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L'Initiation Revue philosophique des Hautes Etudes PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DK PAPUS I. U O. * Docteur en médecine Docteur en kabbale 53 VOLUME. 15"' ANNEE SOMMAIRE DU N° 2 (Novembre 1901) PARTIE E..JTERIQUE Les Ages de la ligne de Vie (p. 97 et 98) Papus. Un fait occulte (p. 99 à 104) Sédir. PARTIE PHILOSOPHIQUE L'État de l'Homme après la mort (p. io5 à 121). Phaneg. Du Néo-Fétichisme Minéral (p. 122 à 144). . . .
Numa Pandorac Les sept dimensions de t'Espace (p. 143 à 1 bo) . . Ernest Bosc. PARTIE INITIATIQUE La date du « Sepher let^irah » (p. i5i à 16) . . D' Saïr A. C. ;]; Involution (p. 167 a 169) Zhora. PARTIE LITTÉRAIRE La Descente du Réi'e (p. 170 et 171) Edgar Jégut.
Ecole Hermétique. Société des Conférences Spiritualistes. La Télépathie et la «Petite Julia ». Les actions à distance. L'n magicien chez Camille Flammarion. L'Astrologie et la mort du Président Mac-Kinler. Les Fées d'après les croyances du peuple roumain. Une maison hantée. Vision. Bibliographie. Revue des Revues. Avis. Errata.
Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adresse 87, boulevard Montmorency, à Paris. Téléphone 690-50 ADMINISTRATION - ABONNEMENTS - \NNONCES LIBRAIRIE PAUL OLLENDORFF PAHfS .ïO, Chaussée - d'Anlin , Ù0 - P A fit S Le Numéro : UN FRANC. Un An : DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines mate'rialistes ont vécu Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l'essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n'ont abouti qu'à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré cu\ dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L'Initiation est l'organe principal de cette renaissance spiritualiste dont les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d'un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l'Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent Yarbitrage contre l'arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin YInitiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l'Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l'Inde. L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 6o rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotériquc) expose aux lectrices ces ques tions d'une manière qu'elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s'adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L'Initiation parait régulièrement du 1 5 au 2o de chaque mois et compte déjà quatorze années d'existence. Abonnement: 1o francs par an. (Le« collectioni des deux premières années sont absolument puisées '
PARTIE EXOTÉRIQUE Les Ages de la ligne de Vie A notre avis il est très difficile, sinon impossible, de déterminer l'âge de la mort d'après les lignes de la main. Cela aurait du reste été trop beau pour les Com pagnies d'assurances sur la vie. Cependant Desbarolles et la plupart de ses élèves attachent une grande importance aux divisions de la ligne de vie ou vénusienne, cette ligne qui entoure la partie charnue du pouce. Si l'on ne peut déterminer nullement l'âge de la mort, du moins on peut se rendre approximativement compte des accidents et des maladies qui peuvent atteindre le consultant. Rien ne permettra mieux de déterminer ces âges de la ligne de vie que la figure ci-jointe qu'on est prié d'étudier avec beaucoup d'attention 7
Les Ages de la ligne de Vie. Papus.
UN FAIT OCCULTE (0 UNE CHAMBRE HANTEE Nous extrayons de la revue allemande Sphinx (année 1 89 i),qui malheureusement a cesséde paraître, le récit suivant, que nous résumons, sauf les incidents principaux traduits littéralement: Un soir d'automne i858, M. Frantr Potonick, in génieur en chef du Gouvernement autrichien à Lemberg, arrivait à Oswkym (Galicie, en allemand Usnnienpfin).
Il descendait chez un hôtelier à lui connu, M. Lowe, dont l'établissement était installé dans un ancien couvent. Après un repas confortable, le voya geur fut conduit à sa chambre, située au premier étage, à l'extrémité d'un long corridor. Il était seul d'étranger à l'hôtel cette nuit-là. « Après avoir fermé la porte à clé et au verrou t. dit-il, je m'abandonnai au repos et éteignis la lumière.
« Je pouvais peut-être être couché depuis une demi- (1) Nous donnerons autant que possible, dans chaque nu méro, un fait occulte commenté d'après Ut théories tradition* nettes de l'ésotérlsme. Sans commentaire ces faits n'ont pas tout l'intérêt qu'ils peuvent présenter avec les explications.
ioo l'initiation [novembre heure, lorsque, par un clair de lune brillant qui éclai rait complètement ma chambre, j'aperçus d'une façon nette et précise la porte que j'avais précédemment fermée avec soin, et qui se trouvait juste en face de mon lit, s'ouvrir lentement et discrètement, et par celle-ci, un homme d'armes en tenue correcte qui, sans entrer à l'intérieur, regardait dans la chambre de manière à la fouiller.
Je ne sais comment cela arriva, qu'étonné par cette visite étrange, je ne pus parler im médiatement et que l'homme se retira avant que je lui aie demandé la cause de son arrivée surprenante. Furieux de ce dérangement désagréable, je sautai hors du lit pour fermer la porte, et je m'aperçus alors qu'elle était solidement fermée avec la serrure et le verrou.
« Après la première surprise, ne sachant comment cet individu avait pu entrer par une porte verrouillée, je ris tout haut et pensai que c'était l'effet d'un souper trop copieux, un cauchemar. « Je me couchai de nouveau et cherchai à dormir.
Je pouvais être couché depuis une demi-heure, lorsque j'entendis et vis nettement et de nouveau s'ouvrir la porte ; en même temps que par l'entre-bâillement de celle-ci je voyais se glisser avec précaution une forme humaine, grande et pâle, guettant d'une façon bizarre dans l'intérieur de la chambre et regardant vers mon lit avec ses petits yeux perçants.
Aujourd'hui encore, après plus de trente ans, je vois cette physionomie de Méphistophélès dans l'attitude d'un galérien en rup ture de ban qui vient à l'instant de commettre un crime. Fou d'épouvante, je saisis machinalement mon
i9O t ] UN FAIT OCCULTE 101 revolver placé sur ma table de nuit.
En même temps, cependant, l'assassin se levait du banc où il s'était as sis près de la porte, et, faisant comme les chats lente ment quelques pas, se soulevait d'un bond, me fixant d'une façon aiguë, et me plantait un poignard dans la main sortie hors de mon lit, sur lequel je m'étais à moitié soulevé. (Pendant toute ma vie le regard épouvantable de cette face diabolique et pointue, qui alors s'abaissait sur moi pour m'épouvanter, me res tera inoubliable.) Au même moment j'appuyais sur la détente.
Le coup de revolver et le coup de poignard eurent lieu en même temps. Je criai et sautai hors du lit. Alors, soudain, la porte se referma si fortement que le bruit en retentit dans toute la maison ; j'enten dais nettement des pas qui s'éloignaient de ma chambre ; puis il y eut un instant de repos. « Presque au même moment, le maître d'hôtel ac courait avec ses garçons effrayés et criait dans ma chambre : Qu'est-il arrivé? Qui est-ce qui a tiré?
« Moi, ne l'avez-vous pas vu ? Qui ? demanda l'aubergiste. Celui sur lequel j'ai tiré. Qui étaitce? Je crois, le diable en personne. « Pendant que je racontais brièvement ce qui s'était passé, M. Lowe me demandait pourquoi donc je n'avais pas fermé ma porte. Mais, Monsieur, lui répondis-je, je ne pouvais la fermer plus solidement que je ne l'ai fait. Comment, malgré cela, cette porte s'est-elle ouverte ?
Que celui qui le peut comprendre le fasse; moi, je ne le puis pas. « L'hôtelier et son garçon échangèrent un regard d'intelligence. M. Lowe me dit vivement : « Venez
102 L INITIATION Monsieur, je vais vous donner une autre chambre, vous ne pouvez rester ici. » « Le garçon prit mes bagages, et nous quittâmes la chambre dans le mur de laquelle nous trouvâmes la balle du coup de revolver que j'avais tiré. « J'étais trop surexcité pour pouvoir dormir, et nous nous rendîmes de nouveau à la salle à manger du rez-de-chaussée, qui se trouvait vide parce qu'il était près de minuit.
Sur ma demande l'aubergiste fit pré parer un punch, et, comme nous étions assis en face l'un de l'autre, M. Low me raconta ce qui suit : « Voyez-vous, Monsieur, cette chambre qui vous a été désignée sur mon ordre formel est dans une situation tout à fait particulière. Depuis le moment où j'ai loué cet hôtel, personne encore ne l'a occupée sans en sortir avec effroi. Le dernier individu qui y a couché avant vous était un touriste du Hartz.
Nous le trouvâmes le matin sur le parquet de la chambre, frappé d'une attaque d'apoplexie. Depuis cetteépoque, il y a bien deux ans passées, je gardais close cette porte fatale.
Lorsque vous arrivâtes hier soir, je crus que vous étiez un homme droit, au caractère décidé, bien connu de moi, capable de réduire à néant les apparitions de cette chambre, mais ce qui vous est arrivé est suffisant pour m'imposer le devoir de fer mer à jamais cet appartement. » Nous considérerons ces faits comme réels et objec tifs, notre but n'étant pas de rechercher s'ils sont possibles, mais pourquoi ils ont lieu. En examinant les circonstances de ce récit nous remarquerons tout d'abord que la scène de hantise
UN FAIT OCCULTE Iû3 n'est pas personnelle au conteur, puisque d'autres voyageurs en avaient été témoins. En second lieu, nous remarquons que la scène se passe par un temps de lune très clair. Enfin, son caractère général montre que nous sommes en présence d'un phéno mène assez rare : la répétition d'un acte comme rite de punition.
En effet, lorsqu'un homme, après avoir commis un crime, meurt, la victime comme le meur trier ont accompli une expérience sur laquelle ils n'ont plus à revenir ultérieurement. Que la victime pardonne ou ne pardonne pas, cela n'a rien à voir avec des phénomènes fantomatiques, à moins que le coupable ne sollicite dans l'Invisible une rémission que la victime lui refuse.
Mais si, par un concours spécial de circonstances, le meurtrier rate son coup et est tué avant d'avoir tué, si ce n'est pas un bravo, si son acte lui est dicté par ses passions personnelles, le cliché qu'il devait réaliser sur le plan matériel, n'ayant pas été réalisé, demande à s'incarner, si l'on peut dire ; et il se répé tera avec la matière dont il peut disposer, jusqu'à ce que les circonstances mettent une seconde fois en présence la victime et le meurtrier.
En effet, les évé nements sont des êtres vivants et intelligents ; un certain nombre d'entr'eux sont appelés à connaître la vie physique par le moyen de l'homme, qui les réalise; qu'ils soient bons ou mauvais, ils ont droit à cette incarnation ; et ils l'obtiennent tôt ou tard, avec un degré de matérialité plus ou moins dense : toutefois, si l'assassin en question voit diminuer sa haine avec le temps, si, au bout de quelques siècles,
104 l'initiation son cœur ne ressent plus que de l'indifférence pour celui qui était son ennemi juré, le cliché ne trouve plus en lui un instrument propre à son incarnation ; il le quitte et va en chercher un autre. Il ne reste plus alors, pour le Ciel, qu'à liquider dans un juge ment invisible les responsabilités de la victime et celles du meurtrier.
Tout ceci est une application de la grande loi qui tend à réaliser dans l'Au-delà ce que l'homme a eu pour idéal ici bas; le principe de la conservation de l'énergie s'étend à tous les domaines de l'énergie, et de même que le soldat qui meurt en combattant, continue à combattre par l'esprit sans s'apercevoir qu'il est mort physiquement, de même le meurtrier qui meurt en assouvissant sa rage, continue à haïr de l'autre côté. SÉDIR.
FEïCSSÉES O homme! combien tu gémiras un jour quand, avec les influences du désordre dont tu seras rempli, tu t'approcheras de la région de l'ordre ! (Homme de Désir, p. 19.) * Chaque jour, renouvele^ les mêmes demandes avec la même sincérité, et vous recevre^ les mêmes béné dictions. (Homme de Désir, p. 23.) Claude de Saint-Martin.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute École, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées.
L'État de l'Homme après la mort SELON EMMANUEL SWEDENBORG I Parmi les êtres privilégiés devant qui s'est levé le voile de la mort, et qui ont su conserver le souvenir exact de leurs visions, Emmanuel Swedenborg, le célèbre voyant suédois, est un de ceux que l'on peut étudier avec fruit.
Ce grand initié a vu très juste en ce qui concerne l'homme, et ses enseignements ont une grande portée ; ils sont identiques, pour les grandes lignes, aux enseignements de la tradition et viennent confirmer les visions de beaucoup d'autres extatiques. Non seulement ce qui se passe au moment de la mort lui fut expliqué, mais il en eut la preuve expérimen tale par lui-même.
Pendant plus de quarante années, il fut journellement emmené en esprit dans les plans invisibles et mis à même d'étudier, d'observer la vie des êtres habitant les différents degrés du monde des Esprits. Swedenborg ne fut pas sans erreur ; la plus grande fut de voir partout des Hommes, de même que d'autres voyants virent seulement des anges et des démons. Mais cette erreur n'a d'importance que lors qu'il parle des anges ou qu'il fait manifestement allu
io6 l'initiation sion à des esprits appartenant à une autre ligne d'évo lution que la nôtre. Ses ouvrages abondent en détails intéressants sur la séparation des différents principes de l'homme, sur l'action de l'astral, les différents états de l'homme d'après sa vie physique, etc. Sa langue n'est naturellement pas la même que celle des hermétistes ses contemporains ; mais on recon naît facilement les mêmes théories.
Ainsi, il ne parle ni du corps astral ni du double, mais il enseigne que l'Etre humain a, après sa mort, une parfaite forme hu maine. Il partage l'univers invisible en trois parties : le ciel, le monde des esprits, l'enfer. Comme il ne paraît pas qu'il nous décrive le plan divin (i), nous pourrons y voir l'astral inférieur, moyen et supérieur.
Dans les quelques pages qui suivent, c'est surtout le plan astral moyen ou « monde des esprits » qui est étudié. Je crois qu'elles pourront intéresser ceux d'entre vous, et ils sont nombreux, qui n'ont pu encore prendre conscience par eux-mêmes de l'invisible. II LE MONDE DES ESPRITS Comme tous les voyants, Swedenborg a eu la con naissance de la partie de l'astral qui lui était le plus particulièrement adéquate.
Aussi faut-il, en étudiant les récits de ses visions, comme du reste toute œuvre mystique, ne pas les considérer comme générales et synthétiques mais comme particulières. (i) Swedenborg ne paraît en effet avoir eu connaissance que des êtres évolués appartenant à la race d'Adam.
l'état de l'homme après la mort 107 Le point de vue auquel s'est placé le grand initié suédois est fort intéressant et nous fera connaître une région de l'astral bien particulière. Disons aussi que par le mot « Esprit » il entend parler d'un habitant du monde des esprits ou plan astral et par «Ange», il désigne un Être qui, pour lui, est un homme évolué. J'ai déjà dit que la grande erreur de Swedenborg a été de voir partout des hommes.
Ce qu'il appelle le monde des esprits n'est, dit-il, ni le ciel ni l'enfer, mais est placé entre les deux. C'est donc dans les ré gions moyennes du plan astral qu'il convient de pla cer la scène des principaux récits dans lesquels j'ai puisé pour cette étude. C'est dans ce monde des esprits que l'homme entre aussitôt après sa mort, pour y passerun certain temps dont la durée est déterminée par la vie qu'il a menée sur terre.
Naturellement, ce monde n'est pas un lieu, mais un état ; Swedenborg ne pouvait s'y tromper. L'homme, dit-il, par l'union de la bonté et de la vérité, a le ciel en lui-même ; par l'union de la méchanceté et du mensonge, il a l'enfer. Dans le monde des es prits, le mensonge s'écarte du bon et la vérité est atti rée vers eux, comme le mensonge s'harmonise avec le mauvais.
Etant formé par les hommes qui vien nent de mourir, ce monde renferme naturellement une quantité d'esprits dont quelques-uns ne font que passer pour être immédiatement entraînés vers les plans supérieurs (1) ou précipités dans les bas-fonds. (1) Voyez Pistis Sophia. L'âme qui a reçu les mystères ne sera pas introduite dans le chaos autrement dit, elle traver sera le grand Serpent, car elle connaît le mot d'ordre.
io8 l'initiation A noter ce détail intéressant : les parents, les amis ne peuvent rester ensemble que si leur etarestà peu près en harmonie. Je vis, dit Swedenborg, un père conver sant avec ses six enfants, mais, comme leur état était inharmonique, ils se séparèrent bientôt.
L'explication de l'attraction qui pousse les méchants l'un vers l'autre, est aussi digne de remarque, parce qu'elle prouve, une fois de pi us, l'éternelle loi de misé ricorde, qui détermine notredevoir dans l'invisible. Le père n'a jamais frappé personne, telles sont les paroles que l'extase de tous les vrais voyants a perçues. «.
Les anges qui surveillent chaque personne ressuscitée, dit Swedenborg, ne la quittent pas, car ils aiment tous les êtres, mais, dans le cas d'un esprit mauvais, cet esprit ne peut supporter la présence d'un ange céleste et a aussitôt ledésir de le quitter.
Le malheureux est à l'ins tant environné par d'autres anges inférieurs qui lui rendent de bons offices, mais bientôt, ne pouvant en durer la société des bons, il a encore le désir de s'éloi gner et il arrive enfin dans la société d'esprits qui sont en parfaite harmonie avec son état intérieur. » Pour avoir une idée du cadre des principales vi sions de Swedenborg en ce qui intéresse notre sujet, voyons comment il décrit la région de l'astral qu'il lui a été permis de voir : «c Ce monde ressemble, ditil, à une vallée énorme entourée de montagnes.
Les défilés et les portes du plan céleste ne sont visibles .qu'aux esprits préparés pour leciel. Les autres ne peu vent les trouver (i). Il en est de même pour les portes - (i) Pistis Sophia. Chacun des appartements du grand Ser pent a une porte caché* par un voile et une garde.
l'état de l'homme après la mort 109 des régions inférieures. Elles paraissent ouvertes à ceux qui ne peuvent demeurer que dans les bas-fonds. Elles semblent à ces esprits de lugubres cavernes s'enfonçant obliquement à de grandes profondeurs. Des émanations fétides s'en échappent, et les mau vais esprits les respirent à l'aise. Ils ne pourraient sup porter les célestes parfums.
J'entendis un jour un es prit qui avait été plongé une seconde dans l'émana tion des hauteurs, pousser un cri perçant et ne se calmer que lorsqu'il fut de nouveau dans les effluves empestées. » Comme on le voit, Swedenborg ne nous décrit que cercains côtés de l'Astral inférieur, moyen et supérieur, mais les détails qu'il nous donne sont hautement intéressants et initiatiques.
III la mort. ce qui se produit immediatement apres. les trois états successifs par lesquels passe l'esprit. Pour savoir ce qu'il advient de l'Être humain après que la vie a cessé sa manifestation apparente, des facultés mystérieuses, niées par la science de la ma tière, sont indispensables.
Alors que devant nous d'un côté de la toile, un corps gît rigide et glacé, de l'autre côté la vie se continue ; revêtu d'une matière plus subtile que l'éther, l'Être humain se réveille dans un monde inconnu. Pour le suivre alors dans son nouvel état, il faut que la conscience de l'observateur
IIO L INITIATION se transporte dans ces mystérieuses régions ; il faut surtout qu'il se souvienne. En général, un maître visible ou invisible vient aider le voyant et lui révéler la Vie astrale. C'est ce qui est arrivé pour Sweden borg. «Non seulement, dit-il, on m'expliqua la façon dont la naissance sur le plan invisible s'accom plit, mais on me le fit voir sur moi-même.
Mon corps physique fut un jour amené à un état d'insensibilité complète, pendant que la vie intérieure et la faculté de penser demeuraient "entières. De cette façon, il me fut possible de percevoir et de retenir ce que je vis et ce que voient en général les hommes au mo ment de leur mort. Je m'aperçus d'abord que la res piration physique n'avait presque plus lieu et que la respiration intérieure, qui est celle de l'esprit, fonc tionnait seule.
La communication avec le céleste royaume fut alors ouverte, et je vis deux Anges (i) à quelque distance et deux près de ma tête. Toute sen sation particulière à moi me fut enlevée, sauf la faculté de perception et de pensée. Je demeurai quelques heures en cet état, les esprits qui étaient autour de moi s'éloignèrent supposant que j'étais mort. Je percevais aussi une odeur aromatique pareille à celle d'un corps embaumé.
Ce parfum, dû à la pré sence des anges, éloigne les esprits. ' « Les anges, assis à mon chevet, gardaient le silence, mais me communiquaient leurs pensées. Lorsque cette communication est possible, l'esprit de l'homme est prêt à être entièrement séparé du corps. Je m'aper- {i)Pistis Sophia: Les Receveurs de lumière.
L ETAT DE L HOMME APRES LA MORT I I I çus également que ces Anges examinaient mes pen sées pour s'assurer qu'elles étaient semblables à celles qu'ont d'ordinaire les mourants. Ils maintenaient mon esprit en cet état. Il me fut dit dans la suite que la pensée que lhomme avait au moment de mourir per sistait jusqu'à ce qu'il revînt peu à peu à celles qu'il nourrissait le plus souvent pendant la vie physique (i).
Je sentis aussi très intimement, comme une forte poussée de mon être intérieur tendant à sortir de mon corps, et on m'enseigna que c'est ainsi que se produit la mort. » Swedenborg, ainsi renseigné par lui-même, assista à la mort de nombreuses personnes, et son regard de voyant contempla pendant de longues années jus qu'aux moindres détails les scènes terribles ou con solantes que l'œil mortel ne perçoit pas.
Voici les points les plus saillants de son enseignement : Lorsque le corps n'est plus capable d'accomplir ses fonctions dans le monde physique, on dit que l'homme meurt. Les mouvements respiratoires et les batte ments du cœur cessent, mais l'Être humain n'est que séparé de la forme corporelle qui lui servait. Lorsqu'il est passé dans le monde spirituel, il garde une par faite forme humaine. Sur ce point, Swedenborg est très affirmatif.
« L'expérience personnelle, dit-il, pen dant longtemps me le prouva, car j'ai vu et entendu des esprits des milliers de fois. J'ai souvent causé avec eux, en particulier sur ce point que presque personne sur la terre ne croit à l'existence spirituelle telle (i) Enseignement traditionnel; voir Papus, l'État de trouble.
112 L INITIATION qu'elle est réellement. » La conséquence de ce fait est que presque tous ceux qui passent de ce monde dans l'autre, sont très surpris de se trouver vivants, de pou voir entendre, voir et parler. Ils conservent le main tien, l'apparence qu'ils avaient dans le plan physique, car ils vivent extérieurement, leur état intérieur n'est pas encore ouvert.
Leur forme est d'autant plus belle que leur vie a été plus parfaite. (Ceci a été enseigné par tous les voyants.) L'Esprit emporte avec lui, dans sa nouvelle vie, tout ce qui le constituait pendant la vie physique, .sauf son corps matériel.
Il ressent exactement, lorsqu'il touche un autre corps spirituel, la même sensation que lorsqu'un homme touche un autre homme dans le plan physique; il voit comme avant, entend et parle, pense, réfléchit, désire et veut comme avant. En un mot, lorsqu'un être passe à l'état astral, c'est presque comme s'il se rendait d'un lieu à un autre.
La mémoire même, pendant un certain temps et après la période de trouble, demeure entière, et l'Esprit se .souvient de ce qu'il a vu, entendu, appris ou pensé dans sa vie (i). Cependant la différence est grande, car, dans les plans supérieurs, les sens sont infiniment plus développés. Swedenborg, sous le nom de mé moire, décrit surtout ce que l'initiation occidentale .moderne nomme : « clichés astraux », « atmosphère astrale ».
Il raconte en effet que certains Esprits, re fusant d'avouer les crimes qu'ils avaient commis de leur vivant, toutes leurs actions furent dévoilées, (il On pourrait ajouter que la mémoire est en raison di recte de l'élévation de l'Esprit.
l'état de l'homme après LA MORT I 1 3 depuis leurs premières années jusqu'à leur mort, car elles étaient toutes inscrites dans leur mémoire. Il perçut même des cahiers où ces Esprits avaient noté leurs actions diverses, et les pages en furent toutes lues. Un autre, qui avait détourné un héritage, fut convaincu et jugé de la même manière. Les lettres et les papiers furent lus devant lui.
Ce même Esprit avait, quelque temps avant sa mort, empoisonné un voisin ; le crime fut mis en lumière de la façon sui vante : le meurtrier fut vu creusant une excavation d'où sortit un homme qui cria : Que m'as-tu fait ?
Chaque détail fut révélé ; la conversation amicale de l'assassin et de sa victime, les pensées qui le condui sirent au meurtre, et on vit se dérouler la scène de l'empoisonnement, etc. En résumé, toutes les mau vaises actions sont clairement mises au jour et tirées de la mémoire de l'Esprit, de sorte qu'il se condamne lui-même ; ce sont des anges qui sont chargés de cette fonction.
On voit que Swedenborg a parfaitement connu ce fait que tout se traduit en image dans le plan astral, pensées et actions, et qu'il a très bien compris « l'at mosphère astrale » propre à chaque Esprit.
Notons aussi que de cette mémoire l'Esprit peut très bien ne pas être conscient : un Esprit entre autres s'indignait un jour de ne pouvoir se rappeler bien des choses qu'il savait très bien pendant sa vie ; Swedenborg eut connaissance de la réponse qu'on lui fit. On lui expliqua qu'en réalité il n'avait perdu aucune par celle de son savoir, mais que, dans le monde qu'il habitait maintenant, on ne permettait pas de se sou 8
n « 4 l'initiation -venir de choses grossières, obscures et matérielles, comme il avait l'habitude de le faire. On le voit, Swedenborg a vu très juste, et ses visions corrobo rent celles des autres extatiques de pays éloignés et -de religions différentes.
IV L'ÉVOLUTION EN ASTRAL. LES TROIS ÉTATS DE L'ESPRIT APRÈS LA MORT PHYSIQUE En suivant, pour ainsi dire, les premiers pas de l'être humain après sa naissance sur le plan spirituel, Swedenborg a eu la perception que cet être subissait diverses transformations successives qu'il décrit sous le nom d' « états ». Dans le premier état, qui suit immédiatement la mort, l'Esprit a encore la même apparence que de son vivant et agit de même.
C'est l'état extérieur; puis, peu à peu, cette apparence «xtérieure s'efface et il passe dans le second état inte rieur. C'est à ce moment qu'il est véritablement un Esprit. Il reste dans ce deuxième état plus ou moins longtemps et devient apte à recevoir les premiers enseignements de ses guides, qui le préparent pour les plans supérieurs. C'est le troisième état.
Premier état. Immédiatement après la mort, l'homme passe dans le premier état extérieur. Pour comprendre ce que signifient ces mots : état extérieur et intérieur, il faut remarquer qu'il y a dans l'homme deux manières d'être dans le monde. Une extérieure, par laquelle il adapte son corps, ses traits, sa parole
l'état de l'homme après la mort i r5 à la société dans laquelle il vit, et une intérieure, réservée à ses pensées réelles, à sa volonté propre. Il est bien rare que ces dernières soient visibles exté rieurement, car de bonne heure l'homme s'habitue à prendre les apparences de l'amitié, de la sincérité et de la bienveillance et à cacher ses vrais sentiments.
Après la mort, c'est la première de ces deux ma nières d'être qui persiste d'abord ; aussi, l'Esprit se croit-il encore dans le monde physique, à moins qu'il ne se souvienne de ce que les anges lui dirent au moment de sa mort (i). Swedenborg raconte que l'Esprit est toujours reçu par des anges qui l'instrui sent, mais que rarement il se souvient.
Dans ce premier état, l'esprit, ayant l'apparence exacte qu'il avait en cette vie, est aisément reconnu par ses amis et ses parents. Il lui suffit de penser à quelqu'un pour le percevoir immédiatement, l'espace n'existant pas comme dans le monde naturel.
« J'ai souvent entendu, dit Swedenborg, des nouveaux venus dans le monde des Esprits se réjouir de ren contrer leurs amis et je les ai vus ensemble plus ou moins longtemps d'après le degré de leur amitié. Des gens mariés se rencontrent souvent et, selon leur amour, demeurent unis un certain temps. Si la haine ou l'animosité les avaient désunis sur terre, alors se développent ces mauvais sentiments, et de véritables luttes s'en suivent.
En examinant un grand nombre d'Esprits dans ce premier état, Swedenborg s'aperçut que, presque (i) Pistis Sophia. Les Receveurs de lumière.
IÏ6 l'initiation tous, ils étaient saisis du désir de connaître la nature du ciel et de l'enfer. La plupart des hommes en effet arrivent dans le monde spirituel avec des idées tout à fait fausses et des notions excessivement vagues. Des Esprits avancés sont alors chargés de les instruire et de leur faire comprendre que la volonté intérieure et la pensée sont bien plus importantes que la parole et l'action (i).
La durée du premier état est naturellement très va riable. Tant que l'harmonie ne règne pas entre l'état intérieur et l'état extérieur, c'est-à-dire tant que l'être n'agira pas uniquement d'après ses pensées, tant qu'il pensera mal et agira bien en apparence, par hypocrisie, comme il le faisait sur la terre, le premier état per sistera. En effet, dans le monde des esprits, il n'est pas permis de penser d'une façon et d'agir d'une autre.
Deuxième état. Lorsque cette condition est rem plie, l'homme passepeuà peu dans un autre état que Swedenborg appelle « l'état intérieur ». Il est en ce moment réellement un Esprit, et son apparence change. Il apparaît ce qu'il est et ce qu'il a été réelle ment dans la vie. C'est alors que tout ce qu'il a pu cacher à tout le monde pendant la vie et même à un grand nombre d'Esprits pendant le premier état, est clairement révélé à tous...
L'Esprit agit dans cet état» d'après son caractère particulier. S'il était bon, il agit sagement ; s'il était mauvais, il laisse libre cours à ses penchants : l'homme passe dans ce deuxième état sans s'en apercevoir, pas plus qu'il n'avait cons- (i) Ou tout au moins aussi importantes.
LÉTAT DE L'HOMME APRÈS LA MORT HJ cience de ce qu'il faisait alors que, dans la vie, il tra duisait ses pensées en paroles (i). Tous les êtres passent par cet état après la mort, car c'est l'état normal de leur Esprit. Les bons, ceux qui ont vécu dans la pratique du bien semblent se réveiller d'un long sommeil, ou pas ser de l'ombre à la lumière.
Les courants des plans supérieurs viennent illuminer leurs pensées, et cette illumination est accompagnée d'une joie, telle qu'ils n'en avaient jamais ressentie.
Les êtres mauvais, dont la conscience n'est pas éveillée, paraissent au regard de l'observateur, méprisants, orgueilleux, moqueurs, nourrissant des idées de vengeance et de haine, et tout cela d'autant plus nettement qu'ils sont dans l'état où l'être agit librement d'après ses impulsions.
Dans cet état, également, ils sont privés de rai sonnement, car cette faculté ne résidait pas dans leur être intérieur, mais n'était qu'extérieure, bien qu'il leur semblât à eux-mêmes que leur sagesse dé passait celle des autres hommes. On emploie quelque fois alors le moyen suivant pour les amener au repen tir.
Ils sont pour un temps replacés dans lepremier état extérieur et on leur laisse le souvenir de leurs actions dans le second; quelques-uns sont remplis de honteet reconnaissent leurfolie; d'autres sont furieux de ce qu'on ne les laisse pas toujours dans le premier état; on leur fait voir alors avec douceur ce qu'ils deviendraient si leur désir était satisfait î on leur dé montre qu'ils tomberaient sans cesse dans les mêmes (i) Pensée, état intérieur ; parole, état extérieur.
Ii8 l'initiation fautes, séduisant les simples de cœur par l'apparence de la bonté, de la sincérité, de la justice, et qu'ils finiraient par se perdre complètement eux-mêmes. Comme nous l'avons vu, ce que Swedenborg nous décrit sous le nom de « monde des Esprits » est con sidéré par lui comme la continuation de la vie phy sique dans un autre plan.
Tant que l'Esprit reste dans cet état, rien n'est encore commencé, c'est un reflet exact de la vie sur terre, les bons et les méchants sont ensemble pendant le premier état, et leur sépara tion ne commence à se faire que dans le deuxième état pour être complète soit dans le Ciel, soit dans l'Enfer.
Avec cette conception, il n'est pas étonnant que Swe denborg ait enseigné que, dans le monde des Esprits, aucune faute commise sur terre ne reçoit sa punition ; plus tard seulement, dans l'état définitif appelé Enfer, les crimes terrestres seront punis. Dans ce monde intermédiaire, l'Esprit n'est puni que pour le mal qu'il y fait. Cette théorie semble prêter à beaucoup d'objec tions, mais je n'ai pas la compétence nécessaire pour les développer.
J'ai voulu seulement faire connaître les idées de Swedenborg sur la vie astrale, sans dissi muler les erreurs qu'il a forcément commises. Donc, dans ce deuxième état, la séparation entre les bons et les mauvais commence à se faire. La désharmonie se fait sentir entre les différents cercles d'Esprits. Les bons se réunissent et deviennent peu à peu aptes à recevoir l'instruction céleste, donnée par les Anges. Troisième état. Cette instruction, cette prépara tion sont absolument indispensables. Personne en effet
L'ÉTAT DE L'HOMME APRES LA MORT 1 1 Q . ne peut savoir ce qu'est la Vérité spirituelle, si elle ne lui est démontrée. L'Esprit peut avoir des notions dela vérité morale, de la justice, de la sincérité, telles qu'elles sont connues dans le monde, mais la Vérité spirituelle ne peut provenir que des cieux. Sans cette éternelle Vérité, l'homme ne peut pas penser spiri tuellement et, s'il ne pense pas spirituellement, il ne peut agir pour le ciel.
Lorsque cette instruction com mence à être donnée, l'être intérieur est illuminé, le ciel descend en lui ; cela peut du reste arriver dès la vie terrestre. Swedenborg ne pouvait ignorer ce fait.
« Ceux qui sont illuminés dès la terre, dit-il, vont au ciel soit directement, soit après un court séjour avec de bons Esprits, parmi lesquels la matérialité de leurs pensées terrestres est enlevée et se purifie. » Mais la majorité, avant de traverser définitivement le monde des Esprits, doit rester longtemps dans ce troisième état. Voici comment Swedenborg décrit l'aspect sous lequel il entrevit ces classes d'Esprits.
Nous y noterons ce fait admis par beaucoup d'autresvoyants que l'évolution d'un être peut se faire en. grande partie en astral et même dans les plans plus élevés de l'éternelle Nature : « Je vis d'abord au premier rang ceux qui quittè rent la vie pendant l'enfance et qui furent instruits dans les cieux jusqu'à un certain âge.
Après eux venaient ceux qui moururent adultes et furent attirés vers la Vérité sur la terre ; puis les sectateurs de Mahomet qui menèrent une vie morale et reconnu rent un Etre divin. Ils se séparèrent de leur prophète lorsqu'ils méritèrent de quitter son ciel, reconnu
12o L INITIATION rent le Seigneur et furent instruits dans la loi du Christ. Je vis aussi des païens qui menèrent une vie conforme à leur religion et qui purent acquérir une sorte de conscience. Ils proviennent surtout d'Afri que. » On voit combien Swedenborg s'éloigne de l'into lérance religieuse et témoigne par là de sa mis sion réellement élevée.
Tous les Esprits ne sont pas instruits par des Anges d'un même plan ; ainsi les mahométans par exemple reçoivent les leçons d'êtres évolués qui, autrefois, suivaient la religion du prophète. Les païens sont guidés par des Anges qui honorèrent les dieux. L'instruction donnée dans le troisième état repose sur l'Évangile, ou plutôt sur des doctrines tirées de l'Evangile, adaptées aux diverses classes d'Esprits.
La connaissance n'y est point,com me sur terre, confiée à la mémoire mais à la Vie. En effet, à ce degré d'évolution, l'être est en général suffisamment avancé pour ne s'assimiler que ce qui est en harmonie avec ses aspirations.
Les Instruc teurs ont néanmoins fort à faire avec certains Esprits retardataires qui ne sont pas mauvais mais qui sont morts avec l'idée préconçue qu'ils avaient mérité le ciel et qu'ils devaient recevoir avant les autres hommes les récompenses éternelles, et cela parce qu'ils avaient été savants dans la connaissance des évangiles.
Les Instructeurs examinent alors attentivement ces Esprits pour voir si leur vie a été en harmonie avec leur science. Ceux qui sont convaincus d'avoir seu lement appris à raisonner sur la Vérité, sont con
L ETAT DE L HOMME APRES LA MORT I 2 I duits jusque dans des plans très élevés. Leurs yeux sont alors éblouis par l'influx de la lumière céleste, leur intelligence est obscurcie, et c'est pour eux une intense souffrance. On les ramène alors où ils étaient et on leur apprend que l'élévation d'un être ne dépend pas de ses connaissances, mais de la vie qu'il a menée.
Enfin, après une longue ou une courte période d'instruction, on les fait entrer dans une société d'Es prits élevés en harmonie avec leur état intérieur. Tels sont les trois degrés dévolution que Swedenborg a perçu. Il y en a naturellement bien d'autres ; Swe denborg n'a pas eu connaissance du plan divin ; il a assisté à des spectacles parfaitement réels, mais qui ne dépasssent pas le plan mental supérieur. Notre vénérable maître L.
Claude de Saint-Martin, tout en jugeant que les ouvrages de Swedenborg peuvent faire du bien à l'homme, enseigne qu'ils ne lui don nent pas le plan exact de la région spirituelle. Il a été, ajoute-t-il, grandement favorisé,mais il a été aussi grandement trompé. Tout en n'ayant ni l'intention, ni la compétence de faire un article de critique, je ne pouvais laisser ignorer les côtés faibles d'une œuvre qui a tant de côtés grandioses.
J'ai voulu faire con naître les résultats des visions du grand Initié, parce qu'elles corroborent pour la plupart les enseigne ments de la tradition et de l'expérience. Si j'ai pu inspirer à quelques-uns l'idée de se mieux informer sur Swedenborg et sur les plans de la Nature qu'il a étudiés, mon but sera atteint. Phaneg.
Du Néo-Fétichisme Minéral i « Le fumier serait-il le frère du parfum ? « Tout vit-il ? Quelque chose, ô nuit, est-ce quelqu'un? ». Victor Hcoo. Le fétichisme qui anime les grands éléments de la nature a été contesté à cause de l'insuffisance de preuves et aussi à cause du vague de ses limites.
Que les monts soient « pensifs plus que ce que tu ne crois », à la rigueur, les monts comme les plaines font partie de la terre et, portant vie, peuvent être vi vants eux-mêmes. Mais le rocher, la roche, le roc le sont-ils aussi? Quand le grand élément se distinguet-il du simple grand objet ? « Le vent sait ce qu'il dit aussi bien que l'apôtre? Est-ce bien sûr? « Les flots savent ce qu'ils font. » Soit! mais le simple flot le sait-il aussi?
Les flots seraient-ils menteurs, les roseaux chanteurs, méta phore à part? Est-il vrai que l'ouragan soit «un démon lui-même », que le volcan tousse et crache ? Est-il vrai que l'abîme est un prêtre et que « l'ombre est un poète ». Les citations ne manqueraient pas : « Dis, où sont
DU NÉO-FÉTICHISME MINÉRAL 123 les poumons du vent? » Le fleuve qui charrie ses ondes avec monotonie, sans varier son cours, a-t-i' bien une âme en lui, un génie ? et ce génie placé à sa source par la mythologie a-t-il une ombre de réalité? N'est-ce que «l'ombre d'une chimère »? L'air qui fait vivre est-il vivant? Il ne l'est pas, a déjà répondu Di derot.
Plus fétichiste est la superstition qui anime les ob jets (inanimés), et il faut la diviser en deux séries sui vant qu'ils tiennent leur âme de l'intervention de l'homme ou non.
Selon la première, c'est l'Esprit di vin qui leur soufflerait plus qu'une vague vie panthéistique, hilozoïste: Les choses ont une âme aussi. (Lamartine.) Voyez des âmes dans les choses. (Victor Hugo.) Celui-ci y revient avec une insistance qui équivaut à une profession de foi : Les parfums qu'on croit muets. Les éclairs visionnaires.
Si vous n'entendez pas « la voix qui sort des choses », c'est que vous avez des « sens bornés ainsi que des éponges » ou encore c'est qu' « elles se taisent ». Elles n'en penseraient pas moins : Tout est plein d'âmes. Tout dit une voix.
124 l'initiation « Ce que tu nommes chose, objet, nature morte, sait, pense, écoute, entend. » II faut dire que les âmes que V. Hugo voit ainsi dans les choses seraient des âmes étrangères enfermées dans les choses plutôt que les âmes des choses mêmes. S'il voit des yeux fixes profonds dans les cailloux ou verts, si d'autres fois il les traite de pauvres aveugles, de cailloux désespérés.
S'il leur entend pousser des soupirs (sic), c'est qu'ils sont pour lui « des oubliettes de l'âme ». Une roche est un proscrit. Un remords songe dans un débris. Affaire de châtiment, de purgatoire par envoûte ment divin. « Hélas! le cabanon subit aussi l'écrou.
Dame ! s'il faut supposer «des cris dans la pierre mu rée, des fronts murés», etc. En parlant d'un Virgile imprimé, il serait bon à ce compte d'avertir qu'on ne fait qu'une métonymie, ne pas trop laisser croire que le poète a passé tout entier, s'est prolongé dans son œuvre, comme on dit. Un livre au fond ne serait qu'une tombe un peu plus décorative, et je n'y logerai pas mon plus grand ennemi intime.
Je plaindrais Barrabas prisonnier dans une Enéide imprimée. Pour Virgile, je rêverais d'autres rési dences plus élyséennes. La plus belle tombe du monde ne peut s'idéaliser que si les ombres se donnaient ren dez-vous tout autour, en venant flotter dans un su perbe jardin funéraire. Possible que les morts consentent à venir extério
DU NÉO-FÉTICHISME MINÉRAL 125 riser leur sensibilité dans un objet précieux. Un au teur en s'y localisant, s'y envoûtant lui-même pour rait ainsi avoir mal ou plaisir à son bouquin, mais passagèrement et volontairement. Au sens maté rialiste, qu'entend-on par se prolonger dans son œuvre, cela lui ferait bien des prolongements, s'il passe dans tous ses exemplaires, comme J.-C. dans, toutes ses hosties?
Seulement il faut tenir compte d'une autre superstition, d'après laquelle l'artiste donnerait non pas son âme, mais une âme aux œuvres ou aux types éclos de son cerveau. L'âme de l'auteur et l'âme de son ouvrage, cela en ferait deux. A l'in verse de Descartes, qui en refusait une aux bêtes les plus intelligentes, nos modernes symbolistes mettent des âmes partout. On en constaterait de toutes les provenances.
A part l'âme du consommateur, l'âme des herbes, il y aurait l'âme des pilules, l'âme du pilulier. De même, âme dans les petits oiseaux, âme dans leurs œufs, âme dans le contenant: le nid. Ames dans la cage, dans les plumes, dans le guano, etc. Que d'âmes! que d'âmes I II y aurait une âme chan tante dans les lyres, une âme voyageante dans les na vires « dont la vergue est peut-être une aile ».
Dans un simple livre, on pourrait compter l'âme du volume « volume où vit une âme », l'âme de l'au teur qu'il y a déposée à part la sienne, l'âme qu'on y envoûterait ou qui s'y envoûterait, l'âme du spectre de la vie de l'auteur, « ce livre qui contient le spectre de ma vie », et l'âme des mots, l'âme des rimes, etc. Si un livre « se met à palpiter, à respirer, à vivre », le
126 l'initiation modeste cahier brouillon aura bien sa petite vie aussi. Et voye2 où va se nicher la métaphore vivifiante ! Voilà que les vers y rampent réellement, avant de s'envoler en strophes, ces papillons ou ces « oiseaux peints de mille couleurs », et entre les vers des mons tres y ram pent aussi , car beaucoup de pages de V. Hugo sont pleines de stryges et d'hydres et de toutes sortes de figures de rhétorique et de ménagerie.
Trop d'âmes! trop d'âmes! diraient les matéria listes et même pas mal de spiritualistes. « La coupe étant toujours ivre est à peu près folle ! » Soit, mais alors Zin-Zizimi pourra-t-il nous dire ce que de viendra l'âme de la coupe, lorsque la coupe sera brisée. II * Et son chant fait pousser des bourgeons verts aux plantes. » Victor Hugo. « Si nos rêves germaient. » J.-M. Gotau.
La superstition qui fait donner la vie aux choses par l'homme, en concurrence avec le Créateur, se dis tinguera de l'amulétisme qui ne leur fait conférer que des propriétés de transmission ou d'exception. S'il y a « sous chaque lettre une vertu », de tant de vertus alignées ne supposerons-nous pas qu'il va en passer un peu sur le papier, sur le cahier qui sert de support à la pensée extériorisée et matérialisée ? Les poètes
DU NÉO-FÉTICHISME MINERAL I27 «tles plus récents ont fait plus ! ont fait trop ! A ce support, à ce réceptacle ils ont donné une âme et une âme médusante encore! avec plus d'insistance qu'aux bêtes et aux plantes, non en manière de rhétorique, mais en vraie profession de foi. L'hypallage ne serait plus un simple artifice du style orné. Les objets qui seraient fréquemment un objec tif acquerraient les vertus du sujet.
A force d'avoir attiré nos faveurs, nos attentions et nos réflexions, ils deviendraient attentifs et réfléchis eux-mêmes et au propre s. v. p. Ils recevraient vie en échange des suggestions qu'ils communiqueraient.
Il y aurait à prendre au mot des expressions comme chemise folle, portes visionnaires, livres mugissants, pages émues, pleines de bruits profonds, où sont les ailes de l'esprit, à part cela, remplies d'acres parfums et avec des mots sacrés qui dégagent de l'encens. Les vieux manuscrits d'où sortent des insufflations auraient une âme plus accusée que le vague lacryma rerum.
« Il faut se placer devant un chef- d'œuvre et attendre qu'il vous parle », a dit Joubert. « L'esprit, a dit Voltaire, prend,quoiqu'il en ait, la teinture des choses auxquelles il s'applique. » Il paraît que l'esprit la leur rend bien, et avec du retour. Il leur donne sa teinture aussi. Il leur donne même non pas son âme, la sienne, bien assez qu'il la prête mais une âme et à cette âme ses propres qualités.
Ainsi des vêtements deviendraient véritablement voyants à force d'être vus et regardés, des plaques photographiques finiraient par être impressionnables. «. J'étais là. Je pensais. Je regardais la hache. » Qui
128 l'initiation [novembre parle et pense ainsi? L'échafaud. Ce qu'on pourrail appeler le mal de Phypallage semble avoir affecté Victor Hugo lorsqu'il phrasait comme il suit : Des cloches « joyeuses d'habiter des cages à jour ». « Les rideaux de ton lit frissonnent de tes songes. » « Mon armure a peur d'être battue. » Un casque d'où sortait un souffle d'épopée. » « La ronce qui nous hait. » est d'un règne un peu animé.
A la rigueur aussi, à cause des esprits végétaux, il pouvait se risquer à la fois scientifiquement et poétiquement dans ces deux vers suivants : Le vin mystérieux d'où sortent les chansons. L'obscure volonté du philtre était sur elle. mais la coupe, elle, est inerte, et pourtant elle est plus vivifiée encore dans ce vers : La coupe étant toujours ivre est à peu près folle.
C'est un curieux cas de régression vers le fétichisme minéral le plus primitif. C'est plus fort que d'ima giner des êtres «c aux yeux de Dieu et aux pieds de bête ou aux pieds d'arbre ». Faut-il ne voir qu'un cas de régression apparente dans le fétichisme minéral rajeuni dans ce culte pour des morceaux de matière travaillés par l'esprit et la main de l'homme?
On ira même jusqu'à les animer mieux que celui-ci quand l'œuvre sera imposante comme un monument ou un livre. « Le livre, c'est plus que l'idée, car au fait il ajoute l'idée. Si quelque chose est plus grand que le.
igOl] DU NÉO-FÉTICHISME MINÉRAL 1 29 soleil, c'est Dieu vu dans Homère. » De là à asserter que l'âme d'un chef-d'œuvre vaut plus que celle d'un idiot, il n'y a pas loin chez nos modernes hiéro phantes. Voyez par exemple ce que devient le bronze ou l'airain lorsqu'il a été pétri d'idéal. «L'airain moule, incarné, subit. » Il est « pensif». Il entend aussi. J'entends autour de moi les peuples s'écrier : Tu nous fais admirer et tu nous fais prier.
Et l'airain parle aussi éloquemment que Victor Hugo et qu'Edouard Quinet, qui, lui aussi, aimait à entendre se vanter la pierre, le bronze et le marbre des statues ou édifices, et ils ne s'en privent pas dans les poèmes : J'ai l'instinct qui vous manque... « Et c'est pourquoi, vivants, je valais mieux que l'homme... Les Grecs disaient de moi : le bronze est un héros... Et j'étais pour les Grecs la chair du Grand Achille ».
Et quand le bronze a mal tourné, c'est la faute à l'homme, le bronze sait bien le dire aussi, et sa main devient menaçante comme celle de la statue du Commandeur. Comme vous je trahis, et comme vous je mens. Voilà pour les statues. Voici pour le temple main tenant : c'est le Temple d'Éphèse qui a la parole : « Je suis la vérité bâtie en marbre blanc.
Mon por tique sacré pour l'âme qui sait lire a la vibration pen sive d'une lyre. » S'il pense, s'il entend, s'il parle, il remue, il rit aussi : Quand l'aurore parait, je ris, douce harmonie. 9
i 3o l'initiation V. Hugo à propos d'un autre monument le définit: De la terreur bâtie en pierre, et qui remue. Non seulement il l'anime, mais il se charge d'idéa liser l'immobile dans le minéral plus que dans le végétal : « Colosse par une âme inconnue habité », et cette âme emmurée, emmonumentée ou monumentaire serait plus qu'une âme humaine, plus que celle de son auteur, l'architecte.
Elle serait en plus compo site: l'âme de toute une ville, tout un peuple, tout un siècle. L'hôtel de ville serait un de ces «c vastes mo numents où Paris met son âme » et il tiendrait des parisiens et parisiennes, de ses pères et de sa mère, pi us que de l'architecte qui l'a conçu.
« Le grand hôtel de ville aux luttes est toujours prêt entre hier qu'il mé dite et demain dont il rêve. » En vertu ou en défaut de cet envoûtement majeur, « la synagogue est sourde et la mosquée aveugle. »- Dites-moi si V.
Hugo ne prétend pas vous faire assister à une vraie naissance, une naissance par construction, dans la magnifique hypotypose suivante, sauf à infir mer le principe de Harvey « omne vivum ex ovo » qui ne serait plus d'une généralité incontestable. La pierre est dans la terre; âpre, froide, elle ignore. Le granit est la brute informe de la nuit; L'albâtre ne sait pas que l'aube existe et luit; Le porphyre est aveugle et le marbre stupide.
Mais que Chésiphon passe, ou Dédale, ou Chrespide, Qu'il fixe ses yeux pleins d'un divin flamboiement Sur le sol où les rocs dorment profondément; Tout s'éveille; un frisson fait remuer la pierre; Le granit cherche à voir son maître; le rocher
DU NÉO-FÉTICHISME MINERAL IÎI. Sent la statue en lui frémir et s'ébaucher; Le marbre obscur s'émeut dans la nuit infinie Sous la parenté sombre et sainte du génie; Et l'albâtre enfoui ne veut plus être noir, Et voilà que sous l'œil de ce passant qui crée Des sourdes profondeurs de la terre sacrée, Tout à coup étageant ses murs, ses escaliers, Sa façade, ses rangs d'arches et de piliers.
Fier, blanchissant, cherchant le ciel avec sa cime Monte et sort lentement l'édifice sublime. Composé de la terre et de l'homme, unissant Ce que dans sa racine a le chêne puissant Et ce que rêve EucHde aidé de Praxitèle Mêlant l'éternel bloc à l'idée éternelle. Et une fois construit, pardon ! une fois né, le temple ne va pas s'accorder des louanges dont serait jaloux l'antique Adam.
Mon fronton pense comme Thaïès, parle comme Platon. » Moi le temple, je suis législateur d'Ephèse... Nul homme ne me voit, sans qu'un Dieu l'avertisse... Ils (les Parhénons) sont l'effort; je suis le miracle... Un siècle sur un siècle accroît mon diadème... J'ai vu, j'ai sur mon front, siècles, l'esprit humain.. Et le génie et l'art « ces égaux de l'aurore »... Le rocher qui me porte est rempli d'allégresse.
Mazette, il n'a pas à se plaindre, le temple? d'Ephèse, dont l'âme alors ne serait pas inférieure à. celle des hommes qui sont « en fuite au fond du fu> marnent » ou qui passent à travers les grandes œuvres. Il semble qu'on ne puisse aller plus haut en com bles de compliments. Ils ont été cependant dépassés par ceux qui sont adressés au Temple des Temples», au Temple dont V. Hugo s'est rêvé l'architecte.
i32 l'initiation Colosse par une âme inconnue habitée. Ce spectre, ce fantôme « terrible mais bon, formi dable mais doux », cette énigme qui « est bien une di vinité »,cet idéal « pétri dans du rocher »,il l'auréole d'une aurore et il en dit : On sentira qu'il aime et que l'on est devant Le seul être, le seul esprit, le seul vivant. C'est la théorie, dont nous reparlerons plus tard, d'après laquelle plus on symboliserait haut, plus on vivrait.
Un chef-d'œuvre d'architecture ou de sculpture, n'ayant qu'un seul exemplaire peut être détruit, in cendié. Où placer son âme, quand on ne sait même plus où sont passées les cendres? Pourrais-tu medire, Grand Maître, si la personne du Temple d'Ephèse a été aussi permanente que celle du criminel dont il me répugne aussi de prononcer le nom ? Le principe de l'immortalité de l'âme lui est-il applicable comme à son... assassin?
Pour les chefs-d'œuvre qui ont plu sieurs exemplaires, quel est celui qui sera le fruit vi vant de son père spirituel ? Est-ce le manuscrit de VEnéide même qui sera le fils de Virgile ? Cette âme est-elle infuse dans l'écriture fixée du papyrus ou dans l'ensemble des mouvements qu'accomplit la main et le grafion de l'inspiré ? ou à la fois dans l'acte et dans l'acte fixé.* Notre action de grâces a ses ailes. » Des ailes de métaphore? V.
Hugo ne l'entend pas ainsi. Pas du tout. Des vraies ailes qui volent, puisque V. Hugo a ajouté : « Elle en sait plus long
DU NÉ0-KÉTICH1SME MINÉRAL I 33 que nous. » Est-ce bien sûr ? est-ce nécessaire qu'elle sache où elle doit aller? Bien assez qu'elle arrive à son adresse en sublime message et non en messager. Il ne faut rien exagérer. Il ne faut pas faire du signe plus que la chose signifiée, et du rebus plus que du penseur. Méfions-nous du Malin, de l'Hypallage.
C'est en effet être induit en hypallagc que de prendre au pied de la lettre des expressions prêtant des senti ments variés à une foule d'êtres -ne relevant pas de la biologie. Rois le sablier tremble, et la clepsydre pleure. Allez donc vérifier?
Les poètes ont beau dire : des vers qui rampent, volent avec« des éclairs dans les yeux », un livre vivant, un édifice vivant, cela ne ré pond guère aux définitions du dictionnaire sur la vie, avec ses mouvements de composition et de décompo sition incessants. L'Odyssée,\e poème duRerum natura sont immortels certes ; mais valent-ils une âme im mortelle? Ils ne remuent pas, ils ne changent pas, ils restent toujours superbement les mêmes.
« Et la peau du lion aidait le grand Hercule. » Je n'en disconviens pas. La Durandal aussi aidait le fort Roland, mais était-elle à remercier autant que feu son héroïque ju ment ? Amon sens, la parole est à l'artilleur, mais elle n'est au canon que sur les journau'x.
« L'indignation a sa vertu », « l'écume a sa blancheur aussi comme la neige », mais si l'indignation a sa vertu, si elle a fait des vers ou en fait faire, facitindignatioversum, il y a des limites à son pouvoir. Elle n'ira pas jusqu'à
i34 l'initiation mettre en colère le bronze d'une statue en dehors de nos poèmes. Plutôt qu'être trop long, mieux vaut être un centime. J'avoue n'être pas bien placé pour comparer ce qui passe pour utilement inerte et ce qui est mal réputé. Voyons! une œuvre d'art doit-elle être placée à l'échelle des êtres au-dessus des plus beaux spécimens du ^oological garden? Galathée était-elle aussi ani mée que Pygmalion ? C'est bien douteux.
Peut-être au fond n'est-ce pas? les mursn'ont pas d'oreilles; les statues n'ont pas d'yeux ; «. car elles sont en pierre » ; les grimoires, les cendres n'ont pas d'âmes. Si nous confionsaupapierlessecretsdenosamours, ce n'est que par métaphore et j'aimerais mieux les oreilles de ma mie.
Le chant de la muse est fort beau, mais ses lèvres ne sont-elles pas vivantes encore ? et n'hésite rions-nous à les perdre de vue pour courir après ses gammes fuyantes ? Si cette superstition était fondée, on devrait exhu mer plus souvent de vieux livres, les secouer, rendre leurs pages à la lumière. On devrait aussi briser des urnes funéraires, car ce serait délivrer des âmes pri sonnières.
DE LA SUPERSTITION SUR LES GENÈSES INCONNUES « La mythologie est un luxe de croyance. » « La superstition est La poésie de la vie. » Gœthe. Nous allons aborder les genèses qui ont été imagi nées concernant les êtres vivants proprement dits, en
DU NÉO-FÉTICHISME MINÉRAL I 33 commençant par celles qui ont le moins de crédit scientifique et en avertissant le lecteur que nous ne donnons pas au mot superstition un sens péjoratif que l'étymologie ne comporte pas : super stare.
A part les modes de reproduction commis en histoire naturelle, à part aussi la quantité « d'amour épars dans l'air», les pires ou les meilleurs d'entre nous dégageraient des nuages de vésicules séminales, de laitances, des pollens indicibles qui ne seraient pas sans influence sur les créations effectives. « Chaque faute qu'on fait engendre un ver de terre. Une pensée ou un mot méchant facilitera la nais sance d'un méchant.
A un point de vue plus opti miste, les conceptions qui ont lieu sous nos sinus frontaux sont pour quelque chose dans la naturaliste conception d'un personnage qui naîtra quelque part.
Le génie humain jetterait dans les airs et les éthers de vraies semences, sauf à ignorer comment s'opèrent ces immaculées conceptions des très hauts et des très hautes, ces hymens de la terre et du ciel d'où procé derait, par exemple, Euphorion, l'enfant de la beauté : Hélène, ou du génie : Faust ou Gœthe.
Pour l'enfantement de ses pandorines, plutôt Pan dore songerait à des délivrances de dryades, s'échappant comme dans un jardin de rémétamorphoses des mille bourgeons, corolles, grappes de notre domaine intérieur, heureuses de s'espacer dans les plis à la fois microscopiques et incommensurables de nos circonvolutions. Voilà comment Pandore, il f...ait des déesses et des muses s'il était théogène ou musagète.
i36 l'initiation « Le besoin crée l'organe. » (Lamarck.) Le besoin de créer des êtres plus ou moins imaginaires aurait créé en nous un organe créateur de chimères dont quelques vues seraient viables relativement.
On aurait émis, en effet, une hypothèse, où je retrouve encore feu M. Guyau, d'après laquelle les êtres pensers, les élémentals et, en général, toutes les créatures nuageuses dont les occultistes peuplent le monde dit astral, nous les enfanterions dans notre cerveau contrairement aux lois connues ; et elles y vivraient, en effet, mais ne pourraient vivre que là et ne trouveraient pas de conditions d'existence en dehors du champ de la représentation mentale, qui est limité par nos circonvolutions, et où elles trouve raient tout de même de quoi s'espacer.
Ceux qui extérioriseraient ces soi-disant matériali sations qu'on appelle des chimères tombent dans la superstition dite astrale, le monde astral différant du monde sidéral en ce que celui-ci serait soumis comme notre planète aux lois de la composition organique.
Celui où nous promènent les anciennes mythologies se rapporterait plutôt au premier ; car on y célèbre des animaux qui n'ont ni queue ni tête, ou qui ont des queues sans corrélation avec la tête, qui ne sont même pas des monstres possibles. Des barbarismes de tératologie. Rien qu'à démontrer les plus légen daires, Gustave Flaubert a rempli presque un volume (dans la Tentation de saint Antoine).
Si la nature prodigue des naissances en mode scissipare, ovipare, vivipare, la fable nous en montre d'autres en mode adultipare, comme celle deMinerve,
DU NÉO-FÉTICHISME MINERAL 1 37 laquelle dans le cerveau de Jupiter avait trouvé à la fois une matrice, une crèche, une école, un vestiaire, un atelier et un hibou. Minerve avait un père et pas de mère comme Galathée du reste, ou si vous aimez mieux, elle avait un père-mère ou une mère-père dans papa Zeus ou maman Zeus. Pandore, elle, avait deux pères dont un artificiel (Vulcain).
Orion, lui, n'avait pas de mère, mais quatre pères ou plutôt quatre géniteurs; car le nom de père ne rythme qu'avec celui de mère. A fabriquer des en fants aussi irrégulièrement, puisqu'on y est, pourquoi s'arrêter à]quatre pour ces engendremcnts ou enfante ments qui s'accompliraient à l'extérieur en minervite, galathéite, pandorite, sans intervention ordinaire des deux sexes.
« Leur fruit croît sous le front comme au sein de la femme, » a dit Victor Hugo, en parlant des types enfants de génies; mais quelles différences avec les gestations ordinaires ! En général, ces enfants du cerveau doivent le jour à un pluriel, à un seul génie si vous voulez, mais à un génie marié à l'humanité tout entière.
S'ils n'ont qu'une mère, le grand homme qui les a conçus, par contre, que de facteurs ont coo péré à ce produit vivant, à cette naissance en com posite ! Que de semences ont fécondé cette matrice toujours enceinte qu'est l'encéphale ! Ainsi voilà où l'on en arriverait, si on se laissait aller sous la conduite du malin de la Métaphore !
Un monsieur, soit M. Pandore, serait mère ou enceinte d'une muse, d'un numen, soit Pandorine, ou encore de plusieurs filles de tète, en vraie mère Gigogne. Si sa ou ses pandorines n'a ou n'ont pour mère que
i38 l'initiation monsieur, maman Pandore, par contre elle serait cofille de tous les collaborateurs d'icelui, qui par con séquent pourrait avoir son propre père pour époux. Elle serait à mère fixe et à co-pères variables. Cette fille du régiment idéal aurait à remercier plusieurs auteurs de ses jours et de ses nuits, et les artistes qui se sont épris de leurs créations seraient incestueux à l'instar de Pygmalion.
Tout cela est bien vague et bien osé. Pour aller plus loin, il me faudrait avoir, comme un ancien néophyte, passé sept jours et sept nuits sur le phallus du temple de Hiéropolis, afin d'y creuser les mystères de générations infinies. Ce que je n'ai pas fait encore. J'y ai seulement assez médité (sur ces mystères), pour me douter que la nature ne se borne pas aux moyens connus dans les naissances comme dans tout le reste.
On a même été jusqu'à en imaginer dans les régions de la mort, qui comporte cependant plutôt des idées de conservation et de résurrection. Ainsi d'après feu M. Guyau, les êtres qui se seraient bien aimés dans cette vie se pénétreraient dans l'autre, au point de ne plus former qu'une seule personnalité. « Tout méchant, dit V.
Hugo, fait naître en expi rant le monstre de sa vie, qui le saisit. » Je suppose que pour les bons le monstre doit être joli, et n'em porter sur ses ailes que dans de bonnes régions. Déjà Petit Senn nous avait dit : La mort nous dépouille de nos biens Et nous habille de nos œuvres ; ce qui est le meilleur emploi que les Parques puissent >
DU NÉO-FÉTICHISME MINÉRAL l3û faire du fil de nos jours. On avait dit aussi qu'après la mort chacun aura la forme qu'il s'est faite, mais que l'on y trouve aussi l'enfant que l'on mérite proportionnel à notre Karma. J'avoue que c'est plus inédit.
A ce compte, Dante aurait dû voir aux Champs Élysées les Sophocle, les Pythagore, les Shakspeare accompagnés des enfants de leur vie ou de leur mort rêvés en Antigonei en Théons, en Cornélie idéales, à part leurs enfants légitimes ou natu rels qui les auraient rejoints.
Mais Dante n'aurait pu voir son enfant posthume à lui, puisque ces sortes d'êtres sont en gestation pendant la vie et qu'ils vien nent au jour en mode tumulipare comme opéra tion césarienne, et il ne pourrait guère non plus nous servir de daimon particulier ou d'ange gardien, du fond de nos méninges où ils incubent. Ils ne savent pas encore s'ils auront à nous punir ou récompenser de leur préparer une naissance en posthumiste.
Gare à vous l si vous vous comportez mal, si vous vous portez mal dans la longue grossesse de votre vie, car votre fruit se vengera des vilaines envies dont il maléficiera !
Et ceux qui succombent avant l'heure dernière d'une vie normale, les interrompus que l'on tue avant qu'ils meurent, les chenilles écrasées avant l'âge chrysalidal, s'échappent-elles tout de même en papillons dans l'azur ? et qui peut bien être le fruit vivant d'une vie avortée en son cours? Je ne sais ce que V.
Hugoaurait répondu ausujetdeshumainsqui n'au raient pas parcouru leurs quatre âges, mais j'en con nais qui ne seraient pas embarrassés pour vous donner unesolution plus risquée encore sur le sort des fœtus.
140 L INITIATION Les fœtus eux-mêmes ne se perdraient pas. Ils participeraient à la théorie émise sur la trans formation et les ascendances des germes et des âmes qui n'ont pas démérité (Revel).
Si par accident votre fils, virtuellement, potentiellement génial, meurt à la semaine où dans le sein de son auguste mère, il n'était encore qu'à la phase du fœtus reptile, quoiqu'en passe de devenir rejeton illustre (loi Agassius) ; d'après une autre loi, assez problématique, l'âme du fœtus passerait par exemple dans le germe d'une cou leuvre de qualité, là où les reptiles auraient achevé leur type.
« Le fœtus connaît-il son destin? » Non, mais d'autres alors le connaîtraient pour lui. Tout cela est encore vague, c'est déjà beaucoup de conserver un restant de foi ou de respect pour la tra dition sur le génie considéré, non plus comme organe mais comme personne.
Il faut croire que ce nom donné à certaines divinités bienfaisantes vient de ce que l'on croyait qu'elles présidaient aux naissances ou que nous sommes pour quelque chose dans leur naissance.
On appelle génies particuliers, ceux qui s'intéres sent plus particulièrement à notre personne, qu'ils habitent dans notre ombre, qu'ils n'y soient que de passage, ou qu'ils soient au contraire extérieurs au point de ne pouvoir s'approcher de nos émanations grossières. On pourrait essayer de raccorder la superstition sur les genèses à la superstition planétaire ou sidérale grâce à l'observation suivante. Une raison de plus
DU NEO-FETICHISME MINERAL I4I pour que des surhumains consentent à être nos bons génies, c'est qu'ils auraient droit à nos remerciements. Leur naissance pourrait être une de ces choses in connues « que le Seigneur fait au delà des nues, où la douleur de l'homme entre comme élément ». C'est peut-être une loi des cieux Que mon noir destin fasse éclore Ton sourire mélodieux. Le savent-ils, eux, les surhumains ?
Ah! si seulement ils pouvaient nous faire savoir qu'ils savent! D'après quelques doctrines nouvelles sur les lois d'ascendance des germes, et sur les pa rentés que l'on ne voit pas, les bien naturés des édens sidéraux cent fois, mille fois plus instruits que nous sauraient à quelles douloureuses précédences ils doivent le jour et le bien-être. Ils sont les fils de nos œuvres, des larmes de ceux qui nous ont res semblé sur leur ici-bas à eux.
C'est comme si, du haut de leur synchronisme, ils respiçaient en nous les sous-types dont ils sont la fleur de type, le couron nement. Et de plus, s'ils sont pythagoriciens, s'ils se souviennent d'avoir été ce que nous sommes, font-ils l'impossible de toutes leurs machines, de tous leurs instruments communicatoires pour nous détourner des sottises qu'ils ont faites eux-mêmes, et où ils nous voient nous engager !
Cette hyperthèse rendrait leur intervention plus explicable que celle des anges gardiens, dont la lé gende d'origine persane est bien gracieuse certaine ment; mais pourquoi cet ange est-il à ma droite
142 l'initiation plutôt qu'un autre? Affaire à Dieu ces distributions de billets de logement à vie, et les croyants n'en cher chent pas davantage. Le superstitieux du sidéral se douterait de plus que, si son génie particulier le guide paternellement, c'est pour cause de filiation innom mée.
A ce compte, tous les types ou sous-types dePandorac auraient quelque part leur sur-type dans un Al-Pandorac, qui serait le patron de tous les papas, frère et fils Pandorac, à moins qu'ils ne préfèrent pour patronne un sur-type complémentaire, soit une Pandorine, une Al-Pandorine, ou bien la fille d'un de nos anciens immortels.
C'est en effet un point de doctrine des nouvelles métempsycoses qu'après la mort ou après une cer taine durée de vie d'outre-tombe, les grandes mânes se résoudraient dans le germe d'un surhumain.
On a aussi essayé de concilier la superstition sidé rale et la spirite en supposant que les fortes indivi dualités participaient, sans s'en douter, aux mystères des alcôves, que chacun a quelque part la progéniture qu'il mérite, que les naissances en composite qui s'opèrent dans les cerveaux des créateurs de génie mariés à l'humanité entière ne seraient pas analogues à celle de vrais enfants naturels ou légitimes, qu'ils auraient plus de pères ou de géniteurs qu'on ne pense.
Qui limitera les ressources de la Grande Ma trice des choses ? La nature, cette grand'mère Gigogne, ne nous a pas fait toutes ses confidences. Elle pour rait dire : Un seul individu suffit pour reproduire. C'est imparfait. Puis le progrès se fait et l'on se
DU NÉO-FÉTICHISME MINÉRAL I43 met à deux. C'est parfait. Alors à trois, à plusieurs, c'est plus que parfait ; et j'ai créé les combinaisons amoureuses ternaires et multiples comme celles d'où procèdent les grands types et les numina. Assez réussi comme comble de superstition en ge nèses que l'on ne voit pas ! Vous n'y adhérez pas ?
C'est dommage, car ce serait ravissant de peupler le ciel de fils ou de filles des grands hommes qui ne nous perdraient pas de vue, qui joueraient auprès de nous le rôle de demi-dieux ou de providences. Voyezvous que vous soyez le favori d'une spirituelle Erasmie, d'une gracieuse Floriana, d'une savante Lamarkis, qui vous sauraient gré de votre vénération pour les dynasties des penseurs !
Assistez-vous bien à l'étonnement de La Fontaine qui du fond, ou du haut des enfers, se dénicherait une foule d'enfants innomés, lui qui les aimait si peu ! Un père Gigogne malgré lui ! et te vois-tu toi, petit Grand Pandorac, uni par quelque lien indicible à quelque branche céleste ou sixdérale des Super Panurge, Tabarin, Bobèche, Tartarin, Monschausen, M. de Crac, etc.! Il ne coûte rien d'y croire.
Laissez-moi donc entre croire qu'il existe par delà les nues des filles du régi ment céleste, qui sont pour nous tout le contraire des Parques. Celles-ci réunissaient en leur désagréable personne la superstition mythologique et la supersti tion de la tombe, tandis que nos chères sidérales seraient bien des filles de chair et d'os comme nous. Si elles savent filer le fil de nos jours, bien sûr qu'elles tricheraient un peu en notre faveur. Ce serait en tous points des anti-Parques, ou plutôt de vraies
1 44 L INITIATION Parques conçues dans le respect de l'étymologie (parcere, pardonner). Ah ! qu'elles regretteraient de ne pas être davantage maîtresses de nos destinées et de ne pouvoir nous prier d'agréer l'expression de leur entier dévoue ment. Numa Pandorac. FENSll S. Ce sont les hommes les plus ductiles et les plus doux que l'on fait souffrir davantage. A l'image de l'or on peut lesfaire passer par la plus petite filière sans les casser. (Homme de Désir, p. 29). Les siècles hériteront de notre mémoire. (Homme de Désir, p. 3o). W>-
Les sept dimensions de l'Espace Dans un précédent article (1) nous avons déjà entre tenu nos lecteurs du sujet qui nous occupe ; nous allons donner ici les renseignements complémen taires. Chacun de nos sens n'a aujourd'hui qu'une fonction déterminée, mais cela ne veut pas dire que chacun de nos sens ne puisse avoir un pouvoir et une faculté autre que celui auquel l'homme l'utilise actuelle ment. Ainsi, il est un fait aujourd'hui certain, incon testé : c'est que, chez un grand nombre de personnes, les sons éveillent des sensations de couleur, de même que le toucher peut, chez d'autres personnes, se trans former en odorat. Il en est de même pour la vue. EliphasLévi (pages 2oet 2 1 de YHistoirede lamagie) nous dit : « Quand le cerveau se congestionne ou se surcharge de lumière astrale, il se produit un phéno mène particulier. Les yeux, au lieu de voir en de hors, voient en dedans ; la nuit se fait à l'extérieur (1) Voir le n» 8 de l'Initiation (juillet 19011. 1o S
146 l'initiation dans le monde réel, et la clarté fantastique rayonne seule dans le monde des rêves. L'œil alors semble re tourné, et souvent, en effet, il se convulse légèrement et semble rentrer en tournant sous la paupière.
L'âme alors aperçoit par des images le reflet de ses impres sions et de ses pensées, c'est-à-dire que l'analogie qui existe entre telle idée et telle forme attire dans la lu mière astrale le reflet de cette forme, car l'essence de la lumière vivante, c'est d'être configurative. » L'idée développée par le maître occultiste prouve donc bien que nos sens sont susceptibles de posséder plus d'une faculté; elle montre aussi que la lumière astrale peut refléter une idée et une forme quelconque; ceci a une grande importance. De même Crookes, l'illustre chimiste, nous a fait connaître des pro priétés de l'éther en vibration, et par lui nous savons ce qu'est la Radiophonie ou voix lumineuse, voix ra diante. Ce néo-terme de radiophonie a été créé, croyons-nous, par Graham Bell ; il s'applique à tout appareil reproduisant des sons, sous l'influence de l'énergie radiante et « quel que soit du reste le point de l'échelle des ondulations qui aient la plus grande action» (1).
D'après les Orientalistes, nous savons (E. Burnouf nous l'a dit formellement) que « parole et lumière sont des termes identiques dans la langue sacrée». C'est du reste très compréhensible. Est-ce que la lu mière n'est pas le verbe vivifiant de la nature et n'estce pas la lumière qui fait la force, la santé, la vie; (1) Cf. Initiation, p. 129, numéro de novembre 19oo.
LES SEPT DIMENSIONS DE L ESPACE I47 n'est-ce pas enfin la lumière qui fait vibrer et pro gresser tout dans la nature? Dès lors la lumière vibra~ foire pourrait bien être une dimension de l'espace, la cinquième. Et la parole, n'est-elle pas à son tour la lumière de l'esprit?
Or la lumière est colorée, nous le savons pertinemment, mais la parole est également colorée, ce qu'on sait moins, car les hauts sensitifs perçoivent seuls les couleurs de la parole. Donc d'une ma nière générale, on peut dire que le son-lumière-cou leur est absolument une seule et même chose, mais qui a des propriétés diverses, suivant les proportions du mélange constituant le bloc « son-lumière-couleur ». Un morceau de musique peut être harmonieux ou discordant, suivant la juxtaposition des notes musi cales et des toniques ; de même le « son-lumière-couleur » pourra avoir une force, un volume, une forme très variables, suivant que le bloc comportera des pro portions variées de son, lumière ou couleur.
Avec trois chiffres ou trois couleurs, on peut faire des combinaisons extrêmement variées, et si, au lieu de trois états (son-lumière-couleur), nous pouvons inter caler quatre autres états dans nos combinaisons, par exemple : électricité (statique et dynamique), magné tisme (hypnotisme, extériorisation), fluide (vital ou neurique), aither (fluide aithérique, akasa, etc), on comprend la grande variété de forces qu'on pourra construire par les sept agents suivants: son, lumière, couleur, électricité, magnétisme, fluide vital, fluide aithérique. Et tous ces divers agents ou états ne sont pas entre eux hétérogènes, dissemblables, non
148 l'initiation assimilables, antipathiques, ils sont, au contraire, iso gènes, semblables, assimilables, sympathiques, et cela à tel point, qu'ils peuvent fournir des combinai sons innombrables. De là leur pouvoir, leur faculté, leur facilité de créer trois dimensions nou velles de l'espace, dimensions que nous cherchons à définir. Si avec les sept notes de la gamme, le compositeur peut créer des harmonies à l'infini, pour quoi le physicien, le mathématicien ne pourrait-il pas créer avec les matériaux précédemment indiqués le complément des sept dimensions de l'espace que nous cherchons; rien ne s'y oppose de prime abord, et, s'il nous fallait désigner provisoirement ces dimensions, nous dirions : Première dimension : Longueur . ) Deuxième - : Largeur . . instituant le 0 \ cube.
Troisième : Profondeur ; Quatrième : Désagrégation et reconstitu- : tion immédiate des corps. Cinquième : Lumière vibratoire. Sixième : Lumière-couleur. Septième : L'aither. La dimension à cette dernière puissance serait sus ceptible de tout créer, ce serait \esummiim de l'échelle des dimensions, le dernier degré. Cette septième di mension aurait créé le monde que nousvoyons et ce lui que nous ne voyons pas: le visible et l'invisible. Nous lisons dans la Kabbale d'Isaac Meyer ( 1 ) p. 41 5, au sujet de la Cosmogénie : R. Yehuda com- (1) Éd. de 1888.
LES SEPT DIMENSIONS DE L'ESPACE 1 49 mença ainsi : « Éiohim dit : « qu'il y ait un firma ment au milieu des eaux. Venez voir ! Lorsque le Très-Saint... créa le monde, Il créa 7 cieuxen haut, Il créa 7 terres en bas, 7 mers, 7 fleuves, 7 jours, 7 semaines, 7 années, 7 époques et 7.000 années, du rant lesquelles le monde a existé...
Le Très-Saint est dans le septième de tout. » Ceci rappelle d'une façon singulière la Cosmogonie des Puranas (1), et démontre aussi le septénaire des mondes.
D'après ce qui précède, nous pouvons donc conclure que l'homme qui connaîtrait les sept dimensions et leur puissance aurait les pouvoirs divins, car il réu nirait en sa main le septénaire potentiel lui permet tant de créer, de maintenir sans cesse et de détruire (pour reconstituer ou créer); il posséderait le pouvoir du Dieu, qui réside dans chaque homme.
Nous aurions donc pour les sept dimensions et sous une autre forme que celle que nous venons de voir : i° La longueur, pouvoir d'extension; 2° La largeur, pouvoir d'expansion ; 3° La profondeur, pouvoir de capacité ; 4° L'agrégation et désagrégation, pouvoir de dis soudre et de coaguler (le solve et coagula des alchi mistes); 5° La propagation, pouvoir de transfert; 6° La bilocation, dédoublement de l'Être (phy sique psychique) ; (1) Comme par exemple dans Vishnu Purana, I, 1.
i5o l'initiation I . ^ 7° La création universelle ; pouvoir divin. Voilà un premier établissement des sept dimen sions de l'espace, tel que nous l'avons compris et très brièvement résumé. Inutile d'ajouter, pensons-nous, que, si un grand mathématicien trouve une meilleure nomenclature, nous serons heureux de l'adopter.
Nous avons dressé celle qui précède en attendant mieux et afin de pouvoir étudier (c'est le cas ou jamais de le dire) la matière sous toutes ses formes... Il faut un, commencement à tout ! Ernest Bosc.
La reproduction des articles inédits publiés par 17m(iation rat formellement interdite, à moins d'antorisatlon spéciale. PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservie à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) La date du « Sepher Ietzirah » « Cherche, pense, combine, imagine et rétablis la créature à la place assi gnée par le Créateur. » [Sepher Ietzirah. Traduct.
Papus.) Ce n'est pas sans une certaine appréhension que nous avons entrepris ce travail, peut-être bien présompteux pour l'humble étudiant que nous sommes. Mais cette appréhension doit-elle nous empêcher de ré véler la parcelle de vérité que nous pensons détenir? nous nele croyons pas.
« La lumière ne doit pas être mise sous le boisseau », a dit le maître, et la moindre lueur, dans l'obscurité, suffit souvent à décéler la route cachée que des flambeaux plus étincelants vien dront illuminer plus tard.
De plus, notre travail est la confirmation pratique de ce conseil donné parle Sepher Iet\irah lui-même à l'étudiant occulte et que nous avons pris pour épigraphe : « Cherche, pense combine, imagine et rétablis la créature à la place assignée par le Créateur. » Fixer une date à une œuvre telle que le Sepher Iet~ zirah n'est pas chose facile pour le critique rationa liste, et nous n'en voulons pour preuve que les di
l52 L INITIATION vergences considérables d'opinion qui séparent les différents critiques. Presque tous partent de cette idée préconçue, que toute œuvre mystique ou kabbaliste n'est qu'un ramassis, plus ou moins hétérogène, de divagations puériles.
D'autres, comme le Dr Karppe, tout en s'en défendant et de bonne foi, comme le prouve sa très savante et très consciencieuse Étude sur les origines et la nature du Zohar, finissent par arriver à la même conclusion ou presque. C'est que tous, malgré leur science, malgré leur puis sance de raisonnement, ne peuvent rien comprendre et pour cause à ces écrits, ni y découvrir ce que peut y distinguer clairement le moindre étudiant en Occul tisme.
Ils sont donc fatalement portés à voir dans toute ouvre mystique, ou la simple dérivation d'un système philosophique ou religieux enveloppé de nébulosités extravagantes et incompréhensibles, ou la volonté de faire cadrer, plus ou moins adroitement, la philoso phie d'une école avec un système religieux donné.
Essayer de leur faire admettre que, sous ces voiles, peuvent se cacher, se cachent en réalité, les plus puis santes doctrines scientifiques et morales et, surtout que ces doctrines remontent à la plus haute antiquité, c'est vouloir n'obtenir d'eux que le sourire dédai gneusement indulgent de celui qui croit savoir, pour l'ignorant qui veut savoir.
Les preuves sur lesquelles ils appuient leurs juge ments sont-elles donc si irréfutables, ne donnentelles donc si peu de prise à la critique qu'il faille les accepter les yeux fermés ? Non, certes, et nous nous eflorcerons de le démontrer.
LA DATE DU « SEPHER 1ETZIRAH » l53 Ces preuves sont de deux sortes : i° Preuves tirées des idées philosophiques générales contenues dans le livre étudié. Nous les appellerons : preuves philosophiques ou morales. 2° Preuves tirées de la langue dans laquelle le .livre a été écrit. Nous les nommerons : preuves grammati cales ou d'écriture.
Ces preuves, nous les trouvons magistralement ap pliquées dans l'ouvrage tout récent, dont nous avons déjà parlé, de S. Karppe. Voyons comment l'auteur, en s'appuyant sur ces preuves, s'efforce d'assigner au Sepher let^irah, une origine relativement récente.
Après avoir longuement discuté les idées philoso phiques du Sepher let^irah, discussion dans la quelle nous ne le suivrons pas, puisque tel n'est pas notre but, il conclut ainsi, tout en avertissant le lecteur que c'est une opinion personnelle, donnée sous toute réserve, sans fondement scientifique : « Le Sepher Iet^irah n'est peut-être pas le point initial mais final d'une longue série d'idées, et il est possible qu'il soit l'œuvre d'un pédagogue préoccupé de quintessencier en un manuel très court, en une espèce de Mischnah, toutes les connaissances scienti fiques élémentaires: « Connaissances relatives à la lecture et à la grammaire : les vingt-deux lettres de l'alphabet avec toutes leurs combinaisons, telles qu'elles figurent sur des tableaux destinés à apprendre à lire aux enfants, telles que selon Sadyah il s'en trouvait alors dans les villes de Palestine et d'Egypte; puis la division des lettres selon les organes qui les prononcent, la nature
154 l'initiation des lettres susceptibles d'une double prononcia tion, etc. «Connaissances cosmologiques etphysiques comme le nom et la nature des éléments, les rapports et les différences qui existent entre eux, leur densité, etc. « Connaissances relatives à la division du temps, les jours de la semaine, les mois de l'année, et, s'y rattachant, les notions sur les planètes, les signes du Zodiaque.
« Connaissances relatives à l'espace, les points car dinaux, les directions de la rose des vents et y com pris des notions de géométrie concernant le carré, le cube. « Connaissances relatives à l'anatomie comme la division des organes, leurs noms, leurs fonctions, le rôle capital du cœur.
« Enfin des connaissances essentielles relatives à la doctrine juive, comme le monothéisme, la cosmo gonie de la Genèse, la circoncision et aussi les concep tions touchant la Mercabah. « De la sorte, le Sepher Iet^irah ne serait rien moins qu'une œuvre mystique.
Il ne serait autre chose qu'un « enchiridion » élémentaire se proposant de rattacher entre elles au moyen des nombres et des lettres toutes les notions qui sont l'objet d'enseigne ment du premier âge (i). » Tel n'est pas notre avis, assuré qu'une doctrine beaucoup plus haute se voile sous la terminologie du Sepher Iet^irah. En tous cas, la fin de cette conclu10 S. Karppe, Élude sur les origines et la nature du Zohar, p. i63 et suiv.
LA DATS DU « SErHER IETZIRAH » I 5 5 sion ne nous paraît pas soutenable. Quand des hommes de la valeur de notre critique avouent les difficultés qu'ils éprouvent devant une telle œuvre, qu'est-ce qu'un enfant y pourrait comprendre ?
Puis, tout cela ne peut guère faire préjuger de l'époque à la quelle remonte le Sepher Iel^irah, l'origine de toutes les données éparses dans le livre et résumées si claire ment par le critique se perdant dans la nuit des temps. Mais nous confondrons l'examen de ces pre mières preuves avec celui des preuves grammaticales ou d'écriture, beaucoup plus importantes et avec lesquelleselles s'enchaînent.
Pour ne pas prolonger outre mesure cette étude, nous ne citerons que les conclusions de la discussion à la suite de laquelle Karppe fixe la date, probable pour lui, du Sepher Iet^irah, renvoyant à son livre lui-même ceux de nos lecteurs désireux de suivre la discussion intégrale. « Il (le Sepher Iet^irah) existe sûrement au moment où Agobard écrit sa lettre au roi Louis le Pieux : il y a lait en effet clairement allusion...
La lettre d'Agobard nous reporte à l'an 829. D'autre part, l'au teur du Sepher Iet^irah connaît les distinctions gram maticales concernant la double prononciation des lettres £, g, d, k, p, r, t; il connaît la division des lettres par organes, mais il ignore les points-voyelles...
Les points-voyelles sont l'œuvre des Massorètes ; si l'auteur les avait connus, il aurait été frappé de leur nombre 7 et il n'aurait pas manqué de leur donner une place dans son ouvrage. Toutes ces considéra tions nous conduisent à penser que l'apparition du 5e
i 56 l'initiation pher Iet^irah se place au commencementde l'âgegrammatical, c'est-à-dire entre le vin" et le ix° siècle » (i). Les preuves que l'auteur apporte, pour si fortes qu'elles paraissent, n'ont pas, pensons-nous, toute la valeur qu'on pourrait leur attribuer avant examen approfondi.
Nous lui accordons volontiers que la ré daction du document qu'il a traduit remonte à l'époque à laquelle il l'a placé ; ses remarques sur les connais sances grammaticales du rédacteur de ce document paraissant absolument fondées.
Mais parce qu'un livre dont on ignore du reste, et le nom de l'auteur, et la date précise, semble appartenir à une époque donnée, peut-on nécessairement conclure que ce livre est ori ginal et de la même époque ? Que les exemplaires hébraïques du Sepher Iet^irah disparaissent sans laisser de traces, pourra-t-on en conclure, dans quel ques mille ans, sur une traduction francaise de notre époque, sauvée par hasard, que ce livre a été écrit par un mystique français du xx° siècle ? Je sais bien qu'on m'objectera que les idées qu'il contient ne sont pas en rapport avec d'autres œuvres de la même époque ; mais quand les mystiques ont-ils écrit avec les idées des gens raisonnables !
Les remarques grammaticales ne prouvent donc qu'une chose, savoir: que le Sepher Iet^irah a été, pour la première fois, fixé par l'écriture, vers le viue siècle. Elles ne prouvent nullement qu'il n'exis tait pas transmis oralement avant cette époque. Le critique en fait un résumé des connaissances ac- (i) S. Karppe, loc. cit., p. 167.
LA DATE DU « SEPHER IETZ1RAH » l5j quises à ce moment ; or, la plupart de ces connais sances ne remontent-elles par énormément plus haut; d'autres, au contraire, ne lui paraissent-elles pas sin gulières pour l'époque ? Il semble admettre, par exemple, que l'auteur du Sepher Iet^irah connaissait « le rôle capital du cœur»; dans ce cas, ce n'est pas au ixc, mais au xvn" siècle qu'il devrait appartenir.
Comment, en effet, l'auteur du Sepher Iet^irah pouvait-il connaître, au vm° ou ixc siècle, le rôle capital du cœur ? Est-ce que cette vérité physiologique était admise dans la science offi cielle de son époque ? Non. Alors il faudrait donc logiquement conclure, ou que le Sepher let^irah est postérieur à Harvey, ou quelekabbaliste inconnu qui rédigea ce livre devançait de beaucoup la science de son temps.
La première conclusion est absurde ; la seconde se rait soutenable pour nous, étudiants de l'Occulte, qui savons que dans le Sepher let^irah, comme dans le Sepher Bereschit, comme dans bien d'autres livres antiques se voilent la science et la vérité ; mais nous ne voulons pas insister sur cette remarque, le passage en question ne nous paraissant pas suffisamment ex plicite.
Quoi qu'il en soit, le Sepher Iet^irah existait avant l'époque fixée par le critique, il existait depuis de longs siècles, mais il n'était pas écrit. Simple tradi tion orale, il se transmettait secrètement d'initié à initié. C'est ce qui explique pourquoi les talmudistes antérieurs au ix° siècle n'en parlent jamais ; les tal mudistes non kabbalistes l'ignorant et les talmudistes
1 58 l'initiation initiés n'ayant pas jugé bon de le traduire au grand jour. C'est ce qui explique encore la parole « d'un kabbaliste du xiv° siècle, Isaac Delatès, qui, dans la pré face de l'édition de Crémone du Zohar, se demande le premier qui a permis à R.
Akiba d'écrire, en l'appe lant Mischnah, le Sepher Iet^irah, puisque c'est un livre transmis oralement depuis Abraham (i) ? » C'est ce qui explique enfin, croyons-nous, en partie, les divergences qui existent entre les différentes ré dactions du Sepher Iet^irah, divergences notables surtout dans les correspondances des lettres, comme on peut le constater en comparant la traduction don née par Papus à celle donnée par S. Karppe.
Si, jusqu'à présent, nous avons fait voir que la critique moderne n'avait nullement prouvé la nonantiquité du Sepher ht^irah, nous n'avons pas non plus démontré l'antiquité de cet ouvrage. Or nous prétendons qu'il est antique, qu'il remonte au moins à l'époque patriarcale, sinon plus haut, et que s'il n'est pas l'œuvre d'Abraham lui-même, ainsi que le veut la la tradition kabbaliste, il lui est plutôt antérieur que postérieur.
La preuve, preuve basée non pas sur la tradition occulte, sans valeur pour la critique rationaliste, mais sur une donnée scientifique pure, se trouve écrite en toutes lettres dans le texte même de l'œuvre. Commençons par mettre en regard les deux tra ductions données par Papus et Karppe du passage (i) S. Karppe, loc. cit., p. 166.
LA DATE DU « SEPHER IETZIRAH » I 5q du Sephir Ietyrah qui sert de point de départ à notre démonstration. PAPUS S. KARPPE CHAPITRE VII CHAPITRE VI § 3 Trois mères, 7 doubles et 1 2 simples.
Telles sont les 22 lettres avec lesquelles est fait le tétragramme lRVE mn\ c'est-à-dire Notre Dieu Sabaoth, le Dieu Sublime d'Israël, le Très-Haut sié geant dans les siècles; et son saint nom créa 3 pères et leurs descendants et 7 ciels avec leurs cohortes célestes et 12 bornes de l'Univers. La preuve de tout cela, le témoignage fidèle, c'est l'univers, l'annéeet l'homme. Il les érigea en témoins et les sculpta par 3, 7 et 12.
Douze signes et chefs dans le Dragon céleste, le zo diaque et le cœur. Trois, le feu, l'eau et l'air. Le feu au-dessus, l'eau au-dessous et l'air au millieu. Le Dragon céleste est dans l'uniuers semblable à un roi sur son trône, le zodiaque dans l'année sem blable à un roi dans sa cité, le cœur dans l'homme res semble à un roi à la guerre.
Voici les 3 mères : Alef, mem, schin, et d'elles sont issues 3 pères, air, eau, feu ; des pères sont issus les générations, 7 constel lations et leurs milices et 12 arêtes en diagonale. La preuve de la chose, les témoins fidèles sont : le monde, l'année, lapersonne, et la loi est : 12, 7, 3 ; il les a suspendus au Dragon, à la sphère et au cœur. Trois mères, Alef, Mem, Schin correspondant à air, eau, feu.
Le feu en haut, l'eau en bas et l'air, souffle tenant le milieu entre les deux autres. Le Dragon dans l'univers esl comme un roi sur son Irône, la sphère dans l'an née est comme un roi dans sa ville, le cœur dans la personne est comme un roi dans ses provinces.
i6o l'initiation [novembre Nous pouvons tout d'abord constater que les deux textes, s'ils ne sont pas identiques, ont du moins une analogie frappante. Quant à la dernière phrase, elle est, à un mot près, semblable chez les deux traduc teurs. Or le passage que nous venons de citer a fortement embarassé l'auteur de l'Élude sur le Zohar.
Il sent qu'il y a là quelque chose d'important, un problème intéressant à résoudre, mais la solution claire ne lui est pas apparue. Nous ne pouvons mieux faire que de le citer luimême. A propos de ces mots : « il les a suspendus au Dragon », il écrit : « On a interprété ce mot très diversement.
L'auteur entend évidemment que le Dragon est à l'univers, ce que la sphère est à l'année, ce que le cœur est à la personne, c'est-à-dire le centre ou la force impulsive du tout. Le Dragon pourrait donc être quelque chose comme la constellation du Serpent, points d'intersection où se coupent l'orbite du soleil et de l'équateur.
Les deux points d'inter section seraient la tête et la queue du Dragon (i). » Et plus loin, à propos de la dernière phrase de sa traduction que nous avons citée plus haut, il écrit encore : «. C'est à-dire le Dragon ne quitte pas le palais, le ciel, la sphère demeure voisine du ciel, et le cœur est un centre purement terrestre.
Les trois sont une manifestation de Dieu, mais l'une est plus éloignée de lui que l'autre, ou bien le Dragon est un centre immobile, la sphère se meut sur elle-même sans (i)S. Karppe, loc. cit., p. 157. Note 1. \
I9O1J LA DATE DU « SEPHER IETZIRAH » l6l changer son orbite, et le cœur est comme un roi dans la guerre, c'est-à-dire préside à l'ordre des organes multiples rangés comme en bataille autour de lui.
Je donne ces explications sous toutes réserves, n'étant pas arrivé à la pleine clarté des vues de l'au teur (1). » Nous le voyons, Karppe avoue franchement n'avoir pu élucider ce passage, et, s'il ne l'a pu, c'est, nous n'en doutons pas, parce qu'il était absolument et de bonne foi convaincu par ses travaux antérieurs que le Sepher Iét^irah ne pouvait remonter plus haut que le vin6 siècle.
Il est indubitable, en effet, qu'il a dû songer, avant de s'adresser en désespoir de cause à la constellation du Serpent qui n'a rien à voir dans l'affaire, à la constellation du Dragon désignée en toutes lettres dans le livre et qui, selon la saison à laquelle on l'observe, « parfois chasse dans le ciel d'une extrémité à l'autre... et parfois introduit sa queue dans sa bouche comme un serpent enroulé » (2).
Nous voulons donc croire que, si le critique ne s'est pas arrêté au Dragon, c'est évidemment que cette constellation, pas plus au ix° siècle qu'aujourd'hui, n'était dans le ciel « comme un roi sur son trône », c'est-à-dire le point fixe autour duquel semble tourner tout l'univers, le pôle en un mot.
Il avait cependant parfaitement compris que le Sepher lét^irah désigne ainsi le centre du monde, et nous nous étonnons véritablement qu'il ait cherché à faire ce centre du (1) S. Karppe, loc. cit., p. 157. Note 3. (2) C'est la description qu'en donne le Sepher Ratfel, cité par Karppe, loc. cit., p. 157. Note 1.
1 02 l'initiation i x point d'intersection de l'équateur et de l'écliptique. Il nous est, il est vrai, impossible de passer sous silence la grave erreur astronomique que constitue le fait de placer les points d'intersection de l'équateur et de l'écliptique dans la constellation du Serpent.
Le point équinoxial de printemps est actuellement dans les Poissons; le point équinoxial d'automne dans la Vierge, et dans les a5.ooo ans que dure la révolution de ces points, ils ne peuvent même jamais être dans le Serpent qui n'est pas une constellation zodiacale. De doute, il ne peut y en avoir, le roi sur son trône dans l'univers, le roi autour duquel gravite toute la cour des étoiles est l'étoile polaire.
Encore de nos jours, malgré que nous sachions fort bien le con traire, nous continuons à prendre pratiquement l'étoile polaire comme centre de l'univers sidéral, et l'auteur du Sepher Iét^irah connût-il aussi bien que nous le système du monde, et de cela nous sommes persuadés, il ne pouvait en désigner autrement, ni plus clairement le centre.
Donc, s'il indique le Dragon comme pôle, c'est qu'à l'époque où il for mulait le Sepher Iét^irah, la Polaire faisait partie de cette constellation.
Si nous suivons sur une carte céleste le cercle décrit par le pôle dans la longue périodede 25.ooo ans, nous voyons que ce pôle, actuellement tout près de l'étoile Alpha de la petite Ourse, a gravité pendant toute l'époque qui s'étend de l'an 2000 avant NotreSeigneur Jésus-Christ jusque vers l'an 1o00 de notre ère, dans un espace à peu près complètement privé d'étoiles brillantes. L'étoile dont il s'approcha ^
LA DATE DU « SEPHER 1ETZ1RAH » l6î le plus pendant ce temps, bien qu'en en restant tou jours à une grande distance, fut Bêta de la PetiteOurse. Mille ans environ avant l'ère chrétienne cette -étoile devait marquer approximativement le pôle, qui s'en éloignait graduellement pour arriver vers, l'an 85o dans le voisinage de la polaire actuelle.
En remontant encore plus loin, de 35oo à 2o00 avant Jésus-Christ, nous, constatons que le pôle, n'ayant pas encore atteint la constellation de la PetiteOurse dans laquelle il est aujourd'hui, coupait obli quement celle du Dragon.
C'est vers l'an 28o0 que le pôle fut le plus rapproché de la brillante Alpha du Dragon, presque autant qu'il l'est maintenant à'Alpha de la Petite-Ourse; mais pendant toute la durée des quinze siècles qui séparent l'an 35oo de l'an 2o00, ce fut certainement cette étoile qui indiqua le pôle, étant la brillante, la plus rappro chée de lui.
A ce moment, le Dragon était donc bien « le Roi sur son trône», le centre de l'Univers ; et si leSepher Iet^irah lui donne ce titre, c'est qu'il est nécessaire ment lui-même de cette époque.
Il nous reste à examiner à quelle période de l'his toire se place l'existence du patriarche hébreu qui» selon la tradition kabbaliste, fut l'auteur du Sepher Iet^irah, et si cette période s'inscrit dans les quinze siècles pendant lesquels le Dragon fixa le pôle.
Si nous ouvrons l'Histoire ancienne des peuples de l'Orient, de Maspéro, un nom qui, certes, n'est pas suspect à la science moderne, nous y lisons : « Un fragment de vieille chronique inséré au Livre
1 64 l'initiation sacré des Hébreux parle disertement d'un autre Ete rnite, qui guerroya de sa personne presque aux fron tières de l'Egypte. C'est le Koutourlagamar qui sou tint Rimsin contre Hammourabi, et qui ne put en rayer sa chute.
Il régnait depuis treize ans déjà sur l'Orient, quand les villes de la mer Morte, Sodome, Gomorrhe, Adamah, Zéboîm et Bélâ, se révoltèrent contre lui : il convoqua soudain ses grands vassaux, Amraphel de Chaldée, Ariôk d'Elassar, Tideâl le Gouti, et il partit avec eux aux confins de son do maine... Cependant les rois des cinq villes avaient réuni leurs troupes et l'attendaient de pied ferme dans la plaine de Siddîm.
Ils furent vaincus, une partie des fuyards s'engouffra et périt dans les puits de bi tume qui perçaient le sol, le reste s'échappa non sans peine vers la montagne.
Koutourlagamar saccagea Sodome et Gomorrhe et rétablit partout son hégé monie, puis il s'en retourna chargé de butin : la tra dition hébraïque ajoute qu'il fut surpris vers les sources du Jourdain parle patriarche Abraham (1). » Nous voilà donc fixés, par la critique historique elle-même, sur l'époque où vivait Abraham.
Il fut le contemporain et l'adversaire de Koutourlagamar, le Chodorlahomor de la Bible, qui soutint sans succès son vassal Rimsin contre Hammourabi. Or. Ham mourabi est le sixième roi de la première dynastie babylonienne qui commença à régner en Chaldée vers latin du xxve siècle avant notre ère. Bien quelesassyriologues soient loin d'être d'accord sur la date pré- (1) Maspéro, Histoire ancienne des peuples de C'Orient clas sique, t. Il, p. 47 et sq.
LA DATE DU « SEPHER IETZIRAH » l65 cise du règne de ce prince, Oppert, par exemple, le faisant régner de 2394 à 2339, et Cari Niebuhrde 2o81 à 2026, aucun d'eux, cependant, ne le place postérieurement à l'an 2000. Les listes données par G. Smith et Pinches tiennent le milieu entre ces dates extrêmes, nous nous y arrêterons et placerons, avec eux, le règne d'Hammourabi de 2287 à 2232.
D'autre part, la Bible nous apprend qu'Abraham était âgé de quatre-vingt-six ans à la naissance d'Ismaël. survenue probablement quelques années après son raid contre Koutourlagamar. Le patriarche ayant quatre-vingts ans environ au moment de la guerre de Rimsin contre Hammourabi doit donc être considéré comme ayant vécu entre 23oo et 2200 avant notre ère.
Rien ne s'oppose donc, historiquement et astronomiquement parlant, à ce qu'il soit l'auteur du Sepher Iet^irah, ainsi que le veut la tradition, puisqu'à son époque le pôle était dans le Dragon.
Et, si l'on nous objectait que nous prenons nos désirs pour des réalités, et qu'il ne s'agit en tout cela que de simples coïncidences, ne serions-nous pas en droit de répondre : c'est donc aussi sur une pure coïncidence que l'on a fixé le règne de Hoang-Ti à 2700, d'après une observation inscrite aux annales de son règne, de la même étoile Alpha du Dragon ?
C'est encore une coïncidence que l'orientation des galeries des pyramides de Giseh, ouvertes à 27° de déclinaison, face à la polaire de l'époque : Alpha du Dragon? Coïncidences toujours, toutes les autres dates attribuées aux œuvres antiques d'après les con - cordances astronomiques qu'on y a découvertes.
1 66 l'initiation Résumons-nous et concluons. Le Sepher Iet^irah est antique. Il ne peut appartenir au vm° siècle de notre ère pas plus qu'il n'appartient aux Esséniens, qui en auraient été les auteurs d'après Jellinek cité par Karppe, qui se refuse, du reste, à lui accorder une telle antiquité.
Il se place parfaitement à l'époque où vivait Abraham, et s'il ne peut guère lui être posté rieur, le pôle ayant abandonné le Dragon quelques siècles plus tard, rien ne s'oppose au contraire à ce qu'il lui soit même antérieur puisque douze siècles séparent le temps probable où vivait le patriarche de celui où le pôle pénétra dans la constellation du Dra gon.
Si le kabbaliste qui plus tard fixa par l'écriture le Sepher Iet^irah, laissa le Dragon dans l'Univers comme le roi sur son trône, ne modifiant en rien la tradition orale qu'il avait reçue, c'est qu'il n'avait pas à le faire. Il épaississait simplement le voile qui de puis tant de siècles couvrait l'œuvre occulte et que seul peut soulever celui qui cherche, pense, combine, imagine et rétablit la créature à la place assignée par Je Créateur. D* Saïr A. C. :]: 8 octobre 1901. <%?
INVOLUTION Lorsque l'Inimaginable se fit, l'Involution com mença. Celui qui est placé en l'Éternité au com mencement et à la fin, par la procession même de son Être divin, décréta qu'en route il s'abaisserait jusqu'à la poussière même, afin de l'entraîner, elle aussi, à la procession des temps éternels et sans fin. Le temps n'est rien, l'Être est tout, et la connais sance de l'Être forme les étapes du temps.
Si nous sommes parvenus à comprendre une certaine phase d'existence, il nous faut une sphère de pensées con forme à l'étendue de notre compréhension. Et, si Dieu veut que nous le comprenions, il nous faudra son immensité.
Or, il ne refuse jamais ce qu'on lui demande et, lorsque nous lui demandons jusqu'à ses délices per sonnels, il nous répond : « Prenez, mes enfants » et, afin qu'il nous soit possible de les saisir, Il nous devient semblable, pour que nous puissions goûter aux mêmes plaisirs dont II jouit avec nous. Aussi nulle élévation ne se produit sans abaisse ment, mais Dieu, dans son amoindrissement, dans
i68 l'initiation son involution même, reste toujours Dieu ; toujours divinement incomparable à nous-mêmes. Cela fait qu'en jouissant de ses délices nous souf frons, car nous sentons qu'il ne nous est point sem blable. Et, désormais, tous nos efforts tendront à nous transfigurer; mais Dieu se transfigure en même temps et nous devance. Alors la gloire éclate à nos yeux, et nos cœurs saignent de ce que nous ne l'avons pas connu davantage.
Puis nous élevons nos regards vers les hauteurs et nos âmes se disent à elles-mêmes : « Inconsciem ment nous lui avons demandé la joie de vivre. II nous donne la Vie en substance, car, certes, nous avons maintenant plus de joie qu'auparavant, mais nous avons aussi la souffrance. » C'est ainsi que l'Involution a commencé.
Les deux principes sont en désaccord jusqu'à ce qu'ils aient pu trouver la note juste, où les deux ne feront qu'une seule harmonie. Or il est bon de souf frir tant que la souffrance existe ; et il vaudrait la peine de pleurer lorsqu'il n'y aurait plus qu'une seule âme qui se plaigne encore. Car il est plus facile de projeter un monde que de travailler une âme.
Les esprits qui se croient forts ne comprennent point les faibles, et ceux qui sont faibles voudraient nier les forts, mais il y a un Dieu de miséricorde audessus de tous. Pour que le fort fut plus endurant et afin que le faible patiente davantage, Celui qui se chargea de la Croix universelle rattacha les deux à lui-même et leur dit
1NV0LUTI0N 169 « Paix Nous soit ; j'involue pour la souffrance, évo luez pour la joie. » « Le temps vous semblera long, mais l'espace ne le reconnaîtra pas, à moins que vous ne soyez sous mon drapeau. » « Mon drapeau est toujours l'abaissement de soimême, car c'est là l'Involution ; perdez-vous et vous vous retrouverez au centuple. » « Je ne suis pas seul, car j'ai une alliance avec toutes choses, et tout ce qui me comprend me con naît. » « J'aurais aimé pouvoir vous dire : « Vous êtes «comme moi», mais jusqu'à présent j'ai dû vous ré péter : « Je suis comme vous, nous sommes les mêmes ; aimez-vous les uns les autres. » « Quand vous m'aimerez comme je vous aime, vous connaîtrez qui je suis et qui vous êtes ; en attendant, je prie pour vous. » « Regardez à moi et vous verrez le ciel. » Zhora.
PARTIE LITTÉRAIRE La descente du Rêve VOIX DE L AMANT Tu as vers moi, splcndide, incliné ton front chaste, Auréolé de l'or de tes cheveux frisés, Et, pour me consoler de tant d'espoirs brisés. Pour ranimer mon cœur qu'un noir chagrin dévaste, En tes grands yeux, voici surgir les douces flammes, Voici sur ta bouche se pâmer les mots fous, Et voici que ton sein tressaille en frissons doux, Qu'un rayon de lumière traverse nos deux âmes. Tes doigts légers, très purs, se posent sur mes lèvres, Tes doigts dont s'essore un pieux apaisement. Tu chantes comme auprès du berceau d'un enfant ; Tes gestes de magie font envoler ma fièvre. Mais il y a des ans que ton amour me hante, Que mes prières vont douloureuses vers toi. Si tu viens de là-haut ! Sais-tu par quelle loi L'Amant fut si longtemps sevré de son Amante ?
LA DESCENTE DU RÊVE I7I Je t'évoquais pourtant en mes nuits de tristesse. Ohl les lugubres nuits pour ceux qui s'en vont seuls Sous les nuages blancs ainsi que des linceuls, Sans qu'une main se tende ou qu'une voix caresse. Lors, tu m'as répondu : II Sois heureux, je suis celle Qui t'apparut jadis durant ces tristes soirs.
Oui. Comme les parfums issus des encensoirs Vers le ciel s'élancent de la sombre chapelle, Ton amour vers moi de ton âme éperdue Montait, mais cet amour ne m'était pas féal, D'autres désirs troublaient ton désir d'idéal. Ton cœur n'était pas prêt encor pour ma venue, Tu n'avais pas subi les angoisses lustrales Et ta nuit n'avait point été profonde assez Pour que ton cri s'élève et que tes bras lassés Se dressent implorant les clartés aurorales.
J'ai longtemps attendu, au sein des limbes grises, L'élan désespéré de ton être aux abois, Mais ta voix se perdait parmi les autres voix Et rien ne m'arrivait, que la chanson des brises. Mais voici l'heure enfin, où, d'un sanglot, ton Ame Vient de me générer... J'ai recueilli tes pleurs En gerbe... et j'en ai fait la couronne de fleurs Qui me pare et te plaît... Le Rêve s'est fait Femme ! Edgar Jégut.
ÉCOLE HERMÉTIQUE Les cours de l'École sont en plein fonctionnement. Le premier cycle « adaption des sciences à l'occulte » obtient un vif succès, et les élèves nouveaux arrivent en très grand nombre. Tout annonce une excellente et fructueuse année. Société des Conférences Spiritualistes La séance d'octobre, première de cette année, a eu un grand succès, malgré le mauvais temps.
Le Dr Papus a invité les anciens membres à en amener de nouveaux et à ne pas oublier trop longtemps le paiement de leurs coti sations.
Nous répétons ici cette invitation en rappelant à nos lecteurs que l'entrée dans cette société donne l'avan tage d'une réduction de moitié pour les inscriptions des cours de l'École hermétique ; et vice versa, l'inscription aux cours de la rue de Savoie réduit de moitié le prix de la carte de membre de la Société des Conférences spiritualistes.
Le Dr Papus a fait une conférence sur le spiritualisme, en remontant à ses origines et en montrant ce qu'il était au temps des anciennes initiations. Sa causerie, aussi brillante qu'à l'ordinaire, a été réduite de longueur pour permettre aux auditeurs d'échanger avec l'orateur leurs vues contradictoires.
Tout le monde remporte de cette coutume de grands avantages, tant au point de vue de l'éclaircissement mutuel des idées, qu'à celui de la créa tion d'une atmosphère d'intimité intellectuelle et de con fiance, qui est d'un puissant secours pour affermir peu à peu la communion dans un même idéal spiritualiste.
LA TÉLÉPATHIE ET LA « PETITE JULIA » 1 73 La conférence du 22 novembre sera faite parle Dr Rozier sur : La Souffrance. Nos lecteurs sont invités à y assister. La Télépathie et la « Petite Julia » Nous extrayons du Moniteur des études psychiques, 83, rue des Saints-Pères (Paris), que nous recommandons à nos lecteurs, l'intéressante lettre suivante : Nous recevons d*un de nos abonnés la lettre suivante : « Amiens, 1o octobre 19o1.
« Monsieur le Directeur, « Permettez-moi de porter à votre connaissance un fait étrange qui ne manquera pas, je l'espère du moins, d'inté resser vos lecteurs, curieux tous d'études psychiques. « Un de mes frères, marié, il y a dix-huit mois, avec une jeune fille du Midi, s'en fut demeurer au pays de sa femme, dans les environs de Pamiers.
« En août dernier le 16 leur naissait un fils qui, quinze jours plus tard baptisé, recevait le prénom de Jacques. La lettre qui accompagnait la boîte de dragées ne tarissait pas de détails sur le teint frais et rose, la santé merveilleuse et franche du petit Jacques. Cette lettre me parvint à Amiens le 3 septembre.
« Or, dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 dudit mois, je fus réveillé en sursaut par un coup violent frappé à mon chevet, dans le bois du lit. Je me dressai vivement sur mon séant, et, très distinctement, je m'entendis appe ler par trois fois : « Henri l Henri ! Henri I » « Je ne suis ni nerveux, ni un imaginatif. On s'accorde, au contraire, à voir en moi un être positif, froid au dire de quelques-uns. L'idée ne me vint nullement d'avoir été le jouet d'un cauchemar ou d'une hallucination. Si, en
I 74 L INITIATION toute rigueur, je pouvais douter du bruit qui me réveilla, il m'était impossible de nier avoir entendu la voix. « Je regardai la pendule : il était 4 heures du matin. < Je me rendormis et ne m'éveillai qu'à 7 heures, après un sommeil très paisible. « Vers 9 heures je me rendis dans la pièce qui me sert de bureau. A peine avais-je ouvert la porte et fait un pas que la même voix retentit dans un nouveau triple appel : « Henri !
Henri ! Henri ! » « Il n'y avait pas à hésiter; quelque chose d'extraordi naire se passait. Mais quoi ? « Je sortis. A mon retour, vers 1 1 heures, une dépêche m'attendait. Elle était de mon frère et conçue en ces termes : Jacques mort subitement 4 heures matin. » « Je compris alors... sans comprendre; car, si j'étais renseigné sur la matérialité du fait, je n'avais aucune donnée sur le procédé.
Un malheur m'avait donc été annoncé la nuit; mais par qui et comment ? « Je ne pouvais pas supposer que ce fût mon imagina tion qui, pleine des préoccupations de la veille, faisait des siennes pendant mon sommeil. La veille je ne songeais nullement que mon jeune neveu fût malade, puisque les lettres me le disaient en florissante santé. « Etait-ce mon jeune neveu lui-même qui m'avertissait? Pourquoi ?Je ne l'avais jamais vu.
« Il ne me connaissait naturellement pas. Et pourquoi m'avertir, moi plutôt qu'un autre de mes frères, en ce moment dans l'Est? « J'étais fort intrigué. < Sur ces entrefaites, mes affaires m'appelant à Paris, je résolus d'aller voir la Voyante de la place Saint-Georges, dont le Moniteur nous a souvent entretenus, et de solli citer de la « petite Julia » l'explication de ce phénomène.
« Je vous ferai grâce, Monsieur le Directeur, de diffé rentes réponses sur d'autres sujets. Mais quand j'en arrivai au but principal de ma consultation et que je lui deman dai qui m'avait appelé, elle me répondit : « C'est Jeanne. « Quelle Jeanne ? « Mais, ta belle-sœur l « Ma belle-sœur ?
LES ACTIONS A DISTANCE 1j$ « Oui... ou plutôt la belle-sœur de ta femme. « Mais pourquoi cela ? « Parce que c'était convenu entre vous. « Ce dernier mot fut un trait de lumière. « Jeanne, en effet, était la belle-sœur de ma femme. Minée par une maladie de langueur, elle mourut il y a un an, sans s'être fait la moindre illusion sur son état.
Aussi, parfois, nous entretenant de l'avenir qui pour elle était la mort et l'éternité, elle me disait par manière de taquinerie : Henri, je viendrai vous voir, quand je serai morte ! » « C'est cela, répondais-je en riant, vous me tirerez les pieds I » « Non, non, mais je vous préviendrai quand un malheur sera pour arriver.
Et vous n'aurez pas peur ! » « Jeanne avait tenu parole d'après Julia; car, depuis son départ pour toujours, le premier malheur qui frappait ma famille était la mort de ce tout petit enfant, fils de mon frère. « Que dites-vous de cela, Monsieur le Directeur? et comment accepter l'explication de Julia ? « Veuillez agréer, avec mes remerciements, l'assurance de mon respect. « H.
D, » Nous avons reproduit cette lettre dans toute son intégrité ; et nous serions heureux qu'elle donnât lieu à quelques nbservations de la part de quelqu'un de nos lecteurs. LES ACTIONS A DISTANCE Une jeune fille, Mlle Marguerite P., avait une tendance à rougir brusquement à propos de la moindre émotion. De là des ennuis sans nombre et un grand désir de voir cesser cet état.
Sa mère, de passage à Paris (car la jeune fille et ses parents habitent fort loin en province), va Toir « Julia » le mercredi. Celle-ci lui promet que sa Mlle Mar guerite ne sera plus ennuyée et la mère s'apprête à écrire la bonne promesse à son enfant. Mais le jeudi elle reçut une
176 l'initiation lettre de sa fille lui racontant que, la veille, elle avait éprouvé une forte émotion sans que la désagréable réac tion habituelle se fût produite. L'action à distance avait été immédiate. Nous avons vu la preuve expérimentale de beaucoup de faits de ce genre à l'Ecole de Lyon, où le Dr Philippe les produisait à l'appui de ses hauts enseignements, lors des cours.
Plusieurs élèves, surtout ceux qui avaient cons cience de ne rien savoir, ont été mis à même de faire euxmêmes de ces actions à distance, et nous rapportons le fait précédent uniquement pour montrer la rigueur de l'enseignement donné à cette époque à l'École de Lyon. UN MAGICIEN Citez Ca.rn.ille F'ia.m.ro.a.rion.
L'Echo du Merveilleux du i5 octobre 19o1 publie la curieuse étude suivante : * ,.*-n m Mon article sur M. Broussay, Un Magicien, m'a valu l'aimable billet que voici : « Observatoire de Juvisy. « Mon cher confrère, « Voudriez-vous venir, un jour à votre choix, déjeuner ou dîner ici avec M. Broussay? « Avec toutes mes sympathies, < Flammarion. » Nous nous rendîmes, M. Broussay et moi, à cette ami cale invitation. Camille Flammarion est un grand savant, et Mme Flam marion est un grand cœur. Tandis que l'un étudie et
UN MAGICIEN CHEZ CAMILLE FLAMMARION I 77 scrute les profondeurs du ciel, l'autre essaie d'apporter un peu plus de bonheur sur la terre. Mme Camille Flamma rion est, en effet, comme chacun sait, la présidente-fonda trice de cette œuvre généreuse : La Paix et le Désarme ment par les femmes... Vous imaginez facilement quelles heures, à la fois ins tructives et charmantes, nous avons passées en telle com pagnie.
Mais ce n'est pas la place ici de raconter ces instants inappréciables, ni de décrire cet Observatoire de Juvisy, qui a une si curieuse histoire et qui dresse sa coupole dans un si délicieux décor. Il me faut me borner à ce qui, directement, peut inté resser les lecteurs de VÉcho.
En présence de Camille Flammarion et de deux jeunes savants, qui sont ses collaborateurs dans ses travaux d'as tronomie, M. Broussay tenta de refaire les expériences dont le Dr Rozier et moi-même avons parlé dans les deux derniers numéros de l'Écho du Merveilleux. De ces expériences celle du mouchoir et celle du questionnaire ne re'ussirent point.
Le mouchoir qui, devant le Dr Rozier et devant moi était devenu rigide comme s'il avait été congelé par la force magnétique, et s'était tenu debout, comme s'il avait obéi à la volonté de M. Broussay, s'affaissa devant M. Flammarion.
Les esprits-chiffres qui, d'une façon si surprenante, avaient répondu aux questions du Dr Rozier et aux miennes, ne répondirent absolument rien que d'incohérent aux questions qui leur furent posées en présence de M. Flam marion. Ces deux expériences sont donc à refaire. Les expériences manquées ne prouvent rien, ni pour ni contre les phéno mènes observés précédemment. Elles sont cependant un indice en faveur de la sincérité del'expérimentateur...
Par contre, l'expérience de Vébullition réussit à merveille et put être répétée plusieurs fois. M. Camille Flammarion se montra fort intéressé; il étudia le phénomène sous toutes ses faces, le faisant même photographier, mais se réservant d'y réfléchir avant d'en proposer une théorie quelconque.
178 l'initiation JL Les deux jeunes savants, infiniment moins circonspects, ne virent dans l'expérience de M. Broussay qu'une expé rience des plus banales, et, avec une parfaite assurance, presque avec dédain, en donnèrent l'explication sui vante : Selon eux, lorsque le goulot de la bouteille renversée est posé sur la paume de l'opérateur, le bouchage n'est pas hermétique.
Il est assez complet pour que l'eau ne puisse passer et baver autour de l'orifice; il n'est pas assez parfait pour que l'air ne puisse pénétrer dans le flacon ; et il y pénètre en raison de la capillarité.
L'un de nous fit alors observer que les globules d'air, d'abord rares et à peine perceptibles à l'œil, augmentaient en nombre et en volume, à mesure que l'expérience se prolongeait, ce qui semblait anormal, la pression de l'air emprisonné dans la bouteille devant s'accroître en raison directe de la quantité et de la contenance des bulles et, partant, s'opposer de plus en plus à la formation et à l'introduction de nouveaux globules.
Il nous fut répondu que la compressibilité de l'air est si grande que l'apport des bulles dans la chambre à air, si nombreuses qu'elles fussent, devait être considéré comme négligeable. Il me parut que cette réponse n'anéantissait pas l'objec tion.
Mais je me gardai bien, pauvre ignorant que je suis, d'entamer une discussion politique avec les collaborateurs de M. Flammarion, dont l'un, au moins, est agrégé ès sciences physiques I Je laissai simplement entrevoir qu'un point e'tait, du moins, constant, c'est que les phénomènes étaient liés à la personne de M. Broussay, puisque ni M. Flammarion ni le Dr Rozier, ni moi-même, en refaisant ce qu'avait fait M. Broussay, n'avions pu les reproduire.
Les jeunes savants se firent forts, eux, de les répéter .devant nous. Et, de fait, ils l'essayèrent; mais nous devons à la vérité .de dire qu'ils n'y parvinrent point, en notre présence du moins. Le problème à nos yeux reste donc entier. G. M.
l'astrologie 179 L'Astrologie et la mort li Fraudent Mae-KMey La revue The Star of the Magi, e'ditée par News E. Wood, 617, La Salle avenue, Chicago, publie, après l'événement qui meten deuil les États-Unis, les prédictions astrologiques que des raisons de haute convenance lui firent tenir secrètes jusque-là.
Les astrologues qui avaient fait l'horoscope du jour de l'élection de Mac-Kinley avaient de fâcheux pressentiments sur l'avenir de son septennat. Deux semaines avant cette inauguration, M. Whitehead avait adressé à l'éditeur du Star un horoscope héliocentrique qui indiquait des événements désastreux. Le pro fesseur Cunningham avait fait du même jour un horo scope géocentrique également de mauvais présage.
M. Julius Erickson, de Saint-Louis, avait déjà publié en avril, dans le }.îelaphysical Magasine une figure identique, où le mau vais présage était un aspect maléfique du Soleil et d'Uranus dans la huitième maison. Hugh Evans, éditeur des Corning Events, disait dans le numéro de septembre que ce mois serait marqué par la mort de personnages éminents. Un M. Ernest-C.
Green, dans une lettre datée du 1o no vembre 19oo, annonçait la mort du président entre cette date et le mois de mars suivant. Le numéro de mai 1897 des Corning Events reconnaît que 3 et ï) donnent de la mélancolie au caractère du président, que les années 1898 et 1899 lui seront diffi ciles et peu profitables, mais qu'il sera élu une seconde fois : la fausseté de cette prédiction viendrait d'une erreur dans la date de naissance.
Le professeur Cunningham donne cette erreur comme étant de quatorze heures envi ron (Star, novembre 19oo).
Il donne, dans le numéro d'octobre de la même revue, le thème géocentrique du pré sident; nous n'entrerons pas dans le détail technique, que les intéressés pourront se procurer facilement ; disons simplement que Vénus se trouve dans ce thème, en mai son 8, maléficiée par son opposition, qui est rétrograde ; Saturne est en opposition avec les premiers degrés, ce .qui augmente la force de présage.
1 80 l'initiation Les Fées d'après les croyances fln peuple roumain M. Lazare Sainéan publie, dans le numéro d'octobre de Mélusine, le commencement d'une étude très nourrie sur ce sujet. Les habitants de la Roumanie, de la Valachie, de la Transylvanie ont à peu près les mêmes croyances sur l'existence de femmes invisibles très belles «méchantes, qui font leur séjour habituel soit des prairies, soit des fontaines, soit des tempêtes.
Selon l'opinion populaire, si vraie pour l'occultiste, que nommer un être c'est le faire venir,on évitait de nommer ces fées, on les désignait par des antiphrases ou des diminutifs amicaux : la Commère, les Bonnes, les Belles, les Diligentes, les Grandes, les Puissantes, les Vaillantes, les Saintes.
Les auvents des maisons et les carrefours sont leurs lieux de rendez-vous nocturnes; l'homme qui y séjourne après elles, qui boit l'eau d'une fontaine où elles se sont désaltérées après leurs danses, qui, apercevant un tourbillon de vent, ne crache pas immé diatement, est attaqué et battu par elles ; il y gagne la paralysie, le rhumatisme, parfois la cécité. C'est la SainteVierge qui les chasse, elles et leurs mauvais effets.
Les vieilles femmes guérissent les maladies qu'elles ont envoyé par la valériane, le basilic, la vermiculaire, ou le sedum acre. Quelquefois aussi ces fées se laissent séduire par la beauté de quelque jeune berger joueur de flûte ; et, en ce cas, elles deviennent naïves et confiantes à l'excès. UNE MAISON HANTÉE Mon cher Confrère, Je vais profiter de ce que j'ai l'occasion de vous écrire pour vous dire deux mots de « la maison hantée » deLislet.
UNE MAISON HANTÉE I 8 I Lislet est un village situé à i kilomètre de Montcornet, "Station de la ligne de Laon à Liart. Vers la fin de juin ou vers le commencement de juillet, les phénomènes suivants s'y produisirent.
De 5 heures à 8 heures du soir pendant deux jours, et à des heures diverses pendant les trois jours suivants, une pluie de pierres de dimensions différentes, dont les plus volumineuses pouvaient peser 2 kilogrammes, et dont le bruit fut d'abord pris pour le bruit de la grêle, tomba sur le toit d'ardoises d'une petite maison située à l'extrémité d'une rue du village et faisant partie d'un groupe de trois maisons, dont les deux autres ne furent pas atteintes.
Ces pierres n'étaient visibles qu'à partir d'un plan dis tant de 1 mètre environ du toit sur lequel elles tom baient ; elles n'occasionnèrent aucun autre dégât que le bris d'une vitre. Arrivées sur le toit, les pierres roulaient et tombaient à terre. Un enfant d'une douzaine d'années reçut sur la tête une de ces pierres et ne ressentit d'autre sensation que celle d'un doigt passé sur la tête, pour employer son expression.
Lorsque le gros des spectateurs se portait d'un côté de la maison, les pierres tombaient surtout du côté op posé. Après avoir fouillé la maison, les spectateurs firent des recherches dans les environs ; on fit même une battue dans un champ voisin, qui fut saccagé, sans qu'on put découvrir de mystificateur. De nombreuses personnes, même des villages voisins, furent témoins de ces nombreux phénomènes, que cin quante, à la fois, purent vérifier.
Cette maison est habitée par un ménage de deux vieil lards. La femme, âgée d'environ soixante-quinze ans, très valide, est ce qu'on appelle dans le pays une « faiseuse de neuvaines » ; néanmoins, elle ne croit pas en Dieu. Elle lit assidûment le Petit Albert et un autre livre qu'elle cache soigneusement quand on entre chez elle. Le mari, dit-on, très impressionné, a la santé ébranlée depuis ces événements. La femme ne paraissait pas étonnée ; elle pre'tendait voir trois hommes ramasser des pierres et disait que tout
x8î l'initiation cela durerait neuf jours (neuf est le nombre des jours consacres à chaque neuvaine). Dans l'une des deux maisons voisines habite une jeune fille qui ne passe pas pour avoir jamais manifesté de troubles nerveux. Des faits analogues se seraient passés à Vigneux, village distant de 5 ou 6 kilomètres, il y a plusieurs années.
On prétend pour ne rien omettre de ce que j'ai appris que la vieille, ayant voulu entrer dans l'église au moment de la messe du dimanche, ne put y entrer ou y rester, et contourna simplement l'église. Elle aurait laissé échapper un pot d'eau bénite qu'elle tenait à la main. Des pierres seraient tombées sur sa maison au com mencement et à la fin de la messe.
Je m'empresse de vous dire que je ne relate que des on-dit, n'ayant fait moi-même aucune enquête. Je ne con nais même pas l'état des lieux, quoique je sois bien sou vent passé dans la rue où se trouve cette maison. Cepen dant, je reproduis ces on-dit d'après ma famille, qui les a recueillis au moment même, et de bouches différentes ne se contredisant pas.
Veuillez agréer, mon cher Confrère, mes remerciements et l'assurance de mes meilleurs sentiments. Dr Maurice Adam. VISION Je voyais un portique d'or dans lequel étaient enchâssées des pierres précieuses bleues. Une atmosphère lumineuse et douce d'un blanc argenté baignait toute chose. De nom breux esprits resplendissant de lumière étaient visibles à l'infini.
Au milieu d'eux, un Être vêtu de rouge et cou ronné, dont on ne pouvait voir les traits car ils resplendis saient, tenait un livre ouvert. A un moment, un squelette parut, se jeta sur le livre et l'emporta. La traînée d'ombre fut bientôt dissoute dans la lumière. Sans essayer de pour suivre le squelette, l'Être leva les mains. D'innombrables
BIBLIOGRAPHIE 18Î fleurs blanches et bleues volèrent de tous côtés; les esprits se les partagèrent. Deux de ces fleurs tombèrent et vin rent s'arrêter dans une contrée déserte et désolée. Le por tique d'or s'effaça, la lumière disparut, et mon attention se reporta sur le désert, où je vis tout à coup défiler une foule innombrable d'hommes, de femmes, d'enfants.
Des rois passaient, montés sur des dromadaires ou des éléphants, suivis d'une cour nombreuse; des cortèges d'une richesse inouïe passaient sans ce.-se. Des musiciens jouaient de leurs instruments, des enfants jetaient des pièces d'or, sur lesquelles se ruait la foule. Les deux fleurs célestes étaient toujours là, et personne ne les voyait. Ce défilé dura longtemps, très longtemps, puis s'arrêta.
Cependant, je vis bientôt les signes de la vie abonder : des rivières profondes fertilisèrent la contrée, des êtres nom breux vinrent vivre en cet endroit jadis désert, mais ils ne voyaient pas la source de tant de biens, et nul ne vint re cueillir les fleurs divines, tombées du ciel. Phaneg. :o±J£>X±ofg:a7£*,;iplx±o L. C. de Saint-Martin, Ecce Homo, vol. in-8, 64 p..
Paris, 19o1. Ce petit livre est le premier d'une série de réimpressions que se propose de faire un amateur de chosesdivines, dont nous respecterons le désir d'incognito. Nous parlerons de ce volume, non pas pour ceux qui sont arri vés, ni pour ceux qui ne sont pas partis, mais pour le grand nombre de voyageurs qui regardent en arrière tout en mar chant.
La mystique chre'tienne ou évangélique peut encore être assez facilement comprise dans ses grandes lignes ; mais la pratique n'est l'apanage que d'une infinie minorité. Elle demande une sensibilité extrême, un courage à toute épreuve et, par dessus-tout, un cerveau parfaitement sain.
Tout au contraire de ce que disent le positivisme super184 l'initiation ficiel ou l'athéisme de Loge, les vrais mystiques possèdent au suprême degré le don trop rare du bon sens ; et il faut, en effet, que cette qualité soit bien solidement établie chez eux pour être à l'épreuve des doutes les plus subtils, des imaginations folles, des douleurs morales et des se cousses dont s'orne la voie intérieure.
C'est pour ceux donc qui se sentent assez forts ou assez faibles pour essayer la pratique que ces petits livres seront remis au jour dans des conditions abordables. VEcce Homo renferme, sous une forme élégante et claire, toutes les idées qui peuvent servir d'introduction à l'étude et à la pratique de l'illuminisme chrétien.
Avec l'observa tion ingénieuse, dont se sert le philosophe inconnu quand il veut amener son lecteur du sensible à l'intelli gible, la contemplation de la Nature y est le point de dé part de découvertes lumineuses dans le monde intérieur.
Le simple fait par lequel un axiome de science exacte apparaît à notre esprit comme vrai prouve d'abord que cet axiome a une vie indépendante, et qu'il est représenté dans notre conception par une étincelle de vérité. Donc l'axiome des axiomes existe réellement, puisque nous en possédons la notion. Donc, encore, les témoignages de nos sens étant la manifestation de ce qui existe en dehors de nous, la na ture tout entière est un signe.
Tous les objets sont des signes d'une pensée; la pensée ou sagesse suprême a donc des idées et des plans, des signes visibles ; le plus digne d'attention de ces signes est l'homme. L'homme est une pensée de Dieu : par conséquent il est éternel, Dieu l'aime, et, signe de Dieu, il ne peut se com prendre que dans la chose qu'il représente, en Dieu.
Ceci nous découvre qu'il y a trois époques dans l'histoire de l'homme : il demeure, non manifesté, en Dieu ; il devient un signe de Dieu; ce signe s'altère : tel est l'homme actuel. Ecce Homo : voilà la base de la mystique. Les causes de l'aveuglement et du dénudement actuels de l'homme sont ensuite recherchées. Elles sont doubles : personnelles ou extérieures à nous.
Nos ennemis agissent sur nous par les manifestations extérieures d'abord : on les dévoile en re gardant si les œuvres en sont des réalités ou des ombres, si elles sont d'accord avec l'Écriture. Ils agissent aussi en faisant prendre aux envoyés leurs missions particulières et
BIBLIOGRAPHIE 1 85 locales pour des missions générales ; donc, ils ont causé des luttes entre ce qu'il y avait d'imparfait en eux et l'ad versaire : gardons-nous des dieux. Ils agissent enfin par des missions fausses fondées sur des prophéties accomplies, ou sur des interprétations erronées. Tout cela aboutit pratiquement à nous obliger de faire attention à qui nous adressons des prières.
Les principaux signes des missions fausses sont les belles promesses qu'elles font, la nécessité qu'elles ensei gnent de se particulariser dans un lieu, dans une manière de vivre, selon des règles particulières (monachisme), enfin la prépondérance qu'elles accordent ou laissent prendre aux femmes.
On voit par ce résumé succinct quelle est la responsa bilité des clergés et qu'elle est la nôtre particulière, puis que nous pouvons nous considérer comme les premiers auteurs des torts que les autres ont envers nous.
SaintMartin esquisse à grands traits la théorie des jugements tant individuels que collectifs, en s'appuyant sur les té moignages de l'Évangile et, en particulier, sur la vision du Thabor; puis, jetant un coup d'œil d'ensemble sur la vie terrestre du Verbe, il fait découvrir au lecteur comment cette vie est le tableau complet, quoique abrégé, de l'his toire universelle de l'homme, de sa chute ppssée à sa réin tégration future.
« Hommes mes frères, s'écrie-t-il en terminant, si vous pouvez ainsi lire dans ce réparateur l'his toire universelle de l'homme, quel autre agent peut donc désormais vous rien apprendre ? Où pouvez-vous puiser quelque instruction que cette source ne vous ait pas présen tée ?
Oui, après nous avoir montré dans sa personne l'exé cution de cet arrêt rigoureux qui nous condamnait à por ter ignominieusement, mais humblement, le titre d'Ècce Homo, il y a achevé complètement son œuvre, en nous fai sant voir que, si nous suivions ses traces et les sentiers qu'il nous a ouverts, nous devons être sûrs de remonter un jour vers les régions de la lumière, et qu'on dira de nous glorieusement, à notre arrivée dans les cercles supé rieurs, ce qu'on a dit de notre origine : Ecce Homo, voilà l'homme, voilà l'image et la ressemblance de notre Dieu, voilà le signe et le témoin du principe éternel des êtres, voilà la manifestation vivante de l'universel axiome. SéD1R.
i86 l'initiation Kkmkth Syt.va.n Guthrik. Regeneration applieJ, being the sequel and practical application of regeneration, the Gâte of Reaven. Vol. in- 1 6 carré, publié par the Prophet Publishing Co. P. O. Box q. Medford. Mass. U. S. A.
M. Guthrie est le chef et, je crois, le fondateur d'une asso ciation mystique qu'il appelle theBrotherhoodoftheelcrnal Covenant, et dont quelques membres sont des illuminés vrais et parvenus à un état d'harmonie trop rare parmi les occultistes de l'Amérique. Le présent volume est un tirage à part de nombreux articles parus dans la revue mensuelle de M. Guthrie the Prophet.
C'est un ensemble de prescrip tions destinées à procurera l'homme une sensibilité affinée et une énergie plus haute, tout en lui conservant un contrôle minutieux sur toutes les parties de son triple organisme. Les rapports sexuels, la parole, le chant, le magnétisme, le massage, l'alliiitement, les émotions sont indiqués comme des déperditeurs de l'énergie vitale.
Ainsi le silence, l'im passibilité., un regard baissé sont autant de petites écono mies qui mettent des forces à la disposition du développe ment spirituel. Le sommeil peut se remplacer par un repos ou un relâchement volontaire des muscles; la prière à mi nuit donne d'excellents résultats pour le sommeil, mais l'influence du mental sur le corps est prépondérante.
Faire faire au corps un peu plus que ce qu'il ne peut, ne pas lui accorder le repos sauf aux moments déterminés d'avance, ne pas se permettre de mouvements involontaires, user de l'eau froide, jeûner une fois par semaine : tels sont des moyens efficaces de faire obéir notre machine. Le tabac, l'alcool et tous les excitants sont mauvais ; cependant, il ne faut pas conclure de là à l'ascétisme qui est déraison nable.
L'auto-suggestion est un des grands moyens employés par M. Guthrie pour atteindre ses buts. Employée dans le cours ordinaire de la vie, le cœur se purifie, le corps se sou met entièrementà la volonté; le mental externe fait de même: il ne travaille que sur les sujets qu'on lui impose et se libère de l'association des idées ; le système nerveux mo teur arrive au repos absolu, pendant que le moi interne atteint la conscience éternelle. Enfin l'être toutentier s'aban donne à la volonté de Dieu.
BIBLIOGRAPHIE 1 87 Nous ne partagerons pas les idées de l'auteur quant à la direction générale de ses théories. Nous remarquons, en effet, que, basées sur la volonté, elle ne peuvent pas con duire l'homme au-dessus de lui-même. Le moi reste vivant et inébranlé, d'autant plus que le début des entraînements est destiné à produire volontairement une augmentation d'énergie vitale.
Or, la vie naturelle est limité, dans le monde ; c'est la vie divine qui ne l'est pas : ce qu'on ac quiert donc d'énergie vitale, on le prend quelque part; et il est écrit : Ne faites pas aux autres ce que vous ne vou driez pas que l'on vous fasse.
L'auteur dit aussi : « C'est très bien d'aimer les autres et de vouloir leur faire du bien, mais il faut d'abord posséder quelque chose avant de pouvoir donner. » C'est exact dans le monde matériel et pour la raison. C'est faux sur le plan de l'amour. L'amour se sacrifie d'abord : ce que l'homme peut donner ne lui appartient pas : notre corps, notre in telligence sont des prêts que la Nature nous a consentis.
Quand nous nous en servons pour les autres, nous fai sons une chose toute naturelle et non méritoire. Ce qui est à nous, c'est notre volonté. Et c'est justement notre volonté que M. Guthrie recommande de regarder. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce très inté ressant travail.
Les débutants, qui croient encore à leur force, y trouveront d'excellentes choses ; et nous souhaitons qu'une traduction française vienne bientôt répandre ces idées, si pratiques, dans notre pays. SéDIR. Vie ésotérique de Jésus de Nazareth, par Ernest Bosc. Cet ouvrage, conçu sur un plan tout nouveau, com porte trois parties : I. De la personnalité Essénienne de Jésus de Nazareth. II. Voyages, Mission et Passion de Jésus-Christ. III.
Christianisme. Nouvelles origines orientales. Un volume in-8 cavalier de 430 pages Prix : 8 francs. Nous ferons dans un des prochains numéros un compte rendu spécial de ce livre, qui demande une étude tout à fait spéciale étant donnée l'importance du sujet traité. La Librairie du Magnétisme, a 3, rue Saint-Merri, Pa ris, vient de publier les ouvrages suivants, qui intéressent
1 88 l'initiation tous les partisans de la libre pratique du Massage et du Magnétisme et même de la libre pratique de la médecine : Arguments de Médecins, en faveur de la pratique du Mas sage et du Magnétisme par les Masseurs et les Magnéti seurs. Documents recueillis par H. Durville, 4 broch. de 36 pages. Prix de chaque broch. 3o cent. Arguments des Savants.
Hommes de lettres, Hommes po litiques, Artistes et Notabilités diverses, en faveur de la pratique du Massage et du Magnétisme par les Masseurs et les Magnétiseurs. Documents recueillis par H. Durvillk. In- 18 de 36 pages. Prix: 3o cent.
Depuis l'arrêt de la Cour de cassation relatif au magné tiseur Mouroux, les Masseurs et surtout les Magnéti seurs, partout poursuivis, sont toujours condamnés pour exercice illégal de la médecine, comme coupables d'avoir guéri des pauvres malades abandonnés, que les médecins étaient impuissants à soulager.
La jurisprudence étant ainsi établie, cet état de choses, contraire au droit le plus sacré, le plus imprescriptible que doit posséder tout citoyen libre dans un Etat libre de confier le soin de sa santé au praticien, diplômé ou non, qui possède sa confiance, ne peut cesser qu'en vertu d'une loi modifiant celle du 3o novembre 189a sur l'exer cice de la médecine.
Un Comité dit Comité d'Initiative magnétique s'est formé à Paris dans le but d'obtenir cette loi.
En attendant, pour être certain du bien fondé de ses revendications, le Comité, par les soins de M. Durville, secrétaire-délégué, a ouvert une enquête auprès des notabilités de la méde cine, des sciences, des arts, des lettres, de la politique, etc., en leur demandant une réponse à la question suivante : Pensex-vous que les Masseurs et les Magnétiseurs non médecins, mais suffisamment instruits, puissent, sous la garantie des lois de droit commun, appliquer leur art au traitement des maladies ?
Ces réponses seront successivement publiées en deux séries de brochures. Celles qui font l'objet de ces lignes comprennent les premières réponses favorables. Les brochures de la première série contiennent les ArguIL.
BIBLIOGRAPHIE 1 89 ment s des Médecins; celles de la seconde, les Arguments des Savants et notabilités diverses. Le Magnétisme et la Justice française devant ies droits de l'homme. Mon procès, par T. Mouroux, in-18 de 68 pages. Prix : 3o centimes.
Dans cet opuscule, qu'il dédie au peuple français en ses représentants, l'auteur, condamné par la Cour d'appel de Rennes (6 mars 19o1), sur avis conforme de la Cour de cassation (29 décembre 19oo), donne des considérations importantes sur le magnétisme et sur les avantages de son application au traitement des maladies par ceux qui ont, pour cela, les dispositions naturelles voulues, c'est-à-dire par les magnétiseurs.
Se retranchant derrière les Droits de l'homme, il démontre que le Procès que les médecins d'An gers lui ont intenté est contraire à l'esprit de la loi du 3o novembre 189a sur l'exercice de la médecine, contraire à l'équité et aux intérêts les plus sacrés des malades, qui ont naturellement et doivent garder le droit imprescriptible de se faire guérir par un magnétiseur, surtout lorsque les médecins officiels ont été impuissants à leur procurer le moindre soulagement.
Il publie un abrégé des débats qui ont eu lieu à Angers, ainsi que les dépositions des témoins, tous en sa faveur, et termine par les jugements et arrêts du Tribunal de première instance et de la Cour d'appel d'Angers, de la Cour de cassation et de la Cour d'appel de Rennes. Indépendamment de l'appréciation de l'auteur, cet ou vrage contient des documents très importants pour le Magnétisme et les Magnétiseurs.
Qu'est-ce que l'Occultisme ? par le Dr Papus, Directeur de l'Ecole Supérieure libre des Sciences Hermétiques, officier de l'Instruction Publique. 80 p. in-18. Prix 1 franc, chez Chamuel et Ci°, 5, rue de Savoie. Depuis quelques années on demandait un exposé de l'Occultisme établi d'après les bases de la Philosophie classique.
C'est cette lacune qui est comblée dans cet ouvrage, résumé dans les conférences présentées au Con grès spiritualiste de 19oo et traitant de la Psychologie,
IÇ0 L INITIATION de la Métaphysique, de la Logique, de la Morale, de la Théodicée, de la Sociologie, de l'Histoire traditionnelle et même de la Bibliographie de l'Occultisme.
La liste détail lée des représentants de l'Occultisme dans les écoles philosophiques depuis Platon jusqu'à nos jours, et les résumés sur la réincarnation, le principe féminin, la pratique respiratoire et la théurgie font de cette étude une lecture utile aux spiritualistes de toute école. REVUE DES REVUES The Star of the magi (Chicago, 617, La Salle avenue) traduit, par la plume du Rev. Geo. H.
Pecke, un chapitre du livre de Papus sur Martines de Pasqually. Le même nu méro de septembre renferme une bonne étude sur le signe Virgo et une autre sur. les forces occultes de la Nature d'après les théories des Djainas. Dans les Notes and Queries de septembre 19o1, parmi beaucoup d'autres choses et, en particulier, de renseignements bibliographiques précieux, un quadruple carré magique très curieux.
Psyché, de Stoc kholm, continue ses traductions de la Lumière d'Egypte* VEcho du merveilleux du i5 septembre donne une enquête sur le Merveilleux et les tzars, et un article du DrRoziersur des phénomènes obtenus par M. Broussay. Le Moniteur des sciences psychiques donne une excellente vie du curé d'Ars, que pourront lire avec fruit les amateurs de mystique.
Dans le Light du 14 septembre, article sur les Doukhobors russes; dans le numéro du 28, on donne quelques détails sur le collège de la psycologie pratique de Boston. La Paix universelle du i5 septembre donne une étude du Dr Chazarain sur les excitations hypnogènes par la lumière colorée.
Die Ubersinnliche Welt (t et i5 sep tembre) reproduit une étude du regretté Dr du Prel sur la gravitation et la lévitation ; Franz Kaibel y étudie la Chirosophie selon une méthode assez semblable à celle du Dr Papus. La Revue ipiritc de septembre termine une étude scienti fique anti-réincarnationniste du Dr Lockwood, de Chicago.
ERRATA 1 9 I Dans la Gabelle des hôpitaux (24 septembre) notes sur un médecin chinois célèbre, et influence des couleurs sur la production des sexes (5 septembre), expériences de Camille Flammarion. Dans la Galette médicale la Photothérapie, rapport du Dr Foveau de Courmelles, un de nos collabora teurs.
Jacques Brieu estime dans le Mercure de France (septembre) que le mysticisme est propre aux âmes passives : heureusement que notre distingué ami écrit rarement des énormitéscommecelles-là.Dansla.Rei>uerfesi?e;>ucs(i 5 sep. tembre) la psychologie des noms propres par H. de Gallier.
Reçu également: la Honcepathia de Mexico, la Méde cine martiale, le Devoir, la Revue Maçonnique, laRevista espirista de Porto, le Messager de Liège, le Spiritualisme moderne de M. Baudelot. AVIS Frédéric Jacquot, à Dijon, désire entrer en rapports d'échanges de timbres-poste avec les lecteurs des pays étrangers. nésrr -A. rxr A.
Dans mon article sur les Malédictions, plusieurs fautes d'impression ont été commises, que je prie les lecteurs de vouloir bien corriger : Page 64. Ligne 4 au lieu de nos lire ses 1 3 et 14 produisent présentent 19 pris fait 21 pris fait Page 67. Ligne 8 cependant pourtant 75. i3 récidive récidives iy F. Rozjer.
Principales Sociétés ou Écoles poursuivant l'étude de l'OCCULTISME ÉCOLE SUPÉRIEURE LIBRE DES SCIENCES HERMÉTIQUES Salle des Cours 4, Rue de Savoie, PARIS L'Ecole a institué des cours assurés par ai professeurs, maîtres de conférences et répétiteurs, et répartis en trois années. Des examens et des diplômes garantissent l'instruction progressive des élèves. L'enseignement embrasse tout le cycle de l'Occulte, depuis les éléments indispensables d'hebreu et de sanscrit jusqu'aux théories les plus élevées. ^VaWW^MAMAMWW SOCIÉTÉ DES CONFÉRENCES SPIRITUALITES SIÈGE SOCIAL ! HOTEL DES SOCIÉTÉS SAVANTES, 26, rue Serpente, PARIS COTISATIONS 5 FR. ET 10 FB. PAR AN Réunion le 4e vendredi de chaque mois. Conférences et discussions sur les diverses branches du Spiritualisme. La Société est ouverte à tous SOCIÉTÉ ALCHIMIQUE DE FRANCE ÉTUDE SPÉCIALE DE L'ALCHIMIE Siège social : /p, rue Saint-Jean, /o, DOUAI Directeur : JOLLIVET-CASTELOT Fraternités ouvertes seulement avec Initiation spéciale Ordre Martiniste. Ordre kabbalistique de la RoseCroix. Groupe indépendant d'Etudes ésotériques. Union Idéaliste universelle. Le Gérant : Encausse. Paris-Tours. lmp. E. ARRAULT etCie,g, rue N.-D.-de-Lorette
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AVIS A NOS LECTEURS Les œuvres de Louis-Claude de Sainl-Martin ont été rééditées sous la direction de /'Ordre Martiniste. Chacune de ces rééditions est absolument conforme à Yoriginal. Il est donc inutile de payer a5 ou 3o francs des volumes qu'on peut avoir à bien meilleur compte dans leur texte intégral.
On trouvera à /«^Librairie Paul OLLENDORFF, .rX), Chaussée d'Antin : LE TABLEAU NATUREL Des rapports qui existent entre Dieu, l'Homme et l'Univers Un volume in-S au prix de 7 francs ET L'Homme de Désir Un volume in-H au prix de 7 francs. Ces rééditions sont tirées à petit nombre d'exemplaires et seront vile épuisées. Nos lecteurs doivent donc se presser.
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