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, o o 0 L In 1t1 at1 0 n Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÊE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS I- l) O. ’14 Docteur en médecine — Docteur en kabbale 52"“)VOLUME. — 14”" ANNÉE SOMMAIRE DU N°12 (Septembre 1901) __..<__ PARTIE EXOTÉRIQUE Comment on lit dans la main (p. 195 à 198). . . Papus. PARTIE PHILOSOPHIQUE Le noyer (p. 196 à 207) . . . . . . . . . . . . Aug. Strindberg. Le grand solex! (p. 208 à 214) . . . . . . . . .
La physiologie de Paracelse (p. 215 à 222) . . . Sédir. La physionomique d’Aristote (suite etfin) (p. 223 à246) . . . . ..... . . . . . . ..... X. PARTIE INITIATIQUE Programme d’un cours de Kabbale (p. 247 à 272). . . Sédir. École hermétique. — Ordre Martiniste. — Une interview de Papus. —— Deux thaumaturges— La magie retrouvée.'— Revue des revues. — B1bl1ographœ. -— Livres reçus. — Nécrolog1e.
Tout ce qui concerne la Rédactionÿét les Échanges doit adressé 87, Jypflanard Montmorency, à Paris. Téléphone — 690-50 AI).\IINIS'I'R.\'I’I()N w ABONNEMENTS >* ANNONCILS‘ LIBRAIRIE PAUL OLLENDORFF PAINS 50. Chaussée—d’Antin, 50 -— PARIS Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS Y a . ....«; _
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Eflrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier.
L’Initialion est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains. \ Dans la Religion,à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte. la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’1nitian‘on adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l‘arbitrage contre l‘arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains: le cle’ricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initialion étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de 1’Hypnotisme et de la Magie. phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l'lnde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits.dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie (Exotérique) expose aux lectrices ces ques tions d’une manière qu'elles savent toujours apprécier. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie de la Revue (Initialique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà quatorze années d'existence.— Abonnement: 10 francs par an. (Les Collections des deux premières années sont absolument épuisées.) À-ahiflt x‘ nx .»u-... :-.n.« m... .,..-"__'
L'1nittalwn du 15 Septembre 1901 w PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE [1niliaiion la PARTIE INITIATIQUE SAINT-YVES D‘ALVEYDRE — AMO —-— F. CH. BARLET, S.'. I.'.â GUYMIOT. — MARC HAVIN, S.'. l.'. ,(I — JULIEN LEJAY, S.'. I.'. ÉMILE MICHELET, S.‘. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, 5.-. I.'. (D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. — PAPUS, S.'. 1.-. g"— D' R02IER. — SÉDIR, S.'. I.'. —- SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 10 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARBUK. -- AMELINEAU. — ALEPH. — AMARAVELLA. -— D' BARADUC. — SERGE BASSET. — Le I*’.'. BERTRAND 30' -— BLITZ. — BOJANOV. —— ERNEST Bosc. — J. BRICAUD. —- JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. -— ALBAN DUBET. — A. ERNY. — FABRE DES ESSARTS. — L. ESQUIEU. — DELÉZINIER. — JULES GIRAUD. — Dr FERRAN. — L. GOURMAND. — L.
HUTCIIINSON. —- .IOLLIVET CASTELOT. — E. LEFÉBURE. — L. LE LEU. -— L. LEMERLE. — LECOMTE. -— NAPOLÉON NEY. — G“ C. NOEL. — HORACE PELLETIER — PHANEG. —— G. l’OIREL. — QUESTOR VITŒ. —— RAYMOND. -— SA— BRUS. — L. SATURNINUS. — D” SOURBECK. -— TI-IOMASSIN. — TIDIA NEUQ. — G. VITOUX. — YAL'I‘A. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG.— JEAN DELVILLE. ‘— ESTRELLA. — E. Gon DEAU. —- MANOEL DE GRANDFORD. — L.
HENNIQUE. — GABRIEL DE LAUTREC. -— JULES LERMINA. — JULES DE MARTHOLD. — CA— TULLE MENDES. — GEORGE MONTIERE. —LÉON RIOTOR. — SAINT« FARGEAU. — R. SAINTE-MARIE. — ROBERT SCHEFFER. — ÉMILE SI— COGNE. — CH. DE SIVRY. a' 4. POÉSIE G. ARMELIN. —- CH. DUBOURG. — RODOI.PHE DAR2ENS. —JEAN DELVILLE. — YVAN DIETSCHINE. — E. GIGLEUX. — CH. (JROLLEAU. — MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. — EDMOND PILON. — J. DE TALI.ENAV. -— ROBERT DE LA VILLEHERVË.
L’1nitiation du 15 Septembre 190! l L’INITIATIQg (’f’ll‘iläl‘“) DIRECTION ADMINISTRATION 87, boulevard Montmorency, ABONNEMENTS TÊLÊ""°"E — “3‘50 PUBLICITÉ: VENTE AU NUMÉRO PARIS—A UTEUIL DIRECTEUR : PAPUS Buse-reux ADJOINT : Paul S ÉD I R Librairie Paul OLLENDOBFI" 50, Chaussée-d‘Antin, 50 Rédacteur en chef: F.-Ch. BARLET - Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un ‘n' '° fr' J. LEJAV — SABRUS ÉTRANGER, — [2 fr. RÉDACTION. -— Chrque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. Prière d’adresser tous les échanges: 87, boul. Montmorency, Paris Mxuuscnns. — Les manuscrits doivent être adressés à la re‘dactt’on. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d'avis.spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. L’Inilialion est, en France, le seul organe officiel des centres suivants : Groupe Indépendant d’Études Ësotériques. 1.600 Mem bres, 104 Branches et Correspondants. Ordre Martiniste. Ordre Kabbalistique de la Rose + Croix. École Supérieure libre des Sciences Hermétiques. Société Alchimique de France (avec la Revue l’Hyper chimie). \. Union Idéaliste Universelle. F. T.L. (section française). Rite Swedenborgien (Loge INRI).
JACO.B BŒHME COMMUNIQUÉ PAR L. BODIN, LIBRAIRE PARIS. -— 43, QUAI DES GRANDS—AUGUSTINS, 43.—- PARIS
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PARTIE EXOTÉRIQUE ,. r .J'@ŸÀ*% gigv),,æ*y a? sur u,,e,.«æ;æs“ïfi°flæ_, I Comment on lit dans la Main _— LES ÉPOQUES DES ÉVÉNEMENTS Nous connaissons maintenant les principaleslignes afférentes à chaque doigt. Prenons la ligne verticale qui aboutit au doigt de Saturne (Médius), le plus long doigt de la main. et remarquons que cette ligne, qui peut être droite ou brisée en plusieurs morceaux, partage la main en deux parties presque égales, une partie droite réservée à Hermès et à Apollon et une partie gauche réservée à Jupiter et à Vénus. C’est la Saturnt‘enne ou ligne de la Fatalité. De plus, elle coupe dans son trajet deux autres lignes: 1° La ligne de tête horizontale, qui est située entre la ligne de vie et la ligne du cœur. 2° La ligne de cœur . Cherchez bien dans votre main gauche et dans les mains de vos amis cette rencontre des lignes, car elle est capitale, à notre avis, pour donner des indications précises. En effet, la rencontre de la ligne de Saturne et de la ligne de tête indique 20 ans et les événements qui arrivent vers cette époque.
1 96 L’INITIATION [SEPTEMBRE ""‘I La rencontre de la Saturnienne et de la ligne du cœur indique 40 ans. Le milieu entre ces rencontres indiqué 30 ans. Chaque fois que la monotonie de la vie est coupée parun grave événement, il y a soit une coupure et un
rgor] COMMENT ON LIT DANS LA MAIN 1‘97 -—._i_ M. ._ ,., ‘ . . . . . _ . “u... Saut, soit une doublure par une seconde petite ligne de la Saturnienne. Quand on a découvert ces coupures et ces sauts, il faut encore faire une nouvelle remarque très impor tante. De quel côté se produisent-elles ? Côté Apollon ou côté Jupiter P C‘est une observation capitale à faire.
I 98 L’INITIATION Car si la coupure ou le saut de la ligne a lieu vers Apollon (à droite), cela indique de la gloire, un chan gement de position apportant des honneurs mais peu de profits matériels. Si, au contraire, le saut se fait vers Jupiter, il y a en même temps augmentation de profits matériels et de situation honorifique. Étudiez donc bien tous ces détails en vous repor tant aux figures et surtout à la main.
Car ces dé tails sont originaux et ne se trouvent pas dans les traités classiques. PAPUS. Les vérités fécondes et lumineuses existeraient moins pour le bonheur de l‘homme que pour son tourment, si l’attrait qu’il se sent pour elles était un penchant qu’il ne pût jamais satisfaire.
Ce serait même une contradiction inexplicable dans le premier mobile auquel tiennent radicalement ces vérités, qu‘ayant voulu les dérober à nos regards, il les eût écrites dans tout ce qui nous environne. SAINT-MARTIN, Tabl. Nat.
_ unit PHILOSOPHIQUE u scuiru L—=lfl_fl.l ou: Cette partie est ouverte aux écrivains de toute École. sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabzlrté exclusive de ses idées. LE NOYER La première fois, il y a sept ans, quela ressemblance d’une noix avec un cerveau me frappa, je réfutai l’idée d’une correspondance entre ces corps de provenance et de fonctions si disparates.
Or, l’automne dernier, en faisant germer des noix, le zeste qui partage en quatre parties les cotylédons éveilla mon attention par sa forme analogue au cor— pus callosum du grand cerveau et surtout au falx qui, lui aussi, sépare les deux hémisphères. Surpris, je me mis à étendre les comparaisons par peur d’aboutir à l’absurdum. En coupant la noix en deux il se présente deux moitiés séparées par la faux.
Ces hémisphères, com posés de substance blanche, sont couverts d'une pel licule gris brun traversée de vaisseaux et décèlent les circonvolutions, les sillons, les gibbosités d’un cerveau de mammifère. Or, dessous et derrière, le germe enfermant l’em bryon n’est plus fourni de circonvolutions, mais uni, strié juste comme le cervelet. La pellicule des cotylédons se colorait en noir par
200, L’INITIATION l’acide osmique, réactif ordinaire des substances ner— veuses et de l’écorce grise. Je fis des coupes transversales dans la noix, et je > vis : le trigbne, les ventricules, les cornes. Je recommencai à regarder les circonvolutions extérieures, et gyrusfrontalis.fissura Sylvii, gyms occiputalis, lobas... enfin tout était là.
Alors la peur me saisit, la peur de l’inconnu, que nous autres naturalistes ont cru avoir connu,et, hu milié, j’abordai le grand problème qui se cachait dans une noix... in nuce. Le microscope me révélait le tissu osseux et les‘ corpuscules osseux de la coquille de la noix, et les réactifs chimiques me prouvaient que la noix était enfermée dans un crâne, entouré d’une peau (le brou) et re'vêtu en dedans par une dura mater.
' Six semaines durant je fis germer des noix, et, comme une moelle épinière, la racine descendait du germe poussant des radicelles latérales, simulant les nerfs mixtes.
Maintenant, et c‘est le point capital, la physiologie nous enseigne que la moelle épinière est formée d’une substance grise à l’intérieur et une substance blanche à l’extérieur, et que dans le bulbe rachidien un entre crbisement a lieu de façon que dans l’encéphale le gris soit mis dehors et le blanc dedans.
Aussi bien la botanique nous instruit que dans la racine le bois est situé en dehors et le liber en dedans, mais que dans le collet un entrecroisement a lieu de: manière que dans la tige le bois reste dedans et le liber‘ dehors.
LE NOYER 201 L’analogie est donc parfaite. Et si l’on se rappelle quel rôle autrefois on a attri bué au col de la racine, étant le nœud vital, le seul poiht où une blessure tue la plante, personne n’hési tera d’avouer qu’il y a là un rapport avec le bulbe rachidien où un coup d’aiguille tue tandis que le cer— veau atteint sous le crâne enfoncé n’amène pas sou vent la mort.
Lecteur, sans lâcheté et sans préjugés, j’ai témoigné du courage en établissant en raccourci les ressem-' blances d’une noix avec un cerveau, entre la graine d’une plante et le centre de la pensée chez un animal. Regardez la section verticale d‘un cerveau humain et observez cet organe qui se présente comme une feuille et qui ramène l’idée à la vie végétale. C’est l’intérieur du cervelet, ap pelé autrefois et encore aujour— d’hui l’arbre de vie.
Un zeste végétal au milieu de la tète, l’arbre de la vie ombragé de l’arbre de la connaissance! Lecteur vaillant! observez un moment cette figure illustrant la naissance d’un homme. C'est un fœtus humain à la huitième semaine. Une plante qui germe; la racine, le collet, les cotylédons, sur lesquels est greffé... un homme.. La botanique nous enseigne que les Lichens sont créés par une symbiose d’une algue et un champi— gnon. Or, le champignon est censé être un animal,
202 L'INITIATION un polype terrestre dépourvu de la faculté motrice, et l’algue est une plante, dont les anthérozoïdes sont des animalcules doués de mouvements spontanés. ' Le Lichen offre donc un exemple de symbiose entre animal et plante, et les arborisations de l’allanto‘ide d’un fœtus humain nous indique le chemin à suivre la prochaine fois que l’on s’avisera à révéler l’origine de l’homme.
Y L’enfant n’est qu’un animal aquatique flottant dans un liquide privé d’air et attaché par des feuilles vé gétales aux parois de l’utérus, où l’ovule comme une graine a pris racine (I). ' Le corail est un animal qui se fait plante pour se constituer en partie comme pierre. L’un n’est pas plus absurde que l’autre, et les diffé rences entre les règnes de la nature n’existent que dans les systèmes.
Pour les fonctions des cotylédons de la noix, ou a été d’accord de les regarder comme nourrices qui allai tent le germe. C’est vrai que la noix broyée à l’eau donne un lait dont savent tirer parti les habitants de l’Amérique du Nord (juste comme les falsificateurs du lait se servent de cervelles broyées, encore une analogie). Mais les expériences m’ont éveillé des doutes.
Après avoir fait germer une noix, je trouvai la ra— cine longue de 7 centimètres et large de 3/4 de centi mètres. La tigelle avait poussé de 1 r/2 centimètre,et les feuilles, qtmique transparentes et grêles, montraient le caractère des feuilles futures. (I) La plante dans la graine possède tous les caractères d‘un animal bilatéral (Haeckel).
LE NOYER 203 . Les cotylédons étaient frais, gras, plutôt grossis et sans odeur mauvaise. Par là il semble que les cotylédons n’aient pas joué de rôle, et les biologistes assurent que dans les labo ratoires on élève des plantes artificiellement après l’ex tirpation des cotylédons. La médecine nouvelle a commencé à révoquer en doute la localisation distincte des fonctions même physiologiques.
Il y a trente ans, on avait reconnu l’ignorance complète de la fonction de la rate. Dix ans plus tard, cet organe élaborait les corpuscules blancs du sang. Aujourd’hui on a recommencé à avouer son ignorance.
Autrefois, les poumons pompaient l’air, mais, après avoir observé des phtisiques traînant leur existence presque privés de poumons, on a reconnu que cet or— gane est très favorable mais pas nécessaire, et que les phtisiques expirent par épuisement général. . Les reins ne sont plus des appareils distillatoires, puisque les liquides odorants se présentent dans l’urine trop tôt pour avoir pu passer la circulation.
Le foie est reconnu avoir d’autres fonctions que de travailler la bile. ‘ Les vaisseaux sanguins mêmes ne sont pas des tubes conducteurs, lorsque le microscope a montré le pas— sage libre des leucocytes à travers les parois si fermes des artères. La glande thyroïde, toujours mystérieuse et regar— dée comme superflue, a regagné une certaine autorité. En un mot, on ne sait plus rien, et voilà le com mencement de la sagesse.
204 L'lNIT1ATION En passant, il y a quelques mois, dans les caves des Halles parmi les étalages de boucherie où toutes espè‘ ces d’intestins et beaucoup de cervelles étaient expo sées, cette idée m'est venue subitement : Ce cerveau, qui est construit comme les intestins grêles,ce serait une machine à penser? Non, mille fois non. Le cerveau est un intestin, une glande, un or gane à fonction mixte, ou nulle.
Peut-être d‘origine inconnue, comme son but. J’avoue qu’il y a des phi losophes qui pensent à la machine, qui sentent, qui jugent à la machine, mais ce n’est qu‘une métaphore, une boutade que je retire. Les fonctions de l’encéphale, si fonctions distinctes existent, quelles sont-elles P Je n’en sais rien, mais les faits suivants peuvent servir comme indications à suivre. L’armature, la carcasse du corps humain, c’est le squelette.
Le squelette, la partie la plus indestructible, immortelle, qui survit la mort et la décomposition, les os, qui traînent encore frais dans les tombes de l’âge de pierre, seraient dépourvus d’un organe qui les élabore et les nourrit ? Il y a des raisons qui conduisent la pensée à adjuger au cerveau le rôle de nourrices à la partie immortelle du corps humain. Et les voici, ces raisons.
La composition chimique du cerveau et du sque lette coïncide à peu près : phosphate de chaux, graisse, etc. Après la mort, le squelette et le cerveau ne se dé— composent pas, mais se transforment, de manière que le cerveau reste dans la capsule osseuse comme «une
LE NOYER _205 terre glaise ». Une vue générale du système nerveux montre les mêmes contours que celle du squelette, c’est dire que les éléments dits nerveux accompagnent l’ossature. Les ganglions de l’écorce grise ressemblent aux corpuscules osseux} Le cerveau est plus grand et plus développé chez les vertébrés, et chez les poissons à squelette gélati neux le cerveau est à l’avenant.
L’accroissement du cerveau de l’enfant est à raison directe avec le développement de l’ossature. Les crétins à cerveau défectueux sont généralement des nains. Les géants, hommes d'une stature extraordinaire, meurent souvent à cause des tumeurs cérébrales. Le cerveau peut s’ossifier dans certaines maladies. AUX INITIÉS Des miettes recueillies dans la vieille sagesse con-— servée par les poètes et les légendes populaires. .
Le noyer, Juglans Regia, glans Jovis, attire la foudre. Le noyer ne prospère ni dans la forêt, ni dans le jardin; individualiste, l’ami des hommes, il aime le grand chemin, et, afin d‘en avoir une forte récolte, il ne faut pas cueillir les fruits, mais frapper tout l’arbre avec des perches. (Flagellation? ou la bataille P) Le noyer se nomme en allemand wal—nuss, en suédois walnot.
La racine Wa.’ signifie tous les mots sur le Champ de bataille, d‘où Wal-kyria, Wal-hall. Les Égyptiens défendaient de manger des fèves pour
206 L’INITIATION des raisons religieuses: les fèves étaient «les têtes des morts », et Pythagore refusait de passer un champ de fèves parce qu’elles vivaient. L’ombre du noyer est nuisible (mal de tête), disent les uns; très sain, disent les autres. Eau distillée sur les noix est bon contre le mal caduc, paralysie et stérilité. Le noyer, en chinois He—Fao-Hou-Fao, contre la rage. Les Ménades tuèrent Orphée et furent métamor phosées en arbres.
Hieronymus Magius (Bonn, i555) écrit: « Orpheus, poeta antiquissimus, idem ante cxisti masse memoratur.
Nonulli occultæ Philosophiæ, seu potins Philomonæ sectatores, resurrectionem qui dem fatentur, sed hominem ex quodam pedis ossæ, tanquam ex semine reparandum dicant. » « Andreas Vesalius... inquit : Quin etiam in pede, quem homo quadrupedibus multo breviorem obtinet, 't0tidem ac in manu exigua occurrunt ossicula, quæ sesamisemini comparamus, quanquam primo pollieis internodio, hic duo longe grandiora quam in manu subjiciantur, horumque interius illud sit quod occultæ Philosophiæ sectatores corruptioni neutiquam ob noxium esse affirmant, et tantisper in terra asseruan dum nugaciter contendunt, dum id resurrectionistem pore seminis mode hominem producat. » « Thalmudistæ hæretici aliique auctores hebræi non dissimilia effutiun‘t.
« Hominem enim nonissima die reparandum rage -nerandumque putant, ex asse incorruptibili (hoc qui dem caluariæ basim, sive in ipsa basi aut nuca vocata,
LE NOYER 207 esse commenti sunt : alii primam ex vertebris duode cim a qua thorax initium habet, quæ eum capa! collumque inclinamus, maxime eminet extuberatque) quodipsi Lug appelant. » Les Perses appellent le noyer Lug. Initié, sapere, aude! Je n’ose pas tirer les conclu sions, pas encore. Les anneaux de la chaîne sont là. Aqui de les raccoupler? Raspail: nouveau système de chimie organique, Paris, 1833. Page 272.
«Corps blancs qui se forment dans un kyste, au niveau de l’articulation du poignet. (Cf. ci-dessus Hieronymus Magius: « ossicula... primo pollicis internodio. ») « Depuis 1717, les chirurgiens ont eu dix à douze fois l’occasion d’observer, au niveau de l’articulation du poignet, une espèce de tumeur enkystée, divisée intérieurement en deux poches communiquant entre elles, et dans le liquide desquelles flottent librement des petits corps blancs, lisses, élastiques, quoique durs, ovoïdes, gibbeux ou obscurément triangulaires, et de la grosseur d’un pépin de poire. » «Ces corps étaient-ils des concrétions organiques albumineuses ou de toute autre nature, comme l’avaient décidé, après un simple examen, Bose, Du méril et Cuvier ? « Ou bien étaient—ce des corps organisés, comme le soupçonnait Dupuytren ? » ’ Auousr STRINDBERG. Juin 1896.
LE GRAND SOLEIL (HeIianthus Annuus) ANALOGUES. - CORRESPONDANCES. -— HARMONIES A. Monsieur, Guymiot. . Veux-tu connaître l’invisible, observe minutieusement le vi sible. - (Talmud.) Il y a vingt ans, je lisais les notices botaniques d’Elias Fries, dernier élève de Linné en Suède.
En discutant la question de préférence entre les fleurs, l’auteur adjugea le prix au Tournesol, par ces rai: sons-ci : Le Soleil. le tout-puissant, source de vie, de lumière, de force, fait subir son influence directe surtout au règne végétal. , . , Les plantes, filles du Soleil, s’adaptent au maître et aspirent à en rendre l'image.
Aucune n’a réussr dans cette tendance comme le tournesol, qui en rend le portrait, le disque et les rayons, qui en suit les mou: vements, et qui accomplit sa période de végétation dans un an, le passage du Soleil par les douze mai— sons zodiacales.
LE GRAND SOLEIL 209 A cette époque-là on ignorait les « correspondances» de Swedenborg, et les « harmonies » de Bernardin de Saint—Pierre étaient oubliées. La faculté mentale de « voir des ressemblances partout » n’était pardon nable “que chez les poètes, innocents faiseurs de métaphores, impardonnable chez les autres, qui furent nommés aliénés. La découverte de Fries fut donc écartée comme une très belle figure de rhétorique, et on passa outre.
L’année passée, les œuvres posthumes de Bernardin de Saint-Pierre me révélèrent le monde des harmo nies, et chez l’auteur de Paulet Virginie,ailleurs ingé nieur au cadastre et directeur du Jardin des Plantes, je retrouvai la pensée de Fries mais plus développée et plausible. Et la voici : « En commençant par son harmonie solaire, nous verrons que les arbres sont en rapport immédiat avec -le Soleil, par les cercles concentriques de leurs troncs.
Ces cercles sont toujours en nombre égal à celui des révolutions annuelles de l’astre du jour...La Lune, de son côté, paraît étendre son influence sur les herbes. J’ai remarqué dans les racines de celles de nos jardins des couches concentriques en nombre toujours égal à celui des mois lunaires qu’elles avaient mis à croître: c’est ce qu’on peut voir surtout dans celles des carottes, des betteraves, et dans les bulbes des oignons.
Peut-être était-ce à cause de ces rapports lunaires que les Égyptiens avaient‘con sacré l’oignon à Isis, ou à la Lune, qu’ils adoraient sous le nom de cette déesse. » Le Soleil et les plantes. — Guidé par mon pédagogue 14
2 10 L'INITIATION et maître, j’entamai la recherche des harmonies du tournesol et du Soleil, dont je rends ici quelques notes détachées, avec la prière aux initiés de m’en dire une autre fois plus long et plus profond. Le tournesol, le grand soleil, Sun/tower, die Sonne, Œlt’anthus annuus, est originaire du Pérou, nous enseigne la botanique. Article Pérou (Larousse). Pérou, pays du Soleil, culte du Soleil ; gouverné par le Fils du Soleil, Inka.
Le culte principal: une image du Soleil tournée vers le Soleil levant, gardée de vierges du Soleil. Est-ce assez de soleil P Non, pas encore. Les couleurs nationales du Pérou sont rouge‘ et blanc, les deux couleurs du feu, et de la résurrection, et du Soleil. Et la monnaie courante se nomme aujourd’hui encore sol.
Harmonies physiologiques. — Le disque renferme des fleurs herma— phrodites, et les rayons des fleurs de femelles stériles. (Phœbus et Diana P) Feuilles en cœur, à trois nerfs. Le réceptacle alvéo— lé. Alvéole veut dire cellule d’abeille, et l’abeille visite ces fleurs de préférence, en y puisant le miel jaune d’or, ce miel dont se servent, par harmonie incons— ciente, les doreurs pour broyer la poudre d’or.
Le Soleil est l’or ; les deux portent le même signe @. Le Soleil est l’or ; la Lune est l’argent.Treize lunes sur un soleil; treize parties d’argent équivalent en prix à une partie de l’or (XVIIIe siècle, B. de Saint—Pierre.) Coupez la tige du tournesol et séchez la moelle, ..,mnfli"’« ' : ’ r. m. _ 'II‘4—l‘4-i 3'. Land.
LE GRAND SOLEIL 2! I ’ mais doucement au-dessus de la flamme d’une allu mette. Elle se dore, avec un faible éclat métallique. C’est de l'or, non mûr, comme dirait M. Tifi'ereau', une esquisse de l’or. Brûlez la moelle, et le charbon ressemble à un bronze, fait connu des anciens chimistes. Est—ce de l’or ? Berthollet répondit oui, en affirmant que toutes les cendres végétales renfermaient de l’or.
Et, afin de le prouver, il extrayait 40 ;% grains d’or de 1 quintal de cendres ordinaires. D’ailleurs, la moelle du tournesol sert à la fabrica tion de la potasse, Oxyde de métal carbonaté. Elle a aussi servi comme Moxa, brûlée sur la peau contre certaines maladies. Usages. — Le bon Soleil, en s’incarnant dans cette plante plus imposante que belle, y a déposé tous les biens indispensables aux mortels.
Le feu du ciel s’y est emmagasiné dans le bois, de sorte que dans un pays non boisé les. habitants profitent du tournesol comme chauffage. , Les graines rendent une huile jaune d’or, excel— lente pour éclairer, médiocre à manger, sans pareille pour la fabrication des couleurs et des savons.
Les graines produisent enplus une semoule, farine, beurre, eau-de-vie, bière. ’ Les feuilles sont mangées par le; bétail, et de la moelle on fabrique du papier. ‘ La moelle revient toujours, et elle mérite une mention spéciale. La chimie nous instruit que cette moelle est soluble dans l’acide azotique. Ce n’est plus
. 7.....2—.+.—k‘€-‘—‘&L’T.:—z. :.:- ;. . ': ':1:,: . . 2 I 2 L’INITIATION de la cellulose, qui ne se dissout qu’en oxyde de cuivre ammoniacal. Mais, distillée, elle produit de l’ammo niaque, ce qui indique une origine plutôt animale, plus différenciée, quoique la botanique ne nous ait nullement éclairé sur le rôle de la moelle végétale en général. .
Aux initiés je recommande, en dépit de toutes les botaniques laïques, cette expérience, qui ne prouve rien et dit tant de choses. . Coupez des tranches de la moelle du tournesol avec un rasoir. Regardez le camée qui se présente en blanc sur jaune,montrant l’image de quelqu’un, stilisée comme la figure sur une monnaie archaïque grecque ou,si vous préférez,la tête d’une statuemexicaine (pé rouvienne) ou autre chose encore. Qu’est—ce ?
Je ne saurais le dire. Chauffez-la, et elle se dore comme j’ai raconté ci-dessus.
Le Soleil, l’or, le tournesol l Delestre, dans sa superbe astronomie théocentrique, nous raconte: « Pendant l’éclipse de Soleil du 12 décembre I871, observée à Shoolor (lndoustan), M. Janssen n’aperçut dans la couronne aucune trace d’anneau, mais comme une fleur lumineuse gigantesque dont les pétales ogz'uaux traçaient de vives traînées, représen tant la structure de la voûte étoilée, dans la région de cette voûte alors traversée par l’éclipse. » Maintenant l’harmonie du Soleil et du tournesol établie, avançons vers les correspondances ultérieures.
Le Soleil s’est transubstantié en tournesol : le SO ]eil s’est incarné dans l’œil; donc il doit y avoir par .. .----...._______
LE GRAND SOLEIL 2 I 5 analogie une correspondance occulte entre le tour nesol et l’œil. Ce qui est! Une coupe transversale de l’œil humain parla sclé rotique montre un tournesol parfait. Je finirai par une dénonciation renouvelée de moi même en rendant l'honneur à mon pédagogue, tou jours Bernardin de Saint-Pierre, occultiste scienti— fique avant l’occultisme moderne.
Et je laisse parler ce grand initié, dont les Harmonies de la nature m’ont servi de point d’appui dans mes investigations encore rudimentaires (t). « Mais ces effets de la réverbération (du Soleil) sont surtout sensibles dans les fleurs : ce sont des réver bères qui renvoient les rayons solaires de toutes parts.
Voyez un rodhodendron ou un rosier fleuri, vous croi riez qu’une flamme est attachéeà chacune de leurs fleurs ; une lumière sensible s’en fait apercevoir au loin. Façonnées en miroirs plans, concaves, parabo liques et quelquefois vernissées, comme celles de nos bassinets, les fleurs produisent encore plus fortement (l) Voir Œuzmæs posthumes de B. de Saint-Pierre,mises en ordre par L. Aimé-Martin. —Paris, Lefèvre, 1838. (Page 29 et d’autres.)
2 14 L’INIIATION . . . 7 . . .. a_——n-——u——u un.—-=;=-L —;— : ..; . .... -... . ..; 2.. que les simples feuilles les effets des murs et des ados de nos jardins. ‘ « Il est possible qu’il y ait des fleurs entièrement patronnées sur le Soleil. Nous en trouvons dans les orchis, qui imitent la forme d’une abeille, d’autres des figures humaines, et sont pour cet effet appelées personnées.
Pourquoi n’y en aurait—il pas qui, dans leur intérieur, contiendraient une topographie de l’astre du jour, qui a sur elle tantd'influence. Les asters sont rayonnants comme des astres dont ils portent le nom. La marguerite imite, dans son disque entouré de pétales et couvert de fleurons, un des hémisphères de la terre avec son équateur et ses genres de végétaux disposés en spirales.
Il est possible qu’une fleur ren ferme dans son sein le plan même du Soleil,que nous refusent nos télescopes. Pourquoi n’y en aurait—il pas où seraient figurés les premiers linéaments de cet astre lorsqu’il y en a tant qui nous représentent des figures d’insectes, d’hommes? » Aucusr STRINDBERG.
Bien qu’il n’y ait pas de chemin plus court, pour être de’Iiuré de tout égoïsme et du régime de I'Esprit de ce. monde, que de passer par la pauurete’ chris tique, — presque tout le monde en a honte, en meä prise les partisans et les considère comme des pha rtsrens. J .-G. GXCHTEL. d’oiseaux, et de têtes d’animaux et' =‘ ;5 ._|g'..&«‘ ,
La physiologie de Paracelse L’homme est composé de troiË parties : une divine, venant de Dieu, comprenant le libre arbitre et la vo lonté, capable, chez les sages, de gouverner complè tement les deux autres : c’est l’Ame. Une seconde partie, qui est l'Esprit, venant du Firmament, c’est-à-dire des roues astrales.
Une troisième, qui est le Corps, venant de la terre, Nïétant pas un mystique, mais physiologiste, natu raliste, médecin et magicien, Paracelse ne s’occupe pas de l’Ame; il étudie l’Esprit surtout dans ses rela— tions avec le Corps, et le Corps dans le jeu de ses dy namism es fonctionnels.
L’Esprit vient du chaos aérien et stellaire;il porte en lui le résumé de toutes les forces astrales, on l’ap« pelle Mens; ses facultés embrassent ce que l’École appelle la psychologie en même temps que les opéra tions de la Vie physiologique. Lorsqu’une âme est appelée à descendre sur la terre, elle se choisit dans la mer astrale un spiritus approprié à sa propre nature, à celle des parents terrestres età sa destinée future d’incarnation.
Les Esprits des pa rents se conjuguent comme leurs corps et collaborent à la procréation du germe spirituel de l’enfant. De cette semence spirituelle vient la vie organique m,,_.M, . ,. 7 , rv— -.æ..sz. x «
2 t 6 L’INITIATION parce qu’elle contient en puissance un esprit vital qui se développera dans l’atmosphère fluidique de la terre. Paracelse considère ce développement comme la balance ou la polarisation en équilibre instable d’une dualité qui, à l’état statique, s’appelle esprit et corps; à l’état physiologiquç, absorption et élimination; à l’état biologique, vie intellectuelle et vie végétative.
Ainsi l’homme visible et l’homme invisible sont dans une relation de réciprocité. Le premier agit sur le second par les perceptions, le second agit sur le premier par l’imagination. On conçoit donc l’imagination comme une faculté vivante, comme le médiateur plastique d’Eliphas Lévi. L’homme spirituel descend ainsi dans la matière par les cinq sens; et le corps de chair montejusqu’au corps astral par les digestions et les purifications de sa vie.
Quand la conception aeu lieu, l’esprit du fœtus re çoit les impressions des astres à travers l’esprit de la mère : d’où l’importance de la vie psychique pendant la gestation. Une fois l’enfant né, il agit suivant les inclinations des astres d’abord, ensuite de son atavisme; le tout est dirigeable et rectifiable par la volonté. La volonté dirige donc la motricité, et son instrument est la foi.
L’humeur radicale de l’esprit dirigé par le concours des esprits des, parents produit l’esprit vital ; de même que la semence matérielle produit une humeur vitale qui est physiologique. L’esprit vital meurt dès
LA PHYSIOLOGIE DE PARACELSE 217 que la vie s’éteint, au moment marqué par Dieu et qu’on peut découvrir astrologiquement. Ainsi le temps exerce sur l’humeur vitale (de la vie organique) une action corruptrice qu‘il est possible de ralentir, mais non d'arrêter entièrement. Donc, d’après Paracelse, l’immortalité terrestre est impossible. A l’esprit vital appartiennent la force, la puissance, la vie et le baume.
Ce baume e'st la force de conserva tion qui a son siège dans le cœur et qui se spécialise dans les divers organes anatomiques. Notre corps est ainsi le champ de bataille de deux forces : l'une as trale, qui tend à retourner dans sa matrice cosmique et qui se compose de sel, de soufre et de mercure; et l’autre électromagnétique, dans la chair, le sang et les membranes,qui lutte contre la première au moyen du baume, agent conservateur.
De la liqueur vitale viennent aussi les qualités men tales ou psychiques. L’Esprit, puissance invisible et impalpable, peut dominer le corps par la pensée, en passant par le mens.
Il est l’œuvre de la volonté, tout au moins quant à son développement; il se spécifie pour diriger toutes les fonctions organiques; pour cela, ces spécifications sont au nombre de sept, correspon dant aux planètes comme suit : Le cœur possède un esprit solaire, Le cerveau — lunaire, La rate — saturnien, Le poumon —— mercurien, Le rein —— vénusien, La vésiculebiliaire — martien, Le foie —— jupitérien.
2 t 8 L’INITIATION La matière du corps représente la Terre. Chacun de ces esprits va du cœur à son lieu et en revient. Les astres exercent une influence sur le corps; et les organes, astres du corps, exercent à leur tour une influence les uns sur les autres. Les astres, dans leur mouvement, dégagent une exhalaison spirituelle qui, mêlée à l’atmosphère ignée de la terre, produit une essence qui porte leur influx sur notre esprit.
Ce n’est pas cette essence astrale qui fournit la ma tière de notre esprit; c’est le milieu même danslequel se meuvent les astres; et ce milieu, évertué par la force atavique des parents, forme l’essence de la semence.
Le milieu astral vit et s’organise sous la direction du M ou Magnale universel, qui est le principe magné tique des mondes; appliqué à l’individu humain, il noue le lien qui attache la vie à notre corps; il lutte contre l’action d’un agent appelé archée destructeur, cause efficiente de la décrépitude, tendant à réduire notre corps à sa dernière matière par la chaleur et les combustions organiques qu’il dirige Voilà comment l’enfant naît avec son firmament et ses sept planètes: c’est l’Ens naturale.
On trouve aussi dans l’homme les quatre éléments: Le Feu sort de lui par les yeux; . L’Eau s’y trouve dans tous les vaisseaux; L’Air y est le moyen des mouvements; La Terre, enfin, y entre par les aliments. D’autre part, les complexions, qu’il ne faut pas confondre avec les qualités psychiques, se déterminent par le goût de l’Ens naturale. -
LA PHYSIOLOGIE DE PARACELSE 219 'F'._ L’amertume produit la complexion colérique ou bi lieuse; L’acidité produit la complexion mélancolique; La douceur produit la complexion phlegmatique; La salinité produit la complexion sanguine.
Tout est dans l’homme : les mouvements des Étoiles, les propriétés des Éléments, les substances des trois règnes, les fluides atmosphériques; mais ces choses existent en lui virtuellement et non pas subs— tantiellement; il y a de l’or dans le corps, mais qui n’a pas le même aspect que l’or de la Nature.
Les substances de notre corps peuvent se classer en quatre groupes : le sang, la graisse et les muscles, l’eau de la moelle et des os, les résines et les gommes des viscères et des tendons ; le corps des animaux peut aussi être séparé de la même façon et fournir ainsi des médicaments précieux.
On se rappellera pour leur emploi que : La vie de l’homme est un baume astral, un feu cé— leste; La vie des os est la mumie; La vie du sang est le spiritus salis ', La vie du bois est la résine; La vie des plantes est une liqueur de la terre; Et la vie métallique, une graisse cachée venue du soufre; et aussi que les créatures des trois règnes ont un Sel pour corps, un Mercure pour Esprit et un Soufre pour Ame. t «sur» Tout dans la Nature est mêlé de bien et de mal, de
2 20 L’INITIATION pur et d’impur; tout aliment contient donc un baume et un poison, un conservateur de notre corps et un destructeur; c’est l’estomac qui est le grand alchi miste; quand il travaille bien, il chasse les poisons absorbés par les ouvertures du corps. Le mercure est éliminé par la peau ; Le soufre blanc par les narines ; L’arsenic par les oreilles; Le soufre par les yeux; Le sel dissous par la vessie; Et le soufre putréfié par l’anus.
Chacune des fonctions de la vie organique est de plus gouvernée par un esprit qui est l’Archée; il y a ainsi l’Archée de la digestion, l’Archée de la respira— tion, etc. En outre de la corruption intérieure, apportée par l’ingestion des aliments, nous sommes défendus contre la corruption du milieu par la peau comme par un bouclier.
Cependant, quand le baume du corps a été surpris, la maladie entre en nous, ou plutôt elle s'y développe; car nous portons dans notre Spiritus, corrompu de— puis la chûte de notre premier père, les germes de toutes les maladies. Ainsi toute maladie est, en son essence, une expiation.
Les maladies entrent soit par l’Ens ou être phy sique, soit par le Mens ou être psychique; dans ce dernier cas elles viennent, ou d’un influx pernicieux des astres, ou des enchantements d’un magicien noir, ou de l’imagination d’un ennemi, ou de la nôtre propre. ‘ > s- ‘**"°' 7 . :m..t
LA PHYSIOLOGIE DE PARACELSE 221 " Ainsi, c’est le malade lui-même qui se nuit dans les cas de succubat et d’incubat, en ouvrant une porte à l'action mauvaise des diables.
Les maladies chroniques viennent des étoiles; Les maladies aiguës, des éléments; "" Les maladies naturelles, de la complexion; Les maladies colorantes, des humeurs. * 44 La mort de l’homme consiste dans l’enlèvement de l’air vital, l’évanouissement du baume, l’extinction de la lumière naturelle et la séparation du corps, de l’âme et de l‘esprit. Le corps physique retourne à sa matrice, la terre.
Le corps céleste ou spirituel continue quelque temps à vivre; c’est lui qui apparaît sous la forme de spectres, visions,fantômes, etc., puisil va se dissoudre v dans le chaos aérien. Enfin, l’âme retourne à sa source divine.
Il faut noter ici que, quand l’homme est mort, ses parties constituantes matérielles continuent d’agir pendant quelque temps ; leurs esprits vitaux particu— liers ne les quittent pas de suite ; ces effluves consti— tuent la mumie; ils sont revêtus d’une force magné« tique qui, lorsqu’elle est grande, possède un aimant capable de produire des guérisons étonnantes. * e«v» Telles sont les grandes lignes de l’enseignement de Paracelse sur le fonctionnement organique de la ma— chine humaine ; — nous nous permettrons de conseil
22 2 L’INITIATION ler à ceux de nos lecteurs qui voudraient assentir com plètement à l’esprit de ce système, de réduire en ta— bleaux les données contenues dans les quelques pages qui précèdent.
Pour ceux qui n'ont pas la facilité de lire en latin ou en allemand les œuvres de ce Para celse, nous leur recommanderons les livres de Bou ché, de Franck, d’Eliphas Lévi ; celui de Marc Porno pée Colonne, qu'a réimprimé la Thérapeutique inté— grale, et surtout l’excellente étude du Dr Louis Durey, que Vigot vient de publier sous le titre de : la Méde— cine occulte de Paracelse. SËDIR.
« En efi‘et, le Judaïsme est au Christianisme ce que ce dernier est à un troisième terme supérieur, dans lequel chacun des deux doit être transfiguré.
Si l’on interprète la parole de saint Paul : « Par, auec et en Dieu, » dans son véritable sens, alors, comme il est vrai que la parfaite habitation de I’Esprit divin dans l’homme-esprit est le but et le sabbath, il devient Néuz'dent que ce trozsiême moment a dans les deux anté— 'cédents, per-habitation et co-habitafion, — à la fois ses prédécesseurs et ses coopérateurs. dontla présence dans le temps, ainsique la disparition, sont purement phénoménales. » ' Fa. vos BAADER.
LA PHYSIONOMIQUE Œuvre apocryphe d’ARISTOTE (S aile) Les poils épais sur le ventre sont signe de loquacité ; ce trait se rapporte à l’espèce des oiseaux; il est un signe corporel à eux particulier et dénote le caractère intellectuel de la propension au bavardage. La chair dure et luisante est signe de stupidité; souple, de nature distinguée et d’inconstance, si ce trait ne se joint pas à un corps robuste et à des membres vigou reux.
Les mouvements lents dénotent une âme molle; les vifs, une âme ardente. La voix forte et éclatante dénote le courage; la voix aiguë et faible, la lâcheté. Les apparences du visage et ses expressions ont de même une signification qui concorde avec celle des passions: par exemple, si un homme a l’expression de l’homme en colère, ce signe montre qu’il est porté à cette passion.
Le mâle est plus grand que la femelle et plus robuste; il a des membres plus vigoureux, plus gros, plus musclés, convenant mieux pour déve 1opper toutes les vertus (naturelles). Les signes qui
2 24 L’INITIATION [SEPTEMBRE sont la résultante des sentiments qui surviennent, et qui sont déterminés par les mouvements et les expres sions, ont plus de force que ceux qui sont dénotés par l’allure générale du corps (I). Croire à la signifi cation d’un seul signe, c’est absolument une sottise; mais vous jugerez avec plus de vraisemblance de la vérité de plusieurs signes relevés qui concordent pour donner une même signification.
Il y a encore une méthode pour juger du caractère ; cependant personne ne l’a employée: par exemple, si c’est une nécessité que l’envie entraîne la haine, la lâcheté, le physionomiste pourra, sans voir le caractère de l’envie, déterminer son existence d’après celle de ces traits.
Cette manière de juger sera surtout spéciale au philosophe: car nous devons penser que c’est le propre de la philosophie d’affirmer que telle chose aura lieu nécessairement quand il y a des signes certains que telle autre est en puissance; ceci a lieu quand,grâce à leur opposition, nous connaissons par cela même, grâce aux passions, l’existence des vices.
Quant à la passion, l’observateur jugera de la voix aiguë qu’elle doit être attribuée à l’homme irascible, pour deux raisons: celui qui s’impatiente et se fâche élève la voix et parle sur un ton aigu; celui qui est dans un état de tranquillité abaisse sa voix et parle sur un ton grave.
D’autre part, les animaux coura— geux ont la voix grave; les lâches, la voix aiguë, par exemple le lion et le taureau, le chien, porté à aboyer, les coqs de bon tempérament, ont la voix très forte; (I) Remarque répétée dans la conclusion. ..—..e.‘::._r_ll«lfll‘;._
1901] LA PHYSIONOMIQUE D’ARISTOTE 225 mais le cerf et le lièvre ont la voix aiguë. Mais il vaut peut—être mieux dans ces cas ne point affirmer qu‘un animal est brave ou lâche parce qu’il a la voix forte ; au contraire, nous devons juger que le'brave a la voix forte; le lâche, la voix faible et hésitante.
Il est très bon, quand les signes ne s’accordent point, mais sont contraires d’une certaine façon, de ne rien décider, à moins qu’ils ne se rapportent à ce que nous avons dé— terminé au sujet de ceux qui sont plus significatifs que d’autres, et de les reporter aux espèces, mais non à tous les genres: car tout ceci est plus conforme à nos recherches, puisque nous n’étudions pas le carac tère de tout le genre humain, mais d’une des espèces qui sont dans le genre.
CHAPITRE 111 Voici les signes du caractère viril : poils durs, habi< tude du corps droit, os, côtes, membres forts et grands, ventre large et resserré, épaules ouvertes, larges et écartées, sans être trop épaisses, cou robuste, sans être trop charnu, poitrine charnue et large, cuisses sèches, jambes fortes vers le bas, œil fauve, pas très ouvert, pas tout à fait fermé, couleur du corps sale, front resserré, droit, ni grand, ni petit, ni lisse, ni tout à fait ridé.
Voici les signes du lâche: poils mous, corps pesant, non agile, jambes grosses vers le haut ; un peu de pâleur au visage ; yeux faibles et cli— gnotants, membres faibles, jambes petites, mains petites et longues ; reins petits et faibles ; figure tendue I5
226 L’INITIATION dans les mouvements; il n’est pas alerte, mais en dormi et stupide; l’expression du visage est la mobi lité et la bassesse.
Voici les signes de l’homme d’une nature agréable: chair trop humide et molle; non pas luisante ni très grasse ; omoplates ouvertes et maigres ainsi que le cou; de même pour le visage ; et les parties environnant les omoplates bien liées, les inférieures tombantes ; les côtes bien dégagées ; le dos revêtu de peu de chair; le corps blanc et pur avec coloration rouge; la peau fine ; poils ni très durs ni très noirs; oeil fauve,ardent.
Voici les signes de la sot tise: les parties qui entourent le cou et les jambes, charnues, complexes et bien liées; cotyles ronds, omoplates ouvertes et tombantes ; front grand, rond, charnu;œil pâle et terne; jambes épaisses vers les malléoles, charnues et rondes ;. cou épais; face char nue, assez longue. Les mouvements, l’apparence du corps, l’expression de la face ont des caractères cor respondants(1).
Voici les signes de l’impudent: œil ouvert et brillant, paupières épaisses et gonflées de sang; il est un peu courbé; les épaules sont ouvertes et bombées; il ne se tient pas droit, mais un peu pen ché; il est prompt dans ses mouvements; son corps a de la couleur, provenant de celle du sang; sa figure est ronde, sa poitrine large.
Voici les signes de la mo destie: lenteur dans les mouvements et la parole, voix douce et expressive; œil peu brillant, noir, pas - très ouvert; pas tout à fait fermé, remuant avec len— teur; celui qui remue vivement signifie tantôt la fi) Remarque importante. H ' 1;; ' ,...‘-' i -Ü_»Mi.læi
LA PHYSIONOMIQUE D’ARISTOTE 227 lâcheté, tantôt la chaleur. Voici les signes de l’homme à caractère facile : front large, charnu et lisse; les par ties qui entourent l’œil, tombantes; le visage paraît un peu somnolent, et non beau ou pensif; il est lent et mou dans ses mouvements; l’expression et l’air du visage dénotent, non,pas la promptitude, mais le bon caractère.
Voici les signes de la tristesse: face ridée, yeux petits, resserrés ', les paupières ont la significæ tion de molle féminité, et aussi de faiblesse et de tris tesse; le visage est humble ; les mouvements sont modérés.
Voici les signes de la dépravation: œil fati gué; genoux s’entrechoquant; tête inclinée à droite; mains gesticulant en haut d’une façon énervée, dé—‘ marche double, agitant tantôt les reins de tous les côtés, tantôt les retenant; yeux au regard circulaire, comme celui de l’ancien sophiste Denys.
Voici les signes de l‘avarice: figure grinchue, mai gre, de couleur sombre; les entours du visage comme sillonnés; face rugueuse, non charnue; cheveux droits et noirs. Voici les signes de la colère : corps droit, d’apparence bien bâti, .vif, un peu rouge; épaules ouvertes, écartées, grandes et larges; membres grands et forts; peu de poils à la poitrine et aux aines; barbe assez abondante ; chevelure riche et flottant en arrière.
Voici les signes de la douceur: apparence forte, bien charnue; chair abondante et humide; bonne grandeur, bonne proportion ; air endormi; chevelure relevée en haut. Voici les signes de la ruse: les alentours de la face gras, ceux des yeux ridés; l’air du visage est comme endormi. Voici les signes de la timidité : petitesse des membres, maigreur frêle, x-.. '\
228 L‘INITIATION __‘T_Ê délicate, petits yeux, petite figure, comme serait un Corinthien ou un Leucadien. Les joueurs ont les bras courts et l’allure sautil lante. Ceux qui aiment à médire ont la lèvre supé— rieure gonflée; quant à l’allure, ils sont penchés en ,avant, un peu rouges. Les hommes qui sont sensibles à la pitié sont tous de peau fine, de couleur blanche; ils ont les yeux brillants, les narines ridées en haut, et la larme facile.
Ces hommes aiment les femmes, engendrent des filles, sont amoureux par complexion, ont de la mémoire, de l’intelligence et de la chaleur (de cœur). Leurs caractères ont été indiqués. L’homme accessible à la pitié est sage, modeste dans son igno— rance ; son opposé est ignorant et impudent. Le vorace est reconnaissable à l’espace du nombril à la poitrine, plus grand que celui de la poitrine au cou.
Le libidineux est blanc de teint. chevelu, de cheveux droits, épais et noirs ; ses cheveux se relèvent droits sur les tempes; son œil est brillant et lascif. Ceux qui aiment à dormir ont les parties supérieures plus déve loppées. ressemblent aux vautours, ont de la chaleur, une chair de belle apparence, le ventre épais (1). Ceux qui sont doués de mémoire ont les parties supérieures assez petites, plutôt polies et charnues.
CHAPITRE [V L’âme et le corps me paraissent se communiquer mutuellement leurs impressions; le changement de (r) J’ignore pourquoi l’auteur choisit l’amour du sommeil comme trait distinct de la paresse.
LA PHYSIONOMIQUE D’ARIS’I‘OTE 229 l’état de l’âme |change en même temps le tempéra» ment; réciproquement, la mutation du tempérament amène celle del’état de l’âme ; car, lorsque la tristesse et la joie se font sentir à l’âme, il est évident que les hommes de caractère mélancolique sont plus tristes, et les joyeux plus gais.
Si donc il pouvait se faire que l’âme continuât d’exister séparée de son enveloppe cor— porelle, cette harmonie continuerait de se manifester dans cet état nouveau ; cependant ceci ne pourrait pas durer longtemps; maintenant il est évidentquel’un suit l’autre.
Qu’on remarque surtout cette évidence par ceci : la folie paraît entourer l’âme, de sorte que les médecins, en purgeant le corps et en le nourrissant d’aliments spéciaux, délivrent l’âme de ce fléau. Ainsi, les soins donnés au corps guérissent cette enveloppe de l’âme, en même temps que l’âme est délivrée de la folie. Puisque leur soulagement est simultané, il est évident que ces deux éléments vivent dans l’union.
En outre, il est évident que les facultés de l’âme correspondent à des formes phy— siques analogues ; tout dans les animaux prouvera le même fait. Beaucoup des actions des animaux corres pondent à des tendances particulières de chaque espèce, ou bien à des tendances communes. Des actes particuliers de l’âme correspondent donc à des impressions physiques particulières du corps, comme des actes communs aux impressions com— munes.
La lubricité et l’extase vénérienne sont des 'phénomènes communs ; commune aussi est la lubri cité des bêtes de somme; comme le penchantà l’amour chez les ânes et les porcs. Un caractère propre aux
2 30 L’INITIATlON chiens, c’est d’être agressifs; aux ânes. d’être inoffen sifs. On a dit comment il convient de distinguer le commun et le propre; mais pour parvenir il faut une longue pratique à l‘homme qui doit acquérir la capacité de traiter de ces questions.
Puisque les signes physiques sont dits se rapporter à des similitudes qu’on tire des animaux, ainsi que ceux qui provien nent des actes; et puisque d’autres distinctions pro— viennent de la chaleur et du froid, et que certains signes physiques offrent assez peu de différence pour recevoir le même nom, comme la pâleur qui pro vient de la crainte et celle qui provient du travail (car elles ont la même dénomination et peu de diffé— rence entre elles), à cause de cette raison, dis—je, il n’est pas facile d’en faire la distinction, si la longue pratique ne nous permet pas de déterminer le trait prédominant (i).
Excellente et très rapide est la mé— thode qui se rapporte à cette forme; aussi celui qui en fait usage peut distinguer bien des choses. Ceci n’est pas seulement d’une utilité générale, mais d’une utilité spéciale pour le choix des signes : car chacun de ceux qui ont été choisis doit convenir par la raison même qui lui donne un sens spécial.
En outre, dans le choix des signes et le raisonnement dont il est besoin en toute occurrence, il faut ajouter aux traits existants ceux qui concordent avec eux, comme si vous constatez l’impudence et la mesqui nerie. le penchant au vol et l’avarice. Le penchant au vol sera la suite de l’impudence; l‘avarice, de la parci (1) Bonne remarque.
LA PHYSIONOMIQUE D’ARISTOTE 231 momie. En tous ces cas il faut user de la méthode d’adaptation. CHAPITRE V Maintenant je vais commencer à essayer de faire des distinctions parmi les animaux, pour montrer ce qu’il faut changer chez e11x pour qu’ils soient braves ou lâches, juStes ou injustes. L’animalité comprend deux formes, le mâle et la femelle, si l’on ajoute ce qui convient à chacune ; mais la similitude existe.
Nous essayons donc plutôt de nourrir les bêtes sau— vages femelles que les mâles, parce qu’elles sont de caractère plus doux et plus mou, avec moins de vi gueur, et acceptent plus facilement l’éducation et la transformation par l‘homme; aussi, étant telles, elles seront en quelque sorte moins colères que les mâles. ‘ Cela est en quelque sorte évident pour nous : puis que, quand nous sommes vaincus par la colère, nous ne nous laissons plus facilement convaincre et nous luttons pour ne céder rien sur rien; même nous sommes portés à user de violence et à faire tout ce que la colère nous inspirera.
Les femelles me parais— sent nées plus mauvaises, plus lascives, plus faibles que les mâles. Donc les femelles, et même celles que tous élevons, ont ces caractères visibles d’une cer— taine façon; quant à celles qui habitent la forêt, tous Êes chasseurs et les bergers reconnaissent qu’elles sont ce que nous venons de dire. Mais ceci est encore évi ”“Î
2 3 2 L’INITIATION dent, par ce fait que les femelles de chaque espèce ont la tète plus petite, la face plus resserrée, le cou plus mince, la poitrine plus faible, ainsi que les côtes, les cuisses et les jambes plus charnues que les mâles; elles plient les genoux et ont les jambes frêles, les pieds plus fins, l’apparence de tout le corps plus gra— cieuse que vigoureuse; elles ont moins de muscles, plus de mollesse, parce qu’elles ont des chairs plus humides ; au contraire, les mâles de toutes les espèces sont naturellement plus braves et meilleurs par carac tère, tandis que la nature de la femelle la porte à la faiblesse et au caprice.
Puisqu’il en est ainsi, le lion semble de tous les animaux reproduire de la manière la plus parfaite les caractères mâles: il a le visage large, la face plutôt carrée, pas très osseuse, la mâ choire supérieure non proéminente, ma's égale à l’inférieure, le nez plutôt épais que mince, les yeux fauves, enfoncés, ni trop ronds ni trop oblongs, de grandeur moyenne, les sourcils forts, le front carré, au milieu plutôt un peu creux; de plus il y a comme un nuage au bas du front versles sourcils et le nez.
Sur le front, près du nez, il a des poils inclinés et comme penchés en arrière vers le haut, la tête de grosseur moyenne, le cou d‘une bonne longueu, d'une médiocre épaisseur, vêtu de poils fauves, ni hérissés, ni très retournés, qui sont autour des clav‘-‘ cules plutôt dénoués que serrés, les épaules fortes, 11 poitrine vigoureuse, la poitrine large, les côtes forte: appuyées sur une échine assez solide; les cuisses ne sont pas charnues, les jambes sont robustes et ner veuses, la démarche est souple, tout le corps est ner .cuîi
LA PHYSIONOMIQUE D’ARISTOTE 233 veux et musclé, ni trop dur ni trop mon ; il marche avec lenteur, s’avançant à grands pas, secouant les pieds en marchant. Telle est sa nature physique; quant au caractère de l’âme, il est prompt à donner, libéral, magnanime, aimant àvaincre, doux, juste, porté à aimer son entourage.
Mais le léopard, chez les animaux qui paraissent être courageux, a plutôt la forme féminine, sauf quant aux jambes: il s’en sert pour certains actes de vigueur : il a la face petite, la tête grande, les yeux petits, très clairs, creux, plutôt égarés, le front oblong, plus rond que plat vers les oreilles, le cou assez long et faible, la poitrine munie de mauvaises côtes, le dos long, les jambes et les cuisses charnues; les flancs et le ventre presque glabres, la couleur variée, tout le corps mal conformé et mesuré.
Telle est sa nature physique; quant à ce qui est de l’âme, il est lâche, voleur, et, pour le juger d’un mot, trompeur. Nous venons d’énumérer les animaux qui parais sent braves, ceux qui offrent spécialement le carac tère mâle et le caractère féminin; on peut facilement déjà trouver les autres caractères ; tous les traits des animaux qu’il convient d’observer pour connaître le caractère, seront énumérés dans un chapitre sur le choix des signes.
CHAPITRE VI Voici comment il faut entreprendre de choisir les signes chez les hommes. Ceux qui ont les pieds bien faits, grands, souples et nerveux, ont l’âme vigou
2 34 L’INITIATION '-»r‘.; reuse : ils se classent dans le genre mâle. Mais ceux qui ont les pieds petits, resserrés, mal articulés, qui ont l’allure plus gracieuse que robuste, ont l'âme molle et se classent dans le genre femelle. Ceux qui ont les doigts des pieds courbés sont im pudents, comme ceux qui ont les ongles courbes; ils ont des rapports avec les oiseaux munis d'ongles courts.
Ceux qui ont les doigts de pied étroits sont ti mides; ils ont des rapports avec les perdrix des lacs, qui ont des pieds étroits. Ceux qui ont les articula— tions souples et bien musclées ont l'âme vigoureuse; ils seront classés dans le genre mâle. Ceux qui ont les articulations charnues et peu musclées ont l'âme molle; ils seront classés dans le genre féminin.
Ceux qui ont les jambes souples, musclées et fortes ont l’âme vigoureuse; ils seront classés dans le genre mâle. Ceux qui ont les jambes minces,mais musclées sont libidineux ; ils se rapportent aux oiseaux. Ceux qui ont les jambes très pleines et comme peu séparées sont lubriques et impudents, ils seront classés. dans le genre qui leur convient. Ceux qui ont les cuisses osseuses et musclées sont robustes; ils seront classés dans le genre mâle.
Mais ceux qui ont les cuisses os— seuses et charnues sont mous ; ils seront classés dans le genre féminin. Ceux qui ont les fesses osseuses et pointues sont forts; ceux qui les ont charnues et grasses sont mous; ceux qui les ont recouvertes de peu de chair, comme dénudées, sont mauvais; ils ont des rapports avec les singes.
Ceux qui ont les reins forts aiment la chasse; ils ont des rapports avec les lions et les chiens; chacun peut voir que les chiens
LA PHYSIONOMIQUE D’ARISTOTE 235 ardents à la chasse ont les reins vigoureux. Ceux qui ont le ventre peu fourni sont robustes; ils se classe ront dans le genre mâle; ceux qui, au contraire, sont bien fournis de ce côté sont mous ; ils seront classés dans le genre qui leur convient. Ceux qui ont le dos large et robuste ont l’âme forte; ils se classeront dans le genre mâle.
Ceux qui ont le dos étroit et faible sont mous; ils se classeront dans le genre féminin. Ceux qui ont de fortes côtes ont l’âme forte; ils seront clas sés dans le genre mâle. Ceux qui ont les côtes faibles ont l’âme faible ; ils se classeront dans le genre fémi nin. Ceux qui sont gros des côtés et comme enflés sont loquaces et bavards ; ils ont des rapports avec les bœufs ou avec les grenouilles.
Ceux chez qui il y a plus de distance du nombril au bas de la poitrine que de ce point au cou, sont voraces et insensibles, vo races parce qu’ils ont un grand récipient pour mettre les aliments ; insensibles, parce que le siège des senti— ments est étroit et uni au lieu qui reçoit la nourriture, de sorte que la sensibilité souffre de la réplétion de l’estomac ou bien de son vide.
Ceux qui ont la poi trine grande et musclée ont l’âme forte ; ils se classent dans le genre mâle. Ceux qui ont l’entre-deux des épaules grand, bien charnu et musclé ont l’âme forte; ils se classent dans le genre mâle. Ceux qui l’ont pe tit, peu charnu et peu musclé, ont l’âme faible; ils se _classent dans le genre féminin.
Ceux qui_l’ont très courbé et dont les épaules sont resserrées vers la poi trine sontde nature malheureuse; ils seront classés dans le genre qui leur convient, parce que chez eux sont sacrifiées les parties qui devaient attirer le regard en
2 36 L’INITIATION avant du corps. Ceux qui ont cette partie creuse sont orgueilleux et sans jugement; ils ont des rapports avec les chevaux. Cet espace ne doit être ni très bombé ni creux: l’homme bien fait doit l’avoir moyen. Ceux qui ont le haut des épaules et les épaules bien articu lés ont l’âme forte ; ils se classent dans le genre mâle.
Ceux qui ont les épaules faibles et mal articulées ont l’âme faible; ils se classent dans le genre féminin. Je dis la même chose des pieds et des jambes. Ceux qui ont les épaules bien dégagées ont l’âme libérale; ils seront classés d’après leur belle apparence, à la quelle convient la libéralité. Ceux qui ont les épaules gênées et contractées ont le caractère peu ouvert; ils seront classés selon ce caractère.
Ceux qui ont les cla vicules bien dégagées ont les sens actifs: car,quand ce trait existe, le mouvement des sens se transmet facile— ment. Le trait contraire concorde avec la pesanteur : car, lorsque ces parties manquent de souplesse, la transmission des impressions sensibles s’effectue pé niblement.
Ceux qui ont le cou épais ont l’âme forte; ils se classeront dans le genre mâle; ceux qui l’ont petit sont faibles; ils se classeront dans le genre fémi nin. Ceux qui ont le cou épais et charnu sont coléri ques; ils ont des rapports avec les taureaux furieux. Ceux qui l’ont large, mais mon très épais, sont ma gnanimes; ils ont des rapports avec les lions. Ceux qui l’ont frêle et allongé sont timides ; ils ont des rap ports avec les cerfs.
Ceux qui l’ont très court sont ru sés ; ils ont des rapports avec les loups. Ceux qui ont les lèvres minces, relâchées aux commissures,au point que dans le resserrement de la bouche les supérieures
LA PHYSIONOMIQUE D’ARISTOTE 237 couvrent les inférieures, sont magnanimes; ils ont des rapports avec les lions; on remarquera ce trait chez les chiens vigoureux et de grande taille. Ceux qui ont les lèvres sèches, dures, de sorte que la partie supérieure corresponde aux dents canines, sont gros siers; ils ont des rapports avec les pourceaux.
Ceux qui ont les lèvres épaisses, la supérieure débordant l’autre, sont insensés; ils ont des rapports avec les ânes et les singes. Ceux qui ont la lèvre supérieure et les gencives proéminentes sont hargneux ; ils ont des rapports avec les chiens. Ceux qui ont le bout du nez épais sont lents; ils ont des rapports avec les bœufs. Ceux qui ont le nez épais à la partie supérieure sont stupides; ils ont des rapports avec les pourceaux.
Ceux qui ont l’extrémité dunez pointue ont la colère facile; ils ont des rapports avec les chiens. Ceux qui ont le‘bout du nez rond, mais obtus, ont magnani mes; ils ont des rapports avec les lions. Ceux qui ont le bout du nez grêle ressemblent aux oiseaux. Ceux qui ont le nez recourbé depuis le front sont impu dents; ils ont des rapports avec les corbeaux.
Mais ceux qui l’ont recourbé, séparé toutefois du front par un sillon, sont magnanimes ; ils ont des rapports avec les aigles. Ceux qui ont le nez creux vers le front, arrondi, puis recourbé à la partie inférieure, sont portés à l’amour; ils ont des rapports avec les coqs. Ceux qui ont le nez camus sont libidineux; ils ont des rapports avec les cerfs.
Ceux qui ont les na rines ouvertes sont colériques: nous leur attribuerons les passions de ce genre. Ceux qui ont la face char nue sont lents; ils ont des rapports avec les bœufs.
238 L’INITIATION Ceux qui ont le visage maigre sont inquiets ; ceux qui l’ont rempli sont paresseux; ils ont des rapports avec les ânes et les cerfs. Ceux qui ont la face petite sont craintifs; ils ont des rapports avec le chat et le singe. Ceux qui ont la face grande sont endormis; ils ont des rapports avec les ânes et les bœufs. Puisqu’elle ne doit être ni petite ni grande, la largeur moyenne sera la forme convenable.
Ceux qui ont la physionomie mesquine manquent de générosité; ils seront classés dans le genre qui leur convient. Ceux qui ont les paupières inférieures pendantes comme des outres sont adonnés au vin : ils ont l’apparence propre à cette passion; car ceux qui boivent avec excès ont les paupières gonflées comme des outres; ceux qui offrent ce trait sont somnolents: le caractère de la somnolence, c’est que l’homme, éveillé, a les paupières alourdies.
Ceux qui ont les yeux petits sont pusilla— nimes; ils seront classés dans le genre qui leur con vient et parmi les singes. Ceux qui ont les yeux gros sont endormis ; ils ont des rapports avec les bœufs. L’homme bien doué n’aura les yeux ni petits ni gros. Ceux qui ontles yeux renfoncés sont mauvais; ils ont des rapports avec les singes.
Ceux qui ont les yeux proéminents sont stupides; ils sont rapprochés des ânes et classés conformément à ce trait. Puisqu’il ne faut pas avoir les yeux proéminents ou creusés, le ca ractère moyen conviendra. Ceux qui ont les yeux lé gèrement arrondis sont magnanimes, à l’instar des lions; ceux qui les ont plus arrondis sont comparés aux bœufs. Ceux qui ont le front petit sont indociles; ils ont des rapports avec les pourceaux. Ceux qui ont
LA PHYSIONOMIQUE D’ARISTOTE 239 le front trop allongé sont endormis ; ils ont des rap— ports avec les bœufs. Ceux qui ont le front rond sont stupides ; ils ont des rapports avec les ânes. Ceux qui ont une assez grande portion de front plane sont sa gaces; ils ont des rapports avec les chiens. Ceux qui ont les sourcils proportionnés au front sont magna— nimes; ils sont classés parmi les lions.
Ceux qui les ont nuageux sont hardis ; ils tiennent du taureau etdu lion. Ceux qui les ont étirés sont flatteurs, d’après le signe de cette passion: chacun la peut voir dans le chien qui fait un front doux quand il caresse. Lorsque le sourcil nébuleux Signifie la hardiesse, l’air souriant du front l’adulation, la signification moyenne de ces deux traits devra être retenue.
Ceux qui ont le front . plissé sont moroses ; ce trait se rapportera à cette pas— sion, la tristesse, qui plisse le front; ceux qui l’ont abaissé sont accablés de tristesse ; ce trait se rapporte à la tristesse, qui fait courber la tête. Ceux qui ont la tête forte ont de la sensibilité, à l’instar des chiens; ceux qui l’ont petite sont stupides, à l’instar des ânes.
Ceux qui ont la tète pointue sont impudents, à l’ins tar des oiseaux qui sont munis d’ongles aigus. Ceux qui ont les oreilles petites ressemblent aux singes; ceux qui les ont grandes aux ânes ; on verra les meil leurs des chiens avoir des oreilles moyennes. ’ Ceux qui sont très noirs sont lâches, comme les Égyptiens et les Éthiopiens. Ceux qui sont très blancs sont lâches, comme les femmes. La couleur qui cor respond au courage doit tenir le milieu. Les hommes blonds ont la magnanimité, comme les lions.
240 L’INITIATION \i Les roux sont très rusés, comme les renards. Les hommes pâles, de couleur trouble, sont timides; ce trait se rapporte à l’impression que produit la crainte. Ceux qui ont la couleur jaunâtre sont froids; ce qui est froid se meut difficilement ; ces hommes, remuant difficilement leurcorps, seront lents (1). Ceux qui ont la couleur rouge sont prompts, puisque tout ce quiest physique rougit quand le mouvement produit la cha— leur.
Ceux qui ont la couleur enflammée sont portés à la colère, parce que ce qui est physique, étant très échauffé, a la couleur de la flamme; ceux qui sont très échauffés seront donc portésà la colère. Ceux qui ont cette couleur sur la poitrine ont une colère terrible ; ce trait est celui d'une passion: la poitrine s’échauffe dans la colère.
Ceux qui ont des veines gonflées au cou et aux tempes ont une colère terrible; c’est un trait de passion: ces phénomènes s’observent dans la fureur. Ceux qui rougissent sont pudiques; c’est un trait de sentiment: la pudeur fait rougir la face. Ceux qui ont les joues rubicondes aiment le vin ; c’est un trait de passion: l’ivrognerie rougit les joues.
Ceux qui ont les yeux rouges sont emportés hors d’eux mêmes par la colère; c’est un trait de passion: les yeux rougissent quand la colère nous emporte. Ceux qui ont les yeux très noirs sont lâches: car il est re connu que la couleur trop noire signifie la lâcheté.
Ceux qui ne les ont pas trop noirs, mais tournant ( I) Tout ce passage a besoin d'être corrigé par l’étude des ar ticles publiés par Polti et Gary en 1889, par Selva en 1894, dans l'Im’tiation .- telle couleur est commune à plusieurs types planétaires purs.
LA PHYSIONOMIQUE D’ARIS'I‘OTE 24 1 vers le fauve, ont un bon caractère. Ceux qui ontles yeux glauques ou pâles sont lâches: on sait que la couleur blanche est un signe de lâcheté. Ceux qui, au contraire, ont les yeux fauves, ont une noble na ture: comme le lion et l'aigle (1). Ceux qui les ont couleur de vin sont lascifs, à l’instar des chèvres. Ceux qui ont les yeux brûlants sont impudents, à l’instar des chiens.
Ceux qui ont les yeux pâles et troubles sont lâches; c’est un trait de passion: la crainte donne la couleur pâle et inégale. Ceux qui ont les yeux brillants sont portés à l’amour, comme les coqs et les corbeaux. Ceux qui ont les jambes poilues sont lascifs: à l’instar des boucs. Ceux qui ont la poitrine et le ven tre très garnis de poils ne persévèrent jamais dans les mêmes projets: comme les oiseaux, qui ont ce trait physique.
Ceux qui ont la poitrine très glabre sont im pudents: ils ont le caractère féminin. Il ne faut donc pas être très poilu, ni tout à fait glabre: le caractère moyen sera très bon. Ceux qui ont les épaules poilues ne persévèrent jamais dans les mêmes projets : ils ont le caractère de l’oiseau. Ceux quiont le dos poilu sont très impudents ; ils ressemblent aux bêtes sauvages. Ceux qui ont sur le cou des poils tombant sont géné reux comme le lion.
Ceux qui ont la barbe fine ont un bon caractère: c’est un trait des chiens. Ceux qui ont les sourcils joints sont moroses: c’est un trait de passion. Ceux dont les sourcils s'inclinent en bas vers le nez, mais se relèvent vers les tempes, sont niais: ( l) Inacceptable. 16
242 L’INITIATIO!‘ ils ressemblent aux porcs ( 1). Ceux qui ont des che veux hérissés sur la tète sont lâches: c’est un trait de passion, parce que ce hérissement a lieu dans l’épou vante. Ceux qui ont les cheveux très crépus sont lâches: comme les Éthiopiens. Puisque les cheveux hérissés et très crépus signifient lâcheté, les cheveux un peu crépus signifient courage: ceci encore est un signe propre au lion.
Ceux qui ont la partie supérieure du front, vers le crâne, couverte de cheveux rejetés en arrière, sont d‘une nature noble: comme les lions. Ceux qui ont des cheveux entremêlés et tombant sur le front jusqu’au nez, n’ont pas de sentiments nobles: ceci se rapporte à un trait général, car cet aspect est propre à l’esclave.
Celui qui marche à pas longs et lents entreprendra avec lenteur, mais agira, car la démarcheàgrands pas est un signe d'activité ; à pas lents, de temporisa tion. Celui qui fait des pas petits et lents entreprendra avec lenteur et ne sera pas actif, car la démarche à pas petits et lents n’indique pas l’activité.
Celui qui fait des pas grands et rapides n’est pas prompt à en treprendre, maisactif parce que_la rapidité est un signe d’activité, et que la grandeur des pas ne signale pas celui qui achève vite l’œuvre entreprise. Celui qui fait des pas petits et rapides est prompt à entreprendre, mais mon actif. Les mêmes remarques sontà faire sur le mouvement de la main, du bras et de l’avant bras.
Ceux qui agitent des épaules droites et tendues les ont courts : ils ont des rapports avec les chevaux. (1) Schack et d’autres ont représenté des profils ressem blant à celui du porc. v
LA PHYSIONOMIQUE D’ARISTOTE 24.3 -wr,-v Ceux qui agitent les épaules en se penchant sont ma gnanimes, à l’instar des lions. Ceux qui marchent les pieds en dehors et ont les jambes féminines ont le caractère de la féminité. Ceux qui ont le corps courbé, baissé, sont des flatteurs: c’est un signe de passion. Ceux qui sont inclinés à droite en marchant sont des hommes dépravés: ceci se rapportera au caractère prédominant.
Ceux qui ont les yeux mobiles, aigus, _ sont rapaces; ils ressemblent aux oiseaux de proie, Ceux qui clignent des yeux sont lâches, parce que leur regard dénote la tendance à s'enfuir.
Ceux qui font les yeux en coulisse sont efléminés; de même ceux chez qui une paupière couvre l’œil, celui-ci étant sous son milieu, ceux qui voilent leurs yeux sous les pau pières supérieures et regardent avec mollesse, ceux qui ont les paupières couvrant les yeux, et en général tous ceux qui regardent avec une expression de mollesse et d’effémination: il faut les classer d'après le caractère général et dans le genre féminin.
Ceux qui remuent les yeux à de grands intervalles et ont le blanc rougi comme s’ils voulaient s’appliquer, sont des hommes intelligents : car l’œil devient fixe quand l’intelligence s’applique fortementà un objet. Ceux qui poussent d’une voix forte de violentes vo ciférations sont insolents: ils doivent être classés avec les ânes.
Ceux qui vocifèrent d’abord avec une voix élevée, qui finit surle mode aigu, sont tristes et mélan coliques: ce trait se rapporte aux bœufs et à ce qui concerne la voix. Ceux qui font entendre une voix aiguë, molle et brisée, ce sont des efléminés : ce trait les classe dans le genre femme et dans leur ordre spé
244 L’INITIATION _ . .. . ....__u , cial (1). Celui qui crie avec violence et une voix forte sans baisser de ton ressemble aux chiens robustes eta un genre déterminé. Ceux qui crient mollement, sans expression, sont paisibles : du genre mouton. Ceux qui crient sur un ton aigu et bruyant sont lascifs: comme les chiens.
Les hommes petits sont très agiles : le mouvement du sang ayant à parcourir un petit espace, les sensations aussi viennent rapidement au siège de la pensée. Ceux qui sont très grands sont lents: car,le mouvement du sangayantàparcourirunlongespace,lessensationsarri» vent tard au siège dela pensée.
Ceux des hommes petits qui ont des chairs sèches et les couleurs que la chaleur donne au corps ne savent rien,achever : le mouvement s’opère dans un petit espace et aVec rapidité à cause de sa qualité ignée; la pensée ne demeure jamais dans un même lieu, maisesttantôtici,tantôtlà,avantd’achever ce qu’il y a de plus important.
Tout homme grand qui a des chairs molles et des couleurs caractéristiques dela froideur, est mal doué: le mouvement s'opère dans un grand espace, il est lent à cause de la frigidité et ne peut pas accomplir facilement sa route jusqu’au siège de la pensée.
L’homme de petite taille est courageux quand il a les chairs fraîches et la couleur que déter mine la frigidité : le mouvement s’opère dans un petit espace, et la difficulté de mouvement due au tempé— ment assure d'ordinaire la maturité de l’accomplisse ment d’une chose entreprise pour la première fois. Ceux qui sont grands, de chair sèche, de la couleur (1) Voix de l’eunuque.
LA PHYSIONOMIQUE D’ARISTOTE 24,5 déterminée par le tempérament chaud, sont braves et sensibles: car la grande taille est compensée par la chaleur des chairs et de la couleur, de sorte qu’il y a une juste proportion des éléments qui déterminent l’action (1).
Nous avons exposé comment doivent être constitués, pour que les entreprises arrivent à leur fin ou restent inachevées, les corps qui dépassent la taille moyenne, ou qui lui sont inférieurs: mais le corps de grandeur moyenne est très bien doué pour ressen tir les sensations et pour achever toute œuvre entre prise: le mouvement ne s’opère pas dans un grand espace et vient facilement àl’esprit; quandil y arrive, il n’y a pas le moindre excès dans la route suivie; aussi faut-il que l’homme soit de taille moyenne afin d’agir à la suite d’une sensation pour accomplir une œuvre qu’il se propose.
Ceux qui manquent de propor tion sont rusés ; ils seront classés d’après la passion et dans le genre féminin. Réciproquement, les hommes bien proportionnés seront justes et braves. Il faut ramener la relation de la proportion à la bonne édu— cation des corps et à la bonne nature, mais non pas au genre mâle dont on a parlé au début.
Ce serait aussi une détermination satisfaisante si tous ces signes que nous avons énumérés étaient rapportés à la forme idéale (théorique) ainsi qu’à la masculinité et à la féminité : ces choses ont été divisées de la meilleure manière possible; et il a été prouvé que le mâle est plus juste, plus fort, en un mot meil leur que la femelle. Dans tout choix de signes, les uns (I) Traces de la théorie hippocratique.
246 L’INITIATION ont un sens plus accentué que les autres; les plus im portants se voient aux endroits principaux; le pre mier de ceux-ci comprend les yeux, le front, la tête et la face; le second comprend la poitrine et les épaules; le troisième, les jambes et les pieds; le ventre a une moindre signification.
Pour résumer ma pensée, les signes les plus importants sont révélés par les traits où brille aussi la grande intensité de la pensée (I). a Il faut donc que notre âme, uoulantfaire quel que œuure merveilleuse dans les choses de ce bas monde, contemple son principe afin qu’il la fortifie, l’éclaz‘re et lui donne une force d’agir par tous les degrés, depuis son premier auteur jusqu’à elle; on s’est donc appliqué à nous faire contempler plus les âmes des étoiles que les corps: plus le monde sur ce’lesle intellectuel que le céleste corporel, puisque celui—là est plus noble, quoique celui—ci soit à consi dérer, qu’il soit à l’entrée de l’autre et que l’in fluence de ce supérieur ne peut continuer sa route sans le traverser comme un milieu. » H.-C. AGRIPPA, Phil. occ. (I) Distinction d’uneimportance capitale.
La reproduction des articles inédits publiés par l'Initiation est formellement Interdite, à moins d'autorisation spéciale.
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) Programme d’un cours de Kabbale (ÉCOLE HERMÉTIQUE, SAISON 1901-1902) - Nous diviserons cette suite de causeries en quatre parties : 1° Théogonie ; 2° Cosmogonie ; 3° Andro gonie; 4.° Relations réciproques ; biologie générale.
Nous n’aurons ni le temps, ni les moyens de faire de la critique ou de l’érudition; nous nous proposons simplement de donner un aperçu général de la tradi tion hébraïque, de ses tenants et de ses aboutissants. La Kabbale hébraïque vient des Chaldéens, c’est—à dire du collège initiatique de Babylone.
Lorsque, vers le xxvm° siècle avant Jésus-Christ, Krishna élabora la mise au point des tendances spirituelles de l’huma— nité, sous le nom de Brahmanisme, et institua le culte de l’aspect divin appelé Brahma, tous les collèges mé tropolitains le suivirent et, à son exemple, firent dans la suite des siècles des mises au point pour leurs gé nérations respectives. ' L’initiation chaldéenne estune de ces mises au point - secondaires. Les traditions qu’elle lég’ua à ceux d’entre A. ...’L
248 L’INITIATION les captifs hébreux qui étaient initiables, sont non pas une synthèse, mais une syncrèse. L‘hiéroglyphisme n’en vient plus du monde de la Gloire ou du Nom (Shem), mais il est compliqué par les systèmes d'occultisme, qui inventent des valeurs secrètes aux accents, aux diphtongues et aux signes musicaux.
De là cette différence radicale; les livres de Moïse sont inspirés directement par le Verbe; tout y a un sens vivant: lettres, versets, chapitres, nombres. La tradition kabbalistique est la juxtaposition de plusieurs systèmes d’hiéroglyphisme.
Les 10 sephi— roth sont un système, les 22 lettres un autre, les 32 voies un troisième, les 50 portes un quatrième, etc. Et les correspondances entre ces systèmes sont arti ficielles et modernes (Xll° et xme siècles). n5:p, telle est l’orthographe allemande et celle que recommande Raymond Lulle (De Auditu Kabbalz‘s— tico).
On a trouvé,ces temps-ci, des différences consi dérables dans la signification de ce mot,selon qu'il est inscrit par un P ou par un a: nous ne pouvons exa miner cette question en ce moment parce que, pour être résolue, il faudrait assembler au préalable les matériaux de la plupart des traditions secrètes de l’Orient.
Les uns la disent apportée à Adam, dans l'Eden, par l’ange Raziel, les autres reçue par Moïse sur le Sinai‘ et transmise oralement aux soixante—dix anciens. Tous ont raison. L'initiation totale est contenue dans le Sep/1er de Moïse; elle venait du don divin qui accompagna la descente des premiers hommes sur notre planète ; puis
PROGRAMME D’UN COURS DE KABBALE 249 obscurcie, démembrée, défigurée, elle se transmit de bouche en bouche par les anciens d’Israël, jusqu‘après Salomon ; là, elle se perdit à peu près complètement et fut restaurée tant bien que mal par Daniel, initié des Chaldéens. Voir dans le tableau ci—contre comment Robert Fludd divise la Kabbale. _ On voit que, pour ce porte-parole des frères de la Rose—Croix, la Kabbale littérale est fausse.
Tout ce que nous venons de dire est traditionnel et s'écarte de l’opinion des exégètes. Voici ce que dit M. Franck sur le sujet: ' Les théologiens ne sont connus en Israël qu’à partir du [11" siècle avant Jésus-Christ. On les appelle les Thannaïm ; le dernier d’entre eux est Judas le Saint, auteur de la Mis/ma, qui vivait au 11e siècle après Jésus-Christ; les plus célèbres sont Gomaliel, Akiba, Simeon ben Jochai‘.
Les Amorai’m ou commentateurs leur succèdent; leur œuvre s’appelle la Guemara. Ces deux recueils forment le Talmud. Quant à la Kabbale elle-même, dont il n’est pas permis de s’occuper avant l’âge de quarante-ans, elle est divisée en deux portions: l’une, Mhasha Beres chit, histoire de la création, peut être enseignée par un maître à deux disciples.
L’autre, Mhasha Merca bah, histoire du char, ne peut jamais être révélée en_ tièrement même à une seule personne. On connaît l’histoire des quatre disciples dont un seul sort sage du jardin de délices, PRDS, de cette mystérieuse doctrine. ' Ad. Franck se trompe en voyant dans le Zohar la
C. Bereschit, Cosmologie. EXplique le jeu des forces célestes et terrestres, par le raisonnement et la philosophie. Son objet est le . même ue celui de la ma ie natur l . _ La vraie ou essen— q g e’ e tielle qui vient de Dieu dans laquelle l’ésoté . , . Les symboles des lettres (Notaricon), scrute r1sme est l espnt. la nature des êtres invisibles de tous de grés. La théomantique étudie les noms divins.
La Mercaua qui enseigne , / Transmutation des syllabes et des expressions " La Gematrie ou Arithméoraculaires. tique. La supputation des nombres exprimés par _ _ des caractères. La supersttt1euse et illégitime qui vient au monde dont l’ésoté risme est la lettre. La Notariatique : celle qui s’exprime par des lettres au lieu de mots. en guise d’oracles. Temurah : Permutation de lettres.
Ces trois recherches sont vaines et poussent, par le découragement qu’elles amènent, aux opé ;".‘ - rations ténébreuses.
PROGRAMME D’UN COURS DE KABBALE 251 suite du Sep/2er Ietgirah ; il pense à tort que la doc trine symbolique est celle de l’enfance des peuples, que les idées ou les concepts intérieurs valent plus que des formules numérales : nous ne le pensons pas.
L’hiéroglyphisme ne vient pas de l’enfance d’une race, mais de son antiquité ; la philosophie telle qu’on la conçoit de nos jours n’est pas un point de perfec tion, mais l’effort sans méthode du cerveau humain, qui sent intuitivement que le membre est la loi de son fonctionnement, qu’il est une machine et non pas un principe, un miroir et non pas un flambeau: vérité essentielle que les anciens sanctuaires patriarcaux avaient connue, mais que l’orgueil avait obscurcie et obscurcit encore de nos jours.
THÉOGONIE. — Pour le kabbaliste, le monde ne sort pas du néant au sens populaire de ce mot, mais du Non-Cela, de l’Aîn-Soph; de même que rien ne se perd, rien ne se crée non plus de rien, dans les cycles de la Nature.
C'est pourquoi le monde est une béné diction ; cette pensée profonde, basée surla remarque que la première lettre du Sepher est un Beth, signifie que la création est une bonté de Dieu qui veut que ses créatures deviennent conscientes de leur bonheur ; et elles n’acquièrent cette conscience qtie par la science ou l’expérience des formes de la vie relative.
« La science du Créateur n’est pas comme celle des créatures ; car, chez celles—ci, la science est distincte du sujet de- la science et porte sur des objets qui, à
252 L’INITIATION leur tour, se distinguent du sujet. C’est cela qu’on dé— signe par ces trois termes: la pensée, ce qui pense et ce qui est pensé. Au contraire, le Créateur est lui même, tout à la fois, la connaissance, et ce qui con naît, et ce qui est connu.
En effet, sa manière de con naître ne consiste pas à appliquer sa pensée à des choses qui sont hors de lui; c’est en se connaissant et en se sachant lui-même qu’il connaît et aperçoit tout ce qui est. Rien n’existe qui ne soit uni à lui et qu’il ne trouve dans sa propre substance.
Il est le type de tout être.et toutes choses existent en lui sous la forme la plus pure et la plus accomplie; de telle sorte que la perfection des créatures est dans cette existence même par laquelle elles se trouvent unies à la source de leur être, et à mesure qu’elles s’en éloignent, elles dé. choient de cet état si parfait et si sublime (I). » Techniquement, les mystères de la Nature divine sont contenus dans ces noms divins.
Il y a, selon Reuchlin, trois séries de noms divins. Les premiers expriment la substance divine; ce sont: mas: Ego sum quisum. mrr Lui. um Le feu. Les seconds expriment ses attributs: ce sontles noms séphirotiques. La troisième série ne comprend qu'un terme qui exprime l’essence divine retirée en elle—même et se re posant au-dessus de toute créature. C’est le Tetra grammaton, le Shemhamphorash. Ses quatre lettres (I) Moïse Corduero, Pardes Rimonim, f° 55, r‘.
PROGRAMME D’UN COURS DE KABBALE 253 gouvernent tout l’univers par des correspondances, dont voici quelques-unes : 7 Le feu Le chaud Le point Letonique Phishôn Le lion Î La terre Le froid La ligne La tierce Gihon Letaureau -1_ L’atr Le sec Le plan La quinte Hiddel«rel L’aigle Î L’eau L’humide Le solide L’octave Phrat L'homme ' « De plus, dit Ad. Franck, chacune de ces lettres considérée à part ne nous offre pas une signification moins mystérieuse.
La première (7), qui est aussi le signe du nombre dix et nous rappelle par sa forme le point mathématique, nous apprend que Dieu est le commencement et la fin de toutes choses, car le point, c’est le commencement, l’unité première et la décade, c’est la fin de toute numération.
Le nombre cinq ex primé par la seconde lettre (n) nous indique l’union de Dieu et de la Nature ; de Dieu représenté par le nombre trois, c‘est—à-dire par la Trinité; de la Nature visible représentée, selon Pluton et Pythagore, par la dyade. La troisième lettre est le signe du nombre six.
Or. ce nombre, que l’école pythagoricienne avait également en vénération, est formé par la réunion de la manade, de la dyade et de la triade, ce qui est le symbole de toutes les perfections. D’un autre côté, le nombre six est aussi le symbole du cube, des solides ou du monde ', donc il faut croire que le monde porte le cachet de la perfection divine. Enfin la quatrième lettre est la même
2 54 L’INITIATION que la seconde (a), et par conséquent nous nous trou vons encore une fois en présence du nombre cinq.
Mais ici il correspond à l’âme humaine, à l’âme ration nelle, qui tient le milieu entre le ciel et la terre, comme cinq est le milieu de la décade, expression symbo— lique de la totalité des choses. » Jéhova a toujours été regardé, selon Drach, dans la synagogue comme désignant la Trinité : le Iod est ce point générateur, le premier Hé ou la Mère est le Fils que les Kabbalistes appellent encore le Bon, ou la Colonne du Milieu, et le Vafest le Saint-Esprit.
Le deuxième Hé enfin représente ce second aspect du premier Hé qui est sa nature humaine. Aben Ezra, D. Kimhi, Abarbanel répètent tous que ce grand nom sera un à la venue du Messie, qu’il sera dans la bou che de tous et qu’on le lira tel qu’il est écrit. Voici quelques données sur chacune des lettres sacrées: Le Iod est la royauté de Dieu; nous ne pouvons que la louer, car elle est incompréhensible.
Cette lettre est l’occultaïion de la Sagesse, les choses cachées de la Sagesse dont Job a dit: « Elle se dérobe aux yeux de tout vivant »; la volonté illimitée, la pensée très profonde. R.
Simeon ben Jochaï enseigne : Le point primitif du Iod est la Couronne suprême; dans notre écriture, il s’étend de manière à avoir au-dessous de lui un corps, qui est la Sagesse céleste; ce corps se termine par un autre point qui est la Prudence céleste; cependant ces trois ne sont ensemble qu’une lettre unique, un point unique. Le Hé est fondé sur la puissance divine aussi bien
PROGRAMME D‘UN COURS DE KABBALE 2 5 5 que sur la royale majesté. C’est d’elle que procèdent les splendeurs qui sont au-dessous d’elle, comme elle—même procède des splendeurs qui sont au-dessus d'elle. Si, au lieu de sa figure ordinaire .1, vous trans portez le point à droite, elle devient yad 4,, c’est la main du Seigneur.
L’Écriture dit (Genèse, H, 4) : « Elle est l‘origine du ciel et de la terre quand ilsjurent créés, DN‘7ZFIZL. » Séparez le mot et lisez : 1::m5mnnz il les a ‘ créés par la lettre Hé.
La configuration de cette lettre offre une ouverture par le bas et une ouverture par le haut, plus étroite, et sur le côté, pour indiquer que les hommes que leurs péchés entraînent vers l’enfer peuvent, par la vertu de cette lettre, éviter la perdition qui les menace et monter au séjour céleste de la gloire éternelle. Mais on descend facilement et l’on monte difficilement.
La lettre hé elle-même descend jusqu’à l’enfer et emmène sa captivité jusqu’au ciel. Ce hé est appelé la mère, non seulement parce qu’en hébreu cette lettre est la marque du féminin, de même que le lad, en tant que lettre servile, indique souvent le masculin, mais aussi parce que la vertu divine qu’elle dénote produit, avec celle qui est au-dessus d’elle, une autre vertu divine.
Le caractère de Vav est de lier par un lien d’amour, car il est la conjonction et; par suite il est le mystère d’union. Il a en soi la vie unitive et la communique aux autres. Ainsi que l’annonce sa configuration, il est l’arbre de vie, il est le fleuve des grâces qui coule vers tous, la flamme allongée qui va éclairer et embra ser les cœurs, tandis que le Iod est un charbon ardent formant un point immuable et sans figure déterminée.
2 56 L’INITIATION [SEPTEMBRE Il regarde en haut parce qu’il reçoit son influence de la suprême couronne céleste, et il se prolonge en bas pour communiquer cette influence à ce qui est au dessous. Il est la colonne du monde parce que son essence même est la prudence. Enfin il s’appelle Esprit et fils de Iod et de He’. Le second Hé est la Divinité terrestre, c’est-à-dire descendue sur la terre ( 1).
On sait que le Tétragramme a un synonyme: Aehieh n1ns,mot qui est à la première personne. L’Aleph s’y‘ rapporte à la couronne suprême et aux deux manières d’être unies à celles-ci, lesquelles sont la Sagesse et la Prudence; les Kabbalistes l‘appellent le Var du milieu, parce qu’en l’écrivant verticalement il repré sente un n" Var qui figure la Couronne auquel adhèrent deux Iod qui figurent la Sagesse et la Pru dence.
Cette lettre, écrite en plein (c’est-à-dire ALPH. D’7N) donne par métathèse Péle’, qui signifie ce qui est secret, occulte, hors de la portée de tout œil (Deutér., xvu; 8, et Jére’m., xxxn, 27), la première des processions divines (Atgiloth). D’après le Zohar(Medmsch Rut/1., fol. 15, col. 61), le Iod est l’âme de l’âme, son nom est Adam, sa lumière est triple et une.
Le Hé est nommé âme divine, Neshamah, il est un avec le Iod, il a cependant plusieurs rayons. Le Var est nommé Esprit, fils des deux précédents. Le deuxième he’ se nomme âme humaine (nephesh) et (I) La même personne que le premier (Zohar, part. I, 30, col. 118).
1901] PROGRAMME D’UN COURS DE KABBALE 25.7 fille. Le Père, la Mère, le Fils et la Fille Sont un grand niystère. Le même texte établit les calculs suivants : Adam 73‘»: = 1 + 4 + 40 = 45 lod 117 : 10 + 6 + 4 : 20 Vav 12“ = 6 + I + 6 : 13 5 Hé un = 5 + 1 = 6 4 6 Enfin, plus loin il est dit : du Iod vient la crainte du Seigneur; du Hé, la réconciliation de l’homme; du Var, la fidélité à la loi; du Hé, les œuvres méritoires et l’éloignement du péché.
' On connaît la figure kabbalistique de l’Aleph : La partie supérieure représente la Majesté divine comme simple pensée; l’inférieüre représente la Ma— jesté divine dans le juste quand il fait entendre sa voix aux hommes (Thihkuni Zohar) éd. de Livourne 1810, fol. 48, R.) (Cité par Drach.) Le nom de quatre lettres possédant trois points, voyelles est dit par les Kabbalistes être formé de sept voyelles.
Pour beaucoup de Kabbalistes, le mystère de la Trinité est expliqué ou indiqué dans le verset : D’où viendra mon secours? Mon secours viendra de Jéhova (Ps. cxxx), où est signifié par Ai’n. A, disent les Tik kunim du Zohar, est la couronne suprême; Iod est la Sagesse; Noun, la prudence.
Rabbi Aron le Grand, chef de l’Académie de Babylone, par conséquent antérieur au xr° siècle, dit proprement qu’aucun homme ne peut se former une idée du triple nombre I7
.258 L’lNITIATION \ 95€,. qui subsiste dans la manière d’être, dans l’essence de Dieu. Le verset connu du Deutéronome : Écoute, 6 Israël, Jéhova, notre Seigneur, est un, —- fournit de nom breux commentaires dans ce sens. « il a dit en outre: Il y a deux auquel s’unit un, et ils sont trois, et étant trois ils ne sont qu’un. Il nous dit: ces deux sont les deux Jehovah du verset: Écoute, 6 Israël. — Elohênu vient s’y joindre.
Et c’est là le cachet du sceau de Dieu : Vérité. Et, comme ils sont joints ensemble, ils sont un dans l’unité unique. » (Zohar, fol. 77, col. 307).
Ailleurs, à propos de l’attribution des trois premières lettres du Tétragramme aux trois personnes de la Trinité, le même livre dit que la qua trième clé (le second hé, la nature humaine du Verbe) a été mise en réserve sous l’arbre de vie et il ajoute : « Jehova, c’est ce qui est représenté par la lettre lad, premier principe céleste du saint nom; Elohênu est le mystère représenté par le hé céleste, deuxième lettre du saint nom.
Jehova : ceci est l'émanation qui descend sur la terre par le mystère que représente la lettre Var. Tous ces trois sont un d’une unité unique. » Le Tétragramme est souvent indiqué dans les manus— crits anciens par trois Iods, et son équivalent Aehieh par trois Aleph (Drach, passim).
Parmi les noms divins kabbalistiques il en est. trois sur lesquels le Talmud appelle particulièrement notre attention : le premier est le nom de quatre; lettres qui se trouve dans la Bible. Les deux autres ne s’y rencontrent pas. Le premier était enseigné une fois par semaine aux disciples; le second fut caché
PROGRAMME D’UN COURS DE KABBALE 259 dans la suite des temps, et on le prononçait à voix basse pendant la bénédiction du peuple ; il avait douze lettres; le dernier, enfin, de quarante-deux lettres, ne se donnait qu’à un homme sage et éprouvé. Drach cite un passage du Galé-Razaïya (révélateur des mystères) de Rabbi Juda le Saint, d’après lequel le nom de douze lettres forme les mots de Père, Fils et Saint-Esprit.
« Il convient de dérober ce secret aux yeux des hommes jusqu’à la venue du Messie notre Juste. » Ad. Franck trouve le nom de quarante—deux lettres en réunissant les noms des dix Séphires.
Il y, a en outre, un nom de soixante-douze lettrés formé par des combinaisons du nom de quatre lettres: son nombre est extrait de la manière suivante : 7 10 Io nv IO+5 I5 1nv Io+5+ô M 111717 Io+5+6+5 26 72 Il serait trop long de rapporter ici tous les pas sages du Zchar sur la première section de la Genèse, qui répètent plusieurs fois ces différentes proposi tions. Nous nous bornerons aux citations suivantes : I° F01. 1, col.
10 « Bere’schit répond au mystère renfermé dans le nom de Jéhoua. » 2° F01. 8, col. 3o. « Sur ces paroles du texte : Dans le principe Dieu créa, etc., Rabbi Hhiya s’est expliqué de cette façon : Il est écrit: la Crainte de Dieu est le principe de la Sagesse ». L’auteur sacré aurait dû dire : la Crainte de Dieu
260 L’INITIATION est la fin de la Sagesse, et non le commencement, puisque la Sagesse est ce degré qui conduit à la Crainte de Dieu? Mais il entendait parler de la Sagesse céleste, éternelle. Il voulait nous dire que la Crainte de Dieu est la première porte par laquelle on entre pour s’ap— procher de la Sagesse éternelle.
Le préfixe beth : devant le mot rêschit, Principe, annonce ce qu’il y a dans le Principe deux qui sont unis ensemble : deux points unis dont l’un est caché et invisible et l’autre se montre à découvert. Et parce qu'ils sont inséparables, le terme re‘sclzit est au sin gulier : Un, non pas deux. Qui reçoit l’un reçoit également l’autre, tous n‘étant qu’un.
Car il est lui— méme son nom, ainsi qu’il est écrit : « Et qu’ils sachent que toi seul as nom Jéhova. » 3° Fol. 15, col. 58. « Dans le PRINCIPE, mystère de la Sagesse. Dans le PRINCIPE c’est le VERBE qui corres— pond au degré de la Sagesse et il est appelé rêschit. 3° =Fol. 20, col. 79. « Bel/z : Rêschit nnvm, c’est la Sagesse, ainsi que l’interprète Jonathan Nnmn: par la Sagesse, parce que ce rêschit est le second dans le nombre.
Et il est appelé rêschit, principe, parce que la Couronne céleste, toujours invisible, ne faisant pas encore nombre, le rêschit est le second, c'est pourqùoi il est dit: Dieu produisit Beth-Re‘schit (le principe second). De plus, comme la Sagesse d’en haut est le Principe, de même la Sagesse d’en bas est aussi le Principe. Par ce motif il ne faut pas séparer la lettre bètb, deux, du nom rêscbit. Nous appelons ce berês chit le_ VERBE et tel il est. » ' 5° Fol. Ig, col. 7'6. « Dans le Principe, RÊSCHIT
PROGRAMME D’UN COURS DE KABBALE 26! Dieu créa. Mystère renfermé dans ce verset : Vous prélèvereg à Jehoua le Rêschz‘t (les prémices) de 1’08 pâtes en gâteau consacré (Nombres, xv, 19, 20). Ceci est la Sagesse céleste; c’est elle qui est le Rêsc/zz‘t. » En outre, Riccius (de Verbo mirifico) prétend que les doctrines traditionnelles abondent dans le sens de la théologie chrétienne.
Ainsi, dès le premier verset de la Genèse, « au commencement Dieu créa le ciel et la terre'», il trouve le mystère de la Trinité. En effet,en arrêtant notre attention sur le mot hébreu que nous traduisons par créer (n53) ;en considérant chacune des trois lettres dont il se compose comme l'initiale d’un autre mot tout à fait distinct du pre— mier, on obtiendra ainsi trois termes qui signifieront le Père, le Fils et le Saint—Esprit (w1Pnm-ï-gn-gü).
Dans ces paroles tirées des psaumes : « La pierre que les architectes avaient méprisée est devenue la pierre angulaire », on trouvera par le même procédé les deux premières personnes de la Trinité (pfipm).
Le nom de Jésus traduit en hébreu (mu—,5), c’est le nom même de Jéhovah plus la lettre m, qui, dans la langue des kabbalistes, est le symbole du feu ou de la lumière et dont saint Jérôme dans son interprétation mystique de l’alphabet a fait le signe de la parole. Ce nom mystérieux est donc toute une révélation, puisqu’il nous apprend que Jésus, c’est Dieu lui-même conçu comme lumière et comme parole, ou le Verbe divin.
Il n’y a pas jusqu’au symbole même du chris tianisme, jusqu’à la croix qui ne soit clairement désignée dans l’Ancien Testament. Soit parl’arbre de vie que Dieu a planté dans le paradis terrestre, soit
262 L’INITIATION parl'attitude suppliante de Moïse, quand il lève les bras au ciel pour demander le triomphe d’lsraël dans sa lutte contre Amalec, soit enfin par ce bois miracu leux qui, dans le désert de Marah, change l’eau amère en eau douce.
Dans la pensée de Reuchlin, Dieu s'est manifesté aux hommes sous différents aspects pen dant les trois grandes périodes religieuses que l‘on distingue ordinairement depuis la création ; et à chacun de ces aspects correspond dans l’Écriture un nom particulier qui le caractérise parfaitement.
Sous le règne de la nature, il s’appelait le Tout Puz‘ssant (1127) ou plutôt le fécondateur, le nourricier des hommes ; tel est le Dieu d’Abraham et de tousles patriarches. Sous le règne de la loi, ou depuis la révé lation de Moïse jusqu’à la naissance du christianisme ils’appellele Seigneur (uns) parce qu'il est alors le roi et le maître du peuple élu.
Sous le règne de la grâce il se nomme Jésus ou le Dieu libérateur (mm—n), Ce point de vue ne manque pas de vérité et de grandeur (Ad. Franck).
Enfin, Rittangcl semble assimiler, d’après la para phrase chaldaïque, le Saint-Esprit à la Shekinah. (Cf. sa traduction du Sepher [agira/1.) Voici une série importante de noms divins ; encom prend qu’il y en ait plusieurs hiérarchies selon l'étude que l’on veut faire et l'aspect sous lequel on regarde l’Absolu: Eheieh Kether lah Hocmah Iehovah Binah
PROGRAMME D’UN cours ne KABBALE 263. E1 Geburah Elohim Gibbor Gedulah Iedoud Tipheret Elohi Tzebaoth Netzach Iohah Tzebaoth Hod Shaddai‘ Iesod Adona‘i Malkout Les dix noms de Dieu et les dix Sephiroth sont une seule et même chose, car la partie spirituelle de ces noms, c‘est l’essence même des numérations divines. (Jardin des Grenades.) 1‘". Ceci nous prouve une transition toute naturelle pour passer à la cosmogonie.
Les lois cosmiques sont symbolisées par le système des Sephiroth ou numérations. La clé de ce système est quadruple ; soit: (3X3)+1 =10 5+5 :10 1+3-j—6 :IO 1+2+3+4 = 10 Ainsi ce système peut être appliqué à Dieu, à la Vie générale physique, au Verbe et à l’[ntellect humain. Les sephiroth sont le monde de l’émanation ou Adam Kadmon; Les anges sont le monde de la création ; Les intelligences des sphères sont le monde de la formation ;
264 L’INITIATION La création matérielle est le monde du travail ou de l’action. Dieu le Père est l’Aucieu des jours, le vieillard ; sa figure est le longvisage, son cerveau crée chaque jour 13.000 myriades de mondes; la rosée de sa tête est la nourriture des saints les plus élevés. Son visage est long de 370 fois 10.000 mondes. Sa forme est l’Adam céleste, le nom de quatre lettres.
La couronne est une source, la sagesse est le mis— seau ; l’intelligence est le bassin oula mer ; et de cette mer sortent sept fleuves. La sagesse est comme un point. L‘intelligence est immense. Les Sephiroth sont le nom de l’Ancien des Anciens, l’Adam Kadmon, le Verbe en un mot. Dans chaque sephire il y al’aspect du vase et celui de la lumière.
La couronne est le principe de tous les principes, la sagesse mystérieuse, le diadème des diadèmes; je suis le point primitif. Pour produire ce point primitif, Dieu s’est concentré en sa propre substance, ce qui a donné naissance àl’air primitif ; alors Dieu s’appelle Ai’n, nulle chose; telle est la tête blanche ou l’Ancien, ou le Grand Visage, Arich Anpin.
De là viennent deux principes opposés et insépara bles, la SageSse (+) et l’lntelligence (-—) dont le fils - est Dhth, la Connaissance. Ces trois existent ensemble dans la tète blanche ; elles sont tout ce qui a été, qui est et qui sera. ’ La ' pensée renfermée en elle-même, la pensée répandue ou mêlée à l’esprit, et l‘esprit développé
PROGRAMME D’UN COURS DE KABBALE 265 Watt“ :r” dans les chœurs des anges sont une seule chose ; elles se lient l’une à l’autre et la pensée elle—même est unie au non-être.(Zohar, 1“ part., fol. 246 v.) En d’autres termes, le mot nm»: est la réunion de tout ce qui est, l’état des voies de la Sagesse cachées et réunies ; nm»: '7um est la mère portant toutes choses dans son sein et prête à les mettre aujour.
Enfin mnrz 5wn mm: est Jéhovah, sous lequel toute chose est à sa place (Zohar, 3° part., fol. 65 v.) Les trois premières sephires, dit encore Cord uero, sont une seule chose. La couronne est la connaissance ou la science, la pensée ; La sagesse est ce qui connaît, ce qui pense ; L’Intelligence est ce qui est connu, ce qui est pensé. Mais ce qui est triple chez l’homme est un chez le Créateur, parce qu’ll est tout.
Les sept autres termes sont appelés sephiroth de la construction. La miséricorde et la justice sont également oppo sées, et unies dans la beauté ; de la première sortent les âmes viriles, de la seconde sortent les âmes mascu lines. La beauté, localisée dans le cœur, est donc la somme des qualités morales, ou du bien.
Le triomphe (netzach +) et la gloire (hod —) comprennent « l’ex tension, la multiplication et la force ; ce sont les armées de l’Éternel, toutes les forces de l’Univers sortent d’elles »; leur union est le Fondement, organe .de'la génération universelle. Malkout est l’harmonie de toutes.
266 L’INITIATION Tel est Aziluth, le monde de l’émanation. Symbole de la flamme. Les trois trinités : métaphysique, sen sible ou morale et naturelle, sont synthétiséesldans la colonne du milieu : couronne, beauté, royaume. La première est l’Ancien, le Grand Visage ; la deuxième est le Roi ; la troisième est la Reine ou Shekinah, présence réelle de Dieu au milieu de toute la création.
Leur amour réciproque peut venir d‘en haut, de l’époux, descente des âmes; d'en bas, de l'épouse, remontée des âmes. Ce dernier baiser peut avoir lieu quand l’âme est encore incarnée : extase. Il y a en l’Absolu : I° Lieu ; 2° Son voile ; 3° Son image imprimée sur ce voile. L’ombre de cette image, ce sont les géants ou rois d’Edom ou créations fictives.
Cette image elle—même brille quand la conception de Dieu fait que l‘humanité l’éclaire. ’ blanche, lumineuse : Dieu du sage, Elle est double Homme—Dieu . . none, sombre : Dieu du vulgaire, Dieu-Homme. De là, on peut concevoir la théorie des rapports réciproques de Dieu et de Sa créature. Dieu est le Macroprosope, le long visage (Arich Anpin), la sagesse immuable. Son image est Adam (Kadmon, Belial ou Pro toplastes), Humanité universelle, androgyne dans tous
PROGRAMME D‘UN covas DE KABBALE 267 les sens, le microprosope, le court visage (Seir Anpin), la Sagesse révélée. Le lieu du premier est l’Eden éternel. Le lieu du second est l‘Eden aux quatre fleuves, le Paradis, qui est en même temps réservé à l’homme. Dans le Zohar, le Verbe ou la Sagesse, par lequel tout a été créé, et le principe de toute vie est appelé l’Eden Houlaah ou supérieur.
Maisilne prend le nom de Paradis que dans une acception kabbalistique que Molitor développe de la façon suivante : les quatre lettres de ce mot hébraïque P, R, D, S deviennent les initiales de quatre mots qui caractérisent chacun des sens que peuvent prendre les textes sacrés.
Le premier s‘appelle Pas/zut, c’est le sens littéral; le second s'appelle Remmeg est le sens allégorique ; le troisième est Derâsh, sens symbolique communiqué aux seuls initiés supérieurs ; le quatrième est le Sod, ou secret suprême, l’anagogie concevable seulement par l’extase. Ces quatre mots correspondent entre autres choses aux lettres du tétragramme, aux mondes, aux points cardinaux. f l POINTS LETTRES MONDES CARDINAUX SENS Iod .
Atziluth Orient Sod Sa Hé Briah Occident Derâsh De Vav Yetzirah Sud Remuez Ra Hé Aziah Nord Pashut P: T Néanmoins le Verbe influe du premier Eden dansle
l 268 L’INITIATION l l second, dont la constitution est indiquée parle système sephirotique; et dans ce système sont plus particu lièrement verbales les sephires 6, 7 et 10. Ou encore : le Père est l'Incognoscible; le Fils est les Sephiroth ; l’Esprit est l’Alphabet de 22. Voir le tableau classique des Sephiroth. Voici à titre d’exemple la clé des Sephires donnée par Papus : d R fit n Mon. e e .e Localisation Reflet supérieur supérieur supérieur Monde Reflet . . . Reflet médian Médian médian médian Monde . _ . . inférieur Lecahsntton Reflet inférieur Reflet inférieur - Inférieur Supérieur Médian I Les sephires sont réunies par des canaux dont le nombre varie de 22 à 600.000. Pour ceux des étudiants qui n’ont pas le temps de recourir aux Sources, l’étude du Sefer Yetgirah (tra ductions de Mayer Lambert, de Papus et les commen-' ; mires récents de ce dernier) suffira pour connaître les i lois de la construction de l’Univers.
Esprit Père Fils —— oc + Kether u Couronne ‘ â Ë Ancien 5 des jours 5 _Ë‘ Long Visage m 04 _ < 53 '1) É E Binah z :, 50 portes Hocmah 0 0 In‘ . S m 2 \ telligencc 32V01ES agesse n‘ 2 0 a U) 2 É Geburah Tables Gedulah— æ o.‘ 8 Force de Hesed i o . '° Justice la Loi Grâce ,5,5 -— 5 8 U 8 __ g E .— ° :— «v 2 un m 2 w “03' T' hercth ' Ë l g 35 P . 35 eu n: m ring, 5 72 Beaute 72 , . ,_, o p 1pe Le R 01 pr1ncxpès Ë U _ _ m“ Chaud. VICÎ.OII'C à 7 Force N et 2 a c h Prnpou— branches Hod o tion l— :: __ .. ä , «a A Z ’ 6 lesod 8 ré:e5 tes Fondement é14 t : p p Génération pr cep es Zu 2 . 43 Eve, Reine ‘rxl Matrone Shecinah M a 1 k 0 u t Royaume _———— —..... ‘4‘...- m
270 L'INITIATION n .0 Étude résumée du Zohar dont nous n’avons pas de bonne traduction. Dans le Sepher Ietzirah, Sephar désigne les nom bres; Sipur désigne la parole divine; Sepher désiv gne l’écriture: c’est la pensée, la parole et l’acte de Dieu créateur ; en lui ces trois sont un. (Cuzary, w, 25.) Ce sont les trois premières Sephiroth .
Kether ou l’Ancien des jours est surtout le Verbe par sa barbe; sa barbe blanche, qui a 21 et 390 touffes, est l’esprit; la barbe noire du microprosope est la lettre. Une narine souffle la vie personnelle, l’autre la vie collective.
Dans son crâne, il ya du Feu, de l’Air, de la Rosée, c‘est-à—dire A, M, Sh, les trois mères de l’Alphabet, l’Est, le Midi et le Nord. — Il n’y a ni Terre, ni Occident, de même qu’il n’y a pas de pierre taillée dans le culte moisiaqne. Son œil, qui est sa tête ou sa pensée extériorisée en noir comme la pierre de l’Abîme (Aben) blanc, de mi séricorde. Rouge, du feu de la vie.
Le microprosope contient dans son crâne la raison des mystères, symbolisés par le nombre 9 des touffes de sa barbe. Le macroprosope et le microprosope sont encore appelés le Roi et la Reine; lorsqu’ils se regardent, ils forment la balanca suspendue dans un lieu qui n’existe pas. Lorsqu’ils ne se regardent pas l’homme ne peur
PROGRAMME D’UN COURS DE KABBALE 27! l --upas être ; alors les vertus créatrices produisent des étincelles, des mondes sans formes, les rois d’Edom. Les rois d’Israël sont les mondes humains, où l‘existence est active et spirituelle.
Les rois d’Edom furent placés au dernier degré de l’Univers, dans l’existence passive, la justice pure, féminin sans +, les enfers pour les modernes; leur empire s’étend au-dessous de la matière, qui est la limite de l’esprit et de la vie. Il y a 7 enfers ou tabernacles de la mort et 7 paradis ou tabernacles de la vie. Cf. les14 Lokas des Brahmes. Résumons-nous. Chaque sephire comporte un nom divin, un chœur, un nombre, une planète.
Elles se groupent de la façon indiquée dans le tableau ci-dessous de façon à former 3’mondes. Le monde Azibuth est celui d’Ai'n Soph ou des Sephiroth en elles-mêmes. MONDES PARTIES DE L‘Hûlli LEUR sonne: Briah Ne_5hamah _ , Anges Création Esprit abstrait Kcther Purs esprits (Cerveau) Rouach (cœur) IeZir2lh Ame, le particulier Le R0Î Formation le mon], Téphereth Les sphères la personne Azia—h C NePÏICSh è Malkouth L M t_. Écorces orpsetVieconcr te La Reine en a xerc (Fou) ;-M ._ _.._fl _ ,.
27 2 L’lNlTIATION . -w-.. En outre, Neshamah est formé de: Neshamah proprement dit. Chaijah : l’intelligible. Iechz’dad : l’unité type, l’image du corps. , non: est l’âme raisonnable et intelligente qui 5 40 300 50 :395: 17 seule distingue l’homme de la brute. C’est elle qui a été soufflée dans la face d’Adam. ' Toutes les âmes de cette espèce ont été créées dès le commencement du monde et ont participé au péché originel.
L’Ecriture n’emploie jamais ce mot en cons truction avec des noms de brutes. mm est l’âme sensitive, l’esprit vital, le principe de vie de toutes les créatures animées; c’est cette âme de la chair qui réside dansle sang dont parle le Lévitique, xvn, 14‘, nous l’avons donc en commun avec les bêtes. C’est sans doute ce que saint Paul appelle le spiritus, tandis qu’il appelle l’âme anima et mens. (I Thess., 23, 1 Cor. 14., 14..) (D’ap.
Drach.) SÉDIR. (A suivre.) « La lumière universelle est comme l’imagination dz’m‘ne, et ce monde, qui change sans cesse, en demeu rant toujours le même quantà ses lois de configura tion, est le rêve immense de Dieu. E. LÉvr, Gr. Myst.
ÉCOLE HERMÉTIQUE‘ Les cours sont suspendus jusqu’au I" octobre. Cepen— dant l’action de propagande du centre ne cesse pas, comme nos lecteurs ont pu s’en convaincre en lisant les journaux quotidiens de ce mois—ci. Le directeur de l’École a fait ces jours-ci, à Colmar, des conférences qui ont eu un grand succès dans un milieu très savant.
ORDRE MARTINISTE L’Ordre continue de progresser en dépit des obstacles; et, bien qu’il se développe en profondeur plutôt qu’en surface, nous constatons une ample moisson d'adhésions nouvelles.
Une interview de Papas Nous extrayons d’une longue lettre adressée à‘M. Jules BOIS, sur sa demande, par notre directeur, les passages suivants qui nous semblent devoir intéresser le plus nos lecteurs : MON CHER BOIS, Au début de votre enquête sur le mystère et son étude dans la société contemporaine, vous avez l’obligeance de me demander mon avis et de me prier de raconterà nos lecteurs la voie qui a pu me conduire des amphithéâtres 18
2 74 L’INITIATION et des laboratoires de l’École de médecine jusqu’à ce mysticisme chrétien qui fait aujourd’hui mes délices après avoir, un des premiers, exploré les centres d’Europe où l'on peut voir et pratiquer ces faits étranges d’apparitions, d'Es prits parlant et impressionnant la plaque photographique, de guérisons à distance et de prophéties, centres ardents et de foi naïve des spirites, ou centres fermés aux profanes et jaloux de leurs secrets des llluminés et des Hermétistes de France, d'Angleterre et d’Allemagne.
Le but réel de ces recherches ardues ? me demanderez vous. Est-ce la Fortune ? Détrompez vite ceux qui auraient encore ces idées pratiques.
On mange dans ces recherches tout ce qu’on peut gagner par l’exercice de sa profession profane, et, comme il nous est interdit de demander la moindre cotisation à nos élèves, nous dédaignons le c vil métal » et nous laissons les malins s'écrier : « Ces cher cheurs d’Esprits, ce qu'ils doivent en gagner de l'argent avec la bêtise humaine! » Première déception pour les chas— seurs de fortune, nous ne craignons pas l’impôt sur le revenu des études occultes.
Mais passons et venons à des sujets plus intéressants pour vos lecteurs. Il est toujours ridicule de parler de soi, mais, puisque c‘est l’évolution de l'Esprit d’un matérialiste vers l'occultisme qui vous inté resse, vous me pardonnerez d‘être un moment ridicule et d’offrir ma tête en holocauste aux hommes dits sérieux et aux psychologues quivoudraient se la payer à bon compte, le mysticisme rend humble et oublieux des sarcasmes.
Donc, lors de mes débuts comme externe des hôpitaux, j‘étais matérialiste ardent et l'évolution de Darwin me sem blait devoir expliquer tout l'inexplicable. Je professais dans les cours du soir quelques sciences et j'ai même commis à cette époque (I884) une plaquette intitulé Hypothèses où le matérialisme le plus aigu le dispute au pessimisme le plus enfantin. Je fus introduit dans un centre de cher cheurs de mystères occultes.
Je les considérai comme de bons toqués et me renfermai plus que jamais dans les œuvres d'extériorisation sociale, fondant des sociétés à droite et à gauche et illustrant de ma présence des groupes étranges. Je me vois encore quittant l'hôpital Lariboisière pour représenter la ( Science » (rien que cela) au Chat Noir ou pour m’exercer à la fabrication et au maniement
UNE INTERVIEW DE PAPUS 275 des ballons dans la « Société d’expériences aérostatique de Montmartre où j’étais lieutenant photographe avec une foule de collègues devenus aujourd’hui préfets, magistrats, députés ou aéronautes, ceux qui ont bien tourné!
Mais mon entrée dans le milieu des toqués m’avait intéressé aux vieux alchimistes et c’est par leurs livres que j’ai commencé mes études à la Bibliothèque Nationale d‘où je ne sortis plus pendant douze ans que pour aller à mes hôpitaux, à la Faculté ou..... à la caserne.
Car je fus longtemps soldat de deuxième classe, n’ayant pas pu verser quinze cents francs à l'État, et je me vois encore promenant les palmes :sur ce brillant uniforme dans ce milieu exquis d’intelli— gences et d‘artistes que Mendès a décrit en sa Maison de la Vieille.
C’est alors que je retrouvai la clef perdue du Tarot, c’est alors que je bredouillai mes premières lettres hébraïques pour traduire le « Sefer Jesirah » et c'est à ce moment aussi que je me suis rendu compte que les mo ‘ dernes ne comprenaient plus rien de la Science antique et que j’ai voulu venger les anciens de cette injustice. C’est par là que je fus amené au Spiritualisme scientifique.
Sur les cadavres, à l'amphithéâtre, j’ai vérifié les traditions bohémiennes sur les lignes de la main dans leur rapport avec l‘âge de la mort. Voulant me rendre compte de ce que les modernes pouvaient connaître de la Magie, je me suis fait attacher comme externe et comme remplaçant d'interne aux services de Mesnet à Saint-Antoine, de Gil— bert Ballet faisant un remplacement à Dubois, puis de Luys à la Charité.
Je devins, là, chef de son laboratoire pendant six ans, ce qui, avec la médaille des hôpitaux, fut mon bâton de maréchal. C’est dans le laboratoire de Luys que nous pûmes étudier avec fruit le transfert hypnotique d'un malade au sujet, que je suis encore seul ‘n pratiquer aujourd’hui.
C’est là que j’ai découvert le transfert par les couronnes aimantées et que nous avons pu faire les pre— mières vérifications expérimentales des faits d'extériorisa tion et d’envoûtement, c’est là enfin que j‘ai pris l’habi tude de remplacer mes sens sujets à l‘erreur par le contrôle photographique, ce qui m’a permis de réfuter l'opinion de ceux qui voient en nous des hallucinés, car la plaque photographique, est difficilement hallucinable. Faut—il vous dire qu’avant ma réception au titre de docteur (1893)
276 L’INITIATION j'avais bataillé ferme contre le matérialisme et j’avais large_ ment développé levmartinisme et les sociétés de ceux. que, dans mon ignorance, j'appelais jadis les toqués. On me l’a bien rendu depuis.
Je suis parvenu expérimentalement à la certitude de la continuité de l'existence après la mort physique, et les travaux de Camille Flammarion, de M. de Rochas et des Sociétés modernes d’expériences psychiques et de psycho—physiologie,conduiront, à mon avis, beaucoup de leurs membres aux conclusions auxquelles je suis au rivé il y a presque quinze ans.
On sortira de la foi naïve imposée par les clergés, comme on sortira du crétinisme intellectuel des affirmations matérialistes des francs-maçons français, pom revenir, par l’expérience personnelle, à une certitude de l’existence des êtres invisibles et de la mis. sion divine du Christ, cent fois plus solide que la plùs dure des fois aveugles.
Mais il faut dire bien haut que ces faits de médiumnité et de magie ne sont pas encore de la Science, car ils ne peuvent être reproduits par la seule volonté humaine, à part les faits de théurgie, inaccessibles aux profanes. Nos sociétés, nos écales, nos centres initia tiques, conduisent, par divers chemins, vers ce temple du mystère, qui, tels les temples indous, laisse l’étranger pénétrer partout sauf dans le sanctuaire.
Si nous sommes des imposteurs et des fous comme d'aucuns le prétendent, on peut nous laisser à nos folies et ànos impostures, puis— que c’estdenos deniers quenousentretenons nos écoles.Cela vaut mieux que de faire de la politique.
Si nous sommes au contraire les obscurs serviteurs de maîtres vivant au milieu du peuple et qui nous apprennent par leur exemple; à savoir souffrir, prier, mourir et pardonner, alors qu'on nous laisse obéir et choisir le moment où la certitude expéri* mentale et scientifique de l’immortalité sera nécessaire pour supporter le martyre imposé par l'anarchie et les invasions triomphantes.
DEUX THAUMATURGES C‘est d'abord un «saint » qui habite dans le départe-> ment de la Loire, à Marlhes, et au sujet de qui l’Écho du
...... «M J DEUX THAUMATURGES ' merveilleux publie une longue étude.
Il s‘appelle Jean— Marie Play, dit saint Barkari : - « Dans les grands bois sombtes,pendànt que les vaches paisibles broutaient avec appétit l’herbe odorante des prai ries, où les pensées sauvages formaient par endroits des taches violettes, Jean-Marie Play se laissait aller à sa mé lancolic native et, en entendant la grande voix du vent, 'il s'imaginait parfois saisir le sens des paroles qui faisaient courber la tête des sapins, comme si elles avaient été pro noncées par Dieu.
Il fit part à ses petits compagnons, ber gers comme lui, de ses entretiens divins et leur expliqua que plus tard une grande mission lui serait confiée. « La famille Play était, d’ailleurs,de celles que comble la faveur céleste. Une tante de Jean-Marie avait reçu le don de guérir les bêtes. et, plus tard, Bar/tari adolescent dé-. clara avoir hérité de ce don.
Des bêtes aux gens, la dis— tance n’est pas si grande, et notre homme sut, au moment voulu, de berger passer médecin. . <: Le saint est vêtu d’un gilet à manches noir, d‘un pan talon de velours noir; les pieds sont nus; mais contre la porte est rangée une paire de sabots en bois blanc, dont Barkarz‘ se chausse lorsqu’il est obligé de quitter sa chambre. Une chemise bleue, au col bas dépourvu de cravate, complète l’habillement.
« Saint Barkarz‘a une physionomie assezinsignifiante. La figure est ronde, imberbe, à peine une légère moustache blonde ombrage-t-elle la lèvre supérieure; quelques poils follets se courent après, le long des joues rougeaudes et couvertes d’une légère couche de hâle. Les yeux sont d’un gris bleu; et surle front, trois rides profondes partant des tempes viennent se rejoindre sur les sourcils.
Le nez est rond et toute la physionomie respire la timiditél ( Un chapeau de feutre noir est placé à « la reculette ) sur la tête, et laisse apercevoir une touffe de cheveux châ< tains, coupés ras. < La tête enfoncée dans les épaules fort larges. Le saint est un homme bien râblé et solide, et nous comprenons en ce moment qu’au régiment il ait fait preuve d'une en durance à toute épreuve. « Il semble doué de la faculté de voir dans l’invisibfle et rappelle aux gens qui Viennent le consulter la cause mol-ale
278 L’INITIATION de leurs maladies. A l‘un,dont l’enfant avait le corps cou vert de plaies, il dit en le regardant dans les yeux : « Je vois ce que c'est. Le petit est la victime d‘un vœu inaccom pli. Votre grand-père avait promis, à la suite d‘une faveur céleste, de se rendre en pèlerinage à la Louvesc.
Il n’a point fait ce pèlerinage et aujourd'hui Dieu vous rappelle qu’il entend être obéi. » (Voilà un Bon Dieu bien rigoureux et biblique, Lui tout Amour et Miséricorde. Le châtiment de l‘enfant ne vien— drait-il pas plutôt de l’égrégore du pèlerinage?) Quoi qu’il en soit, le saint frictionna la tête du bambin avec un liquide de sa composition et promit la guérison qui eut'lieu deux jours après.
Il fait marcher les paralytiques et les infirmes, redresse les membres tors, et n‘accepte pas plus de quatre sous pour sa Consultation. Des renseignements que nous avons pu nous procurer à la dernière heure feraient croire que les agents mis en œuvre par Barkari ne sont pas purs : leur origine semble être, au contraire, plus que douteuse, au point de vue invisible.
L’Indépendance Roumaine, ta Epoca, Roumanic, Adeya— ru], Galatû, parlent d’un jeune nègre de la Guadeloupe, le D' Wandohobb, comme d'un liseur de pensée et d’un guérisseur extraordinaire. La haute société de Bucarest est émerveillée de ses facultés de télépathie et de sugges tion. Il se donne comme médium d‘esprits puissants. Plusieurs savants, parmi lesquels le Dr lonesco, l'ont exa« miné, sans parvenirà découvrir son secret.
On attend avec impatience qu’il veuille bien se soumettre à l‘examen de la Société allemande de psychologie. (Psychische Studien, juillet.) LA MAGIE .RETROUVÉE Le D' Chatinière, de Saint-Mandé, a eu l’idée d'appliquer au traitement de la rougeole la lumière rouge. Le résultat
REVUE DES REVUES 279 ,_ ,, , ,V , .s , ..,-s.. a... -uwwu—ww' semble des plus encourageants.
La lumière rouge aurait sur la maladie une influence abortive; l’éruption, l’hyper thermie, la bronchite rétrocèdent très rapidement; d’après M. Chatinière, le résultat dépendrait beaucoup de l'heure du jour à laquelle on a pu commencer le traitement : un malade soigné dès le matin peut être guéri le soir, tandis qu’un autre malade soigné vers le milieu de la journée ne sera guéri que le lendemain.
Il paraît, d’ailleurs, que cette pratique existe en germe dans certains pays, puisque dans le Caucase on a coutume d'habiller de chemises rouges les enfants atteints de fièvres éruptives, et en particulier de rougeole. (La Vie médicale, 3° année, mai 1900.) REVUE DES REVUES Le manque de place nous oblige à ne mentionner ici que les études les plus remarquables des publications tou chant de près ou de loin au spiritualisme.
LANGUE FRANÇAISE.—— Dans I’Écho du Merveilleux (juillet et’août) nous remarquons d‘excellentes études de Fraya sur la chiromancie et la graphologie; nous les recomman dons aux spécialistes qui trouveront là de bons renseigne ments pratiques. —- Le Spiritualisme moderne reproduit une Vie de Jésus, dictée médianimiquement et déjà publiée par René Caillié; c’est Une œuvre radicalement fausse. — Le Bulletin de la Société psychique de Nancy (25, fau bourg Saint-Jean) donne d'excellents mémoires, bien écrits, bien observés et tolérants ; voir surtout les expériences de M. Balme, les études du Dr Haas et de M. Thomas.
Le même D“ Balme raconte aussi ses expériences dans le Moniteur des Études psychiques (83, rue des Saints— Pères) où, en outre, M. Saint—Cloud étudie un sorcier, possesseur de pouvoirs étranges. Nous sortons du domaine exclusif des faits pour faire un peu de théorie avec la revue de M. Jacques Brieu, le Mouvement psychique (7, impasse Bardou); ces études de sciences et de théosophie restent bien un peu exote’riques,
2 80 L’INITIATION """"! mais elles sont utiles au plus haut degré pour guider des esprits critiques. Dans la Revue de l’hypnotisme du Dr Bérillon, étude des D“ Hikmet et Regnault sur les exercices des derviches ex pliqués par l'hypnotisme. La Revue (avril) publie une curieuse monographie du Dr Latouche-Tréville sur des momies trouvées dans une gorge des monts Bronco. dans l'Arizona (U.-S.
A.); dans le numéro du I”jüillet, très fine étude de Camille Mauclair sur les peintres de l'élégance nerveuse. Dans le Mercure de France (août), M. Polti, tout en anathématisant l’occultisme {et les occultistes, transcrit lit téralement et sans citer les sources les tableaux de corres pondances d’Agrippa.
LANGUE ALLEMANDE. — Le professeur Max Seiling donne dans Ubersinnliche Welt de juillet une théorie de la résurrection de Jésus-Christ, basée sur le phénoménisme magnétique et spirite, par conséquent incomplète. Der Theosophischer Wegweiser publie des travaux du Dr Frauz Hartmann. dirigés comme toujours dans le sens panthéis tique. M. Zillmann propage avec la même ardeur les doc trines théosophiques dans sa revue Neue Metaphysiche Rundschau.
Psyché, de Stockholm, traduit des fragments de la Lumière d’Egypte. LANGUE ANGLAISE. — Notes and Queries (mai) réimpri ment quatre poèmes de Thomas Lake Harris: Edgard Poe dans le monde des Esprits. — Le numéro d’août contient un bon historique de la tradition occidentale par Sapere Aude. The Star of the Magi traduit depuis le mois de mars des fragments du livre de Papus sur Martines; tous nos remerciements à Wood et au Rév. G. Peeke.
Reçu enfin Un Delta,journal de l‘anc.'. et prim.'. Rite de M.'., édité par M. Pagni de Wellington (N.-Zélande) et The Pr0phet où se trouvent d’excellents conseils de self-control. e- On a pu lire ce mois-ci, dans les quotidiens, une série d’articles intéressant le spiritualisme. En particulier dans le Figaro deux études sensationnelles de Serge Basset sur les phénomènes de Tilly, et dans le Malin une interview de Papus par Jules Bois.
BlBLIOGRAPHIE 28 I r"'—I‘rä‘l‘flPl‘ï’?“"" Notre ami Delville dirige avec succès un journal d’art et d'ésotérisme, la Lumière, 82, rue de l’Industrie, à Bruxelles ; on y trouve de très intéressants articles signés par les leaders de toutes les écoles. Dans l’Encyclopédie de Camille Flammarion, un article sur l’Occultisme très impartialement écrit. A Bruxelles, une courageuse petite feuille de huit pages autographiée, rédigée par des anonymes.
Adresse; : poste res tante A 0 R, Bruxelles—Centre. A Pueblo (Colorado U.-S. A.), paraît un journal appelé Psycho—Harmonic Scientist, organe - des doctrines de M. R.-J. Burns,« l’homme de Vénus », fondateur d’un système d’occultisme intéressant. Dans le Rappel du 9 janvier, intéressante interview de M. Grolleau sur l’école swedenborgienne à Paris. Reçu également les Notes and Queries de janvier, organe de l’U. I.
U., renfermant une foule de notes intéressantes, en particulier sur l’astrologie. Bibliographie SATAN-DIEU, par **" (Ambert et C“, édit.). Le titre de cet ouvrage m’a d’abord étonné, puis repoussé, puis attiré : c‘est de la magie élémentaire. Il est bon de connaître ce qu'il contient, car il est un témoignage significatif d‘un courant actuel d’idées. Je l'ai lu une fois, et je me propose de l’étudier: il en vaut la peine.
Quoique basé sur une intuition radicalement fausse, il recèle d’excellentes choses et peut rendre un grand service à la philosophie par sa rigoureuse définition des mots. et une tendance efficace à la synthèse. C’est autre chose qu'un livre, c’est un acte.
Je n'insisterai. pas sur la désagréable impression de voir l’auteur (anonyme) s’enivrer, s’auto-enivrer de ce que l'on a révélé à son esprit, et qui nous dit : J’apporte une doctrine nouvelle, le Mentalisme, qui doit remplacer toutes les phi
2 82 L’INITIATION losophies et les religions connues jusqu'à ce jour (je ne cite pas, je donne le sens), et qui veut donner le « coup de grâce ) au christianisme, l‘alpha et l‘oméga, en qui tout est contenu. L’erreur fondamentale est de confondre Dieu et l’Homme simplement.Si nous appliquons à l‘homme, à la race Ada— mique, ce qu’il dit de Dieu, nous aurons bien des éclair— cissements sur ses origines matérielles et sur son évolution.
Pour l‘auteur, Dieu parle d’en bas, de Satan, et monte vers le Bien, restant éternellement imparfait, en perpétuel devenir. Peut-on comprendre une évolution sans une in volution préalable? Comme le dit l’auteur lui-même, ce n’est pas la matière qui crée, c’est l’Esprit. Alors, pour quoi son Dieu est-il soumis à la relativité de la matière et de l’évolution de la vie humaine, terrestre, universelle ?
Disons tout de suite que l‘Homme non plus ne vient pas d’en bas. Mais l’auteur commence à étudier l‘homme au moment où il est descendu des mondes de la matière subtile, lumineuse, spirituelle, dans les mondes de la ma tière dense, opaque, ténébreuse (qu’il a peut-être lui-même créée comme analoguement une précipitation chimique), pour la connaître, l’évertuer. l’évoluer.
Il ne peut l’évoluer qu’au moyen des qualités divines. des pouvoirs spirituels qui sont en lui. Et ce n’est pas de la matière qu‘il tire ces qualités.
Pour peu qu’on ait tenté quelque ascèse occulte ou simplement qu’on ait observé la vie, on a pu voir que la matière ne crée pas nos pensées, ni nos sentiments, mais qu’elle est le plan de résistance au contact duquel jaillit en nous l’étincelle dont nous sentions auparavant la force latente en notre âme. C’est une théorie ancienne, toujours nouvelle quand on l’oublie.
Si l'auteur de Satan-Dz’eu n’a pas abouti à la vérité, la vérité profonde de la Tradition ésotérique, c’est qu’il a oublié d'étudier et de sentir la vie du simple organe en qui viennent s’unifier, s‘harmoniser, se mettre à l’unisson les clameurs cacophoniques de l’effort mental et la rumeur complexe de la Nature.
C’est pour avoir négligé d‘écouter la voix intérieure du cœur humain, du cœur de l’humanité, autrement profonde et claire que la vastitude des concepts et des expériences, que l’auteur n’a pas su comprendre le
BIBLIOGRAPHIE 2 8 3 Christ, l’éternel Verbe de Dieu, éternellement rédempteur, éternellement crucifié,éternellement ressuscité et glorieux Et il n’a trop voulu voir en lui que son incarnation histo rique d’il y a deux mille ans, et il nous a dit que bien des humains subissaient des souffrances plus grandes que la crucifixion, qui ne dura que trois heures... ‘ Et cependant il admire Dieu et s’incline devant sa Toute Puissance.
« C’est Dieu qui pense et qui fait tout. » Au fait, l’auteur présente, en son évolution intellectuelle, un phénomène déjà maintes fois observé. Du matérialisme il s’est élevé au panthéisme, et il est entré en communion avec la force universelle qui anime la nature, et il a vu en elle des vérités, sans voir l’origine de ces vérités.
Et son ivresse est bien caractéristique de ce plan intermédiaire, où tout _est vrai et faux, lumineux et obscur, bipolarisé, et surtout chatoyant, merveilleux, spécieux, enivrant, ma— gique. Et naturellement, il confond Jésus et Satan.
Parmi ces vérités de détail, non reliées par l’auteur à la vérité unique, un clair aperçu sur l’incarnation et la repro duction des êtres : « Ce n’est pas le père apparent qui re— naît, ni l'ancêtre, c‘est Adam qui prend nouvelle forme et nouveau visage. » La morale de l'auteur est d’ailleurs excellente, et par le retour à l'unité, à l’androgyne Adam-Ëve, est en accord avec la parole du Christ : « Aimez-vous les uns les_ autres. » Je suis convaincu, avec bien d'autres esprits, que le christianisme n’est pas encore entièrement révélé.
Jésus l'a donné lui—même à entendre. L’auteur de Satan-Dieu me semble, tout en la combattant, travailler à cette révélation future et incessante. C'est un esprit sincère et sérieux, un cerveau puissam ment logique et érudit, et plein d'une santé bouillonnante qui s'équilibrera.
La conclusion de l’ouvrage me paraît assez chrétienne, sinon orthodoxe ou cléricale. , «c Pour finir, j'admire toute l’œuvre et je rentre, avec une sincère humilité, avec un immense soulagement, dans le refuge de cette suprême conviction : que nul de nous n’a de mérite, de démérite, ni de talent, ni de science, ni de iberté, ni de culpabilité, ni de responsabilité; que tout est
284 L‘INITIATION de Dieu et que tout est à Dieu, dans le Passé, dans le Pré sent, dans l'Avenir, dans l'Avenir de plus en plus religieux et de plus en plus savant vers lequel nous marchons. » C’est vrai, dans le fond. Mais, en attendant d’être arrivés au fond, nous restons sur la route de la vie, où la liberté, la responsabilité existent et nous sont des adjuvants pro videntiels. Nous sommes libres et responsables de nous brûler les doigts.
Nous soufi‘rirons, ça guérira, la Nature aidant; et en fin de compte, rien n‘y paraîtra plus, aussi profonde soit la brûlure, car Dieu est tout amour. Snnnus. CH. DÉTRÉ. — Les Apologistes du crime, in-8. A l'Huma mité Nouvelle, 15, rue des Saints-Pères.
Ce gros volume, rempli de citations, développe une thèse nouvelle et quelque peu paradoxale: c’est que les Jésuites et les Francs—Maçons ont été les protagonistes de la théorie qui donne la liberté de tuer.
La vérité, à mon avis, est tout autre : Maçonnerie et So ciété de Jésus furent des institutions de lumière; mais rien n'est immuable sur la terre; le Mal est toujours cor— rupteur; de lui, qu’on se le représente comme un agent de fermentation ou comme un être adversaire, de lui viennent les fausses applications, les perversités et les abus qui se font des termes de la loi.
En plus de cela, il est fort pos— sible que les Jésuites se soient immiscés dans la maçon nerie. Mais l’accumulation des textes qu’a compilés avec patience M. Détré ne prouve qu’une chose: la perversité de l'homme dès qu’il se livre à l’orgueil spirituel, à la gloire ou à l’ambition. S D’M. ADAM.— La Tradition celtique et ses adversaires, in-18, 1901. Ceci est un beau et bon livre de revendications sociales» nationales et religieuses.
Nos lecteurs sont au courant de ce que le Dr Henri Favre, Francis André et l’auteur enten dent par celticisme; ils savent les différences profondes qui distinguent le génie de notre race originale de celui des Latins, des Sémites et des autres Orientaux; de quelle façon le livre de sang dont parle Wronski a trouvé dans
BIBLIOGRAPHIE 285 mana 1. celles-ci ses scribes les plus travailleurs et dans celle-là ses victimes les plus nombreuses. Plus confiant dans l’avenir que les savants dont je viens de citer les noms, je crois avec Saint-Yves d'Alveydre que! les sacrifiés ont le beau ,rôle, et que le royaume du Celte n’est pas de ce monde.
Les généreux efforts de ces intuitifs à qui parle l’âme même de la race blanche sont destinés à ne pas germer encore de quelque temps ; la France fermente; il faut que la putréfaction s’açcomplisse tout au long; et il paraît que le soin de ceux qui sont chargés dans l’lnvisible de guider ce travail interne consiste à temporiser encore afin de pou voir éviter des catastrophes brutales.
Quoi qu‘il en soit, le livre du D“ Adam est d’une utilité énorme pour tous ceux qui s’intéressent à la vie de leur patrie, et nous en recommandons vivement l’étude appro fondie. SÉDIR. Le Précurseur.— Une voix dans le désert... 2 fr. Impri merie Malverge, 171, rue Saint-Denis, 1901, br. ira-12.
M. de Rochetal répand les prophéties d‘un ami nommé Carve, qui a eu des visions symboliques résumant les événements dont la France et le monde s’étonneront de 1895 à 1907 jusqu’à la renaissance de notre patrie. Celle ci doit briller trente années, après que 300.000 victimes auront succombé par le fer. En l’an 11" du siècle, il y aura des luttes fratricides; l’envahisseur repassera notre fron-. tière.
Le triangle battra la crosse, la crosse détruira la Bible. Après sept années, des aigles combattront. Après quarante mois de luttes (entre les peuples) le trident sera brisé. La France passera d’abord par un épouvantable bouleversement social, sept ans après la vision du voyant. Tous les peuples la mépriseront et l’attaqueront. Elle sera sauvée par un homme aux cheveux blonds venu des mers ‘équatoriales. Le lionceau deviendra lion.
« Parti d’un cachot, il siégera sur un trône. » ' Mais la concorde sera précédée de la hache, qui fera 200.000 victimes. Carve crie anathème surles prêtres modernes. llannonce que les églises seront fermées et dévastées, que les couvents rejetteront leurs habitants. ( Vers la neuvième année du siècle, il régnera en France
286 L’INITIATION une grande effervescence guerrière », que suivra une réno— vation universelle. La domination de l’Angleterre sera anéantie. Il a été révélé à ce voyant que la folie lui évitera de voir ces terribles événements. Si le visionnaire Carve n’a pas fondé une religion nou‘ velle, comme on le lui a prédit, il a du moins disparu, l’autre prédiction me parait s‘être réalisée.
Ces prédictions me semblent être des prévisions dues à un esprit trompeur qui répète, pour les discréditer, des prophéties authen tiques, en y ajoutant quelques dates. PEREGRINUS. — Que doit-on savoir de la Franc— Maçonnerie? Br.in-8. Berlin S.W., chez Hugo Steinitz, 2, Charlottenstrasse.
C’est un excellent résumé de la maçonnerie basé sur les travaux historiques de Findel et de Fessier; il renferme une grande quantité de documents sur les nombreux rites maçonniques de l’Europe et de l'Amérique. L’auteur fait remonter le système maçonnique au vu" siècle par l’archevêque d’York, Wilfried, et, l’abbé Bénédict, prieur de Weremouth.
L’auteur apprécie avec tact et impartialité les rites de Swedenborg, des Illuminés allemands, des Martinistes et des Rosicruciens. LIVRES REÇUS A grande obra alchemica, br. in-32. Traduction de la brochure de F. Jollivet Castelot par DARIO VELLOZO. C. B. E., 1901. Coritiba. ALBERT Joumsr. —Les Eléments de l’harmonie messia. . - . / mque contemplés sommairement dans la me contempo raine et dans l’histoire, chez l'auteur, à Saint-Raphaël (Var). Développement de cette idée que l’harmonie messianique
LIVRES REÇUS 287 est formée de la réunion de trois idéals : Religion, Science et Art, tonalisés dans un quatrième, la Rédemption sociale. E. W. SCRIPTURE, Ph. D., directeur du Laboratoire de psychologie de l’Université de Yale. —- The color Sense Tester. New Haven. Connecticut, br. in-8, fig. Dr S. REELING BROUWER, directeur de la maison de santé de La Haye. — De 1’A utosuggestibilité pathologique comme caractéristique de l’hystérie (en français).
La Haye, Cikot, in-8. DARIO VELLOZO. — Étude historique sur la F.'. Coritiba, 1901. Excellent petit volume que nous recom mandons aux étudiants de langue portugaise. BOOTII TUCKEY. —— L’Œuvre social de l’Armée du Salut aux États—Unis (in Monographs on Amer. Social Écono mies). N.-York, 1901, avec gravures et portraits. Excellente étude. Dr SYLVIUS. -— Science et Religion, aperçu de l'histoire générale des Cultes, br. in-8, 2 francs.
A la Presse Indé— pendante, Ig, boulevard Bonne—Nouvelle. Préface d’un livre prochain tendant à concilier la Science et la Religion. . Dr SADOUL. — Hygiène et Médecine coloniales, 2° éd., in-8, IgOI, chez Challamel. Excellent traité, très complet et très pratique. Comte de LARMANDIE. — Olopherne, tragédie antique en quatre actes, en pros , in-I8, 1900.
Comte de LARMANDIE. — L’Enuers du Grand Monde, in-r8, 190L Notes de psychologie contemporaine conçues dans la manière vigoureuse que l’on connaît.
2 8 8 L‘INITIATION Nécrologie Nous apprenons la mort de M. J. Tuchmann qui vient de succomber aux suites d'une congestion cérébrale. M. Tuchmann était un de nos plus savants folkloristes; il publiait depuis cinq ans dans Mélusine la si intéres , sante revue de M. H. Gaidoz, une étude extrêmement éru dite sur la fascination dans tous ses aspects. Le dimanche 13 octobre est l’anniversaire de la Mort du chevalier Louis—Claude de Saint-Martin, le Philosophe Inconnu. L‘École hermétique préparera à cette occasion une séance spéciale. Le Gérant : ENCAUSSE. Paris-Tours. —- lmp. E. ABRAULT et Cie. 9, rue N.-‘D.-de-Lorette.
Tous; les 0ccultistgs fig. ' ;'Ë.lti,3\. ,‘5 Ë de l’Ordre Martiniste i .22. lui]: les marbres ont intérêt à lire ‘ L’EUULE ‘HEBM‘TIÙE "Supplément gratuit de. la‘Ilevue . L’HYPERGHIMIE Qui 'reprodu’it 'les‘ Cours ‘de Par!" ihéo’rÏques et I'ph‘att’c’ïù‘és ,‘ ._ ABONNEMENTS , , . _-. _ _ :,——‘:-,=»: . 4 ' francs an 2;, ’RUe de Savôie, PARIS . 'f _—.,\_y. .V .I m, ,, _ ' Numéro (le Juin reprddui’t coùrs de”PaPùs, Sédii“ et’Plianeg Envoi d'un numéro spécimen sur demande. ' . ' > .y.,_.,] _' . .‘ :... À{;)fiê«î
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