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, o ‘ o 4— 0 I ‘ _ L 1 nlil a L 1o n Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEMEN'I‘ SOUS LA DIRECTION DE PAPUS I E? O. E4 Docteur en médecine — Docteur en kabbale '5‘, 49“le VOLUME. — 14'“ ANNÉE SOMMAIRE DU N° 3 (Décembre 1900) __,4_. PARTIE INITIATIQUE Charles Go!tlælf de Hund et la Stricte Observance. . Papus. (p. 193 à 202) PARTIE PHILOSOPHIQUE Thèse de licence . . . . . . . . . . . . . . i . . . . . .
Odon Kop. , (p. 203 à 209) Synthèse des couleurs. .. . . . . . . . . . . . . . . . . Zathor. (p. 210 à 212) Éléments d‘He’breu, d’après Fabre d'Olivet . . . . . . Sédir. ;; (p. 213 à 225) Remarques d’un catholique sur 1‘Esprlt Julia. . . . . Saturninus. (p. 225 à 229) Notes explicatives du schéma de l'évolution du créé vers l’absolu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Estihus Nitihus. (p. 230 à 241) Introduction à l’étude du « Son-Lumière-Couleurs » dans l’Astral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Tidianeuq. (p. 242 à 271) École supérieure libre des sciences hermétiques. — Les niches des Esprits dans une maison de Turin. _ Bibliographie. — Revue des revues. -T Nos primes. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé 87, boulevard Montmorency, à Paris.
Téléphone -— 690-50 ldministralînn et ahunnamnnts : 4. me de 8min, PARIS (DE 2 A 5 HEURES) Le Numéro : UN FRANC. —- Un An: DIX FRANCS C
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont‘vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Phi1030phie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point. de vue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cle’ricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiarion étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de I’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de tomes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà quatorze années d’existence.— Abonnement: lofrancs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.) -* —‘.._
L’Initianon du 15 DéCembre 1900 Fr-T-ALA v .1 _ ,.1..—-y——v-i;.-n«.«v_._ærn,_L_-.r»m_-> : . PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’Iniz‘iation la PARTIE INITIATIQ UE AMO— F. CH. BARLET, S.'. I.'.;‘, — GUYMIOT. -— MARC HAVEN, S.'. I.'. ;:3 — JULIEN LEJAY. S.'. I.'. g —— EMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.-. (D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. — PAPUS, S.'. I.°. ;‘ë— SEDIR, S.'. I.'. — SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. —- AMELINEAU. — ALEPH. — AMARAVELLA. -— D' BARADUC. —- SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 3o' .'.— BLITZ. — BOJANOV.— BORNIA PIETRO. — J. BRICAUD. —— JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — _CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — A. ERNY. — FABRE DES ESSARTS. — L. ESQUIEU. — DELÉZINIER. — JULES GIRAUD. — D“ FERRAN. — L. GOURMAND. — L.
HUTCHINSON. —— JOLLIVET CASTELOT. — E. LEFËBURE. — L. LE LEU. — L. LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — Gle C. NOEL. — HORACE PELLETIER — G. POIREL. —— QUESTOR VITŒ. — RAYMOND.—D’ ROZIER.— L. SATURNINUS. —- D" SOURBECK . — THOMASSIN. —TIDIANEUQ. — G. Vrroux. — YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG-— JEAN DELVILLE. u ESTRELLA. —— E. Gou BEAU. — MANOEL DE GRANDFORD. — L.
HENNIQUE. — GABRIEL DE LAUTREC. — JULES LERMINA. — JULES DE MARTHOLD. — CA TULLE MENDÈs. —-— GEORGE MONTIÈRE. —LEON RIOTOR. — SAINT FARGEAU. — ROBERT SCHEFFER. — ÉMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE G. ARMELIN. — CH. DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. —JEAN DELVILLE. —'YVAN DIETSCHINE. — E. GIGLEUX. — CH GROLLEAU -— MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. —- EDMOND PILON. -—-» J. DE TALLENAY. —- ROBERT DE LA VILLEHERVE’.
“ha“ 1“...” , È W L’Initian‘on du I5 Décembre 1900 L’INITIATION DIRECTION ADMINISTRATION 87, boulevard Montmorency, ABONNEMENTS TÉLÉPHONE — 690‘50 PUBLICITÉ : VENTE AU NUMÉRO PARIS-A UTEUIL 4 Rue de Savoie DIRECTEUR : PAPUS ' Dmscreun ADJOINT : Lueien MAUCHEL (DE 2 A 5 HEURES) Rédacteur en chef: PARIS F.—Ch. BARLE'ÏI‘.‘ ‘ Secrétaires de la Rédaction : I'RANCE, un 811., W Ir J.
LEJAY — PAUL SÉDIR ÉTRANGER, _ |3 tr_ RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. Prière d’adresser tous les échanges: 87, boul. Montmorency, Paris MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction.
Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d'avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. L’Inz‘tz'ation est l’organe officiel des centres suivants: Groupe Esote’rique. — Ordre martiniste. -—— École supé rieure libre des Sciences hermétiques. — Ordre Kabbalisti— que de la RoseCroix. — Union Idéaliste Universelle. —— la T.
L. (section française). ÊIIIJIII’E IIIIEI’EIDAIT D‘ÉTUDES ESII‘IEIIIQIIES 1,600 Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes d'Études fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. Pourtous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SÉDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. (Reçoit le mardi de 5 à 7 heures).
Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE -1— CROIX. —ÉGUSE GNOSTIQUE SOCIÉTÉ ALCHIMIQUE DE FRANCE
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PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l‘exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) L’ILLUMINISME EN ALLEMAGNE CHARLES GIJTTHELF DE Illlllll‘ Et la Stricte Observance L’histoire de la Stricte Observance, dans ses diverses manifestations, est utile à connaître pour les Marti nistes, car on a quelquefois confondu, à cause de la mise en jeu des Supérieurs Inconnus, ce régime avec le Martinisme, ce qui est une erreur.
Nous laisserons de côté, dans cette étude, toute polémique et toute réponse à des attaques dont le Martinisme n’a guère à se soucier.
Il en a vu bien d’autres, et il ne s’en porte pas plus mal, au contraire Les chevaliers laïques du Christ sont assez aidés dans tous les plans, pour venir à bout de leur tâche, Occupons-nous donc, pour l’instant, de l’histoire de l’œuvre de réalisation de de Hund, en nous appuyant sur des travaux publiés en Allemagne, qui nous per— mettront d’éclairer certains points, laissés obscurs par ..r 7
194 L’INITIATION [0Écmnax les auteurs qui se sont occupés, en France, de cette question. Charles Gotthelf de Hund est né en 1722. Sa famille (Hund et Alten—Grotkau) était une des plus anciennes de la Silésie. On la trouve mentionnée dans des chartes dès l’an 1300, et, en 1480,un bur grave de Glatz portait le nom de Hund et Alten Grotkau.
A l’époque de la guerre de Trente ans, Wenceslas de Hund et Alten-Grotkau était président du tribunal de Liegnitz. Les ravages de la guerre et de la peste le forcèrent à abandonner ses biens pour chercher un refuge à Fraustadt. Pendant cette émigration, il perdit sa femme.
De retour à Liegnitz, il trouva ses terres dévastées, et dut, au moment de les remettre en valeur, s’enfuir de nouveau en Pologne, en abandonnant la Silésie à une nouvelle invasion. Il mourut de misère en 1637, laissant quatre fils. L’aîné, à force de courage et d’intelligence, remiten valeur les biens paternels, mais il mourutà trente-trois ans, non marié.
Ses trois frères fondèrent, par contre, trois nouvelles branches de la famille, et c’estàl’ainée de ces branches qu’appartient l’homme qui nous inté« resse. Charles Gotthelf de Hund était mineur quand son père mourut. En entrant dans le monde, il posé s-édait les terres de Moenau, Kittlitz, Rauden, Metz d‘orf, Berwalde, Ober-Gebelzig, Klein-Fœrstchen, Jerchwitz, Lierka, et Nuder Gobelzig.
' Fils unique, il fut l’objet des soins tout particuliers de la part de sa mère et de son tuteur. C’est ainsi qu’on le laissa téter jusqu’à l’âge de neufans, et «plus
I 00 CHARLES GOT‘THELF DE HUND I 5 9 gt..L4 fllîi tard encore, sa mère, quand ellé rencontrait quelque part une nourrice vigoureuse et saine, lui faisait donner le sein par cette femme ». En 1737, il allavsuivre les cours de l’Université de Leipzig, et en 1739 il commença à voyager sous la tutelle du colonel de Schœnberg; il avait dix—sept ans.
A la suite de son amour pour la fille de son tuteur, amour terminé par la mort prématurée de la jeune fille, le jeune seigneur fit le serment de ne pas se marier. En 1741, à dix-neuf ans, il vint à Paris, où il embrassa en secret, et. parait—il, pour plaire à une grande dame, le catholicisme.
En 174.2,n0us le trouvons à Francfort,où il assiste au couronnement de l’empereur Charles VI, et où l’Électenr de Cologne le nomma Chambellan. il paraît qu’il n’a jamais eu droit au titre de baron dont l’ont décoré la plupart des historiens. A l’âge de vingt ans, le 20 mars I742, il se fait rece— voir dansla loge maçonnique de F rancfort.
Cette loge appartenait au système de Clermont, et, comme telle, se vouait à la réalisation et à la continuation de l'œuvre des Templiers, en même temps qu’à la défense des Stuarts (1). En 1743, de Hund fut reçu Templier et fut pré senté au Prétendant.
En même temps, il était nommé, dans une réunion tenue à Maestricht, grand maître (t) La plupart des Loges Jacobites ont pratiqué le système Templier, système adapté spécialement aux hommes d’action, et essentiellement aristocratique. Le Templier moderne n’a jamais été un démagogue; il est plus vraiment anticlérical et surtout antipapiste qu’ennemi de la Royauté.
196 L’INITIATION “1 .H.‘.?m de l’Ordre pour la province de Basse-Allemagne. C'est alors qu’il entra en relation avec Henri Marshall, grand maître pour la province de la Haute—Saxe, qui avait reçu son diplôme de lord Darnley, grand maître pour la province d’Angleterre. Le chef suprême de tout l’Ordre était alors Charles Stuart, le Prétendant, et son titre secret était eques a penna rubriz.
Ces détails sont nécessaires, pour montrerque Hund a été un réalisateur d’un ordre déjà existant, à_l’exten sion duquel il a consacré sa fortune et sa vie, et non 1 pas un imposteur, comme ont voulu le faire croire ‘ certains auteurs profanes ou simples maçons que l’illuminisme épouvante partout où ils le rencontrent. Grâce à la collaboration de Hund et de Marshall, l’Ordre prit vite une grande extension.
L’obéissance absolue, à laquelle étaient astreints les membres, lui fit donner le nom de Stricte Observance. Plus tard nous aborderons, si nous en avons le loisir, l’étude des divisions et des enseignements de cet Ordre, ainsi que des divers détails des réceptions et des grades. Notons seulementun fait: c’est le nom latin désignant chacun des chevaliers de l’Ordre.
C’est une remarque importante, car cela nous permettra, à tout moment, de différencier les Templiers des Martinistes qui con servaient toujours leur nom personnel. C’est ainsi que Hund était eques ab ense Voici quelles furent les loges principales, fondées sous l’impulsion de Hund et de Marshall, etleur siège : A Dresde; A Leipzig ;
CHARLES GO’I‘THELF DE HUND 197 A Altembourg, loge d’A rchz'mède aux Trois Tables à Dessins (1742). A Sachsenfeld, [tige aux Trois Roses, fondée en 1743,‘ par le comte Solms Sachsenfeld (1708 1789) A Naumbourg, loge des Trois Marteaux (rétablie en 1754). Les provinces eurent plusieurs distributions dont voici les deux principales : 1" Division. 2‘ Division. I. Aragon . Basse-Allemagne. 11. Auvergne Auvergne. 111. Languedoc Languedoc. IV.
Léon Italie. V. Bourgogne Grèce. VI. Grande-Bretagne Autriche. VII. Basse-Allemagne Lombardie. VIII. Italie Russie. IX. Grèce Suède. A cette époque, l’Allemagne était le centre de culture d’une foule de systèmes plus ou moins maçon niques, relatifs aux hauts grades. Et ici, qu’on me per— mette une parenthèse.
Me suis—je assez fait traiter d’ignorant et d’imaginatif, pour avoir osé présenter Ramsay comme l'ardent disciple de Fénelon (Marti— nisme et Franc-Maçonnerie, p. 11)! Ignorant, je le suis, car j’ai la certitude de ne rien savoir, et cette ' »\*. ‘._I,
198 L'INITIATION certitude s’accroît avec les années. lmaginatif,j’espère l’être aussi. Mais, dans le cas actuel, les flèches de la critique doivent atteindre M. Matter et son si bel ouvrage sur Fénelon qui m’a été d’un précieuxseeours. A côté de la Stricte Observance, voici, avec les dates, les systèmes alors répandus en Allemagne: 1755. —— Système Rosaïque, propagé en Allemagne et en Suède, de 1755 à 1761, parRosà.
Voué à l’étude de l’Alchimie, de la Théosophie, de Cosmosophie et de Mécanique. 1756-1787. —Loge des Architectes Africains,fondée à Berlin par Kippen. Voué à l’étude de l’histoire des Sociétés secrètes. Loge des Illuminés. Loge des nouveaux Rose-Croix (Schrepfer et Wœl mer). Loge des Frères Asiatiques, créée, en 1780, en Au triche (B. Ecker d’Eckhofen; Bohemann, fondateur de la communauté).
Loge des frères de la Croix, fondée, en 1777, en Silésie. Cette invasion de systèmes divers devait forcément amener de graves difficultés au malheureux réalisa teur, d‘après la loi : l’z'nz’tie’ tuera l’initiateur. Cela ne manqua pas d’arriver.
Un comptable, émigré en Allemagne à la suite de gros déficits, appelé Becker ou Leucht, que certains auteurs considèrent comme d’origine juive, et qui pre nait le nom de Johnson a Fuhnen, prétendit avoir été envoyé par les chefs suprêmes d’Écosse, avec le titre de grand prieur.
CHARLES GOTTHELF DE HUND 199 PREMIER CONVENT. — Hund convoqua, en [764, à Altenberg, près Kahlà,un premier convent de l’Ordre, pour étudier la validité des affirmations de Becker. En faisant cela, il commettait, à notre avis, une grande faute ;‘car il introduisait dans son Ordre basé sur l’Illuminisme les procédés profanes des parle ments, c’est-à-dire l’action de l’inférieur sur le supé rieur. Les résultats ne sefirent pas longtemps attendre.
Becker prit la fuite avec la caisse. Arrêté, pour d’autres faits, à Magdebourg,il fut mis en prison,ety mourut en I775. Les frères de l’Ordre, tout heureux d’être appelés .à censurer leurs directeurs, demandèrent de nouvelles lumières sur une foule de faits, et la division com_ mença. Un parti suivit Hund et persévéra dans son œuvre de réalisation. Ce fut la majorité.
Mais un autre parti, bien que peu nombreux, se révolta sous la direction du chirurgien-major .Ellermann, et, avec l’aide de I Zinnendorf (.Equesa Iapide m'gro), fonda en 1766 un . système très sévère, bien que portant le nom d’Obéis sanceRélâchée ouLate Observance.
Ce système,d’après lequel ont très longtemps fonctionné un grand nombre de loges maçonniques de la Prusse et du Mecklem— bourg, adopta presque entièrement les formes du rite suédois. ’ CONVENT DE 1772.. —— La majorité, sous la direction de Hund.convoqua un nouveau convent en I772, à_ Kohlo. Dans ce convent,le duc Charles de Brunswick (mort en I780).futélu grand maître, et l’on commença à rogner les pouvoirs du réalisateur de l’Ordre, Hund,
200 L’INITIATION qui resta seulement à la tête de la direction de la Haute et de la Basse—Saxe. C’est là qu'un nouveau schisme se produisit sous l’influence de Gugumos (Egues a cygne triumpham‘e) qui se donnait pour un ancien envoyé du Saint-Siège dans l'île de Chypre, et qui groupa autour de lui un grand nombre de fidèles. CONVENTS DE WIESBADEN, DE BRUNSWICK. DE W01. FENBU’I‘I‘EL. -— Un nouveau couvent, convoqué àWies baden, le démasqua.
Mais un frère très important de l’Ordre, Jeau-Chrétien Shubart (Eques a struthz‘one), fatigué de ces discussions, se retira avec éclat, d'où convocation de nouveaux conventsà Brunswick(t 775) et à Wolfenbuttel (I778). En même temps, le grand aumônier Stark, de Darmstadt (Egues ab aquz‘la fulva), se mit à combattre, de toutes ses forces, l’ori gine dite templière de l’Ordre.
Le pauvre de Hund n’avait pu résister à toutes ces secousses et à toutes ces petites infamies. Il avait dépensé pour son œuvre plus de 500.000 thalers, il avait vendu toutes ses terres, et avait transformé la dernière en une rente viagère,que lui servait le comte Rœder de Kœnigsbrück.
En I776, il s’était rendu à Meiningen, Il y mourut, le 8 novembre, à l’âge de cinquante-quatre ans._ Quant à son Ordre, il eut comme grand maître, à dater de I783, le duc Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick, qui avait succédé à son père, mort en 1780. Le duc Ferdinand de Brunswick, qui devait jouer un si grand rôle dans l’histoire del’llluminisme, con m—- u __ , V_ ' ' — ' h“-r‘-É—u‘IM
CHARLES GOTTHELF DE HUND 201 voqua le couvent de Wilhemsbad, d'où sortit le régime rectifié, que suivent, encore aujourd’hui, plu sieursloges. Les anciens partisans de la Stricte Observance élurent, à Turin, un nouveau grand maître, Vernez, qui ne put jamais établir son influence en Allemagne. Telle est l’histoire de ce réalisateur.
Nous avons négligé d’émailler ce récit de notes informant le lec teur des erreurs commises par les biographes de Hund, que les uns appellent baron, et dont d’autres ne con— naissent pas la famille. Notre mérite est en effet absolument nul; car nous avons résumé des docu— ments plus complets que les autres, et voilà tout.
Tant que nous n’avons pas eu ces documents, nous avons fait les mêmes erreurs que d'aucuns, et c’est ce qui se passe, encore aujourd‘hui, pour les biographes de Saint-Martin et de Willermoz.
4 Ce qu’il importe, en terminant, c’est de faire remar quer aux Martinistes qu’ils doivent se garder de con fondre la chevalerie chrétienne, fondée par Claude de Saint—Martin, et dont les preuves de transmission existent, toutes imprimées à différentes époques,avec la Stricte Observance d’une part, etles llluminés de Weishaupt de l’autre.
Certains Martinistes, comme Willermoz, ont fait partie des deux Ordres, comme d’autres Martinistes ont fait partie des loges ordinaires. Mais ce que l’histoire dira un jour, c’est que, chaque fois qu’un Martiniste est entré dans un autre Ordre ou
202 L‘INITIATION dans la simple Maçonnerie, soit dansl’antiquité, soit de nos jours, il a toujours marqué son passage par des œuvres originales. Les archives de l’Ordre seront plus tard bien instructives quand elles montreront les engagements signés de la plupart des écrivains maçon niques contemporains, même de ceux qui attaquent leur centre d’initiation. Que les futurs critiques par donnent à ces adversaires d’un jour leurs actes, comme nous les leur pardonnons d’après les prin cipes vraiment chrétiens de l’Ordre, et que la vie de ce malheureux de Hund serve d’exemple aux réali— sateurs futurs! PAPUS. 441......“
Cette partie est ouverte aux écrivains de toute écale, sans aucune distinction, et chacun d’eux conserve la responsabilité exclusive de ses tdees.) ÈGÜLE SUPÉRIEURE LIBRE DES SGŒNGBS HERMÈTIQÏJ‘ES Æhèse de ëiœnœ d’@don (50]) MAI 1899 Des diverses méthodes d’Occultisme pratique . Le Christ a multi lié les voies d’initiation, voies ’ascèse adaptables à tous les genres d’êtres humains... PAPUS. (L’Ame humaine.) De toutes les méthodesemployées enocculte depuis la Mystique pure jusqu’à l’Alchimie, il est facile de distinguer, malgré le chaos apparent de procédés ou de résultats si divers, une classification naturelle et possible, qu’un examen approfondi ferait mieux voir, mais que nous ne pouvons qu’indiquer dans ce tra vail limité. ' Le Quaternaire, puissance seconde, nombre central et de l‘Esprit Vrai. portant son action partout, et la
204 L'INITIATION > j _ , proportionnant aux différentes natures des Êtres (C1. de Saint-Martin), c’est à lui que nous demande— rons la clef qui va nous servir à classifier les diverses méthodes utilisées par l‘occultisme pratique.
Il résultera de cette considération subjective que les occultistes quels qu‘ils soient peuvent se classer comme il suit: 1. —— Ceux qui travaillent dans l’ordre expéri mental : ces réalisateurs actifs sont les Voyants, les Prophètes, les Nabis, etc. ; et l’objet de leur étude est Dieu ou l‘Absolu. 2. — Viennent ensuite les médecins spargyriques (Paracelse), et l‘objet de leur étude est l'Homme.
3. — Puis viennent les Alchimistes, Flamel, etc., dont l’objet d’étude est la Nature. Ainsi se dégage la première méthode d’ordre expé— rimental ou sensible. . La seconde méthode est sentimentale. Elle com prend des illuminés de tout genre. 4. — Saints du Christianisme. 5. -—- Thérapeutes (Esséniens).
6. —- Mystiques d‘amour, etc. La troisième méthode est intellectuelle: ceux qui l’emploient sont les Hermétistes divers : 7. —— Théosophes (Jacob Boehme). 8. -- Initiateurs (Radj Yoguis). g. — Magiciens (Taoïstes, Mantrikas, etc.). De sorte que de cette clef novenaire, dont la racine est 3 (Dieu, Homme, Nature). (SÉDIR, La Création.)
THÈSE DE LICENCE D’ODON KOP 205 Si nous considérons son développement dans le (à, une quatrième méthode toute spirituelle (sphère d’unité) vase révéler avec les Mystiques purs ou Messies, Rose—Croix, les Apôtres, etc. Nous nous trouvons donc en réalité, comme nous le disions tout d’abord, en présence de quatre méthodes seulement qu’on peut présenter comme dans le tableau suivant : MORT (vide) Mystique-Théosophe (Jacob Boehme) D ,,,S 9 E ä34 ‘ägn > æ a + l à a“ 9 a: 2 .1: ,, ...
C 1x1 9. :I g 75 u .. .— m 3“ VIE (plein) Expér. magnétiques (Paracelse) Ainsi nous pouvons tracer le tableau ci-après ‘(SÉDIR, La Création, p. 22).
206 L’l NITIATION MÉTHODES OBJETS D'ÉTUDE ,, ‘ DIEU . LA NATURE ”""DE L’ABSOLU LKOM‘MF‘ LE maurnr x) 2) 37 M. expérimentale Voyants Médc‘ïius Alchimistes _ .
Prophètes Spagyriques Réalisateurs actifs (Les “bis d-Ism” (Paracelse) {F‘lamel, etc.) 4) 5) 6) M. Sentimentale Saints Thérapeutes MYS‘Îq‘JCS d‘amour llluminég (Christianisme) (Esséniens) (Bhakta Yogui Soufis, etc.) 7) 8) 9) M. intellectuelle (JThégs;pges ) Initiateurs M {arsi cie n s . . aco 02 me Rad' Yo is ( aoïstes "ennemies Gnâna Yoguis éudhi’stes, ggtc.) Manmkas‘ . m Mm Théurgie Psychurgie Astrologie éth0de spirituelle Mystiques _ , , Rose-Croxx Sphère de 1 Unité purs Apôtres deptes co in pl ets Messies Primitifs On peut travailler soit dans l’ordre expérimental ou sensible; soit dans l’ordre passionnel ou senti mental; soit dans l'ordre intellectuel ou méditatif; soit dans l’ordre spirituel ou purement unitif.
C’est maintenant qu‘il convient de caractériser rapidement ce qui particularise et différencie cha cune de ces méthodes, afin que du fatras général des mots employés pour désigner les pratiques occultes quelconques nous sachions, en possession d'un élé ment d’ordre et de clarté, nous rattacher à des cen tres partiels suffisamment définis. Le développement mystique ne comprend que la
THÈSE DE LICENCE D’ODON KOP 207 .u l ) o . partie psychique de la réalisation occulte; la culture des sens physiques et hyperphysiq ues n’y est pas entre prise; leur sensibilité ne s’éveille que lorsque le moral est arrivé à une extraordinaire pureté. Au point de vue social, le prophète, qui est le type de cette collectivité, est le missionné par excellence de l’Unité.
Rappelons—nous que c’est à la Cabbale qu‘il faut demander le sens de ses vrais enseigne ments. L’illuminé, quel qu’il soit, est le plus souvent un solitaire qui suit la voie de Swedenborg et de Saint Martin; c’est—à-dire qu‘il se modèle sur la morale se— crête de Jésus. La charité, I’altruisme, l’amour universel, servent de base à son effort. Correspondance physiologique, le cœur.
' ’ « Le Magicien est celui qui, ayant reconnu le rôle prépondérant que joue l‘Esprit dans la succession des phénomènes créaturels et ayant expérimenté que l’être humain est un générateur très puissant, d’une qualité très pure, de force spirituelle, applique cette dernière à évertuer, selon qu’il le juge à propos, telle ou telle forme de l’univers objectif, visible ou invisible.
On le voit, le magicien est un adaptateur et un réalisateur par excellence des théories ésotériques. ’ (SEDIR, La Création.) Le magnétiseur sous des appellations différentes est celui qui a su s’emparer du fluide astral, celui qui s’est rendu maître du serpent qu’il gouverne à son gré et qu’il applique dans un sens bénéfique pour son évolution et celle des autres.
208 L’INITIATION Enfin, un lien commun rassemble toutes ces mé thodes. Le but de toute culture occulte aboutit en somme à récréer en soi l‘ange qui s’y trouve, dira le mystique; le cristal, le caillou blanc, le lys, diront d’autres.
Tout occultiste vrai, c'est—à-dire tous ceux qui cherchent ou qui trouvent en dehors de la matière une voie libre dominée par les deux grandes notions de souffrance acceptée et de conscience juge et con trôle, en un mot tous ceux qui savent trouver l’esprit sous la lettre, ne le font exactement qu’en dévelop pant en eux l’exercice d’un sixième sens hyperphy sique, véritable quintessence humaine, facultés de l’Adepte, dont le reflet d’ombre se trouve dans cette illusion que constituent les cinq sens ordinaires.
Ce qui peut se représenter ainsi : * Adepte Il * Homme hylique Et les cinq sens hyperphysiques vérifiables partiel lement chez plusieurs Adeptes, — car rares sont ceux qui parviennent au développement complet, — se trouvent aussi vérifiables expérimentalement.
La vue correspond à la clairvoyance(Miroirs), l‘ouïe à la clairaudience (Incantation), le toucher à la plas tification autour du cercle magique (Évocation), le goût et l‘odorat (État sapide, Extase); ce n’est pas ici -<-—1
THÈSE DE LICENCE D’ODON KOP 209 le lieu d’entrer dans les pratiques multiples qui per-« mettent d’atteindre ces résultats. Il s’agit de méthodes et non de pratiques et l’on n’attend pas de nous de décrire la grande opération ou le grand œuvre. Ajoutons cependant encore quelques mots.
Le développement total de l’initié s‘accomplit suivant une loi qui est celle qu’expriment les douze heures du Nucteméron d’Apollonius; ou bien encore, à un autre point de vue, on peut dire que toute cette modification évolutive de l’adepte ne va pas sans changer profondé ment son corps astral, et ceci s’accomplit aussi par une mise en action des souffles intérieurs qui correspondent aux sept foyers du corps causal, savoir: leplexus sacré, le plexus prostatique, le plexus solaire, le plexus pharyngt’en, le plexus caverneux, le plexus cardiaque, la glande pine’ale (Trou de Brahma).
C’est-à—dire encore que sept entités de l’Espace éli sent leur demeure, mais il est temps de clore cet essai, ces réflexions et ces souvenirs d’étude sur les diverses méthodes qu’applique pratiquement la Grande Famille des occultistes. ' ODON K0P.
210 L‘INITIATION Synthèse des Gouleurs Un être fut ravi en extase et vit Celui auquel il avait parlé. ‘ ‘ Il lui demanda l’explication de la synthèse et l‘a reçut. Ce fut ainsi. Le Soutien, le tenant dans ses bras, lui fit voir, pendant un moment inconcevable, le roulement des âges et leurs destinées, et l’homme en fut étourdi. Puis Celui qui est la Lumière lui dit: « Regarde encore »; mais l’homme chancela et crut mourir.
Cependant la grâce de Celui qui le tenait lui vint en aide et, le couvrant d’un voile, lui fit suivre sa _ pensée. L’homme vit apparaître un soleil extrêmement brillant qui ne dura que quelquesinstants,puisen par tant du centre la Lumière commença à s’évanouir et à devenir noire. Pendant que la Lumière ainsi s’éva nouissait en attirant le noir, celui-ci la dévorait en la remplaçant.
Et l’homme reconnut'que c’était une forme humaine qui se présentait au milieu de la splendeur du soleil. ‘ Néanmoins il demanda grâce et ne voulut plus regarder, lorsqu’il vit apparaître à droite du spectre noir un second monde transparent de blancheur qu . —8ll—_ng._. ,...._À_r ' _ __ ' ' - .. - > A. .".- n-nn.h——nj-‘I.ufi.ä,_
I"‘”' ' SYNTHÈSE DES COULEURS 2 I I resplendissaità‘ traversune forme humaine divinisée qui était commecelledu Fils de l’homme. L’homme cria et se réjouit, car il Vitl'que c’était là le salut‘de tout l’Univers enfanté, par la lumière engendrée, qui fait partie du Divin absolu.
Il jette un regarddu côté de l’homme, ou plutôt, il voyait tout en même temps se dérouler devant lui, parce que Celui qui le tenait semblait lui passer sa ferveur et saconnaissance de toutescfiosizs. ‘ Il vit'que‘le spectre*se démenait’ et se tordait au cehtred’e ce qui lui; restait de lumière‘et que sa forme: sachangeait et‘ prenait l’aspect d’un ver noir, éno’rrtte‘; llsç tordäit’ de jalousie, car il voyait que sa’ lumière noire n‘elui profitait point et‘qu’il ne pouVait atteindre celledh monde voisin, d’une humble blancheur.
Alors il s’avisa et cria, et attira la lumière rouge,‘ qui lui donna une épée, puis s’élançant il tua l’être blanc qui était tout sagesse et”d6uceur‘et qui ne“ résistä‘ pas. Sa forme resta inerte pendant quelques instants. Il laissa aller son sang qui l’avait taché de rouge afin“ que le feu de ce sang lavât le feu de l’épée qu’avait employé le ver contre'lui.
L’homme angoissé se serrait contre la force de cet élément qui le soutenait, car il avait peur en voyant l’irréparable. Mais voici que l’épée ayant touché le sang en rap porta sur le ver qui tâcha d’abord de pervertir ce qu’il avait fait et de s’excuser par la lumière verte qu’il attira à lui pour éteindre la lueur de l’Agneau qui avait été sacrifié. Et alors commença le voyage
212 L'INITIATION des molécules, car l’homme comprit que ce qui avait été impur en lui-même faisait partie du ver et que la pureté appartenait à celui qui avait été sacrifié sans résistance. , Il fut sacrifié pour le mal et il possède en lui-même, étant Dieu, la force vitale et latente de réparer l’irréparable, de retrouver ce qui s’était perdu soi—même.
' Puis, lorsque la forme divinisée remua, l’homme vit une lueur bleue éclater au-dessus des deux êtres, celui de l’inconsistance et l’autre de suavité noble et parfaite. —— Tout ce qui avait été inconscient dans le mal se remba et fit souffrir le ver en manière que la lumière jaune (celle de la gloire véritable par la souf france) apparaissant fit naître des taches blanches dans sa noirceur, afin que ces parties-là puissent oublier le noir.
Ce fut ainsi que le blanc reprit possession du noir qui fut le coupable et le racheté. L’inconcevable n’aurait point de fin et le juste point de réticence si nous savions les comprendre. Mais la / patience gît sur terre comme un être incompris. Elle est blanche et nous sommes noirs. Nous la tuons et elle attend encore.
ÉLÉMENTS D’HÉBREU D'après FABRE D’OLIVET Cours de première année professe’ à l’École libre des Sciences hermétiques (session 1899-1900).
Par SÉDIR Avant de nous familiariser-'avec les principes spé ciaux de la grammaire hébraïque, il faut, selon la méthode de l’Occultisme, rattacher cette branche à l’arbre universel de la Science et déterminer son emplacement dans le catalogue de l’encyclopédie humaine, tant au point de vue de la grammaire en elle-même qu’à celui de la langue que nous étudions. La grammaire, nous dit-on, est l’art de parler et d’écrire correctement.
Mais l’écriture est déjà une création artificielle de l’homme; la parole seule est chez lui spontanée. D’où vient donc cette parole? ORIGINE DE LA PAROLE. — Il y a sur ce sujet deux sortes d’opinions: celles des théologiens qui, avec Walton, soutiennent que Dieu donna à l’homme la parole toute formée; puis celle des historiens et des philosophes, Diodore de Sicile, Lucrèce, Rousseau, Locke et Condillac qui attribuent la formation du
214 L'INITIATION langage à la nature de l’homme et à l'instigation de ses besoins. Socrate, Platon, Saint-Martin ( l) ont fait justice de cette théorie en prouvant que, si le lan gage de l‘homme est une convention, comment cette convention s’est—elle établie sans langage; et si un anatomiste dissèque un cadavre, il ne montrera point comment et pourquoi danse un acteur sur le théâtre.
Un assez grand nombre de sages de tous les temps et de tous les pays a pourtant connu ce mystère et, s’ils n’ont point rendu leur science universelle, c’est que les disciples ou les circonstances favorables leur ont manqué; car une telle connaissance n'est pas de celles qui se transmettent ou qui se démontrent facilement.
Les sciences réellement vivantes et pro fondes ne peuvent pas, de par leur nature même, se communiquer dans leurs développements, mais bien dans leur germe seul : si ce germe tombe dans un esprit inculte, il périt.Ainsi ce ne sont pas les secours qui manquent quand il s’agit d’acquérir une science digne de ce nom.
C’est l’aptitude à la recwoir; pour . la recherche qui nous occupe en ce moment, il est de toute évidence que, si une révélation directe de la Divinité ne nous communique pas la lumière que nous cherchons, il faut que nos propres efforts .la déconvrent sous les matériaux des langages particu liers et que les notions étymologiques nous indiquent les points de contact des idiomes entre eux.
C’est ce dernier chemin qu'a suivi Fabre d‘Olivet : L’arabe, l’hébreu, les dialectes syriens, le celte de France, (1) Esprit des choses, Il, p. 127.
ÉLÉMENTS D’HÉBREU 2 I 5 'II . r 71 d’Angleterre et de Norwège, le tatare, la pali, I’hin— doustam’, le sanscrit, le chinois, tell-es sont quelques— unes des langues anciennes dont il a disséquéla struc— ture, étiqueté les formes et fait jaillir l’âme. L’hébreu, le sanscrit et le chinois sont les trois langues de l’ancienne Asie dont la connaissance lui semble indispensable pour s’élever jusqu’à la source du langage. L’école de Calcutta, et W.
Jones en tête, place l’arabe au lieu de l’hébreu dans cette énumé— ration; ce dernier savait cependant que les Arabes se réclament d’un ancêtre unique, le patriarche Heber, 1137, nom qui signifie ce qui est placé derrière, ou au delà, ce qui est éloigné, caché, dissimulé, privé du jour, ce qui passe et qui termine, ce qui est occi— dental.
Voilà la situation géographique des Arabes, Harbz‘s, ou des Hébreux, Habrz‘s, relativementà l’Asie, DN, le continent unique, la terre primitive.
La langue arabe examinée à fond laisse apercevoir un idiome central, enrichi, poli, façonné sur les idiomes subsé— quents des peuples vaincus; tandis que l’hébreu est perch depuis longtemps dans sa propre patrie; enfin, l’hébreu est le porteur d’un livre sacré, initiatique, le Sepher de Moïse dont le Coran n’est qu’un dévelop pement.
Le tatare oïghoury, qui est une des langues primitives de l’Asie, n’a pas créé de livre sacré; il n’a même pas créé d’écriture. Quant aux produits lin guistiques de l’Iran, ce que les travaux inouïs d’An quetil Duperron nous en ont procuré, fait voir que l’Aresta ne contient que des hymnes, des prières et des fragments d’un livre antérieur traduit en langue vivante: c’est ce que signifie le mot Zend. W. Jones,
2 16 L’INITIATION d’Herbelot et d'Olivet pensent que le zend est un dialecte sanscrit, et que le pelzlm’, langue dan laquelle est traduit le Boun-Dehesh, est un dérivé d chaldaïque nabathéen et du tatare cimmérien. l suffit pour nous de considérer ces langues comme le lien qui réunit le sanscrit à l’hébreu.
' Le chinois est la plus ancienne et la plus homogène des trois langues que nous considérons comme mères; il est parti du plan physique pour atteindre, vivifié par l'invention des Kouas, due à Fo-Hi, le père universel, la Voix de la Vie, ce que le Génie métaphysique et moral peut enfanter de plus profond, de plus bril lant et de plus pur.
Pour d’Olivet, le sanscrit n’est pas originaire de l’Inde ; ce pays, dans des temps très reculés, fut habité par un peuple venu d’ailleurs; on y parlait le bali ou pali, dont on trouve des restes à Ceylan et en Birmanie. C’est la plus riche, la plus har monieuse, la plus abondante de toutes les langues.
Quantàl’hébreu, s’il ne faut pas croire avec les rabbins qu’il a présidé à la naissance du monde, chose qu’ils entendaient dans un sens cabbalistique, il ne faut pas non plus le croire, avec les modernes, le jargon d’une peuplade misérable; mais l’hébreu du Sepher est le pur idiome des antiques Égyptiens ; cet idiome a été greffé dans un peuple qui en a transporté le dépôt à travers les âges, dépôt couvert d’un triple voile; mais l’histoire de cette langue est le contraire de celle du chinois: composée d’expressions abstraites, intelligibles, leur sens s’est matérialisé peu à peu; ce . qui était esprit y est devenu substance, ce qui était , universel est devenu particulier.
ÉLÉMENTS D’HÉBREU 217 En résumé, l'hébreu, issu de l’Égypte où l’on se servait à la fois de caractères hiéroglyphiques et de caractères littéraux, offre une image symbolique dans chacun de ses mots, quoique sa phrase conserve dans son ensemble toute l’éloquence de la langue parlée. Passons à, l’étude historique du Sepher ou de la Genèse. Quelle en est tout d’abord la valeur?
On sait que les Hébreux résidèrent en Égypte quatre cent trente ans (1); il est tout naturel qu’en quittant ce pays ils en emportèrent la langue, sans pour cela détruire ce qu’ont dit Bochart, Grotius, Huet et Leclerc, sur l’identité radicale de l’hébreu et du phénicien; car ce dernier dialecte avait été apporté en Égypte par les rois pasteurs et s’y était confondu avec la langue du pays, longtemps avant l’arrivée des Hébreux.
On connaît la réputation de sagesse des Égyptiens, dont Bossuet dit que les plus nobles travaux et' le plus bel art consistaient à former des hommes(2); tous les grands philosophes grecs furent leurs élèves; Moïse avait été instruit dans leurs sciences et leurs arts; enfin, Simplicius (3), qui a connu les livres sacrés de l’Égypte, trouvait tant de conformité entre leurs doctrines et celles du Sep/2er, qu’il en a conclu (I) Sepher, Il, ch. 1111, v. 40. (2) Hist. univers., HI, 5 3. (3) Comm. phys, arist., Vlll, p. 268. -. - . Ü"; -'e- ..
218 L’INITIATION que le prophète des Hébreux avait marché sur les traces de l’antique Thaôth. Moïse avait été initié aux mystères d’Osiris; on le voit à la forme de sa cosmogonie; il a consulté pour écrire son livre des monuments plus anciens, qu’il cite d'ailleurs : le livre des Générations d’Adam (Sepher, I, 5), celui des Guerres de Ihoâh (Id. W, 21), celui des Prophéties (ld., IV, 21, v.
27); enfin, d‘après les rabbins, Moïse laissa, pour expliquer son livre, des explications orales dont la transmission constitue la Kabbale. Dès l’époque de la destruction de la tribu de Benjamin, le Sepher étaitoublié; seuls quelques initiés s’en transmettaient le manuscrit de la main à la main et les enseignements de vive voix.
Mais, cir constance presque inexplicable, au milieu de leurs guerres, de leurs iornications, de leurs exils, les juifs ne perdirent jamais l’amour de leur Livre; c’est grâce à ce sentiment qu’Esdras, tout en faisant preuve d’une diplomatie et d’une énergie remarquables, put reconstruire le Temple et donner une copie du Sepher en caractères chaldaïques : ce fut dans une grande synagogue formée des docteurs de Babylone qu"Esdras arrêta ce changement d‘écriture, innova les points— voyelles et créa la première Mashore.
La seconde Massore, pleine de minuties et de statistiques festi— dieuses, est l’invention des rabbins de Tibériade, vers le v‘ siècle de l’ère chrétienne. Nehemie le prophète, le Thalmud, R. Elias, R. Kimhi, R. Ephod, le P. Richard Simon, l’évêque Walton sont d’accord pour nous apprendre que six siècles avant Jésus-Christ les juifs n’entendaieut plus la"
ÉLÉMENTS D‘HÉBREU 219 langue de Moïse. Ils se servaient du syriaque araméen, dialecte composite très différent du nabathéen, qui, d’après d’Herbelot, était le chaldaïque pur. De cette ignorance naquirent des disputes sur le sens de ce livre : deux sectes rivales {prirent naissance.
Les Pha— risiens admettaient un sens 'spirituel. croyaient à la Providence et à l’immortalité de l’âme; les Saddu céens s’en tenaient à la lettre et étaient matérialistes; pour concilier ces extrêmes, les Esséniens se for mèrent; beaucoup moins nombreux mais plus ins truits que les précédents. Les conquêtes d’Alexandre, le partage de son empire, amenèrent l’influence hellénique dans la vieille Judée.
Selon d’Olivet, les septante traducteurs, qui travaillèrent par ordre de Ptolémée Lagus, étaient des Esséniens du mont Moria; mais le nom de cette version ne vient pas du nombre de ses auteurs, mais du conseil de 70, le sanhédrin, qui en permit l’usage pour tous les juifs parlant ce grec mêlé d’hébraïsme qu‘on appelle hellénistique.
Les Esséniens obéirent à leur conscience en retenant le sens spirituel du Sepher et à l’ordre du roi en donnant une version exacte du sens littéral. ‘ Philon le Juif n’entendait pas un mot d’hébreu, mais les chrétiens croyaient la version grecque ins pirée par Dieu; les sectes gnostiques attaquèrent juifs et chrétiens; saint Jérôme ne put ainsi donner qu’une nouvelle traduction de la Bible grecque; et c’est la Vulgate que l’ignorance et la partialité des écrivains cléricaux imposèrent depuis à la vénération de l’Occi— dent. Ainsi tous les travaux des exégètes et des orien
220 L’INITIATION talistes furent perdus d‘avance, puisque aucun ne com prit que c’est la grammaire hébraïque qu’il aurait fallu refaire pour acquérir l’intelligence du texte. Celte Race blanche Pôle nord <.. _ s5" .,—> o‘ 4;, V0 0 .. u; / p: 5 3 É 95 o :9 "".n F..ä 8 ag 9.2 = 8 m 0-* or: 2 -'\ ‘\ {9 0,5. a, ,_. 0’ V2.
Pôle sud Race noire Pali 1. —- PRINCIPES GÉNÉRAUX La définition qu’on donne ordinairement ne carac— térise cet art que pour les langues vivantes; nous n’avons besoin ni de parler, ni d’écrire les langues mortes; c’est les comprendre, saisir leur génie, remonter à leur source, et à l’aide des idées qu’elles conservent, aider au progrès des idiomes modernes. Il ressort de nos précédentes leçons qu’il existe
ÉLÉMENTS D’HÉBREU 22I deux grammaires : 1° la grammaire particulière; 2° la grammaire générale. Cette dernière est celle qui s’at— tache à étudier les formes et les. racines des langues qui se rapprochent le plus de cette langue universelle dont nous avons parlé, qui en ont tout au moins reçu le plus de reflets, et qui synthétisent la pensée d’une race d’hommes.
Nous avons dit que, suivant en cela les rigoureux principes de l’Occultisme, ce à qUoi nous tendons, c’est d’étudier cette grammaire générale dans les idiomes qui nous ont le mieux conservé les racines employées par les races qui, dans l’ordre évolutif, ont précédé la race blanche; et nous savons maintenant que ces idiomes sont: le chinois pour la race jaune, le sanscrit pour la race noire et l’hébreu pour la race rouge.
Pour l’instant, nous occupant plus particulièrement de l’hébreu, nous avons eu à noter l’importante his toire des versions de la Bible.
Nous sommes par— faitement certains que l’œuvre des interprètes fut, de parti pris, une œuvre d’occultation, de travestisse— ment de la pensée première de l’auteur de la Sepher, et qu’à ce point de vue il n’y a aucune difféi‘ence à établir entre la version grecque, dite la Bible des Septante, et la version latine qu’on appelle la Vulgate.
Dans un ordre d’idées différent, de pune philosophie linguistique, nous avons donné idée de ce qu’est une racine hébraïque, de la généralité de sa signification et de son abstraction. C’est cette généralité et cette abstraction qui ont tant arrêté et embarrassé les hébraisants, qui, pour ne les avoir point comprises, en sont venus à considérer l’hébreu comme Une
2 22 L’INITIATION langue d’une difficulté exceptionnelle et d’une cons— truction hors la norme générale et courante des langues. Telle a été l’opinion de ceu’x qui ont approché les textes hébraïques, depuis saint Jérôme: jusqu’aux modernes en passant par Luther, Calvin, Cajetau, le P. Morin et Richard Simon.
Cette pré— tendue difficulté, cette étrangeté de l’hébreu est jus— tement ce qui en fait tout le prix pour nous, et c’est ce qui nous permet de le considérer mieux que comme un dialecte particulier, et d’y pouvoir chercher des racines, sinon universelles, du moins bien plus géné rales que ne pourrait nous en offrir telle autre langue de mécanisme différent. De ce que nous avançons, nous n’irons pas bien loin chercher la preuve.
Nous la trouvons dans la racine même du mot qui signifie grammaire, qui est '1:\, 'D, 7p (gré, crë, krë),qui dans l’hébreu et les langues de même famille, par exemple l’arabe et le chaldaïque, présentent toujours l’idée de gravure, de caractère ou d’écriture.
Voilà un exemple de deux lettres formant une racine très générale, très abstraite, s’appliquant juste à une idée qui peut se particulariser par la suite dans des mots nouveaux et d’un sens plus restreint, mais à travers lesquels nous devrons toujours apercevoir la racine.
Revenons maintenant au petit historique que nous avions commencé de la grammaire hébraïque; Au retourde la captivité de Babylone, les Hébreux pos sédèrent une grammaire scientifiquement construite et distribuée suivant le mode chaldai‘que. Mais la langue dont on avait ainsi formulé les lois ne tarda pasà tomberen décadenceet à former'un mélange
ÉLÉMENTS D’HÉBREU 223 d’hébreu, de chaldaïque, de syrien et d’arabe où il aurait été bien difficile de reconnaître la langue première. Il faut arriver jusqu’au 11" siècle de l'ère chrétienne pour constater un réveil.
A cette époque, nous assistons à une véritable floraison de gram mairiens hébraïques, dont beaucoup font partie de l’école d'Alexandrie et sont imbus des idées néo— platoniciennes et qui s’appliquent à recréer une grammaire et à restaurer leur langue maternelle.
Ces savants, qui sont connus dans l’histoire sous le nom de Gaons, ont laissé des noms qui méritent d’être remémorés : c’est d'abord le Gaon Saadia, puis Juda-Hing, qui s’inspira surtout des travaux des grammairiens arabes, et enfin Ben-Jona et Aben Esra (1). Il est presque assuré que ces derniers avaient la connaissance des règles synthétiques de l’hébreu; il est au moins assuré qu’ils en;soup‘çonnaient le hié roglyphisme.
Et pour cela il ne leur avait fallu rien moins que remonter, soit par l’initiation, soit par la force de la pensée, au delà de l’ancienne Mashore. Avant elle, en effet, il n’y avait pas de points—voyelles pour préciSer les lettres vocaliques et, par exemple, 1573, roi, pouvaitindil’féremment se prononcer melek, malak, molok, milik. La mas/rare date d’Esdras.
Dans la suite, de nouvelles additions à l’écriture furent apportées par les talmudistes de l’École de Tibé'riade. On appelle cette rédaction massore, pour (1) David Kimhi et Aben—Esra ne furent que des gram, mairiens.
224 L'INITIATION [DÉCEMBRE la distinguer de la première (mashore) et les tal mudistes de Tibériade sont généralement connus sous le nom de massore‘tes. Telles sont, brièvement exposées, les révolutions les plus marquantes de la langue et de l’écriture hébraïques. ' Nous devons maintenant revenir à une question de grammaire tout à fait générale et nous demander en combien de parties nous allons diviser le discours au cours de nos études.
Les grammairiens et les philosophes ont beaucoup varié quant au nombre des parties du discours. Pour ne citer que les plus célèbres, Platon n’en admettait que deux: le nom et le verbe; Aristote en reconnaît quatre;les stoïciens en admirent cinq; puis on est allé jusqu’à en compter dix.
Il est évident qu’on peut dépasser ou restreindre ce nombre si l’on s’abandonne à classifier suivant un mode artificiel, il n’en est pas de même si l’on veut se donner la peine d’opérer d’après les lois générales de la parole. Nous savons que la parole est la caractéristique par excellence de la race humaine. Quand l’homme veut penser extérieurement, c’est-à-dire faire connaître sa pensée à autrui, il faut qu’il‘la sigm‘fie.
La signi— fication, nous le savons, peut se faire de différentes manières (cri, geste, etc.). En la restreignant à la parole, nous nommerons signe tout ce qui sert à exprimer par le langage la pensée de l'homme à l’extérieur. Le signe est l’essence même de la parole, et la pos sibilité du signe est d’origine divine. '.IML .
1900] REMARQUES D’UN CATHOLIQUE 225 "'Œ"g‘“" (Signe) I'VN ; \ il ( ;% ëâ n M.Www.êtWW-s %f: ““““““““ “me“;“““““““““““" n a sa ?% V î 2 12W (Nom) Le schéma ci-dessus dont nous allons donner l‘explication, représente les quatre parties du discours que nous pensons seules réelles et nécessaires. (A suivre.) REMARQUES D’UN CATHOLIQUE Sur l’Esprit « JULIA »,/ Vers le milieu du mois dernier, un des plus savants collaborateurs de l’Initiatz‘on, revenant avec moi d’une conférence, me parla de M““’ Lay-Fonvielle, à qui les articles de Gaston Méry et une courte note de Papus ont valu une vogue qui demeure exceptionnelle Cet occultiste jugeait que l’entité qui s’incarne en 9
226 L'INITIATION -«—- - Mm° Lay-Fonvielle est ou une petite fille désincarnée ou un être d’une espèce particulière, qui croit devoir se cacher sous cetteapparence gracieuse. Il me raconta même avoir vu la petite Julia lui apparaître dans sa chambre, et avoir pu tenir avec elle une conversation pendant qu’elle s’était matérialisée. Je répondis que des catholiques la jugeaient un mauvais esprit se donnant comme un être qui jouit de la béatitude.
Il me fut répondu qu'à en juger par les nombreux retours en bien obtenus depuis plusieurs années, « Julia » ne peut être un esprit mauvais. Quelques jours après, sur ma demande, un autre occultiste, non moins apprécié que le précédent, et non moins convaincu que « Julia » est un bon esprit, me présenta chez la voyante, pour me permettre d’en dire quelque chose aux lecteurs de l’Initiati0n. Je n’ai pas la prétention de refaire, aprèsM.
Gaston Méry, le portrait de M“ Lay—Fonvielle. Les penseurs libres qui étudient ces troublantes questions donne— ront peu d’importance aux idées religieuses de cette personne; les théologiens pourront ’m’objecter que je n’ai pas poussé assez loin mon enquête pour apprécier l’orthodoxie de cette voyante et pour pouvoir parler de ses pratiques religieuses, de sa soumission ou de son insoumission aux ordres d’un confesseur.
A cela je répondrai que le temps me fit défaut et que rien n’em pêche qu’un théologien ne fasse une enquête moins sommaire. Ce que je puis dire, c’est que ma première impres sion a été favorable à M“"’ Lay-Fonvielle. Elle a ' modestement refusé de me donner par écrit des ren
REMARQUES D’UN CATHOLIQUE 227 "Αi saignements biographiques. Sa vie, paraît—il,n’ofi're pas un intérêt particulier. Depuis onze années, tant à Toulouse qu’à Paris, elle est sous la direction de cet esprit qui s’incarne en elle. Ce phénomène d’incarne tion commença dans une séance spirite: M'“ Lay F onvielle assistait pour la première fois à une réunion de cette espèce. Depuis, l'esprit a déclaré maintes fois qu’il est en mission parmi nous.
M““" Lay-Fonvielle. d’après ce qu’un occultiste m’affirme, a des sentiments religieux et donne aux pauvres une fort grande part de l’argent qui lui est laissé par les consultants. Quantité de personnes ont été sauvées par « Julia » du vice qui les dominait, ou détournées du suicide. Voici que des coups légers se font entendre dans un meuble. Mme Lay-Fonvielle nous fait remarquer ce signe de la présence de l'esprit.
Elle parle à mon compagnon, en termes discrets, d'une personne que Julia travaille à retirer d’une situation irrégulière. Puis le médium lit une prière manuscrite à voix basse tout en nous écoutant. Tout à coup, elle entre en état de transe; ses genoux, pendant la crise, frappent avec violence la table devant laquelle elle est assise; ses bras s’agitent, ses traits se sont convulsés.
« Julia » parle amicalement à mon compagnon, le félicite d’avoir amené « son grand ami » et lui donne des détails intimes, mais en termes voilés, sur un ÿeune homme auquel il s’intéresse et dont la situation est déplorable. Votre serviteur lui demande de vouloir bien se matérialiser. C’est impossible encore, répond Julia, \
228 L’INITIATION >.,. Quoique j’étudie avec méthode la question des esprits et que plusieurs grands saints me soient favorables, je suis, hélas! beaucoup trop matériel encore pour avoir le privilège accordé au savant occultiste dont j’ai parlé plus haut.
L’esprit ajoute ce curieux détail: « Je vous ai suivis, l'autre soir, quand vous parliez de moi, et quand tu es rentré dans ton hôtel—un assez petit hôtel — j’ai essayé de faire dans ta chambre quelque chose comme un brouillard. » , Cette révélation me surprend d’autant plus que je n’ai rien pu apercevoir de ce phénomène. Julia, pour me faire plaisir, me promet très aimablement qu’elle essaiera de faire entendre des coups dans ma Chambre.
Je l‘interroge sur un petit garçon, qu’à ce moment je me représentais mentalement rentré de classe et auprès de sa mère. Julia me répond qu’il est en route pour revenir de l’école, et me fait un remarquable portrait de cet enfant, en insistant sur ses qualités et ses défauts. Iln’y a donc pas ici lecture dans ma propre pensée.
Elle me parle non moins clairement d’une femme et d’une petite fille, promet d’essayer de tran quilliser une personne dont elle me signale les inquié tudes, m’annonce que je n’ai rien à attendre de nouveau dans ma situation pendant une année, me promet de travailler à guérir deux personnes gravement malades, et qu’elle juge même en danger de mort prochaine, à condition toutefois que la Providence lui permette de les guérir, et décrit minutieusement leur maladie. A ma demande, elle répond que pour lui faire plaisir je dois parler de sainte Germaine Cousin, la petite ber
REMARQUES D’UN CATHOLIQUE 229 . gère, de sainte Philomène, que tant de Parisiens vont invoquer à Saint-Gervais, et recommander ces dévo tions. Ma promesse est accomplie. A l’occasion, je pourrai revenir sur cette question difficile de l’identité de Julia.
Mais dès maintenant,après avoir lu la brochure publiée chez l’éditeur Daragon, dont il sera fait un compte rendu dans cette revue, je crois pouvoir porter ce jugement provisoire : cet esprit, qui ne me parait pas de même ordre que celui par qui était inspirée M"" Couédon, et qui se manifeste par une transe vio lente, bien différente de celle qu’on pouvait observer rue de Paradis, déclare s’être offert à être de ceux qui reviennenten mission sur cette terre pour nous retirer du matérialisme, et depuis onze années s’est employé avec douceur et patience à l’accomplissement de l’œuvre qu’il a entreprise.
Comme les résultats obte nus sont excellents, -— il y aurait à démontrer qu’ils sont durables, et à chercher ' quand cette mission finira, -— je crois pouvoir imiter ce que fit le chanoine Brettes, quand il conseillait à des catholiques d’aller consulter un esprit qu’il jugeait un démon, parce que cet esprit ne donnait que de bons avis, et je me per mets de dire aux très rares catholiques qui ont le cou— rage de lire l’Inz’tiatz’on : prenez la peine de compléter vous-mêmes une enquête que j’ai faite d’une manière trop rapide (1). SATURNINUS. (1) MM Lay-Fonvielle habite 30, place Saint-Georges.
NOTES EXPLICATIVES Du schéma de l’Évolution du Créé vers l’Absol-u (Suite) La dix-septième sphère est celle de Pharaon. PAROI! flY1}J, LE ROI PAR EXCELLENCE « Rosellini et Lepsius ont avancé que Paroh répond au copte-soleil, dénomination qu'on rencontre en caractères hiéroglyphiques dans toutes les inscriptions tumulaires des rois d’Égypte. » {Dictionnaire de la langue sainte de Leigh.) Pe'.... :Eflusion de la pensée.
5 = 80 Resch : La Vie génératrice de la terre. '1_ = 200 Aïn... : Les Changements. 37 = 70 Hé... : L’Enseignement. n = 5 80 = La réalisation matérielle. 200 = La lutte animique et matérielle 70 = Le pouvoir magique dans la création. 5 = L’esprit dominant les éléments. ÎÊÎ =- Le mouvement qui fait équilibre aux œprits dominant les éléments animiques et maté— riels. Il
NOTES EXPLICATIVES 231 C’est la concentration en une seule vie de deux forces dominatrices qui forment : 355 = 13. Une unité de mouvement équilibréqen mal ou en bien. Ici c’est: 13 = 4. Le tétragramme humain, le soleil terrestre, le m de la matière. Le Dieu—homme, le Dieu fini.
Pharaon avait su s‘emparer de la pensée et de la matière pour les faire servir à sa gloire, mais qui est semblable à toi parmi les forts, ô éternel ? qui est comme toi magnifique en sainteté ( t), redoutable (2), digne de louange (3) et qui fait des merveilles (4). (Exode, xv, XI.) ' Aussi tout Paroh saura que l’Éternel est un grand guerrier.
Et les Égyptiens sauront que je suis l’Éternel, quand j’aurai été glorifié dans Pharaon, dans ses cha riots et dans ses gens de cheval (Exode, xvr, 18). La dix-huitième sphère est celle d'Aaron. AARON ".7flfl L’étymologie de ce nom, d’après Leigh, est N pros thénique et T‘1n montagneux. Il nous semble plutôt que N est une synérèse. N est pour ‘m : robuste, fort, héros. Aaron : force montagneuse, c’est-à-dire Héros.
Pontife du sanctuaire, de la doctrine. Aleph . L’Homme, le Mage. ;ç : 1 Hé... : L’Enseignement. n = 5 Resch : La Vertu génératrice de la terre. '1 = 200 Vau. . : L’Équilibre. 1 = 6
2 3 2 1 L'INITIATION Noun. : La Vie toujours nouvelle et \ toujours la même. = 50 1 = L‘unité. = L’esprit dominant les éléments. 200 = La lutte animique et matérielle. 6 = Les rapports du ciel et de la terre. 50 = L’autocratie intellectuelledans la création. E = La double lutte animique et matérielle ser— _ vaut à établir les rapports du ciel et de la terre, ou bien la direction de l’antago« nisme animique et matériel vers l’absolu. La balance des Forces pour: 262 = 10. L’unité dans la création. « Ce qu’Aaron ayant vu, il bâtit un autel devant ce veau, et il cria disant: Demain, il y aura une fête solennelle à l’Éternel. » (Exode, xxxn, 5.) Moïse vit que le peuple était dépouillé, car Aaron l’avait dépouillé pour être en opprobre parmi leurs ennemis. (Exode, xxxn, 25.) « Tu sais que ce peuple est porté au mal. » (Exode, xxxn, 22.) Alors l’Eternel dit à Aaron : Toi et tes fils et la maison de ton père avec toi, vous porterez l’ini quité du sanctuaire, et toi et tes fils avec toi,vous porterez l’iniquité de votre sacerdoce. » (Nombres. xvm, 1.) « Puis l’Éternel dit à Aaron : Tu n’auras point d’héritage en leur pays, tu n’auras pas de (portion parmi eux; je suis ta portion et ton héritage au milieu des enfants d’Israël. » (Nombres, xvm, 20.) La dix—neuvième sphère est celle du peuple d’Israël.
Sculm l|‘. 1.‘1ävowriou un eR1i15 vans L'ABSOLU . Alun il sonä,d dans son son}: ilvihma e'c eqm chilappuyz'e sur-h hm,ddani le haut lan= chail;usqu'uut cieux et les nm. 325 112DIEU manhùul et des“ cmdu'.utl ll‘ ce“! ithflle . Il vit aussil’Ehml qui a: bu: rail urr l‘échelle ._.... .. murs: xxvm.u.n. -ocnrn:n» /,.\. \\_
234, L‘INITIATION 51UTNÎ COMBATTANT DIEI' Iod : Le Principe -, : 10 Schz'n : La Vie sensitive t? : 300 Resch : La Vie végétative '1 = 200 Aleph : L’Ètre s : l Lamed : L’Exemple 5 = 30 10 = L’unité dans la création. 300 = Le mouvement qui fait l’équilibre animique et matériel.
200 : La lutte animique et matérielle. x = L’unité. _â(_)_ = L’utilisation de la lutte dans la création. {>4_1= L’esprit dominant les éléments pour la stabi— lité, l’harmonie de l’unité. 541 = 10. L‘unité dans la création. 0 Jesçurun (lsraël), il n‘y en a point qui soit sem blable au Dieu fort qui vient à ton aide porté sur les cieux et sur les nues dans sa majesté. Israël donc habitera seul.
« Oh! que tu es heureux, Israël ! qui est le peuple semblable à toi qui ait été gardé par l’Éternel ? » (Deutéronome, xxxu, 26, 28,29.) Or il arrivera, si tu obéis à la voix de l’Éternel ton Dieu et que tu prennes garde à faire tous ses com mandements que je te prescris aujourd’hui, que l’Éternel ton Dieu te mettra dans un rang élevé, au-dessus de toutes les nations de la terre; Et toutes les bénédictions viendront sur toi et
NOTES EXPLICATIVES 23 5 reposerout sur toi, quand tu obéiras à la voix de l’Ètemel ton Dieu; Et tous les peuples de la terre verront que le nom de l’Éternel est réclamé sur toi, et ils te craindront. «(Deutéronome, xxvm, I, 2, I0.) La vingtième sphère est celle de Jésus-Christ.
IESCHOUAH MASCHIAI—I c'I’WD i'W'WJ‘ Iod :/ La Manifestation ! = 10 Schz’n : La Vie sensitive et = 300 Vau : L’Équilibre ‘l = 6 Aî‘n : Les Changements 37 = 70 Hé: L’Enseignement .‘t = 5 10 = L’unité dans la création. ‘300 = Le mouvement équilibrant l’âme et le corps. 6 = Les rapports du ciel et de la terre. 70 = Le pouvoir magique dans la création. 5 = L’esprit dominant les éléments.
2 L’utilisation de la lutte par le sens parfait de tout verbe pour l’unité. = 13 L’unité par l’utilisation de la lutte. I3 = 4. Le tétragramme divin : L’homme—Dieu. jï .391 MASCHIAH fl’WD Mem : Création et Destruction 73 = 40 Scht‘n : Vie sensitive / 1:! = 300 [0d : Principe . 7 = 10 Il Hé : Enseignement n
2 36 L’INITIATION r,; 40 : La stabilité, l‘harmonie dans la création. 300 = Le mouvement qui fait équilibre dans la création animique et matérielle. I0 = L‘unité dans la création. _.’Ï_ = L’esprit dominant les éléments. 355 = Le mouvement qui fait l'équilibre de la quin tessence animique et matérielle. C’est la concentration en une seule vie de l’âme et ses formes et de la matière et ses formes, pour : (355 = 13).
Une unité de mouvement qui réalise. (I3 = 4,). L’équilibre parfait. Ieschouah = 3gr Maschiah = 746 Le pouvoir magique établissant la stabilité, l’har monie dans les rapports du ciel et de la terre. 746 = [7. L'unité de l'esprit assisté de toutes les puissances élémentaires. I7 = 8. Le mouvement perpétuel de l‘univers. Toutes les choses ont été faites par lui et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui.
C’est en lui qu‘était la vie et la vie est la lumière des hommes. (Saint Jean, I, 3, 4.) C’est le seul nom qui a pour nombre un octaire final parmi ceux que nous mentionnons en ces notes explicatives. La vingt et unième sphère est celle de la syna gogue de Satan « qui a la clef de la connaissance et qui n'y est point entrée elle-même et qui a encore
N OTES EXPLICATIV ES 2 3 7 empêché d’y entrer ceux qui voulaient le faire. » (Saint Luc, xr, 52.) La vingt—deuxième sphère est celle des douze apôtres 12 : l’unité dans la lutte. 12 = 3. Le mouvementqui fait équilibre résumé en Pierre (la foi, l'adaptation), Paul (la science, la réa lisation), Jean (la théologie, l’occultisme).
La vingt-troisième sphère est celle des disciples du Christ, de ceux qui l’ont reçu et à qui il a donné le droit d’être faits enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom. (SaintJean, I, 12.) Ils ont pour nombre 70 ou 72. 70 : L’esprit assisté de toutes les puissances élémen taires de la création. 72 : L’esprit assisté de toutes les puissances élé mentaires dans la lutte. 72 = 9 : Le triangle du ter-_ maire apostolique. .
La vingt-quatrième sphère est celle du Saint Esprit. > ROUAH ELOHIM 7:3m‘»: rm Resch : Vie génératrice de la terre 1 = 200 Vau : Combinaison, Équilibre 1 Hé: Religion :1 '— III U103 200 = La lutte animique et matérielle. 6 = Les rapports du ciel et de la terre. 5 = L‘esprit dominant les éléments. m = La lutte dans l’être animique et matériel. 21 1 = 4. La stabilité, l’harmonie.
238 L’INITIATION ' . 40’ ELOHIM Aleph : » N = 1 Lamed : » '7 = 30 Hé : L’Enseignemem n = 5 lad: Le Principe 7 = 10 Mem : La Création etla Destruction 73 = 40 1 = L’unité. 30 : I 5 : L’esprit dominant les éléments. 10 = L’unité dans la création. 40 : La stabilité, l’harmonie dans la création. E = Le mouvement perpétuel et régulier dans ses _ rapports avec le ciel et la terre. 86 = 14. L’unité de mm. 14 : 5.
L’étoile flamboyante, la,quintessence de'l;a religion, l’homme parfait dominant les élé— ments. ' Rouah = 211 Elohim = 86 2_î_7 La lutte par le nec plus ultra de l’intelligence hu maine et de l’esprit assisté de toutes les puissances élémentaires. 297 = 18. L’unité du mouvement perpétuel de l’uni vers. Le ternaire des trois mondes et des trois lu mières, 6, 6, 6. 18 : g.
Les reflets divins. (Papus, l’Exaltafion de la religion, citations cabalistiques, Ragcm.) « Et je prierai mon père qui vous donnera un autre
NOTES EXPLICATW’ES - 239 consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, savoir, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point, et ne le connaît point; mais vous le connaissez, parce qu’il demeure avecvous, et qu’il sera en vous. » (Saint Jean, xrv, 16, 17.) La vingt-cinquième sphère est celle du Saint-Esprit renversé, du dragon, de la bête.
Le nombre 297 ren versé indique la mauvaise lutte du mauvais principe dans le septenaire du vice. ' 297 = 18. L’unité du mal dans le mouvement per pétuel et régulier de l’univers. 18 à 3 six: 6 6 6: Le nombre de la bête. 18 = 9. Le mauvais principe. Il parut aussi un autre signe dans le ciel: C'était « un » grand dragon, roux qui avait « sept têtes » et « dix cornes », et sur ses têtes sept diadèmes.
Et sa queue entraînait la troisième partie des étoiles du ciel, et elle les jeta sur la terre. (Apocalypse, xn, 3, 4.) Alors je vis monter de la mer « une bête » qui avait « sept têtes » et « dix cornes » et sur ses cornes dix diadèmes et sur ses têtes un nom de blasphème. (Apo calypse, xur, I.) La vingt-sixième sphère est celle de Michael. 'nz:m:s « QUI un comme DIEU ? » Mem: Domination et Force D 40 Iod : Manifestation 7 = 10
240 L’INITIATION Coph : Force : : 20 Aleph: L’Être n = 1 Lamed: Exemple ‘7 : 30 40 = La stabilité, l’harmonie dans la création. 10 = L’unité dans la création. 20 = La lutte dans la création. 1 = L’unité. 30 = La vie dans la création. 101 = L’unité animique dans l’unité de l’être. 101 = 2 : La lutte, l'origine des contrastes.
« Alors il y eut un combat dans le ciel : Michel et ses anges combattaient contre le dragon et le dragon combattait contre eux avec ses anges. » (Apocalypse, xn, 75.) La vingt-septième sphère est celle des enfants de la femme.
« Alors le dragon s’irrita contre la femme et s’en alla faire la guerre au reste de ses enfants qui gardent les commandements de Dieu, et qui retiennent le té moignage de Jésus-Christ. » (Apocalypse, X11, 17.) La vingt—huitième sphère est celle de la Jérusalem céleste, de l’épouse de l’agneau, du repos. C’est par un de ceux qui savent que nous avons pu entrevoir ce mystère, et nous nous faisons un devoir de le dire.
« Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes, et il y habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu sera lui-même leur Dieu, et il sera avec eux, et il essuiera toute larme, et la mort ne sera plus, et il n’y
NOTES EXPLICATIVES 24. I aura plus ni deuil, ni cri, ni travail, car ce qui était auparavant sera passé. » (Apocalypse, xxr, 3, 4..) Les dix spirales suivantes (29 à 39 inclusivement) sont le monde angélique.
« En appliquant aux hiérarchies célestes la belle comparaison par laquelle les auteurs du zohar tâchent d'exprimer la nature des séphires, nous dirons que les chœurs angéliques sont comparables à des enve loppes transparentes et de couleurs diverses Où vien— ment briller tour à tour, d’une lumière de plus en plus splendide et pure, les esprits qui définitivement affran chis des formes temporelles montentles Suprêmes de grés de l’échelle de Jacob dont l’ineffable mm occupe le sommet. (Papus, Traité méthodique de science occulte, 520.) ‘ La trente-neuvième spirale est celle de la sagesse de Dieu: du Verbe qui créa I‘Invisible et le Visible. ’ La quarantième spirale est celle du Saint-Esprit, la sagesse du Verbe, le consolateur qui procède du Père et du Fils, canal.des grâces de l’abîmeineffable, direc tion et confirmation de l’œuvre de Jésus-Christ.
Le quarante et unième cercle est celui de Dieu que nous avons connu par son Verbe qui est Lui : « Per sonne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique de Dieu («1 de notre schéma) qui est dans le sein du Père (a de notre schéma) est celui qui nous l’a fait connaître. » (Saint Jean, 1, 18.) m-üSn Alleluz’a ! ESTIBUS NITIBUS. 10
{1’ INTRODUCTION A L’ÉTUDE [lu « Son-Lumîèm-Couleurs » dans mm par TIDIAHEUQ (Suite) Après avoir employé le rayon lumineux. on l’a fait traverser un prisme pour le décomposer et les subs— .tances ont été essayées dans les différentes bandes du spectre coloré. L’appareil modifié est devenu le specuophone.
1° Le noir de fumée, par exemple, a donné des sons dans tout le spectre visible. excepté dans la moitié extrême du violet aussi bien que dans l’ultra-rouge; et ce qui est surtout curieux,c’est que c’est très loin au _ delà de ces points que l’on percevait le son maximum 2° La laine rouge produit son effet maximum sous le vert, au point où elle paraissait noire.
Le son ces sait d’ètre entendu d’un côté vers le milieu de l’indigo, de l’autre àune faible distance au delà du rouge. La soie verte donnait son maximum dans le rouge, des copeaux d’ébonite dans le jaune des vapeurs d’éther sulfurique ne donnèrent un son que dans une zone très étroite bien au delà de l’ultra-rouge.
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 243 Ces quelques citations suffisent pour ouvrir des horizons àceuquivwlent se lancer résolument dans la méthode de l’analogie. Ne faisant qu’une simple introduction, je me garderai bien de tirer des conclu sions touiours discutables. Cette première partie est une accumulation de matériaux où on voittons et couleurs agir les uns sur les autres.
Je continue à édifier mes bases en consultant un curieux opuscule du Dr Marage ayant pour titre: Contribution à l’étude des voyelles par la photogra phie des flammes manométrz‘ques. La méthode employée consiste à photographier sur une feuille de papier sensible, passant derrière un ob— jectif, les flammes de Kœnig, vibrant sous l’influence de la parole. La parole émise fait vibrer une mem— brane qui agite la flamme à photographier.
« Les voyelles parlées sont celles pour lesquelles la vocable prédomine sur la note; elles ont un tracé caractéristique et sont formées principalement par les résonnateurs bucco-nasopharyngiens, accessoirement par les cordes vocales. » Caractéristique des flammes suivant les voyelles : I U OU Une flamme — tracésàune période. .I I lL.
EU_O Deux flammes — deux -— \ 1 / , _ \A/ Trors flammes — tr015 —— Les physiciensSÇhnéebelé, Guebbard, Hermann s’é taient déjà préoccupés de la question et avaient par d’au— I! '.‘,i ‘
244 L’INITIATION tres moyens obtenu des résultats presque analogues ( 1). Vocables des voyelles parlées. — « Étant donné que j’ai photographié, dit le Dr Marage, chacune des vibra— tions qui se produisent lorsqu’on prononce une voyelle, il s’ensuitque, pour avoir la vocable, c’est-à-dire la note qui accompagne toujours chaque voyelle, il suffit de compter le nombre de flammes par seconde, ce qui est très facile.
J’ai fait alors prononcer naturellement sans chanter successivement chaque voyelle par une voix de femme soprano et une voix d’homme baryton. « La vocable est obtenue en additionnant toutes les flammes, le nombre de groupes représente la note, de telle sorte que pourA,voyelleàtrois flammes, lavocable étant n, la note est % pour E, EU, 0, la vocable est n', la note —;-’ et pour I, U, OU, voyelle à une flamme, la note et la vocable se confondent.
«J’ai obtenu ainsi les résultats suivants : VOIX D’HOMME VOIX DE FEMME à , {J 243 vs ut 3 — 864 vs 1: 3 4 » m 3 2 — 972 » I J ’ flamme î OU 648 n m 3 658 — 972 » si 3 918 E 1080 vs ut 4 1044 — 1080 vs u_t 4 :044. : flammes EU 961 » si 3 978 -— 972 n 51 3 960 0 971 -' si :1 978 — 972 » 81 3 978 3 flammes A 1620 vs la 4 1740 ——- 1944 vs si 4 1955 « Il est certain que, lorsqu’on _a prononcé une des voyelles, on a émis la note correspondante, c’est—à (1) Je ne puis ici donner les graphiques.
Cependant je ferai observer que, si l’on emploie un instrument à embouchure ou à vibrations complémentaires, il y en aura trace sur le graphique, et c’est ce qui le modifie. Q....L . . ,. "
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 245 dire la vocable, mais il est évident qu’avec une autre voix ou une façon de prononcer différente on aurait une autre vocable, se rapprochant, il est vrai, de la première si on se rappelle la définition que j’ai donnée plus haut. On comprendra que, la voyelle se formant dans la bouche, les cordes vocales y ont une part très acCessoire.
Dans un même pays, chacun pro nonce A à peu près de la même manière, mais on pourrait en faisant attention prononcerA d’une façon différente, ce qui donnerait une autre vocable.
« Si on compare les résultats obtenus par Douders, Auerbach, Helmholtz, Kœnig, Bourseuil, Hermann, avec les miens, on voit que pour 0 et A tout le monde est àpeu près d'accord, mais il n’en est plus de même pour I ou E; cela tient simplement à ce que, si tout le monde prononce O et A sensiblement de la même façon, il y a des quantités de manières d’énoncerl ou E, et surtout pour cette dernière voyelle, car il y a des quantités de E différents.
Combinaison des voyelles. — Des expériences faites avec un tuyau bi ou trifurqué, dans lequel plusieurs personnes prononçaient à la fois chacune une voyelle différente (à 1, 2 ou 3 flammes), il semble résulter qu’au lieu de sept voyelles fondamentales il n’y en aurait que quatre. Soient : I, U, OU (à I flamme) et A (à 3 flammes) et E, EU, 0, sont formés par la combinaison des quatre autres, c’est-à—dire que l’on a: A+I=È A+U=EU A+OU=O
246 L’lNITIA’I‘ION et surtout ce qui frappe, c’est que l‘on n’a pas : fl.A+I=E 3+lfi.=4fl.=(2fi.+2fl.). Mais 3 fi. +(—- 1 il.) 2 2 fi. (voir tableau précédent), c’est-à-dire que la flamme de I annule la troisième flamme de A et qu’il ne reste que les deux flammes de A caractéristiques de la Voyelle E. On a de même : A+(-OU)=O A+(—U)=EU. Le résultat peut du reste se vérifier directement par les tracés photographiques. ‘ Nous savons que E = 1.080 vs.
Or A + (—— I) := E ou 1.620 vs. + (— 540): 1.080 Vs. Donc, si au moyen d’un tuyau bifurqui ou pro— nonce d’un côté A et de l’autre successivement I, U, OU, on n’aura pas pour résultat : AI, AU, AOU, mais E, EU, 0(1). Grasmann, Helmholtz par des méthodes très diiÏé— rentes sont arrivés à des résultats presque semblables.
Les conclusions à tirer sont : (l) 540 vibrations venant d’un côté du tuyau annulent 54.0 vibrations venant de l’autre côté et produisent le silence. Saules les 1.080 vibrations correspondant à l‘E s’échappent et ne font entendre.
SON-LUMiÊRE-COL’LEURS DANS L’ASTRAL 24.7 t° Que chaque voyelle parlée est surtout caractérisée par son tracé qui ne change pas,et qui lui est propre; 2° La vocable varie entre certaines limites ; 3° La différence des flammes dans les voyelles pro— vient de la forme que prend la cavité buccale lors qu’on prononce les voyelles; 4° Dans les voyelles chantées, la note prédomine sur la vocable.
Le tracé se maintient à peine, il ressemble à celui d’un diapason. Il y a de grandes différences et aucune ressemblance avec la voyelle parlée (I). Il nous reste à traiter un peu de l’origine du lan— gage parlé. On a écrit des montagnes de volumes sur ce sujet et l’on n'est guère plus d’accord néanmoins pour cela.
Les uns veulent que ce soit une révélation surnaturelle (M. de Bonald), les autres prétendent que le langage articulé ne s‘est développé que peu à peu. Les deux camps ont raison. « Tout est dans Tout » est notre axiome. Donc le langage articulé était en germe dans le monde non manifesté.
C’était une des choses voulues pour plus tard. il était non seulement dans le monde des Lois, mais dans le plus élevé, celui des Principes, car nous avons dit que c’était la vraie manifestation du verbe, donc sa racine partait direc_ ternent de l’Absolu.
' (I) Un nouveau travail (mars 1899) du même auteur établit que l’origine des voyelles sonores consiste dans la vibration de l’air dans les cavités supra—laryngiennes, et non de son transport. _—_—=———_._‘* v ÿ-V a.ÿ " f »u».n'n'‘.. .r. L-_. .- »,._.
248 L’INITIATION Mais, en revanche, l’hermétiste toujours d'accord avec le darwiniste —— si ce dernier ne fait pas dire à sa science plus qu’elle n’a voulu dire — admettra parfaite— ment une évolution du langage articulé. Les premiers êtres humains purent fort bien n’avoir qu’un langage très rudimentaire, plutôt des cris correspondant aux premiers besoins, aux premiers instincts.
C’est la première partie du germe primordial du langage fai- ‘ saut son apparition sur le troisième plan. Mais les i cerveaux évoluèrent et une tête de l’antique race jaune ‘ devient assez forte pour coordonner ces premiers cris et poser les premières bases d’un langage. C’est la deuxième partie ou plutôt l’épanouissement successif \complet du germe du langage.
Pour nous hermétistes, I nous avons des tendancesàpenserquelelangage est une ‘ partie retrouvée du trésor perdu par suite de la chute,et nous nous basons sur le fait suivant: c‘est qu‘en remoni tant aux racines, à l’origine, dans les langues mères, j nous voyons que les sources ne sont autre chose que ‘ l’Absolu lui-même envisagé sous divers aspects (I). l Un auteur positiviste a dit : « L’homme à son ber ceau ne fut en effet qu’un être bestial fermé aux abs tractions.
Pour manifester ses sensations, ses besoins, ses désirs, il n’eut longtemps, ainsi que les autres ani maux, que les cris inarticulés particuliers à son espèce et le geste mimique : comme l’enfant dont il est resté le prototype, il a nagé, crié, gesticulé, surtout avant de parler et de philosopher (2). » (1) Les 10 séphiroths. — Le Tarot, etc. (a) La Genèse du verbe humain, W. Martial (Alger), s. d.
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L‘ASTRAL 249 « Le langage n’est pas issu de conceptions méta physiques préexistantes. » A l’appui de ce dire, on cite les Esquimaux qui ont le parler phoque, le langage rudimentaire de certaines tribus africaines, les Fuégiens, qui n’ont que vingt mots au plus pour s’exprimer.
On pourrait néan moins objecter que certains de ces peuples ne sont pas les témoins restant de l’ancien état de choses, mais très probablement les descendants d’anciennes races jadis puissantes, mais déchues et dégénérées depuis Chez les indigènes de la Nouvelle-Calédonie, par exemple, nous voyons les idiomes varier d’une année à l’autre.
Il faut cependant distinguer entre une langue réelle et une suite de sous plus ou moins articulés, corres pondant aux besoins les plus immédiats. C’est telle— ment vrai que certains langages de tribus humaines sont plus pauvres en expressions que le parler de plusieurs animaux, car le parler phoque, bœuf, singe, chat, existe et comprend beaucoup plus d’expressions qu’on le croit communément.
Il n’y a qu'à consulter ceux qui se sont occupés de « l’idiomologie des ani maux » (t). Tant que l’idiome n’a que quelques substantifs, l’homme qui le poSsède n’est guèreau-dessus de l’ani mal, mais lorsque le verbe apparaît, l’homme sent qu’il est réellement et en lui pénètre, sans qu’il s’en doute, la révélation, il se rattache à nouveau à l’Adam Kadmon, à l‘âme universelle. ———.————.— (1) Voir l’Idiomologie des Animaux, par Lierquin deGemblaut
2 50 ' L’INITIATION Pour rentrer dans notre sujet, pour saisir l'origine des premiers sons articulés qui surtout sont riches en voyelles, nous étudierons un opuscule de W. Martial (La Genèse du verbe humain).
Il dit : « Le sanscrit, ainsi que l’on pourra s'en convaincre, porte le carac tère indélébile de ces formations imitatives (repro duction des cris d'animaux et des bruits corporels que l’homme entendait). » « Il a gardé et nous a transmis également les inter jections et cris particuliers à notre espèce à l’aide desquels l’humanité naissante manifesta ses premières sensations de douleur, de joie et d’étonnement.
« Un des premiers verbes qui aient servi à désigner la parole est le mot sanscrit cha (parler), dont la forme réduplicative a donné : babil, habiller, babeler, babayer, etc.; paraît n’être que la transcription d’un de ces cris. » « C’est en effet la première parole qu’ar— ticule instinctivement l’enfant. » « Ace sujet, dit-il, je ferai remarquer que les racines sanscrites desquelles les grammairiens font dériver les termes de la langue aryenne ne peuvent être consi dérées comme des prototypes, car elles sont métaphy siques au premier chef.
Pour les expliquer, car elles sont absolumentinexplicables parelles-mémes, ilserait indispensable de les ramener au type CONCRET dont elles sont l’émanalion. » Je ne saurais trop souligner cette dernière phrase. Ainsi voici les deux écoles aux prises, l’ancienne qui passe de l’abstrait au concret, la nouvelle qui essaie de faire le contraire et qui, malgré.Ladif.ficulté du problème, y arrive. « En fait, continue M. Mar
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L‘ASTRAL 25I tial, j’ai réussi non sans peine, en vérité, à identifier d’assez nombreuses racines sanscrites avec le terme concret de formation mimologique dont elle n’était qu’une dérivation extensive. » Or une méthode ne doit pas exclure l’autre. Admet tons que le langage ait existé en germe, et la chose est certaine, il ne s’agit que de s’entendre sur ce qu’on appelle la conception préexistante du langage.
En tout cas, pour devenir tangible, ce langage caché avait besoin de sons, et ces sons, comme toute chose ici—bas, furent soumis à l’évolution.
Le bruit confus du chaos s’organisent, les éléments informes se séparant avec fracas, les déflagrations des gaz, les gémissements d’une mer à peine indiquée, les craquements des pre— mières assœes secouées par des tremblements de terres les décharges terribles des volcans, tels sont les pre— miers ébranlements sonores. Mais tout cela ne fut que bruits formidables.
Avec les premiers animaux aériens, amphibies et surtout terrestres retentirent les premiers cris, rauques, monotones d’abord, puis de plus en plus sonores, complexes, variés : du plésiosaure au rossignol la marge est grande et cepen— dantce n'est qu’une constante et mêmeévolution;tout était prêt, les sons isolés et formés, l’homme pouvait venir ; grâce à son esprit synthétique et à ’son appa reil vocal possédant tous les perfectionnements exis tants à ce moment, il put reproduire les sons qu’il entendait et les fixer en syllabes, en mots, en phrases, en langages.v L’ensemble des langues doit contenir l’ensemble de tous les sons et bruits naturels possibles. L’opusculecité renfermebeaucoup d’exemples types.
2 5 2 L'INITIATION Je me contenterai, pour l’intelligence de mon sujet_ d’en indiquer quelques-uns au hasard. Le coq (en sanscrit kukkuta à cause de son cri). Les mots qui en découlent, dans diverses langues, sont innombrables. Le bouc (en sanscrit buis/ra). Également de son cri. , Le bœuf (en celtique 176, en sanscrit gô), de son beuglement. Cane, canard, vient du sanscrit kan (crier), cri du canard.
Coucou (en sanscrit [tu/m), etc., etc. De ces mots primitifs prenant leur origine dans l’imitation du cri d’un animal domestique, on arrive à une foule étonnante de dérivés. Les cris instinctifs de l’h0mme et les bruits corporels donnent lieu à une nouvelle série. Les Iza. hâ, àha, hé, hô, hû, hum, hi, sont très importants, ce sont les voyelles. Le mot sacré Aum (i) (Aun) tient une grande place à lui seul.
Ainsi : ha, interjection, cri arraché par la volupté, d’où le sanscrit ha, union des sexes, plaisir, volupté et, par extension, paradis. Dans le sens mystique Iza désigne l’être suprême envisagé comme puissance créatrice (première partie du motAum).
« On ne sait rien des sons-voyelles des Hébreux, on ne doit faire attention qu’aux consonnes radicales, elles en sont la substance, c’est la matière qui reçoit un millier de formes, des sons-voyelles et des lettres (1) M Martial dit: 4: C‘est une interiection en sanscrit expri mant l’interrogation semblable au hum français. Pour un occultiste et un orientaliste, c‘est autre chose. »
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 253 ajoutées au commencement ou à la fin. » (Sur la Mythologie, par le sieur A. Girardet, chanoine de Nozeroy, I798.) ' L’A ou la consonne radicale qui le contient se rencontre dans l’aleph a, qui formera AdAm, ana logue à l’Aum des sanctuaires de l’Inde (I). Dans Agl. A (la Trinité), grâce au premier ( = I) qui ex prime l’univers et surtout le dernier ou Unité suprême, I’aleph correspond au Père dans la Trinité.
Le Père. c’est le créateur sur les trois plans (Créa teur, Union des sexes, Volupté). En chinois, le monde c’est Thien—HA. En annamite, le Père, Bâ. AA, âha, cri de joie ou de douleur, donnera le verbe sanscrit ah (dire). En effet, ces deux Sensations nous forcent à parler, à crier.
J’ai à dessein réuni l’un après l’autre des exemples tirés des langues dites mères (sanscrit, hébreu, chi— nois) pour faire saisir que souvent dans ces langages les sons-voyelles ont; sinon un sens identique, mais au moins une certaine parenté d’origine. Or, qu’est-ce qui nous occupe, sinon les voyelles projetées dans l’astral, puisque ce sont elles, ainsi que je l’ai dit, qui colorent le langage?
Aussi, lorsque nous voyons 1’A par exemple être la caractéristique du Père de la création, de la reproduction, etc., sans empiéter sur les conclusions définitives, pouvons-nous du moins émettre l’hypothèse que la couleur admise et observée de l'A sera aussi celle des hiéroglyphes dérivés du (I) Voir Au seuil du Mystère, par de Guaïta.
2 54 L’INITIATION son-racine de ce qui se rapporte à la première personne de la Trinité dans les trois plans. Je continue par quelques nouvelles remarques sur le sanscrit. Haï-hé (cri d’avertissement, d‘appel) d’0ù est sorti he’ler. Ho (interjection pour appeler). 0 interjection pour implorer la pitié. Hi (douleur. indignation). Verbe sanscrit U (cri, faire du bruit, assemblée bruyante). Hi, interjection sanscrite et verbe avouer, aller.
En chinois, la voyelle I forme 150 mots différents se reconnaissant à l’intonation donnée en les pro nonçant. Une remarque qui a son importance, c’est la manière de rire qu’ont les personnes suivant leur tempérament. Les coléreux font hé, hé, hé. Les mélancoliques, hi, hi, lzz‘. Les sanguins, ho, ho, ho.
Les fiegmatiques, ha, ha, Ira. - Voyeläes . cartes 11 antes Cris énoqcés ëâ‘; É des 4 ‘ :20 suivant es : . = .re S'»Espnt tempéraments - tempéraments .
Homme prit \ A Homme Si l’on rapproche cela des « tempéraments » de Papus, il y aurait peut—être quelques déductions à tirer en comparant: En annamite (I) (langue parente du chinois),et n’ou (I) Au chapitre III, nous reparlerons du langage annamite qm a une très grande importance et qui serait peut—être ce qu1 reste de la vraie langue mère primitive.
SON-LUMIÈRE*COULEURS DANS L’ASTRAL 255 blions pas que la race jaune est la plus ancienne parue sur le globe, ce sont les cris mêmes des animaux qui ont pour ainsi dire formé les mots désignant ces ani maux.
Le mot con (1) précède tout nom de ce qui a la vie animale, et à la suite on ajoute le cri de la bête L‘un—méo (le chat), con-dé (la chèvre), le condroû (le buffle), cou—hûm (le tigre), etc. A citer aussi le verbe sanscrit pâ, nourrir, source d’une foule d’autres mots. Il vient de pâ, premier cri de l’enfant cherchant le sein de sa nourrice (nourrir). Le redoublement du mot donne papa bâ [zou dans beaucoup d’autres langues.
Les bruits corporels furent aussi utilisés, neg—nas nif, etc. Pit veut dire bruit en sanscrit. Les Gaulois appe laient bruz' le ventre, le bruyant. Pit engendre krpr‘t (ventre), kalpa, (corps). An âme (en sanscrit), souffle, vient de ham onomatopée exprimant le bruit que fait un homme se livrant à un travail pénible.
Dans les mots composés on retrouve aussi des sons primitifs, soit Abeille (madhupa) de mad hu (miel) et pâ (boire), nourrir, déjà cité. La langue de la primitive race jaune est presque mono syllabique, et c’est peut—être un des indices qu’elle est plus proche de la première formation du langage.
Il yaurait peut—être lieu de résumer les renseigne ments à tirer de ce premier chapitre et d’en lier entre elles les différentes parties qui semblent pré senter un certain décousu. (r) Prononcez: Cône.
256 L’INITIATION [DÉCEMBRE / Notre but est de projeter des paroles dans l’astral et de voir apparaître des figures colorées correspon dantes aux sons émis, ai-je dit. J’ai donc exposé que l’audition colorée existe fré quemment chez beaucoup de personnes à l’état de veille. Les sensitifs l‘ont d‘une manière plus prononcée que les autres personnes.
Elle peut servir de terme de comparaison pour les expériences de projection en astral, mais les résultats observés sont très diffé— rents entre eux et ne donnent pas jusqu’ici lieu à des lois certaines. Ensuite, pour bien établir cette liaison du son, de la lumière, de la couleur,j’ai indiqué les expériences faites à l’aide du spectrophone. Nous avons vu après que ce qui colorait le langage, lui donnait sa sonorité, étaient les voyelles.
Ce sont donc surtout elles qui se projetteront en astral. J’ai alors indiqué l’étude des voyelles, au moyen des flammes manométriques‘. Nous avons clairement vu la classification des voyelles, les simples, les composées. Vu aussi ce que c’est que la voyelle parlée, la voyelle chantée.
Dans la première c’est la voyelle elle-même qui impressionne, dans la seconde c’est la note.Ainsi, si je fais vibrer une corde avec un archet et qu’elle donne le si, j’aurai une forme colorée correspondante à ce si. Mais si je chante SI, la voyelle I étant dominante, j’aurai eu la forme colorée correspondante à la voyelle I ou une forme intermédiaire, et déformée d’autant plus que l’I sera mal articulé, et que la note seule, le SI, prédominera.
1gooj SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 257 C’est très important à remarquer: dans un cas, j’ai une note projetée donnant une figure invariable ' dans l’astral; dans l’autre, au contraire, j’ai la syllabe SI (1) projetée musicalement avec la note SI, mais qui change aussitôt si je prononce SA, 50, SU tout en maintenant la note SI. , .
Ces explications, tout arides qu’elles soient, sont nécessaires pour pouvoir faire plus tard des déduc tions vraiment rationnelles, lorsqu’on opérera réelle ment en astral. Continuant dans un même ordre d’idées, le même mot projeté en employant des langues différentes ne devra pas faire apparaître même figure.
Soit le mot Dieu, en français deux voyelles I et EU le caracté risent; en allemand Goth est au contraire formé de O suivi de 172 ayant le son du 2’ suivi d’un e; les figures à apparaître ne pourront être semblables. ‘ .
Aussil’étude de toutes les langues dérivées au point de vue projection dans l’astral peut être utile pour avoir la gamme complète des sons colorés, si je puis m’exprimer ainsi, pour de là tirer certaines lois qu’il serait malaisé de formuler àpriori, mais il n’y a que l’étude des langues mères qui peut être vraiment nécessaire pour retrouver la langue primitive, aussi bien la sonore que la lumineuse, car elles renferment seules les types et sous-types correspondant aux figures lumineuses, racines absolues ou dérivées. le veux dire que, si une idée absolue, telle que Dieu Père par exemple, a une couleur et une forme, lorsque cette idée première se dédoublera en Dieu Créatio’h, en Dieu Reproduction, etc., elle changera de formes 11
2 58 L’INITIATION et de teintes graduellement, mais gardera quelque chose de la forme première, transformera en dérivés, conservant toujours un lien de famille. J’aurai plus tard à compléter ces aperçus au troisième chapitre. C’est toujours le triangle qui nous guide.
Au sommet est l’absolu; puis, le monde des lois avec les langues mères rapprochées du sommet origine; enfin à la base la multiplicité,c’est—à-dire nosidiomes actuels, tellement éloignés de leur source, que leur étude comme projection nous mènerait à un labeur énorme sans résultats certains, ainsi que je l‘ai déjà dit.
DEUXIÈME PARTIE DES SENSITIFS ‘ Jusqu’ici nous nous sommes surtout occupé de perceptions qui ont lieu à l’état de veille, nous allons voir d’abord que non seulement elles persistent chez les sensitifs, mais qu’elles prennent alors une acuité particulière.
L’observation de ces nouveaux faits sera le trait d’union entre les phénomènes assez diffus exposés précédemment, phénomènes ayant lieu sur le troisième plan, avec ceux beaucoup plus élevés que l’on observe généralement dans le monde des Lois. Les sensitifs ordinaires, plus ou moins plongésdans le sommeil hypnotique, peuvent percevoir les sons->
SON-LUMIÈRE—COULEURS DANS L‘ASTRAL 259 iI—-L 5_, couleurs avec une certaine netteté. L’état dans lequel ils sont plongés doit fortement les aider à distinguer ce que d’autres ne sauraient voir, toute leur atten tion étant fixée sur le sujet qu’ils s’efforcentde décou vrir. Ils sont sujets néanmoins à de grandes erreurs et souvent subissent l’influence de ceux qui les environnenf.
Ce n’est que l’initié, le mage, même le simple yoghi, qui ont le don de projeter des sons en astral et de Lvoir les figures colorées se produire lorsqu’ils se mettent en.état d’extase. Plus simplement, l’initié peut observer ces phéno mènes, grâce à un sujet spécialement préparé de longue main. Dans le premier cas, on a une vision qui'relève du spiritisme; dans le second, c’est à l’occultisme qu’il faudra demander des explications.
Je vais don— ner quelques citations mises en gradation pour expliquer la diversité des tentations observées : 1° D’abord les impressions d’un éthérisé : « Il aper cevait des lignes lumineuses se coupant à angle droit et se mouvant rapidement sur un fond sombre; un son semblable à celui d’un rouet accompagnait cette vision (I). » 2° Ensuite la description bien connue de Th.
Gau tier du rêve qu’il eut à la suite d’une forte absorption de haschisch: « Mon ouïe s’était prodigieusement développée.J’entendaisle bruit des couleurs; des sons verts, rouges, bleus, jaunes, m’arrivaient par ondes parfaitement distinctes. Un verre renversé, un craque (1)Reuue scientifique, avril 1897.
260 L’INITIATXON ment de fauteuil, un mot prononcé tout bas vibrait et retentissait en moi comme des roulements de ton nerre. Chaque objet effleuré rendait une note d’har monica ou de harpe éolienne. Grâce à l’emploi d’un médium, Crookes nous dit : « J’ai vu des étincelles de lumière s‘élever de la table au plafond en la frappant avec un bruit qu’on pou vait entendre distinctement ».
« En pleine lumière j’ai vu un nuage voltiger au-dessus d’un héliotrope placé sur une console, casser une petite branche et la porter à une dame (i). » Cette citation ——on pourrait en faire cent pareilles— est choisie à dessein pour faire remarquer cette lumière. ce nuage léger qui se compacte, pour ainsi dire, au point dedevenir force-matière. Nous verrons plus tard le son devenir lumineux et produire des effets matériels.
Grâce aux expériences du Dr Féré, on a obtenu les graphiques des impressions produites sur un sujet hystérique suivant le rayon coloré qui l’impression nait. C’est toujours un appareil enregistrant qui repro duit les lignes plus ou moins brisées obtenues par des contractions successives de la main.
La lumière normale donne la première courbe, la jaune celle qui s’en rapproche le plus (soleil), mais les rayons violet. bleu, vert, jaune, orange, rouge la font varier de plus en plus. Mis en état de somnambulisme par simple halluci— nation, c’est-à—dire lorsqu’on faisait croire au sujet qu’il voyait rouge, jaune, etc., il produisait les mêmes (i) Crookes, VIll' classe des Phénomènes.
SON-LUMIÈRE—COULEURS DANS L’ASTRAL 26I contractions imprimées par les courbes correspon dantes aux couleurs indiquées. C’est à noter. « Ainsi, en généralisant ce qui n’est mis en évi dence que pour des sujets exceptionnellement sen sibles, on pourrait dire que notre esprit perçoit les couleurs à la suite de certains mouvements vibra— toires communiqués à notre organisme tout entier par les vibrations de ce que l'on appelle éther.
On peut aller plus loin et dire que, si notre esprit évoque l’idée d’une couleur, notre organisme entier entrera dans l’état vibratoire correspondant à cette couleur (I). » Cette liaison, si je puis m’exprimer ainsi, entre la sensibilité (et par suite l’impression des centres nerveux) et les différentes couleurs était connue dès la plus haute antiquité et a fort bien été résumée ou mieux remise en lumière par Ragon dans son : Ortho doxie maçonnique » (2).
On présente successivement au sujet sept disques colorés (les sept couleurs du spectre solaire), plus un blanc et un noir et les effets suivants, que je résume par quelques mots, se produisent. Entre les couleurs et les effets produits sont indiquées les plantes qui procureraient des états à peu près semblables.
C’est l’union entre la couleur et la vertu des plantes. (Si gnatures). (I) Cité dans l’article le Timbre et la Couleur (A. de Rochas, Nature, 9 janvier I886). , (2) Orthodoxie maçonnique, Ragon (art. Magisme).
262 NITIATION L’I RAYONS Planta empundantel PRINCIPAUX EFFETS PRODUITS Agitation, désir involontaire de se mou ! Violet B‘ÏÉËÈÏÊ'ÎÊÆ’ÉË' v_oir. fureur, possède en rêve, en illu ' etc ' mon tout le bonheur qu’il désire (a le ‘ souvenir). . - . Porté vers la prière faiblesse perte de 2‘ Ind'g° P'p" mq” "c’ la vue, sommeil profond. ' 3. Bleu LË:äàfre’tc_cam' Abattement, somnolence. Larmes, devient enfant, croit mourir. 4.
Vert Lad°x.ä Z;:"elg’an‘ engourdissement. léthargie, rêves vo 8 ’ ' luptucux. Abattement complet, sommeil ma né 5. Jaune StgyÏgäl I:t'c vom' tique, marche, parle, répond (au r veil p ’ ' a tout oublié). Valcr.offic. nicot. . . - ’ J01e, rire, mais quand même soufl’rance 6' orange ä?flcc’tc couval" morale, grande lucidi . v 7. Rouge Di it. ur ., etc. Cris, eur, rande frayeur.
8 P P P 8 Comme diversion, je ferai rapidement remarquer les rapports que l’on pourrait établir entre les rayons colorés et les différentes plantes indiquées, ou plutôt de leurs « signatures » comme on dit : Violet : Datura, belladone, fleurs violettes. Bleu = Laurier, camphre, aspect bleuâtre, blanc bleuâtre. Vert: Mandragore, plante verte, comme toutes les racines de plantes vireuses. Jaune orange = Tabac, feuilles, jus, noix vo mique.
Rouge = Digital, fleurs purpurines. Le violet ayant les vibrations les plus vives donne le rêve de l’illusion (voir tableau ci-dessus),le bleu. l’extase, la prière (bleu Vierge), vert (rêves volup
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L'ASTRAL 263 tueux) (création), rouge sang, vie (instinct de con servation). . Grâce aux travaux de Reichenbach sur les effluves, continués par Durville et étudiés à nouveau par le colonel de Rochas dans son Extériorz'safion de la sensibilité, on sait: que des effluves lumineux se dégagent de certaines personnes exceptionnellement douées. Les somnambules surtout perçoivent pareil phénomène chez leur magnétiseur.
De semblables aigrettes s’échappent aussi des ai mants, de l’or, del'argent. L’état somnambulique n’est pas nécessaire à leur per ception, car dans l’obscurité absolue un sensitifmoyen distingue tous les objets et même leurs couleurs. En général, les colorations d’une personne sont les suivantes : 1° Côté droit, bleuâtre = pôle nord de l'aimant. 2° Côté gauche, rouge un peujaunâtre = pôle sud de l’aimant.
' La coloration de droite devient violette dans le cas où il y a paralysie par dispersion de l’activité nerveuse, avec points noirs sur la peau lumineuse. Donc la sensation lumineuse existe sans aucun doute, la coloration est parfois variable. En résumé, les expériences les plus rigoureuses avec sujets endormis ont donné : Côté droit Côté gauche Bleu Rouge Jaune ou vert Violet { parfois il y a inversion. parfois en remplacement. Ces observations sont fort importantes, elles nous
264 L‘INITIATION font comprendre tous ces dégagements entrevus au tour des corps de certaines personnes (saints, magné tiseurs, yoghis, fakirs,etc.) par les sensitifs de toutes natures.
Mes citations devant se rapprocher de plus en plus de l’état parfait dans lequel doit se trouver l'occultiste qui opère la projection, je crois utile de rappeler quelques lignes extraites de : Un curr‘euœ cas de mé— diumnité (1). —— Pourquoi ce mouvement de tête à droite ? —— C’est toujours à droite qu’on me parle. —— Voyez-vous quelque chose ? —— Je vois une lumière, une lueur. —* Comment est cette lueur, sa forme, ses dimen— sions ? — Elle a la forme d’un œufqui reposeraitsurle petit bout.
Elle brille d’un éclat blanc jaunâtre, elle est dé— gradée.
La teinte est plus jaune, après la passe, parce que je la vois moins facilement. (Jette lueur a la hau teur d’une petite personne (de quatorze ans environ). —- De quelle façon s’établit la correspondance entre la lueur et vous? — C’est par des vibrations qui partent de l’espace lumineux et se répètent au dedans de moi. — Mais comment les vibrations peuvent-elles vous donner des idées? — Vous ne comprendriez pas... il n’y a pas de mots pour vous dire... c’est le langage universel. (1) Un curieux cas de médiumnité, Dr C. Ferrys, Initiation, mai 1898.
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L'ASTRAL 265 —— Lalumière varie—t-elle d’intensité? — Oui, elle est plus vive dans la partie supérieure, puis dégradée, vers le bas un peu plus sombre, avec des couleurs très variées, tout à l’heuredl y avait une teinte lie de vin tout autour qui se dégageait vers le centre, cela dépend de ce qu’il me dit.
Nous avons fait ungrand pas si, au début, l’audition colorée laissait sceptiques quelques personnes, elles doivent changer, car nous voici arrivés à une lumière colorée qui évoque des idées, qui parle, qui est ce langage universel que nous cherchons. Malheureuse ment ce n’est pas tout à fait encore cet alphabet de couleurs, objet de nos recherches.
Pour terminer et pour entrer enfin dans le vrai do maine de l’astral, je rappellerai les pratiques magiques du savant ouvrage de Papus sur Martinès de Pas qualis (1).
Parlant des visions, il fait dire à de Pas qualis : « Les visions sont blanche, bleue, rouge, claire, enfin elles sont mixtes ou toutes blanches, cou leur de flamme de bougie blanche, vous verrez des étincelles, etc. » Puis plus loin : « Attendu que les choses portent avec elles leur clarté, soit blanches, rouges, ou autrement selon que je vous l’ai marqué par mes dernières lettres. » Enfin : « Que la mort entourée des plus jolies couleurs en entourantla forme corporelle de ma femme... » (r) Martinès de Pasqualis, par Papus, f vol. è»
266 L’INITIATION Ainsi s’exprimait ce « visionnaire magique ». Aussi terminerai—je avec les citations des œuvres du maître de Saint-Martin, car nous arrivons en plein astral, en lumière astrale. comme disait Martinès.
0 TROISIÈME PARTIE RÉALISATION ET HYPOTHÈSE La Lumière,suivantles kabbalistes,est cette substance unique, "médiatrice du mouvement, immarcescible, éternelle, qui a en gendré toute chose et à quoi tout retourne à son heure comme réceptacles de la vie et de la mort fluidique où parmi les épreuves germe l’embryon de demain.
Correspondant au Verbe (lumière divine), à la pensée (lumière intellectuelle), elle est à la fois dans le monde phénoménal et, par une contradiction seulement apparente, le sperme de la matière et la matière des formes : l’agent hermaphrodite de l'éternel devenir.
Elle constitue ce fluide universel impondérable dont les quatre manifestations sensibles sont appelées : Chaleur, Clarté, Électricité, Magné tisme. (Le Temple de Satan, DE GUAlTA.) C’est l’Alaska des lndous, l’Aôr des Hébreux. Le fluide qui parle de Zoroastre.-—— L‘Azothdesalchimistes (la quintessence des alchimistes). La lumière astrale de Martinès de Pasqualis et d’Éliphas Lévi.
La lumière spectraledu Dr Passavant, la force psychique deCrookes, le serpent fluidique d‘Asiah des Kabbalistes. Le feu secret, vivant et philosophal. Le médiateur convertible; indifférent au Bien comme au Mal. Le médiateur plastique universel... Un occultiste célèbre(r) a même dit : le Diable, si l‘on veut! etc., etc. I (1) De Guaita.
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 267 C’est l’Astral, les savants (non occultistes) lui donnent le nom d’éther, mais l’éther est plutôt l’as tral envisagé sous certaines de ses propriétés parti culiêres. L’astral est partout, il imprègne les pores des corps, il remplit les espaces interstèllaires.
La tradition orientale indique les nuances probablement très spé— cieuses, qui existent dans l’astral même; il n'est donc pas quelque chose d’homogène. Cette manière de voir n’est que le résultat de déduc— tions purement métaphysiques, car, en dehors des hermétistes, les autres chercheurs ont aussi des vues hardies. Helmholtz dit : « Que l’électricité est proba blement aussi atomique que la matière.
Crookes appelle les manifestations de l’éther : « La série d’ombres de choses non substantielles qui peuvent sansdoute se résoudre en cet univers invisible ( 1 ), » etc. La théorie des corps simples a vécu : tous les corps seront un jour considérés comme corps composés, issus d’une même matière (protyle) : la variation dans le poids atomique est cause de la différence apparente des corps.
Il en est de même pour l’éther (astral) qui, grâce à des arrangements atomiques, qui nous échapperont peut—être toujours, se manifeste à nous sous les formes variees de la chaleur, de l’électricité, de la lumière, etc. Légèrement au—dessus de l’hydrogène (le plus léger des corps connus) est la ligne de séparation de l’éther (1) La Genèse des Éléments, Crookes, Revue scientifique, 1887.
268 L’INITIATION compacté (matière) avec l’éther libre (astral). La matière, le — est la cristallisation de la force, le +. Il est hors de doute que les courants magnétiques terrestres,ont joué un rôle considérable dans l’organi sation de notre planète et contribuent à y entretenir l’évolution vitale. Des courants semblables existent dans les autres astres et même d’un corps céleste à un autre.
Ces courants sont une des grandes manifesta— tions de l’Astral, c’est celle même reconnue par la science.
Mais rien n’est livré au hasard dans l’Univers. (Admettre le hasard, c’est nier Dieu, la Justice, le Nombre, suivant le plan considéré.) Ces courants organisateurs, créateurs, ont donc en eux une partie intelligente qui les guide, mais dont nous ne pouvons nous faire qu’une idée bien imparfaite; à vrai dire, nous ne concevons guère mieux une âme humaine; cette partie directrice est l’Esprit propre de chacun de ces courants.
L'Ame de chaque monde les régit, et la Grande Ame de l’Univers seule sait le but final à atteindre. Les livres indous indiquent, ai—je dit, ces gradations ' dans les manières d’être de l’astral. Il a ainsi sa lumière et son ombre, nous ne voyons surtout que cette dernière. Cette étude laisse de côté, autant que possible, les divisions astrales faites par la tradition orientale.
C’est un travail présenté en dehors des traditions spé ciales d'une école particulière. Cependant, il faut bien comprendre que les phéno— mènes visibles se passent dans l’astral inférieur, ayant
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 269 _î"-“"‘ un certain degré de matérialité, mais que 1’Es prit de l‘astral est hyperphysique, n’a rien de ce que nous pouvons imaginer, c’est l’Alaska des Indous. La Kabbale nous présente ces grandes marées astrales, magnétiques si on veut, sous la forme des Éons intelligents, triturant les mondes. lis ne seront plus que les Géants, les Cyclopes avec les premiers poètes. « W.
Crookes a dit : «Nous ne pouvons nier aujour d’hui qu’il y a bien des forces proches de nous, mais que cependant notre œil physique ne pénètre pas, comme il y a des sonorités qui échappent à notre oreille. » ' De même, qui dit vie, dit mouvement, dit astral, qui se meut. Chaque atome d’éther s’agite, l’ensemble de ces tournoiements forme des tourbillons. Néan moins nous ne pouvons voir ces mouvements beau coup trop rapides pour notre œil.
Nous voyons la vie, mais nous ne pouvons voir vivre la vie, si ce n’était un non—sens apparent de parler ainsi. Cette agitation de l’astral aurait été stérile si les grands tourbillons ne s’étaient polarisés et formés en courants distincts. Autour de notre globe circule le grand courant as— tral, le grand serpent astral de la Gnose.
Avant la chute, il existait, mais lorsque le mal apparut ainsi que la matière, sa conséquence, il fut pomme retardé dans sa course, il fut dévié de son chemin initial. La venue du Christ lui a fait re
270 L‘INITIATION prendre le chemin qui lui permettra de nous conduire à notre Rédemption (1) finale. Par la méthode des substitutions analogiques, on peut rendre tangibles ces paroles qui semblent assem bler les entités les plus hétérogènes : En effet, l’homme non déchu existait: homme tout spirituel, dans un monde tout spirituel, dans un cou rant astral de vie tout spirituel. La chute eut lieu, pourquoi? comment?
Peu nous importe, le monde et l’homme se matérialisèrent, il dut souffrir pour se régénérer, d’où le mal apparut. Mais le courant astral de vie spirituelle s’est dédoublé. Il a donné lieu à la création d’un courant de vie matérielle, issu d'un m3 li3u, qui, primitivement, ne devait entretenir que la vie spirituelle et le Bien, par lequel la vie terrestre sera entretenue avec ses alternatives de bien et de mal.
La venue du Christ a dévié le courant, lui a donné une nouvelle direction qui finalement fera triompher le Bien du Mal. L’homme comprenant le vrai but de sa vie se déta chera progressivement de la matière et, devenant l’homme au sens vrai du mot, parviendra à com mander par sa volonté développée à l’astral. Au lieu d’être le jouet des forces de la Nature, il en deviendra le maître.
Cette étude a principalement pour but de tâcher de pénétrer dans les lois mystérieuses qui unissent le Verbe créateur, la Lumière engendrée par le Verbe et la Forme résultant de l’union des deux. / (1) Voir à ce sujet le beau travail de Papus sur l’Ame humaine, basé sur Pistis Sophia, du docteur gnostique Va— lentin. ‘ _:..Ë'Ë
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 271 D’une manière moins élevée, nous nous proposons ‘ de prononcer un mot, une voyelle, un son, une note et de voir apparaître, en astral, une figure colorée corres pondant à cette projection sonore.
Pour que l’expérience ait une valeur réelle, il faut: 1° Qu’à une même émission de son corresponde une même figure colorée; 2° Que les phénomènes puissent se reproduire à volonté, lorsque les mêmes facteurs de production sont en présence; 3° Qu’elle puisse être produite et contrôlée par des personnes différentes dans des temps et des lieux aussi différents.
Lorsque des faits ont été constatés de cette manière, on peut déduire qu’ils sont régis par des lois et ne sont pas des illusions ou des phénomènes arbitraires. (A suivre.) TID1ANEUQ.
EGOLK SUPÉRIEURE LIBRE B)ES SŒHÊNGES HEEMËMMÆES Les examens complémentaires pour le I" degré (bac— calauréat) ont eu lieu le 1" décembre. Quatre élèves ont été lreçus, ce qui porte à seize le nombre des élèves de l’École reçus pour la dernière ses sion. Le premier des élèves reçus en décembre, M. L.
D., sera titulaire d’un diplôme d’honneur. - c o Les cours se poursuivent avec succès {et .les salles deviennent trop petites pour contenir les auditeurs. Tout fait présager, pour l’Ecole, un succès encore plus considérable que celui del'année dernière.
BIBLIOTHÈQUE D’HERMÉTISME GRATUITE La bibliothèque d’Hermétisme gratuite est ouverte à tous les abonnés de l’Initz‘ation, à tous les élèves de l'Ecole hermétique et à tous les membres de la Société des conférences spiritualistes qui se présenteront de ' 2 heures à 5 heures au n° 4, rue de Savoie, au troisième.
Cette bibliothèque met en lecture, outre les ouvrages classiques d’occultisme, les revues spiritualistes en toutes langues admises par la Direction à figurer sur les tables de lecture. Tous les ouvrages doivent être consultés ou lus sur place. a « t Un service de prêt gratuit est à l’étude pour nos amis de province; car nous tenons à développer nos idées en dehors de toute affaire commerciale.
LES NICHES DES ESPRITS 273 Les niches des Esprits dans une maison de Turin Traduction du journal italien Il Secolo du 20 novembre 1900, par le capitaine LACHAT du 7 5° d’infanterie Notre correspondant de Turin nous avait parlé des Esprits qui auraient apparu dans une maison de Turin; nous trouvons aujourd’hui, à ce propos, dans les jour naux de la localité, ces curieuses particularités : Dans la rue Bava, se trouve la bouteillerie tenue par le sieur Bartolomeo Fumero, lequel, avec sa famille, composée de sa femme et d’un fils, habite quelques locaux situés au-dessus de la boutique, locaux auxquels on accède par une petite échelle de bois appliquée contre un des côtés de la cuisine du rez-de-chaussée; cette cuisine se trouve à côté des deux autres pièces de la boutique; elle est meublée de bancs et de tables pour l‘usage des clients.
Fumero, qui est un enragé chasseur, était parti jeudi dernier pour une partie de chasse à Pancalieri.
Vendredi matin, la mère et le fils Fumero s‘étaient levés du lit depuis peu de temps quand ils entendirent soudain une grande rumeur, comme si on brisait les vitres, provenant de la salle adjacente à la cuisine du rez-de-chaussée. v Accourus pour voir de quoi il s’agissait, ils trouvèrent diverses bouteilles et un alambic en verre brisés en menus morceaux épars sur le sol.
Pendant que la mère et le fils, en proie à une vive sur prise, se demandaient comment avait pu se produire pareil désastre, ils pâlirent d’épouvante devant les nou— veaux et mystérieux phénomènes qui se montrèrent à ce moment même. Secouée comme par un tremblement de terre, la 12
274 L‘INITIATION "I"! maison paraissait devoir s’écrouler d'un momentà l’autre, pendant qu‘autour de M“"’ Fumero et de son fils les chaises, tables, les ustensiles de cuisine et autres objets commençaient à se mouvoir d’une façon désordonnée, tournant vertigineusement par tous les côtés de la cham bre et de la cuisine, se heurtant entre eux et se soule vaut en l‘air, produisant un vacarme indescriptible, M'me Fumero, très faible de santé, tomba évanouie à terre pendant que le fils avec les cheveux hérissés et le visage défait se précipitait au dehors de la boutique appelant à l‘aide.
Quelques personnes accourant arrivèrent à temps pour assister à la danse des meubles et des ustensiles; danse qui cessa complètement après quelques minutes. M. Fumero, averti télégraphiquement, revintà la maison dans l‘après—midi, mais sa présence ne fit pas cesser les étranges phénomènes.
Ainsi, à un moment,tous les ustensiles de cuivre de la cuisine se détachèrent de leurs crochets, volant rapide ment d'une façon désordonnée par la chambre, frappant les murs avec une telle violence qu’ils s’y détériorèrent au point de devenir inutilisables.
Et avec les ustensiles recommença la danse des chaises pendant qu’un gros chandelier lancé comme par une main puissante‘ faillit atteindre le portier de la maison présent, avec d'autres spectateurs, à ces diableries.
Puis voici que de l’échelle conduisant aux chambres privées de la famille Fumero descend une avalanche d’un nouveau genre, formée de meubles, literie, habits, sou— liers, etc., etc., dégringolant les gradins avec un bruit interna], comme si là-haut une bande de vandales sac— cageait l‘appartement. Quand cette tourmente eut cessé, M. Fumero, aidé des spectateurs réussit à remettre un peu d’ordre dans sa maison.
Mais un jeune homme, qui plaisantait sur les phénomènes auxquels il avait assisté, voulut monter à l’étage supérieur et, attachant’son chapeau à un clou, disait: « Je veux voir si les Esprits me le porteront dehors. ) Et il en fut ainsi, car, remontant ensuite pour reprendre son chapeau, il ne le trouva qu’après de longues
‘VISION 275 vrecherches, dans la rue et au milieu d’immondices. La nuit venue, M. Fumero et les siens se couchèrent, espérant que les étranges phénomènes ne se renouvelle raient Pas. Mais en vain, voilà que les bruits formidables et d’ébranlement de la maison recommencèrent d’une façon encore plus sensible que dans la matinée.
Dans la matinée du samedi, les phénomènes recommençant encore, Fumero conseillé par les voisins envoya cher cher le curé, lequel délégua le vicaire pour bénir la maison. ’Le prêtre avait terminé les prières du rite et aspergé abondamment d‘eau sainte le rez-de-chaussée et les chambres au—dessus lorsque,à un moment,une bouteille de vin déposée sur une table roula jusqu’aux pieds du vicaire sans cependant se briser.
Recueillie et remise sur la table, la bouteille fut encore soulevée par une force mystérieuse et déposée de nouveau devant le prêtre en s’y brisant. Le vicaire, qui ne s’attendait pas à un semblable com pliment, se retira subitement en bon ordre. Et la danse des meubles et de tout ce qui se trouvait «dans la boutique et dans l’appartement des Fumero con tinue maintenant plus que jamais, causant ‘a ces pauvres ,gens des dommages incalculables.
La police intervint, mais nul n’a pu déchiffrer quoi que tee soit de tout ceci, qui reste toujours un mystère impé nétrable. Et même il s’en fallut de peu que deux agents de la sécurité publique ne fussent atteints par une chaise qui se brisa violemment contre le mur. VISION Peu de temps avant le Jour, je parcourais l’espace au .dessus de notre sphère. J’avais remarqué à l’horizon un nuage, mars je n’y
276 L’tNITIATION . avais guère fait attention, étant attiré ailleurs par tout ce qui m'entourait. Mon voyage se poursuivait donc paisiblement, quand, tout à coup, je revis ce nuage,noir et menaçant, qui était venu de mon côté, près de terre. Je pressais vivement le pas; j’avais conscience qu’une tempête effroyable allait éclater.
Me retournant alors, je vis que ce que j’avais pris pour un nuage était une femme gigantesque, très belle, tenant un enfant dans ses bras — une vierge probablement — à demi couchée sur le côté; les jambes et le buste presque nus étaient, ainsi que l’ensemble, du ton du nuage.
A ce moment, le contact avec la terre dut avoir lieu; j’avais repris ma course, et, me retournant une deuxième fois, je vis la plaine parsemée de cadavres d’hommes, de femmes et d’enfants, se détachant en blanc sur le sol, et, au milieu, des animaux féroces et un lion dévorant et furieux, secouant sa crinière. R.
S 2:2 1:1: BEBLI©GÆ&AEEEE Souvenir des guerres d’Allemagne pendant la Révo lution et l’Empire, par le BARON DE Commu(Paris, Plon Nourrit et C”, éditeurs). — L’esprit de ces Souvenirs est de philosophie éclairée, de vue large et profonde et, malgré des haines et des enthousiasmes contradictoires, se ment dans une atmosphère de haute impartialité. L’auteur a l’oeil perçant, le cœur noble et aimai, un caractère énergique et droit.
Les anecdotes y sont d’un intérêt passionnant : la vie réelle des armées y intéresse bien plus que dans une oeuvre d’imagination. Le style est d’un homme d’action qui voit et qui pense, simple, imagé, parfois de belle ampleur descriptive, et surtout adapté à l‘idée émise. Hâtivement, nous devons rapporter ce qui a rapport à l’influence des sociétés secrètes pendant cette période. Le baron de Comeau, malgré son admiration pour
BIBLIOGRAPHIE 277 I’Empereur, ne lui pardonne pas le meurtre du duc d’Enghien < qu’exigèrent de lui les chefs des loges maçonniques, enrichis par cette révolution suscitée par leurs menées... On voulut de lui, comme gage d’im punité en faveur des régicides, qu’il trempât ses mains dans le même sang ».
' Il ajoute, après quelques réflexions amères sur la médiocrité d’hommes que la Révolution fit paraître grands et extraordinaires: « Bonaparte, lieutenant, était franomaçon. A Paris, en 1814, on m’a affirmé de source sérieuse que Bonaparte, à Marseille, étant lieutenant colonel, fut initié à la loge du Grand—Orient. En Italie, il fut agrégé à la loge égyptienne d’Hermès.
A Paris, il devint chevalier Écossais moyennant le sacrifice du sang (le duc d’Enghien). En 1809, après Wagram, Napoléon fut par Metternich, Montgelas et autres, reçu illuminé de Weisshaupt. En 1813, il succomba à la guerre que lui firent les phiiadelphes. En 1815, le Grand-Orient le repoussa et il perdit la tête.
La situation du baron de Comeau, émigré, ancien officier de l’armée de Condé, chef d’état-major de la' Bavière au grand quartier général de Napoléon et chambellan bavarois, lui permit de connaître les dessous cachés de la politique européenne de ce temps et donne à ses révélations une valeur relativement importante d‘authenticité, en même temps qu’elle explique la viru lence de ses propos. Vers 1809, il pressentit la décadence.
« Je le (Napoléon) trouvais grand en Allemagne. Mais à Paris, j’étais frappé d'une foule de signes morbides. » Napoléon avait mé contenté les peuples auxquels il avait imposé ses ‘lois, sans tenir compte des nécessités régionales,-araviques ou autres.
Un grand mouvement se préparait contre lui par le moyen des illuminés, maçons, philadelphes, car— bonari, qui agissaient en tous lieux, « branches diverses d’un même tronc adaptées à des milieux différents, mais ayant un esprit commun », et suscitaient contre l’oppres seur qui avait voulu « les diriger au lieu d’être leur ins trument » une réaction d’opinion dont le choc devait ébranler sur son socle le colosse aux pieds d’argile. « Des associations antifrançaises, comprenant catho
278 L’INITIATION liques et protestants, se formaient partout, sous le nom de Tugendbund ou amis de la vertu,etc. » Comeau, ami du calme et de l'harmonie, fidèle à ses traditions et peut être un peu aveuglé sur l’inharmonie du passé royal, n’est pas tendre pour les sociétés secrètes chez qui il ne veut voir que des tomenmteurs de troubles politiques, des ambitieux avides de pêcher en eau trouble.
Il con— vient cependant de faire la part du bien etdu mal nécessai. res,en proportions variables, :’t|la marche des choses. Etles désastreuses nécessités de l’Histoire nous apparaissent surtout comme des ferments de désagrégation et de décomposition inéluctables pour favoriser l’évolution des germes féconds hors de leur gangue stérilisatrice qui se consume longuement.
La lente épreuve de l’âme humaine contre la vie de tous les jours devient, aux. époques de révolution, un tourbillon précipité, un courant de vertige maîtrisé d’en haut, où plus rapide ment les âmes s’engouffrent et par où plus rapidement elles sont libérées. Les amants du Passé y saignent de leurs illusions meurtries; les nouveaux venusy chantent l’épithalame de leurs triomphales noces avec les illusions jouvencelles.
Puis la vie reprend, quotidienne, sous les coups de fouet amortis de la colère des « éléments » cosmiques lointainement déchaînés, et sous l’égide aussi du sourire efficace du divin Berger. , M. de Comeau vilipende magistralement la folie d’égoïsme et d’intérêt personnel qui obscura les esprits pendant la période napoléonienne.
Il prophétisa maintes fois la chute du c tyran anarchiste >, qui se sentait mal soutenu et près d’être trahi par son entourage d’am— bitieux et de jouisseurs. De son armée elle-même il disait: « Mon armée est un chancre qui me dévorerait si je ne lui fournissais de la pâture. » Après l’amnistie, le baron de Comeau, blessé, voulut retourner en France.
Il se trouvait dans l’alternative de combattre contre l’armée de Napoléon ou contre l’armée bavaroise. Mais son seul sonci étant la restauration des Bourbons, il donna sa démission pour s’en tirer à hon neur, et après quelques mois passés, dans une situation embarrassante, comme prisonnier de guerre sur parole à la cour de Carlsruhe, il rentra en France, navré de
BIBLIOGRAPHIE 279 voir le rétablissement des Bourbons si opposé à ses idées et si peu solidement basé sur la « terre mouvante des prétendus progrès de la civilisation >v, désespéré de l’avenir; il se mit alors à « griffonner ces souvenirs, qui amuseront peut-être, ou feront des cornets à poivre ». SABRUS.
La Philosophie de la Longévité, par JEAN FINor (Paris, Schleicher frères, éditeurs, 1900). ——_Dans ce très intéres— sant ouvrage philosophique, l’auteur examine les ques tions suivantes : les mystères de la longévité, le corps immortel, la vie dansle cercueil, contre la crémation, un être vivant reste toujours vivant, les terreurs de la vie, ses origines, le sentiment de la fin, création artificielle des êtres vivants (homuncules d’hier et d’après—demain), création de la matière vivante, etc. Ces titres suflisent à donner au lecteur un aperçu de l’intérêt capital de cet ouvrage.
« C’est, nous a dit le D‘ Papus, le meilleur livre qui ait été fait sur l’Immortalisme du corps physique. Nous ne lui reprocherions qu’une chose, c’est de n’avoir pas assez compris les principes animateurs de la matière, l’âme, l’esprit...
Toutefois, ils sont pressentis. ) Résumé intelligent en quelque sorte des évolutions de l’esprit philosophique et de sa phase actuelle, cet ouvrage ’ apporte sur les qualités et les possibilités spirituelles de la matière de très précieux éclaircissements. S.
Les Sciences maudites, sous la direction de JOLLIVET CASTELOT, PAUL FERNIOT et PAUL REDONNEL (Paris, édition de la Maison d’Art, 23, rue de Vaugirard). —— Cet ouvrage, artistiquement édité et enrichi de nombreux portraits et illustrations, présente une synthèse de l‘Oc cultisme moderne par la sélection des collaborateurs les plus éminents et les plus compétents.
Nous y avons lu avec un intérêt que nos lecteurs comprendront des articles de : Papus, sur l’Occultisme contemporain, du D‘” Rozler, sur la Magie et la Sorcellerie, de F.-Ch. Bar— let, sur l’Astrologie, de Sédir, sur la Kabbale et la Méde— cine occulte, de Jollivet-Castelot, sur l’Alchimie, de R. Sainte-Marie, sur l’Art mystique, de Saturninus, sur le xxe siècle d’après les prophéties, de Phaneg, sur
280 L’INITIATION la clairvoyance psychométrique, de Paul‘ Redonnel, sur la Crédulité, le Pacte, la Prière, de V. Emile-Michelet, sur l'Ame de la Légende et du Poème, de Jules Delassus, sur l’Homunculus, de Edouard d’Hooghe, sur l’Astral, une Causerie sur la chiromancie, par Mm de Thèbes, etc. Signalons encore de beaux vers de Paul Redonnel et de Edouard d’Hooghe et l’Incantation par les dix noms divins, par Victor Emile-Michelet.
On n’attend pas de nous après cette énumération éloquente un commentaire superflu. Qu’il nous suffise de témoigner ici de notre admiration pourla belle réalisa tion esthétique qu’offre cet ouvrage et pour l’intérêt intense des gravures de toutes sortes, pantacles, sym boles, portraits, estampes, illustrations et compositions originales. Nous en reparlerons d’ailleurs plus en détail.
Philosophie du Bon Sens, par VALENTIN TOIJRNIER (Tours, chez Mme Arma Tournier,rue Lakanal). — Études sérieuses sur le Spiritisme, l’Evangile, le Christ, la Sainte Vierge, le Libre Arbitre, communications spirites, articles, correspondance, contes et nouvelles philoso— phiques. Nous rendrons compte prochainement de cet ouvrage posthume, d’une façon plus étendue. S.
Vient de paraître. — Le Mouvementpsychigue, Revue médicale et scientifique, organe de « l’Institut des Sciences psychiques de Paris ». Rédacteur en chef: JACQUES BRIEU. Administration: 14., rue d’Amsterdam. Rédaction: 52, rue Ribera. Le premier numéro est con sacré à. l’exposé des idées du comité directeur; nous y relevons les noms de MM. Jacques Brieu, D” Moutin, D’F . Legrand, Gabriel Delanne, D’ Chazarain, Bloume, Henri Boyoud.
Nos meilleurs souhaits pour la jeune Revue. Le Grand Œuure alchimique, par .JOLLIVET-CASTELOT. Brochure de propagande (0 fr. 20, 3, rue de Savoie, Paris), où le savant hermétiste a synthétisé, d’une façon claire et scientifique, les notions générales sur l’Al chimie.
BIBLIOGRAPHIE 28 1 Le Fakirisme, le LBrahmanz’sme, par CHARLES GODARD, chez Blond et Barrai, Paris. Deux œuvres d'un puis— sant intérêt que nous recommandons tout spécialement aux étudiants et aux chercheurs. Le Couteau magique de Jean XXIl, notes historiques, par L. ESQUIEU. Étude qui donne de très curieux ren— seignements sur l’importance sociale de la.magie au moyen âge. 8.
Voici la table des matières du dernier travail de Papus quivient de paraître au prix de 1 franc, chez Chamuel, 85, rue de Savoie, Paris, sous le titre de : Qu’est-ce que l’Occultisme P Pages Définition.. . . . . . . . . . . . . .. 3 Psychologie.— Union de l’Ame et du Corps. — Constitution de l’Homme. — Principe féminin. .
5 Métaphysique. —, Le Plan astral. —— Les Clichés astraux. — L’Evolution. . . . . . . . . :3 Logique. — L’Analogie, les Nombres. . . . . . 17 Morale. —— La Réincarnation. . . . . . . . . 22 Esthétique. — Le Symbolisme. — Le Sphinx. —— Les Tempéraments. . . 24 Théodice’e. — Origine du.Mlal..—' La Chute: —' I-à 'Réintégrati0n. — Preuves de l’existence de Dieu. 28 Sociologie. — La Société, organisme vivant. — La Synarchie. . . . . . . . . . . . . .
32 La Pratique de la Magie. — Régime. — Exercices respiratoires. — Les Principes après la mort. — Evocation des morts. -— L’Ame sœur. — Les Esprits dans la Nature. — La Sorcellerie et l’En 'voûtement. —La Théurgie. . . . . . . . . 34 La Tradition. — Les Races humaines et la Physio logie planétaire. —— Le Schisme d’lrshou et les Pasteurs. — Les grands Mystères. . . . . . 48 Les Sociétés occultistes dans le monde profane. . 57 L’Occultisme contemporain. . . . . . . . . . 67 Bibliographie.. . . . . . . . . . . . . . 74
282 L'INITIATION Essai sur l‘Évolution humaine. — Résurrection des corps. — Réincarnations de l’âme, par le D‘” Tu. PAS CAL. In-i2 de 340 pages. Prix. . . . . . 3 fr.
50 L’intérêt capital de ce livre réside dans une explication satisfaisante des problèmes qui ont le plus tourmenté l’esprit humain : l’existence de corps permettant la survie après la mort du corps visible, le pourquoi de la Souffrance en général et la raison de l’Inégalité des con ditions. Les deux premiers chapitres exposent ces divers points.
Dans le chapitre III, l’on trouve une étude très éclai rante sur l’Evolution humaine et sur le problème de l’Hérédité. Le chapitre IV est consacré à la revue de l‘enseigne ment religieux et philosophique, de l‘antiquité jusqu’à nosjours, sur la doctrine de la Réincarnation.
En résumé, l’auteur étudie la double évolution des êtres: l’évolution de l’âme (de la Vie incarnée) et celle des formes (les corps), qui permettent son expression dans le monde phénoménal.
Les quelques lignes suivantes de la préface indiquent le but de ce livre auquel nous souhaitons bon succès, car il est vraiment à lire et à méditer: < Quand l’homme saura que la souffrance est le résul Quand l’homme saura que la souffrance est le résul tat nécessaire de la manifestation divine, que les iné galités des conditions sont dues aux stages différents des êtres et à l’action variable de leur volonté; que la phase douloureuse ne dure qu’un instant dans l’Eternité et qu’il est en notre pouvoir d’en hâter la disparition; que si nous sommes esclaves du passé, nous sommes maîtres de l’avenir; que le même But glorieux attend tous les êtres, — alors, la désespérance aura vécu, la haine, l’envie et la révolte auront fui, la paix régnera dans l’humanité assagie par la Connaissance. » A ceux qui soufirent (Quelques points de l’enseignement théosophique), par AlMÉE BLECH. —Prix: 1 franc.
Ce petit livre traite du problème de la souffrance, et pour éclairer ce problème l’auteur s’appuie sur les grandes lignes de théosophie qui sont, comme on le sait:
REVUE DES REVUES 283 la réincarnation ou les vies successives de l’âme, la Loi de causalité ou Justice immanente, et encore les con ditions de l’âme après la mort et les régions qu’elle tra verse.
L’auteur touche également, en passant, des ques tions diverses, telles que la fraternité, le rôle de la pensée, les aides invisibles, les dangers du spiritisme, la rédemption selon la théosophie, la Religion univer selle, etc. Ecrit sous forme de causerie, dans un style familier et poétique, tout à la fois, ce petit livre, qui contient bien des pages émouvantes, aidera plus d’un cœur éprouvé à supporter sa peine, et réconfortera plus d’un déshérité de la vie.
C’est à ce titre surtout qu’il se recommande. Du même auteur: Traduction nouvelle de la Lumière sur le Sentier, la belle œuvre mystique de Mabil Collins. UN COURS D’ASTROLOGÏE M. Selva serait désireux de réunir quelques travail— leurs de bonne volonté pour poursuivre en commun les études astrologiques.
Il se tiendrait à la disposition de ceux qui n’ont pas encore fait d'astrologie pour leur faire un cours hebdomadaire de façon à leur permettre de participer à ces études. Prière d’adresser lesdemandes d’inscriptions à M.Selva, 5, rue de Savoie, chez M. Chamuel. BËWEBÊ @ES äËWIÆÊSË —.,—.— Journql du Magnétisme (novembre). — Chaque mois, cet excellent périodique présente à ses nombreux lec teurs un des chefs du mouvement spiritualiste.
Le nu méro actuel renferme la biographie — accompagnée du portrait — de M. Léon Denis, le célèbre, si intelligent et si sympathique conférencier —- écrivain spirite. Léon Denis, l'auteur magnifique de ces deux volumes : Après la Mort, Christianisme et Spiritisme, est l’un des pre miers et des meilleurs promoteurs du Spiritualisme. Ce
284 L’INITIATION m’est une joie de pouvoir dire ici toutle bien que je pense de lui et de son œuvre admirable. M. le professeur Durville, sous la forme habituelle de ses conseils pratiques, indique la méthode de traitement par le Magnétisme des troubles consécutifs à la gros sesse. Trop peu de personnes encore appliquent à leurs malaises l’agent magnétique.
On ne saurait pourtant assez le prôner : il reste toujours sans danger, améliore toujours les maux et les détruit souvent en totalité. Magnétisme rationnel et thérapeutique hermétique : voilà la vraie médecine basée sur la science, non plus sur l’empirisme comme la médecine allopathique.
Relevons encore dans le Journal du Magnétisme : le programme détaillé des cours annuels à l’École pratique de magnétisme et de massage, une très intéressante étude du colonel de Rochas sur le fameux volume de M. Fleur noy : Des Indes à la planète Mars et un bon article sur le massage par le l)” O’Followell.
L’Hyperchimie (Rosa Alchemica) (numéros de no vembre et décembre). —— Sédir, en un mémoire d’une belle et sévère tenue « géométrique », résume la Kabbale. « une des plus célèbres parmi les doctrines de l’Occul— tisme traditionnel; elle est l’expression de la philosophie ésotérique des Hébreux...
Comme Moïse était un initié égyptien, la Kabbale doit offrir un exposé complet des mystères de Mizraim. » Nous ne pouvons suivre l’ana lyse succincte des différentes parties de la Kabbale magis tralement réalisée par Sédir. Bornons-nous forcément à signaler ce travail important dû au plus profond peut— être (avec Barlet et Papus) de nos Itabbalisœs hébraï sants.
L’Hyperchimie consacre ensuite ses colonnes à de pré cises études d’Alchimie : Tidianeuq groupe tous les faits se rapportant à la transmutation expérimentale dés corps chimiques, dans cet article : Lente mais sûre admission des théories alchimiques; Joliiver-Castelot condense en quelques pages toute la doctrine concernant : le Grand— Œuvre alchimique et la Vie de la Matière.
On trouvera la les formules pratiques qui conduisent à la confection réelle de la pierre philosophale, poudre de projection, vraie concentration vitale, ferment métallique. -
REVUE DES REVUES 285 un? La clef de l’Alchimie, sur le plan matériel, astral et divin — la clef ouvrant la Magnésie où s’abritent les mystères des éléments, du soufre, du mercure, du sel —, il sera loisible aux adeptes de s’en servir désormais sans errer de longues années à la recherche d’erronées mé thodes.
Revue scientifique et morale du Spiritisme (novembre). — M. Gabriel Delanne étudie la médiumnité ; M. Firmin Nègre publie des vers : la Lumière du Rêve;M. André Pezzani: la Médiumnité gémissante. Enfin. M. de Mont neuf commente, selon le symbolisme ésotérique : la Ré surrection de la chair.
Le Mouvement psychique (n° 19" novembre). — Cette nouvelle Revue a pour but, d’après le programme qu’elle formule, de traiter au point de vue médical et scienti— fique les questions d’hypnotisme, de magnétisme et en général tous les phénomènes de psychisme expérimental, Elle est l’organe de « l’Institut des Sciences psychiques de Paris. » Nous souhaitons la bienvenue à ce dernier-né, espérant qu’il diffusera parmi les milieux officiels les « découvertes » traditionnelles des occultistes.
Mais s’il faut dire toute notre pensée, nous avouerons que ce pre mier numéro nous semble bien banal. Il répète ce que l'on connaît depuis longtemps et se tait sur une foule de travaux émanés de maîtres au moins aussi connus que le sont la plupart des membres du comité de direction de « l’Institut, etc. » P.—S. —— La prochaine fois nous analyserons les revues suivantes: Revue spirite, Echo du Merveilleux.
Prière aux confrères qui voudraient être cités de nous adresser les journaux avant le 1er de chaque mois. J OLLIVET-CASTELOT, 19, rue Saint-Jean (Douai). Le Spiritunli‘snœ moderne, Revue des sciences mo— rales, 15, rue Guénégaud, Paris. — Le numéro de no vembre de cette trèp intéressante Revue contient: l’an nonce des conférences de Léon Denis à travers la France et l‘Algérie, et les vœux qui l’accompagnent, vœux aux
286 L’INITIATION quels, de tout cœur, nous joignons les nôtres; —- un article de Vignères sur l’affranchissement des esprits par l’union avec Dieu; la suite du compte rendu du Congrès spiritualiste, où M. de K. analyse avec soin les rapports prononcés par Sédir, G. Sacy, S.-U.
Zanne, le Dr Rozier, le D' Pascal, M. Gillard ; — des vers (Vision!) de Mme de Bézobrazow; —— une lettre pleine d'idées re marquables et de vœux dignes d’étude par un lecteur in connu, — et la réponse compétente de M. A. Beaudelot ; — la suite de l'étude surla vie de Jésus par “'*; — enfin,une communication obtenue par l’écriture en groupe privé sur la Toussaint.
La vitalité de cette Revue nous fait bien augurer de son avenir, et nous faisons des vœux pour sa prospérité féconde en œuvres spiritualistes. La Résurrection (novembre—décembre), d’où nous extrayons ces pensées d’Albert Jounet: 41 Quel peintre et sculpteur chrétien moderne saura nous exprimer les corps ressuscités, chastes et glorieux, de la femme et de l'homme ?
Ce peintre et sculpteur (je souhaite qu’il ait, comme Michel-Ange, le génie des deux arts) porterait au règne du Mal un coup décisif, peut-être l’avant-der nier coup, celui qui précédera immédiatement l’avène ment du Christ de gloire. » « Le jour où, dans l’Art, la pureté de Dieu sera mai tresse non seulement des douloureuses beautés de l’âme et du corps et des beautés heureuses de l’âme, mais des beautés heureuses du corps glorifié, cejour-Ià Dieu aura conquis l‘Idéal humain tout entier et n’en laissera rien au Mal.
Et, quand tout l’Idéal humain, arraché au Mal et conquis par Dieu, illuminera les hommes, le mal sera bien près de perdre son règne sur l’humaine réalité et sur le monde. ) Le numéro contient en outre une très intéressante étude sur le Congrès de Bourges, dont la conclusion laissée en suspens par les prêtres divergents d’opinions est formulée dans un vœu de M. Albert Jounet, tendant à harmoniser en réalité vivante les deux pôles apparents du christianisme, l’humain et le divin. Nous remercions M. Albert Jounet de l’étude appro ondie qu’il consacre au dernier ouvrage du Dr Papus
REVUE pas REVUES 287 sur la constitution de l’être humain. Signalons le désir de l’auteur pour que l'humanité, « qui a vaincu la mer, la vapeur, l’électricité ), arrive, par des définitions claires et précises, à la victoire sur les synonymes antagonistes. La Revue donne les statuts et les vœux de l‘Union inter nationale.
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