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'Ï‘Initiation Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÊE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS I i! 0. K4 Docteur en médecine ——Docteur en kabbale p 48“” VOLUME. — 13““ ANNÉE SOMMAIRE DU N° 12(Septembre 1900) .__ ,‘—.— PARTIE INITIATIQUE Le Congrès de psychologze et les spiritualisles. Papas. (p. 193 à 199) We Congrès international de psychologie. . . . X***" (9- 93 à 209) PARTIE PHILOSOPHIQUE L’occulle à l’Expositîon. . . . . . . . . . . .
' . Tidianeuq 2:: (p. 2[0 à 218) La grande Société secrète chinoise (suite). . . . Aurès Mundus (p. 219 à 232) Révélation de l’Autorité Testimoniale (suite). . Marcel Jollet. (p. 232 à 265) PARTIE LITTÉRAIRE Le Talisman . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . G. de Lautrec. (p. 266 à 268) Épopée Française. — Curieuse Histoire. — Bibliographie. — Revue des Revues. — Un médium à incarnation.
Tout ce qui concerne la Rédaction et les Echanges doit être adressé 87, boulevard Montmorency, à Paris.;Téléphone — 690-50 Administration et abonnements : 3. rue de Savoie. PARIS TÉLÉPHONE — 232 57 Le Numéro : UN FRANC. -— Un An: DIX FRANCS _." _
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les eflorts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des ' expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l'1nitiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l'arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de I’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s'adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux leCtrices ces arides questions d'une manière qu‘elles savent toujours apprécier.
' L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d‘existence. -— Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
L’Ïnitiatt‘0n du 15 Septembre 1900 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l'1m‘iiation [0 PARTIE INITIATIQUE AMO — F. CH. BARLET, S.'. I.'.;‘\' -— GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.'. 1.233 — JULIEN LEJAY, S.'. I.'. ,\3 —— ÉMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) -— LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD, Su. I.'. — PAPUS, S.'. I.'. {Q — SEDIR, S.'. I.'. — SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. -— AMELINEAU. — ALEPH. — AMARAVELLA. — D“ BARADUC. —- SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 30' — BLITZ. — BOJANOV.— BORNIA PIÉTRO. — J. BRICAUD. -— JACQUES BRIEU. - CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — A. ERNY. — FABRE DES ESSARTS. —- L. ESQUIEU. — DELÉZINIER. — JULES GIRAUD. — D“ FERRAN. — L. GOURMAND. — L.
HUTCHINSON. —— JOLLIVET CASTELOT. — E. LEFÉBURE. —' L. LE LEU. -— L. LEMERLE. — LECOMTE. —— NAPOLÉON NEY. — Gle C. N0EL. — HORACE PELLETIER —— G. POIREL. — QUESTOR VITŒ. — RAYMOND.—D' ROZIER.— L. SATURNINUS. - D‘" SOURBECK . — THOMASSIN. —TIDIANEUQ. —— G. Vrroux. — YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG.— JEAN DELVILLE. r— ESTRELLA. —— E. GOU DEAU. — MANOE‘L DE GRANDFORD. -— L.
HENNIQUE. — GABRIEL DE LAUTREC. — JULES LERMINA. —— JULES DE MARTHOLD. — CA— TULLE MENDÈS. — GEORGE MONTIÈRE. —LEON RIOTOR. — SAINT FARGEAU. -— ROBERT SÇHEFFER. — EMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POESIE G. ARMELIN. — CH. DUBOURG. — RODOLPHE DAR2ENS. —JEAN DELVILLE. -— YVAN DIETSCHINE. — E. GIGLEUX. — CH GROLLEAU. -—-— MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. —- EDMOND PILON. — J. DE TALLENAY. — ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
L’Ïnifiation du 15 Septembre 1900 L’IN ITIATIO N (m’Ë’T’ËLNËs’ŒN’S DIRECTION ADMINISTRATION 87, boulevard Montmorency, TtLtruuu: — 232-37 TÉLÉPHONE — tan-50 ABONNEMENTS PARIS—A UTEUIL PUBLICITÉ : VENTE AU NUMÉRO D1nncn:un : PAPU S 3 Rue de Savoie Duu:cnua ADJOINT : Lueien MAUCHBL ' Rédacteur en chef: PARIS F.-Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction : FRANCE; un 811l0 1r .1. LEJAY — PAUL atone ÉTRANGER, — 12 tr.
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Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. L’Initial‘ion est l’organe officiel des centres suivants : Groupe Esotérique. —- Ordre martiniste. -— École supé rieure libre des Sciences hermétiques. — Ordre Kabbalisti ne de la Rose-Crorx. — Union Idéaliste Universelle. — . T. L. (section française).
GROUPE IIIIEI’EIDAIT D'ÉTUDES ESII'IEIIIIJIIES 1,600 Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes d'Études fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. Pour tous renseignements, s’adresserparlettreà M. PaulSÉDIR, directeur adjoint, 4., rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. (Reçoit le mardi de 5 à 7 heures).
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PARTIE INITIATIÔUEfl Cette partie est réservée à l‘exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) Le Congrès de Psychologie ET LES SPIRITUALISTES Les spiritualistes, unis en un unique faisceau, vien nent de livrer leur premier combat en bataille rangée, à la Science matérialiste et, du premier coup, les résul tats acquis ont été plus que satisfaisants.
La rencontre s’est passée au Congrès de Psychologie et, bien que can tonnée sur le terrain des idées, elle n’en a pas moins constitué un véritable combat sur le plan intellectuel. Jusqu’à présent, les spiritualistes avaient été systé matiquement exclus de tous les congrès officiels, en tant que collectivité. individuellement les auteurs pou vaient, s’ils avaient les titres suffisants, prendre part aux discussions; mais c’était tout.
Un savant français représentant véritable de la loyauté de la science de vant le phénomène, quel qu’il soit, le professeur Ch. Richet, fut un des facteurs principaux de l’ouverture du Congrès de Psychologie àtous les chercheurs. sans distinction. Par son acte courageux, il a mérité l’ad miration et l’estime de tous.
194 L’INITIATION L’admission obtenue, il fallait organiser la bataille. Là nous avons un autre nom à citer, celui del’ami Bou— very. En 1889, on lui dutl'union qui futla cause du suc cès du Congrès; cette année, c‘est à ses efforts que nous sommes redevables du premier groupement des hom— mes de toutes les écoles spiritualistes qui étaient char gés d’organiser les colonnes d’assaut.
Car il ne faut pas se dissimuler qu’il fallait donner un assaut sérieux à la forteressedumatérialismedanscedomainedelapsycho logie où il se proposait de régner en maître, après avoir chassé desonsanctuairetoutel’anciennemétaphysique. Aussi tout le monde se mit—il de grand cœur à l’ou— vrage en organisant le plan de combat, d’après les probabilités les plus sérieuses. , Il fallait éviter deux manœuvres probables.
D’abord l’étouffement des communications des spiritualistes par l’absence de discussion, ou l’enterrement de ces communications dans une sous-section sans public. Pour parer au premier cas, les diversesécoles dési gnèrent leurs orateurs: les spirites ont délégué Delanne et Léon Denis ; les théosophes: le Dr Pascal et Cha terii ; les occultistes, votre serviteur.
C’étaitlà la por tion offensive ayant pour instruction d’interrompî‘e le plus possible, d’éviter tout étranglement des discus— sions et de faire tous ses efiorts pour mettre les adver— saires assez en colère pour les amener à une grosse discussion. Le but fut complètement atteint. Cela nous dispense de recourir à notre seconde or ganisation : celle du public.
Du côté des spirites : ’Bouvery, Auzanneau et quelques autres; du côté des occultistes, cinquante martinistes délégués spéciale
CONGRÈS DE PSYCHOLOGIE 195 ment formaient une réserve compacte destinée à ahurir légèrement le bureau s’il avait fallu émettre un vote quelconque. Enfin toutes nos dispositions étaient également prises pour faire appel à la presse quoti— dienne'si cela avait été nécessaire.
Nos personnalités disparaissaientcomme nos écoles devant le but à atteindre et nous pensons que voilà le vrai moyen de montrer comment nous sommes tous prêts à nous unir quand cela est nécessaire, non pas en théorie, mais bien pratiquement. Enfin il ne faut parler d’un concours inattendu au tant que piquant : celui des ecclésiastiques.
Quand, dans le cours de la discussion, on en vint à parler de la possibilité de l’existence dans l’homme d’un élément autre que la matière, etque cette idée fut défendue avec énergie par tous, les spiritualistes pré— sents, MM. les ecclésiastiques, professeurs de philoso phie pour la plupart, furent bien obligés de marcher avec ceux qu’ils considèrent comme une bande de dé— moniaques. Le contraste était assez piquant.
Telle était notre organisation avec l’appui inattendu de ces auxiliaires, aussi étonnés de marcher dans notre sens que nous de les voir marcher à nos côtés, voyons maintenant les phases du combat. * 1‘! ' On nous avait groupés avec les hypnotiseurs dans une section n° 5 dénommée: « Hypnotisme et Ques tions connexes » sous la présidence du professeur Bernheim, de Nancy, à la courtoisie duquel nous nous plaisons à rendre hommage.
196 L'INITIATION Les élèves de Bernheim, groupés autour de leur maître, espéraient bien que la question « Hypno tisme » aurait le pas sur celle des « Questions con nexes » et c’est le contraire qui a eu lieu.
Dans son discours d’inauguration. le P' Bernheim commence le feu en déclarant « que le moment est venu de passer de la phase d‘obscurité occultiste à celle de la lumière positiviste et qu’après les ânonne— ments du Magnétisme, l'Hypnotisme devenait enfin une vraie science ».
Tel est le sens général de ce dis cours. appuyé sur les redites habituelles que de même que la Chimie est venue des obscurités de l’Alchimie, de même l’Hypnotisme se crée en lais sant de côté toutes les jongleries des magnétiseurs.
Nous ne dirons pas aux lecteurs de cette revue que l’Alchimie constitue la philosophie de la chimie à laquelle reviennent tous les chimistes contemporains, et que le Magnétisme est toujours le tuteur de l’Hyp— notisme et de ses petits bégaiements.
Mais nous étions fixés: ces messieurs du Congrès psycholo gique ne connaissaient rien à nos questions, n’avaient étudié ni nos théories. ni nos expériences, alors que nous connaissions les leurs : la partie était trop belle pour la laisser échapper. Aussi dès le discours pro— noncé, nous avons commencé l’attaque. De plus, la chance nous a favorisés. L’ordre alphabétique faisait succéder les communications de MM. Delanne, Denis et du Dr Encausse.
Nous avons pu ainsi accentuer la portée de nos coups. Nos adversaires firent tous leurs efforts pour fuir les « questions annexes »et pour revenir à « l'Hypnotisme, » mais ce fut en vain.
CONGRÈS DE PSYCHOLOGIE 197 En dehors de notre section, une séance générale fut consacrée à ces études dans l'après-midi de mer— credi. Après une communication étincelante d’esprit du Pr Flournoy, de Genève, sur les médiums, et un discours remarquable en tous points du Pr Richet, M. Myers et d’autres orateurs ne traitèrent plus que de faits spirites, au grand désespoir des pontifes épouvan tés.
Ces derniers, ne se souciant pas d’intervenir dans le combat d'une manière ouverte, déléguèrent un jeune docteur de Nancy 'en le chargeant de remettre tous cesgêneurs en place au nom de la Science (avec un grand S). Ce fut la joie dujeudi matin.
Profitant d’une très savante communication du D“ Joire, de Lille, ce jeune médecin que je ne nom merai pas pour ne pas effaroucher sa modestie, fit une virulente sortie débutant par cet aphorisme exquis :'«- En dehors de ma communication et de celle du P' Bernheim, je n'ai rien entendu de scien tifique dans cette section.
Il s’en prit ensuite aux orga— nisateurs du Congrès, tous professeurs, qui avaient osé recevoir ces communications sans le consulter, lui, simple docteur et congressiste comme noustous. Les règlements, qu'on nous appliquait strictement, n'autorisaient les réponses que pendant trois mi nutes. Au nom de la « Science », l’interrupteur parla plus de vingt-cinq minutes sur le même ton. Cela nous était du reste indifférent, car notre but était atteint.
Nous les avions mis en colère et, ne pouvant s’élever contre la certitude des faits, ils s’écriaient : « Mais faites donc venir un esprit sur le bureau », à quoi Léon Denis leur répondit justement : « Faites m. ‘-.=. .—-w- . .va
r,g»8 L'INITIATION donc d’abord venir un cumulus devant la troisième fenêtre à gauche. » Les faits sont du même ordre. Enfin arrive la dernière séance de la section, le samedi matin. Notre section était la seule où environ :00 à 150 congressistes étaient réunis. En faisant un tour dans les autres sections, j’ai vu seulement de 15 à 20 personnes dans chacune d’elles. Notre succès stratégique était donc complet.
Une discussion s’engage où nous intervenons tous et qui avait pour objet de refuser dans le prochain Congrès la parole aux spiritualistes. L’intolérance et le sectarisme de ces pseudo-savants se sentant accule's au désastre de leur théorie favorite, sont si grands que ce sont les prêtres cdmme le P. Bulliot qui, au nom de la liberté de pensée, protestent avec énergie contre de telles tendances.
Nos adversaires ne pouvaient pas nous donner une plus belle récompense de nos efforts et cette consécra tion de notre succès dans le Congrès a été accueillie par les bravos de la grande majorité de l’assis tance. Enfin arrivent les « communications » vraiment scientifiques.
L’une d’elles s’appuie sur une hypothèse gratuite: « l’existence de communications directes entre les neurones », l’autreprésentée comme une nou veauté est l’adaptation d’un système de traitement par les attitudes employé par les Chinois à l’époque de Pythagore, c’est-à—dire vers 500 avant Jésus-Christ. Cela nous rajeunit. Du reste, MM. les hypnotiseurs ne sont pas pro— digues plus que les psychologues de découvertes 1
cononEs DE PSYCHOLOGIE 199 neuves.
Ces derniers sont tout heureux d’avoir cons taté l’existence d’une conscience sociale collective et de consciences d’êtres collectifs,comme la foule,la ru meur publique, etc. Si ces messieurs se donnaient la peine d’étudier la véritable histoire de l’antiquité, ils apprendraient avec stupéfaction que ces idées, soi-disant neuves, sont celles de l’Égrégore et de ses analogues, enseignées dans tous les centres initiatiques depuis des siècles.
Je me réserve de leur apporter des bouquins du xvn°siècle où tout cela est exposé avec détails. Cela prouve encore une fois que tout dans cette exposition a été fait en vue de triompher du positi visme matérialiste et que tout tournera à sa confusion. En attendant notre Congrès, nous sommesheureux d'avoir livré notre première bataille chez des adver saires de cette valeur. PAPUS.
IVE congrès internatlonal de Psychologie PARIS 1900 RÉSUMÉ Qu’est-ce qu’un médium? — La fraude, les impressions emottves, l’action des assistants. — Diflîculté du contrôle vrai et scientifique. -.gvI-’
200 > L’INITIATION r -—-.q Les méthodes actuellement employées : contrôle par les assistants qui tiennent le médium. — Photographies au magnésium. —Surveillance par certains opérateurs des faits produits. — Caractère aléatoire de toute méthode qui fait appel aux sens humains. — Nécessité d'une méthode purement mécanique.
Le Contrôle électrique substitué au contrôle humain. — Les appareils à contacts multiples et le chronographe enrégistreur. — Tables, fauteuils et installations générales d'un laboratoire consacré à ces études. Massmuas, Le xx° siècle semble devoir être caractérisé par l’étude spéciale de forces psychiques qui appelleront les recherches autant que les forces physiques les ont sollicitées pendant le siècle qui s’achève.
Les forces physiques sont généralement produites par des appareils mécaniques et peuvent être contrôlées de même. Les forces psychiques, au contraire, nous paraissent nécessiter, pour leur manifestation, la présence d'un être humain, sujet ou médium, et, jusqu’à présent, les sens humains ont eu la plus grande part dans le contrôle des phénomènes produits.
Or, comme tout être humain, le médium est sujet à subir l'influence de mobiles divers qui peuvent influencer les résultats définitifs. . L’amour-propre, le besoin de faire parler de lui, l’appât du gain et d’autres mobiles du même ordre, poussent insensiblement le sujet à la fraude intermit— tente on continue, à tel point qu’aucun expérimen tateur ne peut être scientifiquement sûr d’échapper à cette cruelle épreuve et que ceux—là seuls, qui
CONGRÈS DE PSYCHOLOGIE 201 n’expérimentent pas et qui se contentent de critiquer, sont à l’abri de cette éventualité. A côté des émotions du sujet, il faut aussi tenir compte de celles des expérimentateurs et des assistants, et l’opérateur peut Laboratoire pour l’étude des médiums. être amené à s’occuper davantage de l’esthétique du sujet que des effets produits, cela m’est apparu bien souvent dans mes enquêtes de critique de cer tains faits présentés comme de grandes découvertes. Toutes ces considérations m’ont amené à recher cher un mode de contrôle mécanique, enlevant aux assistants la nécessité de tenir chacun un membre du \ médium et rendant a ce dernier une liberté de . . .E.. ,... .u..
202 L’INITIATION mouvements qui peut lui être très utile. On pourra, du reste, pour les études personnelles, conserver cette ancienne méthode qui ne saurait avoir la précision nécessaire à toute recherche faite d’après les habitudes des laboratoires actuels. Tant que l’étude des forces psychiques a été locali Planchette à contacts pour les mains. sée dans les fraternités initiatiques, les procédés de contrôle mécanique étaient inutiles et ils le devien— dront plus tard. Mais, comme nous croyons utile à la défense de nos idées concernant la survivance de la personnalité humaine après la mort physique de per— mettre aux savants (car nous ne savons rien nous même) de vérifier l’existence de ces forces que nous étudions depuis plusieurs années, nous nous efforce— -—- -.4A.-. -4 u: ‘ I
CONGRÈS DE PSYCHOLOGIE 203 tous de poser les bases d’une organisation de labora— toire quelque peu logique. En effet, beaucoup d’expériménœteurs sérieux hé sitent à se placer dans l’obszurité avec un médium qu’on ne peut surveiller que par le sens du toucher, si facile à mettre en défaut, et sur lequel l’enregis C— Fraude de médium enlevant la table dans l’obscurité. La planchette des pieds montre la fraude. trement photographique est si difficile à appliquer. L’électricité nous fournit amplement les moyens de remplacer les sens humains dans l’enregistrement de ce genre de faits. Les inventions de M. Jules Richard, l’éminent constructeur d’instruments enregistreurs, nous permettent d’inscrire la durée ou l’interruption des contacts électriques ainsi que le moment de leur production. De là le principe de notre méthode. Le médium n’est plus tenu par personne, mais cha cun de ses mouvements est contrôlé à son insu, par des contacts électriques. Nous présentons aujourd’hui
204 L'INITIATION des modèles qui pourront être grandement perfection nés parla suite, mais c’est le principe, et non les adap tations, qui est intéressant en pareil cas. Passons en revue les moyens de contrôle que nous avons établis. Contrôle des mains. — Le contrôle des mains du Médium allumant une lampe électrique en voulant se lever pour tricher. .u médium se fait au moyen d’une planchette à contact de 0‘370, sur laquelle le médium pose ses deux mains. L’instrument est construit de telle sorte qu’on ne peut enlever une des mains sans rompre le courant et qu’on ne peut appuyer sur les deux parties mobiles de la planchette avec une seule main, les deux devant toujours être utilisées. Cela enlève aux tricheurs la possibilité de se servir d'une main libérée pendant
CONGRÈS DE PSYCHOLOGIE 205 que l'autre est tenue par deux assistants qui croient tenir chacun une main différente. Toute rupture de contact est enregistrée par le rou leau spécial.
De plus, il suffit d’enlever les cartons qui recouvrent la planchette pour libérer deux plaques enduites de pâte phosphorescente qui permettent, d’après un procédé déjà employé, de suivre par la Fauteuil, table et planchette à contacts. vue les mains du médium, à titre purement accessoire du reste. L’opérateur est muni dans tous les cas d’une montre à secondes, lumineuse dans l’obscurité et réglée avec le chronographe enregistreur.
Un modèle de planchette plus simple et relié à une simple sonnerie ou à un tableau électrique peut, dans les expériences .de grande précision, être placé sous les mains de chaque assistant pour éliminer toute hypothèse de compérage où de distraction.
206 L'lNITIATIÔS La planchette permet encore de contrôler l’enlève ment ou l’apport des objets placés sur la table, hors de la portée des mains du médium et une foule d’autres faits du même genre. Pour le contrôle des pieds, nous employons une planchette plus large.
Les laboratoires voulant pour suivre ces études avec fruit devront être munis du fauteuil à contacts multiples destiné à l’étude et au contrôle dans l’obscurité des médiums en « transe » Coussins à contacts. Le médium est contrôlé tant qu’il se tient assis dans le fauteuil et, s’il veut se lever ou se pencher trop en dehors, il produit un contact spécial qui peut allumer une lampe ou mettre en marche une sonnerie.
Pour l’étude des faits de lévitation, nous utilisons une table à contacts multiples, qui remplace la plan chette dans les grands laboratoires.
Les phénomènes de maiérz‘alz‘sations sont contrôlés par des coussins à contacts placés sur le sofa où se tient le médium. _ Enfin, nous pensons que notre principe est facile à adapter à tous les cas, et, si l’on a soin de ne pas mettre le sujet au courant, ou peut enregistrer à son insu tous ses actes et faire la part des faits à appro
CONGRES DE PSYCHOLOGIE 207 fondir et des faits à rejeter de suite, dans ce domaine Où la fraude tient encore une si grande place. Sans entrer dans d’autres détails concernant les ins truments et leurs diverses adaptations, posons les éléments d’un laboratoire organisé d’après ces mé thodes. Ce laboratoire doit comprendre deux pièces, sépa— rées par une cloison mince mais imperméable aux rayonslumineux.
La première est la pièce d’études, la seconde celle de contrôle et d’enregistrement. Dans la pièce d'études où l’on peut produire l’obs \ curité a volonté se trouvent les objets suivants : la montre à cadran lumineux, des meubles à contacts multiples, tables, fauteuils, tablettes, etc. La partie médiane des murs sera enduite de pâte phosphores— cente qu’on pourra découvrir à volonté, de même certains points du parquet seront disposés à cet effet.
Des lampes électriques devant être allumées, soit par les opérateurs, soit par les contacts établis par le mé dium, orneront aussi cette salle, qui contiendra aussi les objets actuellement en usage : assiettes de mastic placées sur des planchettesàcontact, appareil photo graphique dont l’obturateur se déclanche par le coma tact qui éteint les lampes et se referme par celui qui les allume, des châssis contenant des plaques non im pressionnées pour l’étude des phénomènes lumineux, paraffine fondue sur un fourneau électrique, etc., etc. La salle d’enregistrement renfermer,a les tableaux,
208 L'INX'I'IATION les sonneries, les chronographes Jules Richard, une installation pour les rayons X, qui peuvent être utili sés dans la salle d‘études en passant au travers de la cloison. Nous conseillons tout spécialement l’emploi des rayons X avec écran, pour la surveillance des « cabi— nets médianimiques » dans lesquels ne fonctionne pas le médium lui—même.
Dans ce cas, l’ampoule et l’écran seront placés en dehors de la salle d’études si la lumière de l’écran gêne le médium. L’opérateur principal se tiendra dans la salle d’études et un opérateur se tiendra aussi dans la salle d’enregistrement. D Décrivons maintenant une expérience de contrôle exécutée d'après nos procédés en rappelant les mé« thodes actuellement employées.
Aujourd’hui, quand on veut étudier un médium dans de bonnes conditions de sécurité au point de vue de la fraude, on se rassemble entre expérimenta teurs connus par leurcaractère scientifique et chacun simultanément ou alternativement prend un des membres du médium, après avoir placé ce dernier dans les meilleures conditions physiques et morales.
Les recherches faites d’après cette méthode sont con vaincantes seulement pour ceux qui expérimentent, maisles autres n‘ont aucune raison de croire à l'infail libilité de l’observation de chercheurs opérant d’après cette méthode. Seul, l’enregistrement photographique
CONGRÈS DE PSYCHOLOGIE 209 offre quelque valeur, mais quand l'opérateur n’a pas opéré lui-même toute la manipulation, il ne peut y avoir certitude absolue, surtout pour les autres. Avec les appareils à contact, tout se trouve enre gistré de manière à répondre aux légitimes suscepti bilités de toute critique. Dès que le médium entre en trance et quitte la table, même-dans l’obscurité la plus intense, le fait est enregistré par le chronographe.
En même temps, la planchette des pieds et les con— tacts du fauteuil révèlent la situation du corps du médium. Si, dans ces conditions, des objets sont apportés sur la table, on saura si le médium a aidé ou nonàce phénomène.
Si la table se lève, on verra aussi par les contacts s’il s’agit d’un fait dû à la fraude ou à une action réelle de la force psychique, car, en se levant, la table déclenche elle-même l’éclair de magnésium qui enregistre le fait qui s’ins crit d’autre part surle chronographe. _ Ainsi l’on voit la différence d’une séance d’études enregistrée d’après l’ancienne méthode ou d’après celle que nous proposons.
Tel est, Messieurs les Membres du Congrès, le ré— sumé rapide des diverses applications de cet essai d’adaptation aux sciences psychiques de la méthode quia porté à un sigrand degré de précision l’étude des sciences physiques.
Cette partie est ouyerte aux écrivains de toute ccole, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées.) L’Gcculte à l’Exposition Pour qui sait voir, il n’y a qu’à regarder, l‘interpré— tation occulte à donner aux choses crève les yeux.
Je crois inutile de revenir sur les excellents articles consacrés à ce sujet dans l’Initiaîion, cependant j’ajouterai que les Ouled-Naïl qui accompagnent les Aïssaoua sont bien desAlgériennes du Sud et qu'elles exécutent les vraies danses arabes. Or c’est un art complet, qui de religieux est devenu profane. Les pas, lesgestes, le rythme, tout aune signification, ce sont les mots d’une langue mimée.
Le costume des danseuses n’est-il pas celui de Salâmbo légèrement modifié? et ne sommes-nous pas en présence des restes de danses phéniciennes et égyptiennes, des balancements de nouvelles Salomé. Chorégraphies diverses qui n’étaient déjà que l’écho d’un lointain passé; ce n’est que chez les Incas que le rythme pur primitifsubsista le plus longtemps. L’lslamisme passa et à son tour modifia les formes mais fort peu le fond. Au lieu d’une danse à la Divi nité, il demanda une danse à l’Amour. Puisque nous sommes en Afrique, je citerai les
L’OCCULTE A L’EXPOSITION 2 I l chiromanciens arabes établis en plusieurs points de l’Exposition. Ils — prédisent (P) — l’avenir par l’ins pection des traces laissées sur le sable par les mains de leurs clients; antique manièred’opérer, parait—il. L’association des idées nous fait revenir sur la question des — mains-talismans. — On en voit par tout et de toutes les manières.
La main de Fatht_na avec doigts égaux ou inégaux, avec signes hiéroglyphiques ou avec enroulements à jour divers. Le plus souvent la fantaisie a détruit tout symbolisme. La vraie main doitêtre revêtue de signes fixes comme ceux marqués sur la trace du pied de Bouddha, de Gautama.
C’est ce qui expliquerait pour quoi les trois grands doigts de la main sont alors égaux, le pouce et le petit doigt semblables de chaque côté comme dans les pieds-amulettes cités. La main pour les Orientaux est le signe de l‘affir mation, de l’existence, de la parole ; elle sert à éloi— gner le mauvais Esprit, la Malchance. Aussi, la voyons—nous sur beaucoup de boutiques d’Orientaux peinte à la porte d’entrée.
Chez les musulmans et les juifs du Levant, elle est toujours ainsi placée' à l’ou verture du gourbi, du bazar, de la tente. Le Sarrasin l’importa dans les pays dont il fit la conquête, aussi les Italiens nous en vendent soit en nacre, soit en corail sans préjudice des cornes de mêmes substances qu’ils débitent et qui chassent, perçent le mauvais œil.
Leurs mains ont, soit l’index et le petit doigt levés les autres fermés; c’est le signe destiné à crever les yeux de celui qui vous regarde — mal; — parfois la main est simplement ferméeou bien
2 12 L’INITIATION le pouce émerge entre l’index et le majeur. Pour l’Arabe, cette dernière manière de fermer la main est un signe de mépris.
Les Romains et autres peuples antiques firent un grand usage de la main de bronze et d'amulettes à figurations semblables sous le nom de mains pan thées. (Voir au Louvre la salle XXXIV.) Le chercheur peut dans les sébiles aux vieilleries un peu délaissées des marchands venant du Levant trouver des richesses pour collections.
Pour ma part, sans parler des scarabées, des carrés avec signes, des dieux égyptiens et autres débris d’hypogées où le faux moderne se mélange aux vieilleries authentiques, j’ai trouvé des cylindres chaldéens, des cachets gnostiques, des colombes en argent, porte—fétiche, des os à doubles pointes (une variante des cornes de corail), des pièces de monnaies amulettes, des perles antiques, vrais talismans et dont plusieurs en forme de croissants de lune provenaient de fouilles faites en Asie Mineure.
Puis des pierres avec des carrés magiques et des incan tations gravées. Au pavillon de la Perse,on voitdes tur— quoises porte—bonheur avec inscriptions pour bagues, broches et surtout comme ornements de bonnet des enfants des riches Persans. Pour acheter dans de bonnes conditions, il faut choisir son moment.
L’Oriental est fataliste ; si vous arrivez à une heure relativement avancée de la jour née et qu’il n’ait pas encore .— étrenné -— pour faire tourner la chance, souvent il vendra à petit profit, même à perte. Il se figure que ce sacrifice accompli les affaires vont marcher, et avec la pièce que vous lui
L’OCCULTE A L'EXPOSITION 213 qîvt“’.’r| remettez en paiement de votre achat il fait parfois un signe, une croix ; -— c’est le signe des quatre Élé— ments des Bômes (Bohémiens). Les serpents symboliques se rencontrent partout. L’Inde en regorge, Bornéo, le Cambodge de même. Ils figurent monstrueux sur les toits des pagodes, ils grimpent sous les balcons au Dahomey.
Seuls les dra gons leur disputent la place sur les édifices de la Chine, du Japon, de I’Annam.
Le dragon, c’est le ser— pent ailé et n’oublions pas qu’un rapport officiel en aurait signalé quelques types vivants dans la baie d’Alony. (Rapport envoyé à M. le gouverneur Dou mer en 1899,) Puisque nous abordons les temps préhistoriques, il ne faut pas oublier de voir au pavillon sud de l’expo sition des colonies hollandaises le Pithécantropus de l’île de Bornéo reconstitué par le Dr Dubois. Ce serait paraîbil l’ancêtre de l’homme.
Il tient en effet du gorille et de l’homme. Pour un spiritualiste évolu tionniste, la chose n’a rien de choquant. A la section russe du Trocadéro est fort bien figuré un Chamade dansant devant un groupe de Samoyèdes, le tambour que tient ce sorcier à la main est surtout à signaler car il est couvert de signes magiques, son habit est un vrai tissu de gris—gris et de clochettes.
L’exposition boréale russe nous montre des crânes d’animaux divers déposés comme fétiches à certains endroits, or l’Australie nous offrira même coutume, également l’Afrique centrale et plus près de nous I’Algérie où à des troncs de palmiers on attache par—
2 14 L'INITIATION fois des crânes de chameaux pour les préserver de certains maléfices. Au palais de l’Optique, nous prenons contact avec le monde officiel. Néanmoins Flammarion y est bien vu, il a cependant jeté parfois quelques regards dans des profondeurs où les instruments ordinaires d’op— tique ne sauraient rien découvrir. On promettait merveille, les journaux avaient annoncé l’impossible, une lune à la portée dela main. Il faut en rabattre.
Les sélénites restent invisibles et les grossissements les plus complets ne nous font voir qu’un roc stérile et rebelle, séparé de la terre par sa propre volonté, comme dit Michel de Figanières. Une magnifique collection de météorites est ras— semblée au rez—de-chaussée. Nous pouvons ainsi voir les corps qui constituaient les mondes maintenant morts qui nous ont entourés.
De tout temps —— les pierres tombées du ciel — furent portées comme amulettes ; or au palais de l’Optique on peut s’en procurer à bon compte de gros seurs diverses et de plus contrôlées par des savants, paraît-il. D‘un goût plus douteux est cette statue d’actrice de New-York, toute faite d’or et valant un million.
Le cabotinage ne perd jamais ses droits et pour le philan thrope cette grosse somme immobilisée serait sûre— ment mieux placée dans un hospice pour secourirles infortunes si nombreuses à notre époque. La danse des spectres est fort captivante et pourrait jeter un jour nouveau sur certaines apparitions plus ou moins réelles. Les danseuses sont enveloppées de
L’OCCULTE A L’EXPOSITION 215 —-mvêtements flottants enduits de substances à radiations lumineuses, tout se passe dans l’obscurité absolue, les habits paraissent blancs et les corps cependant revê— tus de maillots couleur chair paraissent noirs tout en étant visibles.
Dans toutes les salles du palais, nous voyons les découvertes les plus récentes faites avec les substances radio-actives. —— Crookes, Rœntgen, Gessler, d’Ar sonval, Tresla s’y donnent la main et la lumière froide y est indiquée comme la lumière éclairante de l’avenir. Cette lumière froide — et elle l’est en effet — ne nous donne-t-elle pas une des raisons probantes pour laquelle certains fakirs passent sur un brasier ardent.
C’est question de vitesse dans les vibrations éthérées. Avec les radiations de l’uranium, le mystère est encore plus impénétrable. C’est pour ainsi dire la lumière perpétuelle sans perte de substance ou d’éner— gie appréciable.
N’oublions pas que ces dernières découvertes de la science, connues des hermétistes depuis longtemps, sont des manifestations les plus délicates de l’astral sur lelplan physique, presque le lien du troisième et du second plan.
Quand les savants attaqueront la projection du son astral, l’alliance du son et des couleurs, saisiront les formes flottantes dans l’astral, en un mot tout ce que les songes creux d’occultistes voient depuis longtemps, le progrès aura marché grand train et les expositions de l’an 2000 et au delà nous réservent encore des merveilles; en ces temps futurs, la théorie des corps simples aura vécu et peut être osera-t-on enfin sou
216 L'1NlTIATION tenir que la matière n’est qu’illusion et que seules l’idée et l’âme existent réellement. Surmontant le tout, la Tour Eiffel s‘élève gigantesque. Nouvelle Babel, elle semble défier le ciel, pareille au squelette d’une girafe géante digne pendant du léviathan de la Kabbale. Mais la nuit elle devient vraiment inté ressante lorsque son sommet sert de champs d’expé riences à des projections électriques.
Certaines sont des plus surprenantes, des plus puissantes, c’est un vrai soleil luisant dans la nuit, dont on ne peutà peine soutenir l’éclat. Mais fixez longtemps, bientôt flottera devant vous comme un dragon noir. démesuré et grâce à la persistance des images sur la rétine on le voit voler longtemps dans l’air comme un élémental puissant et grimaçant, lors même que le rayon lumi neux a disparu.
On a essayé quelque chose pour établir la liaison existant entre le son et la lumière colorée, avec l'orgue à couleurs du palais de l’Optique, maisla tentative me semble bien enfantine; on aurait pu trouver beaucoup mieux. Ainsi le palais des Illusions qui se revêt suc cessivement de teintes à éclat variable aurait pu être éclairé progressivement suivant les indications d‘un morceau de musique choisi et qu’on aurait fait en tendre en même temps.
' Au monde souterrain, au palais de l'optique et en d’autres lieux on voit la formation de la terre, l’évo lution de la forme animée, mais si nous interrogeons les expositions de l’Inde, du Japon, de l’Océanie même dans leurs productions artistiques, nous percevons par une autre voie toutes ces formes comme sorties ,_.__.
L’OCCULTE A L’EXPOSITION 217 des cerveaux des artistes et si péniblement retrouvées par les savants... elles flottent donc dans l’invisible ? Il ne nous a pas été donné de voir une collection complète d'attributs de sociétés secrètes -—- et pour cause l — Cependant, comme marques de fabrique, les triangles mac.-., les mains entrelacées, les étoiles à cinq ou six pointes abondent.
Enfin, dans la splen dide reproduction des costumes de l’armée allemande, on voit un cavalier-garde de la fin du xvue siècle tout de blanc habillé avec sur la poitrine un immense so— leil d’or portant au centre en lettres hébraïques bro— dées en argent le mot : IEVE. N'oublions pas que nous sommes aux origines de la puissance prussienne et qu’elle s’appuya longtemps sur les loges diverses.
L’exposition des Missions catholiques nous offre groupés les types des fétiches et amulettes de presque toutes les régions du globe. On peut ainsi faire de faciles et fructueux rapprochements.
Juste en face d’un beau portrait de Léon XIII, qui, comme pape de la catholicité, s’intitule le représentant de Dieu sur terre, et semble présider d’un visage satisfait à cette exhibition, s’étale une vitrine pleine de bouddhas in— diens d’une grande valeur.
Pour la plupart des visi teurs, ces bouddhas sont une des incarnations du diable et non l’image d’une première union du Prin cipe divin avec le principe humain.... introduisons la religion du Christ, mais ne brisons les ‘ soi-disant idoles qu’avec respect, par elle est passée autrefois l’invocation à l’Invisible, les formes changent, seul la source de tout est et restera invariable.
2 18 L’INITIATION Dans ces boutiques chinoises, on voit travailler la jagodite, sOrte d’albâtre. elle se transforme en loupes, animaux, dieux, etc., mais on en fait aussi une sorte de petite lampe (nommée ici encrier), absolument dans les formes des lampes antiques de Rome ou de l’Asie Mineure.
On voit que tous les peuples ont puisé les premières formes de leurs arts à une source unique et je terminerai en émettant une idée qui m’est venue en examinant les cailloux du sable grossier ré pandu à profusion dans toutes Iesallées del’Exposition.
Il doit y avoir eu un âge avant même celui de la pierre éclatée précédant lui-même l’âge de la pierre polie, car on trouve très souvent parmi ces silex-na turels de vraies pointes triangulaires à formes diverses. Lorsque les hommes tendirent le premier arc, ils du rent d’abord fixer au bout de leurs flèches des pierres semblables à celles dont je parle et ce n’est que plus tard qu’ils en taillèrent de pareilles, par esprit d’imi tation.
Ils copièrent'une forme car toutes les formes fixées sont éparses dans les productions de la nature et celles non encore réalisées flottent en astral prêtes à éclore — le voyant les perçoit. TIDIANEUQ :'_: æu——»m.MN ,<..y- -fi. y..,4._, (v; , .., .. :‘le 'i‘
äa Grande fiaciété fieuète Ehinaise SÜGIETE DU CIEL ET DE LA TERRE (Suite) AFFILIATION DE NOUVEAUX MEMBRES LE CATHÉCI—lISME Les nouveaux membres de la Société du Ciel et de la Terre sont recrutés de différentes manières.
Si les initiés ne peuvent arriver à attirer le peuple à faire partie de la Société par l’énumération des griefs amon celés contre l’envahissement tartare, et les inviter à repousser le joug des usurpateurs, elle a alors recours à des menaces.
Une personne pourrait un jour trouver dans sa demeure un morceau de papier sur lequel est em preint le cachet de la Société, qui lui ordonne de se rendre à une certaine heure, à un endroit désigné, sous menace que s’il ose désobéir à l’ordre, ou souf fler aux autorités un mot de ce qui lui est ordonné,
220 L'INITIATION lui et sa famille seront massacrés et tous ses biens détruits. Quelquefois il est accosté par un inconnu qui lui confirme cet ordre. La violence est aussi employée;un des membres affiliés insulte sur la voie publique une personne en la frappant sur la figure. D’où il s’ensuit que l’ofl'ensé poursuit l’insulteur qui le mène tout en fuyant devant lui jusqu’à un endroit retiré.
Là il s'arrête. mais la querelle est à peine reprise, que, sur un signal ou un coup de sifflet fait et lancé par l’initié, plusieurs frères se rendentà l’appel, s’emparent de la victime, la placent dans un sac et l’emportent à l’endroit où la loge est tenue.
Ceux qui ont connaissance de l’ordre mystérieux, craignent énormément pour leurs jours; car ils se font d'avance une idée de ce qui les attend, et ils savent que tout projet d’évasion est inutile, car la jus tice rendue par la Société est inexorable et expéditive. De sorte qu’au jour fixé, le prévenu se rend à l’en droit qui lui a été indiqué.
Il n’aperçoit cependant personne là, car les affiliés sont cachés dans et derrière des arbres, ou des murailles, afin de s’assu rer et de voir s'il ne se fait pas accompagner d'agents de police ou de soldats.
Le prévenu arrivé à la place et ne voyant rien qui puisse l‘effrayer commence à respirer plus librement et croit qu’il n’a aucun danger à courir, et au bout de quelques instants se dispose à s’en retourner, lorsque subitement il se trouve en présence d‘un affilié qui lui ordonne de le suivre. Ils se rendent tous deux à un endroit où ils sont attendus par les autres frères, et - .n. ... ,.....,1,.,.. .,,,fl_;_pww_n,w-w,y,nficmm . .. L...x- .«E.;.,- , , ,,.L. 4ù =
LA SOCIÉTÉ SECRÈTE CHINOISE 22I lequel endroit est connu sous le nom de la cité des « Saules ». ‘ Lorsque tous les nouveaux membres qui ont été appelés au rendez-vous à cette occasion sont réunis, ils entrent dans le camp par la première porte, où ils rencontrentl’avant—garde, qui leur demande leurs nom et prénoms, âge et lieu de leur naissance, et leurs ré— ponses sont soigneusement enregistrées sur un livre tenu à cet effet.
L’avant-garde ensuite ordonne de for mer Ie Pont des Épées. ' Les frères alors se rangent sur deux lignes, et, reti— rant leurs épées, qui sont faites partie en acier et partie en cuivre, ils les croisent en l’air formant par ce fait un pont ou arche. Les nouveaux membres sont alors conduits sous cette arche, et cette cérémonie est désignée sous le nom de « Traverser le Pont».
Après cette cérémonie, ils doivent payer une somme de 21 cash comme prix de la première entrée, laquelle somme est remise au vieux Sieh-Pang-hang. Les membres se trouvent ensuite devant la porte de Hang dont la garde est conférée aux deux généraux Wan too-lung et Wan-too-fang.
Les généraux demandent à l’avant—garde, les noms des nouveaux chevaux. ’Cette demande ayant été satisfaite, les généraux se rendent près du maître afin d'obtenir la permission d’introduire ces membres.
L’ordre étant donné. l’en trée leur est ouverte et ils sont conduit: au '.en.p;æ de la Loyauté et de la Fidélité, où de nouveaux généraux se nommant Ching-Ki-thian et Chin-yun-Ching, qui sont en charge de ce temple, leurdemandent les noms des membres qui doivent y pénétrer.
222 L’lN’ITIATION‘ Là, en dernier lieu, les membres sont instruits et initiés aux mystères de la Société, il leur est com mandé d’être sincères et loyaux à l’association à la— quelle ils doivent être affiliés.
Les griefs contre la dynastie tartare leur sont expoc sés. et des récompenses sont offertes à ceux qui rem pliront fidèlement leurs devoirs, tandis que d’un autre côté, des menaces sont proférées contre ceux qui osent refuser de faire partie de cette association. Les recrues se rendent ensuite à l‘assemblée du Ciel et de la Terre, la dernière enceinte devant la loge, et qui est confiée à la garde des deux généraux Plu-Kan et Hu—Kan-Lai.
Après l’avoir traversée, ainsi que les fossés ou canaux, ils parviennent à la porte de l‘Est de la cité des Saules, et dont la garde est confiée à Han-Phang. Ce dernier les mène dans la chambre du Conseil appelée la loge « de la Paix universelle » et où se trouve réuni le Conseil. Deux généraux montent la garde à la porte de cet appartement. L’avant-garde salue les généraux, salut rendu par ceux-ci qui lui demandent ce qu’il désire.
La réponse est celle—ci : « Thian—Yung-Hunga une requête à présenter et désirerait voir les cinq fonda— teurs »; les généraux lui répondent: « Veuillez attendre jusqu’à ce que votre demande soit transmise. Le maître répond alors: « Appelez Thian-yu-hung et ordonnez-lui de se présenter devant nous. » Les généraux s’en retournent trouver l’avant—garde et l’informent que le maître a accepté sa demande et leur ordonne de se présenter devant lui. Aussitôt
LA SOCIÉTÉ SECRÈTE CHINOISE 223 introduite dans la chambre du Cbnseil, l'avant-garde s’exprime ainsi : « Que votre Seigneurie vive des mil liers d’années. » Le maître adresse ensuite à l’avant—garde les ques tions suivantes: D. — Qui es—tu, osant te présenter devant moi ? La réponse faite par l’avant-garde est : R. —— Je suis Thian—yu—hung. ’ D. — Comment peux-tu prouver que tu sois réelle ment Thian-yu—hung? R. — Par un vers je puis le prouver.
D. -— Comm‘ent ce vers est-il composé ? R. —Je suis réellement Thian-yu-hung, introdub sant les apprentis dans la Loge, et ceux qui sortentdu jardin de pêchers avec l’intention de faire partie de la fraternité, et qui désirent fermement adopter le nom de Hung. D. — Quel est votre but en rentrant chez nous ?
R. -— De vous présenter un certain nombre de nou veaux soldats, vaillants et au cœur d’airain, qui désirent être admis à la Société du Ciel et de la Terre. D. — Comment pouvez-vous le prouver ? R. —- Je le puis par un vers. D. -— Que dit ce vers P R. — Le. cours des événements est encore brillant, le soleil et la lune sont pleins d'harmonie. L'univers s‘étend au delà des quatre mers et reçoit les trois ri vières. Nous avons juré de protéger et de soutenir le trône de Chu et de l’aider de toute notre puissance humaine.
2 24 L'INITIA'I‘ION {SEPTEMBRE D. — Pourquoi désirent—ils être reçus dans la 50 ciété du Ciel et de la Terre ? R. — Parce qu’ils désirent renverser la dynastie de Tsing, et rétablir celle de Ming. D. — Comment pouvez-vous le prouver? R. — Par un vers. D. —— Quelle est sa signification P R. —— Nous avons rétabli l’origine, et animé les principes de l’ancienne poésie, le peuple de Tsing s’est emparé de notre bien.
Nous rétablirons mainte— nant l’Empire en nous conformant aux instructions du chef. Nous nous soulèverons par ce beau clair de lune, et élèverons la bannière du patriotisme. D. — Vous savez qu’il se trouve deux 3550ciæ tions du Ciel et de la Terre, une qui est puissante et l’autre sans importance. R. — Je le sais. celle de peu d’importance prit son origine des eaux de San-hao, mais la sérieuse Société prend la sienne du Ciel.
D. — Comment pouvez-vous le prouver ? R. — Par un vers. D. — Que dit-il? R. — La Société de peu d’importance fut fondée à San-hao. Plusieurs frères se sont réunis et ont juré de vivre en amitié. Quece soit le jour que la cause du ciel soit achevée. Nous chanterons tous des chants pour la paix universelle. Suit un questionnaire d’environ cent autres ques tions. Après la dernière question, le Maître répond : MM
1900] LA SOCIÉTÉ SECRÈTE CHINOISE 225 « Je vous ai interrogé sur tous les points, et il n’existe aucun doute que vous soyez véritablement Thiang-yu—hung. Relevez-vous et prosternez-vous trois fois devant votre véritable Seigneur. J’ai un ma gnifique sabre et un commandement à vous offrir.
Tous les nouveaux membres qui sont réellement fidèles et sincères peuvent se présenter devant nous pour s’engager, mais ceux qui sont infidèles et dé— loyaux doivent se tenir en dehors de nos portes, et ensuite avoir la tête tranchée. » sur quoi l'avant-garde répond par ce distique: « L’épée et le grade de commandant sont mainte— nant donnés à Thian—yu-Long; et maintenant, je puis fréquenter toutes les logés installées dans le monde entier. » Les nouveaux membres qui refusent ensuite de faire partie de la Société, sont menés par un exécuteur en dehors de la porte ouest Où leur tête est tranchée du premier coup; ceux qui, soit par persuasion, soit crainte de mort, acceptent l’adoption, sont confiés de nouveau à l’avant—garde.
CÉRÉMONIES POUR L‘AFFILIATION L’avant-garde ordonne aux nouveaux membres de se rendre dans le pavillon à la fleur rouge afin de confirmer par un serment de sang, qu’ils veulent tous adopter le nom de Hung L’avant-garde en tête, et tous les nouveaux membres se rendent dans ce pavillon où les cérémo nies de l’affiliation doivent être exécutées.
226 L’INITIATION “'H Ces cérémonies commencent par la coupe du signe de soumission à l'envahissement tartare, c’est-à—dire la coupe de la queue. Un membre déjà reçu se tient près de chacun d‘eux et répond aux demandes qui leur sont posées.
Pendant la cérémonie de la coupe de la queue, ce frère récite le quatrain suivant : Ma chevelure à tresse de soie vient de m‘être ôtée, je suis vêtu en habit de pénitent, et en vêtement de deuil devant l'autel de la Loge. Car si je ne suis pas revêtu de ce costume comment pourrais-je exterminer les sauvages de Tartares, et per— mettre à notre Seigneur de se rendre parmi nous.
La queue étant coupée, les cheveux qui restent sont tordus d’après l’ancienne coutume chinoise et pen dant cette cérémonie les quatrains suivants sont ré cités; La tresse de soie nous est enlevée, afin que nous puis sions servir le prince Ming. Mais en premier lieu, transmettez-moi toutes vos ins— tructions verbales et sauvez mon corps.
Ce soir nOus nous présentons devant les cinq fonda— teurs afin de renverser Tsing et rétablir Ming, ordre donné par Dieu. Sur l’autel parsemé d'étoiles est monté pgo-Lung. Un beau matin du mois d'août, le ciel nous envoya un mer veilleux homme. Si Ki—nan ne s'était pas servi d’un beau stratagème, Yun-lang n'aurait pu faire preuve de ses connaissances.
Les nouveaux membres sont ensuite menés devant un récipient rempli d’eau lequel est recouvert d’une serviette, etun frère prononce les quatrains suivants : Pur et resplendissant est le Dragon bleu, une fleur de lotus est placée au-dessus de lui. _,( ,.._,__W‘..._—__ '—-v—.W._,æ,-m.n—— .. _. ..4...
LA SOCIÉTÉ SECRÈTE CHINOISE 227 Lorsque les nuages sombres sont chassés, la lune nous apparaît dans tout son éclat. Aujourd‘hui nos figures seront convenablement lavées. Dans le vase de Tze-Kin, le cœur de l’homme est exa miné soigneusement. Un précieux voile recouvre ce vase.
Nous épurerons nos traîtres cœurs, afin de paraître devant les cinq fondateurs, nous aiderons notre Seigneur à s’asseoir sur le trône, et les jours de Ming seront res plendissants. Sans habits, chapeau ou vêtements. Vous pouvez toujours vous approcher dés portiques du temple du Seigneur. Débarrassez-vous du joug de Tsing et vos figures se ront resplendissantes.
Finissez-en avec la corruption et la perversité afin de pouvoir prendre place dans le temple de Ming. La serviette est ensuite enlevée de dessus le vase et le quatrain suivant récité: Lorsqu’ensuite nous aurons aidé notre Seigneur às’as seoir sur le trône impérial, les frères de la famille de Hung jouiront sans nul doute d’une paix universelle. Cette cérémonie se nomme la purification.
Les nouveaux membres sont maintenant dépouil— lés de leurs premiers costumes, lesquels sont taillés d’après le modèle de ceux des mandchoux. Retirez et débarrassez-vousdes vêtements appartenant à la dynastie de Tsing et échangez—les contre ceux de Ming, car tous nous avons connaissance des trente-six articles du serment.
Depuis que nous sommes entrés par la porte de Hung et avons aperçu le loyal et le fidèle, nous nous rendons en premier lieu à la cité des Saules, afin d'être initiés aux poèmes. Cette cérémonie s’appelle le déshabillage, laquelle ..,.. o,._.—c4..
228 L’INITIATION étant terminée, les nouveaux membres se revêtent de grandes et longues robes blanches et pendant ce temps le quatrain suivant est récité : En premier lieu, dispersez les nuages et pendant des milliers de mille à la ronde,alms la lune apparaîtra dans tout son éclat et illuminera la cité des Saules. Les eaux innées des. trois rivières sont disputées par le peuple de Tsing. Seize généraux se disputent la paix universelle.
Ensuite les figures des nouveaux membres sont lavées et pendant ce temps les quatrains suivants sont récités : Un nuage noir couvre l’eau, l’eau couvre la lune. Les nuages noirs furent dispersés et le ciel bleu vous apparut. Le cœur du fidèle et loyal luit mais les traîtres et les malfaiteurs périrent devant le vase.... et:. etc, .
On entortille ensuitela tête des nouveaux membres d’un mouchoir rouge, d’après le genre des mouchoirs portés pendant la dynastie des Ming et les quatrains suivants sont récités : Le soleil rouge, au-dessus de nos têtes s'élève jus qu'aux neufs régions célestes. Graduellement il s’avance jusqu‘à la cité des Saules. Célez ces secrets et ne les laissez pas trahir.
Car depuis le commencement du monde jusqu’à la fin les frères doivent tous se reconnaître sous le nom de Ilung'. On retire ensuite aux nouveaux membres leurs souliers, lesquels sont remplacés par des pantoufles en paille d’après le modèle de celles portées par les
LA SOCIÉTÉ SECRÈTE CHINOISE 229 personnes qui sont en deuil. Suivent plusieurs qua trains. Les cérémonies préparatoires étant terminées, les nouveaux membres étant revêtus des costumes blancs, leurs cheveux coiffés à la manière chinoise, et partant àleurs pieds des souliers en paille, tandis que leurs têtes sont entourées d’un mouchoir rouge, sont con duits devant un autel sur lequel est placé le re nommé encensoir en porcelaine blanche.
Là le maître adresse de nouveau à l’avant-garde une série de ques tions symboliques. On offre ensuite de l’encens aux dieux et aux grands ancêtres et on récite à haute voix cette prière: « Aujourd'hui nous nous engageons et faisons vœu devant le ciel, que tous les frères de l’Univers seront considérés comme sortant des mêmes entrailles d’une même mère afin que nos cœurs sincères ne soient point corrompus.
Si le ciel nous aide à rétablir la dynastie de Ming, alors le bonheur se répandra dans l’Univers entier... Après d’autres cérémonies et prières, un frère prend le serment écrit qui était placé sur l’encensoir pen dant les cérémonies et le lit d'une voix puissante aux nouveaux membres qui sont agenduillés pendant que lecture leur est faite. .
Ce serment comprend trente-six articles, dont je citerai seulement quelques-uns. ’ ARTICLE PREMIER. — Du moment où vous faites partie de la Société de Hung, vous devez remplir con venablement vos devoirs et vous occuper de vos propres affaires. Il a toujours été admis que l’amour
230 L'INITIATION filial est le premier d‘entre toutes les vertus, par consé quent vous devez respecter et obéir à vos parents, aussi obéir et vénérer vos supérieurs, ne faites pas d’oppo sition à l’égard de votre père et de votre mère, car par ce fait vous violeriez les lois de la Société de Hung. Celui qui n’observera pas ce commandement est sûr de n’être pas considéré par léCiel et la Terre et sera écrasé et foudroyé par le tonnerre.
Que chacun de vous fasse attention, et qu’il suive ce commande— ment. ART. 14.. —— Du moment que vous faites partie de la Société de Hung, vous devez vous rappelerle serment prêté dans le pavillon à fleurs. Parmi les membres de notre confrérie, quelques-uns sont fonctionnaires, d’autres vagabonds. Chacun de nous cependant a un emploi, mais nous ne sommes pas pour cela du même rang.
Ainsi, si le feu prend dans un endroit, ou un vol vient d’être commis, ou un navire pillé, nous devons en premier lieu faire attention aux drapeaux ou signaux avant de nous mettre à l’ouvrage, car les frères ne doivent pas agir légèrement et violer l’harmonie existant entre eux. Celui qui n’observe pas ce commandement doit périr sous des milliers de coups d’épées. ART.
25. —- Du moment où vous faites partie de la Société de Hung, si vous vous apercevez qu’il existe un différend entre des frères et des étrangers-et que ces premiers soient assignés devant un tribunal, vous ne devez sous aucun rapport témoigner en faveur des étrangers. Peu importe que vous les connaissiez ou , -,.. ..eti.x ..4».. ..;—-- >««_—»—-A—' .,n‘ ,.r«»'7.r‘——f'>wcv—"Œg"w"fl
LA SOCIÉTÉ SECRÈTE CHINOISE 23I que vous ne les connaissiez pas... car ceux qui agi ront autrement seront coupables du crime de conspi rer avec la police et qu’ils périssent sur les voies pu bliques et dans les fossés. 1 ART.
32. — Du moment que vous faites partie de la Société de Hung et que vous savez qu’un de vos frères s’est compromis dans une affaire de justice, ou qu’il ait des démêlés avec les autorités, et que sa fuite soit impossible parce qu’il a femme et enfants. alors celui qui peut donner asile à sa famille, et lui faciliter son évasion, remplira une œuvre charitable.
Mais dans le cas où personne ne peut donner suite à la chose, on devra porter l’affaire à la connaissance de la confrérie qui avisera sur cette question. ’ Après la lecture des trente—six articles du serment, les frères se relèvent tous, afin d‘affirmer ce serment en répandant du sang. En premier lieu on sert du thé, et chaque membne en boit une tasse afin de purifier sa bouche.
On récite ces vers : Dans le jardin d’or, les eaux coulent depuis des siècles. Les paresseux ne doiventpas se tenir à l’entrée du pont. Etant un membre de la Société et ayant bu de l’eau des trois rivières, vous pouvez errer dans l’univers entier selon vos désirs. Les frères prennent ensuite une aiguille en argent et se percent le doigt majeur laissant quelques gouttes de leur sang couler dans ce bol de vin.
Ensuite ils goûtent tous de ce vin mélangé. Pendant cette cérémonie, les quatrains suivantssont récités : Nous mêlons notre sang et d’un commun accord ado— rons les cinq fondateurs, Qui formèrent une Société sous les pêchers. -A—Ww—m7æ—nü‘wawwdx—c\..‘i_._N_”. .._. ...._,.j . -..»L‘..«-—.W..
23 2 L’INITIATION Depuis que nous avons prêté ce serment, nous devons nous y attacher. Aujourd'hui nous avons prêté le serment de noustenir unis dans le monde entier. Tous ceux qui sont convoqués dans le royaume doi vent porter le nom de Hung.
Avec l'aiguille de métal nous versons notre sang, et prêtons ensemble un serment. que les frères seront tou jours unis en paix et qu’ils vivent en parfaite harmonie. (A suivre.) AURÈS MUNDUS ::: RÉVÉLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE (Suite) Et quelles que puissent être les conVulsions sociales, quels que puissent être les heurts des systèmes philo sophiques et des doctrines religieuses. nous songerons à la grande loi d’Amour et à cette rassurante parole de Celui qui nous a tout appris en nous disant d’aimer : Il ne tombera pas un cheveu de votre tête sans la permis— sion de mon père, et nous ferons nôtre ce grand ensei— gnement : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceua: qui vous haïssent.
Car, comme l’a dit Bossuet : « Pour le chrétien, il n’y a pas d’étranger. n Car l’étranger, c‘est l’ennemi, mais l’ennemi, hostis, c’est celui que nous déchirons et qui nous déchire, pour que puissent se produire l’assimilation et l’incorporation mutuelles.
C’est en cette considération essentiellement catholique que repose l‘institution par Jésus du divin sacrement de l’Eucharistie, divina hostia, dans lequel nous retrou vons le nom de l’ennemi, hostis.
RÉVÉLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE 233 « Il se produit de tous temps, en effet, à des inter— valles prescrits, des alternances de haute pression dont nous subissons fatalement le contré-coup, bien sou vent sans en comprendre les causes latentes. et les effets s’en répercutent douloureusement dans tout l’orga nisme de notre économie intellectuelle et matérielle. (n C’est que la plupart des événements sont le résultat de choses que nous ne voyons pas.
« Nous traversons à notre'époque une de ces pha’ses inquiétantes, et c‘est à notre risque le plus immédiat. « De temps à autre surgissent de par le monde de ces puissants édicteurs aux idées bien souvent divergentes, dont la portée reçoit toujours une limite d’action.
« Car,'de même que dans un duel il est choisi un arbitre pour arrêter le vainqueur quand l’un des adver saires paraît assez grièvement atteint pour la satisfac tion de l’honneur conventionnel, de même dans la lutte Constante entre les deux influences adverses surgit, de par les décrets immuables de la Sure’minence, un Média teur dont la mission suprême est de tout replacer au plan d‘Égalité. » Voilà ce que nous écrivions au mois de janvier 1897, à Lyon, à l'époque même où étaient rendus les derniers devoirs à M. Charles, ancien professeur de philosophie au lycée de Bordeaux, chargé par Victor Cousin d’étu dier et de cômmenter les doctrines de Roger Bacon enfouies plus de cinq cents ans et retrouvées en grande partie en Picardie.
Les évolutions humaines ne sont donc que fluctuation entre les invites de deux sacerdoces opp0sés, et la _ faculté qui nous est donnée de nous prononcer pour l'un ou l’autre maître, constitue la réserve de notre libre arbitre.’ On peut y trouver également le principe de ce grave aphorisme : In medio stal virtus. Toute suggestion contient effectivement les germes d‘une croyance, d‘une religion, par conséquent. C’est
2 34. L’INITIATION en cela que consiste l‘énigme si incomprise du magné tisme animo-organique. C’est là le principe originel de la religion judaique, religion d’aspiration formelle, la le principe de la religion chrétienne, religion d‘aspira tion spirituelle, dont les heurts, devenus plus intensifs de nos jours, doivent s’harmoniser bientôt au sens le plus purement catholique de la réalisation eucharis— tique.
C‘est la suggestion, le principe éternel de toutes les religions, et toute religion agit par séduction. Et l‘agent des séductions, c‘est la femme.
Ce fut en séduisant la femme, toujours curieuse de l’inconnu, que Lucifcr put, en influence néfaste, s’intro— duire aux herbages verdoyants de l’Éden; ce fut grâce ' aux femmes, dont il pressentit plus intimement les aspirations d'idéalisme rédempteur, et qui vinrent lui constituer un support de disponibilité pour la Foi et de réceptivité pour la Grâçc que le Christ put instaurer les premières assises de la religion d’Espérance, de Charité et de Justice.
Disponible pour le bien comme pour le mal, suivant Fétat de son âme, telle est la femme sous l‘influence de l’inspiration divine, ou de la propulsion démoniaque. Soit en qualité de toxique mortel, soit en qualité de cordial sauveur, toujours s’impose l"Êternel Féminin dans les phases les plus graves des grandes évolutions humaines. C‘est donc bien la femme l’agent d’orienta— tion; c’est donc bien elle qui promeut‘l‘Esprit du monde.
Si l’orientation est défectueuse, l'harmonie mondiale périclite. L’Esprit mène le monde, si l‘esprit est mal inspiré, le monde marche de travers. C‘est là précisément la caractéristique attristante de notre époque. On parle de péril jaune, on parle de trahison, on parle de guerre. Aspirations mal définies, sensations mal analysées que tout cela.
, ,« fvwwv—H-rærvæw-uflz—a—«r—J W9.‘j‘{"""' RÉVÉLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE 235 Périclitation géniale; voilà le mal. Restitution géniale; voilà le remède. Orientation sociale et harmonie mondiale, seront le résultat.
Fort de cette conviction intime qui nous est adVenue à Marseille fin septembre 1897, Hôtel Continental, nous avons évoqué l‘inspiration rassurante de nos vieilles traditions nationales, en appelant à notre aide ceux que Francis André, l'homme de France, appelait il y a six ans dans la Terre de France : nos vrais alliés.
« Notre époque, affirmait-elle alors, est loin d‘être aussi mauvaise et aussi corrompue qu‘on le dit et la société n’est pas aussi malade qu’on le pense. « Quand on considère l‘histoire des siècles passés avec impartialité et avec calme, on s’aperçoit aisément que les maux dont nous souffrons ont été endurés par nos devanciers, et qu’ils ont combattu ces maux qui nous tourmentent aujourd'hui, absolument comme ils ont éprouvé nos aïeux.
« Dans la politique courante, on oublie beaucoup trop le jeu des puissances surnaturelles, et on agit absolument comme si le monde avait commencé avec les générations actuelles. On ne réfléchit pas que nos frères aînés, qui, par la lutte, sont parvenus à la gloire éternelle, à ce cycle heureux que les Celtes, nos pères, nommaient Gwynfiyd et que nous appelons Ciel ou Paradis, s'intéressent encore aux choses d‘ici-bas.
« On ne fait pas de politique dans l’au—delà peut-être, mais on regarde attentivement la marche des événe— ments terriens. « La partie engagée par les Celtes, continuée par le Christ et soutenue par les fidèles, les Francs, n’est point finie. « Gesta Deiper Frances! Les gestes de Dieu doivent encore en ce monde être accomplis par les descendants des Brenns aux cheveux d’or et des Francs au glaive d’acier.
2 36 L’INITIATION u Donc la femme n'a pas perdu sa mission de créer des hommes à la main de fer et au cœur de lion, des hommes de volonté, d’action, de dévouement et d‘au‘ (lace qui sachent s‘opposer carrément au mal dans le seul moyen de faire le bien.
« Pour l’accomplir, cette mission, en notre époque de transition et de décadence, la femme n’a qu’à vou loir et à se souvenir; se souvenir du passé pour le faire revivre, se souvenir des morts illustres pour les faire revivre ici-bas. « La lutte terrible qui doit s’engager dans le siècle qui est près d’éclore entre les partisans de la Vie et les puissants apôtres de la Mort aura l’issue que prépæ reront les femmes.
« C’est ma guerre, disait en 1870 l’épouse de Napo léon III, l’impératrice Eugénie de Montijo — bon génie du Mont de Message — en voyant s’ébaucher les préli minaires de la lutte qui aboutit à la perte de l’empire, après le désastre de Sedan.
« C’est notre guerre, doivent penser les femmes,”en voyant s‘estomper les premiers traits de la grande ba— taille, qui doit mettre aux prises les deux peuples que le passé ne fondit jamais et que l’avenir ne confondra point, les tenant des deux mondes en lutte depuis le commencement, I'Èh‘e et I’Avoir l’Ide’al et le Positif. « Pour toute guerre,il faut des alliés, si l’on veut triompher et vaincre.
Nos ennemis ne négligent rien pour s‘en assurer, non seulement sur terre, mais encore parmi les esprits pervers qui veillent sans cesse, cherchantquelque mal à faire etquelque suppôt à tromper. À « Nos vrais alliés, sachons-1e bien, 6 Celtes, sont en ce Gwynliyd lumineux d'où ils nous regardent atten— dant un appel.
Cherchons dans le passé quels furent les amis et les adversaires de notre race, le passé en— seignel‘avenir, l’Histoire ne nous mentira pas. » Mais on ne saurait triompher d’un ennemi que par
RÉVÊLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE 237 w 7 « V _ ,... ..1 ;;. . .. .. .u ses propres signes, et ce fut précisément la le grand procédé de conquête de Jeanne d‘Arc. ' Quand Jéhovah voulait dominer son peuple, il maî trisait son suppôt sous le sommeil hypnotique qui ne laisse au réveil qu’un souvenir confus et qui fait qu’on exécute les commandements qu’on a reçus sans en pouvoir discerner la portée.
Telle est la méthode que nous avons appliquée nous mêmes, tout en la spiritualisant; et notre principe, comme nous l’avons indiqué au début de ce travail. a été de suivre toujours nos premières inspirations quelles qu‘elles soient, d’où qu’elles viennent et où qu‘elles nous mènent et de contrôler les résultats de notre conduite au tribunal de notre conscience et à l’autorité tcstimoniale des événements.
Nous n’avons pas tardé à comprendre la loi phy— sique qui préside à leur éclosion, àleur développement à leurs transformations, et comme esprit et matière sont de productivité complémentaire, nous avons assi gné à chacun une part respective dans les trois fonc tions d’éclosion de développement et de transforma— tion.
Nous avons été conduit par là même à la conception de six périodes de création, pendant lesquelles, pour Dieu et pour I’Humanité. nous avons envisagé esprit et matière s’attirant, se heurtant, se touchant, s’affinant, se coordonnant, se finalisant, traversant par consé quent six états consécutifs préparatoires de l’œuvre de création se terminant par trois autres périodes de repos, dé rassérénement et d’arbitrage, portant ainsi notre énumération au nombre 9, nombre de gestation animo-organique.
De même en est-il de l’atmosphère dans ses boule versements, de même de la mer dans ses soulèvements, De même en est-il du monde dans l’instinctivité bru tale de ses aspirations. De même en est—il de l’enfant dans le corps de sa mère.
’238 L’INITIATiON Et c’est bien là le point de comparaison occulte de la mer et de la mère, les deux Éves de génération, aqua Éva, maris, maria, mater. Francis André avait donc bien raison, l’homme de France indiquait le devoir de la femme, mais il fallait, comme elle l’a dit elle-même, qu’à l’homme de France vint coïncider le Celte de Gaule, pour que pût s’accom plir l‘œuvre de la femme, car ce que femme veul est écrit dans le ciel.
Et puisqu‘en toute stratégie de conquête, il faut une autorité, envisageons rapidement les événements bi bliques, même à l’époque où la créature étaitplus rap prochée de son Créateur. Nous remarquerons que même dans ses desseins les plus impénétrables, Dieu s’appuie toujours sur une sélection humaine, et cette sélection présente tou— jours la dualité sexuelle. ' Aide-toi, le Ciel t‘aidera.
Aide l’Humanité (la terre), tu lui conserveras le ciel a Ce que Dieu veut, Dieu le peut! « Dieu n’a qu’à commander pour être obéi. Il faut qu’il témoigne de sa puissance pardes miracles, vis-à vis de celui à qui ilordonne et qu’il permette à celui—ci d'en effectuer, à l’encontre de ceux qu’il s’agit de com— battreet au profit des fidèles qu’il s’agit d’appeler.
« C’est que de tous temps, en tous lieux, la plus-va lue : sa Source en Dieu, son appui en l’individu et sa répercussion en une masse corrélative à l’oeuvre à ac complir. . ' « Telest le tripleaspeet partout et toujours de la ma nifestation médiatrice vraiment religieuse.
« La Bible établit nettement qu’il _‘en est ainsi sur tous les terrains qu’elle relève, et il est indispensable d'être convaincu qu’il en sera toujours de même pour ‘ tous les temps et en tousles lieux. ' Car, comme l’a dit Lamartine : « La vérité seule est féconde. » . t
Si dans l'ordre des mathématiques la tâche du savant est de distinguer des rapports nécessaires entre des grandeurs abstraites, si dans 'ordre des sciences physiques et chi miques elle est de saisir dans les phénomènes qui assent des rapports constants de succession, dans lor re des choses vivantes elle est de découvrir des rapports de coor dination et de com rendre des ensembles.
Dans cet ordre ’idées, le vrai savant n’est pas celui qui décrit et étiquette des morceaux isolés, c'est Cuvier qui sur a vue d’un_fragment reconstitue un être tout entier. L'histoire est de toutes les choses complexes la plus complexe, de toutes les choses vivantes la plus vivante. Elle n’est pas sans les détails, mais elle n’est réellement que par les ensembles.
On n’en saurait préparer les maté riaux avec trop de soin, il y faut l'érudition la plus vaste, l’exactitude la plus ri oureuse, mais les matériaux ne sont que les matériaux; 1’ ist0ire vraie, c’est celle qui les rap proche, les unit, les rend organiques et les ranime. » Et s’il doit venir un jour où une science nouvelle pourra déterminer avec quelque précision les lois suivant lesquelles naissent et se développent sociétés, peuples et nations, c’est que ce jour—là, après l’immense et nécessaire labeur des érudits, les historiens tels que les concevait Augustin Thierry, tel qu'il s'est efforcé détre lui-même, auront par eurs synthèses donné à ces indications la restitution des sociétés et des civilisations passées. (Discours de M. Louis Liard, àBlois, le 12 novembre 1895.) Domaine religieuse Polygamie morale Polygamie physique Polygamie mixte Eucharistio Jésus Mahomet Christianisme Jésus Domaine philosophique Nominalisme Réalisme Universalisme Catholicisme Domaine théorique Métaphysique Physique Mécanique lloctro-laguéfism Domaine positif Révélation Témoignage Vulgarisation Sanction Domaine musical 00 Mi Sol Do Diapason MARCEL JOLLET. Paris, 19 juillet 1900, 10, rue Dupleix.
RÉVÉLATION DE L’ÂUTORITÉ TESTIMONIALE 239 Voilà aussi l’explication de ce mot de Jeanne d’Arc : Les troupes combattront et Dieu donnera sa victoire.
Car Dieu ne se raturejamais ni ne .saurait raturer les siens (1). - Si donc, comme l’affirme le D“ Favre, dans les ba tailles du Ciel, l’occulte ne doit être envisagé sur terre que comme le décalque de l’invisible d’en haut, c’est-à dire comme le secret des grandes lois de la nature, en visageons donc la femme comme la grande porteuse d’occulte, et comme on ne saurait étudier l’occulte que là où il existe, c’est à la femme qu’il convient de s’adresser, c’est cette disponibilité secrète qu’il faut ' s’appliquer à pénétrer.
' Ainsi parviendrons-nous, sans la brusquer et sans l’offenser, à soulever ce voile d’Isis qui l’avaitjusqu’à . présent dérobée aux regards profanes. Ainsi pourrons—nous l’associer inconsciente tout d’abord, mais heureuse, à l’œuvre d’Humanité. Ainsi pourrons-nous faire d’elle le bras de la force secrète dont nous devrons rester la tête.
Mais prévenu par les leçons du Passé, tout en lui affirmant toute notre sym pathie, contentons-nous de la revêtir pour ainsi dire de la volonté divine, et tenons-la d’autant plus éloignée de nous que nousvoudrons faire d’elle un levier plus puis— saut.
Ainsi évoquions-nous, il y a exactement trois ans, à Bordeaux, rue du Temple, hôtel Français, dans une re cherche sur le pouvoir occulte de la femme, à laquelle nous aurons occasion de revenir, et c’est après cette évocation que depuis trois ans nous ,aVons basé notre conduite,.en résignant le dépôt de notre point de vo— lonté aux exigences instinctives de la femme en ses tendances multiples et multifaces.
Car nous l‘avions reconnu le théâtre de la loi univer (1) (Dr Favre, élude fonctionnelle de la Bible; Chamuel, 5, rue de Savoie.)
240 L’INITIATION selle, la grande loi d‘attraction, d’union, de distribu tion et de révolution organiques, la loi de l’arc-en-ciel, cet éternel fœderis arca qui était apparu à Noé après le déluge, comme il apparaît après certains orages, mé téore qui figure la somme composante des colorations distributivcs des rayons solaires dardés sur certains nuages, qui se trouvant allégés les tamisent et les re flètent, et dont la résultante se résout dans la couleur blanche, couleur de transsubstantiation.
Mais comme nous dit La Bruyère, de même qu’entre toutes les expressions pour traduire notre pensée,il n‘y en a qu’une qui soit la vraie, de même avons—nous re— connu qu’il en est ainsi des moyens à employer pour réussir, en tant qu’appui sur les noms, les lieux, les nombres et les personnes, à choisir pour faire porter témoignage. ’ C’est à cette servitude à l’éternelle loi de Création que se rapporte l'épreuve du progrès dont il faut tra verser toutcs les étapes pour conquérir la Science d l’avenir.
C’est la la condition de conquête de la Cons cience sociale. Si nous avons associé la Femme, c’est qu’elle doit être partout le complément de l’homme, c‘est parce qu’elle est la mère de la société, mère instinctive, mère amoureuse et inconsciente soit, mais mère éternelle.
C’est par elle que, en conscience de la volonté Provi dentielle doit être porté au monde ce signe encore inconnu, le signe de la Conscience de la Religion et de la perfection de l‘Humanité.
Être conscient, c’est reconnaître sa raison d’être, et sachons-le bien, nous'avons tous en ce monde notre raison d’être, puisque tous, en connaissance ou en ignorance du mobile de nos actes, nous restons les élé ments constitutifs d’un tout dont l’ensemble d‘action ' concourt à la réalisation de l’Harmonie. Nous nous efforcerons donc de faire comprendre, dans cet organe auquel nous donnerons le meilleur de
RÉVÉLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE 241 nous même, cet état d'âme, de l’Humanité miroir agrandi où chacun de nos lecteurs et chacune de nos lectrices pourront, par un examen comparatif, reconnaître leur propre état d’âme à celui d’autrui.
Aussi venons—nous demander à la femme à laquelle sa nature sensitive concède un plus grand don de télé pathie instinctive sinon rationnelle, mais non moins profitable, de nous servir d’interprète auprès de l'homme et de l’aideràbien nous comprendre, puisque ainsiqu‘il appert de la première exclamation d‘Adam dans l’Eden, la femme est le miroir donnéà l’homme pour se recon naître et pour se reproduire.
' Pour juger nos actions, examinons-en donc attenti vement le reflet dans la conduite de la femme. Reste à nous d‘être assez adroit pour choisir un miroir suffi samment sincère, seul cas où puisse vibrer entre nous ' l’accord d’Harmonie.
« La science ne saurait être caduque et l’humanité étant de nature progressive,‘ comme l’a dit Renan, ne saurait avorter n. Faisons donc appel, 'encore une fois, à la grande loi d’Amour; comparons les enseignements de Jésus aux leçons de la nature, nous verrons qu‘il y a communion parfaite; et,appuyé sur cette note diapasonique,essayons d‘arbitrer la grande gamme des évolutions historiques.
Ainsi l'affirmions-nous à M“ Hyacinthe l.oyson, d‘origine américaine et née Jeanne Mériman, dans une lettre adressée de Cannes le 17 avril dernier à San Remo et dont le reflet nous est retourné sept jours après de Neuilly, 29, boulevard d‘Inkermann, en écho de réson nance sympathique. L‘observation, l’expérimentation, la généralisation, y} disions-nous, appliquées sciemment et en coïncidence d‘action peuvent résoudre tous les problèmes.
Le génie américain, imitateur sans le savoir de notre modeste génie poitevin personnifié en la disponibilité génie inventive de M. Georges Grant de Boston a construit
242 L'INITIATION . une machine pour résoudre les équations (1). Nous avons pris la contre-partie et nous avons imaginé une méthode équationnelle pour résoudre le grand problème social.
A notre époque de prépondérance des puissances symboliques,nous sentions devoir trouvercette méthode dans la pénétration intime du signe de Religion éternelle, dont lesjuifs restaientgardiens inconscientsetiarouches et qu’ils imposèrent à Jésus, sous la haute pression d’un magnétisme latent dont ils ne pouvaient com— prendre toute la portée: le signe de la Croix, signe algébrique entre tous + X < > —= mais tendant tou jours vers la réalisation du tout, me: olov.
Si les formes passent, il reste toujours, selon la pensée de M. Auguste Langel, un fond qui ne disparaît pas. Ce fond constituele champ inépuisable des investi;— gations scientifiques qui pour être fructueuses doivent se rallier aux doctrines religieuses. Les méthodes restent les mêmes, leur action applicative s‘est étendue au fur et à mesure de la progression civilisatrice.
Les antécédences permanent, les promesses subsistent à travers les âges au sens le plus spécifique et généralisé à la fois de la grande restitution de la planimétrie reli gieuse, sociale et politique. D‘autre part, selon le mot du Livre de la Sagesse, il n’y a rien de nouveau sous le soleil, et selon l‘édiction de Jésus, nul n‘est prophète en son pays; cependant cherchez ctvous trouverez; frappez et on vous ouvrira ; demandez et vous recevrez.
Car tout l’occulte doit être dévoilé, tout le caché doit être découvert. Mais il faut savoir choisir les contingences, car seul qui coïncide répond. Jésus eut des disciples, il eut ses apôtres, il les choisit parmi les humbles, dans une population de pêcheurs (i) Article scientifique du Temps, 19 mai [797, signé Max de Nansouty.
RÉVÉLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE 243 dont il fit des pêcheurs d’âmes: faisons remarquer qu’il y a là une sélection professionnelle. Mais prenons-y bien garde, autour de Jésus l‘élément hautement sélecté ce fut la femme. Verbe de Dieu et porte—paroles de la nature, Jésus savait bien que toute génération, — et la religion en est une -— ne saurait s’accomplir sans l’union sexuelle: Ce fut par lui l’évocation puissante des sexes spirituels.
En nous recordant au principe, en reprenant sa méthode, en observant attentivement sur quels noms il s’est appuyé, nous reconnaitrons vite que confor mément aux lois de nature, il s’appuya sur des noms de femmes. Mais, il éloigna la femme de lui d’autant plus qu’il voulut faire d’elle un levier plus puissant. Femmes,je ne vous connais pas,dibil,et à sa mère même aux noces de Cana. Femmes, qu’y a-t-il de commun entre vous et moi?
Il récusait nettement, à son propre endroit, le prin-" bipe du dualisme, prolem sine maire creatam, aussi sans s’occuper de l’0pinion de ceux qui pouvaient l'entourer, entre toutes il sélecta Marie de Magdala dite la Magda— lienne,parce qu‘elle était reine dans la ville de Magdala du monde où l‘on s’amuse. Ainsi Jésus proclamait-il la puissante loi d’attraction des extrêmes.
Cette grande figure de la pr05tituée a été immortalisée dansl’actualité théâtrale par Alexandre Dumas fils,dans le rôle de Marguerite Gauthier dans la Dame aux Camé lias, rôle complexe de la femme qui voudrait rompre avec une existence qui lui pèse, mais qui sent cruelle ment attachée à ses épaules la lourde croix de la prosti— tution, de la femme qui ne peut détacher ses regards du passé et qui se sent grosse des aspirations radieuses ’ de l‘avenir.
C’est que notre époque manque de Christs qui con naissent assez les secrets du calvaire féminin pour ne point solidariser la virginité du cœur avec la virginité du corps.
24 4 L‘INITIATION C’est à Alexandre Dumas que le Dr Favre dédia son étude de la Bible, ouvrage édité en 1872, chez Alphée Brindeau, au Havre, actuellement chez Chamuel, 5, me de Savoie, à Paris, et qui va être bientôt de la plus saisissante actualité.
Nous reviendrons plus longue ment sur cette intéressante question; mais disons— le dès à présent : la Dame du Camélias, la Marguerite Gauthier d‘Armand Duval, c’est le type de la femme extériorisée porte-étendard inconscient de cette con quête prostitutionnelle que présageait divinement Jésus de Nazareth quand il relevait doucement la pécheresse de Magdala (inséré 11 février 1899, Avenir d’Antibe3). Jésus avait donc sélecté la femme.
Hildebrand, devenu pape sous le nom de Gré goire Vil, s’empara de cette idée, en décrétant le célibat des prêtres. Il ne frappait ainsi qu’un côté de la médaille. L’exigence des contrastes vint bientôt indiquer la note d'Harmonie, en faisant instituer les congré gations de femmes. La femme put ainsi reprendre sa revanche, il s'établit entre les réserves du sexe complé mentaire juste compensation dynamique.
Mais selon l’éternelle loi réédietée par Jésus lui—g même, nul n’arbitre la sphère où il évolue.
C’est préci. sémentce qu‘a compris Léon XIII, —et nous reviendrons longuement sur ce sujet, — quand il met ses complai— sances dans l’organe du collège franciscain de Paray— le-Monial; et il faut bien le reconnaître, si le clergé a pu être persécuté, c’est en raison, comme nous / l’expliquerons,des autorisations testimoniales données par Léon XIII lui-même; Leo Pin, Lion Protecteur.
Il est une condition expresse de l’évolution de con quête au sens religieux, militaire, financier, génial et libérateur que l'on n’a jamais présentée sous son jour véritable, sous son caractère authentique. Nous voulons parler de la trahison, Iransilio, transducli0, action de conduire plus loin, de progresser, de passer. Car la trahi son, il faut bien le comprendre, est la loi du progrès. \
RÉVÊLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE 245 La première tentative de dégagement génial et la première tentative d’affranchissement spirituel est due à la trahison d’Ève, qui goûta au fruit de la science du bien et du mal, réserve du libre arbitre humain. _ La grandeur des Jacobites et de tout Israel remonte àla trahison des frères de Joseph, qui put faire ainsi la fortune de sa famille et préparer la puissance ju_ive.
En trahissant Jésus, les Juifs et surtout Judas lui assurèrent le triomphe de la doctrine christique; en le mettant en croix, ils lui permirent de remonter. Nous ne saurions nous étendre ici sur cette considère tion, mais elle est, on doit en convenir, d’un enseigne ment protond pour le moment présent.
Il est permis d’y apercevoir une avance prochaine à la restitution«politique de la race israélite à l’instaura tion de la nouvelle Palestine et à l'édification de la nouvelle Église de Sion, qui doit naître du heurt des Églises judaïques ' et catholiques sous la pression protestante, de même que du heurt du pape rouge et du pape blanc au Vatican doit naître le pape vert, jaune gris couleur terrienne, bleu gris couleur céleste, nuance vert d’eau.
Il a du reste existé de tous temps parallèlement à la tradition judaïquc une tradition qui, tout en ne s’affir— mant que dans des circonstances spéciales, ne la com plète pas moins, mais que l‘on a perdu de vue, nous voulons parler de la tradition celtique, celle à laquelle faisait appel Francis André et à laquelle appartient toujours l‘Initiaiion.
Cette tradition s’affirme par l’ac tion des Druides auprès de Noé, de Melchisédech auprès d‘Abraham, de Jethro auprès de Moïse, et sur tout, comme nous l’expliquerons, par l’action de Jésus lui-même... Pour en ressusciter l‘autorité, il s’agissait d'en revêtir la forme et d’en pénétrer la puissance foncière. C‘était le seul moyen d’expliquer bien des actes inconscients. en se recordant à la doctrine de Jésus.
246 L'INITIATION Pour piédestaliser la doctrine de Jésus et restituer sa crois, il fallait se recorder à sa méthode, et étudier patiemment les pouvoirs occultes dont l‘action apparaît nettement accentuée à travers les àges,dans les agisse— ments de certains noms, de certaines associations, de lieux, de temps, de personnes et d‘idées, nous remarquerons alors que pour notre France, les trois noms sélectés qui marquent la grande évolution progressive correspondent au nom sélecté surtout par Jésus, nom qui devient Madeleine, Hélène (Eléonore— Louise) pour se terminer par Hélène et Madeleine.
Quant à la grande évolution judéo-christique, elle se trouve arbitréc par les noms de Sarah, Marthe, Jeanne, dans leur fonction significative, aussi bien au sens du culte judaïque ou chrétien que mythologique. Quand après la résurrection Jésus dit à Madeleine : - Va dire à mes frères en Galilée que je suis ressuscité. n Cette parole avait à notre avis une double portée directe et de réserve.
Elle signifiait: « Retourne vers les miens et préviens—les de ma résurrection, puis quand j‘aurai quitté ce monde, tu retourneras dans notre pays ancestral et là, dans la région prédestinée, tu planeras pour inspirer les supports disponibles et tu prépareras ainsi le triomphe de ma doctrine sociale et l'avènement de mon royaume. » ' Ainsi vint Madeleine débarquer en Provence sur la barque mystique.
La méthode de généralisation que nous évoquons et appliquons ici nous a du reste été indiquée très significativement par la longue contro— verse qui divisa au moyen âge les trois grandes écoles philosophiques, 'controverse qui a été réservée en quelque sorte par les Templiers et qui subsiste encore entre les divers rites maçonniques.
Les Nominalistes admettaient une doctrine d’après laquelle les termes qui représentent les idées générales ne désignent point des êtres réels, mais leur fonction. Les Réalistes admettaient au contraire une doctrine
RÉVÉLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE 247 d’après laquelle les tenues qui représentent les idées abstraites doivent être considérés comme des êtres réels. ' Les Universalistes admettaient une doctrine commune aux individus d’un même genre et d’une même espèce. Jusqu’à présent, le différend n’est point tranché.
Il nous paraît plausible de le faire en lui apposant, en vue de la réalisation eucharistique, la note de catho licite’, résultante des tendances complémentaires des trois autres méthodes, résolvant ainsi en conscience de la eucharistique, les quatre notes de l‘accord. de catholicité.
' Comme autorité applicativement historique, reli gieuse, sociale et politique de cette toute légitime libration, nous faisons appel aux catholiques, à ceux qui savent s’inspirer des rapports d’impartialité complé mentaires des trois systèmes précités et qui savent élablir juste balance influencielle entre les valeurs testimoniales des noms, des choses et des personnes.
A ces vrais catholiques de tous cultes, mais de religion une, nous offrons, en les priant de lui donner toute leur attention, comme étude d’observation comparative de l‘éternel régime de trahison,‘ l‘examen soucieux, tant méthodique que fonctionnel, distributif et pratique de notre tableau, statique, chronologique, nominatif et numérique de l‘évolution processionnelle de la croix, tableau que nous n’avons pu mettre au point, ou le comprend bien, que par suite de la prohibition des processions.
Car on ne saurait attaquer que ce qui a _ de la valeur, et l’éclair jaillit toujours avec d’autant plus d’éclat que la nuée a été entéuébrée, Fiat luœ! Qui peut le plus peut le moins, mais toute évolution traverse des phases ascensionnelles, de même qu‘une gamme musicale se résout par l‘émission successive de toutes les notes de tonalité qui sont ses éléments constitutifs d’harmonie. C’est la loi immuable qui régit toutes les actions
248 L’INITIATION dynamiques :vibrations, émissions, ondulations, pondé— rations, — vires acquirit eundo, ——puis normalement se résout l’accord. En notre état d'inconscience sociale, l‘Aclualite’ ‘ domine sans appel; l‘Aclualilé, tel est le démon fati dique qui cherche à rompre les lignes serrées des événements et à briser les cordes harmoniques qui se jouent sur le clavier orchestral de la toute-puissance divine.
Action superficielle, attention fugitive, telle est la double allure au vélodrome de nos cyclistes contempo rains. Esprit de coterie malsaine, passion de parti irraisonnée viennent voiler à chacun la perspective sereine des intérêts primordiaux.
En l’absence des saines réflexions, en dehors des aperçus sincères, le temps se dérobe à chacun, le temps qui,en l‘état d‘el‘fervescehce qui s‘est emparé des esprits, semble manquer partout, aussi bien dans les villes de paisible villégiature que dans les grandes fournaises industrielles et commerciales, le temps qui semble manquer à tous, en cette époque de course au clocher, où tous veulent arriver à la fois, où chacun brûlerait plutôt le cadran de l‘horloge éternelle que de suivre graduellement et avec patience les instants qui s‘écou lent et les heures qui se font.
Aveuglés par des dissensions intestines, stupidement extériorisés par des querelles de boutiques, de rues et de quartiers, les citoyens qui devraient être les intelligents, qui devraient préparer le choix et favoriser l’entente, se mettent martel en tête pour tout changer et pour tout bouleverser, sans songer franchement aux conséquences des tendances si malheureusement subversives; car, pour déplacer, il faut avoir de.quoi remplacer.
Telle est la situation de partout, telle semblait devoir rester dans Paris la situation religieuse, sociale et politique. 4W,)æsw
RÉVÉLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE 249\ La comme partout et de tous temps, on s’est livré bataille autour de la fiction, sans nul souci des lois à chercher et à établir pour que cette fiction pût devenir réalité. Car ainsi va le monde 1...
Milieux conjugaux, milieux municipaux, milieux nationaux, milieux internationaux, milieux religieux, sociaux et politiques s’attaquent et se déchirent sans nulle entrevision salutaire des mé thodes d’adaptation et d’harmonie.
Ainsi fonctionne la machine humaine, que dans tous les cercles de la vie sociale, de la particularité la plus restreinte à la génémlité la plus étendue, dans cette municipalité aussi bien que dans le pseudo-concert du Palais Bourbon et du Luxembourg, aussi bien à la confé rence non autorisée de La Haye, qu‘aux Philippines, au Transvaal; et en Chine; chacun se bat, chacun s’entre-tue autour de l’ombre d’un bonheurparti, autour de l’ombre d’un bonheur qui n’est point encore arrivé.
Ainsi nous extériorise, ainsi nous abat, ainsi nous use, ainsi nous tue l’absence, cette puissance fatidique, d’autant plus cruelle et désastreuse qu’on en sait moins bien pénétrer la sanglante ironie.
Ainsi se ferment douloureusement les issues de la conciliation; ainsi se trouvent entravées les intentions généreuses; ainsi vient nous comprimer de plus en plus chacune des pointes cruelles de cette éternelle couronne d’épines du Christ, qui devient pour le peuple un carcan'de miséricorde, parce que nul ne connaissant l‘instant de médiation, nul ne comprend et nul ne peut expliquer qu’elle est la réserve préparatoire de sa franchise et de sa liberté.
Ainsi le veut le droit; en droit politique et social, comme endroit juridique, les absents ont toujours tort, et sont absents, sachons-le bien, ceux qui ne compren nent point et ceux qui ne sont point compris. Tel est l’état d’âme de l’humanité, tel est l’état d’âme de la France, tel est l’état d’âme de la ville de Paris.
250 L'INITIATION Et à travers cette incompréhension de néfaste mutualité, les pensées malsaines sont nées, les désirs criminels ont percé, les passions brutales se sont fait jour, les inimitiés personnelles se sont déchaînées, les antagonismes de partis se sont dressés pendant qu‘était sacrifié inconsciemment l’intérêt de chacun, aussi bien que l‘intérêt de tous.
Mais les événements ont parlé : entre les partis adverses, la lutte a battu son plein, les injures se sont étalées sous la parole et sous l'écrit, dans une flaque d’eau boueuse où ont miroité quelques paillettes d‘or; rués brutalement l'un contre l’autre, les jouteurs plus d‘une fois ont mis flamberge au vent...
Vains tournois de gladiateurs sinistres, Messeigneurs, gloire éphémère et illusoire qui se jette de la poudre aux yeux, qu’une saute de vent subite dissipe bientôt et évanouit à jamais. , Pour Dieu et pour l’humanité, pendant six jours, esprit et matière se sont attirés, se sont heurtés, se sont touchés, se sont affinés, se sont coordonnés, se sont. finalisés, telle a été la loi de création, et le Créateur s’est reposé le septièmejour,jour de rasséré nement, d’harmonie et d’arbitrage.
Qu’il en soit de même aujourd’hui, et dans tout l’uni vers des partis opposés, s’ils se sont jusqu’à présent heurtés et combattus ils ont par cela même extériorisé leurs exubérances hostiles, la raison s’est tassée, la réflexion s’est ouverte accès à la paix et à la tran— quillité; le sang vicié a expulsé, seul reste le sang libre et généreux.
Car, songeons-y bien, en la perspective sereine des destinées du monde, au-dessus de la terre il y a le ciel, au—dessus de la matière, il y a l’esprit; au-dessus des faits, il y a l‘idée; au-dessus des humains, il y a l’humanité; au— dessus des Français, il y a la France; au-dessus des citoyens, il y a la cité; au—dessus du progrès, il y a. l’avenir.
RÉVÉLATION DE L’AUTORI’I‘É-TESTIMONIALE 251 Et cette disposition s’appuie sur l’éternelle loi d’harmonie universelle, la grande loi d‘union et de distributions organiques de l’Arc—en-ciel, ce Fluctua! fæderis arca nec mergitur, qui constitue la fière devise de notre ville de Paris et que réservent figurativement en ses progressions succes— sives les phases fécondantes de l’astre des nuits.
Maintenant donc que s’est écoulée la période légitime de six mois depuis qu’ont été portés par nous sur les bords de la Méditerranée — mediaterra —— les premiers témoignages (1) qu’il nous soit permis d’apporter à la capitale, au milieu de cette exposition universelle de progrès humain, l’exposition divinement autorisée du . grand Avenir National et International, — exposition, eœpositio, mise dehors, découverte, exhibition, — comme disent nos voisins les Anglais.
Pour que notre France puisse réaliser sa mission, et devenir bientôt l’arbitre d’autorité des aspirations internationales, qu’il nous soit permis,dans cet organe qui porte ce nom prédestiné d’Iniliai‘ion — Initium, commencement, principe, et qui est empose’ au 5° nombre de la rue (R, mouvement) de Savoie.
SV, rayonnement harmonique, pays du mont Blanc, mont de transsubsê tantiation, sous l‘égide nominative de notre grande Française, — de porter témoignage définitif par la consécration baptismale de légitimité de notre Répu blique de France. . - Au frontispice de notre capitale, affichons donc le secret de sa grande devise, ainsi qu’un signe impres— criptible de revendication divine en l’avenir.
Comme consécration de l’autorité du nom, doctrine nitiale des nominalistes, faisons remarquer que cette (1) Campagne préparatoire conduite dans Hyères Journal, le Littoral, l'Aigle de Nice, le Patriote antibois, l‘Avent‘r -d’Antibes et le Rabclaîs. , . W— -—».——._\.
2 52 L’INITIATION devise est gardée dans le couventl’ransciscain de Sainte Ozlile, en Alsacr, le pays spolié de la guerre de 1870. Par un coup d'œil d'ensemble sur la grande marche de l’histoire, il est facile de voir que les grandes évolutions sociales ont toujours été annoncées par quelque légende pepulaire. Ainsi en fut—il pour Jeanne d'Arc, 002: populi, vo:c Dei. Ainsi en reste-Li] pour la devise de la ville de Paris.
Sous l’indication primesautiëre d’une vieille légende, dite légende du grand écho, se voile le mystère du couvent de Sainte0dile. Près de la frontière allemande, à une centaine de mètres du lac de Gérardmer, se détache sur le roc. cette inscription suggestive en trois vers de fantaisie attristée : . Élé0nore A fui ces‘bords Écho sonore Ah l plains son sort!
N’est-ce pas là le cri de l'exilée, légitimement attri buable à notre seconde Éléonore, découverte par M. le professeur Bertin, celle qui est au nombre 5 et qui porte la croix, celle qui est la souche originelle des deux branches régnantes d’Allemagne et d’Angleterre‘?
Cette simple inscription gravée dans le roc semble vouloir indiquer au passant de chercher dans cette région même le mystère du sort. (SET, esprit de vie de la croiæ.) Ce mystère est en réserve au couvent franciscain de Sainte-0dile.
Nous allons l’exposcr' dans toute sa simplicité, tel qu’il nous a été apporté de Paris même, l‘hiver dernier, à Cannes, la ville d’Éléonore-Louise Brougham, pour affirmer la triple autorité du nom, du lieu et de la personne (persane, rôle, fonction). Car, selon la loi divine, rendons à César ce qui appartien à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu. v
REVÉLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE 253 TEXTE DE SAINTE-ODILE Dbi, ubi Eleonora? Eleonora —Selene ara. 0 mentita, mentita luna! INTERPRÉTATION PHONÉTIQUE (Écuo) Où es-tu, où es-tu. Éléonore ? Elle est au nord et elle a un visage de lune. 0 lune menteuse, lune menteuse!
Il y a là à notre avis une indication très significative ; le passage de la troisième Éléonore, l‘Eléonore-Louise Brougham, est indiqué par la fonction de la lune qui ne prend sa vertu fécondante que par la force du calorique solaire dont elle tamise et adoucit les rayons pendant le jour pour les distribuer pendant la nuit.
Et cette Éléonore, qui est devenue une Hdléne par le principe d’actions réunies de la lune et du soleil, se trouve égarée de son point de ralliement. Voilà pourquoi on la cherche, elle n’est point au lieu où elle doit porter témoignage, elle ment à sa fonction, elle {transgresse à sa mission, mais elle y reviendra, pourvu que la voie iniiium lui soit ouverte. De plus, au sens de sa fonction astrale, la lune est effectivement menteuse.
' (C C) Luna crescens Luna decrescens Ergo mentita luna puisque la figuration quantitative est la même. Voilà donc bien à notre avis la signification du fluctuat fæderis arca. et l’autorité restitutive est indi— quée dans le : nec mergitur. Et comme dans la grande loi de subordination des caractères, les disponibilités des organes doivent toujours, en bonne condition harmonique, être soumises ::W.ä,.:Ïçnæ_n_ . .“uA-ÏN‘—(“\Ï:fin—‘.WNM _ fi\
...' - 2 54 LÏI-‘lflATION aux exigences fonctionnelles des milieux, il en résulte, pour que puisse venir dans la ville de l'arc, ville d'lsis, Paris, PRS, protection active de l'Esprit, celle que Dieu a commencé à initier pour le salut de la France et du monde, que par cet organe modeste mais pleinement autorisé, en vertu de son nom : Initiation, NTTN, double verbe et double croix, publié sous la direction de Papus.
PPS, double protection de l'Esprit, soit révélé, car-posé, erplique’ à la capitale prédestinée, porteuse de tous les témoignages d'autorité. la teneur puissante de sa devise immortelle, au sens de la restitu tion religieuse, sociale et politique.
Cette explication nous étant venue primitivement d'Alsace, pays actuellement sous domination allemande, c'est dans les études sur l'Allc—magne que nous avons cru devoir chercher les éléments de l'accord parfait, par l‘évocation de la loi d'harmonie.
Car le grand principe de stratégie de conquête est de prendre l'arme de l'ennemi pour la manier comme la francisquc, l'antique arme à double tranchant dont nos anciens guerriers, ceux dont les exploits ontjuste— ment été immortalisés par Augustin Thierry, savaient diriger sûrement les coups contre leurs adversaires. Cette francisque c‘était encore le double croissant de lune (Cf—Ç) dont le signe est trahi par le texte de Sainte-Odile.
C’est le double croissant lissé à la croit, Fluctual fœderis arca nec mergilur. C’est sur l’autorité de cette explication que nous venons aujourd‘hui exposer la méthode de recherche que nous nous sommes appropriée.
Au mois d’août 1897, sur. la terre de Provence qui nous rappelle les Provinciales de Pascal, et qui garde religieusement en son sein l’énigme de l‘Avenir, en une évocation lancée de Marseille, Toulon, sous ce titre : Parc et Robur, à la mémoire de Morès et aux grands—ducs Alcxis et Vladimir, premiers négociateurs >;...c._m....‘._.«_‘,— —»;.»»...v«.c.;
RÊVÉLATION DE L’AUTORITÊ TESTIMONIALE 255 de l’alliance franco-russe, nous expliquions la raison (l‘État de cette alliance en même temps que son autorité de tradition, et en retenant la devise superbe du potentat de Berlin, nous relevions en même temps l’invite que le kaiser avait jetée l‘année précédente à 'laface du monde, et nous en faisions un présage d’énergie, de concorde et de paix.
Séparé de notre province natale par des pouvoirs d’oc— cultisme que nous avions évoqués nous-même, sachant que cette compression était nécessaire au dégagement de notre génie racique et à la conquête de notreliberté humaine, prenant directement à partie,le kaiser germa— nique, porteur inconscient mais non moins dangereux des pouvoirs d’occultisme ;‘oriental, nous renversions brusquement les signes de domination affirmés dans son discours de Cologne, septembre 1897, et nous nous les appropriions en faveur du relèvement de notre France par une simple application mathématique des _lois physiques dont le régime harmonise le monde : Dans Cette évocation dédiée à Mm Juliette Adam, à qui nous n’avons pu la faire parvenir n’en ayant point en nous-môme d’exemplaire, nous avons, par Pédic— tion d’un principe physique, retourné les signes de propondérance des races saæonnes en interpellant Guillaume de Hohenzollern : Empire de Babylone. . .
Empire allemand. Balthazar . . . . . . . Guillaume de Hohenzollern. Mane,thecelpharês. . . Apparition desrayonsflœntgen. Quadrature toi-même, car tu ne saurais prétendre à l’essence trinitaire. « Pour toi inconsciemment un ennemi a inversé les signes, et pas plus qu’un autre tu ne saurais te dérober à la politique de ta destinée.
« On te dit intelligent et instruit, mais songes-y bien, jamais sanction vraiment scientifique ne trouve source dans la brutalité qui tôt ou tard conduit à l’insolidarité et au néantisme. a Tp . ‘.-Am._d.‘a___aw w.«\\%MMMv—Wmw WW*MmWMWæ-m , -y «.. ' ...
256 L’I.\ITIATION [SEPTEMBRE « Chez toi l'homme de fer a émis cette édiction : la force prime le droit. Chez nous, sous le haut titre d‘homme de France, une femme, et songes—y bien, c‘est la femme qui écrase la tête du serpent, a relevé ce mot superbe et clamé courageusement : Il n’y a pas de droit contre le droil(1).
« Nous-même nous n’avons pas craint de relever ta devise altière : Fax et Roburl C’est que, prends—y bien garde, si les Kabbalcs te conduisent, c‘est nous qui les arbitronsl Et si tu ne reviens à résipiscence, redoute alors notre ultimatum! Et prends—y garde; nous venons de te le dire : Ce qui éclairail s’obscurcil. Ce qui s’est. obscurci va rebriller ailleurs.
Non, Allemands, vous n'êtes plus avec le Dieu qui a créé le l‘erl_Votre Dieu aujourd‘hui, c‘est Satan tout seul, le chef de Méphisto (Faust de Hol‘t‘man). Das vemeinende princep Le principe qui nie Aiaiâsllo; Le Diviseur « Voilà ce que nous inspire la grande voix : Patriæ clamor.
Vous populi vo;c Dei. u Ah! comme nous vibrons de tout notre être à cette pensée de conviction consciente que dans notre France, la grande Ame remonte et s’afiirme de jour en jour en son génie inspirateur de régénération.
« Et comme toujours dans la grande physique univer selle, transformations animiques et organiques sontde même régime, commejamais un plateau de balance ne remonte sans que l’autre descende; nous concluons : Ame celtique remontante Ame saxonne descendante (1) Jeanne d‘Arc et le Droil saliquc par Francis André, C. Besson et Favre. Libre Parole du 22 mai 1897.
RÊVÉLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE 257 « Et cela, nous le clamçms de toute notre force de Celte survivant : « Car si à l’époque des géocentriques, Antée, fils de la Terre, reprenait force en embrassant sa mère, de même nous Celte, fils du Ciel, reprenons force et puissance par recordance en haut.
« Et si nous survivohs, c’est que la France grandit! que justice soit donc faite! qu’elle soit irm artiale et inexorable! » . ‘ Dans cet article : Amour, Patrie! signé_d’Ant1 es et golfe Juan, 18-20 septembre 1897, un an sensiblement après notre proclamation remise au président Félix Faure, aux manœuvres des Charentes, en faveur de l’alliance franco-russe et de la conquête géniale, nous remontions donc à l’explication originelle des rayons X, les rayons multiplicateurs, imposant l’ombre à l’Allemagne et réservant la lumière rédemptrice pour notre cher génie celtique.
' Cet article était publié dans un organe de la presse méditerranéenne — mediaioriu terra—dans Hyères—Jour— nal-— HRS, mouvement fécondant, de l’esprit— du 10 oc— tobre 1897, un dimanche — Die Dominica —-—lejour préci sément où Guillaume II sur le Hohen‘zollern cinglait vers la Palestine.
Nous ne sachons point que l‘empereur d’Allemagne ait eut connaissance de cette évocation, mais pendant qu’il voguait vers l’0rient, nous restions dans notre occident de réserve, et nous portions douloureux témoi— gnage nous-même à Carnoules, Var, CRNLS, force active de la vertu trinitaire, hôtel de la Gare, GR, mouve— ment d’harmonie.
Ce témoignage conscient et autorisé se trouvait porté à date précise de la terre au Ciel, la sanction providentielle ne pouvait faire défaut. La coïncidence était toute-puissante. Le potentat avait désormais un bandeau sur les; yeux, il agirait en automate inconscient, il reviendrait graduellement au but où nous voudrions l’amener. La magie orientale 9
2 58 L’INITIATION était désormais vaincue par la conquête géniale et libératrice qui allait s'avancer à grands pas, et d'après la solidarité animo»organique que nous avions affirmée, les grandes unités et les petites unités allaient agir en actions convergentes, selon la règle des hautes aspira tions franciscaines.
Sachant bien que le carcan de servitude non moins fatidique que providentielle qui nous enserre depuis bientôt trente ans, et dont le triple épisode final s‘est dessiné dans l’affaire Dreyfus, l‘abandon de Faschoda, l‘épreuve populaire, avait ses ressorts de tension à Berlin, il nous avait paru de nécessité suprême d’atta— quer la conspiration à la tète en obnubilant son grand chef.
Cela nous avait paru de‘plus immédiat intérêt que de discuter en des élucubrations oiseuses avec des va leurs de second ordre,satellites de gravitation du grand soleil germanique, destinés à s’assombrir dès que ne leur parviendrait plus le rayon lumineux que nous avions réussi à intercepter a notre profit. Amour!
Patrie .' en mettant au jour notre première signature de Celle errant,qui fut formellement apposée le 3 octobre 1897,- à Toulon, alors que la seconde pas sait dans le Lilloral (journal de Cannes) du 3l‘évrier . 1898, c’est-à-dire quatre mois exactement après (mois, mensura, mesure, unité), consacrant ouvertement la puissance de notre méthode stratégique.
Et en valeur réversible, elle était intrinsèquement contenue dans notre nom de baptême et de famille : JOL1et MARCBI = l Celte major 1 donc 2 Celte minor donc = Celte errant En nous astreignant à chercher sur place, en une virtualion intime, nous affirmions notre décision irrévo cable de nous constituer en contre—partie complémen taire de la fonction inconsciente mais non moins déter—
RÉVÉLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE 259 minative des Juifs errants, nous nous réservions faculté d’arbitrage définitifpour leur dire ouvertement quand nous les aurions amenés au point : Halte-là, nos maîtres, nous y sommes! Vous n’irez pas plus loin! Errare enim, humanum est, sed perseverare diabo Iiczzm.
Ainsi opéraient les hauts tenants de la Science d‘occul tisme, Drs Bernheim, Charcot, Raymond, colonel de Rochas... : pour une fois, nous leur avons emprunté leur _méthode, nous avons arboré l’étendard de la sug gestion animique, nous avons magnétisé les âmes et la volonté, convaincu en notre conscience intime que les animismes étant subjugués, les organismes ne tar deraient pas à suivre, puisque : « L’Autosuggestion, appuyée sur la bonne orientation de notre libre arbitre, en‘ référence respectueusement consciente des visées providentielles, peut devenir pour nous la clef des connaissances transcendantes, en même temps que marchepied d‘ascension sûre aux situations sociales les plus élevées. - Car, dans la grande physique universelle, toujours les transformations animiques et organiques sont de même régime et toujours grandes unités et petites uni tés doivent agir en actions convergentes complémen— tairemeut harmoniques, selon la haute méthode des aspirations franciscaines.
Et celui-là seul a le droit de dire qu’il conduit — cum * Deo par populorum gesta durit — l’évolution sociale, qui a dû pressentir et annoncer l'ordonnée mathéma tique des événements, témoins muets, mais non moins sincères au service de Dieu, et qui sait expliquer leur raison d’être au sens du vrai progrès social, politique et religieux.
Car, nul ne saurait voir en’ autrui que ce qu’il porte en soi (Aigle de Nice, 18 novembre 1899). , De plus en plus donc, nous avons continué à assom brir les fonds, sachant bien que c’est la nuit qui porte ,..- .A.., _ -4 _. ,,,.\.,__,Aü _,:.x._ ‘___-._M en.»
260 LÏ.‘€lTL—\TION le jour, et que le porte-lumière, Lucifer, a ses appuis sur les ténèbres. Nous avons soumis à une haute pression dynamique les influences nocives et par simple régime électro-ma gnétique, chaque élément est retourné à son lieu d’ori— gine.
Les démons sont retournés à l’abîme, l’archange déchu est remonté au ciel, c‘est-à-dire au grand jour d‘où il émanait. ‘ Pour arriver à ce résultat, sous l‘influence bienfai— sante d’une amie dont nous avions pu apprécier les puissants conseils (1), nous avons adressé au Figaro, 26, rue Drouot, à Paris, une série de télégrammes que nous croyons utile de reproduire ici en leur conservant leur date de conception intime, en même temps que leur date de transmission aujournal.
I lmpéritie pseudo-scientifique et and-patriotique, entrave prospérité industrielle, commerciale, agricole, affaires poli tiques désorienzées, mal révélé, cause connue, remède trouvé. (Conception, Nicc, hôtel des Négociants.
1, septembre 1897, 47, 7 + : 11, rue Pastorelli.) Il Arcanes profonds révélés, satanisme écrasé laisse traînée reptilienne, venimeuse, noirâtre, perturbatrice, criminalisa— trice, science officielle obnubilée, génie celtique réincarné magie orientale vaincue par conquête géniale prochaine. (1) Mme Marie-Berthe-Luzy Audouit, de Lyon, née Suchet, collaboratrice au Figaro et au New— ’ork Herald, rencontrée sympathiquement par nous au commencement de décembre 1897, rappelée brusquement à Pans, le 11 décembre 1897, et morte au Raincy, 29, allée des Hétres, le 10 juillet 1898, soit sept mois après.
Elle était accompagnée de sa treizième enfant nommée Berthe, née à la Nouvelle-Calédonie, et fil leule du D' Émile Roux, continuateur de Louis Pasteur, rencontre faite à Cannes, avenue Carnet. / > .. _
RÉVÉLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE 261 (Conception, Cannes la Nazaréenne, le 11 novembre 1897, Nouvel Hôtel, 2, rue de Chûtcaudun.) III Ascension lucifériennc rapide, descente satanique vertigi— neuse,évocation dernière semble dépasser but, obnubilation croissante, Figaro comme France aux 104, vais tout dé brouiller, caché prime toujours occulte. Epikaris guérie. (Conception, Cannes la Nazaréenne, 6 décembre 1897, Nouvel Hôtel.) ‘ .
Ces trois télégrammes, sur le conseil de notre sym— pathique inspiratrice, furent envoyés le 8 décembre au Figaro. Ils furent suivis à un assez long intervalle par un quatrième télégramme qui fut adressé d‘une part au Figaro, d’autre part à M“ Edmond Adam, chez M. Ma chemin, 43, avenue de la Gare, à Nice. IV, au Figaro Relevé signe octave harmonie mondiale donnant trans substantiation catholique et arbitrage sur forces vives.
Épikaris immortalisée. (Conception et émission. Cannes la Nazaréennc, le 12 l‘é vrier 1899. hôtel du Gourmet et du Commerce. 4, rue de Châteaudun). IV, à Mme EDMOND ADAM Recevrez demain documents éclairant politique occulte du _ Dr Henri Favre, car relevé signe octave harmo_nie mondiale donnant transsubstantiation catholique et arbitrage sur forces vives. Epikaris immortalisée. (Conception et émission.
Cannes la Nazaréenne, le 16 fé vrier 1899, 7 heures et demie du soir, hôtel du Gourmet et du Commerce.) C‘était la une application toute rationnelle du régime électro-magnétiquc. et les événements sont venus don ner absolument crédit à cette méthode. On a pu voir, en effet, d’après notre tableau de la
262 ' L’INITIATION croix que l’octave d‘harmonie nous était advenue le 8 février 1899 au Casino de Fleurs de Cannes. Or, moins de cinq mois après, le 6 juillet, jour de Sainte—Lucie, nous avions l‘événement de l'Iphyge’nie. Guillaume Il mettait le pied sur une de nos colonies flottantes, sœur de celle où avait été prononcé le toast du Pothuau et affirmée l'alliance franco-russe par l’organe de Nico las II et de Félix: Faure.
Cet événement nous amenait à adresser au Figaro notre cinquième télégramme. V Événement Iphygénie capital, démarche kaiser nécessaire venir prendre Cannes, signes provençaux pour fonder Église Sion. Face et Robur! Gloria in excelsis Deo. (Conception et émission.
Cannes la Nazaréenne, le 12 juillet 1899, Hôtel du Gourmet et du Commerce.) C’était exactement cinq mois après l’envoi du qua trième télégramme. - Un peu plus de quatre mois après, 20 novembre 1899, jour de la Saint-Edmond,nous avions la visite du kaiser à Windsor et à Sandringham,cbez le prince de Galles.
Etce fait se produisait sensiblement 20 mois —— 5 x 4 — Après une proclamation au prince de Galles remise par nous au Grand Hôtel à Cannes le 23 mars 1898, et qui * se terminait ainsi : «' Oui, vous avez raison, prince, le Celte vient enfin de trouver son heure dans l‘histoire! » De même que Croustadt a précédé Toulon, de même l‘entrevue des côtes du Danemark et d‘Angleterre devait précéder l’entrevue prochaine des côtes méditerra— néennes, mediatoria terra, terre de médiation.
De même,il était nécessaire au potentat de Berlin de mettre toutd'abord le pied sur un vaisseau français, le Vaisseau du sacrifice, pour pouvoir venir bientôt sur les côtes provençales où gît le secret qui doit lui révéler le secret de sa destinée, et qui lui permettra de réali
RÉVÉLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE 263 ser à la face du monde cette devise superbe: Pan: et Roburl Nécessaire il était à Guillaume de Hohenzollern de monter sur l’Iphyge’nie comme Nicolas Il sur le P0 thuau, pour venir aborder ces Côtes de la mystérieuse chevauchée apocalyptique, selon la profonde expression du commandant Marchand, d’où lui a été lancée, à tra— vers la péninsule italienne, patrie de l’éle’ctricité de contact et de la télégraphie sans fils, le premier et irré— sistible appel.
Le maître est donc venu à résipiscence,la domesticité ne tardera pas à suivre. Non vullus in natura. Il faut retrouver Dieu pour éviter les maîtres; l’orgueil, c’est l’asservissement ; Ubi vult fiat spiritus. Ubi utilital‘is [nous martel. Tel est l’avertissement d’en haut. Ego adsum! Telle doit être la réponse rét‘érente d’en bas. ' Car Dieu ne se rature jamais, ni ne saurait ratuœr les siens.
Voilà comment Dieu nous a permis, par une série de témoignages portés par nous et par nos contingences collaboratrices, en lieu, temps et personnes précis, de , mettre au plan terrien l’âme saœonne, Isaac Son, l’âme des fils d’lsaac, l’âme mortelle, la matière organique pour exhalter sur ce plan l’âme celtique, l’âme immor— telle, la substance animique.
Ainsi l’avions-nous affirmé par notre première signature de Celte errant, prenant ainsi décision foncière de faire la contre—partie de la fonction juive, nous astreignant ainsi à chercher sur place par rayonnement virtuellement externe, tout en nous ménageant à temps prescrit,faculté de découverte, d’explication, de médiation, d’arbitrage.
Sachant par notre pénétration intime des lois de la sublime évolution christique, que tout en ce monde d’en bas comme en celui d’en haut est soumis au ré— gime des lois harmoniques, et que l’harmonie ne peut _ , .. ,..._,.._fiñ
264 L'INITIATION être réalisée que par un équilibre de fonctions com plémentaires que Dieu qui en a posé le régime ne sau rait abroger en raison de sa nature incommutable : Paliens Deus quia œ.‘ernus ;nous avons senti que seule la logique et les mathématiques pouvaient résoudre l'énigme sociale, faisant ce rapprochement que la phi losophie berbère dont Morès nous avait livré les se crets et qui nous a permis de trancher la question de la nouvelle Église de Sion que nous expliquerons dans une note prochaine est une philosophie rigoureusement mathématique.
Nous avons compris que tout est dans tout, qu’en Dieu seul, comme le disent les Védas, est la vérité, et que cette vérité est une, et provient d’une unité, puls qu’en Dieu, l’ombre et la lumière ne tout qu’un, état qui ne peut être réalisé que par la position d’équilibre de deux valeurs convergentes et complémentaires, évo luant vers la réalisation de l’entier, ure: o).ov, Catholi cité.
De même est—il dans la Nature harmonique, puissance qui est la mère des générations, le soutien de l‘uni vers, l‘espérance du monde et dont la musique est la . voix.
Voilà d'où vient l’idée des colorations lumineuses, que nous ne pouvons expliquer ici, en un cadre aussi restreint, et qui ne proviennent que de la mensuration de forces d‘ondulation et de pondération, absolument comme en optique la somme des radiations colorées du disque solaire fournit la couleur blanche, principe dont la réversibilité vient de donner la perception de la photographie en couleur, par suite d‘une éduca— tion appropriée du sens optique, bien qu’on ne se serve en réalité, que de trois plaques de nuance grise, c’est—à-dire entre le blanc et le noir. , De là nous nous sommes élevé à la conception si sou veraine et si simple à la fois des nombres dans le jeu révélateur de la Grande Symbolique traditionnelle de la Religion éternelle.
RÉVÉLATION DE L’AUTORITÉ TESTIMONIALE 265 *;*:r.ww ._. Pour être harmoniste, pour pouvoir découvrir, com— prendre, expliquer la Vérité, il faut être autant mathé maticien que philosophe. , L’Harmonie est la langue universelle.
Ce fut le don qui permit à Orphée d'enchaîner la mort et de recon quérir Eurydice, à Daniel de charmer les lions de la fosse, à Hoche de pacifier la Vendée, à Drouot de neu— traliser les frimas moscovites, à Suchet d’apaiser les instincts rebelles de l’Espagne.
Ce fut cette Harmonie que possédait Jésus en son incarnation divine—humaine, qui lui permit d'instituer sa religion par la Femme, d’effectuer des miracles, de fonder une troisième humanité eucharistique et de mettre à exaltation ,une quatrième humanité catho— lique, élevée au-dessus du mystère du sang, par l‘obla tien celtique de l’Hostie sanglante, de même qu‘elle permettra à Jésus père du futur cycle de transsubs tantier et d‘arbitrer cette quatrième humanité.
Car avant Adam, c’est l‘humanité première; D’Adam au Christ, c’est l’humanité seconde; .Du Christ au fils de l’homme, c'est l‘humanité troi ‘ 5ième. Dans le cycle arbitré par Jésus, ce sera l’humanité quatrième. Ainsi se trouvera réalisée l‘explication — eœ-plîcaîi0—religieuse du nombre 4, numerus religans et de l‘Amen crucique.
Tant qu’on n’envisage que le jeu de la matière et de l’Esprit séparément, sans faire de rapprochement comparatif,on ne peut point trouver la vérité, c’est-à— dire l’harmonie. . On méconnaît les hérédités animiques, qui existent pourtant absolument comme les hérédités orga niques, mais contre lesquelles il n'est point impossible de lutter, et que l’on peut améliorer également. MARCEL JOLLET. (A suivre). '
Le Talisman” A l’heure où s’envolent des clochers les douze Cor beaux nocturnes, je fus en rêve au milieu de visages inconnus. Les yeux étaient énigmatiques, et ces visages, bien que jamais vus, d‘une effrayante familiarité. Nous regardions une tablette apportée tout àl’heure par quelqu‘un. Elle paraissait faite d’ivoire ou peut être d’une écorce d’arbre dure et luisante. Mais assu rément elle venait d’une civilisation lointaine et fabu leuse.
Sur l’ivoire des lignes gravaient une scène qui devait être fort belle. Tous admiraient la délicatesse et le dessin.
Mais les détails de la gravure ne parais saient avoir aucun sens précis, saufpour deux ou trois personnes qui disaient lire clairement et voir l’image (I) La plume évocatrice et savante du poète Gabriel de Lau tre<: écrira pour l’1nitiation quelques proses inédites dont la première, le Talisman, nous donne occasion de rappeler la ma— gistrale traduction qu‘il vient de faire paraître au Mercure de France, des Contes choisis de Mark Twain.
. LE TALISMAN 267 représentée. Comme je tentais à mon tour d’aperce voir et de conjecturer, un des assistants me dit : « Ce n’est pas cela. Vous aurez beau retourner la ' tablette dans tous les sens, elle ne vous sera pas plus intelligible. Il faut lire non pas avec les yeux, mais avec l’émotion. Car vous avez entre les mains le ré sumé et l’ex-voto d’un groupe d’âmes lointainement disparues. Il convient d’avoir du respect.
C’est un talisman revêtu de toutes les adorations vers la scène qu’il figure. » Et j’évoquai, sur le mur noir de ma pensée, des visions d’autrefois, songeant à des mainslevées, à des lèvres psalmodiant les supplications pour les morts dans une langue oubliée. Il y eut jadis des dieux. Les plus anciennement connus de nous ne nous suggèrent même pas leurs noms. On leur adressait des vœux.
Ils furent invoqués dans leur colère ou d’autres fois pris pour témoins de souhaits d’amour. Qui dira, dans les religions évanouies, tous les ancêtres d’Eros? Un de ceux qui avaient lu clairement se pencha dès lors vers la tablette, et la regardant avec moi, me la fit voir. Un fleuve aux rives larges coulait avec ma jesté. Sur les bords se dressaient des arbres qui res semblaient à nos palmiers.
Et par distances, entre les arbres, on distinguait des ruines de temples aux architectures différentes, que la mousse ou le lierre envahissaient. Il n’y avait personne dans le paysage, mais le fleuve portait des barques paraissant venir vers nous. A leur proue étaient debout des idoles qui n’avaient pas la figure humaine comme les dieux d’aujourd’hui. Elles ne ressemblaient pas même à
268 L’lNiTIATiON ceux de l’Égypte, dont les traits représentent les formes que nous appelons des animaux et qui nous ont précédés. Ainsi quand nous aurons disparu, l’image de nos dieux sans doute nous survivra quelque temps, et les humanités futures garderont des idoles d’après nous. Mais ces formes à l’aspect étrange et terrible racontaient une époque fabuleuse, dont toute la poésie actuelle serait venue.
Je savais qu'après la vision, il ne me devait pas demeurer pos sible d’en parler en des termes qui fassent voir. Et sous les barques à la cargaison divine, appa reillant vers on ne sait quel rivage de nocturnes ado rations, le fleuve lentement s’enflait et respirait comme un flot d’amour. J’avais été, comme on change de personne dans le sommeil révélateur, un des ignorants d’abord, puis un de ceux qui savaient.
Maintenant le fleuve submergeait ses bords et je me trouvais emporté par le courant, au sein d’une joie limpide. A mes oreilles parvinrent encore, à mesure étouffées par l’eau, les paroles inquiètes de ceux que j’avais eus près de moi. Et je fus enfin anéanti dans un évanouissement chargé de pressentiments et de souvenirs. GABRIEL DE LAUTRI‘ZC. , ,,
. .,.«. ?—r Bnngrès Spirile et Spiritualish international de 1900 Slt'ilül lillllllllllll Présidents d’honneur de la section: MM. LE COMTE NICOLAS DE NEPLUYEFF.— LE D" NIZIER PHILIPPE (DE LYON). Présidents des sections : MM. BARLET, SÉDIR, DT ROZIER, JOLLIVET-CASTELOT, s. U. ZANNE, KARL NYSSA, OURDECK, PAPUS, ET LES DÉLÉGUÉS ETRANGERS. -——«»O«»-—— Les réunions du Congrès ont lieu à la salle des Agriculteurs de France, 8. rue d’Athènes. Paris.
Le service des traductions et: celui de la sténographie sont assurés pour les communications orales et pour les délégués. SECRÉTARIAT DE LA SECTION '7, Boulevard Montmorency, Paris (TÉLÉPHONE BSD-50)
270 L’INITIATION ‘ , Ernrâs rxamçmsr D’un très intéressant article de Paul Adam, paru dans le Journal, nous extrayons les passages suivants: Entre tous, le roman de La Fayette peut séduire les Iittérateurs. Il serait si curieux de remonter le cours des idées qui préparèrent les convictions de I789. On irait ainsi jusqu’à Vicence, au milieu du XVI° siècle.
On y saluerait un réformateurfprotestant, ami de ce Mélancht ton qui rédigea la « Con ession d’Augsbourg», Lelio So cin. Dans sa lutte contre les évêques et les seigneurs ecclésiastiques de l’Italie, celui-ci proclama l’urgence d’admettre l’égalité entre les hommes, condition indis pensable du droit pour chacun de commen er les Écri tures saintes selon les principes de la conscience indi viduelle.
Il niait la prédestination, c’est-à-dire la théorie religieuse, admettant un dessein de Dieu, conçu de toute éternité, pour conduire certains privilégiés, par la grâce, jusqu’au salut éternel. Lelio Socin niait une aristocratie des fidèles, la possibilité d’une caste à privi lèges et de droit divin.
Son neveu Fausto Socin propage la réfutation à Zurich,par toute l'Allemagne, en Pologne, dans la ville de Rakow, qui devient un centre de doc trines égalitaires, et se transforme en halanstère com prenant des fabriques, des gymnases, es bibliothèques. Le gouvernement, qu’efl'raye le progrès des sociniens, les chasse de Pologne. Ils se dispersent, voyagent jusqu’en Angleterre.
Ils y forment la Société chrétienne des Amis, ou des philadelphes, c’est-à-dire des fraternels.
Une frac- . tion de la Société deviendra la secte de ces quakers qui vont blâmant l’orgueil des papistes et des pasteurs, dé nonçant les faux poids au marché, la mauvaise qualité des vivres et des hardes en vente, déclamant contre l’ivrognerie dans les tavernes, qui refusent de se décou vrir devant les juges et le roi, de prêter serment, de tuer le prochain sous prétexte de guerre, qui, par raffinement d’égalitarisme, impriment leurs livres sans majuscules.
Ils adoptent la plupart des principes en honneur dansles loges maçonniques écossaises qu’avaient établies les der niers druides à l’heure où triomphait le christianisme: ils convertissentà leur foi révolutionnaire le fils d’un
ÉPOPÉE; FRANÇAISE ' 27 1 vice-amiral, Commissaire de l’amirauté, William Peau. En paiement d’une créance sur l’Etat, il obtient du roi Charles II, rétabli par l’entremise desloges maçonniques, la propriété, en Amérique, d’une région couverte de forêts, et qu’il nomme Sylvania, puis Pennsylvania, par hommage à la mémoire de son père.
Il émigre avec les quakers et les sociniens,tonde en 1682 la ville de Phila— delphie, ou Fraternité,réurflt les colons en assemblée nationale et leur propose une convention politique en vingt-quatre articles: la Charte de Penn. Celle-ci devait servir de modèle, en [776, à la Constitution des États— Unis quand ils proclamèrent leur indépendance, dans la Cl[e maçonnique.
Là, cinquante ans plus tard, Benjamin Franklin acquit sa renommée, étonne par"sa science, et constitua la puis— sance de l’autonomie américaine. Quand, las d’être des colons anglais soumisàl’arbitraire de la cour de Londres, les philadelphes se révoltèrent contre le monarque de la Tamise, Franklin gagna la France, visita les loges ma— çonniques de Paris pour requérir auprès des frères et des illuminés égalitaires l’aide obligatoire entre adeptes.
Il y rencontra La Fayette. ' Très probablement, à Metz, en [774, lorsqu’il eut re joint son régiment de dragons, le jeune ;narquis avait. été initié à l’art royal, comme il était de mode. Depuis 1759, les soldats de cavalerie s’aflîliaient à la loge «la Par— faite Union », et tous les jeunes officiers, tel Saint-Mar tin, prêtaient leurs loisirs à l’étude de l’illuminisme qui, d’Allemagne, envahissait la France.
A cette époque, Son Altesse Sérénissime Louis-Philippe-Joseph d’0rléans, duc de Chartres, est grand-maître de l’ordre fondé en i726,à Paris, dans la loge Saint—Thomas, chez Hure, traiteur, rue des,Boucheries—Saint-Germain. Toute la noble société d’alors joue aux adeptes. Tant de carrosses s‘alignent en file à la porte de certains ateliers qu’il faut instituer une brigade de police spéciale afin d’assurer la circulation.
On y fait de la musique et de la fantasmago rie. Le fameux comte de Saint-Germain parle de Fran-‘ çois I‘“‘ comme d’un ami quitté la veille. En 1778, Mesmer commencera les expériences du baquet; et en 1780, Ca gliostro éblouira le monde par ses cures miraculeuses, par sa faconde.
Le marquis et la marquise de La Fayetœ, qui folâtraient en joyeuse compagnie aux Porcherons, ne manquèrent certainement pas de courir les loges, ainsi que l’on court maintenant les cabarets de Montmartre. Cependant, les hommes s’y entretenaient des théories de
272 L’lNlTIATION Jean-Jacques, du retour à la nature, du contrat social, du sensualisme et du paratonuerre. Agé de dix-neuf ans, La Fayette s’enthousiasma pour les théories des philadelphes, pour les destins de leur État. Il prend au sérieux son rôle de F.'., se fait réformer et ofïre son épée aux égalitaires de l’ensylvanie.
On sait comment il alla Combattre aux côtés de Washington et comment, a son retour,il obtint des grands seigneurs affi liés l‘envoi d’un corps d’armée et d’une flotte pour soute nir la révolte des Américains contre l’Angleterre. Rocham» beau commandait les forces françaises. La Fayette lutta sousl'uniforme de l’Union.L’indépendancetut conquise. En 1777, le marquis écrivait déjà tout natuœllement: « Nous autres républicains...
L’homme le plus riche et le plus pauvre sont de niveau... » Et il pense à l’affran— chissement des nègres. Sa rentrée en France fut triom phale. Les poissardes lui apportèrent des branches de laurier; et tous les Frèreslui firent des ovations qui se reproduisirent sans cesse.
En 1‘782. comme il visitait la loge de Saint-Jean d’Ecosse du Contrat social, loge mère du rite écossais, il fut, contrairement à toutes les règles, nommé sans scrutin, par acclamations unanimes, membre de l’atelier. En mars 1780, il veut se faire élire à Riom, député du Tiers ; mais les réres luireprésentent qu’il ren dra plus de services en défendant auprèsdelanoblesseles idées nouvelles.
A contreæœur, les nobles lui décernent, malgré son immense popularité, 198 suffrages sur 393 votants. Dès lors, il se voue aux idées de l’illuminisme._ Le premier, il présente un texte de la déclaration des droits de l’homme. Les Philadelphes américains le surveillent et lui donnent des avis. Gouverneur Morris, délégué des États—Unis, le conseille. Après la prise de la Bastille. La Fayctte constate son immense popularité. On le porte en triomphe.
Il est n0mmé général de la milice pari— sienne, à laquelle il donne la cocarde tricolore, et il or anise ainsi les forces premières des fameuses demi— brigades qui, commandées par des états—majors maçon niques, renseignées, aidées, soutenues par les intrigues des illuminés autrichiens et allemands, traverseront l’Europe sous les drapeauxde la victoire.
La plupart des officiers seront des philadelphes; ils choisirent, tour à tour, pour chefs Moreau, Oudet, Malet, Bernadotte, lors-v que La Fayette, prisonnier des Autrichiens, languira dans un cachot d’()_lmütz ou lorsque _la politique jalouse de Napoléon l’obhgera de demeurer inactif dans ses terres. .|,f_
ÉPOPÉE FRANÇAISE 273 Ce milieu des loges du xv1ne siècle offrirait à l’écrivain les plus curieux sujets d’études sur les mœurs, les illu— sions du temps, sur l’étonnante fortune de quelques charlatans, sur les spéculations d’admirables mystiques. sur l’organisation du mouvement révolutionnmre. C‘est Alexis de Noailles, proche parent de La Fayette, qui proposa l'abolition des privilèges au 4 août.
La Révolu tion française est faire par les nobles et les bourgeois lettrés. La presse n’étant pas libre, ils s’assemblent, pour causer, cntreles colonnes du temple et prétendent mettre en pratique les théories, soudain réalisées en Amérique, d’un pauvre réformateur italien qu’agaça l’arrogance des princes de l’Église.
En sorte que, par simple antithèse, c’est encore de Rome même, du catholicisme même, que sortit l’idée sociale devant aboutir au triomphe de 1800. L’intri ue romanesque se lie fort étroitement à l’évo lution po itique.
C’est d’abord la psychologie d'un ménage dont le mari a seize ans et demi, la femme quatorze ans, puis une aventure avec une jeune sauvage, mentionnée dans la correspondance de Grimm; ensuite le jeune mestre de camp ravit au duc de Chartres l’amour de la comtesse d’Hunolstein, qui l’avait éconduit avant le pre— mier voyage en Amérique, qui lui accorda ses bonnes râces en récompense de la gloire acquise, au retour. lus tard, il y eut passion violente entre Mme de Simiane et le héros, si publique que M. de Simiane faillit se tuer dans un accès de alousie.
D‘autres histoires amou reuses agrémentaient les années du marquis. Les lec trices ne se plaindraient de rien. , A proprement parler, La Fayette fut le type de ces libéraux qui enfantèrent les esprits de Laffitte, Casimir Perier, Guizot, Thiers, de leurs disciples.
Il voulait une Constitution permettant la liberté de la presse, le con— trôle du pouvoir par une assemblée de personnes com pétentes élues au suffrage restreint, et une famille royale, indispensable, selon lui, au maintien de la centralisation étatiste. Son idéal visait à la liberté d’expression, à l’égalité politique, mais ne concevait rien des réformes économi ques et sociales.
La peur de la décentralisation lui fit abandonner la cause du peuple lorsqu’au 10 août 1792 la royauté succomba. Mis en accusation pour avoir convié ses troupes à reconnaître encore le pouvoir de Louis XVI, il dut fran Chil‘ la frontière. Or“, les impériaux le considéraient comme un traître à la cause du loyalisme. Ils ne lui par donnaient pas d’avoir joué, lui, légatnaturel de la noblesse,
274 L’INITIATION le rôle de ( protecteur de la canaille >. Ils l’accusèrent de tous les malheurs qui accablaient le roi de France, dont il avait aflaibli l’autorité en mutilant les traditions. On refusa de lui laisser atteindre un territoire neutre. En fermé à Olmütz, il n’en sortit qu’en 1797, sans pouvoir rentrer en France, du reste, avant le lendemain du Dix— huit Brumaire et sous un nom supposé.
Bonaparte se souciait peu de voir à Paris cet homme populaire, ami des thermidoricns. Il ne lui permit la résidence qu'à la condition de se retirer en Brie.
Après le complot de la machine infernale, il le reçut cependant et répéta les propositions que luifaisaientles royalistes s’il consentait à se souvenir un pacte passé entre eux et lui, avant le coup d'Etat. < Ils me promettent une statue, dit le pre— mier consul, où je serai représenté tendant la couronne au roi.
J'ai répondu que je craindrais d’être enfermé dans le piédestal. ) A la suite de cette entrevue, La Fayette comprit le projet du conquérant et cessa les avances.
Dès 1802, il recevait les réprimandes de Bonaparte, et lui répondait: « J’habite la campagne, je vis dans la retraite, j’évite les occasions de parler; mais toutes les fois qu‘on viendra me demander si votre régime est conforme à mes idées de liberté, je répondrai que non; car, enfin, général, je veux bien être prudent, mais je ne veux pas être renégat.
Et il entretint des relations amicales avec Moreau, tandis u’il mariait son fils Georges à la fille de Destutt de Tracy lidéologue sensualiste, membre de l'intime minorité opp05ante au Sénat. Philadelphe, La Fayette donnait à Moreau, quand il partit en exil pour les Etats—Unis, des lettres de recom mandation.
En juillet 1808, Napoléon essaya de le com promettre dans un des complots du général Mater, et, sans doute, il avait quelques raisons pour cela. Le marquis le démontra en 1814, quand il essaya, le 30 mars, d’ameuter les gardes nationales afin de con traindre l’empereur à la déchéance et en 18I5, quand il lança du haut de la tribune parlementaire, après Water 100, la proclamation de cette déchéance, pour achever la ruine du despote.
Pendant la Restauration, il devint, comme l’on sait, le maître de la Haute-Vente des carbonari français, qui com prenait tous les demi—soldes, tous les anciens philadel phes. Par leurs forces, il réussit à faire triompher le principe libéral aux Trois Glorieuses, avant de mourir, en 1854.
CURIEUSE HISTOIRE 275‘ J’ignore quelle plus complète_épopée de vie fournirait à un poète la mat1ère d’une plus étonnante étude roma nesque et véritable. PAUL ADAM. ©ÜÏEÜE ÏST®IRE L‘idole meurtrière. —— Un explorateur, M. Gustave Le Bon, revenant d’un grand voyage aux Indes, offrit un jour une petite idole de pierre à M. Sadi Carnot, son ami.
Le Dr Collemond narrre en ces termes, dans la Chro nique médicale, les circonstances extrêmement curieuses qui entourèrent ce simple don, en apparence banal : « il y a une tradition sur cette statuette, dit le savant voyageur à M. Carnot. Elle appartint longtemps à la dy nastie des rois de Kadjurao. Le raiah qui me l’a donnée souhaitait de s’en défaire.
Elle asse pour assurer le pou voir à l’un des membres de la ar’nille dans la possession de qui elle tombe, mais aussi pour lui attirer une mort violente. Le prince hindou voulait bien régner, mais il ne voulait pas mourir. Ayantle trône, il craignit le poignard, et pensa conjurer le sort en se séparant de la petite sta tue. Je l’aitrouve’e originale, avec sa bizarrerie artisti ne et son étrange réputation.
Mais il n’eût pas été honnete de vous la remettre sans vous prévenir. Ne la prenez pas, si vous n’acceptez pas les risques d’honneur et de danger. « La légende parut fort iquante. Elle ajouta son charme au rare bibelot, qui ut accepté avec joie.
« Nul ne prévoyait alors qu’au prochain Congrès de Versailles l’impossibilité d‘obtenir une majorité pour Jules Ferry ferait se concentrer les votes sur le nom de Sadi Carnot. ‘ ‘, « Le soir même de l’élection, le Dr Gustave Le Bon re cevait de Mme Carnet ce mot, écrit plaisamment, mais déjà peut-être avec un léger frisson de mystère : « C’est la statue. » , Sept ans plus tard, M. Carnet était assassinéà Lyon., Était-ce encore la statue ?
276 LÏ.\‘ITXATlON Ajoutons que, lorsque M” Carnet mourut à son tour, ses enfants trouvèrent dans son testament la prière ex presse et 1nstanœ de ne pas conserver l’idole hindoue.
En songeant à la mort, dans la gravité de ses dispositions dernières, cette femme d'un esprit élevé,d’une forte cul ture philosophique. et que nul ne taxera de superstition ou de faiblesse, avait cru devoir dignement, sans tenta— tive d’explication, faire la part de la fatalité, de l’inson dable et du mystère. BE3âEQŒË>EÀPEEE R. P. Lescœur, de l'Oratoire, La Science et les Faits Surnaturels contemporains: les vrais et les faux mi— racles.
2e édition, entierement refondue et considéra blement augmentée. — Paris, Roger et Cherneviz, 7, rue des Grands-Augustins : 3‘ francs Le savant auteur de la Théodicée chrétienne, du Règne temporel de Jésus-Christ, de la Science du bonheur, du livre sur le Dogme de la vie future et la libre pensée contcmpraine, est évidemment qualifié pour écrire sur la question du surnaturel au point de vue del'orthodoxie catholique. v Son livre, commele titre l’indique, a été mis au cou rant des travaux les plus récents.
Le P. Lescœur a sur tout en vue de répondre par des exposés de faits aux disciples de Renan, qui ne croient qu’aux faits et écar tent a priori de l’histoire tout ce qui est merveilleux ou surnaturel. Il constate, en rappelant l’immense quantité de phénomènes constatés par des millions de spirites et d’occultistes, « non pas la faillite de la science, mais la banqueroute du rationalisme ».
Peut-être a-t-il tort de citer seulement Renan, mais non Comte, Taine et Renouvier, dont l'influence sur la pensée contemporaine n’a pas été moins puissante. Le respectable écrivain omet de dire que si Renan écrivit des commentaires à la Ho mais sur les livres saints. c’est parce que ses connais sances en mystique n’étaient pas moins insuffisantes que celles de la plupart des prêtres français. D'excellentes citations de savants incroyants, Ch. Ri
BIBLIOGRAPHIE 277 ' N.Inflvg - ' cher, Crooltes, Lombroso, Aksal«tofl', Chiaia, Zœllner, Gibier, sur les phénomènes spirites ordinaires et sur les apparitions tangibles, vérifiables par des appareils que personne ne peut accuser d’être tr0p imaginatifs, font voir la mauvaise foi des savants qui refusent d'étudier ces phénomènes troublants. L’occultiste s’étonnera pour— tant de ce que le P.
Lescœur, qui admet la haute valeur des travaux de M. de Rochas sur l’extériorisation de la sensibilité et de la motricité, rejette, sur l’autorité de M. le D" Surbled, la théorie des effluves humains, et sur celle de MgP Méric, l’existence du corps astral: mieux eût valu réserver l’étude de ces deux questions, ou tout au moins ne pas rejeter a priori l’existence du corps astral et réserver l’appréciauon des théories phi losophiques émises à son sujet.
Contrairement à la plupart des philosophes occultistes, le R. P. Lescœur maintient que le surnaturel existe et n’est pas une application d'une loi naturelle de la ma tière.
« Le surnaturel, dit-il, peut bien être constaté par la science... mais jamais il ne pourra être expliqué par elle (1). >>Il n’admet pas, par exemple,qu’un instrument de musique puisse jouer tout seul, suspendu en l’air, par l’action de la volonté humaine ou d’une force phy sique inconnue: mais il ne dit pas avoir jamais repro duit les expériences de contrôle faites par Gougenot des Mousseaux, au moyen de lucides apercevant les esprits qui agissent; ce qui permettrait pourtant de constater si, dans des cas célèbres comme celui d’Eu sapia Paladino, la force psychique d’un individu agit seule, avec ou sans dédoublement du « corps astral », avec ou sans l’action d’un esprit (2).
Si le R. P. Les— cœur avait du moins vu expérimenter aussi souvent que Mg' Méric. son raisonnement sur ce fait aurait pu être différent. Plus loin, il accuse les rationalistes d’intro duire dans la science un scepticisme mortel, en parlant des forces cachées de la nature. On peut leur objerter, me semble—t-il, qu’ils m’expliquant rien par une aussi vague expression, pas plus du reste que les gens qui font agir « le diable > à tout propos.
Mais je ne comprends pas que l’hypothèse d’une loi inconnue contraire à la gravitation détruise toute certi— tude scientifique: une force suspend quelque temps Él ) Page 69. 2) De Rochas, L’Exte‘riorisaîion de la motricité.
278 L’INITIATION l’action de la pesanteur (comme dans le cas de l'enlève— ment d’un ballon), et une autre produit pour quelques moments des effets analogues (cas de lévitation), qu’un esprit invisible se serve ou non de cette force: il n’y a là rien de contradictoire (I).
Plus loin le savant apo o giste admet avec Crookes que la force psychique peut exister et que des êtres intelligents s’en emparent: il n’y a aucune contradiction entre cette constatation de Crookes et la doctrine chrétienne traditionnelle sur le pouvoir que les bons et les mauvais esprits ont sur la matière et les modalités des forces matérielles, ainsi que sur les sens de l’homme.
L’occultisme est jugé, comme le spiritisme, une su perstition anticatholique. Les occultistes sont qualifiés de sorciers nécromanciens, panthéistes-matérialistes. hauts théoriciens du spiritisme: ici manque une distinction entre les théosophes néo-bouddhistes, les chercheurs encore incro ants, et les occultistes qui s’intitulent mar— tinistes ou il uminés chrétiens. Plus intéressantes sont les pages où le R. P.
Lescœur relève les contradictions des enseignements spirites, rappelle, d’après saint Jean Chry— sostôme, que dès les premiers siècles du christianisme, de mauvais esprits se donnaient pour les âmes des morts, et signale, d’après le D' Gibier, l’effrayante proportion des spirites parmi les aliénés, comme parmi les suicidés.
Un chapitre démontre d’une manière spécieuse la con formité de la doctrine chrétienne et de la doctrine spirite sur les démons. De savants chapitres sont consacrés à la valeur apolo étique des faits surnaturels, aux causes qui font nier es miracles, aux caractères des vrais miracles, aux fron tières du surnaturel. ( L’indéterminisme absolu, écrit le R. P. Lescœur, est la loi de tout miracle.
Le détermi nisme absolu est la loi de tout fait scientifique. » Le docte théologien somme les savants indépendants déliré l’ouvrage de Benoit XIV sur la canonisation des saints, et d’étudier de près les procédures de béatification pour arriver à la certitude de faits miraculeux distincts des phénomènes du spiritisme par leur valeur morale.
Il est certain que la lecture, non pas seulement du (I) M. de Rochas a publié un volume surla lévitation (Ley mar1e, éditeur, 43, rue du Faubourg-Saint-Jacques). avec citations d‘auteurs mystiques et spirites. Voir aussi Gabriel Delanne :L’Ame est immortelle. . J‘ai ..;:Ï:- ‘É '\___
BIBLIOGRAPHIE 279 livre de Benoît XIV, mais d’un dossier complet de béati fication, imprimé ou manuscrit, datant de l’époque con temporaine. serait d’un très haut intérêt. Le livre du R. P. Lescœur, remarquable par le fond comme par la forme, est surtout instructif pour les spi— rites des diverses écoles, et pourra susciter de curieuses polémiques (1). G ABBÉ THOMAS, vicaire général de Verdun, La Findu monde d’après la foiet la science. — 0 fr.
60, Blond et Barral, 4, rue Madame. Feu l’abbé Thomas expose les idées de la théologie chrétienne sur la fin du monde d'après l'Ancien et le Nouveau Testament, et conclut comme M. de Kirwan que la fin de notre planète par un embrasement est par— faitement admissible. Dans un livre édité parles mêmes éditeurs (le Règne du Christ, l’uglise militante et les derniers Temps), il adémontré que la parusie ou retour du Christ était très prochaine.
Sans admettre le système de l’abbé Bigon, il ne rejette pas une rénovation du monde par la grâce divine, avantl'époque de l’antéchrist. Avec raison il dit aux commentateurs, qu’il y a loin du sens acco'mmodatriceà la preuve. Il affirme que l’Apoca— lypse a été écrite en grec en l’an 68.
Un appendice ren fer_p1e des pages substantielles sur la destinée du peuple u1 . ) Il manque à cet opuscule des extraits des prophéties privées sur les derniers temps, et des théories hindoues ou musulmanes sur la même question. R. P. ORTOLAN, La Fausse Science contem oraine et les Mystères d’outre-lombe. 1b. id. — Le R. . Ortolan réfute le livre de Louis Figuier sur le Lendemain de la mort, ainsi que Terre et Ciel de Jean Reynaud.
Mais il (1) Le R. P. Leens, 1894); —— Spiritisme, par le P. Franco; (Bruxelles, Schaepens, [894;'-— Doctrines et Problèmes, par le P. Roure. in—8, SRetaux, 1900); — la Personnalitéhumaine, par l'abbé Fiat (A can, in-8); — Névroses et Possessions dia boliques, par le Dr Ch.
Hélot (in-8, Blond et Barral) ; -— Spiri tualzsme et Spiritisme, par le Dr Surbled (Régnier, 1892, in—8); -— la Morale dans ses rapports avec la médecine et l’hygiène, ar le même (Rétaux 18 8) , — le Catholicisme et la Vie de ’esprit, par Fonsegrive ( ecoflre, 1899); —- M. Taine, par A. de Margerie (in—8, 1894).
280 L’INITIATION ne nous enseigne rien sur ce que la mystique catholique ourrait nous révéler au suiet de la vie des bienheureux. lest extraordinaire que le terme de mystique ne soit pas même une seule fois dans l‘opuscule de l‘auteur, docteur en théologie et en droit canonique, lauréat de l’Institut catholique de Paris, membre de l‘Académie de Saint—Raymond de Penn:fort.
Il parait ignorerles bro chures de Papus sur l’Ame humaine et 1’Llat de trouble, de Saint—Yves d'Alve 'dré sur les Clefs de l’0rient,le livre de Guaita sur la Cle de la magie noire, et ne montre pas ce que Figuier et Jean Reynaud ont emprunté aux tra ditions orientales. G. 1515, par le comte de Villiers de L‘Isle-Adam.
La Li brairie Internationale (Paris, 4, place Saint-Michel, -— Bruxelles), qui promet l’œuvre entière de Villiers, donne une édition artistique de cet ouvrage posthume et ina— chevé, ( première page d’une série de romans philoso phiques ), que l’artiste commença encore adolescent, qu’i élabora un peu tout le long de son existence, et qu’il espérait terminer quand la mort l'arrêta: « L'œuvre se définira d’elle-même, une fois achevée, » disait-il.
Cette réalisation liminaire doit nous suffire à imaginer ce qu'aurait été l’œuvre totale et nous permet de cons— tater l’évolution spirituelle du génial précurseur depuis, pourtant, les inégalées magnificences d‘Axel, les hori zons infinis de lEuefulure, de Tribulat, de quelques Contes.
Ici, Villiers, ayant élargi encore sa conception par la multiplicité des points de vue et purifié la Vision lucide d’un regard dominateur de nues et de fumées, plus pers picace et plus serein, se trouve toutefois et par cela meme plus près de nous.
Le lecteur, devant la simplicité et la sagesse d’une pensée harmonieuse, devantles expan. sions d une âme ne l’on sent mue par une volonté de lumière, n'aura p us les effarements inévitables des sé— rieuses ironies de Tribulat ou de 1’Eue, railleries incer taines qui aboutissent à des vérités logiques, carle génie de Villiers, l’incitant à retourner en tous sens une idée et à la poursuivre jusqu’au dernier terme de ses consé quences, transperce ainsi de son glaive d‘archange les ténèbres et surgit aux confins des mondes delumière et de loire. _ n exemple de cette sagesse initiatique, dans la bouche du prince Forsiani :
BIBLIOGRAPHIE 2 81 « Et puis, comte, il faut avoir de la charité, voyez— vous; la charité, c’est le respect du prochain.. Pour arri v.:r a respecter tout homme ayant agi d’une manière révoltante. il n’y a qu’à se faire ce dilemme : ou cet homme avait une raison pour commettre cet aCte misé— rable, ou il n’en avait pas.
S’il n’en avait pas, c’est un fou qu’il faut plaindre et non juger, ni mépriser; s’il en avait une, il est bien évident que moi, doué de raison comme lui, également homme. si j’avais été placé dans les même conditions et circonstances que lui, si j’avais été pousse par les mêmes mobiles que lui, j’aurais fait comme lui, puisqu’il a fait cela d’après une raison. » On peut objecter ,à ceci que l’homme est essentielle ment libre.
Oui, si l’on veut, l’homme est libre... dans le plan des Essences, qui n’est pas le nôtre, qui seraitcelui plutôt de l'Adam Kadmôn ou, plus précisément, si l’on veut admettre la terminologie de Fabre d’Olivet, de l’Adam Béiial. Ici-bas, l’homme possède-t-il, en fait, un dixième de liberté? Disons: ( placé dans les mêmes conditions et circonstances, poussé par les mêmes mo biles, j’aurais pres ue sûrement fait comme lui 7».
Cela doit suffire au par on. Et la morale du prince n’en est pas moins belle. Ecoutons encore ces quelques mots : ( Ne jugez donc jamais l'homme et respectez—le tou jours, quoi qu’il ait fait. Jugez seulementl’action, parce qu‘il faut bien .statuer sur quelque chose pour vivre sociable, et passez outre. Essayer de retrouver les mo biles n'est pas possible; d‘ailleurs, c‘est inutile et inson dable; c'est d’un autre monde que le nôtre.
Il faut res pecter l’homme parce qu’on est homme et qu'on doit respecter son humanité dans celle d’autrui. » Une belle satire du monde; des « galants prévenants avec les femmes, qui ont du cœur devant le danger, et point d’âme en face du ciel, de la conscience et de la création. -— Belles manières, gants parfumés et mous taches fines. Tas d’ossements que tout cela 1...
« Croyez-vous qu'une centaine de ces hommes de goût fassent la monnaie d’un pavsan, qui aime une brave femme, la bat de temps à autre, élève sa famille, travaille la terre, et daigne prier Dieu f... » Ce discours du prince est plein de conseils savoureux: ( Ne craignez pas de rendre service au premier venu, eussie‘z-vous été affligé vingt fois de l’avoir fait, » etc. Continuons, n’est-ce pas? de citer quelques-unes de ces paroles, dont le lecteur saura comprendre l’origine, le rapport et la portée. '
2 82 L’INITIATION “-*—-—-.,.w. < Le vulgaire est semblable à ces campagnards nar quois qui se moquent d'une pile électrique et changent de visage dès qu’ils ont touché le fil. Il est vrai que leur étonnement ne dure qu’une heure et se termine par quelque m0t sceptique ou indifférent. ) (Cela nous rappelle une causerie du Dr Rozier, sur le peu de conviction qu'ajoute à une âme obscure un véri table et authentique miracle.
Passé quelque temps, il est oublié et bientôt attribué à un ( truc »; et les préposés à l’enseignement des masses prononcent les vocables défi nitifs : hallucination, fantasmagorie. autosuggestion. La cause est entendue... jusqu'à la prochaine secousse de la pile..., dirons-nous électrique?) ' Lire, bien, les pages 67, 68, Go, 10I, 102, 103, sur l’origine du doute et son incarnation quotidienne dans le drame humain.
« Les pays se déversent les uns dans les autres et les sociétés se croisent sans se comprendre et sans tenir à se comprendre. Riches et pauvres, travailleurs et désœu vrés, nous sommes emportés dans la tristesse par un vent de sépulcre, d'efïarement et de malaise. ( On ne cesse de réfléchir à la Mort... On dirait que la Mort a jeté son ombre sur ce siècle...
La prévoyance de la nature est grande : elle prépare ses effets de longue date; on dirait que l’humanité va tout à coup ressentir une totale, une définitive surprise de quelque chose, et que, d’instinct, elle réserve ses forces pourla ressentir. ) Villiers eut la prescience de vérités venues à la cons-— cience de quelques cerveaux humains depuis qu’il est parti.
La vérité, semble-t—il, s’incarne sur terre par frag ments, peu à peu, dévoilant chaque jour un li nouveau de son mystérieux vêtement; et l’œuvre éfinitive ne sera sans doute pas de volonté humaine, mais d’abdica tion de la volonté, d’assentiment compréhensif aux cir constances venues d'En haut, quand l’âme sera prête, après le quelque chose annoncé, pour le règne d’amour attendu.
Les inégalités de l’œuvre, qui sont la vie, se résolvent en harmonie supérieure pour les esprits clairs. Villiers, initié à la Kabbale et ami d’Eliphas Lévi, laisse prédomi ner la méthode ascendante dans son ascèse : l’amour de l’Idéal synthétise dans son âme illuminée les idées diverses, floraison multicolore, reflets innombrables d’un même soleil, qu’il réunit en germe d'offrande pour l’autel de l’unique Dieu. Pour cela, son style, tout d’abstraction, est vivant, car û»œ—.—_w’u—.—_w—__ MM. ,.«..‘,.—._.,__.,_,...,.r.
BIBLIOGRAPHIE 283 o non seulementil évoque, mais il emporte sur ses ailes l’esprit vers les régions que son imagination vigoureuse tente d’explorer. Nul, pour nous, ne jeta l’esprit vers des zônes plus hautes, et d'un horizon plus étendu.
Ici encore nous trouvons, repris de l’Eue future, et mâturé, le bilan de la science moderne confronté avec l’ancienne, et la conclusion logique : nous devrions être forts, confiants, glorieux, et nous sommes gauches, crain tifs, douteurs, « nous ne pouvons mettre la main sur le troisième terme de la dualité (si tant est qu’il y ait logi quement dualité), pas plus que sur l’activité vivante, en médecine. » « D’où vient que nous déplorons souvent le Progrès et que nous regardons les faits spontanés de la conscience passée, les croyances, réputées aujourd’hui absurdes, avec tristesse et sympathie P D‘où vient, disons-nous, cet état mixte, extraordinaire,que nous sentons peser autour de nous depuis longtemps et dont la formule, en abstrac— tion, serait capable de faire douter de la raison humaine, de sanctionner logiquement le quia absurdum des mys tiques ? » Une immense note sur le Progrès, sur cette fausse liberté moflerne, et ces mots sur la durée moyenne de la vie, que la statistique constate améliorée : « La durée, ce n’est pas la vie; c’en est une qualité.
Sous ce mot, la vie humaine, nous avons l’idée d’action et de pensée. Ce qui fait vivre l’homme, ce sont les liens et les rapports qui l’unissent à ce qui l’entoure; plus ces liens se forti fient_ plus la vie se réalise dans l‘homme. » Des objections (comment les réfuter B) à la science ana lytique; par exemple, pourquoi, connaissant la composi tion exacte du sang, l’homme ne peut—il en fabriquer chimiquement une seule goutte?
Et des appels magnifiquement tristes vers l’Idéal, source de vie. Et le vouloir charitable d‘amener enfinles gens à comprendre.
« Ah l les enfants de la Chaldée, errant sur les mon tagnes au milieu du vent nocturne, la ressentaient bien, cette poésie qui est la conscience de la nature, etils avaient bien raison d’attacher, d’un regard de foi dépassant les progrès futurs, leurs obscures destinées au cours lumi— neux d'une étoile, et de créer ainsi, dans tout l‘infini de leur pensée, un rapport irrévocable de leur humilité à sa sublimité. » r Il n’y a presque pas de roman. Une conversation du prince Forsiani avec le jeune comte Wilhelm de Strally
284 L’INITIATION d’Anthas, une visite de ces deux personnages chez la marquise Tullia Fabriana, et le retour, le lendemain, de Wilhelm chez Tullia. C’est tout, comme intrigue. Entre temps, l'initiation, par elle-même, de la marquise, sa consécration, une nuit d‘orage, par le feu du ciel, quel— ques attitudes dans son château romantique, la rencontre enfin des deux êtres élus depuis les temps d’aurore.
Tullia Fabr1ana évoque une existence antérieure, la grande reine du Nil ; elle feuillette un manuscrit con servé où sont notés des souvenirs aussi précis qu’immé— moriaux; enfin, ne pouvant dévoiler le grand mystère àl‘e’lu, trop jeune et non préparé, qui, dit-elle, « me barra par ses yeux et selon lui..., de sorte que, en croyant me posséder, il ne me touchera même pas réellement », elle fait s'élever devant ses yeux une ( vision, fulgurante de relief et de profondeur ), où, dans une nuit de jadis, leur mutuel et séculaire amour fut révélé.
L’édition, nous l’avons dit, est soignée, le texte bien imprimé sur papier fort. teinté; la couverture, où se dé tache un vi oureux profil de l’héroïne isiaque (par Ras— senfosse), p us parisien qu’isiaque, est d’un vert profond de recueillement chaleureux apâli par places de légères fanures d’or sourd. SABRUS. L’üËWIËDË [DES IRE‘Wl’DES PROBLÈME DU MAL Dans la Revue philosophique, M. Louis Bourdeau s'attaque au Problème du mal.
Il sera intéressant d’exa miner son essai et d’en citer des passages surtout parce que M. Bourdeau est matérialiste et qu‘il ne voit rien au delà du terme fatal de la vie terrestre,,ainsi qu’il le dit expressément dans le Problème de la mort. Le mal existe. Il est partout. D’où vient-il? M. B. in terroge d'abord les antiques théologiens.
Il va sans dire que comme il ne sait voir que le côté exotérique, le côté fable des expressions théogoniques, il les rejette tout de
ÉPOPÉE FRANÇAISE 285 suite comme insuffisantes et ridicules. C’est l'eiÎrayant dilemme de Boèce (de consolatione philosophim) qui lui sert à se débarrasser des religions.
Je remarque — en glissant —— que M. B. ne se sert que de la moitiédu di— lemme et que l’autre partie se retourne contre son sys tème, puisque Boèce dit: « D’où vient le mal si Dieu existe, et s'il n’existe pas d’où vient le bien? » M. B. ayant loyalement cité toute la phrase, aurait pu penser qu’il se désarmait lui-même.
Mais il s’agit d’autre chose et j’accorde volontiers à l’auteur que les théogonies, telles qu’il a su les comprendre, ne lui ont pas donné une explication satisfaisante de l'origine du mal et qu’il faut chercher ailleurs. Accordons-lui, au surplus, que les métaphysiciens n'éclairèrent pas mieuxla question, que beaucoup même l’obscurèrent.
Ayons le coup de balai large et qu’Hegel lui—même, dont l’hypothèse avait tout de même quelques petits mérites, n'y échappe pas. Voici une table rase, au souhait d'un Condillac. Voyons ce qu'y va mettre M. B : < La loi générale des êtres finis les fait se constituer en vertu d’un double principe d’association et d'individua tion.
Chacun d’eux se compose d’êtres plus simples coordonnés en un tout et ce tout lui-même figure à titre de partie dans des agrégats complexes d’amplitude croissante. Ainsi, l’homme est un composé d'organes, un organe de tissus. un tissu de cellules...
Et de même dans les modes supérieurs de groupement, l’être hu main fait partie d’une famille, la famille d’une nation... et la progression se continue parmi les systèmes du monde, jusqu'à l’unité suprême de l’univers qui com— prend tout... ) M. B. nous annonce, en quelque sorte, qu'il vient de faire cette découverte, Il n'a point à se désoler qu’elle ait été faite avant lui, des milliers d'années avant lui, per due, retrouvée au cours des siècles, et qu’elle ait été ri— goureusement remise en lumière par les maîtres de l’oc cultisme contemporain.
Particulièrement l‘hypothèse de M. B. se rapproche de la théorie de la Loi de séries de Louis Lucas; elle en diffère, étant moins profonde et moins lumineuse. Mais, comme M. B. ne lit pas les oc— AAÀAfiAAAAÂA i
2 86 L’INITIATION cultistes, il faut lui laisserle mérite entier du relrouzæur Car maintenant qu‘il a posé son principe, qu’il tient le fil conducteur, il se voit forcé de suivre ce fil, et de faire découler du principe les seules données logiques qu'il permet et qui existent aussi dans la tradition ésotérique. Le mal réside dans l’égoïsme, dans l’individuation.
A n’importe quel endroit du Tout que vous regardiez, vous vous trouverez toujours en face d’un être composé d’autres êtres et contribuant lui-même à composer d’au tres séries, «I qui vit pour son propre compte, qui a ses conditions de genèse, ses exigences de conservation, ses tendancesévolutives, son mode de fonCtionnement...
Formant par lui-même un petit tour, il est porté à se considérer comme un tout absolu, et s’il se prête à certaines relations, il ne s’aliène jamais entièrement. Il s’intéresse avant tout à lui-même et oppos‘e son égoïsme irréductible aux autres êtres ». Et encore.
« De cette double loi d’association qui unit les êtres et d’individuation qui les oppose, résultent tous les < biens et tous les maux de la vie. ) 1 Bien que M. B. ne veuille s’occuper que du côté pu rement matériel des choses, il n’en constate pas moins que le bien réside dans la convergence, dans l’unité, le mal dans la divergence ou multiplicité.
Il y a déjà un vieux pantacle, un ridicule vieux pantacle qui exprime cela par deux triangles formant la figure de l’étoile à six branches. Si M. B. étendait ses vues plus haut et s’il maniait l’analogie, il verrait s’ajouter des bénéfices à son heureuse hypothèse. S’il voulait aussi relire quelques maîtres an ciens etmodernes, il pourrait s’apercevoir que ni! novisub sole et que le résultat de sa méditation est étroit encore que méritoire.
ÂAAAAAA A En. J. CONGRÈS DE L’ENSEIGNEMENT L’Université évolue lentement, mais elle évolue. Des pensers nouveaux surgissent dans le corps professoral. 'On cherche à modifier la préparation de la jeunesse à la
REVUE DES REVUES 287 vie. On aperçoit certains problèmes jusqu’ici demeurés dans l’ombre, et on s’efforce laborieusement à les ré soudre. ' ‘ On peut dire que ceux qui enseignent aujourd’hui commencent enfin —— en croyant faire du nouveau -— à rechercher le fil perdu de la forte tradition. La Revue universitaire aîpublié plusieurs rapports pré paratoires au Congrès de l’Enseignement secondaire. Il faut noter les idées de F.
Picavet sur la formation des maîtres de l’Enseignement secondaire et surtout cette phrase du rapport de M. Beck, directeur de l’École alsacienne, sur le développement de la personnalité des enfants : < Nous voici dans le domaine moral. L’école n’est autre chose qu’un stimulant intellectuel et la culture de l’esprit n‘implique, ne contient pas le développement moral.
Les forces morales sont destinées à éclairer, à. appuyer, à pénétrer les forces intellectuelles. Nous en tendons par forces morales : le cœur, la conscience et la volonté. ) Jusqu’ici, l’Université n’a su que donner le dévelop pement intellectuel —- souvent avec quels heurts et quels désordres; — est-elle capable d’éclairer, de péné trer l’intellectuel par le moral? Elle a des méthodes, — trop même —; a-t-elle le véritable levier?
On negle voit pas à la lecture du reste du rapport de M. Beck, —-—très remarquable d’ailleurs, — où la thérapeutique est loin d'être aussi précise que le diagnostic du mal. Le levier se peut définir un idéal (pour ne pas dire une foi) et quand on a parlé aux distributions de prix de faire des citoyens, on semble avoir tout dit. C’est un but louable sans doute, mais il conviendrait d’en avoir un plus grand si plus éloigné.
Félicitons cependant l’Université de sa préoccupation nouvelle et souhaitons qu’un commencement de réalisa— tion sorte du Congrès de 1900. ÈD. J.
288 L'INITIATION '5‘lr’“"l"‘"' lin Médium à incarnation Nous avons poursuivi nos études au sujet de Mme Lay Fonvielle et nous avons pu avoir de nombreuses preuves de la lucidité exceptionnelle de ce médium. Des sites de province et de l'étranger inconnus des assistants ont été décrits avec une précision remarquable, des papiers de famille égarés ont été retrouvés sur les indications d’in carnations venues dans le médium. C’est la première fois que les chercheurs de Paris sont mis à même d’étu dier une question qui a tant intéressé les membres des sociétés scientifiques d‘Angleterre. Nous conseillons aux expérimentateurs de ne porter un jugement défi nitif qu’après plusieurs séances d’études et de contrôle. PAPUS. Le Gérant : ENCAUSSE. roues. —- uuP. E. ARRAUL’I‘ ET c", 6, nm DE LA PRÉFECTURE. ""(*,«u.,.,«g ,_«.r—-_—»y-.«w,_.,>«"* ‘;l ;
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