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e,.,:c - t.'» ltlâtlOIl 4 ' Revue philosophique des Hautes Études " PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS I ü O. >X< Docteur en médecine Docteur en kabbale »ç< 43° VOLUME. 12'ૺANNÉE SOMMAIRE DU N°. 9 (Juin _1899) p< » ' PARTIE INITIATIQUE I .Ilarlinisme etFranc-JL1çonnerie(suite etዾn) . . DૻPapus. ' (p. 193 à 216). PARTIE PHILOSOPHIQUE Essai dexégèse kabbaiistique(suiteet fin) . . . . Æstibus-Nitibus. (p.217à 238).
L'Occultc à la e0urde Louis XIV. . . . . . . E. Lefébure. (p. 239 à 256). De la Alalédiction et du Blasphème. . . . . . H. Sturdza. :(p. 257 à 278). . Ordre martinistc. - Société des conférences spiritualistes. École supérieure libre des sciences hermétiques. N Rêve. Bibliogra phie.Nouvelles diverses.Questions et réponsesLivres reçus.
Tout ce qui concerne la Rédaction et. les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration. Abonnements : 5, rue de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. Un An : DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont lessence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti qu'à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des lorces purement spirituelles par lhypnotisme et la suggestion à distance.
ElTrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. LInitiation est lorgane principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux décauvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion,à donner une base solide à la Morale par la découverte dun même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie. à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible ct l'0cculte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l1nittali0n adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent larbitrage contre l'arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands ዿéaux contemporains : le clericalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enዾn lInitiation étudie imparüalement tous les phénomènes du Spiritisme, de lHypnotisme et de la Magie. phénomènes dejà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans lInde. LInitiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. . La seconde partie (Philosophique et Scientiዾque) sadresse à tous les gens du monde instruits. Enዾn, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions dune manière quelles savent toujours apprécier.
LInitialion parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années dexistence. Abonnement: to francs par an (l1es collections des deux premières années sont absolument épuisees.) A, - i ,
LInitiation du 15 Juin 1899 p PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l'Im1zation Il) PARTIE INITIATIQUE AMOF. CH. BARLET, S.-. I..& GUYMIOT. MARC HAVEN, S.'. I.-. s': JULIEN LEJAY, S.°. I.'. ,<» -ÉMILE MICHELET, S.*. 1.-. (C. G. E.) LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD. S.'. I.'. GEORGE MONTIERE, S.'. I.'. {Q PAPUS, Su. l.'. g SÉDIR, S.'. I.'. - SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) ' 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-NÎARDUK. - AMELINEAU. ALEPH. Dr BARADUC. SERGE BASSET. Le F.'. BERTRAND 30' BLITZ. BOJANOV BORNIA PIÉTRO. JACQUES BRIEU. CAMILLE CHAIGNEAU. CHIMUA DU LAFAY. ALFRED LE DAIN. G. DELANNE. ALEAN DUBET. A. ERNY. FABRE DES ESSARTS. L. ESQUIEU. - DૺFUGAIRON. DELÉZINIER. JULES GIRAUD. L. GOURMAND. L. HUTCHINSON. JOLLIVET-CASTELOT. L. LE LEU.L.
LEMERLE. LECOMTE. NAPOLÉON NEY. HORACE PELLETIER. G. POIREL. QUESTOR VITŒ. RAYMOND. D ROZIER. L. SATURNINUS. Dr SOURBECK. TIIOMASSIN. G. VITOUx. YALTA. ' 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. JEAN DELVILLE. :ESTRELLA. E. Gom DEAU.- MANOEL DE GRANDIORD. - JULES LERMINA. -L.
HEN NIQUE. JULES DE MARTHOLD. CATULLE MENDÈS. GEORGE MONTIERE. LÉON RIOTOR. -SAINT-FARGEAU. ROBERT SCHEF FER. - ÉMILE: SIGOGNE. CH. DE SIVRY. 4| POÉSIE CH. DUBOURG. RODOLPHE DARZENS. JEAN DELVILLE. - _ YVAN DIETSCHINE. E. GIGLEUX. CH. GROLLEAU. MAURICI LARGBRIS- PAUL MARROT. - EDMOND PILON. J. DE TALLE NAY. - ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
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PARTIE INITIATIQUE alu Comité de Rédaction et à. la reproduction des classiques anciens.) Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE (Suite et ዾn) Cest là que le récipiendaire retrouvera la « Parole perdue », après avoir recréé en lui dabord la Foi, basée sur le travail personnel; puis la Charité, qui lui ouvre, toutes grandes, les portes de lEsperance, de lImmortalzte.
Cette immortalité, il va en acquérir immédiatement la certitude symbolique, car, le visage recouvert dun voile noir, il pénètre, aidé par ceux qui ont passé avant lui, dans la chambre que nous appelons astrale et quon appelle généralement infernale. Disons à ce propos, et pour faire plaisir à M. Ante nini (I), que ce que les catholiques appellent lEnfer est appelé par les occultistes « plan astral inférieur ». (I) Doctrine du Mal.
19, LINITIATION [JUIN Pour arriver au ciel, il faut traverser le plan astral et triompher, par sa pureté morale et par son élévation spirituelle, des larves et des êtres qui peuplent cette région de l'invisible. Le ciel envoie à ses élus des guides pour passer à travers cette région, et lauteur de Pistts Sep/na donne dintéressants renseignements à ce sujet.
Mais les occultistes mettent les larves et les démons à leur vraie place et ils ne les adorent pas, réservant leurs prières pour le Christ ou la Vierge. Il faut triompher des démons pour parvenir au plan céleste et on nen triomphe quen suivant les préceptes évangéliques, en Occident, ou en suivant les révéla tions des maîtres, en Orient.
Tout homme de bien, qu'il soit chrétien, musulman ou bouddhiste, va au ciel quand il a suivi la parole de Dieu, et tout crimi nel, quil soit pape, prêtre catholique, juif, protestant ou simple laïque de nimporte quelle religion, va faire connaissance avec les êtres du plan astral, jusquà la dissolution de ses écorces, à moins que la pitié divine nefface le cliché de ses fautes.
Voilà pourquoi le Dame a vu plusieurs papes en enfer: Cette chambre astrale est formée dun transparent à chaque bout duquel est un squelette, pour bien indi quer que la mort est la seule porte dentrée ou de sortie de cette chambre. Sur le transparent, on a peint des larves et des êtres astraux quelconques, que le réci piendaire aperçoit en soulevant le voile qui recouvre sa tête. Il arrive ainsi à la chambre rouge, éclairée par 33 lumières. A lOrient, sous un dais, le récipiendaire aperçoit
1899] M.\RTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 195 un admirable symbole. En haut, une étoile ዿam boyante portant la lettre 1:: (Schin) renversée pour indiquer lincarnation du Verbe divin dans la nature humaine.
Au-dessous est un sépulcre ouvert et vide pour montrer que le Christ a triomphé de la mort, indiquant ainsi la voie à tous ceux qui voudront le suivre. * Cest aussi dans cette direction quest létendard du chapitre sur lequel est 'gravé le Pélican, debout sur son nid et nourrissant ses sept petits de son sang quil fait couler en se perçant le côté avec son bec. Ce Pélican porte sur la poitrine la Rose-Croix.
Tel est le symbole du vrai chevalier du Christ. telle est la représentation de laction incessante de la lumière divine qui fait vivre même ceux qui commettent des atrocités en son nom, comme le soleil éclaire les bons et les méchants répandus sur les sept régions planétaires de son système. Les inscriptions des colonnes: Inዾnz'le et Immor talité caractérisent la transformation spirituelle des vertus illuminant la chambre noire.
Cette initiation est appuyée par quinze points dins truction qui transforment successivement le récipien daire en chevalier dHeredom, chevalier de garde de la Tour et Rose-Croix.
Ces instructions portent sur les points suivants: 1° Maîtrise; 2° nombres 9, 7, 5 et 3; 3° pierre angulaire; 4° mystères de larche et de limmortalité (Énoch et Élie); 5° les montagnes de salvation, le 'Moria et le Calvaire, dans tous les plans; 6° lathanor hermétique; 7° les vertus morales nées de leffort spi
1 96 Lt INITIATION rituel; 8° la résistance aux passions (garde de la Tour); 9° la symbolique astrale; 10" la symbolique générale; t 1° la symbolique numérale; t2°la Jérusa lem chrétienne et le nouveau Temple universel; 13" les trois lumières chrétiennes: Jésus, Marie, Joseph; [4° la parole perdue; 15° Consummatum est.
Enዾn, les llluminés avaient transmis à la Maçon nerie. dans ce grade, leur système de réduction kabbalistique des noms en leurs consonnes et les cinq points ዾgurant lapprentissage de lllluminisme. Les grades suivants : 19, grand pontife; 20, grand patriarche; 21, grand maître de la Clef; 22, prince du Liban, continuent la mise en action de la tradi tion historique.
Ce dernier grade, prince du Liban, est devenu le chevalier royal Hache de lÉcossisme et il commence la série des véritables grades hermétiques consacrés au développement des facultés spirituelles (I). Le thème initiatique de ces grades hermétiques porte sur la partie de sa vie où Salomon sest livré à létude de la magie et de lalchimie.
On voit ainsi Salomon soumis aux épreuves de la mort seconde, delabandon du vrai Dieu pour les idoles et revenant à la vraie foi par la science. Cest une reprise sur un autre plan de lallégorie historique des grades précédents. (1) Voy. les études du Dr Blitz sur ces grades dans la revue lInitiation.
MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 197 Dans la Maçonnerie de Perfection, les grades hermé tiques étaient renfermés dans les degrés suivants : 22, prince du Liban; 23, prince adepte, et 25, prince du Royal Secret. Nous retrouvons dans ce grade de prince adepte, devenu le 28e du Rite Écossais, chevalier du Soleil, ces études théoriques sérieuses qui forment la base de toute pratique réelle.
Cest à propos de lÉcossisme, et àcause des dévelop pements quil adonnés à ces grades hermétiques, que nous étudierons en détail cette section. Comme on le voit, le Rite de Perfection contenait tout le système maçonnique et les transformations quil aura à subir ne porteront que sur le développe ment de grades existants déjà au« Conseil des Empe reurs d0rient et dOccident ».
Passons donc à lÉcossisme; mais, avant, énumé rons les sept classes comprenant les grades de ce Rite : 1ૺclasse. 1, 2, 3. 2E classe. 4, 5, 6, 7 et 8. 3° classe. 9, 10, 11. 4° classe. - 12,13,14. 5°classe. - 15, 16,17,18, [9. 6° classe. 20, 21, 22. 7e classe. - 23, 24,, 25. Pour plus de détails, on pourra se reporter au tableau général des rites, àla (in de ce chapitre.
198 LINITIATION LEI;OSSISME. RAISON D'ÊTRE DE SES NOUVEAUX GR.\DES ILLUMINISME, REINTÉORATION ET HBRYIIÉTISME Nous arrivons à l'Écossisme proprement dit, cest à«dire au développement des derniers grades du Rite de Perfection.
Ainsi que nous venons de le dire, les mystères du dédoublement conscient de l'etrè humain, ce quona appelé la sortie consciente du corps astral et qui caractérisait le baptême dans les temples anciens, ces mystères ont été développés pour constituer les degrés écossais, ajoutés par le Suprême Conseil de Char leston, vers 1802, au système apporté par Morin. Il nest donc pas juste de ne voir dans ces grades que des superfétations inutiles.
Ils terminent la pro gression du développement de lêtre humain en lui donnant la clefde l'usage des facultés supra-humaines, du moins dans la vie actuelle. Nous disonsla clef, car une initiation ne peut pas donner autre chose.
Quimporte, après cela, que ces lumières soient données à des hommes qui ny verront quun symbo lisme ridicule, Ou quelles aveuglent des cléricaux qui y chercheront des phallus et des ctéis, selon leur louable habitude; car ils ont un cerveau ainsi fait quils ne voient que cela partout, avec un diable quel conque pour chef dorchestre. -Pauvres gens !
Linitiation va retracer les phases diverses de la tra versée consciente des plans asiraux, avec ses dangers, ses écueils et son couronnement qui est de franchir le cercle de lenfer astral pour sélever, si lâme en est digne, dans les diverses régions célestes.
MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 199 Le thème représentera, ainsi que nous lavons dit, le récipiendaire sous la ዾgure de Salomon occultiste diri geant Hiram, en prenant part personnellement aux opérations. Le22° grade, chevalier roya1Hache, se rapporte aux. préparations matérielles des opérations ዾgurées par les coupes des cèdres sur le mont Liban et parla hache consacrée.
Le 23"grade, ehefdu Tabernacle, se rapporte aux indications concernant le plan dans lequel on va opé rer, cest-à-dire la nature astrale. La salle est parfai tement ronde, éclairée par sept luminaires principaux et 49 = 13 (chiffre du passage en astral) lumières accessoires. Le mot sacré est IEVE et le mot de passe est le nom de lAnge du feu qui doit venir assister lopérateur au début de ses épreuves : 0URIEL.
Ce grade montre lerreur des opérateurs qui, pour aller plus vite, font appel aux forces inférieures de lastrai et risquent de perdre la communication avec le ciel, en se laissant tromper parle démon, ዾguré ici par les idoles auxquelles sacriዾa Salomon. Le récipiendaire doit sortir triomphant de ce premier contact avec la région astrale. Cest alors quil aborde le plan où sont gravés les clichés astraux.
Il voit la parole de Dieu, celle des douze commandements et celle des Evangiles écrite . sur le livre éternel et il accomplit alors le premier voyage en Dieu (mot de passe) (24.9 grade). Cest là quil atteint le plan dextase où se trouvait Moïse quand il vit silluminer le buisson ardent. Il vient de dépasser le plan astral, il aborde le plan
200 LINITIATION divin et il a la première manifestation de l'harmonie céleste (25d grade). Le récipiendaire a comme signe celui de la croix, et le mot sacré est Moïse, le mot de passe Inti, pour indiquer l'union des deux Testaments.
Les chaînes qui entourent le récipiendaire indiquent le poids de la matière et des écorces qui paralyse lac tion de lEsprit dans le plan divin, et le serpent dai rain, entortillé autour de la croix, indique la domi nation du plan astral (le serpent) par lhomme régé néré par le Christ (la croix). Les cléricaux nont pu, à leur grand regret, trouver de diable dans ce grade. Aussi le passentils générale ment sous silence.
Poursuivant son évolution dans le_ plan invisible, le récipiendaire aborde les divers plans de la région céleste (26° degré, Écossais trinitaire ou prince de Merci). il va passer par le premier,le second et le troi sième ciel et, aulieu des démons du plan astral, il va prendre contact avec les sylphes et les receveurs célestes.
Aussi faut-il voir les gloussements ironiques des ignorants quand ils soccupent de ce grade et les joyeux commentaires des cléricaux. Mais poursui vons : Le récipiendaire reçoit des ailes comme marque de son ascension jusquau plan divin. Le catéchisme contient ces phrases caractéristiques : D. Êtesvous Maître Écossais trinitaire ?
R. - Jai vu la Grande Lumière et suis, commevous, Très Excellent, parla triple alliance du sang de J ésus Christ, dont vous et moi portons la marque.
MARTINISME FRANC-MAÇONNERIE 201 D. - Quelle est cette triple alliance ? R. Celle que 1Eternelዾt avec Abraham par la cir« concision ; celle quil ዾt avec son peuple dans le dé sert, par. lentremise de Moïse; et celle quil,ዾ-t avec les ' hommes par la mort et la passion de Jésus-Christ, son cher ዾls.
Au degré suivant (27ૺ), grand commandeur du Temple, le récipiendaire est-admis dans la Cour cé leste et le bijou porte en lettres hébraïques 7117, cest à-dire INRI. Le signe consiste à former une croix sur le front du frère qui interroge. Nous parvenons ainsi au grade qui renfermait pri mitivement tous les précédents, le grade de chevalier du Soleil (28°), lancien prince adepte du Rite de Perfection.
Ce grade symbolise la réintégration de lEsprit dans lAdam-Kadmon, quand il en a été jugé digne par Dieu. Le récipiendaire se trouve transporté dans l'es pace intrazodiacal où était lhomme avant la chute, et il prend connaissance des septAnges planétaires qui président, depuis la chute, aux destinées des sept régions, car le récipiendaire est supposé se trouver dans le soleil.
Il va commencer à prendre connaissance des forces émanées de ce centre. Voici dabord les correspondances enseignées dans ce grade, dont le mot de passe, purement alchimique, est Stzblum : MICHAEL . . . . .. Pauper Dez' . . . . . . .. . SATURNE GABRIEL.,..... Fortitudo De.i . . . . . . .. JUPITER 0URIEL . . . . . . . 7gms Dez' . . . . . . . . . . .. MARS .ZERACHIEL. .. Oriens Deux... . . . .. .. Sou-ni. CHAMALIEL.. .. Indulgentia Dei... . . . VÉNUS RAPHAEL .. . . . . Medzczna Dez. . . . .. . Msncum: TSAPBlEL... . .. Abscondilus Deux.... .LA LUNE
202 LINITIATION Le 29" grade (grand écossais de Saint-André) est essentiellement alchimique. Ladepte est supposé revenu sur terre après son ascension dans le monde 'des principes, et capable de réaliser Le Grand Œuvre. A ce grade on a adjoint, comme mot sacré, un cri de vengeance, qui montre quon a mélangé quelques points du Rite templier avec l'enseignement hermé tique.
Voici les mots de passe de ce grade qui sont assez nets à ce sujet : MOTS DE PASSE DU 29' DEGRÉ Ardarel. . Ange du Feu. Casmaran... de l'Air. Talliud . . . .. de I'Eau. Furlac . . . . .. de la Terre. a4. Parmi les grades administratifs 31°, 32°, 33a, nous signalemns surtout le 32", lancien 25° du Rite de Perfection : prince du Royal Secret. .
Il faut laisser de côté le faux Frédéric de ce grade, aussi bien,que celui du 21° degré (Noachite), cest une reconstitution simplement historique de la Sainte ' VVœhme.
' Ce qui nous intéresse, cest la ዾgure de ce grade, « le sceau » où nous voyons cinq rayons de lumière entourant un cercle et inscrits euxmêmes dans un autre cercle enfermé dans un triangle autour duquel est un pentagone, qui reproduitlanalyse du Sphinx, Taureau, Lion, Aigle (à. deux têtes) et cœur enዿammé et ailé, le tout dominé par la pierre cubique. Autour "-..eua- » , _
M.\RTINXSME ET FR.\NC- MAÇONNERIE 203 du sceau sont les campements ዾgurant les centres de réalisation maçonnique. Le 33° degré est, en partie, le développement alchimique du prince du Royal Secret et, en partie, une composition à la sauce Frédéric qui ne nous intéresse pas. Il constitue le grade administratif des centres maçonniques qui peuvent se rattacher à un illuminisme quelconque. RÉSUMÉ GÉNÉRAL ET RÉCAPITULATION DES GRADES MAÇONNIQUES .
Le coup dœil que nous venons de jeter sur la hiérarchie des grades maçonniques nous montre quils constituent une réelle progression harmonique, dans laquelle se rencontrent à peine quelques anoma lies, comme les grades noachites. composés en dehors de laction des fondateurs du système maçonnique.
Ces grades symboliques contiennent bien en germe tout le système, mais les hauts grades développent harmoniquement ce germe, dabord sous le point de vue historique, en passant en revue le peuple juif, puis le christianisme, puis le Tribunal secret, les Ordres de chevalerie et les Templiers.
Ce système serait incomplet sans le couronnement vraiment occulte ouvrant à linitié des vues nouvelles sur le salut de lÊtre humain par la prière, le dévoue ment (18°) et la charité qui conduisent aux épreuves de'la seconde mort et à la perception du plan divin après avoir triomphé des tentations infernales du plan astral. Les Illuminés ont donc personnellement
204 L'INITIATION donné à leur œuvre tous ses développements; comme ils sauront la recréer si elle ዾnit dans le bas matéria lisme et lathéisme. Le tableau suivant résumera le sens général des différents grades. Histoire SyrZÊÏiïues symläégique l"! 2' et 3' lhomme. Construction du Tem ple de Jérusalem. l Captivité. Délivrance. / Chute de Jérusalem et destruction du Tem ' ple Le Christianisme (186).
Grades Historiques 48 a 22° Nouvelle Jérusalem. Tribunal secret. Il)x «(l 14 = o , %ËÊ« Chevaliers et â.'»;; G Ë; :, et laI... Templiers Premières épreuves de lAdeptat. ,0 LAdepte prend contact 3 avec le SerpentAstral. a Dédoublement. ૺsu 5: LAdepte triomphe du à: ,.5 Serpent Astralet Ë ,, sélève vers le Plan g ;, D1vin. g Le_ Triomphe hermé G tique. Réintégration et retour conscient sur le plan phymque. -.. .2,. .g ..- - ዾ ' -a«è:eszü«
MARTINISME ET FRANC'MAÇONNERIE 205 Lévolution progressive des grades nous apparaît donc de la façon suivante (voir le tableau ci-après) : I° Trois grades symboliques ; 2° Trois hauts grades templiers de Rar_nsay, qui doivent être placés en face des n°3 13, 14 et 30; 3° Constitution des grades historiques, développe ment de lhistoire de Salomon et de la construction du Temple de Jérusalem, 4 à I5; destruction du Temple et reconstitution de la Nouvelle Jérusalem par le christianisme, 15 à 22; 4° Couronnement des grades historiques par les grades de lHermétisme, ouvrant une porte sur llllu minisme chrétien, 22 à 25.
Tel est le résumé du Rite de Perfection. Aux vingt-cinq degrés du Rite de Perfection le Suprême Conseil de Charleston a apporté les chan gementS suivants : Plusieurs nouveaux grades furent ajoutés, ce sont: le chef du Tabernacle (23), le prince de Merci (24), le chevalier du Serpent dAirain (25) et le comman deur du Temple (26), le chevalier du Soleil (27).
Le prince du Royal Secret occupa les grades 28, 29, 30, 31 et 32; le Kadosh, le 286 degré; et le souverain grand inspecteur général, le 33° et dernier. A larrivée de Grasse Tilly à Paris, une nouvelle disposition fut adoptée qui régit encore lÉcossisme.
La voici dans ses grandes lignes : (24°) le prince de Merci devint le prince du Tabernacle; le commandeur du Temple devint lÉcossais Trinitaire (26"); le che valier du Soleil devint le 28° grade et fut remplacé par le grand commandeur du Temple; le 290 degré
206 LINITIATION fut le grand Écossais de Saint-André et le Kadosh (ancien 24° du Rite de Perfection et 28° de Charleston) devint déዾnitivement le 30u degré. Le 31° fut le grand inspecteur; le prince adepte constitua le 32", et le souverain grand inspecteur général le 33' et dernier degré.
Enዾn un grade de noachite, le 2 I°, remplaça partout le grand maître de la clefdu Rite de Perfection. /v.L./w._w>,_» W.__ ,g.,c/v»e_eÿ_-_aዾv,_ૺ,z ,ૺ,__,____._ _ _._,
l . 2 . Compagnon 3 . I4. 26. " r 28. 29. Apprenti .. Maître.. . .. : (Ramsay).. I3. + Écossais + Novice. ses VVV vve » >> >> (Rite de Perfection) » » Maître secret . . . . . .. . Maître parfait . .. . . .. Secrétaire intime. . .. Prévôt et juge . . . . . .. Intendant des Bâtimts Elu des neuf. . .. . . .. Elu des uinze..... Illustre E u . . . . . . . . .. Gl Maître architecte. Royale arche .. . . . . .. Grand Elu ancien maître parfait.....
Chevalier de lépée. Prince de Jérusalem. Chevalier d0rient et d0ccident . . . . .. Chevalier Rose-Croix Grand Pontife . . . . . .. Grand Patriarche... . Grand Maître de laClet Prince du Liban.. . .. V » » Prince Adepte(z3)... » .... 30. Chevalier Chevalier comman 3I. 32. 33. u Temple. » , >> deur de lAigle Blanc et Noir (24). » Souverain Prince de la macs.
Sublime commandeur du Royal Secret(2 5).. » (Courant de Lau sanne). v vVvvvvvvvvv v evv VV (Suprême Conseil de Charleston). vvvvvevvvv;; Perfection .. .. . . . . . . . Chevalier dOrient.. >> . . . - » » » .. . . Grand Maître de tou tes les loges . . . . .. Patriarche Noachite. Royal Hache ou Prince du Liban... _Chef du Tabernacle. Prince de Merci..... Chevalier du Serpent dAirain .. . . . . . . . ..
Co m m a n d en r d u Temple . . . . . . . . . .. Chevaher du Soleil.. Kadosh . .. . . . . . . . . .. Prince du Royal Se cret . ... . . .. . . . . . .. Souverain Grand Ins pecteur général Vén. G. M. des loges Noachite . . . . . .. ... . . Chevalier Royal Ha che . . . . . . . . . . . .. .. Chef du Tabernacle. Princedu Tabernacle. Chevalier du Serpent dAirain .. . .. .. . . .. Écossais, Trinitaire. Gl Commandeur du Temple . . . .. . . . . ..
Chevaher du Soleil. . G'l Écossais de Saint André . . . . . . . . . . . .. Kadosh . .. . . . . . . . . . . Grand Inspecteur.. . . Sub. Prince du Royal Secret . . . . . . . . .. . . . Souverain Grand ins pecteur général....
208 .. L'INITIATION DES SYMBOLES ET DE LEUR TRADUCTION Un mot au sujet de la traduction des symboles, dans toutes leurs adaptations. Un symbole est une image matérielle dun principe auquel il se rattache analogiquement.
Par suite, le symbole exprime toute léchelle analogique des correspondances de sa classe, depuis les plus élevées jusquaux plus inférieures. , Cest ainsi quun grossier sectaire pourra dire que le drapeau nest quun manche -à balai peint, suppor tant trois chiffons colorés; dans ce cas, il matérialise, pour lavilir. lidée si belle et si pure de la représenta tion symbolique de la Patrie.
Aussi ce procédé de dénigrement consistant à donner aux symboles leur correspondance analogique la plus triviale sera-t-il employé avec ravissement par les écrivains cléricaux analysant les symboles maçon niques. Le principe créateur actif et le principe générateur passif, symbolisés dans lÉglise catholique par laction du Père et du Fils, ont, comme correspondance sexuelle inférieure, le phallus et le ctéis.
Aussi les cléricaux nont-ils pas manqué de raconter à leurs lecteurs que tout le symbolisme maçonnique, ou toute la tradition initiatique des Illdminés, se réduisait à des représentations de ces organes. Cest là de ligno rance ou de la mauvaise foi et il faut seulement hausser les épaules devant de tels procédés. Que diraient les cléricaux, si on leur retournait
MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 209 leur procédé en leur montrant quen raisonnant avec leur mentalité on pourrait dire que le goupillon est une image du phallus fécondateur et que leau bénite représente, dans ce cas,lémission de la substance géné ratrice ; quilen est de même de la crosse de lévêque, tandis que les calices sont des représentations ctéiques .
Que diraient donc les hommes réellement instruits de ces analogies grossières et malpropres? Ils diraient que cest faire preuve dun singulier état desprit, bien voisin de la sénilité.
Aussi nous semble-t-il que cest un service à rendre aux écrivains catholiques que de les prier détudier un peu mieux ce quon entend par une échelle de correspondances analogiques et de ne pas considérer les symboles, même maçonniques, sous ce jour grossier ; car ils risquent de sen voir faire autant, et ce nest.spirituel et vrai ni dun côté, ni de lautre (1).
Voici quelques notes sur le symbolisme des cou leurs employées pour les tentures, puis de la parole sacrée que nous empruntons à de lAulnaye. Le blanc est consacré à la Divinité; le noir, à Hi- . ram et au Christ 1(2) ; aussi se retrouve-til dans le Maître, lÊlu, le Kadosh et dans le Rose-Croix.
Le vert, emblème de la Vie et de lEsperance, lest aussi (1) Les lecteurs qui voudront étudier les symboles sur des bases sérieuses sont invités à prendre connaissance du très beau travail de M. Émile Soldi-Colbert de Beaulieu sur LA LANGUE SACRÉE. Cest un des rares auteurs contemporains qui aient vu clair dans le chaos du symbolisme. (2) A notre avis, le noir indique surtout passage dun plan à un autre, résurrection à travers la mort. De là cette consé cration au Christ et au symbolique Hiram, -PAPUS.
210 LINITIATION de Zorobabel; voilà pourquoi cest la couleur du Maître parfait et du Chevalier d0rzent. Le rouge appartient à Moïse, et surtout à Abraham ; à ce titre, il est la couleur spéciale de l'Écossazs. Enዾn le bleu, qui, comme symbole du séjour céleste, est la couleur du Sublime Écossais, se reporte, parmi les Patriarches, à Adam, créé dans linnocence à limage de Dieu, et habitant le jardin dEden (I).
Comme symbole de la Parole primitive, le Jehovah appartient spécialement à l'ancien Maître ou .Maîlre parfait, et comme Parole retrouvée, au véritable Écossais, consécrateur du prêtre de Jehovah, ou de lancienne loi, par opposition avec la nouvelle.
Il se retrouve particulièrement dans le Royal Arche, dans lÉcossais de la Perfection, dans le Maître ad Vitam, lÉlu Parfait, lÉlu Suprême, les Écossais de Prusse, de Montpellier, l'Intérieur du Temple, etc. (2).
LE cm D'ALARME Cest à la suite dune erreur capitale que la Franc Maçonnerie française, poussée à son insu par les agents de létranger, sest laissée entraîner dans les combats politiques ;on lui a montré le spectre du cléricalisme, comme on montre le manteau rouge au taureau; on a exalté les tendances matérialistes de ses membres sous prétexte den faire des « esprits (I) Tlzuileur, p. 73 (note). (2) Thuzleur, p. 89 (note).
MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 211v ... .. ... __,...A,-N _m-%-,.-..m .,. ___._.* libres »et des « hommes de raison », et de lanticlé ricalisme à lathéisme il ny avait quun pas que les naïfs ont bientôt franchi. A quoi servait de parler de ce « Grand Architecte de lUnivers » qui devait être encore quelque produit « de llgnorance et de la Superstition »; à quoi bon ces symboles, « vains son venirsjdun âge desclavage et dobscurantisme»?
Et on a biዾé le Grand Architecte sur les planches et sur les diplômes, et on a réduit les symboles à lintelligence des piliers de café chargés de les expliquer. Leplan delétranger étaitainsi réalisé.
Ces « hommes libres », ces « êtres à la raison éclatante et éclairée », ont été présentés au reste du monde comme des scé lérats et des hommes assez vils pour mépriser le Grand Architecte ; et aussitôt, dans toutes les loges de lunivers, le mot dordre a passé rapide comme léclair et les portes se sont fermées, comme par en chantement, sur le nez des « libres penseurs fran-. çais » indignés de trouver partout des « maçons encore attachés aux erreurs du passé ».
Les malins Français se sont fait jouer comme des enfants.Leurs relationsavec le reste des réunions maç. de lunivers étaient coupées pour la grande majorité. Il restaità couper déዾnitivement tout lien, en lançant ce qui restait dÉcossais dans la même voie.
La fuite des caissiers, survenue fort à propos, ruina complètement le Suprême Conseil écossais qui remit ses loges à la « Grande Loge Symbolique Écos saise », lenfant de la rébellion, et constitua ainsi {la Grande Loge de France, qui, toujours menée en secret par les intrigues, sempressa de rayer le nom WWW v
212 LINITIATION du G.'. A.'. qui rattachait encore quelques Français à létranger. Il ne reste plus que quelques chapitres écossais et quelques rares aréopages capables de maintenir le lien avec la Maçonnerie universelle, et lon travaille ferme à briser ce dernier cordon. Mais llnvisible veille.
Ce sont des llluminés qui ont fait la Maçonnerie, et qui ont choisi la France comme centre supérieur dans le Visible comme elle lest dans llnvisible; ce sont aussi des Illuminés qui sauveront encore une fois les aveugles et les sourds. Que les membres du Suprême Conseil Écossais qui liront ces lignes réዿéchissent quelque peu et quils sortent, pour un instant, de latmosphère étroite des querelles de personnes et des questions dargent.
Le salut de lœuvre patiente de leurs prédécesseurs est dans leurs mains et notre rôle doit se borner à jeter le cri dalarme. Du reste, ils savent déjà tout cela et nous navons rien à leur apprendre. Nous pouvons avoir pleine et entière conዾance dans leur clairvoyance et leur patriotisme.
CONCLUSION En résumé, les divers représentants contemporains de Illluminisme, dont lOrdre Martiniste forme la branche française et chrétienne, se trouvent actuelle ment en présence des centres suivants : 1° Les centres cléricaux qui considèrent les Marti nistes comme des Francs-Maçons plus satanistes et plus dangereux que les autres.
Des efforts ont été faits loyalement pour expliquer aux cléricaux comme aux autres groupes le caractère réel du Martinisme ; ces efforts nont servi quà faire injurier davantage ceux qui, semblables aux explorateurs, se sont lancés dans les centres cléricaux pour essayer de les éclairer sur les mystiዾcations dont ils ont été et dont ils vont être, de nouveau, victimes. 2° Les rites francmaçonniques divisés en trois groupes : A.
Les matérialistes athées du Grand-Orient de France, mis au ban du reste de lUnivers et qui disparaîtront à la prochaine révolution. WW»\_. W W-A -
2 Il. LINITIATION B. Les douze membres parisiens du Rite de Mis raïm, rite n'ayant plus de vitalité et destiné a dis paraître sous peu, s'il nest pas radicalement balayé ou sil ne fmionne pas avec un autre. C. Le Rite Écossais dont nous avons justiዾé la ዾliation et les grades, le seul capable de sauver la tradition maç.., si ses chefs continuent à avoir lénergie nécessaire.
Devant ces divers groupes, le Martinisme manifeste ses tendances absolument indépendantes, prêt à prêter son appui à ceux qui voudront sauver ou renouer leur tradition, et nous allons voir que cet appui nest pas à dédaigner. En dehors de Paris, Misraim nexiste pour ainsi dire pas, et à Paris il existe bien peu.
En dehors dela France, le GrandOrient ne peut rien et ses ofዾciers sont mis à la porte, comme des valets, de toutes les loges de létranger, presque sans exception. LÉcossais, écrasé par les embarras dargent, ne peut donner àsa propagande tous les efforts néces saires.
Or les illuminés ont conquis, par leur cohésion, une telle place au soleil, quils peuvent, si Dieu veut quils continuent leur marche ascendante, reconsti tuer les études symboliques, si on les abandonne en France, ou donner leur appui aux pouvoirs réguliers qui voudront reconstituer ces études. Or, comment se résume actuellement la puissar ce effective de lOrdre Martiniste Par ses reVues dans presque toutes leslangues, dont wM._,.
M.\RTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 215 en France une mensuelle de cent pages, une hebdo madaire de huit pages grand in-40, et un bulletin autographié réservé à sa correspondance adminis trative en cas de besoin. Par ses délégués dans tous les pays dEurope et dAmérique et par ses initiateurs libres et ses loges répandus partout. Par ses alliances avectous les centres dllluminisme et dIdéalisme actuellement faites ou en cours dexécu tion.
Enዾn et par-dessus tout par son méprisde largent, par son amour de la pauvreté qui a permis à lOrdre de résister à bien des orages.
Or, il nexiste aucun rite en France qui puisse justiዾer dun tel rayonnement et de si puissants moyens de propagande, il nexiste aucune organisa tion capable dagir sans intermédiaires dans les autres pays, et cela au grand jour, sans serments ni sociétés secrètes, uniquement par ses journaux et ses auteurs, et dautant plus sérieux quil ne soccupe jamais, ni en France, ni àlÉtranger, de politique ou de religion; car ses statuts le lui interdisent formel lement.
Or cette organisation peut prendre une extension croissante, ou rentrer dans lombre et le silence du jour au lendemain, si telle est la nécessité indiquée par linvisible. C'est là la caractéristique des ordres dIlluminés. Si la première hypothèse prévaut, si la marche ascendante de lOrdre, qui a conquis une à une les diverses contrées dEurope, se poursuit, il faut sat
210 LÏNITI.\TIUN tendre à des polémiques et à des attaques encore plus violentes, à des calomnies encore plus énormes, à des efforts plus directs visant les personnalités; mais que nous importe ! On ne sappuie que sur la résis tance; chaque calomnie,cest une victoire à l'horizon; et, accusés dêtre des diables par les uns, des cléricaux par les autres, et des magiciens noirs ou des aliénés parla galerie, nous resterons simplementdes chevaliers fervents du Christ, des ennemis de la violence et de la vengeance, des synarchistes résolus. opposés à toute anarchie den haut ou d'en bas, en un mot des Martinistes comme lont été nos glorieux ancêtres Martines de Pasqualiy, Claude de Saint-Martin et Willermoz. D' . Parus.
(Cettehpartie est ouverte aux écrivains de toute école, sans aucune dzsta_nctwn, et chacun deux conserve la responsabilité exclusive de ses zdées.) Essai dÈxégèse kahhalistique 14 PREMIERS VERSETS DE LÉVANŒLE SELON SAINT JEAN (Suite et ዾn). Mais il savait, il osait et se taisait. _ Il savait vouloir ce qui est juste, sans jamais rien convoiter. Il osait attaquer les vices de son époque personniዾés dans les pharisiens, les sadducéens et les scribes. Il se taisait, lorsque le bruit de la résurrec tion, par Jésus, du ዾls unique de la veuve de Naïm lui fut rapporté par ses disciples. « Estu celui qui devait venir, envoya-t-il deman der à Jésus, ou devonsnous attendre un autre ? » Il nignorait pas, cependant, alors, qui était Jésus; mais il savait que les « sages ne doivent pas parler pour dire, mais pour amener les autres à trouver : Noli ire fac venire'» (I). (I) Eliphas Lévy, Dogme et Rituel, etc. Renan, Vie de Jésus.
2 l 8 L'INITIATION ' Nul nest digne de la vérité s'il ne peut, daprès les obstacles qu'on écarte et la marche quon lui trace, parvenir à la découvrir. Sil ne trouve pas par soi la vérité, il pourrait être dangereux quil la connût, parce quil nepourrait quen faire un mauvais usage( r ).
Si Jésus et saint Jean-Baptiste « avaient beaucoup didées communes de sorte quils saimèrent et lutté rent devant le public de prévenances réciproques dès quils se connurent», ce nest pas, comme dit Renan, « parce que la jeunesse est capable de toutes les ab négations », mais « parce quil leur convenait dacc complir ce qui est juste (Saint Mathieu, H], 15); parce que les hommes qui sont maîtres d'eux-mêmes peuvent mutuellement se faire obstacle, sils ne re connaissent pas les lois dune discipline et dune hié rarchie universelle ».
Pour sy soumettre, il faut être en communauté didées et de désirs, et l'on ne peut parvenir à cette communauté que par une religion commune fondée sur les bases mêmes de lintelligence et de la raison. « Cette religion atoujours existé dans le monde (2) ». X. Elle était dans le monde, le monde a été fait par elle, mais le monde ne la pas connue. W Iod.
Principe, manifestation, sceptre paternel, la roue de la fortune. , « Le nombre dix est composé de lunité qui si gniዾe lêtre et du zéro qui exprime le non-être; il renferme donc Dieu et la création, l'esprit et la ma (1) Ragon, Orthodoxie maçonnique. (2) Eliphas Lévy, ouvrage cité. v«*-WWH4WÆfM'dVwf' "na-(ૺM ' >
ESSAI DEKÉOESE l(ABBALISTXQUE 219 tière, il est le necplus ultra de lintelligence humaine qui compte tout par ce nombre. » En ce verset ዾnit la mission de saint Jean-Baptiste et va commencer lœuvre de Celui qui devait venir après lui pour être la manifestation matérielle de la lumière-vie.
En attendant, ce principe fécondant de vie-intelli gence basé sur le dogme unique du Visible, manifes tation de lInvisible, lequel avait donné limpulsion initiale à toutes les religions et les philosophies de la terre, nexistait plus en elles quen potentialité obs curcie par de fausses interprétations.
Toutes les religions et tous les centres initiatiques avaient, en effet, conservé le souvenir plus ou moins ዾdèle dun enseignement primordial. Par cet enseignement, les adeptes de tous les rites se trouvaient en communion didées générales entre eux. Mais, comme chaque rite croyait posséder à lui seul la parole perdue, celle-ci restait pourtous incom prise dans ce quelle a de plus élevé.
Ceux mêmes qui semblaient être le centre où con vergeaient les rayons de lesprit initiatique, proba blemengà cause du bruit que faisaient leurs pro phéties chez tous les peuples, avaient ዾni par ne plus comprendre les mystères de la véritable initiation, dont Moïse leur avait donné la clef.
Ainsi lœuvre de ce grand initié, instruit dans toutes les sciences des Égyptiens, dirigé pour lorga nisation à donner à son peuple par Jethro, sacriዾca teur de Madian, inspiré par le feu de lHoreb et la splendeur du Sinaï, tombait en décadence.
220 LINITIATION lsraël suivait à peine les préceptes du Décalogue, les séphirots étaient incompris des initiés et les adeptes avaient perdu le sens profond du Schema-llampho rasch. Alors, la grande voix de saint Jean-Baptiste, écho du malaise général qui est la conséquence de loubli des principes éternels,vint annoncerla rédem ption depuis si longtemps promise et attendue. Elle vint donner l'espoir du prochain avènement du Malchut.
Personniዾcation du génie du bien, des aspirations des âmes des saints, de la roue de la fortune, saint Jean-Baptiste sefforce de diriger ses frères dans la voie quils doivent suivre pour les faire arriver au sommet de la circonférence sous le regard protecteur du Christ, bienveillant pour les humbles et impla cable pour les altiers.
Et tandis quil console les âmes des Justes, le Maître, ce principe actif qui doit les commander, se prépare à recueillir ses Élus. XI. Il est venu chez soi et les siens ne lont pas reçu. > : Cap/1. La main dans lacte de prendre et de tenir la force, la chaîne magique. Saint Augustin dit que le nombre onze est mauvais, étant celui de la transgression de la loi, du péché et de la révolte.
En kabbale, cest la force occulte et aveugle lors quelle nest pas dirigée, et, daprès les citations kab balistiques de Ragon (1), cest la multiplication de la religion ou de la nature. (I) Maçonnerie occulte.
ESSAI DEXÉGÈSE KABBALISTIQUE 221 Le nombre onze additionné théosophiquement fait deux, le binaire qui, nétant pas éclairé par la sagesse, indique lantagonisme à outrance. La valeur numérique de caph est 20 = 2. Ainsi que nous lavons déjà dit, il existait un centre initiatique possesseur de la vérité quil conservait avec un soin jaloux, comme lavare garde ses trésors sans en user.
Il trouvait plus facile de sattacher à la lettre de la loi, honorant Dieu des lèvres et enseignant des doc trines qui sont des commandements dhommes. Ce centre avait donc besoin dêtre réformé et il lui fallait pour cela un maître qui sût resserrer la chaîne dunion fraternelle de ses initiés pour faire naître un courant didées en rapport avec la vérité quil possé« dait.
Cest pourquoi le divin Maître vint chez soi, puisque la vérité sy trouvait. « Il y a dans les mots de loriginal une distinction qui ne se retrouve pas dans la traduction. On peut lexprimer ainsi, dit Barnes: Il vint dans son propre pays et sa propre nation ne la pas reçu. » En donnant au mot nation le sens de coreligion naires, ce verset sera mieux compris par lesprit occi dental.
Dailleurs, jusquà présent, en Orient, ce mot a cette acception ዾgurée. Daprès cette interprétation, Jésus, pour venir en son propre pays, en devait être éloigné. En effet, les Évangélistes nous disent que sa famille lamena en Égypte, pour fuir le massacre des Inno cents, et les Talmudistes narrent que Jésus y était
222 LINITIATION allé, avec son maître Jéhosuah ben Perarchiah, pour se mettre à labri de la persécution contre les kabba listes, sous Jannée. Évangélistcs et Talmudistes sont daccord pour le faire revenir en Judée après lapaisement de lune ou de lautre persécution. Ce fut alors que Jésus, expo sant ses idées de réforme à ceux qui pouvaient le comprendre, fut repoussé de la synagogue.
Mais, ne pouvant contenir en son âme la force invincible daction et de direction qui lui venait du Père, ilrésolutde former un nouveau centre initiatique, malgré la force dattraction des courants établis. Saint Jean le montre à loeuvre, dans le verset sui vant, réagissant contre lapathie dominante de la synagogue et réunissant autour de lui ceux que son Père lui avait donnés. .
« Le Seigneur a envoyé la Parole en Jacob et elle ' est tombée en Israël. » (Esaïe, 1x, 7.) XII. A tous ceux qui l'ont reçu, il leur a donné le droit d'être faits enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom. 5Lamed. Exemple, enseignement, leçon publique. Le. nombre douze est divm, il sert à mesurer les corps célestes et il aide au gouvernement des esprits.
« Le curé Jean Belot, qui ne croyait pas être moins bon chrétien, parce quil sadonnait aux sciences occultes, dit que la connaissance du nombre 12 « peut faire régir avec une extraordinaire puissance » ceux qui sont à la tête dun gouvernement, « tant au principal que plurier, et particulièrement où il sagit
ESSAI DEXÉGÈSE KABBALISTIQUE 223 de religion qui nest en soi que spiritualiste (i). » « Cest le nombre le plus solide parce quil est le fondement de notre bonheur spirituel et temporel (2). » La douzième lame du Tarot a pour hiéroglyphe le pendu, symbole du sacriዾce accompli. En magie, cest le grand œuvre, la pierre philoso phale, le Tau sacré, la croix que les Égyptiens appe laient la clef du ciel, la signature de Dieu.
Le lamed a pour valeur numérique 30 ou le ter naire et la création . r Repoussé de ceux qui pouvaient laider à la régéné ration de lesprit humain, le divin Maître comprit le sacriዾce qui lui était imposé et pour lequel il était venu. - Quoique en butte à la haine et au mépris de la syna gogue, il se mit à former sa grande chaîne damour et de charité en faisant naître, des pierres mêmes, des enfants à Abraham. (Saint Mathieu, ut, 9.) Il prêcha publiquement sa doctrine, l'appuyant par ses exemples, ne demandant à ses disciples quune foi aveugle et que la'mémoire de ses enseignements, aዾn de les préparer à son initiation spirituelle.
Ne rions pas de la foi : elle a sa raison dans le plus profond de notre être. H. Delaage a dit, avec vérité, que l'ignorance rend les hommes crédules et la science des mystères de la nature les rend croyants. Lignorance pour sinstruire doit se soumettre P«L. Jacob, Curiosités des sciences occultes. Ragon, ouvrage cité. .,.--A_..,_W, ..-. _.._.*
29/, LINITIATION [JUIN a. aveuglément aux enseignements qu'on lui donne sans chercher le pourquoi de ce quelle apprend. Si lenfant n'écoute pas les leçons de son maître, sil ny croit pas sur parole, quelle instruction pourra t-il acquérir ? Nous avons foi au savant qui nous instruit etau professeur qui nous enseigne.
Pour devenir aptes à une connaissance supérieure qui nous fait défaut, nous devons commencer par avoir conዾance en celui qui nous enseigne et croire en son nom. Jésus nexigeait pas autre chose de ses disciples: Croyez et vous comprendrez. « Croire, cest savoir sur parole: or cette parole divine qui devançait et suppléait, pour un temps, la science chrétienne, on devait la comprendre plustard, suivant la promesse du Maître.
Voilà donc laccord de la science et de la foi prouvé par la foi elle même (I). » Jésus parlait à ses disciples par similitudes, car elles plaisent à limagination des simples qui sont obligés à réዿéchir pour en comprendre le sens caché. La réዿexion élargissait graduellement l'esprit de ses disciples, les poussait au raisonnement et les amenait à la science.
Et les prosélytes de ce Maître incomparable, ainsi que le pendu du Tarot, nétant plus attachés à aucun système philosophique quils nenvisageaient que (I) Éliphas Lévy, ouvrage cité.
1899] ESSAI DEXÉGÈSE KABBALISTIQUE 225 par la pensée, prirent pour base le ciel en se régéné rant par la croix: par le sacriዾce volontaire de leur libre arbitre et en conservant précieusement les trésors de sa doctrine ésotérique et exotérique.
Cependant, pour une renaissance complète, il ne leur sufዾsait pas de croire sur parole, il leur était enjoint dagir suivant le sens de cette parole qui exi geait deux un entier détachement des choses dici bas pour être divinement fécondés. Xlll. Qui ne sont pas nés du sang, ni de la vo lonté de la chair, ni de la volonté de l'hom me, mais de Dieu. :1 Mem. Domination, Lforce, création, destruction.
Selon Agrippa, le nombre 13 exprime le mystère de lapparition de Jésus-Christ aux nations, car, le treizième jour après sa naissance, elle fut déclarée par létoile symbolique qui conduisit les mages à son berceau. Mem a pour chiffre numérique 40, cest-à-dire le réalisme 4 etla création 0. Avec ce nombre, lincarnation de la nouvelle doc trine est imminente, après ce nombre elle sera ac complie.
Le douzième verset termine le tétragramme de la science traditionnelle dans le monde des systèmes philosophiques et religieux, qui, ayant méconnu, plus ou moins, sa haute sagesse, ont rendu nécessaire, par leur opposition même, la réaction de la vérité. Cette réaction navait pas pour but de détruire les principes éternels émanés du Verbe même, mais de les imprimer profondément dans le cœur des Élus, 8
226 L'INITIATION pour que Jacob prenne racine et ዿeurisse et qu'lsraël germe. et quils remplissent de fruit le dessus de la terre. (lsaic, xvu, 6.) Aussi Jésus a-t-il dit quil nest pas venu pour abolir la loi, mais pour laccomplir.
Dans son nouveau centre daction, commençant par ce verset, il épure par son soufዿe lesprit des hommes, se «faisant une pierre en Sion, une pierre éprouvée, angulaire et précieuse pour être un fonde ment solide, afin que les croyants ne soient point confus. » (lsaie, xxvm, 16.) Le Verbe se fera, alors, chair H, au quatorzième verset, pour fonder un nouvel équilibre, une nou velle réalisation qui aura son accomplissement formel par le consummalum est de la croix 2.
Pour être digne dellnitiation damour et de charité, il ne sufዾt pas dctre semblable à des enfants : il faut naître de nouveau, comme disait Jésus à Nicodème : « Ce qui est né de la chair est chair, et 'ce qui est né de l'esprit est esprit. Ne tétonne point de ce que jai dit: Il faut que vous narssrez de nouveau. (Saint Jean, 111, 7.) « Initiation veut dire mort et renaissance à une autre vie.
Occupezla à vous instruire de la vérité; cest assez quon vous ait dépouillé du vieil homme (I). « Il ne faut pas naître du sang. Le sang charrie la vie, mais il nest pas la vie. « Il est lâme des animaux. »(Deutéronome, xu, 23.) (I) Ragon, Orlhodoxie maçonnique.
ESSAI DEXÉGËSE KABBALISTIQUE 227. Posséder la doctrine qui est le sang des principes éternels nest point posséder ou pratiquer ces principes. Il ne faut pas naître de la chair. La chair revêt le corps, mais elle nest pas le corps, comme croire apparemment nest pas croire en réalité. Il ne faut pas naître de la volonté de lhomme, car elle nest pas le critérium de la vérité.
Elle peut faire des partisans, des enthousiastes aveugles, mais ellé nest pas la ligne de conduite à suivre. . Il ne faut donc pas naître de ce ternaire toujours en opposition avec le ternaire divin, quand on nen sait pas tirer la quintessence que Salomon a désignée par le Tau sacré : la Croix.
Pour que ses disciples ne se méprennent sur la vé ritable direction à suivre, Jésus plaça, au-dessus du triangle de Salomon, privé de son Tan conciliateur, celui des enfants de Dieu, pour leur enseigner quil faut mourir à tout esprit de parti aዾn de se régénérer en Dieu. La renaissance est doncleffet dune mort apparente Le tarot, la magie, la kabbale nous expliquent admirablement bien ce verset.
La mort nest paslanéantissement de ce qui existe : cest la transformation de la vie suivant notre mérite ou démérite. Nous pouvons mourir dans nos fausses croyances et dans nos vices. « Vous étiez morts dans vos fautes et vos péchés. » {Eph., n, I.)
228 LINITI.\TZO\ 1 Nous pouvons devenir comme des cadavres, aዾn de ressembler à Lazare, au grain de blé qui germe, alors quon le croitpourri, à la matière contenue dans lœufalchimique quisemble putréዾée avant deprendre son éclatante blancheur.
« En vérité, en vérité, je vous dis que ce temps vient, et qu'il est déjà venu que les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et que ceux qui lauront entendue vivront. » (Saint Jean, v, 25.) En mourant dans nos vices, nous renaîtrons ce que nous nous sommes faits. Que Dieu nous préserve toujours de la seconde mort : celle de lâme, de lêtre moral !
Nous avons la conviction que cette mort est fort rare, pour ne pas dire impossible. car elle exige, ainsi que la dit le comte de Larmandie, en parlant du péché (l), un plein consentement, la haine ou le mépris de Dieu. Cette dernière condition est difዾci lement atteinte. Lincrédule na que lindifférence. Quant au croyant, il faut le supposer à moitié fou pour quil éprouve de tels sentiments à légard de lAbsclu et de lIneflable.
Il nen résulte pas moins quil y a malheureuse ment dans le monde bien des cadavres ambulants près desquels, comme dit Éliphas Lévy, on se sent moins bon, moins honnête. Ce sont des morts qui. peutêtre un jour, enten dront la voix du Verbe incréé. Plaignonsles, prions pour eux, mais, ne pouvant les sauver, « laissons les (r) Magie et Religion.
ESSAI DEXÉGÈSE KABBALISTIQUE 2213 morts enterrer les morts », suivant les paroles de Jésus, de peur dabsorber les émanations de leur pourriture ! Aux vrais initiés la vraie renaissance, la vie éternellement progressive et non pas celle de la nécromancie, cette lueur des larves humaines en souffrance pour lexpiation de leurs fautes.
Pour mieux approfondir la sublimité de ces prin cipes, il fallait que la doctrine, en la personne du divin Maître, se rendit compréhensible à lintelligence humaine, prit une forme rationnelle, « se fit chair » et donnât lexemple de ses enseignements. XIV. La Parolea été faite chair et a habité parmi nous pleine de grâce et de vérité, et nous avons vu sa gloire, une gloire telle que celle du Fils unique du Père. D Nun.
Vie toujours nouvelle et toujoursla même, transsubstantiation, la tempérance qui verse en deux coupes les deux essences de lélixir de vie. Le nombre XIV est regardé comme très heureux par les kabbalistes. La valeur numérique de nun est 50, cest-à-dire : la quintessence de la religion (_5) et la création (0). 50 : 5 le pentagramme. } Nun correspond, aussi, au nom Emmanuel (Nobis cum Deus) (I).
Le nombre XIV,dans le monde divin,est lemblème du mouvement perpétuel de la vie; dans le monde intellectuel, la combinaison des idées qui créent la vie morale; dans le monde physique, la combinaison des forces de la matière. (1) Papus, Traité méthodique de suence occulte. _.a.,.-æ,._ n, , .I tw-A»o.rväዿ _.._.---.-ዾ- ._.....,. -!uL_
230 LINITIATION Il représente le génie solaire (Jésus a été nommé soleil de Justice), et il symbolise l'initiation de lhomme [> par la raison, laction et la sagesse qui retirent une immortelle quintessence en se combi mm + au ternaire divin A. Le nombre XIV est composé de deux septenaires : celui de Dieu et celui de l'humanité. La Parole incréée, en ce verset. remplace la tempé rance du Tarot.
En se faisant chair, cest-à-dire en se rendant évidente, elle opère la transmutation de lEssence divine et humaine qui composent la vérité comprise par les régénérés en Dieu. Par suite de la domination de l'Esprit > sur la matière V,celle-ci cesse de lui être opposée et s'anean tit dans la volonté du ternaire humain qui seul reste visible |>. Alors lesprit de Dieu descend sur lui <1 et la sublime incarnation + saccomplit E].
Cest pourquoi le corps du Christ, daprès les Pères de lÉglise, a vaincu la mort et que le Christ est monté miraculeusement au ciel avec son corps. La Parole en se faisant chair prit une forme adé quate au but quelle se proposait. Lesprit, dailleurs, ne descend jamais sans vêtement, disent les kabba listes.
Et lorsque cette Parole convient réellement à nos aspirations, lorsquelle est assimilable à notre intelligence,elle ne peut que nous attacher à elle, nous charmer par lattrait de sa morale, la force de son .raisonnement,preuves irréfutables de sa haute origine. Aussi Jésus, lunique m (zah), le temple de Dieu comme il sétait comparé, fut-il reconnu par ceux qui avaient vécu intimement avec lui, pour le Fils unique du Père.
ESSAI DEXÉGÈSE KABBALISTIQUE 23I li _ En jetant un regard densemble sur ces quatorze ver sets, on ne peut que demeurer saisi devant la sublime genèse du Verbe. Nous admirons le précis historique de ce Principe divin à travers les âges de lhumanité. Triun dans son essence, distinct par son action créatrice, nousle remarquons donner, en même temps, la vie au monde et la vieraison aux hommes avec une force identique.
Nous suivons la marche de cette force, raison uni verselle des êtres, au milieu des errements de la pensée humaine et nous voyons surgir les chercheurs de la vérité, en la personne des Jean-Baptiste. Nous trouvons la règle de conduite que ces pion niers du Verbe doivent suivre pour constater la vérité. Cette vérité, qui est au fond de nos âmes et qui souvent est dédaignée par celles qui sont les plus aptes à la comprendre.
Et saint Jean ዾnit par nous faire entendre quelle n'est accessible quaux cœurs purs, à qui elle se dévoile dans toute la splendeur de sa Divinité. III En étudiant ces quatorze versets, par couples ou syzygies, nous y trouvons une philosophie si-ration nelle, une théosophie si admirable que saint Jean fut le seul à exprimer aussi succinctement. Les deux premiers versets nous représentent lÊtre "_,,- >-s A-«« _-*\n:w\.....__;.,.\.æv«q . " "
232 LINITIATION absolu combinant avec ses hypostases, ses projets créateurs. Le premier verset est le sum qui sum du Verbe qui est Dieu, puisquil est la seule manifestation pos sible de la Divinité. Dans le second verset, lÉvangéliste nous dévoile le travail distinct des hypostases divines formant une espèce de « réaction du Moi absolu sur lui-même doù sera tirée la notion de son existence par une sorte de division de lUnité » (1).
Cest devant ce tribunal divin que les causes pre mières furent formulées, comme dans notre for inté rieur nous préparons,par la pensée, la raison et laction de la raison sur la pensée, ce que nous allons dire ou faire. Le troisième et le quatrième versets sont la déduc tion des deux premiers, la manifestation et labondance de la plénitude contenue dans le Verbe. La parturition après la conception.
Cette plénitude du Verbe créera toutes choses : visibles et invisibles. En les créant. elle leur donnera le mouvement qui les fait sortir de la pensée divine, non pas comme une émanation dans lacception littérale de ce mot, car elles auraient une partie de lessence divine, mais comme le désir dune volonté absolue toujours libre en son activité, toujours maîtresse, par un ዾat, de se satisfaire.
Il ny a que les principes intellectuels et généra teurs qui émanent réellement de lEssence divine (r) Papus, Traité méthodique de science occulte.
ESSAI DEXÉGÈSE K.\BBALISTIQUE 2253 parce quils sont des forces immatérielles par les quelles il a formé toutes choses. Par eux, la matière prend une forme, « car, lorsque lon veut la distinguer, dit Ad.
Franck, des forces qui la meuvent et des formes quelle emprunte à lin telligence, elle séchappe, comme une ombre, des mains qui cherchent à la saisir. » Ce mouvement ዾt sortir la forme des choses du non-être, cest-à-dire de la négation de toute subs tance.
Mais cette projection créatrice des formes ne suf fisait pas pour leur donner une Vie à soi, il fallait, comme le déclare lécole des Vedanta, rendre les sence de la matière convertible avec les facultés per ceptives du sujet.
Les formes, ainsi projetées sans vie intime, seraient retournées dans le non-être, après la déperdition de leur impulsion initiale, pour être fatalement repous sées dans un perpétuel mouvement dagrégation et de désagrégation sans but.
Cest pourquoi, avec cette impulsion initiale, il leur donna un principe universel doué de raison pour les hommes, afin quà leur retour dans le courant générateur qui les attire et les repoussé elles pussent,» en reprenant de nouvelles forces, évoluer de perfecti bilité en perfectibilité suivant le but pour lequel elles ont été créées. Il ny a point dêtre ዾxe et immobile, dit Hégel: Starres undprocess [oses wesen. « Si les mondes sentr'ouvTaient, nous yverrions partout le_travail de la vie et de lidée, des virtualités
23/. L'INITIATION puissantes, des énergies internes, des ferments cachés, des forces passant, suivant le beau mot de Gœthe, les seaux dor dans une activité inዾnie (I). » Aussi le quatrième verset nous fait-il entendre qu'après la formation de toutes choses le Verbe leur donna un principe qui, pour l'homme, a la raison en partage.
Alors, cette dryade de force de projection créatrice et dattraction progressive, de mouvement en dehors de soi et de vie en soi, de respir et daspir, forma la base de toute évolution et involution. Dans le cinquième et le sixième versets, nous remarquons que lantinomie de ces deux forces pro venant dune même source ébranla les idées de ceux qui ne poussèrent pas leurs investigations jusquà la raison des choses.
En éliminant, en effet, deces deux forces de créa» ' tion et de destruction perpétuelles le principe éter nel de progrès, lesprit humain vacille entre la fata lité et la liberté, la vitalité et la destruction aveugles et tombe dans des systèmes subversifs de toute idée nette et distincte du véritable but de la création.
Lhomme ne saura plus se servir de la raison uni verselle des choses qui a sa source dans l'absolu, et qui lui a été donnée pour équilibrer harmonieusement lantithèse du créé. Comme il la ramène à son moi, il en fera une pure i forme dentendement qui ne peut lui faire voir les choses telles quelles sont en elles-mêmes, mais l (I) A. Faucher de Careil, Hegel et Schopenizauer,
ESSAI DEXÉGÈSE KABBALISTIQUE :335 déዾgurées par ses sensations et ses connaissances. Il lui faudra donc, pour le diriger dans la voie quil doit suivre, un être supérieur qui sache se servir de la raison universelle des choses, pour la recherche de la vérité. Pour que cet être directeur de ses semblables par vienne à un tel degré dautorité, il devra se consacrer à un puissant travail psychique.
Il lui faudra développer tous ses centres intellec tuels et faire de sorte « que par la tête, siège de lâme immortelle, suivant Papus(1), il puisse dominer la nature ». Ce nest qualors, sil est né sous linዿuence dun senaire, quil sera le réalisateur de la ronde de la vague dela vie, et les peuples qu'il enseignera verront en lui un Élie ressuscité, un envoyé de Dieu !
Le septième et le huitième versets sont la théorie et les méditations de ce génie, par lesquelles il comprend quil nest que linstrument de la vérité, le procureur du septénaire sacré. Il constate que ses recherches ne sont pas la vérité, mais le chemin qui y conduit.
Il ne la renferme pas dans un système, mais il lé tudie partout où il, en retrouve une étincelle, car,. au delà du dernier échelon 'que la sagesse humaine pose au sommet de ses investigations, il entrevoit labsolue origine et ዾn de toutes choses. Le neuvième et le dixième versets sont la conclusion de son travail, son adaptation. Dans le neuvième: (I); Traité élémentaire de magie pratique, .. \ ' i ૺEan->ૺ.. u æ A u, ,, t I M...
236 LINITIATION verset, ses méditations aboutissent, par une méthode analytique, à afዾrmer que la source de toute oeuvre est indépendante de lœuvre même, et que tout sys tème a son origine en un segment de la vérité à laquelle il faut recourir sans esprit de parti pour envi sager la chaîne dor du grand tout dont parle Hermès: Lhomme combine et ne crée point, si ce nest sa destinée.
Dans le dixième verset, conséquence synthétique de sa première déduction, il afዾrme que la vérité, quoique existant dans tous les systèmes philoso phiques et religieux, a été mal comprise par suite de ce que chacun deux crut entièrement la posséder, tandis quelle est comme lesprit universel, lapanage de tous les hommes. Ici sarrête sa mission devant le commencement daimantation de son témoignage.
Dans le onzième et le douzième versets, nous assis tons au travail qui sopère danslintelligence humaine, après lafዾrmation du chercheur. La vérité sollicite les âmes qui prétendent être con sacrées à son service. Elle essaye de prendre posses sion de son sanctuaire, de son laboratoire qui est le centre de ses traditions.
Elle sadresse à lui de préférence, puisque, possé dant lésotérisme de ses enseignements, il est plus apte à la comprendre. . Mais, comme il arrive toujours, ce centre, en géné ral, infatué de ses privilèges, ferme loreille à sa voix. Tel est, aussi, le sort de presque tous les apôtres de
ESSAI DEXÉGÈSE KABB.\LISTIQUE 237 mayaut sa sublime manifestation. On les voit repoussés par leurs propres frères. Le fanatisme etles connaissances arriérées de leur époque se déclarent contre eux. ils sont obligés deiutter contre le courant établi, et, pour faire germer leur inspiration divine dans les esprits atrophiés qui les entourent, ils devront sacriዾer leur rang, leur fortune ou leur vie.
Leur destinée est dêtre brisés dans la lutte, si lheure du progrès na pas sonné, ou de réussir dans la réaction même qui a éveillé leur génie. Cependant, jamais lappel de la vérité ne reste infructueux, et la concentration de ses élus sopère malgré le déchaîne ment des passions humaines et des vices érigés en maîtres; ceux-ci peuvent bâtir, pour sabriter et se défendre, une ville et une tour comme Babel.
A un moment donné, Dieu se manifeste, son Verbe reten tit et confond le langage de ses indignes dépositaires. Dans le treizième et le quatorzième versets, nous constatons la deuxième et troisième phase de ladapta tion de la vérité. Sa divine influence « éveille lintelligence la plus haute dans le sein des masses les plus grossières », comme dit Éliphas Lévy.
Ses afዾliés ne sont plus les hommes de jadis, asser vis'aux passions, aux préjugés et aux convenances de leur siècle, mais des âmes neuves éclairées des rayons viviዾants du soleil spirituel. Ils sont ce que leur verbe intérieur les a fait être, ce que le verbe de Dieu a voulu qu'ils soient; car on ne peut résisterà lenthousiasme dune intelligence qui sait vouloir.
238 L'INITIATION Elle absorbe tout en son rayonnement; elle fascine et subjugue ceux qui lentourent et imprime, au fond de leurs âmes, le souvenir ineዾaçable de son intimité avec eux. Plus lhomme est divin, plus son souvenir est éter nel, plus son œuvre, quintessence de son esprit, est durable. Cest pourquoi Jésus, Verbe de Dieu, vivra éter nellement dans lhumanité.
Cest pourquoi il vécut dans le cœur de ses dis ciples toujours glorieux, car nul n'a en avant lui lidée ineffable du sacriዾce personnel et désintéressé par amour pour les hommes. Nul na mis, autant que lui, sa morale et sa doctrine en action dune façon aussi parfaite et nul jusquà la consommation des siècles ne pourra lui être comparé.
Quand le règne du SaintEsprit rendra solidaires les hommes entre eux, cest encore Jésus qui sera gloriዾé. Il sest montré tellement supérieur aux hommes que nous ne pouvons nous empêcher de conclure avec lÉvangéliste: Ce Verbe, vraiment, est ዾlsde Dieu I ÆSTIBLS - Nmeus.
ዾtÿeeulte a la saut de Ëeuis XW DAPRÈS LA CORRESPONDANCE DE MADAME, MÈRE DU RÉGENT MADAME PEINTE PAR ELLE-MÊME Un excellent témoignage en faveur de la réalité des faits occultes ou psychiques (sils avaient encore be soin de preuves), cest quon les retrouve partout, et toujours pareils, ànimporte quelle époque de lhis toire.
Le siècle dernier ne fait pas exception, même au plus fort de lincrédulité systématique quil nous a léguée, et qui,du reste, à lorigine, visait surtout la religion dÉtat.Cest ce même siècle, en effet, qui a mis en vue et à létude, avec Swedenborg, Mesmer et SaintMartin, tous les grands aspects du supranor mal.
Mais ces choses font encore partie de notre hori zon, tandis que nous connaissons bien moins celles de lépoque immédiatement précédente, le siècle de Louis XIV. Ce ne sont pourtant pas les documents qui nous manquent: c'est plutôt lhabitude de les lire, alors, quand on les lit, on est quelquefois étonné .;æ:ÿ--« __1,, _ . , -ŸJLW,_L_L.
:z/.o LINITIATION de ce qu'on y trouve. La correspondance de la mère du Régent, notamment, oዿre un intérêt tout spécial au point de vue des faits psychiques. . Non que la personne fasse beaucoup leffet dune sensitive, et même de prime abord on la jugerait plu tôt le contraire. Saint-Simon, qui n'y va jamais par quatre chemins, attribue à cette princesse allemande « la ዾgure et le rustre d'un suisse », ceà quoi la dame ne contredit guère.
« Laide, dit-elle, je l'ai toujours « été et je le suis devenue encore plus des suites de la « petite vérole; ma taille est monstrueuse de gros « seuril est vrai que Mૺ Blavatsky n'était pas « mince non plus, je suis aussi carrée quun cube; « ma peau est dun rouge tacheté de jaune;mes che « veux deviennent tout gris; mon nez a été tout ba « riolepar la petite vérole, ainsi que mes deux joues; « jai la bouche grande, lesdents gâtées,etvoilà le por « traitde mon jolivisage. » (Lettre du 22 avril I718).
Elle avait alors quarante-six ans, et naturellement nembellit pas par la suite, daprès un nouveau portrait quelle fait de sa personnele 9 août I718. Elle-même riait de sa laideur(ro janvier I717). Elle avait, par surcroît, les goûts dun homme.
Toute petite, elle aimait mieux samuser avec des fusils et des sabres quavec des poupées; elle aurait voulu être garçon et, croyant sur la foi dune plaisan terie, la chanson de Marie Germain (I), quil sufዾsait de sauter pour le devenir, elle se mit à sauter dune (I) Cf. Montaigne, Essais, I, ch. xx.
LOCCULTE A LA COUR DE LOUIS XIV 241 façon si effroyable qu'elle manqua de se casser le cou (18 août 1718). Plus tard, avec les chiens, les che vaux, la chasse, elle put au moins satisfaire son goût pour les exercices violents et masculins.
Presque tou jours en habit de cheval et en perruque dhomme, elle chassait le plus quelle pouvait par besoin de mou vement : en 1699, elle était déjà tombée de cheval vingt-quatre ou vingtcinq fois, ce dont elle navait cure, et en 1709 elle avait vu prendre plus de mille cerfs. Il lui fallait une cuisine appropriée à sa grossièreté native.
« Jai tellement afïriandé ma gueule allemande à « des plats allemands, disait-elle, que je ne puis souf « frir ni manger un seul ragoût français »; mais « je « mange avec plaisir des boudins ; jai aussi mis à la mode ici lesjambons crus; toutle monde en mange maintenant; on mange aussi_beaucoup de nos plats allemands comme la choucroûte et les choux au sucre,ainsi que du lard saléaccommodé auxchoux...
Jai mis tout cela à la mode, ainsi que les harengs saurs; jai appris au feu roi à en manger (22 août 1719). » Par une étrange délicatesse, elle ne pou vait souffrir le bouillon, qui lobligeait à se faire sai gner tant il la rendait malade : «des boudins et des jambons me remettent lestomac. » (28 oc tobre I717.) Au moral, elle ne semble pas moins homme ou hommasse quau physique.
Elle est presque ordurière, et recherche les mots et les anecdotes les plus mal propres pour en régaler ses correspondantes, elle est ÂâA5äkââ
1252 LINITIATION brutale avec cela, hautaine, mordante et insolente toutes les fois qu'elle a le hautdu pavé.
Deux ዾlles de Strasbourg se donnaientpour des comtesses palatines: elle leur en ዾt de tels reproches que l'une d'elles en mourut de chagrin, et la duchesse, sans la plaindre, répondit simplement au roi qui la plaisantait sur cette exécution capitale: « Je naime pas les menteries. » (25 octobre 1720.) Elle était en effet « d'une sincérité charmante»,suivant M"ૺde Sévigné( 1).
Après la mort de Louis XIV,elle nappelait Mૺde Maintenon que la vieille « ordure ». Zote, dans ses lettres. Tel est lours mal léché qui prit la place, à la cour la plus brillante qu'il y ait jamais eu, dune jeune princesse qui en avait été le charme et la grâce, Hen riette dAngleterre.
Celle-ci, la première Madame, mourut à Saint-Cloud en 167o,empoisonnée, comme on le croit, pour avoir fait exiler le chevalier de Lor raine, favori de Monsieur, et Monsieur (frère du roi et duc d0rléans) se remaria le 16 novembre 1671. Il épousa, pour des raisons politiques, Élisabeth Charlotte, ዾlle de lélecteur palatin et nièce dAnne de Gonzague: ce fut la seconde Madame, celle dont il est question ici. .
Née à Heidelberg en 1652, elle mourut à Saint Cloud en I722, un an avant son fils le Régent, de Sorte que sa correspondance embrasse une grande par me du règne de Louis XIV et presque toute la Régence. çette correspondance, devenue particulièrement ac nVe à partir de 1715, après la mort du roi, et com \ (') I-'être du6 janvier 1672.
LOCCULTE A LA COUR DE LOUIS xrv 243 posée en très grandepa rtie déchos ou de réminiscences du grand règne,est adressée principalement aux parents et parentes de la princesse, et presque toujours écrite en allemand. Elle a fait lobjet de plusieurs publi cations, et a été traduite notamment par G.
Brunet, dont le travail a paru en 1855 à lalibrairie Charpena tier, sous le titre de: Correspondance complète de Madame, duchesse d0rléans, née princesse palatine, mère du Régent ; depuis, M. A. Rolland a publié de nouvelles lettres en 1863.
Les deux volumes de la traduction Brunet (dont le premier sarrête au 22 septembre 1718, et dont le deuxième commence au 25 septembre de la même année) sufዾront large-» ment pour les extraits qui vont suivre. Il faut reconnaître, à la décharge de la princesse, que ses dehors taillés à coups de serpe cachaient mainte qualité féminine.
Dun esprit net et un peu étroit peut-être, elle eut néanmoins assez de ዾnesse pour se maintenir sur un bon pied à la cour, ce à quoi les étrangères ne réussissaient pas toutes, il sen faut. Utilisant sa laideur et sa brusquerie, dont elle faisait rire les autres, elle sut garder une liberté de paroles et dallures étonnante devant un souverain aussi autoritaire que Louis XIV.
Le soufዿet historique dont elle gratiዾa son ዾls en pleine galerie de Ver sailles, lorsquelle sut quil épousait une bâtarde du roi, atteignait aussi bien le monarque que le prince, sans parler de tout le parti des bâtards qui portait Mૺ° de Maintenon et sa fortune: il ne lui en coûta cependant quune pension de mille louis, qui lui fut retirée par le roi. Et dans cette querelle des bâtards
2./. LINITIATION qui agita la ዾn du grand règne, elle resta invariable ment hostile à Mૺde Maintenon tout en conservant lamitié du roi, ce qui suppose une diplomatie assez habile: elle savait dailleurs plier en apparence, et elle fit à son ennemie toutes les excuses voulues par le décorum quand la situation lexigea. On nest pas femme impunément. Si rude que fût son écorce.
Madame avait un cœur, et un cœur dAlle mande inዾniment plus sentimental quon ne pour rait le croire. Elle était capable « dune amitié tendre et inviolable », dit Saint-Simon. qui la si pittores quement représentée toute hurlante à la mort du grand Dauphin. De même, lorsquon apprit la mort de la jeune reine dEspagne, sa belle-ዾlle, elle « crioit les hauts cris (i) », dit Mૺde Sévigné, qui a lair de sen amuser.
Elle se mit à pleurer si fort à la prise de voile de l\ "° de La Vallière, que celle-ci fut obligée de la consoler (t4. juillet 1719). On prétend même quelle avait au fond de lâme un amour secret pour Louis XIV, mais cétait peut-être un amour diplo matique, un de ces ridicules dont elle tirait si bien parti.
Dans tous les cas, sa sensibilité était assez réelle pour que son mari ait cru devoir réprimer ses em brassements, dont il était importuné (18 novembre 1718). Cette sensibilité, qui débordaitsur les animaux, les chiens, les perroquets, les serins et les chats, ceux-ci « les plus jolies bêtes de la création », allait dans un autre sens jusquà la poésie.
Il ny a que vous, lui di (x) Lettre a Mૺ° de Grignan, du 21 février 1689 ; cf. Madame, lettre du 6 décembre 1721. mhnluዾnn-æ ' "ૻ
LOCCULTE A LA COUR DE LOUIS XIV 245 sait Louis XIV, qui jouissez des beautés de Versailles. (8 juillet I718).
Elle goûtait encore mieux des beau tés naturelles : « Jaime mieux voir des arbres et des prairies que le plus beau palais: jaime mieux un jar din potager que des jardins ornés de statues et de jets deau ; un ruisseau me plaît davantage que de somp tueuses cascades,en un mot,toutce qui est naturel est inዾniment plus de mon goût que des œuvres de lart et de la magniዾcence; elles ne plaisent quau premier aspect, et, aussitôt quon y est habitué, elles inspirent la fatigue et on ne sen soucie plus ». (16 févrieriI7lg).
Elle aimait lorage et le tonnerre, les promenades de nuit, le clair de lune, et, bien entendu, les romans. Elle les avait tous lus et elle en donne la liste, car ce nétait pas comme aujourdhui, on pouvait encore les compter. Le théâtre aussi lui plaisait fort.
Elle y pleu_ rait .« comme une folle », sil faut en croire ce quelle écrivit au roi dEspagne après une représentation de lAbsalon de Duché qui ne méritait sans doute pas tant de larmes (5 février 1702). Cest déjà, en grotesque, la femme sensible du xvm° siècle. Mais a-t-elle toujours été grotesque ? Avant de prendre ces habitudes larmoyantes qui ne sont guèreà son avantage, nauraibelle pas en son beau temps et peut-être son charme ?
Elle parle toujours avec attendrissement de sa vivacité et de sa gaité de jeune ዾlle, alors quelle sappelait Lisette ou Liselette, et quelle était aussi légère quelle devint lourde. Elle demeura enfant jusqu'à son mariage : « Jétais enœre tout enfant lorsque jarrivai ici ; nous courions ensemble avec Charles-Louis (son frère) et le petit
246 LINITIATION prince d'Eisenach; nous avons souvent fait un tel vacarme qu'on naurait pas entendu le tonnerre » (6 novembre l72l). Une fois enceinte, elle se désola de ne pouvoir continuer: « Qu'il est gênant, pour un enfant bruyant, turbulent et fantasque, de ne plus pouvoir courir, sauter, se promener en voiture » (3 novembre 1672). A vingt-trois ans, elle restait « assez étourdie» (et juillet 1721).
Atrente-huit ans, en 1690, elle était encore légère et rieuse, à en juger par l'amusante anecdote quelle raconte ainsi; « Au service funèbre de la Dauphine, quand jal « lais à lolfrande, je portai le cierge, nota bene avec des pièces dor, à l'évêque qui chantait la grand messe, et qui était assis dans une chaise à bras auprès de l'autel. ll voulut donner le cierge à ceux qui servaient la messe et qui étaient des prêtres de la chapelle du roi ; mais les moines de Saint-Denis accoururent à bride abattue, prétendant que le cierge et les pièces dor leur revenaient. ils se je tèrent sur lévêque, dont le fauteuil commença à chanceler, et la mitre lui tomba de la tête.
Si jé tais restée encore un moment, l'évêque avec tous ses moines seraient tombés sur moi; aussi je sautai à la hâte les quatre marches de lautel, car j'étais encore leste, et je regardai la bataille; il me fut impossible de ne pas me mettre à rire, et tout le monde rit aussi » (5 août 1719). Septou huit ans plus tard, on ne dirait pas la même personne: elle était devenue « monstrueuse », et sa bonne humeur n'était plus quun souvenir. « Je ne sais si vous vous souvenez combien jétais gaie kkklxkâkkâââîxfêaîk
LOCCULTE A LA COUR DE LOUIS XIV 2247 durant ma jeunesse; cela m'a bien passé » (17 mai 1697). « Vous êtes bien heureuse de pouvoir rire encore; il y a longtemps que cela ne marrive plus, quoique jadis jaie été plus gaie que qui ce soit » (3 avril 1699). Mêmes regrets passé la soixantaine: «Jétais très gaie dans ma jeunesse... jétais une enfant curieuse et espiègle » (9 janvier I720).
Se rap pelant alors son pays natal, et revoyant par la pensée Heidelberg, la montagne et le château, elle sécrie: « Mon Dieu, combien de fois ai-je mangé des cerises sur la montagne, avec un bon morceau de pain, à cinq heures du matin! Jétais alors plus gaie quaujour dhui » {9 sept. 1717). Sa tristesse lui vient surtout de la contrainte. Bien que par orgueil elle fût à cheval sur létiquette, surtout pour les autres (27 avril 1720, 22 nov.
I72I, etc.), on sent combien le cérémonial, la tenue, la vie enfermée, pesaient à une nature aussi prime-sautière, elle qui écrivait en parlant d'une reine: « On me donnerait des tonnes pleines dor, en y mettant la condition que ma vie sécoulerait en de pompeuses cérémonies, que je ny consentirais pas ; car, en huit jours, je serais morte dennui » (16 mars 1699).
Son lot à elle nétait pourtant pas beaucoup plus agréable, puisquelle en disait: « Une gêne éternelle est une ter rible affaire, surtout lorsquelle ne peut ዾnir quau moment de la mort » (15 oct. I7I5). Si lon osait la comparer à un oiseau, on serait tenté de lui appliquer ces vers adressés par'V. Hugo à une autre princesse de la famille d0rléans, semble-t-il (probablement la princesse Marie) :
2/.8 LINITIATION Autour de toi se creuse L'éclatant sort des rois. Tu serais plus heureuse Fauvette dans les bois (1). Rien détonnant qu'avec sa tournure desprit vive et sensible, un peu romanesque même, cette étrange fauvette ait été accessible au frisson de linconnu.
Peut-être même, si elle nétait pas sensitive. sen fal lait-il de peu quelle le fût, à en juger par lexcès quasi hystérique de ses émotions, ses crises de larmes tor rentielles, et ses évanouissements dans les grandes douleurs (-2). « Je suis sujette au mal de rate; lorsque quelque chose magite, mon côté gauche senfle com me la tête dun enfant» (15 févr. I716).
Une de ces agi tations lui vint assmément de la ruine du Palatinat (1674), si souvent reprochée à Louvois: « Quand je pense à des incendies, je suis tout en frisson, car je sais combien on a brûlé, dans le pauvre Palatinat, pendant plus de trois mois. Aussitôt queje voulais mendormir. je voyais tout Heidelberg en ዿammes, je méveillais pleine deffroi, si bien que jen ai été malade» (5 juillet 1718).
Voilà quelque chose qui dépasse lordinaire, et dont on ne retrouverait probablement plus un autre exemple chez Madame, car les gens du Palatinat nétaient pas aussi privilégiés que ceux de la Hesse, paraicil, sous le rapport des rêves ou des visions (i) Les Quatre Vents de l'esprit, III, 9, en écoutant chanter la princesse **". (2) Lettre du 15 juillet 1701 ; cf. M'ૺ° de Sévigné, lettre du l8 septembre 1680.
LOCCULTE A LA COUR DE LOUIS xrv 249 (24. juillet 1721). Toutefois, la sensitive au moins embryonnaire de la Palatine se trahit dans lintérêt quelle porta toujours aux histoires extraordinaires, surnaturelles, funèbres.
Le plaisir quelle prend à les détailler est visible, comme le montre lanecdote suivante, dont le récit nest pas sans mérite : « Il est arrivé à la marquise de Foy, qui a été une « de mes ዾlles dhonneur, une aventure comme celle « qui survint à Mૺૺ3 de La Houssaye : elle tomba « malade à Maëstricht, et fut dans une si affreuse « léthargie, quelle ne pouvait ni ouvrir les yeux, ni « faire un mouvement, de sorte quon la croyait « morte; elle pouvait cependant entendre et voirtout « ce qui se faisait autour delle, mais elle était hors « d'état de faire le moindre signe.
Elle vit mettre au « pied de son lit un grand cruciዾx et des cierges « allumés, comme cela se pratique parmi les catho « liques; on tendit dans toute la chambre des étoffes « noires; enዾn on donna lordre dapporter le cer « cueil où elle devait être placée.
Le dernier coup la « mit hors delle-même; elle fit un effort si violent « que sa langue se délia, et elle sécria de toutes ses « forces : « Enlevez tout cela, et donnez-moi à boire « et à manger. » Tous ceux qui étaient dans lappar « tement furent tellement saisis de frayeur, quils se « précipitèrent dehors en tumulte, se culbutant les « uns sur les autres. Elle a vécu plusieurs années « depuis » (7 déc. 1719).
On peut suivre à la trace, aux différents âges de sa Vie, le goût du merveilleux chez cette grande dame, à a fois positive par lesprit et romanesque par le cœur
250 LIÀITL\TION « Quand jétais enfant, je prenais du bois pourri, jen plaçais des morceaux sur les yeux et sur la bouche, et je me cachais le soir dans lescalier pour faire peur aux gens, mais j'avais moi-même tant peur de ren contrer dus revenants que je tremblais la première » (26 septembre 1719).ૺa fallu que les vieilles légendes laientfortcmentimpressionnée,pourqueSaint-Simon, qui ne la pas connue bien jeune, la représente comme « pleine de contes et de romans de fées » : elle disait que chaque fée, à ses couches, avait doté son ዾls le Régent d'un talent, mais que la plus vieille dentre elles, quon avait oublié d'inviter, sétait ven gée en le douant de rendre inutiles les talents quil avait reçus.
Dans ses dernières années, la duchesse avait une chienne qui portait un nom suggestif: « Jai une chienne nommée Reine Inconnue, qui comprend tout aussi bien quun homme et qui ne me quitte pas un moment sans se mettre à pleu rer et à hurler aussitôt quelle ne me voit plus » (20 juillet 1719).
Le nom de Reine Inconnue avait été imaginé sans doute daprès les contes de princes ou de princesses changés plus ou moins complète ment en bêtes, le ዾls du roi dans la Belle et la Bête, Peau dAne, Mélusine, les sœurs de Zobéide méta morphosées en chiennes, etc. Comme Apollonius de Tyane reconnaissant Amasis dans un lion captif (1), Madame avait soupçonné une reine dans sa chienne.
Par un sentiment moins sympathique, elle avait lhabitude de comparer un vilain personnage de la (1) Philostrate, Vie dApolIonius de Tyane. V, 42. _,._..MMarmaዿዿrmwMMm-ap_nawg-. .' v l
LOCCIJLTE A LA COUR DE LOUIS XIV 251 Régence, Riom, à un esprit des eaux, idée qui ne serait certainement venue ni à la marquise de Main tenon, ni à M'ૻ° de C_aylus. « Il a lair dun fantôme des eaux, car il est vert et jaune de visage, » dit-elle : « il a lair dun esprit malin » (22 août 1719 et 6 août [722).
Ce nest pas que son penchant pour le mystère aille sans quelque scepticisme en présence des faits dou teux, mais chez elle ladhésion lemporte de beaucoup sur la réserve, à preuve sa longue amitié pour la maréchale de Clérambaut, qui lui prédisait lavenir et qui fut sa Mademoiselle Le Normand, sa sibylle.
« Elle prétendait deviner lavenir par des calculs et de petits points. et cela lavait fort attachée à Madame, qui aimait fort ces curiosités, » dit Saint-Simon.
Il HALLUCINATIONS S UBJECTIVES Les lettres de Madame ne peuvent manquer de re ዿéter ses goûts, de sorte que, si on laisse de côté dans cette correspondance les détails historiques, souvent grossiers ou scandaleux, qui en forment la majeure partie, il restera un petit recueil des faits mystérieux à la mode au temps de Louis XIV.
Voici le résultat de ce tri, qui nous révèle des incidents dont lensemble offre tous les caractères dune authenticité satisfai sante, car ils ont été recueillis par une personne sin cère, raisonnable et renseignée le plus souvent de pre mière main. Pour débuter par ce quil y a de plus simple, les
2522 L'INITI\TIIIN hallucinations purement subjectives, on a un joli cas de cegenre dans la lettre du I8 avril [719. « Aujourdhui il faut que je commence ma lettre comme Mૺ" de Ponikau, en Saxe.
Étantune fois en couche; et se trouvant seule, elle vit venir à elle une petite femme vêtue à l'ancienne mode fran çaise, qui la pria de permettre quune compagnie pût faire une noce dans son appartement; quon prendrait bien garde que ce fût dans un temps où Madame serait seule.
M"° de Ponikau y ayant con senti, il vint un jour dans la chambre une grande compagnie de nains et de naines : on apporta une petitetable, on y mit le couvert et un grand nombre de plats, et toute la compagnie et la noce se placé rent a cette table.
Au milieu du festin, une de leurs petites lemmes accourut en s'écriant: « Dieu merci, nous voilà sauvés dun grand embarras, la vieille... est mortel » Le mot laissé en blanc est un terme malhonnête qui sert de transition à Madame pour annoncer, par une aimable similitude, la mort de sa vieille ennemie Mૺૺde Maintenon.
Quant à la comédie minuscule qui se déroula devant M'ૺ°de Ponikau, on ne saurait rejeterla chose comme invraisemblable.Ces rêves éveillés sont connus pour accompagner le retour de la santé mentale ou phy sique, après diverses maladies, ou pour surgir sous la poussée de limagination naissante chez lenfant.
Alfred de Musset, relevant dune ዿuxion de poitrine en 1840, eut des visions coordonnées dont il se ren dait compte, et que son frère laidait à distinguer des objets réels. Lune delles s'organisa en une sorte de à Al\ àâñââftnâkkââk
L'OCCULTE A LA COUR DE noms xrv 253 féerie symbolique, représentant les dérangements causés dansla chambre parla maladie.
De petits gé nies ailés débarrassèrent la table de travail et y dépo sèrent les ዾoles à potions : deux dentre eux emporté rent tristement sur une civière une bouteille de cham pagne,tandis que dautres apportaientsur la cheminée une carafe couronnée de roses que les ዾoles accueil lirent avec honneur, en faisant la haie ; puis les génies enlevèrent les ዾoles et remirent la table dans son pre mier état, mais pas complètement toutefois, car ils oublièrent dylaisser la poussière qui sy trouvait « en plusieurs endroits, notamment sur lécritoire », re marqua Musset.
Aussitôt lobservation faite, un petit marchand de coco haut de trois pouces vint sabler la table de poussière avec sa fontaine. « Voilà qui est parfait, dit le maître en tirant la couverture sur ses yeux.
A présent je puis dormir, et je crois bien que je suis guéri (i). » Un Anglais convalescent eut des hal lucinations analogues ; mais plus simples, daprès une observation rapportée par Taine dans son livre de lInlelligence; pendant plusieurs jours, une troupe de nains verts honore sa table dune danse. (On remar quera la petitesse de tous ces personnages.) Il y a là quelque chose comme limagerie du crys talgaçz'ng, à laquelle M. Andrew Lang compare les visions enfantines.
« Jai connu, quand jétais petit garçon, dit-il, un enfant ayant lhabitude de se cou cher à plat ventre dans lherbe pour contempler les _ (i) P. de Musset, Bibliographie dAlfred de Musset, 1877, p. 244-6. -MQM4M , -,..«.
25/. L'INITIATION êtres féeriques qui se jouaient dans la forêt des tiges et des feuilles. Cet enfantavait un favori familier quil décrivait sans hésitation (I). » Dans un roman qui nest pas son chefdœuvre, I'Esprit souterrain, Dos toïcvsky représente de même les rêveries des premières années, « alors qu'un essaim desprits bienfaisànts sortait de chaque ዿeur quil cueillait et jasait avec lui sur le pré luxuriant...
Et c'étaient les esprits qui len dormaient aufrémissement de leurs ailes,etc.«(2).Seu ement, comme Dostoievsky était prédisposé aux troubles cérébraux, etque son héros lui ressemble, un croque-mitaine ne tarde pas à se mêler aux visions de lenfant :cest la personniዾcation dun mal futur.
La duchesse décrit aussi de fâcheuses hallucinations qui troublaient non pas un enfant, mais une dame : « Jai connu une femme de bonne famille quon « appelait la Persilie, et qui avait perdu la raison_ « Elle avait été, bien élevée et jouait fort bien de la « guitare; lorsquelle avait des accès de fureur et « quelle voulait tout détruire, on navait quà lui « donner sa guitare; aussitôt elle redevenait calme.
« Cétait par suite de chagrin que la pauvre femme « était devenue folle. Elle avait éprouvé daffreux « malheurs : deux frères quelle aimait tendrement « avaient été assassinés sous ses yeux daprès une « autre lettre moins détaillée et moins vraisemblable, « ce serait la dame elle-mèmequiles aurait tués (3); (I) Cock Lane and Common-Sense, I896, p. 225. (2)Traducti0n E. Halperine et Ch. Morice, I886, p. 3940. (3) 14 oct. I717.
LOCCULTE A LA COUR DE LOUIS xrv 525 « son mari lavait quittée pour sen aller avec une « drôlesse : elle l'avait suivi jusquà Copenhague ; il « lavait chassée en la reniant pour sa femme et en la « faisant passer pour folle. Tous ces malheurs « lavaient rendue telle en effet, tant ils lavaient « frappée.
Javais une sincère compassion pour elle; « elle se plaisait beaucoup avec moi et mappelait son « aimable ; mais toutes les fois quelle venait, javais « constamment une guitare toute prête.
Elle éprou « vait de grands maux de tête, et se ዾgurait quils « venaient de ce que sa tête était devenue celle dun « veau, de sorte quelle sécriait : « Ah ! que cette tête « de veau me fait mal et me fait tant de caquets en « lair ? » de sorte que nous disions en façon de « proverbe : « Elle entend des caquets en lair comme « la Persilie » (20 mars I721).
Il est assez curieux que 'cette tête, devenue la sienne, lui parle néanmoins loin delle: cest que laudition interne sextériorise souvent.
Dautres malades, par contre, gardent leurs persécuteurs en eux-mêmes, par exemple cette hystérique du D' Pierre Janet disant: « Cest comme_si javais ma sœur, son mari et ses bébés dans lestomac, c'est comme sils faisaient marcher ma langue en sortant de ma poi trine (r) » ; ou bien encore cette femme dont parle Esquirol, « qui croyait avoir dans le ventre tous les apôtres, les prophètes et les martyrs et qui, lorsque ses douleurs étaient plus violentes que dhabitude, les injuriaità cause de leur trop grande activité (1). » (r) Névroses et Idées ዿeur, 1, [898, p. 2|; ci. p. rg, 23, 28, 30, 44, etc.
236 LI.\lTM1 ION [JUIN La Persilie, dans ses accès, n'avait que la tête de métamorphosée, mais Madame connaissait en ce genre des transformations beaucoup plus radicales : « Le cardinal de Richelieu, malgré tout son talent, a eu de grands accès de folie; il se ዾgurait quelque fois quil était un cheval : il sautait alors autour dun billard, en hennissant et faisant beaucoup de bruit pendant une heure, et en lançant des ruades à ses domestiques; ses gensle mettaientensurte au lit, le couvraient bien pour le faire suer, et, quand il séveillait, il navait aucun souvenir de ce qui sétait passé » (5 juin i716).
Lhistoire nen a aucun souvenir non plus, parait-il, et Madame serait seule àen parler. Dans tous les cas, elle aurait pu citer dautres faits quelle nignorait certainement point, par exemple les folies intermit tentes du ዾls du grand Condé, qui se crut dabord changé en chien et aboya (mais sans bruit et par la fenêtre, devant Louis XIV).
Après il devint un lièvre, ensuite une plante quil voulait quon arrosât, enfin un mort, à linverse du petit-ዾls de Madame qui était convaincu que personne ne mourait. La prétendue lubie de Richelieu rappelle assez celle quaurait eue le vieux poète Du Bartas, qui mimait le cheval pour mieux le décrire, et galopait furieuse ment dans sa tour.
Le 1 amp plat bat, abat, détrappe, grappe, agrappe. â1ûfàîâîâÀ E.LEFÉBURE. (A suivre.) (1) Mandsley, Pathologie de lesprit, traduction française, 1883, p. 227.
@e la illalédirtian et du Elasphème CONFÉRENCE DE CONSTANTIN DISSESCO A BUCAREST TENUE Le 18/30 décembre 1898, à la salle Liedertafel A BUCAREST (Suite) Le conférencier argumente que la malédiction, autant que le blasphème, contient justement cesdeux parties, lexotérique et lésotérique.
Il cite à lappui de sa thèse une série dexemples puisés dans les cosmo gonies, dans les systèmes de religion et de philoso phie, dans la Bible, dans les Évangiles. Parmi ces exemples, retenons celui du péché originel, cette faute principielle, infraction à la norme harmonique éta blie par le Créateur et dont lhumanité tout entière subit les effets à son corps défendant et dont seule lincarnation du Verbe la viendra racheter. Car, sui vant ladmirable traduction donnée par Fabre dOli vet de ce verset de la Genèse (tu, 1-4) :«.Le serpent, 9
258 LINITIATION Nahasch, lattrait originel, la cupidité, cette ardeur intérieure, appétante, était la passion entraînante de la vie élémentaire, le principe inférieur de la nature, ouvrage de Jhoah.
Or, cette passion insidieuse dit à Cüsha (live, la femme) la faculté volitive dAdam : Pourquoi vous a-t-il recommandé, Lui-Elohim, de ne pas vous alimenter de toute la substance de la sphère organique ? » En effet, le serpent, qui est le courant normal de l'instinct, domine, comme principe dyna mique inférieur, la création de Dieu.
Cest ce courant instinctif qui attaqua la sensibilité dÈve, qui la sug-. gestionna, la ዾtchoir, la fit à son tour suggestionner Adam. lequel, déchu, fit subir àsa descendance les effets irréfragables de sa faute.
«Cet instinct inférieur, ce soufዿe du mal, a dit le conférencier, est le sens caché, ésotérique, de la faute originelle, de la violation de la loi,de la déséquilibration de lharmonie primi tive, qui entraîne après soi, comme conséquene fatale, logique, la malédiction suprême, le châtiment divin. » Lorateur explique ensuite ce que sont en essence la malédiction et le blasphème, leur étymologie, leurs sens divers comparatifs dans les langues indo-euro péennes, la signiዾcation quils ont dans Platon, dans Démosthènes, dans lexclamation célèbre de Julien l'Apostat : « Galileen, tu as vaincu ! » Il cite, à titre historique, les cylindres chaldéens, les formules ma giques égyptiennes, les trop nombreuses malédictions hébraïques qui parsèment la Bible; il décrit par le menu l'envoûtement, quiest bien une sorte de malé diction. ll raconte en détail la célèbre malédiction
DE _LA MALÉDICTION ET DU BLASPIIÈME 259 prononcée 'par le Christ contre le ዾguier stérile, ainsi que surKaphernaüm et Korazim ; il parle de la malé diction prononcée contre Arius, de la malédiction de saint Athànase.
Il commente juridiquement et psy chologiquement les prescriptions du Code valaque (Pravzla) du prince Mathieu Bassaraba, dont il cite de nombreux passages; il conclut que lusage de la malédiction, entré dansles mœurs du peuple romain, admis et pratiqué par lÉglise orthodoxe dOrient, était comme une sorte dinstitution.
Mathieu Bassa rabà sest donc cru obligé de légiférer en cette matière et détablir jusquà quelle limite lusage de la malé diction est permise, commeformule de justice.
Lora teur parle de la célèbre malédiction de MathieuBassa raba, concernant labrogation de la dédicace aux saints lieux des biens conventuels, de la malédiction non moins célèbre du prince de Valachie, Mihnea, laquelle a servi de thème aux ampliዾcations poétiques de Bolintineano.
Il raconte ensuite, pour clore cette série de malédictions tirées de lhistoire nationale des Roumains, lanathème du patriarche Nifon contre le prince Radonle Beau, la malédiction prononcée contre le prince Hangery par le métropolitain de lépoque, et le cas célèbre denvoûtement pratiqué par une nonne contre la princesse Panna Cantacuzène.
Mû par un scrupule des plus louables, le conférencier ne se contente pas de citer, à titre probant, de la portée de la malédiction, seulement des faits tirés de lhis toire nationale, il apporte encore à lappui de sa dé monstration des faits historiques avérés extraits de lhistoire universelle. Il cite à ce sujet une formule
260 L'INITIATION de malédiction latine romaine gravée sur une lame de plomb trouvée, en 1869, à Pocio Bagnoli, et qui voue un homme aux dieux infernaux, la célèbre et effrayante malédiction prononcée par Jacques de Molay, grand maître des Templiers, contre le roi de France Philippele Bel et contre le pape Clément V, ainsi qu'une foule dautres cas de malédictions histo riques.
Ensu1te, M. Dissesco traite de la malédiction au point de vue populaire, dont il donne également, à titre exotérique, de nombreux exemples des plus inté ressants et quantité de formules en vers et en prose des plus curieuses et des plus piquantes.
Ces nom breuses citations lui servent de base pour démontrer que la malédiction a des racines profondes psycholo giques dansle peuple roumain,que cet usage est établi de longue date,quil est passé dans les mœurs,comme une sorte dinstitution,lhomme du peuple ayant pour ainsi dire la conviction quil fait œuvre de justice, en verbiዾant une malédiction.
Dailleurs, les expres sions dont se sert le peuple roumain sont des plus pittoresques; il est fort malaisé de les rendre en français par des équivalents exacts.
On pourrait cependant les ramener à deux types : la malédiction proprement dite, cest-àdire le souhait du mal, sans appel à la divinité, et enዾn la malédiction dont la formule contient une invocation, un appel à Dieu Il y a naturellement dans ce fait de demander à Dieu de faire du mal, de devenir pour ainsi dire le gendarme dune malœuvre, une conception grossière et vul gaire. Il faut noter cependant parmi les nombreuses
DE LA MALÉDICTION ET DU BLASPIIÈME 261 formules recueillies par M. Dissesco celles où ዾgure le mot lumière: cest là un instinct cUrieux qui fait pressentir àlhomme du vulgue que cest justement un agent lumineux, le ዿuide astral, qui joue le rôle exécutifdans la malédiction, comme il sera démontré plus loin.
Lorateur énumère une série dexemples de malé dictions extraits de diverses littératures et quil serait trop long de rappeler ici ; nous ne noterons que les deux plus intéressants : la malédiction prononcée par Œdipe roi contre lui-même, dans limmortelletragédie de Sophocle, ainsi que la malédiction de Valentin mourant contre sa sœur Marguerite, dans le Faust de Gœthe.
Pour clore cette série dexemples concrets, pris autant dans le domaine littéraire quhistorique, reli gieux que populaire, le conférencier cite le curieux usage ancien de secouer la poussière des sandales, en prononçant une malédiction,ce qui veut dire que lon se sépare de quelquun ou de quelque chose, quon labandonne avec exécration.
Lorateur croit devoir établir que cest généralement par un besoin de vengeance, sinon par un obscur sentiment de justice,que lhomme profère la malédic . tion, semblable alors à la Némésis antique, dont la puissance inéluctable poursuit sans pitié le coupable.
Parlant spécialement du blasphème et de lanathème, M. Dissesco montre en quoi le premier se différencie de la malédiction, et en quoi le second, lanathème, est formulé uniquement par les prêtres; le confé rencier note en passant que les plus épouvantables m w....æ . *u"ૺ"ૻ""SWૺૺૺ au: -_._,n
262 LINITMTION formules dexécution, dobjurgation, de malédiction et de blasphème sont les sémitiques, les hébraïques ; pour prouver que lesprit de malédiction est contraire à lÉvangile, ilcite la parole du Christ: « Ne mau dissez point, mais bénissez ! » cest-à-dire pardonnez les oilenses; cela met par conséquent le pardon, l'œuvre de charité au-dessus de tout ; la malédiction est donc en essence contraire à l'esprit de charité.
Nous nous permettrons dajouter quau fond la pra tique de la malédiction est un legs purement sémi tique, contraire à lesprit aryen et que lon ne trouve nulle part ni dans Zoroastre, ni dans les Védas. M. Dissesco passe à la psychologie du sujet, quil pénètre à fond.
« Quest-ce en somme, ditil, que la' « malédiction ? existe-t-elle seulement ? nest-ce pas « simplement le fruit de limagination, une supers « tition vulgaire, une habitude grossière? La malé « diction est-elle un fait réel, constant?
Peutelle « trouver des racines dans lâme humaine ? » Autant de questions auxquellesl'orateur répond de lui-même: « Nen déplaise aux nombreux esprits voltairiens qui « honorent ma conférence de leur présence, nen « déplaise aux sceptiques prêts à sourire de tout, nen « déplaise«aux esprits prompts à la critique, nen « déplaise aux pyrrhoniens (qui oublient que le doute « est déjà une concession), jafዾrme avec conviction « que la malédiction, sans en approuver pour cela la « pratique, est un fait réel, constant, quil trouve des « racines dans lâme humaine et que ses effets sont « incontestables. Mais, encore une fois,questee que « la malédiction ? Cest une projection, une émission
DE LA MALÉDICTION ET DU BLASPIIÈME 263 , _, . . _, _ ... _. ::. r:v J:Ë JL.rmnfzäsÿrዾ « de ዿuide astral ! Mais qui projette ce ዿuide ? Cest « lhomme ! mais quest-ce que lhomme ? Voici qui « complique le problème! » En effet, tout ceci veut une explication ; à celle de de M. Dissesco ajoutons, suivant la formule hermé tique classique, que lhomme est un microcosme,image du macrocosme.
Lastral est cet agent cosmique uni versel, qui se trouve dans tout corps, soit sidéral, soit hominal, soit végétal, et qui remplit les espaces inter pl-anetaires.
Le ዿuide astral, cest lagent de vitalité par excellence, il se trouve dans tout être : cest le linga sharira des Hindous, le thélesma dHermès Trismé giste, le mach des kabbalistes, lazoth des alchi mistes, levestrum de Paracelse, lod ou ዿuide odique de Reichenbach,le ዿuide magnétique de Mesmer et du baron du Potet, c'est le peresprit dAllan Kardec, le métaélément, létat radiant, le quatrième état de la matière, la force psychique de William Crookes et de Wallace, le mouvement de Louis Lucas, lénormon, le médiateur plastique, qui est à la fois la matière de la vie sentimentale et le moyeu de toutes les actions morales, cest-à-dire lintellect passif ou inconscient (d,u>ci,l par opposition à lintellect actif ou conscient qui est lesprit (voï3ç).
La lumière sidérale, la lumière astrale, lastral en unseul mot, cest latmosphère seconde, la force cosmique universelle,lum ière émanée dans le principe du Verbe de Dieu qui a dit : « Que la lumière soit, et la lumière fut ! » La lumière astrale, cest l'impalpable aither dHomère et dEschyle, locéan ዿuidique dans lequel baignent les mondes et dont les boules se répercutent à travers lunivers "Wૻtዾ""ૻ" "' '*w ««'\>-*.ૺ w_vg»««.».-L> j:.mt-\«;-"-\«k.-j 4w k .__.__ W
26/. L'INITIATION qu'elles enveloppent et pénètrent, viviዾant le micro cosme comme le macrocosme.
« Lhomme», a dit saint Paul, créé à limage de Dieu (Père, Fils, Saint-Esprit), contientune trinité dans son unité; « il est corps, âme, esprit, » cest-àdire corps matériel, corps astral, corps spirituel, matière, sensibilité, intelligence, besoin, sentiment, idée, con tingence, désir absolu 67m, vj,uዾj, voile, Rupa, Linga Sharira, Manas, des Hindous, Nephesch, Ruach, Neschamah, de la kabbale.
Cette doctrine est non seu lement celle de saint Denys lAréopagite et des Pères de lÉglise, de saint Thomas dAquin,des mystiques sublimes du moyen âge chrétien, du P. Gratry, du P.
Lacuria, de Goerres, mais encore celle de tous les grands hermétistes, depuis Hermès Trismégiste et les métaphysiciens hindous jusquaux gnostiques, aux adeptes de la kabbale, aux occultistes et aux initiés de la Rose -3Croix. \ « La lumière astrale dans lhomme, la force psy chique, l'astralité, sécrie M. Dissesco employant ici un mot à lui, lastralité est la source unique de tous les phénomènes ; cest elle qui constitue la per sonnalité humaine ; cest par lastralité que lon sexplique les phénomènes dattraction et de répul sion; elle produit la chaleur, la lumière,lélectricité ; lhomme est comme une sorte de pile de Volta, plus ou moins chargée délectricité,cest-à-dire dastralité; « il en est de prodigieusement chargés de cet agent; « des femmes surtout sont pour ainsi dire électriques. « Voilà justement lagent dont lhomme se sert dans « la malédiction. Cest par le regard, par le geste, par kkâkâAâk
DE LA MALÉDICTION ET DU BLASPIIÈME 265 « « « la parole que lhomme manifeste son astralité, il extériorise pour ainsi dire lidée avec laide de las tral par les divers organes affectés à ces trois genres {9 de manifestations, lœil, la main, la bouche et qui « « « en sont comme les canaux; lhomme se sert par conséquent ausSi de ces organes-là dans la malédic tion. » Comme exemple exotérique du regard, lorateur cite la jettatura, comme exemple du geste la dé marche, ainsi que le mouvement, le signe, le geste que fait avec la main le prêtre qui bénit: « Le signe « kâkዾu fait avec la main dans la malédiction, continue M. Dissesco, projette également une certaine quan tité de ዿuide odique qui constitue ici comme dans la passe magnétique le canal direct par lequel se manifeste la volonté.
« Mais cest la parole qui est par excellence, par lorgane de la bouche, le facteur le plus puissant de de la manifestation astrale, en tant quexpression de la volonté. En effet, la parole,cest la diction, c'est léloquence, cest le Verbe. Mais quest-ce que le verbe humain?
Le verbe est lémission dune certaine quantité de ዿuide vital, explique M. Dis sesco, laquelle met en action, par des vibrations, lêtre tout entier et dégage lastralité. Cette quantité de ዿuide vital prend pour ainsi dire corps: voilà lidée. La tension cérébrale contribue naturellement à donner plus de puissance à lidée.
Nous navons pas tous la même puissance dastralité ; la force de volonté est inégale; nous parlons tous, mais nous ne produisons pas tous le même effet. Si lon y
;a(ili L'INITIATION 4( « « (< « K (( (( ajoute la force d'intention, le but pour lequel est émise une parole qui exprime une idée, on sexpli quera l'action plus ou moins réelle, efዾcace, sé rieuse de la malédiction.
« Le Verbe est par conséquent la source première. le principe absolu, l'honover de Zoroastre qui exis tait avant la création, cest le logos de lapôtre saint Jean : le logos qui était au commencement, avec Dieu, en Dieu, etqui était Dieu, par qui toutes choses ont été faites, sans lequel rien na été fait, en qui était la vie, laquelle était la lumière, la lu mière qui luisait dans les ténèbres et que les ténèbres nont pas comprise. » Lorateur rappelle à ce sujet une page superbe dEd gard Quinet dans le Génie des Religions : « La pa (( < « « « (< « « (( « (< « role est la lumière de lhumanité comme la lumière est la parole de la nature; si l'univers est un Verbe, . un hosanna prononcé par lorgane des choses, que sensuit-il, sinon que la parole est le principe, lâme même de la création?
Du milieu de léternité Dieu appelle à haute voix chaque jour, chaque heure, chaque chose, en même temps quil exorcise la nuit, lombre, la mort. Recevoir un nom, cest recevoir lêtre, et le monde surgit par la puissance de lévocation. Prononcée par le TrèsHaut, cette parole de vie, qui est en mêmetemps lumière, éclate, jaillit, circuleàtravers linዾni, de sphère en sphère.
Quil nous soit permis dajouter ici quelques lignes du Sâr Peladan, de son dernier ouvrage, lOcculze catholique : «Le Verbe, cest la volonté de Dieu. Au « commencement était la pensée divine et la pensée
DE L.\ MALÉDICTION ET DU BLASPBÈME 267 â;ä,âkâ;ëâkâàkâ kkkkâkkâkkkkkkââkîx était avec Dieu, et elle était Dieu sous forme de mouvement; et ce mouvement ne se détacha pas tout de suite de son auteur, opérant sur lui-même une gestation formidable où le plus contenait le moins en un amalgame harmonique.
Cest la mo lécule divine contenant en puissance toute la para bole créatrice; une formidable distance sétablit entre Lui et son Verbe, car le mouvement de ce Verbe est un mouvement de descente, dinvolution, dincarnation. Cest ce Verbe qui est le Créateur,. qui a tout fait.
Ce Verbe contenait la norme, la pensée, la série spirituelle et enዾn la vie. » « La malédiction, co_ntinue léminent conférencier, est donc une projection ዿuidique plus ou moins considérable, suivant la force du vouloir et la puis-y sance astrale de lopérant.
Cette émission de ዿuide, dirigée avec lintention du mal contre une autre personne,agit comme une espèce de courant, frappe, pousse, enveloppe, envahit le maudit, empoisonne .pour ainsi dire son atmosphère astrale, le sugges tionne littéralement.
Il est certain que lêtre faible, A malade, hypocondriaque, crédule, ignorant, peu reux, étant plus suggestionnable, plus magnétisable, plus hypnotisable, plus susceptible, sera matériel lement et moralement exposé à ce que la malédic tion ait plus deffet sur lui.
Une malédiction pro noncée, verbiዾée, à laquelle vient sajouter le geste, laction, le mouvement se trouve renforcée dune quantité de ዿuide dautant plus grande ; ceci donne par conséquent plus de puissance à la malédiction. et en assure mieux les effets. »
268 L'INITIATION Nous nous permettrons d'ajouter ici que lÉglise possède, dynamiquement, accumuléescomme héritage du passé, des forces en réserve qui la rendent puis sante ; sans cela la formule ou le rituel ecclésial, dé pourvus de conviction, n'auraient pas de force.
« Limagination, continue lorateur, joue sans « doute un grand rôle dans l'cዿct de la malédiction ; le sangfroid, la conservation de l'énergie sont des garants de résistance ; les perdre. cest sexposer à latteinte du proférateur de malédictions, cest même parfois, par l'effet de la crainte,sautosugges tionner dans ce sens.
La trempe du caractère est une nécessité de résistance autant qu'elle était une condition de l'initiation, suivant que cela était pratiqué dans les temples égyptiens et éleusiniens.
« La capacité émotive de lun est la cause directe de la réceptivité de la malédiction, autant quela ca pacité volitive de lautre en est le garant de réus « site. » Nous ajoutonsici, daprès Guerres, lécrivain classi que dans ces matières, que la possession démonia que, la diabolicité, lintoxication de lhomme pardes puissances infernales, trouvent justement le terrain préparé chez les êtres émotifs,impulsifs, déséquilibrés.
« En somme, conclut M. Dissesco, leዾet de la « malédiction sexplique par lenvahissement dune « astralité inférieure par une astralité supérieure : il y « adécharge électrique, dynamisme fonctionnel. De , « même quele médecin, par lapplication des médi « caments, calme ou irrite le malade, la bénédiction « ou la malédiction agit en mode analogique; bien ዿâkâkàkk  Â
DE LA MALÉDICTION ET un BLASPHÈME 269 « plus, la malédiction seule intoxique ou demeure « sans effet, agit ou non astralement, en vertu de « lois identiques àcelles qui ninዿuencent que ma « tériellement. » A titre dexemple exotérique, lorateur raconte les deux cas de malédiction guéris par la suggestion (la petite ዾlle maudite par son père et la femme maudite pour nonpaiement de dettes) à lhôpital de la Charité, à Paris.
« Ces exemples, poursuit le conférencier, prouvent le rôle prépondérantde la volonté dans lacte de la malédiction.Cest par la volonté que le ዿuide astral se communique au patient dont le système nerveux est atteint par ce fait et le met dans un état analo gue à celui du suggestionné ou de lhypnotisé. Mais la malédiction ne porte pas toujours, nagit pas tou jours dune façon absolue sur tous.
Il arrive, mal gré la force nerveuse ou astrale émise, malgré la volonté présidant àlacte,malgré le geste et le verbe, que celui qui est visé résiste et sorté indemne de cette espèce d'envoûtement.Que se produitil alors? Un choc en retour, cest-à-dire que tout le ዿuide déchargé en vain revient sur'_le maladroit ou linha bile ou limpuissant opérateur et laccable exacte ment des maux souhaités à lautre.
Lastralité de lopérateur a été plus faible ouinsufዾsantecompara tivement àcelle du patient.Quandla malédictionest proférée contre un innocent, il y a toujours un choc en retour, car lhomme pur, innocent, pos sède une astralité supérieure: le goète, le sorcier, le nécroman qui lui veut du mal, et fait par consé kîkÀâkkââkfèkâ'kâk A Ââk/è'
'z7o LINITIATION <\ quent œuvre de ténèbres, tombe toujours victime « de sa malœuvre. L'innocence est donc en ce cas « inattaquable.
A titre d'exemple exotérique et d'explication expé rimentale, lorateur démontre le choc en retour par un phénomène météorologique, preuve de lordre physique : « Un nuage chargé délectricité semblable « à celle dun point donné de la terre ne pouvant 'ainsi produire la décharge, la terre demeure en ce pointlà accablée de son électricité propre, ce qui produit la mort de ceux qui se trouvent sur ce point.
Il faut, comme observe Éliphas Lévy, que {la volonté de lopérateur soit exempte d'attractivité, aዾn que la malédiction puisse porter ; cest pour quoi la malédiction par esprit de jalousie na pas de portée. » k ââkââkâ Nous observerons dailleurs que tout acte humain ' porte en soi la bénédiction ou la malédiction quil mérite.
Laction entraîne après elle comme un cou rant quiréagit sur l'homme, courant bienfaisant, sil a bien agi, courant délétère, sila mal agi. ' « La malédiction, dit à juste titre M. Dissesco, est mauvaise en essence ; mieux vaut pardonner que maudire, suivant le précepte évangélique ; et, dans ce cas, il se produitégalement un choc en retour.
Prier pour les pécheurs, pour son ennemi est comme le pardon un acte de malédiction en sens inverse, un_ choc en retour contre le pécheur, l'ennemi, le mé chant. Jésus na-t-il pas pardonné à Judas Iscariote, le traître ? Il y a donc un verbe bienfaisant et un. verbe malfaisant. » AkRzèââââîx 1 U! . : '= l ., .ua,ÿlurૺ
DE LA MALÉDICTION ET DU BLASPHÈME 271 M. Dissesco raconte, pourclore sa conférence, le sujet du célèbre roman de Jules Lermina : la Magi cienne, et termine en commandant à tous les points de vue la pratique de la bénédiction, répétant les paroles du Christ: «Nemaudissez pas, bénissez l »ce qui rappelle le préambule où lorateur avait cité les paroles de saint Paul sur la supériorité de la charité. « La malédiction. conclutM.
Dissesco, est un acte de « haine, tandis que la bénédiction, le pardon, sont « des actes de charité, des actes damour! » .IV Telle est, en résumé, avec quelques explications que nous avons crues nécessaires, la conférence de M. Dis sesco, si intéressante sous bien des rapports, si cu rieuse et si originale, autant pour lesujét en lui-même que pour la forme facile et sans apparat de causerie délectable, mais subtile, qua voulu lui donner lémi nent professeur.
Nous nous permettrons cependant de formuler quelques réserves sur un seul point. M. Dissesco a dit que « lastralité de chaque homme constitue sa personnalité ». Nous ne sommes pas de cet avis. Sans quil soit nécessaire de connaître personnelle ment lillustre conférencier et de sen convaincre par un échange didées, tous ceux qui ont pu lentendre, il y a deux ans comme maintenant, concluront comme nous que M. Dissesco est panthéiste. Nous,
272 LINITIATION nous sommes chrétien, chrétien convaincu; nous. nous rattachons en mystiqueà saint Denysl'Aréopagite et au commentaire de Goerres, en hermétisme à la gnose chrétienne et à la doctrine Rose1-Croix. Ce témoignage préalable nous parait nécessaire pour inዾrmer notre opposition à tout panthéisme et expli quer les pages qui vont suivre et qui nous sont per sonnclles.
M.Dissescoa une doctrine panthéistique émanatiste; nous ne sommes donc nullement étonné de lui voir formuler que lastralité constitue la personnalité humaine. M. Dissesco est dualiste, non triniste; il veutque le corps, la matière, le non-moi inférieur retourne, après la première mort, aux éléments qui ont servi à sa constitution et se disperse en eux.
Mais. du même coup, il veut que lenveloppe astrale, le peresprit,lénormon sensible, le non-moi supérieur, qui fut la cause de tous les phénomènes vitaux, re tourne également à sa source originelle, sidérale, à son élément constitutifqui est la lumière astrale,lat mosphère seconde, sy dilue, sy absorbe, par une sorte de résorption, quitte à reformer par la suite une . nouvelle involution de lastral au matériel, et ainsi de suite à linዾni.
Mais là sarrêterait lévolution, et le monde se limiterait dêtre matériel ou astral, sans le troisième monde, le spirituel. _ Cest là tout simplement le nirvâna à michemin, le nirvâna incomplet, lanéantissement sans la béati tude; car, si la personnalité constituée par cette astra lité, qui à la seconde mort se dissocie, se dilue en l effet dans la masse de locéan ዿuidique sidéral, se.
DE LA MALÉDICTION ET DU BLASPIIÈME 273 .perd de cette sorte dans un Inconscient univer sel, il ny a plus de place pour la béatitude. La , béatitude suprême, la contemplation du divin, de lAbsolu, de lEn-Soph,de la lace che du sê evera, comme dit le Dante, ne peut être que cônsciente. Dieu ne saurait être immanent au cosmos, parce quil en est le Principe absolu, transcendant. DaprèsM.
Dissesco, la personnalité humaine dure tant que dure lastralité polarisée en contingence, apparente en phénomènes vitaux; une 'fois la ma térialité dissoute, lastral se dilue à son tour, une fois résorbée dans la lumière astrale, dans lâme universelle, dont elle était émancée, elle na plus dexistence propre, mais elle participe à la vie universelle, en tant que parcelle lumineuse de lin ዾnité sidérale.
Mais, demanderons-nous, que devient, dans cette théorie, l'esprit, le troisième humain, le Neschamah, le Manas, lintellect actif et conscient, le moi ? Le corps astral et lintermédiaire entre le corps et lesprit, cest le médiateur plastique, une sorte dentité ዿui dique, légère, impalpable, impondérable, notre double éthére, lenveloppe, le monde, lhabit, le vête ment du corps matériel.
Le corps astral (oulastralité de lhomme, suivant lexpression propre à M. Dissesco) est en effet la vie même de lhomme, le principe essen tiel de la vie terrestre; il a la sensibilité, le sentiment, comme le corps a la sensation, le besoin; il est, encore une fois, lintellect passif ou inconscient; en un mot,lastral est un agent, une force au service dun absolu, qui le module, le façonne, le pousse, IM Wÿy.>\_ .
27. L'INITIA'IIUN lexcite, limpulsionne, le dirige. En l'astral ne réside point la Volonté, qui est justement l'afዾrmation de la personnalité humaine, le sceau individuel; il nest nullement lintellect pur, absolu, actif, conscient, qui est l'être par essence. Lastral,cest le non-moi supérieur, comme le corps matériel est le non-moi intérieur, mais l'esprit, cest le moi.
Au lieu de dire que lastralité c'estla personnalité humaine, il faudrait dire : comme le corps physique est la person nalité terrestre, le corps astral ou hyperphysique est la personnalité sidérale, tous deux manifestations de la personnalité spirituelle qui est lesprit.
Il y a donc trois personnalités, dont l'une absolue et les deux relatives; des deux relatives, lune lest par rapport à la vie astrale, lautre par rapport à la vie spirituelle. La volonté réside dans lintellect conscient ; elle se communique à lastral, intellect inconscient, lequel impulsionne le corps et se manifeste par l'organe à la contingence.
Ou, pour mieux nous exprimer: lastral est un agent, une force au service dun absolu, les prit qui le module consciemment, en joue comme un clavier, le retient ou le pousse, le guide, le dirige, lactionne à son gré. Le corps matériel est à son tour inዿuencé par lastral, qui lui fait subir inconsciemment les suggestions internes de lesprit.
La masse du corps, inerte par elle-même, ne peut rien sans lastral ; lastral est lagent dont se sert lesprit pour extériori ser sa volonté, sa création, son idéalité; lorgane corporel est le canal par lequel lastral à son tour écoule, manifeste limpulsion (donnée par lesprit)
' DE LA MALEDICTION ET DU BLASPIIÈME 275 .I.-är qpr dans le domaine de la contingence, de la réalité tan gible. Lastral, pour nous résumer encore plus, cest la réalité sensible; le corps, cest la réalité tangible.
Tous deux au fond sont irréels ; lun séteint à la pre mière mort, dissocié dans la masse brute de la con tingence qui nexiste que comme manifestation de lastral ; lautre séteint à la seconde mort, par celle diluée danS la. masse inconsciente de la ዿuidité cosmique, de la sidéralité impondérable et lumineuse, lâme universelle.
Seul, lesprit demeure, en effet, survivant deces deux cadavres, lun cadavre dissocié dans limmense ossuaire terrestre, lautre enveloppe de cadavre, dilué dans la tombe inዾnie cosmique. Le corps, cest la manifestation de lastral ; Lastral, cest la manifestation de lesprit. Lesprit procède de Dieu par spiration, lastral naît de lesprit par création, le corps sextériorise de lastral par émanation.
Le corps peut être résorbé par .lastral, lastral réintégré par lesprit; la matière peut être diluée dans lastralité, lastralité aspirée par lesprit. _ Le monde matériel nest quune involution du monde astral comme le monde astral est une involu« tion du monde spirituel, qui à son tour procède du monde divin, par décroissance successive de dyna mismes.
La matière nexiste pas en tant que subs tance, il n'y a. pas de substance en dehors de la subs tance spirituelle qui émane par spiration de la subs tance divine. « Le temps et la matière,» a écrit le P. Lacuria, cet admirable penseur si peu connu, «le « temps et la matière sont deux idées corrélatives et « inséparables; le temps, cest la durée de la matière;
976 LINITIATION « sans la matière, il n'y aurait point de temps. » - Mais qu'est-ce que le temps par rapport à Dieu, il nexiste pas; cest une relativité adéquate à la relati vité de la matière.
LUnivers matériel nest au fond quune apparence, la matière nétant que le résultat produit par un système de forces, par un ensemble de dynamismes émanés de la substance spirituelle, dynamismes de divers ordres qui produisent sur nos sens une illusion de réalité, la Maya.
La matière nest quun jeu de forces; elle serait transmutable, désintégrable et reconstituable, en tant que lon pos séderait le nombre, la qualité et lénergie des ondula tions dynamiques.
« Le processus de la Trinité divine, écrit le comte de Larmandie, nous repré sentant les mouvements suprêmes dinvolution et dévolution métaphysiques, la modalité dyna mique primitive a donné comme résultat cos mique ou astral qui reste encore lenveloppe « générale du monde physique. De latmosphère seconde vient par involution la matière radiante, qui a involué en matière gazeuse, liquide et solide.
Lêtre physique organisé donc ainsi, lhomme, est la réunion de ces quatre états de matière, sous labsolu pouvoir de lesprit. . Que serait donc le corps sans lastral, l'ombre du néant; que peut être lastral sans lesprit, le néant. Sortir du néant pour y rentrer, cela est inconcevable, inadmissible.
« Lhomme, a dit le Sâr Péladan, « lhomme est une lampe précieuse et prismatique ; « mais si le divin ne léclaire, cette lampe est un objet « sans clarté et sans chaleur! » Oui, le corps maté âtâk k ... d--.__ ___ _.
DE LA MALÉDICTION ET DU BLASIIIÈME 277 riel et apparent meurt pour ainsi dire et retourne au monde matériel, aux éléments constitutifs tout aussi apparents que lui, poussière dans la poussière. Oui,le corps astral, dégagé de la contingence, quil avait animée, retourne au monde astral, à la source, dont il était émané et où il séteint à {son tour, lumière dans la lumière. .
Mais cette lumière nest que lombre de la lumière véritable, de « la vraie lumière qui éclaire tout homme venant au monde » (saint Jean, 1, 8).
Lesprit pur, sans lastral, retourne aussi dans le monde spi rituel, doù il était involué, dans le monde divin, dont ilémanait, car, comme dit saint Denys lAréo pagite (De la Hiérarchie céleste, l) :« Toute émanation « de splendeur, que la céleste bienfaisance laisse débor « der sur lhomme, réagit surj lui comme principe de « simpliዾcation spirituelle et de céleste union, et par sa force propre le ramène vers lunité souveraine et « la déiዾque simplicité du Père.
Car toute chose vient de Dieu et retourne à Dieu, comme disent « les saintes Lettres. » La survivance absolue et dernière nest réservée quà lesprit; tous les esprits, androgynes réintégrés, survivront, conscients et immortels, chacun dans sa sphère propre, personnalités distinctes et spirituelles dans le monde spirituel.
Les élus, dans le monde divin, les plus méritants, les rédempteurs, les génies, les sublimes, participeront personnellement à la suprême béatitude, à la vision de lAmour divin. Mandataires du Verbe, ils communieront en la Com munion extatique du Père, au Calice du Fils, dans la A à
278 l.l.\l'lt.\'ll0N Grâce inዾnie du Paraclet, serviteurs des servi teurs des archétypes, des Elohim principiels, êtres délégués de lÈtre, manifestations Isuperexcellentes de lAbsolu! Il. STURDZA. Décembre 1899. .y.
AVIS DIVERS 2279 ©âëäE Mèâïïlዿi ESTE Le vendredi 9 juin a été ouverte, à Paris, une nouvelle loge martiniste, sous le nom de Velleda. Nous publierons prochainement les discours pronon cés à loccasion de linauguration solennelle de cette loge. Une nouvelle Loge Martiniste Isis, est créée à Douai. M. Jollivet Castelot estnommé délégué général de lOrdre Martiniste. Société des Genዾérences Spiritualistes La dernière conférence a été faite par le DIF Papas, qui avait pris comme sujet la Naissance. La prochaine conférence sera faite le 23 juin (28, rue Serpente), par Gabriel Delanne, sur la Alédiumnité. En juillet, séance solennelle de ዾn dannée,consacrée à une étude sur lŒuwe de [Occultisme en 1898-99. Ë(Ë®LE SUDPËŒUËIÆIËÉ ll.llBläâ DES SCIENCES HERMÊTIQUES Cest également àla ዾn de larmée (en juillet) que les diplômes décernés à la suite des examens seront distri bués. '
280 LINITIATION RÊVE LA FIN DU nonne (Tiré des p'oèmes en prose) Il me semblait me trouver loin, loin; dans une des parties les plus oubliées de la Russie, dans une cabane de village. La grande chambre à trois fenêtres est bien basse, blanchie à la chaux et sans meubles. Devant la maison s'étend une plaine déserte, aride; elle sétend au loin en s'abaissant toujours.
Le ciel gris uniforme semble être tendu au-dessus de nous ainsi qu'une tenture de lit. Je ne suis pas seul; à peu près dix personnes se trouvent avec moi dans la même chambre. Tous des gens simples, vêtus pauvrement, ils arpentent silencieusement la chambre en se regardant en dessous. Ils sévitent les uns les autres, et quand même ils échangent toujours des regards inquiets.
Aucun deux ne sait pourquoi il est dans cette maison ni qui sont ces personnes avec lui. Linquiétude et labattement sont sur tous les visages.. tous. chacun à leur tour, ils sapprochent des fenêtres et regardent attentivement. Ils semblent sattendre à quelque chose. Puis de nouveau ils arpententla chambre.
Parmi eux on remarque un petit garçon qui de temps en temps sécrie dune voix monotone et grêle :« Petit père, jai peur. » Mon esprit se trouble de ces cris enfantins, et moi aussi je commence à avoir peur... de quoi? je nen sais rien moi-même. Je sens seulement quune calamité immense avance et s'approche. Le petit garçon fait entendre des gémissements aigus de temps en temps. Ah 1 si je pouvais men aller!
Quel étouffement, quelle tension, quel poids 1... Mais il est impossible de sen aller. Ce ciel semble un linceul. Et il ny a plus de vent..
_-ur nÈ vu 28 1 Lair est mort, peut-être? Soudain le garçonnet se précipite à la fenêtre et sécrie de la même voix plaintive: « Voyez, regardez, la terre est effondrée. » ' Effondree, comment?
En effet: avant il y avait une plaine qui sétendait devant la maison, qui, maintenant, se trouve au haut dune montagne inaccessible l La voûte céleste est tombée, disparue plus bas, et, de la maison, on naperçoit plus quun abîme creusé, affreux dans les ténèbres. Tous, nous sommes à la fenêtre ;leffroi glace nos cœurs.
Le voilà, le voilà! murmure mon voisin... etvoici que le long de lhorizon terrestre, quelque chose a bougé, des hauteurs rondes wmmencent à sélever et à tomber. . «2: C'est la merl » nous écrions-nous tous dune com mune pensée. Elle nous noiera tous dans linstant, mais comment se fait-il quelle puisse grandir, samonceler, gravir cette hauteur à pic? Et toujours elle grandit, grossit énormément...
Ce ne sont plus les hauteurs rondes qui sagitaient au loin... Une seule masse compacte, vague, interminable, em brasse la moitié de lhorizon. Elle vole, vole sur nous! D'une tourmente glacée, elle semporte, elle se tord dans les ténèbres insondables. Autour, tout sébranle, et là-bas, dans cette masse qui savance, un craquement, un tonnerre et un aboiement sortant comme de mille gueules de fer. Oh! quels rugissements, quels hurlements !
Cest la terre qui hurle de peur. Cest sa ዾn, cest la ዾn de tout. Encore un cri grêle du garçon. Je voulus me cramponner à mes compagnons, mais nous sommes déjà tous écrasés, ensevelis, emportés par cette vague d'encre noire, glacée, grondante. Ténèbres, ténèbres éternelles. Haletant, je m'éveillai. (Daprès TOURGUENIEF.)
282 l.d.\lTl\l'lt).\ BEBLJËQGEAPEEE Ce qui dort arriver au commencement du xx° siècle, par VANKI, 0 fr.85. Paris, librairieantisémite, 1.}, boule vard Montmartre. M.Vanki pense qu'un cataclysme est imminent dans notre France divisée et corrompue. Selon lui, un Naun dorዿ' doit redonner à notre patrie sa grandeur dautre fois (!).
Certains termes des prophéties modernes les plus répandues sappliquent à un prince inconnu, descendant de saint Louis. Humble disciple des rois mages, M. Vanki constate que les effets des grandes conjonctions astrales. comme celle de presque toutes les planètes dans les Poissons, qui eut lieu de 1830 à 1840, ne sont point subits, mais se font sentir avant et après 50 ans ou 74ans.
Le xx" siècle correspond à la ዾn de trois grands cycles chaldéens et d'une année divine après 25 Cycles de Calippe. L'auteur dit quil a pu préciser d'avance la mort de Carnet, la démission de Casimir Périer, la ዾn presque subite de Félix Faure.
Je regrette de n'avoir pas trouvé dans sa brochure les preuves de ces assertions (que M. Méry a données en partie), une réfutation des brochures du même M. Méry, d'après lesquelles ce nest pas un Naundorff qui va nous gouverner, un renvoi aux sources consultées à propos de prophéties, la mention des travaux dus aux occultistes et aux théosophes sur les événements qui mar queront le début du siècle prochain, enዾn des renvois aux autorités astrologiques dont lauteur sest inspiré.
Peut-être pourrons-nous être satisfaits par une brochure annoncée : les Grands Éyénements du. me siècle. Reste à savoir si M. Vanki pourra préciser les dates et les fnits plusieurs années davance. Nous espérons le vériዾer (en partie, bien entendu). G. (.,.W,.,,.* :.Œ.,v.-.w m---. ..-L- m ., -..-..-..-._...f,. -&*a: î , - *" '.-«1.-. _..-e ,r
BIBLlOGRAPHIE 283 Le Matin du 27 mai renferme un article de M. Serge Basset sur la messe noire, dont il a été un témoin écœuré. Corrigeons ses fautes dimpression : Satani pour Satanæ; Satanis pour Satanæ également; sorrores pour sorores. Je me demande si M. SergeBasset na pas subi une hallucination provoquée, lorsquil a cru voir un bouc apparaitre, {puis plus tard disparaître. Si lénigmatique Bl.
Ocagn. veut bien me permettre de méclairer sur ce point, elle me rencontrera 1e6 août place Saint-Sulpice,devant léglise, à neufheures du soir, lisant lIntransigeunt ; si elle ne le veut pas, quelle daigne lécrire :t Papus, 10, avenue des Peupliers, ParisAuteuil, pour M. S. (1) Revues étrangères. -- Nous avons reçu avec un vif plaisir le premier numéro delédition suédoise dePs_yché.
Toutes nos félicitations à nos courageux correspon dants. Luz Astral publie des études de maçonnerie, de chiro. mancie, délectrohoméopathie. Revues françaises. -Nous recommandons vivement à tous nos lecteurs la série détudes que publie en ce moment M. Alfred Erny dans la Paix universelle sur lAዿantide. On y trouve des documents trop inconnus du public français. v Psyehecontinue à publier le compte rendu des cours de lEcole hermétique.
Le dernier numéro résume les vues de Fabre dOlivet sur la linguistique. Reçu : la République de demain (21, rue de 'la Tombe Issoire); lAmi des Bêtes, lAihéne'e, la Nouvelle Encyclo pédie.
Vient de paraître à. la Société dÉditi0ns scientiዾques 4, rueAntoine-Dubois et place de lEcolede-Médecine, Paris: Physiologie raisonnée, par le DૺDAKHYL, un (1) Daprès une enquête que nous avons faite, nous croyons, jusquà preuve du contraire, que notre ami Basset a été vic time dune mystiዾcation; car il na pas assisté lui-même à la séance décrite et il tient son récit de seconde main. Pnus.
28/. LINITIATION zlm'v-,..w...-,-.w-. ,_ , __. n. .w,..._._, -«-i. volume in-3 de 560 pages, prix 8 fr.; cartonné à langlaise, prix 10 fr.
Les raisons qui m'ont décidé à publier ce livre et qui rendront sa lecture profitable à toute personne exempte de préjugés sont les suivantes: 1° La méthode est, je crois, la première de son genre, du moins dans les livres de physiologie; 2° Sa concision et sa précision font ressortir la clarté du raisonnement; 3° Quoique manuel, ce volume est cependant assez étendu pour que les initiés y trouvent le développement de la physiologie comme science de l'avenir; 4° Cette méthode pourra, par la suite, recevoir facile ment des améliorations progressives avec la marche de lévolution et de la science; 5° Elle contient déjà tout ce qui intéresse lélève, le praticien et la famille; 6° En dépit de l'emploi de la technologie physiolo gique, elle contient les explications nécessaires au lec teur, quel qu'il soit; 7° Ainsi que l'exige l'esprit de ce siècle, cette méthode économise le temps; on peut, en une semaine, sy ins truire sur ce que l'on mettrait de longs moisà apprendre dans tout autre livre.
Si mon effort est accueilli avec faveur et bienveillance, ce sera une récompense qui me donnera beaucoup de satisfaction. Je serai sincèrement obligé au lecteur qui voudra bien m'indiquer les points que jaurais pu oublier; de cette façon il me sera loisible dintroduire en temps opportun les améliorations convenant à une future édition.
Ce que je puis afዾrmer, cest que j'ai mis toute mon activité et toute ma réዿexion dans la rédaction de cet ouvrage mûrement pensé et écrit sous les ombrages de Pembridge Crescent, Kensington, le charmant quartier de Londres. Cest à Paris, la reine de beauté et de clarté intellectuelle, que jai revu mes épreuves avec le plus grand soin. H.-N. DAKHYL. Paris, 32, rue de lUniversité, 1899. W-..»....._,._ W-.._.___..,___ __, ,. ..u ""ૺ" ૺ"**<.. i
BIBLIOGRAPHIE 285 L'Archange des Batailles, par M. Gaston ARMELIN. Chez E. Flammarion, I vol. à 1 fr. 75. Le poète Gaston Armelin, lauréat de l'Académie française et dont l'1nitiation adéjà publié plusieurs poé sies, vient de faire paraître chez Flammarion, sous le titre lArchange des batailles, un recueil de nouveaux poèmes où nous retrouvons le soufዿe épique que nos lecteurs ont déjà. pu apprécier.
LArchange des batailles représenté sur la couverture du livre par un croquis daprès léminent statuaire Frémiet, cest celui qui ter rasse lHydre, qui patronne le mont Saint-Michel assiégé, et qui inspireJeanne d'Arc, celui dont la légende plane sur la France du au" siècle se débattant contre linvasion anglaise; et M. Armelin tire du spectacle des mal heurs de la Patrie, de la folie dun roi, des débauches dune reine félonne, des cruautés dun connétable, de lintervention tutélaire de lArchange, de la venue de la Pucelle, etc., des effets tantôt passionnés, tantôttragiques, tantôt mystiques et chastes, dont la variété ne laisse pas de soutenir lintérêt.
Les grèves du mont Saint-Michel, où se déroule une partie de laction, et dont le poète nous décrit des aspects dune grande justesse de ton, sont le théâtre de lun des drames les plus fantastiques quon puisse imaginer, lenlizement de toute une armée, tableau dun coloris puissant et dune grande intensité de vie.
Et cest de là que part lArchange des batailles, saint Michel; Dautres fois, quand au ciel semé dastres les nues, Toutes blanches, prenaient des formes inconnues, Doù la lune en son plein versait des rayons bleus, Sur la haute muraille aux longs pans anguleux Et sur la plaine grise àlhorizon perdue, On voyait cheminer par la morue étendue, Casquedor, vêtu dor du col jusquaux talons, Un chevalier superbe, aux pas fermes et longs, Poursuivant sans broncher sa marche souveraine.
Il allait inspirer Jeanne dArc; et nous assistonsàla scène de lAngélus; et nous retrouvons cette vision du sang déjà publiée par lInitiarion, à la suite de laquelle la
286 ' LINITIATION Pucelle est armée en guerre. Le livre se termine parla touchante idylle d'Alain Chartier et de Marguerite dEcosse, que nous avons publiée également et qui vient apporter après les émotions dramatiques du début, après les visions mystiques et quasi divines du milieu, une note reposante, attendrissante et bien humaine. Une Échappée sur linዾni. Voilà un livre bien vrai ment « sensationnel », suivant le motà la mode.
Étran getés inouies, mystères dévoilés, révélations inattendues, poésie profonde et troublante tout cela se trouve dans ce livre écrit en un langage souple, harmonieux et coloré, avec çà et là des pages d'une envolée hardie et superbe qui vous dorment. dans une vision de rêve, comme le au frisson de lInዾni ). Lauteur, Ed. GRIMARD, nest pas un inconnu.
Autrefois rédacteur scientiዾque de la Revue des Deux Mondes, il a publié depuis chez Hetzel la Plante, la Goutte de sève, le Jardin dacclimatation, lEnfant et écrit encore, chez le même éditeur, dans son Magasin déducation. Demeuré silencieux pendant des années étant occupé ailleurs il revient aujourdhui vers le grand public, et ce public lui reviendra.
NOUVELLES DIVERSES 287 Nouvmnns ®wnnsas Enquête sur loccultisme à Paris. Deux occultistes, MM. Verleye,dessinateur, et Marestan, homme delettres, se proposent de faire une enquête sur loccultisme à Paris, destinée à former la matière dun volume illustré de croquis à paraître prochainement. Au cours de cet ouvrage, à la fois littéraire et scientiዾque, seront décrites toutes les expériences intéressantes quils auront été à même de constater, comme les théories ou les pra tiques qui, par leur originalité, mériteront dêtre men tionnées. Ils prient donc toutes les personnes qui sintéressent à la question comme amateurs, scientiዾques ou profes sionnels: les somnambules, spirites, guérisseurs. devins, etc., susceptibles de leur faire part de cas intéressants ou dexpériences, de vouloir bien se mettre en rapport avec eux. Adresser les communications à Jean Marestan, 84, rue Lamark, Paris. Institut supérieur international et École de commerce. Pension pour indigènes et étrangers. Uetersen en Holstein. Directeur: A. MEYER-VVELLENTRUP. QUEä'ŒEEQNS ET EÈE©NBES En quelle année la lune sera-t-elle (de igooà 1915) au 12 septembre à 23° en Capricorne? UN CHERCHEUR. * À_ «v. vૺmrt"«**ૺ"ૺ-ૺ
288 LINITIATION Ltvaas magma Reçu : Frédéric Bourru: Drames baroques et mélancoliques. 1 beau vol. in-8 de 430 p., 3 fr. 50. Chamuel, éditeur. Felipe SENXLLOSA :: Evolutian de IAme et de la Société Traduit de l'espagnol par Alfred EBELOT. 1 vol. in-8, Chamuel,éditeur (3 fr. 50). Robert Scnarraa : Herméros. 1 vol. in-8, prix 2 fr. (Édition du Mercure de France). Nous recommandons tout spécialement à nos lecteurs ce recueil de vers ciselés d'une façon vraiment magis trale. Le Gérant : Encxusss. TOURS. - IMP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE,
120 pages. PRIX: UN FRANC ::: BIBLIOTHÈQUE MARTINISTE :;: Martinésisme 'l - ' Willèrmosisme ARTINISME et Franc-Maçonnerie PAR PAPUS PRÉSIDENT DU SUPRÊME CONSEIL DE LORDRE MARTINISTE .N. Mais les profanes ne vous liront point, que vous soyez clair ou obscur, étendu ou serré. Il ny a que les hommes de désir qui vous liront, proዾteront de votre lumière; donnez lat-leur aussi pure que possible, aussi dévoilée que possible. Claude DE SAINT-MARTIN. AVEC UN RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE DE LA FRANC-MAÇONNERIE EN FRANCE DE SA CRÉATION A NOS JOURS ET UNE ANALYSE NOUVELLE DE TOUS LES GRADES DE LÉCOSSISME, u; Tour ÉCLAIRÉ I>AR DE NOMBREUX TABLEAUX SYNTHÉTIQUES PARIS ÉDITION DE LINITIATION CHAMU EL, ÊDITEUR 5, RUE DE SAVOIE, 5 1839
ዿuor *ÏDÉALISTE ÿrrvrnsrur Notes and Querirs, S. M. Gould, à Manchester (N. H.) U. S. A. De! nye Rige. A. Sabro, a Christiania (Norvège). Nordisk Frimurer- Titenda, Alb. Lange à Chris tiania (Norvège). Die Religion des Geistes, Fertung, Herrengasse, 68, Budapest (Hongrie). Nuova Lux, 82, via Castro Pretorio, à Rome (halle). Lug astral, 6, passage Sarmiento, à Buenos-Ayres (République Argentine). LInitiation, 10, avenue des Peupliers, Paris. Journal du Magnétisme et de la Psycologze, Directeur, DURVILLE; rédacteur en chef, Alban DUBE'I, 23, rue S-Merri, Paris. El-Hadirah, ig, rue de la Kasbah, Tunis.
dÛIJRIIÀUX ElREVUES OGGUhTISIES RECOMMANDÉS SPÉCIALEMEN I . _ _ LANGUE FRANÇAISE LInztzahon (revue mensuelle), [0, avenue des Peu pliers, Paris. Le Voile dIszs (journal hebdomadaire), 5, rue de " Savoie, Paris. LHyperchimie (revue mensuelle), 19, rue St-Jean, Douai (Nord).
HERMÉTISME, ALCHIMIE La Thérapeutique interaie (revue mensuelle), 5, rue de avoie, Paris MÉDECINE HERMÊTIQUE, HOMÉOPA'IIIIE (Va paraître incessamment.) Psyché (Bulletin autopsychique mensuel) 5, rue de Savoie, Paris. COURS HERMÉTIQUES LANGUE ANGLAISE 7he Morning Star.
Dépositaire, Chamuel, 5, rue de Savoie, Paris. (Peter Davidson, Loudsville,White C°, Georgia, U.S.A.) ' LANGUE ESPAGNOLE Lu{ astral (hebdomadaire, à Buenos-Ayres (Répu bhque Argentine), 6, pasage Sarmnento. La Nota Médica, Fuencarral, 26.Î\ladrid. LANGUE ITALIENNE - Supersczenga Via Nuova, 14., Pmcenza. Il Mondo Secreto.
Lug (revue mensuelle), 82, via Castro Pret_qrio, Rome LANGUE TCHÈQUE Sbornzh pro ዾlosqዾi a ohkultzsmus, il Prague (Bohème), Puch majerova Ul 116. LANGUE ALLEMANDEૺ Neue metaphyszsche Rundschau; in-8° mensuel. Edité par Paul Zillmann, 8 Parkstr. Berlin-Zehlendorf Das Wort; mensuel. Édité par Leopold Engel, Feurigstrasse, 12-1. Schoneberg près Berlin.
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