The text
, ” . . . A 1 nm at10 n Revue philosophique des Hautes Eludes PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS I i? 0. >X< Docteur en médecine —- Docteur en kabbale A--9‘*A_. 49““ VOLUME. — 14"“ ANNÉE SOMMAIRE DU N0 2 (Novembre 1900) PARTIE INITIATIQUE Qu’est-ce que l’Occultisme P . . . . . . . . . . . . . .
Papus. (P97 à I13) PARTIE PHILOSOPHIQUE Introduction à l’étude du « Son-Lumièrc-Couleurs » dans l’Astral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Tidianeuq. (p. 114 à 129) Les aspects de Satan . . . . . . . . . . . . . . . . . . Dl“ Rozier. (p. 130 à 147) L’A venir d’après Nostradamus . . . . . . . . . . . . . Saturninus. (p. 148 à '159) Au Pays des Esprits . . . . . . . . . . . . . . . . . .
X. (p. 159 à 178) PARTIE LITTÉRAIRE Invocation aux Esprits des quatre Éléments . . . . . G. de Lautrec. (p. 179 à 182) École supérieure libre des sciences hermétiques. -— Le médium Lay Fonvielle et le capitaine de France. — Bibliographie. — Questions et réponses. Tout ce qui concerne la Rédaction et. les Échanges doit être adressé 87, boulevard Montmorency, à Paris. Téléphone -— 69050 ldminislration et abonnamnts : 4. rue II8 Savais. PARIS (DE 2 A 5 HEURES) Numéro : UN FRANC. -— Un An: DIX FRANCS
PROGRAMME “ .— Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'on abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion distance.
Efl‘rayés des résultats de leurs propres expériences, le Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initialion est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la. Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par l découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes puremen physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et l Métaphysique.
Au point de vue social, l’1nitiation adhère au programme d toutes les revues et sociétés qui défendent l‘arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sou toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomène du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mai n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi se 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branch de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les article destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et de nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’un manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois compte déjà quatorze années d‘existence.—— Abonnement: iofranc par an (Les collections des deux premières années sont absolumen épuisées.) ,l IL... s.- __._.-.
L‘Init1atzan du 15 Novembre 1900 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l' Initiation Il! PARTIE INITIATIQUE AMO — F. CH. BARLET, S.'. I.'.â - GUYMIOT. —— MARC HAVEN, 5.21.25} — JULIEN LEJAY, S.'. I.'. _\'v — ÉMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MoGn, S.'. 1.-. — PAPUS, S.'. I.'. ,<. — SÉDIR, S.'. I.'. ;. -— SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARBUK. -— AMELINEAU. — ALEPH. —'AMARAVELLA. — Dr BARADUC. — SERGE BASSET. -— Le BERTRAND 30° — BLlTZ. — BOJANOV.— BORNIA PIÉTRO. — J. BRICAUD. — JACQUES ' BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. —- A. ERNY. — FABRE DES ESSARTS. -— L. ESQUIEU. -— DELÉZINIER. — JULES GIRAUD. —— Dr FERRAN. — L. GOURMAND. —— L.
HUTCHINSON. -— JOLLIVET CASTELOT. -— E. LEFÉBURE. — L. LE LEU. — L. LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — 619 C. NOEL. — HORACE PELLETIER — G. POIREL. —— QUESTOR VITŒ. —- RAYMOND.—D' ROZIER.— L. SATURNINUS. —‘ Dr SOURBECK ,- — THOMASSIN. —TIDIANEUQ. —— G. Vrroux. -— YALTA. 50 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG.— JEAN DELVILLE. :4 ESTRELLA. — E. Gou DEAU. — MANOËL DE GRANDFORD. — L.
HENNIQUE. —- GABRIEL DE LAUTREC. — JULES LERMINA. — JULES DE MARTHOLD. — CA TULLE MENDÈS. — GEORGE MONTIÈRE. —LE’ON RIOTOR. —- SAINT EARGEAU. — ROBERT SCHEFFER. — EMII.E SIGOGNE. — CH. DE blVRY. 40 POÉSIE G. ARMELIN. —— CH. DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. -JEAN DELVILLE. — YVAN DIETSCHINE. — E. GIGLEUX. — CH GROLLEAU — MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. — EDMOND PILON. -—— J. DE TALLENAY. — ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
_L’INITI_ATIO N L'Initialion du I5 Novembre 1900 DIRECTION ADMINISTRATION 87, boulevard Montmorency, ABONNEMENTS TÉLÉPHONE " 590'5Û PUBLICITÉ : VENTE AU NUMÉRO PARIS-A UTEUIL DIRECTEUR : PAPUS DIRECTEUR ADJOINT : Lueien MAUCHEL (DE 2 A 5 HEURES) I Rédacteur en chef; F.-Ch. BARLET ‘ Secrétaires de la Rédaction : , FRANCE, un ID. l0 IF. J. LEJAV — PAUL SÉDIR ÉTRANGER, — I2 tr.
4, Ilue de Savoie RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous s seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’êtr de la Revue, la Direction ne se permettra famais aucune note dan le corps d'un article. Prière d’adresser tous les échanges: 87, boul. Montmorency, Par MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à l rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendu à moins d‘avis spécial.
Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passe au plus tôt que le mois suivant. L’Initiaz‘ion est l‘organe officiel des centres suivants: Groupe Esotérique. -— Ordre martiniste. — École supé rieure libre des Sciences hermétiques. —— Ordre Kabbalisti— ne de la Rose-Croix. — Union Idéaliste Universelle. — . T. L. (section française).
ÊIIIJIIPE IIIJEI’EIDAIT D’ÉTUDES ESOÏEIIIQIIES 1,600 Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes d’Études fermé Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. Pour tous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SÉDIR directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbr pour la réponse. (Reçoit le mardi de 5 à 7 heures).
Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTIOUÊ DE LA ROSE -ICROIX. —ÉGLISE GNOSTIQnp SOCIÉTÉ ALCHIMIQUE DE FRANCE
I.u reproduction des articles inédits publiés par l'1niliation est formellement interdite. à moins d'autorisation spéciale. "PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée Li l’exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) «QUÏEST*GE un r®cunrnnri" Occultisme. —— Ensemble des théories, des pra— tiques et des Voies de réalisation dérivées de la Science occulte.
L’Occultisme se présente à travers les âges comme un tout bien distinct, ayant ses théories, ses méthodes, ' et jusqu’à ses procédés de diffusion et d'enseignement personnels. De là la difficulté de bien connaître cette doctrine pour ceux qui n’ont pas pénétré dans les centres où elle est enseignée et les erreurs nom— breuses commises par des critiques qui l’ont jugée sans la connaître. .
Avant d’exposer l’Occultisme dans ses détails, établissons rapidement ce qui la différencie des autres systèmes philosophiques. La théorie est renfermée (1) Cette étude a été écrite sous forme d'article d'encyclo pédie sur la demande de plusieurs de nos lecteurs.
Elle est extraite d’un petit volume de 80 pages qui parait en même temps que ce numéro chez Chamuel, 5, rue de Savoie, au prix de l franc et sous le titre de cet extrait. -— Ce petit volume expose les théories présentées au Congrès spiritualiste, (Section hermétique.) 4
98 L’INITIATION [NOVEMÉRE dans les diverses sections de la Science occulte que nous sommes obligés de définir dès maintenant pour éviter les confusions avec les Arts divinatoires que l’on nomme parfois « sciences occultes ». l° Alors que la Science, telle qu’elle est conçue par les savants contemporains, étudie surtout les phéno mènes physiques etla partie'abordable et visible de la Nature et de l’Homme, la Science occulte, grâce à sa méthode préférée: l’Analogie, s’efforce, en partant des faits physiques, de s’élever jusqu’à l’étude de la partie invisible, occulte de la Nature et de l’Homme; de là sa première caractéristique de « Science du caché », Scz‘entz‘a occultati.
2° Alors que la Science contemporaine diffuse, par des journaux, des expériences publiques, ses décou vertes et ses pratiques, la Science occulte divise ses recherches en deux catégories : A. Une partie qui peut être publiée pour aider à la progression de l’humanité. B. Une partie qui doit être réservée à une sélection d’hommes: de là le second caractère de cette Science cachée : Scientia occulta.
3° Enfin, alors que des épreuves intellectuelles sont seules exigées des candidats aux Facultés et aux grandes Écoles scientifiques contemporaines, les centres d’enseignement occultistes exigent, en plus, des épreuves morales diverses, et ne confient leur enseignement qu’à des hommes éprouvés et capables de ne jamais employer pour le mal les connaissances qu’ils ont pu acquérir.
Aussi tous les livres et toutes les publications se rapportant à des sujets réservés sont-ils écrits d’après une méthode symbolique spé r ....._ . . .._... __Wru‘æa—«u‘er—rwwfi-er‘w
1900) QU’EST—CE QUE L’OCCULTISME 99 ciale, ce qui nous montre encore la Science occulte sous le nouvel aspect de Scz‘entt‘a occultans. Telle est la base théorique sur laquelle s’appuie l’oc— cultisme, tant ancien que contemporain ; nous n’avons aucun jugementà porter sur ces divers points, devant nous renfermer dans l’exposition d’un sujet trop ami de l’obscurité pour ne pas exiger toute notre attention.
L’Occultisme est donc bien leteprésentant d’une sorte de Société scientifique spéciale, distincte des Universités, et, comme il a toujours existé des hommes préférant ses méthodesà celles de la Science courante, comme il possède une littérature particulière et affecte un souverain mépris pour les méthodes exclusivement matérielles d’investigation, comme, enfin, il existe encore de nos jours et dans presque tous les pays, des fraternités occultistes d’initiation, il nous semble indispensable d’analyser ce système: 1° au point de vue philosophique; 2° au point de vue historique; 3° au point de vue de ses voies spéciales de diffusion et de réalisation dans les diverses époques.
De plus, nous aurons à faire une distinction nécessaire entre la partie théorique et la partie pratique ou expéri mentale, générâlement connue sous le nom de « Magie ». THÉORIE L’occultisme au point de vue philosophique L’Occultisme étant un système philosophique com-' plet doit être étudié dans ses enseignements concer nant : la Psychologie, la Métaphysique, la Logique,
u-â. .....—-—. ...,.n. 100 L’INITIATION la Morale, l’Esthétiquçæ, la Théodicée, la Sociologie et diverses autres applications théoriques, que nous analyserons successivement et dans cet ordre, avant de nous occuper de l’histoire. Au point de vue psychologique, le premier et le plus important problème qui se présente est celui des rapports du principe spirituel avec le principe maté riel ou des moyens d'union de l’âme avec le corps.
Ceci nous amène à la définition de la constitution de l’homme telle que la comprennent les occultistes, et sur laquelle ils n’ont jamais varié leurs enseigne ments à aucune époque, si bien que les Égyp tiens de la quinzième Dynastie décrivaient les pro priétés et les caractères du « Ka » ou Double lumi neux exactement comme Paracelse décrit ce « corps astral » au xvrc siècle de notre ère et comme Éliphas Lévi étudie le « double fluidique » en 1863.
Pour les occultistes, l’Homme est constituépar trois principes, tonalisés en une unité générale. Ces principes sont : I. Le corps physique, considéré seulement comme le produit et le support des autres éléments. 2. Le corps astral, doublement polarisé, et qui unit l’in férieur, physique, au supérieur, spirituel. 3. L’Esprit immortel.
De ces éléments divers, un seul est parti culier aux occultistes ; c'est le second ou corps astral, les deux autres étant étudiés avec soin, le premier par les anatomistes et les physiologistes, le troisième par les psychologues et les philosophes. Cette constitution de l’homme en trois Principes est si caractéristique de l’occultisme traditionnelqu’elle suffit à déterminer ses représentants à toute époque,
QU’EST-CE QUE L’OCCULTISME tôt 11‘. et qu’elle permet de distinguer, dans l’occultisme même, les écoles réellement traditionnelles des démarquages ou des compilations maladroites faites à diverses époques sous le couvert de l’occulte. Con cernant l’être humain, l’enseignement pourra se résumer en ces propositions : I. L’Homme est constitué par trois Principes, synthétisés en une Unité, ou doctrine de la Tri—Unité. 2.
L’Homme est analogue (mais non semblable) à l’Univers, ou doctrine du Microcosme ou Petit Monde (l’Homme) et du Macrocosme ou grand Monde (l’Univers). 3. Il y a correspondance stricte entre chaque élément de l’Homme et son analogue dans l’Univers. C’est la doctrine des corresp0ndances sur laquelle est basée la Magie et dont nous reparlerons à propos de la pratique.
Dans tout cela, ce qui nous intéresse pour le mo— ment,c’est le corps astral, ce Médiateur plastique que les philosophes classiques ont souvent condamné sans prendre la peine de l’étudier attentivement, et qui reparaît à toute époque sous des noms quelquefois différents : mais avec des caractères identiques dans les œuvres des occultistes.
Bien connaître le corps astral, c’est posséder la plus importante des clefs de la doctrine qui nous occupe; arrêtons-nous donc un instant sur les raisons données par les occultistes à l‘appui de leurs affirmations. Le maniement de l’analogie permet de faire usage de comparaisons, non pas pour démontrer, mais pour éclairer une question.
102 L'iNITIATION I Commençons donc par établir une comparaison destinée à projeter quelque lumière sur le sujet. L’Homme est comparé à un équipage dont la voi ture représente le corps physique, le Cheval le Corps astral, et le Cocher l’Esprit. Cette image permet de ‘ _1 bien saisir le rôle de chaque Principe. La voiture est 55 inerte par elle-même et répond bien au corps phy sique, tel que le conçoit l’occultistc.
Le Cocher com mande à la direction par les rênes, sans participer à la traction directe, c’est là le rôle de l‘Esprit. Enfin, le Cheval, uni par les brancards à la voiture et par les rênes au Cocher, meut tout le système, sans s’occuper ‘ y de la direction. - ’ Cette image nous indique bien le caractère du corps astral, véritable cheval de l’organisme, qui meut et .’r,v ’ ne dirige pas.
Il nous reste à voir si cette comparaison répond à une entité réelle et s’il existe réellement en nous un Principe moteur, distinct du Principe direc— teur. C’est à la physiologie et à l’anatomie que se sont adressés les occultistes contemporains pour prouver les affirmations de leurs ancêtres à ce sujet.
Il existe en nous. un système nerveux de la vie organique, placé sous la coupe presque exclusive du Nerf Grand Sympathique et agissant sur des organes à constitution spéciale (organes à Fibres lisses). Ce système meut tout dans l’organisme, depuis la plus fine des artères, jusqu’à l'intestin pendant le sommeil.
A l’état de veille les muscles à fibres striées viennent ajouter à cette action celle du Cerveau, siège de l’Es— prit, et ainsi le Cocher de l’organisme vient démon trer que son rôle est bien distinct de celui du cheval .
/ QU’EST—CE QUE L'OCCULTISME I03 FI.“ ...ÿ .« ..M _ _ _ , .nW . sæua que représente le Grand Sympathique servi par ses plexus et ses multiples nerfs vaso-moteurs.
Dès que nous dormons, les fonctions cérébrales cessent et, seul, le système de la vie organique poursuit son action : il digère les aliments, fabriquant le chyle et la lymphe, il fait circuler le sang et distribue par tout la Force et la Matière; il fait même plus, car c’est lui qui préside à la_ défense de l’organisme en jetant les leucocytes au point attaqué et en refermant les petites plaies faites par une imprudence ou un acci dent.
Or le voilà bien ce principe que Paracelse appelait « l‘Ouvrier caché » et son domaine est bien séparé de celui de l’Esprit qui a autre chose à faire que de présider aux douceurs de la chylification et de l’excrétion.
Tels sont les enseignements des occultistes concernant les relations du corps astral avec le corps physique; voyons ce qu’ils disent pour expliquer ses relations avec l’Esprit. ‘ Le corps astral, étant la ménagère dans l’être humain, préside à l’élaboration de toutes les forces organiques. Parmi celles—ci, une nous intéresse au point de vue des actions cérébrales : c’est la fôrce nerveuse.
La force qui circule dans les nerfs a été étudiée au point de vue de sa vitesse et a été nettement différenciée de l’électricité et des autres forces physi ques. Comme toutes les fabrications organiques, elle _ est tirée du sang, comme le prouvent les troubles cérébraux causés soit par l’anémie, soit par l’hy perhémie, et, ici encore, le corps astral présideà cette élaboration.
La force nerveuse agit vis—à-vis de 1‘Es prit comme l’électricité agit Vis—à—vis du télégraphiste, .—..“\.t——»‘-.L .._- ,i‘_- » _,,__‘,. M*«Wcnvv.sÿ-w‘ñ\_.‘fl- v_u.‘,‘.äA__
- . I Un... .I——--v _-—— .. . 104 L’INITIATION le cerveau matériel représentant le télégraphe. Les occultistes réfutent les arguments des matérialistes en affirmant que ces derniers ont confondu le télé graphiste et la force nerveuse, ou l’Esprit avec son seul moyen de communication avec l’organisme.
En levez l‘électricité au télégraphiste et ce dernier sem blera ne pas exister pour son correspondant, car il sera incapable d’envoyer la moindre dépêche.
C’est ainsi que dans le sommeil normal ou provoqué, dans les maladies graves, dans l’évanouissement, il y a dé placement de la force nerveuse ou cessation de la production habituelle, et, faute de son indispen— sable moyen d'action, l’Esprit est aussi incapable de manifester sa présence que I’Employé d’envoyer une dépêche sans électricité.
Nous avons choisi des exem ples pris dans les sciences contemporaines pour exposer les doctrines de l’occultisme d’une manière claire et en évitant le rappel d’une foule de vieux termes techniques qui n’auraient fait qu’embrouiller notre exposé. On voit maintenant que ce médiateur plastique est autre chose qu’une pure conception philosophique, et que cette idée semble correspondre à une réalité physiologique.
Poursuivons notre ana— lyse du corps astral. C'est maintenant que nous allons faire appel aux quelques expérimentateurs qui, dans ces dernières années, ont voulu se rendre compte d’une manière positive des possibilités de contrôle que présentaient ces antiques et toujours identiques enseignements. Les occultistes prétendent, en effet, que le système nerveux de la Vie organique n’est que le support tem—
QU’EST-CE QUE L‘OCCULTISME 105 m‘amuw. _ .. _ . ::>,..., ...V .. 77,..v A—‘—:vr— ;. poraire du Principe constituant le Médiateur plastique, et que ce principe est lumineux, quand il est vu indé pendamment des organes matériels, ce qui revient à dire que ce Principe peut rayonner autour du corps, dans lequel il est totalement renfermé.
Cette « sortie du corps astral », suivant l’expressiontechnique, peut . êtreincomplète, c’est-à-dire partielle ou totale.
Dans le premier cas, on assiste à certains phénomènes étudiés par les Magnétiseurs et les Spirites et dont nous repar lerons à propos de la Pratique; dans le second cas, le dédoublement de l’individu peut être constaté à dis— tance par plusieurs témoins, c’est le cas de plusieurs Saints du christianisme, et c’est ainsi que les occultistes expliquent la plupart des faits dits « télépathiques » et les phénomènes spirites de matérialisations dans la majorité des expériences sérieuses et non dues à la fraude.
Plusieurs chercheurs contemporains ont voulu véri fier ces affirmations expérimentalement, en enregis trant les phénomènes produits sur les plaques photo graphiques ou au moyen d’appareils purement méca niques, pour éviter les hallucinations. Les recherches de ce genre ont été résumées dans les deux ouvrages de l‘un des expérimentateurs, M. A. de Rochas.
Une première série d'essais a porté sur l’extériorisation de la sensibilité, et les résultats ont été très nets, confirmant les théories occultistes sur le rayonnement du corps astral. La seconde série, exécu tée en grande partie au moyen d’un sujet spécial : Eusapia Paladino, et en présence de chercheurs nom breux et impartiaux, a porté sur l’étude de mouve 1.:< 1 7 W? _f.,. .._J ...h
1 06 L’INITIATION ments d‘objets à distance et sans contact et a confirmé encore l’étroite relation dela force nervéuse du médium et des effets produits sous le nom « d’extériorisation de la Motricité ».
Ces essais sont trop récents et n'ont pas encore été contrôlés par assez d’expérimentateurs pour prendre rang dans la Science classique, pas plus que les recherches de M. le Dr Baraduc et de MM. Luys et David ou de M. Narkievitz Iodko sur l’enregis trement photographique des effluves, combattu du reste par le Dr Guebhard.
Il y a simplement là une tendance à confirmer les théories occultistes par les procédés de la Science contemporaine et par des expé rimentateurs nullement occultistes, qui méritait d’être signalée à cette place. Ce corps astral a donc les différents rôles suivants, d’après l’occultisme: I. Il unit, par une double pola risation, le corps physique à l’Esprit. 2.
Il est l’ouvrier caché accomplissant les fonctions de la Vie végétative et conservant au corps matériel, qu’il entretient et répare incessamment, sa forme, malgré la mort conti nuelle des cellules physiques, et son harmonie fonc tionnelle malgrélamaladie etlesimprudences. 3.Enfin, il peut rayonner autour de l’individu, formant une sorte d’atmosphère invisible appelée « Aura astral » et il peut même s’extérioriser totalement.
C’est grâce à. ces diverses propriétés du corps astral que les occul tistes rendent compte des visions et des actions à dis— tance, des pressentiments, de I’Extase prophétique, des songes, de la Folie, et des autres phénomènes classés par les philosophes dans la Psychologie spéciale et dans le chapitre des coïncidences ou des hallucinations. . .._vb .."..4l ’4'l
QU’EST-CE QUE L’OCCULTISME 107 Nous ne pouvons pas quitter la Psychologie sans dire un mot des doctrines de l’Occultisme sur le principe féminin, dans les divers plans et surtout dans le plan humain. Le féminin, pour l’occultiste, est le complé— mentaire nécessaire de tout principe actif. La Femme n’est donc ni supérieure, ni inférieure à l’Homme; elle est complémentaire, psychologiquement aussi bien qu’anatomiquement.
La Femme est la matérialisation, dans l’Humanité, de la faculté plastique universelle, symbolisée par la Colombe. Elle développe et parfait les formes que crée l’Homme: c’est pourquoi elle doit développer ses facultés animiques, alors que l’Homme doit insister sur le développement de ses facultés intel lectuelles.
Chercher à démontrer que la femme est inférieure ou supérieure à l’homme, c’est chercher si le pôle zinc est supérieur, parce qu’il est actif, au pôle charbon, qui reste passif dans la pile. Ils sont indis pensables tous les deux à la production du courant et, s’ils sortent de leur rôle respectif, le courant ne passe plus. Cette double polarité existe, non seulement dans les sexes différents, mais encore dans chaque indi vidu.
Le Cœur est toujours complémentaire du cer veau, et, par suite, il est positif chez la femme et négatif chez l’homme. Par cœur, il faut entendre les sentiments et les facultés animiques, que les occul tistes localisent dans le Plexus cardiaque, comme point d’origine, le cerveau ne servant, dans ce cas, que de centre de renvoi.
Car la Tri-Unité étant une loi absolument générale, chacun des trois centres orga niqi1es de l’homme: le Ventre, la Poitrine et la Tête, a ses fonctions anatomiques, physiologiques et psy
I 08 L'INITIATION v*-1‘ . .--.-. chologiques bien personnelles. Les sensations sont localisées dans le plexus solaire et constituent, avec le renflement inférieur de la Moelle, le centre de locali sation psychologique de l’abdomen.
Le plexus car diaque forme avec le renflement thoracique de la moelle, le centre de localisation des sentiments et, enfin, les plexus sympathiques de la tête constituent le centre de l’intellectualité animale qui forme notre inconscient inférieur.
Ces trois centres psychologiques inférieurs, que Platon a décrits et dont on a fait trois âmes, sont dominés et ramenés à l’unité de la conscience par l’Esprit, immortel, chargé de réfréner et de diriger les impulsions sensuelles, passionnelles ou intellectuelles qui l’assaillent des divers centres organiques.
C'est de l'action plus ou moins intense de la Raison et de la Volonté sur ces diverses impulsions que naît la force plus ou moins grande du libre arbitre en chacun de nous et la responsabilité personnelle. L’Homme, étant le Microcosme, renferme, analogi quement, en lui, toutes les psychologies des règnes inférieurs, représentés par trois segments: le ventre correspondant au règne végétal et la Tête au règne animal.
Réciproquement, chaque animal n’est que la matérialisation d’une impulsion psychologique qui se retrouvera dans l’homme. Le Tigre, le Bœuf, la Fourmi, l’Abeille, le Porc ne sont que des symboles vivants, chacun, d’une faculté de l’homme organique; et l’emploi de ces correspondances donne la clef, non seulement\des rites magiques, mais encore de toute l’esthétique dérivée des enseignements de la tradition
QU’EST-CE QUE L’OCCULTISME 109 occultiste. Les âmes des animaux sont le résultat d’une évolution et elles évolueront encore jusqu’à ce qu’elles aient atteint la partie animale de l’homme, tandis que l’Esprit immortel est le résultat d’une des cente, d’une « involution », comme disent les occul tistes.
C’est en référence de cet enseignement qu’un ancien a dit : « Les âmes des animaux viennent du feu terrestre (figure symbolique du courant évolutif), tandis que les âmes humaines viennent du ciel. » Nous nous sommes étendus àdessein sur la psycho logie et nous allons aborder plus rapidement les autres sections de la philosophie occulte.
Si la psychologie nous ofi'rait, dans le problème de l'union de l’âme et du corps, l’occasion de préciser les théories bien spéciales de l'occultisme à ce sujet, la métaphysique va nous montrer encore de person nelles applications de la Philosophie occulte à la Solu tion du plus important des problèmes de la Méta— physique, le passage de l‘Être à la Réalité ou du Sub jectif à l’Objectif.
Quand les occultistes ont affirmé que la solution de ce genre de problèmes résidait dans l’existence d’un intermédiaire doublement polarisé, on a prétendu qu’il reculait la difficùlté au lieu de la résoudre.
Et cependant, le Corps astral est une réalité organique et non une conception philosophique, il en est de même du « plan astral» ou plan intermé— diaire entre l’Être et la Réalité physique, grâce auquel l’occultiste prétend résoudre cet important problème. 1 Pour donner une première idée du fonctionnement de ce Plan astral, empruntons encore à une de nos applications scientifiques contemporaines, la photo
. ._. -‘ 1 10 L’INITIATION graphie, quelques exemples nécessaires. Théorique ment, le passage de l‘objet à produire à l’épreuve ou image photographique de cet objet devrait se faire directement et sans intermédiaire.
Un philosophe de l’école classique ne manquerait pas de dire que cet intermédiaire est une invention inutile, et il pourrait citer l’exemple du peintre ou du dessinateur qui repro— duisent directement l’objet sur toile ou sur papier, sans avoir besoin d’un intermédiaire quelconque.
Et cependant le photographe obtient d’abord un cliché négatif, c’est-à-dire où toutes les teintes sont l‘inverse de la Nature physique, et c’est en faisant opérer par la lumière elle-même une inversion du premier résultat qu’elle a fourni que l’artiste obtient l’épreuve positive, semblable au Modèle.
Ce cliché, qui, théoriquement, pouvait être consi déré comme inutile, joue, au contraire, un rôle très important puisqu’il permet d’obtenir une série indé finie d’images positives.0r le Plan astral n’est, pour l’occultiste, que le plan des « clichés » négatifs ou des moules dont tous les objets physiques ne sont que des épreuves tirées, chacune, à un plus ou moins grand nombre d’exemplaires, par des agents spirituels spéciaux.
Le passage du subjectif est ainsi justifié. Et cette doctrine des intermédiaires joue un tel rôle en occultisme, que nous la retrouverons à propos de la question de l’origine de l’idée. La pensée estconsidérée, dans la tradition occulte, comme une des forces les plus puissantes et les plus effectives en action dans l’univers. Les idées sont des agents actifs de bonheur ou de malheur, suivant le caractère de leur centre
QU’EST-CE QUE L’OCCULTISMB - 111 d’émission et suivant l’intensité de cette émission. La ’ question de leur origine première, question toute métaphysique, est tranchée par Claude de Saint Martin, le grand philosophe occultiste, en montrant que le germe seul des idées est inné en nous, comme le chêne est seulement en germe dans le gland.
La sensation vient développer et fructifier certains de ces germes d’idées, comme la Chaleur et I’Eau développent le Chêne. A la théorie matérialiste des idées dérivées uniquement des sensations, l’occultisme vient mon— trer le point commun d’union en révélant le caractère et le mode de développement des idées-germes et leur rôle d’intermédiaires entre les divers plans.
Aussi est-il assez difficile de classer réellement l’occultisme dans un système métaphysique bien défini. L’Occultisme prétend, en effet, jouer le rôle de conciliateur universel 'entre tous les systèmes. Il en— seigne que le dualisme et le matérialisme sont vrais, si l'on restreint leur application au plan physique; mais qu’on erre si l’on veut étendre cette application à d’autres plans.
De même le Panthéisme est le système qui rend le mieux compte de la vie et de ses lois dans le plan astral, ainsi que le Spiritualisme pur en allant même jusqu’au Mysticisme peut, seul, rendre effecti vement compte des lois du plan divin de Création. Mais l’occultiste s’interdit le séjour exclusif dans aucun de ces plans autant que l’adoption exclusive dechacun de ces systèmes métaphysiques.
Il vise à la conciliation de la Thèse, de l’Antithèse et de la Syn thèse dans une union étroite et universelle qu’il nomme « La Mathèse ».
I 12 L'INITIATION Idéalisant le Matérialisme et matérialisant le Mysti— cisme, l’Occultisme se défend absolument d'être un système panthéiste et, s’il fallait le classer, nous devrions créer une case nouvelle et le cataloguer comme un idéalisme synthétique ou intégral. Dans l'antiquité, chaque science, même celle des nombres, avait une section physique et une section métaphysique.
Plus tard, la section physique fut seule l’objet de recherches suivies de la part des écoles classiques et cela aboutit aux merveilleuses conquêtes de la science expérimentale, dédaignant de plus en plus les digressions métaphysiques.
Ce fut la le domaine abandonné à l’occultisme et il a toujours conservél’étude de chaque science, si bien qu’à l’heure actuelle ses adeptes prétendent que l’Alchimie ren ferme seule la métaphysique de la chimie actuelle, de même que l’Astrologie pourra, seule, donner une phi— losophie de l’Astronomie et la Magie une clef des Causes réelles des forces dont la Physique constate les effets les plus matériels.
Aussi un occultiste, initié à une école initiatique quelconque, regarde-Hi comme un vulgaire profane celui qui dit que FA] chimie, l’Astrologie et la Magie n’ont été que la pre mière et plus primitive forme de la Chimie, de l’As tronomie et de la Physique. Le cadre de notre exposé ne nous permet pas de nous étendre sur la Métaphysique de chaque science, et nous sommes obligés de faire choix seulement d‘un petit nombre d’applications.
En Histoire naturelle, l’occultisme donne des théories très intéressantes sur l’évolution et l‘organisation ‘des espèces et des indi—
QU’EST-CE QUE L’OCCULTISME 1 r 3 vidus. Pourl’occultiste, en effet, c’est le corps astral qui fabrique le corps physique, dans l’utérus de la mère (pour les espèces supérieures) ou dans l’oeuf, suivant les cas.
L’évolution d’un type au type immédiatement supérieur; a donc lieu seulement dans le plan astral le moule du corps d'un chien, par exemple, devient, après les souffrances d’une incarnation terrestre (ou physique sur une planète quelconque) le moule ou corps astral d’un futur corps de singe.
Telle.est la raison qui a empêché jusqu’ici les expérimentateurs de constater sur terre le passage direct d’une espèce à l’autre, quoique ce passage soit évident, pour l’anato miste comme pour celui qui observe l‘émlution de l’em bryon. C’est le courant descendant ou involutif qui vient régler la spirale de l’évolution dans tous les plans de l’univers. PAPUS.
"PÀRiiEÎH‘1'fidsoîrîduï—u ÊEIËNTIFŒÙMH distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses 1de’es.) INTRODUCTION A L’ÉTUDE Bu « Son-Lumière-Eouleurs » dans l’Astral par TIDIAKEUQ 4. Ce qui perd la science occulte, c‘est l‘absence de méthode. » PAPUS (LE TAROT).
AVANT-PROPOS « Parole et lumière sont deux mots identiques dans la langue sacrée » (Burnouf), « et ce n'est pas sans raison: la lumière est pour ainsi dire le verbe de la nature et la parole à son tour est la lumière de l’esprit (r). » Oui, la Nature nous parle par la lumière et par ses compléments : les couleurs.
Comme tout s’enchaîne, il y a d’étroites relations entre le langage lumineux et le langage sonore; ce sont les deux modes de mani festation d’une même chose et notre étude tend à indiquer — bien imparfaitement, il faut l’avouer, — la marche à suivre pour relier les deux branches, la (r) Michelet, Bible de I‘Humanité(cité par Soldi, le Temple de la Fleur).
SON-LUMIÈRE-COULEUBS DANS L’ASTRAL I 15 lumineuse et la résonnante, à leur unique source de projection. Je traiterai d’abord rapidement : 10 du phénomène de l’audition colorée — très répandu parmi les sen sitifs à l’état de veille ; 2°desa persistance chez les sujets endormis du sommeil magnétique.
Ces deux pre— mières parties me serviront de termes de comparaison pour la troisième, dans laquelle je tâcherai de faire saisir la projection de la parole et du son dans l’astral avec les phénomènes colorés qui l’accompagnent. sans préjuger, puisque j’aurai à y revenir, on peut dès maintenant conclure que ceux qui possèdent à un degré quelconque la faculté de traduire un son en une couleur ou réciproquement, au lieu d’être des malades, des êtres au cerveau mal conditionné, sont plutôt des privilégiés, doués de sensations supplé mentaires.
Connaître les relations qui existent entre les lois et les faits doit être l’occupation constante de tout spiritualiste. Ainsi que le dit Kant, « il faut faire marcher constamment l’abstraction avec l’observa tion des phénomènes ».
Or rien n’est plus propre à nous faire trouver la solution des problèmes que de chercher les correspondances qu’ont les phénomènes entre eux, car alors la multiplicité disparaît pour faire place à un nombre de plus en plus restreint de faits similaires, qui peuvent alors être envisagés comme les différentes manières d‘être d’un même agent, d’une même substance, et de réduction en ré— duction nous nous rapprochons, sinon de l’Absolu, du moins du domaine des Lois.
I 16 L'INITIATION s“I .4... Quelle admirable découverte pour celui qui, après avoir classé tous les sons possibles, tous les sons qui ont contribué à former les langages de l’humanité, remonterait ensuite du composé au simplifié et arriverait à déterminer exactement les sons simples, source de tous les autres.
De ceux qui furent jetés en germes « lorsque la troisième monade pénétra l’éther élastique et le mit en vibration (1)», car, vi brant, l’éther put refléter la première lueur. Si le premier homme poussa le premier cri articulé, qui fut une voyelle, en inaugurant le règne humain, le premier éther avait lancé la première lueur, qui fut son Verbe, l’affirmation de son être.
Ces premiers sons proférés par l‘homme déchu, sur lesquels j’aurai à revenir. formèrent la langue mère de toutes les autres, reflets pâles d’un langage lumi neux perdu, mais qui doit se retrouver au terme de l’évolution humaine. Or, pour un hermétiste, le hasard n’est rien, même le Destin est pour lui intelligent et non aveugle.Tout en ce monde n’est que l’expression de lois établies à l’avance.
Si tels et tels sons de vaient être proférés dans la suite des temps, c’est que les germes en étaient formés de prime abord. L’homme par sa volonté devait les faire éclore. De plus, d’autres lois l’avaient organisé pour qu’il soit susceptible de pro . duire des sons et avaient élaboré un milieu pour les rendre perceptibles.
Et cela est tellement vrai, que les sons harmoniques,parlants si on veut, — je ne m’oc cupe pas du bruit, —— sont de nombre limité. (1) Voir I’Astral, par Barlet, Initiation, janvier 1897. ... l. ....
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 1 I7 Je vois d’ici des personnes sourire, car j’ai l’air d'ignorer les premiers principes du darwinisme. — Oui, c’est la fonction qui crée l’organe et non l’or gane qui crée la fonction. — Mais nous n’observons que des faits journaliers de transformisme, que des choses’limitéeè pour un temps limité, la Nature ne compte le temps pour rien, aussi les lois générales nous échappent, ces grandes lois directrices, préé tablies.
Une de ces lois était que l’homme aurait le langage articulé, des germes de sons — que nous nommerons primordiaux — furent créés. C’est la Providence et ses lois. L’homme fut libre de perfectionner par sa volonté son organe producteur de sons, d’adoucir ses cordes vocales, d’arriver à modifier ses cris primitifs en un langage de plus en plus harmonieux, mais souvent se rapprochant de la multiplicité, là est le darwinisme.
Ni le son, ni la lumière ne sont matière-substance ou éther—substance, c’est de l’éther non compacte’ en vibration.ll est courant en physique de voir un genre de vibration se traduire en un autre mode d’ébranle ment, d’où : son, lumière, couleurs, peuvent facile ment se traduire de l’un en l’autre.
Tâcher de trouver la vraie lumière et les vraies cou leurs, des sons—racines, du langage serait se hausser d’un degré dans la connaissance de l’Univers. La lumière étant la parole de l’Astral, ce serait entrer dans le monde des lois. Par ces considérations préli minaires, qui seront complétées lorsque nous parle rons du nombre, je fais entrevoir l’importance des
\‘ n s« . .._v_ . .._4 \, _. .,q_ -» . ... 1 18 L’INITIATION travaux qu’ont accomplis ceux qui se sont occupés de ces questions presque extra-terrestres, serait le mot. Ils ont cherché à interpréter la langue de l‘Invisible. Ce premier pas fait, on aurait le squelette du lan gage, qu’il soit lumineux ou parlé.
Il faut ensuite en pénétrer l’esprit, c’est-à-dire savoir que, pour exprimer chaque sentiment de l’âme, chaque être vivant, chaque force naturelle,avaient été créés dès l’origine les sons— germes secondaires (obtenus par segmentation des germes-racines) qui devaient se développer en sono rités pour la terre, en lueurs colorées pour l’Astral.
Tout a eu au début un enchaînement logique dont nous avons perdu le sens, mais que nous nous effor çons de découvrir à nouveau. Rares sont les privilé giés qui atteignent près du but, leur éducation reste quand même à compléter et ce sera le lot des âges futurs de trouver la solution de l'énigme, nous ne poserons que les premières bases et nos descendants compléteront l’édifice.
Ce n’est pas d’aujourd’hui que la Raison humaine a cherché à pénétrer derrière le voile du Temple, té moin le passage suivant d’Éliphas Lévi, extrait de son Histoire de la magie et qui offre une frappante analogie avec ce qui nous occupe : « Les figures des cristaux, les cassures des miné— raux seraient les empreintes de la pensée que le créa teur avait en les formant.
Cette idée est pleine de poésie et de grandeur, mais il manque une grammaire à cette langue mystérieuse des mondes, il manque un vocabulaire raisonné à ce verbe primitif et absolu. Le roi Salomon seul passe pour avoir accompli ce double . a. ,4 _,. . ,4 ;..A«.mg
SON-LUMIÈRE-COULI‘ZURS DANS L‘ASTRAL 119 travail; mais les livres occultes de Salomon sont perdus. Crollius entreprenait non pas de les refaire, mais de retrouver les principes fondamentaux de cette langue universelle du Verbe créateur.
« Par les principes on reconnaîtrait que les hiéro glyphes primitifs formés des éléments mêmes de la géométrie correspondraient aux lois constitutives et essentielles des formes déterminées par les mouve— ments alternes ou combinés que décident les attrac tions équilibrantes; on reconnaîtrait à leur seule figure extérieure les simples et les composés, et par les analogies des figures avec les nombres on pourrait faire une classification mathématique de toutes les substances révélées par les lignes de leurs surfaces, Il y a au fond de ces aspirations qui sont des rémi niscences de la Science édénique tout un monde de découvertesà venir pour les Sciences.
Paracelse les avait pressenties, Crollius les indique, un autre viendra pour les réaliser et les démontrer. La folie d’hier sera le génie de demain, et le progrès saluera ces sublimes chercheurs, qui auront entrevu ce monde perdu et retrouvé, cette Atlantide du savoir hu— main. » On reproche aux mystiques, aux occultistes, aux hermétistes de n’appuyer la plupart du temps leurs théories sur aucun fait précis, palpable.
Or ils se meuvent dans l’impalpable, dans ce qui nécessite pour être vu un entraînement préalable. Ceux qui parviennent à savoir doivent, en partie, se taire ou ne donner aux autres la science qu’ils ont acquise qu’à dose voulue, mesurée, être sûrs des mains à qui ils
120 L‘INITIATION confient le dépôt. L’accord se ferait plus vite si les savants voulaient joindre à l’étude de l’analyse posi tive (matérielle) l’analyse négative, ou l’étude des forces dites inconnues. Ce qui frappe l’esprit, c’est le Logos. c’est-à—dire le Verbe, la sagesse éternelle, le Fils de Dieu consubs tantiel au Père.
« Au commencement était le Verbe et le Verbe était en Dieu,et le Verbe était Dieu. » (Év. de saint Jean.) C’est la partie passive de la Trinité, le nombre 2. celui que le Père engendre éternellement en se con templant lui-même. C'est grâce au Verbe divin, à la Parole divine que le monde s’est manifesté. Le Verbe, c’est l’Existence, l’affirmation de l’exis— tence d’une personne ou d'une chose.
Fabre d’Olivet dit : « L’idée, c'est l’invisible; pour rendre visible cet invisible, il faut employer un signe. « J'entends par signe tout moyen extérieur dont l‘homme se sert pour manifester ses désirs (I). « Les éléments du signe sont : la voix, le geste et les caractères tracés. « Les matériaux : le son, le mouvement et la lumière. » Il y aurait à ajouter : la parole peut être sonore ou mentale.
La lumière peut être blanche ou colorée,. brillante ou obscure, noire, négative. Le premier cas, c’est la prière à haute voix, l’incan tatio_n, l’objuration, le commandement, l’exorcisme, (I) Langue hébraïque restituée, Fabre d'Olivet.
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 121 la parole chantée soutenue par les notes musicales des instruments, des clochettes, des cloches, etc. Le second, c’est la prière mentale, la suggestion à distance, la transmission de pensée ou télépathie, l’idée accumulée en une force prenant corps, le projet mûri. Enfin, d’après la doctrine hermétiste basée sur le Ternaire et sur l’Analogie, nous pouvons dresser le tableau suivant : Langage ’ S. .
1gne «Tout est en un r. Père. Provrdence. erèbëceârpe primordial {nom_ » Lan age _ , . 2 Verbe Destin _ jumjgneux Diversué des sngnes, des sons, des ‘ ' ‘ eten sonls couleurs, racines. en astra Langa e Multiplicité des sons et des signes articu é Combinaisons. 3. SLEsprit. Volonté. — — Langues Les langues se créent, évoluent et diverses meurent. Car, comme il est dit dans la Table d’Émeraude : « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».
Et le monde, tel que nous le voyons, n’est que pas sager, n’est que momentanément détourné de son plan primitif, par suite de la chute. Seulement cette chute entraîna les lois nécessaires, pour arriver à la Rédemption finale, et plus tard à la Réintégration dans le Grand Tout.
En donnant à chaque homme son libre arbitre, que guide néanmoins la Providence, en faisant des moi distincts, le langage, quelle que soit sa manière (sonore. lumineuse, écrite), fut le corollaire obligé de cette segmentation. Il était voulu,dès l’origine et bien avant l’apparition de l’humanité. La faculté de penser, et par suite de se racheter, entraînait la créa .9 du. l'In..u‘—
f-.s ! . 1 22 L’INITIATION tion du Verbe proféré. Le Créateur était forcé de le f donner à l’homme. Il dut en faire un dieu pour qu’il “ puisse rentrer en Dieu. PREMIÈRE PARTIE ' DE L’AUDXTXON COLORÉE L’audition colorée a donné lieu à d’importantes études.
Dès 1873, la question était étudiée en Autriche par le Dr Nüssbaumer, en Allemagne par Beuler et Lehman, en Italie par Valardi, Antonio Bersi ‘ Bareggi, Guaglino Lussana, Grazzi, Ughetti, en France ‘ par le Dr Pédrono (de Nantes), le D’Suarez de Men doza(i). Cette énumération indique assez quela ques tion est attrayante.
'- » Enfin, vers 1885, le colonel de Rochas la résumait et l’augmentait de beaucoup d’observations person “; nelles(la Nature, I 885). C’est dans cette dernière étude ' que je puiserai mes renseignements, car elle est elle . V même un résumé de la question à ce jour. ‘ '?
“_ L’audition colorée est le phénomène par lequel les ‘ sons de certaines voyelles, de certaines notes musi ‘ cales, de certains bruits, évoquent chez des personnes . ‘ une idée complémentaire de couleur; le contraire se I I , _ produit aussi en général : V' g", 1' Les unes voient la couleur dans leur cerveau; (1) L’Audition colorée, par le D‘Suarez de Mendoza. -- Études sur les fausses sensations secondaires physiologiques, 1892 . ‘wMWPF’I-V‘ÛË'Jl-"âæu'" >'n,-wwww
SON-LUMIÈRE-CDULEURS DANS L’ASTRAL 123 2° Les autres l’extériorisent, la voient en dehors. Au-dessus des touches ou des cordes des instruments. Au lieu de présenter une suite de notes résumant les observations, je les ai groupées sous forme de tableau et nous voyons ainsi comment chaque voyelle, chaque note, etc., est perçue d’une manière colorée, uniforme ou variable pour plusieurs personnes.
Nous basant sur le tableau ci—après, nous pourrons en tirer les conclusions et remarques suivantes : 1° L’audition colorée existe; _ 2° Elle est assez fréquente. Ainsi Beuler et Lehmann affirment que, sur 596 personnes interrogées, 75 avaient des sensations plus ou moins développées (une sur huit); 3° Pour la voyelle i et les sons aigus, la perception est celle du rouge brillant, pour le reste il est impos— sible de saisir une loi générale.
A peine peut—on dire avec une certaine exactitude : Que l’A est noir, l’O blanc, l’I rouge; 4° Le vert n’est pas musical; 5° Le bruit est gris terne, l’intensité accroît la colo— ration. Un bruit sourd donne une sensation lumi neuse sans coloration. Un sifflement de plus en plus accentué donne une Sensation d’abord rouge qui passe au jaune, puis au bleu,au noir (au violet foncé), cou— leur du sifflet strident.
Chez certains sujets il y a inversion dans les sensations perçues; ils voient sombres les sons graves, jaunes et rouges les sons aigus. (Il n’y a rien d'extraordinaire de voir une inver sion dans les phénomènes cérébraux.)Le son faiblea une luminosité indécise; le son fort est coloré; i in
124 L’INITIATION \ ....v. 6° En général, les consonnes sont ternes. Dans un mot, seules les voyelles sont brillantes, colorées. Il en résulte qu’une phrase défile comme une bande uni colore coupée par des points ou traits brillants; 7° Les diphtongues doivent résulter comme colo ration, surtout pour un même sujet, du mélange des couleurs des voyelles qui les forment. Ex.: e = blanc et u : bleu azur = EU bleu clair; 8° Sur l’ensemble des langues européennes on a fait l’observation suivante : La langue espagnole est colorée jaune, carmin, teintes vives et métalliques. ' La langue italienne est colorée plus doux, jaune carmin, noir. ' La langue française, gris tournant vers le blanc. La langue anglaise, gris presque noir. La langue allemande, gris souris (langue à con sonnes). La conclusion à tirer, c’est que moins une langue a de voyelles sonores, moins elle est colorée. C’est ce que nous fait voir un tableau placé plus loin (1) sur la fréquence des voyelles dans les langues usuelles. N’oublions pas que le poète a dit :« Je parlerai espa gnol à mon Dieu, italien à ma maîtresse, français à mes amis, anglais à mes chevaux et allemand à mes ennemis. » Pour Dieu, il faut la couleur éclatante, la dégradation est bien observée ensuite; ‘ 9° Pour les instruments de‘musique, les tons en sont (I) Au troisième chapitre. "'"""‘7Âa"‘;“r“"i ..’n
._4_._____L.-_.._ w“— ‘ WI. H‘m—Rq-IU‘_A—“A‘n\\‘ ~~-_‘ 'Mw-Aun. , 7—14. -<*—-._...7 H un“.
l u _L n _ . H. _ w l . l A ~ _, \ r M . , . “A . .f 0 ~ U .0 l l Î V I K V V v 1 r Q Il 4 d r ‘ J V , I U I À 1 '1Ü. vl l , . ' I l 1.....- 9 l l Ir . I. 1' III. {I v J"k a . ‘ I , ' l In l. ‘ ‘ . ‘ I
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 125 d’autant plus ternes, que les sons en sont plus sourds. Guitare = gris,‘grosse caisse 2 chocolat. Ils se colorent d’autant plus que l’instrument devient aigu, pour atteindre le jaune vif, rouge, noir (sifflet) (le noir étant de l’ultra-rouge peut- être) (sons trop aigus). 100 Dans une note, chantée, c’est la voyelle de la note qui détermine la couleur, ce qui est très impor tant à retenir.
Ainsi je suppose ré (de (2’) blanc, si je dis mi (de 1’) (noir) en tenant la note ré, lesujet voit noir et mon blanc. ' La note change de couleur soit suivant letimbre de la voix, soit suivant l’instrument employé; 1 1° Il faut que le chiffre ou le mot soit entendu par le sujet pour éveiller une sensation colorée.
La lecture n’éveille pas cette idée; 12° Udsujet s’exprimait ainsi : « Lorsque j’entends un chœur formé de voix nombreuses, il me semble qu’une foule de couleurs éclatent comme de petits points au-dessus des choristes.
Je neles vois pas, mais je suis porté à les regarder et quelquefois en les regar dant je m’étonne de ne pas les voir. » Je ne citerai que pour mémoire la faculté qu’ont cer tains coloristes d’indiquer sur leurs croquis les teintes correspondant aux objets de la Nature, au moyen de simples lettres. Doués de la faculté de l’audition colorée, la lettre choisie éveille en eux le sens de la couleur correspondante ensuite.
Les poètes aussi ont parlé de sons colorés, le son net de Rimbaud est surtout fort connu. -—‘wu‘w...._..._.‘...« .......<. . ..—-.‘.,.M._—.,.q..s.. -._.—\_«mw__a—.___.Nmu MWW _" Î -‘*-‘*—J'-g‘-—A n—-.\ g, -.
I 26 L'INITIATION « A noir, E blanc, 1 rouge, U vert, 0 bleu, voyelles, etc. » Au xvn1’ siècle, le Père Castel construisitun cla— vecin oculaire. Il n’eut que le tort de croire que les notes coïncidaient avec les couleurs du prisme. Ut. bleu Fa di. cran é 9 Ut di. celadon Sol. rougä L°°“"’° . rec°m‘ Ré. vert gris Sol di. cramoisi {ncnce enlsuue’-seu' Ré di. vert olive La. violet âm-em es dte’nl’es Mi.
' jaune La di. violet bleu ev’Înnel’ëtè e p us Fa. aurore. SI. bleu iris en p "s 3 res‘ A la même époque Poncelet, fabriquait son orgue à saveurs. L’acide répondaü à l’ut L’aigre-doux répondait àsol — à Le fade ,.e , Le doux _ à mi Laustère _ à la L’amer ._ à fa | Le piquant _ à si Huysmans s’est servi de ces données dans son roman de A Rebours.
Alfred de Musset était doué de l’audition colorée; plus près de nous,Arthur Rimbaud déjà cité, continué par René Ghil et Francis Poitevin. Il n’y a rien d’étonnant de trouver, assez répandue, cette faculté parmi les poètes. Schuré nous démontre que les premiers poètes furent des « Voyants », c’est-à— dire des sensitifs chez lesquels l’audition colorée dut être toujours assez répandue.
Le poète d’aujourd’hui n’est que le voyant continué d’autrefois. Cependant certains auteurs, N ordau, dans Dégéné— rescences surtout, ont fort malmené les poètes colo ristes. « Chez beaucoup de personnes, les sons éveillent censément des sensations de couleur. D’après les uns, ce serait là le privilège particulier des natures ner
SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS LÏASTRAL 127 veuses,d’une organisation extrêmement fine; d’après les autres, cette disposition reposerait sur une commu nication accidentelle, anormale des centres optique et acoustique avec le cerveau par des fibres nerveuses. ‘Cette explication anatomique est absolument arbi traire et nul fait ne la justifie. Mais l’audition colorée elle-même n’est nullement établie.
Le livre le plus complet publié àce jour sur ce sujet, celui de l’ocu liste français Suarez de Mendoza, résume toutes les observations relatives à ce soi—disant phénomène et croit pouvoirle définir de la manière suivante : « C’est une faculté d’association des sons et des couleurs pour laquelle toute perception acoustique objective, d’une intensité suffisante, ou même la simple évocation mentale,peut éveiller ou faire dispa raître pour certaines personnes une imagelumineuse ou non, constante pour la même lettre, le même timbre de voix ou d'instrument, la même intensité ou la même hauteur de son.
« Les phénomènes de pseudo-photesthésies dépen dent tantôt d’une association d’idées datant de la jeunesse, tantôt d’un travail cérébral ou psychique spécial dont la nature intime nous échappe et qui aurait une certaine analogie avec l’illusion ou avec l’hallucination (i). » Jusqu’ici ces explications sont plus ou moins admissibles, mais où le désaccord arrive, c’estlorsque Nordau continue par : « En tout cas, lorsque la conscience renonce aux (1) Ouvrage cité. .. _ ,—-«-..,., ... .d,-.—«_‘v‘c‘._. .q.- *
. . . . æ."«' 128 L’INITIATION [NOVEMBRE avantages des perceptions différenciées du phénomène et confond négligemment les rapports des différents sens, c’est là une preuve d‘activité cérébrale maladive et affaiblie. C’est rétrograder aux débuts du dévelop pement organique, c’est retomber de la hauteur de la perfection humaine au bas, au niveau de la pholade.
« Élever au rang d’un principe d’art, l'attachement réciproque, la transposition, la confusion des percep— tions de l’ouïe et de la vue: prétendre noir de l’avenir en ce principe, c’est proclamer comme un retour de la conscience humaine àcelle de l’huître (r). » Assurément que c’est pousser bien au noir la posses sion d’une faculté répandue souvent chez des gens très intelligents et non en passe de redevenir mollusques.
Une sensation lumineuse peut—elle proroquer un son P Nous avons vu qu’un son pouvait éveiller une sensation lumineuse colorée. Y a-t-il réciprocité? Le colonel de Rochas, le Dr Pédrono et autres observateurs ont trouvé des sujets chez qui, à l‘état normal, une sensation colorée éveillait une sensation acoustique, chez d’autres elle éveillait une idée de saveur ou d’odeur.
D’une manière saisissante, la chose a été réalisée grâce au spectrophone de Graham Bell et de Summer Tainter. Ces savants américains firent en 1881 de curieuses expériences sur la production du son par l’énergie radiante. La description de l’appareil nous mènerait trop loin (2). (l) Nordau, Dégénérescences, 2 vol. (2) Voir Nature, 1881.
1900] SON-LUMIÈRE-COULEURS DANS L’ASTRAL 129 En 1880, M. Graham Bel] avait employé le mot lumière dans son sens usuel plutôt que scientifique sans distinguer entre les radiations thermiques, lumi neuses et actiniques dont les séparations au fait ne sont peut-être pas encore suffisamment établies (1). Pour éviter tout malentendu ultérieur, M. Bell adopte le mot de « radiophonie ».
Ce mot s’applique à tout appareil reproduisant les sons sous l’influencede l’énergie radiante, quelque soit le point de l’échelle des ondulations qui aient la plus grande action.
' Comme résultats on peut poser : 1° Toutes les substances ont la propriété de rendre des sons sous l’influence d’un rayon de lumière inter mittent; ’ 2° Les corps fibreux, laineux, désagrégés et spon gieux et poreux produisent des sons plus intenses que les corps solides et rigides, durs, cristallisés ; 3° Les corps de couleurs foncées, sombres, absor— bants, donnent des sons plus intenses que les corps clairs; 4° En résumé, tous les solides ont rendu des sons sous l’action d’un rayon intermittent.
Les sons rendus par les liquides sont faibles, difficiles à observer; ceux des gaz et vapeurs au contraire très sonores, sous l’action d’un rayon interrompu. ’ (A suivre.) (1) Voir les tableaux de Crookes parus depuis sur l’éther en vibration. 5
n.“\ LES ASPECTS DE SATAN Ipse enim Satanas transfigural se in angelum lucis Saint Paul, Il Cor., XI, [4, a donné, sans le savoir, une arme redoutable aux rationalistes. On peut être un très bon chrétien et être en même temps un ratio— naliste endurci. Je ne veux pas blâmer cette tendance, bien au contraire, je m’efforce moi-même d’être ratio naliste et je crois que j’y réussis.
Ce que je blâme, c’est le rationalisme exclusif, qui conduit à se défier du mysticisme jusqu’à l’éliminer en pratique. La plupart des théologiens ne font aucune diffi culté de dire qu’ils se méfient beaucoup du mysti cisme. Ils n’ont pas complètement tort, mais ils exa gèrent tellement leur terreurde l’Ipse Satanas... que, si on voulait les écouter, on considérerait la Mystique (I) comme un épouvantail, une peste qu’il faut fuir.
Lisez l’histoire des saints, leur vie a été une lutte (I) Pour répondre à beaucoup de questions posées par nos lecteurs sur le terrain brûlant de la Mystique, nous avons prié le Dr Rozier d‘écrire l’étude suivante. N. D. L. D.
LES ASPECTS DE SATAN ' 131 continuelle contre la mauvaise volonté de leurs supé rieurs, je parle des saints qui étaient mystiques et qui avaient des visions. Sainte Thérèse s’en plaint amèrement, elle va jusqu’à dire: « Parlant en général, je dis qu’une âme, avant de s’abandonner entièrement à la conduite d’un seul maître, doit avoir soin de le choisir tel que je l’ai dépeint. Ne pas agir ainsi serait une grande faute.
Une personne engagée dans la vie religieuse doit encore mettre plus de zèle dans ce choix; car elle peut dépendre d’un supérieur qui manque de ces trois qualités (un esprit solide, de l’expérience et de la doctrine), et, certes, c’est assez d’ùne pareille croix, sans aller, en outre, de gaieté de cœur, soumettre son jugement à un ' homme qui en manque.
Quant à moi, je n’ai jamais pu m’y résoudre; et, à vrai dire, je ne vois aucune raison de le faire. Si c’est une personne séculière, elle est complètement libre de choisir celui auquel elle doit être soumise. Qu’elle en bénisse Dieu, et ne se prive point d’une si sainte liberté. Je dis plus, qu’elle demeure plutôt sans directeur, jusqu’à ce qu’elle en ait trouvé un qui soit tel que j’ai dit.
Le Seigneur le lui donnera, sans nul doute, pourvu qu’elle en ait un grand désir, et le lui demande avec humilité. » (Vie de sainte Thérèseécrite par elle-même,t.l, p. 145.) Quand un chrétien raconte à un prêtre qu’il a des communications de l’invisible, ce prêtre manque rarement de lui dire qu’il s’engage dans une voie dangereuse; il lui montre tellement de pièges et si peu d’aide que le malheureux ne voit plus que le diable partout. En effet, si Satan lui-même se trans = A»
132 L'INITIATION ..:.>‘” figure en ange de lumière, qui croire ? Je voisle Christ, je vois la Vierge, je vois un saint, c’est Satan qui prend ces apparences pour mieux me tromper. La Vierge me sourit et me reproche doucement le mal que j’ai fait, elle me conseille d’être bon, patient, indulgent pour les autres, d’aimer Dieu et mon pro chain, de pratiquer ma religion, etc. Tout cela n’est qu’une ruse pour mieux me tromper, pour capter ma confiance.
J’étais désespéré, j’avais envie de me suicider, la Vierge m’est apparue, triste, m’a exhorté au cou rage, m’a promis son aide et m’a montré l’horreur du crime que je me préparais à commettre, car le suicide est un crime.
J’ai repris courage, mes soufirances se sont apaisées et j’ai cru que c’était la sainte Vierge qui avait tenu ses promesses et m’avait secouru. — Erreur, c’était Satan qui faisait tout cela pour capter votre confiance : Ipse enz'm Satanas... —— Cependant je ne pratiquais pas, j’étais éloigné de l‘Église depuis longtemps, c’est l’apparition qui m’a envoyé vers vous pour rentrer définitivement dans le giron de l’Église. — C’était très habile de la part de Satan, défiez—vous, il vous trompe. — Je commence à croire que c’est vous qu’il trompe.
Si Satan peut se transfi gurer en ange de lumière, il peut bien aussi parler par la bouche d’un prêtre. En écoutant la voix de l’invi sible, je me suis senti meilleur, j’ai senti naître en moi l’amour de Dieu et j’ai brûlé du désir de le servir; en vous écoutant, je me sens glacé comme par une douche d’eau froide, je suis découragé et je me prends à douter; je ne vois plus de direction, je sors d’un -—* * ' «ma—“mm
LES ASPECTS DE SATAN 133 beau rêve que je regrette... Heureusement ce que vous croyez être le diable me parle de nouveau, m’encourage et me conseille de vous plaindre, de ne tenir aucun compte de vos paroles et de prier pour vous. Ce dialogue est presque de l’histoire, je ne l’in vente pas. J’aurais très peu de chose à modifier et peu de chose à ajouter pour pouvoir mettre des noms propres, je connais les interlocuteurs.
Quelle est donc la véritable signification de cette machine de guerre P Elle est bien simple : saint Paul, voyant que des gens mal informés venaient prêcher aux Corinthiens et aux autres nouveaux convertis des doctrines qui s’éloignaient, par certains points, de celles qu’il leur avait enseignées lui-même, les met tait en garde contre les dangers qui pouvaient en résulter.
Il écrivait de même aux Galates que le seul vraiÉvangile était celui qu’il leur avait prêché, que si lui—même, Paul, ou un ange, venait leur en ensei gne_r un autre, ils ne devaient en tenir aucun compte: « Mais quand nous-mêmes vous évangéliserions, ou quand un ange du ciel vous évangéliserait outre ce que nous vous avons évangélisé, qu’il soit anathème! » (Gal., I, 8.) Il y avait en effet une grande importance à ce que la doctrine ne soit pas altérée dès le début; il n’y avait pas encore de tradition écrite, il fallait donc que la tradition orale soit transmise sans aucune altération.
La doctrine que Paul avait enseignée aux gentils était nouvelle pour eux, elle ne pouvait vivre qu’à la condition de ne subir aucun apport étranger. Or cela est très difficile: les apôtres qui ont écouté reli— gieusement les paroles du Maître, qui l’ont interrogé,
1 34 L’INITIATION —.‘. —o- . qui ont eu de lui tous les éclaircissements possibles, qui lui ont entendu répéter souvent les mêmes ensei gnements, sous des formes différentes, et surtout qui l’ont aimé d’un immense amour, ces apôtres, dis—je, ont conservé fidèlement tous les détails de cet ensei gnement; ceux auxquels ils ont raconté ce qu’ils ont vu et entendu, ceux qui ont été leurs disciples et ont vécu dans leur intimité, peuvent aussi s’être pénétrés . de la doctrine, tout au moins dans ses grandes lignes.
Mais les masses qui n’ont entendu que des prédica tions, qui n’ont pu leur prêter toute l’attention néces saire, qui n’en ont du reste compris qu’une partie, n’étaient pas aptes à discerner le vrai du faux; il fal lait donc de toute nécessité éloigner d’elles ceux qui n’étaient pas compétents.
C’est du reste la constatation de ces inconvénients qui a amené plus tard les initiateurs à écrire les Évangiles, malgré l’opposition de certains d’entre eux, comme Papias, qui étaient plus touchés par les inconvénients des écritures que par leurs avantages.
Mais en réalité une doctrine ne peut être fixée que par l’écriture; un livre contient d’une manière défi— nitive ce qui a été dit, dans la langue que parlait celui qui l’a écrit, et plus tard, quand la langue aura varié, le livre restera pour rectifier les inexactitudes de traductions ou de récits. Jésus parlait en araméen, ses apôtres parlaient la même langue, ils étaient dans les meilleures condi tions pour se comprendre.
Les Évangiles ont été écrits en grec par des Hébreux qui parlaient aussi bien le grec que leur propre langue. Ces écrits ont été faits à
LES ASPECTS ne SATAN 135 une époque où les Évangiles avaient été racontés en grec pendant de nombreuses années, alors qu’il avait été déjà écrit une multitude de récits, comme le men tionne Lue au début de son évangile; ces récits con— tenaient beaucoup de fantaisie, comme on peut en juger par le peu qui nous en reste sous le nom d’évan— giles apocryphes; bu peut donc être certain que les évangélistes ont pris grand soin de n‘employer que des expressions qui rendaient parfaitementleur pensée.
L’habitude du langage et la connaissance des inexac— titudes déjà écrites leur était pour cela une aide sérieuse. La comparaison des quatre évangiles cano niques avec les apocryphes suffit pour convaincre un lecteur attentif que les auteurs des premiers étaient des hommes sérieux, sincères et dignes de foi.
Il ne faudrait pas en conclure que la lecture des apocryphes soit inutile, bien au contraire, mais je ne veux pas étudier cette question ici, cela nous éloignerait trop de notre sujet.
Aujourd’hui que nous avons un livre entre les mains, il nous est facile devoir si une doctrine con corde ou non avec l’enseignement primitif, mais au temps de saint Paul cette ressource n’existait pas, on n’avait pour se renseigner aucun autre moyen que d’interroger ceux qu'on croyait bien informés.
On'comprend alors les inquiétudes de Paul 'quand il apprenait que son œuvre était compromise par les maladresses de gens, bien ou mal intentionnés, qui parlaient sans savoir, ou mentaient, se disant apôtres pour tromper les nouveaux convertis et les déchris— tianiser. il y en avait même qui parcouraient les
136 L’INITIATION |I divers pays convertis, se donnant comme des apôtres et prêchant n’importe quoi. pour se faire nourrir sans travailler, et même se faire donner de l’argent sous prétexte d’aumônes pour soulager les chrétiens mal heureux.
Paul avait donc le devoir d’avertir ses néophytes et de leur écrire: « Et quand j’étais parmi vous et que j’étais dans le besoin, je ne fus à charge à per sonne; car des frères qui vinrent de Macédoine me donnèrent ce dont j’avais besoin; et en tout je me suis gardé de vous être à charge, et je continuerai à m’en garder. » (Il Cor., X], 9.) Il leur écrivait cela pour protester contre les exploiteurs dont j’ai parlé plus haut.
Enfin plus loin il disait : « Car de tels faux apôtres sont des ouvriers de tromperie, se déguisant en apôtres du Christ. Et cela n’a rien d’étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière.
Il n'est donc pas difiicile à ses ministres de se déguiser en ministres de justice; leur fin sera selon leurs actes. » (Id., 13-15.) Comme on le voit, il n’y a pas là une intention particulière de signaler les ruses de Satan, le Christ dans les Évangiles avait bien dit, lui aussi, de se garder des faux prophètes, des loups recouverts de peaux de brebis (Math., V11, [5 et passim), cela est de connaissance courante.
Mais si on sépare le membre de phrase de son contexte, il prend immédiatement une importance que saint Paul n’a jamais eul’intention de lui donner; c’est là, du reste, le danger des citations, en prenant une phrase à part on peut lui faire signifier tout autre A Œ "'ÏL‘ÆM ,——.. ‘v pin h """. L
LES ASPECTS DE SATAN 137 , chose que ce que l’auteur a voulu dire, quelquefois même le contraire. Les théologiens donnent aux Écritures Saintes quatre sens principaux: le sens littéral, le sens tro pologique ou moral, le sens allégorique et le sens anagogique.
On peut admettre ces quatre sens dans de certaines limites, car ils correspondent assez bien à nos interprétations occultistes : interprétations dans le plan physique, dans le plan astro—mental, dans le plan mental et dans le plan divin.
Mais ils admettent un cinquième sens, le sens d’accommodalion, qui leur permet de prendre un fragment détaché et de le citer en lui donnant un sens qu’ils savent très bien n’avoir pas été dans l’esprit de l’auteur. C’est ce qui est arrivé dans le cas actuel, et je crois que c'est un abus; il me semble que citer un auteur, c’est le prendre à témoin de la vérité de ce qu’on vient de dire.
On croirait, à entendre les théologiens, que saint Paul a voulu nous mettre en garde contre le mysti— cisme, et il n’y a jamais songé; il était mystique lui même, il devait sa conversion à une vision et la plus grande partie de ses connaissances religieuses à ses communications avec l’invisible; il raconte lui-même qu’il a été enlevé jusqu‘au troisième ciel. Il ne dit pas une seule fois qu’il ait eu, pour cela, à déjouer les ruses de Satan.
Il dit bien qu’il ne sait pas s’il a été ravi en corps ou en esprit ([1 Cor., xn, 2 et sq.), mais il ne se demande pas s’il a eu affaire à. Satan transfiguré en ange de lumière. Quand il a eu sa pre mière vision, il n’a pas résisté un seul instant, il s’agissait cependant de renier tout son passé, cela
: 'I.‘.".‘..:‘L“.._TÉI A.—:.:.-t _--:‘-v-vL—V-«.\ n—-w>n w ._ ., I 38 L’INITIATION était assez important pour qu’il se demandât s’il avait entendu le Christ ou Satan déguisé. Du reste, dans toute son œuvre on voit bien sa préoccupation des taux apôtres, mais on ne voit nulle part qu’il ait redouté les fourberies de Satan déguisé en ange de lumière.
S'il a une communication du plan céleste, il en profite sans inquiétude; s’il souffre, s’il a des tentations, il dit que Satan le soufflette. Sa conception paraît bien être que, de Dieu, il ne nous vient que du bien, le mai nous vient de Satan; Dieu le permet, mais ne le provoque pas. Saint Paul met la charité au-dessus de tout et il n’accuse pas Dieu d’en man quer, comme certains prédicateurs qui ne parlent que des_vengeances terribles de Dieu.
Que faut-il donc penser de ce danger que Satan nous fait courir? Faut-il renoncer à toute aide divine, de peur de recevoir quelque chose de Satan? Je ne me rappelle plus quel supérieur ordonnait à un mystique qui voyaitla sainte Vierge en vision, de lui cracher à la figure la prochaine fois qu’elle viendrait; il faut bien convenir que ce supérieur était un fameux imbécile et le mystique un parfait idiot de lui avoir obéi.
Un moine doit obéissance en tout à son supé— rieur, c’est entendu, mais si l’on ne faisait pas de réserves à ce commandement, on en arriverait à des conséquences abominables, on transformerait le supé rieur d’un couvent en une sorte de Vieux de la Mon tagne, et les moines en séides. Un supérieur peut ' avoir un dérangement cérébral et ordonner des choses blâmables, cela s’est vu. Il y en a même qu’on a été obligé de déposer. Il est donc bien évident que W,b_fi_wm
LES ASPECTS DE SATAN 139 F .—,——--- 7wl. vvI-t -. »«. w_ .æfilp . V.1--:‘.Iu.4 ÿ.::. .y:Ï<.,_._â.l: ..4 . 1 . . le moine quia craché à la figure de son apparition a fait une chose répugnante que rien ne l’obiigeaü à faire. ' Je m’empresse d’ajouter, du reste, qu’une pareille aberration est rare, malheureusement elle n’est pas unique.
Quelques théologiens ont approuvé et ont déclaré que cette conduite était très prudente, mais le plus grand nombre a blâmé, disant que la forme exté rieure était trop respectable pour qu’on se permette une telle inconvenanœ, d‘autant plus qu’il y avait d'autres moyens de résoudre la difficulté.
Quand, cependant, ce fut fait, la sainte Vierge dis— parut pour laisser la place à une figure diabolique qui partit en ricanant, et nos bons moines de triom pher, croyant avoir déjoué les pièges de Satan, c’est alors que i’Ipse Satanas transfiguraz‘ se était vérifié sans répliqué Eh bien»! n’en déplaise à ceux qui ont la préten— tion de nous-diriger, cela ne prouve rien du must, que leur manque de réflexion.
Tous les théologiens qui ont étudié la mystique savent, cela est même de connaissance courante, que derrière tout crucifix sonna embusqués des démon-s ; il arrive mêmequ’mm démon se superpose au Christ lui-même, de telle soute qu’un sensitif voit un démon crucifié et grimaçant : van-il pour cela lui cracher à lafigure, au risque d’atteindre la représentation du Christ ?
Il est donc bien possible que l’apparition de la Vierge au malheureux moine mystique ait été «de bon aloi, mais que sa conduite y ait mis fin, .ce qui a permis à une mauvaise entitéde semanifasær im— .-...—...a, ..... _..—....._.A< / _.__.‘._....-_ .v
140 L’INITIATION médiatement après. Il n’y aurait donc pas eu Satan démasqué, mais Satan libéré. Mais cavons au pis, admettons que Satan ait en effet revêtu l’apparence de la Vierge, je me garderais bien de prétendre que cela soit impossible, je vais même plus loin que les théologiens, j’admets que la ressemblance puisse être totale, qu'il n’y ait pas la plus petite défectuosité qui puisse me renseigner.
Il est puéril d’ailleurs de prétendre que Dieu ne permet traitpas au diable de reproduire exactement l’appa- . rence d’une personne sainte; si le signe indicatif est très visible, le déguisement ne sert de rien; s’il est imperceptible, c’est ce signe lui-même qui est inu tile, à quoi me servira-t-il si je ne le vois pas ? L’apparence y est ou elle n’y est pas, c’est tout.
Admettons donc qu’elle y soit et que je puisse m’y tromper, quelles en seront les conséquences ? Je n’hésite pas à le dire, Satan prend une peine inu— tile, il a bien d’autres moyens de me tromper, et celui ci est le plus mauvais. En eflet, si je ne suis pas croyant, Satan aperdu son temps, sous quelque forme qu’il se montre je me crois halluciné, je me purge et tout est dit.
Si je crois qu’il existe des êtres invisibles pouvant se manifester à nous, mais si en même temps je ne crois pas aux choses de la Religion, je dirai que j’ai vu apparaître une belle femme qui avait l’air bien aimable, etj’ajouterai que, si je croyais aux billevesées de la Religion, je me figurerais avoir vu la sainte Vierge; après quoi je chercherai à classer cette apparition dans une des catégories del’invisible. Si au contraire je crois aux choses de la Religion, sans
LES ASPECTS DE SATAN 14.1 pour cela pratiquer,-ni croire que la pratique soit bien nécessaire, je croirai voir la sainte Vierge, je la regar— derai avec respect et je n’en tirerai aucune consé quence, bonne ou mauvaise, je resterai après ce que j'étais avant; cependant, si j’ai tant soit peu de dispo sition à prier, je rentrerai en moi-même et je me dirai que la sainte Vierge ne s’est pas dérangée pour rien, qu’elle m’est apparue pour me rappeler qu’elle est là pour m’aider et je prierai ; le diable aura manqué son but, il se sera pris à ses propres filets, car cette prière peut amener ma conversion totale.
Enfin le dernier cas possible est celui-ci: je suis croyant et pratiquant, je vois l’apparence de la sainte Vierge, je me pros terne à ses pieds, je lui dis combien je l’aime et com bien je lui suis reconnaissant d’avoir bien voulu se montrer à moi. Cette fois-ci ça y est, Satan triomphe, il m’a trompé, il a détourné à son profit l’amour que j’ai pour la sainte Vierge! Erreur, incommensurable erreur, et Satan n’est pas assez bête pour se figurer ça.
Il sait très bien que tout ce que je viens de dire n’est pas pour lui, il sait bien que, si au beau milieu de mon exaltation il montre son pied fourchu, je vais me reculer avec horreur et lui crier: Vade retro Satanas ! Et si j’ai un peu d’expérience, je lui dirai: Tu sais bien que tout ce que je viens de dire s’adresse à celle que tu redoutes par-dessus tout, à quoi t’a servi ta ruse ?
Me crois-tu assez bête pour avoir le moindre trouble au sujet de ce qui vient de se passer P Tu sais aussi bien que moi que les paroles ne valent que par l’assenti ment. Ai-je cru un seul instant te parler, à toi? Tu as été cause que j’ai prié la sainte Vierge une
142 L’INITIATION .. ,.flr,‘Q(‘a . 78":!!!" fois de plus, tu n‘as maintenant qu’à t’en aller, je t’ai assez Vu. On me répondra sans doute que certaines âmes peu trempées seront cependant troublées quand elles sau— ront qu’elles ont prié le diable; le remords et, peut—être, une crainte exagérée des conséquences pourront les décourager et les livrer au séducteur.
Cela est pos sible dans de certaines limites, grâce aux terreurs que les théologiens s’ingénient à répandre dans le monde.
Le jour où on saura que Dieu est RÉELLEMENT BON, qu’il ne punit pas nos erreurs involontaires, qu’il nous tend la main pour nous relever quand nous avons fait un faux pas, que loin de nous regarder d’un œil courroucé à chacune de nos défaillances, il nous sourit pour nous encourager et nous donne la force nécessaire pour nous tirer d‘affaire, ce jour-là ce piège n’existera pas plus que les autres.
Enfin on va me faire une dernière objection : Vous parlez des apparitions simples, vous supposez que Satan restera muet, il ne vous est pas bien difficile, dans ces conditions, de montrer la faiblesse du piège, mais il n’en est généralement pas ainsi. Satan prend une forme vénérée pour vous donner des conseils perfides, vous enseigner des doctrines abominables.
Il commence par capter votre confiance en vous donnantd’excellents conseils, il vous entraîne au bien, à la pratique de la Religion, il vous dit de prier, etc. Puis, quand il a bien capté votre confiance, il vous insinue quelque point de doctrine un peu douteux, puis il vous conseille des pratiques blâmables en les justifiant par des enseignements qu’il dit être supé
LES ASPECTS DE SATAN I43 rieurs, il vous fait croire que c’est là l’enseignement secret, l’enseignement qu’on ne donne qu’à ceux qui sont suffisamment avancés et assez intelligents pour le comprendre. Votre amour-propre est flatté et peu a peu vous glissez sur une pente dangereuse qui vous mènera sûrement à une perte totale. Quand vous vous réveillerez, il sera trop tard.
Ou bien encore, s’il voit que cette méthode ne peut pas réussir avec vous, il flattera votre goût pour les exercices pieux, les multiplierajusqu’à la satiété, vous poussera aux exagérations, aux scrupules. Il vous fera des reproches sanglants poûr la plus petite négligence, il vous poussera aux austérités les plus insupportables, jusqu’à ce qu’enfin vous soyez lassé, découragé et même dégoûté.
Pendant tout ce temps il excitem votre orgueil en vous montrant combien vous êtes supérieur à tel ou tel qui ne serait pas capable d’en faire autant que vous, etc. Par ce moyen, tout aussi bien que par le premier, il vous pervertira, il profitera de la réaction qui suit toute exagération. Ce danger existe, je suis loin de le nier, je peux même dire quej’en ai vu des exemples.
Un mystique peu instruit de ces circonstances spéciales ne pourra éviter le piège que s’il étudie et réfléchit beaucoup, ou bien s’il a le bonheur de rencontrer un directeur expé rimenté qui lui ouvre les yeux, ce qui est peut—être rare. Mais ce danger en remplace un autre : si je ne suis pas sensitif, je ne verrai rien et je n'entendrai rien, je serai donc à l’abri de pareilles tentations. Seulement je n’y gagnerai rien, Satan suscitera autour de moi
144 L’INITIATION ..,\,.. - - .‘Ql‘w-v‘... ‘A ;_ «.— des amis, des fréquentations qui m’entraîneront encore plus sûrement par des paroles tout aussi perfides. Il ne faudrait pas croire que Satan soit désarmé parce qu’on ne tient aucun compte des paroles qu’il dit ou fait dire dans une vision. Il lui importe peu que vous succombiez à telle ou telle de ses ruses, le prin cipal pour lui, c’est que vous succombiez.
Si vous évitez ses pièges dans l’invisible, il vous en tendra d’une autre sorte dans le plan physique, et ceux—ci ne sont pas les moins redoutables.
En outre, n’avons—nous pas à lutter constamment contre ce que nous appelons de mauvaises sugges tions ? , Si on me dit qu‘en tout cas la tentation dans l’invisible est une arme de plus, et qu’il est de notre intérêt de limiter le plus possible les armes de l’ad versaire, je répondrai deux choses : 1° nous ne limitons rien du tout; si nous refusons de tenir compte de l’invisible, nous ne faisons que déplacer le terrain de la lutte; 2° en ne tenant pas compte des communications de l‘invisible, nous nous privons d’une aide puissante qui nous est offerte dans l’im mense majorité des cas.
En somme, le danger est petit et l’aide est grande. Et puis, il est si facile de sortir toujours à son hon neur de pareilles conjonctures! On n'a qu’à prier sincèrement l’être du plan céleste que l’on croit voir. Si la sainte Vierge elle-même m’apparaît, je n’ai pas à me préoccuper de savoir si c’est ou non Satan qui a pris cette apparence, je n’ai qu’à lui dire : Qui que vous soyez, c’est la Vierge elle-même que je prie,
LES ASPECTS DE SATAN 145 n 1 **-r - . tout ce que je veux lui dire s’adresse à elle et à lle seule. Du reste c’est ce qu’on dit devant une statue. Après cela, si l’apparition vous donne un mauvais con seil, n’ayez crainte, vous ne tarderez pas à sentir quel— que chose en vous qui vous en avertira.
Mais même alors que vous n'auriez pas senti ce quelque chose, et que vous auriez suivi le conseil, croyant réellement bien faire, d'une part vous ne serez pas coupable, Dieu ne nous rend pas responsable de nos erreurs involontaires ; d'autre part, l’acte commis, vous com prendriez vite qu’il est mauvais et vous ne recommen ceriez pas.
J’affirme que le voyant, animé de bonnes intentions, cherchant Dieu sincèrement, ne sera pas abandonné et aura mille fois plus de facilités pour déjouer les ruses de l'invisible que celles des mau vaises fréquentations sur le plan physique.
Ceux qui sont trompés d’une manière sérieuse sont les orgueil leux qui sont fiers d’avoir des communications et reçoivent avec empressement tout ce qui vient, sans discernement ; ce sont encore et surtout ceux qui cherchent à provoquer le phénomène.
Tout voyant dont les intentions sont pures et qui se con tente de prendre ce qu’on veut bien lui donner, ne sera pas souvent trompé, il déjouera assez facilement les ruses de l’adversaire, surtout s’il se défie de lui— même et prie Dieu de l’aider. Quand ona une vision de bonne nature, on sent une douceur particulière que Satan est impuissant à donner.
Quelquefois une entité de très mauvaise nature se montre sous une forme laide, dure, malveil lante, et vous offre sa protection; en même temps
' .:' 146 L’INITIATION elle vous fascine et vous met dans une sorte d’état de crédulité semblable à la première phase de l’hypnose. Malgré la contradiction évidente entre l’apparence et les paroles, on est séduit, et quand on revient à soi, on a horreur de ce qu’on vient de faire. Il naît alors intérieurement des idées bizarres, on se figure avoir fait un pacte, on se décourage, on se croit très coupable.
Cette ruse est beaucoup plus dangereuse que les autres. En général, il faut se rappeler que l’arme la plus puissante de l'adversaire est le décou ragement. Que doit-on faire alors ? C‘est bien simple, on doit se dire : Après tout, ce n'est pas moi qui ai agi, je n’étais pas dans mon état normal, c'est comme si j’avais rêvé; je ne suis donc responsable de rien de ce qui s‘est passé et je ne m’en souviendrai que comme d’un cauchemar.
Il est donc bien inutile de considérer l'Ipse Satanas comme un épouvantail; la défiance poussée trop loin est aussi mauvaise que l’excès de confiance. Vou loir voir Satan partout est aussi bête et aussi dange reux que de se figurer que tous les hommes sont des coquins; ily en a, sans doute, mais, heureusement, il y a encore beaucoup plus d’honnêtes gens.
Quant au contenu des communications, il ne faut jamais l’accepter les yeux fermés, les meilleures entités ne peuvent nous parler qu’à travers notre cer veau, nous ne pouvons pas éviter une certaine défor mation dans la transmission, et il faut tenir grand compte de l'équation personnelle. En résumé, se délier de la mystique parce que e ‘ ,_..J_.Mæ
LES ASPECTS DE SATAN 147 Satan peut nous tromper, c’est avoir peur de son ombre, refuser de se laver de peur de s’enrhumer, ne manger qu’avec la peur d’être empoisonné, et même ne plus oser respirer de crainte d’absorber des mi crobes.
S’il est vrai que Ipse Satanas transfiguraz‘ se in angelum lucz‘s, il est malheureusement plus vrai encore que Ipse theologus transfigurat se in angelum deceptz’onis, avec les meilleures intentions du monde, du reste, je m’empresse de le reconnaître.
Je devrais parler d’autres dangers, tels que la posses sion, l’obsession, etc., mais ces dangers sont d’une autre nature et ne doivent pas trouver leur place dans cet article. , Le danger nous environne de partout, nous ne pouvons pas faire un mouvement Sans craindre d’avoir commis une maladresse.
Prenons-en notre parti, veillons et luttons, mais ne commettons pas la faute d’attirer l’attention sur l’un de ces dangers, d’une manière tellement exagérée que l’on puisse croire qu’il est le seul, ou même qu’il est démesurément plus grand que tous les autres. Sachons bien en outre que Dieu ne nous demande pas de ne commettre aucune erreur, il ne nous demande que la bonne volonté, et in terra pax homz‘nz‘bus bonœ votantaz‘z‘s. D' F. Rozrsn.
.__.. L’AVENIR D’après NOSTRADAMU S L’ÉPOQUE mas GRANDS CHANGEMENTS L’abbé Tomé a inséré cette note dans l’Histoire prédite et jugée (II, .155) : « Voici un quatrain que je livre aux astronomes: I, 16. Faux à l’estang, joint vers le Sagittaire, En son haut ange de l'exaltation, ' Peste, famine, mort de main militaire. Le siècle approche de rénovation.
« Les mots peste, famine, main gauche militaire (45°) rénovation, semblent adapter celui-ci à plusieurs quatrains sur la Révolution. « En eflet les termes : main gauche militaire entre deuxfleuves désignent une puissance militaire funeste établie à Paris (IX, 76) : celle de Bonaparte; et il est dit, dans la Lettre à Henry second: «l’an mil sept « cens nonante—deux, que l’on croira estre un créne
L'AVENIR D‘APRÈS NOSTRADAMUS 149 « vation de siècle »; ainsi que dans les Centuries H, 46). Le grand moteur les siècles renouvelle.
« Le Temps alors commencera un nouveau siècle.» (Quand Bonaparte sera consul.) Vingt ans après, dans son Almanach pour 1880, il a ainsi corrigé son interprétation : « L’Apocalypse dit d’Henri V : « Un ange crie : Babylone est tombée...ll parut sur une nuée blanche quelqu’un qui ressem— blait au Fils de l’homme et qui avait sur la tête une couronne d’or et à la main une faux tranchante (I).
Un autre ange lui dit: Jetez votre faux tranchante et coupez les grappes de la vigne dela terre. Les raisins furent foulés lors de la ville dans la grande cuve de la colère de Dieu et le sang sortit en. telle abondance, que les chevaux en avaient jusqu’au mors dans l’étendue de mille six cents stades (2). » (1) Du Temple hors Mars et le Falcigère... (Présage L1X). Hors mis, desmis, et sus la resverie...
Il s’agit d'un Bonaparte (Mars), de Henri V le Porte-faux, hors de la France (le templum de l'augure Nostradamus); d’un exilé mis (au trône) renversé, avant le triomphe éphémère des rêveurs (les socialistes).
« Saturne Falcigère (375, armé de la taulx), uni à Dieu qui aura lancé les flèches de sa colère; Henri V, l’homme de l‘Apo calypse porté sur les nuées qui, armé de la faulx, vendange la vigne de la terre et en jette les raisins dans la grande cave (« l’estang ») de la colère de Dieu, apparaîtra à la suite de la peste, de la famine, des guerres étrangères et civiles frappant la France quand il voudra « renouveler siècle d'or pour l’airain... » (Tomé, Lettres du grand prophète; 1871, p. 224.) (a) Nostradamus a dit d’une plaine près de Salon que les che vaux y auraient du sang jusqu’au poitrail. (Tomé, Almanach pour 1872.)
I 50 L'INITIATION ‘.u- .«0‘ - ._m.:: unn L’abbé Tomé ne fit point traduire par un astro nome le premier vers, qui désigne évidemment une conjonction de Saturne avec le Soleil dans le Sagit taire.
Cette donnée étant admise, rien n'empêche de tenter la traduction: Quand Saturne le Falcigère aura . apparu au—dessus de la cuve de la colère de Dieu. en \ conjonction avec le Sagittaire et a (son plus haut degré d’élévation,se succéderont la peste, la famine et la guerre. L’époque approche de sa rénovation (allusion à la rénovation de la monarchie par Henri V et son précurseur).
Le traducteur prédit avait compris que ce quatrain ne désigne pas, comme il l’avait supposé d’abord, l’époque de la Révolution de 1789 et du premier Em pire, mais celle de la fin du siècle des révolutions. Il a su rapprocher ce quatrain d'un dessin prophétique. placé en tête d’une vieille édition des Centuries,repré— sentant un roi vêtu comme Henri Il entre le signe du Sagittaire et celui des Poissons.
« Dans le récit, observe-t-il, Où l’Iris est quarante ans sans parai tre, il est dit: Faux à l’estang joinct vers le Sagit taire (I). » « Le récit, ajouta-t—il, où il est parlé de « faux à « l’estang» (Saturne arméde la faux du Temps foule la grande cuve de la colère de Dieu) avait dit aupara— (1)1, I7. Par quarante ans l‘lris n'apparoistra, Par quarante ans tous les jours sera veu. La terre aride en siccité croistra, Et grand déluge quand sera appereeu. J.‘_‘
L’AVENIR D’APRÈS NOSTRADAMUS 151 var—nia ruyne de l’Ecclésiastique par Mars », en 1870, alors que « par Mars contraire la monarchie du grand « pescheur fut en trouble ruyneux » (l).
Alors le signe des Poissons, que Nostradamus prend expressément ailleurs pour l’Église, et le signe du Sagittaire re çoivent une nouvelle signification par allusion à ce passage de la prophétie d’Orval accomplie dans le même temps : « La montagne de Dieu désolée a « crié à Dieu; les fils de Jude ont crié àDieu de la terre « étrangère, et voici que Dieu n'est plus sourd. » Les flèches du Sagittaire ont frappé depuis et frap peront encore.
Mais unjourl’Église(ou les Poissons), protégée par l’épée d’Henri V, fera entendre au monde entier le cri des anges à la naissance du « Prince « de la paix » : « Paix sur la terre aux hommes de « bonne volonté! » Cette belle page de Tomé appelle un commentaire rectificatif. Il est bien exact que ce quatrain se rap porte au récit où l’Iris, c’est-à-dire la paix, apparaît après quarante années et doit briller quarante années (1) VI, 25.
Par Mars contraire sera la monarchie (Politique de Mars-Napoléon III funeste à Pie 1X) Du grand pescheur en trouble ruyneux. Jeune noir rouge prendra la hiérarchie, (Victor-Emmanuel, roi rouge, prend le pouvoir) Les proditeurs iront jour bruyneux. (Les traîtres feront leur chemin dans l’ombre). I, 15.
Mars nous menace par sa force bellique, (Guerres de Napoléon [11) Septante fois fera le sang respandre, Auge et ruyne de l'ecclésiastique, (Auge, de augere, augmenter, favoriser). De par ceux qui d’eux rien voudront entendre. 9... Qui ne voudront rien entendre aux concessions du Pape).
l 52 L'lNITIATION ..\ -nv (allusion au règne réparateur). Mais Tomé s’est trompé (dans son Almanach pour 1872) en suppo sant que cette apparition de l’lris désigne un voyage que l’exilé de Frohsdorfl fit au château de Chambord pendant une saison pluvieuse.
Il s’agit, à mon avis, d’un fait bien plus important : l’apparition du véri table Henri V après une sécheresse et des inonda tions qui termineront une époque malheureuse pour l’Église et la France (les trente-cinq ans et plus du secret de la Salette).
Ces trente—cinq ans et plus de châtiments me parais sent avoir commencé avec la « ruyne del’Ecclésiastique par Mars »(Napoléon Ill), ou plus exactement avec la chute du pouvoir temporel et l’invasion de 1870.
De même, le passage cité de la prophétie d’Orval peut fort bien s’appliquer aux épreuves subies par le catho licisme en France depuis 1880, après une dizaine d’années de répit dont auraient parlé en 1830 Cathe rine Labouré et en 1869 M. Dupont (de Tours). Ce qui n’est que trop exact, c’est que «les flèches du Sagittaire doivent nous frapper encore avant que notre patrie soit gouvernée par le « prince de la paix ».
En effet, ces données concordent avec les révélations faites par l’inspirée parisienne, les voyantes de Tilly, Joséphine Reverdy, bien après le décès du comte de Chambord, sur la sécheresse, les inondations et la famine qui précéderont une période de prospérité. Les fléaux en question, et les grands bouleversements politiques avec lesquels ils coïncideront auront lieu dans les premières années du xxe siècle. Ils précède;
L’AVENIR D’APRÈS NOSTRADAMUS 153 mm le triomphe du mystérieux monarque répara teur (i). J’ajoute qu’un chercheur aussi modeste qu’instruit, Quærens, .collaborateur de l’Écho du Merveilleux, a bien voulu me communiquer le résultat de ses calculs sur le quatrain précité (I, 16) : « Saturne accomplit sa révolution en 29 ans 167 jours; il reste dans chacun des signes du Zodiaque 29 mois et demi approximativement.
Sa longitude au 1“ janvier 1882 (d’après l’Annuaz‘re du bureau des longitudes) était 41° (héliocentrique) (2). » « Saturne sera au Sagittaire du 7 mars 1898 au (i) I, 56. Vous verrez tost et tard faire grand change, (tard mais promptement) Horreurs extresmes et vindications (uengeances) Que si la lune conduite par son ange (Gabriel, selon les kabbalistes) Le ciel approche des inclinations (Le climat va changer, dit M110 Couédon). 11, 46.
Le grand moteur les siècles renouvelle. Les théosophes néo-bouddhiques admettent que la fin du x1xsiècle sera signalée par des fléaux, parce qu’elle est la fin du premier sous-cycle de Kali-Yuga (de 5000 ans, dePUÎS 3102 avant Jésus-Christ jusqu’à 1898, d’après Chaboseau, Il. P. B.; ou jusqu'à février 1897, d'après le Lotus bleu d’août 1896; ou iusqu'au 12 avril 1899, d'après le numéro de mai [897 de la même revue).
Selon Buchanan, une guerre amènera la ruine des gouvernements monarchiques en Europe, et le calme ne sera C0ml’lètement rétabli qu‘en 1916 (ib., février 1896). M110 Coue— don a confirmé l’annonce, faite en 1881 par une tertiaire de Barcelone, du triomphe prochain de la République en Espagne et en Italie (Adrien Peladan, Dernier Mot des prophéties, 11,257 ; Écho du Merveilleux; 1897, p. 291). (2) Voir Initiation, octobre 1897, p. l 18. Le calcul geocen trique reste à faire.
4.. ' 1 -»..._. . ,,.... .A + . \ u .AC: '<\\‘w'älfi lunu-. ü‘... "D a» a ‘\4-‘ .. , ........ç v«mu. J,. \_.a n .. -.-. L. mem‘èæinÿræ‘ä-* .< .n‘..'_ -.c '.<"2- s \ file. -‘ JaAIZ“G"\\«.“\.J _. \t u. -._.\ >\.A‘ ‘.'...,..Asx e». ...-.»A«.-.s. .. . 14 u ‘ ‘î' “FI. 154 L‘INITIATION 15 août 1900, comme il y a été de 1868 à [871}Muand des flèches frappèrent la France.
" Or, l’affaire Dreyfus et les humiliations que nous avons subies, de l’Angleterre à Fachoda, de l’Alle magne en Syrie, peuvent être regardées comme des flèches du Sagittaire. En outre, notre constitution actuelle va bientôt être revisée, et un gouvernement nouveau, d’après M‘m Couédon, verra des épreuves nouvelles, plus terribles qu’une première peste lamentable : Je vois lej,sang couler, Je vois des affamés (I).
Ily aura donc, avec la famine, des troubles à l’inté rieur, et une guerre maritime dont'nous comptons parler plus tard. Notons enfin que, d’après Ptolémée, Jupiter est dans le Sagittaire et les Pmssons, et que l’année 1904 sera régie par Jupiter. Saturne aura sur Jupiter empire (V, 24). Henri V, comme le comte de Chambord, doit res— semblerà Jacob, quel’ange rendit boiteux : il sera « fort contre Dieu » (2).
En outre, le sage dominera ses astres, dit un vieil adage. Le vieux prophète paraît bien annoncer qu’on v ;=_.}.& "1!.Ar‘\u. (I) Écho du Merveilleux, 1898, p. 13. (2) Tomé, Lettres du grand prophète, 187x, p. 164.
L’AVENIR D’APRÈS NOSTRADAMUS 155 parlera du futur sauveur de la France pendant une guerre maritime : V, 35. Du grand ouverte guerre. II, 60. La foy punique en Orient rompue, Gang. 1nd. et Rosne, Loyre et Tag changeront, Quand du mulet la faim sera repue. Classe espargie, sang et corps nageront. VII, 1. Noir blanc. A l’lnde dissimulez en terre.
Ces vers paraissent bien (comme l’a dit feu l’abbé Tomé) annoncer une rupture de la France avec l’An gleterre à propos de l’Orient, un changement de situa tion politique pour les pays arrosés par le Gange* l’Indus, le Rhône, la Loire et le Tage; une guerre navale (des mulets ou poissons nourris de cadavres); la perte de l’Inde par la « perfide Albion » quand apparaîtra le noir blanc (roi blanc par anagramme).
Or M”° Couédon a parlé de cette guerre navale comme tort prochaine. D’autres passages de Nostradamus sont encore plus décisifs. Dans l’Épz‘tre à Henrz‘ second, il affirme que Paris ne tiendra que 73 ans et 7 mois; -— ailleurs (VI, 74), il dit : Trois et septante a mort trop assurez —- ce que Le Pelletier a traduit par : 73 années ne sont que trop assurées au règne de mort de la Révo— lution.
Enfin le 73" présage s’exprime ainsi : Droict mis au trosne du ciel venu en France... Ceci ne peut s’appliquer qu’à la période de juillet 1830 à février 1904. M“°Couédon révèle que Henri V couronné, «tout sera terminé ». D’autre part, des
o. u.-. _ ._ , « |.. (_| - 5‘ .Iq\ un.“ MM.‘\Qfl. ‘- -n.\ -. -.v.- ,«Qt ,, c-‘ts‘a. , ‘n‘« .ts’a ÿ..w 1 5 6 L’INITIATXON signes dans le ciel annonceront la succession des épreuves qui me paraissent se terminer en 1903. José— phine Reverdy en a parlé dans son extase de 1897. Dès 1830, ME' de Hohenlohe disait qu’une comète avertirait de fuir la capitale maudite (1).
En 1872, M. Migorel, curé de Malétable, assura qu’une grande guerre commencerait quand un astre aurait disparu au nord de la France. Nostradamus a dit aussi : Plusieurs mourront par Mars ouvert ce jour, Quand en Artois saillir estoille en barbe. Pr. L11. Juill. Longue crinite léser le gouverneur. Faim, fièvre ardente, feu et de sang fumée. A tous estats joviaux grand honneur. Sédition par Rasés allumée (2). I, 62.
La grande perte, las, que feront les lettres, Avant le cycle de Latone parfait. Feu grand déluge plus par ignares sceptres. Qui de longtemps ne se verra refait. Ce dernier quatrain s’appliquerait très bien à un incendie partiel de Paris par une nouvelle Commune, qui détruirait la Bibliothèque nationale comme la pre—. mière a détruit celle du Louvre (3). v .754»: . \ ' '.v‘,lrç \a.-«..x.—_« -- «a».. ,‘. ...4... *-.
7‘4æ...f‘&-«* han—«æ..— (1) Collin La Herte, le Grand Phare, 1881; Louvain, Le fever. -—Abbé Olive, Lettre mensuelle de la Confrérie de Notre Dame des Sept Douleurs (Cette). (2) Les estats joviaux, ce sont les partisans du vrai Dieu. Les Rasés sont les prêtres. (3) Le règne de la lune, selon les astrologues, dure 354 ans 5 mois. Celui-ci va de 1525 à 1879 selon Trithème (Des sept Causes secondes, édit.
Chamuel); de 1530 ou 1533 à 1884 ou 1887 selon Roussat (LeLiurede I’Estat etMutation destemps). du 31 mars 1546 au 31 août 1900 selon Guillaume Paradin (Hist. de mon temps); mais Nostradamus me parait désigner un cycle de 354 ans 5 mois commençant en 1555, date de la publication des premières Centuries, finissant en 1910. . .__ _...,m.v.mau
L'AVENIR D’APRÈS NOSTRADAMUS 157 Le quatrain le plus décisif est celui-ci : IV, 86. L’an que Saturne en eau sera conjoinct Avecque Sol, le Roy fort et puissant A Reims et Aix sera receu et oingt Après conquestes : meurtrira innocent. L’an que Saturne sera en conjonction avec le Soleil dans le Verseau, le roi vaillant et puissant sera reçu à Aix en Provence et sacré à Reims, après qu’il aura conquis sa couronne.
Il fera couler le sang, mais ne sera point coupable. Or des astronomes constateront que cette conjonc— tion aura lieu en 1902, 1903 et 1904, au commen— cement de chaque année. Les divers quatrains de Nostradamus ne s’accordent que trop bien avec ce qu'annonce un vieux chrono— gramme sur des médailles de saintMichel, au rapport de M3’ Rigaud. MIUhaëL arChangéLe, InterCeDe pro nobls. La somme des majuscules donne 1903 (r).
Attendons-nous àvoir, outre les signes au ciel, un grand tremblement de terre, des inondations,yune sécheresse, une très mauvaise année, la peste, la famine, puis un hiver très doux avant la grande guerre et le grand coup de la Providence (2). Dix (1)Annales des croisés de Marie, 1899, n‘ 11. —-—Initia tion, octobre 1897, p. 118. . (2) Catherine Labouré (Annales du surnaturel, 1884, p. 358)!
Marie—Julie (ib., 1886, p. 371); Marie des Brotteaux (Curicque) ’ Joséphine Reverdy (Lettre aux associés de Notre-Dame des Sept Douleurs, par l’abbé Olive, à Cette); Annales du surna
I 58 L’INITIATION ‘1‘ o s é' _:à. I. Q.. .,..\e -‘p|M .In‘... 5.. t‘\ . s unn ;N0t | . p. .,. Q«cs}- 0-. -‘. ku“m \. - .1. É.Il ‘.‘«A.vfiî,;.;. \..._.‘4‘x»u ««n. u&qæn.«...‘.. -\ u.-.“ « . . -r-wm N prophéties privées parlent de trois jours de ténèbres surnaturelles et pestilentielles qui feront périr les massacreurs des chrétiens. Quand on croira tout perdu, disent les prophéties, tout sera sauvé.
N’ayons pas des inquiétudes offen— santes pour le Seigneur. Lorsque commencera la guerre des rouges, et que des massacres de chrétiens auront lieu dans toute l’Europe, ne désespérons pas de la Providence (1). Alors surgira l’homme prédes turel, 1884, p. 3 II (tremblement de terre);Jean de Vatiguerro (Liber Mirabilis), Belley, Blois (Curicque), Prémol, Anne de la Foi, M”° Couédon, apparitions de Tilly.
D‘après la prophétie de Prémol, que j’ai commentée dans l'Initialion de décembre 189;, une période commençant en 1852 doit compter un nombre d‘années multiple, du ter naire divin. Or de 1852 à I903 il y a 51ans(t7 x 3). Cette remarque doit être ajoutée à mes commentaires.
Louise Polinière doit se faire carmélite « en un temps plus aisé » (Echo du Merveilleux, I5 avril 1898), Or elle ne peut recevoir l’habit qu’à 2I ans; et n’avait que I3 ans en I896. Il n’est pas possible qu'elle entre dans cet ordre avant I904. Les grandes épreuves finiraient donc en I903. Elles doivent être finies « pour un avent », selon le —P.del Bullalo.
Un prophète, il y a un certain nombre d'années, annonça qu‘un précurseur du vrai sauveur des Français régnerait deux heures (c’est-à-dire, très probablement, deux années). 4I D'après les études faites sur des écrits inspirés et des révélations authentiques, le monde ne retrouvera son équilibre qu’en I903 ou I904. Il y aura de nombreuses péripéties d’ici là.
Il y aura même un temps. de répit ou de repos... >>(Les Châtiments que Dieu un infliger à la France, par l‘abbé Olive, Montpellier, Imprimerie centrale du Midi, I895, br, in—12, p. 52). Mm" Lay-Fonvielle prophétise un changement de consti— tution en France pour I90I ou I902 (Echo du Merveilleux, 10' août 1900).
Stella, Paul de Charliac, signalent 1903 comme fatidique (ib., 1898, pp. 263, 427). (I) Les massacres sont prédits par saint Cyrille, saint Vincent Ferrier, Rosa-Colomba. sœur Marianne, Anna-Maria Taïgi (Curicque), Bernard de Bustis, la prophétie de Genzarto (Chauf fard, la Révolution), Jean de Vatiguerro (Liber Mirabilis), la
L’AVENIR D'APRÈS NOSTRADAMUS 159 tiné dont sainte Brigitte a dit: «L’homme orné de toutes les vertus, sous l’influence salutaire de Jupiter, fera cesser le deuil (I). » Ayons foi en ces assurances prophétiques. SATURNINUS. Au Pays des Esprits (Suite) CHAPITRE IX LA LETTRË. —— LE TRANSFE}IT D’UNE vu: Les jours passaient, rapides!
Les saisons se succé daient, dans la beauté variée de leurs changements, seules à nous rappeler la durée prolongée des vacances que nous nous étions promises, la longueur des semaines devenues des mois, depuis le moment où nous nous étions décidés, pour une brève périodetout au moins, à vivre pour nous seuls, à nous délecter en prophétie westphalienne (Chabauty), Georges Carlod (V. de Stenay, Soleil prophétique), Berguille, Mélanie (A.
Peladan, Dernier mot des prophéties, 1881), saint Thomas de Cantorbéry (Id. :Annales du surnaturel),Thomas Martin (Légitimité, 1894). Joséphine Reverdy, M“° Couédon, etc. ‘ (r) Liyre merveilleux, traduction Bricon, p. 93, rS3r.Je ne pense pas toutefois que la paix universelle soit assurée avant 1910 environ.
\ fi%ÿ"lüfÿfi"“" _ 1 ' Wwuq?-ËF‘1“-“Nrv«éæ:A .uæ.. .,æ,,..,. '* sann.‘f_u. . -._m n; J‘ Ë I 160 L’INITIATION [NOVEMBRE des lieux de plaisir salubres, que chacun de nous . il croyait secrètement devoir apporter à l'autre la santé - "j du corps et la paix de l’âme. l J’aime à me rappeler ces promenades à l’aventure. :l , Elles furent la période la plus heureuse de ma vie.
Encore aujourd’hui, elles forment, dans mon orageuse «_1 existence, l’oasis autour de laquelle s’attardent les '. :" mémoires les plus chères à mon cœur. '. j_g La nature était pour moi une page ouverte de révé lations sans cesse nouvelles,.sans cesse étonnantes.
Sur un signe de la main de mon puissant maître, mes v sens physiques se fermaient, mon âme délivrée s’éva dait libre, et mes sens spirituels pouvaient explorer le prodigieux arcane de la vie, caché dans les formes, les couleurs, les odeurs et les sons, dont le monde ex . ..a-..pæ F.“- 3, térieur ne laisse voir que le plus pâle reflet.
Grâce a ma clairvoyante perception, j’apercevais de toutes parts des myriades de langues de feu multicolores,, jouant autour ou surgissant des rochers, des pierres des gemmes, des cristaux, des coquilles, des herbes, des fleurs, de toutes les formes possibles, en somme, de la vie minérale ou végétale.
A travers ce mer veilleux, prisme achromatique qu’est la vision spi rituelle, la vie de l’univers se révélait à moi. le décou vrais qu’il n’y avait pas un brin d’herbe, pas un grain de sable qui, aussi bien que l’humble ver de terre ou l’homme puissant, ne fût vitalisé par un élément qui, au sens de la vue, semblait une flamme, et qui n’était autre, en fait, que la vie elle-même, avec ses infinis degrés de puissance, de mouvement sans limites et de chaleur vitale. Avec quelle glorieuse beauté la création nu- s 5 ‘AÇ,.<“. »æç‘aä .‘ ‘ _ —. 'WÏ'"*‘* ‘— . a u .W-‘ranv‘r‘r-“ I “fu—
1900] AU PAYS DES ESPRITS 16i m’apparaissait, à la lumière transfiguratrice de la clairvoyance! Je ne m’étonriai plus que le voyant antique fût un adorateur du feu, mettant dans tous les corps lumineux le principe déifique, faisant du soleil, pris comme source de la vie, de la lumière et de la chaleur, le dieu de la terre, à laquelle se trouvait alors limitée sa connaissance de l’univers.
En outre des dons merveilleux de discernement dont la vue clairvoyante me gratifiait, j’acquis aussi des facultés spéciales de perception par le moyen des sens spirituels du toucher et de l’odorat.
Je découvris que toute chose dans la nature est douée d’un carac tère spécial, lui appartenant en propre ; et il me devint bientôt apparent que, soit par la vue, l’odorat ou le toucher, l’âme humaine peut entrer en contact avec l’âme des choses, et reconnaître ainsi leur indi vidualité propre.
Le son ne pouvant être produit que par la collision de deux corps dans l’espace, il s’ensuit que le sens de l’ouïe peut révéler un mélange de deux ou plusieurs caractéristiques. C’est ainsi que je remar— quai que le son représente les relations d’harmonie des choses, les unes par rapport aux autres; la vue, le toucher ou l’odorat, le caractère individuel de la chose elle-même; et son rang surl’échelle de la créa— tion.
J’aurais pu, à cette époque, facilement dessiner des cartes où l’univers des formes créées, organiques et inorganiques, chacune à sa place sur l’échelle de l’être, aurait été représenté, en figurant chacune de ces formes par les nuances distinctives de leur couleur, par les odeurs leur correspondant, et par l’état de densité ou 6 n_q_ —<\.. _-æ..œ, ._._-.—.c —.;-sv. \,a.‘-‘S._.,.__ _ a v— i —r
162 L'INITIATION - \..- .u u..-. . ',‘.-‘-li 'epàäW. o« v--. . ï \‘\';cæ‘ -*J"-Ï*'æ\ ”.'x,w.i., , «NI, -, ._.4«v-.ç ‘ N A -;-.« -{ . s\«‘«’.‘. q,?siF‘Ç .m»a«p\.J:—qfln’àlfl4pn æ;—. 1_.‘ ‘\’u-,/w..ær—w—W,Ï»_fl—«J -n_ . .r . .. ....,,,.m de raréfaction de leur substance, tel que le révèle le toucher.
J’ajouterai que, comme le son, le toucher est souvent complexe dans ses impressions; car les choses entrent facilement en contact dans la nature, et deux choses qui se sont rencontrées laissent l’une sur l’autre une trace appréciable de leurs qualités respectives. C’est ainsi que le psychométre est à même de définir si exactement les états caractéristiques par lesquels a passé ou qui ont affecté l’objet soumis à son examen.
La brise qui effleure la surface du rocher,l’imprègne des caractéristiques de tous les éléments qui sont dans l’atmosphère; mais c’est la vie organique, la vie humaine en particulier, c’est-à-dire l’élément le plus élevé, le plus puissant, le plus compréhensif, qui;’im— prime le plus fortement sur les objets inanimés qui viennent à son contact.
Jedécouvris ainsi, après quel. ques semaines consacrées à l‘éducation de mon sens du toucher, que je pouvais analyser correctement les caractéristiques de tout être humain ayant récemment passé par telle chambre ou tel endroit qu’il me plai sait d’examiner; je découvris que je pouvais déter— miner avec certitude l’état mental, moral ou physique de tout individu, dont on me présentait le gant, le m011choir, etc., en un mot que je pouvais « psycho» métriser » toutes choses dans la nature, et, par le sens du toucher seulement, reconnaître leurs qualités cachées ou leurs énergies les plus secrètes.
Ce: sont là des études occultes que certes je ne \ recommanderai pas a quiconque court après le bonheur ou recherche des satisfactions. Le savoir,que j’avais acquis, souvent me remplissait d’extase par
\ AU PAYS DES ESPRITS 163 mes découvertes prodigieuses, saisissantes, suggestives.
Mais lorsqu’il entreprenait la révélation d’un caractère humain, lorsqu’il allait déterrer, .des profondeurs de la conscience intime, des secrets heureusement cachés .àLIa vue commune, la révélation presque toujours en était douloureuse; elle ne servait qu’à rendre plus évi . dentes à mon esprit navré les viles faiblesses et les .taches intérieures de la nature humaine, exagérant de façon si pénible l’acuité de mes impressions dans les milieux où je me trouvais, que j‘étais obligé d’exercer un violent contrôle sur moi-même pour pouvoir endurer les révélations qui s’imposaient à mon esprit, dans les lieux fréquentés des foules, dans les voitures publiques comme dans les rues.
Mais aux moments d’amertume, de peine, de misanthropie dont m’afili— geaient ces découvertes, se mêlaient en retour des heures d’ineffable joie. Cachés sous des dehors repous sants, il m’arrivait souvent d’apercevoirde tels tré sors de beauté, de bonté naturelles, que si, d’un côté, je n’éprouvais que du dégoût et .du découragement, de l’autre j’étais transporté d’allégresse à la découverte des plus brillantes qualités morales.
C’est cette perception intérieure qui me faisait admirer la pauvre Bohémienne et qui me décida cepen dant à m’éloigner d’elle. C’estcette perception qui, certain jour, apporta à mon sens de l’odorat un parfum .d’œillet, de la plus exquise nature. Jecherchai autour .de moi de quelle forme humaine pouvait.provenir une --si agréable émanation, mon sens intime m’assurant qu’elle devait appartenir à une nature généreuse, un .ètre de sacrifice. Jedécouvris sa source en la personne æ.«-*. '
164 L’INITIATION d’un pauvre vieux portefaix, aux vêtements usés jus qu’à la corde, qui se tenait dans un coin de la place que je traversai, attendant du travail, et dont l’aspect pouvait certes compter parmi les moins attrayants de ceux qu’on rencontre dans les rues si mêlées de la cité.
Résolu à vérifier ou à dissiper ma fantaisie, si c’en était une, j’entrai en conversation avec cet individu, et postérieurement fis plusieurs enquêtes le concer— nant. Générosité, obligeance, désintéressement, étaient les caractéristiques qu’avait apportés à mon sens spiri tuel ce pauvre paquet de haillons et de misères.
Voici ce que me dit de lui un commerçant du voisinage qui connaissait bien le vieillard : « Vous ne croiriez pas, monsieur, que ce vieux misérable là-bas a été autrefois un gentleman, et des plus fortunés. Il avait une nombreuse famille de fils et de neveux extravagants, en faveur desquels il a dé pensé si libéralement son avoir qu’il s’est réduit lui même à la plus abjecte pauvreté.
Il était si bon pour les pauvres aussi, monsieur, et il l’est encore d'ail— leurs, que, lorsqu’il a gagné un schelling, il ne peut pas le garder. Il fait aujourd’hui des commissions pour plus d’un gentleman qui s’est assis à sa table et qui le pourvoirait d'un meilleur sort s’il ne prodi guait pas à d’autres tout ce qui lui est donné.
Il ne devrait pas être en haillons, car souvent on lui donne des vêtements décents; mais il préfère s’en dépouiller pour les donner à un voisin pauvre, et il ira en gue nilles pour pouvoir encore aider sa honteuse et scélé rate famille... » Que de fois mes sens spirituels ont ainsi été em ,___. ana ,9... r _«; V ,,...... p—‘——bflr‘xflMp‘àM»sl.,p» .-..., , ._ g
AU PAYS DES ESPRITS 165 baumés de suaves parfums venant des paradis inconnus de l’âme humaine, dévoilant des vertus cachéesque le monde ignoré; mais, hélas! pour le contraire, que de fois aussi de nauséabondes exhalaisons sont venues m’assaillir dans le grand monde où petits—maîtres parfumés et dames couvertes de bijoux dissimulent sous de séduisants extérieur, la floraison, ardente autant qu’immonde, de leurs vices et de leurs passions infâmes!
J’ai rencontré dans ma carrière plusieurs personnes qui- possédaient, comme moi, cette faculté de découvrir le caractère par le sens de l’odorat, une amie chère en particulier, qui souffrait si vivement des révélations involontaires que ce don subtil lui appor— tait, qu’elle supplia ses guides spirituels d’abolir ce pou voir, d’éloigner d’elle une source de perception inté rieure qui rendait parfois intolérable son commerce journalier avec ses semblables.
Le jour où nous serons connus pour ce que nous sommes, non pas pour ce que nous semblons être, dans le royaume de la vérité et de la révélation spi rituelles, chaque créature vivante aura son numéro, et dans ce chiffre mystérieux nous découvrirons la couleur, le son, l’odeur, le toucher particuliers à chacun, nous reconnaitrons que ces qualités sont, toutes et chacune, des révélations qui contiennent le tout dans la partie.
Nous apprendrons aussi que la couleur du rayon odique qui éclaire la photosphère de tout être humain, le parfum que l’âme exhale, le mystère de l’impression produite par le contact de la main, le son qui vibreydans l’air où nous nous mou vons ou respirons, sont tous des révélations exactes
n. c-. —.'.. \ _—u - .""H \ \»\ N--.‘ar‘s.u‘c‘w ..M ..4.}.. m 166 L'INITIATION de ce que nous sommes ou de qui nous sommes; que toutes ces choses sont connues des anges, et peuvent, àquelque degré, être perçues, sinon clairement défi nies, par tout sensitif dont les perceptions spirituelles sont plus ou moins développées. Oh ! prodigieuse révélation, monde de féerique science, angélique enseignement, divine inspiration !
Quels moments heureux, bénis, j'ai vécus dans ce royaume de l’invisible, cet univers de resplendissantes vérités et d’entités spirituelles! Ces pages tomberont elles jamais sans le regard perçant d’amis spirituels! Ils verront alors comment je me débats autour de la ligne qui sépare cette période de bonheur sans mé— lange des amertumes sans nombre que le lendemain me préparait. Quelqu’un lira ces lignes, qui les ccm prendra.
Je fais appel à sa profonde, charitable affec— tion, et je crie dans ma douleur: « Pas encore! pas encore! laissez—moi m’attarder sur ce passé avant que l’épée de flammes ne vienne me chasser du paradis de ma défunte jeunesse et des premiers rayons de bonheur qu‘ait eus ma vie. » Errant sans but, mon père bien-aimé et moi, par ’des vallons boisés ou des landes désertes, nous cam ipions quelquefois, pendant toute une longue nuit, sous la voûte brillante des étoiles, à la clarté soieri— nelle d’une lune magnifique, abrités dans les ruines de quelque vieux temple, dont les vertestours, vêtues de lierre, et les arches sculptées laissaient passer la douce et pure lumière des lampes célestes; d’autres fois, nous reposions sur des bancs de gazon en com munion étroite avec l’âme de la Nature, ou bien \
AU PAYS DESESPRITS 167 étendussucun sable doré au-dessous de rocs mena— çants surplombant la mer toujours murmurante Pendant plusieurs mois bien courts, nous. vécûmes ainsi sur terre, sans en être cependant.
Il nous arrivait parfois de rester assis pendant des heures, sans. prendre: gardeà.nos livres ouverts, écoutant, l’esprit profondément absorbé, le murmure d’un ruisseau. ou le grondement d’une cascade,,mais toujours. recon.» naissant dans chaque son, dans chaque voix. de la. Natüre, depuisle soupir de la brise jusquîau,fracas du. tonnerre, l’histoire de la création. chantée par. une invisible intelligence. Jours heureux, heures de divine extase!
Combien j’aime à soulever le voile brumeux de vos souvenirs passés, à porter mon regard sur vosriants tableaux dont les radieuses réalités se sont enfuies, se sont, toutes, enfuies. à jamais ! Le professeur von Marx avait été-appelé à Londres pour affaires, et, comme il ne s’attendait pas à rester absent au delà de quelques jours, il fut convenu entre nous que je resterais à l‘auberge paisible que nous rhabitions dans une: province du Nord.
De ce point nous avions forméprojet de, partir pour entreprendre un tour dansle pays de: Galles. J’insistai pour qu’il prit avec lui. notre unique domestique, et pour qu’il me laissât entièrement jouir de ce profond repos, que rien ne troublait, et qui, j’en avais le pressentiment, devait être le dernier moment de calme et de tranquil lité que j’allais connaître sur terre. Peu de jours aprèsson départ, mon Cher père.mîé, cri vit, exprimant le désir de. me voir venir le rejoindre
,.,. L." a..: p\‘w ‘ " " ' / ' ' '" ’ —"-—-r. .. |.‘-. :sas«.,-,, W«EW ' I ' v 168 L’INITIATION à Londres. Il allait probablement être retenu dans cette ville plus longtemps qu’il ne s’y était attendu, et ne pouvait souffrir mon absence prolongée loin de lui. Le village où je résidais était très éloigné, distant de plusieurs milles du chemin de fer que l’on ne pou vait gagner que par diligence ou voiture particulière.
Je retins malplace dans une diligence qui devait partir à la nuit et correspondre avec le train du lendemain matin pour Londres. Pour tromper les heures qui me restaient a passer avant mon départ, j’entrepris une dernière promenade parmi les superbes scènes du voisinage.
Vers le soir, trois heures environ avant l’heure fixée pour monter en voiture, je m’assis sur les bords d’un torrent sinueux, coupé de rapides et de cascades miniatures, pour admirer la gloire du soleil couchant.
La rive opposée du cours d’eau était dominée par une haute falaise obstruant l’horizon de ce côté, mais au loin vers l‘occident, collines et plaines, vallées-et landes commençaient à s’empourprer de la rutilante splendeur que reflétait le ciel embrasé. Le charme apaisant de cette tranquille, admirable scène impré gnait mon, âme tout entière. Soudain, un mortel frisson, une angoisse indéfinissable me saisirent.
Le paysage environnant s’obscurcit complètement à ma vue;un sentiment inexplicable de crainte, de soli tude pénétra mon être. Je fermai les yeux et m‘appuyai contre le tronc de l’arbre sous lequel j’étais assis. Un bruit subit d’ailes secouées ébranla les airs. La sorcière, qui si souvent s’était annoncée àfmoi comme prophétesse de malheur,
AU PAYS DES ESPRITS 169 fiamboya un instant devant mes yeux. Avec un rica nement moqueur, elle s’abattit tout près de mon visage : terrible, respirant la haine, épouvantable à voir. Puis aussi, soudainement, elle s’enleva dans les airs et disparut. Quelques moments après cette dis parition du fantôme, toujours redouté quoique bien connu, une idée fixe, pressante, s’empara impérieuse ment de moi.
La lettre que le professeur von Marx m’avait remise, quelques moisauparavant, se rappelait à mon esprit avec tant de force que je ne pus résister à l’impulsion de la tirer de la doublure de ma veste où je l’avais placée pour plus de sûreté. La tenant en mains, je me misàla tourner et à la retourner, avec un sentiment tout nouveau d’ardent intérêt.
A ce mo ment, il me sembla entendre un chœur de voix criant sur tous les tous imaginables: « Lisez votre lettre! Lisez— votre—lettre— lettre! Lisez! Lisez! Lisez! » Je savais que c’était là un effet de mon imagination, et cependant ces voix semblaient bien réelles à mon oreille. Quelques-unes étaient rauques et dures, d’autres aiguës et perçantes, ou bien faibles, rap prochées, lointaines et cependant tout près.
Je me sentais sous l’influence d’un charme et me déter minai à le rompre. J’allais replacer la lettre dans ma veste, lorsque, au milieu de ces voix étranges, d’ori gine si incertaine, une voix répéta mon nom, voix sur laquelle je ne pouvais me méprendre, dont le son remuait les plus intimes profondeurs de mon être, la voix même de mon bien-aimé père adoptif, m’appelant, il me semblait, du haut de la falaise, située sur la rive opposée du torrent.
.1 70 L’INITIATION . -.AA...! v ..1 . . . . - ...\,.a- «A..w \ r\ --v-<gçs— —-Naæqrs, sapin: A .35... ..n.‘ .-, . —-Naæqrs, sapin: A .35.....n.‘ .-, . * Stupéfait, je levai la tête, dans cette direction, pour répondre à son appel perçant réitéré de « Louis, Louis! regardez en haut! J’aperçus le professeur von Marx debout, à la pointe même du rocher, s’ap puyant contre les aspérités de sa paroi, et me faisant face.
Ravi autant qu’étonné, je répondis : « Père chéri! est-ce bien vous? êtes-vous donc venu me chercher ? » Je me levai à la hâte et regardai autour de moi afin de découvrir un gué me permettant de traverser l'étroit cours d’eau et de le rejoindre, lorsque je fus de nouveau arrêté par la voix du pro— fesseur prononçant distinctement ces mots : «Ouvrez et lisez votre lettre!
La voix la plus autorisée pour vous sur terre vous l’ordonne l Obéissezà l’instant! » Accompagnant ces mots du même geste de la main, rapide, impératif, auquel je n’avais jamais désobéi, le professeur se détourna, je vis sa silhouette fuyante passer sur les hauteurs, puis se fondre dans le loin tain gris de l’horizon.
Je compris qu’il allait con tourner la colline pour traverser le torrent à un pont rustique, situé à un demi-mille au—dessous de l’en— droit où je me trouvais. Persuadé qu’il allait bientôt me rejoindre, je repris ma place contre l’arbre.
Cédant à l’injonction de cette voix toute-puissante dont je n’avais jamais encore discuté ni enfreint les comman dements, j’ouvris la lettre et lus ce qui suit : « Voilà déjà plusieurs mois, mon cher Louis, que les recherches auxquelles j’ai consacré ma courte vie me sont devenues fastidieuses par le vague, l’insuffi sance de leurs résultats. Elles enserrent mon esprit fatigué comme d’une ceinture de glace, étouffant ses ' ———-— -.. .. ’ ‘Læam—. 4.1““,äm
AU PA.YS DES ESPRITS I7I énergies, paralysant ses facultés. Le royaume d’être qui seul se. dévoile à mes pénétrantes investigations. est trop embryonnaire, trop au-dessous de l'intelli— gence perfectionnée de l’homme, pour satisfaire ses aspirations ardentes, pour être d‘un. commerce sa lubre à sa nature exaltée.
Entraîné vers des mondes d'êtres purement rudimentaires, errantàtâtons dans. le chaos de sphères, où n’habite qu’une. obscure intelligence, je suis excédé, las de vivre, déçu profon-y dément ! Lorsque je cherche de plus hauts horizons,. lorsque je. veux m’élever au-dessus de moi-même, mon âme se perd dans l’océan de l'insondable où je n’ai ni boussole pour m’orienter, ni pilote pour. me guider.
Me suis—je embrumé dans la grise aurore d‘une matinée. qui commence, et dont un soleil splen— dide viendra bientôt dissiper. tous les mystères ? ou. bien me suis—je attardé dans le crépuscule d’une journée qui finit, et dontles ombres croissantes s’épais siront en une nuit éternelle, qu’aucun rayon de lumière ne traversera jamais ? je ne saurais. dire. Je me trouve errant parmi les bancs de brouillards qui bordent une mer sans rivages.
L’an—delà est devenu pour moi un problème trop urgent, trop terrible pour que je reste plus longtemps dans l’incertitude. Il faut que je résolve ou que je périssê éternellement.
Mais. tandis que mon âme frémit sur le bord de ce gouflre qu’est l’inconnu, l’angoisse la plus poignante qu’elle éprouve n’est point pour moi—même, mais pour vous, enfant de mon. âme, pour vous à qui j’ai donné tout ce que mon cœur renferme d’amour ou d‘affection humaine! pour vous, compagnon chéri, que j’ai con
172 L‘INITIATION duit dans le même insondable abîme de mystère et d’appréhensions qui a détruit mon propre repos et presque ruiné mes sens. Penser que j’ai guidé vos pas d’enfant dans les farouches, effrayantes solitudes, dans le royaume de ténèbres où je me suis moi-même perdu, est aujourd’hui mon regret le plus amer, mon remords le plus cruel.
Mais à vous, Louis, étincelle de lumière, qui seul réchauflez, illuminez encore mon pauvre être épuisé, enchaîné, à vous, tout au moins, je puis et je veux faire réparation. Dans ce, même moment où je vous écris, je sais que ma fin approche à grands pas. Louis, je me meurs.
La mort est—elle le sommeil qui ne connaît pas de réveil, pas ' de retour, est-elle le ver de la lente corruption des ' corps, ou bien une sorte,incompréhensible pour moi, de vie continuée, de conscience prolongée ? il faut que je le sache bientôt, et je le saurai.
Ne croyez point que je veuille hâter le moment de cette re— doutable révélation par une sortie violente et lâche de cette vie, par le débarras volontaire de l’enve loppe mortelle si dure à porter. Non, je méprise trop le suicide, et ne commettrai point d’acte d'impatience irréfléchie. « En un sens seulement je puis accélérer le grand dénouement, et cela en accomplissant l’acte de répa ration que je me suis imposé.
Louis, je veux vous donner ma vie. Je suis actuellement occupé sans relâche à projeter, par un effort puissant de ma volonté, en effluves magnétiques sur vous, la vie et la force qui me font vivre. « Je sais qu’il est au pouvoir de l’adepte de pouvoir _,H.. ..‘hu..
AU PAYS DES ESPRITS 173 céder ces ondes de vie, d’envoyer, à son gré, leur reflux, vers les rivages de la vie d’un autre. « Par l’eflet de ce mystérieux transfert, ma vie deviendra vôtre, mon être s’incorporera à votre être, et lorsque je ne serai plus, la vigueur, l’épanouis sement accrus de votre noble et virile nature, le développement étendu de vos facultés spirituelles encore latentes, viendront témoigner de la réalité de cet effet.
Ma robustesse s’ajoutera à votre grâce; ma virilité puissante soutiendra votre débile jeu nesse; mon assurance fortifiera votre séduction. «_ Et cette grande, cette prodigieuse œuvre est à la veille d’être accomplie! La trame de la destinée est . presque entièrement dévidée.
L'efiort de volonté que j’exerce constamment sur vous est si puissant que vous ne pouvez pas vous apercevoir, que vous ne vous apercevrez pas de l’opération, bientôt terminée, du transfert de ma vie en vous ; que vous ne pouvez pas non plus remarquer Combien mince et ténu est devenu le fil qui rattache l’esprit qui s’en va à la forme moribonde. « A l’heure dernière où s’achèvera cette opération du transfert, mon corps sera loin de vous.
Je vous lais— serai seul pendant quelque temps, car je ne veux point que votre regard suppliant puisse me rappeler à cette vie que je hais, je neveuxpoint qu’il arrêtemon esprit, plein d’émoi, sur les bords du mystique océan dont les vagues silencieuses doivent l’ensevelir à tout jamais, à moins qu’il n’en surgisse pour venir appor ter à ta jeune existence le secours de mon âme ressus citée et de ses facultés récupérées. '. .1.>_,.» , .
174 L’INITIATION « Je te quitterai, mon bien-aimé, au cours de l’œu vre terrible de séparation. Je rassemblerai alors les fils brisés de ma vie. je les tresserai en une puissante chaîne de volonté dont je jetterai les derniers anneaux autour de ton cou, mon Louis, afin d’ancrer là mon âme libérée. Louis, je meurs pour que vous puissiez vivre. A vous je donne la flamme dela vie que j’aban donne, à vous j’apporte le souffle mystique de mon esprit.
Si l’essence de mon âme n’est pas tout entière dissipée dans l’invisible éther, si je vis de nouveau, ce sera comme partie de vous-mème.le vous lègue ma vie, alors que je puis encore projeter son ardente flamme pour illuminer le temple de votre esprit. Je vous lègue tout ce qui restera de cette flamme qui brille encore, au moment Où le souffle de la mort l’éteindra pour moi. Peut-être retient-elle encore qUelque étincelle de conscience !
Ajoutée à la vôtre propre, elle vitalisera votre organisme, renforcera, en la doublant, la viri lité de votre caractère. brûlera les écailles terrestres qui voilent vos yeux spirituels, élèvera votre âme à des sommets plus hauts que ceux que jamais mortel attei— gnit auparavant, vous emportera bien au delà de ces viles sphères d’élémentaires où ce fut notre malheur de nous égarer, vers les royaumes resplendissants, frères du soleil, Où doit habiter la cause des causes!
Sur terre, adieu, mon tant aimé! Lorsque tes yeux liront ces lignes, ton père ne sera plus. Nos âmes res teront unies par les liens mystiques d'une existence double, sinon les feux de la mienne s‘éteindront dans d'éternelles ténèbres. Ensemble avec toi ou 2rien ! FÉLIX VON MARK. »
AU PAYS DES ESPRITS 175 La lettre s’échappa de ma main inerte. Un senti— vment de poignante angoisse, de doute confus étrei— gnait ma pauvre tête éperdue.
Tel un torrent qui, débordant ses digues, précipite son irrésistible flot par les plaines qu’il submerge, A telle surgit à mon esprit la soudaine révélation du lamentable éta‘tde santé de mon ami bien—aimé; la fugitive vision qui, certain jour, à Londres, en un moment d’absence de sa part, m’avait dévoilé son réel état de décrépitude physique, me revint en mé moire; l’événement dont la possibilité épouvantaitma pensée, et qui cependant m’avait décidé à entre prendre nos excursions champêtres, s’accomplissait !
1 .Je me rendis enfin à l’affreuse réalité. Mon ami bien .aimé, celui qui pour moi était plus qu’un père, le maître de ma vie et de mon être, n’était plus ! En ce moment même où ma main froissait la lettre fatale, il devait être mort, ou plutôt il était parti, parti à jamais, et pour quel motif, grand Dieu! Mort, il était mort pour que je puisse vivre!
Quel nouveau, quel horrible mystère contenait donc cette confuse, sau vage idée d’un transfert de vie P A tout autre instant, cette pensée seule eût suffià m’absorber, à m’inspirer pour mon être dégoût et aversion —je vivais et il était mort! je vivais parce qu’il était mort! — mais, maintenant, toutes mes visions de l’occulte disparais saient devant le fait épouvantable de mon irréparable perte.
Saisi d’horreur, étourdi, privé de tout secours, j’enfouis ma tête dans mes mains, me roulai frénéti quement sur le gazon, tandis que s’exprimait en san glots étouffés, en larmes brûlantes, l’angoisse de mon
176 L’INITIATION cœur brisé. Si grande était ma détresse que je ne fus point surpris de sentir une tape amicale sur mon épaule, puis un bras s’enrouler autour de mon cou. Toute sensibilité était éteinte en moi; les cieux eus sent pu s’ouvrir sans éveiller en mon être la moindre surprise, sans affecter en rien l'intensité de mes sensa tions actuelles.
Cependant j‘entendais de nouveau sa voix, la voix pour moi la plus douce sur terre; je sentais son contact, le contact de ces lèvres par où m’avait semblé s’exhaler le souffle de ma propre vie. Je les sentis vraiment effleurer ma joue, et je l’entendis me murmurer d'un accent qui me rappelait ses mo ments de plus vive tendresse : « Ensemble avec toi pour jamais! Ne pleure plus, mon Louis. Il n'y a pas de mort.
Machinalement, je levai mes yeux pleins de larmes vers celui qui me parlait.
A la lueur d’une flamme soudaine, d’un flot radieux de lumière, j’eus, pendant une seconde, la vision de ces yeux noirs étin celants fixés sur moi, me regardant dans l’âme, puis \ un nuage de feu éclatant sembla voltiger autour de moi, une étoile brillante s’élança de la terre sur laquelle j’étais agenouillé, traversa. semblable à un météore, les airs embrasés, éblouissant de ses feux la gloire du soleil couchant, pour se perdre enfin dans les profon deurs des cieux, me laissant seul !
Lorsque je me relevai de la froide, sinistre terre, le soleil était couché, les ombres d’une nuit sans lune s‘épaississaient rapidement autour de moi. Je courus à notre villa déserte. Je savais qu’il n’était point là, qu’il n’avait pu être là. Là ou ailleurs, jamais plus il ne reviendrait. '
AU PAYS DES ESPRITS Le temps de me reconnaître et je me trouvai sur la route de Londres. Oh! le triste voyage, l’interminable nuit, et la longue pénible journée qui suivit! Les changements de route, les lentes heures du trajet ne me semblaient jamais fuir.
Quelque part sur cette longue route déserte, je laissais ma jeunesse et mon adolescence, — je les laissais derrière moi pour jamais; je revenais homme dans la brumeuse vieille cité de Londres, grâce aux brèves heures d’angoisse qui avaient mûri ma précoce virilité.
Les rues étaient glaciales, solitaires, la nuit commen çait à tomber; la pâle et terne lueur des réœrbères semblait ne me rendre que plus manifeste l’étrange, navrante tristesse qui pesait sur la ville naguère si joyeuse. ' Je me dirigeai vers ce qui avait été notre home, si peu de temps avant. Les visages, pourtant familiers, des domestiques qui me reçurent m’étaient devenus étrangers, n’étaient plus les mêmes à mes yeux.
Je ne fis pas de questions, ne prononçai aucune parole; nul ne s'adressa à moi. Il me semble maintenant me rap peler, quoique je n’y prisse point garde alors, que quel qu’un dit à voix basse, sur un ton de pitié : « C’est le pauvre jeune chevalier. Comment a-t-il pu savoir la nouvelle ? » Je montai machinalement les marches del’escalier, m’arrêtai devant la porte du salon qui nous était com mun, et tournai la clef.
Je m’éloignai cependant sans entrer, car je savais qu’il n’était point là. J‘allai vers une autre porte, marchant à pas étouffés, le cœur
a 78 L’INITIATION palpitant, avec un doigt pressé sur ma lèvre muette. J’entrai furtivement, comme quelqu’un qui craint de déranger un dormeur. Je savais que mon pas ne pou vait plus l’éveiller, qu’il dormait le sommeil qui ne connaît pas de réveil. A travers mon cerveau troublé, une prière monta : « Mon Dieu, faites que je dorme avec lui ! » Le professeur von Marx était mort.
Froide et blanche, sa forme gisait étendue, avec des lampes brûlant autour de son front de marbre et, près de ses pieds immobiles, de blanches et pâles fleurs dans ses mains plus pâles encore, un silence glacial partout.
Le professeur von Marx était mort; et cependant, dans la lugubre solitude de ce lieu solennel,j’entendais mur murer, avec l’inoubliable accent de sa voix désormais éteinte, ces douces et calmes paroles : « Ensemble avec toi pour jamais. Ne pleure plus, mon Louis. Il n’y a pas de mort l » (A suivre.)
PARTIE LITTÉRAIRE INYQÇIAÏ’IQN aux Esprits des quatre Éléments ORAISON DES ONDINS Maîtres de l’Océan et de tous les rivages, Qui tenez en pouvoir le sol mouvant des flots, Rois des cavernes, de la pluie et des nuages Que le printemps appelle aux portes des enclos,.
Vous qui venez ouvrir la source des fontaines Et fécondez l’arbuste et le chêne puissant En faisant circuler dans le réseau des veines L’eau limpide changée en leur sève et leur sang; Nous voici saluant votre pouvoir magique, Et votre voix nous parle au bruit des grandes eaux, Mais nous, vous entendrons aussi dans la musique Du murmure léger qui berce les oiseaux.
Hauteur qui reflétez l’immensité profonde, Profondeur qui vous exhalez dans la hauteur, Donnez—nous le vrai sens de la vie et du monde. Où l'échange éternel est le seul créateur; Versez dans notre cœur le flot du sacrifice Afin que, devenus plus savants et meilleurs, Pour le rachat divin des erreurs et du vice, Nous puissions vous offrir l’eau, le sang et les pleurs.
1 80 L’INITIATION 0RAISON DES GNOMES 0 vous qui sous nos pas hantez la voûte humaine, Et la faites trembler sur ses gouffres profonds, Au nom des sept flambeaux de la nuit souveraine, Conduisez-nous vers la clarté que nous rêvons. Découvrez à nos yeux fixés sur le mystère Les talismans perdus de la sainte cité, Que vous gardez cachés dans le sein de la terre Sous le sceau du silence et de l‘obscurité.
Maîtres des ouvriers nocturnes dont la tâche Est de réunir l’or des filons dispersés, Nous avons travaillé sans peur et sans relâche Avec le sûr espoir d‘être récompensés. Agrandissez nos cœurs pour les œuvres futures, Vous qui nous inspirez l’occulte et son désir, Etqui portez, régnant sur les splendeurs obscures, . Le ciel au doigt,comme une bague de saphir.
0RAISON DES SYLPHES Toi dont le souffle crée et détruit toute forme, Esprit qui vas, porté sur les ailes du vent, Ta respiration peuple l’espace énorme, La vie est comme une ombre à ton regard mouvant. Tu conduis, alternés sous un pouvoir magique, Les ombres de la nuit etles reflets du jour, Fais, avec la clarté de ton âme mystique, Pénétrer jusqu’à nous le souffle de l’amour.
Un jour, aux mouvements éternels de ce monde, Tous les errants seront par d’autres rencontrés, Et, les rêves mués en vérité profonde, Des roses pousseront aux branches des cyprès.
Comme des naufragés battus par la tempête, Nous luttons dans l’erreur et dans l’effroi du soir, Mais nos cœurs ont connu le calme qui s’apprête, Et l’aube est odorante ainsi qu’un encensoir. .Soupir profond qui fus le créateur antique, Bouche d’ombre aspirant le mystère éternel, Parles parfums, par les couleurs, par la musique, .Baptise-nous dans l'air subtil et fraternel.
INVOCA’I‘ION AUX ESPRITS DES QUATRE ÉLÉMENTS 181 0RAISON DES SALAMANDRES Éternel, incréé, père de toutes choses, Dont le char triomphant roule sur l’univers, Feu réel de l’éternité, cause des causes, . Inspire-nous les vœux qui doivent t’être offerts.
Le trône où tu t’assieds domine l‘étendue, Rien n’échappe au regard immense de tes yeux, Toute parole prononcée est entendue, Exauce—nous, toi qui te caches sous les dieux l Auprès de ta splendeur, l’étoile n’est que cendre, Tu brilles haut du ciel autant que lui de nous, Vers notre obscurité daigne faire deséendre Cette clarté dont les soleils seront jaloux.
Règne sur nous par la chaleur et la lumière, L’ombre froide est la sœur mortelle du néant, Chaque rayon surgi de la source première Crée un monde nouveau dans l’abîme béant. Nous savons que sont nés de ton pouvoir unique Les âmes, le désir, l'amour, flambeau doré, Sous la formule vaine et le symbole antique, C’est toujours toi que les hommes ont adoré.
Tous les manteaux sacrés ne sont que des suaires D’où ressuscitera la forme et le seul dieu, Et la lampe est au seuil des divers sanctuaires Comme un témoin du Culte vrai, celui du feu. GABRIÊL DE LAUTREC.
ÉCOLE SUPÉRIEURE LIBRE DES S(Œllâllltääâ8 HEBÉ‘MŒŒE& 0 Les cours de cette année ont recommencé le 5' no vembre, avec un programme riche d’espoirs et témoin des dévouements de tous, professeurs et élèves, à l'évo lution des idées spiritualistes. Le Voile d’Isz‘s donnera prochainement le résumé des cours professés à l’École.
Nous voudrions seulement constater ici la physionomie de ce groupe d'étudiants aventureux que les programmes universitaires laissent un peu dédaigneux de leur insuffisance.
Ce qui nous paraît le signe de l’heureuse destinée de l’École, c’est la fraternité vivante qui existe entre les maîtres et les disciples, la discussion (si peu contradic toire l) après le cours, l'appel des anciens élèves aux fonctions de répétiteur, et cette admirable abnégation de nos maîtres, que nous reconnaissons tous pour tels et qui ne cessent de nous répéter: «Nous sommes tous ici des étudiants, vous en savez autant quenous, vous pou vez beaucoup nous apprendre.) Dans son petit local, qui peulà peu s‘embellit et s’ac croît en richesse décorative, l’École vit comme un orga nisme jeune et bienœonstitue’ où circulent les trois cou murs de force efficace: la fo-ce naturelle que lui appor tent de l’extérieur les nouveaux élèves avec leurs idées et leurs théories, hommes de science ou philosophes; la lumière spirituelle que l’âme illuminée de nos Maîtres nous transmet et nous infuse libéralement; l’activité assidue du noyau des anciens peut représenter le lien entre ces deux forces, plus hardis pour les conversa— tions personnelles avec les maîtres et plus accesstbles à la camaraderie des nouveaux venus.
Ce système a déjà reçu une sanction officielle par l’institution des professeurs adjoints et maîtres de confé rences, dont le fonctionnement promet d’excellents
ÉCOLE SUPÉRIEURE DES SCIENCES HERMÉTIQUES »r8:3 résultats. Le maître F.-Ch. Barlet travaille, trop modes tement, à l’élaboration du programme des cours, avec son inépuisable science et son grand dévouement.
Nous avons assisté déjà à de très intéressantes cause— ries de Saturninus sur la Prophétie et Nostradamus en particulier; de Phaneg, qu’une dizaine d’années d’ex périences psychométriques rendent un véritable trésor d’observations étonnantes et un maître en la matière : de Ch.
Grolleau, qui assume la tâche ingrate de nous apprendre l’hébreu et qui nous intéresse à son cours d’une façon inespérée; d’Edgar Jégut, qui connaît non seulement le squelette de la langue sanscriie, mais on peut dire qu’if pénètre l’âme même des Védas, servi d’ail leurs par une érudition abondante; de Férard, doué d‘un esprit philosophique plein d’aperçus lumineux et qui porte une âme ardente et lucide parmi l’érudition de la Kabbale, de la Mystique et de la Théologie.
Les cours de Sédir ontun intérêt de plus en plus ample et attachant.
Non content de vous infuser fraternelle— ment la nourriture spirituelle parl’étude et la comparai son des traditions les plus lointaines, annonciatrices de la Tradition occidentale chrétienne, il veut, semble-t-il, nous mener plus avant sur le chemin de l’évolution et nous donne, savamment dosés, des conseils pratiques et expé rimentés soit pour l’équilibre dans la vie présente, soit pour l’avancement dans lavoie mystique, oupour l‘acqui— sition de‘la connaissance par le moyen des rêves et leur direction.
Le fraternel soutien que nous donne son âme, sans cesse prête à un acte de dévouement, à une parole réconfortante, est, quoique inappréciable, très apprécié. Le D' Rozier travaille énormément pour nous.
Il ap— porte une lumière de raison illuminée dans le fatras des opinions religieuses et, avec une vigueur juvénile, com ' bat l’erreur sous ses masques les plus spécieux, clarifie à nos yeux les mystères, nous montre l‘union possible et vivante des plans divers de la nature avec les plans du monde divin et l'action des entitéshumaine5,surhumaines, angéliques,dans l’universelle vie.
Que d’âmes parmi nous il a relevées, et quels horizons d'espoir il a ouverts à notre activité spirituelle! Le D“ Papus, qui a la lourde tâche de nous diriger, s'en
184 L’INITIATION acquitte avec succès et avec joie.
S’il nous entraîne vrai ment, c‘est qu’il marche et qu’il marche souvent dans le rang avec nous, nous aidantà remonter notre sac ou notre fardeau, le portant souvent à notre place, et donnant à chacun la parole de vie qui le mieux lui convient,avec ce don d’adaptation aussi rare qu’indispensable,et quisemble chez lui la connaissance profonde de l’âme de chacun, de ses attaches antérieures, de son état présent, et de l‘aboutissement possible de son évolution.
Cette année il veut nous apprendre à prier. Nous croyons que l’École vivra. ’ _ Un Elève de l‘Ecole. BIBLIOTHÈQUE La bibliothèque gratuite a commencé également son fonctionnement. L’organisation se fait petit à petit. Nous n’avons pas encore pu y transporter un grand nombre de livres. Mais cela sera fait d'ici une semaine ou deux. Déjà un employé se tient tous les jours. de 2 heures à 5heures, au troisième étage, 4, rue de Savoie.
LE MÉDIUM LAY-FONV‘IELLE Et le Capitaine de France Un grand journal du matin, voulant tenir ses lecteurs au courant des rapports du monde visible et du monde invisible, eut l’idée de consulter, à propos de la dispari tion du capitaine de France, trois sujets: un médium (Mmu Lay«Fonvielle), une somnambule et une tireuse de cartes.
Le médium affirma que le capitaine était mort d’acci dent, la somnambule dit qu’il avait été assassiné et la tireuse de cartes qu'il était prisonnier et gardé comme otage(l).
BIBLIOGRAPHIE I 85 W:-m D’après des rapports très dignes de foi, la famille du disparu s’attacha principalement aux dires du médium qui fournit alors les détails les plus circonstanciés sur la disparition. L’esprit Julia indiqua exactement le trajet suivi par l‘officier, les chemins parcourus, le tunnel traversé et l’endroit où la chute s’était produite et où le corps du malheureux avait été précipité dans le vide.
Grâce à ces indications, la famille put préciser les recherches à faire et le corps fut retrouvé à côté d’un torrent et [orné des bijoux décrits {par le médium. Le portefeuille était intact ainsi que l’argent dont l'officier était en possession. Voilà un nouveau fait de lucidité très net, qui exclut presque complètement la suggestion mentale et qui met un fleuron de plus à la couronne de la petite Julia ainsi que de son médium.
Aussi sommes—nous heureux d’en faire part à nos lec teurs. P. Exanaouaae'aan Je m’accuse, par 'LÉON BLOY, édition de la Maison d’Art. -— 3 fr.
50. — Tels les prophètes sacrés clamèrent aux douze tribus l’ignominie des temps et l’abjection d'lsraël. tel l’homme, qui seul peut-être en une génération décrépite mérite le nom _de juste, hurle à la théorie boiteuse des aèdes perdus l’abomination blasphématriçe d’une époque résumée toute en le naturalisme matériau} liste.
Car c’est bien un prophète que ce Léon Bloy, pro phète et martyr du Verbe divin, l’éternel vraijDieu, seul et nécessaire inspirateur de tout art et de toute beauté. Je ne pense point connaître d’épopée plus merveilleuse que celle de cet homme, harcelé, honni, calomnie’ par la tourbe. C’est là proprement un mystique, et sa vie de dénûment est bien d’un serviteur de ce Christ, 41 qui
1‘86 L'INITIATION n’eut pas même une pierre pour reposer sa tête ). Ceux qu’étonnent ses perpétuelles imprécations se rappellent que Dieu n'est point seulement un Dieu de bonté mais aussi le Dieu de justice; ceci parce que cela, car la justice est l’absolue condition pour que la bonté, se réa lise, embrassant et rédimant la totalité des hommes.
Ce n’est point l‘a un mystère accessible aux seuls croyants, et la réflexion intellectuelle le rend faciîement expliqué. Léon Bloy eut la conception, qui sera celle des âges prochains, de l’égalité, de l’identité, dirais—je, de la Beauté et de Dieu, si l’on peut prétendre en quelque manière que le corps soit égal et identique essentielle ment à l’Esprit.
C’est pourquoi, de son même fouet rude et hérissé de clous, il châtie les contempteurs de Dieu et ceux duVerbe, de la Parole née divine etdivine demeurée.
« Arrière marchands et larrons qui souillez de vos cris et de vos controverses le parvis sacré du temple. » « Si la France est maudite, rejetée de Dieu, gisante» sous les pieds des peuples, si c’est bien cela qu’il faut entendre, alors qu’elle crève une bonne fois et que tout finisse, et que la planète,privée de son âme, roule comme une chose morte dans l’immensité! » Si l’on est surpris de la crudité et de la cruauté de cette langue, je ferai penser que les-prêches anciens ne ména geaient point les oreilles des auditeurs.
L’indignation ne s’exprime point en termes mesurés. Les fonctions vi— tales se répercutent sur la langue. Tous les gestes de l’in— dividu ne sont point conformes à l’élégance parfaite des canons esthétiques. Ainsi de. son verbe. Pourtant l‘un et l'autre participent à la source constante de l’énergie : la vie, objet unique de l’Art.
L’éducation bâtarde de trois siècles imposa au génie français le culte, de la perfidie, cet esprit voltairien doux à l‘ouïe un peu pudique .de. M. Bonhomet. Les œuvres même des mystiques d'antan, Où déborde un flux immensede vie et d’amour, empruntent aux actes lesyplus ordinaires de l’existence des images, certes peu. conformes à notre goût édulcoré.
Ce n’est point, d’ailleurs, un parterre.de fleurs.où les. disciples du naturalisme jardiniers des grâces arrosant de l’eau distillée de leur langage la corolle;immaculée de.
BIBLIOGRAPHIE '1 87 leurs pensers. Et le système actuel sentira cette fois le =coup formidable que l’Interprète des jeunes porte à son crédit fait d’erreur et d’absurdite’. Ce volume fait bien augurer de la fortune de la « Mai son d’Art », et son directeur, Paul Redonnel, en son catalogue et l’annonce de la nouvelle revue les Partisans ' présàgepour la joie des lettrés comme un renouveau vdîart, de littérature et d’esthétisme. * R.
SAINTE-MARIE. ‘M. Lucien Bodin, libraire,«;ÿ5,quai des Grands-Augus 'tins, possède quelques exemplaires de l’ouvrage (épuisé) de M. Magon de Grandselve, les Rois devant le destin, au prix de 3'f'r. 50. Ceux de vos lecteurs qui le désire '*raient peuvent s’adresser à lui directement. L’Écho du Magnétisme, à Nice. Nous signalons avec "plaisir à nos lecteurs la naissance de notre confrère et le recommandons spécialement.
La compétence et le dévouement aux idées spiritualistes de son rédacteur en chef, M. Pierre T—ergan, sont bien connus et n’ont nul besoin d'éloges.
Extrait du journal la Revue spirite '(n° Il, novem "bt'6 rgoo). -— Après l’histoire des religions, nous avons as:isté au Congrès spirite et spiritualisœ qui a fourni de très nombreux travaux dans ses cinq sections, savoir: 10 sectionspirite; ;°section hermétique; 30-section théo .sophique; 4° section magnétique; et5° section des spiri tualistes'indépendants.
'D’aurres rédacteurs parleront certainement dans la Revue de ces diverses sections 21 un point devue tout 'spéciàl. Pour nous, nous nous bornerons à donner de simplesnotes très générales, mais synthétiques.
Disons, tout d’abord, que le secrétaire général du “Congrès, le Dr Encausse (Papus), s’est multiplié, qu’il a 't‘épon'du'à tous ceux qui ont eu affaire'à lui avec beau coup d’aménité, de tact et parfois d’esprit et que dans les diverses sections dans lesquelles il a fait des communi cations, plus particulièrement dans celle d’hermétisme, il a vivement intéressé les congressistes.
188 L’INITIATION g Les travaux présentés par M. Barlet, surtout la sociologie d’après l’occultisme, ont été très remarqués. Le conférencier exposait ses aperçus avec une modestie et un savoir très réel, sans bruit, sans tapage, sans emphase, il parlait pour apprendre et pour instruire, et non pour s'attirer les applaudissements de son auditoire très instruit; il a prouvé, en maintes circonstances, ce que nous venons de dire.
M. Sédir a également fait preuve d’autant de modestie que d’érudition. Aussi c’était un vrai régal pour les intellectuels d’entendre les vues etles aperçus originaux si admirablement développés par le jeune occultiste et par les maîtres de l’occultisme contemporain.
Si nous nous reportons au Congrès de 1889, où nous avons présidé(un peu malgré nous) tant de séances, nous sommes heureux de constaterl’énorme progrès accompli par l‘école hermétiste : elle existait à peine alors, et aujourd’hui elle est très certainement à la tête du mou vement scientifique contemporain.
Dans quelques années, dans moins d’un siècle certai nement, tous les savants de bonne foi seront bien obligés de reconnaître que la plupart des grands progrès scien tifiques sont dus incontestablement aux écoles spiritua listes de la fin du x1x° siècle.
De tous les divers congrès auxquels il nous aété donné d'assister, c’est très certainement le congrès spirite et spiritualiste,surtout les sections hermétiques, qui ont remué le plus d’idées transcendantales; aussi pouvons nous nous écrier : Honneur aux pionniers spiritualistes, honneur aux Barlet, aux Papus, aux Sédir, aux Lejay, aux Castellot, en un mot aux rénovateurs de l'antique science, du vieil hermétisme.
Nous ne saurions aussi oublier, dans l’éloge qui pré— cède, le nom du Dr Rozier qui nous aentretenu du catho licisme ou mieux du christianisme en termes tels que son auditoire buvait littéralement ses paroles et semblait partager entièrement les convictions sincères de l’orateur. Honneur donc au savant modeste qui, indépendam ment de son discours,a répondu à une foule de questions posées et y a répondu avec la science d’un maître véri— table.
BIBLIOGRAPHIE 1 89 Du Mercure de France,sous la signature de M. Charles Merki : « Du prince Bojidar Karageorgevitch, les Notes sur l’1nde, publiées par la librairie Calmann, sont un beau livre d’impressions, et par petites touches et nota tions précises, le récit d’un promeneur qu’on reconnaît de suite épris d‘art, de couleur et de pittoresque. —C’est surtout l’lnde traditionnelle qu’on retrouvera ici, l’Inde des temples et des palais fabuleux, des tombeaux de marbre dont les fenêtres voilées de pierres à jour laissent flotter une lumière d’or sur le cénotaphe orné de lettres enlacées, et des mosquées, mirant leur blancheur dans des bassins de grès rose et dre’ssant leurs minarets et leurs coupoles dans le mauve et le bleu.du ciel.
C’est l’Inde des végétations de féerie, des Fakirs et des Bra h manes, des Radjahs dépossédés auxquels l’Angleterre n’a laissé qu’une ombre de pouvoir; des temples d’Ellora et dela montagne de Satrunji, de Shiringham et de Madura; c’est les mosquées d’Ahmedhabad et les ruines de Gol Condé, à côté des jolis coins de Kandy et de Chanderna gor; c’est Bénarès avec le Gange sacré où flottent des ca davres que dépècent les oiseaux de proie, la berge des bûchers, les escaliers prodigieux, les palais et les temples roses, aux toitures d’or,qui viennent baigner dans l'eau ; Darjeeling avec une courte vision du Thibet, les mauso lées d‘Allahabad, la forteresse merveilleuse, les temples et les palais de Qwalior: Agra, le Tadj-Mahal, et les palais d’Akbar et de Jehangir-Shah; l’Himalaya, les ruines de Delhi et de Lahore, puis les confins des Indes vers l’Afghanistan et le Tchitral — où les troupes anglaises firent de si piètre besogne — parmi des pèlerinages, des aspects de rues et de bazars chauds de tons, vibrants de soleil, au tapage des musettes, des tam-tam et des clo _ches, à travers des foules pullulan1es, venant faire leurs ablutions dans des viviers d'eau croupie et vénérant des Vichnous et les lingams couronnés de fleurs.—— Les fleurs, au reste, elles sont partout, semble-t-il, aux Indes ; elles enguirlandent les idoles, les passants, les convives, sont apportées par brassées dans les temples, jonchent les pa vés et les rues; elles embaument jusqu’aux wagons dont on garnir de fleurs de liège, d’amaryllis et de roses du Bengale les coussins et les rainures des croisées ouverte\
1 90 L'INITIATION — elles embaument la mort de l’Inde, car la peste con tinue à désoler Bombay et sur cette terre d’une fécondité prodigieuse lesfamine-camps regorgent de milliers d'êtres qu’on ne sait ni soigner ni nourrir, squelettes vivants, re croquevillés, grelottant de fièvre sur des bouts de cou— vertures, que vous montre ce livre dans une peinture affreuse après la beauté des décors, et dont la plainte lamentable vient dénoncer une fois de plus l’incurie hon teuse, la cruauté systématique et les spoliations des con— quérants. — Les Notes sur l’Inde, écrites avec soin, sont accompagnées de quelques photographies de monuments, convenablement reproduites.
Nous adressons nos félicitations et nos remerciements aux Annales des Sciences psychiques, à l'Écho du Mer veilleux, à la Revue spirite, pour leurs intéressantes études spiritualistes. -«-“W.Æ" .A ’.-..,— , Signalons aussi l’apparition d’une nouvelle reyue, les Partisans, 23, rue de Vaugirard, bimensuelle, qui con sacre, à côté d’articles de haute littérature et d’ardente polémique esthétique, une rubrique àl’occultisme et qui nous promet des études de JollivetCastelot sur l‘Alchimie et l’Ésotérisme, du Dr Rozier sur la Haute Magie, de Paul Redonne! sur la Sorcellerie, de R.
Sainte-Marie sur la Mystique. De ce dernier, un article dans le nu I, surl’Art mystique, qui est vraiment remarquable par sa hauteur de pensée, sa conviction, sa connaissance de la question, son style imagé et alerte. Bonne chance aux nouveaux venus! S ''"t'W2wAH 1-1"
L’INITIATION I 9 r QUESTIONS ET RÉPONSES En calculant géocentriquement, à quelle époque Mars sera-t—il dans le signe du Lion et Saturne dans celui du Verseau ? —-Saturne dansle Sagittaire (idem) et dans les Poissons ? SATURNINUS. , Le Gérant: ENCAUSSE. TOURS. — in». a, ARRAUL‘l‘ x'r d',n 6, RUE DE u.raérzcrmn. ,p
L’INITIATION REVUE PHILOSOPHIQUE DES HAUTES ETUDES Publiée sous la direction de PAPU8 /. 11} O. >1< 14‘ ANNÉE. —— MENSUELLE.— 100 PAGES. — 60 RÊDACTEURS ABONNEMENTS Un an (France), lOfr. — Union postale, 12fr. Le numéro, 1 fr. Envoi d’un numéro spécimen sur demande afl'ranchie adressée à l’Administration, 4, rue de Savoie, Paris. LA THÉRAPEUTIQUE INTÉGRALE REVUE MENSUELLE Consacrée à l’étude de la MÉDECINE HERMÉTIQUE Publiée sous la direction du Dr Gérard ENCAUSSE ABONNEMENTS France, 2 francs par an. — Étranger, 3francs ADMINISTRATION ; 4, RUE DE SAVOIE, 4, PARIS
r Notre autonomie administrative Nous sommes heureux d’annoncer à nos lecteurs que l’Initiation a repris son autonomie administrative à dater du 15 septembre 1900, et que l’Administration est transférée au n° 4, rue de Savoie, où un employé spé cial se tiendra à la disposition des lecteurs tous les jours, de 2 heures à 5 heures, excepté le dimanche. L’Initialion continuera ainsi à conserver son carac tère exclusivement doctrinal en évitant, comme par le passe, de se mêler de toute affaire commerciale. Nous prions donc nos amis qui auraient quelque réclamation à faire, ou quelques idées à nous sou mettre, de nous écrire au n° 4, rue de Sarde, Paris (6°), ou de venir nous y rendre visite le lundi, de 5 heures à 7 heures. - Le Directeur de l’ « Initiation », PAPUS.
BIBLIOTHÈQUE DE PROPAGANDE OCCULTISTE Publiée sous la direction de l‘Ordre Martiniste l MMINT Il Illllllll L'ÊTRE HUMAIN ? Le Corps — L’Astral — L’Esprit et leurs correspondances Les Auras humaines — Clef des Constitutions à. neuf, sept et cinq éléments PAR Le Docteur PAPUS DIRECTEUR DE L‘ÉCOLE SUPÉRIEURE LIBRE DES SCIENCES HERMETIQUES OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE Petit résumé entièrement inédit, avec 3 tableaux et 20 figures PRIX: 25 CENTIMES PA RIS ÉDITION DE L’INITIA T10N CHAMUEL, ÉDITEUB 5, RUE DE SAVOIE, 5 1900 mm“ -”’—‘.Ms.& ’ j
’ ËNII®NJ ÏDÈAMSTE ÿmmsrur Notes and Querz‘es, S. M. Gould, à Manchester (N. H.) U. S. A. Frie 0rd, A. Sabro à Christiania (Norvège). Nordisk Frimurer-Titenda, Alb. Lange, à Christiania (Norvège). Die Religion des Geistes, Fertung, Herrengasse, 68, Budapest (Hongrie). Nuova Lux, 82, via Castro Pretorio, à Rome (Italie). Lug astral, 6, passage Sarmiento, à Buenos-Ayres. (République Argentine). L’Initiation, 87, Boulevard Montmorency, Paris. El-Hadirah, 19, rue de la Kasbah, Tunis. Journal du Magnétisme, 23, rue Saint—Merri. Paris.IW
Louis-Blaude de SAINT-MARTIN TABLEAU NATUREL @es rapports qui existent entre @ieu, l’ÿamme et l’@nivers Réédition publiée par l’Ordre Martiniste absolument conforme à l’original et comprenant 22 chapitres correspondant aux arcanes du Tarot. Préface de PAPUS PRIX : 5 FRANCS PARIS CHAMUEL, ÈDITEUB 5, RUE DE SAVOIE, 5 Tours. -— Imp. E. Arrault et 0° MM.#,m &!n m