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, 0 0 > ‘ ' . L I n 1t1au 0 n .. «.w ___p. «1! "r" ‘\ Revue philosophique des Hautes Études 5 DE PUBLIÈE MENSUELLEMENT SOUS LA DlRECTION PAPUS I. U 0014 Docteur en médecine — Docteur en kabbale >’ 53““ VOLUME. — 15“" ANNÉE SOMMAIRE DU N° 1 (Octobre 1901) >« V ——po—— ‘ PARTIE EXOTÉRIQUE La Salurniennè (p. 1 et 2) . . . . . . . . . . . P313118. A PARTIE PHILOSOPHIQUE ) X upays des Es rits suite) (p. 3 à 13 . . . . . . . .
Notes sur Parafe13e ((p. 14 à 28) . . . . . . . . . Egne_æst Banc. Cours de Kabbale (p. 28 à 34) . . . . . . . . . . Sedll‘ PARTIE INITIATIQUE La soufirance (p. 35 à 38) . . . . . . . . . . . . Zhora. L’École Hermétique (p. 39 à 58) . . . . . . . . . 1’31““; La Malédiction (p. 59 à 80) . . . . . . . . . . . D“ Rozwr. . PARTIE LITTÉRAIRE _ _ Le P0èle et la muse (p. 81 à 83) . . . . . . . . . . I:‘.. Geofi‘rxault.
A l'occasion de l’anniversaire de la mort de Claude de Saini-Martm (' 3.°°t°brely ce numéro est orné de plusieurs Pensées de ce Grand ;\ Maltre(p34, 38, 58, 80, 83). _ ' Dans les sociétés. — Expériences de Julia. —- La üM_açonnenga "en Égyptç' “ Chromothérapie. -— Une expérience de Mireille. — BlbllO gmPh1e. — Livres reçus. \_— - A\. Tout 08e7 qui concerne la Rédaction et les Échanges don. etre adresse , . .boulevard Montmorency, à Paris.
Téléphone — 690-50 ADMINISTRATION \. ABONNEMENTS — ANNONCES LIBRAIRIE PAUL OLLENDORFF RORNELL I p’””“ '* 50. Chaussée-dAnlin, 50 — PAR * ‘\ . ___—i+“LH ERS l‘_L‘, Le Numéro : UN FRANC, .. Un An : DIX FRANCñ _:_ RAR " \.- C
/«/ 5 /XZ> r—s’7: ne,JEi/ç "Le _ r’.' ,4 77.2 / */ x PRO GRA M ME r-:, v a L/ Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu'à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à dinance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’0cculte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’1nitiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l‘arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérz‘que) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu'elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s'adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L’Initialion parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà quatorze années d’existence.— Abonnement: lofrancs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.) ,‘ J .J *3mnu
L'lnx‘nauon du 15 Octobre |901 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’Inifiation 10 PARTIE INITIATIQUE SAINT-YVES D‘ALVEYDRE — AMO — F. CH. BARLET, S.'. I.'.â — GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.'. I.'. à! — JULIEN LEJAY. S.'. I.'. g -— ÉMILE MICHELET, S.°. l.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD, 5.-. I.'. -— PAPUS, 3.-. I.‘. 33— Dr ROZIER. — SÉDIR, S.'. 1.-. — SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 10 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARBUK. - AMELINEAU. -— ALEPH. — AMARAVELLA. -— D" BARADUC. — SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 30' — Burz. — BOJANOV. — ERNEST Bosc. — J. BRICAUD. — JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. —- ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — A. ERNY. -— FABRE ces ESSARTS. — L. ESQUIEU. — DELÉZINIER. — JULES GIRAUD. — D" FERRAN. — L. GOURMAND. — L. HUTCHINSON. — JOLLIVET CASTELOT. — E.
LEFÉBURE. —- L. LE LEU. — L. LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — G“ C. NOEL. -— HORACE PELLETIER — PHANEG. — G. POIREL. — QUESTOR VITŒ. — RAYMOND. -—.—SA BRUS. — L. SATURNINUS. —- D“ SOURBECK. — THOMASSIN.— Trou; NEUQ. — G. VITOUX. — YALTA. 30 ' PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG.-— JEAN DELVILLE. w*ESTRELLA. — E. Gon DEAu. — MANOËL DE GRANDFORD. — L.
HENNIQUE. — GABRIEL DE LAUTREC. —— JULES LERMINA. —- JULES DE MARTHOLD. — CA— TULLE MENDÈS- — GEORGE MONTIÈRE. —LÉON RIOTOR. .— SAINT< FARGEAU. — R. SAINTE-MARIE. -— ROBERT SCHEFFER. — ÉMILE SI COGNE. — CH. DE SWRY. 40 POÉSIE G. ARMELIN. — CH. DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS- —-.IEAR DELVILLIÇ. — YVAN DIETSCHINE. - E. GIGLEUX. -— CH. GROLLEAU — MAURJCB LARGERIS. — PAUL MARROT. —-Emmun PILON. — J. me TALLENAY. -— ROBERT DE LA VILLEHERVÉ. .Hrfi"‘*
L'Imrian‘on du l5 Octobre luOl _L’INITIATIO N (““ËIËEËl““> ADMINISTRATION monumenrs PUBLICITÉ: VENTE AU NUMÉR( Librairie Paul 0LLENDORFF 50, Chaus:ée-d'Anlin, 50 DIRECTION 87, boulevard Montmorency, TÉLÉPHONE — sen-50 PARIS -A UTEUIL DIRECTEUR : PAPUS‘ I)IIECTEUR mmmr : Paul S É D I R Rédacteur en chef: F.—Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un 87" '° fr‘ J. I.EJAV — SABRUS ÉTRANGER, — 12 fr.
RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. »4 Prière d'adresser tous les échanges: 87, boul. Montmorency, Paris" MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d'avis spécial.
Un numéro de la Revue est toujours com osé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au p us tôt que le mois suivant. L"Initiation est, en France, le seul organe officiel des centres suivants : Groupe Indépendant d’Études Ésotériques. 1.600 Mem bres, 104 Branches et Correspondants. Ordre Martiniste. Ordre Kabbalistique de la Rose + Croix. École Supérieure libre des Sciences Hermétiques.
Société Alchimique de France (avec la Revue l’Hy‘per chimie). Union Idéaliste Universelle. P. T. L. (section française). Rite Swedenborgien (Loge INRI). 1 iJ l i i p«.. .e
Q“Wÿëÿ aVaVa‘rÿaÿcÿcjcÿaÿa “es emâaaaa z. ..a«:mî& PARTIE EXOTÉRIQUE Comment on lit dans la Main LA SATURNIENNE. -—- Les chahgements de position. Nous ne saurions, nous l’avons dit, trop insister sur l’importance qu’il faut attribuer en chiromancie à la ligne de Fatalitéou de Saturne. > Ainsi, voici une figure où l’on verra la marque d’un grand changement de position en bien vers vingt et un ans avec tendances artistiques, car une multitude de petites lignes accompagnent la saturnienne à sa rencontre avec la ligne de tête (ce qui donne vingt ans, et, comme les lignes sont un peu au-dessus, environ un millimètre, on peut dire vingt-et—un ans). Il y a une nouvelle coupure aux nouvelles lignes au-dessus de la ligne de cœur, mais, cette fois, les pe tites lignes se dirigent vers Jupiter (l’index). Cela indique un autre changement de position avec succès d’argent et de position mutuelle à quarante ans. Nous prierons nos lecteurs de bien étudier cette ligne et nous n’en décrirons pas d’autres pour l’ins dam.
La Saturnienne et les Évènements.
î-îi‘ñ‘W1' ä " ;.- . .., _.ï. .. __ __ _ . ... . PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute École. sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusiye deses idées. Au Pays des Esprits (Suite) Ce fut, je crois, vers le sixième ou septième jour de ma terrible épreuve que le caractère de mon délire changea. J’avais perdu toute notion du temps. Une soif ardente me dévorait.
Je pensai pouvoir soulager cetteintolérable soufirance, sans prolonger beaucoup mon agonie. Je me traînai jusqu’au bord de la rivière. Là. je trempai dans l’eau des branches d’arbres, que j ’appliquais ensuite, soit contre mon front brûlant, soit sur mes lèvres, allégeant ainsi en quelque mesure l’atroce sensation de soif qui me tourmentait.
La. fraîcheur de l’eau dans laquelle je baignais mes mains m’était si douce que je me rapprochais de . plus en plus du bord de la rivière; et si je n’avais eu la crainte qu’un passant pût découvrir et reconnaître ma misérable dépouille flottant à la surface des eaux, j’eusse volontiers demandé à celles-ci de me servir de linceul, tant il me tardait d’abréger l’effroyable lutte que je m’étais imposé de soutenir. Mais mon âme demeura inébranlable. Je me contentai de jouir de la . -...w r ..-.__m.x.--mïxr. .!.‘:.“"‘""L..L...‘.‘.“:.. V .
4 L’INITIATION fraîcheur du feuillage imbibé d’eau; et lorsque je sentis le sommeil m’envahit, je me hâtai, en rampant, de regagner l’abri de mon antre solitaire. De violents orages, avec pluie et grêle, vinrent détremper le ter rain, provoquant d’intolérables douleurs dans mes membres déjà raidis. Ma volonté n’eut pas une dé faillance, bien que mes souffrances physiques ne fis sent qu’augmenter.
Un moment vint enfin où ces tortures atroces s’émoussèrent. Parfois même, il m’ar— riva presque de les oublier. Je dois ajouter aussi que mon martyre était volontaire, bien différent par cela même de celui des pauvres gens que tourmente la - faim. C'est de mon plein gré que je souffrais, espé rant, au bout de mon épreuve, trouver le soulagement d’une misère plus grande.
Les sentiments de rage, d’envie, de haine, d’amertume, qui fermententsi viva— cement dans le cœur des malheureux mourant de faim, n’avaient pu naître en moi. Au contraire, mes tourments, à moi, ne faisaient que satisfaire mon aspiration effrénée vers la mort, le repos éternel. J’ai dit qu’un autre changement survint alors, en voici la nature.
Usant du peu de forces qui me res taient, je rassemblai les branchages que j’avais plon gés dans l’eau glacée de la rivière; je les disposai près de moi, puis, ayant trempé dans l'eau mon mouchoir et l’appliquant sur mes lèvres desséchées, je me préparai un lit de ces branches mouillées dans l’endroit le plus solitaire du bois, afin d'y prendre mon dernier long sommeil.
C’est alors qu’une douce sensation de mort prochaine m’envahit délicieuse ment. De brillantes, merveilleuses visions étincelèrent ——.—:—.——-———._—_«y-- A.>
AU PAYS DES ESPRITS 5 -,.—.._ , wr__.. —- .. âmes yeux. Dans chaque département de l’être, je vis les esprits de la nature. Ma lucidité involontaire me fit pénétrer dans les profondeurs de la terre, mon regard explora des régions immenses, peuplées de formes grotesques, mi-spirituelles, mi-matérielles, offrant quelque ressemblance avec l’animal et avec l’homme, mais tous encore rudimentaires, embryon naires, seulement à demi formées.
Je vis le monde des âmes, des terres, des argiles, des métaux. des âmes minérales et végétales. Dans ces royaumes, étaient des êtres de toutes formes, de toutes tailles, de toutes intelligences, tous vivants, tous doués de sens.
La flamme de l’intelligence resplendissait par— tout, dans chaque germe d’âme, natures mi-spiri tuelles, vêtues de corps mi-matériels, correspondant à toutes les variétés des règnes, minéral, végétal et animal, avec leur infinie gradation sur l’échelle de l’être.
Certains de ces esprits de la nature n’étaient que splendeur et beauté, telsles esprits des pierres pré— cieuses et des métaux; d’autres étaient grossiers et disgracieux, comme les esprits des terres et des ra cines végétales; tous possédaient quelque don spécial correspondant au stade d’êtres qu’ils représentaient.
Lorsque j’humectai mes mains et mon visage de l’eau ruisselant des branchages, il me sembla être mis en rapport avec des myriades sans nombre d’es prits des eaux. Dans chaque département de la vie élémentale, je recannus une sorte de représentation caricaturale des naissances, des morts, des parentés, des familles, des groupements, des guerres qui sont l’apanage du genre humain. Plus tard, je n’ai jamais
'6 L'INITIATION su combien de temps après, je vis de charmantes, ravissantes contrées, peuplées d’êtres charmants, ra vissants, réfléchis dans la splendeur de l’air et s’abri tant parmilesfleurs et les herbes. L’air était diaphane.
Je vis d’immenses royaumes remplissant les espaces de notre grossière atmosphère, espaces que pénétrait un nombre surprenant de mondes, formés chacun de vapeurs, de gaz, d’essences aromales, d’éthers infini ment plus subtils, plus sublimés que ceux de notre planète.
Dans quelques-uns de ces mondes, les fleurs. les essencesterrestres étaient devenues des émanations spiritueuses, qui se cristallisaient en des fleurs, en des fluides autrement rares et précieux que ceux que peut fournir la terre. Les couches inférieures de ces régions aériennes étaient remplies d’êtres très petits, grotesques parfois, mais généralement très beaux.
Certains d’entre eux n’étaient pas plus hauts que les pâquerettes et les boutons d’or de nos campagnes, d’autres étaient de la hauteur des buissons, d’autres encore dominaient le sommet des plus grands arbres des forêts. La plupart exhalaient de suaves parfums, aimaient les fleurs. D’humeur toujours joyeuse, leurs chants, leurs danses, leurs sauts, leurs jeux sans cesse renouvelés dans les rayons de soleil me remplissaient de joie.
Maints parmi eux n’avaient qu’une existence éphé mère, passée dans une exubérante extase, courte comme la durée du rayon de soleil dans lequel ils vivaient. D’autres vivaient de longues vies végétales de plusieurs siècles. hantant les bois. les bocages, les forêts, intéressés spécialement à la vie, aux choses .
AU PAYS DES ESPRITS 7 sylvestres. Je répète que toutes ces tribus d’élémen taux se trouvaient distribuées dans des couches diffé rentes de l’atmosphère, ou bien habitaient différentes parties de la terre, remplissant chacun de ses espaces depuis le centre jusqu’à la circonférence, limite au delà de laquelle commençaient de nouvelles exis tences planétaires.
Tous étaient doués d’intelligence, à divers degrés; tous possédaient des dons, des facul— tés particulières, avaient une sorte d’existence, une destination appropriée.
Tous m’apparurent tout d’abord, soit comme une étincelle, comme une lance, une langue ou un globe de feu, pâles, vermeils, bleus, violets, avec toutes les nuances des couleurs primaires, et finalement tous revêtirent les formes de pygmées, de géants, de plantes, d'animaux, d’hommes em bryonnaires, selon le grade particulier qu’ils occu paient dans la hiérarchie de l’être, selon la tribu, l’espèce et le règne auxquels ils correspondaient.
J’appris maintes et maintes choses sur l’immensité et la variété de la création, qu’il m'est, soit impossible de traduire dans le langage des hommes, soit défendu de révéler. Je compris que LA CHALEUR ÉTAIT LA VIE, LA FLAMME SA SUBSTANCE, ET LA LUMIÈRE SA MANIFESTATION. Je méditai sur les théories opposées des philosophes concernant l’origine de la lumière et dela chaleur.
Je sais aujour d’hui, bien que peut—être je ne puisse prouver mon assertion, que la vraie source de la lumière et de la chaleur est dans la aie, dans le mouvement incessant des êtres vivants qui remplissent l’univers. Réminis— cence de l’enseignement traditionnel, la pensée me
8 L'INITIATION vint que le soleil devait être la source de toute la lu mière, de toute la chaleur qui pénètrent le système solaire. _ A peine cette idée fut-elle ébauchée dans mon cer veau, que mon esprit se trouva transporté dans les sphères qu’illumine l’éternelle vérité. Aussitôt, le soleil me fut révélé comme un globe d'or en fusion. Oh ! le merveilleux, le sublime spectacle que ce monde de feérique existence me dévoila!
Océans, fleuves, fontaines, lacs, cours d’eau aux ondes grossissantes, scintillantes,miroitant dans la splendeur de feux mul ticolores émanés de la substance intime de ce corps lumineux en fusion; forêts, bocages, collines, val— lées, hautes montagnes, grottes et ravins sans fond, tous, cristallisations de cette vivante lumière, tous, emprisonnant ses rayons prismatiques, nuancés à l’in fini.
L’air était transparent, d'une transparence dont notre conception du plus subtil éther ne saurait nous donner une idée. Cependant son étendue étincelait de milliards de créatures brillantes, flottant dans l’es— pace, dansant parmi la houle de ses vagues lumi neuses. De vastes firmaments, pointillés d’innom brables soleils et de systèmes solaires, étendaient sur le tout leur arche de cristal dans laquelle l’immensité semblait s‘être épandue.
De ces essaims de mondes resplendissants sourdaient sans cesse des averses de météores traversant l’espace comme des chars de feu. Les mouvements de ces mondes solaires étaient parfaitement visibles. Au lieu de la silencieuse immo
AU PAYS DES ESPRITS 9 bilité du champ d’étoiles qui constitue le firmament terrestre, c’était la course prodigieuse d’astres rou lant, tournoyant, suivant leurs orbites, gravitant à une vertigineuse vitesse autour d'un centre énorme, invisible. Ébloui, aveuglé par cet incendie céleste, l’œil s’abîmait dans la contemplation éperdue de ces merveilles.
Dans les couches inférieures de l’atmo— sphère, voguaient des chars ailés, desvaisseaux aériens, transportant de point en point dans l’espace les bienheureux habitants de ces royaumes solaires. Soutenus par leur seule indomptable volonté, aidée de la parfaite connaissance des lois de la locomotion aérienne, certains de ces êtres même y maintenaient leur équilibre.
Flottant, plongeant, remontant, se balançant sur les vagues de l‘air comme de joyeux oiseaux, oh! les gracieuses, les nobles formes d‘être que ces créatures me révélaientl De haute taille, mais élastiques par constitution, la chevelure dorée, les yeux bleus, de stature élancée et majestueuse, la tète énorme et ronde, le visage aimable et placide, tous étaient vêtus de robes blanches comme la neige, azurées, ou couleur de soleil.
Leurs cités étaient plantées d’arbres innombrables, de fleursà profusion, avec pour maisons des tours, en spirale aux dômes étincelants, surmontés de minarets en métal travaillé. De blanches routes, bien unies, d'ombreuses allées d’arbres, des chemins de fleurs amoncelées dont le parfum troublait les sens divisaient chacune de ces cités.
De vastes palais, temples de l’art et de la science, y étaient consacrés à l’étude de l’univers, non pas une étude partielle, mais une étude totale. s" '
1 o L’INITIATION C’est ainsi que ces fils du soleil connaissaient à. fond la musique, l’harmonie, l’éloquence, la méca nique, les lois chimiques, astronomiques et géolo giques. En un mot toutes les branches des arts et des sciences étaient connues et enseignées dans ces vastes et magnifiques cités. Le repos et l’exercice consti— tuaient autant de formes du travail ; le travail effectué, c‘était la science mise en pratique.
La nourriture con sistait en la simple cueillette de plantes, d’herbes, de fruits rares et précieux, poussant naturellement selon les besoins et aux endroits choisis de ces enfants de la nature. Oh! la béatitude suprême que de vivre dans ce monde enchanté ! d’être un enfant du radieux soleil! Et je pensais qu’à la simple vue de ce glorieux séjour, toute souffrance devait sîévanouir, tout sou venir de souffrance même s’oblitérer à jamais.
Avant que s’éteignît la vision, je m’aperçus que, à des millions de milles dans l’espace, au delà de la sur— face du monde solaire, s’étendaient des zones bril lantes, des bandes lumineuses multicolores, formant un arc—en-ciel indécis, une photosphêre d’étincelles agglomérées en nuages de feu, visibles à l’œil de l‘es prit seulement, toutes fourmillant de mondes peuplés par de purs esprits, anges du soleil.
Ah ! pauvre de moi, mon œil téméraire se clot, lorsque je rêve de ces célestes régions; mon âme sanglotte, pleine de pensées inouïes, radieuses effluences de l’esprit divin, souvenir de ce monde de merveilles, de ce monde béni de Dieu. La grandiose vision s’évanouit, mais, lorsqu‘eut disparu le glorieux panorama, je connaissais la source
AU PAYS DES ESPRITS Il \ de lumière a laquelle notre pauvre, morne planète doit sa diurne clarté.
Je compris que par saturation mutuelle, les courants magnétiques, émanés de cette rayonnante sphère solaire, se combinant avec notre magnétisme terrestre, engendraient chaleur, lumière, mouvement, toutes ces forces impondérables dont la somme représente LA VIE. le compris que la lumière, la chaleur et la vie qui pénètre tout être sont le pro duit de l’action galvanique se développant entre les photosphères de la masse parentale et ses satellites circonférentiels.
Aussi, lorsque, dans la marche des temps, une planète échappe à l’attraction de la masse centrale, se désorbite, elle échappe en même temps, à toute action galvanique; et de cette absence d’action résulte l’obscurité, la nuit. La vie, c’est le mouve ment, etle mouvement, c’est la lumière et la chaleur.
La lumière et la chaleur sont du magnétisme; et c’est à ce magnétisme que sont dues l’action et la réaction conséquentes entre la photo_sphère négative de la terre et la photosphère positive du soleil. Ce simple théorème, si semblable à une leçon d’écolier, régit tous les milliards de milliards de mondes en révolu— tion, de corps dans l’espace, et tout ce qui est en eux, dans l’immensité de l’univers.
Mon imminente approche de la porte mystique où finit la vie humaine, et dont l’au delà se voile dans le royaume des ombres,m’arracha enfin à ces éblouis- . sautes, efi‘arentes visions. Mon pauvre corps agoni sant réclama sapart de sympathie, fit valoir ses droits à n’être point oublié. Un dernier effort instinctif me traina de nouveau vers les bords de la rivière, lors— I
12 - L’INlTIATION qu’un bruit étrange, un bruit de carillon, ébranla mon oreille, me rappelant la façon dont, maintes autres fois, j’avais été averti de la présence d'un esprit. Cette fois cependant, il me sembla entendre comme la voix de très lointaines cloches, carillonnant dans une grande cité un chant de fête et d’allégresse.
Le son en était très éloigné, mais singulièrement adouci par la distance, et d’autant plus mélodieux, se fon dant presque en échos. Mes oreilles l’entendirent, bien qu’assourdies et hébétées. Un autre bruit plus distinct, comme le bruissement d’ailes puissantes survint alors. Mes yeux restaient clos.
Je pus voir cependant, à travers mes paupières alourdies, d’im menses nappes d’une lumière étincelante, couvrant, tels de gigantesques éventails, toute la partie septen trionale du firmament.
J’eus tout d'abord la pensée, si je puis appeler pensée la faible lueur qui éclairait encore mon cer veau encombré des ombres de la mort, j’eus la pensée, dis—je, que j’assistais au grandiose développement d’une aurore boréale, lorsque, soudain, cette lumière se ramassa, se condensa, figurant un être à forme humaine de stature gigantesque, constitué par une masse lumineuse, éclatante de splendeur et de gloire: « Je suis Métrone, le génie du Nord, » me fut-il dit, dela mêmevoiecarillonnante, harmonieusequ’avaient les cloches lointaines : « Je suis ton esprit gardien, le chef des Élémentaires parmi lesquels ton âme a erré si longtemps.
Tu n’as point rêvé ni imaginé ce que tu as vu. Lorsque, à la lumière de la vérité spirituelle, tous les secrets de la nature seront dévoilés, on recon
au PAYS DES ESPRITS 13 "'æ:'I‘t- ‘. naîtra que la matière n’est que le fantôme de la créa tion, que l’esprit en est la substance. Les visions du corps sont troubles, incertaines, variables ; celles de l‘âme sont réelles, bien que souvent dégradées et déviées par l’effet des rayons prismatiques de la ma— tière. Tu as bu à la fontaine de la vérité, pour la première fois dans ta vie, seul et sans l’aide de la volonté d’un autre.
Patience encore quelque temps, tu n’as plus qu’une brève période probatoire à subir, et tu vivras, marcheras, apprendras et sauras par le seul enseignement de l’esprit. « Je suis celui à qui a été confiée la tâche de guider ton esprit à travers les premiers plans de l‘univers. Courage donc et confiance, mon bien-aimé !
Mainte nant repose-toi et dors l Dans les temps futurs, _lorsque tu revivras, lorsque tu seras seul, appelle moi, appelle ton esprit gardien, et Métrone, génie du Nord, te répondra toujours. » La nuit, un froid mortel, un silence profond comme le néant, se répandirent par tout mon être. Que me rap« pelé-je encore? Je vais tâcher de réveiller ma mémoire.
Une voix infiniment plus mélodieuse, plus douce, plus tendre que celle de Métrone, murmura à mon oreille: « Louis, mon pauvre bien—aimé Louis! tes épreuves touchent à leur terme, et bientôt pour toi viendra le repos. » Parlai-je ? Répondis-je P Je ne saurais dire si ma bouche s’ouvrit, ce fut certainement pour dire: « 0 Constance ! laissez-moi mourir, laissez-moi entrer dans l‘éternel repos 1 » (A suivre.)
NÔTES SUR PARACELSE suivies de son DISCOURS SUR L’ALCHIMIE A diverses reprises (1), nous avons entretenu les lecteurs de la Revue de Paracelse. —— Pour contribuer à nouveau à l’étude des œuvres du grand alchimiste, nous ferons suivre ces notes de son Discours sur l’Alc/zz‘mie, troisième fondement de la médecine para ceIsique (2).
Nos lecteurs verront par ce discours quelle impor tance l’illustre savant attribuait à la médecine alchi *mique ainsi qu’à la vertu des plantes, qui ont une si grande influence sur la guérison des maladies de l'homme, non seulementpar elles—mêmes, mais encore par l’heure et l’époque de leur cueillette.
Ce.qu‘il y a d’idées neuves dans ce discours est inouï, il y parle de tout, de la médecine et des méde cins, de la chimie, de la métallothérapie, de la sug— (i) Notamment dans le n° 9 (juin 1894), pages 255 et sui vantes; n" to(juillét) (même année), pages 61 et suivantes; a“ 11 (août) (même année), page 168 et suivantes ; enfin n° 1 (octobre 1894), pages 64 et suivantes. (2) Ce discours est traduit de l'édition latine de Francfort, 12 vol. in-4.
NOTES SUR PARACELSE 15' .gestion, etc., il y parle même de Jésus-Christ, pour dire que le grand thaninaturge n’a pas été écouté, ni . suivi par ses disciples mêmes; ce qui'a l’air de le con soler jusqu’à un certain point des déboires et des injustices qu’il a subis de ses contemporains, quil’ont non seulement injurié, calomnié, mais qui l’ont - entièrement méconnu.
Et ce n’est pas seulement ses contemporains qui ont méconnu son génie, mais mêmeles écrivains qui les ont suivis, et celajusqu’à nos jours. Et ceux-là mêmes qui s’étaient donné pour ainsi dire latâche, la mission de faire connaître ces grands martyrs de la science hermétique.
Parmi ces derniers, voici tout ce que dit de ce grand génie LenglebDufresnoy dans sa Philosophie her métique (p. 279 et suiv.) :« Cet homme célèbre était né en 1493 à Einsiedelen, près Zurich, en Suisse et se nommait Auréole-Phz'lzPpe-Théophrasle Bombast ab Hoheneim Paracelse. On a bien fait de le désigner par ce seul mot de Paracelse. Hé, qui aurait eu le courage de retenir cette longue litanie de noms.
Jamais homme n'eut tant d’adversaires et ne fut si viVement censuré ; jamais homme n’eut tant de sec— tuteurs et ne fut tant admiré. C’est la manière diffé rente de considérer le même homme, qui produit des jugements si contraires. « Dès que Paracelse fut en état de travailler solide ment, il donna dans la médecine que cultivait son père ; ce dernier néanmoins se disait homme de con dition, parce qu’il se croyait fils naturel d’un prince. Paracelse ne se contenta pas des routes ordinaires de
16 L'lNITIATION guérir les hommes; il imagina de nouveaux moyens. Les œuvres d’Isaac le Hollandais lui tombèrent entre les mains ; il en fit usage, et travailla en conséquence. C’est ce qui lui fit établir pour principes de tous les êtres le soufre naturel, le sel, le mercure; ce qu’il expliquaità sa manière ; car il ne faut pas croire que, s’écartant de la conduite des autres médecins, il dai gna seulement les suivre dans leur manière de parler.
Ce sont ces obscurités affectées, qui ont produit ces commentaires et ces divers dictionnaires, que l’on a formés sur ses ouvrages, et malgré cela, on a encore bien de la peine à les entendre. « Paracelse,après ses voyages, commença la pratique de la médecine à Zurich, d’où sa réputation le fit appeler à Bâle ; mais une aventure singulière l’en fit sortir avec désagrément.
Un chanoine de la cathédrale était à l’extrémité ; toute la médecine l’avait aban donné ; Paracelse le vit et lui promit de lui faire recouvrer la santé. Il n’y eut sortes de promesses que ne lui fit le malade; c’est l’usage ordinaire, quand on est à toute extrémité ; ils convinrent du prix. Paracelse ne se servit que de deux pilules pour guérir le chanoine. Ce dernier est à peine guéri qu’il com mence à contester sur les honoraires du médecin.
La dispute dégénéra en instance entre le médecin et le convalescent ; ce dernier trouvait qu’on l'avait guéri trop tôt ; le procès est porté devant les magistrats de la ville qui, voyant que le médecin n’avait pas eu la précaution de faire languir le'_chanoine et qu’il l’avait guéri presque en un instant, ne lui adjugèrent qu’un honoraire très modique. Paracelse s’en plaignit publi
NOTES sua PARACELSE r7 quement; maisil ignorait deux choses également im portantes : l’une, que pour satisfaire les malades, il ne faut leur procurer la santé que par degrés, ils ne sont pas contents d’une guérison subite ; l’autre. que les juges, quelque subalternes qu’ils soient, veulent quelquefois se donner le plaisir de commettre des injustices, sans qu’on ait le droit de s’en plaindre.
«On luifit donc sentir que les magistrats étaient en colère contre lui, et qu’il ferait bien de quitter la ville pour n’être pas exposé de leur part à de nouvelles injustices, car elles ne coûtent rien à ces sortes de gens, dès qu’ils ont une fois commencé. Il alla donc à Strasbourg.
Il y resta peu et se retira à Salzebourg où il mourut le 24 septembre 1541. — On fut étonné de voir mourir, àquarante-huit ans, un homme qui promettait des siècles entiers de vie à ceux qui s’adressaient à lui. Comme il avait donné dans la science hermétique, et qu’il se vantait de savoir la transmutation des métaux, il ne manqua pas de trou ver des sectateurs; il en eut deux célèbres, qui ne réussirent pas plus que lui.
Adam de Bodenstein était un homme trop dissipé et trop dérangé pour être le fidèle disciple d'un homme aussi exact et aussi labo rieux que Paracelse;aussi sa mauvaise conduite et ses excès le firent mourir en 1577, n’ayant pas plus de quarante-neuf ans.
Dornens, l’autre disciple, fut plus appliqué; mais en voulant expliquer et commenter son Maître, il ajouta de nouvelles obscurités à celles de Paracelse. » Voilà comment sont traités 1 hommes beaucoup plus évolués que leurs contemp ains, les hommes 2
'-1 8 L'lNITlATION "“""I‘_ «qui, par leur science intuitive,dépassent de cent cou . dées ceux qui les entourent, les critiquent et les mal ;mènent.
Nous avons donné cette notice de Lenglet-Dufres :nay un peu narquoise, non seulement pour montrer le peu de cas que fait de Paracelse cet auteur, mais aussi par ce qu’elle renferme de détail sur la vie de l’alchimiste, détails qu’on ne trouve pas ailleurs, no ‘tamment cette guérison si rapide du chanoine de la ‘ cathédrale de Bâle.
On a attribué à Paracelse un grand nombre d’ou vrages dont il n’est pas l’auteur; aussi pensons-nous «être utile de donner à la fin de ces notes une nomen clature exacte, et dans l’ordre chronologique, des œu vres, que l’on considère comme étant bien de Para »celse, et aux renseignements qui précédent il y a lieu d’ajouter qu’il faut avoir beaucoup étudié Paracelse pour comprendre le texte de ses ouvrages, qui n’est pas toujours bien intelligible, comme nous l’avons dit - autrefois, parce qu’il a écrit soit surtout en allemand, :soit en latin et dans une terminologieà lui, dans une terminologie spéciale.
Il fautdireaussi que certaine '.ment une partie de ses œuvres a été imprimée d’après :les manuscrits de ses secrétaires, qui avaient beau -coup de peine à le suivre à la plume, car Paracelse parlait très vite.
Aussi, il est à craindre que, lorsque ceux—ci ne comprenaient pas bien la dictée de leur «niaitre, ils travestissaient sa pensée. - Quant à l’écriture même de Paracelse, elle était fort peu lisible,très difficileà déchiffrer, d'autant plus difficile que souvent notre alchimiste donnait à cer -' -. ,A . .4- - ,a ‘ ....J
NOTES sua PARÆCELSE '19 tains termes techniques une acception que personne ne lui donnait, d’où nécessairement des méprises pour les correcteurs ou traducteursde ses œuvres (1‘).
Du reste, Paracél se nedevait«pas revoir ses épreuves. il était trop occupépour cela, son existence était si Îfé— brile qu’on se demande même comment il a pu écrire tant d’ouvrages; car'Paraœlse'fttt un savant universel, ’il connaissait toutes les sciences dans leur application à'l’art de guérir. La thérapeutique, ‘l-a chimie, 'la chirurgie lui doi— vent beaucoup.
De tous les médecins, il 'a été le pre mier à constater la guérison par auto—suggestion ou guérison par la foi. -— «L’imagination, disait—il, re çoit son impulsion et sa force de la foi, et celui qui croit en la nature reçoit de"la natureenproportion de sa foi en élle.
«Et icil’imag‘ination est-tellement efficace que je ne niera‘i point qu’elle puisse nous rendre malade ou “bien portant. » Le premier de tousles médecins, 'ila guéri parle magnétisme,ila utilisé également la métàllothérapie 'et "la chimie pour préparer les médicaments, il a appli— qué à la pafhologieles propriétés de l’opium ainsi que celles du mercure ; enfin un grand nombre d’observa tions pratiques le fontpasser à'juste titre pour un pré curseur de Hanhmann, le père de l’homéopathie.
Il admettait pour les métaux les influences as ' trales. (r) On peut voir à ce sujet MICHEL Toxrrrs, 0nomqstz‘con medicum verborum Paracelsz‘. Cf. également le Dictionna rium Th. Paracelsi de Gerhard Dom.
20 L’INITIATION « Ce qui guérit, dit-il, indique la nature et la cause du mal, et comme chaque planète est représentée par un métal: Mars, par le fer, Vénus, par le cuivre, Saturne, par le plomb, il s’en suivra que l’action thé rapeutique de chaque métal indiquera l’influence morbifique de l’astre correspondant. » Paracelse nous dit aussi que : « Tous les éléments ont une âme et sont vivants.
Ils ne sontpasinfêrieurs à l’homme, mais ils sont différents en ce qu’ils n’ont point d‘âmes immortelles. Ce sont les Puissances de la Nature, c’est-à-dire ce sont eux qui font ce qu’on attribue généralement à la Nature.
Nous pouvons les appeler des êtres, mais ils ne sont pas de la race d’Adam. » Comme un grand nombre d’écrivains hermétistes, Paracelse insiste d’une façon toute spéciale sur la nécessité d’avoir recours à diverses influences surna turelles pour parvenir à la découverte de la pierre philosophale. Aussi ses ouvrages sont-ils remplis d‘in vocations au monde invisible.
C’est même pour ré— sumer sa pensée dans cette direction, qu’il nous dit dans son traité De Tincturâ physicorum : « Si tu ne comprends pas les usages des cabalistes et des an ciens astrologues, Dieu ne t’a pas créé par la spagy rique, et la Nature ne t’a pas choisi pour l’œuvre de Vulcain. » C’est également Paracelse qui a le premier intro duit dans la médecine des composés chimiques fournis par les métaux; c’est lui le premier qui a fait connaître le zinc et son emploi dansla thérapeutique. Aux préparations compliquées souvent inertes, sinon
NOTES SUR PARACELSE 2I nuisibles des galénistes, il substitua les médicaments simples de la chimie et il a eu l’honneur d’ouvrir la voie des applications de la nouvelle science à la phy— siologie et à la pathologie de l’homme (1). Et ici nous devons signaler une bizarrerie du grand alchimiste.
Paracelse, pour cacher le nom de cer taines substances qu’il utilise dans sa pratique, trans— pose fréquemment les lettres de ce nom; ainsi par exemple, quand il nous apprend que le tartre peut être utilement employé contre les engorgements du foie ou de la rate, au lieu du terme latin tartarus em ployé alors, il substitue celui de sutartar; de même, il nomme Aroph le safran, safranus; philosophorum aroma, qu’il prescrit dans les maladies des reins; Que de choses le chercheur patient et persévérant pourrait trouver dans l’œuvre de Paracelse!
Ainsi dansson DeNaz‘ura rerum, il soutientqueles pygmées, les faunes, les nymphes et les satyres étant engen drés par le moyen de la chimie, on peut créer des êtres, et il indique le procédé qui permet de créer l’Homunculus. Nous avons connu en Bretagne un docteur en mé— decine qui, en utilisant les procédés indiqués par Paracelse, avait pu créer des sortes de vaches micros— copiques, mais qui n’avaient qu’une existence éphé— mère.
Nous n’en finirions pas si nous voulions pour— suivre nos recherches dans l’œuvre du grand hermé (1) Cf. H. DURVILLE, Théorie et Procédés du magnétisme, in-18, Paris, 1898. '
na. L’INITIATlO‘N Liste méconnu encore de nos jours;.mais ayant en occasion.de parler de l’Archée autrefois, nous termi neronsauj_ourd’hui en attrayant de l‘œuvrede Para celse tout ce qu’ila dit: de l’ylz'aster.
« Lorsque la. création (l'évolution) eut lieu, l’ylias— ter (1) se divisa; il. se fondit,. se décomposa et fit iaillir, pour ainsi dire, deson propre sein (du dedans), L’idéos ou chaos (Mysœrium. magnum, lUt‘ados, Limbus Major, ou matière primordiale).
Cette essence primordiale est d’une nature monistique et se mani— feste, non. seulement comme activité vitale, c’est—à dire. comme une force spirituelle, un pouvoir invi— sible, incompréhensible et indescriptible, mais aussi comme la matière vitale dont se compose la substance des êtres vivants. Dans cellmbus ou idéos de matière primordiale... la seule matrice de toutes les choses créées, la substance de toutes choses.se trouve contenue.
Les. anciens. le dépeignent. comme le chaos... d’où sortit le macrocosme, puis. ensuite par division et évolution, dans les mysterz‘a speaialia (2), chaque être distinct. Toutes les choses et toutes les substances élémentaires y étaient contenues in. potenfia. mais non inactu.. ' ('r)*D‘après la philosophie hermétique de Paracelse, l’ylz‘aster est l‘ancêtre du protyle de W.
Crookes; c’est la protomatièæ; la matière primordialedu sein de laquelle ajailli le cosmos. (’2) Que faut-il entendre par ce terme mysleria P Par ce mot, Paracelse désigne:tout ce qui: est susceptible de développer! une chose qu’il renferme à l'état de germe. Ainsi la graine, l'œuf sont les mÿsteria de la plante, de l’oiseau, etc. ,Ceci démontre que Paracelsexconnaissait parfaitement-la po tentialité de la matière!... »
NOTES sua PARACELSE 23: «... Le limbus magnus est la pépinière d’où sont sorties toutes les créatures, dans le même sens qu’un arbre peut sortir d’une petite graine, avec cette différ rence cependant que le grand limbus tire son origine dela Parole de Dieu ; tandis qu’au contraire le [imbus parvus (minor) (la semence terrestre ou sperme) tire son origine de la terre.
Le grand limbus est la semence d’où sont sortis tous les êtres, et le petit lim bus est tout être final qui reproduit exactement sa. v forme et qui lui-même a été produit par le grand. . limbus. Le petit possède toutes les qualités du grand ou plutôt les qualifications du grand de la même manière qu’un fils possède une organisation pareille; - à celle de son père...
« Après qu’yliaster se fût dissous, le pouvoir diviseur et différenciateur (le Fohal hindou) com-ü .mença à agir; et toute production eut lieu comme-v conséquence de la séparation.
Du sein de l’ldéos furent. tirés les éléments : feu, eau, air, terre, maisleur nais . sauce n'a pas eu lieu d’une manière matérielle ou par simple séparation, mais d’une façon spirituelle et. (dynamique à la fois, comme le feu-peut jaillir d’un. - caillou, l’arbre venir de la graine, bien qu’à l’origine,. -il n’y ait ni feu dans le caillou, ni arbre dans la, graine... _ ‘ « Les éléments ont aussi leur ylz’aster propre, parce que l‘activité de la matière, sous toutes ses formes,. - n’est qu'une émanation. de la même source.
Mais de même que jaillissent de la graine les racineset l'es .ra‘dicelles, puis; la tige et les branches avec leurs feuilles, enfin les fleurs et les graines, de-même tous.
24 L'INITIATION les êtres sont nés des éléments et se composent de substances élémentaires qui peuvent donner nais— sance à d’autres formes possédant les caractéristiques de leurs parents.
Les éléments en leurs qualités de ' mères de toutes les créatures, sont d‘une nature invi— sible et spirituelle et éomportent des âmes; et tous jaillissent du mysterium magnum. » Par ce qui précède, on voit que le darwinisme était connu de Paracelse, seulement il portait un autre nom ; on voit que Darwin avait encore un précurseur plus éloigné que notre Lamarck; du reste, la philo— sophie Sankhya de Kapila était encore plus ancienne que celle de Paracelse.
Parlons maintenant des œuvres imprimées de Pa racelse ; trois seulement parurent de son vivant, ce sont: 1° Prognosticah‘o eximi 2' doctorr‘s Theophrasti Pa racelsz‘, anno 1536, conscripta XXXII, figuris æneis expressa, in-4 ; 2° Expositt‘o vera horum imaginum olz’m Nuren bergæ repertum, ex fundatissimo veræ magiæ ualici m‘a deducta per D. Doctorem Theophr. Paracelsum, arma 1570, petit in-8 avec figure sur bois.
Ce petit vo— lume rarissime ne comporte que 48 figures, y com pris. nous dit Brunet, la figure séparée qui doit se trouver à la fin; c’est une satire contre la cour de Rome. En 1843. à la vente Mac—Carthy, un exemplaire a été adjugé à 92 fr. 50. — Que vaudrait—il aujour— d’hui ? 3° Opera medz‘co—chimica—chirurgz‘ca, trois tomes en 2 volumes in-folio, Genève, 1658.
NOTES sua PARACELSE .25 Enfin voici des œuvres ou des opuscules presque ' introuvables : De Gradibus et Compositionibus recep 'torum ; la Petite Chirurgie; les sept livres sur les Plaies ouvertes; les trois livres sur le Malfrançais ; des Impostures des médecins ; Opus Paramirum ; les Bains de Pfeffers; la Grande Chirurgie ; De Na!ura rerum ; la Défense de l’auteur; des Erreurs des mé— decins ; l’Orz‘gine de la pierre.
Nous venons de dire que ces opuscules séparés sont très rares, mais il y a lieu d’ajouter qu’on trouve ces différents traités, en grande partie du moins, dans l’édi« tion des Œuvres de Paracelse de Gerhard Dom, 1568-1573, et dans celle d’Adam de Bodenstein pu bliée à Bâle en 2 volumes in-8, 1575.
Quant àl’édi tion en 10 volumes in-4 publiée à Bâle par Huser en 1589, bien que cette édition soit une des meil leures, elle contient néanmoins quantité d’écrits qui ne sont pas de Paracelse. Ce même recueil d’Huser a été publié à Bâle en 3 volumes in-folio, 1603-1605, et à Strasbourg en 1616. Pitiscus a publié à Genève en 1658 une édition en 3 volumes in-folio, mais bien moins complète.
Enfin nous mentionnerons en der— nier lieu la traduction latinede l’édition de Stras ‘ bourg parue en 12 volumes in-4 à Francfort, 1603, que nous avons mentionnée au commencement de cet article.
C’est dans l’édition allemande en 10 volumes publiée à Bâle par Huser (1589-91) que se trouve la fameuse tirade qui a été si souvent reprochée à Para ' celse par ses ennemis, qui le traitaient à l’aide de cette tirade d’immense orgueilleux. _ Voici ce qu’on lit dans le TOME II de cette édition,
26 L’INITIATION préface du livre Paragranum, page 10 : « Ce n’est pas à moi de marcher derrière vous, c’est à vous de mar— cher derrière moi. Suivez-moi donc Galien, Rhasis, Montagnana , Mesüe, etc. Suivez-moi !
Et vous aussi, Messieurs de Paris, de Montpellier; vous de Souabe, vous de la Misnie, vous de Cologne, vous de .Vienne et tout ce qui habite les plaines du Danube, les bords du Rhin, les îles de la mer; toi Italien, toi Dalmate, toi Athénien, toi Grec, toi Arabe ou Israé lite; suivez-moi, je suis votre Roi, la monarchie m’ap partient, c’est moi qui gouverne etqui dois ceindre vos reins...
Oui, je vous le dis, le poil follet de ma nuque en sait plus long que vous et tous vos auteurs, et les cordons de mes chaussures sont plus instruits que votre Galien et votre Àvicenne (i) et ma barbe a plus d’expérience que toutes vos universités (2). » Évidemment les lignes qui précèdent ne sont pas d’une grande modestie, mais il faut bien se rendre compte des ardentes et vives polémiques de cette époque et des insultes qui assaillaient le pauvre grand homme, qui a pu selaisser emporter dans un moment d’excitation extraordinaire, d’exaspération, d’autant qu’il était parfois porté à la boisson.
Nous terminerons cette courte et nouvelle étude sur (r) Paracelse nous apprend qu’on lui a montré à Braunau un livre de 6 palmes de longueur sur environ 3 de largeur et d'une palme et demie d’épaisseur, qui renfermait les véritables commentaires alchimiques de Galien et d'Avicenne, écrits sur des écorces d’arbres et sur des tablettes de cire, lesquels ma— nuscrits originaux avaient été conservés dans la famille d'u bourgeois de Hambourg. ‘ (z) Ut suprà, p. 18.‘
NOTES SUR PAR—ACELSE 22' "Vî‘k‘tm 1iu'. -- Paracelse en fournissant ici d’autres notes biogra phiques qui seront, penson5>nnus, très utiles 'à ceux qui voudraient écrire: un nouveau volume sur Para œlse(1). RENSEIGNEMENTS; BÏDGRAPHIQUES. —-—A.dami, Vz'tæ me»— dicorum. —« Franck,, Sur la; vie et les écrits de Para—,— celse.. — Hoëfer, Histoire de la chimie, L‘ Il. -—— Gme« lin, Geschite ' der chimie. -— M.—B. Lessing., Leben Paracelsus,..
Berlin, L839. — Marx,.Zur Würdz‘gung der Theophrastu_s non Hohenhez‘m, in-4,. Gœttingue, 1842. —Murr, Neues Journal {ur lz'tteraturgeischle, t. Il. —- Rinner et Siber, Lebenmberühter Physiker. Voici une partie des biographes de Paracelse, car il est bien: difficile de les désigner tous. Suavius,De Vita limga,v 5567. — Eraste-,, Viezdb Paracelse, Paris, 1772. — G.
Courtin, Adversus Pa racelsi, de tribus priñcz‘pïz‘s, aura Potabz‘lz‘, in-4, Paris, 1 579. — Colonna, Abrégé de la doctrine de Pa racelse, X724. —J0yand, Précz'sdu siècledeParacelse, Paris, I787. — Lefebvre-Deumier, Études biogra phiques et Iittîe’rdz'res sur quelques céléb’rités étran— gères : le chev. Mariner. — Aune Radcliffe, Pard— celse‘, etc. — L.
Figuier, Vie des hommes illustres. —— (1) Nous devons prévenir ceux—ci contre les allégations por— tées contre les mœurs de Paracelse; qui proviennent. dedbcu.— ments trop suspects pour y ajouter foi ; en effet,_ la Disputatio de medecina noua est écrite par Lieber, ennemi acharné de Paracelse (Bâle, 1572). Quant à la Vita Opo.m‘ni, ce qu’elle contient contre Paracelse ne saurait être admis.
Oporinus ou Oporin, en effet, avait été longtemps secrétaire de l'alchimiste ; il le quitta fort mécontent, parce qu’il supposait que son- maître lui cachait les remèdes secrets avec lesquels il obtenait des cures merveilleuses.i v ' ' ‘_Ë;_#Akwÿ ÿ _Wÿ qÿAl ÿ_—___”—a___—.————
28 L’INITIATION H. Durville, Théories et Procédés (Magnétisme), p. 53, in-18, Paris, 1898.
Nous aurions pu écrire encore de nombreuses pages sur l’œuvre de Paracelse, tant elle présente de grands intérêts, mais il faut savoir se borner; c’est pourquoi nous nous sommes arrêtés ici, pour aujourd’hui, sauf à y revenir ultérieurement... dans quelques années... à moins (ce que nous désirons vivement) qu’un fin appréciateur et un grand admirateur de Paracelse ne nous donne un livre quintessencié sur l’illustre et grand alchimiste.
ERNEST Bosc. Programme d’un cours de Kabbale (ÉCOLE HERMÊTIQUE, SAISON 1901-1902) (Suite) Il ne possède pas de lumière propre. Il vivifie Gouph. le corps phosphorescent et matériel. De plus, la Kabbale connaît un esprit vital placé dans le cœur, distinct de la vie animale et qui la conserve attachée au corps chaque nuit, lorsque notre âme monte au ciel pour y rendre ses comptes. Mentionnons le Habal de Garmin ou corps de résurrection. Les Zelem, ou ombres et leurs Mafikim. Les Masikim ou larves (l). (1) Cf. Aben Esra, Comm. sur l’Ecclè‘siast., vu, 3.
PROGRAMME D‘UN COURS DE KABBALE 29 le paradis ou Gan Eden. le purgatoire: Nahar Denin. l’enfer: Gei-Hinon. La mort se fait par en haut ou par en bas. Après la mort ... L’homme est l’image de l’Univers et la présence de Dieu sur la terre. La chute. Kadmon, avant la chute. Belial: des écorces. Protoplastes: principes des âmes différenciées. Les âmes s’engendrent suivant la progression: 3 —- 12 -— 70 — 613 —— 60 myriades.
Ames nouvellement descendue (Hib bour). Ame réincarnée. Deux âmes faibles en un corps. Imprégnation: Un corps avec une âme faible, rece vant une âme plus forte. (Haïm Vital, Etz Haim.) Réincarnation et non métempsycose (enseignée par saint Jérôme Epz‘st. ad Demetriana et Huet: [Ori— gent‘ana, comme doctrine ésotérique. Les trois Adams Embryonnat . au Rappel de la chute.
' Prescience de Dieu, qui n’infirme pas le libre arbitre des âmes qu’il envoie sur la terre. Notreliberté existe avant comme après la chute. Chute des anges, au préalable.
30 17mrrmrron Le Zohar dit que Samael animait le serpent tenta< teur; et que les deux formaient Satan. 'Il est le Chef des enfers. Il a une épouse, 'Lilith, qu’on appelle la prostituée ou la maîtresse de débauéhes. Son lieu et sa création sont: Tohu. ïBohou. Les enfers divisésen Ténèbres Hochék. puis 7 tabernacles de mort ou vices moraux. Rien n’est maudit pour‘toujour5 : ex. Samael. Ce— pendant un M‘idrasch dit que le serpent ne sera pas guéri.
L’homme véritable est l’homme intérieur. Après sa chute, descente d’une 'Shekinah sur la terre avec Seth. De là, moyen de sa réconciliation. En voici la marche: 2 manières de sentir: la crainte et l’amour. 2 manières de connaître: lalumièr—e directe ou face interne; la lumière réfléchie ou extérieure. Le lieu de‘l'amour, de l’unité est appelé le trésor de la vie. ‘Les fiançailles se font dans le palais d’amour..
Leur baiser est l‘union de l’âme avec sa substance < originaire. _ Mon bien-aimé est à moi et je suis à mon bien aimé. 7 tabernacles de la vie : le 7° est le saint des saints, union de l’âme et de Dieu. Théorie au vêtement de lumière des bonnes ac— tions.
PROGRAMME D’UN COURS DE KABBALE 31 " C’est dans ce sens que les justes sont plus grands que les anges. Ainsi la vie terrestre est une épreuve salutaire et nécessaire; elle est la réconciliation entre l'idéal et le réel, entre le Roi et la Reine. En sortant de l‘Eden, les âmes ont une forme se rapportant à l’un des quatre types du char d’Ézéchiel. D’où la physiognomonie.
Ames et esprits sont androgynes: leurs moitiés se séparent pour l’incarnation, puis se réunissent par le mariage pieux. . Action des Sephiroth pour l’incarnation de l’âme: Kether Microprosope Long visage Père Microprosope Irascible Court visage La réflexion de ces cinqtermes constitue cinq autres Sephires. Dans l’homme ils s’appellent, inversés: Chaia Jechidah Neshamah Rounch Nephesh - -‘«r.?
32 L'INITlATION [ocronnc L’Homme entier porte dans tous les sens le nom: lod Hé Vau Hé. L’homme physique est le résumé de tout cela : Sa peau correspond au firmament, sa chair à la matière, ses os et ses veines aux vertus célestes. ce Rédemption s’opère avec collaboration divine. Son aspect, pour cette fonction, est le Verbe, la colonne du milieu ; son envoyé est Metatron.
L’hypostase appelée Metatron a le gouvernement de tout le monde visible, des planètes, des soleils, des nébuleuses et de leurs anges recteurs. Au-dessus de lui il n’y a que les formes intelligibles de l'essence divine et des esprits si purs qu’il n’excerce sur les choses matérielles qu’une action médiane.
Son nom, expliqué par les N ombres(Gemaîrr’a),est comme celui de Shadal‘ représenté par 314 ; c’est la Nature fatidique, il siège devant le trône de Dieu, c’est-à-dire au pied du monde des purs esprits (Olam Beriah) au sommet du monde de la formation (Clam letzirah). Le Messie est appelé l’ange de Jehovah, parce qu’il est la partie de ce nom qui est envoyée par l’autre, et Metatron parce qu’Il est constamment devant la face du Père.
Il est aussi la pierre angulaire du fondement de Sion dont parle Isai‘e (xxvm, 16); on connaît le double sens des mots Aben et Ben, qui signifient
190i] PROGRAMME D'UN COURS DE KABBALE 33 pierre et fils en hébreu et en arabe :la pierre Bethel en est le symbole. Exemples de Kabbale littérale. Le mot hébreu ABN qui veut dire pierre peut êtrelu : AB c’est-à-dire Père, et EN — Fils.
Parlà les kabbalistes expliquent tous les passages de l’Écriture où le mot Aben est employé : tels la pierre que Jacob appela maison de Dieu,le rocher que frappe Moïse, la pierre rejetée dont parle Jésus et celle dont saint Paul déclare expressément être le Christ (Cf. Fludd, Summum bonum). .
Dans la prophétie d’Isaïe (1x, 5), le premier mot du verset 6 lemarbe’ est écrit avec Memfinal fermé : le Talmud et le Zchar disent que c’est la figure de Vierge Mère.
' Le mot Tholedot, génération, est partout écrit avec un seul ‘1, sauf dans deux endroits: Gen., u, 1 et Ruth, tv,18,qui parlent de la création du monde quand il n’y avait pas encore d’ange de la mort, et de la des— cendance de Pharès qui aboutit au Messie. (Schemot Rabba, parascha xxx.) Rappelons que cette lettre Vao représente kabbalistiquement le Saint-Esprit.
De cette lumière qui est la colonne du milieu, le fondement du monde (c'est—à—dire le Verbe), dérive le fondement, celui qui Vit éternellement, qui estle jour du côté droit (Zohar, fol. 4, col. 16) ; or, on sait que ' la vraie lumière (Jean, 1, 2) est assise à la droite de Dieu (Marc, xvr, 19 ); le Zoharparle donc dans le pas sage précité de la Nature humaine ascensionnée du Verbe, de la rentrée du deuxième He’ dans le second. 3
34 L’INITIATION û OU‘ CONCLUSIONS. — 1° Tout ce dont l’homme a besoin a été dit. 2° Les anciens patriarches avaient leur religion vraie, synthétique et spirituelle. ‘ 3 3° Les initiations et les mystères du polythéisme ne sont pas des états normaux de l’homme-esprit, ce furent des remèdes. 40 Vérification de la loi de l’Évolution de l’Idée (cf. Barlet).
5° Critère des vérités et des rêveries dans l’Encyclo» pédie de la Kabbale, d’abord par l’Archéométrie et ensuite par l’épreuve intérieure spirituelle. Méthode,pour mener à bien cette dernière. SÉDIR. ?ENSÉE Notre cœur est sans cesse dans les douleurs de l’enjantement. C’est l’esprit seul qui peut nous sou lager dans ce travail et nous procurer d’heureuses délz'vrances.
Ne faut—il pas que nos pensées circulent et reviennent à nous pour nous être sensibles. Combien: de barrières peuuenz‘ les arrêter et briser le cercle. CLAUDE DE SAINT-MARTIN.
La reproduction des articles inédits publiée par l'Iniiiatîon est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Réduction et à la reproduction des classiques anciens.) LA SÔUFFRANCE Gloire soit à Celui qui l‘a ainsi voulu.
Jésus étendit ses bras et pria. il avait été assis dans l’ombre, sur la côte d’une colline voilée de brumes épaisses, entourée, plus bas, d’oliviers centenaires et au—dessus de laquelle s’éten dait, comme sur toute cette terre incapable de l‘appré cier, le vaste ciel bleu. Les étoiles commençaient à poindre, Jésus priait.
Les anges montaient et descendaient au-dessus de sa tête, Dieu lui-même l’entourait;à ses pieds gisait le monde râlant dans son agonie. Mais Il priait. Il ne voyait point ce monde sans cesse en mouve ment, cette terre remplie d’iniquités ainsi qu’un monstre repu de sang. Il le voyait, mais au loin, ainsi qu’une brebis égarée. Son âme s’emplit de cette substance qu’on nomme pitié, et son être tressailiit de souffrance. a ' _ . s 5 _.è .h
36 L’INITIATION Il étendit ses bras et pria. Le Ciel s’élargit à sa -vue, les anges se turent et montèrent un à un vers le firmament. Jésus était seul. La terre vacillait encore sous son poids, les larmes coulaient encore, mais les nuages tremblaient et, tandis que, un à un, ils s‘évadèrent doucement, trois figures apparurent au Christ en prière. Le Ciel en flammes les couvait de son ombre, et Lui, l’Auteur du monde, pencha la tête et pleura.
Il voyait encore le monde devant ses yeux, mais des centaines, des milliers d’années dans l’avenir de l’espace des temps et ainsi que tout se rattache à un seul point qui est la vie, ainsi tout aboutissait à Lui et venait de Lui. Il vit un acteaccompli depuis bien des siècles, l’acte de son. amour entraîné, assigné à l‘humanité lors— que encore au sein de son Père immuable il avait eu soif d’amour, — cet acte se rattachait au présent.
Il vit la figure du temps actuel, il se vit Lui-même suspendu au bois de la croix, sanglant; et rattachant son cri à celui de l’humanité en travail, il entendit la plainte conciliatrice du « Père, mon Père, pourquoi m’as-tu abandonné P » Il ne tressaillit point, cette plainte devait être pro-— ' noncée sans cesse par les lèvres décolorées des hommes, des femmes qui venaient naître et mourir par cen taines innombrables sur cette terre où, pour l’instant, Il se tenait. Il pénétra l’Éternité de son regard, et la plainte monta jusqu’aux cieux.
LA SOUFFRANCE 37 Quelque chose trembla dans les airs, et une larme vint tomber au pied du Crucifié, tandis qu’une brise timide tâchait de remuer les brouillards autour de Lui. Il vit un temps l’approcher dans la troisième figure dans laquelle Son amour cuisant pour cet ange de Lumière déchu, que fut l‘homme, le réduisait à un simple inconnu dans les mêmes sphères où Il avait d’abord été immolé et ensuite adoré.
Et par cette même contradiction hUmaine, Il se voyait détruit jusqu’à la dernière fibre de son Être Divin. Un grand cri déchira l’espace autour de lui ; soudain la terre entière commença à trembler, des sanglots la secouèrent qui semblaient sortir du plus profond de son corps immense. Avait-elle compris la souffrance qu’endurait là sur son sol, entourée des brumes de la nuit, la présence muette de son Sauveur.
L’air s’emplit d’entités humainesz les astres s‘étei gnirent devant leur froide angoisse, la terre se tut, et le Christ seul resplendit en lumière. Une couronne d’épines surmontait sa tête et rayon n_ait d’une'lueur unique. Son visage penché semblait porter à travers tout l’Univers la nouvelle de la souf— ' fiance toujours connue, toujours subie et toujours aimée. La souffrance! n’était-ce pas toutes ces âmes tou jours présentes à son esprit?
N'était-ce pas là ce qui l’avait amené à prendre corps ? Le jour commençait àpoindre au bas des oliviers ; et ainsi qu’un éclair déchire l’espace et luit d’un hori
3 8 L’INITIATION zon à l’autre. le regard du Christ l’entoura Lui-même et le rendit visible à tous ceux qui l’attendaient. Encore un moment, une seconde et tous, semble— t-il, l’auraient reconnu. Mais la soufirance aurait été brisée, broyée, mal traitée et il fallait qu’elle aussi entre au repos de son Seigneur. Remportez, ô peuples, dans vos cœurs, la consola tion de l’avoir aperçu. Le Christ étendit ses bras et pria. ZHORA.
PENSÉES Quel est le tableau que la nature matérielle nous présente? Des substances en germe, des substances en végétation, des substances en production ! Germe : Ecriture de l’Homme. Végétation : Voix dans l’obscurité. Production : Homme complet parlant dans lumière.
Il est vrai que l‘on écrit aux hommes, que l’on leur parle, que l’on agit devant eux, quoiqu’ils s’en aper— çoivent si peu; comme il est vrai que toutes ces choses se passent matériellement devant les enfants, qui ne s’en aperçoivent pas davantage. CLAUDE DE SAINT—MARTIN.
L’ÉCOLE HERMÉTIQUE Paris est le successeur de l’antique Alexandrie. On doit tout pouvoir apprendre dans le Vaisseau de la Science sacrée, dans cette nef d’Isis (Bar-Isis) d’où la lumière rayonne dans l’Univers. Paris est la tête de la France, Lyon en est le cœur, Marseille en. est le centre instinctif.
Paris doitdonc fournir aux cer veaux une alimentation des plus complètes, que Lyon pourra illuminer de son atmosphère intuitive et sen timentalement vivante. - Or, il n’y avait pas à Paris de centre organisé où l’on pût étudier méthodiquement les Sciences de l’Invisible, alors qu’il existait une foule d’Écoles où les sciences du visible étaient approfondies sous tous leurs aspects. . .
Voilà pourquoi, il y a quatre ans, nous avons créé, avec l’aide d’amis et de collaborateurs dévoués, l’École supérieure libre des Sciences hermétiques. Cette École a modestement commencé dans une chambre, mise à notre disposition contre une faible re— devance par un éditeur de nos amis. Là, ceux qui avaient étudié venaient gratuitement mettre leur sa
40 L'INITIATION voir à la disposition de ceux qui désiraient connaître le résultat des efforts antérieurs poursuivis dans la même voie. Chaque année, une trentaine d'élèves nouveaux y sont inscrits : une douzaine d’entre eux ont désiré vé— rifier la solidité de leur acquit pardes examens, et des diplômes ont été créés à cet effet.
En même temps nos locaux devenaient insuffisants, l’École s’agrandissait et se mettait dans ses meubles en un appartement amé nagé à cet effet. Là, nous disposions de deux salles de cours et de quelques annexes. Grâce aux efforts communs de quelques professeurs, les frais matériels furent couverts sans presque rien exiger des élèves, comme nous le verrons en revenant tout à l’heure sur ce sujet.
Le but de l’École est de former : 1° Des critiques instruits des choses de l’occulte, capables de traiter un sujet déterminé, d’analyser un phénomène en apparence étrange, ou de commenter un vieux livre d’alchimie ou d’hermétisme.
C’est là la première catégorie de nos élèves, ceux qui passent leurs examens et de qui l’on exige la connaissance des premiers éléments d’hébreu et de sanscrit nécessaires pour chercher la signification d’un mot dans les dictionnaires classiques. Ce sont ces élèvesqui deviennent les guides des nouveaux venus.
2° Mais beaucoup de personnes viennent à notre ' École pour—apprendre, avec moins de peine que dans les livres, les théories que la tradition initiatique enseigne pour expliquer les phénomènes d’Hypnotisme
L'ÉCOLE HERMÉTIQUE ‘ 41 de Magnétisme, de Spiritisme et de Théurgie, qui causent en ce moment une si profonde impression dansle public intellectuel de chaque pays.
Pour ces personnes nous avons constitué un ensei gnement facile qui permet aux cherchèurs connaissant déjà soit le Spiritisme, soit le Magnétisme, soit la Théosophie, de trouver dans notre École un complé ment d’études que nous sommes seuls capables de fournir grâce à notre acquit depuis plusieurs années et au nombre de nos professeurs et de nos maîtres de conférences.
3° Enfin une troisième section d’études est réservée à ceux qui veulent devenir eux-mêmes professeurs, et rien n'est négligé pour leur donner, sous les garanties morales de toute fraternité initiatique, les enseigne ments pratiques qui les rattachent à nos maîtres visi bles et qui font d’eux de véritables chevaliers du Christ.
Ace propos disons tout de suite que notre École est libre et entretenue par nos seuls moyens, que nous sommes adversaires absolus de toute ingérence cléri— cale, que ce soit le cléricalisme des jésuites ou celui des ignares athées, car les deux se valent, etque, si nous affirmons hautement notre spiritualisme chré tien, cela ne veut pas dire que nous soumettions notre liberté à une Église quelconque, comme s’ef forcent de l‘insinuer quelques calomniateurs.
Notre École est ouverte à tous sans distinction au— cune; les femmes sont admises au même titre que les hommes. Les cours ont lieu le soir à gheures, à raison de quatre par semaine pour ceux qui veulent les suivre tous. Chaque auditeur est,du reste, libre de
42 L'INITIATION venir aux cours qui l'intéressent davantage et de ne pas venir aux autres. De même, chaque professeur enseigne en toute liberté, et ses idées personnelles ne regardent que lui, puisque l’École est une association d’efforts et non pas un centre dogmatique. La Direction de l’École donne seulement à l’ensei gnement une unité générale, qui permet à l’élève stu dieux d’arriver méthodiquement à un but réel.
Ce sont les bases détaillées de cet enseignement, tel qu’il résulte des efforts faits depuis plusieurs an nées, que nous allons exposer à nos lecteurs. L’enseignement occulte ne vient faire concurrence à aucune École ni à aucune Faculté actuellement exis tantes. C’est un complément et non pas un concur rent, car il ne peut faire une synthèse qu'au moyen des données analytiques fournies par toutes les res— sources intellectuelles contemporaines.
Ses sujets d’études sont au nombre de trois : L’Homme, l’Univers et Dieu étudiés en eux-mêmes et dans leurs rapports. Aussi l’étudiant sera-t-il mis en mesure d’approfondir, dans nos cours, chacun de ces principes sous leur aspect purement synthétique puisque, encore une fois, nous laissons tout le côté analytique à la Science contemporaine.
Bien mieux, le premier cycle de notre enseigne ment,comprenant soit trois mois,soittrois trimestres, suivant les cas, est consacré à l’ADAPTATION de nos sciences actuelles à la synthèse occulte. Nous donnons le programme restreint des études, celui qui doit être accompli en un trimestre, nous réservant de donner plus tard notre programme complet.
L’ÉCOLE HLRMÉTIQUE 43 Chaque adaptation comprend aussi trois cycles: un cycle d’adaptation pure, un cycle de théorie de cette adaptation et un cycle de réalisation ou de première ' application pratique de ladite théorie.
Pour l’UNIVERS, nous aurons à étudier l’adaptation astronomique, avec ses trois sous-divisions, l’adap— tation des sciences physiques et naturelles et l’adapta tion chimique. | Cette dernière, aboutissant à l’étude pratique de certaines manipulations des alchimistes, inconnues des chimistes actuels,nous déterminera à créer un la boratoire.
Pour l’H0MME, ce sont les notions de physiologie et de psychologie les plus générales qu’il faudra adap ter à la synthèse occulte. . Enfin, les mystères des Formes et des Nombres nous conduiront à’l’adaptation du PLAN DIVXN. Voilà pour le premier cycle d’études.
L’auditeur pourra alors se rendre compte des rapports de nos idées avec chacune des sciences exactes, et il aura passé une revue positive, qui ne pourra que lui être toujours de la plus grande utilité. C’est alors qu’avec le second cycle d’études nous abordons la THÉORIE pure de la Constitution de cha cun des principes d’après la traduction occulte. Cette théorie s’applique successivement à l’Unz’refs, à l’Homme et à Dieu. On en trouvera plus loin le plan résumé pour le court cycle d’études.
44 L‘INITIATION . A ce moment une première sélection sera faite entre nos élèves. Nous aurons vu les curieux et ceux qui rêvent de l’acquisition de Pouvoirs sans avoir la force de les porter, s’éloigner avec dédain, dans l’es poir d’aller plus vite en travaillant seuls.
La Direction de l‘École se réserve le choix des élèves d’après leur « aura invisible » à tout cycle d’études, et cette réserve prend une importance capitale dans le troisième cycle. réservé à la RÉALISATION. La plupart des cours consacrés à cette section res teront oraux et ne seront pas publiés, et l'entrée des laboratoires et des oratoires ne sera accordée qu’à bon escient.
Cela n’empêchera pas l'École de maintenir la règle imposée par ses fondateurs et qui respecte toutes les idées chez les élèves en ne demandant aucun autre engagement que l’obéissance à sa conscience. La lecture du programme écourté que nous don nons plus loin suffira pour donner une idée de ce que nous entendons par la RÉALISATION des études se réfé rant à l’Univers, à l’Homme et au Plan divin. Nous pouvons maintenant publier le programme résumé de ces divers enseignements.
L’ÉCOLE HERMÉTIQUE 45 PREMIER CYCLE ADAPTATION ADAPTATION ASTRONOMIQUE î L’UNIVERS 1 Constitution de l’Univers d’après l’astronomie et d’après l’occultisme. Les trois Mondes. Les trois Plans. Les Soleils et les Planètes. Le Zodiaque. Une planète, pour l’astrologue, comprend tout le système d’influence d’un espace dans le Zodiaque. Les sept sphères d’influence du Soleil ont leur limite d’attraction. Les Planètes. Amitiés. Inimitiés. Correspondances. Les 12 signes. Quadratures. Domicile des Planètes. Influence réciproque des Planètes et des Signes. Les Maisons de l’Horoscope. Il Théorie de 1’Horoscope. Conjonctions, Oppositions, Quadratures. Dessin des Horoscopes. Circulaires ou carrés. III Établissement des Horoscoçes individuels et collectifs. Méthode onomantique. Méthode astronomique.
46 L’INITIATION Lecture des horoscopes. LIVRES A ÉTUDIER. — 1° Agrippa, Philosophie oc culte; Michel de Figanière, la Vie universelle ; Fomalhaut, Astrologie ,' Haatan, Astrologie; Papus, Magie pratique (2° partie). — 2° Christian, Histoire de la Magie, l’Homme rouge des Tuileries. ADAPTATION DE LA PHYSIQUE ET DES SCIENCES NATURELLES L’UNIVERS I Les forces physiques et les lois d’Évolution. Le Transformisme et ses clefs encore inconnues. Rôle de l’Astral dans l’évolution et dans l’involution. Les Règnes : Minéral, Végétal, Animal, Hominal. Les êtres classés par éléments: Êtres de Terre, d’Eau, d’Air et de Feu. Représentation des êtres d’un élément dans les autres éléments. Organes classés par éléments. Anatomie et physio logie comparées. Il La Terre est un être vivant, sa physiologie. Histoire naturelle de l’Astral. Les. correspondances dans la Nature. 111 Psychométrie. Magie élémentaire.
L’ÉCOLE HERMÉTIQUE 47 Notion de Théurgie. La Prière. LIVRES A ÉTUDIER. —— 1° Louis Lucas. Médecine Nom pelle ; Dr Favre, Œuvressur les Sciences naturelles; Sédir, Plantes magiques. — 2° Lenoir, Religion des Égyptiens; Michel de Figanière, Œuvres. —3°Sédir, Almanach du Magiste(2° année). ' ADAPTATION CHIMIQUE Z L’UNIVERS I Notions de chimie indispensables. Chimie inor— ganique et chimie organique. Les poids atomiques.
Corps simples et unités de la Matière. Lois de Mandeleef, études de Crookes. Adaptation à l’alchimie. Qu’est-ce que le sel, le mercure et le soufre d’un corps P Les quatre éléments et les quatre états de la Matière. La Quintessence. Les outils de l’alchimiste. L’Athanor et ses adaptæ tions modernes. Le laboratoire et l’oratoire. Il Rapports de l’alchimie et de l’astrologie. Opérations alchimiques.
Le grand Œuvre minéral, le grand Œuvre végétal et le grand Œuvre hominal. Couleurs. 1” Œuvre. Multiplication. Projection. Les noms donnés par les alchimistes aux corps chimiques actuels.
L’INITIATION [Il Premières opérations alchimiques. Circulation par l’eau, par les acides, par l’alcool et par l’éther. Distillation et filtration. Décomposition des corps composés en sel, soufre et mercure. Fermentations.
LIVRES A ÉTUDIER. — Louis Lucas, la Chimie nou velle, leRoman alchimique; Poisson ,Œuures; Jollivet Castelot, Œuures; Revue l’Hyperchimie; Papus, la Pierre philosophale; Barlet, Chimie synthétique; Dr Marc Haven, Arnauld de Villeneuue; Guaïta, Cha pitres sur l’Alchimie. — 2° Theatrum Chemicum, Glauber. — 3° Basile Valentin, Œuvres; Strindberg, Œuvres chimiques; Jacob, Esquisse du Tout uni uersel.
ADAPTATION PHYSIOLOGIQUE ET PSYCHOLOGIQUE 1 L‘HOMME I Élémentsde physiologie synthétique : Constitution anatomique de l’Homme, les trois Usines : Digestion. Circulation. Respiration. Innervation. Unité de la loi de Circulation. Les Centres nerveux et la Psychologie. Instinct et sensation. Sentiment et émotion. Idée et pensée. L
1|. mf . « v. , , ‘ , L ECOLE HLRMEIIQUE ‘ Il Correspondances dans l’homme. L’évolution des états de l’être humain. Naissance. Vie et Maladies. Agonie. La Mort. Le Monde des Esprits. La Réincarnation. Il] Hygiène : Physique et intellectuelle. Le Régime et les Excitants (Expériences). Arts divinatoires : Chirognomonie, Physiognomo nie, Chiromancie, Graphologie,les Tempéraments. LIVRES A ÉTUDIER: 1° Malfatti de Montereggio, la Mathe‘se; D' G.
Encausse,Physiologie synthétique. —— 2° Papus, Comment est constitué l’être humain. —— 3° Papus, la Magie pratique (Introduction, 1“ partie); Sédir, Tempérament et culture psychique; D’Arpen tigny, Chirognomonie; Desbarolles, Chz’romancie; Polti et Gary, la Théorie des Tempéraments; Papus, Ch iromancie. ADAPTATION MATHÉMATIQUE 2 LE PLAN DIVIN I Les Nombres et les Fo'rmes. Rapports intimes. ' , « L’Unité et la Multiplicité.
De l’Unité au Multiple, et réciproquement. Clef des quatre règles, du carré, des cubes et des racines. Les Nombres et les Sons. , a!"
5 o L'INITIATION De l’Unité au Denaire avec les formes correspon dantes. Dynamique et Statique. Études spéciales. L’Unité. Le Duel. Le Ternaire. Le Quaternaire. Le Quinaire. Le Senaire. Le Septé naire. Le Denaire. Le Duodénaire. Figures géomé— triques correspondantes. H Le Tarot et sa construction. Clefs à 4, 7, 10, 16 et 22. Les arcanes majeurs et les arcanes mineurs. Études détaillées de 22 arcanes majeurs.
Études détaillées de 56 arcanes mineurs par les Quaternaires. [Il Application des Nombres à l’Histoire. Éléments d’0nomancie. Fonction providentielle des dates et des nombres.
LIVRES A ÉTUDIER. — I°Euclide, Livres d’Ariz‘hmo logie; Malfatti de Montereggio, la Mathèse; Jacob, Tout universel ; Eckarthauseh , Études sur les nombres; Saint-Martin, Des Nombres; Agrippa, Philosophie occulte ; Éliphas Lévi, Dogme;\Vronski, Messianz‘sme; Lacuria, Nombres; Desbarolle (5e édit. in-8, Introd.); Papus, Traité élémentaire. — 2° Éli phas, Dogme et Rituel, Clef des Grands Mystères; Papus, le Tarot. — 3° Saint-Yves d’Alveydre, l’A rchéo mètre, la Tradition cabalz‘stz‘que, la Mission des Juifs; Christian, l’Homme rouge des Tuileries.
L’ÉCOLE HERMÉTIQUE 51 DEUXIÈME CYCLE THÉORIE (Préparation : Éléments d’Hébreu et de Sanscrit) L’UNIVERS Constitution de l’Univers. Les Trois Mondes. Étude de chaque plan en lui-même. Êtres, Forces, Idées du plan physique: les Règnes. Êtres, Forces, Idées du plan astral : Èlémentals et Êtres astraux. Êtres, Forces, Idées du plan divin : Génies et En voyés. ‘ Influence réciproque des différents plans.
Le physique dans l’astral et dans le divin ou plan des corps. L’astral dans le physique et dans le divin ou plan »des âmes. Le divin dans le physique et dans l’astral ou plan des Esprits. L’Univers en marche. Hiérarchie des Êtres plané taires. Création de l’Univers d’après la traduction ésotérique du Sepher Bereschit de Moïse. Lois finales -de l’Unlvers. L’HOMME L’Homme individuel. — Sa constitution (Principes) ; Études de chaque principe. Le Corps, l’Ame, l’Es prit; Forces occultes de l’Ame. Leurs évolutions et leurs ànvolutions;
52 L’INITIATION Forces occultes de l’Esprit. Leurs évolutions et leurs involutions. Réincarnation. Phénomènes animiques et phénomènes psychiques de complémentarisme de chaque principe et de chaque individu. L’Homme et la Famille. __ Étude détaillée des complémentaires ; L’Amour et ses mystères. Amour individuel, amour humain, amour de la collectivité humaine, amour divin.
Le Pôle humain et l’instinct des complémentaires; Notion d’embryologie, d’embryogénie et d'embryo _ technie; Passage de l’Homme à la Nature et de la Nature à l'Homme. \ L’Hommeen collectivité. —Qu’est-ce que la Société? Un organisme dontl’homme crée les organes (Barlet et Lejay). Les lois de constitution sociale. Petites et grandes Sociétés. Évolution et involution des organes sociaux. Histoire des traditions et des organes sociaux.
Sociétés patentes et Sociétés occultes. Rôle des fraternités initiatiques. LA DIVINITÉ La Cabale universelle. Constitution de Dieu. Sa personnalité indépendante de l’Univers et de l’Homme. Les trois personnes en l’Unité divine. Pourquoi les Martinistes sont chrétiens et forment "—'——— -‘-‘c—‘r'z mn._-m“m). ‘- ——.
L’ÉCOLE HERMÉTIQUE 53 une chevalerie chrétienne laïque en dehors de tout cléricalisme. Ni matérialisme, ni panthéisme. Les Sephiroth. Les 32 voies de la Sagesse et le Se— pher Jesirah. Les noms divins. Éléments d'hébreu. _ La Cabale chrétienne. Action du Christ. Recherche de cette action. Le plan divin et son étude spéciale. Le Royaume d’après Pistis Sophia. La clef des Évangiles. Les envoyés du plan divin.
TROISIÈME CYCLE RÉALISATION L’UNIVERS L’Univers en lui—même. — Étude pratique de cer taines forces occultes. Le magnétisme dans l’Univers. Les trois courants : positif, négatif et neutre. Le magnétisme vrai est la clef du grand œuvre minéral. Essais pratiques de Palingénésie. L’Univers dans ses relations avec l’Homme. — Ac— tion des forces visibles et invisibles de l’Astral avec I’Homme. Les écorces et les maladies. La Médecine universelle.
' Le soleil noir et sa perception. Le grand œuvre hominal. La prière et l’assistance des génies. --____,— v»‘ '* ' V-- ‘A\-_ ’ '
54 L’INITIATION L’Univers dans ses relations avec Dieu. — Les forces divines dans l’Univers. Les génies et les envoyés. Les hiérarchies dans la Nature divine. L’HOMME Relations de l’Homme avec lui—même. -— Rappel de la constitution humaine. Étude spéciale de psycholo gie. Les sensations, les sentiments, les idées, in fluences réciproques. Les sensations développent les idées dont le germe seul est inné (Saint-Martin).
Constitution de l‘Aura individuel. Exercices pratiques de génération des idées-forces. Études pratiques des réalisations sociales. Réforme des Sociétés. Faire à autrui ce qu’on voudrait qu’on fit pour soi même. Faire ce qui coûte et non ce qui plaît. Relations de l’Homme avec la Nature. — Réalisa tion de la Nature dans l’Homme. Évolution des forces naturelles par l‘Homme.
Action sur les miné— raux (grand œuvre), sur les végétaux et sur les ani maux. Action sur les éléments et sur les Êtres astraux. Les clichés astraux. Relations de l’Homme avec Dieu. — La notion de l’infériorité de l’Être humain par sa volonté perverse. Appel à l’action divine. Utilité et nécessité de la prière. Action de la prière sur les clichés astraux. Les chaînes de prière et les dangers des divers cléricalismes. Exercices pratiques d’assistance des affligés.
L‘ÉCOLE HERMÉ‘I‘IQUE 55 WU ! -r ANNEXE DES COURS DE SOCIOLOGIE HISTOIRE : de la Tradition ou Cabale; de la forma tion des Fraternités initiatiques jusqu’au XV1° siècle; de la Franc-Maçonnerie ; de l’Alchimie et de l’Hermé tisme;de l’Astrologie; des Sociétés patentes et occultes contemporaines. LIVRES A ÉTUDIER : Œuvres et Archéomètre de Saint—Yves d’Alveydre. LA DIVINITÉ Cours de Mystique.
Dieu en lui—même. — Les personnes divines: Vita, Verbum et Lux (Lacuria). Dieu dans ses relations avec l'Homme. —' La chute et la réintégration. Rédemption permanente par l’ac— tion du Christ. Union de ceux qui confessent le Christ, fils du Dieu vivant. Action désastreuse des clergés sur la mentalité hu maine. Danger du cléricalisme dans tous les plans. Dieu dans ses relations avec l’Unz‘vers. — Réali sation des correspondances.
Le symbolisme vrai. Ac— tion des noms divins et du Christ sur les Êtres vi sibles et invisibles dans tous les plans. DES MOYENS MATÉRIELS INSCRIPTION. -— COURS Voilà un chapitre que nous ouvrons rarement dans nos créations et que l’extension inattendue de l’École nous oblige à traiter cette fois avec détails.
56 L’INITIATION En général, quelques membres d’un groupe initia tique se réunissent et font les frais matériels d’une création nouvelle, sans rien demander de sérieux aux élèves et aux auditeurs.
C’est ainsi que, jusqu’à présent, nos élèves riches n’avaient à payer qu’un droit unique de IO francs pour toute l’année, ce qui nous donnait 200 francs par an pour vingt élèves payants, et malheureuse ment le nombre des payants se réduisait générale— ment à la moitié. N os dépenses entre le loyer, l‘éclairage, le chauffage, l’installation et l’entretien du mobilier rudimentaire se montent à 1.050 francs par an.
Nous avons pu, jusqu'à présent, faire face à toutes les dépenses en nous groupant quelques-uns ; mais la nécessité d’aug— menter encore notre installation par la création de laboratoires nous oblige à transformer notre budget en faisant appel aux auditeurs. Voilà donc comment fonctionnera l’École à dater du 1‘" octobre 1901 etjusqu‘à nouvel ordre. I.
ÉLÈVES ET AUDITEURS NOUVEAUX. -— Toute per sonne désirant devenir élève ou auditeur de l’École donne son nom et son adresse à l'Administration de l’École, actuellement 4, rue de Savoie, Paris, au 3“. On peut envoyer ces renseignements par la poste.
Chaque postulant est prié de dire: 10 S’il est disposé à payer les inscriptions de l’École fixées à dix francs par trimestre, payables soit en une fois, soit en plusieurs fois, dans le courant du trimestre, d’après entente avec l’Administration. 2" Si les moyens 'du postulant ne lui permettent
L’ÉCOLE HERMÉTIQUE 57 Pas de disposer de cette somme, il a la faculté de demander oralement ou par lettre, à son choix, une diminution à la Direction, car, dans aucun cas, le manque de ressources ne peut fermer notre École à un chercheur digne d'intérêt. ' Il.
POUR LES ÉLÈVES ANCIENS, le droit d’inscription est réduit de moitié, ainsi que pour les membres titu— laires de la Société des conférences spiritualisæs.i Enfin, toutes les cotisations volontaires seront accep tées avec reconnaissance et serviront au développe ment de nos moyens d’action. lll.
COURS. —— Chaque élève nouveau qui entrera à l’École et chaque auditeur qui en fera la demande recevront un guide de leur sexe, choisi parmi les an ciens élèves et destiné à leur faciliter les études. Les cours ont lieu, pour les élèves nouveaux, trois ou quatre fois par semaine, le soir à 9 heures. Le programme des cours et le nom des professeurs sont affichés au commencement de chaque mois, au siège de l’École. IV.
PUBLICATION DES COURS. — La Revue mensuelle l’Initialion, 50, chaussée d'Antin, Paris, et.le journal l’Hyperchimz’e publient les cours de l’École. Ce der nier organe a créé un supplément spécial: l’École Hermétique, réservé à cet usage. Les publications seront étendues au fur et à mesure des moyens d’ac non.
58 L’INITIATION CONCLUSION On nous a souvent demandé un programme mé thodique d’étude de l’occultisme quelque peu détaillé. C’est pour répondre à ces demandes que nous avons constitué le programme précédent qui sera, en grande partie, appliqué à l’École hermétique de Paris, pro gréssivement. Mais il est d’une utilité plus générale.
Les étudiants éloignés de Paris, qui désirent travailler seuls, les directeurs des Écoles secondaires en France et à l’étranger, les chefs des Formations Martinistes, y pour ront puiser d’utiles renseignements pour la conduite de leurs travaux.
C’est pour eux, plus encore que pour les auditeurs de Paris, plus favorisés, que nous avons établi ce plan d’enseignement et nous serons maintenant heureux de recevoir de nos amis toutes les adjonctions et toutes les modifications qu’ils pourraient nous suggérer d’ici la prochaine session de nos cours. Nous les remer— cions d’avance de leurs adjonctions et surtout de leurs A critiques. Septembre IgOI.
PENSÉE Sans l’aveu de nos fautes, la punition ne ressemble plus à la justice, elle ressemble à la barbarie. Sans l’aveu de nos fautes, le pardon ne ressemble plus à' une grâce, il ressemble à un caprice. LOUIS CLAUDE DE SAINT-MARTIN.
LA (MALÉDICTION Ce mot ne dit plus grand’chose aujourd’hui, on croit assez volontiers que la malédiction n’est pas autre chose qu’un accès de mauvaise humeur; il pa— raît même tellement ridicule de lui attribuer une im portance quelconque, qu’on n’en parle plus que dans les drames vieux jeu.
Un auteur qui, dans un drame moderne, montrerait un père lmaudissant son fils, paraîtrait démodé; quelle que soit la valeur de la pièce, le public aurait de la peine à ne pas sourire, on se rappellerait involontairement le marquis de La Séglière sonnant son valet et lui disantavec emphase : Allez chercher l’épée de mes pères! Et cependant il y a encore des gens qui maudissent, et on ne se figure pas combien cela est dangereux.
La malédiction est une opération qui frise la magie noire.. Un homme d’une force herculéenne, bien entraîné dans tous les exercices du corps,peut,quand il le veut, terrasser la plupart de ceux qui voudraient lutter avec lui; s‘il est attaqué il culbutera son adversaire et le réduira à l’impuissance. Un homme d’une force attei gnant à peine la moyenne, non exercé et par consé— quent incapable de lutter, pourra, sous le coup d'une
60 L'INITIATION passion violente : colère, défense contre un assassin, déployer pendant un temps court, mais suffisant. une force prodigieuse et terrasser des gens beaucoup plus forts que lui. Hercule ou gringalet, le résultat sera le même : l’assaillant sera repOussé et meurtri.
De même le magicien noir met en mouvement, quand il le veut, les forces de l'invisible mauvais pour nuire à autrui; un homme ordinaire en est incapable, mais peut, sous l'influence d’une violente passion, faire vi brer les puissances du mal à son unisson et proférer une malédiction qui sera un véritable envoûtement et produira tous ses effets. Dansles deux cas lerésultat est le même : le mal est produit.
Autrefois la malédiction était une chose très sé rieuse, On en connaissait toute la portée et on ne la prononçait pas à la légère; être menacé d’une malé diction donnait à réfléchir. Autant la bénédiction était recherchée, autant la malédiction était redoutée : l’une etl’autre produisaient toujours leurs effets. On ne manquera pas de m'objecter qu’il y avait alors suggestion, que la terreur des victimes faisait la force des agresseurs.
Cette_objection est facile à réfuter. De tous temps il y a eu des sceptiques, et ceux-là mêmes qui bravaient une malédiction et en faisaient fi, en subissaient les effets.
Du reste aujourd'hui encore il y a des cas, et je vais bientôt en raconter deux, dans les— quels il serait difficile de trouver une suggestion :dans l’un c’est une petite fille de quatre ans et demi qui a été maudite, dans l’autre c’est un fœtus, un petit garçon qui était encore dans le ventre de sa mère. Pour ce second cas on pourrait encore me faire une
,. > | 61 autre objection: on admet aujourd’hui que les émo— tions que peut éprouver la mère, pendant sa gros sesse, retentissent sur l’enfant; la mère peut avoir été très impressionnée par la malédiction, en avoir éprouvé une violente émotion, et l’enfant a pu s’en ressentir.
On verra, par le récit, que cette hypothèse n’est pas soutenable, l’émotion de la mère peut occa sionner des troubles de l’intelligence, tels quel’idiotie, même des troubles somatiques, des nævi, peut-être, et, en général, des troubles intellectuels provenant d’un vice de conformation, mais elle ne peut pas dé terminer une destinée tout entière, comme cela a eu lieu dans le cas qui sera l’objet de mon second récit.
Cependant il faut bien dire que la malédiction n’a plus aujourd’hui que rarement les conséquences re— doutables qu’elle avait autrefois, on ne sait plus ni maudir, ni bénir. Le scepticisme enlève toute force aux actes qui seraient les plus puissants s’ils étaient accompagnés de la foi. Si vous dites à quelqu’un : Je vous maudis, comme vous lui diriez : Allez vous pro mener, le résultat ne sera pas considérable, cependant il ne sera pas nul.
Si vous dites : Jevous maudis, en mettant dans ce mot toute votre haine, vous pouvez produire beaucoup de mal, surtout si vous avez la conviction que vous le pouvez. Il faut toujours se défier beaucoup de ce qu’on appelle un coup de vo Ionté. Il y a plusieurs sortes de malédictions, qu’on peut cependant grouper en deux classes : les malédictions de châtiment et les malédictions de vengeance. Puis ces deux classes peuvent être subdivisées elles-mêmes LA MALÉDICTION
-'62 ‘ L’INITIATION en malédictions d’ordre général et malédictions d’ordre particulier. Les malédictions de châtiment sont déterminées par un concours de circonstances n’offensant pas directe ment ceux qui les prononcent. Un fils mène une con duite déréglée, ne tient aucun compte des remon trances paternelles et finit par devenir un mauvais garnement; son père le maudit.
Il se peut que le fils, quoique désobéissant, ait toujours été très respectueux pour son père et ne lui ait jamais donné aucun sujet de ressentiment personnel; mais il a excité son indi gnation. Dans. ce cas le père croit agir en justicier, il châtie.
Il n’est pourtant pas complètement désintéressé dans la question, il sait bien que le déshonneur de son fils rejaillit sur lui et sur sa famille, mais il sait bien aussi qu’en maudissant son fils, il augmente son propre malheur. Cette sorte de malédiction, assez fréquente autrefois, est devenue très rare aujourd’hui. Les excommunications étaient aussi de véritables malédictions, mais elles n'étaient pas toujours désin téressées.
Théoriquement une excommunication est essentiellement désintéressée, mais bien souvent tel ou tel prélat avait des rancunes personnelles contre celui dont il poursuivait l’excommunication. Les malédictions de vengeance proviennent d'une haine personnelle, d'un mouvement de colère. Ce sont les plus communes aujourd'hui. Que la malédiction soit de châtiment ou de ven— geance, elle peut être générale ou porter sur un objet .... .m‘h.——-— ..«.. Tuba—9.. - > " —
LA MALÉDICTION 63 déterminé.
Quand un homme ou un groupe d'hommes en maudit un autre sans phrases, la malédiction porte sur tout ce qui concerne celui qui en est l’objet, elle tend à mettre obstacle à toutes ses entreprises, à toutes ses affections, à tous ses succès, etc. Mais, il arrive souvent que la malédiction porte sur un objet déterminé; un homme qui a été ruiné par un autre peut le maudire en disant : Désormais tu ne -réussiras plus aucune affaire, aucune opération com merciale, et tu finiras par la ruine irrémédiable.
Un autre peut avoir été supplanté dans une recherche amoureuse et dire à son adversaire : Tu ne seras jamais aimé. D’autres peuvent avoir été lésés d’autres façons, et généralement la malédiction portera sur l’ordre de choses dans lequel il a été lésé. Toutes ces malédictions ne sont pas toujours effi caces, mais malheureusement elles le sont souvent. Elles n’ont pas toutes les mêmes conséquences et elles sont souvent révocables.
Certaines malédictions, la plupart, retentissent sur celui qui maudit; il ne fau drait pas croire qu‘il n’en coûte rien de maudire, c’est au contraire une opération très dangereuse. La malédiction est en somme une des formes de l’en voûtement et, à ce titre, n’est pas à l’abri des réper eussions.
Mais, sans qu’il y ait répercussion propre ment dite, la malédiction, même quand elle produit son plein effet, agittoujours par réaction sur celui qui la profére. Toutes les fois qu’on éprouve un sentiment violent pour ou contre quelqu’un, on met en mouvementles êtres de l’invisible dontj’ai parlé ailleurs sous le nom
Il' ' 64 L'INITIATION [OCTOBRE de messagers et d’ouvriers; ces êtres sont lancés contre la victime, qui peut elle-même en avoir peu ou beaucoup à sa disposition. Une lutte s’ensuit. L’ope» rateur fournit une grande quantité de forces à nos soldats; sa passion, sa colère, sont des aliments, des soutiens considérables pour eux.
Le patient est géné ralement intimidé, sa peur, même simplement son émotion, sont des causes de faiblesse pour les siens et de force pour les assaillants. Si au contraire le patient est calme et voit avec indifférence la colère de son adversaire, il donne une force énorme à ses propres combattants et peut faire tout retomber sur son agres seur. Entre ces deux extrêmes tous les cas se pro duisent.
Mais ce n’est pas tout, celui qui maudit peut avoir fait appel uniquement à ses propres forces, mais il peut avoir fait appel à une puissance invisible à la— quelle il croit. Ici l’opération est un peu plus compli quée, l’appel peut être pris à une puissance bonne ou mauvaise, la foi en cette puissance peut être forte ou faible.
Quandl’appel est pris à une puissance mau— vaise, le cas est très simple, cette puissance est tou ' jours prête à faire du mal et elle répond facilement à l’appel. La lutte devient alors très sérieuse : si le pa tient reste livré à lui-même, quelle que soit sa conte nance, ilest sûrement vaincu. Mais si le patient est gardé, il reste à savoir par qui il est gardé.
Si sa con fiance est placée sur des êtres mauvais ou même indif— férents, la lutte est incertaine. Si sa confiance repose sur des êtres du plan céleste et que sa conduite géné rale réponde aux exigences de ce plan, il ne risque 4 ’44"
1901] LA 'MALÉDICTION 65 rien, un combat aura lieu, il en souffrira même quelque temps, mais la victoire sera sûrement de son côté. Si celui qui maudit fait appel à des puissances bonnes, et il y en a qui vont quelquefois jusqu’à faire appel à Dieu lui-même, on conçoit bien que ces puis sances n’interviendront pas, et l’opérateur se trouvera dans le même cas que s’il avait compté uniquement sur lui-même, sauf une aggravation.
Nous ne sommes jamais seuls, toutes: les fois que nous voulons faire le bien nous y sommes aidés par des puissances bonnes, toutes les fois que nous vou lons faire le mal nous y sommes aidés par des puissances mauvaises. Que nous le voulions ou non, l’invisible intervient dans toutes nos actions.
Si je maudis quelqu'un, des puissances mauvaises en profi— teront pour satisfaire leurs mauvais instincts, mais elles auront moins de force que si je les avais commis sionnées.
Si, en maudissant, je fais appel à des puis sances bonnes, c’est comme si je m’étais trompé d’adresse :il est bien évident que j‘ai eu l’intention de faire appel à quelques puissances capables de faire le mal; les mauvais répondentà cet appel et se trou vent en quelque sorte commissionnés, pas autant que si je les avais appelés directement, mais assez pour y gagner beaucoup de force.
Maintenant, pourquoi les invisibles ont-ils besoin d’être commissionnés pour acquérir de la force P — Chacun de nous est entouré d’une atmosphère flui dique émanant de son corps physique et de son corps astral; cette atmosphère n’est pas ce que les théosophes appellent l’Aura, elle n’est pas lumineuse, ..3‘ÏfÏ 5
66 L’INITIATION mais elle forme un rempart infranchissable à toutes les influences extérieures. Quand un homme sait bien conserver cette influence intacte, il a un aspect froid, calme, on l’aborde difficilement, il ne se lie avec personne; remarquez bien ce mot: se lier, nous allons voir tout à l’heure qu’il exprime une réalité. D’un pareil homme on dit qu’il est fermé, encore une expression qui est bien juste.
Mais ce n’est pas le cas général. ordinairement nous faisons nous-mêmes des brèches à ce rempart, nous le lais— sons en tout cas pénétrer plus ou moins par toutes sortes d’influences. Qu’est—ce en effet qu’une liaison P Quand deux hommes s’abordent, leurs atmosphères fluidiques se heurtent et maintiennent une séparation entre eux.
Si les relations restent froides, si on se contente, par exemple, de traiter d’affaires, chacun remporte son atmosphère intacte en se séparant, la glace n’a pas été rompue, on a gardé son quantà soi, on s'est renfermé en soi—même, toutes expressions très figura tives.
Il s’est cependant passé quelque chose: l‘atmos— phère de l’un a agi parinfluenœ sur l’atmosphère de l’autre et chacun a pu ressentir, d’une manière plus ou moins obscure, les dispositions psychiques de l’autre.
Si l’un des deux devient familier, s’il fait dévier la conversation sur un terrain plus personnel, sentimental, si en un mot il s’ouvre et que l’autre restefermé, s‘il ne répond pas aux avances du pre— mier, il conserve une grande supériorité sur lui, son atmosphère pénètre dans la sienne sans en être péné trée. Le premier s’est livré, le second ne s’est pas .. MAllnAn-l . aü3,.“M‘Md
La MALÉDICTION 67 l'.‘.(.,——._. livré, il a acquis une influence sur le premier. Enfin, si le second a répondu aux avances du premier, s’il s’est ouvert lui-même, il s’est établi un lien entre eux, les deux atmosphères se sont réciproquement pénétrées, ces deux hommes ne peuvent plus être complètement indifférents l’un pour l’autre.
Cepen dant, si les relations cessent, si on se perd de vue, le temps finit par affaiblir le lien qui, cependant, ne se rompt jamais complètement. La plupart des hommes sont ainsi liés les uns aux autres par de multiples liens. Je ne veux pas chercher si cela est bon ou mauvais, je constate simplement le fait.
Il existe une multitude de moyens de créer ces liens, je ne les examinerai pas actuellement, je me contenterai de dire que les invisibles ne peuvent agir sur nous qu’en pénétrant dans notre atmosphère, et cela ne leur est pas toujours facile. ‘ L’invisible ne peut entrer en nous que si nous lui ouvrons, mais une fois que nous lui avons ouvert, il est très difficile de l’expulser, et, si nous l’expulsons, il peut revenir, la brèche reste praticable.
Quand nods portons des invisibles en nous, nous pouvons les introduire dans l’atmosphère des autres, en y péné trant nous-mêmes.
Mais l’invisible a plusieurs moyens de se faire ouvrir par nous, le principal est la Tentation, j’en parlerai un autre jour. _ Quand notre atmosphère est envahie par des invi— sibles d’une certaine nature, les invisibles de la même nature y entreront facilement, mais ceux d’une nature contraire y entreront très difficilement ; ils le peuvent cependant si nous les y introduisons nous—
68 L’INITIATION mêmes. Voilà pourquoi il est dangereux de faire de la magie et extrêmement avantageux de se lier avec les esprits célestes.
Il est à peu près impossible de vivre une existence entière sans avoir donné accès à des invisibles, il n’est donc jamais trop tôt d’entrer en relations avec le plan céleste et c’est un immense ser vice qu’on rend aux enfants de leur donner une bonne éducation religieuse et de leur faire prendre de bonne heure l’habitude de prier.
Si je me laisse envahir par des passions haineuses, je peuple mon atmosphère fluidique d’êtres invisibles très dangereux. Si je maudis celui qui est l’objet de ma haine, il se présente plusieurs cas: I° Ma haine est injustifiée, celui qui en est l'objet est un homme pieux, bienveillant, ne m’ayant donné aucun sujet de ressentiment ; son atmosphère est peuplée d’invi sibles bons et il n’y a fait aucune brèche, en un mot il est bien gardé.
Les êtres que je projette sur lui vont arriver en foule et se ruer surl’unique ouverture, celle par laquelle ont été introduits les bons ; ils seront repoussés avec perte et retourneront très affaiblis à leur point de départ, c’est—à-dire en moi, où ils puise— ront à mes dépens les forces qu’ils ont perdues. Le mal que j’ai voulu faire, c‘est moi qui le subirai.
2° Ma haine est injustifiée, mais celui qui en est l’objet n’est pas gardé, c’est un cas fréquent. 3° Ma haine est justifiée, dans ce cas celui qui en est l’objet n’est jamais gardé ; celui qui se comporte mal vis-à vis d’un autre donne, par ce fait même, accès chez lui àdes êtres mauvais qui n’opposeront aucune résis tance à l’invasion de ses émissaires. Dans ces deux
LA MALÉOIC‘HON 69 derniers cas, ma malédiction aura son plein effet. 4“ Enfin celui que je hais me hait aussi et est capable de se défendre, pour une raison ou une autre que je ne veux pas examiner aujourd’hui; il y aura une lutte, les deux adversaires recevront des coups et le moins fort succombera. Quelquefois, les forces étant à peu près égales, la lutte durera longtemps et sera terrible.
Il est bien entendu que dans tout ce que je viens de dire il n’est question ni de magie, ni de Sur cellerie; du reste la plupart du temps les adversaires sont parfaitement inconscients des forces qu’ils mettent en jeu.
Disons enfin que nous ne devons jamais maudire personne; en outre des dangers réels que l’on court en maudissant, la loi chrétienne l’interdit formelle ment par ce fait qu’elle nous commande le pardon des injures et nous ordonne de rendre le bien pour le mal. Quant à la malédiction de châtiment, elle nous est interdite aussi bien que l’autre puisqu’il nous est défendu de juger.
Quand nous voyons faire le mal, donnons de bons conseils si nous le pouvons, cher chons à remédier au mal fait, mais ne punissons jamais, nous n’en avons pas le droit. La société elle même n’a pas le droit de punir, comme chacun de nous elle doit se préserver et c’est tout. Je vais maintenant raconter deux histoires qui montreront combien tout ce que je viens de dire est vrai. Je pourrais en raconter d’autres, mais ces deux suffiront. Mme B. est une femme très intelligente, qu’aucun médecin ne consentirait à déclarer folle. Quand elle
70 L’INIHATION avait quatre ans et demi, il lui arriva de com mettre je ne sais plus quel méfait qui eut le don d‘exaspérer sa mère. Celle—ci, prise d’une colère bien injustifiable et en tout cas bien blâmable, invectiva cette pauvre enfant et s‘oublia jusqu’à lui dire: Je voudrais que le diable t’emporte, Satan! Satan !... emporte—la. je te la donne, emporte-la. Elle répéta ces imprécations plusieurs fois.
Une enfant de quatre ans et demi ne pouvait pas être bien impressionnée par de pareilles paroles, elle était bien incapable d’en comprendre la portée; elle voyait sa mère très en colère après elle et c’était tout. Le soir elle n’y pen sait plus. Elle couchait dans un petit lit, à côté de sa sœur âgée de six ans, dans la même chambre que sa mère. Ce soir-là elle s’était couchée comme d’habitude et s'était endormie.
A minuit elle et sa sœur furent réveillées par un bruit, et elles virent une grande ombre noire paraissant s’introduire par la fenêtre. Cette ombre était très visible, mais sans forme pré cise, l’apparence générale rappelait vaguement la forme humaine; elle passa entre les deux petites filles et toucha celle qui avait été maudite dans la journée, à la partie moyenne de la région lombaire.
La petite fille sentit immédiatement à cet endroit une vive dou— leur, et toutes deux se mirent à crier. La mère s’éveilla, chercha à les calmer, se rappela l’aventure de la journée et comprit l’horrible imprudence qu’elle avait commise. Depuis ce moment, la petite fille a toujours souffert de sa douleur lombaire et a vu fréquemment la
LA MALÉDICTION 71 . - _— w - ' 1 . grande Ombre noire. A l‘époque de sa première com— munion, il y a eu uneinterruption de quelques mois, puis les apparitions ont recommencé avec une fré— quence variable. Aujourd’hui cette dame approche de la soixantaine et les apparitions de l’ombre noire n’ont pas cessé.
Mais là ne se humeur pas les conséquences de la malédiction : chaque fois que l'ombre noire apparaît, Mme B. est sûre de passer une nuit horrible, elle entend des hurlements, elle se trouve comme entou rée de bandes de démons ; tannôt elle ne voit rien, tantôt elle voit des figures hideuses et grimaçantes, des formes d’animaux monstrueux ; elle éprouve des souffrances de toutes sortes, on la brûle, on la frappe, on lui déboite les articulations, etc. Elle entend des menaces, des sarcasmes, des blasphèmes, on lui dit qu’on ne lui laissera pas de repos jusqu’à ce qu’on l’ait fait crever, etc., etc. On pourrait croire qu’il n'y: là que des hallucinations, en tout cas ces hallucina— tions seraient bien quelque chose et suffiraient à empoisonner son existence ; mais il y a plus, le len demain il reste des traces visibles des blessures qui _ lui ont été faites, de véritables 'stigmates qui ont été constatés par le médecin qui la soignait avant moi et avec qui j‘en ai causé.
Du reste, quand j'ai entrepris son traitement, elle ne quittait plus le lit depuis long— temps ; j’ai moi-même constaté un certain nombre de stigmates. Son médecin aété très heureux de me voir lui succéder, il ne connaissait rien à i’occultisme etil était victime des tentatives qu’il faisait pour soulager sa cliente, il subissait lui—même une partie des tour
72 . L'INITIATION ments dont il ne parvenait pas à la débarrasser. Les symptômes étaient les mêmes, quoique avec moins d’intensité ; il voyait la grande ombre noire, puis il sentait les piqûres, les déboîtements d‘articula tions, etc., il a même dû garder le lit trois jours à la suite d’une de ces attaques.
Aujourd’hui Mme B. est en bonne voie de guérison; elle voit toujours la grande ombre noire, elle est pi quée, etc., mais aussitôt il lui vient une aide, généra lement sous la forme d’un enfant, qui la soustrait à ces attaques. Cette situation va durer encore quelque temps, puis elle sera complètement délivrée.
Pour compléter cette histoireje dois dire que Mme B. a vécu jusqu’à l’âge de quarante et quelques années dans des conditions presque normales, conservant la douleur lombaire presque continue, subissant des at taques de l’ombre noire de temps en temps, mais sans que cela lui occasionne de maladies sérieuses. Ellea eu de nombreux ennuis, des chagrins de toutes sortes et s’est constamment trouvée dans une situation pré— caire.
Un jour,des circonstances favorables lui permirent d’espérer un changement avantageux dans sa situa tion, d’acquérir de l'aisance et de voir la fin de ses ennuis.
Un personnage sur lequel on n’avait pas compté survint alors, quelqu'un de son entourage, qu’on n'aurait jamais pu soupçonner de nourrir de mauvais sentiments à son égard, se dressa devant elle etlui dit: Je ne,veux pas que tu réussisses, tu sais que tu es maudite ; si tu veux mettre tes projets à exécu tion, je saurai bien t’en empêcher.
LA MALÉDICTION 73 J’ai eu beau interroger Mme B., elle n’a pas été ca— pable de découvrir un motif à cette conduite; elle n‘avait jamais eu l’occasion de froisser cette personne.
En outre elle n‘avait jamais raconté l’aventure qui lui était arrivée dans son enfance, aventure du reste à laquelle elle n’attribuait aucune importance et qu’elle ne m’a racontée dernièrement qu’en raison des ques tions multiples que j'ai dû lui poser pour connaître tous ses antécédents et pouvoir la soigner utilement. Cette dame, du reste, ne connaît absolument rien aux choses de l’occulte.
Malgré ces menaces, Mme B., qui ne manque pas d’énergie, persévéra dans ses desseins. La personne hostile ne garda plus aucun ménagement et lui déclara qu’elle mourrait.
A partir de ce moment, les obstacles se multiplièrent; elle lutta courageusement, mais elle commença à dépérir, les attaques invisibles se multi plièrent jour et nuit, elle fut atteinte successivement de diverses maladies défiant tout diagnostic, et fina lement en fut réduite à prendre le lit et à perdre tout espoir de guérison, la mort approchait à grands pas.
Je le répète, actuellement elle est sur pied depuis assez longtemps et jouit d’une bonne santé; les at taques de l’invisible durent encore, mais elles perdent de leurs forces; nous sommes très près de la libéra— tion définitive. Voici une autre histoire plus horrible; comme on va le voir,c’est une véritable histoire de brigands.Ce pendant cette histoire est vraie, je connais quelques uns des acteurs. ' M. et Mme L. avaient déjà quatre enfants quand
74 L‘INITIAI ION Mme L. devint encore une fois enceinte. A cette époque, elle faisait un ménage chez M. C., jeune homme de vingt—huit ans, qui se préparait à entrer dans les ordres.
Vers la fin de sa grossesse. environ deux mois avant la terminaison naturelle, M. C. lui proposa d’être parrain de son enfant et l'engageaà aller voir, de sa part, des dames qui étaient à la tête d’une œuvre de charité, pour demander à l’une d’elles de vouloir bien être marraine. Mme L. fit la démarche et fut très mal reçue.
L'une de ces dames lui dit qu’elle ne manquait pas d’entre cuidance, elle, une misérable ouvrière, d‘oser lui de mander d’être marraine de son enfant, que du reste elle ne pouvait pas être marraine avec un parrain qui était en même temps le père de l’enfant. Mme L., in dignée, lui demanda de quel droit elle la calomniait ainsi. La damerépondit que c’était l'abbé D., premier vicaire de la paroisse de ..., qui le lui avait dit.
Or, ce prêtre était justement le confesseur de Mme L. Celle ci, étouffant de colère, courut à l’église, rencontra l’abbé D., se disposant a confesser, se jeta sur lui et le renversa à terre en l'invectivant et lui reprochant sa calomnie.
Le prêtre se releva, lui montra le poing et, hors de lui, d’une voix saccadée, les yeux exor bités, lui dit, ou plutôt lui hurla : Vous avez osé vous attaquer à moi, un prêtre, c’est un sacrilège; soyez mauditei L’enfant-Ï que vous portez dans votre sein sera un démon, un gibier d‘échafaud, il vous rendra malheureuse et ne sera capable que de faire le mal. Mme B. accouchaà terme, mais depuis la malédic— tion elle sentait l’enfant remuer d'une façon désor—
L-i MALÉDICTION 75 donnée et tout à fait inaccoutumée. —— L’enfant gran dit en beauté et en vice. Ïlil avait une belle très douce, tout le monde s’extasiait sur sa beauté.
Il était aussi très intelligent, très spirituel, mais ne voulait rien apprendre Dr‘s son enfance, il était sournois, insoumis, il pervertissait les autres enfants. il avait une figure douce, mais le regard en dessous, et par fois une expression démoniaque. il était méchant, sans cœur et ne pensait qu’à mal faire. On le mit en apprentissage chez un cordonnier, il vola son patron et courut dissiper l’argent avec ses camarades.
Enfin, à l’âge de douze ans,il fut con damné pour vol, et, à force de récidive, il finit par être enfermé dans une maison de correction. Un jour il s’entendit avec deux autnes galopins et ils enfermé rent la religieuse dans une chambre pour la violenter. Les cris de cette malheureuse sœur attirèrent du monde, on enfonça la porte et on s’empara des trois polissons qui furent mis au cachot. ' Ici se place un épisode un peu mystérieux.
Y eut—il un accident, ou bien une tentative criminelle ? Les trois mauvais sujets tombèrent malades en même temps. après avoir bu de la tisane. Les deux com plices du jeune L.moururent, et celui-ci était mou— rant quand on permit à ses parents de l’emmener et de le soigner chez eux. Contre toute prévision,il gué n't. On fit des démarches et on obtint sa libération. Il en profita immédiatement pour faire de nouveaux exploits.
Un jour son père,voulant récurer un puits, se déshabilla et se fit descendre dans un seau en \ disant à son fils: Tu vas rester là a veiller, quand
76 L’INITIATION j’appellerai, tu me remonteras. Le jeune L. descendit son père, remonta le seau vide, enleva la corde et la poulie, prit le porte—monnaie de son père dans la poche de son pantalon et partit manger l’argent. Ce n’est que très tard que les cris du père attirèrent du mondeet qu’il fut délivré. Je passe sur bien d’autres méfaits et j’arrive à l’époque de son service militaire.
Il fut un soldat commeles autres et n‘eut pas trop de punitions. Il était très aimé de ses camarades, il était bon enfant, aimait à raconter des histoires, il était ce qu’on appelle un loustic. Les histoires qu’il racontait étaient toujours du genre grivois et très immorales. Quand on lui de— mandait où il allait les chercher, il répondait: Je les invente, ça me vient comme ça dans la tête et ça m’amuse de les raconter.
Après avoir terminé son service, il épousa, malgré ses parents, une femme de mauvaise vie, très immo rale et presque aussi perverse que lui. Quelque temps après il était arrivé au comble de la dépravation. Voici maintenant une aventure dramatique et mê lée de merveilleux.
Peu de temps après la guerre de 1870-71, deux de ses sœurs furent obligées de faire un voyage pour lequel il leur fallait se transporter à une station de chemin de fer assez éloignée; pour cela il leur fallait une voiture. Le frère se chargea de leur en procurer une et de les accompagner. Il s’arrangea avec un fer— blantier qui possédait une voiture et consentit à les conduire pour 10 francs. Ce ferblantier avait une mauvaise réputation et une figure sinistre.
LA MALÊDICTION 77 Avant de partir, L. monta dans sa chambre ; l’une des deux sœurs, sous le coup d’un pressentiment, monta derrière lui à pas de loup et écouta à la porte. Ce qu’elle entendit l’édifia complètement sur le sort qui l’attendait. La femme faisait ses recom mandations: Tu as bien le rasoir dans ta poche? Prends bien garde de ne pas être éclaboussé par le sang.
Tu feras le coup quand vous serez dans le bois; du reste je vais prendre par le chemin de tra verse et je vous rejoindrai vers l’auberge... Elle n’en entendit pas davantage et descendit les escaliers quatre à quatre, elle prit sa sœur en particulier et lui dit: Tu sais que notre frère est capable de tout, il s’est entendu avec sa femme et le ferblantier pour nous assassiner en route, quand nous traverserons le bois.
Maintenant nous ne pouvons pas reculer, non seulement notre voyage est urgent et nous n’avons pas d’autre moyen de le réaliser, mais que pourrions— nous dire pour expliquer notre changement de réso— lution, quand on nous a vues si pressées? Prends donc courage, ne laisse voir aucune émotion et suis bien toutes mes indications, ne fais que ce que je te ferai faire.
On part, on arrive dans le bois, on s’arrête devant l’auberge qui, du reste, était mal famée. L. et le fer— blantier descendent et invitent les deux jeunes filles à faire comme eux, on va entrerdans l’auberge pour se rafraîchir. Disons que celle qui avait. découvert le complot s’appelait Marie, l’autre s’appelait Berthe. Marie refuse absolument de descendre. Berthe dit qu’elle veut rester avec sa sœur; on insiste et finale
78 L’INITIATION ment les deux coquins, voyant qu’ils ne peuvent rien gagner, s’éloignent et pénètrent dans l'auberge. Au bout d’un instant ils sortent avec l‘aubergine, restent un instant sur le pas de la porte, causant avec anima:— tion, et finissent par regagner la voiture. On se remet en route, on va lentement; Marie ne perd pas son frère de vue, malgré. la nuit elle voit qu’il tient le rasoir ouvert dans sa main.
Elle se rap— pelle qu’il doit éviter d’être éclaboussé par le sang, elle s’arrange àtoujours lui faire face. Arrivés au plus épais du bois. la voiture s‘arrête. le ferblantier descend et détache les traits du cheval- Marie suit toutle ma nège et fait une ardente prière, elle supplie la sainte Vierge, pour qui elle avait une grande dévotion. de ne pas laisser le crime s’accomplir.
Aussitôt les deux sœurs voient une boule bleue s’élever de terre et se tenirà leur hauteur, près de la voiture. Marie dit aus— sitôt à sa sœur: Ne crains rien, la sainte Vierge a exaucé ma prière, elle nous sauvera. Les deux hommes veulent faire descendre les jeunes filles, elles s’y refusent énergiquement. L. prend sa sœur Marie par le bras et veut la faire descendre de force; elle le repousse avec violence, il trébuche et descend de lavoimre.
Marie tire alors de sa poche un petit couteau, se place devant sa sœur et dit à son fière: Malheureux! tu veux nous tuer, mais prends garde, si tu approches, je te plonge ce couteau dans la poitrine. L. veut se ruer sur elle et brandit son ra— soir, le ferblantier intervient disant : Non, fais—le descendre d’abord, je ne veux pas qu’il y ait du sang dans ma voiture. Marie voit toujours la boule bleue
LA MALÉDICTION 79 près d’elle, cela lui donne du courage et elle dit à son frère : C’est pour nous voler notre argent que tu cherches à nous tuer, nous. n’avons dans nos poches que juste le prix de notre voyage, tu n’aurais donc pas pu nous voler grand’chose. Combien te faut-il? —- 200 francs. — Je te. les enverrai.
Maintenant remonte et conduis-nous à la gare, Mais le ferblan— tier ricane et dit: Oui, oui, on promet toujours, mais ensuite on ne tient pas. Alors, Marie, toujours debout dans la voiture, devant sa sœur pour la préserver contre toute surprise, se met à crier: Ah l Dieu soit loué! J’en tends du monde. A l‘assassin! .On nous assassine il... Elle ne décesse pas de crier de toutes ses forces.
Nos deux hommes sont pris de peur, le ferblantier rattache les traits en toute hâte, ils se précipitent dans la voiture et partent à toutes brides. La boule bleue les accompagne tout le temps et ne disparaît que lorsque les deux jeunes filles sont arrivées à la gare, à l’abri de tout danger. Inutile de raconter les actions de grâces qu’elles ont rendues au Ciel. Je passe sur bien des épisodes d’une existence véri— tablement démoniaque.
Pendant le voyage drama tique que je viens de raconter, Marie ayant dit qu’elle regrettait bien de n’avoir pas demandé à son père de les accompagner, L. lui répondit: Il y aurait passé le premier. Enfin,quelque temps après,il commit à Paris un assassinat qui a fait quelque bruit à l’époque; il fut arrêté, jugé et condamné à mort. La malédiction du vicaire avait eu son plein effet: il était bien du gibier (l‘échafaud.
Se L‘INITIATION Le cas de Mme B. est une malédiction de châti ment, celui de Mme L. est une malédiction de ven geance. Il y a dans le premier cas une complication d’envoûtement; en lisant attentivement, on fera faci lement le départ de ce qui revient à la malédiction et de ce qui revient à l’envoûtement; ce dernier, du reste, n’a guère fait que renforcer les effets de la ma lédiction. Dr F. Roman.
PENSÉE Dieu de paix, lorsque nous nous lzurons à la prière pourquoi sentons-nous que le crime et toutes ses tra ces s’éloignent de nous ? N’est—ce pas parce que l’œil de votre amour, en se portant sur nous, y porte, en même temps la vie quipeut régénérer jusqu’à la mort même ? Quelques crimes que nous ayons commis, ne désespérons jamais d’en obtenir la guérison, pourra que nous nous détermt‘nz‘ons à la demander.
Notre humiliation, notre repentir aident à développer la gloire de notre Père céleste, et ce sont là ses suprêmes attributs. Leurs CLAUDE DE SAINT'MARTIN.
""‘-="'1 3° min-‘- t: PARTIE LITTÉRAIRE LE POÈTE Souvenir à M. G. Armelin. 0 Muse, où règnes-tu ? Dis-moi, quel est ton monde Quand, las des vanités d’un douloureux séjour, le recherche à mon cœur cette paix si profonde Que seuls savent donner l’indulgence et l’amour, Je prie... et, dans l’écho de mon âme alarmée, Comme si ta douceur pouvait contre un chaos Je reconnais bientôt de ta voix bien-aimée L’accent mélodieux qui console mes maux.
0 Muse, où règnes-tu ? D'où vientton harmonie ?‘ Où pulses-tu le vrai, la force, la grandeur; D’où verses-tu le baume à l'âme endolorie, Et le farouche élan, et la sublime ardeur P î... LA MUSE Le doux rayon qui donne à la fleur éphémère La vie et la beauté, d’un baiser radieux C’est le pâle reflet, l’ombre de ma lumière Qui ne luit qu‘à ton âme, obscure pour tes yeux.
Dans ton monde inquiet de l‘autre destinée, La matière est un voile au monde des splendeurs; Par vos sens incomplets votre vue est bornée ; Le vrai devient mystère en ses aspects trompeurs 6
82 L'lNITIATION Alors votre pensée à l‘examen ajoute: Sur l'aile du Désir, vers le but poursuivi, Elle plane, elle cherche en aveugle sans doute Et possède soudain quelque secret ravi... L’hypothèse est debout, la loi va bientôt naître. Jetant sur la science un vrai rayon de jour. Intuition, diras-tu ?... C’est lecture peut-être Dans les feuillets divins de puissance et d'amour!
Tu me demandes, enfant, d’où vient mon harmonie, Mais je ne suis pour toi qu'un suprême bien Entre l‘Être terrestre et la Source infinie, Où règne l'absolu dans le vrai, dans le bien. Et ce monde où je vis, où vient ramper ton âme. Nomme-le, si tu veux, monde de la Beauté. Tes mots sont trop humains pour décrire la flamme Qui le dore et l'anime... 0 sublime clarté!
L‘artiste le connaît quand son âme ravie Va passer tout entière en son chef—d‘œuvre d‘art, Il le sent... et c’est là qu'il vient puiser la vie Pour son marbre. Il suflitqu'il y jette un regard. Dans un charme puissant la pure mélodie En vous berçant vous parle un langage d‘amour. Le cœur est révélé par la voix du Génie, Soit qu’il souffre, qu’il chante ou qu’il pleure à son tour.
Ce langage, vois—tu, pour qui sait le comprendre Révèle à votre esprit un monde inexplore’: C’est l’écho des accords que ne saurait entendre, Par l’oreille de chair. votre cerveau muré. Quand sous l’archet nerveux chante ou gémit la corde Ou que l’orgue module en ses accords puissants, Il est un long frisson dont ton être déborde, Qui descend jusqu’au cœur sans effleurer les sens...
Ce frisson, dont le mot rend si mal ma pensée, Est plutôt une idée, ou mieux un sentiment: Prière, chant joyeux, cri de l’âme blessée, Elan passionné, doux attendrissement.. . Il te semble souvent que l’on dit une phrase Inaccessible, hélas! à la traduction, . Mais ton être sent bien dans cette courte extase Que l’homme n’atteint pas àcette diction.
LA MUSE 83 Et toi, poète aimant, tu veux avec ta lyre Trouver des accords purs répondant à ton cœur. Élève ta pensée et d0uœment déchire Le voile ou le bandeau du profane moqueur. Ta muse est là. tout près, qui t’attire et t’emmène; Tu goûtes' à ton gré douleur ou volupté; Tu contemples d'en haut cette nature humaine Qui, folle, tremble et rit de son éternité!
Que te dirai—je encor pour te nommer la route Que tu gravis parfois, triste, 1asyou joyeux; L'homme, selon son art, regarde, lit, écoute... Voilà pourquoi le vers est la langue des Dieux! ÉMILE GEOFFR!AULT. EENSÉE Après le premier crime l’homme coupable s’est adressé directement à Dieu; après le second crime il n’a pu s’adresser qu’à l’esprit.
Lorsqu’ils descendent au dessous de l’esprit, il n’est pas jusqu’aux pierres qui nefassent prêtes à entendre l’apeu de leurs crimes. LOUIS CLAUDE DE SAINT-MARTIN. % À\
DANS LES SOCIÉTÉS L’École Hermétique a fait sa réouverture le 2 octobre. Le registre d‘inscriptions reste ouvert jusqu'au 1" novembre. Pour s’inscrire, il suffit de s'adresser, le lundi et le jeudi, de 8 heures à 9 heures du soir, au siège de l'École, 4, rue de Savoie. 4'10 La Société des conférences spiritualistex reprendra ses séances en octobre. Nous donnerons le résumé des princi pales conférences qui y seront faites. nU.
L'Ordre Martiniste donnera, cette année, une exten sion toute spéciale à ses fonctions d’initiateurs libres. Les délégués recevront toutes les instructions nécessaires à cet elfet. . 155 Une charmante réunion a eu lieu, le mercredi 9 octobre, chez Mme Rufina Noeggerath pour fêter ses quatre—vingts ans. Les spiritualistes de toute école ont tenu à venir pré— senter leurs compliments à leur vénérée « doyenne ».
Une union de cœur de cette sorte vaut mieux que des mois de négociations et de discours. Nous prions Mme Noeggerath de recevoir les respectueux hommages de l’Im‘tiatz‘on à l’occasion de cette heureuse fête. UNE' EXPÉRIENCE DE JULIA Dernièrement, un de nos amis rentre d'un long voyage de vacances et, à son retour, il va voir c Julia », l'entité qui parle par l‘intermédiaire de Mme Lay Fonvielle. Julia
LA MAÇONNERIE EN ÉGYPTE 85 lui annonce qu‘il a maigri. Le consultant était persuadé du œntraire, d’où ses dénégations. Mais Julia s’entête dans son idée. Il ne pouvait pas y avoir suggestion men« tale. Notre ami, pour en avoir le cœur net et comptant bien mettre en faute la lucidité du médium, court se peser. Il avait maigri de 4 kilogrammes.
La Maçonnerie en Égypte La Maçonnerie fut introduite en Egypte par l’armée de Napoléon 19“. dans les divers rites qui prévalaient alors en France. A partir de 1799 elle devint permanente et fut patronnée par le distingué Pasha Méhémet Ali, qui gouver— nait alors le pays.
En 1816, un certain frère nommé Sam Honis, du Caire, d‘accord avec l'aîné des Marconis, le marquis de la Roque, le baron Dumas et d’autres, fonda la Maçonnerie égyptienne à Montauban, en France, et celle— ci fut développée en 1838 en un rite de 95 degrés par le plus jeune des Marconis, surnommé de Nègre.
Il y eut alors un nouvel arrangement de la Maçonnerie en Egypte, par l’introduction de deux rites : l’Ecossais, de 33 degrés, et le rite de Memphis, de 96 degrés. Il faut noter ici que tous les rites à hauts grades s’adjugeaient le pouvoir de conférer les degrés symboliques, mais, en Amérique et dans ce pays, ce droit a toujours été abandonné en faveur des grandes loges régulières.
La Maçonnerie ayant été pri mitivement bien établie dans ces pays, ce droit a été ce— pendant reconnu par la Grande Loge d’Angleterre, si bien que, depuis l’incident avec le Grand-Orient de France, notre propre Grande Loge a toujours reconnu les Maçons réguliers du rite Écossais de 33 degrés de France.
En Egypte, la Grande Loge Nationale fut établie en :877,COmme une entité bien séparée du Grand-Orient d’Egypte, et un traité tripartite fut conclu entre la Grande Loge Régulière, le Rite Écossais et le Rite de Memphis : ce dernier fut reconnu par notre Grande Loge. C‘était un corps indé— pendant sous son propre Grand Maître, quoique derrière y;. . ..«;g;_. . u....... .4 a.w..nl.-e. -o .I.çw
86 L‘IN lTlATlON lui le pouvoir réel était le Grand-Orient des Rites Écossais et de Memphis. Un autre élément de conflit fut alors sanc tionné ou introduit par la Grande Loge d'Angleteræ sous la direction du F. Ralph Borg comme D. G. M. des loges anglaises établies en Egypte.
Ce que je viens d’écrire est une introduction au récit d’un incident assez sérieux qui se produit en ce moment, et dont je trouve un récit complet dans L’Egitto Masso nico du mois dernier. Le F. D. ldris Bey Ragib, le O.
M. de la Grande Loge, après avoir été élevé aux 33 degrés et 96 degrés des rites Écossais et de Memphis, après avoirpro— n_oncé les serments ordinaires de fidélité et d‘obéissance aux lois du Grand-Orient, s’affranchit de ses liens à cecorps, déclara l’abrogation du traité tripartite et l‘établissement d’une Grande "Loge du système anglais.
Il semble qu’il y ait eu une offense faite par l’établissement d’un Chapitre du Royal Arch du système anglais.
Nos propres Maçons de l’Arcb seront ennuyés de trouver une source d‘ofiense en cela, mais les circonstances nesont pas favorables, et les pays étrangers peuvent regarder cette affaire différemment, puisque l’ancienne Maçonnerie, originairement les Aînés gouvernant, est représentée par les 13 premiers degrés qui sont en ce moment près d’un siècle plus vieux que le Royal Arch anglais moderne.
Après avoir essayé toutes les. méthodes raisonnables de conciliation, le Grand—Orient somma Idrys Bey de comparaître devant la Haute Cour, dont le professeur F. F. Odi était président, le 13 juillet dernier, pour répondre à diverses accusations de calomnie, de mensonge, de trahison et de parjure, et, ldris Bey n’ayant pas paru devant la Cour après trois appels de son nom, sa défense fut prise par le F. Alfred Tilche, avocat.
Mais les accusations ayant été éventuellement déclarées prouvées, on procéda à son expulsion, et on ordonna d’effacer son nom des registres du Grand-Orient. Ce que voulait ldris Bey semble être un système appro— prié à ce pays, qui ne le dérange en’aucune façon en ce qui concerne le travail intellectuel, mais qui n’est pas un sys— tème agréable auxMaçons Français et ltaliens,et il aréelle ment vendu son droit d'ainesse pour un plat de soupe. Le résultat de ceci sera sans doute la reprise des degrés symboliques par le Grand—Orient, qui aura à maintenir à
W3 ... . cunomorml;mme 87 quelque distance, non sans iutte, le parti d’ldris Bey as sisté par celui de Borg; cela est grandement lamentable, car c‘est réellement le renouvellement en Egypte de nos propres ennuis du 18° siège entre les Maçons anciens et modernes, difficilement terminés en 1813. (Extrait du Masonic VVorld, de Manchester, traduit par Léon Boyer.) * cunen©rntäuaete MON CHER BONFRÈRÉ, L’idée me vient de vous écrire.
En lisant l’Initlalian reçue aujourd’hui, j‘y ai remarqué un article sur le traite ment de la rougeole par la lumière rouge, que l’on pré sentait comme nouveau; or, au débutde 1892, quand je me trouvais à Bordeaux dans le service de Moussous, on trai— tait les rougeoleux exactement de la même façon, évitant ainsi surtout les complications oculaires, mais cela ne fai sait rien sur la bron_cho-pneumonie, car nous avions une mortalité énorme.
Je me rappelle avoir entendu Moussous nous dire, et peut-être même avoir lu que. si ce traitement par la lumière rouge avait peu d‘importance pour la rougeole, il en avait beaucoup pour la variole, empêchant les pustules tout aussi bien que la médication éthéro-opiacée; les trous de la variole seraient donc ainsi des impressions chimiques.
De plus, quandje suis allé au Congrès de Nancy en 1896, j’ai vu à Maréville un certain nombre de cellules éclairées par en haut par des verres diversement colorés, on y- pla— çait surtout les maniaques ou mélancoliques et l‘on obte nait des effets d'excitation ou de sédation. Vous savez probablement tout cela mieux que moi, mais, l’ayant vu passer dans l’Initian‘on, j'ai cru bien faire de vous rappeler le fait. D' LAURENT.
88 L'INlTIATION Expériences de Mireille (1) Jusqu’à présent je n‘ai donné, à l'appui de la réalité des visions de Mireille,que son propre témoignage. J‘ai cepen dant essayé d‘en avoir d’autres en me servant de sujets amenés dans l’état d'hypnose, où ils disent percevoir des phénomènes analogues à ceux dont il a été question. J’ai eu ainsi deux séances avec deux contrôles différents.
Dans la première, celle du 24 juillet 1894. le contr5le était mon jeune ami Lament, dont les Annales des sciences psychiques ont publié (numéro de mai—juin 1895) les im pressions. Comme spectateurs, il y avait Mgr X., docteur en théologie, et M. Y., ingénieur, que je priai de rédiger cha cun séparément un compte rendu. Ce sont ces comptes rendus que je vais reproduire en regard l'un de l’autre avec leurs légères variantes.
A Dans la seconde séance, le contrôle fut Mme 2., femme fort intelligente, âgée d'environ soixante ans, qui, après avoir assisté chez moi à quelques expériences. me pria de la magnétiser pourlui donner par suggestion le sommeil, dont elle était privée depuis plusieurs mois.
Je réussis très faci lement, et il me fallut peu de temps pour arriver à exté rioriser son corps astral dans des conditions différentes de celles de Mireille. en ce sens qu’elle voyait à la fois son corps charnel et son corps astral, tandis que Mireille ne voit généralement que son corps charnel.
Le 20juillet 1895, j’endors Mme Z. , je la poussejusqu’au degré convenable, et je la prie de bien observer ce qui se passera; puis j‘endors Mireille et je provoque l’incarnation de Vincent suivant le rite ordinaire. (t) A la demande de plusieurs lecteurs, nous rappelons de curieuses expériences faites par un savant qui se déguise sous le nom de Lecomte et qui éclairent beaucoup les études faites actuellement sur des médiums.
EXPÉRIENCES DE MIREILLE . ‘ 89 Voici le compte rendu de la séance, rédigé par un des assistants : ( Mme Z. a vu son propre corps astralse former à envi ron un mètre à sa droite, sous la forme d’une nuée lumi neuse bleuâtre. Quand M. de R. a endormi Mireille, elle a vu se dégager de la tête de celle—ci comme une boule de lumière, qui s‘est fixée au-dessus.
« Mireille a alors vu le fantôme de Mme Z. à l'endroit indiqué; elle a vu, de plus,une traînée fluidique reliant ce fantôme au corps charnel de Mme Z. Cette traînée présente, vers le milieu de sa longueur, une partie beaucoup plus lumineuse que le fantôme lui-même.
Mireille dit que la lumière est due à l’esprit de Mme Z. qui a quitté son corps charnel, mais sans suivre complètement son corps astral; c’est pour cela que l’esprit de Mme Z., placé entre les deux, voit l’un et l‘autre, « Mireille interrompt ces explications pour dire que le cône qui transporte Vincent est arrivé; elle le voit dans un coin du salon qu’elle désigne; puis elle tombe en léthargie et se ranime au bout de quelques instants avec la person nalité de Vincent.
« Mme 2., qui, toujours endormie, suit attentivement ce qui se passe et le raconte spontanément, voit à l’endrôit désigné un cercle lumineux, dont les bords paraissent ani més d’une sorte de frémissement et qu’elle compare à un brillant ostensoir sans pied; de ce cercle descend, vers la boule de lumière qui se trouve au-dessus de la tête de Mireille, un rayon qui les relie.
« Au moment où s’est fait le changement de personna— lité. la boule de lumière est montée le long du rayon et est entrée dans le cercle; irflmédiatement après, une flamme est sortie du cercle, a suivi le rayon en sens inverse et est entrée dans le corps de Mireille. ‘ «Quand l‘incarnation a pris fin, Mme Z. avu une flamme remonter dans le cercle, et la boule lumineuse redescendre par le même chemin sur la tête de Mireille. » B En relisant les pages précédentes, je ne puis m’empêcher de penser que, si elles avaient été écrites par un autre, je serais extrêmement porté à n'y voir qu’un mélange de sou
90 L’INITIATION venirs, d'auto-suggestions et de suggestions de l'opérateur. Je me rappelle les cas de somnambules, poursuivant avec une logique rigoureuse, quelquefois pendant des mois en tiers, une série de visions dont la fausseté fut ensuite abso lument démontrée (1).
Je me dis que Mireille a une ima gination très vive, et qu’elle a bien pu céder, plus ou moins inconsciemment, au désir de se montrer en relation avec un être supérieur qui manque rarement l'occasion de lui faire des compliments.
Et cependant j’ai tâché d'éviter toutes les causes de sug gestion, j’ai obtenu le témoignage concordant des contrôles sur des phénomènes qui, n’ayant à ma connaissance jamais été décrits, n‘auraient pas dû se présenter à l'esprit s'ils n‘avaient point en quelque réalité.
Les termes difi'érents dans lesquels sont formulés ces témoignages tendraient, du reste, à prouver qu'ils sont dus, non àune transmission d’idées, mais à la production de faits réels. Quoi qu’il en soit, les récits de ceux qui se prétendent en communication avec les morts nous décrivent d’une façon raisonnable leur vie nouvelle et suffisent à faire rejeter un des principaux arguments des matérialistes.
4 Si avec les logiciens, dit M. Bourdeau (2), on admet que le critérium de lacertitude est l’inconcevabilité du con— traire, il serait facile de démontrer par l’absurdité de la négative la nécessité de la mort.
Quand on essaie de se représenter un état de choses dont elle serait exclue, on ne trouve, en effet, que conséquences irrationnelles, impos— sibilité pour la vie de se durer et de se développer. » Comment de telles affirmations osent—elles se formuler en présence des conceptions grandioses qu'ont inspirées aux penseurs une connaissance plus approfondie de l‘im mensité de l’univers et les preuvesinnombrables de l'exis tence de forces intelligentes que la science actuelle ne se refuse àadmettre que parce qu'elles ne rentrent point dans le cadre étroit de son enseignement?
Certes, nous pouvons être induits en erreur par ces en— tités dont nous neconnaissons pas la nature. Peut-être aussi (i) Les États superficiels de l‘hypnose, p. 50 — Les États profonds de l‘hypnose, p. 56. (a) Le Problème de la mort et la Science positive, 1893.
lLXPÉRLENCES ne MIREILLE 9! ces révélations sont-elles dues à une envolée de notre âme momentanément dégagée des liens du corps charnel, qui obscurcit les perceptions inhérentes à sa nature immortelle ?
Telle est l’hypothèse qu’adéveloppée un esprit des plus dis tingués en même temps que des plus positifs, l’historien Henri Martin, à propos des visions de Jeanne d‘Arc. ( Il existe, dit—il, dans l'humanité, un ordre exception— nel de faits moraux et physiques qui semblentdéroger aux lois ordinaires de la nature, c‘est l’état d’extase et de som nambnlisme, soit spontané, soit artificiel, avec tous ses étonnants phénomènes de déplacement des sens, d’insen— sibilité totale ou partielle du corps, d’exaltation de l‘âme, de perceptions en dehors de toutes les conditions de la vie habituelle.
Cette classe de faits aété jugée à des points de vue très opposés. « Les physiologistes, voyant les rapports accoutumés des organes troublés ou déplacés, qualifient de maladie l’état extatique ou somnambulique, admettent la réalité de ceux des phénomènes qu‘ils peuvent ramenerà la patholo gie et nient tout le’ reste, c'est—à-dire tout ce qui paraît en de— hors des lois constatées dela physique.
La maladie devient même folie, à leurs yeux, lorsqu’au déplacement de l’ac tion des organes se joignent des hallucinations des sens, des visions d‘objets qui n'existent que pour le vision— maire. « Un physiologiste éminent a fort crûment établi que Socrate était fou, parce qu’il croyait converser avec son démon.
« Les mystiques répondent non seulement en affirmant pour réels les phénomènes extraordinaires des perceptions magnétiques, question sur laquelle ils trouvent d’innom brables auxiliaires et d’innombrables témoins en dehors du mysticisme, mais en soutenant que les visions des extati ques ont des objets réels, vus, il est vrai, non des yeux du corps, mais des yeux de l’esprit.
L’extase est, pour eux, le pont jetédu monde visible au monde invisible, le moyen de communication de l’homme avec des êtres supérieurs, le souvenir et la promesse d’une existence meilleure d'où nous sommes déchus et que nous devons reconquérir. « Quel parti doivent prendre dans ce débat l’histoire et la philosophie i’
92 L'lNITIATION « L‘histoire ne saurait prétendre déterminer avec préci sion les limites de la portée des phénomènes, ni des facul tés extatiques et somnambuliques; mais elle constate qu‘ils sont de tous les lieux; que les hommes y ont tou jours cru, qu‘ils ont exercé une action considérable sur les destinées du genre humain; qu'ils se sont manifestés. non pas seulement chez les contemplatifs, mais chez les génies les plus puissants et les plus actifs, chez la plupart des grands initiateurs; que, si déraisonnables que soient beau coup d’extatiques, il n’y a rien de commun entre les diva gations de la folie et les visions de quelques-uns; que ces visions peuvent se ramener àde certaines lois; que les exta tiques de tous les pays et de tous les siècles ont ce qu'on peut nommer une langue commune, la langue des sym boles, dont la langue de la poésie n'est qu’un dérivé, langue qui exprime à peu près constamment les mêmes idées et les mémes sentiments par les mêmes imagesh).
« Il est plus téméraire peut-être d'essayer de conclure au nom de la philosophie; pourtant le philosophe, après avoir reconnu l’importance morale de ces phénomènes, si obscurs qu‘en soient pour nous la loi et le but, après y avoir distingué deux degrés: l’un inférieur, qui n‘est qu’une extension étrange ou un déplacement inexplicable de 3 l’action des organes; l’autre supérieur, qui est une exal tation prodigieuse des puissances morales et intellectuelles, le philosophe pourrait soutenir, à ce qu’il nous semble, que l'illusion de l‘inspiré consiste à prendre pour une ré vélation apportée par des êtres extérieurs, anges, saints ou génies, les révélations intérieures de cette personnalité in finie qui est en nous et qui, parfois, chez les meilleurs et les plus grands, manifeste par des éclairs de forces latentes dépassant presque sans mesure les facultés de notre con dition actuelle.
En un mot, dans la langue de l’École, ce sont pour nous des faits de subjectivité. Dans la langue des anciennes philosophies mystiques et des religions les plus élevées, ce sont les révélations du ferouer mazdéeu, du bon démon (celui de Socrate), de l'ange gardien, de cet autre moi qui n’est que le moi éternel, en pleine pos— session de lui-même, planant sur le moi enveloppé dans (l) Histoire de France, t. VI, p. 143. l.
EXPÉRIENCES DE MIREILLE 93 les ombres de cette vie (c‘est la figure du magnifique sym bole zor0astrien partout figuré à Persépolis et à Ninive : le ferouer ailé ou le moi céleste planant sur la personne terrestre).
«Nier l’action d‘êtres extérieurs sur l’inspiré, ne voir dans leurs manifestations prétendues que la forme donnée aux intuitions de l’extatique par les croyances de son temps et de son pays, chercher la solution du problème dans les profondeurs de la personne humaine, ce n’est en aucune manière révoquer en doute l’intervention divine dans ces grands phénomènes et dans ces grandes existences.
L’auteur est le soutien de toute vie, pour essentiellement indépendant qu’il soit de chaque créature et de la création tout entière, pour distincte que soit de notre être con tingent sa personnalité absolue, n’est point un être exté rieur, c’est-à-dire étranger à nous, et ce n’est pas en dehors qu’il nous parle; quand l’âme plonge en elle méme, elle l‘y trouve, et, dans toute inspiration salutaire, notre liberté s‘associe à sa Providence. il faut, ici comme partout, éviter le double écueil de l’incrédulité et de la piété mal éclairée; l’une ne voit qu’illusions et qu'impul siens purement humaines ; l’autre refuse d’admettre aucune part d’illusion. d’ignorance ou d'imperfection là où elle voit le doigt de Dieu.
Comme si les envoyés de Dieu cessaient d’être des hommes, les hommes d’un cer tain temps et d'un certain lieu, et comme si les éclairs sublimes qui leur traversent l’âme y déposaient la science universelle et la perfection absolue. «c Dans les inspirations le plus évidemment providentielles, les erreurs, qui viennent de l’homme,se mêlent àla vérité, qui vient de Dieu.
L’être infaillible ne communique son infaillibilité à personne. » C’est à quelque chose d’analogue à cette dernière hypo thèse que je suis tenté de m’arrêter pour le cas dont je viens de faire l’exposé.
D'une part, en effet, je suis très frappé par les change ments sinets et si réguliers d’états physiques correspondant aux phases diverses du dégagement; mais, de l’autre, je n’ai point osé m‘assurer si je ne pourrais pas reproduire, par de simples suggestions, ces changements d’état dont je ne m’explique du reste pas la cause. L’existence terrestre du
94 L’lNlTIATION prétendu Vincent rend difficile à comprendre sa progres sion si rapide: deux zones de mondes il Enfin, que pen ser enfin de phrases telles que celles-ci. —- « Voyons! entre hommes, nous pouvons bien dire cela. » — Ou bien en coreen parlant de Mireille: « N’est-ce pas qu'elle est belle ? » qui lui échappent parfois au milieu de conversations où il expose, avecune véritable éloquence, des doctrines du plus pur spiritualisme qui, d‘ailleurs, ne m‘étonneraient, ni pour la forme ni pour le fonds, dans la bouche de Mireille éveillée et un peu surexcitée (1).
Dans tout ce que je connais et tout ce que connaît Mi reille à l’état de veille, je n’ai rien trouvé qui puisse expli quer la conception du cône lumineux. Le colonel Olcott a bien voulu traduire le présent article en anglais, pour le publier, à Madras, dans le Theosophist et consulter à ce sujet ses lecteurs de l‘Inde. Peut-être trouverons-nous dans leurs réponses la solution de cette énigme. M. LECOMTE. Bibliographie H.
SELVA. — La Théorie des déterminations astrolo giques de Morin de Villefranche, conduisant à une mé thode rationnelle pour l’interprétation du Thème astro— logique. — Un vol. in—4 avec planches hors texte. —— Prix; 6 fr.
C’est le deuxième livre sorti dela plume de notre colla borateur et ami,oüsetrouvent résumées,avecuneadinirable netteté d'exposition, plus de dix années de travail opiniâtre. (1) Dans la séance du 24 juillet 1894, le prélat qui a rédigé l’un des procès—verbaux, voulant s’assurer que Vincent n’était pas un démon, le pria de réciter le Pater, ce qu’il fit avec une onction édifiante.
Puis, Mgr X. discutant avec lui sur ce qui se passait après la mort, Mireille, qui, éveillée, est très catho lique, l‘appelle respectueusement Monseigneur, finit par s’écrier d'un ton fort dégagé : «Allons donc! Monsieur l'abbé; je le sais mieux que par ouï-dire ; je viens d’y passer. 30
BIBLIOGRAPHIE 95 Je suis d’une incompétence rare dans l’étude de l’astro logie génethliaque; je ne puis donc donner ici aux lecteurs de l’Initial‘z’ori qu’une idée générale du présent livre et des doctrines y contenues.
L’œuvre de Jean—Baptiste Morin, l’Astrologia Gallica, comporte vingt-six livres; c’est le xx1° seul dont il s’agit ici; c il comporte l’étude des déterminations dont dépen' dent la direction dans laquelle s’exerce l’activité des in fluences astrales et les qualités des efi'ets qu‘elle produit. » Un influx astral quelconque possède deux sortes de propriétés ou deux déterminations: l’une, essentielle,qni comprend les qualités de l'influx en soi; l’autre,accidèn telle, qui est la modification de la précédente suivant les circonstances de temps et de lieu.
Cette dernière peut s’appliquer au monde sublnnaire tout entier, ou à une partie de ce monde (société, individu): c‘est ce que Morin appelle l’état céleste ou l’état terrestre de l’astre.
En outre, Morin rejette ce qu’on pourrait appeler l’as trologie systématique; les vertus des termes, des décans, des faces, des degrés de l’écliptique, les progressions annuelles, mensuelles et diurnes dont les Chalde’ens, les Égyptiens, les Arabes, les Kabbalistes nous ont laissé la nomenclature et qui servent de base à l’onomancie.
Notre auteur, au contraire, considère uniquement la position réelle des astres, la détermination mathématique de l’état du ciel. Dans l’astrologie.kabbalistique, l’interprétation du thème sera exacte selon l’intuition de l'astrologue; dans l’astrologie exacte, c’est une affaire de patience, de jugement et de sens critique.
Cette dernière tend don: à se ranger au nombre des sciences positives naturelles, et c’est l‘aspect sous lequel l’envisagent le plus grand nombre d’étudiants, surtout dans les pays de langue anglaise.
C’est en effet en Angleterre et aux États—Unis que nous trouvons actuellement l‘étude de cette science en honneur; mais, il faut le dire, il en est des livres qui s’y publient à peu près comme de ceux qui se rapportent au spi. ritisme: ils sonttous le développement, la copie, le résumé, ou la vulgarisation les uns des autres, et ce sont les œuvres de Wilson quiservent de thème, pourainsi dire inépuisable, à toute cette littérature. La traduction de Morin occupe 140 pages de l'ouvrage
96 L’INITlATION à"! de Selva; elles sont d'ailleurs résumées en 30 pages sous forme d’aphorismes clairs et concis; enfin, un supplé ment, extrait du xvr° livre de Morin, étudie les effets de l’approche et de la séparation des planètes, c’est—à-dire de leurinfluence pendant les périodes qui suivent ou qui pré cèdent leur conjonction.
Un appendice enfin donne les significations essentielles des 12 maisons, les tableaux des qualités élémentaires, des dignités, des débilités, des sexes des planètes et des signes du zodiaque, la valeur interprétative des planètes en exaltation, en exil, en chûte, en pérégrination, en concours réciproque, des significations des planètes pour la parenté, la profession, la fortune, la renommée, la mort, les lieux.
On trouve donc résumé dans un espace relativement court, sous un format commode, tout le côté pratique de l'interprétation des horoscopes ; nous devons de cela beau coup de remerciements à M. Selva, et nous formons le souhait que son travail serve d’exemple et soutienne la persévérance de ceux qui se sentiraient les capacités néces saires pour mener à bien des mises au point analogues pour les autres sciences ésotériques. Séma.
LIVRES REÇUS DARIO Vau.ozo, De Occultisme, traduction de la bro chure de Papus. Coritiba, 1901, petit ira-16. MAGNUS SONDAHL, Prehistoria, br. petit in-t6, à Bue nos—Ayres chez Julio Lion, c. Suipacha, 283 (2°). X. Dia Afi'aire Agrz‘ppina. Quipossède le secret de Mat tez‘ P Br. in-18. Leipzig, Arwed Strauch. D“ B.-B. BATABYAL, Guérison des fièvres. 3° vol. de la Bibl. allemande de médecine populaire, br.in-rS. Leipzig, Arwed Strauch. Le Gérant: ENCAUSSÈ. Paris-Tours. — lmp. E. ABRAULT et Cie, 9, rue N.-D.-de—Loretœ
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AVIS A‘ NOS LECTEURS Les œuvres de Louis-Claude de Saint—Martin ont été rééditées sous la direction de l’Ordre Martiniste. Chacune de ces rééditions est absolument conforme à l’original. Il est donc inutile de payer 25 ou 30 francs des volumes qu’on peut avoir à bien meilleur compte dans leur leur [carte intégral.
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