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Revue philosophique des Hautes Études 14m0 VOLUME.
501118 PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS I fil 0. >Z< Docteur en médecine — Docteur en kabbale ANNÉE SOMMAIRE DU N° 5 (Février 1901) —-—->4—— Sur la Physiologie spirituelle. . . . . . . . . . (p. 97 à 106) Mme Lay-Fonuielle et Julia . . . . . . . . . . . . (p. 107 à 118) Dutoit-Membrini d'après des documents inédits. (p. 119 à 134) Éléments d’hébreu .. . . . . . . . . . . . . . . . . (p. 135 à 151) M110 Camille Gratien-Clavel jugée par un catho lique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. (p. 152 à 161) ‘IlIlf‘0dllCli0fl à l‘étude du « Son-Lumt’ère-Cou leurs » dans l’Astral . . . . . . . . . . . . . . . (p. 161 à 181) Sédir.
Dr F. Rozier. J oanny Bricaud. Sédir. Saturninus. Tidiaueuq. Ordre Martiniste. — École supérieure libre des sciences hermétiques — L’Œuvre Martinlste. — Bibliographie. —— Questions et renseigne— ments. — Livres reçus. — La planète Mars. — Changement d’adresse. —- Nécrologie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 87, boulevard Montmorency, à Paris. Téléphone -— 690*50 Administration et abonnaments : 4. rue de Savoir. PARIS (DE 2- A 5 HEURES) Le Numéro 5 UN FRANC. — Un An: DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. _. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’e_sze@ÿî de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéuï mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine dent forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à' distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. .. L’Initian‘on est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquantlà méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
In“; Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale ‘ découverte d'un même ésotérisme caché au fond de tous les cul ' Dans la Phi1080phie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unitjfi;. la Science et la Foi, le Visible et l’0cculte, la Physique et,ü Métaphysique.
' Au point de vue social, l’Initiation adhère au programm toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectaris toutes leurs formes ainsi que la misère. _ Enfin l’Initiarion étudie impartialement tous les phéu du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènéê connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l", _ L’Initiaiion expose les opinions de toutes les écoles, «« n’appartient exclusivement à aucune.
Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) c0ntient les artI‘àæ5 destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Scï ' Occulte. !‘ La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adre’3%Ë. tous les gens du monde instruits. \ °f ' Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies ef’il’è’s nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’uneë manière qu’elles savent toujours apprécier. .
Ï L’Iniriation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque moi compte déjà quatorze années d’existence.-— AbOnnement: IOfr par an. (Les collections des deux premières années sont abso épuisées.)
L’Initiaiion du 15 Février 1901 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l'Inz’tiaz‘ion 10 PARTIE INITIATIQUE AM0 — F. C11. BARLET, S.'. — GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.'. I.'. 53 — JULIEN LEJAY, S.'. I.'. —-— ÉMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. l.'. (D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. — PAPUS, S.'. I.'.' ,1} — SÉDIR, S.'. I.'. — SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 30 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. —— AMELINEAU. — ALEPH. —— AMARAVELLA. — D" BARADUC. -— SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 30' — BL1TZ. — BOJANOV.— BORNIA PIÉTRO. — .l. BRICAUD. — JACQUES BR1EU. —- CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — A. ERNY. -— FABRE DES ESSARTS. -— L. ESQUIEU. — DELÉZINIER. —— JULES GIRAUD. — D' FERRAN. — L. GOURMAND. — L.
HUTCHINSON. -— J0LLIVET CASTELOT. — E. LEFÉBURE. — L. LE LEU. —- L. LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. -- G16 C. N0EL. —- HORACE PELLETIER —— G. POIREL. —— QUESTOR V1TŒ. — RAYMOND.—D’ R021ER.— L. SATURNINUS. — D“ SOURBECK . — THOMASSIN. —TIDIANEUQ. -—— G. VlTOUX. — YALTA. I 3" PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG.— JEAN DELVILLE. a ESTRELLA. -— E. GOU BEAU. — MANOËL DE GRANDFORD. — L.
HENNIQUE. — GABRIEL DE LAUTREC- — JULES LERMINA. — JULES DE MARTHOLD. — CA TULLE MENDÈS. — GEORGE MONT1ERE. —LÉON RIOTOR. — SAINT« FARGEAU. — ROBERT SCHEFFER. -— EMIL! SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE G, ARMELIN. —- C11. DUBOURG. —— RODOLPHE DARZENS. -—JEAN DELVILLE. — YVAN D1ETSCHINE. -— E. GIGLEUX. — CH GROLLEAU -— MAURICE LARGERIS. -— PAUL MARROT. — EDM0ND PILON. — J. DE TALLENAY. — ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
L’Initt‘alt‘0n du 15 Février lt_.0! L’IN ITIATIO N (“m’ËiË’z’s’m’T’l ADMINISTRATION xaossaumvrs ruauc1rÉ t VENTE au NUMÉRO DIRECTION 87, boulevard Montmorency. TÉLÉPHONE — 590'50 PARIS-A UTEUIL DIRECTE!!! : PAPUS DIRECTEUR amener .- Ludion MAUCHEL 4, Rue de Savoie (DE 2 A 5 HEURES) Rédacteur en chef: F.—Ch. BARLE’I‘ ‘ Secrétaires de la Rédaction : [’RANCE’ un an' u ' ° " .|. LIJAY - PAUL SÉDIR ÉTRANGER, — 12 fr.
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Un numéro de la Revue est toujours com osé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au p us tôt que le mois suivant. L’Inz’tiation est l’organe officiel des centres suivants : Groupe Esotérique. — Ordre martiniste. — École supé rieure libre des Scœnces hermétiques. — Ordre Kabbalisti ne de la Rose-Croix. —— Union Idéaliste Universelle. — . T. L. (section française).
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PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l’exposé des idées de la Direction. des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) _ SUR La Physiologie Spirituelle il ne faut pas considérer les divers phénomènes qui accompagnent la réintégration de l’âme à son rang primitif dans la hiérarchie créaturelle, comme des mouvements purement métaphysiques.
Les extases, les ravissements, les illuminations, les luttes spirituelles, les combats intérieurs, le développement des facultés thaumaturgiques de l’âme sont à considérer si l’on veut en comprendrele sens vitalcomme les actes d’in— dividualitês vivantes se mouvant dans les paysages de l’Adamah, de la Terre céleste, nageantdans les océans de la lumière plastique universelle, travaillant dansla cité des dieux comme la cellule matérielle circule dans les vaisseaux du corps humain, comme l’habitant de la terre s’agite sur la surface du globe.
« Il faut étudier la nature par l’homme et non l’homme parla nature », a dit le Philosophe inconnu; le processus vital par lequel le corps humain s’ali mente, respire, se meut et matérialise les idées, se ré l' ’4‘ 'ñ l“"‘ ' 7
98 L’INITIATION [FÉVRIER pète analogiquement pour une planète, pour un sys— tème solaire, ainsi que dans l’ordre invisible au cours du développement graduel de la conscience, à partir du plan physique jusqu’au plan divin, développement qui constitue ce qu’on appelle l’initiation et dont le terme est le rétablissement de l’Adam universel dans sa patrie primitive, la Jérusalem céleste.
Louis-Michel de Figanières a excellemment décrit ce fonctionnement analogique de la vie dans l’homme et dans l‘univers, de même que les Brahmes, les Ca— balistes et les prêtres du Tao le firent il y a bien des siècles dans les cosmogonies écrites en langues sa crées. Je voudrais décrire rapidement l’analogie qui pré— side au double mouvement de la vie physique et de la vie spirituelle de l’homme.
Les différents systèmes ésotériques ont distingué et classé un grand nombre des organes de l’homme in visible; malgré tout, il y en a une grande quantité qui ne sont pas décrits dans les enseignements des di verses initiations terrestres.
En conséquence, nous considérerons dans l’être humain un corps physique et une âme divine; nous désignerons sous le nom d’esprit ou astral, ou homme intérieur, l’innombrable série de canaux, d’organes, d’êtres, dont la fonction est d’unir l’âme divine au corps matériel. i! #3? Il y a dans le corps trois organes centraux, l’esto mac, le cœur et le cerveau, par lesquels passe la triple alimentation de l’homme sur le plan physique.
1901] SUR LA PHYSIOLOGIE SPIRITUELLE 99 L’estomac reçoit de la matière soli-de et liquide: c’est l’alimentation proprement dite. Le cœur reçoit de la matière gazeuse(air atmosphé rique): c’est la respiration. Le cerveau reçoit de la matière ignée (astral de la planète) : c’est la direction de l’organisme ou motricité et la vie psychique.
V Les aliments matériels sont transformés en chyle par l’estomac, condensés dans le foie et dans ce ré— servoir mystérieux qu’est la rate, et distribués par les vaisseaux lymphatiques. L’excrétion rejette au dehors la'matière non uti lisée. . Les aliments aériens sont fabriqués dans les pou mons (transformation du sang veineux en sang arté riel), condensés dans le cœur et distribués parles ar-/ tères; l'excrétion s’appelle alors expiration.
Les aliments ignéssont fabriqués par le cervelet (transformation de la force sanguine en force ner veuse), condensés dans le grand sympathique et dis tribués par les centres gris; l’excrétion se fait par les organes de la génération.
Ainsi nous voyons dans chacun de ces trois fonc— tionnements un centre vital doué d’une énergie pro— pre qui absorbe quelque chose venant de l’extérieur, le transforme, l’emmagasine dans un organe spécial, le distribue par des canaux, et rejette au dehors ce qui est inutilisable. Les deux tableaux suivants expliqueront plus claire ment ce résumé:
100 L'INITIATION Principe divin Fonction Organe Produit Couleur Père Base Estomac Chylc Jaune, blanc Fils Animation Cœur Sang Rouge Direction,relation Cerveau Farce nerveuse Bleu l Alimentation Estomac Cœur Cervelet I Emmagasinement Foie, rate Poumons Gr Sympathiquel Distribution Lympnatiqucs Artères Centres gris I Excrétion Intestins Expiration nasale Génération J C’est cette quadruple opération que Louis Michel appelle les quatre règles de la Nature, que les Caba listes ont symbolisé par une adaptation des Sephi roth, et que les Brahmes connaissent également lors qu’ils décrivent les Nadis et les Vayous du corps hu— main.
Or, l’innombrable série d’actes que peut accomplir un homme astral peut, à notre point de vue à nous qui, placés sur la terre, regardons de bas en haut, se partager, quant à leurs résultats, en deux classes : le Pouvoir et la Science; et, en effet, ces propriétés de l’Esprit sont bien distinctes et ne se trouvent que très rarement ensemble dans le même individu. Ce sont des ignorants qui ont laissé la plus grande réputation
SUR LA PHYSIOLOGIE SPIRITUELLE 101 comme thaumaturges ; et les initiés savants sont d’ordinaire assez embarrassés de produire un phéno mène. Il est bien entendu, d’ailleurs, qu’à la limite ces deux ordres de résultats se confondent, et que l’adepte, le mage ou plus simplement l’homme par— fait est également puissant en œuvres et en pa roles.
Mais la, Science et le Pouvoir, c’est-à-dire la Théorie et la Pratique, peuvent être également acquis par le cerveau et par le cœur ou, pour parler plus exacte ment, par le‘centre intellectuel et par le centre'ani— mique.
Nous aurons donc des théoriciens ou savants intellectuels, tels les néo-platoniciens, les philosophes mystiques, les Gnânis, les Pythagoriciens, et des sa vants animiques, ceux qui obtiennent la science par révélations: Jacob Boehme en est le type.
Puis des praticiens par le cerveau : tous ceux entraînés par les écoles de magie: les Tao-Sse, les Tantriks, les Sha manes; et des praticiens par le cœur, ceux en qui le monde divin écoule sans cesse le flux de ses éner gies. l | Théorie. Science Pratique, Pouvoir / Cerveau Théosophes Magiciens Cœur Illuminés Théurges En réalité, les types purs de chacune de ces classes se rencontrent peu; les classifications ont toujours
102 L’INITIATION quelque chose d'artificiel qui fait qu’elles ne répondent pas strictement aux phénomènes qui en sont l’objet; le théoricien désire toujours faire un petit miracle, et l’opérateur tient toujours prête une théorie expliquant ses conceptions. .
En langage de temple, on appelle ces deux cou— rants : l’intellectuel et l’animique, l'initiation lunaire et l’initiation solaire; la première dérive toujours de la seconde par la suite des siècles et en invertit les principes, ainsi qu’on peut le remarquer chez les Brahmes à partir de Krishna et dans certaines sectes chinoises.
La lune, le cerveau, la nuit, la résorption de l’effort vital, Siva, y sont érigés en principes diri geants, et le soleil, le cœur, le sang, la vie, Jésus, reje tés en second ordre. =fl=””=lt Essayons maintenant d’établir une analogie entre ces quelques données et les phénomènes de la physio logie.
La sphère zodiacale que les Cabalistes ont ap— pelée Grand Adam, notre terre dont le principe est ap— pelé Henoch par Moïse et Manou par les Brahmes, sont, dans le plan central et biologique de l’Invisible, des organismes semblablesàl’organisme humain.
Les myriades d’âmes qui vont, viennent, travaillent, des cendent, montent dans les courants fluidiques, à tra vers les planètes, les satellites et les soleils, suivent des chemins, non pas symboliques, mais réels. Avant qu'un monde soit peuplé, il est constitué dans la vo lonté du Père, et il se développe en même temps que des créatures lui sont envoyées; car il est lui-même
SUR LA PHYSIOLOGIE SPIRITUELLE 103 une créature individuelle et intelligente. De même dans l’homme un globule de matière est entraîné dans les océans des vaisseaux artériels, dans le lacis sans fin, pour sa petitesse, des capillaires; cette cellule micros copique suit des chemins, tout comme l’âme qui anime le corps dont elle fait partie et à travers lequel elleévo lue.
Voilà pourquoi le Maître des Sèigneurs a pu dire: Je suis la VOIE, la vérité et la vie.
' Choisissons un exemple purement matériel: suppo sons un homme qui va se restaurer avec une excellente soupe aux choux; l‘idée pourra sembler puérile, mais, 'au pointde vue invisible, il est certain qu’il existe une relation spéciale entre la famille à laquelle appar tiennent les esprits des cellules matérielles de notre dîneur et la famille spirituelle du chou qui va être in géré.
Il est également certain que ce végétal et t0utes les cellules qui le constituent possèdent une certaine intelligence, ces cellules végétales vont donc accepter, par une sorte de pacte conclu avec leur régent, lequel est l’esprit collectif de leur règne, d’évoluer en passant de la Sphère d’existence infra-humaine à la sphère hu— maine.
L’esprit de cette plante et les esprits de toutes les cellules composantes savent donc, chacun selon son degré, que, pour parfaire cette évolution, il leur faudra mourir à l’état de vie qu’ils ont expérimenté jusqu‘à présent, pour renaître à l’état de chyle, de lyInphe, de cellules musculaires, osseuses ou sangui nes en passant par toutes les douleurs de la désinté— gration qu'elles vont subir pendant que le bol alimen taire ser'a digéré par le feu gastrique. Si telles cellules sont plus spécialement apparentées au règne minéral,
104 L’INITIATION -- "v uv m elles iront dans les os, et ce n’est qu’après un stage plus ou moins long dans ce plan d’existence qu’une nouvelle mort transformera leur tension vitale, c’est-à dire placera leur esprit dans un nouvel appartement ou dans un nouveau département de l’organisme hu— main.
Leur paradis à elles sera atteint quand elles seront devenues aptes à entrer en communication avec l’univers extérieur: par exemple quand, entraî— nées dans le lacis des capillaires, elles remonteront par les veines jusqu’aux poumons, pour recevoir de l‘air atmosphérique une énergie nouvelle, ce que les alchi— mistes appellent une teinture, par l’infusion de la quelle il leur sera permis de devenir pour le corps tout entier une puissance biologique.
La voie de l’initiation de l’esprit humain est de tout point semblable. Attaché à un corps physique, s’il veut s’évader de la prison de la matière, il faut qu’il meure à tout ce qui constitue sa personnalité dans le plan de cette matière; mais c’est là un but idéal: le sommet de l’évolution que puisse attendre un ego in carné.
La cellule osseuse peut être entraînée dans un courant de l’organisme, et revenir à sa place, elle peut s’incorporer complètement dans ce courant. De même l’homme—esprit peut être admis dans l’lnvisible, à titre de simple spectateur, ou comme participant à la vie spirituelle; et, de plus, l’admission à la porte des dif— férents appartements ne nécessite pas toujours une transformation radicale de la personnalité humaine.
Nous allons essayer d’expliquer ces différences. L’invisible, lorsqu’il se révèle à un être humain, ne peut le faire qu’en déterminant dans la conscience de.
SUR LA PHYSIOLOGIE SPIRITUELLE 105“ cet être un changement, une orientation nouvelle, en la transportant au delà de son état habituel, en provo-— quant, en un mot, une extase. Mais il y a beaucoup . d’extases; il y en a autant, en réalité, que de plans dans l’univers; l’initiation humaine ne peut donner que des méthodes générales, des procédés que chaque néophyte réalise selon ses capacités particulières.
Ainsi, par exemple, le Yogui qui, selon la lettre ex térieure des traités mystiques, prononce l’Aum, le ma-» gicien qui crée le pentagramme, font ces choses selon l’esprit et non pas selon le corps: prononcer l’Aum en esprit, c’est exalter sa conscience individuelle jus qu’au plan de la mère universelle; dresser le penta gramme, ce n’est pas dessiner une figure géométrique à une heure donnée, avec des encres et des objets con sacrés, c’est se tenir debout en esprit dans l’Invisible : la tâche n’est plus aussi facile.
Le mystique lui—même, lorsqu’il prie, prosterné au fond del’abîme de l’humi lité, ne profère pas de paroles, mais la faim de son âme perce à travers les serpents invisibles, jusqu’à la source de toute vie. Ces trois exemples représentent à peu près exacte ment les trois grandes voies par lesquelles il est donné à l’homme de vivre de la vie spirituelle.
Le Yogi suprême ne tend pas à autre chose qu’à devenir la cellule qui, dans l’éternité prochaine de la terre, c’est-à-dire dans le prochain Manvantara, recevra un germe vivant venu du Père; c’est le même chemin par lequel, dans le corps de la femme, des cellules vont passer, pour nourrir l’enfant futur qu’elle mettra au jour après une période régie comme les périodes brahmaniques, par
106 L‘INITIATION le nombre 9. Le mage est, dans le corps du grand Adam, une des cellules du système nerveux cons cient. C’est en lui que se montrent, au plus haut degré, la‘libCrté, la spontanéité, la puissance direc— trice; il est un Dieu dans l‘univers, comme la cellule nerveuse l’est pour les cellules fibreuses et sanguines qui lui obéissent.
Mais au mystique appartiennent les qualifications les plus proches de celle du Verbe universel qui cir— cule partout, qui s'immole à tous les instants, sur la croix des points cardinaux de l’espace; ainsi le sang va partout porter la vie, dynamiser les organes en— gourdis, se battre contre les agents perturbateurs ve nus du dehors, donner aux cellules graisseuses la force de se sacrifier en combattant la maladie, etc. C’est donc là le rôle le plus difficile, puisqu’il s’agit de donner sa vie.
Les deux premières voies, en effet, sont le développement logique, graduel et incessant, dans le sens du bien, de la force individuelle de l’être; mais celle-ci demande à l’ego de mourir à Soi-même sans cesse et sans hésitation, de sacrifier sans regrets ses attaches les plus profondes, de supprimer ses ten dances les plus intimes, d’oublier complètement tout ce qui nous constitue nous-mêmes.
Je n’irai pas plus loin dans le développement un peu décousu de ces quelques idées; j’ai voulu indi— quer une fois de plus une méthode de recherches, que d'autres ont maniée magistralement; j’essaierai une autre fois de l’appliquer à l’étude de l’état social, et j’espère pouvoir alors être plus clair et plus ins tructif. SÉDIR.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute École, sans aucune distinction, et chacun d’eux conserve la responsabilité exclusive de Ses idées.) Il!me Lay-Fenvielle et Julia Aujourd’hui tout le monde a entendu parler de la voyante de la place Saint—Georges, on a raconté dans la plupart des journaux de nombreux traits de luci dité, des études ont été publiées un peu partout sur ce cas de médiumnité; on pourrait donc croire que le sujet est épuisé, qu’il ne reste plus rien à en dire.
Je crois cependant qu’il pourrait être intéressant de montrer qu’il ne s’agit pas là d’un phénomène banal de spiritisme, qu’il y a quelque chose qui sort de l’or dinaire. ‘ Il y a eu et il y a encore des médiums plus extraor dinaires que Mme Lay-Fonvielle, nous connaissons les lévitations, les apports, les matérialisations et bien d’autres phénomènes surprenants; M“‘° Lay-Fonvielle ne produit rien de tout cela, elle ne présente qu’une seule médiumnité, laquelle n’est pas très rare, la mé diumnité à incarnations.
Tout le monde sait ce que c’est qu’un médium à incarnations: un vivant, homme ou femme, se tient assis, immobile, dans une passivité complète, aidé
108 L’ISITIATION généralement par la lecture d'une prière ; au bout d'un temps variable, souvent très court, le médium pré— sente quelques phénomènes nerveux, généralement quelques secousses dans les membres, puis le calme revient et sa personnalité est changée, un désincarné parle par sa bouche; du moins c'est ainsi qu’on inter prète les faits.
Il est très difficile de dire exactement ce qui se passe, l’aspect du sujet est assez semblable à celui d’un somnambule magnétique, seulement, tandis que ce dernier parle en son propre nom, raconte ce qu’il voit sans cesser d’être lui-même, le médium à incar nations dit aussi ce qu’il voit, mais prétend être l’es— prit d’un mort, incarné dans un vivant dont l’esprita été déplacé.
Il n’y a pas d’autre preuve immédiate de la vérité de cette affirmation que l’affirmation elle— même. La lucidité, le récit des choses connues seule ment du désincarné, ne sont pas des preuves suffi santes, le somnambulisme magnétique lucide donne les mêmes résultats. Il est vrai que les spirites peu vent nous défier de prouver que le somnambulisme lucide n’est pas lui-même aidé par des esprits.
Je ne veux pas trancher la question, je me contenterai de dire que, si les preuves immédiates font défaut, nous avons, dans certains cas, des circonstances éloignées qui démontrent l’intervention d’une entité de l’in visible. C’est justement le cas pour Mme Lay—Fon— vielle. Dans le cas de ce médium, l’entité qui se manifeste presque toujours est une petite fille, morte à cinq ans et disant s’appeler Julia. Quelquefois une autre petite
M“‘° LAY—FONVIELLE ET JULIA 109 fille, du nom de Madeleine, prend la place de Julia, mais seulement dans des cas particuliers, les con sultants ont presque toujours Julia pour interlocu— teur. Julia s’étant donné une mission, ou l’ayant reçue, je ne veux pas préciser, a cherché un médium qui puisse l’aider à l’accomplir.
Cela n’était pas aussi fa cile qu’on pourrait le croire: il fallait une femme pré— sentant une médiumnité suffisante, un homme était contre-indiqué; il fallait que la médiumnité fût d’une sorte particulière; on conçoit que la parole seule pou vait convenir, tous les autres modes auraient exigé trop de temps. Du reste, la parole a seule une autorité suffisante pour agir sur les âmes.
La femme elle—même devait avoir des convictions conformes au rôle qu’on allait lui faire jouer ; elle devait avoir une grande pa tience et une grande bonté; elle devait enfin com— prendre la mission, l’approuver et s’y dévouer. Mme Lay-Fonvielle s’est trouvée justement posséder toutes ces qualités; Julia l’a choisie et elle n’a qu’à s’en louer.
Il n’y a qu’une seule ombre au tableau: Mm Lay-Fonvielle, quoique jouissant d’une bonne santé, n’esr pourtant pas infatigable. Mais Julia prend des précautions, quand son médium est fatigué, elle le force à se reposer. On a remarqué que certains jours la clientèle afilue; d‘autres jours, au contraire, il vient peu de monde, cela coïncide toujours avec le plus ou moins de forces du médium.
La mission de Julia est bien simple: ramener le plus de monde possible au spiritualisme (je ne dis pas au spiritisme). Mme Lay-Fonvielle et Julia sont
1 10 L’INITIATION ._‘_.--s.. 1! chrétiennes et ont des sentiments religieux très élevés, mais elles ne font pas de propagande, Julia se con tente de donner de bons conseils, d’élever l’âme de ses consultants et de leur montrer qu’à la mort tout n’est pas dit, et qu’il y a autre chose que la ma tière.
' Pour arriver à ce but, elle consent à se mettre à la disposition du public et à donner à chacun des preu ves de clairvoyance; elle renseigne volontiers le con— sultant sur ses propres intérêts, elle consent volontiers à faire quelques expériences permettant de vérifier la réalité de son existence et desa lucidité ; mais elle se refuse absolument à toutes recherches criminelles ou politiques, cela ne fait pas partie de sa mis sion. / On a déjà raconté beaucoup de faits prouvant sa lucidité, toutle monde sait comment elle a fait retrou ver le cadavre du capitaine de France, en décrivant à la famille tout l’itinéraire qui devait conduire à l’en droit où il se trouvait.
Je vais raconter quelques épi sodes dont j’ai été témoin : - Un de mes amis avait fait faire un buste en terre cuite, dont il me donna une reproduction. A quelque temps de là, il alla consulter Julia, sans lui dire qu’il me connaissait.
Entre autres choses, elle lui dit: « Tu as dans ton cabinet un buste pareil à celui qui est chez le Dr Rozier. » ’ ' Une dame de mes amies souffrait depuis longtemps d’une maladie d’estomac contre laquelle tous les trai tements avaient échoué; l’eau de Vichy lui apportait un soulagement momentané, c’était tout ce qu’elle ÊËË: .Ju""’ËŸ»Ê-'' ’ . _ - .
Mme LAY-FONVIELLE ET JULIA 111 ' pouvait obtenir. Une nuit, elle rèva qu’elle voyait ve— nir à elle une petite fille qui lui dit: « Veux-tu que je te guérisse ? —- Je veux bien. — Fais une prière. » La dame se mit à prier pendant que la petite fille faisait des signes de croix sur son estomac. La petite fille partit ensuite en disant: « Tu es guérie. » La dame se réveilla à ce moment.
Depuis ce rêve, elle mange ce qu’elle veut et digère très bien, ellè est complètement guérie. Quand cette dame me raconta cela, je lui dis. de suite que ce devait être Julia.
Nous allâmes en semble chez M'”° Lay-Fonvielle, et je dis à Julia: « Pourrais—tu me donner quelques, renseignements sur la maladie de Mm°C...P — Tu lui portais inté rêt, tu m’avais dit de m’occuper d’elle, j’ai été la voir, je lui ai dit de prier et je lui ai fait des signes de croix avec mon pouce. Elle doit être guérie mainte— nant. » La vérité est que je lui avais, en effet, parlé de cette dame, mais sans lui dire qu’elle était malade.
Ce dernier cas est intéressant à un double point de vue: il montre que Julia a le pouvoir de guérir et il établit un lien entre l’état de rêve et l’état de veille. En eflet, Mme C... a fait un rêve, ce qui a été acquis dans ce rêve a persisté à l'état de veille, et enfin le rêve a été raconté par le médium en trance, c’est-à-dire par Julia, le personnage qui a figuré dans le rêve.
Il n’ya pas que dans le rêve que Julia se montre en dehors de son médium. Il y a quelques mois, M. X. alla voir Julia pour la première fois avec Papus; après quelques instants de conversation, Julia lui dit: J’irai te voir ce soir à 10 heures. Le même soir, M. X. était, comme à son habitude, dans son cabinet de travail,
‘[ l2 L’IN1TIATION ne pensant plus à la promesse de Julia. Vers 10 heures, son attention fut attirée par une clarté qui passa de vant ses yeux, et il vit venir à lui une gentille petite fille paraissant avoir cinq à six, ans. Elle était vêtue d’une robe blanche courte, sa tête était nue, ses che— veux châtain foncé, presque noirs, elle tenait d’une main un livre à demi ouvert.
Elle arrivait en sautil— lant et en souriant, comme aurait pu le faire une en‘— faut de son âge. Elle regarda M. X. un instant avec un bon sourire, puis disparut sur place, comme une flamme qui s’éteint. Le lendemain, Papus alla chez 1 ‘“ Lay—Fonvielle.
Julia lui dit: « Tu sais, j’ai été voir ton ami hier soir à 10 heures, comme je le lui avais promis. » Quelques jours après, M. X., rencontrant Papus, lui dit: «J’ai vu Julia, elle est venue me voir à 10 heures, le jour où nous étions allés ensemble chez M"“ Lay—Fonvielle. —— .Je le sais, répondit Papus, Julia me l’a dit. » Ici encore, Julia a bien joué le rôle d’un personnage existant objectivement.
L’exemple que je viens de citer n’est pas unique, M. X. a revu souvent Julia, il a vu aussi Madeleine qui est une gentille petite fille, environ du même âge, blonde aux cheveux bouclés, l’air mutin, éveillé, beaucoup moins sérieuse que Julia, aimant les cou leurs voyantes, etc., mais une bonne petite fille elle aussi. Deux autres personnes, à ma connaissance, ont vu Madeleine, mais pas Julia. Je crois inutile de raconter un plus grand nombre d’épisodes pour prouver la lucidité deJulia;je me con
M'" LAY-FONVlELLE ET JULlA 113 tenterai de déclarer que je n’ai pas encore eu connais— sance d’un seul cas où elle se soit trompée. Doit-on en conclure que, si elle fait une prédiction, ce que, du reste, elle évite autant que possible, on doive compter absolument sur sa réalisation ?
Cela dépend; si la pré diction est telle que son accomplissement soit en son pouvoir, on peut y compter: si, par exemple, elle pro met la guérison d’une maladie, on peut être sûr qu’elle n’a pas parlé à la légère, qu’elle s’emploiera à obtenir cette guérison et qu’elle l’obtiendra en effet.
Mais si la prédiction est indépendante de son action, si elle vous prédit, par exemple, que vous vous marierez dans telle ou telle condition, il est très probable que cela aura lieu, mais ce n’est pas certain. C’est très probable parce que le cliché existe actuellement, et qu‘il est toujours très difficile d’empêcher un cliché de passer en acte, le plus souvent le cliché produira son effet.
Mais ce n’est pas certain, parce qu’il peut arriver qu’un cliché fasse long feu, pour ainsi dire. S’il n’en était pas ainsi, on ne comprendrait pas l’efficacité de la prière: je suis atteint d’une maladie mortelle, n’im porte quel voyant verra le cliché qui détermine ma mort à bref délai, et pourra prédire, à coup sûr, que je mourrai environ à telle époque; dans certains cas même le médecin pourra en dire autant.
C’est bien, en eflet, ce qui arrivera presque toujours. Cependant il y a des exemples, et j’en connais, où une prière fer— vente a brisé le cliché et le malade guérit miraculeu sement; le médecin dit: Je m’étais trompé, mon dia gnostic a été mal fait; le voyant et le croyant disent : 8
1 14 L’INITIATION Personne ne s'est trompé, mais Dieu a exaucé les prières. Quelles conclusions devons—nous tirer de tout cela? C’est que Julia est un être réel, différent de l\ ““3 Lay Fonvielle; en d’autres termes, Mme Lay-Fonvielle n’est pas un sujet magnétique. Si le somnambulisme lucide peut rendre compte de certains phénomènes, il ne peut pas rendre compte des apparitions que j’ai racontées plus haut.
En outre, Julia est un être d’une catégorie très élevée, et c’est ici que je dois donner quelques explications, car pn a élevé des doutes à ce sujet, quelques-uns ont même prétendu le contraire. Examinons donc les principales objections qui ont été faites. Tout d’abord, on s’étonne que le médium se fasse payer; cela était cependant nécessaire.
M““‘ Lay-Fon vielle sacrifiant tout son temps à la mission de Julia, il est assez naturel qu'on pourvoie à son entretien, elle ne peut pas en même temps gagner sa vie et se te— nir à la disposition des consultants. D‘autre part, tout l’argent qu’elle reçoit n’est pas pour elle.
Julia l‘autorise à prélever sur la recette une somme suffisante pour vivre convenablement dans un appartement qui lui permette de recevoir sa clien— - tèle ; le reste doit être affecté à une œuvre de bienfai sance. Enfin, il était nécessaire d’éloigner les flâneurs ; il s’agit d'une œuvre sérieuse et non pas d’un simple spectacle.
Si on laissait venir gratuitement tous les curieux, il y aurait encombrement, et les gens sérieux ne pourraient pas approcher. En outre, un médium
Mme LAY-FONVIELLE ET JULIA 115 est un instrument fragile qu’il ne faut pas surmener; il ne faut jamais perdre de vue que l’invisible ne peut se manifester à nous qu'à l’aide d’un inStrument ma tériel, c’est-à-dire d’un corps physique naturel ou ar tificiel ; quelques mystiques peuvent correspondre di— rectement avec lui, mais ce n’est pas le cas'général, et Julia s'adresse à tous ceux qui viennent la consulter et non pas seulement aux voyants.
Or, tout ce qui ap partient au plan physique est sujet à la fatigue. Un corps artificiel, comme dans les matérialisations, se fatigue tellement vite qu’au bout de très peu d’instants il est obligé de se dissocier. Le corps d’un vivant est donc seul pratique pour des communications de longue durée et devant se produire souvent.
Et cepen dantle corps même d’un vivant doit être ménagé,l’in- ' carnation ne peut pas se prolonger longtemps, ni se répéter trop souvent.
Il y a.des exceptions à tout ce que je viens de dire, mais nous ne devons tenir compte que du cas gé— néral. _ Voici encore quelques objections qui ont été faites: d’abord le mystère qu’elle laisse planer sur son iden— ' tité est un mauvais symptôme; ensuite, s’il est vrai qu’elle donne de bons conseils, rien ne prouve qu’elle n’en donnera pas de mauvais plus tard; elle a fait des conversions, qui prouve qu’elles seront durables P Le médium’a de bons sentiments religieux, dit un autre; nous ne pouvons pas savoir s’il en sera toujours ainsi. ’ Voilà tout ce qu’on trouve pour jeter la suspicion sur la valeur de notre missionnaire. Je ne crois pas
1 l6 L’INITIATION qu’il soit bien difficile de répondre: Julia ne vient pas pour que vous fassiez des recherches sur ses antécé dents, elle vient vous renseigner sur beaucoup de choses qui vous intéressent, le reste ne vous regarde pas ; son passé est très honorable, mais elle a bien rai son de le cacher.
Melchisédec n’a pas dit non plus d‘où il venait, vous avez cependant confiance en lui; du reste, Julia vous dit qu’elle est une petite fille de cinq ans, vous pouvez bien vous contenter de cela, d’autant plus que, si elle vous donnait des détails sur son ancienne famille, après en avoir vérifié l’exactfl tude, rien ne vous prouverait qu‘elle a réellement ap— partenu à cette famille; elle aurait pu connaître ces détails comme elle connaît tant d’autres choses qui ne concernent que ses consultants.
Je ne sais pas plus que vous si M” Lay-Fonvielle sera toujours aussi pieuse, je lelui souhaite; mais si le malheur voulait qu’elle se refroidit vis-à-vis de Dieu, je la plaindrais, mais je n’en conclurais pas qu’elle a été primitivement de mauvaise foi. De même, Julia ne prévariquera jamais, j’en suis bien convaincu, mais si cela arrivait, qu’est—ce que ça prouverait?
Quant à la solidité des conversions, quel est le saint qui puisse répondre que ceux qu’il a convertis persé— véreront ? Et puis..... qui vous prouve aussi à vous que tout ce qui est bon aujourd’hui sera mauvais demain i’ De quel droit suspectez-vous la conduite future de per sonnes que vous reconnaissez actuellement être bonnes ? Un catholique m‘a fait une objection qui lui paraît
M'“ LAY-FONVIELLE ET JULIA 117 plus sérieuse. Julia fait quelquefois incarner à sa place, en M'me Lay-Fonvielle, des esprits qui ont vécu sur terre dans des corps physiques, ce qu’on appelle des « âmes des morts »; mais c’est de la nécroman cie cela ! Or, l’Église défend la nécromancie. La ré ponse est facile : 1° cela n’est pas de la nécromancie; '2° l’Église ne défend pas certaine nécromancie. Qu’est—ce, en effet, que la nécromancie?
C‘est l’art d’évoquer les morts par des procédés magiques.
On conviendra qu’il faut une forte dose de bonne volonté pour confondre un être passif qui, sans aucune opé— ration, sans aucune préparation, reçoit l’impression d’un esprit, de façon à parler comme cet esprit aurait parlé s’il avait encore été sur terre, et un magicien qui, après de longues préparations, fait des cérémo nies compliquées pour faire apparaître extérieurement l’esprit dans un corps artificiel.
Dans le premier cas, il y a invitation, réception amicale, et tout se passe convenablement sous la direction de l’esprit familier; dans le second cas, il y a coercition, violence exercée sur l’esprit, et les choses ne se passent pas toujours paisiblement. Enfin, l’Église défend la magie noire qu’on con fond trop souvent avec la nécromancie.
Mais l’évoca tion pure et simple des morts, sans opérations goé— tiques, est si peu défendue, que beaucoup de saints ont raconté que telles et telles personnes étaient en purgatoire et demandaient des prières ; Christina Mi rabilis parle avec l’âme du comte Ludwig de Loss et lui dit: « Courage, va-t-én et subis les peines de tes péchés, selon le jugement divin; moi, je prends la
I 18 L’INITIATION moitié de ton purgatoire et j’en subirai les tourments dans mon corps. » On pourrait raconter beaucoup d’épisodes du même genre. Je conclus: Il me Lay-Fonvielle est un médium re marquable, d’une sincérité absolue et d’une religiosité digne d’éloges. Julia est un esprit très élevé, d’une merveilleuse lucidité, d'une grande bonté, très secou— rable, donnant d'excellents conseils et qui est desti née à faire beaucoup de bien.
Les spirites peuvent revendiquer Mme Lay-Fonvielle comme médium à incarnations, cette dame elle—même n'y contredit pas ; pour moi, je vois là un cas parti culier d’embryonat: Quelle que soit Julia, elle a voulu se rendre utile à l’humanité, et pour cela elle a été obligée d’embryonner un être humain; seulement, pour conserver toute sa puissance d’action, elle ne réalise son existence terrestre que périodiquement, par courts intervalles; elle échappe à la domination du Prince de ce monde.
Mme Lay—Fonvielle gagne à cet embryonat intermittent, tout aussi bien que s’il était permanent, une direction et une collaboration dans le bien, qui lui sont très utiles pour sa propre évolution. Comme dans tout embryonat d’ordre élevé, l’être humain et l’esprit se prêtent un mutuel se— cours. Dr F. ROZIER.
UN DISCIPLE’. DE SAINT—MARTIN DUTOIT- MEMBRINI D’APRÈS DES DOCUMENTS INËDlTS La vie de Dutoit—Membrini ne fut illustrée par au cune action d’éclat, mais remplie de bonnes œuvres pratiquées en secret et dont Dieu seul fut le témoin. Il mit, en effet, autant desoins à cacher ce qui se passait en son intérieur qu’en mettent d’autres à le publier.
' On ne trouvera donc en cette étude, faite d’après des notes et des manuscrits inédits, qu’un homme pour qui les trompettes de la renommée ne sonnèrent point. Ayant passé sa vie à prêcher l’humilité et l’ab négation de soi—même, il fut calomnié par ceux aux— quels sa conduite intègre et pure parut être une cri tique de la leur et les mensonges répandus à son égard ne le furent que par la haine portée à une piété solide et éclairée. Jean—Philippe Dutoit—Membrini naquit à Moudon,
l 20 L’lNITIATION dans le canton de Vaud, le 23 septembre 1721, de pa rents sincèrement religieux, remplis de probité et de vertus. Son père M. Dutoit avait fait de très bonnes études et pensait entrer dans l’état ecclésiastique. Mais. persécuté par le clergé, il dut n’y plus songer et fut même obligé de quitter pour quelque temps sa patrie.
Il se choisit alors une épouse digne de lui en la per sonne de M"° Membrini, issue d'une famille d’origine italienne et dont il eut un fils unique. Le beau naturel et la grande vivacité du jeune Phi lippe ne tardèrent pas à se faire remarquer et ses pa rents ne négligèrent rien, dans la mesure du possible, pour cultiver d’aussi heureuses dispositions.
Son père, homme d’un jugement très sain, usa constamment envers lui de cette douceur et de cette autorité qui captivent la raison et le cœur, sans qu‘il s’y mêlât jamais rien de triste, de pénible, ni d’ef—' lrayant. Des promenades champêtres, d’innocentes récréations servirent autant que l’étude à orner l’es— prit du jeune Philippe et lui faire aimer la vertu.
Bien des fois ceux qui l’approchèrent l‘entendirent ra conter que dans sa première jeunesse, touché de l’amour de Dieu et du sentiment de sa divine présence, il lui arriva qu’étant seul dans la grange de son père, le sentiment douloureux d’avoir offensé Dieu par ses péchés le saisit si vivement qu’il fonditen larmes. Son père, attiré par ses sanglots, voulut en savoirla cause.
L’ayant apprise, il l’embrassa et lui dit: « Mon cher enfant, prends bon courage et console—toi; Dieu est ton père bien plus que je ne le suis moi-même, il t’aime mille fois plus que je ne puis t’aimer ; aime—le
DUTOlT-MEMBRINI l 2 1 aussi de tout ton cœur, de toute ta pensée et de toutes tes forces, et tu ne l’oti‘enseras plus. » Ces paroles d’un père, si consolantes, parties du cœur et dites si à propos, se gravèrentf dans celui du jeune Philippe en traits inefi’açables, et servirent d’ali ment au feu d’amour divin qui de plus en plus em brasa son âme.
A peine eut-il atteint sa dixième année que son père le conduisit au collège académique de Lausanne pour. y suivre les cours. Son désir d’instruction était si ar dent, son intelligence si vive que bientôt il devança tous ses condisciples et qu’à quinze ans il fut promu avec distinction en philosophie.
Destiné par son désir et celui de ses parents à l’état ecclésiastique, ses progrès dans les études théologiques furent tels qu’à vingt-cinq ans il fut consacré au saint ministère et de plus obtint une chaire.
Peu après, une maladie longue, douloureuse, et qui le conduisit à la porte du tombeau, fut le moyen dont Dieu se servit pour opérer en lui le passage d’une vie naturelle, quoique moralement irréprochable, à une vie toute spirituelle et intérieure. Son âme fut dès lors consacrée à Dieu.
Une lumière céleste s’épandit et pénétra en son es— prit, et lui fit comprendre les saintes Écritures sous une tout autre forme qu’il ne les avait jusqu’alors en visagées. Ainsi, marchant avec fermeté dans les voies du Sei gneur et portant sa croix à la suite de son divin Maître, il renonça à tout projet d’étabiissement tem porel ; la pensée même d’avancer dans les dignités
12 2 L'INITIATION ecclésiastiques lui fut enlevée ; toute autre inclination, désir ou volonté, hormis celle de connaître et servir Dieu en Jésus-Christ, fut pour jamais bannie de son cœur. Il se borna à travailler au salut des âmes. Ses sermons étaient animés d‘un tel esprit de vie. de force et d’onction, qu’on accourait de toute part pour l‘entendre.
Ayant prêché un jour à Berne, sur l‘amour des ennemis, un auditeur s’écria au sortir de ce sermon qu’il faudrait être un démon pour ne point se réconcilier surle champ après de telles paroles, et il s’en fut de suite faire la paix avec un de ses enne mis les plus acharnés. Cela fut ainsi aussi longtemps que lui permit sa santé.
Une fâcheuse maladie vint interrompre le cours de ses prédications; une oppression presque conti— nuelle l’empêcha pour le restant de sa vie de parler en public. L’oisiveté ne fut cependant point pour Dutoit la suite de la privation de la chaire.
La lecture habituelle de la Sainte Bible qu’il savait à peu près par cœur, celle des Pères de l’Église, les classiqueslatins, grecs et hébreux,une correspondance étendue avec plusieurs savants et hommes célèbres, entre autres avec Charles Bonnet, Lavater, Sweden borg et Claude de Saint—Martin; la composition de ses ouvrages et d’un très grand nombre de sermons, discours et homélies sur les sujets les plus profonds comme les plus usuels, la réimpression d‘excellents ouvrages sur la religion et la vie intérieure, rempli rent toutes les heures du jour et les veilles de la nuit. Il s’était procuré la collection complète de tous les;
DUTOIT-MEMBRINI 123 Pères de l’Église, laquelle formait environ deux cents volumes, qu’il estimait énormément. Ce fut à cette époque qu’il publia son traité sur les noms divins ainsi que divers sermons.
Mais sa grande modestie et sa profonde humilité, en com parant ses productions avec le grand nombre d‘ou— vrages sur la vie intérieure que nous possédons, lui firent trouver les siens si inférieurs qu'un grand nombre d’entre eux furent condamnés à être brûlés. S’étant consacré à Dieu, Dieu accepta le sacrifice de tout son être.
Ses paroles, ses discours, ses conseils, ses enseignements soutenus par la grâce et la bénédic— tion de son divin maître eurent leur plein eflet. Une telle vertu, malgré la retraite et l’humilité sin— cère‘de Dutoit, devint la critique des prétendus philo— sophes et des faux chrétiens et ne put manquer d’être l’objet de leurs satires et de leurs railleries.
Ils y inté ressèrent même l’autorité du gouvernement dont la bonne foi fut surprise sous le prétexte que ce nouvel apôtre répandait des idées mystiques et une nouvelle doctrine; mais la saisie des papiers de Dutoit—Mem— brini et leur examen tournèrent à sa pleine justifica— tion et à la gloire de Dieu.
Mais que sont toutes les maladies du corps, les peines extérieures et les persécutions des hommes, comparéegaux peines intérieures, aux dépouillements, aux morts à soi—même, auxquelles l’œuvre du Saint Esprit applique celui qui consent à mourir au vieil homme pour renaître à une nouvelle vie P Dutoit-Membrini épuisa cette coupe amère jusqu’à la lie. Le martyre intérieur que les hommes ne voient
.l 24 L'INITIATION ni n’aperçoivent est sans contredit beaucoup plus douloureux que le martyre extérieur. Les états puri fiants, l’abandon et les délaissements intérieurs sont des routes si pénibles, qu’il faut les avoir parcourues pour les pouvoir décrire.
Mais encore que sont toutes les souffrances de ce monde, comparées à la gloire qui doit un jour être ré vélée aux nouveaux hommes et même aux grâces di vines dont ils sont déjà ici-bas les objets ?
C’est au milieu de toutes ces souffrances intérieures et extérieures de Dutoit-Membrini que la divine Pro— vidence lui donna la compensation la plus douce, par la connaissance qu’il fit de deux personnes aussi dis tinguées par leurs vertus et leur piété exemplaire que . par leur extrême bonté et l’amabilité de leur carac tère: Mm“ Schlumpf, mère et fille, de Saint-Gall (1).
De grandes qualités, un religieux dévouement pour tout ce qui constitue le véritable chrétien, le géné reux sacrifice qu’elles firent des honneurs et des plai sirs du siècle, le renoncement à tout ce qui est du domaine de la nature corrompue, la pratique cons tante de tous les devoirs d‘une âme véritablement chrétienne, telle fut le caractère de ces deux pieuses dames.
C‘est avec ces personnes angéliques que Dutoit Membrini passa les vingt-cinq dernières années de sa vie, dans les prières et la pratique de toutes les vertus chrétiennes, faisant leur bonheur et recevant d’elles (i) Mm" Schlumpf, mère et fille, résidaient à Lausanne, où elles moururent, la première en 1795 et la deuxième en 18l2.
DUTOIT-MEMBRINI 1 2 5 les témoignages continuels d’une tendre vénération, et les soins les plus soutenus dans ses longues et dou loureuses maladies. . Ce fut surtout dans la dernière que la puissance et les heureux effets de son mysticisme se manifestèrent pleinement par sa patience, sa résignation, sa fer—y meté, sa douceur et sa sérénité dans les douleurs les plus cruelles.
Ses jambes énormément enflées, couvertes de plaies, ne lui permirent pas d’entrer dans un lit. Fixé sur un fauteuil, sans pouvoir changer de posi tion, durant deux années, il est facile de se repré senter l’excès d’incommodité, la fatigue et la souf— france d’une telle gêne, jointe à bien d’autres maux. Sa paix n’en fut cependant point altérée.
Sa prière était continuelle; la présence de Dieu ne le quittait point; son âme était aussi saine et dans la joie que son corps était malade et dans la destruction. Sa maxime favorite était que nous devons vivre avec Dieu dans le temps, si nous voulons vivre avec lui dans l’éternité.
Ce qui ne peut avoir lieu qu’en. entretenant un commerce spirituel avec la Divinité, supposant que l'on parle à Dieu, qu’on répand son âme en sa sainte présence, qu’on lui expose ses joies et ses peines, ses tentations, ses péchés et ses doutes; en un mot, qu’on prie sans cesse ce Père céleste infi— niment aimable.
On venait à lui dans la pensée d’adoucir ses maux par les témoignages du tendre intérêt que l’on y pre nait et lui aider à passer sans trop d’ennui le temps, en suppléant par la conversation au défaut de ses
_r . - — _ 126 L‘INITIATION occupations ordinaires; bientôt, la grâce dont il était plein se répandait sur celui qui le visitait; un senti ment doux et religieux le pénétrait ; son cœur s’ouvrait à la confiance, il découvrait au malade ses chagrins, ses peines, lui demandait conseil et sortait d’auprès de lui éclairé, fortifié et rempli du désir d’obtenir encore la faveur de revoir celui auquel il avait cru faire une visité de charité!
Dans les derniers mois de sa vie surtout, Dieu rendait sa sainte parole si efficace par la bouche de son serviteur, qu’on ne l’approchait point sans avoir en le quittant de sérieux désirs de conversion. Cependant, le moment où il allait rendre à son Dieu cette âme qui lui avait été toute consacrée était arrivé; c‘était en janvier 1793 : le sort de Louis XVI l’occupait fortement et il adressait au ciel des prières ardentes pour le roi.
Le 21 janvier au matin, il demanda si le roi était mort —— c’était l’heure même ' Où le martyre se consommait à Paris, —- on lui dit que les nouvelles n'annonçaient point encore la fin de la procédure. Dès cet instant, les approches de sa propre délivrance ne furent plus équivoques; à dix heures du soir du même jour, il cessa de vivre en ce monde; son dernier soupir fut le dernier acte d’un long martyre...
L’attachement, la vénération profonde dontétaient pénétrés tous ceux qui avaient eu quelques relations avec lui étaient trop réels et trop bien fondés pour produire à sa mort une douleur d’éclat, mais elle fit verser beaucoup de larmes, et son souvenir intime— ment lié pour ses amis à tout ce qui est bien, les
DUTOIT-MEMBRINI 127 pauvres surtout qu'il avait tant aimés, le retrouvèrent continué pour eux dans les deux excellentes com pagnes de sa vie.
Le patrimoine de Dutoit avait d'au tant mieux assuré son indépendance que ses besoins comme ses désirs se bornaient au strict nécessaire. , Mais, dès qu’il s’agissait des pauvres, et surtout de ' ceux qui ne l’étaient point par leur faute, il ne con— naissait plus que le besoin de servir Jésus-Christ en leurs personnes ; et, comme il était célibataire et qu’il n’avait des parents qu’à des degrés très éloignés et sans liaison avec lui, il ne laissa ni dettes ni fortune, ayant successivement placé tout son trésor au Ciel suivant le conseil de son Divin Maître.
Cependant, afin d’éviter toute perquisition ou chi cane qui pouvait être faite au sujet de sa succession, il fit un testament le 17 octobre 1790, dans lequel il nomma Mmes Schlumpf ses héritières.
Nous ne croyons pouvoir mieux terminer cette notice biographique qu'en insérant textuellement ce testament, dans lequel il prend à témoin son Dieu en présence de qui seul il écrit, et qui le fait peut-être mieux connaître que tout ce que l’on en a pu dire.
On y voit la fermeté de sa foi, son humilité, sa reconnaissanceenvers ses respectablesamiesauxquelles il demande encore l'aumône pour les pauvres comme dernière preuve de leur attachement envers lui.
«Au nom de latrès sainte, une et indivisible Trinité, Dieu le père, Dieu le fils et Dieu le Saint—Esprit que j’adore et confesse comme le seul vrai Dieu, et devant l’infinie majesté duquel je m’anéantis, et au nom de la très sacrée humanité du Verbe qui s’est fait homme
r 28 L’lNITIATION [FÉVRIER » et est mort pour moi, pauvre, misérable et indigne pécheur, qui remets à ce même Jésus, Dieu et homme, seul sauveur et médiateur, tout mon être pour le temps et l‘éternité, le suppliant de le laver dans son tout précieux sang et me délaissant entre ses mains avec un abandon plein. absolu et sans bornes; me délaissant, dis—je, à sa justice, à sa miséricorde et à l’amour éternel dont il m’a aimé, pour qu’il dispose de moi selon son bon plaisir et sa suprême volonté que j’adore et quej'espère, moyennant sa grâce infinie, adorer avec une entière soumission dans l’Éternité des Éternités.
Amen! « Jen'aipoint deproches parents et d’ailleurs je n'au rais rien à leur donner, puisque j’ai dépensé ou donné pendant ma vie le bien que la divine Providence avait daigné m’accorder. Et au moment que j’écris ceci, il ne me reste qu‘une assez petite rente sur ma tête, qui, vu l'état actuel de la France, serait, selon mon opinion, également réduite à rien quand, d’ail leurs, elle ne s’éteindrait pas à ma mort.
Ainsi je n’ai pas proprement de quoi faire un testament et cepen dant mes circonstances l’exigent.
Mais, quand j’au rais à donner un bien que je n‘ai pas, je le‘donnerais tout entier aux personnes avec qui j’ai eu l’honneur de demeurer, dont la générosité m’a comblé de bon tés vraiment inouîes Ainsi, non pas tant comme don, car je ne sais quel nom donner à ceci. et pour éviter à ces personnes respectables des embarras qu’elles auraient en pure perte après ma mort, j'institue pour mon seul et unique héritier la noble dame Clève Schlumpf ou à son défaut M"° Marie Schlumpl, sa
1901] DUTOlT-MEMBRINI 1 29 -7 n.rî\ <-‘ fille. Qu’elles veuillent bien recevoir ici l’efi'usion du cœur le plus reconnaissant et qui demande à Dieu pour elles ses plus précieuses grâces dans ce monde et son éternelle bénédiction dans l’autre. Et puissent elles, recevoir un jour dans son sein la rétribution de leurs bonnes œuvres. Amen!
« Je prie ces respectables dames de consommer leurs procédés, en voulant bien donner pour moi et en mon intention 50 francs aux pauvres, à qui et comment il leur plaira. Je n’ai pas de dettes et j’espère n’en avoir pas à ma mort qu’elles aient à acquitter et j’aurai soin de n’en avoir aucune.
« Vu mes circonstancesisolées, je crois avoir droit, sans qu’aucune magistrature ait à craindre la moindre recherche, de défendre absolument tout inventaire, sous quelque prétexte que ce soit, et ainsi empêcher que ces respectables dames aient aucun embarras à mon occasion, ce qui serait le plus inutilement du monde, la déclaration que je fais ici de mon avoir, ou plutôt de mon non-avoir, devant et pouvant ample— ment suffire.
« Je casse et annule tout autre testament (suivant les formesordinaires). « Signé :J EAN-PHILIPPE DUTOIT. 4< A Lausanne, le 26 octobre [790. » Tel fut Dutoit-Membrini. On reconnaîtra en lui le véritable disciple de Saint-Martin, l’homme inté rieur, le mystique qui est devenu le nouvel homme. il était tellement pénétré des vérités qu’enseigne o
130 L'INITIATION —.., l’Evangile, que tout ce qui s'en écartait lui causait une peine extrême, qui le portait à faire des répri mandes parfois véhémentes. Mais, si cette sorte de rudesse pouvait paraître pénible à celui qui en était l’objet, elle était cependant sans aigreur et sans amer— tume.
Il suivait en cela la maxime de l’apôtre : Si vous vous mettez en colère, ne péchez point, car, disent les notes manuscrites d'où nous avons extrait cette bio graphie: « Son indignation était contre le péché. et non contre celui qui le commettait ! » Il Les ouvrages publiés par Dutoit—Membrini sont très nombreux; plus nombreux encore sont ceux qui sont restés manuscrits.
Les premiers volumes publiés furent: le Traité sur les noms divins et Gethse’maniet GoIgotha ou la Croix intérieure et extérieure du chrétien, ainsi qu’une pro— digieuse quantité de dissertations, de discours et ser— mons sur divers textes de l’Écriture sainte. Ils furent réunis en 1760 sous le titre de Discours philosophi—V ques et moraux (Lausanne, chez A. Chapuis).
En 1768, il réédita les Lettres chrétiennes et spiri— tuelles sur divers sujets qui regardent la vie inté— rieure, ou [Esprit du vrai christianisme, imprimées jadis à Amsterdam en 4 volumes in-8° et auxquelles il ajouta un cinquième tome contenant sa correspon dance secrète avec Fénelon. Ayant parlé dans une dissertation contenue dans cet ouvrage de l’insuffisance de la raison humaine
DUTOIT-MEMBRINI l 31 pour juger les choses spirituelles, une dame de qua lité, M““’ de Chaudieuveuillan, lui fit observer qu’ayant dit ce à quoi la raison humaine est incapable d'at teindre, il aurait dû montrer les avantages et tous les innombrables secours qu’elle rend à l’homme.
Ayant composé quelques traités sur cette matière, il resta trente années sans songer à les publier: ce ne fut qu’en 1789, à la suite d’une circonstance impré vue et exhorté par une personne de son entourage, qu’il publia en 1790 la première édition de la Philo sophie divine, dans laquelle il traite: des causes du peu d’effet de la morale, de la réfutation des princi pales objections des incrédules contre l’Évangile ; de ce que l’on doit entendre des cieux purs et des cieux impurs dont parle l’Écriture sainte ; de l’esprit astral ; de la magie naturelle, spirituelle, angélique, diabo lique, divine; de l’esprit et de l’âme ; de leur diffé rence; de leur immortalité ; de la puissance du Prince de l’air d’après ce qu’en dit saint Paul ; du magné tisme; du somnambulisme; des prophéties, des pro diges et divers miracles qu'ont opérés les païens ; des trois révélations; de la croix et de sa loi universelle appliquée à tous les êtres ; des inspirés et des illumi nés modernes; de la théologie mystique et des sens cachés de l’Ècriture, etc., etc. Cet ouvrage ne fut pas plutôt publié, que l’auteur en republia une nouvelle édition à Lyon en 1793, augmentée d’un troisième volume et de notes très profondes sur des sujets de haute théosophie. Cet ouvrage contient en somme un système sublime de vérités révélées à l’homme au moyen de la triple
132 L’INITIATION manifestation, vérités jetées çà et là dans ce livre sans ordre apparent, les cachant ainsi à la raison hu maine. Une troisième édition en fut publiée en 1810, sous le titre de Science du Christ et de l’homme, et fut tra— duite en italien, en espagnol et en russe.
Plusieurs des amis de Dutoit trouvèrent tant de plaisir à lire ses sermons et les discours qu’il avait composés depuis qu’il avait dû renoncer à la chaire, qu’ils le sollicitèrent de les publier, ce qu’il fit en 1764, sous le titre de Sermons de Théophile (Franc fort—sur-Mein, 1764).
Ce fut à la suite de cette publication que ses amis conçurent le projet de faire imprimer successivement ses discours, ce qui aurait formé une collection d’une dizaine de volumes.
C’est dans ce dessein qu’ils don nèrent en 1800 les trois premiers volumes, sous le titre de Philosophie chrétienne, exposée, éclaircie, dé montrée et appuyée sur l’immuable base de la révéla tion, ou la véritable religion pratique, expliquée et rendue à sa pureté primitive.
L’éditeur avait formé le projet de publier tout ce qui restait des manuscrits de l’auteur, mais des événe ments fâcheux accompagnés d’un esprit d‘opposition de la part même de ceux qui auraient dû l’encoura— ger, vinrent en interrompre la publication.
La doctrine de Dutoit inculquait, en effet, avec tant de force, le règne de Jésus—Christ en nous pour y détruire tout ce qui s‘oppose à l’établissement effec tif du Verbe divin que la plupart des personnes pieuses de l’époque ne goûtèrent nullement cette doctrine,elle
DUTOlT-MEMBRINI 133 leur parut trop sévère, ou, comme elles disaient, «trop légale » ! ' Notre notice ne serait pas complète si, après avoir énuméré les écrits de Dutoit—Membrini, nous passions sous silence les nombreux ouvrages qu’il fit réimpri. mer en les enrichissant parfois d’excellentes pré faces. En 1760, ce furent les Entretiens d’une âme dénote avec son Dieu, de G. Guillaume, dont il retoucha le texte et l’orna d’une préface.
En 1766, il engagea un libraire de Lausanne à réim primer les Sermons de Nardin en cinq volumes, et en 1770, l’lmitation de Jésus-Christ, sous le titre de Kempz‘s commun. En 1791, il fit mettre sous presse: le Mystère de la croix afilz‘geante et consolante de Jésus—Christ et de ses membres, petit in—12. sans aucun changement et sans notes explicatives.
L’auteur de cet opuscule fut un M. Douzedan, Français d’origine qui, après la ré vocation de l’Édit de Nantes, se réfugia en Allemagne et exerça la médecine à Ofl‘embourg. Lié avec un ami qui, par la suite, devint ministre de l’électeur de Saxe alors régnant, il fut invité par celui—ci à venir à sa cour, voulant par son moyen découvrir certains se crets de la philosophie hermétique, et que M. Douze dan n’était point disposé à divulguer.
Le refus qu'il fit de se rendre à cette invitation lui attira la haine de l’électeur _de.Saxe qui le fit enlever de force de sa mai- ' son d’0fi'embourg et l’exila dans la forteresse de Son nestein. C’est dans cet exil qu’il composa le traité du Mystère de la Croix.
134 LÏ.\‘ITlA'I‘lON On lui doit encore plusieurs éditions de la Pratique pour se conserver en présence de Dieu, in-12, 1777. La première édition fut en très grande partie distri buée gratuitement, puis elle fut réimprimée plusieurs fois sous le titre de Présence de Dieu ; la dernière édi tion est de 1812. Mais ce qui donne à Dutoit-Membrini les plus grands titres à notre reconnaissance, c’est que nous lui devons une édition complète des œuvres de M“ Guyon. Il avait, en 1768, donné une édition des lettres de cette mystique célèbre; ce fut en 1790 qu’il fit réimprimer sa vie en trois volumes, et continua dans la suite à donner au public le restant de ses œuvres. Le tout forma une collection superbe de quarante volumes in-12, qu’il augmenta d’une étude sur M'“‘ Guyon et le caractère de sesécrits. JOANNY BRICAUD». Q
ÉLÉMENTS D’I—lÉBREU Cours de première année professé à l’École libre des Sciences hermétiques (session 1899-1900). Par SÉDIR (Suite) Au point de vue kabbalistique, les lettres. sont classées comme, suit: On trouve en hébreu : trois lettres ‘mères, sept doubles et douze simples. Les trois mères correspondent à la trinité et ce sont: :8, D. Il]. . Les sept doubles, aux sept planètes: D, Il, '7, :1, 5,"). 11.. Les douze simples, aux douze signes du Zodiaque: ",l't,1; 11,12, '1, 5, a, D, 2, 1:, p, -1. Voici une autre classification d’après Agrippa (;Phz‘l. occulte):
136 L'INITIATION .1! IOUJVKQXZH B I‘ A Z h A M IN II P 2 T A D II I O T Q @EQXW S m)))))))))))n0u)»»)»)m»»)) .s D flîflDk/DDUVÏDIWZÂTZDÎNN—‘v YSHÿQmÎ:m..æxxb%d©ëoCDCOA8 fill?
ÉLÉMENTS ; a D‘HÉBREU 137 g IV. — ou SlGNE PRODUISANT LA RACINE Les éléments de la parole sont la voix, le geste, les caractères tracés. Ses moyens résident dans le son, le mouvement et la lumière. ' Mais ils existeraient en vain si la volonté, puissance créatrice et indépendante d’eux,n’était intéressée à les ettre en œuvre et capable de le faire. La voix et le geste sont toujours les mêmes quand ils expriment la même affection intérieure.
Mais les caractères varient pâ‘rce qu’ils ne peuvent pas être tracés sans une convention préalable : l’écriture est le fruit de la réflexion; les deux autres éléments sont spontanés; mais la variété des caractères destinés à exprimer telle émotion a réagi sur le geste et surtout sur la voix et en a différencié les inflexions dans les divers peuples.
Une racine est toujours monosyllabique et bilitté raie; trois lettres sont la contraction de deux racines. A la naissance de la langue, le signe est un nom, mais ce nom s‘efface par le développement du peuple pour constituer le signe. Un signe isolé dans le dis cours est, en hébreu, un article. à Il\ ls La racine présente toujours un sens universel; pour le spécifier, il faut découvrir si elle est employée comme nom, comme verbe ou comme relation.
13 8 L’INITIATXON I Ex. : WN désigne le centre vers lequel tend la volonté, le lieu où elle se fixe, la sphère d'activité dans laquelle elle agit. Comme nom: c’est un désir, un objet désiré, un lieu, une île, une région. un foyer, un gouvernement. Comme verbe, c’est l’action de désirer une chose, de tendre vers un lieu. Comme relation, c'est le rapport abstrait [du lieu où l'on est, de l’objet où l’on tend, de la sphère où l’on agit.
La relation est extraite par la pensée du signe,.du nom ou du verbe. Ily-en a trois sortes : 'r° Relation désignative ou article. qui marque le rapport du signe au nom. 2": Relation nominale ou pronom, qui marque le rapport du nom au nom. 3° Relation adverbiale, adverbe, qui caractériselé rapport du verbe au verbe ou au nom. L’article peut être une relation proprement dite ou article, une propositi0n ou une interjection.
Il y a six articles en hébreu; ils n’ont ni genre ni nombre. Ce sont: .1: Il peut ou déterminer le nom, c’est le, la, les, ce, cette, ces; — ou exprimer une relation de dépendance, du, de la, des; de ce, de cette, de ces; — ou ajouter un sens emphatique au nom qu’il précède: ô, oh, ah ou simplement le !.. 5: Relation de réunion, de possession, de coïnci— dence :-à, au, à‘ la, aux, de, du, des, pour, selon, vers, etc. au“12W
ÉLÉMENTS D’HÉBREU 139 73 : Un nom est pris pour moyen, pour instrument, est distrait d’une série d’autres noms : de, du, des, parle, avec, en, au moyen, parmi, entre. :2 Un peu plus fort que le précédent: en, dans, le, chez, avec, à l’aide de, tout en. ;>: EXprime la similitude, l’analogie, la concomi tance: comme, en, tel que, de même que, d’après, suz'yant, selon, az'nsz‘que, à l’instar. ‘ ‘q: Exprime un mouvementconjonctif ou conver tible : et, aussi, ainsi que, puis, ensuite, que.
Ces six articles deviennent prépositions quand ils sont composés de plusieurs caractères et qu’ils agissent isolés ou simplement réunis aux mots par un tiret; ce sont des interjecfions quand, ainsi isolés, ils n’offrent plus aucun rapport avec le nom ou le verbe. Les dic tiormaires donnent des listes copieuses de ces locu tions. ë. V. — DU NOM. Le nom est la base du discours; il y* est lié au signe comme le signe lui est lié.
C’est pourquoi la plupartdesnoms hébreux sont'des signes particula risés. De là l’erreur destraducteurs du Sepñer qui ont toujoursrendu l’e-signe, par le nom: on traduit jar din au lieu de sphère organique; Het{ traduit arbre, au lieu de substance végétative. Voici les règlesque donnent Court de Gébelin et Fàbred’Olivet pour ne pas tomberd‘ans les mêmes errements: 1‘ Comparer beaucoup de langues entre elles pour en connaître une seule ;
140 L'INITIATION 20 Savoir que toutes les voyelles tendent à devenir consonnes, et les consonnes voyelles. 3° Donc suivre ce mouvement, distinguer la voyelle mère de la voyelle vague; cela est très facile pour l'hébreu; 4° Savoir qued’une langue à l’autre les consonnes se substituent les unes aux autres, surtout celles de même touche : Touche labiale: :1, D, '1, douceur, aménité.
Touche dentale : 1, u. ce qui touche, tonne, reten tit, résiste, protège. Touche linguale: 5,1, mouvement rapide, recti ligne ou circulaire. Touche nasale: 7:3, .‘1, mouvements rentrants et sor— tants. Touche gutturale : Il, :. ‘J, | , objets creux et pro fonds, l’emboîtement. Touche sifflante: ‘1, D, 1.“, objets sifiiants et aériens. Touche chuintante: 7, 12:, n, mouvements légers, sons doux et durables, objets agréables.
5° Voir que les sept voyelles mères peuvent se subs tituer les unes aux autres et qu’elles tendent à s'é— teindre dans le son clz allemand. Quant à la pratique de l’étymologie, il faut ne sup poser aucune altération dans un mot dont on ne puisse rendre raison; distinguer les caractères radi caux d’un mot des caractères accessoires; classer les mots par familles; distinguer les primitifs des com posés; éviter toute étymologie forcée. Enfin être ca pable d’appuyer l'étymologie d’une preuve historique ou morale.
ÉLÉMENTS D’HEBREU 141 Les noms hébraïques sont ou substantifs, ou qua lificatifs,et ils sont en petit nombre dans la langue de Moïse; ou modificatifs, ou facultatifs. Les qualificatifs sont souvent suppléés par des ar— ticles: H, D, 7:), J. 4 Les facultatifs sont ce que les grammairiens actuels appellent participe présent ou passé; ils se forment par l'adjonction dans un substantif du Signe lumineux et intellectuel '1 ou 71.
C’est du dernier que sort le verbe. A a « L’hébreu n’a que deux genres, le masculin et le féminin; ce dernier se forme du premier en y ajoutant la terminaison :1. Il n’a non plus que deux nombres; le duel n’est qu'une modification du pluriel. Les noms masculins forment leur pluriel par l’addition de la syllabe :1 et les féminins par celle de la syllabe rfi. n «t a La déclinaison n’existe pas en hébreu.
Les noms y reçoivent leurs mouvements au ;moyen des six ar ticles précédemment décrits et de la relation désigna tive nN. n t a Les noms hébraïques,en se classant dans la phrase suivant le rang qu’ils doivent y occuper, éprouvent
142 LÏNITLATION une légère altération dans le caractère final: c’est la construction; c’est le nom régissant qui est d'ordi naire modifié, à l’inverse de ce qui se passe dans les autres langues. _ Les noms, au singulier, terminés par un autre caractère que n, n’éprouvent pas cette altération; ils sont simplement réunis au nom suivant par un tiret.
Ceux qui sont terminés en n le changent en n. 3‘ Vl. — mas PRONOMS Les pronoms absolus sont relatifs aux personnes ou aux choses. Ce sont: Je, moi, uN, ‘3‘1,JZ\‘. Nous, un: ou n:n:N. Tu masculin, nnN. Vous masculin, DnN. Tu féminin, Vous féminin, înN. Il, lui, Nm. Ils, an. Elle, N1n, Nm. Elles, in. Les pronoms relatifs sont de tout genre et de tout nombre: 5N, mis, ce, celui. în, n:n, voici, est-ce que. 5wx, lequel, qui, ce qui.
5n, est-ce que; que si le. x‘t, 7't, "1, ce, ceci. ‘73, qui, lequel. :57, W, l".\*7, ce, cec1. n73, qu01, que, qu'est-ce. nn, ce, celui, voici. nB,cettechose-là,ce lieu-là. n a «v Les al’fixes indiquent l’action des personnes ou des choses sur les choses. Les aflixes nominaux correspondent à nos pronoms possessifs.
ÉLÉMENTS D'HÉBREU ‘ 143 Les affixes verbaux correspondent ânes pronoms. conjonctifs. On en trouvera la liste dans tous les dictionnaires. 5 VII. — LE VERBE Il Qn’y a qu’un verbe: nia, être—étant; tous les autres verbes sont des combinaisons de celui—ci avec des noms; âce verbe ne change point la nature des noms, mais il ne fait que les rendre vivants de la vie dont ils recélaient en eux-mêmes les principes.
Ce verbe unique a pour principe, en hébreu, le signe de la lumière‘l; sa substance est la vie universelle et absolue représentée par la racine min, qui n’est jamais un nom. Le verbe en lui-même est immuable, il ne connaît ni genre, ni nombre, ni inflexion; il remplit tout, comprend tout, amène tout.
Mais dans cet état, il est incompréhensible pour l’homme; il ne se rend sen sible qu’à la faveur de la substance dont il se revêt: cette substance est le nom facultatif élevé à la vie. verbale. Les modifications du nom verbalisé sont au nombre de quatre : la forme, le mouvement, le temps et la personne.
4»*I6 Vannes PARTICULIERS. — Le génie hébraïque ne laisse que rarement les verbes se former de la racine dissyllabique, sans ëy ajouter un caractère qui en modifie ou renforce l’expression. Cette adjonction est initiale ou terminative; lorsqu’elle est initiale, le caractère ajouté est 7 ou a; lorsqu’elle est terminative,
144 L'INITIATION I unma.“ 5 c’estle caractère final qui se redouble. Ces verbes sont dits radicaux-composés. Les grammairiens, qui n’ont pas fait d’étymologie, les prennent tantôt pour des verbes radicaux, tantôt pour des verbes irréguliers. Les verbes radicaux sont ceux qui se tirent de la racine et qui sont monosyllabiques.
Les verbes dérivés sont ceux qui se tirent d’un substantif composé; ils sont toujours bisyllabiques. . ’ 5 VERRES NOMINAUX, mruaxron VERBALE. — Le sens des verbes radicaux est facile [à découvrir puisque la racine n’y est compliquée que du signe 1. Le sens des verbes radicaux-composés, plus dif— ficile à découvrir, dépend de l’influence que la racine et le signe initial ou terminatif exercent l’un sur l’autre.
Le 7 donne à l’action verbale une force exté— rieure plus énergique, plus durable, plus apparente; le J rendra cette même action plus intérieure et plus enveloppée. L’adjonction terminative double la force du signe final. Voici comment les verbes s’infléchissent à l’aide des articles: Mouvement énonciatif1ä5n,l’action de régner. Mouvement déterminatif 115mn.l’action même de régner, de l'action de régner.
Mouvement directif 1157:5, selon l’action de régner, à régner, pour régner. Mouvement extractif 1157373,par l’action de régner, en régnant. Mouvement médiatif T5333, en action de régner, en régnant. " '4;-‘:Êl‘gâ sa":
ÉLÉMENTS D’HÉBREU 14,5 Mouvement assimilatif T5733, conforme à l’action de régner, tout en régnant. ' Mouvement conjonctif 115731,et action de régner. Mouvement désignatif ‘1‘157’3-m2, l’action telle de régner; celle qui le constitue.
Il faut remarquer que l’article 'j reprend toute sa force convertible devant le futur ou le passé: le futur devient passé et le passé futur, à peu près comme fait en françaisla conjonction conditionnelle si: Si j’étais dans dix ans au bout de mes travaux, que je serais heureux. êVIII. —— DES MODIFICATIONS DU VERBE FORMES VERBALES: Positive : quand l’action verbale s’énonce simplement.
Le mou vement passif y est indique par le .1 et le n. lntensitive : s'exprime par le clzirek. remplaçant du 3 placé après la première lettre. Excitative : transporte sur un second sujet qu’il faut mettre en mouvement; elle s’exprime par le n. Réfléchie, ou réciproque : elle s’exprime par la locution n n. actif, du dedans au dehors, d’un agent sur un objet: j’aime. Le MOUVEMENT est passif, du dehors au dedans, par un objet sur un agent: je suis 1aimé. [0
146 L’lNITIATION -.J Le TEMPS reste une énigme pour qui se renferme dans le cercle des sensations; et pourtant les sensations seules lui donnent une existence relative. C‘est, d’après d’Olivet, une mesure de la vie, comme l’espace est une mesure de la matière. Plus un peuple est vieux, plus sa grammaire possède de temps.
Les langues du Nord de l’Europe n’avaient primitivement que deux temps: le présent et le passé; comme les langues de l‘Asie occidentale, qui paraissent venir de l’Afrique, n'avaient que le passé et le futur. De même qu’il y a trois couleurs fondamentales, il y a trois temps principaux. Les Hébreux ne connaissaient pas le présent, que le génie de leur langue concevait comme un point insai sissable dans la progression du passé au futur.
Le je suis n‘est jamais eXprimé que par le pronom seul ou le facultatif continu. FORMATION DES TEMPS. *— La Personne et le Temps sont aussi inséparables que le terme et le mouvement. Les trois éléments de la parole, la voix, le geste et les caractères, quoique agissant ensemble, sont plus particulièrement actifs, la voix dans le Verbe, le caractère dans le Nom, et le geste dans la Rela tion.
Ce geste est donc la source de tous les pro— noms (i): , Le geste identique produit la première personne, je, moi, un: l’être se manifeste. Le geste mutuel produit la seconde, tu, toi, une; l’être mutuel. (r) Cl. Harris, Hermès, I, 5. — Apoll. De Synt., H, 5. Prise., XI]. , ' .. s‘ "‘>‘"-""I‘"“' mz tell! 4
ÉLÉMElVTS D’HÉBREU 147 Le geste autre ou relatif, la troisième, il, lui, N'-IN; l’être autre. Ces pronoms personnels sont soumis au genre, au nombre et à l’inflexion des articles; ils déterminent| aussi le temps des verbes (1 ). Après s’être contractés de façon à se distinguer des affixes verbaux, ils se placent devant le verbe nominal pour former le futur, et après pour former le passé.
Le second moyen qu’emploie l’hébreu pour indiquer le temps est de laisser subsister le "i pour le futur, de l’éteindre dans le facultatif fini, de le supprimer dans le passé.
De sorte que la troisième personne de ce temps est identique à la racine d’où dérive le Verbe. ê IX. — DES CONJUGAISONS Nous ne reproduirons pas ici les exemples que donne Fabre d’Olivet: la place nous manquerait pour le faire; nous nous contenterons de l‘envoyer à l’ori ginal les étudiants qui voudraient approfondir cette question.
5 X. —-— DE LA corzsrnucrrou DES vannes, DES ADVERBES, ETC. il n’y a qu’une règle suivant laquelle les affixes verbaux se réunissent aux verbes: toutes les fois qu'une modification verbale quelconque reçoit un afiixe, elle le reçoit en se continuant avec lui: c’est— à-dire que, si cette modification, quelle qu’elle soit, a un constructif, elle l’emploie dans ce cas. (i) Gebelin, Gramm. Uniy.,p. 25. \
148 L'1NITtATION FACUL’1‘ATIFS. — Ils se construisent avec les aflixes verbaux comme des noms. VERBE NOMINAL. — On a déjà parlé de sa construc tion; tous les détails à ce sujet se trouvent dans le tableau des Conjugaisons. VERBE TEMPOREL. — Au futur le signe ‘I disparaît. Le caractère final change seulement dans les conju gaisons irrégulières.
Il en est de même pour le tran sitif, pour le passé, la première personne du singulier et du pluriel, la deuxième et la troisième du masculin singulier et la troisième du pluriel en ne changeantque le point-voyelle. Mais la deuxième et la troisième du féminin singulier et la deuxième du masculin et du féminin pluriel changent de caractère final.
1 e e RELATIONS ADVERBIALES. —— Il ne faut pas confondre l’adverbe et le modificatif (Ex. : doucement, forte— ment, docilemenl) qui modifie l’action verbale selon la teinte du nom dont il découle. L'adverbe dirige et indique l’emploi du Verbe. Ex. : dessus, avant. Con trairement à l’opinion des grammairiens, les adverbes sont déclinables, et en hébreu encore plus qu’en français.
On voit ici que le cercle de la Parole se referme en tendant au signe par la relation. Il existe entre l’ad verbe et négatif, oui et non, jN et 51% ou n: et N5 : la substance et le verbe. Ces deux expressions montrent à l’analyse qu’elles renferment non seulement l’essence de la Parole, mais celle del’Univers, qui tient toutentier . entre l’affirmation et la négation.
ÉLÉMENTS D'HÉDREU 149 1 L’affirmation adverbiale existe par elle-même, d’une manière absolue, indépendante, renfermée dans le verbe dont elle constitue l’essence; car tout verbe est affirmatif. L’interrogation n’a lieu ordinairement que par le tour de la phrase; sinon, on emploie les deux mots i:N ou Dm.
La négation s’exprime par N5 =non, la cessation, l‘opposition; ou px, l’absence et le néant. ‘ DES CARACTÈRES PARAGOGIQUES. — Ce sont des lettres ajoutées sans raison au milieu des mots, ce sont: N. .‘I, 7.1,: et n. Les hémauthes sont des lettres ajoutées au commencement ou à la fin des mots pour en mo— difier le sens. Ce sont les mêmes sauf que le '1 y est remplacé par le 7:). Ils ont le sens indiqué plus haut, quand nous avons parlé des signes.
1‘ 5 I CONCLUSION. — Le principe de la Parole existe indé pendamment des organes qui serventà le manifester. Celui-là existe immuable dans l’essence divine; ceux ci en sont des réflecteurs plus ou moins homogènes. Ces derniers tendent à refléter la perfection unitaire dont ils émanent; c’est là la raison vraie du perfec tionnement des langues.
Le signe est la base unique de toutes les langues du monde; il découle directement du principe éternel de la Parole; il se borne aux inflexions simples de la voix. Les peuples qui ont distingué ces inflexions de leurs combinaisons en les représentant par des carac tères ont développé le langage sous le rapport des
150 L‘INITIATION formes extérieures. Les peuples qui ont confondu ces inflexions simples avec ces mêmes combinaisons, comme les Chinois, ont perfectionné les images inté— rieures dulangage : les Égyptiens, qui possédaient à la fois le signe littéral et la combinaison hiéroglyphique, devaient être, et étaient en effet, le peuple le plus éclairé, au point de vue temporel.
Les racines, en nombre fini, sont les combinaisons de deux signes: leur sens passe du général, de l'indé- . fini au particulier, au défini, ainsi que le dit Platon. Au moment où le signe donne naissance à la racine, il produit la relation. Les idées particulières s’agglomèrent autour des racines primitives; celles-cideviennent idiomatiques, reçoivent les modifications du signe, forment une foule de mots.
Alors le verbe unique, jusqu’alors sous entendu, s’approprie une forme analogue à son es— sence : dès que l‘esprit humain a conçu le Verbe, la substance s’allume, la vie verbale circule. La Parole est dès maintenant divisée en substance et en verbe; le signe qui transmet toute sa force à la relation, lie ces deux parties du discours, les dirige et les cons— truit. Dès lors tout dépend de l’état temporel des noms.
L’impulsion que la Nature reçoit de l'Être des Êtres est communiquée aux langues; leur multiplicité pri mitiVe tend sans cesse à l’unité. Les langues se mêlent, luttent les unes contre les autres, meurent, naissent, jusqu’à ce qu’une nation fasse dominer sur toute la terre sa langue enrichie de toutes les découvertes passées.
ÉLÉMENTS D’HÉBRL‘U 151 On voit que l’étude de l’hébreu n’est, aux yeux de d’Olivet, qu’un prétexte pour saisir le fonctionnement de la faculté qui distingue l’homme entre toutes les créatures. Nous n’avons voulu que suppléer dans une faible mesure à‘la lacune que la rareté et le prix élevé de son admirable livre mettent trop souvent dans les études des chercheurs. Nous souhaitons vivement avoir rempli notre but. 4 Â.\J
ll“° GAMME GRATŒlI-GLÀVEL JUGEE PAR UN CATHOLIQUE Je suis reçu, au 4° étage du n° 82 de la rue de Cli chy, par le père de la voyante. Chrétien depuis long temps exempt de sectarisme, M. Gratien-Clavel est un habitué des cours de la Sorbonne. Ce qu’il espère de toute sa foi, c’est le règne du Saint-Esprit et la paix universelle. Un homme qui, comme lui, connaît par expérience le spiritisme et ses phénomènes troublants, ne s'est point épouvanté de ce que sa femme a des songes prophétiques, et de ce que sa fille d’adoption, dès son enfance, aeu des intuitions extraordinaires au sujet de son petit entourage. Bien au contraire, il s‘est intéressé à ces faits transcendants qui peuvent contribuer au progrès des connaissances humaines. Ce progrès, il le pressent très prochain, grâce à une nouvelle effusion des dons du Saint-Esprit, dans la religion elle-même du Christ. M. Gratien-Clavel est donc arrivé à ce point où il faut choisir entre le sen tier de droite et le sentier de gauche. Nous sommes à peu près du même âge : je souhaite de pouvoir che— miner avec lui fraternellement sur le premier. M'M Gratien-Clavel a le privilège d’être avertie des intentions de tout futur visiteur: l’invisible protège donc cette famille. Par excès de modestie, cette ai mable personne ne me dit que fort peu de chose sur
MADEMOISELLE CAMILLE GRATIEN-CLAVEL JUGÉE [53 ses facultés supérieures. Elle a parfois vu en astral agir ses ennemis; comme sa fille a vu, dans l’état se cond, en quelle partie d’un corps humain était une unaladie. Elle voit ses questionneurs entourés d’ani maux symboliques; j’ai 1ieu de croire que je n'étais pas escorté de trop vilaines bêtes.
M"° Camille Gra tien a révélé que les Boers seraient secourus de trois côtés, d’abord obligés de se concentrer (dans leurs montagnes), puis victorieux, parce que les Anglais souffriront du manque de vivres ainsi ‘que d’une épi démie. La France devait être mêlée à « une guerre à l’étranger ». En effet, la guerre de Chine a éclaté. En 1901, un homme éminent doit disparaître. ainsi que la reine d’Angleterre (1).
M‘“ et Mlle Gratien me parlent de divers faits de prophétisme ayantrapport àdes particuliers. Un jeune médecin a pu apprendre d'un esprit élevé, par l’in termédiaire de la voyante, le nom latin d’une racine qui devait lui servir pour une formule médicale; après la rédaction de celle-ci, il a eu un succès impor tant.
Une jeune personne était soupçonnée d’un vol dans un magasin : M“° Gratien a signalé la coupable, quand on ne soupçonnait que d’autres personnes, en annonçant qu’elle entrerait portant au côté gauche une fleur rouge entourée de violettes, et qu’on la re connaîtrait à un trouble qu’elle ne pourrait cacher. Dans un village non loin du Mont Saint-Michel, elle (1) Journal du magnétisme, juin 1900, 23, rue Saint-Merri: la prédiction est du 7 mars 1900.
Or, la reine d'Angleterre vient de mourir, six mois après cette prédicti0n. Quantité de soldats anglais meurent d’une épidémie.
154 L’INITIATION n’a pas seulement assuré à un adjoint qu’il, garderait sa situation après les élections nouvelles, mais qu’il allait sauver une personne de l’engloutissement dans les grèves.
« Vous aurez la vérité, dit-elle à ce fonc tionnaire municipal, si vous voulez croire à saint Michel et au temps prochain du triomphe du Saint— Esprit. » L’adjoint, d’abord sceptique, fut obligé de croire à la voyance de M"“ Gratien, quand il sauva, quelques heures après, un homme au moment de se noyer. Elle a prédit que la fontaine de Saint—Aubert, au Mont-Saint-Michel, reparaîtra quand la religion aura de nouveau triomphé.
' ' M“° Gratien dit le Pater et d’autres prières chré— tiennes, enfin de brèves invocations mentales. Ce dernier point va la rendre suspecte aux catholiques: je le sens ; mais l’impartialité m’oblige de le signaler. Il y a des enseignements occultistes récents, emmaga sinés dans cejeune cerveau et voisinant avec les doc trines du catéchisme orthodoxe.
M"° Gratien est catholique; mais elle a l’indépendance d’esprit d’un jeune homme très instruit, l’intelligence assez ouverte pour s’être assimilé déjà les éléments du sanscrit et. de l’hébreu, le caractère assez élevé pour repousser toute croyance imposée par la contrainte, toute préten tion d’un sectarisme intolérant.
La voyante s’endort avec lenteur d’un sommeil. extatique, sans avoir la crise ordinaire des somnam— bules, mais après avoir récité ses invocations menta lement. L’esprit me parle à peu près en ces termes, après. que j’ai réclamé des prophéties pour les lecteurs de
MADEMOISELLE CAMI‘LLE GRATIEN-CLAVEL JUGÉE 155 l'Inz‘tz’az‘z’on : « C’est par la patience qu’on obtient tout... Une source qui vient du ciel ne tarit point : qui la re cherche peut la trouver et en attirer les eaux bienfai santes. » « Aujourd’hui, de grands événements se préparent) Des prophètes vont surgir: car Dieu protège ses en— fants ; et tout ce qui arrive a son but. « Dansl’Orient, je vois comme une lumière...
Il ne faut pas se laisser aller au découragement ; mais être fort, au milieu des dangers de l’initiation... Je ne puis apporter pour toi que ce qui vient du ciel. L’erreur, c’est la nuit, c’est l’ignorance : l’erreur n’existe pas dans ceux qui ont la charité, l’espérance et la foi. « Aujourd’hui, je ne veux pas tout dire de suite. En. une fois on ne peut apprendre tout. Et cependant tu crois. Je suis heureux de trouver la foi en toi.
Tu luttes contre le mensonge... Nous allons sur les lieux pour mieux nous assurer des faits, quoique ce soit marqué dans un,lieu plus élevé. C’est l’Inde dont il s’agit... Je vois dans l’Inde les esprits se révolter de plus en plus contre la dureté anglaise. Dans les esprits, je vois une guerre. Cela doit arriver par rapport à un événe— ment qui est dans le Saint-Esprit... Une terrible guerre, mais pas tout de suite...
D’abord, il y aura des bagarres horribles. Des missions seront attaquées; on croira que des hommes sont sortis de la terre pour les persécuter. Mais quel triomphe après l... Oui : mais avant que cette guerre commence vraiment, il faut compter... pas tout à fait jusqu’à la fin de l’an née 1901 comme vers octobre. Il y aura d’abord des crimes. La police les poursuivra mal... On dirait que
156 L‘INITIATION les Indous suivront les Boers. Ils les soutiennent déjà dans leur guerre... « Il y a plus loin dans l‘Inde de grands initiés. C’est très difficile d‘avoir accès dans leur pays. Cette guerre fera venir en Occident des initiés sortis du Thibet, des supérieurs maîtres. Ils y trouveront la révélation. Ce sera peu après le commencement de la guerre. Ceci fera un tel soulèvement, un tel cercle I...
Il y aurades réunions privées et publiques. Ils feront faire un pas de géant aux sciences occultes ; mais pas tout de suite: ils attendront qu’un trouble soit passé. 0 quelle lumière l... Ces grands initiés seront d’abord à la cam pagne... II y en a qui croient au Saint-Esprit... Puis ils viendront à Paris. Ils y seront poussés. Des maîtres plus tard resteront en France. Ces maîtres sont très prudents.
Ils donneront la lumière, avec l'aide d’in terprètes, un peu avant de grands troubles qui écla teront en France dans deux années. « En France, ce ne sera pas la guerre (cette année). mais des troubles, des bagarres, qui ne sont pas si proches qu’on ne croit. Ce n’est pas dans une se maine, ni dans un mois. Les véritables troubles sont plus éloignés... Un des plus beaux théâtres de Paris va brûler... « La France va être mêlée à une guerre.
Elle défen dra une puissance ressemblant à la Hollande (sic). Elle soutiendra une autre puissance vers l’Orient. « En Russie, l’empereur, qui, comme son père, veut la paix du monde, a été empoisonné. Il serait mort, si les ardentes prières d’un peuple qui l'aime ne l’avaient pas sauvé. On veut encore l’empoisonner a{_wnæW
MADEMOISELLE CAMILLE GRATIEN-CLAVEL JUGEE 157 pour qu’un mauvais règne àla place d’un bon ; comme on a voulu empoisonner Léon XIII avec des fraises et des œufs. « En 1903, je vois des morts... « Le temple de la paix s'élèvera sur des pierres encore tachées de sang humain. Deux partis contraires s’uni ront. L’erreur disparaîtra devant la lumière. Après le temps des grands troubles, il y aura un âge d’or, le règne du Saint-Esprit...
O pauvre France! On vou drait bien aujourd’hui qu’elle fût persécutée, brisée, coupée en morceaux! Mais ils ne pourront pas en dé vorer le cadavre. La France restera vivante... Ce com plot vient de l’Est et du Sud. L’ltalie, je la vois plus acharnée que l’Allemagne. En Corse même... Oh! le Nord est appelé à nous défendre toujours ! « Les méchants seront à leur tour persécutés l... « Une âme telle que Jeanne d’Arc va surgir...
« Cet être qui s’avance aura un air tellement magna nime que l’ennemi reculera... Le souffle vivant peut tout... L’initiation ne vient que du ciel. Les hiéro phantes d’autrefois l’avaient... On reçoit tout du ciel quand on a appris à s’élever au-dessus des instincts de la terre (16 janvier 1901). » Le 23 janvier, la voyante ajoute : « Léon XIII rece-. vra d’en haut une révélation peu avant sa mort...
« Au sujet de l’affaire Dreyfus, il y aura un éclaircis sement complet, après de nouveaux débats entre les deux partis, en juin\1901 : la vérité sera reconnue. « La France échangera une colonie avec l’Allemagne pour un pays qu’elle a perdu. « En 1903, la France sera engagée dans une guerre
1 5 8 L'INITIATION terrible. Deux nations, puis cinq y prendront part. Puis la guerre sera générale. « Un homme aux sentiments élevés sera aussi glo rieux que Napoléon. Il arrivera de l’Orient pour se courir la France pendant la guerre. « En 1905, grâce au Messie de l’Occident, commen ceront les événements qui amèneront le règne du Saint-Esprit et feront élever le temple de la Paix.
« Alors, après de terribles épreuves, et même une lutte entre les voyants, la religion chrétienne, grâce à des lumières nouvelles, triomphera dans l’univers. Elle sera prêchée dans toute sa pureté, selon l’Évan gile de Jésus... » M“° Gratien a bien voulu encore me communiquer cette prophétie, qu’elle a écrite de mémoire peu après l’avoir reçue d'une âme bienheureuse: « Le temps est venu où la lumière de l’esprit doit éclairer la terre.
Les quatre portes doivent s’ouvrir et les quatre génies de Dieu vont transformer la terre, et lui donner un cinquième sens, celui du Saint-Es prit. « L’heure est sonnée où la bataille de peuple contre peuple va cesser: 1910 ne verra plus le sang couler; il verra cesser toute rivalité; 'âge d’or arri vera enfin. Mais avant, que de luttes 1...
Au milieu de ces guerres qui correspondent d’un continent à l’autre, il y a victoire pour les justes et peine pour les méchants. ‘ « La lumière du Saint-Esprit s'avancera triom phante sur les âmes, pour les conduire. Des inspirés, des guérisseurs soulèveront le monde; et tout cela
MADEMOISELLE CAMILLE GRATIEN-CLAVEL JUGÉE 159 après ces guerres qui ont commencé avant 1900, pour arriver à 1910. « Il y aura un rude hiver en 1906, un Cyclone, un tremblement de terre à l’étranger, dans des terres qui furent autrefois sacrées; des catastrophes dans des villes. Mais, au milieu de ce chaos, un temple s’élève, et le vainqueur tendra la main au vaincu.
« Celui qui, en ce temps, repoussera l’ère nouvelle «qui soufflera sur les âmes sera vaincu par la justice de Dieu. " « La terre, jusqu’à ce temps, se transformera. Elle sera, et elle est déjà bouleversée. Mais dans son sein, il y a une ar‘che qui protège les illuminés. Prêtres, sa_ vants, inspirés feront un cercle pour illuminer le monde. Je vois avant peu le triomphe de la vraie reli gion. Des prêtres soutiendront l’ère du Saint-Esprit.
Il y aura d’abord des luttes entre deux partis dans cette vraie religion; avant d’arriver à ce triomphe de l’ère sainte, de 1908 à 1910, des sociétés d’illuminés transformeront la terre... » . . o . . . . . .
De ce qui vient d’être exposé, il résulte que M“° Ca -mille Gratien a la voyance naturelle; d’après ce qu’elle a bien voulu m’expliquer, tantôt elle répond au con sultant, en arrivant à s’abstraire du milieu ambiant par la concentration volontaire de sa pensée, et parle les yeux ouverts et fixes, ou le plus souvent fermés; tantôt, après de ferventes prières, son âme, grâce à ses guides, traverse les régions astrales où errent des esprits que Saint-Martin Ïappelait « voisins dange reux », arrive à un plan élevé, yreçoit une direction
r 60 L'INITIATION [FÉVRIER des entités de ce plan ; et alors ses paroles sont inspi rées par ces dernières. A ceux qui savent etqui peuvent, de vérifier ces asser tions, que rien ne m’autorise à mettre en doute, vu la franchise et la piété de M"° Gratien. Les catholiques apprendront avec intérêt que pour M"e Gratien le règne du Saint-Esprit n’implique pas la suppression des souverains pontifes, comme l’ont cru des joachimites au xm° siècle.
« Le règne (du Saint-Esprit), dit Vintras, sera le troisième et le dernier... Le monde a vécu sous le règne de la crainte depuis Moïse jusqu’à Jésus-Christ, sous le règne de la grâce depuis Jésus-Christ jusqu'à nos jours, et il va passer sous le règne de l’amour dans I’Œuure de la Miséricorde.
Dans la troisième (pé— riode), Dieu choisit pour organe- Pierre-Michel qu’il chargea de recevoir, d’écrire et de répandre ses com— munica/iom divines, au sujet de l’alliance qu’il va re_ nouveler chez les hommes. » (Opuscule sur des com munications annonçant I'Œuvre de la Miséricorde, in-16, p. 38.) Or, si Vintras s’est égaré, d’autres voyants peuvent aussi s’égarer, soit au début, soit après quelque temps.
Apprécier ce que deviendra M“° Gratien, cela ne m’est donc point possible. Mais je n’ai point le droit de supposer qu’elle deviendra une mystique hé— térodoxe : car il est à la rigueur possible que la Provi dence se serve d’elle: ses parents ont jadis usé des pratiques du spiritisme, au moins de l'évocation par des prières; c’est une raison pour que cette famille soit écoutée du monde spirite. du» yang.....W . : ’ —
190)] SON-LUMIÈRE—COULEURS DANS L’ASTRAL 161 ’-4xi[‘ ‘ -' Mme Gratien-Clavel m’a fait l’honneur de me dire qu’il lui fut prophétisé, avant la naissance de sa fille, que celle—ci recevrait un jour le don de prophétiser et aurait beaucoup à souffrir. J’ose espérer que la publi— cation de cet article ne sera pas la cause de ces souf frances. ‘ SATURNINUS.
INTRODUCTION A L’ÉTUDE tu « Son—Lumière-ttouleurs » dans l’Astral par TIDIAHEUQ (Suite) Réalisation. — Dans les chapitres précédents, j'ai indiqué qu’à mesure qu’augmentait la sensibilité des sujets, la perception des sensations colorées parais sait aussi s’accroître. Pour les expériences délicates auxquelles nous au rions à nous livrer, il faudrait un contrôle beaucoup plus sérieux que ceux employés dans les phénomènes d’auditions colorées.
Dans Comment on devient alchimiste, Jollivet-Caste— lot s’exprime ainsi : « L’extase consciente, telle est la fin que se propose l’adepte, mais ce n’est point en un seul coup, d’un élan qu’atteindra ce but le néophyte. l]
162 L’INITIATION « Auparavant, il faut avec lenteur et courage déve lopper ses facultés psychiques latentes par la luci dité, le somnambulisme raisonné, puis, lorsqu’on est sûr de ses forces, essayer par progression savante le dégagement du corps astral qui formera le deuxième terme de l’entraînement, l’Extase mixte avec médita— tion.
« Enfin, si l’initié s’en montre digne, parvient à la volonté suprême, il conquerra l’Extase pure, médita tion suave qui lui permettra de participer à la vie universelle, d’obtenir une extraordinaire puissance, extraordinaire pour le profane, l’ignorant. « L’initié se nomme alors adepte.
Voilà l’opérateur qu’il faudrait, mais ce n’est pas chose facile à rencontrer; et les vrais adeptes qui voient ne laissent passer de la vérité que ce qu’ils croient utile de livrer. A défaut d’adepte, il faudra se rabattre sur un initié, sur un sage qui voit déjà dis tinctement une partie de la Lumière; cet initié opé— rera lui-même et notera ses impressions. Deux initiés pourront opérer séparément et contrôler leurs ré— sultats.
L’initié étant toujours un esprit cultivé est bien plus apte que n’importe quel sujet à mener à bien ces sortes de travaux. A défaut d’un adepte, il reste à faire l’emploi d’un sujet sensible, plongé dans le som meil magnétique et voyant soit dans le cristal, le miroir magique, la coupe de cristal,le verre d’eau ou directe ment sur une surface sombre. Lorsqu’on parle projection du son en astral, on a‘ un guide sûr dans les Incantatz‘ons du maître
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 163 Sédir. Après un travail aussi élevé sur cette question, il est difficile de traiter un pareil sujet, on s’expose à faire œuvre de plagiaire et à ne produire qu’un travail inutile et insignifiant.
La mystique pure est comme l’astronomie; il n’est donné qu’à un petit nombre d’élus de devenir vrai— ment maîtres en ces hautes sciences, ils font bien bénéficier la masse de leurs découvertes, mais leur langage et leurs formules sont loin d’être acces sibles à tous.
Aussi laisserai—je le travail sur les Incantatz’ons dans le plan élevé où il plane, pour ne m’occuper de ce sujet qu’en le plaçant sur un som met bien moins haut, dans le voisinage de la ligne de jonction où la parole touche à la théorie des sciences modernes.
C’est donc dans cet ouvrage qu’il faut s’instruire et saisir le côté élevé de la question.J e n’y ferai que deux emprunts : 1° Un résumé très rapide, que je modifierai, des pré cautions à prendre pour opérer les expériences; 2° Ce qu’est un Mantra (Incantation) ; 3° J’indiquerai les figures que contient l’ouvrage et qui sont ce qu’on a de plus complet pour le mo— ment en fait de formes de sons colorés.
Je discuterai alors comment ils peuvent se produire d’après les théories modernes de l’optique. Ce sera surtout la partie originale du travail. Précautions à prendre (envers le sujet choisi). L’équilibrer. _ _ A. Préparation Le débarrasser des influences perturbamces et 6101 gner les élémentals qui peuvent l’environner.
164 L’1NITIATION B Heures a Choisir pour l‘opération le cour lier du soleil ou la nuit choisir L’heure où la digestion est terminée. C. Contrôler les témoignages par la répétition et l’emploi Opération ’ Éviter les transmissions de pensée, les suggestions. de l de divers sujets. contrôle Des Mantras. — Il n‘est guère facile de faire comprendre aux personnes non initiées aux tra ditions indiennes ce qu’il faut entendre par Mantra.
L’exposé en a été fait d’une manière saisissante par l’auteur des Incantatz‘ons dans son ouvrage (I). Il faudrait tout lire le chapitre de « la Voix de Brahma » pour saisir ce qu’est un Mantra, soit une « Invocation magique », invocation qui aura son contre-coup dans le monde de la phé noménologie. ’ « Une des correspondances les plus secrètes des Mantras entre le plan objectif et les plans supérieurs s’appelle en sanscrit Bidjas.
La pratique des incanta tions repose sur cette théorie que certains sons, lors— qu’on les prononce, produisent dans l’éther une vibra tion qui peut, si elle est suffisamment active, se pro— pager jusqu’à des milieux plus subtils. La nature de cette vibration ne peut pas être examinéesous le point de vue ordinaire dela physique.
Tout ce que nous pou— vous dire, c’estque tels sons, appelés Bidjaksharas, ont été classés d’après leurs effets; les forces latentes dans les lettres sont les Bidjas; et toutes les lettres de l’al ailier. ...........ÿ ,.,_ -s (1) Il s’est appuyé sur la Conférence faite par Gobalacharlu, en 1891, à la Société théosophique de Madras. Lui—‘5‘... ,1gj ,,..
SON—LUMIÈRE-COULEURS DANS L'ASTRAL 165 phabet sanscrit jouissent de cette propriété. Leur puis sance_ peutêtre étudiée au triple pointdevuedeVishnou, de Siva et de Lakti; ces dénominations se composent de forces multiples que l’on peut analyser, le Mantra ; les écrits qui traitent de cette science (appeléeyAgamas) ‘ se servent pour la décrire d’une phraséologie conven tionnelle. En voici un exemple : « Unis Mandala et Vishnou ».
Il ne faut pas prendre Mandala comme le nom de l’arbre qu’il est ordinairement, cela veut dire que le son magique ra doit être uni au son magique (Bidjakshara) Vishnou a et se prononcer ara; on voit que pour comprendre de tels écrits une initiation est nécessaire.
Parmi les modes d’emploi des Bidjaksharas, on peut signaler celui qui consiste à les placer en tête d’un vers: la déclamation du vers a pour résultat la production du phénomène physique que gouverne le Mantras initial. Si cependant l’orateur est doué de pouvoirs occultes suffisants... La Gouhya Vidy est la science des pouvoirs mystiques du son et des Mantras ».
A dessein on a introduit des sons dans certains Mantras qui les rendent ou inefficaces ou en retardent l‘effet. Le mot 0m joue un rôle considérable dans les incantations. La théorie hindoue, en somme, divise le monde en deux parties, l’une matérielle (ou qui nous paraît telle), l’autre spirituelle. Ce sont les Univers visi-. bles et invisibles deCrookes dont nous avons parlé.
Le yogi s’entraîne successivement dans les manières spirituelles animiques, illuminatives, physiques et soniques. « Cette dernière étude consiste dans l’identification ZZË L':E wrL *»
166 L’INITIATION mm - """" I du mental avec les sons physiques répartis en dix classes; ce procès aboutit à la compréhension du son primordial, Aum, le Logos. » Le sanscrit a cinquante lettres réunies en trois groupes, chaque lettre a une vertu difiérente et cer— taines lettres correspondent aux divers éléments.
Exemple:ka, à, a, etc., pour l’élément air, pa, pha, ba, pour l’élément éther, etc. Avant d'aborder les expériences, je ferai les remar ques suivantes : dans la Table d’Ëmeraude,il est dit : «Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. » Aussi croirai—je que, si les phénomènes d’audition co— lorée en astral sont réellement objectifs et non illu soires, ils doivent trouver leurs explications dans les lois connues de la physique, sinon totalement, du moins en partie, car chaque jour élargit le champ des conquêtes scientifiques.
Ce n’est pas toute la phrase du Mantra qui a de la puissance, mais seulement certaines lettres, certains sons, le premier énoncé surtout imprime sa valeur à l’incantation. Certains sons agissent surl’air, d’autres sur l’éther, etainsi de suite. C’est ce que nous avons vu dans un ordre beaucoup moins élevé (au chap. 1) avec les voyelles qui seules colorent le langage et donnent l’impression de la vraie lumière colorée. Le son mère serait Aum.
A vrai dire, on peut le prononcer de différentes manières dont certaines étrangement compliquées. Il me reste à parler des formes étudiées par l‘au teur des Incantati0ns lorsqu’il se livrait à ses recher ches. '
SON-LUMIÈRE—COULEURS DANS L’ASTRAL r 67 Les sons, dit-il, sont: Voyelles. 1' Les sons articulés Consonnes. Formules magiques. Sons musicaux . 2° Les 50’“ ‘nartlculés l Bruits (du vent, de l’eau, du choc, etc.). Les figures obtenues (i) sont pour les Mantras, par exemple : trois cercles enchaînés, placés en triangle et colorés d’un bleu vif. Un triangle subdivisé en trois autres triangles de couleurs différentes.
Une suite de triangles comme imbriqués les uns sur les autres, d’un bleu vif,avec deux courants alternatifs chaud et froid. Puis ce sont des cercles enchaînés; des soleils irra diés, des croix avec un cercle au centre, des cou ronnes, des croix rayonnantes sur un fond formé de deux triangles opposés et séparés par leur base, etc. Tout cela est figures de Mantras.
Les consonnes de l’alphabet latin BE, CE, DE, FE forment quatre ellipses dont le grand axe est hori— zontal ; elles sont respectivement de couleur verte, rouge, bleue et violette. Les sons LE, ME, NE, PE sont figurés par des dis ques multicolores animés d’un mouvement rapide de rotation. Les voyelles latines donnent: A. Carré vert pâle avec points rouges ; E. Sorte d’ellipse pointue rouge vif; I. Ligne sinueuse double bleu pâle ; U. Triangle violet foncé. (1) Consulter les Incantation, Sédir.
168 L’INITIATION Les notes musicales ont comme projections des figures géométriques colorées assez simples: carré, ellipse, traits qui se coupent, triangle, courbes, croix, etc. Hypothèses. — Avant d’entrer dans le domaine des hypothèses, comme nous avons affaire à des phéno mènes de vision, il faut rapidement examiner l’op— tique et les théories qui la régissent. La couleur n’a pas une existence propre.
C’est une sensation que certaines vibrations de l’éther commu— niquent à l'organe vivant_de la vue. On peut imaginer des yeux qui n'auraient pas la sensation de couleur. Si on perçoit la couleur mentalement ou en fer mant les yeux, on peut se figurer le rouge, mais on ne le voit pas. C’est de la souvenance, il faut l’avoir vu pour le saisir ainsi; et l’aveugle de naissance ne sau rait en avoir la moindre idée exacte.
Dans nos expériences, c’est une réalité; on voit du rouge, du bleu, etc.; il y a donc eu ébranlement de l’éther, d'une manière peut-être beaucoup plus délicate que dans la production du rouge ou du bleu dans les cas ordinaires, il n’y a pas moins eu un ébranlement que l’état magnétique dans lequel se trouve le sujet lui permet seul de percevoir. Comment se produisent les couleurs ?
De différentes manières : 1° Par dispersion ; 2° par interférence ; 3° par pola risation; 4°par opalescence ; 5° par fluorescence ; 6° par phosphorescence; 7° par absorption. Cela nous donne de la marge pour bâtir nos hypothèses.
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 1 69 \ La lumière se transmet a notre œil grâce aux ondes de l’éther mis en vibration par la source lumi neuse de la même manière que les ondulations de l’eau ébranlée viennent frapper le rivage. Un corps non lumineux par lui-même renvoie l’onde lumineuse par réflexion; les corps polis fortement, les corps mats plus ou moins faiblement; le tout à une vitesse de 300.000 kilomètres à la seconde en chiffres ronds.
On n’est pas exactement fixé sur ce qu’est une onde, sur la manière exacte dont vibrent les atomes. Est-ce par choc P par pression ? par répulsion P par éloigne ment ? par contact ? 1° La production des couleurs par dispersion est produite par le passage d’un rayon lumineux à tra vers le prisme. Nous obtenons les sept couleurs du spectre : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet. Les espaces colorés sont inégaux.
La différence dans la longueur d’onde produit la différence dans la couleur. La plus grande longueur donne le rouge, la plus courte le violet. D’où théoriquement un rayon rouge, que l’on fe— rait vibrer de plus en plus fort, passerait par toutes les couleurs du spectre.
Il semblerait y avoir en ceci une certaine corréla tion avec ce qui a été dit au sujet d’un bruit qui de vient de plus en plus strident (Un sensitif le perçoit rouge, jaune, bleu, violet, noir). Les couleurs du spectre sont seules pures, les couleurs reflétées par les différents objets sont toujours mélangées de lu mière blanche qui vient se combiner à elles. Sous le rapport de la luminosité (question impor— V-Ii:', r A
170 L’INITIATION \ tante au point de vue de la constitution de la lu— mière blanche et de certaines des expériences que nous avons à vérifier), les couleurs se présentent ainsi. Je réduis à l‘unité pour la commodité: rouge foncé,8; rouge pur, 49; rouge, 110; rouge orangé, 277; jaune orangé, 698; jaune, 89; jaune verdâtre, 303; vert, bleu, no; bleu, 49; outremer, g; violet bleu, 3 violet, r. J’appelle l’attention sur le jaune orange.
Le jaune, c’est le soleil,la lumière par excellence, du moins elle nous paraît jaune et dore tout de ses reflets. 2° Les couleurs produites par polarisation n’exis tent pas dans la nature, elles sont produites dans les laboratoires en faisant passer par réflexion un rayon lumineux à travers un polariscope.
On place en avant du prisme de Nicol une lame mince de sélénite ou de sel tartrique, etc., et on voit alors se produire les cou leurs les plus variées, moins brillantes qu’avec le prisme ordinaire, mais beaucoup plus étranges et dans un désordre relatif. Les pourpres, les roses, les verts pâles, les teintes bleuâtres, grises, métalliques se montrent.
C’est à signaler, car en étudiant nos figures nous voyons de pareilles teintes indiquées et qui sont en dehors du spectre normal. C’est du en partie à la lumière blanche qui se combine avec les couleurs. Suivant les cristaux, employés, en pellicules fort minces, en dehors des couleurs apparaissent des des— sins colorés : anneaux, raies, fils lumineux, imitation de pierres précieuses taillées, végétations, etc., c’est 7 .merveilleux. Si on tourne le verre du polariscope, on
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL [’71 met la figure en mouvement, les lignes se coupent et s’an iment.
Lorsque la lumière polarisée traverse des cristaux dans la direction de leurs axes optiques, des phéno mènes d'un genre différent se produisent : « Une série de couleurs semblables à celles de l’arc— en-ciel, disposées en cercles concentriques, se mon trent sur un fond blanc; une croiæ gris foncé coupe les cercles colorés et, après les avoir partagés en quatre parties égales, va se perdre sur le fond blanc qui les entoure.
Si l’on change un peu l’ajustement de l’appareil, la croix grise devient blanche, et alors les anneaux prennent les teintes complémentaires. Cer— tains cristaux fournissent deux séries d’anneaux, la croix sombre est commune aux deux, ou bien elle se déforme au point de n’être plus reconnaissable (I). Un verre chaufié et brusquement refroidi, ou forte— ment comprimé, offre parfois des phénomènes colorés avec anneaux et croix.
3° Pour les couleurs produites par interférence. c’est le même principe que par polarisation, seule ment on les trouve dans la nature lorsqu’on regarde les jeux de la lumière traversant les pellicules minces. La bulle de savon est le meilleur exemple. J’ai déjà dit que la lumière blanche privée d‘un de ses éléments donne la lumière colorée.
Suivant la nature et l’épais— seur des pellicules, elles nous paraîtront revêtues de teintes différentes, elles font oflice de cribles, ne (i) Théories scientifiques des couleurs, Rod. (expériences de Brewster).
1 72 L’INITIATION *fij laissant passer que tel ou tel rayon coloré. Les teintes des couleurs des plumes d’oiseaux, des carapaces d’in sectes, du verre antique irisé et de beaucoup de mi néraux sont dues à l’interférence. Notons que les teintes sont dues surtout à l‘angle sous lequel s‘opère la réflexion. En faisant varier cet angle, on fait varier les teintes.
4° Les couleurs produites par opalescence sont le résultat de l’interférence de la lumière, déterminée par la présence de particules matérielles invisibles. C’est à cela qu’est attribuée la coloration bleu azurée du ciel, l'opale à l’aspect opalescent, d‘où le nom. C’est une lumière bleuâtre en général ou jaune, accompagnée de beaucoup de lumière blanche.
5° Fluorescence (pour mémoire), le sel d’uranium, le thallium, etc., placés dans l’obscurité et sou mis à un rayon violet, s’illuminent et prennent des teintes; 6“ Phosphorescence (pour mémoire), le sulfure de baryum, de strontium, de calcium, exposés à l’action rapide d’un rayon solaire, qui brillent ensuite dans l’obscurité avec teintes variées. 7° Couleurs produites par voie d’absorption.
Pour cela, nous faisons traverser la lumière à travers un verre coloré qui ne laisse passer qu’une teinte. Ou par les autres corps qui absorbent toutes les couleurs et ne réfléchissent qu’une couleur variable. La lumière blanche ou colorée nous impressionne, nous donne une sensation, mais n’a pas d’existence propre, au point qu’en fixant un corps blanc sur un fond noir et en regardant brusquement dans un lieu —e«‘.-J
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L‘ASTRAL I 73 noir, non éclairé, on a un certain temps la persistance de la sensation. Parfois la perception est colorée. Il a longtemps été admis qu’il y avait trois couleurs fondamentales (I) : r 2 3 donnant : Rouge Bleu Jaune (1 et 3 : orangé.) Violet Vert \ Pour les couleurs servant a teindre, à dessiner, c'est exact, mais lorsqu’on se sert des couleurs du spectre, de faisceaux lumineux, ce n’est plus juste.
Cette théorie est fausse, car dans le spectre il y a plus de "trois longueurs d’ondes. — L’expérience directe le prouve également, la lumière bleue pure avec de la lumière jaune pure du spectre, mélangées, ne donnent pas de la lumière verte, mais de la lumière blanche (2). Il en est de même du rouge et du vert bleuâtre. Les physiciens au contraire sont portés à croire que les (3) couleurs fondamentales sont le rouge, le vert et le violet.
Toutes les fois que deux couleurs pro duisent de la lumière blanche en se combinant, elles sont dites complémentaires. C’est ce qui arrive pour le vert et le rouge, le bleu d’outremer et le jaune; l’orangé et le bleu cyané. Suivant leur éclairage, les couleurs changent d’inten (1) Théorie de Brewster. (2) Expérience d‘Helmholtz: L. bleue violet + L. verte: L. bleue. L. verte + L. rouge = L. orangée. (3) Théorie dite de Youq.
1 74 L’INITIATION sité à mesure que la lumière diminue. Disparaissent successivement : jaune, bleu d‘outremer, jaune orangé, bleu cyané (il ne reste alors que le rouge, vert, violet) puis le violet, rouge, vert disparaissent successivement et il ne subsiste plus qu’un vert très faible faisant place à un gris.
Les couleurs elles-mêmes se transforment suivant l’éclairage; l’orangé passe au brun, le bleu de Prusse au bleu gris foncé, etc. La lumière blanche mélangée même en petite quantité aux autres couleurs leur fait changer rapidement leurs teintes primitives. Comme nous nous proposons de classer les sons et les couleurs et d’établir les rapports qu’ils peuvent avoir entre eux, il nous faudrait un modèle type des couleurs.
Ce qui a été fait de mieux dans le genre sont les cercles et les bandes colorées de Chevreul. Les couleurs types sont bien prises dans le spectre, mais leur graduation est arbitraire, et à vrai dire la science n’a pas pu encore réaliser un vrai plan de classification des couleurs. (1 et 2). Après l’optique passons à l’acoustique.
Le son est le résultat de certaines vibrations de l‘é— ther rendues sensibles à notre oreille grâce à l’air ou à tout autre milieu dense. Sans ce milieu, le son n’en existerait pas moins, seulement il ne serait pas percep tible pour un système acoustique organisé comme le nôtre.
Le son musical est dû aux vibrations de l’éther (i) Les Gobelins se servent de 28.000 nuances diflérentes. (2) Également la grammaire de la couleur de Guichard (760 planches coloriées).
SON-LUMIÈRE-COÜLEUBS DANS L’ASTRAL 175 d’une égale durée et d’une certaine persistance ébran lant l’air; son degré de puissance sera son intensité. Des sons de même puissance, mais émis par divers instruments, diffèreht entre eux par le timbre.
Sui— vant la longueur des ondes sonores, le'son est ou aigu, avec des ondes courtes, ou grave avec des ondes lon gues, c’est sa hauteur. (Cette longueur va de 4 milli mètresà 10 mètres dans la pratique.) Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de vibrations sonores au delà de ces limites, mais notre oreille normale ne sau rait les saisir comme notre œil ne voit rien en dehors des vibrations qui s’étendent plus loin que le rouge et le violet du spectre.
Reste à savoir si l’oreille et l'œil d’un sensitif ne peuvent rien découvrir au delà des limites admises, sans nul doute qu’on peut se pro noncer pour l’affirmative.
Les traités de physique nous renseigneront sur : la gamme, la tonique, la tierce, la quinte, l’octave, les accords, les ventres, les nœuds, les harmoniques, la résonance, l’interférence, le battement; le tout est basé sur les nombres; cependant l’arbitraire y joue un grand rôle et Fabre d’Olivet dans sa Musique a pu dire A:« Les quatorze sons chromatiques sont tous faux sans exception. »Car, après tout, en fixant à 870 vibra— tions'par seconde le diapason qui donne le la normal, on n'a fait qu’une convention.
On peut dire que musiciens et savants ne sont pas toujours d’accord, les premiers basent leur manière de voir sur un certain empirisme, sur l’oreille, la cul ture musicale; les seconds, sur l’expérience, les cal culs. Les uns disent : tel son est beau, est bien, est
1 76 L'INITIATION juste, car il frappe agréablement l’oreille, il éveille telle émotion, peu importe le nombre exact de ses vibrations; les autres disent : tel son pour être vrai, juste, scientifique, doit donner tant de vibrations. avoir telle hauteur, etc. _ J‘insiste, car cela nous donne comme une échappée sur l'inconnu. Partant de là, chaque son aurait presque une vie propre, indépendante des autres.
Une gamme ne serait pas une suite de vibrations plus ou moins nuancées, mais une réunion « d’êtres différents ». Effectivement chaque note vue en astral a une forme très différente et ce n‘est nullement une même figure se déformant plus ou moins à mesure que les vibrations augmentent d'intensité pour enfanter la gamme.
« Une singulière divergence, dit M. Lavignac, existe entre les musiciens et les physiciens : ces derniers, se basant sur des calculs positifs, veulent absolument que l’a! dièze soit plus bas que le re’ bémol, tandis que les musiciens guidés par leur sens artistique affirment énergiquement le contraire. » Nous avons vu précédemment que les couleurs ' pouvaient être générées de différentes manières; il en est de même de la gamme.
Une cloche, une verge, une corde qui vibrent donnent un son fondamental, mais qui est accom— pagné d’autres sons nommés harmoniques, et cela provient que l’ensemble du corps ne vibre jamais en bloc; ses parties diverses peuvent donc engendrer des sons différents.
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 177 C’est de l’utilisation de ces sons annexes en plus ou moins grand nombre que dépendront les diverses formations de la gamme. On prendra deux, trois, cinq harmoniques. Les gammes connues sont la grecque (deux harmoniques), celle dite d’0rphée (chinoise et écossaise), de Terpandre, de Pythagore, de Pto— lémée.
' « On voit que les modulations les plus simples exigent l’introduction de notes nouvelles très peu différentes de celles de la première gamme, en sorte que, pour pouvoir transposer dans tous les tons une harmonie quelque peu compliquée, il faut un nombre de notes irréalisable; c’est—à-dire que la mu sique juste ne saurait être confiée à aucun instru ment, et ne saurait être exécutée que par les voix humaines. .« Quant à l’harmonique distinct qui est le neu— vième, c’est la quinte du troisième augmentée d’une octave.
Il ne peut donc apporter à la gamme aucun son qui ne se trouve déjà dans les. gammes de Pytha— gore et de Ptolémée (t et 2). ' Ainsi, en donnant une figure à chaque son distinct, nous voyons par cette citation que nous tomberions dans la multiplicité infinie; il faudra donc modifier notre première hypothèse (3). (1) Voir dans Revue scientifique, mars 1900: génération d la gamme diatonique, par Léon Boutroux. ' (a) Léon Boutroux, lac. cit. (3) Voici les rapports des sons de la gamme tempérée avec [2
178 L’INITIATION Il m’a paru nécessaire de rappeler succinctement ces notions de physique élémentaire pour mieux faire saisir les hypothèses émises plus loin; néan— moins, les personnes qui voudront étudier réellement les phénomènes de projection du son dans l’astral au point de vue du contrôle scientifique ne devront pas craindre d’entrer à fond dans les considérations beaucoup plus complètes qu’enseignent les gros traités de sciences.
Elles n’y trouveront pas tout, car les lois qui régissent l’Akasha échappent en partie à l’analyse directe. ‘ M. Gopalacharlu a dit précédemment que les vibra tions produites par les Mantras (Incantations pronon cées) ne pouvaient être examinées sous le point de vue ordinaire de la physique. Comme en toute chose, il doit y avoir du vrai et de l’inexact dans cette assertion. Les résultats de l’incantation sont visibles, palpa— bles.
Les moyens employés (formules, sons, rites, etc.) le sont aussi. Ce sont des choses sinon connues par tous, du moins par une minorité. Le miraculeux n‘existe pas. Si donc certaines lois physiques en jeu nous sont encore inconnues, elles pourront être ceux des gammes de Pythagore et de Ptolémée.‘ Soit ut à 240 v. par seconde. ut ré mi fa Gamme de Ptolémée.. 240 510 300 320 _. tempérée.. . . . 240 269 2/5 301 g]; 320 3/ n y a donc --— de Pythagore.
240 270 303 3/4 360 des dif_ Sol la si ut férçnces Gamme de Ptolémée.. 360 400 450 480 sens‘bles' — tempérée.... . 359 3/4 403 a/5 453 480 —- de Pythagore. 360 405 455 5/8 480
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L‘ASTRAL 179 .««* . ...-. .--r . .- .-.-. -, saisies avec le temps, et quelques-unes nous sont expliquées par des hypothèses très soutenables. Passons à la pratique et commençons les expériences. Un médium choisi, avons—nous dit, où l’expérimen« tateur préalablement entraîné voit. Nous allons rappro cher les résultats obtenus des observations scientifiques énoncées tout à l’heure.
Il est connu que les phéno mènes lumineux dits magiques ne se produisent pas . dans la grande lumière, mais dans l’obscurité ou tout au moins avec une faible lumière. D’où première re— marque. Le plus ou moins de luminosité change les couleurs, en fait apparaître ou disparaître certaines. Deuxièmement, le fond employé est généralement noir, d’où contraste et aussi changement des teintes.
Nous examinerons les sons sous les formes suivantes: 1” série : 1° sons simples, musicaux, bruits; 2° série : 2° sons articulés; 3° série: 3° mantras, incantations, formules magi ques.
Les premiers ne sont que sous purs; les seconds. sons ont une destination, une signification; les troi sièmes en plus des sons avec signification, accom pagnés la plupart du temps de sons musicaux égale -ment spéciaux pour chaque cas, sont doublés d’un corps formé par la volonté de l’opérateur.
1'6 SÉRIE. -—- SONS SIMPLES C’est un ébranlement de l‘éther ; ébranlement dis tinct, limité, s’arrêtant par suite du frottement au loin contre de l’éther immobile.
1 80 L’INITIATION Cet ébranlement doit-il engendrer des phénomènes de chaleur, de lumière et par suite de couleurs P On peut répondre hardiment oui en vertu de la théorie assurément juste de la conservation de l’énergie. La matière est indestructible (I). L’atome matériel ne saurait pénétrer un autre atome. De même la conser vation de la puissance acquise semble disparaître; mais ce n‘est qu'apparent, on la retrouvera sous d'autres formes.
4<Ainsi les chocs, les frottements, la résistance de l’air, etc., sont autant de causes qui dé— truisent en apparence une portion plus ou moins grande de la puissance, mais ces résistances donnent naissance à une quantité de chaleur qui pourrait à son tour se convertir en travail mécanique et qui représente virtuellement la puissance qui paraît avoir été perdue (2). » Dans les plus petits ébranlements de l’éther, que ce soit le fait.d‘une corde vibrante ou d’une pensée émise mentalement, il en sera de même.
Il y aura des ébranlements par influence, des résistances. et si l’éther extérieur devient source de phénomènes divers, par réaction l’éther propulseur (qui ébranle), lequel a été mis en mouvement directement par le verbe ou un de ses dérivés, pourra aussi devenir le théâtre de transformations multiples.
Un son pourra devenir lumineux, coloré, chaud, froid, animé de mouve ments divers. (1) Du moins l’éther compacté nous illusionne de cette ma— nière. (2) De Saint-Robert, dans la Conseruation de l'énergie, par Balfour Stéwart. Bibi. soient. intern.
SON-LUMIÈREÆOULEURS DANS L’ASTRAL 18 1 . , . -..... 7. .m».»,, u _. vu» ,.. _ _,_q_.«, ..... ...... .,,...—_\.Ji-. .—..« : r H':‘«'F’—J»"‘tæ'_'ä'vv""1 D’où nous avons à examiner l’astral du fond, du milieu, primitivement immobile, et l’astral en mouve ment et projeté. Les figures colorées qui s‘offrent à nos regards doivent souvent être les résultats combinés de ces deux sortes d'éther coloré.
C’est pour cela que j’ai précédemment rappelé au sujet des couleurs : le contraste, les complémen taires, l’éclairage, l’obscurcissement, etc. Ainsi une lumière blanche peut être le résultat d’un faisceau coloré en jaune et d'un autre en_bleu; un rouge peut paraître vif ou passer au brun suivant l’é clairage qui l’accompagne. Les demi-teintes sont dues à un mélange de couleurs avec de la lumière blanche.
Un même corps suivant sa position (arran gement de ses molécules) peut avoir différentes colo rations, etc., etc. (A suivre.) 0<°
6RDRE MARTINISTE La séance du Suprême Conseil annoncée pourle 23 jan vier a en lieu le mercredi 30. — Il a été décidé de re commander aux chefs de Loges une Vigilance spéciale dans la partie administrative de leurs fonctions. —L ÉCOLE SUPÈRŒUŒ LIBRE ES SŒIJENGES BHEBÊ‘IÏ’WUDEê Le lundi 4, le D' Rozier a commencé son cours sur les origines du christianisme, devant une salle archi comble. ‘ Sédir a fait une intéressante séance de magnétisme curatif.
Enfin Edgar Jégut continue avec succès une série d’intéressantes causeries sur les traditions des peuples non civilisés; le D“ Rozier ajoute à la fin de ces confé rences quelques mots de commentaires indiquant le sens ésotérique de ces légendes.
L’OEuVre 'Martiniste Voilà qu'en cette fin du xvm° siècle, après que les phi— losophes, les encyclopédistes, les illuminés vengeurs du Temple, ont jeté les ferments qui feront la mort de la vieille société; après que théistes, panthéistes et scep tiques ont posé les bases de cette Babel dont le septième degré sera matérialiste, voilà qu’un petit officier vient de Bordeaux pour renouveler le monde. Pendant qu’il exerçait là-bas la nonchalance du métier
L'ŒUVRE MARTINISTE 183 où son rang l’avait mis, il a connu cet homme étrange, Martines de Pasqually..Qui dira les entretiens du maître et de l’élève? Quelles secrètes conversations furent les leurs? Et quelle extraordinaire vision celui qui savait appeler les êtres de l’au-delà déroula-t—il aux yeux éblouis du jeune Louis-Claude de Saint-Martin?
Héritier et adaptateur des doctrines swedenborgiennes, Martines se reliaità l’immense chaîne d’ininterrompue tradition qui unit les noms de Ram et de Krishna à ceux de Moïse et d'Orphée, pour, avec le rayon vital du Dieu Incarné, aboutirà l‘lnitiation Christique, saint Paul et saint Jean, Valentin, les Voyants mystiques, puis les Rose-Croix, Bœhme et Swedenborg.
Et, sur la parole de ce maître, ce jeune homme qui commandait à vingt—deux ans,,ugea qu’il lui fallait servir sous un autre drapeau une autre patrie plus grande que la France. Il est un axiome dans l‘œuvre mystique, duquel sourd la plus considérable des forces: c’est que toute œuvre doit être accumplie en esprit de patience. Détache-toi du fruit de l’acte.
Ne considère point le but et le terme, mais l’effort acruel, disaient, avant les Rose-Croix, les métaphysiciens hindous.Ce fut,semble-t—il,l’effmt.suprême de Louis-Claude, d’accepter sans douleur que ces graines qu’il a profusément lancées, la plupart, dussent germer bien un siècle après sa mort. Je ne veux point insister sur l’action du maître. D’autres l’ont fait moins compendieusement. Et, d’ailleurs, la fleur n’explique-t-elle pointla racine?
L’arbre bon, a dit Ruyss brœck, est démontré par les bons fruits. Quatre-vingts ans ont passé et voici que l’œuvre admi rable, du silence où elle s’était enfouie, ressuscite à la lumière du grandjour. C'est une chose étrange pour l’ob servateur impartial que cette résurrection immense. En quinze ans la Terre tout entière, je puis le dire, apprend la bonne nouvelle martiniste.
Tous les pays d’Europe,l'Amé rique, du nord au sud,élèvent une germination spontanée, les fleurs vivaces de l'lnitiation. N’est-ce point la preuve qu’agit une volonté plus haute que de la terre, cette levée subite de milliers et de milliers de Martinistes s’avançant de toutes parts, hérauts et messagers du Maître divin.
1 84 L'lNITIATION lei nommerai-je, citerai—je surtout le chef admirable, haï, méprisé, calomnié, et qu'entoure aussi la plus énorme des amitiés, l'affection comme d’un peuple. Un fou, disent les uns, un sorcier, un charlatan, reprennent les autres. Mais un chœur immense: dirai-je un cœur. répond : 4t Nous l'aimons.
L’amitié triomphe de toutes les haines. i» Et la théorie qui l’accompagne de ses frères Sédir, Rozier, Marc Haven et tant d'autres, si j‘essayais leur louange, ne me reprocheraient—ils point d’oublier que le titre d'Inconnus leur est trop cher pour que d’inutiles gratulations les en viennent priver. - Qu'est-ce donc que ce Martinisme dont l’essor excite autour de lui tant de curiosité. Certes, il faut peu de mots pour le dire.
La porte d’un palais est prompte à s’ouvrir, qui laissera voir la longue suite des salles. Il est deux maîtres entre lesquels l‘homme doit choisir. Laissant de côté le prince de ce monde, le Martinisme a voulu se vouer au Christ. En dehors de tout clergé. il est comme la chevalerie laïque de l’Homme Dieu.
Et son but est bref à expliquer: développer,en ceux qui viennent à lui, le cœur et les sentiments pour qu’ils soient aptes à rece voir la véritable initiation et à y faire participer les autres. Ses moyens d’action sont immenses: la pauvreté, le silence, la patience et la foi. Comme il s’est soumis au Christ, il attend ses ordres, et les ordres viennent et le pouvoir vient aussi de les accomplir.
Car, c'est une assu» rance formelle qu’il a reçue, d’être guidé par l’Ineffable Justice, à laquelle le rattache la chaîne des maîtres invi sibles. Aussi bien je n’ignore pas que voilà d’étranges asser tions. Le nom d’illuminé a pris aujourd’hui une signifi cation bien spéciale et de tels dires ne semblent pas faits pour remédier à ce fâcheux synonymar. Mais en toutes choses l’expérience'; personnelle est seule probante.
Citer des faits, apporter des témoignages! à quoi bon? Le raisonnement ne crée point la conviction. Le temps _seul peut conclure; et Dieu, en qui croient les Marti— .nistes, est le maître du Temps. Ceux qui voudront Voir verront, ceux qui frapperont pourront entrer, A tous les hommes de bonne volonté le Martinisme ouvre ses portes; et, comme présent de bienvenue, il leur donnera celui le
BIBLIOGRAPHIE 185 plus précieux: au milieu des tourments, des infortunes et des maux, la Paix du Cœur. R. SAINTE-MARIE. (Les Partisans, 25 janvier 1901.) EIBLIQGäAÊEZE Les Sciences Maudites, par PAUL REDONNEL, PAUL FER. NIOT et JOLLIVET—CASTELOT. Nous avons déjà parlé, un peu rapidement, de cette excellente monographie éditée très artistiquement par les soins de la ( Maison d’Art ».
On nous permettra d’y revenir et de signaler à l’attention de nos lecteurs quelques—unes des particularités qui le recommandent en même temps aux étudiants et aux A chercheurs.
' La note qui se dégage surtout de cet ensemble d’études, dont quelques-unes sont très profondes, c’est d’abord la variété des aspects que peut revêtir l’idée hermétique ; on comprend alors la raison de sa diffusion rapide dans le public, en dépit des comptes rendus ironiques et des éloges ambigus dont on s’est plu à combler les colla borateurs de ce recueil.
Pour notre part, nous ne pou vons que féliciter vivement de l’initiative qu'ils ont montrée les hardis novateurs, propagateurs de l’antique lumière de l’ésotérisme. Les lecteurs de l’Initiau'on et de I’Hypeœhimie ont pu retrouver dans cet ouvrageles savants articles de: Papus, D“ Rozier, Sédir, Barlet, Jollivet-Castelot, et des autres éminents collaborateurs : Phaneg, R.
Sainte-Marie, Émile Michelet, Edouard d’Hooghe, M'ne deThèbes, sans omettre les beaux vers somptueux de Paul Redonnel.
Quelle que soit, aux yeux du sceptique, la valeur des théories de l’occultisme, que nous croyons destinées à éclairer d’un jour nouveau la mentalité humaine, on devra convenir, malgré tout, que des doctrines suscepti bles d’inspirer une si admirable continuité d’efforts, un labeur aussi colossal que celui fourni par ces leaders du
186 L’INITIATION mouvement spiritualiste, le désintéressement dont font preuve tous leurs collaborateurs, on devra convenir, disons-nous, que de telles doctrines doivent cacher en elles cette étincelle de force vive capable de transpor— terles montagnes et de transformerla face du monde.
Un des aspects les plus captivants du volume, c’est cette merveilleuse série d‘illustrations, portraits, es tampes, pantacles et symboles, qui en fait un véritable musée de l‘occultisme de tous les temps.
'A côté de très nombreuses reproductions d‘estampes que le lecteur trouve disséminées dans les ouvrages modernes d’éso térisme, de symboles et pantacles tirés d'Eliphas Lévi, de Poisson, de Christian. d’Albert Durer, nous trouvons des œuvres originales du plus haut intérêt d’art : telles sontles têtes d'expressions de Mérodack-leaneau. lesdes sins de Paul Cir0u, Armand et Marie Duhe m, Le Sidaner, Payrer-Dortail. etc. Les portraits sont ceux des repré— sentants de l’ésotérisme depuis les temps les plus reculés, depuis Apollonius de Tyane, en passant par Nosta damus, Roger Bacon, Nicolas Flamel, etc., jusqu’aux protagonistes contemporains, Eliphas Lévi, Saint-Yves d’Alveydre, Stanislas de Guetta, le Sar Péladan, Albert Poisson, Barlet, Papus, et particulièrement impression nant de ressemblance intérieure et de vision psychique, le portrait, par le puissant artiste Henri Héran, de Sédir.
S. Anges et Démons, par le P. DOM BERNARD et MARIE MARÉCHAUX, bénédictin de la congrégation olivétame. -— Paris, Bloud et Barral, 0 fr. 60. Le savant théologien étudie, dans ce travail «avant tout dogmatique ), le monde des esprits, le mode d’action de ces esprits, l'action angélique etl‘action démoniaque. Il a publié chez Téqui deux autres opuscules sur la réa lité des apparitions démoniaques et angéliques.
Disciple de saint Thomasd’Aquin, écrivain au style pur etéloquent, nous donnera-t-il une brochure spécialement consacrée au discernement des esprits, question qu’il est utile de traiter à notre époque ? L’action de l’âme à distance ne ',lhi parait explicable
BIBLIOGRAPHIE 187 que par l’intervention d’une cause qui n’est pas humaine: mais la discussion des faits a cté omise entièrement.
P0urtant l’auteur admet, d'après saint Thomas, qu’un ange peut transporter son action d'un point à un autre sans passer par les lieux intermédiaires: il 'est regret table que pas un théologien catholique n’ait l'idée de con trôler, par l’expérimentation transcendante, avec l’aide des rares saints et extatiques d’aujourd’hui, l’action de l’âme à distance, qu’il juge inacceptable.
Un extatique ne pourrait-il révéler si cette action est réelle ou si elle est l’œuvre d’êtres supérieurs à l‘humanité. ‘La communication de pensée par voie directe parait inadmissible au religieux: il ne s’est pas demandé s’il n’y a pas lieu de distinguer les pensées abstraites etles peu sées s’accompagnant de mouvements inconscients, ou d’images inconsciemment générées et photographiables.
La théorie de M. Tarehanefl’ est toutefois très habile— ment citée à l’appui de ce raisonnement. Je répète le souhait émis au début de cette trop rapide analyse : que le P.
Maréchaux veuille bien nous donner une brochure remplie de faits et de témoignages contem porains montrant en action les esprits: il aura rendu un aussi grand service qu’en rappelant les principes de la tradition chrétienne sur la nature de l’âme humaine et les pouvoirs des anges. G. Les Morts reviennent-ils? par I. BERTRAND. — Paris, Bloud et Barra], 1900, 0 fr. 60.
L’auteur de l’0ccultisme ancien et moderne et de la Religion spirite relate plusieurs faits intéressants qui démontrent la réalité des apparitions de défunts. Cer tains de ces faits sont empruntés à des ouvrages connus; d’autres sont tirés de documents confiés naguère à l’au teur, qui est un prêtre catholique.
Il insiste sur ce fait, que Du Potet parle d’un pacte nécessaire pour apaiser l’ombre que nous avons témérairement évoquée: donc, dit—il, ce pacte révèle, à n’en pouvoir douter, la présence du démon. D’autres exemples démontrent que des esprits mauvais se sont, bien avant le siècle de spiritisme, don nés pour des âmes souffrantes ou bienheureuses. Nous ne ferons au docte abbé que des critiques de
188 L’INITIATION v détail: les témoignages tout récents qu’il donne auront plus de valeur le jour où il publiera le nom des témoins. La même observation s’imp0se au sujet des faits de vam pirisme cités d’après dom Calmet ; quantà la théorie de la possession des cadavres par les démons, elle n’expl1que pas pourquoi la croyance au vampirisme est propre aux peuples slaves.
La vieille théorie de l’emploi d'un cadavre par un démon. pour produire des faits de succu bat ou d'incubat, ne peut être acceptable si l’on n’admet point celle des occultistes sur la dissociation etla recom position de la matière de ce cadavre (supposé enfermé dans la tombe). De plus, les phénomènes de matérialisæ tion démontrent que cette hypothèse n’est pas indispen sable.
Le phénomène du souffle d’air frais qui accom pagne la venue d’un esprit pourrait être rapproché de l’histoire du souffle de Job. Enfin M. l’abbé Bertrand aurait pu résumer les moyens, par lui jugés insuffisants, que la mystique donne pour discerner les apparitions démoniaques de celles des âmes du purgatoire. Sa brochure est toutefois intéressante et dénote une nombreuse lecture. G. FLOURNOY, professeur à l’Université de Genève.
Des Indes à la planète Mars. — Chez Alcan, in-8.—8 fr L'ouvrage de M. Flournoy se présente sous les aspects d’un liwe compact où‘il y a beaucoup à lire. Il y a beau coup à lire, en effet, pour toute personne qui n’est du tout familiarisée avec les observations qui concernent l’ensemble des faits qui étudient sous différents noms différentes écoles et qu'on appelle communément surn turels.
L’étude de M. Flournoy porte sur un médium femme, une jeune fille, qui dans la vie pratique ne pré sente rien d’anormal, et qui exerce même la méticuleuse profession de comptable dans une grande industrie,Cette jeune fille entrée en état de transe a prétendu d’abord revivre une existence dans laquelle elle fut princesse in doue et recevoir en cet état la visite de celui qui fut son époux.
On la voyait alors écrire automatiquement des communications où certaines lettres de l'écriture deva nàgari qu’elle ignore certainement étaient mélangées à
BIBLIOGRAPHIE 189 la graphique alphabétique latine. , Ces lettres sont d'une correction presque classique et n'ont à peine l'allure de caractères rapidement écrits.
Puis dans des états de transes successifs elle parut en trer en communication avec un habitant de la planète Mars et elle reproduisit dans ses communiqations une langue dans laquelle on pouvait saisir un rapport éloigné avec le français, au point de vue de la sonorité, mais qui paraissait surtout en différer quant à la constitution grammaticale.
Tels sont, parmi beaucoup d’autres faits cités, les deuxprincipaux que M. Flournoy alonguement étudiés dans son livre qui leur doit son titre.
Comme nous parlons surtout ici à des occultistes, nous dirons que la moitié du livre est à lire et qu'elle est mé— ritoire pour l’abondance des observations, que l’autre moitié contient des détails qui sont bien connus de tous ceux qui se sont occupés de ces questions et qu’enfin les conclusions de l’auteur dépendent un peu moins de l’ob servation objective, malgré qu’il l’affirme, que d'une fa çon toute subjective d’envisager les choses.
Cependant il termine par un point d’interrogation et reste dans l’ex pectative. C’est un parti de sagesse. En somme, la lecture de son livre est plus faite pour éveiller le doute chez les matérialistes que pour paralyser l’essor des spiritualistes, et à ce titre l’ouvrage de M. Flournoy nous parait re— commandable, Comme recueil de faits, aux personnes qui ne sont pas encore très familiarisées avec les choses de l’au«delà.
Mais, nous le répétons, tant au point de vue des conclusions dernières qu‘au point de vue des appré« ciarions particulières portées sur les expériences de de— tail, il resterait à critiquer et il faudrait trop de place. En. J. Aux tournants de la route, par Paul Hubert. Edition de la Maison d’Art, 23, rue de Vaugirard. Ce n'est jamais sans une sorte d’anxiété qu’on ouvre un nouveau livre de vers.
Il s’est depuis des ans tant pro duit de poèmes et qui étaient mauvais, qu’une peur semble nous retenir aux maîtres coutumiers loin de feuillets sans doute luxueux mais en qui brille si rare—
190 L’INITIATION ment l'âme d'un poète. Or, pour une fois. j‘ai rencontré des perles sur le chemin, en ces Tournants de la route où Paul Hubert a laissé vibrer son cœur au rythme miséri— cordieux de l'universelle Existence. En des vers d’un rythme Certain, une notation harmo nique, comme vibrante de soleil, chante toutes les voix de cette nature provençale brûlée de lumière, de cha— leur et d’amour.
Certes, je ne dirai point que l’œuvre tout entière est de même hauteur. J’ai, dans la mollesse de l’impression qu’inspirent ces vers, noté parfois comme des abandons, des silences. Tel un piano dont tout d'un coup, dans la chanson des notes, une touche a refusé de frapper. Mais ce dont je louerai extrêmement Paul Hu bert, c’est de ne donner jamais au milieu de la mélodie la douloureuse sensation d‘un accord faux.
Un instant à peine le chanteur s’interrompt, pour reprendre ensuite à pleine bouche, aucune note ne viendra dissonner dans sa voix. Je me refuse à critiquer ce volume suivant les canons habituels de littérature. Les vers ne sont sujets d'aucune loi. Seules la sensation et l’impression données sont leurs juges. . J'ai eu, le long des minutes de cette lecture, une étrange vision de paix, de soleil et de nature.
Une inha— bituelle sérénité enveloppait, teintée un peu de mélan— coliques relents, et j’ai gardé le livre là, sur ma table, parmi les ouvrages amis que l’on ouvrira souvent. R. SAINTE-MARIE. QUES TIONS ET RENSEIGNEMEN T8 Pourrait-on indiquer à l’Initiation le texte de l’horos cope manuscrit de_'Louis XIV conservé à la Bibliothèque de Lyon et l'analyse de l’horoscope de Louis XIV prédit par l’oracle français (Paris, 1652, par Mengau)? UN LISEUR.
Prière d’adresser à M. Chuquet, à Sucy-en-Êrie (Seine et—Oise), tous renseignements bibliographiques (titre, lieu ,.r .- , .'gÿ.*',gl
LIVRES REÇUS I 91 et date d’édition) sur les publications anciennes et mo dernes traitant de la Mystique des nombres et des mathématiques au point de vue philosophique. Il recherche les ouvrages suivants: Application de la théologie aux sciences (Liaisons générales des véri tés entre elles), par C. Docteur. Paris, 1880, in-8, 415 pages avec planches. ' — Dynamique intellectuelle ou application de l‘algèbre à la théologie, par Cloarec.
' -— Bougus Petrus, Numerorum ÀIysteria; Bergami, 1559, in-4.
LIYRE‘S ÇIUS Auguste Radin, statuaire. — L’œuvre et ses aventures, Rodin dessinateur, caractères et projets, commentaires, par Léon Riotor, brochure artistique avec un dessin inédit, en français, allemand, anglais, espagnol, italien et russe. *si l Le Cri de Paris, généralement très spirituel, a trouvé plaisant de donner, dans ses derniers numéros, une pré tendue conversation du médium Lay-Fonvielle.
Inutile de dire que cette Conversation est inventée de toutes pièces et que des calembredaines de ce genre ne peuvent que faire du tort à la réputation de ( haute rosserie » de ce journal si amusant. LA PLANÈTE MARS La question de la possibilité des communications entre . la Terre et Mars est plus que jamais à l’ordre du jour, surtout en Amérique. Le New-York Herald va jusqu‘à annoncer que le physicien Tesla a obtenu, au cours de
192 L'INITIATION récentes expériences sur l’électricité atmosphérique, des résultats qui lui permettent de croire qu’il seraitpossible de communiquer avec les Martiens; Il est vrai que le professeur Fleming et M. Marconi, qui ont expérimenté dans le même ordre d’idées, ne tombent pas d’accord avec M. Tesla.
Mais M. Tesla répond que, ne connaiss‘antptts les moyens d‘expérience de MM. Fleming et Marçqnl, Il s'abstiendra de les juger,etqu'ilconsîdère que ses critiques ne connaissant pas non plus le détail de ses travaux sont dans l‘impossibilité de les apprécier et de noter les effets qu’il a découverts. Tesla affirme que par l’application de ses moyens il doit prochainement arriver à un succes dont il ne doute nullement.
GRANGEMENT D’ADRESSE Nous sommes heureux d’apprendre à nos nombreux abonnés et lecteurs que notre excellent confrère l‘Hyper chimie donne une extension nouvelle à ses services. L‘im pbrtance de ce développement nécessitait la création d’une administration indépendante, qui désormais sera ‘ située 4, rue de Savoie, la rédaction restant à Douai, 19, rue Saint-Jean.
Nos lecteurs, qui connaissent la valeur de fond de l’Hyperchimie, seront heureux d‘apprendre qu’elle est en grand progrès et qu’elle peut assurer à ses nouveaux abonnés un service d’une régularité parfaite. Nécrologie Nous apprenons la mort de Marins Decrespe, qui fut un des collaborateurs les plus dévoués des premières années de l’lnitiation.
Nous exprimons à sa famille nos plus sincères condoléances et nos regrets pour la perte que fait en sa personne le spiritualisme. Le Gérant: Encxussa. mars. TOURS. — uu>. r-:. xmmuu ET c". 6, mm un LA PRÉFECTURE.
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fines ËDÉAMSTE finmsuu Notes and Queries, S. M. Gould, à Manchester (N. H.)U. s. A. Fric 0rd, A. Sabro à Christiania (Norvège). Nordisk Frimurer-Titenda, Alb. Lange,_ à Christiania (Norvège). Die Religio’n des Geistes, Fertung, Herrengasse, 68, Budapest (Hongrie). Nuova Lux, 82, via Castro Pretorio, à Rome (Italie). Lux astral, 6, passage Sarmiento, à Buenos-Ayres (République Argentine). L’Initiation, 87, Boulevard Montmorency, Paris. El-Hadirah, 19, rue de la Kasbah, Tunis. Journal du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri. Paris. —fW——
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