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, C . I L In 1t1 EIÎIO n Revue philosophique des Hautes Eludes PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS 1» i! 0. >I< Docteur en médecine — Docteur en kabbale DO.— 52""’ VOLUME. — 14"" ANNÉE SOMMAIRE DU N°10 (Juillet 1901) __ .._ A nos lecteurs (p. I à 3) . . . . . . . . . . . La Rédaction. PARTIE EXOTÉRIQUE Les arts divinatoires (p. 5 à 9) . . . . . . . . Papus. PARTIE LITTÉRAIRE Un drame mystique (p. 10 à I4) . . . . . . . . R.
Sainte-Marie. PARTIE PHILOSOPHIQUE L’homme de désir (p. 15 à 19) . . . . . . . . Sédir. Les sept dimensions de l’espace (20 à 26) . . . Ernest Bosch. Au pa s des Esprits (suite) (p. 27 à 45) . . . . X. Intro action à l’étude du son, lumière et con leurs dans l’astral (suite) (p. 46 à 62) . . . . Tidianeuq. (PARTIE INITIATIQUE Vocabulaire de la terminologie de Jacob Bœhme (p. 63 à 80) . . . . . . . . . . . . . . . . Sédir.
École supérieure libre des sciences hermétiques. — Chez les voyantes. -— Réhabilitation d'Anna Rothe. — Bibliographie. — Bibliothèque kabbalistique. Tout ce qui concerne la Rédaction et. les Échanges doit être adressé 87, boulevard Montmorency, à Paris. Téléphone — 690-50 ' ADMINISTRATION —— ABONNEMENTS »— ANNONCh5 LIBRAIRIE PAUL OLLENDORF PARIS 7*,50. Chaussée—d’Anlin, 50 — PARIS Le Numéro : UN FRANC. — Un An: DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l‘hypnotisme et la suggestion à distance.
Efi”rayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l‘arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cle'ricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’lnde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Exotérique) expose aux lectrices ces questions d’une manière qu‘elles savent toujours apprécier.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà quatorze années d’existence.— Abonnement: Iofrancs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épunsees.) .‘ .:Gë“""‘
L’Inüiarion du -I‘5 Juillet 1901 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’I-m’tz’aiz‘on PARTIE INITIATIQUE SAINT-YVES D’ALVEYDRE — AMO —— F. CH. BARLET, S.'. I.'.â — GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.'. I.'. ;:I — JULIEN LEJAY, S.'. I.'. g —— ÉMILE MICHELET, S.'. l.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. l.'. (D. S. E.) MOGD, S.-. 1.-. — PAPU5, S.'. l.'. g"— Dr ROZIER. -—— SÊDIR, S.'. I.'. g.. — SELVA, S.'. l.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. —— AMELINEAU. — ALEPH. -— AMARAVELLA. — D' BARADUC. — SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 30' — BLITZ. — BOJANOV.— BORNIA PIETRO. -— ERNEST Bosc. -—- J. BRI CAUD. — JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAEAY. — ALFRED LE BAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — A. ERNY. — FAERE DES ESSARTS. — L. ESQUIEU. — DEI.ÉZINIER. — JULES GIRAUD. —- Dr FERRAN. — L. GOURMAND. — L.
HUT CHINSON. —— JOLLIVET-CASTELOT. — E. LEFÉBURE. — L. LE LEU. — L. LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — G“ C. NOEL. — HORACE PELLETIER — PHANEG. — G. POIREL. —- QUESTOR VITŒ. — RAYMOND. —- SABRUS. — L. SATURNINUS. —— D“ SOURBECK . — THOMASSIN. —TIDIANEUQ. — G. Vrroux. — YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUEOURG.— JEAN DELVILLE. — ESTRELLA. -— E. Gou DEAU. — MANOEL DE GRANDFORD. — L.
HENNIQUE. —- GABRIEL DE LAUTREC. — JULES LERMINA. — JULES DE MARTHOLD. — CA TULLE MENDES. — GEORGE MONTIERE. —LEON RIOTOR. — SAINT— FARGEAU. — R. SAINTE-MARIE. —— ROBERT SCHEFF‘ER. — ÉMILE SI— GOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE G. ARMELIN. — CH. DUBOURG. —- RODOLPHE DAR2ENS. —JEAN DELVILLE. - YVAN DIETSCHINE. — E. GIGLEUX. —_ CH. GROLLEAU. — MAURIOE LARGERIS. — PAUL MARROT. — EDMOND PILON. -— J. DE TALLENAY. — ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
L'Im‘tintlon du l!) Juillet n_,or L-’I N IT IA TI 0 N (““SË‘T‘Ëi‘ËSMENTS) DIRECTION ADMINISTRATION 87, boulevard Montmorency, ABONNEMENTS TÊLÊPNÛNE — “0‘50 PUBLICITÉ : VENTE AU NUMÉRO PARIS‘A UTEUH‘ Librairie Paul ouau:onrr DIIEŒIUI 2 PAPUS DIRECTEUR ADJOIN‘I‘ : Paul S ÉD I R 50‘ 0h3"“ée'd’A"t'n' 50 Rédacteur en chef : F.-Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an' '° fr' J. LEJAY — SABRUS ÉTRANGER, — 12 fr.
REDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa Seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune nous dans le corps d'un article. Prière d'adresser tous les échanges: 87, boul. Montmorency, Paris MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial.
Un numéro de la Revue est toujours com osé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer un p us tôt que le mois suivant. L’Initiation est, en France, le seul organe officiel des centres suivants : Groupe Indépendant d’Études Ësotériques. 1.600 Mem bres, 104 Branches et Correspondants. Ordre Martiniste.
Ordre Kabbalistique de la Rose + Croix. ‘ École Supérieure libre des Sciences Hermétiquesi Société Alchimique de France (avec la Revue l’Hypeî chimie. Union Idéaliste Universelle. P. T. L. (section française). Bite Swedenborgien (Loge INRI). Illuminati Germaniæ (Délégation française).
W@@W A NOS LECTEURS Nos lecteurs seront heureux d’apprendre l’extension de la Revue qu’ils ont soutenue depuis quatorze ans de leur dévouement et de leurs conseils. A dater du N juillet 1901, tous les services administratifs de l’Initiatz’on seront dirigés par la Société d’éditions littéraires et artistiques, librairie Paul Ollendorf, 50, chaussée d’Antin.
L’entrée de notre Revue dans une des premières maisons d’édition de Paris est,en même temps qu’une récompense des efforts antérieurs, une preuve del’im portance croissante que le public lettré attache à nos idées. Nous profitons de cette transformation pour ré pondre à beaucoup de demandes faites par nos lec teurs.
L’Initialion est la seule revue documentaire de l’occulte qui expose la tradition ésotérique des diverses écoles occidentales au public français. Elle s‘efforce de mettre au jour les documents rares et les manus— crits qui sont généralement l’apanage des fraternités initiatiques. De là, la valeur marchande sans cesse !
2 L’INITIATION [JUILLET croissante des collections de notre revue. Mais ces documents sont, par leur caractère même, réservés à une élite, et un lecteur non habitué à nos termes techniques qui ouvre pour la première fois l’Initz‘a tion, a peine à saisir nos idées, surtout s’il débute par la lecture de la partie initiatique. Frappé de la justesse de cette observation, nous avons décidé d’y remédier dès le présent numéro.
Aussi placerons—nous désormais en tête de la revue une section exotérique, consacrée aux arts divina toires courants, aux études de début faciles, aux va riétés qui amènent peu à peu le lecteur à sentir naître en lui l’homme de Désir qui le conduira au nouvel homme et à l’Homme-Esprit par la voie mystique et vivante du Réparateur.
Cette section exotérique sera le hors-d'œuvre qui précède tout bon repas, en intellectuel comme en matériel, et, ainsi, nos lecteurs ne mangeront pas le dessert avant la soupe. Mais, par contre, nous donnerons plus de soin en coreà nos études documentaires.
Nos relations offi— cielles avec la Societas Rosicruciana in Anglia, les Illuminati Germaniæ, le Rite swedenborgz‘en et les diverses sociétés d’illuminisme chrétien existant en Europe, nous permettent un ensemble de documents initiatiques impossibles à trouver par ailleurs. Enfin toutes nos dispositions sont prises pour illus trer largement les études techniques et faciliter ainsi leur compréhension. Disons, en terminant, quelques mots d’administra tion. Grâce à l’organisation des services de la maison
190 I] A NOS LECTEURS 3 Cliendorf, nos lecteurs seront assurés de la plus grande régularité dans la réception de leur numéro. Mais nous les prions instamment de nous adresser leurs réclamations chaque fois qu’ils auront à en faire.
Cela nous permet en effet de découvrir bien des irré— gularités dont notre administration est toujours vic— time, —- car les intermédiaires sont souvent incapa bles de fournir aux abonnés la quittance originale de l’Admz‘m‘straîion qui SEULE engage notre responsabi lité pour le service.
Quand cette quittance n’a pas été fournie, nous engageons nos abonnés à l’exiger de leur libraire et à se faire rembourser leur abonnement, et cela dans leur intérêt, car nous sommes souvent plusieurs mois avant de découvrir ce genre d’erreurs.
Nous comptons, comme toujours, sur nos lecteurs pour augmenter le nombre de nos abonnés en répan dant la revue dans les milieux sympathiques à nos idées, et nous les remercions encore de leur attache ment et de leurs encouragements. LA DIRECTlON.
PARTIE EXOTÉRIQ_UE LES ARTS DIVINATOIRES Comment on lit dans la main. Le caractère intime de l'être humain est analogi quement indiqué dans toutes ses manifestations ex térieures.
La forme du visage, les lignes tracées sur le front, la forme du crâne, la démarche, la forme de la main, les lignes qui y sont tracées ou la manière dont cette main forme les caractères de l’écriture, sont autant de voies différentes qui conduisent à un même but: le vrai caractère des impulsions subies par la conscience et le plus ou moins de facilité qu’aura naturellement la Raison à résister à ces impulsions passionnelles.
Ces études peuvent sembler, au premier abord, peu sérieuses, et surtout peu scientifiques. Il ne faut pas se laisser prendre à ces objections faites toujours par des pédants et des ignorants.
Tout ce qui conduit à une vérité est sérieux, et les arts qui permettent de découvrir,sous le vernis mon— dain, le tigre, la chatte ou le vampire qui se cachent sous l’apparence humaine, sont d’une utilité incon testable, à condition de les étudier sérieusement.
, LES ARTS DIVINATOIRES 5 w ,v r M“5 de Thèbes et Ledos ont montré ce qu’on pou vait faire dans cette voie par une étude suivie. Aussi serons-nous heureux d’exposer à nos lecteurs les éléments les plus généraux de certains de ces arts. Nous nous bornerons à des données simples et pra tiques et nous renverrons aux ouvrages détaillés ceux de nos lecteurs que l’une de ces applications intéresse rait particulièrement. Nous commencerons par quelques données de chi— romancie ou étude des lignes de la main. LES NOMS DONNÉS AUX DOIGTS Tout d’abord retenez les noms astrologiques donnés, par les chiromanciens, aux doigts. Le petit doigt ou auriculaire, ce bavard qui raconte à la maman les méfaits des enfants, qui s’insinue partout grâce à sa finesse, c’est Mercure, le Principe de la Science, de la Médecine,du Commerce et aussi,toute médaille a son revers, du vol. ‘ L’annulaire, le doigt où l’on place de préférence les belles bagues et les anneaux d’or des fiançailles, c’est Apollon, le Principe de l’Or,de l’Art,de laGloire intellectuelle et de ce que les anciens appelaient la bonne et la mauvaise fortune (voy. sur la figure, lettre A). Le doigt majeur, le plus long de la main, qui dépasse de son importance tous les autres, c’est Saturne, le Principe de la Fatalité et de toutes les impulsions difficiles à vaincre (S). L’index ou indicateur, c’est Jupiter, le Principe de
6 L’INITIATION la Domination personnelle, de l’Orgueil et de I’Ambi— tion (J). Enfin le pouce caractérise l’homme lui-même .et surtout sa volonté. Il se rapporte par sa base à Vénus
LES sars mvmaromss 7 et aux plaisirs de l’amour, ainsi qu’aux saines joies de la vie terrestre. Fig. 2. — Apollon est plus long que Jupiter. Apprenons donc tout d’abord ces noms planétaires: Vénus, Jupiter, Saturne, Apollon et Mercure. Cela nous sera très utile par la suite.
8 L’INITIATION Préfère—t-on la gloire ou le bien-être P Si vous prenez le grand doigt de la main, Saturne, Fig. 3. — Jupiter est plus long qu’Apollon. comme milieu vous aurez, à droite, Apollon et Mer cure, et, à gauche, Jupiter et Vénus. Toute la partie droite de la main indique les im _zx ‘y_'L. , .11 A
LES ARTS D1VINATOIRES 9 pulsions intellectuelles, l’Art et la Science et la recherche de.la gloire aux flancs faméliques; toute la partie gauche (Jupiter et Vénus) indique au contraire l’ambition pratique, la recherche du bien-être avant tout. Si donc,la main étendue,Apollon est plus long que Jupiter (voy. la fig. 2), c’est que l’on préfère la gloire au bien-être. Par contre (fig. 3),si Jupiter est plus long qu’Apol Ion, on recherche avant tout le bien-être et la situa— tion assise. Foin de la gloire et de la bohème. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, comme dit l’autre. Voyez économies et bas de laine. Vérifiez chez vos parents, amis et connaissances ces deux tendances et, la prochaine fois, nous cher cherons à être encore plus indiscrets. Pneus.
PARTIE LITTÉRAIRE UN DRAME MYSTIQUE Nos lecteurs nous sauront gré de leur donner ici la primeur d’une scène extraite du drame mystique en trois actes, que vient d’achever notre collaborateur et ami Raoul Sainte-Marie. L’idée de l’œuvre, entière ment nouvelle au théâtre. est celle—ci: un amant accepte la douleur de voir s’éloigner de lui celle qu’il aime pour que celle-ci soit sauvée.
Le dialogue ci dessous, entre le jeune homme à l’âme ardente de charité et le maître intercesseur, suit et précède des scènes d’un grand intérêt dramatique et d’un pathé tisme surhumain. La jeune fille va mourir; le jeune homme se déses père... ACTE Il SCÈNEIH RETHEL, L’HOMME Un homme est entré, vêtu de couleur gris terne, indécise. Son costume est celui du peuple. Sa figure presque com—
UN DRAME MYSTIQUE H mana. Mais parfois ses yeace brillent d’une lueur intense et ses lèvres s‘entr'ouvrent en un sourire prodigieuœ; tel un Dieu soufl"rirait pour les souffrances des hommes. RETHEL, accablé. Trop tard. Désespérance. L'HOMME. Dieu est bon, mon fils! Espérez au contraire en lui. Relhel est secoué de cette parole. Un frisson court par ses membres comme si ces verbes simples portaient en eua: un réel sou/fie de vie.
Il regarde celuiqui uîentde parler et semble chercher, dans le rayonnement de bonté qui tout d’un coup l’environne, la remembrance de quelqu'un bien connu et pourtant très loin et très oublié. Et,brusqucmenl, il fait deua: pas en avant. - RETHEL. Oh 1 vous la sauverez ! Dites-le—moi. L’HOMME. Pourquoi vous opposer aux desseins du maître? Voulez-vous priver une âme des souffrances qu’elle a méritées, auxquelles ellea droit?
La justice divine ignore les volontés injustes des hommes. Inclinez vous. RETHEL. Mais non. C’est impassible. Sauvez-la. Si vous voyiez comme elle souffre. Vous êtes bon. Je le sens. Mais vite. Je vous supplie. Ils ont dit que dans deux heures... Ah!si vous saviez combien je l’aime. Regar dez, je suis écrasé, anéanti. Mon orgueil a disparu.
12 L'INITIATION Dites : cette âme qui seule répondit aux cris de la mienne, vous ne me laisserez pas la perdre. Je vous implore. Elle souffre, elle s’en va. Laissez-vous fléchir. Regardez,je me traîne. Je suis à deux genoux. Pitié ! Pitié! L’homme regarde fixement Rethel qui sanglots. Son sourire s’est détendu peu à peu; une grande majesté l‘en veloppe. lŒTHEL, a genoux. Si vous saviez comme elle souffre. Mais, voyez, je suis un homme.
Je suis fort. La douleur se brisera sur moi. Prenez-moi à sa place. Elle est si jeune et si frêle. Je puis la remplacer dans la torture. Je sup porterai tout, la mort la plus abominable, mais épar gnez-la. Sauvez-la. L’HOMME a levé les yeux vers le ciel, une larme coule le long de ses joues.
Mon Dieu ! que votre règne soit manifesté; accom plissez votre parole; acceptez l’of’f‘rande de ceux qui veulent souffrir. (A Rethel.) Lève-toi, pauvre, pauvre enfant. Écoute.Je ne puis rien. Dieu seul est le maître. Mais Dieu est bon. Il peut t’accorder ce que tu lui demandes. Vois.
Si ton âme se sent ferme contre tout ce qui peut la frapper, contre d’ef’f‘royables souffrances qu’à peine tu soupçonnes, celle pour qui tu as ému le Sei gneur peut guérir. RETHEL. Vous avez dit guérir. J’accepte tout. Mais com ment ? Quel homme aura cette puissance ?
UN DRAME MYSTIQUE I 3 L’HOMME. Toi. Il est sur la terre des âmes choisies, des âmes plus rapprochées de Dieu, dans l’éternel rayonnement d’Amour. A celles—là, par la faveur éclatante de sa bonté, Dieu fit le présent le plus magnifique, il donna d’aimer les autres égarés, d’aider les pauvres igno rants, les pauvres méchants que nous sommes; il accorda de supporter pour les autres l’accablement de leurs fardeaux. Ils sont rares ceux qui méritèrent cette récompense. Mais Dieu les soutient, d’un œil plus vigilant, d’une amitié plus manifeste. Rethel, ta prière a fait pleurer les anges. Rethel, ta demande t’est accordée. Tu peux guérir celle que tu aimes. RETHEL. Je suis prêt. Que faut-il ? L’HOMME. Tu acceptes de porter la croix. Mais affermis tes épaules. Regarde en toi-même. Si pleinement tu souhaites imiter le Christ, celle qui agonise va guérir. Mais alors, pour toi, la douleur apparaîtra, immense, atroce, longue comme ta vie. Tu verras l’amour s’éloi— gner de toi. Celle que tu aimes t’oubliera pour un autre. En toi, cependant, croîtra le feu de ton cœur; et, jour par jour, heure par heure, ses idées, ses désirs,
14 L’INITIATION toute son âme enfin, tu les verras se porter vers un autre. Tu souffriras éperdûment. Mais ta douleur sera comme un baume divin pour resserrer ses plaies. Regarde et réfléchis. Si tu le veux ardemment, sans retour et sans regret, Éliane sera guérie. Mais toi, toi, que la bonté de Dieu t’assiste! Un à un les chandeliers s‘éteignent. La nuit se fait. L’homme a disparu. Relhel demeure, immobile, statue sans un mouvement, les yeuac fermés. R. SAINTE-MARIE. (O)
:..V |'.‘\î‘_:u— g Èr. V-_ r' l ,7... . y; .y_. ' _ :; . ......... Æ PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute École. sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées . L’HOMME DE DESIR Le nombre des écrivains critiques qui se sont occu pés du Philosophe inconnu, de ses œuvres écrites et de l’influence de sa parole sur ses contemporains, augmente de jour en jour.
Tout récemment, le vul— g‘arisateur anglais de l’Occultisme, le traducteur d’Éliphas Lévi, M. Arthur-Edward Waite, vient de publier un volume de grande valeur, où il a résumé avec impartialité les événements de la vie de Louis Claude de Saint-Martin et où il a su condenser avec une grande fidélité d’interprétation la doctrine de notre vénérable maître.
Les œuvres de Saint-Martin devaient former une partie importante de la série de rééditions que Chamuel avait entreprise, sous le titre des Classiques de l’Occulte. Malgré les circons— tances adverses qui l’ont empêché de réaliser son projet, le dévouement de l’un de nos frères a permis aux Mai‘tinistes de pouvoir étudier le Tableau Natu re! et l’Homme de Désir à des conditions d’économie remarquables.
Déjà presque tous —- on peut dire tous -— nos frères ont entre les mains le Tableau Naturel, demain c’est l’Homme de Désir qui va être répandu parmi la foule des étudiants de bonne volonté. Le lyrisme inspiré, soutenu depuis le commencement
I6 L‘INITIATION jusqu’à la fin de l’œuvre, est fait pour dérouter un peu beaucoup d’entre nous trop habitués aux raisonne ments d'une logique à la fois rigoureuse et simple dans ses termes et volontairement prosai‘que.
La tâche que je voudrais assumer aujourd'hui c'est d‘es sayer de guider cet étudiant de bonne volonté, en lui démontrant que si cette parole éloquente paraît par fois dépasser l’intelligence du fait, elle en contient pourtant toute l’explication, et qu’il n’est question que de donner autant de cœur que de cerveau à la lecture pour comprendre.
Le but que l’on découvre en méditant l’Homme de Désir a été, de la part de son auteur, d’établir par une multitude d’exemples, de comparaisons et d’ensei gnements que les conceptions de la science ne sont et ne peuvent jamais être autre chose que de refléter les notions de la vie.
La science, en effet, n’est pas .autre chose que l’image, présentée logiquement, d’une sphère vitale et des êtres qui la peuplent; cette image reçoit fatalement des déformations plus ou moins grandes de la réalité qu’elle représente; et ce que les philosophes appellent la connaissance n’est autre chose que le symbole de la réalité intérieure.
Seules, parmi les monuments de la pensée humaine, les reli gions présentent la connaissance sous ce point de vue vif, grâce auquel les esprits qui passent à travers la lettre peuvent arriver à la perception du Réel. As -sentir aux vérités fondamentales communes à toutes les religions est par conséquent le seul chemin qui s’offre à la majorité des hommes pour deviner l’énigme de la vie et utiliser les moyens que la Nature nous
L'HOMME DE nésm I7 I offre en abondance pour réaliser ici-bas notre mis sion. Saint-Martin s’adressait à vous; il ne s’occupe pas des êtres d’exception ; à ceux-là la Providence ouvre des voies spéciales, tandis que tous nous nous servons alternativement de notre sensibilité et dé notre raison, qui s’éclairent et se rectifient l’une l'autre.
Le symbolisme qu’il s’attache à expliquer est celui du Christianisme, c'est-à-dire celui de l’Ancien et du Nouveau Testament; les occasions où il emploie la terminologie de l’occultisme ou de l’hermétisme sont rares, en somme; il n’emprunte des lumières à la Tradition orale que pour éclairer les profondeurs de la Tradition écrite et nous les rendre compréhen sibles.
Analyser la doctrine de ce livre serait un travail énorme etqui pécherait toujours par quelque endroit car, comme tous les vrais maîtres, le philosophe in connu se tient dans un plan d’harmonie synthétique qui résonne pour ainsi dire sympathiquement avec toutesles catégories mentales et avec toutes les qualités d’âme.
Conçu sans plan visible, écrit dans un style enthousiasme et inspiré, l’Homme de Désir n’est pas un traité didactique; c’est un bréviaire, un livre de chevet qui répond, à quelque page qu’on l’interroge, par une lumière et une consolation.
Les mystères des nombres, ceux de la parole matérielle, les puissances de la prière, la constitution physique de notre globe, le sens occulte des règles de la morale, les mystères des génies, de nos parentés spirituelles et de nos des cendances, les élans de la charité contemplative et de 2
18 L’INITIATION la charité agissante, en un mot, tout ce que le mys ticisme ou l’illuminisme offre.à l‘homme de notions intellectuelles, de touches intérieures, de révélations vives, se trouve réuni dans ce volume, fleur magni fique des premiersdéveloppements de l’âme de Saint Martin, de son premier épanouissement aux rayons solaires du Réparateur. N’importe qui peut le consulter avec fruit.
Ceux qui ont déjà pris contact avec les enseignements de l’occultisme y trouveront des preuves, des vues. des procédés vrais d’investigation, des conseils pour la vie quotidienne.
Ceux qui viennent à le lire en sor— tant de l'École ou du Monde y trouveront l’essence de l’illuminisme occidental, à condition qu'ils veuil lent bien, en le méditant, faire table rase de leurs connaissances acquises et.de leurs opinions; les cer veaux qui n’ont point reçu de culture y trouveront l'une des plus exquises méthodes que l’on connaisse pour développer 'à la fois leur intelligence et leur cœur, pour découvrir les sommets les plus élevés de la pensée et les abîmesles plus profonds du sentiment; mais toutefois, des conditions sont requises pour tirer de cette fleur spirituelle tout son suc.
Il ne faut jamais êtreimpatient; tout ce qui estcréé, “tout ce qui appartient à la nature, tout ce qui. est sou— mis-à l’espace et au temps, a besoin de l‘un et de l’autre pour se développer. Aucun germe, matériel, astral, magique, psychique ou spirituel, ne devient d’un coup une plante; notre cerveau, quand il a. reçu un aliment, est obligé de le digérer;notre cœur, quand il a été fécondé, évertuelentement la graine providen—
L’HOMME DE DÉSIR 19 tielle qui lui a été confiée. Chaque mouvement d’im patience crée une 'barrière ; chaque enthousiasme appelle un découragement;l’exaltationde toute extase est fondée sur lesafl’res dela tentation. Oriferait donc preuve d’une légèreté blâmable en rejetant un livre quand la première lecture ne nous a pas appris beau coup de choses; ilvaut mieux se cultiveren profondeur sur un'point qu’en surface sur une grande étendue.
Il faut aussi appuyertouteconquêteintellectuelle par un avancement moral; la science ne deviendra vivante en nous quelorsque nous—mêmes-vivrons d’après les lois supérieures qu’ilnous aura étédonné,de comprendre; le cœur et le cerveau doivent se perfectionner de con cert, la sainteté procure la science, et la science doit aflermir la sainteté.
Quand, chez un être, un organe est développé aux dépens des autres, cela s’appelle une monstruosité; il fautune croissance harmonique, une ascèse totale.
Tel est le résumé de la doctrine de Saint-Martin, tel est l'idéal auquel le présent livre tend à nous faire parvenir; et cette modération dans l’en thousiasme, cet équilibre dans les spéculations les plus vertigineuses, cettemesureenfin dans les élans du cœursont comme la signature et le sceau de l’Ini— tiation orthodoxe parmi les monuments de laquelleil doitêtre rangé. ’SÊD‘IR.
Les sept dimensions de l'espace Il y a longtemps qu’on a écrit que « de Paris au Pérou, du Japon jusqu’à Rome, le plus sot animal est l’homme » 1... Bien que peu flatteur pour le Roi de la création, il faut bien reconnaître qu’il y a beaucoup de vérité dans cet aphorisme.
L’homme a toujours ajouté foi à toutes les supers— titions, et il en sera encore très longtemps de même; mais croire à des faits certains, expérimentés, affir més par de vrais savants, c’est autre chose.
Quand l’illustre chimiste anglais Crookes nous dit, nous affirme et nous prouve par des photographies qu’il a vécu pendant des semaines, des mois, des an nées avec une Entité de l’espace,de l’au delà matéria lisée, qu’il l’a vue, palpée, qu’il lui a donné le bras, qu’il a entendu les battements et pulsations de son. cœur dans sa poitrine, qu’il lui a coupé une mèche de cheveux,qu’enfin il a photographié cette Entité et qu’il montre ces photographies, le stupide animal qu’est l’homme dit :« C’est peut—être vrai, mais aussi ça peut ne pas être vrai: le grand chimiste et ses amis qui ont vu et assisté à ses séances peuvent avoir été le jouet d’une hallucination. » Voilà pour le côté scientifique : DOUTE!
LES SEPT DIMENSIONS DE L'ESPACE 21 Mais qu’un monsieur dise que le nombre 13 à tableindique la mort prochaine d’un des convives ou bien qu’il pense que le vendredi est un jour né faste, tout le monde ajoute foi à ses paroles et à ses. billevesées ! Voilà pour le côté superstitieux : CERTITUDE !
Telles sont les réflexions qui nous sont venues à l’esprit tout dernièrement, en pensant aux sept di mensions de l’espace, aux sept dimensions qui doivent exister dans l’espace, mais dont nous ne con naissons guère que trois et soupçonnons à peine la quatrième.
Il y aurait donc d’après les données cos miques trois nouvelles dimensions à découvrir, car il ne peut pas ne pas y avoir sept dimensions dans l’espace, puisque notre système solaire est septénaire ; l’homme doit posséder sept sens, sept couleurs, sept dimensions, sept‘toniques harmoniques et ainsi de suite pour tout ce quiexiste dans notre système solaire.
Mais voici la difficulté, c’est précisément de faire admettre au sot animalce qu’il ne voit pas de visa, de ses yeux.
Or si l’homme n’admettait que ce que perçoivent ses sens encore si bornés, 'il ne croirait pas à grand chose; il lui faudrait bifl‘er tous les faits historiques qu’il n’a pas vu de ses yeux vu, de même que tous les faits contemporains au déroulement desquels il n'a pas assisté, etc. Il n’est donc pas étonnant que, ne connaissant que la longueur, la largeur et la profondeur, en un mot ne connaissant et ne palpant que le cube, il ne croit qu’aux trois dimensions.
2 2 L’INITIATION Grâce aux travaux de Zôllner, nous pouvons ad mettre la quatrième dimension, qui consisteraiten ceci : à la désagrégation immédiate de la matière et à sa reconstitution également immédiate; c'est-à-dire par exemple que deux anneaux de bois tournés séparé ment dans un bloc de bois pourraient s’interpénétrer, c’est-à-dire pénétrer l’un dans l'autre à la manière des anneaux d’une chaîne, ou bien encore qu‘un ob jet dense matériel (une clef en fer, une brique, un moellon) puisse traverser un mur épais et se trouver de l’autre côté de ce mur, ce qui ne saurait être ob tenu instantanément que par la désagrégation et la reconstitution immédiate desdits objets. —- Telle est la représentation qu’on peut se faire de la quatrième dimension. — Il ne nous resterait qu‘à rechercher ce que serait la cinquième, la sixième et enfinla sep tième dimension, ou du moins ce qu'elles pourraient être, ces trois dernières dimensionsgc‘est ce que nous allons faire.
Ce qui va suivre ne peut être démontré, car si la démonstration était faite, la preuve admi nistrée, le problème aurait été résolu, les trois der nières dimensions de l’espace-trouvées, Nous pensons que l’homme, quand il sera arrivé à un stage plus élevé, à une évolution supérieure, de beaucoup supérieure même devons—nous dire, à celle du siècle qui vient de s’achever, nous pensons que l’homme trouvera les cinquième, sixième et septième dimensions, etil les trouvera certainement dans. les vibrations -— ondulations, etdans les sons—lumière -—» couleurs (1). (1) Voir l'1nitiation, numéros de février, mars, avril rgor{
LES SEPT DIMENSIONS DE L’ESPACE 23 Dernièrement un journal quotidien rapportait,avec force plaisanteries naturellement, que les plantes, d’après le dire d‘un botaniste.ou d’un physicien (nous ne savons pas au juste), aimaient la musique, et que certains sons, certains rythmesleurplaisaient davan tageque d’autres et les faisaient pousser avec beau coup plus de vigueur et d’intensité. Et le journaliste de.plaisanterie savant l...
Évidemment, le savant n’avait pu dire exactement ce que rapportait le. journaliste; il avait dû dire autre chose;quant ànous, nous comprenons fort bien que, suivant telle ou telle. vibration, une plante éprouve plus ou moins de bien-être, ce quiprovoque sa pousse plus vigoureuse; pourquoi ?
Parce. que certaines vi— brations exercent sur l’organisme cellulaire ou vascu laire de la plante un choc, une percussion qui dilate avec plus ou moins d’intensitéses cellules et,partant, fait croître la plante.avec plus ou moins de rapidité suivant la force, l’intensité des vibrations, au point même que certainement des plantes pourraient être brisées, détruites, anéanties par des vibrations de plus en plus fortes et désordonnées.
Ceci, qui peut paraître. difficilement admissible auprès de certains esprits,. est cependant: démontrable. Tout lemonde sait, a pu voir,,ou; pourra voir que l’éclatdu tonnerre, de la foudre, ou des coups duca nôns, donnent à l’air de si fortes commotions (vibra tions) que les carreaux de verre, les vitres ou via traux d’un édifice peuvent être brisés. La vibration est ici enharmonique et ne saurait être agréable à ces carreaux et à. ces vitres; la foudre, les coups de
24 L'INITIATION canons ont poussé à leur destruction, destruction qui amènera en somme un genre de progrès, puisqu’il faudra remplacer les vieux carreaux par de neufs; or c’est encore là de l’évolution ! Donc la vibration est non seulement une force, une grande force, mais on arrive à se demander si ce n’est pas la seule force dans l’Univers. La foudre, l’électricité, ce qui est tout un, n’est en somme qu’une force vibratoire.
Du reste, l’élément fondamental de l’Univers ré— side dans une force qui renferme en elle-même l’es prit et la matière et dont les manifestations ont entre elles des rapports rythmiques.
Il est aujourd’hui scientifiquement démontré que, quelles que soient les formes de l’énergie, elles sont toutes transmises par vibrations, par ondulations, les— quelles affectent dans l’espace des figures semblables aux circonférences concentriques engendrées sur la surface des eaux tranquilles, quand la chute d’une pierre ou d'un caillou vient frapper leur surface.
De plus l’expérience a démontré que les rapports rythmiques, dont nous venons de parler, ont trois modes de vibrations ayant chacun une importance égale chez chacune d’elles et pouvant se traduire par l’assimilation, l'individualisation et leur résultante.
Aussi on peut considérer la triple manifestation de cette force vibratoire sous trois états différents: 1“ Positif radiant, propulsif, dispersif enharmo nique; 2° Négatif, centralisant, polarisant et harmonique; 3° Aithérique, céleste, dominante. ’ro!I-—"si I J. « ..unn_n9 Dam-u,
LES SEPT DIMENSIONS DE L’ESPACE 25 Avant d‘aller plus loin, nous devons expliquer ce' terme enharmonique, que bien des lecteurs pren draient pour une coquille et liraient inharmonique, n'est-ce pas.
Le terme enharmonique est un terme de musique ancienne, c’est la façon particulière de diviser la quarte ou l‘espace de deux tons et demi en un quart de ton, un second quart de ton et un diton ou tierce majeure. —— Dans la musique moderne, l’enharmo nique est la manière d’écrire dans le genre chroma tique en désignant le même son successivement par deux notes différentes, comme sol dièse et la bémol, ut bémol et si naturel.
Diderot a appliqué ce terme par extension à la vue de l’artiste peintre.
Dans ses Pensées sur la peinture, il nous dit : « L‘habitude perpétuelle de regarder les objets éloignés et voisins, d‘en mesurer par la vue l'intervalle, a établi dans notre œil une échelle enhar— monique de tons, de demi-tons, de quarts de tous tout autrement étendue et tout aussi rigoureuse que celle de la musique pour l’oreille. » Après cette digression, revenons à notre sujet.
Les trois états dont nous venons de parler : positif, négatif, aithérique, ne peuvent exister séparément, ils sont intimement unis et se trouvent dans tout courant. Ces trois modes de vibration existent dans les six subdivisions de l’atome qui constitue la matière, ou encore du mouvement vibratoire, que nous pouvons connaître et que nous désignons mouvement molé culaire, mouvement intermoléculaire, mouvement aithérique et intéraithérique.
26 L’INlTIATION Quant au groupement de la matière, il a pour cause une autre loi, celle de la centralisation de l’affi nité négative ou de l’attraction, car qui dit « positifet négatif» dit attractif; on sait que les électricités de même nom (isonomes) se repoussent, tandis que s’at tirent les électricités de nom contraire (kéteronomes).
Tout ce qui précède semble nous éloigner de notre sujet principal, à savoir les sept dimensions de l‘es— pace; il n’en est rien parce que nous dirons. et ce sera là notre conclusion, que les trois autres dimen— sions de l’espace ne peuvent être et résider que dans les vibrations, que dans les ondulations de ces vibra tions, combinées en proportions variables avec les sons ——lumière et couleurs.
Si l’on ne trouve pas juste et assez concluante notre conclusion, nous répondrons, que si nous avions pu être plus explicite, fournir des explications et des déductions, des preuves et des arguments en faveur de notre thèse, c‘est que nous aurions trouvé lestrois autres dimensions; or, nous sommes loin d’avoir trouvé ces nouveaux principes de géométrie occulte et surtout d'en avoir la prétention.
Nous n’avons voulu ouvrir qu‘une nouvelle voie aux chercheurs. Nous pourrons du reste, revenir ultérieurement sur cet intéressant sujet. ERNES’I‘ Bosc. . : un/,u.
Au Pays des Esprits (Suite) Je n’avais jusqu‘alors réfléchi qu’à l'ordre selon lequel se manifestaient les mouvements de l‘univers, lorsque soudain je découvris que les mouvements des corps dans l’espace n’étaient point le fait, comme je l’avais cru, d’une simple révolution automatique autour d’un orbe central.
Chacun d’eux, il est vrai, se mouvait bien autour d’un centre solaire dans une orbite à lui propre; leur trajectoire de même était bien circulaire, défléchie seulement au périhélie et à l’aphélie; mais, à mesure que l’œil de l’observateur pénétrait même les détails de la révolution planétaire, inappréciables tout d’abord en raison de leur incon cevable rapidité, il surprenait des mouvements dons nant à chaque globe en marche tous les caractères d’une individualité vivante douée d’une âme spéciale.
Tous ces mondes resplendissants flottaient dans l’espace, semblantse mouvoir en cadence, se jouer, ondoyant en haut, puis se précipiter en bas avec toute l’erratique mobilité de l’éclair. Était-il vraiment pos sible que ce fût des êtres vivants, sentants, non pas de pures machines, mais d’admirables organismes
28 L'INITIATION jouissant de tous les bienfaits de la vie, agissant d’après l’inimitable procédure d'une immuable loi ? de la même façon qu’un enfant se rendant d’un point à un autre s’écarte sans cesse, dans sa course vagabonde, de son droit chemin pour cueillir des fleurs ou attra per des papillons; de la même façon encore que l’homme dont l’invariable destinée entre le berceau et la tombe est sujette à toutes les variables alternatives qu’un esprit irrésolu ou une imagination trop ardente peut susciter.
Pouvaient-ils tous être de vivants or ganismes, l’immensité de l’univers était-elle donc remplie non pas de milliards d’automates, mais de légions de créatures vivantes.
Pouvait-il se faire que notre ardent soleil et son éblouissante famille de globes planétaires fussent tous des créatures ayant leurs parties et leurs passions, leurs organes et leurs sensations, avec des rochers pour côtes, des montagnes pour os et tendons ; avec le fluide vital des océans et des fleuves circulant dans leurs veines et leurs artères; leurs énormes poumons aérés par le souffle des vents et l'air atmosphérique; possédant un fluide électrique, produit de l’action galvanique de filons de métaux serpentant à travers chaque globe comme un gigantesque système ner veux; avec de vastes réservoirs de force magnétique engendrée aux pôles de l’arctique nord etdel’antarc tique sud; le cerveau et les pieds de cette vivante créature, centres d’approvisionnement pour parer à l’usure de la vie physique, représentés par les rap ports que chaque satellite entretient avec son centre solaire, ayant enfin une vaste âme collective dans l’ag
AU PAYS DES ESPRITS 29 grégalion des atomes d’âme qui mènent une vie pa rasitaire à la surface de chaque planète.
« En résumé, selon l’apocalyptique vision qui venait d’éblouir mes yeux, chaque soleil, étoile, comète, chaque corps de l’espace pleinement formé, était un être vivant, ayant un corps et une âme : le corps représenté par une forme physique destinée à mener une existence natu relle passagère, composée d’êtres physiques infimes de ses propres rang et ordre; l’âme par un esprit immor tel façonné et développé à travers l’élément formatif dans la matrice de la matière, destiné à survivre à sa dissolution et à vivre éternellement en tant qu’âme parvenue à la perfection, emportant avec lui la tota« lité des atomes d’âme qu’il a supportés et développés comme autant de feuilles et de fleurs de sa propre semence fécondée. » Ceux qui liront ces lignes vont prendre, je le sais, ces suppositions pour les divagations d'une imagina tion en délire; ceux-là n’ont pas lu à la page occulte du développement de l'univers comme j’ai fait, mais les temps viendront où la cabale de l’existence sera. lue à livre ouvert.
Ce qui semble « folie >> aujour-. d’hui sera alors accepté comme vraie philosophie ;: en attendant, l’ange révélateur m’ordonne d’écrire, j’obéis. Je songeai ensuite à la source centrale, inconnais—y sable peut-être, tenant et aboutissant de chaque corps. dans l’espace, comme je m’en aperçus, autour de laquelle tourne l’infini lui-même.
Je vis que des mil-. lions et des millions d’hémisphères étaient emportés. sur des trajectoires aussi parfaitement orbitales que;
30 L’INITIATION celles de la plus petite planète d’un système isolé. Le vaste secret de l’univers doit donc se trouver en un point précis, au pivot autour duquel il se meut. Comme je songeais, la réponse vint. Le monde de la matière devint transparent, et à travers ses espaces sans bornes je vis la création illuminée de rayons perçants projetés par le soleil central de l’être.
Sur une largeur d’espace moindre que le degré marqué sur la carte scolaire d’un enfant, je pouvais compter ces rayons par millions; et cependant leur merveil leuse constitution m’était distinctement révélée. Le trait extérieur ou visible de chaque rayon était formé de lumière physique ou de matière au plus haut de gré de sublimation.
Ce trait était doublé intérieure ment d'un rayon de lumière ou force astrale, doublé lui-même de lumière spirituelle, c’est-à-dire de l’élé ment dont est formé l’âme immortelle.
Concevez l’univers entier pénétré de ces rayons en nombre si dense que l’espace en est annihilé; remontez leur cours jusqu’à la source d‘où ils émanent et vous arri verez à les fondre en un royaume illimité dans lequel jamais aucun monde, ni soleil, ni système solaire, ni corps de l’espace, ni esprit, ni âme, ni homme n’ont pénétré; Où la pensée devient aberration, oùl’idéalité est perdue; d’où proviennent la lumière, la vie, la force,.le mouvement, la matière, le gouvernement, l’ordre, la puissance, mais vers lequel rien de ce qui est ne retourne de nouveau.
Alors vous connaîtrez la source d’où émanent ces rayons de vivante lumière; alors vous connaîtrez le central soleil, le corps et l’âme de l’univers, LE DlEUdont l’homme negpeut
AU PAYS DES ESPRITS 3I même pas se faire une idée pendant sa vie ter restre. La chimie du rayon de soleil avait été une de mes études favorites au collège, et j’avais passé bien des heures agréables à étudier la constitution, la direction et les effets de ce merveilleux agent dans l’économie de la vie, dans la production de la lumière surla croissance.
Mais combien ternes, plats et insigni— fiants, quel simple jeu d’enfant s’amusant à des ba gatelles me paraissaient maintenant les souvenirs de tout ce que la science physique pouvait révéler, com— parées aux plus larges, plus grandioses points de vue sur l’origine des choses qui m’étaient découverts, à mesure que je pénétrai plus avant dans les arcanes de la science spirituelle.
Les croyances chimériques de l’adorateur du feu étaient-elles donc mieux fondées sur la vérité divine que les solennelles affirmations des théologiens P demandait mon âme anxieuse. L’ange révélateur me répondit par une nouvelle série de visions.
Je vis une planète isolée, la mienne peut-être, privée tout à coup de la lumière de son soleil; instantanément comme frappée de flétrissure, .toute couleur, toute beauté, toute figure ou forme dis paraissent .de sa surface. A ma vue paraît un monde d’où la chaleur du soleil s’est retirée; aussitôt la vie y est suspendue.
La mort qui fige tout, la mort stu pide, lourde, envahit tout, les roues de l’être s’arrêtent court, et l’être Lui-même est à sa fin. Je vois la force centripète du soleil s’éloigner de notre système solaire, et les planètes, les lunes, les astres, les comètes, les météores, tout le cortège des
32 L'INITIATION [JUILLET éléments embryonnaires gravitant sur les chemins solaires, s’échappent en désordre dans l’espace où règne le chaos pour aller se perdre éternellement dans le néant. Je vois la force centrifuge se retirer, et le système solaire, se précipitant vers un certain point, est absorbé, englouti dans la masse parentale, et la masse parentale elle—même n’est bientôt plus que le simple débris des mondes disparus.
Si telle est l’action du soleil physique, engendrant la vie et l’entretenant, quelle doit donc être la puis sance corrélative du soleil spirituel dans le royaume de l’être immortel ?
Si telle est la relation physique actuelle du soleil de notre système vis-à-vis du monde et vis—à-vis des formes qu’il a semées dans le jardin des cieux, quels rêves ne pouvons-nous pas former, que ne pouvons nous pas aspirer à connaître, lorsque dans des âges futurs de progression nous pourrons monter au ciel des cieux et comprendre le mystère de Dieu ?
De nouveau je vis l’univers en marche et, sur sa brillante surface, des mondes, tout chargés de vie matérielle, vitalisés par la force, animés par l’esprit; et cette tri nité de l’être allait des masses gélatineuses flottant dans d’anciennes mers, aux soleils rayonnants qui flamboyaient et brûlaient dans les profondeurs de la voûte étoilée.
A chaque nouvelle vision, de fraîches questions se levaient comme de bouillonnantes vagues dans mon. esprit avide de savoir. J’adressai encore un suppliant appel pour de la lu»
1901] AU PAYS mas ESPRITS 33 mière, 4%plus de lumière » lorsque furtivement mes sens perçurent le ton de cette douce réprimande: «Ne cherche pas, enfant, à embrasser l’éternité dans une seule heure de temps.
Sois patient, et tout ce qu'il est bon pour toi de connaître te sera révélé. » Pendant maintes et maintes nuits, pendant maintes semaines successives d’une vie presque extatique,ces précieuses promesses me furent tenues; des révélations me furent faites de nature analogue à celles que j’ai déjà relatées; relation que je n’ai pu faire dans un langage digne de la sublime, de l’éblouissante lumière répan due dans mon âme, mais en me servant des plus simples phrases, des plus claires que j’ai pu trouver.
De même que pour certaines pensées que la parole ne peut rendre, il arrive qu’aucun langage ne semble digne de les exprimer, de même la forme d’expression que j’emploie ici est si grossière que je sais très bien que ma parfaite impuissance éclate à chacune des lignes que j’écris.
Il me suffira de dire que les connaissances qui me furent révélées durant ces radieuses visions étaient de telle nature que seul un ange de l'Apocalypse pou— vait en être le dispensateur. Ces visions durèrent jus qu’à ce qu’un système cosmique complet m’eut été révélé. Voici quelques-uns parmi les sujets traités: La construction du monde et les constructeurs, la constitution de l’univers solaire.
Des dieux, des hommes, des esprits, des anges, la croissance et la reconstruction de l’esprit. Le royaume et la destinée des âmes. La lumière, la chaleur, la lumière phy sique, la lumiere astrale et la lumière spirituelle. 3
321. L'INITIATION ""l L’âme humaine, ses facultés,ses possibilités, ses éner. gies et sa destinée. La volonté, les puissances occultes et magiques, leurs forces, leurs objets. Le rapport et l’influence des corps planétaires les uns vis—à-vis des autres; l’intelligence humaine, la nécessité des mythes théologiques.
La permanence de l’être, les cycles du temps, jours d’orage et jours de soleil dans la vie hu maine, etc., etc. Chacun de ces prodigieux sujets fut toujours traité de la façon la plus grandiose, la plus originale, la plus hardie, la plus convaincante.
Le système du monde qui me fut présenté sera, j’en ai aujourd’hui la solennelle conviction et l’espérance, la base sur laquelle une nouvelle science religieuse et vraie et une nouvelle religion scientifique seront édi fiées.
Les idées qui, il y a un quart de siècle, appa raissaient avec tant d’éclat en de resplendissantes images aux yeux de mes compagnons et de moi-même, ces idées agissant comme un levain ont remué la masse de la société civilisée durant ce laps de temps.
Plus d’un pionnier solitaire de la nouvelle église qui sera les a vues en vision, senties dans son âme, puis en seignées par fragments isolés; mais leur influence a surtout été comprise comme la réflexion d’une force inconnue.
Subtile autant que puissante, cette force est en train de se faire un levier de l’opinion publique; car la volonté de ce géant est suffisante pour élever chaquepierredanslenouveau temple, les mettre toutes en place et en faire un tout concret et glorieux; le jour où chaque pierre image de pensée aura été taillée dans sa carrière spéciale, où chacune aura les qualités
AU PAYS DES ESPRITS requises de beauté, d’harmonie et de solidité, sera en un mot prête dans sa perfection isolée à former une portion du sublime édifice.
Je sais, par l’expérience de gens qui ont mieux que moi combattu pour la cause du progrès des sciences métaphysiques, combien nos nocturnes réunions sous les voûtes souterraines de l’un de nos plus anciens temples del’lnde antique ont contribué à remuer la lumière dans la masse de l'opinion publique, au XIX° siècle, mais comme nulle langue ou’plume humaine ne saurait dépeindre di— gnement les grandioses scènes dont nous eûmes l’insigne privilège d’être favorisés, comme, d’autre part, ces articles de revue ne sont guère un moyen convenable pour la publication de l’ardente idéalité qu’inspiraient les scènes de nos visions, je dévoilerai tout à l’heure à mes lecteurs la singulière façon d‘opérer que notre fraternité mettait en usage pour déterminer des visions chez les nouveaux frères, et je ne parlerai plus de ce sujet.
Au terme du premier dramegrandiose qui venait de se dérouler devant mes yeux, je me sentis soudain entouré de bras étrangers qui liaient mes mains et attachaient d’épais bandeaux sur mon visage.
Cette fois je n’avais nul désir de résister au mouvement de mes gardes ; au contraire, à leur contact, je me levai et me laissai reconduire à travers une autre série de passages (j’avais en effet d’instinctives raisons pour savoir que tel devait être mon mode de sortie), jus qu’à ce que nous alteignîmes un certain endroit de l’amphithéâtre de montagnes très éloigné de celui par lequel nous étions entrés. Les liens furent enle
36 L'INITIATION vés aussi rapidementet silencieusementqu’ils avaient été mis; mais avant, que j’aie pu reprendre parfaite conscience de maliberté. mes guides avaient disparu. Ils m’avaient laissé le masque que j’avais porté dans mes mains, avec attaché un bout de papier, sur lequel étaient inscrits en fins caractères sanscrits ces mots : « La nuit d’après-demain à minuit. Chan dra ud Deen. » On ne doute pas que je fus fidèle au rendez-vous.
Je m’estimais suffisamment récompensé d’ailleurs lorsque, à mon arrivée sur le plateau, j’aperçus la haute stature et le costume monastique de ma mysté rieuse connaissance là devant moi. Il me fit un accueil plein de cordialité, usant de la même fine courtoisie qui avait caractérisé ,ses manières à notre première entrevue.
Avant quej’ai pu faire la moindre question concernant la part qu’il avait prise à mon aventure de la veille, il m’en parla, s’excusant de la façon brutale dont s’était passée ma première initia tion.
Il me fournit de sérieuses raisons pour expli quer le mystère dont on avait cru nécessaire de s’en tourer en cachant les entrées de ces vastes cryptes et de ces retraites souterraines, qui, je le savais bien, avaient été creusées au-dessous de la plupart des anciens temples et qu’il n'était pas rare de voir dé passer en dimensions et en grandeur les superstruc tures elles-mêmes.
Il m’iniorma que mon initiation véritable devait avoir lieu cette même nuit, pourvu que ce que j’avais vu m’ait inspiré un intérêt suffi sant et me fit désirer de faire partie de la fraternité que j’avais visitée.
AU PAYS DES ESPRITS 37 Mon nom, ma situation, mon caractère. mes dis positions spiritualistes, étaient tous connus de l’asso ciation ; d’ailleurs, nul n’avait jamais été ni ne pou— vait être introduit parmi eux s’il n’était déjà connu et désigné à leur choix comme possédant les qualités en harmonie avec l’association.
Mes mystérieux amis avaient donc sur moi l’avantage à tous les points de vue, mais comme ma confiance en eux était entière, cette même nuit je prononçai le serment qui fit de moi un des leurs.
Parmi les nombreux secrets de merveilles occultes que j’appris dans l’étonnante compagnie de ces vrais savants en matière spirituelle, je citerai la singulière et originale méthode dont ils usaient dans l‘agence ment de leurs somptueuses et dramatiques représen— tations.
Des fils métalliques fins sillonnaient le temple dans toutes ses parties, chacund’eux convergeantà six puissantes batteries galvaniques attachées aux trônes d’argent occupés par sixdes adeptes. Ces personnages ADEPTES, dans le sens le plus élevé et le plussigni ficatif du mot, recevaient leur inspiration de l‘occu pant du septième trône.
Celui-ci, quoique toujours présent, n’était pas toujours visible; mais, comme pour la première nuit où j’assistai aux séances, un envoyé des régions plus hautes était toujours là. Les fonctions des adeptes consistaientà centraliser et à concentrer en un unique foyer l’inspiration reçue. Les pensées de chacun d’entre eux étaient tout d’abord condensées en une seule idée sur la tribune, et de là distribuées à chaque néophyte dans l’audi
3‘8 L’INITIATION toire. Cette impression universellement sentie par chaque membre devait sa production d’abord à l'es prit d’harmonie qui régnait dans l'assemblée; ensuite à l‘influence de la volonté de chacun concentrée for tement vers le même point; enfin au pouvoir distri— butif età la puissance d'action des fils galvaniques qui s’étendaient, comme il a été dit, de la tribune à chaque membre dans l’auditoire.
Le pôle négatif de cette batterie complète était formé par les néophytes, le pôle positif par les hiéro phantes; et, puisque je me suis engagé uniquement à enregistrer les vérités de ce royaume de l’être qui nous domine et dans lequel il m’a été permis de jeter un respectueux regard, j’affirme sous la foi du ser ment le plus solennel que l’objet des augustes repré sentations qui se déroulèrent devant mes yeux durant plusieurs semaines consécutives de trois séances chaque consiste invariablement en images psycholo giques imprimées sur l’esprit des adeptes par l‘ange qui présidait à nos pieuses réunions, et de là distri buées et transmises mentalement au siège de la cons— cience par un eflet psychologique, et physiquement par les fils conducteurs de force électrique à chaque membre de notre vaste assemblée.
C’est en vain que le sceptique douterait ironique ment de la possibilité de transmettre la pensée même par les moyens physiques grossièrement indiqués ici. Les biologistes expérimentés ne révoqueront jamais en doute la possibilité de l’action mentale que je viens de décrire, sauf en ce qui regarde le grand n n
AU PAYS DES ESPRITS nombre de personnes impressionnées en même temps; mais que l‘on me permette sur ce point d'affirmer à mes lecteurs qu’une très grosse part de la magie indienne repose sur des impressions psy chologiques produites par des adeptes isolés sur de vastes multitudes.
La science de l’illusion, mot qui traduit représente mal l‘idée originelle, ne doit avoir aucun secret pour l’adepte, ancien ou moderne, s’il veut devenir « enchanteur habile » ou bon « magicien ». Le « rationale » de la magie est la VOLONTÊ ou science de l’âme; la pratique de cette science ou l’exercice de la volonté exige pour > réussir l’éloignement absolu de tout obstacle pos sible.
Par exemple, si vous voulez que votre pensée atteigne une autre personne à une distance quel conque, longue ou courte, cette pensée atteindra certainement son objet, pourvu qu’elle ne rencontre aucun obstacle psychologique plus puissant qu’elle même.
L’homme possède naturellement le pouvoir de produire dans ou sur la matière tous les phéno mènes possibles aux esprits, pourvu que ses forces spirituelles ne rencontrent aucun courant magné— tique contraire, aucune ligne de force agissant en sens opposé. A tous les âges les mystiques, les mages, les voyants et les prophètes-ont vanté la puissance de la volonté, l’ont connue, sentie et s’en sont servis.
Si la VOLONTÈ échoue si souvent dans son but, c’est que des milliers, des millions peut-être d’autres VOIOHtéS traversent l’espace suivant des directions opposées ou des courants contraires ; l’effort de cette _ volonté isolée qui autrementærait irrésistible, s’il.
40 L’INITIATION Opérait dans des conditions meilleures, sans obstacle venant le contrarier dans sa route. se trouve ainsi paralysé, et il suffira d’un seul échec de la sorte pour qu’on le cite immédiatement à l'encontre des vaines prétentions des psychologistes prônant la puissance souveraine de la VOLONTÉ.
L’association dont j'ai parlé datait de plusieurs siècles et devait son origine à cette observation pénétrante d’un grand métaphy sicien que les puissances et les forces de l’âme hu maine pouvaient être concentrées de façonà imiter l'action créatrice et à donner aux idées un corps, une forme réelle, sensible.
Je n’entrerai pas ici dans les résultats des expériences qui furent continuées, comme je l’ai dit. pendant des siècles avec un succès variable, succès proportionné à l’excellence ou à l’in différence des sujets par qui elles étaient conduites.
La découverte et l’application de la force électrique, en tant que moyen de stimuler les facultés mentales, ouvrit une ère tout à fait nouvelle parmi cette remar quable fraternité ; ses adeptes s’engagèrent avec ardeur dans des expériences d'un ordre nouveau, certaines desquelles ont été des plus surprenantes.
Pour le moment, il ne m’est pas permis de donner des explications ni de m’étendre sur ce sujet ; sinon rien ne me serait plus facile que de justifier et au de là les extraordinaires prétentions que j’avance en faveur de la puissance de la volonté humaine, particu lièrementlorsqu’elle est aidée d‘appareils scientifiques.
Pour ce qui est de la transmission de la pensée par l‘électro-magnétisme, j‘ai, en plus d’une occasion, prouvé sa possibilité, voire même démontré son
AU PAYS DES ESPRITS 4.! infaillibilité, dans des expériences faites en commun avec mon amie, Mrs Emma Hardinge Britten.
Nous étions déjà devenus habiles dans nos opérations de télépathie, et capables de les pratiquer avec inva— riable succès; mais, en utilisant l’action puissante quoique plus matérielle de l’électricité tirée de subs tances minérales, nous sommes arrivés à donner aux forces subtiles quoique variables du magnétisme vital une énergie telle que plus que jamais nousavons dans nos opérations des résultats uniformes, absolument dignes de foi.
En définitive, je me crois autorisé à dire que nul n’a le droit de déposer un verdict de « manque de confiance » dans mes déclarations, s’il n’a pas lui même expérimenté sur le même sujet et dans cer— taines conditions de préparation indispensables. La fraternité dont je viens de faire une si brève descrip tion entourait ses pratiques d’un véritable rempart de défenses psychologiques, auquel il était impossible de faire la moindre brèche.
Chacun des membres de cette vénérable association avait été choisi pour les qualités spéciales qu’il offrait au service des intérêts de l’association. Il était de toute impossibilité à une personne ne possédant pas les qualités voulues, d’avoir accès aux séances de l’association.
Les maîtres psychiques étaient non seulement des adeptes possé dantl’intelligence nécessaire à leurs fonctions, mais d’ex périmentés « magiciens », dont la science etl’expé rience de l’occulte dans la nature les rendaient maîtres de (ses mystérieux éléments de puissance '1’) Les enseignements donnés dans cette société étaient
.42 L’INITIATION non seulementl’héritage de trésors de sagesse accu mulés pendant des siècles, mais représentaient encore une inspiration ayant sa source dans des royaumes plus élevés que ceux de ce bas monde, représentaient aussi les résultats d’investigations dans ces royaumes faites avec toutes les ressources que peuvent pro curer àl’homme ses talents spirituels.
Les sciences spirituelles comme les sciences phy siques étaient l’objet d'études approfondies au profit de la recherche de la vérité.
La pratique et la théorie étaient considérées comme égalementessentielles pour se former des idées justes; des plus extrêmes pro fondeurs du centre de la terre aux plus sublimes hauteurs des systèmes astraux, depuis la force qui cristallise le diamant jusqu’à celle à qui l’on attribue le pouvoir de raréfier les régions les plus ténues, de l’éther, ces philosophes ne cessaient d’ex plorer l’universà la recherche du vrai absolu.
Tous étaient spiritualistes dans le meilleur sens du mot, et leurs assemblées comprenaient toujours aussi bien des chercheurs dans le domaine spirituel que dans le domaine terrestre.
Ils ne rougissaient point de leur culte tout fait d’aspirations, ne croyaient point humi lier leur dignité d'homme en se livrant à la prière, ni ne dédaignaient de reconnaître leur dépendance sur des êtres plus élevés qu’eux-mêmes, ni ne s’abs tenaient de solliciter leur protection et leur inspira— tion.
Ils croyaient en la sainteté de certains lieux et de certaines choses, et si dans la science qu’ils esti maient et cultivaient ils voyaient le but le plus élevé auquel doit tendre l’esprit humain, ils subordon—
AU PAYS DES ESPRITS naient néanmoins toujours l’esprit à l’âme et jugeaient la science spirituelle le complément indis pensable de la science matérielle; s’il n’y a pas union des deux, le corps et l’âme dela vraie science ne sau raient subsister.
Dès leur entrée dans l’association et tout le temps jugé nécessaire, des “professeurs étaient assignés aux néophytes et leur procuraient tous les éléments d’instruction et toutes les aides dont ils pouvaient avoir besoin.
L’un de ces professeurs me fut attribué, et n’eussé-je tiré aucun autre avantage de mon admission dans cette admirable fraternité, je n’en serais pas moins infiniment reconnaissant à ses chefs pour m’avoir procuré la fidèle amitié de Navak Roi, le noble Brahmine à la science, à la piété, aux viriles qualités duquel lut confiée _la charge de mes études initiatrices.
Pendant les maintes années qui suivirent, de cons tante amitié entre Navak et moi, jamais je n’entendis de ses lèvres un mot, jamais je ne le vis commettre un acte qui ne fût pas digne du plus sublime saint du calendrier chrétien. Peut-on trouver dans la vie du plus saint parmi les saints une page aussi blanche? Peu après mon admission dans la fra ternité dont je parle, je fus choisi comme un de leurs adeptes.
C’est en vain que je prétextai l’absorp tion inévitable que m’imposaient d’autres devoirs pour refuser cette fonction, de même que mes trop fréquentes absences des lieux de réunions. La ma— nière dont cette dernière objection fut repoussée m’oblige à relater comment je fus élevé à la position d’adepte. Je fus amené à accepter ma nomination,
44 L’INITIATION après avoir occupé le septième trône, spirituellement, en trois occasions où mon corps se trouvait endormi à plusieurs centaines de milles du lieu de réunion. A ceux de mes lecterus qui auraient de la répugnance à me croire, je dirai seulement qu’ils n’ont pas encore franchi le seuil du temple qui initie àla science des facultés et des énergies de l‘âme humaine.
Comme le mien, leurs esprits sont d’immortels esprits d’infinie capacité, doués de puissance sans bornes. Le seul horizon qui limite les fonctions exécutives de leurs esprits, n’est pas tant les entraves qui les enchaînent au corps matériel, que le défaut de savoir comment dominer et soumettre ce corps.
Le corps entièrement soumis à la volonté, par l’absti nence, l’ascétisme, la chasteté, la discipline, n’est qu’un simple véhicule de chair, permettant à l’âme de se mettre en contact avec Ia'matière.
Du moment que les passions, voire même les émotions mentales forcent l’esprit à céder aux impulsions du corps, le règne spirituel expire, l’esprit n’exerce plus dès lors qu’une action momentanée, irrégulière, comme spas modique sur ses propres facultés transcendantes, selon que « les conditions physiques » se prêtent ou non à l’exercice de cette action. l'offre en toute sincé— rité mon propre cas comme un exemple de ces deux alternatives.
Lorsque pour la première fois je fus élevé à la suprême fonction d‘adepte par la société non désignée àlaquelle j’ai fait allusion dans ce chapitre, j’étais bien plus un esprit qu’un homme, vivant dans le monde mais n'en faisant pas partie. Toutes; les fonc
AU PAYS ces ESPRITS 45 tions de mon être étaient subordonnées à l’action de mon âme et de ses alliés spirituels, mon corps mortel ne me semblait guère plus qu’un vêtement que l‘on met ou que l’on ôte à volonté, au milieu des absor bantes occupations et des pressants soucis de ma vie.
Je ne prétends point qu’un tel état soit normal ou rationnel; je dis seulement qu'il est possible, qu’il est accessible, et si je m’appesantis sur ce point avec tant de force, c’est que, quelques années plus tard, ces mêmes facultés transcendantes se trouvèrent annihilées, lorsque les épreuves de la vie et les pas sions humaines voilant le mysticisme exalté de mon esprit, m’enrent créé des. attaches mortelles plus étroites et plus tenaces que le vêtement qui me couvre en ce moment.
Que la volonté de Dieu soit faite ! Peut-être l’âme humaine ne peut-elle atteindre sa plus haute perfection qu’après avoir éprouvé la réalité de la phrase touchante : « Il vécut dans la douleur. Peut-être la Madeleine gagnera-t-elle le royaume des cieux plus facilement que la mignonne dame qui ne pécha jamais parce qu’elle ne fut jamais tentée.
Le larron repentant, dans la sublime légende du cru cifiement du Dieu chrétien, ira sûrement dans ce Paradis que le Pharisien cherche vainement. Et cependant j’eusse volontiers vécu en extatique spi rituel jusqu’à mon dernier jour, mais le Seigneur, maître de nos destinées, en avait décidé autrement. (A suivre.)
INTRODUCTION A L’ÉTUDE Bu « Son-Lumière-Couleurs » dans l’Astral (Suite) La polarisation a créé l’antagonisme; deux cou— rants contraires s’établissent; deux pôles se créent, le + et le —; ils se colorent de teintes différentes, rouge et bleue (les deuxcolonnesl.et B. dela F.'. M: .). En ligne droite les ennemis ne pourraient se rencon trer pour se livrer bataille, la droite se courbe, le mou vement naît, la vie aussi.
Les forces semblables se repoussent, les contraires s‘attirent, ce qui produit les formes les plus diverses. Les aiguilles de deux boussoles qu’on superpose peu vent nous indiquer plusieurs de ces phénomènes. Supposons qu’on ait inventé un microscope qui permette de voir l’arrangement intime des atomes d’un corps.
Tous les atomes sont peut-être semblables entre eux comme forme; c’est la variation dans leur arrangement qui est cause de la variété des corps dits simples, ou tout au moins parce qu’ils sont constitués par des atomes d’éther plus ou moins compactés, ce qui les fait différer alors entre eux à cause de leurs poids spécifiques inégaux (I). (1) Il y a bien la théorie des atomes crochus, pointus, etc.
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 47 Supposons que nous obtenions par coupe le schéma de cet arrangement, nous aurons sa signa ture. En disposant des atomes d’éther compacté au degré voulu, mettons que nous ayons de l’argent. Ils sont groupés par trois, par quatre, suivant la manière d’être propre de l’argent. Si nous dérangeons ce groupement, nous avons un autre corps, de même si nous changeons le poids spécifique des atomes.
' On comprend facilement qu’un atome d’hydrogène n’est pas matérialisé comme un atome d‘or. De plus, entre les atomes des corps solides on peut admettre des vides remplis d’éther libre. Mais entre les atomes d’éther libre, comme nous l’avons déjà vu, on ne sau rait admettre le vide. Pour la forme de la parole, il en est de même.
La force que nous nommons attraction réunit les différents atomes d’un corps d'une manière fixe, pour chaque corps mais variable pour chaque espèce diffé rente.
De même la force vitale qui accompagne la parole projetée réunit momentanément les atomes éthérés d’une manière fixe et identique pour chaque espèce de parole avec cette différence que nous sommes dans un monde d’une extrême délicatesse et que les formes peuvent revêtir des contours parfois très fugitifs. Ce qui doit leur donner leur consistance, leur ossature, c’est le fluide vital qui les accompagne projeté en dose suffisante.
Leur plus ou moins grande» force de translation est le résultat de l’impulsion ini« tiale donnée par la volonté de l’opérateur. Les noyaux se forment, s’espacent entre eux, deviens
48 L’INITIATION s ment des centres ; les axes s’orientent, et le cristal-parole se forme, ou plutôt les cristaux s’enchevêtrent, mais dans un ordre donné; seulement, vu l’extrême dia phanéité de ces productions, elles paraissent souvent comme vues en plan et auréolées de vapeurs, de'spi— raies plus ou moins mouvementées.
Donc si un son répété à volonté peut donner nais sance au renouvellement d’une forme constante, il y a corrélation entre lui et la figure produite. A son tour la forme colorée pourra par réciprocité produire le son, ça doit être. Ce sera la lumière parlante. Dans la première partie nous avons déjà vu quelque chose d’approchant, grâce au spectrophone. Dans ce cas, il faudrait des appareils sensibles autrement délicats.
Dans le Liare des Esprits, Eliphas Levi a dit : « Le nombre, le poids et la mesure déterminent la forme des choses : la substance est une, et Dieu la crée éternellement. « Heureux celui qui connaît les lettres et les nombres. « Les lettres sont des nombres, et les nombres des idées, et les idées des forces, et les forces des Éloîm.
La synthèse des Élo’im, c’est le schéma (Suit la des cription du schéma qui en somme est le Tarot.) Talismans. — Le maître occultiste nous a aussi laissé un livre précieux les Clavicules de Salomon, vrai traité des Talismans ou mieux des tracés cabba listiques légués par la tradition la plus ancienne et capables d’agir activement dans le monde occulte lorsqu’on sait les employer.
SON-LUMIÈRE—COULEURS DANS L'ASTRAL 49 Ces talismans, dont l’origine première se perd dans la nuit des temps, ont en général des tracés de figures géométriques pour principal sujet. Les Mantrams (incantations) se projettent sousforme de figures géo métriques. Les uns et les autres ont des propriétés actives sur l‘astral. Si le talisman est actif, il doit agir d’une manière rationnelle, mais non mystérieuse.
Ce n’est pas le cas ici d’examiner comment doit être établi le schéma efficace d’une incantation, les ouvrages magiques spéciaux indiquent rigoureuse ment les précautions à prendre. Mais deux choses sont à considérer, d’abord que l'opérateury a enfermé sa volonté, son fluide, et qu’employé, le talisman s’alimente au grand courant astral.
Il faut être con vaincu que Ie talisman-matière a son double actif talisman éthéré; double modelé sur le premier et par conséquent ayant semblable figure, semblables signes, et ce sont ces signes invisibles à l’œil qui agissent (ainsi que l'enseigne le grand Arcane dévoilé) sur le grand courant astral, laboratoire et agent de toutesles manipulations fluidiques possibles.
Une parole a pu agir et a produit une manifestation avec forme et lumière; par réciprocité, cette même manifestation dont on a l’image à la fois matérielle et fluidique agira quand on le voudra, comme précédemment le fit la parole qui l'engendra. Tel est le mécanisme du vrai talisman. C’est une empreinte astrale qui peut donner l’effigie voulue à la médaille, il n’y a qu’à la faire frapper suivant les règles. Présentées ainsi, les figures talismaniques ne seront 4
50 L’INITIATION plus considérées comme des signes ridicules, elles relè veront de la science des formes, malheureusement .à peine ébauchée. Signatures. — Ce que l‘on nomme signatures est encore l‘expression de la relation qui existe entre l’extérieur (l’apparence) et l’intérieur (le caché).
Ce sont : « Le visage, le teint, la marche, l’écriture, le geste, origine de l’écriture, la voix peuvent servir à établir rapidement le diagnostic de l’être moral (I). Les planètes, les plantes, les génies, les démons, les esprits, tout a sa signature.
Le geste (comprenant les expressions de la face et les mouvements des membres et du corps). > Le geste confirme la parole, au besoin il la supplée; c’est un vrai langage (la mimique) exprimant nos sentiments les plus divers. —— Le geste est-il arbi traire ou au contraire rigoureusement exact (2) P Les expériences assez récentes du colonel de Rochas avec son sujet Lina sont trop connues pour que l’ar bitraire soit chose possible.
Cette jeune fille, igno rante de la musique, sous le sommeil magnétique prenait tour à tour les attitudes de l’effroi, du plaisir, de la peur, du ravissement en entendant des frag— ments choisis de musique d’opéra. L’attitude tu: toujours juste et put être répétée à volonté. L’ou vrage : les Sentiments, la Musique et le Geste du colonel de Rochas signale ces expériences et bien d’autres aussi intéressantes. Dans un article « les (I) Papus, Traité de magie pratique. (2) La Nature, 1900.
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 51 Muscles expressifs de la face », le même savanta étudié sur un jeune homme tous les sentiments pos sibles et les diverses positions qu’il faisait prendre à la face, et les a photographiés et étudiés scientifique- . ment, c’est—à-dire en cherchant quel est ,le muscle de la face impressionné pour chaque cas et quelle modi fication il subit.
On pourrait même, je crois, en se servant de deux axes se coupant, obtenir des sortes de hiéroglyphes simples figurant les expressions et seulement formés d‘éléments de lignes droites. Pour la bouche, on pourrait avoir les formes suivantes. En complétant \.._/ n . . Louche surprise : epancuissertt jo:€ô I .
Sans aucun 3'm usée Sentiment .q :' 2: 53 J; 2' la figure par les autres parties du visage, et même en simplifiant le nombre de lignes employées, on aurait les hiéroglyphes immuables des sentiments divers. Le son peut produire ces effets sur l’organisme, mais les disques colorés (cercles magiques de Ra gon), dont nous avons parlé au chapitre II, provo quaient de pareils effets, ainsi que certaines substances végétales.
Il y a donc ici un premier rapprochement entre sons, couleurs, formes, gestes. Danse. La danse sacrée antique (surtout rigou reuse et en honneur chez les peuples de race rouge) Égypte, Mexique, Pérou, était aussi un geste.
5 2 L’INITIATION M. de Milloué annonce la publication d’un ouvrage ayant pour sujet les gestes des mains dans le culte bouddhiste. Le premier geste est l‘imitation de la fleur de lotus, puis c’est le feu, l’air, l’eau, etc., etc. (I). De la langue primitive. Y a-t-il eu une langue primitive qui a donné naissanceàtoutes les autres? Les occultistes et les autres savants philologues ne sont guère d’accord sur cette question.
Les seconds prétendent sûrement, avec raison, ainsi que je l’ai indiqué au premier chapitre, que le langage comme toute autre chose ici-bas a apparu et évolué, passant de l’idiomologie des animaux, si on veut, aux langages des peuples policés.
Les écoles se divisent entre ceux qui admettent plusieurs idiomes types faisant leur apparition simultanée ou successive sur le globe, et ceux qui n’admettent qu’un idiome père de tous les autres, mais depuis disparu, perdu et qui prit nais sance dans un des grands continents, Lémurie ou Atlantide, écroulés depuis. Les occultistes admettent cette dernière théorie ou une approchante.
Mais pour eux le langage était en germe et combiné suivant un plan préétabli avant l’apparition de l’homme, les sons devaient l’exprimer, des formes en cristalliser ou objectiver les radicaux, les négatifs en étaient dans l’astre], des couleurs lumineuses devaientparler àcelui qui était Initié, et enfin des rapports devaient exister non seulement entre son, lumière, couleur, forme, mais aussi entre le sens intime de la chose (i) Le Temple et la fleur, Soldi.
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 53 symbolisée et les effets produits dans les différents plans. L‘essence même du langage initial était Un, ce qui a fait dire à Èliphas Lévi : « Toute la science est dans un mot, et toute la force est dans un nom . » Ce Un,grâce à ses propriétés et à ses qualités inhé rentes, s’est successivement dédoublé pour aboutir à la multiplicité, c’est-à-dire aux langues diverses avec toutes les nuances de leurs mots.
C’est du moins ainsi qu’on peut s’exprimer en lan— gage clair pour faire saisir fort imparfaitement ce qu’est cette langqe non révélée. Les mystiques sont plus obscurs, on peut du reste s'en convaincre.
Bœhme dit: « La réflexion faite, la volonté choisit les lettres, les combine et concrète la fantaisie en un mot qui reste d‘abord intérieur pour s’exprimer ensuite. » C’est désespérant à connaître, car il continue par : « La langue de la nature est la racine de toutes les langues. elle n’est cependant pas reconnaissable dans la diversité des dialectes de la terre.
Son alphabet est caché dans la couleur noire, celle qui n'appartient pas à l‘échelle des couleurs, car elle est un mystère incom pris, et celui-là seul connaît cette langue à qui I’Esprit saint l’a révélée. » (Mysterz‘um Pansopht‘ceum.
Incan tatz’ons, Sédir.) Jamblique le Théosophe est de l’avis de Porphyre, il dit que: « Touchant le sens impénétrable de tels noms barbares, usités dans les cérémonies religieuses, ces noms, que leur antiquité rend obscurs, méritent toute notre vénération; inefl'ables et révélés d’En-Haut, ils se rapprochent davantage de la langue des dieux. » « Aussi ne faut-il pas s’étonner de lire dans les gri
54 L'INITIATION moires et même dans certains rituels de haute théurgie des mots et des phrases entières qui sont rebelles à la sagacité des plus savants linguistes.» (Temple de Satan, de Guai'ta.) « Les membres sont pour ainsi dire l’alphabet de cette langue primitive, dont se servait Adam, et qui renferme tous les mystères, ils sont la correspondance spirituelle de dons dont vous pouvez recevoir la révé lation particulière si vous la demandez avec assez de ferveur. » « La langue divine, dit N :2: V :1; M :Z:,est de quatre lettres, celles des productions intellectuelles ou tem porelles est de 22 lettres.
Les langues fausses chiffrées par 2 et 5 ont 110 lettres; et S’il se produisait une nouvelle prévarication, la langue intellectuelle aurait 88 lettres. » (Saint-Martin, Table Nat. des rapp.) « La mystique perçoit la présence de Sophia par la révélation de la langue primitive ou mieux de l’al phabet primitif, dont toùtes les lettres sont des anges du Dieu vivant. » « Aupoint de vue historique, nous retrouvons cette initiation de la parole chez les Atlantes et chez les Indous ; l’initiation formelle est de race noire, et l’init tiation numéraie est christique... » Je m’étendrai donc un peu sur les sons : « Le Père étant l’Absolu se représente par le silence.
Le Fils est le son simple. L’Esprit est le rythme et d’accent. Le Fils s’exprime par les voyelles et l’Esprit par les consonnes. Parmi les sept voyelles, de toute langue initiatique, il en est une qui est plus particu lièrement verbale, c’est le son 0, on le retrouve dans
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 55 tous les noms sacrés, et il constitue la vie de la langue hébraïque et du sanscrit. » « C’est en effet la sixième lettre du premier alphabet et la racine dans la seconde du mot le plus mystérieux Om (qui se prononce de cinquante—deux manières) aôm, 0m, oum, etc. (1 et 2). Les plus anciennes langues connues sont le sans— crit, le chinois, l’hébreu, le copte qui répondent aux quatre traditions.
' Papus nous dit (3) « que la vérification par les clefs est presque inconnue et seulement des grands initiés, de la reversibilité du sanscrit en hébreu et de l’hébreu en chinois ».
On a dû cependant s’en occuper fortement même enjdehors de l’occultisme, et je ne citerai pour mémoire que : I° Julien (Méthode pour déchiffrer et transcrire les noms sanscrits qui se rencontrent dans les livres chinois (4) ; 2° Un traité de Mystologie (les Chérub.) par le chanoine de Nozeray avec traduction en chinois des noms hébreux.
Il y a donc eu une langue primitive, la version sym bolique nous en a été laissée par la « confusion des langues à la tour de Babel (5) ». Quelle est la langue connue qui s’en approche le plus P Est-ce celle de la Chine, avec ses chroniques vieilles de plus de dix mille ans? Est-ce celle de l'Égypte, dont les traditions (I et 2) Sédir, les Incantations.
0m, c’est l’eau et le feu alchimiques polarisés. (3) Papus, Traité des Sciences occultes. (4.) A Paris. 1861. (5) Une vraie tour de Babel a existé, mais postérieure à celle en question.
56 L'INITIATION se perdent dans la nuit des temps au point qu’on croyait que sa civilisation et ses antiques monu ments avaient toujours existé dans la vallée du Nil et marquaient l'aurore de l'humanité. Or des travaux très récents, les fouilles (t) de M. de Morgan viennent de mettre à jour dans cette même vallée une quantité d’objets de l’époque néolithique, assurément antérieurs avant tout monument fruste ou gravé.
Encore des siècles à ajouter à l'histoire de cette terre antique! Et M. Ledrain ne vient-il pas de refaire le diction naire de la langue de l’ancienne Chaldée, de peuples qui vivaient il y a plus de 6000 ans, donc bien avant les premiers « Récits de la Genèse ».
Quelques traits horizontaux et verticaux des trian gles forment l'écriture primitive de cette langue que parlaient les peuples de la Mésopotamie avant l’arrivée des Sémites (4500 à 2000 ans avant Jésus-Christ). Ils furent les inspirateurs de leurs envahisseurs, les Juifs, les Phéniciens, les Araméens. Leur dieu Gal (Être) devient E1 (Yahre).
Ces traits et ces triangles ne sont—ils pas comme un lointain écho d’une écriture figurative plus ancienne dont il est parlé dans les Précurseurs de Ninive par B. Dessault, ouvrage qui a servi à J .-I-I. Rosny pour son Xipéhus. Souvenirs d’une race disparue ou restes des traditions d’êtres éthérés qui ont précédé la venue de l‘homme, c’est bien le récit du règne des formes, des êtres fluidiques et lumineux commu (I) Revue encyclopédi ue, Larousse. 1900. L‘Époque néoltï Unique dans l‘ancienne gypte, par Zaborowski.
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 57 niquant entre eux au moyen de signes géométriques qui apparaissent à leur volonté sur leur vaporeuse surface (I). Mais, grâce àce besoin d’expansion coloniale qui envahit tous les peuples, grâce à la moisson de docu ments scientifiques que l’on va recueillir au loin, la linguistique surtout est appelée à faire de grands progrès.
Un ouvrage d’un auteur des plus autorisés, le général Frey, l’Annamite Mère des langues, jette un jour tout nouveau sur cette question (2). Cet érudit observateur, débarquant au Tonkin, fut frappé du grand nombre de mots semblables existant dans le tonkinois et les langages du bassin du Niger, dans lequel il a fait de si remarquables campagnes. Ce fut un trait de lumière pour lui.
Il fouilla les idiomes de l’extrême Orient, les rapprocha de ceux de l’Afrique, les compara aux langues dites mères, tâcha de découvrir en s’appuyant sur les meilleurs auteurs ce qu’ils pouvaient contenir d’expressions primitives, prit pour bases les migrations de l‘ancienne langue de la Lémurie.
Il arriva aux conclusions sui vantes: « A la fin de l’époque tertiaire, ainsi que les décou vertes géologiques l’ont démontré, l’espèce humaine (I) On lisait dernièrement dans la Lumière (Une maison hantée): c: Les Esprits se sont souvent rendus visibles sous forme de boules lumineuses, séparément ou par groupe. L’en semble représente une grosse boule rouge et verte, entourée d'une centaine d’autres petites boules.
Chaque boule avait l’aspect d’une figure grossièrement ébauchée mais bien vivante et grimaçanœ. I» (a) Un jour je traiterai séparément cette question.
58 L’INITIATION avait déjà irradié en tous sens, et des rejetons se montraient dans tous les continents et dans les grandes îles. Ces émigrants avaient emporté avec eux les éléments de ce qui constitue le langage primitif dont la création dut coïncider avec la création même, de la société, c’est-à-dire avec la formation des premiers groupes des premières tribus.
Les éléments du premier langage ne devaient être autres, à notre avis,que ceux qui ont servi à la formation de la langue annamite actuelle, nous en avons trouvé les traces dans les radicaux des langues réputées les plus anciennes ou qui sont les plus dissemblables en appa— rence: celte, hébreu, ouolof, on les retrouverait sans doute également dans toutes les autres langues du globe. » L’ouvrage, par des considérations très judicieuses basées surtout sur l’état monosyllabique de l’anna mite, sur les langues dérivées auxquelles il a donné naissance, sur sa comparaison avec les idiomes de Madagascar (restes d’un ancien continent), arrive à démontrer que l’on est en face des vestiges d’une langue antérieure aux langages de l’Inde.Comme le son nous occupe aussi au point de vue musical, les deux citations ci-après vOnt nous initier aux modifi cations que peut subir une langue lorsqu’on y introduit des notes musicales, et n'oublions pas que nous sommes en présence de langues primitives.
Afrz’que. — « En premier lieu, il n’est pas inutile de retenir que les Mandé possèdent quelques vocables homonymes qui,suivant la note musicale particulière que l’on emploie dans leur prononciation, changent
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 59 de signification et peuvent ainsi exprimer deux, trois, ou même un plus grand nombre d’idées (i). » Asz‘e. -— « Dans les langues monosyllabiques de l’Asie orientale, cette circonstance est la base de la for mation des langues. En annamite, par exemple, le nombre de monosyllabes est de 1 .600 à 1 .800.
En sup posant que la plupart de ces vocables soient affectés de six tons (y compris le ton direct), on arrive à pos— séder 6.000 à 7.000 mots usuels, nombre bien suffi sant pour les besoins de la vie courante. » (Général Frey.) La langue mandarine tonkinoise diffère de l’u suelle; enfin le langage du théâtre annamite est tou jours accompagné d’intonations musicales pour chaque mot, intonations qui doivent être justes pour lui donner sa vraie valeur.
Or, je l’ai déjà dit dans cette revue, dans le Sud de l’Algérie on entend psalmodier, à certaines fêtes, par de vieilles négresses, en un lan gage qu’elles ne comprennent pas et qui se conserve par simple tradition, des chants qui sont sur le même rythme que les chants tonkinois.
L’intonation musicale a donc dû jouer un rôle dans la langue primitive, et n’oublions pas aussi que les Mantrams sont accompagnés d’intonations musicales invariables pour chacun. Les langues connues se divisent en: Langues monosyllabiques (chinois). Une racine unique, par exemple: grand, grandeur, être grand, grandement. (1) Capitaine Piétri, les Français au Niger.
60 L’INITIATION Langues touraniennes ou à racines agglutinées, donnent naissance à des mots représentant des idées plus complexes. Langues à flexions. Certaines racines perdent tout sens propre et servent, en s’accolant à d’autres mots, à déterminer le sens de relation. Et pour être arrivé à cette multiplicité, il a fallu une langue extra-terrestre, universelle comme base.
Bœhme, Jamblique, Sédir, Papus nous ont donné leur opinion sur ce sujet difficile, nous y ajouterons celle de Saint-Martin dans Des Erreurs et de la Vérité.
« Si l’on savait que la langue universelle demande pour prix de sa connaissance le sacrifice entier de la volonté de l’homme, si elle n’est intelligible qu’à ceux qui se sont oubliés eux-mêmes pour laisser agir complètement sur eux la loi de la cause active et intel— ligente qui doit gouverner l‘homme comme tout l’uni vers, on doit voir si elle peut être connue d’un grand nombre. Ça ne fait que confirmer la chose.
Mais cependant descendant dans un plan qui nous est plus accessible, elle devient de lumineuse sonore, les deux manifestations se distinguent d’un côté par la forme (cristallisation), de l’autre par le signe sym bole (alphabet). Les voyelles sont l’âme du langage, le colorent, en sont la mesure. Ces études de projection dans l’astral, faites d’après les méthodes que nous avons fait entrevoir, pourront faire retrouver en partie le langage initial. Les études linguistiques serviront de contrôle.
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 61 Mais dans chaque tradition, il est resté cependant quelque chose, sinon de la langue primitive, du moins de la liaison des sons racines aux idées aux quelles ils se rapportaient et aux formes qu’ont revê tues les caractères graphiques qui servirent à enre gistrer le verbe exprimé. Pour l’hébreu, c’est dans l’étude de la kabbale que nous trouvons ces rapports.
Je me hâte de dire d’abord que la liaison entre tous les rapports que peu vent nous donner les travaux cabbalistiques et les formes lumineuses projetées, ne semble encore don ner aucun résultat bien connu et est chose à tenter. Ensuite la Kabbale n’apparut à Jérusalem que 300 ans avant J.-C. Certains auteurs disent que la kabbale fut « plutôt inventée pour cacher un sens des choses que le « vrai sens primitifdes choses » (1).
Elle a pu servir àcacher, mais importée chez les Hébreux elle est l’écho des plus vieilles connaissances. Avec trente deux voix merveilleuses de la sagesse qui sont les vingt-deux lettres de l’alphabet hébraïque, toutes émanées du Iod, et les dix nombres.
Papus nous dit du reste dans son Tarot, vrai mo nument sur les restes du langage primitif modifié, « que Saint-Martin, Barrois, Court de Gibelin et sur tout Fabre d’Olivet par des voies diflérentes sont arrivés à déduire que l’alphabet primitif se composait de seize signes qui ont donné lieu aux vingt-deux lettres hébraïques ».
Le Tarot. représentation de cet alphabet « par la combinaison de ses lames, permet à (x) La Kabbale littérale occidentale, Ch. Limousin.
62 L’INITIATION _v., l’lnitié laborieux de déchiffrer sans aucun livre tous les signes de l’Univers ». Le voyant, qui est en trance, voit les doubles des signes représentés par les lames (cartes) du Tarot, et suivant leur combinaison arrive à déchiffrer le passé ou l’avenir, chaque chose projetant un reflet sur le plan astral et tout étant inscrit sur le grand serpent astral en caractères ineffaçables (I). Le Livre de l’Ange du Jugement dernier des chrétiens ? TIDIANEUQ. ' \ (A suivre). (I) Les Mirages errants. ‘%ÿîËëÿî ‘-m s.e
®< V w ‘l'\ ÇÉÊ/JI La reproduction des articles inédits publiés par I'Im‘tiation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) Vocabulaire" de la Terminologie DE JACOB BŒHME Le petit travail qu’on va lire n’est pas un lexique complet des termes qu’emploie le célèbre théophilo sophe teutonique. J’ai voulu simplement résumer en quelques lignes pour chaque mot le sens qu’il faut at— tribuer aux expressions rares, inconnues ou inusitées qui fourmillent dans l’œuvre touffue de ce grand illu miné. On ne trouvera donc point ici une exposition de son système, mais un simple instrument de tra vail pour ceux qui veulent se donner la peine de l’étu— dier; c’est une tentative faite pour remédier à cette luxuriance de mots et d’images qui, jointes à l’ar chaïsme du langage, découragent, en France, beau coup d’esprits capables de comprendre cette majes— tueuse synthèse. ‘ A A. Dansla langue de la nature, cette lettre représente le désir de l’éternelle volonté tendant à sortir d'elle—
64 L’INITIATION [JUILLET même pour manifester quelque chose; elle n’a pas de qualité et les renferme toutes. Ahime. Demeure de l’unité divine, le Rien éternel, c’est-à-dire ce qui n’est aucune chose particulière. Adonaî.
Voici à quoi correspond ce nom hiéro glyphique : AD -— Père — Volonté —- IE 0 — Fils -— Désir — HO N —— Esprit — Science —- VAH A — Puissance — Parole — Vie I — Couleurs — Sagesse — Vertu C’est le mouvement propre de l’éternelle et inson dable unité. Æther. Chaque chose a son éther, c’est-à-dire son principe imaginatif, qui fut cette chose avant qu’elle n’ait reçu sa forme. Alchimie. Bœhme n’en parle que selon son illumi nation.
Voyez tout le Signatura rerum. Aquaster. C’est la matrice de l’élément eau, qui pro duit le côté féminin dans les créatures; l’aquaster cé— leste est l’essence de la terre céleste ou de l’élément saint. Archée ou Séparateur. C’est le Mercure igné ou le Verbe extériorisé dans toute chose, l'agent par lequel les êtres sont formés; il détermine avant tout leur es— prit; de lui viennent les quatre éléments. Astral.
Les vertus des corps sidérés s’entremêlent dans l‘espace; celles d’entr’elles qui peuvent se com biner se substantialisent par cette combinaison (voyez Formes de la Nature, le son) et donnent deux pro duits : l’un, corps spirituel ou astral, et l’autre, corps matériel ou élémentaire ou physique. Ainsi l‘as« Ë.ËBË
IgOI] VOCABULAIRE DE LA TERMINOLOGIE 65 tral est partout; le soleil est son centre générateur; il est lui-même l’âme du monde. Son point de perfec— tion est l’élément un, fixe et céleste. Amour. C’est le cœur de Dieu, son verbe, les noms Jésus et Jéhovah; dans l‘homme, c’est la demeure de Dieu; dans la création, c’est la cinquième forme de la nature. C’est enfin le moyen, le but et le procédé de notre régénération et de celle du monde entier. Ame.
L’âme del‘homme est, d’après Bœhme, le feu central éternel de la volonté propre : elle est donc le premier principe; elle est le résumé des trois mondes, possède en spirituel les sept formes de la nature, elle est immortelle et plus haute que les anges. L’esprit de l'âme est la lumière centrale ou Temple de Dieu.
L’âme a un corps dans le monde de la lumière, c’est l’élément pur; elle a un corps astral selon le spi— ritus mundi, et un corps physique. Elle est localisée dans le cœur; le cerveau est son organe, la Teinture du corps est son corps; le sang est sa maison. C . Cène.
Le corps du Christ est partout; la cène évan gélique est donc le symbole de la cène spirituelle qui se reproduit chaque fois qu'un homme régénéré se nourrit de la volonté de Dieu, c’est—à-dire de la chair et du sang du Christ.
Ce corps sacré devient le corps nouveau du disciple qui revêt son âme lorsqu’elle résiste au feu de la Colère; c’est l’âme qui mange la chair et qui boit le sang du Christ et qui fabrique ainsi, avec la coopération de la Trinité, la Vierge 5
66 L’INITIATION Sophia.
La lumière spirituelle comme la lumière mas» térielle est un agent d’expansion; en se donnant au tour de soi elle donne en même temps ce dont elle se compose, c’est-à-dire sa vie et son essence; etcomme elle se donne indifféremment à tout ce qui l’entoure (c’est-à—dire, selon le langage de Bœhme, à l’élément tempéré ou harmonie), elle récupère incessamment ce qu’elle dépense; prenant ceci dans le spirituel, et le réalisant dans le matériel, nous arriverons à com prendre le grand mystère de l’alimentation spirituelle.
La foi du communiant saisit l’âme du Christ, sa bouche intérieure saisit son corps et son sang, sa bouche extérieure saisit le pain et le vin. Cenvoitise. (V. de’sz‘r, formes) c’est l’attraction ; sa mère est la volonté, elle peut être double: ou dans la lumière ou dans les ténèbres, elle peut venir de Dieu ou d’une créature; dans tous les cas elle est un Fiat.
Son action est saturnienne, son moyen est magnétique ; son objet est un enfantement dans quelque monde que cela soit. ' Cérémonies extérieures sont, en quelque sorte, des moyens mnémotechniques; lorsque le Saint-Esprit ne les vivifie pas, elles sont antichristiques. Constellation. C’est l’aspect des étoiles ou mieux le schéma des influences invisibles ; il y en a une externe, dans le Spiritus Mundi, et une interne, pour les âmes.
Corps du Christ: composé du même élémentpur dont est fait le soleil. Cagastrum. Le feu extérieur de la génération, le centre de la Nature. _——hllnu,__ : '.‘|1
VOCABULAIRE DE LA TERMINOLOGIE 67" Centres. Il y a un centre qui est Dieu:en soi. Quand Dieu se propose de créer, il y a un premier centre:qui est son Verbe, un second qui est le Verbe prononcé ou Sagesse, un troisième qui est le Verbe Fiat. —— Les centres de la Nature sont ses sept formes distinguées en centres ignés et lumineux. Le centre de l’homme c’est la vie ignée de l’âme. Tous les centres contien— nent la pierre des Sages. Chaos.
C’est toujours un abîme, un mysterium magnum. En Dieu, c’est Dieu même comme essence des essences; dans la création, c’est l’œil de l’éternité, le désir vers la nature, le Verbe parlant; c’est enfin la racineä_de la Nature, ou la septième forme de la génération créaturelle. Ciel. C’est le royaume de la joie ; il se trouve entre le paradis et l’enfer, il est partout jusqu’au jour du jugement.
Il comprend la Teinture, le Mercure igné, la Matrice éternelle. Il y a un ciel extérieur qui est le ciel étoilé, et un ciel intérieur qui est la septième forme, le corps de Dieu; l’élément saint; il produit des plantes et des animaux ; enfin il se répercute dans l’âme de l’homme ; mais là comme partout il est le résultat de l'expansion de l’amour. Colère.
C’est celui des trois mondes ou. des trois principes qui engendre les quatre premières formes de la Nature; il correspond à Dieu le Père et se trouve par conséquent au centre de toutes les créa tures, dans lesquelles il combat l’amour. Dans l’homme c'est l‘enfer, le Dragon; il se nourrit du péché Corps. D’une façon générale, c’est la s1gnature.de l’esprit. Le corps de Dieu est à la fois le Saint Ternaire, .ÿ"
68 L’INITIATION l’élément pur et ce monde. Le corps de l’homme est 'le fils de toute la nature; son corps extérieur est le mysterium du 3‘principe ; son corps intérieur nouveau est le mysterium du 2° principe ; entre les deux est le corps sidérique. Les autres créatures de ce monde pos sèdent un corps physique et un corps astral. E Enfer.
C’est une prison construite par le diable, c’est—à-dire par la chûte de Lucifer, qui comprend les quatre premières formes de la nature; sa vie est la colère, c’est le centre du monde visible; son fondement est le dragon ou Satan. ll s’interpénètre dans ce monde (le 3") avec le ciel, par conséquent se trouve partout et surtout dans l’âme de l’homme. Il a des créatures, des habitants, des végétaux et des fruits. Esprit.
Toute volonté s’exaltant produit un esprit; on distingue le Saint-Esprit, l’esprit de ce monde et les esprits de toutes les créatures. Le Saint-Esprit est le souffle d’amour qui relie le Père au Fils; il n’est compris parl’homme qu’après la régénération; il des cend en nous par la douceur et l’humilité, et construit son temple dans notre âme.
Le Spiritus Mundiest l’es prit des étoiles, l’astral, l’âme du monde; c’est la res semblance de l’Esprit—Saint dans le 3e principe dont il est la vie; il tend vers la Teinture et vers l’Élém en saint. -— Enfin il est des esprits élémentaires et as traux dans les créatures, qui ne sont ni saints ni éter— nels. Il ne faut pas les confondre avec les essences e avec les âmes. ’ -' - u.uil.
VOCABULAIRE DE LA TERMINOLOGIE Éden. C’était en quelque sorte le Paradis sur la terre; avant Ève, Adam habitait le Paradis dans le Ciel; après, il lui fut donné l’Éden sur cette terre :cet Éden est d’ailleurs interpénétré par les forces célestes; c’est la chûte de Lucifer qui avait déterminé l’Éden, sans quoi la terre entière aurait été un paradis.
Égoïsme, appelé aussi Propriété, Soi—isme : c’est une image du diable; il constitue le tourment des damnés et c’est le chemin le plus court du démon à notre âme. Éléments. Ils ont une mère fixe cachée en eux et dans laquelle ils aspirent à rentrer; ils sont produits par l’action des quatre premières formes de la Nature (V.
Formes); ils sont habités par des esprits, et les diables agissent par eux; ils sont un lieu de combat et produisent par suite la maladie et la mort; ils sont le corps des choses, ils cachent le corps astral, lequel renferme laquintessence ; celle-cicontient la Teinture où les deux feux centraux sont conjoints. Au-dessus, il n’y a que Dieu. Élément saint.
Il remplit le Ciel; il en est la cor poréité, la terre; c’est le corps de la Vierge, le Saint Ternaire, le Paradis, le principe du corps du Christ, l’Universel ou Teinture; il formait le corps d’Adam. C’est une essence spirituelle qui se coagule autour du Verbe créateur; le mouvement de la création en divise les quatre qualités. -— Voici comment il est produit.
La vie divine produit la vie angélique, l’âme desanges; cette âme ou ces âmes se construisent des corps, qui sont comme l'huiledont s’alimentent leurs feux; cette huile produit l’Élément saint, et cet Élément contient la terre céleste ou l’aliment du Paradis.
70 L‘INITIA‘I‘ION Bus. C’est la vie de la septième forme, sensible, vé gétante, le verbe prononcé, qui se prononce, se forme et se coagule de nouveau dans la croissance. C’est le verdoiement. Essence. Voici quelle est la génération de l’Essence dans le monde divin: (V. ce mot.) La science éternelle attire en soi la volonté du Père, constitue un centre dans le Ternaire divin et l’exprime par un verbe.
Cette verbalisation est une séparation, une individualisation, qui désire se concevoir elle— même; c’est cette conception qui est l‘essence. Ce pro cès se répète dans tous les plans. Par suite le Fils est à lui-même sa propre essence; en l’homme, la volonté et le désir sont deux essences éternelles, qui produi sent la vie psychique; il y a des essences dans les étoiles, les éléments et les enfers. Evestrum.
Courant astral de réaction provoqué par une âme humaine ou autre. F 'Feu. Il y en a une grande quantité. Celui du pre mier principe est le feu interne, sombre, froid et colé— rique ou infernal : il est compris dans la quatrième forme de la nature ; il résulte de l’angoisse dans toute matrice ; il est magique et éternel.
Le feu du second principe est la lumière et l’amour, la cinquième forme .de la nature; c’est le feu du sacrifice; il transmue le feu colérique et régénère l'homme. Le feu élémentaire -.oudu troisième principe comprend tous les feuxma tériels. Dans tous ces feux habitent des créatures.
VOCABULAIRE DE LA TERMINOLOGIE 71 Fiat est le verbe créateur ; il sépare les formes et agit par le désir et par la lumière essentielle. Formes de la nature, ou qualités ou propriétés ou noms sont au nombre de sept ; chacune d’elles est une appétence et engendre les six autres. La première est le désir attractif qui produit l’amertume ; réagis— sant l‘une sur l’autre et cherchant à échapper l’une à l’autre, elles engendrent l’angoisse rotatoire.
Ce sont le soufre, le mercure et le sel; leur mouvement produit l’éclair du feu (4') qui,lorsqu’il trouve son aliment,pro duitla lumière (Se) ; celle-ci en se répandant produit le son (6°) ou la forme compréhensible; et toutes les-six forment l’essence (79).
Elles correspondent respective ment ou expriment l’action de Saturne sur la Lune, de Mercure sur Jupiter, de Mars sur Vénus, du Soleil, de Vénus sur Mars, de Mercure sur Jupiter et de la Lune sur Saturne. Les trois dernières formes sont le 2e prin cipe, le Fils.j_0n peut dire aussi que le Père produit la première et la dernière forme; le Fils, la secondeet la simème; l’Esprit, la troisième et la cinquième. Le Feu est le séparateur ou résoluteur.
Fureur est la racine de toutes choses, l’aliment du Diable et le principe de tout mouvement. V. Colère. G -Génération que Saint—Martin traduit par engendre ment est‘multiple. Il ya une génération intérieurede Dieu qui est incompréhensible, et une génération extérieure qui est la septuple forme de la Nature. Ce monde possède une triple génération: extérieure,
72 L'INITIATION astrale et intérieure; son principe et sa fin est l’éther. La génération de l’homme est analogue; l’homme apporte l’âme, et la femme l’esprit; dans le sein de la mère commencent déjà des combats, et le Christ des cend déjà au secours de l’âme de l’enfant. H Huile désigne la force de la Teinture chez les êtres des trois mondes; elle est générée par la combustion de la Teinture qui se brûle elle-même sans se dimi nuer.
I Iehovah ou Tetragram maton est le soutien de toute parole. le est le Père; Ho, le fils; Vah. l’esprit; c'est Dieu omniprésent, et Jésus est sa force; c’est le fon dement de la magie et de la cabale. Iliaster. C’est le commencement de la Nature, l’état à demi paradisiaque de l’essence divine hors de la Nature se compactant pour devenir une Nature. C’est le fiatténébreux; c’est la terre dansla génération du troisième principe, la forme sévère.
Imagination. A son principe dans la première forme, dans le désir; et elle se propage jusqu’àla qua trième, le feu, par qui elle devient spirituelle:là elle peut à son gré retourner dans sa mère ténébreuse ou mourir pour renaître dans la lumière; ainsi là où l’homme met son imagination, là il se trouve; elle est le médium de tout progrès ou de toute chûte. '
VOCABULAIRE DE LA TERMINOLOGIE Impression. C’est le résultat de la Convoitise (v. ce mot). Inqualîfier. C’est le mouvement par lequel une force entre dans un organisme, le vivifie et en sort: telle estla fonction respiratoire; mais elle s’étend à tous les plans et à toutes les forces. L Limbus.
Désigne la matrice de la forme ignée, comme l’Aquaster est la matrice de la forme aqueuse ;' dans le monde physique, c’est le principe des êtres mâles; c’est dans l’astral, celui des étoiles; dans l’élément pur, c’est le Paradis; et en Dieu, le limbus de la Teinture céleste est l’homme régénéré. Langues. Il y a cinq alphabets principaux : celui de la nature, l’hébrai‘que, le grec. le latin et celui de l’esprit. Limus.
Est la terre rouge de la Genèse; il est cé— leste et terrestre. Le Limus céleste est l’Ens du Verbe du Seigneur, par qui le nom de Jésus s’est incarné; le terrestre est l'Ens du Serpent, sur lequel est l’épée de Cherub; il doit ressusciter de la mort. M Magia. Sort du Père et est conçue par le désir; elle est divine ou diabolique ; sa forme principe est la trinité divine révélée dans la 6e forme. Appliquée au 3e principe, elle peut en changer les formes; mais l‘homme ne connaît pas la force magique qui réside
74 L’INITIATION dans son âme et qu’il peut réaliser pandas plantes et des animaux. La magie naturelle fut la magie des sages païens; ils ne purent arriver jusqu’à Dieu. Matrice. Est triple: celle du feu, celle de la lu mière et celle de ce monde.
La première est, au Para dis, cachée en Dieu; elle est la' prison des diables; elle sépare toutes choses lorsqu’elle arrive à l’engen drement; d'elle viennent les maux et toutes les créa— tures imparfaites de ce monde. La deuxième matrice appartient au 2° principe ; elle est l’amour d'où viennent les âmes, les anges et par qui passe l‘Esprit Saint; elle a créé le ciel étoilé.
Entre ces deux ma— trices passe un désir constant de réunion. —- La ma tière de ce monde comprend les deux autres ; c‘est le ciel astral, car matrice et ciel sont la même chose. Magnet. C’est la convoitise essentzellede la nature. Mens réside dans l‘Ens comme l’âme exprime par le corps le mot mental du mot enta]. C’est l’eau spi rituelle dont la force est la plus haute teinture. Mercure.
Le Mercure intérieur est le Verbe que le Père exprime dans l'ignition de sa lumière; il est le son, la musique des Anges; le Mercure extérieur est un feu froid et chaud, une eau sèche, un séparateur, une archée, l'artisan de la nature physique; c'est donc en lui que réside l’arcane de l’alchimiste; c’est alors un poison,et plusle poison est violent,plusle baume qu’on en peut extraire est pur.
Le feu est la bouche de PES sence, la lumière en est lesouffle, .et leson ou Mercure en est la parole. .Mesch, dans la langue de la nature est la terre *muge, leLimusdeztous les êtres. l -
VOCABULAIRE DE LA TERMINOLOGIE ‘ Minéraux sont des métaux non fixés. Mondes. Il faut bien noter qu’ils s’interpénètrent.
Lorsque le Verbe sort du Père, il produit quelque chose, du sensible, une division, qui comprend les quatrepremières formes de la nature; puis une ex— pansion, un rayonnement qui est le monde de la lu mière, comprenant les trois dernières formes ; ces deux mondes sont coéternels; leurs réactions produisent les êtres temporels qui constituent le troisième monde, le monde élémentaire ou physique, ou matériel.
C’est pourquoi ce dernier est une image de l’éternité. Les minéraux sont une correspondance du premiermonde, ' les végétaux du deuxième, les animaux le représentent lui—même, et l’homme est destiné à être son Dieu. Mumie. C'est un corps balsamique, immuable et incorruptible. Tel était le corps du Sauveur. Mystères.
Le mystère de ce monde est notre corps actuel;le mystère du monde de l’Amour est le corps de gloire; l’âme est le mystère de Dieu le Père ; le royaume de Dieu en nous est le mystère spirituel. lly en a encore d’autres, mais les deux éternels sont celui de l’Amour et celui de la Colère. Le principe de tous les mystères est le Mysterium magnum qui se trouve partout,dans la terre comme dans l’homme.
Son Ens est le Spiritus Mundi; il est éternel et produit les deux opposés que nous venons de nommer. ËN Nature. Il y a une Nature éternelle qui est l’opéra tion-des sept sources spirituellesen formes et quiest
76 L’INITIATION la mère des trois principes. La Nature temporelle est notre monde physique qui est appelé d’ailleurs à se fondre dans la nature éternelle après le Jugement dernier. Nécrolice, le monde ténébreux ou plutôt les trois premières formes. Nécr0mantico, l’esprit du Feu.
Néant ou Rien est Dieu opposé aux créatures qui toutes sont quelque chose, en ce sens que Dieu n’est ni ceci ni cela, qu’il est inconcevable, avant le com mencement de quoi que ce soit. Nigromantia. Magie noire, thaumaturgie del’Enfer. Noces de l‘Agneau. Union de l’âme et du Verbe par le moyen de Sophia ; elles doivent être célébrées dans les trois principes. P Phantaisîe. C’est la volonté de tout centre désirant la vie ignée.
Elle appartient donc aux enfers; Lu— cifer est son prince. Principes. V. Mondes. — Dans notre monde, ils s‘appellent Sel, Soufre et Mercure; ils sont pervertis. Q 1 Qualités. V. Formes. Quintessence. C'est la racine des quatre éléments, ou élément pur; sa couleur est le blanc, elle est par tout parce qu’elle est l’Ens du Verbe de la création ; elle réside dans l’huile de l’esprit du soufre, et contient la teinture. Enfin c’est l’Ens du feu et de la lumière.
VOCABULAIRE DE LA TERMINOLOGIE R Régime. Celui du ciel est triple; chacune (1 e ses par ties est soumise à l’une des trois personnes divines; ses chefs sont Michel, Raphael et Gabriel. Celui de la terre est corrompu; Nimrod est son protagoniste. Enfin le régime spirituel de l’homme réside dans l’humilité. Roues. C’est le mouvement des sept formes qui tour nent les unes dans les autres.
S Salitter ou Salniter est divin ou terrestre, selon qu’il est la force des sept sources-esprits en Dieu ou dans la nature; ce dernier est la demeure du diable; c’est sur cette terre le Saturne des sages. Scienz. Est la volonté éternelle sortant de l’abîme. Dans l’amour, c’est la connaissance dans le feu, c’est la science diabolique. Sel.
C'estla première des sept formes, par conséquent la première matière de notre monde; c’est le principe de toute corporéité, dans tous les mondes. Soufre. Est la deuxième forme, il est universel comme le sel et le mercure; il est le feu central agis sant dans les créatures à l’image de Dieu le Père. Sophia.
N’est pas la Vierge Marie, mais s’est in carnée en elle, elle est l'esprit de l’élément pur, le mi roir de Dieu, la force de la teinture, l’amour essentiel, l’œil dont l’éclat défie toute descriptidn. Elle habite
78 L’INITIATION partout, son époux est l'âme de l’homme, elle corpo rise toutes les productions célestes, elle est le grand sabbat, le voile translucide au travers duquel nous pouvons apercevoir Dieu. T Ténèbres. Sont la demeure du feu froid des diables, leur feu est glacé jusqu’à ce qu’elles atteignent l'an— goisse. Elles désirent la lumière sans pouvoir la pos séder que dans le mystère de la régénération de l'homme. Teinture.
Son principe est le feu, et son corps est la lumière. Elle réside dans les trois principes de l’es sence divine, ainsi que dans ce monde. Ici elle est double, masculine ou féminine, ignée ou lumineuse; il y en a une dans l’homme et une dans chacun des, trois règnes; son mouvement est l’élément pur, elle est dans la'nature septuple ce que l’esprit est dans la Sainte—Trinité.
Elle habite entre les trois mondes; son nom est indicible, elle est le parfum, la splendeur, la suavité. Son emploi est indispensable dans les arts occultes, et plus elle est noble, plus elleest profondé— ment cachée. Turba ou Turba Magna. Est en quelque sorte une huitième forme qui réside dans la multiplicité des vo lontés. Elle est le régime de la fureur ou l’atelier du diable, et ne sera consumée que par le déluge de feu. V ’Vie. Toute vie est un feu, ou une teinture sortant d’un feu. Ainsi.deFils est la. vie du Père; l’huile du
VOCABULAIRE DE ' LAI TERMINOLOGIE sel, du soufre et du Mercure, en brûlant; constitue la vie-dela lumière: Chaque mystère possède une double vie: l’une spi-y rituelle, l’autre essentielle ou naturelle: En outre, dansles créatures, la vie est végétative; sensuelleret mercurielle ou compréhensive. La vie masculine a une teinture composée de Soleil et de Mars, et celle de la vie féminine comprend Vénus et Mercure. Vierge Céleste. Est contemporaine de la Sainte-Tri nité qu’elle rend compréhensible à l’âme. V. Sophia. . «un Terminons ce petit travail par quelques considé rants. -— Jacob Bœhme ne mérite pas la double répu tation qu’on lui a faite: de folie incompréhensible ou de sublimité absolue. Lorsqu’on se donne la peine d’apprendre sa langue, d’élaguer les redondances, les répétitions, les tournures de style embarrassées, il de vient clair, profond, lumineux; le comte de Divonne l’a bien montré lorsqu’il a écrit ces pages si substan tielles que Guaïta a remises au jour (I). Mais, pas plus qu’aucun homme il n’a la vérité unique, la science totale. Son œuvre grandiose offre aux esprits érudits l’étonnant rappel de l’ancienne théosophie brabma— nique : mais il se tient constamment, pour employer une expression de Kabbale, dans la sphère de Ma. Il a vu des choses effrayantes de profondeur, et, merveille encore plus rare, il a conservé l’humilité christique ; (I) La Voie de la Science divine.
80 L’INITIATION ""5 nous nous considérons, avec bien plus de motifs que Saint-Martin, comme indigne de dénouer le cordon de sa chaussure; mais nous voulons simplement rap— peler que l’aliment qu’il offre n’est pas bon pour tous et que son élixir n’est pas le‘ seul qui puisse procurer à l’homme l'immortalité céleste. SÉDIR.
École supérieure lire tes Sciences Errmitiqrrr Les examens de l‘École pour le premier degré ont eu lieu le jeudi II juillet. Six élèves ont été reçus après un examen des plus brillants, à tel point que les trois premiers ont obtenu des diplômes d'honneur. Les examinateurs étaient quatre des professeurs de l’Ecole : MM. D' Rozier, Sédir, Phaneg et Papus. M. Phaneg a été nommé docteur en hermétisme à la suite du succès de son cours de cette année.
Voir à la page suivante un tableau indiquant les ques tions posées. Nos lecteurs se rendront ainsi compte des travaux des élèves reçus et du caractère des examens. Voici d'autre part, le programme des matières deman dées à chaque examen. BACCALAU RÉAT Ele’ments «l'hébreu. — Lettres points—voyelles. Lecture. Constitution de l’homme. — Les trois corps, les trois âmes, les quatre tempéraments. Biologie invisible des lois morales.
Clairvoyance. — Psychométrie théorique et pratique. Prophétie. —- Nostradamus. Histoire. -— Les premiers magnétiseurs. Thomas Mar tin. Catherine Emmerich. Vintras. LICENCE Éléments de sanscrit. — Lettres. Radicaux. Lecture. Ésotérisme indou. —— Le Dharma. Le Karma. Brahma. Vishnu Les avatars. Shiva, ses murtis. Tradition occidentale. — Création de l'Univers et de l‘Homme. L‘Invisible. Magnétisme, Spiritisme. Le culte catholique. Les Enangiles. — Leur histoire. Le culte primitif. ÉCRIT Thèse au choix du candidat. -
PAPUS La symbolique en géné ral, Jakin et Bohas. Dr ROZIER La haute magie, les di vers plans. —_——— SÉDHI Les Sephirioth. His toire delalangue hé bra’ique. PHANEG " La clairvoyance au pomt de vue histo— riquet Trinité des êtres hu— mains, les Esprits et l‘esprit inconscient. Les vampires, méca nisme de la mort. Sens des lettres Mem. lod, Coph. Définition du plan men tal. Magnétisme et hypno tisme, preuves phy— sique du corps astral.
Les religions, constitu tion de l’homme. La Cabale syriaque. Différence essentielle entre la clairvoyance dans le miroir et pa les objets. Le symbolisme de .-qm ses rapports. r ‘ Le Pentagramme com— . me signe représenta tif cle l’Androgynat dans ses rapports avec muÿm — Rôle de tu dans mVJfl' Différence entre sorcel lerie, magie, mys tique. La prière. Savoir, oser, vouloir, se taire. La théurgie. Les 22 lettres, leurs 3 sens.
Sens des lames ig, 21 et 22 du Tarot. d’images autres que celles de l’objet. Différence entre les per ceptions astrales e morales. _L.
CHEZ LES VOYANTES 83 CHEZ LES VOYANTES Dans le Moniteur des étudespsychiques, M. Paul Fesch publie une étude très documentée sur la médiumnité de Mme Fonvielle, étude dont nous détachons les conclusions parues dans le numéro du 5 juillet 1901: « Nous avons déjà pu, par ce qui précède, nous faire une idée de quelques particularités de la méthode de Julia. « Elle n’a pas la science infuse, elle voit, et la vision lui fournit la connaissance.
Parfois elle demande qu’on la conduise à l‘endroit, qu’on la mette auprès des per sonnes dont il s’agit; d’autres fois elle a perçu votre pensée, ou s‘est emparée du fluide et elle—même se trans— porte. Cela fait, elle voit immédiatement et vous pose presque invariablement cette question: ( Est-ce bien cela ? Vois si c'est cette personne. ) Dès que vous avez répondu affirmativement, elle marche d’elle-même.
« Se trompe-t—elle i‘ Non, quand on a bien soin de ne pas vouloir la faire volontairement tomber dans l’erreur. Si sa réponse ne vous paraît pas conformer à la stricte vérité, ne vous hâtez pas de conclure; mais plutôt examinez bien vous-même si vos renseignements sont exacts. Presque toujours, vous trouverez que Julia a raison.
Laissez-la parler sans vouloir lui imposer absolument votre manière de voir; sinon Julia est faible, elle ne veut faire de peine à personne, elle s’arrangera de façonà vous faire}croire qu’elle pense comme vous : les événements vous donne— ront tort, vous en accuserez Julia, alors que vous seul êtes en défaut. « Ajoutons que souvent nous lui demandons plus qu’elle ne peut donner.
L’homme est ainsi fait; il n‘a pas plus tôt posé la cause qu’il veut voir l’effet, alors même que régu— lièrement l’effet ne doit se produire qu’à longue échéance. Julia n’a pas de prétention de faire des miracles : elle aide, elle protège, mais ne change pas, de façon brusque et vio
84 L’lNlTlATION fin!" lente, le cours ordinaire des choses. On l‘a vue modifier des esprits ou des événements, mais peu à peu, de telle sorte que la liberté humaine n’en soit pas froissée ou amoindrie. « Une affaire importante est—elle en jeu ? S‘agit-il d'une maladie, de questions commerciale, juridique ou finan cière?
Vous serez étonné de l'entendre discuter, comme un vieux procureur, disséquer le corps humain avec l‘ha bileté d‘un chirurgien expert, etc. Qu’est-il donc advenu ?
D’où provient ce changement i‘ Julia ne fera pas difficulté de vous l'avouer elle-même l Ignorant les choses, elle fait appel à d'autres esprits qui furent dans leur existence mon telle à même d‘étudier et de posséder ces sciences, de sorte qu‘elle-même, qui vous induit ou vous conseille, est, momentanément, instruite, inspirée par d’autres.
Je vous avouerai que ce ne fut pas pour moi petite stupéfac tion, certain jour. de l‘entendre discuter avec un de mes anciens élèves, aujourd’hui principal d‘avoué, une diffi cile affaire de liquidation; avec un autre la question de saisie-arrêt, ou les usages de la Caisse des Dépôts et Con signations. « Je m'arrête, quoique le sujet ne soit pas épuisé, et que tous ces faits fassent naître une foule de réflexions.
« Nous ne voulons aujourd’hui, que regarder, noter accumuler les faits. Nous les discuterons plus tard. » PAUL Fescu. M. Saturninus, notre rédacteur, poursuit ses études sur les voyantes. Il nous demande de dire qu’il partage, au sujet de Julia, les idées de notre confrère Gaston Méry. Quant à nous, plus nous étudions la médiumnité de M“‘° Lay Fonvielle, plus nous sommes intéressés parla précision des résultats obtenus.
Nous sommes dernièrement parvenus à faire impressionner par le médium deux plaques photogra— phiques enfermées dans des châssis métalliques. Un des châssis a été tenu en pleine lumière par le médium pendant une minute; l’autre est resté chez moi et a été ainsi impressionné à plusieurs kilomètres de distance. Nous allons poursuivre, en commission, ces études de psycho physique. Parus.
RÉHABILITATION D'ANNA norme 85 RÉHABILITATION D’ANNA ROTHE Nous avons adressé la lettre suivante à M. Gaston Méry, directeur de l’Écho du Merveilleux: Monsieur, Je tiens à protester, avec la plus grande énergie et la plus vive indignation, en mon nom personnel, comme témoin oculaire, et au nom de la Rédaction de la RevueSpi rite et du Spiritualisme moderne, revues qui ont éclairé tout récemment le public sur le cas de M'“ Rothe, contre l’article paru dans l’Écho du Merveilleux du I5 de ce mois, etintitulé: Unfaux Médium démasqué, Anna Rot/te.
Le titre seul de cet article, sans parler de son contenu, dont je dirai quelques mots tout à l’heure. semble calculé pour faire entendre que Mme Rothevient d’être démasquée, ce qui est exactement le contraire de la vérité.
Comme tous les médiums elle a été en butte à la persécution et à la calomnie, mais il n'est pas équitable de rendre à son égard un jugement définitif sur la seule lecture de libelles diffamatoires, redigés par la haine et l’ignorance, et dont il a été fait justice à maintes reprises, sans mettre sous les yeux du public le résultat de l‘enquête de ceux qui ont vu, et, après examen approfondi, se portent garants de la sincérité des manifestations auxquelles ils ont assisté.
D‘ailleurs, ceux qui se sont livrés sans parti pris à de longues et patientes recherches sur le sujet /si complexe de la médiumnité, savent que la fraude d’un médium ne prouve pas absolument contre lui, si bizarre que paraisse cette assertion; et le D“ P.
Gibier, bon juge en la matière, affirme qu’un médium peut être pris en flagrant délit de fraude au cours d’une séance, et donner, à la séance sui vante, des manifestations du caractère le plus authentique. Pour ne pas abuser de votre attention, la discussion du cas du médium Rothe pouvant m‘entraîner trop loin, je
86 L’INITIATION vous prierais, Monsieur, de vouloir bien vous reporter aux . articles qui ont paru dans la Revue Spirite de ce mois. et dans le Spiritualisme moderne du IO courant. Je suis certain que les administrateurs de ces Revues seraient heu reux de vous les faire parvenir, si vous ne les possédiez plus et si vous en exprimiez le désir, dans le but d’éclairer votre conviction.
Vous y verrez notamment que de nom breuses séances ont eu lieu à Paris avec Mm° Rothe, toutes couronnées de succès, et que plusieurs ont fait l‘objet de procès-verbaux signés, dans un cas, de I2 noms, et dans l'autre, d‘une trentaine. Vous admettrez bien que quelques personnes, au moins, savaient se servir de leurs yeux et de leur jugement.
A vrai dire, et si vous me permettez cette remarque qui afrappé certainement bon nombre de vos lecteurs, je trouve étrange, qu’après avoir accueilli dans votre numéro du I" juin le rapport, un peu bref, mais favorable, d’un témoin qui a vu. vous vous basiez, pour détruire l’impres sion produite par ce rapport, sur les déductions d'un témoin qui n'a pas vu, mais qui étale longuement et com plaisamment l'opinion qu'il a ressentie à la lecture de brochures, dont il ne connaît pas l’auteur, ni le but caché, mais qu'il sait de nature à occasionner un grave préjudice.
A mon sens, le doute doit toujours profiter à l'accusé; et faire bon accueil à ce qui peut nuire sans reposer sur des témoignages de premier ordre, dans le but de détruire le bon effet produit par un témoignage de cet ordre, est tout au moins illogique, pour ne pas employer d’expression plus sévère.
Je crois donc que votre rédacteur a agi un peu à la légère, et qu’il doit le regretter, parce que son action n’est pas bonne et qu’elle n’est pas vraie.
Lorsqu’il s‘est agi pour nous de nous renseigner d’une façon complète et impartiale sur la valeur de MM Rothe, nous avons com mencé par nous documenter à son égard, nous avons lu les brochures du Dr Bohn, mais nous avons lu aussi les réfutations du D“ Von Gaj et du professeur Sellin, ce dernier autrement instruit et digne de foi que le « jonker» Bohn, jeune homme de 26 ans, qui n’a assisté qu’à deux séances dans sa vie. qui n’y a rien compris, qui a émis des pré— tentions inadmissibles et qui poursuit maintenant Mme Rothe de son dépit rancunier.
RÉHABILITATION D’ANNA ROTHE 87 il vous suffira, pour vous en convaincre, d’apprendre que les assertions du Dr Bohn, dont vous vous êtes fait l‘écho, sont, en général, dénuées de vérité, de l’aveu de centaines de témoins.
C’est ainsi qu’il est faux de dire : Il” « Qu’il y a une mise en scène dontJeptsch estl’impre sario. » Mme Rothe s’est toujours soumise aux conditions des Comités, et M. Jentsch se tient à l’écart, souvent dans une autre pièce que celle des séances; 2° La table autour de laquelle se placent les assistants a toujours été l’objet d’un examen préalable, ainsi que tous les endroits de la chambre où quelque chose aurait pu être dissimulé.
C’est élémentaire et enfantin à dire; 3° Il est archifaux de dire que « l’on ne fouille jamais le médium », et qu’elle cache quoi que ce soit sur elle. C'est matériellement impossible. A Paris, elle a toujours été déshabillée complètement, ses vêtements visités un à un, et souvent même, c’est dans des vêtements d’emprunt qu‘elle assistait aux séances.
La légende des < hanches hanches gonflées de fleurs, et dégonflées après la séance » n’est qu’un conte ridicule ; 4° Les apports ne proviennent pas seulement de gauche, mais de partout. On les voit parfois tomber, à la lettre, du plafond, en pleine lumière.
Certains assistants ne sont pas à 1 mètre du médium, qui ne fait aucun mouvement suspect, et ne dérobe pas ses mains aux regards inquisi— teurs, vous pouvez le croire, de gens plus sceptiques et moins crédules que ne le pense votre rédacteur.
J’ai vu des pluies de fleurs tomber du ciel, des oranges suivre le même chemin, des fleurs tirées des vêtements ou des cheveux des spectateurs, et y adhérer si manifestement qu’il fallait une certaine force pour les extraire.
Des apports se sont formés sous les yeux des assistants dans la main ouverte du médium. v La brochure du Dr Bohn explique-t-elle comment une salle, dans laquelle ne se révèle aucune odeur particulière se trouve, un quart d’heure après l’ouverture, saturée du parfum des fleurs provenant des apports au point d’en incommoder presque les assistants ?
Explique-t—elle com ment certaines fleurs sont ruisselantes d’eau et d’autres sèches suivant l’utilité, tandis que_toutes sont d’une ab
88 L'INITIATION / solue fraîcheur ? Explique-t-elle que pas une feuille, pas une fleur ne sorte des 4: réserves » de MM Rothe, brisée, ou même froissée. Je l’ai vu tirer des roses prêtes à s'effeuiller sans un pé tale de moins, et des pensées, la plus délicate peut—être de toutes les fleurs, non fanées, alors que les fleurs re— cueillies au début étaient déjà flétries.
M’expliquera-t-il la magnifique branche de mimosa que j’ai reçue, ayant ses étamines bien redressées, alors que tout le monde sait à quel point cet organe est sensible chez cette fleur, et se replie au moindre contact. Cinq fleuristes, grands et petits, que j’ai consultés le lendemain, m’ont ri au nez quand je leur ai demandé de m'en procurer en cette saison. Vous pouvez vous informer sur ce détail dont la vérification est facile.
Par conséquent, au nom de ceux qui ont vu, dans les conditions de contrôle le plus certain, contre ceux qui se font sans preuves suffisantes l‘écho de ce qui n’est qu’une calomnie; Au nom de l'honneur, qui ne permet pas de laisser sans défense une femme absente, étrangère, ignorant les attaques dont elle est l’objet et ne pouvant y répondre; qui de plus est désintéressée, car elle n'a jamais voulu, à ma Connaissance, accepter la moindre rémunération, ce qui fait que je trouve que c'est une amère ironie que de dire que la médiumnité est pour elle « un métier lutratif »; Au nom de la Justice et pour rendre hommage à la vérité, Je vous prie, Monsieur, de vouloir bien insérer cette protestation à la place où a paru l‘accusation.
Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments les plus distingués. G. Brins.
Nous joignons notre protestation personnelle à celle de notre ami, le commandant Béra, et nous ajoutons que nous connaissons Mm Arma Rothe pour nous être trouvé plus de douze fois en sa compagnie et en particulier dans dix séances, où tous les phénomènes (environ 80) dont nous avons été l'un des témoins, ont été produits dans des conditions d’authenticité absolue. «afin-À en
mauocaarme 89 Ainsi doit être établie la probité et l'honorabilité de ce merveilleux médium, de cette femme admirable, toute dÎabnégation et de sacrifice. «Ainsi doittomber également, pour la honte de leurs au teurs, cette campagne misérable de haine et de dénigrement, qu'un aveuglement stupide soulève contre ce qui est grand et pur. A.-M. BIAUDELO'I‘.
P.-S. — Nous apprenons par le professeur Sellin, membre de la Société des Recherches psychiques de Londres, que M'“ Rothe se rendra en cette ville, au mois d’octobre pour se prêter aux expériences que ladite Société lui demande. Elle ne sera pas accompagnée de M. Jentsch que l’on accuse, si à tort, d’être son compère. Voilà qui répond victorieusement à toutes les attaques de ceux qui défiaient le médium de se rendre à un examen de savants. LA.
RÉDACTXON. (Le Spiritualisme moderne, 25 juin 1901.) Bibliographie Lorouxme. — Quelques traits de l’Église intérieure. — Vol. in-8 de luxe, avec une planche hors texte. — Prix: 4 fumes. (Tiré à zoo exemplaires numérotés.) (En vente à l’Administration de l’Initlalt‘on.) Ce très rare ouvrage —— puisque de tous les chercheurs de vieux livres mystiques, Stanislas de Guaita fut, à ma connaissance, seul à le posséder —- vient d‘être réimprimé à Lyon, juste cent ans après la première et unique édition.
Les Martinistes devront beaucoup de reconnaissance à l'auteur d’abord, martiniste de la première heure, et au Martiniste anonyme qui s'est chargé de sa réimpression. Le chapitre premier traite de l‘origine et de la durée de l'Église intérieure; le second d’écrit le plan de ce Temple à la fois symbolique et réel; le troisième dénombre la.
o L’INITIATION 9 composition de l‘Église de l'Antechrist; dans le quatrième sont énumérés les signes auxquels on reconnaît la véritable Église de Dieu et les vrais membres de son chef, Jésus Christ; le sixième chapitre traite de la régénération des chutes, des erreurs qui peuvent y avoir lieu et de la fausse spiritualité; le septième, de la voie de Jésus-Christ dans l’âme, et enfin le huitième des principaux moyens pour entrer dans les voies de la vie divine.
Le livre se termine par une explication abrégée du caractère et des devoirs du vrai chrétien tirée de la parole de Dieu et disposée par de mandes et par réponses, et par l'explication d'un tableau allégorique représentant le temple de la Nature et de la Grâce. Les amateurs de Kabbale ne remarqueront pas sans un certain intérêt que ce petit livre est formé de 144 pages de chacune 22 lignes.
On trouvera aux pages 94, 95, 96 et 97, I37 à [44. et dans la planche hors texte qui termine l’ouvrage, toute l’indication d'une synthèse hermétique très pure : c’est à notre ami Jollivet-Castelot à nous montrer dans son excellente revue les développements de cette doc trine; la grande idée des alchimistes rosicruciens à propos de la réalisation du Christminéral et de la correspondance entre le grand œuvre physique et le grand œuvre spirituel ou psychique est confirmée là une fois de plus.
Mais c‘est au point de vue de la mystique pratique que ce petit livre est le plus fécond en lumières et qu’il sera cer tainement le plus goûté.0n oublie trop parmi les étudiants de l’occultisme que tout se tient dans la vie et que tout doit se développer de concert dans les royaumes intérieurs de l’âme.
La spécialisation, déesse destructrice de la con naissance,étend son pouvoir jusque chez ceux qui devraient être des synthétistes absolus,et c‘està quoi on devra penser avec soin si on veut retirer de l’ouvrage anonyme de notre mystique tout le suc qu'il contient.
Mais pour cela il faut que l‘attention, le désir, la nudité mentale et la pureté cardiaque concourent dans une union intime à pénétrer à travers la lettre du livre jusqu'à son esprit, et à travers cet esprit jusqu'au lieu d’où l'auteur a reçu ses lumières. Mais il faut pour cela une intensité, une totalité si je puis dire, dans le psychique que de trop rares âmes possèdent. Cette unité de principe capable d’une application dans l-..
BIBLIOGRAPHIE 9 i les trois mondes, on la retrouve dans les écrits rosicruciens de 1610, et dans ceux de Khunrath avec lesquels l’Église intérieure possède un lien de parenté remarquable au point de vue alchimique, comme à l’hermétique et au mystique.
L’onction spirituelle, l’huile de la grâce découlent de cha cune des phrases de ce livre pour panser les plaies de l‘âme et satisfaire le besoin du moment: bien peu de livres pos sèdent ce privilège; je ne connais que l’Imitaiion qui soit de cette hauteur et de cette plénitude, et encore beaucoup en estiment les préceptes point suffisamment adaptés à la vie du monde; elle s'occupe un peu trop de ceux qui vivent dans la retraite monacale; tandis que Lopoukine parle pour tous les rangs sociaux et pour tous les états de la vie; on ne saurait donc trouver, je le répète, sauf l’Èvan gile, œuvre plus pure et plus active, et je suis tout particu lièrement heureux de pouvoir dire ici que c’est à un Mar— tinistq que ceux qui cherchent le royaume devront cet. appui arraché à l’oubli et à l’indifférence.
SÉDIR. 0 Pro Cyrnos, par EMMA Dl RiENZl. Parmi les nombreux volumes de vers parus cette année, voici certainement l’un des meilleurs par l’impression de poésie vraie qui se dégage de phaque poème. Écoutez d'abord le vœu liminaire du poète : Si, du moins, ces tableaux que mon esprit retrace Vous donnaient le désir du pays enchanteur! Si le vaisseau qui vient et qui fuit dans l'espace Amenait vers Cyrnos quelque cher voyageur l...
Ohl le joli denier, pour un joyeux labeur, Jeté par le destin au poète qui passe l... Un sincère et ardent amour enivre l’âme du poète et la transporte dans les régions mystiques où l’émotion reli gieuse unifie les élans du cœur, les sensations naturelles et les concepts de l’intelligence esthétique : De mon âme, et des monts, et de la mer immense, C’est un Credo de feu qui monte vers le ciel. Ostensoir de rayons, la lune se balance. . . Et tout crie vers mon Dieu : Salut, Nuit de Noël!
92 L’INITIATION Double Rosaire exprime l’impression de dédoublement et d’identification à la souffrance d'autrui qu‘une compas sion véritable fait naître dans le cœur. Dans Retour, nous relevons encore ces beaux vers : Et ce sont des parfums, des couleurs et des palmes. .. Comme un pèlerin las à la fraîcheur des puits, J'aspire à toi, Cyrnos! Et ton mirage calme Monte dans la pénombre où je pleure vers lui !
Je voudrais pavoiser tes mâtures graciles, Comme un preux chevalier pour sa reine d’amour, Te parer tout entier des couleurs de mon Ile, Pour voguer vers Cyrnos, - 6 vaisseau du Retour!
Une impression jolie et des images de mélancolie trans— posée en vibrations radieuses, dans Pluie de Corse : La chanson de la pluie berce le cours de l‘heure, ' .Ellé enfilé sans fin — 6 la'belle Ennuyéel.— Dans un (il aérien ses petits diamants, Et se tient au miroir de la mer appuyée Pour parer ses cheveux et ses voiles flottants.
Ce sont des chapelets, des colliers qu’elle égrène Au rebord de mon toit, aux grilles du jardin : Prismes jolis et purs où déjà se ramène Le décor familier du rayon d’or lointain. Les trottoirs sont luisants ainsi que des vitrines; Mais déjà s’y reflète un ciel plus lumineux... Dans les miroitements où glissent les bottines, On craint de piétiner quelque lambeau des cieux.
Car, lorsqu’il pleut ici, c’est simplement pour rire, Pour que l’air soit plus pur et les rameaux plus verts, Et c‘est le charme étrange et divin d’un sourire Rafraîchi par des pleurs, et qui luit au travers. Et ce sont aussi des rythmes d’orage et de fracas dans Libeccia, qui serait à citer en entier : . . .
Du large, vient la meute, en charge fantastique, Que commande ou ne sait quel dieu farouche et fort, Quel chasseur de légende à la fureur rythmique, Sonnant éperdument l'hallali de la mort.
BIBLIOGRAPHIE 9 3 Chevaux de la Camargue et des plaines sauvages, Chevaux blancs de la steppe aux longs crins ruisselants, Les voici! les voici! fouaillés par l’orage, Les chevaux de la mer chevauchés par le vent 1. . .
Et des visions, des désirs, des vœux, des envolées, des tableaux de charme ou de grandeur, tout cela fondu dans une synthèse d'émotion discrète et profonde. et exprimé dans une langue châtiée dont le classicisme est accueillant à l’occasion pour le vocable 'rare, imagé ou sonore. ‘Tel est l’hymne d’harmonieux amour que le poète chante à la gloire de'son pays d‘adoption, Ajaccio la blanche, et l’île de Corse, Cyrnos l SABRUS.
Le Mystère et la Volupté, par JULES BOIS. — L’ouvrage tient tout entier dans les deux mots de son titre, bien appuyé sur ces deux colonnes, et laissantàl'esprit du lecteur le soin d’apposer, suivant sa fantaisie et sa méthode, la toiture dogmatique ou gracieuse qui doit harmoniser l‘édi fice.
Érudit aux questions d'exégèse occulte et mythique, l‘auteur sait, avec une richesse rare de vocabulaire et un poétique sens d’évocation, adapter les vieilles idées qui alimentent l'âme et le mental humains aux manières mo dernes de penser, de vibrer, de recevoir en un mot, au tra vers de prismes multipliés, la lumière.
Une lassitude émue oppresse l'âme. après la vision des images symbolisant le désir, l’amour aux élans retombés, la fièvre trouble et enivrante, la douleur ironique et blas— phématrice, et l’éternelle appétence de vivre et d‘avancer, et de réaliser sans cesse, de libérer le germe divin de créa tion que nous portons en nous. Le Mystère et la Volupté donnent le désir d'espérer et l'espoir de vivre dans le futur.
Et son « atmosphère de remords et d’amour » est favo rable à l’évolution psychologique des pauvres âmes mo dernes qui<chantent des cantilènes au plaisir décevant... La lecture en est agréable et d’intérêt soutenu. SABRUS. LOUIS-CHARLES-ÊMILE VlAL : — Mécanisme et Dyna misme (Loi fonctionnelle de la création). —- Ouvrage en
94 L‘INITIATION deux parties, plein d’idées originales, mais encore peu organisées. « C’est, suivant l’expression d'un de nos maîtres, comme un homme de génie dontle talent naît. » Il manque M‘au teur d‘avoir étudié l‘occultisme. Les méthodes occultistes auraient certainement clarifié ses idées confuses et apporté un esprit de synthèse capable de mieux évoluer ses aspira tions et ses concepts.
On y trouve l'intérêt, qui n’est pas à dédaigner, des mystères préliminaires à la vérité tradition nelle. L’auteur semble pressentir une direction qui le conduira ( au seuil du Mystère ). Le volume de M. Adam, dont nous avons parlé dans le dernier numéro, est édité par M. Roger, 2, avenue Nast, à Joinville (Seine). Nous conseillons à nos lecteurs de demander le catalogue des livres occultes vendus par M. Roger à très bon compte.
Exercice illégal de la médecine.— M. Tergan, diplômé de l'école pratique de massage et de magnétisme, autorisée par l’État, professeur à la même école, est poursuivi par le parquet comme ayant exercé illégalement la médecine. Suivant les termes de l’article 1" de la loi de 1892, nul ne peut exercer, en France, l’art de soigner les malades, s’il n'est pourvu d’un diplôme délivré par une Faculté de médecine de l‘État.
M. Tergan a fondé à Saint—André un cabinet de consultations; il donne des leçons de magné tisme et soigne ses clients à l’aide de passes magnétiques. suivant les préceptes de l‘Écho du Magnétisme, où il défend sa cause, non sans une pointe d’ironie à l’égard des doc— teurs de Nice qui auraient, d’après lui, abandonné des malades qu’il a guéris par sa méthode.
Le Syndicat des docteurs des Alpes-Maritimes a, par l'organe de M. le D“ Ber— mondi, son président, déposé une plainte au parquet et confié ses intérêts à M° Durandy, qui se constitue, partie civile. Le tribunal,s‘appuyant sur un arrêt de la cour de cassa tion, du mois de janvier 1901, condamne le prévenu à 100 francs d‘amende, aux frais et à 1 franc de dommages» intérêts envers la partie civile.
BIBLIOGRAPHIE 95 Nous publierons le mois prochain une étude sur le nouvel ouvrage du Sar Péladan, la Terre du Christ, œuvre de haute portée initiatique et de belle allure litté raire. , . . S. IV° Congrès international de psychologie. —— (Paris, août [900.) Compte rendu des séances et texte des mé moires, publiés par le D“ PIERRE JANET, Secrétaire général du congrès. I fort vol. in-8, 20 fr. (Paris, Félix Alcan, éditeur).
Le compte rendu des séances et le texte des mémoires du IVe Congrès international de psychologie, tenu à Paris du 20 au 26 août 1900, sous la présidence de M. Th. Ri— bot, de l’Institut, viennent de paraître chez l’éditeur Félix Alcan. Ils forment un important volume de 800 pages con tenant plus de 130 communications publiées in-extenso ou résumées, ainsi que les discussions auxquelles elles ont donné lieu.
Cette publication, faite parles soins de M. le Dr Pierre Janet, secrétaire général du congrès, prouve la vitalité de cette science, et les noms des savants français et étrangers qui y ont apporté leur concours témoignent de l’intérêt qu’elle présente.
La classification des sections adoptée dans le congrès a été conservée dans le volume, et sous les titres de; Psychologie dans les rapports avec l’anatomie et la physiologie — Psychologie introspec tive dans ses rapports avec la philosophie -— Psychologie expérimentale et psycho-physique — Psychologie patho logique et psychiatrie — Psychologie de l’hypnotisme, de la suggestion et questions connexes — Psychologie sociale et criminelle — Psychologie animale comparée, anthropo Iogie, ethnologie, se trouve reproduite la physionomie des intéressantes séances présidées successivement par MM. Mathias Duval, A.
Binet, Magnan, Bernheim, Tarde, Yves Delage, ou par leurs collègues étrangers. Plusieurs tables très précises terminent ce volume; elles en faciliteront la lecture et permettront aux travailleurs de retrouver les études qu’ils veulent suivre au milieu de tant de travaux divers.
96 L’INITIATION BIBLIOTHÈQUE KABBALISTIQUE Nous recommandons vivement à nos lecteurs, désireux i de faire de sérieuses études de Kabbale, de s’adresser à M. Lafuma, à Voiron (lsère), qui possède des ouvrages . rarissimes et qui leur enverra la liste de ceux qui com posent sa bibliothèque. j . M. Ricaudy, 1 rue de Courbevoie à la Garenne-Colombes (Seine), publie son journal très intéressant « QUESTIONS ET Réponses ), à de titre supplément de la « Vie Moderne > beau journal hebdomadaire illustré. Pour 10 francs par ‘ an on a les deux journaux. S'adresser à M. Ricaudy. Le Gérant : Encaussa. Paris«Tours. — Imp. E. ARRAULT et Cie. 9, rue N.—D.-de-Lorette
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ÉDITIONS DE L’INITIATION En vente à la librairie Paul (ILLEIIIIIIIFF. SI]. Chemin-“utin ALBERT PCHSSON L’lnitiation Alchimique Treize lettres inédites sur la pratique du Grand-Œuure, avec préface du Dr MARC HAVEN et un portrait d’Albert Poisson, 35 pages . . . . . . . . . . . . . . 1 franc M.FRANCO Les Sciences Mystiques CHEZ LES JUIFS D’ORIENT 68 pages . . . . . . . . . . . . . . . 1 fr. 50 AMARAVELLA Le Secret de l’Univers SELON LE BRAHMANISME ÉSOTÉRIQUE Le Brahmanda ou Univers Intégral, 64 pages, 1 fr.
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Vient de paraître : L’HOMME DE oEsm Par l’auteur des « Erreurs > et de la < Vérité >> I Vérité >> I LOUIS-CLAUDE DE SAINT-MARTIN ‘ RÊÉDITION _ I L’ORDRE MARTINISTE ‘ Un volume in-8, reproduction absolument fidèle de la 1re Édition PRIX : 7 Francs .‘. "’5' ‘ EN VENTE: POUR LA FRANCE POUR L,|TALIE 4’ Rue de ‘savOle’ 4 18, Via San—Damianu, 18 (Administration de l'1nilialion) MILAN Prime aux Lecteurs de l’lN/T/AÏION Contre remise de ce bon, le volume « l’H0mme de Désir » sera vendu CINQ FRANCS au lieu de sept, port à la charge de l‘acheteur. Paris-Tours. —- lmp. E. Arrault et C", 9, rue Notre-Dame-de-Lcretœ.