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V ‘ . , 4 .1 - eÿvïll 0fmwo o, ” ' L ln1t1 at10 n Revue philosophique. des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLWENT SOUS LA D1RECTION DE PAPUS I E! O. >I< Docteur en médecine — Docteur en kabbale 544 50“” VOLUME. — 14“" ANNÉE SOMMAIRE DU N° 4 (Janvier 1901) _— '<—— Numéro exceptionnel CONSACRÉ A LA CA.BALE MN\\M‘.WWW A nos lecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . Papus. Notes sur la Tradition cabalistique . . . . Saint-Yves d'Alveydre.
Reconstitution du Sep/ter Ietgirah. . . . .' . Papus. La Cabale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Sédir. Bibliographie de la Cabale. . . '. .' . . . . . Dr Marc Haven. Éléments d’hébreu . . . . . . . . . . . . . Sédir. Ordre Martiniste. — École Hermétique. ‘ Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé ' 87, boulevard Montmorency, à Paris. Téléphone — 690-50 îdmlniflration et abonnements : 4. _m de Survie. PARIS (DE 2 A 5 HEURES) Le Numéro : UN FRANC. — Un An :_ DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l‘hypnotisme et la suggestion à distance.
Efi'rayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. _ L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse uniqu‘e la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initz‘ation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l‘arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cle’ricali8me et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiaiion étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initialion expose les opinions de toutes les écoles, mais ‘ n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche ‘ de ces curieuses études.
' l La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles ‘ destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse a tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu'elles savent toujours apprécier.
L’Initia1ion parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et, compte déjà quatorze années d’existence.— Abonnement : lofrancs par an (Les collections des deux premièresîannées sont absolument épuisées.) ' ‘ ' ' “ “ . ' ‘ ‘ ‘ .‘ _ ",: ‘Α _ _\ .1_
L'Initiati0n du 15 Janvier 190l PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE [Initiation [0 PARTIE INITIATIQUE AMO —-—F. CH. BARLET, S.'. [.253 — GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.'. I.'. s: — JULIEN LEJAY, S.'. I.-. g —- ÉMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) —- LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD, 5.-. In. — PAPUS, S.'. l.'. 5‘; — SÉDIR, S.'. I.'. g‘.. -— SELVA, S.'. 1.-. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. -— AMELINEAU. — ALEPH. —-— AMARAVELLA. -— Dr BARADUC. — SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 3o'm. — BLITZ. —- BOJANOV.-— BORNIA PIETRO. — J. BRICAUD. — JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. —- G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — A. ERNY. — FABRE DES ESSARTS. — L. ESQUIEU. -— DELÉZINIER. — JULES GIRAUD. -— Dr FERRAN. — L. GOURMAND. — L.
HUTCHINSON. -— JOLLIVET CASTELOT. — E. LEFÉBURE. — L. LE LEU. —— L. LEMERLE. — LECOMTE. —-—NAPOLÉON NEY. — Gle C. NOEL. — HORACE PELLETIER — G. POIREL. — QUESTOR VITŒ. — RAYMOND.—D" ROZIER.-— L. SATURNINUS. —- Dr SOURBECK . —- THOMASSIN. —TIDIANEUQ. —— G. VITOUx. — YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE * l t. L MAURICE BEAUBOURG.— JEAN DELVILLE.- ESTRELLA. — E. GOU L "DEAU. —— MANOE‘L DE GRANDFORD. — L.
HENNIQUE. — GABRIEL VE LAUTREC. — JULES LERMINA. — JULES DE MARTHOLD. — CA— ULLE MENDÈS. — GEORGE MONTIERE. —LEON RIOTOR. — SAINT< ARGEAU. -— ROBERT SCHEFFER. — ÉMILE SIGOGNE. — CH. DE \..‘, ' IVRY. 40 POÉSIE G. ARMELIN. -—- CH. DUBOURG. — RODOLPHE DAR2ENS. —JEAN ELVILLE. - YVAN DIETSCEINE. — E. GIGLEUX. — CH GROLLEAU MAURICE LARGERIS. — PAUL MARR0T. — EDMOND PILON. ‘ . DE TALLENJIY. — ROBERT DE LA VlLLEHERVË.
L’Initiation du 15 Janvier Igot L’INITIATIO N DIRECTION ADMINISTRATION 87, boulevard Montmorency, ABONNEMENTS TÉLÉPHÛNE — 553350 PUB'.ICITÉ : VENTEpAU NUMÉRO PARIS—A UTEUIL v ‘e Dmncraun : PAPUS 4‘ nue de su“ DIRECTEUR ADJOINT : Lucien MAUCHEL (DE 2 A 5 HEURES) Rédacteur en chef: PA F.-Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an10 " J. LEJAY -— PAUL SÉDIR ÉTRANGER, — 12 fr.
RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d'un article. Prière d’adresser tous les échanges: 87, boul. Montmorency, Paris MANUSCRITS. —- Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial.
Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. . L’Initz‘alz‘on est l’organe officiel des centres suivants : htjroupe Esotérique. —— Ordre martiniste. — École supé rieure libre des Sciences hermétiques. — Ordre Kabbalistr que de la Rose-Cr01x. — Union Idéaliste Universelle. — la T. L. (section française).
ÊROIII’E IIDEPEIDMIT D'ETIIIIES ESII’IERIQUES 1,600 Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes d’Étude.ï [armés —_ ‘ Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. Pour tous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SÉDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. (Reçoit le mardi de 5 à 7 heures).
Principales Sociétés adhérentes au-Groupe ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE -x— CROIX. —ÉGLISE GNOSTIQUE SOCIÉTÉ ALCHIMIQUE DE FRANCE
\'>‘ ® 4MIYMM’K ( “ ' ' *æ: ‘ m m\ \Ëâ/l\i’ V Lu. reproduction des articles inédits publiés pau- l'Initiation est formellement interdite. à moins d‘autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l’exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) 14. ANNÉE / .r?
L“;lqi‘iiTlATlON A ses Collaborateurs, à ses Lecteurs ‘ 1901 é; nos &ecteurs, (.53 nos ébanne's, Au début de l’année 1901 et alors que l’Initiati0n commence un nouveau cycle, nous tenons, non seu lement à remercier nos lecteurs toujours plus fidèles et plus nombreux, mais surtout à leur offrir, pour ouvrir le siècle, un numéro qui.puisse les intéresser tout spécialement.
Voilà pourquoi nous avons ras semblé une partie des documents destinés à une pro chaîne réédition de notre livre sur la Cabale et nous {en offrons la primeure à nos lecteurs.
2 L‘INITIATION [JANVIER Nous ne saurions trop insister, à ce propos, sur l’importance de l’étude qu’a bien voulu nous adresser notre cher Maître le marquis de Saint—Yves et qui parait en tête de ce numéro.
De l’examen approfondi de toutes les traditions comme de la vision directe dans l’Invisible, il résulte que, seul, le Christ, considéré dans sa situation réelle de chef personnel de tous les plans super-astraux et divins, peut être le guide véritable de toute spiritualité obscurcie par l’incarnation physique ou astrale.
' Claude de Saint-Martin a caractérisé son œuvre de réalisation par les recherches incessantes de cet idéal chrétien qui apparaît en chacun de ses ouvrages et qui éclate dans son beau commentaire sur le rôle de la lettre tu dans le nom niwm. Mais il était réservé au marquis de Saint—Yves de manifester, aux intelligences de la Terre, cette lumière divine du Verbe, cachée dans tous les ensei gnements et dans toutes les traditions.
A la lumière de l’A rche’omètre, la Parole perdue des mystères de la Maçonnerie est non seulement retrouvée, mais encore rendue vivante et agissante, la clef des Religions, des Sciences et des Arts de l’Antiquité nous est manifes tée et tous les systèmes métaphysiques et philosophi ques sont obligés de se classer sous la lumière de Notre-Seigneur J ésus—Christ, manifestant sa Puis sance vivante, ou de disparaître dans le néant de l’or gueil humain. —— Tout ce qui était caché doit-être révélé. Et c’est pour nous un grand honneur et un im menSe plaisir que d’avoir pu, depuis plusieurs années,
1901] A NOS LECTEURS, A NOS ABONNÉS 3 suivre pas à pas la collaboration d’un Ange du ciel aidant de son immense bonté la vie sur deux plans de celui que la douleur aurait terrassé, sans cette mis sion, parmi les hommes. Que celle qui fut la mar quise de Saint—Yves reçoive, à propos de cette mani festation publique de l’Archéomètre, l’expression de notre reconnaissance et de notre respectueuse admi ration.
Le moment est proche où l’Ordre Martiniste possé dera, dans la connaisSance des clefs de l’Archéo-v mètre, son Arche sainte, qui justifiera son action à tra vers les générations. Alors ceux qui se seront fidèle ment rangés autour du Suprême Conseil recevront la récompense effective de leur dévouement et de leur attente.
Que ceux qui ont des yeux pour voir regardent et que ceux qui ont des oreilles pour entendre écoutent; car il est étrange de voir une œuvre se maintenir et progresser au milieu des difficultés que connaissent seuls ses réalisateurs. Cela tient à notre principe qui est, non dans le plan visible, mais bien dans le plan invisible.
En butte à l’hostilité ardente de tous les clérica— lismes, aux attaques insidieuses des parjures et des faux frères autant qu’aux calomnies des matérialistes de toute classe, le ciel a permis, malgré nos fautes et nos mauvais services, ànos efforts de réussir au delà du but espéré. ' Aussi pensons-nous, un jour prochain, conduire nos lecteurs dans cette voie précieuse établie par le Christ, dans cette route des pouvoirs réels que le
4 L’lNITIATION grand fermier terrestre a si humblement ouverte devant plusieurs d’entre nous et que caractérise la Paix du Cœur. Les Maîtres qui ont présidé à l’évolution de nos œuvres ne se sont jamais cachés dans des endroits inaccessibles ou déguisés sous le voile de l‘anonymat; car, sans cela, ils n’auraient pas été des maîtres réels, mais bien des usurpateurs.
Aussi considérons-nous comme un bien précieux d’avoir pu mériter et garder l’amitié d’êtres si éminents et dont le marquis de Saint-Yves est un des exemples les plus précieux.
Ils confessent sur le plan visible le Christ, comme le confessent sur le plan invisible les esprits rattachés véritablement à une voie divine et ils manifestent, dans leur humilité et dans leur œuvre, la charité et la bonté pour les pauvres de corps ou de cœur et pour les désespérés de tous les plans. Que leur œuvre soit bénie au nom de rfiwm. PAPUS.
NOTES SUR LA Tradition Gabalistique MON CHER AMI, Je me fais un vrai‘ plaisir de répondre à votre bonne lettre. Je n’ai rien à ajouter à votre remarquable livre
NOTES SUR LA TRADITION CABALISTIQUE 5 sur la Cabale juive. Il est classé au premier rang par l’appréciation si éminente et si méritée qu’en a faite le regretté M. Franck, de l’Institut, l’homme le plus autorisé à porter un jugement sur ce sujet. Votre œuvre complète la sienne, non seulement quant à l’érudition. mais aussi quant à la bibliogra phieét à l’exégèse de cette tradition spéciale; et encore 'une fois, je crois ce beau livre définitif.
Mais, sachant mon respect pour la tradition, et, en même temps, mon besoin d’universalité et de vérifi cation par tous les procédés des méthodes actuelles, connaissant en outre les résultats de mes travaux, vous ne craignez pas que j’élargisse le sujet, et, au contraire, vous voulez bien me le demander. Je n’ai, en effet, accepté que sous bénéfice d’inven taire les liVres de la Cabale juive, quelque intéressants qu’ils soient.
Mais l’inventaire une fois fait, mes, recherches personnelles ont porté sur l’universalité antérieure d’où procèdent ces documents archéologi ques, et sur le principe ainsi que sur les lois qui ont pu motiver ces faits de l’esprit humain. Chez les Juifs, la Cabale provenait des Kaldéens par Daniel et Esdras. ' Chez les Israélites antérieurs à la dispersion des dix tribus non juives, la Cabale provenait des Égyp— tiens, par Moïse.
Chez les Kaldéens comme chez les Égyptiens, la Cabale faisait partie de ce que toutes les Universités métropolitaines appelaient la Sagesse, c’est-à-dire la synthèse des sciences et des arts ramenés à leur Prin cipe commun. Ce Principe était la Parole ou le Verbe '
6 L’INITIATION Un précieux témoin de l’antiquité patriarcale pré— mo‘isiaque déclare cette sagesse perdue ou bouleversée 3.000 ans environ avant Notre—Seigneur. Ce témoin est Job et l’antiquité de ce livre est autologiquement signée par la position des constellations qu’il mentionne: « Qu’est devenue la Sagesse, où donc est-elle? » dit ce saint patriarche.
Dans Moïse, la perte de l’unité antérieure, le démem— brement de la Sagesse patriarcale, sont indiqués sous le nom de division des Langues et d’Ere de Nimroud. Cette époque Kaldéenne correspond à celle de Job. Un autre témoin de I’Antiquité patriarcale est le Brahmanisme. Il a conservé toutes les traditions du passé superposées comme les différentes couches géo— logiques de la terre.
Tous ceux qui l’ont étudié au point de vue moderne ont été frappés et de ses richesses documentaires et de l’impossibilité où sont leurs possesseurs de les classer d’une manière satis— faisante, tant au point de vue chronologique, qu’au point de vue scientifique. Leurs divisions en sectes brahmaniques, vishnavistes, sivaïstes, pour ne parler que de celles—là, ajoutent encore à cette confusion.
Il n’en est pas moins vrai que les Brahmes du Népaul font remonter au commencement du Kaly Youg la rupture de l’antique universalité et de l’unité primordiale des enseignements. Cette synthèse primitive portait, bien avant le nom de Brahma, celui d’lshva-Ra, Jésus—Roi : fJesus Rex Patrz‘archarum, disent nos litanies. C’est à cette synthèse primordiale que saint Jean fait allusion au commencement de son Évangile;
NOTES SUR LA TRADITION CABALISTIQUE 7 mais les Brahmes sont loin de se douter que leur Isoua-Ra est notre Jésus, Roi de l’Univers, comme Verbe Créateur et Principe de la Parole humaine. Sans cela, ils seraient tous Chrétiens. L’oubli de la Sagesse Patriarcale d’Ishva-Ra date de Krishna, le fondateur du Brahmanisme et de sa Trimourti. Là encore, il y a concordance entre les Brahmes, Job et Moise, quant au fait et quant à l’époque.
Depuis ce temps babélique, aucun peuple, aucune race, aucune Université, n’a plus possédé qu’à l’état de débris fragmentaires l’ancienne] Universalité des connaissances divines, humaines et naturelles, rame— nées à leur Principe : le Verbe-Jésus. Saint Augustin désigne sous le nom de Relz’gz’o uera cette Synthèse primordiale du Verbe.
La Cabale rabbinique, relativement récente comme rédaction, était connue de fond en comble dans ses sources écrites ou orales par les adeptes juifs du pre— mier siècle de notre ère. Elle n’avait certainement pas de secret pour un homme de la valeur et de la science de Gamaliel. Mais elle n’en avait pas non plus pour son premier et prééminent disciple, saint Paul, devenu l’apôtre du Christ ressuscité.
Or, voici ce que dit saint Paul, IIre épître aux Corinthiens, chapitre II, versets 6, 7, 8 : « Nous prêchous la Sagesse aux parfaits, non la « Sagesse de ce monde, ni des princes de ce monde « qui se détruisent; « Mais nous prêchous la Sagesse de Dieu, renfermée « dans son Mystère; Sagesse qui était demeuré
8 L’INITIATION « cachée, que Dieu, avant tous les siècles, avait pré— « destinée et préparée pour notre gloire; « Qu’aucun des princes de ce monde n’a connue; '« car s’ils l‘eussent connue, ils n’eussent jamais cruci « fié le Seigneur de la Gloire. » Toutes ces paroles sont pesées comme de l’or et du diamant au carat, et il n’en est pas une qui ne soit infiniment précise et précieuse. Elles proclament l’in suffisance de la Cabale juive.
Ayant ainsi éclairé I’Universalité de la question qui vous intéresse, concentrons cette lumière sur ce frag— ment néanmoins précieux de la Sagesse antique, qu’est ou que peut être la Cabale juive. Avant tout, précisons le sens du mot Cabale.
Ce mot a deux sens, selon qu’on l’écrit, comme les Juifs, avec le Q, c‘est-à-dire avec la vingtième lettre de l’alphabet assyrien, celle qui porte le nombre roc, ou avec le C, la onzième lettre du même alphabet, celle qui porte le nombre 20. Dans le premier cas, le nom signifie Transmission, Tradition, et la chose reste ainsi indécise; car tant vaut le transmetteur, tant vaut la chose transmise; tant vaut le traditeur, tant vaut la tradition.
Nous croyons que les Juifs ont transmis assez fidè lement ce qu‘ils ont reçu des savants Kaldéens, avec leur écriture et la refonte des livres antérieurs par Esdras, guidé lui-même par le grand Maître de l’Uni— versité des Mages de Kaldée, Daniel. Mais, au point de vue scientifique, cela n’avance pas la question. Elle n’en est que reculée à un inventaire des docu ments assyriens et ainsi de suite jusqu’à la source
NOTES SUR LA TRADlTION CABALISTIQUE 9 n primordiale. Dans le second cas, Ca-Ba-La signifie la Puissance, La, des XXll, CaBa,puisque C =’ 20, puisque B = 2. Mais alors, la question est résolue exactement, puisqu’il s’agit du caractère scientifique attaché dans l‘antiquité patriarcale aux alphabets de vingt—deux lettres numérales. ' Faut—il faire de ces alphabets un monopole de race, en les appelant sémitiques ?
Peut-être, si c’est réelle ment un monopole, non dans le cas contraire.
Or, d’après mon ' investigation des alphabets antiques de CaBa-La,de XXII lettres, le plus caché, le plus secret qui a très certainement servi de prototype, non seulement à tous les autres du même genre. mais aux signes védiques et aux lettres souscrites, est un alphabet aryen. — C’est celui que j’ai été si heu reux de vous communiquer, et je le tiens moi-même de Brahmes éminents qui n’ont jamais songé à m’en demander le secret. il se distingue des autres dits sémitiques en ce que ses lettres sont morphologiques, c’est-à-dire parlant 'exactement par leurs formes, ce qui en fait un type absolument unique.
De plus, une étude attentive m’a fait découvrir que ces mêmes lettres sont les pro totypes des signes zodiacaux et planétaires, ce qui est aussi de toute importance. Les Brahmes nomment cet alphabet Vattan; et il semble remonter à la première race humaine, car, par ses cinq formes mères rigoureusement géométriques, il se signe de lui—même, Adam, Eve et Adamah. Moïse semble le désigner dans le verset 19 du cha
10 L’INITIATION pitre 11 de son Sépher Barashith. De plus, cet'alpha bet s’écrit de bas en haut, et ses lettres se groupent de manière à former des images morphologiques ou parlantes. Les pandits effacent ces caractères sur l’ardoise, dès que la leçon des gourous est finie. Ils l’écrivent aussi de gauche à droite,comme le sanscrit, donc à l’européenne.
Pour toutes les raisons précé— dentes, cet alphabet prototypique de tous les Kaba Lim appartient à la race aryenne. On ne peut donc plus donner aux alphabets de ce genre le nom de sémitiques, puisqu’ils ne sont pas le monopole des races qu‘on nomme ainsi, à tort ou à raison. ' Mais on peut et on doit les appeler schématiques. Or le schéma ne signifie pas seulement signe de la Parole, mais aussi Gloire.
C’est à. cette double signi fication qu’il faut faire attention, en lisant le passage ci-dessus de saint Paul. Elle existe aussi dans d‘autres langues comme le slavon. Par exemple, l’étymologie du mot slave est slovo et slava qui signifie parole et gloire. Ces sens portent déjà haut.
Le sanscrit va corrobo rer cette altitude.Sama, qu’on retrouve aussi dans les langues d’origine celtique, signifie similitude, iden— tité, proportionnalité, équivalence, etc. Nous verrons plus loin l’application de ces signifi cations antiques. Pour le moment, résumons ce qui précède. Le mot Cabale, tel que nous le comprenons, signi fie l’Alphabet des XXll Puissances, ou la puissance des XXII Lettres de cet Alphabet. Ce genre d’alpha-—
NOTES SUR LA TRADITION CABALISTIQUE Il bets a un prototype aryen ou japhétique. Il peut être désigné, à bon droit, sous le nom d’alphabet de la Parole ou de la Gloire. Parole et Gloire! Pourquoi ces deux mots sont-ils rapprochés dans deux langues antiques aussi dis— tantes que ile slavon et le kalde’en ?
Cela tient à une constitution primordiale de l’Esprit humain dans un Principe commun, à la fois scientifique et religieux: le Verbe, la Parole cosmologique et ses Équivalents. .. Jésus, dans Sa dernière prière si mystérieuse, jette, en cela comme en tout, une lumière décisive sur le mystère historique qui nous occupe ici : «O Père!
Couronne—moi de la Gloire que j’ai eu avant que ce Monde ne fût ! » ' Le Verbe incarné fait allusion en cela à Son Œuvre, à Sa création directe comme Verbe créateur, Créa— tion désignée sous le nom de Monde divin et éternel de la Gloire prototype du Monde astral et temporel, créé par les Alahim sur ce modèle incorruptible. Que le Principe créateur soit le Verbe, l‘Antiquité n’a sur ce point qu’une voix unanime.
Parler et créer y sont synonymes dans toutes les langues. Chez les Brahmes, les documents antérieurs au culte de Brahma représentent ISOu-Ra, Jésus-Roi, comme le Verbe créateur. Chez les Égyptiens. les livres d’llermès Trismé giste disent la même chose; et OShI-Ri est Jésus—Roi lu de droite à gauche. Chez les Thraces, Orphée, initié aux Mystères d’Égypte vers la même époque que Moïse, avait écrit un livre intitulé le Verbe divin.
I 2 L'INITIATION Quant à Moïse même, le Principe est le premier mot et le sujet de la première phrase de son Sépher. Il n‘y s’agit pas de Dieu dans son Essence, IHOH, qui n’est nommé que le septième jour, mais de Son Verbe, créateur de 1’Hexade divine: BaRa-Shith. — Bara signifie parler et créer; Shith signifie Hexade. En sanscrit mêmes significations: BaRa-Shath. Ce mot BaRa-Shith a donné lieu à des discussions sans nombre.
Saint Jean l’arbore comme Moise,dès le commencement de son Évangile, et dit, en Syriaque, langue cabalistique de X)&II lettres: Le principe est le Verbe. Jésus avait dit: Je suis le Principe. Le sens exact est ainsi fixé par Jésus même corro borant toute l’Universalité antérieure prémoïsiaque.
Ce qui précède explique que les Universités vérita blement antiques considéraient le Verbe créateur comme l’incidence dont la Parole hpmaine est la Réflexion exacte, quand le processus alphabétique emboîte exactement le Planisphère du Kosmos. Le processus alphabétique, armé de tous ses équi valents, représente alors le monde éternel de la Gloire: et le processus cosmique représente le monde des cieux astraux.
C’est pourquoi le Roi-Prophète, écho de toute l’Anti quité patriarcale, dit: Cœli enarrant De: Gloriam. Ou en français: Le monde astral raconte le monde de la Gloire divine. L'Univers invisible parle à travers le visible. Restent ici deux choses à déterminer : 1° le proces sus cosmique des écoles antiques; 2° celui des alpha bets correspondants.
NOTES SUR LA TRADITION CABALISTIQUE 13 Pour le premier point, llI Formes mères : le cen tre, le rayon ou‘diamètre et le cercle ; Xll signes invo lutifs ; VII signes évolutifs. Pour le second point, auquel les anciens accor daient le premier rang: 111 Lettres constructives; XII involutives ; Vll évolutives. Dans les deux cas : III + XII + V1] = XXII = CaBa, prononciation de : C = 20, B = 2, total 22, C.Q.F.D.
Les alphabets de vingt-deuxlettres correspondaient donc à un Zodiac solaire ou solaro-lunaire, armé d’un septenaire évolutif. C’étaient les alphabets schématiques.
Les autres, suivant la même méthode, devenaient par 24 lettres les horaires des précédents ; par 28 lettres, leurs lunaires ; par 30, leurs Mensuels solaro— lunaires ; par 36, leurs décaniques, etc. Sur les alphabets de vingt-deux lettres, la Royale, l'Émissive de l’aller, la Rémissive du retour, était l’l ou Y ou J ; et, posée sur le premier triangle équilaté ral inscrit, elle devait former autologiquement, avec deux autres, le nom du Verbe et de Jésus IShVa-(Ra), OShI-(Ri). - Au contraire, tous les peuples qui ont embrassé le schisme naturaliste et lunaire ont pris pour Royale la lettre M, qui commande le deuxième trigone élé mentaire.
Tout le système védique, puis brahmanique, a été ainsi réglé après coup, par Krishna, à partir du com mencement du Kaly-Youg. Telle est la clef du Lz'pre
l4 L’INITIATION des guerres de IÈ VÊ, guerres de la Royale] ou Y contre l’usurpatrice M. Vous avez vu, mon cher ami, les preuves toutes modernes,c’est-à-dire de simple observation et d’expé— rimentation scientifique, par lesquelles la tradition la plus antique a étéàla fois rétablie et vérifiée par moi. Je ne dirai donc ici que le strict nécessaire à l’élucidation du fait historique de la Cabale.
D’après les patriarches qui les ont précédés, les Brahmes ont divisé les langues humaines en deux' grands groupes: I“ Devanagaries, langues de cité cé leste ou de civilisation ramenée au Principe cosmolo gique divin ; 2° Pracrites, langues de civilisations sau vageonnes ou anarchiques.Le sanscrit est une langue Dévanagari de quarante—neuf lettres; le Vède égale ment, avec sesquatre-vingts lettres ou signes dérivés du point de l’AUM, c’est-à-dire de la lettre M. Ces deux langues sont cabalistiques dans leur sys tème particulier, dontla lettre M forme le point de départ et de retour.
Mais elles ont été, dès leur origine et demeurent jusqu’à nos_jours, articulées sur une langue de temple de vingt—deux lettres,dont la Royale primitive était l’I. ' Toutes rectifications deviennent possibles et faciles, grâce àcette clef, aux plus grands triomphe et gloire ' de Jésus, Verbe de IÊVÊ, autrement dit de la Syn thèse primordiale des premiers Patriarches.
Les Brahmes actuels prêtent à leur alphabet de vingt—deux lettres une vertu magique; mais ce 'mot n’a d’autre signification pour nous que superstition et ignorance.
NOTES SUR LA TRADITION CABALISTIQUE 15 Superstition, décadence et super-station d’éléments archéologiques et de formules plus ou moins altérées, mais qu’une étude approfondie peut quelquefois, comme c’est ici le cas, rattacherà un enseignement antérieur, scientifique et conscient, et non métaphy sique ni mystique. Ignorance plus ou moins grande des faits, des lois et du principe qui ont motivé.cet enseignement pri mordial.
Du reste, l’école lunaire védo—brahmanique n’est pas la seule où la science et sa synthèse solaire. la religion du Verbe, soient dégénérées en magie. Il suf fit d’explorer un peu l’universalité terrestre à partir de l’époque babélique, pour voir une décadence crois sante attribuer de plus en plus aux alphabets anti ques un caractère superstitieux et magique.
De la Kaldée à la Thessalie, de la Scythie à la Scandinavie, des Kouas de FO-HI et des Musnads de ' l’antique Arabie aux Runes des Varaighes, On peut observer la même dégénérescence. La vérité, en cela comme en tout, est infiniment plus merveilleuse que l’erreur, et vous connaissez, cher ami, cette admirable vérité.
Enfin,comme rien ne se perd dans l’Humanité ter restre pas plus que dans le Kosmos tout entier, ce qui a été est encore,et témoigne de l’antique universalité dont parle saint Augustin dans ses Rétractations. Les Brahmes cabalisent avec les quatre-vingts signes védiques, avec les quarante—neuf lettres du sanscrit dévanagari, avec les dix-neuf voyelles, semi-voyelles et diphtongues, c’est—à-dire toute la massore de
16 L’INITIATION Krishna surajoutée parlui à l’alphabet vattan ou ada mique.Les Arabes, les Persans,les Soubbas cabalisent avec leurs alphabets lunaires de vingt-huit lettres, et les Marocains avec le leur ou Korei‘sh.
Les Tartares mandchoux cabalisent avecleur alpha bet mensuel de trentelettres.Mêmes observations à faire chez les Thibétains, chez les Chinois, etc. ; mêmes réserves quant aux altérations de la Science antique des équivalents cosmologiques de la Parole. Reste à savoir dans quel ordre ces XXII équivalents doivent être fonctionnellement rangés sur le planis phère du Kosmos.
Vous en avez sous les yeux, cher ami, le modèle conforme à celui qui a été légalement déposé sous le nom d’archéomètre. _ Vous savez que les clefs de cet instrument de pré cision, à l’usage des hautes études, m’ont été données par l’Évangile, par certaines paroles très précises de Jésus, à rapprocher de celles de saint Paul et de saint Jean. Permettez—moi maintenant de me résumer en aussi peu de mots que possible.
Toutes les Universités religieuses, asiatiques et africaines,munies d’alphabets cosmologiques,solaires, solaro-lunaires, horaires, lunaires, mensuels, etc., se servent de leurs lettres d’une manière cabalistique. Qu’il s’agisse de Science pure, de Poésie interpré tant la Science ou d’lnspiration divine, tous les livres antiques, écrits dans des langues dévanagaries et non pracrites, ne peuvent être compris que grâce à la Cabale de ces langues. ' .": .t”.‘:°‘
NOTES SUR LA TRADITION CABALISTIQUE [7 Mais celles-ci doivent être ramenées aux XXII équi— valents schématiques,et ceux-là à leurs positions cos mologiques exactes. La Cabale des Juifs est donc motivée par toute la constitution antérieure de l’Esprit humain ; mais elle a besoin d’être archéométrée, c’est—à-dire mesurée par son Principe régulateur, Contrôlée sur l’Instrument de précision du Verbe et de sa Synthèse primordiale. Je ne sais, cher ami, si ces pages répondront à votre affectueuse attente. Je n’ai pu qu’y résumer des cha pitres entiers en quelques lignes. Veuillez donc en excuser les imperfections, et ne voir, dans ce qui procède, qu’un témoignage de ma bonne volonté et de ma vieille amitié. SAINT—YVES. 10 janvier 190[. Ge)’Ç->"
LE SEPHER IETZIRAH ESSAI De reconstitution du Texte par PAPUS Le premier, en France, nous avons donné une tra duction avec commentaires du Sep/1er Ietfiralz ou livre kabbalistique de la création. Cette traduction était basée sur les textes que nous possédions alors et qui étaient incomplets. Plus tard, M. Mayer-Lambert, prolesseur au sémi naire israélite, a donné une nouvelle traduction, éta— blie d’après des manuscrits hébreux et arabes plus complets. Mais un examen attentif des deux traductions permet de constater que toutes deux présentent des lacunes et des répétitions. ' C’est grâce à ces répétitions que nous avons pu ..
LE SEPHER IETZIRAH I‘9 approximativement reconstituer le texte du Sep/1er Ietgiralz d’après les remarques suivantes : Les auteurs anciens composaient les traités du genre de celui qui nous intéresse en faisant d’abord un exposé résumé du sujet à développer ; puis en dé velOppant chacune des questions spéciales d’après la même méthode.
Ainsi le Sepher Ietzirah devait débuter par un résumé des sujets à traiter qui sont : les Dix Numé rations ou Sephiroth, les vingt—deux lettres et leur emploi par le Créateur pour la constitution de l’Univers dans ses trois plans: l’Univers, l’Année, l’l—lomme. Ensuite chaque sujet devait être traité en répétant d’abord l’exposé général, puis en l’étendant à ses diverses adaptations.
Enfin une série de répétitions ' nous ont conduit à déterminer que chaque fin de chapitre ou de section se terminait par l’exposé des combinaisons kabbalistiques des lettres ou des nom bres deux à deux, trois à trois, etc. C’est ainsi que nous proposons le texte nouveau du Sep/ter Ietzirah ainsi reconstitué : 1° Comme chapitre I", l’exposé général surles Dix Numérations et les vingt-deux lettres divisées en trois mères, sept doubles et douze simples.
2° Comme chapitre II, le développement concer nant les Dix Sephiroth avec leurs combinaisons, à la fin, d’après la permutation des lettres du tétra gramme. . 3° Comme chapitre III, un exposé général des vingt—deux lettres dans leurs grandes divisions.
20 L’INITIATION 4° Le chapitre IV est consacré au développement détaillé des correspondances analogiques des trois lettres mères et de la Trinité. Il se termine par un paragraphe sur leurs combinaisons. Le chapitre V étudie en détail les sept doubles et les correspondances du septénaire.
Il se termine également par une table des combinaisons : « Deux lettres costruinent deux maisons, trois en bâtissent six, etc. » , Le chapitre VI termine enfin les développements par l‘exposé des correspondances du duodénaire à proposdes douze simples.
' A partir de ce moment le développement cesse: nous sommes allés de l’unité vers le maximum de mul tiplicité, nous nous arrêtons et nous revenons, par résumés successifs, vers l‘unité du point de départ.
Le chapitre VII se consacre tout entier à ce résumé progressif et nous le divisons en trois paragraphes: 1° tableau des correspondances: 2° dérivés deslettres ; 3° résumé général. _ Ainsi constitué, le Sep/1er Ietgz‘rah forme un tout homogène partant d’un point ety revenant, après avoir parcouru les échelons divers des correspon dances du ternaire, du septénaire et du duodénaire dans l’Univers, dans l’Année et dans l’Homme.
L’auteur ou les interpolateurs peuvent avoir établi certaines de ces correspondances d’une manière ori ginale. Ainsiles sept jours de la semaine se rapportent aux planètes d’après l’ordre de celles-ci dans le ciel astrologique (Saturne, Jupiter, Mars, le Soleil, Vé— -æ5'flv _
LE SEPHER IETZIRAH 2l nus, Mercure, la Lune) et non d’après leur rapport exact tiré des lignes tirées entre elles. Ainsi, si l’on dispose autour d’un cercle les pla nètes dans leur ordre avec le Soleil en haut, on remar quera que la correspondance donnée par le Sep/1er Ietzirah, pour les jours de la semaine. se contente de poser les jours en face des planètes en commençant par le jourdu Sabbat, le samedi, attribué ä Saturne.
Aussi le dimanche tombe-t-il sur Jupiter, le lundi 'sur Mars, le mardi sur le Soleil, le mercredi sur Vénus, le jeudi sur Mercure et le vendredi sur la Lune. L’auteur devait connaître la véritable clef des cor respondances des jours avec les planètes, clef très simple et qui est obtenue, comme le montre la figure en tirant des lignes droites entre les planètes de ma nière à former l’étoile à sept pointes.
Mais il a voulu exercer l‘esprit de son lecteur pour justifier son expression si souvent répétée: « Cherche, pense, com— bine, imagine et rétablis la créature à la place assi gnée par le Créateur. » Que les lecteurs attentifs n’oublient pas non plus que le fondement du système: les trois mères,AMe Sh, lues à la sanscrite se lisent SCHÉMA, Sh-eM-A, ce qui indique que, là encore, le savant kabbaliste auteur du Sep/2er Ietgz‘ralz a posé le schéma et non la réalité des correspondances exactes dont le mot AZOTE donne seul la vraie clef, ainsi que le démontre l’admirable archéomètre de Saint—Yves d’Alveydre.
Muni de ces quelques données primordiales, le lecteur peut main tenant aborder avec fruit la lecture et surtout la médi /
2 2 L’INITIATXON tation du Sepher Ietgz‘rah, résumé de la science vivante des Patriarches. LE LIVRE KABBALIS’1‘IQUE DE LA CRÉATION, EN HÉBREU SEPHER IE’1‘ZIRAH, PAR ABRAHAM Transmis successivement oralement à*ses fils; puis, vu le mauvais état des alïaires d’lsraël, confié par les sages de Jé— rusalem à des arcanes et àdes lettres du sens le plus caché.
CHAPITRE PREMIER EXPOSÉ GÉNÉRAL C’est avec les trente-deux voies de la Sagesse, voies admirables et cachées que IOAH (mm) DIEU d’Is raël, DIEU VIVANT et Roi des Siècles, DIEU de miséricorde et de grâce, DIEU sublime et très élevé, DIEU séjournant dans l’Éternité, DIEU saint, grava son nom par trois numérations: SEPHER, SEPl—IAR et SIPUR, c’est-à-dire le NOMBRE, le NOMBRANT et le NOMBRE (1), contenus dans dix Sephiroth. c’est-à-dire dix propriétés, hormis l’inefi‘able, et vingt-deux lettres.
' Les lettres 50nt constituées par trois mères, sept doubles et douze simples. Les dix Sephiroth, hormis l’ineffable, sontconstituées par le nombre X, celui des (r) Abendana traduit ces trois termes par l’Écriture, les Nombres et la Parole.
LE SEPHER iETZIRAII 2 3 doigts de la main et cinq contre cinq ; mais au milieu d’elles est l’alliance de l’unité. Dans l’interprétation de la langue et de la circoncision on retrouve les dix Sephiroth hormis l’ineffable. Dix et non neuf, dix et non onze, comprends dans ta sagesse et tu sauras dans ta compréhension. Exerce ton esprit sur elles, cherche, note, pense, imagine, rétablis les choses en place et fais asseoir le Créateur sur son trône. Dix Sephiroth, hormis l’inefiable, dont les dix pro priétés sont infinies: l’infini du commencement,l'in fini de la fin, l’infini du bien, l’infini du mal, l’infini en élévation, l’infini en profondeur,l’infini à l’Orient, l’infini à l'Occident, l’infini au Nord, l’infiniau Midi et le Seigneur seul est au-dessus; Roi fidèle, il les domine toutes du haut de son trône dans les siècles des siècles. ‘ Vingt-deux lettres fondamentales, trois mères : ale}, mem, sc/zin ; elles correspondent au plateau du mérite, au plateau du démérite et àla balance de la loi qui met l’équilibre entre eux; sept doubles, bet,guimel, dalet, kaf, pé, resch, tan, qui correspondent à la vie, la paix, la sagesse, la richesse, la postérité, la faveur, la domination; douze simples, lié, var, gayin, lzet, tet, yod, lamed, nun, samek, ayin, sadé, qof, qui cor respondent à la vue, l’ouïe, l'odorat, la parole, la nu— trition, la cohabitation, l’action, la marche, la colère, le rire, la pensée et le sommeil. Par lequel Yah, Éternel Sebaot, Dieu d’Israël, Dieu tout vivant, Dieu tout-puissant élevé, sublime, habi tant l’Éternité et dont le nom est saint, a tracé trois
CLEF SCHÉMATIQUE DU S
ofondtur ‘ "/ 'HER IETZIRAH, PAR PAPUS
26 L’INITIATION vn- A|v . pères et leurs postérités (1), sept conquérants et leurs légions (2). douze arêtes du cube (3). La preuve de la chose est (donnée par) des témoins dignes de foi, le monde, l’année et l’homme, qui ont la règle des dix, trois, sept et douze; leurs préposés sont le dragon, la sphère et le cœur.
CHAPITRE Il LES SEPH1RO'I‘H OU LES DIX NUMÉRATIONS Dix Sephiroth, hormis l'inefl°able ; leur aspect est semblable à celui des flammes scintillantes, leur fin se perd dans l’infini. Le verbe de Dieu circule en elles ; sortant et rentrant sans cesse, semblables à un tourbillon, elles exécutent à l’instant la parole divine et s’inclinent devant le trône de l’Éternel.
Dix Sephiroth, hormis l’ineffable; considère que leur fin est jointe au principe comme la flamme est unie au tison, car le Seigneur est seul au-dessus et n’a pas de second. Quel nombre peux-tu énoncer avant le nombre un ? Dix Sephiroth, hormis l’ineffable. Ferme tes lèvres et arrête ta méditation, et, si ton cœur défaille, reviens au point de départ.
C’est pourquoi il est écrit : Sortir et revenir, car c’est pour cela que l’alliance a été faite: Dix Sephiroth, hormis l’ineffable. (I) L’air, l’eau, le feu et ce qui en dérive. (2) Les planètes et les étoiles. (3) Le mot 7535N ne parait pas signifierici diagonale.
LE SEPHER IETZIRAH 27 La première des Sephiroth, un, c’estl‘Esprit du Dieu vivant, c’est le nom béni et rebéni du Dieu éternelle— ment vivant. La voix, l’esprit et la parole, c’est l’Es prit-Saint. Deux, c’est le souffle de l’Esprit, et avec lui sont gravées et sculptées les vingt—deux lettres, les trois mères, les sept doubles et les douze simples, et cha cune d’elles est esprit.
Trois, c’est l’Eau qui vient du souffle, et avec eux il sculpta et grave la matière première inanimée et vide, il édifia TOI—1U, la ligne qui serpente autour du monde, et BOHU, les pierres occultes enfouies dans l’abîme et desquelles sortent les Eaux (1).
Quatre, c’est le Feu qui vient de l’Eau, et avec eux il sculpta le trône d’honneur, les 0phanim (roues cé lestes), les Séraphins, les Animaux saints et les Anges serviteurs, et de leur domination il fit sa demeure comme dit le texte : C’est lui qui fit ses anges et ses esprits ministrants en agitant le feu.
Cinq , c’est le sceau duquel ilscella la hauteur quand (l) Voici la variante de ce passage par M. Mayer-Lambert : Troisièmement: Il a créé l’eau et l‘air; il a tracé et taillé avec elle le tohu et le bohu. le limon et l’argile; il en a fait comme une sorte de parterre, il lesa taillés en une sorte de mur, il les a couverts comme une sorte de toiture; il a fait couler l’eau dessus, et cela est devenu la terre, comme il est écrit Car à la neige il dit: sais de la terre. (Tohu, c’est la ligne verte qui entoure le monde entier; bohu, ce sont les pierres trouées et enfoncées dans l’Océan, d'où sort l’eau, comme il est dit: Il tendra sur elle la ligne de tohu et les pierres de bohu.
Cette dernière explication est probablement une interpola tion. L’auteur du Sepher Ietzirah paraît avoir expliqué mm mm par D7D‘l 17:51.
28 L’INITIATION il la contempla au-dessus de lui. Il la scella du nom I EV (1m). Six, c’est le sceau duquel il scella la profondeur quandilla contempla au-dessous de lui. Il la scella du nom IVE (nu). Sept,c’estle sceau duquel il scella l’Orient quand il lecontempla devant lui. Il le scella du nom E1V(vn). Huit, c’est le sceau duquel il scella l’Occident quand il le contempla derrière lui. Il le scella du nom VEI (m1).
Neuf, c’estle sceauduquel il scella le Midi quand il le contemplaàsadroite.ll le scella du nom VIE(nu). Dix, c’est le sceau duquel il scella le Nord quand il le contemplaà sa gauche. Il le scella du nom EVI (un). Tels sont les dix Esprits ineffables du Dieu vivant: I’Esprit, le Souffle ou l'Air, I’Eau, le Feu, la Hauteur, la Profondeur, l’Orient, l’Occident, le Nord et le Midi.
CHAPITRE III LES VINGT-DEUX LETTRES (Résumé général) Les vingt—deux lettres sont constituées par trois mères, sept doubles et douze simples. Les trois mères sont: E M e S (WDN), c‘est-à-dire l’Air, l’Eau et le Feu. L'Eau M (E) muette, le Feu S (Il!) sifflant, l’Air A (N) intermédiaire entre les deux comme la balance de la loi OCH (pn) tient le milieu
LE SEPHER lETZIRAI—I ' 29 entre le mérite et la culpabilité. A ces vingt-deux lettres, il donna une forme, un poids, en les mêlant et les transformant de diverses manières, il créa l’âme de tout ce qui est à créer ou le sera. Les vingt-deux lettres sont sculptées dans la voix, gravées dans l’Air, placées dans la prononciation en cinq endroits : dans le gosier, dans le palais, dans la langue, dans les dents et dans les lèvres (I ).
Les vingt-deux lettres, les fondements, sont placées sur la sphère au nombre de 23 I. Le cercle qui les con— tient peut tourner directement, et alors il signifie bonheur, ou en rétrograde, et alors il signifie le con— traire.
C’est pourquoi il les rendit pesantes et les per muta, Aleph (N) avec toutes et toutes avec Aleph, Beth (:1) avec toutes et toutes avec Beth, etc. C’est par ce moyen que naissent 231 portes, qu’on trouve que tous les idiomes et toutes les créatures dérivent de cette formation et que par suite toute création procède d’un nom unique. C’est ainsi qu’il fit (ne), c’est-à-dire l’Alpha et l‘Oméga, ce qui ne changera ni ne vieillira jamais (2).
Le signe de tout cela. c’est vingt—deux totaux et un seul corps. ‘ Vingt-deux lettres fondamentales: trois principales, sept doubles, douze simples. Trois principales, alef, mem, schin; le feu, l’air et l’eau.
L’origine du ciel est (I) Variante de M. Mayer-Lambert: Les gutturales se pro— noncent avec la fin de la langue, les linguales vers le milieu de la langue, en se prononçant avec la voyelle, les sifflantes entre les dents et avec la langue inerte. (2) L’auteur veut sans doute dire que, si les nombres sont infinis pour nous, ils ne le sont pas pour Dieu,
30 L‘INlTIATION le feu, l’origine de l’atmosphère est l’air, l’origine‘ de la terre est l‘eau: le feu monte, l‘eau descend et l’air est la règle qui met l’équilibre entre eux; le mem est grave, le schz’n est aigu, l’alef est intermédiaire entre eux. AIef-mem-schz‘n est scellé de six sceaux et enve— loppé dans le mâle et la femelle (1). Sache, pense et imagine que le feu supporte l’eau.
Sept doubles : 17, g, d, h, p, r, t, qui sont usitées avec deux prononciations: bel, blzet; guimel, ghimeI, dalet, d/zalet; kaf, khaj; pe’, phc’; resclz, rhesch; tav; thav: l’une douce, l’autre dure, à l’instar du fort et du faible. Les doubles représentent des contraires.
Le contraire de la vie, c‘est la mort; le contraire de la paix, c’est le malheur; le contraire de la sagesse, c’est la sottise; le contraire de la richesse, c’est la pau* vreté; le contraire de la culture, c’est le désert; le contraire de la grâce, c’est la laideur ; le contraire du pouvoir, c’est la servitude. . Douze lettres simples: he’, mu, {d_YÙZ, het, tet, yod, lamed, mm, samekh, ayin, sade’, qof.
Il les a tracées, taillées, multipliées, pesées et permutées: comment les a-t-il multipliées? Deux pierres bâtissent deux maisons, trois bâtissent six maisons, quatre bâtissent vingt-quatre maisons, cinq bâtissent cent vingt mai sons, six bâtissent sept cent vingt maisons, sept bâtis sent cinq mille quarante maisons.
A partir de là, va et compte ce que ta bouche ne peut exprimer, ce que ton oreille ne peut entendre. (1) Parce qu'il y a six combinaisons, trois fortes et trois faibles. . l . .. d,t_..es‘..è.&=&,__l
LE SEPHER IETZIRAH 31 Par lesquelles Yah, l’Eternel Sebaot, le Dieu d’lsraël, Dieu vivant, Seigneur tout-puissant, élevé et sublime, habitant l’éternité et dont le nom est saint, a tracé le monde. YaH se compose de deux lettres, YHVH de quatre lettres. Sebaot: il est comme un signe dans son armée. Dieu d’Israè'l (Israëi) : est un prince devant Dieu. Dieu vivant: trois choses sont appelées vivantes: Dieu vivant, eau vive et arbre de la vie.
El: fort. Sadday : jusque—là il suffit Élevé: car il réside dans la hauteur du monde, et est au-dessus de tous les êtres élevés. Sublime : car il porte et son— tient le haut et le bas; tandis que les porteurs sont en bas et la charge en haut, LUI est en haut et il porte en bas; il porte et soutient l’éternité. Habitant [Éter— nz’te‘: car son règne est cruel et ininterrompu.
Son nom estsaint: car lui et ses serviteurs sont saints et ils lui disent chaque fois: saint, saint, saint. La preuve de la chose (est fournie par) des témoins dignes de foi: le monde, l‘année, l’âme. Les douze sont en bas, les sept sont au—dessus d’eux et les trois au-dessus des sept.
Des trois il a formé son sanctuaire, et tous sont attachés à l’Un: Signe de l’Un qui n’a pas de second, Roi unique dans son monde, qui est un et dont le nom est un. CHAPITRE IV LES TROIS MÈRES Trois mères E M e S (ïJTJN) sont les fondements. Elles représentent le plateau du mérite, le plateau de la
3 2 L‘lNITIATION [JANVIER ""H culpabilité et la balance de la loi OCH (pu) qui est au milieu. , Trois mères E M e S. Secret insigne, très admirable et très caché, gravé par six anneaux desquels sortent le feu, l’eau etl’air qui se divisent en mâles et femelles. Trois mères E Me S et d’elles trois pères; avec ceux-ci toutes choses sont créées. Trois mères E M e S dans le monde, l'Air, l‘Eau, le Feu.
Dans le principe, les Cieux furent créés du Feu, la Terre de I’Eau et I’Air de l’Esprit qui est au milieu. Trois mères E M e S dans l’année,le Chaud,le Froid et le Tempéré. Le Chaud a été créé du Feu, le Froid de l’Eau et le Tempéré de l’Esprit, milieu entre eux. Trois mères E M e S dans I’Homme, la Tête, le Ventre et la Poitrine. La Tête a été créée du Feu, le Ventre de l’Eau et la Poitrine, milieu entre eux, de l'Esprit. Trois mères E M e S.
Il les sculpta, les grava, les composa et avec elles furent créées trois mères dans le monde, trois mères dans l’année, trois mères dans l’homme, mâles et femelles. Il fit régner Aleph (N) sur l'Esprit, il les lia par un lien et les composa l’un avec l’autre, et avec eux il scella l’air dans le monde, le tempéré dans l’année et la poitrine dans l’homme, mâles et femelles.
Mâles en E M e S (vins). c’est-à-dire dans l‘Air, I'Eau et le Feu, femelles en A S a M (I), c’est—à«dire dans l’Air, le Feu et l’Eau. ' (1) Voir aux remarques pour l'explication de ce passage.
1901] LE SEPHER IETZIRAH 33 *vll|.fl_" Il fit régner Mem (73) sur l’Eau, il l’enchaîna de telle façon et les combina l’un avec l’autre de telle sorte qu’il scella avec eux la terre dans le monde, le froid dans l’année, le fruit du ventre dans l’homme, mâles et femelles.
Il fit régner le Schin (Il?) sur le Feu et l’enchaîna et les combina l’un avec l’autre, de telle sorte qu’il scella avec eux les cieux dans le monde, le chaud dans l’an née et la tête dans l’homme, mâles et femelles. De quelle façon les a-t-il mêlés ? Ale], mem, schin ; alef, schin, mem; mem, schin, alef, mem, alef, schz'n ; schin, alef,mem; schin, mem, alef. Le ciel est du feu, l’atmosphère est de l’air, la terre est de l’eau.
La tête de l’homme est du feu, son cœur est de l’air, son ventre est de l’eau. CHAPITRE V LES SEPT DOUBLES ’ T R PH CH D G B Sept doubles 2 ‘ 1115 D'iJIÏJ. constituent les syllabes : Vie, Paix, Science, Richesse, Grâce, Semence, Domination.
Doubles parce qu’elles sont réduites, en leurs oppo— sés, par la permutation; à la place de la Vie est la Mort, de la Paix, la Guerre, de la Science, l’Ignorance, des Richesses, la Pauvreté, dela Grâce,l’Abomination, .de la Semence, la Stérilité, et de la Domination, 3
34 L’INITIATION ._fi__ _______ I’Esclavage. Les sept doubles sont opposées aux sept termes: l’Orient, l’Occident, la Hauteur, la Profon deur, le Nord, le Midi et le Saint Palais fixé au milieu qui soutient tout. Ces sept doubles, il les sculpa, les grave, les com— bina et créa avec elles les Astres dans le Monde, les “il? Vândrecù è /l’lerçne I S&mÊcLo Sepher Ietzirah. — Jours de la semaine et correspondances planétaires.
Jours dans l’Année, et les Ouvertures dans l’Homme, et avec elles il sculpa sept ciels, sept éléments, sept animalités vides depuis l’œuvre. Et c’est pourquoi il choisit le septénaire sous le ciel. 1. Sept lettres doubles, [2, g, d, k, p, r, t; il les a tracées, taillées, mélangées, équilibrées et permutées; ‘il a créé aVec elles les planètes, les jours et les ouver
LE SEPHER IETZIRAH m...-.v.ç.. “2.-. _.....;. .w-:.. tures. —— 2. Il a fait régner le bet et il lui a attaché une couronne, et les 3 combinés l’un avecl’autre, et il a créé avec luiSaturne dans le monde, le Sabbat dansl’année, et la bouche dans la personne. —— 3.
Il a fait régner le guz‘mel, il lui a attaché une couronne et les a mélan gés l’un avec l’autre ; il a créé avec lui Jupiter dans le monde, dimanche dans l’année, l’œil droit dans la personne.— 4.. Il a fait régner le dalet, il lui a atta ché une couronne, il les a mélangés l’un avec l’autre, et il a créé avec lui Mars dans le monde, lelundi dans l’année et l’œil gauche dans l’homme. -— 5.
Il a fait régner le kaf, il lui a attaché une couronne, et les a mêlés l’un avec l’autre, et a créé aveclui le Soleil dans le monde, le mardi dans l’année, la narine droite dans la personne. — 6. Il a fait régner lepe’ et il lui a atta ché une couronne, il les a mêlés l’un avec l’autre, et a . .créé avec lui Vénus dans le monde, le mercredi dans l’année, la marine gauche dans la personne. —-— 7.
Il afait régner le resch, il lui a attaché une couronne et les a multipliés l’un avec l’autre, et a créé avec lui Mercure dans le monde, le jeudi dans l’année, l’oreille droite dans la personne. —- 8. Il a fait régner le tar, il lui a attaché une couronne, il les a multipliés l’un avec l’autre, et a créé avec lui la Lune dans le monde, le vendredi dans l’année, l’oreille gauche dans la per sonne. -—— 9.
Il a séparé les témoins et les a placés chacun à part, le monde à part, l’année à part et la personne à part. Deux lettres construisent deux maisons, trois en bâtissent six; quatre, vingt—quatre; cinq, cent vingt ; six, sept cent vingt; et de là, le nombre progresse
36 L’lNITIATION . m-‘.n«; dans l’inénarrable et l’inconcevable ( i ). Les astres dans le monde sont le Soleil, Vénus, Mercure, la Lune, Saturne, Jupiter et Mars.
Les jours de l’année sont les sept jours de la création, et les sept portes de l’homme sont deux yeux, deux oreilles, deux narines et une bouche. - CHAPITRE VI LES DOUZE SIMPLES KTSGh.SNLITHZVE Douze simples par VD:5vnn-jin Leur fondement est le suivant : la Vue, l’Oui‘e, l’Odorat, la Parole, la Nutrition, le Coït, l’Action, la Locomotion, la Colère, le Rire, la Méditation, le Som meil.
Leur mesure est constituée par les douze termes du monde: Le Nord-Est, le Sud—Est, l’Est-hauteur, I’Est—pro fondeur. Le N ord-Ouest, le Sud-Ouest, l’Ouest—hauteur, l'Ouest-profondeur. Le Sud-hauteur, le Sud-profondeur, le Nord-hau teur, le Nord-profondeur. Les bornes se propagent et s’avancent dans les siè— cles des siècles et ce sont les bras de l’Univers.
Ces douze simples, il les sculpa, les grava, les assembla, les pesa et les transmua et il créa avec elles (t) V. aux remarques. » . .1,41: ‘ o ‘ WM' *‘M’',aäk.æ’ " :ÉÏÈLM
LE SEPHER IETZIRAH 37 douze signes dans l’Univers, savoir : le Bélier, le Taureau, etc., etc. Douze mois dans l’année. Et ces lettres sont les douze directrices de l’homme, ainsi qu’il suit :' Main droite et main gauche, les deux pieds, les deux reins, le foie, le fiel, la rate, le côlon, la vessie, les artères.
Il a fait régner le hé, lui a attaché une couronne; il les a mêlés l’un avec l’autre et il a créé avec lui le Bélier dans le monde, nz’san (Mars) dans l’année et le foie dans l’homme. Il a fait régner le vau, lui a attaché une couronne, les a mêlés l’un à l’autre et il a créé avec lui. le Tau reau dans le monde, z'yyar (Avril) dans l’année, la bile dans le monde.
Il a fait régner le mm, lui a attaché une couronne, les a mêlés l’un à l’autre et a créé avec lui les Gé— meaux dans le monde, sz'van (Mai) dans l’année et la rate dans l’homme. Il a fait régner le heth, lui a attaché une couronne, les a mêlés l’un à l’autre et a créé avec lui le Cancer dans le monde, tammug (Juin) dans l’année et l’esto mac dans l’homme.
Il a fait régner le teth, lui a attaché une couronne et lesa multipliés l’un avec l’autre et il a créé avec lui le Lion dans le monde, ab (Juillet) dans l’année, le rein droit dans l’homme.
38 L‘INITIATION CHAPITRE VII 5 1. TABLEAU DES CORRESPONDANCES 1. Air, tempéré, poitrine. - Terre, froid, ventre. — Ciel, chaud, tête, et ce sont alef, mem, schz‘n. —— 2. Saturne, samedi, bouche. — Jupiter, dimanche. oeil droit. — Mars, lundi, œil gauche. —- Soleil. mardi, marine droite. — Vénus, mercredi, narine gauche. ——Mercure, jeudi, oreille droite. — Lune, ven dredi, oreille gauche; ce sont bel, gur‘mel, dalet, kaf, pé, resch, tan. —— 3.
Bélier, nisan, foie. — Taureau, iyyar, bile. — Gémeaux, sz'van, rate. — Cancer, tam mu{, estomac. —— Lion, ab, rein droit. —- Vierge, élu], rein gauche. — Balance, [ischri , intestin absti nent. — Scorpion, marheschvan, intestin aveugle. — Sagittaire, kislev, main droite. — Capricorne, te’bet, main gauche. —- Verseau, schebat, pied droit. —- Pois sons, adar, pied gauche; et ce sont he’, var, zayin, et, tet, yod, lamed, nun, samelzh, ayin, sade’, qqf.
52. DÉRIVÉS DES LETTRES Avec l’alef ont été formés: l’air, l’atmosphère, le - tempéré, la poitrine et la règle de l’équilibre (fléau). Avec le mem ont été formés: l’eau, la terre, l'hiver, le ventre, le plateau du démérite. Avec le schin ont été
LE SEPHER IETZIRAH 39 formés: le feu. le ciel, l’été, la tête et le plateau du mérite. Avec le bet ont été formés: Saturne, le Sabbat, la bouche, la vie et la mort. Avec le guimel ont été formés: Jupiter, le dimanche, l’œil droit, la paix et le malheur. Avec le dalet ont été formés: Mars, le lundi, l‘œil gauche, la sagesse et la sottise. Avec le Itaf ont été formés: le soleil, le mardi, la marine droite, la richesse et la pauvreté.
Avec le pé ont été formés 2 Vénus, le mercredi, la marine gauche, la culture et le désert. Avec le resch ont été formés: Mercure, le jeudi, l’oreille droite, la grâce et la laideur. Avec le tau ont été formés: la Lune, le vendredi, l’oreille gauche, la domination et la servitude. Avec le bet ont été formés: le Bélier, nisan, le foie, la vue et la cécité. Avec le van: ont été formés: le Taureau, iyyar, la bile, l’ouïe et la surdité.
Avec le gayin ont été formés: les Gé— meaux, siuan,la rate, l‘odorat et l’absence d’odorat. Avec le het ont été formés: le Cancer, tammuq, l’es— tomac, la parole et le mutisme. Avec le ter ont été formés: le Lion, ab, le rein droit, la déglutition et la faim. Avec le yod ont été formés: la Vierge, élul,-le rein gauche, le commerce sexuel et la castration.
Avec le lamed ont été formés: la Balance, fisc/tri, l’intes tin abstinent, l'activité et l’impotence. Avec nun ont été formés: le Scorpion, marheschran, l’intestin aveugle, la marche et la claudication. Avec rame/tir ont été formés: le Sagittaire, l:isleu, la main droite, la colère et l’enlèvement du foie. Avec ayz‘n ont été for més: le Capricorne, te'bet, la main gauche, le rire et l’enlèvement de la rate. Avec sade’ ont été formés: le Verseau, séhebaz‘, le pied droit, la pensée et l’enlève—
40 L'iN [TIATION ment du cœur. Avec le qofont été formés: les Poisæ sons, adar, le pied gauche, le sommeil et la langueur. Et tous sont attachés au Dragon, à la sphère et au cœur. Trois (t) choses sont au pouvoir de l’homme (les mains, les pieds, les lèvres), trois choses ne sont pas au pouvoir de l’homme (les yeux, les oreilles, les narines).
Il y a trois choses pénibles à entendre: la malédiction, le blasphème et la mauvaise nouvelle; il y a trois choses agréables à entendre: la bénédiction, la louange et la bonne nouvelle. Trois regards sont mauvais: le regard de l’adultère, le regard du voleur et le regard de l’avare ; trois choses sont agréables à voir: le regard de la pudeur, le regard de la franchise et le regard de la générosité.
Trois odeurs sont mauvaises: l’odeur de l’air corrompu, l’odeur d’un vent lourd et l’odeur des poisons; trois odeurs sont bonnes: l’odeur des épices, l’odeur des festins et l’odeur des aromates. Trois choses sont mauvaises pour la langue : le bavardage, l’année et l’œil gauche dans la personne ; trois choses sont bonnes pour la langue: le silence, la réserve et la sincérité. 5 3. RÉSUMÉ GÉNÉRAL Trois mères, sept doubles et douze simples.
Telles sont les vingt-deux lettres avec lesquelles est faitle tétra gramme IEVE mm c’est-à-dire Notre Dieu Sabaoth, le Dieu Sublime d’lsraël, le Très-Haut siégeant dans (1) Ajouté d‘après Sabbatai‘ Donolo.
LE SEPHER lETZIRAH 41 les siècles; et son saint nom créa trois pères et leurs descendants et sept ciels avec leurs cohortes célestes et douze bornes de l’Univers. La preuve de tout cela, le témoignage fidèle, c’est l‘univers, l’année et l’homme. Il les érigea en témoins et les sculpa par trois, sept et douze. Douze signes et chefs dans le Dragon céleste, le Zodiaque et le Cœur. Trois, le feu, l’eau et l’air.
Le feu au-dessus, l’eau au— dessous et l’air au milieu. Cela signifie que l’air par ticipe des deux. Le Dragon céleste, c’est-à-dire l’Intelligence dans le monde, le Zodiaque dans l’année_et le Cœur dans l’homme.Trois, le_feu, l‘eau et l’air.
Le feu supérieur, l’eau inférieure, l’air au milieu, car il participe des deux. _ Le Dragon céleste est dans l'univers semblable à un roi sur son trône, le Zodiaque dans l’année semblable à un roi dans sa cité, le Cœur dans l’homme ressem ble à un roi à la guerre. Et Dieu les fit opposés, Bien et Mal. Il fit le Bien du Bien et le Mal du Mal. Le Bien prouve le Mai et le Mal le Bien. Le Bien bouillonne dans les justes et le Mal dans les impies.
Et chacun est constitué par le ternaire. Sept parties sont constituées par deux ternaires au milieu desquels se tient l’unité. Le duodénaire est constitué par des parties oppo sées: trois amies, trois ennemies, trois vivantes vivi fient, trois tuent, et Dieu, roi fidèle, les domine toutes du seuil de sa sainteté. L’unité domine sur le ternaire, le ternaire sur le
42 L'INITIATION septénaire, le septénaire sur le duodénaire, mais cha que partie est inséparable de toutes les autres lorsque Abraham notre père l’eut compris et qu’il considéra, examina, approfondit, comprit, sculpa, grava et com— posa tout cela, de ce fait il joignit la créature au créa teur.
Alors le maître de l’Univers se manifesta à lui, l’appela son ami et s’engagea par une alliance éter nelle envers lui et sa postérité, comme il est écrit: ll crut en IOAH (mm) et cela lui fut compté comme une œuvre de Justice. IL contracta avec Abraham un pacte entre ses dix orteils, c'est le pacte de la cir concision, et un autre entre les dix doigts de ses mains, c’est le pacte de la langue.
IL attachales vingt deux lettres à sa langue et lui découvrit leur mystère. IL les fit descendre dans l’eau, les fit monter dans le feu, les jeta dans l’air, les alluma dans les sept pla nètes et les eflusa dans les douze signes célestes. PAPUS. LA KIA:_BBALE La Kabbale est une des plus célèbres parmi les doc— trines de l’Occultisme traditionnel; elle est l’expres sion de la philosophie ésotérique des Hébreux.
Son père ou mieux son fondateur est le patriarche Abra ham, d’après les rabbins; et les livres fondamentaux où se trouvent l’exposition de tous ses mystères ne sont autres que ceux de Moïse.Les savants contempo— rains donnent à la Kabbale une antiquité bien moindre.
LA KABBALE 4 3 M. Nicolas la fait remonter au premier siècle avant l’ère chrétienne (1). D’autres prétendent qu’elle a été inventée au xm" siècle de notre ère par R. Moïse de Léon ; mais M. M. Franck, dans son livre célèbre, la regarde comme bien antérieure aux compilations de la Mise/ma et du Talmud.
Cette opinion est celle de tous les initiés qui ont écrit sur la question, et Fabre d’Olivet l’exprime en excellents termes quand il dit: « Il paraît, au dire des plus fameux rabbins, que Moyse lui-même prévoyant le sort que son livre devait subir et les fausses interprétations qu’on devait lui donner par la suite des temps, eut recours à une loi orale, qu’il donna de vive voix à des hommes sûrs dont il avait éprouvé la fidélité, et qu’il chargea de transmettre dans le secret du sanctuaire à d‘autres hommes qui, la transmettant à leur tour d’âge en âge, la fissent ainsi parvenir à la postérité la plus reculée.
Cette loi orale que les Juifs modernes se fiattent en— core de posséder se nomme Kabbale, d’un mot hébreu qui signifie ce qui est reçu, ce qui vient d’ailleurs, ce qui se passe de mains en mains (2). » Une étude comme celle-ci est destinée à présenter les théories de ceux qui n’acceptent pas seulement les témoignages archéologiques, mais qui accordent sur tout leur confiance à la voix plus secrète de l’Initiation.
Comme Moïse était un initié égyptien, la Kabbale doit offrir un exposé complet des mystères de Mizraïm; mais il ne faut pas oublier non plus qu’Abraham fut (i) Encyclop. des se. relïg. de Lichtenberger. Article Kab— bale. ' '(2) D’Olivet, Langue hébraïque restituée, p. 92.
44 L’lNITIATION pour beaucoup dans la constitution de cette science; et comme le nom de ce personnage symbolique et sa légende indiquent qu’il représentait un collège de prêtres chaldéens, on peut dire que la Kabbale ren ferme aussi les mystères de Mithras.
Je ne puis donner ici les preuves de tout ce que j’avance ; il faudrait refaire toute la science des langues, et l'histoire ancienne: je le répète, mon in tention n’est que d'exposer brièvement avec le plus de clarté possible des idées peu connues.
La tradition enseigne qu’avant la race blanche trois autres races d'hommes avaient paru successive ment sur la terre, un cataclysme d’eau ou de feu mar quant la décadence de l'une et la croissance de celle qui lui succédait. Deux de ces races avaient vécu sur des continents aujourd’hui disparus et situés là où s’étendent maintenant l’océan Pacifique et l’océan Atlantique.
On trouvera dans les ouvrages d‘Élisée Reclus et d’Ignatius O’Donnelly des preuves géogra— phiques, géologiques, ethnographiques et historiques - qui militent en faveur de cette théorie.
Sans entrer dans le détail de l’histoire idéologique de ces peuples disparus, qu’il nous suffise de savoir que, à l’époque où vivait le jeune Hébreu sauvé des eaux, les temples de Thèbes renfermaient les archives sacerdotales des Atlantes, et celles de l’Église de Ram. Ces dernières étaient une synthèse de l‘ésotérisme de la race noire recueilli par l’ancienne Inde envahie par les blancs.
D'autre part, Moïse recüeillit dans les temples de Jethro, dernier survivant des sacerdotes noirs, les mystères purs de cette race. Ainsi la tradition orale
LA KABBALE 45 que le pasteur des Hébreux laissa aux soixante—dix élus par lui comprenait l’ensemble de toutes les tra ditions occultes que la terre avait reçu depuis son ori gine. ' .
Voilà pourquoi la Kabbale est émanationiste comme l’Égypte,panthéistique comme la Chine ; elle connaît comme Pythagore les vertus des lettres et des nombres, elle enseigne les arts psychurgiques comme les Yogis hindous ;elle découvre des vertus secrètes des herbes, des pierres ou des planètes comme les astronomes de Chaldée et les-alchimistes de l’Europe.
Voilà comment les archéologues l’ont confondue avec des doctrines de beaucoup postérieures et d’une étendue bien plus restreinte que la sienne.
On sait, par un passage de l’Exode, que c’est à J osué que Moïse confia les clés de la tradition orale ; mais ces clés se rouillèrent, comme dit M. de Saint—Yves. à travers la terreur des guerres, des révolutions civiles qui passa sur Israël jusqu’à Esdras; elles furent con servéeà cependant non par le sacerdoce de Lévi. mais dans le sein de communautés laïques de prophètes et de voyants dont les plus connues aujourd’hui sont les Esséniens.
La lecture des livres de Moïse se faisait au peuple publiquement tous les samedis; les commen taires qui en étaient donnés, les Targums d’abord simplémentoraux, furent écrits par la suite; toute cette littérature casuistique et scolastique accumulée depuis le retour de l’exil jusqu’après la destruction du troi sième temple est appelée Misdrahim commentaires. On y distingue la Hallachah, l’allure ou règle de la marche, et à la Haggadah l’on dit la Légende.
46 L’INITIATION C'est dans cette dernière partie, dit Saint-Yves (1), que les communautés ésotériques ont laissé transpirer un peu de leur science, Shemala, Kabbala. Le der nier mot, que l’on dit d’ordinaire signifier Tradition, a cependant une autre étymologie. « On fait dériver communément ce mot de l’hébreu québil qui signifie recevoir, recueillir, et on traduit par tradition. Cette étymologie nous semble forcée et inexacte.
Nous croyons le mot hébreu Kabbalak d’ori gine Chaldéo-Égyptienne, ayant le sens de science ou de doctrine occulte.
« Le radical égyptien Khepp, Khop, ou Kheb, Khob, en hébreu gab, Khebb ou Khebet, signifie cacher, enfermer, et al, ou 01, en égyptien, prendre: de sorte que ce mot signifierait la science déduite de principes cachés: ex arcano (2). » A partir d’Esdras; l‘interprétation des textes ésoté riques de Moïse, de triple qu’elle était, devint qua— druple, c’est-à-dire non plus solaire mais lunaire, po lythéiste en quelque sorte.
De là le fameux mot persan Paradis, épelé sans voyelles: P. R. D. 8., clé de l’en seignement des Synagogues, bien différente des clés transmises par Moïse à J osué. Ces quatre degrés peuvent être caractérisés comme suit d’après Molitor : Le plus inférieur, Pas/zut, est le sens littéral, le deuxième s’appelle Remmeç; c’est une simple allégo rie; le troisième, Derash, est un symbolisme supé— (l) Mission des Juifs, p, 651. (2) F.-S. Contancin, Encycl. du XIX° s.
LA KABBALE 47 rieur communiqué sous le sceau du secret; le qua— trième enfin, Sod, le secret, le mystère, l’analogie, est indicible; il ne se fait comprendre que par révé lation directe.
La Kabbale théorique comprenait : 1° Les traditions patriarcales sur le Saint Mystère de Dieu et des personnes divines; 2° Sur la création spirituelle et sur les anges; 3° Sur l’origine du chaos, de la matière, et sur la rénovation du monde, dans les six jours de la créa tion; 4° Sur la création de l’homme visible, sa chute et les voies divines tendant à sa réintégration. L’œuvre de la création s’appelle Maasse Beresc/zit.
Le char céleste s’appelle Maasse Mercabalz. Nous résumerons d’après Molitor la partie théo rique se référant à la création: la Cosmogonie. LA TRADITION ORALE DANS L’AGE DE TOHU L’essence de tout être créé repose sur trois forces; la force médiane est le principe de la vie des créa tures qu’elle maintient dans leur identité.
La créature n’est telle qu’en vertu du principe réel, qui se manifeste par une tendance à s’individualiser, pour, partant de ce point, agir ensuite à l’extérieur. Cette action est toute différente de l’action fausse qui a détaché la créature de l’unité divine. L’acte d’où provient la créature n’est, dans son essence primitive, qu’un instinct aveugle de la na turc.
48 L’INITIATION Cette contraction négative de la créature n’est qu’une action qui n’a d‘existence que dans sa conti nuité, et croît jusqu’à ce qu’elle ait atteint son point tropique. A partir de là, chaque créature soupire vers le prino cipe dont elle procède. La révélation a une double action concordante à celle de la créature appelée Schiur Komah (l'extériori sation du type).
La première produit l’être, lui conserve la vie, lui donne une excentr1cité propre (le Fils) : c’est la créa tion. La deuxième concentre, c’est la Rédemption, la révélation du Fils en grâce et en amour (l’Esprit), tendant à délivrer la créature de son néant, et en rap— port avec le désir qu’elle éprouve de se réunir à son centre.
La perfection de la vie créaturelle, c’est que le mo ment de son existence propre coïncide avec celui de son union avec Dieu; pour cela il faut qu’elle renonce volontairement à sa propre existence. La béatitude pour elle, c’est la fusion de la double joie de I’Être et du non-Être. La vie comprend trois mondes, Mrchabah, le char : t.
N’schammah, l’Interne; — l’esprit; comprend ces intelligences tellement rapprochées de Dieu que l’action excentrique de la créature est vaincue par le divin, en sorte qu’elles deviennent de hautes puis sances capables de s’abîmer librement en Lui; 2. Rouach, l’intermédiaire; hiérarchie d’êtres invi— sibles, canaux; l’âme;
LA KABBALE 49 3. Nephesch, l’extérieur ou révélé, corps de la créa— tion, où l’action excentrique atteint son apogée. Chaque créature possèdeà son tour les trois: un N’schammah quila relie à sa racine supérieure où elle existe dans un haut idéal, et un Nephesch qui donne à la créature une existence particulière. Ces deux mondes vivent respectivement dans deux courants de forces: Or Hajaschor: la lumière s’extraliguant, d’involu tion.
Or Hachoser : la lumière réfléchie, d’évolution. La vie soupire sans cesse vers l’unité; les êtres élémentaires ne sont susceptibles d’aucune vie spirituelle, ils ascendent, mais ne peuvent évo luer: chez aucun d’eux l’extérieur ne vient se perdre dans l’intérieur, le réel dans l’idéal.
L’être qui couronnera l’ensemble, et qui lui donne en même temps sa haute initiative, c’estl’homme, qui participe des trois mondes, lentille qui concentre les êtres pour en reverser sur le monde un faisceau de glorification. Dieu se sert de l’homme pour attirer la créature au cœur de son amour. L’homme représente la direction concentrique de la vie. L’homme intérieur et spirituel est Zeelan Alohz‘m.
L’homme extérieur et corporel est D’muth Alo/zim. L’ange, au contraire de l’homme, tend à révéler l’idéal sous la forme du réel. Le grand homme a trois parties, douze organes et soixante-dix membres. Le développement de ses parties est l’histoire de là création et de son union successive 4. —-‘-I——o‘.-....-g»y 1— A
50 L‘INITIATION avec Dieu. Après quoi la race sacerdotale etle monde entier à sa suite entreront dans l’amour éternel. La double vocation de la créature est de : [0 Construire librement son unité; 2° Répondre aux conditions de son existence et aux vues infinies de l’amour éternel.
Cette union de l’individu et de l’infini ne se fait que par la volonté qui réside dans l’âme; ellea deux phases: _ Schimusc/z Achorajin, Union par derrière. — État d’extériorité de la créature au sortir de Dieu, perdue dans le tout. Sz‘wug Panim A! Panim, Union par devant. -— Glorification que lui donne une vie surnaturelle, et qui l’assimile à Dieu.
La créature se rapproche sans jamais atteindre l’in fini: Ain Soph, que l'homme ne peut comprendre que dans sa manifestation extérieure ou sa splendeur S’plziroth ; ces dix ne font que trois personnes. Adam a une double mission (préceptes positifs et négatifs) : I° Cultiver dans le jardin d’Heden; 2° Se préserver de l’influence des ténèbres.
Si l’homme eût obéi, l’union entre les deux Adanz, le créaturel et le divin. eût été consommée pour l’éten mité; et la. même chose se serait opérée dans toute la nature. Une fois affermi en Dieu, Adam aurait pour suivi sans égoïsme son développement excentrique (Cf. Fabre d’Olivet, Gain) : cette sortie n’eût été que la conscience du néant absolu de la créature, notion par laquelle il faut passer. Le Verbe serait
LA KABBALE 5 r venu faire devenir intérieure la culture du jardin; puis le Saint—Esprit pour proclamer le grand Sabbat. Mais le serpent fit naître dans le cœur de l’homme l’amour de la créature; l’équilibre des pôles de la vie fut troublé ; le principe de contraction s’engourdit peu à peu ; et celui de l’expansion devint chaotique. (Cf.
BŒHME, Passage de la lumière aux ténèbres.) La mesure de grâce et de miséricorde middath hachesed et Rachmim, fut ainsi changée en mesure de rigueur, middalh hadin. , L’homme qui résiste absolument aux moyens de retour que lui offre la grâce est lancé pour jamais dans une orbite sans fin hors du cercle de l’harmo nie. Résumons tout ceci : Les activités de l’Être suprême s’étendent en s’affai blissant dans tous les plans de la création.
« Mais tandis que dansle Sepher la décroissance dans les modes d’existence ou de manifestations de l’Être s’opère en trois moments, le Zohar serrant de plus près le principe général de son système dédouble le second, qui dans le Sepher se compose de la pensée et de la parole et nous parle de quatre mondes diffé— ‘ rents et successifs.
C’est d’abord le monde des éma nations ôlam essz‘cuz‘h du verbe ’assu1, qui signifie emanare ex alz'o et se ab i110 separare certo modo, c’esbà-dire le travail intérieur par lequel le possible (ain = nihil) devient réel (les trente—deux voies de la sagesse). « C’est ensuite le monde de la création (olam beria, du verbe bara, qui signifie sortir de lui-même = exci
52 L'INITIATION dit); c'est-à-dire le mouvement par lequel l'esprit, sortant de son isolement, se manifeste comme esprit en général, sans qu’il s’y révèle encore la moindre trace d’individualité. « Le Zohar désigne ce monde comme le pavillon qui sert devoile au point indivisible, et'qui, pour être d’une lumière moins pure que le point, était encore trop pur pour être regardé. « Le troisième monde est celui de la formation.
« Clam Jetp‘rah, ou vertu Jatsar,fingen, (façon— ner qui a ce sens passif de formari), c’est—à-dire le monde des esprits purs des êtres intelligibles, ou le mouvement par lequel l’esprit général se manifeste ou se décompose en une foule d’esprits individuels. « Enfin, le quatrième monde est celui de la pro duction. (Clam assz‘ja, du verbe assa, faire conficere), c’est-à-dire l’univers ou le monde sensible.
Le Sepher avait écrit comme se fait l’évolution de l’Être par « un mouvement qui descend toujours » depuis le plus haut degré de l’existence jusqu’au plus bas. Il n’aurait pas parlé de ce qui arrive ensuite. « Le Zohar nous apprend que le mouvement d’ex pansion de l’Être est suivi d’un mouvement de con centration sur lui—même. Ce mouvement de concen tration est même le but définitif de toutes choses.
Les âmes (esprits purs) tombées du monde de la forma tion dans celui de la production rentreront dans leur patrie primitive, quand elles auront développé toutes les perfections dont elles portent en elles-mêmes les germes indestructibles. S’il le faut, il y aura plusieurs
LA KABBALE 53 existences. C’est ce qu’on appelle le cercle de trans migration (I). » Selon la Kabbale, suivant en cela la tradition géné-‘ rale de l’Occultisme, l’être humain se compose de trois parties: le corps, l’âme et l’esprit.
Conformé ment à la loi de création indiquée par le système des Sephz‘roth, chacune de ces parties est le reflet l’une de l’autre et renferme une image des deux autres; et ces subdivisions ternaires peuvent se poursuivre selon la doctrine des rabbins initiés jusque dansles plus petits détails physiologiques, jusque dans les mouvements les plus subtils de l’être psychique.
Bien au contraire de ce que pensent les théologiens catholiques, de ce qu’ont dit les philosophes athées et les hérésiarques gnostiques, faute d’avoir compris le véritable sens des textes qu’ils avaient sous les yeux, cette division ter naire, qui entraîne avec elle l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme, cette division se trouve expri mée en toutes lettres dans les livres de Moïse et plus particulièrement dans le Sepher.
La partie inférieure de l’être humain s’appelle en , hébreu Nephesh ; la partie médiane, l’esprit, s’appelle Rouach, et la partie supérieure, Neshamah. Chacun de ces centres est extrait pour ainsi dire du plan cor respondant de l’Univers: Nephesh perçoit le monde physique, s’alimente de ses énergies et y dépose ses créatures ; Rouach fait de même pour le monde astral et Neshamah pour le monde divin. Toutes les parties de l’Homme sont ainsi dans des interéchanges (f) Encyclopédie de Lichtenberger.
54 L’lNl'l‘lATION continuels avec les parties de l’Univers qui leur cor respondent, et avec les autres parties de l’Homme lui-même. Un tableau fera mieux comprendre ces correspondances.
« Ces trois parties fondamentales de l’homme, dit un kabbaliste contemporain, Carl de Leiningen (1), ne sont pas complètement distinctes et séparées; il faut au contraire se les représenter comme passant l’une dans l’autre peu à peu ainsi que les couleurs du spectre qui, bien que successives, ne peuvent se dis tinguer complètement étant fondues l’une dans l'autre.
« Depuis le corps, c’est-à-dire la puissance la plus in-. lime de Vephesh, en montant à travers Ruach, jus ' qu’au plus haut degré de Nesha’mach, on trouve toutes les gradations, comme on passe de l’ombre à la. lumière par la pénombre ; et réciproquement, depuis les parties les plus élevées de l’esprit jusqu’à celles physiques les plus matérielles, on parcourt toutes les nuances de la radiation, comme on passe de lalu mière à l’obscurité par le crépuscule.——Et, par-dessus tout, grâce à cette union intérieure, à cette fusion des partiesl’une dans l’autre, le nombre Neuf se perd dans l’Unité pour produire l’homme, esprit corporel qui unit en Soi les deux mondes. » En rapprochant ces explications de celles que Moli tor nous a fournies précédemment, on voit apparaître l’analogie de l’Homme, de l’Univers et de Dieu, théo rie qui se retrouve dans toutes les traditions. Le ta bleau suivant en donnera une idée plus claire. (r) Le Sphinx, avril 1887.
LA KABBALE 55 10 Le Général Le Particulier Le Concret o Nes‘“=“'““" Jechidad Chaijah conng;gsanœ 6 5 4 R°uaCh Le qualitatif L’extérieur Le quantitatif h ‘ L in‘ 71 e Ne hcs n 4 a orce La mati re p Le prm‘”pc efiectuame efi‘eetuée Le tableau, qui n'est autre qu’une adaptation du schéma des Sephiroth, nous amène à parler rapide— ment de la partie pratique de la tradition. La Kabbale pratique est fondée sur la théorie sui vante.
Les lettres hébraïques sont strictement corres— pondantes aux lois divines qui ont formé le monde. Chaque lettre représente un Être hiéroglyphique, une Idée et un Nombre. Combiner des lettres, c’est donc connaître les lois ou les essences de la Création. De plus, ce système de vingt—deux lettres qui correspond à la trinité divine, aux planètes et au Zodiaque: 3 + 12 +7 = 22 se développe suivant dix modes qui sont les dix Sephiroth.
Ce système, auquel le pytha gorisme a beaucoup emprunté, a été caractérisé comme suit par Éliphas Lévi : « La Kabbale ou science traditionnelle des Hébreux pourrait s’appeler les mathématiques de la pensée humaine. C’est l’algèbre de la foi. Elle résout tous les 0
56 L’INITIATION problèmes de l’âme comme des équations, en dé— gageant les inconnues. Elle donne aux idées la netteté et la rigoureuse exactitude des nombres ; ses résultats sont pour l’esprit l’infaillibilité (relative, toutefois, à la sphère des connaissances humaines) et la paix pro fonde pour le cœur (i).
« Mais, ce n’est pas assez d’avoir trouvé une mé thode mathématiquement exacte, il faut pour être par faite que cette méthode soit progressivement révéla trice, c’est-à-dire qu’elle nous donne le moyen de tirer exactement toutes les déductions possibles, d’ob— tenir des connaissances nouvelles et de développer l’esprit sans rien laisser aux caprices de l’imagination, « C’est ce qu’on obtient par la Ge’malrie et la Te mura/z, qui sont la mathématique des idées.
La Kab bale a sa géométrie idéale, son algèbre philosophique et sa trigonométrie analogique. C’est ainsi qu’elle force en quelque manière la Nature à lui révéler ses secrets.
« Ces hautes connaissances acquises, on passe aux dernières révélations de la Kabbale transcendantale et l’on étudie dans le schein-hamphorash la source et la raison de tous les dogmes (2). » ‘ Je ne fais que citer les maîtres de la science, parce qu’il ne m’est pas loisible de donner autre chose que des généralités ; nous découvrons simplementfllgs horizons de cette science, bien plus compliquée et bien plus touffue qu’on ne le croit généralement. (1) Éliphas Lévi, Initiation, décembre [890, p. 195. (2) Éliphas Lévi, Initiation, janvier 1891, p. 306-307. r .-.l.
LA KABBALE 57 Nous n’en voulons pour preuve que les lignes sui vantes d’un des plus forts Kabbalistes contemporains: « Il est deux sortes de Kabbale et je dois m’appe— santir sur la différence qui les sépare. L’une, la Kab bale littérale, est celle qu’ont entrevue tous les philo logues, que certains ont analysée et classée.
C’est elle qui, par son aspect précis et mathématique, a frappé l’imagination de plusieurs et qui reste encore à l’état de science morte, de squelette entassé parmi la masse terrible des études tamuldiques.
Il n’est pas de Rabzn, si ignorant soit-il, qui n’en connaisse quelques bribes; c’est cette Kabbale qui s’exalte aux tables communa toires, s’inscrit aux talismans des sorciers, aux amu lettes parcheminées des juifs et même, 6 dérision ! se traîne parmi les conventions typographiques chez les éditeurs d’œuvres hébraïques.
Cette Kabbale n’était vivante, que des idées qu’elle exprimait, et jadis, au temps du Zohar, et _«même au temps de la nouvelle Kabbale, au xvn° siècle, toute une mystique spéciale et délicate, possédant sa langue et ses symboles, s’ex primait par son intermédiaire. .
« Ceux qui ont étudié les livres du Zo/zar, les trai tés des Kabbalistes de toutes époques, savent quelle patience, quels efforts sont néceSsaires, d’abord pour pénétrer le sens des symboles, pour en préciser l’ori ' gine, ensuite pour suivre en leurs rapprochements les explications données par les sages kabbalistes.
« Quelques rares savants parmi les juifs, quelques esprits d’élite possèdent cette science longue à ap— prendre, plus âpre que du Wronski, plus diffuse que de la mystique espagnole, plus complexe que de l’ana«
58 L’INITIATION lyse gnostique, mais pour la pénétreril faut dix ans d’étude et d’isolement ; il ne faut vivre que pour cela et dans cela. Il faut que la pensée, sans cesse fixée sur ce point, s’y attache si fortement que rien ne l’en puisse arracher et que ces etîorts soient couronnés en fin par l’appui protecteur de quelque génie, évoqué par le constant appel et le mérite du travailleur.
Certes, cette Kabbale ainsi comprise et étudiée mérite toute l’attention et le travail de ceux qui veulent arriver; mais, le plus souvent arrêtés dès le début par la dis traction ou la lassitude, les chercheurs piétinent sur place, se découragent et demeurent de superficiels érudits, aptes, il est vrai, à jeter de la poudre aux yeux des ignorants, mais incapables et de peu d’intérêt.
« Un Kabbaliste doit pouvoir lire à livre ouvert un ouvrage rabbinique quelconque, en donner l‘explica tion dans la langue même de la mystique juive, c'est— àcdire en l’appuyant de textes pris aux œuvres qui font autorité en ces matières, y apporter les lumières personnelles et de sa réflexion et de ses recherches. L’étudiant aurait donc quatre-vingt-dix ans,puisqu’une existence suffirait à peine à ce labeur, à cette évolution.
Et le maître P Où serait—il P « Cette grande et noble science qu’est la science de la Kabbale ne doit pas être profanée et ridiculisée par l’ignorance orgueilleuse, et il est tout aussi pitoyable de voir des ignorants réciter quelques mots de Molitor, répéter quelques formules de Franck, qu’il le serait de voir des enfants ajouter bout à bout une fraction, un cercle et une équation trigonométrique, et de les entendre crier qu’ils savent les mathématiques.
LA KABBALE 59 « Que faire alors? Est-il donc une autre Kabbale? Oui, et je veux le démontrer ici. Il est une autre science théologique que celle de l’école officielle puisqu’il a toujours été des hérétiques et,des mystiques: il est une autre mystique que celle du Talmud et d’autres inter prétations de la Torah puisqu’il y eut parmi les Kab' balistes même tant de maîtres proscrits, persécutés et qui finalement passèrent au christianisme.
De part et d’autre du monde chrétien et du monde juif, sont sortis des hommes qui ont rompu tout charme et se sont dégagés de toute contrainte pour rechercher in dividuellement la vérité de leur mieux. Les Guillaume Postel, les Keuchlin, les Khünrath, les Nicolas Fla mel, les Saint—Martin, les Fabre d’Olivet, que sont ils ?
Voilà les maîtres de la Kabbale telle que la voyait Stanislas de Guaïta, telle qu’il sut vraiment la faire connaître et enseigner. Ces hommes furent d’âpres conquérants en quête de la toison d’or, refusant tout titre, toute sanction de leurs contemporains, parlant de haut parce qu’ils étaient haut situés et ne comptant que sur les titres qu’on obtient de ses propres descen dants.
Ces titres-là sont les seuls, puisque, comme ' l’enseignant la tradition et la symbolique égyptienne, c’est nous-mêmes qui devrons nous juger.
Le fleuve passé, nous apparaissons nus, ayant laissé nos vête ments de mort avec nos rêves, et alors à chacun selon ses œuvres vives: Notre Dieu est celui des vivants et non celui des morts (1). » Cette pratique kabbalistique peut être intellectuelle (1) Marc Haven, Stanislas de Gua‘ita, Kabbaliste, Initiation, janvier 98, p. 33 à 36.
60 L'INITIATION ou magique. Quand elle est intellectuelle, elle a pour clé les Sephiroth. Nous ne donnerons pas ici une étude des Sephiroth ; qu‘il nous suffise de savoir que leur loi en est la même que celle des nombres ; on en trouvera une excellente explication dans le Traité élémentaire de Sciencé occulte de Papus.
Nous en donnerons deux adaptations : l'une em‘ pruntée aux entraînements psychurgiques, l‘autre à la psychologie et à l'éthique, d’après Khunrath. Le thème suivant se réfère à l’exercice du pouvoir thaumaturgique ; on en trouvera les éléments dans l’Apodr‘ctz’que Messianique de Wronski, dont le système est uniquement kabbalistique.
Veille l Il Léthargic Extase I, Sommeil Exaltation ' Rêve Catalcpsic Épilepsie Somnambulisme Thaumaturgie È La Kabbale, d'après Boehme, estune espècede Ma gie; elle réside dans la sixième forme, le SON ; son centre est le Tétragrammaion, qui contient les forces véritables par quoi l’intelligible agit dans le sensible.
LA KABBALE 6 I Dans ce lieu est la Loi de Moïse, dont les transgres— sions reçoivent un châtiment éternel. La Kabbale est aussi la science des mutations pos— sédée par' les anges, tant par ceux du feu que par ceux de la Lumière, parce qu’ils peuvent réaliser en formes leurs désirs, au moyen de l’Imagination. C‘est la béatitude de la Science (1). ' _ Ceci se réfère à la partie magique de cette science.
Q 44 Voici maintenant des données sur la reintégration de l’homme: « Les Kabbalistes appellent le péché une écorce: l’écorce, disent-ils, se forme comme une excroissance qui se ride à l’extérieur par la sève qui se fige au lieu de circuler, alors l’écorce se dessèche et tombe.
De même l’homme qui est appelé à coopérer à l’œuvre de Dieu, à s’achever lui-même en se perfectionnant par l’acte de sa liberté, s’il laisse figer en lui la sève divine qui doit servir à développer ses facultés pour le bien, l’homme accomplit un progrès rétrograde, il dégénère et tombe comme l’écorce morte.
Mais, selon les Kab— balistes, rien n’aboutit au maldans la nature, toujours le mal est absorbé parle bien ; les écorces mortes peu— vent encore être utiles en étant ramassées par le la boureur qui les brûle et se chauffe à leur chaleur, puis fait de leur cendre un fumiernutritif pour l’arbre, ou bien, en se putréfiant au pied de l’arbre, elles le nourrissent et retournent à la sève par les racines. (I) Questions théos., III, 34; Il, Il.
__.
1.\ “avCORRESPONDANCES SÉPHlROTHIQUES D’APRÈS KHUNRATH SÉPHIROTHS MODES FACULTÉS ASÊËÊËËN%ÏN‘;‘sEU ASC‘;:‘JÂ:‘TES Chctcr Fidcs Mens Optimus omnia vidcns Castitus Binah Mcditatio lntellcctus Multus bcnignitatc Benignitals liachmah Cognitio Ratio Soins snplcns l’rudcntin Gcdulah Amer Judicium supcrius Miscricors Miscriconlra Geburah Spes Judicium inferius Fortis Forlitudu Tiphereth Oratio Phantasia L0nfmnimls Paticnlin Nctzah Cogiunctio Sensus in!erior Justus Juslillu Hod Frequcntia Sensus extcrior Maximus llumilitus Jesod Famiiiaritas Mcdium \'crax Zelotcs 'l‘cmpcrantin Malchut Slmilitudo Objectum 'l‘crribilis Timor Dcl
LA KABBALE 63 Dans les idées de la Kabbale, le feu éternel qui doit brûler les méchants est donc le feu régénérateur qui les purifie et par des transformations douloureuses, mais nécessaires, les fait servir à l’utilité générale, et les rend éternellement au bien qui doit triompher.
Dieu, disent-ils, est l’absolu du bien, et il ne peut y avoir deux absolus :le mal est l’erreur qui sera absor bée par la vérité,c’est l’écorce qui, putréfiée ou brûlée, retourneà la sève, et concourt de nouveau à la vie universelle (r). » Brûler les écorces est une œuvre difficile et lente; l’initiation fait parcourir plus rapidement cette route escarpée. v « Choisis—toi un maître,» dit le Talmud (Pir.
A bot/z, r, 6); et le commentateur ajoute: « Qu‘il se procure un maître unique et qu’il reçoive l’enseignement tra ditionnel de lui toujours, et qu’il ne reçoive pas cet enseignement aujourd'hui d’un maître, demain d’un autre. » « Aux mystères sacrés de laKabbale (2),un homme n’est admis que s’il accorde une confiance totale, ferme et de tous les instants à son maître et à ses en seignements, bien plus, que s’il ne discute jamais ses paroles et en prend l’engagement.
Voilà qui peut éloigner bien des gens de la science sacrée, mais rap (l) Éliphas Lévi, Initiation, novembre 1894, p. 109-1 [0. (2) Ces règles sont traditionnelles, on les trouvera dispersées en divers textes ou commentaires. Parmi les textes, le Shar aorah de Rabbi Joseph Castebeusis, parmi les commentaires: Reuchlin : De Cabbala, Paul Ricceus, De Coelesti agrzcultura; Rob. Fludd, Tractatus apologeticus... sont les sources prin cipales et nous n’y renverrons plus.
64 LÏNlTIATIOS [JANVIER pelons ici que nous ne parlons pas dessciences occultes en général: il n’est pas besoin de tout cela pour con naître I’Od comme M. de Rochas ou l’hermétisme comme M. Berthelot.
Ce n'est pas une branche de connaissances humaines, c’est la haute magie du bien et du mal,la science de la vie et de la mort que le pro— fane veut posséder, et, comme l’a dit Éliphas Lévi: « On peut demander d’être un peu plus qu’un homme à celui qui veut derenir presque un Dieu. » Cette ap— parente passivité, qui ef’frayera tant de vanités, n’est que momentanée et personnelle. « Comme dans les écoles pythagoriciennes(cf.Auln Gelle, Noct.
Att., l, bh. IX), le disciple doit écouter et s’abstenir de toute discussion ou commentaire, il doit donner, par ses paroles et ses actes, le témoignage de son adhésion. Les révélations que transmet la Kab— bale sont divines et d’un ordre plus élevé que ce qui peut tomber sous la norme de la raison; les facultés actuelles sont épuisées et comme annihilées par l’acte de la réception des mystères.
On est donc en droit d’exiger ce sacrifice, on le doit même, car l’âme tout entière du néophyte, la sincérité de ses aspirations,la force de son désir et de sa volonté vont se juger à cette épreuve. S’il se méprise assez et doute assez de ses pouvoirs pour craindre en ce sevrage une mort définitive, il est indigne d’approcher et, de lui-même, va s’enfuir.
Bien faible qui s’arrêtera dès le premier pas,bien grossièrement avare qur reculera devant un renoncement aussi précieux. « En second lieu, le Kabbaliste sera versé dans les sciences et les arts profanes, car il doit s’être orné de
i 901] LA KABBALE ' 65 tous ses humains pouvoirs, celui qui rêve un tel hon— neur que l’Initiation.
« Cependant pour tout dire, et la raison l’explique comme l’expérience de chaque jour permet de le verifier, ce n’est pas avec un peu de connaissances, ce n’est pas avec une vague teinte des sciences humaines, ce n’est pas avec une superfi cielle culture que doit se présenter celui dont le tra vail, le zèle, la volonté vont être désormais occupés à la contemplation des formes séparées, celui qui va pour ainsi dire violer les sanctuaires mêmes de Dieu. » (Reuchlin.) Mais cette science profane ne sera pas la matière et le point d’appui de la science absolue.
Il faudra faire le vide et la mort dans son âme, il fau dra que tout y redevienne inculte et ténébreux comme Moïse fit dans le désert (I) pour que le sol, désormais fertile, soit prêt à de nouvelles moissons.
' « Celui qui n’a pas étudié les sciences du passé et du présent n’a pas le droit d’en faire peu de cas:celui qui n’a fait jouer en lui tousles engrenages des mathé matiques, tous les ressorts des sciences naturelles, toutes les cordes de l’imagination, qui n’a ni pleuré, ni réfléchi, celui-là n'a pas le droit de mépriser les larmes ou la pensée, l’affirmation scientifique ou l’émotion artistique.
Il sommeille encore; qu’il ne recherche pas la lumière: souffleur il restera, s’il ne devient sorcier. Je pourrais, parmi.les anciens, citer plusieurs noms de ces hommes qui furent des savants avant de devenir des écoliers en haute Science. Un exemple, de nos_jours, est plus précieux: un très (i) Zirolde de Mos’e, Introd. ad Histor. Eccles., (ch. 1, p. 26. 5
66 L’INITIATION »—-.v 4\\.- ‘ grand artiste, un maître en littérature n’a pas reculé pour mériter l’adeptat devant les répugnances et les fatigues du laboratoire (I). « De tels exemples, s’il était nécessaire, prouveraient à eux seuls que la chaîne de la tradition n’est pas rompue.
« En troisième lieu, les Kabbaliste veulent que les disciples qui recherchent leur science soient d’un âge mûr; ils sont en effet persuadés que nul ne peut être capable d’une si sublime et si profonde religion s’il n’a vieilli, s’il n’a vu se calmer en lui les passions, les fougues de la jeunesse, affermissant et purifiant ses mœurs, ses habitudes, devenant, aurait dit le xvrne siècle, un honnête homme.
« Tel était le sentiment de Rabbi Eléazar quand il répondit à son maître J ochanan qui, dans sa bienveil— lance, le voulait initier de bonne heure aux mystères de la JWercaba/z: « Je n’ai pas encore blanchi ». Une purification s’opère, une sublimation continuelle dans le temps pour celui qui médite et développe les germes déposés en lui.
Ce n’est donc pas une période d’état, encore moins de déclin, que réclame la Tradition, c’est un point de l’évolution où se sont éclairés et calmés les principes troublés et agités jusque—là, où l’ange de la mort — qui est le même que celui de la génération — a été dominé par l’homme, où, en un mot, l'action est possible, l’homme prêt à recevoir’ la connaissance et à la réaliser. (1) Stanislas de Guaïta, auteur de nombreux et savants tra— vaux de Kabbale (dogmatique comme magique depuis ses pre miers articles dans l’Artz‘ste jusqu'à ses derniers ouvrages.
LA KABBALE . 67 « La quatrième condition est une puretéabsolue: et ceci est presque une conséquence de ce qui pré cède, une remarque qui laisse entendre que cet âge mûr est variable suivant les individus. En méprisant cette pureté, en sacrifiant à ses désirs, en considérant la 'puissance matérielle comme un terme, comme un but en soi, l’homme se laisse aller à la plus dange— reuse des illusions et rend impossible toute élévation psychique.
Il faut choisir, non pas entre la volupté et la vertu, c’est l’erreur de bien des sectes, mais entre l‘amour et la victoire, et, sitôt le choix fait, songer que la Beauté,reflet de la couronne, est entre les deux routes. Les trente-deux voies de la Sagesse ne se dé couvrent qu’à ceux dont le cœur est bon (1).
« Une âme tranquille, délivrée de toute préoccupa tion mondaine, est une condition également impor tante; que l’esprit soit un lac où toutes les inspira tions, toutes les direètions supérieures puissent se réfléchir sans qu’un mouvement d’en bas ne vienne troubler l’eau et l’agite soudain. « Quittez femmes, parents, enfants et suivez—moi, » disait le Christ.
« Vendez vos biens et distribuez votre or aux pauvres ), disait Joachim deFlore à ses disciples. « Craignez jus qu’à l’égoïsme de la famille et de l’amitié, disent les maîtres: soyez seuls en>face de Dieu pour être plus près de l’humanité. » C’est le silence, le sabattisme des auteurs : pour que, haute et plus sonore, la voix s’élève ensuite. Mais malheur à ceux qui gardent toujours le silence, malheur aux muets pour la (r) Isaak ben Eljakim. Amst., I700.
68 ‘ L’lNITIATlON moisson qu’ils ont semée, pour les douloureuses pas— sions des réparateurs futurs (I) ! » Nous terminerons sur ces belles paroles cette étude hâtive qui ne nous paraît, en la relisant, qu’une juxtaposition de matériaux un peu disparates.
Nous l’offrons cependant telle quelle ; d’abord parce que le temps et les moyens nous font défaut pour donner de cette vénérable Tradition une idée plus digne d'elle et ensuite parce que nous espérons piquer quel que curiosité et susciter quelques désirs de Vrai, de Beau et de Bien. SÉDIR.
BIBLIOGRAPHIE DES OUVRAGES CONCERNANT LA KABBALE PRÉFACE La bibliographieque nous offrons ici aux étudiants et aux chercheurs a besoin d’être précédée d'une courte note explicative. Qui veut étudier la Kabbale avec fruit doit apprendre d’abord l’hébreu, connaître les usages, les mœurs, la religion du peuple juif, son his toire et celle des sectes religieuses qui se sont suc cédé chez ce peuple de théologiens, de prêtres et de philosophes.
Trop de livres ont été écrits sur ces ma— tières en toutes langues et à toutes époques, pour que (l) Marc-Haven, Initiation, février 1894, p. 136 à i4i.
BIBLIOGRAPHIE 69 nous puissions matériellement les indiquer ici, et, d’ailleurs, nous considérons ces études comme des études préliminaires.
Une bibliographie de Kabbale ne nous semble pas devoir s‘étendre àla nomenclature des ouvrages relatifs à ces questions, nous avons donc volontairement omis dans notre répertoire tout ce qui a rapport à la linguistique (grammaires, diction naires...), à l’histoire, à l’ethnographie, au droit, à la religion exotérique juive (rituels et commentaires) et même à tout le flot de la littérature talmudique où surnagent parfois de lumineux enseignements ; nous n’avons indiqué que des ouvrages pouvant initier le lecteur aux théories mêmes de la Kabbale. .
On pourra nous reprocher de n’avoir pas classé les livres cités par ordre de date, ou de ne pas les avoir réunis d’après la langue dans laquelle ils ont été écrits ou d’après le sujet qu’ils traitent, mais notre but n’étant que d’indiquer à ceux qui cherchent à s’instruire des titres d’ouvrages qu’ils pourront se pro curer avec un peu de patience et de travail, et dont ils pourront surveiller le passage dans les différents cata logues, nous avons établi notre classement, selon la plus commune habitude des libraires, par ordre al phabétique d’après les noms d’auteurs.
Pour chaque livre nous n’avons indiqué qu’une édition, la première venue. Si quelques bibliophiles désirent des renseignements plus complets (edit. prin ceps) ou même des appréciations sur la valeur com merciale habituelle de tel ou tel ouvrage,nous nous tenons à leur disposition pour leur donner, — autant que nous le pourrons, —-ces détails complémentaires.
70 L’INITIATION Les notes bibliographiques dont nous avons extrait ces quelques pages sont assez complètes pour nous permettre de le faire le plus souvent.
De même pour certains ouvrages rares que nous avons nous-même demandés à la B. mat. à Paris, nous pouvons indiquer les lettres et numéros de référence; nous engageons les chercheurs qui auront l’occasion de travailler à la Nationale de faire de même et de garder avec soin les numéros et indices des livres de Kabbale qu’ils pour ront obtenir : ce sera faire, pour ceux qui les suivront, un travail utile et qui pourrait se généraliser.
Un dernier mot sur les manuscrits: les nombreux manuscrits hébraïques, rouleaux ou livres, les manus— crits rares de Kabbale dont les exemplaires uniques se trouvent isolés dans les bibliothèques publiques ou dans quelques rares bibliothèques privées, comme la merveilleuse collection de notre frère Stanislas de Gua‘ita, n’avaient pas à être indiqués dans une biblio— graphie destinée à des étudiants qui ne pouvaient ni se les procurer ni souvent même les parcourir.
Nous n’en avons donc pas parlé. Il ne nous reste donc plus qu’à demander aux lec— teurs de l’Initiati0n toute leur indulgence pour les oublis ou les erreurs que, malgré tous nos efforts, nous avons certainement commis dans cet essai bi— bliographique. D'M. H.
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PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute École, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées.) ÉLÉMENTS D’HÉBREU Cours de première année professé à l‘École libre des Sciences herméliques (session 18994900). Par sÉnm (Suile) Les éléments du signe, dit d’Olivet, sont la voix, le geste et les caractères tracés; ainsi l’homme peut parler avec les trois centres de son être: Centre cerles mâla voix la parole le son vical choires Centre thov les bras le geste l‘écriture la lumière racique Centreabdoles jamla progresla mimique le mouve minal bes mon ment, Toute langue sacrée possède ces trois éléments et n‘atteint son apogée d’expression que quand un homme les emploie de concert. C’est ce qu’on peut voir encore aujourd’hui dans certaines pagodes de la Chine et de l’Inde: l’ofiiciant exalte et sublimise ces actes : le discours devient une incantation,
ÉLÉMENTS D'HÉBREU 85 l’écriture un schéma, et la mimique une crypto graphie plus mystérieuse encore. La grammaire hébraïque ne peut plus en étudier que les caractères. Nous les donnons un peu plus loin.
5 Il. — LES SIGNES CONSIDERÉS COMME CARACTÈRES La première division qui s’établit entre les lettres hébraïques est celle des voyelles et des consonnes; on a beaucoup dit pour et contre l’existence de ces voyelles; mais les Égyptiens en avaient et s’en servaient pour solfier; Horus-Apollon dit qu’elles étaient au nombre de sept; Porphyre nous apprend que les Phéniciens s’en servaient pour désigner les planètes.
Ces voyelles sont pour l’hébreu : x, doux représenté par. . . . . . . d .1, plus fort —— . . . . . . . è, Il 21, très forté — . . . . . . . é, ch allemand a, obscur — . . . . . . . ou, u,y ‘1, brillant — . . . . . . . ô 7, durable —— . . . . . . . i :, guttural — - . . . . . . . ho, who.
Plus une consonnante, ' c’est—à-dire non écrite, attachée à la consonne; elle se prononce 1ï, ë, Les caractères hébraïques sont chaldéens; l’écriture samaritaine, moins nette et moins élégante, est antérieure; les rabbins appellent l’alphabet hébreu h“I’I I1:N mon: (catz‘bçah as hourith) écriture assyrienne, ou dans un sens figuré, écriture souveraine, primor diale, originelle. Moïse n’employa point ces carac
86 L’INITIATION tères, par la bonne raison qu’ils n’étaient sans doute pas encore inventés de son temps; mais son alpha— bet était bien identique à celui que nous connais sons. Ce fut l’altération phonétique des voyelles qui obligea les Sages de l’Assyrie, les Chaldéens, à inventer les points-voyelles pour restituer ce que le temps et la matérialité des Juifs avaient produit (1).
« Supposons, dit Fabre d‘Olivet, pour expliquer leur invention, que nous ayons en français une racine composée de deux consonnes, BL, à laquelle nous attachions toute idée de rondeur.
Si nous concevons peu d'objets sous cette forme, nous dirons indifférem ment bal, bel, bil, bol, bal, boul; mais à mesure que nous distinguerons les individus de l’espèce, nous saurons qu’une balle n’est ni une bille, ni une boule; nous n’aurons garde de confondre le bol d’un apothi caire avec le bol où l’on sert les liqueurs, ni le bill du parlement d‘Angleterre avec une bulle du pape; enfin nous mettrons une grande différence entre cette der nière bulle, une bulle de savon et une balle de mar chandises, etc. » Les Chaldéens inventèrent donc une série d’accents pour donner aux caractères sous lesquels ils les plaçaient _le son que ces caractères avaient dans le langage parlé; de la sorte, la lettre du livre saint était respectée et on pouvait les lire à haute voix 1 d’une façon uniforme.
Ces points—voyelles sont'les suivants (la consonne B est prise comme ex.) : (I) Le mot de Chaldéens, qui s’écrivait 'l'IN‘twa ou "1,\‘153 suivant les dialectes, signifie les yîeillards, les éminents, ceux qui connaissent la nature des choses.
ÉLÉMENTS D‘HÉBREU 87 —g_:L’“,Z,*__ _ :, .‘7 VOYELLES LONGUES VOYELLES BRÈVES 3: bâ; c’est le kametg ? ba; c'est le palach ; bê; — trêrè be; -— segol '—'. bî; — chîrek ?_» bu; * kibbutg ä. bô; — kolem b0; — kametg—ka toph. L’accent Ë-v nommé sheva, signifie que le caractère ' sous lequel il est placé manque de voyelle si c’est une consonne, ou reste muet si c’est une voyelle.
Le 117 porte toujours un point, soit 'tlÎ, quand il a le son 811 anglais; soit it7, quand il s'aspire comme en français. Lepoint inscrit à l’intérieur des lettres est appelé Ïdaghesh, appliqué aux consonnes, et mappik, appliqué aux voyelles: il donne de la force.
C’est à Esdras que revient l’honneur d’avoir rem— placé les caractères primitifs des anciennes copies du Sepher par les lettres chaldaïques; les Samaritains seuls restèrent attachés à l’ancien caractère; et ils altérèrent le texte en suivant, dans la suite des temps, les fluctuations de la ponctuation. 5 III. — Des CARACTÈRES CONSIDÉRÉS COMME SIGNES Nous abordons aujourd’hui l’étude des signes hié roglyphiques dans les langues.
Chaque idiome a les siens plus ou moins parfaits: mais dans toutes les langues le nombre reste constant et ne dépasse jamais seize. L’étude des hiéroglyphes consiste proprement à suivre la marche de la parole, et à découvrir comment
88 L’lNlTIATION le signe se manifestant au dehors a produit un nom, et comment ce nom, caractérisé par un type figuré, a, à son tour, produit un signe, suivant ainsi un courant qui le ramène à son origine. Les signes ont des pôles, ils ont une orientation que seuls peuvent nettement voir ceux qui sont admis à lire dans la lumière astrale les caractères de la langue universelle.
Dans le domaine du sensible, on essaie de reproduire l’indication de cette polarisation, et c’est pour cela que les signes qu’on trouve dans les grimoires portent des marques spéciales qui en font une représentation des caractères de l’invisible. Tel °Z°, où les petites boules indiquent justement les pôles. Généralement, d’ailleurs, l’écriture des grimoires est une représen tation rigoureusement logique de l’objet pensé.
D011 nons comme exemple les expressions des esprits des planètes.
Saturne s’exprimera par le serpent ou 3, Jupiter par 4, l’éclair, Mars par les pointes, ou 5, le Soleil par des figures tourbillonnantes et le chiffre 6, Vénus par des figures fermées, régulières, Mercure par le caducée, 8, et laLune par 9; de telle sorte qu’il existe un rapport constant, exact entre l’objet et sa représentation et que l’esprit n’a qu‘à passer du monde des apparences dans le monde des réalités pour y trouver en soi ce qu’il connaît au figuré.
Fabre d‘Olivet, d’accord avec Court de Gebelin, fixe à seize le nombre des caractères de l’alphabet pri mitif qui a donné naissanceà tous les alphabets lit téraux actuellement en usage sur la terre. En voici l’adaptation :
ÉLÉMENTS D’HÉBREU 89 N, 375 J,.‘J 'm A. —— L’homme lui-même comme unité collec tive, principe, maître et dominateur de la terre. B, P, Ph. —— La bouche de l’homme, comme organe de la parole, son intérieur, son habi tation, tout objet central. G, C, Ch. — La gorge: la main de l’homme à demi fermée et dans l’action de prendre tout canal, toute enceinte, tout objet creux.
D, Dh, Th. — Le sein : tout objet abondant. nourricier: toute division, toute réciprocité. H, Eh, Ah. — L’haleine: tout ce qui anime: l’air, la vie, l’être. O, U. — L’œil: tout ce qui se rapporte à la lumière, à l’éclat, à la limpidité, à l’eau. '(. 1. 37 Ou, W, Wh. — L’oreille: tout ce qui se rap porte au son, au bruit, au vent : le vide, le néant.
T,u,ttt Z, S, Sh. — Un bâton, une flèche, un arc; les 13,37 armes, les instruments de l’homme : tout objet allant à un but. 5 ’H, Hê, Ch. —— Un champ, image de l’existence naturelle: tout ce qui exige un travail, une peine, un effort: tout ce qui excite la chaleur. T, Tz. -— Une toiture: un lieu de sûreté, de refugezun asile, un terme, un but, une fin.
1. — Le doigt de l’homme, sa main étendue: tout ce qui indique la puissance ordonnatrice et qui sert à la manifester. L. — Le bras : toute chose qui s’étend, s’élève, se déploie.
go L’INITIATION 721 M. — La compagne de l’homme, la femme: tout ce qui est fécond et formateur. N. — La production de la femme: un fils, un fruit quelconque : tout être produit. L: p Q, K. — Une arme tranchante: toutcequi sert l’homme. le défend, fait effort pour lui. 1 R. — La tête de l’homme: tout ce qui possède en soi un mouvement propre et déterminant.
Voici maintenant, selon d’Olivet, quels sont les signes hébraïques, c’est-à-dire les idées primitives exprimées par les caractères de cette langue. A . . . . . . . N Ce premier caractère de l’alpha bet, dans presque tous les idio mes connus, est le signe de la puissance et de la stabilité. Les idées qu’il exprime sont celles de l’unité et du principe qui la détermine. B.
P. . . . . :1 Signe paternel et viril: image de l’action intérieure et active. G. . . . . . :\ Ce caractère, qui offre l’image d’un canal, est le signe orga— nique, celui de l'enveloppement matériel, et de toutes les idées dérivant des organes corporels ou de leur action. D. . . . . . '1 Signe de la nature divisible et divisée: il exprime toute idée découlant de l’abondance née de la division.
ÉLÉMENTS D’HÉBREU 9 1 H. Hë. '. . . n 'La vie et toute idée abstraite de _ l’être. . OU. W. . . 1 Ce caractère ofl“re l’image du mys tère le plus profond et le plus inconcevable, l’image du nœud qui réunit, ou du point qui sépare le néant et l’être.
C’est le signe convertible universel, le signe qui fait passer d’une nature à l’autre; communi— quant, d’un côté, avec le signe de la lumière et du sens spiri— tuel 'I, qui n’est que lui-même plus élevé. et se liant, de l’autre côté, dans sa dégénérescence, avec le signe des ténèbres et du sens matériel 17, qui n’est encore que lui-même plus abaissé.
Z, C, S. . . ‘î Signe démonstratif; image abs— traite du lien qui unit les choses; symbole de la réfrac— tion lumineuse. H.HÊ, CH. .1 Ce caractère intermédiaire entre :1 et :, qui désignent, l’un la vie, l’existence absolue, et l’autre la vie relative, l’existence assimi lée, est le signe de l’existence élé mentaire : il offre l’image d’une sorte d'équilibre, et s'attache aux idées d‘effort, de travail et , d’action normale et législative.
LÏMTIATION 1:: Signe de la résistance et de la protection. Ce caractère sert de lien entre '|et n, qui sont l’un et l’autre beaucoup plus expres sifs que lui.
7 Image de la manifestation poten tielle: signe de la durée spiri tuelle, de l’éternité des temps, et de toutes les idées qui s’y rapportent : caractère remar quable dans sa nature vocale; mais qui perd toutes ses facul— tés en passant à l’état de con sonne, où il ne peint plus qu’une durée matérielle, une sorte de lieu comme “t, ou de mouvement comme 127. D Signe assimilatif.
C’est une vie réfléchie et passagère, une sorte de moule qui reçoit et rend toutes les formes. Il dérive du caractère 11, qui découle lui même du signe de la vie abso lue .1. Ainsi, tenant, d’un côté, à la vie élémentaire, il joint à la signification du caractère n celle du signe organique J, dont il n’est, au reste, qu’une espèce de renforcement. 5 Signe du mouvement expansif: il s’applique à toutes les idées
ÉLÉMENTS D’HÉBREU 93 d’extension, d’élévation. d’oc cupation, de possession.Comme signe final, il est l’image de la puissance qui dérive de l‘élé vationfl M. . .. . . . D Signe maternel et femelle; signe local et plastique; image de l’action extérieure et passive. Ce caractère, employé à la fin des mots, devient le signe col lectif D.
En cet état, il développe l’être dans l’espace indéfini, ou bien il comprend sous un même rapport tous les êtres d’une nature identique. N. . . . . . J Image del’êtreproduitouréfléchi: signe de l’existence individuelle et corporelle. Comme caractère final, il est le signe augmen tatif 'j, et donne au mot qui le reçoit toute l’extension indivi duelle dont la chose exprimée est susceptible. S, X. . . . .
D Image de toute circonscription : signe du mouvement circulaire, en ce qui a rapport à sa limite circonférencielle. C‘est le lien 1 . renforcé et replié sur lui-même. H, WH. . . 'J Signe du sens matériel. C’est le signe '( considéré dans ses rela tionspurementphysiques. Lors
g4 L’INITIATION que le son vocal Y dégénère à son tour en consonne, il de— vient le signe de tout ce qui est courbe, faux, pervers et mauvais. Pl—I, F. . . . E Signe de la parole et de tout ce qui y a rapport. Ce caractère sert de lien entre les caractères .1 et 1, B et V, lorsque ce der nier est passé à l’état de con sonne; il participe à toutes leurs significations, en y ajou— tant son expression propre, qui est l’emploi. 'T,Z. . . . .
3‘ Signe final et déterminatif, se rapportant à toutes les idées de scission, de terme, de solution, de but. Placé au commence ment des mots, il indique le mouvement qui porte le terme dont il est le signe; placé à la fin, il marque le terme même où il a tendu; alors il reçoit cette forme 37. Il dérive du carac— tère D et du caractère T, et il marque également la scission de l’un et de l’autre.
Q, K. . . . . p Signe éminemment compressif, astringent et tranchant : image de la forme agglomérante ou réprimante. C’est le caractère 3 entièrement matérialisé et s’ap
ÉLÉMENTS D’HÉBREU 95 pliquant aux objets purement physiques. Car voici la pro— gression des signes : n, la vie universelle; n l’existence élé mentaire, l’effort de la nature; 3, la vie assimilée tenant aux formes naturelles; p, l’existence matérielle donnant le moyen des formes. '1 Signe de tout mouvement propre, bon ou mauvais; signe originel et fréquentatif : image du renou vellement des choses quant à leur mouvement.
S, H. . . . . t‘: Signe de la durée relative et du mouvement qui s’y rapporte. Ce caractère dérive du son vocal 7, passé à l'état de con sonne; et il joint à son expres— sion originelleles significations respectives des caractères 1 et D. l‘H. . . . . n Signe de la réciprocité: image de tout ce qui est mutuel et réci proque. Signe des signes.
Joi- ‘ gnant à l’abondance du carac— tère 'j, à la force de résistance et de protection du caractère 1:, l'idée de perfection dont il est lui-même le symbole. Vingt-deux signes: telles sont les bases simples sur
96 L'INITIATION lesquelles repose la langue hébraïque, sur lesquelles s’élèvent les langues primitives ou dérivées, qui s'at tachent à la même origine.
De la connaissance par faite de ces bases dépend la connaissance de leur génie; leur possession livre une clefà laquelle aucune de leurs racines ne saurait résister. (A suivre.) SÉDIR. @RDRII MARTINÏSÎJÏŒ Pardécisiondu Président, le Suprême Conseil de l'Ordre (Membres titulaires) est cunvoqué pour le 23 janvier en séance extraordinaire. — Cette séance sera consacrée à la création d'une chambre de Justice et à la préparation du renouvellement du mandat de tous les Membres du Suprême Conseil qui arrive à expiration.
ÉCOLE HERMÉTIQUE Le vendredi cours de Selve sur I'Astrologie. — Ce cours très savant et très bien fait a obtenu un gros suc cès dès son ouverture. 0 o c Mercredi 16 janvier a en lieu une ,charmante fêté in— time.
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L'HYP’ERCHIMIE Rosa Alchemica REVUE MENSUELLED’ALCHIMIE, D’HERMÉTISME ET DE MÉDECINE SPAGYRIQUE Organe de [a SOCIÉTÉ ALCH1M1QL'E DE FRANCE D [HECTEUII I, F. JOLLIVET-CASTELOT Docteur en Hermétismoet en Kabbale RÉDACTEURiIN CHEF : SEDIR Docteur en Kabbale SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION : JULES DELASSUS PRINCIPAUX COLLABORATEURS: 1° F. Ch. Barlet; Jacques Brieu; Clavenad: Jules Delassus; Stanislas de Guaïta +; Guymiot; D“ Marc Haven ; F.
Jollivet-Castelot; D“ Papus; Dr F. Rozier; Sédir; Sisera; Verveine I. — 2" Amo; Dr Baraduc; Serge Basset; Pierre Bornia; M. Decrespe +; Dr Dele’zinier; A. Deneus; H. Désormeaux; H. Dur ville; André Dubosc; DPS‘ H. Emmens; Louis Esquieu ; Dr H. Fa vre; D" FugairOn; Dr T. Krauss; Auguste Strindberg; Mme de Thèbes ; ’Th. Tif’fereau; Dr Thorion; Georges Vitoux. .
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