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Linitiation “2 Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS I U 0. v1< Docteur en médecine — Docteur en kabbale .' ÿe a>i—nn v A-— 41° VOLUME. - 12” ANNÉE SOMMAIRE DU N° ;; (Décembr3 1898) PARTIE INITIATIQUE. . l’ail s.‘irnIi/iqnc rI /'uil psychique . . . . . . . . . Papus. 1p. 193 à 198.1 PARTIE PHILOSOPHI QUE . . . . . . . . . . . .. La Vie dans les revus. . G.
Kremmerz. (p. 138 à 2o2.) [afin-no . . . . . . . . . . Guymiot. (p. 202 à 211.) Le Qualriérnr élu! (le 111 mutiêrr . . . . . . . . Alban Dubet. (p. 211 à 216.) l.'l:‘s/1I'il «tu pl'np/ir‘lit‘ . . Saturninus. (p. 2113 à 262.) il PARTIE LITTÉRAIRE. . .l4'lr Ifl’ /'oi . . . . . . . . J. de Marthold. (p. 263.) . Le Nombre . . . . . . . .
Noelle H rblay. (p. 204.) Société des conférences spiritualistes. —Commémoration de Stanislas de Guaita. — Le Congrès de l’humanité. — Nouvelles diverses. —— Revue de la presse. — Bibliographie. —— Bourse aux livres. — Errata. Tout ce qui concerne la Rédaction et. les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers. Paris. Administration, Abonnements : 5, me de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine de‘s forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Efi"rayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion,à donner une base solide à la Morale par la découverte d'un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement mété physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse ‘unique la Science et la Foi, le Visible et l‘Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initinti0n adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l‘arbitrage contre l'arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initialiou étudie imparüalement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l'Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La secbnde partie (Philosophique et Scientifique) s'adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles Qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu'elles savent toujours apprécier.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. —- Abonnement: 10 francs par an (Les collections des deux premières années sont absolument Apuisées.)
L’Initintion du 15 Décembre 1898 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE [Initiation [0 PARTIE INITIATIQUE AMO— F. C11. BARLET, S.'. I.'.â -— GUYMIOT. — MARC HAVEN. S.'. I.'. 9 — JULIEN LEJAY, S.'. I.-. g — ÉMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.:. I.'. (D. S. E.) M0013. 5.-. I.'. — GEORGE MONTIERE, S.'. l.'. g —PAPUS, Su. l.'. g — SEDIR, S.-. I'. — SELVA, S.'. I.'. (C. G. E.) 2.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABlL-MARDUK. —- AMELINEAU. — ALEPH. —— Dr BARADUC. — SERGE BASSET. -— Le l<'.'. BERTRAND 30' — BLITZ. -— BOJANOV. — JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA ou I.AFAY. — ALFRED LE I)AIN. — G. DELANNE. -— ALBAN DUBET. — R. D(' PLANTIER.— FABRE DES ESSARTS.— Dr FUGAIRON. -— DELÉZINIER. — JULES GIRAUD.— L. GOURMAND. — HAATAN. — L. HUTCHINSON. — JOLLIVET-CASTELOT. — L. LE LEU. — L.
LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G. POIREL.—— QUESTOR VITŒ. -— RAYMOND. — D" Roz11-za. — L. SATURNINI'S. — Dr SOUR BECK. — L. STEVENARD. — Tnouassm. — G. VITOUX. — HENRI VVELSCH. —YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG.— JEAN DELV1LLE. u I‘ÎSTRELLA. — E. Gon— DE.\U.-— MANOEL DE GRANDFORD. -- JULES LERMINA. — L.
HEN— NIQUE. — JULES DE MARTIIOLR. — CATULLE MENDÈS. — GEORGE MONTIÈRE. —LÉON RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. —- ROBERT SCHEF FER. — EMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE CH. DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. — JEAN DELV1LLE. - YVAN DIETSCHINE. — E. GlGLEUX. H CH. GROLLEAU. — MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. -— EDMOND PILON. — J. DE TALLE N)\Y. — ROBERT DE LA VILLEHERVÊ.
L'Initiatt’on du 15 Décembre 1898 L, Im I A (RENSËITGIII‘ÎËIÊIENTS) DIRECTION ADMINISTRATION Villa lonlor‘ency, 10, aren. des Peupliers ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PA RIS—A UTEU1L I)mm;'rcun : PAPUS c H A M U E L DIRECTEUR ADJOINT: Lueien MAUCHEL 5, Rue de Savoie Rédacteur en chef: PA RIS F.-Ch. BABLET Secrétaires de la Rédaction: FRANCE, un an. 10 ir. J. LEJAY —- PAUL SÉDIR ÉTRANGER, _ ,2 h.
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\ La reproduction des articles inédits publiée par l'lni_tiation est formellement interdite, à moins d'autorisation spéciale. Ë‘ait scientifique et Ëait psychique Les personnes qui sont peu au courant des pra: tiques scientifiques se figurent volontiers que, lors qu’un fait a été constaté par un savant, digne de ce nom, les Académies doivent s’incliner et admettre comme une réalité l’affirmation de ce savant.
C’est là une erreur ; et elle est à tel point répandue dans les milieux les plus divers, qu’il nous semble utile d’en démontrer l’origine et la portée. Cette erreur provient de deux fausses conceptions : la première relative au rôle desAcadémies, la seconde au caractère des faits susceptibles d’être enregistrés sans appel par lesdites académies.
On a tôt fait d’accabler sous les sarcasmes les corps savants officiels et de rappeler leurs multiples bévues concernant les nouveautés industrielles et scientifi ques. Or, si l’on veut bien réfléchir un peu, on remarque facilement que le rôle des Académies est de rendre classiques les idées ou les faits qu’elles admet tent définitivement, et cette opération est analogue pour l’Université à celle de la sanctification pour l’Église catholique. Celle-ci attend en général cent ans avant de sanctifier quelqu’un, et l’Académie attend, toutes 7 warzæ-ææaæ
t 94 L’INITIATXON [DÉCEMBRE ‘.'Z‘*‘-’Î*Ï""'“"‘*ÆÎ‘"’”"‘ proportions gardées, un temps équivalent avant de se laisser pénétrer par la nouveauté. A l’origine, les Académies ont bien été créées pour aider au progrès; mais, bien vite, elles sont tombées au rôle d’une société d’enregistrement des faits bien établis.
Un exemple bien caractéristique de cette loi, c’est l’histoire du Collège de France, établi parFrançois I“ à cause du grec que la Sorbonne ne voulait pas ensei gner, c'est-à-dire créé comme une institution de pro grès et devenu depuis, sauf de très rares exceptions, le refuge des invalides de ladite Sorbonne.
C’est à des sociétés libres, comme l’École des Hautes Études, les congrès scientifiques régio naux, etc., que des hommes d’avant-garde doivent s’adresser tout d’abord,etquele chercheurindépendant doit présenter en premier lieu ses nouvelles idées, et ce sont des sociétés scientifiques libres qui doivent contrôler et surveiller les faits psychiques qui intéres— sent tant de personnes aujourd’hui.
En effet, devant l’indifférence obligée des savants officiels, le public adû s’adresser aux sources les plus variées pour connaîtreces faits psychiques Et alors on a vu des journalistes, n’ayantjamais mis les pieds dans un laboratoire scientifique, s’improviser infor— més, et Dieu sait comme!
On a vu des jeunes gens qui ne connaissent des diplômes supérieurs que le nom et des centresvd’études que la porte extérieure, improviser, entre une lecture sur le corset et une causerie sur le costume de la femme chauffeur, une conférence sur les mystères de la psychologie! W
1898] FAIT SCIENTIFIQUE ET FAIT PSYCHIQUE 195 Les savants, dignes de ce nom, sollicités par les belles Madames de donner leur opinion sur des faits patronnés par de tels parrains, se sont enfuis épou vantés et sont retournés à leurs expériences, non psy— chiques, mais raisonnables, etàleurslaboratoires dont la porte estgardée par les examens.
Le public cepen dant a droit à des informations sérieuses et il doit être mis en garde contre les accusations portées à la science par ceux quine la connaissentpas. Voyons donc ce qui différencie ce que nous appelons le fait psychique du fait scientifique (1). Commençons par ce dernier.
Un savant allemand découvre que, dans certaines conditions, l’ampoule de Crookes donne naissance à des rayons douésde propriétés physiques particulières, et il nomme ces rayons rayons X, en indiquant la manière de les obtenir. Aussitôt l’expérience initiale est répétée dans tous les laboratoires de physique possédant les instruments nécessaires, et partout, en Europe comme en Amérique, elle donne les résultats annoncés.
Voilà ce que j’appellerai UN FAIT SCIENTIFIQUE. C’est celui qui est susceptible d’être répétéà volonté en se plaçant dans les mêmes conditions que le premier opérateur. Prenons un exemple tout différent.
M. de Rochas nous raconte qu’un sujet hypnotique peut passer de l’état de somnambulisme hypnotique (1) Il est entendu que nous ne nous occupons que des faits pouvant être reproduits par l’homme et non des faits se rap portant à l‘action de la nature. J.Wæz _’_‘-ÆhÇw ...‘....a.«
196 L’INITIATXON dans l’état de rapport magnétique, et qu’en ce dernier état la sensibilité est extériorz‘sée. Or, si l’on se place dans les conditions énumérées par M. de Rochas, on réussira à certains moments avec certains sujets, et on échouera totalement à d’autres moments, avec d’autres sujets. En un mot, jamais on ne pourra affirmer avant de commencer une expé— rience, avec un sujet non entraîné, quel en sera le résultat final.
Voilà ce que j’appelle un FAIT PSYCHIQUE. Je l’appelle ainsi parce que sa production dépend, non plus d’instruments et de conditions physiques, mais bien d’instruments et de conditions psycholo giques. Et ce sont justement ces instruments humains et ces conditions qui obligent absolument la science àde très sérieuses réserves jusqu’au moment où le fait psychique sera devenu un fait scientifique.
La différence se caractérise encore quand il s’agit des expériences tentées avec les médiums spirites ou autres. ‘ Ce même médium. qui deux jours auparavant, a produit des phénomènes très probants sera surpris en flagrant délit de fraude par des expérimenta teurs placés dans les mêmes conditions que les pre— miers.
Il faut, à ce propos, féliciter hautement les cher cheurs contemporains qui, dansïles expériences avec Eusapia Paladino, ont fait les plus grands efforts pour se rapprocher autant que possible des condi— tions les plus rigoureuses de contrôle et de certitude. Si ces faits ne sont pas encore scientifiques, cela
FAIT SCIENTIFIQUE ET FAIT PSYCHIQUE [97 tient donc au peu de temps qui a été donné aux savants sérieux pour les étudier en dehors de toutes les hypothèses et de toutes les sentimentalités des réunions spirites ou autres.
De même que l’électricité est demeurée assez vague et assez indéterminée dans ses effets jusqu’au moment où les appareils spéciaux destinés à la mesurer ont vu le jour et où le volt et l’ampère sont venus dissiper les premières obscurités, de même la force psychique n’entrera réellement dans les laboratoires que le jour où cette irradiation de la pile humaine aura trouvé son voltmètre et son ampèremètre, où l’on pourra mesurer soit sa force de projection, soit son intensité.
Ce jour-là l’extériorisation de la sensibilité et de la motricité sera ramenée à sa correspondance réelle avec le travail organique, et « les esprits » seront relégués plus près de leur véritable plan d’action.
Aussi est-ce faire preuve d’une légèreté très grande que de vouloir obliger les corps savants officiels à admettre des faits qui ne peuvent être reproduits à volonté et qui, cependant, ont été constatés par des membres très éminents desdits corps savants.
C’est donc par suite d’un malentendu et parce que l’on veut aller trop vite en besogne que l’on prétend imposer à la science des phénomènes, parfaitement réels à notre avis, mais non encore assimilables par les organes scientifiques. " La Science est une jeune personne très difficile et elle ne peut se fiancer encore ni avec le Magnétisme, ni avec le Spiritisme, ni même avec l’Occultisme. Toutefois mon devoir d'bccultiste m’oblige à consta— " «—\*".* î"“)vÇL.LM"M‘îL-\W
198 L’INITIATION ter que ce sont les théories occultistes, semblant si compliquées aux débutants, qui mettront le savant à même de trouver la voie rationnelle dans ses re cherches.
Ouvrons donc des centres libres et des laboratoires sérieux, en dehors des écoles officielles, créons cette avant-garde de francs-tireurs chargés d’explorer scien tifiquement l’invisible, mais exigeons de ceux qui veulent prendre part à ces recherches des capacités d'expérimentateur garanties par les diplômes de l’Université ou par des examens de nos centres per sonnels.
Tel est l’esprit qui a présidé à la création de la Faculté des Sciences hermétiques en pleine pro 5 périté, tel est celui qui nous a guidé dans la constitu tion dela Société des Conférences Spiritualz'stes dont le succès a encore dépassé nos espérances. PAPUS.
Il monde secreto. Œa W1Œ nana ses tRÊvss Comment avoir devrais rêves ? —-—Conseils à ceux qui dési rent visiter pendant la nuit le royaume des vivants et des morts, ' DePUÎS qu’un certain nombre de revues se sont °CC‘{Pées des Songes prophétiques et des Songes vrais, plumeurs personnes m’ont demandé de dire quelques m‘?ts sur les rêves. Je vais le faire d’une façon résu me et le plus clairement possible. Avant tout, comment diviser les rêves ? 1° En rêves d‘origine sensorielle; hue M‘a-‘1‘
LA 'vre DANS LES RÊVES 199 2° En rêves du plan matériel astral ; 3° En rêves du plan astral supérieur. Les hommes, même les plus parfaits, dans la so ciété actuelle, peuvent souvent être trompés par des rêves d’origine sensorielle qui sont purement la con tinuation de la sensitivité de l’état de veille. Les rêves sont produits par les idées de la journée tronquées et mêlées entre elle.
Cette vieille définition des philosophes à quatre sous la paire répond parfai tement à ce genre de rêves. Nous nous endormons sous une impression senso— rielle quelconque et ces rêves naissent et grandissent dans notre mentalité pendant le repos du corps phy sique. Ce sont là les rêves des personnes de mentalité ordinaire, vulgaires d’apparence et d’un développe ‘ment psychique très minime.
Il leur suffit de perce voir, en dormant, un son, un changement de tempé rature, un contact, et l’imagination fait le reste. A cette espèce de rêves se rapportent ceux qui révèlent l’état pathologique d’un individu, et les médecins feraient bien de lire dans les songes des malades le caractère des affections et altérations du corps humain.
Il existe un rapport si étroit entre les songes et les infirmités, qu’on pourrait écrire un véritable Inter prète des Songes à l’usage des médecins. Je cite un exemple qui est facile à contrôler.
Les malades atteints de rhumatismes généraux ou de simples catarrhes voient en rêve, lorsque leur ma‘ laise n’est pas encore manifesté, de l’eau, des bains, une immersion, une douche, et ressentent un froid v, wwc‘. ÿ. \ ‘_— s.' r -M .-;,.« s‘_.4._ -\«‘ r'
200 L’1NITIATION très vif en dormant. Les personnes disposées aux maladies asthmatiques, aux affections cardiaques rêvent fréquemment feu, chaleur, etc. Le corps astral de ces personnes est très adhérent au corps physique. Elles ne perçoivent dans ;le som meil que les idées générales causées par la répercus sion du monde matériel sur nos sens physiques.
Mais quand le corps astral se perfectionne, nous allons faire des promenades dans les environs et, sous l’impulsion d’un désir bien déterminé, nous pouvons voir pendant le sommeil ce qu’à l’état de veille les murs et les distances nous empêchent de connaître. Cette faculté peut être cultivée au point qu’on peut arriver à faire en réalité les visites qu’on s’est tracées avant de s’endormir.
Dans ce cas, ce sont de véritables sorties en corps astral qui ne dépassent pas le plan physique. Quoi qu’en puissent penserles damesà l’imagination vive et les hommes curieux, ce que j’écris est chose commune. De ces nombreuses personnes, celles sur tout qui ont développé le sentiment d’un idéal, qüi mènent une vie simple, mettent en pratique incons ciemment cette faculté de l’âme humaine.
Le côté difficile de la questi0n est le souvenir au réveil, c’est-à-dire que le plus grand nombre ne peut com prendre le souvenir persistant à l’état de veille de ce qui s’est vu en songe. Il arrive aussi qu’en rêve, à cause des correspondances entre le médiateur plas tique et le corps physique, les impressions ressenties sont des impress1ons réelles, mais nous parlerons de cela une autre fois. Pour l’instant, contentons-nous
LA VIE DANS LES RÊVES 201 de donner quelques conseils à l’effet d’obtenir les conditions physiques nécessaires pour voir en rêve ce qu’on désire. Avant tout ne vous couchez pas après avoir mangé et bu trop copieusement. Il est utile de se coucher au moins deux heures après le repas et de ne pas dîner trop tard. Maintenez-vous ensuite dans le calme et ne vous couvrez pas trop.
Plus les fonc tions du corps physique sont équilibrées, et plus le corps astral est libre. En vous couchant, ayez la volonté calme et non impétueuse de voir telle chose, telle personne, de pré— férence, les choses, les personnes que nous aimons, les personnes de qui nous sommes aimés. Mais, comment conserver le souvenir de ce que nous faisons en rêve ? Ici ce que nous pourrions in diquer n’est pas à la portée de tous.
Disons seulement que, pour faciliter le souvenir, on doit éviter d'être réveillé par des bruits extérieurs ou par l’entrée brusque d’une personne vivante, car le réveil brusque détermine la rentrée brusque du corps astral et efface le souvenir. Parlons maintenant des parfums les plus aptes à faire rêver et à faire oublier. L’iris florentin, le musc, le patchouli, le foin, la rose en dose infinitési male, aident à faire rêver et à se souvenir.
La cannelle, l‘opoponax, le chanvre indien, le pavot. à faire oublier. Parmi les substances qui se mangent, les choses très amères ou très douces, très âcres et très acides, sontàéviter. On peut utiliser : la crème, le miel aci
202 L’INITIATION dùlé, le chocolat, le thé au lait, le thé avec du laurier, le thé, la camomille, l’amande amère, l’alchermès, le genièvre, le wisky (quelques gouttes sur un morceau de sucre), etc. Lorsqu’on est entré dans le domaine de la vision réelle dans les songes, il faut désirer monter jusqu’au plan astral divin, dans lequel on est en contact avec les esprits des morts et de ceux qui vivent dans des plans supérieurs.
Voilà en résumé ce que je puis dire des rêves, et je souhaite que l’on essaye dans la mesure du possible. G. KREMMERZ. (Traduit par Phaneg.) INFERN@ "" Autobiographie qui est un document humain d’une rare importance. Ce livre demeurera longtemps clos pour le sens aux profanes: mais de nos jours les non-profanes devien nent de plus en plus nombreux, et l’Inz’tz‘atz‘on n’est pas étrangère à leur multiplication.
Strindberg nous raconte des aventures qui n’en sont pas pour ceux dont les sens subtils n’ont pas encore bourgeonné et dont l’âme est aussi durement enclose (1) Injerno, par Auguste Strindberg. 3 fr. 50. Paris, au Mercure de France. ‘5'!
INFERNO 203 v... en la matière solide que celle des rochers, mais dont les analogues ont été subies par les gens aux sens subtils éveillés.
Ces aventures sont des épreuves d’initiation, comme le constate Strindberg, tout au long du vo lume, réelles et non simples images comme les parades analogues à celles des baraques foraines qu’on doit subir à l‘entrée de quelques sociétés dites secrètes, lesquelles sont de simples symboles destinés à rappeler l’existence des sociétés secrètes réelles, les Fraternités de l’Occultisme.
Qu’il le sache ou qu’il l’ignore, tout étudiant de l’occultisme est rattaché à quelqu’une des Fraternités secrètes dans laquelle il est admis consciemment quand il a conquis le droit d’y être admis.
Nombre de ces étudiants ont dû sentir, à certains passages de leur vie, une protection efficace leur venir en aide; ils ne s’en rendent pas toujours compte au moment où elle se produit; mais, quand la compréhension est augmentée, ils saisissent le sens d’événements qui les ont seulement étonnés, au moment de leur manifes— tation.
Strindberg est à la recherche de la solution de l’énigme du sphinx comme tous ceux qui suivent les sentiers menant au temple du Savoir Occulte. Le mot de l’énigme est la connaissance de la nature humaine. Lorsqu’on connaît la nature humaine, on en con naît bien d’autres.
2 04 L’INITIATION Avant l’énigme définitive, on en trouve plusieurs à résoudre en chemin. Et chacune de ces énigmes pré— liminaires peut paraître la définitive à une école d’0c cultisme; là, comme ailleurs, il y a gradation. Strindberg, dans la période dont son livre est l’his toire, a touché une de ces énigmes, sans arriver à en trouver la solution.
Il en a touché le mot de ses mains, comme on tou cherait, dans la nuit, des lettres sculptées en relief; mais aucune lueur nelui a permisdelelire, et il passé outre pour chercher dans Swedenborg l’explication des événements qu'ila subits, oubliant pour un temps qu’il n’y a pas de science réelle dans les livres, mais seulement des indications de faits aidant à construire le savoir réel.
' Il a cependant trouvé la moitié du mot de l’énigme, à savoir que le-monde est construit par un Penseur, et profondément senti l’autre moitié. ..4 La matière est les apparences que prend l’H, équi valent o,5, en s’organisant suivant les lois des nom bres. L‘hypothèse de Prout sera un jour, prochain peut— être, démontrée en fait. La matière la plus pesante que connaissent nos chimistes est le thallium, équivalent 204.
En utili— sant l’hypothèse de Prout, on comprend que les objets du monde sont des amalgames de la matière dans les diverses étapes qui conduisent de 0,5 à 204. C’est :1!“ a. .——
INEERNO 205 le côté jour de la question: il y a aussi le côté nuit, qui est le retour de la matière de l’étape 204 à l’étape 0,5. Cela fait, dans la matière, deux courants qui se mélangent et s’étirent en fils pour former toutes sortes de dessins et de fioritures dans les nuages et sur les rocs, sur les parois d’une cuvette de zinc et sur les pierres de foudre qu’on trouve parmi les galets des plages.
Peut-être plus que partout ailleurs, ces courants sont condensés dans le cerveau animal et surtout dans le cerveau humain, qui doit contenir toutes les matières terrestres, depuis le thallium 204 jusqu’à l’hydrogène 0,5, et qui les contient dans tous les états de rencontre du courant d’aller de 0,5 à 204 et du courant de retour de 204 à 0,5.
Cette manière de voir donnerait quelque appui à l’opinion des réalistes qui pensent que les idées des objets sont de nature identique à celle des objets, et ruinerait le crédit de la théorie du subjectivisme, cette opinion du logicien Kant, qui ne parvint pas à être un métaphysicien. U‘Ir Avant 0,5, qu’y a-t-il P o, la non-matière, ce qu'on nomme l’esprit.
C’est de o que sort la matière et c‘est à 0 qu’elle retourne ou peut retourner, d'où suit qu’il n’y a peut-être aucune différence essentielle entre l’esprit et la matière, et qu’en fait il n’y a rien de supérieur ni d’inférieur dans les objets eux—mêmes.
206 L’INITIATION La supériorité et l’infériorité sont dans le savoir, qui a pour termes extrêmes la Connaissance et l’Igho rance. 01 U‘ Pour la théorie qui vient d’être esquissée, qu’est-ce que connaître un objet? C’est prendre conscience d’un simulacre cérébral de cet objet. simulacre de composition identique à celle de l’objet, les mêmes éléments se trouvant dans le cerveau et dans le monde extérieur. .
C’est un peu ce que fait le mystique ind0u lors qu’il dit que, pour connaître un objet, il s’identifie à lui; seulement l’Ind0u parait croire qu’il acquiert cette connaissance en jetant sa conscience dans l’objet extérieur et ignorer que cet objet peut être construit identiquement avec sa matière cérébrale. Ignorer, c’est ne pas avoir conscience des objets existant dans sa matière cérébrale.
Cette théorie permet de comprendre le dire mys tique que c’est en soi qu’il faut trouver le monde ne l‘u C’est une théorie qui va loin si on veut la suivre. Elle implique immédiatement que le monde exté rieur est partie constituante du cerveau d’un Penseur qu’on nomme le Créateur du monde. Tous les objets qui nous entourent seraient des phénomènes cérébraux déterminés par ce penseur ou apparaissant dans sa mentalité. Delà l’illogisme, la passion, le caprice, l’inattendu ...ug.,_ a‘Il" .. _ 7 'q_ ._,. .
INFERNO 2 07 .u‘-; qu’on remarque dans les phénomènes du monde, phénomènes dont l’humanité fait partie. La notion du Dieu créateur à laquelle Strindberg est arrivé me paraît assez proche parente de celle qui est ici indiquée.
Il me semble de plus qu’il lui sera maintenant facile d’admettre l’enseignement capital de la Théo sophie blavatskyenne, que toute pensée est un être, qu'elle se produise dans le cerveau du Créateur ou qu’elle se produise dans le cerveau d’un homme ou d’un animal.
Comme la pensée humaine et animale est de nature invisible, le monde des êtres intelligents invi sibles est tout de suite établi. comme existant; c‘est seulement affaire de classification que de nommer ces êtres des esprits, des démons, des anges, des dieux ou n’importe comment. i Le monde des objets extérieurs à nous serait alors produit par la pensée du Créateur, pensée qui peut très bien être divisée entre plusieurs personnalités ou contenue dans une seule, ce qui est chose à constater expérimentalement et sur laquelle il n’est pas utile de se prononcer avant expérience.
Partant du fait que l’homme est créateur aussi par sa pensée,— et c‘est là une donnée del’expérience, — et de cet autre fait que l’homme est inclus dans la pensée du Créateur, on peut induire que la pensée créatrice est divisée et dévolue à des personnalités distinctes.
208 L’INITIATION L'homme est créateur dans sa sphère d’action et, par conséquent, est, comme penseur, fraction de la pensée créatrice. Il est à supposer que la pensée du Créateur s’exerce en vue d’atteindre certains buts, tout comme la pen— sée humaine. Il faut, pour qu’elle arrive à ces buts, que la pensée créatrice épandue dans le monde s’ordonne d‘une certaine façon. Faute de cette ordonnance, le but sera manqué.
L’homme, détenteur d’une portion de la pensée créatrice, peut orienter son action tantôt favorable ment à un but visé par une pensée créatrice sortant d‘une personnalité plus vaste que la sienne, tantôt de façon à faire manquer le but visé. Dans ce dernier cas, il y a conflit donnant nais sance à des phénomènes que ne fait point naître l’é tat de concordance.
Il apparaît comme probable que beaucoup des phénomènes du monde résultent de cet état de conflit.
Les conflits seront d’autant plus fréquents et d’au tant plus importants que la pensée humaine aura plus de vigueur et fera entrer en ligne de compte pour ses déterminations un moins grand nombre des faits dont elle a conscience, surtout quand ces faits ne seront pas ceux dont se sert, au même moment, la pensée créatrice supérieure à l’homme en importance.
Les conflits entre pensées créatrices émanant de personnalités distinctes sont un des facteurs de la vie du monde. I? " “‘ m
INFERNO 209 Comme penseur, l’homme est doué de passivité et de spontanéité. Il est passifen tant qu’instrument de la pensée créatrice de personnalités plus vastes que la sienne; il est spontané en tant que source d’activité pensante. Comme penseur spontané, l’homme peut contre— carrer les autres penseurs spontanés et aussi les pen seurs passifs, leurs instruments.
Pour les pensées à longue portée, rares sont les penseurs spontanés parmi les hommes et innombrables les penseurs pas sifs, agents de personnalités supérieures. Aussi, dans l’existence humaine, la condition de penseur spontané est-elle une triste condition, Strind berg en a fait l’expérience. Il y a longtemps que le mythe de Prométhéea enseigné à l'humanité qu’il ne fait pas bon penser spontanément.
Malgré cet enseignement, la descen dance de Prométhée se continue dans l'espèce hu maine. a"! Les personnalités suprahumaines, sauf quelques unes, préfèrent les penseurs passifs aux penseurs spontanés. La vie des hommes de haute valeur intel lectuelle en fournit une preuve éclatante tout au long de l’histoire de l’humanité. Citerait»on un homme de génie qui ait réussi dans ce que les hommes considèrent comme réussite de la vie ? C’est au point que la réussite pourrait peut-être ser vir de critérium indiquant l’absence de génie. Des
210 L’INITIATION exemples contemporains ne sont pas pour infirmer cette opinion. ' ‘4‘ Il y a-dans la vie des moments de désarroi où l’on est incapable de la sérénité du doute, et l’on se rejette alors aux croyances enfantines de l’humanité; on rentre, tête basse, dans le troupeau des passifs. C’est à un de ces moments que Strindberg a ter— miné Inferno.
Au cours du livre, on ne se serait guère attendu à voir intervenir le catholicisme romain en cette affaire, et pourtant c’est son fantôme qui bouche l’issue du livre. t 44 Le catholicisme romain a sa raison d'être dans la nature, surtout depuis qu’il est aux mains de la Société de Jésus.
Ce qu’il est fondamentalement, c’est un réseau de canaux destiné à faire courir dans l’humanité la pen sée créatrice d’un groupe de personnalités transcen dantes symbolisé par Jéhovah, le dieu des Juifs, et ce sont des personnalités transcendantes qui ne veulent que des penseurs passifs dans l’humanité et qui ne tolèrent en elle d’autre spontanéité que celle d’effu sions sentimentales fiatteuses pour leur amour—propre.
On n’a pas de personnalité sans amour-propre. Or Strindberg est de la race de Prométhée ; c’est un pen— seur spontané, {donc l’ennemi-né de Jéhovah et de ses acolytes. Serait-il donc vaincu définitivement P Mais Jupiter, autre nom de Jéhovah, ne pardonne
LE QUATRIÈME ÉTAT DE LA MATIÈRE 211 pas à Prométhée, et si celui-ci accepte la défaite, c’est le Caucase et le vautour. Allons! vieux frère, debout sur tes deux pieds! Cette petite boule. ton cerveau, est une machine qui lance la foudre aussi bien que la main de Jupiter, et dont les traits font trembler l’Olympe dans ses fon dements en portant les affres de la mort dans le cœur des dieux avec une autre intensité que la colère de leur chef.
Si l’homme a peur des dieux —— en quoi il a tort — les dieux ont bien plus peur de l’homme —— en quoi ils ont raison. Car l'homme les détrônera, c’est-à-dire les mettra à leur place et déchirera le voile de nuées avec quoi ils lui cachent l’Éternel. GUYMIOT. 3êe «Quatrième État de la Matière I. RADIOGRAPHIE PHYSIQUE 1° Le magnétisme, l’od, le psychisme sont des substances impondérablcs et constituent ce qu’on appelle la matière radz‘ante.
' 2° La cohésion est l'attraction qui s’exerce entre deux atomes de même qualité, l’afiinité. est l'at traction entre deux atomes de qualité différente. 3° L’absorption est la pénétration dans une subs— tance d’une substance de qualité différente; la radia
2 1 2 L'INITIATION tion est la propriété qu’ont les substances de se répandre. 4° Le psychométre, le magnétomètre, le psychos cope et le magnétoscope sont des instruments qui servent à déterminer la quantité, la qualité ou l’in tensité des substances dans leur manifestation. 5° Les substances peuvent se transmettre, se pro pager à travers l’espace et pénétrer tous les corps par rayonnement.
6° Lorsque les rayons magnétique, odique ou psy chique d'un individu ou d‘un collectif viennent à rencontrer des substances de même nature ou de nature difiérente entre elles, ils peuvent être soit absorbés, soit réfléchis, soitdispersés, soit renvoyés à leur auteur. 7° Ces diverses substances peuvent être condensées ou compacte’es et devenir gazeuses, liquides ou solides. 8” Les rayons peuvent être réfractés et décomposés.
9° L’homme est polarisé comme la terre et les corps célestes. 10° Les effets de l’action magnétique, odique ou psychique sont physiologiques, mécaniques, chi miques dans l’ordre naturel ou supranaturel. 11° La réunion de personnes peut former une pile et donner lieu à des phénomènes médiumniques, télépathiques, physiques, dont l'intensité est en raison de la quantité de substance accumulée. \ 1° Les molécules magnétique, odique et psychique Il. RADIOGRAPHIE CHIMIQUE 'W -.r..-m‘ ,wzv
u«: QUATRIÈME ÉTAT DE LA MATIÈRE 213 sont des substances composées provenant d’une seule et même substance simple. 2° On peut analyser et synthétiser chaque sub stance pour en déterminer la qualité ou la quantité. 3° Les substances peuvent se combiner ou se mélanger. 4° Dans les combinaisons, deux substances, pour former un même composé, se combinent toujours dans des proportions invariables.
5" Il y a toujours un rapport simple entre les dif— férentes quantités de l’une des substances qui se combinent avec une même qualité de l’autre. 6° On nomme positive la substance dont la qualité est en rapport constant avec sa puissance et sa quantité. 7° On nomme négative la substance dont la qua lité est en raison inverse avec sa quantité.
8" La substance est dite neutre, quand la quantité et la qualité des substances qui la composent se font équilibre. 9° Les substances radiantes par leurs combinaisons et leurs mélanges deviennent isomères, métamères, polymères, allotropiques, isomorphes, polymorphes ; elles peuvent devenir pondérables. III. RADIOGRAPHIE MÉCANIQUE 1° Lorsqu’une molécule radiante est dirigée dans un sens ou dans un autre, on dit qu’elle est en mou vement. La cause du mouvement est une force ; cette force est incluse ou occluse dans la molécule. !'r.
2 i4 L'1NITIATION Le mouvement est statique ou dynamique. On distingue : la ligne qui décrit cette force ou trajectoire; le temps qu’elle met pour passer d’une position à une autre ; l'ordre impératif qui donne la direction. 2° L’intensité est en raison directe de la puissance directrice. . 3° Lorsque deux forces sont appliquées en deux points liés entre eux d’une manière invariable, égale ment semblables, ces forces se font équilibre.
4° Si un nombre quelconque de forces agissent les unes dans une direction, les autres dans une autre, leur résultante est égale à l’excès de la somme des forces qui tirent dans un sens sur la somme des forces qui tirent en sens contraire ; cette résultante agit dans le sens des forces qui ont donné la plus grande somme. 4° La résultante de deux forces appliquées au même point est située dans le plan des deux forces.
5° Pour que plusieurs forces appliquées au même point se fassent équilibre, il faut que la somme algé brique des projections de ces forces soit égale àzéro. 6° Si l’on projette sur un point un système quel conque de forces concourantes et la résultante de ce système, la projection de cette résultante est égale à la somme algébrique des projections des compo "sautes.
7° Le moment d’une force, par rapport à un point, est le produit, de son intensité par la distance du point donné à la direction de la force. Le point est le centre des moments. '
1.15 QUATRIÈME ÉTAT DE LA MATIÈRE 215 8° La résultante d'un nombre quelconque de forces concourantes et dirigées arbitrairement dans l’espacea pour moment, par rapport à un point fixe quelconque, la somme algébrique des moments des composantes par rapport au même point. 9° Deux forces parallèles et de même sens appli quées à un même plan ont une résultante parallèle à leur direction, de même sens. 10° Deux forces parallèles et de sens contraires appliquées à un même plan ont une résultante égale à leur différence, de même sens que la plus grande. 1 1° La puissance des forces dirigées sur un même point est directement proportionnelle au carré de leur nombre et inversement proportionnelle au carré de leur distance à ce point. Alban Douar. %5
L’ESPRl’l‘ DE PRÜPHÈTIE PAR SATURNINUS (Suite) L’auteur de ce mémoire, confor— mément aux décrets d’Urbain VIII, déclare se soumettre d’avance aux jugements de l’Église catholique en matière de surnaturel. Madeleine, la voyante de la Vendée, personne absolument illettrée, a eu la faculté d’écrire, guidée par une main invisible, des avis pour les personnes qui la consultaient (1). Marie—Julie a dessiné admi rablement deux portraits sur l’ordre de la Vierge. Cette faculté, assez rare, doit être rapprochée du don bien connu des médiums écrivains ou dessinateurs (2). (1) Curicque. Le catholique peut se défier du médium écri— vain, qui peut être dominé par un inconscient ou par un esprit mauvais : toutefois, pas de règle sans exception. (2) Peladan, Dernier mot des prophéties. - ,—:l—.
L’ESPRIT DE PROPHÊTIE 21 7 Un mode d’inspiration de caractère différent est celui qui éclaire l’esprit et excite la volonté: les auteurs deslivresd’Esther,de Judz‘th, des Macchabe’es, de la Sagesse, de l’Ecclésiastique, eurent uniquement cette inspiration, sans avoir part à tous les dons pro— digués à d’autres prophètes. C’est ainsi qu’Holzhauser et sœur Louise de Jésus furent inspirés pour commen ter en partie l’Apocalypse.
De notre temps, Allan Kardec, Michel de Figanières et bon nombre d’ins pirés ont écrit des œuvres regrettables et d’une très haute portée, sous la direction ou avec l’aide bien veillante d’un guide spirituel. Les auteurs des livres sacrés cités plus haut étaient-ils sous la conduite d’une âme sainte évoluée, ou bien d’un ange, ou encore sous l’influence directe du Créateur, il ne m’appartient point d‘en décider.
Mais on me per mettra de rappeler que Gabriel inspira le prophète Daniel, Uriel Esdras avec Jérémie (1). Quels esprits inspirèrent Allan Kardec, Michel de Figanières, etc., c’est une autre question. Le catholicisme y a reconnu l’action de mauvais anges se donnant pour des anges de lumière.
J’ignore s’il a porté le même jugement sur les prévisions qui furent insérées il y a peu d’an nées dans l'Aurore, revue de M““’ de Pomar: ces dernières prophéties, comparativement aux prédic tions‘catholiques, étaient tellement vagues, que je les comparerai à la lumière de la lune vis-à-vis de celle du soleil. Les songes prophétiques ont été fréquents à (1) w, 4, 36.
218 L’INITIATION toutes les époques de l’histoire. Sans doute l‘erreur est facile : toutefois la suite des événements peut faire voir s’il s’agit d’une prophétie réelle, quand celle-ci a fait l’annonce d'un événement dont la véri fication est possible. Ce mode de connaissance est mentionné dans la Bible, Orphée, Homère et quan tité d’auteurs grecs et latins.
Le voyant est parfois dans un demi—sommeil, m:nm (tardamach ou thaudema), qui n’est ni le sommeil véritable, ni l’extase.
C’est un genre de vision inférieur: Dieu dit à Marie et Aaron qui jalousaient Moïse, que s’il y avait parmi eux un prophète, le Seigneur (c’est-à-dire un de ses messagers) lui apparaîtrait en songe ou en vision pour lui parler ; à Moïse était réservé de s’entretenir avec Dieu face à face (par un mode supérieur de l’intuition) (1). Cependant Abraham, Jacob, Joseph ont 'eu des songes célèbres (2.).
L’Ange Gabriel nous fait dire par M“2 Couédon : Comme dans l’antiquité Je voisiDieu se montrer, Et la science s‘abaisser... (G. Méry, fasc. VI, p. 380.) Les saints vont inspirer, Et des gens vont songer Ce qui est réservé... Des morts on va rêver, Ils vont venir vous trouver... (Echo du merveilleux, 106, 136.) Souvent un prédestiné a à la fois le fameux don de seconde vue et celui de prophétie.
Saint Antoine (1') Nombres, x11, 19. (2) Gen., xv, 12; xxxv111, 12; xxxvn, I'Ü‘JNW‘>WWV‘NM/ ,.«.\‘î,,x w -=v """}&f.‘ml.:æ—-FK w:‘_—«—..- . . ‘<.' :-hÔJ
L’ESPRIT DE PROPHÉTIE 219 I ü-I. _.. annonçait, plusieurs jours ou même plusieurs mois à l’avance, l’époque de l'arrivée et les motifs du voyage des personnes qui venaient l’honorer ou lui demander une guérison. Mais les visions symboliques ne lui étaient pas inconnues: un jour, ses frères le virent lever les yeux au ciel, trembler de tous ses membres et se jeter à terre en versant des torrents de larmes.
Il finit par leur dire en sanglotant : « 'De grands dangers menacent la foi : car j’ai vu l‘autel du Seigneur entouré de mulets qui brisaiem tout en frappant du pied; et j’ai entendu la voix du Seigneur qui criait : « Mon autel sera souillé! » — Deux ans après éclatait l’hérésie d’Arius (1).
S’il faut en croire les vieilles traditions chrétiennes, les martyrs ont eu des visions diurnes ou des [songes prophétiques : le sacrifice qu’ils faisaient de la liberté et de la vie même leur tenait lieu des mérites de longues années d’ascétisme, qui avaient valu ces grâces aux solitaires de la Thébaïde. De plus, il n’y a jamais en un âge fixé pour la récep tion de ce don extraordinaire.
Sainte Hildegarde fut dès l'âge de trois ans inondée d'une lumière surnatu relle. Al’âge de huit ans, elle eut des visions, qui se mul tiplièrent.
Quand elle fut âgée de quarante—deux ans, une lumière de feu venant du ciel pénétra son cerveau, sa poitrine et son cœur, et de ce moment elleeut, grâce au Saint-Esprit, l’intelligence des livres saints (2)... (I) Gœrres, Mystique. (2)C’est la flambe exiguë de Nostradamus, la langue de feu qui brillait à la Pentecôte sur la tête de chacun des Apôtres. D'autres privilégiés peuvent recevoir ce don visible. -
2 20 L’INITIATION Un fait doit être rapproché du phénomène connu de la double vue: la faculté de prophétiser s’exerce parfois àl’instant de la mort. Jacob annonça en ce moment solennel l’avenir de ses descendants. En ce, cas, un sens hyperphysiqueagitpourquelquesinstants : cette transition nous conduiraitàl’étude de la seconde vue, puis des arts divinatoires.
Saint Grégoire, saint Thomas d’Aquin admettentque l’âme perçoit alors des impressions inaperçues d’ordinaire, ou qu’un ange l’avertit. Parmi les voyants modernes, le P. Callixte annonça, en termes émouvants, les orages révo lutionnaires et l’apparition future d’une fleur de lis rayonnante sortant d’un nuage: il parut acca blé de fatigue et mourut après trois heures d’une fièvre violente, sans avoir pu prononcer une seule parole.
S'il faut en croire un historien, Louis XIII, à son lit de mort, aurait vu la future victoire d’Enghien à Rocroi : mais peut-être délirait-il en pensant à la vic toire qu’il espérait, comme Napoléon mourant mur murait des paroles se rapportant à la bataille de Marengo.
Ce ne serait pas trop d’une vingtaine d’années pour rechercher, au moyen des Annales des sciences psychiques, de M. Dariex, des publications de la SocietyforpsychicalResearches, et des revues occul tistes, spirites ou mystiques, des faits précis de pro phéties faites à l’heure dernière. Il nous est bien difficile de distinguer en ce cas si le voyant est inspiré (comme le fut peut-être le P. Cal lixte) et s’il se trouve dans un état extraordinaire où
L’ESPRIT DE PROPHÉTIE 221 se développe une faculté latente de l’âme humaine(x).
Platon, disciple, comme Pythagore, des initiés de l’Égypte et de l’Asie, admettaiten même temps la pos sibilité d'une inspiration par un daïmon comme celui de Socrate. et d’une autre provenant d’une faculté hyperphysique, soit en songe, soit pendant une maladieou durant l’enthousiasme,ou enfin au moment de l’agonie, c’est-à-dire dans les cas où est suspendu l’exercice normal des facultés rationnelles.
Il est for mel à ce sujet dans le Trine’e et dans la Phèdre. Cette inspiration naturelle peut provenirde l’action qu’exer cent sur nous les idées (dont Platon, haut initié, admettait l’existence réelle), ou encore de l’action propre d’une faculté hyperphysique.
Qu’un mauvais esprit dévoile à un homme les péchés dont il n’a pas été lavé par la pénitence, qu‘un bon esprit agisse de même avec une charitable circonspection, ou dévoile le passé, le présent et l’avenir; qu’un médium ou une personne ayant le sens psychique actifàl'état même de veille fasse des révélations analogues (quoi que moinscomplètes etprécises), qu’uneautre personne voie le passé (par la psychométrie), tous ces faits ne sont compréhensibles qu’en admettant les théories tradi tionnelles des occultistes sur le monde astral et l’exis tence réelle des idées (2).
Il est parfaitement possible de mettre d’accord les (1) Voir ce que nous savons de la psychométrie dans Sédir: Almanach du magiste, [896 ; Alf. Erny, le Psychisme expé rimental. (2) Lire_ les Miroirs magiques, par Sédir, et son étude sur la divination par Urim et Thurmmim.
2 22 L’INITIATION " théories occultistes qui font tant de bruit aujourd'hui avec des traditions catholiques de la plus parfaite orthodoxie. Saint Augustin, dans son commentaire sur la Genèse, saint Grégoire, dans le quatrième livre de ses Dialogues, admettent que l’âme, par sa propre subtilité, et en se détachant de ses sens, peut quel quefois faire de véritables prédictions (1).
Il y a dans ce cas unphénomène exceptionnel, plus rare que l’enthousiasme, par lequel, dit-on, nous sommes aussi transportés hors de nous-mêmes. l Lorsqu’elle paraît jointe à l’état d’enthousiasme, peut-elle être regardée comme une folie conta gieuse (2)?
Que l’esprit de prophétie se soit quel quefois transmis à plusieurs personnes simultané— ment, nous ne pouvons en conclure logiquement que - cette transmission permette de le regarder toujours comme un symptôme de folie.
L’enthousiasme, sous sa forme esthétique, religieuse, guerrière, révolution naire, est, on le sait, éminemment communicable : personne n’a pour cela le droit de traiter d’insensé Michel—Ange ou Lacordaire, Bonaparte ou Rouget de l’Isle, Danton ou Lamartine.
Si donc des hommes sont préparés, par leurs qualités comme parleur édu cation, à l’enthousiasmeprophétique, ils vibreront à l’unisson quand le Verbe divin inspirera un Nabi ; ou bien ils seront dominés par l’exaltation d’un orateur, ou encore ils pourront être possédés par un groupe (1) Le 7 juillet 1897, a été lu un mémoire de Mgr Méric, à la Société des Sciences psychiques, sur la faculté de divination d’aprè aint Thomas. (2) Thèse soutenue par un rationaliste, M. Prouvost. _arîl
L’ESPRIT DE PROPHÈTIE 223 d’esprits. Saülfut saisi de l’esprit prophétique, comme soixante-dix Hébreux au temps où Moïse vaticinait, comme des milliers de fanatiques cévenols à l’époque des persécutions de Louis XIV (1).
Il est vrai que l’enthousiaste peut prendre les don nées de son sens psychique pour les révélations di rectes de Dieu ou d'un ange; comme encore prendre des pensées vulgaires, mais d’allure enthousiaste et inspirée, pour des inspirations d’en haut, quand elles ne sont pas même celles du sens psychique.
Il est vrai encore qu’il faut une sérieuse enquête pour apprécier dans quel cas c’est l’enthousiasme, ou le fanatisme communiqué, dans quel autre c’est simplement l’exal tation du cerveau ‘hyperesthésié et détraqué par l’hys térie qui fait prophétiser un individu et se communi quer cet esprit à une foule entière. En outre, le catholique admet la possession par un ou plusieurs démons.
Il faut avoir l’esprit prévenu pour ne ’pas reconnaître qu’il y a tantôt supercherie, tantôt fanatisme, tantôt maladie nerveuse ou hysté rie, tantôt enfin possession démoniaque, dans le cas des anabaptistes de Munster en 1535, des voyants cé— venols, chez lesquels, parait-il, des enfants de quinze et quatorze mois prophétisèrent en français dans leur berceau, dans le cas des convulsionnaires et de plu— sieurs groupes non moins exaltés, à diverses époques et sous diverses latitudes.
Il y aurait, pourle chrétien étudiant en occultisme, , (1) Un auteur catholique, M. Hipp. Blanc, qu‘a suivi M. Gou genot des Mousseaux, a soutenu qu‘il y eut pour ces derniers contagion d’un cas de possession diabolique. ...—-—.—... ......a «.-.-. m...,;—- ..«_-.-;:_æ—..__«_ __.;æ.;.. Æ.‘L.‘QÊ..LaÀËa;
224 L’INITIATION [DÉCEMBRE à reprendre ces questions au point où la science ca tholique lesa laissées chez nous il y a une quaran taine d’années (1).
Que les catholiques prennent la peine de relever tous les faits de possession et de pro phétisme diabolique relatés dans les rapports des mis— sionnaires depuis deux siècles; ils constateront que les démons peuvent seulement prédire ce qui a déjà été prédit, ou bien les événements dont ils ont eux— mêmes préparé les causes (2).
On devrait aussi rechercher comment se distingue rait, dans un magnétisé, la possession démoniaque de la simple hyperesthésie des facultés de l’âme. N'y aurait-il pas ici encore à juger par notre sens intime plutôt que par le raisonnement au sujet de faits qui concernent les facultés intuitives/dans ce qu’elles ont de plus élevé ? La préparation qu’aura subie le voyant ne nous permettra-t-elle pas d’appré cier son inspiration?
Il. -— LES ÉCOLES DE PROPHÈTES Les Juifs, ayant constaté de longtemps que l’isole ment et la méditation paisible sont favorables au développement des facultés hyperphysiques, et en par ticulier du prophétisme, apprirent à tous les fidèles, par la tradition et par l’écriture, que l'étude, la pureté de la vie, l’éloignement du monde et des plaisirs vul (I) H.
Blanc, De l’Inspiral‘ion des Camisards, in-18, Plon, I859. —- Abbé Leriche, Étude sur les possessions en général et sur Celle deLoudun en particulier, in-IS, ib., I859. (2) S. Augustin, Cité de Dieu (1. X, ch. xxxn).
1898] L’ESPRIT ne PROPHÉTIE 225 gaires, enfin le calme de l’esprit, étaient nécessaires aux hommes qui voulaient devenir les serviteurs choi sis du Très-Haut. Il fallait le calme et le loisir, pour étudier les anciennes prophéties, pour prier et jeûner longuement afin d’en comprendre les mystères, ou d’acquérir la grâce de l’inspiration, et de pouvoir expliquer clairement le sens des événements révélés à chacun(1).
Tout prophète, rompu bientôt aux pratiques de l’as— cèse, devenait un maître qu’entouraient une certaine quantité de disciples. Ceux-ci suivaient les procédés de l’entraînement ascétique, et écrivaient ce qui était pçophétisé par le maître (2). Ils étaient qualifiés de fils de prophète. Élisée, David, Salomon, Daniel, n'ont jamais suivi une direction de cette espèce.
Mais il est certain que Samuel établit la première école de prophètes dont la Bible fasse mention, et qu’il y en eut de son temps àNajoth et à Ramath. Certains commentateurs ont cru qu’il y en eut dans toutes les villes du royaume d’lsraël. Peut-être des traditions conservées par les sacerdotes locaux se combinèrent—elles avec celles des héritiers de Moïse, initié lui-même par le noir Jéthro (3).
Rappelons—nous aussi que la chaîne des traditions s’est continuée jusqu’aux temps modernes par Élie et l'école du Carmel, les esséniens et les (1) Daniel, 1x, 2; Jérémie, xxx1u, 3; I,Petr., I, 10, 11 Don., x11, 8; Apoc., v, 4.. (2) Esdras,1v, 14, 24; ap. Dom Calmet. (3) Porphyre, De Abstinentia. ‘A.: '
2 26 L’INITIATION “fil“ thérapeutes d’Égypte, les solitaires de la vallée du Nil et les disciples de saint Benoît. Les Juifs allaient consulter les voyants pour ap— prendre d’eux l’avenir, pour trouver des remèdes à leurs maladies, pour écouter de profonds commen taires sur des textes sacrés.
Les rois n’ont jamais négligé d’avoir recoursà la science des voyants, en temps de paix et en temps de guerre (1); c’est ainsi qu’à d’autres époques Marins était suivi d’une pro— phétesse syrienne nommée Martha, que des empe reurs romains eurent leurs devins attitrés, que des souverains de l’Europe, au. moyen âge, s’attachèrent des voyants aussi bien que des astrologues, et qu’au temps si malheureux de Charles VI la Sorbonne fit prendre l’avis de toutes les âmes privilégiées qu’on signalait en France, pour savoir s’il fallait désespérer de la royauté et de la patrie.
Le prétentieux XIX" siècle a vu des princes consulter M"° Lenormand, et le tri— bun Gambetta écouter la femme qui lui dévoila quel— ques mystères du monde occulte (2). Parfois l’esprit qui inspirait un prophète accordait cette dangereuse faveur à un de ses fils ou disciples : l'esprit d’Élie passa ainsi à Elisée, comme dans notre siècle il y eut transfert de mission ou d’inspiration à ‘certains privilégiés (3).
Tous, on peut le supposer, arrivèrent à ce développement des sens astraux qui a (I) I,Reg., 1x, x, 3; Reg.,x1v, 2,3, 4; Reg., 1,2, 3,4;Reg., IV, 23. (2) Plutarque,’Marius; J. Fabre, Procès de Jeanne d’Arc; Robert de Bonnières, Portraits d’aujourd’hui. (3) G. Méry, la Voyante, 5c fasc., p. 296.
L’ESPRIT DE PROPHÉTIE 227 été tant de fois signalé dans la vie des saints de tous les pays : Èlisée voyait en esprit son serviteur Giézi réclamer de l’argent à Naaman le lépreux, guéri par son maître; la lèpre blanche punit le coupable.
Mais tous n’avaient pas les pouvoirs transcendants des grands prophètes: don de résurrection des morts, don de faire voir à un non privilégié les anges qui entouraient et protégeaient le voyant, don d'interpré- ' tation des Écritures (1). Il est n'atùrel que le prophétisme ait été fréquent dans les monastères.
La séparation d’avec le monde, \ la soumission a une discipline savamment réglée, l’exercice fréquent de la méditation et de la prière, l’émulation, l’action des conseils de personnes véné rables déjà fort avancées dansla vie mystique, l’action plus constante d’un directeur, toutes ces causes agis saient avec puissance et simultanément pour l'épura tion de l’âme du novice (2).
Gœrres cite le couvent des 9 (i) Elisée, 1x. (2) Saint Thomas d’Aquin reconnaît qu'on peut éloigner de l’homme toute passion qui répugne à la grâce de l’inspiration prophétique: mais il ajoute que ce don ne requiert pas tou jours la sainteté absolue. Il est donné à une personne pour l‘utilité d‘autrui, ou pour éclairer sa propre intelligence.
Cer tains reçoivent le don de prophétie uniquement pour l'utilité du prochain; et cela peut être unjour leur condamnation. Le don est parfois accordé à ceux auxquels il est plus particulière ment avantageux de l'accorder(Samme, p. in,g, [72). Le prêtre « qui niait à priori l'inspiration de M“0 Couédon en disant : Je ne conteste pas sa vertu, mais sa sainteté », n’avait pas mé dité ce passage desaint Thomas.
Un missionné parlant automa tiquement à la façon de Balaam n‘est pas l‘égal d'un saint pro phète. Saül n’était point saint et avait même été rejeté quand il fut saisi de l’esprit prophétique. Ils n’étaient point saints. ce joueur d’instruments qui fut saisi de l‘inspiration en présence
228 L'INITIATION dominicaines d’Unterlinden à Colmar comme ayant été, dans le courant du xm°et du xrv° siècle, une véritable école de mystique pratique.
Il aurait pu ajouter qu’en règle générale tout ordre nouvellement créé garde pendant un certain nombre d’années une ferveur qui lui vaut des dons extraordinaires, dons qui sont bien plus rares lorsque le couvent, devenu riche, néglige sa règle et même tombe dans les défauts et les vices de la mondanité. L’histoire d’un couvent ou d’un ordre religieux reproduit en petit les vicissitudes de l’Église catholique.
Le même auteur constate avec raison que les somË nambules, vivant dans le monde, sont exposés à un grand nombre de tentations et de dangers.
« Ceux-ci, dit-il, se trouvent transportés dans une région qui leur est entièrement inconnue, où ils ne voient aucun sentier tracé, aucune règle sûre, où aucun guide ne conduit leurs pas. » ‘ Il faut ajouter qu’au jugement des chercheurs les plus impartiaux la pratique du magnétisme et du spiritisme, même dans unjsolement relatif, acer tains dangers moraux d’un caractère particulier.
Il ne faut pas s’étonner qu’en 1841 une congrégation romaine ait condamné des pratiques dont le plus clair résultat est l’asservissement presque total du sujet à l’opérateur par l’affaiblissement de sa volonté. la propension par conséquent à se laisser diriger Vers le mal comme vers le bien au caprice du magnétiseur, d‘Elisée, et ces 70 Juifs qui prophétisèrent au temps de Moïse (Rois, rv, m, 15 ; Nombres, x1, 25).
L’ESPRIT DE PROPHÉTIE 229 Je ne veux pas affirmer qu’un somnambule (ou sen sitif) ne puisse dévoiler l’avenir d’un individu ou quelquefois d’une nation, mais les auteurs les plus accrédités reconnaissent l’influence des idées précon çues du sujet ou du magnétiseur sur les visions obte nues « en astral ».
Quant aux spirites, la plupart du temps, écrit M. de Guaita, avec la meilleure volonté du monde ils évoquent des êtres ambigus, malfai sants, stupides et brutaux... et leur oeuvre est en prin cipejune œuvre néfaste (1).
A notre époque, le groupe indépendant d’études ésotériques, s‘inspirant des traditions de certaines fraternités occultes, a su donner d’utiles conseils aux débutants qui veulent développer «les sens astraux », et créé même des ateliers d’expérimentation.
Mais ni ce groupe ni les fraternités occultes, à ma connais sance, n’ont constitué des couvents d’un genre nou veau, où l’ascète temporaire se perfectionnerait comme l’ont fait toujours les religieux. Quant aux couvents asiatiques ou africains, on sait qu’ils ont gardé leurs caractères primitifs..... Que le don de prophétie soit acquis par l’ascèse ou reçu comme un don gratuit d’en haut, il s’exerce, on l’a vu, de plusieurs manières.
Pour résùmer les degrés de cette faculté, suivons encore l’Ange de l’École. Saint Thomas d’Aquin place à un degré plus élevé le prophète qui reçoit à la fois l’illumination intellectuelle et la vision imaginative, comparativement à celui qui n’a qu’un de ces privi— (1) Le Serpent de la Genèse: le Temple de Satan (1891)
2 30 L‘INITIATION lèges. Une prophétie est d’un ordre encore supérieur, quand la vérité intelligible y est révélée seule et sans figure: dans les choses qui ne sont pas recher chées pour elles—mêmes, l’agent a d’autant plus de puissance qu’il produit un effetavec moins de moyens. Moïse et David ont eu ce privilège.
Dans un autre ordre d’idées, l’inspiration de ceux qui écrivirent les livres de l’Écriture sainte, et qui souvent parlent de ce qu’ils ont appris par des moyens humains, est d’un genre inférieur comparativement àcelle des prophètes qui ont à la fois la vision intellectuelle et l’imagina tion pour connaître la vérité. Le degré le plus infime de la prophétie est l’impul sion subite qui porte à faire une action (1).
Le second degré est la grâce de connaître des choses qui du-reste n’excluent pas les limites des connaissances humaines: Salomon en fut favorisé. Ces deux degrés ne font pas avoir la connaissance des vérités surnaturelles. Le troisième, c’est la révélation par vision, en songe ou pendant la veille. La prophétie par des paroles, ou par audition, est au-dessus de la prophétie par vue d’objets divins.
Un degré supérieur est caractérisé par l’apparition d’un être pendant le sommeil ou la veille: car l’esprit du prophète se rapproche ainsi de la cause révélatrice. La condition de cet être permet aussi de placer la vision à un rang plus ou moins élevé.
La connaissance sans vision de la réalité surnaturelle, (1) A ce degré,je rattacherais les prophéties faites inconsciem— ment par le voyant que fait parler l’esprit divin, soit en lui suggérant des paroles à l’état de veille, soit en le faisant pro« phétiser les yeux fermés, comme Mlle Couédon. Au-dessous, je classerais l’instinct.
L’ESPRIT DE PROPHÉTIE 23 I sort en quelque sorte de la prophétie proprementdite. Comme la prophétie ne provient pas d’une faculté permanente, le même prophète peut recevoir la révé lation par des môyens divers et de différents de grés (I). . Pour compléter cette classification, nous pouvons encore nous demander quelles modifications subit l’âme humaine à la suite de la réception du pouvoir prophétique.
Le voyant est d’ordinaire saisi d’étonnement et d’une crainte religieuse : mais bientôt le calme rentre dans son âme. Il conserve la pleine disposition de sa volonté, peut résister à l'inspiration, car l’homme peut résister à toute grâce ; il peut aussi demander l‘expli cation de ce qui lui est révélé; fuir l’accomplissement d’une mission dont les difficultésl’épouvantent, ou au contraire s’offrir à remplir une mission (2).
Au moment de l’inspiration, le prophète, même lorsqu’il parle avec véhémence, garde la plus parfaite dignité dans ses gestes et son allure. Tantôt il s’ex prime avec douceur et sérénité, tantôt avec une sévé rité menaçante. ' Les prophètes ont souvent écrit ou dicté leurs pré dictionszceux des Hébreux les lisaient en public et les dataient soigneusement. Ils conservaient fidèle ment le souvenir de ce qu'ils avaient prédit.
Jérémie put dicter de nouveau à Baruch, son secrétaire, le livre (I) Somme, p. I, q. 174. (2) 1, Cor., x1v, 32 ; Dan.,1x, 22-23 ; x, I-3,et sqq. -— Zach. I, 9; IV, 4; VI, 45. — Jonas, I, 2, 3 ; Isaïe, VI, 8, g; Exode; vu, Il, I2 et sqq. — Jér., I, 5-7 (Dom Calmet).
2 3 2 L’INITIATION de prophéties qu’avait fait brûler le roi J oachim ( I). Dans notre siècle, Mélanie Calvat garda fidèlement dans sa mémoire les paroles du Secret de la Vierge et le souvenir des scènes du siècle prochain que son jeune esprit put concevoir avec une prodigieuse rapi dité. Une partie de ces paroles se sont effacées de sa mémoire depuisque le Secret a été imprimé et répandu.
De même J oséphine Reverdy a oublié une partie de ce qui lui fut révélé, après avoir un moment repoussé les effrayantes douleurs qu’elle avait acceptées ( 2). Au-dessous des prophètes proprement dits, il y a des voyants qui reçoivent seulement une mission provisoire. Ces missionnés jouissent de pouvoirs spé ciaux pour un temps déterminé.
Quand les premiers chrétiens comparaissaient devant les juges, les paroles qu’ils devaient dire leur étaient suggérées (par les anges). Il en fut de même, à une époque plus rapprochée de notre histoire, pour Jeanne d’Arc dévoilant à Charles VII une prière mentale qu’il avait dite dans son orat01re, pour le maréchal ferrant de Salon, qui, croit—on, dut révéler à Louis XIV la destinée de sa race; pour Th.
Martin, le paysan de Gallardon, qu’un ange fit parlerà Louis XVIII, et qui ne savait pas auparavant ce qu’il devait dire au monarque. Il est fort possible que plus d’une fois des voyants et des (I) Abbé Frère, Examen du magnétisme animal, I, 1-24, 25, 1835. (2) Voir les Opuscules de MM. Am. Nicolas, Ad. Peladan, Rigaud, et sur Joséphine Reverdy, les Annales du Cœur de Jésus et de Notre—Dame des Sept Douleurs, par M. l’abbé Olive (à Cette).
L’ESPRIT DE PROPHÉTIE 233 voyantes,chez les Hébreux. comme chez les chrétiens, aient servi, ainsi que Balaam, d’instruments incons— cients à des anges qui parlaient par leur bouche. Les livres saints ne nous apprennent rien au sujet du mode de prophétisation d’Holda, de Débora, de quantité d’autres prophètes qui n’ont point laissé de'livres pro— phétiques. A notre époque, M"° Couédon a été le type des missionne’s de ce genre.
Il pourra en_'surgir d’autres encore de notre temps et au siècle prochain. Tantôt ces privilégiés sont préparés à leur mission, tantôt ils ne le sont nullement : leur langage diffère peu sensi blement de celui des prophètes.lls ne paraissent pas sortir d’une école de prophétisme. Missionnés et prophètes proprement dits ont des devoirs spéciaux : leur charité doit devenir plus grande, leur désintéressement plus parfait (1).
Michée tonne contre les prêtres qui enseignaient pour l’inté rêt, et contre les prophètes qui devinaient pour de l‘argent. Le vulgaire, chez les Juifs, avait assez de hardiesse pour réclamer aux voyants des services que nos contemporains demandent aux sorciers et aux somnambules: Saül et son père allèrent trouver le voyant Samuel et lui offrirent de l’argent pour savoir où étaient leurs ânesses égarées.
Samuel répondit qu’elles étaient retrouvées; et ce fut après cette ques tion vulgaire qu’il sacra inopinément Saül roi des Hébreux (2). (I) Isat’e, xvm, 7; Jérémie, passim. (2) Juges : Samuel,1x. Samuel faisait parfois tomber le ton nerre et la pluie comme les tempestarii d’autrefois et les ma giciens sauvages de tous les temps.
2 3 4 L’INITIATION \ lll. — Les FAUX PROPHÊTES Si parfois un vrai prophète tombe dans des fautes particulières, plus coupable encore est le faux pro» phète. Le mal singe toujours le bien, le démon singe toujours Dieu. Dans tous les temps, dans tous les - lieux, il y a eu de faux prophètes et de fausses pro phétesses. La Bible en nomme de deux espèces.
Les uns sont des hommes fourbes et menteurs qui donnent pour des prophètes ce qui vient de leur propre esprit, ou des songes de leur invention ; qui, pour plaire au peuple et aux rois, annoncent la paix quand la guerre ‘doit arriverD se font nourrir grasse— ment, menacent de la guerre ceux qui ne leur donnent rien, vivent d’une vie mauvaise et rassurent ceux qui restent dans le péché.
« Le Seigneur les a laissés par ler pOur que les hommes soient punis de leur ingra titude(1). » Les autres sont les prophètes de Baal, les prêtres et devins étrangers, qui se déchirent à coups de c0u teau comme les Corybantes, les adorateurs d’Adonis et ceux de Belzébuth que le roi Ochosias fait consul ter à Accaron (2) ; ce sont les sorciers qui spéculent sur la faiblesse des rois et des peuples.
Les véritables prophètes ont toujours eu à déjouer les ruses de leurs rivaux. Néhémie fut accusé de vouloir prendre la (I) Ege’chiel, XIll, 2-6 ; xxn, 25; Osée, 1x, 10, 17; xrv, 9. Michée, n, 11;11i, 15; Jére‘mie, xrv, 14.; min, 15, 25-29, 33 34; xxvm, x4, 15; xxvm: xxxvn, 19 ; Néhe’mie, vu, 14 (Dom Calmet). (2) Reg., w, [-2,
L’ESPRIT DE PROPHÉTIE 235 ÏÎF_II -- . .. . ... ...wr.. .. —.-.—.---..—..._.._-w—.L .. couronne, un faux prophète lui conseilla de s’enfer— mer avec lui dans le temple pour éviter d’être mis à mort. Néhémie refusa, disant que Dieu était assez puissant pour le garder. Or son astucieux ennemi avait été payé pour décider le prophète à paraître craindre la mort, afin qu’on pût le calomnier.
Une loi terrible, insérée dans le Lévitz‘que, punis sait de mort quiconque consultait les devins (1). Il futà plusieurs reprises défendu de faire passer un enfant parles flammes ; de juger des jours heureux ou malheureux par le vol des oiseaux ou par la sor cellerie ; de demander conseil aux esprits familiers (sylphes et lutins de notre moyen âge), aux devins et aux âmes des morts.
Quant aux faux prophètes, il était recommandé par les voyants de les éprouver. Lorsqu’un homme parlait au nom du Seigneur et que ce qu’il annonçait n’arrivait point; lorsqu’un signe ou un miracle annoncé par lui arrivait, mais que le prétendu voyant disait de s’adresser à d’autres dieux que Iéhovah, il ne fallait point l’écouter (2).
Certains prophètes confondirent ceux de Baal par des épreuves qui ramenèrent le peuple au culte du seul Dieu véritable. Le faux prophétisme est une transition à la divi nation proprement dite par les verges de bois, par les tables, par les animaux, etc. (3). En bien des cas, cette forme de divination n’est que (l) xrx, 31; xx, 6. (2) Deutér., xm. i-5, 22. (3) Tertull. Apol., xxm. — Osée. ,.
2 36 L’INITIATION ‘\ 1. I superstition ridicule ; en d’autres, elle repose sur des phénomènes de prévision d’après des signes physiques purement naturels (comme le cri d’un oiseau qui annonce l’orage) ; en d’autres, au contraire, elle se rapporte au prophétisme par possession d'un mauvais esprit, qui peut aussi bien se loger dans un objet quelconque que parler à un faux prophète ou le faire parler (1).
Or les mauvais esprits peuvent mêler à leurs men songes un certain nombre de prévisions exactes. La rapidité avec laquelle ils se transportent d’un lieu à un autre leur permet d’annoncer ce qui se passe au loin, ce qui va venir au lieu où ils prophétisent. Ils annoncent aussi des maux dont eux-mêmes seront les auteurs, comme ils guérissent les maladies qu’ils ont causées.
Les mauvais esprits, dit saint Augustin, prédisent parfois ce qu’ils prévoient d’après des signes naturels qui ne sont point sensibles àl’homme. Ils savent aussi reconnaître, à certains signes physiques, les pensées des hommes, et d’après elles ils prédisent ce que feront ceux-ci. Mais les démons, pour tout le reste, se trompent et trompent souvent.
Ils se trompent, lorsqu’après qu’ils ont annoncé ce qui est préparé par eux-mêmes, un événement soudain vient ruiner leurs plans. Ils trompent aussi par désir de tromper et par suite de la haine envieuse qui les fait se réjouir des erreurs humaines. Pour ne point perdre leur autorité, ils s’arrangent de manière à faire attri (1) Le consultant peut croire faire un acte de divination quand il 5 adresse 1nc0n5cœmment à un mauvais esprit.
L'ESPRIT DE PROPHÉTIE 237 buer l’erreur aux interprètes de leurs présages, quand ils ont été trompés ou qu‘ils ont menti (1) . Nous devons donc nous demander s'il y a des règles pour discerner les prophéties des mauvais esprits et des faux prophètes. Plusieurs cas peuvent se présenter. La prédiction est faite par la voix d’un esprit dont nous ignorons la nature, et qui communique avec nous par la typto}o gie, la parole ou autrement.
Elle est faite, d’autrefois, par une personne extatique, peut-être thaumaturge, ou encore par une personne dont les organes vocaux servent inconsciemment à transmettre les paroles de l’esprit qui se sert d’elle pour communiquer avec les hommes. Très rarement, l’esprit inspire au missionné des paroles dont il a conscience, mais qui pourtant ne proviennent point de l’action de ses facultés.
S’il s’agit d’un esprit, il est impossible de l’appré cier immédiatement, puisqu’un démon peut se don— ner comme un ange de lumière, apparaître sous cette forme, prêcher avec une hypocrite suavité, donner quelque temps de bons enseignements avant d’y glisser des erreurs et des conseils funestes (2).
Nous devons, dans ce cas, savoir attendre, accumuler renseignements et témoignages, réclamer une enquête régulière et une contre-enquête, apprécier et faire apprécier les impres sions ressenties par les consultants, les changements (1) De Divin. dæmonum, c. 5. (2) Des Mousseaux, la Magie du x1x° siècle, 1861,in-8, Dentu; Van Doren, Des Anges; les Manifestations du monde surna turel et MIlc Couédon, par un curé de campagne. Br. in-12 (Tequi, éditeur, 29, rue de Tournon, 1897). /
23 8 L’INITIATION durables opérés dans leur vie et leur caractère, la doc trine prêchée par l’esprit, la manière dont il se pré— sente et les phénomènes qu’il produit. Il est bon aussi de réclamer des exorcismes privés, puis des exor cismes publics. Si l’esprit parle au moyen d’une table ou d’un animal ou d’un objet quelconque, il est fort suspect : mais l’imposition d’objets bénits ne suffit pas toujours pour lui faire déclarer sa nature.
La divinité des prophéties (souvent mêlées de révé lations morales) s’apprécie, lorsqu'il s’agit d‘un exta— tique, d’un thaumaturge, par la vérification de la vérité des faits prédits, lorsqu’ils concernent des choses fu— tures contingentes que l’homme ou le démon ne peut préciser (ce qui ne peut se faire avant la fin des révéla tions et l’achèvement du temps marqué pour qu’elles s’accomplissent).
S’il est prouvé par témoignages par— faitement authentiques que l’esprit fait des erreurs ou annonce pour une date précise des faits qui ne s’accom plissent point à la date indiquée, cet esprit n’est pas envoyé de Dieu (I).Secondement, S’il s’agit d’un exta tique, lesparoles révélées ne s’oublientpas; l’âme croit en outre avec une certitude profonde que la chose révé— lée doit se vérifier.
Troisièmement, l’âme (prédesti— ne'e) révèle tout avec modestie et son confesseur et l’écoute avec soumission. Quatrièmement, l’âme cache les choses qui peuvent lui concilier un renom de sain teté. Cinquièmement, la révélation de Dieu apporte avec elle une paix intime et une parfaite sérénité, la modestie dans l’extérieur et un air céleste sur le (1) Sauf si la date fixée est conditionnelle.
L'ESPRIT m: PROPHÉTIE 239 visage. Cette sérénité est produite par la conviction intime qui suit l’étonnement et la terreur sacrée qu’inspirent les communications surnaturelles. Anne et Zacharie, les bergers et la Vierge elle-même, furent avertis de Çne point craindre= et eurent la paix dans leur cœur. Au contraire, l’âme est inquiète, troublée, agitée, après les révélations d’un mauvais esprit.
Sixièmement. les révélations de Dieu sont toujours conformes à la doctrine de la sainte Écriture et de la sainte Église: c’est la règle jadis exposée par les prophètes de l'Ancien Testament. Septièmement, les paroles des révélations sont énoncées avec une promptitude extrême, et disent beaucoup en peu de phrases (quand elles sont faites par le langage inté rieur). Huitièmement, ces révélations ont une haute utilité.
Neuvièmement, une profonde humilité est exigée. Dixièmement, la vie de la personne inspirée doit être vertueuse et épurée (r).
Le cardinal Bona fournit dix règles qui doivent être appliquées par les chrétiens voulant juger de la nature d’un esprit inspirateur : il faut prier; consulter l'Ècri turc; consulter ce qui se passe dans son cœur; prati quer les vertus chrétiennes ; avoir confiance en Jésus Christ; avoir l'humilité; avoir la paix intérieure; avoir la simplicité; suivre la voix particulière de cha cun; juger des personnes par leur manière de vi vre (2).
Le même théologien, au sujet de la personne qui peut être inspirée, reconnaît sept marques de la venue (l) Scaramelli, Directoire mystique. (2) Traité du discernement des esprits.
240 L'INITIATION du divin Époux : la suggestion des choses qui sont bonnes; la correction, l’exhortation, la componction, la conversion, la grâce qui élargit et qui éclaire le cœur; la grâce par laquelle Dieu nous insinue sa vo lonté.
S’il s‘agit d’une personne ayant seulement une mission spéciale, comme Jeanne d’Arc, les enfants, de la Salette, ceux de Pontmain, le paysan Martin (de Gallardon), M"e Couédon aujourd’hui, ces règles peuvent être appliquées en tenant compte de ce qu’il faut réclamer moins d’un missionné que d’une per— sonne qui jouit déjà d’une réputation de sainteté.
Le missionné n’a eu qu’une grâce particulière, qui peut, il est vrai, lui en valoir d’autres. llest sur le chemin de la sainteté; mais nous ignorons si,comme Luther, comme Vintras, comme David Lazaretti et tant d’autres, il ne s’égarera pas surle sentier de gauche. « On peut se prononcer, écrit M. l’abbé Tronchière, lorsque la prophétie s’harmonise exactement avec d’anciennes prophéties incontestablement divines.....
Dans la prophétie parfaite, on connaît que Dieu parle.
La prophétie consistant surtout dans la connaissance et la prédiction d’une chose future, quand l’objet pré— dit est du domaine de la volonté libre des hommes, ou, qui plus est, du domaine de la bonté libre de Dieu, comme les miracles, cet accord de chaque pro phétie avec toutes les autres est humainement et angé— liquement inexplicable, seraient-elles faites par l’in termédiaire des anges, comme cela arrive ordinaire ment, dit le cardinal Lauroca, pour les révélations, seraient-elles même publiées par les démons auxquels
L’ESPRIT DE PROPMÉTH'Z 241 les bons anges peuvent les communiquer.
Dans ces deux derniers cas, les bons anges avertissent souvent qu’ils ne sont que les ministres de Dieu, et on peut voir que les démons ne font que citer de vraies pro phéties (1). » L’appréciateur devra, en résumé, savoir employer l’observation directe (pour reconnaître les faits), le rai sonnement (pour juger les doctrines et peser tous les . témoignages), enfin l‘intention, pour arriver à la cer titude morale.
S’il néglige une de ces méthodes, sa conclusion peut être faussée radicalement. IV. — CLASSEMENT DES PROPHÉTIES Après avoir étudié les divers modes de prophéti sation, passons à l’étude des prophéties elles-mêmes. Saint Thomas d'Aquin divise les prophéties d‘après leur objet, c’est-à—dire d'après ce qui est dans l'Esprit divin.
La prophétie comminutoz‘re, qui n’est pas toujours accomplie, annonce le lien de la cause avec l’effet; parfois d’autres causes interviennent et empê chent son accomplissement. Dieu connaît aussi les choses futures en elles-mêmes. Les unes doivent être accomplies par sa puissance : il les dévoile par la prophétie de prédestination, qui annonce seulement ' les biens.
Quant à la prophétie de prescience, elle peut se rapporter soit à des biens, soit àdes maux. La prédestination est du reste comprise dans la pres cience. Aussi peut-on réduire à deux sortes les pro (1) Il n'est pas impossible de constater de vrais miracles; Le Puy, Prades—Freydier, 1897, in-8.
242 L’INITIATION phéties : celles de prescience, et les prophéties commi natoires (dans lesquelles rentrent les prophéties de promesse). — A la rigueur, en langage moderne, on peut donc constater qu’il y ades prophéties de prescz’ence ayant un caractère absolu, et des pro— phéties conditionnelles, qui n’ont point ce carac tère (I).
Il nous faut insister sur cette distinction essentielle : Certaines prophéties sur l’avenir ont un caractère absolu, d’autres un caractère conditionnel.
Parmi les premières, je crois pouvoir classer, outre les prophé ties des livres saints (dont beaucoup annoncent la perte de la foi pour la plus grande partie du monde chrétien vers la fin des temps, puis le triomphe assez court de l’Antéchrist, sa fin effrayante et le retour d’Israël au vrai Dieu), des prédictions fort anciennes, condensées en 1522 dans le Liber mirabilis, celles de sainte Hildegarde, de saint Malachie, de saint Ange, de sainte Brigitte, de sainte Catherine de Sienne, de saint Vincent Ferrier, de sainte Thérèse, et en géné— ral toutes les prophéties reconnues authentiques et antérieures au XVIII” siècle, qui annoncent des crises (1) L’Ange de l’école, d’après le livre des Étymologies d’lsi dore, reconnaît qu’on peut aussi diviser les prophéties selon le mode de prophétisation.
Celui-ci a rapport lui—même aux facultés cognitives de l’homme: les sens, l’imagination et l’in telligence. De là, on distingue trois sortes de visions.
Le mode intellectuel se rapporte à diñérentes influences prophétiques, provenant toutes de l’Esprit-Saint; le mode imaginatif, aux_ songes, aux visions en état de veille, à l’extase enfin ; le mode sensitif comprend les signes visibles (comme des nuages), ou les paroles entendues, ou les paraboles. — Voir la première / partie de cette étude. ' _æ _ i ."a“ ‘
L‘ESPRIT DE PROPHÉTIE 243 effrayantes pour l‘Occident, de terribles épreuves pour l’Église catholique, puis son relèvement inespéré grâce à un grand Pape et à un grand Monarque, avant la discessio finale du temps de l’Antéchrist (I).
Les pro phéties de Nostradamus occupent un rang particulier : leur auteur n’a point été béatifié, mais, sauf réserve du jugement du Souverain Pontife, je pense que l’ins piration de ce dernier a été divine et que ses prédic— tions, qui renferment de si étonnantes précisions de détail, sont de celles qui ont un caractère absolu.
Depuis la Révolution française, l’Europe et la France plus particulièrement ont été inondées de livres et de manuscrits prophétiques. La vie d‘un homme ne suf firait pas à les collectionner et à en vérifier l’authen— ticité.
Certaines de ces dernières, on le voitau premier examen, ne sont point authentiques, parce que leur texte original fait défaut, ou que leur date, même ap proximative, est inconnue, ou qu’elles ont subi des altérations, des interpolations qui frappent les yeux les moins prévenus.
D’autre part, plusieurs ont un caractère conditionnel, quoique leurs premiers vulga risateurs ne l’ont point compris, et que leurs auteurs mêmes, en certains cas, se soient trompés quant à la date des événements qu’ils avaient annoncés. Non seulement les voyants qui sont sur cette terre, mais encore les esprits désincarnés, peuvent se tromper (I) Discessio signifie séparation.
Ce terme me parait désigner la dislocation finale du futur Saint—Empire etd'apostasie de la plupart des nations. 4: Tout se sépare, s‘écrie le prophète d‘0r val... Sectes maudites et sectes fidèles sont en deux parties bien marquées. » '
244 L’INITIATION et par suite nous tromper sur la date et l’ordre des événements futurs. L’âme séparée du corps ne con naît l’avenir que parles idées qu’elle voit en astral, c’est-à-dire par les causes des événements.
Saint Tho— mas rappelle que cette âme reste inférieure àla nature angélique, et par suite ne connaît l’avenir que d’une manière générale et quelque peu confuse, sauf dans le cas où une âme bienheureuse recevrait, comme un ange, mission de donner aux vivants un avertisse— ment par révélation divine (I).
L’occultiste ne doit donc point s’étonner que la guerre annoncée à Papus pour 1896, par une révélation, n’ait pas éclaté à cette date: il y a eu soit un délai accordé par la Providence, soit une erreur commise par l’esprit qui fit cette an goissante révélation. Pour le fond, elle a été du reste confirmée (2).
En règle général, les voies prophétiques ne fixent pas la date d’un événement à une année de l’ère vul gaire, et indiquent fort rarement cette date, par des termes enveloppés de mystère. Quand le prophète nous transmet une prophétie de prescience, la date d’un évé nement, lorsqu’elle est mentionnée, l’est d’une ma nière assez voilée pour que la liberté morale de l’homme n’en reçoive aucune atteinte.
Aussi quan tité d’interprétations ont été avancées au sujet des époques dont les grands prophètes Daniel et saint Jean (1) Somme, p. 1, q. 89, c. 3. (2) Initiation, mars 1896, pp. 269-270 (double trahison an noncée, etc.). J‘ai montré que d‘autres prophéties n’étaient pas moins menaçantes (mai, novembre 1895). Puis la Voyante pa risienne oute 1’Europe.
L'ESPRIT DE PROPHETIE 245 l’Évangéliste ont fixé la durée. Depuis l’ère chré tienne, l’astrologie a permis au cardinal d’Ailly, à Pierre Turrel, à Richard Roussat, de calculer que vers 1787 ily aurait des changements prodigieux. D’autres prédictions annonçaient les grands boulever sements du XVl° et du xvm" siècles ; d’autres ont parlé de bouleversements plus graves pour la fin du XIX" et le commencement du xx‘.
La combinaison de ces don nées a permis aux esprits sérieux d‘effectuer des concor dances, mais non d’arriver à des précisions parfaites permettant de faire, avec la mantique chrétienne, une chronologie des temps futurs, jusqu’à ce, jour de la fin du monde dont le Créateur s’est} réservé le secret. Seul aussi, me semble—HI, le Créateur sait la date pré— cise de certains grands faits dont sa haute sagesse nous laisse entrevoir les enchaînements.
Quant à la forme de l’événement futur, il n’est pas moins rare de la trouver mentionnée dans la prédiction privée : en ceci, Nostradamus est unique. Il a, du reste, con formé sa volonté à celle du Très-Haut et évité tout ce qui aurait pu gêner la liberté morale des généra tions futures.
Gardons-nous de supposer que la liberté de l'homme et le Destin aient une part mathématiquement pro portionnée à celle de la Providence dans la genèse des événements humains.
Ces événements ne doivent point s’apprécier par leur nombre, mais par leur im portance : or ce sont précisément les plus importants qui sont déterminés d’une façon toute particulière par la Providence, quand la volonté de l’homme croit agir seule, ou au contraire quand la puissance divine
246 L’INITIATION se montre à découvert, ainsi qu’au temps de' l’Exode (I ). V. -— LA CRITIQUE HISTORIQUE APPLICABLE aux PROPHÉTIES PRIVÉES L’Église catholique a toujours eu des saints et aussi des prophètes.
« Saint Athanase, écrit saint Alphonse de Liguori, atteste les prédictions de saint Antoine, abbé; saint Basile, celles de saint Grégoire le Thau maturge; saint Grégoire le Grand, celles de saint Benoît;saint Bernard, celles de saint Malachias; saint Bonaventure, celles de saint François; saint Raymond, celles de sainte Catherine de Sienne. Sainte Brigitte... prédit en l‘an 1350 l’asservissement des Grecs, arrivé cent ans après...
Sainte Hildegarde, comme l’atteste Tauler, a prédit, dès le xn° siècle, les (1) Sur cette grave question, je me permets donc de différer d’opinion avec le savant occultiste St. de Guaita, qui écrit: « L'inspiration d'en haut peut seule conférer au prophète une in duition certaine des choses futures.Enccre ce dernier ne les per cevra«t-il qu’en puissance d‘être, et non point en acte accompli ; puisque la forme des événements à intervenir n’est aucunement fixée d‘avance, mais dépend des conjonctures plus ou moins propices que fera naître le jeu mutuel du vouloir humain, toujours spontané dans ses libres allures, et du Destin phy— sique, toujours inflexible en son déterminisme aveugle.
Ainsi tonne un verbe de prophétie sur les livres des Nabis, affirmatif quant à l’essence d’un événement à venir, mais muet, —— ou hypothétique et par suite faillible, —— touchant le fait de sa forme et l'époque fixe où il adviendra. Sur ces derniers points, la Voix céleste elle-même ne peut prononcer que par calcul de probabilités ;mais quelle vraisemblance en faveur de ce qu‘elle a disposé et prévu.
Celle-là qui par excellence prévoit et dis pose : prævidet et providet! L‘aléa se réduit à la quotité négli— geable.»(1nitialion, juin 1896, p. 251.)
L’ESPRIT DE PROPH ÉTIE 247 révolutions d’Allemagne qui arrivèrent dans le seizième. » L‘observation des règles données par les théologiens pour l’examen des prophétiescanoniques peut assurer de très fortes garanties en faveur des prophéties privées, appelées aussi prophéties modernes, qu’elles soient imprimées ou manuscrites.
En outre, plusieurs prin cipes de la critique historique doiventleur être appli— qués, parce qu’il s’agit d’étudier des faits, non du passé, il est vrai, mais de l’avenir, et de contrôler des témoignages humains.
Nous allons essayer de résumer ces deux sortes de règles. (a) Dispositions nécessaires à l’écrivain Nous supposons le narrateur doué d’un jugement très sain et d’une instruction générale assez étendue, en même temps qu’armé d’une érudition spéciale. La sincérité lui est indispensable tout autant qu’à l’his— torien.
Écrivant pour de bons chrétiens, il doit être essentiellement scrupuleux, au point de ne vouloir ajouter, modifier ou retrancher quoi que ce soit à une vaticination,pourvu qu’il l’ait reconnue authentique et sans retouches. L’autorité de l’écrivain est diminuée si des adversaires peuvent prouver qu’il y a, une fois seulement, altéré des mots et des phrases, supprimé ce qui est contraire à ses espérances, à ses convictions ou à ses théories.
Nous le jugeons indispensable aussi : l’écrivain (sinon le simple lecteur) devra connaître les idées générales répandues au sujet des grands événements annoncés, sinon il prendra une compilation pour
248 L’INITIATION une prophétie originale, et jugera invraisemblables des événements prophétisés depuis plusieurs siècles. Que l’auteur n’avance rien qui nepuisse être vérifié, qu’il cite les témoignages ou les sources de la manière la plus minutieuse, en indiquant, par exemple, la cote d’un volume rare ou d’un manuscrit conservé dans une bibliothèque publique (1).
Qu'il sache recon naître lui-même qu’un document n’est que de seconde ou de troisième main. C’est ainsi : qu’il inspirera la confiance nécessaire pour que le curieux lise son tra— vail avec attention et y cherche les caractères de l’évidence. (b) Caractères de l’éridence morale La probabilité est à la certitude ce que le fini est à l‘infini.
En ce qui concerne les prophètes modernes, on ne peut acquérir d’ordinaire, comme en matière d’histoire, que des probabilités qui donnent une évi dençe morale.
Le sceptique nous objectera : « Vos textes soi disant inspirés ne sont que des copies faites sur de vieux recueils apocryphes : c’est ce qui explique leur singulière concordance. » — A cela nous répondons d'après la critique historique: s’il y a sur un événe ment (passé ou futur) un grand nombre de témoi gnages donnés par des personnages de nationalités (r) Le Gaulois avait annoncé d’après Olivarius (sans citer ses références) que Paris serait ruiné en 1896 ; or la prophétie d‘0livarius ne renferme pas cette annonce.
M. l’abbé Chabauty a remplacé par des points les passages qui désignaient évidem ment un autre personnage que le comte de Chambord. ce que n'a pas fait M. l’abbé Curicque.
L’ESPRIT DE PROPHÉTIE 249 diverses ou par des adversaires d'une cause dont le triomphe est prédit, ces témoignages ont une valeur exceptionnelle, d’autant plus que les auteurs n’ont pu se connaître et se copier réciproquement. Les pro phéties étrangères qui parlent du Roi des lis ont encore plus d‘autorité que les vaticinations françaises sur le même personnage.
Quant aux vieux recueils apocryphes, ils renferment tantôt des compilations, tantôt des prophéties authentiques : c’est au lecteur à distinguer les unes et les autres par leur style et leur caractère. Tels traits frappants des prophéties de l’Ancien Testament peuvent se retrouver dans des vaticinaiions modernes.
« Qui pourrait, a écrit le cardinal Gousset, regarder comme une combinaison fortuite l’accomplissement des prédictions où les prophètes parcourent en esprit les siècles futurs et les nations étrangères; marquent la destinée des empires qui n’étaient pas encore; prédisent des révolutions dont on ne voyait pas la moindre cause; nomment les héros et les princes qui doivent en être les auteurs, en les désignant par des traits aussi expressifs que leurs noms ? » Quiconque a lu des recueils de prophéties modernes s’apercevra que ces traits expressifs désignent certains personnages futurs d’une manière que l’événement fera juger lumineuse, mais qui nous parait encore insuffisante.
Une prophétie allemande parle du Grand Monarque des Lis, au drapeau blanc, et le représente à une cértaine époque comme étant boiteux ; on a prématurément appliqué ce portrait à Henri de
250 L’INITIATION Chambord (I). Mais si les commentateurs se sont trompés, il ne faut pas pour cela rejeter le curieux texte imprimé au xvrne siècle. Qu’on le reprenne, sans essayer témérairement de préciser ainsi les des seins de Dieu, qui peut abandonner une famille prédestinée.
Tenons-nous—en aux vérités générales et résumons ainsi les caractères de l’évidence : Il faut : 1° quela prophétie ait désigné l’événement, les temps et les lieux d’une manière assez précise en sorte que l’application ne soit pas arbitraire; 2° que la prédiction ne paraisse pas une simple réflexion morale; « Le don de prophétie, dit Gœrres, se dis« tingue de la faculté qu’ont certains hommes de génie de pressentir les événements futurs dans les causes qui les renferment, en ce que ceux-ci voient les choses dans leur propre lumière, tandis que les prophètes les voient en Dieu.
Aussi leurs visions sont-elles beaucoup plus claires et plus sûres que celles des autres; » 3° qu’elle soit antérieure aux événements pour ne pas ressembler à une prévision historique; 4° qu’elle soit compréhensible et non susceptible de plusieurs sens; 5° que les événements s’accomplissent l’un après l’autre de façon que l’ac complissement d’une partie de la vaticination donne de la valeur à l’autre; 6° que ce qui est prédit ne puisse avoir été connu par des moyens naturels; (1) Le Grand Monarque doit être un jour boiteux de la jambe droite : le comte de Chambord boitait de la jambe gauche et n'était plus un jeune homme en I871, quand ces prophéties lui furent appliquées.
Les erreurs des commentateurs d’alors ont par suite discrédité les prophéties modernes auprès du public léger. ..-__ ,. I..fäin
L'ESPRIT DE PROPHÉTIE 251 7° que la prédiction ne contienne rien de contraire aux faits vérifiés, aux vérités rationnelles ou révé lées (1). Voici un exemple de prophétie douteux.
M“° Lenor— mand, morte en 1842, a pu s'inspirer de la prédiction (non authentique) d’une religieuse de Lyelbe, écrite en 1826 : comme Nostradamus mentionne l’incendie de Paris, « plongé... dans le chemin des montagnes cavées », celle—ci parle de l’endurcissement des incré— dules, qui dirent à propos de la ruine de Babylone : 11y avait des souterrains dans Paris et le feu y a été mis.
M"e Lenormand écrit : « Français, son geons à nous soumettre à l’autorité. » Laquelle? C’est du style abstrait à la Guizot ! « Si nous nous laissons aller à de nouveaux écarts, des faubourgs sapés dans leurs fondements seraient dévorés par les flammes. » Le plagiat me paraît évident.
Elle annonce la fin du prince royal (mort en 1842) : peut-être le livre a—t—il été imprimé quelques jours après l’événement; la prophétie de la ruine des remparts de Paris semble inspirée par les préoccupations du temps; celle du choléra, par le souvenir tout récent de celui de 1832 ; M"c Lenormand annonce le triomphe du Lis exilé : ces termes vagues flattaient les partisans du jeune comte de Chambord.
Elle me paraît n’avoir fait que des prévisions historiques d’après ses lectures : tou (1) Gœrres, Mystique, 111, 19. — MU Maupied, Annales du Surnaturel, I884. — Macaulay a prophétisé des troubles sociaux pour les Etats-Unis (De Laveleye : Socialisme contem porain, in-12, Alcan). -—- Paul Bourget a écrit que l’Angle— terre est à la veille d’une grande crise sociale. Les chefs socia listes annoncent « le grand soir ».
2 5 2 L’INITIATION tefois elle a pu avoir en outre une réelle faculté de prophétisation, comme beaucoup de somnambules. De même, une sibylle avignonnaise s’est fait un renom de prophétesse en s‘inspirant de prédictions peu connues du public. (Recueil de prophéties, Lyon, Josscrand, 1870.) Nostradamus a parlé du futur Chiren ou Henric.
En 1840, on a publié dans la Gaçette de France une prophétie attribuée à un moine de Padoue, mais sans prouver son authenticité : elle parlait d’un futur Henrz‘cus. M”° Couédon nous a révélé que ce n'est ni Henri d'0rléans, ni Henri de Parme, ni Henri fils d’Adelberthun de Bourbon (dit Naundorfl). Il faudrait pouvoir consacrer de longues années à faire concorder N ostradamus avec ces prophéties modernes.
« La prophétie de Nostradamus, écrit M. Tomé, n’est point une de ces prophéties locales faites dans l’intérieur d’un couvent pour y entretenir la foi, et dont le monde n’a pas à s’occuper parce qu’elle n’a pas été faite pour lui, une de ces prophéties faites pour que les élus ne se perdent pas dans les temps de persécutions et de troubles, prophéties qui encore entretiennent la foi, mais ne la fait pas naître ; la prophétie de Nostradamus a été faite pour renverser le monde sur le chemin de Damas et ne lui rendre la lumière qu’après lui avoir imposé la foi.
Il lira dans un livre publié il y a trois cents ans, por tant pour titre le mot : Prophéties, livre écrit par un homme qui s’est dit prophète et a été regardé comme prophète, il lira, dis-je, toute l’Histoz‘re de France et les grands faits de l’Église depuis trois cents ans ;
L'ESPRIT DE PROPHÉTXE 253 il lira, dans l’interprétation donnée à ce livre il y a douze ans, les événements qui se sont accomplis depuis lors; il lira à l‘avance ce qui va s’accom plir (I). » Sans vouloir trop préciser les’ faits et les dates, il est indispensable d'appliquer aux sources les règles de la critique historique en même temps que celles qui ont été fixées par l'Église pour l’examen des faits prétendus surnaturels : quant aux Centurzes de Nos tradamus, personne ne peut contester que leur im pressron ne soit antérieure aux événements prédits. (c) Critique des sources Comme en histoire, il y a trois espèces de sources : les monuments, les écrits et les traditions.
Il est bon de se rendre compte si telle prophétie qu’on dit répandue depuis longtemps a été connue de nos devanciers : son authenticité peut être ainsi démontrée, sans toutefois que le silence des contem porains prouve qu’elle soit de date plus récente. Les dessins ou tableaux prophétiques, les textes imprimés fort anciens, doivent être examinés avec soin pour que leur authenticité et leur intégrité ne laissent aucun doute (2).
Les variantes et les inter polations méritent d’être notées minutieusement. Le grand tort de certains compilateurs est de rajeunir le (I) Almanach du grand prophète, 1872, in-I8, Paris, Blériot. (a) Il y a, parait-il, des dessins prophétiques du mont Saint— Michel. Saint Anselme de Marsica a laissé des dessins prophé tiques sur les futurs papes (Rame symbolique, Turin, 1826). — Voir Annales du Surnaturel, 1889.
'254 L’INITIATION "li—'1’ style des voyants au lieu de joindre une traduction au texte original; de là naissent des doutes chez les esprits déjà prévenus, au sujet de prophéties authen tiques sinon tout à fait intègres, comme celles d’Orval et d’Olivarius.
Il est sage d’étudier à l’occasion les prophéties manuscrites : par l’application des règles de la paléo— graphie, on constatera les caractères du papier, de l’écriture, du style, enfin on vérifiera si les pré— dictions renferment des anachronismes. La con cordance des manuscrits devra être reconnue. Les citations faites par divers auteurs seront aussi con frontées. Ne sont-elles point conformes au manus crit primitif ?
On recherchera comment et pourquoi a été altéré le premier texte. Il est important aussi de reconstituer l’histoire de ce texte, et d’établir com ment il nous aura été transmis.
Néanmoins, une prophétie connue de longtemps peut être authentique, quoique le manuscrit primitif reste introuvable, ce qui est le cas pour la prophétie d'Orval, et mieux encore pour celle de Prémol, qui n’a subi aucune interpolation. ’ Une prédiction est-elle en langue ancienne ou étran gère : que la traduction soit accompagnée de texte.
M. l’abbé Curicque affirme que les révélations de sainte Brigitte ont été traduites d’une manière défec tueuse. Il en est sans doute de même pour beaucoup d’autres (I). (I) On a traduit, dans la prophétie augustinienne, Papa suis ‘ captivabitur par: le Pape sera emmené en captivité par les siens ; et Papa deficiet par : le Pape s’éteindra (au lieu deÈle
L'ESPRIT DE PROPHÉTXE 255 Le sens propre doit toujours être distingué du sens figuré. C'est ainsi que les ravages des Turcs en Italie, prédits pour une époque future, peuvent, dit-on, s’entendre d’une lutte nouvelle du monde musulman contre les chrétiens, ou des « barbares de l‘intérieur » coutre les hommes d’ordre et les prêtres. «Les auteurs des prophéties, dit M. l’abbé Cha bauty, sont ordinairement des âmes humbles et cachées...
Elles aiment à rester ignorées. » Assu rément, mais un texte est authentique lorsqu’il appar tientà l’époque qu’on lui assigne, sans que le nom de l’auteur soit connu : c’est donc ce qu’on doit véri fier avant tout. Le même écrivain fait observer avec raison qu’on ne doit pas exiger que les événement soient prédits ou se réalisent dans un ordre chrono logique rigoureux (1). Toutes les indications données par les auteurs devront être vérifiées.
Les catalogues des bibliothèques, les notes qu’on peut demander aux érudits, surtout par l’Intermédiaire des chercheurs et des curieux, peuvent rendre de très grands services. Certaines règles permettent d’apprécier si un texte prophétique possède ou non l‘authenticité. « Les indications qui sont relatives à la doctrine de l’auteur, dit M. de Champagny, ressortent assez clairement du texte de son écrit.
Quant au lieu Ide sa résidence, on peut le conclure, avec assez de proba siège pontifical sera vide) ; Juvenis captiaal‘us de Jean Vati guerro par: un prince captif dès sa jeunesse. (Abbé Tomé, Almanach de 1873.) (1) Lettres sur les prophéties modernes; Poitiers, [87], br. in-8. w‘fi.,’«vL;q‘——tfi.; ,4 ;Mm‘m‘ ’ ' ' æ ' v...-\..- . .... ..‘ta
256 L’INITIATION LDÊCEMBRE bilité, du plus ou moins d'importance qu’il donne aux événements qui touchent tel ou tel pays. Pour les dates, il est de la nature des écrits de ce genre de tra hir d’une manière assez certaine l’époque où ils ont été faits. Tant qu’il s’agit de prédire le passé, l’auteur le fait à coup sûr, et ses indications se trouvent d’accord avec les données historiques.
Mais, quand il s’agit de l’avenir, l’auteur va au hasard, et, dans les livres sibyllins, il ne manque jamais de faire finir le monde immédiatement après lui. Il est donc aisé de trouver le point d’intersection entre le passé et l’avenir, et de reconnaître quel est le temps où l’auteur a écrit.
La même règle a pu s’appliquer de notre temps à la prétendue prophétie d’0rval et à d’autres d'une valeur bien moindre que ne le sont les œuvres des sibyllistes chrétiens (I). Les remarques de ce savant historien sont d’une justesse presque absolue, même pour fixer la date d’une prophétie véritable.
En règle générale, un voyant nous annonce d’une manière plus détaillée les événements qui auront lieu dans sa patrie, dans sa province, et à une époque peu éloignée. Il a aussi une tendance à représenter les événements comme plus rapprochés qu’ils ne peuvent l’être en réalité. Mais ce n’est pas une raison pour rejeter la prophétie d’0rval, quoique M. l’abbé Danel ait pu y avoir ajouté quelque chose en ce qui concerne Napoléon I"r (2).
Le caractère propre du style ne peut suffire à prou (1) Les Antonins, III, p. 409; Brar, 1863, in-12. (2) Curicque, Voix prophétiques.
1898] L’ESPRIT DE PROPHÉTIE 257 ver qu’un texte est prophétique. En effet, si le prophète parle habituellement d‘une façon simple et naïve, son langage est naïf ou vulgaire, quand celui-ci expose' ou résume (d’ordinaire en son état normal) les com— munications reçues dans l'état second.
En ces exposi tions, il y a souvent de petits détails d’une précision parfaite, explicables seulement par la vision des événe ments qui doivent se passer en un lieu bien déterminé. La sœur Marianne de Blois parle ainsi de la terrible crise: « Les grands malheurs arriveront avant les vendanges.
Ce temps sera court; s’il était long, per— sonne n’y tiendrait :ce seront partout les femmes qui prépareront les vendanges et les hommes viendront les faire, parce que tout sera fini. » « Pendant ce temps, on ne saura les nouvelles au vrai que par quelques lettres particulières. » « A la fin, trois courriers viendront. Le premier annoncera que tout est perdu.
Le second, qui arrivera pendant la nuit, ne rencontrera qu’un seul homme, appuyé sur sa porte. — Vous avez grand chaud, mon ami, lui dira cet homme; descendez boire un verre de vin. — Je suis trop pressé, répondra le courrier; puis il continuera sa route vers le Berry.
« Vous serez en oraison quand vous entendrez dire que deux courriers sont passés ; alors il arrivera un troisième, feu et eau, qui dira que tout est sauvé et qui devra être à Tours dans une heure et demie. » La bonne religieuse commentait ainsi, en 1804, dans les récits qu’elle faisait à M““ de Legrette, une série de visions en astral (I). De même, sœur Rosa (_I) Ces récits ne sont connus que par tradition. wMfiuu
2 58 L'INITIATION Colomba refusa de donner sa voix pour la construc tion de la nouvelle église du couvent de Sainte—Cathe rhae de Taggia.
« Jamais, dit-elle, je n’entendrai la messe dans cette église où les Russes fourrageront et abriteront leurs chevaux (1). » Madeleine Porsat a dit en son langage aussi naïf que touchant, pour repré— senter l’état heureux de l’Église et du monde après la grande crise : « Tout le monde s’entr’aime et tout le monde s‘entr’aide; on est heureux.
Il n’y a presque plus de grosses cultures; il n’y a que cultures délicates, jardins, beaux fruits, fleurs partout. » Quand le style n’est point soutenu, l’interpolation sera soupçonnée.
Une trappistinedeN.-D. des Gardes, en 1866, aurait eu la vision d’un grand combat et entendu les cris : « Vivela République! vive Napoléon ! vive la religion et le Grand Monarque que Dieu nous garde. » Suit un passage écrit d’un style dont la séche— resse fait tache même sur la simplicité du récit attri bué à la trappistine, et qui renferme une interpolation évidente faite par un partisan de quelque faux dau phin (2). De même le P.
Necton aurait préditque le triomphe de l’Église suivra le règne d’un d’Orléans et un boule— versement universel. « Ce triomphe, dit-i1, sera tel qu’il n’y en aurajamais eu de semblable. Les heureux chrétiens qui auront survécu à la première révolution française remercieront Dieu de les avoir réservés (I) Ibid. (2) Le texte de la trappistine, celuidu P. Necton, celui d’une religieuse de Belley offrent de singulières ressemblances. Ils peuvent avoir été remaniés vers 1830.
L’ESPRIT DE PROPHÉTIE 259 pour contempler un triomphe si complet de l’Église. » Ilestdifficile d‘affirmersi ce jugement est du P. Necton, qui prophétisait avant 1789, et a pu se tromper sur l’époque du triomphe de l’Église, ou bien s’il est du témoin (la mère Goifrey) qui transmit cette prophétie àMgr Gillis, et qui le tenait du P. de Raux.
Une révélation qui a passé par trois intermédiaires peut être altérée sans être fausse : le styledu commentateur peut en être confondu avec celui du voyant, puisque son récit ne nous est connu que par tradition. Le style simple sert de transition entre le style naïf ou même vulgaire et le style élevé ou sublime, si ad mirable chez les voyants hébreux, mais non moins beau dans les vaticinations de Marie Lataste, du P.
Callixte et du voyant inconnu auquel nous devons la prophétie de Prémol. Donc, le caractère propre du style d’un écrit ne suf— fit pas pour que nous aflirmions a priori s’il est ou non une prophétie. (d) Autorité des témoignages Ainsi qu’en matière historique, on vérifiera si le témoin aété trompé, s’il a pu se tromper ou voulu nous tromper.
Les témoins immédiats des prophéties les rappor tent souvent dans des pages qui sont publiées à une assez grande distance de l’événement. S’il y a plu sieurs témoins, leurs rapports devront être confrontés, et surtout pesés, d’après le nombre, le caractère, les opinions, les moyens d’information, les facultés et la science de ces mêmes personnes. Quand le témoin ,«-M‘ng_“5w—\— ’_ .....__.À.\.\M ;_....—-«r»-
260 L’INITIATION avance une prédiction contraire à ses propres croyances ou dont la publication peut lui attirer de graves dom mages, son récit a une fort grande valeur, ainsi que je l’ai dit pour les prédictions elles-mêmes (I).
Lorsque nous ne pouvons connaître le caractère, la compétence, les opinions et les intérêts d’un témoin unique, il n’est guère possible d’apprécier sainement son témoignage, à moins de]e comparer à celui d’au tres voyants, ou de s'en fier à la loyauté de l’écrivain qui cite ce témoin. Le témoignage d’un seul a moins de valeur, pour des faits surnaturels, que pour des faits ordinaires qu’attesterait le même personnage.
Le récit des auditeurs de témoins est souvent con fus, embarrassé de commentaires et d’additions, mais on ne peut le rejeter entièrement. Les traditions orales ne doivent pas être absolu_ ment repoussées; il est toutefois nécessaire de les con - fronter avec les textes reconnus authentiques. Nous citerons les traditions orientales qui annoncent qu’un Roi des Lis doit subjuguer les musulmans.
Ces tra ditions, parfois défigurées, peuvent combler des la cunes et inspirer de fécondes hypothèses à qui étudie les concordances. I Si un voyant connu pour son dévouement à cer tain prince annonce son triomphe prochain, et que d’autres prophéties ne confirment point sa révélation, le doute du pareil cas est légitime, puisqu’un zèle (I) Ainsi le capitaine Boulon, qui était républicain, nous a transmis la célèbre prophétie de Prémol. '.W.ç—t—_—:11fr_.‘ 1.».N‘———..,(’; m-4 1:2‘29‘”<J -Œi
L’ESPRIT DE PROPHÉTIE 2611 excessif aura pu égarer son intelligence et même sa bonne foi. Ajoutons que tel prince peut avoir été réellement désigné pour une grande mission, et être ensuite rejeté comme Saül le fut au profit de David. Souvent la personne favorisée de visions les com prend mal ou s’exprime d'une façon trop précise, qui induit en erreur des témoins loyaux.
Berguille, peut—être après avoir eu la vision d’un triomphe grandiose et de drapeaux fleurdelisés, aurait annoncé, après d’autres voyants, l’avènement du comte de Chambord ( I). Peut-être aussi ces voyants n’en par laient-ils pas aussi clairement que les partisans de ce prince respecté l’affirmaient au monde catholique.
On dit qu’Anna-Maria Baïgi assignait une durée de vingt sept ans au pontificat de Pie IX : a-t-elle ainsi parlé ? s’est—elle trompée ? ou ce nombre d’années a-t-il été prolongé par la volonté divine P Parfois, une pro phétie, comme celles de Blois et d’0rval, passe sous silence des époques peu caractérisées, ou indique plu sieurs années de malheurs sans fixer leur point de départ; Mélanie a parlé ainsi de plus de trente—cinq années d’épreuves.
Ainsi, l’erreur du voyant, qui mêle à ce que Dieu lui inspire des pensées tirées de son propre fonds, celle des témoins qui comprennent mal ce qui leur est dévoilé, et l’absence de précision des dates assi— gnées aux faits à venir, voilà déjà trois causes d’inexac titude et d’erreur. Quand une prédiction est anonyme, plus un témoin ’ S (I) A. Péladan, Dernier mot des prophéties, I88I. \ _ .,;.a...œwx ‘.<œw.a:m '1MZ““"‘-"“‘"" " " "m-'
262 L’INITIATION est honnête, éclairé, compétent, plus son témoignage a de poids, lorsqu’0n ne peut rechercher qui a fait tel récit à tel écrivain : mais la prophétie semblera dou— teuse à qui ne connaît point la valeur morale de l’au teur. M. l’abbé Tomé avait quelque droit de railler ces vagues dénominations : un voyant, une religieuse d’Autriche, etc., si les éditeurs pouvaient donner une indication plus précise. Ainsi qu’en matière d’histoire, une seule assertion prophétique, même très claire, peut laisser un doute: mais, pour bien des chrétiens de bonne foi, l’hésita tion cesse relativement aux grands traits des révéla tions : cinquante prophéties concordantes pour le fond s’éclairentet se complètent par leur réunion. De l’ensemble des énonciations naît une prodigieuse harmonie. C’est ainsi qu’un écrivain exact et judi cieux autant qu’il est docte a pu reconstituer l’époque du Grand Monarque promis (I). (A suivre.) (1) Chauffard, Prophéties sur la France; Paris, Thorin, 1 886, in—i 2. J’assu— -e . _____
.i’tû’l’E DE Il’IÜI Je ne suis pas de ceu:e dont la peur est la foi; En regardant le ciel, nul remords ne me hante; Je ne crains ni Salon ni la géhenne ardente ; J’écoute sans pâlir la cloche du be/Ïroi. Car, sachant la splendeur de [immuable loi Qui régit l’univers, la nature clémente, Et devinant le but de tout ce qu’elle enfante, J’attends le renouveau de la mort sans effroi. 0 sublime Inconnu .' c’est toi que l’homme nie En le faisant cruel, c’est toi qu’il calomnie. Quand je vois tressaillir la terre en Floréal, Et l’éternel amour à l’être donner l’être. L’œil toujours vers le beau, I’.äme vers l’idéal, Je me sens fier de Dieu comme on l‘est d’un ancêtre. dules de Mnnrnow. "w; '** * r- “n‘a-Av“ \ v
LE NQMEBE A l'Initie Ephanior. Le Nombre règne seul. Tout, c’est l‘illusion Avec son tourbillon, ses prismes, sa magie. Et bonheur, désespoir, haine, amour, passion, Sombrent comme un effet de fantasmagorie.
Elle fait miroiter des songes étoilés La sorcière Màyà dans ses métamorphoses : Un or bruni splendide illumine les blés, L’air est d’un bleu profond si les roses sont roses, Et le soleil se couche en sa pourpre le soir, Vaine aberration de la pure Lumière. Tel l’Amour défendit à Psyché de le voir. En dépit de ses pleurs, de sa folle prière, Le Sphiha: pose l’énigme et se cache à nos yeux.
Principe inconnaissable et Grandeur non pareille, Tu nous montres pourtant, écrite dans les ciei1:c, Ton œuvre magnifiqne, étonnante merveille ! Le monde c’est Protée, aune aspects tant divers, Qui toujours s’incarnant lentement évolue. Illusions, malheurs, tâtonnements, revers, Font d’une âme maudite une future élue. Je te bénis, 6 loi suprême du Karma.
Salut à la douleur qui purifie, élève, Fait dieu l’atome obscur; aux rayons de Brahma Le réel dissipant le nuageux: du rêve, Le Tout manifesté c’est le germe naissant Mais dont l’éclosion sonnera la victoire, Son fruit d’or, mûr un jour au souffle du Puissant, Vivra, nirvanisé, dans le soleil de gloire. Noêlle HERBLAY.
iociété des fionférences fipiritualistes SIÈGE SOCIAL : Hôtel des Sociétés Savantes, rue Serpente, 28 Fil RIS RÉUNION DES MEMBRES : Le 4° Vendredi de chaque mois, à 8 heures 1/2 du soir au Siège social Chaque réunion comporte une conférence et la discus sion de cette conférence par les membres présents.
STATUTS DE LA SOCIÉTÉ des CONFÉRENCES SPIRITUALISTES BUT ARTICLE PREMIER. — La société des Conférences Spiritualistes a pour but : 1° De répandre les idées spiritualistes, en se basant sur la science, et sans distinction d’école ni de personnalité, pour participer de tout son pouvoir à la lutte contre le matérialisme et l'athéisme; 2° De former des conférenciers destinés à soutenir et à éten dre au besoin son programme ; 3° De mettre, par la suite, des résumés des principales con férences à la disposition des amis de la province et de l’étran ger qui voudraient en faire des lectures publiques. .,... .e-"‘-'.‘.- . A
266 L’INITIATION W _.N.m , , r... . _‘ ,_s ART. 2. ——‘La sociétéason siègeà Paris, à l’hôtel des Sociétés Savantes, rue Serpente, 28. ART. 3. — La société déclare formellement s'interdire toute discussion politique ou religieuse. ME MBRES ART. 4.. — Les membres dela société se divisent en : I° mem bres actifs; 2° membres titulaires: 3' membres bienfaiteurs; 4° membres d’honneur. ART.
5. — Les membres actifs payent une cotisation de cinq francs par an. Ils peuvent assister à toutes les séances, mais sans amener d‘invité. Ils participent à toutes les élections comme électeurs, mais ne peuvent être élus qu'après avoir payé la co tisation des titulaires, soit 5 francs de supplément. ART. 6. —— Les membres titulaires payent une cotisation de dix francs par an.
Ils jouissent de toutes les prérogatives des membres actifs et ont, en plus, les droits suivants : I° ils peu vent amener chacun un invité de leur choix à chaque confé rence dela société; 2° ils sont seuls éligibles aux places du comité; 3’« ils peuvent présenter directement au comité les candidats désirant faire partie de la société. ART. 7. — Les membres bienfaiteurs payent, une fois pour toutes, une somme de cent francs.
Ils jouissent de tous les droits des membres titulaires et ont, de plus, les avantages suivants : ils reçoivent un diplôme et une carte déterminant leur titre. Leur nom est affiché spécialement (à moins d‘avis contraire) sur les tableaux de la société. Ils reçoivent trois cartes d’invités pour chaque conférence. ART. 8. — Lesmembresd’honneursontnommés parle comité et n’ont rien à payer. Ils reçoivent un diplôme spécial.
Ils ne sont ni électeurs, ni éligibles. DIRECTION. — COMITÉ ART. 9. -— La société est dirigée par un comité de sept membres, n0mmés de la façon suivante : deux membres sont élus pour un an par l‘assemblée générale; deux membres sont nommés parle Président fondateur; deux membres sont élus par les quatre précédents. Tous ces membres sont nommés pour un an et sont rééligibles. ART.
10. — Le comité se constitue en déterminant le nom de ses membres qui occuperont chacun les postes suivants: 1° et 2° deux Vice-Présidents, Secrétaire général, Secrétaire des conférences, Secrétaire de la propagande, Trésorier.
SOCIÉTÉ DES CONFÉRENCES SPIRITUALISTES 267 ART. I I. — Les décisions du comité sont prises à la majorité des voix. En cas de partage égal des voix, celle du Président est prépondérante. ART. I2. —- Aux membres du comité est adjoint un membre élu pour un an par l'assemblée générale, à titre d‘1nspecteur des finances.
Il n‘a que voix consultative et son rôle consiste uniquement à s’assurer que les finances sont exclusivement consacrées aux besoins de la société. PRÉSIDENT ART. I3. — Le Président fondateur, le docteur Gérard Encausse, est nommé à vie Président du comité. Il peut délé guer ses pouvoirs pour un temps à un membre de son choix. ADMISSIONS. DÉMISSIONS, RADIATIONS ART. I4. —- Les admissions des membres sont prononcées par le comité.
Les candidats doivent être présentés : l“ soit par un 'membre du comité; 2' soit par un membre titulaire ; 3* soit par deux membres actifs. ART. I5. — Il est fait mention, au début de chaque séance, des candidats présentés, et en cas d‘opposition de la part d'un des membres de la société, le comité juge en dernier ressort. ART. I6. -— Les démissions doivent être adressées au Président.
ART. [7. —- Les radiations sont prononcées par le comité qui juge en dernier ressort, après avoir entendu le membre incri miné et après avoir pris l'avis de l'aSSemblée des membres titulaires. SÉANCES ART. I8. — Les séances de la société sont mensuelles et peuvent êtIe rendues plus fréquentes par décision du comité.
Les séances du comité se tiennent, sur convocation du Pré sident, aussi souvent qu‘il est nécessaire, soit avant la séance de la société. au siège social, soit en dehors des séances, chez un des membres dudit comité. La séance générale a lieu en janvier. Le trésorier rend compte de sa gestion et l’on procède aux élections des membres sor— tants du comité.
Les séances mensuelles peuvent être, soit ordinaires et ouvertes seulement aux membres et aux invités personnels des membres, soit extraordinaires et ouvertes sur cartes imperson nçlles d’invitation. I
268 L’INITIATION FINANCES ART. l9. -— Les fonds recueillis dans l’année doivent être exclusivement consacrés aux besoins de la société. Leur emploi est indiqué par le comité sous la surveillance de l’Ins pecteur délégué. Une réserve de cinq pour cent des sommes recueillies pourra être constituée par décision du comité. ART.
20. — En cas de dissolution de la société, les fonds en caisse seront consacrés à une œuvre choisie par l‘assemblée générale. STATUTS ART. 2I. — Chaque membre en entrant dans la société déclare implicitement adhérer aux présents statuts. Ces statuts ne pourront subir aucune modification qu’après avis favorable du comité et approbation écrite du Prés:dent fondateur. Il sera alors donné connaissance de la modification à l‘assemblée générale. ART.
22. —- Des règlements spéciaux, élaborés par le comité, régleront tous les détails et tous les cas non prévus dans les présents statuts. L’inauguration de la Société des Conférences Spz rz’tualistes a eu lieu le 25 novembre devant une affluence considérable. La salle, contenant 125 places assises, était achi-comble, et beaucoup de personnes ont dû rester debout. La séance a été présidée par F.-Ch. Barlet.
Le sym pathique secrétaire général, M. Alban Dubet, a tout d’abord présenté la nouvelle société et annoncé son succès inespéré; puisque les frais de l’année ont été couverts avec un notable bénéfice pour l’année prochaine (1899-1900), et cela dès les premières séances. Dans une belle improvisation, Alban Dubet, établit _.._.._L -..-.....h ‘ ,,
SOCIÉTÉ DES CONFÉRENCES SPIRITUALISTES 269 "F"""" le caractère véritable du spiritualiste sans épithète et fait appel à l’union de tous. Ensuite, le Dr Papus fait sa conférence sur l'humor talz'té devant la Science.
Il s’attache à démontrer la difl‘érence qui existe entre un fait psychique et un fait scientifique, ce dernier pouvant être reproduit toujours et à volonté, et.il montre pourquoi la science est obligée à une grande réserve visà-vis des expérimen tateurs trop pressés de conclure. — Il détermine jus qu’à quel point la Science admetl‘immortalité d’après les recherchesde Darwin, Flourens et Claude Bernard, et pourquoi elle ne peut encore se fiancer ni au Magnétisme, ni au Spiritisme, ni à l’Église, ni même à l’0ccultisme.
' Le conférencier termine en rappelant que la Société des Conférences Spirz‘tualz’stes permettra à ses membres et à leurs invités de se mettre en rap ports avec les hommes véritablement compétents sur chaque question et d’échapper ainsi aux banalités et aux généralités qu’ils sont journellement appelés à entendre dans des milieux profanes.
Cette conférence est accueillie par de chaleureux applaudissements et, dès sa première séance, la jeune société obtient un brillant succès.
La seconde séance aura lieu le 23 décembre, et M. Durville y traitera de la Polarité en appuyant les théories présentées d’expériences caractéristiques. — Le Président fera d’abord une courte analyse des travaux intéressants du mois, et la discussion sera ouverte entre les membres, après la conférence de M. Durville.
270 L’INITIATION Nos lecteurs qui voudraient assister à cette séance pourront demander des invitations à la rédaction de l’Initiution. . COMMÉMURÀTIGN DE STANISI.AS DE QUAI TA Le I 9 décembre L’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix et l’Ordre Martiniste feront, le lundi 19 décembre, la Commé moration du Maître Stanislas de Guai‘ta.
Une de ses œuvres les plus intimes était constituée par les notes manuscrites placées en tête de chacun des livres de sa bibliothèque. Ces restes chers d’un fils ou d’un frère absent auraient été conservés pieuse— ment dans le château familial si notre ami n’avait pas été si soudainement terrassé.
Faute d’un ordre écrit de sa part, le monument qu’il avait fait édifier dans son château pour contenir ses livres restera vide et sera consacréàquelque écurie, et le fruit de ses veilles sera répandu aux quatre vents. Mais, du moins, sa mémoire appartient à tous ceux qui l’ont aimé comme il le méritait et assez pour ne jamais oublier son grand_cœur et ses luttes pour la Vé rité.
C’est à l’Ordre de la Rose-Croix, c’est à tous les frères de l’Ordre Martiniste répandu dans l’Univers qu'il appartient d’arracher chaque année à l’oubli la mémoire de celui dont on voudrait taire l’œuvre chrétienne et hautement initiatique. Aussi c’est à tous __ r" l ‘ _A AÀÎ _ ... __,_ nu _ _ _ _À_, , .
LE CONGRÈS DE L’HUMANITÉ 271 les hommes de désir de l’Ordre Martiniste, c‘est à vous tous, frères de la Croix et frères de la Rose mys tique, que je m’adresse pour vous prier de joindre du 19 au 30 décembre, chaque matin au réveil, vos efforts spirituels à ceux de votre frère, en mémoire et en aide de Stanislas de Guaïta. Parus. LE ŒMIIŒBÈS DE L’HÜAŒII'IÏÊ Notre ami AI\I0 me communique la déclaration sui vante.
Nous regrettons vivement la décision d’Amo, tout en nous inclinant avec respect devant les hautes raisons qui, de l'Invisible, l'ont incité à cette détermination. (N. D. L. D.). Cessation de la première initiative Je dois faire connaître aux lecteursde la Paix Un: yerselle, une décision qui sans doute émouvra plus d’un cœur. Depuis le 15 septembre I894, j’ai pris, danscejournal,l’initiative du Congrès del’Humanité.
Dans ce but, j'ai publié toutela Série d‘articles inti tulés le Congrès de 1’Humanit‘e', signés La Rédaction, afin d’assurer le Caractère impersonnel de l’œuvre. Notre excellent frère, M. Bouvier, le sympathique Directeur [de la Paix Universelle, m’ouvrit toutes grandes les colonnes de son journal. Nulle entrave ne vint jamais de sa part contre nos Efforts. Aujourd’hui, j’abandonne purement et simplement
2 72 L’INITIATION la grandioseTentative que tant d’âmes généreuses sa luêrent à travers toutes les frontières. Si d’autres veulent persévérer, relever ce noble et saint Drapeau, qu’ils le fassent ! Je ne veux décourager nul Effort, et le Congrès de I“Humanité rentre dans le Domaine public. Mais les motifs d’une telle Décision ? me dira-t-on. Il y en a de très mystérieux. L’avenir éclairera vivement ce point.
Enfin, nous sommes à la veille d’un grand Cycle... Puis ce sera le Règne d’or qui s’établira par l’Inter vention efl"ective et publique de la Toute-Puissance sur la Terre. Je le dis pour réconforter quand même les âmes d’amour, non pour défier les Sceptiques légions qui ont pour seul Principe de nier tout ce qu’ils ne com prennent pas.
Je seraisincomplet si je ne disais franchement com bien j’ai souffert de voir ce journal lui-même envahi par les accents du Sectarisme haineux. Qu’on le sache bien, qu’on le sache partout où ma Parole eut quelques Échos sympathiques.
De toutes les Puissances de mon âme, pu nom de butes les Puissances qui m’ont inspiré, qui m‘ont guidé, depuis neuf ans, je réprouvel’abominable Cam pagne dirigée par tous les Éléments anti—françaz‘s du Monde contre notre chère Patrie française. Mais les Événements actuels ont un Sens tout autre que celui pensé par les ADVERSAIRÊS. Tout autre que celle deleur Attente en sera l’issue. ‘—-‘ .e _ , ._._ ._.._-_ M.. ,
NOUVELLES DIVERSES 273 rama v - J'ai voulu produire au grand jour toute ma cons cience, afin qu’il n’y ait nulle confusion. On comprend aussi maintenant l’une des nécessi tés qui me fait abandonner le Congrès de l’Humanité. Avant de sauver le Momie, il faut sauver la grande Nation d’Amour qui sera l’agent de la Rédemption universelle; et cette Nation d’A mour, principe et moyen prochain de la grande Rédemption humaine, C’EST LA FRANCE. AM0.
Nouvmuus ®wuusus Les Conférences de Gaston Me’ry. —— Notre confrère et ami Gaston Méry a inauguré, avec le plus grand succès, à la Bodinière, une série de conférences avec projections sur Tilly et les intéressants phénomènes qui s'y sont pro duits.
Le public a été très heureux d'entendre exposer ces faits par une bouche autorisée et a fait au conféren cier une belle et légitime ovation. fl'‘J La question d’Hermès. —— Pour être renseigné sur les enseignements ésotériques concernant Hermès, M. Georges Bois s’est adressé aux égyptologues de l’enseignement officiel qui lui ont raconté l’histoire du dieu Toth.
Ce procédé de documentation nous con duirait à demander à M. Max Muller, ou aux disciples des exégètes germains, quelle est leur opinion sur Adam et Eve et la Bible. On voit d’ici leur réponse. Que dirait M. Georges Bois si nous lui donnions comme autorités les avis personnels de Max Muller ou de Spencer sur la
274 L‘INITIATION Révélation? Il hausserait les épaules et il amait raison. Un peu de réflexion suffit pourtant pour se rendre compte que l’Hermès qui a écrit 42.000 volumes n’est pas un homme, mais une collectivité intellectuelle ayant existé plusieurs siècles.
Mais nous sommes heureux de ren contrer, dans ce monde catholique qui nous a peu habitués à tant de loyauté, un écrivain de la conscience de M. Georges Bois, le seul qui ait dévoilé l’œuvre de Taxi} dès le début. 6Ïi’invun on La Ènnssn Signalons tout d’abord l’intéressante transformation du Journal du magnétisme et de la psychologie qui de vient bi mensuel avec M. Durville comme directeur et Album Dubet comme rédacteur en chef.
Les informa— tions de cet organe sont faites avec soin et les analyses bibliographiques sont toujours très intéressantes. Abon nements: 10 francs par an, 23, rue Saint-Merri. L’Echo du Merveilleux, outre des études de G. Cros nier, G. Mallet, renferme une importante déclaration de Gaston Méry qui, après ses expériences avec Eusapia, se déclare certain de la matérialité des faits psychiques.
Le Mercure de France (novembre I898) donne la tra duction de l’article d’Andrew Lang par T. Lefébure. Il s’agit de ce fameux cas d’incarnation de MM Piper, qui a été considéré comme une révélation extraordinaire par ceux qui sont peu au courant des faits psychiques. C’est cependant là un cas très peu clair, où la réflexion des images astrales joue un rôle considérable.
Ce fait aurait dû être discuté et réduit à sa juste valeur par quelque chercheur compétent. En attendant, il a été présenté au grand public avec force détails et a ouvert quelques nou veaux horizons à plusieurs hésitants. Comme quoi les erreurs même ont du bon. Bravo au Alercure de France pour être toujours le premier au courant des idées nou velles dans tous les plans.
REVUE DE LA PRESSE 275 Les REVUES SPIRITES celébrent avec force épithètes louangeuses le cinquantenaire de la doctrine et les deux discours de MM. Léon Denis et Gabriel Delanne.
Nous remarquons, dans l’analyse de ces discours, que les ora teurs ont fait tous leurs efforts pour se persuader et pour persuader à leurs auditeurs que la constatation de la matérialité des faits produits par les médiums impli quait, de la part des expérimentateurs, une adhésion immédiate à la doctrine spirite. C’est là une erreur que nous tenons à signaler; car elle pourrait causer bien des déboires par la suite.
La théorie spirite, dans sa partie morale, atrouvé en M. Léon Denis un apologiste aussi érudit qu’entrainant et, dans sa partie scientifique, en M. Delanne, un vulgarisateur habile et convaincu. La grande presse n’a malheureusement pas donné à ces réunions la publicité à laquelle elles avaient légitime— ment droit.
A part ces études, signalons dans la Revue spirite la reproduction d’une partie du discours de M. Crookes et quelques récits d’expériences. Regrettons l’absence, dans ce numéro, des articles si érudits de M. Leymarie sur la philosophie transcendante. La Revue scientifique et morale du spiritisme poursuit les études de M. Gabriel Delanne, qui lui donnent un cachet aussi sérieux qu’élevé.
Le Progrès spirite (5 décembre 1898) réfute quelques opinions de M. Méric à propos du spiritisme. Nous y trouvons des phrases dans ce genre: Nous avons eu la révélation judaïque, la révélation chrétienne et, en der nier lieu, la révélation spirite.
Cette affirmation ne peut que faire grand tort au spiritisme, car il ne peut être établi aucun rapport entre les grandes révélations reli gieuses et les dictées plus ou moins médianimiques des « chers Esprits ». Que j’approuve M. Gabriel Delanne dans sa réaction contre tout ce mysticisme enfantin et prétentieux! M. Laurent de Faget nous a habitués à plus d’habileté dans ses polémiques pleines de finesse et de bon sens. Le Spiritualisme moderne (5 décembre 1898) renferme
276 L’INITIATION . un chaleureux appel de Beaudelot, auquel nous nous joi gnons de tout cœur, demandant aide pécuniaire à ses abonnés. M. Albiq Valabrègue poursuit le cours de ses intéressantes dissertations, hautem‘ent spiritualistes. Cette revue mérite un appui sérieux de la part de tous nos amis. La Paix Universelle (l°"-15 déc.
98) est noyée dans la po lémique pour avoir voulu s’occuper de questions politi ques qui sont absolument étrangères au domaine du spiritualisme; espérons que, bientôt, ce journal reviendra _au programme indiqué par son titre. L’Humanité intégrale nous présente, à propos de la mort du frère de notre ami Camille Chaigneau, de fort belles pages d’Emile di Rienzi, de Aug. Vordon et une communication donnée par le médium M. Franck.
M. Chaigneau étudie avec science les diverses mé diumnités. De belles pages de M“ O. de Brezobrazow sur le Congrès de l’Humanité terminent ce numéro. Dans la Coopération des idées un homme d'action, M. G. Deherme, poursuit de bien curieuses études sur l’esprit réel du féminisme contemporain.
Nous devons à M. De herme une œuvre d’Enseignement supérieur du peuple, qui fera plus, pour la concorde sociale des classes, que beaucoup de creuses déclamations de tribune. Parus. Nous prions tous nos confrères de la presse spiritua liste d’agréer nos plus vifs remerciements pour leur gra cieuse insertion concernant l’ouverture de la Société des Conférences spiritualistes. _.....- .- .......b4æ.__ _ _ .. ,_
BEBLI©GÆEAÊEIE Annie BESANT. — Discours prononcé à l’Alliance spiri— tualistede Londres ; traduit du Light par A.-B.,broch. gr. in-S,o fr. 25. —- MM Annie Besant, le successeur incon— testé de Mm Blavatsky à la tête de la Société théosophi que, a pris pour thèse de son discours la possibilité de l'union contre les spirites et les théosophes.
Elle est certainement, à mon sens, le cerveau occidental qui, à l‘heure actuelle, a pénétré le plus avant dans les profon deurs dela phi1050phie hindoue; les idées qu'elle formule sont donc, dans le plan mental, de celles qu‘il faut pren dre en grande considération.
Mm° Besant est un ora teur remarquable, tant au point de vue des idées qu’à celui de l’éducation, et ses maîtres d‘0rient ont donné à sa parole un charme persuasif qui séduit par son inconnu et éveille la curiosité des auditoires de nos pays. Elle dit avoir recueilli en Amérique les sympathies des centres spirites et pense pouvoir conquérir également celles des spiritualistes anglais.
Selon elle, les mouvements théosophiques et spirites procèdent d’hommes très déve loppés, vivant sur le plan physique, mais ayant les pou voirs de passer à volonté dans le monde invisible,et étant par là en communication avec les désincarnés. En tant qu’occultistes, nous approuvons entièrement cette manière de voir.
Mm“ Besant expose avec précision les points de divergence qui existent entre le spiritisme et la théosophie : l’existence des Mahatmas, le fait que des phénomènes spirites ne sont point nécessairement pro duits par des âmes humaines désincarnées, les possibi— lités occultes de l’âme incarnée, la réincarnation.
En terminant, MM Besant donne d'excellents conseils pour la préparation des médiums en fournissant aux êtres dont ils sont destinés à devenir les instruments des supports purs et fixes. Elle recommande enfin aux spi rites d'aller voir par eux-mêmes dans l’invisible au lieu de recourirà des médiums;et c’estici que je me permet- ‘ ' /
278 L‘INITIATION trai de dire que le remède est pire que le mal, parce que « développer, comme dit l’éminent orateur, ses pouvoirs personnels, » c’est, neuf cent quatre-vingt-dix-neuf fois sur mille, développerl'orgueil et la volonté propre. Les initiés de l’Occident, auxquels a été emprunté, à tort, se lon moi, ce titre de «Théosophie »,les Bœhme, les Gichtel, les Lac, abondent en développements sur ce point.
Comme il a été écrit ici même, il y a quelques années. plus un arbre est grand et magnifique, plus ses racines sont profondes, et le jardinier ne soigne pas les boutons de rosier qu’il cultive, mais il en nourrit la racine avec du fumier. SÉDIR.
Ait/mir (dos Symbolos) par Dario VELLOZO. — Un poème en prose, -— l’évocation magique des amours suprêmes, toute la douleur de l’irréalisable, la pensée (auguste planant au faite des sciences et du symbole éter nel — prenant un vol hardi vers les régions de la sereine immortalité, où, malgré tout, saigne dans la lumière un sentiment humain, le plus Beau, celui qui fait vibrer dans des résonances divines ou torturantes l’âme entière de la création —- l’Amour! .
Dans une lettre a Domingos Nascimento, lettre qui sert de préface au nouveau poème, Dario Vellozo dé voile certains côtés des aspirations toujours grandis santes des vrais artistes; il y définit quelques vues par— ticulières d’art; il montre clairement l’évolutIon de son esprit, qui s’est élancé depuis quelques années dans la voie lumineuse de l’ésotérisme et force les portes de l’inconnu et de l’invisible avec le présent poème et d’autres productions encore beaucbup plus anciennes.
Est-ce dans les sciences acroamatiques qu’il faut cher— cher la régénération de l’Art? Est-ce par le Mrstère qu’il faut s’affermir pour la recherche d’un idéal artis
BIBLIOGRAPHIE , 279 tique? Est-ce par le difficile problème de l‘Inconnu que l’on y arrivera ? Ce sont là des demandes oiseuses ou absurdes pour tous ceux qui n'ont pas la Foi. Qu’importe ceci ou çela pour certains esprits non incarnés encore dans l’Etre d’intelligence superieure qui peut et veut voir autre chose que les apparences des choses et que le mensonge de la matière. Les temps sont passés du proverbe : On fait de l'art là où on le trouve!
Rien de plus faux. L'art comme le monde marche. . 1.2‘ I Dans la première partie d’Althaïr, le poète crée un . symbolisme des astres. Après une brève esquisse des temps primitifs et édéniques, une vague souvenance deBardes etde Druides, il se lance dans les hauteurs sidérales et nous entendons l'appel désespéré d’Althaîr, l’amante et la vierge, vers Orion. le beau guerrier, lui-même amoureux follement de la belle Alcyone.
Toute cette première scène se passe dans l’hémisphère boréal, où se trouvent les constellations de l’Aigle (Altha‘ir), Orion etles Pléiades. Ait/mir crie en vain dans l’espace sa passion de vierge, ses lamentations d’amoureuse se perdent dans le vide infini. Orion la plaint et ne peut pas l’aimer. Lasse enfin de supplier, la vierge désire s’immoler dans sa désolation sur les bras de la Croix du Sud, dont elle a entendu parler.
Adam et Eve, enlacés, s’attristent sur le sort d’Altha'ir, l’immortelle — pour toujours exilée de I’Amour. Il Dans un pays méridional de la terre, l’astrologue Illian médite en évoquant les époques évanouies. Nous sommes ici en plein moyen âge, au temps des illuminés de la pierre philosophale et des athanors. Le Grand Œuvre occupe l’esprit des savants, et leur
280 L’INITIATION l"’1‘," \ n. bonté rêve d'une humanité exempte de douleur. Illian se transporte en esprit vers la patrie des Mages, la Chal dée, et revit l’extraordinaire splendeur de cette contrée favorisée entre toutes. Dominé par tant de sensations diverses, il tombe dans une extase profonde et peu après le délire des voyants l‘agite, et il entre, comme dans un rêve, dans les régions de l'infini Mystère et de l'Inconnu.
III C’est la vision d'lllian:toutel’humanité, toutes les âmes des grands morts défilent devant ses yeux. Ici, un pages de l’Atlantide, un prêtre égyptien, un mage de la Chal— dée ; là,Moise, Salammbô, Valmiki, une prêtresse grecque, Socrates, Cymodocée, un Templier, une châtelaine, un trouvère, une vierge maure, les ombres d’Ossian, de Dame, de Pétrarque, de Shakspeare et de Milton.
D’autres cortèges se suivent où il s’y trouve les cœurs d'une mère et d’une vierge. Vient ensuite une trinité de l’art avec Poë, Baudelaire et Verlaine. Enfin le corps astral d’Eliphas Lévy clôt le dernier groupe de ceux qui ont vécu sur la Terre. Passent aussi les cortèges de ceux qui ont habité les autres terres de l’Univers et le pèlerinage se poursuit dans l’espace, à l’infini.
Le corps astral d’Altha'z‘r apparaît à Illian dans une vision radieuse, mais il s’envole à sa voix vers la Voie Lactée et se dirige vers la Croix du Sud, qui devient ainsi le Calvaire de son amour si extraordinaire. c . « Très loin, aux dernières bornes des cieux, une étoile tremblotait dans la nuit; c'était le cœur d’Althaïr — ainsi qu’un scapulaire de pourpre et d’or, — il luisait : « Fleur de Vie 1 « Astre de Consolation Unique! « Rose-Croix de l’Art l... « Cha « Ri « Tas! »
BIBLIOGRAPHIE 2 8 1 Et voilà le poème Althai‘r, le magnifique poème sym‘ bolique de Dario Vellozo, se déroulant dans l’immensité des cieux et ayant pour personnages les Constellations et les âmes des grands morts de notre monde.
Il suffit d’y jeter les yeux pour se convaincre de l‘ori ginalité de l’artiste et de la conception rare, nette, ferme et scientifiquement poétique qu’il a su donner au sujet choisi, si difficile d’être traité par une nature moins poète et moins solidement trempée dans les études phi losophiques. Coritiba, 4 — Io — 98. Jean ITIBERÉ.
Les Hallucinations. -— Étude synthétique des états phy‘ siologiques et psychologiques de la veille, du sommeil naturel et magnétique, de la médiumnité et du magisme, par ALBAN DUBET. ln-18 de ISO pages. Prix: 2francs. L’hallucinarion, mal définie jusqu’à ce jour, a été souvent confondue avec l’illusion. L'auteur s'effoœe de lui don ner un sens et il différencie tous les cas hallucinatoires par une classification méthodique.
C’est ainsi qu’il étudie l'hallucinarion dans sa triple manifestation, sensorielle, psycho-sensorielle, psychique,fpuis télépathique, normale et pathologique, individuelle et collective, pendant la veille et le sommeil naturel ou provoqué; il traite la ques tion de la médiumnité et de la magie.
Il y a lieu de rete nir cette conclusion de l’auteur : ( Tout est substance..., la substance est âme, force, matière, et tout cela c’est la vie universelle...
Ce ne sont que des modes d’existence et des manifestations de puissance différente d’une seule et même substance. » Le sujet, qui n’est pas suffisamment traité dans les ouvrages de médecine, est particulièrement intéressant pour tous nos lecteurs (magnétistes, télépathistes, spi rites, occultistes), qui trouveront là des observations et des arguments inédits de la plus haute importance. Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint-Mari, Paris.
L'Etre subconscient, par M. le docteur E. GYEL, I vol. in-8°, 4 fr., Félix Alcan, éditeur. — M. le docteur Gyel présente dans cet ouvrage une étude théorique au point
2 82 L'INITIATION de vue explicatif de tous les phénomènes encore mal connus ou mal interprétés de psychologie normale et de psychologie anormale: automatisme psychologique, phé nomènes inconscients, sommeil normal et sommeils anormaux, hystérie, dédoublement de la personnalité, hypnose,'extériorisarions, actions à distance, actions de pensée à pensée, télépathie, médiumnisme, etc. L’auteur s’est efforcé de montrer: I° que tous ces phé nomènes se relient les uns aux autres comme les anneaux d’une même chaîne et ne sont ni plus ni moins inexpli cables les uns que les autres; 2° qu’une seule hypothèse les explique tous: celle d’une force-intelligence subconsä ciente et extériorisable coexistant dans le moi avec la force-intelligence consciente normale.
Ces explications et ces démonstrations remplissent la première partie de l‘ouvrage, de beaucoup la plus impor tante. Dans une deuxième partie, l’auteur fait l’esquisse d’une philosophie naturaliste en appliquant les notions nouvelles qu’il vient d'exposer au système moniste. Il termine en indiquant les {conséquences de la doctrine nouvelle au triple point de vue de l’explication du mal, de la morale et de la question sociale.
' Nouvelle Conception philosophique de l’univers, par Pros per GAYVALLET, 2‘ édition. — L’auteur se propose de montrer que, en dehors de toute croyance religieuse, quelle que soit sa situation intellectuelle ou sociale : —— Tout homme p055êde les moyens d’arriver, dès ici bas, à la Béatitude pour laquelle il se sent né. — Béatitude considérée et définie au point de vue à la fois idéal et réel. -— Cette définition conduit rationnellement à .une cer— taine Conception philosophique de l’univers. — Précédée d’une preuve nouvelle de la réalité objec tive du monde extérieur. — Tous les phénomènes, depuis la rotation du système solaire, jusqu’ici inexpliquée, jusqu’au fonctionnement des sociétés civilisées. —— Sont expliqués, exactement et analytiquement, par les trois principes : unité, attraction, progrès. — Cette conception n’est donc pas un dogme; elle a,
BIBLIOGRAPHIE , 283 au contraire, tous les caractères d’une véritable science D’ailleurs, dans le cours de l’ouvrage, les diverses relir— gions et les théories des principaux philosophes sont ré— sumées chacune en peu de mots qui en donnent une idée complète et à la portée de toutes les intelligences. — Le Principe de Progrès est exposé sous une forme philosophique sous laquelle, jamais encore, il n'alété con sidéré. — La Nécessité du Principe de Progrès est démontrée à priori, en partant de l'existence de l’Etre. — Il est établi, indépendamment de toute expérience, que l’Etre doit se développer nécessairement, depuis l’état le plus infime du règne inorganique,jusqu’à l'idéal de la volonté libre. — Une loi d'universel développement est exprimée en des termes symboliques. — Expression propre à frapper et à captiver tout esprit soucieux de ce qui dépasse la décevante platitude de la vie matérielle. — Les moyens(accessiblesà tous) par lesquels l'homme peut arriver, dès ici-bas, à la Béatitude sont déduits logi quement de cette conception de l’Univers.
Envoi franco Contre un mandat postal de 3 fr. 50 adressé à M. le Directeur de la Société d’Editions Scien tifiques, 4, rue Antoine—Dubois, Paris. BRAMACHARIN Bonuxm—uxsuu. —— La Philosophie ,ésaté— rique de l'Inde. —-— Bruxelles, Georges Balat, éditeur, 1 vol. in—r8. Prix: 2 francs. (Compte rendu prochain, par F.-Ch. B.1rlet.) La Revue de l’histoire des religions, t.
XXXVII, p. 3, 1898, mai—juin, analyse le livre de M. levons sur le toté misme; celui de Trumbull sur la fraternisaliou par le sang; celui de Petrie, Religion and Co,nscience in Ancient Egypt; celui de King, Bab_ylonian magic and sorcery. Le Correspondant du 10 août renferme un article de M. Surbled sur la sueur de sang et les stigmates. Historchies Jahrbuch, Bd. XlX, heft 3.
Kampers: L’idée de la dissolution de l’empire du monde étudiée à la lumière des théories escatologiques. s‘°"” N"’«,— r..r - . c,, ..a......“."“‘Ï‘t‘
284 L’INITIATION Historisch-politische Blatlerjur das katholische Deuts chland, Bd. CXXI, heft 7. -— Schintzler : Sawnarch. — Heft g. Stiglmays: Soutient contre Nirschl que c’est un contemporain de saint Athanase, évêque de Rhinocolura, et qu'il s'inspire des institutions du v" siècle. Répliques dans heft Il, t. CXXlI, heft 1. Westdeutsche Zeitschrift fur Geschichte zmd Kunst, 1898, heft 2.
J; Hausen : Le Malleus maleficorum a été composé dans la haute Allemagne; fausse approbation de Cologne en 1584. M. Aveneau de la Grancière a publié : Les Parures pré historiques... en grains enfilage et les colliers-talismans celto-armoricains (Leroux, 1891, in-8; Revue historique, octobre-novembre 1898). La Croix insère cette réclame : Vulgarisation à Paris de la bioscopie découverte par le D' Collongues, de Vichy.
Cette invention scientifique merveilleuse utilise les chiffres qui sortent des mains du malade, pour son hygrométrie vitale, pour connaître mathématiquement les remèdes qui guérissent l’estomac, le foie, le diabète... (40, rue des Mathurins).
' La Revue scientifique du 29 octobre 1898 renferme une étude de M. Adhémard Leclère sur la divination chez les Cambodgiens; elle analyse : Anomalies and Curiosities of medicine, par MM. (iould et Pyle, livre qui parle du fakirisme, des épidémies historiques, au sujet desquelles une question a été naguère posée dans l'Initiation, etc. La Croix renferme une réclame d’un vieux marin qui prétend connaître un remède contre toute maladie causée par les vices du sang et envoie gratis une réponse expli— cative: M. Gervat, 45, rue de la République, Lyon.
A propos de la loi Fallaux. — A propos de la loi Fal— loux, ce sont toutes les lois scolaires de la France qui sont passées au crible critique de M. Paul Louis, dans la livraison de novembre de la Revue Socialiste. Que subsiste-t-il de la loi Falloux? Presque rien : — tout. — La plupart des dispositions sont, il est'vrai, tombées devant les réglementations ultérieures. Mais le
BIBLIOGRAPH1E 2 85 principe est resté : la libené de l'enseignement. Et M. Paul Louis demande la suppression de cette liberté en ce qui concerne les trois Églises reconnues.
La question de l'octroi à Paris. — La Revue Socialiste de novembre contient la fin de l’étude de M. Adrien Veber sur les antécédents parisiens de la question de l’octroi, et les discussions auxquelles a donné lieu au Conseil municipalde Paris le problème de l‘abolition de l’oc— tr01. Le Journal du Magnétisme, fondé en 1845 parle baron du Poter, continué par M. H. Durville, devient, à partir du 5 janvier 1899, un organe bi mensuel.
Il aura pour titre Journal du .Magnétisme et de la Psychologie. Sous la direction de H. Durville, la rédac— tion en chef et l’administration du journal appartien dront à M. Alban Dubet. Prix de l’abonnement pour toute l'Union postale : I0 francs par an; le numéro, 50 centimes. Adresser demandes et mandats à M. l’administrateur du Journal du Magnétisme et de la Psychologue, 23, rue Saint-Merri, à Paris.
Le journal paraîtra régulièrement le 5 et le 20 de chaque mors. Deux numéros spécimens paraîtront les 5 et 20 dé cembre 1898. Le Courrier de la Presse, 21, boulevard Montmartre, Paris, fondé en I880. Directeur : A. GALLOIS. — Fournit coupures de journaux et de revues sur tous sujets et personnalités. Le Courrier de la Presse lit 6.000 journaux par jour.
Le Courrier de la Presse reçoit sans frais les abonne ments et annonces pour tous les Journaux et Revues. Adress«; Télégraphique : Courpress Paris, téléphone ,, n°101. 0. \W ' . -*.— . -.* .M'... ' -«\‘.‘i \ ‘,-..s. _
lBouttsn aux Emgns Sous cette rubrique nous aurons, pour nos abonnés non libraires exclusivement, nos colonnes aux demandes et aux offres de livres d’occultisme. Quand il n’y a pas d’adresse d’acheteur et de vendeur, on est prié d’écrire à l’administration de l’Initiation, 5, rue de Savoie, Paris. Avendre : Œuvre de Sainte Thérèse (en espagnol), Franaseo Foppeno, Bruxelles, 1684,2v01. in—4°. 15 fr. *-. A vendre: Collection complète du Journal du Ma gnétisme du baron ou POTET; 22 vol. in-S° brochés, trèsbonétai.........150fr. Pour compléter une bibliothèque de Sciences Occultes, on désire acquérir les ouvrages suivants : J. BŒHME. —— Œuvres diverses. bÏI. DE SAINT-MARTIN OU LE PH. INC. —— Œuvres d‘i— verse . . FABRE D’OLIVET. — Langue,lzébrai‘que restituée. — Vers dorés de Pythagore. _ ' LACURIA. — Harmonie de l’Être. Edition originale. ELIPHAS LÉVI. Dogme et Rituel de la Haute Magie; Clef des Grands Mystères. GŒRRES. -— Mystique divine et diabolique. .....,,.. ,,,.»f,, .;W,,ÏM,æ,—.,m , ,,-,,v, __,,___ .,' ., _‘;‘)A a. A a. _ _ ....
BOURSE AUX LIVRES 287 SAINT-YVES D’ALVEYDRE. — Mission des Juifs. ANT. BOURRILLON. — Œuvres diverses. MATTER. -— Histoire de Gnosticisme. CLAVICULES. — Dragon rouge; Dragon noir; Enchiri— dion; Grand et Petit Gn‘moires; Grand et Petit Albert; Magie noire; Magie rouge, etc., etc. Et en général tous ouvrages sur les Sciences occultes, le Mysticisme, la Magie, la Sorcellerie, le Magnétisme, le Spiritisme, la Franc-Maçonnerie, etc., récents on an ciens. Les personnes qui amaient de tels ouvrages à céder en bonnes conditions sont priées de s’adresser à M. J. Bar barin (jusqu’au 31 mars I899, à Paris, 27, avenue Carnot, et à partir du I" avril, à Branges, Saône-et-Loire). agi
EBäA'EA (Numéro de novembre 1898) Le voyant d’0rval, s‘il est Nostradamus, comme parait l’avoir démontré feu l'abbé Tomé dans les Prophéties d’Olivarius et d’0rval interprétées par leur auteur Nos iradamus, connaissait les armes à feu. Page 164, ligne 3,lire mu (Binah). ——- P. 165. l. 10, lire Geburah. — P. 168, l. 13, lire Calvat. — P. 160, l. 23, lire mn (Netzach). — P. 170. l. 2, lire mon (Tiphéreth) ; l. 3 me 11:1. ——P. 176,1.
14., lire A Marie Lataste apparut. —— P. 176,]. 4, lire et les voyants ne se sentent point inspirés. -—P. 178, l. 13. lire font connaître. —- P. 182, l. 18. lire Chaillon de Jonville ; l. 23, lire Lb‘5 420 (pour le livre de M. Viguier). — P. 183,1. 4.. lire Demonville. — P. r82, l. an, lire Lb“, 1161 (Le Passé, etc.). n P. 183, I 30 (le Monarque fort), Lb“, 2860. — P. 185, avant—dernière ligne, lire Bloud (et non Blond). — P. 186. l.
3. lire Tobra (et non Cobra). Le Gérant : ENCAUSSE. rorms. — IMP. E. ARRAULT ET c“, RUE DE LA PRÉFECTURE, 6. "M’”"pf" «N»M_æë_—l
î‘ A .\l PIII'I’IIEATRL'M SAPIENTIÆ ÆTERNÆ KHU'NRATH RÊÉDIIÉ P.\R LES soms DES D" MARC HAVEN et PAPUS CIIAMUEL, dépositaire général 5, rue de Savoie, Paris Les exemplaires de cet ouvrage ne se trouvent pas dans le commerce à moins de 30 ou 40 francs, et ils sont le plus souvent incomplets. La réédition actuelle renferme la reproduction absolument parfaite des onze planches de l'ou vrage original, montées sur onglets et luxueu sement imprimées. Ces planches forment, à elles seules, un tout vraiment complet, et chacune d’elles est une véritable synthèse occulte. Le texte latin, qui constitue un autre enseignement, sera traduit et publié avec les œuvres complètes de Khunr'ath, annotées par les membres contem— porains de l’Ordre de la Rose-Croix. Cette édition de luxe et à grandes marges ren ferme, entre chaque planche, une page blanche destinée aux notes et mentionnant le titre de chaque planche. Elle contient, de plus, un exposé de l’œuvre de Khunrath servant d'introduction à l’ouvrage. PRIX DE L’OUVRAGE, IN-FOLIO Broché 10 francs, cartonné 12 francs. Celte réédition est tirée à très peu d'exemplaires et sera très vite épuisée.
fluor ÊIDÉAMSTE ÎlNlVERSELLE Notes and Queries, S. M. Gould, à Manchester (N. H.) Ü. s. A. Fric 0rd, A. Sabre, à Christiania (Norvège). Nordisk Frimurer-Titenda, Alb. Lange à Chris tiania (Norvège). Die Religion des Geistes, Fertung, Herrengasse, 68, Budapest (Hongrie). Nuoua Lux, 82, via Castro Pretorio, à Rome (Italie). Lug astral, 6,!passage Sarmiento, à Buenos-Ayres (République Argentine). L’Initiation, 10, avenue des Peupliers, Paris. Journal du Magnétisme et de la Psycologie, Directeur, DURVILLE; rédacteur en chef, Alban DUBET, 23, rue S‘—Merri, Paris. El-Hadirah, 19, rue de la Kasbah, Tunis. “\
JÛURNAUX l’l'l‘ RiäVlllä8 ÛGÛUM‘lSTES RECOMMANDÉS SPÉCIALEMEN r . __ _ LANGUE FRANÇAISE Llnztzalzon (revue mensuelle), 10, avenue des Peu pliers, Paris. Le Voile d’1sis (journal hebdomadaire), 5, rue de Savoie, Paris. L'Hyperchimie (revue mensuelle), [9, rue St-Jean, Douai (Nord).
HERMÉTISME, ALCHlMIE La TlzCrapeulique intégrale (revue mensuelle), 5, rue de Savoie, Paris MÉDECINE HERMÉTlQUE, HOMÉOPA1lHE (Va paraître incessamment.) Malines (revue mensuelle), 42, rue lontame-Satnt-Georges, Parts. LITTÉRATURE ET ART LANGUE ANGLAISE 7126 Morning Star.
Dépositaire, Chamuel, 5, rue de Savoie, Paris. (Pater Davidson, Loudsville,White C°, Georgia, U.S.A.) LANGUE ESPAGNOLE _ Lu; astral (hebdomadaire, à Buenos-Ayres (Répu blique Argentine), 6, pasage Sarmtento. La Nola Mc’dz‘ca, Fuencarral, 26.Î\ladrid. LANGUE lTAL1ENNE _ 11 Mondo Secreto. Luç (revue mensuelle), 82, via Castro Pretorio, Rome LANGUE TCHÈQUE Sborm'k pro fi/osofii a okkultismus. à Prague (Bohème), Puch majerova Ul 36.
LANGUE ALLEMANDE“ Neue metaphysische Rundschau; in-8°'mensuel. Édité par Paul Zîllmann, 8 Parkstr. Berlin-Zehlendort Das Wort; mensuel. Édité par Leopold Engel, Feurigstrasse, 12-1. Schoneberg près Berhn. " AVIS IMPORTANT. — Tous nos confrères ci dessus cités et ceux qui voudraient être. .zîtés sont priés de reproduire in axtansa cette liste.
Principaux Ouvrages recommandés pour l'étude de ” 1’0CCULTISME et de ses applications CONTEMPORAINS L’Évolution de l’Idée. L’Instrucuon Intégrale. Le Serpent de la Genèse. Le Temple de Satan. La Clef de la Magie noire. * Traité méthodique de Science Occulte. l Traité élémentaire de Magie punique. F.-CH. BARLET. . . . STANISLAS DE GUAITA . . )lApus ' ' ‘ ’ ‘ ' ' ' ' ' ? La Science des Mages. L’Ame Humaine. A. JHOUNEY . . . . . . .
Ésotérisme et Socialisme. RENÉ CAILI.lÉ . . . . . . Dieu et la Création. CLASSIQUES F.LIPHAS LÉVI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. ( La Langue hébraïque restituée. PABRE DOLIVET' ' ' ' ' ( Histoirephilosophiquedu genre humain. 'ALBERT POISSON. . . . . Théories et Symboles des Alchimistcs. lJTTÉRATURE ' ‘ ( La Magicienne. JULES LLRMINA . . . . . ( A Brûler. \ Zanoni. BULWER LYTTO' . . . . . .
I\ ( La Maison Hautes. MYSHQUÊ Jeanne I.eade. P. .‘âL’DIIi . . . . . . . . '. Jucob Bœhme et les Tempéramems . Les Incantations. POUR DÉTAIL ET max, S‘ADREssER : A la librairie Gillillll, 5, rue de Savate, PARIS Envoi Franco du Catalogue. TOURS, l.\lP. Ë. :\l\lh\ULT l’.T (_'"'.