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, u . o Llnit1ation ' ‘ Revue philosophique des Hautes Études ' PUBLIÉE MENSUELLEMI‘ÉNT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS 1 a o. »r«_ Docteur en médecine — Docteur en kabbale » 5-0 42* VOLUME. — ‘12“ ANNÉE SOM_MAIREŸÎDWU N° ”‘ (Janvier 1899) ._..... PARTIE INITIATIQUE. . L'E.r/u‘l'imünlülion en matière de faits psy— chiques . . . . . . Papus. (p. I à 4.) The Grau! Art. . . . . Dr B.
Blitz. . (P4 à 10-) PARTIE PHILOSOPHI ' QUE . . . . . . . . . .. l'n lnslilul psychique. . . Questor Vitœ. (p. I7 à 26.) Sur [Occultisme . . . . . Guymiot. (p. 27 à 35.) Pierre Badmnîer . . . . . Estrella. (p. 36 à. 43.) Occultisme et clergés. . . Samuel Ezra. (P; 43_à 49-) _ Prognosllcahon (fin) . . . Saturnmus. (p. 50 à 61.) [Esprit de prophétie (lin); Saturninus. ‘5 (p. 61 à 66.) ' l'Homme . . . . . . . . .> . Dr H.
Frey. (p. 66 à 85.) Ordre martinisté. — Société des Conférences Spiritualistes. — Les sensitifs et la psychométrie. — Les dernières expériences d’Eusapia à Paris. — Bibliographie. — Nouvelles diverses. — Manifeste de l‘Ordre Celt1qtœ. — Questions et réponses. — Errata. — Livres recus Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, rue de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS“
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri— mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L'Initiah‘on est l'organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: , Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à’ sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initintian adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l'arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initian’on étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l'Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde, L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclmivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu'elles savent toujours apprécier.
L’Initialion parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: I0 francs par an (Les Collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
L’Initiaii0n du 15 Janvier I899 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’Initiation [0 PARTIE INITIATIQUE AMO-— F. CH. BARLET, S.'. I.'.,{‘; — GUYMIOT. — MARC HAV , S.'. I.'. à — JULIEN LEJAY, S.'. I.'. _\\ —-— EMILR MICHELET, S.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. —- GEORGE MONTIERE, S.'. I.'. g. — PAPUS, S.'. I.'. g — SÊDIR, S.'. I.'. — SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 2' ' PARTIE PHILOSOPHIQUE 'ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. —— AMELINEAU. — ALEPH. — Dr BARADUC. — SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 30' - BLlTZ. —- BOJANOV — JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALEAN DUBET. — R. Du PLANTIER.— FABRE DES E55ARTS.— D“ FUGAIRON. — DEI.Éz1NIER. — JULES GIRAUD.—— L. GOURMAND. — HAATAN. — L. HUTCHINSON. — JOLLIVET-CASTELOT. — L. LE LEU. — L.
LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G. POIREL.—— QUESTOR VITŒ. — RAYMOND. — D“ ROZIER. — L. SATURNINUS. — D“ SOUR BECK. —— L. STEVENARD. — THOMASSIN. — G. VITOUX. - HENRI WELSCH. — YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG.— JEAN DELVILLE. :4 ESTRELLA. —— E. GOU— DEAU.— MANUEL DE GRANDP0RD. — JULES‘LERMINA. -— L.
HEN— NIQUE. — JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDÈS. — GEORGE MONTIÈRE. -—LÉON RIOT0R. — SAINT-FARGEAU. — ROBERT SCHEF FER. — EMILI: SICOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE CH. DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. — JEAN DELVILLE. -— YVAN DIETSCHINE. — GIGLEUX. —-- CH. GROLLEAU. — MAURICE LARCERIS. — PAUL MARROT. — EDMOND PILON. —— .I. DE TALLE NAy, —- ROBER‘I’ DE LA VILLEHERVÉ. \
L’Initian‘on du I5 Janvier I899 ri ‘.—.:i-.-n—-—-_-.—.-« ‘ L’IN ITIATIO N (“N’ËiË’Ës’ŒNT’> DIRECTION ADMINISTRATION Villa llonlmorency,10, aveu. des Peupliers ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRG PARIS—A UTEUIL DIRECTEUR : PAPUS DIRECTEUR ADJOINT : Lueien MAUCHEL C H A M U E L 5, Rue de Savoie Rédacteur en chef: F.-Ch. BARLET . Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an. 1 0 tr. ..I. LEJAY — PAUL SÉDIR ÉTRANGER, —- l2 tr.
RÉDACTION. —— Chaque rédacteur publie ses articles sous sa . seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un art1cle. Prière d'adresser tous les échanges : Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction.
Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. L’Initz‘afion est l’organe officiel des centres suivants : Groupe Esotérique. — Ordre martiniste. —— Faculté des Sciences hermétiques. — Ordre Kabbalistique de la Rose Croix. — Union Idéaliste Universelle. — F. T. L. (section française).
GROUPE IIIIEPEIDAIT D'ÉTUDES ÉSOIEBIQIIE8 1,600 Membres - 104 Branches et Correspondants — Groupes d’Ètudes fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. Pourtous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SÉDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse.
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12‘ ANNÉE Ô L"*ÊNITIATION A ses Abonnés. à ses Lecteurs 1899 PARTIE INITIATIQUE Cette partie est réserue’e à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) rurtmmnns EN MATIÈRE DE FAITS PSYCHIQUES INTRODUCTlON Depuis plus de dix ans, nous avons poursuivi l’étude des faits psychiques et nous avons concentré tous nos efforts sur la question de la fraude cons ciente ou inconsciente des sujets et des médiums et l
2 L’INITIATION [JANVIER sur les précautions à prendre pour éviter, autant que 4 faire se peut, ces tentatives de tromperie qui nuisent autant aux expérimentateurs qu’aux expérimentés. Après avoir considéré ces phénomènes avec défiance, les hommes de science et même les gens du monde en sont venus à vouloir assister en foule aux séances où ces faits se produisent et à vouloir juger par eux mêmes les sujets et les médiums.
La porte se trouve ainsi largement ouverte aux professionnels sans scrupule, aux exhibitions sur les tréteaux sans con trôle et, disons-le hautement, au discrédit qui attend les exhibiteurs quand on s’apercevra que la plupart d’entre eux ont été naïvement trompés par leurs sujets. Il ne faut pas se figurer qu’on pourra éviter la fraude à coup sûr. Ce n’est pas un déshonneur d’être trompé quand on fait tout le possible pour ne pas l’être.
Cela prouve simplement qu’on est un chercheur courageux ; car'ceux qui n’expérimentent pas et se contentent de se moquer ne seront, certes, jamais l’objet de fraudes;mais ne seront non plus d’aucune utilité aux futurs expérimentateurs.
Nous sommes persuadé que c’est parceque nous avons été souvent déçus par la fraude, que nous avons redoublé d’efforts pour l’éviter etque nous avons été ainsi amenés àcons tater les propositions suivantes et quelques autres dont le présent travail constituera le développement : l° Avant d’entreprendre l’étude d’un fait psychique quelconque, ilfaut se faire une notion exacte de ce que c’est qu’un sujet ou qu’un médium et du milieu qui lui est nécessaire ; W””FWW “ M‘— M
[ I 899 L’EXPERIMENTATION 3 2° Il faut se souvenir qu’un médium peut tromper consciemmentet en étant responsable de ses actes ou inconsciemment et sans aucune responsabilité, suivant qu’il agit à l’état de veille où à l’état de sommeil, ou dans un des états intermédiaires; 3“ Dans toute recherche de fraude, il faut ajouter à l’action consciente ou inconsciente du médium, celle du milieu physique et psychique pour poser le! pro— blème sur sa véritable base ; '4° Dans l'organisation du contrôle, il faudra tenir compte des réactions psychiques du contrôlé et arriver progressivement à remplacer tous les contrôleurs hu mains par des contrôleurs mécaniques.
C’est à chacune de ces questions préliminaires que nous consacrerons nos premiers chapitres. Ensuite nous aborderons l’étude de chacun des phénomènes produits par les médiums en énumérant et en analy sant tousles procédés de fraude que nous avons pu dé couvrir.
En publiant le résultat de nos recherches ex périmentales, nous avons la certitude de rendre un réel service aux expérimentateurs et aux vrais médiums et, par là, à la cause spiritualiste tout entière. De plus nous mettrons les honnêtes gens à même de dé masquer les professionnels qui font souvent leurs efforts pour faire retomber les soupçons sur les expé rimentateurs eux-mêmes, quand ils se voient sur le point d’être démasqués.
Experto crede Roberto. C’est à notre pratique personnelle que nous ferons le plus souvent appel, en taisant tous les noms et toutes les allusions inutiles. Mais, quand il le faudra, nous demanderons des lumières à .tous ceux qui ont eu kg}... - “:4 ‘ > ..
4 L’INITIATION l’occasion d’étudier les médiums ou les sujets et qui ont publié le résultat de leurs études. Tel est le plan de ce travail que nous livrons en toute sincérité à l’appréciation de tous nos lecteurs. PAPUS.
“Tilt sueur AR’I’”“’ PRÉFACE Sous les auspices de l’Université libre des Hautes Études de Paris dont une branche vient d’être recem ment établie en Amérique, nous publions le premier volume d’une série d’œuvres classiques dont l’étude constitue le fondement de l’enseignement de. la Faculté des sciences hermétiques. Ce n’est pas sans raison que nous avons choisi Pernety afin d’inaugurer ces séries.
Des trois mille volumes qui constituent la bibliographie del’alchimie , ceux de Dom Antoine—Joseph Pernety sont les seuls qui exposent avec méthode les théories des Artistes : Il est le seul et premier écrivain qui ait tâché de pré senter un système complet, court et concis du Magum opus. Les vaillants défenseurs de la Foi angélique aux (1) Trealise on the Great Art, by Dom ANTOINE-JOSEPH PERNETY. Edited by EDOUARD BLITZ. M. D. Boston, U. S. A. Occult publishing O 1898. —4,- J
THE GREAT ART 5 quels nous devons le réveil présent de l’Idéalisme n’ont pas manqué de reconnaître le rôle important que jouaient les philosOphes hermétiques dans la conserva tion et la transmission de la tradition sacrée concer nant les rapports qui existent entre Dieu, l’homme et la nature.
Malheureusement ils se sont trouvés face à face avec le sphinx, incapables de résoudre l’énigme; ils perdirent le chemin dans ce labyrinthe inextricable dessignes et symboles apparemment contradictoires, et dans les ténèbres de leur ignorance, ils ont été inca pables de distinguer le vrai du faux qu‘il entourait, ainsi que de séparer les faits purement physiques des spéculations purement mystiques.
Ayant une intui tion vague que l’Hermétisme ne s’occupait pas seule ment de la transmutation des métaux, mais aussi de l’évolution (émancipation) spirituelle de l’homme, ils ont profité de quelques analogies, qui s’étaient pré sentées, créèrent une alchimie mystique dont l'homme intérieur est le sujet exclusif.
Bien que les interpré— tations de ce genre peuvent, dans plusieurs cas, être appliquées au symbolisme alchimique, et que nous croirons suivre ainsi les traditions des Rose Croix qui fondèrent un système unissant indissolublement l’al chimie et la kabbale, des commentateurs modernes, empruntant un jargon des alchimistes —qui ne sont jamais plus obscurs que lorsqu’ils paraissent s’ex primer clairement (I) — en ont tiré des analogies que (I) Le Thesaurus Pilosophiæ démontre que le langage clair des philœophes est complètement illusoire, et ce n’est que dans les profondeurs incompréhensibles que nous devons ' ...-,.\ ,Wj .,. 'æ.
6 L’INITIATION la moindre connaissance des principes fondamenta ux de l’Alchimie physique suffirait à faire rejeter comme complètement dénués d’à-propos.
Les Rose-Croix étaient certainement des mystiques, mais leurs études étaient d’un caractère avant tout expérimental et purement physique ; l’association qu’ils professaient du mysticisme et de la chimie était fondée sur des analogies, dont la vérité pouvait être démontrée dans le laboratoire et vérifiée par les Sens physiques.
Aucune proposition métaphysique n’était acceptée par eux sans qu’elle pût être complètement confirmée par des démonstrations scientifiques, selon la pratique de Roger Bacon, le père de la méthode expérimentale. Les alchimistes acquirent la science des opérations divines par l’étude des arts humains et l’observation des phénomènes actu'els. L’hermétisme commence par l’étude des forces de la nature pour aboutir à la con— naissance duprincipe divin.
Néanmoins personne ne ‘ doit espérer pouvoir contempler le Soleil secret de cet Art royal tant qu’il est encore dans les ténèbres tou— chant les principes fondamentaux de jl’Hermétisme ou Alchimie physiques. L’art spagirique est une science morte; il y a longtemps qu’il a dit son dernier mot; il n’en reste rien sauf quelques traités, comme un fragment de ses vêtements extérieurs, et une mul— titude d’éluc'ubrations sans valeur des pseudo-adeptes.
Le Secret en est perdu, pour être retrouvé par les chercher la lumière d’Hermès. Lives ofAlchemistical Philo sophers, par BARRET. Édité par ARTHUR-EDWARD WAITE, Londres 1898, page 93. -v-“w .....—.....—. .,_.À_
THE GREAT ART 7 , h_. . .‘_ .. . . . .. , r n -l générations futures; mais afin d’être débarrassés de la peine de chercher dans de vieux livres et des manus crits poussiéreux, et de reconstruire.4 mot à mot, cette science dans son intégrité entière, et afin d’éviter le travail ennuyeux de déchiffrer les pantacles hiéro glyphiques et de rendre le sens secret de ces traités mutilés des maîtres qui nous ont été conservés à tra vers les siècles, il ne nous est pas permis d’inventer un Hermétisme nouveau, del’agrandir, ou de lui attri buer une signification que, probablement, il n‘eut jamais.
L’Hermétisme ne représente que ce qu’il est, et nous devons accepter ses renseignements pour ce qu’ils sont. sans essayer de le réconcilier avec les assertions de la science moderne et sans lui don ner quelque autre signification qui pourrait se pré senter. ‘ L’École a rejeté depuis longtemps la Philosophie hermétique, et les moyens d’investigation scientifique n’ont ici aucune valeur pratique.
La chimie du XIX° siècle elle-même n’en ofTre aucune clé; parce que les idées de la spagirique sont les con— traires absolus de celles de la chimie officielle. L’étu— diant doit user d’autres moyens ; mais qu'il se garde surtout d’idée préconçue, de son choix, ardent de sacrifier ses suppositions propres dans les symboles obscurs des savants du moyen âge.
Qu’il se rappelle que les symboles prouvent tout” et que les signes choisis pour défendre l’affirmation de quelque pro position peuvent être aussi em’ploye’s avec succès à démontrer la négation de la même proposition. Les symboles sont l'expression de l’Absolu, qui n’est ni _ _. .... .....-....«.«« -...-—.b....‘.
8 L’INITIATION .......ga.. «au—“han. ».-—s. m— x .—.‘. un -\r-‘ara—.1 .r.ans—1m positif, ni négatif, mais à la fois positif et négatif par rapport au point de vue duquel on juge. Ainsi un bon guide est indispensable afin de dis tinguer le bon chemin « qui mène aux Champs-Ely— sées, » de celui « qui longe le Tartare >5.
Malheureusement ces guides sont rares, et si par hasard on en trouve un, l’étudiant, quatre-vingt-dix— neuf fois sur cent, bien loin de vouloir le suivre en silence, préfère choisir son propre chemin.
Si l’étu diant ne dépend que de son bon vouloir supposé d’obéir à son initiateur, qu’il ferme ce livre, et renonce à son désir de lever le voile qui recouvre l’Arcane de la Philosophie hermétique, parce qu’il n’est pas encore préparé comme il doit l’être, il devra ou bien être victime d’un imposteur ou bien il omettra de reconnaître avec gratitude le don divin d’un mentor.
Il n’y a qu’une seule méthode par laquelle on puisse réussir à reconstituer sans maître, et dans toute son étendue cette science perdue ; et cette méthode que nous prenons plaisir à réveiller aussi clairement que possible est infaillible dans son résultat. Elle constitue l’opération la plus puissante de l’Ars Magica : I'Evoca tian.
Nous la décrirons sous ses aspects généraux, en renvoyant le lecteur pour les explications détaillées aux œuvres spéciales sur la magie transcendentale. L’Evocation consiste à forcer les esprits de mani fester leur présence devant celui qui les conjure.
Mais comme les esprits ne peuvent apparaître que d’une manière immatérielle et comme influences plus que comme individus — cela va sans dire que ces êtres ne peuvent se manifester dans une forme tan Z‘""_'ä
THE GREAT ART 9 gible (susceptibles d’être photographiés) à moins qu’un appel soit fait à notre principe, moitié matériel moitié spirituel : à notre corps astral.
Mais comme ceci est la grande opération à laquelle il n’est ni nécessaire. ni bon d’avoir recours, d’autant plus que I’Evocation, comme nous la recommandons, diffère de la grande opération en ce qu’elle est d’une durée plus longue, ou plutôt permanente; tandis que la dernière dépend des pouvoirs de celui qui conjure ;d’autant plus que la grande opération n‘est possible qu’aux initiés en théurgie, tandis que l’Evocation simple, ainsi qu’elle est ici décrite, peut être effectuée avec succès par quiconque possède les mots d’ordre du premier degré d’initiation: de la Patience et de la Volonté.
L’Evocation ou bien l’opération du premier mystère consiste à recréer l'atmosphère dans laquelle vécurent les morts lorsqu'ils étaient sur cette terre. Il est donc important que le choix d‘un maître invisible soit fait avec soin parmi la longue liste des philosophes hermétiques.
L’opérateur doit connaître la biographie du maître, et obtenir une impression correcte de son apparence extérieure; il doit connaître l’histoire du temps auquel vécut le maître, la géographie de son pays, la topographie de sa ville natale, le plan de sa maison et la disposition de son laboratoire.
S’ai dant de toutes les informations que les livres, les monuments ou la tradition peuvent lui fournir, le néophyte assemblera et classifiera chaque détail con cernant sa vie de famille, ses habitudes, ses occupa tions journalières, etc., afin de pouvoir reconstituer
10 L’INITIATION i dans le monde imaginaire, la vie du Guide choisi.
Placez-le au milieu de ses disciples, dans son labo ratoire, ou à l’amphithéâtre de l’Ecole où il ensei gnait; ramassez toutes les œuvres probablement connues et étudiées parlui ; lisez et relisez-les; écrivez de mémoire les œuvres mêmes du Maître, surtout ses passages les plus obscurs, parce que l’âme de l’écrivain peut toujours être trouvée dans ses paroles, prête à faire comprendre l’interprétation véritable à celui qui est désireux de les découvrir.
Collectionnez des objets contemporains du Maître,surtoutdes livres, des instruments et des œuvres d’art. Tout ceci aide à reproduire la partie la plus matérielle de l’at ' mosphère qui servira de véhicule à la véritable force magnétique qui formera le lien d’union entre l’âme ou influence du Maître invisible et celle de l’évoca teur.
Ce fluide magnétique véritable doit être établi entre l’esprit de l’opérateur qui est en ce moment actif et celui du Maître qui est passif; lorsque les rap ports sont enfin établis, l’esprit {du guide devient le pôle’ positif, et celui de l’initié le pôle négatif de cette batterie intellectuelle.
Afin de générer ce fluide ma gnétique, l’étudiant devra placer son intelligence au niveau de celle de son précepteur choisi : il doit apprendre à ignorer ce que le Maître savait ignorer; il doit croire en ce que croyait l’invisible lorsqu’il était sur cette terre, que la science moderne accepte ou rejette ces croyances; il doit repenserles pensées de son Maître, parler par ses propres mots, user des mêmes expressions, reciter les mêmes prières, prati quer la même religion, acquérir les mêmes habi
THE GREAT ART Il tudes. pratiquer les mêmes actes de vertu, vivre de sa vie.
Il doiben un mot mettre son cœur et son esprit en une parfaite sympathie avec le cœur et l’esprit de son mentor, afin de l’attirer de nouveau dans son atmosphère propre, dont il deviendra comme aupa ravant le centre intellectuel, il s’incarnent en son disciple, l’esprit duquel étant devenu maintenant semblable à la cire molle,acquerra au plus haut degré la faculté de réceptivité, et deviendra capable de recevoir les plus petites impressions du monde exté rieur.
L’influence de l’être ainsi évoqué ramenée dans ce monde par un magnétisme irrésistible, s’unira alors avec l’opérateur, et continuera par lui l’œuvre que la mort avait interrompue.
C’est ainsi que Hans von Bulow, qui vivait parmi les souvenirs, les œuvres, et les reliques de Beethoven, en consacrant sa vie entière à l’étude de son Maître, réussit à rendre l‘expression traditionnelle établie par le compositeur pour l’interprétation de ses sonates et de ses sympho nies.
Afin de réellement posséder et d'exécuter les œu vres ainsi que l’auteur lui-même les conçut, nous devons préparer en nous-mêmes un temple digne de le recevoir; nous devons placer toutes nos facultés mentales sous son contrôle; nous devons devenir un instrument docile entre ses mains.
Mais, selon la loi de réaction, cette soumission complète de notre part devient bientôt la manifesta tion d’une indépendance absolue et d’une liberté ab solue intellectuelle. Tel est le procédé que nous recommandons à tous
I 2 L’INITIATION nos étudiants, et c’est afin de leur faire connaître les opinions scientifiques des philosophes hermétiques que nous publions cet ouvrage de dom Pernety. Les opinions qui sont exprimées peuvent ne pas s’accorder avec l’enseignement des écoles, mais nous ne substituons nullement cet ouvrage à la chimie et à la physique classiques. Les théories exposées par Pernety étaient celles des alchimistes !
Pour le mys tique, pour celui qui cherche la panacée universelle, ou bien la pierre philosophale, ce traité renferme tout ce qui est nécessaire. Elle est la seule qui peut être acceptée, malgré ses résultats qui diffèrent de ceux de la recherche moderne, laquelle pour nous n’a au cune valeur.
Ainsi qu’il est indispensable aux élèves d’Edison et de Tesla de baser leurs études sur les ou vrages les plus récents de la philosophie naturelle, n’importe de combien la science de demain les trou vera arriérés; il est indispensable à ceux qui ne reconnaissent point la possibilité de la transmutation des métaux, de baser leur investigation sur la science qui suffit à Arnaud de Villeneuve, Nicolas Flamel et Paracelse (I). (I) Le regretté grand maître de la Rose Crmx kabbalis tique, Stanislas de Guaita, écrivait dans son dernier ouvrage ; < La composition de l‘or est possible, puisque la nature com pose de l’or dans l’intérieur de la terre. » M. E.
Varenne dit en 1896: « Compressez de l'hydrogène jusqu’à 200.000 atmos phères et vous obtiendrez un lingot d’or pur. » (Cité par Jules Lermina.) Le secret de la transmutation a été perdu, mais bien d’autres secrets de moindre importance ont été aussi perdus, tels que les couleurs indélébiles de l’Egypte, et Les vernis de violon des « Luthiers » de Cremona, que la chimie moderne avec tout son progrès est incapable de retrouver. Il ne peut y
TIIE GREAT ART 13 L’ouvrage présent que nous avons intitulé Traité du Grand Art est composé des différentes préfaces aux œuvres principales sur l’Alchimie du savant dom Pernety, tout spécialement de ses Fables égyptiennes et grecques dévoilées et réduites aux mêmes principes. (Paris, chez Bauche, 2 volumes in-12, 1758.) Cet ouvrage est la source presque unique à laquelle les interprétateurs modernes de l’alchimie ont puisé leurs informations, oubliant naturellement de rendre l’hommage dû à l’auteur, en omettant d’inscrire ses œuvres dans les listes bibliographiques qui terminent leurs compilations, et même allant, en certains cas, jusqu’à mutiler son nom lorsqu’ils étaient obligés de faire de longues citations de ses œuvres.
La publica tion de ce traité ne fait en effet que rendre justice au savant moinefrançais ; c’est une contribution à la re naissance de la science,qui contient en elle—même les germes des découvertes des plus importantes qui of— frirent un guide sûr parmi les symboles de la plus obscure des sciences occultes. Antoine-Joseph Pernety naquit à Roanne, France, en 1716, et mourut à Valence (Dauphiné) en 1801.
Etant toutjeune, il joignit la congrégration bénédictine de Saint—Maur et y dévoua sa vie à ces études patientes pour lesquelles les moines bénédictins sontjustement renommés ; il publia plusieurs ouvrages théologiques avoir aucun doute que les éléments chimiques de la chimie scolaire seront bientôt réduits à des éléments plus simples jusqu’à l'unité de la matière, le protyle de Crookes, et l’ab— solu chimique que nos aïeux connaissaient si bien sera faci lement retrouvé. ‘ E. B. à 7.’ i
14 L’INITIATION et des beaux arts, ontologiques, géographiques, philo sophiques et mathématiques, mais il devint célèbre pour ses recherches dans les royaumes des sciences se crètes.
Ses recherches des doctrines oubliées abouti rent en la création de « l’Académie d’Avignon », secte d‘llluminés dont l’influence s’est longtemps fait sentir en franc-maçonnerie : le degré le plus célèbre sinon le plus important qui fut introduit par Pernety dans la nomenclature maçonnique est le vingt-neuvième du rite écossais ancien et accepté, connu comme Kinght oftlze Sun ou bien Prince adept; une partie considé rable de son rite est encore conservée dans d’autres systèmes maçonniques comme par exemple l’ordre martiniste.
L’ouvrage que nous présentons est le résultat d’une étude comparative des écrits de philosophie spagi pique de tout temps, école et nationalité, et non seu lement un sommaire des idées personnelle de l’auteur sur ce sujet; c’est un monument de recherche patiente représentant plus d’un quart de siècle de travail.
L’écrivain a analysé avec soin les compositions classiques des maîtres, tout en préservant religieu sement les dogmes sur lesquels ils sont tous du mêmeavis, et en laisant de côté leurs contradictions ; et se basant sur l’action que la vérité une fois décou verte est la même pour tous, tandis que l’erreur ne présente que des occasions de discussion (1), (i)En comparant les adeptes et en examinant sur quels points ils sont d’accord et en quoi ils diffèrent, il (Bernard Trévisant) jugea que la vérité devait être incluse dans les maximes sur lesquelles ils étaient réellement unanimes. Il nous dit qu’il 'M‘W’j
THE GREAT ART 15 Pernety suivit l’exemple de Trévisant et compara avec une attention extrême les écoles grecques. alexan drines,arabes, françaises, allemandes, hollandaises, anglaises, kabbalistes, de la Rose-Croix, et délaissée de l’Hermétisme, et présenta la synthèse de leur doc trine de la manière claire et lucide qui caractérise si bien le savant français, de nature l’ennemi mortel de tout ce qui est obscur et incompréhensible.
L’ouvrage présent est divisé en trois parties : une introduction; un exposé de philosophie naturelle selon les hermétistes sans lequel tout essai de com prendre l’art de la transmutation est impossible; et de la théorie et de la pratique du Magistérium ou Art royal exposées d’une manière brève mais complète.
L’éditeur de cette traduction a conservé dans le texte les notes de Permety lui-même, et a introduit, comme appendice, des extraits empruntés à d’autres œuvres de Permety, Albert Poisson, le Champollion de l’alchimie, du Dr Papus, de Jollivet-Castelot, de Guaita, etc., dans les quelques places où le texte semblait permettre une explication Complémentaire. Ces annotations sont toujours suivies du nom de l'au teur auquel le traducteur a eu recours.
L’ouvrage contient aussi ,une table des caractères alchimiques. qu’on rencontre dans les œuvres spagi— riques, et un petit dictionnaire des symboles hermé attendit deux ans avant de prouver ses découvertes qui furent couronnéesde succès et que malgré les infirmités de son vieil âge, il recule encore quelque temps dans l’espoir de sa récompense tardive. Basasr’s, Lives of Alchemystical Philosophers, édité par Arthur Edward Waite, Londres 1888, page 123.
I 6 L’INITIATION \ tiques, qui fut complété par le regretté Albert Pois son pour ses Théories et symboles des alchimistes (I ), et qui sera de grande utilité pour lire les pantacles alchimiques. Dr B. BLlTZ. Traduit par Ml‘ and Mm MARSCHALL. Neuada; Missouri, le 3 Mars 1898. (I)Parîs, 1891.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE (Cette partie est ouverte aux écrivains de toute école, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la respon8abilité exclusive de ses idées ) En {INSTITUT Esvrarqar Les recherches psychiques vont prendre un nouvel essor. Un riche Américain. à la tête d’une institution scientifique, parait-il, vient de créer un institut éva lué à 75 mille francs, pour « la National Spiritualists Association » d’Amérique, dans le but de faciliter ses recherches, et surtout d’obtenir qu’elles soient pour suivies avec exactitude scientifique. Avec cette inten— tion, tout en plaçant l’Institut sous la direction du comité de l’Association ci-dessus, il a adjoint les ser vices d’un expert en recherches physiologiques et pathologiques. Les études doivent se poursuivre en toutes les sec— tions de la psychologie expérimentale. Une attention spéciale sera donnée à l’expérimentation des phéno mènes médiumniques. Les médiums invitées à se présenter seront logées aux frais de l’Institut. Un cer tificat leur sera délivré ensuite constatant les phéno mènes véridiques obtenus, et un compte rendu sera publié en un journal spécial, organe de l’Institut.
I 8 L'INITIATION .-!. L’Europeaura donc àsadisposition,il faut le prévoir, des comptes rendus exacts de ces phénomènes éton nants qui se produisent en Amérique, ce qu’on n’a pu obtenir jusqu’ici, les conditions d’expérimentation étant trop peu satisfaisantes en règle générale.
Il est à prévoir que l’influence de l'Institut fera prévaloir des méthodes d’expérimentation plus rigoureuses et relè vera ces phénomènes du domaine du merveilleux pour les faire entrer dans celui de la psychologie expé rimentale. L’atmosphère intellectuelle est prête. Les travaux du Dr Hodgson, venant appuyer l'influence du professeur lames, le témoignage du professeur Nembold ont frappé les esprits cultivés.
Les profes seurs Gale, Hyslop, Miller, Delabarre, Hall, s’occu pent de la question en diverses universités. Nous sommes donc à la veille de voir les sciences psychi— ques passer dans la psychologie reconnue. Ne peut-on pas obtenir un résultat semblable en France ?
Il ne faudrait que l’extension du principe de coopération, dont le D" Encausse a donné un si bel exemple en créant le Syndicat de la presse spiritua liste, et la Société de conférences spiritualistes, pour voir la fondation d’un Institut psychique s’achever. Toutes les sections des sciences psychiques se trou vent déja représentées à Paris par des sociétés exis tantes.
Si,tout en conservant leur autonomie actuelle, ces sociétés déléguaiient un de leurs membres à un Institut psychique, une faculté dirigeante se trouverait constituée par ce fait. Les honoraires payés par les étudiants donneraient sans doute un budget suffisant pour couvrir les frais. Les sujets existent ; mais ac—
UN INSTITUT PSYCHIQUE‘ 19 tuellement, quand il y en a de remarquables, me dit M. de Rochas, on les laisse mourir de faim, ou tom ber dans des métiers qui les dégradent. Dans un tel Institut, les étudiants auraient l’occa sion, en écoutant successivement les professeurs de toutes les sections des sciences psychiques, de se rendre compte des rapports mutuels qu’elles com portent.
Ils verraient que la suggestion hypnotique se complète par la suggestion mesmérique; que ces deux agents peuvent se remplacer et se suppléer. Ils se rendraient compte que l’état médiumnique est un état passif, suggestible, similaire à la suggesti bilité hypnotique.
Ils verraient sans doute des sujets mesmériques devenir les récepteurs de suggestions d’opérateurs invisibles, désincarnés, et reconnaitraient l’unité de nature du phénomène (appelé à tort d’incarnation) ainsi démontrée.
Par l’étude comparative, ils auraient l’occasion de constater l’unité de nature subsistant entre les personnalités produites par la suggestion chez les sujets hypnotiques tels que « Benoit », de M. de Rochas, et Miriau, du Dr Berillon, et les personnalités produites chez les médiums (appelées à incarnations) tout en reconnaissant la distinction qui les sépare.
En effet, chez les sujets hypnotiques, la subconscience du sujet groupe autour de l’idée suggérée toute une élaboration tirée des impressions précédemment enre gistrées et produit une présentation artistique de l’idée. mais rien de plus. Tandis que les personnalités mé— diumniques sont accompagnées de communications de faits inconnus au médium et aux assistants; de
20 ‘ L'INITIATION langues étrangères; de prophéties; d’incidents vrais appartenant à la vie de personnes inconnues au mé— dium, etc., etc.; ils reconnaitraient cependant aussi que, quelquefois, le médium estsuggestionnépar l’assis— tance, et que l’effet de ces suggestions peut se mêler aux communications produites par les suggestions de l’opérateur invisible et produire de la confusion.
Une attitude mentale d’antagonisme positif peut retarder ou fausser la réalisation. De même l’étude comparative de l’écriture automa— tique produite par la subconscience d’une hystérique contraste avec celle produite au travers d’un médium en ferait nettement ressortir la distinction.
On obtien drait sans doute ce qui s’est déjà produit assez de fois, la réception de messages transmis au sujet par un opérateur expérimentaliste et écrit automatiquement par elle, ce qui démontrerait clairement que ce n’est plus la subconscience du médium qui en est le pro ducteur.
De telles études comparatives feraient constater que les communications d'un médium à trance ne sont pas le produit de sa subconscience ainsi que le préten dentquelques psychologistes, pas davantage que ne le sont les phénomènes de la suggestion hypnotique. La suggestion par un Opérateur est la précondition des effets produits dans les deux ordres de phénomènes.
Cela démontrerait aussi que ces phénomènes sub jectifs ne sont pas l’effet de la suggestion des assis— tants, pas davantage que ne le sont celles produites en travers des médiums à phénomènes objectifs, physi ques, extériorisés, etc. Mais dans les deux cas, on me.
UN (NSTITUT PSYCHIQUE 21 connaîtra que ce sontdes suggestions qui sont la cause déterminante, de même que dansles effets physiques, organiques afiectés dans la psycho-thérapeutique.
L’étude comparative donnerait l’occasion cependant de constater que tous ces phénomènes subjectifs sont d’ordre suggestionnel, et que les suggestions peuvent être transmises à des distances considérables par ce qu'on appelle aujourd’hui la télépathie, autrement dit la suggestion mentale.
Par contre, les phénomènes d’extériorisation vien draient expliquer les phénomènes médiumniques d’apparitions objectives; de mouvements d’objets à distance; de coups frappés; d’apports, etc. Même les expérimentateurs arriveraient sans doute à produire eux-mêmes des faits similaires par suggestions, au tra vers d’un sujet à extériorisation, en démontrant ainsi le,'mode de leur production.
En effet, des phénomènes similaires ont été produits par plusieurs opérateurs français : M. de Rochas, le Dr Moutin, le D' Ferroul je crois. Le professeur Boirac et le D' P. Joire ont déterminé des mouvements physiques chez leurs sujets par la suggestion mentale. Des effets similaires pourraient bien se reproduire, il faut croire.
' Mais tous cesphénomènes passifs, produits par l’ac tion positived’un opérateur sur un sujet passif, trouve raient leur contraste complémentaire dans les phéno mènes actifs, produits par l’opérateur agissant posi tivement sur son propre élément passif, et produisant les phénomènes de la télépathie et de la magie. Pour comprendre le processus de ces phénomènes, If;4{mm» ;_»:;._, . '| I
22 L’INITIATION un cours par un neurologiste, sur les rapports psy— cho-physiologiques, seraitnécessaire;ainsiqu’un cours sur les analogies entre le circuit nerveux et l’électro magnétisme.
Et afin de ne pas perdre l’esprit de la logique par suite de la culture de la volonté que l’oc— cultisme nécessite; pour ne pas tomber dans les erreurs du panthéisme matérialiste. de l’existence personnelle indépendante, un cours de philosophie par un métaphys‘icien spiritualiste serait un accompa gnement nécessaire.
En présentant le même projet aux lecteurs spiri tualistes, j‘ai insisté sur la nécessité de l’étude de la suggestion hypnotique et mesmérique et de la magie, afin d’arriver à comprendre les phénomènes médium— niques. Mais en parlant à des occultistes, il faut faire valoir la nécessité d’étudier les phénomènes médium niques, pour saisir la vraie valeur de la magie.
En effet, l’étude comparative de ces phénomènes démon tre que l’extériorisation active, soit télépathique ou magique, est basée sur les mêmes lois qui agissent dans les phénomènes spirites. La télépathie et la magie sont donc des représentations sur notre plan subordonné, des mêmes procédés par lesquels les opérateurs spirites (désincarnées) se mettent en rap port avec les hommes (esprits incarnés).
Ce fait est un des arguments les plus puissants en faveur de l’étude de la magie. Je connais des faits dans lesquels des personnes, ayant la faculté d’extérioriser leur double, ont pu parler de leurs amis par ce moyen et même les sug gestionner. Je connais deux cas dans lesquels des
UN INSTITUT PSYCHIQUE 23 discours faits en public ont été ainsi suggestionnés aux récepteurs, qui ont agi en ces circonstances exacte ment comme ce qu’on appelle les médiums à inspi ration, dont il y en a d’assez nombreux en Amérique, qui remplissent les fonctions de pasteurs dans des ser— vices religieux tenus dans des temples, les dimanches_ Cependant, je remarquerai que les phénomènes de la télépathie et de la magie restent toujours d’orde subordonné aux phénomènes spirites, parce que les opérateurs humains occupent un plan inférieur d’évo lution, à celui occupé par les esprits opérateurs. (Bien entendu, je ne parle pas ici des esprits d’hommes grossiers et ignorants encore attachés au plan éthéro terrestre, et qui produisent des phénomènes en rap port à leur état d’inintelligence, mais des esprits ayant passé à travers de la deuxième mort : la mort astrale.) Ainsi l’homme qui extériorise son double ne peut jamais le rendrelumineux et phosphorescmt, comme les « éthérialisations» produites par les opérateurs spirites.
Aussi l’opérateur humain ne peut matéria liser son double une fois extériorisé et lui donner toute l’apparence d’un corps physique, vivant, ainsi que le font les opérateurs spirites. Théoriquement il est admissible que si l'homme avait la connaissance nécessaire des lois agissantes, il devrait pouvoir produire ce même phénomène, puisque l’homme est lui-même un esprit.
Aussi je sais qu’on prétend que des adeptes de l’Orient pro* duisent ce phénomène, et apparaissent simultanément en deux endroits à distance, en corps physiques. Mais on a émis tellement de prétentions exagérées et illo fr'
2 4 L’INITIATION ' .<l-::»‘A‘"‘ giques à l‘égard de ces adeptes, qu’il est permis de m’accepter ces dires que quand nous aurons des preuves appuyées de témoignages indépendants et désintéressés. Aussi il y a un fait important à cet égard, que les fervents qui soutiennent ces prétentions n’ont jamais indiqué: le double humain est éthéré (astral) de même que celui des esprits.
Pour descendre sur le plan inférieur, physique, il n’y a qu’un seul moyen : celui par lequel les esprits passent dans la naissance physique, et par lequel les désincarnés passent dans la matérialisation, c’est-à—dire en travers d’un corps physique. En eflet, ce sontles moi-conscients qui cons tituent les relais, ou points de jonction; le plexus, entre les divers plans de l’Univers.
Cette loi ne peut être surpassée par personne, incarnée ou désincarnée. Donc il faut un médÎUm pour un corps temporaire, comme il faut une mère pour un corps permanent. Cette loi est connue en la magie dans les opérations par un « lien spiralique » agissant en travers d’une autre personne. Mais nous n’avons aucune preuve que les adeptes peuvent matérialiser leur double, comme le font les esprits en travers des médiums, (ce que j’ai souvent vu).
Le colonel Olcott affirme qu’un des adeptes de son école lui est ainsi apparu, pendant que Mme Blavatsky dormait dans la pièce à côté. Mme Blavatsky était un fort médium ainsi que sa famille le constate et le colonel Olcott le reconnaît. Il n’y a donc aucune preuve que ce phénomène (dont je ne nie nullement la réalité) n’était autre qu’une matérialisation spirite ordinaire. En d’autres termes,
UN lNSTITUT PSYCHIQ UE 2 5 toute l’expérimentation connue démontre que c'était un désincarné qui s‘est ainsi manifesté et non pas un incarné. Le fait que cette forme ait laissé son turban comme souvenir trouve bien des parallèles dans les phénomènes médiumniques connus. Ces quelques observations démontrent l’utilité de l’étudecomparalive, menée de front, des diversss sec— tions des sciences psychiques.
La France tient le premier rang en Europe en psycho-thérapeutique. Il est regrettable que les esprits éminents, qui ont porté cette science à la position qu’elle occupe, n’élargissent pas le champ de leurs études pour embrasser toutes les facultés psychiques humaines.
Dans un discours récent fait à la Société d’hypno logie et psychologie par un professeur indou de Cal cutta, il a dit àson auditoire d’hommes scientifiques que la suggestion verbale, telle que la conçoivent les psychologues occidentaux, ne comporte qu'un nombre limité de phénomènes.
Mais toutes les vibrations de l’éther sont autant de suggestions et le système nerveux de l'homme est influençable par d‘autres excitations dont l‘action est beaucoup plus intense que celle de la suggestion verbale. Il a décrit des expériences auxquelles se livrentsur eux-mêmes les étudiants orientaux.
En effet, ainsi que l’a démontré le Dr Durand de Gros dans son « Cours de Braidisme », les facultés psy chiques de l’âme peuvent être surexcitées et provoquer les plus étranges effets d’exaltation de nos facultés, entre autres l'extase. La thaumaturgie religieuse par ana—nui_k._4 __
20 L’INITIATION -\—*-vn.__ï..‘ . -a. laquelle sainte Thérèse éleva son âmejusqu’à Dieu; les doctrines des Brahmanes et des Bouddhistes humains par lesquelles on peut goûter dès ce monde la béati tude suprême du Nirvana (Samahdi) ; la dévotion des Yoguis par laquelle ces mystiques cherchent à s’uni fier à Dieu, consistent en des opérations où il nous est impossible de ne pas reconnaître le fait fonda mentale du Braidisme.
Ce fait fondamental, le Dr Durand le démontre, consiste en la concentration sub jective sur une idée; une image (ou une personne). Mais ainsi que le professeur indou l’a fait entrevoir, cette concentration interne peut être accompagnée par des excitations du système nerveux, beaucoup plus intenses que celles connues du psychologue jusqu’ici.
Il serait donc très à désirer de voir les autorités éminentes de la psychologie expérimentale française étendre le champ des leurs études sur d’autres facultés psychiques de l’homme. Les connaissances néces— saires existent; il n‘y a qu’à les réunir en association mutuelle.
Le meilleur moyen serait sans doute la fon— dation d’un Institut psychique avec laboratoires d’ex— périmentation, où les chercheurs pourraient travail— ler en dehors de tout parti pris. QUESTOR VITÆ. nrw**a-æu-.«-m _ . . . ,_. .—. -écæm
Sua JL’iÊ)GCŒILÏI‘KSMIE Ce que l’esprit moderne reproche le plus à la Science Occulte, c’est d’être occulte. Néanmoins, beaucoup de gens sont attirés aujourd’hui vers l’oc cultisme et ils sont attirés précisémentpar l’état d’âme qui fut le grand motif de l’occultation du Savoir.
« Malheur à qui révèle les secrets de la Nature à ceux qui ne sont pas dignes d’en recevoir la révéla tion », est un avertissement qui retentit d’un bout à l’autre de l’Occultisme. Des audacieux ont cru pouvoir le braver; ils s’en sont repentis inutilement. C’est justement par ce qui les rend inaptes à la réception de la connaissance occulte que beaucoup d’hommes sont attirés vers l’Occultisme.
Tous les hommes ont en germe, dans leur nature, l’aptitude à recevoir la connaissance occulte; c’est par là qu’ils sont égaux; ils sont égaux en possibilité de recevoir la connaissance occulte, mais ils ne sont pas égaux en aptitude à la recevoir actuellement; c’est la distinction que ne savent pas faire les partisans de l’égalité totale. « Un homme en vaut un autre ». Oui et non. Oui en nature germinale; non en floraison.
Un grain n’est pas l’équivalent actuel de la plante poussée d’un grain pareil à lui ; il n’a pu être que l’équivalent du grain d’où la plante est sortie. Une noix est l’égale -WhA— A—- M » A.«4..__a..Mom.
28 L’INITIATION d’une noix mais pas celle d’un noyer. Est-ce que les vents et les brises peuvent dire par la noix les chan— sons qu’ils disent par la feuillure du noyer? Les hommes ne sontpas égaux en aptitudes actuelles, c’est un fait.
Et c‘est sur ce fait que sont basées ces paroles de l’Évangile, si effrayantes et repoussantes pour ceux qui ne les comprennent que comme le vulgaire : « A vous il est donné de connaître le mystère du royaume de Dieu ; mais à ceux qui sont dehors, ces choses sont dites en paraboles, afin qu’en regardant ils ne voient point et qu’en écoutant ils n’entendent point. » La parole du brillant théoricien de l’égalité totale des hommes, Rousseau, a prolongé ses vibrations dans notre siècle, et des cerveaux bien doués réper cutent encore cette idée.
' Les disciples des Initiés parlent en paraboles; ces paraboles sont comme le fredonnement d’une chan son dont les paroles ne sont pas prononcées. C’est déjà quelque chose que de savoir l’air d'une chanson avant d’en connaître les paroles; quand, plus tard, on les apprendra, on pourra plus,vite chanter la2chan son sur le ton qui lui convient.
Tous les livres d’0ccultisme sont des airs de chan sons inconnues, et ceux qui répètent les phrases de ces livres ne font que bourdonner ou fredonner des airs dont les paroles sont absentes. Les « perles » de l’Évangile, ce sont les paroles de la Grande Chanson; ce sont ces perles-là qu’il ne faut pas jeter aux pourceaux. îI If
SUR L’OCCUL’I‘ISME 29 LMW«-a-.,_ ._.___ v__üä___ La Grande Chanson, c’est la Musique des Sphères de Pythagore, c’est le Grand Souffle des Indous; ce sont les Lois et les Forces de la Création. Les hommes ordinaires sont parlés, et leur verbe n’est que le bruit d’un gong; le gong sait-il ce qu’il fait en bruissant ?
Les hommes sont créateurs dans une certaine me— sure, maisons, villes, jardins, outils, machines, n’existeraient pas sans les hommes; mais sont-ils ca pables de faire des chaînes de jmontagnes, des mers, des planètes, des étoiles, des soleils? Ce qui fait toutes ces choses-là est donc immensé ment plus créateur qu’eux.
Comme les hommes fon leurs petites créations avec leurs idées, leurs volitions et leurs actions musculaires et ne pourraient pas les faire sans cela, ils peuvent induire de là que Ce qui crée les soleils, les étoiles, les planètes, les mers, les chaînes de montagnes le fait aussi à l’aide d’idées, de volitions et d’actions musculaires; Cela, le Créateur des choses de la Nature est ce qu’on a nommé les Dieux, modifiés synthétiquement dans l’expression Grand Architecte de l‘Univers, sans que cela im plique que les Dieux et encore moins le Grand Ar— chitecte, aient, comme le pensent les idolâtres, la forme humaine.
L’attribution de cette forme aux Dieux, à l’exclusion de toute autre, est une idole, un produit de l‘imagination humaine, pas autreîchose. En tant qu’intelligents, volontaires et actifs, les dieux ont la même nature germinale que l’homme, mais pas forcément tout le reste des propriétés humaines et encore moins forcément pas autre chose. L’homme
30 L’INITIATION est apte à la création suivant les quantités d’intelli gence, de vouloir et d’activité dont il est possesseur. Ces quantités diminuentd’autant plus que l’homme devient plus égoïste.
L’égoïsme a toujours pour cor rélatif le rétrécissement de la compréhension; il faut en effet être peu compréhensif pour attribuer à son moi la qualité de centre du monde, quand , par millions, les faits, chaque jour, nous donnent l’affir— ‘mation du contraire.
La volonté s’exerce dans le champ de la compré hension, donc, plus ce champ est rétréci, moins il y a de volonté exercée; l’activité étant la servante de la volonté se trouve ainsi diminuée. Introduisez dans l'esprit d’un égoïste la connais— sance des faits qui n’apparaît normalement que dans _ une compréhension plus large que la sienne, et cette connaissance serà par lui mal appliquée. Cela est forcé.
Sa compréhension n’étant pas de celles où une telle connaissance apparaît normale— ment, il ignorera les rapports des faits qui sont l’objet de cette connaissance avec d’autres faits ignorés de lui et agira sans tenir compte de ces rapports. C’est pourquoi l’enseignement occulte n’est donné qu’à ceux qui sont suffisamment développés pour la recevoir; aux autres on parle en paraboles.
Sous la parabole, il y a le sens caché que peuvent découvrir ceux qui font effort suffisant pour parvenir au déve loppement; on ne peut donc pas dire que le savoir occulte soit refusé à personne. Celui qui demande le savoir occulte avant dévelop— pement suffisant de sa compréhension, ressemble à
SUR L’OCCULTISME 31 un homme qui voudrait qu‘on lui apprit immédiate— ment le maniement des hautes mathématiques sans passer par l’étude des mathématiques élémentaires. Les compréhensions sont étagées comme les cli mats; ou ne trouve ni chênes ni sapins dans les plaines tropicales; il ne pousse pas de palmiers sur les montagnes, dans la région des neiges constantes. ‘ On a ditque les religions (exotériques) sont des phi losophies populaires.
Les grossières idées religieuses des masses sont tout ce qui peut pousser dans le champ de leur compréhension. On perd son temps et sa force à parler de métaphy sique à l’illettré. Il ne peut penser les idées abstraite— ment: il concrétise tout.
Si vous lui parlez d’intelli gence, il comprend immédiatement un corps humain vivant et pensant, d’où l’anthropomorphisme des dieux dans toutes les religions des peuples primitifs; les masses populaires des nations civilisées sont tou jours des primitifs _ Dans toute religion, il y a deux choses àdistinguer: des idées supérieures mises à la portée des masses dans la forme concrétisée qui estlnécessaire pour que ces idées descendent jusqu’au niveau de la compré hension vulgaire; puis l’emploi que les clergés font invariablement de ces idées en les augmentant de beaucoup de corollaires, pour exploiter les masses à leur profit.
Sans les idées supérieures que les religions mettent à la portée des masses, celles-ci redescendraient vers l’animalité; de là l’utilité des religions, mêmeles plus mauvaises.
3 2 L‘INITIATION [JANVIER On ne peut pas en dire autant du système d’exploi— tation des cléricatures: il est toujours mauvais, même dans les meilleures religions. Dans toutes les religions, le corps de la prêtrise, quelque brillantes que puissent être d’individuelles exceptions, est avide de richesses, de pouvoir, de do mination, de tyrannie, d'infaillibilité.
Pour parvenir à lzîI satisfaction de son avidité, tout corps de prêtrise, comme le constate et le fait com— prendre si lumineusement Strada, se pose comme médiateur entre l’homme ordinaire, le fidèle de sa religion, et le Dieu de cette religion.
Ce Dieu est toujours un sourd, au moins un dur d’oreilles, qui n’entend guère que ce qui lui est dit par ses prêtres, seuls possesseurs du tuyau acous— tique allant de la bouche des hommes à l'oreille de leur Dieu. De plus ce Dieu est toujours une idole, c’est-à-dire une création de l’imagination humaine, particulière— ment de l’imagination cléricale, doué de toutes les qualités et affligé de tous les vices des hommes.
En conséquence, il accorde ou refuse ses faveurs suivant ses caprices, ses fantaisies du moment (doc‘ trine chrétienne: catholique. protestante et orthodoxe, de la Grâce). Pour s’attirer les faveurs capricieuses d’un dieu de religion quelconque, il faut le prier, et la prière est encore plus efficace quand elle passe par la bouche du prêtre, celui-ci ayant avec son dieu des accoin tances particulières. Dans l’état de moralité ordinaire des hommes, la
1899] sua L’OCCULTISME 33 prière a généralement pour but l’obtention d’un avan tage particulier pour celui qui prie. . L’un prie pour la santé, l’autre pour la richesse, un autre pour être nommé à un poste honorable, un autre pour la punition de ses ennemis. Ce sont là des choses favorables à l’individu fai sant la prière. Le désir de ces choses ne naît que dans l‘état d’égoïsme intense.
Celui qui prie pour obtenir de la richesse ne demande pas à son dieu la création instantanée d'une richesse dont il lui serait fait 'cadeau, mais se contente d’espérer que son dieu lui mettra dans les mains de la richesse actuellement possédée par une autre ou plusieurs autres personnes; le but de sa prière, avan— tageux pour lui, serait détrimenteux pour d’autres. Il en est de même pour les autres prières égoïstes.
Aussi malgré les belles proclamations d’amour du prochain, les religions à dieux capricieux ont toutes pour résultat l’entretien et le développement de l‘égoïsme dans la masse de leurs fidèles. Un dieu qui peut se laisser influencer par des prières, alors qu’il est le souverain gouverneur du monde, n’est pas un dieu juste, mais un dieu qui régit son domaine suivant des fantaisies quelconques analogues à celles des hommes.
C‘est là le point capital à considérer pour juger les dieux des religions; et c’est le point dont tous les théologiens défendent les approches par des remparts de raisonnements labyrintheux. Les occultistes ne reconnaissent pas les êtres de 2
34 L’INITIATION ....._ ,, cette espèce comme le Dieu suprême, mais seulement comme des créatures pouvant posséder un champ de conscience beaucoup plus large que celui des hommes, mais n’étant comme les hommes que des créatures et des créatures subordonnées.
Sur ce point, l’Occultiste diffère des penseurs ordi naires en ce que ceux-ci, une fois reconnue l’inanité du titre de suprême donné à des dieux non pas secondaires mais d’un rang quelconque non évalué, affirment que ces dieux mineurs n’existent pas. L’Occultiste croit à l’existence de ces dieux mineurs, et plus d’un occultiste sait la réalité de cette existence, la connaissant par expérience' personnelle.
Ces gens-là, les dieux mineurs peuvent être priés comme des hommes, ils peuvent aussi être insultés comme des hommes, et il en est dans le nombre qui sont très sensibles aux prières comme aux insultes. D’après la Bible, Jehovah est du nOmbre des dieux susceptibles, pauvres diables de dieux ne 'valant guère mieux que leurs adorateurs.
Au-dessus des dieux susceptibles, nos voisins d’exis— tence, il y a des dieux impassibles que n’émeuvettt ni les supplications ni les injures; leur besogne, dans l’atelier de la création, est plus haute que celle des dieux susceptibles. L’Occultiste est l’homme qui prend p0ur champ de conscience ce qui est normalement le champ de conscience des dieux; il participe à leur existence et par conséquent à leur connaissance.
Mais il n’est pas indispensable d’avoir la connais— sance d’un dieu pour exécuter certaines opérations __ _, _ , , . ..-.anW
SUR L’OCCULTISME 3 5 des dieux; l’ouvrier électricien qui monte et utilise des appareils puissants n’est pas pour cela l’égal en connaissance d’Ampère, et pourtant cet ouvrier peut produire des résultats qu’Ampère n’a jamais produits. C’est une des raisons pour lesquelles l‘Occultisme est occulte.
Il y a deux catégories dans les hommes : ceux pour qui la connaissance est l’affaire principale; ceux pour qui les résultats phénoménaux sont l'affaire principale; en montant à certaines régions des causes de l’aspect du monde que nous percevons, les pre— miers deviennent des occultistes, les seconds des sorciers. Dans le monde, il y a toujours assez de sor ciers, conscients ou ignorants de cette qualité. GUYMIOT. .L.x......-> \ ‘ x A -
, l QUELQUES MOTS SUR LE MÉDECIN BOURIATE (x) Éierre‘ ÆADMAIER ET SON LIVRE La Science Médicale du Thibet ' Depuis plusieurs années, il existe à Saint—Péters bourg un certain M. Pierre Badmaier qui a la réputa tion de guérir les maladies reconnues incurables par nos médecins officiels, qui certainement le traitent d’intrus et d’ignorant parce qu’il n’emploie presque au cun des moyens sanctifiés par l’Académie.
Ses médica— ments sont administrés en poudres, qu’on délaye ou qu’on fait bouillir dans de l’eau, du bouillon ou du lait. Jusqu’à présent on accusait M. Badmaier d’empi— risme. C’est pourquoi le livre qu’il vient de publier intitulé : la Science médicale du Thibet est double— ment intéressant, car il nous indique la source à laquelle il a puisé ses connaissances médicales.
M. Badmaier commence son livre en donnant une explication surl’origine de l’art de guérir, qui, d’après lui, se développe dans tous les pays, surtout en Orient, parallèlement aux croyances religieuses des nations, ce qui explique les connaissances profondes sur la médecine que possédaient les membres de l’ancien (I) Peuplade de la Sibérie (origine mongole). ‘ . . l .-;__uïsr‘—Æ_LJ
PIERRE BADMAIER sacerdoce. (Ildit que les prêtres gardaient le mono pole de cette science en la reliant étroitement à Dieu, et en en faisant une science sacrée.)le fsuis fâché que le cadre étroit de cet article ne me permette pas de m‘arrêter longuement sur les différentes manières d’analyser la dualité des deux principes, (le bien et le mal), parles Bouddhistes, les Brahmanes, les Juifs et les Chrétiens, et de développer, comme le fait très savamment M. Badmaier, comment naquit chez les Bouddhistes l'ascétisme, grâce à la lutte acharnée que devait soutenirl’esprit pur, bon, l'espritcéleste, contre l’esprit du mal, ou de la chair.
C’est en tuant la chair que Bouddha — Sakkia Mouni indique le moyen de faire triompher l'esprit du bien, l‘Ormuzd de Zoroas tre, — de là le développement extraordinaire de la spiritualité de l’être mystique, au détriment de la santé du corps, —-tandis que le christianisme, dans sa magistrale synthèse, nous montre le corps comme appui, comme trône nécessaire à l'esprit dans sa manifestation terrestre, nous indique la clef de leur alliance, et par cela même nous impose la nécessité de soigner notre corps, etd’avoir les plusgrands égards pour cet être qui donne l’hospitalité à l'E.sprit pur pen dant l’étape qu’il fait surcette terre.
Tous ces rappro chements sont faits par l’auteur pour indiquer à quel point il est difficile à la médecine, à l’art qui enseignait comment soigner et conserverle corps, de faire des progrès parmi les fidèles de Sakkia-Mouni (il était interdit aùx Ghélonnghs — moines du Thibet — de s’abriter sous le même toit qu’une femme). Les Bouddhistes n’étudiaient la science de Zo-Jed \
38 L‘iNITXATION Chonou et deYontog-bey qu’en casd’extrême nécessité. le ne puis m'arrêter sur les passages dans lesquels M. Badmaier parle de la mission de la femme, où il lui indique son vrai rôle de civilisatrice dans la plus belle acceptation du mot, car je devrais alors traduire fidèlement mot à mot tout le livre, ce qui n’entre pas dans le plan de ce petit résumé.
131 nous faut aborder maintenant la partie la plus intéressante de cette œuvre, la traduction du ;«J oud Chi » (livre qui contient la science complète de la médecine du Thibet) et la légende curieuse par la— quelle le « Joud-Chi» explique l’origine et le déve loppement de la médecine au Thibét.
Après avoir donné une description détaillée de la cité « attrayante >- où naquit l’art de guérir (qui rappelle beaucoup la ville de « Radjagriha » où habi— taient les rois légendaires de l’Indoustan « Bimbas— sera » et « Adiato-Satron » et le médecin «Zo—Jed Chouan » qui entouraient le non légendaire « Sakkia— Mouni »), il nous montre le maître idéal de la méde cine «Zo-Jed-Chonou » à la tête de quatre catégo ries d’élèves : les Esprits célestes, les Richis, les Brah— manes, et les Bouddhistes.
L’un des médecins des Esprits célestes, souverains de tous les êtres vivants, s’appelle en mongol — Tourghen, en lhibétain -— Nurba,en sanscrit— Pradiapaü ou Pradjapati-Rakch fils de Brahma l’autre, — Asvinne (en thibétain F a gar) est allié à Indra. Chez les Indous, les Asvinnes étaient des jumeamt; ils protégeaient les êtres humains de toute'espèce de dangers et leur administraient des remèdes divins.
PIERRE BADMAlEI! 39 Les Grecs avaient deux divinités, correspondant aux. Asvinnes, c’étaient Apollon et Artémise, enfants de Zeus et de Latonne, l'un avait le don de guérir, l’autre présidait à la naissance et à l’éducation des enfants.
Il est probable que dans ces médecins des Esprits célestes il faut voir les plus anciennes divini tés Agni et Varouna; l’un dieu de la chaleur et de la lumière,l’autre de l’air et de l’espace aérien.ll est bien évident que Pradjapati, Brigaspati, Brahmanaspati, Agni et Varouna, Nurba et Tourghen sont tousles idéalisations des différentes manifestations de la na— ture: la force vivifiante des rayons solaires, l’air, l'atmosphère en général sont incarnés dans ce méde— cin des sphères célestes, dans ce beau et vigoureux jeune homme, le plus compatissant de tous les dieux, ami des hommes, qui les console dans tous leurs cha grins et chasse les mauvais esprits.
D’après le «Bidouria Oubo» (commentaire du Joud Chi) les Richis portaient une couronne sur la tête ; ils étaient tous vieux, très maigres, car ils mangeaient peu, jeûnaientsouvent. portaient les cheveux, la barbe et les ongles longs, avaient le teint bronzé et, pour tout habillement, n’employaient que l’écorce des arbres. Les Richis passaient leur vie dans la médita— tion et la prière, au milieu des forêts et des déserts.
D’après la tradition du Thibet, il y avait sept Richis célestes: Poulâga, Kratu, Atri, Pulastya,Adigiras, Va cichstea et Marïtchi, qui enseignèrent la médecine à huit Richis terrestres, dont les œuvres sont réunies dans un recueil connu au Thibet sous le nom de Za raga-Dib—Jad. ;Wr;;, .‘;næ;‘gæ«* ;: L -—\ -,;, -'-'-‘v me» ‘—-«Wv ‘\« \“- -- --\”“
40 L’INITIATION Parmi les élèves du premier médecin sont men tionnésles trois saints bouddhistes que nous retrouvons partout où il estquestion du bouddhisme et des sciences qui y sont rattachées. L’un de ces trois saints est l’in carnation du corps de Bouddha, l’autre de son verbe, le troisième de sa pensée.
Le premier, Mansochri, est: représenté comme un jeune homme blond roux, riche ment habillé de soie et de pierreries ; il tient à la main une fleur bleue de laquelle sort un livre. Le deuxième, en mongol Ariabalo, en thibétain Jan retzik, est un jeune homme blond, habillé de soie, te— nant à la main une fleur de lis. Le troisième Vatchirvani est bleu et tient à la main un lis sur lequel est empreinte l’image de Vat chira.
Enfin l’incarnation des trois précédents, Ananda-— l’élève favori de Bouddha— Sakkia Mouni est représenté habillé des trois vêtements bouddhistes, tenant dans une mainla coupe très curieuse, ressem blance au JOd—Hé, à la coupe et au bâton du Tarot « batar »; dans l’autre une massue. C’est ce dernier (Ananda) qui a été l’élève de Zo-Jed-Chonou.
En somme, le développement historique de la science médicale aux Indes se divise en quatre pé riodes: la première, pendant laquelle l’art de guérir se trouvait entre les mains des Esprits célestes (Nur ba, Asvinne, Indra la Vierge céleste, 'etc.); la deu xième, des huit Richis; la troisième, entre les mains des Brahmanes, et la quatrième, des médecins Bouddhistes. La tradition thibétaine nous dit que Zo-Jed-Cho nou (fils du roi indien Bimbassara et de la fille d’un
PIERRE BADMAIER 4! marchand) alla dans « le pays des constructions en pierre » (l’Egypte) où il se perfectionna dans la méde cine, la chirurgie, l’anatomie et surtout dans la ma nière de procéder pour les opérations du crâne — sous la direction du «chefde la médecine» (on suppose qu’il est question icidu médecin Slierophile d’Alexandrie).
Revenu dans son pays, Zo-Jed-Chonou eutle bonheur de traiter et de guérir Sakkia—Mouni lui-même d’une légère indisposition gastrique. D’après toutes ces données, il faut conclure quel’au teur du « Joud-Chi » vivait au lil° siècle avant Jésus Christ. Après la mort de Sakkia-Mouni et de ZO-Jéd Chonou, la science médicale aux Indes devint une scienceocculte (ou plutôt occultée) connue seulement des Pandits bouddhistes.
La sciencé médicale indienne n’a pénétré dans le Thibet qu’à peu près 685 après Jésus-Christ.
Pendant longtemps la médecine fut enseignée sous le sceau du secret par les membres du sacerdoce (même après que Bérozana eut traduit en thibétain les œuvres des Pandits indiens et le « Joudi-Chi » ), parce que les Bouddhistes craignaient que la secte des « Bombonarres »(secte chrétienne, grégoriens, très peu connue des Européens) ne s’en servit pour gagner une influence trop grande sur la populace; car c’est sur tout par les guérisons, dit M. Badmaier, que les prêtres bouddhistes avaient réusssi à asservir la pop11ation ignorante: ils expliquaient aux patients, après chaque guérison, que c’était Bouddha qui lui avait rendu la santé, que c’était sa force divine qui s’était manifestée. Ce fut le médecin Derdog-Dava qui arracha cette
42 L'INITIATION ”'"I science des mains du sacerdoce et, la dépouillant de son voile mystérieux, la rendit accessible à tout le monde; un élève de ses élèves, loutog-Ball (vers 81 1 après Jésus-Christ) écrivit un livre sur la médecine et entreprit la première édition du « .loud—Chi ».
Les sciences contenues dans le Joud-Chi sont sub divisées en neuf catégories : I) De l’homme presque bien portant (la science du Thibet n’admet pas que l’homme soit tout à fait bien portant). 2) De l’homme malade. 3) La manière de distinguer par la vue seule (sans auscultation) un homme malade d’un homme bien portant. 4) Comment reconnaître un organisme malade par le toucher et l’odorat.
5) Comment doivent être posées les questions à un malade et à un homme bien portant, et quelle est la manière d’y répondre. 6) Sur la nourriture et les boissons pour les ma lades et les bien portants. 7) Du régime. 8) Des médicaments. 9) Soins extérieurs du corps, chirurgie.
Ce livre nous faitvoir que la physiologie, l’embryo logie etl’anatomie étaientconnues depuis longtemps au Thibet, mais M. Badmaier attribue ce développement de la science médicale beaucoup moins aux sectaires de Bouddha qu’aux Bombonarres. Selon lui, le Boud dhîsme ne voit le bonheur parfait que dans l’extinction de la race humaine (il prétend que ce sont exclusive
OCCULTISME ET CLERGÉS 43 ment les êtres portés au pessimisme qui s‘enthousias ment pour cet enseignement), dans l’anéantissement de toute passion, donc dans larépression de la vie phy— sique normale, et del’impossibilité du développement d’une science qui cherche àétablir l'harmonie entre le corps et l’esprit, sans empiéter sur le domaine de l’un ou de l’autre. Le christianisme ne fait pas un devoir, une obligation de la mortification de la chair.
Jésus Christ sanctifia le mariage par sa présence aux noces de Canna. Les passions humaines bien dirigées peuvent et doivent servir au bonheur del’Humanité et à la gloire du Grand Architecte de l'Univers. M. Badmaier est un ennemi juré de Bouddha et des Bouddhistes, il prétend qu’il n’ya pas de plus grands hypocrites au monde ! Voilà un petit compte rendu sur un ouvrage qui doit paraître sous peu en français et en anglais.
ESTRELLA D:;: S::: C::: @@@ÎŒLTÏSME ET ®LER@ÉS Si la vérité est une et universellement répandue, ses aspects sont divers et particuliers. Dans chaque climat et de chaque race est sorti un annonciateur, messager partiel du vrai et du bien, venu de la mer inconnue de l‘omniscience vers telle côte humaine obscurée et encore incertaine. Et ces annonciateurs,
44 L‘INITIATION dont une parcelle merveilleuse de Dieu, plus élevée que celle dont notre spiritualisme se trouve formé, brillait parmi les planètes humaines, simples miroirs en puissance comme une étoile de première gran deur. Ils ont dispersé aux peuples dont ils furent les prophètes des enseignements différents selon le de— gré d’intelligence et de réceptivité de leurs individus.
Aux uns,élus et futurs adeptes, ils dirent les mystères du petit et du grand monde, du microcosme et du macrocosme, de la création de la vie, de l’absolu divin, aux autres, primitifs, indécis comme des enfants, ils narrèrent les mêmes vérités voilées sous la légende afin qu’ils s‘y complaisent et les transmettent sans connaître leur prix, ils dictèrent enfin à leurs puérils entendements des règles pratiques d’existence dont la menace d‘un Dieu vengeur fût la sanction nécessaire.
Longtemps les prêtres, leurs successeurs initiés, pour— suivirent leur double tâche. Mais il est arrivé un temps où les derniers docteurs de la science secrète n’ont plus trouvé parmi les gens du temple de succes seurs dignes de recevoir le dépôt de la vérité, ils ont caché les doctrines sous les symboles et les ont trans mises à de rares laïques. Et les maîtres et les disciples ont disparu en silence.
Dès lors les prêtres ont en seigné les légendes et réglementé la vie des sociétés, mais ils n’ont point eu la science en partage et leur orgueil les a aveuglés, ils ont cru être les seuls dépo sitaires du Vrai, quand le Vrai dormait sous les symboles et qu’il ne leur était point donné de le ré veiller. Puis des hommes intelligents et doués d’in tuition sont nés longtemps après la mort des sages
occur:rrsme ET CLERGÉS 45 anciens, et les symboles oubliés ont hanté leurs mé ditations, ils n’ont point cru que les prophètes à la vie lumineuse aient pensé les choses insensées que le peuple apprend, ils ont enfin retrouvé le sens des paroles voilées et l’occultisme proprement dit est né.
Ce fut le moyen âge, époque féconde en penseurs, en savants, en philosophes, et les prêtres ignorants com prirent la supériorité évidente de ces nouveaux doc teurs et l’Église les brûla comme sorciers, par haine du savoir. Ouvrons maintenant à propos de cet esprit d’into lérance une parenthèse et mentionnons les atteintes portées par Rome à la liberté d'instruction et de pensée.
Au mépris de tout raisonnement logique et de tout enseignement révélé, ses prêtres non initiés ont voulu convertir de force à leur exotérisme mi aryen, mi-sémite, et quand ils ont échoué dans leurs tentatives ils n’ont pas reculé devant l’effusion du sang innocent ou les persécutions.
Ne les voyons-nous pas aujourd’hui, et qui voudrait le nier, exciter les Fran çais contre d‘autres Français, les malheureux israé— lites, exalterles basses passions et les sentiments cruels, régressions trop fréquentes vers les degrés humains parcourus contre des hommes coupables du crime peu prouvé et bien ancien de la crucifixion.
La marque même de ces inclinations dangereuses et fanatiques fut dans ces dernières années les odieuses machina tions et calomnies de l’anti-palladisme contre la franc-maçonnerie. Nous ne détendrons pas l’igno— rance de cet ordre que nous connaissons mieux que personne, mais il est pénible de voir la Société de
46 L’INITIATION Jésus qui se targue de toutes les vertus se faire le rem part de l'ignoble Léo Taxi]. Où s’arrêterait ce clergé romain si nous n’étions là, nous pour lesquels les religions ne sont que les voiles de la vérité, adaptés aux mœurs et aux climats des diverses contrées du monde. Notre devoir dans les circonstances analogues est de prêcher la charité et l’amour de nos semblables: bouddhistes, mahométans, juifs ou chrétiens.
Nous sommes occultistes. Revenons à la collectivité dont nous nous étions un instant écartés. Les enseignements exotériques ne sont pas d’accord avec le clergé, et la preuve en est facile à donner. Envisageons les livres révélés des religions. sémitiques, celles qui nous touchent de plus près et que nous devrions le mieux connaître. Moïse législa— ' teur d’Israël dit au sepher Bamidbar (Deutéronome, ch. xxw, v.
I7) : « Tu ne pervertiras point le droit de l’étranger. » — Jonas (ch.
111) dit que Dieu eut pitié des Ninivites parce qu’ils crurent en lui. — Les juifs vivaient en bonne intelligence sans chercher à les convertir de force avec les incirconcis, sectateurs du vrai Dieu, fidèles selon l’ordre de Melchissedech ou fils de Noé, Noachide comme on les appelait (Selden, droit naturel, Hérotode, Philon le juif, Fluv Josèphe). —- Saint Paul, vrai créateur de la religion chrétienne, dit (Romains.
11, 27 : « Si celui qui est incir conscis de naissance accomplit la loi, il te condam nera toi qui, avec la lettre de la loi et la circoncision, es transgresseur de la loi. » Enfin Mahomet, com plémentaire des prophètes et prédicateurs juifs et chré« tiens, dit (les Prophètes, XX1, sourate 93) : «Les juifs ‘I
OCCULTISME ET CLERGÉS 47 et les chrétiens sont divisés dans leurs croyances, ils viendront à vous d'eux-mêmes ».
Au pèlerinage, xxn, sourate 66, on lit : « Dieu a prescrit à chaque peuple ses rites sacrés, qu’il les observe et ne dispute point sur la religion. » Dans l’Araigne’e, xx1x, sourate 45, ne disputez avec les juifs et les chrétiens qu‘en termes modérés, dites : « Nous croyons au livre qui nous a été envoyé et à vos écritures. » Et cependant les mu sulmans détestent les juifs et les chrétiens pour d’au tres motifs que leur âpreté au gain et leurs exactions en Orient, et les catholiques romains ont voué une haine implacable à ceux qu’ils se plaisent à proclamer des hérétiques.
Nous ne voulons point dire que les clergés soient inutiles dans la société et que leur rôle soit d’un pa rasitisme onéreux. Nous comprenons et admirons même l’abnégation et le dévouement d’hommes renonçant volontairement aux biens matériels dans un but généreux et grand :l'amour du prochain.
Mais encore faut-il que ces bienfaiteurs par définition de l’humanité pécheresse et souffrante prennent leur œuvre à cœur et ne la délaissent point pour l’obten tion de vaines joies, ne se prétendent pas au mépris de toute raison les seuls intermédiaires entre la divi nité et les mortels, ne menacent pas à la légère de mort spirituelle et de damnation ceux de leurs frères humains dont les opinions politiques ou scientifiques, anodines contre la morale ou la religion, sont en opposition avec les idées personnelles de leurs direc teurs religieux. Moïse (malgré l'institution d’un sacerdoce dans le temple) mais surtout Bouddha,
48 L’INITIATION Jésus et Mahomet n’ont jamais donné à des hommes spéciaux le monopole d’interpréter les textes, et je crois que les traces de semblable aberration seraient difficiles à trouver dans leurs livres sacrés.
Les communautés protestantes, juives ou même mu sulmanes (en Asie tout au moins) sont dirigées par des prêtres dont la seule autorité est celle de conseil— ' 1ers, de gardiens du rituel et surtout de dispensateurs intègres des aumônes. La bienfaisance est une de leurs occupations les plus difficiles et des plus importantes. Ils n’ordonnent point, mais formulent de simples avis.
Ils ont compris que la douceur, le calme (nous ne parlons pas des mahdistes, sectes derviches, etc.), la mansuétude, la charité et l’éducation morale sont les seules raisons d’être des clergés actuels.
On voit dès lors facilement que si les prêtres s’attaquent à la science, proclament avec fanatisme la guerre aux opinions adversaires, se croient en possession de toute la Vérité et refusent aux autres communautés la lu mière partielle émanée de tous les prophètes, de tous les annonciateurs nés pour des raisons d’adaptation au milieu chez les peuples les plus divers, ils sont un obs tacle à la Vérité et de ce fait en opposition avec leurs livres sacrés.
Que l’on s’en réfère à la loi] juive. à l’Évangile, au Coran, la douceur etlatolérance sont tou jours si ce n’estordonnées du moins conseillées. Jésus a dit : Moïsevousa ordonné la loi du talion à cause de la dureté de vos cœurs, ainsi s’expliqueraient certains passages cruels peu nombreux d’ailleurs. Donc les occultistes sont les continuateurs des sa— vants pionpiers du moyen âge et des adeptes anciens, - ..1——
OCCULTISME ET CLERGÉS 49 leur but est l’étude de la science voilée sous les sym boles, ou oralement transmise quand les prêtres ont pour fonction de consoler dans les épreuves et de secourir les souffrances. Si quelquefois ils oublient pour quoi ils sont, souvenons-nous que nous sommes des martinistes et qu’il est dit dans les cahiers du pre mier degré: Comme la lueur émanée de plusieurs flambeaux ne forme qu’une seule lumière, les exote’— rismes et les ésotérismes particuliers sont des aspects divers et adaptés aux milieux de la même uérite’ une et universelle. Samuel E2RA.
munsrmArm De 1’Em‘ment Docteur Théophraste Paracelse (1536) Traduite en français et commentée d’après les prophéties modernes Par SATURNINUS S:;: I:'_1 C. G. E. (Suite) Quant à la date de la fin du monde (au moins de l’humanité actuelle, avant l’apparition des nouveaux cieux et de la nouvelle terre), elle est encore plus hypothétique. La tradition des kabbalistes (1), celle de l’Église catholique, la fixent aux environs de l’an 2.000. Saint Thomas aurait, en [797, révélé à ;la vé— nérable Prati que la fin arrivera dans l’espace de deux siècles (2). La fameuse prophétie de S. Malachie ne mentionne plus que dix papes après Léon XIII; or la moyenne du règne d’un pape est d’une dizaine d’années, ce qui nous conduit encore à l'an 2.000. Anne Emmeriche dit que l’Antechrist sera déchaîné 50 ou 60 ans avant l’an 2.000 (ce qui peut désigner sa naissance). Sœur Nativité annonce que la fin du (t) Zohar:ch. i, p. 21, etc. (2) 4<Celui-ci et l’autre ».
PROGNOSTICATION 51 monde aura lieu vers 2000 ou peu après. Selon la révélation d’un prieur de S. Guilhem, faite au xm° siècle, la fin du monde aurait lieu entre 1971 et 2021 (la moyenne de ces dates est 1996) (1).
Holz hauser a calculé que le nombre de l’Antechrist, 666 (6 + 6 + 6) donne dix-huit siècles, et 55 ans et demi en mois: mais, s’il avait compté ces années à partir de la composition de l’Apocalypse, il aurait dit que l’Antechrist naîtrait vers 1950, et non en 1855.
Le prophète Daniel paraît avoir annoncé 1260 ans pen dant lesquels le Pontife gouvernera comme souverain de Rome l’Église universelle: ces années peuvent être comptés de 756 à 2016, si Daniel n’a pas voulu dési gner une période tout à fait distincte (IX, 24) (2).
Mgr Rigaud, dans ses Annales des croisés de Marie (3), constate que les nombres 9 et 19 sont les nombres fa tidiques de l’apparition de La Salette, qui a eu lieu sous Pie IX, le neuvième mois de l’année, septembre (qui compteg lettres) ;en plein XIX" siècle, le 19 septembre 1846, date dont les chiffres donnent 19.
En ajoutant 19 à 1846, puis à la date obtenue, et ainsi de suite, on obtient des dates dont la somme donne toujours 19 (1855, 1864, 1873, 1882, 1891, 1909, 1918, 1927, 1936, 1945, 1954, 1963, 1972, 1984, 1990. Ces chiffres fatidiques permettraient de trouver la dernière année de l’Antechrist : il faudrait ensuite aller jusqu’à 2089 pour rencontrer une date dont la (1) A.
Peladan, Dernier Mot des prophéties. (2) Annales du Croisé de Marie, 1889, p. 351. (3) Limoges, 19, boulevard du Collège; août 1895. 7 /I\
5 2 L’INITIATION somme est Ig. M. l’abbé de la Tour de Noé reconnaît que la fin du monde aura lieu en 2004 d’après l'abbé Moélo, Bunelin, etc. (I). Une tradition aussi répandue mérite l’attention des esprits sérieux. SATURNINUS. FlN. Brève explication de la Prognosticalian de l’éminent docteur Théophraste Paracelse, ajoutée comme terminaison et conclusion.
Nous avons passé en revue les trente-deux gravures de notre étude astrologique, gravures qui se rapportent à une durée de 44 années (2). Mais nous y avons à peine touché, tout en y ayant consacré beaucoup de travail. Elles doivent jusqu’à leur temps marqué rester (r) La fin du monde en 1921 (il: Tourcoing, Boisleux, br. in-12, I885.
La date de la mort de l’Antechrist ne doit pas être confondue avec celle de la fin du monde, qui n’aura lieu qu'après plusieus années d’un dernier triomphe de l’Église. Les 55 ans I/2 peuvent désigner la vie de l‘Antechrist. D’après Piazzi Smith et Lagrange, 1882, 191 I, I939, [957, I964, 2000 seraient des dates remarquables. (Calculs sur la chronologie de la grande pyramide; voir l’analyse du Voile d‘1sis, n° 204).
Si la période de 515 ans fixée par Brück est bien exacte, il est possible que l’Eglise vive les périodes ou 2060 ans; et 2060 + 33 (vie du Christ) = 2.093. Mais la tradition chrétienne dit que les temps seront abrégés et que le Père se réserve le secret du jour de la fin du monde actuel. Selon une prédiction gravée dans l’église d'Oberemmel, quand Saint-Marc donnera Pâques, le monde entier résonnera de cris de douleur.
Pâques tombera le 25 avril, fête de Saint—Marc, en 1943, 2038, zrgo, 2247. (2) Prendre ce chiffre dans un sens particulier : 440 ans ?
PROGNOSTICATION 5 3 cachées et obscures, connues d’un petit nombre d’hommes. Nous avons assez parlé pour ceux qui doi vent comprendre; c’est pour eux que nous écrivons 2 aussi je m’efforce d’être bref et obscur. Le temps et le papier me manqueraient si je voulais commenter et développer chaque figure comme le voudraient, l’importance et le caractère providentiel du sujet.
Chaque dessin demanderait un livre, et un livre bien plein, sans disproportion. Je commence et j’expose très brièvement, sous cette forme voilée, les malheurs suspendus au-dessus de nous, annoncés par les signes menaçants du firmament. Cependant, pour être mieux compris, et afin de plaire à certains lecteurs, j’ai voulu exposer et expliquer un peu plus claire ment certaines parties de l’ouvrage.
La première figure est assez claire pour le lecteur intelligent. La dernière représente un lis. Si nous étudions plus à fond le sujet, elle désigne des grenouilles, ou si vous aimez mieux, des crapauds. Le lis, par un signe ma gique, a pris peu à peu la figure de ces misérables animaux (1). Ces petits animaux se gonflent d’air quand ils s’efforcent d’égaler la grosseur des bœufs, jutqu’à ce qu‘ils crèvent.
C’est ainsi que les superbes orgueilleux s’élèvent plus qu’il ne leur est permis, jusqu'à ce qu’ils périssent, après avoir été abaissés et humiliés. Mais admettons que le dessin représente un lis. N’oubliez pas que ce n’est point une plante do mestique, mais une plante sylvestre, qui croît dans (1) C’est sainte Brigitte qui a parlé de Clovis, payen encra paudé qui devint roi fleurdelisé (Pirus : Prophéties, 1672, Paris).
54 L’INITIATION les buissons : il refuse jalousement son odeur à tous, et est torturé par une jalousie extraordinaire. Les tyrans de Sicile n’ont pas trouvé de torture plus cruelle que la jalousie, dit le poète. Aussi le lis est-— il misérablement resserré, transpercé et étouffé par ses propres épines.
Si tous ces lis sentaient que telle est leur destinée, le comprenaient et en étaient assurés, leur joie se changerait subitement en douleur, et leurs rires en larmes (1). Mais ils n‘ont point conscience de ce qui doit arriver: aussi seront-ils accablés de maux, de misère, et réduits à la détresse la plus absolue. Le lis sera quitté et abandonné par tous ses alliés et amis, lui qui jusqu’ici a été chéri de tous.
Sa puissance sera un jour anéantie, il ne pourra échapper à la colère qui le menace (2). Cependant, quel que soit son abais—. sement, je ne voudrais pas le mépriser comme un ennemi écrasé (3). En cette matière il faut un langage très prudent. Les événements, je ne les peins tous que par un traitléger et des ombres légères.
S’il m’était permis, comme je l’ai dit au début, d’exposer longue— , ment chaque fait futur, au lieu de les faire connaître tous par un exposé général, il en résulterait beaucoup d’inconvénients (4).
Mais les scènes suivantes de cette tragédie, jusqu’à la huitième, réclameront bien des projets, bien des appuis, bien des secours, de la part (I) On sait que la cour de François Ier n’était que trop gaie. (2) Allusion à la Révolution française. (3) Le lis renaîtra. ' (4.) De même Nostradamus s'est appliqué à être obscur et s’est exposé, pour ne point gêner la liberté humaine, à passer pour un astrologue timide.
PROGNOSTICATXON 55 des hommes et des puissances étrangères: des alliances seront suivies d’autres alliances, jusqu‘à ce qu’on boive le calice préparé et qu’on soit admis à la table dressée devant la face du Seigneur. On espère trouver dans les moyens humains de nouvelles forces, un reconfort et une consolation. 'On bouleversera tout, on fera changer de place toute pierre, pour édifier, pour détruire, par des travaux audacieux.
Mais, en dehors de Dieu, il n’y a ni salut. ni délivrance, ni repos, ni asile assuré. Plût au ciel que les hommes en fussent instruits et convaincus, qu’ils dédaignassent les nou— veautés et qu’ils élevassent leurs regards un peu plus haut.
Tout ce que vous faites, faites-le avec prudence et en considérant les suites dernières. lnvoquez-moi, dit le Seigneur, ne cherchez point la puissance du siècle ; car maudit est celui qui met sa confiance dans les hommes ;et je vous délivrerai, je vous arracherai des mains de vos ennemis et je vous assurerai la gloire. Ne vous fiez pas aux princes: le salut n’est point en eux.
Mais la huitième tète règnera et triom phera: il faut que sur cette terre s’élève un empire auquel se joindront et s’adapteront tous les autres membres (de l’humanité) (1). Comment les misé rables mortels verraient-ils régner la sécurité, la paix assurée et la justice, sans l’apparition de cette tête, (1) Annonce du relèvement des lis : le Roi des lis aura une autorité morale reconnue de tout l’Univers.
Les États indépen dants suivront l’impulsion comme les membres celle que donne la volonté, le cerveau (v. fig. x1v). Nostradamus dit que les royaumes seront unis (Epître à Henry second, et w, 77).
5 6 ’ L'INITIA'I ION de cette majesté souveraine, dont la volonté sera en un instant obéie de tous les autres membres, lesquels, en lui obéissant, contiendront les passions humaines avec l’aide de la grâce divine ? Dans les grands périls de nos jours, nous avons reconnu combien il est vrai que le monde périra par l’apostasie, dès que chacun suivra sa voie particulière, en recherchant son intérêt après avoir abandonné l’intérêt commun (1).
Per sonne ne doit oublier sa vocation terrestre. — Pour ce qui concerne la neuvième figure, la verge est soli— taire parfois. Quel père ne corrige pas quelquefois son fils ? Vous reviendrez à celui qui vous frappe. Il faut que la verge vous menace et s’abaisse sur vous ; mais elle se redressera. Il ne parait pas avoir été décidé qu’une grâce soit retenue à aucun des mortels.
Vous serez sous la verge, et elle vous corrigera, et vous serez amendé: supportez donc ses coups avec rési gnation: supportez—les, au lieu d’accuser une règle qui ne peut être changée (2). — Le dessin suivant réclame qu‘on fasse pénitence vêtu d’un sac et cou vert de cendre, à l’exemple des Ninivites, qui ren— trèrent en eux-mêmes à la prédication de Jonas (3).
On croit en vain se purifier par son propre jugement; il est nécessaire de reconnaître l’erreur dans sa croyance et dans sa manière de vivre.
Qu’on cherche un asile dans la justice et la connaissance de Dieu, (I) Allusion a la discessio finale qui suivra la mort du Grand Monarque et précèdera les victoires de l'Antéchrist. (2) Retour à l'unité religieuse quand les chrétiens auront com pris que l’anarchie somale a pour première cause l'anarchie religieuse. (3) Figure x.
PROGNOSTICATION 57 qui justifieront l’impie. C’est un état misérable que de vivre de sa propre substance comme l’ours sauvage (1). Homme qui vis ainsi, tu es une bête brute privée de raison. Le sage te renverrait àla fourmi, qui prépare l’été de quoi vivre pen— dant l’hiver. Mais tu t’es négligé toi-même, tu n’as pas considéré la postérité, tu seras accablé par la faim et le froid avec les enfants qui sont en toi.
Notre prognostication tout entière en est une admirable preuve. La Vierge divine chante : «Il a fait tomber les puissants de leurs sièges (2). » Que personne ne s’étonne de voir de ses yeux chaque jour des faits que la raison ne peut expliquer. Diogène, à cette demande: « Que fait Dieu dans le ciel ? ». — répondit’ « Il abaissece qui est élevé, il élève ce qui est abaissé.
Puissants, humiliez-vous donc sous la main puissante de Dieu, pour être élevés dans la vie éternelle, si vous ne préférez vérifier la vérité de la menace évangé lique les puissants seront puissamment tourmentés.
Les puissants chasseurs sur cette terre, comme Nemrod, prétendent escalader le ciel ;. ils s’efforcent, comme autrefois les Géants, d’en chasser Jupiter et de le précipiter: ils construisent des tours babylon miennes par lesquelles ils s'efforcent de se protéger contre Dieu et les hommes (3).
Mais comme Dieu a renversé et anéanti leurs projets par la confusion des langues, ainsi les coupables de notre temps seront trompés et punis de leur criminelle folie. Que tu le (1) Fig. x1. (2) Fig. xn. 3) Fig. xur.
58 L’INITIATION veuilles ou non, si tu es exposé aux vents, ils te pous— seront çà et là(1 j:tu ne peux opposer,à celui qui doit te vaincre, des remparts, des tours et des ouvrages fortifiés; car tu lui es bien inférieur.
Qui connaît les plans de Dieu, si ce n’est l’homme spirituel, le— quel scrute aussi les profondeurs,juge toutes choses, et ne doit être jugé par personne: le vulgaire sait à peine ce qui est dans l’homme, vers quelle fin, vers quel but doivent tendre toutes choses.
Tout est dans la main de Dieu seul ; en lui sont les dons de courage, de force, de sagesse, qui permettent à l’homme de tenter une œuvre; mais l’homme, par sa force et sa puissance, n’est qu’une frêle tige de ciguë.
Tous ceux qui mettaient leur confiance .eñ toi seront renversés, et tu périras avec eux: tu n‘as pu purger ta propre demeure, diriger les tiens et leur être utile; quelle espérance d’autres peuvent-ils avoir en ta personne r Tous ceux qui veulent la guerre seront déçus. Qu’ils renonçent à leur projet : car toutes choses seront dirigées vers la paix et la tranquillité universelles. Alliances, pactes, conventions, tout sera rompu (2).
L’enfant s’amusera sur le nid de l’aspic; l’agneau se jouera avec le loup, les faulx seront trans formées en socs de charrues, les terres seront délivrées d’une crainte perpétuelle; elles périront, les bêtes venimeuses, les plantes au poison trompeur; la vigne donnera sans culture des fruits magnifi ques (3). Il serait long de parcourir toutes les figures. (1) Fig. xvm. (2) Fig. x1v et xv1, (3) Fig. xxx, xxx1, xxx11.
PROGNOSTICATION 59 Considérons-les, jusqu’à celle des enfants, comme à lalumière d’un seul flambeau: nous jugerons simple ment que Dieu s’est montré assez indulgent pour la race humaine, car il est patient, longanime, et d‘une grandiose compassion. Mais si le châtiment est retardé, il en sera plus terrible. Le soleil peut se lever pour que la pluie se forme et que nos cœurs soient remplis de joie et d'allégresse.
Les hommes, dans leur ingratitude, méprisent les trésors de bonté, de pa tience et de douceur du Dieu suprême; ils ignorent que sa clémence les invite à se repentir. Qu’ils vien nent donc à résipiscence, pour que leurs œuvres vaines ne soient point dispersées par la tempête, et qu’ils ne se défient point (de la clémence divine), car cette défiance est le plus funeste ennemi de la foi.
Le soleil l'éclairera, celui qui s’accuse le premier dans sa propre cause. Tout homme reviendra à sa vocation, à sa charme, à son office, à son état, à sa fonction propre, enfin à l’ancienne simplicité et à la candeur de l’enfant (I). Celui qui a souvent réglé des conditions de paix tolérables, s’est lui—même reposé dans la paix.
Il a été souvent réveillé de son sommeil,et quand il s’est levé, tous ses ennemis ont été dissipés; la terre a tremblé, toutes les créatures ont gémi (2): celui-ci est celui qui renverse, élève, détruit, refait, transporte, et fait dis paraître entièrement les royaumes: il a accompli tout (l) Fig. xxrx, xxxn. (2) La prophétie de Plaisance annonce qu’un grand aigle se réveillera comme d’un profond sommeil et dévorera les entrailles du Dragon. 4un.‘enn ) 7.1 A v
60 L‘INITIATION ce qu’il a désiré. Il a voulu diriger quarante-quatre années les enfants des hommes, puis de nouveau s’ap prêter au repos et s’y préparer(t). Mais deux années (2) seront pour lui comme le jour de la veille, qui est passé pour jamais; il achèvera en elles toutes choses.
L'un attaquera l’autre de nouveau, le saisira, le corri— gera ou le renversera. — Quel est cet homme qui pa— raît dormir, personne ne le soupçonnera; son nom est caché, et ne sera pas mentionné. Les conjectures égarent et égareront; l’événement fait juger des ac— tions. Ainsi, que tous les futurs lecteurs de notre Prognos tication se souviennent qu’aucun personnage n‘est dé« signé par son nom ; nous n'avons pas voulu être soupçonné (3).
Pour le présent, ces événements sont cachés, obscurs et inconnus; quand ils seront tous passés, complètement écoulés, on les précisera sans difficulté, même en ajoutant les noms propres,et sans inconvénient. Cependant je voudrais donner cet aver— tissement à tous mes lecteurs: ne pensez pas que ces révélations ne vous concernent nullement; bon nom bre croient être assis sur le roc divin et ignorent qu’ils sont abominables devant Dieu.
Ceux—ci n’éviteront point le châtiment prédit. S’ils se repentent après cet avertissement, ils seront purifiés; mais je parle pour (1) Est-ce une paix de 44 ans pour les chrétiens ? S’il s’agit d‘annéesjubilaires de 50 ans,44 ans valent 2.200 années solaires (environ), (2) Deux années seraient un siècle. (3) Nostradamus a désigné les personnages mais symbolique— ment ou par des signes particuliers, k"W 'm... --..;- .a..:..lËn
L’ESPRIT DE PROPHÉ‘I‘IE 6 I ceux qui se purifieront: ceux qui doivent êtres anéan tis le seront. Que le Dieu propice détourne les mal heurs qui nous menacent, par son Fils chéri, Jésus Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il!
FIN L’ESPRl'l‘ DE PRUPHÈ’ME PAR SATURNINUS (Suite) L’auteur de ce mémoire, confor« mément aux décrets d'UrbainVlll, déclare se soumettre d'avance aux jugements de l’Église catholique en matière de surnaturel. (e) Causes particulières d“erreur I° Qu’une prophétie soit authentique, le voyant peut avoir été trompé par les influences des sens, de ses facultés, quelquefois par le démon, et avoir tra duit inexactement en langage ordinaire ce qui lui fut dit en langage mystique.
2° Le système des concordances permet d’obtenir d’intéressants résultats: plusieurs écueils toutefois ‘sont bien dangereux. On peut vouloir faire concorder certains événements de dates fort diverses ;ou con ‘ fondre les faits et les personnages quand ils sont vaguement indiqués. ’
62 L’INITIATION 3° Une autre cause d’erreurs, c’est l’influence des idée préconçues : elle conduit des lecteurs et des écrivains loyaux à négliger bien des traits qui leur paraissent inexacts dans des révélations inspirées. Sainte Hildegarde nous apprend que des confesseurs ont tronqué ou perdu des prédictions qu’ils voulaient accommoder à leur manière d'expliquer l’Êcriture.
4° Souvent on ne tient pas compte d’un détail important, comme lorsque des écrivains voulurent appliquer au comte de Chambord ce qui concerneJe jeune sauveur promis (I). 5° Que de fois enfin ne veut-on pas faire dire à un texte plus Îqu’il ne peut contenir! Telle hypothèse est féconde, telle autre doit égarer.
Un document sera fabriqué par une fraude pieuse (2) ; un autre, inventé par la franc-maçonnerie, qui, à l’exemple des Alle mands, veut publier de fausses nouvelles pour décou— rager l’adversaire. 6° Ne perdons pas de vue que le voyant lui-même peut ignorer si sa révélation est conditionnelle.
« Les prophéties qui annoncent des châtiments, dit Mgr Maupied, sont toujours conditionnelles et subordon— nées à l’usage bon ou mauvais que la liberté humaine en fera. » (3) Evitons donc de croire que les châti ments annoncés s’accompliront à la lettre, sans retard et sans adoucissement.
Réciproquement, (I) Abbé Combe, le Secret de la Salette; Vie et Amat.{ br. in—8. (2) La Prophétiezde_saint Césaire, vulgarisée par l’abbé Tri— chaud. (3) Annales_du Surnaturel, 1885, p. 361. ‘A.I:Àu. .
L’ESPRIT DE PROPHÉTIE 63 n’aifirmons pas que tel personnage accomplira l’oeuvre qui lui est réservée: car il peut se rendre indigne de sa mission, comme la nation qu'il doit sauver peut se rendre indigne de pardon (I).
J’admets en grande partie les vues ainsi résumées par M. Chabauty: « Quel rapport rigoureux et incon testable y a-t-il entre la connaissance certaine de l’époque et de l’auteur d‘une prophétie, de la parfaite pureté de son texte, et la réalité de son origine di vine ?... Ce sera une simple présomption en sa faveur. Des saints ont fait des prédictions tout à fait authen tiques qui ne se sont pas réalisées...
La seule chose importante dans cette question, il me semble, c’est d’avoir un texte fixé par l’impression à une date assez notablement antérieure aux événements. Par là vous êtes assuré de ces deux choses essentielles : que toute altération ultérieure est devenue impossible, et que. la prophétie n'a pas été faite après coup » (2). Cette idée est exacte si nous la prenons dans un sens général.
Toutefois les règles accessoires posées plus haut empêcheraient de confondre un texte ayant subi des additions (quoique imprimé de longtemps avec celles-ci) avec un texte absolument authentique, comme une compilation avec une prophétie véritable.
Il faudra que l’usage d’une critique sévère ne per (I) D’autre part, nous risquons d’attribuer à la fraude humaine la précision plus grande de prophéties concorda It pour le fond avec de plus anciennes: tandis que cette préci sion résulte de révélations complémentaires. (2) Les Prophéties modernes uengées; Palmé, I874, br. 111-12. « \WW‘{ ‘M—N‘un \ ».“ -\’< .. - . -r\ \n-.
64 ' L’INITIATION Î [JANVIER mette plus de reprocher aux croyants d’ignorer « l’o rigine, l’authenticité et le sens des prophéties mo dernes. » Où donc se rencontrera-HI, le théologien qui aura la gloire d’élever la connaissance des prophé ties à la hauteur d’une science, la mantique en man ticologie chrétienne P CONCLUSION ESSAI DE CLASSIF1CA’I‘ION DES PROPHÉTIES PRIVÉES Nous classerons provisoirement les prophéties privées de la manière suivante: 1° Prophéties authentiques pour le fond et la forme (sauf des variantes qu’on peut corriger) : Prognosti cation de Paracelse, Nostradamus (r ), saint Malachie, saint Ange, saint Anselme, sainte Marguerite de Cor— toue, sainte Catherine de Sienne, sainte Gertrude, saint Vincent-Ferrier, sainte Hildegarde, saint Remy, Catherine de Racconigi, sainte Thérèse, Marguerite Marie, Grignon de Montfort, prophétie augustinienne, Hermànn de Lehnin (2), Vaticinium benedictobu ranense, saint Léonard de Port-Maurice, saint Al— phonse de Liguori, le P.
Mancinelli, Esprit de Jésus, Marie Lataste, prophétie émilienne, prophétie de Prémol, Anne Emmerich, Martin (de Gallardon) (3), Marie d‘Agréda, Mère Marie de Jésus, Joséphine La (1) Centuries ,' édit. Tomé, 1860. (2) Édit. Dumax, Lille, Desclée et de Brouwer. (3) Légitimité, journal de Bordeaux, 1893-1894. Voir les notes précédentes ou les livres de M. l’abbé Curicque pour les sources non mentionnées.
1899] L’ESPRIT DE PROPHÉTIE 65 marine, secret de la Salette, Marie—Julie-Joséphine Reverdy, M“a Couédon. 2° Prophéties vraies pour le fond, mais paraissant avoir subi des additions ou des modifications: saint Thomas (Liber mirabilis), abbé Joachim (id), Werdin, saint François de Paule, sainte Nativité, Olivarius, Orval, Mère du Bourg, Merlin, religieux de Belley.
3° Compilations prophétiques anciennes: Jean de Vatiguerro,Théolesphore, saintCyrille,prophéties alle— mandes, prophéties orientales, Paréus, Zirus, Pirus, Maître} Antoine, Postel, les sibylles, Lechtenberger, Pronostz‘cafio (1521), le Chant du cocq fran çais (1621). 4° Prophéties connues par tradition orale et vulga risées au XIX° siècle : A. M. Taïgi, curé d’Ars, prophé tie de Blois, E. Canori—Moras de Rosa-Colomba, le P. Clausi, le P.
Nectoux, Hélène Wallroff, Marie (des Terreaux), Marianne Galtier, le curé de Malétable, 1*. Antoine, saint Imelda, Catherine Labouré (1).
5° Prophéties dont l’authenticité est encore à prou ver: Une trappistine (182g), abbé Souffrant, abbé Mat tay, Jérôme_Botin, religieux de..., prophéties de Pa doue, religieux de Lyelbe, prophétie placentienne, prophétie de Grenoble (1853), une religieuse d’Au triche, Cri du Salut, prophétie de Dissentis, une ou (1) En 1866 ou environ, la Civiltà cattolica a reconnu au thentiques bon nombre de ces prophéties. — Lire, pour en voir la concordance, Guerre et Révolution, par le baron de Novaye (Chamuel, éditeur, 1 fr. 50). 3
66 L’INITIATION vrière (Curicque, p. 486), et autres anonymes du XIX° siècle. 6° Prophéties certainement fausses ou condamnées : saint Césaire d’Arles, prophétie de Loigny, prophétie de Lazzaretti, prophétie de Vintras.
SATURNINUS. Œ‘%ÏI©MMŒ Nous avons montré que l’homme, comme étant une partie de la nature, se trouve en rapport avec tous les objets vivants ou inertes ; que son état physique aussi bien que son état moral se trouvent sans cesse sous des influences sidérales et telluriques.
Chacun connaîtl’influence du temps sur les bien portants et sur les malades ; mais la température est, à son tour, dé pendante d’influences supérieures, de la position de laterre à l’égard du soleil, de la lune, et, comme nous l’avons montré aussi, d’influences planétaires.
De plus. nous avons cité un certain nombre d’exemples sur les influences physiques et physiologiques des astres pour justifier les vues astrologiques des médecins spagyri‘ques et de l’antiquité en général. Le sujet est loin d’être traitéà fond, n’ayant présenté qu’une petite partie du matériel amassé pendant le cours des an nées, .mais, comme nous espérons, d’une manière
L’HOMME 67 ,, _—. mm .æ._. ni.m. _ _ _ suffisante pourtant pour donner une Idée du sujet. Tournons-nous donc vers la nature de l’homme. Quant à son origine les iatro-chimistes se trouvèrent entièrement sur le terrain de la tradition judéo-chré— tienne, particulièrement dansla conception de l’ensei gnement secret de la cabbale, de la gnose chrétienne et de la théosophie.
S’ils considéraient l’homme comme la couronne de la création, comme sa quin tessence, ce ne fut pas dans le sens del’évolution dar— winiste, qu’ilseraitdonc le membre final d’une chaîne non interrompue de degrés je développement qui, d’une monade ou d’un amiube, se serait peu à peu élevé au degré d’homme animal et finalement à l’homme cultivé ; mais à leurs yeux l’homme n’était le dernier que par rapport au temps, sortait parfait, et cela d’une tout autre perfection que nous la voyons aujourd‘hui chez ses descendants tombés des mains du créateur dont il devait ici-bas terminer harmonieu— sement l’œuvre.
Il était, comme par exemple Eugène Philalèthe explique dans son écrit sur l’antiquité de la magie. muni de tout autres facultés pour pénétrer le livre de la nature tel qu’il se trouvait devant lui, afin de pouvoir accomplir sa vocation de dominateur et de remplaçant de Dieu.
Les anciens désignèrcnt l’homme par microcosme ou petit monde, à l’inverse du macrocosme, l’univers ou le grand monde; aussi, pour cette raison, appelé par les cabbalistes fijD'l‘P D'l’N, le grand homme. Cette comparaison existe pour un double rapport : d’une part, l’homme est composé de la même matière et des mêmes forces cosmiques comme nous les trouvons partout dans l’univers ;
68 L’INITIATION d’autre part, il se trouve dans l’organisme humain les mêmes proportions de nombres, mesures et poids comme dans le Cosmos.
Suivant l’enseignement de la philosophie hermé tique qui se trouve à la base du système médical que nous considérons, tout est composé d’abord par les trois principes 3?, 9, 63, mercur, sulfur ou soufre, et sal ou sel, par quoi il ne faut pas entendre les subs tances désignées par ces noms, mais les trois forces primitives :la contraction, l’expansion comme l’effort centripétal et centrifuge, et la rotation.
Ces forces agissent non seulement dans {chaque atome de ma. tière cosmique, non seulement dans chaque cellule, dans chaque corpuscule de sang de l’organisme humain, mais nous apercevons aussi chez l'homme, comme ensemble, la contraction et la dilatation du cœur et, comme suite, la circulation du sang.
Chez Paracelse les expressions Q’ (2 et e (mercur, sulfur,sal) ont encore une autre signification, qui correspond aux dénominations modernes de plastidule, psychodule et pneumatodule, c’est-à-dire l’homme, considéré d’un autre côté, est composé de matière ferme, de forces mouvant cette masse inerte et d’une volonté consciente. De plus, les trois principes mentionnés se manifestent comme quatre éléments, nommé feu, air, eau etterre.
Car selon que l’une ou l’autre des deux forces antago— nistes, la contraction ou l’expansion, prédomine, nous avons des états d’agrégation plus ou moins fermes ou volatiles, suivant que le côté dynamique ou matériel parvient plutôt à dominer. La terresignifie la matière ferme— se signalant par sa résistance passive, —— l’eau,
L’HOMME 69 le liquide, — l’air, le gazeux, — le feu, le volatil. vi vifiant, éthéré. Adressons-nous maintenant à la structure architec tonique de l’homme ; nous remarquons qu’il est construit d’après le même type quele Cosmos, spécia lement comme notre système solaire qui, à son tour, n’est qu’une copie en petit de l’univers.
Pour cette raison, depuis les temps les plus reculés, les diverses parties et fonctions de l’organisme humain furent considérées comme étant en rapport d‘un côté avec les planètes, d’un autre avec les signes du zodiaque.
La comparaison de l‘architecture du système solaire et du corps humain est absolument à l’épreuve et nous indiquerions avec le plus grand plaisir en chiffres exacts, la proportion des distances, les rap ports des dimensions et le rythme des planètes avec les proportions du corps humain et la périodicité de ses fonctions.
Humbold dit: « La nature est à l’observation pen sante unité dans la pluralité, union du varié en forme et mélange, la conception des objets et forces de la nature, comme un ensemble vivant. Le résultat le plus important de ces recherches physiques est donc ceci: De reconnaître dans la multiplicité l‘unité.
Deviner et trouver des rapports numériques, observer soigneusement chaque objet particulier, prépare à une connaissance plus élevée de l’ensemble de la nature et des lois de l’univers. Gœthe dit aussi: « Tous les membres se forment d’après des lois éternelles, et la forme la plus rare conserve secrète— ment l’image primitive. »
70 L’INITIATION _L,___' L’inscription de l'oracle de Delphes: l‘w36i o'eazu10'v ou reconnais-toi toimême, contient donc la clef de toutes les sciences, car c’est: « tel que le sentiment l‘a pressenti depuis longtemps. le corps humain jaillit d’une idée primitive, il est dans toutes ses parties et dimensions formé d’après la seule et même proportion fondamentale, et parmi l’infinie diversité de ses formes particulières et de la liberté de ses mouvements un organisme pénétré d’une harmonie et eurythmie par— faites. » Et Zeising (I) ajoute: « Dans tout cela, je vois l’importance de la loi de longtemps pas épuisée, bien plus je suis persuadé que c’est en elle qu’est contenu le principe fondamental de toutes les formations se pressant vers la beauté et la totalité dans le règne de la nature, comme dans le domaine de l’art, que dès le commencement primaire elle planait comme idéal et comme le but le plus élevé au—dessus de toutes les for mations, tant aux cosmiques comme aux individua lisantes, aux organiques comme aux anorganiques, aux acoustiques comme aux optiques, mais que seule— ment dans la forme humaine elle est parvenue à sa parfaite réalisation. » « Il serait donc possible, en partant d’elle, de trouver dans les divers domaines de l’histoire natu relle des vues nouvelles ou des raisons confirmantes pour les anciennes, par exemple dans la physiologie et anatomie, sur les lois non seulement de la construc tion externe mais aussi de la construction interne du corps humain et animal, sur le plan de la charpente (I) Zeising: Neue Lehre von den Proportionen. etc. ‘ ‘ v -f r " ‘-.< .—n—_ ' A ‘ " * ‘-t“1nâ.ulc'
L’HOMME 71 osseuse, la ramification des veines, du système ner veux, etc. ; dans la zoologie, sur la perfection progres sive et graduelle des formes animales ; dans la bota nique, sur la loi du type primitifde la plapte et sa plus ou moins parfaite empreinte dans les diverses espèces et ses différentes parties, par exemple les racines, le tronc, les branches et les feuilles, les fleurs et les fruits, dans le tissu cellullaire, etc. ; dans la minéralo gie, sur le commencement, suite et but de la cristalli sation et l‘ordre esthétique de chaque formation; dans la chimie, sur les différents effets des diverses combinaisons et le degré varié de leur agrément pour le goût, sur leur force nutritive, leur force médica trice, etc. ; dans la physique, sur les divers états de vibration qui se trouvent à la base des divers effets de la lumière, du son, du magnétisme, etc., dans l’astro nomie sur les distances, dimensions, révolutions et autres 'conditions des astres, sur la construction sys tématique du système solaire et la structure harmo nieuse de l’univers en total, etc.... », mais une vue doute particulièrement profonde se dévoile : «lorsque nous considérons de quelle manière la force créatrice, avec les moyens apparemment les plus insignifiants. a produit des effets des plus grandioses et sublimes et a trouvé une transition du simple dans l'infiniment multiple et dans la diversité. » La cabbale nous enseigne à peu près ceci sur ce point: « L’homme comme microcosme ou le monde en petit avec toutes ses parties fermes et liquides, avec son atmosphère, ainsi que tous les procès physiques qui se passent en lui, sont le phototype des mondes
72 L‘INITIATION O supérieurs. C'est pourquoi Job dit (19,26)1«Je vois la divinité dans mon corps, c‘est-à-dire toutes les actions physiques et morales des hommes du monde inférieur se trouvent en rapport avec les mondes supé rieurs tendant jusqu'à la divinité et se trouvant dans une certaine subordination à son égard.
« La création entière est là, pour exprimer visible ment l'empreinte vivante de la divinité et pour don mer des exemples sensibles de sa sagesse sublime. « L’homme comme microcosme est l’essence de tous les autres mondes et tous leurs mystères se trouvent pour ainsi dire en miniature en lui, ainsi qu’en Dieu tous les mondes se réunissent en grand.
« Les choses spirituelles nous deviennent seulement compréhensibles par des contemplations du corps humain et de son âme dans leur union et dans leurs influences réciproques. Mais veut-on saisir la partie spirituelle sans rapport avecla partie corporelle, donc purement spirituelle, cela est aussi impossible que de se faire une idée de l’âme en faisant abstraction du corps.
Donc ce que l‘homme ne peut reconnaître par . son être, par lui-même, ce dont il ne peut trouver aucun exemple en lui-même, ce qu’il ne peut conclure analogue à lui-même, ne peut aussi être compris par lui d’aucune autre manière. « Le créateur fit tout ainsi, créa l’homme de telle manière qu'il peut trouver des forces pour tout, pour tout des exemples en lui-même.
« Par là, que le sage architecte dans la construc‘ tion du corps humain a organisé tout ce qui est né: cessaire à sa conservation, à son divers usage et tout
L‘HOMME 73 _...... c _-v-——rr——*<I'— ce qui est nécessaire à ses soins, beaucoup mieux que l’artiste humain le plus habile l’aurait disposé, l’on peut conclure de cet arrangement du corps humain à la sublimité del'artdivin.
Pour cette raison, l’homme pourra comprendre la divinité en contemplant et en reconnaissant son propre moi, et pour cette compa raison il sera amené à saisir l’admirable art divin. il apprendra à voir dans l’image quelques traits du mo dèle. « Dieu est le créateur et en même temps le Ou! un monde; il créa le monde à son image, pour que sa grandeur et sa sagesse qui gisent dans une foule d’actions merveilleuses et s’y montrent, soit recon nues.
« Pour atteindre ce but, et pour que l’homme pût reconnaître Dieu, Dieu plaça son image dans l’homme lui-même.
Ainsi que l’homme mesure et réunit l’es pace et le temps par sa raison, concentre une foule d’objets dans son cerveau, réunit en lui les pensées et les idées les plus diverses, et influe par là sur tout ce qui est terrestre et y règne, ainsi donc il est ici-bas l’empreinte de la divinité et la ressemblance de celui sur terre, qui embrasse tous les espaces et tous les temps, qui opère dans tous les mondes et règne sur l’univers.
« Si l’homme se considère lui-même, il verra que le créateur s’est servi dans son chef—d’œuvre de tous les artifices, qu‘il employa même les secours mathé matiques que chaque artiste et mécanicien qui étudie la nature emploie dans la composition d’une œuvre d'art ou d’un mécanisme. La voix de l’homme, par
74 L’INITIATION exemple, est produite suivant les mêmes lois que lès sons d’un orgue ou d'un instrument de poche mu— sical. La circulation du sang est produite par l’aspi— ration et la respiration de l’air, par l’expansion et la contraction du cœur comme par une pompe et comme une machine hydraulique. « Par la force du langage l’homme met au jour ses pensées et les sentiments de son âme.
S’il veut faire comprendre ce qui se passe dans son âme, il faut que ce qu’il y a de spirituel dans son âme se matérialise en un souffle (meu,uœ) et se concentre en un mot. ' « Dieu veut être compris pour l’homme.
Mais comme l’homme, étant un être fini, est incapable de saisir l’infini de la divinité dans son essence la plus pure et la plus parfaite, la bonté de Dieu s’abaissa dans la lumière, dans divers revêtements, dans les sephiroth (nombres), à se modifier anthropopathi quement, et, pour ainsi dire, à se matérialiser et se faire remarquer à lui d‘une manière sensible.
« Chaquécréature vivante, dit Leibnitz (principe philosophique), représente dans son corps l’univers entier. Puisque dans la nature tout est complet et que pour cette raison la matière se trouve partout en entier, chaque corps se trouve affecté par ce qui arrive dans l’univers, de telle sorte qu’un œil péné_ trant tout p0urrait reconnaître dans chaque objet ce qui se passe dans l’ensemble, oui, ce qui fut jamais et ce qui sera dans l’avenir.
Le créateur prit égard dans son arrangement de l’être et de l’essence de tous, à l’existence de chaque vie particulière. »
L‘HOMME 75 « Si nous comparons les membres de la série des planètes avec les parties de la forme humaine, la dis tance du Soleil jusqu’à Mercure comme partie la plus courte correspond à la partie supérieure de la tête depuis le vertex jusqu'à la limite des cheveux et du front; la position de Vénus, par contre, correspond au milieu du front, celle de la Terre avec la marge su praorbitale, celle de Mars avec la base du nez, celle des Astéroïdes avec le milieu du cou, celle d’Uranus avec le bout de la main, et enfin celle de Neptune avec le pied.
Par cela il se montre clairement que les membres de la série des planètes se trouvent en accord avec les parties corporelles relatives, comparativement aussi à leur extension, car depuis Mercure jusqu'à la Terre comme depuis le vertex jusqu’à l’orbite, l’extension en largeur va en augmentant, dans Mars elle se ré trécit comme dans le bas du visage, dans les Asté roïdes s’exprime comme dans le cou par un rétrécis sement général du système ; dans Jupiter, par contre, l’extension atteint, comme dans le corps (à l’endroit du milieu de la poitrine) son degré le plus élevé; dans Saturne, qui avec son anneau correspondà la partie des hanches avec les bras pendants à côté, se montre de nouveau un amincissement qui se poursuit dans Uranus comme dans les cuisses, et se termine enfin dans Neptune comme dans le pied à peu près avec la même extension.
Jupiter correspond donc, d’après sa position et son extension, à la poitrine, Sa turne au corps, à la région de la taille; mais la poi— trine et le corps s’étendent au delà des limites qui leurteviennent proprement, car comme parties du
76 L’INITIATION fi,ü corps supérieur, ils pénètrent en même temps dans la région du corps inférieur et produisent par là une liaison intime des deux parties principales.
D’une manière toute semblable, l’on peut s’expliquer les agrandissements de la région de Jupiter et de Sa turne, car une association et un développement aussi puissant des membres du milieu était nécessaire si le lien constant des planètes supérieures et inférieures ne devait être rompu ».
« D’après unedoctrine très approfondie del’antiqui té, l’esprit de l’homme par ses facultés est un symbole du créateur lui-même, dit Schubert, son corps un symbole des créations visibles ; car d’après une cer taine mesure, il y a dans celui—là un reflet delaszËgesse toute pensante, dans celui-ci une copie de la forme pleine d’harmonie et de beauté de l’univers entier.
Tout d’abord c’est le système planétaire et plus encore la terre, habitée par l’homme, dont les rapports d’es pace et de temps se reflètent dans les rapports d’espace et de temps de son corps.
« Nous rappelonsici d'abord ce rapport sans doute bien connu dans lequel se trouve la vitesse moyenne d’un homme en marche et conséquemment aussi la grandeur moyenne de son corps avec la vitesse de l’avancement de la terre dans son orbite et avec sa grandeur.
Les anciens Chaldéens connurent déjà ce rapport, d’après lequel un homme de moyenne gran deur et vitesse de la marche peut, dans un certain temps, disons en six heures, traverser une aussigrande partie de la circonférence de sa planète que celle-ci termine dans sa course sur sa voie autour du soleil
L’HOMME 77 ».:y , W (ou en apparence le soleil de son tour autour de la terre) (un quart de degré). Tous les deux, l’avance ment de la terre dans sa course et celui de l‘homme marchant sur l’étendue de sa planète, se ressemblent ‘en cela que pendant la durée d’une journée de vingt quatre heures ils font la 365 1/4, de partie de la route totale.....
« Une observation particulière méritent ces propor tions de nombres que nous voyons revenir souvent dans les espaces de la forme du corps humain ainsi que dans les mesures de ses mouvements. La lon gueufitotale dela forme humaine debout est composée d‘environ huit longueur de têtes.
Mais si nous consi dérons dans ces mesures l’étendue propre du système de la tête auquel appartient la région des organes de la voix avec la langue jusqu’à la région du larynx, cette longueur de tête propre est donc contenue juste ment sept fois dans la longueur du corps humain. Nous avons déjà fait remarquer auparavant ce retour continuel du nombre significatif sept aussi dans d’au tres conditions de la formation du corps humain.
Cet accord significatif est donc toujours répété à nouveau par la force organisante et vivifiante dans l’espace comme dans les rapports des temps du sys tème planétaire, et si aussi de temps en temps elle touche un autre accord en relation harmonieuse, elle revient pourtant‘touiours à la tonique.
Car la distance d'Uranus au Soleil mesure près de sept fois autant que la région des Astéroïdes, sept fois autant que celle de Mercure ; une année d’Uranus dure sept de Jupiter, une année de Mars entre sept ou huit’années de Mer
78 L’INITIATION cure, et si ailleurs à la place du nombre sept paraîtle nombre dix-neuf,l’on reconnaîtra facilement l’accord des deux nombres d’après la troisième loi de Képler. Car le cube de sept se trouve près du carré de dix neuf. » ‘ L’âge ordinaire des hommes d’environ 70 ans est juste la 365 1/4, partie de la grande année dite plato tique ou de la grande période de l’avancement des équinoxes.
Le temps d’environ 70 ans comprend à peu près 25.920 jours (le nombre des années de la période platonique). Si d’après un chiffre moyen l’on compte dix-huit respirations par minute, le chiffre des respirations d‘un jour se montera à 25.920; par con tre, puisque la respiration plus rapide des enfants s’égalise avec celle plus lente de l’âge des vieillards, on aura pendant une durée de vie ordinaire environ 25.920 fois 25.920 (Schubert, 1. c., 16).
La circulation du sang se trouve être une condi tion également particulière. Elle semble subir, du moins chaque jour en petit, comme la terre dans une année en grand, un maximum et un minimum de l’influence du principe vital supérieur. Chaque circu« lation particulière semble un petit jour et lechifi're_de ces petites circulations semble s’élever pendant un jour, comme Ritter nous l’a si bien démontré, à 365...
De telles périodes plus ou moins'grandes d’une in fluence vitale plus ou moins forte semblent donc avoir des organes analogues aux changeménts'que la pro hélie ou aphélie des planètes produit dans l’influence solaire et dans la vitesse de la circulation. Les pla nètes ont leurs aphélies à des temps très différents et
L’HOMME 79 souvent il se trouve que par exemple Jupiter est près du Soleil quand Saturnea atteint son aphélie.
En tout cas, Wezel a-t-il raison lorsqu'il dit dans ses lettres à Brown, que chaque organe a son propre jour de lon gueur très différente ? car quelques organes sont éveillés (ontleur jour) pendant queles autres dorment} que peut-être l‘on ne peut appeler éveillés, durant la journée, rien que les sens, tandis que la plupart des autres parties est plus active pendant la nuit.
Peut—être semble-t-il que toutes ces recherches soient bien oisives, mais elle forment l‘essence pro pre de la médecine spagyrique en tant que cela con— cerne la diagnose astre-météorologique et les indi cations thérapeutiques.
C’est pourquoi Liharczick (Der Magisc/ze Ouadral) dit avec raison : V « Ceux qui se contentent de la définition et de l’approfondissement du phénomène aperçu seulement par les sens et qui ne croient pas qu’il soit absolument possible d’arriver à une connaissance supérieure, regardent d’un air moqueur ceux qui ne se contentent pas de l’observation des sens qui, selon leur manière de voir, est sujette à de grandes illusions, mais 'qui tendent vers un point fixe qui serait capable de pré ciser, au lieu de l'indéterminé, le déterminé, au lieu de l’accidentel, la loi, au lieu du périssable, l’impéris sable, au lieu de l’insensé, le raisonnable.
Les deux se distinguent l’un de l’autre seulement par là :que les uns se contentent d’une connaissance médiocre, parce qu’ils croient qu’une connaissance plus vaste et plus élevée n’est pas possible, tandis que les autres, non contents de ces considérations matérielles, s’ef
8o L’INITIATION forcent de trouver une force créatrice et une règle à la base des propriétés physiques de la matière. » Tout cela' n’a été cité que pour démontrer qu’il est justifié d’appeler l’homme un microcosme, vu que son corps est une image de l’architectonique des cieux et la périodicité de ses fonctions vitales une image de la périodicité des membres de notre système solaire.
De même la croissance suit un ordre très régulier pour tous les individus, il n’y a donc en cela égale ment aucun hasard. « La durée de la croissance humaine comporte chez l’homme 300 mois solaires ou 25 ans, chez la femme 300 mois lunaires ou 23 années solaires. L’entière durée de cette croissance de 300 mois est partagée en 24 parties, époques.
Le premier mois après la nais— sance forme la première époque; les 23 époques sui vantes se forment toujours ainsi, que l’époque sui vante est plus longue d’un mois que la précédente; par là la seconde époque est de 2 mois, la troisième de 3, etc., et la vingt-quatrième époque de 24 mois.
Ces 24 époques se groupent en 3 parties, de telle façon que la première comprend les 6 premières époques_ après la naissance, donc le temps depuis la naissance jusqu’au 21e mois accompli, la seconde, les 12 époques centrales, le temps depuis le 21e jusqu’au I7I°mois accompli — 14. ans [/4 — et la troisième les dernières 6 époques, le temps depuis le 171° jusqu’au 300" mois accompli.
Ces trois règles générales relatives au temps nécessaire à l’homme pour son développement corpo— rel se trouvent d’une manière immuable dans chaque _. - ___--.L._ .. _.. . -o«.E.W
L’HOMME 81 croissance des différents individus. La règle de l’aug mentation du corps ou de ses parties qui revient à chaque époque et à chaque partie est extrêmement simple. Cette augmentation est dans chaque période vitale si exactement limitée qu’en examinant la nature elle ne peut être omise ou mal entendue.
Le corps hu main entier ainsi que chacune de ses parties croît de telle façon que l’augmentation qui s’ensuit à la première époque, donc pendant le premier mois de vie, se répète dans chaque époque de la première partie. De même les augmentations de croissance se ressemblent dans chacune des 12 époques centrales ainsi que celles des dernières 6 époques.
En d’autres termes, autant que chaque partie du corps augmentera pendant la première époque, autant elle augmentera dans la 2°, 3°, 4.", 5°, 6" époque. Mais sitôt qu’elle entre dans la 7° époque, cette augmentation de croissance change régulièrement, mais pour rester la' même jusqu’à la 18" époque.
Enfin, autant qu'une partie du corps croît dans la 19° époque, autant elle croîtra aussi à la 20°, 21°, 22°, 23° et 24° époque (Liharczick). » il est bien entendu que par notre volonté nous n’influons sur tout ceci en aucune manière. La crois sance est purement un fait d’ordre naturel, indépen— dant de notre volonté et de notre conscience.
Que nous le voulions ou non, nous sortons de l’enfance et nous parvenons insensiblement à la hauteur de la vie pour terminer enfin le cercle par la vieillesse. Désor mais nous attacherons notre attention à cette force mystérieuse qui d’un germe a formé un organisme, le soutient pendant la durée de la vie, qui fait qu’il pos
8 2 L’INITIATION “‘;;.a- .— n-— »«—-——v—— < :»a..._. r: « . -7... _v«.e-æ-‘—.\_.‘—\.\ ‘.‘..‘_‘ _œï ..‘ . . \ sède une forme spécifique individuelle et un rythme propre : la force vitale, le corps astral, l”évopp.ov (enor— mon) d’Hippocate, l’Éwskêxcta (entéle’chez‘a) d’Aristote, l'archaeus de Paracelse et de Van Helmont, une force qui, comme telle, est reniée par la science d’aujour— d’hui qui voudrait ramener la vie à des‘forces chi mico-physiques.
Büchner dittriomphalement (Krafund Stofi’, 428): « Heureusement la science, au lieu d’être obligée de se retirer de cette question devant les efforts dérai— sonnables des dynamistes ou croyants de la force, a remporté partout la victoire la plus brillante et a amassé une telle quantité de faits éclatants, que la notion d’une force vitale particulière comme raison des phénomènes vitaux, m’entoure maintenant plus que comme une ombre les confins de l’histoire natu relle exacte, et ne se trouve plus que dans les têtes des philosophes voulant tout mieux connaître, ou dans les têtes de ceux qui sont restés en arrière de la science ».
Car, comme dit Virchow : « Ce n’est’pas. de l’erreur mais de la pure superstition que cette an— cienne doctrine de la force vitale qui ne peut nier son affinité avec la doctrine du diable et avec les recherches sur la pierre philosophale. » Et déjà huit années auparavant Dubois-Reymond disait dans son ouvrage sur l’électricité animale : « Ceux qui cherchent à la maintenir, qui prêchent l’erreur de la force vitale, sous quelque forme, sous quelque déguisement trompeur que ce soit; de telles têtes ne sont, qu’elles en soient assurées, jamais arrivées aux limites de leur faculté pensante. » —y ' - a ’— «m . / , . . ...... - Ml .
L‘HOMME 83 Nous comptons aussi parmi ces têtes et ’cela non par superstition ou par paresse de pensée, mais parce que nous connaissons encore une science qui vaut plus que la science officielle. Et même parmi la science il y a des hommes dontle regard est plus pro fond que celui de leurs collègues matérialistes. Ainsi le prof.
Bunge dit dans son traité de chimie physiolo gique : « Si les antagonistes du vitalisme prétendent que dans les êtres vivants il n’y a absolument pas d’autres facteurs que seules et uniquement les forces et matières de la nature inanimée, je dois combattre cette doc trine.
Que nous ne puissions reconnaître autre chose dans les êtres animés, cela ne tient apparemment qu’à notre état borné; cela ne tient tout simplement qu’à cela que pour l'observation de la nature animée et inanimée, nous nous servons toujours des seuls et mêmes organes des sens qui ne perçoivent absolu ment autre chose qu’un cercle restreint de mouve ments.
C’est un mouvement qui, amené par les fibres des nerfs de la vue au cerveau, s’annonce à notre conscience comme lumière et couleur, c’est un mouvement qui, par l’intermédiaire des nerfs de l’ouïe,papparaît comme un son, des mouvements et rien que des mouvements produisent toutes les sensa tions de l’odorat, du goût, de la température et du toucher.
Du moins la physique l’enseigne ainsi; ce sont les hypothèses qui jusqu’ici ont été éprouvées comme les plus fertiles. « Nous attendre à pouvoir jamais découvrir avec les mêmes sens autre chose dans la nature animée
84 L’INITIATION "‘""’ que dans la nature inanimée, ce serait sans doute une inadvertance. « Mais nous possédons pour l'observation de la nature animée un sens de plus : c‘est l’intuition pour l’observation des états et événements de notre propre conscience. Qu‘elle aussi ne soit au fond que des mouvements, c’est un enseignement que je dois com battre.
C’est déjà contredit par le simple fait que les états et événements dans notre conscience ne sont pas tous arrangés d’après l’espace. Seulement ce qui est arrivé à notre connaissance par la porte du sens de la vue, du sens du toucher et du sens musculaire est arrangé d'après l’espace.
Tout le reste des sensa tions des sens, tel que sentiments, passions, instincts et une quantité innombrable d’idées ne sont jamais arrangés d‘après l’espace mais seulement par le temps. Il ne peut donc absolument pas être question d'un mécanisme...
« Donc l’impression la plus profonde, la plus im médiate que nous gagnons en jetant un regard dans notre être intérieur, nous montre tout autre chose, nous fait voir des qualités d'espèces toutes différentes, nous montre des choses qui ne sont pas arrangées d’après l'espace, ne nous fait voir que des phéno mènes qui n'ont rien à faire avec un mécanisme.
« Les antagonistes du vitalisme, les partisans ,de l‘explication mécanique de la vie expliquent habituel lement leur manière de voir de telle manière qu’ils disent : plus la physiologie s’avance, plus l’on réussit de ramener des phénomènes qu’autrefois l’on croyait devoir attribuer à une force vitale, mystique, à des
L’HOMME 85 lois physiques et chimiques; ce n'est donc qu’une question de temps; finalement l’on devra réussir à faire voir Îque tout le procès vital n’est qu’un mou vement compliqué, dirigé seul et uniquement par les forces de la nature inanimée. « Mais à nous, il semble que l’histoire de la physio logie enseigne tout juste le contraire. Nous soute nons tout l‘inverse!
Plus nous cherchons à approfon dir, à détailler, à pénétrer les phénomènes de la vie, plus nous aurons la certitude que des phénomènes que nous pensions pouvoir expliquer physiquement ou chimiquement se trouvent être de nature beaucoup plus compliquée, et pour le moment se rient de toute explication. D" FREY. (A suivre.)
86 L’lNITIATION ©âDEE MAâTINÆSTB Nous avons d‘excellentes nouvelles des progrès de L’ordre, en Suède, en Danemark, en Russie et en Rou manie. — La progression des initiés et des loges est constante et rapide dans ces diverses contrées. no.
4 PSYCHÉ. *— Nous pouvons enfin fburnir à nos délégués français et étrangers un instrument de propagande, qu'il nous est bien souvent demandé ; c’est un organe de huit pages in-4° autographié, et contenantla reproduction des cours de la Faculté des sciences hermétiques.
Cet organe“, qui porte le titre de Psvcmä, est mensuel et il sera envoyé gratuitement à tous nos délégués qui pourront en traduire des extraits pour les loges placées sous leur direction. — Les personnes n’appartenant pas au groupe ni à,l'ordre martiniste qui voudraient recevoir cet organe sont priées de s’adresser à M. Ourdeck, librairie Cha muel, 5, rue de Savoie, Paris,qui leur fera connaître les conditions de souscription.
ESPAGNE. — Le Dr Ber6ero est nommé délégué gé néral de l’ordre martiniste pour l’Espagne, avec siège à Madrid. * à‘4 Le F:. R. de Aldao Aymerich conserve la délégation du groupe ésotérique. . _ -. _ ,_ ‘01 .->-‘*
LES SENSITIFS ET LA PSYCHOMÊTRIE Sentir! nns Continuer: Summunrns La seconde séance de la Société a obtenu un aussi grand succès que la première, et c'est devant une,salle vraiment comble que M. Durville a fait son cours expé rimental sur la Polarité. La prochaine séance aura lieu le vendredi 27 janvier; la conférence sera faite par le Dr Papus et portera sur la Fraude dans la Médiumnité.
S‘adresser pour tous renseignements, à M. Alban Dubet, secrétaire général, 23, rue Saint-Merri, Paris. * at il! La Société adresse ses vifs remerciements au Journal du Magnétisme el de la Psychologie, pour la publication de ses statuts et pour l’analyse de ses séances. De Supcrscinntia. LËS SENSIJ’IÎIIIË‘S E1i ILA IPSWËIËMDÈI’MÊ Dans les‘études qui sont l’essence de cette revue, il nous arrivera souvent de parler des sensitifs.
Que sont donc ces sensitifs, quelles qualités doit poséder un être pour mériter ce nom, à quels signes peut-on le recon naître? Nous allons le dire. Les sensitifs sont, en général, des personnes d’une sensibilité excessive, ou mieux ce sont des individus dans lesquels peut se développer cette sensitiviié spéciale, particulière du système nerveux (sen sitivité hyperphysique), appelée à l’origine Psychométrie, par Buchanan.
Cette sensitivité a été contrôlée dans ces derniers temps par des savants spéciaux, tels que Pelle— tier, de Rochas, du Prel, D" Encausse, Dr Luys et i n ' I--m -\. ..*-5.
88 L’INITIATION d‘autres. Buchanan, professeur de Physiologie de Boston, semble avoir été le premier à indiquer la voie dans ce genre de recherches. Il appela psychométrie le développement et l’exercice des facultés divines de l’homme. Il en parlait dès 1849 dans son Journal of Man. Ce fut seulement en 1887-1888 qu’on reprit ces études dans la revue allemande le Sphinœ.
On peut lire dans les numéros de mai 1887 et mars 1888 une communication du D“ Hübbe Schleiden. relatiVe à des expériences psychométriques entreprises par lui sur une paysanne de Kempten. Voici à peu près l’ordre suivi dans l'expérimentation par le professeur Buchanan.
Des substances quelconques (sucre, sel, poivre) étaient pla cées dans la main d'un sensitif qui en percevait le goût; des purgatifs, des émétiques enveloppés de papier, pro duisaient sur lui les mêmes effets que s’il les avait absorbés. Si le sensitif plaçait sa main sur la tête de diverses personnes, il ressentait pour chacune d’elles une impression différente même à distance ou à travers un conducteur métallique.
Une des expériences les plus surprenantes réussie très souvent par Buchanan était la suivante : Une lettre écrite par une personne quelconque était confiée au sensitifavec prièreïd’indiquer ses impressions. Il décrivait alors le caractère;de la personne, et quelque— fois même ses traits avec la précision et l’exactitude qu'auraient pu y mettre de ses amis\les plus intimes.
Buchanan trouva que cette sensibilité spéciale est plus développée dans les pays chauds. Comment peut-on maintenant reconnaître les sensi tifs? Par certaines particularités qui leur sont propres, comme par exemple, la vision de choses que les autres ne voient pas, des répugnances pour certaines personnes et certainslieux.
Nous trouvons aussi des sensitifs parmi les personnes qui ne peuvent voyager qu’auprès de la portière, qui s’évanouissent dans les églises ou les assemblées, qui ne peuvent dormir que la tête au Nord, auxquelles le simple contact du cuivre ou d’autres mé taux est désagréable, etc. Tous ceux-là, avec quelque pratique, deviendront de bons psychométres, au grand avantage de la science, ...“Ï
BIBLIOGRAPHIE 89 tandis que hélas lbeaucoup faute de soins, remplissent les asiles d‘aliéne’s. La psychométrie révèle donc l'existence dans l’homme de pouvoirs occultes latents, bien connus des anciens phi ' losophes et qui font aujourd’hui partie de la nouvelle science spiritualiste. L’homme peut développer ces pouvoirs parla force de sa volonté. G. JOUGLAS SCOTTI.
Les dernières expériences d’Eusapia à Paris D’après l’enquête que nous avons menée avec le plus grand soin, au sujet des dernières expériences d’Eusapia à Paris, il paraît que le médium, après avoir produit une série de.phénomènes incontestables d'authenticité, a été si fatiguée qu’elle a eu plusieurs fois recours à la fraude.
C'est ainsi qu’elle aurait été surprise essayant de pro— duire au moyen d’un de ses cheveux, l’action en pleine lumière sur le pèse-lettres. Mais nous ne serons réelle ment fixés sur la valeur exacte de ces expériences, que quand Camille Flammarion aura-publié son rapport.
Nous connaissons assez l’implacable droiture de cet observa— teur pour être assuré que, s’il décrit avec précision les faits réels il étudiera avec autant desoin les cas de fraude. P. BEBLÏÔGBAPEÈE MALV5RT. —— Science et foi; vol. in-18, 85 fig. ds. le texte. — A la Société d'éditions scientifiques.
Ce petit volume, écrit avec une érudition remarquable et vraiment digne d’un meilleur usage, est comme le bréviaire‘du matérialiste anticlérical : on y mange, non
go L’INITIATION pas du catholicisme romain. ce qui serait œuvre pie à mon sens, mais du christianisme jusqu’à satiété : la trinité, le soleil, la croix, le culte du feu, 1’Evangile, le culte, les saints; tout cela est servi à des sauces fort pi quantes pour des élèves des écoles primaires, mais qui semblent très fades àcelui qui s’est efforcé d’entrer dans l’esprit de l'ancienne Église des soi-disant païens.
Le livre est bon à lire pour les occultistes; car outre qu’il leur fera passer quelques moments de douce gaité, ils y trouveront des dessinscurieux et des documents dissé— minés un peu partout, qu’ils pourront interpréter selon le sens véritable. Toute l’école exégétique moderne a. fait une œuvre consciencieuse en dépouillant la lettre des anciens symboles et en les expliquant par leur sens phy sique, astronomique et météorologique.
Elle sait que la figure du soleil, celle de la croix et celle d’un oiseau re présente la genèse du feu physique; mais elle ignore qu’ily a d’autres soleils invisibles, d’autres feux, et d’au tres pneumas; et que, tout au contraire de ce qu’elle enseigne, l‘invisible est le père du visible.
Les lecteurs trouveront dans le livre de M. Malvert, des documents pour une étude intéressante des origines du christianisme au point de vue pneumatologique : ils pourront voir comment meurt une chaîne magique (celle des dieux de l’ancien polythéisme) et comment naît sa succédante (celle des saints du christianisme) ainsi qu’Eliphas Lévi l’a admirablement expliqué. SÉDIR. * .
«tu\ Prophéties perpétuelles très anciennes et très certaines de Thomas—Joseph MOULT. Prix 3 francs. -— M. François Henry, de Bourbon—l'Archambault, a fait naguère réim primer le curieux ouvrage du Nostradamus italien. D’après le système de Moult, le Soleil fait son tour par 28 nombres ou années, ayant leur désignation particu— lière.
La première partie de ce petit volume contient des prédictions météorologiques et politiques pour la période qui va de 1560 (époque de l’impression du travail) à 1811, et la deuxième partie, de 1812 à 2063. _ ---.,-—.,..m u _4 _ ‘ _ _4 Y s.a=..J
BIBLlOGRAPHIE 91 Prenons comme exemple une page de Thomas Moult. ( Genus est le sixième nombre solaire qui aura cours. Pour l'an. . . . . . . . 1565 Pour l’an. . . . . . . . 1593 Pour l’an. . . . . . . . 1621 Pour l’an. . . . . . . . 1649 Pour l'an. . . . . . . . 1677 Pour l’an. . . . . . . . 1705 Pour l’an. . . . . . . . 1733 Pour l’an. . . . . . . . 1761 Pour l‘an. . . . . . . .
1787 Prédictions générales. — En cette année, le printems sera doux et agréable, et les bleds auront bonne venue. L’été sera sec et chaux. L’automne sera bien tempéré et profitable aux biens de la terre qu‘on ensemencera, qui auront bon commen; cement. _ L’hiver sera variable. lly aura beaucoup de bleds en tous pays, et seraà grand marché.
Après l’août, les vendanges seront bonnes et plantu— reuses en beaucoup de pays, ce qui fera que le vin sera à bas prix. En hiver, il fera bon acheter avoine et froment, et les mettre au grenier. Prédiclions particulières. — Un grand prince sera cou ronné. De grandes révolutions arriveront cette année, dans un des grands États de la chrétienté. Grande trahison exécutée.
Sur cette page il y a lieu de faire quelques observa tions, puisque le rééditeur, par iexcès de modestie, n’en a fait aucune. Séline Il devient sultan en 1560 et non 1505. De même Pie V est pape en 1566. Ferdinand Icr est empereur en 1564.Sigismond est roi de Suède en t592.Aucun n’est désigné par les deux premières dates. Mais en 1621, Phi lippe IV est couronné roi d’Espagne. La dernière date désigne notre grande Révolution, que le terme prophète
92 L'INITIATION indique encore me parait-il par le terme de « grande trahi son » (de la part de bon nombre de grands). Plus loin, 1814, 1870 et 1890 sont marqués par ces mots: Grande guerre. Un grand Etat sera envahy. Chute d’un grand prince. Traité d’alliance (anglo-américaine, en 1898, et quadruple alliance de Chaumont en 1814).
L’an 1899 est dans une série d’années où le printemps est froid, l'été humide, ainsi que l’automne,l'hiver très froid, les récoltes en grains mauvaises ainsi que la ven dange. Comme‘prédictions particulières, il y a: Combat naval. Grand changement dans un Etat. Grande sécurité sur terre. ‘ Mais il n’est pas absolument certain que ce combat naval doive avoir lieu, ainsi que le changement, en 1899. plutôt qu’à une des dates subséquentes.
Ces prophéties datent du XIII" siècle. Les éditeurs du XVI" et des suivants ont prétendu qu’elles furent véri— fiées par N65tradamus, Il y aurait à vérifier si Moult n’a pas fait seulement des prédictions météorologiques, auxquelles le voyant de Salon aurait ajouté des prophé— ties politiques: il faudrait pour cela des textes manus crits de Moult antérieurs au xv1° siècle (I).
SATURNINUS. ‘lNuvamas avaases Tous nos remerciements à notre excellent confrère Queslor Vitae. pour les encouragements qu’il adresse sans cesse aux divers groupements spiritualistes français. Crâce à lui, nos amis d‘Angleterre sont informés de première main de tout ce qui concerne les diverses écoles spiri tualistes françaises. (1)5’adresser à M. François Henry, à Sept—Fonds-de—Bourbon l’Archambault (Allier). L__4;
NOUVELLES DIVERSES 93 Nous prions aussi M. E. A. W'aille d’agréer nos vifs remerciements pour le gracieux compte rendu qu'il a failt dans le Light, du Traité élémentaire de sciences oc cu tes. 0 0 Le Journal Nuova Lacs de Rome suspend, pour quelque temps, sa publication.
Nous ne pouvons à ce propos qu’exprimer nos plus sincères félicitations à son directeur Ho/I‘mann Giovanni, pour la très grande et très noble part qu’il a prise dans les progrès de mouvement spiritualiste en Italie. ’ . 2; Recommandons encore, à tous noslecteurs, le Journal du Magnétisme et de la Psychologie dont les premiers numéros de la nouvelle série sont vraiment remar quables.
L’ouvrage de Papus sur la MAGIE 1s'r L‘HYPNOSE,3DDODCÉ depuis 1896, vient de paraître en un grand vol. in-8° orné de nombreuses gravures. (Chamuel, éditeur.) .
1114 Dans sa Causerie seienli/îque du 8 janvier, la Croix analyse un article de Naturwissenscha/‘Iliche Wochens chrifl, consacré à l’influence des phénomènes terrestres et cosmiques surl’histoire des peuples: la grande période solaire se produit sous l'action de Jupiter, Saturne et Uranus, et est de cent onze ans; elle comprend deux périodes artistiques et scientifiques qui reviennent en moyenne tous les vingt-sept ans; les taches solaires marqueraient des périodes de guerre et de paix de vingt— sept années, il y a aussi de petites périodes de onze an nées.
Tous les’vingt-deux ans il y a « un retour alter natif des époques pendant lesquelles l’activité nerveuse des peuples pousse à la guerre ou aspire à la paix. » — Somsoc constate sans se rebeller que c'est là un retour à la pure astrologie.
94 L'INITIATION l,, M. Chauffard, ancien magistrat, à Lavaur(Tarn), va publier par souscription (chez M. Savaête, éditeur, 76, rue des Saints-Pères, Paris) : un ouvrage écrit à un point de vue catholique : les Harmonies du plan présumé de l’Apocalypse envisagés en soi et dans ses rappo_rts avec [Ancien Testament (in-8, 4 fr. : 2 fr. pour les personnes qui souscrivent en 1899).
L'auteur annonce, par une cir culaire, que son livre doit démontrer la corrélation des quatre séries septénairee de visions, le caractère récapi— tulatif de certains chapitres, le maintien à Rome du siège pontifical, l’indissolubilité des liens entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Manifieste de l” “ 01mn t:amovn " L’Ordre celtique est à la fois une Société d’études et une Société d’action.
Cette Société a pour mission : 1° — D'émdier les origines nationales de la France au triple point de vue philosophique, religieux et social ; 2° —— De prouver que le peuple français tient de ses ancêtres un héritage trop longtemps dédaigné au bénéfice d’éléments étrangers, et qu’il est moins qu’on ne le dit un mélange de races dont les aspirations et les intérêts sont divers; . \&,'.
3° — De rendre justice à qui a fait de la France une nation humanitaire, altruiste, le Cœur de la Terre, et de démasquer par suite les partis qui veulent en faire une nation à leur image, une nation corrompue, égoïste; 4° — De défendre les intérêts des Celtes étrangers à la France; 5° — De glorifier la mémoire de Jeanne d’Arc, et de Vercingérorix, héros nationaux de la France. D“ Maurice ADAM. ‘ 39, rue Saint-Geor es Paris, Décembre 1898. g ’
ERRATA 05 QUESTIONS â!!! IË‘ÈPQNSES A quelle date prochaine verra-t-on « toutes les pla nètes conjointes au signe d’Ariès >, c’est—à-dire du Bélier ? Le Nouveau Liber mirabilis de feu Adrien Pela dan (p. 104) assure qu'alors toutes les églises chrétiennes s'uniront. ' äääATèä. Page 221, lign‘e 10, lire regrettables ou. —— P. 218, l. 8, lire Iardemach; l. 29, lire un prédestiné a en même temps. —P. 221, l. 10, lire Timée; note 2,!ireThummin. — P.
222, l. 11, ajouter La faculté de prophétisation (ligne omise}. — P. 225, l. 3, lire il fallait la solitude et le loisir. — P. 232,1. 3, lire en sa mémoire. — P. 237, ’ l. 9, lire d'autres fois. — P. 239, l. 25, lire voie particu lière. — P. 240, l. 18, lire Tronchère; l. 30, lire Lauroea ou Lauréa. — P. 244,]. 17, lire en règle générale, les voir prophétiques; note 2, ligne finale, lire (1 ému taule l’Europe. — P.245,1. 4,1i1‘e1789. — P.
246, note 1, l. 3, lire intuition. — P. 248, l. 15, lire les prophéties modernes. — P. 250, l. 6, lire paraissant prédestinée, l. 19, lire qu’elle soit asse: antérieure. — P. 251, l. 4, lire douteuse. — P. 252,1. 13, lire Adelberth; l. 23, lire mais ne la font pas naître. — P. 253, note 2, lire Turin, 1876. — P. 257,1.29, lire M'"3 de Leyrette. -— P. 256, note 1, lire Bray. — P. 258, l. 22, lire Nectou. — P. 259, l. 5,lire Geoffroy; l. 9, lire peut ici... — P. 261,]. 14, lire Taîgi.
96 L’INITIATION LÛWIÆES BÉGŒS F. LECOMTE (DIONYS). — L’Epanouissement terrestre, réfutation absolue du matérialisme. — Paris. A. Charles, 8,- rue Monsieur-le-Prince, I898, 1 vol. in-IS, 3 fr. 50 (compte rendu prochainement). EUSÈBE. BARRIDA. L’Electre magique, d’après le gri moire ou magie naturelle de Benoit XIV. —- Paris, Chamuel, éditeur. ALEXANDRE A. STURDZA. —— L’Inlernel clavier, I vol. in-4°, Bucarest 1896. — Illustrations de N.
Vermont (compte rendu proehainpar M. C. Pavalesco) ALBERT JOUNET. — La Question sociale: Les Harmo nistes, extrait de la Coopération des Idées. Uue broch. in-S chez l’auteur à S‘-Rabhaél (Var) I898. Le Gérant: ENCAUSSE. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET c", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
FRAiG-MAGÛNNERIE ET SCIENGES OCCULTES A VENDRE: IMPORTANTE BIBLIOTHÈQUE sur la Franc-Ma çonnerie et. les Sciences Occultes, composée de 4.008 ouvrages rares, par les auteurs les plus célèbres des XVIIIe et XIX" siècles. Ecrired M. Rosen. 9, rue Clzappe, Paris, pour recevoir renseignements et catalogue. Parmi les ouvrages qui composent cette importante bibliothèque, nous signalons les ouvrages suivants: 1.
Abrégé de l‘h15toire de la franc-maçonnerie, précédée et suivie de pièces en vers et anecdotée; 1779, in-8. 2. Con. AGRIPPA. —- De Occulta philosophia; 1731. 3. ALBERT LE GRAND.—- Les admirablessecrets—Amant 1.1: PETIT, Secrets merveilleux. — ALBERT MODERNE, Nouveaux Secrets. — ALBERT MAGRIS, De Secretis mu Ieirum: 4. BÉDARRIDES. —— L‘Ordre maçonnique de Misra'im; 1845, 2 vol. in-8. 5.
CLA\’EL. — Historique pittoresque de la franc—maçon nerie; 1843, in-8. 6. Dxnurv. — Recherches sur le rite écossais ancien accepté; 1879—1880. 7. Des ÊTANGS. —— Archives de la F.‘. M3. ou les se crets ettravaux de tous les grades; 1821,in-8. —- (Eu vres maçonniques: initiation, cérémonnies, installa tions; 1848,_in-8. 8. GALIFFE.-— La Chaîne symbolique; origine, dévelop pements et tendances de l’idée maçonnique; 1852, in-8. g.
Jovxusr.— Histoire du Grand-Orient de France; 1865, in-8. — Histoire de la franc-maçonnerie en France; . 1878, in-8. 10. KAUFFMANN ET CHARPIN. — Histoire philosophique de la F.'. M.'.; 1850, in-8. :J‘LF"&-! ..I" _
11.Encheridion Leonis papæ, 1667. -- Le Véritable dra gon rouge,sur l'éd. de 1521.——- Le Grand Grimoire...— Physique occulte, ou baguette divinatoire (de Val— mont); 1696. 12. Histoire du Diable, traduit de l‘anglais; 1729; deux vol. en un. 13. Le grand œuvre dévoilé en faveur des personnes qui ont grand besoin d’argent:‘1778. 14. DE GENLIS. — Arabesques mythologiques ou attri buts de toutes les divinités de la Fable; 1810. 15.
MARCONIS. —Le Panthéon maçonnique; 1860. — Le Rameau d'ord'Eleusis; 1861. ‘ 16. PORTA. -— Magiœ Naturalis; 1576. Magie: Naturalis; 1650, 17. RAGON. —Hermes ou Archives; 18 1 8-1 9, in-8.—Cours des initiations anciennes et modernes; 1841, in-8. — Orthodoxie mac.‘., Maçonnerie occulte; 1853, in—8. — Rituels(15); 1860, in-8.—. Thuileurgenéral ou manuel de l’initié : 1860, in-8; la Messe, 1880, in-8. 18.
ROBIN ( l’abbé ). — Initiations anciennes et moder nes; 1779,1n—12. 19. SYBILLINA ORACULA. —— Oracula magica Zoroastrz‘s, Oracula metrica (Job. opsopoco Brettano); 1590. 20. T1101w. — Histoire de la fondation du G.'. 'O.'. de France, 1812, in-8; Acta latomorum; 1815, 2 v0]. . in-8. 21. Tcnounv. — L’Etoile flamboyante ou la M.-. sous tous les aspects; 1766, 2 vol.‘in-8. 2;.
Lettres de M. DE SAINT-ANDRÉ au sujet de la Magie; 1725. — Recueil des lettres en réponses avec remon— trance du Parlement de Rouen sur la Magie; 1731C 23‘. Histoire des imaginations de M. OUI’LE; préserva— tifs des lectures des livres traitant de la Magie, p], du Sabat; 1754, 2 vol. 24. Entretien sur les Sociétés Secrètes, le comte de Gabolas, par l'abbé VILLAks; 1752, 2 vol. 25.
Vie de Joseph Balsamo, comte de Gagliostro, tra duite de l’Italien; 1791. Et autres ouvrages inscrits au catalogue. '1‘]
JOURIŒUK Ë'I‘ RÈYUIËS OGGUL’I‘IS’I‘ES RECOMMANDÉS SPÉCIALEMENI‘ _ _ LANGUE FRANÇAISE L’In1tzation (revue mensuelle), 10, avenue des Peu pliers, Paris. Le Voile d’Isis (journal hebdomadaire), 5, rue de Savoie, Paris. L’Hyperchimie (revue mensuelle), 19, rue St-Jean, Douai (Nord).
HERMÉTISME, ALCHIMIE La Thérapeutique intégrale (revue mensuelle), 5. rue de Savoie, Paris MÉDECINE IIERMÉTIQUE, HOMÉOPAHIIE (Va paraître incessamment.) Psyché (Bulletin autopsychique mensuel) 5, rue de Savoie, Paris. couas HERMÉTIQUES LANGUE ANGLAISE 7/10 Morning Star. Dépositaire, Chamuel, 5, rue de Savoie.
Paris. (PeterDavidson, Loudsville,White C°, Georgia, USA.) LANGUE ESPAGNOLE Luç astral (hebdomadaire, à Buenos-Ayres (Répu blique Argentine), 6, pasage Sarm1ento. La Nota Médica, Fuencarral, 26._l\'ladrid. LANGUE ITALIENNE _ Il Mondo Secreto. Lug (revue mensuelle), 82, via Castro Pretorio, Rome LANGUE TCHÈQUE Sbornik pro filoso_fii a olrkullismus, à Prague (Bohème), Puch majerova Ul 36. LANGUE ALLEMANDE: Neue metaphvsische Rundschau; in-8° mensuel.
Édité par PaulZillmanu, 8 Parkstr. Berlin-Zehlcndorl Das Wort; mensuel. Édité par Leopold Engel, Feurigstrasse, 12-1. Schoneberg près Berlin. AVIS IMPORTANT. —- Tous nos confrères ci dessus cités et ceux qui voudraient être .;ités sont priés de reproduire in 8XlB/ISO cette liste.
Principaux Ouvrages recommandés pour l'étude l'OCCULTISME et de ses applications CONTEMPORAINS ' L’Évolution de l’Idée. F"CH' BARLET ‘ ' ' ' 'l‘L’Instruction Intégrale. Le Serpent de la Genèse. Le Temple de Satan. La Clef de la Magie noire. ’*s'::::"lä__ STANISLAS DE GUAITA . . W Traité méthodique de Science 0ccùËé P ‘ Traité élémentaire de Magie pratiqué} APLS ' ‘ ' ‘ ' ' ‘ ' ' ' La Science des Mages. ÎË’j_j L'Ame Humaine. A ' A.
JHOUNEY . . . . . . . Ésotérisme et Socialisme. " RENÉ CAILLIÉ . . . . . . Dieu et la Création. À CLASSIQUES ELIPI—IAS LÉVI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. j La Langue hébraïque restituée. l Histoire philosophique du genre humain. FABRE D’OLIVET. . . . . ALBERT POISSON. . . . . Théories et Symboles des Alchimisteä. : ’ ' î LITTÉRATURE : ( La Magicienne.
JULES LLRMINA . . . . . a A Brûler. ‘ ( Zanoni. BULWER LYTTON . . . .« . - . ( La Maison Hantee É"-Ë"‘Ï‘I‘ v MYSTIQUE ‘ Jeanne Leade. ,î: P. SÉDIR . . . . . . . . . Jacob Bœhme et les Tempérameni&äg} Les Incantations. _ j..‘."e<_‘ "‘23è. fi#‘çÀ_ POUR DÉTAIL ET PRIX, S’ADRESSER! ' ’â” 1 la librairie CHIMIIEL, 5, rue de Savoie, Pliifg“:ä Envoi Franco du Catalogue. 11 TOURS, lMl’. E. ARRAULT ET C".