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. , o o 0 L mዾauon il... Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÊE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS I E? O. >14 Docteur en médecine Docteur en kabbale pi- «w VOLUME. 12'ૺANNÉE 44" SOMMAIRE DU N0 1 1(Août 1899) * D4 . PARTIE INITIATIQUE Inauguration de la Loge Martinisle « Velléda ». . Blchrd. (p. 97 à 120). PARTIE PHILOSOPHIQUE Le Vaudoux . . . . . . . . . . . . . . . . . . Nathan Zeffar. (p. I2I à I42).
LOcculte à la Cour de Louis X]V(suite). . . . . Leiébure. (p. I43 à 157). Claude de Saint-Martin et le Spiritisme. Phaneg. ' (p. I58 à 103). Terre et Ciel . . . . . . . . . . . . . . . . . . Guymot. (p. [64,31 17|).
PARTIE LITTÉRAIRE Le Problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . (r172 à174) Nouvelles diverses. Société des conférences spiritualistes. Congrès spirite et spiritualiste de 1900. Union idéaliste uni verselle. Correspondance. - Faiseurs de pluie. Biblio graphie. Nécrologie. Errata. Noëlle Herblay. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, me de Savoie \ Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. Un An: DIX FRANCS
! PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. \ Elles ont voulu détruire les principes éternels cjui sont lessence . l de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont --! abouti quà de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Eዿ'rayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. LInitiation est lorgane principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion,à donner une base solide à la Morale par la découverte dun même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta " physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et lOcculte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, lInitiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent larbitrage contre larbitraire, aujourdhui en vigueur, et qui luttent contre les deux ,5 grands ዿéaux contemporains: le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère. -3-»' à ૺI.ૺ ..r .( 1 Enዾn lInitiation étudie impartialement tous les phénomènes 1, du Spiritisme, de lHypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà 3 connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans lInde.
LInitiation expose les opinions de toutes les écoles, mais nappartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. La première partie de la Revue (Initiatfque) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientiዾque) sadresse à tous les gens du monde instruits.
Enዾn, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d'une manière quelles savent toujours apprécier. LInitialion parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années dexistence. Abonnement: 10 francs par an (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.) . ;: q:: .r ; .;7.;(a; sara
LInitiation du I5 Août 1899 4..» a .E.._:. _. _._ . ___._.. _ __, PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l1mlzatzon \ [0 PARTIE INITIATIQUE AMOF. CH. BARLET, S.'. I.'._{; GUYMIOT. MARC HAVEN, S.-. 1.-. ;;3 JULIEN LEJAY, S.'. 1.-. ,ç; -- ÉMILE MICHELET, S.-. I.'. (C. G. E.) LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. GEORGE MONTIERE, S.'. I.'.â PAPUS, S.'. l.'. {è SEDIR, S.'. I.'. SELvA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTlE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. - AMELINEAU. ALEPH. DૺBARADUC. - SERGE BASSET. -Le F.'. BERTRAND 30 BLITZ. -BOJANOV BORNIA PIÉTRO. - JACQUES BRIEU. CAMILLE CHAIGNEAU. CHIMUA DU LAFAY. ALFRED LE DAIN. G. DELANNE. - ALBAN DUBET. A. ERNY. FABRE DES ESSARTS. -L. ESQUIEU. DૺFUGAIRON. DELÉZINIER. JULES GIRAUD. -L. GOURMAND. - L. HUTCHINSON. JOLLIVET-CASTELOT. L. LE LEU.L.
LEMERLE. LECOMTE. NAPOLÉON NEY. HORACE PELLETIER. G. POIREL. QUESTOR VITŒ. RAYMOND. D' ROZIER. L. SATURNINUS. D' SOURBECK. THOMASSIN. - G. Vxroux. YALTA. ' 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUEOURO. JEAN DELVILLE. -ESTRELLA. _E. GOU DEAU.- MANOEL DE GRANDFORD. JULES LERMINA. -L. HEN NIQUE. JULES DE MARTHOLD. CATULLE MENDES. GEORGE MONTIERE. LEON RIOTOR. SAINT-FARGEAU. ROBERT SCHEF FER. ÉMILE SIGOGNE. CH.
DE SIVRY. 40 POESIE CH. DUBOURG. RODOLPHE DARZENS. JEAN DELVILLE. YVAN DIETSCHINE. E. GIGLEUX. CH. GROLLEAU. MAURICI LARGERIS. PAUL MARROT. EDMOND PILON. J. DE TALLE NAY. --_ROBERT DE LA VILLEHERVE.
L'Initiauon du 15 Août 1899 N I OrÿNrg(BENSËIF(ÎLlÏESîlENTSÀ DIRECTION Villa Ionlmorrncy, il), aveu. des Peupliers PARIS-A UTEUIL DIRECTEUR : PAPUS Lucion HAUCHEL Rédacteur en chef: ADMINISTRATION ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO YCHAMUEL DIRECTEUR ADJOINT: 5, Rue de Saute P l 15 F.-Ch. BARLET " R Secrétaires de la Redu;ttunz FRANCE, un an. 10 (r. .1.
LEJAY PAUL SÉDIR ÉTRANGER, _ |2 h._ RÉDACTION. -Chaque rédacteutpublie ses articles sous sa seule responsabilité. Lindépendance absolue étant la raison dêtre de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps dun article. Prière d'adresser tous les échanges : Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. MANUSCRITS. Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction.
Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins davis spécial. Un numéro de la Revue est toujours com osé d'avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au p us tôt que le mois suivant. LInilialinn est lorgane ofዾciel des centres suivants : Groupe lisotérique. Ordre martiniste. Faculté des Sciences hermétiques. Ordre Kabbalistique de la Rose« Croix. Union Idéaliste Universelle. F. T. L. (section française).
GROUPE IIIIIEIEIDAIT II'ETIIIIE8 ÉSOIERIQIIES 1,600 Membres 104 Branches et Correspondants ' Groupes d'Études fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit dentrée. Pourtous renseignements, sadresserparlettreà M. Paul SÉDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTIOUÊ DE LA ROSE j» CROIX. ÉGLISE GNOSTIQU! SOCIÉTÉ ALCHIMIQUE DE FRANCE jx .
La reproduction des articles inédits publiés par l1niliation est: "formellement interdite. à moins dautorisation sp6eiale.
PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) înauguratian de laዾ:z: }i:z:@ iïelléda Col:f:deParis=ce ô :Œ]:69:[+ooዿ Vendredi soir, au siège de la Faculté des Sciences hermétiques avait lieu linstallation solennelle dune nouvelle Loge Martx. sous le n° ૺ" et le titre dis tinctif de Velleda.
Dè58 heures et demie. un grand nombre de F:j: M:f: se pressaient dans le local de la L:Ï: décorée pour cette occasion. Parmi les visiteurs, citons au hasard : Les P:j: M.'. Bૺ*, G:j: M21: de la R21: C:;:. Beaucoup de FF:;: MM:'_: -FM*ૺ', R***, 5*ૻ, P**, S**M, Sૺ*, membres du S.'. C.'. M.'.. Les FF:Ç: H** et G. D:'_: du S:j: C:j: en pro vince et en Angleterre.
Le F:Ç: Ourdeck 1:2: et M:j: 52:: C22:, etc., etc. A neuf heures précises, devant les membres de la Loge, en tenue de grande cérémonie, le T::: lll:j: 4
98 LINITIATION [AOU'I F:Î: Sૺ', délégué par le T:f: P::: M::: P::: du S:;: C:Ï: empêché par un voyage à Londres, installe so lennellement la L:j: suivant la formule. Dès que la L21: est installée, le G:f: EXp:Ï: fait sortir tous les membres et tous les visiteurs pour procéder à l'entrée régulière et solennelle. Les FF:Z: visiteurs des autres rites sont intro duits, et nous avons le plaisir de compter parmi nous : Les T.'. lll.'. FF.'.
Wmru (S.'. l.'.) et PÉZARD Véns. ainsi quun assez grand nombre dautres FF.'. parmi lesquels nous remarquons les F. N.'. Lalle ment, F. Pelle, Wuzlleme, R. Raymond et Moriez, tous appartenant au Rite Écoss. Ancn. et Acc...
Les sept coups symboliques sont alors frappés, et la longue théorie des FF:,:, A.'., l-.- et S:j: l:î: se déroule autour du feu central et se divise suivant le rituel en tronçons qui sarrêtent successi vement aux places qui leur sont désignées. Le G:f: M:j: des C:Ï: introduit alors les ofዾciers de la L:;: et louverture des travaux commence .
Dès que F:j: C::: est allumé, les F:Ï: M22: sont introduits avec le cérémonial accoutumé, sous la direction du T:;: [1122: F:;: Ch. B'", président dhon neur de la L.'. - Velléda qui a pris la place.de Phil. . . Inc. . . Dès que le F::: Sૺ, délégué {spécial du P:Ï: S:;: C:'_:, aété introduit, il lui cède la présidence.
Après avoir remercié en quelques mots, le F:;: S"" prie le F:'_: B"*" de reprendre le poste quil remplit avec tant de sagesse et de lumière.
1899] INAUGURATION DE LA LOGE VELLÉDA 99 La parole est donnée au F:j: Exp:j: chargé de sou haiter la bienvenue aux F.'. des Rites étrangers. il le fait en ces termes : L:j: P22: M:_: ILL:Ç: ET VEN:Ç: M:j: T21: C:j: F:;: F:j: Cest pour moiun bien grand honneur que davoir été chargé de vous souhaiter la bienvenue parmi nous. Je mempresse den remercier le DૺPhil.
Inc... qui ma conዾé ce soin, et il m'est particulièrement agréable de vous remercier tous davoir bien voulu augmenter de v05 lumières la solennité de cette fête familiale.
Certes, mes F:;: F:Z:, je dois cet honneur bien moins à mes titres personnels, quaux liens tout particuliers qui munissent à vous et qui font de moi le porte-parole ému de tous les membres de cette Resp:ዾL:j' Par votre présence ici, Vénzî: Maîtres:l:, et vous, mes F:;: F:;;, vous avez voulu en quelque sorte ratiዾer dune façon éclatante le pacte tacite quiunit dans un même élan tous les hommes de bonne volonté qui cher chent la vérité et la lumière.
Montrant que vous êtes des individualités, au-dessus des préjugés et des mesquines distinctions que certains se sont plu à semer sur le chemin du progrès, vous avez voulu afዾrmer votre volonté nette et précise de tendre la main. sans distinction dopinion ni de secte, à tous ceux qui, comme nous, luttent pour la lumière et la vé rite.
Vous,Vén:ዾM:'_: en particulier (et, en ce disant, je ne crains pas de violer les secrets imposés aux membres de vos Resp:î: At:::, car le bruit en a traversé les portes, pour se répandre au. dehors de n05 L.'.), vous donc en particulier avez bien mérité de la Maç.-. en général et de lIlluminዾ: en particulier. Si je necraignais de mettre votre modestie à trop rude épreuve, je rappellerais,Vén..
M.'.,v05 travaux et les suc cès éclatants quiles couronnent. Vous, F.'.Wirth, vous avez rouvert, avec une assurance quidénote votre sûreté WWMW. M._û..4 s qg,._.,. . Q,,...ä._ v
100 LINITIATION de doctrine ou plutôt d'interprétations, des travaux sur la Kabable et sur le symbolisme, qui sont la base de toute éducation vraiment Maç.. et qui jamais nauraient dû être abandonnés comme ils l'ont été. Vous. F3. Pézard; la largeur de vos idées, limpartialité avec laquelle vous avez su conduire les travaux de votre Respn.
Att.'. et la prospérité que vous lui avez donnée sont les moindres titres que vous ayez àla reconnaissance de tous les Fil: qui mentendent. Aussiquel n'a pas été le résultat de vos eዾorts.Vous, Pezard, vous êtes parvenu à grouper autourde vous des hommes dune valeur rare et dune largeur d'idée remar quable; vous citerais-je au hasard quelques uns dentre eux? Les F.-. F.'. Dolrski.
Pelle, Chastenet, Marx et tuttiquanti, sont trop connus pour que je puisse in sister un instant. Grâce à vous ( Le libre examen » a toujours été digne de son titre et vous êtes arrivé à faire de la tolérance parfaite, de lindépendance absolue, la règle de tous nos travaux. Ceux-ci se sont immédiate ment ressentis de cette sage direction; vous jettez sur lécusson du Rite Ecos.'.
Anc.-. etAc.'. un éclat nouveau \ qui déjà lui attire les sympathies étonnées de beaucoup.
Vous,F.n \Virth,vous vous êtes justement acquis par minous un juste renom d'occultiste, et point nest be soin pour moi de rappeler ici les liens daffection et de devouement qui vous ont unis à notre maitré vénéré et re gretté Stanislas de Guaîta pour nous assurer de la sym pathie bien frat:2: et bien sincère que vous avez su éveil ler dans le sein de cette assemblée.
Vous savez que vous êtes des nôtres, nous savons que nous sommes nôtres,et Velleda sera toujours ዾère quand vous voudrez bien lui faire lhonneur de participer à ses recherches sur lab solu. Je suis icile porte-parole, non seulement des membres présents, mais encore dautres, quiont gardé de nous un souvenir si chaud et si ému quil est presque un culte.
Si le F;'_: Schmitt était ici, il vous dirait mieux que moi ce que jessaie de vous exprimer ici. Bref,mesF:jzF Zîî,c'est parce que nous connaissons tous à largeur de v05idéesJe dévouementsans restriction que vous témoignez à la cause quinous est chère et la valeur
INAUGURATION DE LA LOGE VELLÉDA 101 avec laquelle vous combattez tous dans cette armée din dépendants dont nous nous plaisons à faire partie, que nous sommes heureux et honorés de vous compter parmi nous ce son. Je vous en remercie encore une fois bien sincère ment.
Etrangersà nos usages, ignorants de notre symbo lisme, vous auriez bien certainement été étonnés de certaines particularités, apanage exclusif des L:ÏZ Mart:j:, si la ዾnesse de votre esprit ne vous avait déjà laissé pressentir que sous ce symbolisme nouveau se cachaient des solutions semblables ou mêmeidentiques,à ces mêmes problèmes qui font lobjet de nos études.
Votre étonnement sest alors transformé en une légi time curiosité que jai pour mission de satisfaire. Certes mon talent ou plutôt le manque de talentquime carac térise me met bien au-dessous de pareille tâche, mais jai conዾance en votre indulgence,et, armé des meilleures intentions, je vais tâcher pour la mériter de me tirer dun pas si hasardeux, sans trop abuser de votre atten tion.
Le caractère particulier, qui na pas manqué de vous frapper à lentrée de votre AM:Ï:, cestle cachet dimper sonnalité absolue que nous donnons à nos travaux?.. Enveloppés du manteau protecteur de l'INITIR couvert parle SECRET du masque qui dérobe ses tratts à ceux qui l'entourent ; absolument IMPERSONNEL, le SOLITAIRE, INCONNU qui fréquente nos réunions na plus à prendre ou à recevoir dordres que de sa propre conscience.
INDIFFÊRENT, en tant que personnalité individualisée, aujugement de ses F21: F::; qui ne le connaissent pas ; STUDIEUX et SOLITAIRE sous le pseudonyme qui, comme sa personnalité intellectuelle, comme le manteau et le masque, dérobentà tous sa personnalité physique,il peut sans crainte du SARCASME, des prises à parties, ou même de ce secret sentiment de vanité dont il est si difዾcile de se défendre, exposer des idées ou discuter des théories.
Ce masque protecteur en lISOLANT apprend à celui dentre nous qui le porte à rester INVISIBLE. Il lui laisse vis-à-vis delui-même etde sa_conscience toute la respon .r _. ""-< ..j -»w.:;-«
102 LINITIATION ૺ' sabilité de ses actes tout en lui donnant en même temps la liberté absolue dont il a besoin pour agir. Or, M::: J::: F: :,u'est-ce pas là le rôle du véritable INI TIE? ' Loin de nous donc cette idée qui peutêtre aurait pu se présenter à notre esprit, que ce mystère apparent est le résultat de déዾance ridicule, de précautions puériles, ou de notre crainte du grand jour l...
Notre raison est plus haut, et notre but plus noble 1... Nous voulons, par ce symbole permanent, rappeller sans cesse à létudiant que le véritable SAVOIR est IMPER SONNEL et lNCONNU en dehors de ses manifestations et que par conséquent il ne saurait être en aucun cas per sonniዾé par un INDIVIDU.
Que le bien sous quelque forme que nous le fassions doit rester SECRET et IGNORE, que, sachant davance que celui que nous avons aidé est et restera à jamais IGNORANT de notre personnalité, nous navons à attendre de lui ni reconnaissance ni remerciements.
Entité SYNTHÉTISÊE, nous ne sommes plus quune cellule INVISIBLE de cette SYNTHÈSE générale qui travaille pour un but, vers lequel nous tendons tous, et que, nous le savons, nul dentre nous natteindra avant les autres!... Voilà le secret de la vraie Fraternité l...
INVISIBLES et SILENCIEUX,HOHS ne froissons aucune sus ceptibilité, et notre aide peut être acceptée par le plus lier, le plus indépendant et le plus orgueilleux sans quil ait à en souffrir dans sa conscience ou dans sa vanité. ' - Voici les fruits de la Fraternité. Vous parlerai-je de notre épée i... Non, car elle nest plus pour nous quun souvenir.
Elle ne nous servira ni pour attaquer ni pour nous défendre ; du moins dans ce plan où elle est généralement en usage. Cependant, si vous minterrogiez sur les lois qui ont présidé à sa construcnon, je vous dirais que cette lame triangulaire est symbolique: que sa pointe est nécessaire et nous est utile dansla conduite de certaines expériences qui,j'en suis persuadé, seront bientôt du do maine de la science physique la plus élémentaire, et que
INAUGURATION DE LA LOGE Vlዾl.l.ÉDA 103 la façon toute particulière dont elle est emmanchée ré pond au même but et se rattachentau même ordre didées. Mais passons ; aussi bien le tribunal dela Sainte Vœnne et les vengeances mémorables des Templiers,ne peuvent plus faire partie de nos programmes détudes, car nous laissons à d'autres le soin de détruire, ne nous occupant que de reconstruire le temple que tant de gens cherchent à détruire.
Le Inscuoun qui couvre notre bouche a une signiዾca tion non moins élevé et non moins importante que le Masque sur lequel il est tracé l...
Ceux dentre nous M::: J::: F::: qui ont efዿeuré seule ment les merveilleux enseignements de la Kabbale, en saisiront toutes les signiዾcations ésotériques; pour les autres, je me contenterai de leur dire que ce mot mys térieux est la manifestation du Verbe, dans ce quelle a de plus profond et de plus complet. Que vous diraije enዾn de cette coiffure symbolique qui nous rappelle le Sphinx? Je laisse à lun des vôtres le soin de vous répondre.
Eliphas Lévi. lun des Maç.'. les plus savants de ce siècle, nous dit dans sa merveilleuse étude sur ce sujet: Le front d'homme du sphinx parle dintelligence, Ses mamelles damour, ses ongles de combats; Ses ailes sont la foi, le rêve et lespérance, Et ses ዿancs de taureau le travail ici-bas!
Si tu sais travailler, croire, aimer, te défendre, Si par de vils besoins tu nes pas enchaîné, Si ton cœur sait vouloir et ton esprit comprendre, Initié, salut! te voilà couronné! Passons au manteau. De forme pentagonale, il nous rappelle lactivité hu maine dans toutes ses manifestations.
Je craindrais de vous faire injure,M:2: F:_': F:_':,en vous rappelant toutes les propriétés attribuées du pentagramme l.. ninsistons donc pas autrement sur ce fait, je me bornerai à vous dtre quele manteau complète le symbolisme du masque, dont il est le complément nécessaire 1.. Après avoir créé sa personnalité, linitié à nos rites replie sur lui le manteau symbolique qui va le protéger W -" ** ..\v.n.u\l\.ÿ ,,_.._ç .W_.
104 L'INITIATION contre ce monde profane danslequel il rentre, et qui sera pour lui une IMPÉNÉTRABLE forteresse, d'où SOLITAIRE et INACCESSlBLE, IMPASSIBLE et SOLENNEL dans son lNA1TA QUABLE sancruuan, il va assister à la lutte des passions humaines qui viennent se briser IMPUISSANTES et soumses contre sa personnalité tranquille.
Il sait que ce manteau,qui est pour lui limage de la protection quil reçoit de notre ordre et des vertus quil doit y acquérir, lui sert de sauvegarde. Son symbolisme est bien plus développé encore, mais la prudence met un sceau à mes lèvres, sceau quil ne tient qu'à vous de briser, si vous le jugez nécessaire. Car chez nous, les portes sont grandes ouvertes à toutes les bonnes volontés.
Si nous les fermons avec tant de soin devant le monde prof:î:, cest pour pouvoir les ouvrir à deux battants dès quun HOMME DE DÉSlR nous demande lentrée du temple. Or. nentre pas dans un hangard, ouvert à tous les vents; cest tout au plus si on le traverse; mais on entre avec f_ruit dans un temple où la curiosité du chercheur est aiguisée par la pénombre des cryptes, la richesse et la variété des vitraux; la majesté de larchitecture!
Vous avez certainement remarqué, M:Z: F:Ï: F:Ï:, que pour nos travaux nous ne nous servons plus de l'équerre etdu compas, et que nous avons abandonné la règle et le niveau symboliquer... C'est que nous œuvrons dans un plan bien différent de celui où de pareils instruments ont leur utilité !.. Il y a longtemps que nous avons quitté la pierre cubique pour nous adonner à des recherches d'un ordre plus élevé et plus complet.
Cest tout au plus si nous avons considéré, pour nos grades inférieurs seulement, de minuscules maillets im propres au travail réel, destinés simplementà nous rap peler, en lhonorant, celui que nous avons dû faire avant notre admission aux grades que nous possédons aujour dhui !...
Au surplus,la lumière qui nous vient de l'Orient ne doit être mélangée daucune parcelle dombre matérielle, si minime soit-elle; et le travail qui se fait à cet endroit de notre atelier est absolument et exclusivement du do
INAUGURATION DE LA LOGE VELLÉDA 105 maine de lintelligence ; aussi n'y verrezvous rien qui nous rappelle en quoi que ce soit un travail manuel !.. Voici, M::: F::: F:f:, en quelques mots bien succincts lexplication de nos divers symboles, explication bien sommaire et bien incomplète, car elle ne vous a été don née que dans le côté le plus exotérique de ses multiples signiዾcations.
Du reste, chez les M:Z:, les symboles sont peu nom breux, mais ils les connaissent bien. Le premier avantage de cette grande simplicité,cest quelle nous a permis de résoudre par la suppression pure et simple la question ዾnance et budget, qui est toujours si délicate.
Outre que compléter comme il le conviendrait ce rapide exposé me mènerait beaucoup trop loin, il est de ces choses qu'il est matériellement impossible de donner de la bouche à loreille. Que nos jeunes F:;: F;:: le sachent bien, ce nest pas en quelques minutesque le pro fane devient initié. Cest par le temps, le travail etla persévérance.
Ainsi que le disait très bien au Libre Examen un de nos F.'., le Secret Maç.-. se défend de lui-même, car il réside dans les enseignements, la morale et la philo sophie de nos att.. Jajouterai quil est plus encore dans le degré dévo lution atteint par celui qui prétend à ces secrets.
Il est vrai quune hiérarchie est nécessaire; que l'enseignement doit être proportionné au grade de len seigné, c'est-à-dire au degré davancement de celui à qui on le donne. Mais c'est bien plus pour éviter de léblouir par une lumière trop vive qui retarderait son involution que par crainte de souiller le rayon lumineux dont il peut-être illuminé petit à petit.
Non margueritas ante Porcos, disaientles anciens, nous ne disons plus pareille chose. Pour nous, il ny a aucune différence essentielle entre lInitiale et lInitié, et nous leurs servons à tous les mêmes vérités, persuadés que ces vérités savent bien se défendre delles-mêmes. et que celui qui nest pas en état de se les assimiler passera à côté sans se douter de eur existence.
I06 L'INITIATION Je najouterai qu'un mot à ce trop long cxpœé. Suréaixuns et Incomws; Sueémaunsauxpréjugés, INCON NUS pour ceux qui nous entourent, nous passons dans la foule en y semant le germe. qui doit devenir un jour un arbre élevé à la ramure puissante. Voilà tout le secret de ce mystérieux 8:1: I:'_; qui fait linsigne du plus elevé de nos grades.
Nous laissons l'ignorant abbé Gamier, par la voie du Peuple français, nous traiter de SUPRÊMES INITIÉS, et nous sourious, dédaigneux de lattaque sous le masque qui nous couvre. SERVITEURS lNFATIGABLES de chacun, nous restons des lmpénétrnbles enveloppés dans leurs grands manteaux, pour tous ceux qui ne se sont pas montrés dignes de pénétrer le secret de notre INCOMMUNICABLE SYNTHÈSE!
Voici,M:î: F:;:, ce que jai voulu faire comprendre, Votre bienveillante attention a été mise à bien rude épreuve, nest-il pas vrai? nen rendez responsable quelim terprète et conservez pour les idées quil avait à vous présenter tout lintérêt que vous auriez eu pour elle, sil avait su se placer à la hauteur de sa tâche. VALLÉE DE PARIS. EnૺVelleda"= [ . o}:fî]=l.
«t1»o o«i L:j: ŒNAAA PREMIER DISCOURS DU DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL DU SUPRÊME CONSEIL T:'_: C:j: F:j: Je suis ce soir à lun des plus beaux )0urs de ma vie. V01ci la troisième fois que lInvisible veut bien me choisir pour inaugurer une nouvelle manifestation de sa puissance et de sa réalité. Ce fut tout dabord l'ou-. verture de la Faculté des sciences hermétiques qui de puis, bien que restée pauvre comme lOrdre dont elle
INAUGURATION DE LA LOGE VELLÉDA 107 émana, a vu le succès couronner les efforts de ses fon dateurs, par le nombre et surtout par lardeur et la sin cérité de ses élèves. Puis, il y a quelque temps, jeus la grande joie dêtre appelé à la fondation de la loge la Sphinge. par les efforts de laquelle nous espérons ra mener dans lart le culte de lidéal et de la spiritualité.
Ce soir encore, je suis appelé à voir parmi vous des représentants de lantique tradition. Dun côté, japer çois des maçons, qui nous ont fait lhonneur dassister à cette ouverture des travaux de la loge Velléda; dautre part je constate avec plaisir la présence de nombreux initiés martinistes venus pour consacrer cette première manifestation dune activité qui, j'en suis sûr, sera fé coude.
Mes frères, je suis certain dêtre linterprète ዾdèle du P::: S:;: C:j:, le D' Papus, qui honore dexsa conዾance un Sujet trop indigne en vous exprimant, en ce moment, laffection quil a pour vous tous et la gratitude quil vous témoigne pour les admirables efforts que vous faites en vue de seconder et rendre plus facile lœuvre quil a entreprise seul, il y a une dizaine dannées.
Le Martinisme qui, pendant quelques années, à partir de Louis-Claude de Saint-Martin, avait vu comme vous le savez -décroître le nombre de ses membres, la vu croître à nouveau dès la première moitié de ce siècle. Aujourdhui, le Martinisme a porté. le ዿambeau de lilluminisme chrétien dans toutes les parties de lu nivers.
Cest ainsi que nous avons en Chine des marti nistes qui sattachent à faire connaître lésotérisme judéo chrétien aux derniers représentants des antiques civili sations dela Lemurie. Cest ainsique, dans lAsie cen trale, les martinistes prêtent leur aide aux Babystes et à tous ceux qui se vouent corps et âme pour lutter contre le régime du sabre, aዾn de hâter le triomphe de la justice et de lamour.
De lautre côté de lAtlantique,_ notamment aux États-Unis, les martinistes poussent dans ses derniers retranchements la science matérialiste et athée. Enዾn, en Europe, et ici, ils sont nombreux, les martinistes se dévouent entièrement dans la lutte quils ont entreprise non seulement contre le matéria
108 LINITIATION lisme, mais encore contre son frère ennemi, le clérica lisme! Cette extension rapide du Martinisme s'est faite mal gré les calomnies que les ennemis de lllluminisme chré tien n'ont cessé de répandre dans le monde profane. Et, ici encore, je suis heureux de constater l'inዿuence continue de llnvisible, qui nous a toujours prêté son concours.
Grâce aux avis venus d'en haut, bien des obs tacles ont été surmontés, bien des dangers ont pu être évités ! Et c'est toujours au moment où les adversaires du Martinisme croient triompher et se réjouissent davance dêtre témoins de la ruine de l'llluminisme, quel'lnvi sible se manifeste à nouveau et donne à ses humbles représentants de nouvelles forces pour laccomplissement de leur mission terrestre.
Alors lOrdre martiniste, qui semblait près de sa perte, renaît plus vigoureux que jamais 1 Cest ainsi que l'lnvisible récompense ceux qu'il a daigné choisir et quil les soutient dans les épreuves quelquefois très douloureuses quils peuvent être appelés à subir. Bien que vous le sachiez déjà, permettez-moi de vous rappeler que le Martinisme se réfère à lune des plus grandes synthèses occultes, qui sappelle l'llluminisme.
Le Martinisme renferme dans son sein la science occulte tout entière. ' . Parmi vous sont des étudiants qui se déclarent les humbles disciples de Pythagore. Ceux-ci ont taillé la pierre cubique non seulement dans le monde matériel mais encore dans le monde moral et dans le monde plus élevé de la pensée. Ceux-là s'attachent à restituer les canons des anciennes synthèses sacrées.
A ces frères inconnus qui constituent la loge le Sphinx, jadresse encore un remerciement ! Dautres sefforcent de réaliser le bien sous toutes ses formes. Aceux-là, je donne un salut et un encourage ment solennels l Le Martinisme, vous le savez,nexige de ses membres que la conquête de leur propre spiritualité. Des dieux habitent en nous. Et, en effet, lhomme est un dieu. Mais il ne devient ce dieu quà une condition. Cette condition
INAUGURATION DE LA LOGE VELLÉDA 109 est la suivante : « Lhomme doit reconnaître sa faiblesse et comprendre quilnest rien devant lEternel Dieu. » Cette conceptionlà est la clefde toute science. Noublions pas que, si la Science est vaste comme lunivers, elle peut également tenir dans un grain de sénevé.
Dans le monde des principes, tout se résorbe dans lunité ; dans le monde des sentiments, tout se réduit à lamour ;dans le monde des faits, tout est réductible à un seul acte: le mouvement 1 Ainsi donc, mes frères, votre triple devoir est de réa liser la synthèse intellectuelle, lamour pour vos sem blables, lactivité pour autrui.
Tel était également le but que sefforçaient datteindre les disciples des antiques initiations quoi quen aient dit les calomnies de ceux qui ne les ontpas comprises. Certes, cest là une lourde tâche à remplir! Cependant, quelles que soient les difዾcultés qui pourraient essayer dentraver votre marche vers le bien absolu, noubliez jamais que vous ne devez pas faillir à votre mission de martinistes.
En accomplissant les devoirs quivous incombent en cette qualité, vous témoignerez véritablement votre reconnaissance envers llnvisible qui vous octroya la faveur dêtre initiés à la science sacrée.
Et, si vos forces sépuisent parfois dans les luttes que vous avez à soutenir et quen conséquence, vous crai gniez de ne plus pouvoir franchir les obstacles accu mulés sur votre route, je vous engage à appeler à votre secours la chaîne martiniste qui, jen suis convaincu, accédera à votre demande et vous accordera son appui.
T:_': C::: F:Z:; vous savez également que lInvisible est le seul maître qui puisse initier les hommes, soit quil prenne un homme pour porte-parole, soit quil fasse entendre sa voix immense au cœur dun homme sincère. Cest de l'Invisible toujours que vient toute science. 0 vous, qui adressez à la grande Sophia vos plus ardentes prières,sachez que cette Sophia vous répondra en vous donnant la clef des mystères de lunivers! 0 vous, qui adressez vos vœux à la suprême Beauté, sachez que cette Beauté viendra se réaliser par vos mains 1
110 LÏNlTI.\TION 0 vous qui consacrez vos veilles au triomphe des idées de bien, de justice. damour, sachez que la Bonté suprême interviendra pour faciliter votre tâche et que, grâce à elle, vos nobles efforts seront couronnés de suc cès !
Toutefois, rappelez-vous, mes frères, que toute se mence ne devient pas un arbre du jour au lendemain, quaucun initié n'est parvenu en peu de temps à la totale connaissance, quaucun homme ne peut développer en une minute ses facultés physiques, intellectuelles ou mo raies. Linitiateur se borne à déposer un germe dans une terre convenablement préparée.
C'est à l'initié quil appartient ensuite de faire éclore ce germe par son tra vail personnel. Ainsi donc, vous tous, mes frères, qui avez reçu des symboles, des_ clefs intellectuelles, morales ou artis tiques, sachez que c'est à vous qu'incombe le devoir de mettre ces graines précieuses dans le terrain qui leur convient.
Jespère aussi que, sous l'inዿuence de votre labeur incessant, la petite graine déposée en vous germera et deviendra une plante qui se couvrira bientôt de ዿeurs, puis de fruits. Telle sera l'ample récompense que lInvisible vous décernera. Rappelez-vous aussi, mes frères, que plus un arbre est grand et majestueux, plus ses racines s'enfoncent dans la terre, dans lhumus végétal.
' Ainsi donc, plus votre cerveau voudra acquérir de notions, plus il voudra fructiዾer, plus aussi il vous faudra supporter le dédain des. ignorants et endurer de souffrances dans vos veilles solitaires. Plus votre âme reዾétera lomnipotence de lEternel toutpuissant, plus il faudra vous résoudre à être foulé aux pieds par ceux qui ne vous connaissent pas.
La douleur est le seul mode d'initiation dans tous les mondes, et vous êtes assez avancés pour comprendre ce que je veux dire. Vous êtes tous pleins dardeur, de foi et de courage, et vous avez certainement constaté déjà par votre ex
INAUGURATION DE LA LOGE VELLÉDA Il! périence personnelle que jamais lInvisible ne laisse sans réponse la demande qui lui est adressée sincère ment. ' Je vous afዾrme, mes frères, que si vous savez sup porter dignement les maux de toutes sortes qui pour ront vous frapper dans la poursuite de votre Idéal, et si vous savez prier, vous verrez cet Idéal se réaliser autour de vous.
Pour les uns, cet Idéal sera la connaissance du Bien absolu ; pour les autres, ce sera la Beauté parfaite sous toutes ses formes. Cest alors que vous pourrez voir par vous-même que la chaîne martiniste nest pas une illusion, un rêve, mais une vivante réalité. Elle a déjà révélé son existence à plusieurs dentre vous. Et, ceux-ci ont été illuminés, éclairés, soutenus et défendus par les inዿuences secrètes de cette chaîne.
Oui, croyez à sa puissance manifeste e mière qui sen dégage. Dans notre monde moderne, vous navez pour vous guider dans le sentier étroit de linitiation quà éclairer votre esprit et votre cœur. Si vous agissez sur le monde intellectuel, vous constaterez que lEtre nest jamais mieux perceptible que lorsquon a su résoudre toutes les antinomies et tous les binaires.
Vous qui cherchez le pouvoir, vous saurez que le pou voir viendraquand vous aurez éteint dans votre cœur le désir du pouvoir.
Trop souvent, malheureusement, non la'voix du Ciel ce qui nest que la voix de nous-même, c'est-à-dire quelque chose de bien petit; si vous vous en montrez dignes, le Ciel vous apprendra à distinguer peu à peu ces deux voix, il vous enseignera à résoudre leur antinomie apparente, il vous montrera que, dans nim porte quel ordre de recherches, la seule voix qui existe pour linitié est celle qui concilie les oppositions.
Je sais que plusieurs dentre vous ont déjà réalisé cette œuvre difዾcile aussi bien dans létude des sciences que dans celle de la philosophie ou de la mystique. Les ré sultats quils ont obtenus pour ces sortes de travaux sont vraiment merveilleux. Cependant je me permettrai de t voyez la lu s prenons pour
l 12 L'INITIATION vous recommander et, ici, cest plutôt la parole de mes maîtres vénérés que la mienne, dadhérer irrésis tiblement à cette voie du ternaire, de concevoir, de com prendre et de réaliser autour de l'éternelle égalité, l'éter nelle impassibilité du ternaire. Vous trouverez prochainement des confusions dans la société.
A cette heure où lanarchie ravagera les cœurs et les esprits, rentrez en vous-mêmes, et ne vous donnez pas au dehors comme des initiés. Soyez prudents afin de conserver dans toute leur pureté les vérités dont vous êtes devenus les dépositaires. Cependant, éclairez ceux qui viendront à vous dans l'intention de recevoir vos Conseils. A ceux-là, ne craignez pas de donner les avis qui leur sont nécessaires pour parvenir au port de la Vérité.
Sachez rester supérieurs aux préjugés et incon nus à tous. Rappelez-vous que notre titre de chevaliers de lilluminisme chrétien nous fait un devoir de marcher toujours en avant-garde. Nous sommes icibas des sol dats. Tâchons au moins de conquérir un petit grade qui nous récompensera au centuple des eዿ'orts que nous au rons faits, des luttes que nous aurons soutenues pour le triomphe du bien, de la justice et de la vérité.
Cest ce que je vous souhaite à tous en terminant. Je remercierai également les réprésentants de la franc maçonnerie écossaise, les martinistes des loges le Sphinx, Hermanubis et la Sphinge ainsi que les membres de Velléda qui m'ont donné la parole, ce soir.
Au nom du président de lOrdre Martiniste, je vous remercie tous encore une fois, et je vous offre les meil leurs vœux et les encouragements du Suprême Conseil ainsi que la promesse, pour lavenir, de son aide efዾcace. Applaudissements prolongésl... Le F.'. Wirth, obligé de quitter la réunion, de mande alors la parole au Phil... Inc..., qui la lui accorde immédiatement. ( M.'. F.'., « Jai un grand regret à vous exprimer, cest celui de vous quitter dès maintenant. Jaurais voulu rester avec
INAUGURATION DE LA LOGE VELLÉDA H3 vous jusquà la ዾn de vos travaux. Une conférence que je dois faire ce soir mien empêche. Mais avant de partir je tiens à vous remercier au nom de tous mes frères.'. de l'accueil chaleureux qui nous a été fait. ( Je puis vous assurer également que nous prenons le plus grand intérêt à vos travaux.
Nous les suivrons aussi dans la mesure de nos forces. ( Dailleurs nous savons déjà à quel ordre de travaux vous vous livrez. Nous-même, nous avons puisé dans les ouvrages émanant de nos frères martinistes des données très précieuses qui ne peuvent comme nous en sommes persuadés -que nous enrichir intellectuelle ment et moralement.
« A ce point de vue donc, toutes nos sympathies vous sont acquises et nous ferons de notre mieux pour se conder votre œuvre. » Ces quelques mots sont chaleureusement applau dis :tous les F:Ï: se lèvent et le F.'. Wirth quitte la L::: - au milieu des marques de sympathie les plus vives.
A sa sortie, le F:;: Exp:f: lui transmet les frat:î: souvenirs et sentiments de sympathie du S::: Schmt, empêché dassister à la cérémonie, et qui avait chargé tout spécialement le D:Z:, à Châlons sur-Marne, de transmettre ses regrets et ses excuses. Le F.. Mૺ, président actif de la L.'.
Velléda, prend alors la parole : M:j: F:Ç:, Je viens dabord avant tout vous remercier de lem pressement que vous avez mis à répondre à notre appel, et je remercie de tout cœur tous ceux qui nous ont aidé dans la réalisation denotre œuvre, réalisation de vant laquelle se sont dressés bien des obstacles, aussi bien matériels quintellectuels, mais grâce à la bonne vo
| 14 LINITIATION lonté et à la solidarité de tous, nous sommes à peu près arrivés à notre but. Une voix plus autorisée que la mienne vous parlera tout à lheure de notre symbolisme, moi je ne veux que faire connaître aux frères maçons qui ont bien voulu ré pondre à notre invitation et rappeler aux martinistes pré sents le but que nous poursuivons, et les moyens que nous emploierons.
Pour cela il m'est nécessaire de vous parler un peu du Martinisme. Ainsi que vous le savez. le Martinisme découle de Swe denborg qui initia et illumina Martines, à Londres. Ce dernier fut chargé de répandre en France les doctrines de lllluminisme, dans ce but il illumine lui-même de nombreux disciples dont les plus célèbres furent Louis Claude de Sains-Martin et J.-B. Willermoz.
Ces derniers continuèrent dignement l'œuvre de leur initiateur et des à eux que nous devons la transmission du Martinisme jus quà nous, à travers la tempête révolutionnaire, et lin différence plus terrible encore qui suivit cette époque. Ce qui dut au Martinisme de si cruelles épreuves, ce futlopposition inébranlable qu'il ዾt. toujours aux ven geances des templiers, vengeances aujourdhui en grande partie réalisées.
Eh bien, chacun de ces deux maîtres, Saint-Martin et Willermoz, avait agi à sa façon, voyons dabord lœuvre du premier. Son principe était la constitution de petits groupes isolés et inconnus.
Pour arriver à ce résultat, il créa un peu partout des initiateurs libres qui passèrent inconnus au milieu des dangers, ce fut en particulier le cas de Chaptal et de Delaâge qui nous ont transmis intacte la doctrine orale de Saint-Martin et qui ont empêché la chaîne visible du Martinisme de sinterrompre. Voyons ensuite lœuvre de Willermoz. Tandis que SaintMartin avait été initié directement au Martinisme.
Willermoz était, quand il rencontra Mar tines, vénérable dune loge régulière écossaise de Lyon, et cest probablement à cela qu'il faut attribuer sa ten dance à constituer des loges martinistes (ce en quoi du reste, il ne faisait que continuer lœuvre de son initiateur) et, si nous pouvons revendiquer Willermoz comme un
INAUGURATION DE LA LOGE VELLÉDA II5 de nos plus grands maîtres, le Rite écossais a le droit dêtre ዾer de compter parmi ses membres un homme qui fut à la fois un penseur et un homme daction (en sa double qualité dIlluminé et de Maçon) il constitua donc, à Lyon, un centre de loges régulières à qui lon doit davoir pu conserver les archives qui servirent après la Révolution à reconstituer etle Rite écossais et le Rite martiniste.
On voit par ce simple parallèle que, si le rôle des initiateurs libres est de transmettre intacte la tradi tion orale, le rôle des loges est de protéger les archives, les rituels, en même temps que de combattre sur le plan physique pour la diffusion dans les masses des doctrines qui résident dans ses symboles.
Cela est si vrai que lOrdre Martiniste a pu se reconstituer grâce à lœuvre de SaintMartin et a ensuite retrouvé à Lyon les archives des loges de Willermoz. Eh bien, encore actuellement, lOrdre Martiniste est ainsi constitué : Dun côté des loges régulières directe ment reliées au SOMMET-CENTRE de lordre.
Ces loges sétendent non seulement en France mais englobent, à lheure actuelle, presque toute la surface du globe, et constituent ainsi un réseau dans lequel peuvent circuler avec une rapidité énorme les communications venues du centre: chez nous, en vingt-quatre heures, un mot dordre peut passer en France, en quarante-huitheures àlétranger.
Dun autre côté, les initiateurs libres, véritables incon nus au milieu dautres inconnus (également reliés non pas les uns aux autres, mais chacun étant en relation di recte et permanente avec son propre initiateur), forment un second réseau qui va du grand maître de lordre au plus récent des initiés.
Cest à ces inconnus que le Martinisme doit dêtre vé ritablement , non pas une société tolérée , mais bien une société ignorée qui peut à un moment donné dispa paraître pour renaître au moment voulu.
On peutfermer une loge et disperser ses membres bien que cela ne soit plus très facile, on ne peut pas sattaquer à linconnu qui masqué et enveloppé dans son manteau, peut passer par tout en semant derrière lui la tradition dans les terrains quil sait être fertiles. Le martiniste peut être votre frère ou votre ami, vous ne connaîtrez jamais que lui car il a .
IIÔ LINITIATION juré de ne jamais révéler le nom de son initiateur, seule chose quil connaisse. Quant aux doctrines martinistes. vous navez quà in terroger le maître, il vous répondra et ne vous cèlera rien de ce quil sait, persuadé quil est que lon peut tout dire, la vérité sait se défendre seule après ce trop long exposé. Je veux enዾn vous parler de notre but.
Il est bien simple : Nous poursuivons lévolution du plus grand nombre possible. A tout le monde nous vou lons pouvoir offrir le fruit des travaux de tous ceux qui avant nous ont travaillé et souffert pour arriver à la con naissance dela Vérité une, de labsolu. Mais pour arriver à ce but, il nous faudra parcourir de longues et pénibles étapes.
La prennère et la plus difዾcile sera sûrement de nous instruire nous-même, non seulement par notre effort personnel, mais encore par lillumination qui est la pre mière chose que nous devons nous eዿ'orcer de mériter Notre maître, C. de Saint-Martin, nous enseigne à ce sujet la toute-puissance de lhomme de désirs.
Pour nous instruire,il nous faudra faire appel à toutes les lumières, discuter toutes les opinions, toutes les croyances, c'est pourquoi les contracdicteurs seront tou jours les bienvenus parmi nous, et nous serons toujours prêts à accepter ce que l'on nous apportera de vrai, dût cet apport nous forcer à démolir et à rebâtir ce que nous aurons édiዾé.
Cette première étape parcourue, il nous faudra répandre la lumière et cela sous toutes ses formes, aussi bien physique quintellectuelle et morale. Car les trois formes de lunique lumière doivent et ne peuvent pas être séparées, et pour répandre cette lumière, il nous faudra encore discuter, encore et toujours lutter.
Cest dans cette lutte que nous aurons le plus besoin de faire appel à une puissance extérieure à nous : Je veux parler delachaîne martiniste. Sans parler des Maîtres visibles qui à lheure actuelle dirigent, sur notre plan, laction martiniste, il est une force qui ne nous fera jamais défaut, une aide que nous ninvoquerons jamais en vain,cest celle de tous ceux qui nous ont transmis le résultat de leurs travaux et qui
INAUGURATION DE LA LOGE VELLÉDA I 17 les ont précédés. Ceux-là, indépendants de toute idée préconçue, de tout système, nous aideront toujours car nous agissons de bonne foi, et nos initiateurs nous ont toujours enseigné quil valait mieux se tromper en agis sant que de rester' dans l'inaction ; travailler et désirer, telle pourrait être notre devise.
Avons, Philosopheinconnu,quiavez voulu'nous donner vous-même notre règle de conduite, et vous, Martines, de Saint-Martin. de Willermoz, vous son frère, qui avec tant dautres,nobles victimes,avez payé de votre vie votre attachement à la doctrine damour et de vérité,nous vous prions de nous guider, de nous assister et au besoin de nous défendre.
En terminant, je veux remercier, au nom de tous les membres de cette loge, le président du Suprême Coma seil, les délégués, les membres du Suprême Conseil qui ont bien voulu nous honorer de leur présence, et par ticulièrement notre maître Barlet, qui a bien voulu accepter la tâche lourde et difዾcile de diriger nos travaux.
Et vous, mesfrères du Rite Eccssais,jespère que nous aurons encore le plaisir de vous voir et que, tous ensemble, nous ajouterons notre pierre au temple qui doit abriter la Synthèse du Beau, du Bien et du Vrai. Ce discours, écouté avec le plus vif intérêt, est ac cueilli par de chaleureux applaudissements. Le F:;: Sédir se lève ensuite et prend la parole en ces termes : T.'. C.'.
F.-., Je tiens à remercier le Phil.'. inconnu de la loge Velléda des bons sentiments quil vient dexprimer et des croyances ardentes quil a développées ici. Je dé sire également vous conዾrmer, si vous voulez bien me le permettre, toutes les promesses quil vous a faites au nom de lInvisible. Il y a un proverbe qui, dans la sagesse des nations, dit : « Aide-toi, le ciel taidera. » Eh bien! ce proverbe est essentiellement vrai.
t 18 L'INITIATION Vous qui avez étudié les sciences et la philosophie, vous avez assurément constaté que certaines lois prési dent à l'évolution des idées, des peuples et des sociétés. Tout suit une marche uniforme : tout naît, croit et meurt, c'està-dire, se transforme pour renaître sous une forme nouvelle et plus parfaite.
De même que dans le sein de la terre les métaux évo luent en partant de la matière grossière et des alumines pour arriver peu à peu jusqu'au métal royal, lor; de même que nos maîtres les alchimistes nous enseignent comment on peut se rendre maître des forces secrètes qui règlent l'évolution matérielle, de même nos maîtres les philosophes nous montreront expérimentalement de quelle façon nous pouvons modiዾer, puriዾer et ዾxer notre cerveau, et réaliser ainsi, dans la portion de la totale connaissance quembrasse notre horizon intel lectuel, cette pierre aux 144 faces dont parle lApoca lypse; - de même, nos maîtres les mystiques sauront nous indiquer le moyen de faisse passer nos âmes par le feu dévorant afin de les faire renaître et de recevoir par cette régénération un nouveau corps et un nouveau sang. . _ Travaillons toujours pour notre Idéal quel quil soit!
Cet idéal diiÏère pour chacun de nous, puisque nos cœurs et nos cerveaux ne se ressemblent pas. Quand nous aurons ainsi travaillé pour la réalisation sur cette terre de lIdéal que nous nous sommes choisi, quand nous aurons puriዾé notre esprit et notre cœur, lâme de cet Idéal pour lequel nous aurons tout sacriዾé sincarnera en nous.
Alors nous serons régénérés, comme disent les mystiques; nous aurons acquis la faculté dimmortalité,__comme disent les alchimistes; nous pos séderons la science parfaite, comme l'assureur les théo sophes.
La méthode initiatique de N::: V:;: M:Ï:, Louis Claude ne SaintMartin, a été résumée par cet adage : « Etudier la nature par lhomme et non lhomme par la nature. » Pour nous qui voulons étudier les ressorts qui font agir le cœur de lhomme, cette sentence a une importance capitale. Vous savez que,physiologiquementparlant,pourquune
INAUGURATION DE LA LOGE VELLÉDA 119 cellule de lymphe évolue, devienne une des nombreuses cellules vitales de notre cerveau, il faut qu'un globule sanguin se sacriዾe ainsi quune cellule nerveuse. Par analogie, nous pouvons conclure de là que lévo lution dun être ne peut sopérer quà la condition quune double involution de forces supérieures ait lieu. Le Créa teur ne soutient lui-mêmela Nature que parce quil se sacriዾe pour elle.
Cest là un des sens du sacriዾce dont toutes les traditions religieuses font mention quand elles nous racontent la vie et les souffrances des grands initiés et en particulier de Jésus et de Krishna. Noublions donc jamais que le moyen de réaliser notre Idéal,cest de nous sacriዾer pour les autres. Et il faut non seulement que notre cœur se sacriዾe, mais que notre esprit et notre corps se donnent également.
Cest alors que lInvisible nous récompensera en dis sipant les ténèbres qui nous cachaient la Vérité. Le sacri ዾce de soi-même est absolument nécessaire à qui veut parvenir au royaume de la vie éternelle.
Moralement parlant, les martinistes nont donc quune seule ligne de conduite à adopter : resterinconnus l Ne prétendez jamais, mes frères, posséder la science absolue ou être parfaits, car celui qui se vante de con naître telle ou telle science ne peut plus de ce fait même avancer dans cette science; celui qui dit : « Je puis faire telle chose ), ne peut réellement laccomplir.
Que ceux qui, mettant en pratique les enseignements donnés par les écoles occultes, cherchent à développer leurs facultés hyperphysiques, sachent que les pouvoirs quils acquerront sont bien peu de chose. Ne soyez pas pressés de développer les forces secrètes de votre être.
Souvenez-vous que chaque fois que lon a hâté le développement normal d'un être, que cet être soit un animal, un homme, un peuple, peu importe, cet être a pu arriver à un haut degré de perfection, il a pu mériter ladmiration de tout le monde, mais il lui a toujours fallu subir une réaction dautant plus fatale et plus forte que sa culture prématurée a été plus rapide et plus brillante. Nagissons donc pas ainsi. Laissons au Ciel le soin de faire ዿeurir, quand il le jugera convenable, les diverses
120 L'INITIATION plantes qui sont encore en germe en chacun de nous. D'après la science occulte, tous nos organes ont une in dividualité propre. Il ne nous appartient pas d'entraver leur autonomie. Contentons-nous, comme les anciens sages le faisaient, de libérer nos cœurs, nos âmes et nos esprits des pré jugés detoutes sortes, dune morale étroite et dune science plus étroite encore. Acceptons patiemment tout ce qui nous arrive.
Et, si nous savons le mériter, l'lnvisible ne manquera pas de nous donner la pierre de touche qui nous permettra de ne pas confondre le bm grain avec livraie. Des éléments qui nous seront fournis, sachons extraire des matériaux qui nous faciliteront l'édiዾcation, pour chacun de nous, d'une petite pierre du grand temple de Salomon ou de la nouvelle Jérusalem. Vifs applaudissements. Pour copie conforme : Le F:Ç: Sicr:l: : maman. (A suivre.)
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Celte parlie est ouverte aux écrivains de toute école, sans aucune dzstzpctzon. et chacun deux conserve la responsabilité exclusive de ses zdées.) . EÆ VAÜÀEÜX NOTES SUR LA S@RGELEERIE ET LE FÉIlËIHISME Ell BIAlTI « Je voudroy que chacun escrivit ce qu'il sçait, et autant quil sçait. 1' (Montaigne, Essais, I, 30.) BIBLIOGRAPHIE DU VAUDOUX M. L. E.
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Edgar la Selve. Le Général Cocoyo. Gustave Aymard. Le Vaudoux. Ces deux derniers ouvrages traitent la question dune manière plutôt fantaisiste. OUVRAGES CITES EN DEHORS DES PRÉCÉDENTS Pierre Larousse. Dictionnaire encyclopédique. M.wrice Delafosse. Art. publié dans la Nature, n° 1090 du 2I avril 1894. H. M. Stanley. - Dans les ténèbres de lAfrique. Paris. Hachette. La BIblé.
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Le Glaneur indou-chinois. - Numéro du 8 juillet 1820. Dr Hufeland. Art de prolonger la vie. C. Pline Second.- Histoire naturelle mise en françois par Antoine du Pinet, seigneur du Noroy, à Paris, chez Louys Giዿ'art, etc. 1621. 2 vol. in-folio. . ' ORIGINES DU VAUDOUX La République dHaïti est, on le sait, peuplée par les descendants des esclaves importés dAfrique, sous la domination française.
Ils ont conservéiusquà lheure actuelle, sauf une inዾme partie de la population des villes plus éclairée ou plus sceptique, nombre de croyances, de coutumes et de superstitions de leurs
124 L'INITIATION ancêtres du continent. Il faut dire pourtant que cest plutôt dans lintérieur du pays, dans les mornes, là où les étrangers ne pénètrent pour ainsi direjamais, quon les retrouve le moins altérées, quoique déjà très éloi gnées de leur forme primitive.
En les étudiant patiemment et avec soin, on re marque bientôt que, quoique purement africaines,elles ne diffèrent en rien pour le fond et souvent même pour la forme des croyances populaires d'Europe, an tiques ou modernes, de la sorcellerie classique ou de la magie des campagnes.
Les principaux obstacles quon rencontre dans leur étude sont d'abord lignorance de la plupart des sor ciers, puis leur terminologie primitive, en patois créole, leurs explications vagues, confuses, et la difዾ culté quil y a à leur faire comprendre quels éclaircis sements quon leur demande. Enዾn par-dessus tout, il y a le mystère dont ils entourent leurs cérémonies et leurs pratiques.
La généralité des rites magiques nègres dHaïti sap pelle Vaudoux. Stanislas de Guaita en dit quelques mots dans le Temple de Satan (i). « Comment passer sous silence lAgent occulte et dévastateur des nègres Vaudoux, cet insaisissable nesczo quid nommé par eux Mandigoés Obi; cette puissance inconnue, qui, sous ዾgure dépi démie périodique décime les populations de Saint-Do mingue et d'autres îles des Antilles?
« La secte du Vaudoux, sil faut en croire M. labbé (l) Stanislas de Guaita, le Temple de Satan, 1891, I volq in-8, p. 188 sqq.
LE VAUDOUX 125 Bertrand, est une confrérie ou plutôt un culte rapporté dAfrique.
Ce qui tiendraitàconዾrmer cette assertion, cest, dun côté, la similitude frappante des nocables Obi, Obz'ya/z, avec lObeah typhonien mentionné dans le Papyrus Anaslasi, 1017 des Hébreux etleurs esprits Obollz, mots dorigine égyptienne et peut-être éthio pique, et, dautre part, la concordance invariable des signiዾcations magiques de ces termes, maintenue à plusieurs vingtaines de siècles comme à plusieurs mille lieues de distance. «...
Puissamment groupés autour de leur grand prêtre, ministre omnipotent des vengeances occultes, les adeptes du Vaudoux constituent une redoutable société secrète, qui nest pas sans analogie avec la secte indienne des Thuggs, déjà connue de nos lec teurs. » Il faut cependant relever ici que cette expression MandigoésObi est absolument inconnue en Haïti. Daprès Larousse (I), Obiserait le nom que les nègres des colonies donnent à leurs sorciers.
Cela est inexact pour Haïti. Ajoutons que le Vaudoux est inconnu dans les petites Antilles notamment à la Martinique et à la Guadeloupe. On ma assuré quil est également in connu à Cuba et jai de fortes raisons de croire quil a achevé de disparaître de la Jamaïque et des États Unis. Quant à lexpression Mandigoès, peut-être est-ce une corruption de Mandingues (2), nom dune tribu (1) Cf.
Dictionnaire encyclopédique. (2) Description de la partie française de lîle de Saint-Do mingue, par M, L.-E. Moreau de Saint-Méry. Philadelphie, 1797, 2 vol. in4, t. 1ૺ, pp. 28 à 36. ' . :1... L » a-t.c.\ ,a., 7\ _ -_-N v«.ૺ= 7. «...ૺ*«-\..,s-' u-«-..Wc
126 LINITIATION de la Guinée française. Elle a également disparu. Le Vaudoux. tel quil existe en Haïti, découle de sources diverses, les esclaves quon importait prove nant de tribus très variées. Pour donner un aperçu de cette diversité dorigines, je ne puis que citerla source de renseignements la plus riche et de la plus rigou reuse exactitude sur Haïti, je veux dire Moreau de Saint-Méry (l).
« Les Cangas sont anthropophages et proviennent de la côte de Malaguette, des Graines ou du Poivre... Les nègres de la côte d0r sont connus le plus géné ralement sous la dénomination dAradas qui sest formée de la prononciation corrompue dArdra, nom de l'un des royaumes de la côte des Esclaves.
Lusage a encore fait considérer comme nègres de la côte d'Or, ceux qui sont tirés du cap Laho ou Lahou qui est à la côte dlvoire et par cette raison on les nomme caplaous. « La véritable Côte dOr procure encore les Agouas et les Socos. De lintérieur de la côte des Esclaves viennent les Aoussas, les 1603 et les Nagos.
« De cette immense étendue qui va du cap Lopez au cap Nègre, on reçoit quelques Mayombes, les Congas, proprement dits, puis les Mousombes et les Mondongues. « Jamais on n'eut un caractère plus hideux que celui des Mondongues dont la dépravation est parvenue au plus exécrable des excès, celui de manger leurs semblables. On amène aussi àSaint-Domingue de ces 1 (l) En anglais mandingoes.
LE vauooux 127 bouchers de chair humaine (car chez eux il y a des boucheries où lon débite des esclaves comme des veaux), et ils y font comme en Afrique, lhorreur des autres nègres, et notamment des Congos, qui, à cause du voisinage, sont le plus exposés à leurs cruautés. On les reconnaît à leurs dents incisives, toutes sciées en autant de canines aiguës et déchirantes.
On a eu à SaintDomingue des preuves que des Mondongues y avaient gardé leur honteuse inclination, notamment en 1786 dans une négresse accoucheuse et hospitalière sur une habitation des environs de Jérémie. Le pro priétaire ayant remarqué que la plupart des négrillons périssaient dans les huit premiers jours de leur nais sance, ዾt épier la matrone.
On la surprit mangeant un de ces enfants récemment inhumés, et elle avoua quelle les faisait périr dans ce dessein. « Les nègres croient à linዿuence malheureuse de certains jours, par exemple du vendredi, et sabstien nent alors de ne rien entreprendre de ce quils croient important. Si un nègre se choque le pied droit, il est content, cest le bon pied;mais si cest le gauche cela le trouble.
Si même il sest heurté de ce pied contre quelquun, il faut quon lui rende un petit coupdu pied droit: il appelle cela lui rendre son pied. Mais ce qui lirrite, cest de voir passer un balai sur quel ques parties de son corps, il demande aussitôt si on le croit mort et demeure convaincu que cela abrège sa vie. « Les nègres croient à la magie et lempire de leurs fétiches les suit au delà des mers. Plus les contes sont absurdes, plus ils les séduisent. De petites ዾgures mW -..-Tvnum . . . :
128 LINITIA'IION [AOUT .c . ..a ,g_. . _« .n-m. LXZ \, -s " Un!» .=a-a-' .. grossières de bois ou de pierre, représentant des hommes ou des animaux, sont pour eux autant dau teurs de choses surnaturelles et quils appellent garde corps.
Il est un grand nombre de nègres qui acquiè rent un pouvoir absolu sur les autres par ce moyen et qui se servent de leur crédulité pour avoir de largent, de la puissance et des jouissances de tous les genres, même celles que la crainte ne devrait pas savoir ravir à lamour.
« On sera moins étonné de cette espèce dasservis sement si lon considère que parmi les Africains transportés en Amérique il y a peut-être un quart qui ont été vendus daprès un jugement de leurs com patriotes qui les a déclarés sorciers. Heureuse la partie du monde où on les envoie expier ce crime si celui dempoisonnement qui donne aussi lieu à un grand nombre de jugements de déportation était aussi imaginaire que lautre!
Ce nest pas que ces monstres qui mettent leurs soins à faire périr leurs semblables soient aussi communs aux colonies quon la cru pendant longtemps, et quon doive leur, attribuer tous les maux produits par des causes très physiques et dépendantes du climat.
Mais il est malheureusement trop certain que de vieux Africains professent, à SaintDomingue lart odieux dempoisonner, je dis professent, car ilen est qui y ont une école où la haine et la vengeance envoient plus dun disciple. » Cette longue citation nétait pas inutile, car les Aradas, les Mayombés, les Congos ont laissé leur nom à des danses dont nous aurons loccasion de parler; les lbos ont des divinités, et parce que lan
1899] LE VAUDOUX i29 .thropophagie des Mondongues explique les sacriዾces sanglants de boues, de porcs... et parfois denfants. Voilà qui établit péremptoirement la source àfri caine du Vaudoux. Quantàlorigine du mot lui-même, quon écrit également Vaudou ou Vaudoun, on la' trouve au Dahomey.
Les Dahoméens rendent encore aujourd'hui un culte aux Vaudoun, divinités secon daires, analogues aux saints du christianisme et qui servent dintermédiaires entre lÊtre suprême et lhu manité (1).
Voici ce que dit à ce sujet un auteur peu connu et dans le seul ouvrage qui, à ma connais sance, traite dune façon détaillée du Vaudoux (2) : « Dans la Guinée septentrionale existait, au xvu" siè cle, un immense empire du nom dArdres, dont lune des villes principales sappelait Hoûdâ ou Houédâ (3), située à peu de distance du littoral.
Cest dans cette ville, daprès la légende guinéenne qui sera contée plus loin, que prit naissance le Vaudoun, en africain Houdozm de Hoûdâ, Hoûdô la ville, Houédô, ser pent, couleuvre, dont le culte est le Vaudoun (Vau dou) fondé pour la première fois à Hoûdâ. « Cétait, paraît-il, dans lancienne Guinée un usage de donner aux villes et aux cours deau, ainsi quauxdivinités, les.rhêmes noms : Legba (4), Bada (i) Esquisse ethnographique.
Le Vaudoun. Aperçu historique et Évolutions, par DuvernotTrouillot (ancien ministre de la Justice dHaiti). Sans lieu ni date. Broch. de 72 p. très rare. (2) Guida ou Whydah, Dahomey. (3) Maurice Delafosse, Art. publié dans la nature; n' [090 du 21 avril 1894. (4)Akba ou Comoé, ዿeuve de la côte dlvoire. Egba est encore un nom de tribu. WFN'Nૺ'NMW. _ .'1 5
130 L'lNITIATION gri (1), Hougoun. sont à la fois esprit, ville et ዿeuve. Les noms subsistants des villes ou ዿeuves actuels du Dahomey et ceux des esprits, saints, anges, et lois du Vaudoun haïtien, conዾrment cette hypothèse. » Cantons à ce sujet, suivant le même auteur, une légende dahoméenne.
« Il existait, comme on le dit plus haut, vers la ዾn du xvx" siècle, dans la Guinée, côte des Esclaves, un immense empire connu sous le nom dArdres, dont les villes importantes étaient Agboumé (2), Al lada (3), Egba (4) et Houéda (5). Plus tard le nom de cet empire se changea en celui de Dahomé, du nom dun palais quérigea un roi du pays.
« Au commencement du xvue siècle, dit la lé gende, mourut le chef de ce! empire; les Cabécères, seigneurs, suzerains des tribus vassales, nommèrent à sa place le plus jeune de ses ዾls. « Les deux autres indignés, prirent les armes contre lusurpateur. « La lutte fut longue, enዾn celui-ci consentit à reconnaître Aboupo (6), son frère aîné, roi d'un territoire qu'il lui octroya.
Envers son autre frère, il lut bien moins généreux, et l'obligea à se réfugier avec ses femmes et ses esclaves, dans les États dun Cabécère, situés dans le voisinage de la ville dAg (1) Dans le Lagos, près de la fontaine du Dahomey. (z) Abomey. ville du Dahomey. (3) Au sud dAbomey. (4) Voir plus haut. (5) Voir plus haut. (6) Semble se rapprocher de Aa, bo, bo, refrain de chants dont nous parlerons plus loin.
LE VAUDOUX 1 31 boumé. Il ne sen contenta pas et ordonna au Cabé cère de lui livrer Tacoodonou mort ou vif. Le sei gneur refusa et campa du même coup. Cette révolte se propagea depuis un pays nommé le Grand«Popo (1) jusquau ዿeuve Hougoun, et eut cause gagnée. « Une grande peuplade, celle de Juda, province de lempire qui renfermait la grande ville de Hoûdâ, menaça fort celle-ci.
Le roi dArdres, déjà frappé au cœur, ዾt des efforts désespérés pour que cette ville, qui le mettait en rapport avec les traitants européens et lui fournissait du sel ne lui échappât pas.
La perte du sel surtout devait le plus aiguillonner son cou rage, car ce condiment indispensable à lhomme à mesure quil évolue, joint aux appâts offerts par les négriers, pousse les tribus belliqueuses à asservir les faibles et à les vendre pour satisfaire cet impérieux besoin. « La tendance à sétablir sur le rivage est de la sorte irrésistible.
« Pour en revenir au roi dArdres, il ramassa toutes ses forces et attaqua vigoureusement la tribu rebelle.
La victoire, dit la légende, fut longtemps ba lancée ; et des deux côtés on se préparait à une lutte suprême et décisive, lorsquun énorme serpent, sorti du camp du roi, savança tranquille et inoffensif vers ceux de Juda. « Les deux armées, dit labbé Bouche, qui a re cueilli des indigènes la tradition après Des Marchais, voyageur du siècle dernier, les deux armées, frappées (1) Ville du Dahomey. _WWJ} Â*ÆMÎËWWMW
132 L'INITIATION de stupeurà la vue du monstre, se regardaient im mobiles, lorsque le reptile pénétra paisiblement dans le camp des insurgés et se mit à les caresser de la tête et de la queue.
« Le sacriዾcateur du culte. probablement de Legba dalors, remis de la frayeur générale, voyant un proዾt inespéré, s'enhardit, prit le serpent et le montrant aux soldats rassurés: « Les Saints, leur dit-il, sont « avec n0us et nous promettent la victoire! en avant !
« que notre colère soit ardente comme le piment et « terrible comme le tonnerre. » A ces mots, larmée poussa un cri formidable. se précipita sur la troupe ' du roi d'Ardres, etla mit en déroute après en avoir fait un grand carnage. , « Ainsi périt le grand empire dArdres et fut fondé le culte de la couleuvre ou du serpent dans la Guinée. « Le saint qui personniዾait désormais cet ophidien, devint le plus puissant entre tous et le plus populaire.
Des temples furent érigés en son honneur, le con cours des dévots était immense et, Les prêtres ne pouvaient sufዾre aux sacriዾces. RACINE. « Le merveilleux serpent tut transporté dans le temple principal de Houdâ, Houéda, où les prêtres se vantent encore de le posséder vivant.
« Il n'a ja « mais été possible à personne, dit labbé Bouche, de « contrôler ce fait, le grand sacriዾcateur ayant seul le « privilège, comme toujours, de pénétrer dans le sanc « tuaire du saint, et le roi lui-même nétait admis àle « voir quune seule fois, quand il présentait ses of « fraudes trois mois avant son couronnement. » ' J: w... '.«w« ૺ.1 _ Fૺ;æ_ z.. . .j , ' ** e - _. ..1, < 4_ V. g
LE VAUDOUX 133 , r :21 15:11 « Voici la tradition telle quelle est rapportée par le marquis Des Marchais en 1730 et par l'abbé Bouche, qui la conዾrma daprèsles indigènes il y a une dizaine dannées. « On remarquera , continue M. D. Trouillot, « quun ዿeuve de la Guinée prend sa source dans le pays des Egbas ou Legbas et se nomme justement ' Hougoun, une des principales divinités vaudouïstes.
Il nest pas étonnant que la Guinée sillonnée de grand5 cOurs deau à lintérieur et couverte de marais sur les côtes ait donné dans son Olympe selon la loi anthro v pologique qui porte les peuples primitifs à diviniser les forces de la nature, ait donné les premiers rangs à leau où habitent les Lois, et au serpent dont ce liquide est un des repaires habituels. » Comme on le voit, a lorigine, les vaudouïstes avaient pour fondement de leur religion, sil est per mis demployer ce mot dans la circonstance, le Culte du Serpent (t).
« Au premier sens ésotérique (2), ce serpent est la Lumière astrale, ce ዿuide implacable qui gouverne les instincts; cet universel dispensateur de la vie élémen taire, agent fatal de la naissance et de la mort; rideau (1) Je ne veux pas rappeler combien cette matérialisation d'un symbole a été répandue depuis l'antiquité et chez presque tous les peuples. Tous les lecteurs connaissent les sectes Ophiques; lophiomancie est connue également.
La Bible elle même nous parle du grand serpent du Temple de Bel adoré par les Babyloniens et tué par Daniel (Dan. xrv, 22-26). cr Les Dinkas », tribu de l'ancienne province équatoriale d'Em'm Pacha, 4: manifestent la plus grande révérence envers les py thons et tous les ophidiens en général. » (H.-M. Stanley. Dans les Ténèbres de lAfrique, chap. xvu, libr. Hachette).v (a) S, de Guaita, le Temple de Satan, passim. Wwm;«.. u-m m.-'\';,{ «M_r
i 34 L'iNi l lA'llOIl --«|. de linvisible, derrière lequel se dérobent les diverses hiérarchies de puissances auxquelles il sert à la fois de voile et de véhicule. Cet être hyperphysique inconscient, donc irresponsable, domine en maître sur le sorcier, comme aux mages il obéit en valet -To be or no! 10 be...
Il faut à tout prix sen rendre maître, si l'on ne veut pas devenir le jouet des grands courants qui se meuvent en lui, suivant d'invariablcs lois.
« Le Serpent du Vaudoux est, en somme, cette même puissance tortueusc de destruction, que le goé tien de lantique Égypte évoquait en ces termes, au secours de ses rancunes: « 0 toi qui hais, parce que tu as été chassé, je tinvoque, tout-puissant souverain des dieux, destructeur et dépopulateur,toiqui ébranles tout ce qui nest pas vaincu! Je lévoque ô Typhon Sethl...
Vois: laccomplis les rites prescrits par la magie, cest par ton vrai nom que je te somme. Viens donc à moi franchement, car tu ne peux me refuser... Et moi aussi, je hais telle maison qui est prospère, telle famille qui est heureuse: sus contre elle et ren verse-la, car elle ma fait injure (I). » Gardez-vous pourtant bien de croire que cette phi losophie de leur culte soit connue des vaudouîstes actuels.
Le Vaudoux est on ne peut plus matérialisé et lignorance de ses ministres estauSsi profondé*qpe leur perversité et leur sottise. ' h (I) Cf. Papyrus Anasta51 et Sallier commentés par Reuvens, dans ses Lettres à M. Letronne. in-4 avec atlas, in-fol. de 6 planches. Leyde, 1830. ૺMૺ... . m...,, ,.. '1
LE VAUDOUX 135 A côté du Serpent se placent au premier rang dans la vénération des ዾdèles le Fromager et le Mapou, arbres qui atteignent communément des dimensions colossales bien propres à frapper les imaginations. Le Fromager (Bombax Ceiba. L.) sappelle en an glais Cottonîree et en patois de la Guyane hollandaise Cacantri. Il atteint une grande hauteur et son tronc acquiert des proportions énormes.
Son écorce est blan châtre, ses branches horizontales, longues, robustes, tourmentées, armées ainsi que le tronc de piquants coniques, ramassés. Sa base envoie des contreforts aplatis. Son fruitrenferme un coton soyeux quon em ploie aux mêmes usages que le duvet. Son bois est tendre, léger et inutilisable, si ce nest pour y creuser des canots comme le font les pêcheurs de la Marti nique.
Dans toutes les Antilles et aux Guyahes. une croyance populaire veut que celui qui abat un fro mager meure dans lannée. Aussi se contente-ton quand on peut faire disparaître son ombre de faire mourir l'arbre sur pied en lui enlevant un anneau décorce et en coupant jusquà laubier. Aussi voit-on dans les campagnes nombre de ces squelettes géants.
Comme nous le verrons plus loin, les plus gros dentre eux et surtout ceux qui se trouvent dans les carre fours sont regardés comme les incarnations ou tout au moins les demeures de divinités, sortes dhama dryades. Dans les tribus de la Sénégambie, le fromager est également un arbre sacré, à ce que nous dit M. Vi gné dOcton (1). (1) P. Vigné d'Octon, A t.avers le Cayor. W " "ૺf »--7W" -"";_,\'-ૺዾዾWૺWw*ૺ*æ-w«
:36 LÏ.\ITl.\TION Le MapouçBombax pentandrumlest appelé par Des courtilz (i) Cotonnier mapou ou bois épineux blanc. Tout ce que nous avons dit du fromager se rapporte à cet arbre : la seule différence est que ses feuilles sont grandes, profondément découpées comme celles du Marronnier dinde. Son fruit est une poire, recouverte d'un duvet rouge sombre.
On fait en Haïti une conዾ ture avec la pulpe quil renferme. il faut noter que le rapprochement de ces deux arbres et du serpent peut provenir de ce quils présen lent à leur base entre leurs racines énormes de vastes anfractuosités qui servent de repaires aux serpents.
Cette croyance se retrouve en Cochinchine, nous dit le Dr Laurent (2). :< Les mâ-qui (revenants élémen taires), se réunissent volontiers autour des grands ዾguiers banians; l'un deux habite l'intérieur et peut en sortir sous la forme dun boa (les boas nichent réellement assez fréquemment entre les racines des banians), les autres voltigent autour de larbre, dans les branches et dans les feuilles cherchant à nuire au passant attardé. » Telles sont les grandes lignes de cette superstition si répandue encore ૺaujourdhui en Haïti et dont les rites et les pratiques offrent le plus vif intérêt à loccul îiste.
On pourrait même dire sans craindre de trop savancer que cest le pays où la Sorcellerie, la Goëtie (x) Flore médicale des Antilles, par E. Descourtilz, Paris, Hzi. 8 vol. ornés de nombreuses et magniዾques planches soloriées. Ouvrage dune importance capitale pour le médecin aux colonies. (2) Dr Laurent. Note sur les coutumes et superstitions co ehinchinoises. initiation, vol. 37, n' i. p. 71. i__-,_, ' v'
LE VAUDOUX 137 la plus effrayante même a conservé le plus d'adeptes fervents.
Une des raisons occultes de la persistance du Van» doux en Haïti est sans nul doute la présence dinnom brables légions de Larve_s et dElémentaires provenant des guerres, des révolutions, des massacres, des héca tombes et des boucheries ininterrompues depuis plus dun siècle, à tel point quon peut dire quil ny a pas un pouce du sol dHaïti qui nait été arrosé de sang humain.
SYMBOLISME ET CÉRÉMONIAL VAUDOUÏSTE Le Sorcier vaudoux, daprès les rares auteurs qui ont efዿeuré notre Sujet, sappellerait Taplata, Capre lata, Macandal, Bocor, Houngan ou Papaloi. Dans la réalité, les trois dernières dénominations sont seules usitées. Le macandal, qui était autrefois un. guérisseur, tiraits_on nom de celui dun nègre fameux au temps de la Colonie française.
Le nègre Macandal, né en Afrique, se rendit célèbre par ses empoisonne ments. Il fut brûlé vif au cap liaïtien le 20 janvier 1758.
« Le souvenir de cet être pour lequel les épi thètes manquent, réveille encore des idées, tellement sinistres, que les nègres appellent les poisons et les empoisonneurs des Macanaals, et que ce nom est de venu lune des plus cruelles injures quils puissent sadresser entre eux (1). » _ Le Caprelaza était spécialement le sorcier empoi_ (1) Moreau de Saint-Méry, op. cit., p. 651.
138 . L'INITIATION sonneur; il désigne aujourdhui un « usurpateur des titres de Houngan ou de Papa, un maladroit initiateur en un mot. Cest pourquoi on dit vulgairement que le Caprelata ne veut pas voir son confrère porter*la ma coule (I), ce qui veut dire quils se jalousent et se dis putent la clientèle. » Aujourdhui Bocor semploie plutôt dans un sens méprisant et ce mot ne se pronon cerait pas devant le personnage ou les siens.
« Le Houngan diዾère du Papa en quelque sorte ; ce dernier est le plus souvent le maître dune société. Il peut être aussi Houngan en ce sens quil est médi castre et dispensateur de points et de chances. Le Houngan peut nêtre pas maître de société; il est am bulant le plus souvent, et rend des points aussi, sur tout le ouanga ou sortilège; il est appelé dans les mai sons pour travailler.
Porteur dun sac enfermant des coquillages (2), de petites pierres, une poupée (3), il . vient, est consulté, étale ses idoles, jette ses coquilles et pierres ; il est soit devin, soit médicastre, tout ce que lon veut pour quelques sous. Il y en a qui tirent de ce métier de grands proዾts, mais ce sont les plus in telligents et les plus audacieux.
Les hommes généra lement prennent des points pour se rendre invulné rables,pour prendre femme etquelquefois pourdérober sans être pris, etc. Dans ce dernier cas, il est rare que (I) Sorte de sac double en paille tressée quon place sur le bât des animaux de charge en manière de cacolet.
Ce mot se retrouve comme unité d'échange dans la Sierra-Leone. (2) Qui conservent le nom africain de cauris et quon jette sur un plat d'osier dit laye. (3) Et des cartesà jouer.
LE vwnoux 139 le point soit bien réussi, aussi nen use-ton quau préalable on sassure le succès. « Les femmes prennent des chances. En cette occa sion, les houngan savent quelquefois leur jouer les plus vilains tours (1). » Notons en passant que Livingstone et Du Chaillu ont trouvé au Congo des sorciers nommés hougangas. La Sorcière, et elle se rencontre fréquemment, se nomme maman-loi, femme houngan ou mambo.
Les acolytes du houngan, soit hommes, soit femmes sont les hounsis. La principale hounsi, qui est géné ralement la concubine en titre du houngan, est la houn guiénzkon. Cest lauxiliaire le plus précieux, le bras droit du papa-loi. Elle est initiée à tous ses secrets, elle compose les chants, dirige les chœurs et fait tous les préparatifs exigés dans les cérémonies.
Ces hounsis ou prêtresses sont attachées au service des honforts ou des temples; elles doivent accourir au premier appel de leur houngan pourlassister dans les cérémonies et dans laccomplissement des rites. Noël en particulier est la plus grande fête. Sous aucun prétexte la hounsi ne peut manquer ce jour-là das sister aux services.
Quand une femme est hounsi, elle est sous la domi nation dune Ioi, le Maître de lEau, celui des Arbres ou quelque autre. Cette loi parle par sa bouche pendant ses trames, quand elle a les Saints, quand elle est sous linዿuence du Maître de sa tête. Quand une hounsi meurt, il ne sufዾt pas de len (1) Duvcrnot-Trouillot, lac. cit.
140 ' LINITIATION œrrer; il faut encore retirer la loiqu'elle adans la tête. Pour cela, le houngan et ses hounsis organisent une cérémonie, un service. On met dans un gain ou ca nariloi (marmite de terre) de la farine de mais et de lhuile. On le pose sur un trépied, on le fait chauffer quelque temps puis on lenterre.
A quelques jours de là, au milieu de la nuit, loiዾciant et ses acolytes se dirigent vers le lieu quaffectionnait particulièrement, à' leur sens. le Saint ou la Loi de la hounsi défunte. Si cétait Dambala, le Maître de lEau, le cortège se dirige vers une rivière ou un étang.
Aux environs de Port-au-Prince, ce genre de cérémonie a généralement lieu au Bassin de Mariani, sur la {route du Petit Goâve, dans un ravin fort pittoresque et assombri par une merveilleuse végétation. Arrivé là, le houngan entre dans leau, appelle lâme de la hounsi défunte et par le moyen dune habile ventriloquie engage la conversation.
Elle lui demandera des nouvelles de sa famille, sil a beaucoup travaillé depuis quelle est morte et lui posera dautres questions banales. Après quelques instants, le houngan l'engage à le suivre et lemmène, toujours en esprit,dans le ho;gfort, où il f'enferme dans un grosri, grande jarre de terre quon place sur le peou autel et où reposera dorénavant lâme de la hounsi.
Cest là que les dévots pourront la consulter, ce quon appellefaire parler les morts. Ce sera une nouvelle scène de ventriloquie (1). (1') Ce nest pas d'aujourdhui que les sorciers ont recours à cet artiዾce, puisquon lit dans [sale (xx1x, 4): « Cest de la terre que tu parleras et de la poussière sera entendue ta parole ; et de la terre, ta voix sera comme celle dun devin de python, et de la poussière ta parole ne rendra quun faible son. »
LE VAUDOUX [4.1 Voici, suivant lauteur haïtien que nous avons déjà cité, la cérémonie de lInitiation au vaudoux: « Pour être initié au Vaudoun, on exigeait autrefois que le néophyte eût un certain âge, de trente àquarante ans. Il faut remarquer que la société ou confrérie est com posée dune masse profane où se trouvent les bossales, les hounsi-bossales, sortes de catéchumènes et leS initiés proprement dit quon nomme Canzou.
Pour prendre ce degré, le néophyte ou hounsi-bossale est soumis à une suite de formalités pendant quarante jours.
Il est dépouillé de ses vêtements et revêt ceux que la circonstance et le règlement prescrivent; il reste enfermé pendant huit jours sans voir le jour pour satisfaire aucun besoin que ce soit; on lui donne des bains composés de plantes tabou, telles que le bois pini (1), le framboisin (2), le bignonia dit bois de chêne, la sauge, etc. Ce bain doit être toujours le même pendant les quarante jours, plus il fermente et devient infect, plus ses vertus sont puissantes; on ne le jette pas il est déposé dans le magasin où il ዾnit par séva porer.
« Pendant ces huit jours il reçoit un breuvage appelé ver-ver composé de mais et de sang recueilli dans le sacriዾce principalement. « Après ces puriዾcations, il est habile à être canzou. (i) Probablement faute d'impression au lieu de bois pin. (2) Ou francybazin. Il porte également ces noms à la Mar tinique. Cest un arbuste qui se rapproche beaucoup du ba silic.
Je nai pas remarqué que la Verveine que Dioscoride appelle herbe sacrée, Apulée, lustrage, que Petrone cite de son satyricon, et qui depuis l'antiquité est considérée comme sacrée, eût conservé ce caractère en Haïti.
142 L'INITIATION « Les initiés le prennent, l'amènent dans le lieu où se tient Papa ou la Mambo vêtus à lavenant. « Celui-ci tient en main un bâton recourbé au som met (1)etcouvert damulettes que lui remet, en grande cérémonie, laualou, cest-à-dire un préposé. La hounsi bossale se met à genoux aux pieds du Papa qui lui fait des passes et une marque (tatouage) sur une partie quelconque du corps par laquelle tous les membres de la société se reconnaissent. _ NATHAN ZEFFAR. (A suture). (I) On reconnaît la crosse de lhiérophante.
ä*®crulte à la cour de ዾnis XIV Daprès la CORRESPONDANCE DE MADAME, MÈRE DU RÉGENT (Suite) Ill É'I\AT DE RAPPORT Les cas de M'ne de Ponikau et de la Persilie relèvent de la pathologie, dautres appartiennent au domaine déjà plus obscur de létat de rapport et de la sug gestion. Madame admettait lexistence du lien qui peut unir une personne à une autre, et qui est si intime entre la mère et lenfant quil en résulte parfois des faits comme celui dont le D' Quintard atteste la réalité : un enfant résolvait tous les problèmes dont sa mère connaissait la solution, pourvu quil ne fût pas trop loin delle ou séparé delle par un paravent (1). Ce fait bien constaté rend vraisemblable lanecdote connue que raconte Tallemant des Réaux, dune dame enceinte, la comtesse des Vertus, qui avait vu tuer (l) Annales des Sciences psychiques, 1894, pp. 321-8.
144 LINITIATION ho_n._.Ç.à .- son amant et qui eut une ዾlle que hantait la scène du meurtre, dans des crises dont elle ዾnit par mourir à lâge de huit ans (1). La duchesse cite un exemple moins romanesque de linዿuence maternelle.
« La peur qua eue la princesse de Galles au sujet « de laccident arrivé à la comtesse de Buckeburg, « dont elle croyait la jambe cassée, estbien naturelle, « mais je crains quil nen résulte quelque chose de « fâcheux pour lenfant dont elle est enceinte.
Nous « avons eu ici, ces jours-ci, un exemple terrible de ce « genre : la jeune marquise de Béthune, sœur du duc « de Gèvres, est heureusement accouchée dun beau « garçon; mais comme elle avait été fort etîrayée en « voyant dans une église un mendiant auquel un « cancer avait rongé toute la chair de la poitrine, il « sest trouvé que lenfant avait sur la poitrine et sur « la ዾgure un mal comme unetoile d'araignée.
Il est « mort après avoir été baptisé. On a cent exemples « de ce genre, de sorte que je minquiète à légard de « la princesse de Galles (2) » (10' sept. 1716).
Entre parents, Madame appelait le rapport sympa thique «- la force du sang », « leffet du sang » (5 mars et 5 mai 1695), cette voix du sang dont les mélo drames ont tant abusé et qui nest peutêtre pas une simple métaphore, car le sang, dit Stanislas de Guaita, « déborde dune vie emphatique (3). » Entre (i) Historietles, édition Monmerqué, t. V, p. 130. (2) Cf. Lettre du 24 juin 17(8. (3) La Clefde la magie noire, 189, p. 183. - Cf. Gabriel d'Annunzio, les Vierges aux Rochers, traduction'G. Hérelle, 1897, pp. 265.7.
L'OCCULTE A LA COUR DE LOUIS XIV 14.5 amants, Madame voyait là quelque chose dextraor dinaire quelle ne paraissait pas comprendre, bien différente de ceux qui croient que cette afዾnité peut même survivre à la mort, comme Marguerite de Na varre demandant au frère de Brantôme sil ne sentait pas, à travers la tombe, le corps de sa maîtresse sémouvoir en sa présence, ou comme Diderot écrivant à MૺVolland que leurs cendres encore sensibles se chercheront sous la terre pour se confondre.
« Je crois que la guenipe (M'ૺ° de Craon), qui est « maîtresse du duc de Lorraine (gendre de Madame), « lui a donné un philtre, comme a fait la Neidschin « à lélecteur de Saxe, car, lorsquil ne la voit pas, il est trempé dune sueur froide » (7 sept. 1717). Lorsquon croit quil doit regarder devant lui, sa tête se tourne sur ses épaules et ses yeux_restent ዾxés sur M"° de Craon ; cest drôle à voir » (Ig avril 1718).
« Il faut vraiment que Mme de Craon ait en sorcelé le duc, car, lorsquil ne la voit pas, il est dans une telle agitation quil est tout en sueur. Il y a là quelque chose qui nest pas naturel» (4 février I7 I 9). Cétait simplement « lattraction passionnelle », si irrésistible en certains cas.
« La science na jamais pu calculer, même approximativement, la puissance de fascination qui se condense quelquefois en un simple regard de femme », a dit un fouriériste (I). Henriette dAngleterre, entre autres, avait un regard d'une séduction particulière : « Elle avoit les yeux noirs, vifs et pleins du feu contagieux que les hommes âââäâxkâ7äîx (I) Toussenel, lESprit des bêtes, I847, p. 62.
14,6 LINITIATION ne sauroient ዾxement observer sans en ressentir leffet; ses yeux paroissoient eux-mêmes atteints du désir de plaire à ceux qui les regardoient (1). » Mais la seconde Madame ne connaissait probable ment pas par elle-même ce genre dimpressions, qui létonne toujours.
Elle lavait remarqué chez le duc de Bourgogne, tellement épris de sa, femme que, « pourvu quelle lui fit bonne mine, il était comme en extase et tout hors de lui » (9 sept. 1717) ; elle en parle aussi au sujet de la maréchale de la Ferté, qui eut, son dit en passant, la vision prémonitoire de la déroute de Valenciennes (1656), et dont la mère, Mme de la Loupe, fut prévenue par le spectre de son frère quelle allait devenir veuve (2).
La maréchale fut impliquée dans laffaire des poisons en 1680 (3) ; elle était sœur de la comtesse dOlonne, son égale en inconduite.
Pour prouver son affection au comte de Marsan, frère du chevalier de Lorraine, ellelui disait : « Quand je vous sais seulement dans le même lieu où je suis, je me sens dans une agitation comme si javais la ዾèvre»; le voyant incrédule, elle lui donna un rendez-vous, chez elle, puis le cacha et appela son médecin pour se faire tâter le pouls.
Madame, dit le docteur, « vousavez une grande agitation et une ዾèvre très violente; vous devriez vous faire saigner » (17 août 1718). (1) Labbé de Choisy, Mémoires pour servir à lhistoire de Louis XI V, édition de Lescure, t.Il, l. Vlll, p. 56-7, et p. 94.. (2) Tallemant des Réaux, Historiettes, édition Monmerqué, t. Vil, p. 219. (3) Madame de Sévigné, Lettres du 31 janvier et du 2 février 1680.
L'OCCULTE A LA COUR DE LOUIS XIV 147 La duchesse crie au sortilège quand il sagit de son gendre, fortiዾée sans doute dans son opinion par le souvenir de deux procès alors fameux, intentés en 1624 par un des prédécesseurs du prince, Charles IV, qui prétendait notamment quon lui avait noué lai guillette : elle se montre plus sceptique dansles circons tances où elle nest pas intéressée.
Ainsi pour le duc de Richelieu : « Si je croyais à la sorcellerie, je dirais quil faut que ce duc possède quelque secret surnaturel, car il na pas trouvé une femme qui lui ait opposé la moindre résistance ; toutes courent après lui que cest vraiment une honte » (1ૺoct. 1719). « Je ne coma prends pas pourquoi, car cest un petit crapaud en qui je ne trouve rien dagréable » (30 mars I719). De même encOre pour Mૻ Caumont de la Force.
Celle-ci, une des personnes les plus romaneSques du xvn° siècle, avait eu en conséquence beaucoup daventures (I): « On veut la regarder un peu comme sorcière, mais je « nen crois rien.
On ma raconté quun gentilhomme « de la maison de Mailly, qui a été fort de mes amis - «mais qui est mort depuis longtemps, en avait été « éperdument amoureux, etqu'il voulait mourir sil ne « lépousait pas ; mais comme elle nétait pas en bonne « réputation, et quelle était excessivement pauvre, son « père ne voulait pas consentir à cette union, et il pria « M. le Prince delui faire entendre raison. On le con « duisit à Chantilly, et toute la maison de Condé et de (i) CfÇMadame, lettre du 8 mai I7l8.
148 LINITIATION « Conti se mitàlcxhorter pourquil obéità son père; il « senfuit comme un désespéré dans les jardins, et il « voulut se noyer.
En arrachant ses habits pour se jeter « à leau, il brisa un ruban où était attaché un sachet « que la la Force lui avait remis sous prétexte de sa « santé,et en lui recommandantde nejamais le quitter; « aussitôt quil ne leut plus sur lui, il se trouva tout « autre, et très indifférent à légard de la la Force; il « alla trouver M. le Prince, et lui raconta ce qui était - « arrivé, en disant qu'il fallait quil eût été ensorcelé.
« Jai bien ri de cette histoire » (29 mai 1718). Cette hist01re, cest un peu celle de lanneau légen daire «que larchevêque Turpin mit à son doigt et qui ዾt courir Charlemagne après lui, comme il avait fait après'une de ses concubines, à qui Turpin lavait ôté après sa mort (1) ». C'est aussi, en un sens, lhistoire de la chemise de la princesse de Clèves (1572), origine peut-être du conte de la chemise de lhomme heureux.
Le duc _ dAnjou (depuis Henri lll), jusquelà fort indifférent pour la princesse, sessuya par hasard la ዾgure avec une chemise trempée de sueur quelle venait de quitter et reçut immédiatement le coup de foudre, comme par l'effet dun philtre ou d'un charme (2). Avec Mૺ0 de la Force, il y aurait eu une ዾxation préalable d'etዿuves, « un lasso enroulé » (3) par (1) Hamilton, Mémoires du chevalier de Gramont, ch.
11111. (2) De Rochas, IExtériorisation de la Sensibilité, 1895. P- 247-8. . . . . (3) Papus, Traité élementazre de Magie pratique, 1893 p, 520. - . l .,a_...n_. ._ . *.»d-"&=..«. L . a,ૺ
LOCCUL'IE A LA COUR DE LOUIS XIV 149 un moyen quelconque, probablement selon quelque formule comme celles que reproduit Papus dans la Magie pratique et les Arts divinatoires (I).
Ces maléዾces ont été en usage de tous temps, et il est curieux que les anciens sorciers lapons sen soient débarrassés exactement comme le gentilhomme dont parle Madame : ils se mettaient nus « aዾn de se sous traire aux inዿuences magiques qui pouvaient avoir été attachées à leurs vêtements (2) ».
Les procédés servant à emmagasiner le ዿuide sont variés, mais en tous cas leur théorie nest plus un secret depuis les recherches modernes inspirées par les révélations de Mesmer: on la trouvera fort au long dans les excellents ouvrages de M. de Rochas, notamment dans lExleriorisatzon de la sensibilité.
Pour citer un auteur moins récent, voici comment du Potet, qui « adécouvert ou du moins fait connaître des premiers les phénomènes dattraction exercés par le magnétisme(3),» déዾnit laction du ዿuide nerveux, quil compare au ዿuide électrique : « Cetagent, chez nous, ne sarrête pas non plus aux muscles ou à la peau, il sélance encore au dehors avec une certaine force, et forme ainsi une véritable atmos phère nerveuse, une sphère dactivité absolument semblable à celle des corps électrisés.
Cette opinion était celle des plus habiles physiologistes de nos jours, (I) iૺraité élémentaire de Magie pratique, I893, p 521-4., et les Arts divinatoires, p. 48. (2) L. Léouzon Le Duc, traduction du Kaleuala, t.l, I867, p. 100. (_3) De Rochers, les Forces non déዾnies, 1888, p. 369.
150 LlNITIATION Reil, Autenricth, et de M. de Humboldt. » Lauteur montre alors que « latmosphère nerveuse, active, du magnétiseur, augmentée sans doute par l'impulsion que lui donne sa volonté », inዿuence et sature le sys tème nerveux du magnétisé, ce qui explique « la com munication des désirs, de la volonté, des pensées même de celui qui magnétise.
Ces désirs, cette volonté, étant des actions du cerveau, celui-ci les transmet au moyen des nerfs jusquà la périphérie des corps et au delà(r) ».
Le ዿuide « peut sincorporer dans tous les corps de la nature, ou chaque corps peut recevoir ce ዿuide, le retenir et produire par lui des effets magné» tiques », ce que Charpignon disait àpeu près dans les mêmes termes en [848, dans son livre intitulé Phy siologie, Médecine et Métaphysique du magnétisme : « Tous les corps organiques peuvent être saturés de ዿuide magnétique et agir ensuite sur les individus impressionnables (2). » Du Potet, qui employait sur tout le verre, cite aussi des exemples Où il sagit dautres corps.
Ainsi un bloc de marbre magnétisé, puis dé grossi de moitié, fut« présenté au somnambule ; il sendormit aussi vite que par lattouchement du marbre entier », preuve que le ዿuide magnétique avait imprégné tout le bloc. Du papier magnétisé fut brûlé : le sujet prit les cendres dans sa main « et sendormit en peu de temps. » « Les objets magnétisés, con (1) Cf.
Saint-Martin, Correspondance inédite, 1862, p. 37: (2) Bourru et Burot, la Suggestion mentale et laction «t distance des substances toxiques et médicamenteuses, 1887. p. 275. 3,4!
LOCCULTE A LA COUR DE LOUIS XIV 151 ;Servés avec soin, produisirent au bout de six mois les mêmes effets. Ils semblaient navoir rien perdu de leur force magnétique. Il y a donc un principe actif qui résiste à toutes les forces mécaniques, physiques et chimiques, qui sattache aux corps par un lien indissoluble, qui pénètre dans leur substance comme un être spirituel, et triomphe même de laction du feu. » Il séchappe de nous par ondees(r).
Pour préparer lobjet quon veut magnétiser, on le prend entre les deux mains: « On projette par la volonté la force magnétique, comme si lon magné tisait une personne malade.
Dix ou quinze minutes sufዾsent. » Du coton, des mouchoirs, des vêtements même peuvent ainsi être utilisés», de même que leau magnétisée par les doigts en pointe -ou par les yeux (2\, ou par la parole, ou par le soufዿe (3), cestà-dire par ce que le D' Baréty appelait, dans son ouvrage sur la Force neurique rayonnante (l 882), les rayons digitaux, oculaires et pneumiques. Du Potet continue ainsi : « Ceci ma tournide curieuses expériences.
Donnant à tenir à des personnes qui dormaient lobjet que je voulais magnétiser, elles néprouvaient rien pendant (1) Manuel de létudiant magnétiseur, 4.B édition, p. 315 320, et Jal du Magnétisme, 1850, p. 604; Cf. de Rochas, JExtériorisaiion de la sensibilité, p. 55, 58, 69, etc. «(2) De Rochas, les Forces non déዾnies, p. 628, et Papus, Magie pratique, p. 196-199. (3) Papus, Magie pratique, p. 299-301 ; Cf. Dr Fugairon, Essai sur les phénomènes électriques des êtres vinants,1894, 3). 175.
I 52 L'IMTIATION la première minute, mais successivement, et au fur et à mesure que le magnétisme complétait la satura tion, le surplus suivait les mains, puis les bras, et enዾn gagnait tout le système nerveux du somnambule etlagitait. Dautres phénomènes bien plus curieux se manifestent lorsque par la pensée on veut donner à leau une vertu, une qualité.
Pour comprendre ce fait, il faut déjà être avancé en magnétisme, et je dois ajourner mes aveux (I) ». Du Potet aurait pu ajouter, avec Charpignon, que « le ዿuide magnétique en se combinant et en traver sant les corps inorganiques, emporte quelque chose de la qualité substantielle de cescorps (2) ; il peut ensuite agir sur lorganisation humaine dans le même sens que ces substances elles-mêmes ».
Ainsi « Léonidas Guyota failli faire périr un médecin réfractaire en le magnétisant à travers la noix vomique. Il a ensuite dissipé les accidents,comme on le fait ordinairement, avec des passes ». _ Du reste, la simple suggestion a la même puis sance, comme le sous-entend du Potet lorsquil parle des vertus ou qualités que l'eau peut recevoir.
Le DGromier, de Lyon, en 1850, purgeait avec de laloès enfermé dans un tube, puis il se servit de son tube à vide : « Jai soufዿé au travers et jai obtenu des éva cuations comme avec laloès; jai répété la même expérience en attachant à mon idée une propriété mé (I) Manuel de létudiant magnétiseur, p. 246-247. (2) Cf. A. R. Wallace, les Miracles et le Moderne Spiritua Iisme, traduction frauçaise, p. 82-4.
L'OCCUL'I'E A LA coma DE LOUIS xxv 153 dicale déterminée, et laction médicale sest produite jusquà un.certain point (1). » Tous ces phénomènes sont bien connus aujourdhui et on les reproduit à volonté, mais nous ne faisons par là que constater scientiዾquement ce que savaient avant nous les peuples sauvages et civilisés de toutes les époques.
On ne sétonnera donc pas de voir Mon taigne, dans son merveilleux chapitre De 1aforce de limagination, qui semble écrit d'hier, raconter sé rieusement lhistoire dun malade qui se purgeait à distance avec des remèdes quil ne prenait pas.
On ne sétonnera pas davantage de retrouver la même action des médicaments à distance mentionnée au moyen âge (2), et le pouvoir de la volonté sur les objets exercé par exemple chez les vieux Finnois, qui appelaient regardants les sorciers dont le regard communiquait « aux choses une vertu magique (3). » La mère_du régent ne connaissait pas que le sor tilège de_;Mૺ° de La Force; elle avait étéinformée dun autre enchantement. qui na rien de commun avec lamour et qui paraît sêtre compliqué de sug gestions très précises.
Le premier effet à obtenir en pareil cas, cest-à-dire lhypnose, aurait été produit par un objet analogue au sachet de Mૻde La Fôrce. ou à ces médicaments au travers desquels on magné tise le sujet : (1) Bourru et Burot, la Suggestion, etc., p. 2758 ; cf. Madame, lettre du 29 septembre 1721. (2) Stanislas de Guaita, la Clef de la magie noire, 1897, p. 404 et 789. (3) Léouzon Le Duc, Kalevala, I, p. 75. ..a\_..y«..q.____ ૺImp-uzm. .L.
154 L'INITIATION « On ma raconté lhistoire dun garçon de l'apo thicaire du roi; lorsque le roi était encore jeune, on le chargea daller porter des lettres à Lyon; lorsqu'il passait dans la rue dlînfer, un homme laccoste et luidemande où il va; il répond quil se rend à Lyon ; lautre lui demande combien il faut de jours pour faire ce voyage; le garçon dit quil en faut dix; lhomme lui demande sil voudrait y être rendu le soir même; le garçon répond: « Bien volontiers, pourvu que la chose fût possible. » Alors lhomme lui donne un bas et lui dit de se lattacher autour dune des jambes.
Aussitôt que le garçon la fait, il se sent transporté à travers les airs, et, le soir, if descend dans une grande ville; il demande où il est ; on lui répond quil est à Lyon. Il remet toutes ses lettres; mais il fut ensuite malade jusquà la mort de la peur quil avait eue; ses couleurs ne lui sont ja mais revenues. Je crois quil est encore en vie ». (Il septembre i721).
Si lhistoire est réelle, il est clair quune fois le courrier hypnotise la croyance au voyage de Lyon: ni a été suggérée.
Il est clair aussi quen pareille circonstance linconnu naurait pas accosté sa vie time dans la rue par hasard, sans motif aucun ; cétait sans doute un procédé despionnage, un moyen de prendre connaissance des lettres, car les correspon dances dalors n'étaient guère en sûreté, pas plus les correspondances amoureuses que les autres.
« Par lerai-je », disait un jour à ce propos Saint-Evremond au chevalier de Gramont, « du tour que vous fîtes à Fontainebleau au courrier de la princesse Palatine, .»..\.. ,,. ..., -,_,__,_,.,_<-.."-,.u-»r- -»
LOCCULTE A LA COUR DE LOUIS XIV 155 que vous volâtes sur le grand chemin? » (1). Dans :ie cas dont parle Madame, on prit sans doute plus de précautions, et les lettres auront pu être portées par un autre courrier, aux frais du violateur de la corres pondance. Du côté du roi, au temps de Louvois qui ,généralisa ce genre dinquisition, la remise des lettres violées,se faisait exactement.
« M. de Louvois lisait ,toutes les lettres, mais il avait de bons traducteurs, et les lettres arrivaienttoujours à lépoque juste » (6 mars 1721).
Dautre part, on savait parfaitement décacheter et recacheter, au moyen dune « composi tion faite avec du vif-argent et dautres substances _ qui enlèvent la cire, et lorsque les lettres ont été ou vertes, lues et copiées, on les recachète si adroitement que personne ne peut découvrir si elles ont été ou vertes. Mon ዾls sait fabriquer cette composition; on lappelle gama » (2 décembre 1717).
« Cyrano de Bergerac fait dire à Agrippa dans sa douzième lettre : « Je donne aux laquais ces bagues qui les font aller et revenir de Paris à Orléans, en un jour. » Dautre part, Mnm de Sévigné parle non seu lement du courrier idéal et féerique dalors, Pagolet, mais encore dun voyage aérien accompli par un nommé Auger (2); il semble que cet homme, dont sa ዾlle lui avait raconté lhistoire, prétendait se trans porter ou se faire transporter dans lair, à peu près comme les sprciers lapons voyageant en corps astral.
Quant aucourrier de Lyon, il est difዾcile de savou (1) Mémoires du cheralier de Gramont, chap. v1. (2) Lettres du 25 août 1675, du 9 juillet 1690, et du 18 oc 1obre 1671.
156 LINITIATION à qui il eut affaire, et le récit de la duchesse ne nous met pas sur la voie. Ce récit nexplique_méme pas si les lettres avaient été envoyées par le roi ou par son apothicaire.
Si cétaient des lettres du roi, il sagissait probablement des négociations qui eurent lieu en 1658, alors que Louis XIV songeaità épouser la princesse de Savoie, et quil y eut, dans ce but, un voyage à Lyon dont Mૺ de Montpensier et Mૺ6 de Motteville parlent assez longuement dans leurs Mémoires. Cétait le moment de la liaison du roi avec Olympe Mancini, lempoisonneuse. la future comtesse de Soissons.
Si les lettres venaient de lapothicaire, on pourrait songer à autre chose. Cet apothicaire du temps de la jeunesse du roi est le suisse Christophe Glazer, qui était ami de Fouquet et qui mourut en 1672.
Quatre ans après sa mort, le procès de la Brinvilliers révéla ses relations avec lempoisonneur Sainte-Croix, dis ciple de l'Italien Exili : on apprit qu'il y avait eu un complot contre le roi en faveur de Fouquet, puis de nouvelles découvertes, en [68t, donnèrent au lieute nant de police lidée de senquérir plus à fond « du commerce de Glazer avec M. Fouquet et avec Sainte Croix, des voyages de Glazer et de son travail », cest-à-dire « des voyages à Florence et du travail sur le poison de Glazer. » Lyon servait alors dintermédiaire entre la France et lltalie, le pays des poisons, et il serait possible que la correspondance envoyée de ce côté par Glazer eût, par exemple, excité la curiosité de quelque autre cabale ou le soupçon de ses complices, etc: si la con <,rh..,æ"_r.,æwæ-auu.«n ,am. 1 .r-M.,m
LOCCULTE A LA COUR DE LOUIS xrv 157 ዾance existe quelque part, ce nest pas à coup sûr entre empoisonneurs. Le mémoire de La Reynie sur cette affaire parle « de Keller qui était garçon apothi caire dans la boutique de Glazer à Paris. lorsquil est décédé, et qui sest retiré à Zurich (I) ». Cest peut être lui le héros de laventure contée par la Palatine. E. LEFEBURE. (A suivre.) (i) Ravaisson, Archives de la Bastille, t. \'ll, p. 44. 45 et 84; Cf. id., 9. 251-252. um«.-«.W-æœ.v .\_., .......a.. ._.M_ iW-«nnæ4 . \
l.ûUlS*CLAUBE DE SAINT*MARTINÏ ET LE SPIRITISME PAR G. HOFFMANN (Nom Lux, FÉVRIER 1899) Le but que l'auteur se propose est lUnion de tous les spiritualistes, et un des moyens pour y arriver est de faire cesser les malentendus. Dans une suite dar ticles sur le martinisme, il espère donner aux spirites une idée juste sur le V. M. en leur faisant apprécier ses doctrines. Voici le résumé rapide de son premier article. Saint-Martin connut le spiritisme expérimental mais sabstint le plus souvent des manifestations sensibles, apparitions, visions, etc. Sa correspondance nous apprend un faitcurieux; cest que, en consultant les 4< esprits » dans presque tous les cabinets des hommes politiques de lépoque, il se méዾait naturel lement, des êtres du plan astral inférieur, mais il fai sait appel aux agents supérieurs, aux vertus, aux puis sances, aux esprits dépouillés de tout astral, où réside le principe du mal. 'k 4" Quelques mots sur la vie de Saint-Martin, sa ren contre avecM. Pasqualis. Il sut éviterle péril des ma
L.-C. DE SAINT-MARTIN ET LE SPIRITISME I59 nifestations inférieures et rechercher seulement Dieu et la vérité. Sa sympathie pour Bœhm, dont il traduit plusieurs œuvres. Il reconnaît dans Napoléon un ins trumentdu ciel. Confond le matérialiste Garat en I 794, et meurt le 13 octobre I803, chez le comte Lenoir Laroche. Revue des ouvrages de Saint-Martin, avec une courte analyse.
But principal de Saint-Martin; faire comprendre à lhomme sa vraie condition et de le réintégrer. (LEcce homo écrit pour la duchesse de Bourbon.) Rencontre de Saint-Martin et de Martines. Saint Martin neut pas les dernières initiations, Martines ne le trouvait pas assez avancé. Enseignement de Martines, assistance des esprits supérieurs. Opéra tions de théurgie. Sorte de culte.
Saint-Martin ne sympathisait pas avec les pratiques, mais par une sin gulière contradiction, eut toujours pour elles le plus grand respect; dans une lettre à Rousseau, SaintMar tin dit quil croit à des agents dont la puissance divine se sert pour faire entendre sa parole à notre être inté rieur. Il modiዾe les enseignements du maître. Il ny a pas de doute. Ces agents sont bien les esprits supé rieurs de Kardec.
Des aînés, dit Saint-Martin, qui viennent assister leurs cadets. Cest bien laide de ces aînés quon veut obtenir par des formules occultes. Ces conceptions sont bien celles des spirites de nos jours qui cherchent surtout à obtenir des communica tions desprits supérieurs. SaintMartin, non seulement admet lintervention w..-,...ዾ__MvHN_hv-.-c. 7. . .. . cg. ..ü>-... ..uW w .
| 60 L'INITIATION jaovr de puissances invisibles, mais encore les divise en catégories très semblables à celles quenseigne plus tard Allan Kardec. Saint-Martin enseigne lexistence dêtres peu dignes de notre conዾance, il faut veiller continuellement. En [766, il na pas beaucoup changé davis.
« Je ne repousse pas, dit-il, les opérations théur giques pour sassurer le concours des agents, mais je le considère commele prélude de notre œuvre propre. » Cependant on doit dire que ces opérations ne le sédui sirent jamais (faut-il tant de choses pour prier Dieu ? disaitil), du reste il sest imposé une extrême réserve au sujet des manifestations visibles.
1. cc Donc, en résumé, Saint-Martin dit quil est dange reux de se ዾer aux esprits de lastral inférieur et être très prudent avec les esprits des morts, car le plu_s souvent ils ont une enveloppe astrale également infé rieure. Notre humanité se divise en aînés et en cadets. Les « aînés » sontles membres dune humanité supérieure, qui ont consenti à revenir en mission.
Les « cadets » sont la grande majorité, donc quels résultats espérer de ces esprits élémentaires ? Médiocrné tout au moins, souvent obsession. Ceux qui condamnent Saint-Mar tin sans le connaître, de parti pris, ontdonc grand tort; du reste, comment aurait-il nié les communications entre les hommes purs et les agents supérieurs, lui qui était une preuve vivante de cette communication ? Nous donnerons dans le prochain article une lettre in-extenso de Saint-Martin sur les manifestations sp1
1899] L.-C. DE SAINT-MARTIN ET ,LE SPIRITISME 161 rites au xvm° siècle, avec commentaires de Matter et de nous. Ceux qui se plaisent aux conditions dans lesquelles notre âme est tombée, et qui ignorent la voie des sphères supérieures auxquelles, par droit dorigine. nous appartenons tous, subissentiacilement lInዿuence des Intelligences astrales.
Il ne faut donc pas saban donner aveuglément aux pratiques de la psychurgie, de la nécromancie et du magnétisme artiዾciel. SaintMartin écrità ce sujet, en 1797, une très belle lettre dont voici un résumé. Elle est adressée à son élève Liebisdorf. Il fait dabord allusion à son initiation primitive, quil a abandonnée depuis longtemps.
Si dans les pre miers écrits il a parlé de manifestations physiques, apparitions, etc., cest quil était encore sous linዿuence de ses maîtres ; mais il ne conseillerait plus à personne de sen occuper. Lorsquun être est appelé par la vo bonté divine, on ne doit pas soccuper de son instruœ tion, car il recevra des connaissances mille fois plus sûres que celles quon pourrait lui donner.
Lexplication, en public, des phénomènes, ne ferait quexciter une vaine curiosité. Si, dans ses premiers écrits, il a eu le tort de sen occuper, il serait encore plus coupable maintenant. Dans ses nouveaux travaux, il parlera de linitiation centrale qui, par notre union à Dieu, peut nous apprendre ce quil est nécessaire que nous sachions.
Cette union peut être obtenue par lusage persévérant dune volonté pure et lexercice des vertus et de la prière, Nous voyons par cette citation que Saint-Martin ne condamnait pas la théurgieen général, 6
162 LINITIATION mais toutes les pratiques tendant à des relations avec les puissances inférieures de lastral, ces esprits men teurs si bien décrits du reste par Allan Kardec.
En ce qui concerne l'apparition du feu élémentaire et de la lumière nécessaire pour obtenir les vertus qui lui ser vent de modèle, continue Saint-Martin, vous entrez en pleine théurgie et je crois cette étude inutile dans la vraie théurgie où seules la ዿamme du désir et la lumière de notre pureté sont utiles.
Quel sérieux et quelle raison dans ces paroles P Saint Martin ne Cesse pas de recommander à ses amis la plus grande méዾance, il leur enseigne à regarder plus haut vers la région pure, celle du Verbe, de sesagents et de ses vertus. Il est en résumé spiritualiste dans l'acception la plus étendue. Un abîme immense le sépare de lécole de Pasqualis. Il ne craignait pas le commerce avec les aînés _ _des désincarnés, maisil le dédaignait.
Le baron de Liébisdorf. qui voudrait avoir des visions et prétend arriver à la connaissance physique de Dieu, retourne en vain à la charge pour arracher à SaintMartin quelque chose qui lui permette des pérer la réalisation de ses désirs. Saint-Martin ne cède pas; il répète cette phrase du Pentateuque : Nul ne peut voir Dieu sans mourir.
Liébisdorf suivit du reste ses conseils et abandonna lécole du Nord, ainsi que Mૺ0 Lavater et Mૺ°Sarasin, de Bâle. Un point important, cest que dans les manifesta tions de lécole de Pasqualis, lorsquil y prenait part, SaintMartin y prenait surtout une part spirituelle et
L.-C. DE SAINT-MARTIN ET LE SPIRITISME 163 très peu physique. Lintuition, la perception exacte de lEgo divin, lAtma, le « Christos » ésotérique qui est en nous, étaient laspiration constante du maître. Ilpréférait la substance aux fbrmes extérieures, et on comprendra facilement qUe le spiritisme, tel quil était constamment pratiqué au xvme siècle, satisfai sait peu notre Vén. Maître.
Il regardait comme perdu le temps employé en choses étrangères à sa mission. Lunique ዾn à laquelle doivent tendre les efforts des créatures est le règne de Dieu sur la terre et lunion. On voit donc combien est peu fondée laccusation dinimitié lancée contreles Martinistes par certains spi rites et théosophes. Les Martinistes, suivant lexemple de leur maître, considèrent tous les hommes comme des frères aînés ou cadets.
Aînés sils ehtrevoient les lumineux horizons de lintuition pure, qui leur per met de suniዾer au Père, cadets si les sublimes émana tions de la Vision intérieure et de la faculté intui tive sont remplacées par les résultats douteux de la phénoménologie sensible. Du reste, les écrivains du spiritisme ont aussi reçu une mission, et ont enseigné à séparer le bien du mal.
Il est arrivé quelquefois quun être chargé de mis sions intellectuelles ait eu des phénomènes physiques; mais toujours dans des circonstances exceptionnelles et avec laide de puissances supérieures. Cest ce qui a eu lieu pour Saint-Martin et, bien quil ait entouré le récit de ces manifestations phy-' siques dune obscurité voulue, il peut être considéré comme un précurseur de lère nouvelle. PHANEG. WWWWWM.ዿM_ૺHA "'"'-»«xૺ-|Çs -" , W,,,,,E
TERRE ET GIEL Toujours et avant tcut- lhomme a aimé le rêve. Cest pourquoi la connaissance, qui est l'opposé du rêve, est si longue à se constituer et cest pourquoi des sciences constituées disparaissent de la conscience humaine, chassées quelles en sont par les rêves qui se pressent toujours autour d'elle pour lenvahir, quand elle n'a pas de muraille qui lentoure, ou pour enfoncer ses portes quand elle est bien enfermée.
Lhomme rêve plus quil napprend, parce que le rêve est facile, le rêve est un produit spontané de notre nature comme les herbes sauvages sont un pro duit spontané des champs incultes, tandis que lac quisition du savoir est pénible et de très lente allure comme les bœufs montant une côte raide. Lhomme, en masse, a toujours préféré le rêve au savoir.
Aussi est-ce avec une admiration effrayée quil sincline devant les rares humains qui ont préféré le savoir au rêve. On pourrait dire que le rêve est le produit naturel de lespèce humaine, tandis que le savoir en est un produit contre nature. Ce disant, on ne ferait que ré péter ce que raconte la Genèse sur lEden et la chute. T !
TERRE ET CIEL 165 Lhomme goûte au fruit de larbre de Science,le seul de tout le paradis qui fût interdit à son appétit, et adieu pour jamais au tranquille bonheur de lanimal.
La Nature (ensemble des forces qui ont déterminé lapparition de l'homme et de son milieu et que rien ne démontre devoir être nécessairement inconscientes, inintelligentes, comme ont supposé quelles le sont nombre de savants modernes), la Nature ne parait pas avoir fait lhomme pour quil acquière du savoir, mais seulement pour quil rêve et pour quil agisse suivant ses instincts.
Lhomme qui cherche le savoir est, aux yeux de la Nature, un animal dépravé. Cest la conclusion dernière du catholicisme basée sur la parole de lÉvangile : « Bienheureux les pauvres desprits »; c'est aussi la conclusion de Rous seau conseillant le retour à l'état de nature. Les animaux sont des êtres naturels ; lhomme qui rêve et qui agit instinctivement est aussi un être na turel.
Mais lhomme qui cherche à savoir, qui sefforce de comprendre. est un être hostile à la Nature, à lensemble des forces qui ont déterminé lapparition de l'homme et du milieu dans lequel sa vie va se dé roulant. Lhomme de savoir est un révolté contre la Nature; lhomme de rêve et dinstinct est un être soumis à la Nature.
Le savoir ne vient pas de la nature terrestre puisque celle-ci lui est irréductiblement hostile ; il vient dail leurs; il viént de quelque chose qui a été semé sur la
'. 66 L'INITIATION 'terre par une nature différente de la nature terrestre; cette différence est caractérisée par le mot ciel ; lin telligence humaine, c'est-à«dire le désir de savoir, laptitude à comprendre vient dailleurs que de la terre et, comme nous nommons ciel tout lailleurs de la terre, elle vient du ciel. Il ya du vrai mal présenté dans les dogmes de la rreligion catholique, du vrai mal présenté et surtout fragmenté.
Cette religion reconnaît à lhomme une origine céleste; mais ce nest pas tout, l'homme qui a cette origine, c'est seulement son aptitude à com prendre, son besoin de savoir: pour le reste il est un produit de la terre, comme lanimal, son frère. Les animaux sont les frères utérins de lespèce humaine; mais pas encore ses frères consanguins. Les religions ont des fragments de vérité mêlés à beaucoup derreurs.
Par exemple, la religion catho lique, tout en reconnaissant vaguement lorigine cé leste de lhomme, préconisecependant la vie animale, le rêve et laction' instinctive, comme le chemin du salut.
« Bienheureux les pauvres desprit, le royaume des cieux leur appartient. » Grave erreur dans laquelle la religion persévère et senfonce jusquà submersion, en déclarant que lap titude à comprendre est lhéritage de Satan, la se 'mence que Lucifer, lange révolté, a jetée dans la nature humaine comme un levain de perdition.
Des occultistes ont dit que la partie humaine de lhomme lui vient de la planète Vénus, qui se nomme encore Lucifer, le porte-lumière; mais les docteurs catholiques ignoraient que cette planète fût le séjour
TERRE ET CIEL [67 'de Satan à qui ils ont attribué le domaine de Pluton. les entrailles de la terre. Les dogmes de la religion catholique forment un salmigondis dans lequel les plus malins ont de la peine à reconnaître les ingrédients qui nagent dans la sauce théologique. Au demeurant, lessence de cette religion est terrestre, et ዾnalement ce quelle recom mande, cest: du rêve et de laction instinctive.
Elle ne peut échapper à la logique de sa nature et ses prêtres, en qui cette nature se manifeste directe ment, se sont toujours montrés plus avides des biens terrestres que des délices du paradis.
Il y a deux destinées générales possibles pour les pèce humaine: la soumission complète à la nature terrestre, ne vivre que pour rêver et pour agir instinc tivement; ou bien se révolter contre cette nature, voirL loir développer à nimporte quel prix le don céleste, le don venu dailleurs, laptitude à comprendre et, par là, souvrir des routes dans lailleurs.
' Soumis passivement à la nature terrestre, lhomme tourbillonnera dexistence en existence sur la terre; affranchi de cette nature, il peut marcher dans lail leurs et ne plus jamais revenir au même endroit. Cest sur l'homme terrestre que Job éleva sa plainte et que Salmon prononça ses paroles découragées.
Jésus a bien recommandé de quitter la terre en» abandonnant tout pour le suivre, mais il a justement recommandé aussi la pratique des moyens qui font. quon reste grain de poussière dans les tourbillons des vents de la terre : le rêve et lactivité de quelques. instincts. .,«...u«..._ u.-«. -. vcw..-...æas_v*u1Wૻ\ዿ-W\ .-ૺ\.AWM ... h. .,_.., ..!
168 LlNITIATION Ni le rêve ni lobéissance à l'instinct ne peuvent affranchir de la nature terrestre. La seule chose qui permette de quitter la terre, cest laptitudeà comprendre par laquelle on acquiert le savoir, et savoir, cest pouvoir.
Vous tous, penseurs, qui parlez du bonheur ter- restre et de la paix promise aux hommes de bonne volonté, vous parlez pour les hommes de la terre, pas pour les autres, vous parlez pourles multitudes et pas pour les quelquesuns. Il est vrai que les quelques-uns nont pas besoin quon leur parle.
Mais vous ne parlez pas pour ceux encore parse més dans les multitudes qui pourront devenir à leur tour les quelquesuns, car il est à espérer, quà leur tour, tous ceux des multitudes passeront au rang des quelques-uns. Les hommes ont à leur disposition assez de ma tière à rêver et assez dénergie à déployer comme action instructive pour quil ne soit pas utile que vous leur fournissiez de nouveaux motifs de rêver et dagir instinctivement.
Comme a dit le poète: Laissez le vent gémir et le ዿot murmurer. Ils gémiront et murmureront bien sans vous. Mais si vous êtes et voulez rester des hommes de la terre, ce faisant, vous agissez suivant linstinct et en définitive votre oeuvre est bonne. Mais ce nest quun,moyen de plus de rêver que vous donnez aux hommes;comprenez donc que vous avez tort si, ce faisant, vous croyez leur montrer le chemin dail leurs. En germe ou développée, lhomme possède lapti o; M»LWWዾ«eMW 0 __.A":ÂMË;ÏWm'fૻéh\w,L .. .
TERRE ET CIEL 169 . vV = . :ræ æn x r r r r x : tudeà comprendre ; cette aptitude exercée lui donne le savoir. ' Quand il sait, il peut aller ailleurs ; cest lillumi nation de Bouddha. Il ny a pas dautre voie. Pour aimer il faut savoir quon doit aimer. Aimer instinctivement, sans savoir quon doit aimer, ne sufዾt pas à affranchir de la nature terrestre. Et,tant quon ne sait pas quon doit aimer, on naime pas réellement.
L'amour est le fruit de l'arbre du Savoir. Bouddha aimait: « Que tous les êtres soient heu reux l» Mais pour aimer, il avait appris, il avait eu lillumination. Lanimal aime aussi instinctivement, comme celui qui ne sait pas quil doit aimer; tous deux restent terrestres. Il est inutile de recommander l'amour avant le savoir, parce quaprès lamour ins tinctif vient la haine instinctive, les forces de la terre agissant par alternance.
Pour aimer utilement, ilૺ faut savoir quoi aimer. Avant de pouvoiraimertout,il fautsavoir que toutdoit exister et conséquemment que tout adroit àlexistence. Aimer tout sans savoir pourquoi serait inutile. parce que cela ferait rester sur la terre; et sur terre toute manifestation damour engendre une manifes tation de haine, sans quoi tout se disloquerait.
Quand on aime sachant pourquoi lon aime, on est devenu un canal par lequel la grande vie passe des profondeurs du ciel dans le domaine de la nature terrestre ; on est une des étoiles du ዾrmament, un des pores ou une des parties transparentes de la voûte de cristal enclosant ce domaine.
I70 L'INITIATION Lhomme rêve et lhomme agit instinctivement sans se demander pourquox.Quand laptitude à com prendre commence à se développer, à ses premiers pourquoi, lhomme répond par des rêves pour lui donner con tentement rapide par semblant de réponse valable. La lira/ma Vzdya nous enseigne que l'homme a 'eu des instructeurs parce que, seul, il aurait été inca .pable de développer sa faculté de comprendre.
Supposons un enfant abandonné, nayant ni ses parents ni personne pour répondre à ses pourquoi, *ira-t-il loin dans la vie et la faculté de comprendre lui donnera-t-elle du savoir ?
Non, il ne pourra vivre que si des animaux le reconnaissent pour frère et -mettent leurs instincts à son service; mais alors il «restera comme eux animal; ou dit que le cas sest 'vu plus dune fois et quil se voit encore en certains pays où des enfants sont adoptés par des loups, par des ours et par des singes.
Lhomme, sans instructeurs répondant aux pre miers pourquoi de sa faculté de comprendre et pro tégeant ses pas dans la vie, ne serait jamais parvenu à lhumanité que nous connaissons. Lévolution spontanée est un rêve de la science œontemporaine; les forces terrestres ne peuvent que tourner en cercle ; pour que quelque chose séchappe par la tangente de leurs tourbillons, il faut l'appoint «dune force étrangère à la terre.
Cest là un cas dapplication du principe de la ,force en surplus de mon maître en pensée, Strada. Et non seulement lhumanité a eu des instructeurs .à son origine, les Richis des lndous, mais elle en a
TERRE ET CIEL I7I'* toujours au cours de son développement; quand les. instructeurs abandonnent une race, elle tombe en. décadence, et à sa place monte vers le zénith une race dont les instructeurs soccupent, une race quils guident de leur savoir supérieur, répondant à ses pourquoi au moment du besoin.
Les instructeurs ne sont pas obligés de se rendre visibles pour agir; les hommes supérieurs sont leurs médiums et en cela la doctrine du spiritisme a du. vrai, mais bien près dêtre étouffé par la végétation parasite que fait pousser le rêve. Il y a deux races dans ces instructeurs ; ceux qui ont en vue de faire rester lhomme dans lavieter restre, et ceux qui veulent le faire sortir du domaine de la terre.
Les premiers sont les fournisseurs de rêves, les seconds sont les fournisseurs de savoir.
Les premiers veulent que lhomme reste esclave de la nature terrestre; ils triomphent pendant la déca dence des races quand les hommes redescendent vers lanimalité; toutes les races en passent par là ; est-ce àdire quils ont le dernier mot, le triomphe ዾnal Pૺ Nonૺ, quand une race commence à décliner, une autre commence son ascension et le triomphe des forces terrestres nest que local et passager.
Ceux qui veulent que lhomme vive ailleurs taillent de nouveau de la besogne aux serviteurs de la Terre. GUYMIOT. r&
PARTIE LITTÉRAIREt 1 me E3@BLÈDÆE Au vicomte de Roger Saint-Micaud. Astres inquiétants, que; le rêveur encense, Vous pailletez. La gloire et le beau sont partout. Quelle profusion! Quelle magniዾcence! C'est le grand, linconnu, le magique, le tout. Une danse céleste entraîne en chœur l'Espace, ineffable harmonie agitant la splendeur. Hosannahl ma prière ardente tremble et passe Avec un chant, un songe, un espoir, une odeur.
Oh! même le brillant est obscur. Rien nexplique! Rien! nous ne savons rien! et nous cherchons toujours! Le livre sidéral est apocalyptique, Lui qui pèse sur nous du poids de tant de jours. Un silence étoilé nest pas une réponse; La majesté dun sphinx ne se pénètre point; Et, très ዾer, le lion dans lazur tendre enfonce Linterrogation, le plus terrible point. Qui, que faites-vous la, choses inaccessibles?
Vibrant Parabrahman, aux sept aspects voilés, De quelles profondeurs et de quels puissants cribles Sort la poussière dor des mondes constellés? Quand l'inspiration, au feu sacré s'allume, La pensée irradie en dominant des cieux; A vouloir embrasser lImmense on se consume; Mais lÊtre interrogé reste silencieux,
LE PROBLÈME 173 De tant déclat, de tant de merveilles en tête, Un rejaillissement venant Iéclabousser, Reዿet de Dieu lui-même, anime le poète, Qui se sent des frissons et voudrait caresser Dun immense baiser cette nature entière. Il sexalte, sinspire; il est tout délirant, Son superbe génie éployant laile altière Il ne peut déዾnir la rose sentrouvrant l...
Ah ! je veux te saisir en tes formes, Protée, Atteindre les sommets, palpitante, moffrir A ravir létincelle ainsi que Prométhée. Dussé-je être enchaînée au rocher, et souffrir. Je me déchirerai, torturée en ma route, Aux ronces des buissons, aux épines des ዿeurs, Et le sang de mon cœur s'en ira goutte à goutte Avec le cours amer des sinistres douleurs.
Je passerai bien seule, hélas! et toujours sombre, Dans la vie où le doute avec rage me mord, Devant moi sallongeant en perspective une ombre, Squelette que je hais, qui me le rend : la Mort! Mais je veux arracher au mystère qui raille Un seul de ses secrets caché dans un rayon, Et briser tout obstacle, et franchir la muraille; Chrysalide aujourd'hui, demain gai papillon.
Libre, je voguerai dans le bleu magniዾque, Célébrant lidéal en des vers radieux. Dastre en astre, je veux monter jusquau portique Pour les apercevoir, les anges et les dieux. Le cerveau fructiዾe au vent de la science : Fouillant dans le Passé, le Présent, lAvenir, Je verrai ton reዿet; splendide Omniscience, Lac profond de beauté que rien ne doit ternir!
Des ailes pour voler au-devant du Prodigel Joublierai mes eዿ'rois, mes transes, mes sanglots, En le voyant sortir lumineux de sa tige, Le Lotus doù jaillit lUnivers à longs ዿots... Ah! le brouillard se forme ; et d'où vient la nuée? La ዿamme se résorbe au grand froid du réel. Tout se brouille, séteint dans la vague buée. Je reviens sur la terre. Adieu, lueurs du ciel. Soufዿes pluspariumés, des pures atmosphères, Azur plus lumineux où reዿeurit lAmour,
174 LINITIATION Brillante Ombre du Tout, 6 musique des sphères, Miragesl vous fuyez bien lom de mon séjour. Naije rien retenu des visions pourprées, Des bonds prestigieux au charme non pareil, Quand lesprit, essayant ses formes diaprées, S'essaimait, frémissant, au delà du soleil? Estce en vain que tenant dans les mains mon front blême, Avec un désespoir m'abattant à genoux.
J'ai voulu te résoudre, insondable problème De linዾni : Pourquoi? qui ዿotte autour de nous ? Dans le verger divin jai fait une envolée. A larbre de l'Eden pend le fruit défendu, Mais moi, sans hésiter et d'extase affolée En approchant ma lèvre avide, j'ai mordu ! Je chante le troublant, le merveilleux, locculte; Jadore soulever des voiles bien épais, Et la religion du mystère est mon culte Qui renferme en son sein la lumière et la paix.
Rien nest plus attrayant que derrer dans le vague S'illuminant soudain de furtives clartés ; En ces tâtonnements, si tout homme divague, Quelquefois il saisit au vol des vérités. Sans trêve analysant, interrogeant les choses, Sur la terre maudite où le pas est glissant, Cherchant le nombre seul en ses métamorphoses, Jécrase le serpent du mal se redressant. Dans lurne de loubli, tombez, perles des larmes !
La gloire coûte cher; or, le héros latteint Au milieu des périls, des chutes, des alarmes. Le soufዿe passe, vibre, et jamais ne séteint. De latome à Brâhma glorieux, chaque monde, Linዾniment petit ou linዾniment grand, Sascensionne plus ou moins vite, et s'émonde ; Dans le cercle sans ዾn, tout point brille à son rang.
Sphinx, tu rentres sous toi tes formidables griዿ"es ; lapproche, déchiffrant lénigme du ciel bleu Sur ton bandeau strié de mille hiéroglyphes : Lépreuve purifie et conduit lâme à Dieu. Noelle HERBLAY.
NOUVELLES DIVERSES Œ®ÛDWÊILLES ID)VÏËBSËS M. V. Mattei, fils adoptif et successeur du comte Césare Mattei, linventeur de lélectro-homéopathie, nous envoie une circulaire pour mettre le public en garde contre les contrefaçons des remèdes du château de Rochetta. I'C Nos amis savent avec quel zèle notre F11: Ourdec sest dévoué à la cause spiritualiste.
Les lecteurs de i1nitia tion et les membres de la Société des conférences spiri tualistes se rappellent les succès que lui valut la tournée de conférences quil ዾt à Dijon, Epinal, Nancy, Bar-le Duc et Châlons-sur-Marne, à la suite de laquelle des mouvements importants furent réalisés dans plusieurs de ces villes.
Le F:Ï: Ourdec vient de donnerunnouveau gagede son dévouement à la cause, en fondant, avec laide des F: _':Jacquot et Roger une société de librairie qui portele titre de Société de Librairie spiritualiste et morale dont le but estla diffusion des ouvrages doccultisme, de ma gnétisme, de philosophie ésotérique.
Ces ouvrages, dont le prix est souvent élevé, seront désormais à la portée de toutes les bourses, grâce à un système fort ingénieux de coopération àlœuvre entreprise.
La clientèle, qui recherche ce genre douvrages, est forcément restreinte,aussi la Librairie spiritualiste four nirat-elle également les livres de sciences, dart, de lit terature, les publications musicales, etc., mais comme son but est avant tout de servir la cause spiritualiste, elle lengage par ses statutsà mettre une part importante de ses bénéዾces (soit 25 pour 100 au minimum) à la disposition des réalisations et de la propagande spiri tualiste. Nous nentrerons pas dans le détail des combinaisons importanäes par lesquelle la Société procurera toofrancs
176 L'INITIATION de livres pour 5 francs à tous ceux qui le désireront, nous engageons simplement nos amis à demander des renseignements à ce sujet à la Librairie spiritualiste, 3, rue de Savoie, à Paris, et en y prenantleslivres dont ils auront besoin ils serviront notre cause en même temps que leurs intérêts. . 800|É'Iૺ DES 00IÊÊIINGIS SPIRITUALISTEC La dernière réunion de la Socretéa eu lieu le 29 juillet.
On trouvera d'autre part la conférence extrêmement intéressante du Dr Rozier sur lIdolâtrie. Les séances seront suspendues pendant les mois daoût, de septembre et doctobre ; et reprendront en novembre àune date et dans un local qui seront ዾxés ultérieurement. 0®NOIEÜ 8PIMTE lISPIIM1ÜDALUSTE DE 11900 (Section doccultisme) 1'° liste de souscription . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114 fr.
M. Campbell........... . . . . . . . . . . . . . . .. 50 D'II.Grigois........... . . . . . . . . . . . . . . 15 Total . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 176 fr Le DIF Papas. - 10, avenue des Peupliers. Villa Montmorency, Paris CHER MAIIRE, Par la présente, lAstarot/I de Pfar.
Isis, cercle cos mosophique détudes préparatoires et introductoires à lastrologie kabbalistique, adhère au Congrès, spi rite et spirirualiste, et délègue son Asatar d'initiative organique, S. U. Zannc,-Paule dUdine, Ach. Hamon,
UNION IDÉALISTE UNIVERSELLE 177' pour prendre part à tous les travaux de la Section Hermétique . Selon, par et pour le Sacerdoce royal de Melchizedech, LInitië, Initiateur, S. U. ZANNE. A Paris, en Conseil 25-6-99.
Êaian Ëdéaliste Eniverselle Avant de recommencer une année de propagande que t0us les indices semblent indiquer comme très fructueuse dans toutes les branches de lactivité spiritualiste, nous croyons utile de rappeler à nos lecteurs les noms des principaux protagonistes de lU.'. I.'. U.-. Dr Gérard Encausse, villa Montmorency, Paris Auteuil. Prof. Carl Michelsen, Inspector Pub. Instr., Skan derborg. Denmark.
Joséphin Péladan, 52 , boulevard Suchet, Paris, France. F. Charles Barlet, 4, rue de Savoie, Paris, France. Paul Sédir. 3, rue d'0rchamp, Paris. Hr. Albert J. Lanze, Cidovold, Dae Station,Norway. A. Sabre, Editor ofFrie Orb, Christiania, Norway. Dlr Nils Sjôberg, Landskrona, Sweden. DT Eugen Heinrich Schmitt, Editor af Vie Religion des Geistes, FestungHerrengasse, 58, Budapest I, Hun galૻy- .
Dr Girgois, Pasaie Sarmiento, ô, BuenosAires, Argen t1na. D" Giovanni Hoffmann,Editor Of Lux, 87., Via Castro Pretorio, Rome, ltalia. Dr Henry Frey, Steindamm, n° 7, Hamburg
178 LINITIATION M. A. Gontier, grefዾer de la Justice de Paris, Tunis. M. Nourrisson Bey, Belbeî (près du Caire), Egypte. M. Bornia Pierro, Fraseati, Rome, Italia. M. le baron de Léonhardi, Platz (Wittigen), Bohemia, Austria. Señor Alfredo R. de Aldao Aymerich, Calle del Sauce N° 2 principalderecha, Madrid, España. Wilhelm Russbüldt, Akasienstrasse 1411, Schôneberg Berlin. Dr Cecil Reddie, Abbotsholme, near Rochester, Der byshire, Eng. _ M. C.
Gerbaud, Port-Saïd, Egypte.j . D' Sourbeck, Ramleh, Alexandrie, Egypte. M. Andronia G. Gerolamo, Smyrne, Turkey. M. V. Lehmann, Pilestrœde 70 B, Christiania, Nor way. Dr Franz Hartmanu, Hallein, Austria. ' Edward Maitland, Studios 1, Thurlœ Square, London, S. W., Eng. Dr Lehmann-Hohenberg, Professor, Kiel, 'Deuts chland. M. Aldoph Wedel, Helgolandsgade :5 III, Copenhagen V. , Den. M. Etatsraad G. Howitz, Helgolandsgade 15 III, . Cophenhagen V.
Dr Ch. Schäfer,Am Wall, Bremen, Germany. M. J-. Leclerc, chancelier dEtat, Genève, Suisse. M. le duc de Pomar, avenue de Wagram, Paris. M. le Dr Victor Lafosse, Santiago de les Caballeros, Via Puerto-Plata, République Dominicaine.
CORRESPONDANCE 179 G©ŒRESP@DÈMŒE Nous recevons de lauteur du Périioccultiste la lettre suivante que nous nous empressons de publier: Paris, 10 août 1899. MONSIEUR LE DOCTEUR, Je viens de lire, avec un extrême intérêt, votre critique du Péril occultiste.Je discuterais volontiers les questions que vous y avez soulignées. Je nen aurai sans doute loccasion que si votre ዾnal « Ainsi soitil » se réalise.
Dans une seconde édition, je trouverais lespace et la liberté des coudes indispensables. Un organe catholique ne supporterait pas le mot phallus. A ce propœ, laissezmoi vous dire avec une franchise nécessaire que vous tombez dans une énormité véritable en appréciant létat desprit des catholiques.Ces sacr isties où les « symboles phalliqu_es ou étéiques occupent des imaginations exaspérées par le vœu de chasteté » sont pure chimère.
Dans les « sacristies », si vous tenez au mot, ce nest pas à cela quon pense. Jai toujours été catholique. Je servais dans la presse catholique depuis une dizaine dannées, et le symbole du bâton dont vous me faîtes grief métait parfaitement inconnu, lorsque je lai rencontré dans des livres doccultisme que vous con naissez inዾniment mieux que moi. Je nen ai parlé que pour être vrai, et en men tenant à un sens philoso phique.
Vous devrez en convenir, je nai rien fait pour abuser de ces sortes de choses. Je ne vous ai pas accusé non plus, comme on le pour rait croire en vous lisant, dévoquer le diable, ni de rendre un culte secret à un dieu obscène. Jimagine quil se rencontre des détraqués dans loccul tisme comme ailleurs. Vous citez vous-même Boullan. D'autres ont cité Vintras..... Ils ont peut-être des dis ciples dans quelque coin. Je nai pas rendu les occul.
I 80 I. INITIATION tistes solidaires de ces folies.Vous me devez une justice égale : je ne saurais avoir à répondre de tout ce que vous avez pu lire ou entendre dire contre l'occultisme ou les occultistes. Ces remarques, vous le constatez, ne portent que sur des points de fait exempts de discussion. Veuillez, je vous prie, Monsieur le Docteur, agréer lassurance de mes distingués sentiments. G. BOIS. I 1, rue dArcole.
EAISEURS lIŒ PLUIE ( Les faiseurs de pluie étaient logés dans une hutte contiguë à la mienne. Par certains moyens connus de tous les occultistes, j'eus bientôt gagné leur conዾance; ils consentirent à me montrer leur savoir-faire. Un grand leu fut allumé au centre de la hutte et nous nous assimes autour, aux trois sommets dun triangle imagi naire.
Ils jetèrent dans le feu des herbes sèches et cer taines poudres minérales que je reconnus soigneuse ment, puis ils commencèrent à chanter et à se balancer en arrière et en avant. Tout à coup ils se levèrent, et le vieillard ዾt sur le feu comme une série de passes mesmeriques. Au même instant, le feu se remplit de serpents vivants, dans lesquels je reconnus le terrible trigonocéphale, le plus redoutable des serpents dAfrique.
Puis à un commandement monosyllabique prononcé en arabe, les serpents qui avaient commencé déjà à se répandre dans la hutte, se replongèrent dans le feu et disparurent. Le plus jeune, qui navait pris aucune part à cette expérience, ouvrit alors sa bouche toute grande et une tête de serpent y apparut, il saisit cette tête et retira de sa gorge un trigonocéphale de 2 à 3 pieds .de long, qu'il jeta également dans le feu. « Encore 1, lui
FAISEURS DE PLUIE 181 criai-je, et à linstant, il recommença à plusieurs reprises. Jajouterai ici quà lexception de leurs coiffures de plumes, les deux hommes étaient absolument nus, et que toute idée de jonglerie ou descamotage doit être écartée. Le vieillard s'étendit sur le sol et, à sa demande, nous le soulevâmes par les chevilles et par la tête, à une hauteur d'environ 3 pieds. Il était parfaitement rigide.
Puis nous labandonnâmes et il ዾt, ዿottant dans lair, le tour de la hutte. Je le suivais de très près. Il sapprocha du mur, et je le vis bientôt ዿotter dans lobscurité exté rieure, bien que le mur neût aucun trou. Quand il rentra, toujours ዿottant dans lair, dans la hutte, les plumes de sa coiffure et sa peau noire, ruisselaient de pluie. Lexpérience qui suivit fut une évocation.
Ils jetèrent dans le feu dautres substances et des gommes odori férantes, et après un long silence qui me parut durer une heure, troublé seulement par les murmures du vieillard qui répétait la formule nécessaire, la ዾgure dun vieillard vénérable apparut au centre du feu. Cétait évidemment un Anglais. Il était un et avait sur le dos une longue'cicatrice, de couleur poupre. Malgré mes efforts, je ne pus tirer de lui un seul mot.
Quant au vieux faiseur depluie, il tremblait comme une feuille et contemplait lapparition avec stupeur. Certainement, ce nétait pas un Anglais quil attendait mais un nègre ;il ዾnit enዾn par prononcer les deux mots nécessaires, et lapparition sévanouit. Ils terminèrent par quelque chose de beaucoup plus sérieux et que jétais fort désireux de voir car ce nétait rien moins quune reproduction des célèbres mystères des prêtres de Baal.
Les deux.hommes se mirent à tourner, en sens contraire, autour du feu, dans un cercle aussi large que lespace dont ils disposaient le leur per mettait. De temps en temps, ils faisaient un tour sur eux-mêmes, en chantant un chant étrange.
Ensuite, ils accélérèrent à la fois le mouvement etle chant, en conti nuant de tourner comme des toupies.Ceia aboutità un bruit assourdissant, et tout à coup, dans leur main droite, apparut un couteau étincelant. Toutes les fois quils
182 LlNlTXATION passaientl'un près de lautre, ils tailladaient leurs chairs nues, la poitrine. les bras, le visage et les ዿancs... La scèneétaitd'une indiciblehorreuri... Les deux ዾgures noires ruisselaient de sang, et les cris continuaient plus effrayants que jamais. On eût dit d'une apparition du Pandæmonium. Une mare de sang couvrait le sol de la hutte; il cxhalait cette odeur particulièrement écœu rame du sang nègre.
Enዾn, les girqtions sarrêtèrent et le plus jeune tomba sur le sol, complètement épuisé. Le vieillard ramassa alors les deux couteaux, les essuya soigneusement, et enduisit avec précaution les deux côtés de la lame dune sorte d'horrible onguent. Les blessures profon dément creusées dans les muscles continuaient de saigner avec abondance. mais cétait évidemment du sang veineux, et aucune artère ne semblait avoir été oዿensée.
Le vieillard prit le couteau enduit donguent et le passa dans les blessures de son camarade, dont les lèvres béantes se rapprochèrent immédiatement. Il prit du même onguent dans ses mains, etlui frotta tout le corps avec vigueur. En uninstant, le sang sarrêta, et les plaies se fermèrent immédiatement, sans laisser de traces. Neût été la mare de sang toujours visible surle sol,jaurais pu croire quejavais rêvé.
Le jeune homme rendit à son tour le même service au vieillard, et tous deux vinrent se présenter à moi pour être examinés. On ne voyait pas même une cicatrice. Le lendemain, ils avaient disparu sans que personne sût où ils étaient allés. Je ne les ai jamais revus.
Joseph DE KRONHELM. (Revue spirite.) * au.2 Analyse psychométrique du caractère. - 5, rue de Passy. Envoyer (si possible, dans son enveloppe) une lettre pas trop vieille etquon na pas portée sur soi. Ne point en faire exprès pour être analysée. On peut couper signature. Ajouter bon de 10 francs. Le prix doit être payé d'a vance. -
BIBLIOGRAPHIE 18 3 Dans une limite de 10 jours, je renverrai lettre avec analyse. Indiquer sexe et âge à peu près (de 5 en 5 ans : 25 à 30 ans). BEBâÆ©GÆÀEEÆE La Léuitatz'on, par M. de ROCHAS. Leymarie éditeur. -- M. de Rochas vient de faire paraître à la librairie des sciences psychiques un travail sur la lévita tion du corps humain qui mérite plus quune simple mention.
Lauteur a su réunir les témoignages les plus frappants sur ce sujet et a, pourplus de clarté et pour éviter certaines critiques peu éclairées, divisé son tra vail en cinq parties.
La première est consacrée aux cas de lévitation empruntés à lOrient et en particulier aux' livres sacrés de lInde; la deuxième aux faits glanés dans lhistoire profane d0ccident; la troisième donne un résumé des faits que les hagiographes appellent miracles et qui se rapportent à la question; la quatrième, la plus intéressante, en ce qu'elle a trait à une époque récente, cite les observations du magnétiseur Lafontaine, et du Dr Cyrat, les lévitations de Home et enዾn, en dernier lieu, celles dEusapia Paladino.
La cinquième partie étudie les diverses théories proposées et compare la lévitation avec certains phénomènes électriques, entre autres, les phénomènes de répulsion produits par les courants alternatifs, et les effets de la foudre.
Les chercheurs que la question intéressent doivent un remer ciement à M. de Rochas pour la peine quil sest donnée en recherchant ces très intéressants documents, quil a du reste dû classer avec la méthode que donne létude approfondie des sciences positives. Les molécules sont les centres réels de la force en équilibre et elles sont formées par les trois modes de vibrations, car elles obéissent aux trois modes dim pulsions concordantes. Laccord dune masse donnée de
I 84 LINITIATION matière est le même que celui de chaque molécule de cette masse, car chaque molécule représente la même note dans son mouvement oscillatoire. Ces centres de vibrations harmoniques sont tenus en suspension temporaire par des lois identiques à Celles de la réso nance.
Certaines vibrations peuvent rompre leur équi libre, chaque masse est composée de vibrations en équilibre harmonique et également en rapport harmo nique avec toute autre masse en mouvement. Ce rapport harmonique peut être augmenté ou dimi nué par la résonance, c'est-à-dire par des vibrations harmoniques qui jouent le même rôle en acoustique que le microscope en optique.
Si léquilibre harmonieux des trois ordres de force dans les centres neutres de la masse vient à être rompu, la force latente est immédiatement mise en liberté. Cest là la découverte fondamentale de Keely. Keely en elfet trouble cet équilibre et change les rap ports des trois ordres de force vibratoire au moyen dimpulsions sonores.
En frappant la même corde dans trois octaves différentes qui représentent le troisième,le sixième et le neuvième de l'échelle. \ Le sixième, harmoniqué,diminue le nombre des oscil lations moléculaires et augmente la solidiዾcation.
Le neuvième, enharmoniqué, augmente les oscillations et diminue la matérialisation, le troisième en dominant, favorise le réarrangement des modes de vibration en une autre forme, ou transforme la masse en ses forces initiales. Keely peut découvrir laccord d'une masse quelconque à laide de quelques essais (lacoustique. Il chercheà changer la dominante de vibration dans le triple courant de force.
Lor, largent, le platine donnent des vibrations égales à 3, 6, 9 Un ዾl fait avec ces trois métaux trans met des mouvements concordants dans ces proportions. Laction des éléments dominants et enharmoniques du triple courant produit la rotation. La science afዾrme que lagrégation moléculaire en traîne une perte dénergie.Keely démontre que lénergie est absorbée non perdue et que dincalculables quantités
BIBLIOGRAPHIE 185 de force latente existant dans les agrégations de molé cules,peuvent être réveillées et converties en mouvement vibratoire intense, au moyen de la résonance extérieure. Conséquemment, tous les atômes de matière peuvent être séparés par certaines vibrations en accord harmo nique avec les vibrations de la masse.
La rupture de léquilibre et lharmonie forment le double pouvoir qui gouverne les diverses formes de vie et de mouvement, dont la force électrique magnétique est le principal moteur et le régulateur. La différentia tion moléculaire est le dragon dévorant qui détruit le monde physique.La différentiation moléculaire équilibrée, c'est le Saint-Georges Victorieux.
LEther est la seule substance qui soit dans tout.Cest le grand élément protoplastique, cest la vie elle-même. Cestla force spirituelle. La substance du cerveau est moléculaire,mais IEsprit qui le pénètre est inter-éthérique. Le cerveau est le ré ceptacle sonore où le courant spirituel agit.
Il devient alors partie constituante de lEsprit.La force qui dirige le physique a son siège dans les circonvolu tions cérébrales; delà elle'sirradie au dehors et devient courante, spirituelle ou force de la volonté. Cette action de lesprit est un mouvement vibratoire éthérique diri geant le physique par des transmissions successives 'étheriques, atomiques moléculaires.
Cest le courant éthérique, et non le courant magnétique ou électrique qui parcourt nos nerfs. Laction du courant spirituel produit le mouvement des molécules dans toutes les formes végétales ou ani males de la nature. Toutes les forces de la nature sont des forces spiri tuelles ; toutes sont gouvernées par les courants tri-uns dafዾnité spirituelle, et sont des modiዾcations de la force unique.
Elles sont composées de triples courants trans portant la radiation positive et négative. Les vibrations positives sont radiantes ou propulsives, les vibrations négatives sont attirées vers les centres neutres. La rota tion de la terre est continuée et dirigée par laction des courants positifs et négatifs qui la changent en un véri table aimant. Ces courants peuvent être comparés au
186 i.iNiTi.\TION champ magnétique dun aimant. On remarquera que le système de Keely- présente beauc0up danalogie avec les enseignements de l'occulte. Lunivers éthérique et matériel à la fois est constitué par un seul élément, es prit, matière et force.Cet élément a six modes différents de manifestation reliés entre eux par des anneaux dont le plus spirituel pénètre et dirige le plus matériel.
Lac tion mutuelle et simultanée des forces négatives et po sitives produit la rotation amenant la différentiation, et lattraction inhérente négative tend à la centralisa tion, à la matérialisation. Ces forces ont été expérimen talement démontrées et ont servi de base à la mise en liberté mécanique dune quantité presque incalculable d'énergie.
Ce qui nempêchera pas du reste la science officielle de nier leur existence pendant encore une génération ou deux. Lexposition expérimentale de Keely est limitée à des états ordinaires de la connais sance humaine, et nappartiennent pas par conséquent à ce qui a été appelé états spirituels.
Cependant il a pu se servir de la force éthérique, dont on connaît seule ment 1es résultats inférieurs,ceci laisserait supposer que Keely a su découvrir une loi appartenant au monde des effets en relation par conséquent avec les causes et dont on ne peut retrouver les traces que dans des régions en deçà de la perception humaine, quon les appelle spiri tuelles, psychiques ou vitales.
PBANEG. a: v o Les grands éuénements du xxe siècle en France et en Europe, suite et commentaire détaillé à Ce quidoit arri ver au commencement du xx° siècle, par Vanki. Prix : 1 fr. 50 par la poste. Paris, la Petite imprimerie, r 1, rue Hélène, br. in-8 (2'; pages). Lauteur de cette brochure nest point fataliste.
Il sait que lhomme est libre de proዾter des avertissements den haut, et de créer un courant spirituel bénéዾque cxpable de neutraliser laction des courants mauvais quont engendrés lathéisme et le matérialisme. Le com mencement du xxe siècle verra des châtiments formi dables. ' n»»«,.» .t-r-:f"7IN' v...f-<<«.c.....a,,,-.a/ J/r ; .», ..r.,,' .a ->., V ..,..
BIBLIOGRAPHIE 187 Les avertissements donnés proviennentdes prédictions, ou encore des nombres et des mouvements des astres. M. Vanki cite des extraits de la prophétie de saint Paterne, de Jerôme Botin, dOrval, du P. Nectoux, de Blois, de Bellez, de Raban Maur, de saint François-de Paule, de Prémol, dun jeune Lyonnais, de sœur Nati vité, de maître Pierre Turrel, lastrologue.
Ce dernier a dit que le grand paciዾcateur apparaîtra dans le signe de la Vierge (entre août et septembre, remarque M. Vanlti) et que son signe sera les Poissons, sa devise paix et tra. vail. Lannée 1921, ajoute lauteur de la brochure, sera gouverné par Saturne, et le soleil entrera cette année dans les Poissons, maison de joie de Saturne le malé lique.
Mais M. Vanki n'a pas pris la peine de démontrer lau thenticité de ces prédictions, ni de concilier avec celle de Mૺ° Couédon, qui parle dun règne heureux de vingt cinq années, une vision dun Lyonnais, publiée dans le Réparateur du 19" janvier 1839, et parlant dun roiqui se fait tuer dans un combat pour laisser la couronne à son ዾls (ce qui parait imité d'une prophétie anonyme citée à' la 7° page).
Des travaux aussi peu clairs ne peuvent que jeter le doute dans les esprits. Lœuvre critique est encore à faire : mais M. Vanki ne me parait pas avoir les qualités nécessaires pour lentreprendre. _ _ Dans la seconde partie de son travail, le pieux écrivain se hasarde à étudier lavenir de chaque grande nation dEurope daprès les nombres hermétiques.
Rien de plus obscur que ces pages : M. Vanki a dédaigné de nous exposerpar le menu son mystère de calcul. Par exemple, il parle ainsi de lAngleterre : « Daprès les nombres divins et leurs correspondances divines, ily aura deux fois union et conjonction des restes. Ce dernier nombre 333, qui donne 9, cestà-dire le complet-union et conjonction signiዾent (sic) ici luttes et combats p our former un tout.
LIrlande a la même devise, mais les nombres ne donnent qu'une fois Union. - Parle tout, doit sentendre la réunion dans une même fois. Lenseignement hermétique relatif aux débuts de la formation de la Grande-Bretagne estle suivant :
188 LINITIATION 1.-.
«i Si tu emploies tes forces morales et physiques à lut ter et à contourner les obstacles. si tu ne peux les vaincre ouvertement, tu arriveras à tes ዾns. » Pour le siècle qui va commencer, les lames dor disent ceci : « Ne te repose pas sur ta puissance le cèdre altier aux profondes racines a plus à craindre de la foudre que le brin dherbe. Ton insatiabilité amènera ta perte si tu ne mets un frein à tes désirs et à ton intolérance hypocrite. ) Les aspects planétaires pour lAngleterre sont aussi des plus caractéristiques.
Lopposition de Mars et de Saturne est des plus graves et celle de Mars et du Soleil plus grave encore. Ces oppositions doivent se produire au commencement du siècle qui sapproche ; elles signiዾent: Révolutions intérieures.guerres terribles au dehors, affaiblissement, et, quelquefois, mort. ) M. Vanki nous révèle ensuite (très sommairement) le sort de lAllemagne, de lEspagne, de lItalie, de la Russie, de la Pologne. de lIrlande.
Il n'amène la chute de lIsla misme quaprès quelques cycles chaldéens de dix-huit annees. Les conjonctions fatales à lEurope se produiront vers 1900 et leurs effets commenceront à se manifester vers [903, 1904 et les années suivantes. ) Jadmets, pour le fond, les théories de M. Vanki; mais on me permettra de constater qu'il ignore l'art densei gner ses connaissances, et quil aurait à gagner sil imitait la méthode de notre directeur.
Snuanmus. t u Vient de paraître à la Société d'Éditions littéraires, 4, rue Antoine-Dubois: Nous avons une noblesse française, par le vicomte de ROYER. -- Prix : 5 francs. Le vicomte de Rayer, auteur de : Ya«t-il une noblesse française? livre qui obtient toujours un vif et légitime succès, vient de donner une suite à cette œuvre en faisant paraître :Nous avons une noblesse française. Dans ce très intéressant volume, l'iconoclaste -."r r ,.n..;,wf>.. , ' Vf'I/ÿhnLquw-Mæ'n » "';. Î!..{ዾn:ዾ' .
BIBLIOGRAPHIE 189 de la fausse noblesse relève et fait briller la vraie, non seulement avec un éclat, un charme de style incompa rable, mais de plus dans la partie histprique, avec une merveilleuse érudition.
Mordant et inexorable quand il le faut, mais toujours impartial, ce nouveau Chérin fait ressortir la splendeur de chaque maison noble : il pro duit des pièces inédites des plus curieuses accompagnées de descriptions et de légendes sur chaque famille quipassc sous sa plume, et comme le faisait remarquer Fran cisque Sarcey, « ce diable dhomme, outre quil a beau coup de verve et desprit, apporte des documents des plus sérieux qui comportent la cônviction ». *ዾ # Le Dt Ferdinand Maack, de Hambourg (6 Feldstrasse 53), édite une nouvelle revue intitulée : Wissenschaftliche Zeitschrift fur Xénologie, vouée à létude scientiዾque des phénomènes occultes. On pourra juger par les titres des ouvrages suivants de la compétence et de lactivité de léditeur: ' 1897.
Die Weisheit von der Weltkra/t. Eine Dyna mosophie; Uber Phosphores;enq-Strahlen(l. Beitrag zum Neo Okkultismus) ; Zur Entdeckung der beiden neuen chemischen Ele mente Argon und Helium. Nebst einer neuen Grup pierung des periodischen Systems der Elemente auf einem magisch-quadratischen ZylinderMantel von der Wurzel I7. (Il. Beitrag z.
N.-O.) Mit Figur; Das siclttbare Newtonsche Spe/ttrum ais Ausgangs punk! fiir dyanamosophisplæ Betrachtungen (HI. Beitrag z. N.-O.). Mit einer Tafel: Das ( Universal-Spektrum ». 1898. Okkulttsmus Was ist erP Was will er? Wie erreicht er seint Ziel P Eine unparteiische Rundfrage (mit 73 Antworten) nebst einem Vorwort, Nach-wort und Anhang liber Neo-Okkultismus; ProspektBroschüre der Wissenschaftlichen Zeitschrif < ዾlr Okkoltismus ». Wissenschaftlzche Zcitschrijt fiir « Ckkultimus >. Nr. 13.
190 LINITIATION 1899. Magisch-quadraዾsche Studien. I.
Uber das Wesen magischer Quadrate. Mit zahlreichen Figuren. (lm Erscheinen); Dia motorische Kraዿder Handrtrahlung (Im Erschei men); lrospckt der wissenscha/tlichen Zeitchrift Xenologie. à%%â< TOvMrM-"" ૺWૺ"ÎW"mf"ૻ".W 1 4 H _7 , V ' _ .
NÉCROLOGIE 19.1 NÉG@L®ŒÏE Le Dr CARL DU PREL Æ. Le célèbre philosophe M. le baron DૺCarl du Prel, est décédé le 5 août, à Heilig Kreuz, près Hall, en Tirol. Né à Landshut, le 3 avril 1839, comme ዾls du M9 du Prel, issu dune ancienne famille de Bourgogne émigrée depuis longtemps en Bavière, il a fait ses études clas siques à Munich, comne élève dela pagéric royale.
Après avoir étudié pendant quelque temps dans la Faculté juridique de lUniversité de Munich,_ il est entré dans larmée et a fait la campagne de 1866. En 1868, il fut promu docteur par la Faculté philosophique de lUni versité de Tübingen pour son œuvre Oneirokritikon! En 1870, il fut nommé capitaine et peu de temps après il quitta le service à cause de sa santé débile.
Il se dédia entièrement à létude de la philosophie et des sciences naturelles. Il contribua à beaucoup dœuvres d'une grandeimportance, à létude de loccultisme et de lévo lutionisme.
Nous mentionnerons seulement: Die Pla netenbewohner und die Nebularhgpothese (1880), Der Kampfnur Dasein am Himmel (1882), Philosophie der Mystik (1885), Die nwnisliche Seebenlehre (1888), Die Mystik der alten Griechen (1888), Studien aus dem Ge biete der Geheimwissenschaዿen (1890-91, 2 VOL), Ent rerken der Seele durch die Geheimwissenschaዿcn (1894-95, 2 VOL), Das Kreuz am Ferner (roman occul tiste, 1893).
M. le DૻCarl du Prel sera toujours ap précié dans lhistoire de loccultisme comme un des plus fervents et spirituels combattants contre les doc» ætrines du matérialisme. Ch.
192 LINITIATION ."' .-_ -- var -?Hle"r EâBATA \ Clous gnostique. Après: de la représentation du Mal ('), ajouter : du dieu mauvais, de IADALBAOTH. < 1' Esprit du monde = Christos_ mâle = Jésus-Christ. (Le Bien) 3 2' Ame du monde: Christos femelle = Ophiomorphe(La Vertu) ;Ë (Le Bien et le Mal) ladalbaoth (Le Vice) 3« Corpsdu monde='lipuïcpui tombe sous nos sens physiques. ( c 8 ) Suit: lun et lautre serpent, etc., etc. Le Gérant : ENCAUSSE. TOURS. -un. E. AIRAULT ET c", RUE DE LA entracrun, ô.
120 pages. PRIX: UN FRANC :;: BIBLIOTHÈQUE MARTINISTE :;: Martinésisme Willermæisme ' ARTINISME et Franc-Maçonnerie PAR PAPUS PRÉSIDENT DU SUPRÊME CONSEIL DE LORDRE MARTINISTE 'R' Mais les profanes ne vous liront point, ' que vous soyez clair ou obscur, étendu ou serré. Il ny a que les hommes de désir qui vous liront, proዾteront de votre lumière; donnez laleur aussi pure que possible, aussi dévoilée que possible. Claude DE SAINTMARTIN. AVEC UN RÉSUMÉ DE LHISTOIRE DE LA FRANCMAÇONNERlE EN FRANCE DE sa CRÉATlON A NOS JOURS ET UNE ANALYSE NOUVELLE DE rons LES GRADES DE LÉCOSSISME, LE TOUT ÉCLAIRÉ PAR DE NOMBREUX TABLEAUX SYNTHÊTIQUES PARIS ÉDITION DE LINITIATION CHAMU EL, ÊDIT'EUR 5, RUE DE SAVOlE, 5 I899
Ï"x V.I Ïૺ Notes and Querics, S. M. 50uld, à Manchester (N. H.)U.S. A. . _. .'. Det nye Rige, A. Sabro, à Christiania (NoÉvège). v Nordisk Ërimurer- Titenda, Alb. Lange à Chris tiania (Norvège). Die Religion des Geistes, Fertung, Herrengasse, 68, Budapest (Hongrie). Nuova Lux, 82, via Castro Pretorio, à R (Italie). Lw; astral, 6, passage Sarniiento,iä Biiénos-Ayres (République Argentine). LInitiation, 10, avenue des Peupliers, Paris.
Journal du Magnétisme et de la Psychologie, Directeur, DURVILLE ; rédacteur en chef. Alban DUBET, 23, rue S-Merri, Paris. El-Hadirah, 19, rue de la Kasbah, Tunis. 'IAV .l. ..w
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