The text
, o o _ 0 L In 1 t1 a t1 0 11 Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÊE MENSUELLEMENT sous LA DIRECTION DE PAPUS I (à O. >I< Docteur en médecine — Docteur en kabbale p,_., 50““ VOLUME. — 14“" ANNÉE SOMMAIRE DU N° 6 (Mars 1901) PARTIE INITIATIQUE —.T— La constitution de l’homme et l’immortalité. . Papus. (p. 193 à 208) PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Le règne ue’gé!al . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Sédir. (p. 209 à 217) Rapports de Saturne . . . . . . . .‘ . . . . . . . . Delaulnaye. (p. 218 {21231) Le premier Adam. . . . . . . . . . . . . . . . . Jacob Bœhme. (p. 232 à 246) Introduction à l’étude du « Son-Lumière—Cuu leurs » dans l’Asiral . . . . . . . . . . . . . . . Tidianeuq. (p246 à 270) PARTIE LITTÉRAIRE _ Hurpilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Jules de Marthold. . (P- 271) _ École supérieure libre des sciences hermétiques. — Société des con-1 férences spiritualistes. — L’occultisme contemporain. — BibliO—»' graphie. —— Échos et Divers. —— Livres reçus. — Correspondance. - —— Nécrologie. ’I‘out Ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 87, boulevard Montmorency, à Paris. Téléphone — 690—50 Administration et abonnements : 4. me de Savais. PARIS (DE 2 A 5 HEURES) Le Numéro : UN FRANC. — Un An: DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiati0n est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Ocmlte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l'arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impardalement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle Compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. ‘ Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiarion parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà quatorze années d’existence.— Abonnement: [0 francs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épu1sées.)
L’Initiation du 15 Mars 1901 2 n n&.JfMW M 4w PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE Z’1nilialion [0 PARTIE INITIATIQUE AMO— F. CH. BARLET, S.‘. I.'.â —— GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.'. I.'. s‘: — JULIEN LEJAY, S.'. I.'. ,\= — ÉMILE MICHELET, S.'. 1.-. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD, S.-. 1.-. —— PAPUS, S.'. I.'. {Q — SÉDIR, S.'. I.'. — SELVA, S.‘. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. -— AMELINEAU. — ALEPH. — AMARAVELLA. — D“ BARADUC. — SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 30‘ - BLITZ. — BOJANOV.— BORNIA PIE'TRO. — J. BRICAUD. — JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. -— G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — A. ERNY. — FABRE DES ESSARTS. — L. ESQUIEU. — DELÉZINIER. — JULES GIRAUD. — D' FERRAN. — L. GOURMAND. — L. HUTCH[NSON. —— J0LLIVET CASTELOT. — E.
LEFÉBURE. — L. LE LEU. — L. LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — Gle C. NOEL. — HORACE PELLETIER —— G. POIREL. — QUESTOR VITŒ. — RAYMOND.—D’ ROZIER.—— L. SATURNINUS. — D‘” SOURBECK .. — THOMASSIN. —TIDIANEUQ. — G. VITOUX. -— YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG.— JEAN DELVILLE. r- ESTRELLA. — E. GOU DEAU. — MAN0EL DE GRANDFORD. —- L.
HENNIQUE. — GABRIEL DE LAUTREC. — JULES LERMINA. — JULES DE MARTHOLD. — CA TULLE MENDÈS. — GEORGE MONTIÈRE. —LÉON RIOTOR. — SAINT FARGEAU. — ROBERT SCHEFFER. — EMILE Smocmæ. -— CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE G. ARMELIN. —— CH. DUBOURG. -— RODOLPHE DARZENS. —JEAN DELVILLE. — YVAN DIETSCHINE. - E. GIGLEUX. — CH GROLLEAU —— MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT- — EDMOND PILON. —— DE TALLENAY. — ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
L’Iniriaiion du 15 Mars 1901 , L’INITIA Tio NA DIRECTION ADMINISTRATION 87, boulevard Montmorency, ABONNEMENTS IÊLÉPHÛNE " “0'50 PUBLICITÉ : VENTE AU NUMÉRO PA RIS-A UTE C!L 4, fine de Savoie DIRECTEUR : PAPUS DIRECTEUR amener : Lucien IAUCHEL (DE 2 A 5 HEURES) Rédacteur en chef: PARIS F.-Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an. 10 lr. J. LEJAY — PAUL SÉDIR ETRANGER, — l2 lr.
RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dam le corps d’un article. Prière d’adresser tous les échanges: 87, boul. Montmorency, Paris MANUSCRlTS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendu:‘ à moins d’avis spécial.
Un numéro de la Revue est toujour1 composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passe au plus tôt que le mois suivant. L’Initz‘alion est l’organe officiel des centres suivants : _Groupe Esotérique. —— Ordre martiniste. — École supé rieure libre des Sciences hermétiques. — Ordre Kabbalisti ue de la Rose-Croix. —— Union Idéaliste Universelle. — . T. L. (section française).
GIIOIII’E IIIIEI’EIDIIT D’ÉTUDES ESIIIEIIIIJIIES 1.600 Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes d’Étude. ‘ Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée.
Pour tous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SÉDIR directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbj pour la réponse. (Reçoit le mardi de 5 à 7 heures). ‘ Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTIN]STE RDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE -j— caozx. —ÉGLISE GNOSTIQU SOCIÉTÉ ALCHIMIQUE DE FRANCE
9:» Ô @ / . La reproduction des articles inédits publiés par [Initiation est formellement interdite. à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réseryée à l’exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) LA.
EONSTI‘I‘IITIÛN de L’HOMME et L’IMMOBTALI’I‘E CONFÉRENCE FAITE LE 12 FÉVRlER 1901 A SAINT-PÉTERSBOURG POUR LA socrÉrÉ D'ÉTUDES PSYCHO-PHYSIQUES Peu d’objets ont autant intéressé les esprits à toute époque que cette question de la constitution de l’Être humain. On ne compte plus les définitions et les sys tèmes proposés à cet effet.
Cela provient de la multi plicité même des problèmes à résoudre et une revue rapide des conceptions diverses va nous permettre de mieux nous rendre compte de cette difficulté. Pour le physiologz’ste, en effet, l’homme ne com prend que les fonctions de sa portion matérielle et immédiatement accessible au scalpel ou à l’expéri mentation, c’est-à-dire le corps physique. C’est tout au plus si le physiologiste admet la division des or ganes en volontaires, fonctionnant pendant la veille 13
t 94 L'INITIATION [mans .._,__,,1 et en involontaires, ou mieux, inconscients, fonc— - tionnant pendant le sommeil et alors que les pre miers cessent leur fonction. Cette dualité dans le fonctionnement physique de l’être humain peut tou tefois nous être utile et nous la noterons en passant.
Un autre fait que nous demanderons au physiolo giste de nous confirmer, c’est celui du changement incessant des cellules qui viennent d’accomplir leur fonction, ce qui nous permet de constater que l’orga nisme matériel de l’homme se renouvelle totalement en une période qu’on peut estimer à. sept ans et que les cellules ne sont que le voile transitoire qui cons tituel’aspect extérieur de l’homme, puisqu’une per— sonne que nous voyons au bout de sept ans conserve sa physionomie, alors qu’aucune des cellules maté rielles de jadis ne subsiste plus et que certaines d’entre elles se sont renouvelées des millions de fois.
Il est surtout intéressant de noter ce fait pour les cel lules nerveuses du cerveau dont Claude Bernard a étudié la transformation chimique et la disparition après chaque travail accompli.
Or, une pensée dont nous nous souvenons trois ans après son enregistre ment dans la mémoire a été supportée depuis cette époque par des milliers de cellules difiérentes, ce qui nous indique bien quelamatièrecérébrale ne fabrique pas la pensée, mais ne fait que lui servir de sup port. Quel est donc ce principe qui, en dehors des cel lules matérielles, présiderait à l’entretien et à la con servation des formes organiques et des idées? C’est ce que nous allons essayer d’abord de demander au
1901] LA CONSTITUTION DE L’HOMME Igb Philosophe. Le philosophe classique semble appelé à disparaître ou tout au moins à se transformer presque complètement. Cela tient à ce qu’il a voulu étudier l’homme sans s’occuper de ses organes matériels et en s’intéressant à un seul principe : l’esprit.
Or, nos habitudes nouvelles nous poussent à considérer comme songes creux toutes les déductions qui décri vent le fonctionnement d’une partie de l’homme sans tenir compte des réactions et des fonctions des or ganes physiques. Aussi le philosophe classique devra t«il faire marcher de pair les études anatomiques des centres nerveux avec ses déductions.
Si notre faiseur de systèmes ignore donc volontairement le corps, par contre, il connaît bien mieux qu’aucun physiolo giste les rouages de la pensée et de ses multiples transformations. Son mépris de l’anatomie l’empêche de bien analyser les sentiments et lui ferme presque totalement la marche des instincts que, par contre, le physiologiste possède si bien qu’il veut fourrer ses réflexes instinctifs partout.
Aussi n’est-il pas de sujet où l’antagonisme des deux rivaux éclate mieux que dans la question de l’origine des idées de l’homme. Les idées sont—elles innées comme les traducteurs le font dire à Platon, ou ne sont—elles que le produit ré flexe des sensations comme le prétentent les psycho— physiologistes contemporains?
La solution, même , approchée, de ce problème est importante pour la suite de notre étude, et nous nous y arrêterons d’au— tant plus volontiers que c’està Claude de Saint—Martin que revient l’honneur d‘avoir donné la solution vraie de cette difficile contestation. ll-a fait remarqueravec
196 L’INITIATION juste raison qu’il n’y apas dans la nature d’arbres innés, c’est-à-dire se présentant du premier coup avec toutes leurs feuilles et tous leurs fruits. Ce que la nature nous présente, ce sont des germes, des graines, que le terrain et les conditions climatériques développeront plus ou moins vite, surtout si le jardinier y met la main. Il en est de même pour les idées de l’homme.
Les germes seuls des idées Sont innés et les sensations vont venir développer ces germes comme l’arrosage développe la plante. Ainsi on restitue à l’idée son ori gine supérieure et l’on rend à la sensation son rôle considérable dans la croissance et la direction des idées.
Il reste encore, pour être complet, à’ étendre le domaine des sensations jusqu’aux limites de l’intui— tion et de la perception à distance, mais ce sera là le rôle de la science de demain et nous ne devons pas anticiper. Si donc le physiologiste nous apparaît comme s’occupant trop exclusivement du corps phy sique, le philosophe s’occupe aussi trop spécialement de l’esprit considéré en dehors du corps.
Qui pourrait donc nous montrer maintenant quelque principe autre que le corps ou l’esprit ? Ne voulant pas de— mander encore cette question à l’occultiste, nous nous adresserons à un méconnu : le poète. Le poète est un amoureux comme l’amoureux est toujours un peu un poète. Aussi comme il a vite fait d’envoyer promener toutes ces froides classifications métaphysiques pour rester dans le plan véritable, c'est-à-dire vivant de la nature.
Nous ne saurions avoir trop de reconnais sance au marquis de Saint—Yves d’Alveydre qui est venu, grâce à son archéomètre, mettre la vie vraie et
LA CONSTITUTION DE L'HOMME 197 F-fi._,. ...... .. _ . _. , ... .. . .....vu. 4-..‘ , p .a.u claire à la place de toutes ces poussières du passé et de ces classifications pédantes qui obscurcissent les catégories mentales de} beaucoup de contemporains.
Devinant dans la femme la portion de l’humanité qui a conservé la plus grande part de la transmission vi vante, le poète a franchi les limites étroites fixées par le philosophe autant que par le physiologiste. Il a senti vibrer en son âme toute cette partie sentimen— tale de la nature humaine qui est son seul pivot de révolution dans tous les plans, visibles aussi bien qu’invisibles de la nature.
Le poète a trouvé du pre mier coup la réalité de la souffrance et du bonheur conscients de la plante et de la pierre, autant que de la femme. Il a senti penser le chêne altier comme l’humble violette et il a deviné le mystère de la vie . universelle enveloppée par l’amour.
C’est à l’école de Lyon, auprès du Dr Philippe, que nous avons pu constater expérimentalement l’existence de ces mys tères de la vie qui renverseront bien des théories phi losophiques et qui nous montrent l’existence d’un principe autre que le corps et autre que l’esprit, d’un principe issu de la vie universelle, et nommé par saint Paul le principe qui anime : anima.
C’est grâce à la perception de l’amour que le poète a évité la grossièreté du physiologiste et la sécheresse du philo sophe, c’est pour cela que,le révélateur religieux dans l’antiquité est toujours poète et que nous trouvons de si gracieuses autant que de vraies images dans les panthéistes conceptions de la philosophie orientale. « Ne profane pas l’arbre qui pousse devanttademeure, ditle poète révélateur; qui saitsi les cellules matérielles
198 L’INITIATION du corps de tes ancêtres ne circulent pas dans sa sève? » < Fais comme le santal quiparfume en to Fais comme le santal quiparfume en tombant la cognée qui lui donne la mort, » dit un autre, et par tout les images évocatrices se dressent pour nous montrer le culte de la beauté marchant de pair avec la charité mystique de l’homme qui sait et qui reste humble.
Est-ce le physiologiste si porté au matéria lisme, est—ce le philosophe si enclin au raisonnement vide et à la métaphysique qui vont nous analyser ces facultés encore mystérieuses de l’intuition, du pres— sentiment, de la vision à distance ainsique les songes révélateurs et les rêves prophétiques? Hélas 1 non. L’amour qui emplit le cœur du poète et seul pu lui faire décrire les émotions et les passions de cette âme qui relie le corps à l’esprit.
Je sais bien que, si le savant est matérialiste, si le philosophe est métaphy— sicien, le poète sera porté à être panthéiste. C‘est le petit revers de cette très belle médaille, revers qui va nous pousser à chercher le réalisateur des facultés qu’on peut appeler supra—humaines, tant leur culture est rare, et nous allons nous adresser au mystique. Le mystique est le poète de la philosophie, tout comme le poète est l’idéalisateur de la physiologie.
Aussi il faut voir de que] œil courroucé le considèrent savants et philosophes. Le mystique, c’est la protesta tion vivante contre l’inanité des affirmations matéria listes, c’est le démolisseur par le fait des systèmes creux et prétentieux du philosophe. .Sans vouloir chercher en ce moment l’origine des facultés supra-normales et souvent surhumaines ma nifestées par le mystique, voyons d’abord quelques faits très nets.
LA corvsrrrnrron DE L’HOMME 199 Chez vous, c’est cet admirable père Jean, passant dans une assemblée de braves commerçants,s’arrêtant tout à coup pour faire prier l‘un d’eux de venir lui\ parler et de recevoir l’absolution. Cet homme qui se portait admirablement, mourait brusquement le len demain matin. Qui nous dira le nom de cette faculté qui permet de voir l‘ange de la Mort planer au-dessus d’un être humain ?
C’est encore le père Jean qui, supplié par une pauvre femme dont le mari, après avoir accompli un crime qu’il a avoué, passe le len demain en jugement, lui dit de prier avec lui, puis lui annonce que, contre toute vraisemblance logique, son mari lui sera rendu. Le lendemain, à la faveur d’une discussion entre les jurés et les magistrats, le mari est acquitté par le jury.
' C’est Gichtel délivrant sa patrie et battant les troupes victorieuses de Louis XIV sans avoir jamais rien commandé à titre militaire et sans sortir de sa chambre; c’est Swedenborg voyant à distance; c’est Jeanne d’Arc étonnant les stratégistes par ses con— naissances militaires; c’est saint Antoine de Padoue apparaissant à deux endroits très éloignés en même temps, et, plus près de nous, c’est un de nos maîtres ‘ vénérés, laissant les: ennuis s’appesantir sur lui, mais délivrant, par la brusque confusion des témoins et l’annihilation des dossiers, un pauvre magnétiseur injustement poursuivi.
Tous ces chevaliers du Christ vivant, tous ces hommes qui prouvent la vérité de sa parole par les actes, accomplis en son nom, tous les révélateurs de cet Ischouah, dont les adaptations ont été si magistralement mises à jour par M. de Saint
200 L’INITIATION Yves, qui donc nous donnera la clef du principe qu’ils manifestent ici-bas ? Les faits prouvent que ces facultés existent en dehors des mots vides par lesquels on voudrait les nier.
Et, de même que le principe tirant son origine de la matière, le corps est développé par la nutrition de même que le principe tirant son origine de la vie, l’âme, est développé par l‘amour et la passion, de même que, dans l’esprit, la méditation cultive la pensée, de même ces facultés supra-humaines mani festent un principe qui partout, et dans tous les centres, ne se montre que par l’exercice des mêmes œuvres et des mêmes efforts dont tous se résument en ces deux : l’Humilz’te’ et la Prière.
On voit, d’après toutes ces considérations, combien les aspects de la constitution humaine sont multiples et quelle peine nous aurions à faire la synthèse de toutes ces analyses si la nature n’avait horreur des complications et si elle n’avait pas montré depuis longtemps, à ceux qui savent regarder, la simplicité de ses enseignements.
C’est avec raison que notre maître Claude de Saint— Martin nous dit qu’il faut toujours étudier la nature par l’homme et non l’homme par la nature, car ce merveilleux microcosme renferme en lui toutes les lois cosmiques.
Ce n’est pas dans des analyses com pliquées, ce n’est pas au sein de travaux ardus que nous trouverons la clef de cette vue synthétique que nous recherchons, c’est le doigt de la main qui nous la criera en nous montrant sa construction en trois parties, tout comme le corps tout entier nous répète
LA CONSTITUTION DE L’HOMME 2OË la même loi trinitaire par sa constitution en ventre, poitrine et tête. Au ventre répond analogiquement le corps et ses lois; à la poitrine, l’âme,la vie et l’amour; à la tête, l’idée et l’esprit. Ces trois principes mani festent enfin leur synthèse dans l’unité du visage dont les fenêtres indiquent l’état des centres.
C’est en effet sur la langue que le médecin verra l’état du ventre ; c’est sur les joues et à la racine du nez qu’il verra se peindre les troubles des poumons et du cœur; enfin les yeux indiqueront par les troubles pupil laires l’état de l’encéphale. Dans un autre ordre d’idées, une femme connaissant les enseignements de la physiognomonie, verra, quand on lui fait une décla ration, quels sont les mobiles du soupirant.
Celui-ci est-il guidé par le simple instinct, les lèvres seules trembleront; est-ce une véritable passion sentimen— tale. les narines frémiront; enfin, est—ce une comédie déjà jouée souvent, les yeux seront seuls mis en jeu, et Dieu sait comme ce cas est fréquent! ‘ Un corps, une âme, un esprit, synthétisés dans l’unité supérieure des éléments supra-humains, cor pus, anima et spiritus.
Telle est la définition de saint Paul et telle est celle qui nous apparaît après cette revue de la constitution de l’homme. Parmi ces prin cipes, c’est l’intermédiaire qui retiendra surtout notre attention, car il donne la clef de beaucoup de phéno mènes occultes.
Ce principe, c’est le corps causal et lumineux des anciens: causal, parce qu’il est la cause des formes organiques ; lumineux, parce que tel il apparaît aux yeux des voyants, c’est le corps astral de Paracelse et
202 L’INITIATION des Martinistes, enfin le corps extériorisable des ex périmentateurs contemporains. C’est lui qui donne la clef de beaucoup de ces faits de télépathie, d'appa ritions, de rêves prophétiques et d’actions à distance qui formeront le sujet d’études de votre société psy— cho-physique.
Les anciens avaient représenté le corps et les forces instinctives de l‘homme par le taureau, la vie et les forces animiques parlé lion, l’intelligence et les forces mentales par l’aigle, enfin les forces spirituelles par l’ange. C’était la la clef de l’énigme de la constitution du sphinx dont chaque élément est devenu une des marques d’un des évangélistes de N.-S. Jésus-Christ.
Aussi je ne saurais mieux terminer cette première partie de notre causerie que par la profonde poésie d’Eliphas Lévi sur ce sujet : LE SPHINX Le Sphinx était assis sur son roc solitaire, Proposant une énigme à tout front prosterné. Et si le Roi futur succombait au mystère, Le Monstre disait: Meurs 1 Tu n’as pas deviné!
Oui, pour l’homme, ici-bas, la vie est un problème Que résout le travail sous la faux de la Mort, De l‘avenir, pour nous, la source est en nous-même, Et le sceptre du monde appartient au plus fort. Souffrir, c’est travailler, c’est accomplir sa tâche, Malheur au paresseux qui dort sur le chemin. La Douleur, comme un chien, mord les talons du lâche Qui d’un seul jour perdu surcharge un lendemain.
LA CONSTITUTION DE L'HOMME 203 Dieu n'a jamais pitié des clameurs ni des larmes, Pour nous consoler tous n_’a-t-il pas l’avenir ? C’est nous qui. du malheur, avons forgé les armes, C‘est nous qu’il a chargés du soin de nous punir.
' Pour dominer la Mort, il faut vaincre la Vie, Il faut savoir mourir pour revivre immortel l Il faut fouler aux pieds la nature asservie Pour changer l’homme en sage et la tombe en autel. ( Du Sphinx, le dernier mot, c’est le bûcher d’Alcide, C’est la foudre d’Œdipe ou la croix du Sauveur, Pour tromper les efforts du serpent déicide Il faut au saint Amour consacrer la Douleur.
Le front d’homme du Sphinx parle d’intelligence, Ses mamelles d’amour, ses ongles de combat, Ses ailes sont la foi, le rêve et l’espérance, Et ses flancs de taureau le travail d'ici-bas ! Si tu sais travailler, croire, aimer, te détendre, Si par de vils besoins tu n’es pas enchaîné.
Si ton cœur sait vouloir et ton esprit comprendre, Roi de Thèbes, salut, te voilà couronné l La question de l’immortalité est assez vaste pour nécessiter des développements particuliers lors d’une prochaine causerie. Nous désirons seulement résumer ici l’état général de cette question.
Avant tout, il est indispensable de bien remarquer que généralement on ne s’occupe que de la perma— nence de l’esprit sans prendre garde aux autres élé ments, ensuite qu’on laisse aussi de côté le plus sou
204 L’INITIATION vent la réaction des principes matériels sur l’esprit après la mort, ce qui doit aussi faire l’objet d’études particulières.
Nous résumerons donc rapidement: 1° l’immortalité, ou mieux la permanence des prin cipes inférieurs de l’homme après la mort ; 2°Ia libé ration plus ou moins rapide de l’âme et les questions qui s’y rattachent au point de vue des abattoirs et de la crémation; 3° quelques indications sur les étapes d’ascension de l’esprit, question réservée à une pro—— chaîne causerie. Occupons-nous donc du premier sujet.
C’est un des grands honneurs de l’école matéria liste que la minutie avec laquelle ont été déterminées les transformations de la substance sans que jamais rien ne se perde ni rien ne se crée dans le plan maté riel.Aussi a-t-on suivi très bien les étapes de transfor mation des cellules du corps physique, après que la cohésion qui les unifiait sous la direction de la vie a pris fin.
M. Jean Finot, le directeur de la Revue des Revues, a résumé dans un récent volume tout ce qui se rapporte à ces idées sur l’immortalité de la subs tance.
Que les principes soient transformés lentement en liquides et en quelques corps gazeux par l’inhu mation, ou qu’ils soient rapidement transformés en gaz avec un peu de cendres, par la crémation, le ré sultat ultime est le même : Évolution des cellules matérielles prêtées par la terre pour une existence à l‘esprit humain.
En effet, le corps n’est qu’un vête ment terrestre, formé et entretenu par des cellules d’origine terrestre durant la vie, et qui retourneront à leur lieu d’origine après la mort, avec tout l’acquis
LA CONSTITUTION DE L’HOMME 205 et le bénéfice de leur passage dans le plan des sphères de rotation humaines. Les cellules matérielles du corps retournent donc dans le plan terrestre à l’état d’initiées et elles sont chargées d’aider puissamment à l’évolution des cellules dans tous les autres plans. Nous n’en dirons pas plus sur ce sujet. Passons aux questions connexes.
La recherche la plus urgente pour de véritables centres d’initiation devrait porter sur le moyen de séparer rapidement les cellules matérielles de leur origine astrale, surtout en cas d’évolution. bans l’antiquité, tout animal des tiné à la nourriture de l’homme était sacrifié par un prêtre initié et suivant des rites spéciaux qui « en chantaient » toute sa portion astrale et la séparaient de ses cellules matérielles.
Aujourd’hui, l’industrie des abattoirs nous livre de la viande d’êtres«assassi nés » en plein état de révolte tout autant que d’effroi. De là, pour ceux qui savent voir, l’origine de bien des impulsions de la partie animale de l’homme ainsi nourri. La bénédiction avant le repas enchante une partie des forces élémentales, mais ne suffit pas pour remplacer les anciens rites.
De même que les animaux, les astraux humains étaient « enchantés » et séparés du corps après la mort, dans l’antiquité. On pouvait alors faire du corps ce que bon semblait sans réactions douloureuses pour l‘esprit. Il n’en est plus de même aujourd’hui. Je me sou viens comment M. de Rochas nous décrivait les affres d’un écrivain, rattaché sur la fin de ses jours aux idées de la philosophie orientalev et qui s’était fait
206 L’INITIATION brûler après sa mort, sans même se faire garder de l'autre côté par une cérémonie religieuse d’un culte quelconque. Son astral, encore lié au physique trop intimement, a ressenti de telles réactions douloureuses qu’il était apparu chez son ami pendant une séance pour supplier de le soulager et d’avertir les autres.
Les vrais maîtres ont seuls, à ma connaissance, le pouvoir de transmettre ce mystérieux rituel de l’enchantement es âmes et nous ne sommes que d'humbles élèves. Aussi préférons-nous de beaucoup I’inhumation à la crémation pour les corps. Il est difficile de parler des étapes suivies par l’es prit après la mort, sans faire une étude préalable des divers plans ou états que doit traverser cet esprit.
Il n’est en effet pas de sujet où la métaphysique ait exercé davantage ses ravages en ne montrant jamais les rapports étroits qui existent entre la constitution de l‘univers visible autant qu’invisible et les plans d’évolution spirituelle.
C‘est encore l'archéomètre du marquis de Saint—Yves qui nous permettra à l'occa sion d’établir l’étroite relation qui unit les « cieux as— traux»au plan du Verbe divin et de préciser ainsi le lien qui réunit partout le Christ à ses créatures. Sans entrer _ dès maintenant dans les développe ments qui feront le sujet de notre prochaine causerie, insistons seulement sur deux légendes d’origine gnos— tique à propos de cette question.
La première, que nous retrouverons dans beaucoup de traditions, a rapport à la permission donnée à l’esprit après la mort, de parcourir pendant trois jours la terre sous la conduite d’un des « receveurs »
LA CONSTITUTION DE L’HOMME 207 présidant àla conduite de l’esprit dans l’au delà. La seconde se rapporte au rôle admirable dévolu à la « Vierge de Lumière » qui, après le jugement des esprits, exerce son ministère de souveraine pitié fémi— nine en amendant, avant la réincarnation, les trop dures réactions du destin ou du « Karma ».
Cette conception du pouvoir divin et de sa puissance est essentiellement chrétienne et vient détruire la notion du Dieu mécanique_de certaines civilisations orien tales, notion dans laquelle les lois purement physi— ques sont seules appliquées à l’évolution de l’âme et de l’esprit, sans considérer les adaptations forcées de ces lois au plan astral et surtout au plan divin.
C’est là la conception que vous trouverez nettement déga gée, au point de vue de la mystique philosophique, dans les travaux de Sédir et au point de vue plus spé cial de la révélation chrétienne dans le sens ésotéri que, dans les articles remarquables du D' Rozier pa rus dans la revue I’Imliali0n.
Si le XlX° siècle a été consacré à l’étude des forces physiques, le xx°, comme j’avais l’honneur de le dire devant la Société d’études psychologiques de Nancy, sera consacré à l’unification et à la synthèse des forces psychiques.
Or, la solution scientifique et expérimentale du problème de l’immortalité ne dépend pas principale ment de l’étude de l’esprit, faite avec la méthode des philosophes, elle ne dépend pas non plus de l’étude du corps faite par le physiologiste, elle est principa lement contenue dans les recherches expérimentales concernant le principe qui réunit l’esprit au corps
208 L’INITIATION \ physique. C’est à l’École de Lyon, sous la direction du Dr Nizier Philippe, que j’ai vu expérimenter ces rapports dans des conditions exceptionnelles et qui ne seront atteintes par les savants contemporains que dans de nombreuses années.
Car, ce qui caractérise particulièrement l’enseignement de cette école, c’est que jamais aucune affirmation concernant les possi— bilités de l’esprit ou ses rapports avec l’âme et avec le corps n’a été produite sans que l’expérience ne vienne immédiatement corroborer la théorie.
C’est là que nous avons pu analyser, phase par phase, le phé nomène de la séparation progressive de l’âme et de l’esprit, les manifestations diverses de l’intelligence de la matière, les réactions polarisées des globules rouges et des globules blancs du sang et, enfin, l’ac tion vivante de la prière et de la souffrance sur l‘évo lution ou la guérison des entités humaines.
Aussi, c’est pour moi une} grande joie de retrouver ici tant d’amis de nos mai‘fies de France et de me sentir en si intime communion spirituelle avec vous tous. La Russie est le lien vivant entre la jeune Europe et la vieille Asie. C’est par vous que la sagesse d’0rient pourra trouver sa véritable voie qui est l’adaptation chrétienne, comme l'indique scientifiquement l’ar chéomètre.
Soyez le plan animique réunissant les deux pôles de l’humanité, et glorifiez N.-S. Jésus Christ dans sa voie, dans sa vérité et dans sa vie. Parus.
PARTIE PHILOSOP [QUE ET SCIENTIFIQU Cette arfie est ouverte aux écrivains de toute École, sans aucune distinction, et chacun d’eux conserve la responsabilité exclusive de ses idees.) Le Règne Végétal (“ Pour prendre de ce règne une idée générale aussi juste que possible, il nous fautl’étudier en lui-même, puis dansses relations avec l’Univers et avec I’Homme.
Nous aurons ainsi les éléments d’une Botanogénie, d’une Physiologie et d’une Physionomie (signatures) végétales. La Botanogénie s’occupera des principes cosmogo niques dont le jeu produit le règne en question. La Physiologie végétale étudiera les forces vivantes en action dans les plantes.
La Physionomie végétale, science des signatures, ou science des correspondances, nous apprendra à reconnaître, à son aspect extérieur, quelle est la qua lité des forces agissant dans telle ou telle plante. ’3‘ I. -— Botanogénie.
Comme nous avons décidé de ne mettre au jour, dans ce petit livre, que les notions traditionnelles sur le sujet qui nous occupe, nous commencerons (1) Extrait du livre de notre ami Sédir, Les Plantes magi— ques, qui doit paraître incessamment chez Chamuel. ' . 14
2 to L'INITIATION par présenter au lecteur les enseignements les plus authentiques. Tout d’abord l’un des monuments les plus anciens que nous possédions, le Sepher de Moïse, nous ins truira des théories des initiés de la race rouge et de la race noire.
Le verset 2 du premier chapitre de la Ge nèse s’énonce ainsi : « Continuant à déclarer sa volonté, il avait dit, Lui—Les—Dieux : la Terre fera végéter une herbe végé tante et germant d’un germe inné, une substance fructueuse, portant son fruit propre, selon son espèce, et possédant en soi sa puissance sémentielle; et cela s’était fait ainsi. » Ceci se place au troisième jour selon la correspon dance ci-après : FEU : 1°' jour :Création de la Lumière.
EAU ET AIR : 2° jour : Fermentation des eaux; leur division. TERRE : 3° jour : Formation de la terre, sa végéta bilité. FEu: 4° jour : Formation du soleil. EAU, AIR : 59 jour : Fermentation des eaux et de l’air; oiseaux et poissons. ’ TERRE : 6° jour: Fermentation de la Terre. — Ani maux et homme (1).
Si l’on considère la Genèse dans son ensemble, le rabbin initié nous apprendra que, sous le point de vue cosmogonique, la figure d’lsaac représente le règne végétal. — Son sacrifice presque Consommé, sa filia (1) D’après A.-F. Delaulnaye. ‘ ._-;. ,;iiiha
LE RÈGNE VÉGÉTAL 21 t mœ: e».w=; :n a m.x.....œ.... . - ...—.. _ .-æ-«;y«;.. I-v_4_un:œ.'...._t4 .. 3 tion, le nom de ses parents et de ses fils, les actes de sa vie symbolique offrent là-dessus toutes les preuves nécessaires. Pour ne pas fatiguer nos lecteurs avec un symbolisme trop ardu, nous ne nous attarderons pas à cette étude que tout étudiant consciencieux peut mener à bien.
TnÉonrzs HERMÉTIQUES. -— Les philosophes hermé— tiques concevaient, à l’origine primordiale des choses, un chaos où les formes de tout l’univers étaient pré figurées, une matrice ou matière cosmique, et d’autre part un feu générateur, sémentiel, dont l’action réci proque constituait la monade, pierre de vie, ou Mer cure, moyen et terme de toutes les forces.
Ce feu est chaud, sec, mâle, pur; c'est l‘Esprit de Dieu porté sur les Eaux, la Tête du Dragon, le Soufre. Ce chaos est une eau spermatique, femelle, chaude, humide, impure; le Mercure des Alchimistes. L’action de ces deux principes dans le Ciel cons— titue le bon principe, la lumière, la chaleur, la géné— ration des chosæ.
L’action de ces deux principes sur la Terre cons— titue le mauvais principe, l’obscurité, le froid, la pu tréfaction ou mort. Sur la Terre, le feu pur devient le grand limbus, l’yliaster, le mystérium magnum de Paracelse, c’est une terre vaine et confuse, humide, une lune, une eau mercurielle, le Tohuv’bohou de Moïse. “Enfin, l’eau pure et céleste devient une matrice, terrestre, froide et sèche, passive; le sel des Alchimistes. Ainsi toutes choses dansla Nature passent par trois
21 2 L’INITIATION .—--—.._—.——- un.. L... 01. .. ._ .,. _. âges. Leur commencement consiste dans la mise en présence de leurs principes créateurs. Ce double con tact produit une lumière, puis des ténèbres, et une matière confuse et mixte ; c’est la fermentation.
Cette fermentation aboutit à une décomposition générale ou putréfaction, après laquelle les molécules de la matière en travail commencent à se co0rdonner selon leur subtilité : c’est la sublimation, c'est la vie de la chose. Enfin, vient le moment où cesse ce dernier travail : c’est le troisième âge; la séparation s’établit entre le subtil et I’épais, le premier va au ciel, le dernier dans la terre, le reste dans les régions aériennes.
C’est le terme, la mort. On a pu remarquer le passage des quatre modalités de la substance universelle appelées Éléments :le feu, l’air, la terre et l’eau sont ici facilement reconnaissa bles ; et nous pouvons coordonner toutes ces notions en établissant un tableau d’analogie que l’on pourra lire au moyen du triangle pythagoricien (i). (le pro cédé ce retrouve dans l’Inde (système Sankhya) et dans la Kabbale (Tarot et Sephiroth).
Voici quels sont les principes en action dans les trois mondes, selon la terminologie hermétique : Dans le premier monde, l’Esprit de Dieu, le Feu incréé, féconde l’eau subtile, chaotique qui est la lu mière créée ou l’âme des corps. Dans le deuxième monde, cette eau chaotique qui est ignée et contient le soufre de vie, féconde l’eau (1) Cf. Papus, Traité élém. de Sc. occ.
LE RÈGNE VÉGÉTAL 2 13 moyenne, cettevapeur visqueuse, humide et onctueuse qui est l’esprit des'corps. Dans le troisième monde, cet esprit, qui est le feu élémentaire, féconde l’éther igné qu’on appelle encore eau épaisse, limon, terre androgyne premier solide ,et mixte fécondé.
Ainsi chaque créature terrestre est formée par l’ac tion de trois grandes séries de forces : les unes venant du ciel empyrée, les autres venant du ciel zodiacal et les dernières de la planète à laquelle appartient ladite créature. Du ciel empyrée viennent l’Am’ma Mundi, le Spi— ritus Mundz‘ et la Malerz'a Mundi, vapeur visqueuse, semence universelle et incréée.
Du ciel zodiacal viennent le soufre de vie, le mer cure intellectuel ou éther de vie et le sel de vie ou eau principe, semence créée et matière, seconde des corps.
Dela planète viennent le feu élémentaire, l’air élé mentaire, véhicule de vie et l’eau élémentaire récep— tacle des semences et semence innée des corps. =n=’°‘=n=‘ VENUE DU RÈGNE VÉGÉTAL. — Pour que le règne vé gétal puisse se manifester sur une planète, il faut que celle-ci soit assez évoluée pour, après avoir cristallisé ses atomes de façon à former une terre solide, pro duire des eaux et une atmosphère, ainsi que l’indique le récit de Moyse.
Alors une vague de vie nouvelle des cend, quiest le véhicule de la première animation sur 'la planète; elle est donc le symbole de la beauté, et
2 14 L’INITIATION l. voilà pourquoi le règne végétal correspond à Vénus (t ); ellea donc comme signe représentatif la‘Spirale, et voilà pourquoi la phyllotaxie peut servir à mesurer le degré de force vitale de chaque plante. Cette vie végétale résulte de l’action réciproque de lalumière solaire et de la convoitise du soufre inté rieur ; aucune plante ne peut croître sans la force du soleil qu’elle attire par son principe essentiel.
Voici comment l’auteur anonyme de la Lumière d'Égypte explique l’évolution du minéral au Végétal : L’hydrogène et l’oxygène combinés en eau sont po larisés et forment une subStance qui est le pôle op posé de leur état inflammable primitif. La chaleur du soleil redécompose une portion infi niment petite des eaux ; les atomes de ladite molécule d’eau prennent alors un mouvement différentiel qui est celui de la spirale.
Dans cette ascension, ils atti rent les atomes d’acide carbonique et sont attirés par eux, d'où un troisième mouvement : une rotation pré— cipitée. Là se forme, dans de nouvelles combinaisons, un germe de vie physique. Sous l‘impulsion d’un atome central de feu, les forces prédominantes étant l'oxygène et le carbone, cette union produit un autre changement de la polarité par lequel ces atomes sont à nouveau attirés vers la terre.
L‘eau les reçoit et ainsi se forme la première tourbe végétative. Quand ces pre— mières formes végétales meurent, ses atomes repren nent leur marche spirale ascendante, elles sont attirées (t) La verdure des végétaux, c’estla mer verte d’où est sortie Aphrodite, fixée à la surface de la terre.
LE RÈGNE VÉGÉTAL 215 par les atomes d’air,et par le même procédé de polari— sation arrivent à former successivement les lichens et des plantes de plus en plus parfaites. « L’essence spiritueuse du soleil étant devenue,dans le centre de la terre par attraction de chaque Mixte et par coagulation, un feu aqueux, et voulant revenir vers sa source, elle fut retenue en remontant dans. les matrices d’espèces diverses.
Et parce que ces matrices avaient une vertu particulière en leur espèce, dans l’une il se détermine à une chose, et dans l’autre à une autre, engendrant toujours leur semblable...
Que si cette essence spiritueuse est encore plus subtile, elle passe jusqu'à la 511perficie de la terre, et fait pousser les semences selon leur germe (I). » On trouve la même théorie exposée d’une façon plus concise dansle traité kabbalistique des Cinquante Portes de l’intelligence.
L’énumération des portes de la Décade des mixtes est ainsi conçue : l’° Apparition des minéraux par la disjonction de la terre; 2° Fleurs et sucs ordonnés pour la génération des métaux; 3° Mers, lacs, fleurs sécrétés entre les alvéoles; 4.0 Production des herbes et des arbres; 5° Forces et semences données achacun d’eux, etc. Donnons enfin, pour terminer ce rapide exposé, la théorie de Jacob Bœhme, dont on découvrira sans peine l’identité avec les deux précédentes.
Créés au troisième jour, par le Fiat de Mars qui (1) Traité d'Alchymz’e, Préface, p. 18. — Paris, Laurenb d’Houry, MDCXCV, in-x2.
2 i 6 L'INITIATION est l’amertume, source du mouvement, les végétaux sont nés de l’éclair du feu dans cette amertume : lors— que Dieu eut séparé la matrice universelle et sa forme ignée, et qu’Il voulut se manifester par ce monde exté— rieur et sensible, le Fiat qui sortit du Père avec sa volonté évertua la propriété aqueuse du soufre de la matière première; on sait que l’Eau, en tant qu’élé ment, est une matrice attractive; nous retombons donc d’accord avec les précédentes théories.
Avant la chûte, les végétaux étaient unis à l’élé— ment intérieur paradisiaque; avec la chûte la sainteté s’est enfuie de la racine qui est restée dans les éléments terrestres; les fleurs représentent seules, comme on le verra plus loin, le paradis. =tt=""=tt CONSTITUTION STATIQUE DE LA PLANTE. —- Avant d’entreprendre une esquisse de la physiologie végé— tale, cherchons les principes en action dans le règne de façon à en saisirmieux tout à l’heure le fonction nement.
Si on étudie le végétal au point de vue de sa cons— titution, on lui reconnaîtra cinq principes : 1° Une matière formée d’Eau végétative; 2° Une âme, formée d‘A ir sensitif; 3° Une forme, de Feu concupiscible; 4° Une matrice, ou Terre intellective; 5° Une essence universelle et primitive, ou mixte mémorable, formée de quatre éléments, déterminant ,les quatre phases du mouvement : la fermentation, la putréfaction, la formation et l’accroissement.
LE RÈGNE VÊGÉTAL 217 Si on l‘étudie au point de vue de sa génération, on y trouve sept forces en action : 1° Une matière, ou patient, formée de lumières et de ténèbres, eau chaotique et végétative; c’est ici que sont les Derses de Paracelse, exhalaison occulte de la terre, par qui la plante croît; 2° Une forme, principe actif ou feu; 3° Un lien entre les deux précédents; . 4° Un mouvement, résultat de l‘action de l'agent sur le patient.
Ce mouvement, qui se propage par les quatre éléments, détermine les quatre phases que nous avons énumérées plus haut, à propos du mixte ‘ mémorable.
Tout ce travail préparatoire et occulte en quelque sorte va donner comme résultats visibles : 5° L’âme du végétal, ou semence corporifiée, clz'ssus de Paracelse, pouvoir spécifique et force vitale; 6° L’esprit ou mixte organisé, le lefi’as de Paracelse, ou corps astral de la plante; ’ 7° Le corps de la plante.
Pour avoir une idée plus étendue de ces deux clas sifications on pourra en rechercher les analogies dans le symbolisme de la mythologie grecque qui est très expressif, ce qui prête simplement matière à la médi— tation. SÉDlR.
Rapports de Saturne AUX PRINCIPES DES PIIILOSOPHES }IERMÉTIQUES A CEUX DES ALCHIMISTES AUX DIVERSES PARTIES DE LEUR ART ET AUX ME'I‘AUX DE LA CHIMIE VULGAIRE Saturne, suivant les uns, était fils. de l’Océan et de Thétis, suivant d’autres, de Coelus, Uranus ou le Ciel,et de Vesta, Ghé ou la Terre.
Cette diver sité de généalogie doit prouver qu’il y eut plusieurs Saturnes; et en effet il serait souvent impossible de donner aucun sens raisonnable aux écrits des mytho logues, si l’on ne voyaitqu’unseulètredansla divinité dont ils se sont plu à multiplier les aventures ou les attributs-Je le dis une fois pour toutes, et j’en donne rai bientôt l'explication, celui qui possède la véritable interprétation des fables doit, suivant les philo sophes hermétiques, trouver chez tous les peuples anciens, dans leurs dieux principes, d’abord un (la monade créatrice), ensuite trois, puis trois fois trois, puis trois fois neuf, puis trois fois vingt—sept, ou quatre-vingt—un.
Cette progression triple a pour fon dement les trois âges de la nature,passe’, présent, fu fur, ou, ce qui revient au même, les trois degrés de la génération universelle (mort, naissance. vie,
RAPPORTS DE, SATURNE 2 [9 commencement, 'mz'Jieu, terme) que les hiérophantes , avaient distingués avec soin. C’est l’ignorance de cette division ternaire et le défaut de séparation des âges qui ont égaré tous les commentateurs mythogra phes. De plusieurs dieux ou principes ils n’en font qu’un seul, et souvent l’homonymie vient accroître leur erreur.
Le premier, le père de tous les Saturnes, est le Chaos, aurore des siècles, fondement de tout ce qui respire. Étant triple luiunême, il fut nommé Chaos. Janus et Demagargon, noms dont je développerai les significations diverses. C’est le géant Ymer des peu— ples du Nord, formé des vapeurs gelées de l’abyme.
C’est la puissante monade ou unité, formant deux, composée de trois, accomplie par quatre, dont l’amour est cinq, qui ne peut exister sans sept, dont la perfection est dix, et dont la circonférence est douze. Au premier Saturne de la première triade se rap— porte le meurtre d’Élion ou Hypsistus par des bêtes féroces, meurtre qu’on trouve cité dansle fragment de Sanchoniaton .
' Le second Saturne est Uranus, fils d’Élion, dont le sang féconda la terre et donna naissance aux se— conds géants. Enfin le troisième est Cronus, fils d’Ura nus et de Ghé, lequel fut traité par son fils Jupiter comme il avait traité son père.
Je ne détaillerai point ici les autres triades, mais, en se pénétrant de l’esprit des philosophes, on reconnai tra sans peine que Briarée, Coé, Japet, Cruis, Pluton, Sérapis, Neptune, Apapis, Typhon, Python, Escu— :.)l ../ -.a . 1)’ «r I”,
220 L’lNITIATION lape, Lycus, Lycaon, Deucalion, Cécrops, Pélops, Sciron, Phtius, Glaucus, Bacchus, les Satyres, Nyc— tée, Ascalaphe, Acheloüs, Ogygès, Noé, Tros, llus, Pélée, Chiron, Aetès, Aegyphus, Ëtéocle, Acaste, As tacus, Archemore, Palaemon,Clyncenus,Erginus,etc., - sont autant de Saturnes pris dans différents âges ou considérés dans divers états.
La mort de Jésus, qui, par l’efiusion de son sang, opère le salut des hommes, n’est encore que la même image, de nouveau mise en lumière par les chrétiens.
D’après ce qui précède, il est aisé de définir ce que les philosophes hermétiques entendent ordinairement par le règne de Saturne; c’est l’état de dissolution des corps, opéré par la putréfaction génératrice, lequel, les résolvant dans ce principe aqueux, cettéeau visqueuse ou matière première,productrice de toutce qui exiSte, est à lafois symbolede la mort et source dela vie.
Je m’explique : un grain de blé, par exemple, est déposé dans le sein de la terre (Berouth, le principe humide ou femelle);aussitôt, par le développement d’Élion ou le principe igné mâle, qu’il renferme, il y fermente, , s’y enfle, s’y noircit, s’y putréfie; l’agrégation de ses parties constituantes estrompue, ilsemble liquéfié, et du sein de ce cloaque va s’élever le germe tout-puis-* sant.
C’est cet état de putréfaction que les philosophes ont représenté par Saturne et que l’on doit regarder comme l’image du chaos, célèbre dans les fastes reli gieux de tous les peuples, mais dont surtout la Genèse, la Voluspa, Sanchoniaton et l’Apocalypse nous donnent une description précise et détaillée. A Saturne se rapporte encore la fable du déluge uni
RAPPORTS DE SATURNE 22I verse], qui, pour les philosophes, n’est qu’un autre chaos tout semblable au premier; car, je l’ai déjà dit, et je dois le répéter, les peuples anciens furent tous matérialistes, et, par cette fiction de la création du monde que l’on trouve dans tous leurs livres sacrés, ils n’ont voulu peindre autre chose que la continuelle formation, dissolution et reproduction de tous les corps de la nature.
Au reste, on ne doit pas oublier que Saturne est considéré dans des états différents, lorsqu’il porte les noms de Chaos, d’Uranus et de Cronos; j’en donnerai toutà l’heure une preuve. La faulx de Saturne est l’emblème de la destruc tion universelle des corps, opérée par la putréfaction, et qui a fait dire que ce dieu dévorait ses enfants; le seul Jupiter, ou le germe fécondant, échappe à la mort.
Comme cette décomposition absorbe tous prin cipes et rompt toute agrégation, comme d’ailleurs c’est dans la putréfaction que les corps éjaculent leur semence et l’émissent jusqu’à débilité, jusqu’à extinc tion, jusqu’à la mort, on a supposé que Saturne avait privé son père des organes de la génération ; il reçoit ensuite le même traitement de son fils Jupiter, ce qui signifie que la chaleur vivifiante se dégage du cloaque de la putréfaction, le dessèche et donne bientôt la vie à un nouvel être.
Les ailes de Cronos, considéré comme le Temps, sontl’exacte image de la perpétuelle rotation des opéra tions de la nature.Elles rappellent cet adage: l’instant de la naissance est le premier pas vers la mort; sur quoi j’observerai que c’était la mort, et non la vie, qui faisait le principal objet des allégories des hiérophan tes .t
2 2 2 L’INITIATION comme le prouve le mot mythologie, primitivement formé de Mura, mort. Cette particularité, que l‘on retrouve dans les mystères même les plus vulgaires des francs-maçons, cessera d’étonner si l’on réfléchit _ que, dans le système des philosophes hermétiques, tout se rapporte à la mort, puisque touten dérive et qu’elle estla source de la vie. Les autres fictions s’expliqueront avec la même fa« cilité.
On vient de voir, par exemple, que l’émission de la semence, opérée par la putréfaction, produit débilité, extinction, mort du corps génératif, ou du moins de son sperme; voilà pourquoi, dans les fables saturniennes de toutes les mythologies,on trouve cas« tration, effusion de sang, immolation pour le salut des autres ; tels sont les meurtres d’Élion, d’Osiris, d’Hor—us, du géant Ymer, le crucifiement de Jésus, etc. Au reste, je dois observer 'que, dans l’acception philosophique, ces mots, Sperme et Semence, ne sont nullement synonymes.
La semence n’est qu’un point imperceptible, une étincelle impalpable du feu inné, de l’âme du monde, dont le sperme forme l’enveloppe comme celui—ci dans le règne animal se trouve enfermé dans la masse du corps. Au règne végétal, les graines peuvent être considérées comme le sperme, lequel contient la semence. L’auteur du Cosmopolite veut que la semence soit en capacité de la huit mille deux centième partie du corps qui l'enserre.
On con çoit que l‘évaluation d’un tel rapport ne peut guère être qu’idéale. Quelques auteurs ont fait Saturne fils de Vulcain _: cette assertion ne paraîtra point extraordinaire si l’on
RAPPORTS DE SATURNE 223 .
"" ra J réfléchit qu’Hélion, Uranus, Coelus,Cronos, Saturne, Jupiter. considérés sous un certain_point de vue, ne sont qu’une seule et même chose, c’est—à—dire l’agent, le mâle, le principe igné de la nature,comme Bérouth, Ohé, la Terre, Isis, Junon en sont le patient, le prin cipe humide ou femelle ; or on verra plus loin que ces deux principes émanent de Vulcain ou du feu céleste, cause première de toute création, source de toute existence ; ainsi l'on a bien pu leur donner ce Dieu pour père sans altérer l'allégorie.
Je dois en pré— venir le lecteur ; ce qui rend l’interprétation des fables anciennes souvent si pénibles, ce qui cause la variété des généalogies que l‘on remarque dans les divers mythographes, c’est la multiplicité des manières de considérer un même objet.
Tout, dans la nature, se réduit à une seule cause, à un seul principe, mais ce principe est susceptible de tant de formes, de tant de modifications, de tant d‘états divers et successifs que, si l’on ne s’applique à les saisir, on ne pourra jamais débrouiller le chaos des anciennes mythologies. A Saturne peut encore se rapporter l’Eau, principe de toutes choses et symbole exact du chaos ou de la matière première en état de fermentation.
Car cette matière à laquelle, par métaphore, les philosophes attribuentla formation du monde, n’était, suivant eux, qu’une substance humide, une vapeur, une fumée subtile, un véritable Saturne. La lumière, c'est-à-dire la plus sublime essence, s’en détacha d’abord et s’éleva avec rapidité. Les fèces, ou le plus impur, le plus gros-— sier, se précipitèrent et formèrent le limon de la terre; la partie moyenne fut subdivisée en trois; le plus pur
2 2 4. L’INITIATION [MARS composa les cieux ou l’éther, le pur fut l’atmosphère ou l’air, placé entre le ciel et le globe terrestre, et enfin le moins pur demeura fixé surla terre, et forma l’eau dont nous faisons usage. Voilà bien Saturne père de Jupiter, de Neptune et de Pluton. Unie à la terre, l’eau la pénètre, la dissout, la change en un limon onctueux, une eau visqueuse, principe et ma tière prochaine de toute génération.
C’est de ce limon que fut formé Adam, le premier de son espèce; voilà le second Saturne. Enfin, quand un corps, soit ani mal, soit végétal, soit même minéral, tend à sa repro duction, ses parties constituantes se putréfient, se convertissent en une eau visqueuse, toute semblable à celles dont je viens de parler. Tel est le troisième Saturne; tels sont les trois âges de la nature.
L’eau tient le milieu entre la terre et l’air, comme celui-ci l’occupe entre elle et le feu ; aussi participe t-elle de ses deux voisins, et, tantôt terrestre, tantôt aérienne, elle attire et réunit les vertus des choses supé— rieures et desinférieures. Elle est l’agent de la nature, le principe de toute végétation; privée du feu elle deviendrait terre; au moindre accroissement de cha leur, elle s’échappe, se volatilise et s'unità l’air.
C’est ainsi que tout n’existe dans la nature que par une perpétuelle rotation et commixtion des quatre prin cipes fondamentaux: l’eau contient de la terre, de l’air et du feu ; l’air est composé de feu, d’eau et de terre, et celle-ci de même unit dans son sein les quatre Éléments. Mais tout peut se convertir en eau, et se réduire à ce seul principe; aussi cet élément est-il, comme Protée, susceptible de toutes les formes, de
1901 RAPPORTS DE SATURNE 2 2 5 toutes les agrégations, ainsi que nous le prouve le phénomène de la végétation. Je me résume : 1° Saturne pris en général est le chaos, la semence incréée, la matière première de tous les corps. Sous cet aspect, on le regarde comme le plus ancien des dieux, le créateur de toute chose, le souverain de toute la nature.
On lui donne pour attribut un serpent mordant sa queue, emblème de l’éternité, de l’univer salité, del’ensemble des quatre éléments ou principes qui se trouvent en puissance dans le chaos. Ce Sa turne est le premier de tous, puisque nul être n’exis tait avant lui.
2° Comme le chaos est androgyne et renferme en puissance les deux premiers principes créateurs, mâle et femelle, il était naturel que, détaillant Saturne, si je puis m’exprimer ainsi, on le prit successivement pour chacun de ces deux principes, ou tout au moins pour le principe mâle, igné, agent, lequel opère la séparation des éléments et la génération primitive des corps. Saturne est alors Élion, le Suprême ou Hypsistus, le Très—Haut.
Il est encore Épigée, l’A r -chélype ou Uranus, le Lumineux. Ces différentes dé nominations se rapportent aux divers ordres de feu, supposés par les philosophes dans la Ëréation du monde. Car on sait que les disciples d'Hermès divi sent chaque élément en trois parties.
3° Puisque les philosophes distinguent trois âges dans la nature, c’est-à-dire trois degrés dans_la gé— nération des corps, et puisque d’ailleurs nous venons .‘le voir Saturne exprimant le chaos, la fermentation 15
2 2 6 L’INITIATION de la semence incréée, de la matière première et uni— verselle (1), il convenait aussi de donner le nom de ce dieu au second et au troisième chaos, c’est-à-dire au développement de ce que les philosophes appellent la matière seconde, au phénomène journalier de la putréfaction que l’on voit s’opérer dans tous les corps de la nature et précéder celui de la génération.
C’est dans la putréfaction que se dégage la semence innée des corps, jusque—là retenue en puissance: alors elle devient un véritable chaos, une vapeur onctueuse, androgyne, renfermant dans son sein les quatre élé ments.
C’est Saturne proprement dit, ou Cronos, fils d’Uranus et de Ghé (l’agent et le patient), et père de Jupiter, de Neptune et de Pluton, c’est-à-dire des principes humide, froid et sec ; ou de l’air, l’eau et la terre : car il ne cesse pas de renfermer en lui le principe igné sans lequel il n’est point de fermenta— tion, point de génération.
Saturne est dit le plus jeune des enfants d’Uranus, parce que la putréfaction (1) Trois sortes de semences, ou plutôt trois divisions de la matière première, se distinguent facilement dans la nature: 1° l‘on y trouve la quintessence, l'humide onctueux, ou la se mence universelle de tous les corps.
Car les philosophes pré tendent que le principe qui, dans toutes les parties de l’uni« vers, opère la génération et la reproduction, est un dans son essence; 2° l’on distingue ensuite les semences particulières (quoique de nature homogène) des trois règnes de la nature, que l’on appelle Menstrue dans le règne animal, Eau de pluie dans le règne végétal et Eau mercurielle dans le règne miné« rai; 3° enfin, chacun des corps qui composent les trois règnes a sa semence particulière, quoique de nature homogène avec les autres semences.
Cette subdivision, dont on ne connaît point les limites, est telle que la semence d'un corps ne peut jamais engendrer un corps d'une autre espèce qu> celui dont ,elle est le principe.
RAPPÏORXES me .SATURNE 227 est le dernier état:des.corps. Comme il est de nature double, on le représente avec deux visages, sous le nom de Janus,etc. Jerenvoie pour.de.plus grands dé— tails à la section de cet ouvrage qui.traitera de ce.dieu.
Saturne, considéré comme métal, est le Plomb, «sous cet.aspect on le nomme Botanum, Dracatium, Ursub, Uzurup, Aabam, Aabartamen, Usrub, .Ma sardegi, Mela, Plecmum, Quanli, Quemli, Seigneur de la terre, Seigneurdes métaux, Senes,.Seule, etc. Enfin‘Saturne,parzune suite .des principes établis .ci-dessus, est la putréflzction, .la.cauleuf flaire, ou le premier état de lamatière.des philosophes, au second tour de la roue, .cîest+à+dire lorsque leur mercure double est formé; 'il.portealors les noms suivants : _Airain,d’Hermès, airain noir, airain brûlé, chaos, tombeau, mort, destruction, perdition, enfer, tartare, nuit, ténèbres, sépulcre,ïerte noire, charbon, fumier, terre sulfureuse, eau venimeuse, voile noir,.plombdes philosophes, poudre noire, magnésie noire, chapi— teau d’alambic, boue, menstrue puant, fumée, noir.de fumée, plomb noir, .feu venimeux,chose vile, sceau d'Hermès, esprit puant, esprit sublime, éclipse du so— leil et de la lurie, soleil éclipsé, huile de Saturne, noir plus noir que le noir même, cadavre, immondice de mort, naphte, couverture du vase, écume de la mer, écorce noire, fiente decheval, putréfaction, corruption, dénudation, commixtion, séparation, assation,molli— fication,.extraction, division, distillation, humation, impastation, subtilisation, génération, complexion, conjonction, ingression, submersion, imprégnation, réduction en première matière, calcination, tritura—
228 ' L’INITIATION tion, liquéfaction, ombres cimmériennes, goufre, con version des éléments, dissolution, tête de corbeau, cendre, cendre noire, chyle, corps immonde, corps confus, corps mixte, corps mort, craie noire, dragon mort, eau arsenicale, eau puante, écume des deux dragons, encre, feu de fumier, feu de putréfaction, feu innaturel, feu de charbon, feu étranger, fumée ignée, graisse, haleine, hauteur du corps, huile de soufre, âge d’or, humidité aqueuse, terre sépulcrale, liqué faction philosophique, corps impropre, corps impar— fait, terre des tombeaux, terre puante, terre damnée, masse confuse, mélancolie, menstrue essentiel, megs— truc second, tête de mort, noirceur de la nuit, terre feuillée ou terre des feuilles, venin igné, lac puant, vent du ventre, prison, vomissement, agar, algit, al gerit, alcone, alartar, airazat, alabari, alahabar, ara tos, alooc, alastrob, alcamar, alchonor, allabor, alla rinoch, a‘lrachas, almagra, arancon, arma, areton, asrob, aqualé, assa fœtida, boritis, cain, cal, arsenic, capricorne, décembre, duenech vert, damatau, darau, antimoine, echel, echidna et typhon (les deux prin cipes dans l’état de putréfaction), erebe, ethelia, gi— sissim, gummi, eudica, hacumia, hippocentaure, homme armé d’un casque, hydre, hylé, iliastre, il lech, kuhul, leukul, dragon babylonien, laiton, létop immonde, laton non net, sang du lion vert, lion rouge, loton, leton, martech, âme de Saturne, cœur de Saturne, moot. merle de jean, narbasaphar, nocra, nummus, occident, œuf noir, ollus, pelle de fer, pierre verte, plomb fondu, queue du dragon, sceau des sceaux, sel brûlé, serpent de Mars, spatule de fer, spa > v.f«-i"‘ _' .“«v e . . . ..-....13.+
RAPPORTS DE SATURNE 229 tale de pierre, sueur du Soleil, tartre, ubidrugal, ventre de cheval, vipère de rexa, gercia, compost, ebisemeth, gomme des sages, mal, marthek, crapaud, _ marcassite de plomb, xir, acheron, abaster, acthon, arphné, nyctée, ades, aidonée, suie, paix, ivoire, brûlé, alfatida, alkautum, alombari, alselat, alum bati, arcos, aycupher, aycophes, azaphora, altimar, calcocas, calcokeumenos, calcutium, callecamenon, celeno, chalcute, cobastoli, cuporosum, eleSmatis, dos-maris, homme élevé, huile de tartre, lac plein d’eau croupie, mellisodium, rasaheti, rusangi, rusa tagi, terre fétide, terre glaise, femmes de Lemnos, harpies, Pélops, Pluton, cochon, oiseau d’Esculape, serpent d’Amphisbene tué par Bacchus, serpent Py— thon tué par Apollon, etc. Saturne était représenté sous la forme d’un vieillard pâle, décharné, triste, courbé sous le poids des ans, la barbe longue, les yeux égarés, la tête chauve et cou— verte d'un casque, emblème de la force ; la peau li vide tirant sur le vert d’eau ; le corps à demi vêtu d’habits sales et déchirés; de la main droite il tenait sa faulx et le serpent qui formait un cercle en mor dant sa queue.
De la gauche, il portait un de ses fils à sa bouche béante, comme pour le dévorer. A ses côtés étaient ses quatre enfants, Jupiter, J unon, Nep tune, Pluton, qui représentaient les quatre éléments dont il est le principe. Jupiter mutilait son père; le sang qui coulait de la plaie et les organes retranchés tombaient dans la mer, que l’on voyait au-devant de lui, et donnaient naissancegà la blonde Vénus. Auprès de Saturne, on peignait ordinairement Aps, sa femm et
230: LÏINITIATION sous: la ferme d’une matrone. la main droite ouverte, comme:pour offrir son secours aux mortels, et de. la gauche; présentant du pain à'des pauvres. On.trouverdans le.fragment deSanchoniaton que Thot. avait peint Saturne: ou Cranes avec quatre: yeux,.dont deux restaient.toujours ouverts lorsquetles deux.autres se. fermaient parle sommeil.
Thot don nait aussi à ce.dieu deux ailes: sur le sommet de la tèteet quatre autres ailes aux épaules, dont deux dé— ploye’eset deux abaissées. Ces allégories sont trop fa— ciles:à saisir, pour qu’il soit besoin d’en donner ici. l’explication; . Les.alchimistes représentent Saturne de la même manière que, les anciens mythologues.
Dans.les figures d’Abraham juif, on voit ce dieu qui,les ailes éployées, labras armé de la faulx, s’avance vers Mercure pour lui.couper les pieds. Dans- un-autre hiéroglyphe, par lequeli ils. expriment: l’unité de la pierre, on voit Sa turne en: habit de guerre, le; front couronné. et assis surun:trône..A soncol pend uneplaque. ronde; sur laquelle estzgmvéel’étoile à.six branches, dont je par lemi;plus loin.
Il est entouré de neuf hommes armés de:massues, qu’ils soulèvent tous: ensemble comme pour l’assommer :: mais le dieu, sans rien perdre de, .Sëli tranquillité, sembleles disperserd’un seul geste. Cette allégorie a.rapport aux neuf parties. de;l’œuvre, c’est:—à—dire aux trois fois trois opérations que:l’ortdoit faire subir. au Saturne.deæpfiilbsophes, pour*parvenir au butdésiré.. Les;cabalistes donnent: quelquefois à. Saturne une. tête de cerf et des pieds. de chameau ; ils le représen
RAPPORTS DE SATURNE 23l 1 tent assis sur un dragon, armé de sa faulx et d’une flèche. D’autres fois, ils le peignent vêtu d’habits noirs, le front voilé, les mains élevées sur la tête, et tenant un poisson ; à ses pieds est une grappe de rai sin. En rapprochant ces différentes iconologies, et les comparant aux interprétations diverses: que nous avons données de la nature et des qualités du plus puissant, du plus universel de tous lesdieux, il ne sera pas difficile de les analyser et de reconnaître les principes toujours uniformes d’où elles sont dérivées. DELAULNAYE.
_ A _._-_ ._ Le premier Adam D’APRÈS LE SYSTÈME DE JACOB BŒHME Les extraits que l’on va lire contiennent le résumé de la doctrine du cordonnier de Gôrlitz sur l’être que la Bible appelle notre premier père; ils ont été choisis d’après un ordre indiqué par le « général » Gichtel, le célèbre disciple de Bœhme; c’est dire à nos lecteurs que, s’ils ne se laissent pas rebuter par l’aridité de la forme et par l’obscurité de la pensée, ils trouveront dans ces quelques pages matière à de fructueuses mé— ditations. (N. D. L. R.) Dans la langue de la nature, le nom Adam prend son origine du second principe, du royaume de Dieu ou de l’Essence divine; et le nom homme (Mensch) provient du limon, dont le corps extérieur a été formé. (Anti—Stt‘efelius, I, 80.) Lorsque le diable fut expulsé de son lieu, ce lieu ou ce trône (privé de son armée angélique) appela ar demment son prince : Dieu lui créa donc un autre prince, Adam ou le premier homme, qui fut de même
LE PREMIER ADAM 233 un prince du trône devant Dieu (I,Incarn., n, g); et comme Lucifer n’avait pas été constant, Dieu créa Adam, quantà son corps, en un être matériel, ou une qualité aqueuse. afin qu’il pût lui venir en aide. (Élect. de la loi, VI, 12.) Dieu plaça le jugement dans le premier mouvement ou dans la première concen tration de la nature; il prit àLucifer l’épée direc— trice de 172218 de la terre et du ciel, la posa en Adam, et introduisit ensuite par le Christ le plus haut amour de Dieu, en Adam; il ramena le Verbe dans le tem pérament, ou dans une confirmation éternelle, et remit à Adam en le Christ l’épée ignée afin qu’il pût contenir le prince Lucifer déchu.
Car Adam, ou le limon terrestre corrompu, devait juger en le Christ ce prince par le glaive igné qui s’était embrasé spon tanément. Ainsi que le dit saint Paul : que les saints jugeront le monde (Con, V1, 2), c’est-à-dire l’Ens embrasé de l’homme et de la terre devait jugerle prince menteur, qui avait changé en mensonges et corrompu, par ses faux désirs, la vérité dans le saint Lns. (Myst.
Magnant, xxv, 34-35.) Quand Dieu eut fait les créatures dont l’ombre de vait persister en toute éternité, aucune créature ne fut trouvée qui pût s'en réjouir et qui eût soin des ani— maux.
C’est'pourquoi Il dit: Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance pour qu’il domine sur tous les animaux et créatures de la terre. (III, Princz‘p., x, 8.) Ici Moïse n’a point voulu dire que Dieu fût une image et qu’il eût créé l'homme d’après son modèle :
234 L’INITIATION / mais il désigne la Science dans la puissance, où toutes les choses se sont immodelées de toute éternité dans la science, dans le tempérament des puissances, en l‘esprit de la Sagesse, non comme créatures, mais pa reils aux reflets dans un miroir, dans lequel Dieu perçoit éternellement ce qui pourrait se réaliser; L’esprit de Dieu dans la sagesse a joué avec cette for mation.
Dans ce modèle, l’esprit de la science dans la sa gesse a formé de toute éternité l’ombre de la créa ture, Dieu fit l’homme créature], en l’image de l’homme lui—même.
Cependant, en cette image qui ne fut point celle d’un homme, mais l’image de Dieu, l’esprit de Dieu s’est immodelé de tous les principes en l’ombre d’une similitude de l’être de tous les êtres. (Élect. d. la grâce, v, 12.) SaintPaul dit (Ep/z., 1,4)que l’homme avait été élu en Jésus-Christ avant la création du monde.
Avant les temps du monde, le modèle de l’homme a été reconnu dans la sagesse éternelle, ou dans l’exhalation du Verbe, hors du feu et de la lu mière, comme une forme dans la sagesse divine; cependant il n’était pas une créature ou une image, mais il'existait d’une manière magique, tout comme les images irréelles que nous voyons en songe.
Telle est l’apparition dans l'essence universelle, ex+ halée et proférée, dans l’esprit de Dieu qui a reconnu toutes les choses par leurs qualités; il les reconnut dans a ténèbre par la colère de la qualité ignée, et, dans la. lumière, par l’amour. Car l’aspect de la créature a été connu dans le grand mystère dans la sagesse, en le bien et le mal, comme un contraire éternel.
LE maman ADAM 235 Lacolère ou le monde ténébreuxavu dans. son dé- , sir l‘image ou; la. ressemblance de Dieu; de même: l’amnurtl’a aperçut;dans son libre désir de.joie. Toute— fois, la qualité de l’amourne: s’est.pas confondue avec. la. colère, et n’a. pas regardé. dans: la: colère, mais chaque qualité lavit. en elle—même.
' Ici, l’esprit. de Dieu procédant. éternellement du feu. etde la lumière du.père,.a prévu._la chute dans la colère de Dieu; il a:renonnu que l’image à la res— semblance: de Dieu serait accablée par la fureur et perdrait sa: gloire,. dès qu’elle serait réalisée. dans un être:vivaut. ‘ . C’est là que; le: Christ s’est: opposé, dans le nom Jésus, à: la: ressemblance de.
Dieù.;.c{est; là qu’il a dé.— terminé sa; volonté dans:la résolution de deVenir un christ ou.un sauveur, après avoir été Jésus dans la sagesse créée.
Et c’est en cette volonté que la ressem blance de Dieu, l’homme dansle temps,.a été créée" au sixième jpur' de la création, en une. image de la Masse ou de l’extrait de toutes les créatures de. l’être de ce monde, ainsi que de.l’être du monde céleste, ou de l’être exhalé ou proféré du Verbe éternel ; c’estlà qu’il a étéformé en une image dans le! Verbe Ffut à la ressemblance- du mystère éœrnel. et de lanaissance éternelle de la Sainte Trinité.
En cette image, Dieu le Père a introduit avec son esprit, par le Vérbeoula< résonance Divine, l’esprit de vie de. tous les trois principes, c’est=à-dire des mondes: igné, lumineux et extérieur. Paul comme Dieu: rayonne avec sa lumière du saint 'monde lumi neux, à travers tout, tetgnant toute chose, la condui
2 3 6 L’INITIATION saut hors de sa qtialité ignée dans la puissance du royaume de joie, et pénètre avec cette même puis sance par tout le monde extérieur, et donne de la force et de la vie à toute chose; et de même que l’essence, dans laquelle Dieu agit, n’est cependant pas appelée Dieu, et possède toutefois une action propre du mys tère exhalé, contenant la vie croissante, ou le bouil lonnement sulfureux et mercuriel qui devient corporel dans le sel de la puissance, dans son propre Fiat ou enfantement, et forme une impression de la qualité du mystère spirituel dont il est une manifestation, — de même la ressemblance de Dieu, l’homme, domina intérieurement, et tel il avait été créé par Dieu de l’être de tous les êtres en une image de l’être de tous les êtres.
Et c’est précisément en son image qu’il a été créé en l’image de l’homme, aperçue de toute éternité dans la sagesse, ou dans la clarté du rayonnement exhalé de la manifestation Divine,'de la même manière que l’esprit de Dieu a éternelle ment aperçu toute chose en sa sagesse.
Cette image n’a pas été un être, mais seulement une volonté envers l’être, laquelle volonté a pris sa racine et son origine dans le nom Jésus, ou dans l’humilité de Dieu, au moment où elle sortit du feu et entra dans la lumière, ou dans le bien.
Et de ce bien (qui n’est cependant point un bien), où le doux vouloir de l’amour procède de la qualité ignée du père dans la lumière du royaume de joie, et saisit et confirme en lui—même un centre propre de la vo lonté et du désir, c’est delàque provient éternellement le nom du fils de Dieu qui est le premier né du père
LE PREMIER ADAM 237 lM‘-r-F de toute éternité, parce qu’il est appelé le cœur et , l’amour du père. Et de cet amour, le Saint-Esprit pro cède du Père et du Fils et devient la flamme d’amour du Père.
Ainsi, dans cette même volonté, qui a été exhalée ou proférée dans la sagesse de Dieu hors du saint nom Jehoua ou Jésus, du Verbe éternel par lant de Dieu, comme un éclat de la connaissance ou une représentation de l’esprit pareille à un miroir, l'homme a été créé en une image des essences céleste et terrestre ou élémentaire, de l’essence exhalée de l’éternité et de l’essence du temps qui se pénètrent l’une l’autre tout comme l'éternité est renfermée dans le temps, sans en être séparée, et s'en distingue seu lement par un principe. ‘ L’essence de l’éternité est l’élément pur, où la_vie croissante est un paradis; et l’essence du temps est constituée par les quatre éléments, en lesquels la constellation produit un bouillonnement et une vie qui est un paradis terrestre et mortel.
Car le bouil lonnement terrestre prend naissance dans le mystère, où les qualités du feu et de la lumière se séparent en deux principes, chacune en elle-même.
C’est pourquoi il est bon et mauvais, étant exhalé de l’amour et de la colère de Dieu ; c’est cette qualité exhalée que Dieu a mise en mouvementà l’origine du temps; il l’a introduite en un désir, de sorte qu’elle a enfanté la terre et les pierres dans l’impresszon du désir selon la qualité des mondes ténébreux, igné et lumineux ; et le soufre, le mercure et le sel ont été les qualités de ce désir; ces qualités constituent donc la vie dans toutêtre élémentaire. Entendezwous bien?
238 L'1NlTlATION Dans ces qualités nous avons en toute chose l'huile, qui est la ressemblance de la qualitédu bien,delîètre, de la lumière céleste. _ C'est dans cette essence que le corps extérieur .a été saisi par le Verbe Fiat dans le troisième principe; et dans le secondprx‘ncz‘pe, dans le monde angélique, l‘élément pur a été saisi dansie soufre, le mercure et le sel paradisiaques de la puissance.
Ceci était le corps que Dieu créa en une image et une ressemblance, c’est-à—dire en l’image de l‘homme que Dieu a aperçue éternellement dans le miroir de sa sagesse; et dans ce miroir il a imprimé l'être de deux principes dans le Verbe Fiat, et l’a créée en .une image.
Puis il a introduit ou insufflé par la résonance de :sa bouche la voix ou la résonance exhalée de son Verbe, de tous les trois principes en une âme et un esprit, en une vie, une intelligence et une raison, comme un esprit igné .et aérien, dans l’éternité et dans le temps. Telle était l’image de Dieu. (Antz'—Stiefelius, 11,5 7-72.) Moïse dit.: Dieu créa l’homme d‘une masse de terre.
Il désigne par là le Verbe Fiat de Dieu qui _ entra en mouvement dans toutes les qualités (dans ‘l’Esprit du monde et dans l’Ens de la terre provenu de l’Esprit du monde) et inspira une vie dans toutes les essences ; car le Ffat, le désir du Verbe dans la science agit dans le modèle de l’homme, aperçu dans la sagesse de toute éternité; il coagule l’Ens de toutes les qualités de la terre en .une masse, une quinte-essence des quatre éléments.
En celle—ci repo— sait la teinture de toutes les puissances des trois princzpes, de même que la qualité de la création de
LE PREMIER -ADAM 239 toutes les créatures, ou de l‘essence de tous les êtres (Elect. de 1.
Grâce, v, 27.) Terre rouge signifie : feu et eau figés par le Verbe Fiat hors de la matrice de La. terre. (Aurore, xxr, 38.) Lorsque les diables incen dièrent le corps de la nature, le Verbe ou le cœur de Dieu contracta la masse avant que le Salitter cor rompu ne fût coagulé,;. elle s’appelait alors la terre, à cause de sa dureté dans la fureur ou la corruption; la masse se trouvait donc dans la profondeur téné breuse du ciel créé entre la naissance anxieuse et l'amour du cœur de Dieu jusqu'au sixièm'e jour, où le cœur de Dieu inspira la lumière de vie dans l'en gendrement le plus intérieur de la masse.
Et à cet instant les sept sources—esprits se mirent à qualifier, et la semence des sept sources—esprits s’en— gendra dans la masse, c’est-à-dire le feu, l’air et l’eau. Ainsi l’homme fut fait en âme vivante.
La lumière inspirée en l’homme par le cœur de Dieu est le soleil rayonnant dans toute la profon deur ; et de même qu'une semence pareille au corps créaturel est enfantée par le corps, par suite de l’em brasement des étoiles dans la profondeur de ce monde, demême une semence naît dans la maison de chair de l’homme, suivant le droit de naissance éternel des sept sources—esprits.
Et .dans la semence il y a trois,choses différentés, insaisissables les unes pour les autres, qui se trouvent cependant dans la seule semence et qualifient en— semble comme une seule essence en trois choses dis— tinctes, à l’image de la Trinité de Dieu. En premier lieu, il y a le corps entier de l’homme
240 L’INITIATION i\ n"& \.u. ‘:, f .-—.p«' r.rbfl qui est une maison ténébreuse et sans mouvement, saufle mouvement des sept esprits qui qualifient, d’où une semence à leur ressemblance est engendrée. La mère de cette semence est la chambre sombre de la chair.
En second lieu,il y a une mère dans la roue des sept esprits, semblable aux sept planètes; en troisième lieu, une mère est engendrée au milieu du cercle des sept esprits dont elle est le cœur.
Cette dernière est la mère de l’âme qui rayonne à travers les sept esprits et les rend vivants, et c’est là que la semence qualifie avec le cœur de Dieu, tant que la semence est embrasée en elle; mais là où le feu de colère est allumé, cette troisième mère reste captive dans la ‘chambre ténébreuse.
Et, tout en étant la troisième mère, elle n‘est qu’une folle, dès que la lumière ne s’allume point en elle, tout comme la profondeur de ce monde est une folle devant Dieu ; car en elle la roue des sept esprits demeure en grande angoisse dans la corruption et la résolution en froid et chaud.
Mais, lorsque la troisième mère est allumée dans lalumière, elle se trouve dans le ciel créé de la sainte vie, et pé— nètre avec sa lumière dans la seconde mère, de sorte que les sept esprits reçoivent une volonté d’amour qui est l’amour de la vie.
Cependant la troisième mère ne peut l’illuminer constamment, elle lui jette parfois un regard pareil à un éclair, de sorte que la deuxième mère s’en rejouit; mais bientôt elle est renfermée de nouveau dans la colère de Dieu. . Le diable trépigne sur cette porte, car elle est la prison,\où le nouvel homme se trouve caché et où \ fi.
LE PREMIER ADAM 24.1 F; &Y‘_——V *v le diable est emprisonné. A sa naissance la semence est au milieu du corps dans le cœur; car en ce lieu la mère de la Trinité se saisit de ce qui s’y trouve; l’esprit astringent contracte une masse de l’eau douce, de la graisse, du sang du cœur, ou de l’huile du cœur. Cette huile contient d’ores et déjà la racine de la Trinité, de même que l’homme entier.
Ainsi fut crééela première masse en laquelle Adam de— vint un homme vivant ; et de la même manièrechaque masse ou semence de la Trinité prend naissance en tout homme. Lorsque le Salitter, ou l’opération des six sources-esprits, qui est le septième esprit naturel, fut allumé dans l’espace du monde, le Verbe de Dieu se trouva partout au milieu du cercle des sept esprits comme un‘ cœur remplissant toutl’espace de ce monde, en même temps.
Mais, comme la profondeur, ou l’es— pace entier de ce monde, était le corps de son père, et que le cœur ou_ la splendeur du père rayonnait dans ce corps, le Salz'tter corrompu fut réactionné par la lumière ou le cœur de Dieu, et le cœur de Dieu ne pouvait plus s’en délivrer ; il occulta donc sa splen deur dans le corps de toute la profondeur, en face des esprits horribles des diables ; dès lors les sources-es prits entrèrent en une grande fureur et discorde; et comme l’esprit astringent était le plus puissant, il comprima terriblement l’action des cinq autres esprits de la nature dans le septième.,C’est là que la masse fut contractée.
Mais quand le cœur de Dieu s‘occulta dans le Salitter, il contempla de nouveau le corps entier afin de lui venir en aide. Ce regard était l’esprit d’amour [6
242 L'INITIATION dans le cœur de Dieu qui réagit ici sur l‘huile de l’eau.
Tout comme l’homme et la femme se remar quent l’un l’autre, et comme l’esprit de l’homme (la racine de l’amour qui s’élève de l’eau, par l’action du feu, pendant le lever de la vie), et l’esprit de la femme se saisissent l’un l’autre dans cette même huile du cœur, de sorte qu'il naît aussitôt une Masse, une semence ou une volonté active d’un autre homme dans la masse, de même la première masse a été engendrée.
Car l’esprit d‘amour dans le cœur de Dieu contempla dans l‘eau de la vie le corps du père irrité et embrasé, de sorte que l’amour se leva dans l’éclair igné avant les temps de la colère. Dans ce re gard,lesdeuxesprits se sont 'saisis l’un l’autre. L’huile [ou l’eau dans la colère reçut cet esprit d’amour dans le cœur de Dieu et qualifia avec lui; puis l'esprit astringent contracta la masse).
Il y eut donc déjà une naissance ou une volonté d’une créature entière, pa reille à la semence dans l’homme. Mais le firmament du ciel a été enfermé entre le cœur de Dieu et la dure chambre embrasée de la mort; car, sans cela, la vie dans la masse se serait embrasée. (Le firmament était dans la masse et hors de la masse; il est le terme de séparation entre le cœur de Dieu et les diables furieux.
C’est pourquoi le Verbe ou le cœur de Dieu dut inspirer son haleine à l’esprit bouillonnant dans la masse, ce qui eut lieu le sixième jour. Si le ciel n’avait pas été enfermé comme un fir— mament entre le cœur de Diçu et les sources—esprits corporels de la masse, celle—ci aurait pu embraser l’âme de sa propre force, comme cela eut lieu pour —-—ä\_—_ VVWVË*#WÏ__ÿ_fl
LE PREMIER ADAM 243 les anges. Mais il aurait fallu craindre qu’il n’advînt ce qui arriva au bel enfant Lucr‘fer; car les sources/5 esprits corporels dans la masse avaient reçu la con tagion dans le feu de la colère.
C’est pourquoi le ciel dut se présenter comme firmament entre l’étincelle qui avaitreçu le cœurde Dieu dansle premier regard afin que la semence sainte, qui qualifiaz’z‘avec le cœur de Dieu, pût être préservée, dans le cas où le corps se perverti rait dans le feu de colère; alors un nouveau corps pourrait être engendré quand Dieu aurait allumé à nouveau la profondeur de ce monde dans la lumière du cœur de Dieu, comme cela arriva.
Moïse dit fort bien que l’homme a été tiré de la terre; mais, quand la masse était encore maintenue par le Verbe, elle n’était pas encore terre. Si elle n’avait pas été main tenue par le Verbe, elle serait devenue une terre noire à l’instant; cependant le feu froid s’y trouvait déjà.
Car, à l’heure où Lucz’jer s’exalta, le Père s’irrita dans les sources-esprits contre les Légions de Lucifer, et le cœur de Dieu s’occulta dans le firmament du ciel; alors le Salitter, ou l’opération de la corporéité, était déjà incandescent; car hors de la lumière se trouve la chambre ténébreuse de la mort.
Mais la masse fut maintenue dans le firmament; car, lorsque le cœur de Dieu la regarde en son amour flamboyant, l’huile de la masse s’éleva de l’eau par le feu, d’où se leva la lumière, et l’esprit d’amour s’em para du cœur de Dieu et conçut un jeune fils. Ce fut la semence de l’amour, car l’amour de la masse reçut l’amour du regard du cœur de Dieu; voici la naissance de l’âme; en ce fils l’homme est
24.4. L’lNlTIATION .1).. w .; A; l’image de Dieu. Mais les sources-esprits ne pouvaient pas être allumées par l’âme; car l’âme ne se trouva qu’en germe dans la masse, cachée avec le cœur de Dieu en son ciel, jusqu’à ce que le créateur eût inspiré son souffle dans la masse; mais alors les sources-es— prits allumèrent ainsi l’âme, de sorte que le corps et l‘âme vivaient ensemble.
L’âme était vivante avant le corps, mais cette vie était cachée dans le cœur de Dieu, au sein de la masse, dans le ciel; elle n’était qu’une sainte semence, éter nelle et indestructible, inqualifianl avec Dieu. L’opé— ration de la masse était une extraction de l’action des - sources—esprits ou du Salitter, par le Verbe de Dieu.
Et, tout en étant le Salitter de la terre, cet extrait n’é tait pas encore devenu terre, mais il était maintenu par le Verbe.
Lorsque l’esprit d’amour du cœur de Dieu regarda le Salitter de la masse, ce Salitter le saisit et conçut dans le centre de l'âme; le Verbe rai sonna dansla masse, mais la lumière demeura cachée dans le centre de la masse, dans le firmament du ciel, ou dans l’huile du cœur, et ne sortit point du fir mament dans la naissance des sources-esprits.
Si la lumière s’était allumée dans l’enfantement de l’âme, tous les sept sources-esprits auraient triomphé et qualifié dans la lumière, selon le droit de nais sance divin; ils auraient formé un ange vivant; mais, comme la colère avait déjà infecté le Salitter, il fallait craindre une révolte pareille à celle deLuczfer(Aurore, xxvr, 71—130). La sixième qualité de la nature (le désir d’amour) était éclose de toutes les propriétés; elle en avait été
LE PREMIER ADAM 245 proférée et exhalée comme une vie désireuse, dans la joie, ou la lumière de la nature ; elle n’était pas un limon elle-même, mais elle était le désir du limon, car le Verbe raisonnant que Dieu avait proféré y planait, comme une vie intelligente : Dieu y était manifeste.
Ce Verbe manifesté de Dieu en son amour désirait comme corps un limon de la terre et de tous les êtres créés de toutes les étoiles et Oracles, c’est pourquoi Dieu dit : Une image qui domine sur les poissons, les oiseaux, les animaux, les reptiles et toute la terre et les êtres de toutes les constellations.
Si elle doit do miner sur tout cela, il faut qu’elle en soit provenue ; car chaque esprit règne dans la mère, dans laquelle il prend son origine et s’alimente de sa mère. (Myst.
Magnum, xv, 7-8.) Les créatures terrestres du temps possèdent un corps tiré des quatre éléments, mais le corps de l’homme vient de la température, où tous les éléments se trouvent dans une seule essence; et de cette essence la terre, les pierres, les métaux et toutes les créatures terrestres prennent leur origine.
L’homme provient du limon de la terre, non de la grossièreté de l’essence dans la séparation en les qua lités, mais de la quinte-essence où tous les quatre élé— ments reposent dans la température, où il n’y a ni chaleur ni froid.
Si l’homme devait dominer sur toutes les créatures, il fallait qu'il eût une puissance supérieure à l'Ens le plus élevé de la créature; ainsi les créatures étaient d’un degré inférieur ou plus extérieures(ou moindre), pour que la puissance pût régner ainsi sur la faiblesse,
-—û.“ 0' 246 L’INITIATION tout comme Dieu règne sur la nature qui est moindre que lui. Cependant les propriétés animales ne devraient pas être créatureiles ou manifestes dans l’homme, mais l’Ens de toutes les créatures reposait dans l'Ens humain en la température.
L’homme est une image de toute la création de tous les trois Prin cipes, non seulement de l'Ens de la nature extérieure des étoiles et des quatre éléments, c‘est—à-dire du monde créé, mais aussi de l'Ens du monde intérieur spirituel d’essence divine; car le saint Verbe en son 5718 se saisit dans le Verbe proféré; c'est-à-dire le ciel se saisit dans l'essence du monde extérieur; l’effic— rescence de l’essence du monde intérieur, de même que le paradis ou le saint élément, se trouvèrent dans le régime ondoyant. (Elec. de la grâce, v, 28-2g.) Traduit par DEBEO.
INTRODUCTION A L’ÉTUDE Bu « Sen-Lumière-GoMeus » dans l’Astral (Suite) Ces apparences, qui sembleraient secondaires, ont cependant grand intérêt, car elles nous donnent une des raisons qui permettent de coordonner ces con— tradictions apparentes faites dans la vision des figures par des observateurs différents. L’un voyait parfois avec une plus grande luminosité que l’autre. Resterait aussi à éclaircir si le daltonisme persiste,
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L'ASTRAL 247 modifie ou disparaît chez les sujets hypnotisés ou soumis à l’entraînement extatique. En cas de persis— tance, on ne pourrait faire de judicieuses expériences, avec un voyant atteint de cette affection. ' Il est admis (théories de Youg, Helmholtz,Maxwell) que nous avons dans l’œil des fibres nerveuses d’une‘ sensibilité distincte pour les rayons rouges, verts et violets.
Si certains de ces réseaux de nerfs sont modi fiés, nous sommes insensibles à certaines couleurs; aussi il faut ajouter aux qualités demandées à un sujet, apte à nos expériences, un œil normal, voyant juste.
Avant de regarder un son projeté, se manifestant en une forme colorée, je vais entrer dans quelques digressions ayant les impressions sensorielles di verses pour objet : elles ont pour but de prévenir les objections opposées à notre manière de voir par les personnes,hélas elles sont légion ! quinient tout phé— nomène d’audition colorée, quel qu‘il soit.
Dans le premier chapitre, j’ai relaté ce qu’on sa vait de plus élémentaire comme manifestation de ces phénomènes. Les sensitifs voient devant eux comme une flamme, comme une lueur colorée se produire à l’instigation de certains sons. Voient-ils réellement en astral? Oui et non. Certains peuvent y entrevoir.
Le son proféré peut frapper l’astral et y- produire les modifications nécessaires qui seront assez actives pour mettre en jeu les nerfs impressionnables par telle ou telle couleur, c’est affaire de sensibilité exceptionnelle.
LL'I- .. . 248 L’INITIATION Par contre, les physiologistes démontrent que, même dans l’obscurité, le nerfoptique sollicité par des excitations diverses (électricité, pression, etc.) peut avoir des impressions de couleurs. Un ébranlement au cerveau produit par un son pourrait faire vibrer certains nerfs.
Ils se trouveraient peut-être alors dans des conditions d’ébranlement analogues à celles que provoqueraitchez eux une lu— mière accompagnée de certaines teintes. Mais pour ce qu’on nomme «la projection en astral» il y a une différence notoire et on a devant soi un vrai phénomène objectif.
L’éther est atomique et l’astral est quelque chose; des lois le régissent, nous en con naissons certaines, surtout découvertes par l’analogie, d’autres nous sont inconnues.
Même objecterait-on que la partie extra-matérielle de l’astral, le règne du vide, l’akasha des Indous, n’est pas régi par des lois que nous pouvons saisir, qu’on peut répondre : Notre monde sensible n’est que le reflet du monde invisible, et admettre qu’il n’ya pas d’analogie entre eux et de puissants liens, c’est admettre la multiplicité dans la création, elle, qui a poussé la simplicité jusqu’à l’unité.
Pour réussir, n’ai—je cessé de répéter: il faut opérer avec un sujet ou être soi-même un expérimentateur entouré de toutes les garanties possibles, un voyant normal, c’est—à-dire être entraîné. Un malade plus ou moins hystérique et déséquilibré ne saurait être uti lisé. Il faut voir ce que la plus grande majorité des personnes ne saurait même soupçonner, c’est à cause de cela que la foule répond par la néga—
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 249 tive, lorsqu’on lui parle de ces sensations réservées aux privilégiés. Raisonnons: L’aveugle-né qui ne peut comprendre la couleur, mais qui la nie, est-il dans le vrai ?
Le paysan qui ne connaît de l’univers que quel ques lieues au delà de son village et qui traite de tables tout ce qu’on lui dit sur les pays lointains, con çoit-il juste P Or ces deux exemples sont l’état d’âme dans lequel se trouvent bien des personnes qui traitent de songes creux toutes les visions que leur œil imparfait ne sau rait découvrir. .
En son état habituel —normal peut-on dire— l’œil, comme l’oreille pour les sons, n’est susceptible que d’embrasser une gamme colorée restreinte. De plus, et c’est important à signaler, il ne peut saisir les mani festations colorées que si elles ont une intensité assez forte pour agir sur sa sensibilité visuelle, grâce à la luminosité suffisante du milieu environnant.
C’est même là le délicat du problème, puisque, mis à côté l‘un de l’autre, dans les mêmes lieux et le même temps, un observateur voyant verra et que l'autre simplement normal ne distinguera rien de coloré àla suite d’un son projeté. Percevons-nous le bruit d’une poussière qui tombe à terre? d’un puceron qui marche? Orcertains instru ments nous font saisir ces bruits avec la même inten sité qu’un canon qu’on roulerait sur une route empierrée. A première vue, on serait tenté de prendre à la lettre
250 L‘INITIATION la citation donnée précédemment. « La nature de ces vibrations ne peut pas être examinée sous le point de vue ordinaire de la physique. » Or les physiologistes prouvent que l’on peut très bien concevoir un œil qui serait insensible aux manifestations colorées. Les daltoniens sont bien privés de la perception de cer— taines couleurs.
Par contre, on a fait des expériences sur les animaux: ils sont non seulement sensibles à la lumière colorée, mais certains le sont aux rayons ultra-violets qui ne sauraient affecter notre sens visuel, les fourmis par exemple.
Même les infiniment petits, à peine organisés, tels que les amibes, sont influencés par la lumière colorée; le jaune et le rouge exercent une stimulation plus rapide sur leurs mouvements que le vert et le violet, la lumière blanche les calme (1).
Dans l’oeuf, l‘embryon de salamandre bouge sous l’action lumineuse quatre fois en quinze minutes pour la lumière rouge, jaune ou verte, et trente-neuf fois pen- ' dant le même temps, dix fois plus avec les radiations bleues ou violettes (2). Sur les têtards de grenouille, l’œuf de poule, les globules rouges du sang, etc., la lumière succédant à l‘obscurité produit des modifications très singulières.
Sur les plantes, on peut constater des phénomènes non moins considérables, orientation, mouvements, colorations, etc., dues à la lumière (3). (l) Expériences de MM. Harrigton et Leaminy, 1998-! 900. (2) Expériences de MM. d'Eward et Leaminy. (3) Consulter les Cures de lumière, par le D’ Foveau de Cour melles (Revue encyclopédique, Laroummé, tgoo).
’ SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 25I' La lumière rouge accélère l’évolution des plantes; la bleue la retarde. La bleue développe surtout les , feuilles, la verte les tiges, la lumière violette diffé rencie les cellules, l’obscurité les tue. « Les plantes retiennent presque toute la lumière blanche qu’elles reçoivent du soleil, sauf précisément la lumière verte qu’elles renvoient à notre œil.
« Et ici nous touchons à l’importance fondamentale de ce phénomène; cette lumière retenue parla plante, c’est de l’énergie solaire emmagasinée, c’est de la force captée qui va être utilisée dans les réactions chimiques du protoplasme.
Les végétaux verts sont les seuls êtres vivants capables d’utiliser ainsi direc-' tement l’énergie solaire; les animaux ne peuvent qu’élaborer en seconde instance des produits de l’ac tivité végétale, et les champignons, qui sont des plantes incolores ou diversement colorées, mais toujours dépourvues de chlorophylle, se rapprochent à ce point de vue des animaux, tandis qu’ils se séparent de toutes les autres plantes (I). » Enfin la lumière est utilisée pour guérir certaines maladies et les praticiens commencent à manier d’une manière raisonnée cefluz’a’epar excellence, bien après les hermétistes des divers âges, qui s’en sont servis pour opérer des cures que l’on a traitées de merveil leuses.
On nomme cela cure de lumière, bain de lumière, photothérapie, etc. Cependant ce n’est pas toute la lumière souvent qui agit, mais surtout certains de ses rayons : si on (1) Expériences de M. Théodoresco, 1 899.
2 52 L’INITIATION a affaire à une infection, la lumière bleue, ou mieux bleu violet, est la lumière microbicide par excellence. Les rayons ultra-rouges, rouges, oranges et jaunes brûlent les tissus et ne peuvent être utilisés. Au moyen de rayons violets, leDr Finsen, dès 1895, réduisait les lupus de la face.
L’arc électrique peut remplacer parfois le soleil pour bains de lumière, guérissant rhumatismes, obésité, dermatoses, etc. Peut être que l’influence magique de certaines gemmes diversement colorées sur l’organisme aurait pour source pareille cause. C’est avec une très grande lon— gueur de temps que les guérisons ont lieu au moyen des rayons colorés.
Or, une personne qui, une partie de sa vie, porterait aux doigts, à l’oreille une pierre choisie, pourrait à la longue, si la monture est à. jour, ressentir certains effets (collier de perles fines, d’am bre, bague de grenat, saphir, etc).
Ces citations de l’action des rayons colorés sur les plantes, les animaux, l‘homme peuvent encore s’aug menter de la sensation triste, gaie, aimable ou autre que nous donne la vue des couleurs qui nous entou rent. Même la couleur du papier sur lequel est écrit une histoire, un récit, une lettre peut modifier nos sentiments du moment (1). Or, toutes ces manifestations ne sont que des diffé rentes manières d’agir du Verbe.
La langue obscure n’a pas de paroles sonores mais, elle est l’activité, la vie même, et lorsqu’elle se manifeste par la lumière, nous voyons, si nous voulons, par notre volonté, (1) Le Livre de demain, par exemple, du colonel de RochaS.
SON-LUMIÈRï-COULEURS DANS L’ASTRAL 253 s’opérer les merveilles de multiples transformations. Le savant va réduire une affreuse tumeur simple ment par un rayon de soleil qui traverse un tube rempli d’une eau colorée en bleu; un hermétiste, qui dirait pareille chose, serait traité de fou. Cependant il sait depuis longtemps que la lumière astrale est com pactée au bleu violacé.
Mais l’adepte n’a pas besoin d'instrument, il sait les paroles justes (Mantras) qu’il faut prononcer pour ébranler l’éther afin qu’il n’agisse que comme rayon bleu. C’est une manière d’expli quer la chose, et instantanément il peut réduire la tumeur, la blessure (I).
On peut donc admettre un œil, sinon construit spé cialement, mais du moins susceptible d’être très forte ment excité lorsque son possesseur se trouve dans l’état extatique, ce qui lui permet d’apercevoir à ce moment ce qu’il ne saurait même soupçonner parfois à un autre instant et sans être pour cela sous l’empire de l’hallucination.
D’une manière plus terre à terre, voici un grain de pollen, un débris métallique ou orga nique quelconque, un infusoire, ce n’est même pas un point visible à l’œil nu; or, sous l’objectif du micros cope il revêt des formes multiples, éclairées, colorées, animées, c’est un monde. L’objectif du microscope est l’œil extra-naturel que possède le sujet lorsqu’il voit.
Nous constatons les sensations, nous les analysons, mais ne savons rien sur leur essence intime, toutes sont le résultat de vibrations, et ce dernier mot que (1) Certains fakirs, dans un instant, réparent les blessures les plus horribles.
2 54 L’INITIATION nous sommes obligés d’employer ne nous dit rien sur « l’essence intime » de la vibration. L’odeur est une vibration. Les corps ont en général la propriété d’émettre certaines vibrations qui frap— pent nos nerfs olfactifs, d’où la sensation de l’odeur. La théorie des particules s’échappant des corps et constituant l‘odeur est fausse.
Des particules peuvent parfois se détacher des di verses substances et se répandre dans l’air, mais elles ne font que faire vibrer l’éther qui nous impression— nera d’une manière olfactive. Si la matière est inco— lore, elle est aussi inodore en elle—même, elle ne fait qu’être une source de vibrations odorantes. Les mêmes composés chimiques auront des odeurs différentes; les matières les plus opposées dégageront des parfums analogues parfois (1).
Quelque chose qui aurait dû mettre sur la voie de la découverte des vibrations olfactives est l’odeur de l‘air par suite de la présence de l’ozone. L’oxygène électrisé n’a rien acquis, il n’a que son mouvement vibratoire de changé momentanément, d’où produc tion d’une odeur spéciale.
Si la vraie gamme acoustique est délicate à déter miner, que la colorée soit aussi peu facile à obtenir d’une manière exacte, la gamme olfactive l’est encore plus. (Quant à celle du goût, il ne faut y songer et cependant une idée de saveur peut accompagner un son projeté en astral.) Les parfums, fumigations, va (1) La Nature et le Cosmos, x886.Les expériences de M. Le— clerc ont démontré que les odeurs sont des vibrations. ' J
SON-LUMIÈRE-ÇOULEURS DANS L’ASTRAL 25 5 peurs, fleurs, sont les accessoires nécessaires aux opé— rations magiques, ils aident aux évolutions del’astral, en modifient la marche. C’est compréhensible si l’on admet la théorie des vibrations diverses découlant d’une source unique, sans même connaître jusqu’ici leur mode intime de formation. Pour le tact, sommes—nous plus avancés ?
Le même attachement de plaisir un peu forcé ou prolongé nous cause une impression douloureuse. La même sensa tion de volupté passe à la douleur et réciproquement de douleur devient volupté, question du moment, état de nervosité de notre personne. Il est connu que certaines substances, certaines maladies, certains états amènent l’insensibilité. Serait il raisonnable qu’un sujet insensible niât la douleur?
Et cependant certains nient la vision en astral. A ceux-là je ne puis que leur dire: une caille vient de passer dans un champ ; en sentent-ils l’odeur laissée dans ses traces ? Non, cependant le plus médiocre chien de chasse trouve très facilement la piste odorante. Entre leur nez et celui du chien il y a la même différence qu’entre leur l'œil et celui d’un « voyant ». Le sujet voyant a—t—il un sixième sens ?
C’est peu probable ; il a plutôt des sens hypersensibles. Je reviens à une note projetée en astral. La note comprend la note elle—même (nombre de vibrations), sa hauteur, son timbre, en plus il y a les harmoniques qui souvent l’accompagnent. S’il y avait corrélation exacte entre les sons, les couleurs, les formes. nous devrions arriver à ceci, par exemple soit: le do, admet— tons que sa forme soit une étoile d’un certain nombre de
2 56 L’INITIATION MARS rayons et colorée en bleu foncé, à mesure que le do augmenterait d’intensité, en doublant le nombre des vibrations (d. 2, d. 3, d. 4), l’étoile pourrait s’irra _ dierde plus en plus jusqu’àdevenir un disquecontinu ; le bleu s’éclaicirait à mesure également. Mais les choses ne se passent pas ainsi : un do et un do projetés, quoique de même famille, n’ont pas de liens communs, connus.
L‘un sera un carré rose, si on veut, l’autre une croix jaune. Si la science positive n’a pu déterminer les gammes exactes des sons et des couleurs, la progression ration nelle des formes colorées en astral n’a pu encore (il est vrai que les expériences sur ce sujet datent de peu) être établie de manière même à donner naissance à un semblant de loi. Le travail à faire est-il insurmontable?
Pourra-ton arriver néanmoins à de bons résultats P Pour une seule existence, oui. Pour la volonté réunie d’une suite d’adeptes opérant sans limite de temps, non.
Nous avons à examiner: 1° Les sons musicaux de la voix humaine ; 2° Les mêmes sons émis pardes voix diflérentes; 3° Les sons que peut produire chaque instru« ment (timbre) ; 4° Ce qui se produit lorsque le son est unique, ou lorsqu’il est suivi de ses harmoniques. (La figure colorée doit changer et être multiple.) Je suppose qu’on arrive à établir ainsi quantités de schémas de sons avec leurs couleurs respectives; que les expériences répétées et contrôlées offrent de vraies garanties. Sûrement que des lois déduites de simi
SON-LUMIÈRE—COULEURS DANS L’ASTRAL 257 .lç litudes trouvées se découvriront. Les expériences faites jusqu’ici ont démontré, ai-je dit, l’existence propre de figures pour chaque note, ce qui impli« querait que chaque note n’est pas une variante de la précédente, mais un être particulier, doué d’une vie propre.
Il serait fortement intéressant d’étudier les bruits, les sons inharmoniques, pour savoir s’ils engendrent aussi des figures propres ou seulement des lueurs, des teintes vagues non formées, à l’instar des consonnes qui alourdissent et assombrissent les voyelles dans le langage pour les sensitifs doués de l’audition colorée (Voir chap. 1). / Enfin, un grand pas sera peut—être fait plus tard lorsque des instruments délicats pourront enregistrer ces différentes manifestations en véritable intensité.
La photographie des couleurs consiste à trouver une pellicule sensible aux couleurs naturelles et capa ble de reproduire ensuite les mêmes excitations que celles qui nous procurent l’impression des couleurs. Si on admet la théorie de Youg, il suffira d’avoir une plaque sensible au rouge, au vert et au violet, notre œil étant sensible à ces trois couleurs et produisant les autres par combinaison (I).
Logiquement, si on a devant soi une figure objective colorée, lorsqu‘on pro jette le son en astral, elle devra impressionner une .plaque suffisamment sensible, si elle n’est pas une pure illusion. A son tour, la plaque une fois déve— v. (1) C’est le procédé employé pour la peinture des épreuves photographiques par le Radiotinct. ' A'&«y Ï4 17
2 58 L’lNITIATION loppée pourra reproduire les impressions colorées sur notre rétine. Elle sera un double de la figure projetée et devra agircomme elle. Or, la photographie des couleurs,c'est la découverte de demain; les Gros, les Lumière lui ont fait faire de grands pas.
Lorsqu’on regarde les nébuleuses réduites grâce au spectroscope et les millions d’étoiles invisibles photo— graphiées directement, ou n‘a pas à désespérer de voir un jour le spectre coloré s‘imprimer de vraies couleurs. La formation des couleurs par la lumière traversant une plaque mince peut y conduire.
Les travaux du Dr Baraduc sur les effluves, ceux entrepris sur le travail de la pensée donnant des traces photographiques sont déjà une première étape de franchie. En attendant l’appareil enregistreur juste. il faudra comparer les couleurs vues aux disque et bandes de Chevreul, en tenant compte de la luminosité effective de la pièce dans laquelle a lieu l’expérience, qui peut modifier parfois les teintes.
2" Sans articulés. — Jusqu’ici nous ne nous sommes occupé que des sons et leur avons même attribué une individualité tout en les considérant comme des êtres simples. Dans un son articulé, la voyelle est le type le plus simple: notre premier cha pitre nous a démontré que la voyelle renfermait une note et de plus un son particulier. Ce sont les voyelles qui colorent le langage, lui donnent sa vie. Enfin la kabbale pour l’hébreu, les traditions hermétiques pour les autres langues, la métaphysique du langage
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 259 nous renseignent sur la vie des voyelles. Nous en ton— cherons quelques mots plus loin. Logiquement, puisque chaque voyelle est doublée d‘une note, dans sa figuration on devrait trouver trace de la figure de la note. Il semble n’en rien être.
A vrai dire, la question n‘a pas été étudiée de cette manière_ Ici, nous nous trouvons en présence d’entités spéciales avec formes spéciales, L’alphabet latin produit une certaine suite de figures, l’arabe une autre suite, le chinois encore une différente, etc. Supposons que le son A existe d’une façon sem blable dans la langue française et dans la langue chi noise et qu’il soit prononcé par une même personne, les figures devront être pareilles.
Je dis A semblable, car déjà en français il y a plusieurs sortes d’A (A, Ah, à, â, Ha, etc.) et en chinois il y a peut-être cent trente manières de prononcer I. Aussi, en tant que sons articulés en usage dans les langues connues vivantes et mortes, on n’arrivera à une classification générale des sons obtenus qu’à la suite de l’élimination de ceux contenus dans deux ou plusieurs langues distinctes.
Les voyelles seules sont la vie de la langue, elles en furent la mesure en hébreu ; elles en sont l’âme vivante, les sons ayant une existence propre (j’en reparlerai en étudiant le langage). Pour notre étude, elles sont d’une importance capitale. Ci-aprèsun tableauqui nous indiquele rôle impor tant des voyelles dans le langage et un aperçu sur Ia manière dont les sons (en bigrammes, en trigrammes, en polygrammes) pourraient être émis et classés. "‘
ogz NOILVILINI,’I CRYPTOGRAPHIE Essai sur les méthodes de déchÿ'rement. — Par P. VALÉRIO A B C D E F G Il 1J K L M N 0 P Q R S T U V W X Y Z Français. . . . 73 9 35 46 170 13 7 5 69 3 — 49 31 83 66 26 7 69 69 67 67 18 — 5 3 3 Allemand... 46 19 31 55 180 15 30 44 72 6 13 37 10 94 25 7 — 76 63 66 51 10 16 —— — s4 Italien...... 103 9 43 38 126 8 10 n 116 -— — 66 26 66 87 J: 6 67 61 61 30 15 — -— — 9 Anglais.
78 13 29 41 131 20 14 59 68 1 4 36 26 73 82 n 1 67 65 90 28 10 15 3 15 1 Espagnol .. . 129 10 42 46 143 7 10 9 70 3 — 55 25 83 33 15 70 76 44 40 7 — 1 m 3 FRÉQUENCE COMPARÉE DES VOYELLE8 ET CONSONNES EN POUR MILLE FRANÇAIS ALLEMAND ITALIEN ANGLAIS ESPAGNOL voy . cons . voy . cons . voy . cons . voy .' cons . voy. cons .
Î 446 553 l 374 l 626 462 533 392 ( 608 480 520 5 2 4 1 Bigrammes des plus 42 39 32 32 27 27 25 25 14 21 ’ 21 20 19 fréquents Français. .... es en le de on ou ut re ne ed te em se Pour cent de Allemand. .. en er ch ud de te ic rc ci un ge fréquence 54 38 30 29 26 25 24 n 19 15 17 ait 14 nm 13 our 12 cas 12 les 11 ois 10 ous TABLEAU DES FRÉQUENCES EN POUR MILLE Trigrammes Fr. Polygrammes. Noms des formations multiples. 39eut 25 que uiom aoqui 183i0 17 ont.
SON-LUMIÈRE-ÇOULEURS DANS L’ASTRAL 261 y Dans le chapitre 1, j’ai démontré, grâce aux tra vaux du D' Marage, que la accable de la voyelle pou— vait changer avec la voix des personnes (la note qui accompagne la voyelle).
Donc, pour faire notre expé rience de classification, il serait utile d’employer la même source d’émission de sons : cela peut s’obtenir, mais le difficile pour le contrôle de plus tard, c‘est de refaire émettre à nouveau une même série de sons pour qu’ils puissent être vérifiés avec un même sujet.
Un grand pas sera fait lorsqu’on aura apporté le der— nier perfectionnement au phonographe enregistreur et que son résonnateur n’émettra plus d’harmoniques complémentaires qui altèrent le timbre de la voix reproduite et engendrent des vibrations nuisibles en notre cas. Un 1 français par exemple devenant l’I nazillard des Chinois!
Mais le son articulé, mettons la voyelle pour simpli fier, peut être considéré sous trois aspects (la note vocable) qui l’accompagne étant écartée) : 1° Sous le rapport du son en lui-même (A n’est pas 0); 2° Le sens inhérent à ce son qui est une des formes initiale, active et divisée du verbe proféré; 3° Le mouvement ou force dont il est imprégné et que lui donne celui qui l'émet (si nous considérons les voyelles ensuite comme des sons renfermant un senscomplet, nous rentrons dans la troisième catégorie, celle des formules, des incantations, des mots ayant une vie propre). Un exemple simple peut le faire comprendre : lorsque je dis A en le faisant suivre de B, C, etc., j’énonce la
'2 6 2 L’INITIATION suite des lettres de l’alphabet (A a une sorte de rôle passif) ; lorsqu’au contraire, sentant une grande dou leur, je m’écrie : Ah ! que je souffre, c’est un ah actif imprégné d‘un principe vivant. Or, il serait curieux de savoir comment se compor tera le son projeté par un graphophone perfectionné. Les deux premiers rapports considérés pourront être observés, mais le troisième paraît plus difficile à donner trace.
L’appareil peut reproduire un son enregistré, mais non émettre de la force nerveuse, de la force vitale; cependant est-ce une impossibilité absolue P Le colonel de Rochas grattant avec une épingle une plaque photographique sur laquelle étaient fixés les traits d’un sujet provoquait des douleurs aux endroits du corps de ce sujet correspondant aux places piquées.
Il y avait donc un lien astral entre la plaque et le sujet; il pourrait en être de même pour le graphophone sur le cylindre duquel des particules projetées peuvent par fois se fixer. D’autre part, Guaïta dit en occultiste: « L’incinération du contrat équivaut à la projection ,en astral du dit contrat. » C’est le double actif.
Enfin, dernière objection, supposons que ce qui se passe en astral ne soit pas du domaine de l’enregistrement direct, l’existence doit—elle absolument en être mise en doute? Non. Les trois mondes ne sont pas super posés, mais se pénètrent.
Swedenborgne voit-il- pas des gens qui, en raison des écarts de vie qu’ils ont hits dans leurs incarnations antérieures, accomplissent leur purgatoire ou leur enfer sur terre... et la chose ne serait—elle qu’une figure qu’elle est bien réelle pour d’innombrables damnés vivants l
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 263 il en résulte que les trois mondes ont des points de“ contact nombreux et que, si certains faits de phénomé nité astrale sont rebelles à l’observation directe de tous, ils peuventcependant se manilesteràcertains cerveaux. Dans ce cas, le critérium absolu sont les observations multiples se contrôlant l’une par l’autre grâce, ainsi que je l’ai dit, à la multiplicité des opérateurs et des sujets.
Est-on le sujet d’un rêve, d’une illusion ? Non, cela n’est pas à craindre, car dans ces expériences, si on place la main à environ 0'“,30 des yeux du sujet, il ne perçoit plus la lueur colorée. (Voir Un curieux cas de me’ cité diumnite’ au II‘ chapitre.) Il voit donc bien avec ses yeux, il n’y a aucune hallucina tion en jeu, ce qui est capital à savoir.
3° Mantrams, incantations, formules magiques. —Avant de formuler des hypothèses sur le point cul— minant de ce travail, je tiendrais à rappeler les idées admises en occultisme sur ce qu’est une pensée, une parole émise, une incantation.
Ainsi s’exprime Barlet (I) : « L’âme n’achève pas toujours cette réalisation extérieure bien qu’elle n’y puisse renoncer; en ce cas elle peut du moins extérioriser l’ébauche astrale et, dans ce but, aspirer l’éther ambiant avec une ardeur proportz‘ônne’e à sa convoitise, l’informer par son verbe en un tourbillon astral sans noyau, imprégner cette forme de son propre magnétisme et le lancer par son centre intermédiaire... il constitue dans l’astral (i) Initiation, janvier r897. L’Astral, Barlet.
264 L’INITIATÎON une force potentielle (corps dépourvu d’atomes proly tiques). « C’est l'atome éthéré qui a reçu une certaine impul— sion définie, spéciale.
« C’est ainsi que les pensées sont des êtres doués d’une existence propre, du moment qu’elles sont exprimées,c’est-à-dire extériorisées par leur auteur. » D’après Barlet, on peut aussi dire (Résumé) : « Le désir formulé se sature d’éther pour prendre corps (propre astral de l’homme) et s’anime de force vitale. L’âme le lance; si c’est avec force vers un but, et l’idée douée de force réalisera, sera une force ac— tive.
Si au contraire elle n’est pas lancée avec assez de force, le corps éthéré sera bien constitué, mais errera jusqu‘à ce qu’il trouve un organisme sur lequel il se fixera et qui lui donnera la force de réaliser ce qu’il comporte en lui. » Donc une pensée sera douée d’une force à elle atta chée.
Elle a un corps astral, elle vit, elle doit avoir un noyau qui évolue, qui se sature de l’astral exté— rieur, lequel s’agglutine en dehors des lois de la pesan teur comme les atomes invisibles du carbone qui tombent ensuite en noir de fumée. Comme pour le son simple,le son articulé,la masse astrale différenciée va produire des phénomènes lumi— neux, colorés, coloriques.
Mais une incantation, un mantram, sont choses compliquéesayant une vie propre et le monde des formes, sur lequel nous aurons à revenir plus tard, régit aussi bien une pensée qui se cristallise dans l’espace qu’un corps matériel qui se solidifie suivant des lois fixes et déterminées.
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L'ASTRAL 265 Si l'éther n’est que de la matière libre, la matière étant de l’éther compacté, des lois analogues doivent les gouverner. Si une pensée est un corps fluidique, impondérable, il est quelque chose d’organisé et non de Vague et de diffus.
Déjà chapitre II, en citant : Un curieux cas de médiumnité, nous avons vu que le sujet voyait une ' lueur enforme d’œuf qui lui parlait et dont l’inten sité lumineuse variait ainsi que les couleurs, suivant les paroles.
Cela concorde bien avec ce que dit Sédir (I) : « En astral la parole est vue, au physique elle est prononcée. » Donc notre « Mantram » (Incantation) est projeté, il s’agrège suiVant des lois fixes, roule comme un projectile dans l’air, détermine des phé—» nomènes dans l’astral ambiant et des réactions dans son propre astral; les résistances rencontrées le font dévier de sa trajectoire, de son orbite, il va plus ou moins vite suivant l’impulsion initiale, il se déforme en raison des chocs subis.
Sans dire qu’il se conduise comme une vraie balle, sortant d’un fusil sous l’ex plosion de la poudre, ou peut accepter néanmoins cette image comme figurant assez bien ce qui peut se passer.
Bien entendu qu’il doit se produire des phénomènes de deux sortes, les uns que je nommerai physiques et visibles et qui se traduisent par de la chaleur, des couleurs,etc. ; les autres moraux, c’est-à-dire que cette pensée projetée par la volonté (la poudre) grâce à des (i) Les Incantations .
266 L’INITIATION chocs immatériels, dont il est difficile de prévoir les effets, développera des vibrations morales qui, ébran lant d’autres cerveaux, pourront produire dans la suite des effets incalculables. Et pour la balle, n’en est-il pas de même ?
La balle accomplit une foule de phénomènes: projection, rotation, recul, pénétration, déformations, ricochets, etc., mais elle accomplit aussi souvent des phénomènes invisibles bien plus grands, elle tue un aide de camp qui portait un ordre pressé, ce retard est cause de la non-arrivée d’un renfort pressant, une bataille est perdue, un royaume est vaincu, etc., etc. Par analogie avec les corps organiques, il doit y avoir évolution dans l’organisation des pensées com plexes.
Une parole en l'air, un désir insensible, vague, un projet esquissé, ne doivent pas avoir même organisation intérieure et extérieure que l’éma— nation d’une volonté ferme, qu’une malédiction pleine de haine, qu’une incantation, qu‘une prière fervente. _ Peut-être que les signes extérieurs qui différencient ces corps éthére’s seront difficiles à reconnaître d’un premier abord. Il faut en étudier les signatures avant tout.
Dans le plan visible, le poison redoutable revêt les apparences de substances inoffensives; de même, à moins d’être un profond observateur, souvent la physionomie de l’homme taré au moral est impas— sible et respire la candeur. L’astral peut nous en donner une explication. : n’est-ce pas cette matière plastique indifférente au bien comme au mal ? Pour— quoi? Parce que le bien peut amener le mal, et le
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 267 mal, le bien. Seulement il faut faire abstraction du temps présent et ne pas juger des événements d’après leurs résultats immédiats. Cela pour dire que les figures de ce que nous nommons Mal ne doivent pas nécessairement être horribles et sombres, celles du Bien être gaies et de couleurs tendres.
« Notre curieux cas de médiumnité » marque bien ces couleurs changeantes de la pensée cristallisée, agglutine’e; même cette couleur jaune indiquée pour le globe parlant est un indice précieux, le jaune étant la couleur qui disparaît la première, faute d’éclairage, mais qui peut briller le plus sous une illumination .z'ntérz'eure.
Lorsque Saint-Martin dans son Atlantz‘de parle de paroles figées, il est dans le vrai, il réndaittan .gible ce qui se passe dans le domaine de l’impalpable. J’arrive à une hypothèse qui peut sembler hardie, mais qui concilie les connaissances de la science po sitive avec l’observation et extra—physique ».
Comme je l’ai indiqué, et il n'y a qu’à se reporter aux planches qui accompagnent les Incantations de Sédir ; les mantrams figurés ont souvent des formes de croix co lorées se détachant sur des fonds en forme de doubles triangles opposés par la base d’étoiles, etc., ou de cer cles enchaînés, de couronnes avec flammes, etc. ‘ Or. si on veut bien se reporterà ce que j'ai cité au sujet'de la formation des couleurs par polarisation et interférence, nous verrons que les croix, anneaux, triangles colorés sont le résultat de la lumière pola risée traversant des cristaux dans leurs axes optiques. De même les lames minces donnent naissance à d’étranges jeux de lumière,
268 L‘lNITIATION Or, la pensée est un cristal multiple dans ses axes et les ondes lumineuses qui le traversent ou qui éma nent de lui peuvent fort bien être polarisées suivant les différents axes et en raison de cela revêtir des teintes variées, dues à la combinaison du milieu extérieur ébranlé et des réactions intérieures qui s’opèrent dans le cristal-pensée. Cette pensée cristallisée fait office de lame, de pellicule, extra-mince.
Même sous forme globulaire, ovoïde ou autre, son extrême fluidité la fait se comporter de même (bulle de savon).
Le fond formé par l’astral comprimé peut devenir ce que dit Guaïta :« En magie le translucide ou dia phane est le miroir où viennent s’imaginer, se réflé— chir en images les formes flottantes dans la lumière astrale. » La dispersion, la fluorescence, la phosphorescence sont peut—être aussi à étudier ici; l’opalescence de même peut se produire, car il y a des incantations à fond laiteux.
J’ai indiqué, toujours d’après la source citée, que le mantram renfermait des lettres efficaces, perdues dans d’autres neutres. Les premières sont des voyelles ou des sons s'en rapprochant (diphtongues), combinai sons dans lesquelles les voyelles dominent (toniques).
A dessein on a combiné la formule pour que les sons actifs aient un sens qui est connu de l’initié; de plus, ces formules sont psalmodiées sur un rythme donné, des notes invariables accompagnent chaque incanta tion. ' Je passe sur leur confection, sur les intervalles à observer entre chaque son actif, sur les différentes
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 269 combinaisons possibles auxquelles ils donnent lieu, les époques auxquelles ils sont efficaces, les cérémo nies qui doivent les accompagner. Seulement rappelons—nous qu’à l’origine les voyelles servaient de mesure au langage, que seules les voyelles (r) paraissent être les sons vraiment efficaces en ce cas, qu’elles sont susceptibles de combinaisons.
Si notre tableau de fréquence des voyelles dans les langues européennes nous donne de hauts chifires pour les lettres bases du langage, le sanscrit, leur mère, nous en fournirait autant. On figure souvent le fakir proférant son incanta tion assis les jambes croisées sous lui, au-dessus de sa tête apparaît le mantra figuré dans son hiéroglyphe.
Assurément qu’avec un éclairage convenable un sen sitif peut voir cette étrange figure colorée au-dessus de la tête du Yoki. Souvenons-nous des effluves colorés que le sujet aperçoit au-dessus de la tête de son ma gnétiseur, ou sortant des objets magnétisés, et se colo rant en rouge et en bleu. C’est l'origine du nimbe des saints.
Une question importante se pose : n’est-on pas le jouet, en voyant ces formes se manifester, de larves momentanément douées d’une vie factice? La doc trine occulte enseigne que : « Les larves proprement dites sont des substances dépourvues d’individuelles entités. Elles n’ont pas d’existence propre; vienne à (1) Ou demi-voyelles,ou voyelles modifiées intimement par une autre lettre. En sanscrit, chaque lettre a une propriété magique. \
270 , L’INITlATIOR leur manquer le support ontologique, elles rentrent dans le néant (1) ». Elles se modèlent en général sur les formes de l‘individu qu‘elles hantent, mais peuvent aussi se modelersur la propre pensée de l’individu. Mais si on a devant soi une larve ou autre substance lémurienne qui a pris corps, il est facile de s’en as surer. Elle fuira sous l‘influence d’une pointe ou se désagrégera si on entame son coagulat fluidique. Peut—être n’a—t-on jamais essayé de percer avec une épée la forme colorée d’une incantation ou de voir si l’aimant ou la baguette électrisée avaient de l’action sur elle (2). Il faudrait même se méfier des chocs en retour avec des Mantrams puissants. Moralement cette attraction a lieu: une pensée est attirée par tel organisme, l’autre la repousse: sympathie ou anti- , pathie d'idée ; action magnétique hyperphysique in— saisissable. (A suivre.) TIDIANEUQ. (1) De Guai’ta, loc. cit. (a) Si, dans les envoûtements. :..a k!eflÏ- , ’ F\î-‘
PARTIE LITTÉRAIRE HUMILITÉ Le monde astral proclame, ô triompe divin, Ta splendeur éternelle et tout y participe, Car les secrets du ciel de nos lois sont le type, Et sans l‘Esprit d’en haut notre effort serait vain. Prends, ma chair est ton pain; prends, mon sang est ton vin ;.. Le principe est le verbe et Jésus le principe ; Et sa parole est gloire et l’erreur se dissipe Quand l’homme se défait de l'orgueilleux besoin. L’invisible s’exprime à travers l‘invisible ; Pour qui veut épeler le mystère est lisible : Tout, l’air pur, l‘eau muette et l’or du feu sifflant,’, Nous est donné par toi, nature, avec largesse, Et nous puisons sans fin l‘existence en ton flanc, Cherchant à ta clarté l‘ombre de la sagesse. JULES DE MARTHOLD. - 12 février 1901.
ÉCOLE SUPÉRIEURE LIBRE .--.- :î'v.‘ DES 8©IIEMGES EüEBIÏI]Ë’IÏÛQIÂÆES Malgré l'absence du directeur de l’École, les cours ont été suivis ce mois—ci avec une louable régularité.
On sait que le Dr Papus est depuis le commencement du mois de février à Saint-Pétersbourg, où il a été appelé pour fixer les programmes etindiquer la marche générale des études à la Société d’Etudes psycho-phy siologiques qui vient d’être fondée en cette ville, sous l‘inspiration de hautes personnalités.
Nous sommes heu reux de constater une fois de plus un succès pour les idées spiritualistes que défend notre Revue depuis près de quinze ans, et de voir que les protagonistes de cette rénovation idéaliste viennent de Paris, continuant ainsi le rôle d’avant-garde et de chevalerie qui a toujours été la caractéristique de la mission de la France.
On a pu voir en tête de ce numéro le résumé d’une des conférences de notre directeur; à son retour, le mois prochain, nos lecteurs auront de nouveaux et plus complets détails sur le mouvement spiritualiste dans la capitale slave où, patronné par l’élite intellectuelle et sociale de la Russie, il prend chaque jour un plus grand développement. a:“‘=u= Le service de prêt gratuit de la Bibliothèque hermé tiste est dès maintenant organisé.
S’adresser, 4, rue de Savoie, le jeudi soir, de 8 heures à 9 heures. Société des conférences Spiritualistes Le 22 février, devant une salle archicomble, M. Émile Soldi-Colbert de Beaulieu a fait une très intéressante et très savante conférence sur l‘architecture antique et son symbolisme. Aussitôt la séance ouverte par le Dr Rozier,
L’OCCULTISME CONTEMPORAIN 273 président, M. Soldi a, dans un préambule éloquent, fait le tableau des difficultés qui se présentent sur le chemin de ceux qui veulent ouvrir de nouvelles voies aux recherches scientifiques. Le conférencier avait apportéà l’appui de ses démons trations une série de grands tableaux dessinés par lui— même et pris d’après les monuments au cours de ses missions.
Les nombreux lecteurs de ses très intéressants ouvrages sur la langue sacrée ont pu s’apercevoir au cours de cette conférence, qui s’est terminée dans une salve d’applaudissements, que M. Soldi avait encore étendu le champ de ses recherches et qu’il apportait de nouveaux documents à l‘appui de la thèse qu’il défend avec une si belle ardeur et qu’il fait triompher près de ceux qui le lisent et l’entendent.
L’Occul’tisme Contemporain“) Nous extrayons de l’Éeho du Merveilleux, si magistra lement dirigé par notre ami Gaston Méry, la remarquable étude suivante : Ce livre est une critique de l’occultisme sous ses prin cipaux aspects, à l’époque actuelle.
L’auteur a eu sur tout pour but d’examiner l’occultisme au point de Vue de la doctrine catholique; que doit penser un catholique orthodoxe de toutes les théories émises par les diverses écoles occultistes? Ne serait-il pas intéressant, et même utile, de voir le clergé s’intéresserà ces questions, les étu dier sérieusement et les juger?
M. Goda:d espère attirer l’attention des théologiens sur les problèmes que soulèvent surtout le Spiritisme, la Théosophie et l’occultisme proprement dit, qu’il ap pelle aussi hermédsme. Les théologiens n’ont pas at (1) L’Oceultz’sme contemporain, par Ch. Godard, professeur agrégé de l’Université, etc. — Paris, Blond et Barral. 18
2 74 L‘INITIATION tendu cet appel pour étudier tout'cela, mais on peut *bien dire que jusqu‘à présent ils ont très mal étudié, et il y a pour cela de nombreusesraisons, dont les princi pales sont le choix déplorable de leurs lectures, le parti pris évident de trouver tout mauvais, et le défaut de con cordance des nomenclatures.
Le livre de M. Godard est très bien fait, il résume en peu de pages les résultats de travaux sérieux et nom breux; ceux qui veulent, sans trop y sacrifier de temps, avoir une vue générale des sciences occultes, feront bien de le lire. Je ne veux pas faire une analyse du livre, je veux seulement en citer quelques passages et les discu ter.
'« A la vigueur, le catholique admettra, sur l‘autorité de saint Paul, qu’ily»a un corps pour l’âme (çu5uxo’v) dzfl’é rent du corps pour l'esprit (7:vaupamxo’v) et du corps phy sique (cûpa).
C’est une erreur, les théologiens n’admettent pas cela, ils disent que l’âme est la forme du corps, etc. (Voir Écho'du J\Ierveilleuœ, n"5 77, 78, 79, 80 et 81), que l’âme est unie au corps sans intermédiaire, que saint Paul n’a pas voulu parler de cette division, que nous in— terprétons mal, etc. Ils sont irréductibles sur ce point, l’homme n’a qu’un seul corps et une âme. 4....
Mais sachons maintenir, contre I‘occultisme, que l’intervention des agents divins peut avoir un caractère de spontanéité qui la rend exceptionnelle;..... » Les oc cultistes admettent très bien l'action du divin, ils sont même absolument certains de l’intervention continuelle du divin; leur certitude à ce sujet est plus complèteque celle des théologiens. , Je dis les théologiens et non les catholiques, parce que M. Godard semble faire une opposition qui n'existe pas: un grand nombre d’occultistes sont catholiques, non pas seulement du fait du baptême, maisparleurs convictions.
Il n’y a pas incompatibilité ; l'occultisme est la science du vrai dans tous les plans, le catholicisme contient le vrai dans le plan divin. Quand les occultistes disent que le hasard et le surna ture1n’existent pas, ils ne nient pas ce que les théolo giens appellent le surnaturel, ils protestent seulement contre le mot qui, en effet, est employé dans un sens
L’OCCUL’I‘ISME CONTEMPORAIN ‘27‘5 complètement faux. Les occultistes veulent dire unique ,ment qu’il n’y a pas d’effets sans cause. Ilsreconna-Îssænt parfaitement que tel phénomène est produit par le jeu. naturel des lois connues ou inconnues, et que tel autre phénomène est produit par les mêmes lois, mais mises en jeu par une volonté qui peut être autre quela volonté humaine.
Mais_ je crois bien qu’on ne trouverait pas un théologien qui nous contredise quand nous disons que Dieu ne, peut pas faire que deux et deux fassent cinq ou qu’un cercle soit carré, ne peut pas faire l’absurde, en un mot. a Il est à souhaiter que nos occultistes occultz‘sant renoncent pourtant à prétendre tout expliquer parelle la théorie de l’astral et à recommander comme licite la pra— tique de la magie. ) Les occultistes prétendent expliquer certaines choses par la théorie de l’astral, mais sont bien loin de prétendre que cette théorie soit une panacée uni verselle; les phénomènes de l’astral sont expliqués par l‘astral, les autres phénomènes par autre chose, le divin par le divin,-etc. Quant à recommander 'la pratique de la magie, il y a là une confusion : les magiciens recom— mandent cette pratique, mais les occultistes conseillent fortement de ne jamais en faire, même de la magie blanche.
Je dois dire, du reste, à ce propos, qu’on con— fond volontiers la magie avec l’occultisme ; ça n’est pas la même chose, la magie est une des sciences qu’étudie 'l’occultisme, mais elle n’est pas I’occultisme.
« L’Église a même condamné l’astrologiejudiciaire, qui prétendait ‘amzoncer à l’avance tous les événements d’une vie humaine. » L’astrologie judiciaire n’a jamais eu la prétention d'annoncer à l’avance tous les événements d’une vie humaine, elle se contente de signaler les me— naces principales qui pèsent sur cette vie, elle dit elle—— même: Aura inclinant, mon necessitant. < Fabre d’0’livet et ses disciples actuels affirment que Fabre d’0’livet et ses disciples actuels affirment que les événements de la vie d'un homme sont dus pour un tiers -à sa volonté, pour un tiers à son destin et pour l’autre à la Providence.
Cette limitation du pouvoir pro .vz‘dentiel est fort contestable. «» — Il y a la deux mal-en tendus : 1° la division en trois ne doit pas être prise à la lettre, on ne dit pas que la Providence ne compte que
276 L‘INITIATION pour 33 p. 100 dans la détermination des événements; on dit seulement qu'il y a trois moteurs, sans doserl’ac tion de ces moteurs; 2° ou ne limite pas l’action provi dentielle, on admet très bien que la Providence brise tout obstacle. Fabre d'Olivet dit lui-même que, si la vo lonté humaine marche d’accord avec la Providence, elle est invincible, mais que si elle marche contre la Provi— dence, elle est inefficace.
Vous ne pouvez pas nier l’action du destin qui n'est autre que l’accomplissement des lois naturelles quand elles ne sont pas opposées les unes aux autres par une volonté extérieure; vous êtes même obligé de recon naître la destinée, sans quoi la prédestination serait im possible (ne me faites pas dire pourtant que destinée et prédestination soient synonymes).
Quant à la volonté hu maine, si elle n'entrait pour rien dans le jeu des événe ments, la liberté ne serait qu’un vain mot, et cependant Dieu nous a donné la liberté. Sans liberté, du reste, il n’y aurait pas de responsabilité.
« Accordons-leur ces mérites : mais cette incorrup— tibilité est malheureusement gâtée par l’orgueil propre à tout mystique dévoyé. » Ce reproche m’est particulière ment sensible, car J’ai toujours entendu les occultistes s’élever contre l’orgueil et prêcher l’humilité. Ils consi dèrent l’orgueil comme tellement puant que c’est peut— être le vice qu’ils ont le plus en horreur.
Si vous citez Péladan, et peutêtre d’autres, comme pratiquement or gueilleux, cela prouve seulement la faiblesse humaine: Non enim quod volo bonum, hoc ago; sed quod odi malum, illudfacio. L’orgueil a cela de particulièrement odieux qu’il s’infiltre par tous les pores; pourriez-vous affirmer que nos prélats en soient toujours exempts ?
Cependant eux aussi nous enseignent l’humilité. < Mais les occultistes... ne sont-ils pas des sectaires dont l’orgueil caché s’ignore lui—même P » —— Vous y te nez. Je voudrais bien savoir en quoi l’orgueil des occul tistes dépasse celui des autres. Quant à être sectaires, je ne crois pas qu’il y ait possibilité de les en accuser sé rieusement, il serait plus rationnel de leur reprocherleur trop grande tolérance. « Ce mouvement de connersz‘on s’est arrêté : s’il repre
L’OCCULTISME CONTEMPORAIN 277 nuit, l’avenir de l’oacultisme français serait bien compro‘ mis. ) — Voilà bien votre plus formidable erreur.
Oui, certes, je suis obligé de convenir qu’un certain nombre de personnes qui se croient occultistes vivent en dehors de toute religion, que quelques-unes même sont hos— tiles au catholicisme, voire même au christianisme en général; mais un véritable occultiste ne peut que désirer ardemment leur conversion; le jour où la Religion ne sera plus mise en suspicion par personne, le jour où tous les étudiants en occultisme seront franchement et sincèrement catholiques, l'avenir de l’occultisme fran çais sera assuré, bien loin d’être compromis.
Les occultistes reconnaissent que le christianisme est la tradition occidentale, que cette tradition est supérieure à toutes les autres traditions, parce qu’elle nous vient du Christ, que personne de nous n'hésite à reconnaître pour le seul vrai Messie; et vous voudriez que nous n0uspri viens de pareilles lumières!
Je ne suis pas le seul à dire aux élèves: Si vous voulez reconnaître la vérité, lisez les évangiles, elle s’y trouve tout entière. < Les théologiens auront à parcourir toutes les œuvres séculaires de la mystique, absolument ignorées de nos ésotéristes contemporains... » — ou avez—vous vu cela ? La mystique est une des branches de l’occultisme, je puis même dire qu’elle n‘en est pas la branche la moins im portante.
' « Tous les faits plus ou moins anciens d’appari— tions d'âmes du purgatoire ayant brûlé une personne vi vante ou un objet quelconque d‘une manière irrécusable. » — Les théologiens, en effet, ont une tendance à croire que la main d’une apparition disant être une âme du purgatoire, appliquée sur la pcrte de la cellule d’une re ligieuse et y ayant laissé son empreinte carbonisée, cons titue une preuve de la vérité de son dire.
Cela est pué ril, l’étude sérieuse des phénomènes spirites leur mon trerait que ce phénomène se présente souvent avec cer— tains médiums, sans qu’il puisse être question d’âmes du purgatoire; dans le phénomène d’écriture par préciÿz‘ta tion, le papier est souvent carbonisé sur les bords (voir notamment une série d'articles de Mac-Nab, publiés dans le Lotus de 1888 et 1889). Il s’agit là uniquement d'un _.J
278 L’1Nl'l‘lATbON effet de condensation du fluide astral; l’âme du médium suffit à produire ce phénomène sans intervention d’une âme du purgatoire ou d’ailleurs. « Il serait indispensable d'expliquer par quels moyens l’Église reconnaît l’identité d’une âme du purgatoire..... m — Oh! oui, ce serait indispensable, mais cela n’est pas possible. Constater un phénomène est facile, mais il n’est pas toujours possible de lui assigner sa vraie source.
Pour la solution de ce problème, les théologiens en sont ré‘ duits à la même impuissance que les spirites- Un mys-» tique voit une âme et sait par vision intellectuelle que c’est l’âme de telle personne. La preuve est suffisante pour lui et pour tous ceux qui ont en lui une confiance absolue; mais cette preuve n’a aucune valeur pour un sceptique, et je défie qu’on en donne de meilleures, sauf dans quelques cas extrêmement rares.
« Les lois de la raison, pas plus que celles de l‘Église catholique, ne pourront jamais établir comme une règle morale qu’il soit bon d’abandonner sa rolonté ;soit à un esprit inconnu, sinon hypothétique, soit à une société se— crète, qui peut faire du mal en ayant de bonnes inten tions... » —— Je suis absolument de cet avis; aussi per sonne, parmi les occultistes, ne consentirait jamais à faire ainsi abandon de sa volonté.
Vous paraissez croire que le martinisme exige pareille chose, c'est une grande erreur, il n’y a pas de serment dans le martinisme. Mais, sans vous en douter, vous faites le procès des couvents et des directions de conscience; c'est là qu’il y a bien réellement abandon de la volonté. Les moines considè rent même l'obéissance comme une vertu supérieure à toutes les autres.
« Mais ce dont je suis certain, c'est que la haute the’d Iogie devrait donner des leçons aux occultistes au lieu d’en recevoir de leur part. » —— Les occultistes n’ont ja mais prétendu donner des leçons aux théologiens, ils étudient à leur manière et disent ce qu’ils savent, en pro fite qui veut. Mais incontestablement les théologiensau raient beaucoup à apprendre des occultistes, et ils ont bien tort de se priver de leurs lumières.
La vérité est que la théologie est une science que les occultistes doivent étudier et qu’ils étudient; je ‘le répète, la théologie est\
BIBLIOGRAPHIE 279;, une partie de l’occultisme, le théologien est à l’occuL» tiste ce que l’électricien est au physicien. Dire qu’il. m’a pas de Leçons à recevoir de nous est un peu prétentieux; on atoujours des leçons à recevoir des autres; pour nous, nous, sommes. heureux d’apprendre de tous ceux qui ont quelque chose à nous enseigner.
« Dans tous les. pays, le magiste essaie d’agir seul, à ses risques et périls, pour développer sesfaculte’s latentes, et le mystique appelle au contraire les forces divines à remplir son être, en y faisant le vide de ses passions et de ses idées par une opération purgative.
La créa-tion d’une philosophie mystique et universaliste est donc à la rigueur possible. » —- Je n’ai jamais dit autre. chose. et les occultistes appuient beaucoup sur cette différence, et sur les dangers de la magie. Mais je fais observer qu’ici M. Godard ne parle plus de l’occultisme, mais, bien de la magie, ce qui est bien différent.
Ce livre contient encore quelques propositions sur lesquelles j’aurais bien des. objections à faire, mais je préfère terminer par cette dernière ,citation, que j’ap prouve sans réserve. ' Qu’est-ce donc. enfin que l’occultisme? C’est, comme je l’ai déjà dit, la science du vrai dans tous les plans; je dévelppperai cela dans un prochain article, siles lecteurs de l’Echo le désirent. ' Dr F. Rozma.
EÆBLÆ@Gfi&E’EIE La Réalité des apparitions démoniaques, par le P. D. BERNARD-NIARIE MARÉCHAUX, bénédictin de la congré gation olivétaine, Paris, Téqui, 29, rue de Tournon,br. in-IS, 1 franc. Le savant auteur de cette brochure prouve que les doctrines des démons, qui doivent d’après saint Paul être prêchées sur la fin des temps (I. Trin., IV, 1), sont: le néo—gnosticisme, sous le nom de spiritisme, dont la
280 L’lNITIATION vague doctrine, qui supprime toute sanCtion précise du péché, tranquillise le pécheur sur les conséquences de ses fautes. il renvoie au deuxième tome de la Mys tique de l'abbé Ribet, aux différentes vies des saints, depuis l’époque primitive jusqu'à celle du curé d'Ars et de M. Dupont, et indique sommairement cer tains témoignages, qui prouvent que des saints, ayant été frappés et blessés, ont point été trompés par des hallucinations.
Des pretres qui doutaient de ce que racontait le curé d’Ars ont été frappés de terreur pour avoir passé une nuit dans son presbytère, où des bruits horribles étaient si fréquents. La Civilta cattolica (quaderno 1025-1032) a réfuté le spiritisme par lui—même.
Nous reprocherons seulement au pieux auteur d’avoir omis d’en traduire les passages les plus importants et de ne pas citer un seul témoi— gnage des contemporains encore vivants, ayant été pos sédés ou obsédés eux-mêmes d'une manière irrécusable. J’ai appris que le P. de Haza (35, rue de Sèvres) s'est fait depuis vingt ans une spécialité de l‘exorcisme; le P. Maréchaux parait l’ignorer.
C’est toujours le grave défaut des apologistes catholiques: l’ignorance du fait actuel et contrôlable par tout sceptique. - SATURNINUS. H. SELVA. —— Traité d‘astrologie généthliaque. 1 vol. in-8. — Chamuel, éditeur, 5, rue de Savoie. On peut dire de l’ouvrage de M. Selva qu’il a été impatiemment attendu par tous les chercheurs qui ont spécialisé leurs efforts sur l’étude de l’Astrologie.
On avait besoin d’un guide complet et clair en même temps, d’un livre contenant toute la somme de science néces— saire parfaitement adaptée à la compréhension contem poraine, et le souvenir que l'on avait gardé des très remarquables articles que M. Selva avait naguère publiés dans l’Im‘tz‘atlon, sur les plus importantes questions astro logiques, déterminait à- penser qu’il donnerait quelque jour le livre désiré.
C’est aujourd’hui un fait accompli et nous sommes enchantés d'en faire part aux nombreux travailleurs qu’un tel sujet intéresse.
BIBLIOGRAPHIE 28 I F I‘I'“"' C’est comme « une science naturelle, procédant par l’observation,partant une science positive » que l’auteur comprend et désire faire comprendre, l’astrologie. Son objet est donc tout scientifique et également scientifique sa méthode.
La précision rigoureuse dans le classement des faits et la justesse nette de l’expression verbale sont les qualités maîtresses du livre que nous signalons, et cela est vraiment de la nouveauté en pareille matière. Il faut y joindre d’ailleurs une érudition sûre et sobre quant aux traditions et un esprit critique qui ne se hâte pas de conclure et ne se lasse point de contrôler les expériences.
Dans le but de ne pas charger une étude déjà fort complexe, M. Selva s’est tenu, dans ce présent volume, à l’examen de la seule astrologie généthliaque, qui est la première branche de l’astrologie judiciaire générale, en donnant, toutefois, les notions d’astrologie naturelle nécessaires à la compréhension de la géné thliaque.
Ilest ainsi arrivé à composer un livre substantiel, où ne se trouve aucune superfluité, et où rien ne manque, ainsi qu’on peut s‘en rendre compte par la lecture d’un sommaire abrégé : Définition de l’astrologie. Considérations sur la possi bilité de concevoir une science astrologique. Conditions à observer pour en obtenir la démonstration expérimen tale. Tradition astrologique. Liberté et Fatalité. Coexistence de la Liberté et de la Fatalité.
Limites de la Liberté. Comment l‘astrologie se concilie avec la Liberté. Les Forces astrales. Relations entre le monde sidéral et planétaire et le monde sublunaire. Sources des forces astrales. Les centres de radiations. Les découvertes de l’astronomie sont-elles de nature à modifier les connais sances de l’astrologie ?Distinction entre les différents corps célestes : soleil, planètes,sarellites, étoiles, comètes, signes du Zodiaque.
Lois générales de l’activité astrale. Rapports entre les modalités de l’énergie astrale. Spécialisations de l’énergie astrale. Mode d’opération de l’énergie astrale (plan élé— mental, plan animique, plan psychique). Limites de l‘ho roscopie. Telle est, à grands traits, l'indication des
2 82: L‘INITIATION matières condensées dans le livre de M. Selva. On voit qu’il a surtout voulu montrer les bases sur lesquelles repose la science astrologique et préparer l’étudiantà des connaissances plus approfondies et plus détaillées. Qui aura médité le Traité d’astrologie génétlzliaque sera prêt pour les travaux ultérieurs et pourra dès, lors aborder l'étude de tous les problèmes dont la solution conduit à la pratique même de l’horoscopie.
C‘est cet objet que M. Selva. abordera dans une étude suivante sur la publication delaquelle nous comptons vivement. En attendant, par mode de préparation, il importe d‘étudier sérieusement celui—ci. EDGAR JÉGUT. LUIS D.’HERDY, -—- La Destinée, roman. Vannier, édit Prix : 3 fr. 50. ' Couramment, on lit aux catalogues des libraires cette mention accolée au titre de quelque production, par fois littéraire : Roman occulte, ou Roman ésotérique.
Il y a vingt ans, telle qualification eût stupéflé, aujour— d’hui elle ne décore même plus l’auteur d’un peu d’originalité. C’est que vraiment aussi elle a été tant répétée et banalisée. Pour la plupart, ces romans s’ador-y nent d’une couverture qui illustre un dessin, ésotérique — naturellement — et ce surcroît dans le désir de plaire ne les fait pas beaucoup mieux accueillir. Il n‘en était pas de même il y a quelques années.
Alléché par la nonveauté de l’enseigne, le public s’y laissa prendre. Mais quand il connut qu’il n’y avait qu’une enseigne, il com— mença à se méfier. Un petit essai sur l‘histoire, on peut dire à la fois philosophique et anecdotique de cette litté rature, ne serait sans doute pas dénué d’intérêt. Je crois qu‘on y trouverait trois classes d’auteurs. D’abord ceux qui firent véritablement œuvre d’ouvrier, et qui sont rares.
On les reconnaît, outre la puissance de l'idée et la beauté de l’expression, à l’absence de l’épithète. Leur occultisme commence déjà àceci qu’ils n’annoncent point l’ésotérisme de leurs œuvres, et leur incomparable mé rite consiste à ce que ceux—là seuls comprirent qui.pou vaient comprendre. Ce n’est pas d’eux que jetent& de: parler. 0 ut;rfi J— —e — ‘
BrBLIQG‘RAPHŒ 28 3« Puis s’essaime la quantité des producteurs —-qu’on en tende ce mot dans son acceptionla plus vulgaire— pour qui c'est un métier d’écrire. suivant le goût, moins sui-A vaut la mode du jour, et qui travaillent -— comme fontles rapiéceuses à façon, sur les patrons des grands tailleurs -——dans le genre occulte comme ils ont travaillé dans le. genre anticlérical, ou encore patriotique, ou pornogra phique au besoin.
Il fallaitles citer pour s’en débarrasser bien vite. Enfin il existe une troisième classe d’écrivains dont la sincérité ne fait pas de doute, mais dont l’effort reste infructueux le plus souvent.
Quand il était de mode que le roman fût « de mœurs parisiennes »,; on en voyait. surgir dont les auteurs avaient mis six mois à connaître Paris, par la fréquentation de quelques cafés du boule vard Saint-Michel, et découvraient le Quartier Latin.Il se passe quelque chose d’analogue dans le domaine diffé rent de l’occultisme.
On voit que des jeunes hommes, dont certains ‘manquent moins de littérature que de sa voir, et surtout de méditation, prennent l’attitude grave de quelqu’un qui n’ignore point qu’il existe tels objets d’études comme la magie ou l’astrologie. Le malheur est que_le public en sait autant qu’eux, parfois plus — et c’est pourquoi l’épithète et la couverture n’ont plus raison de son indifférence.
Ce n’est pas, en effet, suffi sant d’avoir pris connaissance, hâtivement dans la plu part des cas, soit d’études théoriques sur l’une des bran ches spéciales des sciences occultes, soit de relations de phénomènes, fussent-ils intéressants, et de jeter, avec une adresse contestable, ces notions mal digérées, dans une trame romanesque pour prétendre avoir fait œuvre de romancier ésotériste.
Il faut bien constater que c’est à quoi se bornent généralement les jeunes auteurs. En vérité il n’y a pas de labeurqui requière une plus longue et plus profonde incubation. une plus sévère ,méditation que celui—ci auquel on s’attaque avec tant de légèreté. Il faut d’abord le tempérament, l’âme particulièrement douée ; il faut que dans cette sorte d’Athanor, qui est l’auteurlui-même, l’œuvre germe et se sublime au feu. continu de la pensée. Hors cela, on ne produit qu’anec dores ou cendres.
2 84 L’INITIATION -I M. d'Herdy voudra bien croire que ce n’est pas par ticulièrement à son livre que s’adressent ces critiques. S’il eût fait partie de cepecus, je n’en eusse point parlé; mais qu’il me permette cependant de lui dire que ce n’est point le côté occulte de son roman qui lui donne sa valeur, encore qu’il ne soit pas malhabilement pré— senté.
Les personnages valent par l’intensité de leur vie et au total l‘œuvre serait peut-être meilleure, si l’auteur n’avait pas eu recours à l’anecdote de la vieille chiromam cienne pour pousser son héros versle crime qu'il commet à la fin du roman. Il n’en reste pas moins que M. d’Herdy, est à ma con naissance, l’un des jeunes auteurs les mieux doués pour cette littérature, àla condition toutefois qu’il travaille et médite beaucoup. Encan JÉGUT. M. J.
Reinach a publié : Le Sang et la Fausse Accusa tion du meurtre rituel.— Paris, Mag., in-8.— Il y est parlé, avec détails répugnants, de la superstition du sang au moyen âge. Edinburgh Review, vol. CXCI, janvier-avril 1900. — Renferme : A côté de la pensée (étude sur l’occultisme aux xvx° et xvue siècles).
Échos et Divers Nous avons vu, non sans une certaine gaité, que la Revue du monde invisible, de M«"='r Méric, a publié un article du D“ Rozier sur la Magie en ayant soin d'en défigurer le sens par des notes adroites placées au bas des pages. ' Dans l’Echo du .Merueilleux du 15 mars, il y a un excellent article de polémique discutant les doctrines réincarnationistes et celles des théologiens catholiques. Nous recommandons aux astrologues et aux étudiants :..,. 4-15
Écnos ET DIVERS 285 de la Science des nombres l’étude de M. S.—C. Gould, sur le système solaire et ses lois mathématiques parue dans les Notes and Queries de févrieragm. Dans le même ordre d’idées, spécialement dans ce qui se rapporte à la mathématique qualitative,‘ voir une étude du D” Ferdinand Maack dans le W1‘ssenschaftiche Zeitschrift für Xenologie de Hambourg, sur les carrés magiques.
Le même auteur prépare une « histoire sans phrases > qui sera une sorte de chronologie historique conçue comme une science naturelle mathématico— mecan1que. =11=’°‘u Nous sommes heureux de saluer la réapparition de la Religion Universelle sous le titre de les Temps meil— leurs, de notre ami Paul Verdad-Lessard. C’est une œuvre de pure philosophie et de régénération sociale que P. Verdad tente en faisant appel aux « hommes de bonne volonté ).
Nous ne doutons pas que l’appel soit entendu. Les bureaux des Temps meilleurs se trouvent à Nantes, 15, rue Rubens. (Prix de la souscription annuelle pour la France, 5 francs. Etranger, 6 francs.) :II=”‘=tt Nous rappelons à nos lecteurs qu'ils trouveront à l’administration de l’Hyperchz‘mie, 4, rue de Savoie, des collections complètes de l'Hyperchimie depuis sa fonda-— tion en août 1896. Prévenons les amateurs que le nombre en est très limité.
Nous profitons de l’occasion pour rappeler également aux abonnés de l’Initz‘ation qu’ils trouveront à la même adresse des collections de cette revue, depuis octobre 1895, au prix spécial de 10 francs au lieu de 12 francs. at"’:tt Nous avons à vendre en bloc ou par numéros une série d’environ quatre-vingts livres d’occultisme moderne. Demandez le catalogue en communication à l‘adminis tration de la Revue.
286 L’INITXAT‘IDN =t锑=u= . MM. les Médecins et Étudiants qui désirent connaître 'l’Électro-Homœopathie et apprendre cette Science au point de vue clinique et pratique recevront l’enseigne ment gratuit, par M. le D’ J. Dingfelder, médecin prati quant à Gnodstadt (poste et gare de Marktbreit, près de Würzburg), district de \Vürzburg—Ansbach.
Les demandes pour les inscriptions devront être diri gées à la dite adresse. , Le Dr Dingfelder, qui, depuis sept ans, a exclusivement introduit et uniquement employé dans sa pratique pro fessionnelle l'électrohomœoparhie Mattei, avec les plus remarquables résultats, est aussi l‘auteur d’un traité complet sur l’électro-homœopathie, qui va être prochai— nement publié. REÇU’S D“ G.
ENCAUSSE, les Forces psychiques. — Conférence faite à la Société d'Etudes psychiques de Nancy. Broch. in-8. Prix 0 fr. 50. L. Rroroa, le Sculpteur Auguste Rodin, brochure in—16, avec dessins inédits, publiée simultanément en français, allemand, anglais et espagnol. Prix 1 franc. Dr EDOUARD Burz K.‘. T.'. S.'. T.'. Social Science and Freemasonary. — Publication de l'Union Idéaliste-Uni verselle. Broch. in-‘8.
SOCIÉTÉ PSYCHIQUE DE Genève. — Rapports pour l’exer cice [900. Broch. in-8. A. Bouvmn, Mémoires présentés au Congrès spiritua liste de (900. Brochure in—8. Prix x franc. Bureaux de la Paix universelle, Lyon.
NÉCROLOGIE 237 CORRESPONDANCE Zet’far serait vivement reconnaissant à Satuminuæde lui faire savoir s‘i,‘les faits suivants sont exacts : _ Un livre d’héroscopes publié à Paris en I'88'5 aurait 'prédit que ‘leroi d’Italie devait mourir le 2’9juillet 1900; que le roi des Belges mourrait le 5 mars 1907 et l’em. pereur d‘Autriehe le 24 février 1911. Un « astrologue > de Londres,le « Père Moore ), publierait chaque année un almanach prophétique. Il aurait prédit pour 190! de nombreuses catastrophes et de graves événements politiques. Ses prédictions ont. elles été quelquefois confirmées ? ZEFFAR. C’est M. MagOn de Grandselve, dans les Rois devant le destin, qui a comme par hasard prédità quelquesjours près la mort du roi d’Italie pour juillet 1900 : je l’ai cité dans un de mes derniers articles. Mais il s’est trompé pour la date finale de plusieurs souverains. Je ne lis pas l’anglais, mais M. Gaston Méry, qui a parfois parlé de Moore et de soit almanach, devrait bien en reparler. Ce qu‘il a dit jusqu’ici ne me donne pas confiance. Le calcul cabalistique lui-même m’a fait dire que Victoria ne mourrait qu’en 1909. , SATURNINUS. Nécrologie Le 21 janvier dernier, Paul Stopp est mort à Dresde, à l’âge de vingt-neuf ans. Ce jeune savant, bienconnu des spiritualistes allemands, s’était déjà fait remarquerpurdes
288 L’INITIATION travaux de psycho-physiologie et il préparait une noua bibliotheca magia, que malheureusement une mort pré maturée ne lui a pas permis de finir. =tt=’°‘=u= La Société de Recherches psychiques de Londres vient de perdre un de ses fondateurs, qui était resté l'un de ses membres les plus actifs: M. Myers est décédé à Rome, le 12 janvier, à l’âge de cinquante-huit ans. Le Gérant: ENCAUSSE. PARE-TOURS. — IIP. E. ARMUL‘I‘ ET C", 9, RUE NOTRE-DAME-DI-LORETTE
L’HYPERCHIMIE Rosa Alchemica REVUE MENSUELLE D‘ALCHIMIE, D’HERMÉTISME ET DE MÉDECINE SPAGYRIQUE Organe de la SOCIÉTÉ ALCHIMIQUE DE FRANCE DIRECTEUR I RÉDACTEUR I‘IN CHEF I F. JOLLIVET-CASTELOT SEDIR Docteur en Hermétismeet en Kabbale Docteur en Kabbale SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : JULES.DELASSUS PRINCIPAUX COLLABORATEURS: 1° F. Ch. Ballet; Jacques Brieu; Clavenad: Jules Delassus; Stanislas de Guaïta +; Guymiot; Dr Marc “aven ; F.
Jollivet-Castelot; Dr Papus; Dr F. Rozier; Sédir; Sisern; Verveine l. —- 2° Amo; D“ Baraduc; Serge Basset; Pierre Bornia ; M. Decrespe + ; D“ Delézinier; A. Demeus; H. Désormeaux; H. Dur \'ille; André Dubosc; l)’St H. Emmens; Louis Esquieu ; D" H. Fa— vre; D“ Fugairon; Dr T. Krauss; Auguste Strindberg; M"‘" de Thèbes; Th. Tifïereau ;,Dr Thorion; Georges Vitoux.
Le Numéro : 30 Centimes ABONNEMENTS DIÉECTION ET RÉDACTION ABONNEMENTS FRANCE 49, Rue Saint-Jean, Douai (Nord) UNIÜ'N POSTALE lin au . . . . . 4I'mnt‘s ADMINISTRATION ' L'uan . . . . . 51'rznu‘s Six mois. . . . 2 fr. 50 /|, lïll(' 4“ SHVOIC, Pari! Six mois. . . .
3 —— BIBLIOTHÈQUE A VENDRE On désire céder, en totalité ou en détail, une belle bil»limhèqne d’ouvrages sur les Sciences occultes : Hermétisme, Magisme, Magné tisme, Spiritisme, Théosophie, Cabale, Sorcellerie, Mysticisme, etc. Cette bibliothèque très importante renferme. en beaux exem plaires, presque tous les ouvrages traitant des sciences ci-dessus.
Elle renferme au complet, et en plusieurs exemplaires pour certains ouvra es, les œuvres de Saint-Martin, de Bohme, de Papus, de Stanis as de Guaïta7 d’Eliphas Lévi, de Fabre d’Olivet. etc., etc. Le catalogue manuscrit pourra être communiqué aux amateurs sérieurr quz en feront la demande. S’adresser à M. J. Barbarin. à Branges (Saônect—I.oire).
ÉDITIONS DE L’INITIATION l ALBERT PCHSSON L’lnitiation Alchimique Treize lettres inédites sur la pratique du Grand-Œuvre, ave< préface du Dr MARC HAVEN et un portrait d’Albert Poisson 35 pages . . . . . . . . . . . . . . . ’.l fran< M.FRANCO Les Sciences Mystiqueî CHEZ LES LES JUIFS D’ORIENT 68 pages . . . . . . . . . . . . . I. . 1 fr. 5( AMARAVELLA ' Le Secret de l’Univers SELON LE BRAHMANISME ÉSOTÉRIQUE Le Brahmanda ou Univers Intégral, 64 pages, 1 fr. 1 l t .. ' I... n ‘ __g...m . .__ _. __. _;.’., LI‘!‘-‘I.he‘
OUVRAGES DE F. JOLLIVET-CA_STELOT La Vie et. I’Ame de la Matière. — 1894, à la Sociéte d’Éditions Scientifiques, 4, rue Antoine-Dubois, et chez CHAMUEL. L’Alchimie. — Édition du Mercure de France, 1895, épuisé. Hylozoïsme, Alchimie, Les Chimistes Unitaires. — 1896, CHAMUEL. Comment on devient Alchimiste. — 1897, CHAMUEL. Histoire de l’Alchimie, Principes d’Art Spagyrique, La Thérapeutique Occulte. — 1898, publiés dans l’Hyperc/zz‘mie. Le Grand-Œuvre Alchimique. — 1901, 4, rue de Sa voie, Paris. Les Sciences Maudites. —— En collaboration avec [PAUL FERNIOT et PAUL REDONNEL. 1900, à la Maison d’Art, 23, rue de Vaugirard, Paris. SOUS PRESSE Traité d’Alchimie théorique et. pratique. Le Livre du Trépas et de la Renaissance. — Roman ésotérique.
ëe “Gäéëéä@@äéëäë ” est le dernier perfectionnement des appareils multiplipateurs,rle seul qui donne des copies d’écritures, de dessins, etc., sans encre d’imprimerie. Pas de presse. pas de lavage, 150 copies en 15 minutes. L’appareil complet, format 22X34 . . . .
28 francs Adopté par toutes les grandes administrations, Marine, Colonies, Guerre, Chemins de fer, Écoles, Mairies, Officiers ministériels, Ingénieurs, Commerçants, Industriels, etc. *%Ü***%*û%ëü*#ÿë%%**ë* ëa “ @@ééäéä’éë ” est la machine à écrire la plus nouvelle et la moins chère, 15 minutes suffisent pour la connaître. Sa solidité exception— nelle résulte de sa simplicité. On peut copier et multiplier avec le Chapirographe. . . . . . ' . . .
92 francs Ô%*Ôi%+*%+%%ëâ*%%*ëâ+% Détacher le bulletin suivant et l’envoyer à The BIIAPIBÛGfl-ÀI’H 0°. HALLEY, Directeur PARIS, 9, Place de la Bourse, 9, PARIS Prière de nous envoyer à l'essai pendant 5 jours : 1 " çhapiragraphe ” @" 2, a' 28 francs. 1 Æachine a‘ écrire “ @raphic ” a' 92 francs. (Barrez l‘appareil qui ne vous intéresse pas) Dans le cas où votre envoi ne nous conviendrait pas, nous vous le retournerons franco et sans rétribution.
Adresse .................. Profession . Signatures”...v . .. Prière d’apposer le cachet de la Maison. Paris-Tours. — Imp. E. Artault et C“, 9, rue Notre-Dame-de-L0rette.