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i‘iiäilO‘l‘l Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DlRECTlON DE PAPUS I O O. >I< Docteur en médecine — Docteur en kabbale _ ,LL,.,_ L,. 42’ VOLUME. — 12‘“ ANNÉE SOMMAIRE DU N° 5 "(mer 1899) _._.._._. PARTIE INITIATIQUE. . Itilucl de consécrah‘on d'une Église . . . . . Sédir. (p- 97 à l09-) PARTIE PHILOSOPHI— QUE . . . . . . . . . . . , . Essai (l’Erégês‘0 kabba— lisliquc . . . . . . . .
Estibus—Nitibua. (p. 110 à 134.) Elurlcs Êsolériqmw. . . Emy. (p. 135 à 152.) Clous gno.sliques (avec figures) . . . . . . . . Bornia Piètre. (p. 153 à 166.) De la Malédiclion 01 du Blasphéme. . . . Alex.A.Stourdza. (p. 167 à 175.) PARTIE LITTÉRAIRE. . Nirvana . . . . . . . . .
Le Leur Ordre Martiniste. —TheChicago Ésoteric Extension.—LaTélégraphie sans fils. —« Bibliographie. — Nouvelles diverses. —> Journal des Journaux. —- Articles reçus. — Livres reçus. — Errata. Tout ce qui concarne la Rédaction et. les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, rue de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. — Un An: DIX FRANCS I
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti.qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Eflrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiarion est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Inilialion adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l‘arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la 111i3ère.
Enfin l’1nitiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l'Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (lnitiaîique) contient les articles - destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiaiion parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an (Les'collections des deux premières années sont absolument épu15ees.) —L M. — n‘a-J
L'Initiation du I5 Janvier I899 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE 1' Initiation |0 PARTIE INITIATIQUE AMO — F. CH. BARLET, S.'. I.'.â — GUYMIOT. — MARC HAVEN, 8.-. 15.5} — JULIEN LEJAY, S.'. l.'. —— ÉMILE MICHELE'I‘, S.-. 1.-. (C. G. E.) -— LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGp, S.'. I.'. — GEORGE MONTIERE, S.'. I.'. à —- PAPUS, 5.-. 1.25: — SÉDIR, S.'. I.'. ". —- SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) \ ’ 10 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. -—- AMELINEAU. -— ALEPH. — D“ BARADUC. — SERGE BASSET. ——- Le F.'. BERTRAND 30' — BLITZ. —— BOJANOV BORNIA PII’:TRO. — JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALEAN DUBET. — R. DUPLANTIER. -— A. ERNY. — FAERE DES ESSARTS. —-— L. ESQUIEU. — Dr FUGAIR0N. — DEI.ÉZINIER. —— JULES GIRAUD. — L. GOURMAND. —- L.
HUTCHINSON. — JOLLIVET-CASTELOT. — L. LE LEU. — L. LEMERLE. — LECOMTE. —— NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G. POIREL. -— QUESTOR VITŒ. —- RAYMOND. — Dr ROZIER. — L. SATURNINUS. —— D“ SOURBECK — THOMASSIN. — .G. VITOUX. — YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG.—— JEAN DELVILLE. «— ESTRELI.A. —— E. Gou DEAU.-—— MANOËL DE GRANDFORD. — JULES LERMINA. —— L.
HEN NIQUE. — JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDÈS. —— GEORGE MONTIERE. —LÉON RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. — ROBERT SCHEF FER. — ÉMILE SIGOGNE. -— CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE CH. DUBOURG. — RODOLPHE DAR2ENS. —— JEAN DELVILLE. -— YVAN DIETSCHINE. —- E. GIGLEUX. wCH. GROLLEAU. — MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. —— EDMOND PILON. —- J. DE TALI.E NAY. — ROBERT DE LA VILLEHERVE.
L’Iniliation du 15 Février 1899 L’IN ITIATIO N (““’ËIËËËÆ"’““) DIRECTION ADMINISTRATION Villa loulmoreney, 10, aven. des Peupliers ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÈRO PARIS—A UTEUIL DIRECTEUR : PAPUS G H A M U E L I)mecmun monn- .- Lucien MAUCHEL 5, Rue de Savoie Rédacteur en chef: F.-Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an. 10 Ir. J. LEJAY — PAUL. SÉDIR ÉTRANGER, — l2 ir.
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PARTIE INITIATIQUE {Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Redaett’on et a‘ la reproduction des classiques anciens.) Rl’l’llEls DE GÛNSËŒRATlÜM @”Œë É®Ul8â Il est de tradition, parmi les adeptes de la science secrète,que les formes cultuelles du christianisme lui furent données dès le commencement de notre ère. par le théosophe Alexandrin Ammonius Saccas.
Nous ne discuterons pas ici la réalité historique de cet ensei— gnement, quoiqu’il soit très vraisemblable puisque l’on trouve dans le catholicisme à peu près tous les rites, les vêtements sacerdotaux et les prières du brahmanisme, du bouddhisme, du maadéisme et de l’antique Égypte.
Aux yeux des occultistes, une telle identité ne prouve pas la perpétuité du culte solaire, mais bien la continuité d’un enseignement secret unique à tra vers toutes les révolutions sociales. Voici quelle est cette théorie: Une religion se réalise par un ensemble d’actes qui 4 M. Mwe... . .A .. ‘ 7 A: ...A,.....nv - .—__‘ _._._.u L)“q‘-Wgw‘
98 L’INITIATION [FÉVRIER ont pour but de relier l’homme à l’Invisible supérieur (génies, devas, ange, dieux et Dieu). Or, pour établir ces rapports, il faut un double courant : un désir qui parte de l’homme à ceux qui sont au-dessus de lui et un amour qui fasse descendre le supérieur vers l‘in— férieur.
Que faut-il pour faciliter ce double mouve— ment : que le pôle passif se fasse semblable au pôle actif, que ce dernier trouve une place convenable pour venir y résider.
De là toutes les purifications concernant le dévot d’abord et les instruments de la dévotion ensuite. _ Mais, dira-t-on, puisque l’acte religieux s’accomplit entre deux êtres, qu’est-il besoin d’instruments, de cérémonies, de temples pour le parfaire P La théorie magique répond à ceci que les êtres supérieurs à l’homme ne sont pas pour cela spirituels, c’est-à-dire dénués de matière : ils sont simplement formés de matière beaucoup plus subtile et pure que celleque nous connaissons; et comme aucune religion, quoiqùe les théologiens catholiques l’affirment pour la leur, n’atteint l’Absolu, mais simplement des êtres plus ou moins élevés du monde astral ou du monde divin, ces êtres ont besoin pour descendre jusqu’à nous de supports : choisir ces supports, c’est—à-dire élever le plan terrestre, êtres ou choses, à leur plus haute perfection, tel est le but des rituels.
Quand une religion vise le but suprême. Dieu, ainsi que fait le catholicisme, elle doit offrir dans sa constitution matérielle la ressemblance exacte de ce qu’elle invoque. Ainsi un temple, ou une église doit représenter symboliquement, une Theba, une arche, —. ., 2,. '-s....«-- 4.v./-l"" ,.-.,
1899] RITUEL DE CONSÉCRATION D’UNE ÉGLISE 99 le vaisseau du monde, le zodiaque. Ragon et Vaillant ont indiqué dans leurs ouvrages tout le symbolisme astronomique des cérémonies catholiques. —— Nous passerons également sur la symbolique architec tonique, dont on retrouve les règles dans les Agamas de l’Inde, pour nous borner à notre sujet.
Nous essaierons de fixer d’après les analogies du dogme magique, comment doit se faire la consé cration d’un édifice religieux, et nous étudierons ensuite en quoi l’Église s’est rapprochée ou s’est éloignée de cette donnée centrale. Le mot consacrer a pour racine sacr; et cette der— nière syllabe vient de l’hébreu Z C R, mot que Moïse emploie dans sa Genèse et que Fabre d’Olivet traduit par mâle.
Il est formé des deux racines contractées Z C et C R. La première exprime, selon Fabre d’Olivet, toute restriction, toute exception, ce qui est émondé, purgé, débarrassé, nettoyé. La seconde indique une chose apparente, éminente, un monument, un carac tère, un guide, un creux indicateur. Consacrer un objet, c’est donc le sortir de la collec tivité, le porter à son plus haut point de perfection, le rendre mâle,c’est—à-dire actif et rayonnant.
Partant de cette théorie, si nous imaginons un collège d’initiés qui se propose d'élever unfitemple au culte de la divinité, ils auront à s’occuper de la matière et de la forme de ce temple, choisir d’abord des matériaux purs, puis leur donner des formes symboliques analogues à l’usage 3\-. .. ., r m_.ü...wm._u g i ,, ,,,,
100 L’INITIATION I que l’on veut en faire.
On voit ici l’emploi de toute une série d’arts sacrés groupés autour de l’architec ture, avec la peinture, la sculpture, la musique, — usage précédé de celui de la minéralogie, de la bota— nique, de la chimie occultes dont les données servi ront à choisir le bois, la pierre, les métaux, les étofies, les vernis, les instruments, etc, etc. Rien de ceci n’existe plus sauf dans quelques pagodes indoues ou taoïstes.
Nous éliminerons donc de notre étude toutes ces explications qui deman— deraient d’ailleurs des volumes, et nous supposerons notre Église catholique parfaitement orientée, cons truite et décorée. Le problème consiste à purifier ce monument. Il y a une théorie kabbalistique sur laquelle les étudiants passent presque toujours sans y faire atten— tion à cause de son apparente clarté.
C’est celle qui s’énonce par l’aphorisme : tout est vivant dans la nature. J’ajouterai de suite qu’elle n’est vérifiable que par l’expérience directe, et que personne n’est obligé d’y croire sans y aller voir. Si nous l’appliquons à notre étude actuelle, nous apprendrons que notre édi fice tout entier est vivant, c’est-à-dire qu’il existe dans l’invisible comme un être organisé, comme une réu— nion d’individus groupés en autonomie hiérarchique.
Il y a un esprit général de l’édifice ayant sous ses ordres les esprits de toutes les parties de l’édifice: de l’autel, de la chaire, des fonts, des bénitiers, des candélabres, des statues, etc., etc. ; chaque membre de ce royaume d’esprits est préposé à la conservation de l’objet où il est incarné, or, tout temple' est c0n__
RITUEL DE CONSÉCRATION D'UNE ÉGLISE 101 sacré à Dieu d’abord, ensuite à un être humain réin tégré (saint, rishi, etc), ou à un être de l’astral supé rieur, à une puissance cosmogonique (tels Horus, Apollon, Lakhsmi, etc.); la consécration a donc pour effet de placer les esprits inférieurs de l'édifice et deses parties, semblables à des animaux domestique, sous les ordres d'un être vivant dans le plan divin, comme un troupeau obéit à son berger.
Ainsi toutes les cérémonies de la consécration au ront une double direction : 1° Laver les impuretés des astraux; 2° Orienter ces astraux vers le plan divin.
Nouslallons suivre par le détail les cérémonies or données à l’heure actuelle par la congrégation des Rites pour l’Église catholique, et nous indiquerons en texte ordinaire les différences que nous trouverons entre ces cérémonies et celles indiquées par les an tiques traditions de la Magie ; et en lettres italiques le résumé du rituel. . ou La consécration doit être faite par Ïun évêque, qui doit jeûner et faire jeûner son clergé le jour précé dent.
Voici pour mémoire quels sont les effets du jeûne sur l’organisme: Les Animaux sont, au point de vue de ce que l’on peut appeler la Mystique, beaucoup plus près de l’Enfer que les Végétaux; lors donc, qu’on les tue pour les manger ensuite, leurs âmes, les âmes innombrables des cellules de leur corps, dont on a violemment interrompu l’évolution, cherchent ven 1x
1 02 L’INITIATION _ _Ù_wflu W .._ .... . . geance contre ceux qui les tuent; et leur sang, ai manté par leur colère et leur douleur, devient une nourriture savoureuse pour les larves qui hantent les régions inférieures de la lumière astrale. Les mangeurs de viande laissent donc une porte ouverte aux inva sions des élémentals, et c’est pourquoi les entraîne— ments de la volonté exigent le végétarisme.
Les. anciens temples où l’on pratiquait les sacrifices d’ani maux étaient des abattoirs organisés en vue d'une hygiène supérieure. Les âmes des animaux sacrifiés étaient enchantées par les cérémonies magiques et elles ne demeuraient pas dans les ténèbres extérieures pour chercher à y assouvir leur vengeance.
Le jeûne dégage la partie instinctive du corps astral de la société des larves; par suite, il affaiblit l’empire de la bête, et laisse beaucoup plus de force nerveuse cérébrale à la disposition de l'Individu. Il y a deux sources de force nerveuse dans le corps: le système cérébro—spi— nal et le système du grand sympathique; l’un profite de ce que l’autre n’utilise pas.
Tout le symbolisme de cette cérémonie repose sur le quaternaire, selon les correspondances suivantes : Terre Talisman Ecrit Cendre Gestes Gnômes Marches Eau Coupe Eau Sel Onctions Ondins Air Parfums Encens Vin Chants Sylphes Feu Baguette Crosse Huile Cierges Salamandres* A chaque céré momie que nous décrirons, il suffira de se reporter au tableau précédent pour voir quel effet est produit et quels êtres sont visés. . Après avoir dit Matines et Landes, après avoir tout
RITUEL DE CONSÉCRATION D’UNE ÉGLISE 103 préparé à l’intérieur de l’église, l’évêque se place de vant la porte fermée, près de la table où sont posées les reliques destinées à être conservées dans l’église. Nous remarquerons tout d’abord que le nombre des assistants est indéterminé, en dépit de la tradition des anciens sacerdotes. L’usage de conserver des reliques sous la pierre de l’autel vient d’Égypte.
On sait que la momification faite, les fonctionnaires des temples conservaient les molécules du corps physique ; par conséquent, tous les esprits de ce corps étaient im mobilisés, et le double, constitué par leur collectivité, restait auprès du cadavre, fondant ainsi une des chaînes magiques les’ plus durables que la Terre ait jamais vu se former.
Les reliques des saints de notre Église, bien que par malheur, elles soient souvent fausses, sont la perpétuation de cette pratique. L‘évêque récite les sept psaumes de la Pénitence.
On connaît l’opposition des deux testaments, de la loi de rigueur et de la loi de grâce, du Jehovah tonnant et du Jésus plein de douceur; les déductions intellectuelles de cette opposition ont été admirable— ' ment développées par Jacob Bœhme, qui décrit ces deux modes de l’Être divin comme les agents respec tifs de la chute et de la réintégration.
Il y aurait ici beaucoup de choses à dire sur les différences de l’ini— tiation kabbalistique et de l’initiation évangélique, mais je laisse sur ce point la parole aux Maîtres. On récite les litanies desSaints. C’est la constitution de la chaîne magique, l’appel des influences invisibles de l'Eggrégore du catholiÿ usme. ,-àcfl,,_.....__‘: ..n-\ \.k.._ — » .-- - \. »...-\“...<w-V. a \an.,.w...y.fl...
104 L'INITIATION L’évêque fait l’aspersion sur lui—même et sur ses aides (c’est la mundification) puis sur les murs de l’église (c’est le premier cercle magique), enfin il frappe à la porte disant: « Ouvrez vos portes, 0 princes; portes éternelles, laissez un libre passage; voici le Roi de gloire. » On se rappellede suite que l’édifice devient la repré— sentation matérielle de la Jérusalem céleste, à chacune des portes de laquelle se tient un ange (1), ou prince des milices célestes.
Cette cérémonie est recommencée trois fois; on compte donc trois cercles magiques faits à l’extérieur du temple, après quoi l'évêque faitle signe de la croix sur la porte en disant : Voici l’étendard de la Croix ; que tous les fantômes de l’enfer s’enfuient; de même que l’âme n’entre dans la Jérusalem qu’en inscrivant en elle—même ce même signe de la Croix.
On prie ensuite le Seigneur pour que la paix vienne habiter cette maison ; et on appelle l’Esprit-Saint. Ensuite on consacre le sol en y traçant avec de la cendre les diagonales du carrélongque formele temple, et on appelle de nouveau la chaîne magique, en réci tant les litanies des Saints, en les priant par trois fois, et en leur demandant d’y placer des anges gar diens.
Puis on remonte au Verbe divin, et tandis que le chœur chante à Sa gloire le cantique de Zacharie (2), l'évêque trace sur les cendres qui sanctifient le sol, (1) Cf. L'Apocalypse et la Pistis Sophia. (2) Luc, I.
RITUEL DE CONSÉCRATION D'UNE ÉGLISE 105 les symboles intellectuels du Verbe, c’est-à-dire les alphabets grec et latin, rappelant ainsi en quelles lan gues sont fixés les enseignements du Christ et comme quoi elles sont destinées à devenir hiéroglyphiques et sacrées pour les générations futures de la race blanche.
La consécration du grand autel va commencer, et selon le rituel magique, l’opérateur va consacrer d‘abord les objets qui vont servir de supports à cet acte : le sel, l’eau, les cendres etle vin.
Nous ne don nons pas le détail de ces formules; nous ferons sim plement remarquer: I° Que ces consécrations de détail se divisent en deux parties pour chaque Objet: l'exorcisme et l’appel de l’influencedivine; 2° Que les formules employées sont presque littéra lement les mêmes que l’on trouve dans les anciennes Clavicules ; 3° Que chacune de ces matières, l’eau, le sel, les cendres et le vin, est considérée comme une créature individuelle et vivante, ainsi qu’il ressort de la for— mule :Exorciço te creatura. aqua, ou salis, etc. ; 4° Que chacune de ces matières est consacrée, tou— jours d’après les paraboles des prières, pour guérir les maladies du corps et servir de secours à l’âme.
Il y aurait donc d’une part 'Une vertu thérapeutique et de l‘autre uneyertu psychurgique; si l’on se rappelle que l’huile, le vin, le'sel, l’eau et la cendre compo saient toute la pharmacopée des Esséniens et des Apôtres, on ne peut que regretter l’oubli dans lequel notre clergé a laissé tomber cette thérapeutique, qui est cependant aussi simple qu’énergique.
106 L’INITIATION Viennent maintenant les cérémonies spéciales à la consécration de l’autel, cérémonies qui doivent être répétées autant de fois qu’il y a d’autels à bénir.
Tan dis que Ie clergé chante des paroles, rappelant le sym bolisme biblique de la pierre, le pontife fait d’abord avec le pouce droit trempé dans l’eau bénite, unecroix au milieu de la table, et une à chaque croix, puis il asperge la pierre entière en en faisant sept foisle tour; puis il recommence à asperger sans cesse pendant que l’on chante le psaume 50, miserere.
Ensuite le pon tife fait trois fois le tour de l’église, pendant que l’on chante le psaume 120, il asperge la partie inférieure des murs ; pendant que l’on chante le psaume 67, il asperge les murs à la hauteur du visage ; pendant que l’on chante le psaume 90, il asperge vers le haut.
Ensuite, il asperge le sol, selon une croix dont les branches touchent les murs latéraux et vont du grand autel à la porte; puis se plaçant à l’intersection des bras, il asperge vers les quatre points cardinaux, puis récite debout, le visage tourné vers l’occident, une longue prière qui demande à Dieu de faire descendre sa vertu dans le temple, afin que ceux quiy viennent la demander, recouvrentla santé del’âme et du corps.
Si les pontifes qui font de telles prières étaient saints, la plupart des églises ne seraient pas mondaines, vides et mortes, comme on ne le remarque que trop sou vent. On bénit ensuite du ciment qui est répandu dans le contour de la base de l’autel ; puis on va procession nellement chercher les reliques, et le pontife, après avoir consacré la porte avec l’huile, avertit le peuple,
, RITUEL DE CONSÉCRATION D‘UNE ÉGLISE 107 qui est resté à l‘extérieur, de la consécration ; le peuple rentre avec lui dans l’édifice tandis que l’on entoure les reliques de flambeaux allumés; le sépulcre est oint en croix avec le chrême, les reliques y sont renfermées, l’autel est encensé, d’abord en croix par le pontife, puis par un prêtre qui le fait en tournant et sans interruption.
Les onctions représentent la con— sécration par le feu ou purification ; de même que les aspersions ont été les consécrations par l'eau ou mun dification; que l’encensement est la consécration par l’air; que les cendres représententl’élément terre. Les onctions se font sur les cinq faces de l’autel et sont répétées trois fois accompagnées du chant de psaumes différents: nous n’avons malheureusement pas le temps d'en éclaircir le symbolisme.
Nous n’avons pas ditque, le jour précédant la céré monie, on avait tracé sur chaque mur de l’église, trois croix (commémoration des douze apôtres, des 'douze signes, des douze pierres) et au bas de chaque croix, on avait planté un clou supportant un cierge que l’on a allumé dès le commencement de la céré— monie.
Cette observance est triplement magique: comme signe magique, la croix est le plus puissant sur les êtres de l’astral (1), on connaît le pouvoir défenseur des pointes de fer, et enfin la lumière est redoutée des larves inférieures (2). Ainsi les murs de l’église sont triplement gardés de l’approche des ‘ (1) Cf. Papus, la Magie et l'Hypnose, in fine. (2) Témoin l’obscurité si souvent réclamée dans les séances spirites.
108 L’INITIATION esprits de l’ombre; et leur triple exorcisme par l’eau, l’huile et le parfum achève de les orienter dans l’In— visible. Voici maintenant une consécration spéciale de l’autel, par la lumière: on a purifié le récepteur du courant théurgique, il faut maintenant en établir la communication avec le plan divin d’où doivent des— cendre toutes les influences qui rendront les cérémo nies dont cet autel doit devenir le théâtre.
Le pontife dispose à chacune des places qu’il a déjà consacrées sur la table, cinq petites croix faites avec cinq grains d’encens, sur lesquelles on allume autant de petits cierges, et on invoque l’Esprit Saint. Enfin, après quatre dernières onctions cruciales sur les côtés de l’autel, le pontife fait une dernière prière où, pour la première fois, il commémore le sacerdoce de Melchis sédech.
La cérémonie se termine par la bénédiction des ornements de l’autel; et d’ordinaire l’officiant célèbre la première messe. ‘ Si nous jetons un coup d’œil d’ensemble sur ce rituel, nous verrons qu’il se partage en : préparation des assistants et consécration proprement dite. La préparation comprend le jeûne, l’acte d’humi lité, l’appel de la chaîne et la mundification.
La consécration comprend quatre phases : 1° Tracé du cercle magique à l’extérieur de l’édifice ; 2° Consécration de l’édifice ;
RITUEL DE CONSÉCR.&TION D‘UNE ÉGLISE 109 3° Consécration de l’autel et fixation de la chaîne magique par les reliques; 4° Consécration des instruments du culte. On a vu que ces trois consécrations se faisaient par une double opération ; exorcisme de l’objet matériel, appel de l'influence invisible. Cette influence vient toujours du plan divin, de l’une des personnes de la Trinité ou d'une créature réintégrée (saint). L’exor— cisme est fait selon les correspondances des quatre éléments ; le pontife le fait la tête comerte; il se découvre chaque fois qu’il s‘adresse au ciel. Le pentacle est la croix ; l’incantation est le nom de la Trinité; l’épée magique est remplacée parla lumière des cierges, qui est d’une action supérieure. Il y aurait beaucoup de détails à souligner ; le lec— teur qui s’intéresse à ces études les trouvera facile-‘ ment; nous n’avons voulu dans ces pages hâtives qu’attirer son attention. SEDIR.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE (Cette partie est ouverte aux écrivains de toute école, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabzlzté excluswe de ses idées ) Essai E”exégyèse kabbalistique 14 PREMIERS VERSETS DE L’ÉVANGIL‘E SELON SAINT—JEAN I . Toi qui fais parler la bouche des enfants, instruis ma langue et bénis mes lèvres. Donne—moi la pénétration, la mémoire, l’é« loquence, la subtilité. Eclaire mon entrée, dirige mes progrès, complète mon aboutissement. Par le Christ, notre Seigneur. Amen (1). I. —— La Parole était au commencement, la Parole était anec Dieu et cette Parole était Dieu (2). N Aleph. — Les Rabbins enseignent qu’aleph et (1) Saint Thomas d’Aquin, Magie et Religion, par le comte de Larmandie. (2) Version de J. F. Osterwald.
ESSAI D'EXÉGÈSE KABBALISTIQUE 1 11 iod sont identiques à certains égards (1). Le récipien daire, les préparations, Keter ou la Couronne, unité et synthèse, intelligence. La parole pleine et féconde est l’expression d’une sage activité engendrée par une force intelligente. En proférant une parole, nous l’engendrons, dit saint Justin, mais non par retranchement, en sorte que notre raison en soit diminuée.
Dans ce verset, elle est la seule manifestation pos sible de l’lneffable, de l’Abîme, du Père Inconnu: Dieu.
Ce sens, dit Albert Barnes des États-Unis, dans ses Notes explicatives sur les Évangiles, était en usage avant l’époque de saint Jean : « Il se trouvait dans la traduction chaldéenne de l'Ancien Testament, comme par exemple, dans Ésaïe, xt.v, 12: C'est moi qui ai fait la terre et qui ai créé l’homme sur elle; dans le chaldéen nous trouvons : C’est moi qui par ma Parole ai fait, etc. Ésaïe, man, 13. Ma main aussi a fondé la terre.
Les Juifs appliquaient cette expression au Mes sie, ordinairement désigné dans leurs écrits par Mimra, signifiant Parole ». « La philosophie du Verbe étant essentiellement la philosophie de l’action et des._faits accomplis », l'Évangéliste entreprend à nous faire connaître par elle, Dieu. La Parole était au commencement.
La plupart des commentateurs expliquent, cette (1) Abbé Maistre, introduction à la Grande Christologie et Grande Christologie, 1\‘0 partie.
1 12 L’INITIATION phrase, par être avant que le monde fût. Cette inter— prétation est trop littérale pour traduire fidèlement la pensée profonde de saint Jean. « Dans le principe était le Verbe. Dans quel prin cipe? dit Éliphas Lévy (I), dans le premier principe, dans le principe absolu qui est avant toute chose.
Dans ce principe était, donc, le Verbe, c’est-à-dire l’action. » Quoique cette interprétation soit admirable, puis qu’elle indique que le Verbe était en Dieu, elle inter vertit l’idée du ternaire divin qu’il nous semble voir en ce verset. Commencement est synonyme de sagesse.
In prin cipio id est in C/zochmah au commencement, c’est-à— dire, par la sagesse, disent les kabbalistes, et ce com mencement de saint Jean désigne. d’après nous, la troisième hypostase divine : Le Saint-Esprit, nommé. par saint Théophile d’Antioche, sagesse (2).
On nous fera observer que la Sagesse et le Verbe ont été pris, presque toujours, pour la même personne divine, par les Rabbins, auteurs des livres Talmu diques et Targumiques et par les Pères de l’Église, qu’en conséquence, notre iñterprétation n’a pas de preuves suffisantes.
Nous ne nions pas que commencement qui signifie sagesse est pris par les Rabbins pour désignerle Verbe de Dieu; mais en quel verset l’a-t-On commenté de la sorte, et à quel propos ? (I) Dogme et Rituel de la haute Magie. (z) Abbé Maistre, Grande Christologie,t. II, p. 177, éd. Victor Palmé, 1873. -Aä——_ .4__ .. l.]&.—xll‘ù
ESSAI D’EXÉGÈSE K.\HB.\LISTIQUE 1 13 Le Zohar, en interprétant la Genèse, où Dieu vient après le commencement, dit que Reschit est un des noms de la Divinité et qu’il désigne le Verbe, la sa gesse éternelle, que ce mot a pour préfixe la lettre Beth dont la valeur numérique est deux, dans l’ordre des noms divins, enfin, que Reschit est au sin gulier parce qu’il dénote une seule et même personne.
Nous remarquons qu’en ce passage, Reschit est un des noms de la Divinité, ce qui permet de le prendre pour l’une des trois middot. Le préfixe beth signifiant deux dans l’ordre des noms divins nous in_ diquera le sens à donner à Reschit. Or, dans le verset de saint Jean, commencement vient avec le Verbe. il désigne donc, le deuxième principe qui vient après le Verbe, c’est-à-dire, le Saint-Esprit. .
La sagesse ou commencement doit être, en consé quence, interprétée suivant le nom divin auprès du quel elle se trouve: pour le Verbe, si elle vient avec Dieu, ou pour le Saint-Esprit, si elle est avec leVerbe. Elle restera, ainsi, la première propriété de Dieu Père et Fils.
Nous aurons, de cette manière, en ce verset, le ter naire de Dieu qui profére la Parole qui est sa sagesse, de la Parole qui agit avec le Saint-Esprit qui est la sagesse de la Parole.
D’où il résulte que Dieu a pour propriété le Verbe qu’il profère dans la plénitude de son Esprit, le Verbe a pour propriété, l’Esprit de Dieu qui le fait agir avec sagesse, et l’Esprit de Dieu qui est la sagesse du Verbe procède de l’un et de l’autre et comme eux est consub stantiel.
1 14 L’INITIATION On pourra nous objecter, encore, que l’Évangile selon saint Jean ayant été écrit en grec, nous n’avons aucune raison d'interpréter le mot commencement par le bereschit hébreu. . Nous dirons que s’il a été écrit en grec, il fut pensé par un Juif(1) qui connaissait à fond la haute kab bale, comme son Évangile et son Apocalypse l’at testent.
Nous pouvons même traduire la lettre bel/z par Baith (maison) et Reschz’t par Principe, sans changer le sens de notre interprétation: Le Verbe était dans la Maison Principe, avec Dieu et il était Dieu. La Maison Principe n’est-ce pasla sagesse dont « la propriété a été voilée et cachée, aété scellée d’un sceau mystérieux suivant qu’il est dit: Elle a été voilée et cachée aux yeux perçants des oiseaux du ciel.
L’Écri ture dit : Dieu connaît ses voies, il sait sa demeure, c’est si elle disait : Nul, sinon Dieu, connaît les voies qu’elle fréquente. Partout où les sages ont fait l’énu— mération des propriétés de Dieu, ils ont placé la sa gesse comme la première, car elleest sortiede la source de vie et elle est le principe de tout nombre ».
Cette Maison-Principe peut donc être prise pour le Verbe, si c’est le Père qui en est le maître, et pour le Saint-Esprit, si c’est le Fils qui la dirige. La Parole était avec Dieu. La Parole est distincte de Dieu, mais elle n’en est pas séparée, car « elle est née par participation et non (1)-R. Isaac ben schola, cité par l'abbé Maistre. , _____._ _ ..-&.æ.....M
ess.u n’axÉci-zse KABBALISTIQUE 115 par retranchement», dit Tatien, disciple de saint Jus— tin. «Elle était avec Dieu,assistant comme conseiller au grand ouvrage de l’univers d’après saint Hermas. » Cette Parole était Dieu. Étant la propre essence de Dieu, elle est réellement Lui. Elle est son acte, sa manifestation, son nom : Mon Père glorifie ton nom. (Saint Jean, 3111,28.) Son nom, dit R.
Moïse Botrel, en commentant le Sepher Jezirah C. l Misna, est sa propre essence puisque son nom est mm, qui est sa propre essence. Il est un par la vertu de la combinaison du mystère de la supputation (I). Tellement l’idée de Parole et de Dieu était iden tique pour les anciens docteurs hébreux qu’ils tradui saient souvent « le seigneur » par « le Verbe ».
M. Drach, dans son Harmonie entre l’Église et la synagogue,en cite de nombreux versets tirés de la Genèse, de l’Exode, du Lévitique, des Nombres et du Deutéronome. Sans le Verbe, l’être en soi reste ignoré : Personne ne vit jamais Dieu. Le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui nous l’a fait connaître » (2).
La Parole avec sa raison d’être (commencement) et l’Être en soi (Dieu) sont un seul et même Dieu, car dire « que Dieu est impersonnel, c’est en ôter toute idée possible à l’intelligence. Le faire unipersonnel, ce serait en faire quelque chose de limité et d'incom— (I) Abbé Maistre, ouvrage cité. (2) Saint Jean, I, 18.
I 16 L’INITIATION plet. — Il est tripersonnel pour être un en plusieurs et tout en tous (I). Il en est de même dans le plan hominal :\ La pensée n’est pas le verbe et n’est pas la raison ; l’âme n’est pas l’esprit et le corps, cependant quoique distincts,ils forment notre individualité. Ils sont nous et font nos œuvres, comme Jésus était dans le sein du Père etle Père faisait les œuvres de Jésus.
Comme nous ne pouvons exprimer nos désirs sans le verbe ou un acte quelconque qui en tient lieu, « le verbe est donc le principe le plus positif qui soit au monde, puisqu’il se prouve sans cesse par des actes » (2).
Si l’acte procède du verbe, celui-ci provenant de notre moi, est évidemment nous, car notre moi pen sant, personne ne le voit, s’il ne s’externe par notre verbe, nul ne comprendra notre verbe, s'il n’est pas raisonnable, et il ne peut être raisonnable, si notre moi ne l’est pas.
Voilà la Trinité, une et distincte dans les cieux et sur la terre, la triple lumière d’en haut avec son triple reflet ici-bas, et c’est la Tri-unité divine que saint Jean affirme en ce verset.
Cette Trinité, c’est « la lumière primitive, la lumière illuminative et la lumière claire qui ne sont que la même chose, la même essence,unies de l’union la plus intime dans le principe des principes » (3). (I) Éliphas Lévy, Science des Esprits. (2) Éliphas Lévy, Dogme et Rituel. (3) Rabbi Hai Le Gaon, voir abbé Maistre, la Trinité.
ESSAI D‘EXÉGÈSE KABBALISTIQL’E 1 17 C’est la loi ou la raison qui produit l’un, celui-ci produit deux, les deux produisirqnt trois, les trois produisirent toutes choses. (Laotseu.) Ce sont les trois lignes perpendiculaires de l’al phabet égytien et qui représentent le Dieu des dieux. C’est la Monade, de Trismégiste, engendrant la Monade et réfléchissant sur elle—même l’amour.
C’est l’Oum des Indiens, qui se prononce en trois noms, mais qui ne forme qu’une lettre dans l’Écriture. Pour se manifester, Dieu, donc, se servit de son Verbe qui est son Essence Essentialisante, son Enté léchie; mais avant de le faire agir, il se concertera avec lui et la sagesse dans l’intimité absolue de son Moi.
On nous permettra d'envisager le nombre, en ce verset et dans les suivants : Omnia numeris sita saut, tout gît dans les nombres,disent les Kabbalistes. Il est vrai que l’Ancien et le Nouveau Testament étaient primitivement écrits sans divisions, en chapi tres et en versets.
La division actuelle du Nouveau Testament, imitation de celle de Rabbi Nathan, ins piré lui-même du travail du cardinal Hugo, au xme siècle, ne fut inventée par Robert Étienne qu'en :551. On ne doit y prêter, en conséquence, comme le dit Barnes, que peu d’attention. Cependant, ce peu d’attention suffira pour constater, lorsque cette division a été judicieusement faite, la profonde analogie du nombre avec la pensée abstruse de I’Évan géliste. Le nombre un représente l’unité dont parle saint
1 18 L’INITIATION Martin, laquelle multipliée par elle-même ne rend jamais qu'un,parce qu’elle ne peut sortir d’elle—même. « C’est le nombre génératif dans la Divinité, de la Kabbale. L’unité est le symbole de l’identité de l'éga lité, de l’existence, de la conservation et de l‘harmonie générale (1). » Ce nombre, étant l’affirmation de l’unité, s’accorde donc avec le sens de ce verset.
Si nous approfondissons, en lettres hébraïques, les trois propositions de ce verset, nous y trouverons l’anagramme du mot sacré de la Kabbale mm. Le Verbe était anec Dieu, c’est le Ize' n avec le v iod, le passif et l’actif. Le iod a pour valeur numérique 10 et le lié 5 = 15 : 6, emblème de la liberté et du travail divin, des rapports des deux principes.
Au commencement était le Verbe, c’est le vaô qui a pour valeur numérique 6 et le hé 5 : 11 : 2, l’im mobilité momentanée.
Les rapports des deux prin cipes divins donnent immédiatement pour facteur le vô, c’est-à-dire la combinaison, l’équilibre, et le hé qui revient auprès du vô, indique l’acte accompli= la réalisation, l’être complet, mm,dont la valeur numé— rique de chacun de ses facteurs étant : 10 + 5 —|— 6 + 5 = 26 : 8 : La balance universelle des choses com— posée de : Quatre lettres du nom qui contient tous les noms(z) .
Papus, dans Traité méthodique de science occulte et dans le Tarot des bohémiens, a magistralement (1) Ragon, Maçonnerie occulte. (2) Eliphas Lévy, Dogme et Rituel.
ESSAI D‘EXÉGÈSE KABBALISTIQUE 119 exposé le symbolisme et les transformations de ce nom. Par adaptation, nous dirons : Notre Verbe n est avec nous I,pour exprimer notre pensée, et il est avec notre raison 1 pour la sagesse de notre énonciation n. C’est le mm de notre moi. Lorsque l’on n nous 7 écoute attentivement, notre parole implique une corrélation d'idées 1 avec ceux qui nous écoutent et nous comprennent.
Quoique distincts de nous, ils deviennent nous par notre enseignement .1. Voilà le mm de la doctrine. « Afin que tous ne soient qu'un. comme toi, 0 mon Père, tu es en moi et que je suis en toi.» (Saint Jean xvn, 21.) Anima plena superiori conjungitur: ' . Quand une âme est complète, elle s’unit à une âme supérieure (1). .
II. — Elle était au commencement avec Dieu. a Bel/z. — Chochmah, la loi, la gnose, la kabbale, l’Église occulte, le binaire, la femme, la mère, la papesse, les colonnes du temple, l’équilibre magique. La Parole par la sagesse, ou dans la Maison-Prin cipe, était avec Dieu. Si la Parole était seule avec Dieu sans la sagesse, le nombre deux serait réellement funeste comme le désigne Saint-Martin. Il serait celui de l’antagonisme, (I) Éliphas Lévy, Science des Esprits.
120 L’INITIATION ..-...e A de la destruction ou de l’immobilité sans fin de deux forces égales. « Qu’est-ce que la sagesse P C'est la conciliation et l’union de deux principes... « L’unité ne peut se manifester que par le binaire, l‘unité elle-même et l’idée de l’unité font déjà deux. (1) » Par sa sagesse, Dieu s’est cpposé à lui—mêtne, comme l’actif au passif. afin de créer un principe de vie et il a donné cette loi mystérieuseà toutes les choses.
Dans le plan hominal, l'homme avant d‘agir con centre en lui son verbe qui lui est soumis par la réflexion. Il parle et raisonne de lui-même à lui—même: « Il pense sa parole avant de parler sa pensée », comme dit A. Bonald (2). Il dresse dans son for intérieur les plans que son verbe mettra en exécution; il pose les colonnes sur lesquelles il bâtira, plus tard, l‘édifice de sa pensée.
Sa parole s’exerce et s’instruit en sa compagnie, sou mise par la raison, son moteur équilibrant. Elle semble faire abnégation de sa puissance afin d’être fécondée par la pensée. Sans cette soumission rationnelle, il y aurait une dyade néfaste qui mènerait l’homme à la mort ou à la folie.
Quelqu’un veut-il être notre disciple, ne faut-il pas qu’il se soumette à notre enseignement, qu’il ait foi en nous ? s’il en est autrement, au lieu d’un disciple nous aurons, en lui, un adversaire. (1) Éliphas Lévy, Dogme et Rituel, etc. (2) Recherches philosophiques. /
ESSAI D'EXÉGÈSE li.\BBALISTIQUE 121 Tout verbe, c’est—à-dire tout esprit actif qui veut faire des œuvres de vie, doit passer son noviciat sous la direction d’une Force intelligente à laquelle il doit rester soumis. Ou bien, il doit concentrer longtemps en lui-même, son activité avant de rien entreprendre. Tel est l’enseignement moral et philosophique de ce verset.
Le verbe ne peut concevoir, tout seul, s’il n’est pas fécondé par son iod, son intelligence. En consé quence. quoique le verbe soit notre moi, il ne peut l’être efl’ectivement que par sa passivité, sa soumission à notre principe intellectuel.
Ce principe lui est, en quelque sorte, supérieur : « Mon Père est plus grand que moi. » (Saint Jean, xrv, 28.) ‘ Le maître reste, en effet, au—dessus de son disciple puisqu’il est l’enseignant, quoique son disciple lui soit égal en intelligence et devienne son égal en science.
« Je leur ai donné les paroles que tu m’as données. » (Saint Jean, xvn, 8.) La Parole dans le sein du Père rassemblait les pen sées que le Père fécondait, et cette mère céleste, dont parle R.
Siméon dans le Zohar, cette femme qui ne peut rien entreprendre sans le consentement de son époux, remplie de la quintessence divine, manifes— tera, alors, son action sur les mondes créés par elle, car elle deviendra, à son tour, par la création même leur iod *, tandis que les mondes seront le n et le 'I de sa plénitude. ‘\-o-\‘ 1“MZL‘À‘K'k‘‘ï
1 22 L’INITIATION 111. —Toutes les choses ont été faites par Elle et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans Elle. J Ghz’mel. -— Binah, le Verbe, le ternaire, la pléni tude, la nature. lagénération dansles trois mondes, le fondement, l’impératrice ou quintessence mystique du ternaire, le triangle de Salomon ou des Pantacles.
« Le ternaire représentait aux Pythagoriciens non seulement la surface, mais encore le principe de la formation des corps (1). » Toutes les choses ont été faites. « Le mot original, dit Barnes, est celui-ci, étaient par elle. Il est souvent employé dans le senside créer. » (Voy. saint Jacques, 111. 9 ; genèse 11. 4; Ésai‘e, XLVIII, 7, dans la version des Séptantes.) C’est, donc, d’une véritable création qu’il s’agit.
« Créer, c’est concevoir ce qui existe déjà figurati vement dans la volonté... Toutes choses s’éxtério risent selon leur type intérieur qui gît caché dans le centre universel. Or, ce centre est Dieu et la création ajailli de son désir (2).
Le mot choses implique, ici, à notre avis. l’idée de matière, de concret, et rien de ce qui a été fait, le monde spirituel, l’abstrait. ’ Le Verbe créateur, c’est-à-dire Dieu se manifestant par son Verbe, c’est la théorie biblique, talmudique , et targumique, c’est la doctrine des paraphrates jéro_ solymitains et chaldéens, des philosophes païens, de Platon, de Zénon, d’Orphée, etc. (1) Ragon, ouvrage cité. (2) Sédir, la Création. »y- »..- . ..,,,;Û,,..y 1....x «...,,r ,.H... . ..,..._M,l,;__Ï_ün‘ 4...,,,n a-.—s ..nu . “ ‘ ‘ “ —1a-—-.., ..
ESSAI D'EXÉGESE KABBALISTIQUE 123 En effet, « la vraie Parole, dit Éliphas Lévy, est la semence des actions, pour Dieu, parler, c’est créer ». D’ailleurs, l’homme pour externer sa pensée, la for mule en paroles; son verbe répand ses idées et féconde les intelligences. La parole divine et la parole humaine sont, donc, la multiplication de l’unité activé, la source des com binaisons numériques.
Les mondes, matériel et spirituel, étant la création du Verbe incréé, forment le visible 'r et l’invisible .7 ayant pour mode d’action le Verbe même 7. Mais, comme à l’unité divine il'a fallu un dédou blement de force pour se manifester, il leur faudra un second n pour leur‘parfaite réalisation : la vie. IV. — C’est en Elle qu’était la vie et la vie était la lumière des hommes.
1 Daleth. —- Laporte, l'initiation, le pouvoir, la pierre cubique ou sa base, l’empereur de l’athanor des phi losophes, le tétragramme ou la source des combi naisons numériques, principe de toutes choses. « La tétrade représenie aussi la vertu génératrice de laquelle dérivent toutes les combinaisons. Les initiés la considéraient comme l’emblème du mouvement et de l’infini représentant tout ce qui n’est ni corporel ni sensible.
C'est comme symbole du principe éternel et créateur que Pythagore communiquait à ses disciples, sous le nom du quaternaire, le nom ineffable de Dieu (I). » Créer ne suffisait pas; il fallait vivifier la création, (I) Ragon, ouvrage cité. W—MMÀÂPÏ...“ “"\\ » \\.«N"—*\__ P."’5‘:mWwvg-wx ,,
124 L‘INITIATION ‘ l’animer, suivant sa nature, d’une force essentielle ‘ qui soit vie pour le matériel et intelligence-vie pour 1 l’homme, tout en lui conservant l’unité de prin— cipe.
Ainsi, le Verbe de Dieu manifesta la vie et l’intel— ligence par une unité de force, quoique en des modes divers; car, « la loi qui régit les corps est analogue et proportionnelle à celle qui gouverne les esprits, 1 et, celle qui gouverne les esprits est la manifestation de la création (1) ». Comment le Verbe divin vivifia-t—il, d’un seul souffle, la matière et anima—t—il l’homme P Quel est le principe unique de cette sublime adaptation ?
En connaître le secret, c’est posséder le suprême savoir : C’est devenir Dieu I Toute la création est basée sur laloi du quaternaire, sur cette lumière-vie qui, suivant Hermès, monte et descend, ayant le soleil, 7 pour Père, la lune, n, pour Mère, tandis que le Vent, 1, la portait en son ventre et équilibrait sa force, la condensait pour descendre et l’épurait pour monter, .1.
Le christianisme primitif, tout rempli des tradi _ tions anciennes et de celles de la synagogue, anommé Ç Jésus,lumière-vie; il lui donna Dieu,7, pour Père, une ' ’ Vierge pour Mère, n, qui le conçut du Saint-Esprit, 1 . Le Verbe lumière-vie se fit, alors, chair, pour des cendre et purifia sa chair par l’exercice de toutes les vertus pour montrer, m. Il fut un Dieu fait homme et un homme—Dieu, car, (I) Éliphas Lévy, ouvrage cité. “’«M-‘71Æ. ‘ 5;};QYfiWWWM,—mflww «A.._.-g...
ESSAI D’EXÉGÈSE KABBALISTIQUE 125 il y a, dit. R. Juda, deux hé: l’un céleste etl’autreter restre et c’est toujours la même personne !
L’humanité qui chercha à comprendre le quater naire sans se faire une idée précise de l’influence du terniairc divin, d‘où la lumière-vie fut projetée sur le créé, se perdit ep conjectures, de sorte que la direc tion de cette force, l’intelligence de la doctrine pri mordiale qui en émanait, s’obscurcirent de plus en plus, et ne furent jalousement conservées que par quelques adeptes, véritables manifestations du Verbe incréé, à travers les âges de l’humanité.
Il en résulte que: V. — La lumière luit dans les ténèbres et les té nèbres ne l’ont pas comprise. -‘l Hé. — Indication, démonstration, enseignement, loi symbolique, philosophie, religion, le pape. Le nombre cinq est le principe de vie, l’esprit do minantles éléments. Aussi, le pentagramme est-il le nombre de Jésus dont le nom a cinq lettres et c‘est celui du Logos (Verbe).
Il est, encore, le nombre « qui exprime énergique ment l’e’tat d‘imperfection d’ordre et de désordre, de bonheur et d’infortune, de vie et de mort qui se voit sur la terre (1) ». Nous remarqu’ons, en ce verset, la première phase d’un nouveau tétragramme: Celui de la doctrine et de son médium. La doctrine est pour nous le 7 (iod) dont saint Jean Baptiste sera le hé 11 (verset 6).
Nous signalons l’es (1) Ragon, ouvrage cité. g,Wv__.«\ t... .. -.\... ..._ 15..N...«,\ - .\,> .t,_ \. \. , «A ',\,-æ1.”._‘w., ;-\,M,,_«. :....\\. v... v...
126 L’INITIATION prit de recherche de saint Jean-Baptiste parle 116 't (ver set 7) ayant pour conclusion, dans le huitième ver— set, l’affirmation finale du précurseur du Verbe, l’ac complissement, n, de sa mission. Revenant à l’interprétation du cinquième verset, nous trouvons l’antagonisme de la vérité et de l’erreur dont nous avions indiqué la source dans l’identifica— tion de la force vitale, intellectuelle.
Chaque système philosophique ou religieux en voulant se servir, à ses fins, des lois sacrées du tétragramme, s’éloigna, de plus en plus, de la vérité, puisqu’il oubliait que la ré sultante de la composition de la lumière-vie ne doit être appliquée qu’à l’unité pour produire une œuvre rationnelle.
Aussi, comme nousl’avons déjà dit, la doctrine pri— mitive n’avait—elle que quelques adeptes qui la Véné— raient sous un symbolisme dont ils gardaient jalou— sement la clef. .
D’ailleurs, il n’était pas si facile de la comprendre, car, il fallait être un verbe juste, un des esprits de Gé— burah, brûlant de zèle pour la vérité, afin de conduire les chercheurs consciencieux au sanctuaire où elle réside, comme l’étoile mystérieuse 4;}. conduisit les Mages au berceau de Jésus.
Il fallait une si grande clairvoyance dans la direc— tion à suivre pour ne pas errerà l’aventure et devenir l’étoile de perdition <ï}, que saint Jean vit tomber du ciel, pour ne pas ressembler aux Galab, ou esprits incendiaires et séditieux d’Asmodée.
Le nombre cinq offrait, sous ce dernier point de vue, « aux sociétés mystérieuses, l’image effrayante du “‘47‘6.M C"'Hnÿbfilf‘ï‘ïf" ,uqIn' ..AWMWMWMN}WJM&NËJ -....x., ‘ _v a-»4a.n. Mg» ,c,,_,' M‘a" _ , .‘
ESSAI n'exéoèse KABBALISTIQL’E 127 mauvais principe jetant le trouble dans l’ordre infé— rieur, et en un mot le binaire agissant dans le ter— naire (I) ». Mais, les lois du ternaire et du quaternaire, bien comprises, concilient l’idéal divin avec l’idéal humain etelles le sont parles rois de l’harmonie, les malachims ou les saint Jean-Baptiste. VI. -— Il yeut un homme appelé Jean qui fut en voyé deDieu. 'I— Vô.
Enchaînement, union, lutte, antagonisme, combinaison, équilibre magique, l’homme entre le vice et la vertu. Le nombre 6 est l’image des rapports du ciel et de la terre, de la liberté divine et du travail humain. Le senaire est le symbole d’après saint Augustin et Agrippa, de la perfection. « Il est le premier des nombres qui se compose de ses parties, c’est-à—dire du sixième, du tiers et de la moitié de lui-même.
En effet, le sixième de six est un, le tiers est deux et la moitié est trois. Or 1 + 2 + 3 font 6 (2). » C’est au sixième jour que Dieu créa l’homme à son image et ressemblance, afin que la triple perfection d’en haut eût son triple reflet en bas. Il y eut un homme... Homme est un synonyme de verbe humain, le Ti phereth terrestre. Cet homme s’appelait Jean...
Rag0n, dans son livre : la Messe]el ses 2Wyslères, dit (I) Ragon, ouvrage cité. (2‘, Saint Augustin. Cité de Dieu. ‘ _\ v-\.w‘-‘—-u-«.“_..-kq,-.M I ..;\_ \ .
128 L‘INITIATION [FÉVRIER que Jean ressemble au Oannès babylonien que la fable fait sortir de la mer Rouge apportant l’œuf ger minateur de la civilisation. La mission de saint Jean-Baptiste se résume, en effet,à préparer les voies dela vérité dont il est le pré curseur. Mais, Jean signifie, beaucoup mieux pour nous, comme le sens de ce nom l’indique : plein de grâces.
Il avait en lui,ainsi que le démontre le peu que l’on connaît de sa vie, toutes les grâces énumérées par les théologiens et les Pères de l’Église. Cette plénitude de grâces n’est accordée par Dieu qu’à ses élus, aussi l’évangeliste, poursuivant son idée, dit que saint Jean Baptiste est envoyé de Dieu. Être envoyé de Dieu signifie travailler pour la vérité, avoir pour but la morale et la réintégration de l'humanité dans la vertu.
Afin de mieux approfondir le sens de ce verset et faire ressortir l’idée du senaire qu’il renferme, qu’on nous permette d’interpréter? symboliquement le passage où saint Mathieu et saint Marc représentent cet homme extraordinaire, comme l’appelle Renan, prêchant dans le désert, Vêtu d’un habit de poils de chameau, ayant une ceinture de cuir autour des reins et se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage.
En faisant du symbolisme pur et mystique, nous n’entendons pas déconsidérer le sens littéral de ce passage, nous nous en servirons, comme les Pères de l’Église et les premiers chrétiens élevés dans la syna_ gogue, pour en tirer un parti moral plus élevé. « En ce temps-là, Jean-Baptiste vint prêchant dans WwWLWwmæuæw-wm.%:i -* huA —- .
1899] ESSAI D’EXÉGÈSE KABBALISTIQUE 129 le désert de Judée», c’est—à-dire qu’il vint exhorter le judaïsme aride de son époque à s’amender. Le motgrec, traduit par désert, dit Barnes, ne signi fie pas un lieu complètement dépourvu d’habitants. Il s’y trouvait même desvillages. (ISam., xxw, 1, 2.) Au temps de Josué, il y avait six villes dans ce quel'on appelait, alors, un désert. (Josué, xv, 61, 62).
« Or, ce Jean avait un habit de poils de chameau», c’est-à-dire, il était prophète et il était exercé à la patience et propre à la charge qu’il s'était imposée. Ce vêtement et une ceinture de cuir formaient l’ha billement ordinaire des prophètes. » ([1 Rois, 1, 8. Zach), X111, 4(1). * Le chameau est bien l’emblème de la patience et de la sobriété.
Les chameaux étaientemployés par les anciens non seulement à porter le bagage, mais à servir aux com bats. Tite Live fait la description des archers arabes montés sur des chameaux et armés d’épées de six pieds. On s’en sert principalement dans les déserts et les climats chauds, où les autres bêtes de somme ne vi vraient que difficilement.
Aussi, Dieu se servit-il de saintlean—Baptiste, le sa chant capable de résister à la défection morale de son peuple et de rappeler au devoir les âmes égarées. « Et une ceinture de cuir autour de ses reins », c’est-à-dire il pouvait remplir sa mission avec promp titude, justice et fidélité. (1) Barnes, ouvrage cité.
130 L‘INITIATION « Et la jutice sera la ceinture de ses reins et la fidé lité la ceinture de ses flancs. » (Ésai‘e. X1, 5). «Toi donc, ceins tes reins et te lève et dis-leur toutes les choses que je t’ai commandées. » (Jérémie, 1, 17).
L’expression dese ceindre les reins, dit Barnes, mar quait la promptitude au service, l‘activité, le travail, la vigilance, comme délier la ceinture des reins signi— fiait s’abandonner au repos et à l’indolence. (Il Rois, W, 29. Job, xxxvm, 3. Ésai‘e, v. 27. Luc, X“, 35. Jean, XXI, 7). La ceinture, chez les anciens, formait la partie constituante de la cuirasse.
Au moyen âge, être dépouillé de sa ceinture était un signe de dégradation et d’incapacité. « Et sa nourriture était des sauterelles et du miel sauvage,ce qui signifie : Il savait équilibrer, au profit de son âme, les forces destructrices et les forces créa— trices, en d'autres termes, il savait retremper son sens moral dans l’harmonie des contrastes.
AV=% Les sauterelles, un des fléaux dont se servent les saintes Écritures pour châtier les hommes, sont un parfait emblème des forces fatales. Le sage sait en tirer parti, en les combinant avec les forces intelligentes (miel). Le miel fut de toute antiquité apprécié comme un remède souverain et universel prolongeant la vie et entretenant l’esprit dans toute sa vigueur.
ESSAI D’EXEGESE KABBALISTIQUE 1 31 Saint Jean-Baptiste ne se sert que du miel sauvage, c’est-à—dire qu’il ne prend que ce qui est parfaitement assimilable dans les forces intelligentes. Ainsi, au milieu del’antagonisme de la fatalité et de la liberté, il sait équilibrer les forces de l'une et de l’autre pour en faire ressortir les immuables lois de la sagesse du Père.
Il fait la leçon aux chercheurs de la vérité dont il est le type idéalisé, en leur indiquant qu'ils n’ont pour mission que de rendre témoignage de ce qu'ils ont constaté par lalumière de la raison. VII. -— Il vint pour être témoin et pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. 1’ Zai‘n. -—- Triomphe, royauté, sacerdoce, l’épée flamboyante, l’équilibre des forces appelées secondes par les anciens et Élohims par Moïse.
Le septenaire composé du ternaire et quarternaire réunis forme un nombre décisif en toutes choses. C’est en bien l’esprit de la création, des Élohims E] qui remonte vers Dieu A, après avoir constaté les forces du créé harmonieusement équilibrées en leur contraste même. C’est en mal l’esprit de folie, des Harab-sérapel, E] serviteurs de Baal, qui se fait une fausse idée de la divinité V.
Cependant les sages qui appliquaient le senaire à l’homme physique considéraient le septenaire comme le symbole de son esprit immortel et nous considérons de même celui-ci, en ce verset, comme l’emblème de perfectionnement dans la recherche dece qui est vrai,
132 L’INITIATION pour l’instruction, la direction de ceux qui doivent croire sur parole. Il est l’image de l’esprit scientifique qui ne s’occupe nullement à fonder un système, mais qui étudie cons ciencieusement les lois du cosmos afin de les exposer aux intelligences qui, se fiant à ses recherches, sau ront en profiter pour leur avancement.
Comme le savant ne s’intitule pas la science, saint Jean-Baptiste ne se dit pas la lumière; ils affirment, toutefois, tous les deux, ce qui est vrai, cequi estjuste, pour qu’on puisse croire, par eux, à la science et à la raison. Indiquer, à ses frères, le chemin de la vérité et la façon d’y parvenir, voilà l‘apogée du sacerdoce des Jean Baptiste et le signe de leur netsah ou de leur zèle pour la justice et le progrès.
VIII. —— Il n’étaitpaslui—même la lumière, mais il était envoyé pour rendre témoignage à la lumière. n Heth. -— Attrait, répulsion, vie, frayeur, pro messes, menaces, louanges, confession, Chased (misé— ricorde), Hod (louange). L’ocentaire, en Kabbale,représente la balance uni verselle des choses dans l’analogie des contraires. Il a été appelé par les pythagoriciens le nombre de jus t1ce.
« Il désignait la loi naturelle et primitive qui suppose tous les hommes égaux (1). » C’est, en magie, le pantacle de la réalisation : l’effet qui remonte à la cause. (1) Ragon, ouvrage cité. -W...M,....._, _. _
ESSAI D‘EXÉGÈSE K.\BBALISTIQUE 133 [Il Saint Jean-Baptiste vint, d’abord, pour étudier la vérité et en rendre témoignage (versets 6 et 7); I’évangéliste nous le montre, ici. distinguant son témoignage de la vérité. Il n’est pas la lumière, comme l’effet n’est pas la cause, le savant la science, le sage la sagesse et le légis lateur la loi. Pœnitentia non est verbum, disent les Kabbalistes, mais elle est le chemin qui y conduit.
Pour lui, il baptise d’eau, c’est-à-dire qu’il pousse les hommes à se purifier de leur corruption, et, tout rempli du sens profond de l’octaire, il montre l’attrait de la vertu, la répulsion du vice et la vie à venir. il menace, il effraie, il promet, il loue et il confesse ce qu’il est (Saint Mathieu, 111, 8, 9, 10, 11, 12). son sens intime, son 110d, le mène à toutes ces affir— mations qui auront pour conclusion le nonaire.
Il aété le révélateur d’une pensée qui allait se réa liser, le chercheur de la « vérité native » dont parle Jacobi. . Il est, en conséquence, la manifestation des cons ciences de son époque. Son respir produisit, autour delui, un rayonnement tel qu’il attira les habitants de Jérusalem, ceux de la Judée et des environs du Jourdain; le ternaire des principaux Judaïques de son temps. Jérusalem, Judée, Jourdain commencent par trois y.
3 y, cul: 27 = 9. Le nombre 9 est l’exaltation de la religion. Mais, il ne se ,déparut point, malgré sa célébrité,de son humble réserve.
\ -:*'I‘r ' l 1234 L’INITIATION IX. —— C’était la véritable lumière qui éclaire tout homme en venant au monde. 1:: Teth. — Le bien, l’horreur du mal, la moralité, la sagesse, la prudence. Le nombre 9 est la base de toute raison et il exprime , en ce verset, le sens parfait du verbe humain, sa sagesse et sa prudence. Hermès a fait du monaire le nombre de la véritable initiation.
C’est, aussi, le Jesod de la kabbale qui signifie : fondement, entendement, alliance, rédemption, repos. L’application de saint Jean—Baptiste à la recherche de la vérité eut pour résultat l’énonciation de la doc trine primitive, de la raison universelle qui est innée dans l’homme et qui le dirige dans quelque soit le système philosophique ou religieux auquel il appar tient.
Saint Jean-Baptiste aurait pu passer pour cette rai son universelle, s’il n’avait compris sa mission mora lisatrice. ESTIBUS-NITIBUS. (A suivre). *’ ' "— '-'"—-—l<. '.-1.2
ÉTUDES ESG’I’ÈRIQUES LE MAL ET L‘ÉVOLUTION Dans un livre publié récemment en Angleterre sous ce titre, l’auteur anonyme, mais de grande valeur, qui aétudié cette question, nous donne ses théories fort intéressantes et que je résumerai brièvement au cours de cet article. * « Les nouveaux points de vue concernant le Mal, « dit cet auteur, le considèrent comme faisantpartie « de la raison d’être et du système général des choses « humaines (P), en un mot, ce serait une partie tem « poraire mais indispensable au progrès de la vie (FP?) « tandis que selon le vieux système, le Créateur « n’aurait rien à voir avec le Mal.
D’un autre côté, « Dieu d'après certaines révélations de la science mo « derne, sesertdu Mal et lerend utile en le faisantservir au progrès général : de plus, la vie individuelle n’a aucune valeur, et partout où il le faut, elle est sa— crifiée au prototype primitif. — Les vieux récits de la création considéraient le mal comme en dehors de la Divinité, c’est le Péché et la Révolte contre Dieu qui ont fait tout le mal. » Dans son traité de la Réintégration des Êtres, Mar k kÀâ’A‘fx‘ WW——h«\-._fi. Iww'v
l 36 L’INITIATION tinés de Pasqually dit que: « Du Créateur est sorti « tout être spirituel, bon, saint et parfait ; aucun Mal « n’est et ne peut être émané de lui. Si l’on demande « d’où est émané le Mal P Je dirai que le Mal est en « fanté par l’esprit et non créé; la création appartient « au créateur et non à la créature. L’enfantement du « Mal fut occasionné par la mauvaise volonté de « l’esprit...
L’origine du Mal n’est venue d’aucune « autre cause que de la mauvaise pensée suivie de la « volonté mauvaise de l’esprit contre les lois divines ; « et non pas que l'esprit même émané du Créateur « soit directement le Mal, parce que la possibilité du « Mal n’a jamais existé chez le Créateur: Il ne naît « uniquement que de la seule disposition et volonté « de ses créatures...
Le Créateur, étant un être im « muable dans ses décrets etses dons s}oirituels, ne « pouvait, sans manquer à son z'mmutabilite’, arrêter « la force et l’action des lois d’ordre que l’esprit « mauvais et l’esprit mineur ou l'homme, avait eues. «Il laissa agir librement les deux être émanés, « n’étant pas en lui d’empêcher l‘action des causes « secondes t‘emgorelles, sans déroger à sa propre « existence età sa puissance divine.
C’estde la volonté « seule de l’esprit que le Mal a pu sortir, l’esprit « étant revêtu d’une entière liberté. » Telles sont les importantes opinions d’un célèbre occultiste, comme Pasqually, qui vivait au XVIIIe siècle, voyons maintenant celles des modernes et des cm temporains. « Concernant l’origine et le gouvernement de l’Unz « vers, une seule croyance, dit J. Smart Mill, dans
1’:rum;s ÉSOTÉRIQUES 137 ses Trois Essais sur la Religion, paraît claire. C‘est celle qui, mettant de côté l’idée d’un Créateur omnipotent, considèrela Nature etla Vie non comme l’expression d‘un dessein de Dieu, mais comme le résultat d'une lutte entre la bonté primordiale et la matière bruteetrésistante,ainsiquele croyait Plaion: ou celle d’un principe du Mal comme les Mani— clze’ens l'avaient érigé en doctrine.
Ce qui ferait supposerque la masse du Mal existante ne provient pas d’un dessein de Dieu, mais s‘est produite mal— gré le Créateur. (Ÿ) » C’est le principe du Mal primitifque les Églises chrétiennes ont en partie adopté, et que la science combat par le systèmeévolutionniste. Presque tousles penseurs un peu avancés du monde religieux tendent à réléguer cette personnification du Mal (selon la doc trine des Manichéens) dans la catégorie des Mythes.
En effet, le système de Zoroastre d’un principe du Bien, Ormuzd, et d’un autre du Mal, Ahriman... nous semble aujourd’hui comme un système ayant fait son temps, et singulièrement arriéré. Un des spiritualistes américains les plus élevés com— me des pensées ou enseignements, le Révérend Minot J.
Sauage, a publié dernièrement un livre intitulé la Religion de l’Évolutz’on, où il met en relief la philoso phie nouvelle du Mal: il consacre un chapitre de son livre à prouver que : « La théorie du Diable (1) peut kâââkkî‘tkkkâ (1) Ne pas confondre Diable avec Démon, car tout le monde connaît le Démon de Socrate qui lui était un Bon Diable donnant à Socrate d'excellents conseils, au lieu de l’entraî ner au Mal.
1 38 L’INITIATION T « être abandonnée commegl’alchimie, la théorie plolé— « mai‘que de l’Univers, et, autres vieilleries, passées « de mode ».
Le Révérend Serrage croit fermement à l’évolution, et, adoptant la philosophie de Spencer, il cherche à démontrer que toutes nos croyances reli gieuses se sont développées lentement comme la Terre et tout ce qui y vit; il se reporte à ce que l’homme primitif devait être, et n’en fait pas un tableau des plus flatteurs.
Le Révérend suppose que la foudre et les éclairs dont l’homme primitif ne pouvait se rendre compte et qui le faisaient trembler, ont été le germe de l’idée du Diable, et que la souffrance et la mort Sont le fait et l’œuvre d’un être mauvais faisant partie de sa mythologie. « Le Diable, ajoute le Révérend, au lieu d’expliquer, ne fait que compliquer le problème du Mal.
Ce n’est pas l’avis de l’auteur du livre Evz‘l and Évolution, car lui pense que Satan, au con traire, est très utile pour simplifier et rendre plus clair le problème. Pour ma part, je crois avec la logique élémentaire que s’il existe un esprit du Mal, il existait aussi bien à l’époque de l’homme primitif que maintenant. « Le Mal, dit Minot Savage, est simplement passager.
« En un mot, le Mal n’est autre chose qu’une erreur « de création. » Ce que nous appellerions aujOUr_ d’hui, un raté defabrication. « Le diable et le péché, « la peine et la maladie, les pleurs et la mort, tout se « résume en une seule définition... mauvais arrange « ment (de la création primitive). » Faut-il alors, selon certaines personnes, attribuer cette erreur à un
ÉTUDES É_SOTÉRIQUES 1 39 second pouvoir existant dans l'Univers, et on peut, disent—elles, le prouver scientifiquement(lll) Les évo lutionistes disent que l’idée de Dieu s’est formée en même temps que celle du Diable. et a suivi la même progression.
Dans le livre de M. Savage, il y a un chapitre sur le Dieu de I‘Evolution, c’est peut-être aller un peu loin et tomber dans le panthéisme de certains philosophes hindous, qui enseignent que Dieu ne se connaît que par ses créatures ; ce serait aussi une paraphrase de la théorie d’Èdouard de Hart man (1), qui voit de l'inconscient part0ut même dans la Divinité, ce qui me semble le comble de l’inconscience.
Le Bouddha a émis, à mon sens, une des plus belles définitions de Dieu, mais il l’a gâtée par un excès de scepticisme. Qu’est—ce que Dieu? lui demandait un de ses disciples.....
Lui seul le sait! (2) Malheureu sement le Bouddha a ajouté: et peut-être même ne le saitïil pas P Cela me semble inadmissible, car si l’être inconnaissable et suprême que nous appelons Dieu ne se con naissait paslui-mêmc. l'Univers alors ne serait qu’un vaste chaos. que des forces aveugles auraient modelé au hazard... Et où les erreurs de création seraient continuelles.
Pour en revenir à l’ouvrage de M. Savage, il dit que: «depuis lefe’tic/zisme jusqu’à la plus haute con « ceptz‘on chrétienne de la Divinité, Tout tend à « nous prouver que l’idée de Dieu a toujours été « accompagnée de celle du Diable, comme une sorte (1) Auteur de La Philosophie de l’lnconscient. (2) Un spiritualiste auquel je citais cette belle parole ajouta avec beaucoup de raison,sans cela, il ne seraitpas Dieu.
140 L’INITIATION ——.«—-..-‘ « de réflexion de l’idée première évoluée lentement ». En un mot, le Mal serait l’envers du Bien et l’ombre de la Divinité... et Dieu par l’évolution amène— rait la santé, la tranquillité et le bonheur, trois Biens dont l’humanité a toujours été privée.
Par contre, ce que l’homme a toujours attribué au Diable, la mala die, la douleur, les catastrophes et la Mort, ne seraient que le résultat des erreurs ou plutôt des imperfections de la création.
« Malheureusement, par l’abandon de « l’idée de Satan, on arrive à douter de la bonté de « Dieu ou au moins àne plus comprendre ces anoma « lies, ces malheurs, ces peines semblant injustifiées « puisqu’ellesfrappentdes innocents(t), ces cyclones, « ces cataclysmes terrestres et maritimes, etc., etc. » Lareligion catholique nous dit que: « Les desseins de « Dieu sont incompréhensibles, » et en effet, pour en comprendre toute la portée, il faudrait être au moins archange.
« Si Dieu, disent certains philosophes, est tout « puissant, omniprésent, etc., etc., comment conci— -« lier cette théorie de sa bonté suprême avec tous les « maux qui sont infligés aux hommes, et le plus sou « vent à ceux qui ne le méritent pas. » Peut—être, doit-on supposer que si ces maux sont envoyés aux êtres les meilleurs en apparence, c’est qu’on ne sait pas toujours les tempêtes morales qui 1. (I) Un exemple frappant dans ce genre est l’incendie du Bazar de la Charité, où tant de nobles et charitables créa tures ont trouvé la plus épouvantable des morts; ce qui a tant troublé les âmes les plus croyantes. La raison ne peut en être devinée. -
ÉTUDES ÉsorÉmgues 141 peuvent gronder chez tant de gens, comme épreuves ou comme expiations de fautes commises dans une vie antérieure. Cela justifierait ce que me disait un occultisteanglais.qu’il fallaitjuger leplan divin dans son ensemble et non dans ses détails. Mais pour juger ainsi, il faudrait avoir le ressouvenir de notre vie antérieure ou de nos vies antérieures; car si nous avons habité plusieurs planètes successivement...
Nous avons dû après chaque existence (dans un corps condi— tionné selon les dispositions de la planète), avancer ou commettre des fautes. qu’il a fallu venir expier sur la Terre... Peut-être avant de venir sur cette Vallée de Douleurs (souvent un Enfer) qu’est la Terre, avons nous passé par ce terrible purgatoire qu’est le cône d’ombre de la lune (1).
En tous cas. il est évident pour moi, que le séjour sur la Terre n’est qu‘une sorte d‘entraînement contre le Mal, et une épreuve nous préparant à occuper un plan plus élevéd’exz’stence, ou une planète d’un degré plus haut (comme intellectua lité) que celle que nous occupons... certainement pas pour notre plaisir.
D’autres philosophes nousdisent que le Mal permis ou infligé par la volonté de Dieu, est un moyen d‘exercer et de dérelopper notre libre arbitre. Voici àce sujet les beaux vers de Milton, faisant parler Dieu : (1) Comme le savent les savants, et encore mieux les occul tistes, un seul côté de la [une est éclairé, l‘autre côté reste perpétuellement dans l‘ombre, et peut être comparé à ce que les anciens appelaient le noir séjour des ombres.
142 L’INITIATION . III -—..—...— Je les ai créés libres, et libres ils doivent rester, Jusqu’au moment où ils s’enchaînent eux—mêmes : Alors je dois modifier leur nature et révoquer le [suprême décret, Inchangeable, éternel, qui décida leur liberté 1...
Cet argument de Milton semble avoir tant de poids que les théologiens l’ont employé bien longtemps, et il aurait pu servir encore pendant des siècles, si des philosophes modernes n’avaient pas soutenu que le Mal ou les Maux inhérents à la nature humaine n’étaient que la résultante de ses fautes.
En effet, nous voyons et constatons que ceux qui abusent de n’importe quel plaisir et même du travail, sont affligés de maux dontles plus prudents sont préservés, du moins en général, car à ce propos, voici la boutade qu’on prêtait à un malheureux jeune homme accablé de terribles douleurs goutteuses dès l’âge de vingt ans : « Parce que mon grand père a fait la noce « sous le premier Empire, c’est moi qui dois payer « cela. » Hélas l oui ; il arrive souvent que les fils ou petits fils payent pour leur grands parents, comme Louis XVI a payé en bloc (pas celui des révolution— naires) toutes les fautes et les turpitudes de Louis XV, ‘dit le Bien-Aimé, qui mourut d’ailleurs comme un pestiféré abandonné de tous les courtisans que sa petite véroleeffrayait. —-—Même la comtesse (l) Du Barrv n’eut pas le courage de venir voir la figure boué— souflée de son royal amant.
« La théologie et la religion nous disent que la terre « est unlieu d’épreuves etde développement. La science « a entièrement confirmé ce dernier fait, non seule
ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 143 ment par rapport à l’homme, mais par rapport aussi à toute phase ou forme de vie. Des théologiens nous affirment que c’estpar la lutteque Dieu a décidé que se ferait la création de l'âme humaine.
La science nous montre et démontre que, non seulement les âmes humaines, mais tout animal, et même tout végétal a été évolué de cette façon. » — « La science la plus avancée, disent certains théologiens, loin d’être en conflit avec les principaux enseigne— ments de la religion, les confirme entièrement.
En effet, le Mal n’est pas l’œuvre de Dieu; c’est l‘œuvre des hommes; et c’est par l’évolution physique et intel lectuelle que Dieu raménera L’homme à l’ordre pri— mitif. Quand le plan divin aura été complètement achevé, le Mal disparaîtra avec la cause qui l’avait produit.
Plus j’ai étudié les arcanes occultes, et plus j’ai constaté, comme M. Albert Jounet, que tout ce que la religion catholique nous enseigne est vrai, mais j’ai constaté aussi, comme me le disait un grand catholique (dont nous verrons bientôt l‘œuvre monu mentale d’0ccultisme chrétien), que l'Église avait perdu les clefs de tous ses mystères...
L'enseignement oral, qui, dans les premiers siècles, était donné au prêtre, a été négligé peu à peu, et même souvent mis de côté par les ecclésiastiques désireux qu’on n’en sache pas plus long qu’eux. Tout ce qui reste de cet enseignement se trouve dans les diaconales Où on apprend aux néophytes quelques éléments de magie, bien vite oubliés souvent, et la plupart mal compris par ces jeunes âmes nullement ââkka’tkkâkk
144 L’INITIATION préparées, comme étaient les premiers chrétiens à ces notions occultes. Malgré cela, I’Eglise a su conserver (sans s’en douter peut-être actuellement) tous les moyensd’action physiques employés par les prêtres des temples anciens. Voyez et comparez ce qui nous reste dans ce genre (1).
Le silence des temples, la lumière ta misée venantde hautpardessoupiraux comme dans les cathédrales gothiques ou le jour n’arrive que par des petites fenêtresdans le haut de l’église. Tout prête au recueillement, et de plus, pour agir sur les âmes quels puissants moyens que les chants, l’encens et les par fums employés si souvent autrefois par les occultistes, les mages de la Chaldée et les prêtres d’0rient.
A côté de cela, rien n’est plus froid, plus banal, moins poétique et disposant moins à l'élévation de la pensée religieuse que les temples protestants; on dirait des salles de réunions publiques; et les représentants de ce culte nous font l’effet d'orateurs politiques chez lesquels la Bible remplace les tirades surla liberté et la révolution sociale.
Certes, l’Église catholique a commis bien des fautes, mais, telle qu’elle existe, maintenant, elle est à cent pieds au-dessus de ceux qui ont prétendu la réformer. Non pas que je con sidère l’œuvre de Luther comme inutile: Il a rendu des services, mais ses enseignements ont tellement amplifié et modifié tout, qu'ils en sont devenus gênants ou inutiles.
W de chose, car, dans les premiers siècles, le zèle destructeur des premiers prêtres chrétiens s’est exercé sur tous les temples ou sanctuaires dits païens, comme en Amé rique les moines détruisirent tous les manuscrits qui leur rem bèrent sous la main.
ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 145 Pour en reveniraux théories de M. Savage, l’œuvre de la nature aurait été meomple‘le, et le Mal en serait le résultat; mais l’évolution nous ramènerait peu a peu au Bien, et le Mal serait éliminé.
Cependant, dit l’auteur du livre Evil and Évolution, cette théorie nous laisse en face de ce fait troublant, que, pendant des millions d’années (d’après la science), l’être su prême aurait marché vers le Bien à travers des mon ceaux de cruautés, d’égoïsme et, de maux de toutes sortes. .
La science ne s’occupe pas de ce point de vue, car son affaire, dit-elle, est de présenter les faits tels qu’ils sont; et c’est à la théologie à concilier ces faits avec ses théories, et c‘est. ajoutel’auteur anglais, ce que la théologie n’a pu arriver à établir. « Le Mal, dit M. Savage, disparaîtra dès que l‘hu « manité sera assei parfaite pour obéir complètement « auxlois physiques, mentales et morales de Dieu.
« Tout fait supposer que les imperfections dans « l’œuvre du créateur sont l’œuvre de Satan (consi— « déré comme principe du Mal) et ne peuvent être « attribuéesâ Dieu.
Il n’estque trop évident qu’autour « de nous et en nous, il y a un conflit entre le Bien et _« le Mal; que le Bien est le principe le plus puissant; « celaest constaté mêmeparles savants qui reconnais « sent que le mouvement évolutionniste de la nature « va toujours en s’élevant, et quele Bien finit toujours « par l’emporter sur le Mal et l’élimine méthodique « ment.
Cependant le pouvoir du Mal est terrible, et « la lutte sera longue et pénible. » Au sujet deSatan,il ya seulement trois hypothèses
146 L’INITIATION qui méritent examen. Deux sont très problématiques, mais la troisième est celle-ci : « Peut—on supposer qu’un Créateur ayant préparé tout un ordre de choses parfait dans sa bonté, son ordre, son harmonie, ait délibérément créé un pou voir du Mal capable de troubler et de contrecarrer la perfection de son ordre des choses. Avoir fait cela rendrait le Créateur responsable de tout le Ma] qui existe sur la terre.
D'autres pensent qu’en créant le Diable (ou Satan) Dieu a voulu par le << Mal obtenir la plus grande somme de Bien pos « sible. . . » Mais cette théorie est peu satisfaisante . . . car l’existence de Satan ne nous aide pas à sortir du dilemme. ‘ Les théologiens affirment que Satan est un Ange déchu, et que c’est la révolte contre les lois de Dieu qui a amené la_ chute et le Mal ensuite.
D’un autre côté, les Écritures nous disent : Satan, ton nom est légion! Ce qui ferait supposer que ce n‘est pas un, mais de nombreux Anges qui se sont révoltés contre l’ordre des choses primitif établi par Dieu. On pour rait donc conclure de ce fait (s’il était nettement prouvé) que c’estle troubleuniversel produit par cette kkâz’ëkkk révolte qui a tout gâté dans le plan primitif de la créa—v tion (1).
Cette conception absurde d’un être créé pour le plai_ sir de faire le Mal doit être écartée à priori comme ridicule et inadmissible. Maintenant, examinons (1) Dans un article spécial. je raconterai ce que dità ce sujet la doctrine secrète de l’lnde. * A ..1 -.uiVs.z'vi. _ -
ÉTUDES Esonämguus 147 les deux hypothèses les plus généralement émises. 1° Satan serait un être existant parlui-même, indé pendarit,.. incréé, comme Dieu lui-même... C’est la vieille idée que chérissaient les Manichéens, et d’où serait sorti toutle Mal.
Aveccette théorie, nous retom bons aussi dans les conceptions zoroastriennes nous indiquant deux grands principes primordiaux : Or— mu{d, le Dieu du Bien, et Arhiman le Dieu du Mal ; ce que pour ma part je n’ai jamais admis, car cette hypothèse établit le chaos et la lutte pour la vie di— vine comme étant la loi du monde, c’est-à-dire le gâ chis àl‘état latent et primordial. C’est illogique et inadmissible.
Ce qui est plus admissible, c’est qu’au dessus d’A rhiman et d’0rmuçd, les deux émanations supérieures, il y aurait le Dieu suprême et inconnaz‘s sable, chargé de contrôleret de dominer les deux êtres principaux émanés de lui. A ce sujet, les paroles du prophète Isaïe sont caractéristiques : « Je suis le Sei gneur, et il n’y en a pas d’autres. J’ai créé la lumière et les ténèbres,... IeBien elle Mal.
Moi, le Seigneur, j’ai fait toutes les choses. » Mais ces belles paroles du prophète ont rendu per— plexes des millions d’hommes dans le passé, et si on le croyait à la lettre, il nous rendrait aussi per plexes actuellement... car Dieu se trouverait ainsi avoir crée le Mal.. . ce qui peut s’expliquer par ces paroles des théologiens : « Les desseins de Dieu sont insondables », mais cela ne satisfaitguèrela raison — En effet, l’existence d’un être primordial incarnant le Mal limite évidemment le pouvoir de Dieu, mais d’un autre côté, lui enlève aussi toute responsabilité
148 L’INITIATION .4.......on morale dans les maux de la vie, et de la création. Cette théorie est fausse, car on ne peut supposer que Dieu ait créé Satan pour détruire ou détériorer son œuvre.
La conclusion la plus logique selon 4 moi, est qu’une Tri—Unité (Et non Une Trinité) a présidé à la création du monde, représenté par un triangle dont le Dieu suprême A serait le sommet, et Ormugd et Arhiman ou les dieux inférieurs B et C (émanés de lui)formeraient la base. A B ‘ c On peut encore supposer que Satan a été créé pour le Bien comme tout le reste, mais qu’ayant son libre arbitre, il s’est réyolte’, comme disent les théolo giens.
Alors surgit une grosse objection, c’est que Dieu a‘ dû prévoir cette révolte, et dans ce cas, s’il a prévu la chute de l’ange rebelle, il a créé le Mal et en est responsable. Mais Dieu est-il aussi omnz‘potent et aussi omniscient qu’on le croit... Il y a des impossi bilités physiques et mathématiques, et Dieu, par exemple, ne peut pas empêcher qu‘une chose ait été, qu’un événement ait eu lieu.
Dieu ne peut pas produire ce résultat inattendu, que deux et deux fassent cinq, ou que deux lignes parallèles puissent se rencontrer, ou que le plus court chemin d’un point à un autre ne soit pas la ligne droite. Dans la circonférence d’un cercle, il n’y a qu’un point qui puisse être son centre, l’être le plus
ÉTUDES ÉSOTÉRIQL’IÆS 149 omnipotent ne peut pas placer son centre ailleurs, car du moment qu'on le change, ce n‘est plus le centre. Ne peut-on supposer que ces impossibilités géométriques et mathématiques ne soient pas la clef des impossibilités psychiques et morales. N ’est-il pas probable que le libre arbitre ne serait plus te], si on pouvait en prévoir les effets.
Dieu a pu préjuger que le libre arbitre pourrait produire le MaL mais il n’a pu prévoir quand ce résultat arriverait. On doit donc conclure qu’il y a des lois primordiales sur I‘Esprit, la pensée etc. aussi inexorables que celles de la matière, et que ces lois sont la garantie du libre arbitre des esprits émanant de Dieu‘ du plus grand au plus petit.
Si on objecte que la chute de ces esprits supérieurs entraînant celle des' inférieurs est une lacune dans ces lois primordiales, on peut ajouter que toute loi est limitée par une autre. et que. le mystère des mystères réside dans le libre arbitre des êtres émanés de Dieu, par conséquent possédant une parcelle de sa toute—puissance.
C’est ici où ce pouvoir fatal que les anciens appe laient le destin (Ananké) vient faire son apparition, et nous montrer qu’avec les nombres, il y a maints pouroirs occultes,qu'on n’a pas encore suffisamment étudiés (I). ’ (|) Que ceux qui n'ont pas lu l‘ouvrage de l‘abbé Lacuria (publié en 1840), les Harmonies de 1‘Ëtre,le lisent à la Biblio— thèque, ou qu'ils profitent de la réimpression qui se publie actuellement ; ils trouveront dans ce livre une étude des plus profondes sur les nombres, étudiés aussipar Claude de Saint Martin. et de nos jours par Wynn Westcott, Frater and Magus of the Rosicrucian Society oi England.
150 L'INITIATION De même que Dieu ne peut pas que telles choses ne soient pas, de même il est possible que Dieu ne puisse pas tout prévoir. Son omniscience doit avoir des limites comme son omnipotence, et j’en donnerai les causes occultes et primordiales dans un prochain article intitulé : Cosmogonz’e ésotérique. Si Dieu est infini, comment dira-ton, peut-il être en même temps fini, c’est-à-dire limité...
J’essayerai plus tard d'expliquer cette apparente contradiction dont les causes plongent dans les plus étonnantes pro fondeurs de l’Univers. Tout est encore mystère pour bien des gens, mais peut-être pourrai—je soulever un coin du voile, grâce aux enseignements ésotériques que j’ai eu le bonheur d’avoir. Il faut étendre au loin sa vision, si on veut avoir une espérance de découvrir la Vérité.
En confinant ses recherches à cette seule sphère dont nous faisons partie, on n’arrivera pas à la solution de l’énigme de l’Univers.
Les Brahmes nous disent que leurs croyants les mieux entraînés ne peuvent rien dis— cerner au delà de notre système solaire, mais les esprits supérieurs qui veulent bien dans certaines cir constances (assez rares)descendre vers nous pauvres humains, peuvent, des sphères plus élevées qu’ils occupent, nous donner quelques précieux renseigne ments.
Il y a en Europe des Initiés connaissant le moyen de communiquer avec les esprits solaires. (Les Elohim de la Bible). Ces derniers à leur tour pouvant communiquer avec des esprits encore plus élevés et occupant des plans supérieurs, on peut ainsi de degrés en degrés obtenir quelques éclair
CLOUS csosngu1:s 151 cissements sur l’Univers et les lois primordiales qui le gouvernent. Il est impossible de savoir comment la chüte origi— nelle a réellement eu lieu, car les esprits supérieurs sont généralement muets sur ce sujet, qui cache sans doute des mystères pour lesquels nous ne sommes pas encore asse; préparés. Il est probable que le lan gage serait insuffisant, et que nous ne comprendrions pas.
Tant qu'on n’aura pas pu expliquer le mystère du libre arbitre sous l’égide de lois immuables, on ne pourra pas expliquer l’énigme du Mal. Pour en revenir aux hypothèses concernant la chute originelle, on peut supposer qu’elle a eu lieu à ce moment critique de l'évolution de la vie (1) où l'antagonisme de l’amour et de l’égoïsme s’est produit.
Cela nous expliquerait pourquoi les premiers hommes (1) «1 S‘il y a quelque chose de vrai dans la théorie moderne de l’Évolution (dit l’auteur que j’ai défit cité), la création des Archanges est peut—être une idée aussi erronée que celle de la vieille croyance orthodoxe de la création d'Adam. La vie dans tous ses cercles, s'élevanten spirales, va toujours en crescendo.
L’entité la plus haute est un développement de la plus basse, et en supposant que des êtres angéliques exis tent, il n’y a pas plus de raison de supposer qu'ils ont été créés ou appelés à l'existence par un acte de volonté de Dieu, qu'on ne peut croire qu’Adam ait apparu subite ment comme être parfait à l’appel de son Créateur.
L’homme le plus intelligent a été évolué lentement des formes les plus basses de la vie. et si dans l’au delà il existe quel ques Étres plus élevés que l‘homme, tout fait présumer qu’ils ne sont que le résultat d'un développement identique.
Penser qu’un archange puisse être le résumé d‘une stupé « fiante échelle de I’Evolution, commençant à une simple cel « lule de protoplasme, est quelque chose de déconcertant, mais « la grandeur sublime de cette évolution ne peut'manquer de « frapper les esprits non prévenus. » Évidemment, kâkâââàAâkààkkâ MA ",‘ "" ç
152 L’INITIATION (et non le premier homme) ont, dit la Bible. et créés dans un état de félicité et de bonté complètes, et que c’est par leur faute, ou plutôt par l’héritage de leur évolution animale, que les passions contraires sont entrées en lutte. Le Mal produit a dû être bien grand, et la perturbation morale très profonde, pour qu’il se soit répercuté jusqu’à nous, à travers les innombrables siècles qu’a duré la terre.
L’évolution réparatrice continue, mais combien longue, et que de siècles iaudra—t-il encore pour que le Bien domine entièrement le Mal et le fasse disparaître. C’est le secret de l’aaenir, et aussi celui de Dieu. A. ERNY. ceci est curieux comme hypothèse, mais me semble très con testable, et quelque peu gênant pour l'orthodoxie.
Il est cer— tain que les découvertes de l’embryologie ont prouvé que le fœtus humain, dans le sein de la mère, passe par toutes sortes de transformations partant du tetard pour arriver à l’animal, et ce n’est qu’après, que ce fœtus prend la forme humaine.
Voilà pour l’évolution humaine, mais se continue—t-elle d’une façon aussi étendue que le croit l’auteur anglais, That is the question. comme a dit Shakespeare; cette théorie anglaise est légèrement teintée de matérialisme, car la théorie contraire serait que Dieua pu parfaitement émaner des Étres supérieurs pour l’aider à organiser puis à gouverner l'Univers sorti du chaos, c‘est-à-dire de la non-organisation .C5 - .... J‘-— '.M i »fiwsrM
NOTES D’ARCHÉOLOGIE GNOSTIQUE @L@ÜS GN@STI@ŒES (SECONDE mans) A mon amiL. ESQUIEL‘. Dans le numéro de novembre 1895 de l’Inz‘tiation, nous avons déjà publié quelques notes archéologiques au sujet de trois Clous gnostiques.
Nous nous inspirions alors d'un travail déjàancien, une brochure de M. Giulio Minervini, intitulée: Nouelle dilucidagionz‘ sopra un'antz‘co chiodo magic0, et nous ne placions sous les yeux du lecteur que la description des clous, accompagnée de quelques remarques dudit auteur.
Nous pensions que quelqu’un de nos frères en Occultisme, plus érudit ou plus avancé que nous au point de vue du Gnosticisme, prendrait soin d’expliquer les symboles et les inscriptions de ces monuments.
Mais, voyant que cette explication se faisait attendre, nous avons résolu de reprendre la plume afin de ne pas laisser inachevé un travail qui peut être utile à quelques-uns, ou du moins qui peut inspirer à d’autres occultistes le désir de se livrer à de semblables études.
1 54 L’INITIATION Cependant nous devons prévenir ceux qui nous liront que nous nous sommes adressé à plusieurs bonnes volontés et que nous avons volontiers profité des conseils de MM. Giovanni Hoflmann, Fulgenzio .
Bruni et Louis Esquieu, nos amis bien chers. tu Avant d’entreprendre l’examen desdits clous, il nous faut essayer de déraciner une grande erreur qui s’est glissée parmi nos contemporains et empêche d’envisager les choses sous leur vrai point de vue.
Si ‘. nous demandons à un chrétien catholique :« Que sont les gnostiques ? », on nous répondra invariable . ment : « Ce sont des hérétiques ! » Nous voilà dès le début déroutés, rejetés loin des sources de la Gnose et mis en de telles conditions que nous ne savons plus '.,a A quels points de repère prendre pour fouiller l’Anti quité et y retrouver la trace des croyants qui nous occupent.
Cependant vous vous trompez, braves gens, et vous trompez les autres en répondantainsi. Les hérétiquès, les fauteurs de fausses idées religieuses, ce ne sont pas les gnostiques, mais bien vous et nous, catholiques. Oui, c’est nous, chrétiens dégénérés, car nous ne sommes plus en possession de la tradition ésotérique comme les premiers croyants.
Les gnostiques ne sont pas pour nous des étrangers et des ennemis, ce sont nos précurseurs et nos frères. Que cette déclaration déplaise ou non, nous devions la faire au nom de la VÉRITÉ. ......—. 41
CLOUS GNOSTIQL‘ES 155 Et, d'ailleurs, examinons si elle n’est pas parfaite ment juste. Jésus de Nazareth, le Vénéré Maître Essénien, n‘eut que trois disciples véritablement initiés (nous ne di rons pas initiateurs, car un seul d’entre eux atteignit l’adoptat,} saint Jean-Baptiste, saint Pierre ou Simon Pierre, et saint Paul.
Le premier fut le chef de l’Église d’0rient, de l‘Église Johannite, les deux derniers furent les chefs de l’Église d’0ccident, de l’Église Si monienne. En outre, l’Église Johannite eut la pré séance sur la Simonienne, parce que saint Jean, qui baptisa le Maître,fut le premier disciple du Vénéré Nazaréen.
Mais l’Église romaine l’emporta sur celle d‘Asie et le Pape obtintla suprématie surle Patriarche de Constantinople : d’où des schismes et des hérésies. Mais, brisons la, car il ne s’agit pas ici de polémique religieuse, nous ne voulons faire que de l’Histoire! L’auteur des Paraboles et celui de l'Apocalypse furent les seuls chrétiens qui connurent la tradition ésotérique ; saint Paul la soupçonna sans la connaî tre (1).
Les disciples de saint Jean, les plus avancés en la connaissance de la doctrine secrète, furent donc les seuls qui fussent en possession des bribes de la science antique. Et, savez-vous comment on les appe— lait ? Éliphas Lévy va nous le dire: « Le nom de Gnostiques ne fut pas toujours dans « l’Église un nom proscrit.
Ceux des Pères dont la « doctrine se rattachait aux traditions de saint Jean « employèrent souvent cette dénomination pour dési— (1) É. Levy, le livre des Splendeurs, p. 2
.
156 L’INITIATION « gner le chrétien parfait; on la trouve dans saint « Irénée, et dans saint Clément d’Alexandrie (r). » Que déduire de cela, sinon : t° Que les Gnostiques,c’est—à-dire les parfaits Johan— nites ne furent que les frères des chrétiens catholiques romains (2) ; 2° Que la science de saint Jean-Baptiste se trans— mit, par l’intermédiaire des Patriarches de Constan— tinople, jusqu’aux Templiers. aux R + C, et aux Francs-maçons (3). (Nous entendons les Francs maçons primitifs et nous prévenons une fois pour toutes que lorsque nous parlerons de la Franc-maçon— nerie, il ne s’agira nullement de la chose informe qui, de nos jours, porte ce nom.) La preuve acquise que les Gnostiques ne sont que (1) É.
Lévy, Histoire de la Magie, p. 216. (2) Simon le Mage, Apollonius de Tyane, Valentin, Marcos, Menandre, Montan, les Ophites ou Naasséniens, les Ariens, les Pauliciens, les Euchites, les Manichéens, les Cathares, les Albigeois, les Vaudois et beaucoup d‘autres, furent des Gnostiques dissidents. (Eliphas Lévyles appellefaux gnostiques) des chrétiens dévoyés, qu‘il faut néanmoins respecter au nom de la liberté de la pensée, comme on respecte et doit respecter les Sociniens, les Evangéliques ou Luthériens, les Calvinistes ou Réformés (jadis huguenots et puritains), les Anglicans ou Episcopaux, les Mormons, les Arminiens, les Mennonites, les .Quakers, les Swedenborgiens, etc., etc. La lutte de saint Pierre et de saint Paul contre Simon le Mage, les persécutions contre les Gnostiques, les Cathares, les Patarins, et les massacres de Vaudois et d’Albigeois ne furent donc que la guerre contre le schisme, et non contre l'orthodoxie.
Au contraire, la con duite de l’Église catholique à l'égard des Johannites, la des truction des Templiers et les persécutions contre les Francs— maçons ne constituent que la guerre des dissidents contre les orthodoxes. (3) Éliphas Lévy, Histoire de la Magie, pp. 274 et 276 _
CLOUS GNOSTIQUES 157 des chrétiens, et qu’ils sont les chrétiens de l’école orientale, nous voilà sur la voie de la Vérité et dans le vrai chemin pour retrouver leur histoire et leurs traditions. Nous poserons cette proposition axiomatique.
Les chrétiens d’Occident qui se sont, sans façon, assimilé les arts et les coutumes des autres croyants, ont classé parmi les chefs-d’oeuvre de l’art chrétien des monuments artistiques du paganisme et du gnosti cisme. - Là gît toute la question.
L'archéologie chrétienne comprend sans le savoir, ou —« ce quiest bien pire — en niant le savoir, l’ar chéologie gnostique ( I). (I) L‘une et l'autre ont la même source; les Philosophumena et les Vies des premiers saints et des premiers martyrs.
On trouvera des renseignements sur l‘histoire, la doctrine. la philosophie et l’archéologie des gnostiques dans les ou vrages dont les titres suivent. (Nous ne donnons aux curieux qu'une liste sommaire.)Les Paraboles,du V. M. Jésus-Christ.— Les Apocryphes éthiopiens, fasc.Vll, par René Basset. (Bibi. de la haute science), Paris, 1896. Il contient les prières ma— giques de J.-C. — L’Apocalypxe, du V.
M. saint Jean. — Gli evangelici Valdesi, sunto storico, par Paolo Geymonat. Fizenze, 1861, pourl’histoire des premiers Vaudois, qui étaient des Cathares. — Dell’ Ariccia cristiana (t. II de l’histoire de l'Ariccia), par Mgr. Emmanuel Lucidi, I796.
Pourl'histoire de Simon le Mage. — Histoire des Manichéens, de Beausobre, Amsterdam, 1734—39, 2 vol. in-4°. — Histoire critique du Gnosticisme, par Matter, Paris, 1836, 3 v. in—8. — L‘Ophiri latrie, ou le culte du Serpent, par de Penhouët, Nantes, 1833, in 8. — Suite de la monographie du coflretde M. le duc de Bla cas, ou preuves du manichéisme dans l'ordre du Temple, par Mignard, Paris, 1853. — HlG’CIÇ Eoqm, ouvrage gnostique de Valentin, traduit du Copte en français par E.
Amelineau. Paris, 1896, in—8. — Le T sincipital, curieuse mutilation crâ nienne néolithique, par M. L. Manouvrier. Bull. de la Soc.
158 L’INITIATION Étudions la première, nous connaîtrons la se coude. Mais arrivés là, nous nous heurtons aux savants officiels. C’est que la science matérialiste est alliée à la religion autoritaire. Il est peu facile, pour ne pas dire impossible, de d‘Anihropologie de Paris, séance du I6 mai 1895. — Sto ria dei Valdesi. par Èmiiio Comba, Firenze, 1893. — Le Nou fleau Traité gnostique de Turin, par E.
Amelineau, édition de l'Initiaiion. — Spicilegium S. S. Patrum, par Grabe. — Prauitatis Simonis Magi sen disquisitio historica de eius haeresi, par Michel Siricio; Giessen. 1664, in—4. — De haere— siarchis devi opostolz‘ci, même auteur, Leipsiœ, 1690. -— His» toire ecclésiastique (t. 11.). par Tillemont. — Dictionnaire des Hérésies, par l’abbé Pluquet, 2 v. in-I2. —- Storia critico degli eresiorchi de] primo secodo, per il P.
Gaetano Maria Travaso, Venise, I757. — Les Liures contre les Hérésies ou plutôt : Révolution et éyersion de la fausse connaissance, par saint lrénée. —- Apologétique et contre les Valentinz‘ens, par Tertullien. — ŒIAOËIO‘I’OÏ'MENA, par Origène ou Tertul lien. —,—Les Exhortations et le Livre des Stromes, par saint Clément d’Alexandrie. — Les Œuvres de Hégésippe, saint Épie phane, saint Jérome, saint Cyrille l'Hiérosolymite, saint Phi lostrie, Arnobius, Philippe Terrari, Pierre Ribadunira, Mura— tori, Pfister et Moïse Boreefa. — Les Manichéens d’Orle’ans, par Raoul Glaber. -— Les Albigeois, par Schmitt. —— Histoire des Albigeois, par Nap, Peyrat, 3 v. in-8. — Nouelle dilucido— zioni sopra un’antico chiodo magico, par Giulio Minervini.
Nopoli, 1846. — Encyclopédie protestante, par_ Lichtenber— ger. — Recherches d'antiquités, par Spon. — Études sur la Gnose, par Kircher. — Dactylographie, par Gorlée. —— L’An_ tiquité expliquée, par Montfaucon. —- Antiquités égyptiennes, par de Caylus. — Speculum lopidum, par Camillo Leonardo. — Medicœ artis principes, par Alex. de Tralles. — Thesaurus gemmarum ostriferarum, par Passeri. —- De diebus criticis, parArgoli. —Historia animalium, par Oelinus. —- Porfirio e Giamblico; Vita degliultimi Platonisii; Presse gli gnostici dei due primi secoli; articles de M. Mead, dans le Lucifer de Londres, janvier 1897. —« De l’Initiaiion chez les gnostiques, par .LMatter (dans l'Isis moderne, 1897). Storia universale (vol. Religioni) par Césor Cantis. MW”, _’-IP(-M4I‘Tn’L—u.’n’m _ Il
CLOUS ÇNOSTIQL'ES 159 trouver un archéologue chrétien qui voie d’un bon œil les gnostiques. Pour les archéologues de ce genre, ces« hérétiques » n’ontjamais existé, ou, s’ils ont existé, ils n’ont pas laissé de monuments, la sainte Église y ayant mis bon ordre.
Tout ce qui reste est chrétien, bien chrétien. —- Mais, peut-on dire à l’un de ces messieurs, et les peintures gnostiques des catacombes ‘? —- Elles ne sont pas gnostiques, vous répondra-t il imperturbablement, elles sont païennes. —- Mais commentexpliquerleur présence au milieu de tombeaux chrétiens ? -— C’est que les chrétiens ont occupé des locaux déjà employés comme lieux de repos par les païens. — Mais enfin, veuillez remarquer que les emblèmes, les symboles tracés dans ces peintures sont gnos tiques. -— Pas du tout, ils sont païens.
Païens, païens, vous ne les sortirez pas de là.‘ Quant aux archéologues qui ne se réclament pas d’une idéereligieuse, ils ont des arguments d’une force égale. Laissons donc ces savants à leur entêtement et demandons desrenseignements'_à d’autresqu’aux mou— tons de Panurge. « Les images étaient alors (pendant les premiers « siècles du christianisme), moins nombreuses et sur « tout moins explicites.
On s’abstenait de reproduire « la figure même du Sauveur; les peintures des cala « combes sont pour la plupart des emblèmes kabba « listz’ques (Kabbalistiques ! horresco referens) : c’est
160 L’1NITIAÎI‘ION [FÉVRIER l |. l | l i »-- * « la croix édenique avec les quatre fleuves (t), dans « lesquels viennentboire les cerfs(fig. 1), c’est le pois— « son mystérieux de Jonas, « remplacé souvent par le « serpent bicéphale (2); c’est « un homme sortant d’un « cofl‘re qui rappelle celui « d’0siris (3) ; sortant aussi « de la gueule d’un animal « chimérique (fig. 2).
Le « gnosticisme devait, plus « tard faire proscrire toutes ces allégories dont il « abusa (mais tous ces symboles et ces allégories « furent donc communs aux gnostiques etaux chré « tiens), pour « matérialiser «et profaner « les traditions « saintes de la « kabbale des « prophètes(4)» Conclusion : nous pourrons nous servir des don— nées de l’archéologie chrétienne, ou mieuxde l’ar ’ E;,.; .
AL.34':. af-f...:n J’.5.«. t:;:m-e&,l. âa.ec.m.t( (1) En occultisme, les quatre fleuves sont les quatre fluides et la croix représente les quatre éléments ou les quatre élé— mentals et leur point de rencontre ou déséquilibre. (2\ Le poisson symbolise Christ, l’Esprit divin; le serpent symbolise Lucifer—Satan, l’âme terrestre. (3 Le cofi“re et l’homme symbolisent la nature passive et la nature active, le ctéis et le phallus universels dont l’union pro duit la vie éternelle. ' (4) Éliphas Lévy, Histoire de la Magie, p . 216.
1899] CLOUS GNOS’I‘IQUES 161 chéologie des chrétiens d’Occident pour interpréter les symboles gnostiques, c’est-à-dire les symboles des chrétiens d’Orient, c’est ce que nous allons faire.
Mais que nous reste-t-il de ces derniers, en com prenant sous ce nom les orthodoxes aussi bien que les dissidents, car ces derniers ont également droit de cité r‘ Des manuscrits (dans les bibliothèques publiques, dans les collections particulières et près des conseils supérieurs des sociétés dites secrètes), des poignards, des pierres gravées, des clous et quelques rares pein tures et sculptures (1).
Nous citerons les exemples que nous avons ren centrés. Peintures, sculptures. — Il y a de ces sortes de pein tures dans les catacombes (2) de Rome. Pour préciser, on trouve des symboles gnostiques et franc-maçon : (l) En France, nous dit-on. existent encore des ruines des châteaux de quelques seigneurs albigeois. Aux frères de France est dévolu le devoir sacré de faire revivre la mémoire de ces nobles martyrs.
A l'œuvre, amis, qu’attendez-vous ? vous avez déjà trop tardé. (2) On devrait les appeler avec plus de vérité des cimetières, car ad catacumbas est le nom distinctif d'un seul de ces lieux de repos : le cimetière de saint Sébastien. Mais le mot cala combe est devenu d‘usage courant pour désigner tous les cime tières souterrains des premiers siècles de notre ère.
A Rome et aux environs il y a des catacombes chrétiennesI païennes, gnos tiques et hébraïques. On trouve encore des catacombes mi thréennes (temples) et spéléennes (grottes) persanes. 6
162 L’INITIATION niques (l’équerre et le compas) dans celles de sainte Agnès, et des peintures gnostiques également (Mer cure conduisant les morts, etc.) dans celles de Pré— textat, à la chapelle funé— raire deVibia (1). En outre, c’est évidement contre un gnostique que fut tracé le célèbre graffite de la Mai son Gélotiane sur le Pala tin, représentant Alexa-. mène qui adore (son) dieu (Anubis) (2\ ( fig. 3 ). .
A ces monuments on 7‘5'm<-MÆMhM peut ajouter la Table isiav“""“j”“ “" e‘”“’“>“‘ que, découverteà Rome en 1526, qui représente toutes les phases de l’initiation aux mystères d’Isis (3). Comme sculptures, on a: a) Le sarcophage de Simon de Mage,dans le parc du prince Chigi, àl’Ariccia (fig. 4.) ; ’ fr.‘.rV.-cur.ù 3., a»... ‘ S...
4wnblœuy '>. àcwnu 21 M 4. b) Un sarcophage néo-platonicien du 111° siècle, (1) Baedeker, Ilalia centrale, p. 372. (2) Actuellement au Musée Kircher (Collège Romain), (3) Actuellement au Musée de Turin (Voir Kircher, Mont— iaucon, Pignorio).
CLOUS GNOSTIQUES 163 (Musée Capitolin, salle des Colombes, n° 13, àRome); c) Une statue d’Appollonius de Thyane (P) (Même Musée, salle des Philosophes, n° 79) ; d) Une statue du même philosophe (Musée du Vati can, salle de la Vigne, n° 620); e) Une plaque de marbreavec l’inscription suivante en bronze : BAT ' (1) Elle se trouve dans un sarcophage des catacombes de sainteAgnès, à Rome.
Comme les initiés le verront, on se trouve ici en présence de la parole gnostique retrouvéeet du signe desgnostiques triunitaires (2) (3). (i) Le BAT pourrait être écrit am.‘l. (2) Compare P l'acrosticheBAT,aveclemonogramme cons— tantinien ou A tu, trouvé dans un cubiculum du même cimetière. (3) Nous ne savons où est conservée la statue de Simon le Mage découverte dans l'île Tibérine.
Nous serions obligé à ceux de nos lecteurs qui voudraient bien nous donner à cet égard quelques renseignements. Nous les prions aussi de vou loir bien nous signaler les monuments gnostiques de tous genres qu'ils connaîtraient. (L’auteur, à Vasto (Chien) halte).
“"-—"I"rn—-1 mwm ‘ 164 L’INITIATION Objets divers. —— Ce sont, comme nous l’avons déjà dit, des clous, des médailles, des poignards en métal, des bagues, des pierres gravées, des amulettes. Ces objets sont disséminés un peu partout, dans les collections publiques et particulières et il serait à sou haiter qu’on en groupât quelque part les reproductions ou tout au moins les dessins.
En attendant que notre ami, M. Louis Esquieu, nous donne son travail promis sur les pierres sacrées ou Aé’puEaç, nous dirons quelques mots sur les sym— boles qui sont généralement gravés sur les petits objets gnostiques.
On y voit des cercles, des triangles, figures isolées ou entralacées, des quadrilatères, des pentagrammes, fi,.v. -At...’à_‘u 5.x...‘ des hexagrammes, des équerres, des compas et autres signes figurant des lettres et des chiffres, le nœud salo monique (fig.
5), le mot triangulaireABPACAAABPA, le serpent qui se mord la queue, une main avec un serpent autour du poignet et dont la tête vient se placer entre deux doigts, le coq sol‘aire anguipède (symbole de la double polarisation de la lumière astrale) (I), le lion et la mouche (la lumière astrale (I) Éliphas Lévy : Rituel de la Haute Magie, chap. vr.
cmus usosnguns 165 etl’âme humaine). une tête de lion septirayonnée sur un corps de serpent (le fluide astral et ses sept mani festations), le Soleil ou Horus, sortantde la fleur de Lotus (le commencement de toutes choses), etc., etc. Toutes les pierres portant la figure du serpent sont attribuées à l'école (d'aucuns diraient à la secte) des Ophites.
Sur le même sujet on trouve dans Eliphas Levy : « Dans les pierres sacrées des chrétiens des gnostiques de la secte de Basilidès, on voit des représentations du Christ sous les diverses figures des animaux de la Kabbale : tantôt un serpent à tête de lion ou de taureau‘ tantôt un lion ou un taureau: partout il porte en même temps les attributs de la lumière comme notre bouc que son signe du pentagramme défend de prendre pour vue des images fabuleuses de Satan » (I).
U! Clous. -— Nous voici arrivés au point principal de notre étude : aux clous gnostiques qui ont déjà fait l‘objet de notre mémoire précédent. Nous avons déjà dit que nous connaissions trois de ces objets. CLOU DE M. LE MARQUXS DE BUSCA Nous, avons peu à dire sur celui-ci. Le mot EIKQN qui est gravé sur l’un de ses côtés signifie A (I) Éliphas Lévy : Rituel de la Haute Magie, p. 212. Wfiyw W
166 L’INITIATION icône, image, représentation. Les serpents, les scor pions et autres animaux tracés sur ses faces le classent sûrement dans la catégorie des monuments gnos— tiques. Il CLOU DE M. LE MARQUIS DE SPINELLI, PRINCE DE SAINT-GEORGES Tête. —— Le X ou + est évidemment l’indice du mot XPIETOE, de l'esprit divin,au nom duquel on plantait le clou.
Côtés. -— Sur trois côtés il y a un serpent; le qua trième, avec l’inscription ANH@MBE, doit donc, aussi bien que la tête, se rapporter à ce même symbole. Or, le serpent, emblème des gnostiques Ophites ou Néas séniens, (les Séthiens, les Caïnites et les Pérates) était désigné par le mot hébreu Naas, et justement on voit près de la queue du serpent, gravé sur le deuxième côté, la lettre N. Donc cette figure représente le Naas, symbole du Soleil. BORNIA PlETRO SIÏZ IL: (A suivre).
Êe la 3jîalédiction et du filasphème CONFÉRENCE DE CONSTANTXN DISSESCO TENUE Le 18/30 décembre 1898, à la salle Liedertafel, A BUCAREST 4t 'I_‘Iv aipyÿj in; 6 1670;, xul_ô Myoç 1'jv 1:90; tév 926v 151 Bah fiv 6 léyo;. » (Saint Jean Evang., l. 1.) Il ya deux ans, à l’Athénée Roumain, devant un auditoire immense, M. Const.
Dissesco a tenu une conférence publique ayant pour sujet: De la psycho— logie du moine. —— A la barbe des mufles. des philis tins et des bourgeois ébaubis, l’éminent professeur et conférencier prit la défense de l’institution monacale, prouva avec des arguments surabondants le droit naturel de tout homme à la vie monastique.
Il établit que le monachisme a dans l’homme des racines psy chologiques, que le tempérament mystique existe, et que partant, il a des droits égaux, socialement, à ceux des autres tempéraments. Cette conférence étonna la plupart des assistants et en ahurit ou scandalisa complètement d‘autres. On —\M-æ<Www‘w—«\w _5. l. «... ‘.-m._-v‘ewk,w.._äwæ«
168 L’INITIATION .,...\.4--,,.«... rr.-s.\:L'\ > . \ .r w ne s’attendait pas à voir un professeur de l'Université, membre distingué du barreau, émettre en public des idées que l’on s’est un peu accoutumé à considérer comme surannées sinon comme absurdes.
Mais il se trouva que cet absurde et ce suranné étaient raison— nables et logiques ; un courant de sympathie pour l’i dée émise vint s’ajouterà la sympathie qu’inspirait personnellement l’orateur. Cependant, alors, M. Dissesco ne s’était pas af firmé d’une manière aussi absolue que maintenant, en faveur de la doctrine spiritualiste.
Mais vendredi, le 18 (30) décembre, lorsque l’orateur prit la parole (devant un public plus restreint mais non moins dis tingué) pour parler de la malédiction et du blasphème, il s’affirma complètement comme rattaché à cette doctrine supérieure, qui est l’honneur de la pensée humaine.
En effet, M. Dissesco, dédaignant les desséchantes et désolantes théories du rationalisme, du positivisme et du scepticisme [que préconisent à tort certains esprits universitaires], déclara qu’à côté de la science officielle et imposée, il y a une science libre, un droit de recherches personnelles et d’investigation scienti fique en dehors de l’École, en un mot une pensée libre à côté de la libre pensée.
C’est vendredi que pour la première fois, en Roumanie, un homme qui occupe une situation sociale aussi élevée et une valeur intellectuelle aussi grande vint, laissant de côté toute arrière-pensée universitaire et officielle, s’affirmer comme un partisan déclaré des sciences psychiques, de la philosophie spiritualiste et mystique, de l’her \
DE uv MALÉDIC’I‘ION ET DU BLASPHÈME 169 métisme. C’est là un fait dont il faut prendre note: le verbe prononcé vendredi par M. Dissesco est un verbe d’avenir; l’orateur aura eu l’honneur insigne et la gloire d’avoir le premier pris la parole en Rouma nie, sur des questions'si complexes et qui à l’heure actuelle font l’objet de la préoccupation générale des plus puissantes intellectualités de l’Occident.
Le sujet était ardu; le titre de la conférence tant soit peu rébarbatif : de la Malédiction et du blasphème. Voilà de quoi effrayer, étonner, interloquer même les ' esprits qui se prétendent forts, même nos illustres sceptiques. Le conférencier s‘est tiré entièrement à son hon neur de ce pas difficile.
Avec une maîtrise sans égale, il est entré de plain-pied dans le cœur du sujet, pro cédant avec méthode, par l’analogie, établissant tout d’abord des faits, concrétisant toutes les données de la science expérimentale la plus chatouilleuse, et par— venant enfin à des conclusions magistrales, émises avec conviction, avec clarté, avec élégance.
Le succès n’est pas douteux, quoique certaines per sonnes aient parues surprises par cette dialectique à laquelle on est guère habitué chez nous. Nous croyons devoir donner au public absent vendredi soir un compte rendu commenté de cette conférence, qui res tera mémorable. Mais avant de décrire le sujet par le menu, nous croyons nécessaire de le faire précéder de quelques lignes d’introduction générale. . n _..
170 L‘INITIATION Il Il nous paraît établi que les procédés les plus géné raux de la réflection engendrent dans les développe ments quatre systèmes qui'embrassent l’histoire entière de la philosophie. Sans doute, ces systèmes se com binent et se mêlent, car tout se complique dans la réa lité, mais l’analyse retrouve aisément, sous toutes leurs combinaisons, leurs éléments essentiels.
Ces quatre grands systèmes sont le sensualisme, le scepticisme, l’idéalisme, le mysticisme. On conçoit aisément la place du rationalisme, du matérialisme, du spiritua lisme. Vrais ou faux, en totalité owen partie, ces sys tèmes reparaissent à toutes les époques. Or, notre époque est une grande époque de spéculation philoso phique ; elle les renferme donc tous avec toutes leurs nuances.
Le sensualisme s’enferme dans le monde sensible; il n’admet que ce qu’il a senti, vu, touché. L’idéa lisme s’enfonce dans le monde des idées, il se perd dans la raison pure. Le scepticisme, avec sa dialec tique acérée, réduit en poussière lessensations comme les idées et pousseà l’indifférence et à la moquerie universelle. Il faut donc que le mysticisme soit là pour revendiquer les droits sacrés de l’inspiration et de l‘enthousiasme.
Il faut rappeler à l’homme qu’à côté de l’analyse, il y a l’intuition: il faut opposer au ra tionalisme outré, héritage funeste du xvm° siècle, le spiritualisme éclairé, dont les partisans ont été les plus éminents esprits du genre humain.
1112 LA M»\LÉDICTION ET DU Bl.ASPHÈME 171 L’Organon d’Aristote demeure la base inébranlable du raisonnement et de toute discipline mentale; il n’empêche point pour cela d’admettre des méthodes d’investigations parallèles. Saint Thomas d'Aquin, le P. Gratry, Port-Royal, Bain, Stuart Mill, Herbert Spencer, sont tous légitimes comme logiciens. Il s’agit seulement de distinguer et de comprendre.
De nos jours on voudrait mettreà l’écart la métaphysique; les errements de Kant et de liège] rejaillissent sur elle ; on oublie ou l’on dédaigne les métaphysiciens hin dons et les métaphysiciens du moyen âge. On rejette ainsi en bloc un mode d’investigation supérieur; on veut se confiner à l’analyse expérimentale et n‘ad— mettre que ce que montre le microscope. Triste myo pie intellectuelle! ' Un éminent penseur contemporain, F. Ch.
Barlet, dans son remarquable traité sur l’Évolutz’on de l‘Idée, préconise l‘argumentation analogique, comme un instrument mental excellent et la synthèse comme une discipline intellectuelle supérieure. En eflet, l'ana logie procède du connu à l’inconnu, du corps à l’âme, du phénomène au noumène, de l’homme au monde et du monde à Dieu, du visible à l’invisible, du fini à l’infini.
Voilà donc une méthode qui nous paraît supere_x— cellente ;si l’on y ajoute la synthèse, opposée à l'ana lyse, on disposera d’une méthode de travail mer veilleuse et féconde. La méthode synthétique et le procédé analogique ont eu pour adeptes, en ce siècle, ' des esprits éminents, quoique parfois indignement bafoués: Court de Gébelin, Fabre d’Olivet, Wronski,
172 L’INITIATION “'Ÿ""I le P. Gratry, Carus, Reichenbach, le baron du Potet, Karl du Prel, Charlot, le P. Lacuria, Goerres, Kings ford, Louis Lucas. Swedenborg, Éliphas Lévy, Ernest Hello, Stanislas de Guaita, voilà pour les morts; le marquis de Saint—Yves d’Alveydre, Barlet, le Sâr Péladan, le Dr Papus, Edouard Schuré, Ad. Franck, Matter, C.
Flammarion, le comte de Larmandie, de Rochas, le Dr Paul Gibier, Karl Kiesewetter, Richard Kralik, William Kingsland, Augustin Chaboseau, le comte de Lafont, William Crookes, Russell VVallace, le D‘ Luys, le DP Bernheim, voilà pour les vivants. Tous ces noms représentent, en effet, avec bien d’autres que nous passons, des partisans de la synthèse et de l‘analogie, appliquées tant au domaine scientifique qu’au domaine métaphysique.
Il nous plaît d’ajouter à ces noms celui de M. C. Dissesco qui vient de s’af— firmer le premier en Roumanie comme adepte de ces méthodes philosophiques. On remarquera que beaucoup de noms cités sont ceux d'hermétistes avérés, fabuleusement décriés, sinon parfois persécutés.
L’hermétisme, auquel il nous paraît logique d’associer toute recherche, soit d‘ordre expérimental, soit d’ordre métaphysique, qui tend à expliquer les lois de la psychologie, le mystère du cosmos, utilise dans ses recherches l’analogie et la synthèse à côté des autres procédés. Cela le dis tingue particulièrement.
Les expérimentateurs con— sciencieux qui, dans ce siècle, se sont appliqués à étu dier tous les phénomènes d’ordre psychique, par le fait qu’ils essaient de pénétrer le mystère, doivent être considérés comme des ouvriers hermétiques. :i r
DE l..\ )I.\LÉDICTION ET DU BLASPIII-ZMl-l 173 « Le mystère en etl‘et palpite en nous », comme l’a écrit un admirable écrivain de notre temps, « autour de nous, au-dessous de nous, au-dessus de nous. Il est l’horizon de l’âme, le soleil de l’esprit». Il ne peut s‘appeler que Dieu, dans toutes ses manifestations, dans toute sa création, dans toutes ses créatures, dans tous les phénomènes qui sont de la création ou de la créature.
Les expériences les plus rigoureuses faites de nos jours par les savants les plus pénétrés de leurs devoirs, ne peuvent qu’aboutir au triomphe du spiritualisme. Le jour n’est pas si loin peut-être où les adversaires se donneront la main sur ce terrain et reconnaîtront que, de quelque nom qu’on veuille l’appeler, l"lnconnaissable,l’Incognoscible, l’Inefi’able, Dieu se manifeste à toute créature qui tend vers lui.
Le point irrésistible de la conscience est: « Dieu sen_ sible au cœur », suivant la parole profonde de Pascal. Le spiritualisme est assurément la formule philoso phique de l’avenir ; le mysticisme en est l’espoir suprême; la vraie religion chrétienne aura par ce fait son renouveau. Cette morale chrétienne, supérieure en essence à toutes les morales, sera reconnue comme l’éthique suprême.
« Tout ce que le platonisme avait recueillide vrai », dit Goerres, « dans toutes les con trées de l’univers et dans toutes les époques de l’his— toire, se trouve dans le christianisme bien plus pur et plus parfait ». Il nous paraît qu’en étudiant les lois psychologiques de la malédiction, en en recherchant les traces dans l’histoire et en y formulant des conclusions évangé
1 74 L’INITIATION .._ ligues, M. Dissesco a fait œuvre d’hermétiste, de psychologue, d’historien, de moraliste chrétien. III Entrons maintenant dans le sujet de la conférence et nous verrons son importance ressortir au fur et à mesure de l’exposé même que nous en donnons, aussi fidèlement qu’il nous est possible.
L’orateur commence par citer les profondes paroles de saint Paul (I Cor,. l, ‘13) : « Ces trois vertus demeu « rent, la Foi, l’Espérance et la Charité. Mais entre « elles, la plus excellente est la Charité. » — Ce ' préambule chrétien, mais hermétique, contient en effet en essence l’objet de la conférence.
L’orateur déve— loppera par la suite en quoi une malédiction ou un blasphème est une infraction ou une adhésion à ces trois vertus chrétiennes superexcellentes. « Ma conférence, a dit M. Dissesco, a un caractère « ésotérique. Mais qu’est-ce que l’ésotérisme et « qu’a-t-il affaire en cette occurrence.
Il est avéré que « l’antiquité a connu la science, mais que, pour des « raisons diverses, cette science n’était point divul « guée dans sa totalité au vulgaire, qu’elle était réser— « vée ,à des initiés, c’est-à-dire à des personnes aptes « et préparées à la comprendre et à l’appliquer. La « science divulguée au vulgaire s’appelle exotérisme, « celle réservée aux initiés ésotérisme.
Mais, ajoute « l'orateur, il y a en toutes choses, un sens ésotérique « à côté du sens exotérique. Ma conférence est exoté « rique en ce qu’elle contient d’assimilable à la gêné ' ÿ" " '*“»—v——M.À._N 7 ‘3’: .._. ‘_.. _
in: LA MALÉDICTION ET DU BL.\SPHÈME 175 kââkkäx‘kâkkkkk k ralité du public : elle est ésotérique en ce qu’elle contient d’accessible à quelques personnalités mieux préparées par des raisons diverses à com— prendre ce que je ne saurais en conscience faire accepter par tout le monde.
L’exotérisme peut-être considéré comme l’équivalent de ce qu‘on appelle de nos jours la science expérimentale, qui procède plutôt par le raisonnement à froid et par l’analyse; tandis que l’ésotérisme correspond à la méthode synthétique et analogique, au procédé intuitif qui permet à l’homme de saisir l’ordre universel de la Nature et la similitude des lois de l’Univers avec celles de sa propre pensée. » L‘orateur a émis ici la doctrine hermétique.
« L’ésotérisme, a-t-il ajouté, est la recherche du mystère ; la bienfaisance, pour citer un exemple, « est un acte, un fait exotérique, avec une cause 4< cachée, ésotérique, laquelle est la charité. » H. STURDZA. (A. suture).
PARTIE LITTÉRAIRE NIä’V’ANA lieu Baigne ton pâle front de nuit immaculée ! Laisse, contre le mur du destin, acculée, Hurler la foule comme un vent dans le grand mât, Et, pendant un long temps, sans horloge, en silence, Perds le souci rongeur de la trouble eœistence Pour ne songer qu’à l’Élrc, en un sommeil béat l... Peut-être entendras-hg bruire, en toi, l’Abime .' Peut—être verras-tu blanchir, au loin, la cime Sur laquelle sommeille un éternel matin. Et SIGÉ, déployant sur toi ses pures ailes, Te soufflera l’amour des choses éternelles, Et, dans ton cœur obscur, battra le Cœur divin .'_ ._ Fais le dégoût qui monte, et les rancœurs fangeuscs De ce monde où la boue, en larves orageuses, Grouille, en roulant l’ivresse sombre de ses flots .'.._ Comme un subtilparfum, appelle dans ton âme L’oubli du soleil blanc dont la trompeuse flamme Sejoue également du rire et des sanglots l...
NIRVANA 17 Pendant qu‘on le croira dans un sommeil de brute, Tu jetteras au vent la crasseuse volute, Haillon que, sur ton dos, mit le bagne mondain, Et, renée au.r blancheur-s de l‘aube inviole’e, Ton âme marchera dans le sentier, voilée, Veuve des préjugés, épouse du dédain .' L. Le LEU.
178 L’INITIATION @.EDâE MAäTENÆS'Œ‘E Dorénavant les délégués de l’Ordre Martiniste et les délégués du groupe ésotérique recevront directement et gratuitement Psyché, le nouvel organe mensuel autogra— phié, Contenant le résumé sténographique des cours professés à Paris. Le second numéro de Psyché, qui vient de paraître, est composé à la machine à écrire et contient plus de texte que le premier.
Grâce aux nouvelles dispositions prises, l’Ordre Mar— tiniste sera bientôt à même de se tenir en relations suivies et permanentes avec tous ses délégués et de donner aux groupes et aux loges, chaque mois, un aperçu des tra.. vaux à poursuivre et des études à faire. Ces communi— cations seront, bien entendu, réservées aux seuls délégués et forngeront des suppléments spéciaux qui ne seront encartes que pour eux.
Les délégués qui n’auraient pas reçu le premier nu méro de Psyché sont invités à s’adresser dès maintenant à la rédacrion de l’Initiation, 10, avenue des Peupliers, qui fera le nécessaire. * -‘X» Le P. S. C. vient de faire paraître une histoire complète de l’Ordre Martiniste sous le titre de : Martine’sisme, W51 lermosisme et Martinisme, grosse broch. in—8°, prix 1 fi._ chez Chamuel, 5, rue de Savoie. (Voir aux annonces.) ’ .
BIBLIOGRAPHIE 179 IL.A ‘IÎËLÈGjBA\PEÆIUE SANS FIILS MM. Van der Naillen père et fils ont institué à San Francisco des expériences sur la télégraphie sans fils dont le succès à dépassé les espérances.
C’est en Europe que les.deux savants reçurent le résultat des travaux de MM. Marconi et Dalla Riccia ; etc’est d'après les modèles existant dans le laboratoire de ce premier ingénieur, à Liège, que furent construits les appareils fonctionnant à San-Franscisco. Le courant électrique transmetteur passe à travers l’atmosphère comme à. travers des murs de brique; on fait des expériences pour des distances atteignant des centaines de mètres.
Le récepteur se mit unjouràparler, après la cessation des expériences, avec une grande volubilité et sans qu’au cun courant fût transmis : ce phénomène semblerait indiquer qu'il y a possibilité de s'emparer de l'appareil, en dehors du récepteur et de l’expéditeur. ' (The Examiner, 18 décembre 1898.) BIBLIQGËAPEIE Application de l‘Aimant au traitement des maladies, avec portraits et figures dans le texte, par le professeur H. DURVILLE.
6° édition. ln-18_ de 120 pages. Prix: 20 centimes, àla Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint Merri.
On sait depuis longtemps déjà que toutes les maladies nerveuses et la plupart des maladies organiques : ané mie, asthme, constipation, crampes, crises de nerfs, dia— bète, diarrhée, douleurs, engorgements, fièvre. gravelle, goutte, hystérie, incontinence, insomnie, jaunisse, maux de tête, de dents, d’estomac, de reins, migraine, névral gie, palpitations, paralysie, rhumatisme, sciatique, sur dité, tic, tremblements, vomissements, etc., etc., sont
180 ‘ L'INITIATION w.-—-v.—rw‘ souvent très rapidement guéries par l’application des aimants. Les douleurs vives cessent au bout de quelques ins tants, les accès deviennent de moins en moins violents et la guérison se fait, sans médicaments et sans modifier son régime et ses habitudes. L’action curative des aimants vitalisés de M. Durville est bien plus grande que celle des aimants ordinaires.
Par une disposition spéciale, ils peuvent être portés le jour et la nuit, sans aucune gêne, sans aucune fatigue. L’immense avantage qu’ils possèdent sur les autres trai— tements, c’est que l’on peut, avec le même aimant, selon la nature de la maladie, augmenter ou diminuer l’activité organique, exciter ou calmer et rétablir ainsi l’équilibre qui constitue la santé.
L’Applicali0n de t’Aimant, très artistementédirée, avec des portraits et figures, est un ouvrage de vulgarisation des plus intéressants, tant au pointde vue physique qu’au point de vue physiologique et thérapeutique.
Il contient un historique de l’application de l’aimant en médecine, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours ; une étude sur la physique de l’aimant, où l’auteur révèle l’existence d’une force inconnue qu’il a découverte ; une étude plus remarquable encore sur la physiologie Où 1a polarité du corps est démontrée; une description des pièces aimantées à employer dans un traitement et un précis'de thérapeutique qui permet au malade de se traiter lui-même sans le secours du médecin.
C’est l’ap_ plication des principes que l’auteur a exposés avec tant de clarté dans sa Physique magnétique. Cet ouvrage se recommande à tous nos lecteurs.er plus particulièrement à ceux qui souffrent. Principes généraux de science psychique, par A1bert JOUNET. Brochure de 36 pages. Prix : 20 cent., à la Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri.
Cette brochure contient l’énonce’ des lois et des pro priétés fondamentales de la force psychique, que l’auteur considère comme un agent physique. Cet agent est dans tous les êtres. A des degrés divers, il est une force uni verselle que peuvent soumettre, diriger et manier les êtres pensants, visibles et invisibles.
BIBLIOGRAPHIE 181 Les phénomènes psychiques sont d’ordre naturel, mais influencés ou pouvant l'être par un surnaturel mau vais ou un surnaturel divin;et,suivant l’intention, l’agent psychique peut être bienfaisant ou nuisible. Il dépend de nous, de notre savoir, de notre inspiration, d’en user en bien ou en mal. l\I.
Jounet reconnaît à l'agent psychique six propriétés, qui ont pour base la polarité, d’après les travaux de Reichenbach. de Rochas, Durville. En effet, la polarisation parait expliquer les faits psy— chiques, d’une manière claire, précise; et quand on aura lu ce petit travail avec toute l'attention qu’il mérite, on sera frappé de l’importance des découvertes magné tiques. La polarité expliquerait donc aussi les phénomènes spirites et occultes.
C’estd’ailleurs la conclusion qui se dégage de ce remar quable travail, qui, à titre de propagande, est expédié franco aux conditions suivantes: [00 exempl., 7 fr.; 50 exempl., 4 fr.; 25 ex., 2 fr. 50; 10 ex., [fr. 25. Apparitions et révélations de N.-S. Jésus—Christet de la Sainte Vierge à Pauline Périé, par l'abbé CUQUEL, curé du lieu.
In-n, Paris, Téqui, rue de Tournon, 1899. -— Cette œuvre posthume de l'abbé Cuquel s'adresse aux lec— teurs d’ouvrages de mystique. Elle est d'un catholicisme parfaitement orthodoxe. Les anciens évêques de Cahors, MK' Bardoir et Mgr Grimardias, ont protégé la voyante et approuvé le relevé que l’abbé Cuquel afait de ses révé lations.
Le volume ayant été livré à l'impression sur la foi de permissions verbales « plus ou moins explicites », l‘évêque actuel déclare, dans son approbation, que ce livre lui paraît capable d'édifier les fidèles, « quoiqu’il soit rempli de faits extraordinaires et discutables » qui n’ont jamais été approuvés ni condamnés, réserve tout jugement sur la nature de ces faits et accorde la per mission d’imprimer pour ne pas « rendre inutiles, par ce refus, les travaux de l'éditeur ».
Le lecteur se demandera sans doute si l’unique réserve d’être de cette publication n’est pas précisément le carac tère« extraordinaire ) des faits qui s’y trouvent relatés, et si l’évêque actuel peut avoir des raisons pour ne pas
1 82 L’INITIATION montrer à la voyante la même sympathie que ses prédé— cesseurs. A-t-il soupçonné des visions d'être uniquement produites par l’imagination, mais avec mélange de faits démoniaques? En ce cas, comment qualifier d’édifiants des dialoguesinspirés par une simple exaltation mystique ? Ou encore le prélat aurait-i1 l’embarras de n'être point compétent en ces matières spéciales?
La préface affirme pourtant que ces dialogues et récits au jugementdes pères jésuites de Toulouse, du chanoine Codant, du docteurlmbert—Gourbeyre,auteur d’ouvrages sur la stigmatisation, et de feu Adrien Péladan, ne peu. vent être inspirés par l’esprit d'erreurs. Pauline Périé a subi des assauts diaboliques avant de recevoir des communications célestes.
Elle aeu le don de vue à distance (par suite du développement de ses sens astraux), celui d’extases, 'puis les stigmates et des souf— frances mystiques le mercredi, le vendredi plus encore, etle samedi: C’est la marche ordinaire que suit la per sonne qui entre dans la voie de la perfection: rien, dans ces récits, ne peut surprendre quiconque est habitué à lire des auteurs mystiques.
Pauline Périé, par exemple, semblait à l’agonie pour la Noël : l’heure de minuit ayant sonné, elle parut brillante de santé. Ce fait s’est repro duit plusieurs fois dans les annales de la mysticité. Un jaune absolu, sauf absorption d’un peu d’eau, est un autre fait miraculeux mais non sans exemples.
Or ces faits ont été étudiés par une commission ecclé— siastique si peu compétente, qu’un vicaire général avouait à l’auteur qu’aucun des membres de cette commission n’avait étudié ces matières (p. 331). Quant au langage des apparitions, il est clair, simple et digne à la fois, sans pourtant s’éleverà la hauteur de celui qui fut tenu à sainte Thérèse ou à Marie Lataste. L’auteur n’a point parlé des visions postérieures à 1862.
Espérons que M. Téqui éditera un jour un livre ou une brochure sur les dernières années de Pauline Périé. ' « Ces visions, a écrit A. Péladan, paraissent renfermer une succession précieuse des leçons de spiritualité. » G.
BIBLIOGRAPHIE 183 Au delà du tombeau,par le R. P. HAMON, Paris, Téqui, 29, rue de Tournon, Paris. 3 francs. — Ce travail. dit l'auteur dans la préface, s’adresse surtout aux pauvres: il sera simple et populaire.
L’auteur y e;pose, avec une clarté remarquable, les doctrines de l’Église catholique sur le dernier 'jour du monde, les privilèges des corps glorieux, les faits de la vie des saints qui font entrevoir ce que seront ces qua lités, le sort heureux mais mon paradisiaque des enfants morts sans baptême, le renouvellement du monde et les degrés de bonheur au ciel, l‘exercice des sens supérieurs, la stabilité du bonheur céleste.
L'auteur insiste avec rai son sur l‘intensité de vie des élus; ce n‘est pas inutile, car le vulgaire peut croire, avec l'anonyme du Larousse, que le paradis est un lieu de béatitude inerte. L'homme du monde peut donc, comme l‘ouvrier, trouver des no— tions instructives dans ce livre. Pourquoi le même au teur ne nous donnerait-il pas une œuvre plus complète: le Paradis d'après les révélations P G.
Les ÀIerueilles de La Salette, par l’abbé BERTHIER. Même éditeur. 1 fr. 50. — Ce livre apprécie le célèbre discours de l'apparition du 19 septembre 1846. Il men— tionne les curieuses observations de Mgr Dupanloup, et des extraits d'un interrogatoire subi par les enfants à l‘évêché de Grenoble. Certaines réponses sont des plus intéressantes.
«Tu dois dire ton secret à ton confesseur, pour lequel il ne faut rien avoir de caché. — Mon se cret, répond Maximin, n’est pas un péché. — La dame que tu as vue n‘était qu'un nuage. — Mais un nuage ne parle pas. —Vois—tu, je ne crois pas, tu es un menteur. —-Alors, pourquoi venir de si loin pour m‘interroger.— Ne t'ennuies-tu pas d’avoir à. répéter tous les iours la même chose? — Et vous, Monsieur, vous ennuyez-vous de dire tous les jours la messe ? —— Votre ange gardien sait-il votre secret, Mélanie? -— Oui, Monsieur. — Il y a donc quelqu’un qui le sait ? — Mais mon ange gardien n’est pas du peuple ? » Cela ne rappelle—HI pas un peu l’étonnant à-propos des réponses de Jeanne d‘Arc à ses juges? M. l'abbé Berthier raconte une quarantaine de gué—
181, L’INITIATION risons, la plupart fort émouvantes et attestées d'une ma nière irréfutable; il exp05e aussi des conversions parfois très promptes, quise sont opérées à La Salette, et termine par une description de ces lieux célèbres, en montrant, pour conclure, quelles œuvres sont écloses de l’appari— tion de la Salette.
M. l’abbé Berthier affirme que le Saint-Siège a mani— festé le regret d'avoir vu publier le Secret de la Salette, et cela par des actes officiels émanés du Saint-Office, Mgr Rigaud a pourtant démontré que l’acte unique, une lettre du cardinal Consolini à un évêque français, à été tronqué par des semaines religieuses : le cardinal re— commandait de retirer le secret d’entre les mains des fidèles, mais de le laisser entre celles des prêtres, qui devraient le méditer.
Le talent d’exposition qu’a montré M. l’abbé Berthier me fait souhaiter qu’il donne une œuvre de plus longue haleine renfermant tous les docu— ments inédits ou non concernant N.-D. de la Salette, Apparitions et révélations de N.—S. Jésus-Christ et de la sainte Vierge à Pauline Périe', la voyante de Fran_ coulés, par l’abbé CUQUEL, curé du lieu. Paris, Téqui, 29, rue de Tournon, [899, 3 fr.
50. — Ce livre est un recueil consciencieux et sans prétention, relatant surtout des dialogues entre une humble fille et ses guides divins. Les mystiques catholiques trouveront dans ce livre des leçons de Spiritualité données en un langage d’une simp1i_ cité touchante, et le récit de quelques faits de persécu tions démoniaques. Maisjquelques années seulement de la vie de Pauline Périe’ sont ainsi racontées.
La voyante a été aussi tourmentée par des religieuses, des médecins des théologiens et des campagnards envieux, comme, l’ont été presque toutes ses semblables. Elle a d’autre part reçu des grâces particulières, extraordinaires sans doute, mais plus d’une fois mentionnées dans les auteurs spec1aux. G. Au delà du tombeau, par le P. HAMON.
Même éditeur 3francs, —— Ce livre, écrit pour le peuple, résume les doctrines et les opinions catholiques sur le ciel et les
BIBLIOGRAPHIE 185 privilèges des élus. L’auteur s‘y montre écrivain élo— quent. théologien instruit, au courant des meilleurs tra vaux. Nous croyons pouvoir en conséquence recom mander l‘ouvrage, plus particulièrement aux spirites qui voudraient posséder un bon exposé des croyances catho liques sur la béatitude céleste et l'exercice de nos facul tés outre-tombe. G. Les Merveilles de La Salelle, par l'abbé BERTHIER, ib. I fr. 50. —— Le P.
Berthier a donné un livre très précis et très clair sur l‘apparition du 19 septembre 1846, le caractère des deux témoins, les plus remarquables des guérisons miraculeuses constatées par des médecins, les conversions qui se sont opérées à la Salette, les travaux qui y ont été exécutés depuis 1846, la diffusion du culte de N.-D. de la Salette, enfin les œuvres qui ont eu pour origine ce fait miraculeux si célèbre dans le monde ca-» tholique.
Certains passages des procès—verbaux de gué— risons sont émouvants à force de simplicité pathétique. L’ouvrage peut tenir lieu de toutes les brochures qui ont été faites auparavant sur la célèbre apparition. G. L.
DIGUES. — Les Voies de l’Esprit. — 1 vol. pet. in-I8, de luxe, Flammarion, éd., 3° tirage a petit nombre. — Ce recueil de communications typtologiques renferme des pensées, des avis, des conseils de diverses personnalités défuntes: Zenon,Fléchier, Deleuze, Fran çois Arago, Rossini, Lamartine, Victor Hugo. et d'au tres encore. Nous ne pouvons que féliciler l'auteur de sa conscience, de sa sincérité et de son enthousiasme. N. D. L. R.
Nous avons reçu un Essai de drame pshyclxique en vers, de notre sympathique collaborateur P. GOURMAND. —— Parti de la philosophie matérialiste, il arrive à la con ception de la déité dans la plus haute conception occulte.
186 L’INITIATION "‘1‘" Les hésitations du poète, puis sa compréhension de plus en plus parfaite de l’Inconnu sont déroulées d’une façon magistrale. Nous félicitons l’auteur de cet Essai et sommes heu reux de le porter à la connaissance de nos lecteurs (chez Lemerre, in—12. 3francs.
Nouvawss ®wansas Il vient de se constituer à La Haye un cercle d’études psychologiques comptant déjà quatre—vingt-dix membres M. le D' Joire a fondé à Lille une société d’études psy chiques. eet L’ancienne Fédération spirite devient la Sdcie’te’ fran— çaise d’études des phénomènes psychiques, afin de pouvoir constituer le capital nécessaire a la poursuite d’expé— riences de longue haleine. i 11n Le comité français de l'Union idéaliste universelle prend les dernières mesures pour donner un nouvel élan à l‘action de cette société. — Les statuts vont en être publiés incessamment. * s 4 Le D*' Gérard Encausse vient'de publier une brochure sur la Thérapeutique et la Tuberculose et un Annuaire de l’Homéoppthie à Paris (chez Chamuel, 5 rue de Savoie). '
JOURNAL DES JOURN.\U\ 187 élonanau. pas élouunaua L’Écho de Paris, le Gaulois, le Soir, la Gazette de France, le Petit Bleu, ont publié des articles touchant de près ou de loin à l'occultisme. Dans leJournaldu Magnétisme(5janvicr), deux'très bons articles d’Alban Dubet sur la divination, et de Questor Vitæsurla réalisation hypnotique par le poly-psychisme.
Dans le numéro du 20 janvier et dans celui du 5 février, excellents articles de Questor Vitae sur l’extase : nous en recommandons la lecture aux occultistes; mais l’auteur donne une interprétation trop exclusivement physiolo gique aux grands symboles de l’antiquité. Le Théosophist de décembre contient la suite d’une bonne étude de Lilian Edger surlathéosophie chrétienne; on y trouve une interprétation panthéistique de l’Evan gile.
Die Ubersiomlz’che IVelt (janvier 1899) donne un article érudit et curieux sur les origines du spiritisme. Reçu la Paix Universelle, The Nue—Science de Calcutta, journal d’électro-homéopathie. Dans le Nova Lux de Rome,série d’articles du D'Hofl’ mann sur Swedenborg et le spiritisme. Grâce à l'énergie de son fondateur, le Dr Girgois, Lu;r astral de Buenos-Ayres reprend sa parution.
188 ' L' INITIATION 'Iillüë’. ŒÈIJI]GMË@ ES@'IÏËEËSII@ EX&‘IÎËŒSU@N Nous extrayons du rapport annuel de cette société les passages suivants: Les travaux de ces dernières années ont permis taux membres de concevoir le plan d’étude suivant des liens qui unissent Dieu, l’Homme etl’Univers : une première section étudiera les relations de la vie et des formes, ou I’évolutionnisme ésotérique comme peuvent le faire con cevoir les sciences ordinaires, la biologie, l’anthropo logie, etc. La seconde section étudiera les rapports de l’intelli gence et de la vie, ou le point de vue ésotérique de la psychologie, de l’éthique, de la philosophie comparée, de l'histoire des religions.
Enfin la troisième section étudie les rapports de l’homme avec Dieu; c'est—à-dire l‘homme intérieur et les moyens de développer sa vie intime. Chaque section tient une séance par mois; et chaque séance comprend une conférence et une discussion. — Des groupes latéraux peuvent être organisés pour l‘étude des détails. En outre il y aura des réunions générales de toutesles sections, et des conférences supplémentaires quand le besoin s’en fera sentir. Le droit unique d‘entrée est de 2. L’adresse est: The Chicago ésotéric extension, P. 0. Box 1154, Chicago. Ul.-U.-S.-A.
LIVRES n1-:çus - 189 lLllWfllÊS REÇIÆS (Comptes rendus prochainement) EMILE SOLnI-C0LBERT on BEAULIEU. -—I. La Ianguesa crée. 11. Le Temple et la Fleur, les signes construits et fleuris, per. in-4. , F. LECOMTE (DIONYS). -— L’Epanouissement terrestre, réfutation absolue du Matérialisme, in-18. ANNIE BESANT. — Karma ou la Justice immanente d’après la Théosophie, in-18.
MAURICI—Z BARRÈS. — Un Rénovateur de l‘Occuttisme, Stanislas de Ganita (avec deux portraits), in-8. Svuésws. —-—L’Arbre gnostique, in-18. ALBERT JOUNET. — La Question sociale, les Harmo nisles, br. Homo. — Chez les psychiques. Lutle chimérique du diable contre Dieu, br. in-18 (recommandé). ALBERT JOUNET. -— Principes généraux de science psy chique. Reporl of the Calcuita homeopalhic charitable Dispensary (1895—1897).
' D“ MAURICE ADAM. — Études celtiques. De l’idée reti< gieuse chez les Celtes préhistoriques, in-8. D" BOUREAU. -— Terrain tuberculeux, terrain arthri— tique, in-8. C.-\V. LEADBEATER. — Le Plan astral, in-18. ANNIE BESANT. »« L’Homme et ses corps, in-18. J. Hsussen.— Notes sur la filtration (extrait des comptes rendus de l’Académie des sciences). — Travail d’un haut intérêt tendant à démontrer l’existence d'une nouvelle force physique. J.
PELADAN. — L’Occulte catholique; gr. in-8 (compte rendu spécial prochainement). D' Parus. — La Magie et l’Hypnoxe; gr. in-8, fig. hors texte et dans le texte.
190 . ARTICLES REÇUS ARTICLES REÇUS Dr MARC HAVEN. —— Bibliographie des livres concer— nantla Kabbale. AMARAVELLA.I— L’Univers dans l’espace. NANTUR. — Éléments de phrénologie. P. BORNlA. — Clous gnostiques (seconde partie). AUGUST STRINDBERG. ”— Le Noyer(extr. d’un livre en préparation). Dr GIOVANNl HOFFMANN. — L.-C. de Saint-Martin et le Spiritisme (trad. de Nova Lux). FULGENZIO BRUNI.— Préludes universaux du Marti. nisme: ‘ ‘ Dr HENRI FREY — L’homme. — Pathologie et Théra— peutique des iatrochimistes.
ERRAT.‘\ 191 EËËATA Initiation, janvier 1899. P. 50, I. 12, lire Emmerich. — P. 51,1.21, en ajoutantg à 1846 ; l. 24., ajouter 1999. — P. 52, l. 3, lire Buccelin ; note, 1. 10,lire vive 4 périodes. P. 54., note 4, lire afin de ne point gêner... — P. 56, l. 10, lire la verge est salutaire. — P. 61, l. 1, lire être. —-— P. 64, l. 5. lire la mantique ou manticologie; l. 21, Esprite. -- P. 65, l. 7. religieuse; l. 10, Théolosphore; l. 12, maître Autonin; Lichtenberger; l. 17, Canori—Mora, sœur Rosa-Colombagl. 18, Wallrat‘f; l.'2o, sœurlmelda; l. 23, religieuse de..., l. 24, religieuse de Lyelbe. P. 91, l. 11, lire 1789; l. 34, lire Iélim; l. 39, lire le même prophète. — P. 92, l. 3, lire 1898; l. 18.1irc il y aurait à voir. Le Gérant: ENCAUSSE. TOURS. —- me. E. ARRAULT ET (2", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6. ,‘-.‘_.F»->-._..aa ,,..-. .(,.
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