ _ , '_ ~. þÿ : - ~ ~ -_ _V D * þÿ . : ' : * - T "' .' ~ * L* ` .`?,...- Ô ' íãåy þÿ * ^ : * þÿ ¿ î a * j É 4 ¢ : î ._ * .- I - ff '*°` ` * 'F *fr ,S þÿ * : ~ * }>;_=> >_ _ _ - " ' . ¿ ` :f«Î1* *' þÿ Î * 1 _ > = l a ~ ' f " ' _ Ê ' -_ _ / .Î .«?~*-'- " ` "fg _ ' vn ___,`, þÿ : . _ .__
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W1-*.~ * ~ ll0llSBllS Ê llll ll'lll'8 (llll þÿ l lû les 81185 llBlIlilll(lÉS Miki þÿ q u S s o ignosce cicer. --._....î_ Ijauteur de ces lignes a été fort intéressé par l`article publié par l'Inz`tiation de septembre dernier, intitulé « Une découverte intéressante ».
A raison de cet intérêt, qu'il lui soit permis, malgré son incompétence, de présenter à l'auteur et aux lecteurs de cette revue quelques-unes des þÿ r éû e x i o n s que suggère un sujet, très intéressant sans doute, mais moins nouveau que semble le croire l'auteur de la communication. La découverte consiste tout simplement en une des nombreuses manifestations primaires de l'astral sur le plan physique.
Leur fréquence et.la crainte de passer pour un songecreux, voire pour un esprit faible, sont les seuls motifs du silence gardé jusqu'à ce jour. à l'égard des phénomènes de ce genre, par les personnes non initiées qui en sont les sujets passifs, habituels ou fortuits. En effet, elles ne peuvent contrôler leur état d`âme, encore moins étudier les lois qui régissent ces phéno- ..-
1 oo L'rN1TiA'rioN mènes, ni leur principe, parce qu'elles ignorent les trois modes unitaires de l'ètre et qu'elles se trouvent sur le seuil d'un monde nouveau, troublant, impénétrable, pensent-elles. Là n'est pas, semble-t-il, le cas de notre auteur, quoiqu'il ait été þÿ s t u p e fû é . Il apparaît néanmoins comme un intrépide expérimentateur qui ne craint pas d`aller aussi loin qu'il sera nécessaire, même sans le bâton symbolique.
Mais où aller? dira-t-on. Quel but à atteindre s'est-il proposé? Quelles sanctions ou plutôt quels résultats pratiques donner à ces expériences ? Si l'auteur ne s'est pas encore interrogé, qu'il se renseigne auprès du docteur Papus, auprès de Sédir.
Leur érudition, leur savoir lui feront faire connaissance avec les fameux « clous gnostiques þÿ : : et lui apprendront la destination que leur donnait la psychurgie des premiers temps du christianisme. Il comprendra alors, par exemple, pourquoi nos savants physiciens modernes peuvent afïirmer imperturbablement qu'aucun þÿ S i l humain ne peut percevoir les rayons ultra-violets et que les chiens seuls les perçoivent.
Comme si les organes de nos cinq sens n'étaient pas susceptibles d'être développés par un entraînement rationnel: la vue, par exemple, comme le toucher. () science! sous quelles þÿ aû i r m a u o n s ne t'écra se-t-on pas ?
A l'aide d'un petit cours de physiologie moderne, absolument indispensable pour certains, on lui démontrera l'utilité des miroirs magiques, tant calomniés par les imbéciles, si utiles cependant à ceux qui étudient la psychologie profane ou mystique.
þÿ Éû å i b '~Î coNsi:u_s A UN FRÈRE tot Mais ne nous attardons pas aux frivolités du seuil et entrons dans notre sujet, qui est de démontrer encore une fois que... Nil noví. Pour ne pas remonter plus haut, ce qui cependant serait facile, prenons au hasard dans l'histoire deux faits, en apparence dissemblables, mais dans lesquels les initiés trouveront les points de contact nécessaires. Aussi ne parlé-je pas pour eux.
Le Nouveau Testament mentionne, comme chacun sait, que, le cinquantième jour après la résurrection du Christ, les Apôtres s'étant assemblés pour prier, l`Esprit universel descendit sur eux sous forme de « langues de feu þÿ : : .
Après cette divine illumination, eux qui n'étaient que des natures simples et étrangères à toute science profane, se trouvèrent connaître et parler plusieurs idiomes étrangers, au grand étonnement de leurs divers auditoires, composés non seulement de compatriotes, qui les avaient connus frustes et de condition infime, mais encore de peuples étrangers, ne parlant pas le galiléen et venus pour assister à la dédicace du temple de Jérusalem.
Les uns crièrent à l`imposture, les autres au miracle. Les foules sont avides de prodiges, mais ne comprennent pas toujours qu'il est des phénomènes dont les lois sont connues et d'autres que l`on ne soupçonne même pas. . Le miracle, considéré au sens vague et général que lui donne la multitude toujours simpliste, n'existe pas. .
Subjectif, c'est tout simplement un état extrapsy102 1.`1N ITIATION _ chique en avance sur l`ambiance habituelle des facultés mentales du sujet. Objectif, c'est un concours de circonstances, inconcevable pour l'esprit humain, nécessité, au sens pythagoricien du mot, par la sagesse suprême de l`Uníversel.
L'état actuel des facultés mentales de la plupart d'entre nous se refuse à nous laisser élever la pensée jusqu'aux lois, jusqu'aux rythmes, jusqu'aux nombres primordiaux de ces phénomènes troublants.
La mer, à l`heure du þÿû u x , offre un spectacle analogue : elle envahit brusquement la plage, mais, comme prise d'un regret, recule l'instant d'après, pour revenir plus tard avec plus de force, plus d`acharnement, sur les falaises que guette son ambition fatale, inconsciente.
C'est la loi du progrès que nous ignorons in toto La science ofïicielle, qui a adopté tant de méthodes, accumulé tant de manuels, pour la culture de telles ou telles facultés, de tel ou tel organe, manque absolument de renseignements pour le développement de la Volonté et de l'Imagination : organes cependant essentiels pour aborder avec quelque chance de réussite Pétude de l'abstrait et du concret, de l'esprit dans ses rapports avec la substance.
Les þÿ m S u r s sont orientées à l'encontre. Nous en sommes encore au développement du système musculaire. C'est insuflisant. La cité antique, par les grands et petits mystères, savait dégager des nébuleuses contingences de la conscience individuelle, ces facultés sociales, les conserver, leur donner un maximum de puissance. A quoi sert, dans la cité moderne,une intelligence ency- ._-i
coNsEu.s A UN FRÈRE 103 clopédique, intégralement informée selon les meilleures méthodes du jour ? Souvent à faire des déracinés, la plupart des sujets, à l'issue même de fortes études, étant incapables de synthétiser, d'objectiver vers un but pratique les connaissances acquises. « Connais-toi 1 » Quels horizons n`éveille pas dans les âmes attentives et recueillies dans un idéal cette maxime de la sagesse antique!
Le deuxième fait fut celui de Julien, que d'ignares sectaires tentèrent de déshonorer, en accolant au nom de ce philosophe de l'école stoïcienne l`épithète d'Apostat, de Pédículosus. Pauvres batraciens de tous les âges, coassez l * , L'an 356 de notre ère, les dernières convulsions du polythéisme mourant trouvèrent à Paris, en Julien, un ultime point d`appui. Les légions qu'il commandait, mécontentes, proclamaient Julien « Auguste ».
Son indécision à ceindre les bandelettes pourpres du þÿ p o n t iû c a t suprême, à couvrir ses épaules du manteau impérial était grande. Il ne savait à quoi se résoudre, ni quel dieu invoquer.
Retiré dans les appartements intimes de son palais des Thermes, loin dutumulte sans cesse grandissant des légions, il prononça les formules magiques occultes, que Maxime cl'Éphèse lui avait enseignées, alors «qu'il portait encore l`humble manteau du philosophe. Les rites accomplis, les formules sacrées prononcées, toute l"âme tendue vers Pinéluclable, son esprit communiant avec l'Unívei'sel, le Génie de l'Empire lui
104. I..'lNlTlATlON apparut dans un rayon lumineux et lui promit d'ètre toujours son guide, jusqu'au terme marqué par le Dieu suprême, s'il acceptait l'Empire. La vision disparut au bruit des troupes brisant les barrières de sa demeure.
A Voilà deux manifestations astrales supérieures, générées pour la consciente þÿ i d e n t iû c a t i o n d`une pensée nécessaire imperturbablement concentrée, l'une sur une idée morale d'ordre très élevé, et l'autre sur une nécessité supérieure d'ordre matériel, maisanalogue à la première quant à sa manifestation. * L`ordre _universel consiste en la hiérarchie des causes, mais non en celle des effets.
La vision et la claire audience à l'état de veille s'acquièrent. Elles peuvent être naturelles. Ce dernier cas me paraît être celui de M. de Tromelin. Mais combien long apparaît le chemin qui se présente à lui! S"il s'y aventure, qu'il ne s'illusionne pas trop sur la valeur de sa précieuse faculté. Ellen'est encore qu'à l'état embryonnaire.
Elle semble être àcet étattout spécial, où la chrysalide s'agíte encorevaguement, son cycle évolutionnaire n'ayant pas atteint le terme de son cours ; après quoi, un nouveau et brillant papillon se reposant, indécis, sur les dépouilles qu'il vient de quitter, cherche son rumb vers l'infini. Qu'il ne la néglige donc pas, sinon elle disparaîtra graduellement et le laissera dans une pénombreintel~ lectuelle qui n'est ni l'aube ni le crépuscule.
Et le doute, l'afï`reux doute, achèvera de recouvrir de sa désespérante poussière cette faculté qui est peut-être l'insl . _,_ _ ___" _ _ ..
CONSEILS A UN FRÈRE i 105 trument providentiel. La poudre impalpable dutemps a recouvert ainsi les temples initiatiques antiques. Pourtant peu d'entraînement semble nécessaire.
Mais ce peu est indispensable à mettre en valeur ce bon grain semé par le vent du ciel. _ Alors il lui sera démontré que les images primaires qu'il signale ne sont qu`ombres chinoises pouvant être éclipsées par d"utres que l`on peut voir dans les nuages, sur le sol, sur le papier, sur les pétales d`une þÿû e u r , sur n'importe quel objet, et cela, sans que la connaissance d'aucun art d`agrément ait à intervenir en aucune façon.
Il verra qu'une figure poétique de jeune fille peut instantanément être transformée en celle d'une répugnante vieille femme. Donner de l'élégance à la maritorne la plus disgracieuse. Déformer le galbe le plus parfait, plus et mieux que le génial Callot.
Mettre sur des lèvres un sourire angélique ou leur donner une expression diabolique. þÿ E nû n plus tard, très tard, peut-ètre trop tard, il peut lui être donné d'objectiver ses pensées, de rendre tangibles ses idées les plus abstraites, son plus cher idéal. Alors il comprendra Dieu, sans le voir, car aucun homme ne peut le voir sans mourir de nombreuses fois.
« Lumière sur le Sentier þÿ : :dit : « Tu fapprocheras de Ia lumière, mais tu ne touchera: jamais þÿ l aû a m m e . » Surtout qu'il se souvienne toujours, toujours, que le « Sésame, ouvre-toi 1 » de cet état est Persévérance, Humilité, Dzscrétion. Vouloir, savoir, oser, se taire. Le Sphinx! LaCroixl SAINT-LANNES. 18 octobre 1902 . __Î
~f¿s "z§ T a' PARTIE PIIILOSOPHIOUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute École sans aucune dístärétion, et charun Jeux conserve la responssbilitå exclusive de ses es. LA CLAIRVØYANCE "I Définitions. - La clairvoyance peut être þÿ d éû n i e de bien des façons. Elle peut être regardée comme une faculté du moi supérieur et sera alors en rapport avec le degré de perfection de ce dernier.
On l'a aussi déþÿû n i e , dit Leadbeater, Vision Spirituelleg mais, dans l'énorme majorité des cas, rien n'est plus inexact. Pour les spirites, c'est la faculté de voir les « Esprits », faculté qui dépend, dit A. Kardec, de la facilité plus ou moins grande qu'a le þÿû u i d e du Voyant de se combiner avec celui de l'Esprit. Pour les magnétiseurs, c'est la vue sans le secours des yeux dans un état spécialappelé som nambulisme.
Pourles occultistes þÿ e nû n , c'est la possibilité de percevoir ce qui se trouve hors de la portée de notre vue physique à l'aide de sens spéciaux. Il n'y aura du reste réellement clairvoyance que si, les yeux ouverts, en plein jour, on peut voir une (1) Résumé de la conférence faite par M. G. Phaneg à la Société d`Études psychiquesde Nancy, dans sa séance du in octobre xgoa.
LA CLAIRVOYANCE 107 forme de matière þÿû u i d i q u e ou astrale, soit dans l'endroit où on se trouve, soit au loin. Dans la vision du présent, du passé ou de l'avenir, la perception se fera à l`aide des mêmes sens développés. Je crois que nous devons nous arrêter à cette définition, c'est la plus synthétique et la plus claire. Historique. - On comprendra facilement que dans un espace de temps aussi limité, il me soit impossible de tenter, même d'une façon très résumée, l'exposé des idées que les peuples anciens, en remontant seulement aux Romains et aux Grecs, se faisaient de la clairvoyance. Je me contenterai de vous rappeler qu'il n`y a peut-être pas un seul auteur ancien qui ne parle de ces facultés. Tous, vous vous rappelez l'énorme importance des sybilles, des pythonisses etqdes devins. Pas un acte important n'était commencé sans avoir consulté les dieux, -- on peut dire que le temple et le voyant résument toute la civilisation romaine et grecque. Il y avait neufprincipales divisions dans les sciences divinatoires. On cite surtout la chiromancie, les songes, la géomancie, Paéromancie et la pyromancie. Presquetoutes cesdivinations ontsurvécu sous d'autres formes. Je ne vous dirai pas non plus que la clairvoyance xfajamaiscessé d'ètre pratiquée, consciemment, dans les sociétés occultes et instinctivement chez beaucoup de peuples, principalement les montagnards écossais et dans la Basse-Autriche. J 'arrive tout de suite à mon sujet. Division de Punivers en trois mondes. - Pour comprendre quoi que ce soit au pourquoi et au com_ __.
1o8 L'lNITIATl0N mentde la clairvoyance, ilfaut de toute nécessitéavoir recours à la tradition occulte, qui a du reste pour e lle de n`avoir pas varié depuis quarante -siècles.
C'est la seule qui rende compte des faits observés d`une manière satisfaisante et logique.Cette tradition enseigne queil`univers est divisé en trois parties : le monde divin ou monde des principes, c`estlà que tout est créé, décidé ;le monde astral ou monde des lois qui sert d'intermédiaire entre le premier monde et le troisième ou monde physique ou des faits, dans lequel ce qui a été décidé dans le monde divin se réalise définitivement.
Retenons donc déjà ce fait très important que rien ne pourra exister dans notre monde s'il n'a été voulu dans le premier et re/lété dans le deuxième. Pour comprendre cela, ayons recours à une comparaison: Un statuaireveut faire une statue. Il en cherche d'abord l'idée. Cette idée est invisible, impalpable, mais elle donne naissance dans le monde astral à une forme réelle que l'artiste perçoit plus ou moins nettement.
Il a maintenant devant lui la matière sur laquelle il s'agit d`agir. Mais est-ce que l'idée immatérielle pourra agir sur cette matière? Non n`est-ce pas ; un intermédiaire est nécessaire, etles mains del`artiste vont servir à réaliser, à matérialiser son idée. Vous avez déjà compris que les bras, Pintermédiaire, représentent Pastral, l'idée, le monde divin, et la matière, le monde physique.
Il existe une analogie encore plus grande dans cet exemple. Si le statuaire a fait un moule cle sa statue, on pourra reproduire autant de statues qu'on voudra. Il en est de même de l'idée vivante dans le plan astral.
Elle pourra, en influenLA CLAIRVOYANCE 109 çant des cerveaux en harmonie avec elle, se réaliser des milliers de fois ; c'est, entre parenthèses, ce qui explique qu'une invention est presque toujours trouvée sur plusieurs points du globe à la fois.
Retenons donc ceci: tout ce qui est visible est la manifestation, le þÿ r eû e t de quelque chose d'invisible. Notre monde physique tout entier n'est que l'envers du monde astral. Ce « plan astral þÿ : :présente une caractéristique très importante à retenir, c'estque le temps et l'espace n') existent pas, du moins comme nous en avons notion sur cette terre.
Je reviendrai sur cette donnée quand ie parlerai de la clairvoyance dans le Temps et dans l`Espace. Dans ce plan astral, outre les moules des choses physiques, on peut voir beaucoup d`Ètres dont l`étude demanderait plusieurs conférences. Contentons-nous de dire qu'íls se divisent en artificiels ou créés par la pensée de l'homme, et réels ou ayant la vie par euxmêmes.
Disons aussi que dans ce plan la matière existe comme dans le monde physique à l'état solide, liquide, gazeux, radiant et éthérique - c'est-à-dire qu"elle se þÿ r a r éû e de plus en plus. Quand je vous aurai dit qu'un plan n`est pas un lieu, mais un état d'ètre, je vous aurai donné une idée rapide de ce qu'il faut absolument connaître pour l'étude de la clairvoyance.
Constitution fle l'homme. - Tout est harmonieux dans la nature, et cette grande loi du Ternaire doit être vraie dans l`homme, comme dans l`univers; c'est ce qui a lieu en effet. L'homme est un esprit à qui on
1 io IJINITIATION a donné différents corps pour agir dans différents états; c'est, si vous voulez, un ouvrier auquel on a þÿ c o nû é différents outils pour ses travaux. ll a donc un corps physique tant qu'il agit sur notre terre, un corps astral tant qu'il est à l'état astral, et un corps spirituel lorsqu'il est appelé dans le plan divin. Ce corps spirituel est composé, molécule par molécule, par nos bonnes actions.
Pour la clairvoyance c`est le double, Porganisme astral, le corps þÿû u i d i q u e qu'il va nous falloir étudier, car la claivoyancea lieu à l'aide des sens de ce corps. Le corps physique a en effet été admirablement étudié par la science moderne, et le corps glorieux parla mystique. Nous n'avons donc pas à nous en occuper ici. Le double joue le même rôle dans l'homme que le plan astral dans la nature. Il unit l'esprit au corps grossier.
Je ne remonterai pas à l'origine du double dans Pincarnation. Je dirai seulement que l'esprit possède en lui un pouvoir, une faculté qui lui permet de se créer un nouveau corps astral à chaque incarnation. Le corps þÿû u i d i q u e a une double action: en haut, il est au service de l'esprit par le système nerveux conscient; par le bas. il devient le maître et, à l'aide du système nerveux inconscient, il fait marcher la vie organique.
On conçoit bien que l'âme n'a rien à voir, par exemple, au fonctionnement de Pintestin I Le corps þÿû u i d i q u e est donc indispensable à l'esprit, pour qu'il puisse agir sur son corps physique et, par lui, sur le monde extérieur. Il peut aussi, dans certaines conditions, rayonner autour de Pindividu et même sortir complètement du corps grossier.
LA CLAIRVOYANCE I I l Ce corps astral a des sens reproduisant exactement les sens physiques; seulement ils sont tous synthétisés en un sens unique, et les perceptions se font dans toute son étendue. C'est comme le sens du toucher pour le corps physique. La perfection de la clairvoyance dépendra donc du plus ou moins de sensibilité des sens astraux et de la façon plus ou moins nette dont ses sensations seront transmises à la conscience physique.
" Nous avons maintenant une idée þÿ s u fû s a n t e de ce qu'est le plan astral et des moyens de perception du corps þÿû u i d i q u e . Il va nousêtre bien plusfacile de com - prendre la clairvoyance. Nous allons examiner cette dernière chez les spirites, les magnétiseurs et les occultistes. Nous diviserons la clairvoyance en clairvoyance dans le temps et clairvoyance dans l`espace.
Clairvoyance dans le temps, le passé et favenir. - C'est dans cette partie de notre étude que nous devons nous rappeler que le plan physique seul est soumis aux lois de l'espace et du temps. Nous éprouvons tous u'ne grande difficulté à comprendre une création qui n'est pas soumise à ces lois; essayons cependant de C D F A B nous en faire une idée. Nous avons-pour nous guider ce fait que, pour la pensée, le temps et l'espace n'existent pas.
En effet, il nous est facile de nous transporx iz tftumniou ter en pensée à Rome, à Carthage et de nous voir en même temps dans des régions qui nous sont familières de nos jours. Le même fait se présente dans les rêves, d'une façon encore plus frappante. Tout le monde sait, en effet, que, pendant un temps inappréciable, on peut rêver toute une vie d`aventures.
Pour mieux þÿû x e r nos idées sur ce point, représentons-nous le plan physique par un triangle. Tout ce qui est compris dans la surface est soumis au temps, à l"espace. Pour aller du point A au point B, il faut du temps et il faut traverser l'espaceA B; mais, lorsque nous arrivons au point Ç, nous nous trouvons en présence d'un point sans dimension : au-delà c`est l`astral.
Retenons aussi que chaque pensée forte crée une forme en matière subtile, que chaque objet qui fut jamais créé physiquement a son double astral, que chaque geste, chaque événement se trouve enregistré dans la lumière secrète, et nous comprendrons comment nos sens hyperphysiques entraînés pourront y lire le présent, le passé et l'avenir, qui ne sont en réalité qu"un éternel présent.
La clairvoyance dans le temps a un intérèténorme si le voyant est parfait. Car il pourra lire à son gré les archives secrètes de l'humanité, puisque tout y est gravé. C'est ainsi qu'un voyant de génie, Fabre d'Olivet, a pu reconstituer la préhistoire et donner sur races humaines des détails d'un intérêt qui n'a pas été égalé.
Mais, pour arriver à ce degré, il faut savoir ire dans l'Astral supérieur, car les couches inférieures sont troublées et sans cesse agitées. A mesure
f LA c|.A1RvoYANcE x 1 3 qu'on s`élève, les þÿ r eû e t s sont de plus en plus nets. La méthode la plus facile pour obtenir la clairvoyance dans le temps est de prendre un objet ancien et d'essayer de percevoir quelque image. C'est la psychométrie, dont je vous parlerai tout à l`heure spécialement. On peut aussi y arriver par des entraînements spéciaux appartenant à la magie et que je n`ai pas à décrire ici.
Le meilleur moyen est de nous en remettre à nos guides, qui savent mieux que nous ce qui nous est réellement utile et qui pourront nous faire étudier, sous leur protection, telle ou telle partie de la Nature invisible avec beaucoup moins de chance d'erreur. Clairvoyance dans 1'espace. - On a appelé clairvoyance dans l'espace, la possibilité de voir un événement se passant au loin, en dehors de notre vue ordinaire.
Les auteurs peu au courant des théories traditionnelles quej'ai essayé de vous faire comprendre ont donné bien desexplícations de cette clairvoyance. La théorie des ondes et des radiations émanées du corps perçu est bien connue, mais elle ne donne pas une raison suffisante des choses.
Le dédoublement du voyant, le transport de la conscience dans le corps astral est déjà une meilleure explication, mais on a négligé d`insister sur ce fait que le double d'un voyant qui perçoit, par exemple, une scène se passant en Chine n'a pas besoin de se transporter dans ce pays. Car, en vérité, Fastrai de la Chine est ici, puisqu'il n'y a pas de dz'stan¢:e dans le plan où le voyant se trouve. Je sais que ces conceptions sont assez abstraites; qu'on se rappelle seulement que souvent, en rêve, on est à 8 .
x 14 L`lNlTlATl0N plusieurs endroits à la fois. Ce sera une aide pour saisir l'idée de l'Astral. Pour voir dans l`espace, comme dans le temps, des entraînements longs et difficiles sont nécessaires. La matière nous écrase de tout son poids et il est dur à soulever.
Lorsqu`on s`est soumis aux différents entraînements magiques, on peut aisément, en pensant fortement à un endroit quelconque, en évoquer l'astral.Dès lors, il sera facile de voir et même d'entendre ce qui s'y passe. Pour faciliter la chose, prenez un miroir quelconque, cela vous servira de base. Je parlerai, du reste, des miroirs plus loin.
Si vous êtes assez entraîné, un bon moyen consiste à se représenter fortement son propre corps et à l`envoyer_ par la pensée dans l'endroit où on veut voir, c`est aussi extrêmement difficile. Retenons également qu`il y a toujours un état vibratoire sympathique entre ce qu`on voit et les organes astraux qui perçoivent.
Tout ce que je viens de dire s'applique à l'être qui veut développer en lui les sens occultes et voir par lui-mème; mais, si on recule devant ce long travail, on peut se servir d`un sujet et étudier ainsi l'Astral à ses différents degrés. La clairvoyancemagnétique. - Parmi les moyens d'obtenir la clairvoyance, un des plus puissants est la production d'un état spécial connu sous le nom de somnambulisme.
Dans cet état, unepersonne qui n'a jamais eu aucune vision pourra être extrêmement clairvoyante, par une raison que tous vous comprendrez facilement. En effet, la magnétisation, en accumuÎ" I þÿ 4 | i í § : . ' ; . . LA CLAIRVOYANCE 1 r 5 lant du þÿû u i d e nerveux au plexus solaire qui le projette dans le cerveau, relâche momentanément les liens entre 1'esprit et le corps physique et met le corps astral en liberté.
Les organes astraux peuvent alors, avec facilité, entrer en action dans leur propre plan et s'y développer par l'exercice. La difficulté est dans letransport des sensations au cerveau physique, pour que le sujet puisse parler. Dans l'extase réelle, le sujet n'est plus en communication avec le magnétiseur, car le relâchement des liens est plus profond que dans le somnambulisme.
J'espère que cette théorie vous fera bien comprendre la raison du peu de þÿû x i t é de la lucidité somnambulique et aussi toutes les précautions indispensables dans le maniement d'une somnambule. C`est surtout dans l'extase que sa vie est exposée à chaque instant. Plus son état sera profond, plus elle courra de danger.
La théorie occulte rend compte également d'une façon satisfaisante de la vision à travers la matière non transparente, et, la distance n'existant pas pour le voyant en astral, on comprendra comment il est þÿ i n d iû é r e n t de lire une lettre dans une boîte placée près du sujet ou située à xoo kilomètres delà.
La vue par la nuque ou l'estomac, qui intriguait tant les premiers magnétiseurs, s'explique aussi facilement, si vous vous rappelez ce que je vous ai dit au sujet du corps astral (Perception des vibrations sur toute l'étendue du corps). _ La clairvoyance spirite. - Il y a peu de chose à dire sur ce sujet. Le médium voyant parfait sera un
1 16 r.'iNmATtoN sensitíf entraîné à percevoir, consciemment ou non, l'astral à travers les sens physiques. A. Kardec insistait avec raison sur l'étude du périsprit ou corps astral, disant que les faits de clairvoyance en dépendent.
Le corps dont est revêtu un Esprit n'est perceptible à l'homme ordinaire que lorsqu'il a été matérialisé, c'est-à-dire lorsque la substance dont il se compose a passé de l'état astral à un état physique plus ou moins solide. Il n'y a réellement clairvoyance que lorsqu'un médium perçoit un esprit alors que personne ne le voit et qu'il est resté à l`état astral.
Un bon médium voyant, qui voit les Esprits aller et venir, est donc un instrument réellement appréciable pour l'étude des plans invisibles. i La clairvoyance par les miroirs. - .Vai fait ressortir de mon mieux jusqu'ici la logique des enseignements traditionnels en ce qui concerne la clairvoyance.
Je vais encore appuyer sur ces théories indispensables à bien connaître et parler d'un des procédés destinés en magie à faciliter la vision. .Vai nommé les miroirs magiques. La clairvoyance n'est, en réalité, qu'une extension naturelle et progressive de nos possibilités réceptrices.
Si nous avons devant nous un bloc de glace, nous le percevrons facilement, même quand il traversera l`état liquide et l'état gazeux, mais ensuite nous ne verrons plus rien. Cependant on peut aller plus loin, et les expériences de Reichenbach ont prouvé qu'un assez grand nombre de personnes, au bout d'un séjour de deux heures dans la complète obscurité, sont capables de voir la matière à l'état éthérique. Si, à`ce
È' -în LA CLAIRVOYANCE l [7 moment, en fermantles yeux, on continue à voir plus ou moins nettement l'objet, þÿû e u r , aimant ou animal que l'on étudie, c'est la vie astrale à ses débuts. ll ne s'agit plus ensuite que de la perfectionner. La conséquence de ce qui précède est que la première condition pour percevoir l'invisible, c'est de s'abstraire du visible.
Nos sens physiques devront ètre assoupis le plus possible, surtout dans les commencements, et c'est alors que nos sens astraux entreront en activité et deviendront de plus en plus sensibles à des vibrations de plus en plus élevées du plan invisible. Un des instruments les plus usités pourla pratique de la clairvoyance, c'est le miroir magique. Je vais essayer de vous en indiquer maintenant, la théorie et un peu la pratique.
Pour comprendre ce qui va se passer lorsque l'étudiant, à la lueur d'une petite lampe, þÿû x e r a ses regards sur un miroir magique, il est nécessaire de dire encore quelques mots sur le corps astral. Cet organisme invisible est excessive~ ment compliqué, est composé de beaucoup d'ètres, de forces, si vous aimez mieux. A la vision psychique correspond un de ces centres situés entre les deux sourcils.
Plus ce centre sera vitalisé, plus la vision sera parfaite. Un des exercices nécessaires pour se préparer à la clairvoyance sera donc de vitaliser cette partie du corps en y envoyant de la force nerveuse par la res~ piration. A_ l'aide d'une deuxième opération, on devra concentrer dans un point de l'espace une partie de la lumière astrale, car nos sens hyperphysiques,
.¿.....-1.._`...-_..... _ _.-._-.. _ 1 18 þÿ i . ' m m : ' r | o N surtout au début, se perdraient dans ce milieu sans cesse en mouvement, s'ils n'étaient pas mis en communication avec un point relativement þÿû x é . En troisième lieu, il faudra soutirer de vos yeux toute la lumière physique enregistrée. Eh bien! le miroir magique, quel qu'il soit, réalise - ces trois conditions indispensables.
Je dois néanmoins ajouter que les miroirs concaves sont les meilleurs. La théorie est donc celle-ci : d`une part, les miroirs soutirent de notre þÿ S i l la lumière physique qu'il con-- tenait et, d'autre part, ils concentrent à leur foyer une partie d'astral à étudier. En y joignant un entraînement respiratoire destiné à vitalíser le centre psychique dont j'ai parlé plus haut, on aura une idée complète sur ce sujet.
Le miroir est donc un instrument de culture de nos sens astraux, un condensaseur de la lumière astrale, et met le chercheur sincère et prudent à même d'étudier l`invisible, autant que cela lui est personnellement possible.
On peut classer les miroirs à l'aide de la théorie des tempéraments et des correspondances planétaires. l)'une façon générale, les miroirs noirs sont saturniens; les miroirs de verre, lunaires; les sphères métalliques, solaires. ll y a des miroirs magiques proprement dits et des miroirs magnétiques. Les premiers nécessitent une évocation, un appel à des êtres invisibles ; les seconds sont simplement magnétisés.
Il n'y a pas à se le dissimuler, et je dois le dire ici, la pratique du miroir, lorsqu'il y a évocation, est une pratique magique, une des moins dangereuses, c'est vrai, mais présentant néanmoins tous les incon-
-ùï... LA CLAIRVOYANCE I lg vénients de l`action personnelle et volontaire. Les seuls miroirs qu'on puisse expérimenter sans danger sont les miroirs magnétiques. Avec eux, la méditation et une magnétisation journalière þÿ s u fû r o n t . Résumons-nous. L'étucliant possède dans le miroir un moyen puissant de développer la sensibilité de ses sens astraux. Cependant, une extrême prudence -est nécessaire.
Ne peut-on voir l'astral et pratiquerla clairvoyance sans danger ? Il existe pour cela un moyen que j'ai réservé pour la þÿû n de cette causerie et dont je vais parler maintenant d`une façon très résumée.
La psyclzomélrie. - Un Americain du nom de Denton, ayant remarqué que les somnambules se servaient d'un objet pour se mettre en communication avec une personne et .qu'elles pouvaient alors en décrire le caractère, se demanda,.il y a plusieurs années, si les mêmes expériences ne pourraient se faire à l'état de veille.
Il essaya avec sa femme et son þÿû l s d`abord ; ensuite avec d'autres sensitifs et fut très surpris de voir qu'ils pouvaient non seulement lui décrire le caractère d'une personne avec un gant, mais encore décrire une grande partie de ce qu'un objet. avait pu voir.
Avec un morceau de cuivre des mines situées au fond du lac Ontario, ses trois sujets lui décrivírent, 1'un aprèsl'autre, une chasse au bison par les hommes rouges aux longs cheveux; une pierre de Pompéï reconstitua pour son jeune þÿû l s la civilisation romaine; des substances soigneusement enveloppées, sucre, sel., poivre, métaux, étaient reconnues par les sensitifs, et le nom seul d'une personne, écrit sur un peu de pa120 þÿ iû r m r u m o u pier, leur permettait d'en décrire I-2 caractère.
Pendant de longues années, Denton þÿû t des recherches multiples, dont il publia les résultats sous le nom de Soul Qf Things, l'âme des choses. La psychométrie s'est répandue rapidement en Amérique, en Angleterre et un peu en France. Sa principale qualité est de ne demander aucun entraînement magique et de permettre à la raison de se manifester pendant que les centres astraux entrent en action.
Cest en somme une partie de la clairvoyance dont l`étude ne présente aucun danger. J'ai été à même dctravailler de très près cette branche de la clairvoyance, et voici les développements que prend en général la faculté par l'exercice. D'abord, les sensations seront très confuses, les images passeront rapidement devant le regard interne, et on ne pourra les þÿû x e r , puis peu à peu elles se préciseront ; on apprendra à les arrêter à volonté.
Les scènes perçues seront de plus en plus nettes et mieux éclairées, et on sera alors capable, avec un objet trouvé, par exemple, dans les ruines de Babylone, de décrire des costumes, des traits de þÿ m S u r s , des maisons et des temples inconnus totalement au voyant. Les vibrations lumineuses s`enregistrent dans les objets par couches concentriques.
Ainsi, un morceau d'untemplegrec donnera d'abord au sensitifdes images de l'époque présente; puis il remontera peu à peu jusqu'à Pépoque où le temple a été construit. Cela est du reste logique. Lorsque cette perception est devenue facile par l'exercice, on arrive à percevoir, non plus les clichés
È""" LA CLAIRVOYANCE [21 des choses, mais ce que Poccultisme a appelé images astrales, atmosphère þÿû u i d i q u e des êtres, et par conséquent le caractère devient visible, c'est déjà un plan plus élevé. La langue universelle du symbole se spécialise pour chaque voyant et il devra se faire une sorte de dictionnaire. Il arrivera bientôt à s'y reconnaître. On peut seulement dire qu'un signesymbolique paraît en général seul.
Ainsi, une épée vue au-dessus d'une personne quelconque, voudra dire danger; si au contraire on voit une épée au milieu d'une panoplie dans une chambre, cela voudra dire seulement que la personne habite un endroit où il y a une panoplie. Un autrephénomèneapparaît aussi ;c'est la clairaudience, sa genèse est la même que celle de la clairvoyance.
C`est toujours une vibration perçue par l'astral sous forme de son au lieu que ce soit sous forme de vision, et portée ensuite jusqu'au cerveau physique. Le sensitif est alors capable de répondre à une question posée sous enveloppe cachetée, sans du reste avoirlconscience de ce qu'on a demandé.
Pour savoir ce qui donne la réponse, c'est très þÿ d i fû c i l e , on peut dire que c'est l'ego, le moi supérieurqui dicte une phrase; on peut aussi admettre que c'est un être quelconque des plans invisibles. Pour cette raison on devra être extrêmement prudent et n'admettre la réponse du psychomètre qu'après l`avoir soumise à un_ examen sérieux. ' G. Pi-muse. (Bulletin de la Société d'Études psychiques de Nancy.)
1 zz L`lNl'l`lATl0N Sociâré D'ÉTUDES PSYCHIQUES nx NANCY Séance du 12 octobre 1902. Présidence de M. A. Thomas. M. Thomas exprime les regrets de M. le docteur Haas empêché d'assister à la séance, puis il donne la nomenclature des ouvrages reçus pour la bibliothèque.
M. Thomas présente le conférencier M. Phaneg, psycho* mètre distingué, bien connu pour ses travaux surla clairvoyance psychométrique, auquel il donne la parole pour la conférence résumée plus haut. Après sa conférence, qui a eu un grand et légitime succès auprès de la nombreuse assistance.
M. Phaneg a appuyé la méthode qu`il venait d'exposer d'expériences qui ont démontré qu'elle repose sur des faits réels et qu'il est possible de répéter expérimentalement. La psychométrie est donc établie sur une base þÿ s c i e n t iû q u e . Nous citerons quelques expériences seulement.
Disons que douze fois sur quinze (1) elles ont été reconnues exactes, ce qui est un résultat très remarquable, étant donné les conditions défectueuses au milieu desquelles elles ont été réalisées.
M. Phaneg a prié les assistants de lui soumettre quelques objets : - Une mûntre placée au front du psychomètre a provoqué la vision de _malades dans une salle d'hópital, puis une salle d'opérations chirurgicales (cette montre appartient à un interne de l'hópital civil, M. S.). - - Une autre montre lui a fait décrire un violent incendie, beaucoup de victimes atrccement brûlées (cette montre avait été au sinistre du bazar de la Charité, Mme C.).- Une bague luifait voir une dame donnant ses soins à des blessés installés dans une sorte de grand vestibule (elle était portée par une dame lorsqu`elle soignait des blessés en 1870, Mme B.1). - Une montre donne Píndication (1) Après la séance et les jours suivants, plusieurs personnes nous ont déclaré que sur le moment elles ne s'étaient pas souvenues de faits vus et qu'après þÿ r éû e x i o n ou enquête elles en reconnaissaient Pexactitude.
LA CLAIRVOYANCE 123 d`une personne très sensitive, cette personne a voyagé sur mer ety a fait des expériences de magnétisme, elle souffre dans lapoitrine (exact, M. V.). - Avec une bague, Phaneg voit un pays montagneux, un lac, une promenade en barque, une þÿû l l e t t e de 8 à 9 ans, cheveux þÿû o t t a n t s qui, à la suite de cette promenade, a eu une maladie (exact, Mme N.).
«_ Une montre indique que la personne a une vive préoccupation, une grande contrariété occasionnée par des chevaux (exact, Mlle W.), etc. De chaleureux applaudissements ont accompagné et terminé cette intéressante et instructive conférence. äk % *= Les personnes qui s'intéressent à la clairvoyance liront avec intérêt Fexcellente Méthode de clairvoyance psychométrique, par Phaneg (Leymarie, éditeur, 42, rue SaintJacques). Nous l'avons analysée dans le n° 3 du Bulletin., @nn _.
LA GNOSE Ses rapports avec les cultes des mystères et le christianisme En parlant de gnose il faut avant tout être conscient qu'il ne s'agit pas d'un système uniforme de doctrines, mais que ce nom renferme une quantité d'idées qui, quoique analogues au fond, sont tellement divergentes qu'il est même difficile d`établir une idée centrale de tout le système. ll faut également se garder de voir dans la gnose un produit þÿ s p é c iû q u e ment chrétien ; ses þÿû l s conduisent, au contraire, bien loin en arrière dans l'antiquité jusqu°aux cultes des mystères égyptiens, babyloniens, persans et helléniques.
Dans son culte aussi elle réunit les éléments les plus hétérogènes depuis l'askèse la plus stricte jusqu'au libertinage le plus extravagant. Sa provenance de ces sources n'est pas difficile à démontrer, car nous trouvons la gnose toute pénétrée d'idées religieuses orientales et helléniques. Lorsque le christianisme arriva, les éléments de la gnosc existaient depuis longtemps. Suivant le courant syncré-
"%¿fLA (moss [25 tiste du temps, la gnose s`empara de la nouvelle religion, qui, par les miracles des apôtres et par la fermeté héroïque des martyrs, attira les yeux du monde entier d'alors. Ce qui caractérise lagnose avanttout, cesontles trois mots: astrologie, démonologie, magie, choses étrangères au christianisme. La forme du culte de la gnose diffère également de celle du christianisme: comme mystériosophie elle a ses initiations.
Les problèmes que la gnose veut résoudre sont ces antiques et éternelles questions de l'esprit humain qui furent dans tous les temps l`obiet de révélations religieuses et de spéculationsphilosophiques : le rapport de Dieu, l'homme et le monde ; la transition de l'inþÿû n i au þÿ _û n i , du spirituel au matériel, de l"unité àla pluralité ; la provenance du mal et de l'imparfait en nous et hors de nous glarémission des péchés et, finalement, le retour dans la sphère divine.
Pources problèmesnous netrouvonspointdesolution propre dans la gnose, mais, comme déjà mentionné, un mélange éclectique-syncrétique d'idées orientales, juives, pythagoréiques, platoniques et néoplatoniques.
Les relations avec l'astrologie et la magie ressortent du témoignage concordant des Pères de l'Église.Ainsi il est connu qu'Irénée fait dériver les gnostiques de Simon Magus : « Simon le Samaritain duquel proviennent toutes les hérésies (1). þÿ : :Et en parlant des di- (i) Simon autem Samaritanus ex quo universae þÿ h S r e s e s substiterunt. (I, 16, 2.)D'après Pr.
Clem.hom.z, 24,Simon est disciple du Samaritain Doréthéor, qui transmettaitdéjà. une gnose secrète. (Comp. Orig. in Joh., Xlll, 27.)
È É 1 Ê ,.þÿ ' . a 1 « 1 a l , -7 1 fil) _: ,. î 1 l 126 þÿ 1 . ' | : z m A ' r 1 o N verses sectes, avant tout des Simoniens mêmes, chez Ménandre, Basiiides, les Carpocratiens, il le relève encore exprès, tout spécialement encore chez Markus, qui est apostrophe par lepresbyte divin (öeïoç vzgaeäumz) versé dans Pastrologie et les arts -magiques (1).
Tertullien aussi déclare que les rapports des hérétiques avec des magiciens courant le monde, des astrologues et des philosophes qui s'étaient adonnés à toute sorte de science curieuse, étaient bien connus (2). Celsus va jusqu'à prétendre que la magie était l'essence de la sagesse gnostique (3).
Hippolyte de même (Phílosoph. [,poem.): « Leurs vues prennent leur origine dans la sagesse des Hellènes, dans des dogmes philosophiques, dans des mystères pris au hasard et dans des astrologues vagabondants (4). þÿ : :De plus la gnose promet à ses disciples expressément des arts magiques comme il est dit dans la Pistis Sophia, 277, 279, 28l .
Et que, par exemple, les noms des archontes soient empruntés à l'ancienne magie, c'est ce que nous n`apprenons pas seulement par le témoignage d'un connaisseur de la gnose aussi compétent qu`Origène (Contra Cels., VI, 32, t. XV), mais par les papyrus (I) Acrpokoynvqç þÿ c ¼ n a í p s zou þÿ ¼ a y t x n ç texvnç.
A (2) Notata sunt etiam commercia þÿ h S r e t i c o r u m cum magis quam pluribus cumcirculatoribus, cum astrologis, cum philosophis curiositati scilicet deditis. þÿ ( P r S s c r . , 4 5 . ) (3) "Y'1îL0'x_VOÎJ'V'I¢l... þÿ ¼ z y z xû v twa 'fomauxv xaurour' scuv aurai; ro rn; cozpzaç xaçalmov. (Oríg. c.
Celse, VI, 38.) (4) Voir aussi 2 Phil0S0p/Z., IX, 3, IV: Cutoi zou þÿ ¼ aû q ¼ a r i zot; mu awrpoloyzxotç mu. þÿ ¼ z y l z o z ç npocvptouctv me alqöecn mu. ÎODTOYÇ ×P(1)[J.EV0l RQGGCOUCI- TOUÇ I?§0V¢ÇI' _.,..-I LA GNos1a 127 magiques publiéspar Wesse1y(Deukschr. tl. Kaiserl. Acad. d. Wissensch., Vienne, 1888, Phil. hist.
Kl.. vol. XXXVI ; p. 74, lI95).A la magie sontaussi empruntés l'Abraxas des Basilidiens et le nom fameux de þÿ « L a o : : ( P ¢ : w : ) d e s Valentiniens(Tertull.adv. Val., 14; Code magique de Leyde W. I23; II3, suiv. Fist. Soph., IV). Lorsque nous continuons à nous informer du rapport de la gnose avec l`astrologie nous voyons qu'en général les sept archontes correspondent aux sept planètes :ils sont parconséquent des génies planétaires.
De Ialdabaoth il est dit expressément «pam Ba ríïi þÿ ) S o v 1 - o u 'ösr åpxovrc þÿ e u ¼ r r a û s i v acrçov tov cpzivovra. Il correspond donc à Saturne. Par les épithètes de wxnqmvnc (luisant la nuit) et de öacrzow Guvá-:ou (Seigneur de la mort) laldabaoth est þÿ i d e n d íû é à la lune.
Ainsi chez les Mandéens le nom de l'ange de la mort « Sauriel » est employé aussi comme surnom de la lune : « Sîn est à la fois le nom de Siva, lune, et de Sauriel þÿ : : .De même WNJTIN (Ado11z1ï)est employé aussi comme nom complémentaire pour le soleil. Voir Baudíssin : Studien qur. semit. Religionsgeschichle, p. 240, suiv. Ainsi les sept planètes correspondengaux sept archontes, et comme telsils gouvernent le monde.
Être délivré d'eux þÿ s i g n iû e en même temps Pémancipation des puissances planétaires du sort. Aussi longtemps que l"homme est sans gnose, il se trouve sous le pouvoir des puissances cosmiques « êv ríÿ mc þÿ e l ¼ a p ¼ a v - 4 ; mt avayvqç þÿ å a c r ¼ z p þÿ : : .
128 L7(Nl'I`IA'I`lON [NOVEMBRE simple connaissance de l`origine divine þÿ s u fû t chez eux pour être délivré du pouvoir du monde. Chez Justin se trouvent à la place des sept archontes les douze mauvais anges de l"Éden, qu`on identifie avec les douze signes du zodiaque et qui gouvernent le monde comme tels (1).
Épiphane nous rapporte dans son traité des gnostiques þÿ ( l ` v u : f : ' r z x o t ) de pareilles idées, et son témoignage est d'autant plus compétent que lui-même appartint pendant un certain temps à la secte gnostique des Phîbionites. Mais plus clairementencore l'astrologie ressort dans la Pistis Sophia et dans les deux livres Jeû (2).
Les hommes sont soumis aux archomes des sphères (aqmpa) et du destin þÿ ( e l ¼ a p ¼ a v q ) , dont le gouvernement désastreux ne dirige pas seulement leur sort extérieur, mais les force encore de pêcher, þÿ aû n de les punir ensuite impitoyablement.
Par son ascension Jésus a brisé cette puissance sur les vivants, en tournant la (1) I, Y, 2, 16: xa: þÿ a kû s ï v síç þÿ * r -û v þÿ ï p n ¼ o v tour' :env :Cm yevåaamç yaveaôau, Îhtov amv þÿ o ¼ o v navtsç 010500 ti; ãnolsxaç ut Ôsoç tq; 0'/')T'IipLã§ em Se çucw ot Osm tn; .inmlstaç ot aorepeç, on tm þÿ ¼ s t a ö o l q tq; þÿ y e v a c r a S ç enzçepwvïeç tozç þÿ y í v o ¼ s v o t ç þÿ tû v avayxnv.
V, 4, 26, cravrpom þÿ : : 1 { v nv: exovtsç nai tou þÿ n o c ¼ o u þÿ s a o u m a v . (2) Pisiis Sophia, édition Petermann, 1850. Berlin, p. 35o:« þÿ å ¼û v , dico vohis: in rebus omnibus þÿ q u S destinata: sunt unicuique per þÿ a t ¼ z p ¼ a v q v :Yu ayetlov quodvis et-re peccatum quodvis ämå ann; in rebus omnibus þÿ q u S þÿ d e s t i n a t eis sunt. þÿ : : P.
335 : « atplovtn; þÿ s t ¼ a p ¼ a v n ç mon þÿ a v a ¼û xxx Zouatv hOmÎn¢S usque dam commiserint peccatum þÿ : : .(Les archontes de la destinée forcent les hommes jusqu`å ce qu'ils aient commis le péché.) Q ....__..._._... ..___._..____--... __ __ _ _ ___ _
Ê" 1902] LA ouosra 129 sphère (açatpa) et le destin þÿ ( e l ¼ z p ¼ a v v i ) pour six mois de 1'année à droite et pour six mois à gauche. par quoi aussi toute astrologie et magie des archontes þÿ ( ¼ a y í a åpxóvwv) est confondue. Dans le livre IV de la Pistis Sophia on voit encore plus clairement que les astres sont les puissances dirigeantes du monde.
Par ses douze maisons (oï×o¢): bélier, taureau, etc., la sphère (eçutpa) est explicitement désignée commeZodiaque (P. S.
366, suiv.);ses 360 archontes correspondent aux 360 degrés célestes, les cinq grands archontes qui les président sont les cinq planètes, Kronos, Arès, Hermès, Boubastis-Aphrodite, Zeus þÿ ( K p o v o a , ,AFv1)Ç, þÿ " E p ¼ ' n ç , Bouäåntç-Aopoötm, Zsöç)_ Nous rencontrons les mêmes idées chez Plotin dans un traité contre les gnostiques (-ape; yvumtxouç) (XXXI, p. 17, x ; XXXVI, p. 29). lly est encore question des septcieux de lasphère et des sept génies planétaires de la puissance desquels la gnose délivre.
Chez Bardesane, nous rencontrons également un déterminisme absolumentastrologique. Comme créateurs et gouverneurs du monde apparaissent les sept ltjes, auxquels l'homme est soumis d'une double manière, car son âme aussi dérive des ltjes.
« ll existe des êtres malfaisants, des astres et des signes du Zodiaque, un corps du mal sans résurrection, une àme des sept (1). » Bardesane est fermement convaincu du despotisme de ces êtres et s'est lui-même beaucoup occupé d'astrologie (2). (x) Ephrème. hymnes 53, p. 553. (2) Eusèbel'appelleë1:' apxovm; xulöaïzùc þÿ E 0 ~ n 7 ~ ¢ * ¢ : : ; (pf2Pco. vi, 9). Et dans les hymnes d'Ephrème, l, p. 439, E, 9
f Ê Ê' av È - a 7 -1 ^ I, 'u-. rg. E z 4, OI 11' 1 ã gx li, 130 p L,lNl'1`IATlON Les mêmes vues astrologiques se trouvent également .dans les histoires apocryphes des apôtres et dans l'évangile de Thomas, sur lesquels nous ne nous étendrons pas davantage. Mais ce n`est pas seulementàtousles systèmes ophitíques qu'appartient la doctrine de la puissance des génies planétaires; nous la trouvons encore chez les Valenlíníens.
Le Demiurge (d`après le témoignage d'Irénée, ils en furent originairement sept) porte le nom de septénaire þÿ ( e 6 8 o ¼ a ; ) et les Achamoths d'octenaires (oyöoaç), ce qui indique immédiatement les sept cieux des sept archontes ophitiques, comme Ptolémée enseignait aussi que le créateur avait créé sept cieux.
D`après les doctrines des Excerpta ex Theodota, qui veulent rendre les enseignements de l'école anatolique des Valentiniens, l'homme se trouve sans volonté et impuissant entre les génies planétaires luttant entre eux pour la domination ; sa destinée est þÿû x é e par les astres qui viennent d'emporter la victoire, et généralement ce sont les mauvais ; mais, lors mème que ce seraitune foisles bons, il n`est pourtant pas son propre* maître et se trouve tiré ci et là par des puissances étrangères (1).
En résumant, nous pouvons dire que la doctrine de nous lisons : Bardesane fut jeté par terre par des démons, et par suite il_ne lit plus les prophètes, mais plutôt les livres des signes du zodiaque, y lisant continuellement. (1) I, I, 9, p. 44: :ma *fap oupavou; zarawxsvasnavat uw utávw rov þÿ ö s ¼ t o u p y o v sívouv Àsyouav. xau 81.1 mtvtz þÿ é å ö o ¼ z ö a léyoucnvatåtov mv 'ôe þÿ ¼ n t a p a 'mv þÿ A y a . ¼ . u : 0 ' ofôouöa. Ex. 71. Clément. Opp. édit. Dindorff, Ill, p. 417 : ra *cou vw ötxaöuo Cmatöa. -mi. þÿ :
.-¢e...-,. -_ . LA cnoss 13 1 la domination des génies planétaires est une idée fondamentale de tous les systèmes gnostiques. La gnose elle-mème veut délivrer de cette domination. Elle le fait ou par la puissance mystérieuse des sacrements ou par la parole magique ou encore par ellemême, en tant que la connaissance gnostique þÿ s u fû t à elle seule pour délivrer de la puissance du Fatum.
Parceque la gnose croit à þÿ l ` i nû u e n c e des astres et des génies planétaires d'une part et à la puissance des mots magiques et des actions magiques, le gnostique fait de l'astrologie et de la magie. lforigine de cette doctrine ne se trouve assurément ni dans le judaïsme ni dans le christianisme; également pas dans Yhellénisme, bien que ces idées ne lui SOHI pas entièrement étrangères; mais elles n'y ont pourtant jamais atteint une pareille importance, car il traitait ces hauts problèmes tout intellectuellement et par cette raison agit d'une manière dissolvante sur la gnose;oui, même le néo-plalonisme, chez lequel le problème de la rédemption se trouve également placé au centre de l`intérêt et qui pourrait encore être mis en parallèle avec la gnose, est pourtant tout autre chose, infiniment plus simple que le gnosticisme, et nous comprenons 'très bien comment un Plotin se range en ennemi vis-à-vis de celui-ci.
Si nous poursuivons l'origine de ce cercle d'idées astrologiques-gnostiques, nous sommes conduits infailliblement à Babylone comme à la seule religion qui vécut pleine et entièrement dans ces vues; oui, qui était directement fondée sur elles. Que la religion babylonienne ait survécu de longtemps à la chute du
132 L'lNl'l`lATION règne babylonien, c`est ce qui nous est assuré par un grand nombre de preuves historiques ; Jamblique encore au second siècle après Jésus-Christ a, suivant son dire, étudié la sagesse et la langue babylonienne, et encore longtemps dans l'empire romain « chaldéen» valut autant qu'astrologien, magicien et nécromancien.
A la place de recherches plus détaillées, nous renvoyons au témoignage de Diodore, qui montre clairement comment toute la religion babylonienne était placée sous les points de vues astrologiques ; tout comme dans le gnosticisme gouvernent les sept planètes et les douze maisons du cercle zodiacal avec leurs dieux (r).
Mais ce ne sont non seulement les astres et les divinités astrales qui interviennent activement dans le sort terrestre, mais partout le Babylonien se vit entouré de démons. Ils guettent sur la route, ils longent la rivière, ils vont de maison en maison, aucune porte ne les empêche, aucun verrou ne les retient : comme un serpent, ils glissent par la porte, et, comme le vent, ils passent par les gonds.
Dans chaque maladie, on voit leur action malfaisante; dans le bruit de la tempête, on entend leur hurlement; où ils arrivent, (I) Diod., ll, 31 : toute þÿ ¼ e v t o v TE Su: öuaösôatmcuv ävttç þÿ x p o m ¼ o v t m ç ou xzlöauot þÿ ¼ s y t a o u vzEw av aerpoloïuz þÿ 1 0 5 ¬ anavtwv þÿ a vû p u m o u CXOUGLV; et ll, 30 : uuvås au-tpmv vrçlujfpoviouç nzpa tnpncatç þÿ n a n o t ¼ ¼ s v o i nat :àç :matou xtvqaeiç ta xa: þÿ ö u v z ¼ s z ç avpmöéctat ta navtwv avüpotoni þÿ e m y v S x o t t ç .
Toute la grande masse de textes astronomiques et astrologiques qui ont été découverts et qui comprennent plusieurs siecles basent sur la présupposition que la vie humaine, dans tous ses détails, est þÿ i nû u e n c é e par les astres.
LA Gnosia 133 le malheur tombe surles hommes et les bêtes( 1 ).Voici le Babylonien vivant dans des transes continuelles de' vant les puissances ténébreuses qui le menacent de tous côtés. Le ménagement et le bienfait leur sont inconnus. Ils n'écoutent pas la prière et la supplication, rien que la magie n'est un secours contre eux.
Voilà la signification de la magie, qui devient la partie la plus importante de la religion, Avec une telle appréciation de la magie, il est facile à comprendre comment le gnosticisme arrive à se scrvir de signes et de noms magiques contre les archontes guettant aux portes, d`en chercher la délivrance ici comme là-bas par la voie magique, car la gnose sfest fait un devoir de libérer l'âme de la tyrannie des puissances ténébreuses: c'est pourquoi elle transmet les secrets de la voie sacrée par laquellefâme s`élance à la liberté bienheureuse du Pleroma.
Cette voie monte au-dessus des empires des Éons (sphère des planètes), mais, pour cette raison, elle les traverse aussi.Aucune possibilité de se garantir des embûches des archontes guettant ici, que précisémentla gnose, c'est-à-dire la connaissance des forces ennemies, la connaissance des puissances supérieures et secourables et la connaissance des moyens de se garantir qu`elles ont accordés aux hommes: les saintes formules et les signes sacrés, c'est-à-dire les mystères.
Voilà pourquoi la gnose promet à ses þÿû d è l e s deleur communiquer des arts magiques (Pistis Sophia, p. 277, 279, 281) (2). (1) Voir Bawlinson, Cuneÿorm Inscriptions of Western Asia, IV. ` (2) Dans l'hymne nazaréen il est dit : þÿ c ç a - ¼ ö a ç Elm zara
1 34 L`lNl'l`lAT!ON La mission du Rédempteur consistait en ceci : Des< cendant par l'empire des Éons, de traceraux hommes une voie et de leur apporter les sceaux (açz-fïöec). ll dévoile à l`homme les secrets de la voie sacrée, luienscigne latforme des divinités des Éons, dont il traverse l'empire. Gnose, c'est donc la connaissance de cette voie qui conduit de la misère terrestre å Dieu et des sacrements qui lui rendent ce voyage possible.
L'âme a sept portes à traverser, et à chacune des portes un archonte défend à l'âme l'entrée dans son règne 1 à chacun elle doit dire une formule spéciale, après quoi la porte s`ouvre et elle continue son chemin. Ainsi elle arrive à Ialdebaoth, lao, Sabaoth, Adonaioi, Astophaios, Ailonios,l-lovaios jusqu`à O~f8o¢ç(octénaire) lelieu du repos.
Origène nousa laissé les formules; la chose principale y est þÿ a u ¼ ê a k o v , le symbole magique, devant lequel la porte s`ouvre et le gardien devient impuissant. Les expressions y sont entièrement empruntées au langage des mystères.
Legnostique prouve sa gnose en disant aux Éons leurs noms,marque leur puissance et ses limites, et se connaît dans la possession d'une assistance supérieure, précisément de ces symboles þÿ ( c u ¼ ö a l a ) provenant de lamère þÿ ( ¼ m - n p ) ou de þÿ ¼ m o ¼ a i þÿ å i S v z ç ölouç öioösusm, þÿ ¼ u c t s p t : mzvta öiavoiïm þÿ ¼ o p ç n ç þÿ 8 ¬ Osmv þÿ s n i ö a i a m xa: ra þÿ x s n p o ¼ s v v z rn; ayioç oöou yvumv xalacaç þÿ m z p a ö S o t u av.. t.
1. » (Muni de tous les sceaux je descends, Pénétrant par tous les Eons. Tout mystère, je veux découvrir Et montrer la forme des dieux Et je vous ferai part de la voie secrète qui s'appelle gnose.) ;_í_ ' _Îí.
_-1_ LA (moss 135 la vierge (mzpôavocl, c`est-à-dire de la Sophia ou du fils et du père (uïoç mu -na'r1|p)- Les noms des gardiens des portes devaient donc être appris par þÿ c S u r , et si l'on considère que le nombre des cieux chez Basilides s'était accru jusqu`à 365 dont le gnostique devait connaitreles noms et les habitants, l'on comprend pourquoi seulement un petit nombre d'élus, qui jouissaient sans doute pour cela d'une considération particulière, purent surmonter ce travail de mémoire.
Il fallait connaître toutes ces choses, autrement il n'y avait point de secours. Dans Pévangile gnostique de Philippe il en est dit: « Le seigneur me révéla ce que l`âme doit dire lorsqu'elle monte dans le ciel et ce qu'elle doit répondre à chacune des puissances supérieures.
Je me suis reconnu moi-même et me suis recueilli de tous les endroits, et je n'ai point donné d'enfantsàl`archonte, mais j'ai déraciné ses racines et j`ai assemblé les membres épars, et je sais qui tu es carj'ai dérivé d"en haut. Là-dessus elle est laissée libre. La venue et le mérite du Christ consistaient donc à avoir apporté la gnose (1). De la connaissance de la gnose dépend la vie et la mort de l'âme.
Parfois nous rencontrons l'idée que les âmes perdues servent de nourriture aux archontes. Cela se trouve le plus clairement enseigné dans les livres Ieû et la Pistis Sophia. Là le Christ commanda à ses disciples=«Cherchez de tout temps et ne vouslasse point, jusqu'à ce que vous trouviez les mystères de la Î. (1) þÿ H S r .
2, 6, IO 2 xa: Xpzctov rourov xatelaôovta xa: öu. favta tor; avûpomozç :iv þÿ ' ï v S m v g ^_._-_._ ____î__._______...____. . _ - _Ji.
_l r É È 1 É þÿ : : : FE-. î ,V ira I! i li :á"l *I ll' Y? 5 ai. þÿ a ¿ : i ,- r36 L,lNlTlATlON lumière qui vous conduiront au royaume de lumière. » Sans mystères, aucun homme ne sera sauvé, toute justice ne le préservera s'il ne possèdepasles mystères; inversement, aucun péché ne pourra luinuire, pourvu qu'à la þÿû n il ait trouvé et maintenu les mystères de la lumière(1). Pist.
Soplz., p. 280, 350 : « Alioquin nulla þÿ e á p a potuisset servari in þÿ x ó a ¼ w quod sine þÿ ¼ u r m p r a z -fap nullus vadetin regnumluminis eí-za öutawç :în peccator (nulle chairnepeut êtresauvée dans le monde saufles mystères,et aucun n'entrera dansle royaume de la lumière qu'il soitjusteou þÿ p é c h e u r ) . : : P i s ! .
S o p I z . , p. 263: « þÿ ' A ¼ n v dico vobis ×'áv lectus Sumoç haud fecerit ullum peccatum omnino haud potest duci in regnum luminis propterea quod signum regni þÿ ¼ u m p í w v non est cum eo; å-mE ånköç non potest duci ape;-4 ad lumen sine þÿ ¼ u f r m p i o t ç regni luminis. þÿ : :Pistis Sophia, p. 390 : Dixit Jesus : « Uniusce modi qui commisit peccata omnia et þÿ å v o ¼ w r ç omnes si reperient þÿ ¼ m - m p m luminis fecerit ea absolverit haud remiserit oûöa peccaverit þÿ x l p o v o ¼ - q u e r Oncaupov luminis. þÿ : : D`après Celsus, les gardiens des portes (öupwpoî) devaient avoir les formes d'un lion, d'un taureau, d'un dragon, d`un aigle,d'un ours,d'un chien et d'un âne.
D`après le diagramme des aphites, qu'Origène cite, leurs noms s'appellent: Michael, Souriel, Raphaël, Gabriel, Thauthabaoth, Erathaoth, Thartharaoth ou Onoel.Sur des gemmes d`Abraxas se trouvent en partie ces noms-ci, en partie d'autres. Quant à leur signification, nous ne la rechercherons pas, comme étant (1) Matter, Hist. du gnost.. pl. 6, 7, 8. . «-Î-*-
Î..._.._ÎÎ_:__ LA @Nose x 37 incertaine. Mais demeurons un instant sur ce qu'il fallait dire aux archontes. Quand l'âme quitte le corps, elle a d'abord besoin de cinq mystères contre les cinq grands archontes de la voie des milieux. Elle va plus loin, arrive chez les douze Éons dans chacundesquels elle estapposée par le Seigneur de cet Éon. Elle en franchitle seuil pardouze autres mystères.
Voilà un exemple de ce qu'il fallait dire à ces Éons : - Lorsque vous arriverez au troisième Éon, laldabaoth et Chouro se présenteront devantvous. Scellezvous de ce sceau (aqmyíç) (en suit la figure),c'est là son nom :zozeaz({¢»Ca¢C)ne leprononcez qu'une seule fois, saisissez ce þÿ p s e p h o s ( I f î ; q : o < ) 3.349 avec vos mains.
Lorsque vous vous êtes scellé de ce sceau et que vous n"avez prononcé son 'nom qu'une fois, dites ces apologies(å1:o).oym):Retirez-vousIaldabaothetChouro, vous archontes du troisième Éon, car j'appelle : zozezaz zaozoz chozoz. ` Alors les archontes du troisième Éon s'enfuiront vers l`ouest, à gauche, et vous monterez en haut.
Quant à Pinterprétation des noms insensés des ar~ chontes,elle l`est tout autant queles noms eux-mêmes, et il faut déjà avoir pénétré profondément dans ces idées pour pouvoir goûter des écrits comme le livre Ieû et même la Pístis Sophia. Que faut-il, par exemple, penser des paroles du Christ qui dit au quatrième livre de la Pistis Sophia: « Aecîoyô, iaô, ôia, psinôthêr, theryôps, nôpsper. Jagourê, pagourê, nethmomaôth, nepsiomaôth, ma- *i_-- .- *Siu 1-«:___`,__,_7__,-.__~Îî_ÎÎî_. .__*__ ,=
1 38 L`lNlTlATlON rachachtha, thôbarabbou, thariachachai, Zorokothora, ieou, þÿ B a b o o t h . : : Au surplus, nous pouvons emprunter encore à des textes gnostiques des mots tels que: bainchóôôch, aboramenthôon , akrammachamarei.
Ou la prière suivante de Jésus : « Et Jésus se tournait avec ses disciples vers les quatre coins du monde et leur ordonna que chacun d'eux place les pieds l'un tout près de l'autre.» _ Puis il prononce la prière: « Iôajazâth azazê asazêth, amen, amen, amen, eiazei,eiazei, eiazeî, aêth,zaêth, zaêth, zazzoôs, amen, amen, amen, azaachazaracha, zaracha, zorbathô, zorbathô, zaraes, zaraei, zaraeí azaracha chazaboracha thazath thazath thazath, amen,amen, amen.
« Exaucez-moi, père, dont je prononce les noms *éternels qui demeurent dans la lumière: azorakaza .amath kratitath, iô, iô, iô, amen,amen, iaôth, iaôth, iaôth, phaôph, phaôph, phaôph, phiôeph, zpê, chenobiuyth, zarlaï lazarlaî laizaï, Amen, amen, amen.
Zazizanach nebenynisph phamon phamon phamon amonnaiamonnai, amen, amen, amen, zazazi etazaza zôzazaza þÿ Z e t a . : : _ (Ieû Il) (D'après Amelineau, Essais sur le gnostícisme, p. 245, suiv., ce livre gnostique est en rapport intime avec le quatrième livre de la Pistis Sophia.) Que le lecteur ne s`imagine pas que ces noms aventuriers soient du grec ou tirés d'une autre langue; ce_ ne sont que des compositions de lettres tout à fait arbitraires. Et d'après la Pistis Sophia les livres Ieû avaient été dictés à Hénoch, furent ensuite cachés
LA GNOSE V 139 sous un rocher du mont d'Ararah et þÿû n a l e m e n t d é c o u - verts par le Christ, qui les communiqua à ses disciples. Et, par un semblable galimatias, des anges .se laissent imposer et prennent la fuite. v_ La connaissance de ces sceaux est transmise pendant l'initiation dans les mystères.
Tous les mystères agissent par leur simple administration ; ils procurentà Phomme le signe de son appartenance au règne des mystères et par là le protègent contre toutes les poursuites. Par là on peut assurer à un défunt, même s'il est mort sans foi, Fascension de l`âme, lorsqu'on prononce au-dessus de sa tête le secundum þÿ ¼ u c - m p m v þÿ _ p r í m z ` ¼ u u - m p w u . (Pístís Soph.. p. 238).
Lorsqu'un autre se trouve déjà dans la « dure peine » des archontes, ou même dans la caligo externa, les bas-fonds de l'enfer, les siens peuvent toujours encore lui procurer du secours, pourvu qu'ils accomplissent pourlui le mystère nécessaire (Pístis Soph., p. 239, 325, suiv.).
La position prédominante que les mystères occupaient, non seulement dans le gnosticisme, mais en général dans les formes des cultes de l'ancien monde, nous oblige à une petite digression sur ce sujet, d'autant plus que þÿ P i nû u e n c e des mystères se fait sentir au loin dans le christianisme clérical. L'origine des mystères est basée sur une extension des cultes de famille, qui peu à peu s'<-Stendirent sur toute une génération et les cívitas.
Les rites furent sévèrement gardés en secret vis-à-vis de tous ceux du dehors. Ils furent en rapport avec des divinités clithoniques et se rapportèrentpar là aux trépassés habitant les enfers et à la croyance de l'àme en géné- «- Î--* .ln
K I ' þÿ : 1 rf I i ï . 3 I gl , 2 ! 5 , 5 . fi Q ? x40 A L.'mmA'r1on ral.Les plus célèbres furentles mystèresde Samothrace. Les grands mystères d'Eleusis se célébraient annuellement au mois de septembre. La fête,qui durait huit jours, prenait son commencement à Athènes et s'y terminait également. Le premier jour était marqué par l`annonce solennelle des hérauts (vrpoÿpmnç) et la réunion des « mystes » þÿ ( å y u p ¼ o c ) .
Le second jour, dénommé d'après l'appel qu'on faisait entendre ähöe þÿ ¼ ú - : < m , l e s « Mystes þÿ : :se rendaient en cortège commun (-F; &').¢8s ëkaaie) aux lacs d'eau salée surla côte, dans les environs de la métropole, dans lesquels se passait, sous la direction du ùöpavóe, la purification des néophytes. Les jours suivants on faisait des sacrifices, probablement dans l'Eleusinium d'Athènes.
La partie la plus brillante de la fête formait le cortège solennel de Iakchos, qui prenait une journée entière et où, sous des plaisanteries extravagantes, la statue de lakchos était conduite du Iakchaion d`Athènesà Eleusis.
A cela se joignaient les initiations et les saints -mzwuxíöec fêtes nocturnes) d'Eleusis, dans lesquels, dans le grand temple des mystères contenant plusieurs milliers de personnes, se jouait le saint drame sous les yeux des époptes. Ce n'était qu'à une seconde visite des solennitésd'Eleusis qu'onétaítadmisà l'époptie.
Il se passait donc pour le moins l'espace d`un an et demi pour arriver à l'époptie,car la réception de l'initiatîon éleusinique n'était possible qu'après avoir pris part aux « petits mystères þÿ : :d`Agrée,qui se célébraient au printemps. Ce que l'on se promettaitdesinitiations c`était un heureuxsort dans l`autre monde. De bonne heure déjà se répandait l'idée que dans i l !_ -k
LA GNOSE J 141g les éleusines, caché par des symboles mystérieux, le dogme de Pimmortalité de l'âme avait été révélé. Au xaûoâoq, chemin qui conduit en bas, de Persephone et à l'åvo5oç de Korê, chemin qui conduit en haut, le sort de l`âme était mis en rapport. La survivance de l'àme après la mort en une bienhèureuse union avec .les dieux, c'était « la belle espérance » sans cesse vantée comme fruit de l`initiation éleusique.
La chose principale y était sans doute des représentations scéniques à côté des annonciations du hiérophante et des révélations subjectives comme elles se produisent sous þÿ P i nû u e n c e du mystérieux. Ainsi, Aristote remarque que pour le « Myste » il s'agissait. moins d'apprendre quelque chose que de s'impressionner et de se mettre en un état particulier (1).
Dans les mystères de Samothrace et leurs « Kabires þÿ : :prédominait, à en juger d"après les fouilles, le caractère clithonique du culte encore bien plus. ljantiquité elle-même divisait la solennité des mystères en trois actes: en rites de þÿ p u r iû c a t i o n , d'ínitiation, d"époptie (xaôapciç, y.*5~qczç, åwtowrsia). Sur le caractère de l'antiq_ue cathartique on ne doit pas se faire de fausses idées.
Il s'y trouve moins un discernement moral personnel et le désir d`une puriþÿû c a t i o n de la conscience par des exercices religieux, que plutôt l'opinion que l'homme, sa maison, son feu, son eau sont souillés par d'invisibles puissances démoniaques.
Les ablutions (eau bénite), les fric- (1) Synesius de Cîthère : Apwtoralqç þÿ å a i o v . rouç þÿ : s t s l s c ¼ s v o u ç ov þÿ ¼ z û a w 1: öetv þÿ a l l a ¼ a ö u v , xa: þÿ ö i a t eû û v a v . þÿ y w o ¼ s v o u ç Below: emön ôezouç. """ÖL .nm
1 42 _ L'lNlTlATlON tions,les fumigations sont donc faites dansl`intention d'enlever ou d`anéantir une réelle souillure extérieure þÿ ( ¼ u a ¼ m ) . Il s'agit, exprimé en langage moderne, d`une espèce de désinfection. Oui, le corps même souille l`âme, c'est une prison, une tombe pour l'åme; la vie terrestre, une punition pour des fautes précédentes (Platon, Crat., 400, s., þÿ P l z S d . , 70, s.).
Par l'abstinence de certains mets et des cérémonies, on obtient d'abord la pureté rituelle qui est la première condition pour obtenir l`initiation. Pendant cette cérémonie on transmettait þÿ d ' eû i c a c e s formules, qui devaient assurer aux morts un accueil favorable de la part du prince du Hadès. De là aussi l'usage de mettre de ces formules dans les cercueils (1).
Celui qui a été ainsi initié est pur (xaûapoç, þÿ 8 ¬ u : ç ) et peut après la mort, délivré du cycle de naissance, habiter le Hadès avec les dieux en bienheureuse jouissance avec les initiés, lui-même un dieu immortel. V Le parallèle avec ce qui a été dit plus haut des initiations gnostiques est évident. Dans les mystères de Dyonisios-Sabazios nous retrouvons également le serpent sacré des gnostiques ophitiques.
Comme paradmigma à l'initiatíon gnostique, on transmettait alors aussi des formules secrètes þÿ ( w ¼ ô o k a þÿ c u vû n ¼ a t u ) . Dans certains mystères, les initiés recevaient aussi (1) Comparetti : Journal ofhelleníc studies, 3, 111-1 18; Keibel : Inscrip. þÿ g r S c . , 682, publient de ces tablettes. -
LA GNOSE l43 de petits objets symboliques,qu'ils cachaient soigneusement à tout regard profane (il. De l'époptie, nous savons qu`elle se célébrait nuitamment dans le temple des initiations, brillamment éclairé, et se composait de représentations dramatiques de l'antique légende du culte.
Les chants sacrés, les représentations du lieu des bienheureux, les proclamations du hiérophante, les statues des divinités resplendissant d'une lumière divine, tout cela. devait produire dans les assistants des impressions accablantes, mélangées d'une sainte frayeur et de joyeuse béatitude.
Comme appartenant à la sphère des sentiments religieux et non à la connaissance intellectuelle, les idées à gagner dans les mystères n'ont donc rien de ferme et de positif, elles se trouvent plutôt elles-mêmes dans une sphère de mystérieux clair obscur qui caractérise la solennité des mystères et peuvent être interprétées diversement suivant l`élévation de la connaissance religieuse de chaque particulier (2).
Précisément cette obscurité était d'un attrait irrésistible, et précisément cette ambiguïté et cette élasticité donnaient à chacun la possibilité d'y trouver satisfaction. Les uns se contentaient des impressions que des actes mystérieux, profondément significatifs, s'accomplissent devant leurs yeux, tandis que les plus instruits, surtout les philosophes, à l'aide d'explica- -_:Î__.. (1) Clement. Alex. Prob. 2, 21, suiv. Firmic. Mah., 18; Apolej.
Apol. de Magia, 55, 56. (2) Rhode, Psyche, p. z66; Euseb., þÿ p r S p . cv., Ill, iz, Plat. legg., VII, 84, c. * `~«u-_. -%~
¿_ È I 1 l Ê, È. LI þÿ ¼ å ¿ . il 1 i 1 l . PN Î. v /- I44 L'lNlTIATl0N tions allégoriques, retrouvaient leur propre connaissance et leurs idéales dans ces vieux mystères. Dans les temps de l'empire romain on arriva peu à peu à la vénération de Pantique, du passé : Vetustas adoranda est (Macrob., Saturn., III, 14, 2).
La religion de N uma, de Linus et d'Orphée, Pythagore, la sagesse d es prêtres de l'Égypte, des brahmes et des Chaldéens, des Perses passèrent pour des sources de la plus haute sagesse. De la sorte, l`ancienne religion dans l'empire romain se trouvait mélangée d'une quantité d'éléments hétérogènes. Ainsi nous trouvons les mystères d'Isis et de Serapis à côté du service de Mithras.
De la fusion d'éléments grecs et orientaux surgit la magie surtout en Égypte (1). Les grimoires retrouvés montrent à quel point les pratiques magiques étaient marquées du caractère des mystères.
Nous y retrouvons non seulement la terminologie des mystères tellement que les rites magiques deviennent þÿ ¼ m m g p m , mystères, et Tek:-rat, consécration, initiation, mais aussi la défense du þÿû d e s silentii, les -npoa-yvewzc, puriþÿû c a t i o n préliminaire, þÿ e t mû a p c t ç , épuration, qui devancent les cérémonies magiques. Les lignes de démarcations entre les mystères et la magie þÿ s ' eû ` a c e n t ainsi peu à peu.
A cela se joignaient les conditions politiques et sociales du temps et particulièrement la tendance spirituelle qui en résultait et qui trouvait dans la philosophie néo-platonicienne son expression. L'on soupirait après la rédemption; mais lempêchernent d'une (1) Wessely: Giechische faubcr papyri, Paris et Londres.
LA Guosxs 14.5 union avec Dieu, c'étaít l'impureté : de là cet idéal de pureté de ces jours, et la cathartique ainsi que les mystères la pratiquaient; de plus, le culte des démons, le terrain pour la gnose, était préparé pour ce compromis entre les anciennes formes du culte et le christianisme se développant. Sans être obligé de quitter quelque chose de l'ancien, on voulait avoir le nouveau : le christianisme aussi était mystère et magie.
Maintenant que nous avons fait voir les rapports de la gnose avec l`astrologie, la magie et les mystères, il ne reste plus qu'à considérer ses relations avec le christianisme, et cela moins du point de vue de l'Église que du point de vue biblique.
Lorsque, çà et là, la Bible parle d`astrologie et de magie, de nécromancie et de goétie, ces choses sont si étrangères à sa tendance, si absolument étrangères et par cela condamnées et tenues en horreur, que nous n'avons pas de paroles à perdre là-dessus.
Nulle part dans les saintes Écritures, il n'est question d'esprits des planètes et de princes du cercle zodiacal qui attaquent les âmes trépassées, pas même d'une course de l'âme à travers les éons, encore moins d'une þÿ e tû - cacité de paroles sans aucun sens sur des puissances ennemies.
Ces idées se basententièrement surdela magie et de la goétíe antique païenne, sont des spéculations et des égarements parents à la pratique se prolongeant en partie jusque dans les temps modernes, et se servent de la Bible comme d'un grimoire. Tout autre, par contre, la-position envers le Christ 10 ~¢"l|, wir.
146 L'lNITlATl0N et þÿ l ' S u v r e rédemptrice. Suivant Penseignementgnostique, la puissance rédemptrice se trouve dans la gnose même, dans ses initiations et ses mystères. þÿ L ` S u v r e du Christ consiste exclusivement dans ceci d'avoir apporté la gnose au monde.
« Sans les mystères, personne ne pourra parvenir au règne de la lumière, que ce soit un juste, que ce soit un pécheur þÿ : : , et la dureté d'un tel enseignement avait pour tâche d'adoucir parce qu'on enseignait que le juste trouvait les mystères dans une seconde existence et que, par Yaccomplissement des mystères, on pouvait délivrer aussi des morts pécheurs.
Si donc la gnose se propose, comme but suprême, de procurer aux hommes la vie éternelle et le salut éternel, elle le fait assurément d'une tout autre manière que l'Évangile.
Par là que le gnosticisme est avant tout culte et appuie principalement sur des cérémonies liturgiques, auxquellesil attribue un caractère d'efíicacité rédemptrice, il se trouve entièrement dans des vues antiques païennes et se trouve en opposition avec le christianisme qui est une religion en esprit et en vérité, et ne connaît point d'autre salut qu`en Christ.
Mais la gnose enseigne que les initiations procurent le salut, « car il est impossible d'arriver au Pleroma d"une autre manière (1r., I, 14) ; par elles on obtient la perfection (Ir.,l, 14, 1), le.rétablissement (ånom-menaaze), la robe céleste (P/zilos., V, 19, p. 206). » D`après la Pistis Sophia, qui distingue plusieurs degrés de béatitude, chacun ne parvient qu'à l'endroit du royaume dont il a reçu les mystères. (Pistís Sophia, 233, zou.) 9
ÎF» LA ouoslz 147 A celui qui a reçu le mystère suprême, toutes choses sont accessibles, il possède le salut parfait et régnera avec Christ éternellement (476,suiv. chez Wessely, loc. cit.). Cette manière de voir vient de la foi dans la puissance sacramentelle des rites liturgiques et de cet enseignement, nous prétendons qu'il est non biblique. Pour preuve nous ne citerons que Pargumentation de l'apôtre Paul.
Comme les Juifs en appelèrent à la circoncision dans la conviction que le simple accomplissement de ce rite les rendaient enfants d'Abraham et par là héritiers du règne de Dieu, Paul fait l'argumentation suivante : « Car nous disons que la foi d'Abraham lui fut imputée à justice. þÿ : :Mais, quand lui a-t-elle été imputée ? Est-ce après qu'il a été circoncis ou lorsqu'il _ne l`était pas?
Ce n'a point été après qu'il eut reçu la circoncision, mais ç'a été avant qu'il l'eût reçue.
Puis il reçut le signe de la circoncision comme un sceau de la justice qu`il avait obtenue par la foi avant que d'être circoncis, afin qu'il fût le père de tous ceux qui croient et qui ne sont pas circoncis, let que la justice leur fut ainsi imputée; et afin qu`il fût aussi le père de ceux qui sont circoncis, savoir, de ceux qui ne sont point simplement circoncis, mais qui suivent les traces de la foi que notre père Abraham a eue avant que d`être circoncis.
En þÿ eû ` e t la promesse d'avoir le monde pour héritage n'a pas été faite à Abraham, ou à sa postérité, par la loi, mais elle lui a été faite par la justice de la foi (Romains, lV, 9-13). Parlà il est donc clairement dit que le' rite de la
148 I.`lNl'l`IATl0N circoncision n'était qu`un symbole extérieur, une cérémonie pour un acte de grâce déjà obtenu, mais jamais qu'Abraham ait été justifié par la circoncision. Car commeil dit (Romains, Il, 25) : « Il est vrai que la circoncision est utile, si tu observes la loi. mais si tu es transgresseur de la loi, avec ta circoncision tu deviens incirconcis.
« Si donc l'incirconcis garde les commandements de la loi, ne sera-t-il pas réputé circoncis, quoiqu'il soit incirconcis P « Et si celui qui est incirconcis de naissance accomplit la loi, il te condamnera, toi qui, avec la lettre de la loi et la circoncision, est transgresseur de la loi. « Car celui-là n'estpas juil,qui ne l'estqu'au dehors; et la circoncision n'est pas celle qui se fait extérieurement dans la chair.
" _ « Mais celui-là est juil,qui l'est au dedans; et la circoncision est celle du þÿ c S u r , qui se fait selon l'esprit et non selon la lettre; et ce juif ne tire pas sa louange des hommes, maisil la tire de Dieu. » (Romains, ll, 25-29).
Ainsi est-il dit que la cérémonie rituelle, donc le mystère, ne peut avoir aucune valeur sans Pessence; mais Fessence existe bien aussi sans cérémonie, de telle sorte que l'élu seulement de parole c'est-à-dire l'initié, est rejeté, tandis que celui qui, selon l'essence, appartient aux enfants de Dieu, sera sauvé aussi sans mystère.
Dans l'épître aux Collossiens et aux Ephésiens, Paul transporte ces mêmes principes sur le baptême, comme la parallèle de la circoncision moïsiaque dans la nouvelle alliance : la circoncision du þÿ c S u r . Voilà _ 3 þÿ , aû í a 'TIF
.._......-.× ......... .-_.. ,.,1 LA GNOSE 149 donc expressément þÿ a fû r m é que des actions rituelles n`ont de valeur que lorsqu'elles scellent comme action symbolique une gràce déjà reçue; autrement elles sont sans valeur. A cela appartiennent également les jeux avec les noms de Dieu qu'on traitait comme une sorte de formule magique et qu'on croyait doués de forces magiques.
Mais, suivant cette théorie,on obtient dans le gnosticisme, tout comme dans la magie païenne, une puissance par une partie importante des initiations que communiquent la connaissance de noms, de formules et de signes secrets auxquels cette puissance est inhérente et par l'applícation desquels elle peut être mise en mouvement à tout moment.
A cela appartiennent tout spécialement le dicere mystère et le facere mystère dans la Pislis Sophia ; à cela toutes les formules, nombres et signes qui garantissent les âmes s'élevant au pleroma des attaques des archontes ennemis : tout cela des notions trouvant leur parallèle dans la magie païenne. Mais devant de telles choses un chat ne se sauverait pas; à plus forte raison un génie planétaire.
Ce que nous avons dit du baptême se rapporte également à 1'eucharistie.
Nous voulons bien admettre, au þÿ b é n éû c e des auteurs des traités gnostiques, qu'ils ont cru au vrai miracle de la transformation en la þÿ å t ¼ a r ó ö n þÿ S u v a ¼ t ç de Hyppolite et å son þÿ å : <GetovrtMais qu'on se soitservi du vin et de 1'hostie comme agents de forces divines dans le genre des amulettes... ce n`était point chrétien dans le sens biblique, mais c'était de la magie païenne. De pareils tours contre- . «ann V
F l' Î I F , B l Î :V ' ;. Î Tl a 150 LVINITIATION disent la saine raison et la science, mais avant tout aussi la vénération de l`Eternel, du Saint, du Tout Grand, car autant les cieux sont élevées par-dessus la terre, autant ses voies sont élevées par-dessus nos voies, et ses pensées par-dessus nos pensées.
Nous ne nous étcndrons pas davantage sur les mystères particuliers et sur leur rite extérieur; ils furent tous compris comme mystères rituels et formèrent un système dïnitiations mystiques. Dans l'église générale, ces vues ne prévalurent qu'à partir du 1v° siècle.
Ce n'est qu'alors que la foi fut considérée sous le point de vue du mystère, que le baptême et la sainte cène furent considérés et exposés comme mystères rituels, que le pardon des péchés est transformé en une þÿ p u r iû c a t i o n magique et que le baptème devient le viaticum mortis, et les éléments des sacrements sont exposés comme doués :le réelles forces célestes.
A toutes ces choses le canon du nouveau testament n'attribue qu'une þÿ s i g n iû c a t i o n secondaire et appuie principalement sur la conduite chré~ tienne comme dérivant de la connaissance de la vérité qui puriíie et qui libère et þÿ q u i s a n c t iû e (Jean,VlIl, 32; XVII, 19) et par Fincarnation de Christ en nous (Co1l., Ill, 7, 65; Romains,VIlI, io, 25; Gal., II, zo).
La Gnose est bien un phénomène intéressant au point de vue de l'histoire des cultes et une riche mine pour l'occultiste, mais ce n'est point du christianisme évangélique. Elle essaye bien dans un temps de fermentation de réunir en un système, paganisme, judaïsme, christianisme, mystique orientale et philosophie hellénique; si elle échoua, ce fut moins parce _
- LA GNOSE 151 qu'elle succomba à ses ennemis que parce qu`elle n'était pas viable. L'homme d`aujourd'huí a besoin d'une religion plus adaptée à la raison. C`est bien dans l'essence des choses divines qu'elles soient au-dessus de la raison, mais non qu'elles soient déraisonnables. Elles se trouvent dans la ligne de projection de notre intelligence, et l'instrument qui rrous les rapproche. ce sont les motifs de nos actions et non la foi.
Nous voulons obtenir le salut, non par des rites de vertu magique et par des sorcelleries, mais par l'esprit au Christ et par la puissance de Dieu, þÿ aû n quelui seul soit þÿ g l o r iû é , lui qui est le « chemin, la vérité et la vie ». (Jean, XIV,6.) Car personne ne peut poser d'autre fondement quecelui qui a été posé, lequel estlésus-Christ. (Cor., III, ll.) Et il n'y a point de salut en aucun autre; car aussi, il n'y a sousle cielaucun autre nom qui ait été donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés (Act., IV, 12). D' H. FREY. '}', . _ _ ____ _____;ÿ___ ___ __ __.Îi "*"*
_% Au Pays des Esprits (Suíle.) Si j'avais été assez de sang-froid pour remarquer les détails de la triste scène qui se déroulait devant moi, je me serais certainement aperçu de l'extraordinaire dépression mentale d'Hélène Laval, autrefois si maîtresse d'elle-même. Ses yeux brillants noirs þÿ d éû a i e n t encore, mais elle s'efforçait vainement de protester de son innocence.
Une volonté plus puissante que la sienne la maîtrisait, et, tant que le Byga la toucha, elle ne put que jeter des regards furieux sur ceux qui Penlouraient, sans réussir à émettre un son intelligible. Quant aux brahmines, ils me connaissaient et avaient þÿ c o nû a n c e en moi.
Mon ami Nanak Rai était parmi eux, et le petit fakir Nazir allait de l`un à l`autre expliquant ce qu`était réellement Hélène Laval et les cérémonies magiques qu'elle pratiquait avec sa þÿ s S u r Anine; dans le but de me vaincre et de perdre Blanche Dudley. _ C'est ma þÿ s S u r qui a tout fait, cria impétueuseF' xr* " AU Plus mas iasmurs 153 ment le petit fakir. Hélas, hélas, le sang de NazirSahila coule dans les veines d'une chandala.
Oh! mes pères! continua-t-il en gesticulantavec énergie du côté des jardins, il y a encore du malheur pour les innocents. Cachez la pauvre dame, chevalier, cachez-la si sa vie vous est chère, voici son oncle conduit par Perrault, ce þÿû l s de Sudra. Ils viennent avec des torches, pour chercher l'absente que Perrault sait bien où trouver. C'est trop tard! ajouta-1-il en se laissant tomber sur le sol. L`ennemi est sur nous!
En effet, le vicomte þÿ R . . . : accompagné par Perrault et un neveu, pénétra dans la chambre. Lady Blanche, je l'appris plus tard, était absente depuis ro heures du soir. . 'Sachant combien elle aimait se promener dans les jardins au clair de lune, des domestiques avaient été envoyés dans toutes les directions pour la chercher. Les heures passèrent en infructueuses recherches.
Vers 1 heure du matin, Perrault, pensant bien que le plan infâme de sa þÿ s S u r devait être sur le point de s'accomplir, se présenta au vicomte, simula un ardent désir de lui être utile et lui þÿ a fû r m a avoir appris d'une femme vendant nommée Anine que le chevalier de B... avait attiré par des charmes la malheureuse jeune þÿû l l e à sa résidence et que, en cé moment, elle devait y être encore.
Le porteur de cette mauvaise nouvelle faillit y être tué par le fier gentilhomme que l'annonce de ce qu"il jugeait être une honteuse calomnie avait rendu furieux. Mais, quand Perrault eut échappé à la première colère, le vicomte appela un de ses neveux qui était / _ 0
154 L,lNlTlATION chez lui en ce moment, et lui demanda son avis. Il fut décidé que Perrault devait prouver sa véracité ou payer pour son mensonge. Ils le forcèrent à entrer dans leur voiture et partirent au galop vers ma villa, trouvant encore l`allure des chevaux trop lente pour leur impatience. Telles étaient les circonstances qui vinrent aug~ menter mon malheur dans cette nuit fatale.
Certainement, c`est aux pouvoirs du Byga, à la calme, ferme amitié de Nanak Rai que je dus d`échapperà la folie, pendant ces heures d'épreuves. L`humanité et l`ascendant de ce dernier sur moi m'empèchèrent certainement de tuer Hélène Laval et son intâme frère.
La force de caractère du brahmine, la présence pleine d'autorité et la claire explication qu'il donna rapidement des faits me sauvèrent la vie, car le vicomte était bien résolu à la þÿ s a c r iû e r , l o r s q u ' i l eut la certitude que Blanche était dans ma chambre. - Soyez tous calmes, commanda le bon brahmine, et écoutez ce que j'ai à vous dire.
Alors, en un langage simple et chaleureux, il résuma le récit du fakir, décrivit les pratiques de magie de Mme Laval et þÿ a fû r m a mon entière innocence. ll þÿ d éû a Mme Laval ou son frère de le contredire, et, ces misérables restant silencieux, il montra Finfortunée jeune þÿû l l e , encore en somnambulisme, et étendue sur le divan où je l'avais placée.
M'écartant doucement, ce brave ami, qui était très habile magnétiseur, la prit tendrement par la main et la placa debout au milieu de nous. encore inconsciente de son état. Sa fatigue visible, ses vêtements déchirés, ses sou_ __ _
AU PAYS nas Esvmrs 155liers tachés de sang, ses cheveux défaits et l`indescriptible expression d'innocence répandue sur ses traits, l`idée que cette malheureuse enfant avait fait plus de sept milles dans un pays accidenté au milieu dedangers effroyables, 'toutes ces circonstances combinées eurent l`effet qu'en attendait le sage mystique.
Le vicomte se cacha le visage dans ses mains, les bons brahmines murmurèrent quelques paroles de pitié et l"impit~oyable enchanteresse elle-même fut émue. - A ce moment, un étrange phénomène eut lieu. Au-dessus de cette jeune tète ensoleillée, si touchante dans son innocence et son malheur, apparut. une légère lueur, une étincelle qui aurait pu dispa. raître dans ses cheveux bouclés.
Puis cela augmenta, s`épandit et devint bientôt un lumineux halo qui finit par former une couronne glorieuse au-dessus de la somnambule. J'ai fréquemment entendu des spirites décrire la beauté des lumières produites par les esprits.
Je ne sais pas ce que peuvent avoir été leurs expériences, mais je suis sûr de n'avoir jamais* contemplé un phénomène de cette sorte si directement en contact avec une mortelle; jamais un signe aussi net. d'une présence angélique n'a produit sur les témoins une impression si profonde et si sainte.
Au milieu des exclamations qui accueillirent l'apparition de la lumière, le brahme dit doucement : « Blanche, mon enfant, pourquoi êtes-vous venue ici ? Répondez comme si vous étiez en la présence de votre Dieu. - ELLE est devant son Dieu, répondit une voix étrangère par la bouche de Lady Dudley toujours en
156 i.'iM'r1ATroN trance. Son esprit est avec les anges, et un être plus fort qu'elle va vous répondre.Voici pourquoi elle vint en ce lieu. þÿ : :- En disant ces mots, Blanche s'avança lentement vers la forme voilée d'Hélène, tenue fortement par un des brahmes, czm ua BYGA Ériur mari.
D'un geste plein d'autorité. elle enleva le voile de Mme Laval, et d'un ton profond et pénétrant : - Répondez, Hélène de Laval, pourquoi avez-vous attiré en cette chambre Blanche Dudley ? Par quel pouvoir et dans quel but? Répondez! car vous êtes en présence de votre Dieu.
Nous éprouvâxnes tous un frisson de terreur lorsque nous vîmes la frèle créature, qui semblait maintenant grande et majestueuse, s'approcher de son mauvais génie pour le confondre. - Qu'ai-je fait? murmura la sombre sybille, qui succombait évidemment à son tour sous la volonté de son ancien sujet. -- Dites la vérité, Hélène; répondez, répétait la belle extatique d'une voix qui þÿû t tressaillir son ennemie. * - Je l'ai attirée par ma volonté, répondit l'enchanteresse, comme si chaque mot lui était arraché par la torture. - Pourquoi P rugit le vicomte ; répondez, maudite sorcière 1 Hélène ne l'entendit pas.
Elle était complètement au pouvoir de celle qui la magnétisait, et tous ses sens lui étaient soumis. ` - Quel était son but, répéta Blanche en se tournant vers le vicomte avec une douce dignité, pouvez- :Î
I AU PAYS mas i«:sPRi1's 157 vous encore le demander ? Ne savez-vous pas qu`elle voulait détruire la réputation sans tache de sa victime ? -Qu'elle avoue son crimel þÿ d i tû u n des Brahmes. - Assez de paroles ont été dites pour écraser la coupable et r þÿ j u s t iû e r Pinnocente, interrompit la voyante avec une inexprimable douceur mêlée de commandement.
« La vengeance m'appartient, dit le Seigneur, et c'est moi qui récompense. þÿ : : Alors, cessant d'étreindre le bras de Mme Laval, elle joignit les mains et, levant vers le ciel ses yeux extasiés, elle murmura avec une expression impossible à décrire : « Pardonnez-nous nos þÿ oû ` e n s e s , comme aussi nous pardonnons àceux qui nous ont þÿ oû ` e n s é s . þÿ : : Le halo þÿ s ' eû ` a ç a progressivement.
Nanak étendit le bras pour recevoir la jeune þÿû l l e . Sur un signe de moi, il la souleva de terre et la porta jusqu'à la voiture du vicomte, qui attendait au dehors. A ce moment, comme poussé par Pindignatíon, le fakir Nazir s'écria en montrant Hélène, qui nous regardait toujours avec une expression de rage et d'audace : « Quelle femmecruellel Elle mérite la condamnation des hommes et les jugements de Brahma !
Je ne sais si elle a accompagné longtemps sa malheureuse victime, mais je l`ai vue dans sa voiture pendant que la jeune dame marchait avec peine' sur la route pierreuse, derrière elle. ; Ses vêtements 'étaient trop légers pour l`abriter, et ses pieds ensanglantés paraissaient à travers ses souliers déchirés.
Elle allait comme endormie, toujours en avant, pendant que cette femme, penchée à la portière de son carrosse, lui faisait des signes de la main et se moquait d'elle. - Jel'entendis
F i I 1 1 1 l .1 1 Ê ,n 4 1 V 1trI f 1 5 8 IÎINITIATION crier: « Plus vite, mon gentil oiseau, plus vite! Je vous emmène vers votre fiancé, petite pureté, et nous aurons un beau mariage avant que les étoiles aient disparu!
On saura que la belle Lady Blanche Dudley s'est offerte à un amant mal disposé avant qu'un autre soleil ait éclairé sa tête déshonorée l » J'ordonnai au fakir de se taire, le menaçant de lui demander pourquoi il n'avait pas défendula malheureuse victime. Quelques Brahmines prirent amicalement congé de moi ; d'autres restèrent pour m'ofl`rir leurs services.
Laissant alors le frère et la þÿ s S u r sous la garde de mes amis, je sortis pour chercher Nanak, que je trouvai accoudé à la portière de la voiture, essayant deconsoler Blanche,qui, maintenant réveillée, pleurait amèrement.
Le repoussant doucement, je m`élançai dans Pintérieur, et, m'asseyant à côté de mon amie, je l'entourai de mes braset je murmurai : « Ma Blanche, voici Paurore du jour où vous partirez, non pour rentrer chez votre père, mais pour pénétrer dans la demeure de votre époux 1 « Que vos femmes vous habillent de blanc, ma chérie, qu'elles placent dans vos cheveux les þÿû e u r s que je vous envoyai.
A 8 heures, ce soir, je serai près de' vous, et devant vos amis et vos ennemis vous me donnerez le. droit de vous défendre contre le mal qui pourrait vous atteindre, tant que nous vivrons sur terre. » - Quelques mots encore de consolation et de promesse, et je la quittai : ,. - Votre voiture vous attend, madame, dis-je à Mme Laval, que je rencontrai sur le seuil, pas un mot! Voici votre place.
.-' - .¿. - ` AU Plus mas Esriurs 159 Mes serviteurs la poussèrent dans l'intérieur, et le cocher partit. * - Pas si vite, monsieur, ajoutai-je, en voyant Perrault courir après l'équipage, qu*il essayait d'arrêter. - Laissez-moi, hurla-t-il, comme je le saisissais. Vous ne voulez pas me tuer? A l'aide! on m'étrangle, on m'assassine. - Que faites-vous, Louis P s'écria Nanak, essayant vainement de m'arracher le misérable.
Laissez-le, n'obcurcissez pas votre âme pour cevermisseau! Je vous le commande par un mot auquel vous devez Yobéissance. Le mot fut dit et me désarma. « ll ne perdra rien pour attendre! murmurai-je, car tout le sang hindou qui coulait dans mes veines se révoltait contre ce lâche à qui je voulais faire payer son crime et celui de sa þÿ s S u r . Le vicomte et son neveu intercédèrent aussi pour le poltron.
Je me contentai de le lancer sur un buisson d'épine et je lui commandai de se souvenir que l*heure de son châtiment était encore à venir. Cette nuit même, à 8 heures, j'étais le mari de la douce, pure, innocente Blanche Dudley; son oncle se déclara satisfait, et le þÿ c S u r de la pauvre jeune þÿû l l e ressentit þÿ e nû n la plus grande joie qu'il eût encore éprouvé sur la terre.
Quant à moi, je dis adieu à tous mes espoirs de vie dans les étoiles, aux mystères de l'occulte, à mes rêves d'évolution spirituelle, à toutes mes recherches dans le royaume de la gloire divine. Espoirs, aspirations, tout fut brisé, et tendrement, *Ga 'H'-«Ill»-__
x 60 L'iNxrr,n'xoN [x<ovemBR.r-: sincèrement, je me préparai à remplir de mon mieux les nouveaux devoirs que l'honneur et la pitié m'avaient imposés. CHAPITRE XXV LE JOURNAL DE BLANCHE Ce fut juste neuf ans après avoir quitté mon cher ami John Cavendish Dudley, que j'épousai sa fille chérie.
Je savais que cet événement comblerait ses þÿ v S u x et. quand je l'écoutais se plaindre de ce qu`il ne pouvait pas espérer me nommer un jour son fils, je ne me doutais guère que je retournerais vers lui avec ce titre. J'avais résolu d'employer une année à terminer toutes les affaires qui pouvaient me lier encore au pays de ma naissance.
Pendant huit mois, je passai donc mes journées àces arrangementset aussi à essayer de rendre heureuse la douce, aimante créature que j'a'vais prise dans mes bras, sinon entièrement dans mon þÿ c S u r . Dieu seul sait combien complètement elle méritait le don de mon þÿ c S u r , de ma vie, de tout le bonheur que l`existence terrestre peut donner en retour de ses pures tendances et de l'amour unique qu'elle m'avait voué.
Nous devions partir vers la fin de l'année. Cela était indifférent à Blanche, pourvu qu'elle fût avec moi. Suivre le mouvement de ma main, devancer le regard de mes yeux était toute Foccupation de sa vie. Cela
1902] AU PAYS DES Esmurs ~ ' 161 ne veut pas dire qu'elle manquât d`intelligence. Au contraire, sa vive imagination aurait dépassé celle de son époux, si Padmiration passionnée qu'elle ressentaít pour lui, et sa modestie n'avaient volontairement éclipsé ses brillants pouvoirs mentaux. ~ Huit mois s'étaient donc écoulés lorsque je fusobligé de me rendre dans une province éloignée. Ma chère femme ne m'avait pas quitté depuis notre mariage, mais je ne pouvais éviter ce voyage et il était impossible de l'emmener avec moi. Les ennemis abhorrés auxquels je ne devais que ma haine, et qui avaient malgré eux causé mon mariage, n'étaient pas venus troubler ma vie depuis la terrible nuit décrite dans le chapitre précédent. J'avais su seulement que Mme Hélène s'était þÿ a fû l i é e à une nouvelle secte religieuse qui venait de paraitre et que son infâme frère avait réussi à obtenir une bonne situation þÿ o fû c i e l l e . Aucunchagrin n'avaittroubléle bonheur de Blanche. Son oncle et sa tante étaient þÿû e r s d ' e l l e et nous priaient souvent de venir chez eux, mais Blanche préférait, la demeure de son époux. Mes fakirs l'amusaient avec leurs merveilleux phénomènes, et ces impassibles ascètes ne pouvaient s'empêcher de sourire, et leurs yeux voilés s'éclairaient malgré eux lorsque le rire perlé de la joyeuse fée résonnait à leurs oreilles ou lorsqu'elle frappait l'une contre l'autre ses petites mains pour les remercier de leurs tours de force. Mais revenons, tournons ensemble les pages du seul souvenir qui me reste du dernier acte de ma vie dans l'Inde. Ce souvenir est le journal écrit par Blanche, qui semblait pressentir son utilité future et Il þÿ * " * : ~ .We , ___e n_...¿1..;.
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L 1 1 1. i 162 i.'m1'ruu'1oN deviner qu'il serait un jour le silencieux témoin de ce que nulle lèvre mortelle ne pourrait dire. Je le trouvais dans la solitude de la chambre froide et vide d'où la vie avait fui, où le soleil s`était éteint, où le rire joyeux, la voix merveilleuse avaient cessé pour toujours.
Voici les passages qui ont rapport à la crise. dont je parle : Janvier lo-18. - Oh ma chère mère, combien je désire que vous puissiez me voir maintenant P Chères þÿ s S u r s , je crois que vous seriez presque jalouses l Oui, je pense que vous le seriez, tout en vous réjouissant de mon bonheur.Car vous admireriez autant que moi le chevalier þÿ m a g n iû q u e , comme nous l'appelions lorsqu`il était parmi nous à N.
Mais Padmiration que vous, moi ou d'autres pouvions avoir pour mon Louis, n'est rien comparée à l'amour qui remplit mon þÿ c S u r , non parce qu'il est beau, mais parce qu`il est lux'-méme, et si bon, si aimable! si cher à mon âme! Vous reverrais-je jamais, chère mère P Que je voudrais vous voir pour vous dire combien mieux je comprends. depuis quelques mois' ce qu`est l'amour maternel!
Ma tante Emily dit que toutes les jeunes femmes, lorsqu`elles vont savoir un enfant, tremblent à la pensée de leur responsabilité. Moi, je n'ai aucune crainte; Au contraire, j'espère quelquefois que mon bon et noble Louis, mon généreux époux, qui n'est que mon ami et non mon amant, deviendra libre de* suivre les impulsions élevées de son sublime esprit.. Je ne sais pas! J'ai déjà écrit ces mots et il me semble maintenant qu'ils sont faux.
Car je sais qu'au milieu de ma grande joie, une étrangetristesse pèse sur moiþÿ a ï a i å n - ' AU PAYS mas ESPRITS 163 zojanvier.--J'ai un grand secret que je voudrais lui þÿ c o nû e r , mais, toujours au moment où je vais commencer, ÿaperçois dans ses yeux cette triste, suppliante expression, qui perce mon þÿ c S u r comme un regard du Destin et semble me supplier de lui épargner un chagrin.
Non, je n'aí pas le courage de lui dire et je ne sais pas si je pourrai toujours agir ainsi. Je voudrais pouvoir oublier! Si je Fécrivais, mon secret, peut-être s`enfuirait-il, comme je me débarrasse, en le chantant, d'un air qui m'obsède. Oui, c'est cela, je Fécrirai; peut-être un jour le mystères'éclaircira-t-il, lorsque... lorsque fie ne sais pasquand- toujours ce doute de l`avenir, de l'avenir qui està Dieu. Pourquoi donc le craindrais-je?
Mais, voici mon secret. Peu de temps avant que j`aie vu pour la première fois mon Louis dans les Indes, cette Hélène que j`aimais tant et à laquelle je pense encore aujourtfhui tendrement, Hélène qui était si bonne, si sage, si puissante, me demanda une longue boucle de mes cheveux. Elle m'expliqua quecela servirait à-nous réunir à tout moment, me le prouva et m'enseigna comment il fallait procéder.
Lorsque je lui permis de couper cette boucle, il me sembla qu'une bonne partie de ma force vitale m'abandonnaitet je tremblais de tous mes membres. A ce moment je ne þÿû s pas attention. Quelque temps après, elle voulut un médaillon porté par moi pour y renfermer mes cheveux.
Elle insista beaucoup pour avoir quelque chose porté par moi et je lui donnai un petit médaillon d'or, souvenir de ma þÿ s S u r Edith; Hélène þÿû t graver son nom dans l'inté1 64 L`lNl'l'lATlON rieur, y plaça la boucle qui, dit-elle, éclipsa l'or sur lequel elle reposait.
C'était un compliment digne de mon chevalier, mais ce qu`il ditest toujours vrai, tandis qu'Hélène l... Hélas, je voudrais qu'elle soit aussi pure, aussi bonne que lui l mais cette malheureuse boucle! Combien je voudrais l`avoir encore sur la tête! Que dirait-il s'il savait que cette femme la possède encore P S`il venait à apprendre que dans le médaillon il y a encore autre chose ?
Elle ne doit plus s'intéresser à moi et a sans doute oublié ces objets. Ou sinon le désir de s`en servir peut... non' ne plus exister. Je ne suis plus pour elle qu'un souvenir. Pauvre Hélène! j'étais sa seule amie. Elle m`aimait autrefois, je crois parfois qu`elle me manque. Pourquoi ne peut-elle m'aimer encore tout en aimant Louis ? ll n`y a là rien d`étrange, puisque tout le monde est attiré vers lui.
Quant à elle, sa beauté était si grande, elle était si supérieure à moi en toute chose que, si Louis l'avait préférée, cela ne m`aurait pas surprise. I2 février. - Hélas, hélas l je suis sûre maintenant qu'Hélène n'a pas oublié les cheveux! J'ai peur qu'elle ait essayé de s'en servir... 0 Ciel l je frémis d'y penser. L'autre nuit, j'étais partie je ne sais où.
Je ne dormais pas, car je me souviens distinctement des palmiers s'agitant sous la brise et des chansons des marins sur la rivière, mais j'étais emportée loin de mon Louis, sur un endroit où il ne pouvait m`atteindre. J 'aperçus la forme d'Hélène. Elle portait une splendide robe de mousseline des Indes brodée d'or et se tenait près de moi, dans l'attitude d'une prêtresse de È'
AU PAYS nes Esemrs 165 Walhalla, ses longs cheveux noirs Fenveloppaient et elle portait une couronne de laurier. Je suis sûre que cette scène n'était pas un rêve et je pense qu'elle s'est réellement passée dans un vieux temple où je ne suis jamais allée. Hélas! ce n'est pas þÿû n i , je le sens. Je le raconterai à Louis... mais je ne peux pas, je ne peux pas! J`aurai peut-être le courage de parler demain.
15 février. --Louis est parti pour trois semaines, le soleil a disparu avec lui! Je n'ai pas essayé de le retenir car je savais l'importance des affaires qui le réclamaient. Il voulait m`envoyer chez ma tante Emily, mais je l'ai supplié de me permettre de rester dans mon heureuse, heureuse maison, avec mes bêtes que j'aime et les traces d`une chère présence autour de moi. Je n`aurais pas pu partir.
Louis consentit, mais jel`entendís prier ma tante de venir me voir chaque jour, bien qu'il ait laissé tant de monde me servir et me garder que je ne suis jamais seule. Je n'ose rien écrire au sujet de son absence, mais je suis merveilleusement heureuse en pensant qu'il sera de retour dans trois semaines.
Ah! le soleil brillera pour moi à ce moment, tandis que maintenant tout est si obscur, si désolé. ` 1-9 février. - Le ciel ait pitié de moi I Le malheur est venu. Oh douleur inexprimable!
Où aller P Que faire, pour éviter mon fatal destin P Oh Louis, Louis, où êtesvous P Pourquoi ne pouvez-vous connaître le terrible sort qui menace votre « petite fée » si malheureuse P La nuit dernière, Hélène m'appela, attira à elle mon esprit et laissa mon corps sans défense, endormi ii-Î-1
I x 66 ijmmzmou dans mon lit. Quelle horreur fut la mienne lorsque je me trouvai près d'elle et de son terrible frère, entourée de formes hídeuses de démons ou d`élémentals!
Oh femme cruelle et impitoyable l Qu'ai-je fait pour mériter cette épouvantable destinée P Hélène se moqua de moi et me dit qu'elle pouvait dominer mon corps et mon âme, et je sentis qu'elle disait vrai l Je vis la boucle de mes cheveux, à moitié consumée par le feu allumé sur un autel qui aurait pu être dédié au dieu noir, à Jaggernath.
Sur mon front, a la place où elle avait été coupée, je sentis une cuisante brûlure; j'entendis l'appel et, sans avoir le temps de prier ou de t'appeler, mon Louis, j'étais dans ce lieu d`épouvantel O ciel, aie pitié l Anges divins, à mon secours l ll reste encore assez de cheveux pour m'appeler bien des fois et je ne puis savoir quand ces rites diaboliques doivent s`accomplir l J'ai prié toute la nuit et toute la journée, et je suis un peu plus forte.
Aujourd'hui un nouveau malheur est arrivé. Mon oncle si bon pour moi a été pris des þÿû è v r e s . ma chère tante a dû le rejoindre et je luiai donné ma meilleure « ayah » pour la servir. Louis, je le crains, ne serait pas content de savoir cette femme loin de moi ; elle est si bonne, et bien meilleur médecin que ce pauvre docteur S...
J'ai envie d'essayer mes forces et d'envoyer mon pauvre esprit tremblant vers Louis pour Pappeler; mais il est tellement sensible ! Je crains les terribles douleurs que cela pourrait bien lui causer. Voilà déjà dix jours qu'il est parti. Encore un peu plus d'une semaine et il sera de retour. Je lui dirai tout et il me sauvera.
T* -un AU PAYS DES ESPRITS 167 22 février. -- Encore, encore un autre terrible appel! La nuit dernière, ils m'ont de nouveau attirée, et personne ne pouvait me sauver! Sûrement Dieu m'a oubliée _! les bons anges m'ont quittée ! 25 février. - O joie! joie! La boucle de cheveux m'a été rendue et je l'ai brûlée dans le feu que Louis dit être sacré l Je suis sauvée, au moins jusqu'au retour de Louis, et alors quel pouvoir pourrait m`atteindre?
Mais il faut qu'il sache tout, et je vais écrire ce qui s'est passé.
Hier matin, de bonne heure, pendant que, livrée au désespoir, je priais ardemment le Ciel de m`envoyer un défenseur, j'aperçus, traversant la véranda et s'inclinant devant moi, ce cher, drôle et bon petit Nazir que mon Louis aimait tant. ll m'expliqua qu'il_ arrivait d'un long pèlerinage et þÿ m ' oû ` r i t une paire de ces doux oiseaux qu'on appelle oiseaux d'amour en Angleterre.
Pauvre Nazir l je le remerciaide son cadeau, puis le bon fakir me demanda s'il ne pouvait rien faire pour moi ; si je n'avais aucune commission à lui þÿ c o nû e r , si je ne voulais pas quelque chose pour charmer ma solitude. Chose étrange! je ne pensai d'abord à rien, je ne pus rien trouver à lui faire faire, et je savais qu'il désirait beaucoup m'être utile, le brave þÿ c S u r l Enfin, je me souvins du fatal objet.
Je racontai tout à Nazir et lui demandai ce qu'il y avaitàfaire Îusqu'au retour de mon mari. Lorsque je prononçai le nom d'l*!élène, il fronçajle sourcil, et, lorsque je lui racontai commentils m'avaient traitée, ses yeux noirs jetèrent des étincelles. VQuand j'eus þÿû n í . il me dit, en grinçant des dents: Zi..
168 |.'1m'1'1/mon « Madame retrouvera sa boucle de cheveux. » Quellejoieiut la mienne, en entendant ces mots! Je savais queNazir pouvait faire des choses bien plus difficiles que de dématérialiser un peu de cheveux. Pendant une de nos réceptions trois fakirs firent glisser sur le plancher tout un serviceàthé en porcelaine de Chine. A leur ordre, il s'arrêta devant chaque personne.
Ils réussirent à transporter à travers les airs des bijoux qui se trouvaient dans la chambre de matante,à trois milles de là; ils enlevèrent de notre maison la canne de mon oncle et la firent tomberà une distance de deux milles et plus. J'étais donc bien sûre que Nazir pourrait me rendre l`objet perdu. Pourquoi n'y avaisje pas pensé plus tôt?
Il y aune heure, j'entrai dans ma chambre et j`aperçus Granger, ma femme de chambre anglaise, pâle d'épouvante, penchée sur quelque chose qui gisait sur le plancher, devant la fenêtre. - Regardez, Milady, s'écria-t-elle, qu*est-ce que cela peut être P . D'un coup þÿ d ' S i l , je vis ce que c'était et je dis avec calme à Granger de me donner ce qu'elle regardait. C`était bien ma boucle de cheveux salie età moitié brûlée.
Mais à côté, je vis, à mon grand ennui, le médaillon d'Hélène I O Nazir, c'est mal l et vous avez dépassé mon désir! Je ne voulais pas de ce bijou! c'est un vol l Je vais retirer les cheveux et je demanderai à Nazir de renvoyer le médaillon de la même façon qu'il a pris les cheveux. Je serai bien malheureuse jusque-là! .I`espère que le fakir viendra demain et qu`l-lélène n'aura encore rien découvert. Mais, si
AU eus mas zspxrrs 169 elle persiste dans ses mauvais desseins contre moi, si elle constate la disparition des cheveux, elle aura recours à ce que contient le médaillon et si elle ne le trouve pas, je ne sais ce qu'elle pourra penser. 24 février. - Toute la journée s'est écoulée, et cet ennuyeux Nazir n'a pas paru.
Maintenant que j'ai mes cheveux, je suis si calme, je me sens si en sûreté que je puis supporter le léger ennui que me donne ce médaillon. Cependant j'aimerai bien voir le bon petit fakir. Je ne serai réellement tranquille que lorsque ce fatal bijou ne sera plus en ma possession. ll me semble qu'il répand sur moi une si mauvaise þÿ i nû u e n c e que je ne puis m'en débarrasser.
Et pourtant, je tiens dans mes mains une précieuse lettre venant de l'Étoile de ma vie. Entre les pages, mon Louis a déposé des feuilles parfumées, mais combien plus vif est l'arome de bonté et de tendre sympathie qui se dégage d°entre les lignes! Il revient bientôt à la maison et dit que la « Maison » se trouve où je suis ! Que le ciel soit béni, il revient! Ohl s'il était ici l...
Combien froidement les étoiles brillent cette nuit au-dessus de ma tête! Elles m'appellent... La vieille maison est pleine de bruits divers que je n'ai jamais redoutés jusqu'à ce soir. Allons, encore une cordebrisée à ma pauvre harpe! Mais je vois une main errant parmi les cordes. Est-ce bien une main P C`est peut-être la brise nocturne.
Comme elle soupire,'dans les palmiersiCela ressemble plutôt au vent de nos landes écossaises qu'aux þÿ s o u fû e s embaumés des tropiques. Les esprits de l'air m`appellent, car sûrement j'entends mon nom sur la cime des arbres. Blanche, Blanche, viens à la
1 70 L'lNl1'lATlON maison ! Mais la « maison » se trouve près de Louis. Oh! voudrait-on .me prendre à lui P Granger vient de venir me demander quelles sont ces voix et ces chants. Pauvre þÿû l l e , qu'elle fut þÿ t e r r iû é e envoyant que je ne pouvais lui répondre! Mes gens se glissent près de la villa et me regardent d'une façon étrange.
Il y a cette nuit une peur mortelle répandue sur nous tous et je ne puis pasles encourager, les égayer comme autrefois. J'étais bien calme pendant les longs sommeils de mon Louis; tout le monde, sauf moi, le croyait mort. Je me tenais près de lui et je contemplais sa beauté. Que ne puis-je rappeler à moi mon courage! Mais quelqu'un marche dans ma chambre. Qui peut-il ètre? Et maintenant, une main touche encore les cordes de ma harpe!
Ce n'est pas le vent, car l'instrument résonne sous le jeu d'un maître ! O ciel! quels tristes douloureux accords! Qui peut jouer ainsi P 0 Esprits des solennelles étoiles, brillants anges planétaires, vous qui connaissez et aimez mon Louis, protégez-le. Et, si c'est ta volonté, père des Esprits,rends-le à mon þÿ c S u r triste et salutaire, avant que je quitte ce monde !
Louis, mon Louis l Étoile de mon âme, que n'es-tu maintenant près de moi ! .Bonne nuit, mon amour, bonne nuit! CHAPITRE XXVI _ commawr Je axsvms EN EUROPE Bonne nuit, mon amour, bonne nuit l Tels étaient les derniers mots de ce journal, où un þÿ c S u r pur et
AU PAYS DES ESPRITS l'][ innocent avait mis les trésors d`une tendresse bien mal récompensée. Telles étaient ces mines d`or inculte qui s`ouvraient aux regards d'un malheureux pour qu'il en comprenne la valeur au moment même où elles allaient disparaître dans le passé ! Le journal.de Blanche þÿû n i t par ces mots de tendres adieux, et c'est à moi qu'incombe la tâche de terminer son histoire.
Je me suis donné cette tâche dans un but spécial et, bien que douloureuse, je l'accomplirai. Depuis la nuit où j'avais résolu de me dévouer à la þÿû l l e de lord Dudley, ÿabandonnai silencieusement et résolument toute recherche occulte. Je renonçai à mes associations dans les sociétés diverses avec lesquelles j"étais en relation, et à tout ce qui avait, autrefois, rempli mon âme de lumière et de science spirituelles.
Je sentis que les nouveaux devoirs dont j'étais volontairement chargé, m'interdisaient mes anciennes études, et, bien que ressentant vivement la douleur de voir ainsi se fermer les royaumes de l'invisible, je ne faillis pas à la promesse que je m`étais faite. Je savais alors et je crois encore que, dans la vie, toute recherche du bien supérieur n'adniet pas de compromission.
Pour étouffer les aspirations de mon âme vers les choses spirituelles auxquelles tout mon être avait été lié, je me plongeai dans les soucis d`une existence publique, les devoirs à la maison et les plaisirs nécessaires à ma douce compagne, comme si je n'avais fait autre chose de ma vie. Paccompagnai ma jeune femme et ses amis partout où ils pouvaient trouver un intérêt. Je permis à mes fakirs de les distraire par leurs arts occultes, mais je
1 72 L'mi'rumoN n'y pris jamais part. Cet abandon des respírations les plus chères de mon passé me coûta bien des douleurs, mais je ne sus que ma petite fée les comprenait qu'après avoir lu les précieuses þÿ c o nû d e n c e s qu'elle se faisait à elle-même dans un moment où tout regret était þÿ s u p e rû u . Pendant mon absence, je commençai à sentir les avertissements dus à ma vraie nature revenir en foule vers moi.
Des visions me hantèrent, des voix murmurèrent à mes oreilles; et les þÿû o t t a n t e s ailes des habitants d'un autre monde agitèrent l`air près de moi. Je résistai à ces phénomènes pendantun certain temps. mais, unenuit, une vision si horrible m'apparut, que je bondis hors de mon lit, je m'habillai en hâte, et je me promenai dans les rues jusqu`au matin, avant de pouvoir reconquérir mon calme.
Les nuits suivantes, même terrible scène, et chaque fois, i'eus la sensation que c`était le þÿ r eû e t de quelque chose de réel se passant actuellement, et non des images incertaines. Je voyais Blanche entraînée devant un autel, où une séance de magie noire avait lieu.
Les formes d'Hélène Laval et son frère semblaient présider ces rites immondes. .Ventendais presque les voix de ces démons sans pitié insultant ma pauvre femme, pendant que je regardais, impuissant et captif, cette atroce vision. J'attribuai d'abord tout cela à mon cerveau trop tendu, mais à la þÿû n je fus contraint de reconnaître que ces apparences spectracles avaient un sens prophétique. Les voix des esprits, autrefois connus et aimés et que j'avais abandonnés, se faisaient entendre
AU PAYS DES ESPRITS [73 maintenant avec une force inoubliable. Ils m'assuraient de leur constant amour, de leur inaltérable affection. Ils me faisaient comprendre Pimpossibilité de changer le système dans lequel le créateur a tissé sur un plan immuable la trame de la destinée des créatures vivantes.
Ils me certiíiaient qu'ils étaient chargés de me donner la force qui me permettrait de tout surmonter pour le bien. lls me forçaient à les entendre et, me prenant pour ainsi dire dans leurs bras, ils me commandaient, au nom de ceux que j'avais connus sur la terre, de cesser ma révolte contre le pouvoir des esprits.
Puis, lorsque j'eus dompté mon âme obstinée et fait ma soumission, ils me pressèrent de retourner chez moi, de voyager jour et nuit sans m'arrêter et de me hâter d'aller voir celle dont i'étais le protecteur terrestre, pour partager avec elle l'inévitable destinée à laquelle je ne pourrais la soustraire.
Appelant mes serviteurs, je distribuai à chacun sa tâche, et, lorsque tout fut prêt, je partis seul, tantôt par le train, tantôt à cheval : je me dirigeai vers Calcutta. Je fis les derniers zo milles à cheval sous un soleil de feu. Le train que j`aurais pu prendre ne partait qu'à minuit; mon ardeur impétueuse ne me permettait pas de l`attendre et j`aurais plutôt terminé la route à pied, si je n`avais eu d'autres moyens à ma disposition.
Je changeai de monture toutes les heures car j'aimaî trop les nobles animaux pour les exposer plus longtemps aux fatigues qui semblaient n'avoir aucune prise sur moi. A mesure que ÿavançais, les voix augmentaient d'intensíté et les ombres d'un avenir prochain s'épaississaient de telle sorte autour de Y 'ill-u-._ .1-Iv..
*~***-ir* t 74 - L,lNlTlA'I`lON moi, que je pouvais seulement voir ma chère enfant en vêtements déchirés et le þÿ c S u r brisé, comme dans la fatale nuit où les enchantements de Pimmonde sorcière l'attirèrent chez moi. A 5 milles de la ville, un petit être couvert de poussière se précipita au-devant de mon cheval et réussit à grand* peine à l'arrèter. C`était Nazir.
Il devait me parler, dit-il, et, s'appuyant presque épuisé sur ma monture, il me dit en quelques mots une horrible, presque incroyable nouvelle. Ma femme, cette délicate créature qui n'avait jamais connu d'autre abri que les luxueuses demeures de son père. et de son époux, venait d'être jetée dans la prison commune, sous Pinculpation d'avoir volé un médaillon d`orà Mme Hélène Laval !
Telles furent les paroles dites au milieu de larmes s'échappant de ces yeux qui n'avaient jamais pleuré! Le fakir me raconta comment, cédant aux prières de Lady Blanche, il avait dématérialisé à distance une boucle de cheveux, mais, voyant qu'une certaine quantité de ces cheveux était restée dans un médaillon d'or et craignant que la magicíenne ne, s'en servit encore contre sa victime, il avait témérairement enlevé ce fatal bijoux.
Mme Laval s'était aperçue presque immédiatement de la perte de ses moyens d'actions. Soupçonnant sans doute la nature et la sourcejdes forces occultes qui avaient agi contre elle, cette terrible femme envoya chercher un Chulah. Celui-ci mit en mouvement une « balle magique þÿ : :qui, suivie par l'enchanteur, ne devait s'arrèter qu'à l'endroit où le joyau pourrait être trouvé. Nazir avait rencontré l`opérateur, P" *dk
AU PAYS mas Espimfs 175 et celui-ci lui avait avoué qu'un grand pouvoir l'avaít empêché de passer le seuil de ma maison, auprès duquel la balle magique s'était soudain immobilisée. Ce fut assez pour permettre aux lâches conspirateurs de pousser plus avant leur plan infernal. Qu`on me permette de dire en quelques mots ce que j'appris plus tard. Le couple infâme savait que ma malheureuse femme était seule, et sans secours.
Convaincus par leur art magique que le médaillon se trouvait dans ma maison, ils exécutèrent secrètement et rapidement leur projet de vengeance. Par des moyensde corruption et þÿ l ' i nû u e n c e de Perrault, les misérables obtinrent un ordre de perquisition dans ma villa.
Le médaillon fut immédiatement découvert, et ma pauvre enfant sans soutien, ma petite fée si pure, fut arrêtée et conduite en prison, avant que les magistrats de la ville, sauf quelques sous-ordres payés et corrompus, en aient eu connaissance. _ Nazir ajouta que, vers le soir de ce jour maudit, il était revenu pour apprendre le malheur que 'son indiscrétion avait causé. Graham, le vicomte, d'autre,s amis étaient absents ou ne purent être trouvés.
Mes serviteurs s'étaient bien répandus dans toutes les directions pour chercher du secours, mais aucun d'eux ne comprenait réellement ce qui était þÿ a r r i v é . , E nû n Nazir revint, s'accusa et þÿû n i t par réveiller tous mes. arnis et leur dire la vérité. La nuit entière s'écoula avant que le secours put venir et... il était trop tard... trop tard ! _ Nul ne peut dire ce que Perrault et sa þÿ s S u r atten-- daient de leur acte audacieux. Ils devaient pourtant þÿ gû g g ___` _
176 L.INlTlA'l`l0N savoir que la communauté entière se lèverait pour les confondre et que leur acte horrible de vengeance retomberait sur eux. Quoi qu`il en soit, leur rapidité fut si grande, leur silence si profond, que seulement après le retour du fakir on put venir en aide à la malheureuse Blanche. Le vicomte, la vicomtesse et les magistrats furent þÿ e nû n mis au courant. Tous mes amis furent prévenus par Findomptable énergie de Nazir.
On se hâta d'aller.à la prison pour délivrer la victime. Hélas! je savais trop bien pourquoi elle y était encore et pourquoi elle ne pouvait en sortir. Je ne voulus pas en entendre davantage jusqu'à mon arrivée en ville. Mon cheval tomba épuisé à la porte de ma demeure maintenant vide et déserte. Je ne sais pas comment je gagnai la prison, fignore si l'obscurité qui pesait sur moi était dans l'air ou dans mes sombres yeux.
Toutes les portes étaient ouvertes, et des mains furent tendues vers moi pendant que je traversais rapidement de sombres cellules et d`humides passages. Le vicomte R..., très pâle, et plusieurs de mes frères d'armes se pressèrent autour de moi. Je ne m'arretai pas. J'entendis des mots de sympathie, d'indignatíon, de regret. _ Je n'y répondis pas.
Je ne pensai qu'à elle; sur le seuil d'une porte ouverte, je rencontrai la vicomtesse, quelques dames et l'ayah favorite de ma pauvre femme. Elle tenait dans ses bras un paquet. Elle écarta les plis d'un chàle et me montra la petite figure d'un enfant mort. Je m'arrêtai, j°embrassai*le petit cadavre et je continuai ma route. þÿ E nû n je vis un
F- ` ` " þÿ _ » . . , ¿ , . : . . n ~ . - : . ¢ - . - J a u : . : 4 - o l . . . - . - v ' AU PAYS DES ESPRITS [77 pauvre grabat recouvert d'étofïes splendides et de þÿû e u r s parfumées. J 'entendis un cri égaré, mon nom fut prononcé en doux, tendres accents ressemblant au son d'une harpe brisée, des bras blancs m'attirèrent, de douces mains saisirent mon cou, une tête blonde s'enfonça dans ma poitrine et... ce fut ainsi qu'elle mourut.
Et maintenant, retournons dans la vieille maison dont l'art avait fait un palais féerique, dans la maison qu'elle a tant aimée, parmi les þÿû e u r s , les parfums, les statues et le profond silence ! C'est là que je passai une longue, longue nuit, pendant qu'au dehors les passions sauvages poussaient la foule à l'émeute et à la destruction.
Les réelles vérités qui entourent les grands drames ne sont jamais connues, mais il y a dans les hommes un élément de générosité et dans le þÿ c S u r humain un fond de profonde honnêteté, qui réveillent parfois les actes d'injustice et de cruauté. Tel fut le sentiment que les plaintes passionnées du pauvre Nazir semblèrent avoir éveillé.
Le vicomte avait fait les plus grands efforts pour garder secret le malheur, craignant que sa publication tronquée ne portât atteinteà sa noble famille. ll avait fait répandre le bruit que la personne si honteusement lésée était une domestique de sa femme, et je pense que cette version prédomíne encore dans la ville où se passa:ce grand drame de ma vie. (A suivre.) 'W :~Î*>u¿_
þÿ é e : tu@i íiö î ba reproduction del articles lnédltl publiée pu- Plnilíation. est formellement Intox-dite. I moins dhltorlutlon spéciale.
PARTIE INITIATIQUE (Cette partie vs! réservée à þÿ l ' e x à : o s é des idée: de la Direction, des Membre: du Comité de Rédaction et la reproduction des classiques anciens.) î Madame GUYQN ' Les autorités ecclésiastiques ont beaucoup fulminé contre le quiétisme; peut-être leur zèle a-t-il été intempestifcar il n'y a rien de radicalement mauvais ; les doctrines de l'abandon à la volonté de Dieu sont excellentes, mais elles n'impliquent pas que tout effort de l'homme contre ses passions soit inutile.
Si la volonté du Père doit être accomplie, il faut se souvenir aussi que le Ciel est ouvert aux violents. D'ailleurs, il est très possible que la pensée de Mme Guyon ait été faussée; en þÿ eû e t , dans le choix de ses Discours spirituels que vient de publier Chacornac (1), on trouve souvent répété le conseil de suivre scrupuleusement la voie que les circonstances nous indiquent, de faire de suite son devoir, de ne pas remettre au lendemain.
C'est une chose que tous ceux qui essaient actuellement de réaliser les doctrines de l'Evangile devraient noter avec soin ; chacun de nous est mené dans une voie qui lui est propre, qui est spécialement tracée pour lui, qui comporte les occasions et les travaux i (1) Un vol. de la Bibliothèque de mystique, 1 fr. 50. "èrMADAME GUYON 179 propres à développer ses forces sans rien de trop, ni rien de moins.
Par conséquent, si les circonstances quotidiennes, les rencontres, les occupations, les délassements sont agencés exactement pour notre propre personnalité, notre devoir est d'appliquer la loi que nous connaissons tous. Dans ces conditions de simplicité d'esprit et de confiance en Dieu, les conseils d'autres _personnes mystiques, de maîtres même, deviennent d`une nécessité beaucoup moins fréquente.
' C'est ici le lieu de souligner un autre caractère de la vie mystique qui se dégage difficilement lorsqu`on sort des sentiers du développement magique ou mental.
C`est ce mode d'agir que Fon pourrait appeler la discrétion : trop souvent livré aux enthousiasmes des premières ferveurs, on se sent rempli þÿ d ' aû e c t i o n pour les amis qui nous entourent, on se prodigue et, dès que l'on n'est pas payé de retour, on tombe dans de la rancune et de la médisance: l'amour du prochain -ne réside pas tant à donner à ceux que nous aimons qu`à aider ceux qui le demandent, quels qu'ils soient.
De sorte que tout ce qui est à nous dans l'extérieur, nous pouvons en faire profiter les autres; mais ce qui est de l'interne doit rester dans l'interne. Voilà quelques-unes des idées originales que l'on trouvera dans les discours de Mme Guyon; idées marquées au coin du bon sens le plus équilibré, et qui lui ont mérité de la part de l-'abbé Fournier les plus beaux éloges.
La simplicité de ces écrits est le signe de la simpli- -cité ou de la profondeur spirituelle : notre mystique þÿ . ¼ ï g n Jb»-1 -2 t _
1 80 þÿ tû m m x r i o u rejette l'emploi des termes abstrus, la recherche des classifications savantes : il ne faut pas charger l'entendement.
Mais bien plus encore, elle adjure de ne pas accorder aux songes, aux visions, aux révélations, à toutes les manifestations de l'lnvisible, une importance prépondérante; il faut lire et relire là-dessus le dernier discours du petit volume dont nous parlons; on nous permettra de citer quelques phrases à ce sujet.
« Deux sortes de personnes s'égarent facilement: les premières sont celles qui, faute de courage, ne veulent point quitter leurs premières manières d'agir, et ainsi perdent peu à peu cette divine lumière qui s'était levée sur elles; les autres par un zèle indiscret, voulant la précéder au lieu dela suivre, se précipitent d'elles-mêmes dans des états plus avancés que ne le porteladisposition de leur âme;et com me elles ne sont pas appelées de Dieu à un état plus avancé pour le temps présent, parce qu'elles ont voulu passer d'un endroit à l'autre sans suivre le chemin qui y conduit, elles demeurent toute leur vie dans une obscurité infructueuse, qui ne leur fera jamais trouver le divin enfant pour ètre la vie de leurs âmes.
« Mais ceux qui suivent cette admirable étoile de la foi savoureuse et lumineuse, découvrent enfin, à la faveur de sa lumière, le Verbe fait Enfant. -C'est alors que la vue et la connaissance des mystères de JésusChrist sont d'un grand goût, non par le raisonnement, mais par une foi amoureuse, qui les embrasse sans distinction et les goûte sans examen. L'oraison devient très facile, et cette route est très délicieuse: on fait beaucoup de chemin sans s'en apercevoir. La
MADAME GUYON 181 solitude est nécessaire dans cet état : le trouble du monde, se charger þÿ d ' aû ` a i r e s et d'emplois que Dieu ne demande pas, font disparaître cette étoile.
« Il y a encore un écueíl terrible, c'est que l'âme éclairée de cette nouvelle lumière qui lui fait tant de plaisir, au lieu de la suivre dans le secret, se contentant d'en parler avec ceux -qui la connaissent, parce qu'ils l'ont suivie et qu'elle leur a fait trouver l'obiet de leurs désirs, elle va en parler à ceux qui ne la connaissent pas, qui la brouillent, lui en donnent de la défiance et la lui font perdre à la þÿû n .
« Lorsqu'on acette belle et agréable lumière, on est si charmé qu`on parle à plusieurs sous prétexte de consulter; et l'on ne voit pas que c'estl'amour-propre qui portelà se répandre. On se croit au sommet de la perfection, quoiqu`en vérité on ne fasse que de commencer.
« Il y a deux voies dans cette lumière savoureuse, l'une qui n'est qu'une certaine présence intime, un goût savoureux de la divinité sans distinction ni espèce; et c'est là proprement lajoi, plus savoureuse que lumineuse; c`est le chemin le plus court et le plus sûr.
Il y a une autre route plus lumineuse que savoureuse, la lumière surpasse l'ardeur; et c`est celle des visions, révélations, extases, ravissements, etc., car c'est en ce temps que ces choses arrivent; et ce sont ces mêmes choses qui, étant données pour avancer, arrêtent certainement l'âme si elle s'y amuse et lui font un dommage irréparable. Je dis *que l'amour des belles choses, l'envie de les faire connaître aux autres, sous prétexte de s'assurer dans I
182 rfimruvriou sa voie, font perdre l'étoile. ll faut un seul guide et garder le silence à tout le reste. « Ceux qui sont conduits par Pcxtraordinaire, comme extases, etc., perdent leur trésor à force de le découvrir; et souvent, par l`attache qu`ils ont à ces choses, l'Ange des ténèbres se transforme en Ange de lumière et les ballotte toute leur vie, surtout s'ils rencontrent des directeurs qui fassent cas de ces choses.
Les âmes dont la foi est plus savoureuse que lumineuse ont quelque chose de plus intime : c'est un chemin raccourci, qui n'a point le long circuit de visions, etc. Cependant ces personnes perdent souvent leur étoile pour vouloir trop consulter et trop s'assurer, comme þÿû r e n t les Mages, qui la perdirent en Jérusalem. -« On se persuade presque toujours que le Roi de gloire veut les choses élevées et magnifiques.
Les Mages étaientdans cet ~bus : c'est pourquoi ils le cherchèrent en Jérusalem,qui était la magnifique capitale de l'empire des Juifs où leur roi devait naturellement être né!
Qu'on se trompel ll ne cherche point les lieux magnifiques, ni le tumulte du monde, ni les choses élevées, comme on s'imagine : il choisit au contraire des choses basses -et petites, la pauvreté et la retraite. þÿ : : : ll *faudrait citer aussi -les passages relatifs aux commencements de la vie mystiq.ùe,~sur la simplicité intérieure, le renoncement, Pabandon, le discernement de la volonté de Dieu : il laudrait tout citer, et .nous ,préférons renvoyer les lecteurs au livre lui-- même. Sénm.
i-0 L'ÉvANGn.E 1 8 3 ÉVANGILE DE SAINT JEAN (1) TRADUC'I`lON DE LEMAISTRE DE SACY DE canine PREMIER (Suite) 17. Car la loi a été donnée 'par Moïse; mais la grâce et la vérité a été apportée par Jésus-Christ. _ 18. Nul n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique. qui est dans le sein du Père, est celui qui en a donné la connaissance.
19.Or voici le témoignage que rendit Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander: Qui étes-vous? zo. Car il confessa, et il ne le nia point: il confessa qu'il n°était point le Christ. zx. Ils lui demandèrent: Quoi donc P étes-vous Elie? Et il leur dit: Je ne le suis point. Êtes-vous prophète ? ajoutèrent-ils. Et il leur répondit: Non. zz.
Qui étes-vous donc, lui dirent-ils, afin que nous rendions réponse à ceux .qui nous ont envoyés? Que dites-vous de vous-même ? 23. Je suis, leur dit-il, _la voix de celui qui crie dans le désert: Rendez droite la voie du Seigneur, comme a dit le prophète lsaïe. 24. Or ceux qu'on lui avait envoyés étaient des pharisiens.
25. lls lui þÿû r e n t encore une nouvelle demande et lui dirent: Pourquoi donc baptisez-vous, si vous n'ètes ni le Christ, ni Elie, ni prophète ? 26. Jean leur répondit: Pour moi, je baptise dans Peau, mais il y en a un au milieu de vous que vous ne connaissez pas. Îi. (1) Nous remercions les nombreux lecteurs qui nous ont adressé de lettres. pour la continuation de ces études de Zhora. Nous ferons parvenir à l'auteur toutes les communications qui nous seront adressées. N. D. L. D .
184 L'lNITlATlON 27. C'est lui qui doit venir après moi, qui m'a été préféré; et je ne suis pas digne de dénouer les cordons de ses souliers. 28. Ceci se passa a Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait. 29. Le lendemain, Jean vit Jésus qui venait à lui, et il dit: Voici l'agneau de Dieu, voici Celui qui ôte le péché du monde. 30.
C'est celui-là même de qui j`ai dit: « Il vient après moi un homme qui m'a été préféré, parce qu'il était avant moi. þÿ : 31. Pour moi, je ne le connaissais pas; mais je suis venu baptiser dansl'eau þÿ aû n qu'il soit connu dans lsraël. PREMIÈRE 'raanucrion 17. Car les þÿû u i d e s créateurs ont été surpris et désignéspar Moïse, mais la vie et la iberté nous ont été amenées et montrées par Jésus-Christ. 19.
Personne n`a pu voir son Dieu; le Fils, qui est et vit au sein du Père-Un, est Celui qui nous en a parlé. rg. Et voiciice qu'a dit Jean lorsque lesluifs ou bien quelques parcelles envoyèrent des porteurs de la loi interroger à son sujet en disant: D`où venez-vous P ao. Car il rendit témoignage, il le savait et il le dit; il leur répondit þÿ d éû n i t i v e - ment à tous qu'il n'était pas le Oint. îî_Î_ DEUXIÈME *raanucriou 17.
Car les fondations de la créature ont été transmises par Moïse dans son milieu, mais la vieà laquelle elle est destinée nous est révélée par le centre en qui tout repose et se plaît. 18. Personne jamais ne pourra rentrer vers le centre premier; seul le centre généré, qui est le germe vitalisé, nous en apporte la connaissance. 19.
Voilà ce que rendit Jean au monde des ténèbres lorsque ceux-là envoyèrent leurs occupants þÿ aû n de savoir comment il était fait. zo. Et lui le déclara, il ne le déroba point, mais le déclara ouvertement, qu'il n'était point du centre, mais de la création elle-méme, centralisé plus tard, après que son travail eut porté fruit de la femme.
þÿ 1 . ` É v A N G ¼ . E 185 21. Alors ils fouillèrent disant: Qui donc, seriezvous rattaché aux sources d'Elie P Et il leur répondit qu'il ne l'était pas ; étesvousprophètei'dirent-ils,car l'inconnu les attirait, mais il leur dit non, car ils n'avaient point acquis la seule chose nécessaire å savoir parmi nousÿ 22.
Qui étes-vous donc? nous sommes envo és, et ils voulaient Pintimiãer, þÿ aû n qu`il leur parlàt;où pouvezvous dire que vous _appartenez ? 23. Je suis, leur dit-il, le tuyau de la voix qui arpente le désert, disant: «Rendez attentif l'atmosphère dans laquelle va passer la Vie þÿ : , ainsi qu'en l a déjà dit avant moi. 24. Maisceux qui lui parlaient étaient habiles aux déviations personnelles de toute parole donnée parmi les hommes. 2 5.
Ils lui parlèrentà nouveau, disant: De quel droit baptisez-vous, si vous n`avez ni le passeport, ni le certiþÿû c a t , ni même le droit de votre vie à montrer? zi.
Alors, ils se jetèrent sur lui, de leurs inconnus inférieurs et lui crièrent : « Quoi donc, seriez-vous le plus vénéré de cette créature qui fut uneifois inspirée P þÿ : Mais il leur barra le chemin, disant :« Je ne le suis pas þÿ : , car son esprit savait qu'ils au raient ravagé cette contrée; alors ils retombèrent(surlui) encore une foisdisant: «Etesvous prophète ? þÿ : :car ils sentaient qu'il leur était supérieur, mais il leur dit non, sachant qu'ils étaient hostiles à la vérité.
22. Alors ils se transportèrent, de rage impuissante, en eux-mêmes, disant : « Qui étes-vous donc, nous ne pouvons échouer complètement dans cette entreprise; quelle dénomination scellera-t-elle le tombeau de votre esprit ? þÿ : 23.
«Jesuis del'esprit sans attache, leur dit-il,de celui qui travaille en amour, disant, ainsi qu`il vous est déjà parvenu: 4: Elargissez le ¢ porte-voix de l'éternel; ren- ¢ dez sa venue þÿ p r o b a b l e , aû n « qu'il la fasse possible parmi ¢ vous. þÿ : 24. Mais ceux qui le tourmentaient étaient en euxmémes des anciens en malice. 25.
Et ils reprirent leurs armes disant : « Pourquoi donc þÿ aû ` e c t e s ~ t u en matière ce qui ne t`a été imposé qu'en esprit? þÿ : ..*D.
x 86 IÎINITIATION 26. L'ami leur répondit: Pour moi, je ne baptise que dans votre milieu, parmi votre atmosphère, mais il y a le Oint avec vous dont vous n`avez pas conscience. 27. ll vient après mon baptême, car c'est Lui qui vient de plus loin; tandis que moiie_ne pourrais même pas défaire le lien de sa matière muette parmi vous. 28. Ceci se passa à un petit hameau, au delà des prévarications, parmi lesguelles Jean avait accepté e baptiser. 29.
Après cela, Jean vit Jésus qui s'approchait, etil s'écria: Voici 'Homme Innocent, voici Celui qui påtit pour les autres. 30. C'est de Lui que je vous annonçais toutà l`heure disant: «ll en est un qui eût tout þÿû n i avant de m`avoir reçu, et qui sera plus que moi, parce qu'il était avant moi. 31.
Mon corps ne connaissait pas le sien; mais je suis venu agir dans votre atmosphère, þÿ aû n que celui qui lutte contre Lui sache que mon esprit a reconnu son Etre parmi les corps. .l'ai vu avec bonheurI 26. Le centralisé parla, disant et criant:«Je þÿ n ' eû ` e c t u e que par vos propres moyens; mais il en est un, le centre lui-mème, parmi vous que vous ne remarquez même pas. þÿ : 27.
Le centre est partout où ll vient, car Il fut, avant que je ne sois en création, et je ne saurai nullement subvenir au moindre de ses (aitres) besoins. 28. Ceci fut dit'au delà du petit point de vie créé; par delà du þÿû e u v e réparateur, de derrière lequel avait apporté sa mission le germe centralisé. 22.
Peu après la parcelle qu` tait Jean, vit venir le centre qui s'approchait de lui, et il se leva å sa þÿ r e n c o n : tredisantze Voici la face de Dieu, voici le pardon parmi nous. þÿ : 30. C'est de Lui que je parlai, disant que vous en verriez un plus grand que moi.car llest en Lui-méme, aussi bien qu'en vous, et que moi je ne suis que parmi vous. 31.
Quant a moi,je ne le connaissais pas entre vous, mais c'est à cause de sa venue que s'est produite la mienne, þÿ aû n que celui qui a vaincu la chair, þÿ t e s t iû e de Celui qui en est Innocent. d'après le nombre des demandes reçues, qu'il ne me sera pas impossible de _. ____ __ __ 13 . » kk r.-. 1 -_ __
'lîef-=*'"**^ - 1.'ÉvANG1ua 187 continuer ces traductions, commencées dans le nu* méro précédent de cette revue. Je procéderai donc à transmettre en nos paroles le sens intérieur de Pévangile de saint Jean dans la même mesure qu'auparavant.
Mais, þÿ aû n de pouvoir m'adresser plus spécialement encore aux lecteurs qui en ont demandé la suite, je tâcherai de répondre, en autant que cela me sera possible, à toute question que voudront me poser les lecteurs qui s'intéressent à ces articles. Ceci donnera encore un sujet de cours ou de conversations, qui relieront davantage les abonnés aux choses de l'Audelà.
Les demandes devront être simplement exposées sous le titre de þÿ l ' O b s e r z : a t o z ' r e de Lyon.
Les réponses ou explications paraîtront sous le même titre, car je ne désire point qufon m'appelle « maître » ou qu'on fasse n'importe quelle allusion plus spéciale à la personnalité de l'écrivain, car nous n'avons tous qu"un seul maître, ainsi que l'a dit Jésus notre Sauveur en. ces termes 1 « Mais vous, ne vous faites point appeler maître, car vous n'avez qu'un Maître qui est le Christ, et, pour vous, vous êtes tous frères (S. Matt., 23, 8).
N*ayons donc qu'un seul Maître, qu'un seul Ami, qu'un seul þÿ c o nû d e n t dans_ tous nos soucis, et ainsi nous ne pourrons pas nous tromper grandement de chemin. Erratq. - Au numéro précédent, lire, ch. I, trad. I, v. 3, « par le germe de vie þÿ : :et non « par le terme de* vie ». Znom. .hu ,_
X.1{.l%ii. I&l. ,ir.r&1L&r _---------- 4 Nous prévenons nos lecteurs que la rédaction de L'INI'l'IA'l'ION est transférée 5, rue de Savoie, Paris (VI°), où H. Papus a maintenant son domicile. Nous serons reconnaissants aux revues faisant Péchange de noter cette nouvelle adresse. _Î 1ÎÎ Emile þÿ s i p é i i a i S ici Sciences iieriiiétiuuss L'École a ouvert la série de ses conférences le lundi io novembre dans son local provisoire, 36. rue du Bac.
La salle dont nous disposons maintenant peut contenir plus de zoo auditeurs. Elle sera consacrée plus tard à de grandes réunions de conversation entre les diverses Écoles ainsi qu'aux réunions martinistes. ` L'École aura sans doute bientot un local nouveau et spécial. En attendant, les cours sont faits par Phaneg, Sédir et Papus. Ils ont lieu les lundis et mardis à 9 heures précises du soir. Nous donnerons, le mois prochain, le programme complet.
Les droits d`inscription sont de 5 francs par trimestre, et nul n'est admis sans une carte d'inscription. _ Avant de donner la féte spiritualiste projetée, nous allons organiser, le deuxième et le troisièmejeudis de chaque mois, des séances de conversation ouverte àtous. D`autre part, la Société des conférences spiritualistes reprendra ses séances aux Sociétés savantes, 28, rue Serpente, à dater du jeudi 27 novembre courant.
La séance d'ouverture est ouverte à tout le monde sans formalité. Tous nos lecteurs y sontinvités.
ÎÎþÿ : -'/;<.5 95Wu Las cïcu-:s Asraaux r 89 LES CYCLES ASTRAUX Je voudrais þÿ p r oû t e r de cette occasion pour ajouter quelques mots relativement au calcul par les cycles astraux. , On se rappelle peut-étre qu'en me basant sur ce procédé, i'ai essayé de donner quelques indications sur les événements qui vont prochainement se dérouler en France et en Europe.
J'ai montré que nous allons traverser une période terrible pendant laquelle nous aurons à subir une révolution populacière, mettons sociale pour étrd poli, pendant laquelle on verra la répétition de tous les crimes, horreurs et infamies qui ont illustré la première révolution française. Les débuts de cette période doivent se produire en 1903 et nous sommes à la þÿû n de igoz.
Les événements ont rapi. dement marché depuis que je faisais cette prédiction, et il semble bien que toutes les exactions anticatholiques auxquelles nous venons d'assister, que la grève générale qui vient de se déclarer en sont le prélude et l'essai.
C`est, d'ailleurs, de 1905 à 1907 que doivent se produire les événements les plus violents. þÿ E nû n j'ai indiqué la date de 1907 comme correspondant à la þÿû n de la révolution populacière et au rétablissement de la monarchie en France.
En réalité, je n'ai traité alors qu'une partie de la question, parce que je ne voulais abuser ni de la bienveillante hospitalité de notre Directeur, ni de la patience des lecteurs de I'Echo, que je mets déjà trop souvent à l'épreuve. Il est peutfétre intéressant de remarquer que, réellement, il y a aussi trois solutions possibles comme pour le quatrain de Nostradamus.
1 go LYINITIATION gienne, en la personne de Charles le Simple, et qui þÿ s ' eû ` e c - tuerait en 1907. Mais il y a deux autres solutions, correspondant l`une à Napoléon I" et l'autre à Napoléon lll.
Sans entrer dans des détails qui allongeraient encore cet article, il est facile de se rendre compte que la reproduction astrale de l`avènement de Napoléon lll se produiraiten IQ 1 o; celle de Napoléon I" aurait lieu vers IQI4, si on la rapporte à l`époque de son consulat, ou vers 1918, si on la rapporte à celle de son couronnement comme empereur.
Si ces prévisions intéressent les lecteurs de l'Echo, je puis ajouter quelques indications générales sur l'état de l'Europe pendant le siècle qui s'ouvre devant nous. J'ai montré précédemment que le xix' siècle avait été la reproduction þÿû d è l e du 1x', après un cycle de |.oo7 ans, -les différences provenant surtout des þÿ m S u r s nouvelles et du nouvel état de l'humanité à ces deux époques.
On peut donc chercher à prévoir, par analogie avec le x¢ siècle, les dispositions générales que présentera le xx~.
On arrive alors aux conclusions suivantes : D'ici trente ans, tous les partis subversifs: socialistes, communistes, collectivistes, anarchistes, etc., seront domptés, supprimés, anéantis ou, tout au moins, réduits à l'impuissance. ll s'établira sur l`Europe, et sur le monde entier, une société fortement organisée sous la forme d'une féodalité commerciale, industrielle et financière, solidement constituée, qui réalisera la reproduction, sous une forme moderne, appropriée à la civilisation actuelle, de l`ancienne féodalité guerrière. ` Cet état de choses durera pendant tout le xx- siècle et pendant les deux ou trois siècles suivants. ljhumanité s'y développera sous l'action énergique qui est la cause de tout progrès : la rivalité, la concurrence, le combat pour la vie, pour la domination, pour la supré~ matie.
Malheur aux peuples faibles, malheur aux peuples en dégénérescence, malheur aux nations sentimentales, qui ne sauront pas régler leurs þÿ m S u r s et leurs institutions d'après la rigueur des lois économiques. (Echo du þÿ M e r v e i l l e u S . ) Nano.
BIBLIOGRAPHIE IQ I Bibliographie Nous avons eu la bonne fortune de feuilleter chez notre ami et collaborateur Gabriel de Lautrec le manuscrit d'un roman nouveau, le Feu sacré, dans lequel les amateurs de choses étranges trouveront de quoi satisfaire leur curiosité : à noter particulièrement un chapitre sur le Haschich, le dieu vert, et un autre sur la Magie, où des intuitions justes sont exprimées dans un style d'une robustesse absolument classique, tout en gardant une saveur colorée et très artiste (Compte rendu prochainement). .Î._i.
LIVRES REÇUS Le 4° fascicule de Àîsus, par H. Lizeau, vient de paraître. Il continue la publication de la tradition pythagoricienne; c`est une þÿ S u v r e d'érudition de grand mérite. Douze discours spirituels de Mme GUYON, þÿ S u v r e mystique à la portée de tous les þÿ c S u r s de bonne volonté (chez Chacornac).
Hypothèses de Zériobe Grammefrecueil publié par la femme du regretté savant, grâce aux nombreuses notes que celui-ci aimait à écrire, dans ses moments d'intuitions þÿ * s c i e n t iû q u e s :. on y trouvera des idées originales et des théories nouvelles sur plusieurs grands problèmes de physique ou de chimie. Le Problème de l'Au-delà, conseils des invisibles, par le général A. (Librairie des Sciences psychologiques, 42, rue Saint-Jacques).
Nous recommandons bien vivement ce livre à nos lecteurs. « ll a pour but », dit l'auteur, << de faire connaître < en quelques mots l'état actuel de la question tant com- « battue du spiritualísme moderne, d`indiquer les travaux « qui ont été faits, d*engager les esprits sérieux à les étudier, ¢- et enfin de faire lire quelques communications qui « donneront une idée des résultats que l'on peut' obtenir I
192 XÎINITIATION ¢ quand on entre en relations, - mais dans de bonnes con- « ditions, bien entendu, avec le monde invisible. þÿ : Et l'auteur a bien atteint son but: la première partie, historique et philosophique, est très instructive; la deuxième, résultat d'expériences pratiques, est un vrai livre de haute morale adaptée de l'évangile; et que ces conseils des invisibles viennent d'esprits, ou de l'Ego supérieur des expérimentateurs, ils n'en seront pas moins goûtés, nous en sommes persuadé.
Le Roman de Marie, parlean þÿ R A M r ~ : A ú , S u v r e bien pensée et pleine de þÿ c S u r , q u e nous recommandons à nos lecteurs (chez Ollendorfï, 50, Chaussée-d'Antin). ...__..___i.___ îÎ_ REVUES ET JOURNAUX' L'Écho du Merveilleux : on y trouvera une interprétation, par Nébo. d'un quatrain de Nostradamus, qui se rapporterait aux années qui vont suivre xgoz. (En. lire plus haut un extrait.) Le Spírilualisme moderne reproduit une conférence du docteur Farémont sur l'âme: y lire aussi des articles de Beandelot.
Le Moniteur des études psychiques publie une étude sur les apparitions, songes et visions, des études psychologiques et rapporte plusieurs faits psychiques très curieux. Nous recommandons tout particulièrement à nos lecteurs la Vie nouvelle.
Ce journal paraît chaque semaine et contient les plus intéressantes communications des célébrités en renom, au sujet des sciences occultes, des sciences appliquées, médecine, philosophie, etc. (A Beauvais, chez M. O.
Courier; å Paris, à la librairie du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri). * Voir aussi : Rosa Achemíca,qui publie de savantes études d'astrologie; le Progrès spirite, la Revue des études psychiques et, parmi les revues étrangères, Anubis, qui donne un horoscope d'Emile Zola, et la Psychic and Occult Views and Review. - Le Gérant : Eucausse. Paris-Tours. - Imp. E. ARRAULT et Cie, 9, me N.-D.-de-Lorette
DEJA PA RUS = _, 1«:1m;s'r 1).LîD1à1' . POSTE RESTANTE V ÈQIIIÈII - þÿ a (fn vol. gr. Iill-IN _]I(;SlIS. Relié. Prí.1'.'3 50 ; .|.-ll. ROSNY F ` « f LES DEUX FEMMES Boxnan þÿ : (fn vol. þÿ ( ¼ - _ (III-IS _/_L;SllS, Relié. 1)I'I'.[. 3 /la 50 _ ' þÿ W Î E Î Î Î Î . | : < ; 1 « : LA GONFESSION DE NICAISE i 13 onlan _ Un vol. gr. 1'Iz-1S_/lfszzs. Relié. þÿ P r zû r : 3 /in 50 "__" 1<1f:N1ä þÿ 3 | . | x l ¿ | : < : > .
TROP .IOLIE F(on1a11 _ (Jn vol. gr. lil!-IS _j«fs/ls. Relié, þÿ 1 : l ' l . _ l I : 3/la 50 ~ R .ll-:AN þÿ 1 ~ : A : 1 | ~ : _ L ' |-É ROEÎÀN DE FEIARIE þÿ I R C : 1 1 1 ; x 1 1 _ (fn vol. gr. vllll-l8_/IÖSIIS. Relié, Prí.z*: 3 /)-. 50 þÿ : þÿ . « Î ' I ` 1 _ : N I N |.A'13lu;N|«: _ .IEAN CDSTE "ça 1'Instituteur de 'Village ` I 'n vol. gr. 1'r1-18j<*'.s11s.
Relié, I"/*if : 3 /la 50 LE uvn: nzuè A a|=n.so Ç.es¿ une heureuse innrwntion que vignt du faire la Su1il'~î.Ô lllîdltions Littóraircs et ¿`x.US¿¿qu¢§_ *cn lançant ses þÿ ] < c : 1 n : m s R « _ - l 1 c > un paix ordmnirg de 3 fr. þÿ ; « : . þÿ : _ _ _ _ ()n peut þÿ u : n s | d T ' > r e v r cvtto lcntanlvç lmnme rh-vam 1.r;m×lmmer la l_|hr:une (ran¢;;use:1l } 3 1¢ngtemps que los .Qu-|g*l;us, þÿ ¼ : n J o u r s plus pmxiquvs et plus son-wcux de sanslaure le Pub|¿¢_ ;;-aient þÿ c o m n u e n u ¼ _ I V _ , Nous ne tenons «lung plus þÿ l l i e n tû t ces pauvres lxlrcs molloment þÿ l : r o r l n - s , ¢ *û u u x l l « ~ s sa"s` þÿ 1 - Q u ¼ î s .il la prcmlerc lcvturc, bons tout au þÿ ¼ l m au rester sur la llIlllql.l0UC du þÿ wû g v l l ou de la Vnlulrc' . . . . _ , . _ .
Le sucgès dune pnl'çxlle1n1t1atn*c est þÿ C e x f t a n ¼ puxsqut tknut le monrle. ma1ntgn:lnt,l1l8 ses þÿ ` : ¢ | u r n ¢ s tout rchcs pour la mfn1r'1frr.v qua les anciens Îolumcs þÿ l : r o c h c : , ctfçtf-' bibliothèque ne ininquera pas de varietr. puisquv l'orne|n¢;m.mou et les nuanrns þÿ d nû û - nt les titres c suivâ . . ' _ ._ ' rofè,es¿ un¢ ¢¢voluuon en hbxame.
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AV SA NOS LECTEURS Les þÿ S u v r e s de Louis-Claude de Sainl-Marlin on! élé réédilées sous la direclíon de l'()rdl'e Martiniste. Chacune de ces réédilions esl absolument conforme à l'original. Il esl donc inulile de payer 25 ou 3b francs des volumes qu`on peut avoir á bien meilleur comple dans leur þÿ t e S l e intégral.
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