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1 al 10 n Reine philosophique des Hautes Études A PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS I (J O. >I< Docteur en médecine — Docteur en kabbale ANNÉE VOLUME. -— 12‘“ 48’ SOMMAIRE DU N° 7 (avril 1899) -——>Q‘— PARTIE INITIATIQUE { Martinisme cl Franc—Maçonnerie . . . . . . Papus. } (p. l à 32.) Description de la ville d’Alalanle (fin). . .
Claude de S‘-Martim ’,z' (p. 33 à 47-) PARTIE PHILOSOPHIQUE Mëdiums et Médiumnilés . . . . . . . . . . . . S. U. Zanne. (p. 48 à 75.) Ordre martiniste. — Bibliographie des ouvrages de Synisius, F. Lecomte, L. Esquieu, Papus, M. de Guiry, Bodard, A. Schmid, 4 Dr Gyel, etc. — Livres reçus. — Nouvelles diverses. -« Nécro logie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris.
Administration, Abonnements : 5, rue de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. — Un An: DIX FRANCS A C 0 Li N E LL Ul\‘l\’ERSlT\” LlÇ;lälälî\’ ______,_77 ,l
// 5 Mi *« . v . l > \> . . "t ,a / l. / r' . __ / / -* / -— . , » j. 5 7 .v PROGRAMME 0 3 // !/ - Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations.
La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des lorces purement spirituelles par l‘hypnotisme et la suggestion à distance.
Efl‘rayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. _ L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
A Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta— physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l'arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cle‘ricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impartialerhent tous les phénomènes du Spiritisme, de l‘Hypnotisme et de la Magie. phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’lnde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L‘Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.) JJ3MEÛS [ 4 '.’T C773‘JiV;U '/r' r" .' .r il‘l/“Ï/‘i »..!..« 'J“‘h"“*‘-ù—-— —.I. ' . 7 M \
L'Iniliation du 15 Mars 1899 PRINCIPAUX REDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l'Im‘liation [0 PARTIE INITIATIQUE AMO — F. CH. BARLET, S.'. I.'.;, — GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.*. I.-. :{t — JULIEN LEIAY, S.'. I.'. g —« ÉMILE MICHELET, S.-. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.-. (D. S. E.) MOGD, S.‘. I.-. — GEORGE MONTIÈRE, S.'. I.-. g“; —PAPUS, S.'. I.'. g - SEDIR, S.'. I '. — SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 30 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABlL-MARD'UK. —- AMELINEAU. — ALEPH. -— D' BARADUC. — SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 30' — BLITZ. -— BOJANOV BORNIA PIÉTRO. -— JACQUES BRIEU. —' CAMILLE CHAIGNEAU. —— CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. —- A. ERNY. — FABRE DES ESSARTS. —— L. ESQUIEU. — D“ FUGAIRON. — DEI.EZINIER. — JULES GIRAUD. — L. GOURMAND. — L. HUTCHINSON.— JOLLIVET-CASTELOT.— L. LE LEU.— L.
LEMERLE. — LECOMTE. -— NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G. POIREL. — QUESTOR VITŒ. — RAYMOND. -— D“ ROZIER. — L. SATURNINUS. — Dr SOURBECK. — THOMASSIN. — G. VITOUX. -— YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUEOURG.— JEAN DELVILLE. «- ESTRELLA. —- E. GOU DEAU.— MANOËL DE GRANDP‘ORD- — JULES LERMINA. — L.
HEN NIQUE. —— JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDÈS. — GEORGE MONTIÈRE. —LEON RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. — ROBERT SCHEF FER. — ÉMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE CH. DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. — JEAN DELVILLE. — YVAN DIETSCHINE. - E. GIGLEUX. —— CH. GROLLEAU. — MAURICE LARGBRIS. — PAUL MARROT. -— EDMOND PILON. — J. DE TALLE "Av, — ROBERT DE LA VILLEHERVÉ. \' '
L'Im‘tialt’on du 15 Février 1899 L’INITIATION <*‘“ääl‘iää“”“> ADMINISTRATION ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO C H A M U E L 5, line de Savoie DIRECTION Villa loulloreMg, Il), aveu. des Peupliers PA RIS-A UTEU1L DIRECTEUR : PAPUS DIIECTEUR ADJOINT : Lucien MAUCHEL Rédacteur en chef: F.-Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction: FRANCE, un an. [0 ll‘. J.
LEJAY — PAUL SÉDlR ÉTRANGER, __ m tr_ REDACTION. —— Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité.L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra tamais aucune note dans le corps d'un article. Prière d’adresser tous les échanges : Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. MANUSCRITS. -— Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction.
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On sait que, dès I741, Diderot préparait sa grande entreprise. Le privilège indispensable à la publication fut obtenu en 1745. Le premier volume de I’Encyclope’die parut en 175 r . » ' Ainsi la révolution se manifeste déjà par deux étapes : ‘ 1° Révolution intellectuelle par la publication de l’Encyclope’die due à la Franc-Maçonnerie française sous la haute impulsion du duc d‘Antin (i740). ! "‘wm.a-—.—n :.
2 L'INITIATION [AVRIL 2' Révolution occulte dans les Loges, due en grande partie aux membres du rite Templier et exécutée par un groupe de francs-maçons expulsés, puis amnistiés (groupe Lacorne). Fondation du Grand—Orient sous la haute impulsion du duc de Luxembourg (1773) et présidence du duc de Chartres. La révolution patente dans la Société, c’est-à-dire l’application à la Société des constitutions des Loges ne va pas tarder.
Reprenons l’histoire du Grand-Orient au point où nous l'avons laissée. Une fois constituée, la nouvelle puissance maçon nique fit appel à toutes les Loges pour ratifier la nomination commegrand maître du duc de Chartres. En même temps (1774), le Grand-Orient s’installait dans l’ancien noviciat des Jésuites, rue du Pot-de-fer, et procédait à l'expulsion des brebis galeuses.
Cent quatre Loges firent d'abord adhésion au nouvel ordre de choses, puis 195 (1776) et enfin, en 1789, il y avait 629 Loges en activité. Mais un fait, à notre avis considérable, s’était pro duit en 1786. Les Chapitres du rite Templier s’étaient officiellement alliés au Grand-Orient et avaient même opéré leur fusion avec lui.
Nous avons vu comment les frères de ce rite avaient aidé à la révolte d’où était issu le Grand-Orient; résumons donc rapidement l’histoire du rite Templier. Le Rite Templier et l’Écossz‘sme La Franc-Maçonnerie, nous l’avons vu, avait été établie en Angleterre par des membres de la Fraternité
_.._. «w. 1899] MARTINXSME ET FRANC—MAÇONNERIE 3 =.,.-.«.._. me des Rose—Croix désireux de constituer un centre de propagande et de recrutement pour leur ordre. La Franc-Maçonnerie anglaise ne comprenait que trois grades : apprenti, compagnon, maître A cet exemple, la Franc-Maçonnerie française et le Grand-Orient qui en était l’émanation principale étaient formés de membres pourvus seulement de ces trois grades.
Mais bientôt certains hommes prétendirent avoir reçu une . initiation supérieure, plus conforme aux mystères de la Fraternité des Rose-Croix, et des rites se créèrent décernant des grades] supérieurs à celui de maître, appelés hauts grades. L’esprit des rites à grades supérieurs ainsi créés était, bien entendu. différent de celui de la maçonnerie proprement dite.
C’est ainsi que RAMSAY avait institué en 1728 le Systèmeécossaz‘s dont la base était politique et dont l’enseignement tendait à faire de chaque frère un vengeur de l’Ordre du Temple. De là, le nom de rite Templier que nous avons donné à. cette création de Ramsay. Les réunions des frères pourvus de hauts grades prirent le nom, non plus de Loges, mais bien de Chapitres.
Les principaux chapitres établis en France furent : 1° Le Chapitre de Clermont(Paris 1752) d’où sortit le baron de Hundt, créateur de la haute maçonnerie allemande ou illuminisme allemand; 2° Après le Chapitre de Clermont parut le Conseil des Empereurs d’0rz‘enl et d’0ccz’denl (Paris 1758), dont certains membres se séparant de leurs frères formèrent : ‘ 3° Les Chevaliers d’Orient (Paris 1763), chacune - .« 4>.._'. : A ‘ 5.....w i;y. ;'-;-Æ-;;. ..;..7 “ ' ,v... 0 1 .“;,«*..T‘ "..v 5r 1' ' ;71'-' ::*:<- .' g
4 L'INITIATION de ces puissances délivrait des chartes de Loges et même les principaux frères (Tshoudy, Boileau, etc.), créèrent en Province des rites spéciaux. En 1782, le Conseil des Empereurs et les Chevaliers d’Orient se réunirent pour former le Grand Chapitre général de France, dont les principaux membres avaient aidé à la constitution du Grand-Orient par leurs intrigues.
Aussi voyons-nous, en 1786. ces frères amener la fusion du Grand Chapitre général de France. Que résulta-t-il de cette fusion ? Les membres du Grand Chapitre, tous bien disci plinés, poursuivant tous un but précis et possédant l’intelligence, se trouvaient disposer du nombre fourni par le Grand-Orient. — On comprend maintenant la genèse maçonnique de la Révolution française.
La plupart des historiens confondent ces membres du rite Templier, véritables inspirateurs de la Révo lution (l), avec les martinistes. LA FRANC-MAÇONNERIE DE 1789 A 1898 Historique Nous avons précédemment suivil’histoireduGrand Orient et celle du Rite Templier jusqu’en 1789 ; pour« suivons—la jusqu'à nos jours.
1° GRAND-ORIENT. — Le Grand-Orient possédait la (1) Certains auteurs prétendent même que l‘internement de Louis XVI au Temple fut le résultat de la décision des frères du rite Templier.
MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 5 tradition à peu près intégrale des trois premiers degrés et, depuis 1786, la tradition des grades templiers et autres formant la Maçonnerie de perfectibn en 2 5 degrés ‘ et que nous analyserons par la suite. Un Grand Col A-w lège des Rites était chargé de conserver cette tradi tion quipermettaitde relier les maçons issus du Grand- ; Orient avec ceux du reste de l’univers.
3; En 1804, un concordat fut même établi, pendant quelques mois, qui donnait au Grand-Orient le pou -‘ voir de conférer les grades des 31°, 32° et 33° degrés ".2 _1_ par l’entremise du Rite Écossais dont nous parlerons "t. bientôt.
' fig; Mais, sous prétexte de purger la F ranc-Maçonnerie * des superstitions et des restes du passé, les membres 51 du Grand-Orient, poussés par les députés des loges de ” province, tous plus ignorants de la valeur des sym- ,.:ï boles les uns que les autres, transformèrent au goût de la multitude électorale le dépôt qui leur avait été " confié et devinrent un centre de politique active, pro fessant ouvertement le matérialisme et l’athéisme. ‘ En 1885, la transformation s’étendit jusqu’au 1. .
Collège des Rites, dépositaire d’un reste de tradi- | I" tions, et le lien qui rattachait la majorité des ma- ' . çons français au reste de l’Univers 'fut définitive— "Ï ment rompu.
' .% Au moment où elle avait le plus besoin d’étendre le Ë son influence au dehors, au moment où il était néces- . é saire d’exercer une surveillance effective sur l’action de l’étranger dans les centres maçonniques des autres pays, la France était, parla faute du Grand—Orient, mise à l’index, et, lors de l’Exposition universelle de -.Wg..æffi ;.»...v»—««.4æ...ww. .-....—
6 L’INITIATION ,— Chicago, quand le président du nouveau Conseil des Rites (le plus haut officier du Grand-Orient) se pré senta à l’entrée des loges américaines, il fut mis à la porte comme un vulgaire profane qu’il était pour les vrais maçons.
Voici la teneur de l’acte si grave commis en 1885 : Par décret promulgué le 9 novembre 1885,1e Grand Orient de France, conformément à la décision prise le 31 octobre précédent par l’Assemblée générale des Ate-' liers symboliques de l‘Obédience; Ordonne la dissolution du Grand Collège des Rites et charge le Conseil de l'Ordre de veiller à sa reconstitu non.
Le grand chancelier protesta de la manière suivante, mais en vain: Vous m’avez fait parvenir une ampliation du décret de l’Assemblée générale des Ateliers symboliques en date du 31 octobre dernier (1885), prononçant la dissolution du Souverain Conseil des grands inspecteurs généraux du Rite Écossais ancien et accepté, qui, sous le titre de Grand Collège des Rites, constitue, au sein du Grand-' Orient de France, le Suprême Conseil pour la France et les possessions françaises.
Cette décision, qui, sous prétexte de réorganisation, renverse tous les principes et toutes les traditions de la Franc-Maçonnerie uËRerselle, est absolument illégale par l’incompétence de ceux qui l’ont rendue. FERDEUIL. Grand Chancelier du Grand Conseil des Rites. On fait tous les efforts possibles, au Grand-Orient pour cacher aux frères qui entrent dans l’Ordre la manière dont les membres de ce Rite sonr jugés à
MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 7 , tu».; avr“; zivt"-I’firMl‘4f_ Hui, ..V l’étranger et on se garde bien de leur dire qu’ils ne 1 seront reçus nulle part dès qu’ils sortiront de France — ou de quelques—unes deses colonies. — Les grands mots de raison, superstition écrasée, principes de la liberté, etc., etc., remplacent les traditions de la ma— ' _ ' çonnerie universelle, et ces grands niais sont encore bien flattés quand un maçon de marque étranger vient en yz'sz'teur se rendre compte si la séparation de la France et du reste du monde est toujours durable.
On reçoit avec de, grands honneurs le visiteur, qui ' s’empressera, dans son pays, de mettre à la porte le vénérable de la loge, s’il ose se présenter,àson tour, à une tenue à l’étranger. N. q... :nv.
25..“ hiver: ‘,‘*—"4'-i«.:a. ,_ .,.a1l '‘ n 1 ty ; Aussi le Grand—Orient est-il destiné à disparaître, quelle que soit sa prospérité apparente, s'il ne revient : pas rapidement à une meilleure compréhension des l intérêts réels de la nation. il. : Nous terminerons cet exposé en citant ces quelques mots d’Albert Pike: Ê.‘ '1 .
« Le Grand-Orient de France a toujours été entre :5; l les mains des trois I, des Ignorants, des Imbéciles et ; des lntrigants (t) ». ' ‘ ÉCOSSISME En 1786, le Rite Templier avait fusionné avec le ,: Grand-Orient. ïÏ Ce Rite Templier était alors composé de 2 5 grades; , il était réellement, en laissant de côté son but de ven— l geancç politique, un rite de perfection où les maçons (1) Lettre d'Albert Pike au vicomte de la Jonquière. I-L _IW“r'"*'#*"‘“‘ "‘ ‘“‘ " "'
8 L’INITIATION ordinaires étaient amenés à connaître certains ensei gnements concernant la tradition kabbalistique des Templiers. Or, en 1761, c‘est-à-dire avant la fusion avec le Grand-Orient, le Conseil des Empereurs d'Orient et d’0ccident avait donné à un juif nommé Morin les pouvoirs nécessaires à l’effet d’établir le système tem plier en Amérique, où se rendait ce Morin.
Celui-ci, arrivé à destination, s‘empressa de donner le 25e degré à plusieurs de ses coreligionnaires qui, de concert avec lui, initièrent à leur tour plusieurs chrétiens en 1797. Quand les nouveaux initiés se sentirent assez forts, ils jetèrent leur initiateur à la porte et, se séparant delui, ils ajoutèrent 8grades hermétiques aux 25 déjà existants, ce qui porta le nombre des grades du système écossais à 33.
C’est ainsi qu’ils fondèrentà Charleston, en 1801, un Suprême Conseil qui devait, par la suite, acquérir une grande influence. Pour— quoi ce chiffre de"33 degrés ? Un ancien maçon, pourvu de ce grade, M. Rosen, prétend que ce chiffre représente le degré de latitude de Charleston, c’est peut-être malicieusement vrai; car nous verrons que le nombre de grades importe peu, pourvu que le sys tème maçonnique soit réellement synthétique. Voici deux tableaux donnant les noms des frères qui ont présidé àla naissance du Rite Écossais en Amérique.
I*! j. V v _ -'.*' atL ».. MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 9 MAC DE PERFECTION nm: toussus menu et mexrrr’a A 25 DEGRÉS à 33 degrés MORIN ("’°‘) / + / FRANKEN . . . . . . . . . FRANKEN. \ ir BÊ’°Ë‘ÈÀSSE_ \ Réunis à Char: D'D’HÆW Moses HYES TlLu,_ lestown (Ca —.__— Serrzrzn uosxs nom DE LAMOTTE_ Sud), le 31 BOWEN. ".131 ‘80" ISMG LONG DIEBENFondêä’ su. ALEXANDER. ' ' "S ' ‘ Dual-10005. Ecoss _ / DE LA Hoour. — DE MITCHELL. 3 mat GRASSE. — CROZE.
ISAAC AULD./ — MAGNAN. —- SAINT— |797 PAUL. — ROBIN. — PETIT. -— MARIE. On remarquera parmi ces noms celui de Grasse— Tilly. Ce fut lui qui revint en Europe en 1804 et qui rapporta le système de 33 degrés, avec pouvoir de constituer des aéropages. Il avait été précédé de quelques mois par un autre initié direct de Morin, un nommé Hacquet, dont la tentative n’eut guère de suite.
De Grasse Tilly et les frères qu’ilavait initiés firent un concordat avec le Grand-Orient en 1804. Ce concordat fut rompu d’un c0mmun accord, le 6 septembre 1805. Nous soulignons d'un commun accord et nous renvoyons à Ragon (Orthod. maç., p. 313) pour les détails qui prouvent, à l’encontre de ce que dit M. Rosen dans sonlivre (Satan et C”), qu'il n’y eut pas d’histoires d’argent réclamé dans cette affaire.
Ce qui reste par exemple acquis, c’est que les pré .» .r*-*! æ ,.. r IIA-__v-..'._« l-J ...««qh...«. .t _...—..m-—-m r < 44 L 3« Ea«:r“#’*kfl”" '«‘ .-‘ ‘ ‘ .1" 93. . r.‘;räz..z__À_'_n __J_—L ': "' . i_, _. 1,15.... l...‘ Ë!ŒF"Ÿ"ï-E ni. r'l. L
10 L‘IN1TIATION tendus grades maçs. donnés par Frédéric de Prusse sont de l’invention de Bailhache, en collaboration avec de Grasse Tilly. ' De 1806 à 181 1, le Suprême Conseil fondé par de Grasse Tilly ne délivre que les plus hauts grades, 31", '32° et332 laissant le Grand-Orient délivrer les autres. En 1811, le Suprême Conseil se déclare indé pendant. En 1815, de Grasse Tilly revient des Pon ,tons anglais et fonde un nouveau Suprême Conseil.
L’ancien Suprême Conseil met de Grasse en jugement et le fait condamner. Mais le nouveau Suprême Conseil, présidé par le duc Decaze, prend unetelle im portance qu’en 1820 l'ancien se joint à lui et en 1821 est constitué le Suprême Conseil du Rzte Écossais ancien et accepté pour la France et ses dépendances; puis, en 1822, le nouveau pouvoir fonde des loges.
En 1875, eut lieu à Lausanne un convent très important des divers Suprêmes Conseils écossais. En 1879, quelques loges écossaises de Paris se sépa— rèrent du Suprême Conseil, en protestation contre l’existence des hauts grades, et fondèrent la Grande Loge Symbolique Écossaise, qui devint bientôt assez puissante.
Pendant ce temps les affaires du Suprême Conseil allaient mal et la pénurie des fonds devint telle qu’en 1897 le Suprême Conseil dut faire une entente avec les anciennes loges rebelles. D'après cette entente, le Suprême Conseil passa à la Grande Loge Sym bolique toutes ses loges et garda seulement les cha pitres et les aréopages. Ainsi se constitua la Grande Loge de France, quis'empressa de faire une bévue \ [A
MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE Il ."""' :énorme en supprimant la mention de Grand Archi -tecte de ses planches et qui permet de couper ainsi le faible lien qui relie encore la France à l'Etranger.
LE RXTE DE MISRAÏM Que dirons-nous de l’histoire du dernier rite dont il nous reste à parler : le rite de Misraïm P Voici comment Clavel raconte sa fondation : C’est en 1805 que plusieurs frères de mœurs décriées n’ayant pu être admis dans la composition du Suprême ConseilÉcossais,qui s’était fondé en cette année àMildn, imaginèrent le régime misraïmite.
Un frère, Lechangeur fut chargé de recueillir les éléments, de les classer, de les coordonner, et de rédiger un projet de statuts géné raux. Dans les commencements, les postulants ne pou vaient arriver que jusqu’au 87° degré. Les trois autres, qui complétaient le système, étaient réservés à des supé rieurs inconnus, et les noms même de ces degrés étaient cachés aux frères des grades inférieurs.
C’est avec cette organisation que le rite de Misraïm se répandit dans les r0< yaumes d’Italie et de Naples. Il fut adopté. notamment par un chapitre de Rose-Croix, appelé la Concorde, qui avait son siège dans les Abruzzes. Au bas d’un bref ou diplôme, délivré, en 1811 , par ce chapitre, au frère B. Cla vel, commissaire des guerres, figurela signature d’un des chefs actuels du rite, le frère Marc Bedarride, qui n'avait alors que le 77° degré.
Les frères Lechangeur, Joly .et Bedarride apportèrent en France le Misrai‘misme en [814(l). Depuis 1814, le rite s’est anémié progressivement. Actuellement il compte à Paris en tout. moins d’une vingtaine de membres qui constituent à eux seuls sa (l) Glaive, Histoire pittoresque de la Franc—Maçonnerie. ,. .‘v ra: . vv.næ. ,
12 L’INITIATION loge (car il n’y en a plus qu’une), son chapitre, son aréopage et qui sont à l’index de la Maçonnerie uni verselle, sauf de très rares exceptions.
GRAND-ORIENT ET ÉCOSSISME Il est fort curieux de voir ceux qui ont transformé complètement le dépôt de traditions et de symboles qu’on leur a confié, qui ont méconnu à tel point les caractères de grande fraternité universelle de la F ranc Maçonnerie, qu’ils se sont mis au ban de toutes les initiations de la terre, il est curieux, dis-je, de voir ces descendants de Lacorne prendre de grands airs de dignité pour demander aux frères du Rite Écossais leurs archives et leur filiation.
Par Grasse Tilly, Franc kenet Morin, les maçons écossais se rattachent direc tementà Ramsay et aux Templiers etils ont, du moins, le mérite de ne pas trop avoir abîmé leur tradition malgré ses défauts.
Tandis que le Grand-Orient, ayant brisé en 1773 ses constitutions originelles, ayant dé truit en 1885 son Grand Collège des Rites pour le trans— former en une balle parlementaire, n’a plus de la Franc—Maçonnerie que le nom et est condamné à dis— paraître brusquement dèsque les Français du Rite Écos sais auront le courage de se ressaisir, de laisser là les questions d’argent et de reconstituer une Maçonnerie nationale spiritualiste et solidement attachée au reste de l’Univers.
Mais admettons que ce fait ne se produise pas. Admettons que les agissements de ceux qui rêvent d'isoler dehmtxvememt la France, mère, par Morin,
MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 13 detous les Suprêmes Conseils du Rite Écossais an— . ciens et acceptés actuels, réussissent et que l’ini tiatrice semble définitivement tuée par ceux qu’elle a initiés. Croyez vous que la légende d’Hiram ne devien drait pas alors une vivante réalité ? Croyez-vous donc que les Illuminés nereferaient pas ce qu’ils ont fait une première fois ?
Et onverrait naître une nouvelle forme maçonnique adaptée à notre époque et basée sur les mêmes prin cipes qui ont généré la première. Et bientôt cette création serait assez forte pour s’imposer partout, sans parchemin, sans arbre généalogique autre qu'un ordre de l’Invisible à un de ces Supérieurs inconnus qui veillent toujours dans un plan ou dans l’autre.
Et les restes des vieilles et antérieures créations s’eflon dreraient vite, si cela était nécessaire. Car, outre sa filiation templière, dont le but est tou jours dangereux pour la tolérance d’un martiniste, le Rite—Écossais a conquis droit de grande naturalisation par ses propres forces et par son caractère vraiment international.
Alors qu’un maçon du Grand-Orient ne pourra entrer dans aucune loge en dehors de la France et de quelques colonies, le maçon écossais sera fraternelle ment reçu dans l’étendue de la juridiction des vingt sept SuprêmesConseils, issus de celui deCharleston et dont le tableau suivant montrera la filiation pour les principaux.
Aussi, si les Illuminés pensent nécessaire de recons— tituer la vitalité d’un centre déjà existant pour l’étude 1,";‘u1p ç' ‘54"; Z":I à}. ‘ï;“fzÎ' a; ..m;.ûnæ*‘ '
14 L'INITIATION et la pratique du symbolisme, au lieu d‘en créer un nouveau, c‘est à l‘Écossisme qu’il leur faudra de pré férence s’adresser; car il est seul capable de ramener la Maçonnerie française hors de l‘athéisme et du bas matérialisme où elle se perdrait définitivement.
FILIA TION DES DIVERS SUPRÉMES CONSEILS DÉRIVÉS DE MORIN ET DE CHARLESTON TEMPLIERS I I I I l Ramsu roman. (France) (i842) 1758 l, , MORIN (1761) [saint URUGUAY ARGENTINE États-Unis > (1829) (1856) _1858) FRANKEN-DALCHO (1801) ' De Grasse-Tilly ‘ B(Î' ',q7‘;° CHARLESTON \ Écosse Suprêmes Conseils: * Îfâä'îî (1846) (De Grasse Hongrie Tilly) (1871) Suisse (1873) Ég pte Itaüe S (‘è}8) (1805) ’ Tunis 1 (1880) Espagne (18 n) Boston Angleterre Canada (1813) (1846) (1874) Irlande (1826) Përou (i 830) Colon Colombie Costa-Rica (1859) (1833) (1870) Venezuela (1864)
MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE l 5 LES GRADES MAQONNIQUES. -- CONSTITUTION PROGRESSIVE DES 33 DEGRÉS DE L’ÉCOSSISME Il ne nous suffit pas de connaître le résumé de l’histoire des différents rites.
Il nous faut pénétrer plus avant dans leur connaissance et, tout en réser vant pour un ouvrage ultérieur une étude complète et détaillée du symbolisme maçonnique, donner à ceux qui s’intéressent soit à la Maçonnerie, soit à l’lllumi nisme ou au Martinisme, une idée du caractère réel des rites au point de vue dela tradition. Tout d’abord mettons les lecteurs en garde contre les études faites par les cléricaux.
Nous avons déjà parlé de la tendance de ces derniers à confondre l’Il— luminisme et la maçonnerie. Partant d’une idée pré conçue: l’intervention de Satan dans les loges, les écrivains rattachés au cléricalisme ont entremèlé l’a nalyse des rituels maçonniques, de sous-entendus et de réflexions personnelles du plus pur grotesque.
Sous des apparences d’analyse impartiale, ils glissent de temps en temps un petit commentaire destiné à égæ rer le lecteur confiant.
En agissant ainsi, ils restent dans leur rôle, que nous connaissons personnellement par expérience, et ils étaient dignes de tenterla verve de Léo Taxil, qui s’est moqué d’eux avec tant d’ha bileté, qu’ils ont injurié l’homme ; mais intégralement gardé ses idées sur le rôle secret de l‘Occultisme à notre époque. ‘.‘.v-v;« g >,. . “.'s‘ I'uÆ'vîf‘h'hq rififi—g ’mm‘w-—I‘.Ww 1 ‘s ' r îïr.‘rr'ï‘e v .z..ütW“"-«'
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i8 L’iN [NATION Nous allons analyser les transformations du rituel en jetant un coup d’œil très général sur son évolution historique.
Le premier rituel maçonnique unissant les maçons de l’Esprit à ceux de la matière, a été composé par des frères illuminés de la Rose-Croix dont les plus con nus sont: Robert Fludd et Elie Ashmole (i). , CLEF DES GRADES SYMBOLIQUES APPRENTI Les trois premiers degrés furent établis sur le cycle quaternaire appliqué au dénairc, c’est-à-dire sur la quadrature hermétique du cercle universel.
Le grade d’apprenti devait dévoiler, enseigner et revoiler le premier quart du cercle; le grade de com pagnon, le second quart et le grade de maître les deux derniers quarts et le centre. La signification attribuée par le révélateur à chaque grade dérive directement de la signification totale du cercle et de son adaptation particulière.
Ainsi, si l'adaptation du cercle se rapporte au mou vement de la terre sur elle-même, le premier quart du cercle décrira symboliquement la sortie de la nuit, depuis six heures du matin jusqu’à neuf heures, le second quart de cercle l’ascension de neuf heures (1) Citons, parmi les autres Rose-Croix qui contribuèrent à la nouvelle création: J.-T. Desaguliers, Jacques Anderson, G. Payne, King, Calvat, Lumden, Madden, Elliot.
MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 19 à midi et les deux derniers quarts la descente vers la nuit, ou de midi au soir. Dans ce cas, l’apprenti sera l’homme du matin, et du soleil levant; le compagnon l’homme de midi ou du plein soleil; et le maître, l’homme du soleil cou chant.
Si l’adaptation du cercle se rapporte à la marche (apparente) du Soleil dans l’année, les quarts de cercles correspondront aux saisons et représenteront respec— tivement le Printemps, l’Été, l’Automne et l’Hiver. L’apprenti sera alors la graine qui éclôt; le compa— gnon, la plante qui fleurit; le maître, la plante qui fructifie et le fruit qui tombe pour générer de nou velles plantes par la fructification qui libère les graines contenues en lui.
Chacune de ces adaptations pouvant être appliquée au monde physique, au monde moral ou au monde spirituel, on comprend comment de vrais illuminés pouvaient réellement amener vers la lumière de la vérité, vers cette « lumière qui illumine tout homme venant en ce monde, » vers le Verbe divin vivant, les profanes appelés à l’initiation.
Mais pour cela. il fallait que la cleffondamentale et hermétique des degrés et de leur adaptation fût con servée par une université occulte. Tel était le rôle que s’étaient réservés les Rose-Croix et les initiés judéo chrétiens.
Ils ont toujours ces clefs dont les écrivains purementmaçonniques n’ont vu que les adaptations, et le présent travail, bien que très résumé, ouvrira à ce sujet les yeux de ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Que les autres nous s . . a... —_...— . 1-. 5’À""{.L’ 4 ‘ ,V‘, n=æ: ;a ag
20 L‘INITIATION insultent et nous accusent d‘adorer le diable ou de servir les jésuites, nous les laisserons dire et nous hausserons les épaules.
Au point de vue alchimique, les trois premiers Clef des grades symboliques. grades représentaient la préparation de l'œuvre: les travaux de l’apprenti figurantles travaux matériels, ceux du compagnon représentant la recherche du véritable feu philosophique et le grade de maître cor respondant à la mise dans l’athanor du mercure philo—
MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 21 Dures-W * sophique et à la production de la couleur noire, d’où doivent sortir les couleurs éclatantes.
Il faut vraiment ne pas se rendre compte des idées et des travaux des Rose—Croix hermétistes, pour ne pas voir que de véritables occultistes établiront leur cadre initiatique d’après les règles strictes de l’adaptation des principes et que la vengeance d’un prétendant évincé ne jouera qu’un rôle bien secondaire dans l’af faire.
' ' Venant du cercle du monde profane, l’apprenti y reviendra plus tard à l’état de maître, après avoir acquis l’initiation. Ainsi est figuré le caducée hermé tique qui donne la clef réelle des grades symboliques. Martines la connaissait, comme tout iIIUminé, puis qu’il a divisé son initiation par le quart de cercle.
On ne peut passer d’un plan à un autre qu’en tra— versant le royaume de l’obscurité et de la mort; tel est le premier enseignement qu’indique au futur initié le cabinet de réflexions et ses symboles.
L’initié ne peut rien commencer seul, sous peine de graves accidents ; il doit donc s‘assurer des guides visibles ayant déjà acquis l’expérience, tel est l’ensei ‘ gnement qui se dégage des discours et des interroga— tions auxquels prendra part le futur apprenti, dès son entrée en loge. . Mais les enseignements oraux n’auraient aucune valeur sans l’expérience personnelle, tel est le but des voyages et des épreures des différents grades.
22 L’INITIATION COMPAGNON L’apprenti croit sans changer de plan. ll passe, des travaux matériels aux travaux concernant les forces astrales; il apprend à manier les instruments qui permettent de transformer la matière sous l’effet des forces physiques maniées par l’intelligence, il apprend 'aussi qu‘en dehors des forces physiques existent des forces d’un ordre plus élevé, figurées par le flamboie ment de l’étoile: ce sont les forces astrales qu’on lui laisse pressentir sans les nommer par la vue de l'étoile flamboyante.
L’apprenti devient ainsi compagnon, et il est ins— truit sur les éléments de l’histoire de la tradition MAITRE Le compagnon qui va devenir maître doit se pré parer à changer de plan. Il passera donc de nouveau dans le royaume de l’obscurité et de la mort ; mais, cette fois, il y passera seul et sans avoir besoin de guide, il fera consciemment ce qu‘il a fait inconsciem ment dans la chambre de réflexion.
Mais, auparavant, il recevra la clef des trois grades et de leurs rapports,enfermée dans l’histoire d’Hiram et de ses trois meurtriers. . .A. E
MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 23 Ainsi que nous l’avons précédemment démontré (r ), l’adaptation solaire de la légende n’est qu’une adapta tion d’un principe bien plus général : la circulation du cercle dans le quaternaire, avec ses deux phases d’évolution et d’involution. Mais ce qu’il faut retenir pour l’instant, c’est que l’initié ne va pas seulement entendre cette légende,il ya la vivre en devenant le personnage principal de sa reproduction.
Ici apparaît un procédé bien remarquable mis en pratique par Ashmole qui composa ce grade en 1649 (ceux d’apprenti et de compagnon ont été composés respectivement en 1646 et 1648). Pour apprendre à l’initié l’histoire de la tradition d’une manière vrai ment utile, ou m la lui faire rem'we. Telle sera la clef des grades ultérieurs et de leur rituel.
Telle est la constatation qu’il faut toujours avoir présente à l’esprit quand il s’agira de réformer les rituels en les adaptant à de nouvelles époques, sans s’éloigner de leur principe de constitution. APPORT DES GRADES TEMPLIERS BAMSAY Pour éviter toute obscurité ou toute énumération fastidieusesuivonsl’évolutiondesgradesmaçcnniques. g,.tz . (i) Traité méthodique de Science occulte, analyse de la légende d‘Hiram .
24 L'INITIATION Aux trois grades purement symboliques d’apprenti, de compagnon et de maître Ramsay ajoute,en 1738, trois nouveaux grades dénommés Écossais, Novice et Chevalier du Temple.
' Ces grades sont exclusivement templiers et ont pour but de faire revivre au récipiendaire: 1° la nais— sance et la constitution de l’Ordre du Temple qui continue le Temple de Salomon; 2° La destruction extérieure et la conservation secrète de l’Ordre; 3° La vengeance à tirer des auteurs de la destruc— tion.
Telle est la clef des trois grades, qui ont été adaptés à la légende d‘Hiram, rattachant ainsi le Temple de Jérusalem à l'Ordre de Jacobus Burgundus Molay. Les maçons qui voulaient conquérir les grades supérieurs devaient s’instruire dans l’Occultisme et les premiers éléments de la Kabbale. Aussi le Novice (devenu Royal Arche plus tard) apprenait-il les noms divins que voici : Iod (Princävium).
7 laô (Existens). ‘ 1.-n Iah (Deus). m Ehieh (Sum, ero). mm: Eliah (Fortis). m'm Iahib (Concedens). nm Adonai (Domini). 7:DN Elchanan (Misericors Deus). 12n5>2 lobe] (Jubilans). 53"»
MARTINISME ET FRANC—MAÇONNERIE 25 On lui faisait, en même temps, étudier les rapports des lettres et des nombres, et les premiers éléments de la symbolique des formes. Au grade suivant,Écassais (devenu le GraÿndÉcos— sais plus tard),on joignait, à ces premières études, d’autres plus approfondies sur les correspondances dans la nature.
C’est ainsi que le tableau suivant des correspondances des Pierres du Rational et des noms divins indiquera les premiers éléments de ces études. Prenaes ou RATIONAL NOM Dwm GRAVÉ _ ‘ ET srcmrrcnrou Sardoine . . . . . . . . ... . . . .. Murex . . . . . .. (Rex) Topaze . . . . . . . . ... . . . . .. COMEL . . . . . .. Retribuens Émeraude . . . . . . . . . . . . ADAR. . . . . .. Magnificus Escarboucle.. . . . . . . . . . . . IOAH . . . . . . . . .
Deus fortis Saphir . . . . . . . . . . . . . . . . .. HAIN . . . . . . .. Fous Diamant . . . . . . . . . . . . . . .. ELCHAI.. . . .. Deus uluens Syncure . . . . . . . . . . . . . . .. ELOHIM . . . . .. Dii(Sin, les Dieux) Agathe . . . . . . . . . . . . . .. . . . EL . . , . . . . . . . Fortis Améthyste. .= . . . . . . . . .. laou . . . . . . . .. IAQ Chrysohthe . . . . . . . . . . . .., lscnuon , . . ..
Pater excelsus Onyx . . . . . . . .. . . . . . . . . .. ADONAI Domini Béryl . . . . . . . . . . . .. . . . . . . lave . . . . . . . . . (Sum qui sum) \ L’initiation a ces deux grades développait l’union entre le Temple de Salomon et les Templiers et elle se faisait dans des lieux souterrains pour exposer la nécessité à laquelle avait été réduit l’Ordre.
C’est au grade de Chevalier du Temple (devenu, en partie, le Kadosh) que le récipiendaire était vraiment consacré vengeur vivant de l’Ordre. On transformait ainsi l‘initiation en une guerre politique à laquelle les Martinistes ont toujours refusé de s’associer. Les paroles suivantes, gravées sur le tombeau sym bolique de Molay, indiquaient, de plus, que les pro
26 L’iN1TIATION . _.__‘r_‘_.._- -.. . . cédés tendant à atteindrejusqu’au seuil de la seconde mort étaient connus de ceux qui constituèrent ce grade. Quiconque pourra vaincre les frayeurs de la mort sortira du sein de la terre et aura droit d’être initié aux grands mystères.
Le détail de l’initiation du Kadosh avec ses quatre chambres, la Noire où préside le grand maître des Templiers. la Blanche où règne Zoroastre, la Bleue où domine le chefdu Tribunal de la Sat‘nte-lVœ/zme et la Rouge où Frédéric dirige les travaux, indique que ce grade est le résumé de toutes les vengeances et la matérialisation, sur la terre, de ce terrible livre de sang, qui s’ouvre trop souvent dans l’invisible quand Dieu permet aux inférieurs de se manifester.
C’est ce grade qui a toujours été réprouvé par les Martinistes, qui préfèrent la prière à la vengeance po— litique et qui veulent être des soldats loyaux de Celui qui a dit: « Qui frappera par l’épée, périra par l’épée. » Le Rite Templier comprenait, non pas seulement ces quatre grades de Ramsay, mais bien huit grades que M. Rosen dans son Satan démasqué (auquel doit avoir collaboré quelque bon clérical, car l’auteur est trop instruit pour avoir dit toutes les naivetés conte nues dans cet ouvrage) rattache à tort, ànotre avis, aux grades écossais du 19e au 28°: . /ç__(_______. / "5‘Ë. .‘. 'I"W«,—,æ - r - .r ,-n _.-_—'-,-r-.-u ' .«’.w .
MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 27 GRADES DU RITE TEMPLIER I' Apprenti ou Initié; 2° Compagnon ou Initié de l’Intérieur; 3° Adepte ; 4° Adepte de l’Orient ; 5° Adepte de l’Aigle-Noir de Saint-Jean; 6° Adepte parfait du Pélican ; .0 7° Écuyer ; 8° Chevalier de garde de la Tour intérieure.
LE RITE DE PERFECTION ANALYSE DE SES GRADES C’est à ces grades templiers que la constitution du Rite de Perfection (I758) vint ajouter le complément du système maçonnique tout entier ainsi constitué: 1° Une section historique et morale dans laquelle le récipiendaire revit l’histoire du premier Temple de Jérusalem, depuis sa construction jusqu’à sa destruc tion, puis il participe à la découverte du Verbe qui, en s’incarnant, va donner naissance au Christianisme et à la Nouvelle Jérusalem, dont le récipiendaire de vient un chevalier.
Analogiquement, cette section historique permettait de profondes dissertations morales sur la chute et la réintégration naturelle de l’être humain ; 2° Une section hermétique, consacrée au dévelop . .r...a‘.. '1_-‘-æ *%'»I ' ;v:' r 1:4: -. I :=*«:‘.zvm .
28 L’INITIATION pement des facultés hyperphysiques de l'être humain, aux cérémonies initiatiques, reproduisait les phases du dédoublementastral etdes adaptations alchimiques. Cette section était renfermée dans deux grades seu lement du Rite de Perfection: le Prince Adepte et le Prince du Royal Secret; 3° A ces deux sections s’ajoutait, comme nous l’avons dit, la section templière.
Analysons rapidement les 25 degrés du Rite de Per fection pour éclairer encore la classification précé (lente. Du 4” au 15" grade, le président de loge représente soit Salomon, soit un de ses aides ou un de ses vas saux. L’on s’occupe, soit de la construction du . Temple, soit de la vengeance d'Hiram ou de son rem— placement.
' C’est cette idée de vengeance qui a fait croire à Ro sen (1) que les grades d’Élus se rapportaient à la Sain.’- ii’œ/:me ; c’est une erreur qu’un illuminé n’au rait pu commettre.
La'Saint- Wœhme a été une adap tation germanique des vengeurs pythagoriciens, imi tés eux—mêmes des vengeurs d’Osiris, comme l’a fort bien vu l’auteur de Thuileur de 1’Écossz‘sme et cependant Aulnaye n’a pas dépassé les petits mystères et n’a compris dans l’initiation que le côté naturaliste et le plan sexuel, comme le font aujourd’hui les clé ricaux.
L’extrait suivant nous éclairera à ce sujet: « Si le troisième grade dela Maçonnerie,celui de maître, nous offre le tableau de la mort d’Hiram, dit '(1) Satan démasqué. ” " .._. _..Ç...m-.-_ .- {m’a—æ.” f"*:ÿ*’""‘“""'f"“"“""_,»-fikffl “
MARTINISME ET FRANG-MAÇONNERIE 29 l’Archz’z‘ecte du Temple, ou plutôt de celle d’Osiris, de Pan, de Thammuz, Grand Architecte dela Nature, avec le premier élu s’échappe le premier cri de ven geance, celle qu’Horus exerça contre les meurtriers de son père, Jupiter contre Saturne, etc. Ce.grand etper maneht système de vengeance, qui se retrouve plus ou moins clairement exprimé dans une foule de grades et notamment dans le Kadosh, remonte aux temps les plus reculés.
Indépendamment de l’inter prétation que l’on peut lui trouver dans les opérations même de la Nature qui présentent une suite de combats et de réactions, entre le principe générateur et le prin cipe destructeur, il appartient surtout à la théocratie, le plus ancien desgouvernements.
Suivant les différentes circonstances où se sont trouvés les fondateurs des sociétés secrètes, et suivant l’esprit particulier qui les animait, ils ont fait l’application de cette vengeance à telle ou telle légende, àtel ou tel fait historique ; de là la différence des rites; mais les principes fonda mentaux sont toujours les mêmes (1).
Au 17e grade (chevalier d’Orient et d’Occident), nous arrivons à la prise de J érusalem par les Romains et à la destruction du Temple. ' C’est alors que nous trouvons le gradé vraiment chrétien de la Maçonnerie, ce grade auquel les Rose Croix ont donné le nom de leur Ordre et dans lequel ils ont renfermé la partie la plus pure de la tradition.
Aussi les matérialistes, n’y comprenant plus rien, di ront-ils que ce grade est une création des Jésuites, et (I) De l'Aulnaye, Thuileur général, p. 58 (note). ...-.... .e.-..\ .a. .«,. . ..
30 L’INITIATION les Jésuites, émus de voir la croix et le Christ glo rieux dans un temple maçonnique, diront-ils que ce grade est une création de Satan. Comme on le voit, il y en‘a pour tous les goûts. Le grade de Rose-Croix maçonnique est la traduc tion physique des mystères qui conduisent au titre de Frère illuminé de la Rose-Croix, titre n'appartenant pas à la Franc-Maçonnerie, mais à sa créatrice: la Société des llluminés.
Un Rose-Croix maçon, quand il connaît bien son grade, peut être considéré comme un apprenti illuminé et il possède tous les éléments d’un haut développement spirituel, comme nous allons le voir en analysant ce grade.
LA nosn-cnorx nrxçoxmçun L’initiation au grade de Rose-Croix maçonnique demande quatre chambres : la Verte, la Noire, l’Aso truie, et la Rouge, qu’on réduit, dans la pratique, géné ralement à trois en supprimant la première. x \ Verte Noire | Astrale l Rouge Le thème du grade, c’est que la Parole qui doit permettre la reconstruction du Temple a été perdue. Le récipiendaire la retrouve, c’est le nom de N.-S. Jésus-Christ: IN RI, et, grâce à cette parole, il traverse la région astrale dans sa section inférieure ou infer
MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 31 "î""" r --— > nale et il parvient dans la chambre de la purification chrétienne et de la réintégration.
Au point de vue alchimique, c’est la création de la pierre au rouge par la découverte des forces astrales, la sortie de la tête du corbeau et le passage au phénix ou au pélican. , Au point de vue moral, c‘est la naissance en l’homme, de l’étincelle du Verbe divin, renfermée dans son âme, par l’exercice de la prière, de la charité, du sacrifice et de la soumission au Christ.
Allez donc faire comprendre cela à un marchand de vins, courtier électoral et dignitaire du Grand Orient, ou à un R.-P. Jésuite.
Le premier remplacera la Foi, l’Espérance et la Charité par sa chère devise Liberté, Égalité, Fraternité... ou la Mort, et le second voudra absolument trouver des anagrammes qui transforment le nom du Christ en celui du Prince de ce Monde, car il ne peut pas concevoir qu’on com prenne le Christ sans passer par l’intermédiaire coû teux de ceux qui pensent être le seul clergé divin sur la terre.
Pour le clérical, c’est du « gnosticisme » que tout cela, et il entend par ce mot tout ce qu’il ne comprend pas. Reprenons l’analyse de l’initiation. La chambre verte rappelle la première évolution du récipiendaire dans les grades symboliques. La chambre noire va lui ouvrir les portes de la seconde mort. Elle va indiquer un changement de plan. Elle est tendue de noir, avec des larmes d‘argent. La destruction du premier Temple est représentée
32 L'INITIATION par des colonnes brisées et des instruments de cons truction jonchant le sol. Trois colonnes restentseules debout et le transparent qui les domine se lit : For,au S.-O.; ESPÉRANCE, au S.-E., et CIIARITÉ, au N.-O.
A l’est est un des symboles les plus profonds, tout d’abord une table, recouverte d’un drap noir, et sur laquelle se trouvent, outre les instruments de cons— truction matérielle (compas, équerre, triangle), le symbole de la création par l’homme de son être spiri tuel : la Croix portant une rose à l’intersection de chacun de ses bras.
Cette table est placée devant un grand rideau u en s'écartant, laissera apercevoir le Christ crucifié éclairé par deux flambeaux de cire de couleur solaire (A suivre) PAPES.
W v--_: —..-. - ÿesrriy;tion de la ville d’àtalante” Par CLAUDE DE SAINT-MARTIN CHANT 69 SUITE DE LA DESCRIPTION D’ATALANTE SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE « Après avoir parcouru quelque espace, je me trou vois vis-à-vis d’un grand bâtiment qui portoit pour inscription : Société scientifique. Je cédai au désir d’y entrer.
Il y avoit nombre de savans assemblés autour d’une table, et un plus grand nombre de spectateurs rangés autour d’eux et les regardant avec beauœup _ d’attention.
Je vis bien sur les figures de ces savans que, pendant leur vie, ils avoient été un peu comme des âmes en peine, et que les sciences qu’ils avoient suivies ne les avoient pas complètement satisfaits; cependant leur teint étoit plus animé et moins matte que celui des savans que j’avois vu dans le corps du monstre.
Je presumai de—là que, de leur tems, les sciences n’étaient pas encore aussi altérées qu’elles le (I) Sous ce titre, Claude de Saint-Martin décrit l'Atlantide et beaucoup des Mystères de la vision astrale. _V N. D. L. D. . . .. .. ,.y.< ..-r 4'! ,. \ 1;; agi; .. .444. ._..>.l..’4.
3’. L‘INITIATION sont devenues depuis, attendu qu‘ils avoient vécu dans une époque plus voisine de l'origine. « Je vis sur le registre qui étoit sur la table, qu’il ' s’agissoit de la distribution de plusieurs prix propo— sés par la Société scientifique. « La première question étoit de savoir pourquoi les étoiles scintilloient, et pourquoi le soleil ne scintilloit pas.
Le mémoire couronné avait dit que c’étoit parce que les étoiles étoient composées d’un feu et d‘une eau qui n’étoient pas unis comme ces éléments le sont dans le soleil, et que c'étoit pour cela qu'on ne pou voit sans erreur regarder les étoiles comme autant de soleils, parce que l’action du soleil est pleine, com plette et libre, et que celle des étoiles ne l’est pas.
« La seconde question étoit de savoir si les preuves tirées de la nature étoient les plus propres à démon trer l’existence de l'être supérieur.
Le mémoire cou ronné affirmoit que non, et que c’étoit la pensée de l’homme dépouillée de ses préjugés et de ses nuages qui étoit le vrai témoin de l’existence du principe des êtres, parce c'étoit elle seule qui pût avoir de l’affinité avec lui, et faire à son sujet des dépositions qui fus sent valables. _ « Enfin une troisième question étoit de déterminer l’influence des signes sur la formation des idées.
Je ne vis aucun mémoire couronné sur cette question, et je vis en marge du registre une note du philosophe qui avoit sans doute du crédit dans l’assemblée, et qui annonçoit que la réponse à cette question ne se— rait pas faite de sitôt, parce que le patron des signes 'qui devoit servir de terme de comparaison, n’étoit pas
DESCRIPTION DE LA VILLE D’ATALANTE 35 encore dans son complément;que bien des siècles après qu’il y seroit parvenu, cette réponse seroit écrite en français provisoirement et comme prophétique— ment par le psychographe, sous le règne de Louis XV, mais qu’elle ne seroit cependant composée et publiée par son véritable auteur que plusieurs années après qu’elle auroit été écrite provisoirement et prophétique_ ment par le psychographe ; que le véritable auteur de cette réponse seroit un petit cousin de Mme Jof; qu’il naîtrait deux fois; l’une au propre, la même année que sa cousine: l’autre au figuré, vingt-deux ans et demi après elle; que grâce à cette bonne cousine, il espéroit bien mourir à 1473 ans, car, en naissant, il n’en auroit déjà plus que 1734 ; qu’enfin il change roit sept fois de peau en nourrice, afin que le trans parent qui est donné aux hommes pendant leur vie terrestre fût pour lui plus diaphane.
« C’est cette réponse écrite provisoirement et pro phétiquement que le psychographe veut bien vous communiquer d’avance, et sans attendre l’époque où la question elle-même sera proposée par une société savante qui s’appellera l’Institut national de France. CHANT 71 SUITE DE LA DESCRIPTION D’ATALANTE.
CHAIRE DE SILENCE « Cherchant toujours ma rue des Singes et la mai son de l’hiérophante, j’arrive à une place isolée et cir— culaire, dans le milieu de laquelle j’apperçois un édi fice de forme quarrée et ayant pour inscription. Cours
36 LÏ.\‘lTlATION de silence. Ce titre excite ma curiosité, j’entre. Je trouve nombre de personnes des deux sexes assises. et un professeur debout au milieu. Je ne vois aucune paroles en l’air; alors je cherche partout quelque pa pier ou quelques livres, pour me mettre au fait des matières que le professeur traitoit dans son cercle. Je n’en trouve point, j’en découvris bientôt la raison.
« Le professeur avoit, comme Harpocrate, le pre mier doigt de sa main droite appuyé sur sa bouche ; ce qui m’indiqua qu’en effet il ne professoit que le silence, et qu’il ne parloit pas plus que ses disciples, n’offrant ainsi que l’exemple pour précepte. « Après avoir réfléchi quelques instants sur cette sin gularité, j’étois prêt de m’en aller puisque là je ne pouvois rien lire, ni sur des papiers, ni en l’air.
Mais au moment où j’allois me retirer, je commençai à appercevoir en nature effective, des choses très extra ordinaires qui fixèrent mon attention.
Plus je les re gardois, plus elles se développoient et devenoient vives devant moi, de façon que je vis bientôt l'appartement tout rempli de ces prodiges inouïs pour moi jus— qu’alors, et sur lesquels les yeux des assistants me paroissoient tellement fiXés, que sûrement le sommeil n’avoit aucun accès dans cette sublime école, comme cela lui arrive si souvent dans les auditoires où l’on parle.
« Ces prodiges ouvrirent de nouveau mon esprit à des connoissances dont les discours des savans, et les leçons de tous les professeurs que j’avois entendus, 'n,e m’avoient jamais laissé soupçonner la moindre trace ; car elles m’apprenoient en réalité des principes
DESCRIPTION DE LA VILLE D’ATALANTE 37 1 et des vérités actives, que ces discours et ces leçons scientifiques semblent au contraire avoir bannis de l’entendement; aussi j’appris dans le même instant à évaluer le prix de ces abusives et mensongères ins— tructions.
« Je ne vous rapporterai point ici quelles sont ces merveilles, et quelles sont ces connoissances, parce que pour vous les rapporter il faudrait parler; et comme je ne les ai apprises que par le silence, je crois aussi que ce n’est que par le silence que vous pouvez les apprendre.
« Je crois que si les hommes, au lieu de se livrer à la profusion de leurs paroles, comme ils le font tous les jours, se livroient soigneusement à ce silence qui a été si instructif pour moi, ils seroient naturellement environnés des mêmes prodiges; je crois enfin que s'il ne parloient pas, c’est alors qu’ils exprimeroient les choses les plus magnifiques du monde; et si les nations vouloient avancer le règne des sciences et des lumières parmi elles, je crois qu’au lieu de tous ces cours scientifiques qu’elles accumulent chez elles, elles devroient uniquement établir par-tout des chaires de silence. * « Car je suis sûr à présent que les harpocrates n’é toient point, ainsi que tant de gens l’ont dit, une ruse sacerdotale qui eut pour objet d’empêcher que l’on annonçât, pour être des hommes, les divinités mythologiques et les idôles ; la source d’où ils dérivent est infiniment plus profonde. « Je me trouvai bientôt si rempli de tout ce que je voyois, que peu familier encore à ces prodiges, je fus WW‘_ " "“ ‘
38 L’INITIATION obligé d’y mettre un terme.
Je sortis, nourri dans tout mon être des charmes incompréhensibles de cette nouvelle existence, me proposant de revenir bientôt dans cette école; et je me remis en marche pourcher cher ma rue des Singes, mais sans faire beaucoup d’attention à tout ce que je rencontrai, tels que bate leurs, des enterrements, des voitures, des b6utiques de toute espèce et autres choses qui se voient dans toutes les grandes villes, avec cette dillérence qu’au lieu d'entendre les paroles, j’étois réduit à les lire, et que l’atmosphère en étoit semée. » CHANT 72‘ SUITE DE LA DESCRIPTION D’ATALANTE. — PRÉDICATEUR DANS LE TEMPLE « A une assez longue distance du lieu que je quit toîs, j’apperçois un édifice assez vaste, oblong, et ayant l’apparence d’un temple. l’approche, je vois par l’inscription que c’est en effet un temple et qu’il est dédié à la Vérité. l’entre, je trouve un grand concours de peuple assemblé, et paroissant écouter un homme qui étoit assis dans une chaire et qui leur parloit.
Je pus à mon aise lire toutes les paroles de son discours, parce que, comme il parloit seul, elles s’étoient con servées d’une manière très distincte; et je puis dire que ce discours rentermoit tout ce que la plus sage philosophie du Portique et du Pyrée a jamais ensei— gné de plus pur et de plus imposant, quant à la sévé— rité des principes et à la sainteté de la doctrine.
DESCRIPTION DE LA VILLE D’ATALANTE « Mais chose étonnante ! indépendamment de ces paroles visibles, et qui étoient sorties de la bouche de l’orateur, j’en appercevois dans son intérieur qui étoient un peu moins marquées, mais qui l’étoient assez pour que je puisse les lire et les discerner; c'étoit comme des germes de paroles, dont les uns étoient presqu’entièrement développés, d’autres à moitié, d’autres au tiers.
Ce qui me confondit et me remplit d’indignation, ce fut de voir que ces paroles que j’appercevois dans l’intérieur du corps de l'ora teur avoient un sens absolument opposé à celles qui étoient sorties de sa bouche; autant celles—ci étoient sensées, sages et édifiantes, autant les autres étoient impies, extravagantes et blasphématoires, de façon que je ne pus douter alors que cet orateur en avoit imposé audacieusement à son auditoire et qu’il ne croyait pas un mot de ce qu’il lui avait débité. (C’est tout comme chez nous, diront les assistans; Paroles du dehors, paroles du dedans Chez les prédicateurs sont chose assez commune, Et deux langues leur sont bien plus commodes qu’une.) « Vous me demanderez, peut-être, comment j’ai pu discerner ces paroles internes de l’orateur, tandis que je n’avois pas fait la même remarque chez les autres personnes dont j‘avois observé les paroles.
J’ai eu moi-même beaucoup de peine à m’en rendre compte; cependant j’ai fini par me l’expliquer, ce me semble, assez clairement. «Comme cet orateur traitoit des matières saintes et divines, et qu’il les traitoit publiquement, il falloit
40 i.‘iNiTi.\TION qu’il fit tous ses efforts, non seulement pour ne pas scandaliser son monde, mais encore pour l’édifier; d’un autre côté, ces efforts eux-mêmes contrariant ses sentiments intérieurs, il redoubloit ainsi d’efforts en dedans pour faire le contre-poids de ce qu'il étoit obligé de débiter tout haut; et ce sont ces efforts se crets qui, donnant à ses pensées sacrilègcs un plus grand degré de fermentation, donnoient en même tems aux paroles internes qui en naissoient une forme plus déterminée et un caractère plus marqué.
« Peut-être aussi ces mêmes efforts, soit externes, soit internes que l'orateur avoit faits, étoient-ils assez violens pour avoir agi sur son physique et pour avoir rendu son corps plus maigre, plus transparent et plus diaphane que les corps des autres personnes que j’a vois vues et qui n’étoient pas si outrageusement cri minelles que lui; et en effet il n’avoit que la peau sur les os. » CHANT 73 SUITE DE LA DESCRIPTION D’ATALANTE. -- DOUBLE COURANT DE PAROLES « Mon étonnement eut lieu de s'accroître encore d’une manière qui vous surprendra vous—mêmes, quand je vous dirai que non seulementje voyois ainsi dans l’intérieur de l’orateur, des paroles opposées à celles qui sortoient de sa bouche, mais qu’à force de l’examiner avec attention, je remarquai encore qu’il sortoit de son cœur comme un courant de ces mêmes paroles impies et sacrilèges.
DESCRIPTION DE LA VILLE D’ATALANTE 41 « Ce courant étoit d’une couleur sombre et bron sée, il étoit double, c’est-à-dire, qu'il y avoit un ren trant et l’autre sortant ; et le cœur de l’orateur étoit à la fois comme le foyer et le terme de ce double cou-_ tant : ces effluves se succédoient avec rapidité, et s’é-. tendoient dans le temple, et même au-delà, car elles passoient outre, par la grande porte d’entrée; mais comme je les voyais aussi rentrer par cette même porte, je présumai qu’il devait y avoir un second foyer à l’autre extrémité de ce courant, et je résolus de le chercherà l’instant, en suivant les traces très— sensibles de cet extraordinaire phénomène.
« Je parcourus donc, non sans souffrir, cette longue chaîne de paroles impies sortant du cœur de l’ora teur ; je détourne mes yeux de tout autre objet, tant j’avois envie de satisfaire ma Curiosité ; la faim com— mençoit, à la vérité, à me travailler un peu, vu que mes facultés corporelles m’étoient rendues; mais le désir d’en venir à mes fins me travailloit encore da— vantage; et puis, les promesses de la femme extraor dinaire que j’avqis vue avant d’être englouti, soute noient mon courage par l’espérance que nous n’étions pas séparés pour toujours.
« En sortant de la grande porte du temple, je vis ce courant infect tourner à gauche dans une grande rue, au bout de laquelle se trouvait une place ellip tique assez vaste; il la traversoit par le milieu, et de là entroit dans une petite rue sombre, ‘mal propre, mal alignée, et d’une longueur à m’enhuyer ; au bout de cette rue, il en enfiloit une autre, qui me parut encore plus désagréable, plus sale et plus tortueuse. ‘.\m“. .b—#‘F“ '0‘ &ar* 1!
/,2 L‘INITIATION « Mais ces dégoûts furent tempérés en partie, par la joie et l’espoir de trouver ce que je désirois avec tant d’ardeur ; car enfin,en regardant l’inscription de cette vilaine rue, je vis qu’elle s’appelait la rue des Singes ; et je n’eus pas atteint la vingtième maison de cette rue, que ce double courant de paroles qui m’y avoit con duit, entra dans une porte au-dessus de laquelle je vis écrit : I’liiérophanle.
« Jugez de ma satisfaction Je ne doutai point que cet hiérophante ne fût ce même personnage dont les paroles du médecin mourant, m’avoient donné quel— ques indices, et qu’ainsi il ne fût le même que je venois de voir prêchant dans le temple. » CHANT 74 SUITE DE LA DESCRIPTION D’ATALANTE DEMEURE DE L'HIÉROPHANTE «J’entreprécipitammentdanscette porte: je traverse, toujours à la lumière sombre du double courant, une petite allée obscure, au fond de laquelle se trouvoit un escalier, dont une partie montoit à des apparte— ments supérieurs; mais dont l’autre, recouverte seule— ment par une trappe, je la leve et je le suis jusque dans la cave, où j’arrive après avoir descendu cin-. quante marches.
« Là je trouve un grand emplacement de forme pentagonale. Quatorze personnes étoient rangées tout autour sur des sièges de fer, ayant chacune au-dessus de leur tête un nom écrit, qui indiquoit leur fonction
DESCRIPTION DE LA VILLE D’ATALANTE 43 W——rv-. WWWZâ;;: et leur emploi dans cette assemblée ; au fond de cette cave, et sur une œtrade élevée de deux gradins, étoit un siège de fer plus ample que les autres et mieux travaillé, mais vide ; et au-dessus de ce siège étoit écrit en grandes lettres: l’hie’rophante. J’eus alors une pleine conviction que j’avois trouvé ce qui étoit l’objet de mes recherches.
' «Indépendamment de ce courant de paroles qui m’avoit conduit jusqu’à cette cave, et qui avoit préci sément le fauteuil del’hiérophante pour second centre il y avoit de semblables courans qui alloient depuis ce fauteuil de l’hiérophante jusqu’à la bouche de chacun des quatorze assistans, et qui retournoient de leur bouche à ce fauteuil; de façon que je jugeai que cet hiérophante étoit comme l’âme de leurs pa roles et qu’ils n’en étoient que les organes et les instru mens. _ « Au milieu de la place étoit une grande table de fer, ayant la forme pentagonale comme la cave, et sur cette table une espèce de lanterne de papier, transpa rente, également pentagonale, et dont les côtés répon— daient aux côtés de la table et à ceux de la cave; au centre de cette lanterne, il y avoit une pierre brune, mais luisante, et qui laissoit voir à chaque assistant des mots et des phrases toutes entières, écrites sur les faces du papier qui lui- étoient correspondantes ; et ces phrases répondoient aux paroles que j’avois lues dans l‘intérieur de l’hiérophante.
« Devant son fauteuil, il y avoit une autre table oblongue, aussi de fer, et sur cette table deux singes de fer, qui avoient chacun à chaque patte et au col,
/,’, L‘INITIATION Ç"" r.“ l'\v une chaîne de fer ornée sur cette table ; ce qui faisoit dix chaînes : devant ces deux singes de fer il y avoit un gros livre dont tous les feuillets étoient aussi de fer; etque je pouvois remuer et lire à mon gré.
« J’y lus clairement les traités de différents émis saires des docteurs occultes, avec plusieurs conqué— rans de la terre, et les horribles conditions sous lesquelles ils leurlivroient les nations de ce monde. J‘y lus celui qu'un de ces émissaires avoit fait avec l’hiércphante lui-même, les abominables moyens qui lui avoient été confiés par cet émissaire, et les pro messes qui lui avoient été faites, s’il se conformoit à ses plans.
Mais j’y lus de fortes imprécations contre Phérécide qui avoit grandement contrarié les entre prises de cet hiérophante, et avoit empêché plusieurs personnes d’y prendre part. « J‘y lus que ces entreprises avoient pour but de taire anéantir l’ordre de toutes choses, et d’établir à sa place un ordre fictif qui ne fût qu'une fausse figure de la vérité.
On devoit renverser tous les calculs con nus depuis, sous le nom de calcul de Pythagore, et tellement les confondre que l‘esprit le plus simple et le mieux conservé ne pût jamais en retrouver les traces.
« On devoit ramener par cette même loi tous les règnes de la nature et de l’esprit, à un seul règne; toutes les substances, soit élémentaires, soit spirio tuelles, à une seule substance; toutes les actions visi bles ou occultes des êtres, à une seule action; toutes les qualités bonnes ou mauvaises,vivantes ou mortes, à une seule qualité ; ce seul règne, cette seule subs-‘
DESCRIPTION DE LA VILLE D’ATALANTE 45 tance, cette seule action, cette seule propriété, devoit résider dans ce chef de l’assemblée, ou dans cethiéro— phante qui alloit bientôt lancer hautement dans le monde cette doctrine, et exiger pour récompense, dès son vivant, les honneurs de l’apothéose et sa divini sation, àl’exclusion de tout autre Dieu. Je ne pense point sans frémir à l’horreur que cette lecture m’oc— casionna.
« Je lus ensuite dans ce même livre l’histoire de notre famine actuelle; mais j’y lus aussi le signale— ment d"un homme saint et respectable qui devoit renverser tous les projets de nos ennemis, et qui paroissoit être pour l’hiérophante même un des adversaires les plus redoutables: cet homme respec— table qui maintenant nous est connu, je désirois ardemment alors d’en savoir le nom; et cela, non pas seulement par curiosité, mais aussi par intérêt pour la France, et par besoin que j’avois de remplir mon esprit d’espérances pour le salut de mon pays; quoi qu’à dire vrai, me trouvant dans un lieu qui n’étoit rempli que de la mort et qui ne m’offroit aucune issue, je n’aurois jamais pu, sans les pro messes que je gardois dans mon cœur, me flatter de partager à l’avenir le sort heureux ou malheureux de ma patrie. » CHANT 75 SUITE DE LA DESCRIPTION D’ATALANTE. -— FIN TRAG!QUE DE L’HIÉROPHANTE « Ce désir s’empara tellement de moi, qu’il devint comme un feu brûlant dans mon sein ; mais bientôt HW\—r _._——‘
46 L’INITIATION ce feu ne pouvant plus se contenir en moi, il en sor tit une lumière d’une blancheur ravissante, au milieu de laquelle je vis clairement le nom d'ËIe’açar, et cela par trois fois consécutives. « Ma joie fut égale à ma surprise en voyant un semblable phénomène; mais ce phénomène en pro— duisit un autre si effrayant si, extraordinaire, que je n’aurois pu en soutenir le spectacle, s’il avoit duré plus long-tems.
« Sachez donc qu’à l’instant où ce nom d’Éle’açar fut ainsi manifesté dans cette enceinte souterraine, les quatorze hommes qui étoient assis sur des sièges de fer reprirent la vie, en faisant des grimaces et des contorsions épouvantables; sachez que les courans particuliers qui les Iioient au fauteuil de l’hiérophante se détachèrent de ce fauteuil et rentrèrent dans ces quatorze hommes, ce qui sembla rendre leur état plus violent; sachez que les deux singes de fer qui étoient enchaînés sur la petite table furent détachés à l’instant; qu’ils devinrent vivans et engendrèrent aussitôt chacun six autres singes vivans comme eux; que ces quatorze singes se jettèrent comme des éper viers, chacun sur un des quatorze hommes, et les dévorèrent tous.
« Sachez que l’hiérophante même, par une violente attraction, fut amené, en un clin d’œil, depuis le le temple, jusqu’à son fauteuil, où il me parut à lui seul plus tourmenté que les quatorze autres ; sachez que les quatorze singes se précipitèrent aussitôt sur lui et le dévorèrent .après lui avoir arraché les yeux ; sachez que les quatorze singes, après avoir mangé flw-AMM..
DESCRIPTION DE Lx VILLE D’ATALANTE 47 "v;—— --.-.. _ __ tout le monde, finirent par se manger les uns les autres, sans qu’il en restât vestige devant mes yeux, et sans que je pusse savoir ce qu’ils étoient devenus. « Sachez que tous ces événemens se passèrent avec une rapidité aussi prompte que celle de la pensée. « Sachez enfin, qu’il se fit un tremblement de terre si violent, que tout sembla prêt a s’écrouler sur moi. Mais au milieu de ces scènes si effrayantes, une main invisible s’est emparée de moi; et sans me laisser aucun usage de mes facultés, elle m’a transporté je ne sais par où, ni par quel moyen, jusqu’à cet égout de la rue Montmartre, où vous savez que j’ai pris terre. » Claude DE SAINT-MARTIN. (Le Crocodile, chants 64 et suivants.)
Æ. %sWÆâäv/A’ÂVÆÈŸÆVÆE‘ PARTIE PHILOSOPHIQUE E'I SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute école, sans aucune d!SÜ_YICIIOH, et chacun d'eux conserve la responsabilité cxciusiue de ses idées ) I Mtnwns ET MÉDIUMNITÊS CONFÉRENCE COSMOSOPHIQU E FAITE A LA SOCIÉTÉ DES CONFÉRENCES SPIRITUALISTES Le 24 Février PAR 5. U. ZANNE _—— Lorsque, il y a un mois, le maître Papus me fit l’honneur de m’appeler à faire ici, aujourd’hui, la conférence mensuelle devant vous, je pris la résolu tion aussitôt de traiter à mon tour cette question des médiums et des médiumnités, croyant que, par trente— trois années d’études et d’investigations sérieuses, je puis en cette matière avoir acquis une certaine com pétence. Il est de mon devoir, toutefois, de vous dire. dès le début, que je relève du Sacerdoce Royal de Melchis sedech, et que, par conséquent, les théories scienti fiques, religio-philosophiques, que je vais exposer, procèdent des enseignements, du corps de doctrine \
MÉDIUMS ET MÉDIUMNITÉS 49 cosmosophique, de cette vénérable et plus de cent fois centenaire Initiation. Afin que, dès mon entrée en matière, il n’y ait ni surprise, ni malentendu à ce sujet; afin que nul ne puisse croire on dire qu’un Initié soit de tempérament à voies détournées, a visage marqué, et puisse mettre son drapeau en poche.
J’ajouterai que la Cosmosophie,—dont je crois être ici le premier initiateur, qui vienne, pour la première fois, en parler ouvertement au public, —-—médium entre le passé et l’avenir, —— est, depuis les initiales jusqu’aux terminales, la science des raisons d’être et de devenir, des moyens d’être et de devenir, du but d’être et de devenir de tous les êtres et choses du Cosmos, de l’éternel-universel.
Donc, cette question de médiums,— sans médium nité, — ayant été présentée devant vous, il y a un mois, ici, 'parle maître Papus et par le maître Delanne, — j’ai estimé qu’il serait bon et utile de la reprendre, pour la porter sur un terrain plus large et plus élevé, son véritable domaine. En effet, cette question des tnédiums et des médiumnités constitue l’alpha et l’oméga du corps de doctrine cosmosophique.
Elle est bien élaborée et bien comprise, la moelle épinière des reins de ce corps, et, comme telle, le véritable, sinon l’unique, fil d‘Ariane, qui puisse vous guider dans vos explorations de ce labyrinthe, que sont les sciences occultes. Dans la mesure de mes moyens, — et avec l’assis tance de ceux qui sont Mel'chissedech, — je me pro pose donc de vous faire comprendre les premiers élé— 'SJI
50 . l:l.\’lTl.\Tl()N v ; ments du sujet. J’examinerai la question au point de vue du magnétisme et au point de vue du spiritisme, qui, l’un comme l’autre, sont sciences expérimentales, d’ordre préparatoire et introductoirc à l‘Hermétisme et à l'Alchimie, c‘est-à-dire à tout l’occultisme. Les abords de cette question — ses premières ini tiales — sont un peu abstraits; le concept en est difficile, l‘étude en est ardue et très compliquée.
Mais, je l’ai déjàdit,je tâcherai d‘en exposer et d’en élaborer les éléments au mieux de mes moyens, .... ..avcc la certitude que vous voudrez bien m'accorder votre plus entière, votre plùs bienveillante attention. I.
Un vieux précepte d'ordre astrologique, — que, dans le temps, j’ai vu quelque part, — établit le prin cipe : Omnia in uno, omnia ab uno, omnia ex uno, omnz’a per medz’um, et omnia in omnibus. — Tout, dans le grand Tout éternel et universel, procède d’une médiumnité, procède par médium, procède vers une médiumnité.
Toute la chaîne — des causes et des phénomènes — est faite de chaînons, — effets cau— sateurs. .l e croirais, certes, abuser de votre patience en vous disant que « médium » signifie « milieu », « intermédiaire », « trait d’union », donc,instrumen talité fonctionnelle pour la vie de relation.
Et je commence l’exposé des éléments : L’Astaroth Kaldéen, — que voici, -— est une syn thèse idéographique, symbolique, -— première clef kabbalistique, — de la science cosmosophique. C’est le ternaire dans le quaternaire. Il se décompose,
MÉDIUMS ET MÉDIUMNITÉS 51 —U-‘-I-_ 11 se démonte analytiquement, d’abord en trois, ensuite en quatre éléments : en As-al—ar, et, — par_0t, -— en As-at-àr-ot. Chacun de ces éléments, en analyse abstraite, constitue lui—même un idéogramme distinct.
Ainsi, pour le concept ternaire, As —— le feu — c’est le principe potentiel, l’initiale de toute énergie, de toute force; At — l’eau, — c’est l’élément essen tiel, l’initiale de toute substance, de toute matière; Ar, —« l’air, .— c’est, entre cesdeux,le médium afiËni tésiel, le trait d’union conjonctif, l’initiale de tout mouvement, donc, de, toute phénoménation.
A eux trois, ils constituent l’Asatar, le triun divin, qui està la base de tous les concepts d’ordre théogonique :Dieu— père, Dieu—mère, Dieu-esprit. Au point de vue cosmo sophique, cependant.
Asaz‘ar, — dont par contraction Astre (planète) et Astrologie, — qu’il ne faut point confondre avec astromancie, -— Asatar veut dire «esprit», donc Asaz‘arologz‘e, science del’ « esprit »— c’est-à-dire de l’entité préexistante et postexistante à tout passage en formes corporelles physiques.
« La Vierge conçut,— du Père bien entendu,-— par l’opération du Saint-Esprit. »— Le Feu expansif, dans l’Eau plastique, vibra, devint lumineux, Air, et s’auto reproduisit dans l’Ot, — qui est le fils, -— lequel, dans la théogonie chrétienne, prit la place de sa mère dan 5 la Trinité, et, cela, pour des raisons d’ordre kabba listique, qui nous mèneraient hors de notre voie Nous sommes cosmosophes, point théosophes.
Mais, entre At et Ot, il n’y a de différence que de l’alpha à l’oméga, de l’initiale à la terminale déterminante. Ce concept abstraitdu ternaire, du triun, est divin
52 L’INITIATION donc, conçu avant entrée en formes et nombres cos mogoniques. Dès que l’Asatar, ou esprit, se diffé rencie du grand Tout, pour s‘individualiser, c‘est-à dire devenir une chose ou un être dans l‘univers, il se revêt d’un corps, d’un—organisme fonctionnel auto expressif.
Ce corps, — qu’on dit astral, — premier médium ou intermédiaire pour la vie de relation entre lui et les autres Asatars, différenciés avant lui ou qui se différencient après lui, —également revêtus d’un corps, —- c’est son Ot, — sa terre, son limon rouge. — L’Asatar, — vibrateur expansif rayonnant -— étant un triun, c’est—à-dire un et indissoluble, en accrétant ainsi autour de lui, par émanence d'ex pansion ondulante, vibratoire, son revêtement, son Ot, passe à la deuxième puissance du binaire, — deux fois deux font quatre,— donc, devient un quaternaire, un Asatar—Ot.
Et l’Ot étant l'auto-expression dans la forme de l’Asatar, c’est pourquoi l’on dit en astro logie kabbalistique que « ce qui est au dehors est comme ce qui est au dedans », donc, que telle la vibration, tel est le vibrateur. Toutes les mancies, ou arts divinatoires, procèdent de ce principe.
Or, comme à la genèse de son devenir, l’Asa,tar fait sa première entrée, immédiatement, dansla forme de l’Atar, — At Ar — éther luminifère, —— son pre mier corps, son premier organisme fonctionnel, ou médium d’auto—manifestation auto-affirmative, est d’ordre asatarotal, — par contraction, astral, — éthé— rien. C’est son corps métaphysique, impondérable. A sa deuxième entrée, dans la forme de l’Asot, -— As. 01, terrestre,-— qui se fait médiatement, -— attendu 2‘
MÉDIUMS ET MÊDIUMNITÉS 53 qu’il est revêtu de son médium, ou corps astral,—- son deuxième organisme fonctionnel, ou médium ter restre, est d’ordre physique, pondérable. Comme vous le voyez, nous pénétrons dans le sujet par l’autre bout, car, dit la Kabbale, « Tout est inverse et réversible». Ce qui est en haut est commece qui est bas.
Nous procédons de l’initiale, — de l’initiative, — vers la terminale, — vers l’expressif, du centre à la périphérie, par initiation, Contrairement à la science déductive, qui, elle, par expérimentation, pro cède‘de la périphérie vers le centre, va de l’effet à la cause, pénètre dans la loi par le phénomène. Nous procédons de l’occulte vers l'apparence perceptible; elle va du connu à l’inconnu.
La différence est capi tale, en ce sens que, pour les mêmes choses, la prise de vue étant opposée, les aspects sont autres.
Ainsi, pour elle, l’homme sur la terre est un corps, auquel elle daigne parfois concéder un esprit, -——ou une âme, —- sans trop distinguer entre les deux; alors que, pour nous, l’homme sur la terre est un esprit, un A_satar, revêtu d’un corps éthérien, astral, Ot, qui lui sert de médium, d’intermédiaire,— âme animante, ——entre et avec son corps azotique, son organisme physique, soninstrument fonctionnel, second médium qui le seconde dans la vie de relation terrestre.
Mais, nous sommes d’accord sur les vrais principes qui dérivent pour elle,procèdent pour nous,de l’un ou l’autre de ces deux aspects. Car la.Cosmosophie est une science religio-philosophique aussi positiveetpratique, —- réalisatrice et adaptive, — aussi exacte et mathé— matique, que n'importelaquelle de toutes les sciences
54 L’INITIATION connues. Attendu que toutes, des terminales, pro cèdent vers elle, et qu’elle, par les initiales, procède vers toutes. Attendu qu’il est à espérer, — et à faire, — je suis ici aujourd’hui pour cela. — qu’un jour toutes procéderont d’Elle. Car nous sommes d’accord sur les vrais principes.
Le premier ternaire—quater naire axiomatique de la cosmosophie établit que : I° “n’y a qu’une loi absolue, à savoir: Tout est re latif, et dans le temps et dans l’espace; 2° L’AS, l’At et l'Ar — le triun divin — est un et indivis, principe de touteschoses et de tous êtres, entité persistante, une et indissoluble, éternellement, uni: versellement. Dans l’absolu, il n’y a ni fin ni com mencement.
Dans le relatif, tout commence, finit et ’ recommence.— Donc, rien n’est que ce qui s’auto-ma nifeste. Donc, aucun principe d’énergie ou de force ne peut s’auto-manifester que dans et par un élément de substance ou de matière.
Ainsi, le principe igné expan— sif génère la vibration affinitésielle, et, par elle, s’auto affirme et s’auto-exprime dans la forme, l’Eau plas tique ; 3° La vibration affinitésielle, en se dédoublant, se polarise, génère l’attraction ou la répulsion, l’anti pathie ou la sympathie, selon des formes et des nombres déterminés; 4.° Omnia per medium. Êtres ou choses cosmiques, tout est médium, tout procède vers un médium, par un intermédiaire. Toute vie, toute existence est de relation et dans la relation.
MÉDIUMS ET MÉDIUMNITÉS 55 Nous avons fini d’élaborer notre exposé élémentaire de principes. Nous pouvons marcher maintenant, mordre en plein dans la matière du sujet des médiums et médiumnités. Mais, comme intermédiaire, nous devons dire quelques mots pour séparer et distinguer le pondérable de l’impondérable, distinction, comme toutes choses, purement d’ordre relatif, d’ailleurs.
Il est établi '— il a été démontré mécaniquement —- que l’attraction et la répulsion sont phénomènes directs de la vibration. Et chacun sait que la pondé— ration -— ou la gravitation —- est un phénomène de l’attraction.
L’impondérabilité d’un être ou d’une chose, relativement à un autre être ou une autre chose, est donc un effet, un phénomène de répulsion, ou d’autonomieindividuelle, ce qui est synonyme, toute chose et tout être étant un vibrateur rayonnant, un Asatar différencié et individualisé. Nous sommes tous ici dans la salle, de par notre organisme physique, des entités pondérables par rapport à l‘entité Terre, qui nous attire par vibration sympathique.
Mais nous sommes tous ici, également, de par notre organisme métaphysique, des entités impondérables par rapport des uns aux autres; tous individualisés, différents les uns des autres, nous nous repoussons‘ par vibration antipathique. Il faut entendre ce mot dans sa plus large acception, dans le sens d’autonomie auto—affir mative.
Car toute attraction, étant d’ordre féminin, procède réceptivement, vers l’absorption, l’assimila tion, ou tout au moins vers l’assujettissement par ac— crétion, par dépolarisation. Alors que toute répulsion, étant d’ordre masculin, procède vers la différenciation,
56 L’INITIATION l’élimination, ou tout au moins. par la tenue en respect, àdistance, par désintégration en polarité oppo’— sée. Or, nous sommes tous ici vibrateurs rayonnants, qui avons chacun ses propres formes et nombres auto affirmatifs, chacun son individuel rythme, sa person nelle intensité vibratoire, rayonnante, chacun sa caractéristique d‘identité.
Nous ne parlerons pas ici de l’incarnation, qui est un engouffrement dans le foyer d’un tourbillon vibratoire terrestre, produit par l’acte génératif; ni de la désincarnation, qui est un dégagement, une libéra tion du lien attractif de l’organisme physique terrestre, produitpar la désintégration qu’amènent la maladie et la mort.
Qu’il vous suffise de bien comprendre que le corps physique terrestre est un pondérable, par rap port à la terre, et que le corps métaphysique, éthé réen, astral, est un impondérable, par rapport à la terre, tout en étant un pondérable par rapport à l’Asatar, à l’esprit.
Commençons par l’exposé des médiums et des mé diumnités au point de vue du magnétisme, dit animal, sans doute parce qu’il est le vestibule du spiritualisme, donc, essentiellement d’ordre spiritualiste. Permettez-nous de vous exposer tout d’abord la rationnelle du sommeil.
Si nous avons bien élucidé, —- et si vous avez bien compris, —— le principe de la vibration éternelle et universelle, qui est la raison d’être et de devenir, ainsique le moyen d'être et de de u,nu
MÉDIUMS ET MÉDIUMNITÉS 57 venir, de tous êtres et choses différenciées, individua lisées, son évidence ne vous sera pas longtemps celée. Il y a deux ordres de sommeil: le sommeil dit « na— turel » et le sommeil dit « provoqué ». L’un et l’autre sont résultats d'une modification du rythme et de l’in tensité vibratoire dans l'organisme de. l‘être qui s’endort.
Ainsi, pour le sommeil naturel: L’homme, placé sur la terre debout, à midi, subit l’influence des vibrations du soleil et de la terre; les ondes solairesle traversentde la tête aux pieds, en oppo sition avec les ondes terreStres qui, elles, le traversent des pieds à la tête ; l’homme est éveillé.
Par contre, à minuit, les vibrations de la terre, augmentées, inten— sifiées par les vibrations solaires qui les traversent, prennent l’ascendant sur l’organisme physique, qui, par l’attraction pondérante, s’alourdit, se couche; et l’homme dort.
Or, l’impondérable, lui, ayantconservé son rythme et son intensité autonome, par répulsion se dégage, se libère partiellement, devient plus impom dérable, et, ainsi, entre en contact de relation plus intime, avec son milieu éthéréen Congénère et les en tités, les esprits, qui s’y trouvent. D’où les songes; -—— les rêves étant d’ordre répercutoire physique.
Au réveil, on a ou l’on n’a pas la mémoire des songes, selon que le dégagement a été plus ou moins complet; les vibra tions, qui ont ému l’esprit pendant ce temps, ayant été plus ou moins répercutées, ayant été plus ou moins — vaguement ou clairement —— enregistrées par l’ap pareil mnémotique, le cerveau du dormeur, au moyen dece qu’on appelle le cordon ombilical fluidique. Et, pour le sommeil dit « provoqué », le modus operandi
58 L‘INITIATION étant analogue, les résultats obtenus le sont. L’opéra teur charge, intensifie, le rythmevibratoire personnel du corps physique de son sujet, et, ainsi —doucement ou violemment, selon son propre tempérament — l‘endort.
Et l’état lucide du sujet somnambulique, de même que le lucide souvenir des songes du dormeur, est en proportion directe de la flexibilité plastique et adaptative du lien de relation, du cordon ombilical fluidique vibratoire, — médium qui continue d’exister entre l'esprit et le corps. La rupture de ce lien consti tue la mort... du corps seulement, qui, poussière ina nimée désormais, est absorbé parla poussière, d’où l’esprit l’avait tiré.
Continuons : Dans toutacte, expérimental ou scientifique, d’ordre magnétique, — magnatique, de Scienlia magna, la grande science,—- il y a un opérateur (ou agent), un sujet (ou patient), et un médium, un intermédiaire d’intervention, d’action l’un sur l’autre... Nous par— lons de la première phase, la provocation du sommeil. Vous voyez que le ternaire cosmosophique s’établit aus sitôt... et, d’ailleurs, toujours et partout.
Nous l‘analysons: L’opérateur— feu expansif, As; le sujet ou sensitif— eau inerte, plastique, At; et le médium affinitésiel,—la vibration l’Ar. Nous savons bien qu’entre nos honorables confrères de la profes sion il y a division à ce sujet: Lesuns disent « vibra tion »; les autres disent « fluide ». Cette diver gence, de peu d’importance, d’ailleurs, ne repose que sur un malentendu.
Pour qu’il y ait, de l'un àl’autre, vibration, il faut qu’il y ait quelque chose qui trans mette les ondulations. C’est l’éther cosmique. Nous ‘ * ""r**’ . ”*“*"“*‘"‘*«W
MÉDIUMS ET MÉDIUMNITÉS ' 59 croyons pouvoir affirmer d’autorité, qu’au fond et en réalité, il n’y a aucune émission de fluide — nerveux, aurique — d’aura, lumière — entre l’opérateur et le sujet. Les études du maître Durville —et de Reichen bach — au sujet des luminosités—valeurs en couleur des planètes, ou astralités, selon l’idéographie de l’Astrologie kabbalistique — tendent à le prouver.
Mais cela nous mènerait hors de notre cadre, ici, aujourd’hui. Après la première phase. se présente la seconde; plus ou moins, selon les aptitudes et de l’opérateur et du sujet: le somnambulisme. Nous glissons sur tout cet ordre des phénomènes — très curieux, d’ailleurs, mais dont on abuse trop — qui constituent les tours de force, d’adresse, d’équilibre, d’extase... et turelu tutu... du sujet. C’est amusette à badauds.
Ici, dès que l’état somnambulique est provoqué, —l’opérateur bien avisé devenant passif désormais, — la médium nité se déplace,et, même, l’opération devient inverse, -— si tel était l’objectif de l’opérateur.
Entre paren thèse, nous dirons icique la distinction, nette et carrée, entre le magnatisme et l’hypnotisme, consiste en ce que le véritable magnétiseur ——-quel que soit d’ailleurs son procédé d’opération, passes, etc. — agit toujours doucement, sobre et calme d’esprit. par manières insi— nuantes, persuasives, patientes, et, simplement dé gage l’esprit, l'impondérable du sujet, de son propre organisme physique pondérable, en lui laissant toute liberté, ou d’initiative ou de passivité.
Alôrs quel’hyp— notiseur s’impose, violente, domine et brutalement s'asservit, en l’assommant ou le paralysant, ledit im
60 L‘INITIATION :r: n ' ‘iÏl j 1’ pondérable. Ce dont celui-ci, — par ascendant ou par ruse, —- se venge souvent, en hypnotisant son hypno— tiseur. Pour qui sait lire, cela est imprimé, entre les lignes, dans tout traité d’hypnotisme.
La rationnelle scientifique de ces deux modes opé ratoires différents se dégage assez facilement, et nous pouvons essayer de vous l'expliquer clairement : Dans l’un et l’autre cas, deux Asatars, deux esprits, se trouvent ici en présence : l’opérateur et le sujet. Le premier,-—en cette occurrence, bien entendu,—- est un vibrateur-rayonnant, émissif, actif; le second est un vibrateur-rayonnant réceptif, passif.
Ils sont de pola« rité différente, voilà tout. Mais, pour acte magmatique, le vibrateur positif, autoconscient, — tout savoir acquis confère un conquis pouvoir, dit la Cosmoso phie, — s'infuse doucement, en volition déterminante, dans le rythme vibratoire du sensitif, et, ainsi, le modifie dans ses formes et nombres. Il le porte, de la note naturelle, au bémol ou au dièse.
Il n’y a plus, dès lors, concordance rythmique, et, il y a dégage ment, relâchement de l’union attractive entre le corps physique et le corps astral du sujet. C’est l’analogue d’une opération chimique de dissociation: Un élément se précipite, s’alourdit dans le sommeil; l’autre élé ment se volatilise, reprend son impondérabilité,—dans le somnambulisme; plus ou moins, naturellement; tout à fait, ce serait la mort.
Tandis que, pour et par acte hypnotique, le vibrateur—rayonnant qu’est l’hyp« notiseur, —— de pouvoir conquis par savoir acquis, — agissant sur l’organisme physique du sujet, par provocation de strabisme, ou autrement, le jette violem
MÉDIUMS ET MÉDIUMNITÉS 61 N Ë ment hors de ses formes et nombres vibratoires individuels, et ainsi dégage l’esprit, que, d’ailleurs, par volition intense, il subjùgue, domine et s’asservit ahtoritativement, despotiquement. Toute la philoso phie de la différence entre les phénomènes produits, suggestion, etc., se dégage de cette différence de pro— cédés. Revenons aux médiums et médiumnités.
Deux cas se présentent dans les phénomènes d’ordre somnam bulique magmatique. Nous y appelons toute votre attention, parce qu’ils sont d’ordre spiritualiste et que, bien exposés et bien compris, ils vous seront comme un faisceau de lumière, projetée au-devant de vous, dans l’étude des phénomènes et des intermédiumnités du spiritualisme, que nous aborderons tout à l’heure.
Le premier cas est celui où l’opérateur a laissé à l’esprit, à l’impondérable de son sujet, une certaine liberté d’initiative.
Tous les phénomènes d’ordre « voyance » — vue de près ou à distance, lecture de la pensée, diagnose de maladies et prescription de remèdes, lecture dans l’astral, explorations et recher ches d’objets perdus, volés, etc.,description de lieux et d’objets, de personnes, etc.,—plongeons dans le passé ou Coups d’œil dans l’avenir, — relèvent de cette liberté d’initiative.
Ici, l’impondérable du sujet, son esprit, revêtu d’un organisme astral, est le médium plus ou moins docile, entre l'opérateur, qui dirige, questionne, donne l’impulsion, prie, persuade et au besoin exige, d’une part, et les choses ou personnes, lieux et objets à voir et à décrire, à rechercher ou à explorer, d’autre part. Il se peut très bien,— il est même fort probable,
62 L‘INITIATION — que ce médium soit parfois et plus ou moins, assisté; mais la tierce intervention est toujours dif— ficile, souvent impossible, à discerner et à constater] Dans le second cas, la polarisation se trouve ren versée.
L’opérateur, après avoir provoqué le sommeil et l’état somnambulique, — avec intention de mettre son sujet dans les meilleures conditions de passivité réceptive possible, — invoque et appelle l‘interven tion d’un être impondérable, un esprit connu ou in connu, qu'il soit incarné ou désincarné. Et lui-même se tient passif, réceptif, n’intervenant plus qu‘à peine. pour stimuler, encourager son sujet, développer sa passivité, son attentivité.
Le plus souvent. l’interven tion du tiers,sollicité ainsi,ne se faitpasattendre. Et la communication avec l’astral s‘établit. Dèslors, l’entité impondérable est l’opérateur, le sujet sensitifdevient le transmetteur, le médium, l’intermédiaire, et le magnatiseur devient le récepteur, l’enregistreur. C’est de la téléphonie avec l'au—delà. C’est le cas-type de toute inter communication d’ordre dit télépathique.
Une bonne partie de la science occulte que possède l’homme qui vous parle lui est venue ainsi, par cette voie et par ce moyen : En somme, tout ce qui est d’ordre glyphique, graphique et symbolique, les élé ments claviculaires de la Kabbale, la Science des Signes et des Nombres.
De ce même ordre de communication télépathique relèvent les pratiques et les phén0mènes dits spiritua— listes, connus comme typtologie et écriture médiani— mique, mécanique ou semi-mécanique. Ils sont le plus largement connus, et nous ne nous y arrêterons
MÉDIU‘MS ET MÉDIUMNITÉS 63 pas. Ce sont pratiques assez complexes, en ce sens qu’elles relèvent également du premier cas déjà exposé; parce qu’il est souvent, sinon presque toujours, très diflicile de discerner d'où vient l’initiative, ou d’un impondérable désincarné, ou de l’impondérable du médium, ou même lorsqu’elles ont lieu en public, en pleine promiscuité fluidique et vibratoire, de l’impondérable de l’un ou de plusieurs des assistants.
Nous aurons d’ailleurs, un jour, à revenir sur ce point de l’intervention délétère de la promiscuité flui— dique, dans les cercles d’étude et d'expérimentation spiritualiste.
Disons simplement, aujourd’hui, que ces pratiques sont très dangereuses, parce qu’elles pré sentent le flanc tout large ouvert à l’intrusion des larves et des élémentaires, qui précipitent le pauvre médium, emballé, ignorant et sans guide,— sans guide sérieux à la tête du cercle, —- comme un esquif sans boussole, abandonné àlui-même, de l’écueil de l’obsession vers les abîmes de la possession.
Et, enfin, ces pratiques relèvent encore de l’auto-magnatisation. S’il est possible d’exercer une influence magmatique sur un autre, il ne doit point être impossible de l’exercer sur soi—même. L’auto-magnétisation est donc une partie des sciences occultes, qu’il vaut la peine d’étudier, d’élaborer et de pratiquer sérieusement et largement. C’est, en effet, le moyen d'acquérir et de développer en soi de nouvelles et puissantes facultés.
C’est le moyen direct, pour l’esprit encore incarné dans son corps pondérable, de s’en dégager à volonté, plus ou moins, en pleine conscience de cause et d’effet, et de se mettre ainsien relation vibratoire, en commu
64 L’INITIATlON nication télépathique directe avec les êtres et les choses impondérables de l’astral. C’est l'art et la science magnatique, la magie transcendantale. Tout ce qu’est et sait l’homme qui vous parle, voire même ce qu’il vous dit, ici, aujourd’hui, lui est venu, lui vient par cette voie, par ce moyen. de ce milieu. D’ailleurs, toutes les mancies, tous les arts divina toires, l’Astromancie, la Chiromancie, la Carto mancie, et surtout la Psychométrie, ne sont qu’arts d’auto-magnatisation. L’étude scientifique n’en sert que pour acquérir, ainsi, la consciente foi en soi..... pour se débarrasser du doute obstructif. Il faut savoir pour pouvoir vouloir. On aurait grandement tort, d’ailleurs, de confondre l‘art et la science, — divine parce qu’elle spiritualise l'homme, — de l‘auto-mag— natisme avec l’auto—suggestion. L’auto-suggestion n’est qu‘un vain mot, qu’avec dédain nous écartons de ce sujet d’étude. Il ne suffit point de coller une belle étiquette sur une bouteille vide pour la remplir de bon vin. Il ne suffit point de vous hypnotiser par un mot, pour vous donner des notions scientifiques exactes et pratiques. Il nous reste un point à mettre en relief encore. Nous avons montré comment, dans toutes les com munications avec l'au-delà, par voies et moyens ma gnatiques, le ternaire, la pierre angulaire cosmoso phique, s’établit et se démonte: d’abord l’opérateur, un impondérable,soit esprit désincarné, soit esprit encore incarné. Ensuite le transmetteur, premier récepteur, soit l’impondérable du sujet sensitif, soit l’esprit du médium écrivain ou typtologue, soit enfin l'orga
LE 5 CEAUÏD ?'AZ 'AH'IOL ‘ L’As-at-ar,:æt Kalçiéen. Jeptmtzimæ L. Ail. \ ' L’Eau. A? Al: 6 “- *" 01; As La, Terre‘ Le F5” La. Roue d'lbL Druides
titi L'INITIATION nismc astraldu Mage de celui qui saitet peut consciem ment s’auto-magnatiser. Il y a bien encore d’autres intermédiumnités, l‘éther cosmique, etc., mais nous nejalonnons queces trois points de repère principaux. Enfin, il y a le récepteur—enregistreur, le cerveau, couronnement du système nerveux de celui qui reçoit la communication.
Il y a donc là trois, ou pour le moins. — dans la télépathie, -— deux vibrateurs rayonnants, et un organisme fonctionnel, plus ou moins adéquat de réception. L’opérateur, l’esprit qui communique, qui lance l’idée à communiquer, jette ses vibrations à travers le transmetteur, —— le sensitif, le médium, ou le Mage, — vers le récepteur, l’instru ment typtologue, la table, ou le cerveau de l’auto magnatisé.
Or, — et c’est ici le point sur lequel nous appelons toute votre attention, — quelle que soit la valeur, en quantité et en qualité, du message envoyé, ’ — par vibrations idéalisantes, idéographiques, par images symboliques, -— son rendement, en qualité et en quantité, dépend absolument de ce magasin d’accessoires, de mots, de formes et d'expressions, qu’est le cerveau physique—humain du;écepteur.
Pre nons un exemple; le télégraphe, appareil Morse, avant l’introduction du système d’impression sur ruban de papier. Car le cas est analogue, presque identique; toutes les inventions humaines, d’ailleurs, n’étant que des réalisations de lois adaptives et procé— dés de phénoménation cosmogonique. Donc; un télé— graphiste de Londres, l’au delà de la Manche, envoie une dépêche à Paris. Il connaît son métier d’opérateur, et, en qualité et en quantité, les vibrations électriques,
; ; r MEDIUMS ET MEDIUMNITES " par le médium du fil transmetteur, sont bien ondu lées. L’a areil réce teur, ici, les ré oit de même. Un r 99 P 9 télégraphiste expert, l’oreille aux aguets du cliquetis de l‘appareil, les écrit au fur et à mesure. Mais, vous ou moi, nous pouvons les Entendre; ignorant l’alpha— bet Morse, nous ne pouvons rien en rendre.
Donc, conclusion: d’une communication envoyée, le mé dium ne peut rendre que pour autant que, dans son cerveau, il y a provision de mots, de termes, de formes et d’expressions, adéquates à ce rendement. Avant de passer aux médiums et médiumnités d’ordre spiritualiste, deux mots au sujet de buissons épineux, qui bordent les sentiers de traverse du do maine du magnatisme.
Il arrive assez souvent, -— chacun peut l’avoir rencontré, —— qUe de jeunes coqs, sentant à peine pousser leurs éperons magmatiques, en abusent pour « actionner » subrepticement, traî— treusement, par devant ou par derrière, des femmes ou des hommes, qui ne s’en doutent pas. Soit, sim plement, pour voir et pour jouer; et, alors, ce n’est qu’une simple imprudence, que couvre le risque en couru.
Mais aussi, quelquefois, pour les pousser inconsciemment à des pensées ou à des actes détermi nés. A part ce qu’il 'y a de lâche et d’ignoble dans ces attentats de viol de caractère, nous croyons devoir ' appeler l’attention des délinquants sur les dangers auxquels ils s’exposent. Qui prend, donne; qui donne, prend. Ils peuvent aller buter sottement contre _ . ,q. u 2;.,,:;, «w - * wmW «:.-« .»æ=w ...... m-— “ ..Æ-« 4 ....-.n... ..
68 L‘INITIATION plus fort et plus invulnérable qu'eux. Qui peut leur rendre, renvoyer, « leurs fluides », avec usure? Ce seul salut, pensons-nous, peut suffire à bon enten deur. C’est à tort que l’on classe parmi les médiums les Clairvoyants, les clairaudiants, etc. Ce ne sont pas là des médiumnités; ce sont des facultés. Séparons le son de la farine, et passons aux phénomènes dits « mé diumnitésà effets physiques».
Ils sont trop nom breux, pour que nous puissions songer ici à les ana lyser et les examiner, les uns après les autres, avec tous les développements que l’étude sérieuse en com porte. Nous en relèverons deux, comme échantillons types: Il y a, d’abord,les phénomènes dits de «lévitation».
Ils sont de trois ordres différents : lévitation d’objets physiques,tables,boîtes et instrumentsà musique, etc., -— lévitation du corps physique du médium, —— et auto-lévitation. Ce sont phénomènes de suspension de la loi de gravitation. par inversion du monde vibra toire,en faisant passer l‘objetou l’organisme lévité de l’état de pondérable à l’état d’impondérable.
La ra tionnelle scientifique n’en est pas bien difficile à comprendre: nous allons tâcher de vous l’exposer Clairement. Chacun sait qu’un objet physique, —— une table, par exemple, — est un corps pondérable, n’ayant point de vibration autonome, et, par conséquent, complè tement asservi à l’attraction, à l’action vibratoire, de ‘
MÉDIUMS ET MÉDIUMNITÉS 69 la Terre ; qui est un astaroth. Dans le cercle, dit spi ritualiste, pour la provocation de phénomènes dits «à effets physiques », les membres qui forment le cercle, par imposition des mains, en contact avec l’objet, se mettent en rapport vibratoire avec lui.
Chacun de ces membres, constituant une personna lité, un astaroth individualisé, naturellement vibre différemment, a son rythme et son intensité vibra toire distincte.
La condition première, sz'ne qua non, pour la production du phénomène, est donc que chacun et tous se tiennent absolument passifs, réceptifs, ouverts à toutevibration impulsive étrangère, que l’on écarte rigoureusement toute perturbation vibratoire venant, soit d’une personne du cercle, intervenant plus ou moins nerveusement et mal à propos (soit par ignorance, soit par incontinence de tempérament et de caractère), ou encore, venant du milieu ambiant, et produite soit par le rayonnement, ou d’un animal domestique, — le chat est très per sonne]; le serin en peut mourir, pauvre sensitif, -— ou encore du feu, et surtout de la lumière.
Et, -« ce contre quoi les ignorants regimbent, — c’est pour cela que ces expériences doivent, —- dans les com— mencements des médiumnités, au moins, — avoir lieu dans l’obscurité. La germination, le premier effort vibratoire autonome, de presque toutes les graines, d’ailleurs, ne se produit que dans l’obscurité.
Mais, l’ignorant en spiritisme qui sème ses choux ou ses fleurs, en couvre soigneusement la graine de terre bien battue, ne regimbe pas Les lois de la nature, ici, parait—il, ne se doivent point soumettre r_«w—
70 L'INITIATION “'{uIl à son outrecuidance..... Il est bon, il est utile aussi, de chanter ensemble, de faire de la musique, dans le cercle pour la production de phénomènes à effets physiques. Cela harmonise les vibrations de la bat terie humaine, par un lien de concordances, par un roulement d‘ondulations circulantes, enveloppantes, entraînantes...
Mais, cela aussi, parfois, les ignorants ne l’aiment point, et se plaisent à le tourner en ridi cule, —très spirituellement... mais peu spiritualis tiquement. Car il ne suffit point de se dire spirite ;... il est nécessaire d’être spiritualisé,... pour pouvoir parler de ces choses, pour pouvoir les produire, en pleine connaissance de causes et d’effets physiques. Laissous-les faire et dire,..... et passons.....
Jamais le ridicule, jamais le scepticisme de l’ignorance,.... qui est une impuissancc,..... n’a rien détruit de ce qui est... n’a empêché le devenir de rien de ce qui asa raison d’être, qui a ses moyens d’être, qui a son but d’être.
Donc, le cercle en chaîne de batterie étant ainsi formé et bien conduit, voici ce qui arrive : Un esprit dans l‘au-delà, ou mieux un groupe d’impondé— rables, pareillement réuni en batterie, vibrant à l’unisson d’intention volitive, projette par l’intermé diaire du milieu plastique, de l’éther cosmique, ses ondes vibratoires dans l’organisme du médium.
Le médium à effets physiques, lui, de par son organisme spécialement sensitif, réceptif aux vibrations des impondérables, fonctionne dans le cercle comme instrument d’amorçage, comme boute—en-train, et transmet les ondes vibratoires de la batterie des
MÉDIUMS ET MÉDIUMNITÉS 71 W"7-ww—V—r V . . .. _ . ...,. esprits, et la batterie des incarnés, membres du cercle. S’il ya bonne harmonie, ceux-ci bientôt, — plus ou moins,— vibrent à l’unisson avec la batterie des impondérables et transmettent les ondes vibratoires de l’au-delà au corps physique pondérable, à la table, qui, dès lors, vibre en rythme et intensité discor dante avec la terre. Et la terre cesse de l'attirer..... et la repousse.
C’est le phénomène, dit de lévitation, et... chacun de vous, qui, à la foire au pain d’épice, a vu une coquille d'œuf danser sur un jet d'eau, peut, par à peu près d’analogie, se former une idée de sa rationnelle scientifique. Pour les phénomènes du deuxième ordre, -—— lévi tation du corps physique du médium, —— la chose se simplifie, mais le procédé opératoire ne change point.
Ici, l’impondérable du médium, son esprit,_fait fonc tion instrumentale d’intermédiaire de transmission, à son organisme physique, pour les vibrations pro jetées de l’au-delà, par son groupe de « guides ».
Cet organisme physique, amené à un mode de temps et d’ampleur vibratoire, à un rythme et une intensité différents, devient lui-même temporairement impon dérable, se soulève et plane. _ Enfin, pouri‘auto-lévitation, telle que la pratiquent certains fakirs de l'Inde, le cas est encore analogue aux précédents. Le procédé opératoire change: il n’est plus subi passivement ; il est voulu autoritativ& ment.
C’est l’impondérable, porté à sa tierce puis sance d’intensité, en conquis pouvoir, par acquis savoir, qui en est l’opérateur. L’organisme physique y est préparé, d’ailleurs, longuement, par pratiques .‘ ,n‘ . A,.__‘IA .... _w....—_‘,..A...- “‘1' -VÇII..»»\<UÏ >_._,._—.a_fl ._« >\ > m—-”-. A .’_.. » A“
72 L'INITIATION d'ascétisme, macérations, jeûnes, et autres voies et moyens d'entraînement. Ensuite, il est à croire à l’in tervention de larves et d’élémentaires, asservis par incantations. - Nous n’y insisterons pas autre ment. Passons aux matérialisations. Cet ordre de phéno mènes est de production très compliquée. La ration nelle scientifique d’ailleurs en estetdemeureidentique.
Les conditionnalités pour la formation, la tenue et la conduite du cercle, et pour le milieu ambiant —-le bouillon de culture, si vous permettez — de ces phé nomènes, sont les mêmes, toujours rigoureusement... Quz‘a [ex 1... Généralement, on forme la chaîne avec le médium, en se tenant la main, paume à paume. Il y a cabinet, ou il n’y en a pas, selon que le médium a été éduqué.
Mieux vaut le cabinet; c’est-à-dire, mieux vaut que le médium soit assis derrière un rideau, pour faciliter les premières formations, la pre mière condensation des masses fiuidiques. La produc tion des formes se fait ainsiplus rapide, plus complète et plus vigoureuse, plus accentuée. Il est bon,égale— ment, de chanter, avant et entre les productions des formes.
La musique y est d'une grande assistance ;... lente, grave, bien ondulante, sans trop de cascades... musiqu_e d’orgue de préférence, plain-chant, la mi neur, etc. Les raisons en ont été indiquées. Quant à la lumière, celle du soleil ou du feu en est proscrite. Le gaz au bleu, une lampe avec manchon vert, peut sou vent être tolérée. Cela dépend de certaines conditions
MÉDIUMS ET MÉDIUMNITÉS 73 La production des phénomènes de matérialisations est bien plus d’ordrechimique que physique. Ensuite, le groupement des entités impondérables, des esprits opérateurs, est double.
Un analogue vous en donnera l’idée: Deux petites filles font tourner la corde, pre mier groupe; deux ou plusieurs autres petites filles, deuxième groupe, attendent tout près, prêtes à y sauter, soit l’une après l’autre, soit deux ou plusieurs à la fois: Un groupe d’opérateurs impondérables projette délibérativement, en pleine connaissance de cause et d’effet, avec l’intensité volitive requise, des vibrations d’un 'certain nombre et d’une certaine forme rythmiques, à travers l’organisme physique du médium.
Cesvibrations sont violentes, assujétissantes. Elles provoquent un état somnambulique particulier, la transe, chez le médium, qui geint, sanglôtte, puis se raidit. Tout le cercle, uni en chaîne de batterie magmatique, en est imprégné par l’intermédiaire du médium, amorceur, répercuteur de ces ondes vibra toires.
Ces vibrations agissent en réactif, en dissolà vant chimique, (sur les organismes physiques, sur la ' matière pondérante du médium surtout, des membres du cercle plus ou moins, également. Et elles en opè rent la désintégration partielle, pour produire et exté rioriser les masses blanches, cotonneuses, de fluide atomique, nécessaire à la formation des matérialisa tiorIs.
Cette première partie de la besogne étant con venablement faite, les esprits qui veulent se matéria liser interviennent à leur tour, l’un après l’autre, ou deux, trois, plusieurs à la fois. Pour eux, maintenant, de leur propre savoir et pouvoir, ou avec assistance
7/. L'INITIATION des opérateurs, il s'agit de condenser dans et autour de leur organisme étirére’en, impondérable, ce fluide atomique, jusqu’à la consistance d‘un corps visible et spongieux, au moins, et parfaitement solide et palpable, si possible. Et... ce n’est pas plus difficile que cela !... Le moyen de condensation ? Le mode vibratoire attractif... Et la dématérialisation P Par changement de polarité, en mode vibratoire répulsif.
Nous terminons; aussi bien, commençons-nous à devenir troplong... Etily en auraittantàdire encore! Mais vous comprenez maintenant le lugubre métier que font les détrousseurs de médiums, ceux qui prétendent que tout le monde trompe et fraude... tout le monde,sauf eux.
Vous les appréciezà leur juste valeur, maintenant, ces graves et doctes dépurateurs de la moralité des médiums à effets physiques, qui, ignorants et soupçonneux,ou hypocrites et malfaisants, -— sous prétexte de fraude à mettre au jour, -— viennent brutalement se jeter au milieu d’opérations d‘une chimie aussi transcendantale, d’une manipulation aussi délicate 1 Sans souci des existences qu’ils peuvent briser, du mal irréparable qu’ils peuvent faire!
Certes, il y a des fabricants de fausse monnaie spiritualiste. Qui se dit spirite n'est pas toujours spiritualisé. Mais la contrefaçon des phénomènes n’est pas si facile que se plaisent à le dire ceux qui jamais, sérieusement, ne les ont vus ni étudiés... ceux qui n’en parlent que par ou'Hiire. Il faut être truqué pour cela, être machiné
MÉDIUMS ET MÉDIUMNITÉS 75 comme chez Robert Houdin, avoir des compères, etc. Et les médiums truqueurs ne sont pas si abondants que cela. Je suis peut-être un jobard de forte taille et de bonne trempe : jamais médium ou sujet magna tique n’a été surpris par moi en train de frauder, de simuler... En franche loyauté, toujours l’on m’a rendu ce que je donnais sans arrière-pensée.
Nous avons essayé de vous présenter cette question des médiums et des médiumnités au mieux de nos moyens. Nous terminerons. comme nous avons commencé, par le vieux précepte d’ordre astrologique : Omnia in une, omnz‘a ab uno, omnia ex uno, omnz‘a per medium... et omnz‘a in omnibus... Afin qu’aucun de vous ne le rate... son omnibus... nous vous remercions, Mesdames et Messieurs, de votre patiente et bienveillante attention.
76 L'INITIATION QBDÆE MABTZËN I8TE Nous recevons de plusieurs de nos délégués la nou velle de la traduction en diverses langues de l’étude de Papus sur le Martinésisme,le Martinisme et la Franc-Ma çonnerie.Les traductions allemandes,anglaises,tchèques, espagnoles, suédoises sont en préparation. Tous nos re merciements à nos délégués, à ce propos.
Le règlement concernant les officiers de l'Ordre marti— niste avec la correspondance hiérarchique des divers grades vient d’être terminé et sera bientôt imprimé au tographiquement. Il sera ensuite mis à la disposition des délégués généraux. *I U Le Suprême Conseil se réunira en avril, à l‘occasion de l’inauguration des nouvelles salles consacrées aux loges et aux cours. . BIBÆJË@GEAËÆEE SYNÉSIUS. —— L’Arbre gnostique, in-xS, chez Chamuel.
Ce très intéressant opuscule est le premier essai que l’on ait tenté d’une synthèse des divers systèmes mys tiques qui ont fleuri dans les premiers siècles de l’ère chrétienne. Synésius, dont la sincérité et l’enthousiasme sont également admirables, établit l’unité des systèmes gnostiques, par les points suivants: 1° Problème de la Création ; 2° Problème de l’Incarnation ; 3° Question; 4° Rôle de la femme.
BIBLIOGRAPHIE 77 ' Î ÿ / Selon le témoignage de « ceux qui savent», c‘est-à— dire de ceux qui peuvent aller saisir la science vivante dans la demeure de celui qui est la source de toute science, le panthéisme est un point de vue incomplet de même que la doctrine de l’émanation; quant à la deuxième question, le Christ, toujours d’après la même doctrine, est demeuré le fils de Dieu pendant et après le calvaire; sans quoi comment aurait—il pu ressusciter d’entre les morts ?
La place nous manque malheureusement pour exposer en détail ces théories; mais la lecture de ce trop petit livre facilitera singulièrement l’étude des origines du christianisme et de certains aspects de l’ésotérisme des Evangiles. F. LECOMTE (DIONYS). — L’Epanouissement terrestre, re’ futation absolue du matérialisme. En vente chez Cha muel; in-18 de 560 pages.
L’originalité de ce livre réside dans l’imagination par l’auteur d’êtres spirituels fictifs qu’il a faits contempo rains de la terre, témoin et directeur de son évolution ou mieux de son épanouissement. L’ouvrage proprement dit est divisé en quatre parties: les origines de la terre, le contact avec l’humanité, le matérialisme,la société ras tionnelle.
La cinquième et la sixième partie exposent une sorte de roman utopique dont les données font le plus grand honneur à la perspicacité de M. Lecomte. Il y a. dans ce livre énormément d’érudition scientifique, et des imagi nations qui, selon nous,touchent souvent de très près à la vérité.
Il se termine par ce passage de l’oraison domi nicale: Que ton règne arrive sur cette terre;c’est là un vœu commun à tous les spiritualistes, et à la réalisation duquel nous travaillons tous, suivant notre petite force et notre idéal particulier. L. ESQUIEU. — Les Templiers de Calzors, br. grÏin48 Cahors, 1899, 1 fr. 50. (Chez l‘auteur, 58, boulevard Gambetta). C’est avec plaisir que nous signalons et recomman dons à nos lecteurs ce nouveau travail de notre érudit
78 L’INITIATION correspondant. Les historiens futurs y trouveront de nombreux documents inédits; la bibliographie est très complète. Nous souhaiterions vivement que cet exemple fût suivi par un grand nombre de nos correspondants de province qui pourraient, en étudiant ces documents locaux, remettre au 10ur des points oubliés de l’histoire de la tradition ou du Folk-lore. SÉDIR.
Mariinésisme. willcrmosisme, marlinisme et franc-maçon nerie, par PAPUS. —— Chamuel, éditeur, 1 franc. Papus s‘est proposé, en publiant ce travail, de réfuter les calomnies lancées contre le Martinisme. Certains ont représenté les martinistes comme des rêveurs ou des jésuites, d'autres comme des satanistes.
Un exposé historique révèle que les martinistes, à l‘origine, furent tous des illuminés chrétiens se ratta chant à l’initiation swedenborgienne et à celle de la R. -}- C. Louis—Claude de Saint-Martin était chrétien, mais nettement anticlérical, comme le prouvent des extraits de ses lettres. Très indépendant, très antiauto ritaire, même en son mode d'initiation, tel nous apparaît Saint—Martin.
Une histoire sommaire de la Franc-Maçonnerie fran çaise montre comment elle a dévié au pointque ses di— gnitaires ne sont reçus dans aucune loge à l’étranger. Mentionnons l'analyse des grades du rite templier de perfection, et celle des hauts grades, ou écossisme pro prement dit. Ce n‘est pas seulement le maçon français, mais l’homme du monde non initié, qui jugera le petit livre de Papus singulièrement révélateur.
Papus conclut en affirmant que les illuminés peuvent c reconstituer les études symboliques, si on les aban donne en France, ou donner leur appui aux pouvoirs ré guliers qui voudront reconstituer ces études ». Ecrivant pour l’Initial‘ion, je m’abstiens de faire res— sortir les qualités, d’ailleurs bien connues, qu’a montrées son directeur dansl’expose’ historique dont ces lignes ne peuvent donner qu’une analyse trop sommaire. SATURNINUS.
BXBLIOGRAPHIE Marquis de GUIRY. — M“° Couédon est—elle inspirée par Dieu ? —— Ses dernières prophéties. — Paris, Pierret, 37, rue Etienne—Marcel: 75 centimes (franco : r franc). Il y a déjà longtemps que M116 Couédon a parlé du rôle réservé aux « blasonnés ». M. le marquis de Guiry, un des premiers, a bravé l‘insulte de l’incroyance avec l’ardeur généreuse d’un vrai croisé.
Après plus de vingt visites à M“" Couédon, après plu sieurs audiences publiques, M. de Guiry n’a pu taire plus longtemps cé’ qui pour lui est la vérité.
Dans la première partie de sa brochure, il expose, d’après saint Augustin et saint Thomas, ce qu’est le miracle: une suspension ou une modification par Dieu des mouve ments auxquels tous les êtres sont soumis par sa puis. sance souveraine: Dieu laisse aux choses leur cours ordinaire tout en soustrayant momentanément à la loi un individu ou un phénomène. Une seconde partie de la brochure répond aux objec tions faites contre la voyante.
Dieu seul connaitl’avenir, et seul peutle dévoiler : donc Mne Couédon est inspirée d’en haut. Peut-être M. de Guiry aurait-il pu développer son rai smnemem sous cette formezles mauvais esprits ne peuvent paraître prophétiser qu’en répétant des prophé ties déjà répandues; or M“° Couédon les complète au lieu de les répéter; donc son inspiration ne vient pas des mauvais esprits.
L’auteur rappelle avec raison que la vie irréprochable et la piété de la voyante garantissent la pureté de son inspiration. Il aurait pu ajouter que des prêtres dignes de respect, ayant revu l’inspirée après unlong intervalle, constatent les progrès faits par elle dans la voie de la perfection.
Le temps où se manifeste cette mission, son objet même, ses premiers résultats, tout concorde à prouver que son origine est divine, malgré de prétendues erreurs, qui paraissent provenir d’une faute de mémoire ou de l’incompréhension parles auditeurs. Je fais mes réserves au sujet de ce raisonnement: « Qui sait si v05 disposi— tions n’ont pas changé les desseins de la Providence? »
80 L'INITIATION En effet, il faudra un jour une enquête extrêmement minutieuse, pour vérifier si certaines prédictions de la voyante avaient un caractère conditionnel. M. de Guiry constate à son tour que la thèse de la voyante concorde avec celle des prophéties bibliques et des inspirations postérieures. ' Après avoir résumé les prédictions déjà publiées par M. G.
Méry, le noble écrivain nous donne les dernières, qui ont été recueillies dans les séances du jeudi, à partir du I7 novembre I898 jusqu’au 5 janvier I899. La forme est devenue plus simple: les vers roulent sur les rimes aidé et aisé, sauf un certain nombre d’exceptions. M“° Coùédon prédit de nouveaux massacres en Orient, des tremblements de terre en Fra'nce, des inondations, une crise dans notre patrie.
Et quand on se croira aisé, C‘est qu’on ne sera point aisé (pendant I’Iz‘xposition de 1900 1‘). Car un homme doit aider. Qui n'est point de Dieu envoyé... Quel dégoût va aider.,. Le choléra, la lèpre, la famine, la guerre vont nous frapper. Crimes sur crimes vont aider... La brochure de M. de Guiry tient fort bien sa place à côté de celle de M. Méry et d’un curé de campagne (I).
L’auteur, espérons-le, ne s'en tiendra pas là; il nous donnera un travail nouveau quand la succession des évé nements l’y aura décidé. Nous voyons déjà la Revue bleue, la Croix et d’autres périodiques essayer de ridi culiser la voyante à propos d‘un procès qu’elle a pour tant gagné, ou de ses prétendues fiançailles avec un pharmacien dont le nom n’est point donné : ceci an nonce des railleries et des outrages qui iront en aug mentant de gravité.
Cependant, plusieurs faits prédits se sont accomplis depuis une année : les a/Îaires ont baissé, la France a traversé bien des difficultés et a été deux fois sou/fleiée, à Fachoda par l’Anglais, en Palestine par l’Allemand ; l’anarchie a prouvé trop bien sa vitalité; la (I)Les Manifestations du monde s_urna_turel et Mlle Coué don, par un curé de campagne. Tequ1, éditeur.
BIBLIOGRAPHIE 81 Il! justice a chancelé; Félix Faure a été ôté de ce monde ; leVésuve a lancé sa lave ; de nouvelles tempêtes ont sévi au mois de janvier, etc. (I). Un avenir prochain nous fera savoir si, comme l’a dit Stanislas de Guaita, Mne Couédon est une clairvoyante ou bien une céleste missionnée. ' Ma conviction personnelle est arrêtée.
L’année 1900 sera plus funeste encore que l’année I899: selon nos calculs, elle verra même finir en France la troisième République, mais non inaugurer une ère de tranquillité. Ce sera le moment, pour M. de Guiry, de donner une suite à sa captivante brochure. SATURNINUS.
Une earcursi0n en Canada. -——Les Voyages praliques (9, rue de Rome, à Paris) renferment dans leur 2° numéro un article de M. Bodard, agent du gouvernement cana dien, intitulé: Un Projet de voyage en Canada.
Pour qui veut se rendre compte de la vitalité de la race cel tique, rien n’est meilleur que d’entreprendre une excur sion d'été par la magnifique voie du Saint—Laurent, avec arrêtà Québec, Sainte-Aune de Beaupré, le lac Saint— Jean, Chicoutimi, la Gaspésie, Montréal, Torento, les chutes du Niagara, Winn1peg, retour par Détroit, Chi cago, New-York. Pour 1.200 francs par personne on peut demeurer trois ou quatre semaines dans le pays.
M. Bodard recommande la librairie André (27, rue Bo naparte), qui a un catalogue d’ouvrages sur le Canada. Lui—même s’occupe chaque année d’y installer des culti vateurs de langue française. Les capitaux français y trouvent des placements assurés :mais ce pays estencore trop peu connu des Parisiens. On peut se procurer des brochures sur le Canada en s’adressant à M. Bodard. Notre réclame est purement gratuite.
L’adresse de M. Bodard est 523, rue Saint-Jacques, à Montréal (Canada). A partir du I9 avril. G. (I) Echo du merveilleux, 1897, p. 362; 1898, p, 73,28, etc.
82 L‘INITIATION MÉLANIE, bergère de la Salelle, et le cardinal Perraud, par A. SCIIMID.- Paris, Chaume], 1898. — (le livre, de plus de 400 pages, débute par la reproduction de la plai doirie de M“ Robinet de Cléry dans un procès qui a fait quelque bruiten son temps, entre Mélanie et M“ Perraud, évêque d’Autun. M° Robinet de Cléry plaidait pour Mélanie.
La seconde partie contient une reproduction de la brochure de Mélanie dans laquelle se trouve le récit complet de l'apparition, et le texte authentique de ce que l’on a appelé le Secret de la Salette; puis la brochure de Maximin, suivie de l‘histoire de sa vie et de sa mort. Enfin le livre se termine par une courte notice sur l‘abbé Roubaud, un partisan convaincu de Mélanie et de la Salette.
On voit par cette énumération combien la lecture de ce livre est intéressante,surtout sij‘ajoute que M. Schmid est laïque et qu'on n'éprouve aucune fatigue à le lire. Quant à son opinion, une courte citation la feraconnaitre : L’orateur assistait aussi aux débats du procès de Dijon, et il y trouva son chemin de Damas. « Le voilà maintenant un ami dévoué de la Salette et cherchant le moyen de rendre meilleure justice il la Bergère persécutée. » .
Enfin ce Iivœ contient quelques gravures, entre autres les portraits de Mélanie et de Maximin. Voyons maintenant quelle en est la teneur.
Jene dirai que peu de chose du procès : Le 24 août:I878 avait été passé un acte par-devant Me Gomthey, notaire à Chalon—sur-Saône, entre ( l'abbé Jean Ronjon, cha— pelain, demeurant à Chalon-sur-Saône, quartier de la Citadelle, et Mme Mélanie Calvat, dite Mathieu,bergère de la Salette, demeurant à Castellamare-di-Stabia (Italie) et en ce moment de passage à Chalon n. L’abbé Ronjon était propriétaire d‘une chapelle « sise à Chalon-sur Saône, quartier de la Citadelle, appelée ( chapelle Ron— jon..... » Il voulait consacrer cette chapelle au culte de Notre-Dame de la Salette, et, dans ce but, il la cédait, par l’acte ci-dessus mentionné, à Mélanie, qui prenait par contre l’engagement « de continuer à entretenir la cha pelle tant de réparations extérieures que d’objets mobi liers, ornements sacerd0taux et autres objets servant au
BIBLIOGRAPHIE 83 culte, et de la faire desservir par un prêtre ou deux à son choix en conversion du prix de quatorze mille francs (14.000 fr. ). Laprésente charge étant évaluee àla somme annuelle de sept cents francs, pour l’enregistrement seu— lement. L’entrée en jouissance ne devait avoir lieu qu’à la mort de l’abbé Ronjon qui conservait l’usufruit sa vie durant. L’abbé Ronjon mourut le 5 avril 1891.
Mélanie vint à Chalon pour prendre possession, mais MSP Perraud sou leva des difficultés qui aboutirent finalement à un procès.
Je ne raconterai pas les détails, très intéressants, de ces contestations, on les trouvera très bien exposés dans les plaidoiries de Me Robinet de Cléry: je me contenterai de dire que,le 19 juin 1895, la cour d’appel de Dijon don nait définitivement gain de cause à MS” Perrand et condamnait Mélanie àl’amende etaux dépens d’appel.
L’opinion générale, celle même de l’avocat général, a été que Mélanie avait moralement raison, mais que, légalement, on était Obligé de lui donner tort. Voici en effet un extrait des conclusions de l’avocat général, Vidal de Saint-Urbain : « Juridiquement, il faut considérer que Mélanie Calvat a été seule donataire en 1878'et qu’empêchée ou non elle ne s’est pas conformée aux clauses prescrites parle contrat.
Dans ces conditions, en droit, les exécuteurs testamentaires ou légataires uni— versels peuvent, avec raison, lui reprocher l’inexécution des clauses et conditions mises à sa charge. Cela peut paraître rigoureux; mais les principes du droit veulent qu’il en soit ainsi. » Comme je l’ai dit plus haut, la brochure de Mélanie contient in extenso le Secret de la Salette, c’est un docu ment utile à consulter.
Malheureusement il est resté entre les mains de Pie IX très longtemps et n’a été livré à la publicité, officiellement, par Mélanie, qu‘en 1879. Jusque-là on en avait des extraits, mais ces extraits eux— mêmes n’ont été publiés que tardivement, et les incré— dules pourront [OU]OUI‘S se demander si ce secret a bien été écrit dès le début tel qu’il nous est livré aujourd’hui.
En tout cas, Mélanie ne l’a pas écrit en une fois: on lit en effet dans la lettre de Mi!“ Zola, évêque de Lecce, à M. l’abbé Roubaud, 24 mai 1880:
84 L’INITIATION ( Ce ne fut qu’en juillet |85| que Mélanie écrivit elle même son secret, pour la première fois, au couvent de la Providence, à Corenc, par ordre de M“ Bruillard, évêque de Grenoble... « Elle signe sans relire, plie son secret èt le met dans une enveloppe.
Elle met ainsi l'adresse: « A Sa Sainteté Pie IX, à Rome <t Mélanie n’a pas envoyé à Sa Sainteté Pie [X tout le Secret qu'elle a publié dernièrement, mais seulement tout ce que la sainte Vierge lui inspira sur l‘heure d‘é crire de cet important document, et en outre bien des choses qui pouvaient concerner Pie IX personnelle ment...
L'heureuse bergère de la Salette communiqua plus tard àdiverses personnes quelques autres parties du Secret, lorsqu’elle jugeait que le moment opportun pour les publier était arrivé. Mais la publication du Secret tout entier n‘a été faite que dans la brochure écrite par Mélanie elle-même et imprimée à Lecce en 1879, sur la demande et aux frais d'une pieuse personne... 1» Que de complications! Que de choses laissées à l’ap préciation de Mélanie !
Comme tout est bien plus simple à. Lourdes! Et encore, la lettre de Mgr Zola contient bien d’autres détails qui donnent à réfléchir. Pourquoi Mélanie juge-t—elle convenable de dépecèr la communi cation et de nous la servir par tranches à des intervalles de plusieurs années?
Le Secret contient, entre autres, le passage suivant: « Que le Vicaire de mon Fils, le souverain Pontife Pie IX, ne sorte plus de Rome aprèsl'année 1859... < Qu’il se méfie de Napoléon; son cœur est double, et quand il voudra être à la fois pape et empereur, bien tôt Dieu se retirera de lui: il est cet aigle qui, voulant toujours s’élever, tombera sur l’épée dont il voulait se servir pour obliger les peuples à se faire élever. » Tout cela était facile à écrire en 1879, mais il serait intéressant de savoir si ces avertissements figuraient sur le manuscrit de 1851, et c’est justement ce qu‘on néglige totalement de nous dire.
Mgr Zola dit que la publication de 1879 est identique au manuscrit qui lui fut donné par Mélanie en 1869, mais il ajoute aussitôt que ce manus crit contenait quelques lacunes qui ont été comblées en
BIBLIOGRAPHIE 85 1879. Jusque-là ce document était resté secret et inconnu de tous. On lit encore dans le Secret: pour faire place au matérialisme, à l’athéisme, au spiritisme et à toutes sortes de vices. » Il est bien étonnant qu’en 1846 la sainte Vierge ait parlé de spiritisme.
Dans les communi cations de l’Invisible, on parle toujours un langage àla portée du voyant, et le début de la conversation est bien dans cette note, car la sainte Vierge parle un langage très incorrect, et même le patois.
Il est du reste intéres— sant de remarquer àce sujet le contraste entre le style du Secret et celui du début de la communication, il y a la distance du langage fruste d’une petite paysanne igno rante et illettrée au langage d'une jeune fille ayant fait quelques classes. En tout cas il me semble que le mot spiritisme est bien singulier à la date de 1846.
Jusqu’à présent je ne vois donc rien qui soit capable de porter la conviction dans l’esprit de ceux qui doutent encore. _ .
' Je n’en dirai pas autant de l'histoire de Maximin, cet homme a eu toute sa vie une malchance tellement per sistante, interrompue de temps en temps par des secours d’en haut tellement évidents, il a été tellement calomnie qu’il me représente bien le type du missionné, du voyant qui a été favorisé d'une communication importante d’ordre divin.
Il y a entre autres un épisode vraiment charmant et bien dans la note d’un mysticisme de bon aloi: Il 'meurt de façon, il n’a plus rien à manger; il entre à l'Église Saint—Sulpice et va s’agenouiller devant la statue de la sainte Vierge.
Il prend son chapelet et interpelle ainsi Marie : « J'ai bien faim, ma bonne Mère, vous allez donc me laisser mourir de faim P Et pourtant tout ce que vous m’avez eommandé,je l’ai fait.J’ai fait passer à tout votre peuple les graves et solennels avertissements que vous êtes venue apporter. Encore quelque peu et je vais tomber d’inanition.
Si vous ne voulez pas me tirer de la misère où je suis, alors je vais m’adresserà votre époux saint Joseph qui, lui, aura bien pitié de moi! » Quelle belle et naïve prière! Comme il y a de la foi dans ces quelques motsl Un homme qui prie ainsi n'es
86 L'INITIATION pas un imposteur. A-t-il été trompé? Peut-être, mais il ne nous trompe pas, lui, il ne nous a raconté que ce qu‘il a vu, et à cause de Maximin je commence à croire à la Salette. Comment sa prière a été exaucée,comment saintJmeph est venu lui-même à son secours, le lecteur le verra dans le livre de M. Schmid. D" F. ROZIIR.
Un Catéchisme de doclrine spirilualiale. -— La c librairie des sciences psychiques au vient d'éditer un catéchisme de doctrine spiritualiste par M. A. 8., contre lequel nous croyons devoir protester. En effet, ce n’est pas du tout un catéchisme de doctrine spiritualiste dans le sens que nous donnons à ce mot en Angleterre, mais un catéchisme catholique romain, quelque peu idéalisé à l‘aide de notions élémentaires d’0ccultisme.
Le livre débute par cette définition de Dieu (I): « La somme totale de l’univers visible et invisible et quelque chose de plus. s Dieu est incompréhensible, mais pour notre époque et notre race, Jésus-Christ est le Dieu ( en mission ) parmi nous. J'allais presque dire le Dieu chargé d’écouter nos prières et de nous secourir.
Les chapitres intitulés: l’homme, devoirs de l’homme envers la société, sur le libre-arbitre, l’enfant et l‘âme, ne contiennent rien de bien caractéristique. Mais les autres sont purement catholiques romains. Voici ce qu’on peutlire, par exemple, au chapitre des pactes avec le diable: Q. — Devons-nous croire que les pactes faits avec le mauvais esprit obligent l‘ « Ego » à lui abandonner son âme après un certain laps de temps ?
R.—Ce s pactes consentis ou non sont réels, par le seul fait que,lorsqu’une âme permet à une entité infernale de l’envahir et de la dominer, elle selivre complètement. Q. — Ses pactes écrits et signés avec le démon existent ils P (I) Nous retraduisons la traduction anglaise; il est donc probable que les citations difléreront, du texte de l’auteur français ; -— seulement, quant a la forme, bien entendu. ËA’ Zn..;
WF au; BIBLIOGRAPHIE . 87 R. —,Oui, il y a encore des hommes assez niais et assez coupables pour conclure des pactes. —— Au cha pitre des sacrements, les septsacrements de l’Église ro— maine sont approuvés. —— Voici ce qu’on y.dit sur le mariage : Q. —— Le mariage doit-il être civil ou religieux? R.— Le mariage religieux est le seul admissible, puisque le mariage est une affaire de conscience.
Le mariage civil est le simple enregistrement du contrat.-— Le chapitre sur l’Eglise donne des détails sur les devoirs des prêtres et des évêques et sur leurs relations mutuelles.
Le chapitre sur le pape traite naturellement du rétablissement du pouvoir temporel ! nousy lisons ceci: R. — Le pape, chef suprême d’une religion, devrait posséder un territoire assez grand pour assurer une indépendance complète, non seulement à lui-même, mais aussi aux membres du clergé qui travaillent direc tement sous ses ordres, et à ses serviteurs, à quelque ordre religieux qu‘ils appartiennent, qui sollicitent l’honneur de travailler dans les champs ou dans la rési dence papale et ses nombreuses dépendances.
Q. —Ce territoire doit-il être la propriété de la pa pauté? R. —— Oui, il doit être absolument neutre et fraternel lement reconnu par les grandes puissances qui se par tagent le monde. En dernier lieu, nous’voyons arriver la vieille et iné vitable prétention de l’Église romaine d'être à la tête de toutes les autres qui ne peuvent manquer d’être un jour réunies à elle et soumises à ses lois.
Ce précieux catéchisme finit par une approbation des processions extérieures 1 Il est encourageant de voir nos ennemis obligés de se servir de notre nom pour se faire écouter, mais méfions nous des faux amis. PHANEG. Cas de conscience posé devant la France et l’Europe aux héritiers du comte de Chambord. Orientons-nous avant la tempête l. . . Mg? Rigaud, dans ces brochures, en partie composées
88 L‘INITIATION d'extraits des Annales des Croisés de Marie, résume des arguments de valeur au sujetde l’identité de Namdortf avec Louis XVII, et demande que le duc de Parme exa mine avec soin les prétentions de ceux qui sont, pour l'auteur etpourbeaucoup, les descendants de Louis XVI.
Il est certain que Léon XIII a plusieurs fois envoyé à l'auteur sa bénédiction apostolique, après la publication de fascicules très énergiques en faveur des Namdorff. Mais une bénédiction n'est qu’un acte de charité : et la papauté n'a jamais fait sortir de ses archives des docu— ments qui s’y peuvent trouver. Au Vatican, il n'y a pas d'enthousiastes.
M" Rigaud y a trouvé pourtant des protecteurs,lui qui défend avec ardeur, contre le phari saïsme de La Croix et d'autres feuilles catholiques, le Secret de la Salette, si sévère pour le clergé de notre temps. Le vaillant lutteur orthodoxe mérite, àce titre, les sympathies des mystiques les plus indépendants. G. Destinée de l‘homme, par M. l’abbé C.
Fiat, agrégé de ’ philosophie, docteur ès lettres, professeur a l'école des Carmes. — Paris, Alcan, in-S°. ' Cet ouvrage a pour but de démontrer, contre les matérialistes et les positivistes, qu‘il existe une autre vie. L’auteur pense que la philosophie des fins doit prendre le pas sur celle ces causes. La pensée n’est pas divisible comme la matière.
L’âme est une force qui se déploie dans l’espace : ses phénomènes cependant ne peuvent se mesurer comme ceux du mouvement. L’esprit est le témoin du dedans qui contrôle les faits psychologiques. Le moi reste permanent duranttoute l’existence :521 per manence seule explique la mémoire. Il est invisible ; et, dans les cas de dédoublement, il y a des communica tions entre le moi normal et le moi anormal.
M. l’abbé Plat suppose toutefois qu’un homme peut naître par hasard avec deux âmes. Pour la question de l’hypnotisme, ilrenvoie le lecteur à son livre intitulé: la Personne humaine. L’activité mentale est encore, sous ses diverses formes, une preuve de la spiritualité de l’âme. La causalité des passions ne peut être non plus qu’en nous-mêmes.
BIBLIOGRAPHIE 89 Mais nous ne pouvons savoir comment nos passions sont provoquées par les représentations et provoquent à leur tour des mouvements. Leurÿexistence ne permet pas de conclure à la distinction radicale de l’esprit et de la matière. L’hypothèse de la raison impersonnelle n’est pas une preuve de notre survie. L’énergie intellectuelle peut s’éteindre comme une flamme qui s’évanouit.
La psychologie ne peut nous apprendre « si notre sujet mental n’est pas comme l’épanouissement d’une réalité plus riche, plus profonde et plus féconde ». Mais le Matérialisme est trop affirmatif, commele Spi ritualisme, sur la valeur de ses preuves.
Les formes naturelles tendent à s’émanciper du principe contraire qui leur est uni; et l’âme humaine peut monter plus haut que les autres espèces d’âmes, tout en conservant, comme l’ont voulu Origène et Leibniz, une sorte de poussière lumineuse qu’elle trainerait avec elle, « dernier indice de son esclavage ».
« Le Matérialisme ne se fonde, dit M. l’abbé Fiat, que sur l'ontologie de la matière; et cette ontologie n’aboutit pas: il est donc condamné. >> Comme chaque fonction vitale est appropriée à. son milieu, la loi de finalité permet d’affirmer que certaines formes de la vie supposent l’immortalité : la pensée, l’amour, l’action. Cette preuve ala même attitude que les lois de la science expérimentale.
Ce savant auteur conclut que la dernière crise de l’hu— manité sera une crise religieuse. V L’œuvre d’un esprit aussi libre en son orthodoxie n’est nullement déplacée dans la collection Alcan. Je ne puis m’empêcher de souhaiter que cet éminent professeur applique ses rares facultés à une étude approfondie des œuvres de Leibniz, de Kant et des occultistes mo dernes: il jaillira pour lui, de ces œuvres, bien des traits de lumière.
Un jour, s’il remplit cette condition. M. l’abbé Piat pourra donner au public un autre livre sur l’autre vie, d’après la mystique et les sciences oc cultes. C’est un ouvrage dont la composition est urgente. Bien peu seraient plus qualifiés pour l’entreprendre. G.
90 L'INITIATION «MWÈ’, ., .—nzvu[‘* .4 l)r E.Gyel: I'Elrc subconscient. Paris,Alcan, I899, in-8. — Le livre de M. Gyel résume en quatre chapitres, dans une première partie, une grande quantité de faitsobscurs de psychologie normale et de psychologie anormale, eny ajoutant une interprétation des hypothèses nouvelles (extériorisarion, subconscience), ainsi qu'une théorie syn thétique de la psychologie d'après les découvertes ré centes.
Une seconde partie, qui est la conclusion de l’ouvrage, est l'esquisse d’une philosophie naturaliste d’après les notions nouvelles. Adepte du monisme de Haeckcl, l’auteur s’efforce de démontrer que ce système n’est pas inconciliable avec les espérances d'immortalité individuelle.
La théorie du subconscientlui parait suffire pourexpliquerpresque tous les faits obscurs de la psychologie (activité pendant le sommeil, multiplicité de la personnalité, extériorisa tion expliquant l'hypnotisme, clairvoyance, psychomé— trie, aCIion à distance de la motricité, action à distance d'une faculté organisatrice ou désorganisatrice de la matière, actions de pensée à pensée, médiumnisme).
M. Gyel pense que l'être subconscient extériorisable est le produit synthétique d’une série de’ consciences successives qui se sont fondues en lui et constituent l‘individualité permanente, tandis que la conscience est la personnalité transitoire : ainsi s’expliqueraient les con naissances scientifiques et linguistiques que ne possède point le sujet normal.
L‘hypothèse de la subconscience fonction actuelle du cerveau estillogique, irrationnelle, et n’explique pas certains faits (comme celui de petits en fants parlant des langues diverses). Assurément l‘hypothèse de M. Gyel fera quelque bruit dans le monde des chercheurs spirites et occultistes. Elle se rattache en effet à cette question de la réincar nation, au sujet de laquelle ceux—ci restentencom divisés.
D’autre part, je pense qu’on pourrait peut«êrre rattacher la théorie del‘organisme, « résultattemporaireduprincipe individuel transcendant-al», acelle des scolastiques : l’âme informe le corps. Pour M. Gyel, la névropaihie vraie provient de ce quela subconscience remplitdéf‘ectueusement son rôle de direc— tiongénéraledel’êtreconscient,ilrattachecette explication -»>... ,., -r-..t,.-,,.«>.,,,_,.-.,,.-... s i-Ç" I
BIBLIOGRAPHIE 91 à celle que le D" Paul Sollier a donnée de l’hystérie, celle ciseraitlaconséquenced’un sommeillocal ducerveau(r). Il pense que les Cas de personnalités multiples provien nent d’une incoordination psychique: ce serait un dé doublement analogue à celuid’un médium, affecté, comme l’écrivait le regretté de Guai‘ta, d'une incontinence vitale.
Le magnétiseur pourrait prendre la place de la subcons cience extériorisée. ou encore suggestionner cette der nière, passagèrement obnubilée. Assurément cette der nière question nécessite ( de nouvelles recherches expé rimentales »; j’ajouterai que le contrôle d’un magnétisé me paraîtpouvoir révéler, au sujet d’un autre, des états de possession réelle dont l'Occultisme a déjà parlé.
Je laisse aux hypnoüseursà vérifier si l’acte suggéré ne peut être accomplià longue échéance que si le sujet revientà l’état d’hypnose (ou du moins à un commencement d’hyp nose) où il se trouvait quand la suggestion a été donnée.
L’action télépathique me parait plus clairement expliquée par la doctrine occulte sur la constitution de l’être hu main que par la théorie du subconscient: mais cette der nière est un acheminement vers un ensemble deconnais sauces plus complet.
Quant à la déducüon de l’avenir par les lucides, elle doit amener la même réserve : devi— ner les grandes lignes de l'avenir d’une personne, ce n’est pas la même chose que préciser ce qui ne dépend point de ses actes, de sa volonté, et annoncer un fait futur à une date bien déterminée.
L’Occultisme fait concevoir que les sens hyperphysiques fassent parfois connaitre le conscient et le subconscient d'une personne, mais que les sens normaux aient ce pouvoir, cette hypothèse me parait inadmissible.
Je ne comprends pas non plus que le philosophe expérimentateur, qui sait que la philoso phie sera scientifique, parle de sa répugnance à traiter le sujet de la voyance par l’eau, le marc de café, etc., mais M. Gyel a montré une remarquable force d’intuition en parvenant à ne pas rejeter à priori ces cas particuliers.
Très compétent pour ce qui concerne le Spiritisme, (i) M. Gyel dit que l’hystérie est fréquente dans lescouvents : il est en complet désaccord avec le Dr Imbert-Gourbeyre (la Stz‘gma2isati0n, 2 vol., 15 francs).
92 L’INITIATION l'auteur prétend le faire rentrerdans l‘hypothèse intégrale de l'être subconscientextériorisable, au désincarné. Mais il ne se demande pas comment, si le Spiritisme a été inœnnu dans notre Occident depuis Tertullien jusqu’à notre siècle, il peut répondre il une vérité intégrale. Dans sa conclusion, M. Gyel ne distingue pas le mo nismenaturalisted’Haeckel du monisme idéaliste de l’0c cultisme moderne.
La netteté de langage laisse voir très nettement de quelle manière ce panthéisme se ramène à l'athéisme. Il s’assimile la théorie de l‘involution et de l’évolution, celle des incarnations d‘abord inconscientes, puis conscientes et libres; mais la méditation d’œuvres récentes (celles de Barlet, de Saint-Yves d'Alveydre, la Lumière d’Egyple, etc.)luianrait permis d’éviter l‘erreur de l'athéisme monistique.
Le savant logicien me parait digne d'être un jour de ceux quil‘eront avancer le science expérimentale et connaîtront de très hautes vérités. G. Zeitschri/‘t fûr Cullurgcschichle, Bd. VI, heft I-2 : Er gaeuzungsheft et A. Richeli: Deux procès de sorcellerie au xvt° siècle. — M.—V. Stojentin: Documents relatifs à des procès de sorcellerie dans l'ancien duché de Pomé renie. — W. Ruland: Procès de sorcellerie en Styrie.
Beilraege zur Gcschichle des Niederrhlins, Bd.
X111 1898: Emile Peuls: La magie et la sorcellerie dans la ré gion du Rhin inférieur (II0 p., 1° dès les plus anciens temps jusqu’à la victoire du christianisme; 2° de 300 à I200; 3° de 1200 jusqu'à l'apparition du marteau des sorcières; 4° jusqu’au temps présent). — Procès de sor cellerie de 1490 à 1738.-— Revue historique, mars 1899. n ou Tout essai de drame —— de « Mystère >>——chrétien sou lève l’objection suivante: mettre en scène le surnaturel réalisé par des personnages(Jésus,les apôtres,les saints...) tout naturellement destinés à l’opérer, c’est, en fait, sup primer le surnaturel. Etant donnée notre éducation men— tale, le miracle, accompli par une sorte de « nécessité . r.—-—**rpeflæ à; 1
LIVRES REÇUS 93 divin’e », apparaît réduit à un simple fait divers très nor mal,— partant, dénué de tout intérêt dramatique. Le nouveau poème de Louis ERNAULT, que publie l’Art indépendant, échappe à cette critique.
Un miracle-type, — donc œuvre divine, — mais accom pli par Judas, donc œuvre démoniaque, — et déroulant logiquement (et lyriquement) sa double série de consé quences logiquement contradictoires, d’où le drame ; tel est, en effet, le point de départ du MIRACLE DE JUDAS. mystère en 3 actes, en vers. Cette donnée, peut-être neuve, a pour point de départ l’Evangile lui-même.
Judas (le traître) est, en effet, nomi nativement désigné parmi les disciples qui, après le c Sermon sur la Montagne », reçurent le don de miracle (SAINT MATTHIEU, x,r à 4). Lavnes anges ANNIE BESANT. — L’Homme et ses corps, I vol. 1n-18. (Bruxelles). * 1114 Reçu EPEYNA, revue bilingue (grec et anglais), publiée par M. Platon E.
Drakoulès, pour la revivificarion de I’hellénisme; la souscription est de 4 Shillings par an; prière d’envoyer les adhésions r48, Kingston Road, à Ox ford. Aucune somme d’argent ne sera reçue avant que l’éditeur n’ait reçu un millier d’adhésions. . v 1s La Revue socialiste, fondée en 1885 par Benoit MAL0N. — Dirigée par Gustave ROUANET. —78, passage Choi seul, Paris.
Sommaire de la livraison du 15 mars 1899 (n° 171) : L’Impérialisme anglo-saxon, Paul Louis ; Essais sur la Monnaie, le Crédit et les Banques, Guillaume de Greef ; Tolstoi et la question sociale, Ossip Lourié;
94 L'INITIATION Les Partis politiques et i'Agriculmre en Italie, Cerc lamo Gatti; Une Enquête cadastrale (La Propriété foncière en Brabant), Enfile \’;inderi'clde; Revue phi losophique, Eugène Fournièrc; Mouvement social, Adricn Veber; Revue des livres, l)r Julien Pioger. —— Fournière. — Rouanet. ii‘iouvnms lDwaasas La Société de psychologie scientifique de Münich a tenu. pendant la saison IbgyË-iSgg. vingt-cinq audiences.
Parmi les conférenciers, citons les docteurs Cari du Prel, Karl von Arnhard, Richard \’Vedel, les professeurs Aug. Pauly, Max Sailing,lesingénieurs Ludwig Deinhard, August Hager,etc. Les réunions se tiennent dansla petite salle de la Kunstgewerbehaus. ' & J L'enlumineur Marcel Lenoir a exposé, du 15 mars au 15 awil, chez l'éditeur Arnould, une série de maquettes et de croquis pourune suite intitulée: le Chrisl pardon nanl le monde.
Il y a la des planches en couleurs d'une exécution impeccable et d'un style savant et raffiné ;et dans les cartons, de merveilleuses esquisses à la plume, dans le style des grands maîtres italiens de la Renais sance. Nous sommes heureux que l'idéalisme dans l’art sache inspirer d’aussi nobles tentatives.
' :s 15 La dernière séance de la SOCIÉTÉ DES CONFÉRENCES SPIRITUALISTES aéré consacré à une très instructive con férence du D*‘ Rozier, qui a vivement intéressé tous les assistants en opposant lesdonnées de la Science aux illu minations de la Révélation. * #11. Notre ami L. Esquieu apublié une série de notes très érudites pour démontrer que la médaille prétendue an
NOUVELLES DIVERSES tique trouvée par M. Boyer d’Agen datait d’une époque contemporaine. Nous suivons avec le plus grand intérêt les phases diverses de cette discussion courtoise. ‘k au __ Signalons dans le supplément de la Fronde du 26 fé— vrier et du 12 mars deux belles études sur la tradition occidentale, du professeur S.-U. ZANNE. Elles méritent la peine d’être étudiées partous nos lecteurs.
L’Union celtique comprend: Des hommes de science et de lettres: Le Livre. —— Des Artistes: La Harpe. —— Des hommes d’action sociale: L’Epée. Les hommes de science et de lettres étudieront l‘anti quité celtique, l’antiquité celte-gauloise, les origines françaises, aux points de vue scientifique, philosophique, ' religieux et social.
Ils s’efforceront de remettre en bon neur l’étude de la langue Celtique et de ses dialectes, de la philosophie, de la littérature et des institutions des peuples celtes, délaissée pour l’étude et l’adoption exclu sives de la littérature et des institutions de leurs con quérants. Les artistes, en immortalisant les manifestations de l'âme celtique dans l'histoire, mettront leur talent au service de la Renaissance celtique.
Les poètes et les musiciens continueront l’œuvre nationale des bardes de l‘antiquité et du moyen âge; les peintres et les sculpteurs s’inspireront, comme eux, de l’histoire de la race, des légendes et des traditions qui en reflètent l’âme. Les hommes d‘action politique et sociale appuieront les efforts de leurs frères en défendant les Peuples de la race celtique contre l‘égoïsme oppresseur des races ennemies.
Tous contribueront au réveil de l’âme celtique. Dt Maurice ADAM. Paris, mars 1899 (I). (1) Un premier manifeste a été publié, en décembre t898, sous le titre de « Manifeste de l’Ordre celtique »,
- 96 L’INITIATION ©L@IÏIE Nous apprenons la mort de Mme veuve Aufiinger,dé cédée dans sa 75° année, en son domicile de la rue du Four, où elle donnait des consultations somnambuliques depuis 1859. Mme Auflinger fit retrouver, en 1869, le corps de Paul Lecoq de Boisbeaudran, assassiné pendant un voyage en Italie.
Elle eut aussi un moment de grande vogue en 1889 en publiant, dans une interview de la Lanterne du [4. août, les détails de l’assassinat de l'huissier Gouffé et en an nonçant, le 18 octobre, l’arrestation des assassins avant trois mois, ce que les événements vinrent confirmer. Elle avait aussi donné des détails assez précis sur d’au tres afl‘aires du même genre.
Mme Auflinger appartenait à plusieurs sociétés de magnétisme et elle était titulaire de nombreuses croix et médailles qui ornèrent son convoi à Saint-Sulpice. Sa fille, Mlle Auffinger, a hérité des dons somnambu liques de sa mère. (Nos Lecteurs voudront bien excuser le retard dans l’apparition de ce numéro, retard dû à des causes majeures indépendantes de la Direction et de l’Administration.) Le Gérant : Eucaussa. TOURS. -— nm. E. ARRAULT ET c", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6‘.
fiangrès fppiriie et fipiritualiste INTERNATIONAL DE 1900 COMITÉ D’ORGANISATION Voulant resserrer davantage les liens de sympathie et de solidarité morale qui existent déjà entre eux, les Sociétés et Groupes suivants : Syndicat de la Presse spiritualiste de France, Comité de propagande spirite, Société française d’Étude des phénomènes psy chiques, Société magnétique de France, Ecole pratique de Magnétisme et de Massage, Syndicat des Masseurs et Magnétiseurs, Ecole supérieure libre des Hautes Études hermé tiques, ‘ Groupe indépendant d’Êtudes ésotériques, Ordre martiniste, ' Société alchimique de France, Société théosophique,branche parisienne « Ananta », Étudiants swédenborgiens, et Divers Groupes spiritualistes indépendants, Se sont réunis dans le but d’organiser un Congrès - pour faciliter l’étude et le développement des sciences et doctrines spiritualistes.
Ce Congrès, qui tiendra ses assises à Paris, vers la fin de l'Exposition, prend le titre de Congrès Spirile et Spiritualzste de 1900.
Le Congrès comprend cinq sections : Section spirite, Section magnétique, Section hermétique, Section théosophique, Section des spiritualistes indépendants. Entièrement autonomes, les sections ne sont liées que par la sympathie et'le désir de concourir, dans la mesure de leurs moxens, au développement des sciences et doctrines spiritualistes. Le Comité d’organisation est composé de trois membres de chaque section.
Ne se chargeant que des travaux préparatoires du Congrès, il se démettra de ses fonctions à l’ouverture de la première séance. Les adhésions. les mémoires et les fonds doivent être adressés à Paris : ‘ Pour le Spiritisme, à M. C. DUVAL, 55, rue du Château-d’Eau ; Pour le Magnétisme, à M. H. DURVILLE, 23, rue Saint-Mari ; ' Pour l’Hermétisme, à M. Parus, 10, avenue des Peupliers ; Pour la Théosophie, à M. P.
GILLARD, 38, rue de Verneuil ; Pour les Spiritualistes indépendants,_à M. ALBAN DUBET, 23, rue Saint-Merri. Toute personne qui,en donnant son adhésion, ver sera une somme quelconque, sera considérée comme membre du Congrès. Des cartes d’invitation aux séances seront mises à la disposition de tout membre du Congrès qui aura versé 2 francs au minimum. Une
carte nominative permettant l’entrée de toutes les, séances sera mise à la disposition de ceux qui auront versé au moins 6 francs. Un versement de 12 francs au minimum donnera droit au compte rendu des tra vaux du Congrès. Chaque volume, numéroté, sera signé et portera le nom du souscripteur auquel il sera adressé.
' L’organisation des sections et de leurs groupes, le lieu, l’époque et l’ordre du jourdes travaux du Congrès, seront portés en temps utile à la connaissance des intéressés. ' Le Comité d’organisation fonctionne a partir de ce jour. 11 Se réunit le dernier vendredi de chaque mois, à 8 heures I/2 du soir, pour étudier toutes les ques tions d’ordre général se rattachant à l’organisation du Congrès. Fait à Paris, le 7 avril 1899.
Le Comité d’organisation : ALLAR, COUILLEROT, G. LDELANNE, ALBAN DUBET, H. DURVILLE, C. DUVAL, FABIUS DE CHAMPVILLE, LAURENT DE FAGET, P. GILLÀRD, GROLLEAU, HERVY, l’abbé JULIO, PAPUS, ROSABIS, SÉDIR. Dans le prochain numéro de l’Inz‘tz‘alz‘on, nous ou— vrirons la souscription pour le Congrès et nous indi querons comment sera organisée la section hermé tique. P.
Principaux Ouvrages recommandés pour l‘étude de l’OCCUL’1‘ISME et de ses applications CONTEMPORAINS,_ Æ' . : l1Évoluüon delddée , . { L’Instruetion Intégrale. Le Serpent de la Genèse. Snurs_urs DE GUAITA . . Le Temple de Satan. La Clef de la Magie noire. Traité élémentaire de Science Occulte. (5“le édition). , PAPUS - - . - - . . - . . Traité élémentaire de Magie pratique. La Science des Mages. \ L'Ame Humaine. F.-CH. BARLE‘I‘. . . . . A.
JHOUNEY . . . . . . . Ésotérisme et Socialisme. RENÉ CAILLIÉ . . . . . . Dieu et la Création. CLASSIQUES ELIPHAS LÉVI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. . t La Langue hébraïque restituée. FABRE DOLH’ET' ' ' ' ' l Histoire philosophique du genrehumain. ALBERT POISON. . . . . Théories et Symboles des Alchimistcs. LITTÉRATURE f La Magicienne. JUI.Es LERMINA. . . . ., A Brûler. g Zanoni.
BULWER LYTTON . . . . . , ( La Maison Hantee MYSTIQUE Jeanne Leade. P. SEnm . . . . . . . . . Jacob Bœhme et les Tempéraments. Les Incantations. POUR DÉTAIL ET PRIX, S’ADRESSERZ A la lllll‘llll‘lt MANUEL, 5, rue de Saule, PARIS Envoi Franco du Catalogue. TOURS, IMP. E. ARRAL’LT ET C“.